COMPTES RENDUS
HEBDOMADAIRES
DES SÉANCES
DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES.
PARIS. — IMPRIMERIE DE MALLET-BA.CI1ELIER ,
rue du Jardinet, 12.
COMPTES RENDUS
HEBDOMADAIRES
DES SÉANCES
DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES
PUBLIAS
CONFORMÉMENT A UNE DÉCISION DE L'ACADÉMIE
Lit Date- 3a <3 çjtuftet <835,
PAR MM. LES SECRETAIRES PERPÉTUELS.
TOME QUARANTE-DEUXIEME.
JANVIER -JUIN 18S6.
PARI S?'
MALLET-BACHELIER, IMPRIMEUR-LIBRAIRE
DES CO.MPTES RENÛL6 t DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIE.N'CES ,
U {Jes Augustins, n° 55.
1836
COMPTE RENDU
DES SÉANCES
DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES.
SÉANCE DU LUNDI 7 JANVIER 18oG.
PRÉSIDENCE DE M. BISET.
REXOUVELLE3IENT AANLEL DU BUREAU ET DE LA
COMMISSION ADMINISTRATIVE.
L'Académie procède, par la voie du scrutin, à la nomination d'un Vice-
Président qui, cette année, doit être pris parmi les Membres des Sections de
Sciences Naturelles.
Au premier tour de scrutin, le nombre des votants étant 5i,
M. Isidore Geoffroy-Saint-Hilaire obtient. . 29 suffrages.
M. de Senarmont 20
M. Cordier 1
M, Coste 1
M. Isidore Geoffroy-Saixt-Hilaire, ayant réuni la majorité absolue
des suffrages, est proclamé Vice-Président pour l'année 1 856.
M. Biset, Vice-Président pendant l'année 1 855, passe aux fonctions de
Président.
Conformément au Règlement, le Président sortant des fonctions doit,
avant de quitter le Bureau, faire connaître à l'Académie l'état où se trouve
l'impression des Recueils qu'elle publie; M. Regxaclt, Président pendant
l'année i855, donne à cet égard les renseignements suivants :
Publications de l'Académie.
« Tome XXV des Mémoires de l'Académie : il y a quatorze feuilles en
épreuves, dont huit bonnes à tirer.
C. R., |85G 1" SemeUre. (T. XLII, N° i.) I
(a)
» Tome XXVI, commencé en mars i85îT: il y a vingt feuilles tirées et
vingt feuilles composées.
» Tome XXVII, l'impression vient d'en être commencée tout récemment.
» Tome XIV des Savants étrangers : est à la feuille quatre-vingt-treize.
o Comptes rendus : le second semestre de i854 a été distribué; le pre-
miersemestre de i855 est entièrement terminé,-et il reste à publier lalable
du second semestre de la même année.
» Volume de Prix, Supplément aux Comptes rendus, tome I er : il y a
quarante-sept feuilles tirées et huit composées; l'imprimerie a reçu la
copie pour terminer l'impression de ce volume.
Changements arrives parmi les Membres et les Correspondants de
l 1 Académie depuis le -I er janvier 1 855.
» Membres décédés : SI. Gacss, Associé étranger, le 23 février;
M. Doyernoy, le I er mars; M. Magesdie, le 7 octobre; M. Stukm, le 18 dé-
cembre.
» Membres élus : SI. Delacxay, le 12 mars; M. Bacssy, le 9 avril;
M. J. Cloqcet, le i 1 juin; M. le Vice-Amiral Bd Petit-Thocars, le 6 août.
» associé étranger élu : Sir Johx Herschel, le a3 juillet.
» Correspondants décédés : SI. Fodeea (le décès est de 1848, mais n'a
été annoncé qu'en 1 855) ; M. Bracoxxot, 23 janvier r855; M. Meli.de
Bbéacté, 3 février; SI. de la Bêche, i3 avril; Sir, Edw. Parky, 8 juillet;
SI. Michaux, 23 octobre.
» Correspondants élus : 12. Haussmann, le 19 février; M. Sïalaguti, le
5 mars; M. Bonnet, le 13 avril; Delezesse, le 4 juin ; M. Maeshall
Hall, le 3 décembre; SI. Haidlvger, le 24 décembre.
» Membres à remplacer : M. Êlie de Beaumost, Section de MinéraJo*
gie, élu secrétaire perpétuel le 19 décembre 1 853; M. de SIirbel, Section
de Botanique, décédé le 12 septembre 1 854 ; SI. Magexdie, Section de
Médecine et de Chirurgie, décédé le 7 octobre i855; SI. Stukbi, Section
de Géométrie, décédé le îSdécembi-e i855.
» Correspondants à remplacer : SI. Lejecwe-Dieïchlet, Section de Géo-
métrie, nommé Associé étranger le 17 avril i854; M. Lesdesae, Section
d'Astronomie, décédé le 21 mai 1 854 ; SI. Herschel, Section d l Astronomie,
nommé Associé étranger le 23 juillet i855; SI. jXell de Bréacté, Section
d'Astronomie, décédé le 3 février 1 855 ; Sir Edw. Parry, Section de Géo-
graphie et Navigation, décédé le 8 juillet i855; SI. Hellosï, Section de
Physique générale, décédé le 1 1 août i854 ; SI- Wallich, Section de Bota-
nique, décédé le 3 mai i854; SI. Prunelle, Section de Médecine et de
(3)
Chirurgie, décédé le 20 août i853; M. Bracosxot, Section de Chimie,
décédé le 1 3 janvier 1 855; M. Michaux, Section d'Économie rurale, décédé
le a3 octobre 1 855. »
L'Académie procède, par la voie du scrutin, à la nomination de deux
Membres appelés à faire partie de la Commission centrale administrative.
MM, Chevrecl et Poncelet réunissent la majorité absolue des suffrages.
MÉMOIRES ET COMMIXICATlOiNS
DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE,
zoologie. — Note sur des œufs à plusieurs jaunes contenus dans la
même coque; par M. Valexciexxes.
« Les recherches que nous avons entreprises, M. Fremy et moi, sur les
œufs des Ovipares, nous ont conduit à en examiner un très-gr.tnd nombre,
depuis deux ans. Il s'est présenté quelques cas extraordinaires que nous
croyons devoir signaler à l'attention de l'Académie.
» Celui qui se montre le plus rarement est un oeuf à trois jaunes. Nous
en avons observé trois exemplaires, et nous les avons fait dessiner après avoir
durci ces œufs par la cuisson, et les avoir ouverts. Nous avons ainsi fixé
les rapports des trois vitellus dans leur coque unique. On doit remarquer
que ces jaunes sont petits, et sont loin d'avoir atteint leur grosseur nor-
male. La sphère vitelline n'est pas régulière; ces jaunes sont déformés,
ils ne se touchent pas entre eux : des couches plus ou moins épaisses d'al-
bumine les séparent les uns des autres. Chaque vitellus était enveloppé dans
sa membrane vitelline propre; dans l'un de ces œufs, une portion d'un des
jaunes avait quelque peu flué, et avait formé un nuage jaunâtre dans la
substance albumiueuse. Leur grosseur était celle des œufs ordinaires,
Avant de les casser, je les ai fait couver pendant huit jours, afin de m'as-
surer si la chaleur de l'incubation développerait les premiers linéaments
du poulet, et par conséquent ferait naître quelque vaisseau de la figure
veineuse. Je ne me suis décidé à les ouvrir qu'après m'ètre convaincu par
cette expérience préalable que ces trois vitellus étaient sans vésicule ger-
minative, ou, en d'autres termes, qu'ils étaient inféconds.
» Pour taire comprendre comment nous avons pu nous procurer ces
œufs remarquables, et comment nous espérons obtenir ceux qui arriveront
a Paris dans le même état, je dois dire que tous les œufs qui arrivent
au marché de la halle de Paris sont comptés et mirés par des hommes
chargés de cette fonction par les soins prévoyants et intelligents de la po-
1..
( 4 )
lice municipale de Paris. Ces compteurs ont une telle habitude, qu'ils
reconnaissent à l'instant même l'état des œufs. Je saisis cette occasion de re-
mercier ici publiquement devant l'Académie les différents contrôleurs de
l'Administration municipale des complaisances qu'ils ne cessent d'avoir pour
faciliter les recherches que je fais depuis tant d'années sur nos marchés.
» Le nombre d'oeufs consommés (i) l'année dernière a été de cent qua-
rante et un millions. Les compteurs estiment qu'ils ne trouvent, dans
l'année, que cinq ou six œufs contenant trois jaunes.
» La rareté de ce fait m'a engagé à le communiquer à l'Académie.
» Le nombre des œufs renfermant deux vitelïus est un peu plus com-
mun; cenendanf, comparativement au grand nombre d'ceufs livrés à la
consommation, on ne tarde pas à reconnaître que cette duplicité n'est pas
aussi commune qu'on le dit quelquefois. Sur le chiffre de cent quarante mil-
lions, il faut réduire à deux ou trois cents au plus le nombre d'oeufs ren-
fermant deux jaunes; on a remarqué que cette duplicité des jaunes dans
une même coque paraît plus fréquente dans les arrivages du Mans, c'est-à-
dire dans les œufs de poules de Normandie ou des départements de l'Ouest ,
» J'ai fait couver un assez grand nombre de ces œufs, et ils n'ont jamais
rien produit. Leurs jaunes ne se touchent pas; je n'ai pas trouvé les
membranes vitellines réunies ; leurs sphères sont toujours déformées. L'une
d'elles est près du petit bout, et recouverte par l'autre; or, j'ai tou-
jours vu la chambre aérienne de l'œuf se creuser et s'agrandir du côté du
gros bout. Une seule des deux sphères vitellines serait donc placée près de
l'air que le fœtus respire. Je n'ai pas trouvé de ehalazes pour que la vésicule
germinative soit nécessairement placée en dessus, et près du corps de la
couveuse. Ce sont autant de causes qui doivent s'opposer au développement
du petit, ou le rendre au moins incertain. Si j'entre dans ces détails, c'est
que j'ai souvent entendu répéter qu'en faisant couver un œuf de deux jaunes,
on obtient deux poulets. Je crois que cetîe réussite doit être très-rare.
» On a cherché aussi une explication pour rendre raison de la présence
de deux jaunes dans une même coque. Je J'ai entendu attribuer au genre de
nourriture, et surtout à ce que l'on donnait de la viande à manger aux poules.
La séparation simultanée de l'ovaire et leur entrée commune dans l'oviducte
sont dues à d'autres causes, car les expériences que j'ai faites dans ce but
n'ont amené aucun résultat. On sait qu'il y a des poules qui pondent presque
toujours des œufs à deux jaunes; mais elles sont libres, nourries comme
(i) Voici !e chiffre exact des œufs comptés, mirés et vendus snr le grand marché de h.
Italie de Paris, relevé sur les contrôles authentiques: en i852, 1 35^ î4 77° œufs, — en i853 ;
142582626, —en 18Ô4, i4 1955990.
(5 )
ies autres volailles : la chute de deux vitellus, quand elle est fréquente chea
une même poule, dépend de quelque constitution organique que je n'ai pas
pu apprécier.
» Nous avons trouvé d'ailleurs, pendant nos investigations sur les diffé-
rentes espèces d'oiseaux, dans la classe entière, des exemples variés de cette
duplicité. Je l'ai observée dans le Moineau domestique (Fringil/a domes-
tica , Lin.), dans l'Alouette des champs {Alauda ciistata, Lin.), dans le
Pigeon ramier (Coiuinba palumbus, Lin.), dans la Tourterelle des bois (Co-
lumba turtuv, Lin.), dans le Canard musqué [Anas moschata, Lin.), et dans
le Cygne [Anas olor, Lin.).
» Puisque je suis conduit à donner ces détails sur les œufs d'oiseaux, j'en
extrairai quelques autres de notre Mémoire; ils sont relatifs à la classe des
Mollusques, Je n'ai jamais observé de cas de multiplicité de jaunes dans
une même coque chez les œufs des Céphalopodes, et j'en ai ouvert un très-
grand nombre.
» Parmi les Gastéropodes pulmonés, dont les œufs sont très-gros dans
quelques espèces, car dans le Buliinus ovatus, ils ont o m ,oi6 dans leur
plus grand diamètre, je n'ai jamais trouvé d'ceufs doubles. Ces œufs mul-
tiples sont au contraire très-fréquents, et je dirai presque une condition
normale, chez les Gastéropodes pectinibranches. Il y a plus de quinze ans
que je montre dans mes cours, et que l'on peut voir dans la collection
du Muséum, des œufs doubles de Mollusques de genres et d'espèces diffé-
rents. Le Fasciolaria persica, Lam.,ne contient que deux jaunes qui se
développent chacun séparément dans la même coque. Des capsules d'oeufs
de Fuseau de la Nouvelle-Hollande renieraient régulièrement neuf petits;
la grosse Turbmelle, Turbinella scolymits , Lain,, contient jusqu'à cin-
quante-six œufs dans chaque coque.
» J'ai ouvert un très-grand nombre d'œufs de cette espèce, et j'ai toujours
trouvé les coquilles ayant déjà trois tours de spire réguliers, leurs plis carac-
téristiques sur la columelle, et sans remarquer la moindre déviation dans
la forme et dans le développement de l'animai, Je n'ai jamais observé rien
qui ressemblât aux cas signalés dans le développement des Buccins qui ont
aussi des œufs multiples. J'ai ouvert un très-grand nombre de coques
d'œufs de Buccin, j'en ai vu éclore dans de grands baquets remplis d'eau
de mer, et je n'ai pas été assez heureux pour rencontrer un de ces cas de
monstruosités si extraordinaires. Les faits que je viens de citer ajoutent au
Mémoire fort intéressant que M. Lacaze-Duthiers a publié dans la séance
précédente.
» Si je signale ces faits avec tant de détails, c'est que je crois de plus er.
(6)
plus utile de recommander aux jeunes gens pleins d'ardeur et de dévoue-
ment pour l'étude de se mettre en garde contre la séduction du mer-
veilleux.
o Ces coques d'oeufs de Mollusques, dont la forme est constante dans
chaque espèce, n'ont pas été assez recherchées parles voyageurs, ni étudiées
par les naturalistes. On les a considérées quelquefois comme des productions
d'animaux de classes très-éloignées de celle des Mollusques. Les coques d'un
Fuseau ont été regardées comme un Eschare [Eschara angulosa, Esper.)
» J'ajouterai en terminant que je ne veux parler dans cette Note que de
l'inclusion de deux ou trois, ou même davantage, vitelius isolés, plus ou
moins entourés d'albumen, et renfermés dans une même coquille. Je me
tais à dessein sur un autre cas tératologique, qui a cependant beaucoup
d'analogie, celui d'un petit œuf à coquille dure et calcaire enfermé dans un
autre, et dont plusieurs anatomistes ont parlé, eu intitulant leurs Notices
Ovum ovo prcegnans . On en trouve plusieurs exemples cités dans le Recueil
des Curieux de la Nature. »
astronomie et VOYAGES. — Détermination de la latitude par les azimuts
extrêmes de deux étoiles c'a cmnpolaires ; par M. Babinet.
« Toutes les étoiles qui n'atteignent pas le zénith d'un heu présentent,
dans leur azimut, un maximum orienta! et un maximum occidental sus-
ceptibles d'être observés avec la plus grande précision, et qui constituent
le moyen le plus exact de déterminer une latitude quand ou suppose connue
la distance polaire de l'étoile dont on observe les excursions extrêmes en
azimut. On est alors à l'abri des incertitudes de la réfraction, de celles des
pointés par des fils horizontaux qui, à cause de la dispersion et de l'absor-
ption de l'atmosphère, causent de graves incertitudes; enfin la mesure du
double azimut étant faite par le même pointé à droite et à gauche sur un
même point lumineux prisa la même hauteur, l'erreur personnelle disparaît,
comme dans le pointé du baromètre à siphon où les erreurs de pointé en haut
et en bas de la colonne mercurielle sont égales et se compensent. J'ajouterai
encore que les erreurs d'axe, tant pour l'axe horizontal et ses tourillons que
pour l'axe vertical et ses inclinaisons variables, sont ou nulles dans ce cas,
ou facilement rectifiables ; il faut seulemeut admettre que les deux obser-
vations d'azimuts extrêmes soient faites toutes deux de jour ou de nuit,
ce qui est rendu de plus en plus indispensable par les nouvelles études
faites eu Angleterre et en Amérique où les équations de jour et de nuit
viennent d'être simultanément indiquées.
» Je m'étais, depuis longtemps, arrêté à ce procédé pour avoir la
(7)
latitude d'un lieu, et j'en avais entretenu divers savants praticiens; mais,
depuis quelques années, M. Sawitch a mis en pratique cette méthode non
indiquée dans l'ouvrage de Baily et en a tiré le parti le plus avantageux
possible.
» Quant à ce qui est de la méthode qui fait l'objet de la présente Note,
nous dirons que si l'on choisit une étoile dont la distance polaire t? soit
moindre que le complément de la latitude, elle présentera de part et
d'autre du méridien deux azimuts extrêmes -f- A et — À séparés par une
distance azimutale égale à a A. Cette distance étant mesurée et indépendam-
ment de la réfraction, on a
sine? = cosX sin A ,
X étant la latitude (i).
» Il ne s'agit point ici d'une détermination qui puisse prétendre à une
excessive précision. On veut une détermination géographique ou de
voyage qui comporte une exactitude suffisante, et qui puisse s'obtenir
en peu de minutes, sans baromètre, sans thermomètre, sans Tables de réfrac-
tion et sans connaissance préalable du méridien.
» Pour cela on observera deux étoiles choisies de manière que pour la
latitude où l'on se trouve, elles arrivent presque en même temps l'une à son
excursion extrême en azimut du côté de l'orient, et l'autre à son amplitude
azimutale maximum du côté de l'occident ; et on mesurera sur le cercle ho-
(i) Si l'on imagine un triangle sphérique ayant pour sommets le zénith Z, le pôle P et l'é-
toile E; le côté ZP sera le complément de la latitude, ou go° — X, le côté PE sera la distance
polaire S de l'étoile, l'angle en Z sera l'azimut A de l'étoile, et si l'on appelle E l'angle à
l'étoile, on aura, par l'opposition des sinus,
sin E • sin (90 — X ) : : sin A : sin 5,
d'où
. , sin 3 . _
sin A = — - sinE.
cosX
Pour avoir A maximum, il faut que sin E soit à son maximum, ce qui donne E = 90 e . Alors
pour l'azimut extrême A on a
sin 3 = cos X sin A ,
comme il a été admis dans le texte; de plus dans le triangle rectangle ZPE , on aura l'angle
horaire/) de l'étoile par la formule
cos p = tang # tang X ,
tandis que la distance zénithale z , au moment de l'amplitude maximum en azimut, sera
donnée par
sinX = cos zcoso.
( 8 )
rizontal de l'instrument la distance azimutale qui sépare ces deux excur-
sions extrêmes des deux étoiles de part et d'autre du méridien. Cette obser-
vation seule, cet arc seul mesuré, joint aux distances polaires ù et o" des
deux étoiles, donnera la latitude /, du lieu. En effet, si l'on nomme A et A'
les excursions maxima en azimut des deux étoiles choisies, on aura
sine? = cosXsin A,
sino v = cosXsinA,'
et si l'on nomme q l'arc mesuré sur le limbe horizontal entre les deux azi-
muts dont l'amplitude est A et A', on aura de plus
A + A' = 7;
éliminant A et A' entre ces trois équations, on en tire la valeur de X. Comme
cet élément est toujours connu très-approximativement à l'avance, on
pourra, sans faire de calculs difficiles, trouver ce qu'une variation hypothé-
tique de cinq minutes, par exemple, dans la valeur de X produit sur la
somme A + A' des deux azimuts, et voyant de combien la valeur q obtenue
pour cette somme diffère de la valeur trouvée par une des hypothèses pré-
cédentes, on calculera la correction à faire à la latitude X pour que la
somme À + A' soit précisément égale à q. Quand le calcul est préparé con-
venablement, une ou deux minutes suffisent pour établir cette correction
par une proportionnalité (1).
(,) Soit À la latitude présumée trop petite, et l+e ane autre latitude présumée plus grande
que relie du lieu où l'on observe. Je calcule A, et A', , puis A, et A', pour les latitudes >. et X + s :
ce qui nie donne
" -■ - ■ - _ - A, 4- A', = q,,
"- - Aî+Aj=<7j.
Ainsi une variation s dans la latitude introduit une variation
q-. — 1*
dans la somme des azimuts. Si maintenant l'observation donne cette somme égale à q , on
trouvera l'addition x à faire à la plus petite latitude À pour avoir la vraie latitude par la
proportion
e\ q-. — qi'.'. x \ q — q>-
Au reste, l'élimination algébrique a été faite par M. Cauchy, et ensuite au moyen de la for-
mule
tan gir+g)
tang/ + tang Z = cosycosz '
qui sert à rendre calculables par logarithmes toutes les expressions binômes ou même tri-
nômes, on fera, si l'on veut, le calcul arithmétique sans supposer aucune approximation
préalable.
(9) *
» J'ai employé pour cette détermination avec M. Emile Brunner, qui a
mis à ma disposition un petit théodolite de voyage, et qui a fait lui-même
les lectures et les rectifications d'instrument, les deux couples d'étoiles
suivants :
o de Cassiopée passant à son azimut extrême occidental vers g b 26 m dii soir.
o de la grande Ourse, qui est à son azimut extrême oriental vers. . . q h 53 m >>
et puis
s de Cassiopée dont l'azimut extrême est vers io h 2i m »
h de la grande Ourse, dont l'excursion extrême a lieu vers io h 38 m »
le tout vers l'époque du commencement de janvier et vers ZJ9 degrés
de latitude, de sorte que dans le premier cas on obtient sa latitude par des
observations qui n'exigent une station et un ciel découvert que pendant
vingt-sept minutes, et dans le second pendant dix-sept minutes seulement.
» Comme il suffit de deux minutes au plus pour calculer !a latitude
d'après la lecture de l'angle azimutal q — A -+- A!, il est évident qu'on
pourra tout de suite déterminer l'un des azimuts, A par exemple, au moyen
de l'équation
. sin S
sin A = — r-»
COSÀ
ce qui permettra de placer la lunette de l'instrument dans le méridien, et par
suite d'avoir l'heure du lieu au moyen de la première étoile intertropicale
connue et cataloguée qui viendra passer au fil du milieu de cette lunette.
Ainsi un voyageur, au moyen d'un choix convenable de couples d'étoiles,
pourra, dans chaque saison et dans chaque pays, obtenir en peu de mi-
nutes la latitude et l'heure du lieu, et par suite sa longitude chronométri-
que. Il évitera toutes les chances de dérangement d'instrument, d'incon-
stance atmosphérique, d'accidents et de fatigue physique qui accompagnent
toutes les observations faites aux étoiles.
» Il serait facile de prouver que l'exactitude de ce procédé peut atteindre
la précision des déterminations de la géodésie elle-même ; mais il sera tou-
jours préférable, dans les installations géodésiques, d'observer la même
étoile à ses deux excursions extrêmes à l'orient et à l'occident. »
mécanique. — Sur le calcul des effets des machines; par M. Bdrdis.
« En i8i5, dans le n° 221 du Journal des Mines, le premier avant
MM. Navier, Poncelet, Coriolis, Morin, Combes et autres savants qui de-
puis ont tant fait pour la science des machines, je publiai ce qu'on a appelé
C. R., iS56, 1" Semestre. (T. XLII, K° 1.) 2
1 ( 10)
assez improprement le principe des forces vives appliqué à : l'évaluation des
effets produits parles divers moteurs : qu'il me soit donc permis aujourd'hui
d'ajouter un dernier mot à ce'sdjet, bien que nos principaux mécaniciens,
bien que M. Poncelet surtout, si haut placé parmi eux, aient à diverses re-
prises traité et presque épuisé cette importante matière.
» Tous les moteurs 2 j^ d P + 2^^Ç(disais-jeen i8i5) dépensés
dans une machine quelconque se transforment en effets produits ou en tra-
vaux utUes et inutiles 2 / Q^? + 2 -T" .:::: ™ ::
» Cette équation 2 f? d P+ 2'S 5 _ : 2' f ^ - ~2" zre T- °'
ayant : lieu même avec les chocs, avec les extensions ou compressions de
matières ( puisque ces compressions ne sont que des effets inutiles redevenant
plus ou moins moteurs suivant le degré d'élasticité), cette relation, dit-on,
est peut-être le principe le plus important, te plus fécond et le plus utile
des mathématiques appliquées ; = ën effet, dans ce moment, il ne serait plus
possible d'économiser, d'améliorer ou d'étudier avec un peu de fruit les
moteurs employés en grand dans les usines, dans la navigation, dans les
mines, dans l'agriculture, sur les chemins de fer et autres, si l'on ne recou-
rait pas tout de suite à cette conversion générale des travaux des puis-
sances en ceux des résistances que j'aurais dû appeler, eh i8i5, lé principe
d'égalité entre les moteurs dépensés dans" toute machine possible et leurs
effets produits. . . - . -, - , ., '..-.,_.,.
» Les illustressavants Lagrange etToisson ont appliqué, "avant moi bien
entendu, le principe de d'Alembertà celui des vitesses virtuelles pour arriver
à l'équation dite des forces vives, d'après laquelle un système de corps
soumis à des forces X, Y et Z suivant trois axes rectangulaires (la différen-
tielle Xdx + Ydq + Zdz étant complète et intégrable),, reprend la même
soTnmedeforcesvives2 m - en revenant aux mêmes points; ; mais ces grands
géomètres ne pensèrent nullement a cette constante r égalité dés moteurs et
des effets, dont la- découverte cependant devait comme révolutionner la
mécanique appliquée en grand, ainsrque l'observa, en ï 843, au nom de sa
Section, feu M. Coriplis t en me présentant comme Correspondant aux hono-
rables suffrages de l'Académie.
» Revenant à l'objet de la prêsenteNote, j'observerai qu'on: s'est beau-
coup occupé des moteurs et travaux mécaniques, que notamment les effets
inutiles produits dans les machines par suite des frottements, résistances- de
( M )
fluides, compressions de matières, inertie, vibrations et autres causes ont
été, il est vrai, étudiées avec soin; mais comme jusqu'à présent aucun savant,
à ma connaissance, n'a cru nécessaire de revoir en détail ou de reproduire
mes calculs ou démonstrations de i8i5, bien que cependant depuis cette
époque les petites objections suivantes ont semblé jeter quelques doutes snr
la complète généralité de l'égalité entre les moteurs et les effets, je suis donc
aujourd'hui forcé de dissiper moi-même ces légers nuages planant encore
sur une œuvre à laquelle on voudra bien me laisser attacher un peu de
gloire, seul prix, jusqu'à ce jour, d'assez grands efforts et sacrifices en mé-
canique.
» Le célèbre Lagrange, son digne continuateur M. Poisson et bien d'au-
tres encore, ont dit que pour appliquer le principe de d'Alembert à celui
des vitesses virtuelles, il fallait, bien entendu, que les liaisons matérielles
du système fussent indépendantes du temps ou restassent les mêmes avant
et après chaque instant infiniment petit dt, afin que la différentielle du che-
min décrit parles mobiles pût alors être prise pour leurs vitesses virtuelles.
» Maintenant cette indépendance du temps existera-t-elle pour toutes les
machines possibles? A cette question on peut, sans hésiter répondre oui,
puisque dans le cas de pièces extensibles avec le temps, compressibles, dila-
tables ou variables de forme en exerçant des efforts plus ou moins grands
dans certains sens, on n'aura qu'à comprendre (comme je l'ai d'ailleurs fait
pour les chocs) parmi les moteurs et les effets, ces intermédiaires plus ou
moins analogues, dans ces cas, à des pistons que pousserait la vapeur ou
qu'arrêterait l'air comprimé d'un cylindre soufflant.
» Et si, comme le dit encore M. Poisson (en généralisant à l'excès ses
suppositions ou abstractions), des mobiles doivent se trouver constamment
sur une surface elle-même en mouvement, on voit qu'en considérant alors
les vitesses absolues et non celles relatives, qu'en calculant aussi les espaces
décrits d'une manière absolue, on n'aura plus à s'inquiéter ensuite de
cette superposition de mouvements.
» Il va sans dire que dans ces cas, comme dans tous ceux où l'on rai-
sonne avec rigueur, il faut faire l'énumération complète des données de la
question, sans oublier surtout ni aucune force du système ni aucun de ses
effets.
» Sans doute une machine fonctionnant sur un vaisseau ou sur une voi-
ture en mouvement pourra dans certains cas, par réaction ou autrement,
communiquer des forces vives à son propre véhicule, mais s'il s'agit d'un
petit moteur, comme celui d'une horloge, on négligera cet effet étranger, et
2..
( la y
on se considérera opérant dans l'espace absolu. Au. reste, cela se fait ainsi
lorsque avec un canon on convertit le moteur dû. à la poudre enflammée
en des effets et forces vives (celles du boulet, des gaz enflammés, du canon
reculant), sans s'inquiéter de celle due au globe acquérant dans ce cas
une vitesse infiniment petite en sens contraire du boulet.
» Supposons, par exemple, deux poids P et Q suspendus par un fil autour
d'une poulie tournant dans le plan de ces poids.
» Si l'axe horizontal et non fixe de cette poulie est enlevé verticalement
par tin deuxième fil enroulé sur une deuxième poulie à axe fixe suspendant
un troisième poids R plus grand que P H- Q, on sera probablement dans
un des cas de M. Poisson, puisque P et Q se meuvent en sens contraire
l'un de l'autre dans le plan vertical d'une poulie qui elle-même est entraînée
de bas en haut par le fil de R. ..._-
b Or notre principe d'égalité entre les moteurs et les effets se vérifiera
sur ce double système comme sur tout autre, pourvu bien entendu qu'on
"considère à la fois les trois forces parallèles P, Q, R avec leurs vitesses ab-
solues V, V f et V", et pourvu qu'on appelle dp, ■dq'êtdr les différentielles
des, espaces p, q et /- absolus et non relatifs décrits de haut en bas ou de
bas en haut par les trois poids P, Q et R.
» En d'autres termes, dp, dq et dr représentant le dérangement subit des .
mobiles ou leurs vitesses virtuelles, auront encore le même rapport entre
eux après l'instant dt qu'avant.. - - - . _
» La même chose aurait lieu si l'on remplaçait les deux poulies qui pré-
cèdent par deux treuils montés sur les axes de ces poulies et autour des-
quels seraient enroulés, avec des rayons différents, les trois fils suspendant
les trois poids P, Q et R.
» Bref, le grand et fécond principe de l'égalité entre les moteurs et les
effets présente une certitude analogue à celle de nos théorèmes de géomé-
trie ou du moins, sous ce rapport, il marche de pair avec le principe des
vitesses virtuelles, démontré, comme on sait, par des mathématiciens aussi
infaillibles que Laplace et Poisson. » . .. i
-NOMINATIONS. ■--:
L'Académie procède, par la voie du scrutin, à la nomination d'une Com-
mission de cinq Membres qui sera chargée de proposer le sujet du grand
prix des Sciences Naturelles pour l'année i%5y.
MM. Flourens, Geoffroy-Saint-Hilaire, Mil ne' Edwards, Duméril et
Brongniart réunissent la majorité absolue des suffrages.
( «3)
MÉMOIRES PRÉSENTÉS.
L'Académie a reçu depuis sa dernière séance, mais avant l'expiration de
l'année 1 855, deux Mémoires destinés au concours pour des prix qui se-
ront décernés en i856, savoir :
i°. Un Mémoire écrit en latin et accompagné de trois volumes de plan-
ches sur la question proposée concernant les métamorphoses et la repro-
duction des Infusoires proprement dits. Ce Mémoire a été inscrit sous le
n°3;
2°. Un Mémoire écrit en allemand et accompagné d'un volume de
planches sur la question concernant la distribution des corps organisés fos-
.siles dans les terrains de sédiment.
L'auteur du dernier Mémoire annonce que, pour faciliter le travail de la
Commission à laquelle son travail doit être soumis, il enverra prochaine-
ment une rédaction française du texte qui ne sera d'ailleurs, comme on
pourra aisément s'eu assurer, que la reproduction fidèle de ce qui est
exposé dans le présent manuscrit parvenu en temps utile à l'Académie.
orgakographie végétale. — Sur les types obdiplostémone et dipîosté-
mone direct, ou de l'existence et des caractères de deux types symé-
triques distincts chez les plantes diplostêmones ; par M. Ad. Chati.v.
(Extrait par l'auteur. )
(Renvoi à l'examen de la Section de Botanique.)
« Le Mémoire que j'ai l'honneur de soumettre aujourd'hui à l'Académie
des Sciences, a notamment pour objet : i° de mettre en relief un type floral
( I e l yP e q ue J e »omme diplostémone direct ou diplostémone proprement dit '
qui, bien qu'observé par MM. B_ob. Brown, Lindley, Adr. de Jussieu Le
Maout, etc., sur le Limnanthes, le Floerkea et le Coriaria, n'avait las été
apprécié dans sa signification morphologique, diamétralement opposée à
celle du type (obdiplostémone) qu'on rencontre habituellement chez les
Dicotylédones; 2° d'établir que l'hypothèse du dédoublement des Détales
pour former les étamines superposées à ceux-ci dans les Caryophylîées,
les Géraniacées, etc., n'est pas fondée. Une planche, relative à l'anatomie
d'une fleur de Géranium, accompagne le présent travail ; je renvoie, pour
l'anatomie de la fleur des Limnanthes, aux dessins annexés à mon Mémoire
sur les Limnanthées et les Coriariées ( Comptes rendus, 24 avril i85/j).
( »4 )
» I. Les fleurs à deux verticilles d'étamines de la grande majorité des
Dicotylédones ( Géraniacées, Oxalacées, etc.). offrent, comme on sait, la
symétrie suivante, avec laquelle s'accorde la loi de de Candolle sur l'oppo-
sition des carpelles aux pétales et sur laquelle Aug. de Saint-Hilaire a cru
pouvoi^ élever la théorie dès Disques et celle dir Dédoublement stzmwal des
pétales.: un verticille de sépales; un verticillej de pétales ; im yerticille
d'étamines superposé aux sépales; un verticille : de carpelles qui, lorsqu'il
est complet, se superpose aux ètamines extérieures et aux pétales dont- il
est séparé par celles-ci ; enfin, souvent, un, verticille de glandes situées
entre les.étamines du rang extérieur et les sépales, là même où semblerait
devoir exister une rangée d'étamines qui, plus extérieure que celledes èta-
mines oppositipétâles elles-mêmes, ferait rentrer la symétrie florale dans la
loi d'alternance. J'avais autrefois cru pouvoir distinguer ce type floral sous
le nom de type triplostémone,ce qui supposait que les glandes représentaient
réellement un premier verticille de Tandrocée resté rudimentaire; mais
considérant, d'une part, que jamais on n'a vu ces glandes se changer en
ètamines, que l'organogénie (M. Payer, Traité d'Organogénie comparée,
cet nous-même, Recherches des lois ou rapports entre l'ordre de naissance
des ètamines, etc.) et l'anatomie s'accordent pour établir qu'elles ne sont
qu'une dépendance des ètamines opposifîpétales ; d'autre part, que les
deux verticilles des ètamines naissent dans l'ordre centrifuge et non dans
l'ordre centripète qu'on peut regarder comme étant l'expression du déve-
loppement normal, je pense qu'il est convenable de.le désigner par le "nom
de type obdiphstémone, qui exprime simplement le fait de l'existence de
deux verticilles d'étamines se développant de dedans en dehors, sans rien
préjuger sur la structure théorique de la fleur.
» H. Les fleurs des Coriariées et des Limnantbées parmi les Dicotylédones,
celles des Liliaeées, des Asparaginées, des Amaryllacées, des Palmiers, des
Joncées, etc., parmi les Monocotylédones, présentent au contraire la struc-
ture ci-après indiquée, contraire à la loi de de Candolle sur l'opposition
des carpelles aux pétales, et absolument inconciliable avec la théorie d'Au-
guste de Saint-HiMre sur le dédoublement des pétales : un verticille de sé-
pales, un verticille de pétales alternes aux sépales, un premier verticille
d'étamines alternes aux pétales, un deuxième rang d'étamines alternes à
celles du rang extérieur, enfin un verticille de carpelles alternejLaux èta-
mines de la rangée intérieure. Ajoutons que les deux verticilles de l'andrc-
çée naissent ordinairement dans l'ordre centripète, et nous reconnaîtrons
dans lé type diplostémone direct ou iiplostémone proprement dit les
( i5)
trois caractères suivants, réciproquement inverses des caractères du type
obdiplostémone ; i° le plus extérieur des deux verticilles de l'androcée al-
terne avec celui des pétales y 2 le verticille des carpelles alterne aussi avec
celui des pétales ; 3° l'évolution de l'androcée est centripète et non centri-
fuge. En se servant, comme critérium, de ces caractères, dont les deux
premiers ont une valeur absolue, pour rechercher si d'autres Dicotylé-
dones que les Coriariacées rentrent dans le type diplostémone direct ,
on reconnaît que l'on peut rattacher à ce type : les Papillonacées et les
Cassiées par les rapports de position des deux verticilles de l'androcée (ca-
ractère de valeur absolue) et par l'ordre d'évolution de celui-ci (caractère
secondaire) observés par M. Schleiden, par M. Payer et par nous-même ;
les Primulacées, chez lesquelles le verticille unique des étamines qui se su-
perpose aux pétales est indiqué par l'organogénie comme représentant le
verticille intérieur d'un androcée diplostémone dont le verticille extérieur,
dernier né, avorte complètement ou est représenté par les languettes du Sa-
rnolus et du Soldanella [ici le caractère secondaire tiré de l'évolution est
renversé comme dans les Gommélinées et les Loasées (Payer, Traité d'Or-
ganogénie comparée) qui appartiennent, les premières au type diplostémone,
les secondes au type obdiplostémone]; les Campanulacées enfin, qui n'of-
frent qu'un rang d'étamines superposées aux sépales sans que jamais le
verticille interne apparaisse, mais qui ont dans celles de leurs espèces
isocarpellées [Campanula Médium, etc.), les carpelles superposés aux
carpelles. Arrivé à ce point je fais remarquer que si quelques Primulacées
et Campanulacées n'offraient pas, les premières l'indication du deuxième
verticille d'étamines dans les premiers âges de la fleur, les secondes quel-
ques espèces pourvues d'un verticille complet de carpelles, il eût été impos-
sible de savoir auquel des deux types elles devaient être rattachées, et j'en
conclus que le type diplostémone direct pourrait bien être encore plus
fréquent chez les plantes Dicotylédones que ne l'établissent les présentes
recherches.
» m. Aug. de Saint-Hilaire a formé deux hypothèses sur la symétrie
des fleurs diplostémones. La première, ou l'hypothèse des disques, tend à
faire admettre dans ces fleurs un verticille calicinal, un verticille corollin,
un verticille d'étamines, plus deux disques formant chacun un verticille, et
enfin les carpelles. Mais cette hypothèse, qui conduit souvent à admettre
que l'androcée normal manque pour être remplacé par un androcée acci-
dentel et qui n'est aucunement applicable au type diplostémone direct, ne
prenant quelque fondement, en ce qui touche le type obdiplostémone lui-
( i« )
même, qu'en s'appuyant sur la seconde hypothèse, celle du dédoublement
staminal des pétales, elle ne peut se soutenir qu'avec cette dernière, à
laquelle je fais les objections suivantes livrées à l'appréciation des bota-
nistes : - - -■'■•.... : :.. .
» i°. Beaucoup de Caryophy liées, etc., offrent, comme l'ont signalé
MM. Dunal et Moquin-Tandon, de véritables pétales dédoublés; mais le
limbe interne provenant du dédoublement ne porte pas d'anthères et
coexiste avec les étamines qu'Auguste de Saint-Hilaire présume fournies
par dédoublement. _ - .
» a . La situation extérieure des étamines oppositipétales s'explique par
l'évolution centrifuge d'un androcée diplostémorie ordonné sur le verticillë
des carpelles (lequel naît toutefois après ceux de l'androcée).
» 3°. Si l'adhérence des étamines aux pétales (Çaryophyllées) est. un;
caractère de leur formation par le dédoublement de ceux-ci, pourquoi cette
adhérence existe-t-efle dans les Corolliflores à étamines alternes aux
pétales (Solanacées, etc.)?
» 4°- Si l'adhérence et l'opposition des étamines aux appendices floraux
est une preuve de leur origine par dédoublement, les Liliacées, etc., chez
lesquelles les deux verticilles des étamines sont respectivement adhérents
et opposés aux éléments des deux enveloppes florales^ manquent donc
d'androcée normal?
. » 5°. L'organogénie établit péremptoirement que Jes étamines super-
posées aux pétales dans les Géraniacées, Çaryophyllées, etç,, naissent,
d'abord loin de ceux-ci et ont une origine aussi indépendante que les
étamines superposées aux sépales.
» 6°. J'ai vu dans le Cucubulus baccifer les pétales n'apparaître qu'a-
près les étamines, auxquelles ils devraient, dans l'hypothèse, donner nais-
sance. ... . . . ..-„.__.'....;.
» 7 . Chez plusieurs Çaryophyllées et dans une Géraniacée, le Rhyncho-
theca, les deux verticilles des étamines existent, mais la corolle manque.
Comment le verticillë alternisépale de l'androcée' serait-il engendré par ce
qui n'existe pas? » - - . , ..
( '7)
physique. — Deuxième Note sur les soupapes électriques. Réponse aux
Observations fie M. Riess; par M. J.-M. Gaugaijs. (Présentée par
M. Despretz.)
(Commissaires précédemment nommés: MM. Becquerel, Pouillet, Regnault.)
« Le journal l'Institut, dans son numéro du 19 décembre dernier, rend
compte d'un Mémoire qui a été présenté par M. Riess à l'Académie des
Sciences de Berlin, et dans lequel il est question de l'appareil que j'ai nommé
soupape électrique. D'après le résumé de Y Institut, M. Riess a répété, en les
modifiant, les expériences qui se trouvent décrites dans la Note que j'ai eu
l'honneur de présenter à l'Académie le 19 mars dernier, et il a constaté
l'exactitude des résultats que j'ai annoncés, mais il leur attribue une signifi-
cation différente de celle que je leur ai assignée ; j'ai regardé comme établi que
les courants induits inverses (les courants de fermeture) ne concouraient en
aucune façon à la production des phénomènes observés, et en conséquence
j'ai cru pouvoir dire que l'appareil décrit dans ma Note remplit le rôle d'une
soupape par rapport aux courants directs (courants d'ouverture), puisqu'il
laisse passer ces courants lorsqu'ils marchent à travers l'œuf de la boule
couverte à la boule nue, et qu'il cesse de les transmettre lorsqu'ils ont une
direction opposée. M. Riess explique au. contraire les faits observés, en
disant que le courant direct passe seul quand la boule couverte est rendue
positive par ce courant, et que les deux courants, direct et inverse, sont
successivement transmis quand la boule couverte est négative pour le
courant direct; je vais essayer de justifier l'interprétation que j'ai admise et
exposer en même temps de nouveaux faits.
» D'abord il serait extrêmement étrange que le courant inverse, qui ne
peut pas traverser l'air raréfié de l'œuf électrique quand les deux boules sont
nues, pût se propager entre ces deux boules quand l'une des deux est presque
complètement recouverte d'une substance isolante ; mais voici une obser-
vation qui me paraît absolument incompatible avec l'interprétation propo-
sée par M. Riess : on sait que les courants induits directs que fournit l'ap-
pareil de Ruhmkorff peuvent traverser, sous forme d'étincelles, des couches
d'air assez épaisses lors même que l'air est à la pression ordinaire, tandis
que les courants inverses ne donnent jamais d'étincelles et ne peuvent pas
franchir la plus mince couche d'air sous la pression ordinaire; d'après cela,
lorsque le circuit induit de l'appareil de Ruhmkorff présente quelque part
une solution de continuité et que cette solution de continuité se trouve
plongée dans l'air non raréfié, il est hors de doute que les courants directs
C R., iS'jG, i« Semestre. (T. XL1I, N° I.) 3
i «s)
peuvent seuls la franchir ; or, si après avoir disposé les appareils de la manière
que j'ai indiquée dans la Note citée plus haut (Comptes rendus, "tome XL,
p. 640), on ménage quelque part, en dehors de l'oeuf et à l'air libre, une
solution de continuité dans le circuit induit, la marche du galvanomètre est
absolument la même que, dans le cas où le circuit se trouve interrompu à
l'intérieur de l'œuf seulement, et cependant, comme je viens de le dire, il
est certain qu'alors les courants inverses sont exclus.
"» L'opinion de M. Riess me paraît exclusivement basée sur ce fait, que
l'on aperçoit de la_ lumière à l'intérieur de l'œuf soupape, lors même que
le courant direct est dirigé de la boule nue à la boule couverte et que l'ai-
guille du galvanomètre se tient à zéro; mais cette observation n'est nulle-
ment concluante. Si, au lieu de laisser à nu une petite partie de la surface de
la boule couverte, on enveloppe complètement cette boule avec une sub-
stance isolante, on ne cesse pas pour cela d'apercevoir de la lumière, bien
qu'alors les courants directs aussi bien que les inverses soient complètement
arrêtés au passage; la lumière électrique peut donc se manifester sans qu'il
y ait à proprement parler de courant transmis.
» j'ai fait un certain nombre de recherches sur les aspects variés que
présente la lumière électrique à l'intérieur de l'œuf soupape; mais je n'avais
pas cru devoir les publier, parce que je me proposais de faire une étude plus
approfondie de la question. Des circonstances indépendantes de ma
volonté m'en ont empêché : voici toutefois les observations que j'ai pu
faire; elles sont peu d'accord avec celles de M. Riess, mais cela tient sans
doute en très-grande partie à la différence des appareils dont nous avons
fait usage. M. Riess a trouvé que la lumière électrique présentait à peu près
les mêmes apparences, quelle que fût la direction du courant induit; que
seulement dans le cas où il y avait déviation de l'aiguille, la lumière était
plus calmé et plus uniforme que dans l'autre cas : j'ai trouvé, au contraire,
que les apparences lumineuses variaient non-seulement avec la direction
"du Courant, mais encore avec la pression de l'air raréfié.
» Quand le courant marche à travers l'œuf de la boule couverte à la
boule nue, les apparences lumineuses sont les mêmes que si les deux boules
étaient nues; on observe une gerbe lumineuse rouge, plus ou moins
dilatée, qui semble s'échapper du petit trou de la boule couverte, une gaîne
de lumière bleue qui enveloppe la boule nue, et une couche obscure qui
sépare la lumière rouge de la lumière bleue. Quand le courant marche de
la boule nue à la boule couverte, la disposition de la lumière varie avec la
pression de l'air contenu dans Vœuf, et les transformations qu'elle subit ont
une corrélation remarquable avec la marche du galvanomètre. Si l'on fait
( '9)
varier la pression depuis 738 millimètres jusqu'au vide le plus pariait
qu'où puisse obtenir, la déviation du galvanomètre va d'abord en augmen-
tant, comme je l'ai précédemment indiqué; puis, après avoir atteint une
valeur maximum, elle décroît, devient nulle pour une certaine pression,
et change de signe enfin pour une pression plus faible. Or, pendant que
l'aiguille du galvanomètre exécute ces divers mouvements, la lumière de
l'oeuf présente successivement trois aspects différents: elle affecte d'abord
une certaine disposition qu'elle conserve depuis l'instant où l'on commence
à observer jusqu'au moment où la déviation du galvanomètre atteint son
maximum; alors une transformation s'opère, et l'on voit se produire un
nouvel arrangement des couches lumineuses, qui persiste jusqu'au moment
où l'aiguille du galvanomètre franchit le zéro: à ce moment la lumière subit
une seconde transformation.
» Pour décrire les trois aspects différents dont je viens de parler, il est
indispensable d'indiquer les dispositions particulières de l'œuf soupapedonr
je me suis servi. Cetœuf était un ce uf électrique ordinaire, tel que les construit
M. Ruhmkorff, seulement la boule supérieure et sa tige étaient enfermées
dans une petite cloche de verre de 2 centimètres environ de diamètre, qui
était mastiquée à sa base avec de la gomme laque ; un petit trou de 1 milli-
mètre environ de diamètre avait été foré au sommet de la calotte sphérique
qui terminait la cloche, et cette calotte touchait la boule de laiton.
» Voici maintenant les trois aspects que présente successivement la
iumière. Pendant la première des périodes dont j'ai parlé (depuis le com-
mencement des observations jusqu'au moment où la déviation du galvano-
mètre atteint son maximum), la disposition des couches lumineuses est à
peu près la même que si les boules étaient nues; pendant la deuxième
période, cette disposition devient très-complexe : i° Ja boule inférieure et
sa tige sont enveloppées d'une auréole bleue ; a° une gerbe de lumière rouge
s'étend entre les deux boules; 3° tout l'espace compris entre la boule
supérieure et la cloche qui lui sert d'enveloppe est rempli de lumière
bleue ; 4° la partie sphérique de la cloche est extérieurement enveloppée
d'une auréole bleue; 5° enfin, la partie cylindrique de cette même cloche est
extérieurement enveloppée d'une b couche de lumière rouge. Pendant la
troisième période, les couches lumineuses que je viens de décrire sous les
numéros 1 , % et 3 persistent, la calotte bleue n° 4 disparaît, et le cy-
lindre n° 5 devient bleu, de rouge qu'il était; en même temps ou voit
apparaître un petit jet de lumière rouge qui semble s'élancer du trou de la
cloche de verre.
« Il me serait impossible d'expliquer dans tous leurs détails les phénomènes
3..
■ ( *0 )
compliqués que je viens de décrire rapidement; mais l'apparition de la
lumière bleue, qui se manifeste pendant la deuxième et la troisième période
sur la boule positive, me paraît une raison suffisante de croire qu'il se pro-
duit successivement, à l'intérieur de l'oeuf, deux mouvements électriques
de directions opposées, quand le vide est suffisamment parfait et que le
courant est dirigé de la boule nue à la boule couverte. Sur ce point je suis,
comme on le voit, d'accord avec M. Riess; seulement, au lieu d'admettre
avec ce savant que les deux mouvements électriques contraires qui se
succèdent sont dus au passage des courants direct et inverse,Je crois que le
courant direct pénètre seul dans l'œuf, et que, rencontrant là un obstacle
qu'il ne peut franchir, il éprouve une sorte de réflexion. En d'autres
termes, je crois que l'oeuf soupape, dans les circonstances indiquées, joue le
rôle d'un carreau fulminant.
» En terminant, je crois devoir indiquer uue application des soupapes
électriques que le défaut d'instruments m'empêche de tenter, et que je serai
heureux devoir réaliser. Tout le monde s'accorde à penser que les courants
induits d'ordres supérieurs, et les courants induits par la décharge de la
bouteille de Leyde, sont formés d'une succession de courants ayant des
directions opposées; mais, bien qu'il n'y ait guère de doute sur ce point de
théorie, il serait assurément intéressant de dédoubler (si je peux m'expri-
mer ainsi) les courants dont je viens de parler. Je crois qu'on pourrait
atteindre ce but au moyen des soupapes électriques en procédant de la ma-
. nière que j'ai indiquée ( Comptes rendus, tome XL, page 64 1 ). »
ARTS graphiques. —Nouveau procédé de gravure dit hélioplastie, et impres-
sion photographique aux encres grasses sur pierre et autres surfaces;
par M. A.. Poitevin. (Communication faite par M. Becquerel.)
(Commissaires, MM. Becquerel, Regnault, Séguier.)
« L'action réductrice delà lumière sur les sels formés par l'acide chro-
mique avec les diverses bases, et principalement sur le bichromate de po-
tasse en présence des matières organiques, a'été utilisée depuis longtemps
par M. Ponton pour les positifs sur papier, et par M. Edmond Becquerel
pour des études sur l'action chimique de la lumière ; plus récemment
M. Talbot l'a employée pour la gravure chimique des planches d'acier,
et M. Testud de Beauregard s'en est servi pour obtenir des images de diffé-
rentes teintes sur papier. Dans ces diverses applications, l'acide chro-
mique réduit par la lumière forme le corps colorant qui doit produire le
dessin, ou bien il transforme une matière organique en vernis impénétrable
( a , )
à l'agent chimique qui doit creuser l'acier dans les parties non impres-
sionnées.
» M. Poitevin a fait deux nouvelles applications de cette action de la
lumière sur les mélanges des sels à acide chromique et des matières
organiques gélatineuses et gommeuses pour produire immédiatement des
gravures en relief ou en creux, ou pour appliquer par leur intermédiaire les
corps gras ou les encres grasses sur les parties impressionnées des surfaces
qui en ont été recouvertes.
» Le procédé de gravure que M. Poitevin nomme hélioplastie repose
sur la propriété qu'a la gélatine sèche et imprégnée d'un chromate ou bi-
chromate, et soumise à l'action de la lumière, de perdre la propriété de se
gonfler dans l'eau, tandis que la gélatine ainsi préparée et non impression-
née s'y gonfle d'environ six fois son volume.
» On applique une couche plus ou moins épaisse de dissolution de géla-
tine sur une surface plane, de verre par exemple, on la laisse sécher et on la
plonge ensuite dans une dissolution d'un bichromate, dont la base n'ait pas
d'action directe sur la gélatine; on laisse sécher de nouveau, et on impres-
sionne, soit à travers un cliché photographique, soit à travers un dessin po-
sitif, soit même au foyer de la chambre noire. Après l'impression qui doit
varier selon l'intensité de la lumière, on plonge dans l'eau la couche de gé-
latine; alors toutes les parties qui n'ont pas reçu l'action de la lumière se
gonflent et forment des reliefs, tandis que celles qui ont été impressionnées
ne prenant pas d'eau, restent en creux. On transforme ensuite cette surface
de gélatine gravée en planches métalliques en la moulant, ou en plâtre avec
lequel on obtient par les procédés connus des planches métalliques, ou bien
on la moule directement par la galvanoplastie après l'avoir'métallisée.
» Par ce procédé, les dessins négatifs au trait fournissent des planches
métalliques en relief pouvant servir à l'impression typographique, tandis
que les dessins positifs donnent des planches en creux pouvant être impri-
mées en taille-douce.
» Le second procédé que M. Poitevin emploie pour appliquer photographi-
quement les corps gras sur le papier, la pierre, les surfaces métalliques, etc.,
par l'intermédiaire de l'action de la lumière sur les mélanges des sels à acide
chromique avec les matières organiques gommeuses ou mucilagineuses, con-
siste à appliquer une ou plusieurs couches de ce mélange sur les surfaces,
et, après dessiccation, à les impressionner à travers les négatifs des dessins
à reproduire. En appliquant ensuite l'encre grasse au moyen d'un tampon
ou d'un rouleau, elle ne restera adhérente que sur les parties qui auront
subi l'action de la lumière. Il a également appliqué sur diverses surfaces et
en se basant sur le même principe des couleurs quelconques soit en pou-
dre, soit liquides.
» M. Poitevin prie M. le Secrétaire perpétuel d'ouvrir le paquet cacheté
qu'il a déposé dans la séance du 10 décembre i855, et qui renferme une
Note relative à ces deux nouveaux procédés et-dës épreuves de gravures et
de lithographies obtenues de cette manière sans aucune retouche. »
photographie. — Communication d'épreuves dé gravures sur pierre obtenues
par M. Poitevin , d'après les photographies faites au Muséum d'Histoire
naturelle par "M. L. Rousseau, faite par M. Vaijenciesxes. .
-.. '- (Renvoi â la Commission de Photographie.)
« A la suite de la communication de M. Becquerel, du procédé de M. Poi-
tevin, M. Valesotesnes met sous les yeux de l'Académie des épreuves de
gravures sur pierre, faites par M. Poitevin, obtenues sur des négatifs dus aux
soins de M. L. Rousseau, qui a déjà montré à l'Académie avec quelle persévé-
rance il cherche à appliquer la photographie à l'usage de l'histoire naturelle.
L'une des deux planches représente le Dobb d'Algérie, espèce de Fouette-
Queue, voisine de Y Uromastisç spinipss ? si ce n'est le même. L'autre est la
reproduction du grand etbeau Stylaster:, Edw., rapporté de Bourbon, dès
i8o3, par Péron, et que Lamarck a fait connaître sous le nom de Oculîna
flabellifqrmis. y>
MÉCANIQUE céleste. -- Mémoire sur le mouvement de la Terre autour de
'.'..'. son centre de gravité; par M. Julmev.
(Commissaires, MM, Poinsot, Cauchy, Liouville, Binet,) ; -
L'auteur, en adressant de Rome ce Mémoire, y joint l'indication sui-
vante : ,!
« Un illustre Membre de cette Académie a montré récemment comment
la méthode des couples conduit par une voie facile à des formules qui repré-
sentent le mouvement de la rotation de la Terre, d'une manière approchée,
quant à ses traits les plus apparents. Poursuivant la même voie, j'arrive,
à l'aide d'une analyse extrêmement simple, non-seulement aux formules du
mouvement delà Terre données par Lapiace, mais aussi aux formules plus
complètes dues à Bessel, dont les astronomes se servent actuellement dans
les recherches qui exigent la plus grande précision.
(»3)
» Tout le calcul se réduit à des compositions de couples suivantda loi du
parallélogramme, et à des intégrations immédiates de fonctions circu-
laires. »
analyse mathématique.— Mémoire sur la décomposition des polynômes de
degré pair en facteurs rationnels du second degré; par M. Rouget.
« En adressant à l'Académie, dit l'auteur dans la Lettre d'envoi, la
démonstration d'un théorème énoncé depuis longtemps, je demande la
permission de faire remarquer que l'emploi des symboles imaginaires se
trouve rigoureusement banni des raisonnements et des calculs tendant à
établir ce principe fondamental : peut-être l'Académie jugera-t-elle qu'il y
aurait lieu de l'introduire dans les éléments d'algèbre. »
(Renvoi à l'examen d'une Commission composée de MM. Liouville, Lamé
et Chasles. )
L'Académie renvoie à l'examen de la Section de Médecine constituée
en Commission spéciale du concours pour le prix du legs Bréant :
i°. Un Mémoire adressé de Rome par M. Sabbatixi sur l'efficacité des
bains généraux chauds de chlorure de calcium dans le traitement du cho-
léra-morbus asiatique.
Ce Mémoire, écrit en italien, est accompagné de deux opuscules sur le
même sujet, publiés par l'auteur, et d'un opuscule également relatif à sa
méthode de traitement et imprimé à Venise.
2°. Un Mémoire sur le traitement du choléra, adressé de Montbron
(Charente) par M e Eyssartier.
Ce Mémoire est transmis par la Faculté de Médecine, à laquelle il avait
été adressé par erreur.
CORRESPOIVDANCE.
M. le Secrétaire perpétuel met sous les yeux de l'Académie un certain
nombre de tableaux imprimés et autres documents relatifs à la météorologie,
publiés par Y Observatoire météorologique de l'Ecole Polytechnique de Lis-
bonne, tant d'après les observations faites à cet observatoire sous la direc-
tion de M. Dias Pegado (mai à octobre i855), que d'après des renseigne-
ments authentiques puisés à d'autres sources nationales ou étrangères.
Une Commission, composée de MM. Becquerel, Pouillet, Le Verrier, est
invitée à prendre connaissance de ces documents et à en faire, s'il y a lieu,
l'objet d'un Rapport à l'Académie.
( ik )
M. Haidesger, nommé récemment à une place de Correspondant pour
la Section de Géologie, adresse ses remercîments à l'Académie,
M. Germais de Saevt-Pdehre prie l'Académie de vouloir bien le com-
prendre dans le nombre des candidats pour la place vacante dans la Section
de Botanique, et adresse un exemplaire d'une Notice sur ses travaux bota-
niques publiée à l'occasion de cette candidature.
physique du globe. — Sur les tremblements de terre qui ont renversé, en
août i853, la ville de Thèbes. (Extrait d'une Lettre de M. Gaddiiy.)
« Pikermi, i5 décembre 1 855.
» J'arrivai en Grèce peu de temps après l'époque où cette cité célèbre
fut détruite, et je recueillis à Athènes des récits détaillés sur l'événement-
mais alors je n'eus pas le temps d'aller jusqu'en Béotie vérifier leur exacti-
tude et je m'abstins de les transmettre. Cette année, j'ai pu visiter les
ruines de Thèbes, et obtenu des renseignements précis que je vous prie,
Monsieur le Secrétaire perpétuel, de vouloir bien communiquer à.1' Acadé-
mie des Sciences.
» La Grèce et les îles Ioniennes sont très-sujettes aux tremblements de
terre; il est rare d'y voyager longtemps sans ressentir quelques secousses;
nous-même, il y a peu de jours (10 décembre), étant à Kalamaki, nous
avons éprouvé une commotion qui dura environ deux secondes. C'est aux
mouvements du sol qu'il faut attribuer la destruction du plus grand nombre
des monuments antiques de la Grèce. L'histoire de la Grèce est remplie de
récits des tremblements du sol. Pour ne parler que de la Béotie, je rappel-
lerai que Strabon signale en plusieurs passages de sa Géographie des
secousses survenues dans cette contrée. Il attribue sa séparation d'avec
l'île d'Eubée à un violent tremblement de terre, et il cite à ce sujet les vers
d'un ancien poète. Les peuples de la Béotie ont conservé la tradition de
plusieurs tremblements : au temps de la domination turque, Thèbes fut
complètement renversée. Depuis un grand nombre d'années, cette ville
jouissait d'une tranquillité parfaite; seulement, vers l'année 1840, elle res-
sentit un très-faible tremblement, et en i85i Delphes éprouva une légère
secousse.
» La destruction de Thèbes a eu lieu le 18 août i853. C'était un diman-
che. Selon l'usage oriental, les habitants étaient pour la plupart réunis dans
les rues. A io h 20 m du matin, trois petits tremblements se font sentir :
Je peuple en émoi s'enfuit dans la campagne. Dix minutes après,
(a5)
s'élève un bruit sourd, comparable à celui que produit une voiture
courant sur du pavé. Presque en même temps, une terrible secousse
dirigée de bas en haut ébranle la ville. En treize secondes (temps que
dura le tremblement) Tbèbes devient un amas de ruines; tous les habi-
tants ne s'étaient pas enfuis lors des trois petites commotions précurseurs
du sinistre : dix-sept périssent écrasés par les maisons qui s'écroulent ;
soixante blessés restent au milieu des décombres. Les bestiaux brisent les
cordes qui les retiennent dans les étables et courent en mugissant à travers
les rues et les campagnes. Les volailles elles-mêmes s'envolent effrayées.
Contre la ville s'élève une grande tour carrée : un prince français ,
Othon de la Roche, baron d'Athènes, l'avait bâtie en iao5; dans cette
cité, plusieurs fois ruinée par les commotions du sol, elle était le débris le
plus antique. Elle s'ébranle, et toute sa partie supérieure se renverse sur
un troupeau de brebis qui s'abritait contre ses murailles. Un homme, en
s' enfuyant dans la campagne, tombefmort sur la voie sans aucune marque
de blessure : on prétendit qu'il avait péri de peur.
» Ce n'est pas à Thèbes seulement que le mouvement s'est fait sentir.
Dans le village de Syrtzi, peu éloigné de la ville, aucune maison ne resta
debout. La plupart des villages de la Béotie furent gravement endommagés :
un grand nombre de maisons se renversèrent et plusieurs hommes périrent.
Dans la mer d'Eubée, éloignée de Thèbes de deux heures de marche envi-
ron, les pêcheurs ont vu les vagues s'élancer de bas en haut. Sur le lac Co-
païs, les eaux furent également projetées de bas en haut. Sur les montagnes,
beaucoup de pierres furent détachées et tombèrent dans les vallées (i).
Le tremblement a été fortement ressenti dans Athènes, au Pirée et dans
l'île de Syra. A Delphes et aux environs du Parnasse, il a été très-faible.
Dans l'île d'Eubée, un village voisin de Chalcis a été fortement endommagé.
La commotion s'est propagée d'une part jusqu'au delà du golfe de Lépante,
à Patras, et d'autre part jusqu'à Brousse, en Asie. Cette direction de Patras
à Brousse s'accorderait assez bien avec la ligne volcanique que M. Alexan-
dre de Humboldt a signalée en Grèce.
» Les secousses continuent après la catastrophe du 18 août, et les habi-
tants, n'osant point rentrer dans leur ville, demeurent dans les jardins.
Le 29 août, vers les n h 3o m du soir, Thèbes est de nouveau ébranlée
presque aussi violemment que le 18: mais comme ses habitants ont quitté
(1) En Grèce, on peut expliquer par la fréquence des tremblements de terre la présence
d'un grand nombre d'énormes blocs de pierre disséminés dans les vallées ou sur le versant
de montagnes.
C. R., i856, i" Semestre. (T. XLU, N° I.; 4
( 2 6 )
la ville, on n'a à déplorer aucune mort et même aucune blessure. Cepen-
dant un grand nombre de personnes sont renversées par là commotion ;
M, Demetrios Calopès, notaire" de la ville de Thèbes, m'a dit que, réfugié
alors dans son jardin, il avait été lancé à terre. Le mouvement est venu de
bas en haut,- comme me l'ont- assuré des témoins dignesue foi, et comme le
démontre l'inspection des maisons ruinées. ' .■...._....
» Des phénomènes singuliers se sont manifestés dans la destruction de la
ville V des murs ont été renversés dans leur partie centrale, tandis qu'à
droite et à gauche les pierres sont restées en place. Depuis ii b 3o m du soir
jusqu'au point du jour, les tremblements durèrent avec une grande vio-
lence; en une heure, on en a compté quatre-vingt-douze. Le soleil en se
levant révéla aux Thébains que leurs- désastres étaient à leur comble : le
tremblement du 29 avait achevé la ruine de leur ville : aucune maison n'é-
tait debout. "
» Les commotions durèrent quinze mois environ ; elles se renouvelèrent
jusqu'à trois fois par vingt-quatre heures. Pendant plusieurs mois, les
44oo habitants de Thèbes campèrent dans les champs ou dans les jardins ,
et eurent à éprouver de grandes souffrances durant les plaies d'automne
et d'hiver. Peu à peu les tremblements devinrent plus rares et moins violents;
on s'y habitua, et Ton rentra dans la ville : actuellement toute commotion
a cesse.
» ; Thèbes a profité de sa catastrophe; elle a été reconstruite sur un plan
uniforme ;des rues tirées au cordeau ont remplacé des passages tortueux ; à
l'ancienne cité a succédé une ville régulière, qui, dans la suite des temps,
pourra s'embellir.* _
" » Dans Athènes, aux environs dé cette ville et surtout au Pirée, le second
tremblement de Thèbes a été ressenti beaucoup plus violemment que le
premier. Il a duré quatre secondes environ, et. a présenté ce phénomène
fort remarquable, que le mouvement a été horizontal, tandis qu'au même
moment il était vertical en Béotie. La Payeur fut extrême ; des femmes sor-
tirent dans les rues en criant. Dans Athènes, plusieurs maisons furent lézar-
dées; mais aucune n'a été renversée. Au Pirée, deux ou trois maisons ont
été détruîte*=Ha plupart ont été crevassées, et dans l'intérieur des habita-
tions un grand nombre de" meubles ont été brisés. Les navires qui étaient
en rade ont entendu un bruit s^urd dans V mer, et l'on a. vu des vagues
lancées de bas en haut. Pendant deux ou trois mois, les principaux tremble-
ments de Thèbes ont été .ressentis à Athènes; ils se renouvelaient en
moyenne une fois tous les dix jours ; cependant en une seule nuit on en a
ressenti jusqu'à trois. •- ° •'
( 27 )
» Tel est, Monsieur le Secrétaire perpétuel, le récit exact des phénomènes
qui ont si vivement préoccupé la Grèce. C'est par erreur que des journaux
de Paris ont annoncé des apparitions de feux pendant les tremblements de
Thèbes. On n'a vu se produire ni feux, ni fumée. C'est également par er-
reur que l'on a signalé la formation d'un cratère après la grande commo-
tion : aucun indice volcanique ne s'est manifesté par des éjections de ma-
tière quelconque; et même aucune crevasse d'une certaine importance,
aucun changement notable ne se sont produits dans les collines si variées
qui supportent et entourent la ville de Thèbes.
» Lors de la dernière éruption du Vésuve, on n'a observé aucune corres-
pondance entre ce volcan et les divers points de la Grèce qui sont sujets à
des tremblements de terre ou sont des centres d'actions volcanique. »
M. Dana adresse, de New-Haven (Connecticut), un exemplaire de
l'adas destiné à accompagner son travail sur les Crustacés observés dans
le Voyage d'exploration fait par ordre du gouvernement des États-Unis
d'Amérique sous le commandement du capitaine C. Wilkes, dans les années
i838-i842.
Les deux volumes de texte ont été depuis longtemps reçus par l'Aca-
démie.
M. Dpjardin adresse un exemplaire du numéro du 2 janvier i856 du
Journal de Lille, qui constate qu'un commencement d'incendie a été éteint
au moyen de la vapeur, et assez complètement pour rendre inutiles les
secours des pompiers.
Déjà M. Dujardin a transmis, à plusieurs reprises, des documents desti-
nés à prouver l'efficacité de ce moyen sur lequel il n'a cessé depuis plu-
sieurs années d'appeler l'attention.
M. Perxeijet adresse une Note sur un moniteur électrique des chemins
de fer qu'il désire soumettre au jugement de l'Académie.
Il annonce être prêt à donner de vive voix, aux Commissaires qui lui
seraient désignés, tous les renseignements nécessaires pour compléter les
indications succinctes fournies par sa Note.
L'Académie ne pourra, d'après ses usages, renvoyer à l'examen d'une
Commission l'invention de M. Pernelet, que lorsqu'il l'aura fait connaître
par une description suffisamment détaillée pour ne pas exiger de dévelop-
pements oraux.
( 28 )
1 M. Pàcaud présente des spécimens de tubes enfer doublés eh plomb et
de tubes en plomb doublés de fer ; il y joint une Note descriptive qui
n'est que la transcription d'un brevet d'invention pris pour ces produits.
M. Gez, médecin à Siradan (Haute-Garonne), s'adresse à l'Académie
dans l'espoir d'en obtenir une analyse., des eaux minérales de Sainte-Marie
qui sont situées dans la commune de Siradan. Cette source ayant été,
en 18 1 1, l'objet d'un Rapport fait à l'Académie j il y a lieu de croire que la
pièce, si elle existe aux archives, doit fournir quelques renseignements sur
la composition des eaux. .
M. Poggioli adresse un exemplaire d'un opuscule qu'il a publié sous le
titre de « Nouvelle application de l'électricité », opuscule annoncé comme
la reproduction d'un Mémoire lu à l'Académie des Sciences, le 3j dé-
cembre i853, et sur lequel il appuie une réclamation de priorité qu'il pré-
sente à l'occasion d'un livre nouvellement offert par M. le D r Briard. '"
Les auteurs, en livrant leurs travaux à l'impression,- font appel au juge-
ment du public et n'ont plus à réclamer le jugement de l'Académie.
M, P. Meller envoie de Bordeaux une Note manuscrite ayant pour titre:
« Proposition relative aux courants atmosphériques et aux nuages ».
L'auteur y indique la marche que devrait, selon lui, suivre l'Académie
pour arriver à la connaissance de certaines lois générales sur les mouvements
de l'atmosphère.
Cette Note n'a pas paru de nature à être renvoyée à l'examen d'une Corn*-
mission. .
Une personne qui se dit en possession d'une méthode très-efficace de
traitement pour laguérison des loupes, excroissances, etc., offre de faire
connaître cette méthode, moyennant une compensation pécuniaire.
Cette demande ne peut être prise en considération.
A 4 heures trois quarts, l'Académie se forme en comité secret.
La séance est levée à 6 heures. É. D. B.
COMPTE RENDU
DES SÉANCES
DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES.
SÉANCE DU LUNDI 14 JANVIER 1856.
PRÉSIDENCE DE M. BINET.
MÉMOIRES ET COMMUNICATIONS
DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE.
électricité. — Communication de M. Becqcerel.
« j'ai l'honneur de présenter à l'Académie, en mon nom et en celui de,
mon fils Edmond, le troisième et dernier volume du Traité et Électricité et
de Magnétisme, et des applications de ces sciences à la Chimie, à la Phy-
siologie et aux Arts, dont la publication a commencé dans les premiers
mois de l'année dernière.
» L'électricité est devenue aujourd'hui, à raison de son importance
scientifique, de ses nombreuses applications et de ses rapports intimes avec
ia chimie, une des parties les plus cultivées de la physique. L'agent dont
elle expose les propriétés, se présentant à nous, tantôt comme chaleur,
comme lumière, tantôt comme force chimique, comme puissance magné-
tique, et tantôt enfin comme force intervenant dans les phénomènes phy-
siologiques, doit naturellement attirer l'attention de toutes les personnes
qui cultivent les sciences physiques sous le point de vue théorique et de
leurs applications.
» Les rapports qui lient les forces électriques aux affinités sont tellement
bien établis aujourd'hui, que l'on peut déjà, dans un grand nombre de cas,
remplacer celles-ci par les premières. L'étude de ces rapports constitue une
C. R., i856, i« Semestre. (T. XLI1 , N° 2. ) 5
( 3o )
science nouvelle, l'électrochimie, à l'exposition de laquelle nous avons
consacré un volume entier, le deuxième; le traitement électrochimique des
minerais d'argent, de cuivre et de plomb en fait partie. Cette question a été
traitée avec des développements suffisants pour que les personnes qui vou-
dront appliquer ce procédé à l'industrie ne soient pas arrêtées par des diffi-
cultés de détails. Nous nous bornons à dire que les expériences ont été
faites sur une grande échelle avec plus de 5ûoo kilogrammes de minerais
venus des différents points du globe ,
» Le troisième volume comprend le magnétisme, le magnétisme ter-
restre, l'électromagnétisme et ses applications à la télégraphie, aux hor-
loges et aux machines de tous genres qui peuvent être mises en mouvement
par les forces électromagnétiques.
» Dans le magnétisme, indépendamment des notions générales sur la
constitution des aimants et sur la distribution du magnétisme, ont été trai-
tées les différentes questions relatives à l'action du magnétisme sur tous les
corps et qui ont été étudiées dans ces dernières années par divers phy-
siciens.
» Le livre relatif au magnétisme terrestre contient la description des
différentes boussoles et des magnétomètres qui servent aux observations des
composantes de la force terrestre. Nous avons également donné le résumé
des travaux exécutés jusqu'ici dans différents lieux du globe, ainsi que le
tracé des principales cartes magnétiques.
» L'électromagnétisme a reçu des développements suffisants pour que
l'on puisse bien comprendre les différents effets des courants par induction,
ainsi que le jeu des appareils qui sont fondés sur le dégagement de l'élec-
tricité induite.
» Quant au douzième livre, qui est le dernier de l'ouvrage, il est consa-
cré uniquement aux principales applications de l'électromagnétisme, c'est-à-
dire à la télégraphie, à l'horlogerie électrique, à tous les appareils fondés
sur l'action des électro-aimants et aux électromoteurs.
» L'étendue même de l'ouvrage ne permettait pas que l'on pût décrire
tous les instruments qui ont été imaginés ; on s'est borné seulement à la
description des principaux appareils en usagé dans la plupart des applica-
tions faites jusqu'ici de l'électromagnétisme. »
M. Viscekt signale une inversion dans la dernière partie de son Mémoire
sur la théorie de la gamme, l'inversion des deux premiers paragraphes de la
page 121 3 {Compte rendu de la séance du 3i décembre i855).
(3.
)
astronomie. — Découverte d'une 38 e petite planète, faite à V Observatoire
impérial de Paris par M. Chacorsac.
« M. Le Verrier annonce à l'Académie que dans la soirée du 12 jan-
vier 1 856, à 9 h 33 m , M. Chacornac a découvert une nouvelle petite planète.
» Cet astre, situé, comme les précédents, entre Mars et Jupiter, ainsi
qu'on en juge par son mouvement apparent, est le 38 e du groupe. Il brille
comme une étoile de 9 e - 10 e grandeur et a été découvert dans la constel-
lation de l'Écrevisse, un peu au sud-est du groupe Prœsepe. En voici les
positions suivant les observations du 1 2 au 1 3 :
T. m. de Paris. Asc. droite. Déclinaison. Nomb. des comparaisons,
h m s m s i u
i856. Janvier 12 1 1 ,5a. 43 ô * — 2. n, 9 3
12 12.18.22 <**+4.36,7 2
i3 9.54.32 œ *- -)- 3.46,9 4
13 10.21. 6 3 Hr — 2.37,6 à
i3 10.43. 4 a^ + 3.45,3 2
Positions de l'étoile de comparaison (8 e grandeur) d'après une observation méridienne du |3.
a = 8 h 35 m i9 ! ,99 « <î = + i7°23'53",5
RAPPORTS.
chimie générale. — Rapport sur un Mémoire de M. Léon Péas de
Saint-Gilles sur l'hydrate et sur l'acétate ferriques.
[Commissaires, MM. Pelouze, Balard, Thenard rapporteur (i)].
« M. Walter-Crum, dans un Mémoire lu en 1 853 à la Société Philoso-
phique de Glascow, a signalé l'existence d'un hydrate d'alumine qui lui a
semblé soluble dans l'eau pure, et qu'il avait obtenu de l'acétate d'alumine
soumis à l'influence d'une température voisine de ioo degrés, pendant un
espace de temps assez long.
» Comme le peroxyde de fer a de grands rapports avec l'alumine,
M. Léon Péan de Saint-Gilles a voulu savoir si cet oxyde était susceptible
de présenter les mêmes propriétés de solubilité que cette base terreuse.
Dans son travail, M. Léon Péan de Saint-Gilles est parvenu à des résultats
(i) Dans l'absence de M. Thenard, qu'une indisposition tient en ce moment éloigné de
l'Académie , le Rapport a été lu par M. Pelouze.
5..
( 3a )
tout nouveaux. Vos Commissaires en ont été frappés; et pour s'éclairer, ils
ont invité quelquefois l'auteur à faire de. nouvelles recherches, qu'il s'est
toujours empressé d'exécuter avee le plus grand soin; c'est même l'une des
causes pour lesquelles ce Rapport n'a, point été -soumis. plus tôt à l'Aca-
démie. --•■:■- . .. _
» Trois séries d'expériences, que nous allons rapporter successivement,
dominent toute la question qu'il s'agit de résoudre. ....... .. ...-_..,
» i°. Lorsqu'on place une dissolution d'acétate de peroxyde de fer dans
un bain-marie chauffé à la température de l'ébuUition pendant dix à
douze heures, la liqueur prend une couleur d'un rouge brique, conserve
sa transparence, vue par transmission, et paraît, au contraire, opaque, vue
par réflexion ; elle perd totalement la saveur métallique des sels de fer pour
prendre celle de vinaigre et l'odeur- très-prononcée de cet acide.
» Ces propriétés sont déjà très-remarquables ; les suivantes le sont bien
plus encore. ' ~ ...
» Si l'on verse du cyarioferrure dé potassium dans la dissolution d'acé-
tate ainsi modifié, on n'obtiendra pas de bleu de Prusse , il ne se produira
qu'un précipité brun ocreux^; c'est un précipité de cette couleur qui anrS
lieu également avec le tannin; le sulfoeyanure despotassium lui-même ne
décèlera pas la plus minime quantité de fer.
a Des traces d'acide sulfurique, phosphorique et de beaucoup d'autres,
et des traces de sel à base de potasse, de soude, de baryte, de strontiane,
de chaux, suffiront pour précipiter tout le fer de la liqueur sous forme
d'un dépôt rouge-brun, insoluble à froid dans tous les acides, même ies
plus concentrés. Les acides chlorhydrique et nitrique y produiront aussi un
précipité rouge et grenu, mais qui disparaîtra par jioe addition d'eau dis-
tillée.
» 2°. Il était important de rechercher si l'hydrate ordinaire de peroxyde
de fer pourrait se modifier sous l'influence de l'eau seule et d'une chaleur
d'environ too degrés. L'auteur s'est convaincu quetîët- hydrate, placé dans
ces conditions, se modifiait peu à peu complétement^tMônhait ensuite, aïi
contact de l'acide acétique ou des acides chlorhydrique et nitrique étendus
d'eau, une liqueur trouble par réflexion, limpide Car transmission, et for-
tement colorée en rouge brique. Il a tu de plus que cet hydrate possédait
deux propriétés très-distinctes : l'une de ne contenir tjue^ro pour iood'eâuY
tandis que l'hydrate ordinaire eh contient i5; l'autre de né : pàs présenter
le phénomène d'incandescence que l'hydrate ordinaire présente tout a coup
quand on le chauffe jusqu'au rouge sombre. - _ • ; . . . . . ; .
(33)
» 3°. Restait un dernier point essentiel à examiner. C'était de rechercher
si, entre l'hydrate de peroxyde modifié et les acides, il y avait une combi-
naison intime. A cet effet, l'auteur a précipité tout l'oxyde de fer du nouvel
acétate par l'addition de quelques gouttes d'acide sulfurique; puis il a
recueilli le précipité sur un filtre, l'a lavé à grande eau et l'a analysé :
il n'y a trouvé aucune trace d'acide.
» Craignant que l'eau n'eût entraîné l'acide sulfurique, qui aurait pu
être uni à l'oxyde, il a fait l'expérience suivante : Après avoir versé dans
une dissolution d'acétate modifié, de l'acide chlorhydrique assez concentré
pour la troubler, et avoir agité la liqueur, il l'a placée dans un tube gradué
et l'a laissée déposer. Le dépôt étant fait, il a enlevé la partie supérieure
qui était transparente, et a déterminé comparativement les quantités de
chlore contenu dans l'une et l'autre; il les a trouvées à peu près égales, ou
plutôt l'inférieure en contenait sensiblement moins.
» Beaucoup d'autres observations, mais secondaires, ont encore été
faites par l'auteur. Nous ne croyons pas utile de les citer.
» Maintenant quelles conséquences tirer de ces faits si extraordinaires?
» Que l'hydrate de peroxyde de fer modifié ait des propriétés tout autres
que celles de l'hydrade de peroxyde de fer ordinaire : c'est ce qui est mis
hors de doute.
» Mais comment se fait-il que l'acétate de peroxyde de fer modifié ne
donne pas de bleu de Prusse avec le cyanoferrure de potassium, ne forme
pas un précipité noir avec le tannin, et ne prenne pas une teinte rouge
foncée avec les sulfocyanures alcalins? C'est que l'hydrate modifié ne joue
pas le rôle de base comme l'hydrate ordinaire : aussi est- il précipité de sa
dissolution acétique par des traces d'acides sulfurique, phosphorique, etc.,
et par des traces d'un sel neutre à base alcaline? L'oxyde est là, pour ainsi
dire, comme isolé et non point dans le même état que le peroxyde de fer
dans les sels ferriques.
» Enfin l'hydrate de peroxyde de fer modifié constitue-t-il avec l'acide
acétique une véritable dissolution ? L'auteur ne le pense pas, et nous parta-
geons son opinion. Lorsque l'eau tient réellement un sel en dissolution, la
liqueur, placée toujours dans les mêmes conditions, ne se défait pas. Au
bout de longtemps, elle contient tout autant de matières salines à la partie
supérieure qu'à la partie inférieure. Mais il n'en est pas de même de la dis-
solution de l'acétate de peroxyde de fer modifié; il s'y forme peu à peu
un dépôt très- sensible, et la liqueur supérieure prend une teinte beaucoup
moins foncée que la liqueur inférieure.
( 3/P)
» Telles sont les principales observations qui sont contenues dans le Mé-
moire de M. Péan de Saint-Gilles ; mais il s'en faut de beaucoup que le sujet
soit épuisé. On devra rechercher s'il n'y a pas des oxydes de fer naturels
qui présentent les mêmes propriétés que le nouvel hydrate, et s'il n'est pas
possible d'obtenir de semblables corps avec quelques autres oxydes métal-
liques.
» Ces recherches sont importantes et pour la théorie et pour l'analyse,
qui, avant la connaissance des phénomènes que nous venons de signaler,
aurait pu méconnaître l'existence du fer dans une liqueur qui en aurait
contenu des quantités très-notables.
c » Toutefois, dans l'état où se trouve son travail , l'auteur est très-digne
d'encouragement. On aime à voir en lui un jeune homme, riche des dons
de la fortune, se livrer avec ardeur à la culture des sciences.
» Votre Commission, d'après l'importance des faits que nous a fait
connaître M. Péan de Saint-Gilles, est d'avis que son Mémoire soit imprimé
dans le Recueil des Savants étrangers. Elle a l'honneur d'en faire la pro-
position à l'Académie. » "
Les conclusions de ce Rapport sont adoptées.
physique. — Rapport sur la combustion spontanée du foin en balles pressées.
(Commissaires, MM. Dumas, Boussingault, Morin rapporteur.)
« Un incendie s'étant déclaré à bord du navire anglais William Mit-
calfe, chargé de foin pour le compte de l'Administration de la Guerre, et
stationné en rade de Bône > M. le Maréchal Ministre de la Guerre a soumis
au jugement de l'Académie la question de savoir si le foin en balles pressées,
à la densité de 280 kilogrammes au mètre cube , est susceptible de com-
bustion spontanée, et si cet accident peut être causé par la présence du
sable mouillé.
- » L'usage de presser le foin, à l'aide d'appareils à vis ou de presses hy-
drauliques, en balles d'une densité qui s'élève parfois jusqu'à 400 kilo-
grammes au mètre cube, pour en faciliter le transport par mer, remonte
à une époque assez éloignée, puisque l'armée anglaise approvisionnait sa
cavalerie, en Portugal, dès 1809 et 1810, à l'aide de ce procédé.- Les per-
fectionnements qui y ont été apportés dans ces derniers temps, et à l'aide
desquels on a pu augmenter la densité des balles et la rapprocher de celle
des bois de peuplier et de sapin, datent de plus de dix ans, et des expédi-
tions immenses de foin pressé ont été faites dans ces dernières années, et
(35)
tout récemment en Orient, sans qu'aucun fait connu de combustion spon-
tanée soit jamais venu donner à penser que le foin ainsi préparé fût suscep-
tible d'un semblable accident.
» Il existait encore, il y a quelques années, à Paris, chez un habile mé-
canicien, qui avait fourni des presses hydrauliques pour l'expédition d'Alger,
en i83o, une balle de foin pressée à cette époque, et qui paraissait avoir
conservé toutes ses propriétés.
» Dans une expérience faite à Paris, en 1849, sur la combustibilité du foin
comprimé, des balles de 100 kilogrammes, pressées à la densité de 3oo ki-
logrammes environ, furent mises en tas et disposées de manière à en faciliter
la combustion, au moyen de canaux d'aérage, et l'on y mit le feu avec des
copeaux préparés à cet effet. L'incendie, qui se propagea rapidement à la
surface extérieure, se réduisit bientôt à une combustion lente et sans flam-
mes, qu'il fut très-facile d'éteindre en quelques minutes. En ouvrant les
balles, on reconnut que ni le feu, ni la fumée, ni même son odeur, pas
plus que l'eau qui avait servi à arrêter la combustion, n'avaient pénétré
à l'intérieur, dont on put retirer, en ouvrant les balles, 5o pour 100 de
foin que les chevaux, si difficiles pour l'odeur, mangèrent sans répugnance.
» 11 est à la connaissance de l'un de nous que des balles de foin impar-
faitement pressées avec des vis, et [qui avaient été envoyées en Grèce,
lors de l'expédition de Morée, ayant été avariées par immersion dans l'eau
de mer, et par la fermentation de leur surface extérieure, ont été rapportées
en France, livrées à la consommation dans un régiment de cavalerie, et
purent être ainsi utilisées en partie.
» On sait qu'en Angleterre et en Allemagne on forme avec des foins
qui ne sont pas encore secs de grandes meules , dans lesquelles ils subis-
sent une fermentation qui en altère complètement la couleur et les fait
passer à un état qu'on désigne sous le nom dejoin brun.
» De l'ensemble de ces faits il résulte :
» Que le foin fortement comprimé, dans lequel l'air ne pénètre que
difficilement et ne peut circuler, ne brûle que très-lentement;
» Que son immersion dans l'eau, malgré l'altération et la fermentation
qui peuvent en résulter à l'extérieur, ne provoque pas son inflammation
spontanée, même quand il est empilé en balles dans des navires, ainsi qu'il
le fut lors de l'expédition de Morée ;
» Que le foin incomplètement séché et mis en grandes meules pour la
préparation du foin brun, subit une certaine fermentation, mais ne s'en-
flamme pas spontanément.
( 36 )
» Il ne semble donc pas admissible à vos Commissaires que, dans les
circonstances relatives au bâtiment William Mitcalfe, le feu ait pu se
déclarer spontanément : ils pensent qu'il convient d'en attribuer l'ori-
gine soit â une imprudence, soit peut-être même au désir de faire dis-
paraître les traces de la fraude qui avait été commise par l'introduction
de corps étrangers dans l'intérieur des balles de foin. ( _
» Telle est la réponse que vos Commissaires vous proposent d'adres-
ser à M. le Maréchal Ministre de la Guerre;. ». , ;
- Ce Rapport est adopté par l'Académie . , :'..'..:' : :
chimie appliquée. — Rapport sur un procédé de ï 'invention de M. Lachave,
pour le transporteur vélin, de récriture 'tracée sur papier ordinaire: .
-: 1 ..-■-.* -■•':. (Rapporteur M. Seguier.) '-.-. ; - :
« M. Lachave vous a présenté des procédés de transport d'écriture que
vous avez renvoyés à notre examen. Fous avons mis l'auteur de" ces pro-
cédés à même d'opérer devant nous, et nous avons reconnu qu'en suivant
exactement la méthode consignée dans le Mémoire qu'il a déposé sur
votre bureau, on atteignait facilement et sûrement le but qu'il s'est pro-
posé, but très-honorable sans doute, puisque. M. Lachave annonce ne
vouloir appliquer ses procédés qu'à la multiplication des autographes des
personnages "augustes et des hommes célèbres.
» Néanmoins l'abus que, dans une intention criminelle, on pourrait
faire de cette méthode dont la simplicité d'exécution est un des caractères,
nous conseille de ne pas vous proposer d'en -consigner la description dans
nos Comptes rendus ]■ nous pensons que les faussaires ont déjà assez de
moyens de commettre des faux sans leur fournir des enseignements nou-
veaux pour leur criminelle industrie. Nous nous bornerons donc à re^
connaître que M. Lachave a fidèlement exécuté devant nous plusieurs
transports d'écritures par les procédés qu'A vous a soumis, et qu'il désigne
parle mot diphtérautographie. ' -
» Nous plaçons sous vos yeux, à l'appui de notre déclaration person-
nelle, puisque nous avons été seul chargé de cette constatation, une pièce
d'écriture par nous tracée et par M. Lachave transportée stir peau de vélin
et sur papier ordinaire. La complète conformité des trois épreuves suffit
pour attester la réussite du procédé. Nous vous proposons dïmc de re-
mercier M. Lachave de la communication de la méthode dite par lm
diphtérautographie. »
Les conclusions de ce Rapport sont adoptées.
i 3 7 )
NOMINATIONS.
L'Académie procède, par la voie du scrutin, à la nomination d'une
Commission de cinq Membres qui sera chargée de la rédaction du pro-
gramme pour le concours concernant le perfectionnement de la navi-
gation.
MM. Dupin, Combes, Poncelet, Duperrey et Regnault réunissent la
majorité des suffrages.
L'Académie procède également, par la voie du scrutin, à la nomination
de la Commission qui sera chargée de proposer une question pour sujet du
prix Bordin, question qui devra être prise cette année dans le domaine des
Sciences naturelles.
MM. Flourens, Geoffroy-Saint-Hilaire, Milne Edwardset Élie de Beaumont
obtiennent la majorité des suffrages.
MÉMOIRES LUS.
physiologie végétale. — Recherches expérimentâtes sur la respiration
des plantes (premier Mémoire); par M. P. Dcchahtre. (Extrait par
l'auteur.)
(Renvoi à l'examen de la Section de Botanique.;
« Ces recherches ont été faites dans le but d'étudier plusieurs questions
d'un haut intérêt que soulève l'histoire physiologique de la respiration végé-
tale. Elles ont porté sur un grand nombre d'espèces, parmi lesquelles l'au-
teur en a choisi quarante qui appartiennent aux différentes catégories des
plantes herbacées annuelles, bisannuelles etvivaces, terrestres et aquatiques,
à feuilles minces et charnues, ainsi qu'à celles des végétaux ligneux, sous-
arbrisseaux, arbrisseaux et arbres, soit feuillus, soit résineux ou conifères.
Elles ont été faites : i° en variant l'intensité lumineuse, et, pour cela, en
mettant les plantes simultanément les unes au soleil, d'autres à une ombre
complète, d'autres enfin de même espèce, et semblables aux premières, der-
rière des écrans d'opacités différentes ; 2° en tenant compte des températures
dans ces différentes circonstances; 3° en relevant pour chaque espèce
l'étendue de la surface des feuilles, la répartition, le nombre et la grandeur
G. R., i656, i er Semesirc-. (T. XLII, N° 2.; 6
( 38 )
de leurs stomates; 4° dans quelques cas particuliers, en opérant comparati-
vement sur des feuilles les unes jeunes, les autres adultes ; 5° en essayant la
richesse en oxygène des gaz dégagés ; etc. Les tableaux détaillés qui accom-
pagnent le Mémoire, présentent le résumé de ces différentes observations
et des quantités de gaz dégagées dans les diverses circonstances dans les-
quelles les plantes ont été placées. Voici un aperçu dès principaux résultats
qu'ont donnés ces expériences.
» 1. Jnfluenee de V intensité de la lumière diurne sur la respiration des
plantes. — Les physiologistes ont généralement admis, jusqu'à ce jour, la
nécessité de la lumière directe du soleil pour la décomposition de l'acide
carbonique et le dégagement de l'oxygène, ou du moins d'un air fortement
oxygéné par les organes foliacés. MM. Ingen-Housz, Sénebier, Grischow,
Unger, etc., se sont exprimés d'une manière formelle à ce sujet. Cependant
des kits nombreux rapportés dans son Mémoire, l'auteur croit pouvoir
déduire les conclusions suivantes:
» i°. Le dégagement d'un gaz fortement oxygéné par les feuilles s'opère,
pendant le jour, non-seulement à la lumière directe du soleil, mais encore
derrière des écraus verticaux formés avec des tissus plus où moins serrés,
même à l'ombre portée par des murs et sous un feuillage touffu.
» 2°. La quantité de gaz dégagé est proportionnelle à l'intensité de la
lumière; elle devient ainsi peu considérable à l'ombre.
» 3°. Le gaz dégagé dans cette dernière circonstance est souvent assez
riche en oxygène pour rallumer et faire brûler avec une flamme vive
' une allumette simplement rouge de feu à son extrémité. ...
» 4°. Les plantes qui croissent habituellement à l'ombre paraissent être
moins sensibles que les autres à la privation de la lumière directe.
» 5° Les conifères se trouvent à peu près dans le même-cas. •'■_■-
» IL Rapport entre la quantité de gaz dégagée par les feuilles pendant le
jour et le nombre ainsi que la grandeur des stomates. —, Après avoir pensé
pendant longtemps que les stomates avaient pour destination spéciale de ser-
vir à l'exhalation aqueuse ou à la transpiration, on en est généralement venu,
de nos jours, à leur attribuer un autre rôle et à les "regarder comme les ou-
vertures par lesquelles passent les matières gazeuses de la respiration des
plantes. Pour permettre de juger si cette dernière théorieest rigoureusement
exacte, et si les stomates sont la seule voie respiratoire que possèdent tes
feuilles, l'auteur donne un tableau dans lequel ibmet en regard, d'un côté,
les quantités de gaz dégagées par trente espèces de plantes, au soleil, rame-
nées à une unité de surface foliaire pourvue de ces petits organes, égale à un
(3g)
décimètre carré, et à un espace d'une heure pris pour unité de temps; d'un
autre côté, le nombre de stomates que portent les feuilles de ces diverses
plantes ainsi que leur grandeur. La comparaison et la discussion de ces
différentes données l'amènent à conclure :
» i°. Qu'il n'existe pas de relation fixe entre le nombre ni la grandeur
des stomates et les quantités de gaz dégagées au soleil par les plantes des
différentes catégories;
» 2°. Que, dans certains cas, comme pour les arbres dont les feuilles ont
un tissu sec et coriace, il y a rapport inverse entre le nombre considérable
des stomates et la faiblesse du dégagement gazeux;
» 3°. Qu'outre les stomates, on doit dès lors regarder comme interve-
nant dans l'accomplissement des phénomènes respiratoires les cellules de
l'épidémie. Cette dernière conclusion est directement appuyée par ce fait,
qu'on voit sortir, de ces cellules sous l'eau, une quantité très-appréciable et
souvent même considérable de gaz, à la face supérieure de feuilles qui ne
sont pourvues de stomates qu'à leur face inférieure.
» III. Influence de Page des feuilles sur la quantité d'oxygène dégagée
à la lumière.— Divers physiologistes ont admis que les feuilles jeunes ne dé-
gagent pas du tout d'oxygène à la lumière ou n'en produisent qu'une très-
faible quantité. Les expériences de l'auteur lui semblent, au contraire,
établir que, si cette idée est applicable aux feuilles formées, même à l'état
adulte, d'un tissu mince ou herbacé, elle ne l'est pas à celles qui deviennent
sèches et coriaces à l'état de développement complet; que celles-ci dégagent,
dans leur jeunesse, une assez forte proportion de gaz à la lumière solaire;
que, par conséquent, elles décomposent une quantité proportionnellement
considérable d'acide carbonique, fait qui, du reste, semble pouvoir expli-
quer la consolidation rapide de leur tissu, dont il serait difficile de se rendre
compte autrement.
» IV. Respiration des feuilles flottantes. — Contrairement à ce qui a été
professé par plusieurs physiologistes, les feuilles des plantes aquatiques qui
flottent à la surface de l'eau, dégagent à la lumière un gaz fortement oxy-
géné , non-seulement par leur face supérieure pourvue de stomates et en
contact avec l'air, mais encore par leur face inférieure qui est habituelle-
ment en rapport avec l'eau et qui se montre généralement privée de ces
petits appareils. »
6..
(4o)
■ MEMOIRES PRESENTES.
anatomie comparée des végétaux. — Plantes aériennes ou Èpidendres;
structure des racines des Orchidées ; par M. Ad. Chates. (Extrait par
l'auteur.)
( Renvoi à l'exameu de la Section de Botanique.) ":
« Le mode de végétation si singulier des plantes Èpidendres donne de
l'intérêt à tout ce qui se rapporte chez elles aux phénomènes de la vie,
phénomènes sur lesquels l'anatomie jette une vive lumière. La structure
des racines, à laquelle est, consacré le présent Mémoire, m'a mis en parti-
culier sur la voie d'observations et d'expériences physiologiques qui tendent
à Faire accorder un rôle spécialement important, pour la nutrition de la
plante, à l'enveloppe spongieuse de ces organes, habituellement flottants
dans l'atmosphère.
» Les racines aériennes des Orchidées offrent, à considérer les parties
suivantes, que j'énumère dans l'ordre de leur position, en allant de la cir-
conférence au centre: i° une enveloppe spongieuse; 2 une membrane
épidermoïdale; 3° un parenchyme vert; 4° un cercle ou étui fîbro-vascu-
laire ; 5° enfin un parenchyme central qu'on peut désigner sous le nom de
moelle.
» TJ enveloppe spongieuse est formée le pTus souvent par un assez grand
nombre d'assises d'utricules spiraiées élastiques, dont l'ensemble constitue
une sorte de feutre épais ou de peau blanche qui se détache aisément par la
dessiccation du tissu sous-jacent. Parfois cette enveloppe se réduit à une seule
rangée de grosses utricules dressées comme des bornes sur la membrane
épidermoïdale [Oncidiurn intermedium, O . juncewn,Vanda recurva); plus
rarement elle manque, comme on le voit surtout dans le Vanilla plani-
folia et dans quelques autres plantes à racines aériennes, le plus souvent
alors fort longues et avides de s'engager dans le sol. Les cellules spiraiées
de l'enveloppe spongieuse se renouvellent du côté interne de celle-ci ' en
repoussant au dehors les utricules plus vieilles, qui finissent souvent par
s'érailler et cesser elles-mêmes de vivre, tout en conservant leurs propriétés
d'absorption et d'imbibition. Une grande analogie de structure et de pro-
priétés existe entre l'enveloppe spongieuse des racines aériennes et le tissu
des Spliagnum, mousses si utilement employées dans nos serres pour la
( 4< )
culture des Orchidées, à la nutrition desquelles elles concourent par leurs
qualités physiques.
» Sous-jaeente à l'enveloppe spongieuse quand celle-ci existe, et super-
ficielle dans le cas contraire, la membrane épidermoïdale que forment des
cellules minces, vides et à parois le plus souvent simples, varie par le nom-
bre de ses éléments composants. En règle générale, la membrane épider-
moïdale est formée par une seule rangée de cellules quand l'enveloppe
spongieuse se compose d'assises multiples (Catasetiun, Epidendrum, etc.);
elle est au contraire formée de plusieurs assises, lorsque l'enveloppe ou peau
spongieuse est constituée par une couche simple de cellules; elle est for-
mée de plusieurs couches, quand l'enveloppe spongieuse manque; enfin,
elle se réduit à une simple assise chez les racines de cette dernière
catégorie qui viennent à s'enfoncer dans la terre.
» Des poils se produisent soit aux dépens de la membrane épidermoïdale,
soit aux dépens de l'enveloppe spongieuse, lorsque les racines aériennes
rencontrent un point d'appui, etc. En ce cas, si l'enveloppe spongieuse se
compose d'une seule rangée de cellules, celles-ci forment les poils, mais,
par une sorte de compensation, l'enveloppe spongieuse multiplie ses assises
dans le voisinage des points envahis par les poils {Vanda, Oncidium). L'o-
rigine des poils ajoute aux rapports qui lient la membrane épidermoïdale
à l'enveloppe spongieuse.
» Le parenchyme externe, qu'on peut aussi nommer le parenchyme
vert, contient ordinairement de la chlorophylle jusque vers sa portion cen-
trale. Il n'offre pas de vraies lacunes, mais souvent de grands méats, et se
compose de cellules à parois, les unes simples, les autres ponctuées, ou
rayées, ou réticulées, ouspiralées, etc. Les ponctuations, spirales, etc., des
cellules commencent tantôt par la région externe (Liparis), tantôt par la
région interne (Pleurothallis spatulata), tantôt enfin par la région moyenne
(Cj'inbidium sinense) du parenchyme.
» On trouve dans le parenchyme, à côté de la matière verte, des masses
cristallines et les corpuscules de matière azotée jaunissant par l'iode, de-
puis longtemps signalés par M. Payen dans tous les jeunes tissus.
» Le système ligneux forme une sorte d'étui placé entre le parenchyme
externe et la moelle. On y distingue, en général : i° un mince cercle fibreux
périphérique; 2 les fibres du bois proprement dites, ponctuées le plus
souvent comme celles du cercle externe, mais plus étroites st à parois
plus minces; 3° de petits paquets de fibres allongées, minces et non
ponctuées, alternant avec les lignes des vaisseaux (Catasetum lingulatum,
( 4 a )
Cjmbidium sinense); 4° les vaisseaux, presque toujours disposés dans les
fibres du bois en lignes qui s'irradient du centre à la circonférence. Les plus
gros des vaisseaux sont ordinairement placés à l'intérieur ; je n'ai observé
de trachées déroulables que dans le Vanilla.
» Le parenchyme central, qui mérite, à tous égards, le nom de moelle,
" forme dans les racines aériennes des Orchidées, comme dans les tiges des
plantes dicotylédones, xin cylindre axile. Franchement parenehymateuses et
vides dans le Vanilla, encore parenehymateuses et féculifëres dans le Cjm-
bidium sinense, YEpidendrum cochleatum et YE. crassifoliumj les -cellules
"de la moelle passent insensiblement à l'état prosenchymateux dans le Catt-
leja, le Maxillaria, etc. La moelle, enfin, disparaît complètement dans le
" Phrsosiphon Loddigesii et le Pleurothallis spatuldta.
» En résumé, les racines aériennes des Orchidées sont remarquables par les
points suivants et tout à fait caractéristiques de cette classe d'organes : pré-
sence d'une enveloppe spongieuse; matière verte dans le parenchyme
externe et parfois jusque dans la moelle-, système ligneux formant un étui
et non un cylindre; existence d'une moelle. Comme les racines terrestres,
les racines aériennes manquent d'ailleurs de stomates, se dirigent vers l'axe
de la terre, etc.
» Des expériences que je poursuis, et pour lesquelles le temps est un élé-
ment important, donneront la mesure de certaines propriétés importantes
des racines et notamment de l'enveloppe spongieuse dont le pouvoir d'im-
bibition, d'absorption et de condensation par rapport aux vapeurs et aux
gaz, paraît être de première valeur pour Falimentation de la plante; Qu'il
me suffise d'indiquer ici que l'enveloppe spongieuse contient toujours des
composés nitreux ainsi que des composés ammoniacaux, et que le pouvoir
d'absorber les liquides est très-différent chez les racines aériennes et chez
les racines terrestres.
physiologie végétale. — De la direction ascendante considérée comme
caractère distinctif des tiges ; observations de tiges présentant normale-
ment la direction descendante. Premières observations ( Caljstegia
sepium et Sagittaiia sagittœfolia) ; par- M . '-Gzbsiain de Saïnt-Piéere.
(Renvoi à l'examen de la Section de Botanique.)
a Au nombre des caractères physiologiques qui distinguent les tiges des
racines, la direction a été placée en première ligne; on désigne même géné-
ralement la tige sous la dénomination d'axe ascendant, et la racine sous la
(43)
dénomination d'axe descendant. On sait néanmoins vulgairement que d'une
patl, cb.ez.un grand nombre déplantes, les ramifications de la racine prin-
cipale s'étendent plus ou moins horizontalement dans le sol, que d'autre
part un grand nombre de tiges souterraines, désignées sous le nom de
rhizomes, s'accroissent ou se succèdent indéfiniment au-dessous de la sur-
face du sol en conservant une direction parfaitement horizontale; et que
les tiges aériennes et ascendantes de ces plantes ne sont que des rameaux
qu'elles émettent à l'aisselle de feuilles rudimentaires d'une coloration
spéciale et d'une forme déterminée. La direction ne fournit donc aucun
caractère distinctif des tiges et des racines pour les cas où ce caractère
serait le plus utile, ceux où la tige est souterraine comme les racines et pré-
sente la même coloration et le même aspect. Les caractères tirés de la pré-
sence des feuilles et de la disposition des bourgeons fournissent seuls, en
effet, les différences réellement essentielles entre la tige et la racine.
» Chez un certain nombre d'espèces, j'ai observé une direction normale
franchement descendante chez les tiges pendant une certaine période de la
vie du végétal. Ces tiges pénètrent ou s'enfoncent verticalement de haut en
bas dans le sol et présentent la direction, la coloration, 'et, jusqu'à un
certain point, l'aspect de véritables racines. Pendant une période suivante,
des rameaux , nés à l'aisselle de feuilles rudimentaires de la. tige descen-
dante, sont franchement ascendants et vont constituer des tiges aériennes
florifères. La période de direction descendante et souterraine a pour objet
la conservation de l'individu et sa reproduction par bourgeons; la période
de direction ascendante et aérienne a pour objet la multiplication de l'es-
pèce par les graines.
» Dans une série d'expériences que j'ai continuées pendant plusieurs
saisons, je me suis assuré que les tiges qui offrent la direction descendante
présentent une résistance incessante à l'accroissement dans le sens ascen-
dant, lorsque par le renversement du vase où l'on fait végéter la plante,
on la place dans une direction opposée à sa direction normale ; cette résis-
tance est égale à celle que l'on rencontre dans le cas contraire, lorsque l'on
dirige de haut en bas une tige qui s'accroît normalement de bas en haut.
» Un même axe peut néanmoins, selon l'époque de l'année et le milieu
où d se trouve placé, présenter alternativement les deux directions et s'ac-
croître pendant une première période comme axe ascendant, pendant une
seconde période comme axe descendant, pendant une troisième période
comme axe ascendant, et continuer indéfiniment cette marche alternante.
» Tel est le cas que j'ai fait connaître chez le Caljrstegia sepium (Lise-
(44 )
ron des haies); chez cette plante, les tiges volubiles chargées de feuilles
vertes et foliacées, après avoir grimpé dans les buissons et avoir parcouru
les phases_ de la floraison et de la fructification, continuent a s'allonger
verticalement de bas en haut, si la longueur du support le permet, puis sont
frappées de mort, à l'air libre, dès les premières gelées. Mais un grand nom-
bre de ces tiges manquent d'appui, et en Rallongeant deviennent pendantes
vers le sol : cette première direction descendante n'est que le résultat de la
faiblesse de la tige ou du rameau; mais, arrivée au contact du sol, ou même
seulement au voisinage de la terre humide, l'extrémité du rameau présente
insensiblementun axe plus épais et plus charnu, et les feuilles tendent à
devenir squamiformes. Bientôt on voit ce rameau, ou l'extrémité de cette
fige pendante, s'introduire par son sommet, de haut en bas, dans le sol à
mesure qu'elle s'allonge. Cette partie delà tige, développée dans le sol, est
de couleur blanche et de consistance charnue, les feuilles qu'elle présente
restent réduites à des écailles, et l'ensemble de cette extrémité de tige cons-
titue réellement une sorte de rhizome charnu, ou tubercule grêle, simple ou
rameux, à rameaux cylindriques. Cette tige pénètre à une assez grande pro-
fondeur dans le sol, où elle s'est préparé, en quelque sorte, un abri contre la
rigueur du froid ; mais, dès le printemps, son extrémité et l'extrémité de ses
rameaux axillaires s'allongent en prenant une direction inverse, et vont
constituer de nouvelles tiges ascendantes ou rameaux aériens qui se com-
porteront plus tard, à leur tour, comme la tige mère.
» Chez une plante commune qui fait l'ornement du bord de nos étangs
et de nos rivières, le Sagittaria sagittcefolia, 'j'ai observé des moeurs hiver-
nantes analogues à celies du Liseron des haies. La plante mère émet, à
l'aisselle de ses feuilles foliacées, deux sortes de rameaux; les uns sont
ascendants, aériens, florifères et fructifères ; les autres sont de couleur
blanche-nacrée et d'aspect radiciforme; ils présentent des feuilles réduites
à des écailles membraneuses, leur longueur dépasse quelquefois 5 à 8 dé-
cimètres, et est en rapport avec la profondeur du terrain et de l'eau. Ces
rameaux ou rhizomes, qui s'enfoncent verticalement de haut eu bas dans le
sol, sont, pendant leur premier état, cylindriques dans foute leur étendue;
ils se terminent par une extrémité aiguë, qu'une coupe longitudinale
-montre constituée par de jeunes feuilles emboîtées, et qui constitue un bour-
geon terminal. L'axe de ce bourgeon se renfle insensiblement, devient
charnu et prend une forme globuleuse; cet accroissement de volume a lieu
dans le courant de l'automne. Dès les premiers froids, la plante mère,
frappée de mort, disparaît après avoir disséminé ses graines; les rhizomes
(45)
racidiformes eux-mêmes se détruisent, et leur bourgeon terminal charnu,
enfoncé de haut en bas dans la vase, est la seule partie de la plante qui
reste vivante. Ces corps charnus, d'aspect bulbiforme, reproduisent chacun
la plante au printemps suivant, le bourgeon qui les termine s'allonge en se
recourbant de bas en haut, et s'épanouit en une rosette de feuilles folia-
cées qui émet des fibres radicales à sa base. Une nouvelle plante mère
est dès lors constituée, et joue le même rôle que la plante de l'année
précédente. »
M. Regnault présente, au nom de M. Bellemare, employé au Ministère
de la Guerre, un Mémoire portant pour titre : « Les chocs rendus impos-
sibles sur les chemins de fer, au moyen de Y interrupteur kilométrique, qui
permet à tout train de faire connaître, sans l'intervention de l'homme, aux
stations d'avant et d'arrière, la position qu'il occupe sur la voie. »
( Renvoi à l'examen de la Commission déjà chargée de prendre connaissance
des diverses communications relatives aux moniteurs électriques des
chemins de fer, Commission qui se compose de MM. Poncelet, Piobert,
Regnault, Morin. )
M. Hpakt adresse la figure et la description de sa machine pour le mou-
lage des pâtes céramiques.
( Renvoi à l'examen d'une Commission composée de MM. Regnault
et Séguier.)
L'Académie renvoie à l'examen de la Commission compétente une Note
destinée au concours pour le grand prix de Physique à décerner en i856,
(question concernant le dernier théorème de Fermât).
CORRESPONDANCE
« M Jomard fait hommage à l'Académie, au nom de M. Ferdinand de
Lesseps d'une Carte spéciale de l'Isthme de Suez, impriméeen lithochromo-
.raphie; ce'qm a permis de distinguer les différentes sortes de terrains dont
se compose cette intéressante localité, en même temps que sont expnmes
tous les détails du parcours du canal maritime, ainsi cme du canal de jonc-
tion dérivé du Nil, servant à rattacher le canal maritime avec le NU. »
C. R., i856, i« Semestre. (T. XLI1, N° 2.) 7
(46)-- ;
PHYSIQUE. — Note relative- au dégagement de Féteùtricïtë par frottement-;
" . 7 par M. Edmojvd BEcWÉRtetf. - : s ■"'-■""
°- « J'ai eu l'honneur de présenter à l' Académie, le 25 juin i855 r .ùn Mé-
môire relatif aux effets électriques dus au contact desisoUdes et des liquides
en mouvement. A l'occasion de ce travail, j'ai été à,même d'.ohserver quel-
ques faits relatifs à l'influence de différents corps en poudre sur. le dévelop-
pement de l'électricité statique et dont je n'avais pas fait mention, espérant
avoir l'occasion de donner plus de développement à l'étude de ces phéno-
mènes; mais n'ayant pu jusqu'ici reprendre cette question et les observa-
tions que j'ai faites me paraissant assez intéressantes pour en faire l'objet
d'une Note, je vais en rapporter ici succinctement les résultats.
» Dans les machines électriques; ordinaires, on a reconnu que les amal-
games oxydables donnent lieu à un plus grand dégagement d'électricité
que les autres corps; de là on avait été conduit à~ penser que peut-être
l'action chimique intervenait dans la manifestation du phénomène. Aussi
plusieurs physiciens se sont-ils servis d'appareils placés danslle vide et dans
différents milieux gazeux pour examiner l'influence de l'air sur le dégage-
ment de l'éjectricité par frottement. Dufay etBoyle ont observé que le dé-
gagement se fait aussi bien dans le vide que dans l'air. Wollastonv au con-
traire, en établissant un petit appareil dans un récipient fermé pouvant
contenir à-volonté de l'air ou de I acide carbonique et ên"exerçant le frot-
tement entre le verre et des amalgames très-oxydables, trouva que le déga-
gement d'électricité n'était appréciable que lorsque le frottement avait lieu
dans l'air ; il en tira la conséquence que l'action chimique exercée par l'air
sur les corps frottés devait avoir une influence. Mais comme Gay-Lussae et
M.Péclet ont été conduits à des conclusions opposées et semblables à celles
de Dufay et de Boyle, on peut en conclure, ainsi que Gay-Lussac l'avait
montré, que Wollaston avait fait usage d'acide carbonique humide dans ses
recherches.
» Dans les expériences dont je vais rapporter les résultats,* on ha pas
fait varier le milieu environnant la machine électrique, mais bien la nature
et l'état physique des substances qui donnent lieu au dégagement d'élec-
tricité par leur frottement contre le verre. : :.-...,
» Une machine électrique permettant de recueillir les électcicités déga-
gées sur le verre et sur le frottoir a été disposée de façon à ce que sur les
frottoirs on pouvait fixer des morceaux d étoffe de soie sur lesquels on
( 47 )
faisait adhérer les corps en poudre qui devaient frotter contre le verre. Les
corps étaient maintenus sur la soie à l'aide d'un peu de graisse ou simplement
par adhérence, suivant leur nature. On tournait alors la roue de la machine
avec une vitesse uniforme d'un tour par seconde et on notait l'écartement
extrême de deux boules en cuivre entre lesquelles éclataient les étincelles
électriques. Ce procédé de mesure ne peut servir qu'à montrer les diffé-
rences que l'on obtient dans les effets produits par les divers corps. Le pla-
teau en verre de la machine avait 65 centimètres de diamètre et les boules
de cuivre chacune 4 centimètres.
SCBSTASCES EN POCDBE
Placées sur le frottoir et prenant l'électricité négative.
Amalgames de zinc et d'étain ; deutosulfure d'étain .
Talc ; sulfure d'antim . ; peroxyde de mang. ; farine. .
Charbon de cornue en pondre impalpable; plombagine;
oxyde de zinc . . . . •
Feuilles d'étain ; fleur de soufre
Lycopode ; savon en pondre
LOSGOECR MAXIMUM DE8 ÉTINCELLES.
Variable entre i^o et joo millim
Variable entre i oo et 70 millim .
Variable entre 5o et 40 millim.
Variable entre 40 et 20 millim.
Effets assez faibles .
» Ces résultats montrent que l'état moléculaire des corps frottés influe
beaucoup plus sur les effets produits que la nature même des corps, puis-
que avec du talc, de la farine, ou du charbon de cornue, placés sur les cous^
sins de la machine, on obtient des effets qui se rapprochent de ceux que
donnent l'or mussif et les amalgames, quoique moins énergiques qu'avec ces
derniers.
» On a opéré ici le frottement dans l'air ; il eût été préférable d'agir
dans un autre gaz, mais la disposition de l'appareil n'a pas permis de faire
l'expérience.
» On savait déjà, d'après les recherches faites par mon père sur le déga-
gement de l'électricité de frottement, que plusieurs causes augmentent la
tendance négative des corps: i° l'état de division des molécules; 2 un
frottement plus grand; 3° un accroissement de température; 4° une sur-
face dépolie ou couverte d'aspérités ou bien une constitution fibreuse.
On peut également ajouter à ces conclusions que l'influence de l'état phy-
sique moléculaire est tel, que les corps doux au toucher, comme le deuto-
sulfure d'étain, le talc et la plombagine, donnent des effets énergiques.
(48)
» Je mentionnerai une dernière observation qui est intéressante au point
de vue de la physique moléculaire et qui résulte non-seulement de ces expé-
riences, mais encore des recherches déjà publiées dans le Mémoire cité plus
haut: c'est qu'en général les substances comme le zinc, l'étain ou leurs
combinaisons qui sont oxydables et qui donnent, lors des actions chimiques,
des effets électriques énergiques, sont aussi celles qui dans le frottement
présentent les effets les- plus marqués, quoique, dans ce cas, elles agissent
par une action toute spéciale et en dehors des réactions chimiques qui
pourraient s'opérer sur elles. » -
chimie. -Sur un nouveau moyen d'obtenir le silicium. (Lettre de -
M. Wohlek à M. Dumas.)
« Gottingue, 9 janvier i856.
» Monsieur,
» Permettez-moi de vous entretenir un moment d'une observation qui
m'a fait dû plaisir, parce qu'elle est une des conséquences des beaux tra-
vaux de M. Sainte-Claire Deville sur l'aluminium et le silicium. En faisant
préparer de l'aluminium à l'aide delà kryolithe,(3NaF -KÂ1F 3 ), selon le
procédé nouvellement indiqué par M. H. Rose, j'essayai d'employer^des
creusets de Hesse au lieu des creusets de fer. Alors j'obtins souvent^ des
globules d'aluminium couverts et traversés de cristaux hexagonaux d'une
matière noire à l'éclat métallique. En traitant cet aluminium par l'acide hy-
drochlorique, il était facile d'obtenir cette matière sous forme de paillettes
à l'éclat métallique, très-semblable au graphite, mais avec une nuance
bleuâtre de plomb. C'était, vous le devinez, du silicium sous cette forme
remarquable qui a été découverte par M. Deville.
» En réfléchissant sur le procédé par lequel, dans ce cas, le silicium.est
réduit sous cette forme, il m'a paru probable que, parle contact du fluorure
alcalin avec la silice du creuset, il s'est formé du fluorure double de silicium
et de sodium, et que c'est cette combinaison de laquelle le silicium est ré-
duit par l'aluminium. En effet, cette idée s'est parfaitement confirmée, et a
présent je suis maître du procédé par lequel on obtient à volonté le silicium
à cet état cristallisé. On n'a qu'à fondre ensemble de l'aluminium avec un
excès du fluorure double de silicium et de potassium (3KF + a Si F*) dans
un creuset ordinaire à la chaleur qui suffit à peu près pour fondre de l'ar-
gent. Après le refroidissement, en cassant le creuset, on trouve toujours,
au milieu du sel fondu, un culot bien arrondi, très-cassant, d'une texture
très-cristalline et d'une couleur de fer foncée. Cela paraît être cette combi-
( 49)
naison de silicium et d'aluminium déjà observée par M. Deville, contenant
dans ce cas une très-grande quantité de silicium à l'état de graphite. Elle
en contient, selon la durée de la fusion, de ^5 à 80 pour 100. On l'obtient
aisément en traitant le culot cassé par l'acide hydrochlorique. Ainsi, grâce
à M. Deville, on est en état à présent d'étudier de plus près les proprié-
tés d'un corps, qui est si remarquable en ce qu'il est un des éléments
constituants de notre globe. Je regrette infiniment que moi-même, faute
d'aluminium, je ne sois pas en état de poursuivre ces recherches. »
« Lorsque cette Lettre m'est parvenue, dit M. Dcmas en la présentant
à l'Académie, j'avais entre les mains une Note de M. Deville dans laquelle
cet habile chimiste exposait les résultats de ses nouvelles recherches sur
le silicium, recherches dans lesquelles, comme on va le voir, il est aussi
arrivé de son côté à la connaissance de faits plus décisifs encore que ceux
qui ont été observés par notre illustre confrère, M. Wôhler, en ce qui
concerne la préparation du silicium cristallisé. »
chimie minébale. — Du silicium et du charbon cristallisés : Méthode
générale pour la production de quelques corps simples fixes au moyen
de leurs combinaisons volatiles. Préparation et propriétés du fluorure
d'aluminium; par M. H. Sainte- Claire Deville.
« J'ai eu l'honneur, dans le courant de l'année dernière, de montrer à
l'Académie du silicium cristallisé en pyramides à six faces courbes et dont
les formes ressemblaient beaucoup à celles du diamant. Les analogies chi-
miques qui ont fait ranger le bore et le silicium à côté du charbon, m'a-
vaient fait penser que le silicium pouvait avoir son diamant comme il a
son graphite : l'analogie cristallographique, sur laquelle on base dans notre
science les rapprochements les plus incontestables, donnerait ainsi com-
plètement raison à la classification des métalloïdes le plus généralement
adoptée. Mais la mesure des cristaux à faces courbes étant impossible, j'ai
dû à cette époque ajourner la solution définitive de ce problème de chimie
générale.
» De nouvelles expériences me permettent aujourd'hui de soumettre à
l'examen de l'Académie des cristaux de silicium complets et définis par
des mesures précises. Ces cristaux , en aiguilles longues de 6 à 7 milli-
mètres, sont tantôt des prismes hexagonaux surmontés d'une pyramide très-
aiguë à faces courbes et non mesurables, tantôt des rhomboèdres enfilés en
chapelet suivant leur axe de figure et dont les angles aux arêtes culminantes
( 5o )
sont d'environ 69 3o' avec une incertitude de a5 à 3o minutes. Ces observa-
tions, que je dois à l'aide bienveillante de M, de Senarmont, ont été faites sur
des cristaux d'une ténuité telle, que je n'aurais jamais songé à les mettre
sur le goniomètre. Plus tard, ayant obtenu quelques rhomboèdres un peu
plus gros, j'ai pu mesurer un angle de 69 10' et même son supplément,
ce qui indique que le rhomboèdre a de la tendance à se compléter dans
chacun des grains qui forment le chapelet dont j'ai déjà parlé.
» Le silicium rhomboédrique ressemble par sa couleur au fer oligiste
de l'île d'Elbe avec toutes ses irisations : il raye fortement le verre, et ses
aiguilles ont assez de rigidité pour percer l'épiderme des doigts lorsqu'on
les saisit par leurs pointes.
'»■ Ges cristaux sont d'une pureté absolue, comme j'ai pu le constater par •
plusieurs analyses qui m'ont toutes donné le même résultat; ils fondent
à une température peu élevée, intermédiaire entre le point de fusion de l'or
et le point de fusion de la fonte, et alors ils prennent avec la plus grande
facilité la forme analogue au diamant à faces courbes qui paraît particulière
au silicium obtenu par fusion. Cette forme est-elle identique au rhom-
boèdre que je viens de décrire ou en est-elle différente? C'est ce que les
propriétés physiques pourront me permettre de démontrer lorsque j'aurai à
ma disposition assez de silicium pour pouvoir les déterminer avec préci-
sion, car le silicium fondu ne-possède pas de clivages. ■'■
« Pour préparer le silicium rhomboédrique, j'introduis, de l'aluminium
placé sur une nacelle dans un tube de porcelaine que traverse un courant
d'hydrogène saturé des vapeurs de chlorure de silicium. Celui-ci est placé
dans un flacon tubulé que l'on chauffe légèrement en approchant avec
précaution un charbon incandescent. On porte le tube au ronge-cerise clair
et Ton continue l'opération jusqu'à ce qu'en regardant dans L'appareil par
l'extrémité béante d'une allonge qui le termine, on ne voie plus de vapeurs
épaisses de chlorure d'aluminium. On retire des nacelles les aiguilles de
silicium que l'on purifie des impuretés qui peuvent y adhérer en les trai-
tant successivement par l'eau régale, l'acide fluorique bouillant et le bisul-
fate de soude fondu. On trouve aussi, lorsque l'opération n'est pas com-
plète, de petits globules de siliciure d'aluminium dans lesquels il y a de '
4o à 5o pour 100 de silicium, ce qui correspond à la combinaison Si Al 2 ,
» Voici ce qui se passe dans cette opération : le chlorure de silicium est
décomposé par l'aluminium qui s'empare du silicium déplacé , d'où résulte
une véritable dissolution. Chaque molécule de chlorure qui survient en
opère la concentration, et lorsque la saturation du bain métallique est corn-
( 5i }
plète, le silicium, plus léger, vient cristalliser à la surface, comme le ferait
du camphre à la surface d'une solution alcoolique.
» On comprend qu'un pareil procédé est susceptible, en se généralisant,
de Rappliquer à la préparation de tous les corps simples fixes pouvant
former des combinaisons volatiles et décomposables par une matière ca-
pable elle-même de les dissoudre; on peut alors les obtenir cristallisés.
» Ainsi , le bore est soluble dans l'aluminium et peut être préparé de la
même manière que le silicium. Mais je ne puis encore rien affirmer sur cette
substance, que l'on n'obtient pure qu'avec des difficultés inouïes. Je n'ai
pas encore analysé les petits cristaux obtenus ainsi au moyen de chlorure
de bore.
» Le charbon ne se combine pas à l'aluminium; aussi, lorsqu'on dé-
compose le chlorure de carbone (i) par ce métal, on obtient simplement du
noir de fumée. Le chlorure de carbone est décomposé également par le so-
dium, et on n'obtient encore que du charbon amorphe, lors même qu'on
a fortement calciné le produit brut de la réaction. C'est qu'en effet le so-
dium ne dissout pas non plus le charbon.
» Mais si l'on traite le fer (et mieux de la fonte de fer), qui a la propriété
de dissoudre le charbon, par le même chlorure de carbone, on obtient une
substance cristallisée bien différente par son aspect du graphite de la fonte,
lequel se produit dans des circonstances tout autres.
» Le charbon cristallisé est en petites lames ordinairement irrégulières ,
mais beaucoup sont manifestement hexagonales : leur éclat est complète-
ment métallique. Plusieurs présentent des stries ou plutôt des froncements
parallèles qui s'épanouissent à droite et à gauche d'une nervure rectiligne,
à la manière des barbes d'une plume, et cette disposition annonce généra-
lement un groupement de cristaux. On sait que le graphite naturel est éga-
lement hexagonal.
» J'ai fait sur le titane et le zirconium des expériences analogues, que j'au-
rai l'honneur de soumettre bientôt à l'Académie. La difficulté de produire
le zirconium parfaitement exempt de titane et d'aluminium, et la crainte de
décrire ses propriétés d'après des échantillons impurs, m'empêchent seuls
d'en parler aujourd'hui.
» Lorsqu'on remplace, dans la préparation du silicium rhomboédrique,
(i) J'obtiens le chlorure de carbone par l'action du chlore sur la vapeur du sulfure de
carbone au ronge et de la potasse* sur le produit condensé pour en séparer le chlorure de
soufre.
(5»)
le chlorure de silicium par le fluorure, on obtient, en même temps que le
sicilium, une matière cristallisée en cubes dont l'angle a été mesuré et qui
n'exercent aucune action sur la lumière polarisée, transparente et fortement
réfringente. Des cristaux de cette matière, appliqués en forme de géode sur
des morceaux d'aluminium intacts, ressemblent, à s'y méprendre, à de la
chaux fluatée. Ces cristaux sont inattaquables par l'acide fluorique, l'acide
nitrofluorique, qui peut servir à les débarrasser du silicium adhérent; par ■
l'acide sulfurique, même bouillant, qui n'en dégage que des traces d'acide
fluorique ; enfin ils ne se volatilisent qu'au rouge vif. Cette substance nou-
velle est le fluorure d'aluminium parfaitement exempt de silicium, comme
me l'ont prouvé un grand nombre d'analyses faites par plusieurs méthodes
différentes. Elle contient 33,3 pour ioo d'aluminium, et la théorie indique
33,2 pour ioo pour le fluorure d'aluminium Al 2 FP. Toutes ces propriétés
.sont contraires à celles qu'on aurait pu présumer par analogie. Bien plus, on
peut le préparer directement par un procédé qui, cerne semble, doit faire pa-
raître moins certaioel'analogiedel'acidechlorhydrique et de l'acide fluorique;
il suffit, en effet, de verser sur de l'alumine calcinée de l'acide fluorique pur en
excès, de sécher fortement le mélange et de l'introduire dans un tube de
charbon (i) ou de platine, qu'on fait traverser par un courant d'hydrogène
et qu'on chauffe au rouge blanc, pour voir se sublimer du fluorure d'alu-
minium, qui vient se déposer en cristaux ou en trémies cubiques de plu-
sieurs centimètres de longueur sur les parties froides du tube. Ainsi, le
fluorure d'aluminium est une des plus belles matières cristallisées de la
chimie et peut-être la plus inattaquable à la plupart des réactifs, »
« M. de Sestabsiont ajoute quelques mots aux détails donnés par
M. Dumas sur les produits divers présentés par M. Deville.
j> Depuis longtemps il a examiné les alliages cristallins, à cassure kmel-
leuse, d'aluminium plus ou moins saturé de silicium, préparés par fusion ;
et depuis plus de quinze jours il connaît les produits purs et nettement
définis que M. Deville présente aujourd'hui à l'Académie ; il a même mesuré
les premiers cristaux de silicium obtenus par la réaction sur l'aluminium,
soit du chlorure, soit du fluorure de silicium; M. Deville -avait bien voulu
les lui réserver, quoiqu'il eût pu lui-même, et tout aussi bien, en détermi-
ner la forme.
(!) On trouvera la description de ces nouveaux vases dans un des prochains cahiers des
Annales de Chimie et de Phfsique.
(53)
» Ces cristaux en aiguilles très-déliées, longues de 6 à 7 millimètres,
sont tantôt des prismes hexagonaux réguliers, surmontés d'une pyramide
très-aiguë, à faces courbes, se raccordant insensiblement avec les faces du
prisme, et non mesurable; tantôt de petits rhomboèdres très-aigus, enfilés
en chapelet, suivant leur axe de figure, et dans une situation parallèle.
» Les prismes sont striés perpendiculairement à leur longueur, de sorte
que la flamme d'une bougie, vue par réflexion, est accompagnée latérale-
ment de spectres de diffraction, qui d'ailleurs ne nuisent en rien à l'exacti-
tude des mesures.
» Quant aux rhomboèdres, leurs angles aux arêtes culminantes sont
d'environ 69°,3o', avec une incertitude de a5 à 3o minutes. Quoiqu'en effet
les faces soient très-réfléchissantes, comme elles sont faiblement striées
parallèlement aux arêtes culminantes, des spectres de diffraction allongent
dans le sens vertical les images réfléchies, et s'opposent à l'exactitude
absolue des coïncidences. »
chimie agricole. — Expériences sur la putréfaction et sur la formation des
fumiers; par M. Jules Reiset.
« La décomposition spontanée des matières végétales et animales privées
de vie, la fermentation, la putréfaction, sont les moyens puissants que la
nature met sans cesse en œuvre pour dégager et rendre libres les éléments
qui doivent, sous une nouvelle forme, concourir à la vie des végétaux et des
animaux. Le carbone, l'hydrogène, l'oxygène, l'azote ne se détachent des
êtres désorganisés par la mort, que ipour rentrer de nouveau dans cet ad-
mirable système de circulation. C'est là un des plus grands phénomènes
naturels que la science moderne a maintenant les moyens d'observer et de
suivre dans ses différentes phases. Les fumiers, les terreaux, les houilles,
les lignites, les tourbes, sont les produits fixes et immédiatement utiles de
ces transformations qui, sous l'influence d'une décomposition lente, s'ac-
complissent chaque jour sur de grandes proportions, soit au contact de
l'air, soit à l'abri de l'air, au sein même de la terre et des eaux.
» D'un autre côté, des produits gazeux prennent naissance pendant la
décomposition lente des matières organisées. L'étude et l'analyse de ces gaz
fourniraient de précieuses indications sur la marche du phénomène de la
putréfaction. Au nombre des questions intéressantes que soulève cette étude,
se place en première ligne celle de savoir ce que devient l'azote des matières
en voie de putréfaction ou de décomposition lente. L'azote contenu primi-
C. R., i856, I er Semestre. (T. XXII, N° 2.) °
( 54 )
fivement dans ces matières se retrouve-t^il tout entier sous forme de sels
ammoniacaux, de nitrates, de produits azotés fixes, ou bien cet élément,
devenant libre et prenant la forme gazeuse, retourne-i-il dans l'atmo-
sphère ? Les expériences que j'ai l'honneur de soumettre aujourd'hui au
jugement de l'Académie ont pour but d'apporter quelque lumière sur cette
question.
» La méthode expérimentale que nous avons adoptée avec M. Regnault
pour nos recherches sur la respiration des animaux, . s'applique de tous
points à l'étude du phénomène de la putréfaction. L'appareil, décrit alors
dans notre Mémoire (annales de Chimie et de Phjsique, tome XXVI,
3 e série), remplit toutes les conditions convenables pour permettre d'ob-
server jour par jour les progrès de cette désorganisation qui met en mouve-
ment jusqu'aux dernières molécules de la matière.
» Je rappellerai succinctement que cet appareil se compose de trois par-
ties essentielles : i° d'uue cloche en verre dans laquelle on place la matière
en voie de putréfaction ; a d'un condenseur de l'acide carbonique formé ;
3° d'un appareil qui remplace constamment l'oxygène absorbé. Une masse
de fumier ou de viande peut ainsi séjourner pendant plusieurs semaines dans
un volume d'air limité, dans des circonstances telles/que le jeu même des
appareils tend à ramener cet air à la composition de l'air normal.
» Il est important de faire remarquer encore que les conditions de tem-
pérature et de pression peuvent être facilement réglées de manière qu'à la
fin d'une expérience, au moment de procéder à la prise du gaz à analyser,
l'air renfermé dans l'appareil présente rigoureusement le même volume
qu'au commencement. On comprend que si pendant la putréfaction d'une
matière organique azotée, il ne s'absorbe que de l'oxygène, et s'il ne se
dégage que de l'acide carbonique, l'air de la cloche présentera encore à la
fin de l'expérience la composition de l'air normal; si, au contraire, il y a
dégagement d'azote, on trouvera dans cet air une quantité d'oxygène
moins considérable; c'est d'ailleurs un fait que l'analyse eudiométrique
décidera nettement. . . :,
: PREMIÈRE SÉRIE D'EXPÉRIENCES. - -.
Formation des fumiers , putréfaction de la viande au contact de l'air.
» Expérience n° i . -^Dans la grande cloche de 4o litres,, on a introduit
une masse de fumier pesant environ ~8 kilogrammes et disposée préalablement
sous, forme de pyramide dans un large : vase 1 de faïence.. Ce fumier, peu
(55)
consommé, se composait presque en totalité de crottin de cheval mélangé
de débris de paille.
« On a interposé plusieurs couchés de craie dans la masse du fumier, qui
a été en outre fortement arrosée avec de l'eau. Avant de commencer l'ex-
périence, l'appareil, muni de ses différents tubes et robinets, était soumis à
des épreuves donnant toute sécurité sur la solidité des fermetures ; puis un
courant d'air rapide était établi dans la cloche au moyen d'une puissante
..machine pneumatique.
» Durée de l'expérience, six jours; volume de l'oxygène fourni, 39 Ut ,5;
air normal au début de l'expérience; température, 1 4 degrés, roo volumes de
l'air recueilli à la fin contiennent: acide carbonique, o,54; oxygène, 19, 3o;
azote, 80,16. On n'a pas trouvé de gaz combustibles.
» L'azote en excès est de 10 pour 100.
» L'expérience n° 2, qui est la continuation et la suite de celle qui pré-
cède, commence immédiatement après la prise du gaz, l'air de la cloche
contenant [alors, comme nous venons de le dire, acide carbonique, o,54;
oxygène., 19, 3o; azote, 80,16.
» Le volume de l'oxygène fourni est de 49 Ut 5 5 environ; durée de l'expé-
rience, dix jours; température, 1 4 degrés. 100 volumes de l'air recueilli à la
fin contiennent : acide carbonique, o,34; oxygène, ï 7,9 1 ; azote, 81,75.
On n'a pas trouvé de gaz combustibles.
» L'azote en excès est de i,5g pour 100.
» Expérience n° 3. — Même masse de fumier; aucun changement dans
la disposition de l'appareil ; air normal au commencement de l'expérience ;
température, 12 degrés. 100 volumes de l'air recueilli à la fin contiennent :
acide carbonique, 0,10; oxygène, 18,20; azote, 81,70. Durée de l'expé-
rience, vingt-six jours ; volume de l'oxygène fourni, io3 Ut ,4- On n'a pas
trouvé de gaz combustibles.
» L'azote en excès est de 2,6 pour 100.
» Expérience n° 4- — Une nouvelle couche de fumier de cheval est
disposée dans la grande cloche de manière à laisser circuler l'air au centre
même delà masse. Le poids du fumier est de 10 kilogrammes environ ; on
ajoute une certaine quantité de craie délayée dans l'eau. Durée de l'expé-
rience, vingt et un jours; volume de l'oxygène fourni, 1 54 litres; air normal
au commencement; température, 12 degrés. 100 volumes de l'air recueilli à
la fin contiennent: acide carbonique, 0,72; oxygène, 1 7,38; azote, 81,90.
On n'a pas trouvé de gaz combustibles.
» L'azote en excès est de 2,8 pour 100.
8..
(56)
Expérience n° 5. — Même masse de fumier; aucun changement dans
l'appareil; air normal au commencement de l'expérience; tempéra-
ture, 22 degrés, i oo volumes de l'air recueilli à la fin contiennent : acide car-
bonique, o,23; oxygène, i8,85; azote, 80,92. On n'a pas trouvé de gaz
combustibles. Durée de l'expérience, seize jours; volume de l'oxygène
fourni, 5i Ut ,4o.
» L'azote en excès est de r,8 pour 100.
» Expérience n° 6, — Dans le grand appareil transporté à la campagne
et monté à nouveau , on a disposé une couche de ro kilogrammes environ
d'un bon fumier de ferme mélangé de fumier de cheval et de mouton ; l'air
pouvait circuler de toutes parts; on avait ajouté, dans la masse du fumier,
de la marne en petits morceaux. Durée de l'expérience, vingt-trois" jours;'
volume de l'oxygène fourni, environ iol\ litres; air normal au commence-
ment de l'expérience 5 température, 24 degrés. 1 00 volumes de l'air recueilli
à la fin contiennent : acide carbonique, o,3g; oxygène, 1 8,83; azote, 80,78.
On ii J a pas trouvé de gaz combustibles. ...—..
» L'azote en excès est de 1,7 pour 100. " '.T.'" ' *~ 1
» Expérience n° 7. — Dans une cloche de 8 litres environ de capacité
sont placées, sur un petit bâtis en bois, des tranches de viande de boeuf y
entre ces tranches on a interposé d'assez gros morceaux de craie. Le poids
de la viande est de 1 5oo grammes. Durée de l'expérience, trente-trois jours ;
Volume de l'oxygène fourni, 27 ia ,6 ; air normal au commencement de l'expé-
rience; température, 1 5 degrés. 100 volumes de l'air recueilli à la fin con-
tiennent : acide carbonique, 0,37; oxygène, 12*37; azote, 87,26. On n'a
pas trouvé de gaz combustibles.
» L'azote en excès est de 8,1 pour 100.
» La viande était dans un état de putréfaction bien caractérisé; une
coloration d'un vert livide s'étendait sur une grande partie de la masse
devenue gluante; son odeur était infecte.
» Expérience n° 8. — Pendant un mois après l'expérience n.° 7, cette
même viande déjà putréfiée a été abandonnée dans là cloche qui est restée
mastiquée dans sa rainure. On a alors de nouveau monté l'appareil pour
étudier tes produits gazeux formés pendant cette période dé putréfaction
avancée.
» Au moyen d'une forte pompe aspirante et foulante on a fait circuler
dans la choche plus de i'5o litres d'air. La masse de viande putréfiée se
trouvait donc dans l'air normal au commencement de l'expérience.
3» La température maintenue à 23 degrés. 100 volumes de l'air recueilli à
( 5 7 )
la fin contiennent: acide carbonique, 1,10; oxygène, i6,83; azote, 82,07.
On n'a pas trouvé de gaz combustibles.
» Durée de l'expérience, dix-sept jours ; volume de l'oxygène fourni ,
8 litres environ.
a L'azote en excès est de 2,9 pour 100.
» Expérience n° 9. — Dans un appareil en tout semblable à celui ayant
servi à étudier la respiration des petits animaux et des insectes, on a placé
3o grammes de viande de bœuf coupée en longs filaments et disposée sur
une espèce de gril en verre; l'air de l'appareil, dont le volume est de
900 centimètres cubes environ, peut ainsi circuler de toutes parts. Durée
de l'expérience, douze jours; volume de l'oxygène fourni, 1026 centimètres
cubes; air normal au commencement; température, 22 degrés. 100 volumes de
l'air recueilli à la fin contiennent : acide carbonique, Oji3 ; oxygène, i4j28;
azote, 85,5g. On n'a pas trouvé de gaz combustibles.
» L'azote en excès est de 6,5 pour 100.
» La viande, entièrement putréfiée à la fin de l'expérience, avait pris une
couleur noire; son odeur était fétide; l'absorption de l'oxygène, très-
rapide dans les premiers jours de l'expérience, s'est ralentie peu à peu, au
point de devenir presque nulle.
» Expérience n° 10.— Dans la cloche de 8 litres, on a placé environ 5 ki-
logrammes d'un fumier de ferme très-consommé et réduit à l'état de beurre
noir. Un vase de verre à large ouverture contenait cette masse de fumier,
très-humide, très-compacte et plongeant en grande partie dans l'eau.
» Durée de l'expérience, sept jours; volume de l'oxygène fourni, 6 litres ;
air normal au commencement de l'expérience; température, 25 degrés,
100 volumes de l'air recueilli à la fin contiennent : acide carbonique,
o,43 ; hydrogène protocarboné, 7,14 5 azote, 92,43 ; on n'a pas trouvé
d'oxygène. L'hydrogène protocarboné était parfaitement pur.
» L'azote en excès est de i3,3 pour 100.
» Expérience n° 1 1 . — Même disposition dans l'appareil ; air normal au
commencement de l'expérience; température, 21 degrés. ioo volumes de
l'air recueilli à la fin contiennent: acide carbonique, 1,92; oxygène, 4^7;
hydrogène protocarboné, 8,54; azote, 84,97- Dur ée de l'expérience, neuf
jours ; volume de l'oxygène fourni, 1 2 litres environ.
» L'azote en excès est de 5,87 pour 100.
» Expérience n° 11. — Même fumier; même disposition de l'appareil.
Durée de l'expérience, neuf jours; volume de l'oxygène fourni, environ 14 li-
tres; air normal au commencement de l'expérience; température, 22°,5.
(58.)
ïoo volumes de l'air recueilli à la fin contiennent : acide carbonique,
2,35; oxygène a, 64; hydrogène protocarboné, i,55; azote, o,3,46.
» L'azote en excès est de 1 4,3 pour ïoo.
» Des expériences qui précèdent, on peut tirer les conclusions suivantes :
» Les matières organiques en voie de décomposition ou de putréfaction,
au contact de l'air, absorbent une quantité considérable d'oxygène et pro-
duisent de l'acide carbonique.
» La quantité d'oxygène qui a disparu étant exactement connue et l'acide
carbonique dégagé se déterminant par l'analyse de la dissolution de potasse
placée dans l'appareil condenseur, on peut déterminer rigoureusement le
rapport entre la quantité d'oxygène consommée et la quantité d'oxygène
qui s'est dégagée à l'état d'acide carbouique; ces détails seront consignés
dans mon Mémoire. ,
» Les sels ammoniacaux, les nitrates, le matières azotées fixes qui peuvent
prendre naissance pendant la combustion lente ou la putréfaction des ma-
tières organiques azotées ne représentent pas tout l'azote contenu primitive-
ment dans ces matières. _ ". ..
» La formation des fumiers, la putréfaction de la viande, au contact de
l'air, sont toujours accompagnées d'un dégagement très-notable d'azote à
l'état gazeux.
» Aucun gaz combustible ne se produit lorsque la putréfaction s'effectue
dans un milieu contenant une suffisante proportion d'oxygèue. ..-
» La décomposition d'un fumier en partie plongé sous l'eau a donné
lieu à un dégagement abondant d'hydrogène protocarboné et d'azote : en
se reportant aux expériences qui ont fourni ces curieux résultats, on verra
que l'air puisé dans la cloche ne contenait que peu ou point d'oxygène. 11
est intéressant devoir que, même dans ce cas, l'azote peut encore se dégager
à l'état de gaz. . •
» Je ferai remarquer que dans toutes ces expériences j'ai eu soin d'ajou-
ter des carbonates terreux pour faciliter la formation des nitrates, et que
néanmoins le dégagement de l'azote l'a toujours emporté de beaucoup sur
la fixation de ce gaz, en admettant qu'elle ait eu lieu.
» Dans une seconde série d'expériences, j espère pouvoir suivre l'étude
de la putréfaction et de la formation des fumiers à l'abri du contact de l'air,
soit sous une couche d'eau, soit au sein d'une masse de terre.
» Les matières organiques en voie de décomposition lente ou de putré-
faction déversent incessamment dans l'atmosphère un volume considérable
d'azote : c'est là un fait qui me paraît maintenant bors de doute. D'un autre
( 5 9 )
côté, ainsi que l'ont démontré tout récemment les expériences si intéres-
santes de M. Ville (Comptes rendus des séances de V Académie des Sciences,
tome XLI, page 757) et de M. Cloè'z (Comptes rendus des séances de l'A-
cadémie des Sciences, tome XLI, page 935), la végétation vient puiser une
nouvelle vie dans cette source inépuisable, en s'appropriant l'azote atmo-
sphérique, soit directement à l'état gazeux, soit indirectement à l'état de
nitrates par suite de transformations successives.
» Limité par les bornes de cet extrait, et réservant pour mon Mémoire
une discussion plus étendue des faits nouveaux qui résultent de mes expé-
riences, je termine en signalant cette nouvelle harmonie de la nature, qui
tend à conserver l'équilibre dans la proportion des éléments qui constituent
l'air atmosphérique. »
chimie organique. — Note sur l'identité des acides nitrohématique et
picramique; par M. Aimé Girard.
« Dans un Mémoire que j'ai précédemment eu l'honneur de présenter à
l'Académie, j'ai établi que l'hydrogène sulfuré, en exerçant sur l'acide
picrique son action réductrice, engendrait un acide rouge facilement cris-
tallisable et donnant naissance à des sels parfaitement définis. En terminant
ce Mémoire, j'annonçais l'intention d'étudier cet acide comparativement
avec celui qu'avait trouvé M. Wôhler en traitant l'acide picrique par les
proto-sels de fer, mais dont aucune étude n'avait été faite. Je pensais dès
lors qu'il y avait entre les deux acides identité parfaite, et cette opinion a
été émise depuis par M. Gerhardt qui, dans son Traité de Chimie organi-
que, considère l'acide nitrohématique comme de l'acide picramique impur.
» Récemment, les Annales de MM. Liebig, Wôhler et Ropp ont inséré
un Mémoire de M. Pugh de Philadelphie, qui .a entrepris de démontrer
cette identité; mais les procédés suivis par M. Pugh pour y parvenir ne
peuvent inspirer une confiance absolue. Ce chimiste a, en effet, opéré
exactement comme l'avait fait M. Wôhler avant que j'eusse démontré la
formation de l'acide picramique au moyen de l'hydrogène sulfuré. Son pro-
cédé consiste à mélanger l'acide picrique avec du protosulfate de fer, à faire
bouillir avec un excès de baryte, à précipiter le sel barytique soluble par
de l'acétate de plomb ammoniacal, et enfin à décomposer le)sel de plomb par
l'hydrogène sulfuré. Or il est évident que, dans ces circonstances, quand
bien même le protoxyde de fer n'eût pas amené l'acide picrique a l'état
d'acide picramique, l'hydrogène sulfuré eût à lui seul produit cette-
réduction.
( 60 )
» J'ai donc cru devoir communiquer le procédé que j'ai suivi pour
éviter l'emploi de l'hydrogène sulfuré, ainsi que les résultats auxquels
ie suis parvenu. -•-■•,, „ -j • • „
, Lorsqu'on fait bouillir ensemble deux solutions, 1 une d acide picrique,
l'auto» de protosulfate de fer, aucun changement ne se prodtnt ; mais des
au'en ajoutant un alcali on détermine la précipitation de oxyde, iLy a
Lnsfermation, la liqueur se colore fortement en rouge, et on obtient un
abondant précipité de peroxyde de fer; après avoir sépare la hqueu, ^
moniacalepar filtration, et lavoir légèrement concentrée, d suffit d y ajou-
ter un excès d'acide acétique, pour obtenir presque immédiatement de
beaux cristaux rouges offrant dans leurs formes et dans leurs reactions
tous les caractères de l'acide picramique. C'est ce procède que 3 ai suivi, et
il m 'a donné d'excellents résultats. Néanmoins, malgré 1 analogie que pré-
sentait cet acide avec l'acide picramique obtenu par l'hydrogène sulfure,
j'ai, pour plus de sûreté, fait une combustion qui m'a donne les nombres
suivants :
Trouvé. Calculé pour l'acide picramique.
Carbone = •• 36 36, 1
.Hydrogène 2?7 2,5
». Voici les nombres provenant de lacalcination du sel d'argent :
Trouvé. Calculé.
Oxyde d'argent. .. 37,3 37,6
Acide 62,7 62,4
, Le protosxdfate de fer réduit donc, comme l'hydrogène sulfuré, l'acide
picrique à J'état d'acide picramique. J'ai essayé également sur cet acme
l'élégant procédé de réduction dû à M. Béchamp, l'acétate de pfotoxyde de
ièr, et je siûs arrivé aux mêmes résultats.
I L'acide picramique [C' 2 H 5 0*(NO') 2 N] dérive de -,1 acide picrique
rG ,2 H 3 2 (^0 4 ) 3 ] par la destruction d'un équivalent d'acide hypoazo-
tique accompagnée de la fixation de deux équivalents d'hydrogène J'ai
cherché à voir si , en faisant réagir sur Facide picrique d'autos agents réduc-
teurs énergiques, il ne me serait pas possible de le modifier plus profon-
dément et de détruire les autres équivalents d'acide hypoazotique; mais
jusqu'ici je n'ai pu y parvenir et j'ai toujours eu comme résultat de 1 acide
P TGeîce que j'ai obtenu très-nettement avec les sulfures alcalins, l'hy-
drogène naissant, le protochlorure d'étain, le protochlorure de cuivre, etc.
(6i)
11 est à remarquer que la réaction avec ces deux derniers agents n'a lien
qu' après qu'ils ont été précipités par l'ammoniaque. Pour que ces résultats
soient certains, il faut, bien entendu, éviter dans les opérations l'emploi
de l'hydrogène sulfuré. »
M. Lecadke adresse quelques renseignements sur un météore lumineux
qu'il a eu occasion d'observer au Havre, le 7 janvier. « A cinq heures cinq
minutes du soir, le ciel étant clair, le thermomètre centigrade indiquant 7 de-
grés au-dessus de zéro, on a aperçu, dans la direction de l'est-sud-ouest,
au-dessus de la mer et à une assez grande élévation, un météore lumineux
jetant une vive clarté et qui s'est épanoui comme une fusée, laissant après
lui une sorte de sillon blanchâtre, en forme d'S, qui a été perceptible pen-
dant environ un quart d'heure ; aucun bruit n'a accompagné ou suivi l'ap-
parition lumineuse. »
M. Volpicelli adresse, de Rome, deux épreuves photographiques qui
permettent de juger du degré de perfection auquel l'art est arrivé dans les
Etats Romains. L'une de ces épreuves, qui représente le groupe antique du
Laocoon, est due à M. Mac-Pherson; l'autre, une reproduction du Jugement
dernier, de Michel, à la chapelle Sixrine, a été obtenue par M. Lupergh.
L'Académie royale des Sciences de Bavière, en remerciant l'Académie des
Sciences pour l'envoi d'une nouvelle série des Comptes rendus, fait con-
naître les motifs qui rendraient dorénavant très-important pour elle le don
d'une double série des publications des Sociétés savantes. Elle annonce que
plusieurs de ces Sociétés lui ont déjà accordé cette faveur; elle serait
heureuse de l'obtenir également de l'Académie.
(Renvoi à la Commission administrative.)
MM. Bourguignon et Delafoxd demandent l'autorisation de reprendre
momentanément un travail sur la pathologie comparée de la gale, qui a été
honoré par l'Académie d'un encouragement au concours pour les prix de
Médecine et de Chirurgie de i854, travail qu'ils se proposent de complé-
ter conformément aux indications données dans le Rapport sur ce concours.
M. Baciborski, en adressant pour le concours de Médecine et de Chi-
rurgie un exemplaire de l'oeuvre qu'il a publiée sous le titre de « Rôle de la
menstruation dans la pathologie et la thérapeutique » , fait remarquer que
C. R., i856, I er Semestre. (T. XLII, N° 2.) 9
(6V).
ce nouveau travail est en quelque sorte le développement de ses rechef ches
sur Y ovulation chez la femme, recherches qui dans un précédent concours
ont été l'objet d'une mention honorable.
(Renvoi à la future Commission. )
M. Passot adresse une Lettre relative à une communication qu'il a faite
à L'Académie, et sur laquelle il n'a pas été fait de Rapport.
' M. GnuRB dk Valbonhte exprime le désir de connaître le jugement qu'aura
porté la Commission du legs Bréant sur un ouvrage concernant l'origine,
la marche et le traitement du choléra épidémiquë, ouvrage qu'il a précé-
demment adressé à l'Académie. L'ensemble des communications présen-
tées à ce concours doit être l'objet d'un Rapport général qui n'a pas
encore été fait.
A 5 heures, l'Académie se forme en comité secret.
La séance est levée à 6 heures et demie. . F. ' *-
BÉLLÊTIN BÏB110GHAPHIQUE.
L'Académie a reçu, „dans : la séance du i 4 Janvier 1 856* les ouvrages
dont voici les titres : -.- .
Traité d'Électricité et de magnétisme ; par MM. Becquerel et Edmohd Bec-
quebel; t. III. Magnétisme et Electromagnétisme. Paris, i856-, *in-8°.
Des rapports de la médecine avec la philosophie ; par M. le D r Ch. SÉDILLOT.
Strasbourg, j 855 ; in -8°. _ _.
Carte de l'isthme de Suez pour servir à L'intelligence du Mémoire etdel 'avant"
projet relatifs à la communication à établir entre la mer Rouge et la Méditerra-
née, par le percement direct de l'isthme au moyen d'un canal maritime de Suez à
Péluse, par MM. LinantnBey et Mougel^Bey. (Offerte au nom de M. de Les^
seps par M. Jomard.)
Le canal de Suez et la question du tracé; Lettre à M. le baron de Bruck, mi*
nistre des finances en Jutrichè; par MM. ; AEEXlS'et EMILE Babbault. Paris^
ï855;br. in-8°. : ::
( 63 j
Essai d'une institution médicale basée sur la science de l'homme^ par M. ie
D r J. Fodrnet. Paris, i855; br. in-8°.
Anatomie comparée des végétaux ,- par M. Chatin ; i re livraison ; in-8°.
Du rôle de la menstruation dans la pathologie et la thérapeutique; par M. A.
Raciborski, Paris, i856; in-8°. (Adressé pour le concours Montyon, Mé-
decine et Chirurgie. )
Etudes tératologiques sur un encéphale anoure appartenant à l'espèce bovine,
par M. N. Joly et A. Lavocat; br. in-8°.
Note tendant à réfuter les assertions de Richard Owen sur le système digital des
Equidés, improprement appelés Monodactyles; par !e même; { de feuille
in-8°.
Notice surf es Mémoires et les ouvrages de botanique publiés par M. E. Ger-
mais de Saint-Pierre. Paris, 1 855 ; br. in-4°.
Note sur une circonstance où il y a production de chaleur; par M. Viard ;
| feuille in-4°.
Nouvelle application de l'électricité par frottement, sans commotion sur
l'homme sain et sur l'homme malade (cause et traitement rationnel du choléra);
par M. P. PoGGlOU. Paris, i854 ; br. in-8°.
Index paleontologicus oder ûbersicht... Coup d' œil sur les organismes fos-
siles connus jusqu à ce jour; par M.. H. Bronn. Stuttgardt, 1848 et 1849;
1 vol. in-8°.
Folia orchidacea, ou Enuméralion des espèces d'Orchis connus; par M. Lind-
ley ; parties VI et VII ; in-8°,
Specimina zoologica Mosambicana , cura J. JoSEPHl BlANCONl ; fasciculi 7,
8, 9 et 10; in-4°.
Sul colera... Sur le choléra asiatique à Rome; par M. Léopold Sabbatini;
br. in-8°.
Sulla cura... Sur la cure spécifique du choléra asiatique; par le même;
br. in-8°.
Brani... Extraits d une Lettre de M. Sabbatini à M. H. sur la cure spéci-
fique du choléra asiatique; par le même; br. in~4°.
(Ces trois opuscules sont adressés pour le concours Bréant. )
Annali... Annales des Sciences mathématiques et physiques; par M. B. To-R-
Tolini. Août et octobre i855; in-8°.
Transactions... Transactions de la Société royale d'Edimbourg; vol. XXI;
partie II; session 1 854-1 855; in-4°. ■ ,
( 64 )
Proceedings... Procès-verbaux de la Société royale d'Edimbourg; session
1 854-i 855 ; in-8°.
Pharmaceutical. . , Journal pharmaceutique de Londres; vol, XV; n°. 6;
Jn-8°- .■:.-... - -
Mbnatsbericht... Comptes rendus des séances de l' Académie des Sciences, de
Prusse; novembre i855; in-8°.
Neue méthode.,. Nouvelle méthode pour éviter et découvrir les fautes cfe cal-
cul; par M. A. Krônig. Berlin, 1 856; br. ia-8°.
' iTr'Tt g giSS— -
COMPTE RENDU
DES SÉANCES
DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES.
SÉANCE DU LUNDI 21 JANVIER 1856.
PRÉSIDENCE DE M. BINET.
MÉMOIRES ET COMMUNICATIONS
DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE.
optique. — Recherches sur la double réfraction; par M. de Senarmost.
« Je demande à l'Académie la permission de lui soumettre quelques
résultats d'un travail encore inachevé. Peut-être aurais-je dû en attendre
le terme ; mais la constatation expérimentale de divers faits, pris au hasard
dans une longue série de conséquences dérivées du même principe, et
théoriquement enchaînées, me semble déjà une présomption de vérité
suffisante pour tous les autres. J'ai d'ailleurs rencontré dans ces recherches
des difficultés qui tiennent surtout au manque de matériaux propres à
réaliser les phénomènes ; ils peuvent me faire défaut longtemps encore,
et en signalant cet obstacle, je prends peut-être le meilleur moyen de le
voir disparaître.
» Je me suis proposé de soumettre les lois de la double réfraction à
une épreuve fondée, non sur des séries isolées de mesures disjointes, bor-
nées à certaines directions particulières, ou sur des déterminations numéri-
ques sans lien ; mais sur une méthode d'investigation capable d'envelopper
dans une manifestation commune tout un ensemble d'effets simultanés, de
façon que l'expérience elle-même devînt une traduction matérielle, et une
représentation graphique de leurs conditions de continuité.
» J'ai emprunté ce mode expérimental aux phénomènes de la réflexion
C. R., i856, i« Semestre. (T. Xtll, N° 3.) ,c *
(66 )
totale. Déjà ce corollaire important des règles de Descartes est pour les lois
de la réfraction simple une épreuve démonstrative; elle ne paraîtra pas, je
pense, moins concluante et moins caractéristique pour les lois de la double
réfraction.
» Si un point lumineux est plongé dans un milieu monoréfringent,
séparé lui-même par.une surface plane d'un second milieu monoréfringent
comme lui, mais dont l'indice ait une valeur moindre; les rayons diver-
gents qui arrivent au second milieu, sous toutes sortes d'incidences, n'y pé-
nètrent que par une région du plan de contact adjacente au pied du rayon
normal, et cette région centrale fonctionne comme une ouverture transpa-
rente, découpée dans une paroL opaque qui partout ailleurs les réfléchit à
la manière d'un miroir étamé. Ces deux parties' si différentes du plan ré-
fringent correspondent l'une à la réflexion partielle accompagnée de ré-
fraction, l'autre à la réflexion totale, et sont séparées par une ligne de
démarcation circulaire, unique et continue, correspondante à la réfraction
limite. Dans la lumière blanche, cette ligne est frangée des couleurs de l'iris.
» Si le second milieu est biréfringent, les choses ne peuvent plus se
passer d'une manière aussi simple.
» Le rayon qui tombe en chaque point du plan réfringent peut être
censé composé de deux rayons confondus qui se sépareront ensuite, en y
pénétrant partiellement, l'un en vertu de la réfraction ordinaire, l'autre en
vertu de la réfraction extraordinaire. Mais quand cette pénétration cesse
d'être possible pour l'un, elle peut et doit souvent persister pour l'autre,
de sorte qu'il devra en général se former sur le plan réfringent des iris de
réflexion limite doubles, distincts, et coexistants.
» Chacun de ces iris est un lieu géométrique des points où les rayons,
émanés du foyer de divergence extérieur au cristal, demeurent, après leur
réfraction, soit ordinaire, soit extraordinaire, compris dans le, plan ré-
fringent; or les points où s'établit cette transition de la réfraction à la
réflexion totale, diffèrent, non-seulement, dans chaque azimut, pour l'un et
l'autre rayon, mais varient dans les azimuts divers; le nombre, et aussi la
forme des iris autour du pied de la normale, sont donc des conséquences
immédiates des lois mêmes de la double réfraction, et doivent en traduire
graphiquement toutes les particularités. . - ~ •_ •" '.-
» La théorie, d'accord avec l'observation, confirme cette induction
logique, et sans entrer ici dans des détails qui nejseraient pas à' leur place,
je résumerai les résultats qu'on peut en déduire, brièvement et sous forme
'géométrique. - - ■ - -- - --
(6 7 )
Cristaux à un axe optique.
» Si le cristal est attractif,
» i°. Lorsque l'indice du milieu superposé est plus grand que l'indice
maximum du cristal :
» Le premier iris est circulaire; il correspond aux rayons ordinaires. Le
second est concentrique au premier, et généralement elliptique; son
diamètre maximum est perpendiculaire à la section principale, et inva-
riable, quelle que soit l'inclinaison du plan réfringent sur l'axe optique ;
l'iris elliptique enveloppe d'ailleurs constamment l'iris circulaire.
» Si le plan réfringent était normal à l'axe optique, le second iris devien-
drait circulaire comme le premier et lui serait extérieur.
» Si ce plau était parallèle à l'axe optique, le second iris demeurant
elliptique serait tangent à l'iris circulaire ^aux extrémités de son diamètre
minimum.
» 2°. Lorsque l'indice du milieu superposé est égal au plus grand des
deux indices principaux du cristal :
» Le premier iris est circulaire; il correspond aux rayons ordinaires.
Le second est concentrique au premier, mais se réduit à un système de
deux droites perpendiculaires à la section principale et extérieures au cercle.
» Si le plan réfringent était normal à l'axe optique, ces droites disparaî-
traient, parce qu'elles s'éloignent à l'infini.
» Si ce plan était parallèle à l'axe optique, les deux droites seraient tan-
gentes au cercle.
» 3°. Lorsque enfin l'indice du milieu superposé est compris entre les
deux indices principaux du cristal :
» Le premier iris est circulaire ; le second, concentrique au premier, ne
peut commencer à se développer que sous une inclinaison déterminée du
plan réfringent sur l'axe optique. Il est alors hyperbolique ; son plus petit
diamètre réel est parallèle à la section principale, et ce diamètre est généra :
lement plus grand que celui du cercle. Il lui deviendrait égal, et les deux
courbes seraient tangentes, si le plan réfringent était parallèle à l'axe
optique.
» Si le cristal est répulsif,
» i°. Lorsque l'indice du milieu superposé est plus grand que l'indice
maximum du cristal :
» Le premier iris est circulaire; il correspond aux rayons ordinaires. Le
10.,
(68)
second est généralement elliptique, concentrique au premier; son diamètre
minimum est perpendiculaire à la section principale, et invariable quelle
que soit l'inclinaison du plan réfringent sur l'axe : optique. L'iris elliptique
est d'ailleurs constamment enveloppé par l'iris circulaire. v. .,
» Si le plan réfringent était normal à l'axe optique ? le second iris. devien-
drait circulaire comme le premier et laisserait intérieur. .;...:....
» Si ce plan était parallèle à Taxe optique, le second iris demeurant ellip-
tique serait tangent à l'iris circulaire aux extrémités de son diamètre maxi-
mum.
» 2°. Lorsque, l'indice du milieu superposé est égal au plus grand des
deux indices principaux du cristal : - „
» L'iris circulaire disparaît; le second iris est généralement elliptique, et
son plus grand diamètre est parallèle à la section principale. {
.. w Si le plan réfringent était normal à l'axe optique, ce deuxième iris
deviendrait circulaire.
» Si le plan réfringent était parallèle à l'axé optique, le second iris se
réduirait à deux droites parallèles à la section principale. -..-_- ' . :
» 3°. Lorsque l'indice du milieu superposé est compris entre les deux in-
dices principaux du cristal :';...;• c ;c "
, » Le premier. iris disparaît; quant au second, il a toujours l'un de ses
diamètres principaux normal à la section principale, et de longueur inva-
riable, quelle que soit l'inclinaison du plan réfringent sur Taxe optique.
- »; Il serait d'ailleurs circulaire si ce plan réfringent était normal à: l'axe
optique, deviendrait de plus en plus elliptique, avec son plus grand dia-
mètre parallèle à la section principale, à mesure que le. plan réfringent
prendrait sur le même axe une inclinaison croissante; il.se changerait en
deux droites parallèles à la section principale lorsque cette inclinaison pas-
serait par une valeur déterminée; et prendrait ensuite la forme; hyperbo-
lique, avec son plus petit diamètre réel normal à la section principale:, et
une augmentation progressive d'excentricité, à mesiire que lé plan réfrin-
gent s'approcherait d'être parallèle à l'axe optique. ... -;: ;_-:;..;
Cristaux à deux axes optiques. „
» Lorsqu'il s'est agi des cristaux à un axe optique, j'ai supposé au plan
réfringent une direction quelconque. Pour les cristaux à deux axes opti-
ques, ce cas général conduirait probablement à des résultats beaucoup plus
compliqués; je me suis borné, quant à présent, aux phénomènes particu-
liers, et nécessairement plus simples, qui correspondent à : la réfraction
( 6 9 )
limite sur des plans parallèles aux trois sections principales de la surface de
l'onde.
» Sur un plan réfringent normal à l'axe de plus grande élasticité,
» t°. Lorsque l'indice du milieu superposé est plus grand que le plus
grand des trois indices principaux du cristal :
» Le premier iris est un cercle, le second est une ellipse concentrique
qui enveloppe entièrement ce cercle, et dont le diamètre maximum est dirigé
suivant l'axe de moyenne élasticité.
» 2°. Lorsque l'indice du milieu superposé est égal au plus grand des
trois indices principaux du cristal :
» Le premier iris est toujours un cercle, le second se réduit à un système
de deux droites concentriques à ce cercle et parallèles à l'axe de moyenne
élasticité.
» 3°. Lorsque l'indice du milieu superposé est compris entre l'indice
maximum et moyen du cristal :
» Le premier iris est un cercle, le second une hyperbole concentrique et
extérieure à ce cercle, et dont le plus petit diamètre réel est l'axe de plus
petite élasticité.
» 4°. Lorsque enfin l'indice du milieu superposé est égal ou inférieur a
l'indice moyen du cristal , tout en restant plus grand que l'indice minimum :
» L'iris circulaire est le seul qui continue à subsister.
» Sur un plan réfringent normal à l'axe de plus petite élasticité,
» i°. Lorsque l'indice du milieu superposé est pins grand que le plus
grand des trois indices principaux du cristal :
» Le premier iris en un cercle; le second est une ellipse concentrique,
entièrement enveloppée par le cercle, et dont le diamètre maximum est
dirigé suivant l'axe de plus grande élasticité.
» 2°. Lorsque l'indice du milieu superposé est égal au plus grand des
trois indices principaux du cristal :
» Le premier iris disparaît; le second est elliptique, avec son diamètre
maximum dirigé suivant l'axe de plus grande élasticité.
» 3°. Lorsque l'indice du milieu superposé est égal à l'indice moyen
du cristal :
» Le premier iris disparaît; le second se réduit à deux droites parallèles à
l'axe de plus grande élasticité.
» 4°. Lorsque enfin l'indice du milieu superposé est plus petit que l'in-
dice moyen du cristal :
(7°)
» Le premier iris disparaît; le second se réduit à une hyperbole dont le
plus petit diamètre réel est parallèle à l'axe de moyenne élasticité.
» Sur un plan réfringent normal à l'axe de moyenne élasticité,
» i°. Lorsque l'indice du milieu superposé est plus grand que le plus
grand des trois indices principaux du cristal ;
» Le premier iris est un cercle ; le second est une ellipse concentrique
dont le diamètre maximum est parallèle à l'axe de plus grande élasticité.
» Le rayon du cercle est intermédiaire entre les diamètres maximum et
minimum de l'ellipse; de sorte que ces courbes concentriques se coupent en
quatre points sur des diamètres parallèles aux axes optiques proprement dits
[axes de réfraction conique intérieure, uniradiale ou cylindrique extérieure).
» 2°. Lorsque l'indice du milieu superposé est égal au plus grand des trois
indices principaux du cristal :
» Le premier iris est circulaire ; le second se réduit à un système de deux
droites concentriques au cercle et parallèles à l'axe de plus grande élasticité :
elles coupent le cercle en quatre points sur les diamètres parallèles aux axes
optiques.
» 3°. Lorsque l'indice du milieu superposé est compris entre l'indiee
maximum et l'indice moyen du cristal :
» Le premier iris est circulaire; le second est une hyperbole concentri-
que, qui a son diamètre réel minimum parallèle à l'axe de plus petite élas-
ticité. Elle coupe le cercle en quatre points sur les diamètres parallèles aux
axes optiques.
x> 4°. Lorsque enfin l'indice du milieu superposé est égal ou inférieur à
l'indice moyen du cristal :
» Le premier iris disparaît; le second est hyperbolique : son diamètre
réel minimum est parallèle à l'axe de plus petite élasticité.
» Ce plan réfringent présente donc jusqu'ici des phénomènes généraux
comparables à ceux qui s'observent sur les deux autres, mais avec des
restrictions et des particularités tout à fait caractéristiques, qui nous res-
tent à exposer.
» Les deux nappes coniques, qui ont leurs sommets au point lumineux et
leurs bases sur les deux iris, ont quatre génératrices communes qui abou-
tissent aux intersections de ces courbes. ; .
» Ces quatre génératrices appartiennent donc à la fois aux deux lieux
géométriques des rayons incidents sous l'angle de réflexion limite; les
quatre rayons correspondants échappent cependant à cette réflexion.
(7i )
» Us éprouvent en pénétrant dans le cristal la réfraction conique inté-
rieure, et en s'épanouissant ainsi sur la nappe superficielle d'un cône, ils
cessent d'être compris dans le plan réfringent.
» Si donc le cristal est limité par deux surfaces parallèles, ces rayons res-
sortiront, parallèlement à leur direction d'incidence primitive, en formant
un cylindre émergent à base hyperbolique.
» Cette hyperbole est en même temps la base du faisceau conique inté-
rieur incident, et du faisceau cylindrique extérieur émergent; elle est con-
centrique aux deux iris, et a pour asymptotes la direction de l'un des axes
optiques proprement dits, et la direction de l'un des axes optiques secon-
daires [axes de réfraction uniradiale intérieure, conique extérieure ).
» Ce n'est pas tout.encore :
» Des groupes particuliers de rayons, dont les points d'incidence sont
extérieurs aux deux iris, en dehors par conséquent du lieu des réfractions
limites, et dans le champ généralement réservé à la réflexion totale, échap-
pent cependant à cette réflexion, et n'éprouvent en réalité que la réfraction
limite.
» Ces ravons forment autour des axes optiques secondaires des cônes de
révolution;- ils tombent ainsi sur le plan réfringent sous des incidences
très-diverses , mais toutes convenables à la réfraction conique extérieure et
uniradiale intérieure; ils pénètrent donc dans le cristal pour y prendre
cette direction uniradiale, sans sortir du plan réfringent.
a Le lieu géométrique des points où chacun de ces groupes de rayons
exceptionnels rencontre le plan réfringent, est une hyperbole concentrique
aux deux iris, tangente à ces deux courbes, et dont le diamètre principal
réel est parallèle à un axe optique secondaire. Les lieux géométriques de
ses points de contact avec les deux iris sont d'ailleurs les deux génératrices
d'intersection du plan réfringent avec la surface conique que forment, à
l'intérieur du cristal, les directions de propagation normale, en nombre
infini, correspondantes à la direction uniradiale du rayon réfracté.
» Les deux iris de réfraction limite seront, dans toutes les circonstances
que nous venons d'examiner, d'autant plus séparés que les trois indices du
milieu biréfringent seront plus inégaux. Une propriété spéciale servira en-
core à les caractériser, et aidera l'observateur à les démêler lorsqu'ils seront
presque superposés et paraîtront confondus.
» Chacun de ces iris est, comme on l'a dit, un lieu géométrique des
points où commence la réfraction limite, pour la portion de lumière inci-
( 7» )
dente destinée à fournil' le rayon soit ordinaire, soit extraordinaire; ces
iris seront, par conséquent, polarisés à l'angle droit.
« C'est aussi à la réflexion totale d'une seule de ces portions de la -"lu-t
mière incidente que l'intervalle interposé entre les deux iris'empruutè son
aspect de miroir étatnë;il doit donc perdre cette apparence, si la lumière
réfléchie totalement, pour laquelle il a fonctionné ^tinsi, vient s'éteindre
dans un analyseur. Pendant la rotation de l'analyseur, cette région du. plan
réfringent présente alternativement le singulier phénomène d'une paroi
tantôt opaque et comme métallique, tantôt vitreuse et transparente. Cet
effet est surtout manifesté toutes lés fois que l'un des iris subsisté seul , et
partage le champ du cristal en deux parties où la réflexion se montre ainsi
avec un caractère absolument opposé. * - - - -^ _ :.'.. -
» Les phénomènes que nous venons de parcourir offrent autant de
traits caractéristiques de la double réfraction; malheureusement la théorie,
qui les fait prévoir, montre en même temps que les données physiques né-
cessaires à la manifestation expérimentale de plusieurs particularités essen-
tielles doivent satisfaire à des conditions difficiles à concilier.
» D'une part, en effet, le double iris ne peut apparaître que si l'indice
unique du milieu monoréfringent est supérieur aux trois, ou au moins à
deux des trois indices principaux du cristal; et d'une autre part, il faut
entre ceux-ci une inégalité marquée, pour que ces iris soient nettement
séparés. Où trouver des liquides dont la réïraction soit assez forte, et des
cristaux dont les trois réfractions principales soient en même temps "assez
faibles et assez différentes pour réunir ces conditions presque contradic-
toires? - - '
» On ne peut guère, en effet, superposer aux cristaux d'autres milieux
monoréfringents que des liquides. J'ai surtout employé le sulfure de car-
bone, préférable à tout autre, à cause de l'énergie de son pouvoir réfrin-.
gent, s'il n'était accompagné d'un énorme pouvoir dispersif. Cette disper-
sion élargit immodérément, dans la lumière blanche, les iris de réfraction
limite; et leurs contours deviennent d'autant plus fondus et plus vagues
qu'il faut les observer aux incidences presque casantes. Une lumière nomo-
gène remédie en partie à ces inconvénients^ mais s'applique mal à des" expé-
riences qui exigeraient une certaine intensité.
» Quant aux cristaux, il en est très-peu, même parmi ceux qui se prêtent
le mieux aux usages ordinaires de l'optique, qu'on puisse faire servira "ces
recherches; presque tous sont trop réfringents, leurs indicés sont supérieurs
ou égaux à l'indice du sulfure de carbone.
( 73)
» Les expériences de réflexion totale, sur les cristaux, ne sont donc pas
seulemexA d\fiic\les et délicates par elles-mêmes ; les principaux obstacles,
je le répète, viennent plus encore du manque de matériaux liquides ou soli-
des réunissant les qualités désirables. Quoique j'aie éprouvé divers liquides,
il est douteux qu'aucun puisse avec avantage être généralement substitué
au sulfure de carbone ; il est possible, au contraire, que l'on parvienne à
rencontrer, parmi les sels, et surtout parmi les sels hydratés, des cristaux
possédant une double réfraction suffisante, avec une réfringence assez faible
en valeur absolue.
» Mais ici survient un empêchement nouveau ; il faut que ces cristaux
soient homogènes et assez volumineux pour qu'on puisse tailler et polir des
surfaces planes de quelque étendue; les arts n'en fournissent qu'un petit
nombre qui satisfassent à cette dernière condition, et pour en obtenir
d'autres il faudrait les préparer en grand, et appliquer à ce but spécial des
moyens qui n'appartiennent guère qu'à l'industrie. »
chimie. — Note sur la préparation de l'uranium; par M. Eue Peligot.
« J'ai l'honneur de mettre sous les yeux de l'Académie quelques mor-
ceaux d'uranium, fondus à une haute température.
» Lorsque j'ai fait connaître ce métal à l'état isolé, en 1842, j'ai montré
qu'en traitant le protochlorure d'uranium par le potassiiim, on l'obtient,
partie en poudre noire, partie à l'état aggloméré, sous forme de pjaques
ayant un éclat métallique comparable à celui de l'argent : mais, comme
cette opération était faite dans un creuset de platine, on devait craindre
la formation d'un alliage d'uranium et de platine. J'ai constaté, en effet, la
présence d'une petite quantité de platine que j'ai signalé dans les parties
douées de l'éclat métallique. J'avais essayé à plusieurs reprises, à cette
époque, de produire l'uranium dans des creusets non métalliques; mais
ceux-ci étaient constamment brisés par l'élévation trop subite de tempé-
rature que développe la réaction.
» La facilité avec laquelle on se procure aujourd'hui le sodium, grâce
aux perfectionnements heureux introduits par M. H. Deville dans la pré-
paration de ce métal, m'a engagé à reprendre mes essais, en substituant le
sodium au potassium. Après plusieurs tentatives infructueuses, j'ai réussi
à obtenir l'uranium pur et fondu, avec des caractères vraiment métalliques,
en procédant de la manière suivante : ' * -
# On introduit dans un creuset de porcelaine vernie la quantité de sodium
nécessaire pour décomposer le protochlorure vert d'uranium préparé,
C. R., i856, i« Semestre. (T, XLH, N° 5.) I I
( 74 )
comme je l'ai indiqué, en soumettant un des oxydes de ce métal à l'action
simultanée du chlore et du charbon. On recouvre le sodium avec du chlo-
rure de potassium bien sec, puis avec un mélange de ce même sel et du,
chlorure d'uranium à décomposer : le creuset, muni de son couvercle, est
placé dans un creuset en terre brâsqué, qu'on remplit avec du poussier de
charbon, et qu'on ferme aussi avec son couvercle en terre. L'addition du
chlorure de potassium a pour objet de rendre la réaetion moins instantanée
et moins vive.
» Le creuset est chauffé jusqu'à ce que la réaction se manifeste; on en
est averti par le bruit qu'on entend à ce moment; on porte immédiate-
ment ce creuset dans le fourneau à vent et on le chauffe au rouge blanc
pendant quinze à vingt minutes ; quand il est refroidi, on trouve dans le
creuset de porcelaine une scorie fondue qui renferme plusieurs globules
d'uranium.
» Ainsi préparé, ce métal est doué d'une certaine malléabilité; quoique
dur, il est facilement rayé par l'acier; sa couleur rappelle celle du nickel
ou du fer. Il prend à l'air une teinte un peu jaunâtre, par suite d'une
légère oxydation superficielle. Chauffé au rouge, il présente subitement
une vive incandescence et il se recouvre d'un oxyde noir volumineux, dans
l'intérieur duquel on retrouve le métal non encore oxydé, si l'action de
la chaleur a été arrêtée à temps.
» Sa densité est fort remarquable; elle est égale à 1 8,4. ainsi c'est, après le
platine et l'or, le corps le plus dense que nous connaissions. Cette pesan-
teur spécifique justifie peut-être aussi l'équivalent élevé que j'ai attribué à
ce métal. -
» Tai constaté qu'on peut obtenir également l'uranium au moyen du
même chlorure vert et de l'aluminium. Son isolement par cette réaction
est dû sans doute à la grande volatilité du chlorure d'aluminium.
» Je me propose de continuer l'étude de ce métal, dont les propriétés
physiques et chimiques diffèrent beaucoup de celles des autres métaux. »
physique du globe. — BL Le Verrier, en communiquant un travail fait
par MM. Goujon et Liais, pour la détermination des éléments magnétiques
à l'Observatoire impérial de Paris, présente à ce sujet les considérations
suivantes :
« Les éléments magnétiques^ en un point déterminé du globe, éprouvent
des changements compris dans des périodes diverses : i° des variations
séculaires; c'est ainsi que l'aiguille de déclinaison qui, jusqu'au commen-
cement du siècle, s'éloignait du pôle- nord, s'en rapproche maintenant;
(75)
2° des variations annuelles ; 3° des variations diurnes. Outre ces varia-
tions périodiques et quelques autres, que des travaux récents semblent
indiquer, il se produit encore des perturbations accidentelles.
» Voulant introduire à l'Observatoire de Paris un système complet
d'observations magnétiques, conforme à l'état actuel de la science, j'ai re-
connu la nécessité d'établir des instruments à indications continues pour
l'étude des variations à courtes périodes et des perturbations accidentelles.
D'un autre côté, il m'a paru indispensable de rechercher avant tout les
influences des fers de l'Observatoire et des environs sur les déterminatioas
faites dans cet établissement, afin de corriger les observations et d'obtenir
des données précises pour l'étude des périodes séculaires.
» Des instruments à indications continues, donnant les trois composantes
du magnétisme, viennent d'être installés à l'Observatoire. Leur description
fera l'objet d'une prochaine communication. Aujourd'hui je me bornerai à
entretenir l'Académie de la détermination des corrections nécessitées par la
présence du fer dans les environs.
» En i854, des observations faites dans les pavillons de l'est et de l'ouest
de la terrasse nous avaient indiqué une différence de 6' 55" entre les décli-
naisons obtenues en ces deux points. Or rien ne prouvait que la déclinaison
réelle fût comprise entre les deux valeurs ainsi obtenues; elle pouvait aussi
bien se trouver en dehors d'elles, et c'est, au reste, ce que l'expérience a
montré postérieurement, comme on le verra plus loin. De là l'indispensable
nécessité d'une étude approfondie de l'état magnétique de notre Observa-
toire. Une semblable recherche serait sans doute utile dans d'autres éta-
blissements, et particulièrement dans ceux qui sont situés à proximité de
grandes villes.
» J'ai donc chargé MM. Goujon et Liais de la détermination de l'ensemble
des correctionsàappliquer aux éléments magnétiques obtenusàl'Observatoire.
Leur travail a été exécuté avec des soins et une exactitude extrêmes. Aussi est-
il remarquable par la précision et la concordance des résultats.
» Les trois éléments magnétiques ont été déterminés en plusieurs points de
l'enceinte de l'Observatoire et en outre dans quatre stations situées au nord,
au sud, à l'est et à l'ouest de l'Observatoire, mais à des distances assez grandes
pour qu'on fut assuré d'arriver à des conclusions sensiblement indépendantes
du voisinage de Paris. Ces stations sont : i° Montrouge, enceinte de la
mire de l'Observatoire établie dans cette localité ; 2° plaine Saint-Denis, à
200 mètres au nord des fortifications; 3° parc de Saint-Cloud,.à 4oo mètres
ouest de la Lanterne de Diogène ; 4° polygone de Vincennes, à 5oo mètres
sud-est du donjon.
il.
(?6)
» Lés instruments employés étalent des boussoles de Gambey. '
» Pendant les diverses déterminations absolues, les indications d'instru-
ments de variation (déclinaison, inclinaison et force horizontale)- ont été
suivies régulièrement à l'Observatoire. Les valeurs des divisions de fous ces
instruments et les corrections dépendantes de la température des aiguilles
ont été mesurées avec un grand soin. " - '■""■■
» Dans chacune des stations le méridien astronomique à été", par une trian-
gulation, déduit de celui de l'Observatoire. Dans l'enceinte même de l'Ob-
servatoire, on s'est servi du cercle de Gambey comme d'un collimateur, et
l'on a ensuite déterminé, àTaide d'observations astronomiques, la situation
de cet instrument par rapport au méridien.
» Les courants dTai^pouvant influer sur la situation de l'aiguille, les ob-
servations ont été faites sous une tente que nous a donnée -M. le -Maréchal
Vaillant. — . ..._■..-_.: — - ...
» L'ensemble de ces opérations, 1 rapportées à l'aide des instruments de
variation au même instant, savoir le 7 septembre à 2* 3o B du soir, a donné
les résultats suivants '. ---• : -
Résultat déduit des quatre stations extérieures. ........
Pavillon ouest. ... ... . . ; . ....".
Pavillon central. ...-...-. ; ... -..-..'
-Enceinte de l'Ob'-- IjXùuSeau pavillon magnétique... . :. .
. s.erYatpire. . . ._. ] Pavillon est. .... . «;."» .:. .......
L Station placée à 20 mètres de la face
sud de l'Observatoire
Déclinaison _
Inclinaison.
I9 57'45"
66°3o'6"
20 ; 0.6
66.29.4
2o.-4- 2 4
'66.24.3
20- 5.53
66.%.3
20. 6.22
66.2g.o
20.18 27
66.i5.8
» Au moyen des inclinaisons observées dans chaque station, MM. Goujon
et Liais ont calculé les intensités totales résultant des intensités horizontales.
La comparaison des déterminations faites à l'Observatoire et aux environs
de Paris a montré que l'intensité est trop faible , savoir î
Au pavillon de l'ouest, de ............... , ,,....__ o, 00328 de sa valeur.
Au pavillon central, de ."" ... ... o, 00147 ■'
Au cabmet magnétique (pilier du magnétomètre bifilaire), de o,oo23i _»
Au cabinet magnétique ( pilier du magnétomètre de force . '," '
verticale), de. . . .-.-.■ .- ...;.. -0^00226 - - »
A -20 mètres de la face sud du bâtiment, de o ,oo5i4 "- »
» En résumé, les conclusions à tirer du travail de MM. Goujon et Liais
sont les suivantes : ; • . _
» i°. Tant que les grandes massés de fer existant à l'Observatoire et dans
(77)
les environs ne subiront pas de changements, on pourra obtenir dans cet
établissement les vrais éléments magnétiques correspondant à ce lieu, en
retranchant des déclinaisons observées :
8' 37" au pavillon de l'est ;
8' 8" au nouveau cabinet magnétique ;
6' 39" au pavillon central ;
2' 21" ati pavillon de l'ouest.
» Pour les inclinaisons, sauf au pavillon central et près du bâtiment, les
corrections sont petites et à peu près de l'ordre des erreurs d'une observa-
tion ; car on sait que la détermination des inclinaisons ne comporte pas
autant de précision que celle des déclinaisons. MM. Goujon et Liais ont
cependant eu soin de faire usage d'une aiguille de Gambey tellement bien
équilibrée, que les deux inclinaisons ne diffèrent que de i5 minutes avant
et après le retournement des pôles, circonstance qui élimine presque com-
plètement l'influence de l'intensité du magnétisme de l'aiguille.
» 2 . Les déterminations antérieures devraient subir des corrections.
Mais à partir de quelle époque faut-il appliquer les corrections actuelles? Il
est assez difficile de le préciser. Peut-être pourrait-on admettre que ces
corrections ont conservé la même valeur depuis la construction du grand
toit en fer au-dessus de la tour de l'est, et dans ce cas les mesures prises au
pavillon central devraient être diminuées de 6' 3c/ pour la déclinaison et
augmentées de 6' 3" pour l'inclinaison.
» 3°. Les observations faites à Vincennes et à Saint-Cloud ont, suivant
la remarque de MM. Goujon et Liais, donné, pour les variations de
déclinaison et d'intensité dépendantes de la longitude, des valeurs plus
fortes que celles qu'on avait déduites d'observations antérieures faites en
France. Cette anomalie, dont l'exactitude des observations ne permet pas
de douter, semble difficile à expliquer par la seule action des fers de Paris.
Il y a donc intérêt à poursuivre, aux environs de la capitale, l'étude des
changements des éléments magnétiques avec la longitude. On se propose
de faire à ce sujet de nouvelles recherches dans des stations plus éloignées. »
« A la suite de cette communication, M. Le Verrier annonce que des
mesures viennent d'être prises pour l'installation immédiate d'études météo-
rologiques et magnétiques à Alger. Après avoir entretenu l'Académie de cette
question, dans la séance du 19 mars i855, il avait adressé un projet
d'organisation à MM. les Ministres de la Guerre et de l'Instruction publi-
que. C'est ce projet que Leurs Excellences, éclairées par une discussion
( 7.8 )
récente et àj'laquelle M. le Maréchal Taillant a pris une part décisive*,
ont bien voulu adopter. Deux arrêtés ont mis à la disposition du
Directeur de l'Observatoire de Paris les fonds nécessaires pour un premier
établissement. »
météorologie. — Observation faite à Caen du météore lumineux du
7 janvier (i); Lettre de M. Eudes Desloïtgchamps à M, Elie de
Beaumont.
- a Je viens d'être témoin du passage d'un météore igné sur notre ville.
Gomme j'ai pu l'observer avec quelque précision, je m'empresse de vous
en communiquer l'observation avec tous les détails que j'ai pu y rattacher,
dans l'espérance qu'elle pourra être de quelque utilité.
» Aujourd'hui 7 janvier, à 5 heures moins un quart (à ma montre qui
comme toutes les horloges de notre ville est en retard de douze minutes sur
l'horloge de la gare de notre chemin de fer, laquelle doit être réglée sur
l'heure de Paris, ou au moins sur les horloges des chemins de fer), je pas-
sais, accompagné de mon fils, rue de Bayeux; nous n'étions que de quel-
ques pas engagés dans cette rue qui commence à la place dite des Petites-
Boucheries (la rue de Bayeux, à Caen, est à peu près orientée de Testa
l'ouest); nous marchions vers l'ouest. L'atmosphère était alors très-calme ;
aucune haleine de vent ne se faisait sentir. Le ciel, dans les points que nous
pouvions apercevoir, était entièrement dégagé de nuages. La nuit n'était pas
encore venue, quoique la clarté du jour fût notablement diminuée ; la
journée avait été fort humide, et les pavés de la rue étaient mouillés d'hu-
midité- Mes yeux étaient en ce moment dirigés vers le sol, à quelques pas
devant moi. Tout à coup une clarté subite est venue éclairer les pavés vers
lesquels se dirigeaient mes yeux, et les a rendus miroitants d'une lumière
intense, de couleur rougeâtre. Une seconde ou une seconde et demie après
la disparition de cette clarté, qui a été instantanée, j'ai entendu, et mon
fils aussi, un bruit ressemblant au crépitement rapide et successif que pro-
duirait une forte fusée volante, dont on serait très-près. Machinalement
j J ai porté mes yeux vers le ciel, et j'ai vu au ciel à une hauteur de 45
à 5o degrés environ au-dessus de l'horizon , une traînée lumineuse
formée d'étincelles , et ressemblant entièrement à celle- que produirait
une fusée volante, mais plus fournie, et d'une assez grande longueur.
(1) Voir pour l'observation du même météore an Havre la Lettre de M. Le cadre {Compte
rendu du 1 4 janvier).
(79)
Cette traînée m'a paru couper la direction de la rue de Bayeux, de
manière à ce qu'elle eût marché du nord-est ou du nord-nord-est vers le
sud-ouest ou sud-sud-ouest; elle s'avançait assez rapidement vers ce point,
mais pas plus que ne le ferait une fusée volante. Bientôt (après une demi-
seconde environ) la traînée étincelante a paru s'arrêter dans sa partie pos-
térieure; mais sa partie antérieure, ou sud-ouest, s'est allongée et comme
étirée, en continuant sa marche, puis il est sorti de son extrémité sud-ouest
un corps d'une forme à peu près globuleuse, qui paraissait au moins du
volume des deux poings réunis. Ce globe a continué de s'avancer dans la
direction de la traînée, mais sans en être suivi ; il faisait tache obscure sur
le fond du ciel ; cependant il montrait sur ses côtés, et peut-être aussi en
arrière, de larges plaques incandescentes, rougeâtres, brillantes ; et, con-
tinuant sa marche, il a bientôt été caché à mes yeux par les toits des
maisons. Il s'est à peine écoulé une seconde depuis l'instant où le globe
obscur s'est dégagé de la traînée lumineuse, jusqu'au moment où j'ai cessé
de le voir.
» Dans tout ce que je viens de retracer, il n'y a rien qui diffère beau-
coup de ce que présente la marche d'une fusée volante que l'on aurait pu
tirer de quelque point de la ville. Aussi, pendant l'intervalle très-court
écoulé depuis l'apparition de la traînée jusqu'au moment où le globe obscur
a disparu, l'idée d'une fusée volante me préoccupait uniquement; mais
cette idée a dû faire place à celle d'un météore igné, lorsque, reportant mes
yeux vers le ciel, j'ai vu que la traînée lumineuse, alors extrêmement lon-
gue, persistait. Toujours très-brillante, elle semblait formée d'étincelles ac-
cumulées qui oscillaient les unes sur les autres. Un peu après, la partie anté-
rieure d'où le globe obscur était sorti s'est allongée lentement en se courbant
en divers sens. Restée d'abord brillante, elle a pâli, toujours en s'allongeant,
mais beaucoup moins ; ses contours et son extrémité étaient très-nettement
coupés sur le fond du ciel. La partie postérieure, plus volumineuse, s'est
allongée aussi ; d'abord brillante, elle a pâli aussi, elle s'est contournée, et
ses circonvolutions se rapprochaient les unes des autres: bref, on pouvait
à la fin comparer l'ensemble de la traînée à un petit nuage fort allongé, in-
testiniforme. brillant dans quelques points, mat ou obscur dans d'autres. Il
ne faut pas oublier que l'ensemble de la traînée, après la sortie du globe
obscur, a cessé entièrement son mouvement de translation vers l'ouest; elle
est restée en place et visible pendant plus de vingt minutes. Comme le ciel
était sans nuages dans le point qu'elle occupait, il a été facile de suivre
toutes ses transformations. Nous ne sommes pas les seuls à avoir vu ce
.-■... ' (8(r)
phénomène. Toutes les personnes présentes dans la rue- au moment du
passage dn météo re- ont été frappées d'éfonnemeht, -et bientôt tous les
habitants des maisons sont sortis , regardant; la traînée et faisant leurs
commentaires. Tout le monde a pu voir la taînée ; mais peu de personnes
ont pu voir la première apparition du phénomène, laquelle n'a duré, je le
répète^ que quelques secondes. : ..:._..
» Nous tournions le dos au météore quand il a commencé à traverser la
direction de la rue de Bayeux. C'est évidemment au moment où il passait
au-dessus de nos têtes qu'il a vivement éclairé les pavés formant là partie du
sol de larue oùnous nous : trouvions. Or, le bruit accompagnant le mé-
téore s'est fait entendre à nous une seconde, ou tout au plus une seconde et
demie après, la clarté; le météore lui-même n'était donc pas à une très-
grande hauteur. Le noyau obscur qui s'est dégagé des vapeurs ignées, dans
lequel il était plongé, et qu'il entraînait avec lui, me fait présumer que ce
météore est un aérolithe qui se sera dégagé de ses vapeurs quand la résistance
de l'air, en approchant de la surface de la terre, s'est opposée à leur mou-
vement: de translation. Cet aérolithe n'a pas dû tomber loin de Caen, peut-
être à Vénoix, à Bretteville-la-Pavée, à Carpiquet, villages situés à peu près
dans la direction présumée qu'il a dû parcourir. La distance de Caen au
lieu de la chute est plus ou moins grande, suivant le degré d'obliquité de la
trajectoire, par rapport à la surface du sol ; mais je n'ai aucune donnée sur
cette obliquité. Il y atout lieu de croire que des renseignements autres que
ceux que je puis fournir viendront bientôt lever les incertitudes^ car ce
phénomène ardu frapper l'attention dans un grand nombre de points dans
"notre canton. -.-•-■- -
"V MaXëttre est écrite à la hâte^ et le rapport qu'elle contient est informé;
mais j J ai"cru qu'il pourrait intéresser les hommes qui s'occupent de météo-
rologie, et leur fournir quelque, renseignement utile, j» -
ÉGOKOMffi: rurale,:— Note ■ sur les moutons de €aramanie, envoyés à la
Société impériale d? acclimatation pan M.:, le. Maréchal Taillant;
I /3^r M.'3Pexier. (Extrait par l'auteur .-):.- : :: : ;'.':;'
, îchenoïade Caramanli, donné à ces moutons, indique qu'ils:sont «fï-
giiiaires de Garamanie.'Cette pïôvince Centrale de l'Asie Mineure occupe le
territoire dé toute l'ancienne Cappadcacep elle se distingue par- un caractère
complet de ^déboisement : ce ne sont dtcnord'àu sud que de vastes steppes
(8i )
parcourues en tous sens par les tribus de Turcomans nomades qui con-
duisent d'innombrables troupeaux.
» Les moutons de cette contrée sont remarquables par une particularité
qu'on n'observe pas en Europe. Leur queue forme une énorme masse de
graisse qui pèse jusqu'à 5 ou 6 kilogrammes. Cette race de moutons existe
dans ce pays de temps immémorial, car elle est citée par Hérodote,
liv. m, r i3.
» La laine de ces moutons est assez grossière, elle ne sert que pour la fa-
brication des tapis et des gros vêtements.
» Les bergers donnent à leurs moutons une notable quantité de sel.
» L'auteur ne pense pas que l'acclimatation de cette race soit difficile,
mais il faudrait qu'ils reçussent chaque jour une petite ration de sel. »
MÉMOIRES LUS.
Médecine. — Mémoire sur l'ulcère simple de l'estomac;
par M. Cruveilhier.
(Renvoi à l'examen de la Section de Médecine et de Chirurgie.)
« Le Mémoire que j'ai l'honneur de soumettre à l'Académie a pour objet
une maladie de l'estomac généralement confondue dans la pratique avec le
cancer de cet organe, quelquefois avec la gastralgie ou avec diverses formes
de la gastrite chronique.
» Cette maladie, dont l'anatomie pathologique pouvait seule donner la
détermination , je l'ai désignée sous le nom d'ulcère simple ou d'ulcère chro-
nique simple de l'estomac, pour indiquer, d'une part, sa nature ou plutôt
sa forme ulcéreuse et sa marche généralement chronique ; d'une autre part,
sa curabilité, sa bénignité, par opposition avec l'incurabilité , la malignité
(on me pardonnera ce vieux et métaphorique langage) de l'ulcère cancéreux
de l'estomac. Qu'il me soit permis de dire que c'est dans la X e livraison de mon
grand ouvrage d' A 'natomie pathologique, avec planches, livraison qui a paru
en i83o, que cette maladie a été pour la première fois décrite comme ma-
ladie spéciale et définitive , séparée du cancer de l'estomac , avec lequel elle
avait été confondue jusqu'alors, que j'y ai ajouté de nouveaux faits et de
nouvelles'figures dans la XX e livraison. Et je suis heureux de dire qu'en i83g
M. le professeur Rokitanski, de Vienne , est venu enrichir la science de faits
C. R., .8 r 6, \<* Srwettrc. 'T. XLII,N°3.; 12
( 8* )
nombreux et positifs sur cette maladie dans un excellent Mémoire , intitulé
AeY Ulcère perforant de l'estomac.
» La description générale de l'ulcère simple de l'estomac, qui doit faire
l'objet de cette lecture, comprendra : i° ses caractères anatomiques , qui
établissent son existence comme espèce morbide; 2 ses caractères de phy-
siologie pathologique ou caractères chroniques , qui établissent la possibilité
de reconnaître cette lésion au lit du malade ; 3° ses caractères thérapeuti-
ques , qui établissent non-seulement sa curabilité, mais encore sa tendance
à la guérison sous l'influence de la soustraction.....
» I re partie. Caractères anatomiques de l'ulcère simple de l'estomac. —
Anatomiquement-considéré , l'ulcère simple de l'estomac consiste dans une
perte de substance, ordinairement circulaire, à bords indurés, coupés à-
pic ou en talus , à fond grisâtre et également induré , de dimension variable
depuis quelques millimètres jusqu'à plusieurs centimètres de diamètre.
» Presque toujours solitaire, l'ulcère simple de l'estomac occupe ordi-
nairement soit la paroi postérieure, soit la petite courbure de cet organe.
Il est en général plus rapproché de l'extrémité pylorique que de l'extrémité
cardiaque.
« L'ulcère simple de l'estomac s'étend en surface ; mais en même temps
il creuse en profondeur, et lorsqu'il a triomphé de la résistance que la tu-
nique fibreuse oppose à son envahissement, la tunique musculeuse d'a-
bord, puis la tunique péritonéale, ne tardent pas à être usées par le travail
ujcératif ; d'où la perforation de l'estomac et la mort par épanchement dans
le péritoine des gaz et des matières alimentaires, à moins que des adhé-
rences salutaires ne préviennent les effets de la perforation.
» La série des faits m'a permis d'observer tous les degrés du travail ulcé-
reux perforateur, depuis une érosion folliculeuse jusqu'à la destruction de
toute la tunique de l'estomac , qui est alors remplacée par les organes en-
vironnants, avec lesquels il a contracté des adhérences intimes. L'ulcère
chronique simple de l'estomac ne présente qu'une similitude grossière avec
l'ulcère cancéreux , avec lequel cependant il a presque toujours été con-
fondu. La base qui le supporte n'offre aucun des attributs ni du cancer
s/juirreux ni du cancer encéphaloïde, La meilleure preuve ,. d'ailleurs ,
que l'ulcère chronique simple n'est pas cancéreux, c'est sa curabilité.
Cette curabilité, c'est encore l'anatomie pathologique qui l'a démontrée
en nous faisant connaître les caractères des cicatrices de ces ulcères, cica-
trices qui ont été souvent considérées comme appartenant au cancer squir-
reux .
(83)
» Caractères des cicatrices des ulcères chroniques simples de V estomac. —
Ces cicatrices sont toutes fibreuses et constituées par une couche plus on
moins épaisse de tissu fibreux de nouvelle forme. Jamais ces cicatrices ne
présentent le moindre caractère du tissu des membranes muqueuses. La
membrane muqueuse de l'estomac se termine abruptement à la circonfé-
rence de la perte de substance, sous la forme d'un bourrelet circulaire.
» La cicatrisation des pertes de substance de l'estomac, de même que
celle de la peau, se fait par un double mécanisme : i° par le rapprochement
des bords de la solution de continuité ; i° par la production de toutes pièces
d'un tissu cicatriciel.
» Il n'est pas rare de voir l'ulcère simple de l'estomac, après avoir détruit
successivement toutes les tuniques de l'estomac, franchir les limites de cet
organe , dont la perte des substances est alors remplacée par les organes en-
vironnants, avec lesquels la surface péritonéale de l'estomac avait préalable-
ment contracté les adhérences les plus intimes. Non-seulement les viscères
qui avoisinent l'estomac réparent les brèches qu'il a subies par l'ulcéra-
tion, mais encore, devenus partie constituante de cet organe, ils finissent
par participer au travail d'ulcération.
» De Yulcération consécutive des cicatrices de l'ulcère simple de l'esto-
mac. — Au point, de vue fort important sous lequel les cicatrices de l'estomac
doivent être envisagées, c'est celui de la facilité avec laquelle elles deviennent
le siège d'un travail ulcéreux consécutif, et alors reparaissent tous les symp-
tômes morbides de l'ulcère simple ; de là ces récidives que j'ai vues se repro-
duire un an, deux ans, cinq ans, huit ans, et même davantage, après une
guérison qui paraissait définitive, et si le traitement le plus sévère ne vient
mettre un terme à ce travail d'ulcération, les malades peuvent succomber
soit à la perforation de l'estomac, soit à une hémorragie.
» La perforation, l'hémorragie, voilà les deux grands accidents, les deux
grands dangers auxquels expose l'ulcère simple de l'estomac , et ce double
danger survit à la cicatrisation la plus parfaite de l'ulcère. L'une et l'autre
peuvent se produire primitivement, c'est-à-dire pendant le travail primitif de
l'ulcération, ou consécutivement , c'est-à-dire après la formation de la cica-
trice.
» i°. De la perforation spontanée de l'estomac dans l'ulcère simple de
cet organe. — L'ulcère simple me paraît la cause la plus fréquente des per-
forations spontanées de l'estomac. En compulsant les principales observa-
tions qui ont été publiées sur ce sujet, il m'a été facile de reconnaître dans
les détails de l'autopsie tous les caractères de l'ulcère simple aigu ou
12..
( 84 )
chronique de l'estomac. Or les accidents rapidement mortels qui sont la
suite de la perforation de l'estomac survenant brusquement, quelque-
fois immédiatement après l'ingestion d'aliments ou de boissons, la ques-
tion d'empoisonnement a été soulevée un assez grand nombre de fois.
Il n'est pas rare de voir, la perforation survenir consécutivement, c'est-
à-dire après la cicatrisation complète de l'estomac : je crois même pouvoir
affirmer que les perforations consécutives de l'estomac sont beaucoup plus
fréquentes que les perforations primitives. Je regarde, eu outre, comme
démontrée cette proposition que la perforation spontanée de l'estomac
s'observe incomparablement plus souvent dans l'ulcère simple aigu ou
chronique que dans l'ulcère cancéreux de l'estomac, 1
» 2° De l'hémorjuqie dans l'ulcère simple de l'estomac. — L'hémorragie de
l'estomac, de même que sa perforation, est tantôt primitive, tantôt consécutive.
On pourra diviser les gastrorragies en faibles, en moyennes et en foudroyantes.
L'hémorragie faible est presque inévitable dans l'ulcère simple de l'esto-
mac, jusqu'à la formation de la cicatrice. En examinant sous une couche d'eau
limpide la surface de cet ulcère, on verra sur cette surface de petits vaisseaux
érodés et coupés à pic, dont les uns sont obstrues par des caillots solides.,
dont les autres sont obstrués par des caillots mous, qui se détachent avec
la plus grande facilité. C'est par ces derniers vaisseaux qu'ont lieu leshémor-
ragies quotidiennes, dont le produit se mêlant aux aliments donne heu soit
à des selles noires, soit à des vomissements noirs, qui seront très-souvent
le premier symptôme révélateur de la maladie.
» Mais il arrive quelquefois que l'ulcère simple, rencontrant pour ainsi
dire sur son passage une grosse artère, l'entame, la perfore ; et alors, si un
caillot obstruant, d'une grande solidité, ne prévient pas l'issue du sang au
dehors, il en résulte des vomissements aussi bien que des déjections san-
glantes, plus ou moins considérables suivant le calibre du vaisseau, d'où
la mort par hémorragie, et l'hémorragie peut-être foudroyante.
» La source la plus ordinaire des gastrorragies graves et surtout des
gastrorragies foudroyantes, c'est la lésion de l'artère splénique. J'ai vu aussi
une hémorragie mortelle produite par la perforation de l'artère coronaire
stomachique.
» Tels sont les caractères anatomiques de l'ulcère simple de l'estomac.
« Pour compléter l'histoire de cette maladie, il me resterait encore à
exposer : i° les caractères de physiologie pathologique à l'aide desquels on
peut la reconnaître au lit du malade ; 2° les moyens thérapeutiques à
l'aide desquels on peut la guérir. Ce sera, si l'Académie veut bien me le
(85)
permettre, l'objet d'une seconde lecture. Je termine cette première partie
de mon travail par les conclusions suivantes :
Conclusions.
» i°. Il existe une maladie de l'estomac qui est anatomiquement carac-
térisée par un ulcère simple de cet organe ;
» 2°. Cette maladie ou plutôt cette lésion, qui me paraît assez fréquente,
est essentiellement différente de l'ulcère cancéreux de l'estomac, avec lequel
elle avait été confondue jusque dans ces derniers temps et avec lequel elle
est encore tous les jours confondue dans la pratique;
» 3°. En opposition avec le cancer de l'estomac qui suit fatalement sa
marche envahissante et destructive, et qui, dans l'état actuel de la science,
est marqué au sceau de l'incurabilité la plus radicale, l'ulcère simple de
l'estomac tend essentiellement à la guérison ;
» 4°- L'ulcère simple de l'estomac est susceptible d'une cicatrisation
parfaite, et cette cicatrisation se fait, non à l'aide d'une membrane
muqueuse accidentelle, mais bien à l'aide de la production d'un tissu
fibreux, très-résistant, très-dense, qui diffère essentiellement du cancer
squirreux avec lequel il avait été confondu ;
» 5°. Lorsque l'ulcère simple, après avoir détruit toutes les tuniques de
l'estomac, a franchi les limites de cet organe, la perte des substances est
réparée par les organes environnants que recouvre un tissu cicatriciel et
qui finissent eux-mêmes quelquefois par participer au travail d'ulcération;
« 6°. La gravité de l'ulcère simple de l'estomac survit en quelque sorte
à sa guérison, attendu que la cicatrice de cet ulcère est souvent le siège
d'un travail d'ulcération consécutif qui renouvelle tous les accidents de la
maladie;
» 7 . L'ulcère simple de l'estomac est une des causes les plus fréquentes
des vomissements noirs et des déjections noires, est la cause plus ordinaire
de la mort par gastrorragie avec ou sans hématémèse ;
» 8°. L'ulcère simple de l'estomac est la cause la plus ordinaire de la
mort par perforation spontanée de cet organe;
» g . Les deux grands accidents de l'ulcère simple de l'estomac, savoir
l'hémorragie et la perforation, ont plus souvent lieu consécutivement,
c'est-à-dire par l'ulcération de la cicatrice, que primitivement, c'est-à-dire
pendant la formation de l'ulcère- »
(86)
physiologie pathologique. — Recherches expérimentales sur la produc-
tion dune affection convulsive, épileptiforme _, à la suite de lésions de.
In moelle èpinière ; par M. Brown-Séqcard. (Extrait par l'auteur. )
(Renvoi à la Section de Médecine et de Chirurgie.) ■
« J'ai trouvé, eu i85o, que certaines lésions de la moelle èpinière, sur
des mammifères, sont suivies, au bout de quelques semaines, d'une affection
convulsive, épileptiforme. Depuis cette époque, j'ai fait un très-grand
nombre d'expériences à ce sujet, et je vais exposer sommairement ici les
principaux résultats que j'ai obtenus.
» I. J'ai frouvé que toutes les lésions que je vais énumérer peuvent pro-
duire cette affection convulsive : i° section transversale complète ou presque
complète d'une moitié latérale de la moelle èpinière; a section transver-
sale simultanée des cordons postérieurs, des cornes grises postérieures et
d'une partie des cordons latéraux ; 3° section transversale des cordons pos-
térieurs seuls; 4° section transversale des cordons latéraux; 5° section trans-
versale des cordons antérieurs; 6 Ç section transversale de la moelle èpinière
tout entière dans les régions dorsale ou lombaire ; 7 piqûre de la moelle
èpinière. De toutes ces lésions, celles qui ont le plus d'efficacité pour pro-
duire l'affection convulsive que j'ai étudiée, sont la première et la seconde.
La première surtout, à savoir la section d'une moitié latérale de la moelle,
produit constamment cette maladie chez les animaux qui survivent plus de
trois ou quatre semaines à l'opération. L'intensité et la fréquence des accès
convulsifs, après cette lésion, sont beaucoup plus grandes qu'après toute
autre lésion de la moelle èpinière.
» II. De toute la partie de la moelle étendue entre son extrémité caudale
et le milieu de la région dorsale, c'est la portion comprise entre la septième
ou la huitième vertèbre dorsale et la troisième lombaire, dont les lésions
produisent le plus souvent cette maladie convulsive. En arrière de cette
portion de la moelle, les lésions paraissent être de moins en moins capables
de produire cette affection à mesure qu'elles sont faites plus près de l'extré-
mité caudale de ce centre nerveux. •
-, » III. L'époque d'apparition de cette affection se trouve presque tou-
jours dans la troisième semaine après l'opération. Dans quelques cas, j'ai
vu le premier accès survenir vers la fin de la première semaine.
» IV. Les parties du corps où se montrent les convulsions, varient suivant
le siège de la lésion. Lorsque celle-ci se trouve au niveau des dernières ver-
(8 7 )
tèbres dorsales ou des premières lombaires, et qu'elle consiste dans la section
d'une moitié latérale de la moelle, les convulsions ont lieu dans toutes les
parties du corps, à l'exception du membre postérieur du côté où la section a
été faite. Si la lésion consiste dans la section des deux cordons postérieurs,
les convulsions ont lieu partout. Si la lésion consiste dans la section, soit
-des cordons antérieurs, soit des cordons latéraux, soit de la totalité de la
moelle, les convulsions n'ont lieu, en général, que dans les parties non pa-
ralysées. Cependant quelquefois les parties paralysées se convulsent aussi,
mais c'est un spasme tonique qui s'y montre et non des convulsions clo-
niques comme dans les parties non paralysées.
» V. Les convulsions ont lieu quelquefois sans excitation extérieure;
mais on peut, en général, les provoquer très-aisément par certaines excita-
tions. De toutes les parties du corps, il n'en est qu'une qui, lorsqu'on l'irrite,
occasionne un accès. Cette partie consiste seulement dans un des côtés de
la face, dans les cas où la lésion n'existe que sur une moitié latérale de la
moelle. Quand la lésion existe sur les deux moitiés latérales de cet organe,
l'irritation des deux moitiés de la face peut causer un accès. Il est très-re-
marquable que quand la lésion est à droite sur la moelle, ce ne soit que la
moitié droite de la face qui puisse, par suite d'une irritation, causer des
convulsions, et que quand c'est la moitié gaucbe de la moelle, ce ne soit
que la moitié gauche de la face qui ait cette puissance. Le degré d'irrita-
tion nécessaire pour causer un accès varie beaucoup : quelquefois il suffit de
souffler sur la face ou de la toucher aussi légèrement que possible; d'autres
fois, il faut ou pincer très-fortement, ou brûler, ou galvaniser la face.
» VI. En général, on peut produire l'accès par un autre moyen : il suffit
d'empêcher l'animal de respirer pendant un temps très-court. Chez un ani-
mal à l'état de santé, une asphyxie soudaine et complète produit des con-
vulsions au bout d'une minute et demie ou de deux minutes. Chez un ani-
mal atteint de l'affection convulsive dont je m'occupe, l'asphyxie produit
l'accès au bout de dix à trente secondes, et il dure assez longtemps, dès qu'il
a commencé, bien qu'on permette à l'animal de respirer, tandis que chez un
animal non malade, les convulsions cessent presque aussitôt quand on lui
permet de respirer.
» VII. Les premiers accès que l'on produit après une lésion de la moelle
épinière, consistent seulement dans des convulsions des muscles de la
face et du globe oculaire. Quelques jours après ces premiers accès, les
muscles du larynx, du col et du thorax se convulsent aussi, et enfin les
muscles des membres et du tronc participent aux convulsions. Un des pre-
(88)
gaiers phénomènes d'un accès complet consiste dans le spasme de la. glotte
ou des muscles inspirateurs.
» VIII, Cette affection convulsive ressemble beaucoup à l'épilepsie. On
pourrait croire cependant qu'elle en diffère en ceci que pendant l'accès, si
l'on pince l'animal, il crie quelquefois, S'il était démontré que le cri est
une preuve que l'animal n'a pas perdu connaissance, cette affection convul-
sive différerait de l'épilepsie, puisque la perte de connaissance est un carac-
tère essentiel de cette dernière maladie. Mais les cris, ainsi que je l'ai mon-
tré dans un Mémoire lu à l'Académie en 1849 (Comptes rendus, 1. *XXIX,
p. 672), peuvent ne pas être des signes de douleur etn'être que des phéno-
mènes réflexes,
» Si ce n'est pas de l'épilepsie véritable que je produis en lésant la moelle
-épinière, c'est au moins une affection épileptiforme appartenant au groupe
des affections convulsives dans lesquelles l'accès. peut avoir sa cause à l'exté-
rieur, telles que celles dans lesquelles il existe une aura, ou dans lesquelles
la lésion d'an nerf, due à une tumeur ou à toute autre cause, produit
l'épilepsie ou des convulsions épileptiformes. En effet, l'irritation du nerf
trijumeau sur les animaux chez lesquels j'ai lésé la moelle produit l'accès,
comme chez les enfants l'irritation des nerfs dentaires,
« IX. Nombre d'auteurs , parmi lesquels surtout EsquiroJ , Portai ,
M. Calmeil, MM- Bouchet et Cazauvielh, ont signalé la coexistence assez
fréquente de l'épilepsie et d'altérations de la moelle épinière. Georget et
d'autres pathologistes n'ont voulu voir dans ce cas que de simples coïnci-
dences. Les faits que j'ai observés sur les animaux, en démontrant directe-
ment que des altérations de la moelle peuvent être la cause première d'une
affection épileptiforme, rendent extrêmement probable que l'épilepsie, dans
nombre des cas mentionnés par les auteurs que j'ai cités, dépendait de l'alté-
ration de la moelle que l'autopsie a fait voir.
» X. J'ai constaté que le nombre des accès augmentait considérablement
chez les animaux que j'enfermais dans un étroit espace et auxquels je don-
nais beaucoup de nourriture, Dans ces conditions , quelques-uns avaient
spontanément 3b, 4a ou 5o accès par jour. Les mêmes animaux, soumis à
un régime tout à fait opposé et laissés libres dans une vaste chambre, ne
paraissaient plus; après quelques semaines, capables d'avoir des accès
spontanés, et il était difficile de leur en donner. Il m'a semblé que ce traite-
ment par la diète a suffi quelquefois pour les guérir,
» XI. À l'autopsie des animaux atteints de cette affection convulsive,
j'ai trouvé., outre la lésion que j'avais faite à la moelle épinière, un état de
(8 9 )
congestion de la base de l'encéphale et du ganglion de Gasser, des deux
côtés quand la lésion existait sur les deux côtés de la moelle épinière, et
seulement du côté de la lésion quand elle n'existait que sur une moitié
latérale de la moelle.
Conclusions.
» Des faits rapportés dans ce Mémoire, je crois pouvoir tirer les conclu-
sions suivantes :
» i°. Des lésions variées de la moelle épinière peuvent produire, chez les
mammifères, une affection convulsive, ayant beaucoup d'analogie avec
l'épilepsie. Il semble, en conséquence, que chez l'homme ce n'est pas
seulement par une simple coïncidence qu'on a rencontré des altérations de
la moelle épinière chez des épileptiques ;
v 2°. Des lésions de la moelle épinière peuvent produire un change-
ment tel dans la vitalité du nerf trijumeau ou de la partie de l'encéphale où
ce nerf aboutit, que l'excitation des ramifications de ce nerf à la face
occasionne des convulsions. De plus, la moitié droite de la moelle épinière
a cette influence sur le nerf trijumeau ou l'encéphale du côté droit, et la
moitié gauche de la moelle sur l'une ou l'autre de ces parties du côté
gauche. »
MÉMOIRES PRÉSENTÉS.
M. le Ministre de l'Instruction publique transmet un Mémoire de
M. Onésime Simon, demeurant à Port-Louis (île Maurice), sur le traitement
du choléra au moyen d'un remède de son invention.
Ce Mémoire, avec les pièces justificatives manuscrites et imprimées dont
il est accompagné, est renvoyé à l'examen de la Section de Médecine et de
Chirurgie, constituée en Commission spéciale du concours pour le prix
du legs Bréant.
L'Académie renvoie à la même Commission un Mémoire , écrit en
italien, de M. Beretti, pharmacien à Rome, concernant les résultats de ses
recherches analytiques sur le sang de personnes mortes du choléra.
Et une Note de M. Delfray&sé snr le traitement du choléra épidémique.
C. R., iS56, i« Semestre. (T. XLII, N° 5.) l3
'(90)
chimie appliquée. — Études chimiques • du Champignon comestible,
suivies d'observations sur sa valeur nutritive; par M. r Jules Lefort,
(Extrait.) ~' -" '" ' •-".-•., ■ -\
(Commissaires, MM. Payen, Decaisne, Peligot.)
« A l'époque où les chimistes se livraient avec le plus d'ardem\à4'exa-
men des végétaux, Braconnôt entreprit de faire connaître la composition de
plusieurs espèces de Champignons. Ce travail, dans lequel on retrouve à
chaque pas l'esprit d'investigation qui distinguait "ce "regrettable, 'savant,
comprend l'analyse dé MAgaricus volvaceits, deTAl.pipercitusyâe.YA.
ëahthàrèllùs , de YHjdnuth fépèndum, de Vff. hybHdum ét~ au Boletus
viscidus; Peu dé temps après, Vauqùeliti indiqua la composition de YAgà-
ricus bulbosus, de Y A. theogalus, de l'A. muscarius èi eûfm de VA: cam-
pestris. .-'''- . '.'": :, r c . .- .:.r .:. -.- .: - -- • -
i :». Lorsqu'on : compare les résultats obtenus par ces deux savants, on y
trouve des différences si peu sensibles, que l'on est tenfè de croire que toutes
ees variétés possèdent- lés mêmes principes constituants .
» Nous donnons seulement ici la composition de YAgarieus campestris,
eommese rapportant tout à fait au sujet que nous traitons \ et telle que Tau-
que l'a trouvée :
Adipocire.
Huile ou graisse.
Albumine.
Matière- sucrée.
Osmazome.
Substance animale insoluble dans l'eau-.
Fungme ou .partie fibreuse. _ -,
~ Acétate de potasse. \ ' ,~~ L~
» Ainsi que le montre l'analyse de Vauquelin, le Champignon comestible-
ne contiendrait pas moins de quatre principes gras, dont trois d'origine-
animale, et auxquels il faudrait" attribuer la propriété nutritive qu'on lui
éonnait. r ; : ■ ■ ."'.""'"'" '" ~ ~ " ■
». Il est assez digne' de remarque que, depuis Braconnot etTauquelin^
on n'ait entrepris aucun travail suivi, non-seulement sur les Champignons
alimentaires, mais encore sur ceux qui sont reconnus nuisibles a la santé.
» Mettant à profit, d'une part, la facilité de se procurer à Paris le Cham-
pignon comestible ou de couche (Agaricus edulis)} et, d'une autre part,' les
documents laissés par nos devanciers, nous avons pensé qu'il ne serait pas
sans intérêt de recommencer l'analyse" de ce Cryptogame,. d*y rechercher la
nature des substances auxquelles il doit sa propriété nutritive, là répartition
dans ses. différentes parties, des principes qui le constituent, et enfin sa.
(9* )
valeur comme aliment. C'est le résultat de ce travail que nous avons l'hon-
neur de présenter à l'Académie.
» D'après nos recherches, le Champignon de couche contient :
De l'eau.
De la cellulose.
De la mannite.
De l'albumine végétale.
Du sucre fermentescible.
Une matière grasse azotée.
Des acides fumarique, citrique et ma-
lique.
Une matière colorante.
Un principe aromatique.
De la silice.
De l'alumine.
De la potasse.
De la soude.
De la chaux.
De la magnésie.
De l'oxyde de fer.
Du chlore.
Des acides sulfurique et phosphorique.
d Nous indiquons, dans notre Mémoire, toutes les expériences que nous
avons faites pour isoler et reconnaître chacune de ces substances.
» Contrairement à ce qui a été avancé par Vauquelin, le Champignon de
couche, d'après nos recherches, ne contient pas de matière animale propre-
ment dite.
» On n'ignore pas que, pour les anciens chimistes, toute substance végé-
tale qui dégageait en brûlant une odeur de viande grillée et des principes
azotés, entre autres du carbonate d'ammoniaque, et enfin qui répandait
une odeur putride lorsqu'on l'abandonnait à elle-même, était supposée
contenir un principe d'origine animale.
» De toutes les substance que nous avons pu reconnaître dans le Cham-
pignon de couche, une seule, plus ou moins privée de ses principes colorant
et aromatique, se comporte de la sorte, c'est l'albumine végétale ; or on sait
maintenant que cette dernière possède à peu près tous les caractères de
l'albumine animale.
» La matière grasse azotée du Champignon comestible, que Vauquelin
ne considère pas comme d'origine animale, joue un grand rôle dans les
réactions qwe l'on fait subir à ce végétal. C'est elle qui avec une petite quan-
tité de mannite # produit la substance à laquelle Yaiiquelin a donné le nom
de adipocire. Nous en dirons autant de l'osmazome, signalée par ce chi-
miste et qui nous a paru être un mélange de jnannite, de principe colorant
et de matière grasse azotée, décomposée y encbant î'évaporation des liqueurs.
» Cette matière grasse se présente, dans son état depureté, sous la forme
d'une matière butyreuse, fusible à 35 degrés, d'odeur désagréable et non
ï3..
( 93 )
saponifiable par les alcalis. Elle est composée de :
Carbone , 56,02
Hydrogène 10 ,84
Oxygène, 3i ,g5
Azote o ,5q
roo,oo
» § IL Considérés au point de vue nutritif, les Champignons comestibles
en général constituent, pour beaucoup d'habitants de la France, un aliment
assez avantageux. À Paris, ils forment une branche de commerce assez éten-
due; ainsi, d'après des documents certains qui nous ont été communiqués,
avec une extrême bienveillance, par M. Husson, chef de division à, la Pré-
fecture de la Seine, il en a été consommé dans cette ville, pendant chaque
jour de l'année 1853 (dernier relevé), SaSS manivaaux. Chaque maniveau
se compose de 6 à 12 individus, et s'est vendu en moyenne 18 centimes, ce ,
qui représente une valeur de 1000 francs à peu près.
» Il y a quelques années, MM. Schlossberger et Dopping, désirant se
rendre compte de la valeur nutritive de ces végétaux, dosèrent l'azote de
quelques espèces les plus alimentaires. Voici les résultats qu'ils ont obtenus
pour 100 parties de Champignons desséchés à 100 degrés :
" Azote.
- Agaric délicieux .. . $.,68 ------
Agaric comestible .....,..,,... . 7,26 . -;i:
Russule.....,..,,.,..... 4> a ^
Chanterelle." 3,22 •
Ceps noir .....4j7°
» Partant de ces données, ces chimistes émirent l'opinion que les Cham-
pignons constituaient un aliment par excellence et supérieur aux haricots,
qui ne contiennent que 3 à 5 pour 100 d'azote.
» Nous devons dire tout de suite qu'il y a, entre les résultats de.
MM. Schlossberger et les nôtres, des différences tellement sensibles, que
nous avons dû recommencer plusieurs fois nos analyses ; mais toujours nos
dosages ont été identiques. ' '
» Un Champignon de couche, entier, dans un parfait état de maturité,
desséché à 1 10 degrés, réduit en poudre et enfin analysé [lorsqu'il ne per-
dait plus d'eau, nous a donné, dans trois expériences, 2,83, 2,91 et 2,90
pour 100 d'azote.
» Le chapeau et le pédoncule possèdent, comme on sait, au goût et à
(93)
l'odorat des différences assez tranchées; aussi beaucoup d'habitants ne
mangent-ils que le premier, comme étant plus tendre et plus aromatique.
» Nous avons voulu nous assurer si le goût était un bon guide dans cette
circonstance et si l'azote se trouvait également réparti dans toutes les parties
du végétal. Pour cela, nous avons analysé séparément le chapeau, le pédon-
cule et les spores adhérents à l'hyménium, desséchés à 1 10 degrés.
» Nous avons obtenu les résultats suivants :
Chapeau. Pédoncule. Spores et hyménium.
3,5i o,34 2,10
pour 100 d'azote.
» Le chapeau, muni de ses organes reproducteurs, est donc la partie la
plus nutritive du Champignon.
» Les principes nutritifs sont dus tout à la fois à l'albumine végétale et à
la matière grasse qu'il contient.
» En résumé, quoique l'eau et la cellulose forment les parties prédomi-
nantes dans le Champignon , par les principes azotés et par le sucre et la
mannite qu'il renferme, il forme encore un aliment plastique et réparateur
très-avantageux. Cependant nous le croyons inférieur à beaucoup d'autres
végétaux féculents, qui peut-être moins riches en azote sont plus facilement
assimilables, et surtout aux haricots auxquels on le compare. Sous le
rapport de l'azote seulement, il vient se ranger entre le pain brun et les
pois. »
physique du globe. — Tableau des tremblements de terre qui ont eu
lieu dans l'Empire Ottoman en i855; par M. P. Verroixot.
(Commissaires, MM. Élie de Beaumont, Dufrénoy, C. Prévost.)
« Constantinople, il\ janvier, 4 h 5o m du matin, plusieurs oscillations
horizontales de l'est à l'ouest avec tremblement du sol, comme si une
charrette pesamment chargée passait dans la rue.
» Samos , 18 février, de minuit à 5 heures du matin, tremblement
de terre remarquable, non par la violence des secousses, mais par leur
durée et leur régularité.
» Baghla Jgatch, village à huit heures de Macri (partie sud-ouest de
l'Anatolie), 21 février, jour, les habitants furent effrayés par un bruit
souterrain assez fort, lequel fut suivi d'une secousse verticale, mais pexi
intense et de courte durée.
(94)
-» MacrijiSiv la côte sud-ouest:de HAoatoLie, en face L'île de Rhodes, 11
', février, 5 heures du soir, on ressentit joeux fortes secousses, mais sans
accidents.. ... ;:.!:: '-'-
» 28 février, 3 heures du soir, violent tremblement dé terre.. Il ;fut
ressenti,sur une vaste surface comprenant Smyrne et Andrinople ou plus de
trois degrés deJatitudeu Suivant les rapports, qui me sont parvenus, la plus
forte secousse aurait eu lieu :• à Smyrne, à a h 5o m ; à Brousse^. a h ôj m , ou
sa durée fut estimée 5o à 60 secondes ; à Gallipoli, à 2 h 35 m ; à Constan-
tinople, à 3 heures ; sa durée y fut estimée généralement de 4o à 5o se-
condes, 'mais elle ne paraît avoir été eh réalité que de i3 à 17 secondes;
à Loulé-Bourgas, à 3 heures et quelques minutes ; sa durée fut-estimée de
3o secondes; à 'Jndrinoplé, à a h 46 m . (J'ai appris qu'à Tokat on n'avait
rien ressenti.) On s'accorde généralement à -dire que la direction dés oscil-
lations fut du sud-ouest au nord^eàt. "'-■.;•'■'-'■■■
» Brousse paraît être le point central de cette violente secousse. Cette
ville et ses -environs sont du moins les lieux qui- en ont éprouvile plus de
mal. Au moment où la secousse eut lieu, on entendit uu bruit souterrain
et ion crut sentir dans l'air une edeur qu'on caractérise comme celle du
soufre et du fer brûlé. L'ébranlement du sol commença par un mouvement
oscillatoire de Test à l'ouest, auquel succéda bientôt une série de trente à
quarante violents soubresauts; puis il se termina par une nouvelle oscili
lation plus sensible encore que la première. Les secousses Verticales furent
tellement fortes, que des personnes ont été lancées en l'air et renversées. Dés
mosquées, des khans , un grand nombre de maisons s'écroulèrent avec
fracas; presque toutes les sources thermales et non thermales tarirent et ne
reparurent que six ^ huit jours plus tard. Le solîut crevassé en plusieurs
endroits,. Eendant : vingt-quatre heures^ lé terrain oscilla comme. Je pont
d'un navire, et des détonations souterraines se faisaient entendre de quart
d%eure:en quart d'heure .k&myrhé, la secousse parut très-longue, dans la
dirècfeon nord etsud; mais elle neproduisit aucun accident sérieux." Aux
Dardanelles, on n'eut à regretter que. la peite des dépôts de- poteries
qu'on -y fabrique, et qui furent basées par lechoc. A GaJIipoli, la commo-
tion fut beaucoup plus forte, car trois minarets s'écroulèrent en partie, :ét
presque toutes les maisons éprouvèrent des dommages. A Constàntinopte,
k- plus forte ^secousse fut presque verticale' et compôsékde violents soubre-
sauts qui, comme à Brousse, furent précédés et suivis d'une secousse plus
faible et horizdntalefûdans ,1a direction du sud-ouést au fiord-est; Sui^âU*
les uns, mais qui m'a paru plutôt dans le sens de l'est à l'ouest. Immédiâ*
( 9* )
temenï avant la commotion, on entendit un mugissement souterrain. Tou-
tefois on n'eut à déplorer aucun accident grave. A Jndrinople, on ne si-
gnala non plus rien de bien fâcheux.
» Dans tous ces lieux on ressentit d'autres secousses moins fortes pendant
les jours suivants (i). Je vais noter toutes celles qui sont parvenues à ma
connaissance :
» Constantinople , 28 février, 3 h 35 m du soir, une petite secousse; 3 h 55 m
du soir, une secousse forte mais très-brève; 6 h 3o m du soir, une secousse
faible et courte ; 1 i h 45 m du soir, une secousse un peu plus forte. i er mars,
1 heure du matin, une secousse faible; 4 heures du matin, une secousse
un peu plus forte ; 8 heures du matin, une secousse faible; 1 i h 45 m du ma-
tin, une secousse faible ; 4 b 55 m du soir, une secousse plus forte, durée de
3 à 4 secondes; 7 h i5 m du soir, une secousse très-faible.
» Pendant ces mêmes jours on sentit plusieurs secousses aux Dardanelles
et à Gallipoli. A Brousse, elles furent fortes et fréquentes.
» Constantinople, 2, 17, 24, 26, 27, i%mars, secousses faibles ; une un
peu plus forte le 3i.
» Gallipoli, 17 mars, une secousse modérée.
» A Brousse, il y eut chaque jour (du 28 février au 3i mars) cinq à six
secousses plus' ou moins fortes, la plupart verticales, les autres horizontales
dans le sens du sud-ouest au nord-est. Du I er au 4 avril, on n'y ressentit
aucune secousse.
» Rhodes, 6 avril, 1 heure du matin, on y sentit une première se-
cousse assez forte qui dura près de 6 secondes; puis une deuxième plus
faible : leur direction était de l'est à l'ouest.
» Philippopoli, 3 avril, il y eut plusieurs secousses assez fortes.
» Brousse, 5 avril, une secousse assez forte, mais sans accidents.
Le 6, 7, 8, g et ro avril, secousses faibles.
» 1 1 avril, 7 11 4o m du soir. Ce jour fut signalé par une violente secousse
qui fut sentie sur tout le littoral de l'Archipel et dans les mêmes lieux
que le tremblement de terre du 28 février.
» A Brousse , la secousse fut verticale et dura environ 25 secondes ( dit-
on). Elle fut précédée d'un bruit souterrain. Certaines personnes estiment
qu'elle fut trois fois plus forte que celle du 28 février. Aussi des maisons en
bois, qui avaient résisté à la première secousse, ont été en partie renversées
(1) Ainsi, à Constantinople, pour peu qu'on y fit attention, on sentait le sol trembler
presque constamment sotis les pieds , pendant près de huit jours.
( 96 ) '
par celle-ci. Pas' une jnosquée, pas un minaret, pas un édifice en pierres ne
resta debout. Les secousses se succédaient avec une telle rapidité, qu'en
moins de i5 heures on en compta environ cent cinquante, dont quelques-
unes étaient assez fortes pour renverser des murs. Les sources qui ali-
mentent la ville tarirent comme la première fois pendant plusieurs jours;
mais les sources d'eaux thermales, tant sulfureuses que ferrugineuses,
éprouvèrent au contraire une augmentation de volume. De nouvelles sour-
ces chaudes surgirent même à côté des anciennes et continuèrent jusqu'à la
fin du mois, époque à laquelle elles disparurent. ;
» A Smjrne, la secousse fut trouvée très-longue et précédée d'un bruit
souterrain. Sa direction était de l'est à l'ouest avec tendance du sud-ouest
au nord-est. AJYasildi (province d'Aïdin), on ressentit six ou sept secousses
en quelques heures. A Métélin, la secousse fut suivie d'un coup de vent du
sud. A Ândrinople, la secousse a été très-forte et suivie également^ d'un
coup de vent. D'autres secousses se sont ensuite succédé de loin en
loin. A Constantinople, la secousse fut violente, mais certainement moins
intense que celle du 28 février. Elle fut surtout moins longue, car sa durée
a été de moins de 8 secondes. Cette violente commotion fut suivie d'autres
beaucoup plus faibles dans la- même soirée; savoir: à 7 h 5o m , 8 b 3o m et
10 heures.
» Constantinople, 12 avril, 1 heure du matin, une secousse faible.
» Constantinople, 1 3 avril, deux secousses à 8 h 20™, et secousses assez
faibles le 10, -le 19, le 22 et le 23 à 10 heures du soir.
» Brousse, 17 avril, forte secousse verticale, suivie d'autres qui se
succédèrent d'heure en heure. Le 18, deux fortes secousses horizontales.
Le 19, une forte secousse horizontale. Le 20, dans la nuit, une forte se-
cousse horizontale. 1 i h 20™ du matin, quatre fortes secousses horizon-
tales. Le 22 avril, deux faibles secousses. Le 22 avril, 5 h 20 m du matin, une
très-faible secousse. A 8 h 5o m du matin, bruit souterrain, sans secousse.
Bien le 24 et a5, mais le 26, une forte secousse. Le 28 ily avait eu, de grand
matin, un léger balancement du sol. A 8 b 20 10 , les chiens aboient, et presque
aussitôt on entend un bruit souterrain qui est suivi d'une secousse horizon-
tale, laquelle dura près de 20 secondes et fut assez forte pour renverser
des murailles. Le 29, une forte secousse. Depuis lors jusqu'au 1 3 mai
il y eut chaque jour plusieurs secousses et des bruits souterrains. :
» On a observé, à Brousse, que les secousses avaient Ueu plus fréquem-
ment la nuit que le jour, et fréquemment par un vent du sud. Après
une forte secousse, la terre conservait pendant quelque temps une trépida-
(97)
tion comparable à celle qu'on éprouve sur le pont d'un bateau à vapeur.
Presque toujours les secousses étaient précédées ou accompagnées de bruits
souterrains; mais souvent aussi, quoique le sol n'éprouvât aucun ébranle-
ment, on entendait, principalement du côté du mont Olympe, des mugisse-
ments, des sifflements et de sourdes détonations semblables aux décharges
lointaines d'une batterie d'artillerie.
» Quant aux dégâts matériels produits par tant de chocs violents, ils sont
immenses dans la seule ville de Brousse. Sans compter toutes les mosquées
et leurs cent soixante minarets qui se sont écroulés, sans compter les khans
et le grand nombre de maisons jetés à terre, deux fois l'incendie a éclaté,
une première fois après la secousse du 28 février, une seconde fois après
celle du 1 1 avril, et il a dévoré près de quinze cents maisons. Sur une popu-
lation de soixante-dix mille habitants, treize cents environ ont trouvé la
mort sous les ruines de leurs maisons.
» Ces terribles effets se sont fait sentir presque exclusivement dans les
districts voisins de l'Olympe De nombreux villages ont été détruits de fond
en comble, surtout ceux qui se trouvaient dans la direction du sndouest au
nord-est. La violente secousse du 28 février paraît avoir produit le plus de
désastres dans l'espace compris entre Brousse et Mouhalitch. Celle du
1 1 avril aurait été plus sentie dans la contrée au nord de Brousse. Un fait
digne de remarque, c'est que certains villages ont particulièrement souf-
fert, tandis que d'autres, très-voisins, n'ont éprouvé aucun dommage;
comme si les commotions souterraines avaient eu lieu dans des foyers cir-
conscrits ne communiquant entre eux que par des canaux très-étroits.—
Ainsi, on cite le village de Tépéïdjik, situé à 7800 mètres environ au nord-
nord-est de Brousse, qui fut complètement détruit, tandis que celui de
Démir-tach, à i3oo mètres au nord-nord-ouest du précédent, et celui de
Kélécèr, qui en est à 2600 mètres au nord-est, n'ont rien éprouvé de
fâcheux.
» Brousse, 16 mai, 8 h i5 m du matin, une secousse assez forte, sans
accident. Depuis ce jour, des secousses ont continué à se faire sentir de
temps en temps, mais avec une intensité décroissante.
» Salonique, i3 juin, une secousse horizontale de l'est à 1 ouest. Le
3 juillet, 6 heures du matin, une faible oscillation de l'est a l'ouest.
» Brousse, 28 juillet, plusieurs secousses horizontales, peu intenses, vers
1 1 heures du matin et 2 heures du soir. A 4 h 3o m du soir, plusieurs secousses
verticales.
» Brousse, 20 août, 2 h 3o m du soir, après plusieurs jours de tràn-
C. R., iS)C, 1 er Semestre. (T. XLH, N° 5.) ! ^
0:98 )
quillité, on sentit trois secousses horizontales du sud-ouest au nord-est
assez fortes pour renverser des pans de murailles. Secousses le 21 et le 27,
cette dernière assez forte. :
» Constantinople, 20 et 2 1 août, Mbles secousses horizontales de l'est à
l'ouest, qui durèrent moins d'une seconde. .;.>;-:;■
» Salonique, 28 août, secousse horizontale assez forte, sans accident. Le
29 une secousse faible. .
■ » Rhodes, 3o août, deux oscillations nord et sud.
» Métélin, 9 septembre, secousse horizontale assez forte, mais sans cau-
ser d'accident. ■ - ; '-_ •;
» Salonique, 2t septembre, matinée, une secousse assez forte.
.-- » Brousse, 9 octobre, 2 heures du matin, une forte secousse. On y
ressent toujours de temps en temps, surtout lorsque le vent du sud souffle,
des secousses plus ou moins fortes et on y entend des bruits souterrains.
Les habitants n'osent pas encore rentrer en. ville ; ils habitent sous des tentes
ou dans des maisons de campagne. Z
» Smyrne, 18 novembre, une forte secousse horizontale du sud au nord,
avec bruit souterrain,
» Smyrne, 19 novembre, deux secousses faibles. .
» Brousse, 14 décembre, 9 h 3o m du soir, une secousse brève, mais assez
forte pour alarmer de nouveau la population dont la plus grande partie
était rentrée en ville : mais il n'y eut point d'accidents.
.■:„» Constantinople, 14 décembre, 9 h 3o m du soir, j'ai senti deux oscil-
lations du sud au nord très-courtes, de force moyenne, avec craquement
de boiseries. Je n'ai entendu aucun bruit souterrain.
: » Brousse, \ 5 décembre, secousse plus faible que celle du" 14.
» Brousse, 16 décembre, même secousse.
- - Résumé.
» Les tremblements de terre notés dans ce tableau ont eu lieu depuis le
a4 janvier jusqu'au lôdécembre i855 dans les quinze lieux suivants compris
entre Philippopoli et Rhodes : '- ;
Constantinople , 3o secousses.
Brousse ............. ,~ 25
Salonique $ - ' :
Smyrne. £ - - -
Rhodes 2 -
G-allipoli 2
Andrinople %
Macri \
Baghla-aghahjh, ....... 1 secousse,
Sâmbs.". 1
Métélin. . 1
Nasildi. .. .... ].-.' 1
D'ardanelles . . , , . 1
Loulé-bourgas ........ 1
Philippopoli ...... 1
( 99 )
» Sur cinquante-huit secousses dont l'heure est indiquée,
10 ont eu lieu de 6 heures du matin à midi. i
12 » midi à 6 heures du soir j 22 Ie J0ur "
•9 » 6 heures du soir à minuit. . . j
'7 » minuit à 6 heures du matin. . ( la nuit '
CORRESPONDANCE.
M. le Ministre de l'Instruction publique approuve le choix du jour in-
diqué par l'Académie pour sa séance annuelle; en conséquence, cette
séance aura lieu lundi prochain 28 janvier.
M. le Ministre de l'Instruction publique invite l'Académie à lui présenter
deux candidats pour la place vacante au Bureau des Longitudes, par suite
du décès de M. Beautemps-B eaupré.
Une Commission, formée par la réunion des Sections de Géométrie,
d'Astronomie, de Géographie et de Navigation, s'occupera de la préparation
d'une liste de candidats pour la présentation demandée.
M. le Ministre de la Guerre annonce qu'il a maintenu MM. Poncelet
et Le Verrier comme Membres du Conseil de perfectionnement de l'École
Polytechnique, au titre de l'Académie des Sciences.
« M. Poncelet présente, au nom de l'auteur, M. William Fairbairn,
Correspondant de l'Académie des Sciences, un ouvrage en anglais publié
récemment , à Londres, sous le titre : Renseignements usuels pour les ingé-
nieurs, etc., et qui contient une série de recherches expérimentales ou
théoriques, très-importantes, sur la construction, la consommation de
combustible et l'explosion des chaudières ; sur l'utilité de la création d'é-
coles où les connaissances pratiques seraient alliées aux notions et aux
théories scientifiques; sur les constructions métalliques appliquées princi-
palement aux navires; enfin sur les lois de la formation et de la constitution
de la vapeur d'eau à différentes pressions et températures; plus spécialement
sur la nouvelle théorie de la chaleur, envisagée au point de vue de l'éta-
blissement des chaudières de machines à vapeur. Cet ouvrage est en outre
suivi, sous forme d'Appendices, d'une série d'articles, de notes relatives à la
résistance de la fonte et du fer diversement constitués ou assemblés, notam-
ment dans les chaudières et les bouilleurs des locomotives, etc. Tous ces
articles et les chapitres du texte qui s'y rapportent, doivent être considérés
i4-
(ioo )
comme le résumé, le résultat des longues recherches expérimentales, entre-
prises, à diverses époques, par le célèbre et infatigable auteur de, ce très-
utile ouvrage, » ' — , " ' -: -._ ; -*-
« géologie. — M. Élïe dé Beaumont met sous les yeux de l'Académie,
de la part de M. de Dechen, président du conseil des mines de Bonn
(Prusse Rhénane), les deux premières feuilles de la Carte géologique de la
province Rhénane et de la province de Westphalie. Ces deux feuilles sont
les sections de Weiel et de Dhrirhund de la carte tûpographique attg- s
publiée par le gouvernement prussien, qqe M. de Dechen a coloriées géo-
logiquement. Elles font partie de la grande carte géologique que les géo-
logues ont admirée l'été dernier dans l'annexe du Palais de l'Industrie,"; et
dont les autres parties vont être publiées successivement, ' . -.. :
» Les couleurs géologiques sont appliquées par impression avec le plus
grand soin. Des lettres placées dans les soixante et onze compartiments de
la légende et reproduites dans les diverses parties de la carte permettent
à l'œil 'de reporter partout sans hésitation les indications de la légende^ sans
être arrêté par les ressemblances qu'il est impossible d'éviter entre les dif-
férents termes d'une si nombreuse série de teinte|. . ■_ z _ ; . .: . _ z: z. —
>i ^oicL, avec les lettres désignatives de chaque; couleur, la traduction des
explications qui les accompagnent. Leurj*éunion jpréseîJte xm tableau com-
plet de la classification adoptée par M. de Dechen pour les terrains si va-
riés qui forment le solfie la province Rhénane et de la province de West-
phalie, depuis Sarrèbrâck et le bassin de Mayence jusqu'à la Porta-West-
phalica, en comprenant la région des volcans éteinte des bords du Rhin.
S'a Cailloux roulés, sable, limon (Lehm\ dans les vallées, des ? ri-
' -vières. ' " . - - - . , = -
— r -. :.- -^ -- - , .,-.-■ . a> Tourbe et ; minerais de fer des gazons (fiasen-eisensteùf) .
a 2 Tuf calcaire. ".: * -
a* Marne coqttillière. ; ; ' : '" "
b Cailloux roulés , sable, limon (Lekm; Lues) (d une étend ne -eoti-
Biluvium. *•'"•} sidérable). T ■- " '_■■'
* LimiteJe la dispersion des blocs erratiqties du "nord t ' -
c Sable: coquillïer de Crefeld, sable de Grafenbefg.
c' Argile r de Raringen. ' _< " ' ■ ,,,:-.
c"- LignitesduB,hin,etduWesferwaId, sable, argile et grès,
<? Calcaire à cérithës. '■" ) - ' " -
é Argile et marne bleues inférieures.. . \ DanslebassindeMuyet.ee.
, é Saljle marin et conglomérat ostrifere . J
Terrain mmoèïté
du gi'oupe tertiaire.
( ioi )
d Craie tuffeau de Maestrieht.
d* Roches sableuses de l'âge de la craie
blanche ,
d 2 Roches calcareo-argileuses de l'âge de [ Sénonien de
la craie blanche [ M - d'Orbigny.
d* Sable d'Aix-la-Chapelle (sable de l'A-.
chenerwald et du Lousberg)
Groupe crétacé ( d' Calcaire blanc de Groes, près Ahaus
( Planer supérieur )...'. ...
d i Planer avec couches subordonnées de
grès vert i Turonien
d" Tourtia (grès vert d'Kssen) Flammen- ( de M. d'Orbigny,
mergel.
d 1 Gault.
d* Néocomien ( hils, grès vert inférieur) .
TOUCHES WEALDIENITES.
Groupe jura.ssiq.de. .
e Argile wealdienne (wâlderthen),
e' Grès wealdien ( diester sandstein ) .
f Couches partlandiennes (et kim méridiennes) ( jura blanc de
f Coralrag I M.Léopoldde Buch.
| /» Jura moyen comprenant l'argile d'Oxford.
Jura brun de M. Léopold de Buch.
j f* Lias.
f* Grès de Luxembourg ou grès inférieur du lias ( grès à car-
dinies).
g Kcuper.
g' Muschelkalk.
g' Rôth (argiles schisteuses).
g 5 Grès bigarré.
g* Conglomérat de Menden et de Malmedy.
G Gypse du Trias.
h Zechstein (comprenant la Rauchwactte et le Kupfirschiefer).
Groupe peumien. ...j G' Gypse du Zechstein.
h' Rothliegendes .
i Couches supérieures, dépourvues de houille, du terrain houil -
1er.
i' Terrain houiller avec couches de houille {coal measures).
Groupe carbpnifère. ( i 1 Grès dépourvus de houille (millstone-grit ).
P Culm (Phtanite-, schiste, grés, calcaire schisteux, schiste à Possi-
donomyes).
\ i* Calcaire carbonifère.
Groupe uu Trias
Gboote dévonien . . . /
( 102 )
& Snhistes de Verneuil (roches argilo-sableuses avec Spirifet
verneuilli au sud d'Aix-la-Chapelle).
X- 1 Kramenzel (grès , schistes avec modules \
• calcaires et clymenies Schistes à c yP ridil « s
k 2 FUnz (schistes à goniatites de Budesheim [
et de Nehden). ) M - Sandberger.
I Calcaire de l'Eifel (comprenant les calcaires de Paffrath et d'El-
berfeld et le calcaire à strigonocéphales ) et couches calcaires
subordonnées aux schistes de Lenne,
/' Schistes de Lenne (roches argilo-sableuses au sud de la zone
calcaire rheino-westphalienne de M. F. Romer ).
m Schistes de Wissenbach.
m { Schistes de Coblenz(grauwacke rhénane ancienne de M. F. Ro-
mer; grès à spirifers de M. Sandberger).
m'' Couches calcaires dans les schistes de Coblenz,
n Schistes, de i'Ardenne (schistes semi-cristallins dépourvus de
fossiles).
D Bancs d'ardoises du groupe dévonien.
Pierres ponces incohérentes*
* Limite de la dispersion des pierres ponces incohérentes.
1 Conglomérat ponceux (grès d'Eugers).
2 Trass (Duckstein dans la vallée de Rrôhl).
Tuf augitique, sable volcanique.
Scories volcaniques.
Lave augitique (lave basaltique en coulées).
Tuf leucitique.
Phonolithe, roche à leucite et à sodalite.
Conglomérat trachitique et basaltique.
Basalte.
Trachyte,
Melaphyes, mandelstein ( Trapp). ; 1 Dans la masse du
Porphyre feldspathique avec quartz. . .-. . . j terrain houiller.
s Schaalstein.
Gr Grunstein (d'une composition minéralogique incomplètement
connue ), .-
L Porphyre labradoriqup.
H Roche d'hypesthène.
F' Porphyre feldspathique schisteux et sans quartz, dans la masse
> du groupe dévonien.
M. le Secrétaire perpétuel présente, au nom de M. le professeur Sed-
gwick, un ouvrage intitulé « Sjnopsis d'une classification des roches paléo-
zoïques britanniques, avec une description des fossiles paléozoïques existant
au Muséum géologique de l'Université de Cambridge, »
L'ouvrage se compose d'un volume in* 4° de texte, dont l'introduction
Roches volcaniques .
I
Roches piiUTOKiQDES. /
( io3 )
présente un tableau des couches paléozoïques de la Grande-Bretagne, par
M. le professeur Sedgwick,etqui est principalement consacré à Ja description
des fossiles paléozoïques de la Grande-Bretagne, par M. Mac Çoj, actuel-
lement professeur de sciences naturelles à l'Université de Melbourne- de
nombreux diagrammes sont intercalés dans le texte, et l'ouvrage est accom-
pagné d'un atlas de planches lithographiées exécutées avec un très-grand soin.
« M. Velpeao présente à l'Académie, au nom de l'auteur, M. Carret
chirurgien de l'Hôtel-Dieu de Chambéry, une Note imprimée sur un appa-
reil nouveau pour le traitement des fractures des membres.
» Rien n'est plus simple et moins dispendieux que cet appareil : il se
compose d'une feuille de carton ramolli pour emboîter le membre et de
quelques tours de bande pour fixer le carton pendant sa dessiccation. En
se durcissant, le carton s'amincit, se moule sur les parties et s'y colle, en
les régularisant. Par son retrait, il exerce une légère compression perma-
nente, en même temps qu'il devient inflexible et inamovible. Si une expé-
rience plus longue et plus variée n'y fait découvrir aucun inconvénient sé-
rieux et vient à confirmer de tels avantages, l'appareil de M. Carret devra
certainement être admis comme un perfectionnement utile des bandages
inamovibles, pourtant déjà si simples, employés aujourd'hui dans le traite-
ment des diverses fractures des membres. »
« M. Velpeau dépose en outre sur le bureau un ouvrage de M. Petten-
kofer, professeur à l'université de Munich. Dans ce travail , l'auteur résume
toutes ses recherches sur la marche du choléra là où il a pu le suivre, et
sur les rapports de ce fléau avec la constitution géologique des localités
qu'il a envahies. »
La Société régionale d'Acclimatation pop» la zone du nord-est de la
France adresse plusieurs exemplaires d'un opuscule sur les noms à imposer
aux animaux nouveaux, acclimatés ou supposés acclimafables {voir au Bul-
letin bibliographique).
astronomie. — Solution trigonornétrique de la méthode de M. Babinet
pour la détermination des latitudes {Comptes rendus, n° i , 7 janvier i856 , l •
par M. Housel.
« Etant données les trois équations
sine? = sinA cosA,
sind^ sinA'cosA,
A + A' = ? ,
on demande de calculer X au moyen de à, â' et q.
C-i°4 )
■ ' -
» Pour^ela, soient N et W deux angles auxiliaires^ tels que l'on ait
nuia - ~ - - ■ 1".- ::: : ' - ^
'3 ^' \
r " . . - " ■ - tang - ( o — : o
4ngi(N-R'-)=tangV " 2
tang - v». + i» ).
on -tirera de cette seconde" équation la valeur de, N — W- Ayant, celle de
N 4- N', on trouvera N et. W, Enfin on aura X par la formule ... -
-■■'-' ■ » sinô sir*'
■ - • COSA = -r-= = —
sinN sinN " . _ • .""..-""
En effet, reprenons les deux équations
" sin c? = cos X sin A, : .;'■;_■„*
; , sinc?'=: cosXsin A', . „ ;
auxquelles il faut joindre la relation
» Il s'agit d'éliminer A et A', afin d' obtenir X.
= - « Posons, pour abréger,
"., siaâ = n, sind*' .== n', .■■ ; -
il vient . .. . : . : ::
' . ; . , , . , . n cos A' + n' cosA -
sm<7 = smAcosA +■ sin A' cos A == r-— — ;
1 cosA
-d'où "■"'--■' "_.' - - ' ■ - -y ~'~' ~_
sin 2 « = ~W f i — -^t) .'+■ n' 2 ( i - ^rTi s "n^cos Acos ; A'1-
Mais ; -
; .çosç == cosAcosA'*— sinAsinA'== cos A cos A' — j^rp
puisque " -
sin A sin A 4 =
donc . ^ s :
un 1 n
cos* >.
a nri cos A cos A' == 2 cos# • nri ■+-
( io5 )
ce qui, transporté dans la valeur qu'on vient d'obtenir pour sin 2 ^, donne,
en réduisant,
sin 2 <7 cos 2 X = « 2 + n 12 + 2/m' cosq.
» On voit alors que sinq cosX sera le côté d'un triangle ayant pour angle
opposé 180 — q et dont les deux autres côtés comprenant l'angle 180 — q
seraient n et n'. Soient alors N et N' les angles opposés respectivement à n
et «', on aura
N, -M, .1 /AT AT/N , 1 n — n' ,. 1 sino — sinô'
+ 3N' = 0, tang-(N — N ')= tang-o. ; = tang-a. -r-^ — ,>
et, par conséquent,
tang-(<î — 3')
tangI(N- N')= tangl q \ ,
tang- (S + 8')
ce qui permet de calculer N — W par logarithmes, puis N et W par une
somme et une différence.
» Ensuite on a
sin q cos X n n'
sin 7 sinN sinN'
par l'opposition des sinus, car sinq cos X est le côté opposé à l'angle 1 8o° — q.
ïl vient donc
., sin sin S'
COS A
sinN sinN'
» Nota. Cet artifice.de calcul pourra, en général, servira calculer par
logarithmes x dans l'expression trinôme
^=P + Q±R,
lorsque i° P et Q seront de même signe, et a° lorsqu'en faisant
t 2v'PQ:A=:R ?
le nombre k sera plus petit que l'unité. »
géométrie. — Sur les trajectoires orthogonales d'une sphère mobile;
par M. J.-A. Serret.
« La recherche des surfaces dont les lignes de l'une des courbures sont
situées sur des sphères normales à la surface, se ramène immédiatement à
3a détermination des trajectoires orthogonales d'une sphère mobile , et ce
C. R., «856, I er Semestre. (T. XLII, N°5.) l5
( io6 )
dernier problème se réduit lui-même très-aisément à la détermination des
trajectoires orthogonales d'un plan mobile, question dont j'ai donné une
solution très-simple dans le Compte rendu de la séance du 3i dé-
cembre i855. C'est ce que je me propose d'établir ici (*).
» Soit. . '!:...."-
l'équation d'une sphère en coordonnées rectangulaires ; a, /?, c, r désignent
des fonctions d'un paramètre variable t. Les trajectoires orthogonales de
cette sphère mobile auront pour équations différentielles
/ > dx dr dz
( 2 ) T— ~ -
x — a y — b z — ç
Soient a, S, y les angles formés avec les axes par une droite arbitraire va-
riable avec le paramètre ^désignons aussi par u une nouvelle fonctioe de
t et posons
/0 \ j » cos c. , 7 , cosê , j COS7
(û) da^rud- — ? do = rua » de — rud — i-
v ' u u u
Enfin, au lieu des variables x, jj z, prenons-en trois autres x { , j,, z, telles
que l'on ait
(aux,
V , 2 , » — cosa s
(4) \y = b + r( 'T' '., .~-coa6).
/ 2BS, . \
d'où l'on tire, en ayant égard à l'équation (i),
u (a; — a -)- rcosa )
#, =
(5) J< =
(a;^-a)cosa + ( i /— 6)cos§ + (3 — c)coS7 -f-r '
u{y — b + rçosê)
(& — a)cosa.-\-[y — 6)eosê-f-(z — r)eoS7 -j- r
a(z — c-f-rcos"/)
[x -^a)cosa + (jr — ô)cqs§4-(z — c)coS7 -f- r
(*) M. Ossian Bonnet s'est occupé le premier de la recherche des surfaces dont il s'agit ici.
Mais les formules qu'il a données me paraissent trop compliquées pour qu'on puisse en tirer
parti ; aussi je çrojs faire une chose utile en publiant le résultat si simple que j'ai obtenu. On
verra d'ailleurs que l'analyse dont je fais usage s'applique sans difficulté au cas général, non^
encore résolu, des surfaces dont les lignes del'une des courbures sont sphériques.
( 107 )
» Au moyen des équations (3) et (4) les équations (i) et (2) se rédui-
sent aux suivantes :
(6) x, cosa -h y, cosS -+- z, cos-y = u,
, v dxt df, dz t
^'* cosa cosë cosy '
on voit que si l'on considère x t , j K , z, comme des coordonnées rectangu-
laires, les équations ( 7 ) appartiendront aux trajectoires orthogonales du
plan mobile représenté par l'équation (6).
» Nous conserverons toutes les notations de l'article inséré au Compte
rendu du 3i décembre dernier. Ainsi nous désignerons par §, v, 'Ç, X, ( u, v
les angles formés avec les axes par le rayon de courbure et par l'axe du
plan osculateur de la trajectoire du plan (6); par dz l'angle de deux tan-
gentes infiniment voisines et par dri l'angle de deux plans osculateurs infi-
niment voisins. Désignant en outre par A et B deux constantes arbitraires,
et posant
"■■£ = ?(*») + ?"(«).
U = Asinvj 4- Bcosïj — ?(>j)i
les trajectoires orthogonales du plan (6) seront représentées par S équa-
tion ( 6 ) jointe aux deux
(8) x, cosX h- f t cos/a-h z, cosv = U,
(9) x, cos£ -f-r, cosu + z, cosC = -r-
» Si, dans les équations (8) et (9) on remplace x t , y,, z t par leurs va-
leurs tirées de ( 5), on aura deux nouvelles équations qui, jointes à l'équa-
tion (1), feront connaître les trajectoires orthogonales de la sphère (1).
Enfin, si l'on exprime A et B en fonction d'un paramètre 9 et d'une fonc-
tion arbitraire de ce paramètre, les mêmes trois équations représenteront
les surfaces dont les lignes de l'une des courbures sont situées sur des
sphères normales à la surface. Les équations que nous formons ainsi con-
tiennent seize quantités fonctions du paramètre t, savoir : a, b, c, r,
u ou (p(rç) et les onze angles a, ê,y; |, u, Ç; X, /x, v; £ et 15. Toutes ces
seize quantités peuvent s'exprimer immédiatement, dans le cas général, en
fonction du paramètre t et de trois fonctions arbitraires de ce paramètre;
cela peut se faire d'une infinité de manières; le choix du paramètre et des
i5..
( j*8 )
fonctions arbitraires doit être subordonné aux convenances du cas parti-
culier que l'on veut étudier. ..
j) Considérons, par exemple, le cas où les sphères qui contiennent les
lignes de courbure ont leurs centres en ligne droite. On pourra faire ici
a = o, b — o, cos efc== a, eosë = o, cos^y = i 5
alors les équations (7) se réduisent à r . ...
::;::: -.'::. 4x^ :ss o,t : dyi(=- o r ~ . ■-"-''-.- - -
et nous pouvons poser < . - . ■
F désignant une fonction arbitraire/ Faisant ensuite .%• __. .:...!..'. -,
- - - ,
c~=t,-u =:\]'—f(iy, --■
on a --■■•--»■
_ . - -. - ;- ■■ — , . ---"-_' — - - - j _■-;--■
et si l'on pose
•'
V =
z — t + s'^+X'-^U — ^T- :.: W
ta »-:„„ /.„N —
,,.>_,. , .£. -■■-. r .. :
l'équation (10) se réduit à V — o en vertu de (5). La surface que nous con-
sidérons ici sera dona représentée par l'équation ï=o jointe à l'équa-
tion (1); il est aisé de s'assurer qu'elle peut l'être aussi par les deux
équations ■ — : - ';'•'- -' \~~ï-- :
résultat que j'ai donné déjà dans mon Mémoire sur tes. surfaces dont toutes
les lignes de' courbure sont planes ousphériques., , - - ;
» Hemarquons encore le cas où les sphères qui contiennent les lignes de
courbure ont seulement leurs centres dans un même plan. Ce cas se ramène
immédiatement, d'après ce qui précède, an cas des surfacesdont les lignes
de l'une des courbures sont dans dès plans parallèles à une-droite fixe, et
normaux à la surface. » . ._._ I ■..■„■-..... .
. ( io 9 )
géométrie. — Sur les surfaces dont les lignes de l'une des courbures soni
sphériques; par 'M. J.-A. Serret.
« Soient x, y, zdes coordonnées rectangulaires et a, &, c, r, l des fonc-
tions d'un paramètre t, dont la dernière l contient le facteur s[—\. Si l'on
pose dz = pdx -f- çd^-, l'équation différentielle des surfaces dont il s'agit
sera le résultat de l'élimination du paramètre t entre les deux équations
(i) (x- af -h ( v - bf + (z - cf =r 2 - l\
(a) —{x — a)p — {jr—b)q+{z-é) =l\/-i-p-- f.
Soient x , / , z D , v quatre fonctions inconnues de t, assujetties à vérifier
les équations
(3) (x - af + ( Jo - bf + (z - cf + (<> - If = ,•»,
//s dx a dy dz de
a?o — a /„ — b ~~ z — c p„ —7'
et posons
(5) V=(x -a)(x-a) + ( fo -b)( r -b) + (z -c)(z-c)-l(v -r)-yK
» Il est aisé de s'assurer que l'équation V = o satisfait à l'équation ( 2 ) ;
elle sera donc une intégrale complète de celle-ci, si les valeurs de x , j ,
z , v tirées des équations (3) et (4) renferment dans leurs expressions deux
constantes arbitraires. Si, en outre, on exprime les deux constantes dont il
s'agit en fonction d'un paramètre 6 et d'une fonction arbitraire de ce para-
mètre, l'intégrale générale de l'équation (2) sera le résultat de l'élimination
de Q entre les deux équations
( 6 ) ■ v=o, £-„;
» Enfin l'équation intégrale des surfaces dont nous nous occupons sera
le résultat de l'élimination de t et 6 entre les équations (1) et (6).
» Soient a,, b,, c lt l, et u cinq fonctions de t, choisies de manière
que l'on ait
(7) a\ + b\ + c\ -f- l* = 1 ,
( 8 ) da = nid -, db = nid -, de = rud -, dl= rud^ ,
tl u u a
(9)
(no)
et prenons, au lieu de x , j , z , v , quatre nouvelles variables x, , j, , z K , v t ,
telles que
*. = ' + ^ î+yî + .; + >? - c >> v ° = c + r U+/Ï + .Ï + PÏ. - Z 'i '
Au moyen des équations (7), (8), (9), les équations (3) et (4) se rédui-
sent à
(10) a K x t + btjc-h c, s, ■+•/,»;, = îi,
tfe, rfy, dzi dt>, _
( ij ) " ■" "■ «r~ ih ~~~~t'' 1 '~ "
et la question est ramenée à trouver des valeurs de x^j^-z,, e, ? qui satis-
fassent à ces équations et qui renferment dans leurs expressions deux
constantes arbitraires.
» Remarquons d'abord le cas où les sphères qui contiennent les lignes
de courbure ont leurs centres dans un même plan. En prenant ce plan pour
celui des xf, on a c = o, puis on peut faire c, = o et a,s o, ou == une
constante. On voit alors que le problème est immédiatement ramené à la
détermination des trajectoires orthogonales d'un plan mobile. »
Géométrie. — Note sur les surfaces pour lesquelles la somme des deux
rayons de courbure principaux est égale au double de la normale j par
■ M. OSSIAN BOSSÏBT.
« Je me propose d'appliquer les formules que j'ai fait connaître dans le
tome XXXVII, page 34g ? des Comptes rendus, à la détermination d'une
classe de surfaces qui ont une analogie remarquable avec les surfaces à aire
minima.
» Les surfaces dont il s'agit sont telles, que la somme des rayons de cour-
bure principaux est égale en chaque point au double de la normale. D'a-
près cela, si l'on conserve les notations de la Note citée, on aura pour
l'équation aux différentielles partielles de la surface
•-.■-. dz
d 2 z cPz . dz dy
(l) -, h -7-, + 2 l tang l Y -y- -+- Z -f- 7-7—. — —r-=o.
\ 1 dx 1 dy ° J dy 1 sm ly cos ly 7
ou
d-z d-z . , dz
-— + -T-, ; — 2 l COl IY — -h S = O.
dx* dy- J dy
( IIÏ )
Pour intégrer cette équation, posons
z = fi smiyudy;
substituant et différentiant par rapport à j, il viendra
(Pu. d'à
^ r+ dy?^ °'
d'où
» = ÎL/C* + 00 +/(* - 00] + 1[/«(* + 17) -/.(* - <r)],
/ et f, étant deux fonctions réelles quelconques ; par conséquent
z = Jisinyr ji [/(* H- ijr) +f{x - ijr)] + L [f t (x+i r )-f t {*-&)]}&,
la fonction arbitraire de x qui entre dans l'intégrale devant être déterminée
par la condition que l'équation (1) soit satisfaite.
» On se rappelle que l'on a pour les surfaces à aire minima
(2) z = fcosijrfe[f(x+iy)+f(x--ir)]+ L[f { (x+iy) -/,(*-!>■)]) dp;
ainsi, en supposant que les fonctions / et/, soient les mêmes, la première
valeur de z se déduira de la seconde, en changeant, sous le signe f, cosiy
en zsin ijr.
» Si l'on cherche les lignes de courbure des surfaces représentées par
l'équation (1), en se rappelant l'équation générale
[dxj "
d'z d'z
dx' dy' dy
d'z dx~ l ~°'
dxdy
que nous avons obtenue (tome XXXVII, page 35o, des Comptes rendus),
on trouve
drV i\ f'(x-+-iy) — f'tx — ir\\ — I /' (x — (y) + f\{x — if)] dy
dx) f'{x-iy) + f>(x-iy)+ i[f\{x+iy)-J\{x-iy)) dx ' _ 0>
Or cette équation est aussi celle des lignes de courbure des surfaces à aire
minima. Nous pouvons donc conclure qu'à chaque surface à aire minima
correspond une surface ayant en chaque point la somme des deux rayons
de courbure principaux égale au double de la normale, et pour laquelle les
lignes de courbure sont respectivement parallèles à celles de la surface à aire
minima. Ainsi, au plan correspond la sphère, à l'hélicbMë à -pïâfc directeur
correspond la surface dont . les coordonnas- f, ij, £ satisfont aux équa-
tions
-'(•-siria? — yj-cosa? = — a cos (/•, " -"--.-
& cosj? -f- •/5.sin-^-=
CÔSJY
X, = a/a: tang/7'.
Etc., etc..j)
chimie OR&ANiQDE. — 'Note sue P acide - tartrique ;- par Mrlivm.vm.iiï's.
a Si l'on satire d'acide borique des dissolutions- d'acide- tarjrîque faite!
en diverses'proportions et à diverses températures (de -+- ioà + a5 degrés),
et que l'on observe les rotations de ces -dissolutions aux températures ^our
lesquelles elles ont été saturées d'acide borique, on ^trouveun pouvoir
rotatoire constantj'et proportionnel aux quantités d'acide taralqué contenues
dans les dissolutions. . -
» Dans toutes ces dissolutions,' l!acidétartrïque possède le- maximum de
rotation que peut lui imprimer l'acide borique, et son pouvoir dispersif
anomal est rentré intégralement dans laloî générale que pï. Biot a réconnue
au cristal c de roche et aux^âutres substances "optiquement actives,, ce qui
n'est jamais réalisé d'une manière .parfaite pour ces composés quand on
n'apas satisfaitaux coùdïtidifs , que nous venons- d'énoncer."
» On peut donc, en a^ant soin de réaliser ces conditions , doser avec
précision l'acide tartrique qui se trouverait en dissolution dans l'eau en
proportions inconnues,_et l'on peut dès lors employer pour ces dosages les
mesures angulaires aj recommândéesrpar M. Biot, ou les mesures équiva-
lentes fournies par le saccharimètre de M. Soleil.
» Si l'on examine la i&ômpositidn cbimique des dissolutions^ fartro-
boriques constituées comme nous venons de l'énoncer, on trouve que
toutes renferment, à peu de différence près, i équivalent d'acide bo*
rique-BQ 3 ,~3HQ pour 2 équivalents djacide tartrique _C 8 H* 0'°~ 2 HO.
Nous disons que telle est à peu près la constitution chimique de toutes ces
dissolutions; car- l'analyse permet de reconnaître dans les dissolutions "tar-
troboriques diluées une proportion d'acide borique un peu plus grande.
» Cette différence dépend, ainsi que cela résulte de Terisemble de nos
observations, de l'affinité de Feau pour l'acide borique", affinité qui est
modifiée par la présence du composé tartroborique dans les solutions con-
( n3 )
centrées et qui ne trouble plus la composition définie de ce composé quand
elle est satisfaite.
» En effet, quand on étend d'eau pure une solution tartroborique bien
constituée, le pouvoir rotatoire de l'acide tartrique perd de sa valeur et
son pouvoir dispersif est changé; il les recouvre intégralement, quand on
sature la dissolution d'acide borique.
» Si, au lieu d'ajouter de l'eau pure à une solution tartroborique bien
constituée, on ajoute de l'eau préalablement saturée d'acide borique, le
pouvoir dispersif et le pouvoir rotatoire ne changent pas.
» Il est impossible, en présence de ces faits, de ne pas admettre que les
acides tartrique et borique dissous dans l'eau subissent au milieu de ce
liquide une combinaison chimique définie; et cette combinaison, rappro-
chée des autres combinaisons connues, ne peut appartenir à aucune des
séries de tartrates doubles.
» Ces faits et ces interprétations expliquent d'une manière satifaisante
les belles et importantes observations faites par M. Biot sur les propriétés
optiques des composés tartroboriques ; seulement ils les expliquent à un
point de vue différent de celui qui a servi de point de départ aux re-
cherches de l'illustre académicien, c'est-à-dire au point de vue purement
chimique des combinaisons définies en proportions multiples.
» Les mêmes faits, aidés des observations si précises de M. Fremy, expli-
quent d'une manière aussi satisfaisante les observations faites par M. Biot sur
Les propriétés optiques des acides tartriques modifiés par la chaleur quand ils
sont mis en présence de l'acide borique. M. Biot a prouvé que les acides tar-
tralique et tartrélique possèdent, en dissolution dans l'eau, des propriétés
optiques qui sont identiques avec celles de l'acide tartrique normal placé dans
les mêmes conditions. Il a prouvé que cette identité n'existe plus quand on
ajoute de l'acide borique à la dissolution ; dans ce cas, la rotation initiale de
la dissolution est accrue par la présence de l'acide borique, mais elle l'est
moins que pour l'acide normal, et l'identité de pouvoir rotatoire ne se ré-
tablit que sous l'influence du temps, c'est-à-dire dans les conditions qui re-
génèrent l'acide tartrique avec toutes ses propriétés caractéristiques.
» En considérant, comme nous l'avons fait, le composé tartroborique
comme un composé chimique défini possédant un pouvoir rotatoire con-
stant, quand rien ne vient altérer sa constitution, en admettant, en outre,
avec M. Fremy, que les acides tartriques modifiés parla chaleur possèdent
une capacité de saturation moindre que celle de l'acide normal, ce qui
C. R., i85<5, I er Semestre. (T. XUI, N°5.) l6
( n4 y
n'est controversé par aucun chimiste, parce que ce sont des faits vrais et
indépendants des interprétations différentes qu'on peut leur donner; en
admettant ces faits, disons-nous, on comprend que dans les expériences de
M. Biot, le composé tartroborique régulier, celui qui possède le maximum
de rotation, n'a pu se former que sous l'influence du temps. Le composé
initial était donc autre chose et les modifications successives des rotations
convergeant vers le maximum de rotation qui convient au composé tartro-
borique défini, ont dû suivre les progrès du retour des acides modifiés à
J'état d'acide normal, état qui pouvait seul restituer à ces acides la capacité
de saturation qui convient à ce dernier, et favoriser en même temps sa com-
binaison définie avec l'acide borique qui se trouvait dans le mélange, soit
libre, soit combiné avec les acides tartralique ou tartréhque, conformément
â la capacité de saturation de ces acides.
» Les rotations diverses, observées par M. Biot pendant la durée de la
réaction, n'étaient donc que des résultantes de rotations appartenant à des
composés différents, jusqu'à ce qu'enfin se soit révélée la rotation maximum,
qui convenait au composé tartroborique défini qui a pu se former.
» Il est fort digne de remarque que, ce qui se produit pour l'acide tar-
trique dissous dans l'eau en présence de l'acide borique employé dans les
conditions quenous avons spécifiées, se produit encore d'une manière ana-
logue quand l'acide a été préalablement combiné, soit avee un ou deux équi-
valents d'une base énergique, comme la soude ou la potasse. Dans ces con-
ditions encore, le pouvoir dispersif de l'acide rentre intégralement dans la
loi générale; le pouvoir rotatoire, accru parla présence delà base, est con-
stant pour le même composé, et les combinaisons se trouvent être dans
toutes les dissolutions parfaitement définies.
. » H restera à expliquer les anomalies singulières que les dissolutions tar~
triques pures ont offertes à M. Biot, au point de vue des combinaisons défi-
nies. Ces anomalies, qui se rattachent plus au phénomène chimique si peu
étudié des dissolutions et à la constitution spéciale et exceptionnelle de
l'acide tartrique, sollicitent un examen particulier de la part des chimistes»
Nous reviendrons sur ce fait dans une autre Note, en même temps que nous
aurons à examiner la propriété si remarquable de l'émétique surchauffé,
découverte par MM. Liebig, Dumas et Piria. » ,
( i«5)
géologie. — Sur des volcans et solfatares de l'île de Java , renseigne-
ments puisés dans des observations récentes des Hollandais ; par M. A.
Perbey.
« Dans le district d'Onderandir, à quelques milles de la station de poste
deTjitrap, à une hauteur de 80 pieds environ au-dessus du niveau de la mer,
se trouve une mare, à peu près de a5o pieds carrés, qui s'annonce, à une
certaine distance, par une odeur pénétrante d'acide sulfurique. Cette mare
est recouverte d'une vase argileuse; une partie est divisée par des digues
en compartiments qu'on utilise comme rizières. L'eau rassemblée dans
ces compartiments émet une faible odeur sulfureuse, due sans doute aux
bulles du gaz qu'on y voit partout et incessamment s'y développer. Çà et
là, le développement du gaz est si violent, que l'eau y est soulevée avec
force et mise en mouvement d'une manière très-sensible. Partout où la
vase n'est pas recouverte d'eau, on aperçoit le même bouillonnement qui
soulève et perce la boue.
» Une cavité profonde et de forme triangulaire, au côté est de cette sol-
fatare, offre un spectacle curieux. Au milieu de ce bassin dont une vase
glissante recouvre les bords, et dans une espèce de tufa, il s'en est formé
un autre d'environ 14 pieds de diamètre, et qui, sans canal apparent d'ali-
mentation, est rempli jusqu'au bord d'une eau trouble et blanchâtre, de la
couleur et de la consistance d'un épais lait de chaux. Le développement
des gaz est si considérable dans cet endroit, que la masse entière de l'eau
est dans un mouvement continuel ; c'est à la fois un mouvement gyratoire
et ondulant, un véritable bouillonnement tel, que sur plusieurs points
l'eau est lancée constamment à la hauteur de 1 et même 1 \ pied. On
entend en même temps le sifflement ou bruissement particulier qui carac-
térise l'ébullition ; en un mot, toute la matière paraît se trouver dans un
état de coction, quoiqu'elle n'accuse qu'une température de 81 degrés
Fahrenheit, celle de l'atmosphère étant d'ailleurs de o,5 degrés Fahrenheit.
La profondeur de ce bassin est de 4 à 5 pieds ; cependant, en soulevant les
pierres du fond avec un bambou, on apercevait des crevasses qui descen-
daient à une plus grande profondeur.
» La pierre tufacée, où se forme cette espèce de lait de chaux, est con-
nue des indigènes sous le nom de wadas ; elle se montre au jour dans
tout le nord du Banten (Bautam) sous un croûte plus ou moins épaisse de
terre arable. C'est un conglomérat volcanique, formé de grains de quartz,
de petits et de gros fragments de pierres ponces, et d'un ciment argileux
16..
(n6)
Sa couleur passe par des nuances nombreuses du blanc, au gris et au rou-
geâtre. Il a une faible pesanteur spécifique -, il est sonore et se laisse facile-
ment briser, mais il est rnde et difficile à fendre. Partout où on le rencon-
tre, on trouve au-dessous, à quelques pieds de profondeur, une couche
marneuse.
» L'eau rassemblée dans le bassin décrit plus haut et dont nous avons
signalé l'odeur piquante et acide, a désagrégé une partie de ce tuf, qu'elle
tient en suspension par un mouvement incessant sans que cette masse ter-
reuse puisse se clarifier. L'eau a donc l'aspect d'une bouillie, peu épaisse, _
d'un blanc grisâtre qui se dépose sous forme d'un sédiment en une couche
grise, granulée, d'un sable plus ou moins terreux, dont se sépare une ma-
tière blanche et transparente.
» En divers endroits de cette solfatare, le soufre s'est déposé sur les pier-
res, sur l'argile, sur le bois et sur d'autres objets. Il y forme des cris-
taux qui varient d'épaisseur depuis quelques millimètres jusqu'à i centi-
mètre.
» Quoique l'air, l'eau et le sol soient imprégnés de gaz acides sulfureux,
la végétation n'en paraît pas souffrir. Les rizières environnantes sont dans
un état florissant, et partout où le sol présente à la surface une terre, arable,
la végétation est aussi luxuriante qu'en aucune autre partie du pays. »
Deux autres Notices qui font partie de l'envoi de M. A. Perrey sont rela-
tives à deux des volcans de l'île de Java.
M. Lemonnier de la Chennaye adresse une Note relative à une machine à
vapeur, construite par /¥. Sauvage, dans laquelle la chaudière est alimentée
par l'eau résultant de la condensation de la vapeur.
M. Sauvage a déjà présenté, au concours pour le prix extraordinaire
concernant le Perfectionnement de la Navigation, un Mémoire sur une ma-
chine constnùte dans ce système. La Lettre de M. Lemonnier est renvoyée, à
titre de document, à la Commission chargée de l'examen des pièces admises
à ce concours.
M. Hesse, commissaire de la Prusse à l'Exposition universelle, adresse
une collection de champignons, imités en cire coloriée, et décrits par
MM. Bùchneret Kirsch. Cette collection, qui a figuré à l'Exposition, est
accompagnée d'une description imprimée, en allemand, et d'une Notice ma-
n n scrite en fra n cais .
( "7)
M. deParavey demande et obtient l'autorisation de reprendre diverses
Notes qu'il a successivement adressées à l'Académie, et qui n'ont pas été
l'objet de Rapports.
M. Durand présente une Note sur une subdivision du kilogramme qui lui
semblerait d'un usage plus commode que la division adoptée.
Cette communication n'a pas paru de nature à devenir l'objet d'un
Rapport.
M. Saskc adresse de Pest une nouvelle Note, écrite en latin, sur la qna
drature des surfaces à périmètre curviligne.
Cette Note est renvoyée, comme l'ont été les précédentes communications
du même auteur, à l'examen de M. Chasles.
M. Ch. Bailly présente une Note sur la mesure des triangles.
(Renvoi à l'examen du même Académicien.)
A 5 heures, l'Académie se forme en comité secret.
La séance est levée à 5 heures et demie. E. D. B.
BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE.
L'Académie a reçu, dans la séance du ai janvier i856, les ouvrages dont
voici les titres :
Institut impérial de France. Académie des Beaux-Arts. Discours de M. F.
Halévy, secrétaire perpétuel de l'Académie, prononcé aux funérailles de
M. David (d'Angers), le mardi 8 janvier 1 856 ; | feuille in-4°.
Exposé des titres et des travaux de M. Jobert de Lamballe, à l'appui de sa
candidature à l'Académie des Sciences. Paris, i856; in-4°-
L'art de découvrir les sources; 'par M. l'abbé Pahamelle. Paris, i856;
i vol. in-8°.
Des Hermodactes au point de vue botanique et pharmaceutique. Thèse pré-
sentée et soutenue à l'École de Pharmacie de Paris, le 8 janvier i856; par
M. J.-E. Planchon. Paris, i856; br. in-4°.
Document pour l'histoire de la Botanique. Notice sur les écrits botaniques de
François Bayle;par M. le D r Clos ; br. in-8°.
( t£8 )
Mémoire sur la nécessilé qu'il/ a d'en arriver, quoique d'une façon normale,
et sans choquer les règles de la dérivation française , à imposer aux nouveaux
animaux soit acclimatés, soit regardés comme acclimatables ,des noms commodes
et réellement susceptibles de devenir vulgaires, Nancy, i855; br. in-8°.
Notice sur le moulin de Salles (Dordogne); par M. Ordinaire de Laco-
LOHGE. Bordeaux, 1 855; br. in-8 ,
Rapport sur l'emploi de l'air comprimé de M. Duburguet, lu à l'académie des
Sciences - et Arts de Bordeaux, le zo mars î 85 S; par le même. Bordeaux,
i855;br. h>8°.
Appareil nouveau de fracture pour les membres ?• par M, le D r Carret ;
br. in-8°. ' ~ ~ . " ' .
Ouvrages offerts par l'Institut Lombard des Sciences, Lettres et Arts :
Memorie... Mémoires de l'Institut national italien ; années 1806 à 181 3;
6 vol. in-4°; .
Memorie... Mémoires de l'Institut impérial et royal lombardo-vénitien ;
années 1819 à i838; 5 vol. in-4°.
Memorie... Mémoires deA'InstitutimpéviaL et. rayai lombard des Sciences,
Lettres et Arlsj années 1841 à 1847; t. I à IV; in-4°.
Giôrnâle.TT Journal de l'Institut impérial et. royal lombard- des Sciences,
Lettres et Arts; années 1 84 1 à l847_;_8 vol. in-8 .; et nouvelle série, t. I
à VII; années 1847 à i855; fascicules 1 à 4^, in-4°.
■--'_ Mémoires couronnés par l'Institut Lombardo-Vénitien.
Memoria. , . . Mémoire sur la culture des bois et sur les moyens de reboiser les
montagnes de la Haute-Lombardie ; par M. Megdsgher. Milan t 1847 5 ' vo ^'
m-8°. '. ' .. ...;;...■
Sulla . . . Mémoire sur la construction des toits des édifices ; par M . Merlini .
Milan, 1842; in-8°. .
Sulla... Mémoire sur V éducation des vers à soie et la culture des mûriers;
par M. G. STRAIiLYAfit MA-8V
Dell' influenza... De influence des associations industrielles et commerciales
sur la prospérité publique ;.par M. F: .RESTELLij.brocb. iu-8°. .
Memoria... Mémoire sur les poteries fabriquées avec des terres du royaume
Lombardo- Vénitien; par M. G. BosiN A; in-8°. ■."'_"•_'. 1"
Délia. . . Expériences sur la. cémentation ef Ig. fonte de l'acier; par M, G.
Vismara; in-8°. ...--".-..:.:.:;. . .!.:_■.:.
( "9)
MonograBa... Monographie des morts subites; par M. N.-M. Sormaîni;
in-8°.
Slatistica.. . Statistique des moiïs subites, particulièrement des morts par apo-
plexie dans la ville de Milan et sa banlieue, de i ^So à r 8 34 ; par M. J. Ferrario;
in-8°.
Recherches sur l'asthme ; par M. G. BERGSON, Milan, s 855 ; in-4°.
Elogio. . . Eloge de Bonaventure Cavalieri, prononcé par M. Gabriel Piola,
à [inauguration du monument élevé à ce savant, à l'occasion du sixième congrès
scientifique italien. Milan, 1 844 5 in-4°-
Useful... Renseignements utiles pour les ingénieurs , cours fait aux ingénieurs
mécaniciens du Yorkshire et du Lancashire; par M. William Fairbairn.
Londres, i856; i vol. in-8°.
A synopsis... Synopsis d'une classification des roches paléozoïques de la
Grande-Bretagne; parle révérend Adam SEDGWICH ; avec une description systé-
matique des fossiles paléozoïques britanniques existant au Muséum géologique de
l'Université de Cambridge; par M. F. Mac Coy. Londres, i 855 ; in-4° ; avec
avec un atlas du même format.
Tide. . . Tables des marées des principaux ports des Etats- Unis; par M. BACH.
New-York, i855; br. in-8°.
Zwei und. . . Trente-deuxième Compte rendu annuel des travaux de la Société
nationale silésienne; année 1 854- Breslau, i855; in-4°.
Untersuchungen . . . Recherches et observations sur la propagation du choléra ;
par M. Max Pettenkofer. Munich, i855; in-8°.
Zur.. . Sur la question concernant la marche du choléra; par le même. Mu-
nich, i855;in-8°.
Deutscher... Sur lafabrication etle commerce du vin; par M. S. Englerth.
Wurzbourg, 1849; in-8°.
D r Gall's... Sur l'amélioration des vins du D r Gall; par le même; in-8°.
Erste... Description des champignons esculents et vénéneux; par MM. le
D r Bochner etG. Kirsch. Hildburghausen, i854; in-12.
Hv AÔYjvaiç... L'Abeille médicale d Athènes , journal mensuel de médecine;
publié par M. le D'Gooda; années i853, i85/|, et i er semestre de i855;.
in-8°.
( 120 )
. ■ . . ERRATA.
(Séance du i4 janvier i856.)
Pa-'e 3i, ligne 5 du Rapport de M. Thenard sur un Mémoire de M. Léon Péan de Saint-
Gilles sur l'hydrate et l'acétate ferriques.
Au lieu de espace de temps assez long, Usez espace de temps très-long (plusieurs jours).
Pa<*e45, lisne 10 en remontant, au lieu de physique, lisez mathématiques.
• »o«*
COMPTE RENDU
DES SÉANCES
DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES.
•■Q-ffl-O^SE^s'"
SÉANCE PUBLIQUE DU LUNDI 28 JANVIER 1855.
PRÉSIDENCE DE M. REGNAULT.
La séance s'ouvre par la proclamation des prix décernés et des sujets de
prix proposés.
PRIX DÉCERNÉS
pour l'année 18S5.
SCIENCES MATHÉMATIQUES.
RAPPORT SUR LE CONCOURS POUR LE PRIX D'ASTRONOMIE.
FONDÉ PAR LALANDE.
(Commissaires, MM. Mathieu, Liouville, Delaunay, Le Verrier,
Laugier rapporteur.)
« Depuis la clôture du dernier concours, quatre nouvelles petites pla-
nètes ont été découvertes pendant l'année i855, ce qui porte à trente-sept
le nombre des planètes qu'on observe entre Mars et Jupiter.
» Les auteurs de ces découvertes sont bien connus de l'Académie, qui,
plusieurs fois déjà, leur a accordé le prix d'Astronomie fondé par La-
lande.
» La première de ces nouvelles planètes, Circé, a été découverte le
C. R., i856, i er Semestre. (T. XU1, N° 4.) *7
( J 22 ) "
6 avril i855 par M. Chacoesac, l'an des astronomes de l'Observatoire
impérial de Paris.
» La deuxième, Leucothée, a été trouvée le 19 avril i855 par M. Luther,
astronome de l'observatoire de Bifk, près de Dasseldorf.
» Enfin, la troisième et la quatrième, Atalante et Fides, ont été vues le
même jour, 5 octobre i855 : Atalante, par M. Hermann Goldschmidt,
peintre d'histoire à Paris; Fides, par M. Luther.
» "Nous proposons à T Académie de partager le prix" d'Astronomie fondé
par Lalande entre MAI. Luther, Chacorîïac et Goldschmidt. >>
L'Académie adopte les conclusions de la Commission.
RAPPORT SUR LE CONCOURS POUR LE PRIX DE MÉCANIQUE
DE L'ANNÉE i855.
FONDÉ PAR M. DE MONTYON.
(Commissaires, MM. Piobert, Combes, Morin, Charles Dupin,
' .'" Poncelet rapporteur. ) •.'.
« La Commission décerne le prix de Mécanique de la présente année à
M. Boileau, professeur à l'École d'Application de Metz, pour l'ensemble de
ses utiles recherches expérimentales sur Thydraidique; science qui, malgré
de nombreux, de persévérants et remarquables travaux entrepris à diverses
époques en Italie, en France, en Allemagne et aux États-Unis d'Amérique,
n'est point encore arrivée, dans ses différentes parties, à un degré de perfec-
tion et de certitude qui -permette d'en faire une application précise aux cas
si variés, si distincts de l'art de l'ingénieur.
» La Commission croit devoir aussi mentionner les appareils délicats
imaginés par ée savant professeur pour ses études sur l'écoulement de l'eau
dans les canaux découverts et par-dessus les barrages, ainsi que ses recher-
ches expérimentales sur le sciage des bois, également soumises au jugement
de l'Académie des Sciences, et qui sont devenues, pour l'auteur, le point de
départ d'une combinaison nouvelle de scieries à doubles fraises circulaires,
destinées au débit rapide des plus fortes pièces, ainsi que de plusieurs autres
machines à seier transversalement les bois ou les pierres; machines qui,
malheureusement, n'ayant pas été exécutées, n'ont pu, jusqu'ici, recevoir la
sanction de l'expérience. »
( l»'J)
RAPPORT SUR LE CONCOURS POUR LE PRIX DE STATISTIQUE
POUR L'ANNÉE i855.
FONDÉ PAR M. DE MONTYON.
(Commissaires, MM. Bienaymé, Mathieu, Boussingauk, de Gasparin,
Dupin rapporteur.)
PRIX DE STATISTIQUE DONNÉ SUR LES FONDS DE L'ANNÉE r 854 (') A
L'OUVRAGE PORTANT POUR TITRE : LES OUf'RlERS EUROPÉENS;
PAR M. LE PLAY.
« Nous avons examiné l'ouvrage de Statistique composé par M. Le Play,
ingénieur en chef des Mines et professeur de Métallurgie à l'École impériale
des Mines de Paris.
» Autorisé par le gouvernement français, il a, depuis un certain nombre
d'années, inspecté les mines importantes qui sont possédées dans les monts
Oural par M. le comte Demidoff, Correspondant de l'Académie. Pour rem-
plir cette mission, il a fallu que M. Le Play traversât à plusieurs reprises le
continent de l'Europe. Il a combiné ses itinéraires de manière à parcourir
les principaux États de cette partie du monde. En i85i, membre de la
Commission française envoyée pour faire partie du Jury de l'Exposition
universelle à Londres, il a visité les provinces les plus importantes de la
Grande-Bretagne, et continué dans cette île les recherches qu'il avait com-
mencées sur le continent.
» Une épigraphe empruntée à l'Éloge de Vauban par Foutenelle est l'in-
dication sommaire du but de l'auteur. « Il s'informait, dit l'ingénieux se-
crétaire en parlant du grand ingénieur, il s'informait de la valeur des terres,
de ce qu'elles rapportaient, de la manière de les cultiver, des facultés des
paysans, de ce qui faisait leur nourriture ordinaire, de ce que leur pouvait
valoir en un jour le travail de leurs mains; détails méprisables et abjects
en apparence, et qui appartiennent cependant au grand art de gouverner. »
» Les voyages d'exploration de M. Le Play ont commencé dès i836;
c est une oeuvre entreprise depuis vingt années qu'il soumet à notre exa-
men.
(i) En i854, le prix annuel de Statistique n'avait pas été décerné; cette circonstance a
permis de donner un prix de plus en i855. La Commission a déclaré que les deux prix qui
se rapportent à des sujets sans termes de comparaison ne comportaient ni premier ni second
prix, ni ex cequo.
17..
( i*4 ) '
» Des collaborateurs volontaires, nombreux, instruits, zélés, ont secondé
ses efforts. Les uns ont pris part à ses voyages; les autres, par des excur-
sions isolées, ont examiné pour lui des pays intéressants, dont il n'a pas pu
lui-même parcourir toutes les parties. Il cite au premier rang M. le comte
de Saint-Léger, habile agronome et membre du conseil général delà Nièvre.
« Les observations que nous avions faites en commun, dit-il, sur Les popu-
lations agricoles du Morvan ont été le point de départ des monographies
groupées dans l'Atlas de cet ouvrage. » Il cite aussi des étrangers célèbres,
dont il a reçu des documents précieux.
» L'auteur était guidé dans son travail par le désir de connaître les causes
d'un grand contraste qu'il signale. Suivant lui (nous faisons cette réserve),
suivant lui, deux régions extrêmes de l'Europe présentent le spectacle le
plus différent. Les populations du Nord et de l'Orient vivent, pour la plu-
part, satisfaites de leur sort et dans un état de quiétude qui frappe tous les
observateurs ; celles de l'Occident, poussées par la nécessité ou excitées par
une sorte de vertige, ne cessent de s'agiter pour modifier leurs habitudes et
leurs institutions.
» Les monographies recueillies par l'auteur fournissent des résultats pré-
cis sur le bien-être relatif des diverses populations; elles donnent, suivant
l'auteur, l'explication du contraste qu'il s'efforce d'établir.
« Si nous voulions sortir de la statistique, c'est-à-dire de la science qui
se borne à constater, à bien exposer des résultats numériques, nous aurions
beaucoup d'observations et de réserves à faire sur de graves assertions. Nous
nous abstenons d'entrer dans cette voie, et voici pourquoi :
». Le point de vue que nous devons mentionner dès le principe, et qui pour
l'auteur était un point de départ, ce point de vue a pour ainsi dire absorbé
l'attention des personnes, qui placent avant tout, des idées, des intérêts ou
des passions politiques. Elles ne sauraient approuver un ouvrage s'il ne con-
duit pas à des idées, à des sentiments qui soient selon leurs sympathies ; c'est
à cette condition seulement, satisfaite ou non, qu'ils y trouvent du mérite,
ou qu'ils le déprécient et le condamnent.
«.L'Académie des Sciences physiques et mathématiques doit juger autre-
ment les travaux de statistique soumis à son examen.
» Des recherches sont-elles neuves? portent-elles sur des objets impor-
tants? les faits ont-ils été soigneusement observés? sont-ils exposés avec mé-
thode, et surtout sont-ils rendus avec fidélité?.., Voilà les seules' conditions
dont nous devions nous préoccuper.
» L'Académie des Sciences morales et politiques aurait sans doute à
( 12 5 )
remplir une autre mission ; son point de vue serait différent, et son juge-
ment s'étendrait sur des conséquences qui ne sont pas ici de notre domaine.
Nous croyons devoir nous borner à la statistique traitée comme une science
d'observation physique et mathématique, en la dégageant des théories, des
systèmes dont ses travaux peuvent être ensuite le sujet.
» L'auteur constate trois conditions d'existence chez les populations eu-
ropéennes. A l'orient, c'est le régime qu'il appelle des engagements forcés .
Ce régime impose le travail à l'ouvrier d'après des conditions fixées par ia
loi et par la fortune. En même temps il soumet le patron à l'obligation de
pourvoir en toute éventualité aux besoins de l'ouvrier et de sa famille; il
attribue à ce dernier une véritable hypothèque légale sur les produits du
travail.
» Au nord, au centre, le régime des engagements volontaires prend en
grande partie la place des engagements forcés; mais il faut encore que des
institutions protectrices concilient (nous citons toujours les expressions de
l'auteur) concilient la liberté nécessaire aux individualités les plus distin-
guées, avec la protection dont ne sauraient se passer les classes placées,
sous le rapport de la moralité, de l'intelligence et de l'énergie, à un niveau
moins élevé. Ici la tradition et les mœurs suppléent à la loi, qui n'est plus
impérative, pour assurer le meilleur sort des ouvriers.
» Le troisième et dernier régime est celui des engagements momentanés.
Dans ce régime, les biens et les maux semblent mélangés chez diverses na-
tions et dans les diverses provinces d'une même nation, suivant les progrès
des arts et de l'industrie.
» Aux yeux de l'auteur, ce nouvel ordre de choses semble envahir fata-
lement toutes les régions industrielles de l'occident, en même temps qu'un
progrès incontestable se manifeste à sa suite dans toutes les branches de
l'activité humaine.
» Après avoir ainsi nettement posé les divisions de son sujet, il établit
avec raison cet axiome : Les réformes que commande la situation actuelle
des ouvriers doivent être fondées sur la connaissance des faits qui les con-
cernent. C'est l'objet du second paragraphe de son introduction
» Mais comment parvenir à cette connaissance ? '
» L'auteursignaleetfait contraster deux méthodes. La première, celle des
statisticiens, a, selon lui, jusqu'à ce jour, pour base principale les docu-
ments numériques fournis par l'autorité publique en ce qui concerne les fi-
nances, la guerre, la justice, etc. ; les statitisciens en déduisent des moyens de
comparer sous divers rapports la puissance relative des États.
( «6)
» Ces moyens, dit-il, sont incomplets. Il affirme que les tentatives faites
pour rattacher à la statistique les opérations de l'agriculture, de l'industrie
et du commerce, ont ordinairement échoué : il signale les erreurs qu'on
peut commettre en prenant pour point de départ des résultats de statistique
officielle recueillis en des lieux divers, et sans être accompagnés des obser-
vations essentielles sur les conditions particulières des populations aux-
quelles sont rapportés des chiffres qui n'expriment par eux-mêmes que des
résultats abstraits, desquels on ne peut pas tirer des conséquences absolues
et rigoureuses. _-..-.
» Il est un point de vue plus juste et plus élevé, sous lequel on doit con-
sidérer la statistique obtenue chez les diverses nations sur un même ordre
de faits et par des moyens officiels on privés. Le véritable esprit scienti-
fique consiste à ne demander à chaque ordre d'observations et de consta-
tations que ce qu'il peut établir positivement.
» Supposons, par exemple, que chez des peuples divers, ou chez le même
peuple, à des époques différentes, on ait recensé d'une part le nombre des
habitants, de l'autre le nombre des naissances et des décès annuels ; et qu'on
en déduise la longueur de la vie moyenne égale dans un premier cas à
vingt années, dans un deuxième à trente, et dans un troisième à quarante.
Non-seulement une 1 cause, mais cent causes diverses peuvent concourir à
produire trois effets si différents. Si l'on assigne ces causes sans en avoir fait
l'étude, et l'étude par l'observation consciencieuse, on peut être un sophiste,
un esprit faux ou systématique ; on peut vouloir tromper les hommes pour
abuser de leur confiance ou de leur crédulité ; on peut être un visionnaire,
un imposteur même : on n'est plus un statisticien, c'est-à-dire un observateur
mathématique et consciencieux de la vérité des faits pour ce qu'ils sont,
et rien de plus.
» A des constatations empruntées aux travaux des gouvernements, M. Le
Play préfère des études particulières faites, pour chaque question impor-
tante, par des hommes en même temps éclairés et spéciaux. Ajoutons que
plus d'une fois les gouvernements eux-mêmes ont choisi des hommes ayant
ce double mérite, et les ont chargés de recueillir certains ordres de faits dont
la statistique était déclarée indispensable.
» Le savant auteur n'avait pas besoin d'une théorie, et surtout trop ex-
clusive, pour recommander la méthode qu'il a suivie; nous en reconnais-
sons le vrai mérite, et notre devoir est d'en faire apprécier la valeur.
» Afin de comparer le sort des ouvriers dans les diverses parties de l'Eu-
rope, il ne fait pas seulement entrer en ligne de compte les salaires en ar-
i la 7 )
»eat; il y joint toutes les recettes en nature, de quelque source qu'elles ar-
rivent à la ïamille. C'est précisément cette variété de recettes que l'auteur
s'est efforcé de rechercher et d'apprécier.
» L'étude simultanée du sort des classes ouvrières dans les pays situés à
l'orient, au centre, à l'occident de l'Europe, équivaut réellement à l'étude
de trois époques différentes : l'élat ancien, l'état transitoire et l'état récent
des peuples les plus avancés dans l'industrie, dans les arts et dans les
sciences. De pareils rapprochements faits avec conscience, avec habileté,
ne sont pas un pur objet de curiosité. L'histoire des populations, consi-
dérée soûs un tel point de vue, est pleine d'enseignements.
» L'auteur consacre la première partie de son ouvrage à l'exposé de sa
méthode appliquée à l'observation du sort des ouvriers. Il les subdivise en
sept classes :
» Les ouvriers domestiques, les journaliers, les tâcherons, les ouvriers
tenanciers, les ouvriers chefs de métiers, les ouvriers propriétaires et les
propriétaires ouvriers. Il caractérise ces sept subdivisions : d'abord chez
les peuples nomades, à l'orient de l'Europe, et dont il n'a pas parlé précé-
demment ; puis chez les peuples sédentaires où subsistent les trois systèmes :
i ° d'engagements forcés ; 2 d'engagements volontaires permanents; 3° d'en-
gagements à courts termes et de travail sans engagement.
» Cette classification est développée dans un grand tableau synop-
tique, avec le renvoi aux monographies qui sont propres à chaque caté-
gorie.
» L'auteur spécifie l'organisation de la famille dans les quatre systèmes
sociaux que distingue son tableau synoptique.
» A l'égard des travaux opérés par voie d'association, il distingue les
travaux effectués par des communautés ou par des corporations.
» Les corporations qu'il considère plus spécialement sont celles dont
l'objet est de garantir les ouvriers contre les privations qu'occasionnent les
maladies, les chômages, les disettes, les incendies, les concurrences exces-
sives : en un mot, les inconvénients fortuits qui peuvent compromettre
l'existence des familles.
» Dans le huitième paragraphe sont définis la nature, l'organisation et
les effets du patronage.
» Dans le neuvième, sont établis les caractères distinctifs des ouvriers
qui prospèrent par l'exercice du libre arbitre dans les diverses parties de
l'Europe. L'énoncé d'un pareil titre suffit pour en montrer l'importance.
L'auteur regarde les pas qu'il a faits dans cette carrière comme un premier
( «28 )
effort, comme l'indication d'une voie dans laquelle il invite dlautres obser-
vateurs à marcher, pour arriver à des résultats complets.
» Une pareille invitation nous apparaît comme une des preuves de bonne
foi du statisticien ; il ne craint pas d'appeler de toutes parts des observa-
tions destinées à contrôler celles qui lui sont propres. .-■--.-.
» Jamais sujet plus important ne fut offert aux amis de l'humanité et de
la paix intérieure des nations. C'est par une étude bien faite du sort com-
paré des familles laborieuses dans les diverses contrées de notre Europe oc-
cidentale, c'est par là qu'on pourra constater et les maux soufferts et les
remèdes que doit suggérer une étude sérieuse. • *
» L'auteur résume ainsi la méthode d'exposition qu'il a suivie. « Éta-
» blir pour chaque famille soumise à l'observation un budget annuel com-
» posé de deux parties dont le cadre reste invariable pour toutes les loca-
» lités et pour toutes les catégories d'ouvriers. Faire précéder ce budget
» d'une introduction dans laquelle soient définies dans un ordre constant
» toutes les conditions d'existence de la famille. Donner ensuite des docu-
» ments et des notes qni comprennent les détails importants de technologie
>. et d'économie domestique. Enfin, pour éclairer cet ensemble, y joindre
» les considérations générales qui n'auraient pas pu prendre place dans le
» cadre même de l'introduction sans en détruire l'harmonie. »
- » Le second chapitre contient l'analyse des moyens d'existence que
possèdent les ouvriers, et l'établissement du budget des recettes d'une
famille.
» Bien ne paraît plus circonscrit, plus uniforme et plus simple, au pre-
mier abord, que le budget d'une famille d'ouvriers; rien n'est plus divers
et plus étendu, si l'on veut tout embrasser.
» Il faut excepter seulement le cas des ouvriers domestiques. D'ordi-
naire, en leur faveur, le maître prend à sa charge une foule de frais divers ;
cela simplifie d'autant la portion qui reste au compte des gens de sa maison.
» Pour les autres ouvriers, il faut ajouter les, subventions, c'est-à-dire
toutes les rétributions qui ne sont point mesurées sur la durée ou la quan-
tité du travail accompli, et qui diffèrent en cela du salaire. Tantôt elles
sont annuelles, tantôt elles sont réservées pour les besoins, soit accidentels,
soit extraordinaires; d'autres fois elles sont accordées dans les chômages,
dans les maladies, et lors des infirmités précoces : elles vont chercher la
femme et les enfants, même du mauvais sujet tombé dans l'inconduite.
» L'ouvrier chef de famille, outre son industrie principale, et quand son
travail obligatoire est accompli, se livre à d'autres travaux, ou pour sa fa-
( ,2 9 )
mille, ou pour un second chef d'industrie. Sa femme, ses enfants, de leur
côté, font quelque chose; et l'ensemble des bénéfices constitue l'avoir com-
plet de la famille.
» S'il y a des biens communaux, s'il y a des secours publics, c'est encore
une addition qu'i\ faut faire au budget des recettes.
» La famille peut posséder quelque bien, un morceau de terre, une ha-
bitation; elle peut avoir quelques animaux domestiques, nourris par un
chef d'industrie ou par le bien communal. Elle a ses meubles, ses outils;
elle en a parfois qu'elle prête à louage ; elle peut avoir des économies pla-
cées qui lui procurent quelque revenu, comme celui des caisses d'épargne.
Voilà diverses sources de propriétés; toutes sont examinées.
» L'auteur, qui tient compte du salaire avant ces autres genres de re-
cettes, distingue ainsi par catégories les sources du budget de la famille ou-
vrière ; chacune de ces catégories a son degré d'importance et produit des
effets inégaux.
» L'auteur présente ensuite, § i4 et § i5, des considérations importantes
sur les travaux et les salaires spéciaux des divers membres de la même fa-
mille, sur les industries que les familles d'ouvriers entreprennent à leur
propre compte, et sur les bénéfices qu'elles en retirent. Dans les diverses
contrées, et suivant la constitution de la société générale, les entreprises
pour le compte de la famille ont une importance fort inégale, et l'auteur
s'efforce de la faire ressortir.
» Le budget des familles ouvrières distingue avec soin les recettes en ar-
gent et les recettes en nature d'objets, i° consommés par la famille ; 2 ven-
dus par elle, et dès lors donnant une autre recette en argent.
» Le chapitre 3, qui présente l'établissement du budget des dépenses,
fait connaître par cela même le mode d'existence des ouvriers.
» La première, section comprend les dépenses qui concernent la nour-
riture.
» On constate ici des différences essentielles sur les ouvriers des diffé-
rentes régions, sur l'importance relative des consommations, en céréales,
en corps gras ou caséeux, en viandes de toute nature, y compris la chair
des poissons; en fruits, eu légumes; ensuite viennent les condiments, les
stimulants, les boissons distillées ou fermentées.
» La seconde section comprend les dépenses relatives à l'habitation, pos-
sédée ou non par l'ouvrier; puis au mobilier, au chauffage.
» La troisième section concerne le vêtement. Ici la différence est infinie
entre les usages des peuples, dans l'occident et l'orient de l'Europe. Chez
C. R., i856, !«• Semestre. (T. XLII, N° 4.) iS
( i3o )
les Orientaux, la Famille confectionne èlle-menié ses vêtements plus ou
moins primitifs ; chez les Occidentaux, les tissus sont préparés eu manufac-
ture par des industries spéciales, et vendus ensuite à l'universalité des ha-
bitants. La nature des tissus ne diffère pas moins que le mode suivi pour
les fabriquer; de là des différences infimes dans le bien-être des familles.
» Le blanchissage, lorsqu'il est fait dans la famille, ajoute au bien-être,
à l'économie; il doit également être compté. • ; _
» Une quatrième section des dépenses concerne ce que l'auteur appelle
les besoins moraux, lès récréations et le service de santé, AU nombre des
besoins moraux qui nécessitent des dépenses chez la famille ouvrière, il faut
compter les secours reKgieux pour les vivants, les honneurs et lés prières
réclamés pour les défunts. L'auteur place également au rang des plus no-
bles besoins celui de venir en aide aux nécessiteux, aux infirmes,' à ceux que
frappe un grand et soudain accident. La classe ouvrière, - quelle' que soit la
modicité de ses recettes, s'honore ainsi de pouvoir compter dans son bud-
get un chapitre formé par les secours qu'elle accorde au malheur, avec une
sympathie qui naît du besoin qu'elle éprouve souvent d'obtenir de sem-
blables bienfaits. Nous signalons ce chapitre comme un des plus honorables
pour les sentiments de l'auteur.
» La cinquième et dernière section comprend tes dépenses qui con-
cernent les industries pratiquées, les dettes, les impôts et les assurances.
» Par dépenses concernant les industries, l'auteur entend l'achat des
Objets nécessaires à l'exercice des industries poursuivies en famille. Ce sont,
à proprement parler, des avances couvertes avec bénéfice par la venté des
produits qu'il faut compter à part. Certains ouvriers empruntent pour payer
les matières des ouvrages qu'ils confectionnent ; d'autres livrent leurs effets
transitoirement au mont-de-piété, sauf à payer un véritable intérêt en les
retirant; d'autres empruntent, comme nos paysans, pour acheter des terres
qu'ils comptent payer par leur travail; ils supportent, par anticipation, le
fardeau d'un intérêt usuraire et trop souvent ruineux. Tous ces intérêts
font partie de la dépense : annuelle, - -
» Enfin, des assurances établies sur la vieillesse on sur la vie peuvent
contribuer au bien-être des familles ouvrières, qui ne craignent pas de
grever ainsi leur budget des dépenses actuelles -, eh attendant les budgets à
venir
» Un cinquième chapitre clôt la première partie. Il concerne la balance
du budget des ouvriers, pour constater ceux qui prospèrent par la prépon-
dérance des recettes et ceux qui s'obèrent par l'excès de la dépense. Ce
( i3i )
dernier cas, dit l'auteur, ne se présente que pour les ouvriers propriétaires
exploitant sans discernement un capital acquis par l'héritage, ou cédant avec
irréflexion au désir d'étendre leurs entreprises au delà du cercle tracé par
leurs ressources pécuniaires ou par leur aptitude. Les ouvriers de certaines
professions ne peuvent subvenir régulièrement aux besoins essentiels de
l'existence. Ce cas a lieu surtout quand la population s'est accrue en pré-^
sence d'industries qui sont restées stationnaires, et lorsqu'une grande amé-'
lioration dans certains procédés d'industries nouvelles a considérablement
réduit le salaire de la profession qui vivait de l'industrie primitive. Le dé-
ficit permanent du budget est alors caché par les privations imposées à la
famille ouvrière, déficit en partie comblé par la charité publique.
» On doit voir maintenant avec quel esprit d'observation et de recher-
ches l'auteur s'est efforcé de traiter son sujet sous toutes les faces essen-
tielles. La marche qu'il a suivie est un modèle de méthode.
» La seconde partie, sous le nom peut-être trop ambitieux à' atlas, jus-
tifié cependant par le format du livre, cette seconde partie contient trente-
six budgets spéciaux et complets.
» Le premier est puisé chez un peuple à moitié nomade, celui des Bas-
kirs, établi sur le versant asiatique de l'Oural : il n'appartient pas à l'Europe.
» Quatre budgets sont tirés de la Russie i° méridionale, 2° centrale,
3° septentrionale, 4° occidentale : les deux premiers pour des familles agri-
coles, les deux suivants pour des familles industrielles.
» Les États Scandinaves sont représentés par deux tableaux, un pour
la Suède, un pour la Norwége, et tous deux empruntés aux travaux des
mines.
» Sous le titre d'Europe centrale, l'auteur comprend même la Turquie
d'Europe, représentée par un ouvrier bulgare.
» Vient ensuite pour la Hongrie un paysan à corvée, puis un fondeur de
métaux.
» Les États propres d'Autriche fournissent les budgets de trois industriels
empruntés à la Carinthie, à la Camiole, à Vienne.
» Dans le Hanovre, les célèbres mines du Hartz sont représentées par
un ouvrier.
» Viennent ensuite les régions limitrophes de la France; elles fournissent,
pour la Prusse rhénane, deux ouvriers en métaux, plus un tisserand. La
Suisse donne deux horlogers, ' choix motivé par la célébrité de l'industrie
propre aux pays de Neufchâtel et de Genève.
» Le midi de l'Europe est représenté seulement par deux agriculteurs es-
( l32 )
pagnols, l'an de la Vieille-Cas tille, l'autre. 'de la Galice, et ce dernier émi-
grant périodique. ' ~ ■.::_-'_.'.
» L'Angleterre donne matière à quatre budgets : deux empruntés à Schef-
field, dont la coutellerie si parfaite n'est pas plus remarquable que l'orga-
nisation de ses classes ouvrières; un budget de la coutellerie par fabrication
collective à Londres ; un autre du fondeur de fer à la bouille dans le comte
de Derby. • j-
» Enfin, la France a fourni douze budgets empruntés soit aux villes, soit
aux campagnes de l'Auvergne, du Nivernais, du Maine, de la Mayenne, de
la Bretagne et du département de la Seine.
» Les observations spéciales dont cbaque budget est accompagné en font
connaître le véritable esprit et les conséquences : l'auteur a soin de. citer
les collaborateurs qui se sont chargés de contrôler,, de vérifier chaque bud-
get. ■ - : . .'■'.'■'_...'.■.'..'■:■
» La collection des trente-six budgets que nous venons d'énumérer suf-
fit amplement pour montrer l'esprit des recherches de l'auteur j/elle donne
la mesure du travail auquel il s'est livré; elle justifie la récompense que
nous aurons l'honneur dé proposer à l'Académie.
» Nous exprimons le regret que l'auteur n'ait pas publié cinquante-trois
autres budgets de familles ouvrières, qu'il a complétés et qui rempliraient
déjà beaucoup de lacunes regrettables. " ■ ■;' -
» Nous ne trouvons aucun budget établi pour l'Italie, qui présente des
diversités si remarquables dans la condition des classes laborieuses en Sa-
voie, en Piémont, en Ligurie, en Lombardie, en .Yénitie,- en Toscane ei
dans les principautés circon voisines, dans les États romains, si peu connus
en ce qui concerne la contrée des Apennins, et dans lés Deux-Siciles : voilà
pour la seule Péninsule italique les contrées qui nons laissent le plus,, à
désirer. : ..'".;'■-■_■. ,
» Pour le centre de l'Allemagne, nous devons souhaiter aussi de con-
naître le budget des classes ouvrières dans la Saxe; le Wurtemberg-, la Ba-
vière et le grand-duché de Bade; peut-être y trouverons-rnous la triste: clef
de ces émigrations devenues prodigieuses qui, chaque année, enlèvent au
centre de l'Europe non-seulement des familles disséminées, mais des com-
munes entières transplantées à l'ouest de l'océan Atlantique.
.» Des budgets de Slaves, de Grecs, de Latins et de Musulmans, dans les-
provincesde la Turquie européenne, en y comprenant les exactions du plus
fort sur le plus faible, jetteraient .une viye lumière sur le sort présent et
sur l'avenir, de contrées ou sont aujourd'hui débattus les destins du monde.
i:
( i33 )
» Telles sont les indications sommaires que nous croyons devoir présen-
ter aux personnes qui, dans les diverses parties de l'Europe, voudront suivre
la route ouverte par M. Le Play.
» Nous souhaitons qu'il publie sans retard les budgets qu'il tient en ré-
serve. Nous voudrions qu'une édition à petit format et sans luxe, de l'ou-
vrage complet, mît à la portée de tous les acheteurs une statistique qui
touche à de si nombreux et si grands intérêts.
» Les développements dans lesquels nous avons cru devoir entrer mon-
trent le cas que nous faisons de l'ouvrage dont nous rendons compte à l'A-
cadémie. Ce travail est nouveau par son point de vue, par son ensemble,
par son esprit mathématique à l'égard des faits constatés ; par l'esprit de
modération avec lequel les idées propres à l'auteur sont présentées, soit à
titre d'explications, soit à titre de conséquences.
» Nous avons l'honneur de proposer à l'Académie qu'elle accorde à
M. Le Play un prix de Statistique, en remplacement du prix qui n'a pas
été décerné en i854.
PRIX DONNÉ SUR LES FONDS DE i855.
RECHERCHES STATISTIQUES SUR LES SUBSTANCES CALCAIRES A CHAUX
HYDRAULIQUE ET A CIMENT NATUREL, PAR M. VICAT.
» L'Académie a déjà récompensé par un prix spécial la belle découverte
de M. Vicat sur les chaux hydrauliques et les ciments naturels.
» Les recherches statistiques aujourd'hui soumises à votre examen ont
eu pour objet de compléter les services rendus aux constructions hydrau-
liques dans les diverses parties de notre territoire, en indiquant les ressources
minéralogiques dont nos constructeurs peuvent tirer parti.
» Partout le savant ingénieur a trouvé les substances propres à des con-
structions éminemment solides; partout, grâce à son livre, on les connaît,
on .sait s'en servir. Elles sont entrées dans le commerce journalier comme
élément indispensable de cette foule d'édifices qui s'élèvent avec tant de
rapidité. Si les sciences physiques n'habituaient pas les yeux à de continuels
miracles, ne serait- on pas étonné de la révolution que la publication statis-
tique de M. Vicat a permis d'opérer dans l'art de bâtir?
» C'est à l'architecture comme application, à la chimie pour les principes,
qu'appartient désormais cette collection de faits si ingénieusement décou-
verts et recueillis par l'auteur.
» Il serait superflu de faire ici de nouveau l'éloge des belles recherches
( ri4 )
de M. Vieat. Il n'est pas un traité de chimie qui ne les expose dans-leurs
parties essentielles. Nous ne pourrions rien ajouter d'essentiel au Rapport si
lumineux de l'illustre Secrétaire perpétuel dont l'Académie regrette encore
la perte prématurée. Votre Commission ne peut que renvoyer à ce Rapport
lespersonnes qui voudront savoir de quelles immenses .économies une dé-
couverte scientifique peut doter un pays tout entier.
» En accordant le prix à M.I/icàt, votre Commission acquitte la dette
que lui avait ïéguéela Commission chargée de l'examen du concours de 1 83g.
« Lorsque la tâche de M. ¥icat sera remplie, disait-elle dans son Rapport de
» i8/[0, il pourra faire valoir ses droits aux récompenses de l'Académie :
» nous pensons que ces droits doivent être réservés. »
» L'ouvrage alors ne s'étendait qu'à quarante-deux départements. ïl en
embrasse aujourd'hui soixante-seize; et l'on doit le regarder comme ter-
miné, car ce sont maintenant tous les hommes que M. Vicata instruits qui
complètent journellement ce catalogue des richesses calcaires de la France.
11 n'est pas douteux que l'industrie particulière n'en ait multiplié de tous
côtés les produits destinés à l'utilité publique.
» Après les ouvrages importants qui ont mérité les prix, votre Commis-
sion croit devoir mentionner honorablement, mais à un rang bien différent,
plusieurs travaux déposés pour le concours de 1 85 5. Ce sont tous des ou-
vrages d'un volume considérable : malheureusement, les résultats qu'on peut
en déduire ne répondent pas au travail que cette étendue a dû imposer à
leurs auteurs. . .
» Tel est le manuscrit de i5aa pages in-folio que M. V.-P. Demay a ré-
digé sous le titre de : Histoire de la ville de Belleville et de ses accroisse-
ments, ou Examen des divers rapports de la banlieue de Paris avec la capi-
taie.
» L'auteur a souvent perdu de vue la véritable statistique, et n'a fait que
réunir des matériaux historiques : tel qu'il est cependant, son recueil de
pièces administratives renferme une foule de renseignements parmi lesquels
les économistes trouveront utile de puiser au besoin. L'auteur aurait pu
présenter un bien plus grand nombre de chiffres intéressants au plus haut
degré. A peine trente-cinq ans se sont écoulés, et ces collines, qui n'offraient
que des habitations isolées au milieu d'une campagne véritable, sont cou-
ronnées aujourd'hui par une ville de quarante-six mille âmes : Belleville
est, par rapport à la population,, la vingt-cinquième cité de France. La sta-
tistique qui ferait pénétrer profondément dans les sources de l'accroissement
si rapide de cette commune, expliquerait en même temps beaucoup de faits
( i35)
économiques dont l'oeil ne saisit que l'aperçu général dans le développement
de la population de Paris. Chaque année qui s'écoule fait regretter l'oubli
dans lequel tombent les renseignements numériques sur les changements
insensibles et sur les améliorations rapides de la capitale. Il semble qu'il
eût été possible de faire pour Belleville ce que l'étendue de Paris rendait
impraticable peut-être. Ajoutons que l'auteur, en donnant à son manuscrit
!e nom d'histoire, reconnaît que la statistique n'a pas été son premier et
principal objet.
« Il n'en est pas de même d'un second manuscrit que l'auteur, M. le
docteur Giracdet désigne sous un double titre : Statistique de la ville de
Tours, ou Recherches historiques et statistiques sur le mouvement de. sa
population depuis 1 632 jusqu'à 1847.
» L'ouvrage ne répond point au titre général : on se fait une autre idée
de la statistique d'une ville, et surtout d'une ville telle que Tours, dont la
position topographique et la haute antiquité réveillent tant de souvenirs.
L'ouvrage est mieux désigné sous le titre de Recherches historiques sur la
population.
» Votre Commission aurait voulu placer à un rang plus élevé dans ce
concours un travail tout à fait statistique •, mais l'exécution des recherches
numériques et la mise en oeuvre des nombres recueillis ne nous ont pas paru
exemptes de graves objections. Il serait difficile d'accorder à l'auteur les
conséquences qu'il veut faire sortir de ses chiffres. Heureusement les appré-
ciations dont vous chargez votre Commission de Statistique n'exigent pas
qu'elle suive les auteurs sur le terrain des conjectures. Tout en laissant à
M. Giraudet, comme à bien d'autres, le soin de défendre leurs conclusions,
votre Commission n'en a pas moins voulu encourager les efforts consacrés
à la réunion de collections numériques dont quelques modifications accroî-
traient beaucoup l'intérêt. Si l'auteur dépose ce travail dans quelque biblio-
thèque ou dans les archives, il fera bien d'y réunir les éléments de ses
recherches primitives. Ces documents primitifs intéresseront surtout les
économistes futurs et les historiens. On sent mieux, de jour en jour, com-
ment il est impossible de fonder des sciences réelles sur des résumés qui
revêtent les observations, les opinions des auteurs, et ne laissent plus aper-
cevoir les faits originaux.
» M. Èenest Grakgez a soumis à l'Académie un exemplaire d'un ouvrage
vraiment utile ; c'est un volume de 800 pages, qu'il intitule : Précis histo-
rique et statistique des voies navigables de la France.
» Presque tous les renseignements que peut désirer un administrateur,,
(,36)
un commerçant, un industriel, sur les canaux et les ratières de notre pays,
ont été réunis avec soin dans ce volume. C'est une compilation aussi exacte
qu'on le puisse désirer d'une foule de documents administratifs : mais tout
l'intérêt qu'elle présente, toute l'utilité qu'on y trouvera certainement ne
' peuvent lui ôter-ce caractère, et par conséquent ne peuvent la placer au
même rang que les travaux qui présentent des parties tout à fait originales.
On pourrait même, en se plaçant rigoureusement au point de vue statis-
tique, exiger davantage de la forme donnée par l'auteur à ses résultats. Quoi
qu'il en soit, il a paru digne d'une mention honorable.
» Jusqu'à quel point vos concours doivent-ils être considérés comme
embrassant des Rapports et des Mémoires administratifs ? C'est une question
délicate que votre Commission ne veut nullement regarder comme résolue
par la mention honorable qu'elle fait ici de l'ouvrage dont le titre précède,
et de celui que M. de Watteviixe a présenté pour le concours. Ce dernier
est un Rapport à S. E. le Ministre de l'Intérieur, sur l'administration des
bureaux de bienfaisance et sur la situation du paupérisme en France.
» Les 1 16a tableaux réunis par M. de Watteville font connaître, pour tous
les départements de la France, la situation financière des bureaux de bien-
faisance, et le nombre des indigents secourus ou plutôt inscrits sur les regis-
tres de ces bureaux. Mais il y a bien loin de cet indice à la connaissance
véritable de la situation du paupérisme en France. Pour peu qu'o'n ait étudié
les diverses parties de notre pays, on s'aperçoit combien les tableaux offi-
ciels envoyés par chaque préfecture, et réunis par l'auteur, sont peu propres
à fournir des idées exactes qu'ils sont censés indiquer. Telle partie du terri-
toire qui prétend ne pas tolérer de mendiants, en contient très-certainement
encore; telle autre partie qui a laissé porter un septième -de sa population
sur la liste du bureau de bienfaisance, fait savoir en même temps qu'il n'est
rien donné à la plupart des personnes qualifiées du nom d'indigents. On
révèle par cela même que des causes étrangères à l'indigence viennent
grossir abusivement les listes dont il s'agit. L'auteur explique, au surplus,
qu'il n'a pas entendu donner la proportion rigoureuse des indigents, mais
qu'il a cru approcher plus près de la vérité que ses prédécesseurs en regar-
dant le nombre des pauvres comme une quatrième proportionnelle à la po-
pulation de la France, aux indigents des communes qui possèdent des bu-
reaux de bienfaisance, et à la population des communes qui n'ont pas de
bureaux. On peut concevoir une opinion peu favorable à cette proportion,
lorsqu'on arrive à lire le fait le plus saillant que l'auteur ait mis en lumière :
c'est que dans les neuf à dix mille bureaux les registres contiennent
( i3 7 )
1 329 65g indigents, et que la moyenne des secours accordés n'est que de
10 fr. 42 c. par tête et par année.
» Il n'y a donc pas un secours réel dans la plupart des bureaux. L'admi-
nistration supérieure doit voir dans ce fait certain un sujet sérieux de re-
cherches nouvelles, et plus approfondies que ne l'est une réunion de simples
bordereaux de situation annuelle. Ne fît-elle ressortir que ce seul fait
certain, la collection statistique de M. de Watteville mériterait d'être
signalée. La Commission, fidèle aux limites qu'elle s'est imposées, rappelle
en finissant qu'il doit demeurer bien entendu qu'elle ne s'est pas préoccupée
des idées contenues dans le Rapport de vingt-cinq pages qui forme une
espèce d'introduction aux 1 162 tableaux statistiques, lesquels forment seuls
le droit de l'ouvrage à figurer dans ce concours. »
PRIX FONDÉ PAR M me LA MARQUISE D£ LAPLACE.
« Une ordonnance royale ayant autorisé l'Académie des Sciences à accep-
ter la donation, qui lui a été faite par Madame la Marquise de Laplace,
d'une rente pour la fondation à perpétuité d'un prix consistant dans la col-
lection complète des ouvrages de Laplace, prix qui devra être décerné
chaque année au premier élève sortant de l'École Polytechnique,
» Le Président remettra les cinq volumes de la Mécanique céleste,
l'Exposition du système du monde, et le Traité des probabilités, à
M. Gay (Jeas-Baptiste), sorti le premier de l'École Polytechnique le
20 septembre i855, et entré à l'École impériale des Ponts et Chaussées. »
SCIENCES PHYSIQUES.
CONCOURS POtTR l' ANNÉE 1883.
RAPPORT SUR LE CONCOURS POUR LE PRIX DE PHYSIOLOGIE
EXPÉRIMENTALE DE L'ANNÉE i855.
FONDÉ PAR M. DE MONTYON.
(Commissaires, MM. Flourens, Serres, Rayer, Magendie,
Cl. Bernard rapporteur.)
« Déjà, dans l'antiquité, les physiologistes et les médecins avaient soup-
' çonné que les divers phénomènes qui ont leur siège dans le système ner-
veux, et particulièrement la sensibilité et le mouvement, devaient avoir des
C. R. i856, 1 er Semestre. (T. XXII, N° -5.) l 9
( '38 )
organes de transmission anatomiquement distincts. C'est à la physiologie
moderne, qui a poussé si loin l'analyse expérimentale dans les fonctions des
nerfs, que revient la gloire d'avoir fait cette grande découverte, et d'avoir
établi par des preuves inébranlables que les racines antérieures de la moelle
épinière sont des nerfs moteurs, et que les racines postérieures sontdes nerfs
sensitifs. Ce qui veut dire, en d'autres termes, que lorsqu'un mouvement
volontaire s'accomplit dans un membre, par exemple, l'influence motrice
qui se propage du centre encéphalique à la moelle épinière ne peut être
transmise aux muscles que par les racines rachidiennes antérieures, et que
quand une impression sensifive se propage dans un sens inverse, c'est-à-dire
de la périphérie du corps vers le centre nerveux, elle ne peut être trans-
mise à la moelle épinière, et de là à l'encéphale, que par les racines
rachidiennes postérieures.
» Mais si tous les physiologistes sont d'accord aujourd'hui sur la manière
dont sont localisées les fonctions motrices et sensitives dans les nerfs rachi^
diens, il n'en est pas de même quand il s'agit de la moelle épinière. Le &
sentiment et le mouvement se propagent-ils par des conducteurs distincts
dans la moelle épinière? et, dans ce cas, quelles sont les parties qui trans-
mettent l'influence motrice, quelles sont celles qui transmettent les impres-
sions sensitives? Ces questions importantes ont été abordées par les expéri-
mentateurs les plus habiles, et elles étaient restées indécises. Les uns, vou-
lant que la substance blanche de la moelle fût impropre à transmettre: le "
sentiment ou le mouvement, admettaient que la substance grise centrale
était seule douée de cette double propriété, on qu'elle la partageait avec la
substance blanche ; les autres, au contraire, soutenant que la substance
blanche de la moelle était seule conductrice, croyaient avoir établi que les
faisceaux postérieurs qui sont en rapport avec les racines rachidiennes pos-
térieures étaient les conducteurs exclusifs des impressions sensitives, tandis
que les faisceaux antéro-latéraux qui sont en contiguïté avec les racines ra-
chidiennes antérieures étaient les organes de transmission du mouvement.
Et, il faut le dire, cette dernière opinion est celle qui avait été le plus géné-
ralement adoptée, au moins en France.
» M. Brows-Séqoard a repris, dans ces derniers temps, cette question
difficile de la transmission des impressions sensitives et motrices dans la
moelle épinière, et, pour mieux limiter son sujet, cet expérimentateur a di-
visé le problème en deux,, pour ne s'occuper d'abord que de la détermina-
tion des parties de la moelle qui sont chargées de conduire les impressions
sensitives des racines postérieures au centre encéphalique. C'est donc
( i3g)
exclusivement à la transmission des impressions sensitives dans la moelle
épinière que se rapportent les recherches actuelles de M. Brown-Séquard,
ainsi que les expériences que ce savant physiologiste a répétées devant la
Commission.
» La première proposition que M. Brown-Séquard veut établir, c'est que
les faisceaux postérieurs de la moelle épinière ne sont pas, comme on l'avait
dit, les agents exclusifs de la transmission des impressions sensitives. Pour
le prouver, M. Brown-Séquard a fait deux expériences principales.
» La première expérience consiste à couper en travers les deux faisceaux
postérieurs de la moelle épinière au niveau de la région dorsale sur un
animal vivant. Lorsqu'après cette section on pince les membres postérieurs,
l'animal le sent parfaitement, et manifeste aussitôt par des cris la douleur
qu'il éprouve. Ce résultat montre évidemment que les faisceaux postérieurs de
la moelle ne sont pas exclusivement chargés de conduire la sensibilité, puisque
l'impression sensitive ou douloureuse faite dans les membres postérieurs a été
transmise à l'encéphale, après la section complète de ces faisceaux au-des-
sus de l'origine des nerfs des membres postérieurs, et conséquemment faite
dans un point intermédiairement placé entre le nerf pincé d'où part la dou-
leur et l'encéphale où elle arrive pour être perçue.
» Mais un autre phénomène des plus intéressants, qui a été découvert par
M. Brown-Séquard, c'est que si dans cette expérience on pince ou l'on irrite
les faisceaux postérieurs de la moelle dans l'endroit où ils ont été coupés, on
voit non-seulement que les deux bouts du faisceau postérieur divisé sont
sensibles, mais on remarque ordinairement que le bout inférieur ou caudal
est plus sensible que le bout supérieur ou céphalique, qui cependant est
seul resté en continuité directe avec l'encéphale.
» Il n'est pas besoin de dire que ce fait nouveau est encore en opposition
avec la théorie de la transmission exclusive de la sensibilité par les faisceaux
postérieurs. D'après cette théorie, en effet, il aurait dû se passer, après la
section des faisceaux postérieurs, ce qui a lieu après la section des racines
postérieure rachidiennes, à savoir, que le bout qui reste en continuité di-
recte avec le centre encéphalique demeure seul sensible, tandis que le
bout périphérique devient complètement insensible.
» La deuxième expérience de M. Brown-Séquard est en quelque sorte
la contre-épreuve de la première.
» Nous venons de voir précédemment que les faisceaux postérieurs de
la moelle ont été coupés afin de montrer que, sans leur intervention, les
impressions sensitives peuvent parvenir à l'encéphale par les autres parties
'19.. '
( *4o )
delà moelle épinière restées intactes. On peut prouver de plus qu'avec les
faisceaux postérieurs seuls, quand les autres parties delà moelle épmièrè
ont été coupées* la transmission des impressions seusitives. . ne peut plus
s'opérer. Cette expérience a été réalisée par M. Brown-Séquard ; il a divise
sur un animal vivant, au niveau de la dixième vertèbre dorsale environ,
toute la moelle épinière, excepté les faisceaux, postérieurs, qui furent laissés;
intacts. Aussitôt après cette section t les membres postérieurs furent com-
plètement paralysés, et les pincements produits sûr eux ne furent plus
perçus par l'animal ; c'est-à-dire que la transmission des impressions sensi-
tives n'eut plus lieu T malgré que les faisceaux postérieurs eussent été res-
pectés..
» Ces deux expériences s'enchaînent donc logiquement pour prouver
que les faisceaux postérieurs ne sont pas les organes dé transmission des
impressions sensitives dans la moelle épinière. Les expériences ont été
reproduites sous les yeux de la Commission par M. Brown-Séquard avec
beaucoup d'habileté sur des animaux chez, lesquels la moelle épinière
n'avait été mise à nu que dans une très-petite étendue, de manière à né pas
les affaiblir par l'hémorragie et à obtenir des résultats plus concluants.
» M. Brown-Séquard examine ensuite dans son Mémoire quel est le rôle
de la substance grise, ainsi que celui des cordons antérieurs et latéraux de
la moelle épinière relativement à la transmission des impressions sensitives*
lia fait des expériences très-nombreuses, il a agi sur les cûrdons antérieurs
et latéraux de la même façon que sur les cordons postérieurs, et il est arrivé
à des résultais toutà fait analogues. M. Brown-Séquard a vu, en effet, qu/ra*
près la section des cordons postérieurs, des cordons latéraux et des cor-
dons antérieurs de la moelle, les impressions sensitives peuvent encore être
perçues, tandis que lorsqu'on détruit la substance grise, cette transmission
cesse aussitôt d'avoir heu quand même on laisse la plus grande partie des
faisceaux médullaires intacte, autant que possible. Par toutes ces recher-
ches très-nombreuses, M. Brown-Séquard a été amené à conclure qu'aucune
des parties blanches de la moelle épinière ne possède la fonction de trans-
mettre les impressions sensitives au centre de perception, mais que c'est par
la substance grise médullaire, et surtout par sa partie, centrale, que cette
transmission s'opère. Ces résultats sont d'un haut intérêt pour la physio-
logie des centres nerveux, en ce qu'ils apprennent que des parties insensi?
blés comme la substance grise de la moelle peuvent transmettre les impres-
sions sensitives, tandis que des parties très-sensibles comme les cordons
postérieurs ne les transmettent pas. :
( i4i )
» Dans la deuxième partie de son Mémoire,- M. Brown-Séquard a cher-
ché à déterminer expérimentalement comment les libres des racines
rachidiennes postérieures qui apportent les impressions sensitives de la
périphérie pénètrent dans la moelle épinière pour arriver jusqu'à la sub-
stance grise. Ici M. Brown-Séquard, s'appuyant, d'une part sur l'anatomie
microscopique de la moelle, et d'autre part sur des expériences physiolo-
giques ingénieusement instituées, a été conduit à émettre, sur cette propa-
gation de la sensibilité à la substance grise centrale de la moelle, des vues
nouvelles qu'il expose dans son Mémoire, et qui prouvent que ce phéno-
mène paraît plus compliqué qu'on n'aurait été porté à le supposer au pre-
mier abord.
» En résumé, les expériences de M. Brown-Séquard ont éclairé une des
questions les pins importantes et les plus difficiles de la physiologie de la
moelle épinière, celle qui est relative à la transmission des impressions sen-
sitives dans cette portion de l'axe cérébro-spinal. Si quelques faits étaient
déjà connus sur ce point, M. Brown-Séquard en a ajouté beaucoup de nou-
veaux*, il a varié ses expériences, et en a coordonné les résultats de façon à
résoudre d'une manière très-satisfaisante la question qu'il s'était proposé
de traiter. En conséquence, la Commission, à l'unanimité, lui décerne le
prix de Physiologie expérimentale pour l'année 1 855. »
BAPPORT SUR LE CONCOURS POUR LES PRIX RELATIFS AUX
ARTS INSALUBRES,
pour l'ahtoée J8SS.
FONDATION MONTYON.
(Commissaires, MM. Dumas, Rayer, Bousshigault, Pelouze, Combes,
Chevreul rapporteur.)
« Cinq pièces (n os i „ 2, 3,, 4? 5) pour le concours du prix des Arts insalu-
bres ont été adressées à l'Académie dans le délai prescrit par le pro-
gramme» c'est-à-dire jusqu'au i er d'avril de cette année i855.
» Huit autres pièces (n°* 6,, 7, 8, 9, 10, n, 12, i4)j venues après ce
terme, doivent, conformément au programme, être renvoyées au con-
cours de iR56.
» Une pièce n 8 i3, présentée l'année dernière (par M. Thibout) et ajour-
née, a été prise cette arasée en considération.
( i4a )
» Enfin, la Commission a examiné un appareil qui fait l'objet d'un
Mémoire envoyé à l'Académie dans le courant de mars, et qui conséquem-
ment est dans la condition du concours. Cet appareil (de M. Duméry) a
pour but de rendre les foyers fumivores.
» Parmi les pièces n os r, 2, 3, -4 et 5, la Commission a pris en considé-
ration la pièce n° 2, présentée par MM. Boutron et Boudet, et la pièce n° 4,
présentée par M. Sorel.
. » MM. Boutron et Boudet, pièce n°- 2, se sont proposé de déterminer
rapidement la proportion des sels de chaux et de magnésie qui se trouvent
dans les eaux potables, et celles dont l'industrie peut tirer parti. Cette
détermination se fait au moyen d'une solution titrée ou normale de savon,
qui précipite complètement les sels, calcaires et magnésiens, avec cette
circonstance que la liqueur complètement précipitée présente Une limpi-
dité parfaite avec la propriété de mousser, sans tenir pour cela un excès
d'eau de savon. Dès lors il est aisé d'évaluer le précipité par le volume de
l'eau de savon normale employé à le produire.
» Mais la Commission, en accordant à MM. Bodtron et Boudet un prix,
qu'elle propose à V Académie de porter à 2000 francs, se croit obligée de
dire que ce prix est donné au procédé tel qu'elle vient de le définir; qu'en
conséquence elle ne récompense pas la méthode appelée par les auteurs
hydrotimêtrie, c'est-à-dire le moyen de mesurer la valeur des eaux de
source et de rivière. Car évidemment la méthode qui mériterait la qualifi-
cation hjdrotimétrie supposerait que les bonnes qualités des eaux ne~ pro-
viendraient que de l'absence des sels à base de chaux et de magnésie, et
leurs inconvénients de la présence de ces mêmes sels, conséquence que la
Commission ne peut admettre.
» Les considérations relatives aux pièces suivantes, concernant particu-
lièrement la mécanique, ont été rédigées par M. Combes. _
APPAREIL DUMERY.
" » Depuis quelques années, les administrations publiques se préoccupent
avec raison,, en Angleterre efren France, des inconvénients occasionnés par
la fumée qui se dégage des foyers industriels et même des foyers domesti-
ques alimentés avec de la houille. Une enquête ordonnée par la Chambre
des Communes de la Grande-Bretagne, et dont les procès-verbaux ont été
publiés en i843, fait connaître à peu près tous les moyens que l'on avait
essayé d'appliquer, antérieurement dans ce pays, en vue de prévenir ou de
brûler la fumée. Des appareils plus ou moins semblables avaient été égale-
( ^43 )
ment appliqués chez nous; ils sont décrits dans divers recueils de techno-
logie, tels que les Annales des Mines, le Bulletin de la Société d'Encoura-
gement, etc.
i» Plusieurs des dispositions proposées ayant paru efficaces, un acte du
parlement britannique, du 20 août 1 853, a prescrit à tous les propriétaires
de chaudières à vapeur, de verreries, brasseries, raffineries de sucre et
autres manufactures établies dans la métropole de l'Angleterre, ainsi qu'aux
propriétaires de bateaux à vapeur naviguant sur la Tamise en dessus du
pont de Londres, de brûler la fumée de leurs foyers. Une ordonnance de
police, du 1 1 novembre i854, soumet à la même obligation les propriétaires
d'usines où l'on fait usage d'appareils à vapeur, dans le département de la
Seine. Ces mesures ont donné lieu, des deux côtés de la Manche, à un grand
nombre de combinaisons plus ou moins nouvelles, ayant pour but d'éviter
le dégagement de la fumée, dont quelques-unes ont été soumises par leurs
auteurs au jugement de l'Académie. Parmi ces dernières, l'appareil fumivore
sur lequel M. Duméry a appelé l'attention de l'Académie dès le mois de
mars, dans un Mémoire lu le a3 avril ( 1), a été l'objet d'expériences suivies
pendant longtemps et avec beaucoup de soin dans les ateliers des chemins
de fer de l'Est, à la Villette, où il a été installé par l'auteur, à la place de
l'ancien foyer de Tune des deux chaudières qui fournissent alternative-
ment la vapeur à la machine motrice.
» M. Duméry, au lieu de jeter la houille nouvelle par la porte du foyer
sur le combustible incandescent et en très-grande partie carbonisé qui
reste sur la grille, ainsi que cela se pratique dans les foyers ordinaires, la
fait arriver par-dessous ce combustible en poussant la charge, au moyen de
refouloirs mus à la main, dans des espèces de cornets recourbés, dont les
parois sont à claire-voie, vers l'extrémité voisine de la grille. Nous devons
dire que l'efficacité du chargement opéré en dessous du combustible incan-
descent, en vue de prévenir le dégagement de fumée, est connu depuis fort
longtemps. Ce mode de chargement, dont les avantages avaient été déjà
indiqués par Franklin, a même été appliqué en Angleterre, antérieurement
à l'année i843, aux foyers domestiques et aux foyers de chaudières à
vapeur, par M. le docteur Neil Arnott et par Edward Foard, qui a pris une
patente pour un foyer qui est chargé de cette manière, en juillet 1 84 1 . Les
dispositions spéciales au moyen desquelles M. Duméry opère le chargement
(1) Dans le compte rendu de cette séance, il faut lire , page 934 : Duméry , au lieu de
Duméril.
sont autres que celles que ses devanciers ont mises en œuvre, et -atteignent
parfaitement le but qu'il s 5 est proposé. Dans les expériences faites aux ate-
liers de la Villette, on a brûlé sur la grille du foyer Duméry, présentant
une surface de 62 décimètres carrés, depuis 60 jusqu'à 120 kilogrammes
de houille de Saarbrticken (houille tout-venant), sans donner lieu, dans
aucun cas, à la moindre trace de fumée; la vaporisation a été de 5^,34
k ■&*;*'] d'eau par kilogramme de houille. En faisant usage de gaillette de
Saarbriicken sans menu, on a pu poussera combustion jusqu'à i5o kilo-
grammes par heure. La vaporisation a été de 6 lit ,55 par kilogramme de
houille, et la fumée absolument nulle. ^
» Une chaudière entièrement semblable à eelle dont le foyer avait été
remplacé par celui de M. Duméry, a été l'objet d'essais comparatifs faits
avec des charbons pris au même tas. La grille de cette chaudière a une
surface de Û8 décimètres carrés. Oïl a brûlé sur cette grille depuis 56 jus-
qu'à 107 kilogrammes de houille tout-venant par heure, avec production
de beaucoup de fumée dans tous les cas-, on n'a pu .pousser la combustion
au delà de 107 kilogrammes par heure. La vaporisation a été inférieure à
5 litres d'eau par kilogramme de houille, sauf une seule expérience, celle
où la combustion a été la plus lente (56 Ïdlogrammes par heure), et où l'on
a obtenu 5 m ,a3 d'eatt vaporisée par- kilogramme de houille; en faisant
usage de gaillette de Saarbrûcken, on n'a pu pousser la combustion au delà
de. ^^11 2- kilogrammes par heure, et la vaporisation est restée inférieure à
5 litres d'eau par kilogramme de houille. -
- » Votre Commission, «ans rien" préjuger sur l'efficacité des autres appa-
reils destinés à prévenir ou à brûler la fumée, ayant acquis la certitude que
ce but est parfaitement atteint, sans accroissement de dépense de combus-
tible, par l'appareil de M. Duméry, vous propose d^accorder à M. Draiiior
un prix de la valeur de a5oo francs.
FtoTTEtras d'alahme de M. SOR8Ï*.
« La Commission propose à l'Académie de déeerner un prix de
2000 francs à M. Sorel pour la combinaison d'un flotteur et du sifflet
dont sont munies les chaudières des machines locomotives, qui constitue
les appareils connus sous le nom de flotteurs d'alarme, dont l'application
à toutes les chaudières à vapeur établies à demeure est prescrite par l'or-
donnance réglementaire du 22 mai i843. Cette combinaison a été imaginée
et présentée à l'Aeàdémie, en r83 7 , par M. Sofel qui, dès cette époque,
l'a appliquée à plusieurs chaudières à vapeur.
( i45 )
TUEE RESPIRATOIRE DE SI. THIBOUT.
« M. Thibout, au Neubourg (Eure), a présenté à l'Académie, dans le cou-
rant du mois de février i854, un appareil de sauvetage au moyen duquel
on peut pénétrer et séjourner sous une petite profondeur d'eau ou dans des
lieux remplis de gaz mépbitique , pour porter secours à des noyés ou
asphyxiés.
» Cet appareil consiste en une petite boîte métallique divisée en trois com-
partiments par deux cloisons percées chacune d'une ouverture circulaire,
sur laquelle s'applique une soupape formée d'une petite sphère en liège. La
paroi du compartiment intermédiaire entre les deux cloisons est percée
d'un orifice avec tubulure à laquelle s'adapte un tuyau flexible et court,
terminé par une embouchure que l'opérateur introduit dans sa bouche ou
applique sur sa bouche. Les compartiments extrêmes de la petite boîte sont
munis aussi de tubulures auxquelles s'adaptent des tuyaux flexibles en
toile imperméable, maintenus ouverts par un ressort intérieur en hélice,
et qui se prolonge jusqu'au dehors de l'eau ou de l'excavation infestée de
gaz irrespirables où l'on veut pénétrer. L'opérateur applique sur son nez
une pince qui ferme l'ouverture des narines, de façon que, ne respirant que
par la bouche, il aspire l'air atmosphérique extérieur qui arrive par le tuyau
branché sur un des compartiments extrêmes, tandis que l'air expiré s'écoule
par le tuyau branché sur l'autre compartiment.
» Cet appareil si simple n'a rien de nouveau. On a fait usage depuis bien
longtemps de tubes respiratoires pour descendre sous l'eau, ou séjourner
dans des cuves ou des excavations remplies de gaz acide carbonique. C'est
ainsi que Pilâtre du Rosier, en 1785, a pu descendre au fond d'une cuve
de brasseur, y rester des heures entières, agissant et marchant sans aucune
gêne, tandis que des animaux mis auprès de lui ont été promptement as-
phyxies. (Voyez Description et usage du respirateur antiméphitique, ima-
giné par Pilâtre du Rosier, avec un précis des expériences faites parce phy-
sicien sur le méphitisme des fosses d'aisance, des cuves à bière, etc., par
M. Delaunaye, Paris, 1 785, chez Laurent, libraire, rue de Tournon. — Jour-
nal de physique, 1786. — Journal des mines, t. III.)
» L'appareil de Pilâtre du Rosier ne comportait qu'un tuyau unique
terminé par une sorte de masque appliqué sur la bouche ou sur le nez.
L'opérateur aspirait l'air pur amené par le tuyau, et expirait l'air vicié, dans
le milieu où il se trouvait, par la bouche, s'il avait aspiré par le nez, ou
vice versa. M. Delaunaye propose, dans le Mémoire cité, d'ajouter à l'em-
C. R., i856, I er Semestre. (T. XLH, N° 4.) 20
C*'46)
bouchure du tuyau qui s'adapte à la bouche un petit tube métallique con-
tenant deux soupapes (Instruction sur l'emploi des lampes de sûreté dans
-Les mines et sur les moyens de pénétrer sans danger dans les lieux méphi-
tisés, publiée par M. le conseiller d'État directeur général des ponts et
chaussées et des mines. — Ann. des minés j 1825, P e série, t. X, p. 87 et sui-
vantes). C'est précisément l'appareil présenté par M. Thibout, sauf l'addi-
tion d'un second tube adapté à la tubulure par laquelle sort l'air expiré, et
•prolongé jusque dans l'air pur. ._ .
i » Cet appareil ne constitue pas une invention nouvelle, il est au moins cer-
tain qu'il a été jusqu'ici bien peu employé, malgré Les recommandations
dont il a été l'objet à diverses reprises de la part dés physiciens et de l'admi-
nistration des mines ^cependant son usage aurait pu prévenir de nombreux
accidents. Il est donc à désirer qu'il se vulgarise, que les hommes chargés
de -porter secours aux noyés et asphyxiés en soient généralement pourvus
et s'Jaahituent à s'en servir. C'est surtout eh vue d'attirer de nouveau l'at-
tention sur le service qu'il peut rendre, que la Commission propose à l'Aea-
démie d'accorder à M. Thiboct, simple ouvrier qui ne connaissait paë les
Lessais antérieurement faits, à titre de récompense et d'encouragement, une
somme de 5oo fr. - ; .'■ V-- - -
.•',,, CONCLUSIONS. .
» La Commission a l'hpnneur de proposer à l'Académie :
» ij D'accorder un prix de a5oo fr. à M. Dcméry, pour un appareil pro-
pre à rendre les foyers fumivores ;
» 2°. D'accorder un prix de aooo fr. à M. Sorel, pour la_ combinaison du
flotteur des chaudières à vapeur avec le sifflet des chaudières des locomo T
tives > combinaison connue sous le nom de flotteur d'alarme, que M. Sorel
a imaginée en 1 83^ ; ■_, _ ; -- : -
, » 3°.. D'accorder un prix de 2000 fr. à MM, Bodtbon et Bopdet pour leur
moyen de déterminer la proportion des sels à base de chaux et de magnésie
dans les eaux des sources et des rivières au moyen d'une liqueur savon-
neuse titrée ; , ■;
» 4°- Un encouragement de 5oo fr. à M. Thibqct, de Neubourg (Eure),
pourun tuyau respiratoire au moyen duquel on peut pénétrer et séjourner
sans danger sous L'eau et dans des atmosphères irrespirables, »
Ces conclusions sont adoptées par l'Académie. -
( «4 7 )
RAPPORT SUR LE CONCOURS POUR LE PRIX DE MÉDECINE
ET DE CHIRURGIE DE L'ANNÉE i855.
FONDATION MONTYON.
(Commissaires, MM. Serres, Andral, Velpeau, Rayer, Duméril, Magendie,
Flourens, Milne Edwards, Cl. Bernard rapporteur.)
« La médecine et la chirurgie reposent en grande partie sur les sciences
anatomiques et physiologiques ; celles-ci , à leur tour, puisent leurs
moyens d'investigation dans la physique, la chimie et les sciences natu-
relles. Toutes les fois que les sciences qui précèdent effectuent quelque
progrès dans leurs points de contact avec la médecine ou la chirurgie, elles
contribuent par cela même aux progrès de l'art de guérir. C'est d'après ces
considérations que la Commission a toujours récompensé les travaux d'ana-
tomie, de physiologie, de physique, de chimie, etc., quand ceux-ci s'appli-
quaient utilement à la médecine.
» La Commission vient proposer à l'Académie d'accorder des récompenses
dans ces diverses branches des sciences médicales. Elle n'a pas cru devoir
proposer de prix pour cette année.
ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE.
» La structure intime des différentes parties constituantes de l'organe de
la vision a été l'objet des recherches d'un grand nombre d'anatomistes mo-
dernes. Les travaux de M. Hannover, médecin à Copenhague, sont au nom-
bre de ceux qui ont le plus puissamment contribué à avancer nos connais-
sances sur cette anatomie délicate de l'œil, anatomie intéressante à un très-
haut degré, non-seulement pour le physiologiste, qui cherche à comprendre
le rôle de chacune de ces parties dans les phénomènes de la vision, mais
encore pour le pathologiste, qui doit toujours essayer de relier les symptô-
mes morbides qu'il observe aux altérations de structure anatomique surve-
nues dans les organes.
» Déjà en 1 84o M. Hannover a publié ses premières recherches sur la
structure de la rétine. Par une méthode d'investigation exacte et en har-
monie avec la délicatesse extrême de l'objet de son observation, M. Hanno-
ver a rectifié diverses opinions erronées qui avaient été émises sur la struc-
ture microscopique de la rétine; et les résultats nouveaux qu'il a fait
connaître sont restés dans la science, et sont devenus le point de départ de
20..
( «48 )
travaux qui ont été entrepris depuis sur le même sujet par des anatomistes
également très-habiles.
» Plus récemment, M. Hannover a publié un ouvrage renfermant un
grand nombre de faits et d'observations propres à éclairer l'anatomie, la
physiologie et la pathologie de l'oeil. Il y a un chapitre entier relatif à la
découverte de la structure du corps vitré. L'auteur a fait ses recherches sur
les yeux de l'homme et sur ceux de divers animaux vertébrés, au moyen de
l'acide chromique étendu, qui a la propriété de coaguler la membrane de
l'humeur vitrée. A l'aide de ce réactif, M. Hannover a préparé des pièces
qu'il a mises sous les yeux des Membres de la Commission, et qui prouvent
que chez les mammifères le corps vitré est constitué par des couches con-
centriques, s'emboîtant les unes dans les autres. Chez l'homme, la disposi-
tion est un peu différente, en ce que ces cloisonnements du corps vitré, au
lieu d'être sous forme de couches concentriques, constituent des cônes
dont les bases sont tournées en dehors, et dont les sommets, dirigés en
dedans, rayonnent tous vers la partie centrale qui est occupée par le canal
hyaloïdien.
» Ce même ouvrage de M, Hannover contient en outre beaucoup d'au-
tres recherches anatomiques, physiologiques et pathologiques sur l'organe
de la vision.
» C'est en considérant les découvertes que M. Hannover a faites sur
divers points de l'anatomie de l'œil, et les applications importantes qui en
découlent pour la pathologie, que la Commission propose d'accorder à
JM. HAxjyovER, pour l'ensemble de ses travaux sur l'œil, une récompense de
i 5oo francs,
» Les services que la chimie rend à la physiologie et à la pathologie ne
sont contestés par personne. Cependant on comprendra que, pour avoir
toute leur utilité, il ne suffit pas que les analyses chimiques des divers flui-
des ou tissus animaux soient exécutées par des hommes habiles, il faut en-
core qu'elles soient faites dans dès conditions physiologiques bien circon-
stanciées et bien déterminées. Sans cette précaution indispensable, les
résultats des analyses discordent sans cesse : et comment en serait- il autre-
ment, puisqu'à chaque instant les fluides animaux changent et se modifient
en circulant clans l'économie?
_ » Le TPraitéde Chimie physiologique de M. Lehmann se distingue de tous
ceux qui l'ont précédé, par ce rapprochement que l'auteur a constamment
cherché à établir entre les analyse_s chimiques et les conditions physiologi-
ques exactes dans lesquelles elles i étaient effectuées.
( '49 )
» M. Lehmann a repris tous les travaux de ses devanciers à ce point de
vue, et il y a ajouté un grand nombre de découvertes et d'observations nou-
velles, particulièrement sur l'urine, sur le sang et sur les divers fluides
digestifs, etc. De sorte que M. Lehmann a non-seulement rendu un grand
service à ceux qui cultivent la physiologie et la médecine, en rassemblant
méthodiquement dans son ouvrage toutes nos connaissances sur la chimie
physiologique, en les coordonnant avec clarté et d'après une saine critique ;
mais l'auteur a encore enrichi la science et contribué à ses progrès par des
découvertes qui lui sont propres.
» C'est en considérant cet ouvrage à ce double point de vue que la Com-
mission le juge digne d'être récompensé, et elle propose d'accorder à
M. Lehmann, pour son Traité de Chimie physiologique (ouvrage publié en
allemand sous le titre de Lehrbuch der phjsiologischen Chemie, 3 vol.,
Leipzig), une récompense de i5oo francs.
» Un grand nombre d'anatomistes se sont occupés des circonvolutions
céi'ébrales : les uns, considérant ces plis cérébraux comme des caractères
anatomiques et zoologiques d'une grande importance; les autres, en fai-
sant la base de théories physiologiques plus ou moins spécieuses. M. Da-
reste a repris ce sujet déjà tant de fois exploré, et il a pu encore y découvrir
des faits nouveaux.
» Les conclusions principales du travail de M. Dareste sont : i° que les
circonvolutions cérébrales ne semblent avoir que peu d'importance au point
de vue zoologique, car dans chaque famille naturelle on peut trouver des
espèces ayant des cerveaux à circonvolutions et d'autres espèces ayant des
cerveaux sans circonvolutions; i° que les circonvolutions cérébrales ne
paraissent pas non plus avoir une grande signification au point de vue
physiologique, car on ne signale pas de différences bien marquées entre
les actes des espèces à cerveaux lisses et ceux des espèces à cerveaux
plissés.
» En outre, M. Dareste pense pouvoir établir que, dans chaque famille
naturelle des mammifères, l'état des circonvolutions est en rapport avec la
taille des espèces animales ; il dit que les cerveaux lisses se rencontrent tou-
jours dans les petites espèces, et qu'à mesure que la taille augmente, on
voit s'accroître le nombre et la complication des circonvolutions.
» Comme le travail de M. Dareste est fait avec soin, et qu'il se rattache à
des études qui tendent à éclairer diverses questions importantes de physio-
logie et de pathologie , la Commission le juge digne d'être récompensé. En
conséquence, elle propose d'accorder à M. Dareste, pour ses Recherches
sur les circonvolutions cérébrales, une récompense de iooo francs.
( ,5o)
PATHOLOGIE INTERNE ET EXTEEHE.
o La Commission a fixé son attention sur un travail de M.'Bèau, intitulé :
Etudes analytiques de physiologie et de pathologie sur l'appareil spléno-
hepatique. Il s'agit ici d une application directe des connaissances physio-
logiques à la pathologie. M. Beau a pris pour point de départ physiologique
de son travail les expériences bien connues sur l'absorption des. substances
alimentaires, par la veine porte, qui prouvent que les matières absorbées
doivent nécessairement traverser le foie. Pendant l'état de sauté , le passage
de ces substances solubles alimentaires ou autres, -à travers le foie, se fait
sans être accompagné d'aucune sensation spéciale.- Mais, dans certains états
morbides, M- Beau pense que le foie peut acquérir une susceptibilité spé-
ciale (hépatalgie), et qu'alors ce passage des substances dans le foie peut
être accompagné de douleurs vives survenant dans la région du foie, au mo-
ment de la digestion. Ces douleurs pour raient simuler alors la colique hé-
patique, déterminée par la présence de calculs dans les voies biliaires-,
mais la cause en serait cependant ici, comme on le voit, très-différente.
M. Beau appuie son opinion par un certain nombre d'observations clini-
ques qui se trouvent à la fin de son Mémoire.
» La Commission, espérant que l'auteiœ né s'en tiendra pas là, et qu'il
cherchera à confirmer encore ses vues par des observations nouvelles, juge
son travail digne d'une récompense, comme renfermant des faits nouveaux
propres à éclairer Pédologie encore si obscure des maladies du foie, et par-
ticulièrement celle des coliques hépatiques.
» Elle propose d'accorder à M. Beau, pour ses Etudes analytiques de
physiologie et de pathologie sur l'appareil spléno*hépatique } une récompense
de 1 5oo francs.
» M. Béraud a soumis au jugement de la Commission un Mémoire qui
est relatif à l'anatomie et à la pathologie des voies lacrymales.
» Au point de vue anatomique, M. Béraud signale d'abord deux- ordres
de glandes siégeant dans le sac lacrymal. Il décrit ensuite très-exactement
les valvules du conduit lacrymo-nasarl.
» La Commission a £xé particulièrement son attention sur une valvule
signalée par M. Béraud à l'orifice inférieur du canal lacrymo-nasal, et dont
la connaissance est importante relativement à l'opération du cathétérisme
du canal nasal par les.' narines.
» M. Béraud, s' appuyant sur ses dissections d'anatomie normale et pa-
thologique, croit pouvoir établir qu'il faut admettre quatre espèces de tu-
( i5i )
meurs lacrymales différentes par leurs symptômes, et réclamant chacune un
traitement également différent. L'auteur s'est surtout élevé contre l'emploi
de la canule dans le traitement des fistules lacrymales .
» La Commission, considérant que M. Béraud a signalé dans son travail
des faits nouveaux importants pour le traitement chirurgical de la fistule
lacrymale, propose de lui accorder, pour son Mémoire sur Vanatornie et la
pathologie des voies lacrymales, une récompense de i 5oo francs.
» Les troubles de la circulation qu'on observe dans la grossesse étaient
généralement rapportés à un état de pléthore. M. Cazeaux a établi, dans un
travail sur la chloro-anémie des femmes enceintes, que ces troubles de la
circulation pouvaient aussi être dus à un état du sang en quelque sorte op-
posé à celui de la pléthore, c'est-à-dire à la chloro-anémie. Ce dernier état
est accompagné de bruits de souffle dans les carotides, et par divers trou-
bles fonctionnels du système nerveux et de l'appareil digestif, tout à fait
analogues à ceux qu'on observe chez les femmes chlorotiques.
» M. Cazeaux est même arrivé à cette conclusion , que la chloro-anémie
serait la cause la plus fréquente des troubles fonctionnels qu'on avait attri-
bués jusqu'ici à la pléthore. L'auteur appuie son opinion sur l'examen chi-
mique qui a montré la diminution des globules du sang, et sur les heureux
effets qu'on retire dans ces cas d'un traitement tonique.
» Ce travail, qui met en lumière un point très-important de la pathologie
des femmes enceintes, a paru à la Commission digne d'être récompensé, et
elle propose d'accorder à M. Cazeaux, pour son travail sur la chloro-anémie
des femmes enceintes, une récompense de i ooo francs.
EAUX MINÉRALES, THERAPEUTIQUE, HYGIÈNE, PHTStQOE MÉDICALE.
» L'Académie se rappelle le Rapport fait par notre savant confrère M. de
Senarmont, au nom d'une Commission composée de MM. Thenard, Che-
vreul, Balard et Dufrénoy, sur un Mémoire de M. Bouquet, intitulé : Histoire
chimique des eaux minérales et thermales de Vichy, Cusset, Vaisse, Hau->
terive et Saint-Yorre ,- Analyses chimiques des eaux minérales deMédague,
Châteldon, Brugheas et Seuillet.
» La Commission ci-dessus nommée renvoya ce Mémoire à la Commis-
sion des prix Montyon. Celle-ci, adoptant pleinement les conclusions du
premier Rapport, reconnaît, avec la première Commission, « que le Mémoire
» de M. Bouquet est une véritable histoire chimique du bassin hydrolo-
>> gique de Vichy, appuyée sur tous les documents qu'on est aujourd'hui
» en droit de demander à la science.
( i5a )
» Ce Mémoire renferme par conséquent des études longues et conscien-
» cieuses sur l'un des agents les plus actifs de la thérapeutique. L'expé-
» rience médicale trouvera d'utiles enseignements dans cet ensemble d'a-
» nalyses comparatives qui montrent partout, et presque en égale proportion ,
» les principes supposés des propriétés caractéristiques de quelques sources,
» qui font conuaître la dose d'arsenic propre à chacune d'elles, y détermi-
» nent la quantité de strontiane, et paraissent retrancher plusieurs prin-
» cipes énergiques à la liste de leurs principes minéralisateurs. »
» La Commission , prenant en considération la haute importance de sem-
blables recherches pour la thérapeutique, propose d'accorder à M. Bouquet,
pour ses Etudes chimiques des eaux minérales du bassin hydrologique de
Vichy, une récompense de i 5oo francs. *
» M. Corvisart a soumis au jugement de la Commission un travail dans
lequel il pense établir qu'on peut traiter avec succès certaines affections de
l'estomac, dans lesquelles la digestion est troublée ou suspendue, par l'em-
ploi de la pepsine préparée artificiellement avec la caillette du veau ou du
mouton.
- » Si cette idée de favoriser la digestion chez l'homme à l'aide du suc
gastrique naturel ou artificiel des animaux n'est pas absolument neuve ,
M. Corvisart l'a cependant réellement introduite dans la médecine prati- '
que, et il a le mérite d'avoir fait des expériences et d'avoir recueilli des faits
pour prouver l'efficacité de ce mode de traitement, dont la réalisation avait
d'ailleurs été préparée par les belles expériences de Réaumur et Spallanzani
sur les digestions artificielles. D'autres recherches importantes avaient été
faites dans ces derniers temps sur la digestion stomacale, et avaient permis
d'isoler la pepsine, qui, ainsi qu'on le sait, est un des principes actifs essen -
tiels du suc gastrique.
» Il s'agit encore ici, comme on le voit, d'une application des connais-
sances physiologiques à la thérapeutique; et c'est toujours avec satisfaction
que la Commission accueille de semblables travaux. Mais précisément parce
qu'elle pense que la voie est bonne et scientifique, elle désire ne pas en
compromettre les résultats par des conclusions prématurées, et elle veut
laisser au temps et à l'expérience le soin de prononcer définitivement sur
l'importance de cet agent thérapeutique.
» C'est d'après ces considérations que la Commission propose de récom-
penser M, Corvisart des efforts qu'da faits pour introduire la pepsine dans la
pratique médicale ; elle pense ainsi encourager les médecins à s'en servir,
espérant que bientôt ils pourront préciser les circonstances dans lesquelles
ce médicament pourra être employé avec succès.
( '53)
» La Commission propose donc d'accorder à M. Corvisart, pour ses re-
cherches sur V action thérapeutique de la pepsine, une récompense de
1 5oo francs.
» L'hygiène publique possède aujourd'hui une quantité considérable de
matériaux qui restent disséminés dans les recueils périodiques. Un ouvrage
qui résumerait ces travaux et les coordonnerait d'après une critique juste et
intelligente rendrait un service incontestable aux médecins, et contribuerait
a répandre les connaissances hygiéniques si importantes pour la médecine
prophylactique. Cet ouvrage a été exécuté avec une connaissance approfondie
du sujet et une grande clarté d'exposition par M. Tardieu, dans son ouvrage
sur l'hygiène publique et la salubrité, qui renferme en outre un certain
nombre d'observations importantes propres à l'auteur.
» En conséquence, la Commission propose d'accorder à M. Tardiec une
récompense de iooo francs.
» Les influences météorologiques et climatériques diverses exercent une
action incontestable sur l'homme, soit à l'état de santé, soit à l'état de ma-
ladie; mais les observations dans cette partie de la science médicale sont,
très-difficiles à faire, et celles que l'on possède aujourd'hui à ce sujet sont le
plus souvent incomplètes ou défectueuses. Cependant un ouvrage qui ras-
semblerait tous les faits connus, en cherchant à les apprécier et à les coor-
donner autant que le permet l'état actuel de la science, aurait déjà rendu un
véritable service à la médecine; les médecins y trouveraient réunis des
matériaux qui pourraient leur être utiles pour de nouvelles observations, et
le goût pour ces sortes d'études se répandrait ainsi davantage.
» Parmi les ouvrages faits dans ce but, la Commission a distingué le
Traité de la météorologie dans ses rapports avec la science de l'homme, et
principalement avec la médecine et l'hygiène publique ; publié par M. Foissac.
La Commission propose, en conséquence, d'accorder à l'auteur une ré-
compense de 1000 francs.
» En résumé, la Commission propose d'accorder dix récompenses,
savoir :
» i°. Une récompense de i5oo fr. à M. Hannover, pour l'ensemble de
ses recherches sur l'anatomie, la physiologie et la pathologie de l'oeil.
» 2°. Une récompense de 1 5oo fr. à M. Leiimanx, pour son Traité de
chimie physiologique.
» 3°. Une récompense de i5oo fr. à M. Bocqcet, pour son Mémoire sur
l'analyse des eaux du bassin hydrologique de Vichy.
C. R., i856,i« Semestre. (T. XLII, N° 4. ) "■> «
•( «54 )
, » 4°- Une récompense de i5oofr. à M. Bjead, pour "ses études analy-
tiques de physiologie et de pathologie sur l'appareil spléno-hépatiquê.
» 5°. Une récompense de i5oo fr. à ML Corvisart, pour ses recherches
sur l'action thérapeutique de la pepsine*
» 6°. Une récompense de i5oo fr. à M. Béraud, pour ses recherches
d'anatomie et de pathologie sur les voies lacrymales. .;.:
» 7 . Une récompense de iooo fr. à ML Cazeaox, pour son Mémoire sur
la chlpro-anémie des femmes enceintes. \ : J.
» 8°. Une récompense de iooo f. à M. J)areste, pourjon travail sur les
circonvolutions cérébrales.,
» 9°. Une récompense de iooo fr. à ML Tarpieb, pour son ouvrage sur
l'hygiène publique et la salubrité.
» io°. Une recompense de looofr. à 3f , Foismc, pour son Traité de la
météorologie dans ses rapports avec la science de Thomme-jet principalement
avec la médecine et l'hygiène publique; » ;; 1 . "
Ces conclusions sont adoptées par l'Académie. ::;.-'
( »55)
PRIX PROPOSÉS
POUR LES ANNÉES 1886, 1887 ET £865.
SCIENCES MATHÉMATIQUES.
GRAND PRIX DE MATHÉMATIQUES,
proposé pour 1886.
(Commissaires, MM. Cauchy, Lamé, Binet, Chasles,
Liouville rapporteur.)
Perfectionner dans quelque point essentiel la théorie mathématique
des Marées.
Le prix consistera en une médaille d'or de la valeur de trois mille francs.
Les Mémoires destinés à ce concours devront être remis , francs déport
au Secrétariat de l'Institut, le i er mai i856 : ce terme est de rigueur. Les
noms des auteurs seront contenus dans des billets cachetés, qu'on n'ouvrira
que si la pièce est couronnée.
GRAND PRIX DE MATHÉMATIQUES,
PROPOSÉ POUR 1884, ET REMIS A 1886.
(Commissaires, MM. Cauchy, Lamé, Liouville, Biot, Binet, Regnault,
de Senarmont rapporteur.)
Reprendre V examen comparatif des théories relatives aux phénomènes
capillaires,- discuter les principes mathématiques et physiques sur lesquels
on les a fondés; signaler les modifications quiils peuvent exiger pour s'a-
dapter aux circonstances réelles dans lesquelles ces phénomènes s'accom-
plissent, et comparer les résultats du calcul à des expériences précises
faites entre toutes les limites d'espace mesurables, dans des conditions
telles, que les effets obtenus par chacune d'elles soient constants.
!Le prix consistera en une médaille d'or de la valeur de trois mille francs.
Les Mémoires devront être déposés, francs de port, au Secrétariat de
l'Institut, le i er avril i856 : ce terme est de rigueur. Les noms des auteurs
seront contenus dans des billets cachetés qui ne seront ouverts que si la
pièce est couronnée. .
21.
(m)
GRAND PRIX DE MATHÉMATIQUES ,
DEJA REMIS AU CONCOURS POUR 1885 ET PROROGÉ JUSQU'EN 1886.
(Commissaires, MM. Binet, Liouville, Lamé, Sturai,
Caucby rapporteur.)
L'Académie a prorogé le concours, relatif au théorème de Fermât ,
jusqu'en i856. ■■ - - ~
Elle maintient le programme précédemment publié, dans les termes
suivants :
Trouver, pour un exposant entier quelconque n, les solutions en nom-
bres entiers et inégaux de l'équation •
x n + y n = z n ,
ou prouver qu'elle n'en a pas, quand n est >■ a .
Le prix consistera en une médaille d'or de la valeur de trois mille francs.
Les Mémoires devront être remis, francs de port, au Secrétariat de
l'Institut, avant le I er avril i856 : ce terme est de rigueur. Les noms des
auteurs devront être contenus dans des billets cachetés qui ne seront ou-
verts que si le Mémoire est couronné.
GRAND PRES DE 'MATHEMATIQUES ,
DEJA REMIS AD CONCOURS POUR 18p5 ET PROROGÉ IDSQb'eN 18S7.
(Commissaires, MM. Binèt, Lamé, Liouville, Sturm,
Cauchy rapporteur.) .
Trouver les intégrales des équations de l'équilibre intérieur d'un corps
"solide élastique et homogène, dont toutes les dimensions sont finies, par
exemple, d'un parallélépipède où d'un cjlindre droit; en supposant connues
les pressions ou tractions inégales exercées aux différents points de sa
surface.
Le prix consistera en une médaille d'or de la valeur de trois mille francs.
Les Mémoires devront être remis, jrancs de port, au Secrétariat de l'In-
stitut, avant le i er avril 1857 : ce terme est de rigueur. Les noms des auteurs
devront être contenus dans des billets, cachetés, qui ne seront ouverts que
si le Mémoire est couronné.
( i5 7 )
GRAND PRIX DE MATHÉMATIQUES,
proposé pour 1847, puis pour 1834, et remis a 18S7.
(Commissaires, MM. Lamé, Cauchy, Binet, Chasles,
Liouville rapporteur.)
Établir les équations des mouvements généraux de l'atmosphère terrestre
en ayant égard à la rotation de la terre, à l'action calorifique du soleil, et
aux forces attractives du soleil et de la lune.
Les auteurs sont invités à faire voir la concordance de leur théorie avec
quelques-uns des mouvements atmosphériques les mieux constatés.
Lors même que la question n'aurait pas été entièrement résolue, si l'au-
teur d'un Mémoire avait fait quelque pas important vers la solution, l'Aca-
démie pourrait lui accorder le prix.
Le prix consistera en une médaille d'or de la valeur de trois mille francs.
Les Mémoires devront être remis, francs de port, au Secrétariat de
l'Institut, avant le i er janvier 1857 : ce terme est de rigueur. Les noms des
auteurs seront contenus dans des billets cachetés qui ne seront ouverts que
si la pièce est couronnée.
GRAND PRIX DE MATHÉMATIQUES,
PROPOSÉ POUR 18SS, ET REMIS AU CONCOURS POUR 1887.
(Commissaires, MM. Liouville, Lamé, Binet, Duhamel,
Cauchy rapporteur.)
L'Académie avait proposé, comme sujet de prix, pour i852, et remis au
concours pour i855, la question du refroidissement d'un ellipsoïde qui
rayonne dans un milieu donné.
Aucune pièce n'ayant été remise au Secrétariat, 1# Commission propose
de remettre encore une fois la question au concours pour l'année 1857, et
dans les termes suivants :
Trouver l'intégrale de l'équation connue du mouvement de la chaleur,
pour le cas d'un ellipsoïde homogène, dont la surface a un pouvoir rayon-
nant constant, et qui, après avoir été primitivement échauffé d'une manière
quelconque, se refroidit dans un milieu dune température donnée.
Le prix consistera en une médaille d'or de la valeur de trois mille francs.
Les Mémoires devront être déposés, francs de port, au Secrétariat de
l'Institut, avant le i er octobre 1857 : ce terme est de rigueur. Les noms des
auteurs seront contenus dans des billets cachetés qui ne seront ouverts que
si la pièce est couronnée.
( «58 )
PRIX EXTRAORDINAIRE DE SET MDLLE FRANCS
SUR L'APPLICATION DE LA VAPEUR A LA SlARINE àlILlf AIRE, PROPOSÉ POUR 1857.
( Commissaires, MM. Combes, Pooceïet, Duperrey , Regnault,
Baron Cb. Dupin rapporteur.)
Le premier prix de 6qoq francs, iondé pour exciter au progrès de la va-
peur appliquée à la marine militaire, ayant été signalé par le succès obtenu
dans la construction, des ^vaisseaux de ligne à grande vitesse et mus au
moyen de l'hélice, l'Académie des Sciences a témoigné le désir que le Gou-
vernement fondât un nouveau prix d'égale valeur, pour récompenser un
grand pas qui serait fait dans la même carrière. :
Sa Majesté, toujours empressée de favoriser les sciences et leurs applica-
tions aux arts, s'est fait un généreux plaisir de satisfaire à ce vœu, et de
mettre le crédit demandé à la disposition de l'Académie.
La navigation par la vapeur ne comptera que l'année prochaine un demi-
siècle d'existence. Il a fallu qu'une partie notable de ce temps s'écoulât
avant que les bateaux à vapeur quittassent les rivières et les fleuves, p.ouc
s'essayer sur la mer; il a fallu d'autres années avant que le commerce osât
construire des navires à vapeur qui traversassent l'Adan tiqué.
A son tour est venue la marine militaire, plus difficile: en ses conditions et
plus circonspecte en ses précautions, parce qu'elle a des dangers plus divers
et plus redoutables à courir.
Arrivée plus tard, mais demandant aux sciences des secours plus pro-
fonds et plus méthodiques, elle a fait des progrès plus rapides, fondés sur
sur des expériences rigoureuses; et nous les avons couronnés.
Ii faut se garder de croire qu'il ne reste plus rien à découvrir; ni rien à
perfectionner. - - ,-
La dépense de combustible à bord des bâtiments de guerre n'offre jus-
qu'à ce jour que des économies insignifiantes ; une révolution est à produire
soùs ce point de vue. Cette révolution serait surtout favorable à la France,
où le combustible est plus dispendieux que chez nos émules les plus émi-
neots. •.'"■-
A la vue des locomotives de terre, si puissantes et si peu pesantes, on est
frappé du poids énorme des mécanismes à vapeur à bord de nos vaisseaux ;
là nous attendons encore'et nous appelons un grand changement,-
D' autres parties, que nous n'avons pas la prétention d'énùmérer, sont
susceptibles des perfectionnements les plus remarquables; surtout en ce
qui concerne l'architecture navale. -
( i5g)
Une guerre glorieuse vient de produire des faits nouveaux; eile a révélé
des besoins de navigation et de combat que l'on soupçonnait à peine : c'est
aux loisirs de la paix à résoudre les problèmes posés par les exigences de
de la guerre. Nous préparerons ainsi les succès d'une guerre future, si la civi-
lisation et l'humanité n'en reculent pas de plus en plus le terme.
Au commencement de la lutte actuelle, les vaisseaux les mieux munis des
plus puissantes bouches à feu ne luttaient qu'avec inégalité contre des forts
de granit à triple étage de feux incendiaires. Une idée fournie par le chef
de l'État a fait construire des batteries flottantes à feu rasant, bordées,
pontées en fer; les forteresses de terre se sont trouvées inférieures à ces
nouveaux navires à vapeur. On a cessé de regarder comme imprenables des
places hérissées de canons, derrière lesquelles s'abritaient des marines
entières. Cette persuasion, toute nouvelle, compte peut-être parmi les motifs
auxquels nous allons devoir la cessation des combats.
L'Académie désire surtout récompenser des inventions, des perfection-
nements constatés, éprouvés par l'expérience. Elle laisse aux concurrents
une latitude illimitée ; elle ira chercher un grand progrès en quelque lieu
qu'il se montre, s'il porte avec lui sa démonstration au moins pratique, et
s'il se peut théorique.
Les Mémoires et les plans qui feront connaître les travaux des concur-
rents devront être adressés, francs de port, au Secrétariat de l'Institut,
avant le I er novembre 1857, terme de rigueur; afin que le prix soit dé-
cerné, s'il y a lieu, dans la séance publique de 1857.
PRIX D'ASTRONOMIE,
FONDÉ PAR M. DE LALANDE.
La médaille fondée par M. de Lalande, pour être accordée annuelle-
ment à la personne qui, en France ou ailleurs (les Membres de l'Institut
exceptés), aura fait l'observation la plus intéressante, le Mémoire, ou le
travail le plus utile aux progrès de l'Astronomie, sera décernée dans la pro-
chaine séance publique de i856.
PRIX DE MÉCANIQUE,
FONDÉ PAR M. DE MONTYON.
M. de Montyon a offert une rente sur l'État, pour la fondation d'un
prix annuel en faveur de celui qui, au jugement de l'Académie des Sciences,
s'en sera rendu le plus digne en inventant ou en perfectionnant des instrù-
( i6o )
ments utiles aux progrès de l'agriculture, des arts mécaniques ou -des
sciences.
Ce prix consistera en une médaille d'or delà valeur de quatre cent cin-
quante francs.
Le terme de ce concours est fixé au I er avril de chaque année.
PRIX DE STATISTIQUE, ,
■-.:'- c. FONDÉ PAR M, DE MONTYON. - :
Parmi les ouvrages qui auront pour objet une ou plusieurs questions re-
latives à la Statistique de la France, celui qui, au jugement de l'Académie,
contiendra les recherches les plus utiles sera couronné dans la prochaine
séance publique de i 856. On considère comme admis à ee concours les
Mémoires envoyés en manuscrit, et ceux qui, ayant été imprimés et publiés,
arrivent à la connaissance de l'Académie; sont seuls exceptés les ouvrages
des Membres résidants.
Le prix consiste en une médaille d'or équivalente à la somme de quatre
cent soixante-dix-sept francs.
Le terme du concours est fixé au I er janvier de chaque année.
PRIX BOKPEtf.
(Commissaires, MM. Liouville, Lamé, Cauchy, Duhamel, Biot rapporteur.)
Feu M. Bordin, ancien notaire, ayant légué à l'Académie une rente de
trois mille jrancs pour la fondation d'un prix annuel « à la meilleure com-
position sur des sujets ayant pour but: l'intérêt public, le bien de l'huma-
nité, les progrès de la science et l'honneur national,
L'Académie a décidé que ce prix serait décerné alternativement dans les
Sections des Sciences mathématiques et dans celles des Sciences physiques.
Elle propose en conséquence, pour l'année i856, la question suivante
pour sujet de prix dans les Sections des Sciences mathématiques :
Un thermomètre à mercure étant isolé dans une masse d'air atmosphé-
rique, limitée ou illimitée, agitée ou tranquille, dans des circonstances telles'
qu'il accuse actuellement une température fixe, on demande de déterminer
les corrections qu'il faut appliquer à ses indications apparentes, dans les
conditions d'exposition où il se trouve, pour en conclure la température
propre des particules gazeuses dont il est environné.
Ce prix consistera en une médaille d'or de la valeur de trois mille francs.
Les Mémoires devront être déposés, francs de port, au Secrétariat de
l'Institut avant le i er octobre 1 856, terme de rigueur.
( i6i )
PRIX FONDÉ PAR MADAME LA MARQUISE DE LAPLACE.
Une ordonnance royale a autorisé l'Académie des Sciences à accepter la
donation qui lui a été faite, par Madame la marquise de Laplace, d'une
rente pour la fondation à perpétuité d'un prix consistant dans la collection
complète des ouvrages de Laplace.
Ce prix sera décerné, chaque année, au premier élève sortant de l'École
Polytechnique.
SCIENCES PHYSIQUES-
GRAJND PRIX DES SCIENCES PHYSIQUES,
PROPOSÉ POUR 1837.
(Commissaires, MM. Flourens, Geoffroy-Saint-Hilaire, Milne Edwards,
Duméril, Ad. Brongniart rapporteur.)
Etudier le mode déformation et la structure des spores et des autres
organes qui concourent à la reproduction des Champignons, leur rôle phy-
siologique, la germination des spores, et particulièrement pour les Cham-
pignons parasites, leur mode de pénétration et de développement dans les
autres corps organisés vivants.
La question que l'Académie met ici au concours est vaste et complexe;
mais son intérêt physiologique est tel, qu'elle n'hésite pas à l'offrir comme
sujet d'étude aux naturalistes, même quand ils ne devraient pas la résoudre
dans toutes ses parties.
La grande classe des Champignons comprend des végétaux liés intime-
ment entre eux par leur mode de végétation, par la présence du mycélium,
et par les phénomènes physiologiques de leur nutrition, mais différant
beaucoup par leurs organes reproducteurs.
L'Académie désire qu'on étudie avec soin le mode de formation, le déve-
loppement et la structure intime des spores dans quelques espèces des prin-
cipaux groupes de Champignons, soit exosporés, sont endosporés. On ne
possède d'observations précises sur ce sujet que pour un petit nombre
d'espèces; des recherches spéciales dirigées vers ce but, avec les moyens
d'investigation que fournissent actuellement le microscope et l'emploi des
réactifs chimiques, pourraient jeter beaucoup de jour sur la formation et la
structure de ces corps reproducteurs dans les diverses familles de cette
classe.
C. R., i856, i**Semeslie. (T. XLIl, N° 41.) ' 22
Plusieurs groupes de Champignons présentent sur le même individu des
spores dont le mode d'origine n'est pas le même, et qui souvent diffèrent
sensiblement les unes des autres, quoique paraissant avoir la- même desti-
nation définitive. Il serait essentiel de" déterminer avec • précision .les diffé-
rences que peuvent présenter ces deux espèces de spores, soit dans leur
structure, soit dans leur mode de germination et de développement posj-
teneur. ' :
La découverte dans les lichens et dans plusieurs familles de Champignons
de corpuscules (spermaties) se développant en grande abondance, sou-
vent dans des organes spéciaux (sperjnôgonies), et ne paraissant pas servir
directement à la propagation de la plante^ porte beaucoup de naturalistes à
admettre dans ces cryptogames l'existence d'organes fécondateurs.
Ces organes se retrouvent-iis dans tous les groupes naturels de Champi-
gnons d'une manière constante ? La constatation de leur existence générale,
leur mode de développement, leur structure et surtout leur rôle physiolo-
gique pourraient être l'objet de recherches dignes du plus haut intérêt.
Enfin, la germination des spores, maintenant observée dans un assez
grand nombre de cas, a rarement été suivie jusqu'à la formation d'un my-
célium parfait et prêt à fructifier; il y a là une série de phénomènes qui se
lient intimement au problème plus spécial que l'Académie considère comme
un des points les plus importants de la question qu'elle met au concours,
et qui consiste à déterminer comment s'opère la propagation des Champi-
gnons parasites, de familles diverses, si fréquents sur les végétaux vivants,
et qui se montrent aussi quelquefois sur les animaux.
Comment s'opère la pénétration des germes reproducteurs de ces Cham-
pignons, ou des organes qui en proviennent, dans l'intérieur du tissu des
plantes annuelles, vivaces ou même ligneuses, chez lesquels plus tard ou
lés voit apparaître sous Tépiderme des feuilles ou dans divers organes de la
fleur ou du fruit? Comment se conservent et se disséminent ensuite les
corps reproducteurs des Champignons parasites sur la surface externe des
feuilles? - - . :
Ces recherches, si intéressantes au point de vue physiologique et par
leurs rapports intimes avec l'agriculture, si souvent frappée par lés mala-
dies causées par ces parasites, ont été trop négligées dans ces derniers temps 5
et depuis Benedict Prévost, qui, en 1 807, avait fait sur la carie du blé des
expériences pleines d'intérêt, personne n'a cherché a résoudre ce problème,
difficile sans doute, mais bien plus susceptible d'être abordé avec succès à
l'époque actuelle, avec les connaissances bien plus étendues qu'on possède
( i63)
sur le mode de végétation et de reproduction des Champignons, et avec les
moyens d'observation plus parfaits que les naturalistes ont à leur dispo-
sition.
On voit que la question mise au concours, quoique toutes ses parties
soient liées intimement entre elles, peut se scinder en trois questions secon-
daires :
i°. Formation, développement et structure comparée des spores et des
spermaties dans les divers groupes de Champignons ;
2 . Nature des spermaties et rôle physiologique de ces corps dans la re-
production des Champignons, déterminé par des expériences positives ;
3°. Germination des spores et propagation des Champignons parasites ,
soit à l'intérieur, soit à l'extérieur des végétaux et animaux vivants.
L'Académie pourrait accorder le prix à l'auteur d'un Mémoire qui répon-
drait d'une manière satisfaisante à une de ces trois questions.
Les Mémoires devront être déposés, francs de port, au Secrétariat de
l'Institut, avant le 3i décembre 1857, terme de rigueur.
Le prix consistera en une médaille d'or de la valeur de trois mille
francs.
GRAND PRIX DES SCffiNCES PHYSIQUES,
PROPOSÉ EN 18S4 POUR 18S6.
(Commissaires, MM. Flourens, Duméril, Geoffroy-Saint-Hilaire,
Àd. Brongniart, Milne Edwards rapporteur. )
Etudier d'une manière rigoureuse et méthodique les métamorphoses et la
reproduction des Infusoires proprement dits. ( Polj gastriques de M. Ehren-
berg. )
L'Académie désirerait obtenir la solution de quelques-unes des questions
encore pendantes au sujet des générations hétéromorphes ou générations
alternantes dans la classe des Infusoires proprement dits. Elle voudrait con-
naître aussi d'une manière plus précise les affinités naturelles de ces êtres,
dont les uns paraissent appartenir au règne végétal, tandis que les autres
sont bien évidemment des animaux, et semblent se rattacher en partie à
l'embranchement des Zoophytes, et en partie au groupe des Molluscoïdes.
Les observations et les expériences devront être suivies de façon à ne
laisser aucune incertitude sur la filiation des individus que l'on considére-
rait comme étant produits les uns par les autres, ou sur l'identité des indi-
vidus dont les variations ne seraient attribuées qu'à des métamorphoses. Les
22..
(i64)
résultats obtenus devront être applicables à plusieurs groupes importants
de la division des Infusoires polygastriques, et les faits sur lesquels ces ré-
sultats reposent devront être, autant que possible, représentés à l'aide de
figures. _....-...■ _ . _
Les Mémoires ont dû être déposés au Secrétariat de l'Institut le I er jan-
vier i856. * '" ■--
Le pris consiste en une médaille d'or de la valeur de trois mille francs.
GRAND PRIX DES SCIENCES PHYSIQUES,
proposé en 18S0 pour 18S3, et remis au concours pour 18S6.
(Commissaires, MM.Elie de Beaumont, Ad. Brongniart, Constant Prévost,
Flourens, Duvernoy rapporteur. ) .......
Etudier les lois de la distribution des corps organisés fossiles dans les
différents terrains sédimentaires , suivant leur ordre de superposition.
2°. Discuter la question de leur apparition ou de leur disparition succes-
sive ou simultanée.
3°. Rechercher la nature des rapports qui existent entre l'état actuel du
règne organique et ses états antérieurs.
L'Académie désirerait que la question fût traitée dans toute sa généra-
lité, mais elle pourrait couronner un travail comprenant un des grands
embranchements, ou même seulement une des classes du règne animal,
et dans lequel l'auteur apporterait des vues à la fois neuves et précises, fon-
dées sur des observations personnelles et embrassant essentiellement toute
la durée des périodes géologiques. -
Le prix consiste en une médaille d'or de la valeur de trois mille francs.
Les Mémoires ont dû être déposés au Secrétariat de l'Institut avant le
i er janvier i856.
GRAND PRIX DES SCIENCES PHYSIQUES,
proposé en 1847 pour 1849, remis au concours pour 1835, et de nouveau pour 18S6.
(Commissaires, MM. Flourens, Serres, Milne Edwards, Geoffroy
Saint- Hilaire, Coste rapporteur. )
Etablir, par l 'élude du développement de V embryon, dans deux espèces,
prises, l'une dans l'embranchement des Vertébrés, et l'autre, soit dans
V embranchement des Mollusques, soit dans celui des Articulés, des bases
pour l'embryologie comparée.
( i65)
L'objet essentiel que, par le choix de cette question, l'Académie propose
aux efforts des naturalistes et des anatomistes, est la détermination positive
de ce qu'il peut y avoir de semblable ou de dissemblable dans le dévelop-
pement comparé des Vertébrés et des Invertébrés.
Le prix consistera en une médaille d'or de la valeur de trois mille francs.
Les Mémoires devront être déposés, francs de port, au Secrétariat de l'In-
stitut, avant le i er avril 1 856 : ce terme est de rigueur.
PRIX DE PHYSIOLOGIE EXPÉRIMENTALE,
FONDÉ PAR M. DE MONTYON.
Feu M. de Montyon ayant offert une somme à l'Académie des Sciences,
avec l'intention que le revenu en fût affecté à un prix de Physiologie expé-
rimentale à décerner chaque année, et le Gouvernement ayant autorisé cette
fondation par une ordonnance en date du 22 juillet 1 8 1 8,
L'Académie annonce qu'elle adjugera une médaille d'or de la valeur de
huit cent cinq francs à l'ouvrage, imprimé ou manuscrit, qui lui paraîtra
avoir le plus contribué aux progrès de la physiologie expérimentale.
I^e prix sera décerné dans la prochaine séance publique.
Les ouvrages ou Mémoires présentés par les auteurs doivent être envoyés
au Secrétariat de l'Institut le I er avril de chaque année, terme de rigueur.
DIVERS PRIX DU LEGS MONTYON.
Conformément au testament de feu M. Auget de Montyon , et aux or-
donnances du 29 juillet 1821, du 2 juin 1824 et du 23 août 1829, il sera dé-
cerné un ou plusieurs prix aux auteurs des ouvrages ou des découvertes qui
seront jugés les plus utiles à Y art de guérir, et à ceux qui auront trouvé les
moyens de rendre un art ou un métier moins insalubre.
L'Académie a jugé nécessaire de faire remarquer que les prix dont il
s'agit ont expressément pour objet des découvertes et inventions propres à
perfectionner la médecine ou la chirurgie, ou qui diminueraient les dangers
des diverses professions ou arts mécaniques.
Les pièces admises au concours n'auront droit aux prix qu'autant
qu'elles contiendront une découverte parfaitement déterminée.
Si la pièce 'a été produite par l'auteur, il devra indiquer la partie de son
travail où cette découverte se trouve exprimée : dans tous les cas, la Com-
mission chargée de l'examen du concours fera connaître que c'est à la dé-
couverte dont il s'agit que le prix est donné.
( i66 )
Les sommes qui seront mises à la disposition des auteurs des décou-
vertes ou des ouvrages couronnés ne peuvent être indiquées d'avance avec
précision, parce que le nombre des prix n'est pas déterminé ; mais la libé-
ralité du fondateur a donné à l'Académie les moyens d'élever ces prix à une
valeur considérable, en sorte que les auteurs soient dédommagés des expé-
riences ou recherches dispendieuses qu'ils auraient entreprises, et .reçoi-
vent des récompenses proportionnées aux services qu'ils auraient rendus,
soit en prévenant ou diminuant beaucoup l'insalubrité de certaines profes-
sions, soit en perfectionnant les_sciences médicales.
Conformément à l'ordonnance du 23 août , il Sera décerné aussi des prix
aux meilleurs résultats des recherches entreprises sur les questions pro-
posées par l'Académie, conséquemment aux vues du fondateur.
Les ouvrages ou Mémoires présentés par les auteurs doivent être en-
voyés, francs de port, au Secrétariat de l'Institut, avant le I er avril de
chaque année, terme de rigueur.
PRIX CUVIER.
La Commission des souscripteurs pour la statue de Georges Cuvier ayant
offert à l'Académie une somme résultant des fonds de la souscription restés
libres, avec l'intention que le produit en fut affecté à un prix qui porterait
le nom de PïUX s CuviEB, et qui serait décerné tous les trois ans à l'ouvrage le
plus remarquable, soit sur le règne, animal, soit sur la géologie, et le Gou-
vernement ayant autorisé cette fondation par une "ordonnance en date du
9 août i83g,
L'Académie annonce qu'elle décernera^ dans la séance publique de 1857^.
un prix (sous le nom de prix Cuvier) à l'ouvrage qui sera jugé le plus re-
marquable entre tous, ceux qui auront paru depuis le I er janvier 1 854 j us ~
qu'au 3 1 décembre 1.856, soit sur le règne animal , soit sur la géologie.
Ce prix sera de la valeur de quinze cents francs.
PRIX ALHUMBERT,
POUR LES SCIENCES NATURELLES,
• ■ '- PROJPOSÉ EN 18S4 POTO 1836, ,
(Commissaires, MM. Flourens, Is. Geoffroy Saint-Hilaire, DumériJ,
Ad. Brongniart, Mime Edwards rapporteur.)
Étudier le mode de fécondation des œufs et la structure des organes de
la génération dans les principaux groupes naturels de la classe des Polypes,
ou de celle des Acalèphes.
( ,6 7 )
Les zoologistes n'ont constaté jusqu'ici qu'un petit nombre de faits isolés
relatifs à la reproduction sexuelle chez les animaux inférieurs, et l'Aca-
démie désirerait appeler l'attention des observateurs sur cette partie impor-
tante de l'histoire anatomique et physiologique des Zoophytes. Elle laisse
aux concurrents le choix des espèces à étudier, mais elle voudrait que ce
choix fût fait de manière à donner des résultats applicables à l'ensemble
de l'une ou de l'autre des grandes classes indiquées ci-dessus, ou à l'une
des familles les plus importantes dont elles se composent, savoir : celles des
Acalèphes hydrostatiques, des Médusaires, des Zoanthaires ou des Polypes
hydroères. *
La partie anatomique des travaux adressés à l'Académie pour ce con-
cours devra être accompagnée de figures dessinées avec précision.
Les Mémoires ont dû être déposés au Secrétariat de l'Institut avant le
i er janvier i856.
Le prix consiste en une médaille d'or de la valeur de deux mille cinq
cents francs.
PRIX BORDIN,
, PROPOSÉ POTJK I8S7.
(Commissaires, MM. Flourens, Is. Geoffroy-Saint-Hilaire, Milne Edwards,
Élie de Beaumont rapporteur. )
L'Académie propose pour le sujet du prix Bordin, à décerner en 1857, la
question du métamorphisme des roches.
Les auteurs devront faire l'historique des essais tentés depuis la fin du
siècle dernier, pour expliquer par un dépôt sédimen taire suivi d'une altéra-
tion plus ou moins grande, l'état dans lequel se présentent à l'observation
un grand nombre de roches.
Ils devront résumer les théories physiques et chimiques proposées pour
l'explication des faits de ce genre, et faire connaître celles qu'ils adoptent.
L'Académie leur saura gré surtout des expériences qu'ils auront exécutées
pour vérifier et pour étendre la théorie des phénomènes métamorphiques.
Ce prix consistera en une médaille d'or de la valeur de trois mille
francs.
Les Mémoires devront être déposés, francs de port, au Secrétariat de
l'Institut, avant le I er octobre 1857 : ce terme est de rigueur.
(i68)
PRIX QUINQUENNAL A DÉCERNER EN i863, :
-..-..;. . --- FONDÉ PAR FEU M. DE MOROGUES.
Feu M. de Morogues a légué, par son testament en date du z5 oc-
tobre i834, une somme de 10 ooo francs, placée en rentes sur l'État, pour
faire l'objet d'un prix à décerner, tous les cinq ans, alternativement: par
l'Académie des Sciences physiques et mathématiques, à Y ouvrage qui aura
fait faire le plus de progrès à V agriculture en France, et par l'Académie des
Sciences morales et p olitiques, au meilleur ouvrage sur V état du paupé-
risme en France et le moyen d'y remédier.
Une ordonnance en date du 26 mars 1842 a autorisé l'Académie des
Sciences à accepter ce legs,
L'Académie annonce qu'elle décernera ce prix, en i863, à l'ouvrage rem-
plissant les conditions prescrites par le donateur.
Les ouvrages, imprimés et écrits en français, devront être déposés,francs
de port, au Secrétariat de l'Institut avant le I er - avril i863, terme de
rigueur. .--■-■
RAPPORT DE LA SECTION DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE SUR
LE LEGS BRÉANT.
^Commissaires, MM. Magendie^ Serres,- Andral, Yelpeau,
-. Cl. Bernard rapporteur. )
« La Section de Médecineet de Chirurgie a été chargée de rédiger un pro-
gramme destiné aux personnes qui aspireront à remporter le prix de
"100 000 francs fondé par M. Bréant, pour être décerné à l'auteur d'un re-
mède souverain contre le choléra asiatique,
» La première obligation d'un pareil programme est de se renfermer stric-
tement dans les volontés du fondateur. Or ces volontés se trouvent expri-
mées dans l'extrait du testament de M. Bréant, que nous transcrivons litté-
ralement ci-après :
« J'institue et donne, après ma mort, pour être décerné par l'Institut de
» France, un prix de r 00 000 francs, à celui qui aura trouvé le moyen
» de guérir du choléra asiatique, ou qui aura découvert les causes de ce
» terrible fléau. -.'-•-
» Dans l'état actuel de la science, je pense qu'il y a encore beaucoup de
» choses à trouver dans la composition de l ; air et dans les fluides qu'il con-
( i6g )
» tient : en effet, rien n'a encore été découvert au sujet de l'action qu'exer-
v cent sur l'économie animale les fluides électriques, magnétiques ou au-
» très -, rien n'a été découvert également sur les animalcules qui sont ré-
» çaxidvxs en nombre infini dans l'atmosphère, et qui sont peut-être la
» cause ou une des causes de cette cruelle maladie.
» Je n'ai pas connaissance d'appareils aptes, ainsi que ceja a lieu pour
» les liquides, à reconnaître l'existence dans l'air d'animalcules aussi petits
» que ceux que l'on aperçoit dans l'eau en se servant des instruments mi-
» crospiques que la science met à la disposition de ceux qui se livrent à
» cette étude.
» Comme il est probable que le prix de i oo ooo francs, institué comme
» je l'ai expliqué plus haut, ne sera pas décerné de suite, je veux, jusqu'à
» ce que ce prix soit gagné, que l'intérêt dudit capital soit donné par l'In-
» stitut à la personne qui aura fait avancer la science sur la question du
» choléra ou de toute autre maladie épidémique, soit en donnant de meil-
» leures analyses de l'air, en y démontrant un élément morbide, soit en
» trouvant un procédé propre à connaître et à étudier les animalcules qui
» jusqu'à ce moment ont échappé à l'œil du savant, et qui pourraient bien
» être la cause ou une des causes de ces maladies.
>x Si l'Institut trouvait qu'aucun des concurrents ne méritât le prix an-
» nuel formé des intérêts du capital, ce prix pourra être gagné par celui
» qui indiquera le moyen de guérir radicalement les dartres ou ce qui les
» occasionne, en faisant connaître l'animalcule qui, dans ma pensée,
» donne naissance à cette maladie, ou en démontrant d'une manière po-
» sitive la cause qui la produit.
» L'Institut sera juge souverain des conditions accessoires et d'aptitude
» à imposer aux concurrents et des sujets à proposer en concours, mais
» seulement dans les limites que je viens de poser : je lui confie ma pensée,
» convaincu que les lumières de ses Membres assureront la pleine exécu-
» tion de mon intention. »
» Ce testament, dicté au milieu de l'épidémie cholérique de 1849, a été
conçu sous l'influence d'une pensée hautement philanthropique, qui place
le nom de M. Bréant à côté de ceux des autres bienfaiteurs de l'humanité
qui ont légué à l'Institut le soin de remplir leurs vœux.
» Le testateur a eu pour but d'appeler les efforts des savants et des méde-
cins sur les maladies sans contredit les plus terribles qui affligent l'espèce
humaine. Néanmoins, et précisément à cause de l'importance de la mission
C. R„ i856, i« Semestre. (T. XXII, N° 4.) 2 $
( i 7 o )
qu'elle doit remplir, la Section de Médecine et de Chirurgie eût désiré que
M. Bréant, étranger aux sciences médicales, eût évité d'insister sur certaines
idées populaires qui, forçant les compétiteurs à rester dans. les termes de
son testament , placent quelquefois la Section sur un terrain où il lui de-
vient plus difficile d'accomplir les excellentes intentions du testateur. .
» Quoi qu'il en soit, l'idée du testament comprend une idée principale et
une autre qui lui est accessoire. : , :
» La première pensée est évidemment de donner un prix de i oo opp francs
à la personne qui, comme l'indique le testament, aura trouvé le moyen de
guérir du choléra asiatique, ou qui aura découvert les causes de ce terrible
fléau. Mais il est bien clair que, par cette expression guérir du choléra asia-
tique, le testateur n'entend pas désigner une méthode de traitement ana-
logue à celles aujourd'hui mises en usage, et qui comptent pour elles une
proportion plus ou moins notable de succès; il veut qu'on trouve une mé-
dication d'une efficacité incontestable, qui guérisse le choléra asiatique
dans l'immense majorité des cas, d'une manière aussi sûre que le quin-
quina, par exemple, guérit la fièvre intermittente. '
» Relativement à la recherche des causes du choléra, si leur connaissance
pouvait amener leur suppression ou conduire à une prophylaxie évidente,
comme on en voit un exemple dans la vaccine pour la variole, le prix de
ioo ooo francs serait également mérité et les vœux du testateur accomplis.
» Quant à présent^ la Section de Médecine et de Chirurgie doit déclarer
qu'aucuue des conditions précédentes n'a été remplie dans les très-nom-
breuses communications qu'elle a reçues sur le choléra asiatique.
» Sans préjuger de l'avenir, M. Bréant a compris que la solution des ques-
tions relatives au prix de iooooo francs pouvait encore être lointaine, et
c'est dans cette sage pensée qu'il a institué accessoirement un prix annuel
de 5 ooo francs représentant la rente du capital, et destiné à récompenser
les travaux qui auront fait "avancer la question du choléra asiatique ou des
autres maladies épidémiques, en découvrant dans, le milieu ambiant leurs
causes organiques ou autres. -
» Les termes par lesquels le testateur exprime sa pensée prouvent, de Ja ma-
nière la plus formelle, qu'il veut attirer ici l'attention des savants et des mé-
decins sur de nouvelles analyses de fair spécialement entréprises pour la
recherche des matières qui pourraient s'y rencontrer, et qui seraient ca-
pables de jouer un rôle-dahs la production ou la propagation des maladies
épidémiques. - - - - - ; ■:.-:..■. " ■-..-.
» Cette idée n'est, du reste, pas nouvelle, et elle s'est manifestée par divers-
( '7' )
essais qui indiquent la préoccupation où l'on a été, à ce sujet, à différentes
époques de la science.
» En considérant jusqu'à quel degré de précision a été poussée dans ces
derniers temps la connaissance des éléments inorganiques de l'air, M.Bréant
a pu penser que, précisément à cause de cette perfection des procédés
physiques et chimiques, on pouvait entreprendre aujourd'hui des recher-
ches sur les principes organiques morbifiques contenus dans l'atmosphère,
principes qu'il conviendrait toutefois de soumettre beaucoup moins à l'a-
nalyse chimique que de chercher à les séparer sans les altérer, afin de pou-
voir étudier leur action sur les êtres vivants.
» Si la Section de Médecine et de Chirurgie doit demander que de sem-
blables recherches soient faites avec toute la rigueur et toute l'exactitude
qu'on est en droit d'attendre des sciences modernes, elle reconnaît, d'un
autre côté, que ces études sont entourées de difficultés sans nombre. Ces
difficultés, déjà énormes pour le physicien et pour le chimiste chargé de re-
chercher et d'isoler les principes morbifiques dans l'air, deviendront peut-
être encore plus grandes pour le physiologiste et pour le médecin, qui
devront en constater les effets délétères sur l'homme et les animaux.
» En résumé, le Programme à établir sur le testament précédemment
mentionné et interprété dans ce qu'il a de formel, peut se réduire aiix con-
ditions suivantes, auxquelles les compétiteurs devront satisfaire :
» i°. Pour remporter le prix de iooooo francs, il faudra :
» Trouver une médication qui guérisse le choléra asiatique dans l'im*
mense majorité des cas ;
» Ou
» Indiquer d 'une manière incontestable les causes du choléra asiatique,
de façon qu'en amenant la suppression de ces causes on fasse cesser
l'épidémie;
» Ou enfin,
» Découvrir une prophylaxie certaine, et aussi évidente que l'est, par
exemple, celle de la vaccine pour la variole.
» 2 . Pour obtenir le prix annuel de 5ooo francs, il faudra, par des pro-
cédés rigoureux, avoir démontré dans l'atmosphère l'existence de matières
pouvant jouer un rôle dans la production ou la propagation des maladies
épidémiques.
» Dans le cas où les conditions précédentes n'auraient pas été remplies, le
prix annuel de 5ooo francs pourra, aux termes du testament, être accordé
( '7* ) •
à celui qui aura .trouvé le moyen de guérir radicalement les dartres, ou qui
aura éclairé leur étiologie. » : .-
Les Mémoires destinés au concours pour le Prix du legs Bréant devront
porter ostensiblement le nom de l'auteur. Ils devront être déposés, francs
déport, au Secrétariat de l'Institut, ' ■'- " V \ " '
• tes prix annuels qui seront décernés jusqu'au moment où le prix de
iooooo francs aura été obtenu, seront décernés chaque année dans: la
séance publique. Le jugement de la Commission portera exclusivement sur
les Mémoires qui auront été reçus du i et janvier au 3i décembre del'année
précédente. ' ' '
CONDITION COMMUNE A TOUS LES CONCOURS.
Les concurrents pour tous les prix sont prévenus que l'Académie ne
rendra aucun des ouvrages envoyés aux concours; les auteurs auront la.
liberté d'en faire prendre des copies au Secrétariat de l'Institut.
: . 3LECTCRES. :
M. FtoTOENs, Secrétaire perpétuel pour les Sciences physiques, a lu,
dans cette séance, l'éloge historique de Léopold de Buch.
. . ... - - .... f
; .■;'. F. et E. D= B.
COMPTE RENDU
DES SÉANCES
DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES.
SÉANCE DU LUNDI 4 FÉVRIER 1856.
PRÉSIDENCE DE M. BINET.
MÉMOIRES ET COMMUMCATIONS
DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE.
MAGNÉTISME terrestre. - Note sur quatre observations de la déclinaison
magnétique faites à Paris en i854 sur le contour de V enceinte fortifiée .
Comparaison de ces observations avec différentes déclinaisons mesurées
en i855 à V Observatoire impérial; parM. Lacgier(i).
« Dans l'avant-dernière séance de l'Académie, M. Le Verrier a commu-
niqué un travail de MM. Goujon et Liais sur la détermination des éléments
magnétiques de l'Observatoire impérial. Si j'avais été présent à la séance,
j'aurais demandé la permission de présenter sur cette communication quel-
ques observations que je vais soumettre aujourd'hui à l'Academ.e.
„ Les auteurs du travail en question ont déterminé les éléments magné-
tiques de quatre stations des environs de Paris situées au nord au sud, a
l'est et à l'ouest de l'Observatoire, et ils en ont conclu pour 1 Observato.re
des éléments magnétiques qui sont, disent-ils, indépendants des causes
perturbatrices locales. En communiquant ce résultat, M. Le Verrier na
pas cité des observations de déclinaison magnétique que j'ai faites, il y a
quinze mois, avec M. Charles Mathieu en quatre points de l'enceinte con-
(.) L'Académie a autorisé l'insertion du Mémoire dans son entier, quoiqu'il dépassât les
limites assignées aux communications des Membres.
24
C. R., i856, i er Semestre. (T. XLll, N° S.)
( '74 ) ^
tinue. Ces observations ont été publiées dans YJnnuaire du Bureau des
Longitudes pour r855 et réimprimées dans celui de 1 856.
» Je ne viens pas me plaindre de cet oubli; j'ai une entière confiance
dans la bonne foi et la probité scientifiques de MM. Goujon et Liais, et je
suis convaincu que dans leur. Mémoire ils n'ont pas manqué de mentionner
notre ; travail dont ils ont adopté le plan et le principe. Je viens aujourd'hui
donner à œ 'travail "des développements - qùë~ne ebmpol-tafrpas-Te "cadre
adopté pour l'annuaire.
» Si l'on considère le méridien magnétique passant par l'église Saint-
Germain l'Auxerrois, prise comme centre de Paris, et le plan qui lui est
perpendiculaire, on aura sui l'enceinte cpntinue'qixatre points qui peuvent
êtue considérés comme étant à peu près le nord, le sud, l'est et l'ouest
magnétiques de la ville, tfest dans le voisinage de ces points situés assez
loin des chemins de fer que nous avons déterminé, M. Charles Mathieu
et moi, la déclinaison de l'aiguille aimantée. Nous eussions désiré, afin de
rendre ces recherches plus complètes, observer également l'inclinaison et
l'intensité horizontale, mais n'ayant pu nous procurer une boussole d'incli-
naison en bon état, nous nous sommes bornés à la mesure de la déclinaison
absolue.
» Dans chaque station, nous avons employé simultanément deux théodo-
lites-boussoles de M- Brunner, dont les aiguilles sont montées sur pivots,
et l'on s'est assuré, que ces deux instruments donnaient la même déclinaison
qu'une grande boussole de Gambey dont l'aiguille est suspendue à un fil
sans torsion. Les deux résultats obtenus en chaque station ont présenté un
accord satisfaisant, et c'est la moyenne des deux qui a été adoptée pour la
déelinarson magnétique. Dans nos différentes stations, nous avons employé
la méthode des relèvements astronomiques, qui consiste, comme on sait,
à déterminer successivement pour un même signal les azimuts magnétique
et astronomique.
» L'azimut magnétique a toujours été observé de i2 h 45 œ à i & 3qW,
époque du maximum diurne de la déclinaison à Paris. Cette partie de l'ob-
servation dure au plus vingt minutes : à chaque lecture de la direction de
la pomte nord et de la pointe sud de l'aiguille, nous nous assurions que la
lunette de repère était exactement dirigée sur le signal que nous avions
choisi. On la ramenait à l'aide de la vis du pied dès qu'elle paraissait s'en
être écartée de la plus petite quantité ; dirigeant alors la lunette du théodo-
lite «ir.ce signal, nous obtenions pour son azimut magnétique un angle
entièrement indépendant des petits mouvements du pied.
( ï7«)
» Pour déterminer l'azimut astronomique du signal, nous attendions que
e Soleil fût parvenu aux environs du premier vertical, position la plus favo-
rable à la mesure de l'azimut, et prenant les précautions rapportées plus
Wm.\, ptmT amrakff tes, mouvements du pied, nous observions, au moins
à trois reprises, l'heure du passage du Soleil par le plan vertical décrit par
la lunette du théodolite, au moyen d'une montre marine de Winnerl, dont
la marche, réglée au départ et au retour par des observations méridiennes
faites chez M. Brunner, a été aussi régulière que possible. La latitude de
chaque station a été déterminée, soit directement par les hauteurs méri-
diennes du Soleil, soit à l'aide de la carte des environs de Paris dressée par
les officiers d'État-Major. J'entre dans tous ces détails sur la méthode que
nous avons suivie pour convaincre de son exactitude les personnes aux-
quelles elle ne serait pas familière. Les azimuts astronomiques déterminés
de cette manière ont rarement présenté des écarts d'une minute, écarts que
l'on rencontre parfois dans les opérations géodésiques de la méridienne de
France. Quant aux azimuts magnétiques, leur exactitude, dans les bous-
soles dont les aiguilles sont montées sur pivots, dépend en grande partie
de la bonté des pivots et de la perfection des plans en pierre dure avec
lesquels ils sont en contact. Or à chaque excursion que nous avons faite,
M. Brunner a pris soin de visiter lui-même toutes les parties délicates des
instruments, et nous avons toujours été satisfaits de la constance des lec-
tures successives que nous faisions après avoir soulevé l'aiguille pour faire
varier le contact du pivot et de la pierre dure enchâssée dans la chappe.
Grâce à ces précautions, nous croyons pouvoir compter que nos déclinai-
sons magnétiques sont exactes à une minute près, et je ne sache pas qu'il
soit possible d'atteindre une exactitude plus grande. Ajoutons que pendant
la durée des observations, de 7 heures du matin à 6 heures du soir, la
marche de l'aiguille a été suivie, soit par notre confrère M. Mathieu, soit
par M. Delarue, calculateur du Bureau des Longitudes, de quart d'heure en
quart d'heure, à l'aide d'une grande boussole de variations diurnes de Gam-
bey, qui avait été solidement établie sur un support en pierre, dans un
jardin de la rue Notre-Dame-des-Champs, près du boulevard Mont-Parnasse
à Paris. Cette marche a toujours été fort régulière, et les nombres indiquant
la plus grande excursion occidentale de l'aiguille n'ont différé d'un jour à
l'autre que d'une petite fraction de minute. Nous nous trouvions alors dans
cette série extraordinaire de beaux jours qui a duré à Paris plusieurs se-
maines des mois d'août et de septembre i854, pendant lesquels le ciel est
constamment resté sans le plus petit nuage.
24-
(■i 7 6)
. Ces explications données, je transcris les déclinaisons magnétiques des
quatre stations de l'enceinte continue, telles qu'elles se trouvent imprimées
dans Y Annuaire du Bureau des Longitudes pour i855, page ôb 9 .
STATIONS.
i°. Montmartre, au nord.
Terre-plein du bastion n° 89
de l'enceinte • • • •
BATE ET HEURE
de
l'observation.
2°. Maison-Blanche, au sud.
Terre-plein du bastion n° 88.
3°. Près-S'-Gereais, à L 'est
Terre-plein du bastion n" 24 .
4°- Vaugirard, à l'ouest.
Terre-plein du bastion n° 7 1 .
i854. Sept. iài h ur
i854. Àoût3ià i b io m
i854. Août 29 à i h i5 m
DÉCLINAISOS
magnétique .
20! 3 ',5 N.O.
20. 9,1 N.O.
20, 2,0. N.O.
TEMPÉRA-
TURE.
i854. Août27ài h 20 m 20.11,7 N.O.
22.7
25.4
24,6
20,6
» Indépendamment de ces observations, nous en avons fait une cin-
quième dans le grand jardin de la Maternité, en un point situé à 1 3o mètres
environ au nord de la face septentrionale de l'Observatoire impérial.
■» Le a septembre i854, vers i* ïo» après midi, par une température de
aa» 6 la déclinaison magnétique a été trouvée [Annuaire de i855) de
ao°io',8N. O.
. „ Ces observations sont accompagnées dans Y Annuaire du Bureau des
Longitudes de la remarque suivante : . " " ■
«On peut remarquer que la moyenne 20° 6',3 des déclinaisons des sta-
. tions diamétralement opposées Montmartre et la Maison-Blanche, est sen-
„ siblement égale à la moyenne so° 6',8 des déclinaisons observées a Vau-
» girard et aux Prés-Saint-Gervais également situés aux extrémités d un dia-
» mètre magnétique. » _
» S'il n'y a pas d'erreur constante dans nos observations, la moyenne
20 ° 6' 6 des "deux nombres précédents peut être considérée comme la dé-
clinaison de Saint-Germain l'Àuxerrois, centre des quatre stations ; et 1 ac-
cord des deux nombres 20° 6',3 et ao° 6',8 semble indiquer que 1 action de
Paris n'est pas sensible, car cet accord aurait lieu à fortiori si la ville n exis-
tait pas. Il est donc établi, d'après nos observations, que l'on peut obtenir la
( '77 )
déclinaison magnétique d'un lieu sans s'y transporter. Cette remarque va
nous fournir le moyen de lier entre elles les déclinaisons de l'enceinte con-
tinue et de l'intérieur de Paris.
» Imaginons qu'on ait figuré sur une carte de Paris la trace du méridien
magnétique (i) passant par l'église Saint-Germain l'Auxerrois et celle du plan
qui lui est perpendiculaire. Prenons la première droite pour axe des y et la
seconde pour axe des x, les coordonnées positives étant situées dans l'angle
ouvert au nord-est; nous rapporterons à ces deux axes tout point situé sur
la carte et nous obtiendrons pour les diverses stations les coordonnées sui-
vantes exprimées en kilomètres :
STATIONS.
Bastion n° 3g.
Bastion n° 88 .
Bastion n° 24-
Bastion n° 7 1 .
Observatoire. .
Maternité ....
COORDONNEES
k
0,8!
4>7 2
4.89
l ,25
I ,10
+ 4^6
— 4,74
+ 1,52
— ',27
— 2,37
'U
» Au moyen des quatre observations faites sur l'enceinte continue, et en
opérant par approximations successives, on trouve :
» i°. Que la variation de la déclinaison magnétique correspondante à
un changement est-ouest de 1 kilomètre dans la position de l'observateur
est égale à + o',86o6;
» 2 . Que pour un changement nord-sud de 1 kilomètre dans la positiou
de l'observateur, la variation de la déclinaison magnétique est de +0^,5267.
» De ces nombres et des déclinaisons observées dans ces quatre stations, je
conclus la déclinaison magnétique de l'église Saint-Germain l'Auxerrois,
comme il suit :
f
Par le bastion n° 3g • • 20. 6, 44
_ n°88 ■ 20.6,44
_ n°24 20.6,79
_ n °7i 20.6,75
Moyenne 30.6,61
(1) Nous nommons ici plan méridien magnétique de Saint-Germain l'Auxerrois, le plan
vertical mené par l'axe magnétique de l'aiguille de déclinaison.
( *78)
» Tït pour un point de coordonnées X' et y situé dans Intérieur de
l'enceinte continue, on aura le 2 septembre vers i h io 01 :
Déclinaison magnétique == 2o°6',6i —o / ,86o6ic—o',5267.j'.
Cette formule, qui représente les observations de l'enceinte continue, peut
servir à calculer les déclinaisons des différents points situés dans l'intérieur
de la ville ; mais il est bien entendu qu'une interpolation de ce genre ne
peut être applicable que dans un espace assez peu étendu.
» Si l'on y substitue à la place de x et dej les coordonnées relatives à
la station de la Maternité, on obtient, pour le 2 septembre i854 :
Déclinaison magnétique au jardin de la Maternité ... 20 8',6q
L'observation directe nous a donné pour le même point . . 20 . 10 , 80
Différence .
+ 2,11
Ainsi 2', 1 1 représentent la somme de toutes les erreurs, savoir : celles qui ont
été commises sur les observations, celle qui provient du mode de calcul,
et enfin l'erreur qui résulterait des attractions locales.
» On trouve de la même manière, par la formule précédente :.
Déclinaison magnétique le 2 septembre 1 854, '«' l'Observatoire impérial, 20°8*,g4.
A défaut d'observation directe faite le 2 septembre i854 à l'Observatoire,
je me servirai de six observations de déclinaison magnétique que j'ai faites
à diverses époques, lorsque j'étais encore astronome de l'Observatoire de
Paris, et de l'observation du 7 septembre i855 relative au pavillon central
et publiée dans le Compte rendu du 21 janvier dernier, page 76.
» Je transcris ci-dessous ces données de l'observation, empruntées, sauf
la dernière, aux Annuaires du Bureau des Longitudes I . . ' . .
Dates.
Déclinaison magnétique,
- h œ
1848 déc. . 22 à 1.45
20°.4l'
1849 nov *-- • 3o i.25
20.34,3
i85o déc. .. 4 i .45
20 . 3o , 7
j85i npv... 16 1.2
, - ; 20.25,0
1852 déc., , 3. . 2.12
, 2o.ig,a_
i853 déc, . 4 2-3o
, - 20. I7,Q_
i855 .sept. , 7 2.3o,
,-20. 4,4.
et j'en déduis les équations suivantes dans lesquelles m désigne le mouve-
ment annuel de la déclinaison, et z la quantité qu'on devra ajouter à Fob-
( *79 )
servation du 4 décembre i853, pour avoir la déclinaison magnétique qui
resuite, pour cette époque, de l'ensemble des sept observations.
ÉQUATIONS BE CONDITION-
1848
1849
i85o
i85i
i85 2
i853
i855
s — 4,948./k — 24 =0
z — 4,oii.«— 17.3=0
z — 3, 000. m — 13.7 =0
z — 2,o5o.w — 8.0 =
z — i,ooo.»z — 2.0 =
z — o,ooo.ra — 0.0 =
Z+ I,76l.W + 12, 6 =
DÉCLINAISONS CALCULÉES
moins
DÉCLINAISONS OBSERVÉES.
— 0,62
+ I ,21
— o,45
■+• o,3r
4- 0,84
— 2,36
'U
Les équations normales de ce système sont
7-z — 1 3,248.772 — 52, 40 = o
- i3,248 z -h 57,87. 7?2 -h 269,83 = o;
elles donnent pour valeurs des inconnues,
m= — 5',2o3 ± o',i6o,
z = - 2 ',36 ± o',46.
La déclinaison magnétique, le 4 décembre i853, à 2 h 3o m , est donc
20°i4',64,
et pour une autre époque comptée à partir du 4 décembre i853, on a
Déclinaison magnétique = 20 i4',64 — 5',2o3 t.
Cette expression donne, pour la déclinaison magnétique à l'Observatoire
impérial, le 2 septembre i854,
20°io', 7 5 ± o',48;
elle s'accorde parfaitement avec l'observation de la Maternité.
» Rapprochons de ce nombre la déclinaison magnétique de l'Observa-
toire fournie par les observations de l'enceinte continue, 20 8',94.
* La différence + i',8i est, comme on devait s'y attendre, presque iden-
tique à la différence + a', 11 qui a été trouvée plus haut, entre les nom-
bres analogues relatifs à la station de la Maternité.
( i86 )
, Il résulte donc des rapprochements que je viens de faire qu'une d^é-
rence de 2' environ se manifeste entre les déclinaisons observées, soit a 1 Ob-
servatoire, soit à la Maternité, et les déclinaisons magnétiques conclues pour
es mêmes points des observations faites en , 854 sur l'enceinte continue. Or,
comme ces dernières semblent être indépendantes des causes perturbatrices
locales on peut en inférer que ces causes, jointes aux erreurs d obser-
Sns et aux erreurs de la méthode de calcul, forment à l'Observatoire
un total de 2 minutes. , ,
„ En outre, l'identité entre la déclinaison directement observée a la Ma-
ternité le. 2 septembre i854 et la déclinaison magnétique résultant des ob-
servations faites à l'Observatoire pendant les sept dernières années, prouve
rml ces causes perturbatrices locales, si leur effet est sensible, ont agi de
T même manière sur l'aiguille de déclinaison dans ces deux stations, quot-
ou'elles se trouvent situées l'une au nord, l'autre au sud du bâtiment _
. Comme à la rigueur on pourrait concevoir quelques doutes sur U par-
faite exactitude de la déclinaison déduite pour le 9 septembre x 854 des
observations de 1848 à 1 855, et par conséquent sur la réalité de 1 accord que
nous venons de signaler pour cette déclinaison, il m'a paru utile de corn-
parer la formule
2o°6',6i — o,86o6x — 0,5267/,
à l'observation faite le 7 septembre t855, par MM. Goujon et Liais, dans
l pavillon central du jardin de l'Observatoire, bien que cette observation
soit postérieure d'une année à nos observations de l'enceinte continue sur
lesouelles la formule est fondée. ,
.Pour effectuer cette comparaison, il faut d'abord retrancher 5 ,,5 de
1, déclinaison *o°6',6, de Saint-Germain l'Auxerrois, qui se rapporte au
^emle ,854, afin de la transporter au 7 septembre 1 855 puis ajouter
1$ ^résultat, afin de tenir compte de la différence entre l'Observatoire
et l'église. On aura donc :
Déclinaison magnétique à Saint-Germain l'Auxerrois -, le • a septem- ^ ^
bre i854 , oce •
Variation en déclinaison, du 2 septembre «854 au 7 septembre ,855, a _ g ^
raison de 5>o3 par an. • ; ■ ' ' ,„
Différence en déclinaison, entre l'Observatoire et l'eghse + 2,30
Déclinaison magnétique au pavillon central du jardin de l'Observatoire, ■ ^
le 7 septembre i855 (d'après la formule) .-■■;•• ' «
L'observation directe de MM. Goujon et Liais donne • • • ^»_
' ------ rjifférence. . . . . — «j? 1
( iSi )
Ainsi la formule empirique s'accorde avec la déclinaison observée à l'Ob-
servatoire le 7 septembre 1 855, à sept dixièmes de minute près.
» Cette concordance du calcul avec une observation qui doit être bonne
car elle a été faite dans des circonstances bien plus favorables que celles où
se trouvaient MM. Goujon et Liais, lorsqu'ils opéraient loin de toutes les
facilités qu'on a dans un observatoire, augmente la confiance que doivent
inspirer les rapprochements qui précèdent: et comme le nombre qu'ils dé-
duisent de leurs observations faites aux environs de Paris, diffère de 6 mi-
nutes de la déclinaison magnétique qui résulte de la formule, je ne puis
m'empêcher d'émettre quelques doutes sur l'exactitude de leur résultat.
» La précision remarquable avec laquelle la formule basée exclusivement
sur nos quatre observations de l'enceinte continue représente soit la posi-
tion déterminée à la Maternité par M. Charles Mathieu et moi, soit la décli-
naison magnétique conclue de l'ensemble des observations des sept dernières
années, soit enfin l'observation du 7 septembre 1 855 de MM. Goujon et Liais
à l'Observatoire, prouve que ces observations ne sont entachées d'aucune
erreur locale.
» Alors que je pouvais croire le contraire, j'ai dû, dans la formation de
l'équation empirique, n'employer uniquement que les observations faites
sur les quatre bastions; mais actuellement qu'il résulte de mes recherches
que les différentes observations s'accordent et doivent satisfaire aux mêmes
conditions, il y aura avantage à chercher une équation empirique plus
exacte que celle qui a servi dans la précédente discussion.
» Je vais donc déterminer, par l'ensemble des observations, les compo-
santes du changement en déclinaison, suivant les deux axes coordonnés
auxquels les différentes stations ont été rapportées.
» Sept déclinaisons magnétiques peuvent concourir à la détermination
des inconnues; ce sont :
» i°. Les quatre déclinaisons des bastions u os 3g, 88, 24 et 71 ;
» 2 . La déclinaison de la Maternité ;
» 3°. La déclinaison conclue, pour le pavillon central du jardin de
l'Observatoire, de l'ensemble des observations des dernières années;
» 4°- L'observation du 7 septembre 1 855 relative au même point.
» Ces observations conduisent aux sept équations suivantes dans les-
quelles r désigne la correction à faire à la valeur 20 6', que je suppose
pour la déclinaison magnétique à l'origine des coordonnées; u et v re-
présentent respectivement les composantes du changement en déclinaison
C R., i856, 1" Semestre. (T. XLJI, N° S.) 20
■(i8*-)
suivant .l'axe .des x et l'axe des yi. ......
/• + o,8r. « + 4,26.0+ 2,5 ==;o,.- . ;
r— -o,ig.« — 4^74-*' •^~ 3) 1 =0, ■■"•
7*+ 4>7 2 -^"+~ ï ,52.c + 4r° =0, „'i
r — 4,89.k— 1,27. p — 5,7 ==0,
/< — 1 , 10. « — 2, l5.0 — 4>8 ~0, - ~ :'
. • . /•— r 1,25,^ — 2,37.» — 4-7^ ==0 5 —
• ' - r — i,25.a— 2,37ïp — 3,65 ==o y -, '.'-'.'.
» On en déduit pour équations normales :
7-r— 3,i5.« — 7,12e— - i5,5 ==0,
— 3, i5.r + 47,22. /*+ 26, o3,c + 65, i5 = o,
— 7 , i2.r + a6 r o3.K + 6o,3g p + 68,89 == o,
» Les inconnues sont : _
r==+i',i8±o',48,
u = — o',g822±o, 1261 , *
-...-' v — — o> 5777 ±0, H70.
» On obtient enfin pour l'équation empirique qui donne la déclinaison
magnétique d'un point de Paris en fonction des coordonnées se et y de ce
point : -
Déclinaison = 20° 7', 18 — 0,9822.^ — o,&Tfl-y ■'"
» Voici maintenant, pour chaque station, le tableau des différences entre
le calcul et l'observation :
STATIONS.
DÉCLINAISON
observée.
DÉCLINAISON
calculée.
CALCUL I
moins observation. 1
r
20 . 3,5
20. 9,1
20 . 2,0
20.11,7
20. 10,8 .
20. 10,75
20. 4>4°
20. o,io
20. 5,90
20. 6,37
p /_ .. '
20. 3,92
20.10,11
20. 1 ,66
20.12,71
20. 9,49
20. 9,77
20. 4)^3
20. 4,53
20. 4>^3
20. 4t^3
• + 0,42 |
+1,01 !
■—"0,34 . I
-+ 1,01 j
— L , 3 1
-^0,98
+ o,i3
+ 4,43
■'.— »>37
1 l
Bastion n° 71 . ... . -.'_. ....
Observatoire ( déclinaisons des
Observatoire (observation du 7
septembre 1 855, pavillon Cen-
tral) -.'.'.
Nouveau pavillon magnétique.-.
( «83)
» En présence de ces résultats, il m'est impossible d'admettre les con-
clusions suivantes que M. Le Verrier a tirées du travail de MM. Goujon et
Liais ( Comptes rendus, tome XLH, page 77) :
« Tant que les grandes masses de fer existant à l'Observatoire et dans les
» environs ne subiront pas de changements, on pourra obtenir dans cet
» établissement les vrais éléments magnétiques correspondant à ce lieu, en
»' retranchant des déclinaisons observées :
8 . 37 au pavillon de l'Est ;
8. 8 an nouveau cabinet magnétique;
6.3g au pavillon Central ;
2.21 au pavillon de l'Ouest. »
» Quant à moi, je persiste à croire, au contraire, que l'influence des
attractions locales n'est pas sensible, ou du moins qu'il faudra attendre de
nouvelles observations pour la déterminer, si tant est qu'on y parvienne.
« J'ajoute que l'influence 1 des attractions locales nous avait naturelle-
ment préoccupés. On trouvera dans le dernier registre des observations
magnétiques de l'Observatoire, à la date du mois de novembre i85o, si ma
mémoire ne me trompe pas, des observations de déclinaison que j'ai faites
dans le pavillon Central et dans le pavillon de l'Est, avec MM. Mauvais et
Brunner, qui présentent une discordance constante, à laquelle nous avons
eu la prudence de ne pas nous arrêter. On trouvera en outre, à une époque
antérieure de quelques années, des observations d'intensité faites en divers
points du jardin, qui n'ont pas présenté de discordances notables, dès
qu'on s'est établi à une certaine distance de la balustrade en fer qui, à cette
époque, entourait la belle terrasse en pierre qui domine le jardin. La dis-
tance est indiquée dans le registre. J'ajoute ici, comme renseignements,
que M. Àrago a toujours observé ou fait observer la déclinaison, l'inclinai-
son et l'intensité dans le pavillon Central du jardin de l'Observatoire, qu'il
a fait construire les pavillons magnétiques de l'Est et de l'Ouest quelques
années avant sa mort, afin de les mettre à la disposition des voyageurs qui
venaient s'exercer à l'Observatoire au maniement des instruments, et qu'au-
cune série d'observations n'a été faite dans ces deux pavillons.
» L'harmonie qui règne entre nos divers résultats m'enhardit à me servir
de la dernière formule empirique pour calculer les déclinaisons magnétiques
des quatre stations choisies par MM. Goujon et Liais. J'aurais désiré en faire
la comparaison immédiate avec les nombres qu'ils ont obtenus au nord, au
sud, à l'est et à l'ouest de Paris; malheureusement ces nombres n'ont pas
a5..
( i84 )
été publiés dans là Note de M. Le Verrier. Au reste, on comprendra que
la formule ne doit pas les représenter, puisque leur moyenne diffère d'en-
viron 7 minutes des autres observations. L'éloignement de deux de ces sta-
tions du centre de Paris, l'incertitude qui doit nécessairement affecter les
valeurs de leurs coordonnées prises sur des indications un peu vagues, et
d'autres causes sans doute, doivent en tout cas s'opposer à une grande
exactitude. Quoi qu'il en soit, je rapporte ici ces quatre déclinaisons telle?
qu'elles résultent de la dernière formule ; peut-être ne seront-elles pas en-
tièrement inutiles.
I re STATION An SUD,
Mire de l'Observatoire
à-Montrouge.
#= — 3,l8
/== — 2,6o
, . ° '
Déclinaison 20 6
2 me STAT io3j AD NORD.
Plaine de Saint-Denis
à 200 mètres au nord
des fortifications.
x = -+- ï , 3o
7 = 4-4,42.
19 58
3 me STATfOS A L'OCEST,
Pare de Saint-Cloud
à 4oo mètres à l'ouest
de la
Eanterne de Diogène.
X — — IO,00
y = + 0,466
20 1 1
4 me STATION A L ! EST.
Polygone de Vincennes
à 5oo mètres sud-est
du donjon.
x = -+- 5,20
r = — 3,go
o ;
'9 5 9
» La formule qui donne la déclinaison magnétique d'un point situé dans
l'intérieur de l'enceinte continue pour le 2 septembre i854, en fonction
des coordonnées de ce point, permet de tracer sur la carte différentes li-
gnes passant par des points qui jouissent de propriétés communes.
» Elle donne, par exemple, pour les points de déclinaison égale à celle
de Saint Germain-l'Auxerrois, un diamètre passant par l'église, et faisant
avec la méridienne astronomique un angle d'environ 5i degrés nord-ouest.
La déclinaison serait encore la même sur les lignes parallèles à ce diamètre,
mais elle varierait, bien entendu, en passant d'une droite à une autre.
11 résulterait donc de là que les points d'égale déclinaison ne sont pas si-
tués sur la trace du méridien magnétique, mais sur une ligne qui en dif-
fère notablement.
» Si, par hasard, nous eussions choisi pour stations les points où ce
diamètre rencontre l'enceinte continue, nous y aurions trouvé deux décli-
naisons égales, et, au premier abord, cette circonstance nous eut peut-être
embarrassés dans nos conclusions.
» Le diamètre perpendiculaire au précédent fait un angle d'environ 3o, de-
( i85 )
grés nord-est avec le méridien astronomique. Il représente, ainsi que les
droites qui lui sont parallèles, la direction suivant laquelle on observerait
ia plus forte variation de la déclinaison en s'avançant d'une quantité donnée :
d'après la dernière équation empirique, cette variation serait d'environ
i minute par kilomètre.
» Ces directions peuvent être utiles à connaître, lorsqu'on se propose
d'étudier le magnétisme terrestre, non d'un point isolé, comme on le fait
habituellement dans les observatoires, mais d'une localité assez étendue.
Ainsi, par exemple, il serait iutéressant de rechercher directement si le
nombre qui exprime la plus grande variation de la déclinaison pour l'unité
de distance est variable avec les saisons, s'il éprouve quelque changement
avec le temps; on pourrait également rechercher directement quelles sont
les modifications qui surviennent dans la direction suivant laquelle il faut
marcher pour trouver ces variations maxima de la déclinaison ; enfin, en
admettant que cette direction fût celle d'égale inclinaison, ce qu'on pour-
rait vérifier, des observations d'intensité et d'inclinaisons faites en différents
points et dans différents lieux lèveraient l'incertitude qui existe encore dans
l'esprit de quelques physiciens relativement à la non-coïncidence des lignes
d'égale inclinaison et d'égale intensité. J'aurais désiré m'occuper de ces re-
cherches pour Paris, et c'est, comme on dit, pour prendre date, que j'avais
publié dans X Annuaire les observations de i854; mais j'ai été arrêté mo-
mentanément dans l'exécution de ce projet par des obstacles matériels.
Aujourd'hui que M. Le Verrier s'empare de la question, il m'a paru utile
de publier les résultats que j'ai obtenus; je désire d'ailleurs qu'on les sou-
mette à une vérification qui me semble utile, car ce n'est pas avec quatre
observations seulement qu'on peut avoir le dernier mot sur une question
aussi complexe. Dans ce genre de recherches, les instruments de travail
sont les premiers ennemis qu'on ait à combattre; on y rencontre des erreurs
mystérieuses accidentelles ou constantes, qui affectent parfois les observa-
tions faites avec le plus de soin an moyen des meilleurs instruments, et
dont on n'a donné jusqu'ici aucune explication satisfaisante. »
statistique. - Deuxième Mémoire sur la situation de la propriété
forestière en France; par M. Becquerel. (Extrait.)
« La situation de la propriété forestière en France intéressant la fortune
publique et éprouvant en outre, depuis quelques années, de graves pertur-
bations, je présentai, il y a trois ans, à l'Académie un travail statistique et
( Ï86 )
économique sur la consommation des divers combustibles dans la ville de
Paris; question dont la solution a fourni les moyens de faire des tracés
graphiques qui ont conduit aux conséquences suivantes.
» i°v Parmi les causes qui ont influé sur la consommation des bois et
par suite sur leur prix, il faut mettre en première ligne l'introduction de la
bouille dans le chauffage, la rigueur des hivers et les événements politiques
qui , en ébranlant le crédit public, ont causé une perturbation dans foutes
les branches d'industries.
» 2 ; En 1824, la consommation individuelle de la houille n'était en-
core que de 0^,75 de carbone provenant de ce combustible; cette quantité
était employée en grande partie dans le petit nombre d'usines qui exis-
taient alors à Paris. Aujourd'hui la quantité répartie par individu s'élève à
çi^go, c'est-à-dire est devenue quatre fois plus considérable.
» Le tracé graphique de la consommation de la houille de 1816 à i85i,
en prenant pour abscisses les années et pour ordonnées les quantités con-
sommées, puis faisant passer une ligne par les points correspondants à la
consommation moyenne, donne une courbe qui tourne sa convexité vers
l'axe des abscisses. Cette courbe a pour équation
y — 719,116 + 6oox 2,5? .
.» 3°. La consommation individuelle du charbon de bois n'ayant pas
changé depuis cinquante ans la quantité qui entre dans Paris, croît donc
proportionnellement à la population, et continuera à croître tant que la
houille ne sera pas substituée au charbon de bois dans les usages domes-
tiques.
» Le tracé graphique met bien en évidence cette proportionnalité.
» Tel était l'état des choses en i852.
« J'ai cherché depuis, à l'aide des documents qui m'ont été fournis ré-
cemment par l'Administration et que j'ai rapportés dans mou Mémoire, si
les premières conclusions devaient être modifiées ou non.
» En reportant sur les tracés graphiques les nombres relatifs aux années
i85a, i853, 1 854 et 1 855, on constate, à la seule inspection des courbes, les
faits suivants : _
» i°. C'est sous l'ère consulaire, de 1801 à 1804, que la cou sommation
du bois a été la plus considérable à Paris; sous l'ère impériale, elle a été
fortement en baisse, avec des alternatives de hausse et de baisse; elle s'est
relevée sous la restauration avec de semblables alternatives pour redescen-
dre de 1826 à i834; de i83/ f à i83 7 , il y a eu hausse, et la baisse est de-
( i8 7 )
venue de plus en plus considérable jusqu'en 1848 ; enfin, depuis cette épo-
cçue jusqu'en i855, le mouvement de hausse est devenu de plus en plus
sensible, à tel point que la consommation est revenue ce qu'elle était sous
l'ère consulaire, bien que la population soit aujourd'hui double de ce qu'elle
était alors.
» Le bois blanc et les menus bois participent à ce mouvement de hausse;
le bois blanc surtout atteint le chiffre des années les plus favorisées depuis
181 5, tandis que la consommation des menus bois, quoiqu'en hausse, n'a
pas encore atteint le chiffre qu'elle présentait avant i852. Cette hausse
moins considérable ne peut être attribuée qu'à l'emploi de la houille dans
le chauffage des classes peu aisées.
» 2 . La consommation du charbon de bois continue à croître propor-
tionnellement à la population, conséquence inévitable de ce que ce com-
bustible n'a pas encore été substitué sensiblement à la houille dans les
usages domestiques.
» 3°. La consommation de la houille, depuis surtout i852, tant dans
l'industrie que dans le chauffage des particuliers, cesse d'être représentée
par la formule que j'avais donnée et qui s'appliquait à la consommation
de 18 (6 à 1 85i ; la courbe de convexe qu'elle était est devenue concave, ce
qui montre que la consommation suit maintenant une loi beaucoup plus
rapide qu'avant, preuve du très-grand développement de l'industrie depuis
quatre ans; car la consommation du bois allant en augmentant, malgré
qu'on ait brûlé beaucoup de vieux bois provenant des démolitions, on ne
saurait admettre que l'emploi de la houille dans les foyers domestiques ait
augmenté sensiblement.
» La consommation toujours croissante du charbon de bois et des menus
bois, et les prix élevés de ces deux combustibles, portent naturellement les
particuliers à couper leurs bois à douze ou quinze ans au lieu de dix-huit à
vingt. Cet état de choses, s'il dure, amènera, à ne pas en douter, le dépéris-
sement des forêts en France. En effet, les coupes multipliées altèrent de plus
en plus les souches et font disparaître les brindilles qui, en se décomposant,
fournissent avec les feuilles l'humus indispensable à la végétation ; les ré-
serves étant plus jeunes croissent moins en hauteur que dans les taillis plus
âgés et deviennent trapues; il en résulte que si ces coupes anticipées conti-
nuent à prendre de l'extension, elles feront disparaître ces chênes séculaires,
qui s'élèvent majestueusement dans les taillis de vingt à vingt-cinq ans, et
qui sont si recherchés pour les besoins de la marine et de l'industrie. »
( '88) ' ;
anthropologie. — Note sur les Touariks; par M. Serbes.
«. L'immense plaine du Sahara est habitée çà: et là par la trihu des
Touariks, dont les peuplades sont différentes les unes des autres. Les
Touaregs, dont quatre se sont présentés, dernièrement au gouverneur de
l'Algérie, en forment une des plus singulières, par l'usage où sont les hom-
mes de se voiler entièrement la figure à l'instar des femmes musulmanes, et
.avec plus de soin encore.
» Cet usage si bizarre, et unique chez les hommes au miheu des cou-
tumes infinies des diverses races humaines, est un obstacle à leur étude
anthropologique dont la tête fournit les caractères les plus significatifs. Il est
si rigoureusement observé, que les quatre Touaregs ne se sont pas décou-
verts un instant, même devant le gouverneur général de l'Algérie,
« Toutefois, m'écrit M. Guyon, inspecteur du service des armées, l'un
» d'eux se trouvant malade, j'ai pu lui voir un peu la figure au moment où
» il me montrait la langue. J'ai pu aussi lui palper la tête, en cherchant
» sur cette partie le point où il souffrait. Voici le résumé des observations
» superficielles qu'il m'a été possible de faire sur nos quatre Touaregs,
» Taille moyenne, plutôt petite que grande ; tête peu forte, globuleuse,
» tenant sons ce rapport de celle du Kabyle ou Berbère; front médiocre-
» ment large et élevé ; orbite large, pommettes un peu saillantes, dents
» courtes, moins bien rangées et moins belles que celles de l'Arabe ; mains
» et pieds petits, peau olivâtre, cheveux soyeux, noirs et tendant à se
» boucler; barbe peu fournie et tendant à se boucler comme les
» cheveux. » ■■ ■ .
» En comparant cette courte description à celle donnée par Hornemann
qui, le premier, a fait connaître les rapports des Touariks avec les Berbères
ou Kabyles, en reconnaît leur parenté, bien qu'ils en diffèrent par la
petitesse des pieds et des mains, et surtout par la couleur olivâtre de la
peau.
» Les Ton ariks sont un rameau delà race cauçasique;Jls s'avancent à
l'est de l'Afrique jusqu'aux confins de l'Egypte : ils se croient les habitants
les plus anciens de la terre; leur langage n'est pas arabe, et ils affirment
qu'il est le plus ancien dans le monde. - L t
» M. Guyon, qui nous a fait connaître l'usage de l'inoculation chez les
Kabyles ou Berbères, a remarqué que cette opération si hardie était prati-
quée également par les Touaregs. Ces derniers ne se la pratiquent pas seule-
( "8 9 ).
ment entre le pouce et l'index, comme les Kabyles, mais encore sur d'autres
parties dn corps, notamment sur les avant-bras et les jambes.
» A ces détails, M. Guyon joint une autre observation médicale curieuse.
« Une maladie très-répandue chez les Touaregs est le dragonneau ou ver
» de Messine. C'est à ce qu'il paraît le fléau du pays. Aussi est-ce la seule
» maladie pour laquelle nos voyageurs m'aient témoigné le désir d'avoir un
» remède. »
» Ce fait est un de plus à ajouter à ceux que j'ai déjà recueillis sur la
spécialité des maladies qui affectent de préférence telle race ou telle
variété de la grande famille humaine. »
Déclaration de M. Cauchy a Uoccasion d'une récente demande de
M. Passot.
« Depuis plusieurs années, M. Cacchv n'a cessé de se récuser quand il a
» été appelé à faire partie de Commissions chargées d'examiner des
» Mémoires de M. Passot. Il demande que sa récusation formelle soit
» mentionnée dans le Compte rendu, a
chirurgie. — Nouveau procédé de cheiloplastie par transport du bord
libre de la [lèvre saine sur la lèvre restaurée. (Extrait d'une Note de
M. Sédillot.)
« Schmidl (.Henry), âgé de 65 ans, fut reçu à la clinique le 3o novem-
bre 1 855. Les trois quarts gauches de la lèvre inférieure avaient été détruits
par un cancer épithélial à marche aiguë, qui datait seulement de six mois.
La muqueuse buccale siégeant en dedans de la commissure gauche était
altérée et formait un bourrelet dur et épais. Les procédés ordinaires de
cheiloplastie offraient peu de chances de réussite, et voici l'opération que
je pratiquai le 18 décembre i855.
» Tout le cancer fut circonscrit entre deux incisions en V continuées
jusqu'au contour cervical du maxillaire. Les joues furent ensuite fendues
horizontalement, au niveau des commissures, par une section plus prolongée
à gauche que du côté droit.
» Le bord libre de la lèvre supérieure, qui était très-large, fut partielle-
ment détaché de dehors en dedans sur une longueur de 1 5 à 20 millimètres,
puis renversé et fixé sur la surface des lambeaux destinés à reconstituer la
lèvre inférieure. Celle-ci se trouva ainsi revêtue de chaque côté par le lam-
beau muqueux emprunté à la lèvre supérieure, et au milieu et un peu à
droite par la petite portion de membrane muqueuse conservée sur le quart
droit de la lèvre inférieure, resté intact.
C. E., iS.Vi 1" Semestre. (T. XLII, N° 8.) 2D "
( *9*> )
» Des épingles réunirent les parties dénudées de la lèvrersupérieure tirée
en arrière à la portion inférieure de la joue, qui avait été divisée horizon-
talement et fortement tirée eu avant pour remplacer lalèvre enlevée. D'au-
ïres épingles maintinrent sur la ligne médiane l'affrontement des deux moi-
tiés de la nouvelle lèvre, et quelques points de suture entrecoupée assujettirent
la membrane muqueuse.
» Le 29 du même mois, onzième jour de l'opération, le malade futphoto-
graphié, ce qui me permet d'en placer une épreuve sous les yeux de l'Aca-
démie; et il quitta la clinique le 1 4 janvier, complètement guéri. Les plis de
cicatrice, encore un peu saillants vers les commissures, disparaîtront; mais
déjà tel qu'il a été représenté, le malade offrait une lèvre régulière, d'une
hauteur suffisante, ayant un rebord libre muqueux, lisse et arrondi; les
dents étaient bien cachées, et la salive n'avait aucune tendance à s'écouler
involontairement. Lés commissures étaient tien marquées', et l'ouverture
buccale également rétrécie supérieurement et inférieurement, sansqu'iLen
résultât aucun obstacle pour l'introduction des aliments ou l'émission de la
voix.
n Une importante recommandation, que nous nous permettrons d'âdres-
dresser à ceux qui seraient tentés d'imiter ce procédé, est de diviser le bord
libre de la lèvre saine à plusieurs millimètres au delà de la membrane mu-
queuse. En laissant sur le lambeau une petite portion du tégument externe,
on en assure mieux la vitalité, et on obtient surtout desréunions plus faciles
et des cicatrices plus régulières et moins appareri tes. »
. IL m Secrétaire perpétuel présente, au nom de M. Duhamel, un exem-
plaire du 1 er volume des Eléments de calcul infinitésimal. ( Voir au Bul-
letin bibliographique.)
:; "\ MÉMOIRES PRÉSENTÉS. '
géométrje. — Sur les surfaces dont les lignes de l'une des courbures sont
sphe'riques ,' par M. J. -A Serret. (Suite.) . .- ■
- (Renvoi à l'examen de la Section de Géométrie.)
« Considérons maintenant le cas général. Nous poserons
-^ = cosa, -^L^cosS, ^_ = C o8 7 ;-
= /'s/-i,
V^^Tf - v ' f x
= u
f '9' )
en outre, pour n'avoir dans nos formules que des quantités réelles, nous
remplacerons v { par v t \j — i. Les équations (10) et (i r) deviennent alors
(12) jc, cosa 4-j, cosê + z, cos^ = l'v { -+- u\
, o> dx t dy, dz, ^
* ' cosa cosê COS7 /'
On peut regarder a, |3, y comme les angles que fait avec les axes la tan-
gente d'une courbe arbitraire; nous désignerons par |, u, Ç; X, jx, y les
angles formés avec les mêmes axes par le rayon de courbure et par l'axe
du plan osculateur de cette courbe arbitraire; par ds. l'angle de deux tan-
gentes infiniment voisines, et par dq l'angle de deux plans osculateurs infi-
niment voisins.
» Cela posé, pour intégrer les équations (i3), nous poserons
(i4) . X\ cosX -\-J t cosp- + z, cosv = U.
Différentiant trois fois cette équation et ayant égard aux équations (12)
et (i3), ainsi qu'aux formules rappelées dans mon article du 3r décembre
dernier, il vient
(l5) 0C X COS§ +Ji cosu + z, cosÇ = -j-i
( i6 ) v * = -T-fT* U^ + U ]'
. 1 dn de, , dv d [ d* /«PU , TT \"| , rfU
('7) ? dl Tv + TsTvlTe U^ + U ]J + ^ = °'
d>j étant prise pour la différentielle constante. Posons, pour abréger,
si l'on tire de l'éqifation (16) la valeur de j±- pour la porter dans l'équa-
tion (17), on obtiendra
, dr, d T
c 8 ) | ( u )=-?j;^
» Désignant par <p (/)) une fonction arbitraire, nous poserons
(19) u' = -l'fl'pj( 9 )d-n,
26 .
( '9 2 )
et, en faisant
. U=U, + ? (yj)„ V
l'équation (18) se réduit à
(20) " $(U,)-=o.
Cette équation devient intégràble , si on la multiplie par le facteur
2 (££l + \j\ , et l'on obtient, en intégrant, .
« Nous pouvons supposer la constante nulle, car il suffit pour notre
objet que l'expression de U, renferme deux constantes arbitraires j alors si
l'on désigne par A une constante arbitraire, par y une valeur initiale quel-
conque de 17, par e la base des logarithmes népériens, et que l'on pose
TT A J 2D »
dr,
l'équation (21) devient
(M)
de
dn
\/w
= U„.
» Désignons par i^(ïj) une fonction arbitraire, par <|/(>j) la dérivée de
cette fonction, et déterminons V par l'équation
(»3)
posons aussi
VU)
* 2 (»)+!
dz
di\
■M*)î
U,--=o.
l'équation (22) devient
Cette équation (24) est linéaire et l'on en tire immédiatement
B étant une constante arbitraire.
d-t\
( '93 )
» On obtiendra donc ainsi sans difficulté une valeur de U renfermant
■ deilx constantes arbitraires A et B ; la valeur de U étant connue, l'équa-
tion {\§) donnera c K et on aura ensuite x t , j,, z, au moyen des équations
(ia),(i4)et(i5).
» Si l'on pose
cosX cosp cosv
~T-/(Ô"-T'
on pourra exprimer immédiatement les angles X, p., v; £, u, Ç; a, g, y t yj et e
en fonction du paramètre t et de la fonction arbitraire f [t ) ; si l'on met
ensuite $(«) et W (t) au lieu de <p (>j) et t); (yj), et que l'on désigne enfin la
quantité r par F(i), toutes les quantités qui figurent dans nos équations
pourront s'exprimer facilement au moyen du paramètre t et des quatre
fonctions arbitraires /(f), F(i), $(*), 1 F(i). Le problème que nous nous
étions proposé se trouve donc résolu dans toute sa généralité. Il reste
nombre de détails à examiner ; je les étudierai ailleurs.
» Il faut remarquer un cas particulier qui, par sa nature, se distingue
essentiellement du cas général; je veux parler du cas de r = o. En chan-
geant l en l \j— i, les équations (i) et (2) deviennent
{x - af + ( y - bf + (z - cf = / 2
-'p{x - a) - q(y - b) + (z - c) = l ^i+^+ç 2 ;
en éliminant l, il vient
[{ x -a) + p{z-c)f+{[y-b) + q{z-c)f+[q[x-a)-p{y-b)Y=o,
et pour obtenir une surface réelle, il faut que l'on ait
x — a -+- p(z — c) = o, (j~— b) + q{z — c) = o.
» Si donc M désigne l'expression (x — a) 2 + ( y — b) 2 + (z — c) 2 — P,
on aura —r = o, et notre surface, qui est alors représentée par les équations
M = O, —r- = O
' dt
'1
sera l'enveloppe d'une sphère mobile et variable de grandeur. Les lignes de
courbure sphériques sont ici des circonférences.
» Si le cas de r = o échappe à notre analyse, les surfaces à lignes de
courbure circulaires n'en sont pas moins données par notre méthode
générale. Ces surfaces correspondent effectivement à l'intégrale complète de
( «94 )
l'équation (2) qui nous a servi de point de départ^ je dois même ajouter
que c'est par la considération à priori des surfaces à -lignes de courbure
circulaires que j'ai été conduit à l'intégrale complète dont il s'agit. » :
géométrie. — Sur les surfaces dont les lignes de l'une des courbures sont
planes; par M. J.-A. Serret.
« Au moyen de la transformation dite par rayons vecteurs réciproques,
pa passe immédiatement des surfaces dontles ligues de lhiue des courbures
sont sphériques aux surfaces dont Les lignes de l'une des courbures sont
planes (*). La recherche de ces dernières surfaces, déjà faite par M. Ossiae
Bonnet, est donc comprise implicitement dans ce qui précède; mais il n'est
pas sans intérêt de remarquer que cette recherche se ramène immédiate-
ment à l'intégration des équations ,( r 3 ), de l'article précédent. Effective-
ment, x,_y, z désignant des coordonnées. rectangulaires;. œ r S, y, u, l des
fonctions d'un paramètre £, si l'on pose dz:=spdx -+- qdj, l'équation diffé-
rentielle des surfaces dont il s'agit sera le résultat de l'élimination dûlpara»
mètre t entre les équations ■_ -.- " -..-
(1) .rcoscc ■+• ^cosë-4- scosy=«, ~ .--,.._
(2) — pcosa -- çcosS 4- eos-y = l \Ji +*p 2 -+- q*.
» Soient x t , jr { , z^ v \ quatre fonctions inconnues de t, assujetties à
vérifier les équations . ; ... :
(3)^- _ - . sc t cosa -f-jTi cosë ft- z^os-y — lv { — |- u, — :. — . —
ir\ ".': dx < — d y^ — ds > — du >- i : . :; ..: "; . : . :
^ ' COSa ÇOS ë COS-y /
et posons -^ — - -- '. - — — z - •— ^
l'équation N == q satisfera à l'équation (2): et elle eo sera. ttae-4ntégrale
complète si les valeurs de x,, y K , z t , v , tirées des équations (3) et (4) ren-
ferment dans leurs expressions deux constauîês arbitraires. Le problème
est donc ramené à l'intégration des équations (4), intégration qui se trouve
effectuée dans l'article précédent. » :: : : -- "..: :
(*) Ilsnffit effectivement desiïpposeVqueles-sphères^iui contiennent- les lignes de cour-
bures passent toutes 'par im ménie^point r e£ dé prendre- ce point- pour centre de transfor^
mation. \ _ . : V : :. - . . : ■[ . . .
( i95)
botanique. — Recherches sur le nombre type des parties constituant
les divers cycles hélicoïdaux, et rapport qui existe entre ce nombre
et le nombre type des diverses parties florales des dicotylédones ;
parM. Cn. Febmoivd. (Extrait par l'auteur.)
(Renvoi à l'examen de la Section de Botanique.)
« Si les diverses parties de la fleur, avons-nous dit dans l'une des deux
communications faites sur ce sujet au sein de cette Académie, ne sont que
des transformations ou métamorphoses des feuilles, il faut qu'il y ait une
relation simple entre le nombre des parties de la fleur et le nombre des
feuilles constituant un verticille, une rosette ou un cycle hélicoïdal.
» Nous avons démontré comment il fallait considérer ies feuilles
opposées pour arriver au but général que nous nous proposons ; ici nous
examinons les faits relatifs aux cycles hélicoïdaux et aux rosettes, et nous
croyons démontrer qu'il existe une relation numérique simple enfre leur
composition et celle des verticilles floraux. Notre Mémoire est divisé en six
sections.
» i°. Dans la première, nous faisons voir que les feuilles alternes quin-
conciales, en revenant à l'opposition, comme nous l'indiquons pour les
Ficus et Colutea, revêtent complètement le caractère de la véritable oppo-
sition : c'est ainsi que les paires opposées qui se suivent sont toujours en
croix les unes par rapport aux autres ; que même les feuilles qui ne sont
plus opposées et qui sont comprises entre deux paires de feuilles, conser-
vent une position, relativement à ces feuilles opposées, qui fait nettement
reconnaître qu'elles devaient être opposées; de sorte que la disposition
quinconciale disparaît complètement.
» 2°. Dans la deuxième section, nous cherchons à démontrer que, si
l'on fait l'opération inverse sur les plantes à feuilles opposées, telles que les
Syringa vulgaris, Phlox, Ligustrwn, Feronica, etc., ou trouve que l'op-
position passe à la forme quinconciale, et qu'alors elle ne laisse plus trace
de son existence. Cette observation nous a conduit à l'idée que chaque
cycle quinconcial pouvait avec raison être regardé comme formé de deux
verticilles déplacés, l'un de deux feuilles, l'autre de (rois, et cette idée a été
en quelque sorte confirmée par ce fait, que bien souvent les figes d'#e-
lianthus tuberosus qui sont à feuilles opposées et qui passent à l'alternance,
donnent la disposition quinconciale; tandis que les tiges de la même plante
qui sont à feuilles verticillées par trois, donnent plutôt la disposition re-
(i96)
présentée par la forme f et même quelquefois la forme insolite f . C'est
comme si nous avions, dans le premier cas, un verticille de deux feuilles
et un de trois; et dans le second, un verticille de deux feuilles et deux de
trois, ou, d'après la forme f , trois verticilles de trois feuilles.
,, D'après cette manière d'envisager les cycles hélicoïdaux :
l = 2 -f- 3 , c'est-à-dire i verticille de 2 feuilles et i de 3 ;
» = 2 + 3X2| on i verticille de 2 feuilles et 2 de 3 ;
_»_ = 2 x 2 + 3 X 3 » on 2 verticilles de 2 feuilles et 3 de 3 ;
_i_ __ 2 x 3 4. 3 x 5 , ou 3 verticilles de 2 feuilles et 5 de 3 ,
et ainsi de suite pour les formes les plus élevées dans lesquelles il est facile
de reconnaître que le nombre des verticilles de trois feuilles est à celui des
verticilles de deux dans un rapport plus grand que les f et un peu plus
petit que les f. D'où il résulte qu'en somme, dans cet ordre d'idées, le
verticiUisme par trois, qui deviendrait le nombre type, serait bien plus
fréquent que le nombre a.
» 3°. Dans la troisième section, nous cherchons à confirmer par plu-
sieurs exemples cette idée, que chaque hélicule des cycles hélicoïdaux doit
être regardé comme un verticille déplacé. Nous signalons spécialement,
entre autres, une variété du Cucurbita pepo, chez laquelle les feuilles
alternes arrivent très-souvent au verticiUisme par trois, et YHieracium
virosum, où les feuilles forment des groupes disposés autour de la tige en
laissant entre chaque groupe des mérithalles assez longs; tandis qu'au
contraire, ils sont très-courts entre les feuilles de chaque groupe. Il est
néanmoins facile d'y reconnaître des verticilles par trois avec un léger
déplacement. Une liste des principaux exemples de tiges à feuilles alternes,
où nous avons constaté la formation de verticilles par trois, vient appuyer
l'idée que nous avançons. Enfin nous citons un certain nombre de plantes
à feuilles alternes présentant trois cotylédons.
» 4°. Dans la quatrième section, nous donnons la description détaillée
de quatre échantillons «d'une variété du Cucurbita pepo et de trois échan^
tillons de Colutea arborescent, pour démontrer comment l'alternance
revient à l'opposition ou au verticiUisme. Nous faisons voir que le nombre
2 se retrouve dans deux échantillons du Colutea, et que le nombre 3
apparaît dans le troisième échantillon de cette même plante, ainsi que dans
les exemples que nous donnons du Cucurbita pepo.
» 5°. Dans la cinquième section, nous faisons remarquer que les nom-
bres 3, 6, 9 et \i sont ceux qui représentent le plus souvent les parties
( r 97 )
constituantes des rosettes examinées dans les plantes à feuilles alternes,
particulièrement les Cerisiers, Pommiers, Poiriers, Coignassiers, Groseilliers,
SovVàe», Kerria \aponica, Berberis, Cjtisus laburnum. A la vérité, on
trouve quelquefois les nombres 2, â et 5, mais ils nous ont paru moins
fréquents.
» 6°. Enfin, dans la sixième section, nous faisons observer que, de même
que l'on trouve des tiges à feuilles opposées présentant une suite successive
de verticilles par trois, de' même aussi, sur bien des plantes à feuilles
alternes, on trouve que la disposition quinconciale est remplacée par la
forme insolite f, qui pourtant serait celle de toutes les formes verticillées
par trois, en admettant que chacune des parties d'un verticille appartienne à
trois hélices différentes marchant toutes trois parallèlement dans un même
sens. C'est ce que nous avons parfois observé dans les Rosiers, les Campa-
nules, les Framboisiers, les Bouleaux, les Topinambours, les Hieracium,
YHeliotropium peruvianum, etc. Or l'esprit, sans effort, peut regarder cette
disposition comme le résultat du déplacement de deux verticilles par trois,
à peu près comme nous avons vu les feuilles opposées des Feronica,
Sjringa, Ligustrum, passer à la disposition quinconciale.
» En résumé, nous croyons avoir démontré que, conformément au
principe qui nous a servi de point de départ, il y rapport simple entre les
diverses parties florales des dicotylédones et les cycles quand on les exa-
mine les uns et les autres dans leur composition type. Le nombre 6 serait
le type des parties florales des dicotylédones, et 3 le nombre type du
verticillisme des feuilles, lequel verticillisme se retrouverait assez souvent
dans les feuiUes dites alternes pour laisser découvrir ou supposer que l'al-
ternance n'est qu'une déviation de l'opposition ou du verticillisme, et que,
conséquemment, les feuilles alternes peuvent être considérées comme
formées de verticilles par deux ou par trois avec déplacement; mais chez
lesquelles le nombre 3 domine le nombre a. Il y a donc rapport
simple entre les nombres 3 et 6, et l'esprit n'a plus qu'à admettre un
simple dédoublement des parties foliaires pour constituer les six parties
florales, ou une simple métamorphose pour former les verticilles floraux de
quelques dicotylédones qui n'ont, comme les monocotylédones, que trois
parties à chaque verticille floral. »
G. R., 1856, 1" Semestre. (T. XLII, N° S.) 2 ?
- ( I98)
chimie médicale. —Action des alcalis sur Le sucre dans V économie
animale ; par M., Pogsiale. (Extrait par l'auteur, )\ _ _.
(Renvoi à l'examen de la Commission précédemment nommée pour les
communications relatives à l'origine du sucre dans l'économie animale,
Commission de M. Figuier, 27 août 1 855, de M. Semmola, 10 septembre',
qui se compose de MM. Dumas, Pelôuze, Rayer.) "
y .Quelques observateurs admettent que le concours des -carbonates alca-
lins est nécessaire pour la destruction du-sucre dans l'économie, et, comme
conséquence de cette théorie, ils supposent que, dans le diabète, le passage
du sucré dans les urines est dû au défaut d'alcalinité du sang. Cette opi-
-nipn'sè rattachant à une affection extrêmement grave, et aux moyens thé-
rapeutiques qui ont été proposés pour la combattre, j'ai institué une série
d'expériences pour vérifier ce fait. J'expose dans mon Mémoire les procé-
dés que j'ai employés pour la détermination du sucre contenu dans le sang
et dans le foie.
» Dans mes expériences les animaux ont été nourris, tantôt avec de la
viande, tantôt avec des aliments Féculents ou sucrés, addition nésv de
bicarbonate de soude de manière à rendre les urines très-alcalines.
» Première série diexpériences. — '. Des. chiens ont. été nourris pendant
plusieurs jours avec de la viande additionnée de bicarbonate de soude.
Oncles sacrifia ensuite et -on détermina le sucre contenu dans le sang et
dans Je foie. Yoici quelques-uns des résultats obtenus :
-■■-"." ~ -"-*-[-.-- -\ :
I re eipéï.
II e expér.
III e expér.
Sang de l'artère crurale. ...-..,...-.
- - -.0,048
0,027 -
o,o35
» de la veine cave inférieure. . . .
o,lo3
0,096
o,io3
: » des. veinis hépatiques. .... . .
: 0,173.
Q, 1 5o.
0,1 3.9 ,:,
Foie ^. ............ .
2,029
3,11-5-
»
* Il est facile de saisir la conséquence générale qui découle de ces expé-
riences : c'est que la transformation du sucre en eau et en acide carbonique
tfest pas favorisée, comme on Ta ero, dans l'économie, par la présence
d'une proportion considérable d'aleaR. Gn voit, en effet, en comparant
ces résultats avec ceux que j'ai consignés dans mon travail Sur l'origine
du sucre dans l'économie animale et avec d'autres obtenus par divers ob-
servateurs, que le sang des animaux nourrira- la .viande, avec ou "sans bi-
carbonate de soude, contient sensiblement la même quantité de sucre.
» Deuxième série d'expériences. — Des chiens ont été nourris avec des
( 199 )
aliments féculents ou sucrés mêlés avec le bicarbonate de soude. Voici les
Yésvv\\a.tefo\\çnv& par trois expériences :
SUCRE POUR IOO DE SAKG.
l re expér. II expér. III e expér.
Sang de la Veine cave inférieure ... . o,ig8 o,i53 »
» de l'artère carotide o, i oo » »
» de l'artère crurale , O ,o44 o,o54
» des veines hépatiques „ 0,245 0,23g
» Dans la dernière expérience j'ai examiné tous les jours les urines qui
ont fourni de 5 à 7 grammes de glucose pour 1000, quoiqu'elles fussent
fortement alcalines. Ces expériences démontrent que le sucre peut exister
dans le sang et dans les urines même en présence des alcalis.
» Dans le cours de ces recherches, j'ai observé que, lorsqu'on soumet
les animaux à une abstinence complète, la proportion du sucre con-
tenu dans le foie décroît lentement et ne disparaît pas même chez les chiens
à jeun depuis vingt-deux jours et voués à une mort certaine. Dans plusieurs
expériences j'ai trouvé, après dix jours d'abstinence, 1,710 de sucre pour
100 de foie; après quatorze jours, 1,628; après quinze jours, 1,712; après
dix-huit jours, 1 ,6 1 3 ; et après vingt et un jours, 1 ,624. Le chien avait perdu
dans la dernière, expérience plus de 4o pour 100 de son poids.
» Troisième série d'expériences. — J'ai injecté, comme l'avaient fait
avant moi MM. Bernard et Lehmann, un 1 gramme de glucose dissous
dans l'eau distillée, et j'ai retrouvé le sucre dans les urines. Dans
une expérience comparative, j'ai injecté la même quantité de glucose
additionné de 1 gramme de bicarbonate de soude, et les résultats ont été
identiques. Si l'on remplace dans cette injection le bicarbonate de soude par
l'acide tartrique, le plus souvent le sucre ne paraît pas dans les urines. Il
résulte de ces expériences, qui ont été répétées plusieurs fois,' et de celles
que j'ai fait connaître précédemment, que les alcalis du sang ne favori-
sent pas l'oxydation du sucre.
» Quatrième série d'expériences. — Les expériences qui précèdent ont
montré que la présence des carbonates alcalins dans le sang et dans les urinés
est compatible avec celle du glucose. Pour donner plus de valeur à ces faits,
j'ai étudié avec soin l'action des alcalis, des carbonates et des bicar-
bonates alcalins sur le glucose en dehors de l'organisme. Voici quelques-
unes des expériences que j'ai exécutées : •'
»' i Q . J'ai ajouté à 100 grammes d'eau distillée 1 gramme 3e glucose
et a. grammes de carbonate de soude, j'ai abandonné la solution au con-
27..
( 200 )"
tact de l'air, pendant quelques jours, et j'ai retrouvé la quantité de glu-
cose qu'on y avait ajoutée.
» 2°. J'ai augmenté la proportion du carbonate de soude, et j'ai suc-
cessivement élevé la température de la liqueur à 37, à 60, à 80, à
90 degrés, et dans toutes ces expériences la solution sucrée est restée inco-
lore et le glucose n'a éprouvé aucune altération.
» 3°. J'ai dissous dans 100 grammes d'eau distillée 2 grammes de glu-
cose et 8 grammes de carbonate de soude, et après avoir fait bouillir pendant
quinze minutes la liqueur qui s'était colorée d'abord en jaune, puis en jaune
rougeâtre, j'y. ai trouvé encore i gr ,28i de glucose.
» 4°. Le bicarbonate de soude agit avec moins d'énergie sur le glucose.
Une dissolution de potasse contenant 4 pour 1 00 d'alcali ne l'attaque qu'au-
dessus de 5o degrés. -
» Ces expériences suivant moi sont décisives et permettent d'affirmer
que dans le laboratoire, comme dans l'organisme, les carbonates alcalins
n'agissent pas sur le glucose, et qu'il faut élever la température du mé-
lange à environ 96 dégrés pour que l'action ait lieu. ,
» applications des expériences précédentes au diabète. — Suivant quel-
ques physiologistes, si le sang perd par une cause quelconque ses propriétés
alcalines, le sucre, n'étant pas brûlé, passe dans les urines, d'où l'indica-
tion thérapeutique de rétablir l'état normal des liquides animaux en intro-
duisant dans l'organisme les alcalis qui lui manquent. Les faits consignés
dans ce Mémoire ne nous permettent pas d'adopter cette théorie, qui
ne repose que sur des analogies. Nous avons vu, en effet, dans les
nombreuses expériences que nous avons exécutées, qu'en augmentant
considérablement l'alcalinité du sang le sucre ne diminue pas, et que
la proportion de ce principe peut s'élever à 7 pour 1000 dans les urines
alcalines, lorsqu'on nourrit les animaux avec des aliments féculents ou
sucrés, additionnés de bicarbonate de soude.
» Nous avons démontré aussi, avec MM. Bernard et Lehmann, qu'en in-
jectant dans la veine jugulaire d'un lapin une solution dé sucre et de bicar-
bonate de soude, on retrouve dans les urines autant de sucre que lorsque
l'injection se fait avec une.dissolution sucrée seulement. Enfin, nous avons
prouvé par des faits irrécusables que, même en dehors de l'économie ani-
male, les carbonates alcalins n'agissent pas sur le glucose au-dessous d^-
g5 degrés, et qu'à cette température il éprouve si lentement les métamor-
phoses qui le convertissent en eau et en acide carbonique, qu'on trouve
encore dans la liqueur beaucoup de sucre après une éhullition longtemps»
proîongéei
( 201 )
» Les recherches de MM. Lehmann et Bouchardat sur le sang des dia-
bétiques et de MM. Bernard et Reynoso sur la production du diabète ar-
tificiel donnent un puissant appui aux expériences qui font l'objet de ce
Mémoire et à la conclusion qui en découle. »
chimie appliquée. — Note sur l 'action que le phosphore rouge exerce sur
V économie animale et sur l'empoisonnement par le phosphore ordinaire;
par MM. Orfila et Rigoct.
(Commissaires, MM. Dumas, Pelouze, Cl. Bernard.)
« Cette Note est un fragment détaché d'un travail que nous avons entre-
pris sur l'empoisonnement par le phosphore et les différentes questions qui
s'y rattachent. La nature des recherches que nous avons crues nécessaires
pouvant éloigner encore longtemps le terme de notre travail, nous nous
sommes décidés à faire connaître, dès aujourd'hui, celles de nos expériences
qui ont trait à l'action exercée par le phosphore amorphe sur l'économie
animale. C'est sur des chiens que nous avons expérimenté, en leur admi-
nistrant le phosphore rouge, intimement mélangé, au moyen du pilon, avec
le fromage d'Italie dont nous les nourrissions.
» Première expérience. — Du 28 au 3o juillet, nous avons donné, par
doses de 2 grammes chaque jour, 6 grammes de phosphore rouge à un chien
vigoureux. Le 3i, nous avons porté la dose à 5 grammes. Nous avons at-
tendu jusqu'au 7 août, et alors, .voyant que la santé de l'animal n'était point
troublée, nous avons recommencé à lui administrer 2 grammes par jour jus-
qu'au 19. A cette date l'animal avait avalé 36 grammes de phosphore rouge
depuis le commencement de l'expérience. Comme aucun accident ne surve-
nait, nous lui avons introduit, le 21 août, dans l'estomac 2 grammes de
phosphore ordinaire, et nous lui avons lié l'œsophage. Le lendemain* à
9 heures du matin, l'animal succombait.
» Pendant toute la durée de l'expérience, ce chien rendait avec ses fèces
du phosphore rouge parfaitement reconnaissable, et, après l'ingestion du
phosphore ordinaire, les matières fécales répandaient des vapeurs phospho-
rescentes.
» Deuxième expérience. — Le même jour, nous avons fait avaler à une
chienne, très-jeune il est vrai, 5o centigrammes de phosphore ordinaire sus-
pendu dans de l'huile d'olive, et l'animal n'a survécu qu'un quart d'heure.
» Troisième expérience. — Le 28 novembre, nous administrons à une
chienne robuste et très-bien portante 10 grammes de phosphore rouge.
( aoa )
Elle n'achève les aliments qui lui étaient offerts que le lendemain j mais elle
ne donne d'ailleurs aucun signe de souffrance. Le 3o, la dose est portée à
5o grammes; l'animal dévore tout son repas en un moment, mais bientôt il
vomit. Dès le lendemain, cependant, il est gai et mange avec appétit. Les 4;
5, 6 et 7 décembre, la même chienne avale ao grammes par jour. Le 8 et
le 10, 3o grammes; et enfin, le 1 1, elle mange très-bien.sa ration, à laquelle
nous avions mélangé 5o grammes de phosphore; cette fois elle ne vpmk
pas. Le lendemain 12, elle mange avec appétit. En somme/cette chienne,
sans compter les 5o grammes qu'elle a vomis, a donc avalé en douze jours
200 grammes de phosphore rouge. ■-"--"-.
» Nous la pendons le 12 à 6 heures du soir : à l'autopsie, nous ne-trou-
vons aucune lésion; l'œsophage, l'estomac et le tube digestif présentent
une coloration rouge qui ne peut être attribuée qu'au phosphore amorphe.
» Quatrième expérience. '— Le 21 décembre à 4 heures, nous avons
introduit dans l'estomac d'un chien vigoureux 'a grammes de phosphore
ordinaire grossièrement pulvérisé dans l'eau chaude. Le lendemain matin,
l'animal était mort.
» Voulant rechercher pendant combien de temps le phosphore peut res-
ter après la mort dans les organes à l'état de phosphore libre, nous avons
retardé l'ouverture jusqu'au 4 janvier. Quelle n'a pas été notre surprise,
lorsque nous avons vu que les organes de cet animal étaient aussifrais que
si la mort ne datait que de_quelques minutes [tandis qu'un autre chien, qui
n'avait pas. été empoisonné par le phosphore, abandonné seulement depuis
trois jours à côté du premier, était déjà dans un état de putréfaction
avancée.
» Dans l'oesophage et dans l'estomac du chien empoisonne se trouvait
une matière jaunâtre spumeuse qui répandait des vapeurs de phosphore.
Placée sur une lame métallique chauffée au rouge, cette matière brûle sur
quelques points avec une flamme blanche vive et des vapeurs épaisses. A
ces caractères il est facile de reconnaître la présence du phosphore libre.
» Nous réservons cette matière pour faire quelques réactions.
» La membrane muqueuse de l'œsophage et de l'estomac présente une
rougeur vive. Les valvuves auriculo-ventriculaires gauches offrent dans toute
leur longueur, aux points d'insertion aux parois cardiaques, une ecchy-
mose très-nette. Les valvuves auriculo-ventriculaires droites sont vivement
injectées. . -
» Pour séparer le phosphore mêlé au liquide trouvé dans l'estomac et
mieux le caractériser, nous avons placé ce liquide en digestion avec du sul-
( ao3 )
fate de carbone dans un ballon bouché. Le lendemain nous filtrons; la
liqueur qui passe parfaitement limpide se partage en deux couches : l'une
aqueuse, l'autre oléagineuse, formée par le sulfure de carbone. Celle-ci est
placée dans une capsule et abandonnée à l'évaporation spontanée. Quand
tout le sulfure de carbone s'est dégagé, il reste une masse jaune possédant
tous les caractères du phosphore : lumineuse dans l'obscurité, répandant
une odeur alliacée, brûlant avec une flamme blanche vive accompagnée de
vapeurs blanches épaisses, laissant enfin après sa combustion un résidu
rouge.
» Cette expérience, qui montre déjà que 2 grammes de phosphore ordi-
na.re suffisent pour tuer un chien, a fixé notre attention d'une manière
spéciale par quelques particularités que nous allons signaler; elle indique
en effet, qu'à la suite d'un empoisonnement par le phosphore :
» 1°. Ce corps peut exister dans les organes, à l'état libre, quinze jours
après la mort. Ce fait, s'il a été entrevu ou vaguement prévu, n'a pas été jus-
qu a présent, que nous sachions, observé. Il est possible, d'ailleurs que le
phosphore se conserve encore plus longtemps dans le même état, et il est
facile de comprendre quel parti peut tirer de cette observation, dans des
cas analogues, l'expert chargé de constater l'empoisonnement.
» 2 . La putréfaction est, dans certains cas, singulièrement retardée.
» 3°. Le sulfure de carbone est un bon dissolvant pour séparer le phos-
phore libre des matières avec lesquelles il est mélangé dans l'estomac et qui
masquent les propriétés caractéristiques de ce métalloïde.
» Les remarques précédentes nous ont paru mériter une mention, mais
nous avons cité cette dernière expérience surtout parce qu'elle concourt
avec les autres à démontrer que l'action exercée sur l'économie animale
par le phosphore amorphe n'est pas comparable à celle que produit le
phosphore ordinaire; il est même permis de dire que le premier de ces
corps n'est pas vénéneux. Cette assertion, déjà avancée par d'autres obser-
vateurs sans preuves suffisantes, n'a été incontestablement établie pour
nous que par l'ensemble des expériences que nous venons de rappor'er. »
chimie. -Recherches sur le tungstène et quelques-unes de ses combinaisons;
par M. A. Riche.
(Commissaires, MM. Peligot, Despretz, Balard.)
« Pour préparer le tungstène métallique, j'ai eu recours à la réduction
de 1 acide tungstique par l'hydrogène et à l'attaque du chlorure par le so-
( 204 )
dium. Si l'on fait passer un courant d'hydrogène pur et sec dans un tube de
porcelaine luté contenant de l'acide tungstique et qu'on chauffe au rouge
pendant deux heures au moins, au moyen de coke cassé en petits fragments,
on obtient une matière qui ne renferme plus d'oxygène. Quand on opère
à une température plus basse, il reste toujours une quantité plus ou moins
considérable d'oxydes inférieurs.
« Le tungstène produit à cette haute température n'est point fondu, pas
même agrégé; il se présente en petits grains cristallisés, susceptibles de
prendre l'éclat métallique par le frottement et rayant le verre avec facilité :
placé dans un feu de forge assez violent pour ramollir et déformer le creu-
set, il y est resté à l'état solide ; c'est grâce à M. Despretz, qui a bien voulu
mettre à ma disposition la pile de la Faculté des Sciences, que je suis par-
venu à le fondre, et il m'a fallu pour atteindre ce résultat le soumettre à l'ac-
tion de aoo éléments Bunsen ordinaires ; dans ces circonstances, une por-
tion notable du métal s'oxyde et donne dans sa combustion une flamme
bleue qui, projetée sur un écran blanc dans l'obscurité, présente de très-
belles teintes.
» Le tungstène ne s'oxyde qu'à une température très-élevée dans l'air
ou même dans l'oxygène sec, et encore l'action est lente. Il ne brûle pas
dans le chlore sec, et il faut que sa température soit portée à 3oo degrés en-
viron pour que l'attaque ait lieu.
» L'acide azotique tenu à 70 ou 80 degrés le change, au bout de trois à
quatre jours, en acide tungstique. L'eau régale agit avec un peu plus de
rapidité. Les acides sulfurique et chlorhydrique concentrés le transforment
en oxyde bleu, et à la longue cet oxyde se change en acide tungstique.^
» L'eau aérée distillée ou ordinaire paraît sans action sur lui, même
après un contact d'un mois et demi : il en est de même d'une eau alcaline,
tandis que cette même eau contenant un peu d'acide sulfurique se colore
en bleu; mais l'action est lente et très-faible. Ce métal n'attaque pas l'eau
à 100 degrés, mais au rouge la décomposition de l'eau se fait avec la plus
grande énergie, le tungstène se gonfle et bientôt tout est transformé en
oxyde.
» Si l'on place du tungstène avec de l'iodure d'éthyle dans un tube scellé
à la lampe et qu'on chauffe à la température de 240 degrés environ, ce
métal est à peine altéré au bout de dix jours de contact : cependant on voit
nager dans la liqueur de petites aiguilles nacrées qui sont de l'oxy-iodure
de tungstène.
» Si l'on remplace l'oxyde d'éthyle par de l'iodure de méthyle, l'action
( 2 o5 )
est plus nette; le liquide distillé donne, outre de l'iodure de méthyle non
attaqué, une liqueur visqueuse bouillant à une température élevée. Si on
l'agite avec de l'alcool éthéré un peu chaud, il se sépare une huile, tandis
quel'éther abandonne par évaporation une substance qui, convenablement
purifiée, cristallise en larges plaques incolores, fond vers 1 10 degrés et pré-
sente à l'analyse la composition
3(C 2 H 3 )Tu,I.
Cet iodure,agité avec de l'oxyde d'argent récemment précipité, produit une
poudre blanche qui est l'oxyde :
3(C a H 3 )Tu, O.
» Ce corps se combine aux acides et donne naissance à des sels incristal-
lisables, restant, si on les concentre, à l'état d'un liquide visqueux, d'où les
alcalis reprécipitent l'oxyde précédent. Ces sels se produisent de même
en attaquant l'iodure par les acides correspondants.
» Pour déterminer l'équivalent du tungstène, je me suis basé sur la ré-
duction par l'hydrogène pur de l'acide tungstique Tu O 3 , dont la composition
est généralement admise. Le poids de l'eau recueillie, celui du tungstène
restant, conduisent au nombre 87; ce chiffre est un peu plus faible que celui
qu'on a admis jusqu'alors, et cela devait être, car on avait employé pour
cette détermination de l'acide tungstique mêlé d'alcali (parce qu'il a été
préparé au moyen du carbonate de soude) ; tandis que j'ai opéré sur de l'a-
cide pur retiré par calcination d'un sel ammoniacal ou précipité par l'eau
du chlorure pur et sublimé.
» Voulant obtenir le tungstène par l'action de son chlorure sur le so-
dium, j'ai dû d'abord me préoccuper de la préparation sur une échelle
un peu grande de la matière rouge connue sous le nom de chlorure de
tungstène, qu'on s'était procurée jusqu'alors par l'attaque du tungstène au
moyen du chlore; j'y suis parvenu aisément en dirigeant un courant de
chlore sec sur un mélange de 1 partie d'acide tungstique et de 3 parties de
charbon en poudre, placé dans une cornue en grès bitubulée chauffée au
rouge sombre. Pour l'obtenir à l'état de pureté, on n'a plus qu'à le redis-
tiller avec soin dans un courant d'hydrogène; comme il est plus volatil
que les autres composés produits dans cette réaction, il s'en sépare avec
facilité.
» Ce composé chauffé avec du sodium dans un tube rempli d'hydrogène
me donnant toujours de l'eau et de l'oxyde de tungstène, j'ai été naturelle-
C, R., 1806, i« SemeUve. (T. XLII, N° S. ) 2 ^
( 206 )
ment amené à pettser que ce prétendu chlorure contenait de l'oxygène ; en
effet, soumis à l'analyse, il m'a donné des nombres conduisant exactement
à la formule ""-'■■"-
TuCPO.
Traité par l'eau, ce composé se décompose rapidement en acide tungstique
et acide chlorhydrique ; mais si l'on fait l'expérience dans un tube bouché et
sur le mercure, on constate de plus qu'il ne se dégage pas d'hydrogène;
cette réaction, inexplicable en admettant la formule Tu Cl 2 , se comprend
très-bien au contraire si l'on reconnaît à cette matière la composition repré-
sentée plus haut. En effet, on a
Tu Cl 2 O + 3 HO = Tu O'+aH CI.
Il existe cependant des chlorures de tungstène^ et si jusqu'à présent on n'en
a pas constaté la présence, cela tient à ce qu'ils se changent en oxychlorure
rouge en présence des plus petites quantités d'eau.
» Trichlorure de tungstène. — Ce composé s'obtient abondamment en
dirigeant un courant de chlore sec sur du tungstène bien pur placé dans un
tube de porcelaine chauffé, et où l'on a fait passer à l'avance de l'hydro-
gène desséché dans le but d'enlever l'air et l'humidité. 11 constitue une ma-
ts
tière cristallisant par sublimation en longues aiguilles gris d'acier qui fon-
dent à la température de 21 8 degrés, et donnent un liquide noir se concret
tant en un culot gris dont l'aspect, la cassure, ont toute l'apparence de
l'iode. L'eau le décompose instantanément. Son analyse conduit exactement
à la formule
TuCl 3 .
» Bicklarure de tungstène. — Ce corps se prépare en très-petites quan-
tités quand on réduit par l'hydrogène le chlorure précédent placé dans un
tube en verre. On s'arrête quand il ne se dégage plus d'acide chlorhydrique.
Il reste une petite quantité d'un produit brun-noir%tre qui présente à l'ana-
lyse la composition Tu Cl 8 . Il est assez difficile de se tenir dans les limites
restreintes de température ou cette réaction a lieu. Si l'on chauffe trop, le
trichlorure est volatilisé et le produit souillé par du tungstène métallique
dont une partie se dépose sur les parois du tube en un bel anneau mi-
roitant.
» Bisulfure de tungstène.— Le sulfure de tungstène correspondant à Ta-
cide tungstique s'obtient assez facilement; mais il n'en est pas de même pour
le bisulfure de ce métal. Je suis parvenu à le préparer à l'état de pureté par
un moyen très-simple, qui consiste à chauffer ensemble poids égaux de bi-
( 2 °7 )
tungstate de potasse et de soufre dans un creuset en terre jusqu'à fusion
tranquille de la matière. On traite le résidu par l'eau qui dissout le tung-
state de potasse, et on lave sur un filtre le sulfure qu'on dessèche ensuite.
C'est une matière noire, cristallisée en petites aiguilles, s'oxydant au rouge
au contact de l'air, ou à 5o degrés en présence de l'acide nitrique, et
présentant exactement la composition du bisulfure de tungstène. »
chimie industrielle. — Mémoire sur l'emploi du sulfure de carbone
comme moyen d extraction du suif des os, de l'huile des graines oléagi-
neuses, et du dégraissage des 'aines ; par M. E. Deiss. (Extrait. )
(Commissaires, WM. Dumas, Pelouze, Payen.)
« ... En 1 840, le sulfure de carbone était encore préparé dans les labo-
ratoires, soit dans des canons de fusil recourbés, soit dans des petites cor-
nues en grès. Le prix commercial à cette époque variait de 5o à 60 francs
le kilogramme ; j'ai rapidement descendu le prix de ce produit, et déjà en
1848 je l'ai vendu au prix de 8 francs le kilogramme à MM. Perroncel et
Gérard, pour la vulcanisation du caoutchouc par le sulfure de carbone et
le chlorure de soufre. Aujourd'hui, avec un appareil composé de trois cor-
nues, je fabrique, dans mon établissement de Pantin, l'énorme quantité de
5oo kilogr. de sulfure en vingt-quatre heures. Le même fourneau, les mêmes
cornues avec le même chauffage, il y a à peine un an, ne produisaient que
1 5o kilogrammes dans le même laps de temps ; et ce produit, qui naguère,
comme je le disais, valait 60 francs le kilogramme, me revient aujourd'hui
à 5o centimes le kilogramme; et je ne doute pas que, fabriqué dans de
plus grandes proportions, il ne puisse bientôt être livré à l'industrie au prix
de 40 francs les 100 kilos.
» A cet excessif bon marché se joint sa facile régénération. Le sulfure de
carbone exige l^i degrés pour son point d'ébullition : que l'on en remplisse
un flacon, qu'on le place dans un bain chaud, dans lequel on peut facile-
ment tenir la main, lé sulfure entrera rapidement en ébullition, l'absorption
de calorique spécifique est presque nulle. Aussi facilement qu'il entre en
ébullition, aussi facilement se condensent ses vapeurs; sa distillation est ra-
dicale, entière et sans résidus ; en cela il diffère des essences et des éthers,
qui laissent derrière eux, les uns des résidus résineux, les autres des modifi-
cations d'éther, soit acides, soit alcools.
» M'étant trouvé, grâce au pouvoir productif de mon appareil, en pos-
session d'immenses quantités de sulfure de carbone tout à fait hors des pro-
28..
( ao8 )
portions de vente, puisque jusqu'ici ce produit n'a été employé qu'à la
vulcanisation du caoutchouc, j'ai dû lui chercher d'autres applications
industrielles, et j'en ai découvert une, que je considère comme dç la
plus haute importance, l'emploi du sulfure comme agent -d'extraction des
corps gras. ..'.... :
» Paris produit 3o ooo kilogrammes d'os par jour, lesquels des mains des
chiffonniers arrivent dans les fabriques de noir animal on de gélatine. A
l'arrivée des os, ils sont triés, placés par catégories, les uns affectés à la fabri-
cation de noir animal , d'autres à la fabrication de la gélatine, et quelques-
uns enfin (tibia, péroné et fémur) sont revendus aux fabricants de bou-
tons; mais l'immense majorité des os est employée à la fabrication du noir
animal , on n'en emploie pas moins de 2 5 000 kilogrammes par jour à cet usage;
ces os avant d'être livré à la calcination subissent un travail préparatoire qui
a pour but l'extraction du suif. Pour cela on casse les os à la hache, on les
fait bouillir dans des grandes chaudières avec de l'eau pendant trois heures
environ; la graisse vient à surnager, on l'écume, on retire les os ainsi dé-
graissés, on les jette sur un tas pour leur faire subir une espèce de fermenta-
tion dans laquelle la production de la chaleur amène un certain état de
dessiccation qui permet à l'os d'être livré à la calcination.
» Dans les deux opérations qui précèdent, l'os subit une profonde alté-
ration: par la coction prolongée dans l'eau une grande quantité de gélatine,
sixiécessaire à la fabrication d'un bon noir, se dissout; mais c'est principa-
lement la fermentation et l'exposition forcée des os pendant quelques mois
à l'air qui amène la presque complète destruction de la matière animale,
de là un noir d'une mauvaise qualité; et tout cela pour ne donner qne de
5 à 6 pour i 00 de suif.
» J'arrive à des résultats bien plus avantageux par l'application du sulfure
de carbone : je concasse mes os presque en poudre, je les traite par cet agent
qui dissout presque instantanément tout le suif contenu dans les os, et ce
sans altération aucune de sa matière animale; je distille et j'obtiens de 10
à 12 pour 100 de suif d'une qualité supérieure à celui obtenu parla coc-
tion » .. ,-,, ; . .
L'auteur fait ensuite connaître les procédés qu'il a imaginés .pour l'appli-
cation du sulfure de carbone à l'extraction des huiles provenant des graines
oléagineuses, et au dégraissement des laines eu suint. Le défaut d'espace
nous empêche de le suivre dans cette partie de son travail. Nous nous con-
tenterons de dire, relativement à ce dernier emploi, que le suint isolé par la
( 2 °9 )
nouvelle méthode devient lui-même un produit utilisable; il se présente
sous forme d'une substance butyreuse propre à entrer dans la composition
de certains savons.
économie bubale. — Note sur le rempoissonnement des cours d'eau;
parM.. C Millet, inspecteur des forêts. (Extrait par l'auteur.)
(Renvoi à l'examen de la Commission précédemment nommée.)
« La Note résume les principaux résultats que j'ai obtenus, dans la gare
de Cttoisy-le-Roi, par l'emploi de moyens réellement pratiques destinés à
assurer l'empoissonnement des cours d'eau Dans mes explorations sur
les rives de la Seine, j'ai reconnu que la gare de Choisy pouvait être utilisée
pour des travaux de pisciculture pratique. Cette gare, qui est creusée pa-
rallèlement au cours de la Seine, forme, sur la rive droite de ce fleuve, un
grand rectangle de 4°o mètres de longeur sur 60 mètres de largeur; elle
communique directement avec la Seine par un petit canal complètement
libre, sans écluse et sans barrage.
» Pendant ces trois dernières années, à partir du mois d'avril i852, j'ai
installé mes appareils dans la gare et j'y ai organisé des frayères artificielles,
placées sous la surveillance des employés de la gare. Mes frayères artifi-
cielles couvertes chaque année de plusieurs millions d'oeufs, et mes appareils
flottants chargés chaque année de plusieurs milliers d'ceufs des meilleures
espèces, ont produit des quantités considérables de jeunes poissons qui
peuplent aujourd'hui la gare, et qui, au fur et à mesure de leur dévelop-
pement, se répandent dans les cantons limitrophes sur tout le cours de la
Seine. Ces résultats, surtout ceux qui se rapportent aux années 1 853 et 1 854,
pendant lesquelles la reproduction naturelle du poisson a été nulle ou
presque nulle dans la contrée, en raison des influences atmosphériques et
du régime des eaux, ont produit une heureuse impression sur les riverains,
pour la propagation et la conservation du poisson, et sur les nombreux
visiteurs qui ont suivi mes expériences, et qui n'ont pas tardé à en appli-
quer les principes sur divers points de la France et de l'étranger.
» Pour ne laisser subsister aucun doute, aucune incertitude dans l'esprit
des riverains, même les plus incrédules, j'ai eu l'idée de faire éclore, dans
la gare, des œufs de poisson rouge ou Cyprin doré de la Chine. Dès le
printemps de 1 855, cette jolie espèce était abondamment répandue dans la
gare et dans la Seine, à plusieurs kilomètres de distance. Antérieurement à
cette importation, l'inspecteur de la navigation et les riverains qui habitent
( 2JO )
le pays depuis plus de trente ans, n'avaient pas vu ou péché un seul poisson
rouge.
« L'importance des résultats obtenus fixera, j'ose l'espérer, la bienveil-
lante attention de l' Académie, et pourra peut-être donner une nouvelle
preuve à "l'appui de l'opinion que j'ai émise, à savoir que lapisciculture
pratique était facile et peu coûteuse sur les cours d'eau, et que leur empois-
sonnement pouvait être opéré sans avoir recours à des établissements spé-
ciaux. » .
M. S. Cadet adresse, de Rome, un nouveau manuscrit contenant :
i°. Des rectifications relatives a ses communications précédentes.
2°. Des considérations sur les causes de certaines monstruosités el de
certains cas de grossesse extra- utérine et de quelques cas de stérilité.
3°. Des observations sur les bons effets obtenus de l'éthiops minéral
dans le traitement du ckoléra-morbus et de quelques autres maladies. Dans
cet envoi sont comprises six planches relatives, les unes à son Mémoire sur
les déjections des cholériques, les autres à sa Note sur une nouvelle distri-
bution des corps naturels.
^Renvoi à l'examen des Commissaires nommés pour les précédentes com-
munications de l'auteur.)
M. Elwart transmet des documents à l'appui des précédentes commu-
-nications de M. Tironi sur le traitement du choléra-morhus .
(Renvoi à l'examen de la Section de Médecine constituée en Commission
spéciale du concours pour le prix du legs Bréant. )
M. Levead adresse une Lettre relative à sa précédente communication sur
le traitement du ckoléra-morbus.
(Renvoi à la même Commission.)
M. Beaotoïil envoie de Bruxelles, pour le concours Montyon (prix de
Médecine et de Chirurgie), un Mémoire imprimé portant pour titre : « De
l'entéropàthie métallique », et y joint, conformément à une condition
imposée aux concurrents, une Note manuscrite indiquant ce qu'il considère
comme neuf dans son travail.
(Renvoi à la Commission des prix de Médecine et de Chirurgie. )
ê
( »II )'
CORRESPONDANCE.
M. le Secrétaire perpétuel donne lecture d'une Lettre de M. le Minis-
tre de l'Instruction publique qui, en date du 22 janvier, autorisait l'Aca-
démie à prendre, sur les fonds restés disponibles, une somme destinée à
augmenter trois des prix qui devaient être décernés dans la séance du 28.
M. le Ministre de l'Agriculture, du Commerce et des Travaux publics
adresse, pour la bibliothèque de l'Institut, un exemplaire du Catalogue des
Brevets d'invention pris en 1 8^4-
M. le Secrétaire perpétuel présente, au nom de M. Rayer, président de
la Société de Zoologie, un exemplaire du tome I er de la seconde série des
Comptes rendus et Mémoires de cette Société.
M. C. Gay prie l'Académie de vouloir bien le comprendre dans le nom-
bre des candidats pour la place aujourd'hui vacante dans la Section de
Botanique.
« Par la mort de M. Gaudichaud, la Section, dit M. Gay, se trouve privée
d'un botaniste voyageur, genre de mérite qui a été en quelque sorte tou-
jours représenté depuis la nouvelle organisation de l'Institut, d'abord par
Desfontaines et Labillardière, et ensuite par Auguste Saint-Hilaire et Gau-
dichaud. Si, comme je le pense, les intentions de l'Académie sont de con-
server dans cette Section un voyageur toujours à même, par sa grande
expérience, de prendre une part très-active à la plupart des questions scien-
tifiques extra-européennes que la fréquence des voyages fait à tout moment
naître et auxquelles l'Académie s'intéresse si vivement, je vous prie,
Monsieur le Président, de vouloir bien me faire inscrire au nombre des
candidats pour la place aujourd'hui vacante. »
( La Lettre, avec l'Exposé des titres qui y est joint, est renvoyée à l'examen
de la Section de Botanique. )
M. Ehrmann, professeur d'anatomie pathologique à la faculté de Stras-
bourg, prie l'Académie de vouloir le considérer comme candidat pour la
place de Correspondant vacante dans la Section de Médecine.
(Renvoi à l'examen de la Section de Médecine.)
M. Vicat, dont les recherches statistiques sur les substances calcaires à
(212)
chaux hydraulique et à ciment naturel ont obtenu un des prix décernés
dans la séance publique du 28 janvier dernier, adresse des remercîments
à l'Académie, -..,".'. .t.. ■_•_■:■.. . - .L: : •_ ^_ _ .
LÀ Société royale des Sciences d'Upsal adresse à l'Académie "le~I er vo-
lume d'unetroisïème série de ses Jeta.
La Société impériale des Naturalistes de Moscou envoie deux nouveaux
numéros de son Bulletin.
L'Académie royale des Sciences de Madrid envoie deux nouvelles livrai-
sons de ses Mémoires {Sciences naturelles, t. I er , partie ni; Sciences ma-
thématiques, t. II, I™ partie); 2 un Résumé des Actes de l'Académie pour
les années- i85i-i85a et i852-i853; 3 Q un programme des prix proposés
pour l'année 1 856.
La Société Lesnebsse" de Londres envoie une nouvelle série des procès-
verbaux de ses séances et remercie l'Académie pour l'envoi d'une nouvelle
série des Comptes rendus.
« M. Moques-Tandon présente à l'Académie, de la part de M. A. Bec-
querel, médecin de l'hôpital de la Pitié, agrégé à la Faculté de médecine de
Paris, une Note manuscrite, intitulée : Du Développement de la Fièvre
typhoïde chez les animaux. M. Moquin-Tandon résume, dans les termes
suivants, le travail de M. Becquerel.
» Dans une vaste propriété, aux environs de Paris, appelée leLouvrel,
appartenant à M. Mainguet,.se trouve un château entouré d'un parc. Ce
parc, placé à peu près en amphithéâtre sur les bords de la Seine, renfermait
une centaine de lièvres qu'on ne chassait pas. Depuis quatre ans, on
voyait, de temps en temps, certains de ces animaux, fatigués, qui ne
fuyaient pas l'approche de l'homme, et qui venaient mourir dans les allées.
Us ne présentaient aucune blessure grave, mais ils étaient amaigris, efflan-
qués et avaient le ventre volumineux et ballonné. Cet automne, la mor-
talité augmenta considérablement. On consulta M. A. Becquerel, et on lui
envoya trois sujets. M. Becquerel examina ces lièvres avec soin. Il en donne,
aujourd'hui, dans sa Note, l'autopsie et l'anatomie pathologique. I! fait
remarquer que ces animaux présentent les lésions les mieux caractérisées
de iafèvre typhoïde. Il est mort de cette maladie, dans le parc dont il s'agit,
depuis quatre ans, de soixante-dix à quatre-vingts lièvres. »
(ai3)
physique mathématique — Note sur la chaleur latente des vapeurs; par
M. Legband, professeur d'Astronomie à la Faculté des Sciences de Mont-
pellier.
« Nous calculons mal la chaleur latente des vapeurs, parce que nous ne
prenons pas en considération leur chaleur spécifique; c'est ce qui nous
empêche d'apercevoir la loi très-simple qui paraît la régir. En effet, nous
concevons, souvent sans le dire, que la vapeur se condense à la température
où elle entre dans le serpentin, et nous établissons la formule comme si dès
ce moment elle possédait la même quantité de chaleur qu'un poids égal de
liquide à la même température. Mais il faut faire attention qu'au moment
où elle change d'état, elle change brusquement de chaleur spécifique et en
prend une plus forte. En opérant comme si c'était du liquide à même tem-
pérature, on lui attribue plus de chaleur libre qu'elle n'en avait à l'état de
vapeur, et l'on prend ce surplus à la chaleur latente qu'on trouve par suite
trop faible.
» Voici comment il me semble qu'il faut procéder. Soient t, m, c, la
température, le poids et la chaleur spécifique de la vapeur saturée ; t', m% c',
la température initiale, le poids et la chaleur spécifique du liquide employé
à la condensation (le serpentin compris); enfin t" la température finale de
ce liquide quand la condensation est opérée, et x la chaleur latente de
l'unité de poids de vapeur. Le liquide, après la condensation, a la masse
m + m ' ; et sa quantité de chaleur au-dessus de zéro est (m + m') c't". Elle
se compose de ce qu'elle était d'abord m' c't', plus de la chaleur libre met
de la vapeur au-dessus du même point, plus de la chaleur latente mx; on
a donc :
met -+■ mx ■+- m' c' f — (m + m!) c' f,
d'où l'on tire
>n' c' , „ ,.
x = -—{t"-t?)-ct + c'f
pour la chaleur latente de l'unité de poids, et
x-het ou X = — ' (if'- t') -{- c't"
pour la chaleur totale. Par le raisonnement ordinaire on aurait
J=~(i"-f)~c't + c't"
C . R . , i856 , i « Semestre. ( T. XLII , N° S. ) 29
( ai4 )
pour la chaleur latente, et .._,....
f + c>t ou Y = ^(e-*) + crt*
pour la chaleur totale. Les formules coïncident pour la chaleur totale, et
diffèrent pour la chaleur latente; mais c'est justement celle-ci qui paraît
suivre une loi très-simple. On voit bien sans doute que je suppose le liquide
condensant de même nature que celui d'où émane la vapeur. On voit égale-
ment que je compte le calorique de température de la vapeur à partir de
zéro ; il n'est pas difficile de modifier les formules de manière à le compter
de telle autre température qu'on voudra; mais le point de départ que
j'adopte paraît mériter la préférence, du moins pour la vapeur d'eau que
j'ai surtout en vue. '.'"., , .
»' Pour appliquer la formule de la chaleur latente à la vapeur d eau, je
ne puis mieux faire que d'emprunter les résultats que nous devons à M. Ee-
-nault, ou plutôt la formule qui les représente. En appelant l la tempéra -
tore de la vapeur et l la chaleur totale pour l'unité de poids, il a trouvé que
de o degré à a3o degrés les expériences s'accordent de la manière la plus
satisfaisante avec la formule ■■'..';' ..!:..
1= 6o6,5 + o,3o5.*, ou Z- 0,305(1988,5 4- t).
» Pour déduire de là la chaleur Iate»te,il faut de / retrancher et. Or ùnë
oeut être ici ni la chaleur spécifique sous pression constante, ni la chaleur
spécifique sous volume constant ; car elles ne peuvent être prises sans faire
passer la- vapeur ou à l'état de gaz ou en partie à Vétat liquide. Pour les ^ va-
peurs saturanlfl'espace, qui ne sontni gaz ni liquide, il a'y-a d^utre. chaleur
spécifique que celle signalée et définie par M. Regnanlt (Recherchés ,etc.;
tome I, page 727); c'est la quantité de chaleur qu'il faut fournir ai kilo-
gramme de vapeur saturée pour élever sa température de 1 degré, lorsque
Ton comprime en même temps cette vapeur de manière à la maintenir a
l'état de saturation; eu d'autres-termes, c'est —on o,3o5. Or, si de / on
retranche o,3o5 .*, il reste 6o6,5 ; c'est-à-dire que la chaleur latente cal-
culée comme je l'ai expliqué, est constante. Quant aux termes, c'est la loi de
Southern; mais au fond, c'est assez-différent. Entendue comme je le fais ici,
elle me paraît devoir être admise comme une déduction ou interprétation
très-légitime des expériences de M. Regnault, U restera à voir, si elle peut
s'appliquer à d'autres liquides.
» Mais il importe de remarquer que le. chiffre-de la chaleur latente dé-
pend entièrement du point d'où l'on compte la chaleur de température et.
( ai5 )
C'est 6o6,5 quand on la compte du zéro habituel; c'est 637, si on la compte
de 100 degrés; c'est o, si on la compte de — i988°,5, comme on le voit tout
de suite par la seconde expression de /. Dans ce dernier cas, le point de
départ est comme un zéro absolu pour la vapeur. Il n'y a plus de chaleur
latente, mais seulement de la chaleur de température. L'expression de cha-
leur latente n'a été introduite que par la comparaison de la vapeur au
liquide d'où elie émane. Pour qu'elle eût un sens net ou précis, il faudrait
qu'il y eût une limite connue de température au-dessous de laquelle la va-
peur ne se forme plus. On prendrait naturellement cette limite pour origine
des températures de la vapeur; et, quand celle-ci naîtrait à une température
quelconque, on ferait mentalement deux parts de la chaleur qu'elle prend
au liquide. L'une serait celle qu'il lui faudrait pour exister à l'état de vapeur
saturant l'espace à la température limite, et l'autre celle qui lui donne la
température du liquide ; la première serait la chaleur latente, et la deuxième
la chaleur de température entendue comme ci-dessus. En l'absence d'une
telle limite, l'expression de chaleur latente conserve un vague qu'on ne
peut faire disparaître qu'en en adoptant une arbitrairement; celle de zéro
paraît très-convenable, surtout pour la vapeur d'eau. »
physique. — Note sur l'emploi des appareils d'induction; effets des
machines multiples ; par M. Lréox Foucault.
« Les machines d'induction, telles que les construit aujourd'hui l'habile
artiste M. Ruhmkorff, passent parmi les hommes de science pour avoir
atteint le plus haut degré de puissance qu'elles comportent ; lorsqu'on veut
leur donner des dimensions plus considérables, l'effet ne croît pas propor-
tionnellement, et les organes d'interruption du courant inducteur se dé-
truisent avec une rapidité qui oblige à revenir au modèle consacré par
l'usage. Cependant ces sortes d'appareils remplaceraient sans doute avec
avantage l'ancienne machine électrique, si l'on parvenait à leur faire pro-
duire des effets plus puissants.
» Les étincelles qu'on obtient actuellement des machines inductives,
ne s'élancent guère au delà de 8 à io millimètres, et déjà pourtant
elles accusent dans le courant d'induction une forte tension, dont le
développement dépend de l'intensité du courant inducteur et de la lon-
gueur du fil induit; mais ce qui favorise surtout cette haute tension, c'est
la cessation plus ou moins brusque du courant inducteur. Or il n'y a pas
de moyen connu d'interrompre instantanément un courant qui circule
29..
( 2 i6)
avec intensité dans un long conducteur métallique. La séparation, quelque
rapide qu'elle soit, .des pièces contiguës destinées aux contacts, n'a jamais
lieu sans production d'une étincelle plus bu moins visible, qui montre
que tout courant qu'on voudrait arrêter court est effectivement; prolongé
pendant quelques instants par un extra-courant dirigé dans le même sens.
Ces étincelles d'extra-courant sont plus vives, plus durables et plus nuisibles
à mesure que le courant interrompu parcourt un plus long.circuit, et comme
ce|ui-ci se développe nécessairement avec les dimensions de l'appareil, il
arrive qu'en cherchant à les accroître on finit par perdre d'un côté ce que
l'on gagne de l'autre.
- » Tel est en réalité l'obstacle qui, malgré l'adjonction du condensateur
de M. Fizeau, est venu s'opposer à ce qu'on donnât une plus grande ex-
tension au phénomène révélé par l'admirable découverte de M. Faraday,
i » Cependant, en assimilant les appareils d'induction aux autres sources
connues d'électricité dynamique, qui toutes sont susceptibles d'être réunies
en série et de donner des effets de tension proportionnels au nombre des
éléments électromoteurs, j'arrivai à conclure qu'il en serait de même entre
plusieurs machines inductives, pourvu qu'elles fussent assujetties à fonc-
tionner d'une manière concordante.
» Si, en effet, cette condition était réalisée, chaque machine .ayant ses
organes propres, tous, les courants inducteurs se distribueraient isolément,
et les étincelles d'extra-courant, éclatant par hypothèse au même instant,
auraient toutes ensemble même durée que si chaque machine fonctionnait
seule; l'influence inductive s'exercerait donc simultanément dans tous
les appareils sans qu'il y eût réaction croissante et nuisible provenant de
l'ensemble des extra-courants.
~ ; » Toute la difficulté se trouve ainsi ramenée à établir entre plusieurs
machines une solidarité qui maintienne entre les phases des courants in-
ducteurs une concordance parfaite. Quand on opère avec deux machines,
ce résultat s'obtient d'une manière assez simple en alimentant les deux
courants inducteurs par une même pile, et en faisant communiquer
métalliquement les interrupteurs électromagnétiques.
» Pour fixer les idées, je suppose que le courant fourni par lepôle positif
de la pile pénètre en se bifurquant dans les bobines inductrices; au sortir
de celles-ci, les deux rameaux rencontrent les interrupteurs, traversent les
points de rupture et se réunissent au delà pour rentrer dans la pile par le
pôle négatif. Dans ces circonstances, les deux machines marchent à la
fois, mais d'une manière indépendante et sans augmentation notable du
( 2I 7 )
résultat final. Si alors on établit une communication entre les deux
courants partiels par un fil métallique inséré de part et d'autre en quel-
que point du fil inducteur situé entre la bobine et la pièce vibrante,
l'accord s'établit -et le système fonctionne avec la puissance d'une machine
double.
» Cet accord résulte évidemment de ce que celui des deux marteaux in-
terrupteurs qui, par une cause quelconque, tendrait à prendre l'avance,
détermine par son jeu les mêmes périodes d'aimantation dans les deux ma-
chines, et que, par suite, il oblige l'autre marteau à le suivre d'assez près
pour que leurs mouvements simulent un synchronisme parfait, et qu'il y
ait partage de l'étincelle entre les deux points de rupture.
» On reconnaît qu'effectivement les tensions ont gagné, car les étincelles
du courant induit sont bruyantes, sinueuses et longues de 16 à 18 milli-
mètres.
» Si l'on voulait étendre à plusieurs appareils l'expérience qui m'a réussi
pour deux, il y aurait encore à compter avec certaines difficultés. D'abord
le synchronisme ne pourrait pas s'établir d'une manière aussi simple, et de
plus l'isolement des deux bobines formées par l'enroulement du fil induc-
teur et du fil induit deviendrait insuffisant. Déjà, en opérant avec deux ma-
chines, il est nécessaire pour éviter les pertes d'établir les communications
de telle sorte, que les tensions positives et négatives s'accumulent aux extré-
mités externes et libres des deux fils induits, tandis que les extrémités
internes réunies persistent à l'état naturel.
» Si l'habile constructeur, de qui l'on tient le bel appareil généralement
désigné sous son nom, croit pouvoir réaliser un isolement plus parfait, on
arrivera sans doute à reculer de plus en plus la limite qui paraissait s'oppo-
ser à l'extension progressive des phénomènes d'induction. »
chimie organique. — Recherches sur une nouvelle classe dalcoob;
par MM. Acgcste Cahours et A.-W. Hofmann.
« En soumettant à la distillation sèche la glycérine, soit seule, soit addi-
tionnée de bisulfate de potasse ou d'acide phosphorique anhydre, M. Red-
tenbacker obtint un produit remarquable, auquel il donna le nom tfacro-
léine. Celui-ci présente tous les caractères d'une aldéhyde et, de même
que l'aldéhyde vinique, se change, sous l'influence des corps oxydants, en
un acide auquel il donna le nom d'acide acrylique.
» Les recherches de MM. Will et Wertheim sur les essences d'ail et de
moutarde conduisirent à rapprocher ces composés de l'àcroléi ne, analogies
(ai8)
qui furent mises en évidence par les travaux récents de ;MM.. Berthelot;
et de Luca, relatifs au propylène iodé, corps analogue aux propylènes chloré
et brome obtenus antérieurement par MM. Cahours, Reynolds et Hof-
mann,etsurla transformation ultérieure de ce produit en essence.de mou-
tarde par son action sur le sulfocyanure de potassium.
» Il restait donc à trouver la clef de voûte de cet édifice, c'est-à-dire l'al-
cool auquel on pût non-seulement rattacher tous les composés précédents,
mais encore faire naître une série de produits correspondant, soit aux éthers
simples, soit aux éthers composés dérivés de l'alcool ordinaire. Après bien
des tentatives demeurées longtemps infructueuses, nous sommes parvenus
à produire l'alcool et l'éther de cette série, pour laquelle nous adopterons
le nom de série acrylique, de même qu'un certain nombre d'éthers com-
posés. Pour arriver à ce résultat, nous avons fait réagir le propylène indé
sur divers sels d'argent. C'est ainsi que dans l'action réciproque de l'oxa-
îate d'argent et du propylène iodé ou obtient de l'iodure d'argent et de
l'oxalate acrylique. Ce dernier, séparé de l'iodure d'argent, lavé à l'eau,
séché sur du chlorure de calcium, puis distillé, se présente sous la forme
d'un liquide incolore, limpide, plus pesant que l'eau, doué d'une odeur
aromatique qui rappelle celle de l'éther oxalique, boitillant à io-j degrés,
auquel l'analyse assigne une composition qui s'accorde avec la formule
C»H ï 0*="C 2 O , ,C' l H 5 O. '""
Traité par un excès d'ammoniaque sèche, ce composé se transforme en
oxamide, en régénérant l'alcool acrylique. Ce dernier est un liquide inco-
lore, très-mobile, doué d'une odeur piquante qui rappelle celle de la mou-
tarde, bouillant à io3 degrés, auquel l'analyse assigne la formule
C« H 6 O 2 = 4 vol. vapeur.
» L'alcool acrylique brûle avec une flamme beaucoup plus lumineuse que
l'alcool ordinaire. Il se mêle en toutes proportions avec l'eau. Traité par
le potassium, il dégage de l'hydrogène et se transforme en une matière
gélatineuse qui correspond à l'alcool potassé. Cette dernière est vivement
attaquée par l'iodure acrylique ( propylène iodé), il se dépose de l'iodure de
potassium en abondance, en même temps qu'il se forme un liquide incolore,
plus léger que l'eau, entièrement insoluble dans ce véhicule, qui correspond
a l'éther ordinaire. La réaction s'explique facilement au moyen de l'équa-
tion C 6 H 5 K0 2 + C 6 H 5 1 = Kl 4~ C ,2 H ,0 O 2 .
» En traitant l'alcool potassé par l'iodure acrylique, ou bien l'alcool acry-
f aig )
Uque cotasse par l'iodure d'éthyle, il se forme de l'iodure de potassium, et
l'on obtient un liquide limpide, incolore, aromatique, qui n'est autre chose
qu'un éther mixte renfermant les radicaux éthyle et acryle.
» Le phénol potassé donne des résultats analogues par son action sur
l'iodure acrylique.
» En distillant l'alcool acrylique avec le chlorure, le bromure ou l'io-
dure de phosphore, on reproduit avec la plus grande facilité les éthers
chlorhydrique, bromhydrique et iodhydrique de cette série.
» L'alcool acrylique se dissout sans coloration dans l'acide sulfurique
au maximum de concentration, et donne un acide copule formant avec la
baryte un sel soluble et cristal lisable. Ce sel est anhydre; l'analyse lui
assigne la formule BaO, S0 3 ,C 6 H 5 0, SO 3 .
« L'acide phosphorique anhydre attaque l'alcool acrylique sous l'in-
fluence d'une douce chaleur. Il se dégage un gaz incolore, brûlant avec une
flamme très-lumineuse, dont nous n'avons pas fait l'analyse. Selon toute
apparence, sa composition doit être exprimée par la formule C G H 4 .
» L'alcool acrylique est promptement attaqué par les agents oxydants.
Un mélange d'acide sulfurique et de bichromate de potasse agit sur ce
corps avec une violence extrême. Les produits de cette réaction sont de
l'acroléine et de l'acide acrylique. Le noir de platine produit la même trans-
formation. Enfin, ce même alcool, traité par la potasse et le sulfure de
carbone, donne un composé qui cristallise en belles aiguilles jaunes res-
semblant au xanthate de potasse, et auquel l'analyse assigne une formule
analogue.
» A l'aide de l'alcool lui-même, de l'acide vinique ou de l'iodure acry-
lique, tous les termes de cette série se produisent avec la plus grande faci-
lité. Voici quelques éthers acryliques obtenus de cette manière.
» Uacrjle-oxaméthane ou Yoxamate d'acrjle se forme en ajoutant de
l'ammoniaque par petites portions à l'oxalate acrylique jusqu'à ce qu'il
commence à se former de l'oxamide. La solution filtrée donne par l'éva-
poration de magnifiques cristaux solubles dans l'alcool.
» Le carbonate d'acrjle est une huile plus légère que l'eau, qui se pro-
duit facilement par l'action du sodium sur l'oxalate. Une solution alcoo-
lique de ce composé traitée par la baryte donne du carbonate de cette base
en régénérant l'alcool.
» Le benzoate d'acrjle se produit facilement par l'action du chlorure de
benzoïle sur l'alcool acrylique. C'est un liquide plus pesant que l'eau,
bouillant à 220 degrés, doué d'une odeur aromatique analogue à celle d*>
( 220 )
l'éther benzqïque. L'analyse assigne à ce composé la formule
C 20 H ,0 O 4 = C 24 H 5 O 3 ,C 6 H 5 O.
» Le même corps se produit facilement par l'action réciproque de l'io-
dure acrylique et du benzoate d'argent.
» L'acélafe d'acryle obtenu par l'action de l'iodure acrylique sur l'acé-
tate d'argent est un liquide incolore, très-limpide, plus léger que l'eau, et
doué d'une odeur aromatique analogue à celle de l'éther acétique. L'ana-
lyse conduit pour cette substance à la formule
C 10 H 8 O 4 = C 4 H 3 O 8 , C 6 H 5 O.
» Le cyanate d'argent est vivement attaqué, même à froid, par l'iodure
acrylique ; la chaleur produite par la réaction est assez intense pour que le
composé qui en résulte distille presque en entier. On obtient ainsi un
liquide incolore, très-limpide, bouillant à 82 degrés, doué d'une odeur
extrêmement pénétrante, analogue à celle de l'éther cyanique, et qui pro-
duit le larmoiement à un haut degré. L'analyse assigne à ce produit la for-
mule C 8 H 5 AzO 2 = C 2 AzO, C 6 H 5 0. C'est le cyanate acrylique. Ce com-
posé s'échauffe légèrement lorsqu'on le mêle à l'ammoniaque, disparait
promptement, et la liqueur fournit par l'évaporation une magnifique
substance cristallisée, qui n'est autre chose que l'urée acrylique. L'analyse
assigne, en effet, à ce composé la formule
C 8 H 8 Az 2 2 = C 2 (H 8 ,C 6 H 5 )Az 2 2 ,
qui ne diffère de la thiosinnamine
C 8 H 8 Az 2 S 2 = C 2 (H 3 ,C fl H 5 )Az 2 S 2 -- -
qu'eu ce que le soufre s'y trouve remplacé par une quantité équivalente
d'oxygène.
» L'aniline produit avec le cyanate acrylique une substance analogue qui
cristallise avec la plus grande facilité.
» Chauffé avec de l'eau, le cyanate acrylique finit par se solidifier entiè-
rement. Le produit obtenu de cette manière présente toutes les propriétés
et la composition de la sinapoline, c'est-à-dire de la diacryl-urée. En effet,
l'aualyse que nous avons faite de cette substance conduit à la formule
C' 4 H' 2 Az 2 2 — C 2 [H 2 , (C 6 H 5 ) 2 ]Az 2 2 .
Sa formation s'explique au moyen de l'équation -.."-■
2 (C 8 H 5 Az0 2 ) ■+■ 2HO ■ = C' 4 H 12 Az 2 2 + aCO».
Cyanate acrylique. Sinapoline.
( 22 1 )
w Le cyanate acrylique se décompose par l'ébullition avec une lessive
concentrée de potasse ; il se forme bientôt une matière concrète qui nage à
la surface et qui n'est autre chose que cette même sinapoline. Le produit
distillé, recueilli dans un récipient refroidi, consiste en un mélange de mé-
thylamine, de propylamine et d'acrylamine. Cette dernière distille entre 1 80
et 190 degrés; elle ne paraît pas susceptible de former, avec le bichlorure
de platine, un sel bien nettement cristallisé.
» Il résulte des expériences que nous venons de rapporter qu'il existe une
nouvelle classe d'alcools, dont l'alcool acrylique formerait le troisième
terme. De même que l'alcool ordinaire, l'alcool acrylique fournit une série
de dérivés qu'on peut formuler d'une manière analogue.
» Les différents termes connus de cette nouvelle série peuvent, en effet,
se formuler de la manière suivante, en les comparant à leurs correspondants
de la série vinique :
alcool acrylique,
,, ou C"H"0 ! éther acrylique,
C 6 H 6
C 6 H s O
C 6 H 5 Cl chlorure acrylique ,
C 6 H 5 Br bromure acrylique ,
G c H 5 1 iodure acrylique ,
C 6 H s S sulfure acrylique (essence d'ail),
CH'O, C*S 4 xanthate acrylique,
C 6 H 5 S, C 2 AzS sulfocyanure ( essence de
moutarde),
C 6 H s O, C Az O cyanate acrylique ,
C 6 H 5 0, C 2 3 oxalate acrylique,
C s H'O, C 4 H 2 Az0 5 oxamate acrylique,
G 6 H s O, CO 2 carbonate acrylique ,
C S H S O, C 4 H 3 3 acétate acrylique,
G* H'O, C* H s O 3 benzoate acrylique ,
C 6 H s O, SO% HO, SO 3 acide snlfoacrylique,
G 6 H* O 2 aldéhyde acrylique (acroléine)
C s H 4 O 4 acide acrylique ,
C 6 H 6 hydrocarbure (propylène),
C 8 H 8 Az 2 O 2 urée acrylique ,
C 14 H 12 Az 2 O 2 diacrylurée ( sinapoline ) ,
C 8 H 8 Az 2 S 2 urée acrylique sulfurée ( thiosin-
namine) ,
C 4 H 6 2 alcool vinique,
C 4 H 5 ou C s H"0' éther ordinaire,
C 4 H 5 Cl chlorure éthylique,
C 4 H s Br bromure éthylique,
C 4 H s I iodure éthylique,
C 4 H s S sulfure éthylique ,
C 4 H 5 0,C 2 S 4 xanthate éthylique ,
C 4 W S, C 2 Az S sulfocyanure éthylique ,
C 4 H s O, C 2 Az O cyanate éthylique,
C 4 H 5 0, C 2 3 oxalate éthylique,
C 4 ffO, C 4 H 2 AzO s oxamate éthylique,
C 4 H 5 0, CO 2 carbonate éthylique,
C 4 B 5 0, C 4 H 3 O 3 acétate éthylique,
C 4 H 5 0, C' 4 H 5 O 3 benzoate éthylique,
C 4 H s O, SO 3 , HO SO 3 acide sulfovinique ,
C 1 H' O 2 aldéhyde vinique,
C 4 H*0 4 acide acétique,
C 4 H s hydrocarbure ( acétène ) ,
C° H 8 Az 2 O 2 urée éthylique ,
C'° H" Az 2 O 2 diéthylurée,
C e H 6 Az 2 S 2 urée éthylique sulfurée.
» L'alcool acrylique dont nous venons d'esquisser les propriétés princi-
pales forme le troisième terme d'une série parallèle à celle qui comprend
l'alcool ordinaire et qu'on peut représenter par la formule générale
C. R., i856, 1" Semestre. (T. XL1F, N» M-^ ^O
■o.)
( 22 . 2
C 2 ' 2 H 2 " O 2 , et dont les deux termes acroléine et acide acrylique sont connus
depuis plusieurs années. "
» On connaît, en effet, un groupe d'acides homologues qui sont dans les
mêmes relations à l'égard de l'acide acétique que notre alcool à l'égard de
l'alcool ordinaire. L'éther acrylcyanhydrique, que nous n'avons pas obtenu
jusqu'à présent dans un état de pureté suffisant pour le soumettre à l'ana-
lyse, présenterait un grand intérêt en ce qu'il doit fournir, sous l'in-
fluence de la potasse, un acide homologue de l'acide acrylique. »
chimie organique. — Sur la production artificielle de l'essence de cannelle;
par M. L. Ghiozza.
« Le dédoublement que. certains acides organiques, tels que l'acide
acrylique, l'acide angélique, l'acide cinnamique, éprouvent sous l'influence
de la potasse en fusion, m'a conduit à entreprendre quelques expériences
dans le but d'obtenir les aldéhydes correspondant à ces acides, par voie de
synthèse, au moyen des aldéhydes des acides plus simples en lesquels ils
se scindent par l'action de l'agent indiqué. Dans une Note publiée
tome XXXV, p. 701, des Annales de Chimie et de Physique,]^! démontré
que sous l'influence de la potasse l'acide cinnamique se dédouble en acide
benzoïque et en acide acétique, d'après la réaction suivante :
C 9 H 8 O 2 4- 2 (KHO ) = C 2 H 3 KO 3 4- C W KO 2 ■■+- H 2 .
» Il me restait à réaliser la réaction inverse, c'est-à-dire à produire l'acide
cinnamique, ou l'hydrure de cinnamyle, avec des éléments benzoïques et
acétiques : c'est ce qui a motivé l'expérience que j'ai^l'honneur de commu-
niquer à l'Académie.
» Un mélange d'aldéhyde acétique et d'hydrure de benzoïle saturé
d'acide hydrochlorique et chauffé légèrement se colore en brun foncé, en
dégageant beaucoup d'acide chlorhydrique et une grande partie de l'aldé-
hyde qui échappe ainsi à la réaction.
» Au bout de quelques minutes, le mélange se trouble par la séparation
de gouttelettes d'eau. Si on le soumet alors à la distillation, on recueille
d'abord de l'hydrure de benzoïle non altéré, puis une petite quantité d'un
liquide moins fluide qui, purifié par plusieurs rectifications et des lavages
avec des solutions alcalines, m'a présenté la composition et les caractères de
l'hydrure de cinnamyle. Ce mode d'opérer n'est cependant pas avantageux,
et je crois qu'en répétant l'expérience, il conviendra de remplacer l'acide
chlorhydrique par l'acide sulfurique et d'opérer en vases clos.
( 223 )
» Quoi qu'il en soit, l'odeur de la substance ainsi obtenue est parfaite-
ment semblable à celle de l'huile de cannelle naturelle. Cette odeur devient
surtout très-suave quand la substance commence à se résinifier.
» Récemment préparée, elle est neutre aux papiers réactifs, parfaitement
limpide et presque incolore ; mais par l'exposition à l'air elle s'acidifie
rapidement et ne tarde pas à se colorer. Une exposition prolongée la rési-
nifie entièrement.
» Je regrette de n'avoir pu soumettre une quantité plus considérable de
mon produit à une étude comparée avec l'hydrure de cinnamyle naturel.
Toutefois l'analyse de la substance, son mode de formation et son odeur
ne me laissent aucun doute sur sa nature.
» Quant à la manière d'envisager la réaction entre les deux hydrures,
je crois qu'on doit la considérer comme une éthérification semblable à celle
qu'éprouvent la plupart des acides organiques en présence des alcools et de
l'acide chlorhydrique.
» Il est probable que l'acide hydrochlorique, en réagissant sur l'un ou
l'autre des deux aldéhydes, donne lieu à la formation des chlorures
C1C 2 H 3 ou CIC'H 3 qui, en réagissant à leur tour sur les aldéhydes, régé-
nèrent l'acide chlorhydrique et produisent l'hydrure de cinnamyle :
C1H +C'H 6 = C1C 7 H 5 + H a 0,
G1C T H 5 + C 2 H 4 = C1H +C 9 H 8 0,
ou bien
Cl H -+- C a H 4 O = Cl C 2 H 3 -+- H 2 O,
C1C 2 H 3 + C 7 H 6 = C1H +C 9 H 8 0.
» Ce mode d'interprétation conduit nécessairement à admettre l'existence
de chlorures de radicaux non oxygénés, dont les hydrates seraient les aldé-
hydes, et à modifier peut-être les formules de constitution jusqu'ici attri-
buées à ces substances. Mais comme ces formules n'ont rien d'absolu et que
leur valeur ne dépend que du plus ou moins grand nombre de réactions
qu'elles mettent en évidence, je ne crois pas qu'il convienne pour le
moment de rapporter les aldéhydes au type hydrate plutôt qu'au type
hydrure.
» Telle est, du reste, aussi l'opinion de M. Gerhardt, auquel je dois en
partie les idées qui m'ont conduit à l'expérience que j'ai l'honneur de com-
muniquer à l'Académie, et dont j'espère être bientôt à même de publier
les détails. »
3o..
(-m4; )
CHlMlb;.:— Sur la préparation des chlorures et des bromures des radicaux
organiques , par l'action du protochlorure et du protobromure de phos-
phore; sur les acides monohydratés correspondants ; par M. "A. Béchamp,
professeur adjoint à l'École supérieure de Pharmacie de Strasbourg.
« Deux procédés ont été appliqués à la préparation des chlorures
correspondants aux acides monobasiques anhydres. i° M. Cahpurs {Jnnales
de Clrimie et de Physique, 3 e série, t. XXIII, p. 37),. qui, le premier, -a
opéré la conversion des acides organiques en chlorures correspondants,
fait réagir le perchlorure de phosphore sur les acides monohydratés : mais
ce procédé ne paraît applicable qu'à la préparation des chlorures dont le
point d'ébullition est supérieur à celui de i'oxychlorure de phosphore;
2 M. Gerhardt {Jnnales de Chimie et de Physique, 3 e série, t: XXXVII,
p. 294) fait réagir I'oxychlorure ou le protochlorure de phosphore, sur les
sels potassiques des acides monobasiques.
» Par des considérations théoriques exposées dans deux Notes que j'ai
eu l'honneur de présenter à l'Académie {Comptes rendus des séances du
a3 avril et du 2 juillet i855), j'ai été conduit à étudier l'action du prô^
tochlorure de phosphore sur les acides monohydratés monobasiques et sur
les éthers de ces acides. Il résulte de mes expériences que le protochlorure
de phosphore agit sur les acides monohydratés comme il le ferait sur un
mélange d'eau et d'acide anhydre, et sur les éthers de ces acides comme si
ces composés renfermaient réellement dans leur, molécule le groupe de
l'acide et le groupe de l'ether, c'est-à-dire que l'on obtient le chlorure cor-
respondant de l'eau ou de l'acide et le chlorure correspondant de l'éther.
Cette étude m'a fait trouver un troisième procédé de préparation des chlo-
rures organiques qui me paraît d'une application beaucoup plus générale,
certainement plus commode et moins dispendieuse, et qui revient, au fond,
au procédé de M. Cahours.
» Si R est le radical oxygéné d'un acide anhydre monobasique, BQ
la formule générale de l'acide organique anhydre correspondant, la quan-
tité des éléments réagissants à employer sera donnée par l'équation sui-
vante :
(A) aROHO-f- PCP-C1H+ PO'HO + aRCl,
qui est le résultat delà comparaison des deux équations uiéoriques que voici :
6RO,HO + PCI 3 = P0 3 3HO +- 3C1H h- 6RO,
6RO -+- aPCP = aPO 3 + 6RC1,
( 220 )
et qui sont démontrées par ces faits, que, si l'on emploie ces quantités, on
obtient le chlorure organique très-facilement exempt de protochlorure de
phosphore, en quantité presque égale à celle que la théorie indique, et que
le résidu ne se compose que d'acide phosphoreux solide. Je rappellerai de
plus, pour légitimer ces équations, que l'acide acétique anhydre fait lui-
même la double décomposition avec le protochlorure de phosphore en don-
nant du chlorure d'aeétyle, et, chose que je crois devoir faire remarquer,
cette double décomposition est plus facile et plus rapide qu'avec l'acide
monohydraté, si facile et si rapide même, que dans un mélange d'acide
anhydre et d'acide monohydraté, c'est le premier qui se décompose d'abord.
C'est en effet ce qui doit être d'après la manière dont j'envisage la constitu-
tion des acides monohydratés, c'est-à-dire que si réellement la transforma-
tion qui m'occupe n'est pas seulement une double décomposition, mais une
suite de deux doubles décompositions, si réellement elle se fait en deux
temps, la durée de la double décomposition doit être plus grande que celle
de l'acide anhydre. Il est probable qu'il eu est de même des autres acides
anhydres : c'est un fait que je n'ai pas encore eu l'occasion de vérifier.
» Le protobromure de phosphore se comporte exactement comme
le protochlorure; par son action sur les acides monohydratés, il dégage de
l'acide bromhydrique, et le bromure correspondant se produit, fait que
j'avais constaté dans le courant de juin 1 855, époque à laquelle j'ai eu l'hon-
neur d'envoyer à M. Regnault des échantillons de bromure d'aeétyle et de
chlorure de valéryle.
» L'oxychlorure de phosphore réagit aussi sur les acides monohy-
dratés, mais avec moins d'énergie que le perchlorure, et même que le pro-
tochlorure peut-être. Le résidu n'est point de l'acide phosphorique trihy-
draté, mais, comme je devais m'y attendre, un mélange d'acide trihydraté
précipitable à l'état de phosphate ammoniaco-magnésien et d'acide meta phos-
phorique qui précipite directement le chlorure de barium, qui coagule
l'albumine et précipite en blanc le nitrate d'argent, c'est-à-dire que, de
même qu'avec le chloride phosphoreux, on a, en réunissant les deux
phases dans une même équation,
6RO,HO + 3PCl s 2 = P0 5 3HO+ aP0 5 + 3C1H + 6ROC1.
Je me réserve de donner une démonstration plus complète de cette équa-
tion, et d'en tirer des conclusions.
» A l'aide du chloride phosphoreux et du bromide, j'ai obtenu très-
facilement des chlorures de cinnamyle, debenzoïle, de valéryle, debutyryle,
('aa6)
de propionyle et d'acétyle; les bromures devaléryle; de butyryle et d'acétyle,
c'est-à-dire ceux de ces composés dont le point d'ébullition est très=élevé et
ceux dont le point d'ébullition l'est peu, en distillant les chloride et bromide
phosphoreux avec les acides monohydratés. C'est que le protoehlorure de
phosphore (qui bouta 79 degrés) possède un point d'ébufiition assez bas ou
assez élevé pour être notablement différent de celui du chlorure organique
dont le point d'ébullition est supérieur ou inférieur au sien. Le cas le plus
désavantageux est celui où le chlorure organique a un point d'ébullition très-
voisin de celui du protochlorure de phosphore; c'est ce qui arrive pour le
chlorure de propionyle, qui bout vers 80 degrés; mais la difficulté peut être
tournée : au lieu d'employer des quantités d'acide et de chloride proportion-
nelles, il suffit de prendre un léger excès d'acide propionique, de manière
que l'on soit certain de décomposer tout le protochlorure de phosphore ; car
il paraît que l'on peut impunément distiller les chlorures organiques dont
le point d'ébullition est peu élevé en présence des acides monohydratés cor-
respondants.
» La préparation des combinaisons dont je viens de parler se fait, à
l'aide des chloride et bromide phosphoreux, avec autant de facilité que
celle de l'acide nitrique par exemple, et on en obtient des quantités pres-
que proportionnelles à celles des acides employés.
» i°. J'ai préparé les chlorures organiques, depuis lerchlorure d'acétyle jus-
qu'au chlorure de valéryle inclusivement, en introduisant dans une cornue
munie d'un récipient l'acide monohydraté et le protochlorure dans le rap-
port des quantités de l'équation (A). Le mélange se fait le plus souvent sans
dégagement de chaleur, et bientôt, à froid déjà pour l'acide acétique, le dé-
gagement d'acide chlorhydrique commence. On chauffe au bain-marie, à
4o degrés potir l'acide acétique, à 80 degrés d'abord et enfin à 100 degrés
pour l'acide valérianique, et à des températures intermédiaires .pour, les
autres. On maintient la même température aussi longtemps qu'il se dégage
de l'acide chlorhydrique; il suffit alors d'enlever le bain-marie et de chauf*
fer à feu nu pour distiller le produit volatil de la réaction. Si le point
d'ébullition du chlorure est voisin de 100; degrés, le résidu est de l'acide
phosphoreux très-blanc ; s'il est supérieur à 1 00 degrés, l'acide phosphoreux
s'altère et il se sépare du phosphore rouge". Une seule rectification suffit
pour obtenir un produit pur, pourvu que l'on ait soin de noter la tempes
rature d'ébullition. Je me suis assuré que le point d'ébullition du chlorure
de valéryle est situé entre 1 15 et 120 degrés à o m ,75 de pression, et que sa
( «7 )
densité à + 6 degrés est i,oo5 : aussi ne tombe-t-il pas au fond de l'eau
comme les chlorures qui le précèdent dans la série.
» 2°. Quand il s'agit de préparer les chlorures de cinnamyle,de beu-
zoïle, etc., il faut introduire l'acide sec dans un matras muni d'un tube
effilé, y ajouter une quantité proportionnelle de chloride phosphoreux et
chauffer successivement depuis 6o degrés jusqu'à 120 degrés aussi long-
temps qu'il se dégage de l'acide chlorhydrique. Dès la première application
de la chaleur le mélange se liquéfie; à la fin, il se fait deux couches : la
couche inférieure est de l'acide phosphoreux sali par du phosphore rouge';
la couche supérieure est le chlorure organique : on décante cette couche
et on la rectifie. Il n'est pas convenable de distiller les chlorures dont le
point d'ébullition est très-élevé, en présence de l'acide phosphoreux, car à
la fin la masse se boursoufle beaucoup, et il se dégage tout à coup de l'hy-
drogène phosphore provenant de la décomposition de la partie hydratée de
l'acide phosphoreux.
» 3°. J'ai préparé trois composés nouveaux, le bromure d'acétyle, le
bromure de butyryle et le valéryle, en distillant le bromide phosphoreux
avec les acides monohydratés correspondants; en employant ces composés
dans le rapport des quantités données par l'équation suivante :
2ROHO + PBr 3 = PO 3 HO + BrH 4- 2ÏtBr,
on obtient en bromures organiques presque la quantité théorique. Le pro-
tobromure ne se dissout pas dans l'acide acétique, mais il se dissout dans
les acides suivants. Quoi qu'il en soit, la réaction s'accomplit avec autant
de facilité, mais à une température un peu plus élevée qu'avec le protochlo-
rure ; elle commence à 60 degrés et s'accomplit à 80 degrés pour le bro-
mure d'acétyle qui bout à cette température ; elle commence à 90 degrés et
se termine à 100 degrés pour le bromure de butyryle; elle commence à
1 00 degrés et ne se termine qu'à environ 1 20 degrés pour le bromure de
valéryle. Lorsque l'acide bromydrique cesse de se dégager, on distille, ce
qui peut se faire sans inconvénient en présence de l'acide phosphoreux
formé. Cet acide phosphoreux reste pour résidu à l'état d'une blancheur
parfaite dans la préparation des deux premiers bromures, il se décompose
en partie et jaunit dans celle du bromure de valéryle qui bout vers 143
degrés. »
I 228 )
chimie organique. — Note sur le sucre de lait; par M. Dcbronkâdt.
(Extrait par l'auteur.)
« Nous avons fait connaître, en juillet 1846, la singulière propriété que
possède le glucose mamelonné dissous dans l'eau d'offrir deux pouvoirs ro-
tatoires différents pour la même température : l'un, le plus grand, s'observe
au moment où la dissolution vient d'être faite à froid; l'autre se manifeste
quelques heures après
» En donnant pour rapport de ces deux rotations les nombres ff , nous
avons fait remarquer que ce rapport ne comprenait pas l'effet qui doit se
produire pendant le temps que réclame la dissolution, c'est-à-dire avant que
l'observation optique soit possible. Depuis, nous avons comblé cette lacune
en observant la loi que subit le changement de rotation par rapport au
temps, et en suppléant par le calcul, conformément à cette loi, à l'impuis-
sance des observations directes. C'est ainsi que nous avons reconnu que la
rotation du glucose mamelonné est double de celle du glucose modifié par la
dissolution. Ce sont ces observations qui nous ont autorisé à distinguer ces
deux états du glucose par les noms de monorotatoîre et birotatoire (1).
« Ces observations et eejles que nous allons faire connaître sur le sucre
de lait ne permettent pas de douter que JLe glucose cristallisé ait une con-
stitution moléculaire différente de celle qu'il affecte dans sa dissolution
dans l'eauj et la rotation que l'on observe au moment où s'opère cette dis-
solution n'est qu'une suite du groupement moléculaire créé par la cristalli-
sation, groupement qui, par une propriété spéciale au glucose, persiste assez
longtemps après la dissolution pour que le phénomène soit observable.
» Notre observation faite sur le glucose est demeurée jusqu'à ce jour
unique dans la science; car celle que M. Pasteur a faite sur le glucosatede
sel marin ne peut pas être considérée comme un second exemple de la même
propriété. Elle n'en est qu'une conséquence, qu'il était néanmoins utile de
signaler.
» En faisant connaître cette propriété, nous nous sommes a Éstenu d'en
tirer les conséquences qu'elle pouvait autoriser; elle fournissait, en effet,
un nouvel et remarquable exemple de la modification profonde que peut
( 1 ) Nous mettons en évidence le pouvoir rotatoire double du glucose mamelonné en le
dissolvant dans l'alcool méthylique, qui, suivant l'observation de M. Pefigot, peut dissoudre
cette substance en assez forte proportion. Dans ces conditions, le glucose conserve sa rotation
double pendant un temps assez long pour qu'on puisse l'observer sans altératio n.
( 22 9 )
subir un même corps clans ses aptitudes physicp.es et chimique», dans des
conditions qu on aurait pu considérer comme indifférentes. Nous nous ré
servions de rechercher ultérieurement si le fait qui s'était produit fortuite-
ment sousnos veux dans leglucose mamelonné ne serait pis un fait g^ I
de la cristallisation et de la dissolution, rendu accessible a l'obsefv t on
dans les cas spéciaux où l'examen optique est possible
» Nos études sur les substances optiquement actives n'ont pas justifié ex-
périmentalement cette conception, et nous n'avons pu retrouver d'une ma-
nière bien tranchée la propriété exceptionnelle du glucose mamelonné que
dans le sucre de lait. 4
■ Cette substance offre, comme le glucose, une rotation plus grande au
moment de sa dissolution. Le changement de rotation exige un femps q „
varie avec la densité et avec la température; elle est fort lente à o d 'ré
elle est instantanée à + roo degrés. En cherchant la valeur réelle des dLv
rotations à l'aide de la méthode que nous avons utilisée pour e g lose
nous avons reconnu que le sucre de lait possède, au moment de s! d ^
lut.on, les f du pouvoir rotatoire qui est admis pour le même sucre, et q Z
par conséquent, convient à ce sucre modifié par la dissolution. Il „> a donc
plus ,ci, comme pour le glucose, de rapport simple entre les deux ro"
non.; mais les différences qu'elles accusent sont de même ordre et de même
sens; elles sont telles enfin, qu'elles pourraient permettre de considérer le
sucre de lait comme une combinaison qui admettrait dans ses éléments le
glucose avec sa constitution caractéristique
deto"olcnr heS l°Z ° nt 6ntrainé ' reV ° ir qUel( î UeS P r °F^s du sucre
de lait; voici le résultat de cet examen :
» Le sucre de lait épuré par cristallisations se dissout dans l'eau avec élé-
vation de température. L'eau qui en est saturée à -Mo degrés par un cont et
prolonge avec un excès de sucre, c'est-à-dire par l'une d'es deux métho
S::: p ^; Lussac ' a rr une densité de io55 > * *» - *
elle retient o, i 4 5d de son poids de sucre. Cette dissolution saturée aban-
donnée a une évaporation spontanée dans l'air sec, à la température!
■+■ 10 degrés ne commence à déposer des cristaux que lorsqu'elle est ar-
mée a une densité de io 63. Dans cet état, l'eau renferme o, 2I 6 4 de son
po.ds de sucre de lait, modifié par la dissolution. Ce fait, analogue au
phénomènes de sursaturation si bien étudiés par M. H. Lcewel accuse" encor
dans le ucre de lait dissous une propriété qui confirme la distinction qui
stevelee par la rotation. Ce sucre, en effet, est plus soluble dans l'eau qu
le sucre cristallisé dans le rapport de 3 : 2 . q
C. R., i856, 1" Semestre. (T. XLIl, N° S.) o
( a3ô )
» Le sucre de lait est peu hygrométrique ; pris à + i o degrés dans une
atmosphère où l'hygromètre à cheveu accuse 5o degrés, V™**^*
+ too degrés, ne perd queo.oi de son poids. Séché à + i5o degrés dans
iti sec, ! péri, en outre, o,o5 de son poids sans subir la moindre altéra-
tion 2 n'e^t, en effet, qu'entre i5o degrés et ,6o degrés qu'une altérai
manifeste commence. , •-,,_„*
- » Le sucre de lait, séché à ,00 degrés, brûlé par l'oxyde de cmvre et
l'oxygène, nous a donné pour moyenne de quatre expériences ,
Carbone 3 9>7°
Eau 6o '°7
. L'eau que le sucre de lait perd à ,oo degrés ne peut etr cou. K^e
comme eau de constitution. Les o,o5 qu'il perd de IO o a i5o degrés,
'eTtXdfre dans les limites de température où il n'est pas altère, ne p*.
fien Lia formule de Berzelius, qui a été admise par tous les chimist -
^formule, en effet, C» H" O", était uniquement momvée par .me perte
de o o 7 5 d'eau, que l'illustre chimiste avait admise, et qui n est pas con-
forme I l'expérience. Les nombres que nous avons donnés - -s per-
mettent d'assigner pour composition au sucre de lai sèche a + 5o d^es
C'»H" O". Cette formule devient C«»H'«0«» pour le sucre de lait sèche a
+ 100 degrés( t ), c'est-à-dire pour le sucre privé à'^jffom^. la
Istitutiol C'-H- 0% qui résulterait, pour le sucre de lait anhydre, del^
nalyse que Berzelius a faite du composé plombique extrait un nouvel
LLn%t nous doutons que l'expérience y soit conforme, ««-£*»
le sucre de lait, de même que les glucoses, donnent des composes peu sta
blés avec les bases. Us subissent alors des transformations diverses, awc ou
sans absorption d'oxygène, qui ont pu tromper les ^^^^
faire attribuer à la substance normale une composition qui n apparent
cru'à des produits plus ou moins altérés.
q , Néanmoins le sucre de lait peut se combiner avec les bases, au sei. .des
dissolvants et sortir de ces combinaisons avec toutes ses propriétés, quand
on opère à basse température et en ayant soin d'enlever le sucre a sa com-
binafson peu de temps après l'avoir produite. La potasse et la -«^J^
vent entrer pour trois équivalents dans ces composes, qui se produ s nt
avec affaiblissement de pouvoir rotatoire. La chaux donne un sucrate solu-
ble qui renferme un équivalent de base. Elle peut précipite rje^sucre de
~) Ces résultats sont d'accord avec eux gui ont été publiés récemment en Allemagne, par
MM. Staedeler et Krause.
( »3i )
lait de sa dissolution à l'état de sucrate basique peu soluble. Ce sucrate, de
même que ce\v>\ qv\fc aous, wous fait connaître pour le glucose liquide des
sucres de fruits, se produit facilement en traitant les dissolutions de sucre à
froid par une forte proportion d'hydrate de chaux en poudre, CaO, HO.
» En chauffant à ioo degrés le sucre de lait, en présence de quelques
centièmes d'acide sulfurique, sa rotation s'élève, en même temps qu'il est
transformé partiellement en sucre fermentescible. Le maximum de produc-
tion de ce sucre coïncide avec une élévation de rotation de ff de la rotation
primitive. Il peut alors produire 0,37 d'alcool, rapportés au poids du sucre
de lait mis en œuvre, et il reste dans le vin une substance active, qui tourne
à droite le plan de polarisation, qui ne fermente pas et qui n'est plus du
sucre de lait. Si l'on continue la réaction sulfurique au delà du terme que
nous venons d'indiquer, il y a altération du sucre fermentescible sans chan-
gement notable dans la rotation.
» Nous n'avons pu réussir à faire mamelonner ni cristalliser le sucre de
lait rendu fermentescible par les acides. Ce sucre donne de l'acide mucique
par la réaction nitrique, et il se distingue à ces deux titres du glucose de
raisin avec lequel les chimistes l'ont confondu jusqu'à ce jour. Ce sucre par
sa rotation se place entre les sticres mono et bi-rotatoires. Sous ce rapport
il nous a paru se rapprocher d'un sucre fermentescible, qui existe dans les
mannes du commerce et qui pourrait bien n'être que l'élément fermentes-
cible du mélitose de M. Berthelot.
» Le sucre de lait traité par la levure, dans les conditions usitées pour la
fermentation alcoolique, donne une quantité appréciable d'acide carboni-
que sans production d'alcool ni sans changement sensible dans la rotation
et dans la densité de la dissolution. Cet acide paraît donc être un produit
de la substance même du ferment.
» Ijes glucoses chauffés à + 100 degrés, avec un excès d'alcali caustique,
annulent t \ équivalent de base. Le sucre de lait, dans les mêmes con-
ditions, donne un résultat identique à celui des glucoses. C'est sur cette
propriété que nous avons fondé une méthode saccharimétrique, qui offre
quelque analogie avec celle de Frommer.
» En suivant avec les appareils de polarisation les progrès de la réaction
de l'acide nitrique sur le sucre de lait dans les conditions que l'on réalise
pour préparer l'acide mucique, on observe des changements moléculaires
qui nous ont paru offrir quelque intérêt. L'effet initial de l'acide nitrique
sur le sucre de lait se révèle comme celui de l'acide sulfurique par un
accroissement de rotation de jf vers la droite. Cet effet étant produit, le
3r..
( 2 3a )
plan de polarisation revient vers le o et y arrive après un certain temps sans
le franchir ; puis il se déplace de nouveau vers la droite d'une quantité égale
an quart de la rotation primitive du sucre de lait, et quand il a atteint cette
limite,, la rotation s'annule avec les progrès de la réaction nitrique pour
ne plus se reproduire.
» Il est à remarquer que la production de l'acide mucique est contempo^
raine de la réaction qui est marquée par le premier mouvement du plan de
polarisation, de droite à gauche, comme si cette réaction avait lieu sur une
substance douée de rotation /. La production de l'acide oxalique, qui ne se
manifeste que vers la fin de l'expérience, coïncide avec la période qui est
marquée par le second mouvement du plan de polarisation de droite à
gauche et qui semble indiquer que l'acide oxalique se produit aussi avec les
éléments d'une substance active douée de rotation à droite, mais distincte
de la première tout à la fois par l'époque de sa production et par celle de sa
destruction. ■
» La propriété commune que possèdent deux substances aussi dissem-
blables que le sucre de lait et la gomme de donner naissance à un même
produit final, l'acide mucique., sous J'influence de l'acide nitrique, donne
de l'intérêt à l'examen des réactions de cet acide sur la gomme, au même
point de vue que nous venons de spécifier pour le sucre de lait. Nous
croyons devoir le résumer ici brièvement.
» La rotation de la gomme du Sénégal, qui est V passe à / s P«s l'in-
fluence des acides, ainsi que l'a observé M. Biot. Sous l'influence oxydante
de l'acide nitrique, cette rotation ./ s'annule avec le progrés de la réaction
qui donne naissance à l'acide mucique, puis elle passe \, où elle atteint
pour- maximum la rotation primitive de la gomme. A cette époque seule-
ment commence la réaction oxalique, en même temps que le plan de polari-
sation revient vers le o sans pouvoir y atteindre dans les conditions habi-
tuelles, qui sont recommandées pour la préparation des acides mucique et
oxalique. H reste alors dans l'eau mère une substance active à rotation \.
Dans ces conditions, on peut remarquer que l'acide mucique semble se
former comme pour le sucre de lait avec une substance qui est douée de
rotation à droite. Il n'eu est pas de même de l'acide oxalique, qui paraît être
produit avec la gomme par une substance tournant à gauche.
» On ne peut douter, eu présence de-ces faits, que l'acide mucique ne
soit le résultat final delà réaction formée de l'acide nitrique sur une seule
et même substance, qui se s produit transitoirement avec la gomme et le
sucre de. lait. Cette révélation des observations optiques, qui permettent
( a33 )
de suivre de l'œil les phases complexes des transformations que subissent
les substances optiquement actives, conduira dans cette circonstance,
comme dans beaucoup d'autres analogues, à fournir les moyens de saisir
au passage des produits éphémères et à les isoler. Les chimistes pour-
ront ainsi suivre plus nettement la filiation des métamorphoses, dont ils
ne peuvent le plus souvent constater que le résultat final, et ce ne sera
pas l'un des moindres services que M. Biot aura rendus aux sciences, en
créant ce moyen si original et si fécond d'investigations. »
chimie organique. - Recherches sur le propjlène iodé; troisième Mé-
moire: Allyle et composés allyliques; parMM. Berthelot et de Luca.
« Dans un Mémoire présenté à l'Académie des Sciences, il y a seize
mois, nous avons montré que la glycérine, traitée par l'iodure de phos-
phore, donne naissance au propylène iodé, C 6 H 5 I, substance remarquable
par son activité chimique.
» En effet, le propylène iodé cède aisément l'iode qu'il renferme aux
divers agents avec lesquels on le met en contact, et produit ainsi, tant par
substitution que par décomposition simple ou double, une grande variété
de composés nouveaux. Il se rapproche par là des éthers iodhydriques
correspondants aux alcools ordinaires, et se prête, eu général, aux mêmes
réactions.
» C'est ainsi que nous avons déjà, d'une part, substitué l'hydrogène à
l'iode du propylène iodé et formé du propylène; d'autre part, transformé
le propylène iodé par le sulfocyanure de potassium en iodure de potassium
et essence de moutarde.
» Nous avons annoncé, dans nos deux premiers Mémoires, que nous
poursuivions l'étude des réactions du propylène iodé : ce sont les résultats
de cette étude que nous publions aujourd'hui. Ces résultats se résument
dans trois propositions principales :
» r°. Le propylène iodé forme, par double décomposition avec les sels
d'argent, de ï'iodure d'argent et des composés conjugués analogues aux
éthers. M. Zinin a récemment obtenu des combinaisons du même ordre.
» a . Le propylène iodé, décomposé par l'oxyde de mercure, produit un
composé oxygéné analogue à l'éther; décomposé par la potasse en disso-
lution alcoolique, amylique, glycérique, il forme des éthers mixtes analo-
gues à ceux de M. Williamson.
» 3°. Le propylène iodé, décomposé par le sodium, perd son iode et
( ^34 )
forme un carbure d'hydrogène analogue à l'éthyle. Nous désignerons ce
carbure sous le nom à'allyle, appliqué depuis longtemps par MM. Wertheim
et Will à la nomenclature des essences naturelles d'ail et de moutarde,.
» I. Action des sels d'argent.— Si l'on fait réagir i équivalent de pïopy-
lène iodé et i équivalent de butyrate d'argent sec, on obtient un liquide
volatil vers i45 degrés, et analogue, par son odeur et par tous ses carac-
tères, à l'éther butyrique ordinaire. C'est Yéther allylbutyrique.
» Le propylène iodé forme, avec le benzoate d'argent, de l'iodure d'ar-
gent et un composé neutre, plus dense que l'eau , soluble dans l'éther, vo-
latil vers 23o degrés, tout pareil à l'éther benzoïque ordinaire. C'est Yéther
aïlylbenzoïque, déjà publié par M. Zinin. La potasse décompose lentement,
à roo degrés, cet éther, avec régénération d'acide benzoïque et d'un liquide
volatil, inflammable et miscible avec l'eau.
» Le propylène iodé forme, avec le tartrate d'argent, de l'iodure d'ar-
gent et un composé soluble dans l'éther. C'est Yéther allyltartrique.
» Rappelons enfin que le propylène iodé, décomposé par le sulfocyanure
de potassium ou d'argent, produit de Yéther allylsulfocyanhydrique, iden-
tique avec l'essence de moutarde.
» II. Action de l'oxyde de mercure et des alcalis. — Le. propylène iodé,
traité à i oo degrés par l'oxyde de mercure sec, donne naissance à un liquide
particulier, volatil entre 85 et 88 degrés, doué d'une odeur éthérée et
pénétrante, analogue, jusqu'à un certain point, à celle du raifort. Ce liquide
paraît être Yéther allylique.
» La potasse alcoolique décompose, à ioo degrés, le propylène iodé; elle
donne naissance à un composé particulier, volatil à 6a°,5, qui paraît être
Yéther allytéthylique.
» La potasse, l'alcool amylique et le propylène iodé forment, de même,
Yéther allylamylique, volatil aux environs de 120 degrés.
» Enfin, un mélange de potasse, de glycérine et de propylène iodé,
donne naissance à un liquide d'une odeur vireuse et désagréable, soluble
dans l'éther, volatil à 232 degrés. Les analyses de ce corps conduisent sen-
siblement à la formule
C 24 H 20 O 6 = C 6 H 8 O 6 -+- 3 C fi H 5 1 — 3 HI , triallyline.
» Les faits qui précèdent montrent que le propylène iodé présente les
mêmes réactions générales que les éthers iodhydriques, et forme, par double
décomposition, des corps conjugués analogues aux éthers. La formule des
corps aiusi produits est déterminée, presque avec certitude, par les condi-
(a35)
lions mêmes de leur formation. Toutefois, nous devons déclarer ici que les
nombreuses analyses que nous avons faites de ces composés, ne s'accordent
pas exactement avec les formules probables des substances obtenues. Les
composés allyliques sont d'une purification extrêmement difficile....
» Ces obstacles sont dus à la formation simultanée et constante de pro-
duits accessoires, tant fixes que volatils, et le plus souvent de propylène
gazeux en proportion notable. Observons d'ailleurs que les composés ally-
liques ne sont pas produits par le jeu simple de deux affinités directes,
mais par une voie détournée, en provoquant la formation d'un corps très-
stable (iodure d'argent) et forçant, pour ainsi dire, les autres éléments à
demeurer combinés.
» Cette instabilité des combinaisons allyliques sous les influences mêmes
au sein desquelles elles se produisent, est nettement accusée par l'expérience
suivante : Si l'on essaye de produire ces corps en faisant réagir dans des
tubes scellés, entre 200 et a5o degrés, les acides butyrique, benzoïque ou
stéarique sur 1 ether allylique, procédé par lequel l'un de nous a préparé
directement les éthers des divers alcools, voici ce qu'on observe : il se
développe une grande quantité de gaz inflammables, une substance noire et
ulmique et une petite quantité d'un éther butyrique neutre.
» Ainsi, dans les conditions mêmes où les éthers des alcools proprement
dits s'obtiennent directement et absolument purs, les composés allyliques
ne prennent naissance qu'en faible proportion et avec des destructions et
dégagements gazeux qui attestent toute l'intensité des dédoublements secon-
daires.
» ni. Action du sodium. — L'action du sodium sur le propylène iodé
est la plus simple et la plus nette de toutes. Elle produit de l'iodure de so-
dium et un carbure parfaitement défini, Yallyle, C G H s :
,C 6 H 5 I + Na = C 6 H 5 +NaL
» L'allyle est un liquide très-volatil, doué d'une odeur propre, éthérée et
pénétrante, analogue à celle du raifort. Il brûle avec une flamme très-éclai-
rante. Il bout à 5o, degrés. Sa densité est égale à 0,684 à 14 degrés. La
densité de sa vapeur, déterminée à 100 degrés, a été trouvée égale à 2,92 ;
par conséquent, la formule C 4 H 5 représente 2 volumes de vapeur (densité
calculée : 2,89) de même que celle de l'éthyle, du méthyle, etc.
» L'allyle se mélange avec l'acide sulfurique en dégageant de la chaleur;
si l'on évite toute élévation de température, la masse se colore à peine :
( a36 )
toutefois au bout de quelques heures une grande partie du carbure modifié
se sépare et surnage.
» Le gaz chlorhydrique n'est pas absorbé sensiblement par l'allyle.
L'acide nitrique fumant le change en un composé liquide neutre, soluble
dans l'éther.
» L'action des corps halogènes est surtout remarquable.
» L'allyle s'unit au chlore en formant un composé liquide, plus dense
que l'eau, avec dégagement d'acide chlorhydrique.
» Il se combine instantanément au brome avec dégagement de chaleur
Si l'on arrête l'action au moment où le liquide commence à se colorer sous
I influence d'un excès de brome et à dégager un peu d'acide bromhydri-
que, et si l'on traite par la potasse, on obtient du bromure d'allyle^
G H 5 Br 2 , composé cristallisé fort soluble dans l'éther. Ce corps est volatil
sans décomposition. Il fond à 3 7 degrés et peut demeurer liquide à la tem-
perature ordinaire.
» Viodure d'allyle, C°H*P, se prépare en dissolvant àans i partie
d allyle légèrement chauffé 6 à 7 parties d'iode : le mélange se liquéfie
d abord, puis au bout de deux à trois minutes il redevient solide. On
broie la masse avec une solution aqueuse de potasse, et on fait cristalliser
dans 1 ether bouillant l'iodure d'allyle.
» Ce corps, bouilliavec de la potasse en solution alcoolique, se décom-
pose et donne un produit dont l'odeur est analogue à celle de rallyle;bouiIH
avec la potasse en solution aqueuse, il ne subit qu'une décomposition in-
sensible en dégageant des traces de gaz inflammable.
» Chauffé avec un mélange d'acide chlorhydrique fumant et de mercure
ciable ^ attaq " é ^ " e dégage PaS ^ gaZ ^ P ro Portion appré-
- La formule de l'iodure d'allyle, C° H 5 P, ne diffère que par un équi-
valent d iode de celle du propylène iodé, C 6 H' P : aussi avons-nous cherché
soit a transformer ces deux corps l'un dans l'autre, soit à préparer le pro-
pylène iode au moyen de 1 allyle. Mais aucune de ces expériences n'a
réussi : r
. » i° Si l'on fait réagir sur une partie d'allyle (r équivalent), 3 parties
d iode (i équivalent), il se forme de l'iodure cristallisé, C 6 H 5 P et le mëlanee
conserve l'odeur de l'allyle; chauffé avec du mercure et de l'acide chlorhy-
dnque fumant, ce mélange ne dégage aucun gaz, mais seulement l'excès
d allyle liquide qu'il renferme.
» 2°. Le propylène iodé dissout à chaud une grande quantité d'iode;.
( »3 7 )
mais un traitement par la potasse aqueuse enlève cet iode et fait reparaître
le propylène iodé avec tous ses caractères. D'ailleurs, dans les conditions
où il prend naissance, le propylène iodé se trouve en présence d'un équiva-
lent d'iode libre auquel il ne se combine pas.
» 3°. L'acide chlorhydrique fumant et le mercure transforment le propy-
lène iodé en propylène, tandis qu'ils n'agissent pas sur l'iodure d'allyle.
» Ce dernier corps distillé fournit de l'iode et un liquide neutre que
l'acide chlorhydrique et le mercure ne transforment pas en propylène.
» Ces divers faits prouvent que le propylène iodé, C 6 H 5 1, et l'iodure
d'allyle, C 6 H 5 P, n'ont pas entre eux les mêmes relations que les deux
iodures de mercure par exemple : ils correspondent à deux états molécu-
laires distincts.
» Ainsi le carbure mis à nu par le sodium, agissant sur le propylène iodé,
ne présente pas vis-à-vis du propylène iodé les mêmes relations que pré-
sente un radical réel vis-à-vis de son iodure. Car dans le premier cas, les ré-
sultats de l'analyse ne sont pas confirmés par la synthèse.
» Au contraire, l'allyle présente ces mêmes relations vis-à-vis du bro-
mure d'allyle : en effet, le bromure d'allyle, traité par le sodium, régénère
l'allyle avec toutes ses propriétés : odeur, point d'ébullition, propriété de
former avec l'iode un composé cristallisé, etc. Cet accord entre les résultats
analytiques et synthétiques prouve que le carbure, uni au brome dans le
bromure d'allyle, s'y trouve dans un état moléculaire semblable à celui de
l'allyle lui-même. »
MÉTÉOROLOGIE. — Sur un bolide vu à l'Observatoire impérial de Paris dans
la soirée du 3 février,- par M. Diex. (Note transmise par M. Yvon
Villarceau en l'absence de M. le Directeur de l'Observatoire.)
« Le dimanche 3 février, à 8 h 5 m , temps moyen, le ciel fut éclairé d'une
vive lumière qui tout à coup se manifesta au sud-est; portant mes regards
de ce côté, je vis se former une traînée lumineuse des plus intenses, précédée
d'un globe blanc d'argent éblouissant, de i5 minutes de diamètre environ.
Cette traînée brillante et très-blanche avait en moyenne io minutes de
largeur, et sa longueur était égale à 23 degrés, s'étendant de la tête de
l'Hydre jusque dans le voisinage des étoiles 73 et 7 du Lion, où le globe
filant disparut après avoir passé au nord de Régulus.
» Il est à remarquer : i° que le mouvement de ce globe semblait être
très-sensiblement saccadé; 2 qu'à la blancheur de la lumière du bolide a
C. R., i856, 1" Semestre. (T. X.LI1, N° 3.) 32
( a38 )
succédé, peu avant sa disparition, une couleur d'un rouge pourpre éblouis-
sant, du côté de la traînée lumineuse; 3° que la traînée de lumière a persisté
tout le temps de l'apparition du globe enflammé. Ces apparences ontduré
environ quatre secondes.
» Je crois devoir ajouter que dans la même soirée, à -] h 3o m temps moyen ,
la lumière zodiacale s'est montrée dans tout son éclat, avec sa teinte rou-
geâtre. Sa base était sous le carré de Pégase, et la largeur de la bande, lumi-
neuse s'élevait à i5 degrés dans la région des étoiles équatoriales des Pois-
sons : l'extrémité nord de la lumière, au lieu de se porter vers y du Bélier,
comme je l'avais observé le 27 janvier, jour où elle était faible et blan-
châtre, s'est abaissée; elle passe actuellement plus au sud et exactement
par n des Poissons. »
MÉdeciîSE. — Note sur deux applications nouvelles de l'acide sulfureux ;
par M. H. Gura, commissaire pour les produits des Indes à l'Exposition
universelle.
« En i85i, ayant à traiter à Paris un cas de teigne faveuse quf avait
résisté à tous les moyens ordinairement employés, il m'est venu l'idée d'es-
sayer l'acide sulfureux, dont l'action sur les parasites végétaux est depuis
longtemps connue.
« Le résultat dépassa toutes mes espérances. L'acide sulfureux, appliqué
directement par voie d'insufflation, détruit la maladie en quelques jours.
Plus de dix expériences ultérieures ont confirmé la première. Quand le
fa vus est petit, je l'ai vu flétrir six heures après la première fumigation.
Dans d'autres cas, la matière faveuse flétrit et se contracte, et en quelques
jours on peut l'enlever en niasse adhérente à la croûte. Alors on voit dans
le cuir chevelu un trou cylindrique et profond qui a l'air d'être fait avec un
emporte-pièce. Ce trou se contracte, se remplit et il ne reste rien de la
maladie.
» L'appareil que j'ai employé est fort simple ; une pipe en terre, un bou-
chon auquel on ajuste un bout de pipe en caoutchouc. On met du soufre
et quelques morceaux d'amadou dans le bol de la pipe, on allume l'ama-
dou, on bouche le bol et l'on souffle. Par ce moyen, un jet d'acide sulfu-
reux est projeté sur le tubercule faveux, qui flétrit et se détache en quel-
ques jours.
» La seconde application de l'acide sulfureux est aussi le résultat de
l'induction que l'expérience est venue confirmer.
( ^9 )
» En voyant l'acide agir si promptement sur le cryptogame de la teigne,
je me suis "demandé s'il ne devait pas agir de même dans des cas analogues,
c'est-à-dire contre d'autres maladies qui résultent du développement d'un
cryptogame. Jusqu'ici je n'ai eu l'occasion d'appliquer cette théorie qu'à la
maladie des vers à soie. Mes expériences ont été faites dans les Indes, et il
faudrait les répéter en France avant d'affirmer qu'elles auront dans ce pays
les mêmes résultats ; cependant je crois pouvoir promettre qu'en brûlant
des quantités très-minimes de soufre dans les magnaneries pendant toute
la période de l'éducation du ver à soie, on guérira ou l'on empêchera le
développement de la maladie connue sous le nom de muscardine. »
chimie appliquée, — De la présence de la chaux dans la soie, et de ses
inconvénients dans l'opération du décreusage; par M. Gcinojs.
« On a remarqué, depuis plusieurs années, que les étoffes de soie en
couleurs claires et moyennes, mais surtout les taffetas, présentent, peu de
temps après leur fabrication, un grand nombre de points ou taches fon-
cées. Ces points, d'abord très-petits et à peine visibles, se développent et
s'étendent au cylindrage, et ôtent à l'étoffe une partie de sa valeur, lors
même que les taches ont été enlevées par l'essence de térébenthine ou par
les autres dissolvants des corps gras.
» Ces accidents, qui se répètent très-souvent et en grand nombre,
pouvaient gravement compromettre la réputation de la fabrique lyonnaise.
Il était donc urgent d'en rechercher la cause et de trouver le moyen de
les prévenir. Je suis parvenu à découvrir ce moyen par des procédés que je
n'ai pas l'intention d'exposer ici. Je veux seulement rendre compte de
quelques expériences dont les résultats mettront peut-être sur la voie pour
arriver à connaître la cause.
» J'ai observé qu'à la suite du décreusage des soies, lors même qu'il a
été opéré, dans un but expérimental, avec de l'eau distillée et du savon
parfaitement essayé, il restait toujours un dépôt de savon calcaire. Cette
remarque m'a fait conjecturer que la soie pouvait contenir naturellement
une certaine quantité de chaux qui lui est en partie enlevée au moment du
décreusage. Pour obtenir la démonstration directe de ce fait, je me suis livré
à une série d'expériences analytiques qui sont venues confirmer mon opi-
nion. Aux résultats de l'analyse, j'ai pu ajouter une contre -épreuve parfaite-
ment convaincante. J'ai constaté que les soies préalablement traitées par
3a..
( »4<> )
l'acide chlorhydrique étendu, et ensuite lavées, n'exigent plus pour le
décreusage qu'une proportion de savon notablement inférieure à ce qu'elles
auraient demandé sans cette opération. Mes expériences, entreprises dès
i854, ont été faites sur des soies de qualités et de provenances diverses,
J'y ai soumis des soies grèges filées avec soin à la condition de Lyon,
pour le compte de la Société d'Agriculture; les résultats ont été les mêmes.
J'ai constaté la présence de la substance calcaire dans les liquides qui ont
servi au décreusage; et cependant je m'étais assuré que l'eau employée n!en
contenait pas.
» Dès cette époque, l'existence de la chaux dans la substance même de
la soie devint pour moi hors de doute. Il ne s'agissait plus que d'en déter-
miner les proportions et l'état.
» Voici, sur le premier point, les dounées que mes analyses m'ont
fournies :
■■-*■■■ Trame -jaune de pays 0^9 grammes par kilogramme.
Grége blanche de pays ■ o,4£ » a
■;'_. Soie de Chine. .. , .. o,3o » » ' -
Antre soie de" Chine „ . . . 0,48 »
Soie, du Bengale jaune. .......... 0,42 » »
Soie de Tussah. 0> .^g » a
» Ces résultats ont été obtenus au moyen de l'acide chlorhydrique for-
tement étendu d'eau distillée. Dans les mêmes conditions, l'acide acétique
en fournit d'analogues. .
» Les proportions de matière calcaire indiquées dans le tableau, qui
précède sont considérables. Elles le paraîtront surtout si l'on songe que
la chaux y représente environ le tiers de la base alcaline qui entre dans
la composition du savon employé au décreusâge, c'est-à-dire en moyenne
25 pour 100.
» L'existence de la matière calcaire dans la soie étant reconnue, sous
quel état se trouve cette matière ? Nous savons qu'elle n'y est pas à l'état
de phosphate, puisqu'elle est soluble dans l'acide acétique, et que Ta so-
lution, évaporée et calcinée, laisse pour résidu de la chaux vive. Je suis
porté à croire qu'elle y existe comme principe constituant qui se forme au
moment de l'organisation de la substance sérigène. -
» Des expériences et observations que je viens d'ënumérer, il ressort
évidemment qu'une décomposition de savon s'effectue sous l'influence de-
la chaleur au moment du décreusage; qu'un savon calcaire se forme et se
( *4r )
fixe ou s'interpose inégalement entre les brins de soie, et produit les taches
lorsque l'étoffe, et conséquemment le savon calcaire attaché à la soie, sont
soumis à l'action de la chaleur et de la pression au cylindrage, et quel-
quefois plus tard par le fait de la décomposition spontanée. »
médecine. - Sur un nouvel acarus du cheval, pouvant transmettre la
gale de ce solipède à l'homme. (Extrait d'une Note de MM. Bocrguigxox
et Deùfond. )
« Jusqu'à ce jour, il était permis de révoquer en doute les cas de trans-
mission de la gale du cheval à l'homme, attendu que le parasite connu de
la gale du cheval ne pouvait vivre sur l'espèce humaine, et que les auteurs
qui se sont prononcés pour l'affirmative n'ont jamais démontré scientifique-
ment que la maladie transmise fût réellement due à la présence d'un acare
provenant du cheval. En partant des données fournies par l'entomologie,
on était fondé à refuser aux parasites connus propres aux herbivores, et au
cheval en particulier, la faculté de transmettre la gale. L'observation vient
de nous permettre de remonter des effets aux causes et de tout expliquer.
t » Le cheval peut avoir deux espèces de gale : une première, due à la pré-
sence du parasite acarien propre aux herbivores et connu depuis long-
temps, qui ne saurait tracer des sillons, vivre sur la peau de l'homme et lui
transmeltre la contagion ; une seconde, due à la présence d'un acare iden-
tique à celui des carnivores, pouvant tracer des sillons, transmettre la
psore, et dont personne n'a soupçonné l'existence jusqu'à ce jour. Cette
maladie transmissible est aussi différente dans l'ensemble de ses symptômes
de celle qui ne peut se communiquer, que les parasites qui en sont la cause
première diffèrent entre eux. »
M. Balard dépose sur le bureau une Lettre qui lui a été écrite par
M. J. Barse, à l'occasion du Rapport fait à l'Académie, dans sa séance du
17 décembre r855, sur un procédé propre à faire distinguer par des réac-
tions spéciales le silicium et le tungstène d'avec l'argent, Lettre dans laquelle
M. Barse explique comment et pourquoi son nom se trouve figuré à l'oteca-
sion de l'argyrolithe.
sur
« En novembre i853, M. Murray me présenta des pièces d'orfèvrerie au .
la nature desquelles il me chargea de donner mon avis. Mon opinion
devait décider de l'achat de cette invention pour le compte d'une des
( *40
grandes maisons d'Angleterre. Le prix à payer à l'inventeur était convenu,
il était très-considérable. .-:;._ _ . -
» Après des expériences faites chez moi, chez l'inventeur, au laboratoire
de la Pharmacie centrale avec M. Soubeiran, je fis le 27 décembre à
M. Murray un Rapport dont je donne ici littéralement les conclusions :
« En résumé, cpiand on agit sur des matières premières exemptes d'ar-
» gent, on ne réussit pas. Quand on agit sur des matières contenant de
» l'argent, on obtient un dépôt correspondant à la dose du métal introduit.
» L'analyse des pièces sortant d'un bain de silice argentifère démontre que
» l'argent est fixé sur les pièces sans mélange de silicium. Je conseille donc
» à M. Murray de considérer le procédé d'argenture par rargyrolithe comme
» une invention impraticable dans toute autre main que celle de l'inventeur.
» Mon avis est que rien, dans les expériences dont j'ai été témoin, ne pré-
» sente ce procédé comme un objet d'exploitation industrielle. »
» M. Murray rompit et fit rompre avec l'argenture au silicium. L'inven-
teur fit alors appel à ma loyauté en me priant de venir me convaincre de
mon erreur au moyen de faits nouveaux. J'avais reçu des honoraires pour
le travail qui avait condamné le silicium, je me tins pour obligé de reprendre
gratuitement tous les travaux, de rassembler toutes les preuves capables
d'infirmer mon opinion première si elle était fausse.
» En février i854, je rédigeai un Mémoire que j'adressai, non pas à des
capitalistes, non pas au public, mais à des juges, c'est» à-dire à l'Académie
des Sciences. Dès ce moment, j'appartenais par les lois de la simple droi-
ture à la défense du silicium, jusqu'au jugement de l'Académie. Telle fut la
cause de mon intervention, toujours gratuite, dans un procès en contrefa-
çon intenté au silicium. Nommé expert avec MM. Pelouze et Chevallier, nos
opérations se firent au laboratoire de la Monnaie. Je ne crains pas dé m'ap-
puyer de M. Pelouze pour l'affirmer. Mes coexperts, comme M. Soubeiran
avant eux, m'ont tenu pour un homme digne, indépendant et loyal ,,"
» Voilà, Monsieur, tout ce qui me concerne dans l'histoire du silicium.
Tout le reste, exploitation commerciale, société industrielle, publications,
appel de capitaux, j'y suis étranger. Jusqu'au i5 janvier i856, huit jours à
peine, je n'ai pas connu un seul homme, ouvrier ou maître, pas un seul
local, cabinet, laboratoire ou boutique, ayant rapport à l'argyrolithe, soit
de loin, soit de près. » , •
« A la suite de cette communication, M. Balard prend la parole pour
demander l'insertion de la Lettre de M. Barse dans les Comptes rendus. Il
( *43 )
fait remarquer d'ailleurs à l'Académie que M. Barse ne réclame pas contre
les conclusions du Rapport qui, ainsi que l'a dit M. Thenard, reste
dans son entier; mais que la Lettre a seulement pour but de protester
contre l'usage qu'on a fait du Mémoire qu'il avait présenté dans des vues et
pour des intérêts qui lui sont tout à fait étrangers; ainsi que de décliner
toute espèce de participation aux actes qui avaient rendu ce Rapport si néces-
saire. Il est dès lors convenable que les observations de M. Barse reçoivent
la même publicité qu'avait reçue le Rapport. »
physiologie. — Action des vapeurs d'essence de térébenthine inspirées ;
par M. Letelmer.
« Voulant empêcher une citerne de 8 mètres cubes de perdre l'eau,
j'y descendis avec un vase coutenant environ 25o grammes d'essence et
5oo grammes de goudron et de poix et placé sur trois ou quatre charbons.
J'étendis ce mélange chaud au pinceau. Je n'avais pas recouvert 8 mètres
de surface que je fus obligé de remonter, en raison de vertiges, sans dou-
leur, sans pesanteur de tète, sans voir les objets tourner, sans aucune dis-
position à la syncope, sans la moindre faiblesse dans les jambes; i! me
semblait que j'allais tomber à droite ou à gauche (jamais en avant ou en
arrière) et j'écartais machinalement les jambes pour éviter une chute; les
secousses de la tète augmentaient ce chancellement, cette titubation, Nul
brouillard devant les yeux, tous les sens bien intacts; la parole seule me
paraissait un peu pénible; pouls et respiration parfaitement normaux: nul
dérangement de l'intelligence, de l'estomac ou des entrailles; je n'éprouvai
qu'une légère moiteur et un peu de fourmillement au dos des poignets;
l'urine était absolument inodore (je n'ai pas perçu d'avantage l'odeur de
violette sur deux malades affectés de catarrhe intense de vessie et qui ont
guéri par l'essence prise par la bouche mieux qu'avec la térébenthine cuite' 1 .
Cet accident se dissipa peu à peu, en une heure, par l'exposition à l'air.
» Dans la soirée je renouvelai mon essai, et bien que le fourneau n'eut
pas été allumé plus de quelques minutes, les mêmes accidents se reprodui-
sirent en moins d'une demi-heure; enfin le lendemain je recommençai
sans feu, et en une demi-heure je fus forcé de remonter par des accidents
absolument identiques.
» Je conclus de cette observation que les vapeurs d'essence de térében-
thine inspirées agissent primitivement sur le cerveau en l'excitant à la ma-
nière des alcooliques, et que par conséquent on ne doit employer ces
( 244 )
substances qu'avec précaution. Jl se peut qu'après l'excitation il survienne
de l'affaissement comme après l'abus des alcooliques, mais ce ne serait qu'un
effet consécutif. »
(Renvoi à l'examen de la Commission chargée de l'examen d ? une Note de
M. Marchai de Calvi, sur les effets de l'inhalation d'essence de térében-
thine.) - ■■'"'-
M. Wanbteb présente, comme supplément à sa précédente Note sur V or-
gane pulmonaire considéré comme premier impulseur du sang, les résultats
de deux expériences qu'il considère comme des preuves à l'appui de la
théorie exposée dans cette Note.
« Dans la première expérience faite sur un mouton, on a introduit de
l'air condensé dans les deux médiastins de manière à neutraliser les mou-
vements de la poitrine, et l'on a ainsi déterminé en dix minutes la cessation
complète des battements du cœur.
» Dans la seconde expérience, du sang de bœuf tiré instantanément de
l'animal, et reçu, afin d'éviter sa coagulation, dans un vase maintenu à
une température de 07 degrés centigrades, a été soumis à l'action du
gaz acide carbonique, au moyen d'un tube de verre recourbé dont un bout
était adapté à la vessie contenant le gaz, et l'autre à un bouchon de liège
percé et avec leque! était bouchée la bouteille contenant le sang; le li-
quide sanguin est devenu de couleur rouge-brun et a présenté une semi-
coagulation.
» Je conclus du fait de la première expérience, comparée à là possibilité
où l'on est de faire circuler par une respiration artificielle dans le corps
d'un animal mort tout récemment le sang aussi longtemps qu'il conserve
sa liquidité, que si le cœur était le premier impulseur du mouvement cir-
culatoire, ses battements devraient se prolonger bien au delà du temps
marqué dans mon expérience, car MM. Williams et Hope ont fait durer,
commeon le sait, une circulation artificielle une heure vingt minutes après
le décès constaté, et auraient pu la faire durer plus longtemps encore.
» La conséquence de la seconde expérience ne me semble pas moins
favorable à la thèse que je soutiens, puisqu'elle semble indiquer que la
mort est déterminée dans l'asphyxie par la coagulation du sang et l'im-
possibilité de la circulation par suite de cette coagulation. »
M. Mac-Arthcr, commissaire près de l'Exposition universelle pour les
produits de l'Australie, fait hommage à l'Académie, au nom de l'auteur,
( ^45 )
M . Threlkeld, de deux ouvrages sur la langue des habitants de la Nouvelle-
Hollande (environs de la rivière de Hunter et du lac Macquarie).
M. Reigvauld demande et obtient l'autorisation de reprendre une Note
précédemment présentée sur un nouveau mode de cautérisation, Note qui
n'a pas encore été l'objet d'un Rapport.
M. Arjvdt demande qu'on lui renvoie une Note sur un appareil destiné
à la transmission des forces, qu'il avait précédemment soumise au jugement
de l'Académie.
On fera savoir à l'auteur que l'Académie ne renvoie point les pièces qui
lui ont été adressées; l'auteur doit les reprendre lui-même au Secrétariat,
ou les faire retirer par une personne dûment autorisée.
M. Perrecl adresse une Note sur un moyen qu'il a imaginé pour arrêter
rapidement et sans secousse un convoi en marche sur un chemin dejer.
M. Seguier est invité à prendre connaissance de cette Note et à faire
savoir à l'Académie si elle est de nature à devenir l'objet d'un Rapport.
M. Koexig adresse un Mémoire sur la curabilité de la phthisie, et prie
l'Académie de vouloir bien lui faire connaître le jour où il pourra être admis
à lire un extrait de ce travail.
L'Académie ne peut qu'assurer le tour de lecture des personnes inscrites,
mais non fixer le jour où la parole leur sera accordée.
t
M. BopxncEAc, en annonçant l'envoi prochain d'un septième Mémoire
sur les Sangsues, adresse un numéro des « Annales d'agriculture de la Cha-
rente, » où se trouvent résumées quelques-unes de ses observations sur ces
Annélides.
M. l'abbé Rondon envoie une Note ayant pour titre : « Les neuf partages
égaux de la surface du globe. »
La séance est levée à 5 heures et demie. F.
C. R., i856, i« Semestre. (T. XLH, N° S.) 33
T- 2 46 ;
Bulletin bibliographique. .
L'Académie a reçu, dans la séance du 4 février r856, les ouvrages dont
voici les titres : - ....._
Eléments de calcul infinitésimal; par M. Duhamel ; t. I er . Paris,. 1 856; in-8 a .
Catalogue des brevets d'invention pris du i er janvier au 3i décembre i854?
dressé par ordre du Ministre de l'Agriculture, du Commerce et des Travaux
publics. Paris, i855;in-8°.
Comptes rendus des séances et Mémoires de la Société de Biologie; t. I er de la
a e série; année i854- Paris, i855; in-8°. (Offert au nom de la Société par
son président, M ; . Rayer. )
De l' Entéropathie métallique; par M. Armand Bea upoil. Bruxelles, i855;
in-8°. (Adressé pour le concours Montyon, Médecine et Chirurgie.)
Bulletin de la Société impériale des naturalistes de Moscou. Année i854 r
n 03 2, 3 et 4, et n° i de l'année i855; 4 livraisons in-8V
Nova Acta regiœ Societatis Scientiarum Upsaliensis ; 3 e série; vol. I; in-4°.
Memorias... Mémoires de l'Académie royale des Sciences de Madrid; t; II;
Sciences mathématiques, l ce partie. Madrid, 1 85^; in-4°.
Memorias... Mémoires de l'Académie royale des Sciences de Madrid; t. I er ;
Sciences naturelles, partie III. Madrid, i854; in-4 9 - '---'_'"
The transactions... Transactions de la Société Linnéenne, de Londres;
vol. XXI, IV e partie. Londres, 1 855; in-4°.
Proceedings... Procès-verbaux des séances de la Société Linnéenne de Lon-
dres; n os 5g à 66; h>8°. -
An australian... Grammaire australienne contenant les principes et les règles
de la langue parlée par , les habitants des environs de la rivière_ de Huflter et du
lac Macquarie; par M. Threlreld. Sydney, 1 834; in-8°.
Akey... Clef de la structure de la langue australienne; par le même. Syd-
ney, î85o; in-8°. (Offert au nom de l'auteur par M. Mac- Arthur, commis-
saire pour l'Australie à l'Exposition universelle.)
PUBLICATIONS PERIODIQUES REÇUES PAR. L 7 ACADEMIE PENDANT
LE MOIS DE JANVIER 1836.
Annales de Chimie et de Physique; par MM. CHEVREUL, Dumas, PÉLOUZE,
BOUSSINGAULT, REGNAULT, DE Senarmont; avec une Pievue des travaux de
Chimie et de Physique publiés à l'étranger, par MM. WURTZ et Verdet ;
3 e série, t. XLVI. Janvier i856; in-8°.
Annales des Sciences naturelles , comprenant la Zoologie, la Botanique, l'Ana-
tomie et la Physiologie comparée des deux règnes et l'histoire des corps organisés
(*47 )
fossiles; 4 e série, rédigée, pour la Zoologie, par M. Milke Edwards; pour
ta Botanique, par MM. Ad. BRONGNIART et J. DECAISSE; tome IV; n°i;
in-8°.
Annales de ï Agriculture française , ou Recueil encyclopédique d 'Agriculture ;
t. VI ; n° 1 2, et t. VII, n os i et a ; it>8°.
Annales de la Propagation de la Foi; t. XXVIII, I re partie ; in -8°.
Annales forestières et métallurgiques ; décembre 1 855 ; in-8°.
Annuaire de l'Académie royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de
Belgique; année 1 856; in-t2.
Annuaire de la Société météorologique de France ; t. III ; l re partie. Bulletin
des séances, feuilles 17-23, II e partie. Tableaux météorologiques, feuilles
28-3 1 .
Bibliothèque universelle de Genève; décembre i855 ; in-8°.
Bulletin de l' Académie royate des Sciences , des Lettres et des Beaux- A rh de
Belgique; tome XXII, n os 11 et 12; in-8°.
Bulletin de la Société géographique; décembre r855; in 8°.
Bulletin de la Société d'Encouragement pour Cindustrie nationale; novembre
et décembre 1 855 ; in-4°.
Bulletin de la Société d'Etudes scientifiques et archéologiques de la ville de
Draguignan; janvier, i856; in-8°.
Bulletin de la Société française de Photographie; décembre i855 et janvier
i856;in-8°.
Bulletin de la Société géologique de France; t. XII, feuilles /p à 5i, et
t. XIII, feuilles 1 et 2; in-8°.
Bulletin de la Société médicale des Hôpitaux ; n° 17; in-8°.
Journal d'Agriculture pratique ; t. V, n os 1 et 2; in-8°.
Journal de Chimie médicale , de Pharmacie, de Toxicologie ; janvier 1 856 ;
in-8°.
Journal de la Société impériale et centrale d'Horticulture; novembre et
décembre 1 855 ; in-8°.
Journal de Mathématiques pur es et appliquées ou Recueil mensuel de Mémoires
sur les diverses parties des Mathématiques; publié par M. Joseph Liou ville;
novembre 1 855 ; in-4°.
Journal de Pharmacie et de Chimie ; janvier 1 856; in-8°.
Journal des Connaissances médicales et pharmaceutiques ; n os 10-12; in-8°.
La Bévue thérapeutique du Midi; n° 1 2 de i855, et n os 1 et 2 de 1 856; in-8°.
L'Art médical, journal de Médecine générale et de Médecine pratique; jan-
vier i856; in-8°.
Le Moniteur des Comices et des Cultivateurs; n° 3; in-8°.
( 2 43 )
L'Unité. Journal de Pathologie générale et spéciale, théorique et pratique;
janvier x 856; in-8.
Le Technologiste ; janvier i856;in-8°.
Magasin pittoresque ; janvier i856; in-8°.
Nouveau Journal des Connaissances utiles ; n° 9; in-8°.
Nouvelles Annales de Mathématiques, journal des Candidats aux Ecoles Po-
lytechnique et Normale ; décembre 1 855, et janvier 1 856 ; in-8°.
Répertoire de Pharmacie ; janvier 1 856; in-8°.
Revue agricole et horticole. Bulletin de la Société d'Agriculture et d' Eorlicul-
ture du Gers; 4 e année ; n° 1 ; in-8°.
Société impériale et centrale d'Agriculture. Séance publique de rentrée tenue
le mercredi 19 décembre i855; présidence de M. Chevreul. Paris, i855;
br.in-8°.
La Presse Littéraire. Echo de la Littérature, des Sciences et des Arts; n 06 i-3 ;
L'Agriculteur praticien; n os 6 à 8; in-8°.
Revue de Thérapeutique médico-chirurgicale; n os 1-2; in-8°.
Bulletin de l'Académie impériale de Médecine; t. XXI, n os 5-8 ; in-8°.
Comptes rendus hebdomadaires des séances de [Académie des Sciences; table
du j er semestre i855, n° 27 ; 2 e semestre i855; I er semestre i856; n QS 1-4.
Cosmos. Revue encyclopédique hebdomadaire des progrès des Sciences et
de leurs applications aux Arts et à l'Industrie; t. VIII; i-4 e livraisons; accom-
pagnées du titre et de la table du t. VI.
Gazette des Hôpitaux civils et militaires ; n os i-i3.
Gazette hebdomadaire de Médecine et de Chirurgie; titre et table de Vannée
i855;n os i-4.
Gazette médicale de Paris ; n os i-4-
L'Abeille médicale; n 03 i-3. -
La Lumière. Revue de la Photographie; n uS i-4-
L'Ami des Sciences; n 03 1 -4-
La Science pour tous; n 03 4-8 .
L'Athenœum français. Revue universelle de la Laiëraiuit,de la Science et
des Beaux- Arts; n os i-5; accompagnée du Bulletin archéologique du mois de
décembre i855.
Le Moniteur des Hôpitaux; n os 1- 1 3.
Le Progrès manufacturier; n 01 35-3']. .,
Revue des Cours pub tics ; n os i-4>
Réforme agricole, scientifique, industrielle ; n 03 84 et 85.
>WK<
COMPTE RENDU
DES SÉANCES
DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES.
►«■»»<
SÉANCE DU LUNDI 11 FÉVRIER 1856.
PRÉSIDENCE DE M. BINET.
MEMOIRES ET COMMUNICATIONS
DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE.
M. Fixhjrens fait hommage à l'Académie d'un exemplaire de l'Eloge
historique de Léopold de Buch , qu'il a prononcé dans la séance publique
du 28 janvier.
« M. Deiacsay, en présentant à l'Académie un exemplaire d'un Traité
de Mécanique rationnelle qu'il vient de publier, lit la Note suivante
destinée à expliquer l'objet qu'il s'est proposé en faisant cette publi-
cation :
» Depuis quelques années, l'enseignement de la Mécanique à l'École
Polytechnique a été complètement modifié, et il en a été de même de la
partie de cette science qui est exigée pour l'admission à l'École. Mais cela
n'a pas pu se faire sans qu'il en résultât de grandes difficultés. Les pro-
fesseurs des divers établissements de Paris et des départements où étudient
les candidats à l'École Polytechnique, n'étaient nullement préparés au
nouvel enseignement ; d'un autre côté, malgré les détails dans lesquels on
est entré dans la rédaction du Programme, ils ont de la peine à savoir au
juste dans quel esprit ils doivent faire leurs leçons. Aussi arrive-t-il que les
élèves admis à l'École y apportent des notions très-diverses sur les éléments
de la Mécanique, notions qui sont souvent insuffisantes, et sur lesquelles il
est difficile de greffer convenablement l'enseignement de l'École.
C. R., iS56, i« Semestre. (T. XLII, N° 6.) 34
. ( a5o ) ■ -- - ■ - .
»■ En ma qualité de professeur de Mécanique à l'École Polytechnique,
j'ai cru qu'il était de mon devoir de chercher à faire disparaître ces diffi-
cultés. C'est en grande partie ce qui m'a déterminé à publier un ouvrage
qui présentât d'nne manière méthodique, et comme ne formant que des
portions d'un même tout, l'ensemble des connaissances de Mécanique ra-
tionnelle exigées pour l'admission à l'École et enseignées à son intérieur :
cet quyrage est donc particulièrement_destjné_à établir un, lien intime_entre
les deux enseignements que les élèves reçoivent successivement sur la Mé-
canique, avant leur entrée à l'École, et après qu'ils y sont admis.
» Mais je dois dire que ce n'est pas là le seul objet que j'aie eu en vue en
faisant cette publication,. Loin de partager les idées de ceux qui veulent
qu'on abaisse le niveau des études, sous prétexte de rendre l'enseignement
plus pratique, j'ai toujours pensé qu'un enseignement, quel qu'il soit, ne
saurait jamais être trop élevé, pourvu toutefois qu'il ne dépasse pas la portée
de l'intelligence de la majorité des personnes auxquelles il s'adresse. Et, si
cela est vrai dans tous les cas, à plus forte raison cela est-il vrai quand il
s'agit de l'École Polytechnique, dont l'enseignement, destiné à être com-
plété par celui des écoles d'application , doit conserver essentiellement le
caractère d'un enseignement général. Depuis que je suis chargé d'y pro-
fesser, la Mécanique, j'ai fait tous mes efforts pour maintenir mon en-
seignement au niveau le plus élevé qu'il soit possible de lui donner. En
publiant l'ouvrage dont je présente aujourd'hui un exemplaire à l'Académie,
je me suis proposé d'atteindre le même but; j'ai voulu formuler le nouvel
enseignement de la Mécanique conformément à cette manière de voir. Je
m'estimerai trèsJieureux s'il peut contribuer pour sa faible part à main-
tenir les études à un niveau d'où il serait très-fâcheux qu'on cherchât à les
faire descendre. »
~ magnétisme TERRESTRE. — M. Le Verbiee, en communiquant une Note
de MM. Goujon et Liais, en réponse à celle présentée par M. Laugier dans
la séance précédente, entre dans les considérations suivantes :
« Dans la séance du 21 janvier dernier, dit-il, j'ai fait connaître que les
déterminations de la déclinaison magnétique, faites présentement en la
place du pavillon Central dans notre Observatoire, doivent être diminuées
de 6' 39", tandis que les inclinaisons mesurées dans le même lieu doivent
être, au contraire, augmentées de 6' 3". Dans la dernière séance, et en mon
absence, M. Laugier a cherché à jeter des doutes sur cet important résultat,
en s'appuyant sur un petit nombre de mesures prises à l'Observatoire jus-
( *5r )
qu'en i853, et sur des observations faites par lui en i854, au dehors de
l'Observatoire.
» Le but que s'est proposé M. Laugier est trop évident. Malgré les mé*
uagements gardés dans la rédaction de mon article du ai janvier, s'il de-
meure établi que les mesures prises à l'Observatoire sur le magnétisme ont
besoin de corrections considérables et qui certainement n'ont pas été les
mêmes à toutes les époques antérieures, il est clair que les déterminations faites
dans les dix-huit dernières aunées sur la mesure absolue de la déclinaison et
de l'inclinaison perdent, pour ne rien dire de plus, beaucoup de leur valeur.
M. Laugier, qui a pris une grande part à ces opérations, cherche donc à
échapper à cette conséquence. Je regrette que les exigences de la science
ne permettent point de lui faire à cet égard aucune concession (i), et d'être
forcé de montrer que si les observations de M. Laugier ont été insuffisantes
dans le passé, la discussion par laquelle il cherche à les réhabiliter est
absolument fausse.
» Un mot sur le regret exprimé par M. Laugier, que ses travaux
n'aient pas été cités par nous. Mais nous n'eussions pu le faire que poul-
ies critiquer, et l'on n'eût pas manqué de se plaindre alors de ce qu'on
eût appelé une attaque; nous préférons que la nécessité où nous sommes
amené de prouver l'inexactitude des travaux antérieurs ne vienne pas de
nous. On ne comprendrait point, enfin, pourquoi M. Laugier aurait at-
tendu d'avoir quitté l'Observatoire, pour entreprendre, à la fin de iS54,
par» une campagne extérieure, une vérification devenue impossible de ses
travaux intérieurs, si l'on ne savait que la question avait été agitée par
nous dès le commencement de i854 à l'Observatoire, que personne n'igno-
rait quel plan nous nous proposions de suivre pour arriver à connaître les
erreurs magnétiques de l'Observatoire de Paris , et que l'exécution du tra-
vail avait été seulement renvoyée, pour plus d'intérêt, à l'époque où les
nouveaux instruments enregistreurs seraient sur le point de fonctionner.
» Laissons de côté la correction de l'inclinaison, qu'on a passée sous
(i) Dans nne autre circonstance où j'avais été conduit à signaler ce fait, qu'on a public
dans le passé des observations météorologiques dont il n'y a pas de traces dans les registres,
M. Laugier put, sans être contredit par moi , répondre qu'il s'agissait uniquement d'observa-
tions interpolées à de très-faibles intervalles, tandis qu'il est vrai qu'un grand nombre d'ob-
servations manquent complètement et absolument, et ont été suppléées à l'impression par
des nombres à peu pi'ès arbitraires. Une aussi grande condescendance de ma part .n'est plus
possible aujourd'hui.
34-
( 202 )
silence, quoiqu'elle ait bien son importance; et attachons-nous "à la .cor-
rection de 6' 3g", dont ont besoin les mesures de déclinaison prises au lieu
du pavillon Central, correction que M. Laugier nie en ces termes :
« Quant à moi, je persiste à croire, au contraire, ■ que l'influence des
» attractions locales n'est pas sensible. »
» Pour étayer son opinion, pour contredire nos opérations de i855,
M. Laugier ne dispose ni d'observations faites à la même époque, ni d'ob-
servations faites dans le même lieu. Mais il se livre à des calculs pro-
lixes (i), à des combinaisons inadmissibles d'observations non comparables
entre elles, oublie les corrections les plus indispensables, et extrapole
pour déduire des résultats qu'il rencontré des considérations relatives à
une époque postérieure ; c'est ainsi qu'il entend contester des observations
directes, faites dans des lieux où lui-même n'a pas opéré. Avant de suivre
M. Laugier sur un tel terrain et de montrer les vices radicaux de sa mé-
thode, ainsi que les erreurs qu'il accumule en l'appliquant, prouvons par
une voie plus simple la fausseté nécessaire de cette assertion, que l'in-
fluence des attractions locales ne serait pas sensible dans les pavillons
magnétiques de l'Observatoire.
» Nous avons dit (séance du ai janvier) qu'il résulte de nos travaux
qu'entre la déclinaison mesurée dans le pavillon de l'Est et celle mesurée
dans le pavillon de l'Ouest, il y a une différence de 6' r 6". Cette diffé-
rence, à laquelle ne s'appliquent pas les objections de M. Laugier, est cer?
taine et à l'abri de tout conteste. «
» Les observations intérieures à l'Observatoire doivent être bonnes à
cause des circonstances favorables dans lesquelles elles ont été faites (ce
sont les propres expressions de M. Laugier lui-même). Qu'importe d'ailleurs,
dans ce cas, l'erreur constante d'une boussole ( objectée par M. Laugier)
puisqu'il s'agit simplement de la mesure de la différence des indications
fournies par l'instrument en des stations distantes l'une de l'autre de quel-
ques mètres seulement? La détermination du méridien n'est même plus
nécessaire, et il suffit de rapporter la direction de la boussole à la première
ligne droite venue. ...-._.
» Ainsi, il n'a pu se glisser aucune erreur dans la mesure de cette diffé-
- (i) A cause de la longueur extrà-réglementaire de l'article, il a fallu demander à l'Aca-
démie la permission d'imprimer. Cette permission, qui n'est jamais refusée, ayant été men-
tionnée en note, il est bon de constater que cela n'implique pour l'Académie an eu ne espèce
de solidarité dans les erreurs que je signale.
( a53 )
rence de 6' 16" entre les deux stations Est et Ouest. Mais, en outre, nous
allons moutrer que l'accroissement de la déclinaison apparente de l'aiguille,,
à mesure qu'on prend une station plus Est, résulte des propres observations
antérieures de M. Laugier lui-même.
» Le i er et le 6 décembre i85o, M. Laugier mesure la déclinaison,
avec une boussole de Gambey, dans le pavillon Central et dans le pavillon
de l'Est successivement, et il trouve une différence de 3' ^ entre les deux
résultats.
» Le 4 du même mois et avec une boussole à pivot de M. Brunner, le
même observateur trouve une différence de 5' \.
» La moyenne de ces deux mesures est de 4' |- C'est cette discordance à
laquelle M. Laugier déclare, dans sa Note, avoir eu la prudence de ne pas
s'arrêter. Nous avouons humblement ne rien comprendre à cette pru-
dence : nous avions toujours cru que lorsqu'un astronome arrive à faire
deux mesures discordantes entre elles, il a pour premier devoir, s'il veut
prendre rang parmi les observateurs sérieux, de chercher la raison de cette
discordance, et de s'assurer si elle est le résultat de l'imperfection des in-
struments ou de quelque variation dans le phénomène lui-même dont on a
entrepris la mesure.
» Il demeure donc établi, soit par nos mesures, soit par les mesures anté-
rieures, que les observations faites dans les divers pavillons présentent des
discordances très-notables. Or comment soutenir, en présence de ce fait,
que l'influence des attractions locales est insensible dans les pavillons (i)?
Le but de cette prétention est trop clair. Mais si l'on tient à donner aux
anciennes observations une valeur réelle, pense-t-on y arriver en niant
l'évidence; et ne vaudrait-il pas mieux chercher, s'il est possible, à décou-
vrir les corrections dont ces observations ont besoin?
» La fausseté des conclusions du travail de M. Laugier étant ainsi prou-
vée, il nous reste à montrer en quoi sa méthode et l'application qu'il en a
faite sont vicieuses ; et c'est ce que nous ferons en empruntant, sur ce point,
les termes de la Note de MM. Goujon et Liais.
« On sait, disent ces Messieurs, que les éléments magnétiques varient
» sans cesse dans un même lieu. Quelques-unes de ces variations sont
» périodiques; d'autres sont purement accidentelles. Ces dernières sont
(i) Dans le cas où M. Laugier croirait devoir persister dans cette assertion, nous l'enga-
geons à venir auparavant sur les lieux mêmes, procéder à une vérification expérimentale de
nos résultats.
( a54 )
» assez grandes pour produire sur les déclinaisons moyennes de deux jours
» du même mois des différences qui atteignent assez fréquemment jusqu'à
» 20 minutes. Il résulte de là qu'une déclinaison, calculée pour un jour
» donné à l'aide d'observations antérieures, ne peut être exacte, même
» en tenant compte de toutes les variations périodiques connues, qu'à une
» dizaine de minutes près.
- ■ » ■ Dans le tableau publié par M. Laugier ( 1), et composé des observations
» insérées dans Y Annuaire du Bureau des Longitudes, de 1848 à 1 853, on
» trouve des différencesS annuelles qui varient sans aucune Loi apparente,
» de 2 à 7 minutes. C'est cependant avec ces données que M. Laugier a
» calculé un changement annuel qu'il regarde comme constant (2), et dont
» il se sert pour infirmer nos observations, sans avoir aucunement égard
» aux perturbations accidentelles. .."_,:.
» Pour prouver combien peu on doit se fier à des calculs de ce genre,
» nous allons faire voir qu'ils sont inadmissibles même pour des moyennes
«'mensuelles. En effet, appliquons à l'une des séries d'observations de
» M. Arago le système de discussion dont s'est servi M. Laugier, et propo-
v sons-nous.de calculer la déclinaison moyenne d'avril 1823 à l'aide des
» déclinaisons moyennes du même mois, observées pendant les années 1824-*
» 25-26-27-28-29-30, dont l'intervalle embrasse aussi sept années comme
» dans le calcul de M. Laugier. On obtient ainsi pour déclinaison en
» avril 1823, 22 25' 8". Or M. Arago a trouvé, 22°iç/4i" (3). Le calcul
» et l'observation diffèrent de 5'a7". Cette différence est d'autant plus
» remarquable, qu'elle s'applique à une moyenne mensuelle, qui doit être
» bien moins affectée par les perturbations accidentelles qu'une détermi-
» nation isolée, comme celle que considère M. Laugier.
» Ainsi la méthode suivie par M. Laugier est inadmissible en principe,"
» même lorsqu'il est permis de négliger les variations périodiques annuelles
» comme dans l'exemple que nous venons de traiter, où il s'agissait de dé-
» clinaisons moyennes prises dans le même mois. Mais M. Laugier n'opérait
» pas dans des conditions semblables, et une seconde erreur dans son travail
» provient de ce qu'il a calculé une déclinaison pour le mois de septembre
» à l'aide d'observations faites en décembre, sans avoir égard à l'influence
» des variations périodiques. Pour tenir compte de ces variations, il faut
(1) Page 178 du Compte rendu.
(2) La diminution annuelle de la déclinaison n'est pas constante. On sait qu'actuellement
elle va en "croissant. Ainsi, en i83o, elle n'était que de 1 à 2 minutes.
(3) OEuvres d' Arago. — Notices scientifiques, tomel, page 5o2.
( a55 )
» remarquer que la différence entre les maximums diurnes de septembre
» et de décembre n'est pas la même que celle qui existe entre les moyennes
n diurnes, parce que la variation diurne est beaucoup plus faible en sep-
» tembre qu'en décembre. En recourant aux observations de M. Arago,
» on trouve que le maximum diurne de septembre dépasse de 2', 43 celui
« de décembre, indépendamment de l'excès qu'il présente par l'effet de la
» diminution séculaire. Au résultat du calcul de M. Laugier pour la décli-
» naison magnétique maximum aH pavillon Central de l'Observatoire le
» 2 septembre 1 854 ? d eût donc fallu ajouter 2', 43, ce qui donne
» 20°i3', 18. Or M. Laugier a déduit pour le même point de ses obser-
» vations faites sur l'enceinte continue, 2o°8',g4. La différence est donc
» 4'?24 et non i',8i comme ilj'a imprimé. En admettant même la possi-
» bilité d'une telle discussion, il resterait encore pour le pavillon Central
» une correction de 4'» 2 4? résultat qui se rapproche trop des 6' 3g" que
» nous avons trouvées directement, pour être employé à jeter des doutes
» sur l'exactitude de notre travail. Mais, répétons-le encore, aucun calcul
» ne peut être substitué à une observation directe.
» La boussole des variations diurnes établie dans la salle méridienne a été
» observée pendant la série de nos déterminations. A l'aide de ces indica-
» tions, comparées à nos mesures absolues, nous avons pu obtenir la valeur
» de la déclinaison maximum diurne du lieu de l'Observatoire pour un assez
» grand nombre de jours de septembre 1 855. Cette partie de notre travail
» n'a pas encore été publiée. On y voit que le 6 septembre, par exemple, le
» maximum était ig°56',82, et le 8, 2o°3',83. D'après cela, si nous avions
» rapporté toutes nos observations au maximum du 8 au lieu de les rap-
» porter au 7 à 2 h 3o m du soir, tous les nombres auraient été augmentés
» de 6' 5". La déclinaison déduite de nos observations faites dans la cam-
» pagne s'accorderait alors avec la déclinaison calculée par M. Laugier
» à l'aide du changement annuel qu'il a trouvé. En effet, ses observations
» de l'enceinte continue donnent pour le lieu de l'Observatoire, le 2 sep-
» tembre 1 854, une déclinaison de 20°8',g4. Le changement annuel étant
» de — 5', 20, nous devions trouver d'après lui, le 8 septembre 1 855,
» 20°3',74. C'est à sept centièmes de minute près le nombre que nous
» avons donné plus haut.
» Quoiqu'il ne faille pas attacher d'importance à un accord que font
» et défont les perturbations, cependant ce fait prouve encore que
» M. Laugier ne peut pas se fonder sur ses observations pour émettre
» des doutes sur l'exactitude des nôtres.
» Les observations d'intensité relative dont parle M. Laugier ont été
( *56 )
» faites en avril 1841, mais elles n'ont pas été calculées et les moyens de
» réduction manquent, aucune trace n'existant de la détermination des
a corrections des aiguilles. En outre, pût-on même les réduire, il ne serait
» pas possible d'en rien conclure de précis, puisqu'il n'a été observé aucun
» instrument des variations d'intensité pendant ces déterminations. Les
» observations alors effectuées étaient seulement suffisantes pour faire voir
«qu'il n'existait pas de fortes différences dans l'intensité sur les divers
» points de la terrasse. C'est ce que confirment nos observations, qui tou-
» tefois mettent en évidence les variations réellement existantes et en
» donnent la mesure. »
» Les volumineux documents sur lesquels est fondé le travail de
MM. Goujon et Liais ne s'auraient être insérés dans les Comptes rendus, et
seront publiés ultérieurement. Sur la demande qu'on en a faite, nous
donnons, dès à présent, les valeurs de la déclinaison obtenue dans les
quatre stations situées'' en dehors de Paris. Ces déclinaisons sont toutes
rapportées au 7 septembre i855 à a h 3o m (1) :
Montrouge 19 57' 5i"
- -■ Plaine Saint-Denis 19.56.27
Vincennes ig.52.lio •■--■_
Saint-Cloud ^ ... . 20 . 4 • 4$
» La station de Montrouge était à 160 mètres du chemin de fer de
Sceaux (2). On a fait une deuxième détermination à 100 mètres du même
chemin de fer. Les deux résultats ont été identiques à quelques secondes
près.
» La ligne qui joint les stations de Vincennes et Saint-Cloud et celle qui
relie les stations de Montrouge et de la plaine Saint-Denis passent sensible-
ment par l'Observatoire. En répartissant les différences proportionnelle-
ment aux distances , on obtient pour déclinaison magnétique à l'Obser-
vatoire :
Par les deux premières stations i9°57'53"
Par les deux autres J 9-^7 -^7
(1) Étant responsable de la fidélité dû compte rendu de la séance, je devais nécessairement
remarquer que ces déclinaisons n'ont pas été communiquées à l'Académie^ M. Le Verrier
n'ayant pas apporté les chiffres n'a pu les produire lorsqu'ils lui ont été demandés. Cepen-
dant, moyennant cette observation, je crois pouvoir m'abstenir de m'opposer à leur
insertion] ~ , (Note an Secrétaire perpétuel.)
(a) Et non à 60 mètres, comme l'a dit M. Laugier à la séance, ,
( *5 7 )
» Les valeurs trouvées à Montrouge et dans la plaine Saint-Denis sont
trop peu différentes pour qu'il y ait lieu d'en conclure un changement
avec Va latitude. Les cartes n'indiquent pas, en effet, de variation qui
puisse être sensible pour de si petites distances. Les déclinaisons obtenues
à Vincennes et à Saint-Gloud montrent un changement avec la longitude
et qui est de o',70 par kilomètre. Ce nombre sera trouvé un peu fort, si l'on
a égard aux anciennes déterminations faites dans nos régions. Toutefois, ce
résultat ne semble pas provenir d'erreurs d'observation : car cette petite
anomalie se représente entre les intensités des deux stations. Nous ajou-
terons d'ailleurs qu'elle se retrouve encore dans les observations faites par
M. Laugier sur l'enceinte continue.
» En résumé, les influences des attractions locales dans les divers pa-
villons magnétiques sont incontestables; elles résultent de nos propres
mesures et de celles de nos prédécesseurs eux-mêmes.
» Les corrections données par nous pour l'époque actuelle sont indis-
pensables. Le travail par lequel on a cherché à les contester est faux en
principe et dans les détails.
» Si l'on peut parvenir à sauver les anciennes observations, ce ne sera
pas en niant, contre toute évidence, les causes d'erreur qui les ont affectées,
mais en cherchant à en donner la mesure. »
Réponse de M. Laugier.
« M. Le Verrier vient de faire à mon Mémoire deux objections prin-
cipales que je vais réfuter facilement.
» i°. M. Le Verrier, en parlant de mes calculs, prétend qu'ils ne sont
pas exacts, parce que les déclinaisons calculées que j'ai comparées aux
déclinaisons observées sont des nombres extrapolés et non interpolés.
» Voici ma réponse :
» Les nombres que M. Le Verrier considère comme extrapolés sont : la
la déclinaison magnétique du pavillon Central du jardin de l'Observatoire
pour le 2 septembre i854, et les diverses déclinaisons déduites des quatre
observations de l'enceinte continue.
» Les autres nombres étant donnés par l'observation directe, il n'en peut
être question ici.
» Or la déclinaison du pavillon Central du jardin de l'Observatoire pour
le 2 septembre 1 854 a été conclue ( voir p. 1 79) en considérant sept déclinai-
sons observées de 1848 à i855. Comme la date du 2 septembre i854 est
C R. i856, I er Semestre. (T. XLII, N° 6.) 35
( 258 )
comprise entre 1848 et i855, il y a eu interpolation et non extrapolation,
comme le prétend M. Le Verrier.
» Il en est de même des déclinaisons du 2 septembre i854 que j'ai
calculées au moyen de la formule
Déclin. = 20 6', 61 — 0.8606 x — 0.5267 y,
pour l'Observatoire et le jardin de la Maternité, car ces deux stations sont
situées dans l'intérieur de Paris. Je n'ai donc pas conclu de l'intérieur à
l'extérieur, mais bien de l'extérieur à l'intérieur. J'ai donc interpolé et non
extrapolé.
» En résumé, pour qu'il y eût extrapolation, il faudrait que j'eusse consi-
déré des déclinaisons d'une année qui ne fût pas comprise entre 1848
et i855.
» Or c'est ce que je n'ai pas fait : les deux seules dates pour lesquelles
les déclinaisons ont été calculées étant le 2 septembre i854 et le 7 sep-
tembre r855, le reproche que M. Le Verrier m'adresse n'a aucun fonde-
ment, et ou se demande ce qu'il a pu vouloir dire en parlant d'extrapola-
tion à l'occasion de mes calculs.
2 . Je passe à la seconde objection . —
Dans le calcul de la déclinaison de la Maternité pour le 2 septem-
bre i854, vous avez considéré, dit M, Le Verrier, des déclinaisons obser-
vées dans les mois de septembre, de novembre, de décembre des différentes
années comprises entre 1848 et 1 855. Or on sait qu'indépendamment des
variations annuelles, il y a des variations mensuelles dont vous n'avez pas
tenu compte; par conséquent, tous vos résultats sont faux.
» Je réponds à cette objection par des chiffres. On peut voir dans la
note (r) les moyennes des déclinaisons de chaque mois conclues des obser-
vations de M. A.rago, et affectées des variations mensuelles; on jugera s'il
(1) Il importe d'expliquer ici ce qu'on entend par variations mensuelles de la déclinaison
magnétique.
Si l'aiguille restait immobile dans sa position moyenne, elle semblerait correspondre pen-
dant plusieurs jours consécutifs aux mêmes divisions d'une échelle graduée, mais bientôt,
en vertu de la variation annuelle, elle s'écarterait de cette position pour se rapprocher du
méridien astronomique d'une quantité dont la valeur journalière est actuellement de o",86.
Mais les choses ne se passent pas ainsi. L'aiguille exécute autour de sa position moyenne dés
oscillations dont l'amplitude est variable d'un mois à l'autre et même d'un jour à l'autre. Ce
sont ces différences qui constituent les variations mensuelles. Voici la valeur moyenne de
l'amplitude des oscillations, déduites des observations de M. Arago de 1820 à i83o, pour
( »5 9 )
y avait lieu de prendre en considération ces variations mensuelles de la
déclinaison ; les faibles anomalies que l'on rencontre ne sauraient^ être
vww\uéss contre l'exactitude de mes résultats, si l'on remarque qu'il s'agis-
sait pour moi de connaître surtout le mouvement annuel en déclinaison
les mois où ont été faites les observations consignées daus mon Mémoire :
SEPTEMBRE. OCTOBRE. NOVEMBRE. DÉCEMBRE.
Valeur moyenne de l'amplitude totale... n'.i/f" m'.i" 8' .49" 6'. 12".
D'autre part ( Œuvres de François Arago, tome I er , page 5o3) , en appelant déclinaison de
chaque jour la moyenne entre la déclinaison maximum et la déclinaison minimum, et en
nommant déclinaison moyenne du mois la moyenne des déclinaisons journalières, on ob-
tient le tableau suivant des déclinaisons mensuelles pour les mois de septembre , octobre ,
novembre et décembre :
AHKÉES. SEPTEMBRE. OCTOBRE. NOVEMBRE. DÉCEMBRE.
o , ,/ o,„ o l II o , „
182O 22.22.52,25 22.22.10,6?. 22.21.46,02 22.21.27,37
,821 21.23,67 21.24,79 ai. 54,63 21.20,48
1822 20. 58, 4o 20.44,18 20.22,96 21. 5,43
1823 19.21,12 19-48,99 20. 7,5r 19 17,37
1824 20.18,75 20.39,69 20. 6,12 ig-4», '4
1825 «9-'9,'5 ig.44,12 i9- l5 >97 17.52,72
1826 17. 5,85 16.19,74 16. 9,64 i5. 53,o8
1827 i3.i5,83 12.32,98 12.41,78 u.57,63
1828 10.53,27 ,10,23,99 !0.48,5o 9- 5 7>° 5
,829 8.34,26 7. 41, i3 8.i5,37 9- 36 >'9
■83o 5.16,70 5. 3,4i 5.4o,74 6.59,87
Moyennes... 22.16.18,11 22.16. 3, 06 22. «6. 6,3o 22.i5 55,3o
La moyenne correspondante à chaque mois donne des nombres dont les différences d'un
mois à l'autre sont dues à la variation annuelle. Pour y faire entrer les variations mensuelles,
il faut ajouter à chacun d'eux la demi-amplitude mensuelle. On aura de cette manière, pour
une époque moyenne :
Valeur de la déclinaison moyenne. .
Demi-amplitude mensuelle
Valeur de la déclinaison maximum . .
Les nombres de la dernière ligne sont affectés de la variation annuelle et de la variai ion men-
suelle. On peut juger, par l'accord qu'ils présentent, du peu d'importance de l'erreur qui
résulte de l'omission des variations mensuelles, quand il s'agit de conclure, comme je l'ai
fait d'un intervalle de sept années', le mouvement annuel de déclinaison.
35..
SEPTEMBRE.
OCTOBRE
&OVEMBRE.
DÉCEMBRE.
/ //
22. l6. l8
• / 11
22 l6. 3
/ II
22. l6. 6
V '
22. i5.55
-4- 5.3 7
-+- 5.3o
+ 4- 2 5
-t- 3. 6
22.2 1 .55
22.21 .33
22 .20.3 I
22.19. 1
( 2ÔO )
que j'ai employé dans mon calcul pour transporter au 7 septembre i855
la formule empirique du 2 septembre 1 854, et que six des déclinaisons
dont j'ai fait usage ont été mesurées dans les mois de novembre et décem-
bre, où les variations mensuelles sont presque identiques.
» Cette seconde objection de M. Le Verrier n'est donc pas plus fondée
que la première, et les conclusions de mon Mémoire subsistent en entier.
» Ces conclusions sont comprises dans le tableau de la page 182 que je
reproduis ici.
\
STATIOXS.
DÉCLINAISOM
observée.
DÉCUHAISON
calculée;
CALCUL
moins observation.
/
20. 3,5
20. 9,1
20 . 2 ,
20. 11 ,7 .
20 . 1 , 80
20. 10,75
20. 4)4°
20 . 0,1
20 . 5 , 90
20. 6,37
/
20 3,g2
20 . 1 , 1 1
20. 1,66
+ 0,42
+ 1,01
— 0,34
■+- 1,01
— i,3j
— 0,98
-t- o,i3
+ 443
— '> 3 7
— ',84
20. 12,71
20 9,49
2 °- 9,77
20. 4,53
20. 4» 53
20. 4,53
20. 4>53
Observatoire, pavillon Central,
2 septembre i854 (interpolé).
Observatoire , pavillon Central . .
Pavillon de l'Ouest
Nouveau pavillon magnétique. .
Pavillon de l'Est
» On voit que toutes les .observations de l'intérieur de Paris sont
représentées, et s'accordent avec mes quatre observations de l'enceinte
continue ; qu'en mettant décote la seule observation du pavillon de l'Ouest,
les déclinaisons des trois autres pavillons concordent assez bien entre elles.
» Ainsi la question capitale, la question de savoir s'il faut ou non appli-
quer aux déclinaisons du pavillon Central la correction de 6' 39" dont parle
M. Le Verrier, se trouve sinon tranchée définitivement, du moins ajournée
à l'époque où l'on pourra disposer d'un plus grand nombre d'observations.
» Il résulte de mes observations de i854 que les déclinaisons du pavillon
Central, le seul dans lequel M. Arago ait observé ou ait fait observer y ne
doivent recevoir aucune correction.
» Où doit-on donc trouver cette différence de 6' 3g" ? Je dis qu'il faut la
chercher dans les déclinaisons des stations extérieures de MM. Goujon et
Liais. Or, dans mon Mémoire, j'avais donné pour ces stations les déclinaisons
( a6i )
qui résultent de ma formule; j'avais ajouté : « J'aurais désiré en faire la
» comparaison immédiate avec les nombres que MM. Goujon et liais ont
» obtenus au nord, au sud, à l'est et à l'ouest de Paris; malheureusement
» ces nombres n'ont pas été publiés dans la Note de M. Le Verrier. » C'était
en demander la publication autant que je pouvais le faire; et j'ai été fort
étonné en entendant la réponse de M. Le Verrier, de voir qu'il n'y était
nullement question de ces observations.
« Ces quatre déclinaisons des stations extérieures ont seules fourni à
M. Le Verrier les corrections qu'il propose, il aurait pu les publier dans sa
première Note; elles appartiennent désormais à la discussion, et M. Le
Verrier se devait à lui-même de les mettre aujourd'hui sous les yeux de
l'Académie. Pour ma part, je suis porté à croire qu'elles renferment la con-
damnation de son système.
» Cette condamnation se trouve, du reste, dans les mesures de l'inclinai-
son magnétique qu'il a publiées. L'accord satisfaisant qu'on remarque dans
ces inclinaisons montre combien sont hasardées les corrections de la Note
de M. Le Verrier.
» Quant à mes conclusions, j'ajoute qu'elles n'auraient pas été modi-
fiées, si, au lieu de trouver entre les diverses déclinaisons observées et cal-
culées un accord dont je suis moi-même étonné, j'avais rencontré de ces
discordances qui sont acceptables lorsqu'il s'agit d'observations magnéti-
ques. Quoi qu'il en soit, ce qui dans mon travail me paraît devoir fixer
l'attention, c'est le nouveau plan que je soumets au jugement des physi-
ciens : ainsi, tout en continuant d'observer à la même place les valeurs
absolues des éléments magnétiques et leurs variations, je propose en outre
de rechercher préalablement dans chaque lieu les directions d'égale décli-
naison et de plus rapides variations, et d'y observer en différents points les
indications des divers instruments magnétiques. En adoptant ce plan, des
observateurs aussi habiles que MM. Goujon et Liais, qui ont à leur disposi-
tion le beau matériel dont M. Arago a doté l'Observatoire, auront sans
doute l'occasion de faire d'importantes remarques. J'ai dû me borner à
répondre à M. Le Verrier, ne connaissant pas les critiques que ces Mes-
sieurs adressent aujourd'hui même à l'Académie, sur mon travail.
» Avant de terminer, je vais citer un passage du tome I er des OEuvres
de M, Arago, qui n'est pas étranger à la discussion actuelle. Voici ce
passage :
« L'Observatoire proprement dit s'est augmenté depuis quelques an-
» nées d'un amphithéâtre, situé à l'ouest, dont le toit en zinc repose sur
( a6a')
» des fermes en fer. Plus récemment la tour orientale de l'ancien observa-
»' toire a reçu un toit nouveau colossal, dans l'exécution duquel est entrée
» une immense quantité de fer. Les deux masses sont éloignées de la co-
» lonne sur laquelle les inclinaisons ont été mesurées, de 7a mètres.
» Nous avons tout lieu de croire, à la suite de divers essais, qu'à cette
» distance les deux masses dont nous venons de parler, n'ont pas agi
» d'une manière sensible sur les phénomènes de l'aiguille aimantée. »
» Ce passage prouve que M. Arago n'avait pas négligé d'étudier l'in-
fluence des fers dont sont entourés les instruments magnétiques de l'Obser-
vatoire.
» Il ne pouvait en être autrement. M. Arago, qui a consacré de si longues
années à l'étude des phénomènes magnétiques, qui a fait sortir de l'Obser-
vatoire de Paris les principales notions qu'on possède aujourd'hui sur le
magnétisme terrestre, telles que les variations diurnes de l'inclinaison et de
l'intensité, la simultanéité des mouvements de l'aiguille de déclinaison
dans des stations très-éloignées, l'influence qu'exercent sur les aiguilles
les aurores boréales, etc., M. Arago, enfin, qui a contribué si puissamment
à la création de cette immense réseau d'observatoires magnétiques qui
couvrent l'Europe et une partie de l'Asie, ne pouvait oublier de prendre,
dans l'observatoire qu'il dirigeait, toutes les précautions nécessaires à la
précision des résultats déduits de ses observations. »
MÉMOIRES ^PRÉSENTÉS.
M. le Ministre des Affaires étrangères transmet un Mémoire sur le trai-
tement des minerais argentifères , que l'auteur, M. Poumarède, Français
résidant au Mexique, désire soumettre au jugement de l'Académie.
« Ma position au Mexique, dit M. Poumarède dans la Lettre qui accom-
pagne son Mémoire, m'a mis à portée, de reconnaître les inconvénients que
présentent les méthodes de traitement actuellement suivies dans ce pays, et
m'a permis d'observer certains faits qui ont servi de base aux innovations
que je propose et que je viens soumettre à la haute appréciation de l' Aca-
démie, »
(Commissaires, MM. Pelouze, Boussingault, Peligot.)
M. EliedeJBeaitmqnt présente, au nom de l'auteur M. P. de Tchïhaichef,
un grand travail ayant pour titre : Etudes climalologiques sur l'Jsie
Mineure. -"-."■- ''-■"' - ■'
« J'ai consacré à l'exploration de cette contrée, dit M. de Tçhihatchef,
( 2 63 )
plus de cinq années, n'ayant pour tout appui que mes ressources person-
nelles. Si le laps de temps assez considérable voué à mes travaux a pu me
permettre de saisir les traits les plus saillants des conditions topographiques,
géologiques et botaniques de cette vaste région, jusqu'aujourd'hui presque
inaccessible aux sciences naturelles et physiques, cet espace de temps ne suffit
point pour fournir les éléments nécessaires à l'appréciation climatologique
d'une région quelconque, et surtout d'unerégion qui, comme l'ÀsieMineure,
présente tant de variétés dans son relief. Aussi le seul motif qui a pu m'en-
courager à placer sous les yeux de l'Académie ces ébauches très-imparfaites,
c'est la considération qu'elle marquera le premier pas tenté dans une voie
complètement neuve où je n'ai eu ni guide ni prédécesseur. »
Ces Études sont renvoyées à l'examen d'une Commission, composée de
MM. Becquerel, Élie de Beaumont et Decaisne.
galvanoplastie. — Modelage par dépôt intérieur des objets en ronde bosse;
par M. Lenoik.
(Commissaires, MM. Becquerel, Dumas, Babinet.)
« M. Babinet met sous les yeux de l'Académie des bronzes eu ronde
bosse obtenus parla galvanoplastie, sans soudures et sans division du moule,
en plusieurs parties. Ces bronzes sont remarquables par leur légèreté,
qui surpasse de beaucoup celle des bronzes antiques, ainsi que la légèreté
des modelages florentins de la Renaissance. Tous les métaux de la galvano-
plastie peuvent être modelés par le procédé de M. Lenoir, comme l'est le
cuivre, et il n'est point de limite à la grandeur de la statue que l'on veut re-
produire. M. Babinet s'est assuré, en faisant couper les pièces à la lime ou
aux cisailles, que le dépôt métallique est admirablement uniforme d'épais-
seur, ce que les modelés par la fusion ne peuvent obtenir.
» LeprocédédeM.Lenoirconsisteàintroduiredanslecreux dumouleun
faisceau de fils conducteurs qui en suivent intérieurement la forme sans y
toucher nulle part, et y déposent uniformément le métal du bain où le moule
est immergé. On peut à volonté donner à la pièce qui tapisse, pour ainsi
dire, l'intérieur du moule, telle force que l'on désire, ou même superposer
deux métaux, l'un extérieur comme l'argent, l'autre intérieur comme le
cuivre. Une petite statuette, parmi les échantillons soumis à l'Académie*
n'a pas en métal l'épaisseur d'une feuille de papier, et cependant elle est
partout de même force. Il y a économie immense de métal, de main-d'œuvre,
d'ajustement, de soudures, et surtout grande perfection artistique dans les
(264)
-résultats obtenus. Les fiais et les risques du retrait du ciselagé sont sup-
primés. Depuis plusieurs mois, les ateliers de M. Lenoir fabriquent en grand
et avec plein succès. Son procédé n'est donc point à l'état de théorie seule-
ment, et des pièces d'un mètre de hauteur ont été exécutées, » -
zootechnie. — Mémoire sur les laines d'Jlgérie; par M. Èmîle Baudement,
professeur au Conservatoire des Arts et Métiers. ( Extrait par l'auteur.)
(Commissaires, MM. Isidore Geoffroy-Saint-Hilaire , Milne Edwards, de
Gasparin , le Maréchal Vaillant.)
« Un lainier, contenant quatorze cent huit échantillons de laine, re-
cueillis sur presque tous les points du territoire algérien, "a été envoyé à
l'Administration de la Guerre. Étudiés un à un , puis comparés entre eux,
ces échantillons ont permis de prendre une idée générale de la valeur des
laines d'Algérie et de leur répartition sur le territoire. Une carte, dressée
par l'auteur du Mémoire, représente chacun des groupes qu'il établit par
une teinte spéciale qui couvre l'emplacement occupé par la tribu d'où la
laine provient. Voici les conclusions générales auxquelles l'étude com-
parée conduit :
» Les laines d'Algérie appartiennent, en général, à la classe des laines
communes, et on peut les caractériser en disant qu'elles sont longues, dures
et sèches, mécheuses et jarreuses, trop souvent maigres et peu lissées. Elles
sont aussi, d'une manière générale, fortes et peu chargées de suint; elles ne
manquent pas de nature, et trahissent un certain type de finesse qui se dé-
veloppant devient plus sensible à la fabrication.
» Sous cette caractéristique commune se produisent des différences qu'on
peut rapporter à deux grands groupes. Le premier comprenant les laines
longues, excellentes pour le peigne, avec plus d'homogénéité, de régularité,
de cachet et de richesse que les laines inférieures, qui forment le fond de
la production lainière d'Algérie; le second, composé des laines courtes ou
moyennes, fines et offrant des mèches, rappelant le type mérinos, et le
rappelant quelquefois au point d'en faire soupçonner l'influence primitive.
» Des combinaisons existent entre les laines de ces deux groupes, résul-
tant du voisinage des animaux dans les parcours des razzias, etc.
» Les meilleures laines dans tous les- genres se trouvent dans la province
de Constantine, sur les frontières de la régence de Tunis.
» Les laines les plus inférieures se présentent surtout à l'extrémité nord-
( 265 )
ouest et à l'extrémité nord-est de nos possessions, dans la subdivision de
Tlemcen et dans celle de Bône.
» La province d'Oran est celle dont l'ensemble des laines a le moins de
qualité ; la province d'Alger se place entre celle d'Oran et celle de Constan-
tine.
» Si l'on compare entre elles les parties les plus voisines et les parties les
plus éloignées du littoral, on voit que le principe mérinos se révèle bien
plus dans les secondes que dans les premières.
» Si l'on compare l'ouest à l'est, on trouve que la valeur des laines dé-
croît de l'orient à l'occident, tout comme s'affaiblit aussi, dans la même
direction, l'influence que je rapporte aux types mérinos.
» Le Mémoire étudie les laines dans chaque province, dans chaque sub-
division, dans chaque cercle, dans chaque tribu; apprécie les conditions de
sol, de climat, de situation agricole et politique des productions, et cherche
à démontrer la possibilité d'obtenir, avec les laines d'Algérie, dans l'intérêt
de la métropole et dans celui de la colonie, des laines longues lisses et des
laines très-fines, c'est-à-dire les qualités dont le besoin augmente en même
temps que la pénurie s'en fait sentir dans l'industrie. »
anatomie végétale. — Note sur les biforines; par M. A. Trécul.
(Renvoi à l'examen de la Section de Botanique.)
« En i836, Turpin publia sur des cellules cristallifères qu'il appela bi-
forines, une Note dans laquelle sont consignés des faits intéressants qui
ont été méconnus depuis par les botanistes. 11 a tu dans diverses espèces
de Caladium, telles que les C. escuientum, Seguinum, colocasioides , bico-
lor, lacerum, pedatijblîum, rugosum, etc., des cellules allongées, navicu-
laires, contenant un faisceau de cristaux aciculaires qui s'échappent par
une ouverture pratiquée à chacune de leurs extrémités. Ces organes, sui-
vant l'auteur, seraient composés de deux vésicules: l'une externe, de la
forme qui vient d'être indiquée, est assez résistante, assez épaisse, incolore
et transparente; elle est surtout remarquable en ce qu'elle est munie à
chaque extrémité d'une bouche à bords un peu épaissis. Dans cette vési-
cule extérieure se trouve la seconde, sorte de boyau intestinal fusiforme,
formé d'une membrane transparente, incolore, extrêmement mince, diri-
gée parallèlement à la vésicule externe et aboutissant à ses deux bouches.
C'est ce boyau intestinal qui renfermerait les aiguilles cristallines au nombre
de plusieurs centaines. Ces biforines, plongées dans l'eau, ne tardent pas à
C. R., i856, i« Semestre. (T. XLII, N° 6. ) ^°
("a66 )
lancer tantôt par l'une de leurs bouches, tantôt par l'autre, et comme-par
des sortes de décharges intermittentes, les nombreux cristaux qu'elles con-
tiennent. ...
» Ces faits singuliers attirèrent l'attention des anatomistes; mais un
seul, en France, confirma les assertions de Turpin; ce fut M. Delilê,
qui, dans le Bulletin de la Société d'Agriculture de l'Hérault (r 836), dit
les avoir observés dans le Caladiwn bicolor. Depuis, MM. Morren et
Lindley les ont admis dans le Caladium esculentum et le Diëffehbachià
Seguine. Meyen, Sehleiden et Kunth ont cru que Turpin n'avait vu
que des cellules cristallifères analogues à celles qui renferment les
raphides. « Ces cellules sont connues depuis longtemps en Allemagne, »
dit M. Sehleiden, en faisant allusion aux figures données par -Meyen
dans sa Phjrtotomie, et que ce dernier botaniste rappelle, à- la même occa-
sion, dans sa Physiologie. Les _organes représentés par Meyen ne sont que
des cellules raphidiennes ordinaires, dont -je montrerai plus loin l'analogie
avec les biforines. MM. H. Mohl, Unger, Schacht, Kûtzing, etc., dans leurs
ouvrages généraux les plus récents, ne rappellent même pas le nom de ces
petits corps si remarquables. En France, l'observation dé Turpin ne trouva
guère plus d'adhérents ; car M. Adrien de Jussieu, dans son Cours élémen-
taire de Botanique, ne mentionne pas les biforines, et Mi Achille Richard,
après les avoir décrites dans plusieurs éditions de ses Éléments, les a fait
disparaître dans celle de i85a. Cependant, rien n'est plus exact que le
phénomène principal observé par .Turpin ; mais il est survenu ici ce qui
arrive souvent en pareille circonstance ; les théories de Turpin sur l'origine
des cellules, et qu'il rappelle . dans son travail sur les biforines, ont mis
les botanistes en défiance; ceux-ci ne retrouvant pas les faits qu'il a décrits,
les ont rejetés complètement.. .
» C'est à tort aussi que Turpin a comparé les biforines au lupulin, avec
lequel elles n'ont pas la moindre analogie. En effet, le grain de lupulin,
ainsi que l'a très-bien montré M. Personne, et que je l'ai observé moi^
même, est composé d'une couche de cellules disposées en cupule, par les-
quelles l'huile -essentielle est sécrétée. Celle-ci, exsudant de ces cellules, se
répand entre elles et la cuticule qui revêt l'intérieur de la petite coupe,
Cette cuticule est soulevée et .communique au grain de- lupulin la forme
qu'on lui connaît. : . : .
» La comparaison que Turpin afaite des biforines avec le grain de pollen
est plus rationnelle en ce qu'elles s' ouvrent^ comme ce dernier, à.dés placés
déterminées. Ce. n'est pas," en effet, par une simple déchirure,; ainsi' que
(a6 7 )
l'ont pensé Meyen, Schleiden et Kunth, due an gonflement de la cellule
dans l'eau, que sortent les aiguilles cristallines renfermées dans les bifo-
rines; c'est évidemment par un endroit disposé par la nature à chaque
extrémité, aussi Bien que les opercules que l'on remarque sur le pollen
triangulaire des Onagrées, etc., ont été préparés par elle pour l'émission de
la matière fécondante.
» J'avais plusieurs fois essayé de vérifier l'assertion de Turpin ; mais,
comme celles des autres anatomistes, mes tentatives avaient été infruc-
tueuses, sans doute parce que j'avais examiné les espèces les moins favo-
rables. En étudiant une plante fort intéressante par son mode de végétation
que je trouvai en abondance sur les eaux un peu tranquilles de la Louisiane
et du Texas, le Pistia spatulata, je fus frappé de la forme particulière des
cellules raphidiennes placées en travers des cloisons qui séparent les lacunes
de cette plante, et celles qui sont moitié libres et moitié plongées dans le
parenchyme plus vert et plus dense de la face supérieure de la feuille,
quand tout à coup je vis ces cellules naviculaires lancer par leurs extrémités
leurs élégantes aiguilles par un jet tantôt continu, tantôt intermittent, et
quelquefois par les deux bouts à la fois. J'en vis un grand nombre se
vider ainsi complètement.
» J'ai repris dernièrement ces études et j'ai constaté l'existence des bifo-
rines dans diverses espèces de Pistia- des collections du Muséum, par
exemple dans les Pistia Stratiotes, Leprieurii, linguœformis } Bl. On peut
les voir très-facilement dans celui qui flotte à la surface de l'aquarium du
Jardin des Plantes. Je les ai observées aussi chez plusieurs végétaux cités
par Turpin . Dans le Caladium Seguinum ( Dieffenbachia Seguine, Schott )
j'ai vu de grandes biforines remplies de raphides et terminées en pointe
comme celles du Pistia. Plusieurs s'ouvrirent sous mes yeux à la tempéra-
ture de 10 à 12 degrés, et non à celle de 20 à 25 degrés comme Turpin le
croyait nécessaire. Leur paroi est assez épaisse et s'amincit un peu près des
extrémités; elle a la propriété de se gonfler dans l'eau de manière à tripler
ainsi son épaisseur, dans laquelle on remarque alors deux, et même quel-
quefois trois couches. Ces biforines ne renferment pas de membrane in-
terne, de boyau intestinal, tel que celui qui a été décrit par l'auteur de la
découverte.
» La cause de son erreur, que j'indiquerai plus loin, m'a été dévoilée
par les biforines du Caladium crassipes. Celles-ci ne sont point terminées
en pointe comme les précédentes; elles sont à peu près elliptiques, et leur
paroi montre nettement deux couches, l'une extérieure brune, l'autre in-
36..
( ^68 )
férieure blanche et brillante. Leurs ostioles m'ont paru plusieurs fois ou-
verts avant qu'elles fussent plongées dans l'eau ; car je les apercevais aus-
sitôt que ces biforines étaient placées sous le microscope, longtemps avant
que les aiguilles cristallines se disposassent à sortir. Quand ce moment ar-
rive, la régularité du faisceau n'est pas altérée, une ou quelques aiguilles
seulement s'approchent de l'ouverture , s'y engagent et sortent avec plus
ou moins de rapidité. Il en sort ordinairement plusieurs ensemble; mais,
dans le Caladium Seguinum, je les ai vues ordinairement s'échapper une
à une. Ce phénomène est assurément dû ici à l'affinité que possède pour
l'eau la matière mucilagineuse contenue entre la paroi cellulaire et les cris-
taux, Ce mucilage, qui tient des granules en suspension^ ou mieux des par-
ticules plus compactes, comprime les cristaux et les contraint de sortir.
Les décharges, soit continues, soit intermittentes, par lesquelles cette
sortie s'effectue, font éprouver à la cellule, lorsqu'elle est libre au milieu du
liquide, une sorte de recul que Turpin a comparé à celui d'une pièce d'ar-
tillerie. Cette expulsion doit avoir lieu aussi dans l'intérieur de la plante ;
car j'ai souvent trouvé dans le Dieffenbachia Seguine, dans lePistia vivant,
signalé plus haut, etc., des biforines vidées avant d'avoir été placées dans
l'eau du porte-objet; et l'une d'elles surtout, fournie par le Caladium cras-
sipes, avait perdu ses cristaux depuis longtemps, car les granules qu'elle
renfermait étaient devenus verts comme des grains de chlorophylle.
» Dans cette dernière plante, le mucilage paraissait beaucoup plus dense
que celui des autres espèces citées ; aussi, en pressant les cristaux, sa sur-
face ne s'appliquait pas régulièrement sur ceux-ci; elle se plissait et pouvait
paraître, à un esprit prévenu, limitée par une membrane. Cependant il n'en
était rien; car, d'abord, on ne voyait pas la membrane, et, ensuite, les ai-
guilles entraînaient parfois avec elles des flocons de mucilage.
» Les biforines du Caladium bicolor sont aussi elliptiques; mais leur
membrane est beaucoup plus mince, ce qui n'empêche pas que les bords
des ouvertures ne soient très-nets et sans apparence de déchirure. Je dois
ajouter aussi que dans aucune des biforines que je viens de décrire, je n'ai
trouvé les ostioles bordés d'un bourrelet comme celui qu'a décrit Turpin ;
il est vrai que je n'ai pas eu à ma disposition le Caladium esculentum chez
les biforines duquel il a principalement vu ce bourrelet ou épaississement.
» La dimension des biforines n'est pas la même chez toutes les plantes
qui en présentent; je les ai trouvées longues d'environ -^ de millimètre
dans les Pistia, de o mni , 1 1 dans le Caladium crassipes, de o mm , 1 2 dans le
C. bicolor, de o mi?1 , 14 dans le Philodendron ermites, Ad. Br., de o mm , r5
dans le Dieffenbachia Seguine.
( 26 9 )
» Si maintenant je cherche à me rendre compte de ce qui a causé l'er-
reur dans laquelle sont tombés les anatomistes qui ont pris ces biforines
pour des cellules à raphides ordinaires , je n'en puis trouver l'origine que
dans la jeunesse des organes qu'ils ont examinés, à moins qu'ils n'aient ob-
servé des plantes où elles n'existent pas, comme c'est le cas pour l'espèce
qui a fourni les figures citées par Meyen. Avant la formation des ostioles,
les biforines, surtout celles qui ne sont pas terminées en pointe, n'ont rien
qui les distingue des cellules raphidiennes communes, si ce n'est la plus
grande épaisseur que présente la membrane de plusieurs d'entre elles.
Quand elles approchent de l'état adulte, quelques-unes s'atténuent vers leurs
extrémités de manière à former un bec qui se termine plus tard par un
ostiole. Alors il est impossible de s'y méprendre; jamais les cellules à ra-
phides, qui se rencontrent si fréquemment dans une multitude de végétaux,
ne me sont apparues avec le même aspect, et jamais surtout ces cellules ne
s'ouvrent, même en se déchirant, lorsqu'on les plonge dans l'eau; tandis
que les biforines adultes, dans les mêmes circonstances, laissent toujours
voir leurs petites bouches livrant ou prêtes à livrer passage aux aiguilles
cristallines que ces biforines renferment.
» Les biforines doivent donc être rangées au nombre des organes élé-
mentaires des végétaux. »
anatomie comparée des végétaux. — Plantes parasites. Ordre des
Cuscutacées; par M. Chatin. (Extrait par l'auteur.)
(Renvoi à l'examen de la Section de Botanique.)
« Le Mémoire que j'ai l'honneur de soumettre à l'Académie des Sciences
comprend l'anatomie des discuta epithymum, C. major, C. densijlora,
C. reflexa, C. americana et C. monogjrna; plus quelques aperçus sur les
C. alba, C. africana, C. corymbosa et C. chinensis; il est accompagné de
k planches in-4°.
» Je montre que, pour ce qui est de la structure des Cuscutes, consi-
dérée en elle-même et d'une manière générale, ces plantes, sur lesquelles
Meyen et Unger ont publié quelques observations non dépourvues d'in-
térêt, offrent, dans la plupart de leurs espèces, une structure assez uni-
forme. Les tiges, aphylles comme on le sait, sont composées d'une mem-
brane épidermoïdale privée de stomates, et, par contre, assez souvent
féculifère; d'un parenchyme cortical, riche en fécule, privé de matière
verte, et contenant quelquefois, comme la membrane épidermoïdale, un
( 2 7° )
liquide d'un rouge rabattu (paraissant se rapporter au cercle chromatique
n° 2 de M, Chevrenl); d'un cercle ligneux ou fibreux continu, placé entre
le parenchyme extérieur et la moelle; de groupes (dix ordinairement) de
vaisseaux placés dans l'épaisseur de là zone fibreuse; enfin, d'une moelle le
plus souvent bien développée et privée, contrairement à l'observation
d'Unger, de rayons médullaires. Les suçoirs, le plus souvent en forme de
tubercule conique qui peut, dans certaines espèces, s'avancer jusqu'au
centre des, plantes nourricières, se composent, en général : i° d'une masse
parenchymateiise terminée à son sommet par un groupe de cellules étroites,
allongées, convergentes et dirigées perpendiculairement sur les -tissus de la
plante nourricière, dans lesquels ils pénètrent, malgré la mollesse de leur
propre substance et la dureté souvent très-forte de ces derniers; 2°-par un
cône axile essentiellement vasculaire, s'appuyant à sa base sur le tissu fibro-
vasculaire des tiges dont il émane, et s'avançant par sa pointe vers l'ex-
trémité cellulaire de l'organe, qu'il paraît ne jamais traverser pour- se
mettre en contact immédiat avec les tissus de la plante nourricière. Le
petit cône, formé de cellules pressées au sommet du suçoir et le cône vas-
culaire intérieur, que nous retrouverons tous les deux chez le plus grand
nombre des végétaux parasites, peuvent être désignés, le premier sous le nom
de cône perforant, le second sous le nom de cône de renforcement, termes
qui se rapportent au siège occupé par les parties, sans rien préjuger sur
leurs fonctions d'absorption pour la vie de l'individu. Les vaisseaux du cône
vasculaire, comme tous les vaisseaux placés, même chez Jes parasites privés
de ce cône, dans la contiguïté des plantes nourricières, deviennent exces-
sivement courts.
» Des replis de la tige latéraux aux suçoirs descendent, dans quelques
espèces, de celle-ci pour embrasser la plante nourricière et assurer, dans
ces plantes à spirale ou volute lâche, le contact entre la parasite et sa
nourrice. Ces replis, rudimentaires et simplement parenchymateùx dans
le C. epilinum et le C. reflexa, plus développés et doublés à l'intérieur
d'une lame fibreuse dans le C. monogyna, se retrouvent chez des plantes
autres que les Cuscutacées. On peut les désigner sous les noms de replis
ou appendices préhenseurs , en distinguant par l'épithète d'appendice de
renforcement la lame fibreuse interne.
» Les appendices de renforcement des replis préhenseurs sont exclusi-
vement fibreux et paraissent bien n'avoir pour objet que d'augmenter la ré-
sistance ou solidité de l'organe ; les cônes de renforcement des suçoirs sont
essentiellement vasculaires et ont une action sans doute beaucoup plus
( *v )
physiologique que mécanique : à l'expérimentation, d'ailleurs, à décider la
question quand le rôle de l'observation sera fini.
» Après l'exposition succincte des faite anatomiques observés chez les
Cuscutacées, je considère ces faits dans leurs rapports avec la classification
.naturelle, avec l'anatomie générale, avec l'organographie ou morphologie et
avec la physiologie. Au point de vue de la taxonomie, je fais remarquer que
la diagnose des nombreuses espèces du genre discuta, souvent imparfaite
par les seuls caractères tirés de la fleur, pourra faire d'utiles emprunts à
l'anatomie, qui distingue mieux encore que les caractères morphologiques
le C. major et le C. epithymum, réunis par Linné dans son C. europcea,
qu'elle ajoute aux caractères des C. epilinum, C. reflexa, C. americana.
Sur la question de savoir si le grand genre discuta doit être, contraire-
ment à l'opinion de Ghoisy, démembré en plusieurs genres, je montre que
l'anatomie, en révélant dans le C. monogyna une structure très-éIoi°uée de
celle des autres espèces, indique, parallèlement aux données morphologi-
ques, cette plante comme pouvant être le noyau d'un genre nouveau. J'in-
dique, enfin, pourquoi les Cuscutacées, dont la plupart des auteurs ne font
aujourd'hui qu'une tribu des Convolvulacées, me paraissent, comme au
savant botaniste Lindley, devoir constituer un ordre distinct.
» Je signale, au point de vue de l'anatomie générale, l'absence d'un véri-
table épiderme stomatifère, de matière verte, de rayons médullaires et,
même dans les organes floraux, de trachées ou vaisseaux spiraux {C. mono-
gyna excepté), le groupement des vaisseaux sur des points déterminés de la
zone fibreuse continue, les rapports entre la contiguïté immédiate des vais-
seaux de chaque groupe et leur forme prismatique, entre leur isolement par
une portion de l'élément fibreux et leur forme tubuleuse arrondie, l'épais-
sissement considérable des vaisseaux du C. monogyna et l'assemblage fort
complexe constituant le système fibrovasculaire de la même plante, la
moelle ordinairement si réduite dans le C. epithymum, qu'elle semble man-
quer, les rapports des éléments des suçoirs et des replis préhenseurs avec
ceux des tiges.
» Sous le rapport morphologique, je signale l'utilité qu'il pourra y avoir
à comprendre les appendices préhenseurs dans la diagnose des espèces, l'in-
version qui existe entre les Cuscutes et les végétaux ordinaires, ces derniers
étant feuilles mais souvent privés de bractées, celles-là étant, au contraire,
pourvues de feuilles florales quoique aphylles, etc.
» Au point de vue de la physiologie, enfin, je fais remarquer que les faits
anatomiques observés ont des rapports multiples avec le mode de vivre des
( 272 )
Cuscutes, mais que la délimitation et l'appréciation exacte de ces rapports
ne pourront être établies que par l'expérimentation, qui aura surtout à expli-
quer : le rôle de la membrane épidermoïdale qui est parenchymateuse et
souvent remplie d'un liquide coloré ; la présence, dans la parasite, de sub-r
stances qui n'existent pas chez la plante nourricière, ainsi que le fait réci-.
proque ; la force qui vient en aide au cône perforant qui, quoique paren^
chymateux, traverse les tissus les plus durs de la plante nourricière ; le rôle
de ce même cône perforant et celui du cône vasculaire quant à l'ab-
sorption. »
HYGIÈNE publique. — Innocuité du phosphore amorphe; réclamation de
priorité adressée par M. A,. Chevallier à l'occasion d'une Note récente
de MM. Orfila et Rigout. (Extrait. )
« Dans la séance' du 9 octobre i855, j'ai présenté à l'Académie des
Sciences un Rapport fait à l'Académie de Médecine sur un Mémoire de
M. Causse, d'Alby, Rapport dans lequel j'établissais :
» i°. L'idée que j'avais eue de substituer le phosphore amorphe au phos-
phore ordinaire dans la fabrication des allumettes phosphorées, but déjà
atteint, puisqu'un fabriquant de Paris, M. Camaille, avait préparé des allu-
mettes au phosphore amorphe qui furent présentées au Conseil de Salubrité
et l'objet d'nn Rapport dans lequel on reconnaissait l'utilité de cette substi-
tution;
» 2°. Que déjà, dans une Note du tome XIX du Journal de Pharmacie,
on- trouvait que M. Bussy, dès i85o, avait constaté que le phosphore rouge
n'était pas susceptible d'agir comme toxique, et qu'un chien avait pu impu-
nément en prendre 2 grammes ;
» 3°. Que j'avais fait établir l'innocuité de ce corps combustible en priant
MM. Làssaigne et Baynal de faire à Alfort des expériences sur les animaux,
expériences qui démontrèrent que non -seulement le phosphore rouge
n'était pas toxique, mais encore que le mélange de chlorate de potasse, de
gomme et de phosphore rouge, mélange employé pour la fabrication des
nouvelles allumettes chimiques, n'avait pas d'action toxique.
» Dans ce Rapport je faisais encore connaître l'avantage qui ressortait
de remploi du phosphore amorphe pour la santé des ouvriers, qui ne se-
raient plus exposés à là nécrose et aux accidents funestes qui accompagnent
cette maladie, accidents qui sont souvent suivis de la mort du malade,
■» Plus tard, en mars i855, M. Causse, d'Alby, en collaboration avec
( *?3 )
mon fils, adressèrent à l'Académie des Sciences une brochure ayant pour
titre : Considérations générales sur l'empoisonnement par le phosphore et
par \es pâtes pkosphorées et par les allumettes chimiques. »
La Note de M. Chevallier et les deux opuscules qu'il a mentionnés sont
renvoyés à l'examen de la Commission nommée pour le Mémoire de MM. Or-
fila et Rigout, qui jugera s'il y a lieu de les réserver pour le concours
Montyon, prix dit des Arts insalubres.
M.' Tiucaci), qui, dans la séance du 11 octobre i855, avait, en son nom
et celui de M. Bonfdon, sollicité le jugement de l'Académie sur un moteur a
air comprimé et dilaté par la vapeur, adresse aujourd'hui la description et
la figure de cet appareil.
(Commissaires, MM. Morin, Combes, Seguier.)
M. Giardisi soumet au jugement de l'Académie un Mémoire, écrit en
italien, sur un aimant temporaire obtenu au moyen de la seule action du ma-
gnétisme terrestre. •
(Commissaires, MM. Becquerel, Pouillet, Despretz.)
M. Ardrighetti adresse de Fribourg un dessin se rattachant à une pré-
cédente communication (3 septembre i855), sur un halo lunaire observé
par lui en Ukraine.
(Renvoi à l'examen des Commissaires précédemment désignés :
MM. Pouillet, Babinet, Bravais.)
M. IMoîret adresse de Constantine des considérations sur les péniten-
ciers.
M. Àndral est prié de prendre connaissance de cette Note et de voir si,
bien qu'elle soit adressée à l'Académie des Sciences, elle ne serait pas plutôt
destinée à l'Académie des Sciences morales et politiques.
M. Verstraete adresse une Note faisant suite à une de ses précédentes
communications sur la nature de fa lumièie.
Dans cette nouvelle Note, l'auteur discute diverses expressions du texte
hébreu de la Genèse, expressions qui, d'après le sens qu'il leur attache, lui
feraient trouver dans ce texte plusieurs passages à l'appui de la thèse qu'il
soutient. t
(Renvoi à l'examen des Commissaires désignés : MM. Serres, de Senarmont.)
C. R,, i856, 1er Semestre. (T. XLH, N° 6.) *1
( 2.74')
CORRESPONDANCE,
M. le Mimstre de l'Instruction pcbuqite , par deux Lettres en date
du 9 février, autorise l'Académie à prendre sur les fonds restés disponibles
une somme de 3 ooo francs, destinée à subvenir aux frais d'expériences
préliminaires faites par la Commission des observatoires météorologiques
pour l'Algérie, et une somme égale pour une mission confiée à M. H. Sainte-
Claire Deville, mission ayant pour objet des recherches comparatives sur les
éruptions du Vésuve et de l'Etna, .
« De la part de M. Siljestrom, professeur à l'Université de Stockholm,
M. Rravais présente à l'Académie un volume écrit en suédois, intitulé :
Dissertations sur des matières de Physique et de Philosophie. Stockholm,
i854-
» Ce volume contient cinq Mémoires distincts :
» Le premier, « sur les Pierres météoriques et leur origine probable » ;
» Le deuxième est intitulé : « Idées sur le Système et sur la Constitution
des corps célestes » ;
» Le troisième porte le titre suivant : « Sur la Nature des forces pluto-
niques et volcaniques de la Terre » ; :
» Le quatrième est une « Note sur les Attractions des ellipsoïdes » ;
a Et le cinquième, une « Addition à la Théorie mathématique de la forme
du globe terrestre ».
» Le travail de M. Siljestrom sur les pierres "météoriques est le seul dont
j'aie pris connaissance, mais, je l'avoue, un peu rapidement; il m'a paru
offrir un assez grand intérêt, et contient un tableau qui donne le poids spé-
cifique et la composition chimique de cinquante-trois de ces météores. »
« M. Eue de Reachost met sous les yeux de l'Académie des branches
et des têtes d'arbres qui ont été rompues ou éclatées, par l'action d'un
vent impétueux sur ces mêmes arbres chargés de verglas. Elles ont été
recueillies par M, le comte Arthur de Campagne dans le parc du château
du Fouy .commune de Vouneuil-sur- Vienne , près Châtellerault (Vienne).
Ce phénomène singulier, qui est arrivé du 20 au 25 février i855, s'est fait
sentir non-seulement dans tous les environs de Châtellerault, mais encore
dans une grande partie des départements de la Vieune, des Deux^Sèvres et
de la Vendée, et plus généralement dans toute la contrée qui, à l'ouest de
Châtellerault, s'étend au sud de la Loire. »
( * 7 5 )
M. Eue de Beaumônt communique en même temps les Notes suivantes,
que M. le comte de Campagne a bien voulu solliciter pour lui, de deux
habitants du pays, témoins oculaires des faits qu'ils rapportent.
météorologie. —Note adressée à M. Élie de Beaumônt parM. Champigny,
notaire à Châtellerault (Vienne).
« Le i3 et le i4 février 1 855, la neige tombait très-abondante; et bien
qu'elle fût poussée par un vent violent, le pays a été couvert d'une couche
assez régulière ayant environ 3o centimètres d'épaisseur. Le thermomètre
pendant ces deux jours était à (7 degrés au-dessous de zéro.
» Le i5 et le 16, le thermomètre ne marquait plus que 7 degrés au-des-
sous de zéro, le vent s'était calmé; il venait du nord-est, mais était insen-
sible; et pendant ces deux jours il tomba constamment une pluie tellement
fine, qu'on ne la voyait pas : on entendait seulement sur la neige un certain
crépitement (moins fort que celui du givre ou verglas ordinaire).
» Elle tombait tout à fait perpendiculairement, si légère et si menue, que
les feuilles des arbres verts les plus tendres ne s'inclinaient pas, non plus
que les extrémités les plus faibles des branches; elle s'attachait aux feuilles
et aux branches, comme l'aurait fait une pluie de gomme, et elle y restait
glacée. Les branches horizontales ne la recevaient le plus souvent que sur
la surface supérieure, et par suite elles portaient un poids moins lourd que
les branches verticales qui étaient entourées de toutes parts ; et cette enve-
loppe, ce fourreau de glace, avait quelquefois, sur de très-faibles bran-
ches, jusqu'à 2 ou 3 centimètres d'épaisseur.
» Ainsi certaines têtes de jeunes amandiers, tous les jeunes cyprès res-
semblaient à d'immenses lustres en cristal; les tètes des peupliers, des arbres
verts ressemblaient à des flèches de verre.
» Cette parure de glace était d'un poids au moins dix fois supérieur au
poids du bois qui la portait; j'ai vu une branche, prise au hasard à un ar-
bre renversé, et qui pesait 60 kilogrammes, tandis que le bois nu, après la
fonte du verglas, pesait, bien qu'étant encore humide, à peine 7 kilogram-
mes. De petites branches flexibles et qui s'étaient affaissées portaient un
poids de 10 kilogrammes et ne pesaient pas 25o grammes.
» Aussi, lorsque du 20 au 25 février le vent s'éleva un peu et que le
temps se détendit, une quantité d'arbres se brisaient à la fois; et dans les
campagnes bien boisées, on entendait des craquements semblables à des
décharges d'artillerie.
3 7 ..
(*76)
» Des bois de sapins ont éprouvé des dégâts que l'on a évalués à plus de
i5o francs par hectare; les peupliers ont été mutilés, les arbres fruitiers ont
aussi souffert ; des noyers, des chênes même dont je tronc pouvait - n'être
pas parfaitement sain, ont été séparés en deux par le poids de leurs
branches.
» J'ai vu, à i kilomètre de Châtellerault, tin énorme noyer, ayant a œ ,5o
de circonférence, qui a été fendu en deux et entièrement renversé. »
Extrait d'une Lettre de M. de CniàsnrKEAu à M, Elie de Beauraooî, y
« Au Couteau, par Coulonges-sur-l'Autise (Deux-Sèvres), 3o mari855.
» Une connaissance commune m'a fait connaître votre désir d'avoir par
moi des renseignements sur les effets du verglas dont la contrée du Poitou
que jlhabite a souffert l'hiver dernier.
» J'aurai l'honneur de vous rappeler d'abord, Monsieur, un caractère
Géologique très-essentiel du nord des départements des Deux-Sèvres et de
la Vendée, à savoir : la chaîne de collines, qui court du sud-est au nord-
ouest, depuis la petite ville de Saint-Maixent jusqu'aux portes de Nantes
et dont l'élévation au-dessus du niveau de la mer varie de 200 à 38o mètres.
» Çettç chaîne de collines a cela dé remarquable, qu'elle n'est pas
une seule fois interrompue dans le trajet que je viens d'indiquer,
comme on le voit très-bien sur la carte de Cassini. Aussi les deux versants
forment des bassins fort distincts. Celui du nord est parcouru par la Sèvre
Nantaise, depuis la commune du Beugnon-en-Gâtine où elle prend sa source
jusqu'à la ville de Nantes. Au midi, coulent vers la mer la Sèvre Niortaise,
l'Autise, la Vendée et les Deux-Lays.
» Le faite de ces quasi-montagnes est, dans les hivers rigoureux, couvert
de neige ou de frimas avant les régions inférieures, et les habitants de la
plaine pourraient dire avec Horace : -. .
Vides ut altâ stet nive candidum
Soracte, née jaui sustineant obus
Silvœ laborantes. .....
Lib. I, ode vni.
» Aussi, dès que le vent souffle du nord, ces régions élevées subissent une
température sensiblement plus froide que celle de leurs versants, et bien
souvent elles souffrent du grésil, du givre et particulièrement du verglas,
comme l'hiver dernier, quoique avec moins de dommage ; car nul habitant
( 2 77 )
ne se rappelle d'avoir vu pareil sinistre. Presque tous les arbres de la con-
trée ont été maltraités plus ou moins, surtout ceux du sommet de la mon*
tagne ; car, à proportion qu'on descendait, le dommage diminuait, surtout
au midi.
» J'ai parcouru moi-même la région la plus dévastée, pendant 6 ou 7 ki-
lomètres, depuis le bourg de Vernon-en-Gâtine jusqu'à celui du Beugnon :
c'était un bien triste spectacle. Les arbres grands ou petits, réunis ou isolés,
les chênes, espèce la plus commune, autant que les arbres moins résistants,
avaient leurs branches rompues depuis la tête jusqu'au pied. — J'ai longé
uue futaie dont la lisière semblait avoir subi le feu prolongé d'une batterie
d'artillerie. Ainsi ont été traitées les forêts de Secondigny et de Chantemerle,
pour citer les points les plus considérables.
» Les têtards eux-mêmes, arbres à tiges basses, sujets à un émondage
périodique et dont nos haies sont couvertes, n'ont pas été plus épargnés.
Non-seulement leurs branches étaient rompues et pendaient comme celles
des grands arbres, mais beaucoup étaient tordues comme le pratiquent les
bûcherons pour lier leurs fagots.
» Bien n'est triste comme la vue de ces arbres dont le pays est couvert.
Ici les branches sont séparées du tronc que déshonorent de longues et
irrégulières cicatrices : plus généralement ces branches pendent fendues en
éclats, et bien souvent c'est la tête qui a été ainsi maltraitée. J'ai même un
arbre arraché. Un de nos voisins a, dit-on, de trois à quatre cents charre-
tées de bois à ramasser ; un autre de nos voisins estime son dommage à
dix mille francs.
» Quelles causes ont produit un sinistre si considérable, que le pays n'a
pas gardé le souvenir de rien d'égal ? Je les crois en petit nombre ; mais leur
concours, en quelque sorte sympathique, a augmenté leur puissance et pro-
duit des effets excessifs.
» S'il est vrai de dire que le froid n'a été ni plus intense ni plus
prolongé que pendant l'hiver précédent , il est tombé une bien plus
grande quantité de neige, pendant plus de temps et à plusieurs reprises.
Souvent aussi il tombait pendant le jour de la neige fondue ou une pluie
glaciale, qui saisies parla congélation sur toutes les parties des arbres, les
couvraient de couches successives de cristaux, qui s'allongeaient souvent
à la manière des stalactites et qui finissaient par les charger d'un poids
énorme.
» Il fallait pourtant encore l'action d'un autre agent atmosphérique
pour produire le ravage dont le pays a été ému et a souffert. Un dégel calme
( 278 )
eût bientôt fait disparaître tous les symptômes inquiétants; mais il est sur-
venu un vent impétueux du nord-est auquel n'ont pu résister les arbres,
dans l'état de rigidité et de surcharge où ils se trouvaient; leurs branches
étaient communément rompues de i à 2 mètres du tronc, sans excep-
tion pour les plus grosses, et avec un fracas formidable, qui a d'autant
plus effrayé le pays, que ce phénomène a commencé à se produire à l'entrée
de la nuit.
1
» Des arbres moins profondément enracinés que le chêne, tels que les
pins et quelques espèces d'arbres fruitiers, ont été arrachés ou tellement
penchés, qu'il n'a pas été possible de les redresser.
» Le vent a agi d'une façon particulière sur un semis de pins maritimes,
âgés de dix ans, qui ont été couchés comme des capucins de carte, par
zones distinctes, et ce dans les parties les plus épaisses, tandis que dans les
plus claires les pins sont presque tous restés debout.
» En résumé, le verglas de l'hiver dernier, aussi bien que l'intensité du
froid, n'a pas dépassé sensiblement les proportions ordinaires. La neige,
au contraire, est tombée à deux reprises en quantité rarement atteinte dans
nos contrées. Mais la cause principale d'un mal d'autant plus difficile à
apprécier qu'il a été plus général, c'est le vent, c'est la tempête survenue
au moment où les arbres ne pouvaient que rompre sans plier, à moins que
peu enracinés,. selon les espèces, ils n'aient été arrachés ou couchés. »
ASTBONOM 1 E . — Découverte d'une nouvelle petite planète, faite àl'Obs eivatoire
impérial de Paris par W. Chacorsac, le & février dernier. (Communication
de M. Le Verrier.)
« Cette planète, de 8 e à 9 e grandeur, est la 3g e du groupe des astéroïdes
qui circulent entre les orbites de Mars et de Jupiter.
» Voici les observations qui ont été faites :,
T. m. de Paris, ffi®)— ffi*. Comp. D@-D* Comp. M. (§) D@
h m s m s • • b m s o ■ -'
i856. Fév,8 14.4.34 -5.6,29 3 11.21.52,74
14.27.32,0 — i.5o,o 3 +4.53.21,9
i5.33.i5,6 —5.8,23 2 . n.2i.5o,8ô
i6.36.36,3 —1.14,5 2 +4.53.67,4
Pév. 9 i2.3o.n,2 —5.35,82 5 u. 21. 23,a3
13.7.54,2 -+4.17,4 3 +4.5g.29,3
» L'étoile de comparaison est 21963 Lai, Cat. of stars, et sa position
( 2 79 )
moyenne, le i er janvier 1 856, est
ffl* = u h 26 ra 58 s ,oi, D* = +4°55'5",3.
» A cette occasion, M. Le Verrier annonce que la planète (38), décou-
verte le 12 janvier dernier par M. Chacornac, portera le nom de Léda, et il
communique des observations de cet astre, faites à Liverpool par M. Hart-
nup, et adressées par lui à M. Chacornac :
Observations de Léda, faites à l'Observatoire de Liverpool avec le grand équatorial.
T. m. de Greenwieb. Ascension droite. Dist. au pôle nord.
.856. Janvier 19 n.S/fsô^ 8.tt.i5,io 72°4o.4i',5
19 n. 54. 52,8 8.33.i4,o8 72.40.45,1
24 11.26.14,9 8.28.13,59 72.41.45,5
24 .i.46.!o, 9 8.28.12,84 72.41.48,8
» Les observations sont corrigées de la réfraction. L'étoile de comparai-
son est, pour toutes ces observations, 6 de l'Ecrevisse, dont la position
moyenne, pour janvier i856, est, d'après les observations de Greenwich,
ai = 8 h 23"' 22 s ,83 , DPN = 7 1 ° 2 5' 2o> 7 .
météorologie. — Bolide du 3 février dernier. (Communication faite
par M. Le Verrier.)
« Outre l'observation de ce phénomène, faite à l'Observatoire de Paris par
M. Dien, une seconde observation en a été faite dans le même établisse-
ment par M. Besse-Bergier, assistant observateur. M. Le Verrier commu-
nique la partie de la relation de M. Besse-Bergier qui est relative aux appa-
rences du phénomène, en faisaut remarquer que les variations d'éclat qu'il
a présentées pourront servir à expliquer les apparences d'inégalité de mou-
vement que d'autres observateurs ont cru constater.
» Le 3 février, dit M. Besse-Bergier, à 8 h 5 m du soir, j'aperçus une
lueur d'un rouge amarante au sud-est. Un bolide se montra bientôt
sous la forme d'une traînée lumineuse d'un blanc un peu blafard. Cette
traînée a présenté une longueur très-variable : dans son plus grand éclat,
quelques instants après l'apparition, elle pouvait avoir un demi-degré de
longueur; puis elle a diminué assez subitement : les bords se sont colorés
légèrement en bleu, et le bolide a' offert pendant une seconde l'aspect
d'un globe de feu d'à peu près 10 minutes de diamètre.
( 2 8o )
,, A cet état a succédé un redoublement subit d'intensité lumineuse : la
traînée a repris son développement longitudinal primitif et sa couleur d'un
blanc blafard, pour diminuer de nouveau et passer, pendant les dernières
secondes de son apparition, à la forme gobnleuse et à une couleur d'un bleu
céleste très-intense. . n
,, Je distinguais alors très-nettement, en arrière de la partie brillante et
colorée, une série d'étincelles alignées dans le sens du mouvement du bo-
lide. L'une d'elles était reconnaissable à son diamètre apparent bien sen-
sible, et à un point rougeâtre situé à sa partie antérieure, et dont l'intensité
allait en s'affaiblissant graduellement. Le tout, étincelle et point rougeâtre,
a été visible pendant environ. deux secondes et a disparu subitement. La
partie globulaire située en avant était alors à une distance égale à peu près
au double de son diamètre; elle a disparu à son tour quelques instants après.
» La partie antérieure du- bolide m'a paru pendant tout le temps nette-
ment dessinée, et arrondie en forme de paraboloïde.
» Le mouvement apparent, tant du bolide que de la traînée lumineuse
qui le suivait, est resté très-sensiblement horizontal et uniforme : sa direc-
tion était celle du sud au nord. Quand je l'aperçus, le bolide était déjà au
sud-est; il a disparu pour moi à F est-nord-est. »
» Le bolide, ajoute M. Le Verrier, a été vu à Saint-Dié (Vosges) par
M. Tessin, membre de la chambre consultative des arts et manufactures
des Vosges. M. Tessin annonce, à la date du 4 février, qu'après 8 b 3o m
environ du soir, le 3 février, dans la direction de l'ouest, et le ciel
étant d'une pureté extraordinaire, il est apparu un globe de feu delà gran-
deur ordinaire de la lune et avec une auréole d'étincelles. Ce globe, après
plusieurs secondes de station, se serait déplacé horizontalement vers l'ouest
d'environ 10 degrés, en laissant une traînée de feu, puis il aurait disparu
en produisant l'effet d'une fusée qui éclate et laisse échapper des étincelles
dans sa chute verticale'.
- » La clarté projetée par le globe était si vive, qu'elle éclipsait la lumière
projetée par une lampe modérateur. Le météore paraissait être d'environ
3o à 4o degrés au-dessus de l'horizon.
» M. Malservet, ancien notaire, écrit de son côté de Soramevoire, à la
date du 4 février, qu'il a vu le bolide a 8 heures et quelques minutes du
soir. En supposant, dit-il, par rapport à ma position, que la voie lactée prît
sa naissance au sud-est à Langres et allât se perdre à Paris, uu météore ex-
traordinaire a parcouru cette Ugne en laissant la voie lactée sur sa gauche.
( »8i )
La forme du météore était celle d'une boule allongée et dont la couleur
paraissait noirâtre (ne faut-il pas lire bleuâtre?). Le météore traînait après lui
une barre rouge de laquelle s'échappaient une multitude d'étincelles de feu.
Quoique sa marche fût rapide, elle était loin d'égaler en vitesse les étoiles
filantes.
» Cinq à six minutes après le phénomène, qui paraissait peu élevé au-
dessus de la terre, l'auteur de la Lettre affirme avoir avec d'autres témoins
entendu une explosion extraordinaire comme celle d'une mine, laquelle
aurait été suivie d'une longue détonation. »
MÉTÉOROLOGIE. — Autres Observations du bolide du 3 février. (Commu-
niquées par M. Elie de Beaumont.)
— Observation faite à Niederbronn (Bas-Rhin); Lettre de M. Kuhjy.
— « C'était à 8 h 25 m . Le globe igné paraissait de la grosseur d'un fort
boulet de canon, sa lumière était bleu-jaunâtre et il répandait partout
une grande clarté. Il était suivi d'une grande traînée lumineuse, en forme
de queue et qui jetait de nombreuses étincelles.
» Le bolide, dont la direction était à peu près du midi au nord, semblait
dans son trajet descendre vers la terre et disparaître derrière les montagnes
qui sont au nord-ouest de Niederbronn.
» L'apparition eut lieu à 60 degrés environ de hauteur et la dispari-
tion derrière les montagnes à 1 5 degrés. Tout le météore a été visible de
quatre à cinq secondes. »
— Observation faite à Vitry-en-Perthois (Marne); Lettre de M. Mathieu.
— « Ce soir à 8 heures et quelques minutes, par un ciel très-limpide, un
bolide s'est allumé avec bruit dans la direction du midi, s'est dirigé vers le
nord-nord-ouest, parcourant environ un quart de l'hémisphère, appareut en
trois ou quatre secondes et avec l'éclat de la lune dans son plein. Il laissait
après lui une longue traînée de lumière bleuâtre comme la foudre, tandis que
le globe lui-même avait une teinte cuivrée, un peu nitrate de strontiane. Son
inclinaison était d'environ 60 degrés et le milieu de sa course en face des
Pléiades (la Poussinière) 10 ou i5 degrés au-dessous (à l'ouest). C'était une
vraie chandelle romaine, avec sa faible vitesse et son brillant éclat. Ce bolide
ne devait pas être très-élevé, vu son immense parcours apparent avec sa
faible vitesse et son peu de durée. »
C. R., i856, i« Semestre. (T. XLIl, N° 6.) 38
( 282 )
— Observation faite à Chartres (Eure-et-Loir) 1 ; Lettre de M? Doublet
de BoisTHiBAiJLT. — « Le remarquable météore qui a été tu dans plusieurs
Villes de France, le 3 de ce mois, a été remarque à Chartres, vers 8 heures
dusbîr. Il venait dû côté nord de la ville, qu'il a éclairée un moment. » -
astronomie. ■— Sur les anneaum de Saturne; Lettré du V. Secchi à
_:M- Éiiede Beâumoni. ~ \. ,- •-.:■-;■.
z « Dans un Mémoire tres-intéressânt ptiblié dans le volume V, 6 e série,
1 852 , des Actes de l'Académie de Saint-Pétersbourg, M. Otto Struve a émis
le soupçon que les anneaux de Saturne étaient dans un état progressif de
rétrécissement, de. sorte que dans un temps peut-être assez court en pour-
rait voir la planète dépouillée de cet intéressant accessoire. Le soupçon est
d'autant plus raisonnable, que rien ne prouve que le système soit dans^un
état permanent d'équilibre, et non-seulement les .mesures anciennes, qui
pourraient être suspectes, mais les plus modernes encore" supportent l'hy-
pothèse. \
» Mais les discordances qu'on remarque" entre lés résultats dès "mesures
des différents auteurs sont assez fortes; et j'ai cru qu'il n'y aurait pas de té-
mérité de ma part à aborder la question. Après m'être " suffisamment
exercé à la mesure dés" planètes sur Jupiter, et trouvé "mes mesures
d'accord avec celles de M . W. Struve, J'ai pris occasion de la dernière op-
position et du maximum d'ouverture dej'anheau pour faire une suite de
mesures non-seulement de l'anneau, mais aussi delà planète, pour âynif un
contrôle du degré de précision et de confiance qu'ondévâîty placer. Les
résultats. sont consignés dans lé tableau B. Chaque nombre est. la moyenne
de deux et plus souvent de trois mesures doubles jtrès'bien d'aeçor'd entre
elles, et dont l'erreur probable pour chacune n'exeède pas o'',2, Onamèsure
seulement dansun excellent état de ratmosphère excepté deux fois^ldont
l'une expressément pouf essayer l'influencé des circonstances: moins favora-
bles. Aux mesures faites dans la dernière opposition, j'at aussi joint celles de
l'opposition de l'année dernière, , 1 854- ï 855, pour servir pareillement de
comparaison. Les. mesures sont réduites à ; . la distance moyenne de Saturne
Ml Soleil v mais on. n'a appliqué à aucune; des mesuresJa. correction de la
-réfraction, ni. de la phase, ni du changement. d'c-Miquité "des anneaux,
non parce que je les crois négligeables» mais parce Ique voyant des\diffé-
ren ces bien supérieures à celles que pouvaient produire ces ; petites correc-
tions, avant de les calculer, j'ai voulu examiner d'où pouvaient provenir ces
discordances.
( 2 83 )
TABLEAU B.
ir
DIAMETRE
MILIEU
'' DIA51ÊTRE
BORD
DIAMÈTRE
D1ÀMÊTKE
extérieur
delà
intérieur
intérieur
équatorial
conjugué
DATE DE L'OBSERVATION .
de l'anneau
division
de l'anneau
de l'anneau
de la
de
A.
principale.
B.
nébuleux.
planète.
Panneau.
i854. i5 novemb .
4o, 655
»
»
u
u
i5 décemb. .
4i,33i
»
»
a
»
i855. 17 »
4i ,008
»
a
u
»
i855. 4 janvier. .
40,739
«
»
1)
»
6
40,733
»
»
a
»
»
20 avril ....
4i,2o5
i)
a
t>
[7,708
u
3o novemb. .
4o,85i
M
23,792
2! ,232
i 7 ,458
i8,33g
5 décemb...
4 i , 324
34,486
26,101
20,995
17,829
»
i4 "
41,068
»
25,474
U
i7,53i
20, 44 2
i5 »
41,443
34,65 7
25, 91 3
21 ,7^5
■7>77 3
19,025
16 »
40,812
34> 6 99
25,834
21 ,35o
17,716
^,504
a3 »
41, 1 18
34,642
25,917
21 ,6o5
17,611
•8,991
24 »
4o, 564
34,760
26,191
21,519
17,687
18,291
27 »
40,412
25,832
21 ,5o8
17,572
18,110
Mes. ind . » »
40,623
u
26,003
a
»
»
3o »
40,710
a
u
»
17,728
»
Mes. ind. 3o »
4 I , 090
u
26,083
u
tt
»
i856. 9 janvier. .
Moyennes. . .
4o, 483
»
a
u
U
a
4o,8g3
34,65g
25,74
21,419
I7,66l
l8,8l4
» On voit dans ce tableau des différences assez petites pour la planète,
tandis que pour l'anneau elles sont presque toujours \ seconde, et les ex-
trêmes montent à 1 seconde, ce qui est tout à fait intolérable avec notre
instrument. Après avoir été en quelque anxiété pour ces résultats irrégu-
liers, j'ai- consulté les mesures dernières de M. Lassel, et en elles j'ai vu
des sauts semblables : cela m'a engagé à les discuter avec plus de soin, et
j'y crois avoir reconnu une certaine périodicité : les mesures de deux jours
consécutifs sont en désaccord, mais celles de trois jours et de neuf s'ac-
cordent.
» J'ai donc cherché si cela ne pourrait pas s'expliquer par une elhpticité
de l'anneau qui, dans sa rotation autour de la planète, en nous présentant
alternativement le grand et le petit axe, pourrait être la source de ces dif-
38..
- ( *84 )
férences. Ayant essayé la période propre d'un satellite placé un peu à l'in-
térieur du bord de l'anneau A," j'ai' trouvé un temps qui, légèrement mo-
difié; satisfait à toutes les irrégulàrités7 Soient Tlë temps de la rotation de
l'anneau, t le temps écoulé après une époque fixe du minimum observé,
K la différence de deux axes de l'anneau; nous aurons -
Le diam. moyeu = diamètre observé + Kcos2 \-^r\
En négligeant les puissances supérieures à la deuxième pour l'excentricité
et en appelant w l'angle qui reste après les circonférences entières décrites
par l'anneau, la correction sera , , ■ ' ' l~."
c = Kcos au. • " ■ :
La valeur deîT qui satisfait le mieux aux observations est
..<-.".., : :U :. ^ "T= i4 h ,a3S ; - : ' :
de -temps sidéral, j'ai conclu : ;
" i<: ; . ' ;' ^ 5: K-=o,366,; -
après la différence entre les màxima. et les minima t et choisi pour époque du
minimum le : 24 décembre à 4 h .io Itl sid., instant dans lequel l'anneau se
voyait très-bien et était dans un minimum de position. Le tableau C résume
le résultat de cette. discussion. -
,
TABLEAU C
*
<
- '"-■ '- :
...
DATE ET HEURE.
INTERVALLES
INTERVALLES
-,
DIAMÈTRE
DIAMÈTRE
DIFFÉRENCE
en temps.
en révolution.
observé.
corrigé.
4n c — m.
fa m
i855. 3o novembre 2.3o
i h ' m
24+1 .40
r
4o J- + 23
+ 0,254
4o'^85i
4i,io5
+ 0,118
5 décembre 1 . 45
19 + 2.35
32 +76
— 0,323
4i,324
4i,oo
+ 0,014
i4 » 3.oo
10 H- 1.40
17 —24
+ 0,245
4i,o68
4i,3n
+ 0,227
i5 » 3.3o
9 + O.40
i5 +81
— o,348
4i,443
4i,og5
+ 0, 108
16 » 3.3o
8 + 0.40
l3i+!2
+ o,334
4o , 8 1 2
4r,i46
+ o„ i5g
, 23 - 5 jj . \0
10.
if+65
— , 235
4U"8
4o,883
— 0, 104
24 » 4- 10
+ 0,366
4o, 564
40,930
— 0,057
27 » 3.40
3 — , 20
5+12
+ o,334
40,412
40,746
— 0,241
» " 4 • ' °
3 0.0
5^ +20
+ ,280
4o,6à3
4ô,go3
— 0,084
3o » 3 . 5o
6 •— . 20
10 +32
+ 0,160
40,710
40,870
— 0,117
3o •» - 4- 20
6 + 10
10 +45
0,000
41,090
4t,ogo
+ o,io3
i856. q janvier 5.28
16+ 1.18
27I+20
+ 0,280
4o, 483
40,763
— ,.224
(a85 )
» L'accord entre les moyennes des diamètres corrigés entre eux est très-
satisfaisant, et même, en appliquant la réfraction (qui dans sa plus forte
valeur n'excède pas o",o3), on ne trouverait plus de discordances remar-
quables. La seule observation un peu excessive est celle du 14 décembre,
qui a été faite dans des circonstances peu favorables, mais qui cependant
présente un minimum relatif très-prononcé, comme le veut la correction.
La tendance au signe -+- dans la première partie de la colonne des diffé-
rences et au — dans la seconde n'est pas douteuse ; mais, sans tout rejeter
sur les erreurs d'observations, on pourrait bien l'attribuer à la même source
d'où dérivent les irrégularités trouvées par les autres astronomes. On voit,
en effet, que nos deux moyennes (tableaux B et C) sont très-peu différentes
des valeurs données par MM. Encke, Galle et Lassel, mais très-différentes
de celles de Bessel et Struve ; on pourrait rejeter celles de Bessel comme
faites avec la double image, qui peut offrir un peu plus de difficulté aux con-
tacts (i); mais celles de W. Struve étant faites avec un instrument comme
le nôtre, il n'y a pas de raison contraire.
» Examinons donc s'il est possible qu'il y ait quelque variation dans les
anneaux. Après M. O. Struve, la moyenne des observations de W. Struve,
Encke et O. Struve donne pour la largeur de l'anneau extérieur A = 2",44o;
dans le tableau B, nous avons le diamètre du milieu de la division ; ajoutant
la largeur de la division, trouvée o",l\oi, on trouve le diamètre intérieur
de l'anneau A, et on a pour sa largeur = 2",c)i5 ; la différence = o",475, est
assez forte. Le jour 29 décembre i855 (n'ayant encore fait aucune réduc-
tion), je fus frappé de la largeur excessive apparente de l'anneau A qu'on
remarquait à l'œil plus grand que dans les admirables dessins de Lassel et
Dawes. Cela m'engagea à en prendre avec soin la largeur directement. Le
résultat est le suivant : largeur des deux anneaux = 7",5i2; largeur de
A = 2",788; le même, selon Struve, = 2",44o. La différence est très-forte,
= o ff ,348, et confirme le témoignage de l'œil. — Le 27 décembre, on
avait un air excellent ; on essaya la mesure séparément des anses et de l'es-
pace obscur entre l'anneau et la planète pour en constater l'excencitrité. On
trouva l'excentricité presque nulle ; mais la largeur de l'anse précédente
était = 8",6o5, et de la suivante = 8",75i. A part la petite différence, on
(1) Ce célèbre observateur a été lui-même étonné de la différence entre ses résultats et
ceux de Struve , et il a prouvé que la différence excède l'erreur possible des mesures avec
L'héliomètre. Voir Astronomische Nachrichten, 189.
(a86)
.voit une largeur extraordinaire, et cependant les mesures s'aecordenitoutes
entre o",oi5! Gomme on pourrait attribuer Les discordances précédèntes^à
la difficulté decollimer aux bords, comparons lès mesures du diamètre de
la division principale, objet qu'on mesure très-bien. Des mesures du ta-
bleau B nous obtenons (en ajoutant, comme j'ai dit, o",4o 2 ) là valeur sui-
vante pour le diamètre intérieur de A =35",o6i. M. W. Struve donne,
avec_un excès extraordinaire pour Lui, la valeur =:-35%a89. Est-ce que la
division change de place? Ne pourrait-on pas expliquer ainsi le désaccord
avec ce que dit Cassinï que la division de son. temps partageait presque en
deux parties égales L'anneau ? _ , ' r . ->';.. :.1j . : _
- « J'ai cherché encore le rapport qui existe entre l'espacé obscur entrera
planète et l'anneau, comparé à la largeur des anneaux : je le trouve = o",53.
M.'O. Struve, = o",495 Enckéet Galle, = o",57; W. Struve, = o",64. On
voit ici de grandes variations ; mais la période progressive de M. 0. Struve
n'est pas confirmée. - ._".... - -
» Pour établir s'il y a des variations réelles comme cela paraît, il faut
des observations nombreuses et suivies, surtout avec \ indication précise du
temps et de l'heure exacte de l'observation; trois heures et demie de dîffëj-
renée pourraient changer le maximum au minimum; et faute de cette indi-
cation, on ne peut pas tirer profit de plusieurs observations passées. J'aurais
pu différer l'annonce de mes résultats jusqu'à les voir confirmés par un
nombre plus grand d'observations fmais j'ai cru qu'il était de l'intérêt de la
science de les publier immédiatement, même au risque de voir mon hypo-
thèse renversééf afin d'avertir les astronomes de ce qui peut expliquer ees
Irrégularités qui tiennent la science en doute sur ce point.
'" » Je terminerai en disant que l'anneau extérieur montre très-bien trois
divisions ou raies plus obscures : la plus forte de celles-ci est à la distance
de i J/ ,596 du bord intérieur de A (mesure du 24 décembre); la plus fine a
-seconde à peine, ta couleur de la division est la même que celle de l'an-
neau nébuleux et paraît variable, étant quelquefois roùgeâtre et d'autres fois
bleue. Le 11 janvier 1 856, un côté était bleu, l'autre roùgeâtre (on employa
des oculaires achromatiques expressément). E'anneau nébuleux est séparé
de l'ânneâu B par une division dont la longueur = o",3 environ.
~ ~jT FlusîèÏÏrs~autrës détails prendront place avec lès observations originales
dans les Mémoires de FObservatoire, qui seront bientôt publiés. »
( 2 8 7 )
GioBÉsifc. — Sur le calcul de la latitude, par la méthode de M.' Babinet.
(Extrait d'une Lettre adressée à M. Chasles par M. E. Catalan, le
28 janvier i856.)
« Si j'ai bien compris la Note de M. Babinet et celle de M. Housel
(Comptes rendus, tome XLII, pages 8 et io3), ces deux savants, et surtout
le second, attachent quelque importance à la résolution des équations
(,\ sin c? = cos X sin A ,
( 2 \ sin (?' = cos X sin À',
(3) k + k'=q,
dans lesquelles les inconnues sont A, A' et X. Or ces équations se résolvent
sans aucune difficulté et sans qu'il soit besoin de recourir à des artifices de
calcul. En effet, on a d'abord
sin 3 sin A
sin S' °""~ sin A'
ou, ce qui est équivalent [à cause de l'équation (3)],
( 4 ) tangltÀ-A'^^J^-yjtang-f.
Connaissant la demi-différence et la somme des azimuts A, A', on aura ces
deux angles ; et, par suite,
.. sin sin 3'
cos X = -r-7 = —
sin A sin A'
» Remarque. Les angles auxiliaires N, N', employés par M. Housel, sont
précisément les azimuts A, A'. »
astronomie. — Sur la détermination des latitudes au moyen de la
' méthode de M. Babinet; par M. A. Tissot.
« Les équations auxquelles conduit la méthode donnée récemment par
M. Babinet, pour la détermination des latitudes, savoir :
sin d = sin A cos X , sin o v = sin A' cos X , A + A'=<7,
peuvent se résoudre très-simplement sans l'emploi d'angles auxiliaires, et
sans qu'on ait recours à l'artifice de calcul indiqué dans le Compte rendu
du 21 janvier.
( a88 )
» Si l'on ajoute membre à membre les deux premières, on aura, en trans-
formant lessommes de sinus en produits, et en ayant égard à la troisième,
.8 + 3' 3 — 8' . q A — A'
sm cos = sm - cos — ■ cos A :
2 2 22'
et, si l'on retranché au lieu d'ajouter,
._:.-. S+S' . 8 — 3' q . A — A' ..
cos sm — = cos 2. sm— — -cos À:
22 22'
d'où l'on tire, en divisant membre à membre,
A- A' t S — S'-. -- 3 + 8' . q
. tan g —7— = tan g -7- cotang — — tang |.
Cette dernière équation, jointe à la suivante,
. . . k + k!—q, - ......
fait connaître A et A'; il est facile ensuite d'obtenir X.
» On voit que les angles N etN' de la Note citée plus haut ne sont autre
chose que A et A'. Le calcul rigoureux de la latitude étant effectué, il n'est
donc pas nécessaire d'en faire un autre pour déterminer les azimuts. C'est
là principalement ce que je désirais faire remarquer, parce qu'à l'aide de
ces azimuts, on peut, ainsi que l'a montré M. Babinet, obtenir ensuite l'heure
et la longitude du lieu. »
chimie CHISTALLOGRAPHIQOE. — Recherches sur les formes cristallines de
quelques composés chimiques; par M. C. Marignac.
« Dans un travail que je viens de publier sur les formes cristallines de
quelques composés chimiques, j'ai donné la description détaillée des formes
de quarante-huit substances, dont la plupart n'avaient pas encore été
déterminées. Il est impossible de résumer de pareilles descriptions ; mais je
signalerai quelques faits qui résultent de mes observations et qui peuvent
avoir un intérêt plus général pour les chimistes.
» Les analyses que j'ai faites des sulfates de nickel, me forcent à admettre
que l'on a commis une erreur en considérant les cristaux en prismes
rhomboïdaux droits, et ceux en octaèdres carrés, comme appartenant à un
même hydrate, et constituant un fait de dimorphisme. Les premiers renfer-
ment bien 7 équivalents d'eau, mais les seconds n'en contiennent que 6,
Je dois remarquer, du reste, que les analyses de M. Mitscherlich,. sur
( *8 9 )
lesquelles on s'est fondé, s'accordent mieux avec mon opinion qu'avec la
conclusion qu'on en avait généralement tirée. D'ailleurs ce sel n'en conti-
nuera pas moins à présenter un cas de dimorphisme. En effet, à une tempé-
rature un peu plus élevée que celle qui produit les cristaux octaédriques, on
obtient des cristaux en prismes rhomboïdaux obliques qui renferment égale-
ment 6 équivalents d'eau. Ces cristaux ne conservent pas leur transparence
à la température ordinaire; ils deviennent opaques au bout de quelques
heures, mais sans changer de poids.
» Les sulfates de magnésie, de cobalt, de zinc cristallisent aussi, avec 6
équivalents d'eau, en prismes rhomboïdaux obliques, isomorphes avec celui
de nickel. M. Mitscherlich avait déjà signalé l'existence de cette seconde
forme, mais je ne crois pas qu'il en ait jamais publié la description.
» Je décris deux hydrates du carbonate neutre de magnésie, renfermant,
l'un 3, l'autre 4 équivalents d'eau. Ils se déposent avec le temps, en
très-beaux cristaux, dans les dissolutions de carbonate de magnésie dans de
l'eau chargée d'acide carbonique. Je les ai reçus de M. Morin, pharmacien
à Genève, qui les obtient quelquefois en quantité considérable. Si l'on
y joint les cristaux décrits jadis par M. Brooke, on voit que le carbonate de
magnésie forme des combinaisons bien définies, et parfaitement caractéri-
sées par leurs formes cristallines, avec 3, 4 et 5 équivalents d'eau.
» La forme du chlorate d'argent, comparée à celle du chlorate de soude,
apportera un nouvel argument à l'opinion qui admet que Pisomor-
phisme peut exister entre des formes appartenant à deux systèmes diffé-
rents. En effet, on sait que les sels de soude et ceux d'argent sont généra-
lement isomorphes. Or, tandis que le chlorate de soude cristallise en cubes,
celui d'argent se présente en prisme carré, terminé par un octaèdre carré
placé sur ses angles, de manière à former un dodécaèdre dont les angles ne
diffèrent pas beaucoup de ceux du dodécaèdre rhomboïdal du système
cubique.
» L'acide perchlorique forme plusieurs sels avec l'oxyde de plomb, mais
je n'ai pu obtenir constamment en cristaux déterminables qu'un perchlo-
rate bibasique, dont la composition est représentée par la formule
aPbO, C1CF+ aAq.
» Ce sel, très-soluble, mais non déliquescent, cristallise sous deux formes
incompatibles, bien qu'elles appartiennent .toutes les deux au système du
prisme rhomboïdal oblique. Sa dissolution étendue se décompose au
contact de l'acide carbonique de l'air, et passe à l'état de perchlorate
C R., i856, i« Semestre. (T. XLII, N° 6.) 3g
( 2 9° )
neutre. Sa dissolution concentrée, au contraire, peut encore dissoudre du
carbonate de plomb à l'aide de l'ébullition, et fournit ensuite des cristaux
d'un sel plus basique, mais qui se décomposent rapidement au contact de
l'air et de l'eau. ■ < .
» Je donne la description des formes des sulfates et des chlorures de
lanthane et de didyme. Je crois qu'il résulte de leur étude que les cristaux,
décrits par M. Schabus dans un Mémoire important, qui a été couronné, il
y a un an, par l'Académie de Vienne, et rapportés par lui aux chlorures de
ces métaux, appartenaient réellement à leurs sulfates.
» L'étude des cristaux du bioxalate de potasse m'a conduit à en répéter
l'analyse. On a généralement admis, d'après d'anciennes analyses, que ce
sel renfermait 2 équivalents d'eau de cristallisation. M. Rammelsberg, à
l'occasion de la publication de son Traité de Chimie cristaUdgraphique,
a repris l'analyse de ce sel et lui assigne la formule . r
2 (KO, HO, C 4 6 )-t-Aq.
» Pour moi, à la suite de plusieurs essais, je suis convaincu qu'il ne
renferme point d'eau de cristallisation, et qu'il est simplement représenté
par la formule
KO, HO, C 4 6 .
» Il est vrai que je ne suis pas d'accord avec M. Rammelsberg sur la
forme des cristaux de ce bioxalate. 11 les rapporte à un prisme rhomboïdai
droit, tandis que je les fais dériver d'un prisme oblique. Mais la compa-
raison des angles montre que nous avons bien évidemment observé
les mêmes cristaux, seulement je crois que ce savant n'a pas mesuré
les angles qui établissent d'une manière incontestable l'obliquité du
prisme.
» Parmi les sels que j'ai examinés depuis l'impression de ce Mémoire, j'en
signalerai deux qui offrent un nouvel exemple d'isomorphisme exactement
semblable à celui qui existe entre les chlorates de soude et d'argent. On
a généralement admis l'isomorphisme des iodates neutres de potasse et
d'ammoniaque, attribuant à ces deux sels la forme cubique. J'ai constaté
que cette forme appartient bien réellement à l'iodate de potasse, mais que
l'iodate d'ammoniaque cristallise en prisme carré. Le rapport de l'axe ver-
tical aux axes horizontaux est celui de 1,0 135 M, rapport si rapproché de
l'égalité, que la disposition des modifications permet seule d'affirmer que la
forme est prismatique et non cubique. » _ -
( ^9* )
voyages scientifiques. — Résultats des recherches faites à Pikermi
(Attique), sous les auspices de l'Académie, (Extrait d'une Lettre de
M. Albert Gaudry à M. Elie de Beaumont.)
« Les recherches paléontologiques que l'Académie des Sciences a bien
voulu me charger d'entreprendre vont être terminées , et je viens vous en
faire connaître les résultats. Les découvertes qui ont été faites à Pikermi
par MM. Roth, Chœrétès, Mitzopoulos et par moi, doivent faire considérer
cette localité comme une des plus riches du monde en débris de Mammi-
fères fossiles; j'ose espérer que l'importance de mes envois au Muséum de
Paris dépassera de beaucoup les espérances que j'avais fait concevoir à
Messieurs les Membres de l'Académie. Le désir de justifier la confiance
dont ils ont daigné m'honorer m'a soutenu dans les difficultés qu'a en-
traînées l'accomplissement de ma mission. Ces difficultés ont été plus
grandes que je n'aurais pu le prévoir, à cause de l'état d'agitation dans
lequel était le pays à l'époque de mon arrivée. Les membres du nouveau
ministère grec, et en particulier le Ministre des Affaires étrangères, M. Bot-
lis , ont fait pour moi tout ce qui était en leur pouvoir. Pendant la durée
entière de mon séjour en Grèce, une escorte nombreuse a protégé mes
travaux à Pikermi et mes diverses excursions dans l' Attique. Nos dangers
de la part des brigands se sont réduits à deux coups de feu qui nous ont
été envoyés presque hors de portée.
» Ainsi que j'ai eu l'honneur de vous l'écrire, Monsieur le Secrétaire
perpétuel, au-dessous de la première bande ossifère exploitée, j'ai découvert,'
à fleur d'eau du ruisseau du Pikermi, une seconde bande plus riche que la
première. Je fixai à ce gisement le plus grand nombre de mes ouvriers.
Mais, après quinze jours de travaux , des orages terribles fondirent sur
Pikermi : le ruisseau tranquille devint un torrent furieux ; les eaux s'éle-
vèrent à une hauteur prodigieuse, déracinant, charriant des arbres entiers.
Elles emportèrent la plus grande partie des déblais que nous avions amassés ;
mais peu d'ossements furent perdus, grâce à la prévoyance du chef de mes
ouvriers, M. Guicciardi. Après les orages, de nouvelles pluies sont surve-
nues, de sorte que les eaux ont continué à couvrir le gîte ossifère. Pour
reprendre les travaux, il a fallu détourner le cours du torrent; cet ou-
vrage après chaque grande pluie devait être recommencé : un de mes ou-
vriers a travaillé pendant un mois enfoncé dans l'eau jusqu'au-dessus du
genou. Malgré ces difficultés et les dépenses considérables qu'elles ont en-
3 9 ..
( 2 9 2 )
traînées, j'ai fait continuer l'exploitation de la couche située au niveau des
eaux. Jy étais excité pas deux motifs : le premier, c'est que les ossements
dans ce gisement sont mieux conservés que dans les antres; le second,
c'est que ce point n'ayant pas encore été exploité, il pouvait me fournir un
plus grand nombre d'espèces nouvelles.
» La friabilité des os de Pikermi complique le travail de leur extraction.
Tandis que l'argile qui les renferme est souvent d'une extrême dureté, les
fossiles sont dans un tel état de mollesse, que toutes leurs parties se séparent.
Pour les obtenir entiers, il fallait employer les précautions les plus minu-
tieuses j Us enlever avec de vastes blocs de roches, les imbiber de gomme
sur le lieu même d'extraction. Dans tous mes travaux j'ai été parfaitement
secondé par M. G. Guicciardi. -
» J'enverrai à Paris cinquante ou soixante caisses de fossiles; l'embal-
lage se fait à Pikermi, afin que les objets n'aient point à souffrir du voyage
de ce petit pays à Athènes. ■ - - .
« Il m'est impossible de préciser le nombre des échantillons que j'ai re-
cueillis; il est immense. J'ai trouvé des tarses et des carpes bien complets
dont les os sont restés en place; j'ai aussi des phalanges disposées dans leur
état naturel; des cubitus avec leur radius, des tibias avec leur péroné,
plusieurs têtes avec leurs deux mâchoires. Mais en général cependant les os
sont isolés les uns des autres. Aucun squelette entier n'a été trouve ni par
MM. Roth, Choerétés et Mitzopoulos, ni par moi : la couche ossifère, géné-
ralement épaisse d'un demi-mètre, est un amas de pièces innombrables se croi-
sant en tous sens, entraritles unes dans les autres; ainsi, on voit des tibias,
des radius enfoncés dans des crânes, des dents placées contre des mâchoires
auxquelles elles n'appartiennent pas. Il faudra des soins 1 extrêmes pour
rapprocher les parties dépendant des mêmes espèces, principalement lors-
qu'il s'agira des Ruminants. Il est à noter que si les ossements sont séparés
les uns des autres, ils sont cependant fort intacts et ne portent aucune trace
dnsure; dans un prochain Rapport je tirerai de ces deux faits des consé-
quences importantes.' - •- - : -- - ■ : ■ '- - . - ■■- -----
-"- -t) -Privé à Pikermi de tout livre et de tout moyen- de comparaison, je ne
peux encore dresser le catalogue des objets que j'ai recueillis ; j'indiquerai
seulement ceux quim'ont frappé davantage. - -
» Ohé tête entière desinge. Une autre tête de singe a laquelle manque
la -mâchoire inférieure: Plusieurs mâchoires de singes' dans- un très-bon
état de conservation. Gette collection formera une série complète de la den-
tition de ces animanx. Une main de singe. Ces divers* échantillons appar-
( *&)
tiennent, sans doute, au Mesopithecus majorât au Mesopithecus pentelicus.
» Plusieurs mâchoires de Carnivores d'espèces différentes et notamment
de très-remarquables exemplaires du genre Hjœna. Un de ces exemplaires
se rapporte à un individu de petite taille. Dents incisives et molaires de
Castor atticus, de Lamprodon. Dents et ossements de très-petits Rongeurs
d'espèce inconnue.
» Têtes et pièces diverses appartenant à des Pachydermes. Quelques-
uns des échantillons sont d'une grande beauté; je citerai particulièrement
une mâchoire de Mastodonte, une tète de rhinocéros d'une parfaite con-
servation et d'une dimension considérable, une tête de cochon qui est éga-
lement remarquable par sa grandeur et son intégrité. Ces échantillons four-
niront, je l'espère, des idées précises sur la faune de Pikermi.
» J'ai trouvé des tibias, des fémurs, des humérus, des radius et quel-
ques autres os qui indiquent des animaux de grande dimension. Je les ai
particulièrement extraits de la bande ossifère qui est au niveau des eaux,
c'est-à-dire de celle qui est la plus inférieure.
» Deux têtes entières à'Hippntherium. Ces tètes sont de la plus belle con-
servation. L'une d'elles surtout me semble destinée à figurer parmi les plus
remarquables échantillons du Musée de Paris. Cinquante mâchoires, parmi
lesquelles plusieurs sont parfaitement intactes, et en outre une quantité in-
nombrable de fragments de mâchoires et d'os de toute sorte qui se rappor-
tent également au genre Hippotherium, Cette collection renferme des séries
complètes de dents, qui représentent tous les âges depuis le premier jus-
qu'à la période la plus avancée de la vie.
» Trois ou quatre cents mâchoires ou débris de mâchoires d'antilopes,
appartenant aux espèces antilope FJndermajeri, brevicornis, speciosa, et
sans doute aussi constituant des espèces nouvelles. Dix paires de cornes
d'espèces différentes et trente cornes isolées. Les plus communes sont
celles d'Jntilope Lîndermajeri. Ossements de chèvres. Mâchoires et divers
ossements de Bos marathonius . Nombreux ossements de girafes, côtes, os
des membres, etc. Os longs et creux qui semblent avoir appartenu à des
oiseaux. »
physique du globk. — Tableau des tremblements de terre éprouvés à
Constantinople pendant quinze ans (i 84 1- 1 855); par M. Veroljlot.
« 1 84 1 , 6 octobre, a h 3o m du matin, violente secousse composée de se-
cousses verticales qui se succédèrent avec rapidité pendant plusieurs se-
( »94 )
condes. La maison que j'habitais, et dont les murs en pierre sont très-épais,
tremblait avec un bruit de craquements comme si elle allait s'écrouler. Ce
tremblement imitait (mais avec beaucoup plus de force) celui qu'éprouve
une maison suspendue au-dessus d'une voûte sous laquelle passerait rapi-
dement une voiture pesamment chargée. Environ une demi-heure après,
une série de secousses semblables aux précédentes se fit sentir de nouveau;
mais elles durèrent plus longtemps (huit à dix secondes) et cessèrent en
diminuant progessivement d'intensité, ce qui n'avait pas eu lieu la première
fois. Chacune de ces deux violentes secousses fut accompagnée d'un mu-
gissement souterrain semblable à celui d'un vent impétueux. Le vent, qui,
depuis la veille, soufflait avec force du sud, tomba tout à coup au moment
des deux secousses. Le ciel était couvert et la chaleur accablante. A la suite
de ces commotions, plusieurs minarets et de vieilles murailles s'écroulèrent,
sans autres accidents plus graves. Mais la frayeur des habitants fut ex-
trême.
» 1 844, 12 septembre, 2 heures du matin, faible secousse, dont la durée
fut de une à deux secondes. Elle fut ressentie dans toute la longueur du
Bosphore, dans les villages voisins, ainsi qu'à Nicomédie et plus loin en-
core.
"» 1847, 7 février, 5 h 3o m du matin, très-faible secousse accompagnée
d'un coup de vent du sud.
» i85o, 19 avril, 1 i 1 '45 m du soir, secousse horizontale, assez forte pour
faire osciller les maisons en bois, balancer les lits, ouvrir les portes dans la
direction du sud au nord. Cette secousse, qui dura six à huit secondes,
fut précédée d'un sifflement semblable à celui du vent qui souffle à travers
les fentes d'une porte. Le vent du sud régnait depuis le 11, et ne passa au
nord que le 20 au soir.
» 20 avril, a" 1 o m du matin, nouvelle secousse, à peu près de même force,
mais moins longue que la précédente.
» 1 o juillet, 4 h 45 m du matin, faible secousse horizontale, de trois à quatre
- secondes, accompagnée d'un bruit souterrain, de vent et de détonation. Elle
paraît avoir été plus sentie à Buyuk-Déré qu'à Péra. Vent de nord régulier.
» i85i, 23 août, 9 heures du soir, faible secousse horizontale, de une à
deux secondes, dans la direction du sud au nord et suivie d'un coup de vent
d'est de peu de durée. Vent de nord-est régulier. Le 24 août, à i h 3o m du
matin, forte secousse en Italie, en Suisse et en France. Le 21 octobre,
violent tremblement de terre dans l'Albanie.
» i853, dans la première décade de décembre, vers 2 heures après-midi,
( *9$ )
il y eut une secousse d'une seconde environ, assez forte pour faire craquer
murs et les boiseries. Vent d'est.
: » i854, 26 janvier, 3 h i5 m du matin, une faible secousse. 3 h 45 m du ma-
tin, nouvelle secousse plus forte que la première et composée de sept ou
huit oscillations, du sud au nord, qui durèrent moins de trois secondes.
Vent de sud-ouest très-faible, du 25 au 27 au soir.
» 2 octobre, 5 h 3o m du soir, faible secousse, composée de plusieurs oscil-
lations, de l'est à l'ouest. Vent de nord-est, fort dans l'après-midi, suivi de
calme le soir.
» 3 octobre, 5 heures du matin, 'faible secousse. Vent de sud-est faible
dans la journée, orage le soir.
« 17 octobre, o, b 45 m du matin, faible secousse consistant en plusieurs
oscillations du nord au sud. Vent de sud-est faible.
» 3 novembre, 7 h i5 m du matin, faible secousse, composée de plusieurs
oscillations, du sud au nord suivant les uns , de l'est à l'ouest suivant les
autres, de moins de trois secondes, sans bruit souterrain. Vent de nord ré-
gnant.
» i855, 24 janvier, 4 h 5o m du matin, faible secousse, avec oscillations de
l'est à l'ouest, et tremblement comme si une voiture pesamment chargée
passait dans la rue. Vent du nord.
» 28 jévrier, 3 heures du soir, violent tremblement de terre, comparable
pour la force à celui du 6 octobre 1 8 4 1 - Il se composa de trois secousses :
la première horizontale, douce et lente; la seconde très-forte, presque ver-
ticale, formée de trente à quarante soubresauts, dont la durée totale fut
d'environ treize secondes ; la troisième ondulatoire, très-courte, mais plus
forte que la première. Leur durée totale paraît avoir été de quatorze à
quinze secondes; du moins c'est ce qu'a pu constater une personne qui, en
ce moment vraiment effrayant, eut la présence d'esprit de suivre la marche
d'une montre à secondes. Cette appréciation paraît donc plus voisine de la
véritable durée que celle de plusieurs personnes qui estimèrent à quarante
et même soixante secondes la durée totale du phénomène.
» Le tremblement de terre fut précédé d'un fort mugissement souter-
rain. La vent, qui soufflait violemment du sud-est, tomba tout à coup au
moment des secousses. Le baromètre, naturellement bas à cause du vent
du nord qui régnait depuis plusieurs jours, n'indiqua rien de particulier.
Dans la nuit, le vent passa au nord, mais revint au sud-ouest le 2 mars.
» La direction des oscillations parut être du sud-ouest au nord-est à la
plupart des observateurs. Cependant elles me semblèrent plutôt aller de l'est
( »g6 )
à l'ouest, et ma pendule, orientée dans ce sens et un peu distante du mur,
s'arrêta. Dans le tremblement de terre ressenti à Nice, le 29 décembre r:854,
à 3 heures du matin, M. Pentland a observé que les pendules dont le mou-
vement s'arrêta, furent celles qui étaient placées contre des murs'ayant leur
direction perpendiculaire au sens du mouvement des secousses. -Sfc cette
observation peut s'appliquer au cas actuel, mon appréciation serait moins
exacte que celle du plus grand nombre des personnes qui ont cru sentir les
secousses dans la direction du sud-ouest au nord-est. Au reste, dans les
circonstances comme celles dont il est question, où les secousses, sont à la
fois verticales et horizontales, il est difficile ( abstraction faite du trouble
involontaire et irrésistible que chacun éprouve) de saisir leur véritable sens.
C'est ce que montre encore le tremblement de terre du 29 décembre i854,
observé à Nice par M. P\ de Tchihatcheff et par M. Pentland : le premier, lui
assignant une direction du sud-est au nord-ouest, et le second de ces obser-
vateurs une direction du sud-ouest au nord-est (voir Moniteur universel
au 3o janvier i855). Les secousses furent assez fortes pour agiter les
sonnettes, renverser des meubles mal assis, lézarder des murs. Mais on n'eut
à déplorer aucun dégât considérable. Aussi, quoique ce tremblement de
terre fût plus long, plus effrayant que celui du 6 octobre 184 r, je J'estime
moins intense que ce dernier par rapport à Constantînople. :
. » Le même jour, 28 février, il y eut quatre autres secousses, mais beau-
coup moins fortes que celles de 3 heures; elles eurent lieu à 3 b 35 m , 3 h 55 m ,
6 b 3o m , ii fa 45 m dusoir.
» 1 855, I er mars, les six secousses qui eurent lieu dans ce jour à j heure,
4 heures, 8 heures, n h 45 m du matin et 4 h 55 m , 7 h i5 m du soir, furent
faibles, excepté celle de 4 b 55 m du soir, qui fut un peu plus forte et plus
longue que les autres; elle dura trois à quatre secondes. Vent, pendant la
journée, nord-est, nord-nord-ouest, ouest.
» 2 mars, 2 heures du matin, une faible secousse. Vent de sud.
» 2$ mars, 1 1 b 3o m du soir, une faible secousse. Vent de sud-ouest fort.
» 24 mars, 2 b 2o ?n du matin, oscillations du sud-est au nord-ouest pendant
moins d'une seconde, assez fortes pour faire craquer les boiseries. Vent de
sud-ouest fort.
» 26 mars, 5 b 45 m du matin, faible secousse. Vent de sud-est, Sud-ouest
fort.
» 27 mars, 1 1 heures du soir, très-faible secousse de l'est à l'ouest. Vent
de sud-est.
( a 97 )
» 28 mars, 10 heures du soir, îrès-faible secousse de l'est à l'ouest. Vent
de sud-est, sud-ouest, est.
» 3i mars, 5 h 5o ra du matin, faible secousse. Vent d'est.
» 1 1 avril, 7 h 4o m du soir, secousse d'abord faible, lente, ondulant du
sud-est au nord-ouest, puis presque aussitôt violente, rapide, verticale et
presque giratoire; elle dura environ huit secondes. Les murs et les meubles
craquèrent fortement. Un objet suspendu au plafond de mon appartement
par un long fil éprouva une trépidation visible, puis une légère oscillation
du sud-est au nord-ouest, qui passa sensiblement au nord-est, sud-ouest,
et finit par faire peu à peu une révolution entière. Immédiatement après la
secousse, il y eut un fort coup de vent de J' ouest-sud-ouest, avec nimbus
et pluie, mais de courte durée. Le baromètre n'indiqua rien de particulier.
Le vent. avait régné du sud très-faible tout le jour; le lendemain il souffla
violemment du sud, de l'ouest et du sud-ouest.
» ! 1 avril, 7 h 5o m du soir, secousse horizontale faible. Vent de sud faible.
8 h 3o m du soir, secousse horizontale faible. Vent de sud faible. 10 heures du
soir, secousse horizontale faible. Vent de sud faible.
» 12 avril, 1 heure du matin, secousse horizontale faible Vent de sud fort.
» i3 avril, 8 h 20 m du soir, secousse horizontale faible du sud-sud-est au
nord-nord-ouest. Vent de sud-ouest fort.
» i3 avril, 10 heures du soir, secousse horizontale faible du sud-sud-est
au nord-nord-ouest. Vent de sud-ouest fort.
» 19 avril, 10 heures du matin, une secousse très-faible. Vent de nord-
est fort.
» 22 avril, 5 b 2o m du matin, une secousse horizontale faible, du sud-ouest
au nord-est Vent de nord-est.
» 22 avril, 1 i b io m dusoir, une secousse horizontale faible, du sud-ouest
au nord-est. Vent de nord-est.
» 23 avril, 2 fc 45 m du matin, une secousse horizontale faible, du sud-ouest
au nord-est. Vent de nord-est.
» 20 août, 2 h 3o m du soir, faible secousse, composée de trois oscillations
de l'est à l'ouest et de moins d'une seconde. Vent de nord-est fort.
» 2 1 août, 5 heures du soir, faible secousse de l'est à l'ouest. Vent de nord-
est fort.
» 14 décembre, o, h 3o m du soir, une secousse de moins d'une seconde,
composée de deux oscillations du sud au nord , courtes, mais assez fortes
pour faire craquer les boiseries. Vent du nord fort.
C. R , i856, ^Semestre, (T. XJJI, N°6.i ,.4°
( 2 9 S)
Récapitulation des secousses senties à Constantinople pendant quinze ans.
AJSKÉES.
MOIS.
SOMBRE
de secousses.
DE6 h
dû matin
à midi .
DE MIDI
à 6 heures
du soir.
DE 6 HEURES
du soîr
à minuit. .
DE MINCIT
à 6 heures
du matin»
1841
1844
1847
i85o
»
i85i
i853 ■
.854
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Octobre
Septembre. . .
Février
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Total
48
- 5
8
!6
! 9
i3 le jour.
35 la nuit.
» Sur trente cinq secousses dont la direction est indiquée il y en a eu
■vingt-neuf du sud-est-sud-sud-ouest au nord-ouest-nord-nord-est, six de
l'est à l'ouest.
» Sur quarante-six secousses pendant lesquelles la direction du vent ré-
glant a été indiquée, vingt-six fois il a soufflé du sud-est-sud-sud-ouest,
vingt, fois il a soufflé du nord-uord-est-est.
Observations générales.
» A. Constantinople, les secousses de tremblement de terre ont lieu plus
souvent lorsque le vent souffle du sud que lorsqu'il souffle du nord. — Si
le vent est fort, il tombe ordinairement au moment de la secousse pour se
relever peu de temps après ; mais si l'atmosphère est calme, il est rare qu'un
( 2 99 )
coup de vent n'ait pas lieu immédiatement après la secousse. La tendance gé-
nérale des oscillations est plus prononcée dans la direction du sud-ouest au
nord-est que dans toute autre direction. Cependant elles ont lieu assez sou-
vent de l'est à l'ouest. Les secousses semblent être beaucoup plus fréquentes
la nuit que le jour ( :: 100:37, 1), et plus souvent dans la seconde que
dans la première partie de la nuit (;; r 00: 84, 2). Celles du jour sont plus
nombreuses le soir que le matin (;: 100:62,5). De sorte qu'on peut dire
que les circonstances favorables à la production des tremblements de terre
se rencontrent plus souvent de 6 heures du soir à 6 heures du. matin que
dans l'autre moitié du jour. »
physique. — Remarque à Voccasion dune Note de M. Gaugain, insérée
dans le Compte rendu de la séance du 7 janvier i856; Lettre de
M. Riess.
« Dans cette Note, intitulée « Sur les soupapes électriques; réponse aux
observations de M. Riess », M. Gaugain a répété son opinion, qu'à travers
l'appareil qu'il a inventé, un courant d'induction passe et ne passe pas,
suivant sa direction. La Note prouve, malgré son titre, que l'auteur ne con-
naît de mes observations sur ce sujet que la partie la moins essentielle. Mes
conclusions ne sont pas basées, comme l'auteur le croit, sur les apparences
peu concluantes de la lumière électrique, mais sur l'observation des effets
magnétiques, chimiques et principalement des effets calorifiques du cou-
rant. Une de ces expériences, tout à fait contraire à l'opinion mentionnée,
est très-facile à répéter. Un thermomètre électrique, ajouté au circuit induit,
montre au premier coup d'oeil, que dans le cas où la boule nue de l'appa-
reil de M. Gaugain est positive (où M. Gaugain suppose la soupape être
fermée^, réchauffement dans le circuit est beaucoup plus grand que dans
le cas où la boule est négative (la soupape ouverte). On ne voudrait pas
admettre que le courant soit condensé et rebrousse chemin dans le premier
cas, si l'on sait que la même différence de réchauffement est observée
lorsqu'on a remplacé le courant d'induction par le courant de la décharge
d'une batterie de Leyde, où il n'y a pas de doute sur le passage du courant.
J'ai assigné pour cause de cette remarquable différence de réchauffement
la différente manière de la décharge, et j'ai allégué, pour appuyer mon
opinion, des expériences connues à l'air libre. Pour le courant delà batterie
de Leyde, je regarde cette explication comme incontestable; appliquée au
4o..
( 3oo)
courant complexe d'induction, elle me paraît à présent satisfaisante,.^
défaut d'une meilleure explication. Par conséquent je vois la cause princi-
pale des phénomènes observés à l'appareil d'induction dans la différente
manière de la décharge du courant d'ouverture, et la cause secondaire; ré-
sultante de la première, dans ie passage du courant de fermeture.
» La Note de M. Gaugain ayant été insérée dans le Compte rendu de l'Aca-
démie, j'ose espérer que ma Lettre pourra l'être également. Le Mémoire
dont il s'agit ici a été publié intégralement dans les Berichle (i855) de notre
Académie, dans les Annales de Poggendorff y t. XCVI, et traduit dans le
Philosophical Magazine, t. X. »
MM. Ldthee et Goloschjwidt, qui ont chacun obtenu une médaille de
h fondation Lalande pour la découverte de nouvelles planètes faite dans
l'année 1 855, adressent l'un et l'autre des remercîments à l'Académie.
; SIM. Boudjet et Bouteos remercient également l'Académie, qui, dans sa
séance publique du 28 janvier, leur a accordé un des prix de la fondation?
Montyon pour leur moyen "de déterminer la proportion des sels calcaires
dans les eaux des rivières et des sources.
M. FitANXK, comme fondé de pouvoirs de M. de Leitenstern, demande et
obtient l'autorisation de reprendre un Mémoire de cet auteur sur les nom->.
lues polygonaux.
31. Ijaitre adresse de Toulon, à l'occasion d'un passage de l'Éloge histo-
rique de M. L. de Buch, prononcé par M. Flourens dans la séance publique
du 28 janvier, une Note dans laquelle, reproduisant mie opinion qu'il a déjà
émise dans un ouvrage imprimé en i83ç), le Manuel de V Agriculteur pro-
vençal, il s'efforce d'établir, d'après les observations qu'il a faites sur les"
ruines de l'ancien port de Taurentum, et d'après des renseignements puisés
à d'autres, sources, que le niveau des eaux de la mer, loin de s'abaisser,
comme l'avaient cru autrefois quelques géologues, s'élèverait constamment;
il estime à ï mètre environ l'élévation de niveau qui aurait eu lieu à Tau-
Fentum dans l'espace de 10 siècles,
M. be Pakavev prie l'Académie de vouloir bien lui faire remettre une
Note concernant le nom que porte ï ellébore dans les livres des Chinois,
(3oi )
Note qu'il avait adressée précédemment à l'Académie, et qui était passée
dans les mains de M. Magendie.
Dans la même Lettre, l'auteur cite un commentateur de Paul d'Egine qui
dit que le livre de ce médecin avait été désigné sous le nom de Pléiades,
parce qu'il contient et embrasse la science comme la constellation des Pléia-
des embrasse le pôle. M. de Paravey fait remarquer que cette phrase doit
paraître un non-sens pour ceux qui ignorent que le nom de Pléiade a été
appliqué par certains peuples, non-seulement à la constellation que nous
appelons ainsi, mais encore à la grande Ourse; il ajoute relativement à
l'emploi fait pour le livre de Paul d'Egine, qu'encore aujourd'hui, en
Chine, la grande Ours, ou du moins le quadrilatère formé par quatre
des étoiles principales, est appelé Ko, c'est-à-dire la constellation des méde-
cins et des chirurgiens.
M. Brown-Séqcard signale une erreur qui le concerne dans le Compte
rendu de la séance du 3 décembre dernier. Il avait prié l'Académie de ie
considérer comme candidat pour la chaire de Médecine vacante au Collège
de France par la mort de M. Magendie. On a indiqué par erreur sa candi-
dature comme étant pour la place vacante par suite du décès de M. Magen-
die dans la Section de Médecine et de Chirurgie.
M. Gautier adresse de Nuits une Lettre relative à sa précédente commis
nication sur le système de numération duodécimale.
(Renvoi à la Commission précédemment nommée.]
M. l'abbé Roxdon envoie une rectification à sa Note intitulée les neuf
partages égaux de la surface du globe.
(Renvoi à l'examen de M. Chasles.)
La séance est levée à 5 heures un quart. É. D. B,
( 3o» )
BULLETIN BIBIilOGBAPHIQtTE. _ . - , -
L'Académie a reçu, dans la séance du 4 février 1 856, les ouvrages dont
voici les titres :
" Les Monuments de la Géographie, ou Recueil d' anciennes cartes' européennes
el orientales; par M. JOMARD; 6 6 livraison, in-folio.
Maladies chroniques de l'appareil locomoteur. Leçons cliniques de M. le D r
Bouvier, recueillies par M. Emile Bailly; première année, i855. Paris, 1 856;
in-8°. (Offert au nom de l'auteur par M. Velpeau.)
Histoire iconographique des anomalies de l'organisation dans le règne végétal,
ou Série méthodique d'observations raisonnées de tératologie végétale; recueillies,
décrites , figurées et gravées par M. Germain de Saimt-Pïerre ; a e livraison
in-folio.
Anatomie comparée des végétaux; par 'M. G.- A. Chatin. 2 e livr. in-8°.
Note sur le terrain tertiaire moyen du nord de l'Europe , suivie d'une carte des
mers aux époques des sables de Fontainebleau et du calcaire grossier; par M. Ed.
HÉBERT; br. in-8°.
Annuaire des marées des côtes de France pour l'année l856, publié au Dépôt
de la Marine sous le ministère de M. l'amiral Eamelin; par M. A.-M.-R. Cha-
ZALLON. Paris, i855; in-i8.
Recueil des travaux de la Société Médicale du département d'Indre-et-Loire;
2 e semestre 1 854; in-8°.
Memoria. . . Mémoire sur la détermination des coefficients dans les formules à
différences différentielles (differenze differentiali) ; par M. J. Zurria. Catane,
ï855;in-4°.
Real decreto... Décret royal de 26 octobre i853 pour l'exécution de la loi
concernant la désamortisation des forêts avec l'avis du Comité des Ingénieurs.
Madrid, i855;in-8°.
Resumen... Résumés des Actes de l'Académie royale des Sciences de Madrid
pendant les années i85i-i85a et i852-i853 3 lus dans les séances annuelles du
8 octobres 853 et du 14 octobre i854; par le secrétaire perpétuel, don Mariako
Lorente. Madrid, i853et i854;in-8°.
Address... Discours de M. Th. Bell, président de la Société Linnéenne de
Londres, prononcé à la séance du %k mai i855, avec une notice nécrologique sur
les Membres décédés; par le secrétaire M. J. Bennett. Londres, i855; in-8°.
Annalen... Annales de l' Observatoire royal de Munich; VIII e vol. Munich,
j855;in-8°, '
( 3o3 )
Magne lische... Observations magnétiques et mêlêoro logiques de Prague;
i3 e année; i er janvier au 3i décembre 1 85 1 . Prague, 1 855 ; in~4°.
Bestimmung. . . Détermination des écarts du méridien de l 'instrument des pas-
sages de l'observatoire de Greenivich; par M. Peters, directeur de l'observa-
toire d'Altona. Dantzig, ï 855 ; br. in-4°.
L'Académie a reçu, dans la séance du 1 ï février i856, les ouvrages dont
voici les titres :
Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des Sciences; t. XL;
I er semestre 1 855 ; in-4°.
Institut impérial de France. Académie des Sciences. Séance publique annuelle
du lundi 28 janvier 1 856, présidée par M. Regnault, président. Programme
des prix proposés pour les années 1 856 et r 857, et programme des prix décernés
pour ï 855 ; in-/|°.
Institut impérial de France. Académie des Sciences. Eloge historique du baron
Léopod de Buch, l'un des huit associés étrangers de l'Académie; par M. Flou-
rens, secrétaire perpétuel, lu à la séance publique annuelle du 28 janvier i856.
Paris, i856; in-4°.
Traité de Mécanique rationnelle; par M. Ch. Delaunay. Paris, i856;
1 vol. in-8°.
Eléments de Pathologie générale; par M. le professeur Chomel; 4 e édition.
Paris, 1 856; 1 vol. in-8°.
Notice sur le ET Ernest Cloquet, lue à l'Académie de Médecine dans la séance
du 1 5 janvier i856; par M. le professeur baron H. Larrey. Paris, i856;
1 feuille in-4°.
Comptes rendus des travaux de l'Académie royale de Médecine de Belgique,
lus dans la séance solennelle du 24 novembre r855; par M. le D r Sauveur,
secrétaire de la Compagnie. Bruxelles, 1 856 ; br. in-8°.
Rapport fait le % 1 décembre 1 855 à la seconde Assemblée générale de la Société
de Géographie, sur ses travaux et sur les progrès des Sciences géographiques en
i855;parM. Alfred Maury. Paris, i855;in-8°.
Boletin... Bulletin de l'Institut médical de Faïence; décembre i855;
in-8°.
( 3o4 )
Royal astronomical... Société royale astronomique de Londres ; vol. XVI;
n°a; in-8°.
Die lehre... Théorie, des gîtes ferrifères; 2 e fascicule; par M. B. Cotta.
-Freiberg, i855; br. in-8°.
Gangstudien... Etudes sur les filons, ou Documents pour servira la connais-
it'.nce des filons de fer ; par le même; br. in -8°.
ERRATA.
(Séance du 3 décembre i855.)
Page 1024, ligne 5, M. Brown-Séqiia.rd également, lisez M. Bnowa'-SiQDAaD prie l'àcadé"
mie de le considérer comme candidat pour la chaire de Médecine vacante au Collège de France
par suite du décès de M. Magendie.
(Séance du 4 février i856.)
Page 21 1, ligne 9, au lieu de Société de Zoologie, lisez Société de Biologie.
COMPTE RENDU
DES SÉANCES
DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES.
•>-&Gh&^
SÉANCE DU LUNDI 18 FÉVRIER 1856.
PRÉSIDENCE DE M. BINET.
MÉMOIRES ET COMMUNICATIONS
DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMÏF
magnétisme tebrestee. — Note sur quatre observations de ta déclinaison
magnétique faites à Paris en 1 854 , sur le contour de l'enceinte fortifiée .
Comparaison de ces observations avec différentes déclinaisons me-
surées en i855 à l'Observatoire impérial et aux environs de Paris
par M. Lacgier. (Suite.)
« La publication que M. Le Verrier a faite, dans le Compte rendu de la
dernière séance, des observations de MM. Goujon et Liais relatives à leurs
quatre stations extérieures à Paris, observations qu'il n'avait pas présentées
à cette séance, m'oblige de rentrer aujourd'hui dans la discussion. Avant de
compléter ma réponse, je n'ai pas besoin de déclarer à l'Académie que je
continuerai à me renfermer exclusivement dans l'appréciation des faits, et
qu'il ne sortira de ma bouche aucune de ces personnalités qui ne devraient
jamais être produites devant une assemblée qu'on respecte.
» J'aborderai d'abord la question de priorité, quoiqu'elle me paraisse
nettement résolue. C'est en août i85/[ que j'ai entrepris la série des obser-
vations magnétiques sur le contour de l'enceinte continue, c'est-à-dire six
mois après la séparation du Bureau des Longitudes et de l'Observatoire,
séparation qui a forcément déterminé ma sortie de cet établissement. Je
n'avais pas alors plus de moyens de connaître les projets du nouveau
directeur que je n'en ai aujourd'hui ; et lorsque M. Le Verrier a prétendu
que personne n'ignorait le plan qu'il se proposait de suivre pour arriver à
connaître les erreurs magnétiques de l'Observatoire impérial, il n'a pas
C. R., i856, i er Semestre. (T. XLIl,N° 7.) 4 1
( 3o6 ) ' ._ "
réfléchi sans doute qu'il mettait en circulation un argument dont il n'a pas
besoin pour lui, et dont peuvent s'emparer ceux qui sont capables de vivre
aux dépens des travaux d'autrui. Le plan que je m'étais tracé a été claire-
ment indiqué dans Y Annuaire de i855, une année avant que MM. Goujon
et Liais aient exécuté leur travail d'observations aux environs de Paris, et
je suis en droit de dire, comme je l'ai dit effectivement dans ma Note du
4 février, que ces messieurs ont adopté le principe et le plan qui ont servi
de base à mes recherches. Qu'on me permette d'ajouter quelques mots
de réponse aux critiques qu'ils m'ont adressées : je me suis suffisamment
étendu, dans la dernière séance, sur l'influence que pouvaient exercer les
variations mensuelles, dans le calcul du mouvement annuel en déclinaison,
fondé sur sept années d'observations, et sur la comparaison de diverses
déclinaisons magnétiques, qui toutes ont été mesurées dans le mois de sep-
tembre en 1 854 et i855. Je n'ajouterai rien à ce que j'ai dit sur cet objet.
» Je ne puis cependant pas m'empêcher de présenter une observa-
tion, sur le calcul que font MM. Goujon et Liais, pour montrer que
la méthode que j'ai suivie est inadmissible en principe : voulant appliquer
cette méthode à l'une des séries d'observations de M. Arago, ils se,propo-
sent de calculer la déclinaison moyenne d'avril 1823, à l'aide des déclinai-
sons moyennes du même mois observées pendant les années 1824 à i.83o,
et ils obtiennent ainsi un nombre qui diffère de 5' 27" de l'observation. La
date d'avril 1828 n'étant pas comprise entre 1824 et i83o, ces messieurs
font ici un véritable calcul d 'extrapolation ; , et méritent le reproche que
M. Le Verrier adressait à tort à mes calculs. J'ajouterai que cette date
d'avril 1823 n'est pas heureusement choisie; car, après s'être rapprochée
très-régulièrement du méridien astronomique, l' aiguille s'en est éloignée de
1821 à 1823 pour reprendre ensuite sa marche à peu près uniforme, Il y a
pour ces années une anomalie très-prononcée sur laquelle M. Arago appelle
l'attention du lecteur. Lorsqu'on désire sincèrement apprécier l'exactitude
d'une méthode de calcul, il ne faut pas, quand il s'agit de phénomènes
physiques aussi capricieux que les phénomènes magnétiques, choisir préci-
sément les observations qui offrent des traces aussi évidentes d'anomalies.
» La plus grande partie delà discussion de MM. Goujon et Liais roule
sur ce point, savoir qu'en changeant la" date du jour pour lequel j'ai com-
paré ma formule à leurs observations, on obtient à volonté des nombres
qui concordent ou qui diffèrent entre eux. Je vois dans cette manière
d'envisager la 3 question, une nouvelle preuve de l'incertitude de la correc-
tion qu'ils ont trouvée pour la déclinaison magnétique dû pavillon Cen-
tral de l'Observatoire. Cet accord que font oa défont les perturbations,,
( 3o 7 )
constitue un argument à deux tranchants qui peut être dirigé plus victo-
rieusement contre eux que contre moi ; car, je ne puis trop le répéter, je
Ufi çcoçose cas de substituer à leur correction, ma correction qui est nulle;
je me borne à dire que les nombres qu'on a présentés comme définitifs, ne
peuvent être considérés comme tels, et qu'il faudra faire un très-grand
nombre d'observations avant d'arriver à une dernière conclusion. « Quant
» à moi, » ai-je dit dans ma première Note, page 1 83, « je persiste à croire
» que l'influence des attractions locales n'est pas sensible (i), ou du moins
» qu'il faudra attendre de nouvelles observations pour la déterminer,
» si tant est qu'on y parvienne. »
» La comparaison des déclinaisons magnétiques, mesurées en différents
lieux, prête à l'arbitraire beaucoup plus qu'on ne semble le croire aujour-
d'hui à l'Observatoire : l'observation assidue d'une boussole de variations, à
(i) Ces conclusions se rapportent aux observations qui ont été faites dans le pavillon Cen-
tral. Je ne nie pas qu'il puisse exister pour les pavillons de l'Est et de l'Ouest quelque influence
locale, car j'ai imprimé dans ma première Note, page 1 83, que j'avais trouvé une différence
constante dans les déclinaisons du pavillon Central et du pavillon de l'Est. J'ai eu la prudence
de ne pas m'y arrêter, en ce sens que je l'ai considérée comme une erreur locale dans l'accep-
tion la plus absolue du mot, et qu'on ne devait pas en chercher la cause dans l'action du
grand bâtiment qui en est éloigné de plus de 70 mètres.
Voici toute ma pensée sur les erreurs locales des divers points de la terrasse de l'Observa-
toire. Lorsque M. Arago fit construire le pavillon Central, le seul où il ait observé ou fait
observer, il put choisir la position la plus favorable à cet établissement ; il installa ce pavillon
à l'extrémité sud la plus éloignée du bâtiment, dans le prolongement de la ligne méridienne,
sur une partie du sol convenablement préparée, et aussi distante que possible des deux murs
qui bornent le jardin à l'est et à l'ouest. Bien des années après, afin de fournir aux voyageurs
qui venaient à l'Observatoire s'exercer au maniement des instruments magnétiques un
emplacement commode, M. Arago fit construire les pavillons de l'Est et del'Ouest. La dispo-
sition même des lieux commandait le choix de l'emplacement. Le pavillon de l'Ouest fut
établi à l'exfrémité ouest de la terrasse, au-dessus des salles voûtées dans lesquelleson abritait
les arbustes du jardin et les instruments de jardinage. Il est possible qu'une certaine quantité
de fer soit entrée dans la construction des voûtes, car on en a trouvé dans la voûte du bâti-
ment qui supporte le grand toit tournant de la tour de l'Est. L'autre pavillon se trouve à
l'extrémité est de la terrasse, dans l'angle formé par les murailles qui la bornent au sud et
à l'est.
Ce qui me fait croire qu'il faut rechercher les petites différences constantes ailleurs que
dans l'influence des fers du grand bâtiment, c'est que les observations d'intensité que j'ai
faites en divers points de la terrasse n'ont pas indiqué de variations sensibles. MM. Goujon
et Liais m'objectent , il est vrai , qu'aucune mesure de variations d'intensité n'a été faite
pendant mes observations : mais comme leur durée a été assez courte, je pense que ces varia-
tions ne peuvent guère modifier les résultats. Ils m'objectent en outre que, ne connaissant pas
4L.
( 3o8 )
laquelle ces messieurs empruntent les amplitudes diurnes de la déclinaison,
pour rendrecomparabies des déclinaisons mesurées en différents lieux avec
une autre boussole, est loin de fournir des corrections exactes. Cette assertion
paraît découler naturellement de l'observation suivante qui a été faite par
M. Arago en 1 8 19. Je la rapporte ici telle qu'il l'a rédigée lui-même :
« Le Bureau des Longitudes avait fait établir en 1 8 r 8 à l'Observatoire de
» Paris une boussole consacrée exclusivement aux variations diurnes de la
» déclinaison. Dans le courant de 181 g, le barreau d'acier qui était
» suspendu à plat éprouva, sans aucune cause apparente, un change-
» ment subit de direction ; les variations diurnes se trouvèrent en même
» temps réduites au dixième de leur valeur primitive, tandis que l'intensité
» magnétique s'était considérablement accrue. »
» Cette observation de M. Arago montre qu'une augmentation survenue
dans l'intensité d'une aiguille est aussitôt accompagnée d'une diminution
dans l'amplitude des oscillations qu'elle exécute journellement vers l'est et
vers l'ouest. Elle semble prouver, en outre, que les corrections qu'on em-
prunte à la boussole de variations diurnes ne peuvent être légitimement ap-
pliquées aux déclinaisons mesurées avec d'autres boussoles dont lés aiguilles
ne possèdent pas le même degré d'aimantation, puisque ces corrections
dépendraient en partie du magnétisme de l'aiguille. Enfin elle donnerait
peut-être l'explication d'un fait qu'on a observé souvent, notamment à l'Ob-
servatoire de Paris, pour la boussole de variations qui a servi dans l'expédi-
tion d'Islande , savoir que les variations diurnes obtenues dans le même lieu
avec deux aiguilles différentes sont loin d'être identiques.
la valeur du coefficient particulier à J'aiguille employée, qui dépend des Variations que les
changements de température déterminent dans la durée dés oscillations, on est obligé de
négliger la petite correction qui en résulterait. Ces observations ayant été faites \ peu près à
la même température, je laisse aux personnes qui ont l'habitude des observations, magnétiques
le soin d'apprécier la portée de cet argument.
- Enfin, me basant sur V identité entre les deux déclinaisons trouvées par ces messieurs en
deux points situés à 160 mètres et à roo mètres du chemin de fer de Sceaux {voir page 256), je
me demandé, tout en tenant compte de ce que ces' deux cas peuvent offrir de dissemblable,
si le bâtiment de l'Observatoire doit causer des variations assez notables dans les déclinaisons
des différents pavillons qui n'en sont pas très-inégalement éloignés, lorsque le chemin de fer
n'en a causé aucune pour un changemen t de distance beaucoup plus grand.
C'est pour ces motifs que je pense que les erreurs observées dans les différents 'pavillons
sont dues à la présence de quelque barreau de fer placé sous leurs fondations; mais je crois en
même temps que le pavillon Central, situé plus favorablement, en est tout à fait exempt
(3°9)
» Quoi qu'il en soit de ces réflexions, j'arrive à la comparaison des nom-
bres que j'ai calculés pour les déclinaisons des stations extérieures de
MM. Goujon et Liais avec les nombres qu'ils ont observés directement. Il
importe de faire remarquer ici que c'est précisément sur ces quatre obser-
vations que M. Le Verrier s'est appuyé pour montrer que les déclinaisons
magnétiques du pavillon Central doivent recevoir une correction de 6' 39".
» Plaçons en regard les quatre nombres qui appartiennent respectivement
aux deux systèmes.
Observations de MM. Goujon et Liais.
Déclinaison. Déclinaison.
Nord i 9 °56',45 Est i9°52',83
Sud 19.57,85 Ouest 20.4,75
Variation N.-S + 1 ,4° Variation E.-O + 1 1 ,92
Déclinaisons magnétiques d'après la formule.
Nord ig 58' Est i9°59'
Sud 20 . 6 Ouest 20 . 1 1
Variation N.-S +-8 Variation E.-O +12
» Je remarque d'abord que la variation est-ouest de 1 2' donnée par la
formule s'accorde exactement avec la variation de 11 ',92 déduite de l'ob-
servation. On est donc obligé de reconnaître que la formule donne exacte-
ment les variations est-ouest.
» Je remarque ensuite que les déclinaisons observées an nord et au sud
ne diffèrent l'une de l'autre que de i',4o : ainsi, d'après les observations de
MM. Goujon et Liais, le méridien astronomique à Paris serait presque une
ligne d'égale déclinaison, ce qui n'est pas; car, d'après les cartes de M. Du-
perrey, la direction générale des lignes d'égale déclinaison s'écarte nota-
blement du méridien astronomique, vers l'ouest. Je conclus de là que
l'un des deux nombres nord et sud au moins est inexact.
» Passons maintenant à la comparaison des valeurs absolues :
Nord. Sud. Est. Ouest.
Déclinaison observée i9°56',45 i9°57',85 i9°52',83 20° ^',^5
Déclinaison calculée 19. 58 20 6 io.5q 20 1 r
Calcul— observation +i,55 -+-8,i5 +6,17 +6,25
» La déclinaison observée au nord diffère à peine de la déclinaison cal-
culée : ainsi ma formule représente, i° les déclinaisons magnétiques obser-
vées sur quatre points de l'enceinte continue ; 2 les déclinaisons de la Ma-
ternité et du pavillon Central de l'Observatoire ; 3° la déclinaison observée
(3«o)
au nord de Paris par MM. Goujon et Liais. Or, comme les déclinaisons cal-
culées dépendent à la fois du mouvement uord-sud et du mouvement est-
ouest, que ce dernier a été reconnu exact, je conclus de cet ensemble que
le mouvement nord-sud l'est pareillement, et que la formule peut servir à
calculer avec assez d'approximation les déclinaisons magnétiques des trois
stations de MM. Goujon et Liais au sud, à l'est et à- l'ouest -de Paris. Les
différences entre le calcul et l'observation sont respectivement représentées
par les nombres : ' - :
4-8',i5 -f-6',17 -+-6',25
dont la moyenne -+-6',86 est précisément égale a la correction qu'on pro-
pose d'appliquer aux déclinaisons observées dans le pavillon Central de
l'Observatoire. Je suis porté y croire pour ma part que ces différences sont
des anomalies dont les instruments magnétiques offrent malheureusement
plus d'un exemple, et qu'en tout cas la correction proposée a besoin, pour
être acceptée, d'être confirmée par un grand nombre d'observations. On
trouverait pour la correction réelle une valeur beaucoup plus grande, qne
je ne croirais pas que la série des observations magnétiques de l'Observatoire
de Paris fût plus compromise que les séries analogues qui ont été faites
dans les observatoires étrangers situés, comme l'Observatoire de Paris, au
sein des grandes villes et à proximité des constructions en fer. Si jamais on
parvenait à déterminer la correction en question au moyen d'observations
faites aux environs de Paris, je pourrai dire que j'ai été le premier à signaler
cette méthode à l'attention des physiciens. J'ajoute que tous les argu-
ments que j'ai employés sont en quelque sorte antérieurs à cette discus-
sion, car ils se trouvent implicitement renfermés dans les observations
de V Annuaire de i855. On aurait donc pu éviter facilement la discussion
actuelle.
» Je crois avoir répondit aux objections qui m'ont été faites : je n'ai pas
dû répondre aux paroles blessantes qu'on a cru devoir m'adresses Je suis
d'avis qu'elles n'ajoutent rien aux meilleurs arguments, et que la modéra-
tion et la raison marchent ensemble de compagnie ; je désire qu'en ce qui
me concerne, l'Académie accepte cette dernière conclusion. » - ; ; _
-Réponse de M. Le Verrier à M. Laugier.
« Je regrette bien vivement, dit M. Le Verrier, que nos usages inter-
disent à l'Académie de porter un jugement sur les débats scientifiques qui
.s'élèvent entre ses Membres, lien résulte que les discussions se prolongent
outre mesure et n'arrivent jamais à une conclusion suffisamment claire
('"3i« )
pour ceux qui, plus ou moins étrangers à la science dont un point est en
coTrteste , ra peuvent suivre le débat dans les subtilités où on l'égaré. Il
s'ensuit encore que la plupart du temps les questions sont reprises et
vidées devant les sociétés étrangères.
» Il y a toutefois, dans toute discussion scientifique, un caractère parti-
culier qui permet de juger infailliblement laquelle des deux parties est dans
la vérité. Des deux adversaires, l'un cherche à simplifier le débat, - à le ra-
mener à la constatation de quelque fait clair, précis : c'est celui qui a
raison. L'autre, au contraire, celui qui a tort, généralise les questions, les
complique le plus qu'il peut, en embrouille toutes les parties les unes dans
les autres, et surtout ne manque jamais de présenter comme étant une
attaque personnelle les objections faites à ses théories, à ses observations.
» La discussion actuelle ne pouvait échapper à cette loi commune 'i).
Tous mes efforts ont été vains jusqu'ici pour amener M. Laugier à séparer
des points qu'il ne faut pas confondre, à les discuter séparément, ou même
à s'expliquer sur le plus important d'entre eux. On me pardonnera donc de
me répéter et d'être obligé de chercher de nouveau, et en peu de mots,
à remettre la question sur ses pieds.
» La question ici débattue renferme deux parties bien distinctes :
» i°. Il s'agit de savoir si les attractions locales ont, à l'Observatoire de
Paris, quelque influence sensible sur la boussole;
» 2°. Ces influences sensibles une fois prouvées, il reste à en donner la
mesure exacte.
a Sur le premier point, la démonstration de l'influence des attractions
locales résulte positivement de ce que, de l'est à l'ouest de notre terrasse,
la déclinaison varie de près de sept minutes ; c'est un fait simple, corro-
boré par d'anciennes observations de M. Laugier; fait sur lequel on eût dû
s'expliquer avant tout, et que j'ai même offert à M. Laugier de venir vérifier
de nouveau à l'Observatoire.
( i ) J'ai été très-malheureusement plus d'une fois dans l'obligation de contester l'exactitude
de documents apportés par M. Laugier dans la science ; et bien que les faits m'aient, dans tous
les cas, donné raison de la manière la plus absolue, M. Laugier a toujours cru devoir se plain-
dre personnellement. Ainsi en a-t-il été de certains travaux sur les comètes, question jugée
depuis lors en Allemagne et résolue contre M. Laugier; ainsi en a-t-il été des observations
météorologiques qu'on a imprimées sans les avoir faites ; ainsi en est-il aujourd'hui du ma-
gnétisme; ainsi en sera-t-il sans doute pour des questions astronomiques dont je n'ai pas
encore entretenu l'Académie, et sur lesquelles il faudra néanmoins que la vérité se fasse jour.
Mais, je le répète, c'est la loi de toute discussion : il faut donc bien s'y résigner.
(3i»)
» Or c'est sur la question ainsi ramenée à un point de fait net et précis,
qu'il a été jusqu'ici impossible de fixer l' attention de M. Laugier. Après
avoir, dans un premier article, déclaré qu'il n'était pas prudent de s'arrêter
aux résultats de ses propres observations, M. Laugier s'enveloppe dans une
réserve absolue à l'égard des variations de la boussole dans l'enceinte de
l'Observatoire. Pas un mot sur ce fait, soit dans la Note insérée au Compte
rendu de la précédente séance, soit dans les considérations qui viennent
d'être produites devant l'Académie et où l'on reprend pour la troisième fois
la discussion des observations extérieures, en y introduisant les mêmes
erreurs que nous avons déjà signalées.
» Ainsi conduite, la discussion paraîtrait manquer de sincérité et pour-
rait s'éterniser sans utilité si le silence et la réserve de M. Laugier n'avaient
une signification qui n'échappera à personne. En refusant de s'engager sur
un terrain où le débat eût été facilement vidé, M. Laugier a clairement
montré qu'd n'a pas lui-même une grande confiance dans sa propre cause
et donné pleine et entière raison à MM. Goujon et Liais.
» Sur le second point, savoir la mesure des influences locales prouvées
par ce qui précède, il est nécessaire de faire intervenir les observations exté-
rieures. Bien qu'il soit évident que cette seconde partie de la question
doive avoir été mal traitée par M. Laugier, pour qu'il soit arrivé à des con-
clusions contraires à des faits positivement établis par des mesures prises
dans l'intérieur de l'Observatoire, et dont on ne conteste pas l'exactitude,
nous résumerons la discussion sur ce point, et montrerons en quoi consis-
tent les erreurs qui ont été commises. Mais, afin de n'avoir plus à y revenir,
nous attendrons que M. Laugier ait écrit les , nouvelles considérations dans
lesquelles il vient d'entrer. » v . ■ _ . .
pisciculture. — Note sur l'empoissonnement des eaux du bois de Boulogne,
par M. Coste.
« L'expérience de physiologie appliquée qui s'accomplit depuis deux ans
dans les bassins artificiels du bois de Boulogne, donne aujourd'hui de si
importants résultats, et devient tellement concluante, qu'on peut la consi-
dérer comme la preuve acquise de la possibilité de réaliser, à coup sûr, dans
des bassins d'eau presque dormante, l'élève et l'acclimatation, sur une
grande échelle, des espèces les plus estimées.
» L'Académie le comprendra en voyant les sujets vivants que je mets
sous ses yeux. Ces poissons proviennent d'une seconde pêche qui a eu lieu
(3i3)
mercredi dernier en présence de plusieurs personnes, et notamment de
M. le marquis de Vibraye, l'un des propriétaires qui ont le plus fait pour la
pisciculture en France. Quelques coups d'épervier, jetés du bord du lac
seulement, ont suffi pour amener cent dix truites et saumons; ce qui prouve
qu'il doit y en avoir une quantité très-considérable dans la totalité du
bassin.
» Parmi ces poissons, les uns sont âgés d'une année seulement et ont
déjà i4 à 16 centimètres de long; les autres sont âgés de trois ans, et n'ont
pas moins de Zjo à 44 centimètres et un poids de deux livres; ce qui, sur le
marché de Paris, leur donnerait une valeur de 3 francs au moins. II ne s'agit
donc plus ici d'une simple expérience de laboratoire, mais d'une question
économique.
» Dans les milieux où ces espèces vivent en pleine liberté, elles ne
prennent jamais, en un même laps de temps, ni un plus grand accroisse-
ment, ni une plus grande vigueur : j'en ai vu la preuve dans tous les fleuves
et les lacs naturels où j'ai eu l'occasion d observer leur développement, et
j'en ai fait l'expérience dans la Seine elle-même, où, l'année dernière, un
certain nombre de jeunes ont été jetés aux environs de l'Hôtel-Dien.
Comme ces animaux ont coutume de se cantonner jusqu'au moment de
leur émigration, on a pu, ces jours-ci, reprendre deux saumoneaux au
voisinage du lieu où ils avaient été mis. Ces saumoneaux, l'Académie
peut s'en convaincre par l'un des spécimens placé à part dans un bocal,
ne sont, à parité d'âge, ni plus vigoureux, ni plus grands que ceux du bois
de Boulogne.
» Quant à la chair de ces poissons parqués, je puis affirmer qu'elle con-
serve ses excellentes qualités, et si c'était nécessaire, je pourrais, sur ce
point, invoquer aujourd'hui un grand nombre de témoignages. »
cristallographie. — Note sur la forme cristalline du silicium;
par M. de Senarmont.
« Cette Note a pour but principal de réparer une erreur que j'ai commise
dans une précédente communication et qui se trouve au Compte rendu de
la séance du i4 janvier i856. {Comptes rendus, t. XLII, page 5a ). ■
» Lorsque j'ai examiné le silicium cristallisé préparé par M. Deville, je
n'ai d'abord trouvé que des prismes hexaèdres de 1 20 degrés, ou des rhom-
boèdres dont j'avais approximativement évalué l'angle à 69°3o'.
» Depuis cette époque, j'ai reçu de M/ Deville des cristaux de même
forme, mais se prêtant mieux à des mesures exactes; l'angle des rhomboè-
C. R , i&56, \<* Semestre. (T.XLH, N°J7.)' ' * ' 2
- : (3i4) - - ;, .-, .. ...
dres se déterminait avec précision; et je l'ai trouvé égal en moyenne" a
70 3a' avec des limites d'erreur, en plus et en moins, qui ne dépassent pas
a à* 3 minutes.
» Cet angle ainsi rectifié est précisément celui du tétraèdre -régulier; je
devais dès lors concevoir quelques doutes sur la Forme rhomboédrique
que j'avais tout d'abord attribuée au silicium. :'■■•"
» Lorsqu'en effet deux faces parallèles d'un octaèdre régulier disparais-
sent par l'extension : anormale des six autres, cet avOrtement partiel de
l'en veJoppe géométrique change le solide en un véritable rhomboèdre
soUs les angles propres au tétraèdre régulier;
» Les prismes hexagonaux, les rhomboèdres que j'avais d'abord rencon-
trés, pouvaient donc être une de ces déformations symétriques, une de ces
anomalies: régulières si communes dans les cristaux. Pour en avoir la
preuve, il suffit d'examiner du silicium provenant de préparations diffé-
rentes.. . - .
. » Ses cristaux montrent alors des dissgmblances empruntées sans doute
aux conditions spéciales de chaque opération. ; Outre les. chapelets de
pseudo-rhomboèdres qui avaient causé ma méprise, on trouve .de pareils
chapelets d'octaèdres parfaits, enfilés sur une même normale commune à
deux de leurs faces parallèles, L'octaèdre extrême est alors le seul qui
continue à simuler un rhomboèdre, à cause de l'excessif amoindrissement
et même de l'entière disparition de sa face terminale perpendiculaire à
l'axe de figure de tout le système.
« Enfin, M, Deseloizeaux a -extrait de l'une des préparations de M, De-
ville des octaèdres presque isolés, mesurables sur tout leur contour, avec
des angles de 109 28' à toutes leurs arêtes. :
» Des prismes hexagonaux de silicium, terminés par un pointement
trièdre reposant sur leurs arêtes- alternes donnent aussi, pour l'angle aux
arêtes du prisme 120 degrés, pour l'angle aux arêtes culminantes du poin-
tement 70° 3a', et i44°44' pour l'angle aux arêtes- d'intersection des faces
de'ce pointement avec les faces du prisme hexagonal .. ,..i_ -..■-■. ;• :
» Ce dernier n'est, par conséquent, qu'un dodécaèdre rhomboïdalexees-
sivement allongé parallèlement à J'un des.es axes hexaédrïques et surmonté
par trois faces d'un tétraèdre régulier.: ,-...;.- l- .. . _ . L . :
» De tout ce qui précède, il résulte que», malgré une propension remar-
quable vers les types rhomboédriques, le silicium ne se: rapproche pas,
comme je l'avais d'abord cru par erreur, des métaux caractérisés par ce
système cristallin. Il vient, au contraire, se placer dans lasérie,_nombreuse des.
corps simples réguliers près 8 de quelques métalloïdes, notamment près du
( ai 5 )
diamant; je remarquerai même, sans attribuer d'ailleurs une grande portée
à ce rapprochement, que l'un et l'autre ont dans leurs groupements une
certaine tendance à l'hémiédrie tétraédrique et présentent fréquemment des
faces courbes. »
ZOOLOGIE. — Sur un œuj d'Épyornis récemment arrivé en France;
par M. Is. Geoffrov-Saint-Buxaire.
« J'ai mis sous les yeux de l'Académie, il y a un an (i), grâce à l'obli-
geance de M. le capitaine Armange, un oeuf d'Épyornis, beaucoup plus
volumineux encore que ceux que j'avais d'abord présentés ( 2). Son grand
axe n'a pas moins de o m ,334, le petit étant de o m ,238; son volume est
de très-peu inférieur à 10 décimètres cubes ( o^ooggoô ).
» C'est encore à M. Armange que je dois la communication d'un
autre œuf d'Épyornis, que j'ai cru devoir présenter aussi à l'Académie.
Celui-ci ressemble beaucoup à un des oeufs qui, en i85i, sont venus nous
révéler l'ancienne existence à Madagascar de l'oiseau gigantesque, si
connu aujourd'hui sous le nom d'Épyornis. La forme de cet oeuf est,
de même, presque exactement celle d'un ellipsoïde de révolution, et
son volume est aussi d'un peu moins de 9 décimètres cubes. Les deux œufs
sont, en un mot, si semblables à tous égards, qu'on pourrait les confondre
l'un avec l'autre; et je n'aurais pas cru devoir occuper l'Académie une
quatrième fois de l'Épyornis géant, si l'œuf que m'a remis en dernier
lieu M. Armange, ne présentait, sous un point de vue, un intérêt particulier.
» D'après l'examen des œufs d'abord connus, j'avais été porté à croire
que la coque est, chez l'Épyornis, rugueuse, granuleuse, comparable à celle
que tout le monde connaît chez le Casoar et le Bromée. Toutefois j'ai cru de-
voir, avant d'admettre définitivement et d'énoncer cette opinion, attendre
qu'elle fût justifiée par l'examen d'un plus grand nombre de pièces, et de
pièces moins altérées par le temps. J'ai eu lieu de m'applaudir de cette ré-
serve. Parmi les fragments d'oeufs d'Épyornis qu'un voyageur plein de zèle
et d'obligeance, M. Delamarre, a bien voulu me donner en i854, et que
j'ai distribués entre les principaux musées de France, plusieurs m'avaient
déjà présenté une texture différente de celle que j'avais d'abord observée :
ils étaient remarquablement lisses. La même texture se retrouve sur une
grande partie de la surface de l'œuf qui est en ce moment sur le bureau
(1) Comptes rendus, t. XL , p. 5i8 ; mars i855.
(2) Tbid. , t. XXXII , p. lot ; janvier i85t.
{ 3 ) Ibid. , t. XXXIX , p 834 5 octobre 1 854 •
42..
(3i6) ■. ; ,,. .;,.-. _
de l'Académie. La coque en est, par places, lisse et polie au point de mi-
roiter, malgré l'eristeoceid'un assez grand nombre de stries on de petits sil-
lons 'linéaires, tous dirigés dans le sens du grand axe, et comparables, aux
petits points creux de l'œuf, lisse aussi, de l'Autruche.
» C'est là un élément de plus dont les zoologistes, auront à tenir compte
dans la détermination des rapports de l'Épyornis avec les autres oiseaux,
problème dont la solution divise encore si profondément les zoologistes.
\ ce point de vue, le nouvel œuf d'Épyornis offre un véritable intérêt scien-
tifique- et je devais d'autant plus m'empresser de le mettre sous les yeux
"de mes confrères, qu'il sera peut-être impossible d'en enrichir nos collec-
tions, malgré le bon vouloir de M. Armange qui, par malheur, est seule-
ment dépositaire de cet objet précieux. 7_ , , .
» Cet œuf d'Épyornis, et les quatre autres que j'ai présentés à l'Académie,
deux en i85i, deux en «855, sont les seuls entiers que j'aie vus, mais non
les seuls que je connaisse; un sixième est encore chez M. le capitaine Ar-
mante. Ces six œufs, d'après les renseignements qu'il a recueillis, et un
septième qui malheureusement a été brisé dans le trajet de Madagascar a
l'île de la Réunion, et qu'on a restauré en grande partie au Muséum, ont été
trouvés dans le même écoulement ou dans la rivière qui en baigne le
pied : deux par les Malgaches; les cinq autres, d'après leurs indications,
par des marins français. Les fouilles et les recherches dans la rivière,
qu'ont faites depuis plusieurs voyageurs anglais et français, n'ont produit
que des fragments, la plupart de petites dimensions.
» Les Malgaches, comme je l'ai dit ailleurs (i), prétendent que l'Epyornis
existe encore. Ils ont redit -à M. le capitaine Armange ce qu'ils avaient dit
." quelques années auparavant à M. le capitaine Abadie. Des vieillards ont même
' raconté à M. Armange qu'ils avaient vu dans leur jeunesse des Épyornis, non-
seulement "dans l'intérieur de l'île, où l'espèce serait aujourd'hui reléguée,
mais jusque sur la côte. L'Épyornis serait, selon leurs expressions, uu oiseau
grand comme un nuage, qui enlèverait facilement un bœuf dans ses serres,
pour le transporter dans les montagnes et s'en repaître. Ce sont là, sans nul
doute,, des contes populaires, imaginés sans doute d'après la grosseur, encore
exagérée, des œufs de l'Épyornis, dans lequel nous ne voyons toujours,
comme en 1 85 1 , qu'une espèce éteinte d'oiseau frugivore et inailé (2). »
(1) Loo. cit., t. XXXII, p. 106. ■'■'-■ ■•■ --:t ■■;.--
(a) Ce sont en partie ces récits fabuleux qui , amplifiés encore par l'imagination des
Arabes, ont donné lieu au conte du Roc qui enlève, non plus seulement des bœufe, mais
des éléphants. Chacun des deux peuples a attribué- pour proie à l'oiseau gigantesque le
plus grand des quadrupèdes connus de lui.
(3i 7 )
toSKHMR BJOaiLB. - Note- sur l'emploi, comme fourrage , des feuilles
d'orme, de vigne et de peuplier; par M. J. Isidore Pierre. (Transmis
par M. le Ministre de l'Instruction publique.)
« Dans la plupart des pays vinicoles, les feuilles de vigne, au moment
des vendanges, les produits, de l'ébourgeonnage, quelques mois plus tôt,
constituent, pour les vignerons, une précieuse ressource comme fourrage
vert ; on peut même dire que, dans les mois de septembre et d'octobre, les
feuilles de vigne forment souvent la plus forte partie de la nourriture de
la vache du petit vigneron. La cueillette de la feuille de vigne est facile, et
peu d'instants suffisent pour obtenir l'approvisionnement de plusieurs jours
à une époque où le temps est précieux. J'ai voulu savoir quelle pouvait être
la valeur de ce fourrage vert, pris à diverses époques de l'année; pour cela,
j'ai cueilli, sur quatre pieds de vigne de l'espèce dite chasselas blanc, i ki-
logramme de feuilles de toutes grandeurs, entières, i° le 18 juin i855;
a le 8 novembre, les feuilles étant encore vertes; 3° le a5 novembre, au
moment de la chute, en choisissant les feuilles qui tombaient lorsqu'on
agitait les sarments.
» i°. 18 juin 1 855. — On a cassé un certain nombre de bourgeons très-
tendres, au-dessus de la cinquième feuille, et on les a partagés en deux
parties dont la première, composée uniquement des feuilles, représentait
1 8,9 pour ioo du poids total, taudis que les bourgeons dépouillés de
feuilles, mais conservant encore leurs vrilles, représentaient 8r,i pour ioo
de l'ensemble complet. Tout était assez tendre pour être mangé sans résidu.
Les feuilles n'étaient pas encore franchement vertes et conservaient encore
cette nuance rose-violâtre que présentent souvent les jeunes feuilles de vigne
quand la pousse est rapide.
Feuilles.
Eau 78,3 pour 100
Matière sèche 21,7
Total 100,0
! Premier dosage 4) '9
Seconddosage 4.33
Moyenne ^,26
Azote pour 100 de feuilles fraîches. ... 0,92
( 3i8 )
Bourgeons dépouillés de leurs feuilles , mais encore munis de leurs -vrilles.
Eau go, i
Matière sèche. . . g, 9
Total. . . . 100,0
! Premier dosage n,rjQ
Second dosage — 2,55
Moyenne zj)6 ~\
Azote pour zoo de matière fraîche. ... .... 0,26
» Si nous réunissons, par le calcul, les deux parties, nous trouverons,
pour la richesse moyenne des bourgeons munis de leurs, feuilles : .
- I". A l'état frais.
Azote contenu dans les 8r , 1 de bourgeons sans feuilles. ...... 0,-21 .
Azote contenu dans les 18,9 de feuilles. ..... . ...... o,m ■
.- . Azote contenu dans les ioop.de bourgeons munis de leurs feuilles o,38
-'..'.. ...... 2°. 4 l'état sec.
■ . Azote contenu dans les 66,3 de bourgeons sans feuilles, . . ... . .. 1 ,76
Azotecontenu dans les 33,7 & e feuilles r ,44'
Azote contenu dans 1 00 parties de bourgeons entiers. ......... 3 , 20
. ... . 3. . 8 novembre i855.
!Eau , 76 , 1 pour 1 00
Matière sèche ....... 23 , g
Total 100,0
! Premier dosage. 1 ,g6
Second dosage. .... î ,91
Moyenne. 1 ,g4
Azote pour 100 de feuilles fraîches 0,46
3°, 25 novembre i855.
Ëau 76 pour 100
Matière sèche. .. ... 24"
Total 100
i Premier dosage 1 , 48
Second dosage.^ 1 ,4 r
Moyenne. 1 ,44
Azote pour 100 de feuilles fraîches o,35
» Les feuilles de yigne, surtout lorsqu'elles sont encore très -tendres,
constituent donc .un, fourrage vert très-ricb.e en matière azotée, compa-
rable^sous ce rapport, aux meilleurs regains de sainfoiD. À l'arrière-saison,
lorsque les gelées blanches d'automne n'en viennent pas accélérer la chute,
les feuilles de vigne, même à la fin d'octobre, contiennent encore autant
Feuilles jaunies, tombant naturellement, mais
saines au moment de leur chute
f 3r 9 )
de matière azotée que la plupart des fourrages verts du printemps. Enfin,
au moment de leur chute, ces mêmes feuilles, lorsqu'elles sont saines, pour-
raient encore constituer un assez bon fourrage.
» Si nous supposons ces feuilles fanées à la manière des fourrages ordi-
naires, c'est-à-dire au point de ne plus retenir qu'environ 20 pour 100
d'eau, celles qui ont servi aux analyses précédentes doseraient :
Les dernières 1 , i5 pour too d'azote.
Les secondes 1 ,55 »
Les premières 3 , 3 1 >
Et enfin les bourgeons entiers 2,56 »
» Ces résultats nous montrent que les feuilles de vigne, alors même
qu'elles sont sur le point de tomber, conserveraient encore, après le fanage,
une richesse en azote au moins égale à celle du bon foin.
» Lorsqu'on veut réduire en poudre les feuilles de vigne desséchées, on
éprouve une certaine difficulté à opérer convenablement la division des
dernières parties les plus résistantes, qui se présentent sous forme de fila-
ments cotonneux dont il n'est pas facile d'avoir raison. C'est sans doute à
cette circonstance qu'il faut attribuer les petits écarts que présentent les
dosages de la même matière, dont l'homogénéité pouvait laisser quelque
chose à désirer.
FEUILLES D'ORME.
» Lorsqu'on les destine aux vaches, les feuilles d'orme se cueillent comme
les feuilles de vigne, en ébroussant à la main les jeunes rameaux de la base
vers le sommet. Le plus ordinairement, dans les pays où cette pratique est
commune, c'est l'ouvrage des enfants,' qui montentsur les arbres munis d'un
sac qui se trouve bientôt rempli. Je dois ajouter que les feuilles d'orme pas-
sent généralement pour être un meilleur fourrage vert que les feuilles de
vigne. Lorsqu'on destine ces feuilles aux moutons, la récolte s'en fait autre-
ment; les ormes sont élagués tous les quatre ou cinq ans, exploités sous forme
de têtards plus où moins élevés, afin d'en obtenir le plus de branches possi-
ble. L'élagage se fait à la fin de septembre ou au commencement d'octobre;
on met de côté les grosses branches et on lie en bottes les rameaux et brin-
dilles munis de leurs feuilles, après les avoir laissés faner à la manière des
fourrages ordinaires. Ce fanage, lorsque le temps est sec, peut se terminer
en vingt-quatre heures. Ces bottes de •feuillards sont ensuite entassées au
fenil pour être consommées au commencement de l'hiver, et beaucoup de
cultivateurs considèrent qu'une botte de bon feuillard d'orme peut rem-
placer une botte de trèfle de qualité ordinaire.
» Si l'on songe' que* cette pratiqué est répandue dans beaucoup de nos
( 3ao )
départements, et notamment dans ceux du Cher, de la Charente et du Loi-
ret et qu'en Normandie la feuille d'orme passe pour une excellente nour-
riture pour les porcs", on comprendra que l'examen de ces feuilles devait
offrir quelque intérêt, et qu'il y avait lieu de s'assurer si leur richesse en
principes plastiques, déterminée par l'analyse chimique, viendrait justifier
le fréquent emploi qu'on en fait. J'ai donc cueilli, à trois époques de an-
née i°le 2 min i855, 2° le n août, ,3° le 9 novembre, plusieurs kilo-
gammes de feuilles prises sur plusieurs ormes, sur différentes parties de
ces arbres en ébroussant à la main les rameaux comme dans la pratique
nielle et'c'estsur chacune de ces récoltes, après un mélange convenable-
ment fait, qu'ont porté les analyses dont il va être rendu compte ci-apres :
Feuilles d'orme cueillies le 3 juin i855.
Eau 76,0 pour 100
Matière sèche 24,0
Azote pour 100 de matière sèche
Total .. 100,0
[ Premier dosage . .. 4> I 5
Second dosage 4r 2 ^
Moyenne...... 4> 20
1,01
Azote pour 100 de feuilles fraîches
2°. Feuilles cueillies le II août l855.
» On en a fait deux lots, l'un composé des feuilles les plus tendres, l'autre
des feuilles plus anciennes :
,er LO t. - Feuilles les plus tendres, prises à l'extrémité des rameaux.
Eau 70 pour 100
Matière sèche 3o _
Total 100
i Premier dosage 3,6g
Second dosage 3,67
. — ~-^
Moyenne 3,78
Azote pour 100 de feuilles fraîches 1 , i3
2 e lot. — Feuilles plus anciennes ,
Eau 67,6 pour 100
Matière sèche 32,4
Total* 100,0
! Premier dosage. 3 r o 1
Second dosage 2,89
Moyenne...... ^;ÎP
Azote pour 1 00 de feuilles fraîches. ...» o 7 g55
( 3a i )
3°. Feuilles cueillies le g novembre i855.
» Ces feuilles, encore vertes, commençaient à peine à prendre une légère
teinte jaunâtre dans quelques-unes de leurs parties.
» Elles renferment :
Eau 63,3 pour ioo
Matière sèche 36,7
Total. T roo,o
i Premier dosage 2 , 09
Second dosage 2,00
Moyenne 2,07
Azote pour 100 de feuilles fraîches. ... 0,^55
» Il résulte de ces analyses qu'à l'époque où elles vont tomber naturelle-
ment, les feuilles d'orme saines contiennent encore autant de matière azo-
tée que des meilleurs fourrages verts usuels de printemps, et qu'au mois
d'août, les feuilles les plus tendres, quoiqu'elles contiennent 70 pour 100
d'eau, renferment néanmoins presque autant de matière azotée que le foin
normal fané. Si nous prenons ces feuilles à l'état fané, c'est-à-dire conte-
nant encore en moyenne environ 20 pour too de leur poids d'eau, nous
y trouverons :
i°. Dans les feuilles du 2 juin 3,36 pour 100 d'azote
( Premier lot ... . 3 , 06
2 °. Dans celles du 1 1 août j gecond , ot 3)0 g
3°. Enfin dans celles du 9 novembre 1 ,66
c'est-à-dire que même, dans ce dernier cas, les feuilles d'orme se pla-
ceraient presque sur la même ligne que le foin de prairies artificielles, et
au-dessus du foin normal de prairies naturelles.
» Comme la récolte de ces feuilles se fait un peu avant leur parfaite ma-
turité, on peut évaluer, d'après ce qui précède, à 2 pour 1 00 leur richesse
en azote après le fanage, et cette richesse justifie le soin avec lequel on les
conserve dans les pays où les fourrages ordinaires sont médiocrement abon-
dants.
EEDIIAES DU PEtTlPUEB DU CANADA.
» Je n'ai soumis à l'analyse que desUfeuilles tendres, cueillies le 2 juin
i855 et n'ayant pas plus de dix à douze jours, et des feuilles cueillies le
11 août. Comme pendant la première cueillette les'feuilles étaient le plus
souvent accompagnées de petits bouts de rameaux qui les portaient, j'en ai
C. R., 1856, 1" Semestre. (T. XXII, N° 1 .) " 4 J
( 3a» )
fait deux lots, dont le premier se composait uniquement de feuilles, et dont
le second comprenait de jeunes bourgeons effeuillés, de 2 à 8 centimètres
de longueur, extrêmement tendres^ mais dont le poids, comparé à celui des
feuilles, était extrêmement minime.
I e ' lot de la récolte du 2 jbin. — Feuilles.
Eau '.' ..... .78,4 pour', 1 00
Matière sèche. .. ... . 21,6
Total roo.o
( Premier dosage 4)°9
Azote pour 100 de matière sèche. . ] Second dosage. ■ . . 4>°7
Moyenne 4>°8
Azote pour ioo de feuilles fraîches.. ... 0,88
2 e lot. — Petits bourgeons dépouillés de leurs feuilles. -
Eau.". 81,7 pour 100"
Matière sèche 18, 3 - -
Total 100,0 --...-
i Premier dosage. , 4î°6
Second dosage. 4>°*
Moyenne...... ^,oZ ■ - :
Azote pour 100 de matière fraîche °>74
" 1 Feuilles cueillies le 11 août i8£>5. - ■
Eau.-...-.... 72,9 pour 100
Matière sèche . 27 ,1
Total. .'.Y. 100,0 •--...;...
( Premier dosage 3,43
Azote pour 100 de matière sèche.. \ Second dosage 3,d5
, ... ' , Moyenne. .... . 3,49
Azote pour 100 de feuilles fraîches. .. ... 0,g5
» Cette richesse des feuilles de peuplier les rapproche des feuilles d'orme
comme fourrage; mais c'est pins particulièrement comme fourrage fané,
c'est-à-dire contenant environ 20 pour 100 d'eau, qu'elles sont employées;
celles dont il vient d'être question doseraient alors environ 2,79 pour 100
d'azote. Concluant par analogie, nous pouvons admettre que les feuilles des
peupliers élagués vers la fin de septembre ou dans la première semaine
d'octobre, peuvent être placées, d'après leur richesse en azote, à côté des
feuilles d'orme. Les cultivateurs ne les estiment pas tout à fait autant, ce
qui peut tenir à la présence d'une petite quantité de matière résineuse
irritante qui peut agir comme purgatif sur les animaux. Les cultivateurs
( 3a3 )
font aussi une différence entre les feuilles du peuplier d'Italie et celles du
peuplier du Canada : ils accordent à ces dernières une préférence marquée.
» Pour faciliter la comparaison de ces résultats, je vais les résumer sous
forme de tableau d'ensemble, en rapportant les nombres au kilogramme de
feuilles.
DESIGNATION DES FEUILLES.
Feuilles
Feuilles
Feuilles
Feuilles
Feuilles
Feuilles
Feuilles
Feuilles
Feuilles
Feuilles
d'orme fraîches , 2 janvier 1 855
Les mêmes, fanées
Complètement desséchées
d'orme fraîches, i 1 août i855
Les plus tendres
Les mêmes , fanées
Complètement desséchées.
de la même date, plus dures
Les mêmes, fanées
Complètement desséchées
d'orme fraîches, g novembre i855. ..
Les mêmes , fanées
Complètement desséchées
de peuplier du Canada
.Fraîches , 2 juin i855
Petits bourgeons dépouillés de feuilles.
Mêmes feuilles , fanées
Complètement desséchées
de peuplier du Canada, 1 1 août
Les mêmes, fanées
Complètement desséchées
de vigne très-tendres
Bourgeons dépouillés de leurs feuilles.
Bourgeons avec leurs feuilles. .......
Les mêmes, fanées
Complètement desséchées.
seules complètement desséchées
cueillies le 8 novembre i855
Les mêmes , fanées
Complètement desséchées
cueillies le 25 novembre i855
Les mêmes , fanées
Complètement desséchées
EAO
par kilogram,
760
200
700
200
»
676
200
»
633
200
784
817
200
o
7 2 9
200
»
783
goi
879
200
7 65
200
»
760
200
MATIÈRES SÈCHES
par kilogr.
240
800
1000
3oo
800
1000
324
800
1000
367
800
1000
»
216
i83
800
1000
271
800
1000
2l 7
99
121
800
1000
1000
23g
800
1000
240
800
AZOTE
par kilogram.
sr
10, 1
33,6
42,0
M
ii,3
30,2
37,8
9,55
23,6
29,5
7.55
16,6
■20,7
»
8,8 ■
7:4
32,6
4o,8
9> 5
2 7>9
34.9
9> 2
2,6
3,i
25,6
32,0
42,6
4,6
.5,4
'9»4
3,5
h ,5
■4,4
43..
/ ( 3 2 4 )
» L'inspection du tableau qui précède nous^ apprend que lésifeuillel
vertes et fraîcbes.de l'orme peuvent, lorsqu'elles sonttrès-tendresj contenir
presque autant de matière azotée _que le foin normal mais que cette pro-
portion d'azote diminue, . comme on devait s'y attendre, avec l'âge des
feuilles et avec la saison : cependant, peu de jours avant leur chuté,; les
feuilles fraîches d'orme ^renferment encore les trois quarts de l'azote-que
l'on trouve dans les jeunes .feuilles tendres; mais comme les feuilles mûres
sont moins aqueuses que les feuilles nouvelles et tendres, la richesse de la
matière sèche des premières en matière azotée se trouve réduite à environ
moitié de celle des dernières. Si l'on compare lés feuilles d'orme, même
lorsqu'elles sont arrivées à leur complète maturité, au foin de prairies arti-
ficielles, elles contiennent, au même état de dessiccation, à peu près, la
même proportion de matière azotée, et sont encore plus riches "d'environ
5o pour 100 que le foin normal. ~ \rr —
» Les feuilles de peuplier du Canada, plus estimées comme. fourrage que
celles du peuplier d'Italie, contiennent à peu près autant d'azote queues
feuilles d'orme. j; —
» Enfin les feuilles de vigne, lorsqu'elles sont fraîches, sont -beaucoup
moins riches que le précédentes, parce qu'elles sont plus aqueuses jamais,
prises au même degré de dessiccation \ elles ne sont guère inférieures aux
précédentes. Prises au moment de- leur chute, lorsqu'elles sont saines, elles
ont précisément la même richesse que le foin -éormâl ,-' au même état de
dessiccation. ' ' ". ■-■ ■- ' - —
» On pourrait se demander si l'effeuillage des bnhes, si l'élagage pra-
tiqué avant la chute des feuilles ne porte pas préjudice au développement
des arbres. Sans aucun doute, s; ces opérations étaient faites en Joutes
saisons, elles pourraient être dommageables au développement des ormes
ou des peupliers; mais si' l'on se • rappelle que: c'est ordinairement en
automne, vers le commencement d'octobre,. lorsque la pousse esta peu
près complètement terminée, que se pratiquent reffeuillage et l'élagage
dont il est ici question, il est vraisemblable que je -dommage doit être peu
important, si dommage il y a, . ; - - - ■- --
» Dans tous les cas, -il "y aurait encore à décider si la valeur- des
feuilles comme fourrage ne procure pas Une Compensation plus qu<T suffi-
sante de ce préjudice. , --/." "'-',.''■:■.'
» L'extension qu'a prise cette pratique, dans certains départements,
nous, porte à croire que les propriétaires qui la continuent ne l'eussent pas
fait s'ils n'y avaient pas trouvé un avantage réel de quelque importance... » '
( 3a5.)
RAPPORTS.
mécanique appliquée. — Rapport sur un Mémoire de M, Phuxipps sur le
calcul de la résistance des solides prismatiques soumis à l'action d'une
charge en mouvement.
(Commissaires, MM. Poncelet, Lamé, Combes rapporteur.)
« L'Académie nous a chargés de lui rendre compte d'un Mémoire de
M. Phiilipps sur le calcul de la résistance des solides prismatiques, tels que
les poutres droites d'un pont, les rails de chemins de fer, etc., soumis à
l'action d'une charge animée d'une vitesse uniforme. Cette question a déjà
été le sujet d'expériences faites par M. le professeur Willis, comme membre
d'une Commission instituée par le gouvernement britannique, pour re-
chercher les conditions à observer par les ingénieurs dans l'emploi du fer
appliqué aux constructions qui sont destinées à supporter des chocs vio-
lents, et d'un intéressant Mémoire de M. |Stokes, publié dans les Trans-
actions de la Société philosophique de Cambridge (vol. VIII, 5 e partie,
année 1849, page 707). Les expériences de M. Willis ont été imprimées,
avec une dissertation de l'auteur, dans le Rapport de la Commission.
» M. Stokes a donné, dans son Mémoire, une solution approchée du
problème qu'il a abordé, à la demande de M. Willis, dans les deux cas
extrêmes où la masse de la charge mobile est regardée comme infiniment
grande, ou comme négligeable par rapport à celle de la poutre sur laquelle
elle se meut.
» M. Phiilipps tient compte, dans le travail présenté à l'Académie, des
masses de la charge mobile, du solide prismatique qui la supporte et de la
charge fixe et permanente distribuée sur la longueur de celui-ci. Il part des
hypothèses secondaires qui ont permis d'établir les formelles usitées con-
cernant la résistance des matériaux élastiques, et que justifie, d'une manière
satisfaisante, l'accord des résultats des calculs fondés sur ces hypothèses
avec les faits journellement observés dans la pratique des ingénieurs. Aiusi,
il considère la flexion de la poutre comme étant constamment très-petite;
il égale, en conséquence, le produit du moment d'élasticité du solide pris-
matique par la dérivée du second ordre de l'ordonnée de la courbe sui-
vant laquelle est infléchi l'axe du solide, les abscisses étant comptées sur
l'axe rectiligne de ce solide avant la flexion, à la somme des moments des
forces appliquées entre le point considéré et l'une des extrémités du so-
( 3a6 )
lide, y compris celles qui résultent de l'action des points d'appui sur cette
extrémité et des forces d'inertie. Il ne considère, enfin, que les vitesses
dirigées clans le sens perpendiculaire à l'axe de la poutre.
» Moyennant ces simplifications, qui ont été aussi admises par MM. Willis
et Stokes, chacune des parties de la poutre élastique comprises entre le point
où est située, à un moment donné, la charge mobile et l'une de ses extré-
mités, doit satisfaire à l'équation aux différences partielles
où les abscisses sont comptées sur l'axe primitif de la poutre droite, à
partir de l'extrémité de la partie que l'on considère, et les ordonnées posi-
tives sont dirigées dans le sens de la pesanteur ; k a et <p sont des quantités
qui dépendent du moment d'élasticité, du poids et de la charge permanente
de la poutre par mètre courant. On a
. *■.=*«£ et f =Ui
ZS ' ET
M est le moment d'élasticité, zs le poids de la poutre, p la charge perma-
nente et fixe par mètre courant, y compris le poids zs, et g la gravité. On
fait disparaître le deuxième terme du second membre de l'équation (i), en
posant l'ordonnée y de la courbe égale à z-hy', y' étant l'ordonnée de la
courbe fixe qu'affecterait l'axe du solide en équilibre sous Faction de la
charge permanente, de sorte que z désigne l'écart entre les ordonnées de
la courbe fixe et de la courbe variable pendant le trajet de la charge mobile.
L'équation (i) est ainsi remplacée par
£? — _ fc— ■
dt- dx K
On a deux équations semblables pour les deux parties de la poutre qui se
raccordent au point où est arrivée la charge mobile à l'instant que l'on con-
sidère. M. Phillipps est parvenu à les intégrer, en suivant une méthode qui
lui est propre ; il prend pour valeur de z un développement en série sui-
vant les puissances de x multipliées par des coefficients qui sont fonctions
du temps. Les coefficients des deux premiers termes de chaque valeur de z
étant représentés par À et B, ceux des termes suivants de la série sont les dé-
rivées d'ordre pair de A et de B par rapport au temps, multipliées par les
puissances ascendantes de ^ ou ~^\ la question est ainsi ramenée à dé-
( 3s 7 )
terminer quatre fonctions A, B; A,, B,, dont deux entrent dans chacune
des valeurs de z. Ces fonctions doivent satisfaire à quatre conditions, dont
les trois premières sont que les deux courbes aient au point de raccorde-
ment même ordonnée, même tangente et même rayon de courbure. La
quatrième résulte de ce que la réaction de la courbe sur la charge mobile
qui se trouve au point de raccordement est égale à cette charge dimi-
nuée de la force capable de produire l'accélération de sa vitesse verticale,
dans la trajectoire qu'elle parcourt. Les quatre équations données par
les conditions ci-dessus renferment les quatre fonctions à déterminer et
leurs dérivées des divers ordres jusqu'à l'infini. En prenant pour cha-
cune d'elles un développement en série suivant les puissances entières
et croissantes de p> M. Phillipps parvient à déterminer les coefficients,
fonctions du temps, qui entrent dans les séries, par groupes de quatre,
au moyen d'équations différentielles linéaires du second ordre, dont il
obtient des intégrales particulières sous forme de séries dont la loi est fort
simple, et qui sont rapidement convergentes.
» Les calculs se simplifient beaucoup lorsque j 2 = ~ est assez petit,
ainsi que cela a toujours lieu dans la pratique, pour que l'on puisse né-
gliger les termes multipliés par les puissances de ~ supérieures à la pre-
mière.
» M. Phillips traite successivement le cas où la poutre est encastrée
par ses deux extrémités et celui où elle est simplement posée sur deux
appuis fixes. Les valeurs de z qu'il obtient, dans l'un et l'autre cas, né
satisfont pas rigoureusement aux conditions initiales du système; elles
impliquent que les divers points de la poutre seraient animés, au moment
où la charge mobile atteint une de ses extrémités, d'un certain mouvement
vibratoire, au lieu d'être à l'état de repos. Mais l'auteur démontre, par
une analyse rigoureuse et délicate, que les vitesses et les tensions initiales
que ses formules supposent exister dans les diverses parties de la poutre
sont, dans toutes les circonstances des applications pratiques, de trop
petites fractions des vitesses et des tensions qui seront déterminées par le
trajet de la charge mobile, pour que ce désaccord puisse avoir une in-
fluence sensible sur les résultats. Ainsi, pour des rails de chemins de fer de
modèles usuels et librement posés sur des appuis placés à la distance or-
dinaire des traverses, et pour des poutres de ponts réellement exécutées,
la vitesse et la tension initiales, d'après les formules, sont inférieures à la
( 32g )
vingtième partie des vitesses et des tensions ^déterminées par le passage de
la charge animée de vitesses quelconques, depuis o jusqu'à; 108 kilomètres
par heure. - - : ^ i/ -- " , ''■'-"- "-'-
_-» .Dans un dernier chapitre, M. Phillips signale les. conséquences pra.-
Hques de la théorie qu'il a exposée, et les applications que l'on peut faire
de sa méthode à d'autres problèmes que ceux qu'il a traités. Les cita-
tions suivantes montrent l'utilité des recherches analytiques du savant
ingénieur,: -....: :.;:'• :;
: » Il résulte denses formules : ■'■_..:■ _ . _ : -.:
. » i û . Que l'on peut, sans s'exposer à commettre des erreurs compromet-
tantes pour la solidité d'une construction, négliger l'influence de l'inertie
de la poutre qui doit supporter une charge mobile,! lorsque ~ ou -^ est
une très-petite fraction, c'est-à-dire lorsque le moment d'élasticité: de ia
poutre est très-grand relativement à sa masse par unité de longueur. -
%°. Là mobilité de la charge a pour effet d'accroître l'alion.genient pro-
portionnel ou la tension maximum des fibres qui aurait lieu dans la, poutre
en équilibre sousj'action de la charge placée au milieu de la distance des
appuis. ,
» 3 & . Le rapport de l'accroissement occasionné par le mouvement de la
charge à l'allongement maximum sous l'action de la charge immobile;
placée au milieu de la distance des appuis, est, toutes choses égales d'ailleurs,
à peu près proportionnel au poids- de la charge mobile, au carré de la vi-
tesse dont elle est animée et à la distance des appuis, et en raison inverse
du moment d'élasticité de la poutre. Ainsi il convient de rapprocher les
appuis et d'accroître le moment d'élasticité en augmentant l'épaisseur des
poutres dans le sens vertical. _ -
» 4°. Pour un solide posé simplement sur deux appuis, ce rapport a
pour limite très-rapprochée c !
Qyn ■ ■_■_ -,..
3Mg'
Q exprime le poids de la charge mobile, V sa vitesse, / la distance des
appuis, M le moment d'élasticité de la poutre, g la gravité.
?» 3°. Pour un solide encastré à ses deux extrémités, on peutdécomposer
l'allongement proportionnel des fibres, à l'état statique , en deux parties,
l'une due à la charge placée au milieu de l'intervalle des appuis, l'autre au
poids du solide et à la charge permanente distribuée sur la longueur.
L'effet du mouvement dû à la charge est d'accroître la première partie de
(3 29 )
la fraction ^- de ce qu'elle est dans l'état statique, et la seconde partie de
ia fraction r^r-'
4Mg-
» Avec les dimensions usitées pour les poutres droites des ponts con-
struits sur les lignes de chemins de fer, le rapport ^ est généralement
assez petit pour que l'on puisse négliger l'accroissement dû au mouvement
de la charge.
» 11 n'eu est pas de même des rails. L'accroissement de tension dû au
mouvement s'élève à { pour des vitesses de 72 kilomètres à l'heure, et irait
à 1, pour des rails encastrés dans des appuis distants de 1 mètre, si la
vitesse des machines atteignait 3o mètres par seconde ou 108 kilomètres
par heure.
» Le sujet traité par M. Phillips, dans le Mémoire dont nous venons de
vous rendre compte, est d'une grande importance pour le calcul des di-
mensions des pièces qui entrent dans un grand nombre de constructions
modernes. Les solutions qu'il a données sont nouvelles et déduites d'une
analyse correcte et élégante. Nous regardons ce Mémoire comme très-digne
de la haute approbation de l'Académie, et nous avons l'honneur de vous
proposer d'en ordonner l'insertion dans le Recueil des Savants étrangers. »
Les conclusions de ce Rapport sont adoptées.
MÉMOIRES PRÉSENTÉS.
ASàTOMiE comparée des végétaux. - Plantes parasites. Anaiomie des
Casijthacées ; par M. Ad. Çhatin. (Extrait par l'auteur.)
(Renvoi à l'examen de la Section de Botanique.)
« Le Mémoire que j'ai l'honneur de soumettre aujourd'hui à l'Académie
des Sciences a pour objet l'anatomie des Cassythacées, plantes singulières
que la plupart des botanistes réunissent aux Lauracées comme tribu, dont
Lindley a fait une famille distincte et que L. de Jussieu regardait comme
d'autant plus difficile à classer qu'elles réunissent, au port et aux tiges
aphylles des Cuscutes, les étamines des Lauracées et le fruit des Basellacées.
» La structure des tiges et celle de leurs suçoirs qu'accompagnent des
appareils préhenseurs, d'une structure parfois très-complexe, m'ont spécia-
lement occupé.
» Les tiges, filiformes et volubiles comme celles des Cuscutes, sont généra-
C. S„ i856, i« Semestre. (T. XXII, K° 7.) 44
( 33o )
lement composées : d'un épiderme à un rang de cellules rectangulaires dis-
posées en séries que coupent perpendiculairement d'assez nombreux sto-
mates; d'un parenchyme parfois féculifère; d'une zone ligneuse, et conti-
nue de fibres ponctuées dans l'épaisseur de laquelle sont placées, plus au
dehors, une ligne circulaire de lacunes, plus en dedans une ligne de grands
vaisseaux ponctués avec laquelle la ligne des lacunes offre souvent des
rapports symétriques; enfin d'une moelle privée de rayons médullaires.
» Les suçoirs proprement dits offrent, comme ceux des Cuscutes, un
sommet cellulaire ou cône perforant qui pénètre les tissus ligneux les plus
durs (même ceux du Casuarina), malgré sa propre délicatesse, et un cône
interne fibro-vasculaire qui jamais ne sort du tissu parenchymateux pour se
mettre en rapport immédiat avec les tissus de la plante nourricière. /
» L'appareil préhenseur, qui se confond par sa base avec le suçoir, au
lieu de descendre séparément de la tige, comme dans plusieurs Cuscutes, se
compose tantôt {C. filiformis, etc.) d'un repli parenchymateux renforcé
d'une ou même de deux lames fibreuses, tantôt (C. Casuarinœ) d'un
système parenchymateux se combinant avec des lames et des arceaux fibro-
vasculaires ayant pour effet d'augmenter la force adhésive du végétal para-
site sur la plante nourricière, que perforent en ce dernier cas des suçoirs
périphériques supplémentaires. Les dessins qui accompagnent mon Mé-
moire font mieux comprendre que la plus longue description la perfection ,
au point de vue mécanique, de l'appareil mixte qui, tout en servant à la
préhension, porte les suçoirs latéraux du Cassjtha Casuarinœ.
» Les différences anatomiques entre les Cassythacées et les Cuscutacées
se montrent tellement grandes quand on vient à comparer le système fibro-
vasculaire, le parenchyme et l'épiderme des tiges de ces plantes, qu'il est
bien évident qu'elles s'éloignent autant par leur anatomie que par le
système floral,* et que leur ressemblance apparente, ressemblance qui a fait
composer le nom des premières du nom grec (y.aacuQa) des secondes, n'en-
traîne aucune analogie entre les caractères importants. A peine a-t-on a
signaler, comme points communs, le manque fréquent de trachées dans les
tiges, la structure des suçoirs. et celle de leurs appareils préhenseurs dans ,
quelques espèces.
» Lés faits anatomiques observés chez les Cassythacées et qui intéressent
l'anatomie générale sont, au point de vue de la nature des tissus : la présence
de nombreux stomates à l'épiderme des tiges; les trachées souvent nulles
chez les tiges, mais existant dans la fleur, et surtout abondantes dans l'em-
bryon (fait analogue à celui' observé par le savant botaniste Schleiden sur
( 33 1 )
le Lénifia); les vaisseaux perdant leur forme tubuleuse pour devenir courts
et ellipsoïdes, en passant de la tige aux suçoirs; enfin l'existence, dans l'é-
çaisseur du système ligneux, de lacunes qui rappellent celles que j'ai signa-
lées dans les plus gros faisceaux fibro-vasculaires d'un grand nombre de
plantes aquatiques. En considérant, non la nature, mais le groupement ou
la disposition des tissus, les Cassythacées intéressent par la direction des
stomates perpendiculaires à celle des cellules épidermiques dont ils suivent
et coupent les séries, par l'absence de liber, par les rapports de symétrie
qui lient souvent les lacunes aux vaisseaux du système ligneux, par l'ab-
sence de rayons médullaires, par l'existence constante, dans les suçoirs or-
dinaires axiles, d'un cône perforant cellulaire et d'un cône intérieur vascu-
laire, par la composition spéciale de l'appareil mixte préhenseur et perforant
du Cassytha Casuarinœ.
» Je signale, comme se rattachant à l'organographie et pouvant se tra-
duire en applications à la taxonomie, la forme, et si l'on peut ainsi parler,
l'insertion, sur le suçoir lui-même, de l'appareil préhenseur, qu'on peut dire
adhérent dans les Cassythacées, tandis qu'il est au contraire généralement
libre dans les Cuscutacées, où il s'attache immédiatement sur la tige.
» Cherchant enfin les rapports du présent travail avec la physiologie, je
suis conduit à considérer notamment la présence de stomates coïncidant
avec le parasitisme complet des espèces et la rareté ou même le manque de
matière verte , le rôle des lacunes du système ligneux et enfin le non-parasi-
tisme du Cassytha sur les espèces de la famille des Lauracées qui leur sont
liées par des affinités nombreuses, mais ne sont pas parasites. J'appelle d'au-
tant plus l'attention des botanistes sur cette dernière remarque, qu'elle
semble être générale pour les parasites et n'intéresse pas moins les affinités
botaniques que la physiologie. Ne serait-il pas bien singulier, en effet, au
point de vue physiologique, que les parasites ne pussent vivre sur les espèces
qui leur ressemblent le plus par leur structure et la nature de leur sève?
On conçoit que si cet antagonisme existe généralement, il fournisse, pour
l'appréciation des affinités naturelles, un élément de même ordre que la
greffe, quoique reposant sur une base différente. On reconnaît l'analogie
entre certaines espèces, parce quelles peuvent être greffées l'une sur l'autre ;
on reconnaîtrait les différences botaniques d'une parasite donnée avec
d'autres espèces, par le fait même de sa végétation aux dépens de celles-ci.
A l'appui de cet aperçu, je dirai que les suçoirs des Cuscutes et des Cassythes,
si aptes à pénétrer au travers des tissus ligneux des espèces étrangères dont
ces plantes se nourrissent, s'émoussent sans même s'engager dans le paren-
44-
( 33i )
chyme de leurs propres tiges, lorsque, par suite des courbes superposées
souvent décrites par celles-ci, ils viennent à être fixés étroitement sur elles
par leurs replis préhenseurs. *.'■■; -
MÉQAKIQDE APPLIQUÉE. - Sur le puits artésien de Passf, entrepris par
JYl. Eind pour le compte de la ville de Paris; Note sur la situation des
travaux au„i er février i856; par .M. Alphand, ingénieur des ponts et
. Chaussées, chargée de la surveillance de l'opération. (Présentée par
M. Dumas.)
« Aux termes d'une convention intervenue le i4 juillet i855 entre M. le
préfet de la Seine et M. Kind, ingénieur saxon, le puits percé d'après les
procédés de cet ingénieur, sous la surveillance de l'ingénieur des ponts et
chaussées chargé de la direction du service des promenades et plantations
de là ville de Paris, doit avoir, dans toute sa profondeur, une section mi-
nimum de o m , 60 de diamètre intérieur et doit être descendu de 2 5 mètres
au moins dans la couche aquifère des grès" verts située, en moyenne, à
55o mètres au-dessous du sol de la plaine de Passy. Il doit être garni d'un
cuvelageen bois de chêne formantlube de retenue. Un tube ascensionnel
de 2Ï mètres de hauteur environ au-dessus du sol de l'orifice du puits doit
élever les eaux à 7 6 m , % au-dessus du niveau de la mer, hauteur nécessaire
aux différents services du bois de Boulogne. Les/travaux du puits, dont la
dépense est évaluée à un chiffre maximum de 35o 000 francs, doivent être
terminés dans le courant d'une année, à partir du 18 juillet 1 855, date de
l'acceptation delà soumission de M. Kincl.
~ ^L'eràpkcementchoisipourleforage est situé dans les anciennes carrières
de Tâssy; à l'angle de la rue du Petit-Parc et de l'avenue de Saint-Cloud.
Les travaux d'installation consistant dans Rétablissement des hangars,
d'une chaudière à vapeur et de deux cylindres moteurs, et dans le creuse-
ment d'un faux puits percé à bras d'homme dans le roc jusqu'à u m , 35 au-
dessous du sol , ont été terminés le 29 août. Le forage du puits a été immé-
diatement entrepris. Les deux premières semaines ont été à peu près uni-
quement employées à régler les appareils et la marche de la machine, et à
dresser les ouvriers. Aussi les travaux du percement du puits n'ont com-
mencé , en réalité, d'une manière régulière que. le 1 5 septembre.
» Pour donner au puits b%6o dediamètre intérieur après le cuvelage en .
bois de chêne, et .pouvoir placer au besoin des tubes provisoires de retenue,
afin d'attendre la mise en* place du cuvelage définitif qui ne'sera établi qu'a-
près l'achèvement du forage, on a donné au puits i m , 10 de diamètre.
333 }
» L'instrument de forage est un trépan du poids de 1800 kilog., armé de
sept dents en acier fondu de o m ,25 de longueur chacune. Le trépan qui
fonctionne dans l'eau est assujetti à un déclic, qui lui permet de se déta-
cher de sa tige de suspension. Le déclic, ou instrument à chute libre est
formé d'un chapeau en gutta-percha de o m ,6o de diamètre, auquel est
adaptée la tète d'une pince qui soutient la tige du trépan. L'ensemble de
l'appareil descendant rapidement par son propre poids, le chapeau en gutta-
percha, mobile autour de l'axe du déclic au moyen de deux coulisses est
retenu par la pression de l'eau et fait ouvrir les pinces soutenant le trépan
qui se referment, au contraire, lorsque l'ensemble de l'appareil remonte, le
chapeau mobile étant soumis alors à un effort opposé. Le trépan tombant
librement de la hauteur de o m ,6o à laquelle on l'élève par suite de l'emploi
de l'instrument à chute libre, peut être supporté par des tiges en bois de
o m , 09 d'épaisseur et de 10 mètres de longueur vissées l'une à l'autre, ce qui
diminue énormément le poids de l'appareil de forge et rend, par consé-
quent, l'opération plus prompte et plus économique.
» L'appareil formé des tiges de l'instrument à chute libre et du trépan est
suspendu à l'une des extrémités d'un balancier, à l'autre extrémité duquel
est attachée une tige adaptée au piston d'un cylindre moteur de la force de
io chevaux de vapeur. Le piston, en remontant dans le cylindre, aide à la
chute du trépan entraîné par son propre poids, et en descendant il soulève
tout l'appareil.
» Un deuxième cylindre à vapeur, de la force de 1 5 chevaux, met en mou-
vement un treuil sur lequel vient s'enrouler un câble plat passant dans une
poulie située au sommet de la tour établie sur le puits à 3o mètres au-dessus
du faux plancher sur lequel sont placés les ouvriers qui dirigent le tré-
pan. Lorsque le trépan a foré le puits sur une profondeur de s mètre à
i m , 5o, on le détache de l'extrémité du balancier et il est remonté au moyen
du câble plat. La hauteur existant entre le faux plancher et le sommet de
la tour permet de ne dévisser les tiges que tous les 3o mètres. Le trépan
élevé au-dessus de l'orifice du puits est ensuite suspendu à un plancher mo-
bile sur un chemin de fer, qui permet de l'écarter pour le passage de la
euiller.
» La cuiller formée d'un cylindre en tôle à fond mobile de 1 mètre de
hauteur sur o m , 80 de diamètre intérieur est amenée à l'orifice du puits par
le même procédé que le trépan. Elle est ensuite amarrée à l'extrémité d'un
câble de o m ,o4 de diamètre, enroulé sur un treuil mis en mouvement au
moyen d'une chaîne sans fin par une bielle attachée sur la tige du piston du
cylindre.
( 334 )
» Les deux cylindres alimentés par "une seule chaudière à vapeur pouvant
fournir, sous une pression de six atmosphères, une force de 3o chevaux,
servent à tous les mouvements nécessités par le forage, ce qui permet de
réduire le nombre des ouvriers, y compris le chef sondeur, le mécanicien,
le chauffeur et trois forgerons pour les réparations, à six, coûtant ensemble
chaque jour 49 francs.
» Les frais d'installation ou d'achat des instruments, des machines et
des tubes de retenue, se sont élevés à la somme de 93,865 fr ,20.
» L'entretien du matériel et les réparations de toute nature du I er sep-
tembre i855 au I er -février i856 ont coûté 8822 francs.
» La dépense moyenne en combustible par vingt-quatre heures de
travail a été de 5oo kilogrammes coûtant, au prix de 4 fr ,35 les 100 kilo-
grammes, 21 fr , 25.
» Le faux puits a traversé une couché de terre végétale et de marne mé-
langée de calcaire et de sable jaune de 4 mètres d'épaisseur, et a pénétré
ensuite de 7 mètres environ dans le calcaire grossier qui forme les anciennes
carrières de Passy. Le forage, dans cette couche de i4*,65 d'épaisseur, n'a
présenté aucune difficulté, ainsi que l'indique le tableau récapitulatif placé
à la suite de ce rapport. Au-dessous du calcaire grossier, le puits a traversé
une couche de sable mélangé de coquilles de b m , 2 o d'épaisseur, puis une
couche de sable pur de 6 m ,58. Le passage de cette couche a présenté de sé-
rieuses difficultés; après plusieurs éboulements, il a fallu garnir le puits de
tubes de retenue en tôle de i m ,io de diamètre et de o^ooS d'épaisseur.
» Les mêmes obstacles se sont produits dans la traversée des argiles situées
entre le niveau des puits de Passy et l'origine de la craie, et on a dû se
décider à placer des tubes de retenue dans toute la hauteur du puits jusqu'à
la craie. La descente de ces tubes s'est opérée difficilement ; il a fallu les
charger d'un poids de 22000 kilogrammes, et forer en dessous en élargissant
le puits, en ajustant au trépan des oreilles mobiles. On a pu ainsi faire
descendre les tubes jusqu'à la couche de rognons calcaires supérieurs à la
craie, que le trépan a atteints le 2G octobre.
» Depuis, le forage a continué régulièrement. Les rognons de silex qu'on
a trouvé en abondance jusqu'à ce jour, retardent cependant énormément le
forage. Dans les. couches de craie pure on a pu descendre le puits de près
de 5 mètres dans vingt-quatre heures, tandis que sur les points où les ro~
<mons siliceux sont très-abondants, on perce à peine 1 mètre dans le
même temps.
» Les dents du trépan s'usent très-promptement dans le silex ; elles per-
dent près de 2 centimètres en deux heures de travail, et doivent être
( 335 )
renouvelées chaque fois que le trépan est retiré du puits, afin de maintenir
une section parfaitement cylindrique. Il arrive fréquemment que le trépan,
rendu à ses dimensions, ne peut pénétrer dans les portions creusées sur des
dimensions insuffisantes, à cause de l'usure des dents, ce qui oblige à re-
prendre le forage à nouveau.
» Toutes ces causes ont retardé l'opération, et, à la date du i ev février,
après quatre mois et demi de travail constant, le puits n'était descendu qu'à
27 i m ,oi au-dessous de son orifice.
» Le croquis joint à cette Note et la boîte d'échantillons qui l'accom-
pagnent, indiquent la nature et l'épaisseur des couches percées; jusqu'ici
aucune anomalie ne s'est présentée, et la succession des couches ne diffère
en rien de celles traversées dans le forage du puits de Grenelle. Les échan-
tillons des produits des diverses couches ont été ramenés par la cuiller.
» Nous terminons cette Note par un tableau relevé sur le registre des
sondages, indiquant le temps employé et la dépense faite pour traverser
chaque couche, abstraction faite des frais généraux et d'installation des
machines, de réparation et d'entretien, qui doivent se répartir sur l'en-
semble de l'opération.
NATURE
des
couches traversées.
NOMBRE
de journées
de 12 heures
de travail
employées
pour
chaquecouche.
ÉPAISSEUR
de
chaque couche.
PROFONDEUR
moyenne
obtenue par
12 heures
de travail
dans
chaquecouche.
DEPENSE
totale
par couche.
DÉPENSE
moyenne
par mètre
dans
chaquecouche.
4
«7
22,25
22,00
1 42 , 00
m
7,3o
7.34
26,77
5,94
2ig,33
m
1,82
0,43
I ,20
0,27
1,53
fr
280,00
1190,00
I 557 , 00
I 540,00
gg4o,oo
38*38
162,11
58, 16
25g , 25
45, 3i
Rognons calcaires. . .
Craie mélangée de ro-
gnons de silex . . .
Totaux ....
Moyenne de la profc
journée de 1 2 hei
Moyenne des dépen
207 , 25
mdeur obteni
266,68
îe par chaque
m
1,28
14507,00
fr
54,3g
ses faites par
(Renvoi à l'examen de la Section de Minéralogie et de Géologie, à laquelle
est invité à s'adjoindre M. Élie de Beaumont.)
( 336. )
Remarques de M. Eue de Beaumont à l'occasion de celte
communication.
<-" « M. Damas ayant annoncé, à la suite de'la communication précédente,
que M. Kind pourrait extraire du puits artésien qu'il exécute des cylindres
entiers, dès couches qui paraîtraient présenter un intérêt spécial ; '.M, ' Êlie
de Beaumont a exprimé le vœu qu'on fît l'essai de cette partie du procédé
sur la couche de la craie chloritée, dans laquelle se trouvent disséminés le
pins abondamment les rognons de phosphate de chaux qui y ont été signalés
et dont on cherche, depuis quelques années, à mieux étudier le gisement
dans l'intérêt de l'agriculture. «
. : embryogénie. — Note sur le développement des. Pétromyzons;
..:-.;-:: J par M. Schultze.
(Commissaires, MM. Duméril, de Quatrefages.)
.«Je suis parvenu à me procurer dans deux printemps consécutifs des
individus mâles et femelles de Petromjzon planeri, espèce qui se trouve
fréquemment dans un petit ruisseau près de Berlin. La fécondation artifi-
cielle que j'ai pratiquée a si bien réussi, qu'il m'a été possible d'observer
les jeunes poissons pendant quelques semaines après Téclosion.
» Les œufs mûrs de Pétromyzon sont blancs et non transparents; ils ont
une enveloppe extérieure visqueuse, transitoire, et un chorion ferme et
mince (membrane coquillière d'après C. Vogt). Ce dernier est finement
pointillé et paraît être, comme chez d'autres poissonSi percé de petits tubes
excessivement fins. Le chorion entoure le vitellus, qui est enveloppé d'une
membrane vitellaire extrêmement tenetre.
«Une mikropjrfej que le, chorion doit nécessairement posséder, n'a pas
pu être retrouvée. - _ i
» La segmentation du vitellus, qui commence six heures après la'fécon-
datioir, ejrt totale et entiérej e^aaffère ainsi de celle des autres poissons,
telle que nous l'ont fait connaître les observations de MM. Vôgt, Valentin,
Coste, Lereboullet, puisque chez ceux-ci il n'y a qu'une petite partie du
vitellus (vitellus formateur) qui subit cette modification. Nous avons chez
les Pétromyzons tout à fait le fractionnement connu depuis longtemps pour
les œufs des Grenouilles, et que M. Remak (i) a décrit récemment avec une
i) Untersuehungen ûber die Entçvickelungs geschichte der Wirbelthiere., page 126.
( 33 7 )
grande exactitude. La membrane vitellaire (eizellen mernbran, d'après
Remak) fournit des enveloppes tendres pour les segments du vitellus, qui
sont de véritables cellules.
» Les deux premiers sillons sont en méridiens, tandis que le troisième est
en équateur, et sépare la moitié supérieure de l'œuf de la moitié inférieure.
Dans la moitié supérieure, la segmentation s'opère beaucoup plus rapide-
ment que dans l'inférieure ; de sorte que, même après que la segmentation
est terminée (deux jours après la fécondation), la partie supérieure de
l'œuf, redevenue lisse, se compose de cellules beaucoup plus petites que
celles de l'inférieure. Pendant ce temps, il s'est formé dans l'intérieur de
l'œuf une grande cavité, située presque entièrement dans sa partie supé-
rieure, et dilatant celle-ci en une mince vessie, tandis que le fond de cette
cavité de segmentation est formé par les grandes cellules de la partie infé-
rieure de l'œuf. Comme cbez les œufs de Grenouilles, cette cavité disparaît
entièrement pendant le cours du développement consécutif, et l'on ne con-
naît pas sa destination.
» Les premiers changements que nous voyons s'opérer après la segmen-
tation de l'œuf consistent en ce que sa partie supérieure s'étend en crois-
sant par-dessus l'inférieure et la couvre, non pas également sur toute la cir-
conférence de l'œuf, mais seulement d'un côté, par un bord de la forme
d'un haut bourrelet. A côté de celui-ci et au-dessous de lui se forme un
creux dans la partie inférieure de l'œuf, qui répond à l'anus de l'œuf de
Grenouille, selon Rusconi. Ce creux est l'entrée d'une seconde cavité, ca-
vité alimentaire primitive, qui se développe pendant la diminution de la
cavité de segmentation; il devient plus tard l'anus définitif du Pétromyzon,
et c'est donc là la première partie qui se présente du poisson. Pendant ce
temps, aucune trace de cils vibratiles n'est visible sur la surface de l'œuf;
aussi celui-ci ne subit-il aucune rotation comme celle par laquelle se dis-
tinguent les œufs des Grenouilles. Le cinquième jour se montrent les bour-
relets dorsaux semblables de forme à ceux des Batraciens; bientôt le sil-
lon dorsal, qui est situé entre les bourrelets dorsaux, se ferme au-dessus,
et maintenant l'extrémité de la tête s'élève distinctement, tandis qu'au
bout opposé de l'œuf l'anus devient toujours plus petit, mais ne se perd
jamais entièrement, ce qui, d'après MM. Ecker et Remak, a lieu chez les Gre-
nouilles. En attendant, la cavité alimentaire primitive s'est étendue jusque
dans Vextrémitéde la tête de l'embryon, tandis qu'elle disparaît de plus
■en plus autour de l'anus, où elle avait été d'abord le plus distincte, les
grandes cellules de la partie inférieure de l'œuf entre lesquelles elle avait
C. R., i856, i er Semestre. (T. XLII, N° 7.) 4°
( 338 )
été située, se rapprochant l'une de l'autre. De cette manière, -la cavité ali-
mentaire primitive, qui ne montre point de cils vibratilës dans son intérieur,
devient la cavité pharyngienne ou plus tard la cavité branchiale. Mainte-
nant aussi la corde dorsale et le cœur se développent selon la manière ordi-
naire. Le dernier ne fait d'abord que seize pulsations par minute. Dés deux
côtés de la corde paraissent des parties qui deviennent les muscles des cotés
(divisions vertébrales, d'après M. G. Vogt); au-dessus d'elle se trouvent lès
commencements de la cervelle et de la moelle épinière, la première ne for-
mant qu'une enflure claviforme de la dernière, comme ichszYJ;mphioxus.
» Le quatorzième jour après la .fécondation, lés jeunes poissous, blancs,
non transparents, débiles, longs de i \ ligne, quittent l'œuf. Us -ne peu-
vent pas encore s'élever en nageant au-dessus du fond du vase*, stfr lequel
ils se trouvent. Dans l'extrémité enflée du derrière de leur corps se trou-
vent les grandes cellules formées par là segmentation de la moitié infé-
rieure de l'œuf; elles sont remplies d'éléments de vitellus et ne disparais-
sent entièrement que trois ou quatre semaines après l'éclosion. Pendânt ; cè
•temps les petits poissons ne prennent encore point de nonrrifure-de de-
hors, et il est clair qu'ils se nourrissent alors en absorbant le contenu
devenu liquide de ces grandes cellules du vitellus.
» Les changements qui suivent la sortie de l'œuf, s'opèrent par le déve-
loppement dès fentes branchiales , qui se forment successivement par des
froncements, arrivant à être au nombre de sept de chaque côté, et devenant
toujours plus profondes jusqu'à ce qu'elles aient percé la cavité pharyn-
gienne.
» En même temps un autre froncement de la peau fait paraître la
bouche, et au-dessus de l'extrémité antérieure de la corde, entre la peau et
la cervelle, il se montre une tache de pigment noir, qui forme l'œil. Celui-
ci se forme contre la coutume de tous les autres Vertébrés, non pas par une
•segmentation de la partie antérieure de la cervelle, mais il se montre comme
chez les animaux sans vertèbres. Derrière l'œil et près du cerveau, de cha-
que côté, une plus grande cellule claire se remplit de petits grains calcaires,
c'est la vésicule auditive avec les otolithes. Le cœur se partage distinctement
en le ventricule et l'oreillette, et la partie périphérique du systèmedes vais-
seaux se développe. Derrière le cœur, de grandes cellules jaunâtres s'entas-
sent et forment le. Joie. ,
» Dans le bas des fentes branchiales, les franges branchiales naissent des
cloisons ; elles ne présentent jamais de cils vibratiles à leur surface, comme
chez rAmphioxus et les Batraciens. Immédiatement sous la peau de ces
cloisons se montrent des baguettes courbées de substance cartilagineuse,
( 339 )
qui, commençant de la corde, s'allongent vers la surface abdominale et se
joignent bientôt en formant un squelette branchial, qui ressemble parfai-
tement a ceVoi du Çétïovayxon développé.
» Sous la cavité branchiale s'allonge l'artère branchiale, entre laquelle et
la peau se développe une glande longue et ovale, formée de petites cellules
granulées. Elle est située dans une cavité à parois molles où elle s'ajuste
étroitement; elle est couverte à sa surface des cils vibratiles. Cette glande
ne se trouve pas dans les individus développés du Pétromyzon ; elle est ,
selon mon opinion, un thymus.
>» Autour de la bouche, nous voyons se former la lèvre supérieure et infé-
rieure et deux volants latéraux liés avec la lèvre supérieure. Le jeune animal
est devenu avec le temps de plus en plus transparent, mais dans plusieurs
parties de son corps, surtout au-dessus de l'artère et de la veine sous la
corde dorsale, se déposent des cellules de pigment noir sous forme d'é-
toiles. C'est aussi là que se développent de nombreuses cellules adipeuses,
desquelles naissent au-dessus du cœur et du foie quelques petites papilles
particulières, dirigées vers le côté abdominal et oscillant librement, por-
tant enfin sur leur surface un conduit longitudinal des cils. Je doute si elles
forment les premiers rudiments des reins ou ceux du corps de TVolff, car
j'ai vu plus tard plus en arrière, mais pourtant encore au-dessus du foie, se
former un autre canal tortueux, qui ne présentait pas d'oscillations, et qui
peut-être doit devenir le corps de Wolff, découvert, il n'y a pas longtemps,
aussi chez d'autres poissons, par M, Reichert. Les membranes de l'intestin
une fois développés et les restes de la masse du vitellus consumés, on re-
connaît aussi un épithèle vibratoire dans la partie postérieure du tube
digestif, de la cavité branchiale, où il s'attache avec son bout de devant
jusqu'à l'anus. C'est seulement à ce moment, c'est-à-dire quatre semaines
après l'éclosion, que les jeunes Pétromyzons prennent de la nourriture de
la bourbe, dans laquelle ils aiment à s'enfouir. Hors la corde et les carti-
lages branchiaux nous trouvons maintenant aussi encore quelques carti-
lages à l'extrémité antérieure de la corde, qu'on reconnaît comme fonde-
ment du cartilage basilaire du crâne. Je n'ai pas observé dans leur
développement d'autres parties du squelette. Les yeux se trouvent encore
profondément au-dessous de la peau sous la forme de taches de pigment
noir, et ne produisent aucune saillie extérieure. Les petites vésicules audi-
tives sont devenues un peu plus grandes, et le nombre des otolithes s'est
beaucoup augmenté. Un organe impair olfactif, sous forme d'une petite ca-
vité, couverte d'un épithèle vibratoire, est situé au devant du cerveau, et
45..
( 34o )
reçoit un nerf olfactif court et épais. Ce qui est particulier, c'est qu'on ne
trouve pas chez; les jeunes Pétromyzons, quatre semaines après l'éclosion,
la moindre trace d'autres nerfs périphériques ni à la tète, ni dans toute la
longueur du corps, qui pourtant est traversée par une moelle épinière très-
épaisse. » • - . - -
Médecine. — Note sur les accidents qu'on observe quelquefois, sous les
tropiques , par suite de V ingestion du poisson ; par M . Gpillojj . (Extrait .)
(Renvoi à l'examen de la Section de Médecine et Chirurgie.)
« Ces accidents, qui se manifestent toujours peu après l'ingestion du
poisson, consistent dans les phénomènes suivants : étourdissements, obscur-
cissement delà vue, vertige, oppression de la poitrine, anxiété précordiale,
pouls petit, lent, concentré et annonçant un grand désordre dans la cir-
culation; malaise et chaleur à la région épigastrique, chaleur dans tout
l'abdomen. Les malades ne peuvent plus se tenir sur les jambes; ils chan-
cellent et sont obligés de se coucher. Les yeux, d'abord brillants, sont
bientôt d'un rouge de feu et semblent repousses des orbites. La face et
toute Ja surface du corps, devenues- le siège d'une démangeaison et d'une
chaleur des plus vives, se colorent promptement d'un rouge poussé jusqu'à
récarlate. En même temps que ces phénomènes se produisent sur le derme,
des phénomènes semblables se passent sur la muqueuse buccale : ce sont
des picotements, avec chaleur plus ou moins intense, qui se font sentir à la
langue, au palais, à l'intérieur des joues et sur les lèvres ; ils sont bientôt suivis
d'élevures analogues à celles produites par des piqûres d'ortie. Lès malades
accusent des douleurs dans les membres, et aux. articulations particulière-
ment, parfois avec, gonflement de ces parties, Quelques-uns ont de simples
nausées ou des vomissements; d'autres, après avoir vomi ou non, éprouvent
des selles plus ou moins fréquentes, avec coliques, et ces selles peuvent être
portées jusqu'à des superpurgations, avec sortie involontaire des urines.
Tous ces accidents se dissipent ordinairement dans les vingt-quatre heures,
à part l'état de prostration, plus ou moins grande, qui en est ordinairement
la suite, et qu'accompagne la desquamation de l'épiderme de toutes les
parties qui ont été le siège de l'érythème. Portés ïà un degré que nous
n'avons pas eu occasion d'observer, la mort peut en être le résultat, et
M. Moreau de Jounès, qui nous précéda, de quelques années, aux Antilles,
en cite deux exemples qui. se sont présentés à la Martinique, l'un en i8o3,
et l'autre en. 1808.. Le premier fut la suite d'un empoisonnement par. le
poisson armé, Diodon , ojbiçularis, et l'autre celle d'un empoisonnement
par la carangue, Caranx caragus.
(34i )
» Nous donnons dans ce Mémoire les observations que nous avons
recueillies à la Martinique, en 1820 et eu 1821, sur les accidents produits
quelquefois par \é poisson sous les tropiques. »
chimie appliquée. — Sur le phosphore et les préparations considérées au
point de vue de l'économie domestique et de la médecine légale. Note de
M. A. Chevallier fils et O. Henry fils, adressée à l'occasion d'une
communication récente de MM. Orfilaet Rigout. (Extrait.)
(Commission nommée pour le Mémoire MM. Orfila et Rigout.)
« Nous ne venons point, disent les deux auteurs, présenter une réclama-
tion de priorité, mais prendre date pour ce que nous avons fait.
» Le i5 mai i853, la Société impériale de Médecine, de Chirurgie et de
Pharmacie de Toulouse, frappée des dangers, qui résultaient de l'emploi du
phosphore qui entre dans la préparation des allumettes chimiques et des
pâtes phosphorées, avait proposé un prix sur la question suivante :
« Indiquer la marche que doit suivre l'expert chimiste quand il est ap-
» pelé à constater après la mort l'empoisonnement par le phosphore. »
» L'importance de la question nous ayant frappés, nous nous préparâmes
pour le concours, et à la fin de décembre i854 nous adressâmes à cette
Société une monographie du phosphore contenant huit chapitres... Dans le
cinquième, nous traitions des dangers que présente le phosphore et ses com-
posés ; nous y avions aussi fait connaître : i° tous les cas d'empoisonnement
par le phosphore qui étaient arrivés à notre connaissance ; 2 les cas d'in-
cendie. Nous nous étions aussi occupés de la nécrose maxillaire ; nous
avions de plus démontré, dans ce chapitre, les avantages que présente l'inno-
cuité du phosphore rouge, et nous l'avions proposé pour remplacer le phos-
phore ordinaire. Dans le sixième chapitre, nous avions traité des symptômes
de l'empoisonnement par le phosphore. Dans le septième et le huitième,
nous nous étions occupés de la présence du phosphore dans l'économie et
nous avions discuté les méthodes employées pour le rechercher dans les cas
d'empoisonnement.
» Dansia séance annuelle du 1 3 mai 1 855, la Société a décerné les ré-
compenses suivantes : une médaille d'or ex œquo à MM. Henry (Ossian)
fils et Chevallier fils, chimistes à Paris, auteurs du Mémoire n° 2, et Victor
Meurin, pharmacien à Lille (Nord), auteur du Mémoire n° 4 ; une mention
honorable a été accordée à M. Jean Ruspini, chimiste-pharmacien à Ber-
game, auteur du Mémoire n° 3. »
( 34à )
tératologie/ — . Etablissement de deux nouveauoc genres téraiologiques
sous les noms cPlschiomèle et cPAgnathocéphale ; par M, ÏV. 3oly.
(Commissaires, MM» Serres, Geof^roy-Saint-Hilaire, de Qnatrefa°-es. ) '
« D'après M. le professeur Isidore Geoffroy-Saint-Hilairé, la famille des
monstres doubles polyméliens serait essentiellement caractérisée par l'in-
sertion sur un sujet bien conformé d'un ou plusieurs membres accessoires,
accompagnés quelquefois, des rudiments de quelques autres parties, ou
même coexistant avec un second anus (i). M. Isidore Geoffroy-Saint-Hilaire
ajoute que tous ces monstres sont non-seulement viables, mais encore
qu'ils jouissent fréquemment d'une santé robuste et ont à peu près les chan-
ces ordinaires pour arriver à la vieillesse. Enfin, à moins d'anomalie sexuelle
grave, ils peuvent s'accoupler entre eux et même donner naissance à des
produits normaux. -
» Les caractères qui précèdent sont parfaitement applicables à : tous les
monstres polyméliens jusqu'à présent connus. Aussi l'exception qui vient
de s'offrir à moi me paraît-elle assez remarquable pour être signalée à l'at-
tention des tératologistes. :
» Cette exception, m'a été fournie par une oie morte en naissant, dont
mon vénérable et savant ami, M. le D r Léon Dufour, Correspondant de
l'Académie, a bien vmilu enrichir ma collection. Le sujet dont il s'agit est
affecté tout à la fois dëpolymélie et de rhinocéphalie, accompagnées d'une
atrophie à peu près complète de la mâchoire supérieure. La mâchoire in^
férieure, au contraire, a conservé sa forme, sa longueur et sa largeur nor-
males.
'-■»• Quant aux membres surnuméraires, ils consistent en deux pattes sou-
dées entre elles à partir de l'extrémité supérieure des deux tarses, et insé-
rées sur un bassin très-rudimentaire, articulé lui-même avec le bassin du
sujet principal. Sous ce rapport, mon oie appartient donc au genre Pjgo-
rnèle, ou plutôt au genre Ischiomèle, entrevu déjà et même nommé par
M. Isidore Geoffroy-Saint-Hilaire. Ce genre me paraît d'autant plus devoir
être adopté, que j'ai observé plusieurs fois la soudure des deux bassins par
les ischions chez la poule, et que le savant auteur du Traité de Tératologie
l'a vue aussi chez le canard. Nous réserverions donc le nom de Pygomélie
au cas où le parasite tiendrait seulement par la peau ou par les muscles fes-
(i) Is. GEOFFROY-SiiMT-HiLAiRE, Traité de Tératologie, t. III, p, 262.
( 343 }
siers au sujet principal ; nous désignerions sous le nom de Ischiomèles tous
les monstres doubles soudés entre eux par les deux ischions,
» Quant à l'atrophie ou à l'absence complète de la mâchoire supérieure,
coexistant avec la rhinocéphalie, on en connaît aussi des exemples assez
nombreux pour que nous nous croyions autorisé à Créer un nouveau genre
tératologique fondé sur ce caractère important. Ainsi Sandefort a observé
l'absence de la mandibule supérieure chez un jeune dindon rhinocéphale,
Otto a mentionné la même particularité chez un pigeon , Huschke chez une
oie, et Heusner chez un poulet.
« Ces cas, dit M. Isidore Geoffroy-Saint-Hilaire, ne rentrent naturelle-
» ment dans aucun des genres établis précédemment. Ils indiquent l'exis-
» tence d'un groupe particulier, voisin, mais distinct des Rhinocéphales. »
(Voyez Tératologie, t. II, p. 414. )
» Nous proposerons donc pour cette monstruosité le nom d : ' agnatocépha-
lie (de a, privatif; yvctftoç, mâchoire, et xspaÀw, tété), et nous caractérise-
rons ainsi qu'il suit le genre A ' gnatocéphale :
» Mâchoire supérieure rudimentaire ou nulle; face affectée de rhinocé-
phalie, c'est-à-dire offrant sous le front une trompe qui représente l'appareil
nasal ; deux orbites ou deux yeux réunis en un seul.
» Jusqu'à présent l'agnatocéphalie ne s'est rencontrée que chez les mons-
tres unitaires delà famille des Cyclocéphaljens. L'existence de cette ano-
malie chez un monstre double polymélien constitue donc, je le répète, une
exception d'autant plus remarquable, qu'elle doit nécessairement entraîner
la mort du sujet. C'est pourquoi j'ai cru ne pas devoir la passer sous silence.
» En raison de cette particularité jusqu'à présent sans exemple, je me
vois, pour ainsi dire, forcé de donner, contrairement à la nomenclature
suivie en France, un double nom à l'animal qui fait l'objet de cette étude.
» Je proposerai celui de Ischiomèle agnatocéphale. »
« M. Isidore Geoffroy-Saint-Hilaire, en présentant cette Note à l'Aca-
démie au nom de l'auteur, rappelle les nombreux travaux que la térato-
logie doit déjà à M. Jolj, celui de tous nos physiologistes, dit M. Geoffroy-
Saint-Hilaire, qui, depuis quelques années, a le plus activement et le plus
heureusement contribué aux progrès de cette branche de la science. »
M. Ppèch adresse la deuxième partie d'un Mémoire précédemment *
présenté, « sur un monstre-double appartenant à la fois aiix genres Dérodyme,
Dérencéphale et Uromèle. »
(Renvoi à l'examen des Commissaires déjà nommés, MM. Serres, Isidore
Geoffroy-Saint-Hilaire, Andral. )
( 344 )
M. Ch. Barré présente un Mémoire sur divers moyens tendant à empê-
cher les déraillements sur les chemins de fer.
(Commissaires, MM. Poncelet, Piobert, Morin.)
M. Caranza, ingénieur-manufacturier au service du' gouvernement otto-
man, soumet au jugement de l' Académie une Note sur un nouveau procède'
de fixage pour Les épreuves photographiques, au moyen du chlorure acide
de platine.
(Commissaires, MM. Regnault, Pehgot, Seguier.)
M. Thiraclt envoie, de Saint-Étienne, un nouveau Mémoire concernant
la maladie de la vigne, et accompagné de documents justificatifs.
(Renvoi à l'examen de la Commission des maladies des végétaux.)
-M. l'abbé Carmentrez, curé à Morey (Meurthe), adresse une nouvelle
Note relative aux moyens de se préserver du choléra-morbus.
. (Renvoi à l'examen de la Commission du legs Bréant. )
.M." Hassotte prie l'Académie de l'autoriser à faire usage d'un remède
contre le choléra, dont il lui a envoyé un échantillon au commencement
de l'année précédente.
: L'Académie ne peut accorder de semblables autorisations ; la nouvelle
^Lettre de M. Hansotte est renvoyée, comme l'avait été la première, à la
Commission du legs Bréant.
M. Cadet adresse, de Rome, un nouveau supplément à ses précédentes
communications relalives au choléra et à la classification des corps. naturels .
- ; .V. (Renvoi aux Commissions respectives précédemment désignées.)
M. .Tcermer, qui avait précédemment adressé une Note sur un succédané
% du thé, envoie aujourd'hui des échantillons d'une poudre qu'il croit propre
à remplacer le café, et dont il fait connaître la composition,
(Renvoi à l'examen des Commissaires précédemment désignés: ~
- MM. Brongniart, Peligot, Moquin-Tandon.) - —
( -^5 )
CORRESPONDANCE.
M. le Misistre de la Guerre adresse, pour la Bibliothèque de l'Institut,
un exemplaire du tome XVI de la deuxième série du Recueil des Mémoires
de Médecine, de Chirurgie et de Pharmacie militaires.
M. Flodress fait, au nom de l'auteur M. Gujon, hommage à l'Acadé-
mie d'un exemplaire de l'ouvrage intitulé : « Histoire des épidémies du
nord de l'Afrique » .
M. Flouress appelle l'attention de l'Académie sur un volume publié
par la Société d Hydrologie médicale de Paris.
« Cette Société, fondée en i853, a pour objet de propager l'étude des
eaux minérales. Elle doit publier pérodiquement des Annales et vient d'en
faire paraître le premier volume, maintenant sous les yeux de l'Aca-
démie. Les principaux sujets traités dans ce volume sont les suivants :
Traitement du diabète et des maladies de la matrice par les eaux minérales.
— De l'usage des piscines près des établissements thermaux — De lasulfhy-
drométrie. — De la composition des vapeurs fournies par les eaux miné-
rales. — Étude des matières organiques que renferment les eaux miné-
rales. »
« M. Is. Geoffroy-Saint-Hilaire , en présentant à l'Académie, au nom
de M. Bekker, de Darmstadt, un Mémoire, écrit en allemand, sur l'ongle
de la queue du Lion (voirie Bulletin bibliographique), donne une idée de
ce travail, qui a pour sujet une question, sinon importante, du moins très-
curieuse.
» On s'est beaucoup occupé, dans ces dernières années, de l'ongle ou,
comme on l'a appelé, de Yaiguillon que le Lion porte à l'extrémité de la
queue. Cette particularité de son organisation, longtemps ignorée par les
modernes, était bien connue des anciens. On la trouve nettement indiquée
par Didyme d'Alexandrie, qui vivait sous Auguste ; et, selon plusieurs au-
teurs (i), Homère lui-même l'aurait connue; ce qui, du reste, serait peu
étonnant, puisqu'il existait encore des Lions en Grèce au temps d'Homère.
(j) Ces auteurs fondent leur conjecture sur ces deux beaux vers de l'Iliade, si souvent
imités dans toutes les langues :
fiaaTlîTcti, u o'airov éîTorpunsf fix^to-ariat.
C. R., i856, i« Semestre. (T. XLII, N° 7.) 4°"
(346)
d Le Mémoire de M. Bekker est à la fois un travail d'érudition et d'ob-
servation sur ce sujet. On y trouve cités, chacun dans leur langue, et tra-
duits en allemand, les passages des poètes et des commentateurs quf pa-
raissent avoir fait allusion à l'existence de l'ongle caudal du LiOn, ou qui
l'ont mentionné, depuis Homère jusqu'aux modernes. M. Bekker a également
résumé, en y ajoutant les siennes, les observations des naturalistes, parti-
culièrement de Blumenbach (i). , : ------
t> Dans un appendice, M. Bekker montre que l'existence de l'ongle cau-
dal est loin d'être un caractère propre au Lion. On le retrouve, parmi les
Kangurous, notamment, chez le Macropus unguifer, qui l'a très-développé,
et chez le -M. frœnatus; faits signalés depuis plus de quinze ans par
M. Gould. H existe aussi, selon M. Bekker, chez plusieurs Singes et chez
quelques autres Mammifères, parmi lesquels l'Aurochs ( i ). - c
» L'auteur a figuré l'ongle caudal du Lion, celui du Macropus frœnatus
et celui du Semnapithecus melalophos. »
• -« Le même Membre fait hommage, au nom de M. P. de Tchihatchef
d'un Mémoiresur la Chèvre d 1 Angora, ses habitudes et son habitat en Orient
tvoir au Bulletin bibliographique), et d'une figure gravée d'un magnifique
individu de cette espèce, que l'auteur s'est procuré dans l'Asie Mineure, et
dont il a enrichi le Musée impérial de Saint-Pétersbourg. -
» Le Mémoire de M. de Tchihatchef a été rédigé en vue de fournir à la
Société impériale d'Acclimatation les moyens de choisir, ."pour ses troupeaux
de Chèvres d'Angora, les localités les plus favorables. C'est d'après les
indications de M. de Tchihatchef que deux de ces troupeaux ont été placés
dans le Cantal. »
L'Académie de Nancy adresse un exemplaire du volume de ses Mémoires
pour l'année Ï854-
r M. Lehman remercie l'Académie qtli, dans la séance publique du 28 jan-
vierdernier,luiadécernéunprixrpourson «Traité de Chimiephysiologique.»
(1) Quoique M. Bekker ne cite aucun auteur français, l'ongle cjmdal est bien j;onnu en
France. II a été souvent montré par E. Geoffroy r Saint-Hilaire dans ses-cpurs au Muséum.
(2) Ce fait rend plus digne d'attention une similitude depuislqngtemps signalée entre Ielàqn
et le Taureau : « Plurima animalia , dit, par exemple, Alexandre. d'Aphrodisie, caudas mo-
vent, cum notos agnosçunt; Léo verolatus verberat, cum irascitur, eodemque modo Taurus. »
( 347 )
M. Bertrand prie l'Académie de vouloir bien le comprendre dans le
nombre des candidats pour la place actuellement vacante dans la Section
de Géométrie, par suite du décès de M. Sturm.
Il joint à cette demande un exemplaire de la Notice sur les travaux ma-
thématiques dont il est l'auteur.
« Outre ces travaux imprimés, dit M. Bertrand, je crois pouvoir compter
comme un titre à la bienveillance de l'Académie, les leçons de Physique
mathématique que je professe au Collège de France, comme suppléant de
M. Biot depuis l'année 1847. J'ai énoncé dans ces leçons un assez grand
nombre de résultats nouveaux, dont plusieurs ont été utilisés et cités dans
des travaux publiés par mes auditeurs. D'autres sont restés inédits, et,
parmi ceux-là, je demanderai la permission de citer un théorème relatif à
la condition d'équilibre calorifique dans un corps homogène.
» Fourier a prouvé, comme on sait, que la condition nécessaire et suffi-
sante pour qu'il y ait équilibre de température dans un corps homogène
indéfini, est que la température V d'un point soit une fonction des coor-
données x, y, z de ce point, telle que l'on ait
d'Y d'\ d*J _
!& + ~df- + dz 1 ~~ °"
» Le théorème dont je parle consiste en ce que cette condition analytique
est complètement équivalente à la suivante :
» Pour l'équilibre calorifique du corps, il faut et il suffit que la tempé-
rature d'un point quelconque soit la température moyenne d'une sphère de
rayon arbitraire dont ce point occupe le centre.
» Mon attention ayant été rappelée récemment sur ce théorème par
M. Lïouville, à qui je l'avais communiqué il y a quelques années* et qui
lui-même l'a utilisé dans son enseignement, j'ai cru devoir saisir cette
occasion d'en publier l'énoncé. »
chimie. —Note sur le sucre de lait; Lettre de M. Pasteur
à M. Biot.
« Lille, ri février i856.
s> Monsieur,
>> Vous savez que je m'occupe depuis quelque temps du sucre de lait.
Je vois par le Compte rendu de la séance du 4 février, arrivé aujourd'hui
à Lille, que M. Dubrunfaut étudie également cette substance. Je vous
46..
(348)
serais donc obligé de vouloir bien communiquer à l'Académie quelques
résultats de mon travail, afin que plus tard, lorsque je serai en mesure^ de
le: publier en entier, je ne paraisse pas m'être emparé du sujet d'étude de
l'habile chimiste que je viens de citer.
= » Il n'est aucun ouvrage de chimie qui n'admette que le sucre de lait,
sous l'influence des acides, se transforme en glucose ou sucre mamelonni
de fécule. Cependant je ne crois pas qu'il existe aucune expérience ayant
eu pour but d'établir l'exactitude de ce fait. On l'a admis peu à peu comme
certain , après l'avoir regardé comme une présomption' probable.
» Lorsque Kirchoff, membre de l'Académie de Saint-Pétersbourg, eut
publié la découverte si remarquable de la transformation de l'amidon en
matière sucrée, Vogel essaya l'expérience de Kirchoff sur le sucre de lait.
Il fit bouillir ioo grammes de sucre de lait avec 4oo grammes , d'eau et
2 grammes d'acide sulfurique, pendant quelques heures, en ajoutant de
temps en temps un peu d'eau pour remplacer celle qui s'évaporait par
l'ébullition. La liqueur, saturée par la craie, évaporée à l'étnve, donna un
sirop brun, épais, qui se prit en masse cristalline au bout de quelques
jours. Et il ajoute : « Cette matière, analogue à la cassonade, a une saveur
» bien plus sucrée que n'est une dissolution aqueuse la plus concentrée
» de sucre de lait. Ce goût excessivement sucré a fait soupçonner qu'il
» s'était formé du véritable sucre, propre à donner naissance à la fermen-
» tation alcoolique. En effet, à peine avait-on introduit ce produit, sous
» des circonstances favorables, avec la levure de bière, que la fermentation
» alcoolique s'est établie de la manière la plus vive, tandis que le sucre
» de lait ne fermente jamais. »
» Tel est le sucre qui, avec de grandes apparences de raison sans doute,
â été pris pour du sucre de fécule; et, à toutes les époques, les idées phy-
siologiques émises sur le sucre de lait ont eu pour base la prétendue trans-
formation de ce sucre en sucre de fécule. Mais, en réalité, le sucre de lait
modifié par les acides est tout autre que le glucose. Je propose de le nom-
mer lactose. On réserverait le nom de sucre de lait ou de lactine pour le
sucre cristallisable du lait.
» Le lactose cristallise beaucoup plus facilement que le glucose. Cepen-
dant il affecte presque toujours, comme ce dernier, une structure mame-
lonnée. Quelquefois les cristaux, quoique petits, sont limpides, assez nets,
et on peut reconnaître à la loupe que ce sont des prismes droits portant un
biseau à leurs extrémités. Le plus souvent ils sont en lames à six côtés
ordinairement arrondies sur les angles et un peu renflées vers le milieu.
(349)
Aussi, lorsque ces lames sont vues de champ, elles ont l'aspect de petites
lentilles.
» Le glucose cristallise dans le même système, également en tables
rhomboïdales à six pans se coupant sousdes angles très-voisins de 1 20 degrés ;
mais elles ne prennent jamais l'aspect lenticulaire et ne sont pas plus
épaisses vers leur milieu que sur leurs bords. Elles sont aussi moins dures,
plus fragiles, moins isolées et moins nettes que les lames cristallines du
lactose.
» Le lactose cristallisé et pur, traité par l'acide nitrique, donne environ
deux fois plus d'acide mucique que le sucre de lait, toutes circonstances
égales d'ailleurs. Cette réaction permet de reconnaître les plus petites
quantités de lactose pur.
» Son action sur la lumière polarisée présente cette particularité si
curieuse, découverte dans le glucose par M. Dubrunfaut, et rappelée par ce
savant dans sa Note du 4 février, savoir : que le glucose cristallisé dévie
le plan de polarisation beaucoup plus lorsqu'il vient d'être dissous, que
quelques heures plus tard. Le lactose récemment dissous a un pouvoir ro-
tatoire très-élevé, qui diminue progressivement à la température ordinaire,
et se fixe en quelques heures à un degré désormais invariable. L'expérience
suivante donne le pouvoir rotatoire du lactose dans l'eau pure :
» i gr ,2845 de lactose pur desséché à 100 degrés, ont été dissous
dans 6i gr ,o56 d'eau à 6 degrés. La densité de la dissolution était de 1,008
à 8 degrés. La longueur du tube, 5oo mm . La déviation a été de 8°, 64. On
déduit de là, pour une épaisseur de 100 millimètres, [a]j = 83°, 22 /". Le
pouvoir rotatoire du lactose est donc beaucoup plus élevé que celui du glu-
cose, et dans le même sens (1).
» La déviation 8°, 64 est celle qui a été mesurée vingt-quatre heures après
' que la dissolution fut terminée et les jours suivants. Observée tout de suite,
dans le même tube, la déviation a été de i4°,5 : ce qui donne, pour une
épaisseur de 100 millimètres, [a]j = i3g°,66/'. Je suis porté à penser que
ces différences dans les pouvoirs rotatoires sont dues à des proportions dif-
(1) Le nombre donné ici par M. Pasteur indique an pouvoir rotatoire [a)j supérieur à celui
du sucre de canne candi, séché à l'air, que j'ai trouvé être, pour l'épaisseur de 100 miUimè- 1
très , 7 1 ou 72 degrés. Quant au sucre de lait cristallisé, j'ai trouvé son pouvoir rotatoire [ a ]j
égal à 60°, 28 gf, bien moindre que M. Pasteur ne l'obtient après l'avoir traité par l'acide
nitrique. Mémoires de l'Académie , t. XHI, p. 166. Au sujet dH glucose, voyez la Note que
j'ai placée à la fin de cette Lettre. J.-B. Biot.
( 35o )
férentes de chaleurs latentes dans le corps dissous et dans le corps cristal-
lisé. Mais il est bien difficile de donner des preuves directes à l'appui de
cette manière de voir. ...'*.
i » Le lactose ne m'a fourni jusqu'à présent aucune combinaison avec lé
sel marin.
» Si l'on arrête la fermentation du lactose à des époques différentes, en
disposant l'appareil de manière à pouvoir peser exactement l'acide carbo-
nique dégagé, afin d'en déduire le poids de sucre détruit, on trouve que le
pouvoir rotatoire du liquide alcoolique restant est le même que celui du
poids de sucre non altéré, considéré comme lactose pur ; ce qui prouve que
la fermentation ne le dédouble pas. ;
» Dès l'instant où il est reconnu que le sucre de lait se transforme sous
l'influence des acides en un sucre particulier, distinct du glucose, et qui dans
aucune circonstance ne parait se changer en ce dernier sucre, on ne peut
s'empêcher de se poser différentes questions qu'il sera fort utile de résoudre.
N'â'-t-oil pas confondu souvent, par exemple, le lactose avec le glucose dans
les recherches physiologiques? Le sucre des diabètes, souvent formé de glu-
cose, n'est-il pas mélangé dans l'urine de ces malades en proportions
diverses avec le lactose? La question de la production du sucre par le foie,
exige impérieusement une connaissance exacte de la nature du sucre, ou des
sucres, que l'on trouve dans cet organe. Le lactose n'y est- il pour aucune
part?: J'étudie ces faits avec les difficultés qu'ils doivent offrir en province;
et j'aurais désiré ne rien communiquer à l' académie sur le sucre nouveau
qui fait l'objet de cette Lettre, avant de lès avoir résolues.
- » Permettez-moi, Monsieur, en terminant,, de signaler une double erreur
qui s'est glissée dans un ouvrage de cristallographie qui a paru récemment .
en Autriche et qui a obtenu un prix de l'Académie de Vienne. L'auteur de
cet ouvrage, M. Schabus, donne avec détails la forme cristalline du glucose,
et il la rapporte au rhomboèdre. Il sera évident pour toutes les personnes
qui examineront avec attention le dessin et les mesures données par l'auteur,
qu'il a pris pour des cristaux de glucose, des cristaux de glucosate de sel
marin. .............. —
« D'autre part, ces mesures rapportées au glucosate de sel marin sont
inexactes, en ce sens, que cette combinaison, ainsi que je l'ai fait voir ailleurs,
appartient au système rhomboïdal droit. Seulement il arrive ici, comme -dans
le sulfate de potasse, et tant d'autres sels dont l'angle du prisme rhomboïdal
est voisin de 120 degrés, que les cristaux sont des groupements de portions:
de cristaux sous les angles de 60, 90, 1 20 degrés. Ces associations de cris-
(35!)
taux sont très-visibles dans la lumière polarisée, à l'appareil de Nuremberg.
» Vous savez trop, Monsieur, combien offrirait d'intérêt la découverte
d'un corps moléculairement actif sur la lumière, et qui cristalliserait dans
un système à un axe optique, pour ne pas être intéressé par la remarque
que je présente en ce moment, et qui a également pour but de prouver que
je ne m'étais pas trompé dans la détermination que j'ai donnée autrefois du
glucosate de sel marin. Cependant l'ouvrage de M. Schabus est fait avec tant
de soin, que j'ai voulu revoir le fait principal, sur de nouveaux cristaux que
je dois à l'obligeance de M. Peligot. J'ai l'honneur de vous adresser, en
même temps qu'un échantillon de lactose, de petites lames de glucosate de
sel marin, taillées perpendiculairement à l'axe cristallographique. Il vous
sera facile d'y trouver les caractères des cristaux à deux axes et les groupe-
ments des cristaux élémentaires (i).
a Le glucosate de sel marin, pas plus que le glucose, ne cristallise donc
dans un système à un axe; et la science ignore encore l'existence d'un corps
moléculairement actif sur la lumière polarisée, qui n'appartienne pas à un
système à deux axes optiques. »
Note de M. Biot sur V emploi du mot glucose.
« J'ai fait remarquer, il y a bien longtemps, que le mot glucose, qui avait
été récemment introduit dans la science pour désigner le sucre de fécule, et
par analogie les sucres solides autres que le sucre de canne, a une généralité
d'application très- impropre, parce qu'il fait comprendre, sous cette com-
mune dénomination, des produits qui sont essentiellement fort divers. Voyez
les Comptes rendus, second semestre de 1842, tome XV, pages 636, 71 r et
passim.
» Pour le sucre de fécule en particulier, on en obtient des variétés très-
différentes selon le procédé par lequel on la transforme, et selon la durée
de l'action qu'on lui fait subir. C'est ce que nous avions déjà reconnu,
M. Persoz et moi, dans notre premier travail où nous trairions la fécule par
l'acide sulfurique étendu. D'autres expérimentateurs en ont depuis obtenu
des sucres fermentescibles, également distincts entre eux. Je me bornerai
(1) Nous avons vérifié, M. de Senarmont et moi, les indications optiques données ici par
M. Pasteur, sur les échantillons de glucosate qu'il m'avait envoyés, et nous les avons trou-
vées très-exactes. J.-B. Bios.
(■"3'5a )
à en citer trois exemples que j'ai personnellement constatés :
- - Pouvoir rotatoire pour le
/""..- rayon jaune à travers une
épaisseur de ioo mètres,- [a]/ . -
■Sucre de fécule des anciennes fabriques, obtenu "''...
. par l'action prolongée de l'acide sulfurique. .. . 5i°, ^S /'.
Échantillon formé à l'aide du même acide par
M.Peligot.... ,..., 61,54
Autre formé par M. Jacquelin , en traitant la
fécule par — >— d'acide oxalique dans l'auto- ■ " - " -
- r 1000 ^ - -
'-"■■ clave. 100 ,57 ; fort supérieur à celui du
sucre de canne.
« Il est impossible d'admettre que ces produits puissent être directement
désignés par une même dénomination. L'impropriété est bien plus grande
encore, quand on applique à priori le même nom de glucose, comme syno-
nyme, à tous les sucres solides de provenances diverses, autres que le sucre
de canne proprement dit, L'identité de dénomination ne peut être légitime-
ment appliquée qu'à des substances, dont tous les caractères chimiques,
physiques, cristallographiques, actuellement observables, ont été constatés
identiques entre eux. Hors de cette règle il n'y a que confusion . »
CHIMIE. — Sur le bromure de titanium; par M. H.-W. Hoffmann.
(Lettre à M. Dumas.)
« La comparaison des points d'ébullition des composés correspondants
du chlore et du brome conduisit M. Kopp à l'observation intéressante, que
leurs points d'ébullition s'élevaient en moyenne de 3û degrés centigrades
pour chaque équivalent t de brome, substitué à l'équivalent de chlore.
Ainsi:
Chlorure d'éthyle C 4 H 3 Ç1 ii°Ç
Bromure d'éthyle. . . . . . Ç 4 -H s Br 4i°C
Éthylène dichloré. ..... C 4 H 4 C1 2 6 7 °C
Éthylène dibromé C 4 H 4 Br 2 i33°C
Terchlorure de phosphore. PC1 3 78°C
Terbromure de phosphore. PC1 8 i75°G
Si cette différence est constante pour tous les composés de chlore et de
brome, ii devient évident que d'importantes conclusions, eu égard à la
Différ.
3o
66 =
2
X'33
97 =
3
X 32,5
( 353 )
composition atomique de ces substances, peuvent dériver de la détermi-
nation des points d'ébullition de ces corps. Ce résultat a été ingénieuse-
ment appliqué par M. Ropp comme critérium de la détermination de l'é-
quivalent du silicium, qui jusqu'à présent a été tellement incertain, que
l'on a été conduit à admettre non moins de trois formules pour la silice
SiO, SiO„, Si0 3 .
De la différence entre les points d'ébullition du chlorure (5o, degrés) et du
bromure (i 55 degrés), différence qui est de o,4 =3x3r,5, M. Kopp
conclut aux formules
Si Cl 3 et SiBr 3 ,
comme représentant la constitution atomique du chlorure et du bromure
de silicium à ai, 3.
» Toutefois, pour prouver la validité générale de la conclusion de
M. Kopp, il devint nécessaire de réexaminer les points d'ébullition des
composés correspondants du chlore et du brome, dans lesquels apparaig-
saient des déviations, et d'étendre cette enquête à un aussi grand nombre
que possible de corps nouveaux. M. Francis Baldwin Duppa a entrepris, à
mon instigation, une recherche sur ce sujet, et a déjà obtenu quelques
résultats qui vous intéresseront.
» Le composé de brome et de titane était inconnu ; M. Duppa a pu pro-
duire cette substance en faisant passer un courant de brome sur un mé-
lange intime d'acide titanique pur et de charbon. La réaction a lieu à la
chaleur rouge et fournit un liquide brun qui se solidifie en une masse cris-
talline dans le récipient. Distillé sur un excès de mercure, qui s'empare de
tout le brome libre, le bromure de titanium se présente sous la forme d'un
corps jaune d'ambre d'une structure cristalline magnifique ; il attire l'hu-
midité avec la plus grande avidité, et se décompose en acide bromhydrique
et titanique.
» Le bromure de titanium possède une gravité spécifique de 2,6; il fond
à 3g degrés centigrades. Le point d'ébullition examiné par M. Duppa, avec
une quantité considérable de substance, dont la pureté avait été constatée
par l'analyse, fut trouvé être de 23o degrés centigrades. Le point d'ébulli-
tion du chlorure observé par vous-même est de i35 degrés centigrades; la
différence 23o — i35 = g5 = 3 X 3i,33 est exactement la même que celle
déjà trouvée entre les points d'ébullition du chlorure et du bromure de
silicium.
C. R., i856, i« Semestre, (T. XLII, N» 7.) 47
(354)
» Cette observation 'fournit une preuve additionnelle de l'analogie entre
le titanium et le silicium, en même, temps qu'elle montre évidemment les
formules
TiCl 3 :- et TiBr 3 '.-■■'-■•;
comme représentant la constitution atomique de ces deux corps*
» L'acide titanique, qui jusqu'à, présent a été considéré comme un
bioxyde Ti0 2 , prendrait alors la formule Ti0 3 , analogue à celle de l'acide
silicique.
» L'équivalent du tïtaniiim, au lieu de 24,29, le nombre maintenant
adopté, deviendrait 36,3g. Le protoxyde de titanium dans ce cas devien-
drait un sesquioxyde, et le composé qui jusqu'à présent a été considéré
comme le sesquioxyde, serait considéré comme un oxyde intermédiairej
comme une combinaison du sesquioxyde avec le teroxyde, enfin comme
un bititanate de sesquioyde de titane.
• - Formules des composés titaniques. ' ~
Vieille notation. . . ; "Nouvelle notation. .
Ti = 24, 2 g, Ti = 36,3 9 , .
TiO, premier oxyde, - -Ti 2 3 , ■-- -
Ti 2 3 , deuxième oxyde, - t Ti 4 G 9 =Ti 2 3 + 2Ti0 3 ,
Ti0 2 , acide, TiO s ,
TiCl 2 , chlorure, TiCl 3 j
TiBr 2 , bromure. TiBr 3 . -
médecine. — Sur les symptômes et le traitement du coryza des nouveau-
nés; par M. E. Bocchut. (Extrait par l'auteur.)
« Cette maladie, ordinairement légère, présente exceptionnellement une
gravité très-grande lorsqu'elle est accompagnée d'une forte obstruction des
fosses nasales. Alors, comme l'a établi M. Rayer dans une Note publiée
en 1820,' les enfants ne peuvent teter à leur gré*, ils sont obligés de quitter
le sein au bout de quelques secondes pour respirer par la bouche, C'est à
ce moment une gêne plus qu'un danger, Dans quelques circonstances,
lorsque l'obstruction des narines est très-résistante et qu'elle se prolonge,
il en résulte des ' inconvénients graves. Aux symptômes indiqués par
M. Rayer \ il faut en ajouter de nouveaux, Yinanitionjet Y asphyxie,
» L'inanition résulte de l'alimentation insuffisante. Elle est la consé-
quence, non de l'obstacle à la succion par le besoin de respirer, comme on
l'a dit, mais delà gêne de déglutition produite, par le coryza.
( 355 )
» Le second effet du coryza, c'est l'asphyxie lente produite par la rétro-
flexion de la langue dans la cavité buccale. Il a été observé sur deux en-
fants, l'un qui est mort, l'autre qui a guéri. Voici comment les choses se
sont passées. L'enfant, très-affaibli et ne pouvant respirer par le nez, res-
tait bouche béante. A chaque inspiration, la lèvre inférieure était entraînée
en dedans, et la laugue inerte était relevée la pointe en haut et en arrière,
rétrofléchie sur la voûte palatine et faisant soupape opposée à l'entrée de
l'air dans les poumons. Dans l'expiration, au contraire, la colonne d'air
qui ne pouvait passer dans le nez, abaissait la langue et poussait le voile
du palais en avant. De la sorte, on avait deux soupapes mobiles, juxta-
posées dans la bouche, mobiles en sens inverse et s'opposant au libre pas-
sage de l'air. L'hématose en souffrait. Il était facile d'en juger par la
coloration rougeâtre, cyanosée du visage, par le refroidissement de la peau
et l'état d'insensibilité du pouls.
» Gontre cette double complication du coryza, il faut employer les
lotions fréquentes pour désobstruer les narines et suppléer à l'insuffisance
de l'allaitement par une alimentation lactée artificielle. Si les moyens ordi-
naires de désobstruction des narines restent sans effet, et que l'enfant se
refroidisse par inanition, ou soit menacé d'asphyxie par aspiration de la
langue, il faut établir artificiellement un passage pour l'air à travers les
fosses nasales. De la sorte l'enfant peut teter et boire. A cet effet, une petite
canule d'argent, recourbée à son extrémité, longue de 5 centimètres, large
intérieurement de 3 millimètres, peut être placée dans chaque narine et
fixée sous la cloison du nez avec celle du côté opposé. Cela suffit pour
faciliter la déglutition et gagner du temps, ce qui permet au coryza de
guérir. »
M. Ernest Baudrimont communique quelques remarques concernant
un jeune diabétique auquel on avait administré temporairement de la levure
de bière. Quelques-uns des symptômes observés tendraient à faire croire
que, sous l'influence de ce ferment, il y aurait eu, dans l'organisme du
malade, transformation du glucose en alcool.
M. Ed. Ganb adresse d'Amiens une Note sur des expériences faites avec
un pendule qu'il désigne sous le nom de pendule irrigateur.
Le pendule est lancé latéralement et décrit une espèce de spire qui se tra-
duit graphiquement sur le papier par le petit jet qui s'échappe de l'entonnoir
placé à la partie la plus déclive d'une sphère creuse suspendue par un fil
47-
( 356 )
sans torsion. La Note indique quelques-unes des conséquences que l'auteur
croit pouvoir déduire de ces expériences : elle est accompagnée de plusieurs
des tracés exécutés par le pendule.
M. Marcel de Serres présente quelques remarques concernant un nou-
veau genre d'Annélide tubicolé perforant qu'il désigne sous le nom de
Stoa. Il caractérise ce genre par la phrase suivante :
« Tube testacé, contourné en spirale orbiculaire et irrégulière ; d'une
forme discoïde renflée et convexe ; dernier tour détaché des premiers et se
prolongeant parfois en un tube droit ; ouverture ovalaire, terminée par un
opercule calcaire conique et surchargé. »
M. de la Jonqcière donne quelques détails sur un phénomène atmos-
phérique observé à Pau et dans les environs. Le g février, vers 2 h '5o m , le
ciel étant parfaitement pur, il entendit, dans la direction du sud-est, une
suite de détonations précipitées, comme un feu de file d'infanterie ; il porta
les yeux, de ce côté, supposant qu'un bolide éclatait; il n'aperçut rien dans
le ciel, quoique sa vue embrassât un large horizon. La décharge fut en-
tendue par un grand nombre de personnes aux environs de Pau; un rou-
lement semblable à celui du tonnerre se fit entendre ensuite vers le zénith
et dura environ vingt secondes.
M. M. Collets prie l'Académie de vouloir bien hâter le travail de la
Commission à l'examen de laquelle a été soumise une Note qu'il a précé-
demment présentée sur une question d'analyse mathématique.
(Renvoi à l'examen des Commissaires déjà nommés : MM. Liouville, Lamé,
Binet. )
M. A. Breton prie l'Académie de vouloir bien faire examiner par une
Commission un nouveau système de pile électrique sous forme de mixture
toujours humide qu'il destine à l'usage médical.
Si M. Breton veut envoyer une description suffisamment détaillée de cet
appareil, la Note sera renvoyée, s'il y a lieu, à l'examen d'une Commis-
sion.
M. Gros, à l'occasion de la remarque qui avait été faite dans un des pré-
cédents Comptes rendus sur une condition imposée aux auteurs qui veulent
concourir pour les grands prix décernés par l'Académie, l'obligation de
placer leur nom sous pli cacheté, remarque que, s'il ne s'est pas conformé k
( 35 7 )
cette condition, c'est qu'elle n'était pas énoncée dans le programme publié
au Compte rendu.
(Réservé pour être soumis à la future Commission.)
M. Stauffer adresse, de Gratz en Stvrie, une Note sur la quadrature du
cercle.
On fera savoir à l'auteur que cette question est une de celles dont l'Aca-
démie, par une décision déjà fort ancienne, a renoncé à s'occuper.
M. Mazerax prie l'Académie de vouloir bien hâter le travail de la Com-
mission chargée d'examiner une Note sur un moteur hydraulique de son
invention, et demande que, si le Rapport doit se faire attendre, son Mé-
moire lui soit renvoyé.
La Commission a pris connaissance de cette Note et jugé qu'elle n'était
pas de nature à devenir l'objet d'un Rapport ; aiusi elle pourra être remise
à M. Mazeran ou à une personne dûment autorisée par lui; mais elle ne
saurait lui être renvoyée, les usages de l'Académie s'y opposent.
A 5 heures, l'Académie se forme en comité secret.
COMITÉ SECRET.
La Commission chargée de préparer une liste de candidats pour la
place de géographe vacante au Bureau des Longitudes, par suite du décès
de M. Beautemps-Beauprê, Commission qui se compose des trois Sections
réunies de Géométrie, d'Astronomie et de Géographie et Navigation,
présente, par l'organe de M. Dfxacnay, la liste suivante :
En première ligne. .... M. Daussy.
n i •< 7 . , \ ( M. Begat.
ll,;i deuxième 11 s ne [ex sequo). I „, „,
5 v ^ ' ( M. Peytier.
En troisième ligne (ex œquo). ?* p HAZALL0S -
Lea litres de ces candidats sont discutés ; l'élection aura lieu dans la pro-
chaine se-":. ce.
Au nom le la Section de Médecine et Chirurgie, appelée à présenter une
(".358 )
liste de candidats pour la place de Correspondant vacante : par suite- de
décès de M. Prunelle, M. Cl. Bernard préseute la liste suivante :
En première ligne M. Gcyon, en Algérie.
• ; En deuxième ligné; , . . : . M. Ballt, à Villeneuve (Yonne).
En troisième ligne M. Denis (de Commercy), à Toul. .
•■,..-,..., , ( M. -Ehrmann, à Strasbourg.
- - -Enquatnemehgneiex^uo). j aL GlNTRACi à Bordeaux .
En cinquième ligne M. Forget, à Strasbourg.
La Section fart remarquer que si eue ne présente aujourd'hui que des can-
dnJats nationaux, c'est qu'elle n'avait présenté, pour la nomination précé-
dente, que des candidats étrangers. _
Les titres des candidats sont discutés.
. L'électionaura lieu dans la prochaine séance. . ;
La séance est levée a 6 heures. F -
(35 9 î
BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE.
L'Académie a reçu, dans la séance du 18 février i856, les ouvrages dont
voici les titres :
Recueil de Mémoires de Médecine, de Chirurgie et de Pharmacie militaires,
rédigé sous la surveillance du Conseil de Santé, par MM.Jacob, Boddin et
Ribodlet; publié par ordre du Ministre de la Guerre; a e série, t. XVI.
Paris, i855; in-8°.
Traité des liqueurs et de la distillation des alcools, ou le Liquoriste et le Distilla-
teur moderne; par M. P. Duplais aîné. Versailles, i855; 2 vol. in-8°.
Histoire chronologique des épidémies du nord de {Afrique depuis les temps les
plus reculés jusqu'à nos jours; par M. le D r J.-L.-G. Guyon. Alger, i855;
1 vol. in-8°.
Réforme médicale du XIX e siècle par la doctrine des impondérables, ou Nou-
veaux principes de Médecine chimique appliqués à la pathologie et à la thérapeu-
tique; par M. C.-A. Christophe. Paris, i856; 1 vol. in-8°.
La Pisciculture et la production des sangsues; par M. Aug. Jourdier. Paris,
i856; 1 vol. in- 12.
Notice sur le D r Ernest Cloquet ; par M. le D r Dequevauviller. Paris, 1 855 ;
br. in-8°.
Histoire de la Savoie avant l'homme; par M. Gabriel de Mortillet. An-
necy, s 856 ; br. in-8°.
Trias du Chablais; par le même. 1 feuille in-8°.
Considérations sur la chèvre d'Angora; par M. P. de Tchihatchef; br. in-8°.
Mémoire sur Les surfaces dont les lignes de tune des courbures sont planes ou
sphériques; par M. J.-A. Serret; br. in-4°.
Catalogue raisonné des produits canadiens exposés à Paris en 1 855; par
M. J.-C. Taché; in- 12.
Rapport sur la vérification des engrais, depuis le I er janvier 1 855 jusqu'à la fin
d'août, pre'senté à M. le Préfet du département de la Gironde; parM. A. Bau-
drimont, vérificateur des engrais. Bordeaux, i855 ; br. in-8°.
Notice sur les travaux mathématiques de M. Joseph Bertrand. Paris, i856 ;
br. in-4°.
Annales de la Société d Agriculture, Arts et Commerce du département de la
Charente; tome XXXIV; n 03 1 et a ; in-8°.
( 36o )
Annales de la Société d Hydrologie médicale de Paris. Comptes rendus des
séances; t. I, in-8°.
Bulletin de la Société de Médecine et de Pharmacie de la Haute-Vienne; 1 855 ;
in-8°.
Bulletin semestriel de la Société des Sciences, Belles-Lettres et Arts du dépar-
tement du Far; a3 e année. Toulon, i855 ; in-8°.
Le Cultivateur de la Somme; année i855; n os 5 et 6.
'" Mémoires de l'Académie de Stanislas ; i854- Nancy, i855; in-8°,
Mémoires de t Académie du Gard, 1 854-1 855. Nîmes, 1 855 ; in-8°.
Mémoire de t Académie impériale des Sciences, Inscriptions et Belles-Lettres de
Toulouse; 4 e série; t. V. Toulouse, 1 855 j in-8°.
-Rendiconto... Comptes rendus de la Société royale Bourbonnienne , Acadé-
mie des Sciences; nouvelle série; 3 e année; janvier et février i854- Naples ?
i854; in-4°.
Elogio... Eloge historique de Macédoine Melloni; par M. Ant. Nubile.
Naples, i855; in-4°.
PharmaceutiaL. . Journal pharmaceutique de Londres; vol. XV; n os 7 et 8 ;
in-8°.
Nachrichten... Nouvelles de H Université et de l'Académie des Sciences de
Gùtlingue; année i856; n os 1 et 2 ; in-8°.
Der stacnel... L'aiguillon placé à l'extrémité de la queue du lion. Nouvelles
recherches; par M. Ernest Eekker. Darmstardt, i855; broch. in-8°.
Zeitschrift... Journal de la Société des Ingénieurs autrichiens; 8 e année;
a° 3 1 et 2.
COMPTE RENDU
DES SÉANCES
DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES.
SÉANCE DU LUNDI 25 FÉVRIER 1856.
PRÉSIDENCE DE M. BINET.
MEMOIRES ET COMMUNICATIONS
DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE.
magnétisme terrestre. — Sur le changement qu'éprouve la boussole
dans sa direction, lorsqu'on la transporte d'un point à un autre de la
terrasse de [Observatoire impérial de Paris ; par M. Le Verrier.
« Une discussion s'est élevée devant l'Académie au sujet des influences
des actions locales sur la direction de la boussole à l'Observatoire de Paris ;
influences décelées par un excellent travail de MM. Goujon et Liais, et
dont M. Laugier a cru devoir > dans l'intérêt des observations antérieures, 1
contester l'exactitude.
» Dans le travail des deux astronomes de l'Observatoire de Paris, les
attractions locales ont été mises bors de doute par ce simple fait, que,
d'une extrémité à l'autre de la terrasse sud, dont l'étendue est de 83 mètres,
la déclinaison de la boussole varie de sept minutes. Or on sait que , mal-
gré les efforts de M. Le Verrier pour ramener le débat à ce point de fait net
et précis, fait qu'on a offert à M. Laugier de vérifier lui-même à l'Observa-
toire, il avait été impossible jusqu'ici d'obtenir de ce dernier aucune expli-
cation à cet égard. Mis en demeure de se prononcer enfin sur un point aussi
C. R., i856, i™ Semestre. ( T. Xhll, N° 8.) 48
(36 2 y ;
capital, M. Laugier s'est décidé à l'aborder dans ame Note insérée au
Compte rendu de la dernière séance, Note qui, d'après les expressions de
l'auteur, contient toute sa pensée (i).
» Or, voici toute cette pensée :
« i°. Les différences constatées à l'Observatoire entre les diverses direc-
tions de la boussoles l'est, au centre et à l'ouest de la terra_sse, ne seraient
pas dues aux grandes masses de fer qui entourent ces stations.
» 2°. Ces différences seraient produites par des fërsqûï pourraient avoir
été employés dans la construction des voûtes voisines des pavillons de
l'Est et de l'Ouest; voûtes qui seraient beaucoup plus éloignées du pavillon
Central.
» 5°. Puisqu'on a constaté que le chemin de fer de Sceaux n'agit pas
sur la direction de la boussole portée à ido et 160 mètres de ce chemin,
comment veut-on que le bâtiment de l'Observatoire cause des variations
assez notables dans les déclinaisons des divers pavillons ? »
» L'Académie remarquera d'abord, dit M. Le Verrier, que M. Laugier
s'expliquant enfin sur les variations que la direction de la boussole éprouve
quand on se transporte de l'est à l'ouest de la terrasse r n'en conteste pas
l'existence. Ces variations ont été établies par trois séries d'observations
distinctes, faites à trois époques éloignées l'une de l'autre. Elles résultent
d'ailleurs d'observations faites par M. Laugier lui-même en i85o. On ne
pouvait les nier. Elles sont doncacquises, de ï'ayeu de tous, à la discussion,
qui ainsi fait un grand pas. , ,_. , . ! , . - .
« flïais, ajoute-t-on, il ne résulte pas nécessairement decétte concession
que les observations faites dans le pavillon Central soient erronées.^ il se
pourrait qu'il n'y eût d'inexactes , que les observations- faites dans les
pavillons extrêmes r et-cela à cause de quelques fers qui pourraient être
entrés dans la construction des voûtes voisines. » , „
» A ces arguments produits in extremis, nous ne répondrons pas que ce
ne serait- pas à nous de prouver que ces fers, dont l'intervention est si
opportune, n'existent pas, mais bien à M. Laugier de les découvrir et de
les montrer; mais nous répliquerons : . . , ■.-■-..■
t -. (i). Kous devons faire remarquer que cette Note a été rédigée postérieurement à la/séance,
et par conséquent après la dernière réclamation qui p l'avait rendue- indispensable. Cette-Note
auraitdonc dû. être imprimée à la page 3i2_, après l'article- de 51, LarVerriec Son- impres-
sion à la page 307, avant cet article, auquel elle semble ôter une partie de son, opportunité,
doit être le résultat d'une erreur. ' " - "
( 363 )
» Que le pavillon de l'Est, celui-là même pour lequel les observations
de M. Laugier établissent une différence avec le pavillon Central, non-seu-
lement n'est pas construit sur des voûtes, mais qu'il en est plus éloigné
que le pavn\oTi Central. L'angle de la voûte la plus voisine de ce dernier
pavillon n'en est qu'à i4 mètres, tandis que l'angle de la voûte la plus voi-
sine du pavillon de l'Est en est à 19 mètres. D'où il suit que le système
imaginé par M. Laugier se retournerait contre lui, si l'on voulait en con-
clure que la différence observée entre le pavillon de l'Est et le pavillon
Central vient plutôt d'erreurs existant dans ce dernier.
» Mais, hâtons-nous de le dire, ce système des erreurs accidentelles, pro-
duites par de petites masses de fer agissant chacune sur un pavillon et point
du tout sur les autres, est inadmissible. L'observation de la déclinaison a
été faite en quatre points de cette ligne de 83 mètres qui va du pavillon
de l'Ouest au pavillon de l'Est. Or la variation de la boussole, en passant
d'une de ces stations à l'autre, s'est trois fois produite dans le même sens.
Croit-on donc que les causes occultes et accidentelles invoquées par
M. Laugier eussent produit une telle régularité dans la marche dti phéno-
mène? Ou ne doit-on pas bien plutôt conclure qu'une action aussi réguliè-
rement variable dépend des masses de fer extérieures à la Signe des pavil-
lons magnétiques, masses dont nous avons fait relever les poids et la po-
sition afin de faire comprendre leur importance?
» Les fers existant dans la tour Est du bâtiment s'élèvent à la somme to-
tale d'environ a3ooo kilogrammes. Une grande partie d'entre eux sont
placés dans une situation telle, qu'Us doivent s'aimanter par l'action du
globe et avoir leur pôle nord à leur extrémité inférieure.
» Il existe eu outre, au sud-est du pavillon de l'Est, un vaste plancher
en fer appartenant à une future église, et dont l'angle le plus voisin n'est
qu'à 62 mètres du pavillon de l'Est, Ce plancher, qu'on a passé sous silence,
pèse 71000 kilogrammes. Il est d'ailleurs composé en son entier de barres
de fer tellement orientées, qu'elles ont dû également s'aimanter par l'action
du globe et de manière à ce que leurs pôles nord soient plus voisins de l'Ob-
servatoire que.ne le sont leurs pôles sud.
» Tenons-nous-en à ces deux spécimens des masses de fer qui nous
entourent, et laissons de côté, d'une part une fabrique située à 54 mètres
du pavillon de l'Ouest et contenant machine à vapeur, engrenages, arbres
de couche, métiers, etc., de l'autre les fers en quantités énormes qui exis-
tent dans le reste de nos bâtiments.
» Il n'échappera à personne qu'à cause de la disposition des fers nord-
48..
( 364 )
est qui agissent principalement sur le pôle nord de notre boussole, ils
doivent repousser ce pôle vers l'ouest et augmenter la mesure, de la décli-
naison. Les fers sud-est à leur tour, pesant ensemble 71000 kilogrammes,
doivent attirer le pôle sud de la boussole et augmenter aussi la déclinai-
son par une influence qui doit devenir d'autant plus sensible qu'on se
rapproche davantage de ces fers en marchant de l'ouest à l'est. Or tel est
précisément le sens de la variation que nous avons constatée. La décli-
naison de la boussole va sans cesse en augmentant, et d'une manière
continue, à mesure qu'on la transporte de l'ouest vers l'est.
» C'est ici qu'on aperçoit combien est futile l'objection tirée des expé-
riences faites par nous près du chemin de fer de Sceaux. Les rails de ce
chemin ne pesant que 3a kilogrammes au mètre courant, et la voie étant
d'ailleurs simple, la quantité de fer que nous avions alors à redouter n'était
point équivalente à la vingtième partie de celle qui nous menace à l'Obser-
vatoire. Il importe d'ailleurs de prendre en considération une circonstance
qui, avant de faire l'expérience relative au chemin de fer de Sceaux, nous
avait fait prévoir qu'elle donnerait un résultat négatif. Placées bout à
bout, les diverses barres qui composent les rails, s'aimantent toutes de
la même manière par l'action du globe, le pôle sud de l'une se trouvant
dans le voisinage du pôle nord de l'autre; d'où il résulte que les actions
attractives et répulsives exercées sur la boussole se compensent les unes
les autres. Il n'en est pas de même des actions exercées par les barres de
fer existant dans les grandes masses placées au sud-est et au nord-est de
nos boussoles; l'immense majorité de ces barres constituent des aimants
naturels agissant tous de la même manière. -
s> Dans cet état de la discussion, et considérant :
» Qu'on ne conteste pas que la déclinaison et l'inclinaison de la bous-
sole n'ont pas les mêmes valeurs dans les différentes stations de notre
terrasse;
» Qu'on a recours, pour expliquer les variations, à Faction de préten-
dues masses de fer qu'on ne montre pas, et qui pourraient d'ailleurs se
trouver tout aussi bien dans le voisinage du pavillon Central que dans le
voisinage du pavillon Estret du nouveau pavillon; -
» Que l'hypothèse de ces actions accidentelles et particulières à chaque
pavillon est incompatible avec la variation continue qu'on observe en
passant de l'ut) à l'autre ; -
» Enfin, que les deux masses de fer, l'une de 2 3ooo kilogrammes si-
tuée au nord-est, l'autre de 71000 kilogrammes située au sud-est, masses
( 365 )
composées de barres nécessairement aimantées par l'action du globe,
agissent toutes les deux dans le sens des variations observées ;
» Nous pourrons regarder la question comme suffisamment éclaircie, et
laisser là un débat qui a donné pleine et entière raison aux observations de
MM. Goujon et Liais, si nos confrères estiment qu'il ne soit pas nécessaire
de relever, dans l'Académie même où elles se sont produites, les trop nom-
breuses et trop graves erreurs théoriques commises dans cette discus-
sion (i). »
Après la communication de M. Le terrier, M. Mathieu prend la parole
en ces termes :
« Quand M. Le Verrier aura inséré dans le Compte rendu les détails
qu'il vient de donner sur l'influence qu'exercent sur la direction de l'ai-
guille aimantée les masses de fer disséminées dans l'Observatoire, M. Lau-
gier, à son retour des Pyrénées, pourra répondre, s'il le juge convenable.
Pour moi, je me contenterai de ramener à son véritable objet une question
qui en a été singulièrement détournée. M. Laugier a mesuré, en 1 854,
la déclinaison de l'aiguille aimantée en quatre points de l'enceinte fortifiée
de Paris; il a conclu de ses observations la déclinaison pour l'Observatoire,
et il a trouvé qu'il n'y avait aucune correction à faire aux déclinaisons
mesurées dans le pavillon Central^ le seul où se faisaient annuellement les
observations magnétiques. M. Le Verrier, adoptant le même plan, suivant
exactement la même marche, a aussi conclu la déclinaison de l'Observa-
toire des déclinaisons mesurées en i855 dans quatre points extérieurs, au
sud et au nord, à l'est et à l'ouest de Paris, et il a trouvé une correction
de 6'3o," pour la déclinaison du pavillon Central. Quelle est la correction
exacte? Là est véritablement la question. M. Laugier, tout en regardant son
résultat comme probable, s'est empressé de dire et de répéter plusieurs
fois à l'Académie que ce n'est qu'en observant de nouveau et dans un
grand nombre de points, que l'on pourra trouver la correction définitive,
qui ne sera peut-être ni zéro ni 6' 39". Je partage entièrement cet avis.
Tout ce qui vient d'être dit sur les influences locales ne fait qu'embar-
rasser la discussion. Aujourd'hui la question est amenée à une question
de fait qui ne peut être résolue que par de nouvelles expériences. »
(1) A la suite de cette communication, deux Membres de l'ancienne administration de
l'Observatoire ont cru devoir présenter des explications étrangères au fond du débat. Nous
n'avons nullement l'intention , si l'on ne nous y force pas , de prolonger une discussion pé-
nible pour eux.
( 366 )
analyse mathématique. [ — Sur une formule très-simple et très*-général&
qui résout immédiatement un grand nombre de problèmes d'analyse
déterminée et d'analyse indéterminée; par M. Augustes Cauchy-
« La considération des fonctions linéaires et homogènes m'a conduit à
divers théorèmes, puis à une_ formule très-simple, qui, en raison des nom-
breuses applications qu'on en peut faire, m'a paru digned'être remarquée,
et que je vais établir.
» Considérons ; d'une part m variables . -..:. ~- . :.
oc, y, z,..., t,
d'autre part « fonctions linéaires et homogènes -
u, i>, w,.;., s ■
de ces mêmes variables. Les valeurs de ces fonctions seront fourmes par n
équations, desquelles on pourra tirer les valeurs de quelques-unes: des va-
riables .- . .. - _
"•-? Xt z,..., t, -
exprimées en fonctions des autres variables, et des termes de la suite
u, p, u>,..., s.
Pour y parvenir, on tirera de la première équation la valeur d'une va ■»
riable a:,, puis on la substituera dans les autres équations. Si, par cette sub-
stitution, toutes les variables ne sont pas éliminées en même temps que x tr
on tirera d'une seconde équation la valeur d'une seconde variable a^, ._..,.
et en continuant de la sorte, on substituera aux équations données, d'une
part, des équations qui détermineront certaines variables
dont le nombre sera v, en fonction de m — v autres variables
et des termes de la "suite
u i v i w,..., s; ^
d'autre part, si, v étant inférieur à n, n — v diffère de zéro~n — v équa>
tions de condition linéaires et homogènes entre les fonctions
( 36 7 )
Dans ce dernier cas, les variables
x, r, z,..., t
étant prises pour clefs anastrophiques, si l'on pose
Q — uvw. . . s,
le produit symbolique |0| sera identiquement nul, quelles que soient d'ail-
leurs les valeurs attribuées, dans le développement de |û|, aux produits
symboliques partiels qui auront pour facteurs n termes de la suite
Dans le cas contraire, en laissant indéterminée la valeur de chacun de ces
produits partiels, on obtiendra une valeur de | Q, | qui renfermera une ou
plusieurs indéterminées, dont l'une sera précisément la valeur attribuée au
produit symbolique
j OC \ 3C 'g. . • 0C n |
» Cela posé, on établira sans peine les propositions suivantes :
» I er Théorème. Étant données n équations qui expriment n quantités
h, v, w,..., s
en fonctions linéaires et homogènes de m variables
posons
£2= uvw... s;
et concevons que, les variables .r, f, z,...,t étant prises pour clefs ana-
strophiques, on laisse indéterminée dans le produit |ii| la valeur de cha-
cun des produits partiels formés avec quelques-unes des clefs œ, y,
s,..., t. Il arrivera de deux choses l'une : ou le coefficient de chaque pro-
duit partiel, par conséquent de chaque indéterminée, sera identiquement
nul, et l'on trouvera ainsi
■|fl| = o;
ou la valeur générale de | il | ne sera pas nulle. Dans le premier cas, les
fonctions
«, p, iv,..., s
vérifieront une ou plusieurs équations de condition linéaires et homo-
gènes; et, si l'on nomme L le nombre de ces équations de condition, on
pourra, des équations données, tirer les valeurs de plusieurs variables
( 368 )
dont le nombre sera
- v = n — 7,
exprimées en fonctions linéaires et homogènes des autres variables
,jV .v.» yjn
et des termes de la suite
u, v, w,..., s.
Dans le second cas, les équations de condition dont nous venons de parler
disparaîtront, et les n équations données détermineront les valeurs de n
variables
prises dans la suite .
en fonctions linéaires et homogènes des m — n autres variables
ry>' /v." "W"
%Aj a *A* a t>C a a » * •
et des termes de la suite
u, v, w,..., s.
» II e Théorème. Les mêmes choses étant posées que dans le premier
théorème, concevons que l'on assujettisse les variables x, y, z,..., t à véri-
fier les équations
(i) U = O, P=Q, W = O r ..., S=zO.
Si l'on a |û.| = o, quelques-unes de,ces équations se déduiront des autres,
et par suite le nombre v des variables
qu'elles détermineront, sera inférieur à n. Si, au contraire, le produit sym-
bolique |Î2| n'est pas identiquement nul, les équations (i) détermineront»
variables
X t ^ X^f'-i x n
en fonctions linéaires et homogènes de m — n autres variables
~-' f" v m
dont chacune restera indéterminée; et, pour que des valeurs de
propres à vérifier les équations (i), soient aussi générales qu'elles doivent
(36 9 )
l'être, il suffira qu'elles renferment des indéterminées distinctes dont le
nombre ne puisse s'abaisser au-dessous de m — n. Or c'est précisément ce
qui arrivera si l'on pose
(a) x = \ùx\, j=|£ij|,..., *=|û*|.
Donc les solutions les plus générales des équations (i) seront données par
les formules (2). Ajoutons que, si l'on nomme r une fonction linéaire et
homogène des variables x, y, z,..., t, on aura, en supposant ces variables
déterminées par les équations (1),
(3) r = |iï/-|.
Cette dernière formule peut à elle seule remplacer les équations (a) que
l'on en déduit, en prenant successivement pour r chacune des varia-
bles x, y, z,..., t.
» On peut appliquer utilement le deuxième théorème et la formule
générale qu'il nous offre, c'est-à-dire la formule (3), à un grand nombre
de questions diverses, spécialement à la résolution des équations linéaires
homogènes ou non homogènes, déterminées ou indéterminées, à l'élimina-
tion des variables çntre des équations algébriques de degrés quelconques,
à la détermination des restes successifs que produit la recherche du plus
grand commun diviseur de deux polynômes, etc. Entrons à ce sujet dans
quelques détails.
» Supposons d'abord que l'on donne à résoudre n équations linéaires,
essentiellement distinctes et homogènes, entre n + 1 variables
Ces équations seront de la forme
(2) « = o, v — o, w = o,..., s = o,
u, v, w, ..., s désignant n-\- 1 fonctions linéaires et homogènes des n
variables
x, y, a,..
.,<;
et, si l'on pose
Q = uvw .
..s,
le produit symbolique |û| ne sera pas nul. Cela posé, si l'on nomme r
une nouvelle fonction linéaire et homogène de x; y, z,...,t, le produit
symbolique
|ttr|
C. IL, i856, i't Semestre. (T. XLII.N 8.) 49
( 3yo )
sera de la forme
■ k\xjZ...t\, <:..." -. ._
k désignant une constante déterminée; et si, en laissant indéterminée là
valeur attribuée, au prodoit symbolique = .."_=".
'■ r ' \xjz..:t\\ • . ' ■ "•.■■.:■ .: c
on désigne cette valeur par t, la formule (3) donnera ."'■'-
(4) ' ""'' " r = ^ " '"'.' •'_ 1 -
» Ainsi, par exemple, si l'on suppose les équations (2) réduites aux sui-
vantes :
îa' + îj + z =0,
( 5 ) l - o - -
X + 5j" -h 2Z = O,
et si d'ailleurs on prend -._-;- ;
" - : r = ax H- êj" + yz, : : r -
on aura - . . : :
: !Q : r=ïjzï-5|z*i+ 7 | X j|,
*' - . [iîr I =='(a ■ — 5ë •+- 77)1 j?_7z|; ;T
puis, en Jaigsant indéterminée la valeur du produit symbolique |ayz|, et
désignant cette valeur par t, on tirera de la formule (3)
(6) -7-= (a — 5g 4- 7-7)1:.; - "
Si, dans l'équation (6), on suppose la fonction r successivement réduite kx,
puis à y, puis à z, cette équation donnera
( 7 ) x = r, j = -^5x, « = 71.
Telles sont les valeurs générales "de a:, j, z propres à résoudre les équa-
tions (5). Il suffira, d'ailleurs, d'attribuer à l'indéterminée t une valeur
entière pour obtenir les solutions en nombres entiers.
» Si l'on attribue à l'une dès variables x] f, z,...,t une valeur déter-
minée, les équations données seront linéaires par rapport aux variables
restantes, mais cesseront d'être homogènes, et les valeurs des variables res-
tantes se déduiront immédiatement de la formule (3). Ainsi, cette formule
sert encore à résoudre n équations linéaires, mais non homogènes, entre
k variables.
» Concevons, jjoiir fixer les idées, que l'on donne T entre deux varia-
(37i )
blés x, j y les équations
2J=i.
+ 3r = 2.
(8) i**"
V ' l X
Il suffira, pour obtenir ces équations, de poser z = — i dans les for-
mules (5). D'ailleurs, en posant z = — r, on tirera des formules (7),
t = ? et, par suite,
(9) * = --, ? = -
Telles sont effectivement les valeurs de x, y qui satisfont aux équa-
tions (8).
» On déduirait pareillement de la formule (3) les valeurs de m in-
connues x, y z, . . . , t déterminées par m éqi lafions linéaires, mais non ho-
mogènes, et l'on retrouverait ainsi les formules générales qui fournissent
ces valeurs.
» Supposons maintenant que, les équations données étant linéaires et
homogènes, la différence n — m entre le nombre m des variables et le
nombre n des équations surpasse l'unité. Alors le nombre des indéterminées
dans les valeurs générales des variables, ne pourra s'abaisser au-dessous
de m — n. D'ailleurs,
N = m(m-i)...{m-» + x)
\ l 1 .2. . .n
étant le nombre des produits que l'on peut former avec m facteurs pris n à ra,
les formules (2) et (3) pourront introduire dans les valeurs de
et dans la valeur de r, N indéterminées; mais, sans diminuer la généralité de
ces valeurs , on pourra égaler à zéro plusieurs indéterminées et réduire ainsi
leur nombre a. m — n, pourvu toutefois qu'on ne demande pas de résoudre
les équations linéaires données en nombres entiers.
» Concevons maintenant que, les coefficients de x,y, z,.--, t dans les
fonctions u, t>, iv,..., s ayant des valeurs entières, on propose de résoudre
en nombres entiers les équations (2), et supposons d'abord m — n= r ;
alors, pour obtenir les valeurs générales de
il suffira de poser
\xyz...t\==x,
49-
( 3. 7 a )
si les coefficients numériques du produit symbolique \xjz\.. f [dans les
valeurs de .—-•---.-
\Q.x\, \Qy\-, \Qz\,..., \at\
ne sont pas tous divisibles par un même nombre, et -
S\xyz.;.t\^r, - ■•-:":."
s'ils sont tous divisibles par un même nombre 0, puis d'attribuer à t des
valeurs entières quelconques.
» Si l'on a m — n > i , c'est-à-dire si le nombre des variables x, y, z, . . . , t ,
surpasse de plus d'une unité le nombre des équations données, on devra
encore, pour obtenir les solutions générales des équations (2 ) en nombres
entiers, représenter par une lettre un certain multiple de chacun des pro-
duits symboliques partiels compris dans le développement de |Or|, savoir
le multiple qu'on obtient quand on multiplie ce produit partiel par le plus
grand des entiers qui divisent les divers coefficients du même produit
dans les développements des expressions
,-: y. .. - |0a?|,. \Qf\, |G*|,...,- |Û*|i
puis attribuer à la lettre qui représentera ce multiple une valeur entière, qui
sera d'ailleurs indéterminée. Les valeurs de
x, y, z v, *
ainsi obtenues renfermeront en général N indéterminées, la valeur de JV étant
donnée par la formule (10); et il pourra se faire qu'on ne puisse égaler .
zéro une ou plusieurs de ces indéterminées sans restreindre la généralité des
solutions en nombres entiers.
» Ainsi, par exemple, s'agit-il de résoudre en nombres entiers l'équation
linéaire et homogène -
(n) ----- 2x + 3y+5z = o?
Alors, en posant
. .. |J z t = i, ;l z ^r =v ?> A^-^ -...Y : :
on tirera des formules (a ) r _ ..,..- „, ,
— ' ! x = 5 y\ ■— % £, - •
( z=3,|— -2/};
et ces valeurs de x, y, z résoudront en nombres entiers l'équation donnée,
quelles que soient les valeurs entières attribuées aux trois indéterminées £ ,
( 3 7 3 )
n , £. D'ailleurs, on ne pourra, sans restreindre la généralité de la solution,
réduire l'une de ces indéterminées à zéro.
» Au contraire, s'il s'agit de résoudre en nombres entiers l'équation
(i3) 6x -4- ioj + i5z = o;
alors, en posant
5|jz| = £, 3|za?| = j, %\xy\ = Ç,
on tirera des formules (2),
(Jf=5(»î-Ç)i ,
(14) rr=3(ç-§),
( * = a(§ — »?);
et ces valeurs de x, y, z satisferont encore à l'équation (i3), quelles que
soient les valeurs entières attribuées aux trois indéterminées | , *j , £ ; mais
on pourra, sans diminuer la généralité de la solution trouvée, réduire à
zéro l'une quelconque de ces trois indéterminées.
» Enfin, s'il s'agit de résoudre les équations
ç. ( x + 2j-f- 3zh-4« = o,
(' ' { 4^c + 3/4- 2Z+ t = o;
alors j en posant
5|jz*! = £, 5|ate| = ïj, 5\txj\ = Z, B\xfz\ = t,
on tirera des formules (2),
(.6)
# = — ÎJ — 2Ç — T,
Z= 2| + 3ïJ — T,
et si l'on demande des solutions en nombres quelconques rationnels ou
irrationnels, on pourra, sans diminuer la généralité des formules (16), y
réduire à zéro deux quelconques des quatre indéterminées
mais il n'en sera plus de même si l'on demande les solutions en nombres
entiers. Alors, à la vérité, on pourra, sans diminuer la généralité de la so-
lution, poser
| = o, J7 = o^
( 374 y
et réduire ainsi les formules ( i6):aux suivantes :
SC — — a.Ç — T, . y = 3Ç--J- 2T, z ■ = — t>- --£——£,
ou, ce qui revient au même, aux deux équations -
a? = z+2i, j- = — 2Z — 3i;
mais on restreindrait la généralité de la solution en supposant
"'§ = o~ Ç = o,
ou
puisqu'on exclurait ainsi, dans le premier cas, les valeurs impaires des
variables r et t, dans le second cas, les valeurs dey et de z non divisibles
par 3. , •■. ^ .._,.. •
: » Dans un autre article, je donnerai d'autres applications de là for-
mule (3). «•'..' • t • ; r - .-...:■,_
minéralogie. — Note sur la production artificielle et par la voie humide
d'argent chloruré {argent corné, silber-hornerz), et sur diverses épigénies
par réduction d'oxydêslïu de' sels métalliques naturels ; par M. Frédéric
K.UHXMANK.
« Dans une récente communication, j'ai eu l'honneur d'entretenir l'Aca-
démie de la production artificielle par voie humide de diverses espèces mi-
nérales, en déterminant les réactions chimiques qui peuvent leur donner
naissance à travers des corps poreux^ ^
» L'intervention de ces corps, en permettant, par un ralentissement plus
ou moins grand de ces réactions, d' obtenir des corps cristallisés, rend compte
d'une manière satisfaisante déjà formation de certaines cristallisations natu-
relles en géodes.
; » aux faits déjà signalés, je viens ajouter la formation artificielle .et, par
voie humide du chlorure d'argent ôorhé. - . - _ ~: :::: : . .
» Voici comment je procède^ pour obtenir cè^corps- .--Après avoir: rempli
complètement un ballon d'une ^dissolution de nitrate d'argent, je ferme
l'orifice du col avec un tampon d'un corps poreux, tel que de l'amiante,
de la pierre ponce, de l'éponge de platine, de la laine, été. , Je renverse le
ballon dans un bain d l acide chlorhydrique en- évitant toute 'rentrée d'air,
de telle manière, que le corps poreux se trouve baigné d'un côté par Ta dis-
solution d'argent, et de l'autre par l'acidêxhlorhydrique.
(3 7 5)
» Bientôt les deux liquides se mettent en contact immédiat à travers le
bouchon poreux, et il se forme à la surface supérieure de ce bouchon une
petite couche de chlorure d'argent précipité, à travers laquelle la réaction
se continue lentement en donnant naissance à une arborisation de chlo-
rure d'argent corné qui étend ses rameaux mamelonnés dans la dissolution
du sel d'argent. Ce chlorure, blanc d'abord, devient sous l'influence de la
lumière d'un brun violacé. Il présente la demi-transparence, la cassure con-
choïde et vitreuse, la consistance molle et la fusibilité de l'argent chloruré
naturel, comme il en a la composition.
» Cette formation artificielle et par voie humide d'une matière à aspect
vitreux n'est pas sans intérêt pour la géologie; elle donne la clef de la for-
mation d'un grand nombre de minéraux qui ont les mêmes propriétés phy-
siques et paraissent de même avoir été fondus.
» Comme le chlorure d'argent natif se trouve souvent associé avec de
l'argent métallique, il me paraît très-vraisemblable que la formation du
métal résulte, dans ce cas, de la réduction d'une partie du chlorure, et
qu'elle a tous les caractères d'une épigénie. On sait, depuis longtemps, avec
quelle facilité le chlorure d'argent cède son chlore à l'hydrogène naissant.
» En cherchant une explication de cette coexistence dans les mêmes
masses minérales, de l'argent métallique et de l'argent chloruré, j'ai été
conduit à reporter mon attention sur divers exemples de réduction analo-
gues, déjà consignés dans un Mémoire que j'ai eu l'honneur de présenter
à l'Académie en 1846, et qui a pour titre : Relation entre la nitrification
et la fertilisation des terres (1).
» Dès cette époque, j'avais observé le phénomène curieux d'une épigénie
par réduction, sinon totale, du moins partielle, d'un oxyde métallique. En
faisant passer du gaz ammoniaque par un tube contenant du bioxyde de
manganèse cristallisé, chauffé à 3oo degrés environ , j'ai obtenu du protoxyde
de manganèse conservant la forme cristalline qu'affectait le bioxyde soumis
à l'expérience.
» A cet exemple, j'en ai joint beaucoup d'autres qui, d'une manière plus
concluante encore, viennent à l'appui de l'explication que j'ai donnée de la
formation de l'argent métallique lorsqu'il accompagne le chlorure natif.
(1) Dans ce Mémoire, je me suis efforcé d'expliquer le rôle important que joue l'ammo-
niaque dans la nitrification, et j'ai signalé en particulier, au point de vue de la fertilisation
des terres, la facilité avec laquelle, par une réaction inverse de l'oxydation, l'acide nitrique
des nitrates passe à l'état d'ammoniaque. Il s'agissait, par ces derniers faits, d'appuyer une
opinion que j'avais émise, à savoir : Que les nitrates exercent par eux-mêmes et par V ammo
moque que donne leur propre décomposition une influence salutaire sur la végétation
(3 7 6)
» J'ai reconnu que, sous l'influence de l'hydrogène naissant, on peut
ramener à l'état métallique tous les sels de plomb et de cuivre, et que le
métal qui prend la place de ces sels, bien que plus ou moins poreux, selon
la nature et le nombre des corps déplacés, affecte toujours la forme des
cristaux qui lui ont donné naissance. ..v ....._.. "
» C'est ainsi qu'en mettant des cristaux d'oxydule de cuivre, de carbo-
nate et de phosphate de cuivre, de carbonate de plomb, d'oxyehlorure ar-
tificiel de plomb, en contact avec du zinc et de l'acide sulfurique étendu
d'eau, il y a, en peu de temps, transformation des oxydes ou des sels en
masses métalliques à formes cristallines.
» Il suffit, pour que ces phénomènes de réduction se produisent, que
le minéral à réduire soit en contact immédiat, par un point quelconque,
avec le zinc immergé dans l'acide sulfurique faible. La réduction se pro-
page peu à peu et de proche en proche sur toute la surface et dans toute
l'épaisseur delà masse cristalline (i).-
» Mes vues s'étant dirigées vers la réduction des minerais métalliques par
les combinaisons de l'hydrogène avec les métalloïdes, l'acide sulfhydrique,
qui noircit si promptement les sels de plomb, de cuivre et d'argent, a dû
tout d'abord fixer mon attention. Bientôt il m'a été permis de produire des
épigénies variées par le seul contact à froid de cet acide avec divers oxydes
ou sels métalliques naturels. En faisant passer un courant d'hydrogène sul-
furé à travers une allonge en verre dans laquelle les minerais cristallisés se
trouvent déposés, la réaction est immédiate et souvent très-rapide ; il y a
même, dans quelques circonstances, élévation de température ; l'oxygène,
des oxydes est déplacé à l'état d'eau, et, s'il s'agit d'un sel métallique, l'a-
cide est mis en liberté et expulsé, si le sel décomposé est un carbonate.
» C'est ainsi qu'avec des cristaux d'oxyde ou de carbonate de cuivre,, je
produis du sulfure de cuivre ; avec le carbonate de plomb natif, avec
l'oxychlorure de plomb fondu, je produis du sulfure de plomb, ayant le
(i) Pour l'explication de ces réductions, il n'est pas absolument nécessaire de faire inter-
venir la décomposition de l'eau ; l'oxygène nécessaire à la formation de l'oxyde de zinc qui
doit saturer l'acide sulfurique pourrait être directement emprunté à l'oxyde à réduire; tou-
tefois il me paraît plus logique d'admettre cette décomposition comme on le fait habituelle-
ment, carie phénomène ne se produit pas avec des acides concentrés, et d'ailleurs cette
décomposition de l'eau intervient forcément lorsque le zinc, en contact avec l'acide sulfurique
faible, sert à enlever l'oxygène combiné à l'azote dans l'acide nitrique; car, dans ce cas, il
y a intervention de l'hydrogène pour former de l'ammoniaque. Cette transformation de
l'acide nitrique des nitrates en ammoniaque est si complète, qu'elle peut, être utilisée
dans quelques analyses pour le dosage des nitrates.
(3 7 7 )
remarquable éclat métallique qui caractérise les galènes. Dans toutes ces
circonstances, les réactions, par une sorte de cémentation, pénètrent dans
toute l'épaisseur de la masse minérale, et les sulfures conservent les formes
cristallines des oxydes ou des sels métalliques qui ont servi à les former.
» En étendant ces réactions aux autres combinaisons de l'hydrogène avec
les métalloïdes, je suis arrivé à des résultats très-variés et sur lesquels j'ap-
pellerai ultérieurement l'attention de l'Académie. »
« M. Babinet fait hommage à l'Académie du second volume de ses
Etudes et Lectures sur les Sciences d'observation et leurs applications
pratiques. Les divers sujets qui y sont traités se rapportent à la Physique
du globe, à l'Astronomie et à la Météorologie. Ces Études contiennent
aussi plusieurs articles écrits pour les séances publiques de l'Institut et pour
les réunions trimestrielles.
» M. Babinet réclame de nouveau de ses confrères les avis et la critique
qui lui ont été déjà si utiles. Le principal mérite qui a été recherché dans
cet ouvrage, c'est la stricte fidélité aux doctrines positives de la science; en
sorte que le public, qui n'est pas en position de contrôler les assertions de
l'ouvrage, puisse y avoir une entière confiance. »
NOMINATIONS.
L'Académie procède, par la voie du scrutin, à la nomination de deux
candidats pour la place de géographe, vacante au Bureau des Longitudes
par suite du décès de M. Beautemps- Beaupré.
Scrutin pour le candidat qui sera présenté en première ligne.
Au premier tour de scrutin, le nombre des votants étant 5o,
M. Daussy obtient 46 suffrages.
M. Peytier 4
Scrutin pour le candidat qui sera présenté en seconde ligne.
Au premier tour de scrutin, le nombre des votants, 47,
M. Peytier obtient 38 suffrages.
M. de Tessan 6
MM. Begat, Chazalon et Lieussou, chacun 1
D'après les résultats de ces deux scrutins, les candidats présentés par
l'Académie sont :
En première ligne M. Daussy.
En seconde ligne M. Peytier.
C. E,, i856, i CT Semestre. (T. XLII, N° 8.) 5o
(3 7 8)
L'Académie procède également, par la voie du scrutin, à la nomination
d'un Correspondant pour la Section de Médecine et de Chirurgie en rempla-
cement de feu M. Prunelle. „
Au premier tour de scrutin , le nombre des votants étant 44 ?
M. Guyon obtient. .......... . 35 suffrages.
M. Bally. 3
M. Denys (de Commercy) 3
M. Forget. .............. 3
M. Guyox, ayant réuni la majorité absolue des suffrages, est déclaré élu.
MÉMOIRES LUS.
physique do globe. — De la formation et de la répartition des reliefs
'-". . . . terrestres; par M. F. de Fraîjcq.
(Commissaires, MM. Élie de Beaumont, Dufrénoy, de Senarmont.) ,
a J'ai eu l'honneur de soumettre à l'Académie, le 4 avri l i853, un
premier Mémoire sur la formation et la répartition des reliefs terrestres, dans
lequel je cherchais à démontrer que si le globe a été dans l'origine à l'état
de fusion complète, nous devons pouvoir retrouver des indices de ce fait
sur ses grands cercles, dans l'étendue, dans la direction et dans la réparti-
tion des reliefs terrestres de ces derniers. :
» Si le globe a été dans l'origine à l'état de fusion complète, la contrac-
tion qui a dû résulter de son refroidissement superficiel nous conduit, en
effet, aux conclusions suivantes : . • _
» i°. L'épiderme terrestre a dû subir sur tous ses grands cercles une
somme analogue de contraction dans sa zone en voie de, refroidissement (si
le refroidissement Vest opéré uniformément sur le globe entier) , et cet épi-
derme a dû finir par présenter, par cela même, sur tous ses grands cercles,
un excès de volume semblable dans sa zone supérieure, parvenue graduel-
lement à un état de refroidissement assez complet pour ne plus se contracter
par elle-même.
» 2°. La dépense d'un même excès de volume sur les grands cerclés a
dû provoquer ainsi dans cette zone supérieure de l'écôrce terrestre des
exhaussements et des plissements qui pourraient donner lieu, sur 'chaque
grand cercle,- à une même -somme d'étendue terrestre d'une élévation
(3 7 9)
moyenne donnée, si la réaction de ces grands cercles entre eux ne venait
pas s'opposer à une répartition aussi régulière de leurs arcs d'exhausse-
ment.
» Les plissements sont dus à des arcs d'exhaussement de hauteurs diffé-
rentes qui s'entre-croisent sur une surface donnée. Le plus élevé d'entre
eux provoque un pli qui fait angle droit avec lui, tandis que l'arc le plus
bas déprime, au contraire, les arcs plus élevés qu'il rencontre sur son pas-
sage et forme latéralement des alignements parallèles avec lui. Appliquons
cette règle générale aux plissements et exhaussements de la zone supérieure
de l'écorce terrestre.
» Chaque grand cercle ayant un même excès de volume à dépenser dans
cette zone supérieure, admettons qu'il puisse le répartir sur une étendue
moyenne (de 100 degrés de surfaces terrestres, par exemple). Il nous pré-
senterait alors ioo degrés terrestres et 260 degrés marins. Mais une réparti-
tion aussi régulière pourra-t-elle avoir lieu sur tous les grands cercles du
globe, dont chaque point de la surface est croisé par un nombre indéfini
de grands cercles? Évidemment non. Tel d'entre eux ne rencontrera pas
sur son parcours une étendue de 100 degrés d'exhaussement terrestre, et
sera forcé de reporter alors une partie de ses arcs d'exhaussement sur des
surfaces qui ne sont pas exhaussées par les autres grands cercles, tandis que
tel autre grand cercle sera contraint de répartir, au contraire, l'excès de vo-
lume de sa zone supérieure sur plus de 100 degrés terrestres, et ses arcs
d'exhaussement s'abaisseront alors en raison de leur trop d'extension.
» Le grand cercle dont une partie des arcs d'exhaussement aura été dé-
primée, dans le premier cas, au-dessous du niveau des mers, devra nous
présenter alors, en vertu de la loi des plissements, des alignements formant
angle droit avec lui aux deux extrémités de la dépression qu'il aura subie,
et ces alignements devront nous permettre, lorsqu'ils s'élèveront au-dessus
des mers, de constater non-seulement l'existence, mais encore l'étendue de
de cette dépression.
» Le grand cercle, au contraire, qui aura dû répartir son excès de vo-
lume sur plus de 100 degrés terrestres déprimera les surfaces d'exhausse-
ment sur lesquelles il passera, et dénotera sa force de dépression par des
alignements qui seront parallèles avec lui et qui augmenteront en propor-
tion de son excès d'étendue terrestre.
» Tous les grands cercles de moins de 100 degrés terrestres devront donc
atteindre cette somme d'exhaussement, lorsque l'on adjoindra l'étendue de
leurs arcs marins rectangulaires à celle de leurs arcs terrestres, et les grands
5o..
( 38o )
cercles qui auront plus de îoo degrés terrestres devront longer des aligne-
ments parallèles avec eux , en raison de leur excès d'étendue terrestre.
» L'écorce de notre sphère répond-elle à ces données générales d'un
globe originairement à l'état de fusion complète?
« J'ai cherché à résoudre ce problème de la manière suivante :
» J'ai commencé par prendre l'équateur. J'ai fait converger ensuite sur
lui des roses de trente-six -grands cercles chacune, que j'ai espacées de
45 degrés en 45 degrés les unes des autres; ces roses, dont les grands cer-
cles remontent successivement de 5 degrés en 5 degrés de l'équateur jus-
qu'aux pôles, couvrent le globe d'un réseau qui est pris d'une manière
assez complète et assez impartiale pour que nous puissions admettre, je le
crois, les données générales qu'il nous présente. J'ai calculé sur chacun de
ses grands cercles : i° l'étendue de ses arcs terrestres; 2 les angles qu'il
forme avec les principaux alignements qu'il coupe sur son passage, et j'ai
mentionné également l'étendue des arcs marins qui sont terminés par des
alignements rectangulaires. -
a Les cent cinq grands cercles que j'ai pris de l'équateur jusqu'au 65 e de-
gré de latitude, où l'on commence à ne plus connaître exactement tontes
les surfaces terrestres, nous donnent, en résumé, les moyennes suivantes r
ÉTENDUE
ÉVALUATIONS
SF.CTIOXS
KOMBKE
DES ARCS D'EXHAUSSEMENT.
SOMMES EFFECTIVES.
PROPORTIONNELLES.
•de&
sommes terrestres
des
— — . _ ___ — _
_ ^^ ^
Aligne-
des
grands
Sommes
Arcs
ments
Angles
Parallèl.
Angles
Parallèl .
grands cercles;
cercles.
terrestr.
moyenn.
marins
rectang.
Total.
mention-
nés sur
droits.
sur
droits.
sur
.0 .0
De 3a '/ t à 42
2
37,5o
62,37
99» 8 7
9 2 > 3 7
10,00
»
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De 7274 a. 82
17
77>7 3
21,70
99>44
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io,58
1,29
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r,85!
De 82% à 92
•4
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9,35
0,35
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0,52
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99 > 35
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De 102 '/ 4 à 112
9
io5,4o
»
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2, 11
8,80
4»73
19,66
De ii2'/ 4 à 122
7
117,00
0,67
117,67
86,25
1 .71
26,17
2,33
3 7i79
De i22'/ 4 à i32
»
»
»
»
i>
»
- »v -
»
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De 1 32 '/ 4 à 142
6
i33,62
»
i33,62
1 i4,33
0, 16
47,20
ôji8
55,i6
De 142 '/sa i52
.5
r49^o
»
i49, 5o
1 34,65
0j20
1&Â5
0,21
81,68
( 38, )
» Ce tableau nous montre : i° que les grands cercles qui ont moins de
98 à 1 00 degrés terrestres, ont tous des arcs marins rectangulaires, tandis que
les autres n'en ont plus ordinairement; 2 que l'étendue de ces arcs marins,
jointe à celle des arcs terrestres du grand cercle, vient compléter constam-
ment un chiffre de 98 à 100 degrés; 3° que les grands cercles qui ont moins
de 102 '/ 4 terrestres présentent tous un nombre assez considérable d'ali-
gnements terrestres qu'ils coupent à angles droits, et presque pas d'aligne-
ments parallèles; If que si l'on prend le chiffre total donne par l'étendue
des arcs terrestres d'un grand cercle et par celle de ses arcs marins rec-
tangulaires, si l'on calcule le nombre proportionnel d'alignements rectan-
gulaires, ainsi que l'étendue proportionnelle d'alignements parallèles que
donne ce chiffre total ; lorsque l'on admet dans ce calcul le connu pour
base de V inconnu (1), on trouve que les grands cercles qui ont moins de
102 '/* terrestres ont en moyenne, dans presque toutes leurs différentes
sections de sommes terrestres, de 14 à i5 alignements rectangulaires, et
qu'ils n'ont presque pas d'étendue d'alignements parallèles ; tandis qu'aus-
sitôt que les grands cercles ont plus de 102 degrés terrestres, ils n'ont plus,
en général, d'arcs marins rectangulaires, et leurs alignements rectangu-
laires disparaissent rapidement pour faire place à des alignements parallèles
dont l'étendue augmente en raison de l'accroissement terrestre du grand
cercle.
» Les grands cercles du globe nous présentent donc, en résumé, un
caractère uniforme jusqu'au 102 e degré terrestre. Tous, jusqu'à ce chiffre,
semblent avoir une somme analogue d'arcs d'exhaussement, tous forment
un nombre semblable d'alignements rectangulaires et subissent pins ou
moins la dépression des grands cercles qui ont plus de 102 degrés terrestres;
tandis que ces derniers exercent cette dépression en proportion de la trop
grande extension de leurs arcs d'exhaussement.
» Les arcs marins rectangulaires, qui forment constamment, ainsi que
nous venons de le voir, le complément des arcs d'exhaussement des grands
cercles de moins de 98 à 100 degrés terrestres, nous présentent un second
caractère fort important : « Les alignements rectangulaires qui les enca-
drent sont tous plus ou moins volcaniques, et sont constamment croisés,
ainsi que je le démontrerai dans un prochain Mémoire, par de larges fais-
(1) Je n'ai pas pu mentionner les alignements terrestres de l'intérieur de l'Afrique ni ceux
de l'Australie , mais j'ai indiqué dans une colonne spéciale l'étendue inconnue des arcs
terrestres dont j'ai pu citer les alignements.
( 38a )
ceaux de grands cercles de plus de 102 degrés terrestres qui en motivent la
dépression.
» Ainsi, on est conduit à admettre que les phénomènes volcaniques que
nous constatons sur tous les alignements qui encadrent les arcs marins
rectangulaires proviennent directement ou indirectement du travail que
subissent ou qu'exercent encore actuellement ces arcs d'exhaussement.
» Ce travail serait donc la cause première des phénomènes volcaniques,
et il ne faudrait attribuer qu'un effet secondaire à la réaction que la masse
en fusion peut exercer sur l'écorce terrestre.
» Cette écorce nous accuserait enfin, dans sa zone supérieure, la dépense
d'un même excès de volume sur tous ses grands cercles et nous donnerait
une nouvelle preuve par là de l'état de fusion de notre globe. »
chimie. — Conclusions d'un travail sur les oœjdes et acides du manganèse,
les manganates et les Jijpermanganates ; par M. P. Thésard.
(Renvoi à l'examen de MM. Pelouze, Regnault, Balard, auxquels est invité
, à s'adjoindre M. Thenard.)
« Le défaut d'espace ne nous permettant pas de donner un résumé même
succinct de nos recherches, qui soit compréhensible des chimistes eux-
mêmes, nous nous bornons à en donner les conclusions.
» La transformation des dissolutions de manganates en hypermanganates
est uniquement due, dans nombre de circonstances, à la présence du
bioxyde de manganèse libre, qui peut se former en très-petite quantité sous
des influences diverses et nombreuses au sein de la dissolution même.
D'autres corps en poudre et très-oxydés jouissent de la même propriété,
quoique à un moindre degré. La lumière solaire agit elle-même puissamment.
» La transformation de l'hypermanganate de potasse en manganate, en
présence d'une dissolution de potasse, s'opère par cinq causes différentes :
» i°. Sous l'influence des matières organiques que la potasse renferme
habituellement et qui agissent comme matières réduisantes;
» a Q . Par une élévation de température dépassant i3o degrés dans des
dissolutions très-concentrées : il se dégage alors 1 équivalent d'oxygène ;
» 3°. Sous l'influence du bioxyde de manganèse, qui agit comme corps
désoxydant, et se transforme ainsi en acide manganique, puis en manganate;
» 4°. Sous l'influence du bioxyde de manganèse, qui en s'oxydant incom-
plètement, et quelquefois pas du tout quand il a beaucoup de cohésion,
( 383 )
détermine, par sa seule présence, le départ de i équivalent d'oxygène : les
deux actions précédentes agissent habituellement simultanément ;
» 5°. Sous l'influence et par la présence seule de corps très-oxydés, mais
avec une intensité moins grande.
» En soumettant l'hypermanganate de potasse à une chaleur soutenue de
itxo degrés, on le décompose en manganate de potasse et bioxyde de man-
ganèse qui reste dans l'appareil, et en oxygène qui se dégage,
Mn 2 O 7 KO = Mn O s K + Mn O 2 -+- O 2 .
» Ce résidu, mouillé avec <de l'eau, donne un dégagement d'oxygène à
froid, semblable à l'effervescence que produisent quelques gouttes d'acide
sur un carbonate ; de plus, le bioxyde de manganèse est un des corps les plus
absorbants, à la manière du charbon, que l'on connaisse; mais il ne jouit de
cette propriété à un haut degré, que pour les corps très-électronégatifs. Nous
étudierons ce fait et nous rechercherons s'il ne joue pas un grand rôle dans
les actions catalytiques, et particulièrement dans celles dont il est ici ques-
tion.
» L'acide hypermanganique anhydre est un corps vert-olive foncé, d'une
odeur semblable à celle de certains composés chlorés et de l'oxygène ozone.
Il est très-instable, détone entre 3o et 4o degrés, et donne pour produit de
sa destruction du bioxyde de manganèse et de l'oxygène. Il se décompose
également à froid sous l'influence des oxydes d'argent, de mercure et sur-
tout de manganèse, fait qui prouve une fois de plus que la composition de
la molécule influe davantage que la nature des éléments qui la composent.
Par toutes ces propriétés, il appartient à ce groupe de corps dont l'eau
oxygénée représente si bien le type.
» Nous publierons prochainement, dans un des grands recueils scienti-
fiques, notre travail in extenso; d'ici là, nous engageons les chimistes qui
voudraient préparer l'acide hypermanganique à bien se tenir sur leurs
gardes, parce que, sans certaines précautions, ils courraient les plus grands
dangers. »
MÉMOIRES PRÉSENTÉS.
mécanique analytique. — Mémoire sur les mouvements relatifs ; par
M. Edmond Boun. (Extrait par l'auteur.)
(Commissaires, MM. Liouville, Lamé, Chasles.)
« i°. L'objet de ce Mémoire n'est pas de faire la théorie des mouvements
relatifs, car cette théorie est contenue tout entière dans les belles formules
(384)
générales de Lagrange, qui donnent les dérivées par rapport au temps d'un
système de variables quelconques, et peuvent par conséquent fournir im-
médiatement les équations différentielles auxquelles satisfont les coordon-
nées relatives. Je me suis plutôt proposé de dégager des formules de La-
grauge cette théorie qui ne s'y trouve pour ainsi dire qu'à l'état latent, de
faire quelque chose d'analogue à ce qu'a fait Goriolis quand il a donné,
une fois pour toutes," la forme des nouveaux termes qui entrent dans les
équations différentielles des mouvements relatifs; on sait qu'il a considéré
ces termes représentant les composantes de deux forces fictives, au moyen
desquelles le mouvement peut être assimilé a un mouvement absolu.
» Seulement, par un artifice dont j'espère que ce travail fera ressortir
Futilité, j'interprète d'une manière différente ces termes qui proviennent
de la transformation des coordonnées; j'introduis à la place des vitesses des
Variables auxiliaires qui en sont des fonctions linéaires, et cela fait, il ne me
reste plus, pour réduire les mouvements relatifs aux mouvements absolus,
qu'à ajouter à la fonction des forces des termes qui ne dépendent pas des
vitesses, mais seulement des coordonnées relatives et du temps. C'est cette
circonstance qui distingue profondément mes équations différentielles de
celles auxquelles conduit l'application du théorème de Coriolis. Les pre-
mières peuvent être mises sous la forme que l'on "doit à M, Hamilton, et
l'on peut ainsi profiter de tous les Taeaux théorèmes de la mécanique ana-
lytique. Par exemple, quand on a trouve la moitié des intégrales d'un
problème, si ces intégrales satisfont à certaines conditions indiquées par
M. Liouville, une simple quadrature permet de terminer la solution . Dans les
recherches que j'ai l'honneur de présentera l'Académie, je fais une appli-
cation incessante de ce théorème capital.
» 2°. La première partie de mon Mémoire est consacrée à la théorie ana-
lytique des mouvements relatifs. Si je désigne par a, /3, y les composantes
suivant les axes mobiles de la rotation instantanée du système de compa-
raison, les variables auxiliaires dont j'ai parlé sont : =
x t , y t , Zt sont les coordonnées relatives d'un point quelconque, dont je
représente la masse par ?Kj.
( 385 )
» Je désigne par V la fonction des forces, par T la demi-somme des forces
vives apparentes , et j'introduis deux fonctions nouvelles dont on apercevra
facilement la signification : l'une est homogène et du premier degré par rap-
port aux coordonnées relatives ; l'autre est du second degré par rapport à
ces mêmes coordonnées. Voici la définition de ces fonctions :
K = — «' 2 mi x ( — v' 2 rriiji — w' 2 m e z h
R= 1 -2in i [{^x i ~ Pzi'f-h {uzi- yx;) 2 ■+■ (/S-r,- - a/,-) 2 ] ■
« Les quantités u', v\ w' qui entrent dans à - , sont les projections sur les
axes mobiles de l'accélération absolue de l'origine.
» Je pose enfin
U+K + R = U ( , U,-T=H,
et, s'il s'agit d'un ensemble de points libres, les équations différentielles du
mouvement sont de la forme
dxi afH d.mi\i flE
dt d.r/ij^i dt dxi
» La quantité H doit évidemment être exprimée en fonction de x h j i7 s, ;
ces dernières remplaçant dans T les dérivées x'^j'i , zî .
» 3°. Passant de là au cas d'un système à liaisons quelconques, je sup-
pose avec Lagrange que l'on profite des équations qui expriment, ces liai-
sons pour réduire les inconnues au plus petit nombre possible, et je repré-
sente ces inconnues par q,, f;,,.,, q„.
» Je pose alors
T 2 = ^^(Éf + ^ + Ç, 8 ),
dT, dl,_ dl, _
j'exprime H en fonction des variables/?,, q t ,..., p n , q„; et les équations dif-
férentielles auxquelles ces variables doivent satisfaire sont
dcji _ _ dB. dp, • _ c/H
~dt ~ ~ Jpi tlt ~~ dq,
» 4°. ï>armi les applications que je fais de cette théorie, je signalerai
d'abord celle qui a pour objet la rotation d'un corps libre autour de son
centre de gravité.
» On peut voir dans un remarquable Mémoire de M. Quet les équations
C. a., i856 , i« Semestre. (T. XLII, N° 8.) 5 1
(. 386 )
assez compliquées qni conviennent au cas particulier où le corps a deux de
ses mouvements principaux d'inertie égaux. L'application de ma méthode
au cas général dispense, au contraire, de tout calcul d'intégration.
» Sans même former les équations différentielles précédentes, on recon-
naît immédiatement, à l'inspection de la fonction H, que cinq des inté-
grales du mouvement absolu s'appliquent sans modification au mouvement
relatif; et qu'il suffit d'ajouter — ht à la sixième (n étant la rotation de la
terre), pour avoir la dernière des intégrales cherchées.
» Ce résultat curieux tient à cette circonstance, qu'au lieu de compliquer
la forme des équations différentielles, je complique la signification des va-
riables qui y entrent; or ceci n'introduit aucune difficulté dans l'intégra-
tion.
» 5°. Les équations différentielles du mouvement des projectiles dans le
vide s'intègrent de même sans aucune difficulté et avec une grande élé-
gance, toujours en employant les procédés de la mécanique analytique, et
principalement le théorème de M. Liou ville dont j'ai déjà parlé. Je trouve pour
la trajectoire relative une parabole dont le plan, animé d'une vitesse angu-
laire égale et de sens contraire à celle de la terre, reste constamment tan-
gent à un cylindre de révolution dont l'axe est parallèle à celui du monde.
» 6°. La seule question qui présente quelques difficultés de calcul est la
suivante, d'où l'on peut déduire la .théorie des divers gyroscopes de
M. Foucault : > ._.."-.--
» Déterminer le mouvement d'un corps solide de révolution dont l'axe
est assujetti à rester sur la surface d'un cône également de révolution, et
fixe par rapport à la terre.
» Les intégrales dépendent des fonctions elliptiques; elles se ramènent
encore immédiatement aux quadratures; le seul point délicat est la discus-
sion et la distinction des divers cas particuliers qui se réduisent à quatre :
» Le premier est celui du mouvement circulaire continu ;
_ » Le deuxième, celui du mouvement oscillatoire;
» Le troisième, celui du mouvement non périodique qui se présente
quand les données initiales sont choisies de manière à rendre égal à l'unité
le module de fonctions elliptiques ; ■-._.,_.___
» Enfin le dernier cas est celui où Taxe du cône directeur coïncide avec
celui de la rotation terrestre. AJors, bien que cette rotation influe sur la
valeur des constantes, elle ne modifie pas les lois du mouvement ; c'est le
cas de l'équilibre indifférent ou du mouvement uniforme. »
( 38 7 )
MÉCâJSlQUE. — Mémoire sur le pendule conique, ou régulateur à force
centrifuge; par M. Mahistrb. (Extrait par l'auteur.)
(Commissaires, MM. Poncelet, Morin.)
« Les diverses théories du pendule conique, du moins celles qui sont
venues à ma connaissance, négligent toutes le poids des tiges, et, à plus
forte raison, les actions que la force centrifuge exerce sur elles. Elles con-
duisent ainsi à une expression remarquable de la hauteur verticale h du
pendule conique, savoir :
M 3
dans laquelle g est la gravité, u la vitesse angulaire de rotation. Mais ce
résultat, qui est d'une simplicité remarquable, n'exprime la valeur de h
qu'avec une grossière approximation, comme on le verra ci-après.
» Dans une Note sur le calcul de la force centrifuge, présentée à l'Aca-
démie des Sciences le I er octobre 1 855, et insérée depuis dans les Mémoires
de la Société impériale des Sciences de Lille (2 e série, tome II), j'ai dé-
montré que la résultante des actions de la force centrifuge sur un corps de
forme quelconque, homogène ou hétérogène, tournant autour d'un axe, fixe
ou instantané, est le même, en grandeur, que si toute la masse du mobile
était concentrée en un point quelconque d'une ligne menée par le centre de
gravité, parallèlement à l'axe de rotation. Je fais connaître aussi, dans la
même Note, l'équation générale de la résultante. En appliquant cette théo-
rie au cas d'un cylindre droit homogène, dont l'axe rencontre l'axe de
rotation, je trouve pour l'équation de la résultante des actions centrifuges,
en prenant pour origine des coordonnées le centre de gravité du cylindre,
(1) z = y sinip cosip '
L'axe de z est supposé parallèle à l'axe de rotation. Dans cette formule,
sp est l'angle aigu que l'axe du cylindre fait avec l'axe des z; a est la distance
du centre de gravité à l'axe de rotation, / est la longueur, p le rayon du
cylindre. Si l'on suppose que l'axe du cylindre se termine à la distance p de
l'axe de rotation, on aura
(2) a = p -4- -l sinç, _
5i..
et la valeur de z deviendra
( 388 )
Z = jSlïif cos<p
^ . p 4- -Isvatp
Si /? est très-petit, comme cela a lieu pour les tiges du pendule conique, on
pourra le négliger, et prendre simplement
y ' .:-... ■::.-: l .. ... . S.R . :■.. ■: . : ..; ...z-.': .. ■„ ■:■".
(3) z = — sunçcosip
i , . - - '■,-.'.
p -h -rsm y -
Si dans cette formule on fait p = &, on trouve
(4) ..... z = g/cos<p.
D'où l'on conclut que, lorsqu'un cylindre d'un très-petit diamètre tourne
autour d'un -axe, si ce cylindre se termine sur l'axe ou très-près de l'axe,
la résultante des actions centrifuges rencontrera celui du cylindre, èf très-
peu près au tiers de sa longueur, à partir de l'extrémité Ja.plus_éloignéêi de
l'axe de rotation. .-.-_- '_ .... -:■
z » Généralement le pendule eonique forme un hexagone dont les deux
côtés,; quLsont perpendiculaires à Uaxede rotation , etsurJesquels se fait Ja
rotation des tiges, sont,égaux et très-petits^ les quatre autres sont aussi
égaux et forment- une espèce de losange. Les tiges étant cylindriques,, on
peut déterminer, par ce qui précédé, l'intensité et la position de la force
centrifuge résultante relative à chacune d'elles, ainsi que l'action .analogue
sur des houles; désignant alors par p la distance à l'axe des centres de rota-
tion supérieurs et inférieurs, X et T la longueur et le poids de chacune des
tiges qui portent les boules, ees tiges étant supposées se terminer aux
centres de celles-ci, <p l'angle aigu qu'elles, font avec l'axe;' nommant
aussi B le poids d'une houle/ h et L la longueur et le poids de chacun
des côtés inférieurs du losange, or,la vitesse angulaire de rotation, g la
gravité, on -trouve- 1 pour -l'équation d'équilibre de toutes ces forcés, et en
appliquant directement le -principe des vitesses virtuelles,- i %
h== -, , , ■ !- - H- -S- ^A t : .-■ -'- ■ sin-û).
(5)
<a s p -+- \ sin cp ' a 1 2 B ( p ■+- > : sin ç )
L l( p -+- | / siD <p \ + T 1 ( p -1- 1 1 sin <p j
aB fp + ^siny)
cosip.
( 38 9 )
Maintenant si dans cette équation on fait p = o, elle devient
g gn + (2M+ 3L)/ L f+H' ,
(6) A = - + - — '3BF~ / ''
et l'on voit que les deux derniers termes de cette formule sont loin d'être
négligeables. Si l'on veut avoir égard à la quantité p, il suffira de déve-
lopper l'équation (5) suivant les puissances croissantes de cette quantité,
et l'on trouvera, pour la correction de h, en ne conservant que les termes
du premier ordre,
v ' ' »' \ B / A S1D (p 2 B V sm (p \ ci a /
dans laquelle on a fait, pour abréger,
(8) K -j-
Comme le deuxième terme de l'équation (7) est très-petit, à cause du divi-
seur B , on peut prendre simplement
(9) ^ = ^^(l + ^)r4—
vy/ a' \ B ,'Asinip
Si l'on pose encore
(10) K^ .&■ [__
l'équation (6) prend la forme
(11) Aw 2 (B + R') = g-(B+R),
d'où l'on tire
p t TT
(12) hw 2 = s- — =7 — constante.
» Si l'on veut déterminer le poid s des boules sous la condition qu'elles
accomplissent une course ve rflUffrd onnée c, pendant que le régulateur
passe d'une vitesse w' à une vflBPl'', on auray^supposant que u soit
la vitesse de régime, ^W
Aw 2 (B + K') = g(B +
, „. .A' & )' î (B+K') = g(B + K),
{l ' U» u ^(B+R') = g(B-)-R),
h" - h'= c;
( 3 9 o )
lesquelles étant résolues donnent
4« 3
04):
4"
4"
w'N' /rt'— i\»
36oo
eu nommant N le nombre des tours que le régulateur fait en une minute
sous la vitesse de régime, et n un coefficient de régularité tel, qu'on a
w'== u(n-i|,- u"=wu— -Y
» Quand la douille du régulateur est au-dessus du centre de rotation, si
les tiges qui portent les boules sont prolongées, à peu près en ligne droite,
on retrouve l'équation (i i), ainsi que les formules (i4). Seulement les va-
leurs de R et R' y sont différentes, et ont pour valeurs
(i5) R _ TW a (M + 2 L)^
2I
(16) R'^
TV+2L/ 2
3X'
mécanique analytique. — Recherches sur la loi des oscillations du
pendule à suspension à lames des chronomètres fixes ; par Wl. Résai.,
(Extrait par l'auteur J.
(Commissaires, MM. Poncelet, Pouillet, Morin.)
« Dans la Note que j'ai l'honneur de soumettre à l'Académie, j'ai cherché
à me rendre compte de l'influence de l c éJ|ffljicité sur les oscillations du pen-
dule à suspension k lasses généralerfljStaopté dans la construction des
chronomètres fixes, '^■k ^^^ .: -
» En négligeant la fflflf fse des lames par rapport à celle de la masse pen-
dulaire, j'ai pu écrirenes équations différentielles du mouvement de cette
masse, en partant de la théorie ordinaire de la flexion des verges, c'est-à--
dire en faisantabstraction des "glissements transversaux, qui n'ont en général
qu'une faible importance. ; - -
( -V )
» Ces équations sont très-compliquées, mais se simplifient notablement
lorsque l'on suppose très-petite l'amplitude des oscillations, et dans ce cas
on reconnaît qu'en prenant certaines précautions lors de la mise en mouve-
ment, on peut arriver à rendre insensibles les vibrations longitudinales.
» Malgré ces simplifications, l'intégration par rapport au temps relative
aux oscillations pendulaires est complètement impossible. Mais comme en
général la longueur des lames est très-petite relativement à celle du pen-
dule, on peut sans erreur sensible négliger le carré du rapport de ces lon-
gueurs. L'intégration peut alors s'effectuer, et l'on reconnaît que les oscil-
lations sont isochrones et que leur durée est donnée par la formule
' = »*! /-, f-
dans laquelle P représente le poids du pendule; I son moment d'inertie par
rapport à l'horizontale moyenne de celles qu'il détermine sur ces lames aux
points d'encastrement; /la distance de cet axe au centre de gravité du pen-
dule ; s la longueur de la lame ; fx la somme des moments d'inertie des sec-
tions normales des lames, évalués pour chacune d'elles par rapport à une
droite parallèle à ses longs côtés et passant par son centre de gravité; E le
coefficient d'élasticité de l'acier.
» On voit, en discutant cette formule, de quelle manière l'élasticité
intervient dans la loi des oscillations du pendule. »
géologie. — Etudes sur l'orographie et sur la constitution géologique du
Chili. (Extrait d'une Lettre de M. A. Prssisà M. Elie de Beaumont.)
(Commissaires, MM. Éliede Beaumont, Boussingault, C. Prévost.)
« Santiago, le 26spplembre i855.
» Je profite du départ de M. Bphortes, chancelier de la légation de
France au Chili, pour vous faire parvenir le résultat de mes premières re-
cherches sur les soulèvemêTits de la région des Andes. J'ai*Ênsé qu'il pour-
rait vous offrir quelque intérçt^et je vous prie de voulofljfjen le soumettre
au jugement de l'Académie. J'aurais désiré compléter ce^travail, qui ne
s'étend que jusqu'à la formation du grès rouge, par les observations rela-
tives aux so^jj^ments nms anciens; mais il me reste encore à étudier les
terrains seh^fj^t les H^gS des provinces australes du Chili ; et j'ai pensé
(■39»)
qu'il valait mieux attendre encore un ou deux ans que de présenter des
résultats incomplets. Les travaux géodésiqnes donLje suis chargé devant se
prolonger bientôt jusque dans ces provinces, je profiterai de cette occasion
pour en étudier la géologie avec détail. J'espérais pouvoir vous: envoyer
en même temps les cartes géologiques des provinces de Santiago, de Val-
paraiso: et d'Àconcagua ; ces cartes sont au yff^ et comme ce pays: se
trouve tout couvert de montagnes, lé dessin en'est très-compliqué, ce qui
en a retardé la gravure. - '■'--"
» Les seules parties de ce travail qui aient été publiées sont lesdescrip?
tions des provinces de- Santiago et de Valparaiso, et comme elles reniera
ment un assez grand nombre -de positions géographiques, j'ai pensé que
sous ce rapport elles pourraient -présenter quelque intérêt au Bureau des
Longitudes. » / ~ : "
géologie. — Recherches sur les systèmes de soulèvement de l'Amérique du
Sud; par M. A.Prssis. (Extrait.)
(Commissaires, MM. Ëlie de Beaumont, Boussingattlt, Constant Prévost) (j).
« L'accueil, bienveillant (i) avec lequel l'Académie a reçu nos premiers tra-
vaux sur k géologie de l'Amérique du Sud (a), nous engage à lui présenter les
résultats de la continuation de nos recherches sur le même sujet. Les douze
années qui se sont écoulées depuis la publication de ce premier Mémoire
ont été presque entièrement consacrées à l'étude de la région des Andes.
Désirant donner à ces recherches toute l'exactitude dont elles étaient sus-
ceptibles, il devenait indispensable d'étudier avec détail toutes les parties de
cette vaste chaîne de montagnes, d'en déterminer la direction exacte et de
fixer la position géographique d'un grand nombre de points; il fallait, en un
mot, faire marcher de pair la géographie; et la géognosie de cette vaste ré-
gion, l'une des plus accidentées du globe. La classification chronologique
des soulèvements exigeant une connaissance exacte de l'ordre suivant lequel
les diverses formations' se sont succédé-, il fallait, avant tout, fixer laplace
de chacun de ces terrains, dont l'ensemble présente la plus grande anar
logie avec ceux, de l'Europe, mais pour lesquels il est impossible d'ad-
mettre les mêm^ subdivisions. ~.
^ : . " . ^_ _; ' ■ ~ — — ~ — *~-..
(i) Cette Commission est la même qui a été nommée dans la séance : du 2 avrili855
( Comptes rendus, t. XL , p. 764), .pour une précédente communication d,e M. A. Plssis, sur
In structure orographique_d.es Andes du Chili. - . ...-v./-
(2) Voir le Rapport de M. Dufrénoy [Comptes rêndusrM&R, P- ?84î'--
(3 9 3)
» Roches du Pérou et de la Bolivie. — En s'appuyant uniquement sur
les rapports de superposition des couches, l'ensemble des roches "exogéni-
ques du Pérou et àe \a Bo\me peut se subdiviser en sept formations dif-
férentes. Les sables du désert d'Atacama et le terrain de transport de la Pae
reposent également sur la couche de conglomérats ponceux, qui s'étend sans
interruption des deux côtés de la chaîne occidentale des Andes, et comme
tes matières dont se compose cette dernière couche, les cendres volcaniques
et les ponces, ne peuvent être que le produit d'une action violente, il en
résulte qu'elle a dû se former dans un temps très-court, circonstance qui
nous paraît suffisante pour établir le parallélisme de ces deux terrains. Par
la même raison, le terrain tertiaire marin d'Atacama et le terrain lacustre
de la Bolivie doivent également se rapporter à une même époque géolo-
gique. Au-dessous de "ces deux formations viennent d'abord les marnes
gypseuses et salifères, puis le grès rouge. Les calcaires bitumineux de
Tiahuanacu et d'Arica forment une cinquième subdivision en discordance
avec le grès rouge, et s'appuyant sur la base des montagnes formées par le
psammite des Andes orientales. Enfin, ces psammites, les grès lustrés et les
i schistes qui les accompagnent se trouvent eux-mêmes séparés du terrain
des schistes tal queux, du gneiss et des quartzites.
» Roches du Chili. — La chaîne occidentale des Andes s'abaisse gra-
duellement à mesure que l'on avance vers le sud jusque sous le parallèle
de Cobija, où elle finit par se confondre avec le prolongement du plateau
bolivien. En même temps que cette chaîne s'abaisse, l'espace occupé par
les roches endogéniques' se rétrécit de plus en plus, et bientôt ne présente
plus que quelques masses trachytiques isolées au milieu des roches strati-
fiées. Celles-ci ne sont autre chose que la continuation des marnes gyp-
seuses et des grès rouges de la Bolivie , qui, après avoir traversé la province
de Carangas, atteignent, près du parallèle de Potosi , la ligne de partage des
eaux, et de là s'étendent sans interruption sur les deux versants de la Cor-
dilière occidentale. En traversant le désert d'Atacama depuis ce point jus-
qu'au bord de la mer, on voit les grès et les marnes qu'ils supportent former
une siùte de chaînes parallèles courant du nord au sud, tandis que des sa-
bles et des cailloux roulés occupent les parties inférieures du sol. Dans les
environs de Copiapo , ces marnes plongent sous une puissante formation de
calcaire et de jaspes ; elles reparaissent en^pte près de la côte avec les grès
rouges, qui s'appuient sur des porphyres stratifiés. Si, au lieu de traverser
cette région perpendiculairement aux Andes, on continue à suivre la crête
C. B., i856, i« Semestre. (T. XLII, N° 8.) 5 2
t%4 )
de cette longue chaîna jusque dans le sud du Chili,. on Teneontfe presque
.sans interruption les grès rouges, et par intervalles les marnes gypseuses-et
Jes calcaires, qui abondent surtout vers le versant oriental; tandis que sur
le versant opposé apparaissent des roches présentant tout ^aspect de vérita-
bles porphyres, parfaitement stratifiées et formant des couches qui n'attei-
gnent souvent que quelques décimètres d'épaisseur. Ainsi tout indique
qu'elles appartiennent encore à des formations stratifiées, et qu'elles doi-
vent leur état actuel à une action métamorphique. ...... , -
» Indépendamment de la chaîne des Andes, ces porphyres forment -en-
core une autre petite chaîne située plus à l'ouest, parallèle à celle-ci, dont
elle est séparée par la plaine longitudinale du Chili. Les porphyres y sont
recouverts, comme dans les Andes, par les poudingues et le grès rouge;
mais les marnes gypseuses, au lieu de se montrer sur le sommet de cette
chaîne, apparaissent seulement vers la plaiue, où elles forment des plateaux
isolés ou adossés à la base des derniers contre-forts de la chaîne occiden-
tale. De l'autre côté, c'est-à-dire en avançant vers l'ouest, la succession des
strates se trouve interrompue par une ligne de roches syénitiques sur les-
quelles s'appuient les porphyres et qui forme comme la limite d'une. autre
région géologique où se, montrent les quartzites, les schistes ardoisiers, et
Jes gneiss qui s'étendent jusqu'à la côte où ils reposent généralement sur le
granit.
» Si Ton reporte maintenant son attention sur les couches plus modernes
qui comblent les dépressions laissées entre ces chaînes, on voit les sablesdu
désert d'Atacama s'étendre le long de la côte jusque dans les environs de
Coquimbo,, puis recouvrir le fond d'anciens golfes séparés entre eux par
petites chaînes granitiques et échelonnés sur la côte depuis Coquimbo jus-
qu'à Valdivia. Ces sables reposent sur la couche de conglomérats ponceux
que l'on retrouve dans plusieurs provinces du Chili, et passent graduelle-
ment à des couches de cailloux roulés qui se prolongent vers l'est en sui-
vant les bords des vallées actuelles. Sous les conglomérats ponceux appa-
raissent dans quelques localités des grès calcarifères contenant une grande
quantité de coquilles marines et alternant avec des couches de lignites qui
sont depuis quelques années l'objet d'importantes; exploitations .
» Ces grès, recouverts d'abord par les sables précédents, s'élèvent à
mesure que l'on s'éloigne de la côte, et atteignent vers, leur limite orientale
une altitude qui varie entre ioo et i5o mètres. On peut ainsi les suivre en
remontant les vallées actuelles jusqu'à l'entrée de la plaine longitudinale où,
( 3 9 5 )
ils sont remplacés par des couches d'argile d'origine lacustre qui leur sont
parallèles, et reposent indistinctement sur les porphyres, les grès ou les
marnes gypseuses.
» On est donc conduit, d'après ce qui précède, à subdiviser les terrains
stratifiés du Chili en cinq formations, qui sont : i° celle des sables marins et
du terrain de transport; a° celle des grès marins calcarifères, des lignites et
des argiles inférieures de la plaine longitudinale; 3° celle des calcaires et
des marnes sa\iières; 4° I e grès rouge et les porphyres stratifiés; 5° le
gneiss, les schistes ardoisiers et les quartzites. Le prolongement non inter-
rompu des grès rouges de la Bolivie jusque sur le territoire chilien ne peut
laisser aucune incertitude sur le parallélisme des formations de ces deux
contrées. Les marnes gypseuses, le terrain lacustre et le terrain de trans-
port s'y succédant dans le même ordre et avec les mêmes circonstances de
stratification, se correspondent évidemment.
» La plus grande partie du Mémoire de M. Pissis a pour objet de déter-
miner les directions et les âges relatifs de quatre systèmes de soulèvements,
savoir :
» i°. Le système chilien, le plus moderne de tous et postérieur aux sables
marins et au terrain de transport ;
» 2°. Le système de la chaîne principale des Andes, postérieur aux dé-
pôts tertiaires, lacustres et marins de la Bolivie, du Chili et de la Patagonie ;
direction presque méridienne; soulèvement des trachytes, filons argenti-
fères ;
» 3°. Le système des chaînes transversales du Chili, postérieur aux
calcaires et aux marnes salifères; direction à peu près est-ouest (E. 6 à
io degrés N.); soulèvement des roches labradoriques, gîtes cuprifères;
» If. Système de la chaîne occidentale du Chili, antérieur aux marnes
salifères et postérieur aux grès rouges; roches syénitiques, pyrites auri-
fères.
» Les directions du premier et du dernier de ces quatre systèmes sont peu
différentes l'une de l'autre, et M. Pissis remarque que l'une et l'autre se
rapprochent beaucoup du grand cercle primitif du réseau pentagonal qui
passe par les centres de pentagone, situés au Chili et près des Antilles.
» M. Pissis fait connaître, dans le tableau suivant, les latitudes, leslon-
gitudes et les altitudes que sa triangulation assigne aux plus hautes monta-
gnes du Chili.
52. »
(; 396 )
Cerro del Mercedarjo. .
Cerro de la Ramada. , .
Montagne d'Aconcagua
Cerro del Juncal
Tupungato
Cerro del Plomo
Volcan d.e Maipo . , . . .
LATITUDE S.
° I - Il
32, o. 5,4
3a. 5. 8,6
32.39.42,5
33. 3.5i,3
33.i6.5o,o
33 . 1 3 . 0,0
33.44-27,0
LONGITUDE E.
0,32.49,0
O . 32 . 4o , 2
0.36.34,8
0.32.21,2
0.48.29,0
0.24.32,0
0.46.48,0
6798,5
6347,2
6834,4
5962,6
6526,8
5433,o
5384,0
Notice minéralogique sur le cercle de Laghouat ; par M. Ville, ingénieur
des mines à Alger. (Extrait.)
(Commission précédemment nommée : MM. Elie de Beaumont, Dufrénoy,
de Senarmont.)
« Le cercle de Laghouat peut être divisé en deux parties au point de vue
géologique comme au point de vue topographique.
» La première partie, qui s'étend depuis les Seba-Rous jusqu'à Laghouat,
est essentiellement montagneuse. La deuxième, qui comprend tout le pays
situé au sud de Laghouat, est essentiellement plate. Ces deux régions si dif-
férentes par leur aspect , le sont également par leur composition géologique.
Les chaînes de montagnes qui sillonnent la première région appartiennent
à la période secondaire. Elles sont généralement alignées du nord-est au
sud-ouest. On y trouve cependant des directions différentes qui donnent
lieu parfois à des accidents de terrain fort remarquables. C'est auprès de
Laghouat que ces faits exceptionnels sont le plus saillants. On peut citer le
Guern-el-Meila comme le type du genre. Pour se faire une idée de cette
montagne, il faut concevoir plusieurs cuvettes elliptiques de grandeur dé-
croissante empilées les unes "au-dessus des autres" La cuvette inférieure, qui
est la plus grande, est entourée par un terrain plat qui semble au premier
abord former la base de tout le système, mais qui ne constitue en réalité
qu'une enveloppe extérieure. Une grande fente qui entaille toute cette pile
de cuvettes, depuis le bord de la cuvette supérieure jusqu'au fond de cette
dernière, donne écoulement aux eaux de pluies tombées dans l'intérieur de
cette cuvette. Les couches que l'on observe sur le pourtour des cuvettes
(3 97 )
plongent toutes vers le centre de ces dernières, C'est là le caractère géolo-
gique fondamental de ce système particulier de montagnes.
» Depuis le Seba-Rous jusqu'à Laghouat, toutes ces montagnes de la pé-
riode secondaire paraissent appartenir à une formation unique, le terrain
crétacé inférieur. Le calcaire domine dans cette formation , c'est lui qui con-
stitue les crêtes du Senelba, du Djellal, du Sera et du système de cuvettes
des environs de Laghouat. Il est généralement à structure saccharoïde et de
couleur variable, le blanc grisâtre y est très-répandu. Par l'action des agents
atmosphériques, la surface extérieure de ce calcaire est comme chagrinée,
très-polie et présente un aspect cireux tout particulier. 11 donne par la cuis-
son de la chaux grasse. Ce calcaire renferme intercalées de grandes assises
de grès quartzeux qui varient de couleur et de dureté. Parfois ils sont très-
durs et donnent de bonnes pierres de construction (à Guelt-Esseltel, à
Djelfa ) ; d'autres fois ils sont très-tendres et s'égrènent sous la pression des
doigts ( à Sidi-Recheg. ) La couleur le plus généralement répandue est le
jaune et le rouge. Ces grès renferment de petits galets de silex légèrement
transparents et de diverses couleurs. Par la désagrégation des grès, ces galets
de silex s'isolent, le vent enlève le sable, et il reste alors sur place des espèces
de plages couvertes de ces galets. Ceux-ci peuvent être taillés pour camées,
pommes de canne. On peut dire que le sud de l'Algérie en offre une mine
inépuisable.
» On trouve au milieu des grès, des assises de marnes, tantôt vertes, tan-
tôt rouges, remarquables par la vivacité de leurs couleurs.
» L'assise supérieure de calcaire est caractérisée par la présence de
couches régulières de gypse (pierre à plâtre) qui ont des étendues très-
considérables.
» La régularité, la puissance et l'étendue de ces couches de gypse est un
caractère particulier du terrain secondaire dont il s'agit. Ce caractère ne se
présente pas dans le terrain secondaire de l'Atlas.
» La région plate qui se poursuit sur d'immenses étendues à l'est et au
sud de Laghouat, et qu'on désigne sous le nom de Sahara, est formée par un
terrain d'alluvions anciennes qui joue un très-grand rôle dans la géologie
de l'Algérie.
» Ce terrain diluvien ou terrain quaternaire se compose au pied des
montagnes d'un dépôt de cailloux rotdés empâtés dans une gangue calcaire.
Ces cailloux roulés sont auprès de Laghouat des débris du terrain crétacé,
le calcaire y domine. A mesure qu'on s'éloigne des montagnes, les galets
diminuent en grosseur, le sol n'est souvent formé que par une roche cal-
(3 9 8)
caire d'un blan& jaunâtre, qui s'enlève par plaques ou croûtes plus ou moins
épaisses ; c'est une sorte de carapace qui recouvre le sol comme d'un
manteau. Cette carapace, très=-dure près de la surface, est au contraire assez
friable en profondeur. Elle s'y mélange aveG de l'argile verte ou grise. Cette
dernière roche se présente aussi en dépôts considérables dans le terrain di-
luvien. Elle renferme des cristaux plus ou moins gros de gypse; souvent ces
Cristaux sont assez nombreux pour former des dépôts réguliers et puissants.
» Le terrain diluvien constitue des dépôts plus ou moins considérables
entre les chaînes de montagnes qui sillonnent la région septentrionale du
cercle de Laghouat. C'est lui qui forme le sol de la grande cuvette qui ren-
ferme les deux Zahrez. On le retrouve encore sur les deux rives de TOued-
Màlah entre le rocher de Sel et Djelfa, et dans la plaine de Djelfa, comprise
entre les Djebels Senelbaet Djellal ; entre le Djebel-Djellal et Laghouat, le
terrain diluvien n'est indiqué que par quelques dépôts fort restreints de
cailloux toulés situés sur des plateaux que ne peuvent atteindre les cours
d'eau actuels. »
CHÏRDBGIE. — Deuxième supplément à un Mémoire sur le traitement des
adénites cervicales par un nouveau procédé d'acupuncture; par
M. Boulu.
(Renvoi à l'examen des Commissaires précédemment nommés : MM. Andral,
.. • " - Velpeau, CloqueL) . . . -
EHYSIQUE, — Expériences sur la durée comparative de l'écoulement des
gaz; par M. Ekjj. Baudrehokt.
(Commissaires, MM. Poncelet, Babinet, Morin,)
géométrie. —Note sur une construction graphique par laquelle on obtient, l
à une très~petite fraction près, la longueur du côté du carré équivalent
à un cercle donné; parM.'MVax.icB. - - -
' (Commissaires, MM. Babinet, Chasles.)
technologie. —Note sur Vemploi du tan épuisé pour la fabrication de pa-
piers ou de cartons convenables à diverses industries; parM.. Coctcbier.
(Commissaires, MM. Pâyen, Balard.) .
( 3 9 9 )
M. Behrens adresse de Berlin une Note écrite en allemand sur la com-
position d'une pile voltaïque portative destinée à l'usage médical.
(Renvoi à l'examen de la Commission précédemment nommée pour une
communication de M. Pulvermaeker sur un appareil ayant la même
destination, Commission qui se compose de MM. Becquerel et Pouillet.)
M. m Filippi envoie de Milan une Note sur un dispositif qu'il a imaginé
pour permettre aux personnes voyageant par chemins de fer de se mettre
à un instant quelconque, en communication avec le conducteur du train.
(Renvoi à l'examen de la Commission des chemins de fer, qui se compose
de MM. Poncelet, Piobert, Morin, Seguier. )
CORRESPONDANCE.
M. Vâixee prie l'Académie de vouloir bien le comprendre dans le nombre
des candidats pour la place vacante dans la Section de Géométrie par suite
du décès de M. Sturm. Il joint à cette demande un exemplaire d'une No-
tice imprimée sur ses travaux mathématiques.
M. J.-A. Sebret adresse une semblable demande et y joint également
un exposé de ses travaux.
lies deux Lettres et les Notices qui l'es accompagnent sont renvoyées à la
Section de Géométrie.
M. Le Play remercie l'Académie qui, dans la séance annuelle du
28 janvier dernier, lui a décerné un prix de Statistique pour son ouvrage
intitulé : « Les Ouvriers européens ».
géographie. -Sur la position géographique de quelques lieux dans te sud
de f Algérie i par M. W.-C. Goetze. (Communiqué par M. Le Verrier.)
(Extrait par l'auteur.)
« M. Renou, savant voyageur, a observé, en i853, dans sept lieux de
l'Algérie méridionale, 4 7 séries d'angles horaires, 33 séries de doubles
hauteurs pour la latitude, 5 occultations d'étoiles pour la longitude, et
enfin, pour obtenir cette dernière coordonnée, 1 séries d'apozéniths de la
Lune. Toutes ces observations nous ont été remises par M. Antoine d'Ab-
( 4oo )
badie, avec la prière de les calculer en employant les meilleures théories
astronomiques. Un sextant, un chronomètre et une lunette ont été les in*
struments de M. Renou.
» L'erreur de collimation a été déduite de huit mesures du diamètre du
Soleil : en comparant ce diamètre avec les Tables, nous avons trouvé un
écart moyen de 7" seulement.
» Les Tables de réfraction qui ont servi à tout ce travail sont celles de
Bessel.
» Pour trouver l'heure, nous avons calculé séparément chaque série
d'angles horaires examinée d'abord par différences et contrôlée par le calcul
des hauteurs correspondantes, après l'avoir corrigée, par la méthode de
Soldner. Le chronomètre retardait de r%3i6 par jour, avec des variations
maximum deo s ,4 environ.
» Les latitudes sont déduites de quinze séries de hauteurs de la Polaire,
et de dix-huit séries d'observations circum-méridiennes, dont huit du Soleil
et dix des étoiles. Les observations de la Polaire ont été réduites par la mé-
thode de Gauss ; et celles des astres, près du méridien , l'ont été par les Tables
de Delambre. Quand l'astre était doué d'un mouvement propre en décli-
naison, l'angle horaire a été compté, non du moment du passage méridien,
mais de celui de la culmination, ce qui est un peu différent et plus exact.
Un exemple fera ressortir l'exactitude rare des observations de M. Renou.
Latitude d'El-Jghoudt {centre de la ville).
Par 56 observations du Soleil . (7 séries) 33° 48' ig",8
» 29 » de la Polaire (4 séries) 33° 48' 21 ",3
» 16 , » de. l'Epi de la Vierge (2 séries) 33°48'23' / ,8
« La latitude de ce point sera donc 33°48'2o",8 avec une incertitude
de 5".
» Quatre stations sont fixées en longitude par deux séries d'apozéniths lu-
naires et par cinq occultations d'étoiles. Pour la réduction de celles-ci, nous
avons employé une méthode qui nous est propre', exposée en partie dans le
journal AstronomischelSachrichten,VL 785, et complétée dans l'ouvrage que
nous préparons avec M. d'Abbadie sur la géographie de l'Ethiopie. La base
de cette, méthode consiste à déduire des coordonnées d'une étoile occultée
les coordonnées vraies du point du disque lunaire où le contact apparent a
eu lieu. Nous avons fait entrer dans le calcul toutes les-corrections connues,
entre autres celle qui dépend de l'altitude du lieu de l'observation, celle qui
résulte de la nouvelle parallaxe de M. Adams, et enfin celles qui dépendent
(4oi )
des erreurs des Tables. Nous tenons ces dernières de M. Main, astronome
de Greenwich, qui a bien voulu, en l'absence de M. Airy, les transmettre à
M. d'Abbadie.
» La détermination de la longitude par apozéniths lunaires mérite d'être
mieux connue quand on observe à terre. Elle ne pouvait échapper à
M. Renou. Ici encore nous avons appliqué nos propres formules, qui sont
très -commodes pour les observations en séries. Au lieu de déduire la
longitude de chaque apozénith lunaire en allant de l'observation au résul-
tat, nous préférons remonter du calcul à l'observation. A cette fin, nous
adoptons une longitude approchée en nous réglant sur le transport du temps
par chronomètre ou même sur la simple estime du voyageur. Avec cette
longitude supposée, et en tenant compte de toutes les corrections lunaires,
nous calculons d'abord par nos formules, et nous étendons ensuite par
interpolation une éphéméride qui embrasse chaque série et qui donne, pour
des intervalles de temps petits et égaux, les apozéniths de la Lune qu'on
aurait dû observer à la longitude supposée. Une seconde interpolation
permet de les obtenir pour les moments notés par l'observateur; en les
comparant aux apozéniths réellement observés, on obtient enfin, pour
chaque apozénith, une correction de la longitude. Si les observations sont
rigoureusement exactes, cette correction doit présenter le même signe et la
même valeur : dans tous les cas, on en prend la moyenne. Voici une série
d'apozéniths lunaires observés à Berriâu le 1 5 avril 1 853, et qui montre les
résultats de l'application de notre méthode :
Longitude à l'Est de Paris = o h 5 m 3ç) s ,o -f-z 5 .
C R., i856, i« Semestre. (T. XLII, N°8.)
{ 402 )
» La moyenne de toutes les valeurs de x est = — 43°j72, et comme nous
avons supposé la longitude = o h 5 m 39 s ,o, nous aurions o h 4 m "55 s ,a8 pour la
longitude résultant des observations. Une série prise le lendemain montre
que cette longitude est incertaine de 3o s . Telle quelle, elle diffère de
54 s , 48 de la longitude donnée seulement par le chronomètre, mais on sait
que cet instrument, si précieux en mer, inspire à terre bien moins de con-
fiance, à cause des secousses inévitables d'un voyage fait à pied ou autre-
ment. - - _ ;..."'■
» Dans les tableaux joints au Mémoire, on trouvera partout les coeffi-
cients différentiels qui permettront de rectifier promptement nos résultats,
si des méthodes nouvelles d'observations ou des théories plus exactes
viennent un jour modifier les éléments qui ont servi de base à nos calculs.
» Voici le tableau qui résume nos résultats :
LIEÇ
d'obserration.
Djelfa
El Aghouât. . .
Beïriâu.
Sidi-Makhlouf
Bou-Sa ! ada., .
Biskra . ......
Bàtna
WTIIUM
probable.
34.4o. 8,0
33.48.20,8
33 4947,7
.34. 7- 36 >4
34.12.52,6
34.5i. 9,2-
35.32.24,8
LOSGITDDE A L'EST DE PARIS
1HCERTIT0DE
20"
5
'7
3o
i5
par
les observations
astronomiques.
- h - m s- -
0. 3.12,0
O. 2. 3,0
0. 4.39,5:
0.15.19,6
. par .
le obronomètro.
0. 3.45,9
0. 2. 3,2
-0. 5.33,9:
o. 2.33,4
0. 7. 9,3
0.l3.2!,3
0.l5.I2,2
LOHGITODE
probable.
' U~ m s
o. 3.12,0
o. 2, 3,0
o. 5.33,9
o, 2.33,4
0. 7. 9,3
o.i3.2i,3
0.15.19,6
physique. — Sur l'association de plusieurs condensateurs entre eux pour
manifester les faibles doses d'électricité. (Lettre de M. P. Volpicelli à
M. Pouillet.) _ . • "
« Volta et Cavallo furent les premiers, non pas seulement à imaginer,
mais à pratiquer l'association de deux condensateurs entre eux pour ac-
croître la tension électrique (1). Plus tard divers physiciens italiens, entre
autres Gerbi (2) et les illustres Belli et Pianciani (3), firent mention de
(1) Collezione délie Opère di Volta. Firenze , 18 16; t. I, p. 269.
(2) Corso di Fisica,J?is&, 1823 ; t. in, p. 23g.
(3) Corso di Fisica .- Milano , i838 ; t. III, p. 3g3. — - Istituzioni fîsico-chîm. J\.om&,
i834;t. m, p. 66.
( 4o3 )
cette méthode, et il y a peu de temps M. Gaugain (i) l'a employée avec
assez de succès. En conséquence il sera peut-être utile de démontrer :
i° que la théorie de l'union entre eux de deux condensateurs est corollaire
de celle qui en unit un nombre quelconque; 2 que sans doute il est né-
cessaire que le plateau du premier condensateur soit plus grand que celui
du second, afin que l'accroissement de tension s'obtienne, mais que cette
condition toute seule n'est pas suffisante ; 3° que les nouvelles formules
relatives à cette association, considérée d'une manière générale, complètent
la doctrine du condensateur.
» Supposons donc que les condensateurs associés soient v y en nombre,
et que les contacts, dans tout le système, entre eux, depuis la source de
l'électricité jusqu'au dernier condensateur, se répètent ri fois. Représentons
par c la charge d'électricité initiale à explorer, et qui pourra être défi-
ciente ou inépuisable. Ensuite pour le condensateur lé ème et pour son con-
tact ri ème avec le plateau (k — i) ième , soient
» m k le rapport que j'appelle électrostatique, à savoir cette fraction qui
dépend en même temps de la distance entre les deux disques et de la capa-
cité spécifique d'induction du coïbent interposé;
3) s k la superficie du plateau collecteur;
» c ( t a) la charge de ce plateau ;
» ajW la quantité d'électricité restée libre sur le plateau (A- — \) ième après
qu'il a communiqué avec le k ième et n'étant pas encore retourné sur sa
base ;
» jf la quantité d'électricité dissimulée dans le plateau A"" 16 et relative
seulement à sa n ième communication avec la plateau (k — i) ième ;
» al n) l'électricité libre dans le plateau k ième joint à sa base non isolée et
relative seulement au contact n ième avec le plateau (k— 1 ) ième ;
» $" - " et y^"" les deux électricités, l'une libre, l'autre dissimulée dans
le plateau À"" me reposé sur sa base communiquante avec le sol et après avoir
exécuté le contact (n — if me entre lui et le plateau (*■'+ \) ième .
» Maintenant il est facile de voir que les quantités indiquées se lient
(1) Comptes rendus, i853; t. XXXVI, p. ! 084, et t. XXXVH, p. 84.
53..
( m )
entre elles moyennant les équations suivantes
"(0
-OO _ ~,(n) I .„(») -_I_ „w
■~k-r :
^-,+ ^*^
f
I — m' k
M — V W . -/«-') , „(») _j_ <o(»-'>
•T;
i- 1 -
PI
(«)
I— /»'
«.(") ~.(») o(«)
«-2 — ^li-l ~~" Pi-I*
Si l'électricité c était déficiente, elle diminuerait à chaque contact avec le
premier plateau : pour cela, z (nl représentant la même éleetricité après le
n ième contact avec le même plateau, noua aurons ; ". . . : . ;
(»)
2 («-<) _ «M __ V W _ K («)
•jr\ = &
dans laquelle équation posant
n == i,
nous aurons
» Supposant dans les équations (i) « = i , on aura
■ ■ pf=7r=o, . .■■■-,. .,
et négligeant les deux dernières des équations (i), on obtiendra les équa-
tions - • - ..".:\".- ■ ; . '. '-..-.... £ "
<° = .«P -4- .«<" -4- *f'\ *CO. .. „(0
Ç^i — ■%
^+<'+jr>-^,X' ; =^- f :^
(3)
(-0
c i —y* ± a t,i
( 4o5 )
desquelles, par l'élimination, on obtiendra les équations
e (t)_ i 1 — a, *) < » < v- 11 )___W ± _ <
(4)
, 2^ O (0
*'--(i-J», , )* t ., + n' * _ («-^>*-,W
relatives à un seul contact pour un condensateur quelconque. C'est-à-dire
que la charge dans les plateaux va toujours diminuant du premier au der-
nier, quelles que soient les quantités s k _ { , s k , m k _ K , m h . Toutefois expri-
mant avec t^ la tension du plateau k ième , nous aurons
t (,)
(1) 2 , ^
et il sera
*(•> ^ M)
si l'on a
( 5 ) . :_T.-'n;-4"-^-<i.
Mais on ne pourra vérifier la formule (5) sans vérifier aussi la formule
Sk — l
donc il sera nécessaire, mais non suffisant, pour avoir l'accroissement de
tension, quand on communique la charge d'un plateau à l'autre, que celui-ci
soit plus grand que celui-là ; à savoir qu'on ait
et de plus on devra vérifier la formule (6), c'est-à-dire que, à la production
de l'effet indiqué, doit aussi concourir le rapport électrostatique du con-
densateur le plus petit.
» Le cas le plus commun dans la pratique, celui auquel nous nous arrê-
terons pour donner quelque développement aux formules précédentes,
consiste dans l'association entre eux de deux condensateurs seulement, le
premier plus grand que le second; et dans la supposition que la source
( "4o6 )
primitive très-faible de l'électricité, qui doit se manifester par la répétition
des contacts entre les disques des deux condensateurs, soit inépuisable.
Pourtant, faisant k == 2 dans les équations (1), nous aurons les sui-
vantes : * . . • .'■- ' -- "~
(?) {-..:■-.. . ■- :: -(.)■,-•<.)', -, '<■■*
Ensuite, faisant ra = 1, 2, 3,..., nous aurons, par le moyen de l'élimina-
tion, les
(8) 1 " 2 ~ * ' ■ ~~ ;
J* — j. » ■*, — J n ,
dans lesquelles on a fait, pour abréger, .;:..'.
nln — 1) , .. . , ..... --
h— (i — ml)s,-h s 2 .
» De la troisième des équations (8), if résulte
' c (,) C M C (3) ■ >> - '■ ■ -■-'-..,-
* -* V '" ;^' .'.: e : . \ : -.V -\:
c'est-à-dire les tensions de l'électricité recueillie sur le second plateau,
éloigné de sa base, sont croissantes avec l'accroissement du nombre des
contacts. Comme d'ailleurs la tension de l'électricité originaire indéficiente
s'exprime par j, alors celle-ci se trouvera accrue dans le second plateau,
éloigné de sa base après les n contacts, quand on aura '- ■ - -'- ;
; C -f->y ou p n s f >h-m*)h>>. ^ ----
( 4o 7 )
Dans les mêmes circonstances, il y aura le maxiftium d'accroissement de
tension dans le second plateau quand sera
ou quand on aura
i-mî-t-- <i;
condition qui coïncide avec la formule (5).
» Pour faciliter la transmission de l'électricité de la source primitive au
premier condensateur, et, aussi de celui-ci à tous les autres, jusqu'au der-
nier du système, il faut employer un conducteur de seconde classe. Ce
moyen est indispensable entre la source d'électricité et le premier conden-
sateur quand elle consiste en un coïbent électrisé. Cela dérive de la faculté
qu'ont les conducteurs liquides d'absorber l'électricité des corps isolants
électrisés; faculté qui, pour la première fois, a été signalée par l'illustre
physicien M. E. Marianini, et à laquelle on doit faire attention pour bien
conduire les expériences de ce genre. »
analyse mathématique. — Sur les restes produits par la recherche du plus
grand commun diviseur entre deux polynômes; par M. Faa deBrukto.
a Soient les fonctions
P = a x n 4- a K x n ~ K 4- a^x"- 2 4- ... 4- a n
Q = b x n ~ { 4- b K x"- 2 4- b 2 x n ~ s + . . . -f- b n . t ,
et supposons que l'on effectue entre elles l'opération du plus grand com-
mun diviseur, en changeant les signes des restes, comme dans le procédé
de M. Sturm pour la détermination du nombre des racines réelles de
l'équation P = o. M. Cauchy a fait voir que les restes fournis par une
semblable opération pouvaient être très-aisément obtenus en fonction des
coefficients de P et de Q par la méthode des clefs algébriques si simple et si
expéditive pour le calcul. A cet effet, il pose
^^«-'-t-j,*- 1 + *,*-• 4- ... 4- s p x~^ H-
et il donne, sauf quelque léger changement, la formule suivante pour la
( 4oS )
valeur du reste « de degré n — /*",
u = l a
2 fc=re — ft.
J=0
s p. — I
S„
s /i—1 S/x—ï Sp ... ^2^—3
o Oj b 2 . . . S^—j
où l'on a
» Mais il restait à voir comment ces coefficients s , s A , ,y 2 , etc. , du déve-
loppement de ^ en série suivant les puissances ascendantes de x~ K étaient
liés à ceux de P et de Q. C'est ce qui est facile à trouver, et l'on a en
effet .:........".
. = {-*Y
- -
K
d
o o
- -
b t
a t
a o
I
b*
«2
a 3
M, a
et 2 a,
■ *
• -
. . .. -, «;
b P -
f a P -
1 a ,p--2 a p—3
b P
a p
a p-\ a p-2
. o
. o
. o
. o
» Je remarque encore que L'espression_de u^ est susceptible d'être sim-
plifiée. En effet, S/ peut être considéré comme une partie du coefficient
de x~' n ~ l * l) dans le produit de " - - - -
a -j- «, xT* + a^oc-- -h-- . . . , par ^ a 1-1 + s, or 2 -+- s 2 x~ 3 + . . . ,
qui n'est autre chose, que.
. Par* + b t x- 2 ■+■ b 2 x- 3 + ... + b n _ M _, a:^ n - l+v > + . , . + b n _, or":
» Par conséquent on a "
S,- = o„_; + ,_ 1 — (a.n—u.—1-hi S/j-i-t—2 + . . . + a n si_i_ K ).
» En négligeant alors les termes, qui dans le déterminant ci-dessus
fourniraient des lignes horizontales semblables à celles qui déjà y figurent,
(4o 9 )
on aura simplement
S( = b n _i — o. n -i s a
S 2 = O n _i +i — &n-4 s l — a n-M s o
Sj = b n _i + i— t d n -iSi_ x ct„_i +l S[_ 2 -<- . . . ci n J/_/_i
S^—i — ba—l-i-p—v — &n-t s ix—1 — a n-l+\ s /x—3 —
&n s ii.-'i—l '
Ainsi on n'aura plus besoin de calculer s p que pour les valeurs de p com-
prises entre o et p. — 2.
» On peut aussi exprimer très-facilement le reste u^. en fonction des
racines. Il suffit pour cela d'observer, qu'en appelant P' la dérivée de P,
et ( —A ce que devient ^ après y avoir fait x = x t , x t étant une racine de
l'équation P = o, on a
~2d(p'
X.
En employant alors une transformation de clefs algébriques, pareille à celle
dont M. Cauchy s'est servi dans une autre occasion, on trouve, à un fac-
teur positif près,
■^mi-(t
I I
I
I
X 1 «3^2
J?3
...r„
a 1
X X
1 2
2
a
•■X
n
«— 2 »-
X X
I 3
-2 «—2
X 3 ■
IX— 1
■•X
n
fX—l /X-
X X
I 2
-1 /x— 1
ix— l
•■X
n
2X
I
X,
I
X n t
.. I
..x n
1
X
I
2
X
2
n
ix— a
X
I
ix— a
X
2
II.— 2
n
x D
I X
x^D ■
1 2 x :
n *„
dn—fi — Z-+-I
En effet, on trouverait ici, pour un des éléments de la dernière ligne du
déterminant sous le signe ^ l'expression
a h = k.,,-! + an-n-i+i x k •+■ a n _p_i_ 2 x* + . . . 4- a Q x\ '* j x*
Or la quantité entre parenthèses n'est autre chose que
— T) Xk ■ dn—fx—l-hi •
C. R.,' JS56, i* r Semestre, (t. X.LII, N° 8.) ^4
(4io)
Lorsque /= n— fi, 07, se réduit à a x h , et par suite le coefficient 'de la
plus haute puissance dans u^ devient, après une transformation
connue, .
W. (p'
%\
s o s \ s %
$\ $2 "3
$2 $3 $i
• • • Sfi. — 1
. • • Sp
... ^+1
Sp — 2 $1/,— V *p.
S;/.— i S/t •fy.-t-i
... J3 /Jt _3
. .. S^p—I
Si Q = P', le nombre des variations de signes, présentées par la série des
divers déterminants de cette forme, sera égal, comme on sait, à celui des
couples des racines imaginaires de l'équation P = o. Alors aussi s p en
général devient la somme des p ièms puissances semblables des racines de
cette même équation. » ~ - — *: =-.
chimie appliquée. — Caractères des vins rouges additionnés d'alun, et
application de ces caractères à la constatation de petites quantités de ce
sel introduites dans le vin; par M. J. -L. Lassaigne. ......
• « Appelé dans ces derniers temps à donner notre opinion sur. un vin
falsifié, déclaré contenir de l'alun en certaine proportion, -nous avons dû,
avant de nous prononcer, faire quelques expériences comparatives. Les
essais auxquels nous nous sommes livré, nous ont appris que les sels alu-
mineux en général, ^en solution dans lés vins rouges, se décomposent en
partie plus ou moins promptement, suivant la température à laquelle on
opère, et qu'il résulte de cette réaction la précipitation d'un composé
coloré formé par l'union de l'alumine avec une portion de la matière colo-
rante du vin; que ce composé, d'une couleur rose hortensia, ou tirant
un peu sur le violet/ suivant l'espèce de vin rouge, est une véritable laque
comme en produit l'alumine avec la plupart des principes colorants orga-
niques. - -_...-..
» Lorsqu'on porte à l'ébullition pendant quelques minutes un vin rouge
quelconque, additionné d'une très-petite quantité d'alun, il se trouble peu
à peu et donne lieu à, un.précipité floconneux qui, par le repos et ^refroi-
dissement, se rassemble au fond du vase en une laque colorée complètement
insoluble. Ce dépôt, qu^on peut isoler facilement par décantation et filtration ,
présente des réactions qui caractérisent la couleur empruntée au vin lui-
même ; en le calcinant au contact de l'air dans un creuset de platine, il
(4m)
laisse un résidu blanc pulvérulent, assez abondant, présentant tous les ca-
ractères de l'alumine anhydre.
» \je&N\Q& ïauges çurs, et non additionnés de sel alumineux, ne se trou-
blent pas par l'ébullition même prolongée, et d'ailleurs le dépôt qu'ils pour-
raient donner quelquefois dans cette condition, ne présenterait pas la
composition indiquée ci-dessus.
» Les expériences directes que nous avons entreprises, et qui font l'objet
d'un Mémoire non encore terminé, nous ont démontré que par le moyen
simple mentionné dans cette Note, on pouvait déceler assez promptement
(j e _j à - f - d'alun potassique ou ammoniacal dissous dans un vin
rouge°,° et jusqu'à même -gfa. Une proportion plus faible pourrait égale-
ment être constatée dans un vin suspecté en réduisant son volume par
l'évaporation, et recueillant avec soin le dépôt qui se formerait dans cette
circonstance et l'examinant ensuite. »
physiologie. — De l'action du chloroforme sur le sang. (Extrait d'une
Lettre de M. leD r Charles-T. Jackson à M. Élie de Beaumont.)
« Boston, le i5janvier i856.
» J'ai eu dernièrement l'occasion d'analyser par ordre du coroner le
sang d'une femme qui avait succombé aux effets de l'inhalation du chloro-
forme, et j'ai découvert que le sang était décomposé par le chloroforme et
"que le terchloride de formyle (chloroforme) était changé en' teroxyde de
formyle (acide formique), que j'ai retiré du sang par la distillation. Le
chlore était combiné avec le sang, qui avait perdu la propriété de se coagu-
ler et celle de rougir par l'exposition à l'oxygène de l'air. »
M. Coriutoif prie l'Académie de vouloir bien faire examiner par une
Commission un herbier qu'il a formé aux environs de Montevideo et dans
l'île de Saint-Gabriel, et qu'il destine au Muséum d'Histoire naturelle. Il
désire savoir s'il y aurait de l'intérêt pour la science à faire de cette flore
locale l'objet d'une publication.
Si M. Courbon veut présenter une description de la collection qu'il a
formée, son Mémoire sera soumis à l'examen d'une Commission.
M. Ritz prie l'Académie de lui faire savoir le jugement qui aura été
porté sur une Note qu'il avait adressée, en juillet i855, sur la direction des
aérostats au mojen de l'hélice.
(Renvoi à l'examen des Commissaires désignés : MM. Poncelet,
Piobert, Seguier. )
( 4ia )
M. Piffer annonce avoir construit le modèle d'uu appareil destiné de
même à diriger les aérostats, et dans lequel il fait également usage de
YLhélice.
Si l'auteur veut envoyer une description suffisamment détaillée de cet
appareil, sa Note sera renvoyée, s'il y a lieu, à l'examen d'une Commis-
sion. ---' "- ' : - ; . _ _■ •. ._;-"•
M. Dudocit adresse des remarques relatives au programme de l'un des
pris de Mathématiques proposés pour l'année i§56 (question concernant
le dernier théorème de Fermât) et demande que ces remarques soient com-
muniquées aux Membres de la Commission chargée de juger les pièces
admises à ce concours.
(Réservé pour la future Commission,)
M. l'abbé Rojsdox adresse d'Àix une nouvelle Lettre relative à sa Note
intitulée : « Les neuf partages égaux de la surface du globe. »
A 5 heures et quart, l'Académie se forme en comité secret.
COMITÉ SEGRET.
Au nom de la Section de Géométrie, M. Lamé présente la hste suivante-
de candidats pour la place de Correspondant vacante par suite de la nomi-
nation de M. Lejeune-Dirichlet à une place d'Associé étranger :
En première ligne. ... M. Ostrogradski, à Saint-Pétersbourg.
M. Bour, à Saint-Étienné- -
M; Cayley, à Cambridge.
M. Kcmmër, à Berlin.
En deuxième ligne 1 M. Richelot, à Koenigsberg.
(par ordre alphabétique.) \ M. Rosenhakî, à Breslau.
M. S arecs, à Strasbourg.
M. Sylvester, à Londres.
M. Thomson, à Glascow,
. Les titres de ces candidats sont discutés. L'élection aura lieu dans la
prochaine séance.
La séance est levée à 6 heures.
COMPTE RENDU
DES SÉANCES
DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES.
SEANCE DU LUNDI 5 MARS 1856.
PRÉSIDENCE DE M. BINET.
MÉMOIRES ET COMMUNICATIONS
DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE.
malacologie. — Communication de M. A. Moqcin-Takdo».
« J'ai l'honneur d'offrir à l'Académie le premier volume d'un ouvrage
intitulé : Histoire naturelle des Mollusques terrestres et fluviatïles de
France.
» Cet ouvrage a été commencé en i835, à l'époque où j'étais chargé de
la Zoologie et de l'Anatomie comparée à la Faculté des Sciences de Toulouse.
Interrompu en 1837, repris en i845, il a été terminé en i854; diverses cir-
constances en avaient retardé l'impression.
* Ce premier volume est accompagné de vingt-septplanches gravées et
divisé en trois livraisons. Il traite principalement de l'anatomie et de la
physiologie des Mollusques. J'ai disséqué à peu près tous les genres; j'ai
même choisi plusieurs types par groupe dans les genres importants.' J'ai
répété et varié mes dissections, quand elles ont eu pour objet des espèces
très-petites ou des organes très-obscurs. Les Mollusques sont des animaux
plus ou moins mous, ainsi que leur nom l'indique, parfois même demi-géla-
tineux, dont l'anatomie demande beaucoup de précautions et d'habitude,
surtout lorsqu'on désire étudier des espèces presque microscopiques, brunes
ou noirâtres comme le Pupa megacheitos, grisâtres ou transparentes comme
V Hélix pulckella. J'ai dû souvent employer une bonne loupe montée, même
C. R. i856, i« Semestre. (T. XLII, N° 9.) 55
(4i4)
le microscope, et les procédés les plus délicats de la zootomie. Je suis par-
venu ainsi jusqu'à isoler, dessiner et décrire les organes digestifs, nerveux et
reproducteurs du Carjchium minimum. On sait que ce petit, animal, dans sa
plus grande extension, présente à peine trois quarts de millimètre de lon-
gueur (i).
» J'ai donné une attention particulière à Y Ancylus flùviatilis , gastéro-
pode très-difficile à' disséquer, mal connu, mais fort curieux, qui forme,
pour ainsi dire, le passage entre les Céphalés pulmonés ou terrestres et les
Céphalés branchifères ou aquatiques (a).
» J'ai fait connaître, il y a quelques années, l'organe de l'olfaction chez
les Gastéropodes (3). Cet ouvrage renferme un résumé complet de mes
recherches sur cet appareil. 11 contient aussi une détermination exacte et
rigoureuse des- éléments reproducteurs, si compliqués, des Mollusques an-
drogynes, et de nouveaux détails sur les vésicules multifides ou non multi-
fides des Hélices (4), sur les mâchoires et la langue des divers genres (5),
sur leur organe pulmonaire ou branchial, sur le sang des Planorbes (6) et
sur d'autres points intéressants de l'anatomie ou de la physiologie des Mol-
lusques céphalés ou acéphales
» J'ai déjà eu l'honneur d'appeler l'attention, de l'Académie sur l'exis-
tence d'une quatrième paire de ganglions nerveux dans les Acéphales (7) et
sur celle des spermatophores dans les Gastéropodes (8). On trouvera, dans
le présent livre, la description et les figures de ces parties.
» Mes essais anatomiques et physiologiques sont accompagnés d'études
sur les oeufs et sur leur embryogénie, de recherches sur la coquille et sur sa
(1 ) Sa mâchoire est large de o rom ,o8, son estomac long de o mm ,5 et son intestin de 3 mu V5.
Ses ganglions cérébroïdes offrent o°"V de diamètre, son œil o. mm ,o3 et son cristallin
O œm ,025.
(2) .Voyez /oar». CohcA., i85a; t. m, p. 7, I2ï et 337. ' .
(3) Voyez Mém. Aead. Sciene. Toulouse, i85i; 1. 1, p. 5g. — Ann. Scienc. nat., i85i;
t. XV, p. i5i, — Journ. Coneh., i85ij t. XI, p. 7 et i5i.
(4) Voyez. Mém. Àcad. Scienc. Toulouse, 1848; t. IV, p. 382.
(5) Voyez Mém. Acad. Scienc, Toulouse, i.%8; t. IV,p. 371. — Act. Soc. Linn. Bord,,
1849; '• XV ' ! P- 35 9- QK
' (&} Voyez Mém, Aead. Scienc. Toulouse, i85i ; t. I, p. 196. — Ann. Scienc. nat., i85i;
t. XV, p. 145. ■-..-..'
(7) Voyez Comptes rendus, i854; p- 265.
(8) Voyez/ «™. Conch., i85.;MI, p. 333, et i85a;- t. III, p. i3 7 . - Comptes rendus T
I 855^p.857. ..•-■,-...;•. ■"-''-"
( 4i$ )
formation, et de considérations sur la reproduction artificielle des cornes ou
des lèvres, du mufle ou de la tête tout entière. J'ai traité aussi des anomalies
examinées soit dans l'animal, soit dans son enveloppe. Enfin, j'ai terminé
le volume par des réflexions philosophiques sur les divers degrés d'impor-
tance que peuvent offrir les organes essentiels à la taxonomie, soit pour la
constitution des genres, soit pour leur disposition naturelle en série linéaire,
en séries paralléliques ou en tableau. »
M. Payes, en offrant à l'académie la troisième édition des « Substances
alimentaires », signale, dans les termes suivants, les additions qu'il y a faites :
« Parmi les choses nouvelles que j'ai introduites dans cette édition, on
remarquera, sans doute, les perfectionnements notables réalisés :
» i°. Dans la préparation des légumes desséchés et comprimés, dont
l'invention primitive avait mérité à son auteur une des récompenses de la
fondation Montyon décernées par l'Académie ;
» a°. Dans la préparation des conserves alimentaires, par M. J. Martin
de Liguac et M. Chevalier- Appert.
» Ces nouveaux perfectionnements ont permis de fournir à nos armées
d'Orient plusieurs millions de rations de légumes, de viande et de bouillon.
» Les produits de ce genre furent examinés avec un vif intérêt parmi les
collections envoyées des différentes parties du monde à l'Exposition uni-
verselle de i855; on a pu se convaincre, en les voyant, que le procédé
d' Appert, inventé chez nous au commencement de ce siècle, et les inven-
tions plus récentes relatives à la dessiccation des légumes, forment aujour-
d'hui la base des moyens généralement employés chez toutes les nations
pour préparer les approvisionnements utiles à l'économie domestique, à la
marine et aux armées en campagne. »
RAPPORTS.
M. Recquerel fait, au nom d'une Commission, un Rapport sur un per-
fectionnement apporté par M. Lenoir à la reproduction des rondes bosses
par la galvanoplastie.
Avant que les conclusions de ce Rapport soient mises aux voix, M. The-
nard exprime le regret de ne pas voir la Commission demander l'impression
au Recueil des Savants étrangers de la Note dans laquelle M. Lenoir a
décrit son procédé.
En réponse à cette remarque, M. le Rapporteur déclare que la Note qui
55..
( 4i6 )
aceompagnaU les: produits présentés par M. Babïnërdàns là séance du
i î février dernier était trop incomplète pour donner une idée du procédé
employé pour îes3obtenir, procédé dont les détails n'ont pu être complète-
ment connus! des Commissaires qUe par les communications verbales de
M. Lenoir et les observations qu'ils ont faites dans ses ateliers.
Après une discussion à laquelle prennent part MM. Thenard, Pouillef,
Regnault, Babinet et Becquerel, l'Académie invite la Commission à lui pré-
senter de nouveau, dans une prochaine séance, son Rapport, en y joignant
une description suffisamment détaillée du procédé.
NOMINATIONS.
L'Académie procède,; par la voie du scrutin, à la nomination d'un
Correspondant pour la Section de Géométrie , en remplacement de
M. Lejeune-Dirichlet, élu à une place d'Associé étranger.
Aii premier tour de scrutin, le nombre des votants étant 48 , ,
M. Ostrogradski obtient. . . '' . . . 43 suffrages.
M. Thomson ......... 3
M. Bout. . . . . . . ... , 2
^ JML OsTEOGBADSKi, ayant réuni la majorité absolue des suffrages, est
déclaré élu. - -
MÉMOIRES LUS.
- PHYSrOLOGiE. — Mémoire sur la contractilîté tendineuse., ■
» par M. Joies Goekes.
(Renvoi à l'examen de la Section de Médecine et de Chirurgie.)
« Les tendons, dit Bichat (î), sont des espèces de cordes fibreuses inter-
» médiaires aux muscles et aux os, transmettant aux seconds les mpuve-
» ments des premiers, et jouant dans cette fonction un rôle absolument
» passif. » Cette opinion du fondateur de l'anatomie générale, sur le carac-
tère purement passif du tendon, n'a jamais été contestée par personne.
. » Cependant, depuis environ dix années, j'ai acquis la conviction, et j'ai
professé à plusieurs reprises, que cette doctrine de Bichat et de ses conti-
nt) Anatomie générale, OEuyrescompl., t. V, p. 271.
( 4«7 )
nuateurs n'est nullement fondée. L'analyse histologique, les faits patholo-
giques, l'observation et l'expérience physiologiques m'ont paru s'accorder
pour établir d'une façon certaine que les tendons se contractent. Je me
hâte d'ajouter qu'ils ne se contractent pas d'une manière identique à celle
des muscles, ni d'une manière aussi évidente que ces derniers, ce qui ex-
plique comment un fait de cet intérêt a pu échapper à tous les anatomistes
jusqu'à ce jour.
» §1. Faits histologiques.— Dès l'année 1 835, j'avais fait connaître, et une
Commission de l'Académie avait constaté que, dans certaines conditions
déterminées, comme une tension constante et exagérée, les muscles ont la
propriété de passer à l'état fibreux. Dans ces différents cas, les portions de
tendon résultant du travail de transformation fibreuse s'offrent avec tous
les caractères histologiques du tendon primitif, dont elles ne sont qu'un
simple prolongement, aussi impossible à distinguer au microscope qu'à
l'œil nu. De l'identité de tissu, j'ai été porté immédiatement à conclure à
l'identité de fonction.
» § II. Faits pathologiques.— Mais ce que les études histologiques ne per-
mettaient encore d'établir que par induction, l'observation pathologique
m'a permis de le constater directement.
» Dans un Mémoire dont les conclusions sont insérées aux Comptes
rendus de l'Académie, année 1840, p. 627, j'ai fait connaître pour la pre-
mière fois que les tendons sont susceptibles de se rétracter spécialement et
à l'exclusion du muscle proprement dit, c'est-à-dire de se raccourcir et de
se maintenir raccourcis, comme conséquence d'une sorte de spasme limité
à leur sphère d'action.
» Le caractère anatomique de la rétraction tendineuse, celui qui permet de
la distinguer de la rétraction du muscle proprement dite, c'est la diminution
de longueur du tendon par rapport au muscle, lequel, dans certains cas,
conserve sa longueur normale : le contraire ayant lieu lorsque la fibre mus-
culaire participe primitivement à la rétraction, ou en est le siège principal.
Or j'ai constaté directement, sur le cadavre d'un jeune sujet qui était mort
avec une désorganisation tuberculeuse du pied , un raccourcissement du
tendon d'Achille correspondant , lequel offrait une réduction de 3 centi-
mètres 4 millimètres sur celui du côté- opposé.
» Le caractère physiologique de la rétraction tendineuse, c'est d'abord
de s'opérer sous l'influence d'une lésion et d'une douleur localisée au voisi-
nage de l'insertion du tendon, comme dans certaines arthropathies ; c'est en-
suite, sous l'influence de cette douleur, de provoquer une attitude articu-
(4*8)
laire en rapport avec l'action des tendons raccourcis, sans participation du
muscle proprement dit, attitude qu'on avait supposée prise volontairement
par le malade pour se soustraire à la douleur.
» De ce double caractère anatomique et physiologique de la rétraction
tendineuse, on peut donc conclure que les tendons jouissent de la propriété
de se rétracter, comme les muscles, c'est-à-dire qu'ils sont susceptibles d'é-
prouver, comme les muscles, une maladie qui n'est qu'une altération de la
contractilité physiologique:^ - -,
» § III. Faits physiologiques. — Les muscles et les tendons forment un
tout continu. Il fallait, pour mettre hors de doute le fait de la contractilité
propre des tendons, pouvoir isoler les deux portions charnue; et fibreuse
et observer séparément dans chacune d'elles le phénomène de la con-
tractilité.
» 11 existe chez l'homme et tous les animaux vertébrés un muscle sur le
trajet duquel un os parfaitement distinct, la rotule, a pour effet de séparer
en deux portions, et comme deux tendons distincts, un des plus forts ten-
dons de l'économie : les tendons rotuliens supérieur et inférieur. Or il arrive
assez souvent qu'à la suite des maladies du genou, la rotule se soude, s'an-
kylose avec la surface correspondante du fémur. Les cas de cette sorte réa-
Usent de la manière la plus parfaite la condition que j'avais d'abord songé à
provoquer chez les animaux, à savoir : d'isoler, à l'aide d'une adhérence de
l'extrémité musculaire du tendon, la contractilité propre de ce dernier, En
effet, lorsque chez les sujets affectés de ces sortes d'ankyloses, on veut ob-
server ce qui se passe dans les efforts pour soulever le membre, on s'assure
aisément qu'en même temps que les muscles extenseurs de la cuisse, le tri-
fémoro-rotulien se contracte, le tendon rotulien inférieur, c'est-à-dire la
portion du tendon située entre la rotule ankylosée immobile et le tibia mo-
bile ou immobile, participe à la contraction du muscle : elle se soulève, se
durcit et se raccourcit d'une quantité sensible au toucher et à l'œil,
>■> Mais ces circonstances assez rares où la contractilité du tendon rotulien
peut être constatée, à part de celle du muscle, n'ont servi qu'à me mettre
sur la voie d'autres faits infiniment plus fréquents, et par conséquent plus
faciles à observer et à vérifier.
» En effet, lorsque dans la position assise, la jambe étant fléchie sur la
cuisse à angle droit, on applique les doigts sur le trajet du tendon rotulien
inférieur, on sent manifestement le tendon se soulever, s'étendre et'se dur-
cir à chaque effort pour soulever la jambe maintenue invariablement au
même degré de flexion. Avec un peu d'exercice, on parvient aisément à
(4»9)
produire le même résultat, au repos du membre, en provoquant, par la seule
force de la volonté, la contraction générale et simultanée de tous les muscles
et tendons de l'articulation. Dans cette attitude et dans ces deux sortes d'ex-
périences, la rotule reste immobile, appliquée fortement contre la surface
correspondante du fémur, et comme encastrée dans la rainure fémorale,
sollicitée qu'elle est en sens inverse par la contraction simultanée du muscle
et du tendon.
» § IV. De la nature de la contractilité tendineuse. — Les tendons ne se
contractent pas comme les muscles, ni de la même façon ni au même degré.
Un tronçon de tendon, séparé de son aboutissant musculaire, ne paraît pas
sensible à l'action de l'électricité, sous quelque forme qu'on l'emploie. Ce
résultat, qu'on pourrait regarder comme infirmant l'existence de la con-
tractilité tendineuse, prouve seulement, et c'est ce que je veux établir, que
cette contractilité n'est ni du même ordre ni de la même nature que la con-
tractilité musculaire. En effet, il est dans l'économie animale des tissus
autres que les tendons qui jouissent d'une sorte de contractilité bien éta-
blie, quoiqu'ils soient réfractaires à l'action du galvanisme.
» Les muscles eux-mêmes présentent parfois un état exceptionnel parti-
culier, dans lequel ils sont complètement insensibles à l'action du galva-
nisme, bien qu'ils continuent à se contracter sous l'influence de la volonté :
c'est lorsqu'ils ont été atteints de ce mode de paralysie qu'on appelle la
paralysie saturnine. L'impuissance de l'électricité à provoquer la contrac-
tion tendineuse implique donc, non l'absence de cette contractilité, bien
attestée d'ailleurs, mais un mode de contractilité différente de la contrac-
tilité musculaire générale.
» Quel est le mode de contractilité ?
» Lorsque, sous l'influence de la volonté, on étend le pied o»u la main,
il est parfaitement reconnu que le déplacement de l'organe est l'effet d'un
raccotircissement du muscle, et par conséquent d'un déplacement du tendon
dans le sens de ce raccpurcissement. Ce fait étant admis comme certain, le
problème consiste à démêler à travers ce résultat, attribué à la contractilité
musculaire exclusivement, la part qui peut en revenir à la contractilité
tendineuse. Dans ce but, j'ai fait les expériences suivantes.
» Expérience I. Le pied étant maintenu à angle droit sur la jambe, j'ai
planté, dans le milieu du tendon d'Achille et perpendiculairement à son
axe, une aiguille en platine de 12 centimètres de longueur, de manière à at-
teindre le centre du tendon. J'ai fait étendre par la volonté le pied sur la
jambe, aussitôt l'extrémité libre de l'aiguille a basculé vers le talon, accu-
( 4*> )
sant ainsi un déplacement en sens opposé de son antre extrémité, laquelle
avait été entraînée en haut d'une quantité égale au déplacement de son
point d'insertion au tendon.
» Dans cette expérience, le sens et le degré du déplacement des deux ex-
trémités de l'aiguille se sont montrés bien en rapport avec ce que Ton sait et
croit savoir du rôle actif du muscle et du rôle passif du tendon.
» Expérience II. Le même sujet, tenu debout, l'un des deux pieds
étendu à angle de l3o degrés sur la jambe, on plante l'aiguille horizontale-
ment au même point que dans l'expérience précédente, le pied maintenu
invariablement au même degré d'extension; on invite le sujet, que l'on tient
par la main, à soulever, la jambe dépourvue d'aiguille, de façon à faire sup-
porter le poids du corps exclusivement par l'autre pied. On recommande
au sujet de se tenir parfaitement immobile, et l'on s'assure que le pied reste
invariablement au même degré d'extension en plaçant sous le talon élevé
l'extrémité d'un levier articulé sur son trajet en fléau de balance, et dont
l'extrémité libre correspond à un segment de cercle gradué propre à ac-
cuser le moindre changement de niveau du talon. Au moyen de ces pré-
cautions, on a donc un degré d'extension fixe et invariable du pied sur la
jambe. Or voici ce que Ton observe : dès que le poids du corps commence
à porter exclusivement sur le pied dont le tendon est armé de l'aiguille, on
voit immédiatement l'extrémité libre de celle-ci basculer du côté de la
jambe, c'est-à-dire en sens inverse de la direction qu'elle affectait dans le
cas précédent. On constate en même temps que le tendon d'Achille acquiert
Une dureté et une résistance beaucoup plus grandes. L'extrémité implantée
de l'aiguille entraînée du côté du talon par son point d'insertion au tendon,
c'est-à-dire par suite du déplacement de ce point vers le talon, en vertu du
raccourcissement du tendon, exprime donc tout â la fois le fait et le degré
de la contraction tendineuse.
■ ». Si l'on analyse cette expérience, on voit que, dans le premier temps,
la contraction volontaire du muscle a réglé la direction du pied, et, con-
jointement, la somme de déplacement du tendon agissant comme corde de
tirage; dans le second temps, c'est-à-dire lorsque le poids du corps a pro-
voqué un supplément de résistance de la part du tendon, celui-ci est entré
dans la lutte, et, par sa résistance active, il a empêché que la traction exer-
cée sur l'axe entier du muscle et du tendon ne déterminât un allongement
passif de ce dernier. C'est donc là une contraction de résistance, et c'est
ainsi que je me propose de l'indiquer pour exprimer son véritable caractère
expérimental, et la différencier de la contraction volontaire.
( 4»i )
» Des considérations, des faits et des expériences exposés dans ce Mé-
moire, je crois donc pouvoir conclure:
» i°. Que les tendons, considérés jusqu'ici comme des cordes inertes,
jouissent de la propriété de se contracter ;
» i°. Que cette propriété établie par l'analyse histologique, les observa-
tions pathologiques et les expériences physiologiques, consistent dans un
mode d'activité spéciale, espèce d'érection et de turgescence, accompagnée
de raccourcissement de l'axe tendineux;
» 3°. Les circonstances qui mettent en jeu la contraction tendineuse
permettent de la considérer comme tout à fait différente de la contraction
volontaire, et de la désigner sous le nom de contraction de résistance. »
M. FtotrEENs prend occasion de cette lecture pour annoncer que des
recherches sur les tendons, qu'il poursuit depuis longtemps, l'ont conduit à
reconnaître la sensibilité de ces parties, à préciser le mode de cette sensi-
bilité, et à déterminer les procédés d'excitation au moyen desquels on
l'oblige à se manifester.
médecine. — Mémoire sur l'ulcère simple de l'estomac ; par M. CmjvEiijaiEn.
(Deuxième partie.)
(Renvoi à l'examen de la Section de Médecine et de Chirurgie.)
« Dans la première partie de ce Mémoire, qui a fait l'objet d'une précé-
dente lecture, je crois avoir établi sur des caractères anatomiques irrécu-
sables : i° l'existence de l'ulcère simple de l'estomac comme espèce mor-
bide bien distincte de l'ulcère cancéreux, avec lequel il avait été confondu ;
a la tendance naturelle de cet ulcère simple à la cicatrisation, et par con-
séquent sa curabilité en opposition avec l'incurabilité absolue, dans l'état
actuel de la science, de l'ulcère cancéreux ; 3° les caractères de la cicatrice,
sa résistance physique en tant que tissu fibreux, mais son défaut de résis-
tance sous le rapport de la vitalité ; £° la reproduction facile de l'ulcère aux
dépens de cette cicatrice, d'où la tendance aux récidives; 5° l'hémorragie
et la perforation de l'estomac qui en sont souvent la conséquence, et qui
constituent le danger principal de la maladie.
» Reste donc, pour compléter la description de l'ulcère simple de l'esto-
mac, à déterminer : i° ses caractères cliniques, ou de physiologie patholo-
C. R., i856, i er Semestre. (T. XLll, N° 9.) 56*
( 4« )
gique, à l'aide desquels; on pourra le reconnaître au lit du malade; 2 ses
caractères thérapeutiques, qui établiront avec sa curabilité les moyens pro-
prés à amener la guérison.
i°. Caractères cliniques ou- de physiologie pathologique de l'ulcère simple de l'estomac,
"-» Peut-on, à des signes certains, reconnaître au lit du malade la présence
d'un ulcère simple de l'estomac ? Je réponds que s'il n'est pas toujours pos-
sible d'établir le diagnostic de cette lésion d'une manière positive, on peut
au-moîns en soupçonner-la présence et la faire entrer comme élément dans
le calcul des probabilités^ notre seul refuge pour la détermination des lé-
sions d'organes inaccessibles à nos moyens directs d'observation. J'ajoute
qu'en procédant par voie d'exclusion ou d'élimination, on pourra, le plus
souvent, arriver à une somme de probabilités voisine de la certitude.
» Ainsi, depuis bien des années que l'ulcère simple de l'estomac m'a oc-?
eupé d'une manière toute particulière, au diagnostic affirmatif du cancer de
l'estomac, et par conséquent à l'-arrêt -d'incurabilité qui avait été prononcé,
j'ai pu, dans un grand nombre de cas, substituer un diagnostic et un prog<-
nostic suivi d'espérances, et formuler ainsi ma pensée : « cancer de l'es-
tomac possible ; ulcère simple probable. » Et, je dois le dire, la guérison du
malade est venue, dans bien des cas, justifier mes prévisions.
» Rien de décidément caractérisque au début de l'ulcère simple de l'es-
tomac, à-moins que î ; un des premiers symptômes de la maladie ne soit le
vomissement noir. Mais arrive un moment où au malaise épigastrique se
joignent les' caractères suivants :" "-"- - - - - •
V i°. Crises dé douleur caractérisées - par la circonscription de cette- dou-
leur à une petite région, celle de l'appendice xyphoïde [point xyphoïdïen), qui
s'accompagne soiivent d'une douleur dé même nature ait rachis (point ra-
chidien ). Ge caractère est commun à l'ulcère simple et à certaines gastralgies
idiopatbiqucs, dontruleére simple se distingue par la permanence des ac-
cidents; -'- - '. ■ -- - J -" - : - " ; ; ; - ,' • -'--•-■---■- •' ■ "-
"'■» '^.Vomissement et déjection noirs , caractère qui est commun à l'ul-
cère simple et au cancer;
z »3 6 . Lés caractères diffëreneiels entre l'ulcère simple et le cancer se dé-
duisent de la marche de la maladie et de la différence des effets du régime et
du traitement. Dans le cancer, le régime diététique est inutile et serait nui-
sible s'il était trop sévère. Dans l'ulcère simple, le régime diététique est tout,
et s'il frappe juste, en quelques jours le malade est soulagé; il se sent re-
naître. '
( 4^3 )
2°. Caractères thérapeutiques de l'ulcère simple de l'estomac.
» Nous connaissons maintenant à fond l'ennemi que nous avons à com-
battre. Ce n'est point un ulcère cancéreux, c'est un ulcère simple, c'est-à-
dire une phlegmose ulcéreuse, une lésion locale entretenue par une irrita-
tion locale, exempte de toute complication, tendant essentiellement à la
guérison. Que ferions-nous si nous avions à traiter à l'extérieur un pareil ul-
cère? Rien autre chose que de condamner au repos l'organe malade et de le
soustraire, à Faction de toutes les causes locales d'irritation. Mais si le repos
de l'estomac peut et doit être absolu quant aux médicaments proprement
dits, il ne saurait Fêtre quant à l'alimentation. Le repos de l'estomac, c'est
la diète, c'est-à-dire le régime. Or, c'est une étude bien digne de la médi-
tation des physiologistes que celle des modifications qui se produisent dans
les instincts de l'estomac malade. Ainsi, il est des conditions de la muqueuse
gastrique dans lesquelles l'estomac humain, omnivore de sa nature se
trouve tout à coup transformé en un estomac univore, tantôt exclusivement
Carnivore, tantôt exclusivement herbivore; mais il est une transformation
bien plus fréquente dans les instincts de l'estomac, c'est celle dans laquelle
l'estomac du jeune homme, de l'adulte et du vieillard semble rétrograder
vers l'état de la première enfance. Le lait seul peut être supporté. L'estomac
est devenu lâctivore.
a On ne se fait pas une idée de la délicatesse, de la finesse, du tact que pré-
sente le sens gastrique dans certains cas de maladie. Il n'y a pas de réactif
chimique, pas d'instrument de physique, de précision plus sensible que la
membrane muqueuse de l'estomac malade ; elle palpe tout, elle apprécie
tout, jusqu'aux plus légères nuances, si ce mot peut s'appliquer à autre
chose qu'aux couleurs. Le point important, c'est donc de trouver un aliment
qui soit bien supporté par l'estomac et qui passe inaperçu.
» Le régime lacté, voilà le grand moyen de guérison de l'ulcère simple de
l'estomac, le seul aliment dont il puisse supporter la présence sans se ré-
volter, le seul topique qui lui convienne, et quelquefois le lait réussit
comme par enchantement. Dès le premier jour de son emploi comme ali-
ment exclusif, l'angoisse épigastrique diminue; les jours suivants, elle dis-
paraît complètement. Un sentiment de bien-être inexprimable la remplace
et les forces reviennent à vue d'oeil .
» Mais il arrive un moment où le lait commence à être moins agréable au .
goût et à fatiguer l'estomac Hâtons-nous de lui associer d'abord, pour lui
substituer plus tard, un autre mode d'alimentation, pour le choix duquel
56..
( 424 )
les instincts de l'estomac doivent être consultés. Je ne saurai trop le répéter,
c'est le régime alimentaire qui est tout dans le, traitement de l'ulcère simple
de l'estomac ; mais je ne connais rien de plus difficile à diriger que ce ré-
gime, relativement à la qualité' et à la quantité des aliments, à leur tempé-
rature, à leur préparation, au nombre des repas. * '
» Quant aux médicaments proprement dits,, je les regarde comme très-
secondaires dans ce traitement.
» Les amers, les ferrugineux sont ici formellement contre-indiqués. L'o-
pium ne réussit que dans le cas où l'élément gastralgique s'associe à l'é-
lément phlegmosique. •
» L'eau gazeuse, la glace, la médication alcaline, et surtout le phosphate
de chaux préparé par la calcination des os et porphyrisé, les bains alcalins et
gélatineux, les ablutions fraîches sur toute la surface du corps , et dans quel-
ques cas dès ablutions très-chaudes, des bains frais par immersion, et dans
quelques cas des bains de siège très-chauds également par immersion , des
frictions stimulantes avec massage sur tonte la surface du corps, des déri-
vatifs ou révulsifs appliqués sur l'épigastre, tels que vésicatoires, cautères ;
voilà les moyens qui m'ont paru exercer une influence salutaire sur la
marche de la maladie. " . * •
» N'oublions jamais que l'ulcère simple de l'estomac est très-sujet à la
récidive et que cette récidive aboutit quelquefois à une hémorragie nui-
sible ou à la perforation de l'estomac. Or on préviendra bien certainement
toute récidive par une bonne hygiène alimentaire et par l'absence de médi-
caments stimulants.
Conclusions.
» i°. L'ulcère simple de l'estomac, véritable gastrite ulcéreuse, peut-
être toujours soupçonné et presque toujours positivement diagnostiqué.
» 2 . Le diagnostic de l'ulcère simple de l'estomac est fondé sur les ca-
ractères différenciels qui le séparent, d'une part, de la gastralgie et de la gas-
trite non ulcéreuse, d'une autre part, du cancer de l'estomac.
» 3°. L'ulcèresimple de l'estomac sedistinguedela gastralgie idiopathique
par la permanence des accidents avec alternatives d'exaspération et de rémis-
sion, tandis que la gastralgie est temporaire, survient brusquement, disparaît
de même, ne laisse aucune trace après elle, et qu'elle est d'ailleurs sotidaine-
ment calmée par l'opium.
» 4°- L'ulcère simple de l'estoraacse distingue de la gastrite non ulcéreuse
non moins que de la gastralgie par les vomissements noirs et par les déjec-
tions noires. . . _
( 4*5 )
» 5°. Il est infiniment probable qu'il existe des ulcères simples de l'es-
tomac sans vomissements noirs et sans déjections noires, et, dans ce cas,
le diagnostic différentiel entre l'ulcère simple et la gastrite non ulcéreuse
devient difficile.
» 6°. Les vomissements noirs ne sont nullement caractéristiques du cancer
de TestomacTlïs sont Communs au cancer et à l'ulcère simple.
» 7 . Il en est de même des déjections noires, qui sont tout aussi caracté-
ristiques d'une gastrorragie que les vomissements noirs.
» 8°. Les vomissements noirs et les déjections noires sont en quelque sorte
plus inhérents à l'ulcère simple qu'au cancer de l'estomac ; car ils appar-
tiennent à toutes les périodes de l'ulcère simple dont ils sont souvent le
premier symptôme. On voit, au contraire, un grand nombre de cancers de
l'estomac sans vomissements noirs et sans déjections noires, et quand ils se
produisent, ce n'est le plus souvent qu'à la dernière période de la maladie.
» g°. Les caractères différenciels entre l'ulcère simple et le cancer se dé-
duisent : i° de signes physiques: absence de tumeur dans l'ulcère simple;
2° de la douleur : il y a assez souvent absence de douleur dans le cancer,
jamais absence de douleur dans l'ulcère simple ; 3° du caractère de cette
douleur: dans l'ulcère simple, sensation de plaie vive, de brûlure, de mor-
sure au niveau du sommet de l'appendice xyphoïde (point , xyphoïdien),
retentissant à la région correspondante du rachis (point rachidien); dans le
cancer, crampes ou contractions spasmodiques avec durcissement de l'esto-
mac.
» io°. La véritable pierre de touche pour le diagnostic différenciel entre
l'ulcère simple et le cancer est dans la différence des effets du régime ali-
mentaire, qui échoue complètement dans le cancer et produit de merveil-
leux effets dans l'ulcère simple.
» 1 1°. Le grand problème à résoudre dans le traitement de l'ulcère sim-
ple, c'est de trouver un aliment qui soit toléré sans douleur par l'estomac ;
cet aliment une fois trouvé, la guérison s'effectue avec la plus grande fa-
cilité.
« i a°. Dans l'immense majorité des cas, le régime lacté est le seul qui
réponde parfaitement aux instincts de l'estomac dans le cas d'ulcère sim-
ple. Le lait semble agir à la manière d'un spécifique. Sa spécificité vient
exclusivement de son innocuité.
» i3°. Dans le traitement de l'ulcère simple, les moyens médicamenteux
proprement dits, tant intérieurs qu'extérieurs, ne peuvent être considé-
rés que comme des moyens secondaires. »
( 4*6 )
MÉDECINE. — De l'organographisme, ou dessin des organes, considéré au
point de vue du diagnostic et du traitement; par M. Pïorky. (Extrait par
l'auteur.)
(Renvoi à l'examen de la Section de Médecine et de Chirurgie.)
« On reprochait à la médecine d'être éminemment conjecturale, de con-
stituer seulement un art né de l'expérience, . et non une science positive
avant des méthodes rigoureuses, donnant des résultats précis capables d'être
mesurés, et par suite comparables. Un pareil reproche ne saurait être jus-
tement adressé à la médecine moderne. L'art du diagnostic a fait d'immenses
nro<*rès et ne le cède en rien, sous le rapport du positivisme, à la plupart des
autres sciences naturelles. Au lit du malade, les médecins instruits sont
d'accord sur les lésions existantes, et l'ouverture des corps, quand la mort
a lieu, vérifie presque toujours le jugement porté pendant la vie. Les causes
des maladies et l'action des médicaments sont aussi beaucoup mieux con-
nues que par le passé.
» C'est à l'inspection simple, ou rendue plus étendue par les instruments
d'optique, c'est à l'emploi du spéculum, c'est au palper direct ou médiat,
c'est à la percussion, etsurtoutau plessimétrisme, c'est à l'auscultation di-
recte ou à distance, c'est encore à la mensuration, à la pondération, à l'ap?.
prédation de la diaphanéité des organes, que l'on doit les progrès actuels
du diagnostic \ l'analyse chimique, les expériences microscopiques et
les découvertes; physiques ont contribué: pour leur .part à ces heureux
résultats. ■_'■'■ ■ -
» Le présent Mémoire a pour objet l'exposition d'une méthode qui
forme le complément de ces moyens de diagnostic; c'est le dessin linéaire
des organes, destiné soit à représenter leurs lésions, soit à faire juger pen-
dant la durée d'un mal, ou son traitement, des variations de forme, de vo-
lume qu'il présente.
* » i°. Tantôt on reproduit sur du papier l'image des affections que l'on
veut étudier, et, pour le faire, M. Piorry recommande, de préférence aux
divers moyens qu'il a proposés, un crayon de mine de plomb assez tendre,
et qui a été longtemps trempé dans des huiles grasses, ce qui lui sert en gé-i
néral de plume et d'encre. Ce crayon est destiné à figurer et à estomper en
quelques secondes presque tous les dessins d'anatomie que l'on veut con-
server. Ce procédé est applicable à un grand nombre de tumeurs,^ de ma-
(4*7 )
ladies de la peau, et surtout aux affections du col de la matrice. La photo-
graphie serait ici préférable; mais le temps et les frais qu'elle nécessite la
rendent pour la r clinique tout à fait inapplicable.
» 2°. Ailleurs on trace sur la peau elle-même la limitation des organes
que l'on veut voir, ou dont on cherche à déterminer les limites. C'est le
même crayon dont il a été parlé qui, dans ce cas, réussit le mieux. L'azo-
tate d'argent est préférable alors que l'on veut se servir non-seulement d'un
moyen graphique, mais encore d'une substance légèrement cautérisante et
propre à arrêter l'extension d'un mal, d'un érésipèle par exemple. Par ces
procédés on limite, on mesure, on montre aux yeux l'étendue , la forme, la
circonscription des organes ou des phénomènes maladifs.
» Je dessine ainsi à la surface du corps de l'homme, r° les résultats de
la palpation du foie, de la rate, des tumeurs, etc. ; i° la limitation des sur-
faces douloureuses, sensibles ou paralysées, et cela à l'effet d'apprécier
les progrès ou la décroissance du mal ; ou encore de représenter un nerf
endolori; 3° les limites d'un espace où la fluctuation existe; 4° la configu-
ration des organes, la hauteur du niveau d'un épanchement, l'étendue
d'une région indurée, ramollie, contenant des gaz ou des liquides, et le
tout déterminé par le plessimétrisme ; 5° les espaces où l'auscultation fait
reconnaître les diverses variétés de respiration, de souffle, de râles, de voix,
de bruits ; 5° l'indication fixe du point'où à l'aide d'un lien métrique
on a mesuré un organe.
» Enfin, je pense que dans toute opération où la peau doit être incisée,
il est utile pour diriger un jeune chirurgien pendant qu'il agit ; l'art a ainsi
un moyen de plus de guider sa main mal assurée
» J'ai l'honneur de mettre sous les yeux de l'Académie des dessins au
crayon tracés par moi et des figures plessimétriques obtenues par la gravure
sur bois.
» L'organographisme, d'après l'idée générale que je m'en suis faite,
est, comme on le voit, applicable non-seulement à la percussion, mais en-
core à la plupart des méthodes d'investigation : je ne crois pas qu'il ait été
proposé avant moi d'une manière générale et vraiment scientifique. Cette
méthode me paraît donner au diagnostic un degré de certitude de plus, et
j'ai cru ne pouvoir en faire, pour la première fois, l'exposition complète
d'une manière plus digne qu'eu la faisant dans cette enceinte. »
( 428 )
MÉMOIRES PRÉSENTES:
L'Académie reçoit un Mémoire destiné au concours pour le grand prix
des Sciences mathématiques (question concernant la théorie des phéno-
mènes capillaires), prix proposé pour i854, remis à i856.
Ce Mémoire portant pour épigraphe : « Quidpotuijeci,faciantrneliora
potentes, » a été inscrit sous le n° r .
physiologie végétale. — Recherches expérimentales sur les rapports des
plantes avec l'humidité atmosphérique. Premier Mémoire : Rapports des
plantes avec la vapeur deau répandue dans l'air; par M. P. Duchartre.
• ^Extrait par l'auteur.)
(Renvoi à l'examen de la Section de Botanique.)
I. Rapports des feuilles avec la vapeur invisible de l'air.
« Dans l'historique qui forme l'avant-propos du Mémoire que j'ai l'hon-
neur de soumettre aujourd'hui au jugement de l'Académie, j'expose les ex-
périences et les assertions contradictoires, d'un côté, de Miller, Duhamel,
Meyen, qui attribuent aux feuilles la faculté d'absorber la vapeur invisible
de l'air; de r autre, de Guellard, de MM. Treviranus: et Unger, qui révo^
quent en doute l'existence de cette faculté ou qui la nient (M. Unger) de
la manière la plus formelle. Il résulte que la science se trouvait, à ce sujet,
dans un état d'incertitude qui appelait une vérification expérimentale.
» Les expériences que j'ai faites ont porté : i° sur onze espèces terres-
tres, à feuilles non charnues (Tulipier, Lïlas commun, Chionanthus virgi-
nica, Philljrea latifblia, Kalmia latifolia, Viburnum Tinus, Magnolia
grandiflora, Ilex baharica, I. aquifoliurn, Erjngium marimitum, Diptis
candidissima) ; i a sur dix espèces terrestres à feuilles plus ou moins char-
mies, ou plantes grasses ( Talinum patens, Crithmummaritimum, Pereskia
Bleo, Stapelia repens , Cotylédon tuberculosum t Sedum dasjphjllum,
S. latifolium, S. anacampseros , Çrassula lactea, Sempervivum tectorum);
3° sur quatre plantes épiphytes {Jngrcecum eburneum, Dendrobium mos-
chatum, Epidendrum elongatum, Spironema fragrans), De ces expériences
je déduis les conclusions suivantes :
» i°. Les feuilles, soit minces et sèches ou herbacées, soit épaisses et
charnues, appartenant à des plantes terrestres ou à des plantes épiphytes,
( 4*9 )
sont privées de la faculté d'absorber, pour s'en nourrir, la vapeur aqueuse
répandue dans l'air, même quand cette vapeur s'y trouve en grande abon-
dance.
» a . Les plantes grasses, non arrosées et sans le contact de l'eau, sont
remarquables par la régularité avec laquelle elles diminuent de poids dans
une atmosphère confinée très-humide, et, sous ce rapport, elles ne présen-
tent que de légères différences avec ce qui a lieu chez elles à l'air libre. Leur
diminution de poids, constante et graduelle, mais lente, n'empêche pas que
leur végétation ne se continue pendant longtemps et qu'elles ne dévelop-
pent des productions nouvelles. Mais c'est uniquement aux dépens de cer-
taines de leurs parties qu'elles végètent ainsi, et l'on peut dire que, chez
elles, l'activité vitale ne fait que se déplacer. Généralement leurs feuilles ou
parties inférieures s'épuisent ou meurent à mesure que leurs sommités crois-
sent et s'allongent.
» 3°. Les plantes très-glauques et celles que couvre une épaisse couche
de poils ne diffèrent en rien de la généralité, malgré l'état particulier de
leur surface.
» 4°- Les feuilles des plantes épiphytes, auxquelles on attribue beau-
coup d'importance pour la nutrition de ces végétaux, loin de puiser de
l'humidité dans l'air, comme on le suppose généralement, se fout plutôt
remarquer par la régularité, souvent même par la rapidité avec lesquelles
elles perdent de leur poids, bien que placées dans une atmosphère extrê-
mement humide.
H. Rapports des racines aériennes avec la vapeur d'eau répandue dans l'air.
» L'étude expérimentale de cette question avait un haut intérêt, soit en
elle-même et pour l'intelligence de la végétation des plantes épiphytes, soit
à cause de l'opinion universellement répandue que les racines aériennes de
ces végétaux puisent dans l'atmosphère la vapeur aqueuse qui s'y trouve ré-
pandue et qui deviendrait ainsi, pense-t-on, l'un des matériaux les plus
essentiels à leur nutrition. Elle acquérait, en outre, une importance plus
grande encore en raison de deux expériences publiées récemment par
M. Unger, dans lesquelles ce célèbre botaniste allemand a cru voir la dé-
monstration expérimentale d'une absorption d'humidité en vapeur opérée
par les racines aériennes. Je rapporte en détail des expériences que j'ai
faites dans des conditions variées à dessein, et dont les sujets ont été
huit Orchidées [Dendrobiurn moschatum, D. nobile, Dendrobium spec,
Epidendrum elongatum, Oncidium ampliatoan, O. Lanceanum, ftrassavola
C. R., i856, i" Semestre. (T. XLII, N°9.) ^7
( 43o )
Perrina, Ornithidium densiflorwn) , deux Broméliacées (deux Tillandsia
indéterminés) et une Commélynée (Spironema fragrans), l'une dés deux
plantes observées par M. Unger. J'y ai ajouté deux expériences faites sur
deux espèces d'Aroïdées (Philodendron) pourvues à la fois de racines terres-
tres et de racines aériennes. Je tire de ces nombreuses observations la conclu*
sion, en désaccord complet avec l'opinion reçue, que Les racines aériennes
des plantes épiphytes sont dépourvues de la faculté d'aspirer de la vapeur
aqueuse dans l'air au milieu duquel elles se trouvent. Je puis donc énoncer
comme général ce fait intéressant, que l'humidité invisible répandue dans
l'atmosphère, quelque forte qu'en soit la proportion, ne contribue en rien
à la nutrition de ces plantes; que dès-lors elle ne peut avoir pour elles
d'autre avantage que d'affaiblir. leur transpiration, à moins que, par l'effet
d'un changement d'état, elle n'entre avec elles dans des relations d'un or-
dre différent et, dans tous les cas, immédiates. V
PHYSIQUE, — Note sur la force électromotrice des piles dans lesquelles on
emploie des métaux amalgamés ; par M. J.-HI. Gacgaist. (Présentée par
- M. Despretz.)
(Renvoi à l'examen des Commissaires précédemment nommés :
MM. Becquerel, Pouillet, Regnault.)
« On sait depuis longtemps que le zinc amalgamé est supérieur en force
(suivant le langage de Faraday) au zinc non amalgamé, c'est-à-dire que la
force électromotrice d'une pile dans laquelle le zinc joue le rôle de métal
négatif, est plus considérable quand le zinc est amalgamé que quand il ne
l'est pas ; mais les physiciens sont loin d'être d'accord sur l'explication de
ce fait. Trois théories ont été mises en avant par Davy, par Faraday et par
M. Becquerel, et M. Jules Regnault vient d'en proposer une quatrième dans
un travail récemment publié (annales de Chimie, tome XLIV, page 484)-
Les recherches dont je vais rendre compte me semblent prouver qu'il n'y a
d'admissible que l'explication de Davy que je vafs citer, d'après le Mémoire
de M. Jules Regnault : « Ce n^st pas, dit-Davyrunë propriété inhérente
» ou spécifique de cKâquê métal qui lui donne son caractère électrique,
» maïs celui-ci dépend de l'état particulier du corps, d'une forme d'agré-
» ga'tion qui le dispose aux combinaisons chimiques ». Quand on suppose
que la cause première des phénomènes électriques réside dans les combi-
naisons chimiques effectuées, il peut paraître singulier que la force élec-
tromotrice résultant de la combinaison de deux substances déterminées
(43 1 )
puisse varier avec les circonstances dans lesquelles s'effectue la combinaison ;
mais si, au lieu de considérer les combinaisons chimiques comme une cause,
on les considère comme un effet, et si l'on admet, avec Faraday, que la
force électromotrice et l'affinité sont une seule et même chose, alors l'in-
fluence de l'amalgation des métaux sur leur force électromotrice n'a plus
rien de surprenant; car on sait très-bien que l'affinité réciproque de
deux substances données est une force qui peut être modifiée par une foule
de circonstances, et notamment par l'état de division des substances que
l'on considère. Je vais essayer tout à l'heure de donner une forme plus
précise à l'explication de Davy; mais il est utile d'exposer d'abord un cer-
tain nombre de faits d'observation que je crois nouveaux.
» MM. Wheatstone et J. Regnault ont trouvé, chacun de leur côté, que
la proportion de métal contenue dans un amalgame n'affecte pas la force
électromotrice des couples dont l'amalgame fait partie. Le fait est sûrement
exact quand on se borne à considérer les amalgames sur lesquels ont opéré
les savants que je viens de nommer; mais il s'en faut de beaucoup qu'il soit
vrai d'une manière générale. Considérons d'abord le couple à un seul
linuide / zmc - m i ercure \ . Le zinc est négatif par rapport au mercure (c'est-à-
" \ sulfate de zinc/
dire que le courant marche, à travers le liquide, du zinc au mercure), et la
force électromotrice du couple dépasse 200 unités thermo-électriques
\ Bi ~~ cu \ quand le mercure est pur. Mais si l'on introduit graduellement
(o — 100^ n
dans le mercure des quantités croissantes de zinc, la force électromotrice
du couple va en diminuant rapidement, et devient nulle pour une certaine
proportion de zinc, qui est très-minime; si l'on augmente un peu cette
proportion, la force électromotrice change de signe, l'amalgame devient
négatif par rapport au zinc, et la valeur absolue de la force électromotr"ice
va en augmentant avec la proportion du zinc, tant que cette proportion ne
dépasse pas une certaine limite ; au delà de cette limite, les nouvelles quan-
tités de zinc introduites ne font plus varier la force électromotrice; celle-ci
conserve une valeur sensiblement constante et voisine de 8 unités ther-
mo-électriques, tant que l'amalgame reste liquide. Enfin, quand on emploie
un amalgame complètement solide, la force électromotrice diminue de nou-
veau et s'abaisse au chiffre 6 unités. Toutes les expériences dont je viens de
résumer les résultats ont été faites avec le zinc du commerce; avec du zinc
pur, les forces électromotrices des divers amalgames eussent présenté sans
doute des valeurs absolues un peu. différentes, mais leurs variations eussent
bien sûrement suivi la même marche.
5 7 ..
(43a)
» Considérons encore les couples «dminm -amalgame de cadmiom . ^
* sulfate de cadmium \
cette classe de couples, la direction du courant est indépendante des pro-
portions de l'amalgame ; le cadmium est toujours négatif; mais la force
électromotrice peut varier entre des limites assez étendues; lorsque l'amal-
game de cadmium est complétementsolide, la force électromotrice du couple
dont il fait partie est égale à 5 unités | *J7 { ' mais si '' on emploie succes-
sivement une série d'amalgames contenant des quantités décroissantes de
cadmium, on trouve que les valeurs correspondantes de la force électromo-
trice vont en augmentant, et j'ai constaté que cette force dépasse 3i unités
quand on remplace l'amalgame par du mercure pur.
» Tous ces faits peuvent aisément se concevoir, quand on part de cette
hypothèse fondamentale que la force électromotrice est l'affinité chimique
elle-même. En effet , l'amalgamation modifie de deux manières différentes
les affinités des métaux qui subissent cette opération ; d'une part, elle dé-
truit leur cohésion, et en les divisant elle les rend plus aptes à former des
combinaisons nouvelles, ce qui revient à dire ( du moins quand il s'agit des
métaux oxydables) qu'elle les rend plus négatifs ; mais, d'un autre côté, l'a-
malgamation substitue à la cohésion une force nouvelle, l'affinité du mercure
pour le métal, qui s'oppose à son tour à ce que ce métal s'engage dans de
nouvelles combinaisons, et qui, par conséquent, tend aie rendre plus positif.
Or il est évident que l'affinité du mercure pour le métal "amalgamé doit
varier non-seulement avec la nature de ce métal, mais encore avec les pro-
portions de l'amalgame, et l'on conçoit qu'elle peut être, suivant les cir-
constances, plus grande ou plus petite que la cohésion dont elle prend la
place; il résulte de là qu'en définive l'amalgamation peut avoir pour résultat
d'augmenter, de diminuer ou de ne pas modifier du tout la force électro-
motrice des couples dont les métaux amalgamés font partie; il me paraît
superflu d'appliquer ces principes à l'explication des faits que j'ai exposés
en commençant, mais je crois devoir indiquer en quelques mots les raisons
qui me portent à rejeter les diverses théories qui ont été proposées.
» Faraday attribue la supériorité du métal amalgamé à l'état du liquide
ambiant : « Comme le zinc ordinaire, dit-il, agit seul et directement sur
» le liquide, tandis que celui qui est amalgamé ne le fait pas, le premier
» (par l'oxyde qu'il produit) neubalise rapidement l'acide en contact avec
» la surface, de telle sorte que le progrès de l'oxydation est retardé, tandis
» qu'à la surface du zinc amalgamé, l'oxyde formé est instantanément
» enlevé par l'acide libre, et la surface métallique nette est toujours prête
( 433 )
» à agir sur l'eau avec toute son énergie. » Cette théorie me paraît tout à
fait impropre à rendre compte des faits que je viens d'exposer. Si elle était
vraie, elle devrait s'appliquer au cadmium comme au zinc ; car si le cad-
mium non amalgamé est faiblement attaqué par l'eau acidulée, le cadmium
amalgamé l'est encore moins ; et, comme nous venons de le voir, l'amal-
gamation qui rend le zinc plus?négatif, rend le cadmium plus positif : d'un
autre côté, la supériorité du zinc amalgamé par rapport au zinc ordinaire
ne se manifeste pas seulement quand ces métaux sont plongés dans l'eau
acidulée, elle subsiste quand on emploie une dissolution de sulfate de zinc,
et, dans ce cas, le zinc ordinaire n'est pas attaqué d'une manière appré-
ciable par le liquide ambiant. Je crois pouvoir ajouter que l'explication à
laquelle je me suis arrêté est plus conforme à l'ensemble des vues de
Faraday, que celle qui a été proposée par Faraday lui-même.
» Suivant une seconde théorie, l'infériorité du zinc non amalgamé serait
due aux actions locales, c'est-à-dire aux courants dérivés qui s'établissent
à sa surface, entre les particules hétérogènes que présente cette surface :
cette théorie explique très-bien pourquoi le zinc du commerce est vive-
ment attaqué par l'eau acidulée, tandis que le zinc amalgamé ne l'est pas ;
mais elle n'explique point ce fait constaté par M. Jules Regnault, que le
zinc pur amalgamé est supérieur au zinc pur non amalgamé, et elle ne peut
rendre compte d'aucun des faits que j'ai exposés en commençant.
» Je passe enfin à l'explication que M. Jules Regnault a proposée; elle
consiste à dire que le zinc liquéfié par l'amalgamation contient une cer-
taine quantité de chaleur latente qui ne se trouve pas dans le zinc solide,
et que cette chaleur latente apparaît sous forme d'électricité dans l'excès
de force électromotrice. D'abord cette théorie suppose que la chaleur la-
tente peut devenir de la force électromotrice : or, cela revient à dire que
le changement d'état du corps développe de l'électricité, et toutes les expé-
riences qui ont été tentées jusqu'ici dans le but d'établir ce fait, n'ont donné
que des résultats négatifs ; en second lieu, on peut préparer des amalgames
de zinc complètement solides qui sont, comme les amalgames liquides ou
pâteux, supérieurs au zinc non amalgamé, et qui pourtant ne renferment
pas de chaleur latente ; enfin, la théorie de M. Jules Regnault n'explique
pas mieux que les deux précédentes l'infériorité du cadmium amalgamé
par rapport au cadmium non amalgamé. »
( 434 )
géologie. — Note sur la présence des zircons dans les sables marins
tertiaires (pliocène) de Soret, dans les environs de Montpellier;
par M. Marcel im Serres. (Extrait.)
(Commissaires, MM. Élie de Beaumont, Dufrénoy,3abinet.)
k ■ Il existe dans les environs de Montpellier, sur les bords du Lez et sur
sa rive gauche, de nombreux monticules sablonneux formés par des amas
considérables de sables marins tertiaires pliocènes. Ces sables renferment
des débris de Mammifères terrestres, ainsi que de Cétacés, des Mollusques
et des Zoophytes marins. Lés mêmes sables recèlent également, vers leur
surface, quelques espèces minérales peu communes, parmi lesquelles nous
signalerons les spinelles rubis, les spinelles noirs ou pléonastes, ainsi que
des cristaux d'oxydule de fer magnétique ou ferrate de fer. Ces minéraux
s'y présentent parfois en tétraèdres ou en octaèdres dont les formes sont
assez bien conservées. Ces différentes espèces n'ont certainement pas la
même origine ni la même date que les sables marins au milieu desquels on
Tes découvre. S'ils se trouvent dans leurs masses, c'est qu'ils y ont été trans-
portés. Ils paraissent en effet provenir des terrains volcaniques d'épanche-
ment de Montferrier. Toutefois ces terrains sont bien sur les bords du Lez,
mais ils sont placés sur la rive opposée à celle où l'on rencontre les
cristaux que nous venons de signaler.
v Nous n'avions pas jusqu'à présent découvert dans cette localité d'au-
tres espèces minérales que celles que nous avons mentionnées; il en avait
été de même de Draparnaud, qui n'y avait pas aperçu les spinelles rubis,
dont la vive couleur rouge n'est pas le caractère le moins saillant. Plus
heureux que nous, M. Poujol, jardinier en chef de fÉcole de Pharmacie,
vient d'y rencontrer un assez gros cristal de zircon. Ce cristal comparé
avec des zircons de différentes localités, dont les uns proviennent de
Ceylan, les autres d'Expailly, près du Puy en Vélay, ou de la Norwége,
nous a paru se rapprocher plutôt de ceux de cette dernière contrée que des
autres régions. Sa couleur rougeâtre . est plus sombre et moins vive que
celle des zircons d'Expailly ; en même temps, ses nuances sont moins
foncées que celles du silicate de Norwége....
» Le silicate de zircone, nous le répétons, n*est pas, dans les sables de
Soret, dans son véritable gisement, pas plus que les spinelles, les pléonastes
et l'oxydule de fer magnétique. S'il s'y trouve, c'est qu'il y a été entraîné
avec les espèces minérales qui l'accompagnent. Sa découverte dans les envi-
(435 )
rons de Montpellier, quoiqu'il y soit dans un gisement emprunté, n'en a
pas moins d'intérêt pour la connaissance des minéraux de nos contrées mé-
ridionales. Cet intérêt est d'autant plus grand, que l'on se demande à quelle
époque ces zircons, étrangers à la localité où ils ont été observés, peuvent
avoir été transportés par les eaux ou par toute autre cause dans les lieux où
ils sont maintenant disséminés.
» Cette époque se rattache-t-elle aux temps géologiques ou aux temps
historiques? Il nous paraît même, indépendamment de la position de
Montferrier, qui est sur une autre rive du Lez que celle où se trouvent les
monticules sablonneux de Soret, que cette époque se rapporte plutôt aux
premiers qu'aux temps actuels. En effet, si ces diverses espèces minérales
avaient été entraînées dans l'époque à laquelle nous appartenons, les mêmes
causes devraient continuer à en opérer le transport, non-seulement dans
une localité restreinte et bornée, mais sur tout le cours inférieur du Lez(i).
On n'a pas vu cependant ailleurs qu'à Soret, les spinelles et les zircons,
indépendamment de ceux qui gisent dans les laves compactes ou les tufs
volcaniques de Montferrier. »
physiologie. — Recherches expérimentales sur cette question : « L'eau et les
substances dissoutes sont-elles absorbées par la peau? » par M. Poulet.
(Extrait.)
(Commissaires, MM. Flourens, Rayer, Cl. Bernard.)
L'auteur, en terminant son Mémoire, résume dans les termes suivants les
résultats principaux des expériences qu'il y a consignées :
« i°. Le corps d'un homme plongé pendant une heure dans un bain
d'eau à 28 degrés, perd une très-faible partie de son poids; mais dans la
deuxième heure, la déperdition ne s'élève pas à moins de 5o grammes.
» a° Ce qui rend la perte presque ou tout à fait insensible pendant la
première heure, ce n'est pas l'absorption de l'eau du bain qui viendrait
contre-balancer les effets de la perspiration pulmonaire et d'un reste de
transpiration cutanée , mais bien l'imbibition de l'épiderme et des poils,
matières très-hygroscopiques. En effet, si la conservation du poids du corps
(1) Il existe en amont de Soret, sur la même rive du Lez, de nombreux monticules
sablonneux, dans lesquels sont ouvertes les carrières de sable, désignées sous le nom de la
Bompignane. On n'y a jamais rencontré les espèces minérales objet de cette Note. Il en
serait certainement autrement si les crues du fleuve étaient la cause de leur transport.
( 436 )
était due à l'absorption de l'eau, -le même phénomène se reproduirait inévi-
tablement pendant la seconde heure d'immersion ; car l'eau qui aurait
pénétré dans les cellules épidermiques, serait bientôt entraînée par le tor-
rent circidatoire et remplacée par d'autre. Or loin de là, le corps perd,
comme nous l'avons dit, pendant cette deuxième heure, une proportion
notable de son poids.
» 3°. Cette déperdition, qui dépasse de beaucoup celle que Lavoisier
et Seguin ont assignée à l'influence de la perspïration pulmonaire (en
moyenne 1 8 grammes par heure), est due : i ° à une augmentation d'activité de
cette dernière, tant par le fait d'une accélération de la respiration, que parce
qu'elle est une fonction supplémentaire de la transpiration cutanée en
grande partie supprimée ; et 2° à la transpiration cutanée des organes non
immergés (de même qu'à un reste de transpiration cutanée des organes
plongés dans l'eau). -,...■...
» [\°. Les expériences tentées jusqu'à ce jour par divers physiologistes
pour démontrer l'absorption de l'eau dans le bain n'ont point abouti, parce
qu'ils n'ont pas songé à se débarrasser d'une cause d'erreur flagrante ; je
veux parler de la propriété hygrométrique de l'épiderme et des poils. Au
moyen de deux bains immédiatement consécutifs et d'une triple pesée, j'ai
pu, comme je le montre dans mon Mémoire, faire la part de l'imbibition
de ces organes et exonérer la peau d'un attribut qu'elle n'a jamais possédé.
» 5°. L'augmentation de quantité de l'urine n'est pas une preuve de
l'absorption de l'eau dans le bain; car, d'après la loi de l'antagonisme des
sécrétions, les variations de la quantité du liquide urinaire étant en raison
inverse de celles de la sueur, il est simple que l'urine augmente quand la
transpiration cutanée est^en tout ou en partie supprimée.
^ » 6°. Il est vrai, comme l'a annoncé M. Homolle, que la densité de
l'urine diminue par le faitJLu bain simple; mais cette diminution n'est que
la conséquence de l'augmentation de l'urine ; elle ne prouve donc rien de
plus que cette dernière. ,
» 7 . L'urine devenant alcaline aussi bien après le bain acide qu'après
le bain alcalin, l'alcoolisation des urines à la suite des bains minéraux," loin
de servir à la démonstration de la doctrine de l'absorption par la peau, est
au contraire un des meilleurs arguments à y opposer.
» 8°. On ne trouve pas un atome d'antimoine dans l'urine, après l'usage
répété des frictions stibiées. Et pourtant, pour peu qu'on administre à l'in-
térieur quelques centigrammes de tartre stibié, à doses fractionnées, on eu
retrouve la trace dans l'urine;
( 43 7 )
» 9 . L'emploi externe de l'extrait fluide de belladone ne donne lieu à
la dilatation de la pupille, qu'à la condition d'être en contact avec la con-
jonctive.
» i o°. Donc la peau n'absorbe ni l'eau, ni les substances solubles, pourvu
d'une part que l'épiderme soit intact et ne puisse être altéré par les agents
employés, et d'autre part que ceux-ci ne soient point volatils.
. » ji°. Enfin, bien que les divers agents qui ne sont ni volatils ni suscep-
tibles de léser l'épiderme, n'agissent jamais par absorption lorsqu'ils sont
appliqués sur la peau, cela ne veut pas dire qu'il faille renoncer à leur
usage externe. Il reste d'autres modes d'action, l'influence électrique sur-
tout, qui en motivent l'emploi et qui expliquent le mieux qu'on. en a par-
fois éprouvé. »
médecine légale. — Existence du phosphore à l'état libre dans les organes
constatée plus de trente jours après la mort; Réclamation de priorité
adressée par M. Duchesne. (Extrait.)
(Renvoi à l'examen des Commissaires désignés pour la Note de MM. Orfila
et Rigout : MM. Dumas, Pelouze, Cl. Bernard.)
« MM. Orfila et Rigout, dans un Note concernant l'action du phos-
phore rouge sur l'économie animale (Compte rendu de la séance du 4 fé-
vrier i856), disent que dans les cas d'empoisonnement par le phosphore
ordinaire, ce corps peut exister dans les organes, à l'état libre, quinze jours
après la mort. « Ce fait, ajoutent-ils, s'il a été entrevu ou vaguement prévu,
» n'a pas été jusqu'à présent, que nous sachions, observé. »
» Pour démontrer ce qu'il y a d'erroné dans cette assertion, il nous suf-
fira de citer deux faits :
» Dans l'empoisonnement du jeune F...., décédé le i a novembre i854,
à Condé-sur-Huisne, une commission rogatoire, du 23 novembre i854,
nommait comme experts MM. Chevallier, Lassaigne et Duchesne, et le
io décembre, en examinant les organes, nous remarquions « dans la por-
tion iliaque du gros intestin, au milieu de quelques matières fécales et de
mucosités verdâtres, de petits fragments d'une matière jaunâtre qui ne s'é-
crasent pas sous le scalpel, fument au contact de l'air, et projetés sur des
charbons ardents, donnent une vive lumière jaunâtre et une odeur très-pro-
noncée et très-caractéristique ; nous avions trouvé le poison et ce poison était
du phosphore. ».... Dans cette première affaire, nous avons donc constaté
C. R., .856, i" Semestre. (T. XLII, N° 9.) 58
(438)
qu'il existait du phosphore libre,. que nous avons pu réunir et- fondre en
culot, plus de trente jours après le décès de l'enfant. - - ;
» 2°. Dans l'empoisonnement de la femme Picquet, décédée le i5 décem :
bre i854, à Abjat .(Dordogne), une commission rogatoire, du. M jan-
vier i855,' nommait comme experts MM. Chevallier, Réveil , Duchesne, et
le 3o janvier, c'est-à-dire quarante-cinq jours après le décès, nous trouvions
du phosphore libre vers la fin du gros intestin. Ces faits sont constatés dans
nôtre Rapport et dans l'Echo de Késone du 10 juillet i855. » • - - '
-physique du globe. - Sur les eaux thermales de Nauheim {Hesse élec-
-. torale). Origine du sel marin et de V acide carbonique que. ces eaux
contiennent. Nouvelle théorie du jaillissement de ces- sources j par
M. R.OTUREAC.
(Commissaires, MM. Pelouze, Despretz, de Verneuil.)
L'auteur résume dans les propositions suivantes les résultats des recher-
ches qui font l'objet de son Mémoire : •; ; _ ; - : .
« i°. Les sources thermales de Nauheim ne pont pas salées par des
dépôts de sel gemme ou par l'effet des infiltrations de l'eau de mer.
- » 2°. Elles le sont par la dissolution du chlorure de sodium contenu
dans les couches houillères.
» 3°. Les sources de Nauheim ne jaillissent point ep vertu delà théorie
du siphon universellement admise et presquetoujours vraie. - .
» 4°. Elles jaillissent en vertu dé la force d'expansion et de la pression
de l'acide carbonique dont elles sont saturées et qui se trouve à leur surface,
force à laquelle on doit, dans de certaines limites, ajouter la puissance de la
vapeur d'eau que développe la chaleur intérieure du globe et celle de la
décomposition chimique des carbonates calcaires. » -
économie rurale. — Boisson alcoolique extraite de l'hélianthe tubéveux,
vulgairement topinambour. (Extrait d'une Note de M. Decharmes.)
(Commissaires, MM. Pelouze, Payen.)
« M. de Renneville, agriculteur distingué, ayant remarqué que les en-
fants qu'il occupait â la récolte des topinambours en suçaient continuelle-
ment les tiges auxquelles ils trouvaient une saveur sucrée, a pensé qu'on
pourrait en obtenir une liqueur vineuse, et à cet effet il a remis 3oo gram-
( 43 9 )
mes environ de tiges d'hélianthe à un pharmacien d'Amiens, M.Bénard,
qui a opéré de la manière suivante :
» Les tiges après avoir été coupées avec un couteau à racines et divisées
dans un mortier de marbre, ont été abandonnées à la macération avec
Aoo grammes d'eau froide. Au bout de douze heures, le tout a été exprime a
travers une toile. On a obtenu 3oo grammes d'une liqueur sucrée qui mar-
quait 9 degrés au pèse-sirop (densité = io65) On averse ensuite
3oo grammes d'eau froide sur la pulpe; et après douze heures de macération,
on a exprimé de nouveau et obtenu 3oo grammes d'une seconde hqueur
sucrée marquant encore 5 degrés. On aurait pu obtenir une troisième
liqueur, car la pulpe n'était pas épuisée.
„ Ces deux liqueurs, additionnées séparément d'un peu de levure, ont
éprouvé bientôt la fermentation alcoolique, qui a duré plus de quarante-
huitheures. Alors les liqueurs ont étéfiltrées : lapremière, qui portai 9 degrés
au pèse-sirop avant la fermentation, n'en marquait plus que 5 ; et la seconde
était descendue de 5 à a degrés. Ces liqueurs, surtout la première possèdent
une saveur vineuse légèrement sucrée et agréable. La seconde a la couleur
du vin de Madère; l'autre a une teinte un peu rougeâtre.
„ Il résulte de cette petite expérience qu'avec 5o kilogrammes de tiges de
topinambour, on peut obtenir i hectolitre de liqueur aussi spiritueuse que
le cidre le plus fort. Ajoutons que la pulpe peut être donnée aux bestiaux,
qui la mangent avec autant d'avidité que celle de betteraves qui a servi a
faire du sucre.
. Il est à remarquer que l'hélianthe vient bien dans un sol de mauvaise
qualité et que ses tiges n'avaient été jusqu'ici d'aucun usage. »
ÉCONOMIE rurale. - Mémoire sur la conservation des blés dans les silos
souterrains. - Inconvénients et difficultés que présente ce mode de con-
servation en France; moyens d'y remédier; par M. Herpis.
(Commissaires, MM. Becquerel, Boussingault, de Gasparin.)
« Il résulte de nos recherches, dit M. Herpin en terminant son Mé-
moire :
» î
» i" Que la conservation des blés français dans les silos souterrains
exige des conditions et des précautions particulières, qui ne sont pas néces-
saires pour les blés d'Espagne et des pays chauds qui contiennent moins
d'eau et qui sont moins hygrométriques que les nôtres ;
„ a «. Que pour conserver nos blés en silos, il faut non-seulement leur
(44o)
enlevef l'excès tf eau qu'ils contiennent naturellement; mais encore les
maintenir dans un état suf6sant de siecité pendant tonte la durée de la
conservation, et leur enlever au fur et à mesure, par de* moyens artificiels,
l'humidité qu'ils pourraient absorber accidentellement dans les réservoir!
souterrains, a - ' ~-
économie BtJRALE. -Sur un perfectionnement apporté à un procédé de
conservation pour lès céréales ,- par M, Caimigsac-Descombes père.
Le procédé que l'auteur s'est proposé d'améliorer est celui qu'avait re-
^mandéfeu le général Demarcey, et qu'ont essayé également avec succès
MM. Darbelay frères, ce Ce procédé, qui consiste à renfermer les grains dans
des sdos a double epeeinte, a été, dit l'auteur, accueilli peu favorablement,
san^doute parce qu'on a pensé que des greniers souterrains en charpente
noffraientpas assez de garanties, de solidité et de durée; je propose en
conséquence, de remplacer cette charpente par une maçonnerie hnper-
meable. » „ \ . - .. - - r
(Commissaires désignés pour le Mémoire de M. Herpin : MM.lBecquërei»
- Boussingault, de G-asparin.) ~ ■--'..-..'. -J -.': ■
MÉCAwiQtrE. -Nouvelles expériences sur le pendule irrigateurs
'"-''" --par M. E. 6am>. - -■;:'-•
L'auteur annonce avoir constaté dans ce* expériences que les « révolu-
fcons du pendule lancé latéralement sont isochrones, comme les oscillations
du pendule ordinaire passant par la verticale; » il établit ensuite un rap-
prochement entre le déplacement du grand axe de la courhe parcourue pi-
le pendule et celui du grand axe des orbites planétaires, -,
Cette communication et celle à laquelle elle- fait suite, sont renvoyées à
1 examen d une Commission composée de MM. Cauchy, Iiouvilie et
Combes.
CHIMIE organique. - Mémoire sur l'huile douce du vin et sur les produits
_, spndaire^qui prennent naissance à la suite de Véthérifiçatum; par
(Commissaires, MM. Dumas, BalardJ) - 7 "
(44i )
CORRESPONDANCE.
M. Hamîover, qui, dans la séance publique du 28 janvier dernier, a ob-
tenu une récompense pour ses recherches sur l'anatomie, la physiologie
et la pathologie de l'œil, adresse ses remercîments à l'Académie.
astronomie. - M. Goldschmibt a fait sur une étoile variable remar-
quable une suite d'observations propres à en déterminer la période, et
que M. Le berner communique à l'Académie.
Géographie ZOOLOGIQCE. - Considérations sur les poissons du Don, du
Dnepre, du Dnestre, du Boug et du Danube,- par M. P. DE Tchihatchef.
« A une époque où la question de l'acclimatation des poissons préoc-
cupe les savants, l'étude des faunes ichthyologiques des grands fleuves ac-
quiert une importance toute particulière, surtout lorsqu'il s'agit de cours
d eau dont les richesses n'ont pas encore été complètement révélées à la
science. J'ai donc lieu d'espérer que l'Académie ne trouvera peut-être pas
indigne de son attention les considérations que j'ai l'honneur de lui sou-
mettre sur les poissons des principales rivières qui débouchent du côté du
nord et de l'ouest dans la mer Noire. Ces considérations pourraient avoir
d autant plus d'intérêt, qu'elles ont particulièrement pour base des obser-
vations neuves et inédites que je dois à l'obligeance de M. Kessler, profes-
seur de zoologie à l'Université de Kiew, qui à ma prière a bien voulu
reunir et me communiquer les matériaux aussi précieux que nombreux
qu û possède sur les poissons du Dnèpre, du Boug et du Dnestre. Afln de
taire mieux apprécier les faunes de ces trois fleuves, j'ai cru devoir les com-
parer avec celles des cours d'eau limitrophes, et nommément avec celles du
Don et du Danube ; d'ailleurs cela me fournit l'occasion de mieux faire
connaître aux savants le travail d'un zoologiste russe, M. Czernay, qui a
publie, en i85a, une faune du gouvernement de Karlioff, mais dont l'ou-
vrage, rédigé en russe et imprimé dans une ville lointaine de ce vaste em-
pire est a peu près inaccessible à la majorité des savants. Quant au Danube
j ai fait usage du Spécimen Ichthjrologiœ Hungariœ de Reisinger, après avoir
traduit en langage moderne la nomenclature linnéenne dont cet auteur
s est servi. Le tableau suivant, où j'ai réuni les matériaux puisés à ces diffé-
( 44» )
rentes sources, résume les faunes ichthyologiques du Don, du Dnepre, du
Boug, du Dnestre et du Danube.
NOMS DES FLEUVES
où ces espèces se trouveut
NOMS DES ESPÈCES.
Perça fiuviatilis, L
Aspro Zingel, Cuy.-Val
Lucioperca Sandra, Guv. . . .
Lucioperca Volgensis, Cuv. .
Acerina vulgaris, Cuv.-Val. .
Acerina rossica, Cuv.-Val.. .
.Acerina Schraetser, Cuv.-Val.
' Cottus gobio, L
Cottus microstomus, Heck. ,
Gasterosteus trachurus, Cuv.-
Val .■•■ •
Gasterosteus aculeatus, L. . .
Gobius platyrostris, Pallas. .
Gobius fiuviatilis, Pallas
Gobius semilunaris, Heck.. .
Lota vulgaris, Cuv.-Va!.
Silurus glanis, L. ......... •
Cobitis fossilis, L
Cobitis barbatula, L
Cobitis taenia, L
Cobitis spinula, K
Gobio fiuviatilis, Cuv. ■ ■■■••
Gobio uranoscopuSj Agass. .
Barbus fiuviatilis, Flem. ,
Agass. - , 'Val.'.". ...... '■ ■•• ■
Cyprinus carpio, L
Cyprinus hungarieus, Heck.,
Cyprinus Nordmanni, Val. . .
Cyprinus macrolepidotus|,
Cuv.-Val. •■•
Carassius vulgaris, Nils
Carassius gibelio, Heck
Rhodeus amarus, Agass.., . .
Tinca vulgaris, Agass
Leuciscus?erythrophthalmûs .
Val...^ ■
Leuciscus Teses, Val
Leuciscus Frieisiï, Nordm. .
Leuciscus Heckelii, Nordm.
Leuciscus rutilus, Val.
Leuciscus dobula, Val
NOMS DES FLEBVES
où ces espèces sa trouvent
NOMS DES ESPECES.
Leuciscus vulgaris, Val. . .-
Leuciscus orfus, Val
Leuciscus bipunctatus, Val
Leuciscus phoxinus, Val..
Aspius rapax, Agass
Aspius alburmis, Agass. . .
Aspius Baldneri, Val... .....
Aspius Ovsianka, Czernay.. .'
Aspius cîupeoides, Val
Pelecus cultratus, Cuv.-Val.
Pelecus cîupeoides, Pallas. . .
Chondrostoma nasus, Agass.
Abramis Vimba, Val
Abramis ballerus, Cuv.-Val..
Abramis Schreibersii,"Heck. .
Abramis brama, Cuv.-Val. .
Abramis Leuckartii, Heck. . .
Abramis blicca, Cuv.-Val
Salar Ausonii, Val
Salmo Hueho, L., Val
Salmo umbla, L., Val
Salmo thymallus, L., Val.. .
Esox lucius, L. — ...... ■ ■ ■
Clupea pontica, Eicirw. .....
Acipenser ruthenus, L. , . . . .
Acip enser stellatus, Pallas. . .
Acipenser schypa, Guld. . . .
Acipenser Guldenstaedtii,Br.
Acipenser Sturio, L^ ( Aci-
penser, Guld. ex part.).. .
Acipenser Huso, L.
Acipenser pygmœus, L,....
Muraana anguilla, L. , . . ,
Petromyzon Planeri, Bloch..
Petromyzon fluviatilis, L. . .
Petromyzon branchialis, L, ,
Ammoccetes branchialis, L.
ô
p.
a
te
s
c
«
!1
9
»
»
3
3
»
»
»
»
a
»
•a
a
NOMBKE DES GENBES
' ET DES ESPÈCES .
dans chacun des cinq fleuves.
( 443 )
» Les faits suivants résultent de ce tableau :
,, 1 Malgré l'analogie entre les caractères climatologiques et hydrogra-
vtoianfiS des cinq fleuves, le nombre des espèces et des genres ne se trouve
point en rapport avec les dimensions des cours d'eau qui les nourrissent.
» 2 Les 7 3 espèces et 3i genres qui constituent l'ensemble de la faune
ichthyologique des cinq fleuves s'y trouvent répartis de manière qu'en
moyenne chaque fleuve n'a environ que la moitié des espèces et cinq
sixièmes des genres en commun avec les autres quatre fleuves ; c'est ce que
fera ressortir le tableau suivant où la comparaison de chacun des cinq
fleuves avec l'un des quatre autres indique le total des genres et des espèces
constatés dans les deux fleuves comparés, ainsi que le nombre des genres
et espèces qui leur sont communs.
NOMS DES FLEBVES.
Don-Dnèpre. . . .
Don-Boug
Don-Dnestre
Don- Danube. . . .
Dnepre-Boug. . .
Dnèpre-Dnestre.
Dnèpre-Danube.
Dnestre-Boug. .
Dnestre-Danube .
Boug-Dannbe. .
TOTAL
des genres
dans
les fleuves
comparés.
25
20
23
27
24
24
28
24
NOMBRE
des genres
communs
aux fleuves
comparés.
»7
"7
18
'7
'9
21
l8
'9
20
18
TOTAL
des espèces
dans
les fleuves
comparés.
NOMBRE
des espèces
communes
aux fleuves
comparés.
54
3i
52
32
52
27
52
24
52
32
57
44
69
27
48
3o
64
2 7
53
22
» 5. Parmi les 3i genres qui résument la faune ichthyologique des cinq
rivières, ceux qui comptent le plus grand nombre d'espèces sont : Leucis-
cus, Jspius, Jbramis et Jcipenser; les genres les plus pauvres sont :
Perça, Jspro, Lota,Silurus, Esox, Clupea, Murcena et Jmmocœtes.
» 4. Dix-sept espèces se trouvent localisées de la manière suivante : au
Danube appartiennent : Gasterosteus aculeatus, Cjprinus rnacrolepidotus ,
Leuciscusorfus, bipunctatus et phoxinus, Salmo Bûcha, umbla et Thj-
mallus, Jcipenser Sturio et Je. pygmœus, Murœna anguilla ; au Dnestre :
Cottusmicrostomus et Gobio uranoscopus; auDnèpre : Gasterosteus trachu-
C-444 )
rus, Gobio semilunarîs, Amrnocœtes branùhtalis-SLU T>on : Aspiûsblupëoides .
Le Boug ne paraît point posséder aucune espèce qui lui soit propre, L
» 5. Sur la totalité des espèces qui représentent la faune ichthyologique
des cinq fleuves, il n'y a que 16 espèces, c'est-à-dire moins de deux neu-s
vièmes, qui appartiennent à tous les cours d'eau susmentionnés, savoir:
Perça Jluviatilis, Lucioperca sandra, Acerina vulgaris , Silùrus gïanis,
Gobio Jluviatilis, Cjprmus carpio, Carassius vulgaris, Tirica vulgaris,
Leuciscuserjthrophthalmus, rutilus, dobula et vulgaris, Aspius.albumus,
Chondrostoma nasus, Abramis: vimba et Esox lucius. On [pourrait y
ajouter l'Acipenser ruthenus, stellatus et huso, parce .qu'a: la seule ex-
ception du Boug, ces trois espèces sont: très-répandués dans le J3oD,:le
Dnèpre, le Dnestre et le Danube; le nombre des espèces communes, (ou
presque telles) aux cinq fleuves serait donc de 19. Or, en examinant la
liste des poissons de la Sibérie occidentale, publiée dans notre ouvrage sur
l'Altaï (1), et surtout celle que M. Brandt a donnée (2) des Poissons obser-
vés par M. Lehman dans les cours d'eau de l'Asie centrale {Oxtts, Jaxantès,
Sarafelvan, etc), on aperçoit que les 19 espèces dont il s'agit se retrouvent
presque toutes dans les contrées les- plus div^ses^u^va&tejjjQntinejat^sia-
tique, ce qui prouve l'immense étendue de leur habitat. Quant auxfamilles
auxquelles appartiennent les 7 3 espèces qui constituent la faune ichthyolo-
gique des cinq fleuves, les familles les plus pauvres sont celles des Gadoïdes,
des Siluroïdes, des Esocés et des Clàpéoïdes; l* plus riche est belle des
Cjpfinoïdes, car elle compte à elle seule 1 2 genres, composés de 3g espèces,
et par conséquent plus de la moitié de}a totalité' dès espèces^ et presque le
tiers du montant total des genres. '__. '
» 6. Au nombre des traits les plus saillants, que. présente la fauneides
cinq grands fleuves du Pont-Euxin, figure au premier rang l'énorme pré-
dominance des Cyprinoïdeset l'insignifiance des Salmonoïdes^OvM, Brandt
a déjà fait ressortir (3) le rôle important que joue dans la physionomie gé-
(i) Voyez Voyage scientifique dans l'Altaï, pages 419-466. La faune ichthyologique delà
Sibérie, dont M. Brandt a bien voulu enrichir notre ouvrage, en nous fournissant une des-
cription des animaux vertébrés de cette montrée, compte 45 espèces, dont uS.s'é retrouvent
dans les cinq grands fleuves de la mer Noire. ■ ., „.-.,
- (2) Voyez V Appendice zoologique de M. Brandt dans le curieux voyage de M. Lehman
à Buchara et à Samarkand v Ce voyage forme le XVIP volume des Beïtrqge, etc.,deMM.Baer
etHelmensen. ' "--"•" - "• 1 '
(3) Voyez YJltaî, loc' cit. - - -' . . "
( 445 )
nérale de la faune ichthyologique des fleuves de l'Europe, comparée à celle
de la Sibérie, la prédominance soit du type Carpe, soit du type Saumon;
le développement du premier aux dépens du dernier étant propre à l'Europe,
tandis que l'inverse caractérise la Sibérie et le nord de l'Amérique. Le cata-
\ogue ôes pms&Hvs> ohservés par M. Lehman dans les cours d'eau de l'Asie
centrale prouve que la faune ichthyologique de ces contrées lointaines porte
éminemment le caractère imprimé par la prédominance des Cyprinoïdes.
Or c'est ce type européen qui se trouve également développé dans la faune
des fleuves de la mer Noire, mais sur une échelle infiniment plus forte qu'en
Europe même, puisque nous avons vu que dans les fleuves susmentionnés,
la proportion des Cyprinoïdes à l'égard des Salmonoïdes est presque comme
i à 10, tandis qu'en Europe elle est à peu près comme i à 2, car, d'après
M. Schinz(i),les Cyprinoïdes y comptent 78 espèces et les Salmonoïdes 37 . »
zoologie. — Note sur les caractères zoologiques de quelques espèces de
Cétacés; par M. Puchëran.
« La détermination des Mammifères de l'ordre des Cétacés faisant partie
de la collection du Musée de Paris, dont je m'occupe en ce moment,
m'ayant donné occasion d'examiner de nouveau les individus rapportés par
M. Dussumier et figurés par M. F. Cuvier, il m'a été possible de constater
que les observations les plus récentes des zoologistes, concernant ces divers
types, étaient susceptibles d'être modifiées, et que les diagnoses différen-
cielles auxquelles ils ont donné lieu pouvaient être basées sur des caractères
extérieurs parfaitement saisissables. Grâce aux souvenirs de MM. les
professeurs Geoff roy-Saint-Hilaire et Valenciennes, et à ceux de M. Werner,
l'artiste habile qui a fait les dessins du grand ouvrage de M. Frédéric
Cuvier, il m'a été permis de confirmer l'exactitude de mes premières ap-
préciations sur l'authenticité des exemplaires originaux. C'est ainsi que
j'ai observé:
» i°. Que le Deiphinus plumbeus se caractérise par sa grande taille, le peu
d'élévation de la nageoire dorsale et le grand développement de la nageoire
caudale, soit d'avant en arrière, soit de droite à gauche. Les indications
différencielles fournies par ces divers organes se retrouvent même chez le
jeune. Il me paraît dès lors impossible d'admettre, à l'exemple de
(t) Europaische Fauna.
C. R., i856, i« Semestre. (T. XLH, N° 9.) 5o.
(446)
MM. Schlegel et J.-E, Gray, et ainsi que l'avait soupçonné M, Cuvier, l'asr
similation de ce Dauphin au Delpkinusmalayanus de MM, Lesson et Gar-
not. La description de MM. Lesson et Garnot, quoique faite d'après un
individu. moins grand que celui de notre Musée, indique, en effet, pour
la nageoire dorsale, des dimensions verticales plus étendues. L'opinion de
M. Gray, qui rapporte au même Cétacé le Dauphin à ventre rose de
MM Hombron et Jacquinot, me semble de même inexacte, soit par suite
du mode de coloration des parties inférieures, en ce qui concerne le Del-
phinus malajanus, soit par suite des états différents d'amplitude des na-
geoires caudale et dorsale, en ce qui concerne le D.plumbeus;
» 2°. Que le Delphinus velox, de taille moindre, est doué cependant
d'une nageoire dorsale plus élevée : les nageoires pectorales et caudale
sont, au contraire, moins étalées d'avant en arrière;
» 3°. Que les deux autres types (D.frcenatus etD.frontalis), l'un et l'au-
tre à ventre blanc et de dimensions à peu près égales, offrent des caractères
différentiels de même nature. La nageoire caudale est, dans le D.frœnatus,
plus étendue d'avant en arrière, moins développée, au contraire, du côté
droit au côté gauche. Dans ce même Cétacé, la nageoire dorsale est plus
allongée à son bord adhérent, moins échancrée à son bord postérieur.
» Je rattache, enfin, au Neomeris phoccenoides de M. Gray le Delphi-
naptère, rapporté par M.. Dussumier, dont M. Cuvier a donné la description
(Recherches sur les. ossements fossiles , 2 e édition, vol. V, i rB partie 3
p. 288), et que M. Hamil ton Smith a figuré, sous le nom de D-frontatus,
dans le quatrième volume de la traduction anglaise du Règne animal. C'est,
d'après M- le professeur Valenciennes, un individu semblable que Péron
aurait nommé D. leucoramphus. M. Valencieunes en a vu le dessin entre
les mains ,de feu M. Lesueur, compagnon de Péron, dans la mémorable
expédition du capitaine Baudin aux terres australes. S'il en était ainsi, toute
la zoologie contemporaine, en ce qui concerne cette espèce, depuis
MM. Lesson et Garnot, Georges et Frédéric Cuvier, jusqu'à M. Gray, au-
rait marché d'erreurs en erreurs. Mais quelque soit, à ce sujet, le résultat
définitif des observations ultérieures, il nous paraît impossible d'y ratta-
cher, soit, comme l'a fait M. Cuvier [loc, cit.), le crâne des galeries d'ana-
tomie .comparée rapporté de l'Inde par M. le capitaine Hcussard, soit,
comme le fait, en hésitant peut-être, M. Gray, le Delph.melas de MM. Tem-
ininck et Schlegel. »
( 44? )
chimie organique. — Nouveau procédé pour préparer l'acide formique;
par M. Berthelot. (Présenté par M. Balard.)
« i . Dans un Mémoire présenté à l'Académie, j'ai montré que l'oxyde de
carbone pouvait être absorbé par la potasse, fixer les éléments de l'eau, et
donner naissance à l'acide formique. Cette observation m'a conduit à cher-
cher s'il ne serait pas possible de modifier quelqu'une des réactions dans
lesquelles se développe l'oxyde de carbone, de façon à combiner ce gaz à
l'état naissant avec les éléments de l'eau et à obtenir facilement et en abon-
dance l'acide formique lui-même.
» 2. On sait combien sont pénibles les procédés actuellement suivis
pour préparer ce composé, le plus simple de tous les acides organiques.
On l'obtient d'ordinaire en traitant le sucre ou l'amidon par un mélange
d'acide sulfurique et de bioxyde de manganèse. Ce procédé est d'une grande
importance historique, car il a permis de préparer l'acide formique sans
l'extraire des fourmis, comme on l'avait fait d'abord; mais il n'est pas
exempt d'inconvénients. En effet, dans la réaction qui vient d'être rappe-
lée, se développe une très-grande quantité de gaz ; d'où résulte la nécessité
de vases d'une capacité énorme dont la rupture ou la corrosion est fré-
quente. De plus, l'acide obtenu est mélangé avec diverses autres substances,
tant acides que neutres, produites simultanément, ce qui oblige à purifier
l'acide formique brut en le changeant en formiate de plomb et faisant
cristalliser ce corps à plusieurs reprises. Ces difficultés ont été observées
par tous les chimistes et se sont sans doute opposées plus d'une fois à la
préparation de grandes quantités d'acide formique et à son emploi dans les
réactions.
» 3. J'ai réussi à produire ce corps très-facilement et en proportion
considérable, en prenant pour point de départ l'acide oxalique.
» L'acide oxalique, soumis à l'action de la chaleur, se change en acide
carbonique, eau et oxyde de carbone :
C 4 H a O 8 = C 2 O 4 + C 2 Q a + H 2 O 2 .
n Au moment de cette décomposition, l'eau et l'oxyde de carbone se
trouvant en contact à l'état naissant ; il suffirait donc de faire intervenir des
conditions convenables pour combiner ces deux corps : déjà par le seul
fait de la distillation de l'acide oxalique, cette combinaison commence à
s'effectuer d'après les expériences de Gay-Lussac ; mais la quantité d'acide
formique ainsi produite est toujours trè$-petite.
5o...
» Or j'ai observé que l'on peut combiner avec les éléments de l'eau tout
l'oxyde de, carbone fourni par l'acide oxalique, et transformer simplement
cette substance en acide carbonique et acide formique -
:: C*H 2 8 — C*-0 4 +0*. "1 : :.Z.r
» Il suffit de faire intervenir un autre corps opérant par action de contact,
la glycérine. J'ai déjà signalé ce fait, et j'ep vais déduire un nouveau pro-
cédé pour préparer racide formique.
» "4- Voici comment j'opère : -
» Dans une cornue de 2 litres^ j'introduis i kilogramme d'acide oxalique
du commerce, r kilogramme de glycérine sirupeuse et i oo à 200 grammes
d'eau ; j'adapte un récipient et je chauffe très-doucement la cornue : la
température ne doit guère dépasser 100 degrés. Bientôt une vive efferves-
cence se déclare et il se dégage de l'acide carbonique pur. Au bout de douze
à quinze heures environ, tout l'acide oxalique est décomposé; la moitié
de son carbone et de son oxygène se sont dégagés sous forme de gaz acide
carbonique; une petite quantité d'eau chargée d'acide formique a distillé,
et il reste dans la cornue la glycérine tenant en dissolution presque tout l'a-
cide formique. On peut extraire directement cet acide au moyen du carbOr
nàte de plomb ; mais la méthode suivante est bien préférable. " ~ " .
j> On verse dans la cornue un demi-litre d'eau et on distille ; on remplacé
à mesure l'eau qui distille, et on continue l'opération jusqu'à ce que l'on ait
recueilli 6 à 7 litres de liquide distillé. A ce moment, presque tout l'açldë
formique s'est volatilisé avec l'eau, et la glycérine reste seule dans la cor-
nue. Ellepeut servir à décomposer un second kilogramme d'acide oxalique^
puis un troisième, etc. - - --- . - - ■- ■
» Trois kibgrammes diacide oxalique du commerce, CMï 2 O é ■+• 4HÔ ,
ont fourni par ce procédé l k ,o5 d'acide'formique , X7 H* O 4 . V
» D'après la formule ^ ,1 """
C 4 H 2 0% 4 HO = C a O 4 H- 4H0 -H G 3 H 3 Q 4
3 kilogrammes d'acide -Oxalique, pur doivent iournir i k ,o9 d'acide for-
mique. . •
, » La différence entre le résultat obtenu et le résultat calculé est" aussi
faible que possible; elle s'explique d'ailleurs par les impuretés que ren-
ferme l'acide oxalique du commerce (1), , "/■' ."
(1) iao parties de l'acide employé -laissent un- résidu jixeigal à-%7 parties.
( 449 )
» 5. Voici le détail de la préparation qui précède :
Acide oxalique i kilogramme >
Glycérine i kilogramme.
» On a opéré comme il vient d'être dit et on a obtenu .'
i°. 2 litres de liquide distillé renfermant : acide formique. . . î/fô gr.
2°. 5 lil ,5 a » » ... 176
322
g r -
» La glycérine retenait encore de l'acide formique. On a ajouté dans la
cornue un second kilogramme d'acide oxalique ; on a obtenu :
3°. 1 litre de liquide distillé renfermant : acide formique. ... 70 gr.
4°. 4 li tres " " » .... 25o
320 gr.
» La glycérine retenait encore de l'acide formique. On a ajouté dans la
cornue un troisième kilogramme d'acide oxalique ; on a obtenu :
5°. 2 litres de liquide distillé renfermant : acide formique. . . . 180 gr.
6°. 4 Ut >5 « » » .... 229
409 gr.
» En résumé : 3 kilogrammes d'acide oxalique ont fourni i k ,o5i d'acide
formique.
» Cette préparation est tellement régulière, qu'elle peut être exécutée sans
aucun embarras sur des quantités quelconques d'acide oxalique. Elle n'exige
d'ailleurs presque aucune surveillance.
» 6. Le seul point essentiel, c'est de ne pas brusquer la décomposition
de l'acide oxalique par la glycérine. En effet, si l'on opère trop rapidement,
si la température du mélange s'élève à un trop haut degré , le dégagement
de l'acide carbonique s'accélère d'abord ; mais dès qu'il a cessé, la tempé-
rature de la masse atteint bientôt 190 à 200 degrés, et un nouveau déga-
gement gazeux se produit : c'est de l'oxyde de carbone pur. Le liquide
distillé pendant toute la durée de l'opération ainsi conduite ne renferme
pas le dixième de l'acide formique que l'on peut obtenir en opérant comme
je l'ai dit plus haut.
» 7. Ce nouveau phénomène : dégagement d'oxyde de carbone, est dû
à la décomposition à 200 degrés de l'acide formique retenu en dissolution
par la glycérine à la manière du gaz ammoniac dissous par l'eau. En effet,
(45o)
l'acide formique pur, chauffé pendant quelques heures entre 200 et 25o de-
grés dans des tubes scellés, se décompose en majeure partie en eau et oxyde
de carbone : la glycérine n'exerce presque aucune influence accélératrice
sur cette décomposition.
» Ces observations peuvent être utilisées dans la préparation de l'oxyde
de carbone par l'acide oxalique. : si l'on chauffe l'acide oxalique mélangé,
non avec l'acide sulfurique, mais avec la glycérine, on obtient successive-
ment et séparément les deux gaz que l'acide sulfurique fournit mélangés à
volumes égaux : d'abord l'acide carbonique, puis l'oxyde de carbone. Ce
dernier corps peut donc être ainsi préparé pui^sans lavage alcalin et du pre-
mier coup. ..--..'-.-.-..
» 8. Quoi qu'il en soit, un intervalle considérable de température sépare
ces deux phénomènes successifs : décomposition à 100 degrés de l'acide
oxalique en acide carbonique et acide formique au contact de la glycérine ;
puis décomposition ultérieure à 200 degrés de l'acide formique en eau et
oxyde de carbone. Bien de plus facile que de maîtriser la réaction et d'ob-
tenir par des additions d'eau successives la totalité de l'acide formique que
peut fournir l'acide oxalique : c'est ce que prouvent les nombres cités
plus haut. ,-.,,,. -:
» L'acide formique ainsi préparé est très-pur et complètement exempt
d'acide oxalique. Satuçé par les carbonates de chaux, de baryte, de plomb,
il fournit: dès la première cristallisation des formiates purs de chaux, de
baryte ou de plomb. 5oo grammes d'acide oxalique du commerce ont pro-
duit environ 5oo grammes de formiate de plomb pur.
» On remarquera que la glycérine se retrouve intégralement dans la
cornue à la fin de chaque opération (1), exactement comme l'acide sulfu-
rique dans la préparation de l'éther. »
géométbie ancienne. — Sur un passage de P roc lus qui a été indiqué
récemment comme se rapportant aux porismes; parM. Breton (de Champ).
« J'ai entretenu déjà deux fois (2) l'Académie de mes recherches sur les
porismes d'Euclide. Les conclusions auxquelles je suis parvenu sur cette
question fameuse diffèrent tellement de celles qui avaient été aupara-
vant proposées, que je ne dois point sans doute espérer qu'elles obtien-
(1) Sauf une très-petite quantité volatilisée avec l'eau, i gramme par litre environ.
(2) Les 29 octobre i84g et 6 juin 1 853; Voyez les Comptes rendus de ces deux-séances.
(45. )
dront immédiatement l'adhésion des géomètres et des érudits. Les convic-
tions, dans une matière comme celle-ci, où les appréciations mathématiques
doivent, poxir avoir quelque valeur, être appuyées de l'interprétation de
textes grecs (i), qui ont été considérés pendant longtemps comme indé-
chiffrables, ont besoin pour se former de l'aide du temps et de la ré-
flexion. Toutefois, ce serait paraître abandonner mon travail que de garder
le silence sur les objections, les critiques, les conjectures ou les opinions nou-
velles qui tendraient à en infirmer les résultats, surtout lorsqu'elles émanent
de personnes recommandables par leur savoir. C'est ce motif qui m'amène
à présenter quelques observations sur un passage de Proclus que M. O. Ter-
quem, dont la science et la vaste érudition sont bien connues, vient de
signaler comme se rapportant aux porismes et pouvant en donner la clef.
Ce passage est ainsi conçu : « Upcorov £i (pctai tcov ct7ropo\j>/,i\cov epiuypctu-
» /zcltgjv Ttiv ctTrayœyw 7rotwaœ§xi l7T7rox,pa.Tw top X/bp. » Ce que M. Ter-
quem traduit : « On dit que Hippocrate de Chios est le premier qui ait
» opéré le transport des figures embarrassées (sans issues). » Puis il ajoute :
« N'est-ce pas ce qu'on nomme aujourd'hui des méthodes métamorphiques
» ou le transport {cf7rctya>yti) de propriétés connues d'une figure facile
» aux figures compliquées (par exemple, des cercles aux coniques)? Les
y théorèmes qui procuraient ces passages étaient des porismes (7ropî£a>,
» frayer un passage). Telles sont aujourd'hui les propriétés segmentaires
» ou fasciculaires, etc. (2). »
» Cette interprétation me semble inadmissible par les raisons que voici :
» i°. Le terme ct7rxya>yn exprime ce que l'on fait quand on ramène un
problème ou un théorème à dépendre d'un problème ou d'un théorème
différent. Cette explication est donnée par Proclus, et il cite à ce propos le
problème de la duplication du cube que l'on ramène à l'insertion de deux
moyennes proportionnelles. Vient ensuite la phrase reproduite ci-dessus,
dans laquelle M. Terquem suppose qu'il s'agit de porismes. On nesauraity
voir autre chose, ce me semble, qu'un procédé très-connu dont l'utilité con-
sistait à permettre de traiter des questions que l'on ne trouvait pas le moyen
d'attaquer directement, et c'est évidemment ce que veulent dire ces mots
a.Tra.yceyti rcov ànzypajU/uctTav a7ropov/ut(G>v.
» a . Quelques lignes plus haut, Proclus indique la double acception du
(i) J'ai publié ces textes avec traduction et commentaires dans le tome XX du Journal
de Mathématiques pures et appliquées de M. Liouville.
(2) Nouvelles Annales de Mathématiques, tome XV, pages 26 et 27 du Bulletin.
( 45a )
-terme -7ropt(r/u,ct , porisme et corollaire, àmayoùyv a donc une tout autre
signification.- ; --'"-'"--
>t 3°. Pappus dit expressément queEuclide est- le premier géomètre qui
-ait donné des porismes. L'invention dont Proclus fait honneur à Hippocrate
de Chios ne peut donc être celle des porismes,
■- » 4°. Les propositions de l'ouvrage d'Euclîde sur les porismes n'étaient
pas des théorèmes, ou du moins leurs énoncés n'avaient pas la forme qui
convient aux ^eorème.?~proprement dits, mais bien celle qui est'propre aux
problèmes. En effet, Pappus nous apprend qu'à ne considérer que ces énoncés,
on croyait que c'était des problèmes. D'un autre côté, Proclus les appelle
par deux fois des problèmes, et lorsqu'il veut donner des exemples de pro-
positions ayant quelque rapport aux porismes, il choisit deux problèmes de
géométrie élémentaire. Il résulte de cette notion, qui ressort aussi des an-
ciennes définitions que Pappus nous a conservées, que lès porismes n'étaient
pas des théorèmes comme M. Terquem le suppose. Si le Traité des Porismes
venait à être retrouvé, nous appliquerions à ses diverses propositions la
dénomination de problèmes, laquelle, dans notre langage actuel, ne com-
porte plus les distinctions dont Pappus et d'autres géomètres se préoccu-
paient. On doit croire d'ailleurs que la forme d'énoncés préférée par Euclide
avait sa raison d'être, -et qu'elle était commandée par le sujet.
--; « On remarquera, que ce dernier argument, savoir : que les porismes
n'étaient pas des théorèmes, peut être également opposé à d'autres divina-
tions des porismes. Il forme notamment une objection capitale contre celle
de R. Sknson, car les énoncés proposés par cet auteur ne peuvent en aucune
façon donner l'idée de problèmes . Celle deM. Chasles, admettant essentielle-
ment la même forme à' énoncés, se trouve conséquemment sujette à la même
objection. » .
Géographie. ■*— Altitudes de quelques lieux dans le sud de l'Algérie
- déterminées par les hauteurs comparées du baromètre; Note deM. Revod.
« M. Gôtze a présenté à l'Académie, dans sa séance du 25 février, les
résultats des observations astronomiques que j'ai faites en Algérie en i$53.-
Le tableau suivant est destiné à compléter ce travail en donnant les alti-
tudes d'un certain nombre de points, déterminées par le baromètre et
calculées au moyen des observations faites aux mêines heures à l'Arsenal
d'Alger sous la direction de M., le capitaine! Humbert.
» Une seule série, celle d'El-Aghouât, estasses longue pour donner un
(453)
nombre très-approché, sauf l'incertitude résultant de ce que le vent a souf-
flé à peu près constamment de l'ouest ou du nord-ouest pendant tout le
temps des observations. M. Mac Carthy avait pourtant trouvé, en décem-
bre i852, une altitude de 750 mètres, fort peu différente de la mienne.
» L'altitude trouvée pour Biskra est à peu près une moyenne entre celles
trouvées par M. Fournel et M. Dubocq. Celle de Constantine est de 4o mè-
tres environ moindre que celle trouvée par les officiers d'état-major.
» J'ai évalué, «ans instruments, à 5oo mètres l'altitude de Berrîân.
HOHBBE
d'observations.
32
3
1
2
3
1
1
1
1
7
1
1
4
»
1
1
1 1
3
1
El-Aghouât , maison située à l'angle sud-est de la place au
centre de la ville, au bord du ruisseau
Sidi-Makhlouf, caravensérail construit en i853 sur un plateau
qui domine trois sources
Djelfa , grande maison crénelée
Selîm , poste sans eau , en plaine , à moitié du chemin de Djelfa
à Bou-Sa'ada
Bou-Sa'ada, la place
— pavillon du commandant, partie la plus basse du fort.
Kerdâda , montagne qui domine Bou-Sa'ada au sud
Ain-Omm-ech-Chemel , belle source en plaine
Mdoukkâl, ville berbère avec palmiers et jardins
El-Outâia , au nord de Biskra
Biskra, fort Saint-Germain
El-G-antran , caravansérail
El-Ksour, caravansérail
Bâtna , la place
Lambèse, d'après nivellement direct 1 1 o m au-dessus de Bâtna.
Ain-Iagout, auberge près d'une belle source
Ain-Mlîli , belle source , bassin romain
Constantine , place de la Brèche
Setif, rue Saint- Augustin ,,..,.,..,
Bou-Ariridj , fort sur un mamelon, au milieu de la plaine de
Medjâna >
Ouiad-Brahîm-Bou-Beker, village berbère dans les montagnes
au nord-ouest des Portes-de-Fer
Beni-Mansour, poste français à 5o m environ au-dessus de la
rivière de Bougie (rive droite) .,.,..,,,,...
ALTITUDE
do sol
746
913
1090
99 5
56 9
5 7 8
g3a
592
3^2
23 1
89
527
930
1021
ii3i
896
75i
609
io85
gi3
5g5
33 ï
C. R., i856, I er S-mesire. (T. XLII, N° 9.)
60
( 454 )
météorologie., — Observation d'un bolide le ^février i856. Lettre de
M. CotrtvnLR Gravier. ' -■'_■- =
« M. Saigey, me remplaçant le 29 février dernier dans nos observations
d'étoiles filantes, a vu à io h 2i m , temps moyen, un globe de première
grandeur commençant à 5° S. |3 Lévrier, fini entre et à égale distance de a
Céphée et y Cygne, se dirigeant vers a. Cygne; course, 70 degrés. Très-
lent,_durée de 5 à 6 secondes, sans traînée persistante ; il jette une
vive lueur, lance des fragments vers le milieu de sa course, et ces
fragments, qui divergent, s'éteignent à 4 ou 5 degrés de distance. Alors
la lumière est des plus vives ; puis le météore va en s'affaiblissant et devient
rougeâtre vers la fin de sa course : c'est le plus beau météore que M. Saigey
ait jamais vu. »... . . .
anthropologie. — Proportions physiques ou naturelles du corps humain
exprimées en mesures métriques et rapportées à la taille de i m ,6o; par
M.tJ.-T. SojBERaïAany. (Extrait par l'auteur.) . .
« Recherchant à rapporter l'unité métrique à la stature de l'homme, j'ai
dû tout d'abord m'occuper de la loi physique qui régit la proportion des
diverses articulations générales du type de là charpente de l'homme. J'ai
pensé ; que mon premier devoir était de donner ces proportions, afin que
les artistes puissent les examiner,; me. réservant de: donner dans un pro-
chain travail l'exposé de la loi qui les régit, ainsi que la raison physique
de la taille de i m ,6o qui offre un très-haut intérêt. ~ ;
m Toutes lés mesurés sont exprimées en parties métriques et partent,
pour l'homme debout, du plan horizontal qui le supporte, - ~
Le sommet de la tête . ...i,6o. - - ..:...-.,
Naissance des cheveux. ........ . i,55. - - -
Centre de la pupille..... ï? 5 . Distance entre les deux m
i ■ ■ ■ •■ • • ■ • • s • centres-des pupilles. . o,o5.
Bas du nez 1 ,45. : .■ Largeurdu nez aux na-
Fente de la bouche. . . 1 ,4333.
Naissance du menton ....... . , . , 1 ,4166 .
Bas du menton ! >4° .
«nés.. o,025.
( 455 )
Centre de l'articulation aux épaules et
m
bord de la clavicule du cou i ,3333. ,
Bouts des seins .
i ,20.
Nombril (le centre) i .
Centre d'articulation du fémur 0,8888.
Extrémité inférieure de la tubérosité des
os du bassin, et du pubis o,8o.
Centre d'articulation du genou o , 4444 .
Centre d'articulation de la jambe et du
P ied 0,0444.
Plante des pieds sur le sol o
Distance entre ces deux
centres 0^2666.,
Distance entre les
deux 0,24.
Distance entre les deux
centres 0,1777..
BEAS.
0,6666.
Longueur du bras, la main comprise
Du centre d'articulation à l'épaule , jus-
qu'à celui du coude o, 2666
Du centre d'articulation du coude , jus-
qu'à celui du poignet. . . ; . . ^ 0,2666
Longueur de la main , i333
SUBDIVISION DE LA MAIIt.
Doigt du milieu.
Du centre de rotation du poignet à celui
de l'extrémité du métacarpe milieu ... o , 0666 .
Du précédent à la i re phalange o,o333.
De la i re phalange à la 2 e . '. 0,0166.
De la 2 e phalange à la naissance de l'ongle, o , 0088 .
Longueur de l'ongle 0,0088.
PIED.
Horizontalement, du centre d'articulation
delà jambe jusqu'au bout du pied... o,i333
Idem, jusqu'au bout du talon o,o444
Longueur du pied , 1 777
» Les proportions de hauteurs données plus haut satisfont parfaitement
aux observations artistiques ; ainsi, l'homme ayant les bras tendus horizon-
60..
( 456 )
talement et sur une même ligne droite, sa taitie est comprise entre l'extré-
mité de ses deux doigts du imilieuj I . : . :
m
En effet,* chaque bras a pour longueur o m ,666; ainsi les deux. . . . i ,333. . ._
La distance comprise entre les deux centres de rota'ti'ori des épaulés est de . 0,266
La taille de l'homme est égale au total .... ....... i ,600
» Les; ouvrages . artistiques rapportent aussi que l'homme couché par
terre, les bras tendus sur sa tête, les extrémités des pieds et des mains tou-
chent la circonférence d' un cercle dont le • nombril est le centre ;
En effet, des pieds jusqu'au centre de. rotation des épaules il y a, : . . . . . " i ,333.
Si l'on ajoute la longueur du bras , qui est de . ..... . . ./. . '. . . . • • .- o^pob . . .
On a la somme de 2 •
.pour diamètre du cercle dont la moitié ou le rayon est 1 , hauteur du nom-
bril au-dessus du sol. » " Y T - • Y
médecine. — De l'action de diverses infusions végétales ?ùr du sang vei-
neux fraîchement sorti de la veine.^ Indications fournies par eê moyen
relativement à l'existence d'un alcaloïde dans 'te végétal — Déductions
thérapeutiques ;j>ar M.. Le Cierc. . . =r ....
« i°. Le sang veineux traité, au moment de la sortie de la veine, par une
infusion végétale on par un extrait végétal quelconque; est uh véritable
réactif qui décèle instantanément laprésenCe d'un principe alcaloïde dans
le végétal. • -z'. : ■.-..:■- ';--■.'-"
» J'ai fait à ce sujet beaucoup : d'expériences* et ce mâtin encore j'ai
traité du sang veineux par une infusion, de, noyer .(Juglans.regia) mêlée d'un
extrait de noyer. Aussitôt le sang a pris la teinte rouge.
» Du sang veineux pris chez le même individu et mêlé à une infusion
de tilleul a conservé la teinte du sang veineux. .'"'." \
» Une foule d'autres infusions donnent invariablement le ^même résultat.
» Le noyer n'a jamais été analysé, /que je' sache f ou du^môms: aucun
chimiste n'en a encore retiré le principe actif que ce végétal renferme très-
certainement; : J ■-.': :=.:-- -.".:.' .'.--; -■ ; - ..".:-"'-:_-■-
« : :» 2-°C Depuis le 2*9 déeembFe dernier, -je conserve :des-flac6nfrrenfermant
(45 7 )
un mélange de sang veineux et de diverses substances, telles que :
Suc de belladone.
Extrait de belladone.
Atropine.
Extrait et infusion de Datura stramonium.
Nicotine.
Infusion et extrait de tabac.
Brucine.
Infusion de noix vomique.
Strychnine.
Sulfate de strychnine.
Morphine.
Extrait gommeux d'opium.
Thridace.
Extrait de Quinquina kalisaya.
Sulfate de quinine.
Eau de riz.
Eau d'orge.
Décoction de carotte, etc.
» Le sang veineux a pris la teinte lie de vin au bout de quelques jours
dans les flacons qui contiennent :
L'atropine.
La brucine.
La nicotine.
La morphine.
La strychnine, etc.
» Puis la teinte lie de vin a presque complètement disparu aujourd'hui
pour revenir à une teinte noire, semblable à celle que présente le même
sang veineux conservé pur et à l'abri du contact de l'air.
» Les flacons contenant la belladone et le stramonium sont les seuls dans
lesquels le sang ait gardé invariablement la teinte rouge. Cette teinte n'est
pas aussi foncée, aussi rutilante que dans les premiers jours de l'expérience ;
mais elle est, chose remarquable, la seule qui soit restée d'un rouge très-
prononcé.
» Il y a aujourd'hui cinquante et un jours que je conserve ces flacons.
» Après la belladone et le stramonium vient, mais d'assez loin, le flacon
renfermant l'extrait de quinquina. Ce flacon présente encore une teinte un
peu rougeâtre. Tous les autres flacons sont plus ou moins noirs. »
zoologie. — Travaux des araignées en rapport avec l'état présent ou
prochain de l'atmosphère. (Extrait d'une Lettre de M. Caragpel.)
L'auteur, qui ne dit pas sur quelle espèce ont porté ses observations,
annonce avoir constaté que « lorsqu'il doit faire de la pluie et du vent, l'a-
raignée raccourcit beaucoup les derniers fils auxquels sa toile est suspen-
lue, et la laisse dans cet état tant que le temps reste variable. Si l'insecte al-
»nge ses fils, ajoute M. Caraguel, c'est du beau temps qu'il annonce, et
(458)
l'on peut juger dé sa durée d'après le. degré de longueur de. ces mêmes fils;
Si l'araignée reste inerte, c'est signe de pluie; si, au contraire, elle se remet
au travail pendant la pluie, c'est que celle-ci sera de peu de durée. »
M. Hesse signale une erreur qui s'est glissée dans l'extrait qu'on a donné,
au Compte rendu de la séance du %6 novembre, de son Mémoire sur les
Ancées. ; -
U avait dit en parlant de ces Crustacés que la femelle n'est pas connue; au
lieu du mot femelle on a écrit par inadvertance famille. Cette faute typo-
graphique, qui, d'après la texture de la phrase entière, ne pouvait guère
induire le lecteur en erreur, sera signalée dans la table du volume LXI à
l'article Errata. ; ' --
M. Leteluer, auteur d'un ouvrage sur la Théorie du langage, prie l'A-
cadémie de vouloir bien lui accorder la parole pour présenter un exposé
de sa théorie et des conséquences qu'elle pourrait avoir pour la nomencla-
ture scientifique. , - \.
Les usages de l'Académie relativement aux ouvrages imprimés ne lui per-
mettent pas d'accéder à cette demande. Si l'auteur, qui annonce avoir con-
sacré un Tolume entier à l'application de son système aux sciences, croit
avoir à présenter sur ce sujet des considérations nouvelles, il peut les con-
signer dans un Mémoire qui sera renvoyé, s'il y a lieu, à l'examen d'une
Commission.
M. Passot prie l'Académie de vouloir bien compléter la Commission
qui avait été chargée de l'examen de ses dernières communications ,
M. Cauchy ayant annoncé qu'il ne voulait plus faire partie de cette Com-
mission. ■ • •■ - -...._._ o
11 ne serait donné suite à cette demande que dans le cas où les deux
Membres restants jugeraient nécessaire l'adjonction d'un troisième Commis-
saire.
„ M. Buisson présente sur la lumière et sur la vision une théorie qui lui est/
propre. ^ ;
Cette communication ne paraît pas de nature à être renvoyée à l'exame
d'une Commission. .
(45g)
M. Pnasroz annonce avoir adressé à l'Académie, par l'intermédiaire de
M. le sous-préfet de la Tour-du-Pin (Isère), une Note sur la quadrature du
cercle.
Cette Note n'est pas parvenue à l'Académie. On fera savoir à l'auteur
qu'il serait inutile d'en envoyer une deuxième copie, les communications
sur cette question étant du nombre de celles que l'Académie, d'après une
décision déjà ancienne, considère comme non avenues.
La séance est levée à 5 heures et demie. F
BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE.
L'Académie a reçu, dans la séance du 25 février i856, les ouvrages dont
voici les titres :
Etudes et Lectures sur les Sciences d'Observation et leurs applications pratiques ;
par M. BABiNET;ïï e vol. Paris, i856; i vol. in- 12.
Sur le pain mixte de blé et de riz. Valeur du riz comme aliment et réflexions
générales sur l'alimentation ; par M. J. GlRARDiN. Rouen , i856; in-8°.
Instituts de médecine pratique de Jean-Baptiste Borsieri de Kanilfeld, traduits
et accompagnés d 'une étude comparée du génie antique et de l'idée moderne en
médecine; par M. le D r Paul-Émile Chauffard. Paris, i856;avoI. in-8°.
( Présenté au nom de l'auteur par M. Andral. )
L'industrie contemporaine, ses caractères et ses progrès chez les différents
peuples du monde; par M. A. Aodigane. Paris, i856; 1 vol. in-8°.
Recueil de Mémoires et observations sur l'hygiène et la médecine vétérinaires
militaires, rédigé sous la surveillance de la Commission d' hygiène hippique, et
publié par ordre du Ministre Secrétaire d'État au département de la Guerre, avec
des documents administratifs sur les remontes de l'armée; t. VI. Paris, 1 855 ;
in-8°.
Cours élémentaire complet sur l'œil et la vision de l'homme et des animaux ver-
tébrés qui vivent dans l'air; par M. L.-L. Vallée. Paris, i854; in-8°.
Notice sur les ouvrages et les travaux de M. L.-L. Vallée, à l'appui de sa
candidature à la place vacante par suite du décès de M. Sturm ; br. in-8°.
( 46o )
Notice sur les travaux mathématiques de M. J.-A. Serret. Paris, 1 856 ; broch.
in-4°. "- ■■ "-" ~\ -."' -~ -' _■.-■•:_----•-"-----_
Notes cliniques recueillies à l'Hôtel-Dieu de Marseille, pendant l'année i85"4 ?
par M. le D'Sraus Pirondi. Paris, i856; br. in-8°. (Présenté au nom de
l'auteur par M. CloQUET.) . ....... ; . ... .- ..:":. ■- : '- :.
: Bulletin de bibliographie, d'histoire et de biographie mathématiques; par
M.TERQUEM; t; I er . Paris, r855}in-8°. -"■--- - :
Bulletin de la Société académique d' Agriculture ,- Belles-Lettres, Sciences et
Ârls de Poitiers; 4 e trimestre de l'année i854- Poitiers, 18565 in-8°.
Memôrie. . . Mémoires de l'Académie royale des Sciences dé Turin ; 2 e série ;
t. XV. Turin, i855;in-4°.
Description. . . Description géologique de la république du Chili; par don A .
Pissis ; I ra partie ; br. in-8°.
Description... Description de la province de Valparaiso; par le même;
br,in-8V ..-..-:.. ~
Puentes... Ponts du système américain et calcul de la résistance des ponts dit
système deHowe; par M. Ch. Ghega, traduit de l'allemand en espagnol par
M. J.-B. Lapoulide. Madrid, 1 856; br. in-8°. ; .; _
Revista. . Revue des travaux publics /4 e année; n ç [k-_
Quadratura.... Quadrature .du cerclé, trisection de l'angle et duplication du
cube; par le révérend don Dom. Anghera. Malte, 1 854 ? b f • in "^°-
Thaquarterly. Journal trimestriel de la Société chimique de Londres ; n° 3a ;
in-8°. . . .. ■ ...-:-■- --- ..:'---■■ - -
L'Académie â reçu, dans la séance du 3 mars i856, les ouvrages dont
Voici les titres : ,
- Des substances alimentaires et des moyens de les améliorer, de les conserver et
d'en- reconnaître les altérations; par M- A. Payes; 3 e édition. Paris,, iB 56 ;
in-12. '
- Histoire naturelle des Mollusques terrestres et fluviatiles de France, contenant
des études générales sur leur anatomie et leur physiologie et la description parti-
culière des genres, des espèces et des variétés ; par M. A. MoQOTN -TANDON ji re à
3 e livraisons. Paris, 1 855; in-8°, : . _■...:.: _. -
(46i )
L'œil et la vision, étude physiologique; par M. A. Guépin. Paris, i856; br.
in-8°.
Causes et caractères de l'altération des pommes de terre, moyens de les préser-
ver de la maladie; par M. V. Kxeinholt. Metz, i856; br. in-8°.
Maladie de la vigne, procédés contre l'oïdium et autres maladies de la vigne,'
par M. Benoit Bon» el. Narbonne, i855; in-12.
Recherches sur la vision binoculaire simple et double et sur les conditions phy-
siologiques du relief; par M. le D r Serre d'Uzès ; in-8°. (Adressé au concours
du prix de Physiologie expérimentale.)
Délia... De la scintillation des étoiles; par M. G. S. Donati, avec une Note
de M. O.-F. Mossotti; br. in-8°.
The relation... Relation entre les poids atomiques des composés chimiques;
par M. J.-P. Cooke. Cambridge, i854; br. in-4°.
On the. . . Sur deux nouveaux composés cristallins de zinc et d'antimoine; par
le même. Cambridge, i855; br. in-4°.
Monatsbericht... Comptes rendus des séances de l'Académie royale des
Sciences de Prusse . Décembre i855; in-8°.
PUfillCATIOSS PÉRIODIQUES REÇUES PAR L'ACADÉMIE PENDANT
LE MOIS DE FÉVRIER 1856.
Annales de l' Agriculture française, ou Recueil encyclopédique d'Agriculture;
t. VII, n° 3 ; in-8°.
Annales forestières et métallurgiques ; janvier i856; in- 8°.
Annales médico-psychologiques ; janvier 1 856 ; in-8°.
Annales télégraphiques ; janvier i856; in-8°.
Bibliothèque universelle de Genève; janvier i856 ; in-8°.
Bulletin de l' Académie royale des Sciences, des Lettres et des Beaux- Arts de
Belgique; tome XXIII, n° i ; in-8°.
Bulletin de [Académie royale de Médecine de Belgique; aunée 1 855-1 856;
tome XV ; n os 2 et 3 ; in-8°.
Bulletin de la Société d'Encouragement pour l'Industrie nationale; janvier
i856; in-4°.
C. R , i856, i« Semestre. (T. XXII, N° 9.) 6l
îo
( 462 )
Bulletin de la Société française de Photographie; février i856; in-8°
Bulletin de la Société géologique de France; t. XIII, feuilles 3-7; in-8°. -
- Journal d'Agriculture pratique; t. V, n os Set 45H1-8 .
Journal de Chimie médicale , de Pharmacie, de Toxicologie'; février i856;
in-8 .. .'.\ .:■ .:.-...: - -' .:"-■-..:..-'-: . ,i- .::.-': .:- V-
Journal de la Société impériale et centrale <£ Horticulture ; janvier '1 856;
in-8 . -' ".. C. ■-'.■- - .. ,'.;.■: - ■.'-.:■■■- -■• '■' - ''-' '■'-""■■ '■■■■'■•■ '-
- Journal de Pharmacie et de Chimie /février i856; in-8°.
Journal des Connaissances médicales et pharmaceutiques; n os i3-i5; in-8°.
La Revue thérapeutique du Midi; n°* 3 et 4; in-8°. . - • ^
Le Moniteur des Comices et des Cultivateurs; n° 4 ; in-8°.
L'Unité. Journal de Pathologie générale et spéciale, théorique et pratique;
février i856; in-8°. .
Le~Technolôgistë;£êvrier 1 856; in- 8°. - •
. Magasin pittoresque ; février 18 56 j in-8°.
Nouveau Journal des Connaissances, utiles', :ïi° 10; in-8 / . . . ...":."_■
Nouvelles Annales de Mathématiques, journal des Candidats aux Ecoles Po-
lytechnique et Normale ; février 1 &56~;~in-8°~.
Répertoire de Pharmacie ; février i856; in-8°.
Société impériale et centrale d'Agriculture. Bulletin (tes séances, compte rendu
mensuel, rédigé par M.. Payen, secrétaire perpétuel ; a e série; tome XI; n° 2 ;
in-8°.
La Presse Littéraire. Echo de la Littérature, des Sciences et des Arts; n 05 4-6;
in-8°
L'Agriculteur praticien; n° g ; in-8°.
Revue de Thérapeutique médico- chirurgicale ; n cs 3 et4j in-8°.
Bulletin de l'Académie impériale de Médecine; t. XXI, n° 9 ; in-8°.
Comptes rendus hebdomadaires des séances de t Académie des Sciences; I er se-
mestre 1 856; n cs 5-8. ; - , '_; '-■■■
Cosmos. Revue encyclopédique hebdomadaire des progrès des Sciences et
de leurs -applications aux Arts et à l'Industrie; t: VIII ; 5 e ~8 e livraisons. ~
Gazette des Hôpitaux civils et militaires ; n os i^-z5.
Gazette hebdomadaire de Médecine et de Chirurgie ; n° 9/ ~ ' - " .
(463)
Gazette médicale de Paris; n os 6-8.
V Abeille médicale; n oa 4-6.
La Lumière. Revue de la Photographie; n os 5-8.
L'Ami des Sciences; n 03 5-8.
La Science pour tous ; n os 9- 1 2 .
LAthenœum français. Revue universelle de la Littérature , de la Science et
des Beaux- Arts; n os 6-8.
Le Moniteur des Hôpitaux; n os i4-25.
Le Progrès manufacturier; n os 38-4 l •
Réforme agricole, scientifique, industrielle; n° 86.
Revue des Cours publics; n os 5 et 8.
ERRATA.
(Séance du 18 février i856.)
Page 344, ligne 1, au. lieu de M. Ch. Bahuts, lisez M. Ch. Carré.
(Séance du 2 5 février i856.)
Page 401, ligne 22, et dans les deux tableaux suivants, au lieu de Berriâu, lisez Berriân.
(464 )
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COMPTE RENDU
DES SÉANCES
DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES.
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SÉANCE DU LUNDI 10 MARS 18S6.
PRÉSIDENCE DE M. BINET.
MEMOIRES ET COMMUNICATIONS
DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE.
M. Béuenger, président de l'Institut pour l'année i856j rappelle que la
prochaine séance trimestrielle des cinq Académies doit avoir lieu le mercredi
2 avril, et invite l'Académie des Sciences à lui faire connaître en temps
utile les noms de ceux de ses Membres qui seraient disposés à faire une
lecture dans cette séance.
mathématiques. — Sur deux Mémoires de Poisson; par M. J. Liopviixe.
Poisson a donné en 1819, sous une forme on ne peut plus commode,
l'intégrale de l'équation pour la propagation du son dans les milieux gazeux.
M. Liouville montre que l'illustre géomètre, dès ses premières recherches,
en 1807, avait obtenu une formule dont cette intégrale si remarquable était
une conséquence immédiate. Le résultat que Poisson n'a trouvé qu'en 18 19,
et par d'autres méthodes, était dès lors découvert pour ainsi dire : il n'y
aurait eu qu'à conclure. Voici la Note de M. Liouville.
« 1. L'intégrale de l'équation
M £l — £l _i_ £l _t_ £î!
* ' dt 1 ~~ dx' dy* "*" dz 1 '
sur laquelle repose essentiellement la théorie de la propagation du son dans
C. R., i856, !" Semestre. (T. XLII, N° 10.; 62
( 466') ' ._■" - '
les milieux gazeux, et à laquelle on ramène l'équation générale, à coeffi-
cients constants,
Çl^A^I + B^+C^I+aD-^ + etc.,
dt 2 dx 2 dy 1 dz 1 dy dz
a été donnée en 1819 par Poisson [Mémoires de V Académie des Sciences
de V Institut de France, tome III. C'est le volume pour 181 8, mais le
Mémoire n'a été lu à l'Académie que le 19 juillet i8rg). Poisson a trouvé
que l'équation (1) est satisfaite en prenant
<p = J- Il c/crF [x + t cos a, y -ht cos |3, z+ t cos 7)
_l_ L _ t I I de f [x -h tcos a, y -h t cos /3, % -h t cos 7) -,
où do désigne l'élément d'une surface sphérique de rayon 1 , et cos «,
eosj3, cos 7 les cosinus des angles que la droite menée du centre de la sphère
à cet élément fait avec les trois axes coordonnés des x, y, z. Ces trois co-
sinus étant liés entre eux par l'équation de condition
cos a en. 4- cos 2 13 + cos 2, 7=1,
on peut remplacer les deux angles |3, 7 par un angle unique 13, en posant
cos p = sin a cos rç, cos 7 = sin a sin r t :
on a alors
do = sin a du dy,
et les intégrations marquées dans la valeur de <p doivent être étendues de
■/} = b à yj = 2 re, et de a. = o à a = n. On reconnaît de plus que l'expression
de <p et celle de -£ qui s'en déduit, donnent -
(. 2 ) ç^/Ja?,^,*) et ^ = F(x,y,z) pour t = oy
et comme ï représente le temps, on en conclut que les fonctions arbi-
traires/; F sont les valeurs initiales de y et de sa dérivée.
» 2. Les deux méthodes que Poisson a données au commencement et à la
fin de son Mémoire pour arriver à ce résultat remarquable, sont fondées sur
la considération des séries. Le résultat une fois obtenu, Poisson l'a vérifié à
posteriori par un calcul rigoureux. J'aurais à présenter sur l'ensemble du
Mémoire des remarques dignes, je crois, d'intérêt. Mais je Les. ajourne, et
(46 7 )
pour le moment j'ai surtout en vue un point d'histoire assez curieux. Je vais
montrer qu'une formule obtenue par Poisson dès 1807 (dans un Mémoire
imprimé au i4 e cahier du Journal de l' Ecole Polytechnique : voir pages 334
à 338), aurait pu, j'allais dire aurait dû, conduire l'illustre auteur à la belle
intégrale qu'il n'a donnée qu'en 18 19, et qui dès lors s'offrait à lui comme
conséquence immédiate d'un calcul fort simple.
» En substituant, en effet, des coordonnées polaires aux coordonnées
rectangulaires, puis effectuant une double intégration par rapport aux
angles, après avoir multiplié les deux membres par l'élément sphérique de
rayon 1 , de, Poisson trouve que le produit du rayon vecteur et de l'inté-
grale double / / <p de ne dépend plus que de l'équation à deux termes ren-
contrée d'abord par d'Âlembert dans le problème des cordes vibrantes.
Poisson observe d'ailleurs que l'origine des coordonnées, d'où partie rayon
vecteur, est arbitraire. En divisant donc par 4rc l'intégrale ci-dessus, on aura
la moyenne des valeurs de <p correspondantes aux divers éléments de la
surface d'une sphère de rayon quelconque, ayant son centre en un point
quelconque de l'espace ; et pour en déduire la valeur même de 9 en ce point,
il suffira de prendre le rayon infiniment petit. Cela étant, je présenterai le
calcul comme il suit, en en tirant la conclusion que Poisson a laissé échap-
per.
» Dans la fonction <p de /, x, y, z qui vérifie l'équation (1), et qu'on
suppose continue et bien déterminée pour toutes les valeurs réelles de x,
y, z, t, remplaçons x,y, z par x-+- p, y + p\, z -+- v, et désignons par $ la
valeur que f prend alors, en sorte que
L'équation (1) se change en celle-ci :
-o^ d 2 <ï> _ rf J <£> d'<t> d'Q
' ' rfF — If + ~d^ "*" 17 '
» Substituons aux coordonnées rectangles p, p, v d js coordonnées po-
laires en faisant
p = r cos a, /x = r sin a co> »j, v = r sin a sin ïj : ■
r est naturellement ici le rayon vecteur mené du point (x,y, z) au point
(x -+- p, y + [x, z 4- v j. On a
= <p (f, x -+- rcos a, y -H rsin a cos 13, z+ r sin a sin vj ),
62..
(468.)
3usii r on veut; -pour plus de symétrie,? : :
$ = <p (t, x-\- rcos ce, f ■+■ rcosjVz-f- rcosy). ■''"■'/"."".
» Quand r = o, <3> se réduit à ç. Quand t = o, .<p se réduit à/ (x, jy, 2
et -^ à F (a?, ^ s); on a donc alors, r restant quelconque,
$ = / [x -+- r cos «, ,7 -HT cos /3, z -f- rcos 7),
et
î— = F (x -h reosa, ^ -f- rcos/3, z+pcosy).
» Par l'introduction des coordonnées polaires, l'équation (3) devient.
. <f 2 .r<î> rf»". p* 1 \ Sm ' 8 rfaj __L_ Ëll' • ^ "-
'"' d(* dr 2 rsina c/a /-sin'a d-q 2 '
multipliant les deux membres par sin a dadr) ou du, et intégrant entre
les limites ri = o, n = 271, a, = o, a = jr, on tire de là sans difficulté:
/£\ d 2 .rl d-.r\
V 5 ) ', "SF d~^" >
en posant^ pour abréger*
(6) X- C-f<pdG, ::
» On a donc nécessairement - . ^ ..-.,,■
rX=<|>(*-*-r)-i-'0 (« — /•), . ■ -'
ou plutôt ..' - • r ..-■■:■- ■
(7) rX- 41 (* H- r) — 4* («
puisque le produit rX s'aunulant pour r _= o, il faut que
» En différentiant l'équation (7) par rapport à r, on en déduit
r~ + X = f (* Vr) + f (* -- r); r ~~
Si donc on pose r = o, ce qui réduit $ à © et X à 4n<p, il Rendra . . ...
4™? — 2( K(') # —
(469)
» Or la valeur de 2 <)?' (t) se conclut des valeurs données j\x, f, s) et
F (x r z) de <p et ^ pour t = o. En effet, $ et X sont liées à <p, de telle
manière que les valeurs de X et ^ pour t = o se trouvent aussi connues;
ces valeurs sont respectivement
f fdaf(x + rcosa, j-+-rcos|3, z + r cos 7)
et
f fdvf (x + rcosa, j + /'cosp, z + rcos 7).
Introduisez-les dans les formules
et
r^ = f(* + r)-f (É-r),
après y avoir posé, bien entendu, t = o, et vous aurez
f (r) + «!•'(- r)
= 1 |~r /* Çd(jf(x -h r cos a, j + rcos jS, z + rcos7)J
^(r)-f(-r)
= r f fdff¥(x+ rcos a, y -+- rcos|3, « + rcos 7);
d'où, par voie d'addition,
atj/(r) = /• f fdcr¥{x-hreosa, y -h r cos /3, s + rcos'/)
4. £ T r Ç C d(jf{x + rcos a, 7 -h rcos/3, z 4- r cos 7) !•
De cette valeur de 2 i|/ (r) résultera celle de 2 <j/ (t) en remplaçant a- par t.
L'équation
4îi© = 2 «]/(«')
nous fournira donc finalement la valeur de <p, savoir
7 = J- rr^fo- F (a: + * cos a, j + * cos ]3, z ■+- « cos 7)
+ J_ J-p /" Çdaf{x + t cos a, / -h * cos /3, £ -t- *eos7)J,
( 4 7 o )
c'est-à-dire l'intégrale de Poisson, que cet illustre géomètre aurait pu
obtenir ainsi dès ses premières recherches, tandis qu'il n'y est arrivé
que beaucoup plus tard et par d'autres méthodes. Elle se présente ici
comme la seule solution possible de l'équation (i), les conditions (2) ayant
lieu.
» On vérifie aisément, comme on sait, qu'en effet cette valeur de <p rend
l'équation (1) identique, quelles que soient les fonctions / et F. Le calcul
déjà si simple que Poisson a donné pour cet objet, dans son Mémoire
de 18 19, peut encore être abrégé. Remarquons en passant que si de tels
calculs prouvent très-bien que la valeur de <p satisfait à l'équation indéfi-
nie (1) et aux équations définies (2), ils ne démontrent pas .qu'il soit impos-
sible de remplir les mêmes conditions avec une autre valeur de <p, égale-
ment continue et bien déterminée, mais numériquement différente. Cette
impossibilité (qu'on peut au reste établir de différentes manières et qui dé-
coule d'ailleurs de la nature dynamique du problème que l'équation (1) est
destinée à résoudre ) ressort au contraire d'elle-même et nécessairement de
!a méthode développée ci-dessus d'après le Mémoire de 1807. Mais je n'in-
siste pas sur ces détails. Le but historique que je me proposais est atteint
maintenant. »,
Communication de M. Chevreul en présentant au nom de M. Stanislas Julien
la traduction d'un ouvrage chinois sur la porcelaine.
« M. Stanislas Julien vient de traduire un livré publié en Chine en 181 5
sous le titre de : Histoire et fabrication de la porcelaine chinoise. Cette tra-
duction est accompagnée de notes et d'additions par M. Al.Salvétat, chimiste
de la manufacture de Sèvres. :. - .
; » En présentant à l'Académie des Sciences le travail de notre confrère,
suivant le désir qu'il m'en a exprimé, je ne puis me dispenser d'en donner
une idée succincte, en l'examinant trop rapidement malheureusement,
spus le triple rapport de l'histoire de la porcelaine , des procédés de fabricaT-
lion et de la comparaison de ces procédés avec ceux qui sont d'usage en
Europe.
» i°. Sous le rapport d& l'histoire de la porcelaine. — On avait fait re-
monter l'art de fabriquer la porcelaine à une antiquité exagérée. II est dé-
montré aujourd'hui que les porcelaines les plus anciennes ont été fabriquées
en Chine à une époque comprise entre i85 ans avant Jésus-Christ et 87 de
l'ère chrétienne. Quant à des vases de porcelaine trouvés dans des tom-
( 47i )
beaux de l'antique Egypte, ils n'ont pas l'ancienneté qu'on leur avait
attribuée, et M. Stanislas Julien n'a pas peu contribué à détruire cette er-
reur.
» L'auteur chinois passe en revue, d'après l'ordre des temps et des lieux
de fabrication, les diverses porcelaines qui ont le plus de renom à la Chine.
Une carte de cet empire indique l'emplacement des manufactures anciennes
et modernes et ajoute beaucoup à l'intérêt du texte. On en doit l'idée au
savant traducteur.
» 2°. Sous le rapport de la fabrication. — Les procédés de fabrication
sont décrits avec clarté et méthode, et i/| planches de figures au trait, repro-
duites d'après l'ouvrage original, aident encore à la descri ption. Enfin les notes
très-précises de M. Salvétat dissipent les doutes que le texte pourrait laisser
au lecteur.
» L'intérêt du livre français n'est pas borné à l'exposé de fabrication de
la porcelaine chinoise; car M. Stanislas Julien, en annexant à sa traduction
du chinois une traduction de VJrt de fabriquer la porcelaine japonaise, due
à M. Hoffmann, interprète de S. M. le Roi des Pays-Bas, a fait tout ce qui
dépendait de lui pour rendre son livre utile à tous les lecteurs que le sujet
qu'il a traité intéresse au double point de vue de l'histoire de l'art et de
l'industrie céramique.
» 3°. Sous le rapport de la fabrication des porcelaines chinoise et japo-
naise avec celle de la porcelaine d'Europe en général et de Sèvres particu-
lièrement. — M. Stanislas Julien a pensé que, pour satisfaire aux désirs des
lecteurs de sa traduction , il fallait leur donner le moyen de comparer les
procédés suivis à la Chine et au Japon avec ceux qui le sont en Europe, et
c'est à M. Salvétat qu'il a confié cette tâche. Il est impossible de montrer
avec plus de clarté que ne la fait l'habile chimiste de Sèvres, en quoi con-
sistent les analogies et les différences des deux fabrications.
» La pâte chinoise, comme la pâte d'Europe, est composée d'un mélange
variable de kaolin , c'est-à-dire d'une matière infusible au feu du four de
porcelaine et d'une matière qui y est fusible.
» Quant à la couverte ou glaçure , elle consiste en une matière fusible;
» Voilà l'analogie.
» Voici la différence :
» La matière fusible mêlée à la pâte est à la Chine du pétrosilex ;
» A Sèvres, elle est composée de la matière sableuse provenant du lavage
du kaolin et de craie.
( 472 )
» La couverte de porcelaine de Chine est du pétrosilex mêlé de chaux,
et assez généralement de cendres de fougère.
» La couverte de la porcelaine de Sèvres est du pétrosilex pur.
» La porcelaine de Chine résiste moins au feu que la porcelaine de
Sèvres.
» Les Chinois n'appliquent pas, comme on le fait au Japon et en Eu-
rope, la matière de la glaçure sur la porcelaine dégourdie que l'on plonge
dans l'eau où la matière de la glaçure est en suspension.
» Il existe encore des différences relativement à l'application des ma-
tières colorantes et à la composition de certaines d'entre elles.
» L'exécution typographique de la traduction de Y Histoire et de la ja-
hrication de la porcelaine chinoise fait honneur, sous tous les rapports, à
l'imprimerie de M. Mallet-Bachelier, et on doit lui savoir gré d'avoir entre-
pris l'impression d'un tel ouvrage.
» Je ne doute pas du sympathique accueil que mes confrères de l'Acadé-
mie des Sciences feront à la traduction de M. Stanislas Julien, et que, comme
moi , ils désireront vivement que notre illustre sinologue continue des
travaux d'un si grand intérêt pour la science et les arts industriels. On
ne peut douter que le public européen, quia recherché avec tant d'em-
pressement Y Art délever les vers à soie, placera bientôt dans son estime
le livre dont je n'ai donné qu'une idée bien incomplète à côté de celui qui
l'a précédé. » -
physiologie végétale. — Remarques sur V apparition des premières fouilles
de quelques marronniers; par M. Eue de Beacmont.
.. «. L'année dernière, dans la séance du 26 mars (1), je signalais le fait qu'à
la suite d'un hiver tardif, long et intense, le marronnier désigné dans le
Jardin des Tuileries sous le nom de marronnier du i^mars, avait eu des
feuilles le 20 mars, comme à l'ordinaire.
» Dans une des séances suivantes, JVL Gadebled fit observer que le mar-
ronnier que j'avais indiqué n'était pas celui, qui est le plus particulièrement
désigné sous le nom de marronnier du 20 mars (2), le premier étant situé
à i5 mètres en arrière de la statue de Cérès, non loin du bassin du "Pont-
(1) Comptes rendus, tome XL, page 69g.
(2) Comptes rendus, tome XL, page 86 î.
(473)
Tournant, et le second beaucoup plus près du Château, à peu de distance
de la statue d'Atalante.
» J'ai traversé, hier 9 mars, dans l'après-midi, le Jardin des Tuileries.
Les deux marronniers avaient déjà des feuilles ; mais celui que j'avais si-
gnalé l'année dernière a encore été le plus précoce cette année, car ses
feuilles, quoique très-petites, étaient cependant un peu plus longues que
celles du 20 mars proprement dit.
» On voit que, cette année, la végétation des marronniers est en avance
de douze jours au moins sur sa marche la plus habituelle. La douceur de
l'hiver que nous venons de traverser l'a affectée beaucoup plus sensiblement
que ne l'avaient fait la longueur et l'intensité de l'hiver précédent; phé-
nomène qu'il est, je crois, facile d'expliquer, mais qu'il n'est peut-être pas
inutile de constater. »
Communication de M. Babinet.
« A l'occasion de l'ouvrage de M. Flourens sur la longévité humaine,
ouvrage qui, quoique récent, compte déjà plusieurs éditions, M. Ba-
biset met sous les yeux de l'Académie une gravure qui était chez lui de-
puis longtemps, et qui représente Jenkins, batelier anglais, qui a atteint
l'âge avancé de cent soixante-neuf ans. Les sculpteurs et les physiolo-
gistes s'accordent à reconnaître que ses traits sont ceux d'un homme de
soixante à soixante-dix ans au plus; mais ce portrait n'a pas dû être fait
avant que Jenkins fût centenaire , car autrement rien ne recommandait à
l'attention publique un simple pêcheur de la Swale. Il était bon nageur et
bon marcheur, et le système musculeux paraît avoir prédominé en lui. Il
était souvent juré aux assises de la ville voisine, et il a parfois rendu témoi-
gnage sur des faits qui dataient de cent quarante ans. Le cerveau paraît
bien développé, et la coiffure, qui recouvre la nuque et une partie des
épaules , est éminemment hygiénique pour un climat tel que celui de l'An-
gleterre. En admettant son âge comme un maximum exceptionnel , et d'a-
près la règle même de M. Flourens , prenant la moitié de cet âge pour l'âge
moyen des hommes, on tombe sur quatre-vingt-quatre ans, c'est-à-dire
sur la septième climatérique. Cet exemple confirme donc la durée de l'exis-
tence fixée par l'illustre Secrétaire de l'Académie, savoir : de quatre-vingt-
dix à cent ans, sauf les accidents mécaniques, physiques, chimiques ou
physiologiques que la nature n'a pu prévoir ».
C. R„ 1836, >«■ Semestre, (T. XLII, N» 10.) 63
( 4 7 4 )
RAPPORTS.
astronomie nautique. — Rapport sur une Lettre de M. Wils Rrows,
indiquant une nouvelle méthode pour le calcul des distances lunaires
observées à la mer.
(Commissaires, MM. Delaunay, Bravais rapporteur.)
£ - « En désignant par H, h les hauteurs vraies du Soleil et de la Lune ;
par H', h' les hauteurs apparentes de ces deux astres;
*■■•-' par D, D' leur distance vraie et leur distance apparente^
par A la différence azimutale des deux astres ;
on a
^ _^_ cos (S — h) — cosD _ cos (H'— A') — cos D'
i — cosA^ cos H "cos A — cosH'cosA'
: *COs D = cos (H — h)-* sec H séc h cos H' cos h' [cos (H'— h') — cosD' ].
& , » Voici, -d'après la méthode anglaise, la manière de calculer D; .
1 » Calculez l'angle H''- h', et cherchez dans une Table de cosinus natu-
rels les valeurs de cqs (H'— A') et de cos D'. .;
, . » Retranchez le second cosinus du premier T cherchez le logarithme de la
différence, et écrivez-le dans une deuxième colonne, à droite de celle où
sont inscritsJÏ', h' r H'— h' et D'. L. ■?
_ » Dans cette même colonne à droite, écrivez à droite de H'.... logcos H';
. adroite de h'....* logcos h r ;
' à droite de H..... log sec H;
---•—■. - - - adroite de h ..... logsëeÂ.
Ajoutez entre eux ces cinq: logarithmes superposés dans la deuxième co-
lonne, et cherchez le nombre naturel $"_ qui correspond à cette somme
algébrique de logarithmes:, Qn aura . : J :
c ;"■' ' * cos naturel ïi — cos nat.\W— h) — nombre 1$.
Cette méthode exige que l'on consulte neuf fois le. volume contenant à la
fois les Tables de sinus naturels de o à 90 degrés» ou, ce qui revient au
même, des sinus et cosinus .naturels, sur deux colonnes latérales, allant de
o à 45 degrés, et celles des logarithmes de ces sinus.
(475)
» J'ai voulu voir si le remplacement de
. D'+B'-h' . D'+A'-H'
cos ( H' - h' ) — gos D' par 2 sin sm
simplifiait la méthode anglaise.
«Au lieu des neuf recherches tabulaires qu'exige la méthode anglaise,
huit suffisent dans l'emploi de la nouvelle formule ; mais les trois multipli-
cations par 2 , - et-» l'addition et la soustraction qui précèdent ces multi-
plications forment un ensemble de cinq opérations arithmétiques exigeant
probablement du calculateur plus de temps que la méthode anglaise.
» Malheureusement, malgré toutes les recherches que j'ai faites dans les
bibliothèques de l'Institut et du Dépôt des cartes de la marine, je n'ai pu
trouver aucune Table donnant les sinus naturels de o à 90 degrés, de 10 se-
condes en 1 o secondes : cela sera cependant indispensable pour la naviga-
tion, si la méthode anglaise est préférée ; ce qui paraît le résultat probable
d'essais comparatifs faits à bord par des officiers de marine, employant
alternativement la méthode nouvelle et l'ancienne.
» La Commission propose à l'Académie des Sciences de renvoyer ce Rap-
port au Bureau des Longitudes, ainsi qu'au Ministre de la Marine et des
Colonies, et en même temps de leur soumettre la question de la construc-
tion de semblables Tables. Comme elles existent déjà en Angleterre, puisque
les officiers anglais commencent à les employer dans leurs calculs de dis-
tances lunaires, il est très-probable qu'elles sont déjà imprimées, dans la
condition demandée ci-dessus (de 10 secondes en ro secondes), et que le
travail à faire pour les rendre accessibles à nos officiers chargés des montres
se bornera à une simple réimpression. »
Les conclusions de ce Rapport sont adoptées.
« M. Thejsard, en son nom et celui de MM. Chevreul et Dumas, Com-
missaires nommés pour l'examen d'un nouveau Mémoire de M. Tiff'ereau,
ayant pour titre : « Les métaux sont des corps composés », déclare que la
Commission, après avoir pris connaissance de ce Mémoire, a décidé, à
l'unanimité, qu'il n'y avait pas lieu a faire un Rapport. »
« M. TheSsard, au nom d'une autre Commission nommée pour une
réclamation de MM. A. Chevalier fils et O. Henry fils, concernant une
communication récente de MM. Orfila et Rigout (action du phosphore
rouge sur l'économie animale), déclare au nom de cette Commission, de
63..
( *7*.)
laquelle font partie avec lui MM. Pelouze.et" Cl. Bernard, que .dans l'état
actuel des choses il n'y a pas lieu à faire de Rapport. En publiant dans ses
Comptes rendus un long extrait de la Lettre des réclamants, avec l'indica-
tion des dates assignées par eux aux documents annoncés comme constatant
leur droit de priorité et devant être produits plus 4 tard, l'Académie a fait
tout ce qu'ils pouvaient attendre de sa justice. »
« M. Becquerel, au nom de la Commission qui a fait le Rapport sur les
procédés galvanoplastiques de M. Lenoir, demande que la deuxième pré-
sentation de ce Rapport, qui devait être faite aujourd'hui, conformément à
la décision prise dans la dernière séance, soit ajournée jusqu'à ce que la
Commission ait pu se fixer sur la légitimité de deux réclamations adressées
à l'occasion de ce Rapport par M. Zier et par M. Guejton, réclamations
dont il sera fait mention plus loin à l'article de la Correspondance. »
Cette proposition est adoptée.
MÉMOIRES LUS.
chirurgie. — Mémoire sur les propriétés du tissu cicatriciel et l'application
de V autoplastie aux brides; par M. Jobert, de Lamballe. (Extrait par
" l'auteur.) - - . - ".-'.-'--"■_■.....
(Renvoi à l'examen de la Section de Médecine et de Chirurgie. )
« Propriétés du tissu cicatriciel. — On est dans l'habitude de refuser
à ce tissu toute sensibilité et on admet qu'il est doué d'une propriété de
resserrement ou de.rétractilité extraordinaire. Cette opinion, basée sur ce
que sa section sur le vivant, les piqûres, les torsions, les pincements -et les
températures différentes n'y développent aucune sensibilité, est générale-
ment admise, et pendant longtemps je l'ai partagée avec tous les auteurs
qui ont écrit sur cette matière. Mais de nouvelles expérience^ auxquelles
je me suis livré à propos de l'application de l'autoplastie aux brides, m'ont
conduit à des résultats tout à fait opposés à ceux que le temps avait sanc-
tionnés jusqu'à ce jour.
» Il résulte de ces recherches que le tissu cicatriciel est sensible, et que
son apparente insensibilité n'est que le résultat de sa fîtractilité. Il suffit,
pour le démontrer, de le placer dans d'autres conditions et de lui donner
de la souplesse, en faisant cesser le tiraillement dont il est l'objet. C'est à
quoi l'on parvient en transplantant dans son centre un lambeau em-
prunté aux parties voisines et que l'on aura soin de détacher complètement
( 477 )
pour que l'expérience soit tout à fait concluante. Aussitôt que le lambeau
et les lèvres du tissu cicatriciel seront confondus, on reconnaîtra facilement
l'existence de la sensibilité. Cette sensibilité qui se développe avec la cessa-
tion du tiraillement, est-elle due à un changement de vitalité ? Rien ne porte
à le croire, et n'est- il pas plus logique, et partant plus rationnel, d'ad-
mettre que des nerfs, dont la présence était ignorée, existent pourtant à l'état
rudimentaire, et qu'ils se forment de la même manière que les vaisseaux.
» Ces résultats m'ont donné l'explication de certains phénomènes dont
j'avais essayé de me rendre compte à une époque antérieure : je veux parler
de ces sensations de prurit dont les cicatrices sont fréquemment le siège, et
de ces vives douleurs que ressentent particulièrement les anciens militaires
porteurs de cicatrices, sous l'influence des variations de température, de
l'électricité répandue dans l'air ou d'autres agents extérieurs.
» Il ressort des considérations précédentes et de l'examen anatomique
du tissu cicatriciel que sa vil alité est peu développée; mais, si la rareté des
vaisseaux sanguins est un obstacle à l'apparition de l'inflammation, des
éruptions,, de l'érysipèle, etc. , d'un autre côté, c'est probablement à cette
même cause que sont dues les ulcérations qui se développent et deviennent
promptement désorganisatrices.
» Je ne m'arrêterai pas plus longuement sur ce point intéressant de la
science,, mon but étant surtout, dans ce qui me reste à dire, d'examiner
comment les idées qui précèdent peuvent trouver leur application dans le
traitement des cicatrices difformes.
» Jutoplastie des brides. — Pendant longtemps on s'est proposé d'al-
longer les brides pour faire disparaître les difformités auxquelles leur
action de resserrement donnait lieu. Cette action rétractile détruisait rapi-
dement l'effet de tout agent mécanique. Ce procédé doit être rejeté, tant à
cause des douleurs qu'il occasionne , que parce que son emploi n'est justi-
fié par aucun succès. Bientôt s'est présentée l'idée de détruire la bride en
la divisant, afin d'allonger les parties vicieusement déformées. Ce mode
opératoire obtient généralement un résultat immédiat ; mais il ne présente
pas de garanties suffisantes à cause dep'inflammation et de la suppuration
qui s'établissent à la surface de la plaie; il se forme un tissu inodulaire
plus résistant que le premier, et la bride prend plus de force et d'épais-
seur. Pourtant il peut arriver que l'inflammation soit si faible et la suppu-
ration si peu abondante, que, les lèvres de la plaie se cicatrisant isolément,
la guérison devienne définitive.
(478)
» Delpech a proposé d'extirper la totalité des brides et d'opérer la réu-
nion des lèvres de la plaie par la suture. Ce procédé , fondé sur ia connais-
sance exacte de la nature du tissu des cicatrices, diminue les chances de
récidive et a été plusieurs fois employé avec succès. Il n'est pas cepen-
dant applicable à toutes les difformités cicatricielles : il y aurait un vrai
danger à y recourir pour une large cicatrice; on peut craindre une inflam-
mation grave et la récidive. ----- -
» Préoccupé des accidents sérieux que cette méthode a quelquefois en-
traînés , je me suis demandé s'il n'y aurait pas d'autre moyen de combattre
cette rétraclilité du tissu modulaire , et j'ai songé à l'application de l'auto-
plastie aux brides. J'ai pensé à réparer la perte de substance par une addi^
lion de parties molles empruntées au voisinage et transplantées, au milieu
du tissu inodulaire. Mes prévisions se sont réalisées , et j'ai vu le tissu ci-
catriciel cesser ses tiraillements sur tes parties environnantes T les mouve-
ments articulaires se rétablir, et la sensibilité renaître dans les lieux où elle
semblait éteinte-pour toujours. -
» Au premier abord , on serait tenté de croire qu'un lambeau trans-
planté au milieu du tissu cicatriciel ne devrait pas y prendre racine à cause
du peu de vitalité de ce dernier. Mais l'expérience a prouvé que la greffe
animale se réunit aussi bien au tissu. cicatriciel divisé qu'aux autres tissus.
C'est un fait remarquable que ce travail ne donne lieu à aucun excès d'in-
flammation et se maintient dans de justes limites. Je passe sous silence les
détails de l'opération , pour arriver au pansement et h la réunion.
- » On doit : i-° enlever avec de l'eau le sang de la surface de la plaie;
2 coucher le lambeau dans la rigole- saignante; 3° pratiquer la suture
entrecoupée, en commençant par le sommet du lambeau, l'angle corres-
pondant de la plaie de la bride, et terminant par les côtés des surfaces sai-
gnantes ; 4° comprimer doucement le lambeau avec les doigts, en versant
de l'eau à sa surface; 5° pratiquer le pansement avec un linge enduit de
cérat et des compresses trempées dans l'eau froide.
» L'opéré doit user d'une extrême prudence jusqu'à la section du pédi-
cule, qui ne doit être pratiquée que lorsque le lambeau a pris racine dans
sou nouveau domicile. Il faut attendre qu'il y ait communauté de vitalité
entre les surfaces. Il s'écoule peu de sang par cette section, qui permet
aux deux parties de la greffe de s'éloigner immédiatement l'une de l'autre :
on découvre alors une partie saine de peau ou de tissu cicatriel que le lam-
beau recouvrait. Les deux lèvres saignantes, après s'être écartées, se gon-
( 4 7 9 )
fient, se tuméfient et se recouvrent d'une cicatrice. Après la section du
pédicule, celui-ci se rétracte, s'atrophie-, il n'en reste qu'un petit mamelon,
rougeâtre d'abord et blanchâtre ensuite. Le lambeau se rétracte vers son
nouveau domicile, et la peau du pédicule se cache dans l'angle correspon-
dant de la plaie faite à la bride. La saillie que forme d'abord le lambeau,
s'affaisse, et une ligne rougeâtre indique ses limites avec les parties voi-
sines; il s'arrondit, et gagne en largeur ce qu'il perd en longueur. Je n'ai
jamais vu ce lambeau s'hypertropbier, et il y a toujours eu adhésion entre
lui et la bride divisée. Aucun changement appréciable ne se manifeste avant
la section du pédicule ; mais lorsqu'elle a été pratiquée, la bride s'étale,
la difformité disparaît, les tiraillements cessent, la partie inclinée se redresse
et reprend son attitude.
» A l'appui des principes que je viens de poser, je citerai en quelques
mots un fait remarquable de guérison obtenue par cette méthode. Il s'agit
d'une jeune fille qui, à la suite d'une brûlure, eut une inclinaison vicieuse
de la tête et du cou, produite par une large et forte bride.
» Le côté droit de la figure, du cou, de la poitrine, et le bras droit avaient
été le siège d'une brûlure, que je rapporte au troisième degré suivant la
classification de Boyer, au quatrième suivant celle de Dupuytren. La sup-
puration dura dix-huit mois et fut extrêmement abondante.
» Le 6 mars 1 855, elle entra à l'Hôtel-Dieu dans mon service. Sur la par-
tie latérale gauche du cou existait une bride saillante, de la forme d'un
triangle, s' étendant de la partie inférieure du visage à la partie supérieure
du thorax. Elle était rougeâtre, tout à fait insensible; son épiderme était
mince, rugueux, luisant. Elle était fortement tendue, très-épaisse, et forçait
la tête et le cou à s'incliner sur le cou et l'épaule. La face était asymétrique.
La longueur du tissu cicatriciel, y compris la bride, depuis la pommette
jusqu'à la poitrine, était de ig centimètres.
» Cette jeune fille avait été opérée le 2 5 septembre r84g par un médecin
qui, après une incision transversale habilement pratiquée, avait essayé de
maintenir le cou dans l'extension. Il n'obtint qu'une amélioration momen-
tanée.
» Le 20 avril, je pratiquai l'opération d'après mon procédé; le 28 mai,
je fis la section du pédicule, et le 24 juin la malade quitta l'hôpital. Avant
l'opération, la tête était tout à fait inclinée sur l'épaule et portée un peu en
avant; l'angle de la mâchoire n'était distant de la partie moyenne de la cla-
vicule que de 8 centimètres. Le 1 5 septembre, j'examinai la malade : la
( 48o )
tête était droite et l'inclinaison facile ; la distance de l'angle de la mâchoire
gauche à la partie moyenne de la clavicule, dans l'inclinaison un peu forcéey
était de 1 7 centimètres. Le seul mouvement de rotation à droite était encore
limité, Totit le tissu cicatriciel avait pris de la souplesse; la sensibilité y
était très-développée ; le lambeau était de niveau avec les tissus circonvoi-
. sins; un soulèvement à peine sensible s'observait à l'endroit où le pédicule
avait été coupé; le lambeau avait 4 centimètres et demi dans son 'diamètre
vertical et 3 dans le transversal ; il était éloigné de 5 centimètres et demi du
lieu où il avait été pris.
» Depuis longtemps la chirurgie plastique a prouvé qu'on pouvaitr obtenir
des résultats extraordinaires dans les réparations du corps humain. L'ob-
servation dont l'Académie a bien voulu entendre la lecture, démontre com-
ment la science réparatrice peut conduire le chirurgien à des applications
propres à éclairer certains points de physiologie et d'anatomie. Elle a dévoilé
la sensibilité dans un tissu réputé insensible, en faisant ressortir cette pro^
priété par la seule application delà greffe animale. Elle fait voir aussi com-
bien étaient peu fondées les idées de Delpech qui, persuadé delà constante
rétractilité du tissu modulaire, avait proposé comme règle d'en faire l'extir-
pation. Pendant longtemps aussi, j'ai cru que c'était le seul moyen pour
arriver à la guérison : j'ai dû renoncer à cette opinion en présence des ré-
sultats obtenus. Ce grand pathologiste n'avait vu que le fait, et ne s'était
pas demandé, s'il existait un moyen de s'opposer à cette influence rétrac-
rilè.
» L'observation précédente vient confirmer les principes que j'ai posés
et donner une sanction nouvelle à des vérités pratiques que l'expérimenta-
tion et l'observation ont mises en évidence. »
MÉMOIRES PRÉSENTÉS.
M. Jules Cloqdet, en présentant un Mémoire de M, Longet, s'exprime
en ces termes :
« M. Longet, qu'une douloureuse maladie retient chez lui depuis plu-
sieurs semaines, m'a prié de communiquer, en son nom, à l'Académie, un
Mémoire qui est extrait d'un travail plus étendu et intitulé : Etudes expéri-
mentales et critiques sur les divers liquides digestifs de L'économie animale,
travail dont il se propose de soumettre les principaux résultats à l'Académie,
( 48i )
avant leur publication dans le second volume de son Traité de Physio-
logie.
» Le nouveau Mémoire de M. Longet, dont je vais faire connaître les
conclusions, et qui présente un grand intérêt à la fois sous le rapport chi-
mique et sous le rapport physiologique, porte le titre suivant : Du sulfo-
cjranure de potassium considéré comme un des éléments normaux et con-
stants de la salive.
» Voici les conclusions par lesquelles M. Longet termine ce Mémoire :
« i°. Le sulfocyanure de potassium, qui, d'après l'opinion la plus géné-
ralement admise, n'existerait pas normalement dans la salive de l'homme,
mais s'y développerait sous certaines influences fortuites, ou même dont
l'apparition serait liée à un état pathologique, doit, au contraire, être consi-
déré comme un des principes normaux et constants de ce fluide.
» 2°. Il se rencontre non-seulement dans la salive mixte ou buccale, mais
aussi dans la salive parotidienne et dans les salives sous-maxillaire et sub-
linguale.
» 3°. Sa présence caractérise, en quelque sorte, la sécrétion salivaire;
car la sueur, l'urine, les larmes, le liquide cérébro-spinal, le sérum du sang
et la sérosité provenant de vésicatoires, ne m'ont jamais donné aucune trace
de sulfocyanure : il en a été de même du fluide pancréatique pris chez le
mouton et le bœuf.
» 4°- Ce sel existe dans la salive en proportions variables, mais toujours
très-petites : ces variations ne dépendent ni de l'âge, ni du sexe, ni du ré-
gime, ni d'états particuliers du système nerveux, mais seulement du degré
de concentration du liquide salivaire,
» 5°. avec un trop grand état de fluidité de la salive, succédant à une
excrétion très-abondante, le sulfocyanure peut devenir inappréciable aux
réactifs ; mais, dans ce cas, il suffit de concentrer le liquide salivaire par une
évaporation lente, pour obtenir constamment la réaction caractéristique de
la présence du sulfocyanure, comme je l'ai observé dans Je pyrosis et les
salivations mercurielles.
» 6°. L'état sain ou morbide des dents n'a aucune influence sur la pré-
sence ou l'abondance de ce produit, qui d'ailleurs se retrouve aussi chez les
personnes absolument dépourvues de dents.
» 7°. Le sulfocyanure ne résulte pas non plus, comme on l'avait avancé,
d'une altération spontanée de la salive.
C, R., i8d6, i ïr Semestre. (T. XWI. N° iO.) &t
( 48a )
» 8°. Pouf l'isoler comme je l'ai fait, il importe d'analyser de préférence
la salive d'individus à jeun.
» 9 . De tous leslpersels de fer, le perchlorure est le meilleur réactif pour
déceler la présence du sulfocyanure dans la salive; il donne à ce liquide,
suffisamment concentré, une belle coloration rouge de sang.
» io°. Aucune autre substance organique ou inorganique, contenue dans
la salive, ne donne lieu, avec le perchlorure de fer, à la même réaction que
le sulfocyamire : c'est à tort qu'on a rapporté la précédente coloration à la
présence d'acétates alcalins dans le fluide salivaire. »
' (Renvoi à l'examen de la Section de Médecine et de Chirurgie.)
physique. — Description d'un nouvel appareil de recherches , fondé sur les
interférences ; par M. J. J amijv.
(Commissaires, MM. Biot, Regnault, de Senarmont.) '
« L'instrument que je vais décrire est une application du phénomène des
anneaux développés par la réflexion sur les lames épaisses. Je prends une
glace à faces parallèles qui doit être taillée dans une matière très-pure et
parfaitement dressée ; je la coupe en deux parties , je fixe verticalement la
première sur un support solide et je reçois sur elle la lumière venue d'une
lampe ou du ciel. Chacun des rayons incidents se résout par des réflexions
et des réfractions successives en une infinité d'autres, et donne en particu-
lier naissance à des rayons réfléchis, l'un à la surface antérieure de la glace,
l'autre à la surface postérieure : le troisième a subi trois réflexions inté-
rieures, le quatrième en a éprouvé cinq, etc. Mais comme les intensités
diminuent rapidement quand les réflexions se multiplient, op peut n'exa-
miner que les deux premiers dont l'effet dissimule tous les autres. L'écarte-
ment de ces deux rayons atteint un maximum pour une incidence conve-
nable, il est proportionnel à l'épaisseur de la glace, il pourra conséquemment
être aussi grand ou aussi petit qu'on le voudra.
» Ces deux rayons se propagent parallèlement dans l'air jusqu'à une
distance qu'on peut augmenter ou diminuer à volonté ; ils sont enfin reçus
sur le deuxième fragment de la glace, que l'on dirige parallèlement au pre-
mier ; chacun d'eux s'y réfléchit à la première et à la deuxième surface, et le
faisceau primitif se trouve, alors avoir été partagé en quatre rayons paral-
lèles. Dans cette action deux d'entre eux se sont évidemment superposés,
ce sont : i° le rayon réfléchi aux surfaces, antérieure de la première
(,483 )
glace et postérieure de la seconde ; 2° le rayon réfléchi aux faces, posté-
rieure de la première glace et antérieure de la seconde, et non-seulement
ils se superposent en direction, mais ils sont égaux en intensité, et ils ont
parcouru les mêmes épaisseurs d'air et de verre : ils sont concordants.
» Quand les deux glaces, au lieu d'être exactement parallèles, s'inclinent
entre elles d'une quantité croissante, les deux rayons interférents cessent de
se superposer exactement*, ils prennent des différences de marche croissan-
tes, et si l'on reçoit dans l'oeil l'ensemble des rayons réfléchis, on distingue
des franges alternativement brillantes et obscures. L'expérience et la théorie
s'accordent pour montrer que ces franges peuvent être horizontales, ou ver-
ticales, ou inclinées, être déliées et serrées l'une contre l'autre, quand les
glaces sont inclinées, et qu'elles s'élargissent et se séparent pour dégénérer
en teintes plates à mesure que les miroirs s'approchent du parallélisme
parfait.
» Voilà donc un phénomène d'interférences déterminé parles réflexions
sur deux glaces parallèles. La première dédouble un faisceau incident en
deux rayons, qui sont d'autant plus écartés que la glace est plus épaisse, et
qui marchent parallèlement. Une seconde glace les réunit, produit des
franges, que l'on écarte ou que l'on resserre à volonté ; elles sont absolu-
ment fixes, ce qu'il faut attribuer à la parfaite solidarité des deux surfaces
de chaque glace; elles sont très-éclairées ; et cet appareil n'exige, ni fente
étroite bien orientée, ni miroirs inclinés bien réglés, ni loupe pour viser les
franges, ni aucune des précautions minutieuses ordinairement exigées pour
les expériences d'interférence. Veut-on maintenant faire des applications,
on dirigera sur la première glace un faisceau convenablement diaphragmé.
Les deux rayons'réfléchis seront reçus dans deux tubes parallèles^ longs ou
courts, et quand on fera varier la nature ou l'état physique des milieux
enfermés dans ces tubes, on déplacera ces franges; leur grande largeur et
leur fixité permettront d'apprécier et, s'il en est besoin, de mesurer la dif-
férence des vitesses des deux rayons. Cet appareil pourra donc remplacer
le réfractomètre différentiel d'Arago avec de grands avantages de commo-
dité, de fixité et de sensibilité.
» On peut même se dispenser de limiter le faisceau lumineux; on peut
recevoir sur la glace objective la lumière des nuées et regarder directement
son image daDs la lame oculaire; on voit des franges un peu lavées, mais
encore très-distinctes, s'étaler dans toute l'étendue du faisceau, absolument
comme on voit les anneaux de Newton dans toute l'étendue de la double
lentille qui les forme, et quand on place entre les deux glaces, parallèle-
64..
( 484 )
ment à la direction dès deux rayons interférents, une lâfiiê plane qixêU
conque plongée dans un gaz ou dans un liquide, un des rayons rase ïé
bord de la laine, l'autre en est éloigné, et si une modification physique ou
chimique se produit au contact du solide immergé, elle se révèle aussitôt
par une déformation des franges au contact de l'ombre portée par laiame.
Réduit à cette simplicité, l'appareil accuse toute variation de température^
tout changement de densité, toute action chimique, produits au contact.
Je vais citer à ce sujet quelques expériences; je le ferai très-sommaire-
ment, me réservant de compléter et de développer chacune d'elles dans
des Mémoires spéciaux. . ;
» 1. On plonge dans une dissolution des lames de différente nature :
l'indice du liquide se montre plus grand au contact du Solide; l'action^
d'abord faible, s'exagère ensuite, puis disparaît, après quelques minutes
d'immersion. Cette première action, qui tient probablement à la dissolu-
tion lente des gaz que ces lames avaient condensés, se reproduit toutes les
fois que l'on soulève la plaque. Quand elle a cessé d'être sensible, tôuf
effet disparaît, si les solides plongés ne sont point attaqués, et fait place a
une autre variation de l'indice déterminée par. l'action chimique,- si elle, se
produit. On voit ainsi les métaux oxydables se dissoudre dans l'eau distillée
aérée, et rester neutres dans l'éau privée d'air; comme on devait s'y atten-
dre, l'indice est quelquefois augmenté, quelquefois diminué,, et les dépla*
céments des franges se font quelquefois- dans un sens,, quelquefois dans le
sens opposé, On a ainsi un moyen de reconnaître les actions Chimiques
lentes. ' , .."....;.....-...
» H. Quant on dirige un courant électrique dans an liquide quelcon-
que, Féleçtrolysation fait varier la densité au contact des conducteurs, et
le déplacement des franges rend cette action sensible, quelle que soit la faible
intensité des courants qui la font naître. Alors la polarisation des électro-
des, le transport des éléments décomposés, tous les changements' chimi-
ques deviennent pour ainsi dire visibles, et ces effets peuvent être suivis-
dans leurs détails par la variation des franges. . . _ ■ "
» in. La moindre augmentation de température est accusée par une
modification énergique du phénomène optiqne. Quand, par exempte, on
fait passer le courant d'un seul élément Bunsen dans l'eau distillée, on
n'obtient que des effets chimiques faibles ; mais si. l'on arme avec cette bat-
terie l'appareil de Ruhmkorff, et qu'on fasse passer le courant d'induction
dans le même liquide, on développe un effet calorifique très-intense. Une
fois prévenu de cette action, j'ai pu la constater par un thermomètre et ob-
(485 )
tenir une élévation de 8 degrés dans 20 grammes d'eau en vingt-quatre mi-
nutes. Les solutions salines, ou l'eau rendue conductrice, n'éprouvent
pas cette action.
» ir. Quand on plonge dans un sel de fer les armatures d'un électro-
aimant énergique, on voit augmenter la richesse de la solution au contact
des pôles, le sel de fer est attiré, l'eau est repoussée, et comme cette action
est progressive et qu'elle augmente avec le temps, elle arrive toujours à
être visible, même avec des solutions étendues et des aimants peu énergi-
ques : une fois concentrée au pôle, la solution y cristallise.
» V. On place dans une solution saline saturée un cristal déjà formé du
même sel ; on sait qu'il continue à s'accroître par l'addition successive de
couches nouvelles. On voit très-nettement l'indice de la solution augmen-
ter en allant du sein du liquide vers la surface cristalline, comme si. les mo-
lécules du sel y étaient attirées par une force spéciale; mais quand on
approche jusqu'à une très-petite distance du cristal, on reconnaît un effet
inverse, c'est-à-dire que l'indice de la dissolution décroît rapidement jus-
qu'au contact, soit que la concentration s'affaiblisse dans toute l'étendue
de la couche mince qui baigne sa surface, soit que la chaleur, dégagée au
moment de la cristallisation, amène une diminution de l'indice. Il faudra
voir si cet effet n'est pas variable en intensité, suivant la direction de la
surface par rapport aux axes cristallographiques. »
géométrie. — Note sur un genre particulier de surfaces réciproques ;
par M. Ossiam Bonnet.
(Renvoi à l'examen de la Section de Géométrie.)
« Monge a appelé surfaces réciproques deux surfaces telles, qu'en dési-
gnant par x, y, z les coordonnées rectangulaires d'un point de la pre-
mière et par x„ f,, z { les coordonnées par rapport aux mêmes axes du
point correspondant de la seconde, on a
/ \ dz dz
{l > X <=dZ = P' ■r<=dj = ( l> z { -z-px-qj.
Ces surfaces présentent, en effet, une réciprocité dans l'expression des coor-
données de leurs points, et des équations (1) on déduit aisément
dz, dz,
( 486 )
mais il ne paraît pas qu'il y ait rien d'analogue au point de vue géomé-
trique. :"..."'
» J'ai été conduit à une autre espèce de surfaces réciproques qui satis-
font, comme celles de Monge, à la condition de réciprocité analytique, et
qui sont en outre liées par quelques propriétés géométriques assez remar-
quables. .
» Je fais
(»)■' x t =x + psy ■jr l =jr-i-qz, z t = i% v'l+ p 2 -+■ q'%
i étant l'unité imaginaire V— i; c'est-à-dire je prends pour a?, et y f Y se et
Yy du point où La normale à la première surface perce un plan fixe choisi
pour celui des x,y, et pour z, la longueur de la normale multipliée par i.
De cette manière, à tout point réel de la première surface répond un point "
imaginaire de la seconde, et réciproquement; ce qui n'empêche pas les
surfaces d'être dans Lien des cas toutes les deux réelles. Ainsi, la première 5
surface étant un ellipsoïde et le plan des se, y étant le plan principal per-
pendiculaire à l'axe minimum, la seconde surface est un hyperboloïde à une
nappe, dont l'axe imaginaire est l'axe minimum de l'ellipsoïde et qui a pour
sommets sur les axes des. se et des y les foyers des sections principales de
l'ellipsoïde, situées dans les plans des se, z et des j,jz. - :....".
* Des équations (2), on déduit : ~ -' ;■ - '-' -
x = x,+p,z t , f- /i.+ ^* { , * = r-. iz t*/ l +Pt+9*r
Ce qui montre d'abord que les surfaces sont réciproques par rapport à
l'expression des coordonnées de leurs points.
» Voici maintenant quelques propriétés géométriques des surfaces dont
il, s'agit. ■
» i°. a, b, c étant les cosinus des angles formés par la normale à la pre^
miére surface avec les axes des coordonnées, et a t , #,, c { les cosinus des
angles analogues pour le point correspondant de la seconde surface,
on a ,
d'où
1 c ' c ' c
1 a, . ■ -, - b v
ç= — ., a == —s b = —
C, C, Ci
» a . Les lignes de courbure sont dés lignes conjuguées daus les deux
{ 48 7 )
surfaces ; de telle sorte que, si
ffa J-, z ) = o ,
est une équation des lignes de courbure de la première surface,
f{x, + p l z„ jr t +q t z { , -iz t \/i + p*-hq*) = o
sera une équation des lignes de courbure de la seconde surface.
» 3°. p étant un rayon de courbure principal de la première surface et Ç
le z du centre de courbure situé à l'extrémité de ce rayon, p t et £, les quan-
tités analogues à p et Ç pour le point correspondant de la seconde surface,
on a
p, = tÇ, p— —îç t .
» Il résulte' immédiatement de cette propriété que les surfaces à aire
minîma ont pour réciproques les surfaces pour lesquelles la somme des
deux rayons de courbure principaux est égale en chaque point au dou-
ble de la normale, c'est-à-dire les surfaces dont nous avons donné
pour la première fois l'équation intégrale dans notre dernière commu-
nication.
» 4°- dS étant l'élément de surface, p et p' les deux rayons de courbure
principaux pour la première surface, et cfS,, p t , p\ les quantités analogues
pour la seconde surface, on a
z'dS _ _ z}dS ,
P?' pi p,
» 5°. dV étant l'élément de volume parallélipipédique et parallèle aux z
de la première surface, dY, l'élément correspondant de la seconde surface,
on a
dV _ dV,
Z PP' ~ V'P'.'
» Il est important de remarquer qu'une surface n'a pas de réciproque
quand elle est l'enveloppe d'une suite de sphères dont les centres par-
courent une ligne tracée dans le plan de x, y. En effet, dans ce cas, x + pz,
jr + qz sont liées par une relation et ne peuvent plus être prises pour
variables indépendantes. »
( 438 )
optique. — Mémoire sur les conditions auxquelles il faut satisfaire dans
la construction des appareils optiques } pour obtenir des images qui soient
exemptes de déformations ; par M. Breton, de Champ. (Extrait par
l'auteur.)
— (Commissaires, MSI, Babinet, Châsles.)
« Les images formées xiâns la chambre obscure., dans les télescopes, et
eu général dans les appareils de toute nature destinés à augmenter la puis-
sance de la vision, sont parfaitement fidèles lorsqu'on les restreint à leur
partie la plus centrale. Mais il n'en est pas toujours de même dans les
parties éloignées du centre. On y remarque souvent des déformations qui
se manifestent notamment en ce que des lignes qu'on sait être droites pa-
raissent courbées. C'est là un inconvénient que l'on doit chercher à éviter
dans la construction des objectifs de daguerréotype ; mais ce n'est pas tout.
Les mêmes déformations existent ou peuvent exister, quoique moins sensi-
bles, dans les images formées au foyer des instruments de précision, et
elle -affecte les déterminations- que l'on conclut de mesures prises sur ces
images,d'où résulte la nécessité de se rendre un compte exact de l'influence
de cette cause d'erreur.
_ ; » Le présent Mémoire a ppur objet de faire connaître un procédé de
calpi4;à l'aide duquel on peut déterminer, pour un instrument tout construit
ou seulement projeté, les déformations des images qu'il donnera, et par suite
les relations spéciales qu'il faudrait établir entre ses éléments constitutifs
pour obtenir des images fidèles. Je démontre d'abord qu'il suffit de consi-
dérer une section centrale de l'appareil. J'établis ensuite les formules qui
donnent les coordonnées du point d'incidence du rayon sur l'une quel-
conque des. surfaces réfringentes ou réfléchissantes, ainsi que sa direction
après qu'il a subi l'action de cette surface. Ces formules sont préparées pour
un calcul successif, et consistent toujours dans des polynômes entiers par
rapport aux variables qui y entrent. »
àkatqmie comparée des végétaux. — Ordre des Orobançkées (genres
-_ Qrobanche et Phelipaea) ; par 3JÏ. Ad. Cbatkï, (Extrait par l'auteur.)
- (Renvoi à l'examen de la Section de Botanique.)
« L'ordre des Orobanchées est, sans contredit, l'un des plus importants à
connaître parmi les plantes parasites, soit que l'on considère le grand nombre
( 48g )
de ses espèces, les dégâts causés par plusieurs de celles-ci dans nos cultures,
sa structure ou son mode de végétation.
» Malgré quelques observations intéressantes à plusieurs égards, mais
isolées, incomplètes et peu propres à nous faire connaître la véritable orga-
nisation, même du seul genre Orobanche, l'anatomie de l'ordre restait véri-
tablement tout entière à faire. Dix-huit planches sont le moins que j'aie cru
pouvoir donner pour représenter, même d'une manière incomplète, des
observations anatomiques qui offrent encore plusieurs lacunes, que je m'ef-
forcerai de combler par un supplément au Mémoire et aux planches, dans
le cours du prochain été. Dix planches sont consacrées aux deux grands
genres Orobanche et Phelipœa, dont l'examen fait le sujet de la partie de
mes recherches que je soumets aujourd'hui à l'Académie des Sciences.
» Les points sur lesquels j'ai cru devoir spécialement fixer mon attention
sont : le mode d'adhérence de la parasite à la plante nourricière, mode qui
s'éloigne beaucoup de celui que j'ai fait connaître chez les Cuscutacées et
les Cassythacées, dans les plantes adultes du moins; le rhizome ou la partie
inférieure et souterraine ordinairement renflée de la tige; la tige propre-
ment dite ou tige aérienne; enfin les écailles ou feuilles squammiformes qui
recouvrent celle-ci.
» La racine étrangère qui porte la nourriture à un Orobanche ou à un
Phelipœa se présente ordinairement comme implantée par son extrémité
dans la base tubéreuse de celui-ci. Si l'on pratique une coupe intéres-
sant à la fois, dans leur point d'adhérence, la parasite et la nourrice, on
reconnaît, en se servant d'un grossissement suffisant, que les fibres et les
vaisseaux des deux plantes marchent à l'encontre les uns des autres, s'é-
parpillent en éventail et s'enchevêtrent ensemble, en même temps que le
parenchyme cortical de la parasite enveloppe la portion ligneuse axile de
la nourrice et se resserre derrière son sommet évasé, disposition dont l'un
des effets est d'ajouter à la solidité de l'adhérence. Il ne paraît donc y avoir,
au premier aspect, aucune analogie entre les connexions des Orobanches
avec les tissus étrangers nourriciers et celles qu'on observe chez les Cuscu-
tacées, les Cassythacées, les Rhinanthacées, etc., plantes qui envoient dans
les espèces aux dépens desquelles elles vivent des sortes de racines terminées
par une extrémité parenchymateuse en forme de spongiole, à l'intérieur de
laquelle reste toujours enfermé l'élément fibro-vasculaire ramassé en un petit
cône ; mais ces différences dans la distribution des éléments anatomiques
au point de soudure des suçoirs s'effacent quand on remonte au jeune âge
C. R , i856, i« Semestre. (T, XLI1, N° 10. i 65
( 490 )
desOrohanch.es. On voit alors, en effet, que la différence principale entre
ces dernières et les plantes munies de cônes-suçoirs consiste, en ce que l'état,
qui chez celles-ci persiste toujours, n'est chez elles que transitoire.
» L'examen de la tige des, Orobançhes, fait à diverses hauteurs, met en
lumière ce fait inattendu, qu'elle présente dés rayons médullaires ou en est
dépourvue, suivant le point où on l'examine. Dans toute la portion sou-
terraine, et souvent un peu au-dessus, le parenchyme çorticalet le paren-
chyme médullaire communiquent largement entre eux par le tissu cellulaire
qui isole les faisceaux fibro-vasculaires ; plus ha^ut, ces faisceaux sont com-
plètement réunis en un cercle qui entouré la moelle.
» Une autre différence capitale entre la portion rhizomatëuse et la portion
aérienne des tiges est que la première est exclusivement formée de vaisseaux
ponctués submoniliformes, tandis que chez la 'seconde, aux. vaisseaux ponc-
tués, devenus plus longs, s'ajoutent des vaisseaux de plusieurs sortes, et
notamment des trachées à spire déroulable. .
» D'autres différences entre le rhizome et la tige florale consistent en ce
que le premier, d'ailleurs privé de stomates, contient hahinxeîlement dans
son parenchyme de la fécule, que remplacent peu à peu dans celle-ci des
granules ni verts ni amylacés et des gouttelettes huileuses. La nature, des
fibres établit encore une ligne de démarcation entre la partie souterraine et «
la partie aérienne des tiges.
» Dans la tige floriflère comme dans le rhizome, les vaisseaux, généralement
groupés et irrégulièrement prismatiques, se disposent de deux manières :
tantôt, et c'est là le cas général, ils sont réunis par paquets ou faisceaux dis-
posés sur une ligne circulaire dans l'épaisseur de la zone continue deafîbres
ligneuses ; tantôt, au contraire, ils forment, comme dans, le Phelipœa ra-
mosa, un cercle continu inscrit dans le cercle fibreux et entourant directe-
ment la moelle. - -
» La structure des écailles de la tige florifère est assez uniforme et digne
d'intérêt. L'épiderme des deux faces renferme assez souvent des gouttelettes
et des grains oléorésineux, qu'on retrouve aussi dans le parenchyme, même
vers la face supérieure qui manque de stomates. Ces derniers, dont la pré-
sence coïncide avec l'absence de matière verte, paraissent d'ailleurs man-
quer, tant sur les écailles que sur la tige du Phelipœa ramosa. A cet égard
on remarquera que Vaucher, qui a commis deux erreurs, on plutôt qui a
pris deux fois l'exception pour l'état général, en disant que les Orobanches
ont une Couronne de trachées autour de la moelle et manquent de stomates,
semble n'avoir examiné que le Phelipcèa ramosa, les P, ccerulœa, arena-
( 4gi )
ria, etc., étant pourvus de stomates et ayant les vaisseaux rapprochés par
paquets; encore les vaisseaux que le savant botaniste genevois nomme tra-
chées sont-ils, par une exception qui ne s'offre guère encore que dans le
P. rarnosa, de simples vaisseaux annelés non déroulables. »
botanique. — Mémoire sur la Flore des environs de Montevideo et de
l'île de Saint- Gabriel; par M. Corbon.
(Commissaires, MM. Brongniart, Montagne, Tulasne.)
M. Malingre soumet au jugement de l'Académie un Mémoire ayant pour
titre : De l'amélioration des espèces végétales.
L'auteur s'attache à prouver qu'il y aurait grande utilité à apporter au
perfectionnement des plantes usuelles les mêmes soins qu'on apporte dans
tous les pays un peu avancés en agriculture au perfectionnement des races
d'animaux domestiques. Ce qu'on a déjà fait dans ce but semble à l'auteur
fort insuffisant et, dans tous les cas, mal dirigé. Ainsi le triage mécanique,
auquel on a eu parfois recours, ne saurait, suivant lui, donner de bons ré-
sultats; pour le cas du blé, par exemple, on a pu déjà reconnaître que les
plus gros grains ne donnent pas les épis les plus pesants. M. Malingre pense,
en conséquence, qu'on devrait avoir recours à une méthode toute différente,
qu'il désigne sous le nom de sélection individuelle, méthode dont il déve-
loppe le plan dans le présent Mémoire.
(Renvoi à l'examen d'une Commission composée de MM. Payen,
Decaisne et Payer.)
CORBESPONDANCE.
M. LE MlXISTRE DE l' AGRICULTURE, DU COMMERCE ET DES TRAVAUX PUBLICS
adresse un certain nombre de billets pour l'admission à la séance de distri-
bution des prix qui aura lieu à Poissy le mercredi 19 mars, à la suite du
concours pour les prix d'animaux de boucherie.
M. BoroiET(OssiA]s) prie l'Académie de vouloir bien le comprendre dans
le nombre des candidats pour la place vacante dans la Section de Géomé-
trie par suite du décès de M. Sturm.
M. le Secrétaire perpétuel met sous les yeux de l'Académie divers vo-
65..
(' 49 2 )
lûmes de publications faites par l'Académie impériale des , Sciences de
Vienne. ■■<--. - -
M. le Secrétaire perpétuel présente également une nouvelle livraison
des Observations météorologiques faites à l'École polytechnique de Lis-
bonne (décembre 1 855). —"-'.'■■'
M. le Secrétaire perpétuel signale, parmi les pièces manuscrites de la
Correspondance, deux réclamations qui ont été adressées à l'Académie, à
l'occasion du Rapport fait dans la séance précédente sur les procédés gal-
vanoplastiques de M. Lenoir.
L'auteur de la première, M. Gueytost, cite entre autres moulages en
ronde bosse qu'il a exécutés par les moyens galvanoplastiques, un bouquet
présenté en i85i à l'Exposition de l'industrie de Londres, bouquet qui
lui a valu la grande médaille d'honneur. Il ajoute que dès 1 85o il pouvait
exécuter sans difficulté des moulages en ronde bosse, mais qu'il avait trouvé
que pour les objets de petite dimension on avait plus d'avantage à recourir
à. l'ancien mode démoulage. Il invoque, quant à la date de ses produits et
à leur perfection, le témoignage de M. Pouillet, qui, il y a déjà six ans, a
montré dans son. cours à la Sorbonne plusieurs de ses produits. Enfin il cite
deux brevets d'invention obtenus par lui en i85o et i85i.
M. Zier, auteur de la seconde Lettre, s'attache principalement à prouver
qu'on ne peut attribuer à M.Lenoir le mérite d'être parvenu le premier à
obtenir par la galvanoplastie des rondes bosses d'une seule pièce. « Mes pre-
miers essais en ce genre remontent, dit-il, à 1842, et dès 1843 j'ai soumis à
M. Pouillet, pour ses démonstrations au Conservatoire des Arts et Métiers,
un groupe représentant un tigre dévorant un cerf, et plusieurs reproduc'
tions de bustes antiques exécutés par moi chez M. Soyer.... Plus tard, en
1849, j'ai exposé de nouveaux essais de mes rondes bosses exécutées pour
le commerce.... Enfin à la dernière Exposition, j'ai soumis au jury diverses
statuettes creuses, que j'ai encore chez moi à la disposition de la Com-
mission. »
A l'occasion de cette communication, la Commission qui a fait le Rapport
sur les produits de M. Lenoir exprime le désir qu'on demande kM.Guey-
ton copie des brevets pris par lui en i-.85o et 1 85 1, et à M. Zier la descrip-
tion détaillée, de son procédé, .avec Ja date de h publication- de cette
description.
(4g3)
astronomie. — M. Le Verrier présente des observations de la planète @,
faites à Vienne par M. Littrow, et à Florence par M. Donati.
Observations de Florence, faites au micromètre circulaire.
T. m. de Florence. a (g) _ a * D.@_ D * Nombres de corn par'.
1 856. Février 25 9.41.16,2 — 2T40' 36 + 4.55",2 6
26 9-4-35,9 -3.23,37 +12.36,6 5
» Voici la position moyenne de l'étoile de comparaison pour i856,o.
h m s
m. = 1 1 . 1 3 . 42,67 , déclin. = + 6*.49. 5",4 B. A. C. 3862.
Observations de Vienne.
T. m. de Vienne. & app. Dapp. Comp. Ois.
Février 24 9.27.16,8 ii.m?48',56 -f- 6°.46'.5"4 8 Homstein.
» Voici la position moyenne de l'étoile de comparaison pour 1806,0.
fi = n.i3.42 S ,64 D= + 6:49.5 "3.
Brit. Ass. Cat. 3862 (a Leonis).
» L'éclat de la planète était celui d'une étoile de 9 e à 10 e grandeur. »
acoustique. — Remarques à l'occasion d'une Note de M. Zamminer sur le
mouvement vibratoire de l'air dans les tuyaux ; parM. G. Wertheim.
« Le Compte rendu du 26 novembre i855 contenait une Note de
M. Zamminer, dans laquelle ce physicien annonçait à l'Académie que les
formules proposées par moi pour le cas des tuyaux cylindriques n'é-
taient pas d'accord avec l'expérience. Le Mémoire de M. Zamminer venant
de paraître (1), je crois devoir faire remarquer que les expériences qui y
sont décrites ne justifient pas la conclusion que leur auteur en a tirée";
non-seulement parce qu'elles sont en petit nombre et comprises entre des
limites trop rapprochées, mais surtout parce qu'elles ont été faites à l'aide
de tuyaux qui ne paraissent pas avoir été convenablement choisis. L'au-
teur n'indique pas même quelle était pour chaque expérience la substance
(j) Annales de Poggendorff, t. XCVII, p. 173.
( 494 )
de la paroi du tuyau ; aussi les résultats sont-ils ou si peu exacts ou si
peu comparables entre eux, qu'ilsuffit de les calculer -et de les grouper
autrement que ne l'a fait M. Zamminer pour être conduit à quelques con-
séquences inconciliables avec les faits les mieux constatés par tous les phy-
siciens qui se sont occupés de cette question. Cette observation s'ap-
plique précisément aux^expériences extrêmes qui s'écartent davantage de
ma formule; à part celles-ci, presque toutes ^différences entre le calcul, et
l'expérience, que M. Zamminer : â signalées, tombent, entre les limites des
erreurs que, d'après M. Zamminer lui-même, ses expériences comportent :
j'en excepte seulement les différences que l'on observe lorsque le diamètre
de l'embouchure est très-petit par rapport à celui du tuyau et qui, se trouvent
inscrites presque sur chaque" page de mon Mémoire.
» En général, je ne conteste nullement qu'en ajoutant à ma formule un
terme du second ordre, on ne puisse rendre plus parfait l'accord entre le
calcul et l'expérience ; seulement ce nouveau terme ne sera en aucun cas
proportionnel à la longueur comme l'exigeraient les résultats de M. Zam-
miner, car il s'ensuivrait qu'un tuyau d'une longueur infinie comporte-
rait une correction également infinie; donc l'observation directe serait le
plus inexact de tous, les moyens que l'on puisse employer pour déterminer
la vitesse de propagation du son :-ce qui est impossible.
» Il est inutile, sans doute, de faire remarquer que mes observations
portent uniquement sur la partiV du Mémoire de M. Zamminer qui traite
des tuyaux cylindriques, et que je ne conteste pas le mérite des autres par-
ties de ce travail. »- " ...------■
chimie OBGAMQUE. — Transformation de divers acides organiques due à
~ . "~ ~ ~ ^ une action de'présence ; Lettre de M. Lassaigne.
« te fait intéressant, communiqué par M. Berthelot, du dédoublement
de l'acide oxalique par la chaleur en présence de la glycérine m'a rappelé
plusieurs observations qui, sans présenter le même intérêt pratique, se rat-
tachent aussi à ce que l'on a appelé action de présence, et je vous prie de
me permettre de les faire connaîtreftrièvement à l'Académie. ;
» Lucide malique chauffé pendant quelques heures avec de l'acide
chlorhydrique se convertit en .grande partie en acide fumarique, se déshy-
dratant ainsi au sein de l'eau. L'acide citrique, traité de même, se déshy-
drate aussi partiellement, et il se produit de l'acide aconitique. En évaporant
à siccité et chauffant le résidu avec de l'éther, on éloigne ce dernier acide,
( 4 9 S j
et il reste de l'acide citrique incolore et inaltéré qui, soumis de nouveau
au même traitement, subit la même transformation partielle, en sorte qu'on
peut ainsi le décomposer en acide aconitique et en eau, sans qu'il se pro-
duise en même temps ces matières brunes et indéterminées qui accompa-
gnent l'acide aconitique préparé par la voie sèche.
» J'ai soumis à la même épreuve un acide tartrique que j'avais entière-
ment dépouillé d'acide racémique par des cristallisations réitérées. Je dois
dire, en effet, que je n'ai pas trouvé dans le commerce d'acide tartrique
entre les cristaux duquel une dessiccation prolongée à ioo degrés ne m'ait
permis de reconnaître des traces d'acide racémique, par l'apparition de
quelques points blancs et opaques. L'acide tartrique pur r chauffé à l'ébulli-
tion pendant plusieurs jours avec de l'acide chlorhydrique, contenait alors
environ 3 pour ioo d'acide racémique, qui a donc pris naissance dans cette
circonstance. Le reste de l'acide tartrique était en partie non modifié,
en partie changé en un acide sirupeux qui se concrète à l'étuve en présen-
tant à sa surface l'apparence des circonvolutions du cerveau. Cet acide m'a
paru bien plus stable que les modifications de l'acide tartrique obtenues
par la voie sèche, mais je n'en ai pas poursuivi l'étude. »
anthropologie. — Sur les proportions du corps humain (suite);
par M . J . -T . Silberm a ss .
« Dans ma précédente Note, j'ai donné les proportions naturelles de la
charpente de l'homme ; aujourd'hui je me propose de justifier le choix que
j'ai fait de la taille de i m ,6o. Consultant Buffon sur ta taille moyenne qu'il
donne à l'homme, j'y trouve 5 pieds de roi, qui valent en mesures actuelles
i m ,624---- Il dit aussi que la femme a 3 pouces de moins que l'homme; or
celle de l'homme étant de 5 pieds qui valent 6o pouces, on voit que c'est de
^- = — de la taille de l'homme dont la femme est plus petite. D'autre part,
6o 20 * ' *
consultant les bas-reliefs de Phidias enlevés au Parthénon, et dont les plâtres
se trouvent à l'École des Beaux-Arts, j'y ai trouvé les hommes d'une gran-
deur de i mètre juste, tandis que les femmes n'avaient toutes que g5 cen-
timètres, c'est-à-dire étaient aussi de 5 pour too ou de — plus petites. Ce
rapport simple entre la hauteur de l'homme et celle de la femme parait
donc déduit de l'observation; je l'accepte ainsi et le justifierai plus tard.
» Voulant connaître la taille moyenne de l'homme actuellement, je m'a-
dressai à la mairie de mon arrondissement (le VI e ), d'où je reçus la taille
(4 9 6ï
des hommes de la conscription de i854, qui offrit 612 hommes, dont
53 absents, 48 ayant moins de i m ,56o, taille militaire limite, et enfin 5i r,
mesurés à l'Hôtel de Yille, à la révision, et dont le dénombrement est le
suivant :
» Il y avait de
s
m Hommes.
m
Hommes.
m Hommes.
m Hommes
1,56... 16
1,64-,
• 3 7
1,72... 19
I ,80. .. 2
1,57... 11
1,65.
• 44
i, 7 3... 16V-
I ,81, . .
i,58... 17
1,66..
. 36
1,74... 4
1 ,82. . .
1,59... 24
1,67.
• 24
1,75... 6
1 , 83 . . . 2
i ,60. . . 29
1,68.
• 3 7
1,76... 9
1,84... 1
1,61. . . 25
ï,^-
. 21
1,77... 2
1,52... 20
1,70.
. 3i
1,78... 5
1,63... 36
1,71.
. 25
1,79... 2
Total.
• • • ■ •
5i i hommes.
» Comme on a éliminé 48 hommes au commencement, éliminons aussi
48 hommes à la fin, et le chiffre 16 de la taille de i m ,73, sera coupé en 1 1 qui
restent et 5 qui sont enlevés; il faudra donc descendre cette taille vers 1 ,72
dans le rapport de ce qui a été enlevé :
Ce qui reporte cette taille à 1 ,7268
La taille d'élimination est de 1 ,56oo
Leur somme 3,2868
Donne pour moyenne ou la moitié .. . i ,6434
» Si, au lieu de la moyenne par élimination, nous prenons la moyenne
des intermédiaires, et que, d'après ces nombres, on trace une courbe en
prenant les tailles comme abscisses et les nombres d'hommes correspon-
dants comme ordonnées, on aura une courbe très-dentelée, mais que l'expé-
rience dans ce genre de tracés rectifie facilement en rejetant les mauvaises
observations et prenant les moyennes de celles qui ne s'écartent que peu ;
absolument comme s'il s'agissait d'expériences de physique. Cette courbe
ainsi rectifiée scrupuleusement montre son sommet vers i m ,64i ; moyenne
plus précise que la précédente.
» Supposons maintenant pour un instant que i m ,6o soit la taille moyenne
du genre humain à 20 ans, et que la taille de la femme soit de -^- plus petite
que celle de l'homme; quelle sera alors la taille moyenne de l'homme? La
taille de l'homme étant prise pour unité, celle de la femme sera g5 centi-
mètres, et îa taille humaine i m ,95 (les deux tailles prises ensemble).. Nous
(497)
avons pris pour taille moyenne ,»,6o, ce qui donne 3-ao pour taille
humaine supposée comme précédemment pour le rapport. Nous aurons
donc pour la taille de l'homme
x '9 5 : i :: 3 m ,2o:^ = I m ) 64 I02 5,64io25
et pour la taille de la femme
i,g5 : o, 9 5:: 3 m , 2Q : 7 -° — !-, 5589743,589 743. . . .
La différence est = o m ,o82o5i , 28205 i
«La coïncidence frappante entre cette taille moyenne théorique de
1 ,041, etc., et la taille pratique précédente i m ,64i... prise sur un petit
nombre de sujets et d'un seul genre, suffira, je l'espère, pour tenter des
vérifications ultérieures qui n'étaient pas à ma portée.
» Remarquons aussi la coïncidence de la taille limite militaire, qui est
de i m ,5oo, et celle de la femme, qui est de i m ,55g. »
M. Oké, professeur adjoint d'anatomie et de physiologie à l'École de
Médecine de Bordeaux, annonce l'envoi prochain d'un travail sur les fonc-
tions du joie et indique dans les termes suivants un des résultats auxquels
il est arrive dans le cours de ces recherches :
« J'ai voulu me rendre compte de l'influence qu'exerce la veine porte
sur la sécrétion biliaire. Je suis parvenu à oblitérer à volonté le tronc de
cette veine et a empêcher par conséquent le sang qu'elle renferme d'arriver
au foie. Malgré cette oblitération, les animaux ont continué à vivre, et la
sécrétion biliaire a continué à se faire. »
M. Taotesot annonce l'intention de soumettre prochainement au juge-
ment de l'Académie un anémomètre enregistreur, qui fonctionne d'une ma-
nière continue, même par les plus violentes tempêtes. Il a établi un de ces
appareils sur la grosse tour du Prytanée impérial militaire de la Flèche ■
les indications sont enregistrées dans la salle du cabinet de physique situé
directement au-dessous delà tour, à une distance verticale. M. Taupenot
espère pouvoir faire fonctionner un appareil semblable en présence de
1 Académie ou de la Commission qui serait chargée de l'examiner.
On attendra pour nommer une Commission que M. Taupenot ait pré-
sente une description suffisamment détaillée de son anémomètre.
M. De Vmj rappelle la demande qu'il a précédemment adressée au nom
de la Société Batave de Physique expérimentale de Rotterdam. Cette Société,
C. B., i856, 1" Semestre. (T. XLII, Ro jq.) 66
(-498")
qu i a envoya toutes ses^
les Comptés rendus hebdomadaires. ■_•-:. '""";.'; :: •'[■'-■■•--•■;
On saura si cette demande, qui, d'après le règlement de l'Académie,
'a dûitrésoumiseà b Commission administrative, a reçu son approbation.
M Bérahb, qui a obtenu dans la séance annuelle du 2 8 janvier 1 856
une récompeBsè fouies rechercha ;d'Anatomie et de Pathologie sur les
voies lacrymalesy adresse ses remercîments à l'Académie.
M. Chazallon, ingénieur-hydrographe de la Marine, prie l'Académie de
vouloir bien le comprendre dans le nombre des candidats pour une place
de membre adjoint du Bureau des Longitudes, devenue vacante par la no-
mination de M. Daussy comme membre ^titulaire.
»L Eellee, également ingénieur-hydrographede la Marine, adresse une
semblable demande. .,-
Les deux Lettres, qui sont accompagnées l'une et l'autre dW Notice sur
les travaux du candidat, seront soumises à la Commission chargée de pré-
parer la liste lorsque M, le Ministre de l'Instruction publique aura invite
l'Académie à s'occuper de cette présentation. _
M Basset adresse une Note concerpairt un moyen qu l il a imaginé pour
préserver, jusqu'à un certain point, les hommes .de guerre des blessures
d'armes à feu et d'armes blanches. Il désire voir admettre au concours pour
le prix Montyon ce moyen, qui consiste dans l'usage *d un vêtement parti-
culier, garni dans les parties les plus exposées d'une combmaison de tissus
imperméables et de lamelles métalliques. V ,. V / ,
" La Lettre sera soumise à l'examen de la futur^ Commission du prix
Montybn, qui jugera si l'invention rentre^ans les conditions, du prp-
gramme. _ --•"'.; .-■':'.' -i " : ^-
: M Poeoe, dans une Lettre datée du Callao (Pérou), annonce l'inten-
tion ^e soumettre au jugement de l'Académie un système qu il a imagme
pour la direction des aérostats. Il renoncerait bailleurs a obtenir un Rap-
port, si la publicité qui serait ainsi donnée à son invention ne permettait
pas qu'elle de.vînt ensuite l'objet d'un brevet, _ :: - . ;■;.■■; :
On fera savoir à l'auteur que tel est en effet le cas. - •
M. Cracha prie l'Académie de vouloir bien hâter le travail de la Corn-
(499)
mission à l'examen de laquelle ont été renvoyées les diverses communica-
tions relatives à l'aéronautique.
A*5 heures, l'Académie se forme en comité secret.
COMITÉ SECRET.
La Section de Médecine et de Chirurgie déclare, par l'organe de son
doyen M. Serres, qu'il y a lieu d'élire pour la place vacante dans son sein,
par suite du décès de M. Magendie.
L'Académie est consultée par la voie du scrutin sur cette proposition.
Sur 4i votants,
Il y a 3g oui
e t i non.
En conséquence, la Section de Médecine et de Chirurgie est invitée à
présenter dans la séance prochaine une liste de candidats.
M Dcperrey, au nom de la Section de Géographie et Navigation, pré-
sente la liste suivante de candidats pour la place de Correspondant vacante
par suite du décès de M. Parrj.
En première ligne. . . l'amiral Ferd. de Wrangell, à St-Pétersbourg.
En deuxième ligne. . . le capitaine Ch. Won, à Washington.
En troisième ligne. . . l'amiral Fréd. Lctké, à St-Pétersbourg.
En quatrième ligne. . le capitaine F. -W. Beechey, à Londres.
En cinquième ligne, . le lieutenant F. Madrv, à Washington.
La Section déclare qu'elle a cru devoir ne présenter cette fois que des
candidats étrangers, n'ayant présenté, lors de la nomination précédente,
que des candidats nationaux.
M. Dcperrey énumère et développe les titres des candidats présentés.
L'élection aura lieu dans la prochaine séance.
F D B
La séance est levée à 6 heures. n. u. ■
BULLETIN bibliographique.
L'Académie a reçu, dans la séance du «omars ,856, les ouvrages dont
voici les titres :
Histoire et fabrication de la porcelaine chinoise, ouvrage traduit du chinois
par M Stanislas Julien, membre de l'Institut, accompagné de Notes et d Ad-
ditions par M. Alphonse Salvétat, et augmenté d\m Mémoire sur la porce-
( 5oo ) '
laine du Japon, traduit du japonais, par M. le D r Hoffmann, professeur à Leyde.
Paris, i856; i vol. in-8°. (Offert au nom du traducteur par M. Chevreul.)
Hydraulique et hydrodynamique expérimentales, analytiques et théoriques etc ■
par M. N.-B. Delaibe. Paris, i856;br. in-8°. ' '
Note sur le Ranunculus tuberosus, Lap., par M. E. Timbal-Lagrave ; br.
in-8°. (Extrait des Mémoires de l'Académie des Sciences de Toulouse.)
Notice sur un lion tué en Algérie, examen nécroscopique, par M. le D r Gus-
tave Dufour. Paris, i856; br. in-8°. (Présenté au nom de l'auteur par
M. Ddméril.) ^
Exposé analytique des principaux travaux d'anatomie, de physiologie, d'hy-
giène, de chirurgie, de médecine pratique et de littérature philosophique, de
M. P.-A. PIORR7, à l'appui de sa candidature à l' Académie des Sciences Paris
i856; in-4°. '
Notice des travaux mathématiques de M. Ossian Bonnet; br. in-4°.
Candidature de M. CHAZALLON, pour la place de membre adjoint au Bureau
des Longitudes; br. in-8°.
- Recueil des actes de l'Académie impériale des Sciences, Belles-Lettres et Arts de
Bordeaux; i« c semestre 1 855; in-8°.
Memorie... Mémoires de l'Institut impérial et royal vénitien, des Sciences
Lettres et Arts; vol. V. Venise, i855 ; in-folio.
Atti... Comptes rendus des séances de l'Institut impérial et royal vénitien
(Novembre r854 à octobre i855; t. VI, 2 e série, et t. F', 3 e série- ^«livrai-
son in-8°.) '
H Nuovo Cimente. . . Journal de Physique et de Chimie pures et appliquées ■
décembre i855; in-8°. 7 '
Revista... Revue des travaux publics; 4 e année, n° 5; in-4°.
Denkschriften. . . Mémoires de l'Académie impériale des Sciences de Vienne.
Classe des Sciences mathématiques et des Sciences naturelles,- vol IX Vienne"
i855;in-4°. '
Sitzungsberichte.. . Comptes rendus mensuels des séances de l'Académie im-
périale des Sciences de Vienne. Classe des Sciences mathématiques et des Sciences
naturelles; mars, avril, mai, juin, juillet et octobre i855 ; in-8°.
^ Denkschriften... Mémoires de ï 'Académie impériale des Sciences de Vienne.
Classe des Sciences philosophiques et des Sciences historiques; vol. VI. Vienne
i855;in-4°. '
Jahrbùcher... Annuaire de l'observatoire central de météorologie et de ma-
gnétisme terrestre, publié par U Académie impériale des Sciences de Vienne-
IIP- volume ;-année *85i. Vienne, 1-855 ; in-4°.
COMPTE RENDU
DES SÉANCES
DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES.
SÉANCE DU LUNDI 17 MARS 1856.
PRÉSIDENCE DE M. BINET.
MEMOIRES ET COMMUNICATIONS
DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE.
M. le Président annonce que M. Lejeune-Dirichlet, un des huit Associés
étrangers de l'Académie, est présent à la séance.
astronomie. — M. Le Verrier propose de donner le nom de L^titia à
la planète (§) découverte par M. Chacornac, le 8 février dernier, à l'Ob-
servatoire impérial de Paris.
calcul intégral. — Détermination des valeurs d'une classe remarquable
d'intégrales définies multiples, et démonstration nouvelle d'une célèbre
formule de Gauss concernant les fonctions gamma de Legendre ; par
M. J. LlOUVILLE.
« i . L'intégrale définie
/ e ^ aJ da
t/o
est, comme on sait, égale à
l -fne-^,
2
À- désignant une quantité quelconque positive ou nulle. En y remplaçant a.
C. R., 1856, 1 er Semestre. (T. KLII, N° il.) 67
( 5oa ) ■
par s/a et doublant sa valeur, on a donc * . - _ __
_
» J'ignore si l'on a remarqué déjà que la formule,
'- : - -' ■■T(£)r(e±i)«v-*</ïr W ;-" - -
où r (,a) désigne, suivant la notation de Legendre, l'intégrale eulérienne de
seconde espèce
'e- a a!*~ x da f
est une conséquence immédiate de l'équation (i). Il suffit de multiplier les
deux membres de l'équation (i) par k 1 *- 1 dk, puis d'intégrer de k — o à
k = oo . Cela donne en effet, en changeant l'ordre des intégrations pour a
et A" . . ~
f°e-»da ^ e~ T t T d&= Jn Ce-** A*~ ' dk.
Or on a
et
.■• ... . fV^-v^^ -
Substituant et multipliant par 2, on arrive à la formule citée.
» 2. Je me propose, dans cette Note, d'étendre la même analyse, à. la
démonstration de la formule générale que l'on doit à Gauss :
< A > ' I '(5) r ( £ ï i )r r ( t± J= i )-''~'(») !? r((iV
Je regarde comme connue l'équation d'EuIer
( 5o3 )
qu'on établit aisément par différents moyens. Mais j'ai besoin de trouver
d'abord les valeurs d'une classe d'intégrales multiples, très-remarquables du
reste en elles-mêmes, et qui peuvent être appliquées utilement à la recher-
che des intégrales de certaines équations aux différences partielles.
» Ainsi pour le cas de n = 3, c'est-à-dire pour démontrer la formule
( B) r(s)r(E+i)r(tfî) = y : -.»r(,.),
je me sers de l'intégrale double
J j e \ «Va? fi dadÇ,,
dont je prouve que la valeur est
GH
rUHMJler»*
ou
2îT
V/3
,-3A
Admettant en effet qu'on a
multipliez les deux membres par k' t ~' dk et intégrez de A=oàX , = co.
L'intégration par rapport à k s'effectuera sous les signes / en observant
que , -
fe-^t- , dk = iW?r(£),
et le premier membre deviendra
*
c'est-à-dire
Jr( S )r(efi)r(t^);
6,..
( 5o4 )
quant au second. membre, on trouve
ou - ~ " ~" " . "
3<"\/3
Delà . -: - -
r(fx).
ir(S)r(^)r(^) r .^rw, ;:; .. :; ; ^
et, en multipliant par 3, la formule (B). _.-..,.
» En général, l'intégrale définie à (» — i) variables
/*» /•» -U« !+ ... + a,.,+ 1 1 L, L,. L-I^: -
J o -J o * v ■.-.-««/«. a « ... an4 ^^...^^
que je désignerai par R, a pour valeur '
et il suffit de multiplier par F - ' dk les deux membres de l'équation qui
exprime ce fait, puis d'intégrer :de k $= olk^k ==,<»_, pour, obtenir la for-
mule (A). : '":_-=: ::::. : ;: " ' i
» 3. Le calcul' qui conduit à cette formule (À) peut "être présenté au-
trement, en s'appuyant toujours sur là valeur de notre intégrale R, mais en
partant, non plus de cette intégrale, mais du produit
r
(S) r ( e T i )~ r ( E± ? =i )'
qu'on peut mettre sbjfs forme d'iâtégrale multiple, savoir
Substituons en effet, dans cette intégrale, à la variable a une-autre varia-
ble k ayant les mêmes limites, en posant
• - _. • - ±"
z a~== - :
«!«!.;. Ct.a-1 -
( 5o5 )
ce qui donne
S-i
a" da, =
(«.ta, . . . a„_,)"
le résultat de la substitution contiendra notre intégrale R ; car il peut s'é-
crire
n£°JUf~ l dk.
Si donc on admet que
n — i
il deviendra
I _ n — I
c'est-à-dire
d'où résultera de suite la formule (A).
« 4. La formule
ou, si l'on veut,
«=r(i)r(î)...r(V)-"',
se démontre, au surplus, bien simplement.
» Pour mieux faire comprendre notre méthode, revenons d'abord sur le
cas de ra = 2. Alors
' e \ K V da;
donc
dR , f -(* + -) l-^da.
dk Jo . . «
Substituons à la variable a une autre variable /3 en posant
a= r , dou -=S et — = £•
( 5o6 )
Les limites pour /3 seront oo et o, ou bien o et <» en changeant le signe
de dp. On aura par suite
c'est-à-dire
^-..jfV ("."■?) ^"'rf/S,
dR
et partant ,
R = Ce- 2 *. ; '-- !-■■"- -" - '"-
La constante C se détermine en posant k = o; elle est égale à ^îr. On a
donc bien
Ce --V**' â\ } da = sfce^ k .
» Soit à présent n — 3, ou
a5 rr;4^^-; rf?rf|i . :i , :: .
En différentiant par rapport à ïc, on a
Substituons à la variable pc une autre variable, y, en posant
«=«-' dou..- -ô = y, et,— = -,.-*..., „,-
Les limites pour y seront encore o et oo,, à la condition de changer le signe
de dy. Il nous viendra donc' 3 , T " " ._ - -
«u
Jo Va i
L'intégrale placée au second membre est encore E. : seulement a et p sont
remplacés par |3 et y,, cç qui-n'impoïtejenrien,.j3èslorspna; ' -;■;:'; '2
- = 17 5T- r ^ R ' ; : —
(5o 7 )
d'où
R = Ce-3*.
En posant k = o, on trouve d'ailleurs
on a donc bien
R = r G) r (t) e_ "
comme le donne, pour n = 3 , notre formule.
» Prenant enfin la valeur générale de R, savoir
/ / . \ «r ">••• a „_i/ n n n J J r
i -J \ », "* -««-, da -i d **-d* n -0
différentions-la par rapport à A:. La valeur de la dérivée sera
/ A" \ I 2 n — i
J/»=o /•» — ( a, -+-«,+.. .H-a n _.H l I 1 1
f - r ^ -"-^^ «: ...a,i, ^^-^-'.
o c/o a i a 2- • • a n—l
Substituons à la variable a { une autre variable a n , en posant
a, = : J
aj a 3 . . . a„_, a n
I
rfa, a? a. . . . da„
et la valeur de -jr se présentera sous cette autre forme
Xf . k" \ i s n— i
I e ' CC 9 U 3 ... U tt
L'intégrale en facteur est précisément R : seulement les indices de a sont
tous ici plus grands d'une unité qu'ils n'étaient d'abord, ce qui est indiffé-
rent. On a donc
d'où
R = Ce-* ft :
en posant k = o, il vient d'ailleurs
« = r(i)r©...r(^)=^)
n— 1
3
(;5o8 )
La formule
R = 4-( 27r ) 2 ~ *~ cA - ' -
v* -- ■- -
est donc démontrée. » -
cryptogamie. — Communication de M. Montagxe.
« En présentant un exemplaïre^d'une brochure- ayant pour titre : Crypto-
gamia guyanensis, seu Plantarum cellularium in Gujana gallica annis
1 835- 1 849 à clariss. Leprieur coUectarum enûrnëratid universàlis^M. Mon-
tagne lit la Note suivante, qui en explique le- motif et l'objet :
» Au mois dejnai 1 854 , x'avaisl'honneur d'offrir à l'Académie les deux
volumes et l'Atlas de ma Cryptogamie chilienne ; aujourd'hui je viens lui
faire également hommage de celle de la Guyane française. Cette contrée
équatoriale n'avait point encore été l'objet d'un semblable travail. Le petit
nombre de botanistes qui nous en ont fait connaître les productions végé-
tales, au premier rang - desquéls iT faut êïfer Aûblét et Plumier, avaient à
peu près complètement ïégligè les plantes cellulaires, peu capables d'atti-
rer leurs regards au milieu d'une si luxuriante et si magnifique végétation;
» C'est à M. Leprieur, pharmacien en chef de l'hôpital de la Marine de
Cayenne, que sont dus les précieux- matériaux qui m'ont servi pour cette
publication. Pendant un séjour de près de quinze années dans cette colonie
française, M. Leprieur a recueilli et m'a adressé successivement trois col-
lections dignes du plus haut intérêt par la nouveauté et. quelquefois par
l'originalité dès types. J'avais déjà deçrïrdansTès Annales des Sciences' na-
turelles pour i835 et ï'84o les plantes qui composaient les deux premières,
lorsque, en i849j u me remit ici lui-même la troisième, renfermant plus de
800 numéros. C'est cette dernière qui me suggéra l'idéede" réunir ensemble,
sous le seul et même titre de Ciyptogamià guyanensis, tous les végétaux
cellulaires de ce beau pays, que nous devons au zèle éclairé et aux actives
et persévérantes recherches deee botaniste:
» Sur les 1600 numéros qu'il a soumis à mon examen, j'ai pu recon-
naître le nombre assez considérable de 5a 8 espèces, dont près de la moitié
étaient nouvelles pour nos catalogues. La plupart des autres, comme on
pouvait le supposer, se retrouvent au Brésil et avaient été déjà signalées."
» On peut doncTaffirmer, sans- crainte d'être contredit, qu'aucun bota-
niste avant M. Leprieur n'avait encore exploré avec tant "de soin ni de
( 5o 9 )
bonheur une contrée tropicale sous le point de vue qui nous occupe. Car,
si la Cryptogamie du Chili préseute une richesse un peu plus grande, il ne
faut pas oublier qu'elle le doit aux efforts réunis de plusieurs collecteurs et
que Bertero, d'Urville, Gaudichaud, MM. Claude Gay et Alcide d'Orbigny
avaient contribué à amasser les matériaux qui ont porté à 900 le chif-
fre des espèces, tandis que M. Leprieur à lui seul a presque atteint le
même chiffre, et cela sans négliger ses devoirs de pharmacien en chef.
Cette justice, qui lui est bien due, je me plais à la lui rendre ici.
» Je m'abstiendrai d'entrer dans aucun détail sur le contenu de cet
opuscule, qui a paru par fragments dans les Annales des Sciences natu-
relles, et est accompagné de quatre planches; je me contenterai, parmi
plusieurs faits intéressants et nouveaux qui y sont consignés, de signaler
celui de la présence de quelques Algues, appartenant à des genres exclusi-
vement marins, dans les eaux douces et courantes de plateaux assez élevés
(i5o mètres) et à une distance des côtes d'environ 4o kilomètres. »
ornithologie. — Sur les Perdrix d'Europe. (Extrait d'une Lettre
adressée de Lisbonne à M. Is. Geoffroy -S aint-Hilaire, par S. A. le
PRINCE CHABLES BoXAPARTE. )
a Quoique j'aie admis bien des espèces aux dépens du Tetrao rufus > L.,
je n'en ai cependant pas admis assez. En effet, Perdix grœca, Brisson, est
bien, pour la description et la figure, la Bartavelle du Dauphiné, Perdix
saxatilis, Meyer ; mais la vraie Perdix grœca est une espèce distincte beau-
coup plus semblable à la Perdix chukar de l'Himalaya, et dont probable-
ment Yaltaica ne diffère pas. La principale différence entre la grœca et
la chukar à bande rousse centrale le long du sommet de la tête consiste en
ce que la première n'a qu'une simple indication du faisceau de plumes
auriculaires, roux pâle dans la chukar, et roux foncé dans la sinaica. De
toutes les espèces, la vraie Bartavelle ou saxatilis seule a du noir entre l'an-
gle du bec et les narines. En outre, si l'on compare la véritable grœca à
la saxatilis, on lui trouve les moustaches noires plus prolongées, le bec
plus long, quoique bien moins que dans P. sinaica; la gorge roussâtre
(non blanche) et l'espace de la gorge circonscrit par le collier noir moins
étendu et terminé en pointe; les bandes des flancs sont plus étroites. »
C. R., >856, i" Semestre. (T. XLII, N° li.) °°
( 5jo }
RAPPORTS.
a M. Dusnfrax, l'un des Commissaires désignés pour faire un Rapport sur
une Note relative au développement des Pétromyzons adressée dé Haie par
M. Max. Schultze, et qui a été insérée en entier dans le n Q j des Comptes
rendus de cette année, déclare qu'il n'a pas d'autres renseignements sur
cette question délicate d'anatomie, qui ne pourrait être bien appréciée que
par 'l'examen des pièces ou des dessins reproduisant les faits observés.
Néanmoins il croit devoir appeler l'attention de l'Académie sur l'impor-
tance de ces recherches. Il semblerait en résulter que les œufs des Lam-
proies, offriraient certains rapports, quant à leur développement, avec ceux
des Batraciens:, et des Grenouilles en particulier, par le mode de segmen-
tation de leur vitellus. Ils sont, en outre, remarquables par leur chorion
ferme et mince, rappelant ce que M^ Vogt a nommé la membrane -coquil-
lière. Enfin, l'évolution du système nerveux présente des anomalies indi-
quées avec soin par l'auteur, qui paraît avoir apporté une grande patience
etbeaucoup de dextérité dans ses observations.. En conséquence, nous pro-
posons à l'Académie de l'engager à les faire, connaître d'une façon plus
complète. ,»
NOMEVATIOPÎS
L'Académie procède, par la voie du scrutin, à la nomination d'un Cor^
respondànt pour la Section de Géographie et Navigation, en remplacement
de feu Mr. Parrj.
Au premier tour de scrutin, le nombre des votants étant 4a,
" lï de Wrangell obtient. ........ 36 suffrages;
]' 'M. Willses. "V ..-/'. '. ... .... ; 2 ■ . - -
M. Maury. . '".". . .... ... .' . V . i
'."'"" ' M. de Tchihatcheff. ". . . . .". . . T . i
Il y a deux billets illisibles. '" '-
M. de Wrangell, ayant réuni la majorité absolue des suffrages, est. dé-
claré Correspondant de l'Académie.
(5n )
MÉMOIRES PRÉSENTÉS.
M. le Miwistre de i,'Instrcction ppbliqde transmet an Mémoire de
M. Ch. Girault, chargé du Cours de Mathématiques à la Faculté des
Sciences de Caen-
Ce Mémoire, qui a pour titre : De la résistance de l'air dans le mouve-
ment oscillatoire du pendule; principe d'un nouvel anémomètre, est ren-
voyé à l'examen d'une Commission composée de MM. Cauchy, Le Verrier
et Delaunay.
M. Ed. Gajsd adresse, d'Amiens, en date du 6, du 1 1 et du 12 mars, des
Notes et Dessins concernant la suite de ses expériences avec le pendule
irrigateur, et les conséquences qu'on peut, suivant lui, déduire déjà des
résultats observés.
(Renvoi à l'examen des Commissaires précédemment nommés : MM. Cauchy,
Liouville et Combes. )
M. Reybard envoie, de Lyon, un travail intitulé : « Mémoire sur les tu-
meurs et les fistules lacrymales ; nouveaux procédés de traitement. *
L'auteur, qui destine ce Mémoire au concours pour les prix de Médecine
et de Chirurgie, y a joint, conformément à une condition imposée aux
concurrents, une analyse raisonnée de son travail, et deux instruments qu'il
désigne sous les noms de emporte-pièce à vrille et emporte-pièce lenticulaire.
(Réservé pour la future Commission des prix de Médecine et de Chirurgie.)
M. Dcriac présente, pour le concours à deux des prix de la fondation
Montyon(prix de Médecine et de Chirurgie; prix de Physiologie expéri-
mentale), deux opuscules imprimés, ayant pour titres : l'un, « De l'absti-
nence dans les maladies », l'autre, « Recherches expérimentales sur l'ab-
sorption et l'exhalation par le tégument externe, sur la température animale,
la circulation et la respiration ». Ce dernier est accompagné d'un résumé
analytique en double exemplaire. L'anteur annonce l'envoi prochain d'un
résumé semblable pour le premier opuscule.
(Réservé pour les futures Commissions.)
M. Gceyton adresse une Note à l'appui de la réclamation qu'il avait
68..
( Si. )
adressée à l'occasion du Rapport lu dans la séance du 3 mars sur les mou-
lages galvanoplastiques de M. Lenoir. _ _ .
M. Zier adresse également une Note à l'appui de sa réclamation concer-
nant ce même Rapport.
(Renvoi à la Commission, qui jugera si les renseignements fournis par ces
Notes sont bien ceux qu'elle désirait obtenir des réclamants, et qu'avait
demandés, en son nom, M. Becquerel, dans la séance du 10 mars.
(Voyez Comptes rendus, page 49 2 -) -
M. Tortella transmet des documents imprimés à l'appui de ses précé-
dentes communications sur la maladie de la vigne. ..".'_._
(Renvoi à l'examen de la Commission des maladies des plantes usuelles.) -
M. l'Aigle des Masures soumet au jugement de l'Académie une Note suc
un moyen qu'il a imaginé pour faire monter et descendre à volonté les bal-
lons sans perte de lest et sans perte de gaz.
(Renvoi à la Commission des Aérostats.)
M. F. Marqué envoie de Saint-Maurin (Lot-et-Garonne) une Note ^ sur un
moyen d'imprimer aux ballons une impulsion dans une direction voulue.
(Renvoi à l'examen de la même Commission.)
. M. l'abbé Carmestkez envoie une addition à ses précédentes communica-
tions sur les précautions à prendre pour se préserver du choléra-morbus.
(Renvoi à l'examen de la Section de Médecine constituée en Commission
spéciale du prix Sréant. _
L'Académie renvoie à la même Commission des documents imprimés
adressés par M. Tironi à l'appui de ses précédentes communications sur le
traitement du choléra-morbus.
CORRESPONDANCE.
M. le Ministre de l'Instruction publique autorise l'Académie à prélever,
ainsi qu'elle l'avait demandé-, sur les fonds restés disponibles, une somme
de 3700 francs, destinée à la construction d'un appareil d'optique et d'une
machine de rotation.
(5i3)
M. Gtnros, récemment nommé Correspondant de la Section de Médecine
et de Chirurgie, adresse ses remercîments à l' Académie.
Communication de M. ie pbeïce Ch. Bonapaete en présentant une nouvelle
•- publication de M. Gray.
« Avant-hier à Londres, où je me trouvais au retour d'un petit voyage
en Espagne et en Portugal, le principal zoologiste du Musée britannique,
M. le docteur Gray, me chargeait d'une mission que je m'empresse de rem-
plir. C'est avec joie, Messieurs, que je vous soumets ce nouveau travail sur
les Gheloniens, parce qu'il est un vrai modèle de ce que devraient être
les catalogues des grands Musées, prenant la science à son point d'arrêt, et
donnant les figures des espèces nouvelles, douteuses ou mal représentées.
C'est en un mot un ouvrage digne de son auteur, de l'établissement national
auquel il préside pour la zoologie, et surtout des administrateurs ou trus-
tées qui le surveillent. Ces hommes d'état éclairés et au-dessus des
basses intrigues et des considérations personnelles savent, avec un esprit
d'ordre et de stricte économie, éviter la parcimonie, quand il s'agit de faire
avancer la science. La publication de ce beau livre, faite par ordre de ces
trustées , en est une preuve nouvelle, et le monde scientifique leur en
doit des remercîments.
a Un des principaux mérites de cet ouvrage est d'avoir débrouillé les
espèces à sternum mobile des Emjrdiens. Du fond de son cabinet, M. le
docteur Gray a su faire ce que nul n'avait fait avant lui, pas même les natu-
ralistes américains qui ont tous les jours sous les yeux des centaines d'exem-
plaires de ces Kinosternés. Sans doute il ne serait pas impossible de relever
quelques inexactitudes dans un travail de si longue haleine. Moi-même peut-
être aurais-je de petites réclamations de priorité à faire ; mais ce qui est im-
portant, c'est de mieux pondérer la réunion à la Clemmys caspica^Wagl., de
la jolie sigriz ou vulgaris, espèce occidentale dont deux petits exemplaires
vivants viennent d'être remis par moi au vivarium du Muséum. Ces char-
mants petits animaux doivent nous être doublement précieux comme pré-
sent d'un jeune Roi naturaliste qui, après s'être si bien iustruit lui-même,
s'occupe nuit et jour d'un système d'éducation publique. Protestons au
moins contre l'injuste réunion des Testudo grœca et Chersus maurita-
niens, en dépit des excellentes diagnoses qu'a données de ces deux espèces
notre savant professeur Duméril. Ce que je soutiendrai encore de toutes
mes forces en cette occasion, malgré tous les erpétologistes anglais qui
( 5'4 )
'l'appellent Lutremys; malgré^ je suis fâehé de le dire, les erpétologistes
français qui la réunissent aux Cistudo j-c'est que l'JEmjx emopœa doit restet
le type du genre Ernys. Et cela ne fïït-ce que pour honorer la mémoire de
notre illustre Brongniart, dont l'important travail sur la classification des
Reptiles a fait faire dans son temps un si grand pas à l'erpétologie. •>
M. le Ministre ras DÉux-SîciiES-à Paris transmet trois elêmptâirès des
Mémoires de l'académie -de Pcderme, et divers doeiiments imprimés rek~
tifs à la statistique de quelques établissements publics-de la même ville» "
La Société impériale zoologiquje d' Acclimatation .fait hommage^à l'Aca-
démie des deux premiers volumes du Recueil qu'elle publie} et exprime Je
désir d'obtenir pour sa bibliothèque t ouverte à tous les jnembres de la So-
ciété, dont le nombre est déjà de plus de mille, un exemplaireJes-jCo/ra/tfe;?
rendus. . : - - -,-...,. •.:,.*.-
. ". : (Renvoi à .l'examen de la GommissiQnradîninistrative.| _-. -- ;
M. le Secrétaire perpétuel présente, au nom dei' auteur M. DucAarlrBj
un exemplaire d'un opuscule intitulé : «. Expériences^sur les plantes épi-
phyteset conséquences qui en découlent relativement à la ; culture de, Ges
plantes. » , . ; .-
lïL lé Secrétaire "perpétuel signale, parmi . les pièces imprimées "de la
Correspondance, un opuscule publié à Washington par iSf. Girard } sous je
titre de Lifo in its phjsical aspects (la vie au point de vue physique). 7
Cet opuscule, destiné au concours pour le prix de Physiologie expéri-
mentale, est accompagné d'une Hoté, dont nous reproduisons le passage
suivant : -.-...- , . . . .^
_' «, J'ai fait une observation que je crois importante:: j'ai trouvé la fibrine,
on partie nutritive du fluide nourricier ou sang, composée dé cellules à
peine visibles sous un grossissement de 900 diamètres. Ces cellules sont
difficiles à analyser et à isoler par les moyens ordmaires-de manipulation.
Pourries obtenir dans un état d'isolement, iLest nécessaire qu& le sâfflg
soit maintenu dans des conditions telles, -qu'il perde sa température natu-
relle d'une manière insensible et graduelle. Lorsque: l'abaissement de la
température s'opère d'une manière -subite, il se forme^alôrscëque notis ap-
pelons le caillot, dont les éléments essentiels sont les cellules de la fibrine
agglomérées en filières ou d'autres manières. Dans cet état, les cellules de
( 5i5 )
la fibrine ont déjà, en majeure partie, perdu leur structure et forme primi-
tives; elles sont presque méconnaissables. Dans leur état d'isolement, les
cellules de la fibrine ressemblent, à s'y méprendre, aux cellules vitellaires
de l'œuf; les unes et les autres jouent un rôle analogue dans la fabrique
animale.
» Sur de tels faits, je fonde une doctrine nouvelle de la vie physique,
brièvement exposée dans le travail que j'ai l'honneur de soumettre au juge-
ment de l'Académie, o
zoologie. — Sur la température moyenne des oiseaux palmipèdes du nord
de l'Europe ; parM. Charles Mahitos. (Lettre à M. Flourens.)
« Lorsque je me préparais à partir pour la Norwége , le Féroë et le Spitz-
berg, je savais que j'y trouverais un grand nombre d'oiseaux palmipèdes
qui viennent y nicher pendant l'été. Je résolus d'étudier leur température.
M, Walferdin voulut bien me confier un thermomètre construit spéciale-
ment pour cet objet. Sa cuvette cylindrique, son tube, d'un diamètre égal à
celui de la cuvette, permettent d'introduire facilement l'instrument dans le
rectum jusqu'au centre'du corps de l'animal. L'échelle thermométrique n'est
que 20 degrés de a6°,55 à 45°, 5y. Cet intervalle est divisé en a55 parties
d'égale capacité, dont chacune correspond à o°,075 centigrade. Avec une
loupe, on estime aisément | de degré. Je pouvais donc lire sur mon ther-
momètre o°,oi5 ou Y5„ de degré environ.
» Muni de cet instrument, plus parfait qu'aucun de ceux qui avaient été
employés auparavant pour mesurer les chaleurs animales, je pris la tempé-
rature d'un grand nombre de Palmipèdes. Mais au moment de rédiger mon
travail plusieurs questions se présentèrent à mon esprit. Mon but était de
déterminer comparativement la température moyenne de plusieurs espèces,
et je n'avais que celle de quelques individus en petit nombre pour chacune
d'elles. Il fallait donc rechercher : i°si la température d'un oiseau, au mo-
ment où on l'observe, est parfaitement constante ou si elle est variable, et,
dans ce dernier cas, mesurer l'amplitude de ces variations ; 2 apprécier
quelles sont les différences de température que présententlesindividus d'une
même espèce, suivant l'âge, le sexe, la saison et le mode d'alimentation.
Pour ces recherches, je n'avais pas le choix des espèces, le canard et l'oie
sont les seuls Palmipèdes assez communs pour qu'on puisse observer un
grand nombre d'individus intacts; car un oiseau blessé ne donne que des
indications peu sûres sur sa température normale.
» Combien de temps le thermomètre doit-il séjourner dans le rectum de
( 5i6 )
l'oiseau pour indiquer sa température? Dans mes expériences, la cuvette se
trouvait au niveau de l'insertion des deux coecums., et la tige tout entière
était plongée dans le rectum jusqu'à la division où le mercure s'arrêtait. Je
m'assurai que quatre minutes étaient suffisantes lorsque l'instrument avait
été préalablement chaulïé dans le creux de la main. En effet, si on laisse sé-
journer le thermomètre dans le rectum pendant quinze minutes et qu'on
lise ses indications de minute en minute, la courbe thermométrîque présente
des inflexions régulières dont l'amplitude ne dépasse pas jfa de degré. On
peut donc considérer la chaleur comme constante.
» Quelles sont les différences de température que présentent les individus
d'une même espèce? Pour le savoir, j'ai examiné, cent dix canards et canes
au nord, au centre et au midi de la France, dans toutes les saisons et dans
les circonstances les plus diverses ; les uns habitant des cours de ferme sans
eau, les autres des moulins placés sur le bord des rivières. La température
moyenne de cent dix oiseaux est de 42°,o8ç;; mais un canard m'ayant offert
une température inférieure à la moyenne ;de — 1 0,27, et une cane une cha-
leur supérieure de H- i°,36, ilf en résulte que l'amplitude de la variation
thermométrique dans l'espèce est de a°,63. L'écart moyen, c'est-à-dire la
différence moyenne entre la température moyenne générale et celle de
chaque individu en particulier, ne dépasse pas o ,4a. Quatre-vingt-dix-sept
oies avaient, en moyenne, une chaleur de 4 i°,3i6, inférieure par conséquent
à celle de l'espèce canard de o°,773. Si la chaleur est moindre, elle est aussi
moins différente d'individu à individu, l'amplitude de- sa variatiou ne dé-
passe pas i°,75, et l'écart moyen o°,o3a. On voit qu'en adoptant la tempé-
rature d'un individu comme étant celle de l'espèce, les auteurs de physio-
logie comparée s'exposaient à des erreurs qui pouvaient dépasser i degré.
L'erreur la plus probable qu'ils commettaient est égale àjl'êcart moyen .
» Influence du sexe. Dans l'espèce canard elle est très-marquée. La tem-
pérature moyenne de cinquante mâles a été 4i°,9 l5 ? celle de soixante fe-
melles, 42 , 264. Différence, o°,349- Dans les mâles, l'amplitude de la varia-
tion est i°,8o; dans les femelles, a°,55; ainsi, dans la cane, la température
est à la fois plus élevée et moins uniforme que dans le mâle. En adoptant
la température d'un individu comme étant celle de l'espèce, un observa-
teur devra tenir compte du sexe s'il veut apprécier le degré d'approxima-
tion qu'il obtient. Si c'est un Palmipède lamellirostre mâle, l'écart moyen
ou l'erreur probable sera ±: o°,346; si c'est une femelle, ±. o°,495'; ces
différences tiennent à la plus grande variabilité de la température chez les
femelles que chez les mâles. :. .
» Influence de L'âge. Dans le jeune âge, c'est-à-dire avant quatre mois,
(5i 7 )
ïa chaleur est moindre qu'à un an et au-dessus. J'ai trouvé pour les ca*
nards une différence de o°,36; pour les oies, o°,4o.
» Influence de la température extérieure. Elle m'a paru nulle ou pres-
que nulle et demanderait, pour être résolue définitivement, des expériences
spéciales auxquelles je ne me suis pas livré.
» L'influence de V alimentation est considérable : une nourriture insuffi-
sante abaisse d'une manière permanente la température du corps. Ainsi la
différence entre des oiseaux bien nourris de grains et d'autres placés exacte-
ment dans les mêmes circonstances, mais réduits à ce qu'ils trouvaient dans la
rivière etsur le sol, était de o°,8o. L'abstinence complète amène une diminu-
tion de la chaleur; elle était, en moyenne, de o°, i a par vingt-quatre heures
pour les cinq premiers jours. Sur des pigeons, M. Ch. Chossat a trouvé o°, i o
dans des expériences que l'Académie a couronnées en 1 843. Après quarante-
huit heures de diète il y a une réaction, c'est-à-dire une légère augmentation
de chaleur qui ne dure qu'un jour chez les pigeons, mais qui s'est prolongée
pendant quatre sur mes canards. La privation complète d'aliments ne pro-
duit donc pas, dans les premiers jours du moins, uu refroidissement uni-
forme ou uniformément accéléré.
» Le tableau suivant présente la température des espèces que j'ai obser-
vées; j'ai mis en regard l'erreur probable calculée d'après l'écart moyen
obtenuparla comparaison de cent dix canards. On est frappé, en parcourant
ce tableau, de l'uniformité de température des Palmipèdes. Cependant les
Plongeurs paraissent avoir une chaleur moindre'que les Longipennes, qui,
à leur tour, ont une température inférieure à celle des Lamellirostres. L'es-
pèce dont la chaleur est la plus faible est le Procellaria glacialis (38°, 76);
celle dont la température est la plus élevée, l'oie de Guinée (Jnser cjgnoides)
42°,84. On remarquera que le volume n'a pas d'influence sur la calorifica-
tion : les petites espèces d'un genre sont en général plus chaudes que les
grandes.
» Les données positives de physiologie comparée énoncées dans cette
Note me paraissent nouvelles; personne, à ma connaissance du moins,
n'ayant encore étudié la chaleur moyenne d'une espèce, d'un genre et d'une
classe. Mais, dans des animaux à température aussi uniforme, ces données
numériques n'auraient pu être obtenues sans l'excellent thermomètre que
je dois à M. Walferdin, et qui a servi à toutes mes expériences. Il eût été
impossible d'estimer d'aussi faibles différences avec un thermomètre ordi-
naire, et l'on n'aurait pu déduire de ces observations des résultats positifs,
C. R., i856, i er Semestre. (T. XLII, N° II.) 69
l5i8;
sans l'emploi des méthodes familières aux météorologistes et aux statisti
cieus, et trop peu connues des naturalistes.
Tableau résumé de la température moyenne des oiseaux palmipèdes du nord de l'Europe.
PALMIPÈDES PLONGEURS.
Guillemot à miroir ( XIria grylle, L.) . .
Guillemot nain ( Uria Brunnichii, Sab.
Macareux [Mormon fratercula, Temm.
SOMBRE
d'individus
observés.
3
8
2
Moyenne des Plongeurs.
II. — PALMIPÈDES LONGIPENNES.
Pétrel gris-blanc ( Procellaria glacialis, L.) , . .
Mouette grise [Larus ridibundus, Gni.)
Mouette à trois doigts. [L. tridactylus, Gin.). .
Mouette blanche (L. eburneus, Gm.)
Goéland à manteau gris [L. glaucus, Gm.). . . .
Goëland argenté (L. argentatus, Lath.)
Stercoraire pomarin [Lestris parasilica, Illig.) .
5
i
i
3
12
10
I
Moyenne des Longipenne*.
LU. — PALMIPEDES LAMELLI&0STRES.
Cygne à bec rouge [Anas olor, Gm.).
Oie de Guinée [Anser cygrtoidcs, L.) . .
Oie trompette [Anas çanadensU, L.). .
Oie ordinaire ( A. anser, L.)
Oie rieuse (A, albifrons, Gm.)
Oie cravant [A. bernicla, Gm.)
Eider {A. mollissima, L.)
Canard millouinan {A. marila, L.). .
Canard tadorne (A. tadorna, L.) . . .
Canard musqué [A. mosckata, L.). . .
Canard pilet [A. acuta, L.)
Canard ordinaire [A. boschas, L,). . .
Canard siffleur ( A:, penelope, L.). . . .
7
4
5
97
i
i
9
7
3
16
ij.
I 10
18
Moyenne des Lamelliroslres.
Moyenne générale des vingï- trois espèces,
TEMPERA-
TURES
moyennes.
4°, 57
4o,48
4û» 74
4o,5 9 7
38,n6
4i,4a
40,07
40,42
4«,74
4^,33
40,37
4o,587
4° .99
42,84
41,68
4i ,32
42,85
42,70
42,46
42,65
42,65
4l,66;
42,16
42,09
4^,51 .
42.Ï97
4., 498
ECART
probable.
0,25
0,l5
0,29
0,42
0,42
0,20
0,11
0,1 3
°-.4 2
0,16
0,21
0,19
0,04
0,42
0,42
o, 14
0,16
0,25
o, 10
O, 12
o,o3
0,09
(5i ft )
mécanique. — Note sur les mouvements relatifs; par M. Quet.
« M. E. Bour a publié, le 25 février dernier, dans les Comptes rendus
de l'Académie, l'extrait d'un travail important dont l'objet principal est
d'exposer une méthode simple pour résoudre le problème du mouvement
relatif d'un corps retenu sur la terre par sou centre de gravité, lorsque le
corps a la liberté de tourner dans tous les sens autour de ce centre.
n J'ai eu l'honneur d'adresser à l'Académie, le 26 octobre i852 et le
1 5 novembre de la même année, successivement deux méthodes différentes
pour résoudre le même problème. L'une d'elles a été publiée dans le Journal
de M. Liouville, et m'a servi à expliquer tous les phénomènes connus qui
dépendent de la rotation terrestre. L'autre méthode, qui était spécialement
approprfée au problème de la rotation d'un corps libre, n'obligeait pas à
former de nouvelles équations différentielles et à les intégrer; elle ramenait
tout aux équations du mouvement absolu. Il suffisait alors de prendre les
intégrales connues de ces dernières et d'ajouter simplement — nt à l'une
des variables (n étant la vitesse de rotation de la terre). Cette méthode
jouissait en outre de ce caractère, qu'elle dispensait d'avoir recours aux
formules générales des mouvements relatifs. Comme elle me paraît fort
simple et susceptible de diverses applications, je prie l'Académie de vouloir
bien me permettre de l'exposer ici très-brièvement.
» Le mouvement absolu d'un assemblage quelconque de corps est re-
présenté par la formule générale
Les quantités qui entrent dans cette expression sont rapportées à trois axes
rectangulaires et fixes dans l'espace, ce,, cvj, c£. On désigne par |, >j,£;
mX, mY, mZ; â%, o\i, &Ç, les coordonnées d'un point matériel m, les pro-
jections sur les axes des forces appliquées à ce point et celles d'un déplace-
ment virtuel donné au mobile. Je supposerai, dans ce qui suivra, que l'axe
c'Ç, est parallèle à l'axe terrestre.
» Par un point quelconque de la terre, je mène trois axes ox, oy, oz
.parallèles aux précédents. L'axe oz sera nécessairement invariable sur la
terre; les axes ox, oy, qui ont des directions fixes dans l'espace, se mou-
vront par rapport à la terre de la même manière que l'aiguille des heures
dans une horloge montée parai latiquement, c'est-à-dire que leur rotation
apparente sera égale et contraire à la rotation réelle de la terre. En désignant
par x, y, z les coordonnées du point m rapportées à ces nouveaux axes, et
6q..
( 520 )
par i-\ vj', £' celles de l'origine mobile o prises par rapport au premier sys-
tème d'axes c£, cÇ, c 17, on a
(a). r=^ + l' ? >7=jr + v3', C-^ + Ç';
l'accélération absolue du point 0, qui est due a la rotation terrestre, a
pour projection sur l'un ou l'autre des deux systèmes d'axés, les valeurs
d 2 £' d^W d 2 t' .......
"dF-'Htî' IF" 1 e ^ e est ^'ailleurs égale et directement opposée à ce qu'on
appelle la force centrifuge du point' a. En désignant par "a, g, y les pro-
jections sur les axes de cette dernière force, on tire des équations (2) les
expressions :.
f\) d^ i _d 2 x ,d*- n _d ï y ' _ d^ d*z
^ } dt'-1F~^ dF-~dF~^ Â ï= Âï"-'J r - -
Au moyen de ces équations et pour les mouvements virtuels qui n'entraî-
nent pas le déplacement de l'origine 0, la formule générale (1) devient
iV, fd'x » d'y . d'z . \
Lorsque l'attraction terrestre est la seule force appliquée aux divers points
des corps, les quantités X 4- a, Y -f- g, Z + 7 désignent les projections sur
les axes ox, oj, oz de la pesanteur telle qu'elle est dans le lieu où se trouve
le système mobile. Alors la formule (4) montre que le mouvement relatif
d'un assemblage de corps rapporté aux axes ox, oy, oz est représenté par
les mêmes équations que si la terre ne tournait pas et que l'on remplaçât
l'attraction terrestre par la pesanteur,
» Dans le cas particulier d'un corps solide dont le centre de gravité est
en o, la formule (4) se réduit à
( 5) ■-2.{S** + £», t £».) = *
Cette expression est précisément celle que l'on emploie pour traiter le pro-
blème de la rotation d'un corps libre autour de son centre dé gravité, lors-
qu'on fait abstraction de la rotation terrestre. On sait en tirer lés équations
différentielles du mouvement qu'Euler et surtout Lagrange ont appris à
intégrer d'une manière générale, et par suite on sait exprimer en fonction
du temps les trois angles caractéristiques Q, <ji, <p, qui déterminent la posi-
tion du corps par rapport aux axes ox, oy, oz. désigné l'angle qu'une
( 5a i )
droite fixe oz, du corps fait avec oz; <p — go° est l'angle que la projection
de cet axe du corps sur le plan xoy fait avec ox, en sorte que ^ détermine
la direction par rapport à ox de l'intersection o N du plan xoy avec le plan
fixe du corps qui est perpendiculaire à oz,. Enfin <p est l'angle que l'inter-
section oN fait avec la droite fixe ox, du corps, menée perpendiculaire-
ment à. oz,.
» Les angles 0, ij>, <p étant déterminés, il est facile d'en déduire ceux qui
représentent le mouvement du corps par rapport à trois axes fixes de la
terre convenablement choisis. Je mène dans le plan xoy, qui est fixe sur
la terre, deux droites rectangulaires ox', of invariablement liées à la terre,
et je rapporte la position du corps au système d'axes ox', oy' , oz qui est
fixe sur la terre. L'axe du corps oz, fait avec l'axe oz de ce nouveau sys-
tème un angle 0, comme précédemment; mais l'intersection oN fait avec
"ox' un angle i|/ différent de i|/. Si l'on désigne par u la valeur initiale de
ij/ = ip, qu'on peut, au reste, supposer nulle, on a
(6) <|/— <{> = u — nt.
Quant à l'axe ox, du corps, il fait avec l'intersection oN un angle ©, comme
précédemment. On voit par là qu'on déduit des angles 0, ip, <p qui servent
à déterminer la position du corps par rapport au système d'axes mobiles
ox, oy, oz, les angles qui déterminent cette position par rapport au sys-
tème d'axes fixes sur la terre, en ajoutant à <p la quantité u — nt, ou sim-
plement — nt.
» Si, d'après les données initiales et la figure du corps, les angles 0, ty
doivent rester constants ou sensiblement constants, tp' ne jouira pas de la
même propriété, puisque l'on a i|/ = t|> — nt. Dans ce cas, l'axe du corps
oz, se mouvra ou exactement ou sensiblement comme l'axe d'une lunette
parallatique ; en effet, pour ce dernier axe et ip sont constants. C'est ce
qui arrivera si le corps solide a reçu primitivement une très-grande vitesse
autour de l'axe principal, qui répond au plus grand ou au plus petit mo-
ment d'inertie.
» La méthode qui vient d'être exposée a pour caractère spécial de rame-
ner les problèmes des mouvements relatifs aux problèmes correspondants
des mouvements absolus par un choix convenable d'axes fixes et d'axes
mobiles par rapport à la terre. C'est en suivant des idées analogues que je
suis parvenu, dans mon Mémoire publié par le Journal de M. Liouville, à
ramener le mouvement relatif des pendules simples et composés au cas du
mouvement absolu.
» Je citerai comme application partielle des considérations qui précèdent
( 5*2 )
le problème de la chute libre des corps. Si l'on désigne par X, Y, Z les
composantes de l'attraction terrestre rapportées aux axes occ, oy, oz ou aux
axes cç, cri, cÇ, on a
~dv ~~ ^' df — *' dt 2 — Z| '
et, à cause des équations (3),
d 2 x x d 2 y v , e d i z
dt
«* lF= Y + ê ' dF= Z + l'
Je représente par g l'intensité de la pesanteur, par « le complément de la
latitude et par v Q — nt l'angle que l'axe ox fait avec la projection de la
verticale sur le plan ocoy, et j'ai
X + a. = g sinu cos(e — nt),
Y + g = g sinw sin (v — fit),
Z -H 7 = g costa;
d'après cela, les équations qui précèdent deviennent, en supposant v = o,
ce qui est permis,
d 2 se . d 2 Y d 2 z
-rr — S sin w cos nt, -tt= — çsinasmnt, — - = e - cos«.
dt 2 ° ' dt> ° ' dt 2 °
Ces équations s'intègrent immédiatement et donnent, lorsque le mobile
part du point o, sans vitesse initiale :
x=- — — (i — cosnt), J = ' t {smnt — nt), z==— — -£ 2 ;
on déduit facilement de là l'expression de la déviation orientale. »
31. Baudelocqde prie l'Académie de vouloir bien faire examiner par
ime Commission la valeur pratique d'un moyen pour abréger les douleurs
de l'accouchement, qu'il annonce avoir expérimenté plusieurs fois et tou-
jours avec le même succès.
L'Académie ne pourra nommer de Commission que lorsque M. Baude-
locque lui aura fait connaître le moyeu qu'il emploie pour arriver au ré-
sultat annoncé.
M. Chapoteac, à l'occasion d'une communication faite, il y a quelques
mois, par M: TJiehardsm un moyen de détruire les punaises, fait connaître
un moyen auquel il a eu recours et dont il assure avoir obtenu, ainsi que tous
ceux qui l'ont essayé d'après son conseil, d'excellents résultats. Ce moyen con-
( 5a3 )
sisle à faire, dans la chambre qu'on veut purger d'insectes, une fumigation
avec des feuilles de rhue, de tabac, d'absinthe et avec du camphre, le tout
projeté sur un brasier ardent. Il va sans dire que, pour être efficace, cette
fumigation doit être faite dans une chambre dont toutes les issues sont fer-
mées et soigneusement calfeutrées.
M. Tkiqcet demande et obtient l'autorisation de reprendre un Mémoire
sur les polypes de V oreille qu'il avait présenté au concours pour les prix de
Médecine et de Chirurgie, et qui n'a pas été mentionné dans le Rapport fait
par la Commission sur les pièces admises à ce concours.
M. Greixos adresse une double copie d'un tableau imprimé offrant le
résumé des observations météorologiques qu'il a recueillies à Constantinople
en i855.
M. Paqceiiée prie l'Académie de vouloir bien faire examiner par une
Commission un opuscule dans lequel il a décrit deux appareils de son inven-
tion, destinés à prévenir des accidents communs sur les chemins clejer.
La description de ces appareils ayant été rendue publique par l'impres-
sion, l'Académie ne peut, d'après ses usages, les renvoyer à l'examen d'une
Commission.
L'auteur d'un Mémoire présenté au concours pour le grand prix des
Sciences naturelles (question concernant la distribution des restes organiques
fossiles dans les terrains de sédiment) annonce l'envoi prochain d'une tra-
duction française du travail qu'il a déjà présenté et qui est écrit en allemand.
A l'occasion de la déclaration faite dans la précédente séance par M. The-
nard, au nom de la Commission chargée d'examiner un Mémoire intitulé :
« Les métaux sont des corps composés, 2 e partie, i er Mémoire », l'auteur de
cet écrit, M. Tiffereau, demande à l'Académie la permission de lui faire
remarquer qu'en adressant cette partie de son travail, il n'avait pas de-
mandé qu'elle fût immédiatement l'objet d'un Rapport. La Commission a
dû juger, en effet, qu'il n'y avait pas lieu à entretenir l'académie d'opinions
dénuées des preuves qui doivent faire de sa part l'objet d'une nouvelle com-
munication.
M. Blaschet annonce l'intention de soumettre au jugement de l'Académie
une Note sur un dispositif au moyen duquel il pense avoir résolu le pro-
blème du mouvement perpétuel.
On fera savoir à l'auteur que l'Académie, en vertu d'une décision déjà an-
( 5a4 )
cienne, ne renvoie pointa l'examen d'une Commission lesNotes ou Mémoires
concernant le mouvement perpétuel.
M. Asgheba, auteur de plusieurs Notes manuscrites sur diverses questions
de géométrie, et notamment sur la quadrature du cercle, annonce l'envoi
d'un opuscule imprimé sur ce sujet.
L'Académie a déjà reçu un exemplaire de cet opuscule qui, de même que
les Notes manuscrites précédemment envoyées, traite d'une question dont
la science depuis longtemps ne s'occupe plus.
M. Bassaget prie l'Académie de lui faire savoir le jugement qui aura été
porté sur un Mémoire qu'il avait voulu lui soumettre, mais qu'il ne lui avait,
pas adressé directement.
Ce Mémoire, qui paraît avoir pour objet l'examen des fonctions les plus
générales des corps organisés, animaux et végétaux, n'est pas parvenu à
l'Académie.
A 4 heures, l'Académie se forme en comité secret.
La séance est levée à 6 heures. F-
BPLLETMî BIBLIOGRAPHIQUE.
L'Académie a reçu, dans la séance du 17 mars 1 856, les ouvrages dont
voici les titres :
Cryptogamia Guyanensis, seu Plantarum cellularium in Guyana gallica
annis i835-i84o, a Cl. Leprieur collectarum enumeratio universalis ; auclore .
Cam. Montagne. Parisiis, MDCCCLY; 1 vol. in-8°.
Catalogue... Catalogue des Reptiles Chéloniens de la collection du British
Muséum; Part. 1, Testudinata ; par M. J.-E. Gray. Londres, i855; in-4°.
(Offert au nom de l'auteur par M. le Prince Ch. Bonaparte.)
Life... La vie au point de vue physique; par M. Ch. Girard. Washington,
i.855;br. in-8°.
ERRJTJ.
(Séance du 10 mars i856.)
Page /foi* ligne 6, au lieu, de Cob.bon, foez Courboïi. " .
Page 4g4> Wg ne 1 1 ea remontant, au lieu de Lassmgku, lises Dessaignes,
. — n — •*« a a r „.. 1 — . — - - ■
COMPTE RENDU
DES SÉANCES
DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES.
uuw
SEANCE DU LUNDI 24 MARS 1856.
PRÉSIDENCE DE M. BINET.
MEMOIRES ET COMMUMCATHMVS
DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE.
calcul intégral. — Mémoire sur la réduction de classes très-étendues
d'intégrales multiples; par M. J. Liocville. (Extrait par l'auteur.)
« 1 . J'ai obtenu à diverses époques et par différentes méthodes des for-
mules pour la réduction de plusieurs classes très-étendues et assez remar-
quables d'intégrales multiples. Dans des cas particuliers, ces formules four-
nissent les valeurs finies de quelques intégrales qui paraissent mériter qu'on
les signale. Elles conduisent d'ailleurs à la solution de certains problèmes,
au premier abord très-difficiles. On les trouvera réunies et discutées dans
mon Mémoire. Je ne pourrai, dans cet Extrait, qu'effleurer le sujet, et je
m'attacherai de préférence aux formules qui sont liées à l'intégrale
dont je me suis servi dans un article inséré au Compte rendu de la dernière
C. R. i856, i« Semestre. (T. XLH, N° 12.) "JO
— - - ( 5a6 ) -■-■■■
séance (*) pour démontrer la belle formule 'de" Gauss concernant les fonc-
tions T. En désignant par R cette intégrale, j'ai prouvé que l'on a
2
R = 4=(an) " e- nk .
» 2. Cela posé, considérons l'intégrale à n variables
/ ... f r («+«,+...+«-,) f(aa, ...a n ^\) a" a" . . . çç^ da. da,... da„_ t ,
où ç désigne une fonction quelconque, telle pourtant, bien entendu, que
l'intégrale garde un sens précis et une valeur déterminée. Désignons cette
intégrale par L. En substituant à la variable a une variable nouvelle k, liée
à a par la relation
a ■= 1
«1 «2 • • ■ K B -1
nous aurons de suite "
m-*dky
et en mettantjaour R sa valeur, — •'
i n — i
.'•■.'.: 'L==n\^%y 1 ~ re'^^k^k'^dk. -
L'intégrale donnée à n variables est donc réduite à uûe intégrale simple. En
prenant pour la fonction <p une puissance de -la variable, on retrouverait
naturellement la formule de Gauss : " "
< A > r (S). r (*£) ••• r C-^) - -^'.(«jT J w" '
( * ) Je note en passant trois fautes d'impression : page 5oa , ligne 1 2, au lieu de e "• da,
faut e~ K a s— ' afa; p
au lieu de (3a, il faut S"/.
il faut e K a' da; page 5o3, ligue 6, au lieu de 3 ! , il faut 3 2 '" ; page 5o6, ligne rg,
(5 27 )
» 5. On obtient une formule particulière, digne de remarque, en posant
où a désigne une constante, telle que la somme n + a soit positive. On a
alors
<P V. a<X i • ■ • a n~* ) — e i
et il vient
12 n — I
r ... r :o e -(« + «, + -+«»-. + «v'««. •••«»-) a » a ».. .o^ dada t ...da^,
Jo Jo
i n— i
2, N 2 1.2.3. ..(/î — l)
» Cette formule peut être démontrée autrement; par exemple, au moyen
de développements en séries. D'abord en développant l'exponentielle
-a\Jact,... a.v-i
en série- suivant les puissances de a, on prouvera que la formule est exacte
tant que la valeur absolue de a ne surpasse pas n. Remplaçant ensuite a par
a-\- h, et développant suivant les puissances de ^, on étendra de proche en
proche la limite supérieure de a jusqu'à oo . La formule dont nous parlons
une fois établie, on en déduira, si l'on veut, une démonstration nouvelle de
l'équation (A) de Gauss : il suffira de prendre la différentielle à indice quel-
conque des deux membres et de faire ensuite a = o.
» La constante a de notre formule peut être supposée imaginaire, pourvu
que la partie réelle de n + a soit positive. Je profiterai de l'occasion pour
faire observer que la constante k de la formule
\ 2 p -nh
admet de même des valeurs imaginaires. Dans le premier membre, où k
entre à la puissance n ième , on peut prendre
A" = p (cosS -t- s 1 — i sin 5),
70..
( 5a8 )
pourvu que l'angle 6 soit compris entre — - et -, et alors on doit poser,
dans le second membre, - - . _
k = \lp ( cos - -f- y/— i sin - 1 -
Les valeurs extrêmes
peuvent être admises; pour elles on a
■"■■.■■ k n ~==±p<f-i. '" '
» 4. Enfin, dans l'intégrale L, on peut supposer la fonction y nulle dès
que la variable atteint une certaine valeur positivé d, cette fonction restant
d'ailleurs quelconque pour des valeurs moindres. On reconnaît alors que
Tintégrale multiple
i 2 n— i
prise pour toutes les valeurs positives de a, a,, ..., «„_ 4 , qui vérifient
l'inégalité
a-»»... «w <#
est égale à l'intégrale simple -
i. = 7 ^" r y»c -
■B*(ajr)* e- nk (p{kl l )k n -*dk,.
OU 6' =
« 5. Tout en abrégeant beaucoup, en omettant même de- mentionner
certaines questions accessoires qui ont de l'intérêt, j'ai pourtant donné
quelques développements sur l'intégrale L. Je serai très-bref dans ce qui
va suivre.
» L'intégrale à (« — i) variables
i V n—t
r/>œ / Lit- \ — -' 1 I
.,.jf /^+ a| + C c a +... +C c n _ r V— — — yi a l ...^ da { dcu...da n ^
( 5*9 }
que je désignerai par V, et où k est un paramètre positif, x une variable
indépendante, peut être traitée par une méthode semblable à celle que
j'ai employée pour l'intégrale R. En différentiant par rapport à A, puis sub-
stituant à la variable a, une autre variable a„ liée à a, par la relation
a, =
a, a 3 . . . a„_, a n
on trouve sans peine que
dV _ d\
dk dx
Donc
V = ty (x + nk).
On déterminera la fonction ty (x) en posant k = o. La valeur de <{/ (x) est
donc exprimée par l'intégrale
l a n — i
Xco /»» ï 1 1
••• I /(*+a»+a»+...-+-a«_O a " fl£ •••«„_, da l da^..da n _ u
e/O
que l'on sait réduire à une intégrale simple (*). On exprimera donc aussi V
par une intégrale simple.
» On réduira aisément ensuite à une intégrale double l'intégrale à n
variables
l 2 n — I
I ... / VQa l a^...a n l t dcr.da l ...da n _ t ,
O VO
où j*ai fait,, pour abréger,
P ==/(«+ a, + ....+ a n -i) r
et
î Q=ip (a a, ...<*„_,).
» En remplaçant a par a a, a, par a, a,,..., a„_, par a„_ 4 a„_ f , on rem-
placera la somme des variables, dont P dépend, par une fonction linéaire de
ces variables.
(*) Voir Journal de Mathématiques , tome IV, page 229.
. ( 53o )
» On obtiendra des résultats curieux en supposant que l'une des fonc-
tions P, Q devient -nulle, ou même que toutes deux, deviennent nulles,
lorsque les variables dont elles dépendent surpassent une limite donnée, ou
cessent d'être comprises entre des limites données.
» Enfin, parmi les intégrales dont je me suis occupé-, je citerai encore la
formule
jH-/" jr(fl,a " + è2 P 2 +- )?(£+£+■■ ■)*"#■■■»-■■
qui se lie aux précédentes. Je renvoie pour le reste à mon Mémoire. De plus
longs détails sur ce sujet sortiraient du cadre où l'on doit renfermer les
Comptes rendus. -»
MEMOIRES PRESENTES.
analyse mathématique. — Mémoire sur le développement de la fonction
perturbatrice; par M. Bocrget. (Extrait par l'auteur.)
Commissaires, MM. Liouville, Binet, Delaunay.)
« Le développement de la fonction perturbatrice en série ordonnée sui-
vant les puissances des excentricités et des inclinaisons est, comme l'on sait,
d'une grande importance pour le calcul des inégalités. On peut même dire
qu'une Table parfaitement exacte des divers termes de cette série, jusqu'à
un ordre assez élevé, ne serait pas moins utile aux astronomes qu'une Table
de logarithmes.
» Mais l'application de la série de Taylor à ce problème présente des
obstacles à peu près insurmontables quand on dépasse le quatrième ordre.
Ainsi le travail de Burckbardt sur les termes du cinquième ordre [Mémoires
de l'Institut, i 808 ) contient quelques erreurs relevées par M. Binet en 1 8 1 a;
ainsi celui de M. Airy pour la détermination des termes relatifs à la grande
inégalité que Vénus introduit dans le moyen mouvement de la Terre, a été
extrêmement laborieux, et les divergences entre ses résultats et ceux d'autres
géomètres partis des mêmes données que lui font douter de son exac-
titude.
» M. Pontécoulant a publié dans sa Théorie analytique du système du
monde un tableau des termes de la fonction perturbatrice, étendu jusqu'au
( 53 1 )
sixième ordre; mais, malgré tous les soins de l'auteur, ce travail ne peut
être consulté qu'avec défiance, car mon ami M. Houel y a découvert un
assez grand nombre de fautes, qu'il a signalées dans sa Thèse présentée à la
Faculté de Paris en i855.
» La source des difficultés du problème est facile à saisir. L'application
de la série de Taylor ramène aux développement des puissances de x, y
définies par les équations
r = a(i + j?),
l désignant la longitude moyenne, et v la longitude vraie; et après la sub-
stitution de ces développements dans des formules compliquées, il reste à
transformer en sommes des produits de lignes trigonométriques (*). Or
toutes ces séries sont pénibles à former, la loi des coefficients est totalement
cachée, les substitutions sont laborieuses, les fautes de calcul extrêmement
probables et fort difficiles à découvrir.
» Trouver une méthode qui évite la formation des puissances de x, j\
ramener à des opérations algébriques extrêmement simples, sinon rapides,
la recherche des termes correspondants à un argument donné et à un ordre
donné : tels sont les problèmes qui m'ont paru dignes d'attention, tant à
cause de leur importance analytique que de leur utilité astronomique.
» J'en ai trouvé la solution en étudiant un travail peu connu de
M. Cauchy. L'illustre géomètre a montré, dans les Comptes rendus de
1840, qu'on peut ramener rigoureusement à des intégrales simples les
intégrales doubles qui se présentent dans la recherche d'un terme d'ar-
gument donné. Les unes qu'il désigne par À y - sont analogues aux b^ de
Laplace, les autres appelées N f> A , / sont données par l'équation
N
r, h 1 = 2 "7 £ 2 * é a '-' (e" <=T + e-" "-« Y {e" '-< - e -"'-<)< du,
où t, k, l sont des nombres entiers et positifs, à l'exception du premier qui
peut être négatif. On en trouve l'expression en termes finis sans difficulté.
» En examinant attentivement la méthode de M. Cauchy, on voit qu'elle
est au fond uu procédé de développement applicable à toutes les fonctions
qui peuvent s'exprimer en séries de termes proportionnels aux sinus et co-
(*) Voir un Mémoire de M. Le Verrier dans la Connaissance des Temps pour i844«
( 53 2 )
sinus des multiples d'un ou de plusieurs angles. Aussi, en modifiant un peu
ses calculs, j'ai pu arriver à la forme que l'on donne habituellement à la
série de la fonction perturbatrice, et qui se prête facilement aux : dérivations
dont on a besoin. Ainsi j'ai pu donner par l'emploi de cette méthode une
solution nouvelle et élégante du problème de Kepler (*).
» Dans le Mémoire que j'ai l'honneur de présenter à l'Académie, je m'oc-
cupe de la partie la plus importante de la fonction perturbatrice, c'est-à-
dire de l'inverse - de la distance mutuelle des deux planètes considérées, •
et je prépare tous les calculs nécessaires pour obtenir les termes généraux
des divers ordres. On verra que les nouvelles transcendantes de M. Cauchy
sont évitées et remplacées par les b ( J } de Laplace; lès nombres N t>M sont
calculés pour la première fois et pour toutes les valeurs des indices dont on
puisse avoir besoin j la disposition adoptée est d'ailleurs telle, que les erreurs
sont à peu près impossibles. Après cela, toutes les difficultés du problème
du développement de -sont ramenées à la résolution d'un Système d'égahtés
et d'inégalités du premier degré en nombres entiers. Les solutions sont fort
nombreuses quand l'ordre des termes est élevé, mais toujours aussi faciles à
trouver.
» Dans d'autres Mémoires, j'aurai l'honneur de soumettre à l'Académie
l'application de ces formules, générales à la formation jdu tableau des termes
dé -jusqu'au septième ordre. » .:
géométrie. — Nouvelles remarques sur les surfaces à aire minima;
par M. Ossiàït Bosjset. .
(Renvoi à l'examen de la Section de Géométrie.)
« Dans une Note publiée au Compte rendu du i4 mai i855, j'ai résolu le
problème suivant : Trouver la surface à aire minima qui touche une sur^
face donnée suivant une courbe donnée 3 ou mieux Trouver la surface à aire
minima qui passe par une courbe donnée pour les différents points de la-
quelle on connaît la direction que doit avoir la normale à la surface,.. Ma
solution, basée sur la considération des lignes isothermes, était assez comphV
quée. Voici une solution beaucoup plus simple. •
(*) Compte rendu du I er mai \85^.
( 533 )
» La question se réduit à ceci : intégrer l'équation
W ^ + ^ = °
de façon que, pour
on ait
W e = ».(-). (s)"+(|)"=^).
y, et 9 a étant des fonctions connues; par conséquent, de façon que
<{), et d/ 2 étant deux autres fonctions connues, car ayant les équations (2),
lorsque y = <p (a?), on a, pour la même hypothèse,
£ + $•<«) = *(«), (|)' + (|)-=„ W;
d'où
dl _ y'f.l^i + ^y,- y',»)
Or l'intégrale de l'équation (1) est
Ç =/(* + *r) +/ (*-*/);
si l'on fait
x + zy = «, ar — ij = «;,
et que l'on substitue les variables m et v à a? et j, il s'agira de déterminer
les fonctions/ etf t , de façon que, pour
v = *(«),
on ait
S = *,(«), £ = *,(»).
$, Y, , Yjj étant trois nouvelles fonctions se déduisant simplement de ç, <p,, i|/ 2 .
La question ainsi posée se résout immédiatement.
C. R., 1 856, i« Semestre. (T. XLII,îfo 12.) 71
( mi
v On peut, au moyen de ce qui , -précède, -Irop-ver une surface à. aire rai-
nima, d'après l'une des conditions suivantes :
» i°. Connaissant une de seg lignes géodèsiques ^ ;
» 2°. Connaissant une de ses lignes asymptotiques j
» 3°. Connaissant une de ses lignes de courbure.
» En effet, dans chacun de ces cas, on connaît les directions que doivent
avoir les normales à la surface tout le long de la ligne donnée. Dans le-pre--
mier cas, les normales à k surface sont 3es normales principales de la ligne
donnée; dans le second cas, les normales à la surface sont les binormales de
la ligne donnée; enfin, dans le troisième cas, les normales à la surface sont,
l'un des systèmes de normales à la ligne donnée qui forment une surface
développable. . = - ; - . = -~
» Faisons quelques applications.
» Cherchons, en premier lieu, la surface à aire minima qui adraetipour
ligne asymptotique une, hélice donnée*. Supposons le cylindreusur lequeJL
l'hélice est tracée parallèle aux £ ; représentons sa base par l'équation
;--.-•= - -■ <r=<p(a?), -= -. .T---rr
où (7 désigne l'arc de la courbe compté à partir d'une origine fixe, etjc:
l'angle que la tangente prolongée xuï côté: des_cr négatifs fait avec l'axe
des £; enfin, appelons - —Q a Y&ngïë que les tangentes à l'hélice font avec
l'axe des £; nous trouverons^aésdi||çult ; ei--pouF4a^urface cherchée
j dépendant de 6 par la condition ~tav'g~Qé== e£>
» Cherchons, en second lieu, la surface à aire mintma qui adaVet pour-
ligne de courbure une ligne plane donnée.^ '■; --
» Supposons la courbe donnée dans le plan des (|, y), et représen.fons-îa
par l'équation = . , /
o- ~"j (a?)," - : --:■--"- ■■ - • v--_ ---
où a désigne l'arc de la courbe comptéa partir d'une origine fixe, et x l'angle
que la normale à l'extrémité de o fait avec l'axe des §, on aura, pour l'équa-
tion de la surface cherchée, — il - /r = ; ~
y Q étant une constante arbitraire.' ■'-'■-""'-"-'■■'- ~'~ "-" . " . -
( 5^5)
» On peut remarquer que les deux problèmes précédents fournissent
une représentation géométrique de la partie réelle et de la partie imagi- .
naire des valeurs que prend une fonction réelle connue pour les valeurs
réelles de la variable, lorsqu'on suppose la variable imaginaire. »
géologie - De la formation et de la répartition des reliefs terrestres;
par M . F. de Frascq. Second Mémoire. {Extrait par l'auteur.)
' (Commissaires précemment nommés : MM. Élie de Beaumont,
Dufrénoy, de Senarmont.)
« J'ai mentionné, dans mon dernier Mémoire sur la formation et la
répartition des reliefs terrestres, quelques-uns des caractères que les re hefs
terrestres nous présentent sur les grands cercles. Ces caractères sont loin
d'être les seuls que nous offrent les roses de grands cercles que j a. cites.
„ Ces roses, dont les grands cercles remontent tous successivement de
5 degrés en 5 degrés, de l'équateur jusqu'aux pôles, nous donnent, de
zone en zone , les moyennes terrestres suivantes :
/ « mny. terr ,
Les „ grands cercles qui remontent de l'équateur jusqu'au i* degré de latitude. 8£,,9
* " „ du i5 e au 25 e » 80 >4 2
LeS 7 " , du3o<=au4o* » 9'V/4
Les2 ; " „ du 45 e au 55 e » 94°>°6
Les2 £ " „ du6o=au65<= » 97°>44
*** "° " , du 7 o° au 7 5- » 9 l0 rt 3 «
hebl °. , da8o'au85« » 79^9*»
, Ce résumé nous montre qu'il existe en moyenne, sur les grands cercles,
un accroissement progressif de surfaces terrestres de l'équateur jusqu au
65 e degré de latitude. Cet accroissement s'arrête-t-il à ce degré de latitude,
ou les grands cercles qui s'élèvent plus vers les pôles ne nous offrent-ils un
décaissement de surfaces terrestres que parce que je n'ai pas pu fa,re men-
tion des arcs terrestres polaires? Cette question serait fort importante a
résoudre, car elle se rattache : i* à l'évaluation approximative des terres
polaires: a° à l'influence que ces terres ont pu exercer sur la direction
générale des plissements de l'écorce terrestre en donnant ou en ne donnant
pas, en moyenne, aux grands cercles polaires un plus fort développement ter-
restre que celui que j'ai mentionné ci-dessus ; 3° cette question, enfin, se rat-
tache encore à la cause elle-même qui a pu occasionner le développement
71..
( 536 )
progressif de surfaces terrestres que j'ai constaté sur les grands cercles qui
s'élèvent de l'équateur jusqu'au 65 e degré de latitude. Les faibles sommes ter-
restres des grands cercles de la zone équatoriale, leurs nombreux arcs marins
• rectangulaires (qui nous dénotent, ainsi que je l'ai déjà démontré, des arcs
d'exhaussement en voie de dépression), la direction plus ou moins du nord
au sud que prennent si fréquemment, enfin , les alignements terrestres du
globe,' tout semble nous indiquer que la moyenne terrestre "des grands
cercles polaires est beaucoup plus élevée que celle que nous constatons sur
leur parcours connu, et qu'il doit exister ainsi des surfaces terrestres
polaires d'une assez grande étendue.
» Ce qui viendrait confirmer encore cette opinion, c'est que : i° de
l'équateur jusqu'au 65 e de latitude, tous les grands cercles qui ont moins de
98 a 100 degrés d'arcs terrestres trouvent constamment leur somme com-
plémentaire d'arcs d'exhaussement dans leurs arcs marins rectangulaires,
tandis que ce fait n'a plus lieu, en général, à partir du 70 e degré de latitude ;
2 les alignements parallèles qui forment, jusqu'au 65 e degré de latitude,
un caractère si distinctif des grands cercles de plus de 102 degrés ter-
restres, existent souvent dans des proportions considérables sur des
grands cercles polaires qui ont moins de 100 degrés terrestres sur leur par-
cours connu. -■■'■;..
» Nous ne pouvons guère attribuer ces deux faits qu'à l'existence de
terres polaires qui viennent donner aux grands cercles un chiffre terrestre
plus élevé que celui que nous constatons sur leur parcours connu.
» Si nous admettions que les grands cercles polaires de moins de
99 1 degrés terrestres qui n'atteignent pas ce chiffre normal par leurs arcs
marins rectangulaires ont, en minimum, leur somme terrestre complémen-
taire dans les régions polaires, le minimum terrestre des grands cercles
polaires serait en moyenne :
Sur les grands cercles qui s'élèvent jusqu'au 70 e degré de latitude. . . TcoVg
au 7 5= ■•,■-■'■ ^44-
" » au 80 e - » ■: 92V 2.
au 85 e „ _ ., 88°,65
au 90 e » 870,8!
» Mais cette évaluation serait évidemment trop faible , car elle n'attribue
aucun parcours terrestre polaire, aux grands cercles , de plus de 99 1 de-
grés terrestres. ' 2
* Que si l'on évaluait, au contraire, la valeur moyenne des arcs
(53 7 )
terrestres polaires par voie de proportion, en déterminant la latitude
moyenne à laquelle commencent les régions polaires inconnues et en attri-
buant aux grands cercles polaires qui les traversent une moyenne terrestre
proportionnelle à celle qu'ils ont sur leur parcours connu, on obtiendrait
les chiures suivants en faisant commencer les arcs polaires inconnus au
75 e degré de latitude nord et au 65 e degré de latitude sud :
l
ÉTENDUS
DES ARCS
inconnus.
POLAIRES
ÉVALUATION PROPORTIONNELLE.
ANGLES
des grands
ARCS
SOMME
cercles à
l'équateur.
RÉGIONS
arct.
RÉGIONS
antarct.
— X.
TOTAL.
PARCOURS
connus
ARCS
terrestres.
PARCOURS
inconnus.
terrestres
polaires
proportion-
nels.
terrestre
proport.
des grands
cercles.
70 S
a
3o
3o
33o°
93, 5o
3o
8,20
101 ,73
7 5 S
»
4o
4o
320
89594
4o
11,24
101, 18
80 S
22
45
67
293
81,72
67
18,68
I 00 , 4o
85 S
28
48
76
284
76,53
76
20,48
97,°'
9°
3o
5o
80
280
77. '9
80
22, 05
99.24
» Cette dernière évaluation, qui me paraît être plus rationnelle que la
première, ferait remonter l'accroissement moyen des reliefs terrestres sur
les grands cercles jusqu'au 70 e degré de latitude, et il y aurait ensuite des
moyennes terrestres presque semblables, depuis le 75 e degré de latitude jus-
qu'aux pôles.
» Les grands cercles des roses que j'ai formées sur l'équateur ne parcou-
rant pas, au reste, le globe en nombre suffisant pour nous donner des
moyennes terrestres fort exactes dans les régions polaires, j'ai pris de
10 en 10 degrés sur l'équateur des grands cercles qui remontent en fais-
ceau, de 5 en degrés, du 70 e degré de latitude jusqu'aux pôles.
» Ces 162 grands cercles polaires nous donnent, en résumé, les chiffres
suivants :
C. R., 1856, i« Semestre. (T. XLII, N° 12.)
V"
( 538 )
- ANGLES :
- MINIMA TERRESTRES
DES -GRANDS CERCLES.
ÉVALDATION PROPORTIONNELLE.
-.-:.:--?:■
des
grands
-
Miniraa
*_
'." ' '-
Arcs
Sommes
cercles aVec
Arcs tèrrestr.
terrestres -'
-Parcours
Arcs
Parcours
terrestres '.
- terrestres :
l'écruateur .
connus.
des
connus.
terrestres
inconnus.
proportion-
' propbrt.: ,
gr. cercles.
connus.
nels.
desgr. cercl.
70 "S
iô5,o3 "x~
109, ï3 -
33cf
— 3ô
-9T5t-
n4r57"
75 s
9 3 Al # z
IOO, I I
320
g3,47*£
4a-
.; - 12 ,J>Q.
112,58
80 s
86,85 xz
9 8 >7 2
293
86,8Sxz
67
19,86
106,70
—85 S-
-83 ,"69 xz
97,18
'284-
83,6ga:z
- 76-
i22-,04
io5,7.3
-go
81 ,78 XZ
9 3 > 3 9
280
81 ,78^2;
80
23,36
io5,.i3
» C@s chiffres nous font voir, à leur tour, que l'accroissement progressif
des arcs-terrestres- remonte, enmoyenneTmrrîesgraiidsjceTcles, non-seulement
jusqu'au 7oftdègré de latitude, 'mais presque même jusqu'au 75 e degré de lati-
tude, et qu'il- existe au delà decedernier point unezone de grands cerclée, dont
les sommes terrestres moyennes, tout.en s'abaissant un peif vers les pôles,
restent presque stationnaires etconservent un chiffre assez élevé pour que
nous devions admettre qu'if y a des surfaces terrestres considérables vers
lès pôles, et que l'ensemble des grands cerclespolairès a exercé par sc-n
développement terrestre une action fortement dépressive sur les grands
cercles des régions équatofiales et tempérëesî ; : -"- - -
» Mes roses de grands cercles nous présentent un autre faitremarquâblë:
'leurs sommes terrestres sont presque toutes semblables entre' elles,
Total.
Moy..
^
JIOSES HE MÉRIDIEN - DE PARIS
ET DD lSo e DE LONGIT.
Sommes
ter-
restres.
86,37
Minim.
terrestre
polaire.
185-f
5,i6
32g5
9i,35
ROSES DU 45 e DE - LONGIT.! ET
DU l35 e 0. DE LONGIT.
Sommes
: ter-
restres.
3^8 j
88,29
Minim
terrestre
polaire
«9*
2,48
3267 I
9°i77
ROSES DE gO e E. DE LONGITUDE
ET DD 90 e OU DE LONGIT.
Sommes
fer- -
restres.
3220 -
89,40
Minimum
terrestre
polaire.
i,44
ROSES DU l35 e E. DE LONGIT.
"et bn"if5 e "0. DE LONGIT.
Sommes
. ter-
restres. .
3261 | 3352
go,5oj g3 *
Jttiniitt.
terrestre,
polaire.
o%73.
33 7 8 i
9 3,84
et leurs étendues de parcours sur les mêmes continents présentent cepen-
dant des écarts considérables
(53g)
ROSES
du méridien
de Paris
et du 180 e de
longitude.
Sommes
terrestres.
Amérique septentr. , etc
Amérique mérionale. . .
Afrique , etc ........
Europe, Asie, etc. . . ,
Malaisie, etc
Australie ...........
Grand Océan, etc. . . .
36 7
334
888
78
i5 7
28
du 45 e E. de
longitude
et i35 e 0. de
longitude.
Sommes
terrestres.
ROSES
du go e de lon-
gitude
et 90 e 0. de
longitude.
Sommes
terrestres.
45 1
3o8
Ui8
1091
58
124
18
54 1
6io
5a2
1 191
47
182
24
ROSES
du i35° E. de
longitude
et 45 e 0. de
longitude.
Sommes
terrestres.
4'3|
868
572 i
9 52 {
234 1
287 *
i 7 4
55g
7 2 9
3o8
176
i63
9
» Il semblerait donc que nous devons attribuer l'analogie des sommes
terrestres de mes roses de grands cercles à la similitude d'effets qu'a en-
traînée sur l'ensemble de chacune de ces roses la similitude de causes d'ex-
haussement qu'elles ont eue entre elles. L'une a porté sur l'Afrique ou l'Aus-
tralie l'excédant terrestre que l'autre a porté sur l'Asie ou l'Amérique;
mais elles sont toutes arrivées, en définitive, à des résultats presque sem-
blables.
» Ce fait nous montre l'équilibre qui s'est maintenu sur le globe dans
la répartition générale des reliefs terrestres, et par cela même aussi la
valeur que nous devons attacher à l'étendue de ces reliefs sur les grands
cercles. »
M. A. Bhetojv adresse une description d'une pile, toujours humide, des-
tinée aux usages médicaux, sur laquelle il avait dans une précédente
séance sollicité le jugement de l'Académie.
« Cette pile, dit M. Breton, est composée, pour l'un des pôles, d'un mé-
lange de poudres de cuivre rouge, avec des poudres neutres de bois, desti-
nées à diviser les parties métalliques ; ces poudres sont mélangées ensemble
dans une dissolution saturée de chlorure de calcium qui en fait une mixture
toujours humide, le chlorure de calcium ayant la propriété d'absorber tou-
jours l'humidité de l'air. La préparation du deuxième mélange qui forme
l'autre pôle de la pile, est identiquement la même, sauf que la poudre de
cuivre est remplacée par une poudre de zinc. Ces deux préparations, mises
dans un vase, et séparées entre elles par une cloison poreuse, établissent
rf
(54o)
une pile à effet constant qui garde toujours la même intensité d'action, vu
son état d'humidité constante et le nombre indéfini de ses éléments. »
(Renvoi à l'examen des Commissaires nommés pour la pile de M lle Behrens :
MM. Becquerel et Pouillet. )
M. Goubaux, professeur à l'École impériale vétérinaire d'Alfort, etM. Fol-
lin, professeur agrégé à l'École de Médecine de Paris, adressent pour le
concours Montyon, prix de Médecine et Chirurgie, un travail qui leur est
commun et qui a pour titre : « De la Cryptorçhidie. chez l'homme et les
principaux animaux domestiques ».
(Réservé pour la future Commission des prix de Médecine et de Chirurgie.)
Deux autres Mémoires destinés au même concours sont adressés :
L'un par M. Hochât : « Essai sur la médecine préventive » ;
L'autre par M. Yasser. Ce dernier Mémoire est intitulé : « Du degré
constant de la chaleur animale considérée dans l'homme eomme loi de la
santé; des effets morbides produits par les variations de cette chaleur, et les
applications à en déduire pour la thérapeutique ».
Un Mémoire destiné au concours pour le grand prix de Mathématiques
(question concernant le théorème de Fermât) est parvenu depuis la der-
nière séance et a été inscrit sous le n° 6.
CORRESPONDANCE.
M. le Ministre de l'Instruction publique autorise l'Académie à prendre
sur les fonds restés disponibles les sommes demandées pour la gravure de
planches destinées à accompagner un Mémoire de M. Schimper sur les
Sphaignes, et pour la continuation d'un travail de M. Sainte-Claire Deville
sur le bore, le silicium, etc.
M. le Ministre de la Marine met à la disposition de l'Académie une série
de spécimens du fond de la mer, avec l'indication des parages, un tableau des
coquilles microscopiques trouvées dans la mer, et une Notice explicative.
Cette série, que M. le Ministre a jugée de nature à intéresser l'Académie,
fait partie d'une collection offerte au Gouvernement français par le Cabi-
net de Washington, et qui a été apportée par M. Benham, capitaine du
génie dans l'armée fédérale des États-Unis.
Les spécimens sur lesquels M. le Ministre appelle l'attention de l'Acadé-
mie seront soumis, ainsi que les documents qui les accompagnent, à l'exa-
men d'une Commission cdmposée-deMM. Élie de Beaumont, Duperrey, de
Quatrefages et Bravais. . - ■ _
( 54 1 )
M. Ellis, au nom de l'Administration du Muséum Britannique, remercie
V kc^déttùfi, des Sciences pour l'envoi d'une nouvelle série des Comptes
rendus.
M. Joihard, en adressant un Tableau des courbes représentant les phé-
nomènes de l'atmosphère dans l'océan atlantique, dont l'auteur est M. le
lieutenant Mapry, directeur de l'Observatoire de Washington, l'accompa-
gne de la Lettre suivante :
« Je suis chargé par M. Maury, directeur de l'Observatoire de Washing-
ton, de faire hommage à l'Académie d'un Tableau montrant la proportion
des pluies, calmes, brouillards et tempêtes, dans les hémisphères nord et
sud, sous les parallèles correspondants de l'océan Atlantique. Les divers
résultats que présente ce tableau figuré sont fournis par 107277 observa-
tions faites dans la partie nord de l'Atlantique et par i58o25 observations
faites dans la partie sud. Il résulte de ce tableau que les calmes sont
moins fréquents dans l'hémisphère sud que dans l'autre. Il en est de même
des autres phénomènes atmosphériques; l'atmosphère est plus variable, et
sujette à plus de pluies, plus de brouillards, plus de vents, plus de tonnerre
dans l'hémisphère nord que dans l'hémisphère sud, particulièrement entre
l'équateur et le cinquante-cinquième parallèle. »
M. le Secrétaire perpétuel communique la Lettre suivante qui lui a
été adressée par M. Terquein à l'occasion du Rapport fait dans la séance
du 10 mars, sur une méthode proposée pour le calcul des distances lu-
naires observées en mer.
« Dans les Comptes rendus (n° 10, p. 476), on exprime le désir d'avoir
une Table donnant les sinus naturels de o à go degrés, de 10 secondes en
10 secondes, et on propose de la faire calculer.
» Cette Table existe. C'est le Thésaurus mathematicus , etc., sive
Canon sinuum ad radium io iS et ad dena quceque scrupula secunda qua-
drant is una cum sinibus primi et postremi gradus..., Table calculée par Pi-
tiscus. On en lit une description dans le Bulletin de Bibliographie, d'His-
toire et de Biographie mathématiques, t. I, p. 10 et 1 1 ; 1 855. On croit aussi
utile de rappeler que, parmi les grandes Tables déposées à l'Observatoire
impérial, on trouve une Table de sinus naturels pour chaque seconde déci-
male avec 25 décimales, et à 7 ou 8 colonnes de différences.
» Il est bien à regretter que nos astronomes aient quitté la division déci-
male du cercle et du jour ; si l'on avait persisté, cette division aurait fini,
C R., iS56, i« Semestre. (T. XLI1, N° 12.) 72
( 54^ )
tout comme notre système métrique, par être généralement adoptée. On
peut y revenir. Dans la grande carte de France, cette division est employée ;
excellent exemple à suivre. »
optique. — Théorie mathématique des effets de la lentille simple employée
comme objectif de chambre obscure et comme besicle; par M. Beetos
(de Champ.)
§ I er . — Exposé de la question,
« On sait par expérience que l'effet obtenu d'une lentille simple, de
longueur focale donnée, dépend des courbures des deux surfaces réfrin-
gentes, de l'ordre dans lequel ces deux surfaces agissent sur les rayons
de lumière, et aussi de la position et de l'ouverture du diaphragme qui
limite l'amplitude des pinceaux incidents. Le docteur Wollaston a ^ le pre-
mier, essayé de déterminer les dispositions les plus convenables pour le cas
où la lentille doit être employée comme objectif de chambre obscure. Il a
trouvé que l'on obtient de très-beaux effets en faisant la lentille concave
du, côté des objets et convexe vers l'image, et le rayon de courburejle la
surface antérieure égal à deux fois celui de la surface postérieure; Quantau
diaphragme, Wollaston le place au devant de la lentille, c'est-à-dire du
côté concave, à une distance égale à .-i.de la longueur focale. Enfin le dia-
mètre d'ouverture de ce diaphragme est fixé à. -^ de la même longueur.
Toutefois cette dernière proportion ne résulte pas aussi explicitement que
les précédentes de la description donnée par ce célèbre physicien (*),
auquel on doit aussi l'indication de la disposition pérïscopique préférée
aujourd'hui par un assez grand nombre de personnes pour les verres de
besicles. ~.-~_ " - - - -
: » ies recherches de Wollaston ont été reprises par notre excellent opti-
cien M. Cauchoix. Il a obtenu des résultats analogues; seulement le rapport
des rayons de courbure des surfaces antérieure et postérieure de la lentille
lui a paru devoir être de 8 à 5 plutôt que dé i à i (**). Il est incontestable
que quand l'appareil est ainsi construit, l'image est incomparablement plus
belle et plus étendue qu'on ne l'obtiendrait avec la lentille biconvexe plus
communément employée. Mais personne encore, que je sache, n'a donné la
théorie mathématique de ces effets remarquables, lesquels sont évidemment
une conséquence des relations spéciales qu'il fautétablir entre les éléments
'(*) Transactions philosophiques de la Société Royale de Londres, pour l'année j8ia,
pages 370 et suivantes.
{** ) Précis de physique expérimentale, par M. Biot, 3 e édition, tome H, page 356.
( 543 )
de l'appareil pour que les images produites soient à la fois étendues, nettes
et fidèles. La solution de ce problème est implicitement renfermée dans
mes précédentes communications relatives à l'optique instrumentale (*);
c'est elle que je me propose de développer ici, comme premier exemple de
l'application des principes nouveaux que j'ai formulés jusqu'à présent d'une
manière trop abstraite pour que l'on en vît l'utilité. J'appliquerai ensuite
les mêmes principes à la lentille simple employée comme besicle.
§ II. — Relation de laquelle dépend l'étendue de Cimage.
» La condition à laquelle nous devons avant tout satisfaire, est d'obtenir
un champ étendu. Cela exige que les pinceaux obliques soient transformés
par la lentille en pinceaux coniques, de même que les pinceaux émanés de
points situés sur l'axe de l'objectif. Les relations à établir entre les éléments
de l'appareil pour cet objet sont celles que j'ai données le 22 janvier 1 855.
Je les reproduis ici en les restreignant au cas de deux surfaces :
" LU") te"/ + i^~ t ~ ttât + ^ te ~~ m J
"< LU ~~ v te — »v + a,a' ,, ~ FÂi + ji te» ~ â;) J
= " LU ~ *) te - r,) + s^v ~ ^■• + 1 \¥~r s:) J
" L~ * te ~ n/ + a, a*.,, ~~ ivÂf + j\ te ~~ v J
= "* L~ r, (iC - r.) + Z>\T ï*? + 7, te~ ^) J
U> L r* V^ ~ rj + A 2 A'.,, ~ 7T\ + p! te ~ Â>) J
- = M L~ * te - ^) + â>^ 2 ~ ^ + ^ te~à) J
u {k ~ i) = ». (i -z,)' « (i - ;,) = «• fc ~ i) '
"< fe - i) = B (i ~ i)' «« (i ~ *) = «fc ~ 0'
t A,= A' 1 H-A 1 A Cfï = *',,, + £,.
(*) Voyez les Comptes rendus des séances des 18 septembre i854, 22 janvier i855 et
1 o mars 1 856.
72..
( 544 )
» Afin de simplifier la question, je supposerai la lentille assez mince
pour que l'on puisse considérer sans erreur sensible son épaisseur k, comme
nulle. J'admettrai aussi que — et — sont nuls, ce qui revient à supposer
que les points rayonnants sont situés sur un plan perpendiculaire à l'axe de
la lentille. Retranchant alors la troisième équation de la première et la qua-
trième de la seconde, il vient
A, W, ?J ~ A', \i'ï,-, r,j • | ":" , V, ~ l) \~~-~ Aï/-'
La condition de conieité des pinceaux émergents est p" 2 = p' 2 . Supposons-la
remplie, et ajoutons ces deux équations membre à membre, on trouve
u i \ : i
A, \à c . r,
~) "*" A', U',,- J — A', \A' f ,, rj + A', U..« *
/étant la longueur focale de la lentille, on a - ^
I «l — U II l\ I ï I - -1- I - I
• f~^~\?~nY Â7 _ 7 + ~' A 7-- / Â~'
-= «i », — u u — ï - - », — il a - ï --
•Â' — "+" 7"' - Tv - — — ^ ' ~* — " 7 — ' - ^
A, r, A, A' C/ , u, r, u, A ,,
d'après cela notre équation devient - 7 _, -
(J- _ iV---^L- f- 1^=^ +-iV- - f- 4- -)V— ~ ^
\A C( , r,/" », — a|_B, \ >, A,/" a \/ A i/J \A*,ï '"•y
;. »», i Vi /ui — u, -u\ a, li — * \T
~ k^" 2 / |~ v -- ~ + ~J ~ « v/ + vJ 7 °'
ou, ce qui revient au même, 7~ ' ~ _ \.
ta,, rj u,—» L~- ~ ~"J \â~ _ fJ ~ (ii-«) f 7 L* 7 ; ~ ~ J ~ ° '
d'où l'on tire, en laissant les coefficients de l'inconnue — sous leur
A Cj , /"i
forme explicite, -
_L _ L = _!L_ ( fi, f K '~ a + »\ _ ïl/i -h i-\]
A c ,i r, «,— »{!_«, \ r, A,/ u \f A,/J
± t IX— / g| ~ " _i_ ii\ _ !5 / * L\~i T— ('hnJt j_ f.\ _ fi _il
V L«. V n aJ b \7 aJJU V r, + àj ".« aJ
( 545 )■
On voit car là que la valeur de A C() ne sera réelle qu'autant que les deux fac-
teurs sous le radical seront de même signe. Si nous considérons en particu-
lier le cas le plus ordinaire, où les objets sont assez éloignés pour que l'on
puisse faire sans erreur appréciable — ■ = o, on a
ûc,. a, r, a, — u f ~ u, — u \ «7~ ' r, \ âj - r,
a, i
» La valeur de / étant négative pour une lentille convergente, si l'on
suppose que r, est positif, ou que la surface antérieure de la lentille est
concave vers les objets, la valeur du facteur "' ~ " - — — -^sera positive, et
u t r, u f r '
par suite on aura pour A c> , deux valeurs réelles. Quand la valeur de - est
'■i
négative et presque nulle, le facteur "'"" - — -4 a le signe de — — -, et
11 • ' «i r, uf o u y
conséquemmenl est positif. Donc A c>1 est alors imaginaire. Cette imaginante
persiste lorsqu'on donne à - des valeurs absolues de plus en plus grandes,
jusqu'à ce que l'on ait
5 =o, ou r, = ' /
«i — ai «, i
«i r t u f u
ce qui nous apprend que, dans ce cas, la lentille tourne sa convexité vers
les objets.
» De la relation j = ' g (-—-)» on tire, après y avoir substitué
cette valeur de r, , r 2 = g a f. La surface postérieure tourne donc sa con-
cavité vers l'image, de sorte que la lentille est encore un ménisque. Et il
est évident que cette forme restera toujours telle pour des valeurs absolues
de - plus grandes que celles que nous venons de considérer.
» Ainsi donc, aucune lentille biconvexe , employée comme objectif de
chambre obscure pour former l'image d'objets éloignés, ne satisfait à la
condition mathématique de laquelle dépend l'étendue des images.
» Et si l'on emploie une lentille plan-convexe, la face plane doit être
tournée vers les objets.
» 11 est facile de reconnaître ce qui arriverait si — n'était pas nul ; je
laisse le lecteur faire lui-même cette discussion. »
( 546 }
astronomie. — Sur deux étoiles variables; par M. Ebkest Liouvimje.
« 1. On sait qu'il existe des étoiles dont l'éclat change périodiquement.
La première de ces étoiles variables dont on ait déterminé la période est a
delà Baleine. Plus tard, la durée de la période a été trouvée pour quelques
autres, par exemple pour Algol, 15 de l'Aigle,^ a d l Hercule, a d'Oriônyjetc.
Mais quoique le nombre des étoiles reconnues variables soit assez grand,
on n'a de données à peu près certaines que pour un petit nombre d'entre
elles.
» Voici une nouvelle _étoile qu'il sera aisé, je crois, d'ajouter à ces der-
nières. Elle porte le numéro 4o4° dans le catalogue de Groombridge,
qui a le premier déterminera position; ses coordonnées au t et janvier i856
sont : .-•-...-■
'-. ~ ar^<i3 h t2 a 4i s , ■ - -
A.P.N = i7° 5' 4o". : _
. » Elle varie de la 6 e grandeur à la io e ; on peut conjecturer une pé-.
riode d'environ n5 jours; mais je ne présente ce nombre qu'avec la plus
grande réserve, carmes observations (faites au méridien seulement et pour"
un autre objet) sont malheureusement peu .nombreuseiiJDans l'espoir de
déterminer exactement la durée de la période par des recherches nouvelles,
j'avais différé jusqu'à ce jour de publier mes résultats. Mais les moyens,
de travail me manquent. Je me décide donc à donner ici mes observations
qui, dans l'état même où les circonstances m'ont force de les laisser, ne
paraîtront pas, je le crois, tout à fait dépourvues d'intérêt.
î853.
»4 janvier . L'i
étoile est de
!7 e
grandeur.
a5 février.
— -'
6 e
- -
12 mars.
— .
-1"
. . ■ ■
6 avril .
—
9 e
à 10 e
i 7 avril .
—
7 e
à 8 e ;
27 avril .
- —
n e
;
-
s3 juillet.
—
8 e
12 septembre.
— '
i e
17 septembre.
—
&
kf
.
•20 septembre.
. — '
6 e -
à 7
1 2 octobre .
—
6 e
»• 2. Il est encore une autre étoile Variable sur laquelle j'appellerai l'at-
tention des astronomes. C'est l'étoile i^oS-du catalogue de l'Association
( 54 7 )
Britannique dont les coordonnées au I er janvier i856 sont :
2&= 5 h 2o m 36%
A.P.N = i5° 3' 4i".
» Dans ce catalogue elle est marquée comme appartenant à la 5 e gran-
deur. Voici quelle grandeur je lui attribuais successivement en i853 :
18 janvier 6 e à 7 e
19 janvier 6 e à 7 e
28 janvier 6° à 7 e
12 février 7 e
2 1 février 6 e à 7 e
28 avril 6 e
3o avril 6 e
7 juin 6 e
21 juin 6 e
27 juin . 6 e
» On ne peut déduire aucune période de ces observations ; je les men-
tionne cependant, parce qu'elles pourront servir de termes de comparaison
et se combiner utilement avec des observations postérieures. »
zoologie. — Document pour servir à la monographie des Chéiroptères
sud-américains; par M. Paul Gervais.
« Le Mémoire dont j'ai l'honneur d'adresser le résumé à l'Académie a
pour objet principal la description des nombreuses espèces de chauves-
souris que M. Francis de Castelnau et son compagnon, feu M. Emile
Deville, ont recueillies pendant leur longue expédition dans l'Amérique du
Sud. Mon but, en le rédigeant, n'a pas été de faire une monographie défi-
nitive des Chéiroptères qui vivent dans l'Amérique méridionale, mais de
préparer des documents pour cette monographie, en réunissant les nom-
breuses observations scientifiques auxquelles pouvait donner lieu l'étude
des matériaux mis à ma disposition. Outre les chauves-souris rapportées
par MM. de Castelnau et Deville, j'en ai décrit quelques autres que M. de
Castelnau lui-même a plus récemment trouvées aux environs de Bahia, ou
que M. Westphal a reçues du même lieu.
» Pallas, Et. Geoffroy- Saint- Hilaire, Frédéric Cuvier et de Blainville
avaient déjà tiré un excellent parti des caractères que fournit le système
dentaire pour la détermination spécifique et la classification des Chéiro-
ptères. En poussant plus loin cette analyse, commencée parDauhenton (1),
j'ai pu obtenir plusieurs résultats nouveaux qui seront à la fois utiles pour
(1) Histoire de l'Académie des Sciences pour 1759.
■ ( 538 )
l'ostéologie et pour la zoologie des Chéiroptères. Ces résultats permettront
aussi d'arriver à une notion des chauves-souris fossiles en Amérique plus
parfaite que celle que nous possédons encore.
» J'énumère dans mon Mémoire une soixantaine d'espèces vivantes qui
appartiennent toutes à la faune de l'Amérique méridionale," et je donne,
pour la plupart d'entre elles, des descriptions détaillées ainsi que des figures
odontographiques. Grâce à l'obligeance deJVl. Isidore Gepffroy-Saint-
Hilaire, j'ai pu comparer ces espèces, 'fit plus particulièrement celles que
que je crois nouvelles, aux types -en partie décrits par son .père ou par lui,
que possède le collection du Muséum de Paris. . , ; :
» Tous les Chéiroptères américains appartiennent aux deux- familles des
Phyllostomidés et des Vespertilionidés. On n'a encore rapporté de ce con-
tinent aucune, espèce de la famille des Ptéropodidés ou Roussettes," ni de
celle des Rhinolophidés, et il ne paraît pas qu'il y en existe. Les i Phyllosto-
midés ou les chauves-souris dé la famille dés Sténodermés/desThylTostômés
et des Varnpyres, sont exclusivement propres à l'Amérique, et nulle part
ailleurs on n'en trouve des espèces. Au contraire, les Vespertilionidés sont
des animaux cosmopolites; toutefois leurs espèces américaines et, dans
certains cas, les genres formés par ces espèces, sont différents de ceux qui
vivent jmr les autres continents. Il en est cependant qui rentrent dans des
genres européens.. , .„ . . ..-■"-.■ 1 " . '
» Je ne parlerai dans cette première JSote que des Phyllostomidés '.-. .
» Ces chauves-souris, qu'on a aussi nommées Vampyridés, peuvent
êtrepartâgéès en quatre tribus : les Desmodins,\es Sténodermins , .'"les" Glos-
sophagins et les Kaxnpyfins, " ■''.''.'' \ "
» X, On ne connaît encore parmi les Desmodins que le. seul genre
Desmodus, qui est si remarquable par son système dentaire. Je montre que
dans le premier âge il a deux paires d'incisives supérieures, comme la plu-
part des autres Phyllostomidés, et que ces dents sont alors fort différentes,
quant à la forme, de la paire unique qui les remplacera
» 2. Les^ Sténodermins sont^plus nombreux, et l'on^en reconnaît aisé-
ment plusieurs genres. Ils rappellent plus ou moins, "par la forme de. leurs
dents et par la brièveté de leur membrane interfémorafe, le. Stéiioderme
d'Et.; Geoffroy-Saint- Hilaire. C'est à cette tribu qu'appartiennent les
Phyllostomidés frugivores. Les molaires de quelques-uns d'entre eux res-
semblent, par les tubercules émoussés de leur couronnera celles de certains
singes ou même des kinkajous, qui ont un régime analogue. Chez d'autres,
elles ont leur bord externe très-relevé, principalement les antérieures. Leur
(549)
r r e
nombre varie suivantles formules -., g et g , caractères qui, joints à ceux de
la queue courte ou nulle et de la membrane interfémorale, rendent facile la
distinction des genres de Sténodermins.
» J'ai étudié en nature six de ces genres : les Brachyphylla , J.-E. Gray;
les Pterodermcij P. Gerv. (établis pour le Phyllostoma perspicillatum); les
Artïbœus, Leach; les Dermanura, P. Gerv. (pour le Stenoderma undatum,
Blainv.); les Stenoderma, E. Geoffr., et les Stumira, Gray. Ces derniers
comprennent les espèces qui ont les dents les plus émoussées [Phyllostoma
liliurn, E. Geoff., etc.).
» 3. Les Glossophagtns , qui répondent au genre Glossophaga
d'E. Geoffroy, ne m'ont fourni qu'un petit nombre de remarques nou-
velles. C'est après avoir exposé leur classification actuelle que j'ai parlé du
Phyllostoma brevicaudwn, espèce dénommée par le prince de Neuwied.
Cette espèce, dont la synonymie maintenant est fort embrouillée, a été quel-
quefois confondue avec les Glossophages, dont elle se distingue cependant
par certains caractères, tirés de la forme du crâne, de la dentition, etc.,
caractères qui la rattachent simultanément aux Sténodermins et aux Vam-
pyrins. Je la regarde comme devant servir de type à un genre distinct qui
pourra prendre le nom d' Hemiderma.
» 4. La quatrième tribu des Phyllostomidés est celle des Yamptrins,
qui réunit aussi plusieurs genres et particulièrement ceux des Vampyrus,
Leach, et des Phyllostoma, tels qu'ils ont dû être modifiés par suite des
derniers progrès de la science.' Plusieurs autres divisions, de valeur égale-
ment générique, peuvent y être pareillement rapportées : tels sont les Lo-
phostoma, que M. d'Orbigny et moi avons fait connaître; les Macrophyllus ,
genre établi par M. Gray pour le Phyllostoma macrophyllum du prince
de Neuwied ; et deux autres genres encore ^ les Tylostoma et les Schizostoma,
caractérisés ici pour la première fois.
» Les Tylostoma comprendront les Phyllostoma bidens, Spix, et
Phyllostoma crenulatum , E. Geoffr., qui ont ^ molaires et seulement
2 .
- incisives.
i
» Les Schizostoma ont ~ molaires et - incisives. L'espèce sur laquelle
j'établis ce genre m'a paru nouvelle; je lui donne le nom de Schizostoma
minutum.
» S. J'ai rapproché des Vampyrins, mais sans le ranger définitivement
C. R., iS56, i« Semestre. (T. XLII, N° 12.) 73
. C 55o )
dans la même tribu, un autre genre nouveau que j'appelle Spectrellum. Je
l'établis sur une chauve-souris de Bahia qui m'a été remise par M. Westphal.
Sa formule dentaire est la suivante : - incisives, - canines, ~ molaires: sa
2 ' I ' O '
queue est longue et complète, comme celle des Macrophylles ; mais ses trois
vertèbres intermédiaires sont beaucoup plus longues et beaucoup plus
grêles que les autres ; ses proportions générales rappellent celles des Vam-
pyrins. Toutefois cette chauve-souris, qui paraît devoir occuper le dernier
rang parmi les Phyllostomidés, manque de la feuille nasale qui caractérise
les autres animaux de cette famille ; je l'ai décrite sous le nom de Spectrel-
lum niçLcrurum. » '__ . :_"C ..- ."
géologie. — Sur un gisement de pouzzolane, récemment découvert dans la
Haute-Loire. (Extrait d'une Lettre de M. Bertranb, de Lom.)
« Les pouzzolanes communes, déjections volcaniques incohérentes, em-
ployées à la préparation des mortiers pour les besoins de la maçonnerîe
ordinaire,, se trouvent fort répandues, comme tout le monde sait, dans glu-
sieurs de nos départements. Mais il restait à découvrir, en France, la pouzzo-
lane vraie, la pouzzolane de la géologie, possédant toutes ses affinités chi-
miques, qui la font rechercher pour les constructions des grands travaux.
Cette découverte est aujourd'hui un fait accompli ; j'ai constaté, en effet,
l'existence de cette pouzzolane dans un point du département de laHautè-
Loire. ; ,
» Les échantillons que j'adresse à l'Académie la mettront à même de
reconnaître l'origine géologique, la nature etJes qualités chimiques de cette
matière ; ces échantillons, à l'état argiloïde, happant fortement à la langue,
renferment encore une notable quantité de grains ou fragments non décom-
posés des matières de projections qui sont le cachet de leur origine.
» Ce gisement est situé dans les communes de Mazairat et de Saïnt-Eble,
près Langeac (Haute-Loire), -dans la région dite Coupet, isi riche en osse-
ments et en corindons, et dont j'ai déjà entretenu l'Académie, en avril 1 855.
Qu'il me soit permis de lui rappeler la demande que je lui adressai à cette
époque, tendant à obtenir des ressources pécuniaires, pour- continuer l'ex-
ploration de ce gîte précieux ; mon intention étant de livrer à l'École impé-
riale des Mines ou au Muséum d'Histoire naturelle tous les "fossiles prove-
nant des fouilles qui seraient poursuivies sous les auspices de l'Académie. »
Conformément à une décision déjà ancienne de l'Académie, toute de-
( 55. )
mande de fonds ne peut être renvoyée à la Commission administrative qu'a-
près avoir été appuyée par la Section compétente; en conséquence, la
Lettre de M. Bertrand, de Lom, sera soumise à l'examen de la Section de
Minéralogie et de Géologie.
M. Schroeder adresse, en date des 12 et 16 mars, deux Notes sur les sou-
lèvements absolus de la surface du globe.
M. Liouville est invité à prendre connaissance de cette communication
et à faire savoir à l'Académie si elle est de nature à devenir l'objet d'un
Rapport.
M. Duriau, à l'occasion d'une Note sur l'absorption cutanée présentée
par M. Poulet dans la séance du 3 mars dernier et insérée par extrait dans le
Compte rendu de cette séance, prie l'Académie de vouloir bien lui accor-
der prochainement la parole pour lui soumettre les résultats des expérien-
ces qu'il a faites sur la même question, résultats dont quelques-uns ont été
déjà l'objet d'une publication qui paraît n'avoir pas été connue de M. Poulet.
M. Taupenot demande également un tour prochain de lecture pour la
description de Y anémomètre enregistreur mentionné dans sa Lettre du
10 mars.
Cet appareil, déjà installé dans la pièce qui précède la salle des séances,
y restera jusqu'au lundi suivant, jour auquel M.Taupenot espère que l'Aca-
démie voudra bien lui accorder la parole, ses fonctions de professeur ne
lui permettant pas un long séjour à Paris.
M. Millot, auteur d'un Mémoire sur une méthode d'arboriculture ayant
pour objet de faire développer un bourgeon sur un point déterminé d'un
rameau , annonce qu'il vient d'adresser à la Commission chargée de l'exa-
men de son Mémoire une série de pièces à l'appui de sa méthode , Sur
laquelle il espère obtenir prochainement un Rapport.
M. Caxcalos prie l'Académie de vouloir bien hâter le travail de la Com-
mission qui a été chargée de l'examen de son Mémoire sur les modifi-
cations éprouvées par le climat de l'Italie, de la France et de l'Amérique.
(Renvoi à la Commission nommée, qui se compose de MM. Babinet,
Duperrey et Bravais.)
( 55a )
W le Behrens adresse une nouvelle Lettre relative" à sa pile magnétique
portative destinée aux usages médicaux.
(Renvoi à l'examen des Commissaires précédemment nommés :
MM. Becquerel et Pouillet.)
M. Elvart transmet de nouveaux documents imprimés relatifs aux
effets obtenus, dans le traitement du choléra-morbus, de la méthode de
M. Tironi. :..:.'■.
( Renvoi à la Section de Médecine constituée en Commission spéciale du
legs Bréant.) -
, : A4 heures et demie, L'Académie se forme en comité secret.
COMITÉ SECRET.
La Section de Médecine et de Chirurgie déclare, par l'organe de son
doyen M. Serres, qu'elle maintient la liste qu'elle a présentée dans la séance
précédente, ainsi que les ex cequo qui s'y trouvaient.
Voici cette liste : - 1
MEDECINE.
Au I er rang
(M. Crdveblhier,)
{M. PoiSEtflLLE,)
M.PxORRY, }-««**\
CHIRURGIE.
amballe,)
■ ex (EQUO,
. „ ( M. Jobert, de Lamballe,)
ÂU1 ^M.J^sGoérin, }'
IM. Baudens, ]
M. Laugier, \ ex œquo.
M. Malgaigne, )
La majorité de la Section recommande à l' Académie la liste de Médecine.
Les titres de ces candidats sont discutés. L'élection aura lieu dans la
prochaine séance.
La séance est levée à 7 heures. - - - E. D. B.
■ 8 H8«
COMPTE RENDU
DES SÉANCES
DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES.
SÉANCE DU LUNDI 31 MARS 1856.
PRÉSIDENCE DE M. BINET.
RAPPORTS.
chimie appliquée. — Rapport relatif à la découverte de la soude artificielle
(Commissaires, MM. Thenard, Chevreul, Pelouze, Regnault, Balard et
Dumas rapporteur.)
« S. E. M. le Ministre de l'Instruction publique adressait à l'Académie
la Lettre suivante, le 1 7 novembre dernier :
« J'ai l'honneur de vous communiquer ci-joint une pétition adressée à
» Sa Majesté par M. le marquis de Manoury d'Ectot, au nom de la famille
» de Nicolas Le Blanc, tendant à obtenir une réparation du dommage que
» Le Blanc aurait éprouvé par suite du séquestre mis par ordre de la Con-
» vention sur son usine, et de la divulgation du procédé dont il était Pin-
» venteur pour la fabrication de la soude artificielle.
» Je vous prie de vouloir bien inviter l'Académie à examiner cette péti-
» tion et à m'adresser prochainement un Rapport où elle fera connaître son
» avis sur la légitimité de la réclamation de la famille Le Blanc. »
» La pétition adressée par les enfants Le Blanc à Sa Majesté, désignée
dans la Lettre précédente, est ainsi conçue :
« Sire,
» Nicolas Le Blanc, l'inventeur de la soude artificielle, a donné l'essor à
» toutes les applications de la chimie aux arts.
» Sa découverte mémorable est la première dont la science pure ait doté
C. R., i856, !«• Semestre. (T. XLII, No 45.) rj[^
( 554 )'
» l'industrie; c'est la seule que soixante ans de pratique n'aient pas modi-
» fiée ; c'est celle dont les applications ont le plus grandi.
» L'Europe fabrique aujourd'hui trois cents millions de kilogrammes de
« soude artificielle, qui donnent à tous les arts chimiques une matière
» première indispensable. ?
» La première usine fondée par Le Blanc fut mise sous le séquestre en
« 1793. Son procédé fut publié par la Convention comme étant d'utilité
» publique, et l'inventeur dépouillé du fruit de son génie.
» Le Blanc mourut dans la détresse à la suite de ces malheurs immérités.
» Le moment n'est-il pas venu, Sire, de rendre à la mémoire de Le Blanc
» un hommage qui lui est dû à tant de titres et qui serait à la fois une
» consolation pour sa famille et une réparation pour les souffrances que
» ses contemporains lui ont infligées?
» La France et l'Europe lui doivent une reconnaissance dont Votre Ma-
» jesté seule peut trouver l'expression et dont il n'appartient qu'à elle de
» se faire l'interprète.
» Les enfants de Le Blanc. »
» La science et l'industrie, accoutumées à tant de sollicitude et de bien-
veillance de la part de Sa Majesté en enregistreront avec reconnaissance
une nouvelle preuve. Cette pétition, datée du 9 novembre, était remise
quatre jours après, dès le i4 novembre, par l'Empereur lui-même en con-
seil, à S. E. M. le Ministre de l'Instruction publique pour faire commencer
immédiatement l'information qu'elle rendait nécessaire.
p La Section de Chimie, chargée de ce soin par l'Académie, aurait à
s'excuser d'avoir employé quatre mois à remplir sa mission, si les circon-
stances qui se sont produites ne lui avaient fait une loi de réclamer des
pièces authentiques pour l'obtention desquelles des formalités et même un
jugement d'une date récente ont été indispensables.
» En effet, dès le 3o novembre, l'Académie recevait la Lettre suivante du
représentant des héritiers Dizé :
« Je viens d'être informé que la famille de Le Blanc s'occupe de faire
» valoir auprès de l'Empereur les services que son chef a rendus à l'Etat eu
» créant l'industrie de la soude artificielle et que l'Académie est saisie de
» l'examen de ses titres. • -~ '
» Je viens au nom de la veuve de M- Dizé et de ses enfants réclamer pour
» M. Dizé la part qui lui revient dans la découverte de la soude artificielle
» et dans la création de cette importante industrie,
» Les titres de M. Dizé résultent d'un grand nombre de pièces authen-
» tiques imprimées et manuscrites que je tiens à la disposition de l'Aca-
» demie. »
» L'Académie était donc appelée à se prononcer sur la propriété d'une
découverte, et, malgré toutes les difficultés dont la discussion de ce genre de
questions est souvent entourée, elle a dû accepter la mission qui lui était
donnée, car elle est aussi chargée de veiller à la garde des droits de l'inven-
tion et des privilèges de la pensée.
» La Section de Chimie n'ignorait pas que la première manufacture de
soude artificielle, créée à la Maison-de-Seine près Saint-Denis, l'avait été par
une société dont Le Blanc et Dizé faisaient partie. Elle savait aussi que Dizé,
après la mort de Le Blanc, avait publié en 1810 un historique de la décou-
verte de la soude où la part faite à Le Blanc n'était pas d'accord avec celle
qui lui était accordée par l'opinion publique. Mise en présence des prétentions
élevées par deux familles animées d'un égal respect pour les droits et pour la
gloire de leurs auteurs, la Section a pensé que lorsqu'il s'agissait d'événe-
ments accomplis il y a soixante ans, dont les auteurs et les témoins ont tous
disparu, elle devait faire son opinion sur pièces, sans accorder une trop large
part à des traditions souvent altérées ou à des réclamations personnelles qui
ne seraient pas appuyées de preuves authentiques ; elle a donc voulu sur
tous les points remonter aux documents originaux.
» La découverte de la soude factice a été provoquée par un concours comme
celle de l'outremer artificiel, comme celle de la filature du lin à la mécanique.
» L'ancienne Académie des Sciences avait mis au concours, en effet,
un prix de douze mille francs que le Gouvernement l'avait chargée de dé-
cerner à l'auteur du meilleur travail sur la fabrication de la soude au
moyen du sel marin. Il s'agissait de soustraire l'industrie du blanchiment,
celle du verre et celle des savons, aux effets fâcheux résultant du renchéris-
sement croissant des potasses, de la hausse des soudes naturelles de l'Es-
pagne et de la rareté des gîtes de-natron naturel.
» Encore bien que ce prix n'ait point été décerné, on peut affirmer qu'en
dirigeant les esprits vers l'étude de cette question, la mesure qui le mettait
au concours a été le point de départ de la découverte du moyen propre à
fournir la soude artificielle, c'est-à-dire d'une des plus importantes inven-
tions des temps modernes.
» Le sel marin étant indiqué comme la matière première de la soude,
divers procédés furent proposés pour l'en extraire directement, soit par la
chaux, soit par l'oxyde de plomb, mais sans résultat pour l'industrie.
» Dès 1 777, le Père Malherbe, bénédictin, indiquait de convertir d'abord
le sel marin en sulfate de soude. Il agissait sur ce dernier sel et il faisait
nk..
( 556)
fondre ensemble du sulfate de soude, du ■ charbon et du fer; Il se forme
ainsi un composé particulier de soufre, de sodium et de fer, qui se délite à
l'air et qui donne du carbonate, de soude, quand on le lessivé/M-, Kopp a
proposé récemment l'emploi sur irae grande échelle de ce procédé qui n'a,
vait jamais été exploité, mais qui au moyen de quelques perfectionnements
Je serait, d'après lui, près de Manchester, et fournirait aujourd'hui plu-
sieurs milliers ; de tonnes de soude par an. "
» Le procédé du Père Malherbe suppose la conversion préalable du seï
marin en sulfate de soude, comme, nous l'avons dit. Dans les premiers mois
de 17S9, de la Métherie proposait à son tour le procédé suivant qui admet
aussi cette conversion préalable : nous le citons textuellement, parce que,
d après Le Blanc lui-même, il forme l'un des incidents^ Ja découverte de
la soude factice". .
« II y a, disait-il, une manière de faire cette décomposition du sel ma-
» nn, qui seroit très sûre, mais elle serait peut être trop chère. Ge seroit
» dans des appareils convenables de verser de l'acide vitriolique sur le sel
» marin; l'acide marin se dégageroit et passerait dans les. ballons et le
» résidu serait du vitriol de natron ousel de Glauber. On décomposerait en-
» suite ce v.friol denatron en le calcinant avec du charbon. L'acide vitrio-
» hque se dégageroit sous forme d'acide sulfureux et le natron demeure-
• ro « Pur. On le dissoudrait dans l'eau, filtrerait et feroitcristallisef.... On
* pourrait ne pas perdre l'acide sulfureux pour le reconvertir en acide vi-
» triohque. Ce seroit en chauffant le vitriol et le charbon dans desvais-
» seaux fermés, par exemple dans des cornues dont le col aboutirait
» dans de grandes chambres semblables à celles où l'on brûle le soufre....,
» Peut-être l'acide vitriolique ne seroiUl pas tout changé en acide sul-
» tureux et qu'une portion le seroit en soufre, ce qui formerait un hépar,
» Get hepar pourrait à la vérité être décomposé par l'acide acéteux ou tout
» autre acide végétal et on obtiendrait un^sel acéteux de natron : et comme
» cet acide se décompose très facilement par le feu, en chauffant ce sel
» acéteux on obtiendrait l'alcali pur; mais ces acides végétaux seroient dis-
» pendieux. » .V
» Si de la Métherie eût tenté l'expérience qu'il propose, il aurait W
connu : 1° que le sulfate de soude traité par le charbon ne se change pas
en acide sulfureux et en soude pure ; 2° que c'est en sulfure qu'il se con-
vertit; 50 que l'emploi de cet acide végétal qu'il recommande comme moyen
auxiliaire de purification eût été indispensable, comme moyen principal de
traitement, pour la totalité de la soude à obtenir. V . - - . "
» Le sulfate de soude traité par le charbon seul se convertit , enfiffet,^
( 55 7 )
sulfure de sodium, qui, ainsi obtenu, ne peut être converti économique-
ment en carbonate de soude qu'au moyen de l'acide carbonique. Dizé fait
connaître que, dans le cours de leurs études communes, des essais dans ce
«sos «usaient été tentés par Le Blanc et par lui au Collège de France, et cela
semble très-probable en effet. Repris par Pelletan vers 1827 et 1828, ce
procédé devint la base de la création d'une usine aux environs de Paris ;
l'entreprise n'eut pas de succès. Dans ces derniers temps, M. Valerio l'a sou-
mis à une nouvelle étude, qui n'a pas encore reçu d'application. Jusqu'ici
la formule que nous venons d'examiner n'est donc pas entrée dans la pra-
tique, cbose regrettable, puisque le sel marin étant changé en sulfate au
moyen de l'acide sulfurique, le sulfate en sulfure au moyen du charbon, le
sulfure en carbonate à l'aide de l'acide carbonique, l'hydrogène sulfuré en
gaz sulfureux par la combustion, et le gaz sulfureux en acide sulfurique par
les agents ordinaires, le soufre employé à la fabrication de la soude factice
ne serait pas perdu comme c'est le cas aujourd'hui, et se retrouverait en en-
tier au contraire, sauf les déchets inévitables.
» Ce procédé diffère beaucoup, comme on voit, de celui qu'avait conçu
de la Métherie. Il représente très-exactement, du reste, l'ensemble de réac-
tions qu'on aurait pu imaginer théoriquement pour convertir le sel marin
en carbonate de soude.
» Mais la soude factice devait, comme tant d'autres inventions, prendre
naissance à la suite d'essais et d'efforts opiniâtres dont la théorie n'avait pas
su devancer les résultats.
» Si l'on retire aujourd'hui la soude du sel marin, comme l'indiquait le
programme du prix à décerner par l'Académie ; si Ton se sert du sel marin
converti en sulfate de soude ainsi que le faisait le Père Malherbe et que le
conseillait de la Métherie, on calcine ce sulfate de soude avec de la craie et
du charbon, ce qui donne un oxysulfure de calcium insoluble et du carbo-
nate du soude soluble ; c'est là le secret du succès de cette industrie; c'est
là qu'est la découverte capitale qui a donné naissance à la soude artificielle.
» Supprimez la craie, vous n'obtenez que du sulfure de sodium soluble;
ajoutez la craie, le soufre est rendu insoluble par la chaux, et la dissolution
obtenue avec le produit ne retient que du carbonate de soude. Voyons à
qui appartient l'invention ainsi caractérisée :
» Vers 1 787, un homme éminent, Nicolas Le Blanc, chirurgien de la maison
d'Orléans, connu bientôt par des travaux remarquables sur la cristallisation
des corps et par d'autres travaux de chimie d'un caractère élevé, prélu-
dait déjà aux recherches sur l'extraction de la soude, à l'occasion du pro-
gramme publié par l'Académie. « J'ai trouvé, dit-il, en général, que les pro-
( 558 )
» cédés connus étaient incomplets, insuffisants ou bien trop dispendieux, »
Il ajoute : « Le citoyen Lamétherie inséra dans le Journal de Physique
» des observations sur la décomposition du sulfate de soude par l'incinéra'
» tion avec le charbon ; il ne doutoit pas que de nouvelles expériences pro--
» curassent un jour le moyen de décomposer complètement ce sulfate appelé
» sel de Glauber. Je m'attachai à cette idée, et l'addition du carbonate de
V chaux remplit parfaitement mon objet. J'en prévins Lamétherie ; c'étoit à
» ses observations que je devois ce premier succès, puisqu'elles avoient été
» ,. l'occasion de mon dernier travail. »
» La publication de la Métherie est de 1789.
» Le Blanc aurait proposé bientôt, en 1789 même, l'exploitation en
grand de ses procédés au duc d'Orléans; ce prince aurait voulu avoir à ce
sujet l'avis de d'Arcet, professeur au Collège de France, dont le prépara-
teur Dizé, chargé de suivre les épreuves du procédé, se serait ainsi trouvé
en rapport avec Le Blanc. Ces circonstances sont justifiées et expliquées par
les actes suivants, comme on va le voir.
>j En effet, le 1a février Ï790, par-devant Jacques Lutherland, notaire
public à Londres, le duc d'Orléans, Nicolas Le Blanc, Dizé et Henri Shée,
signaient les traités, conventions et associations qui suivent :
« Art. 1. —D'autant que lesd. S rs Leblanc et Dizé sont auteurs d'un
» procédé secret pour la confection de soude, de sel ammoniac et de blanc
» de plomb, et que la conduite desdits procédés exige une somme considé-
» rable d'argent, lesd. S cs Le Blanc et Dizé ont demandé à Sad. Altesse
» Sérénissime qu'il leur fournisse la somme de deux cent mille livres tour-
» nois pour les mettre en état de poursuivre lesd. procédés avantageusement...;
» Art. 7. — Lesd. S rs Le Blanc et Dizé conviennent et s'engagent envers
» Sad. A. S., c'est-à-dire le S r Le Blanc de mettre en dépôt le secret pour
» faire de la soude dont il est auteur, et le S r Dizé le secret pour faire lé
» blanc de plomb dont il est aussi auteur, lesquels procédés, ainsi que
» celui pour la confection du sel ammoniac, seront donnés par écrit et
» certifiés par M. d'Arcet, et puis cachetés des cachets de S. A. S. le duc
» d'Orléans et des S rs Le Blanc et Dizé, et déposés entre les mains du S r Bri-
» chard, N re à Paris, pour n'être ouverts qu'en cas de mort ou abandonne-
» ment de fait des auteurs ». _
» Si le premier article de cette convention confond en un seul le procédé
pour la confection de soude, de sel ammoniac et' de blanc de plomb,
l'art. 7, comme on voit, rétablit les choses dans une situation plus lo-
gique et plus précise, en expliquant qu'il y a trois procédés distincts :
j° celui pour la soude, dont Le Blancest l'auteur; 2 celui pour le blanc
{ 55 9 )
de plomb, dont Dizé est l'auteur; 3° celui pour le sel ammoniac, qui n'est
attribué à personne en particulier : on en verra plus loin le motif.
» Votre Commission avait naturellement mis un grand intérêt à retrouver
la pièce que nous venons d'analyser, puisqu'elle est le point de départ de l'af-
faire qui nous occupe. Toutes les recherches faites à Londres dans l'étude du
successeur du notaire Lutherland ayant été inutiles, malgré les soins empres-
sés de MM. Hoffmann, Grove et de la Rue, qui ont mis à cette enquête- tout
le zèle qu'on devait attendre de leur respect pour les désirs de l'Académie,
nous avons pensé que les archives de la maison d'Orléans auraient con-
servé quelque trace de cette transaction. Par les soins de M. Bocher, on y
a trouvé, en effet, une copie authentique de l'acte passé à Londres qu'il
s'est empressé de mettre à la disposition de l'Académie. Nous venons d'en
indiquer les conditions essentielles.
« Afin de suivre la marche naturelle du progrès de l'affaire, il fallait ensuit e
obtenir l'ouverture du paquet cacheté annoncé dans l'acte précédent, le-
quel a été déposé, le 27 mars 1790, chez le notaire Brichard, où il avait été
abandonné par les intéressés et par leurs familles. Un jugement ayant été
rendu à cet effet, à la requête de la famille Le Blanc, le paquet cacheté a été
ouvert, et nous en avons obtenu une copie en forme authentique.
» Ce paquet contenait : i° la description du procédé pour la fabrication
de la soude et pour celle du sel ammoniac, par Le Blanc, et un certificat de
d'Arcet qui s'y rapporte ; 1° la description du procédé pour la fabrication
du blanc de plomb par Dizé, et un certificat de d'Arcet qui s'y rapporte
également.
» Dizé n'y figure donc qu'à titre d'inventeur du procédé pour ce nou-
veau blanc de plomb. Voici d'ailleurs le texte exact du paquet cacheté :
Procédé de Nicolas Leblanc pour la conversion du sel marin en soude, et les Notes qui ont
raporta cette opération; le tout rédigé pour être déposé entre les mains de M tre Brichard,
notaire à Paris, ainsi qu'il a été stipulé dans l'article septième de l'acte d'association passé
à Londres, le douze février mille sept cent quatre-vingt-dix, en l'étude du sieur James Lu-
therland, notaire public.
« On décompose le sel marin par le procédé de Glauber, c'est-à-dire
» par l'acide vitriolique ; il est aisé d'imaginer des appareils suffisants pour
» opérer sur de grandes masses.
» Il faut pour décomposer entièrement le sel marin presque le même
» poids d'acide concentré.
» Pour obtenir le meilleur parti possible de l'acide marin r il faut le con-
( 56o )
» veftir en sel ammoniac, et pour cela on peut faire passer immédiatement
» le gaz marin dans un bain d'alcali volatil, ou bien faire le mélange après
» l'avoir reçu à part.
- » La masse de sel de Glauber qui résulte de cette décomposition, doit
t> être ensuite poussée au grand feu pour être entièrement purgée d'acide-
» ensuite on la pulvérise pour l'opération suivante.
» . On prend une quantité donnée de ce sel de Glauber, la moitié de son
» poids de terre calcaire (craie) et le quart du poids de ce même selj de
» charbon en poudré ; le tout bien pulvérisé et bien mêlé; on met le mé-
» lange dans des creusets, observant de laisser au moins un tiers de
» vuide; on couvre ces creusets, de manière qu'il reste des ouvertures que
» l'on peut pratiquer de plusieurs manières sur les couvercles ou à leur
» bord, il se forme une quantité considérable de matière inflammable qui
D brûle à sa sortie à mesure que l'on donne le feu; après avoir ainsi gradué
» le feu pendant quelque temps, on pousse à la fusion, de manière à don-
9 ner une fonte pùltacée; alors la matière se trouve convertie en soude
j> aérée; on retire cette matière des creusets.
» On peut extraire, ou purifier cette soude, en pulvérisant la matière et la
» faisant ensuite bouillir dans une suffisante quantité d'eau ; après quoi on
» retire le sel de soude à mesure qu'if cristallise pendant l'évaporation ;
» cette soude peut être mise sur des aires chaudes pour être desséchée.
» On. peut encore, la matière étant refroidie, la casser grossièrement et
» l'amonceler sous des hangars; elle devient pulvérulente, s'effleurit au
» bout de quelques mois, et ensuite la lotion peut en être faite comme nous
» l'avons dit. La terre calcaire et le charbon qui n'a pas brûlé dans l'opé-
» ration.se séparent de la liqueur par Le repos ou par la filtration,
» On retire l'alcali volatil de la combustion des substances animales, et
» le sel ammoniac s'obtient par sublimation. Toutes ces dernières opéra-
» rions, ainsi que la méthode de Glauber pour la décomposition du sel
» marin, sont connues partout en chimie et même dans les arts. »
« Je soussigné, professeur de chymie au Collège roïal de France et de
» l'Académie roïale des Sciences, etc., certifie que le procédé décrit cy-
»' dessus et aux autres parts, est exactement le même, qui a été pratiqué
» sous mes ïeux à différentes reprises et avec succès, tant dans mon labo-
» ratoire particulier, que plus en grand dans le laboratoire du Collège roïal
» de France; en sorte que par ce procédé on décompose le sel marin, et
<? l'on en met à part la base ou sel dessoude, dans un état de très-grande
(56i )
» pureté; comme aussi je certifie qu'avec ce même procédé il sera facile
» d'établir une fabrique' de sel ammoniac. En foi de quoi j'ai signé à
» Paris, le vingt-quatre mars mil sept cent quatre-vingt-dix.
» Signé d'Abcet. »
Procédé de Michel-Jean- Jérôme Dizé pour la fabrication d'un blanc de plomb, rédigé
pour être déposé entre les mains de M e Brichard , notaire à Paris, ainsi qu'il a été stipulé
dans l'article septième de l'acte d'association passé à Londres le douze février mille sept
cent quatre-ving-dix, en l'étude du S r James Lutherland , notaire public.
« Prenés cent livres de plomb, faites les fondre, jettes les ensuite dans
» une cuve d'eau , cette opération divise le plomb et le met en grenailles.
» Enlevés ce plomb ainsi granulé, mettes le sécher sur des planches. Quand
» il sera sec, faites-le dissoudre dans une suffisante quantité d'acide nitreux
» ou eau forte ordinaire, on donne un peu de chaleur pour accélérer cette
» dissolution. La dissolution finie, on décante la liqueur dans un autre
» vase. Il arrive quelquefois que pendant la dissolution il se précipite une
» poudre blanche, il faut avoir soin de verser de l'eau sur cette poudre
» blanche pour la faire dissoudre et on la mêle avec la dissolution que l'on
» a décantée. On laisse reposer la liqueur pour l'éclaircir. Quand elle est
» arrivée dans un état de limpidité parfaite, on la transvase. Alors on y
» verse de l'acide vitriolique ordinaire jusqu'à ce qu'il ne se précipite plus
» de blanc. On laisse rasseoir le blanc qui s'est formé, on décante la liqueur,
» qu'on évapore à moitié. Quand elle est ainsi concentrée on y ajoute
» encore du plomb granulé, jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus en dissoudre.
» On décante la liqueur et on la laisse s'éclaircir, on la décante de nou-
» veau. Enfin on précipite avec l'acide vitriolique. Quand le blanc est bien
» tombé au fond on concentre de nouveau la liqueur et on y fait redis-
« soudre du plomb granulé, enfin l'on poursuit le travail comme dessus
» jusqu'à ce que l'eau forte soit épuisée. On rassemble ensuite tout le blanc,
w on le lave à grande eau. Cela fait, on fait dissoudre dix livres d'alcali
» pur dans suffisante quantité d'eau bouillante, capable de délayer la masse
» de blanc de plomb. On entretient la chaleur jusqu'à ce que l'on s'aper-
» çoive qu'il n'y a plus d'effervescence, on décante alors la liqueur, mais
» il faut avoir soin de laisser reposer le blanc. On le lave deux fois à l'eau
» bouillante et quatre fois à l'eau froide bien claire, ensuite on le fait sécher
» dans des bassins ou aires de plomb qu'on chauffe par dessous. »
« Je soussigné, professeur de chymie au Collège roïal de France et de
» l'Académie roïale des Sciences, etc., certifie que le procédé du blanc de
C. R., i856, i er Semestre. ("T. XLL1, N° 15.) 7^
(/5éi)'-
»' plomB que M. Dize a décrit èy-dessuê et èh Fautrè-part^est très-exacte-
» ment celui qu'il emploie pour faire le blanc de plomb d'une blancheur
» éclatante et d'une bonne qualité. En foi de quoi j'ai signé. A Paris, -Je
» vingt-quatre mars mil sept cent quatre-vingt-dix.
« Signé d'Jjrçet. » , -
» L'examen attentif de -ce ~ dépôt donné Heu à quatre observations :
i° le nom de Dizé n'y est prononcé qu'à l'occasion de son blanc de plomb
dont L'invention lui est réservée exclusivement : il n'est pour rien dans le
procédé relatif à la soude; 3° si, dans ce paquet cacheté, les, procédés
pour la soude etpour. le sel ammoniac sont attribués à Le Blanc seul, la
négligence avec laquelle Le Blanc décrit le moyen d'obtenir le sel ammo-
niac, l'indication qu'en ce qui concerne ce dernier sel, il s'agit de procédés
connus et déjà pratiqués, expliquent comment, dans l'acte passé à Londres.,
on ne l'attribuait à personne en particulier, et. prouveune fois déplus que
c'est la soude seule que Le BÏanc prétend se réserver j. 3° si Le Blanc décrit
très-exactement la marche générale de l'opération propre à fournir la soude
artificielle, si la pensée du procédé est nettement indiquée, si l'invention
estdéjà tout entière dans cet acte,- il n'en est pas moins vrai que le dosage
du sulfate de soude, de la craie et du "charbon tellqu!ilïe donne est encore
inexact, car il y indiqué deuxïois plus de sulfate de soude qu'il, n'en em-
ploiera plus tard dans le procédé définitif; 4° Le Blanc parle du traitement
qu'il a effectué comme- aySnteu lieu dans, un- creuset,, et- rien n'indique
dans sa description -qu'il eut la -pensée dé substituer plus tard un four a
réverbère au creuset, tomme -cela, est indispensable rdans une opération
manufacturière. , -■ ,_ ..,, ..."■...
v Ges dernières circonstances peuvent expliquer le long intervalle qui
sépare l'acte de Londres et le dépôt du paquet cacheté effectués coup sur
coup», des actes suivants, _..,....- r - ..-_.•"....
: t> En effet, c'est dix mois après l'acte de dépôt, le. i"5 janvier 1791,
l'installation de da manufacture étant déjà commencée et Le Blanc étant
déjà établi dans l'usine,, que Le Blanc et Dizé règlent leurs intérêts respec-
tifs par un acte notarié, rédigé en prévision de l'acte d'association définitif
dont d va être question plus loin. . , _
» Dans cet acte préparatoire, il est dit : , ;
« Article 2. — A quelque somme que s'élève la portion des bénéfices
» netsqui sera allouée aux sîëurs Le Blanc et Dizé dans l'entreprise de la
*> côàfecticm dé sôudê et blanc de plomb, il. sera fait distinction de chaque
( 503 )
» nature de bénéfice, savoir : celui résultant de la fabrication de la soude
* et du sel ammoniac seulement formant une somme quelconque de béné-
» fice net sera divisé en cinq parts, dont trois parts appartiendront au
» sieur Le Blanc, ses héritiers ou représentants; les deux parts restantes
» appartiendront au sieur Dizé, ses héritiers ou représentants.
» Le bénéfice net, au contraire, résultant de la fabrication de blanc de
» plomb, formant aussi une somme distincte et séparée, sera divisé égale-
» ment en cinq parts; mais dont trois appartiendront au sieur Dizé,
» et tes àeux parts restantes au sieur Le Blanc, leurs héritiers ou repré-
» sentants. »
» Après ce nouvel acte qui reproduit et confirme les droits respectifs
de chacun des auteurs, l'un à la découverte d'une méthode propre à fournir
la soude et le sel ammoniac, l'autre d'une méthode applicable à la fabri-
cation d'un blanc de plomb plus économique, il ne restait plus qu'à
régler les bases de l'association projetée.
» Tel est l'objet de l'acte de société définitif passé à Paris le 27 jan-
vier 179 1 entre le duc d'Orléans, Le Blanc, Dizé et Shée; nous nous bor-
nerons à en donner l'analyse.
» On y rappelle d'abord qu'il s'agit de l'établissement et de l'exploi-
tation des procédés dont Le Blanc et Dizé sont les auteurs; savoir :
Le Blanc de celui pour la fabrication de la soude par la décomposition
du sel marin, et Dizé de celui pour la fabrication d'un blanc de plomb
plus économique, les secrets desquels ont été déposés entre les mains de
M e Brichard.
» Le duc d'Orléans s'engage à fournir 200000 livres tournois entre les
mains du S r Shée, qui joue ici le rôle d'administrateur des deniers du
prince.
» Il est assigné à Le Blanc un traitement de 4000 livres et à Dizé un trai-
tement de 2000 livres, tant que leur part dans les bénéfices ne s'élèvera pas
à cette somme.
» Le duc-d'Orléans devait être remboursé de son capital et des intérêts
à 10 pour 100 sur les premiers bénéfices de l'entreprise.
» Ensuite, les bénéfices devaient être partagés entre les associés^ dans
la proportion suivante : neuf vingtièmes pour le duc d'Orléans; neuf ving-
tièmes pour Le Blanc et Dizé, à répartir entre eux dans les proportions pré-
cédemment stipulées; deux vingtièmes pour M. Shée.
» Si le bénéfice aunuel s'élevait à plus d'un million, clause qui témoigne
de l'importance attribuée par les associés à la nouvelle industrie, l'excédant
7 5..
(564)
du premier million devait être partagé entre eux, selon des bases un peu
différentes, sans qu'il fiât rien modifié à ce qui concerne le partage à effec-
tuer entre Le Blanc et Dizé.
» Pour terminer l'analyse des pièces authentiques qui concernent cette
affaire, il ne reste qu'à mentionner le dernier acte auquel elle ait donné
lieu..
» Il s'agit d'un brevet d'invention délivré à Le Blanc dans les circon-
stances suivantes, dont nous trouvons l'énoncé circonstancié au registre du
directoire des brevets d'invention intitulé : Brevets secrets.
» Sur un arrêté du 2 septembre 1791 du Comité d'Agriculture et du Com-
merce de l'Assemblée nationale, le Ministre de l'Intérieur prenait lui-même
une décision, en date du 1 2 septembre, pour charger d'Arcet, Desmarets
et de Servières : i° de procéder à l'examen des moyens inventés par
Nicolas Le Blanc pour extraire en grand la soude du sel marin, moyens
pour lesquels il a formé la demande d'un brevet d'invention de quinze ans ;
2 et de plus de procéder à la vérification de l'exactitude de la description
fournie par lui.
» La demande du brevet de quinze ans résulte du procès-verbal de dépôt,
fait au Secrétariat du département de Paris, le 19 septembre. _"
» Les Commissaires firent leur rapport le z3 septembre et le brevet fut
expédié au nom de Le Blanc, le 25 du même mois. _■-.._.■.
» Voici le texte de cette pièce remarquable : ..:.... :
Procédé de ^ conversion du sel de Qlauber en soude.
a Au moyen d'un rouleau de fonte établi à l'instar des égrugeoirs qui
» servent à écraser les fruits , on réduit en poudre très-fine et on mêle bien
» ensemble les différentes matières dans les proportions suivantes :
» Sel de Glauber desséché, 100 livres.
» Terre calcaire pure, 100 livres. (C'est la craie telle qu'on la prépare à
» Meudon.)
» Charbon en poudre, 5o livres.
» On étend ce mélange dans un fourneau de réverbère, dont je vais faire
» la description dans un instant, on bouche les oûvreaux et l'on donne le
» feu; la matière entre en fonte pultacée, , bouillonné .et se convertit en
» soude, qui ne diffère de la soude du commerce que par une richesse infi-
» niment plus grande, La matière a besoin d'être remuée pendant la
» fusion; on se sert pour cela de râteaux de fer, rabots, ringards, etc. , et il
( 565 )
» s'établit sur la surface de la matière en fusion une multitude de jets de
» flamme, pareils aux jets d'une chandelle. Lorsque le phénomène com-
» mence à disparaître l'opération est finie. On retire la matière avec des
» rabots de fer, et l'on pourroit la recevoir dans des vases de tôle, par
» exemple, ou dans tout autre vase, si on vouloit lui donner la forme de
» blocs de soude du commerce, etc.
» Cette opération peut se faire dans des vaisseaux fermés, mais elle de-
» vient alors plus dispendieuse ; on peut aussi varier les doses, par exem-
» pie diminuer les proportions de la terre et du charbon ; mais les quan-
» tités qui viennent d'être prescrites sont celles qui m'ont paru les plus
» convenables pour assurer davantage le succès de l'opération. Les quan-
» tités que je viens de donner dans l'exemple fournissent au delà de
» i5o livres de soude, qui donnent plus de soixante-quinze au quintal
» d'une soude d'excellente qualité.
» Les fourneaux de réverbère doivent être construits solidement en
» briques de Bourgogne, et soutenus par des armures de fer. Les dimensions
» de l'âtre de ceux dont je me sers sont de six pieds du foyer à la che-
» minée ; quatre pieds deux pouces dans la largeur, voûte presque plate
» ayant dix-neuf pouces dans sa plus grande hauteur ; le foyer dans la pro-
» portion de sa largeur, etc. Du reste, ces fourneaux sont généralement
» connus.
» Il existe une multitude de moyens de perfectionnement sur les-
» quels je fais chaque jour des recherches.
» Il résulte de la découverte qui vient d'être décrite que la France qui
» consomme une quantité prodigieuse de soude tous les ans, pour savon-
» nerie, verrerie, blanchissage, etc., etc., et qui exporte un numéraire con-
» sidérable pour l'acheter à l'étranger, gardera son argent, et les arts et les
» manufactures ne seront plus exposés à manquer de cet objet de première
» nécessité, par les vicissitudes d'une guerre, ou les disettes de récolte de
» la plante avec laquelle jusqu'à présent on s'approvisionne de soude;
» qu'on fera au contraire valoir avec bénéfice le sel marin, qui est une de
» nos richesses territoriales ; que les arts qui consomment aussi une très-
» grande quantité d'acide marin, en seront abondamment pourvus et à bon
» marché, et qu'enfin la portion très-considérable de même acide qui ne
» trouverait pas d'emploi serait très-utilement et aisément convertie en sel
» ammoniac, dont les arts ont également besoin et qu'ils payent aussi fort
» cher à l'étranger. On peut même ajouter qu'à raison de l'abondance des
» matièrespremièresetdeleurbasprixenFrance, les nations voisines deyien-
( 566 )
*r ctf aient en peu de-temps tributaires de la nôfre-poùr ces différents objets. »
-•-» La fermeté de;cette description, -l'exactitude du dosage quiii'a plus
changé depuis lofs, £ l'emploi du four à réverbère dont il n'avait pas ~été
question jusque-là , enfin les considérations économiques et commerciales
qui terminent le brevet, considérations dont le temps s'est cEargé de con-
sacrer la haute exactitude , tout révèle qu'entre l'acte primitif passé à Lon-
dres et le brevet pris dix-neuf mois plus tard , il s'est fait des essais au la-
boratoire et des travaux en fabrique à la manufacture de Saint-Dénis qui,
sans- changer le caractère du procédé, lui assurent toute sa valeur, et
ne laissent plus de doute à l'auteur sut lé succès de sa méthode -et sur
l'importance de l'entreprise qu'il va former. -
» Mais bientôt les événements de la révolution ^amenaient le séquestre
des biens dtrdua d^Orîéans et par suite celui delà fabrique de soude dans
laquelle il était intéressé. '""..- "
- »■ Les travaux de cette usine étaient donc compromis dès sa naissance ,
soit faute des fonds nécessaires à sa marché, la source en étant tarie, soit
par suite dès embarras résultant du séquestre, ~- _ ------
- » - En-même temps , sûr la proposition de Camy; possesseur d'un procédé
pour l'extraction de la soude dont il faisait Fabaûdon , tous ceux qui ex-
ploitaient des usines ^pbur la préparation de cet alcali furent tenusrde faire
connaître la situation de leurs travaux , l'importance de leur fabrication et
"la nature de leurs procédés: Le Comité de Salut publié demandait ,-dït le
Rapport ,_le sacrifice généreux detoute espèce de secret pour la patrie.
: -"»-La Lettré suivante écrite à LeBlancparSh.ee, â~ la date du i3 pluviôse
"an ïiy fait connaître la situation que ces ^deux mesures combinées créaient
*â la nouvelle industrie ,• '~ - ; " ■'" - .... ,___
- - D--îe viens dans le moment de lire, dans la feuille intitulée le Moniteur,
V en daté d'hier, que tous lés Républicains possesseurs de quelques secrets
-» ou procédés pour la fabrication de da soude par la décomposition du sel
l » marin , étoieïit invités à etrfaire part au Comité de- Salut-pubïic , Section
» des Armées , parce que la patrie pouvoit en retirer des avantages précieux
"»pour ses moyens de défense. - ;-""".
- » -J'imagine que tu, es parfaitement au fait de cette affaire , et ton patrio-
» tisme t'aura suggéré sur-le-champ, j'en suis sûr, le sacrifice de ton secret*
» fruit de tes longues et laborieuses recherches.
; » NéanmomS^ Téfléchissant que ta délicatesse pourroit te présenter quek
'-» ques scrupules dans l'entreprise de la fabrication de la soude , je m'em-
» presse de t'assurer pour ma part, que de tout mon cœur je Consens, et
( 567 }
» même t'invite, s'il en étoit besoin, à révéler à la nation tout ce que En
» sais snr cet important objet. Je suis persuadé que le citoyen Dizé trouvera
» dans son civisme tous les motifs nécessaires pour approuver cette dé-
» marche; au reste ta es à portée d'en conférer avec lui. Mais quant à ce
» qui regarde mon intérêt personnel, je m'en rapporte entièrement à tout
» ce que te dicteront ta prudence et ta probité.
» Je fais des vœux bien sincères pour que ton secret ait la gloire de con-
» tribuer d'une manière grande et efficace au salut de la patrie.
h P. S, — Ta Lettre du 6 courant ne m'est parvenue que le 8 au soir; ce
» soir-là même les citoïens de Flandre, La Treille et un autre , sont venus
» de la part du district et de la municipalité de Franciade à la manufacture
» et ont dressé un inventaire général de tout. Je ne puis plus disposer de
» la moindre chose sans un ordre légal et par écrit. »
» Sous le coup du séquestre qui frappait leur établissement , et qui en
avait immédiatement arrêté les opérations , Le Blanc , Dizé et Shée eurent la
douleur de voiries matières premières et le matériel réunis ou créés par
leurs soins, vendus à l'encan et dispersés.
» Le Blanc , dont le consentement n'était du reste qu'une formalité , au-
torisa la publication du procédé suivi dans la manufacture qu'ils avaient ex-
ploitée. Il est décrit par Le Blanc lui-même (du moins telle était l'opinion
de son fils) dans le Rapport publié le 2 messidor de l'an u par d'Àrcet père,
Pelletier et Lelièvre.
» Ainsi en quelques jours la société de la Maison-de-Seineavait tout perdu,
frappée comme par la foudre. Elle n'avait plus ni fonds, ni manufacture,
ni brevet. Les circonstances étaient si déplorables, d'ailleurs, qu'il ne lui
restait aucune chance de se relever.
» Nous ne suivrons pas les trois associés dans les carrières diverses qtie
chacun d'eux essaya de s'ouvrir, jusqu'au retour de temps plus prospères.
Nous attachant seulement à ce qui concerne la soude artificielle et son his-
toire, nous dirons qu'en l'an vin, le 17 floréal, par décision ministérielle Le
Blanc fut mis en possession de l'usine de Franciade comme indemnité du
dommage à lui causé par la publicité donnée à son brevet, et que, deux jours
après, la société qui avait existé entre Le Blanc, Dizé et Shée fut rompue par-
devant le Préfet de la Seine. A cette même époque , le Ministre des Finances
chargeait Je Tribunal de Commerce d'évaluer le dommage subi par la société
etles indemnités qui pouvaient leur être dues. Ce tribunal s'étaut reconnu in-
compétent, l'affaire fut reprise administrativement parle Préfet de la Seine,
qui chargea Vauquelin etDeyeuxdelui adresser un Rapport à ce sujet. Malgré
( 568 )
les conclusions favorables de ce travail, en date du 17 brumaire an XIV, et
malgré l'ordonnance ministérielle conforme du i er août t8o6, il fut décidé
que les comptes de l'État vis-à-vis de Le Blanc étaient réglés par la resti-
tution qui lui était faite à titre gratuit de l'usine de Franciade.
» Demeuré libre d'agir, mais sans capitaux pour le faire, redevenu pos-
sesseur d'une usine démantelée dont la possession même semblait bien pré- ,
caire , Le Blanc ne parvint pas à y monter une grande fabrication , la seule
qu'il eût été profitable d'y organiser.
« Après avoir réparé, dit un Rapport fait à cette époque, les désordres
» inévitables résultant d'une interruption de travail qui a voit duré quelques
» années, après avoir fait des restaurations assez considérables et des amélio-
» rations utiles dans plusieurs genres, Le Blanc avoitépuisé ses ressources. »
- » Combien d'efforts pourtant Le Blanc ne tente-t-il pas? Comme tous
les inventeurs, il se montre plein d'abnégation, de ténacité et de confiance.
Sa correspondance prouve qu'il n'est pas de démarche qu'il n'ait essayée
pour assurer le succès de son œuvre. Ses économies, le fruit de quelques
travaux entrepris au jour le jour, tout est consacré à ce grand objet;
quand il est réduit à la dernière extrémité, il frappe à toutes les portes.
» Dès le 1 9 fructidor an 11 , il obtient quatre mille livres du Comité de Salut
public pour satisfaire aux avances qu'il a faites relativement au procédé
dont il est l'inventeur, pour la décomposition du sel marin.
» Le 9 ventôse an vil , le Ministre de l'Intérieur François de Neufchâteau
lui accorde 3ooo francs dans le désir de faciliter les moyens de relever son
ancienne fabrique de soude artificielle. Il est vrai de dire qu'ils ne furent
pas payés.
» Le 1 4 brumaire an vni , le Ministre de l'Intérieur Quinette écrivait au
Ministre des Finances « pour l'inviter fortement à fixer une attention par-
» ticuiière sur le bien général qui pourroit résulter de la reprise des travaux
» de l'usine séquestrée. » Il ajoutait « que le produit de la vente de cette
» manufacture ne compenseroit jamais les services que Le Blanc pourroit
» rendre à la République s'il lui étoit permis de reprendre ses travaux et
» de leur donner une nouvelle activité. » -_■■'.
» Le 12 frimaire an ix, Fourcroy lui annonce un commencement de
justice, grâce à la bonne volonté de Chaptal alors ministre.
» Le 11 prairial an xi, sur le Rapport de trois de ses membres, Vauque-
lin, Molard et Guyton-Morveau, la Société d'Encouragement alors nais-
sante décidait qu'une somme de aooo francs, ses premières économies, se-
rait confiée à Le Blanc pour'l' aider à mettre de nouveau en activité la ma;-
(56g)
nufacture dont il avait repris possession. « Ce secours s'adresse, disent-ils,
» à l'homme probe et intelligent qui pendant la Révolution a rempli avec
» honneur diverses fonctions publiques fort importantes, qui le premier a
» conçu l'idée d'une fabrique de soude artificielle, qui l'a exécutée en
» grand avec tout le succès qu'on pouvoit désirer, et qui par son exemple
?> auroit affranchi la France du tribut qu'elle paye à l'étranger si les mal-
» heurs de la Révolution n'eussent interrompu ses travaux. » Cette somme
que la Société d'encouragement n'eût jamais réclamée, lui a été religieuse-
ment restituée par le fils de Le Blanc, sur les premiers produits du travail
de ses mains.
» Dans ces pièces, soit officielles, soit particulières, se manifeste de la
part de tous les hommes éminents de cette époque le sentiment de la plus
vive sympathie pour Le Blanc, de la plus grande confiance dans le succès
du procédé qu'il recommande, l'estime et l'affection la mieux sentie pour
le collègue et le collaborateur, car Le Blanc faisait partie de toutes les as-
sociations libérales où s'étaient réfugiés les amis de la science.
» Le Blanc mourut en 1806. Longtemps sa famille ne garda de ses
efforts pour créer l'industrie de la soude factice qu'un souvenir cruel. Là
où la France et l'Europe, là où l'Angleterre surtout chez qui le nom de
Le Blanc est si populaire, voyaient un glorieux effort de la science-, rivale
heureuse de la nature, réduisant l'Espagne à recevoir de nos mains ces
soudes qu'elle dispensait au reste du monde autrefois, les enfants de Le
Blanc ne trouvaient dans leur mémoire que des tourments sans nombre, de
longues années de misère, des démarches sans cesse renouvelées et presque
toujours vaines, une catastrophe enfin. Si Le Blanc obtient place à l'hon-
neur aujourd'hui, c'est bien justice, car sur lui a pesé tout entier le fardeau
de la peine.
» La famille de Le Blanc reçut de la part de tous les hommes qui culti-
vaient les sciences ces mêmes témoignages d'intérêt qu'ils avaient prodigués
à son infortuné chef. Les soins d'un Membre de cette Académie, M. Héron
de Villefosse, développèrent et mirent en lumière les rares talents du fils de
Le Blanc, l'artiste à qui est dû X Atlas de la richesse minérale, dont la pu-
blication a fait époque dans l'art de reproduire par le dessin les machines
et les appareils de l'industrie.
» Le Blanc fils devint professeur de dessin au Conservatoire des Arts et
Métiers, et personne n'ignore combien l'industrie française est redevable
à ses savantes leçons.
» Si Le Blanc succomba dans sa tentative, il faut en accuser la situation
C> R., i856, i« Semestre. (T. XLH, N° i5.) n6
( 5 7 o )
extraordinaire que lui firent les événements de la Révolution et l'inexpérience
générale alors des travaux et des choses de l'industrie qui en rendait tous
les procédés d'une difficile application,
» Pendant la vie de Le Blanc, il ne semble pas que ses droits comme
inventeur du procédé relatif à la fabrication de la soude artificielle aient
été mis en doute par personne. Mais en 1810, Dizé publia dans le Jour-
nal de Physique un Mémoire ou plutôt une réclamation où il cherche à
établir, en exposant la marche suivie dans les essais qui auraient amené
cette invention remarquable, que Le Blanc fut étranger à la pensée capitale
qui la caractérise. Le Blanc aurait pour lui le droit, non la vérité. Or, la
Section tenait à savoir où était la vérité.
» Selon Dizé, voici la part à faire à chacun dans l'invention de l'art
d'extraire la soude du sel marin : i° Tout le monde savait que le sel marin
contient de la soude ; a Q de la Métherie aurait le mérite d'avoir conseillé
d'essayer la calcination du sulfate de soude avec le charbon; 3° Le Blanc
et Dizé auraient vainement essayé de faire intervenir la craie sur le résidu
de cette calcination par voie humide soit à froid, soit à chaud; 4° Dizé au-
rait remarqué qu'en évaporant et chauffant au rouge dans une marmite
un mélange de soude sulfurée, de charbon et de craie, le résultat était sa-
tisfaisant; 5 Q d'Arcet, à qui Dizé aurait rendu compte de cet essai, lui aurait
conseillé de chauffer au rouge le "mélange de sulfate, de charbon et de
craie. L'essai ainsi conduit aurait réussi et la soude factice serait née presque
à l'insu et sans la participation de Le Blanc, à qui Dizé n'accorde d'autre
mérite que d'avoir formé des projets, dès 1787, touchant la décomposi-
tion du sel marin pour en retirer la soude.
» A la lecture de la Note très-spécieuse de Dizé, il se présente une foule
de difficultés à l'esprit, quand on connaît les actes que la Section de
Chimie est parvenue à retrouver :
i°. D'après Dizé, ce n'est qu'au mois d'août 1790 qu'aurait eu lieu la
découverte du procédé déjà si clairement décrit par Le Blanc dans le pa-
quet cacheté du 27 mars de la même année. Dizé aurait dit plus tard à ses
alentours, assure-t-on, que les premiers cristaux de carbonate de soude
avaient été recueillis au bruit du canon de la Bastille, c'est-à-dire le
14 juillet 1789. Mais Le Blanc ne parle jamais de cette coïncidence qu'il
n'avait nul motif de taire. Dizé, de son côté, avait oublié à; la fois et le
mois, et l'année, et cette coïncidence historique dont il a parlé plus tard,
lorsqu'il place au mois d'août 1790, dans son Mémoire imprimé, l'époque
où Le Blanc se présenta à lui avec des moyens de procéder dérivés delà
publication de la Métherie,, lorsqu'il répète ailleurs que le premier essai
( 5 7 i )
de ces procédés fut effectué dans les premiers jours d'août 1790, loisqu'il
revient plus loin encore sur cette date pour la confirmer.
2 . Dizé ne parle pas des quatre actes privés, qu'il connaissait bien
puisqu'ils sont signés par lui, où il reconnaît les droits de Le Blanc, l'acte
de Londres, le dépôt cacheté, l'acte de partage et l'acte de société. Il cite
au contraire le brevet obtenu par Le Blanc, c'est-à-dire le seul acte auquel
il n'ait pas participé ; il accuse Le Blanc de l'avoir obtenu par surprise.^
» Nous avons établi plus haut, par des pièces authentiques, que l'acte
passé à Londres est du ia février 1790, que le paquet cacheté est du
27 mars 1790, que l'acte de partage est du 1 5 janvier 1 791 et l'acte d'asso-
ciation du 27 janvier 1791.
» Or ces dates certaines, soit qu'on accepte la date de 1790, qui est si
formellement précisée par Dizé, soit qu'on reporte l'événement à 1789,
ainsi que le voudrait le représentant de sa famille, sont toutes inconcilia-
bles avec le résumé suivant fait par Dizé, qui dit, en s'adressant à de la
Métherie :
« Feu Le Blanc avoit formé des projets pour la décomposition du sel
» marin en 1787, puisqu'il m'en parla à cette époque.
» En 1789, vous avançâtes l'idée principale, savoir, de décomposer le
» sel marin" par l'acide suljurique et incinérer le tout avec du charbon.
» Le Blanc s'attacha à cette idée et il travailla d'après ces principes.
» En 1790, il présenta à M. d'Arcet le résultat de ses travaux qui n'é-
« toientaufond que l'exécution de vos observations imprimées en 1789.
» Le Blanc incinéroit à l'air libre, ce procédé étoit mauvais....
» L'addition du carbonate de chaux, procédé jugé le meilleur aujour*
» d'hui, a été faite pour la première fois dans le laboratoire du Collège de
» France, après des recherches suivies avec opiniâtreté pendant trois mois. »
» Comme ces recherches avaient été commencées, d'après Dizé, dans les
premiers jours d'août, ce serait vers le I er novembre 1790 qu'il faudrait
fixer l'époque où le premier échantillon de soude artificielle aurait été ob-
tenu, c'est-à-dire dix mois après l'acte de Londres!
» Dizé ajoute : * Il ne nous resta plus qu'à établir les doses du charbon et
» du carbonate de chaux, qui furent fixées, après bien des tâtonnements,
» à 100 de sulfate de soude sec, 100 de carbonate de chaux et 5o de char-
» bon en poudre. »
» Ces doses sont bien celles que Le Blanc donne dans son brevet en
1791; mais, comme on l'a vu plus haut, celles qu'il indiquait en 1790
à l'origine de l'affaire sont tout autres, et cependant Dizé prend bien ici
l'affaire à l'origine !
76..
(572)
s Dizé ajoute encore qu'àprèsavoir opéré dans de grands creusets de. i o à
1 2 livres, on jugea ce moyen peu praticable en grand. Il construisit, dit-il,
lui-même alors au Collège de France un petit fourneau à réverbère, dans
lequel on pouvait décomposer des mélanges plus considérables. On fabriqua
une masse de 3o livres de soude brute, et uue autre de 70 livres en cristaux.
Ces deux produits servirent enfin , d'après Dizé, de base au Rapport de
M. d'Arcet, et le duc d'Orléans promit alors un capital de. aooooo francs.
» Selon Dizé, la découverte aurait donc été complète du premier Jcoup,
tant au point de vue scientifique qu'au point de vue industriel. Avant le
Rapport de d'Arcet et la promesse du prince, tout était trouvé. ;
» Partons-nous des actes, nous trouvons tout le contraire. Les six points
suivants y sont clairement établis. En février et mars J790, Le Blanc con-
naissait l'emploi de la craie, mais il dosait encore mal ses matériaux ; il
employait le creuset, mais il ne parlait pas du four à réverbère; cependant
d'Arcet donnait son certificat, et le duc d'Orléans assurait 200000 francs. :
» Ainsi le récit de Dizé s'applique-t-il à 1 789, comme on pourrait le croire,
puisque ce qu'il raconte aurait précédé le certificat de d'Arcet et l'assurance'
donnée par le duc d'Orléans de fournir les fonds, comment le dosageexaçt
est-il indiqué dans son récit, tandis que nous avons trouvé dans le_ paquet
cacheté de 1790, un dosage tout à fait inexact encore?
» Le récit de Dizé s'applique-t-il à la fin de 1 790, comme le ferait croire
la connaissance qu'il suppose du bon emploi du four à réverbère pour la
fabrication de la soude et celle du dosage le plus exact des matières pre-
mières; mais alors, comment contester à Le Blanc la priorité de l'emploi de
la craie si bien précisé dans ce paquet cacheté de mars 1790?
» Nous ne nous chargeous pas d'expliquer les difficultés du récit de Dizé.
« Sa réclamation, reproduite en 18 19, à l'occasion de l'exposition des
produits de l'industrie, fut portée devant le Jury par le Ministre de l'In-
térieur. Le Jury y répondit de la manière suivante :
« Monsieur le Comte,
» Le Jury central de l'Exposition a pris connaissance de la Lettre que
» M. le Préfet du département de la Seine a adressée a Votre Excellence
» relativement à la réclamation faite par le sieur Dizé pour participer aux
» distributions promises par l'ordonnance du 9 avril dernier. Il était in-
» struit des titres qu'aurait eus lé S r Le Blanc, s'il existait encore, à cette
» récompense pour la découverte d'un procédé d<? décomposition du mu-
» riate de spude, pour en extraire la soude; il savait combien le sieur Dizé
» était étranger à cette découverte,
(5 7 3)
» La découverte du sieur Le Blanc est ancienne; cet artiste étant mort,
b le Jury central de l'Exposition croit n'avoir rien à exposer au Ministre à
» cet égard. Mais il pense devoir se joindre à M. le Préfet de la Seine et au
» Jury du même département pour appeler la bienfaisance de Votre Excel-
» lence sur la famille de cet artiste, qui a rendu à l'industrie des services
» aussi réels, par une découverte qu'on peut placer au nombre des décou-
la vertes les plus utiles faites depuis trente ans. ■
» Le 2 septembre 1819.
» Signé Le Duc de Larochefoucadlt. »
» En i852 parut une Notice sur la découverte de la soude, écrite d'après
des Notes fournies par Dizé, qui vivait encore alors, où se trouvent repro-
duites et développées les assertions du Mémoire de 1 8 1 o ; mais l'auteur de la
Notice ne connaissait aucun des actes authentiques cités dans ce Rapport.
» Enfin l'Académie ayant été saisie de l'examen de la Lettre adressée à
S. M. par la famille Le Blanc, une réclamation de la famille Dizé lui est im-
médiatement parvenue, comme nous l'avons dit précédemment.
» La Section, dans son impartialité, a demandé à chacun des représen-
tants de ces deux familles la production des pièces authentiques annoncées
comme étant en leur possession ou à leur disposition.
» La famille Le Blanc a produit avec empressement toutes les pièces
qu'on lui a demandées, et en particulier l'acte de Londres, le dépôt ca-
cheté, l'acte de partage des bénéfices entre Le Blanc et Dizé, l'acte de société
définitif, le brevet d'invention, et nombre d'actes ou de pièces contempo-
rains parfaitement d'accord entre eux, justificatifs des droits de sou auteur.
» La famille Dizé, de sou côté, s'appuie sur la réclamation produite par
Dizé en 1810 et sur la persistance avec laquelle il n'a cessé jusqu'à la fin de
sa vie d'essayer de faire prévaloir ses prétentions. Mais le représentant de
la famille Dizé, appelé par la Section de Chimie et mis en demeure de
fournir les pièces authentiques établissant les droits de Dizé qu'il avait
annoncées, a déclaré n'avoir rien à donner de plus que l'écrit où il analyse
et commente le Mémoire publié en 18 10 par Dizé.
» Si le représentant de la famille Dizé eût fourni les pièces qu'il avait
annoncées, ou, à leur défaut, qu'il eût retiré sa Lettre, ainsi que le désirait la
Section, il eût rendu notre tâche moins pénible, et il aurait épargné à l'Aca-
démie l'obligation d'entendre tous les détails qui précèdent; mais, comme
nous l'avons dit, il ne suffisait pas à la Section de savoir où était le droit,
elle voulait savoir surtout où était la vérité.
» Il est évident, en effet, que s'il s'agissait de reconnaître que Dizé a été
( 5 7 4 )
mêlé aux essais effectués par Le Blanc pour perfectionner le dosage des ma-
tières employées dans la fabrication de la soude, qu'il est devenu son associé
et qu'il en aurait les droits commerciaux, qu'il a pris une part importante
dans l'organisation des fourneaux et du matériel delà fabrique de la Mai-
son-de-Seine, qu'il aurait spécialement droit aux deux cinquièmes de tous
les bénéfices résultant pour Le Blanc de l'invention de la soude, il n'y aurait
aucune difficulté, car tout cela est constaté et authentique.
» Mais, comment la Section de Chimie pourrait-elle admettre que Le Blanc
n'est pas l'auteur du procédé par lequel la soude factice a été obtenue, lorsqu'il
est reconnu pour tel par Dizé, par d'Arcet, par Shée dans cinq actes sérieux et
authentiques et dans toute leur correspondance, lorsque les contemporains
sont unanimes à lui attribuer ce mérite, lorsque l'enchaînement des faits
produits par lui est logique et que rien n'y offre d'obscurité, lorsque sa vie
durant aucunes réclamations de ce genre ne se sont produites, quand on a
attendu sa mort pour les faire entendre, lorsque ces réclamations enfin re-
posent uniquement sur un récit plein de contradictions fait par la personne
intéressée?
- » Tout en respectant les sentiments de la famille Dizé, la Section de Chi-
mie appelée à exercer les devoirs d'une véritable magistrature, déclare donc,
en vue du droit, mais non moins en vue de la vérité, qu'à ses yeux les actes
authentiques établissent tous que Le Blanc est l'auteur de la découverte du
-procédé relatif à la fabrication de la. soude artificielle, et que les témoi-
gnages contemporains dont elle a eu connaissance sont tous d'accord avec
4a teneur de ces actes,
» En ce qui concerne de la Métherie, en particulier, dont le nom est si
souvent invoqué, il a lui-même publié plusieurs fois que Le Blanc était l'au-
teur de la découverte de la soude artificielle, et que c'est lui qui a introduit
la craie dans cette opération. .-._-...-.
» La découverte de la soude factice a mis à la disposition des arts indus-
triels un alcali puissant, à bas prix, dont la production ne connaît pas de
limite, puisqu'elle a pour base le sel marin. Son exploitation a donné un
essor immense à la fabrication de l'acide sulfurique dont elle assurait le
débouché, et elle a été de la sorte l'occasion de tous les progrès qui s'y sont
introduits, La fabrication de la soude artificielle, en faisant naître de prodi-
gieusesquantités d'acide chlorhydrique, a donné une matière première à bas
prix propre-à la création du chlorure de chaux, que les blanchisseries des
fils ou des toiles de coton, de chanvre ou de lin, ainsi que les papeteries,
consomment en quantités prodigieuses. Les verreries et les savonneries,
depuis qu'elles peuvent disposer de ces soudes factices qu'on approprie si
( 5 7 5 )
facilement et si exactement à leurs besoins variés, ont fait des progrès
immenses pour la qualité et pour le bon marché de leurs produits.
» Depuis le commencement du siècle, toute l'industrie des produits chi-
miques en Europe pivote autour des manufactures de soude artificielle et
s'empare de leurs procédés ou vit de leurs produits. On peut estimer qu'en
!855 les usines à soude ont produit en Angleterre i5o millions de kilo-
grammes de cet alcali à divers états et ont mis en mouvement une valeur de
3o millions. En France, la production s'est élevée à 60 ou 80 millions de
kilogrammes, et elle peut être considérée comme égale au moins à ce chiffre
pour le reste de l'Europe.
» La découverte de la soude artificielle est donc un des plus grands bien-
faits, sinon le plus grand, dont les arts chimiques aient été dotés depuis
soixante ans. Pour s'en faire une juste idée, il faudrait ajouter que la valeur
vénale de la soude, ainsi que celle des produits qui se rattachent immédia-
tement à sa fabrication ayant baissé depuis le commencement du siècle
dans le rapport de 10 : 1, si le commerce et la consommation reçoivent en
Europe maintenant pour 1 00 millions de marchandise par cette voie, il fau-
drait, pour être exact, dire que si la soude factice n'eût pas été inventée, les
jouissances que le consommateur se procure à son aide lui coûteraient un
milliard. ,
» L'importance de l'objet dont nous venons d'entretenir 1 Académie, les
scrupules qui nous ont arrêtés plus d'une fois dans cet examen de titres
inconnus jusqu'ici et de prétentions mal appréciées, expliqueraient la lon-
gueur de ce Rapport et les détails où nous sommes entrés, lors même que
la Section ne trouverait pas ailleurs son excuse. Mais, consultée au nom de
Sa Majesté, toujours aussi empressée de fermer les plaies et de réparer les
maux du passé qu'elle l'est d'ouvrir les grandes perspectives de l'avenir, la
Section ne devait rien négliger pour se mettre en mesure de signaler avec
certitude à sa justice et à sa bonté la mémoire du véritable inventeur de l'in-
dustrie qui a si justement excité son intérêt.
Conclusions.
» La Section de Chimie est d'avis d'adopter les conclusions, suivantes :
» i°. La découverte importante du procédé par lequel on extrait la soude
du sel marin appartient tout entière à Le Blanc ;
» 1°. Dizé n'a fait de recherches en commun avec Le Blanc que pour
mieux déterminer les proportions des matières à employer dans la fabrica-
tion de la soude et pour établir la fabrique de Saint-Denis ;
». 3V Si donc, comme le désire lafamille Le Blanc, il s'agit de rendre un
1 * 7 6 )
juste hommage â l'auteur de la découverte de la soude factice, c'est! k
mémoire de Le Blanc qu'il est dû, c'est à sa famille que le témoignage doit
en être adressé;
» 4°- S'il s'agissait, en outre, d'indemnités à accorder en raison des
pertes éprouvées par suite du séquestre mis sur la fabrique de Saint-Denis
ou de la divulgation du brevet de Le Blanc et de son annulation, sauf avis
d'une autorité plus compétente, la Section penserait que ces indemnités
doivent être partagées entre les divers associés, aux termes dèl'acte d'asso-
ciation du 27 janvier 170,1 .
» Elle a l'honneur de soumettre son Rapport et ses conclusions à l'appro-
bation de l'Académie. » ■ - -
Après une discussion à laquelle prennent part MM. Thenard, Morin,
Poinsot et Poncelet , le Rapport est adopté.
Avant, que ce Rapport ait été mis aux voix, l'un des Membres de la
Commission, M. Chevredl, a lu la Note suivante, dans laquelle il expose
son opinion particulière sur la question débattue :
^ « En donnant mon opinion séparément de la Section de Chimie sur
l'affaire dont l'Académie a été saisie, je ne viens pas combattre la conclu-
sion du Rapport en ce qui est de faire droit à la demande adressée par
M. le marquis de Manoury d'Ectot à S. M. l'Empereur pour obtenir une
réparation du dommage que Le Blanc aurait éprouvé par suite du séquestre
mis par ordre de la Convention sur son usine et de la divulgation du procédé
dont il était l'inventeur pour la fabrication de la soude artificielle. Mais
par la raison que cette indemnité est juste, l'associé de Le Blanc, Dizé, y a
un droit incontestable. . '
» Voulant épargner le temps à l'Académie, et rien à mon sens n'étant
plus Oiseux que des appréciations de plus on de moins de participation à
une découverte, lorsqu'on présente xm acte notarié où deux parties inté-
ressées reconnaissent que l'une a une propriété différente de celle de l'autre
partie, je garde ces appréciations pour les exposer ailleurs (1). Je me borne
à dire maintenant que ma conviction est que Dizé a coopéré aux expé-
riences qui ont servi de base à la fabrication de la soude avant tout acte
notarié.
» Cette déclaration faite, je demande si la famille Dizé tf a pas un droit
parfaitement établi pour réclamer une indemnité? Mon opinion repose sur
les faits suivants : ■ ■ *
(1) Dans mes Considérations, générales sur l'Histoire de la Chimie,
( 5 7 7 )
» Dizé était associé au duc d'Orléans, à Le Blanc et à Shée, en vertu de
deux actes notariés, le premier passé à Londres le ia de février 1790, le
second passé le 27 de janvier 1791 à Paris. En outre, un acte passé entre
Le Blanc et Dizé, à la date du i5 de janvier 1791, établissait leurs parts
respectives dans les bénéfices nets des deux procédés.
» Pour la soude et le sel ammoniac, le bénéfice net est partagé en
cinq parts, dont trois à Le Blanc, ses héritiers ou ses représentants , et deux
à Dizé, ses héritiers ou ses représentants.
» Pour la fabrication de la céruse, le bénéfice net est partagé en cinq
parts, dont trois à Dizé, ses héritiers ou ses représentants, et deux à
Le Blanc, ses héritiers ou ses représentants.
» Quant à d'autres produits qu'on pourrait fabriquer, le bénéfice net
serait partagé également entre les deux.
» Si, respectant le temps de l'Académie, je n'ai pas voulu exposer les
raisons que j'ai d'accorder une part de coopération à Dizé dans la décou-
verte même du procédé de la fabrication de la soude à une époque qui
précéda l'acte d'association passé à Londres le 1 a de février 1 790, je ne puis
me dispenser de montrer la part de Dizé depuis cette époque.
» Le procédé de fabrication de la soude certifié par d'Arcet, à la date du
24 de mars 1 790, consiste à chauffer dans des creusets,
Sel de Glauber calciné. . . 100 parties.
Craie 5o »
Charbon a5 »
» Dans le brevet d'invention pris par Le Blanc seul le a5 de septembre
i 79I , on n'opère plus dans des creusets, mais dans des fours de réverbère^
et les proportions sont :
Sel de Glauber calciné. . . 100 parties.
Q ra i e 100 au lieu de 5o.
Charbon 5o au lieu de a5.
» Sans examiner si Le Blanc avait le droit de prendre un brevet en son
nom après avoir pris part à une association avec Dizé, Shée et le duc d'Or-
léans, association reposant sur trois actes notariés, je demande si Dize n a
pas eu une grande part dans la modification apportée au procédé certifie par
d'Arcet à la date du 2 4 de mars 1790? La réponse à cette question est fa-
cile : Dizé, âgé de vingt et quelques années, était le chimiste de la société,
et c'est, selon moi, à ce titre seulement qu'il se trouve associé avec un prince
du sang, avec un des médecins de la maison du prince, âgé de 4o ans, et avec
C. R., i856, I er Semestre. (T. XLII, K° 15.) 77
cm.)
tm deseshommgs d'affaires. H fi st si Men fë chimiste de la société^ quéy dans
le Rapport officiel fait au Comité de Salut public au nom d'une Commit
sion composée de Lelièvre, Pelletier, d'Arcet et Alexandre Giroud, et publié
en messidor de l'an n par ordre de ce Comité, il est dit :
« L'établissement est déjà tout formé à Franciade; le cit. Dizé, l'un des
» co-associés, en a dirigé particulièrement la construction : elle est faite de
» manière qu'il peut servir également à toute espèce d'usages et de procédés
» de ce genre. C'est une justice que- lui rendent ses Co-associés. *-
» Ce jugement porté sur Dizé, et par une Commission du gouvernement
et par ses co-associés, met hors de doute le vrai motif del'association du
jeune préparateur du Collège de France avec le duo d'Orléans, Le -Blanc et
ohee. , '
^ » En définitive, i° si une réparation du dommage que Le Blanc aurait
éprouve par suite du séquestre mis par otdre de la Convention sur son usine
est : due a sa hmïï^lafamlle dzDizé, teco-associédeZe Blanc, a un droit
égala cette réparation, puisque te coup qui frappa l'un a frappé l'autre.
Je conclus donc à ce sujet comme mes collègues de la-Section de-CMmie
» 2 °. Mais reconnaître que la découverte de la fabrication de fa soude
appartient tout entière à Le Blanc serait contraire à ma conviction- car
conformément à tout.çe que j'ai entendu dire à propos de la réclamatioû
quefitDizeen 1810 (1), et parce que j'ai toujours eu foi en sa loyauté, je
ne doute point de sa coopération avec Le Blanc avant leur acte d'association »
. ,_ . SOMMATIONS.' ^
. ■: L'Âcadémie,procèdê, par lavoiedu scrutin, à la nomination d'unMem^
bre qui remplira , dans la Section de Médecine et deCmrurgie, la olace va-
cante par suite du décès de M. Magendie, ' l
Au premier tour de scrutin , le nombre des votants étant 5 7 ,
M. Jobërt, de Lamballe, obtient. ." . 3 3 suffrages
- M.Looget. , ,. . .. . , ; .;. . . .. . . lg s _"
; M, Cruveilhier ....,, , q
MM. Bàudens , Poiseuilie et Laugier, chacun 1 ■ - ■
-Auom des candidats u'ây^obtenu la majorité absolue dessuffrages, on
procède a un deuxième scrutiu. : : - ~ - - - ■' - -
- (l> S'il existe^ erreur-de date Ans-cette réclama tibrt, il en est Une plus grave iZn
sens, dans uîi écrit de Le Blanc. ' . . . . _ _ _ ' S > mon
(5 7 9)
Le nombre des votants restant 67,
M. Joliert obtient 28 suffrages.
M. Longet 2 3
M. Cruveilhier 5
Il y a un billet nul.
Aucun des candidats n'ayant obtenu la majorité absolue, on procède à
un scrutin de ballottage (1).
Le nombre des votants étant encore B'],
M. Jobert obtient 29 suffrages.
M. Longet. 28
M. Jobert, deLamballe, ayant réuni la majorité absolue des suffrages,
est proclamé élu.
Sa nomination sera soumise à l'approbation de l'Empereur.
MÉMOIRES PRÉSENTES.
ORGANOGÉKiE végétale. — Mémoire sur l'origine et le développement de la
cuticule (première partie); par M. A. Trécul. (Extrait.)
(Renvoi à l'examen de la Section de Botanique.)
« Les parties encore jeunes des végétaux ligneux et les plantes herbacées
sont revêtues à l'extérieur d'une membrane mince, à laquelle on a donné
le nom de cuticule. Cette cuticule recouvre immédiatement les cellules à
matière verte chez certaines espèces (Ex. Ceratopteris thalictroïdes, Fega-
tella conica, etc.), qui n'ont pas d'épiderme proprement dit; ailleurs elle
est appliquée sur les cellules de l'épidémie (Pistia, etc.) ; mais le plus sou-
vent cette cuticule est séparée des cellules sous-jacentes par une couche plus
ou moins épaisse dont les caractères anatomiques et chimiques varient sui-
vant les plantes que l'on examine. Dans le Ceratophyllum demersum, le
Vallisneria spiralis, etc., cette couche intermédiaire est fort mince et bleuit
au contact du réactif proposé par M. Payen pour dévoiler la présence de la
cellulose (l'iode et l'acide sulfurique); dans le Dianthus plumarius , etc., elle
(1) A ce troisième tour de scrutin, une irrégularité signalée au moment où les bulletins
étaient déjà comptés, mais avant qu'où en eût commencé le dépouillement, a déterminé
l'Académie à annuler ces bulletins et à faire recueillir «ne seconde fois les votes.
77-
( 58o )
est plus épaisse et bleuit aussi tout entière ; dans VJmaranthus viridis, la
partie la plus externe de cette substance médiane ne bleuit que difficilement;
dans une multitude de végétaux, la partie placée près de la cuticule jaunit
ou brunit comme cette dernière sous l'influence des réactifs indiqués; dans
le Viscurn album, la couche entière, qui est verte, brunit. Ce sont les pro-
priétés de ces diverses parties, leur origine et celle de la cuticule qui font
le sujet de ce travail. Avant d'aller plus loin dans l'exposition de mes ob-
servations, je dirai brièvement ce que l'on a pensé jusqu'ici de la nature de
ces diverses couches.
» La cuticule fut découverte en 1757 par Ludwig; elle fut entrevue par
Duhamel en 1758, et observée de nouveau en 1762 parBén. de Saussure.
Hedwig, en 1793, la crut composée de deux membranes entre lesquelles il
s'imaginait voir un sytème de vaisseaux lymphatiques. Sprengel, puis de Mir-
bel, Rudolphi, montrèrent que ces prétendus vaisseaux ne sont que des lignes
correspondant aux parois latérales des cellules de l'épiderme, et ils ont dit
que la cuticule, qu'ils appelèrent aussi épiderme, n'était que la paroi exté-
rieure des cellules superficielles. Jusqu'en i834, on discuta sur l'existence
de la cuticule , mais depuis le Mémoire de M. Ad. Brongniart, qui fit voir la
généralité de son existence, la discussion n'eut plus pour objet que l'ori-
gine et la constitution de cette membrane. Depuis cette époque^ plusieurs
opinions ont été émises pour expliquer sa nature. La première consiste à
regarder la cuticule comme une membrane essentiellement indépendante
des cellules sous-jacentes. Déjà, en 1829, Turpin l'avait considérée comme
une immense cellule dans laquelle se développeraient toutes les autres par
une multitude de générations successives. Cette idée. fut reproduite par
MM. Hartig, Karsten et Garreau. 2 . M. H. Mohl, après avoir dit que la
cuticule était formée par de la matière intercellulaire, qu'il considérait alors
comme préexistant aux cellules, annonça, en 1842, que la cuticule était for-
mée par la réunion de la membrane primaire ou externe des cellules super-
ficielles, doublée à l'intérieur par des couches secondaires ou d'épaississe-
ment. Il est important de noter qu'alors M. Mohl n'avait pas encore eu
l'idée de son utricule primordiale. M. Wigand. a .sur. la cuticule un avis
analogue à cette opinion de M. Mohl. 3°. Treviranus prétendit, en i835, que
la cuticule devait être attribuée à une matière coagulable versée à l'extérieur
par les cellules de l'épiderme et concrétée. A cette manière de voir se sont
ralliés MM. Valentin, Payen, Schleiden, et enfin M. Mohl lui-même. Cette
opinion a pour elle les apparences, ainsi que nous le verrons. 4°« Une autre
théorie est soutenuepar M. Schacht. Cet anatomiste admet avec M. Mohl,
( 58i )
pour chaque cellule , une utricule primordiale azotée, non composée de
cellulose, qui sécrète à l'extérieur des couches d'épaississement formées de
cellulose. Ce serait la première de ces couches, la plus externe, qui consti-
tuerait la cuticule proprement dite; les autres, plus internes, qui brunissent
par l'iode et l'acide sulfurique, sont nommées par lui, avec M. Mohl, couches
cuticulaires ; celles qui ne bleuissent pas et qui sont plus rapprochées de l'u-
tricule primordiale sont appelées couches d'épaississement. Cette théorie de
l'utricule primordiale (sans cellulose) génératrice pourrait être soutenue
avec succès, si- je n'avais pas prouvé, dans la séance du 6 novembre i85/j,
qu'il peut se former des couches secondaires à l'extérieur de la première
membrane de cellulose aussi bien qu'à son intérieur. Je ferai voir d'ailleurs,
dans la deuxième partie de ce travail, qu'il peut y avoir épaississement con-
sidérable loin de cette prétendue utricule primordiale, et dans des circon-
stances dans lesquelles il est impossible d'invoquer son action. Dans le même
Mémoire, j'ai établi un autre principe, que je n'ai pas donné comme géné-
ral, parce qu'il ne l'est pas : c'est celui du dédoublement des membranes
cellulaires. Depuis ma publication, ce principe a été admis par M. Hartig,
qui, abandonnant son ancienne théorie, l'a généralisé bien à tort. Eh bien,
c'est un tel dédoublement de la paroi extérieure des cellules de l'épiderme
qui donne naissance à la cuticule. Je dis qu'il y a un dédoublement de la
membrane cellulaire, et non une excrétion proprement dite, parce que les
deux membranes, au moment de leur séparation, ont la même épaisseur et
le même aspect, tandis que les parties excrétées ont une apparence différente
de la partie sécrétante. C'est ainsi que la matière intercellulaire se distingue
de la paroi de l'utricule qui lui a donné naissance; c'est ainsi également que
les couches qui s'interposent souvent entre la cuticule et la paroi cellulaire
se différencient de l'une et de l'autre, à l'origine du moins ; et c'est précisé-
ment l'excrétion de ces couches qui a fait croire à celle de la cuticule. Au
reste, je me suis expliqué plus longuement dans mon Mémoire cité précé-
demment sur le sens que j'attache aux mots excrétion et dédoublement.
» On a beaucoup parlé jusqu'ici de l'origine de la cuticule; cependant
peu d'anatomistes, en réalité, l'ont décrite, et aucun ne l'a figurée à sa nais-
sance dans les végétaux élevés en organisation. J'ai l'honneur de mettre sous
les yeux de l'Académie un grand nombre de figures qui la représentent à
cette époque et dans toutes les phases de son développement. Voici com-
ment elle apparaît. Les cellules superficielles ne sont, dans l'origine, munies
que d'une paroi parfaitement homogène et qui paraît simple; mais d'ordi-
naire, quelque jeunes que soient ces cellules, la paroi externe se dédouble
(.Ôfe )
quand elle est mise en contact avec l'iode et l'acide sulfurîque^la pellicule
externe jaunit OU brunit, c'est la cuticule ; tandis que l'interne devient bleue
et se gonfle plus ou moins. C'est cette membrane bleuissante qui sécrète ou
excrète, si on l'aime mieux, les couches que l'on voit s'interposer plus tard
entre elle et la cuticule. Si je n'avais que de tels faits, la vérité de mou asser-*
tion ne serait pas démontrée, et il serait difficile de prouver que la cuticule
n'est pas une membrane indépendante des cellules qu'elle revêt, ou une
cellule enveloppante, mère de toutes les autres ; mais j'ai trouvé des plantes
qui ne laissent rien à désirer à cet égard, car elles présentent à la fois des
parties pourvues d'une cuticule et des parties qui n'en ont pas. Dans celles
qui n'ont pas de cuticule, la paroi cellulaire reste simple et bleuit tout entière
sous l'influence de l'iode et de l'acide sulfurique. Un bel exemple de ce
phénomène est offert par les feuilles du Tillandsia zonata ; leur épiderme
est environné d'une cuticule qui se colore en jaune ou en brun par l'action
des réactifs cités, tandis que les innombrables écailles peltées qui ornent ces
feuilles n'en sont pas munies; la paroi extérieure de chaque cellule de ces
écailles reste simple et devient du plus beau bleu. La cuticule n'est donc
pas une cellule enveloppant toute la plante, puisque ces écailles n'en sont
pas revêtues. Je citerai bientôt des preuves d'une autre nature. Le Pistia,
qui vit à la surface de l'aquarium du Muséum d'Histoire naturelle, est non
moins iqtéressant, car l'épiderme du limbe de ses feuilles, ainsi que les poils
qu'il supporte, ne paraissent pas avoir de cuticule quand on les examine sans
le secours de l'iode et de l'acide sulfurique; quand on se sert de ces réactifs',
on rencontre quelquefois des cellules dont la paroi externe bleuit sans se
dédoubler; le plus souvent cependant la paroi externe se divise en deux
membranes : l'une interne se gonfle et bleuit; l'autre externe (la cuticule)
parait bleue, jaune ou brune, suivant son âge et suivant le degré de concen-
tration de l'acide, qui l'altère facilement, ainsi que le tissu cellulaire qu'elle
.enveloppe. En agissant avec précaution, on obtient fréquemment une cuti-
cule très-bleue. Cela prouve que, dans le principe, cette membrane est for-
mée de cellulose, ce qui n'avait pas été démontré directement. Pour obtenir
ce résultat, il faut opérer de Ja manière suivante. Ou place les coupes trans-
versales dans la teinture aqueuse d'iode, on ajoute ensuite de l'acide sulfu-
rique dilué au contact de l'air, puis un peu d'acide plus fort, mais pas trop
-concentré. Bientôt on peut distinguer la membrane cellulaire delà cuticule;
la première se gonfle et bleuit ; la seconde reste mince, mais bleuit aussi, s i
elle est assez jeune. Si l'on se servait tout de suite d'acide assez concentré,
la cuticule deviendrait jaune-brun, le tissu çelhUaire bleuirait, puis brunirait
( 583 )
à son tour, quelquefois même deviendrait brun sans avoir bleui, et finirait
par se dissoudre (i).
» Ainsi, la membrane qui doit produire la cuticule est d'abord simple
homogène, puis elle se partage en deux membranes parallèles, d'é°ale épais'
seur, et présentant le même aspect. L'extérieure est la cuticule de & la cellule
correspondante. La cuticule générale est donc composée d'autant de partes
qu'il y a de cellules superficielles, au moins à l'époque de sa formation- car
dans le Viscum album, par exemple, la pellicule externe d'un rameau déjà
âgé a certainement moins de parties qu'il y a de cellules dans l'épiderme de
ce rameau au moment de l'observation ; mais la cuticule végète, s'étend a
mesure que les cellules se multiplient. ' '
» Je terminerai cette première partie en indiquant comment on doit con-
cevoir l'union intime, la continuité de ces parties. A l'époque à laquelle s'ef-
fectue le dédoublement de la membrane cellulaire primitive, les cloisons qui
séparent les cavités utriculaires de l'épiderme sont aussi formées d'une
membrane simple, qui ne se divise pas par l'action de l'acide sulfurique-
ce n'est que postérieurement qu'elles se partagent en deux pellicules appar-
tenant à chacune des cellules collatérales, et que de la matière dite ùlter*
cellulaire est sécrétée par elles. Ces cloisons ou parois latérales des cel-
lules étant simples ou très-intimement unies dans l'origine, il est évident
que la cuticule qui se sépare de chaque cellule doit être parfaitement conti-
nue avec les cuticules partielles qui naissent des cellules adjacentes. »
chimie physiologique. _ Sur Vabsence de l'acide hippurique dans l'urine
de cheval; par M. Roussis. (Extrait par l'auteur.)
(Commissaires, MM. Bottssingault, Payen.)
« Des analyses d'urine de cheval, qui semblent exécutées avec beaucoup
tl^rTT'l C6lIeS ^ MM> dG Blbra Gt Boussiogauk, offrent dans le
chiffre de 1 acide hippurique de si forte* différences (a), qu'on ne peut
raisonnablement les attribuer à des erreurs de calculs ou d'expériences H
canven.it d en rechercher la cause, et c'est dans ce but qu'ont été insti-
tuées les expériences qui font l'objet de notre Mémoire : les résultat,
Jl P r U - faCiHter 1>0bs f ^ ' m P eHC cte «^r m peu dans l'eau les coupes, afin d'en
dégager l'air retenu entre les poils.
(*) M. Boussingault admet #> tl d'hippurate de potasse, et M, de JBibra ,2^,60 d'acide
hipp imqRe W «r feitegraraiHê d'urine de cheval . '
(584)
qu'elles ont donnés sont consignés dans le tableau suivant où nous met-
tons en regard les proportions d'urée, dosées sous forme d'azotate sec.
SUMÊKOS
des
expérience:
1.
S.
S.
4.
S.
6.
1.
8,
9.
Chevaux d'omnibus
Chevaux de spahis travaillant,
Étalons arabes complètement oisifs ,
Étalons arabes complètement oisifs \
Étalons arabes complètement oisifs
Étalons arabes complètement oisifs
Chevaux de spahis travaillant
Cheval arabe fatigué après une longue course. . . .
Cheval arabe fatigué après une très-longue course
AC. HIPPURIQUE
pour
i litre.
AZOTATE |D UREE
pour
i litre.'
7.8
Non déterni
10,0
i8« r
o,o
3a,
o,o
35
o,o
33
o,o
34
5,o
21
i3,o
12
4>° .
i5
S. B. - Ainsi qu'on le sait, tous les chevaux arabes sont entiers. Les chevaux désignés' comme
étalons sont ceux qui ont l'habitude de saillir.
» Les conclusions ressortent du tableau même. Les chevaux qui fatiguent
beaucoup produisent beaucoup d'acide hippurique et peu d'urée compa-
rativement. Les chevaux bien nourris et oisifs ne produisent que peu ou
point d'acide hippurique; l'urée, au contraire, envahit les urines dans une
forte proportion. La limpidité de l'urine peut servir d'indice. Si ce liquide
est clair et laisse déposer peu de carbonate calcaire, il contient beaucoup
d'urée et fort peu d'acide hippurique. L'urine- des chevaux est-elle trouble
et jumenteuse, on peut être assuré qu'elle contient d'assez fortes propor-
tions d'acide hippurique.
„ L'activité respiratoire et l'emploi des forces musculaires semblent donc
transformer l'urée en acide hippurique. Le repos, au contraire laisse
l'urée intacte et paraît peu propice à sa transformation en acide nip-
purique. »
M Itom soumet au jugement de l'Académie un Mémoire ayant pour
titre : Des causes commerciales et administratives de l'insuffisance et de
la surabondance périodique de la production du blé en France.
Ce Mémoire est renvoyé à l'examen d'une Commission composée de
( 585 )
MM. Boussingault, de Gasparin, Payen, Commission qui appréciera si, d'a-
près la nature des questions traitées et le point de vue auquel se place l'au-
teur, le travail ne serait pas plutôt du domaine de l'Académie des Sciences
morales et politiques.
M. Lacrent adresse, de Chaumont, une Note sur un nouveau procédé
d'aimantation qu'il désigne sous le nom à' aimantation par condensation.
Cette Note, dont l'analyse serait difficilement comprise sans le secours
d'une figure, est renvoyée à l'examen d'une Commission composée de
MM Pouillet et Babinet.
M. Claczcke adresse, d'Àngoulême, une réclamation de priorité à l'occa-
sion d'une Note de M . Leclerc, relative à Y action des infusions végétales sur
le sang veineux fraîchement sorti de la veine, Note présentée à l'Académie
dans la séance du 3 mars 1 856.
« C'est moi, dit M. Clauzure, qui le premier ai institué ce mode de re-
cherches. Dès l'année dernière, j'en ai communiqué les principaux résultats
à M. Leclerc, ainsi que le montrent les Lettres qui sont en ma possession.
Comme, cependant, le Compte rendu paraît n'avoir donné qu'un extrait de
la Note, j'aime à croire que dans la Note complète se trouve la preuve que
M. Leclerc n'a pas eu l'intention de publier ces résultats en son propre
nom, sans en indiquer l'origine, ou au moins sans mentionner ma partici-
pation. »
(Renvoi à l'examen d'une Commission composée de MM. Flourens, Coste,
Bernard, Commission qui est également chargée de prendre connaissance
de la Note de M. Leclerc.)
M. Bocmceatj envoie son septième Mémoire sur VHirudo sanguisuga.
(Commission précédemment nommée.)
L'Académie reçoit et renvoie à l'examen des Commissions compétentes
les Mémoires suivants destinés à des concours pour les prix de l'année 1 856,
prix sur des questions proposées ; savoir :
Grand prix des Sciences mathématiques ; question concernant le dernier
théorème de Fermât; deux Mémoires inscrits sous les n ' 6 et 7.
C. B., i856, i" Semestre. (T. XLU, N° 15.) 7^
( '586 )
Grand prix des Sciences mathématiques : question concernant le perfec-
tionnement de la théorie mathématique des marées,' un Mémoire inscrit
sous !en° i.
Grand prix des Sciences physiques : question concernant le développe-
ment de l'embryon; un manuscrit intitulé : Recherches d 'embryologie com-
parée sur le développement de la truite, du lézard et du limnêe. Cet ouvrage,
qui est accompagné d'un atlas, a été inscrit sous le n° i.
L'Académie reçoit également divers travaux destinés à concourir pour
divers prix de la fondation Montyon, savoir :
Pour les prix de Médecine et Chirurgie les Mémoires dont les titres
suivent :
Anatomie omalograpkique : Collection de dessins représentant, de gran-
deur naturelle, des coupes des principales régions du corps humain, d'après
des sections pratiquées sur des cadavres congelés; par M. E. Legesdre.
Mémoire sur un nouvel urétrotome sur conducteur, pour pratiquer l'are*
trotomie d'avant en arrière et sans dilatation préalable; par M. Boinet,'
Considérations sur les variations anatomiques et pathologiques du poids
de l'utérus; par M. Gariel. .'
Considérations sur la literie des établissements hospitaliers; par im
MÊME. ' ^ t
Recherches sur l'asphyxie; par 'M. F auke.
Concours pour le prix dit des Arts insalubres :
Mémoire sur les accidents que développe^ chez les ouvriers, en caoutchouc,
l'inhalation du sulfure de carbone en vapeur; par M. A. Delpech.
Notice sur les appareils et procédés de blanchissage à la vapeur libre et
sans pression; par M e . S; Charles. :
Concours pour le prix de Mécanique ( fondation Montyon) : . j
Description de dwers instruments anémométriques en usage à l'observa*
toire météorologique de la Flèchej par M- Tabpexot, professeur au Pryta-
née militaire.
( 58 7 )
M. Renault, directeur des études à l'École vétérinaire d'Àîfort, prie
l'Académie de vouloir bien admettre au concours pour les prix de Méde-
cine et de Chirurgie deux ouvrages qu'il lui adresse, l'un déjà publié de-
puis longtemps, Mémoire sur une des causes les plus fréquentes de la
gangrené traumatique; l'autre, tout récent, sur la question de savoir si le
typhus contagieux du gros bétail peut naître spontanément sur les animaux
de l'espèce bovine étrangère à la race dite des Steppes.
M. Renault prie, en outre, l'Académie de vouloir bien comprendre éga-
lement parmi les pièces du concours un Mémoire précédemment présenté
par lui : Etudes expérimentales sur l'absorption des virus. Ce Mémoire
ne s'étant pas retrouvé dans les papiers de M. Magendie, à qui il avait
été envoyé, M. Renault espère que l'Académie, prenant en considération
le temps nécessaire pour faire une nouvelle rédaction d'après les registres
où ont été consignés les résultats des expériences, voudra bien prolonger
jusqu'à la fin d'avril le temps où son Mémoire pourra encore être admis.
M. Figuier prie l'Académie de vouloir bien admettre au concours , pour
un des prix de la fondation Montyon , deux ouvrages qu'il adresse et qui
ont pour titre , l'un « l'Alchimie et les Alchimistes... » , l'autre « Exposition
et Histoire des principales découvertes scientifiques modernes ».
M. Figuier présente au concours , pour les prix de Médecine et de Chi-
rurgie, son Mémoire sur l'origine du sucre contenu dans le Joie, et sur la
présence normale du sucre dans le sang de l'homme et des animaux ; il y
joint ^ conformément à une obligation imposée aux concurrents, une indi-
cation de ce qu'il considère comme neuf dans son travail.
(Réservé pour la future Commission des prix de Médecine et de Chirurgie. )
M. Marie adresse de même un résumé en double expédition de son Mé-
moire sur les rapports numériques qui existent chez l'adulte à l'état normal
et à l'état pathologique entre le pouls et la respiration, et de son Mémoire
sur Yhydrocèle enkystée spermatique.
(Même Commission.)
M. Duplat adresse de même des analyses de deux Mémoires qu'il pré-
sente pour ce concours , l'un Sur les changements et les altérations que
78..
(588 )
présente chez les vieillards l'appareil sécréteur et excréteur : du spehhe;
l'autre Sur le sperme des vieillards . _ ; ; . ' ; : : .
(Même Commission.) '-"--'.■ " '
M. A. Verga, en adressant de Milan , pour le même concours, un recueil
de Mémoires anatomiques, signale,; dans la Lettre d'envoi, les principaux
faits nouveaux qu'il y présente. Pour un dé ces faits, Y existence d'un nou-
veau ventricule dans le cerveau, il en avait déjà signalé l'existence, mais
dans le présent recueil le sujet est exposé d'une manière plus complète.
M. Filhol prie l'Académie de vouloir bien admettre au concours, pour
les prix de Médecine et de Chirurgie, les divers travaux qu'il lui a précé-
demment présentés, et qui sont relatifs à la composition chimique et aux
propriétés médicales des eaux sulfureuses des Pyrénées.
M. Kstapp adresse, de Cincinnati, un opuscule sur le scorbut des nour-
rices, ou anémie puerpérale, et demande que ce travail soit annexé à un
Mémoire qu'il avait précédemment présenté au concours pour le prix Bréant
sur le choléra-morbus f parce que plusieurs des considérations qu'il pré-
sente sur les causés des affections épidémiques sont également applicables
au choléra asiatique ; il annonce l'envoi prochain d'nn travail sur le choléra
des enfants qu'il désire, pour de semblables raisons , voir annexé à ses deux
premiers Mémoires. : -■"-'-
M. FoSïssAGKivEs,, professeur à l'école de médecine navale de Brest , pré-
sente au. concours^ pour le prix dit des Arts insalubres, un Traité d'Hygiène
navale qu'il vient de publier, et y joint une indication des principales amé-
liorations qu'il a proposées, et des faits qui par leur nouveauté semblent de
nature à appeler plus spécialement l'attention de l' Académie.
(Réservé- pour la future-Commission.) '-: " - • -
ML Leroy,. d'Étiolles, envoie, en double exemplaire, une collection de
trois opuscules imprimés, relatifs aux moyens d'extraire de la vessie les
corps étrangers autres que les pierres ou leurs débris , En priant l'Académie
d'admettre ces écrits au concours pour le prix de Médecine et de Chirur-
gie, l'auteur s'excuse de n'y pas joindre, conformément à ce qu'exige le
programme,, une indication .de ce qu'il considère comme nouveau dans ses
recherches; il. lui a été impossible, dit-il, de fournir une semblable indica-
(58g)
tion, les procédés opératoires qu'il soumet au jugement de l'Académie et les
instruments employés étant tous également nouveaux.
M. Moïses présente au concours, pour le prix de Mécanique de la fon-
dation Montyon, divers opuscules imprimés ou autographiés concernant
des instruments aratoires de son invention.
(Réservé pour la future Commission.)
CORBESPOÏVDANCE.
M. LE MlMSTRE DE L 5 AGRICULTURE, DO COMMERCE ET DES TRAVAUX PUBLICS
invite l'Académie à lui faire connaître le jugement qui aura été porté sur un
Mémoire présenté par M. Cheval, à la séance du 3i décembre 1 855, Mé-
moire ayant pour titre : « Nouveau procédé pour la conservation des bois-
sons au moyen de la pression du liquide sur et par lui-même».
La Commission chargée de prendre connaissance de ce Mémoire, Com-
mission qui se compose de MM. Pelouze, Balard et Peligot, est invitée à
présenter aussi promptement qu'elle le pourra le Rapport demandé par
M. le Ministre.
L'Académie renvoie à la même Commission une Lettre de M. Cheval,
qui demande que son travail soit compris dans le nombre des pièces ad-
mises au concours pour le prix dit des Arts insalubres.
astbonomie. — Observations de la planète @), faites à l'observatoire de
Gottingue; par M. Klixkeufces. (Présentées au nom de l'auteur par
M. IiEJEUNE DlRlCHLET.)
i856.
T.
M. à Gottingue,
a.
q.
h m s-
h m s
/ »
Mars 7
"■59.10,9
II. 2.35,45
+8.20.4l ,2
observ. mérit!
1 1
1 1 . 40 . 24 ,
10. 5g. 3i, 68
H-8.5i. o,8
—
12
1 1 .35.43,1
•to.58. 46,53
-1-8.58.23,7
— -
i3
1 1 .3i . 2,6
io,58. 1 ,82
4-9. 5.47,4
—
16
11. 17. 3,8
10. 55. 5o, 47
+9.27.22,7
—
! 7
1 1 . 1 2 . 25 , 5
10.55. 7,88
+9,34.22,2
—
» Les observations suivantes de quelques étoiles occultées par la Lune
- { 5go )
pourront être utiles si elles correspondent à des observations faites à Paris ;
elies sont des immersions au limbe obscur.
Temps sidérai
h m s
i856, Mars 10
45 Arietis
■- 7-34.44,7
4^ Arietis
7.43.27,9
ri
33 Tauri
g.36 46)<5
i3
i36 Tauri
9.10.17,0
ASTRONOMIE. — M. Le "Verrier communique les éléments et une éphémé-
ride de Léda, calculés par M, Pape, et transmis par M . Peters. Ces déter-
minations, qui reposent sur les observations du 24 janvier (Bilk, Berlin et
Liverpool), des i5 à 17 février (Berlin etLeyde), et du i3 mars (Berlin), ont
donné: ._.._"...-. _ . . _ ... !
Époque 1 i856, Février i6,43o47, T. M. de Berliu.
•.„'. .'.' ' .'-. M— -2-3° l4' I2",0
- - - -■-;-'- ,. „ '> equinoxe moyen de n
Q = 296.28.39,6! -^
55ô,o.
i = 6 . Sg . 1 8 , 1
?'=..■ 8.%. 1,2
Loga= o,437765
- Logp== 2-,8g336o *
» On en conclut l'éphéméride suivante pour le T. M.
, de Berlin, i2 h :
t856, Mars a3 a = 8 h 3 m 44 s s " = + L 6 ° J 9'i3
|og4=5;p,35î_3 '.'-_"
.• ;.. " 27 : - 5- 4° , 9'7
- 0,2630
» 3i 7-^9 + i5.5g,a
. ^.0,2746
Avril 4 10.40 47 \8
0,2863
» 8 i3.43 35,4
0,2978
'■'; . " 12 ' 17. 5 22, 0'
=~ 0,3092
')> 16 20.46 7,4
;Oj 3263
ZOOLOGIE. — Documents .pour servir à la monographie des Chéiroptères
sud-américains ; par JML Padi, Gervais. (Deuxième partie.)
«-La famille des Vespertilionidéa; envisagée dans l'ensemble de ses ca-
ractères distmctifs, -parait être la moins parfaite de celles qui composent
l'ordre des Chéiroptères; elle est aussi celle dont les espèces sont dispersées
sur un plus grand nombre de points à la surface du globe. Il y a des Ves-
pertîûonidés, non-seulement dans les trois parties principales de l'ancien
continent, mais aussi dans le nouveau monde, ainsi qu'enÂustralieetmême
( 59» )
à la Nouvelle-Zélande. Les Mammifères de cette famille qui vivent dans
l'Amérique méridionale appartiennent aux cinq tribus des Noctilionins
des Mofossins, des Emballonurins, des Nrcticéins et des Vespertilionins,
dont j'expose dans mon Mémoire les caractères principaux.
» 1. Les Noctilionins ne comprennent que le seul genre des Noctilio
dont les espèces, d'ailleurs peu nombreuses, n'ont encore été observées
qu'en Amérique.
» 2. Les Molossins sont répandus dans les deux ;continents. Ceux de
l'Amérique sont de trois genres différents: les Molossus, E. Geoffr.; les
Pronwps, P. Gerv. et les Njctinomus, E. Geoffr. J'examine les caractères
de chacun de ces genres , soit ceux que fournissent les organes exté-
rieurs, soit ceux du crâne et des dents. Je parle aussi des espèces de chacun
d'eux que j'ai pu observer en nature, et je donne l'énumération de celles,
décrites par les auteurs, qu'il m'a été impossible de me procurer jusqu'à ce
jour. Les Molosses ne sont connus qu'en Amérique; les Promops ont pour
unique espèce le Molossus ursinus de Spix et de de Blainville, qui habite les
mêmes contrées; les Nyctinomes américains, dont j'ai observé trois espèces
(Nyctinomus brasiliensis, I. Geoffr.; N. nasutus, Spix, et N. macrotis,
Gray) paraissent, au contraire, comme M. Isidore Geoffroy en avait fait la
remarque, devoir être réunis dans un même genre avec les Nyctinomes du
Bengale, des îles Mascareigues et de l'Afrique, qui sont eux-mêmes assez peu
différents du Tadarida ou Dinops, le seul Molossin qui vive en Europe.
» 5. Les Emballonurins sont des Vespertilionidés à queue rudimen-
taire, à incisives ^ et dont le crâne présente aussi des caractères particuliers.
Le genre Emballonura.Kvihl, qui a donné son nom à la tribu, fournit des
espèces à l'Inde insulaire, à l'Afrique, ainsi qu'à l'Amérique méridionale
{Ernb. canina, Neuwied, et E. brunnea, P. Gerv.). Ce n'est que dans
cette dernière partie du monde que l'on a trouvé les genres suivants : Uro-
cryptus, Temm.; Diclidurus, Neuwied; Saccoptsrjx, Illiger ; Proboscidea,
Spix , et Centronjcteris , Gray.
» Les Centronyctères ont ^ incisives.
» Les Furies [Furia, Fréd. Cuvier ; Furipterus, Ch. Bonaparte, et Masia,
Gray), qui sont dans le même cas, ressemblent en outre aux Vespertilio-
nins par l'absence d'apophyses postorbitaires et doivent être séparées des
Emballonurins dont elles ont cependant la queue rudimentaire. Ce sont
aussi des chauves-souris sud-américaines.
( 59» )
» 4. Les Nycticéins ne forment que deux genres : les Njciicejus, Ra-
finesque, dont il y a des espèces dans l'Inde, en Afrique et dans les deux
Amériques, et les Atalapha, qu'on ne trouve qu'en Amérique. Je décris le
Nycticée de l'Amérique méridionale sous le nom de Nicticejus Ega, d'après
un exemplaire rapporté par M. de Gastelnau.
» .5. La tribu des. VespertiLiomms est la seule de tout l'ordre des Chéi-
roptères qui fournisse des espèces à l'Europe, à l'Amérique méridionale et
aux diverses autres parties du monde, quelquefois même dès espèces ap-
partenant eux-mêmes divisions- génériques.
» C'est au groupe des Vespertilionins à trente-deux dents, et particulière-
ment au genre Vesperus, dont notre Noctule fait partie, qu'appartiennent
les F'espertilio dutertrœus (synonyme de V. caroliniensis),:innoxius,furi-
nalis, Hilarii et ferrugineuSj qui ont été dénommés d'après l'examen de di-
verses chauves-souris recueillies au Péroxi, au Brésil ou à la Guyane,
» J'en rapproche, mais en en faisant un genre à part sous le nom d'His-
tiotw, YOrei\\a.rd.-voilé(Pleiotusvelatiis,ls. Gebffr.) dont les oreilles sont
comparables, pour la grandeur, à celles des Oreillards dé l'Europe ou de
l'Amérique. septentrionale, mais dont les dents sont différentes de celles.de
ces animaux par leur formule. 1 I . i. -- : .: .:
» Je ne connais parmi les chauves-souris de l'Amérique méridionale
qu'une seule espèce de Yespertilionins pourvue de trente-quatre dents,
comme la Noctule, la Pipistrelle et quelques autres chauves-souris euro-
péennes qui forment le genre Vesperugo. de MM.Jieyserling et Blasius : c'est
le Vespertïlio leucogaster de M. Temminck.
» LeFespertilio ruber du Brésil, qu'E. Geoffroy a signalé d'après d'Azara
et sur lequel M. d'Orbigny et moi avons, depuis lors, donné de nouveaux
détails, a bien le même nombre de dents molaires que les Vesperugo et en
même temps les autres caractères principaux de ces animaux, mais il n'a
qu'une seule paire d'incisives supérieures, ce qui le fera sans doute séparer
sous un nouveau nom par les naturalistes qui ne craignent pas de trop multi-
plier les coupes génériques. Il faudra toutefois constater qu'il n'y a bien,
dans tous les individus, que | incisives. Aucune des espèces propres à l'A-
mérique du Sud que j'ai pu examiner ne m'a encore présenté la formule
dentaire des Pleiocus véritables et des MMopterus.
» Je trouve, au contraire, celle des Vespertilionins murinoïdes (G. mjo-
tis, Raup)dans plusieurs des. chauves-souris qu'on a observées dans cette
vaste région ou que j'y ai moi-même signalées. Les Vespertilio arsinoë,
f 5 9 3 ) •
olyihvix , chiloensis , hjpothrisc , lsidori et Kinnamon ont en effet ~
molaires à chaque mâchoire.
» Le Vespertiùo ïep'iàus, de Cuba, que j'ai autrefois décrit dans l'ouvrage
de M. de la Sagra, diffère notablement des Myotis quoiqu'il en ait la for-
mule dentaire, et j'ai dû en faire un genre à part sous le nom de Nyctiellus.
» Si je ne craignais d'outre-passer les limites d'une simple analyse, je
montrerais comment dans chacune des tribus de l'ordre des Chéiroptères,
c'est-à-dire dans chacun des groupes naturels auxquels on donne souvent
le nom de genres linnéens, les divisions secondaires, ou les petits genres des
naturalistes actuels, se subordonnent d'une manière plus ou moins régu-
lière et se correspondent, dans beaucoup de cas, comme autant de termes
homologues appartenant à des séries distinctes, mais parallèles, à certains
égards. C'est ce qui paraît surtout évident lorsqu'on examine ces animaux
ou ceux de la plupart des autres groupes de Mammifères sous le rapport du
système dentaire. Mais cet exposé exigerait des développements trop éten-
dus, et j'ai dû me borner à n'indiquer ici que les principaux faits zoolo-
giques auxquels j'ai été conduit par l'étude des chauves-souris propres à
l'Amérique méridionale. »
météorologie. — Sur la quantité de pluie tombée à Montpellier du 1 1 au
20 mars i856; par M. Ch. Maetins.
« Du 11 au 20 mars, c'est-à-dire en neuf jours, il est tombé la quantité
extraordinaire de 364 millimètres d'eau distribués de la manière suivante :
MARS.
PLUIE.
MARS.
PLCIE.
II
12
i3
*4
i5
3 mm
60
36
»
3
l6
'7
18
»9
20
364 mœ
IO™
21
109
83
39
» Mon pluviomètre est à 29™, 5 au-dessus de la mer. Le récipient se
itrouve au ras du sol, et entouré de gazon, comme l'udomètre de l'observa-
C. R., i856, I e * Semestre. (T. XJLII, N° 15.) 79
( %4 )
ijjire de Greenwich. La surface est de 10 décimètres carrés. Un autre plu-
viomètre de même surface, mais élevé sur un piédestal d'un mètre de haut
et entouré d'un rebord saillant de o m ,20, a recueilli' 1 3g9 millimètres dans
le même espace de temps. -"-
'' » Le vent pendant les dix jours de pluie a toujours soufflé de l'est ou
du sud-est, et souvent par rafales très-violentes. - " -■
» J'ai dit que la quantité d'eau tombée du 1 1 an 20 mars était- extraor-
dinaire, même pour le midi de la France, ou les pluies torrentielles sont si
communes : en effet, si l'on consulte la thèse que M. Marié-Davy a présentée
en 1 85 1 à la Faculté de Médecine, sur le climat de Montpellier , on y trouve
l'analyse des séries de Poitevin père, 1767 à 1791 et 1796 à 1802 ; Poitevin
fils, 1806 à 1812"; Juniiïs Gastelnau, i835 à i-85o; en y ajoutant celleque
j'ai commencée en i85a, é'estuu total de 55 ans. Dans cette période, le mois
de mars 1808 est celui où iî est tombé le plus d'eau; savoir : 241 milli-
mètres, quantité moindre que Celle de 1 856, dé 1 a3 millimètres. La moyenne
de mars (si toutefois on peut "parler de moyennes quand une quantité varie
de o a 364) est de62 mm ,5 : elle est déduite de 67 ans d'observations en
ajoutant aux 55 années que nous avons indiquées les moyennes mensuelles
de 1806 à 1817, données par M. Creuzé de Lesser- dans sa statistique de
l'Hérault.
- » Les mois de janvier et dé février ont été également "pluvieux à Mont-
pellier, car il est tombé 76 millimètres d'eau dans le premier, 160 milli-
mètres dans le second. Ainsi donc la quantité totale de pluie dans les trois
premiers mois de 1 856 s'est élevée à 600 millimètres.. C'est plus que dans
le cours de certaines années sèches, où la somme annuelle n'atteint pas
4oo millimètres ; ce n'est pas la moitié des années pluvieuses, où elle dépasse
i 200 millimètres. Tels sont, en effet, les extrêmes d'après lesquels l'agricul-
teur et l'ingénieur doivent instituer leurs travaux dans le~miditle la France.
Faute d'y avoir égard, ils s'exposeraient a. ^des' mécomptes qui ne sont pas
à craindre dans le nord deTEurope. Lés chiffres suivants en sont la
preuve. " " "
» Si nous adoptons 546 millimètres comme étant la moyenne piuviomé-
trique de Paris, nous voyons que cette moyenne est inférieure à la sommé
des pluies de janvier, février et mars i856 à. Montpellier. Dans cette der-
nière ville, les extrêmes annuels de 1806 à 1841 ont été de 388 millimètres
(1816) et u 5ï millimètres (i8ti). Dans le 'même espace de temps, le mini-
mum annuel a été d'après Bouvard, à Paris t de 879 millimètres en 1S20, et
Je maximum de 61 5 millimètres en .1819. Ainsi l'amplitude de la variation
(5»5)
pluviométrique annuelle, qui à Paris n'a pas dépassé 236 millimètres dans
ces trente-cinq années, a atteint à Montpellier 764 millimètres. En prenant un
plus grand nombre d'années, je trouve des écarts encore plus considérables,
puisqu'en i85o il n'est tombé que 289 millimètres d'eau, et en i853,
1278 millimètres : différence, 989 millimètres. Ces chiffres montrent que la
quantité annuelle de pluie est infiniment plus variable dans le midi que dans
le nord de la France. »
physique appliquée. — Note sur un nouveau système d'horloge électrique se
réglant elle-même d'après la marche du soleil; par M. Th. du Moncel.
« Le prix élevé des régulateurs chronométriques et la difficulté de régler
les horloges dans les lieux où ces régulateurs manquent, m'ont fait recher-
cher le moyen d'obtenir de la part d'une horloge ordinaire une régularisa-
tion basée sur la marche du soleil. En un mot, j'ai cherché à combiner les
indications du cadran solaire avec celles d'une horloge ordinaire.
» Pour résoudre ce problème, plusieurs conditions étaient indispensables
à réaliser. Il fallait : i° que l'action solaire à un moment donné pût exercer
un effet électrique assez énergique pour réagir sur un mécanisme d'horlo-
gerie; 2 que le système employé pour traduire électriquement l'influence
solaire pût être dans les mêmes conditions par tous les temps ; 3° que le
système électrique pût réagir sur les aiguilles de l'horloge seulement, sans
troubler la marche du mécanisme ; 4° que l'appareil fût d'une construc-
tion assez simple pour être économique et facilement applicable.
» Voici comment j'ai résolu le problème :
» J'ai placé l'un à côté de l'autre, sur une même planche, deux thermo-
mètres à tube ouvert, réglés le plus exactement possible, l'un par rapporta
l'autre. L'un de ces thermomètres est construit comme celui que j'ai employé
pour mon régulateur de chaleur, et porte un flotteur en verre, auquel est
attaché un fil de platine. Ce fil, après s'être recourbé deux fois à angle droit,
présente son extrémité libre au même niveau que le mercure du thermo-
mètre ; toutefois il est soutenu par un contre-poids attaché à l'extrémité d'un
fil de soie enroulé sur une poulie.
» Le second thermomètre, de même diamètre que le précédent, est placé
de manière que l'extrémité libre du fil de platine, dont nous venons de
parler, puisse s'enfoncer dans son tube et que le niveau du mercure soit le
même dans les deux thermomètres ; enfin un fil de platine soudé dans les
79-
(596)
boules de ces thermomètres permet d'établir une liaison électrique avec le
mercure qu'ils contiennent.
» En face de la boule oblongue du second thermomètre, que nous ap-
pellerons transmetteur, se trouve fixée, sous un angle convenable, une len-
tille à court foyer, et l'appareil entier se trouve exposé au midi, de manière
que le plan conduit par la ligne focale de la lentille et l'axe du thermo-
mètre correspondant se trouve exactement dans le plan du méridien.
» Tel est l'appareil destiné à réagir sur l'organe électrique de l'horloge.
Pour en comprendre le jeu, il suffit d'observer que chaque jour, à midi, les
rayons du soleil étant concentrés sur la boule du thermomètre transmetteur
en dilatent considérablement le mercure, et celui-ci, en rencontrant alors
le fil de platine porté par l'autre thermomètre, peut fermer un courant
électrique à travers un électro-aimant. On conçoit seulement que pour
éviter toutes causes de perturbation, il est essentiel de cacher les boules
des deux thermomètres et de ne laisser devant chacune d'elles qu'une étroite
rainure correspondant pour le thermomètre transmetteur au plan de la
ligne focale de la lentille. Il faut, de même, que l'extrémité du fil de platine
soit raccourcie d'une quantité suffisante, pour que les petites variations [qui
pourraient exister dans la marche des deux thermomètres n'aient pas pour
effet de produire une fermeture anormale du courant.
» Le mécanisme électromagnétique, au moyen duquel les aiguilles de
l'horloge se trouvent chaque jour rappelées, à midi, sous l'influence d'une
fermeture du courant, consiste dans un électro-aimant placé au-dessus
de l'horloge, et dont l'armature porte un levier à double fourchette,,
mis à cheval sur les deux axes des aiguilles. Celles-ci sont montées
sur leurs axes, comme la tête des clefs de montre Bréguet (a rochet);
seulement les rochets sont dentés beaucoup plus finement. En outre, ces
aiguilles sont munies de contre-poids assez lourds pour qu'étant, aban-
données à elles-mêmes, elles puissent être rappelées suivant la verticale.
» Quand l'appareil ne fonctionne pas, le levier à fourchette sollicité par
le ressort antagoniste de l'armature appuie l'un contre l'autre, les rochets
des aiguilles de l'horloge, et celles-ci marchent sous l'influence du mouve-
ment d'horlogerie; mais aussitôt que le courant .est fermé, les fourchettes
de l'électro-aimant déjoignent ces rochets, et les contre-poids entraînent les
aiguilles suivant la verticale. En ce moment un rhéotome coupe le courant
à travers l'électro-aimant, et la, marche de l'horloge se continue comme à
Fordinaire. -
» Pour obtenir le temps moyen d'après les indications d'une horloge
( 5 97 )
ainsi réglée, il suffit de se reporter aux Tables astronomiques ou d'adapter à
cette horloge un second cadran, qui opérerait lui-même la transformation
du temps vrai en temps moyen. »
M. Labocrdette annonce être parvenu à rendre médicamenteux le lait
destiné à l'alimentation d enfants malades sans nuire à la santé des ani-
maux qui fournissent ce lait. On sait que dans certains cas où il eût semblé
utile de pouvoir administrer l'iodure de potassium à des enfants à la ma-
melle, on a imaginé de faire absorber le sel par les nourrices,, dont le lait
devient ainsi médicamenteux; l'expérience a montré qu'on n'obtient qu'un
succès passager. En effet, un mois environ après que la femme a commencé à
être soumise à ce régime, son lait diminue, au point de rendre impossible
la continuation de ce traitement indirect du nourrisson, traitement qui,
cependant, ne peut être efficace que s'il est longtemps suivi.
L'iodure de potassium donné dans les mêmes vues à des vaches, des chè-
vres, des ânesses, à la dose de 3 à 6 grammes par jour, suivant la taille des
animaux, produit des effets tout semblables à ceux qui viennent d'être si-
gnalés pour la femme : après deux ou trois mois de son administration
il survient de l'amaigrissement, de l'inappétence, et enfin une véritable
gastro-entérite qui, si la quantité de ce sel est portée de 6 à j o grammes par
jour, se termine par la mort des animaux.
C'est à prévenir cette intoxication que M. Labourdette s'est attaché, et il
annonce y être parvenu à la suite de recherches entreprises de concert avec
M. Duménil. Il désigne sous le nom d'entraînement médical ce régime pré-
paratoire, qui exige certaines précautions qu'il n'indique point, et l'emploi
de diverses substances qu'il ne spécifie pas, se contentant de dire que les
unes appartiennent au règne végétal et les autres au règne animal.
Il ne pourra être donné suite à cette communication que quand l'au-
teur aura jugé convenable de faire connaître sa méthode.
M. Gand adresse une Lettre relative à ses précédentes communications
sur des expériences faites avec le pendule irrigateur.
(Renvoi à la Commission nommée.)
M. Marques envoie, en date du 27 et du ag mars, deux suppléments à
sa précédente communication sur un moyen de diriger les aérostats par une
action de recul.
M. Brachet continue ses communications relatives à l'aérostatique.
( %8 )
M. Deckbs envoie une Note intitulée : « Étude du fluide magnétique, de
ses attributs et de ses fonctions dans la nature, i
Cette communication ne paraît pas de nature à devenir l'objet d'un
Rapport. - '..' '~ "
La séance est levée à 5 heures et demie, F.
BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE.
L'Académie a reçu, dans la séance du 17 mars i856, les ouvrages dont
voici les titres :
Cours d'Hygiène; par M. leD r A. Tessereau. Paris, i855; 1 vol. in-12.
(Adressé pour le concours Monty on, Médecine et Chirurgie.)
- Eecherches expérimentales sur l'absorption et l'exhalation par le tégument
externe, sur la température animale, la circulation et la respiration, ou essai sur
l'action physiologique des bains d'eau ; par M . le D r F. Duriau. Paris, r 856 ; br.
in-8°. (Adressé pour le concours Montyon, prix de Médecine et Chirurgie^
et pris de Physiologie expérimentale.)
De l'abstinence dans les maladies ; par le même. Paris, x 856 ; br. in-8°.
Expériences sur la végétation des plantes épiphjtes , et conséquences qui en
découlent relativement à ta culture de ces plantes; par M. P. DûchaRtre;
1 feuille in-8°.
Des accidents sur les chemins de fer et les moyens de les prévenir. I re Partie ;
Description d'un appareil auto-télégraphique et d'un appareil distaneeur; par
M. A. PAQtFERÉE. Bordeaux, 1 856; br. in-4 Q .
Sur le télégraphe des trains de M. Bonelli, et le parti qu'on pourrait en tirer
comme moyen de sûreté dans l'exploitation des chemins de fer; par M. C.
Couche. Paris, 1 856; br. h>8°.
Annexe au Mémoire adressé à l'Académie des Sciences et soumis à [examen
de la Commission des prix Bréant, sous le titre de Prophylaxie et çuration du
choléra parle mouvement; par M. N. Dally. Paris, i855; br. in-8°.
Mémoires de la Société de Physique et d'Histoire naturelle de Genève ; t. XIV,
i re Partie, Genève, 1 855; in-4°. ~
Atti . . , Actes de l'Académie des Sciences et Lettres de Palerme. Nouvelle série ,.
vol. ÎI. Palerme, i853;in-4°. (3 exemplaires.)
Elogio... Éloge de Pietro Calcara;par M. Frédéric Lancia ; br. in-4°.
(4 exemplaires^} - - "
( ^99 )
Reddiconto... Compte rendu statistique des Écoles communales d'enseigne-
ment mutuel à Palerme, pour l'année i85/j; par M. F. Lancia. Païenne, t855 ;
br. in-8°. (9 exemplaires. ) *
Esposizione... Exposition statistique et administrative du mont-de-piéle de.
Santa-Venera; par le même. Palerme, i854 ; br. in-8°. (8 exemplaires.)
Royal astronomical... Société royale astronomique de Londres; vol. XVI;
n os 3 et 4 ; in-8°.
L! ie&démie a reçu, dans la séance du 24 mars i856, les ouvrages
dont voici les titres :
Traité théorique et pratique sur l'épuisement pur et simple de l'économie
humaine et sur les maladies chroniques les plus répandues qui ont cette origine ;
par M. le D r SALLENAVE. Bordeaux, i855 ; in-8°.
Des tumeurs fibreuses du maxillaire inférieur ; par M. L.-J. Bauchet. Paris,
1 854 5 br. in-8°. (Adressé pour le concours Montyon, Médecine et Chirurgie.)
De la glycogénie hépatique; par M. J.-L. Brachet. Lyon, i856; br. in-8°.
Note sur l'éclipsé de soleil observée à Tai-o-Hae, île de Nouka-Hiva, archipel
des Marquises , leZo novembre 1 853; par M. Edelestan Jardin; br. in-8°.
Note sur les tremblements de terre ressentis e/i-i854, avec suppléments pour les
années antérieures; par M. Alexis Pebrey; br. in-8°.
Trattato... Traité analytique sur la doctrine du calendrier; par M. T.
Mandoj. Naples, 1841 ; in-8°.
Sul calendario... Sur le calendrier hébraïque; par le même; br. in-8°.
(Ces deux ouvrages ont été renvoyés à l'examen de M. Chasles pour en
faire l'objet d'un Rapport verbal.)
Sperienze... Expériences électrodynamiques; Mémoire de M. A. PALâGi.
Rome, i855; 1 feuille in-8°.
The transactions... Transactions de l'Académie royale d'Irlande; vol. XXII,
parties I et II. Dublin, i855; 2 vol. in-4°.
Report... Rapport sur le relevé hydrographique des côtes des Etals-Unis:
br. in-8°.
Microscopical... Examen microscopique des fonds rapportés par la sonde
dans le levé des côtes des États-Unis (océan Atlantique); par M. J.-W. BailEV;
br. in-4°.
Ces deux opuscules sont adressés par M. le Ministre de la Marine avec
une collection des échantillons de fonds obtenus dans les sondages prati-
qués le long des côtes des Etats-Unis,
( 6oo )
ISTeues. .. Nouveau Magasin de la Lusace , publié par la Société scientifique! de
la Haute-Lusace ; XXXII e . vol., parties là IV.
Monatsbericht... Comptes rendus de l'Académie des Sciences de Prusse;
janvier i856; m-8°. -. .
Nachrichten... Nouvelles de l' Université et de l' Académie royale des Sciences
de Gottingue; n° 3; 17 mars 1 856 ; in-8°. , .1
L'Académie a reçu, dans la séance du 3 1 mars 1 856, les ouvrages dont
voici les titres :
Institut impérial de France. Recueil des discours, rapports et pièces diverses lus
dans les séances publiques et particulières de l'Académie française, i85o-i85o,;
première partie : 1 85o-i 854- Paris, 1 856; 1 vol, in-4 Q .
Des anévrismes et de leur traitement; par M. Paul Broga. Paris, i856;
ï vol. in-8°. (Adressé pour le concours Montyon, Médecine et Chirurgie. )
Traité d'hygiène navale, ou de l 'influence des conditions physiques et morales
dans lesquelles l'homme de mer est appelé à vivre, et des moyens de conserver
sa santé; par M. le D r J.-B. Fokssagrives. Paris, î 856 ; s vol. in-8°.
(.Adressé pour le même concours.)
Recherches statistiques sur les causes et les effets de la cécité; par M. G.
Dumont. Paris, i856 ; in-8°. (Adressé pour le même concours.)
Gangrène traumatique. Mémoire et observations cliniques sur une de ses causes
les plus fréquentes dans les animaux domestiques; par M. Renault. Paris,
1840; in-8°. .
Typhus contagieux du gros, bétail; par le même. Paris, i856 ; br. in-8°.
(Ces deux ouvrages sont adressés pour le même concours,).
Mémoire sur la mort par suffocation; par M. le D r Ambroise TARDIEU. Pans,
1 855 ; br. in-8°. (Adressé pour le même concours.)
Des moyens d'extraire de la vessie les corps étrangers autres que les pierres et
leurs , débris; par M. le D r Leroy (d'Étiolles); br. in-8°. (Adressé pour le
même concours.)
Des kystes spermatiques, ou de l'hydrocèle enkystée spermatique; thèse pour le
doctorat en médecine; par M. L.-V. Marcé. Paris, i855; br. in-4°.
Recherches sur les rapports numériques qui existent chez l'adulte, à l'état nor-
mal et à l' état pathologique , entre le pouls et la respiration; par le même; br.
in-8°. (Ces deux ouvrages sont adressés pour le même concours.)
Recherches sur le sperme des vieillards ; par M, le D r A. Duplay; br. in-8°.
Recherches sur les changements et les altérations que présente chez les vieillards
(6oO
l'appareil sécréteur et excréteur du sperme; par M. A, Duplay; br. ia-8°. (Ces deux
brochures sont adressées pour le concours Montyon, Médecine et Chirurgie.)
Mémoire sur l'origine du sucre contenu dans le foie, et sur l'existence normale
du sucre dans le sang de l'homme et des animaux ; par M. Louis FlGDlER ; br.
in-8°. (Adressé pour le même concours.)
Exposition et histoire des principales découvertes scientifiques modernes; par
le même. Paris, «855; 3 vol. in- 12.
L'alchimie et les Jlchimistes. Essai historique et critique sur la philosophie
hermétique ; parle même ; 2 e édition; 1 vol. in- 12.
Étude clinique de remploi et des effets du bain d'air comprimé dans le traite-
ment des diverses maladies, selon les procédés médico-pneumatiques ou d'atmo-
sphénedeM. Emile Tabarié;parM. E. Bertin. Paris, 1 855 ; in-8°. (Adressé
pour le même concours.)
Parallèle entre les dépôts siluriens de Bohême et de Scandinavie; par M. JOA-
chim Durrande. Prague, i856; br. in-4°.
Nouvelle culture de la vigne en plein champ sans échalas ni attaches; par
M. Éloi Trodillet. Paris i856 ; br. in-12.
Études sur le lactate de zinc dans l'épilepsie; par M. le D r Herpin (de Ge-
nève). Paris, i856;br. in-8°.
Nouveaux instruments aratoires inventés et décrits par M. MOYSEN. Paris^
i854 ; br. in-8°. (Adressé pour le concours du prix de Mécanique.)
Memorie... Mémoires analomiques ; par M. le D r A. Verga. Milan, i856;
in-4°.
Philosophical. . . Transactions philosophiques de la Société Royale de Londres,
pour l'année i855; vol. CXLV, II e partie. Londres, i855; in-4 .
Proceedings... Procès-verbaux de la Société Royale de Londres; vol. VII,
n M 16 et 17; vol. Vin, n° i8;û>8°.
Description... Description d'instruments de navigation et d'astronomie,
nouveaux ou perfectionnés , présentés à l'Exposition universelle de Paris; par
M. Piazzi Smyth, astronome royal d'Ecosse. Édimbourg, s i855; br. in-8°.
The quarterfy... Journal trimestriel de la Société géologique de Londres,-
vol. XII, partie I ; n° 45 ; in- 8°.
An inquiry... Recherches sur la nature de l'affection connue aux Etats-Unis
sous le nom de scorbut des nourrices , ou anémie puerpérale; par M. L. Knapp;
br. in-8°. (Adressé comme pièce à consulter pour un précédent travail de
l'auteur sur le choléra, et renvoyé à la Commission Bréant.)
Die Befruchtung... Fécondation des phanérogames; par M. h. Radlkofer.
Leipsig, i856; br. in-4°.
C. R., i856, I e " Semestre. (T. XLII.N 15.) °°
( 602 )
PUBUCATJlOSrS PÉRIODIQUES REÇUES PAR l' ACADEMIE PENDAîiT
LE MOIS DE MARS 1836,
Anmles de Chimie et de Physique; par MM.. CHEVREUli, Ddmas> Pelc-DZE,
Bodssingadlt, Regnault, de Senarmont ; avec une' Revue des travaux de
Chimie et de Physique publics à f étranger, par MM. Wurtz et Verdetj
3 e série, t. XLVI; février et mars" i 856; ih-8°: r •
Annales de l' Agriculture française, ou Recueil encyclopédique d'Agriculture;
t. VII, n° 3 4 et 5 ; in-8°. * : ■
Annales de la Propagation de la Foi; t. XXVIII, II e partie; in-8°.
Annales des Sciences naturelles, comprenant la Zoologie, la Botanique, l'Ana-
lomie et la Physiologie comparée des deux règnes et l'histoire des corps organisés
fossiles; 4 e série, rédigée, pour la Zoologie, par M. MiLME Edwards ; poin-
ta Botanique, par MM. Au. BronGniart et J. Décaisse; tome JV; n° 3;
in-8°. v- . ■ ' ;; , .
Annales forestières et métallurgiques; février ;i 856 ; in-8°.
Annuaire de ia Société météorologique de France; t. III; II e partie. Bulletin
des séances, feuilles 24-26; in-8°.
Bibliothèque universelle de Genève; février 1 856; in-8°.
Boletin... Bulletin de t Institut médical de Valence; janvier et février i856;
in-8°, ;. .'.■.-. r ,' . ; : . -
Bulletin de l' Académie royale ides Sciences, des Lettres et des Beaux- Arts de
Belgique; tome XXIII, n° 2; in-8°.
Bulletin de la Société de l'Industrie minérale; t. I er , a e livraison, in-8°;
avec atlas i n- folio i*
Bulletin de la Société d'Encouragement pour l'Industrie nationale; février
i856; in-4°. - -" - --
Bulletin de la Société française de Photographie ; mars i856; in-8 Q .
Bulletin de la Société géologique de France; t. Xll, feuilles 52-6o; in-8V.
Bulletin mensuel de la Société impériale zoologigue d'acclimatation; t. I er ,
année i854; t. II, année 1 855; janvier et février 1 856 ; in- 8°.
Journal d' Agriculture pratique ; t. V, n os 5 et 6; in-8°.
Journal de Chimie médicale, de Pharmacie _, de Toxicologie; mars i856;
in-8°.
( 6o3 )
Journal de Mathématiques pures et appliquées, ou Recueil mensuel de Mémoires
sur les diverses parties des Mathématiques; publié par M. Joseph Liouville-
décembre 1 855, et janvier 1 856; in-4°.
Journal de la Société impériale et centrale d'Horticulture; février 1 856 •
in-8°. ' '
Journal de Pharmacie et de Chimie; mars i856; in-8°.
Journal des Connaissances médicales et pharmaceutiques; n° s 16-185 in-8°.
La Revue thérapeutique du Midi , Gazette médicale de Montpellier • n os â-6-
in-8°. '
Le Technologisle ; mars 1 856 ; in-8°.
Magasin pittoresque ; mars i856; in-8°.
Nouveau Journal des Connaissances utiles; n° 11 ; in-8°.
Nouvelles Annales de Mathématiques, journal des Candidats aux Écoles Po-
lytechnique et Normale; mars i856 ; in-8°.
Répertoire de Pharmacie ; mars i856; iu-8°.
Revue des spécialités et des innovations médicales et chirurgicales; a e série-
mars 1 856 ; in-8°.
Société impériale et centrale d' Agriculture. Rultetin des séances, compte rendu
mensuel, rédigé par M Payen, secrétaire perpétuel ; 2 e série : tome XI • n° 3 •
in-8°. ' '
La Presse Littéraire. Écho de la Littérature, des Sciences et des Arts; n os 7-9 ;
in-8°
L'Agriculteur praticien; n° r 1 ; in-8°.
Revue de Thérapeutique médico-chirurgicale ; n° 6; in-8°.
Rulletin de l'Académie impériale de ■ Médecine ; t. XXI, n os 10-12; in-8°.
Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des Sciences; I er se-
mestre i856; n os 9-1 1.
Cosmos. Revue encyclopédique hebdomadaire des progrès des Sciences et
de leurs applications aux Arts et à l'Industrie; t. VIII; 9 e - 12 e livraisons.
Gazette des Hôpitaux civils et militaires ; n os 26- 38.
Gazette hebdomadaire de Médecine et de Chirurgie; n os io-i3.
Gazelle médicale de Paris; n os 9-1 3.
L'Abeille médicale; n oa 7-9.
( 6o4 )
La Lumière. Revue de la Photographie; n 9S 9-1 3.
L'Ami des Sciences; n os 9-1 3.
La Science; n os 1-9.
La Science pour tous; a os 1 3- 16.
L'Jthenœum français. Revue universelle de la Littérature, de la Science et
des Beaux- Arts; n 03 9-i3; accompagné du Bulletin archéologique du mois
de février 1 856.
4e Moniteur des Hôpitaux ; n 03 a6-38 .
Le Progrès manufacturier; n os 42-46.
Réforme agricole, scientifique, industrielle; n° 87.
Revue des Cours publics; n os 9-1 3.
►Î-O-Î-
COMPTE RENDU
DES SÉANCES
DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES.
SÉANCE DU LUNDI 7 AVRIL 1856.
PRÉSIDENCE DE M. BMET.
MEMOIRES ET COMMUNICATIONS
DES MEMBRES ET CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE.
M . le Ministre de l'Instruction publique transmet une ampliation d'un
décret impérial, en date du 5 avril, qui confirme la nomination de M. Jo-
bert, de Lamballe, à la place vacante dans la Section de Médecine et de
Chirurgie, par suite du décès de M. Magendie.
Il est donné lecture de ce décret.
Sur l'invitation de M. le Président, M. Jobert, de Lamballe, vient prendre
place parmi ses confrères.
M. Biot annonce à l'Académie la réimpression du Cornrnercium et de
ses annexes, qui va prochainement paraître publié par lui en commun avec
M. Lefort, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées; et il donne lecture
d'une Note où il expose l'intérêt particulier qui s'attache aujourd'hui à cet
ouvrage.
astronomie. — M. Le Verrier présente à l'Académie lé tome premier
d'une nouvelle publication ayant pour titre : Jnnales de l'Observatoire
impérial de Paris.
« Aux termes du décret impérial, en date du 3o janvier i854, et por-
tant réorganisation de l'Observatoire de Paris, le Directeur doit :
« Préparer et soumettre à l'approbation du Ministre le plan qu'il se pro-
» pose de suivre dans la direction des Observations ;
C. R., i856, 1 er Semestre. (T. XLII, N° M.) 8l
— "- ■--•-■- ( 606 ) ' ; '
» Signaler les améliorations dont l'établissement est susceptible ;
» Publier chaque année les Observations faites dans l'année précédente,
» ainsi que la réduction de ces Observations et leur comparaison avec la
» Théorie;
» Pourvoir à l'instruction des Fonctionnaires. »
» Pour me conformer aux deux premières prescriptions, dit M. Le
Verrier, j'ai, en décembre i854, adressé au Ministre de l'Instruction pu-
blique un Mémoire intitulé : Rapport sur l'Observatoire impérial de Paris,
et Projet d Organisation, Rapport qu'on trouvera plus loin et qui sert de
préambule au présent Recueil, -Les propositions qui y sont contenues ont
été approuvées par le Gouvernement, et elles seront mises à exécution à
mesure que les ressources de l'établissement le permettront.
» La fondation des Jnnales de l'Observatoire impérial de Paris est des-
tinée à pourvoir d'une manière convenable à la publication des Observa-
tions de toute nature, et à celle des Travaux de calcul qui sont indispen-
sables pour faire acquérir aux résultats une valeur scientifique réelle. La
discussion des Observations et leur comparaison avec la Théorie ne peuvent
être correctes et fructueuses qu'autant que l'on part de données certaines
et qu'on dispose de Tables dont la préparation est longue et pénible.
» Entre la simple observation du passage d'un astre par le méridien et la
dernière opération théorique par laquelle on en conclut soit la vérification
des éléments de l'orbite que l'astre décrit autour du Soleil , soit les données
relatives aux actions secondaires, la distance à' parcourir est très-grande.
Nous pouvons la diviser en trois sections distinctes. Dans la première, on
calcule les ascensions droites et les déclinaisons d'un astre en s'appuyant
uniquement sur les données de la théorie. Dans la deuxième, on réduit'
l'ensemble des observations pour en tirer les ascensions droites et les décli-
naisons. Dans la troisième, enfin, on cherche les corrections qu'il est néces-
saire d'apporter à la théorie pour en faire concorder les positions qu'elle
assigne aux astres, avec celles qui résultent des observations. Mais chacune
de ces parties du travail est elle-même fort complexe. Bornons-nous aie
faire comprendre par un seul exemple ; et, laissant de côté tout ce qui con-
cerne les étoiles, la détermination des constantes de la précession, de la nu-
tation et de l'aberration , la théorie sans fin de la Lune, et, en général, les
satellites, considérons le travail exigé par la théorie des mouvements d'une
seule planète, la Terre, pour fixer les idées.
, » La connaissance du mouvement de la Terre autour du Soleil exige qu'on
détermine la situation du plan dans lequel elle se meut ; la forme etla po-
( 6 °7 )
sition de l'ellipse qu'elle parcourt dans ce plan; enfin le lieu de la Terre à
une époque connue et la durée de sa révolution autour du Soleil. Les don-
nées nécessaires à cet objet sont ce qu'on nomme les éléments de l'orbite
terrestre.
» Ces éléments resteraient invariables si la Terre se trouvait seule en
présence du Soleil; la détermination du mouvement héliocentrique de
notre planète serait alors assez simple. Mais les perturbations produites
par les actions des autres planètes changent le problème et le com-
pliquent beaucoup. Le développement analytique des perturbations est
extrêmement laborieux : dans un travail où nous l'avons poussé jusqu'au
septième ordre, il ne s'est pas rencontré moins de 469 termes distincts par
leur forme ou par celle des coefficients dont ils dépendent ; coefficients qui
contiennent d'ailleurs une même variable à laquelle on doit attribuer un
certain nombre de valeurs entières, ce qui multiplie le nombre des termes.
Enfin nous avons montré qu'il est quelquefois nécessaire d'aller jusqu'au
onzième ordre, et au delà. Ce travail analytique une fois exécuté, il reste à
en faire l'application aux données particulières à la Terre, et conformément
aux valeurs admises pour les masses des planètes perturbatrices. Or cette
application numérique est elle-même très-longue et délicate. Les perturba-
tions étant représentées analytiquement par des séries multiples, il faut
choisir avec soin ceux des termes qui peuvent être sensibles, et éliminer du
calcul, par un examen attentif, ceux qui doivent être négligeables, de ma-
nière à éviter d'omettre au(?un terme important, sans cependant tomber
dans des opérations numériques interminables. On parvient ainsi à des for-
mules numériques dans lesquelles le temps reste seul indéterminé, et qui
permettront, en attribuant à cette variable des valeurs convenables, de cal-
culer à toute époque les changements que les perturbations font subir aux
coordonnées héliocentriques de la Terre.
» Les formules des perturbations étant ainsi obtenues, leur complication
est encore trop grande, à cause des termes nombreux qu'elles renferment,
pour qu'il soit possible de les appliquer directement au calcul de toutes les
positions qu'on peut avoir à considérer. On construit donc des Tables au
moyen desquelles on abrège le calcul nécessaire pour trouver la position
héliocentrique de la planète, et qui, donnant le même résultat qu'on obtien-
drait au moyen des formules, sont d'un usage plus rapide. La formation des
Tables demande, à son tour, de longs calculs; mais, tandis que la détermi-
nation des formules des perturbations ne peut être confiée qu'à un habile
81..
{-m )
astronome, la construction dea Tables peut, dans de certaines limites, être
abandonnée à de simples calculateurs.. . ; . . . ' . .
r » Comme les astronomes répètent leurs observations autant de fois qu'ils
le peuvent, pour arriver à une compensation des erreurs inhérentes à toute
mesure individuelle, on calcule, à l'avance, des éphémérides des positions
des astres pour tous les jours de l'année. Les Tables dont nous venons de
parler font connaître les positions des planètes telles qu'elles seraient vues
du centre du Soleil. Mais.l' observateur est situé sur la Terre riLest donc en-
core nécessaire de passer dés positions héliocentriques obtenues, par la
théorie, aux positions ' géocentriques correspondantes, c'est-à-dire à celles
qui pourrontjstre : directement comparées aux observations. Cette dernière
opération nécessite la. résolution trigonométrique d'un triangle rectiligne.
pour chaque position que l'on considère.
.:;»_ .Ainsi clone la détermination des ascensions droites et des déclinaisons
des'- planètes,* par Ja théorie, nécessite quatre opérations : x° le développe-
ment analytique des formules conformément ail principe de la gravitation
universelle ;.2 P l'application de ces formules.aux données relatives âchacune
des planètes; 3° la formation des Tables des mouvements héliocentriques;
4 JaconstnjçtiQB des éphémérides^ des .positions héliocentriques etgéocen-
triques. . ^;_ .:;:*. ;-' :. ;. .. ..-. : ;
.-JvLe ealcul des' ascensions droites des astres. et de leurs déclinaisons, au
moyen, des .observations, effectuée! dans le méridien, conformément aux
principes exposés :ci-;dessus, réclamé de son côtéJes.opérations. suivantes.:
-■'.p- Considérant, d'abord les observations faites au cercle mural, on déter-
mine f 3Ù moyen des étoiles çircompolaire_s, la situation du pôle sur l'instcu-
oient,jce qui. permet d:évàhierJes déclinaisons des étoiles et celle du Soleil,
Au. moyen de ;ces dernières, et du passage du Soleil et des étoiles par le mé-
ridien, on conclut les ascensions droites des étoiles qui, jointes à leurs décli-
naisons, constituent les catalogues .0h part ensuite des positions connues
des étoiles pour e'n ^déduire, par. comparaison, Jes ascensions droites, et les
déchnaisons du Soleil^ de la Lune et des planètes. ; "
: .." ^-$Sto enfin à tirer des conclusions, an moyen de la comparaison des
positions théoriques avec les; positions. Observées. La formation des équa-
tioas.de condition nécessaires pour. cet. objet est un travail matériel qui
n'offre d'autre difficulté que la longueur des calculs, quand le nombre des
observations à Gotnparer est considérable. La discussion des équations est
au Contraire très-déliçat§ : .elle réclame toute la sagacité de l'astronome ;
(6o 9 )
elle exige aussi que, sans accorder une confiance aveugle aux méthodes gé-
nérales de résolution, il se fraye, suivant les circonstances, une route nou-
velle et propre à le conduire à la connaissance des vérités qu'une grande
habitude de la discussion scientifique peut seule lui faire entrevoir.
» La question de la réduction des observations étant ainsi posée d'une
manière sérieuse et scientifique, voyons ce qui a été fait jusqu'ici dans
cette voie.
» La route a été brillamment ouverte, il y a vingt ans, par l'astronome
royal actuel d'Angleterre, M. Airy, qui a eu le bonheur de rencontrer dans
la rédaction scientifique du Nautical Almanac un puissant auxiliaire. Le
Nautical contenant des éphémérides de toutes les planètes, calculées jour
par jour, et avec une approximation portée jusqu'aux centièmes de seconde
de temps, ce qui est indispensable aux besoins de l'astronomie, M. Airy
s'est dispensé de calculer des éphémérides, et il a procédé immédiatement à
la comparaison de ses observations aux positions fournies par le Nautical
Almanac. Dix-sept gros volumes in-folio, comprenant la réduction d'un
nombre immense d'observations et leur comparaison, des catalogues d'é-
toiles, des Tables de réduction, des discussions théoriques et pratiques et
des descriptions d'instruments, ont été publiés par M. Airy depuis 1 836
jusqu'en i852, année dont le volume vient de paraître.
» Outre cet immense labeur, M. Airy entreprit de réduire les observa-
tions de ses prédécesseurs, depuis Bradley. Toutes les observations plané-
taires depuis 1750 jusqu'en i83o ont été calculées par ses soins et compa-
rées directement aux Tables, le Nautical publié dans cet intervalle étant
insuffisant. Le résultat de ces travaux a paru dans un volume in-folio de plus
de 700 pages. Les observations lunaires ont été l'objet d'une entreprise
encore plus vaste, dont les conclusions sont comprises dans deux volumes
in-folio contenant ensemble plus de i5oo pages!
» Magnifique ensemble de travaux, que tout astronome doit avoir sans
cesse devant les yeux comme un admirable modèle! que notre pays doit
connaître, afin de mieux apprécier les conditions auxquelles il pourra à son
tour entrer honorablement dans la carrière.
» Car, nous avons le regret de le dire, rien n'a encore été fait en France
pour la réduction des observations. On les a jusqu'ici publiées à l'état brut
et sans réduction aucune, laissant même à d'autres le soin d'en déduire les
ascensions droites et les déclinaisons.
» Tout est donc à entreprendre aujourd'hui, et dans des conditions plus
("6io )
difficiles que celles où se trouvait l'observatoire de Greenwich en i 836.
Nous ne disposons pas comme lui d'éphémérides construites à l'avance. La
Connaissance des Temps, qui devrait les contenir, n'est plus depuis long-
temps un ouvrage scientifique. Les positions des planètes n'y sont données
qu'à la minute de temps, fait qui étant constaté dispense de toute autre
discussion à ce sujet. Pour exécuter la prescription du décret qui nous
enjoint avec tant de raison de ne publier nos observations qu'en y joignant
leur comparaison avec la théorie, il nous faudra donc, indépendamment de
la réduction des observations, calculer les éphémérides théoriques qui nous
manquent.
» Ce travail préliminaire est en cours d'exécution, et ses principaux ré-
sultats, destinés à servir de bases à nos opérations ultérieures, paraîtront
d'abord dans les Annales. Aussitôt après, "nous commencerons la publica-
tion annuelle et régulière des Observations.
» Je venais de réunir et de coordonner des matériaux assez nombreux
sur les Théories du Systèmeplanétaire lorsque la Direction de l'Observatoire
me fut confiée. Gomme je m'étais efforcé de donner à ma rédaction la suite
et la régularité nécessaires pour en relier toutes les parties entre elles,
elle se trouva susceptible, moyennant quelques additions, de concourir
utilement à l'instruction de nos Fonctionnaires. Ces additions ont été faites,
et il en est résulté un travail comprenant, outre des Mémoires sur plusieurs
points de la science, un certain nombre de Chapitres didactiques, destinés
à résumer d'une manière concise l'ensemble des Formules et des Théories
auxquelles l'Astronome a fréquemment recours . Je publierai successivement
dans les Annales, et sous le titre commun Recherches astronomiques, les
diverses parties de ce travail ; espérant qu'il pourra être de quelque utilité
par les exposés méthodiques qu'il présente, par Tes discussions et les re-
cherches scientifiques qu'il contient.
» L'ouvrage est imprimé chez M. Mallet-Bachelier, par les soins du très-
habile directeur de l'imprimerie, M. Bailleul. C'est dire assez que rien n'aura
été négligé de ce qui peut contribuer à la valeur de l'ouvrage sous le rapport
de l'exactitude et de la pureté typographique (t). »
( i ) Par Décret impérial du i4 novembre i855 , M, Bailleul a été nommé Chevalier de la
Légion d'honneur, pour services rendus à la typographie.
(6n)
M. Eue dk Beacmont communique quelques passages d'une Lettre
qu'il a reçue de M. de Humboldt en date du (\ mars i856.
L'Ulustre voyageur se plaît à donner des nouvelles du voyage que font
actuellement dans l'Inde MM. Schlagintweit. Il annonce que l'un d'eux
est encore dans l'Assam, et que ses deux frères sont allés par Agra aux
mines de diamant. Ils retourneront dans l'Himalaya dès le commencement
de l'été.
« M. Auguste de la Rive présente à l'Académie le second volume de
l'édition anglaise de son ouvrage sur l'électricité. Il entre à cette occasion
dans quelques détails sur la manière dont il a traité les deux parties de l'é-
lectricité qui font l'objet de ce volume, savoir : les effets de la transmission
de l'électricité dans les corps, et les sources de l'électricité (actions phy-
siques, mécaniques et chimiques) Les sources naturelles de l'électricité et
les phénomènes naturels auxquels elles sont intimement liées doivent, ainsi
que les applications de l'électricité, faire l'objet du troisième et dernier
volume.
» M. de la Rive donne communication à l'Académie de deux observa-
tions nouvelles favorables à la manière dont il considère dans son traité la
propagation de l'électricité. La première est relative à une désagrégation
qu'on observe dans un conducteur de platine qui a transmis l'électricité
plusieurs mois de suite, sans qu'il y eût cependant étincelle ni arc voltaïque ;
preuve que la propagation du courant électrique, même par voie de con-
ductibilité ordinaire, se fait de molécule à molécule, sous une forme ana-
logue à celle d'un arc voltaïque, sauf que la décharge a lieu à des 'dis-
tances in6niment petites, au lieu de s'opérer à des distances finies. La
seconde observation est destinée à montrer que la propagation de l'électri-
cité dans l'eau pure est toujours accompagnée, même lorsqu'elle n'est
qu'une conséquence de la décomposition par influence de l'électricité,
d'une décomposition électrolytique, et que par conséquent l'eau n'est pas
susceptible de conduire l'électricité, même dans les phénomènes d'électri-
cité statique, à la façon des conducteurs métalliques. L'idée de l'expérience
appartient à M. Soret, avec qui M. de la Rive l'a réalisée ; elle consiste à
prendre de l'eau pure pour armures intérieure et extérieure d'une bouteille
de Leyde dont la couche isolante est formée par un bocal de verre très-
élevé, verni avec soin en dedans et en dehors, afin que l'isolement soit
complet. Une lame de platine qui sert à conduire dans le sol l'électricité
( 6ia )
positive développée par influence dans l'eau qui sert d'armure extérieure,
est constamment polarisée positivement; preuve qu'elle a été "recouverte
d'une couche d'hydrogène provenant de la décomposition électrolytique
de l'eau' qui Raccompagné le mouvement de ^électricité dans cette eau.
Le phénomène est parfaitement régulier et constant, et toutes les précau-
tions -ont éfé prises pour éviter les erreurs qui pourraient provenir soit d'un
défaut d'isolement, soit- d'un défaut de propreté dans la surface des lames
de platine employées. »
physiQoe dd globe. ->- Inclinaison de l'aiguille aimantée; Lettre de
M, Ant. d'Abbame à M.Élie dé Beaumont. -■?.>":
■'■■-"' . a Urrugne, 26 mars i856.
» Par mon observation d'hier, j'ai trouvé 63° 20', 06 pour l'inclinaison
de -l'aiguille aimantée dans cette partie de la commune d'Urrugne où la
latitude est 43° 22' 44" et la longitude 16*16* à l'ouest de Paris. Comme la
recherche préalable du méridien magnétique demande de longs tâtonne-
ments, et que ce méridien peut varier pendant l'observation, j'ai préféré
déterminer l'inclinaison dans six plans également espacés en azimut. Au
moyen de" quarante-huit lectures symétriques et en renversant les pôles après
les vingt-quatre premières, on obtient l'inclinaison par la -formule connue
dont le calcul n'est guère plus long, tandis que l'observation est plus courte
que dans la méthode ordinairement usitée en France. En comparant mon
observation d'hier avec celle du i3 avril dernier faite avec la même aiguille,
on obtient 3', 1 pour la diminution de l'inclinaison magnétique pendant ces
douze mois. Je dis la même aiguille, car une autre aiguille observée hier
avec le même soin et de la. même manière m'a donné, deux heures plus tôt
seulement, 63°4',8 ou près de 16' en moins. J'ai remarqué depuis long-
temps de pareilles différences, et dans l'état encore imparfait de nos théories
magnétiques, il est prématuré de voir des discordances là où la même aiguille
n l a pas toujours été employée. »
conchyliologie. — Observations sur le Pecten glaber;
-- -■ par M. d'Hombres Firbias.
« Après avoir traité de coquilles rares et curieuses, il paraîtra certaine-
ment étrange que je parle d'une des plus communes et des plus générale-
ment connues , le peigne, appelée coquille de Saint- Jacques, parce que les
pèlerins en ornaient leur chapeau et leur camail .
(6i3)
» Les couchyliologistes en comptent une centaine d'espèces dans les mers
d'Europe. Il ne s'agit dans cette Notice que d'une seule, le Pecten glaber,
que je confondrai ici, comme les pêcheurs, avec le Pecten jacobœus et d'au-
tres peignes bruns, vivant en grande quantité dans les étangs auprès de
Cette. C'est la conservation de ces coquillages et la localité où je les ai ren-
contrés qui me les ont fait remarquer : ils ne sont point fossiles, mais leurs
valves, toutes séparées, sont disséminées dans une terre labourable au quar-
tier du Colombier, au bord du chemin de fer de la Grand'Combe, à i ki-
lomètres au nord d'Àlais.
» Chacun distinguera toujours le Pecten maximus , incomparablement
plus grand et dont la valve supérieure est aplatie : mais les Pecten glaber
et varias, le jacobœus même, peuvent être confondus. Leur grandeur, varia-
ble selon leur âge, ne dépasse jamais o m ,o8 en longueur comme en lar-
geur, et leur plus grande hauteur est de o m ,oi4. Leur couleur ne peut pas
être considérée comme un caractère ; les Pecten glaber, qui abondent dans
nos étangs, sont généralement bruns; ceux qui vivent dans la mer sont d'un
blanc sale ou jaunâtre. Le Pecten varias, tout aussi commun dans les
étangs, est également brunâtre; dans la mer il y en a de diverses nuances de
jaune et de rouge, et j'en ai vu de tachetés et de rayés irrégulièrement. Le
Pecten varias offre intérieurement une teinte violacée, tandis que le Pecten
glaber est blanc en dedans, ce qui prouve que c'est ce dernier qui se trouve
auprès d'Alais. Il aurait pu se décolorer à la longue, mais il n'aurait pas
alors conservé l'éclat nacré qui le distingue.
» Du reste, ce n'est ni de leur description, ni de leurs rapports que j'ai à
m'occuper.
» Les terres des environs du Colombier, bonifiées par la culture et les
amendements, font partie du grand bassin lacustre qui traverse le départe-
ment du Gard du nord au sud, et s'étend dans la Provence.
» Il renferme beaucoup de coquilles calcaires ou siliceuses, mais les
Pecten glaber y sont arrivés plus récemment ; leur transport et leur présence
sont tout à fait étrangers à la formation lacustre, et il n'y a qu'une manière
de les expliquer: c'est d'admettre que d'anciens habitants de la colonie Ni-
moise qui, disent les vieux géographes, remontaient les rives du Gardon
pour chercher la fraîcheur, faisaient venir pour leur table ces coquilles dont
ils étaient friands, qu'ils appelaient des pétoncles, nom donné à présent à
un autre genre.
» Il n'y a point de bâtisse, point de ruines dans le champ qui contient les
peignes ; le château appelé le Colombier en est assez éloigné, mais il est
C. R., i856, I er Semestre. (T, XLI1 , N° 14.1 82
( 614 )
bien plus élevé, et l'on peut supposer que des coquilles amoncelées- a côté
aient été entraînées à la suite de fortes gelées, des ouragans impétueux, ou
d'autres causes de boule-versements extraordinaires, dont je pourrai citer
des exemples, plutôt que de les expliquer. Chacun conviendra que l'aspect
du terrain peut changer en une douzaine de siècles , quand les hommes de
mon âge se rappellent/avoir vu des terres complantées d'arbres sur des rocs
aujourd'hui nus, des ravins assez profonds comblés maintenant. Les peignes
peuvent donc avoir été charriés ; ceux qui restèrent à la surface du sol dispa-
rurent, ceux qui furent enterrés se sont conservés, et c'est après les la-
bours suivis de pluies qu'on en voit le plus.
» On en a trouvé de semblables dans la campagne d'Arles, de Narbonne,
de Nîmes, etc., indubitablement proche des anciennes demeures de quel-
ques colons romains, qui savaient, dit Horace, dans quelles mers étaient
les meilleurs coquillages, et s'en procuraient à tout prix. ■■.'..
» Ausone, qui, au milieu du IV e siècle, enseignait la rhétorique à Bor-
deaux, sa ville natale, parle de ces coquilles de mer qu'on trouvait dans
lés terres des environs; nous expliquerons leur présence de la même ma-
nière, quoique d'autres pensent qu'il à voulu parler des coquilles fossiles,
si abondantes dans ce pays.
» Les tests dePecten glaber devraient alors, m'objectera-t-on, être très-
communs auprès des villes anciennes, tandis qu'il n'y en a point. N'ou-
blions pas que des constructions nombreuses, presque continuelles, exhaus-
sent le terrain et font disparaître les débris de sa surface ; à Arles, on fait
visiter aux voyageurs curieux une vaste construction romaine, composée de
portiques et d'une double galerie voûtée autour d'une place, qu'on pré-
sume être un ancien forum enfoui dans les caves des maisons, entre la
place Saint-Lucien et la rue du Collège. En certains quartiers de Nîmes,
on découvre de temps en temps des pavés en mosaïque, ou des rester
de fondations antiques à o m ,5o, o m ^B et i mètre en contre-bas du sol ; cha-
cun peut voir que la Maison Carréeet \a.Pone d' Auguste sont près de i mè-
tre plus basses que les places attenantes, et qu'il a fallu ménager une pente
considérable du boulevard depuis la Bouquerie jusqu'aux Arènes. Je puis
ajouter un fait plus extraordinaire : en creusant un puits au delà du Cours
Neuf, on a trouvé, à 6 mètres de profondeur, des arbres, non renversés et
entraînés, mais enfouis sur la place où ils avaient végété jadis. Nous les
avons reconnus pour des oliviers ; le propriétaire m'en a donné un morceau,
» Dans les lieux, au contraire, que les terres mouvantes n'ont pu recou-
vrir, du côté du Fort et delà Tour Magne, particulièrement entre les rochers
. (6.5)
derrière le Temple de Diane, où M. Pellet a dirigé les noi'.velles fouilles si
intéressantes, on a remarqué, m'a-t-il dit, de nombreuses coquilles de pè-
lerin. Elles ne peuvent y avoir été apportées que pour la consommation des
habitants de ce quartier. M. J. Tessier pense absolument comme moi.
» Nous ne concevons pas, il faut le dire ici, comment un mets si recher-
ché anciennement l'est si peu de nos jours. On nous apporte beaucoup de
clonisses, de moules, de grosses huîtres de la Méditerranée, et même de
petites de Bordeaux, qui arrivent fraîches par les chemins de fer, mais des
peignes jamais : on n'en voit point habituellement sur les ports de Cette et
de Marseille avec les donaces, les moules, les oursins, deux clonisses ou ve-
nus, la decussata et la Virginia , et d'autres coquillages. Il paraît que ce n'est
point ainsi dans le Nord, que les Pecten maximus , jacobœus de la Manche
sont recherchés et colportés à Paris et à Londres. Si nos pêcheurs les trou-
vent coriaces et les dédaignent, c'est qu'ils ont alors quelque chose de
mieux : le lendemain ils sont moins difficiles. Les plus pauvres non-seule-
ment s'en contentent, mais s'en régalent; ils en forment un tas mêlé avec
de la paille, quelques brindilles de sarment ou d'olivier, et y mettent le
feu, autour duquel se réunit toute leur famille ; chacun a son morceau de
pain : c'est l'affaire de quelques minutes pour préparer le repas; le feu
éteint, les coquilles s'entre-bâillent, les mollusques s'en détachent facile-
ment, et cette demi-cuisson les rend, dit-on, excellents. Il y a parfois quel-
ques peignes mêlés dans un panier de clonisses ou de moules; j'en ai goûté
de crus et de cuits assaisonnés avec des épinards ou gratinés : je les ai trou-
vés assez bons.
» Il faut avouer qu'il y a des circonstances, des saisons de l'année, où
toutes les coquilles, même les huîtres, peuvent occasionner des coliques, des
vomissements, les mêmes symptômes morbides qu'un violent poison. Les
médecins et les chimistes, après beaucoup de recherches, attribuent ces
effets à l'époque du frai, à réchauffement des coquillages dans les cabas ou
entassés, si on les a gardés plusieurs jours pour les transporter ou les mieux
vendre; au temps plus ou moins prolongé que les huîtres ont passé dans
les parcs, à leur séjour dans les eaux insalubres, au cuivre qui a pénétré les
huîtres fixées sur des vaisseaux qui en étaient doublés. Des ordonnances de
police, qui remontent à 1781, prescrivaient de les examiner avant d'en
permettre la vente, et de jeter au fond de l'eau celles qui contenaient un suc
jaunâtre, glaireux, celles dont l'odeur particulière serait suspecte aux com-
missaires. Généralement les amateurs s'en privent les mois où n'entre pas
la lettre r : mai, juin, juillet et août.
82,.
( 6l( 5 )
» J'ai avancé que notre grand bassin lacustre renfermait plusieurs espèces
de coquilles fossiles; leur description m'entraînerait trop loin : je ne ferais
d'ailleurs que répéter ce que j'ai déjà dit dans différents Mémoires; jêjie
peux cependant pas me dispenser d'indiquer ici à ceux qui ne les connaî-
traient pas, ce que cette formation offre de plus intéressant.
» J'ai décrit les petits galets qu'on rencontre dans quelques eouchesde
ce terrain, particulièrement à Saint-Hippolyte de Caton j les lymnêes, les
cjclades, les paludines y sont fort communes, et quelques-unes ont con-
servé leur test ; plus bas sont des empreintes de feuilles, d'insectes et de
poissons, qui avec nos menilites montrent l'analogie de ce terrain aveceelui
d'Aix, incomparablement plus riche pour le paléontologiste. Dans un étage
inférieur on trouve de jolies pyramidelles et des potamides siliceuses. On y
rencontre fréquemment des rognons et des veines de silex pyromaque noi-
râtres. .
> » Vers l'est, aux limites de k commune et du lac d'eau douce, sont dé-
posés des ossements de palœotherium, d'antracotherium, de ptevoAon y de
tjhdon, que jp ai fait connaître. Au lieu d'indiquer ces quadrupèdes par rang
détaille, j'aurais, dû citer le tylodonle premier. M. le professeur -(Servais T à
qui j'avais adressé un paquet de ces ossements, ayant reconnu dès. mandi-
bules d'un carnassier entre le raton et le coatis, qui était indéterminé r lui
donna le nom d'Hqmbresii. Je nesaurais oublier çètte-marque de sympa-
thie de ce savant zoologiste^ et je saisis cette occasion; de lui exprimer com-
bien j'y suis sensible. :.;■'■;■■:■■;
» C'est dans un ravin, derrière le Colombier, que M. Robert dùJPuy àè-
couvrit des dents et des os humains qu'il erut pétrifiés; et qu'il annonça
comme tels à l'Institut... J'écrivis à M. Arago, qiù m'avait demandé quel-
ques renseignements à ce sujet, el je répétai au congrès scientifique de
Nimes r où cette découverte souleva quelques discussions,, que ces osse-
ments appartenaient indubitablement à notre espèce, mais n'étaient point
fossiles j l'endroit où M. Robert les a pris était le cimetière delà màkdre^
rie établie en 1 254 entre la *?iUe et l'abbaye des Fonts, pour lés lépreux qui
revenaient des croisades. .y . ;
» J'ai décrit aussi une localité curieuse à 4 kiIoni ,5 au-dessus d'Alais : le
Serre de la Justice, ainsi nommée à cause des piliers patibulaires bâtis autre-
fois au sommet. On distingue parfaitement sur son penehant méridional' la
ligne où s'arrêta le courant qui submergea toute là plaine,'au milieu de
laquelle ressortent, comme des îles, les sommités néocomienuesdes autres
collines. LeSpatangus refusas et YExogiïa subsimata sont très-communs
(6. 7 )
stir le Serre de la Justice. En y cherchant souvent et avec soin, j'y ai trouvé
clés coquilles plus rares : c'est de là que je rapportai le Pecten quinquecos-
tatus et le Pecten multicostatus, réunis dans un seul échantillon, l'un des
plus curieux de mon cabinet géologique des Cévennes. C'est dans un ravin
vers l'est, proche Mazac, qu'est ce gîte admirable de chaux carhonatée
cristallisée, où je conduisais jadis tous les naturalistes voyageurs qui pas-
saient à Alais.
» Les fossiles caractéristiques du terrain lacustre plus ou moins com-
muns dans ces couches sont quelquefois amoncelés d'une manière fort
remarquable; ainsi, par exemple, sur le chemin de Barjac à Monclus, on
voit une quantité innombrable de cyrènes bien conservées, leurs valves
toujours ouvertes, mais réunies.
» Si, comme au Serre de la Justice, nous étendions nos explorations hors
du bassin lacustre, sur les collines qu'il entoure, sur les chaînes de mon-
tagnes qu'il ne dépasse point, il faudrait des volumes pour décrire ce que
nous pourrions recueillir.
» Plus au nord, du côté de Servas et à'Juzon et à Saint- Jean de Mar-
vejol, on exploite des lignîtes- bitumineuses et de V asphalte; un Mémoire
que j'avais présenté à la Société des Sciences naturelles de Genève en 1818,
détermina M. Th. de Saussure à visiter les divers gisements de notre pays ;
je l'accompagnai partout.
» Les eaux dites sulfureuses ou bitumineuses des Fumades, de la Rougne,
de la Pego, la Font pudento, la Font negro, surgissent du bassin lacustre
au nord-est de l'arrondissement d'Alais. Le professeur de Sauvages pensait
qu'elles étaient de même nature, ainsi que les eaux d'Euzet et de Saint-Jean
deSeirargues, qui en sont à »3 kUom ,5 de distance. La source des Fumades
est la plus considérable et sans contredit la plus forte ou la plus minéralisée
et la plus efficace; les plus éloignées sont mitigées par des filets d'eau douce
qu'elles rencontrent dans leur trajet. Les eaux d'Euzet sont néanmoins les
plus anciennement en vogue; il y a un très-vaste et très-confortable établis-
sement, et il s'y rend beaucoup de monde dans la saison.
» Un habile médecin, qui a comparé les effets de nos diverses sources,
plus ou moins fortes, a fait observer qu'on pouvait rendre plus faibles celles
qui avaient le plus d'intensité; mais que, dans plusieurs eas, les résultats
étaient plus prompts et plus certains en les employant naturelles. Il pressa
le propriétaire des Fumades de faire les constructions nécessaires pour y
recevoir ses pratiques
» J'ai annoncé que je me bornerai à de simples indications sur ce que
(6.8)
j'avais observé eh parcourant notre grand bassin lacustre ; la dernière et la
plus essentielle à noter ici, c'est que depuis le Rhône jusqu'à l'extrémité
nord-est du département du Gard, et à Vallon dans celui de l'Ardèche,
plus de 106 kilomètres de longueur sur une largeur variable de 6 jusqu'à
10 kilomètres, je n'ai trouvé le Pecten gîaber que dans le champ que j'ai
fait connaître. »
M. de Wrângell, récemment nommé à une place de Correspondant,
Section de Géographie et de Navigation, adresse ses remercîments à l'Aca-
démie. -
RAPPORTS.
M. Becquerel, au nom de la Commission qui avait été chargée de faire
un Rapport sur les perfectionnements apportés par M. Lenoir aux procédés
galvanoplastiques pour la reproduction des sculptures en ronde bosse,
donne de vive voix une indication des modifications qui ont été faites à ce
Rapport, en vue des réclamations adressées à l'occasion de la première lec-
ture de ce Rapport, faite dans la séance du 3 mars. Voici le Rapport dans sa
forme actuelle.
galvanoplastie. — Rapport sur un perfectionnement apporté à la
reproduction des rondes bosses par la galvanoplastie.
' (Commissaires, MM. Dumas, Babinet, Becquerel rapporteur.)
- « La galvanoplastie, ou l'art de reproduire des reliefs et des creux en
métal, au moyen de l'électricité, a fait de grands progrès depuis sa décou-
verte. On est parvenu aujourd'hui à donner une très-grande dureté, en même
temps que plus d'homogénéité, au cuivre déposé, et à le rendre ainsi plus
résistant à l'influence des agents atmosphériques ; les moules ont été perfec-
tionnés, en prenant pour matière plastique la gutta-percha ; enfin les artistes
étant devenus plus habiles ont pu reproduire des bronzes d'art et des objets
d'orfèvrerie en ronde bosse soutenant la comparaison avec les mêmes sujets
obtenus par la fonte et la ciselure : les uns y sont parvenus en employant
la soudure pour réunir les diverses parties prises séparément, et d'où rér
sultent des déformations qui nuisent à l'effet artistique ; les autres, pour
suppléer à la soudure, ont employé des procédés qui laissent à désirer,
ou des procédés qu'ils n'ont pas décrits et dont nous ne pouvons appré-/
cier les avantages.
(6i 9 )
» Parmi les personnes qui exercent cet art avec succès, on doit distinguer
M. Lenoir, qui a apporté une notable amélioration, en opérant des dépôts
métalliques partout de même épaisseur sur des moules d'objets en ronde
bosse, de manière à reproduire immédiatement des statuettes sans soudures
et aussi parfaites que les modèles. Quelques-unes des reproductions qu'il a
obtenues, ainsi que le Mémoire descriptif du procédé qu'il a présenté à
l'Académie, ont été renvoyés à l'examen d'une Commission composée de
MM. Dumas, Babinet et moi, laquelle m'a chargé de la rédaction du Rap-
port que je vais avoir l'honneur de lui communiquer.
» M. Lenoir a atteint le but qu'il s'est proposé en moulant les objets en
deux parties avec de la gutta-percha et réunissant ces parties comme il sera
dit ci-après.
» La gutta-percha n'est pas employée pure comme on le fait ordinaire-
ment : elle est composée d'un mélange de 5oo parties de cette substance, de
200 parties de saindoux et de 7.S0 parties de résine. Ce mélange présente
plus de ductibilité et en même temps d'élasticité que la gutta-percha.
» On commence par couler du plâtre gâché autour de la moitié de l'objet
à mouler; quand le plâtre est pris, on pratique çà et là, à quelque dis-
tance de la pièce et à la partie de la surface du plâtre qui doit servir de
jonction avec celle du moule de la seconde partie, de petites cavités ou
points de repère. Cette opération faite, on ramollit de la gutta-percha, pré-
parée comme il a été dit, dans une étuve sèche chauffée vers 100 degrés,
puis on l'applique sur la pa'rtie de l'objet non recouverte de plâtre, en la
moulant par la pression seule de la main, qui suffit, d'après M. Lenoir,
pour reproduire les linéaments les plus délicats du modèle.
» Quand l'objet est ainsi recouvert, moitié en plâtre, moitié en gutta-
percha, on brise le plâtre et on l'enlève. La moitié ainsi mise à nu est re-
couverte de nouveau de gutta-percha de la même manière que l'autre. La
solidification faite, on réunit parfaitement les deux parties du moule à
l'aide des points de repère qui sont en relief sur l'une des parties du moule,
et en creux sur l'autre ; mais avant, on métallisé avec de la plombagine les
surfaces sur laquelle doit être déposé le métal. On fixe à un point le plus
inférieur de cette surface un fil de cuivre, qui est mis en communica-
tion avec le pôle négatif de l'appareil voltaïque; un fil de platine devant
servir d'électrode positive est disposé dans l'intérieur du moule, de manière
à suivre autant que possible et à la même distance les principaux contours,
afin de donner partout la même épaisseur au dépôt; ce fil est recouvert de
gutta-percha dans les parties où l'on craint qu'elles ne touchent le moule.
( 620 )
La pièee est plongée ensuite dans une dissolution saturée de sulfate de
cuivre. ._.:.._...'...■■"-....--
» Le dépôt métallique effectué, on détache le moule et on enlève avec
soin les bavures qui en général ont peu d'étendue. On a_ alors la repro-
duction parfaite des pièces.
» M. Lenoir, comme on le voit , n'emploie pas d'électrode soluble, mais
il supplée à cet inconvénient en pratiquant de part en part dans le moule
plusieurs ouvertures , les unes en haut, les autres en bas, afin d'établir pen-
dant le dépôt une circulation de la dissolution. Le liquide, en se décompo-
sant, devenant moins dense, s'élève et s'écoule par les ouvertures- supé-
rieures, tandis que le liquide inférieur du bain s'élève aussi pour remplacer
le précédent. Le dégagement de gaz sur le fil de platine contribue au mou-
yement ascendant du liquide.
» L'acide sulfurique reste en totalité dans le bain r ce-qui n'est pas sans
inconvénient pour l'état moléculaire du précipité métallique, car cet état
peut être modifié , suivant que la dissolution de sulfate est plus ou moins
acide; on peut y parer cependant, comme nous l'avons .conseillé à M. Le-
noir, en mettant au fond du bain du bioxyde de cuivre obtenu par la cal-
cination de rognures de ce métal, dont il reste toujours une certaine quan-
tité dans les préparations, lequel se combine peu à peu avec l'excès d'acide.
» Cette manière de procéder exige l'emploi de piles situées en dehors
des cuves : aussi ne peut-on pas se servir d'appareils simples qui ont été
employés dans différents établissements. . La dépense en électricité est
donc plus forte que par les procédés ordinaires, mais aussi on évite les
soudures qui sont des causes de destruction quand les objets sont expo-
sés aux influences atmosphériques, ainsi que la main-d'œuvre qu'exige
la réunion des parties reproduites séparément. Le procédé a donc un avan-
tage réel sur tous ceux qui ont 'été publiés jusqu'ici lorsqu'il s'agit de
ronde bosse.
» A la vérité M, Lenoir n'a reproduit encore que de petits et de moyens
bronzes, mais il est probable que rien ne s'opposera à ce qu'il applique
son procédé aux grands bronzes. Nous entendons ici par bronzes, non des
reproductions en alliage de cuivre et xl'étain, mais des reproductions en
cuivre pur. ,
» D'un autre côté, on sait que pendant ces dernières années, comme on
a pu le voir à l'Exposition universelle, l'orfèvrerie a tiré un parti très-avan-
tageux de l'emploi des procédés galvanoplastiques pour la reproduction des
pièces d'argent. Les dispositions employées par M. Lenoir permettront bien
(6*i )
certainement d'étendre les applications électrochimiques au déoôt des mé-
taux précieux. On emploiera alors de préférence à l'intérieur* comme le
fait M. Lenoir, une électrode soluble d'or ou d'argent, au lieu d'une élec-
trode en platine.
^ » Les détails dans lesquels la Commission vient d'entrer, prouveront à
l'Académie l'utilité du perfectionnement que M. Lenoir a apporté à la re-
production par la galvanoplastie des objets en ronde bosse: aussi vous pro-
pose-t-elle de donner son approbation au travail qu'il lui a présenté, en le
remerciant de son intéressante communication. »
Les conclusions de ce Rapport sont adoptées.
H.Bu«, après la lecture de ce Rapport, dépose le Mémoire clans
lequel M. Lenoir a décrit ses procédés, conformément au désir qu'avait ex-
pnme M. Thenard de voir imprimer cette description dans le Recueil des
bavants étrangers.
M. Thésard fait remarquer qu'il n'avait exprimé ce désir que dans la
supposition, qui s'est trouvée ma! fondée, que les produits présentés dans
la séance du 1 1 février étaient accompagnés d'une description du procédé
opératoire. '
MÉMOIRES PRÉSENTÉS.
OKGANOGÉnie végétale. - Mémoire sur l'origine et le développement de
la cuticule (deuxième partie); par M. A. Tréccl. (Extrait.)
(Renvoi à l'examen de la Section de Botanique.)
« Dans la dernière séance, j'ai eu l'honneur de présenter à l'Académie
mes observations sur l'origine de la cuticule, et j'ai dit qu'entre elle et la
membrane cellulaire il se développe le plus souvent une couche plus ou
moins épaisse, dont les propriétés physiques et chimiques sont variables
Ces Propriétés ont été bien étudiées dans plusieurs cas par divers auteurs, tels
que MM. Payen, H. Mohl, Schacht, etc. ; mais ces savants ayant fait leurs
observais sur des parties adultes, ou dans un âge voisin de cet état, ou
sur des plantes qui ne pouvaient pas les instruire de tous les faits intéres-
sants, n ont pu apercevoir certains phénomènes importants. C'est pour
C R., i856, i« Semestre. (T. XLII, N° 14.) 83
( 622 )
remplir les lacunes qu'ils ont laissées que je viens soumettre au jugement de
l'Académie le résultat de mes recherches sur ce sujet,
» Lors donc que la cuticule proprement dite est séparée par dédouble-
ment de la paroi de chaque cellule superficielle, celle-ci sécrète à sa face
externe une série de couches très-minces, disposées concentriquement et
parallèlement à la surface de la cellule génératrice. Ces couches fort souvent
ne semblent constituer qu'un dépôt homogène tel , que l'on ne distingue pas
leur stratification ; mais chez certaines plantes (Iris germanica, Helleborus
fœtidns, H. lividus, etc.), ces diverses couches se- voient très-bien sur des
tranches minces. Une ligne, souvent très-nette, perpendiculaire à la cuticule,
établit fréquemment aussi une démarcation entre les séries de couches concen-
triques qui appartiennent aux cellules adjacentes. Quand cette démarcation
n'existe pas, on peut très-souvent la faire apparaître par l'emploi de l'iode
et de l'acide sulfurique. Dans ce cas, il règne, vis-à-vis la cloison qui sépare
les cavités cellulaires, une ligne blanche, diffuse, qui contraste avec la cou-
leur bleue que prennent les couches de sécrétion dont il s'agit, et qui sont,
dans l'origine, toutes composées de cellulose pure. Cette ligne blanche ou
bleu clair résulte de l'écartement des produits de chaque cellule, qui, gon-
flés par le réactif, tendent à s'isoler, ce qui détermine une raréfaction de la
substance aux lignes de jonction, et quelquefois à une substance interposée
comme je le dis plus loin, substance qui bleuit moins aisément que les
couches elles-mêmes. Cette ligne diffuse apparaît surtout quand on se sert
d'acide un peu dilué; si l'on ajoute ensuite de l'acide plus concentré, les
lignes blanches disparaissent, et toute la zone sous-cuticulaire devient
uniformément bleue. Cette zone, formée de couches minces de cellu-
lose, prend parfois une grande épaisseur; alors il arrive, chez beaucoup
de plantes, que ses couches constituantes les plus externes, celles qui sont
nées les premières, perdent la propriété de bleuir au contact de l'iode et de
l'acide sulfurique ; elles deviennent, au contraire, jaunes ou brunes comme
la cuticule. Cette propriété nouvelle est due principalement à un phénomène
physiologique, comme l'a dit déjà M. Payen, et non à la seule influence des
agents atmosphériques. Cette couche, qui brunit par l'emploi de l'iode et de
l'acide sulfurique, ne peut s'accroître, suivant MM. Mohl et Schacht, que par
la modification chimique graduelle des couches de cellulose plus intérieures.
> C'est, suivant M. Mohl, en une telle métamorphose chimique, qu'accom-
pagne un changement d'organisation, que consisterait cette transformation.
Suivant M. Schacht, « ces couches meurent, c'est-à-dire qu'elles sont chan-
gées en substance subéreuse. » Cependant j'ai observé en elles quelque
( 6^3 )
chose de plus qu'un simple changement chimique; il y a un phénomène
vital des plus curieux, et dans certaines plantes un accroissement indépen-
dant de la modification des couches placées au-dessous, ainsi que ce qui
suit va le démontrer. Toutefois cette modification est évidente. Voici com-
ment elle se manifeste. La transformation commence dans la partie la plus
voisine de la cuticule; elle s'annonce souvent par l'apparition d'une série
de très-petits granules (Agave americana, Helleborus fœtidus, lividus, etc.),
à laquelle succède une teinte légèrement fauve ou verdâtre, suivant les cas ;
la série de granules, quand il en existe, se renouvelle vers l'intérieur, à me-
sure que la couche modifiée s'épaissit. Il est des plantes dans lesquelles tout
se borne à cette modification. On a alors à l'extérieur la cuticule, puis ce
que M. Schacht nomme les couches cuticulaires , qui brunissent par l'iode et
l'acide sulfurique, et au-dessous les couches dites d'épaississement, qui de-
viennent bleues sous l'influence des mêmes agents chimiques.
» Voici maintenant comment apparaît le phénomène vital que j'ai signalé.
Quand la couche transformée comme je viens de le dire a acquis une cer-
taine épaisseur, elle se délimite nettement, et chez beaucoup de plantes on
voit se former à cette limite une bordure claire qui devient une pellicule
semblable à la cuticule (Physosiphon Loddigesii, Lepanthes cochlearifolia,
Pleurothallis racemiflora, Glaucium fulmm, Agave americana, etc.). Or-
dinairement la substance qui sépare cette nouvelle membrane de la cuti-
cule ne paraît plus stratifiée ; elle est homogène, plus rarement granuleuse.
Chez X Agave americana, etc., cette couche modifiée s'avance en décrivant
des sinuosités profondes à la limite des produits de la sécrétion de chaque
cellule jusqu'auprès de la cloison formée par les parois latérales des cellules.
Dans quelques cas, cette membrane interne n'est pas très-évidente; on ne
remarque parfois, après l'action de l'iode et de l'acide sulfurique, qu'une
coloration rouge ou brune plus foncée à la place qu'elle occupe; mais dans
beaucoup de plantes son existence ne peut être révoquée en doute. Dans le
Glaucium fulvum, j'ai souvent dissous par l'acide sulfurique concentré la
matière qui sépare les deux membranes; il restait ensuite deux pellicules
libres, d'égale épaisseur et colorées en jaune plus ou moins foncé. L'inté-
rieur présentait quelques sinuosités correspondant à celles de la surface des
cellules de l'épiderme. Les plantes dont je viens de parler oht'donc une
cuticule composée, formée de trois parties : i° de deux pellicules minces;
a° d'une substance intermédiaire plus épaisse.
» On pourrait être porté à croire que ce sont des cuticules de cette nature
qui ont suggéré à M. Hartig sa théorie sur cet Organe. On sera convaincu du
M 83..
(.6a4 )
contraire si l'on fait attention que la description qu'il donne de son dévev
loppement, empruntée à M. Schleiden (il le dit lui-même), pour donner plus
de force à son argumentation, se rapporte à une plante qui n'offre pas une
teile cuticule composée! En effet, celle du Hyacinthns orientalis est une
pellicule simple, mince, placée sur une couche de cellulose peu épaisse. De
plus, dans tous les cas que j'ai étudiés, l'apparition des membranes de ces
cuticules composées a lieu de la circonférence au centre, tandis que sui-
vant la théorie de M. Hartig, elle se ferait du centre à la circonférence
C'est que cette théorie est fondée sur un fait particulier, le développement
centmuge des membranes de certaines cellules, et que M. Hartig con-
sidère la cuticule comme la première cellule de l'embryon, qui se serait
agrandie.
. » La vie se manifeste d'une manière plus remarquable encore dans la for-
mation de la cuticule composée de plusieurs Aloès, peut-être même chez
toutes les espèces. Parmi celles que j'ai étudiées, trois surtout sont très-fa-
vorables à l'observation ; ce sont : les Aloe glauca, verrucosa, et une espèce
que je crois être VA. subverrucosa [Gasteria subverrucosa = Aloe subtuber-
culata, Hort. Par.). Dans ces Aloès, on observe très-bien le dédoublement
de Ja membrane cellulaire : il commence à la jonction des cellules. Quand
il est effectué, de la cellulose est déposée entre les deux membranes ; arrivée
k "ne certaine épaisseur, cette couche de cellulose se déchire irrégulièrement
dans sa partie moyenne, et un intervalle souvent considérable sépare les
deux parties qui adhèrent, l'une à la cuticule, l'autre aux cellules. Malgré
cette scission, la moitié externe attachée à la cuticule continue à végéter ;
d abord mince, elle devient fréquemment très-épaisse (Jloe verrucosa
subverrucosa, etc.). C'est là un phénomène fort important, en ce qu'il prouve
de nouveau qu'il peut y avoir épaississement des membranes végétales sans
i addition de nouvelles couches sécrétées par une prétendue utricule pri-
mordiale génératrice; car cet épaississement s'effectue ici loin du siège sup-
posé de cette utricule, et dans un lieu qui en est séparé par des membranes
épaisses et par une fissure quelquefois très-large,
. » Les cuticules composées présentent, souvent des éminences coniques
plus ou moins grandes à leur face interne, vis-à-vis la jonction des cellules de
Jepiderme, entre lesquelles elles peuvent même s'avancer ; ces éminences
et toute la couche sous^cuticukire sont traversées par une ligne ordinaire-
ment plus pâle que le reste de la masse; cette ligne a été prise par divers ana-
tomistes pour la continuation de la membrane primaire des cellules, qui
forme , suivant eux, la cuticule proprement dite ou pellicule externe. Il ne
( 6a5 }
peut certainement pas eu être ainsi, puisqu'à l'époque du dédoublement
de la membrane cellulaire, au moment de la séparation de la cuticule, il y
a une scission complète tout autour de la feuille ou de la tige, et puisque,
dans beaucoup de plantes {Agave arnericana, Aloe glauca, verrucosa,
subvetrucosa, etc., etc.), la scission ou dédoublement commence à la cloi-
son même qui sépare les cavités cellulaires, c'est-à-dire vis-à-vis ces mem-
branes primaires latérales dont M. Mohl avait cru reconnaître le prolonge-
ment à travers les couches cuticulaires. Il y a donc toujours en ce point une
scission complète dès le principe entre la cuticule et les parois latérales des
cellules, et comme ces cellules ont ordinairement une surface un peu con-
vexe, cette scission y laisse souvent un méat triangulaire d'abord vide, qui
se remplit bientôt d'une matière de peu de densité. Cette matière se solidifie
et conserve presque toujours une teinte différente de celle des couches qui
naissent ensuite; c'est à la prolongation de cette matière qu'est due la ligne
pâle qui a été prise pour la membrane primaire dans certains Aloès, etc. Il
n'y a souvent aussi qu'une simple ligne noire accusant la juxtaposition des
couches produites par les cellules voisines. »
botanique. — Observation constatant le retour simultané de la descen-
dance d'une plante hybride aux types paternel et maternel; par
Mi Ch. Nacdist, aide-naturaliste au Muséum.
(Renvoi à l'examen de la Section de Botanique.)
« Une question souvent débattue entre les botanistes physiologistes, et
sur laquelle les esprits sont encore loin d'être fixés, est celle de savoir si la
postérité des plantes hybrides fertiles, c'est-à-dire capables de se féconder
par leur propre pollen, conserve indéfiniment les caractères mixtes de l'hy-
bride ou revient, après un temps plus ou moins long, au type de l'un des
deux parents. Peu d'expériences suivies ont été faites en vue de la résoudre,
et les conclusions qu'en faveur de l'une ou de l'autre hypothèse on a tirées
d'un petit nombre de faits, peut-être pas suffisamment authentiques ou in-
complètement observés, me paraissent encore trop aventurées pour qu'on
doive leur donner définitivement place dans la science. Sans exprimer ici
une opinion arrêtée, je crois devoir rapporter une observation qui, je l'es-
père, jettera quelque jour sur la question controversée, en prouvant que,
dans certains cas au moins, la postérité des hybrides fertiles manifeste une
tendance incontestable à reprendre les caractères des espèces dont ces hy-
brides sont issus.
( 6a6 )
» Les plantes qui me fournissent le sujet de cette observation descen-
dent, par première génération, d'une primevère hybride, trouvée en i854,
dans un jardin, par M. Weddell , qui l'apporta vivante au Muséum. Cette
plante continua à y fleurir et donna quelques graines qu'on eut lieu de
croire bien conformées. M. Weddell soupçonnait avec grande probabilité
que l'un des parents était la variété à fleurs pourpres du Primula grandi-
flora^ qui était d'ailleurs cultivée en plates-bandes au voisinage de l'hybride,
mais il conservait des doutes sur l'espèce de l'autre parent. Quoi qu'il en
soit , M. Decaisne, en prévision des changements qui pouvaient s'opérer
dans la descendance de l'hybride, en fit peindre les fleurs à l'aquarelle,
afin qu'elles restassent toujours comme terme de comparaison. Cette pré-
caution fut d'autant plus utile, que l'hybride périt dans le courant de
l'année.
» Au mois de novembre i854, je fis semer les graines qui avaient été ré-
coltées; j'en obtins dix plantes, dont six étaient au I er avril en pleine flo-
raison. De ces six plantes, une seule a conservé les caractères à peu près
intacts de l'hybride; les cinq autres se sont séparées en deux camps, repro-
duisant dans l'un le type du Primula officinalis à petites fleurs jaunes, dans
l'autre celui du Primula grandiflora, à grandes fleurs pourpres ou violacées,
» Deux de ces plantes peuvent être considérées comme entièrement reve-
nues au type du Primula officinalis. La comparaison attentive que j'en ai
faite avec un pied fleuri de cette dernière espèce, ne m'a fait trouver entre
elles et lui aucune différence appréciable, si ce n'est peut-être que le pé-
doncule commun de l'inflorescence y est un peu plus court. C'est de part et
d'autre le même feuillage^ la même forme, la même grandeur et le même
coloris dans les fleurs. Dans les trois plantes, le pollen était exactement
semblable, et également bien conformé; tous ou a peu près tous les grains
de ce pollen avaient atteint leur développement normal et paraissaient aptes
à opérer l'imprégnation.
» Une troisième plante issue de l'hybride touchait encore de très-près au
P. officinalis, mais ses corolles, du double plus grandes et un peu plus
étalées, accusaient, malgré leur coloris jaune, un reste déjà sensible de
la sève du Primula grandiflora. Le pédoncule commun dé l'inflorescence,
relativement court, était un autre point de contact avec cette seconde
espèce, chez laquelle il est rudimentaire et pour ainsi dire nul. La presque
totalité des grains du pollen était bien conformée; ou n'en voyait qu'un
très-petit nombre, i sur 5o peut-être, qui n'était arrivé qu'à demi-grosseur
et paraissait impropre à opérer la fécondation.
(6, 7 )
» Un quatrième pied a seul conservé les caractères de l'hybride dont il
descend sa corolle est intermédiaire pour la grandeur entre celles des
P. o/Ecinalis et grandiflora, et ce caractère mixte n'est pas démenti par la
coloration mordorée de cet organe où le jaune et le pourpre des deux espèces
se fondent l'un dans l'autre. Le pollen présente ici un déchet considérable :
examiné sous le microscope, il nous a présenté, à M. Decaisne et à moi,
une proportion beaucoup plus forte de grains mal conformés ou arrêtés
dans leur développement que de grains arrivés à l'état parfait. D'après plu-
sieurs calculs que nous en avons faits, nous avons trouvé que les bons grains
étaient aux mauvais comme 61 est à 98, ou, en chiffres réduits, comme
3 est à 5 .
» Les deux, dernières plantes reproduisent presque identiquement la variété
à fleurs purpurines du P. grandiflora, seulement les teintes de la corolle en
sont affaiblies; dans.l'un d'eux, la coloration pourpre est seulement un peu
moins vive que dans le type spécifique ; dans l'autre, elle est sensiblement
plus pâle et approche de la couleur Hlas. Dans toutes deux, le pédoncule
commun est rudimentaire , et les pédicelles particuliers fort allongés,
comme chez le P. grandiflora; mais, chose à noter, tandis que dans l'échan-
tillon à corolle plus vivement colorée la presque totalité des grains de pol-
len semble bien constituée, dans celui où la coloration est affaiblie la pro-
portion du pollen incomplètement développé est au contraire presque
double de celle du pollen arrivé à grosseur uormale. Nous avons effective-
ment trouvé, d'après plusieurs calculs, 112 bons grains contre 216 mau-
vais; c'est comme l'on voit, à peu de chose près, i6contre3i, ou, plus sim-
plement encore, 1 contre 2.
» Depuis le moment où ces observations ont été faites, un septième pied
de notre Primevère issue d'hybride a fleuri ; il retourne, comme les deux
dont je viens de parler, au type du P. grandiflora dont il diffère à peine;
je n'en ai pas examiné le pollen.
» Ainsi, sur sept plantes provenues des graines d'un hybride fécondé par
son propre pollen, une seule conserve la forme intermédiaire de cet hy-
bride; trois plantes reviennent au type du père, et trois à celui de la mère,
et cela à la première génération. Ne dirait-on pas que la nature a hâte de
faire disparaître des formes bâtardes qui n'entrent pas dans son plan , et
qu'elle y arrive, non-seulement par l'imperfection du pollen chez un grand
nombre d'hybrides, mais aussi, quand ces hybrides sont féconds, par la
séparation des deux essences spécifiques que l'art ou le hasard ont violem-
ment réunies ?
( 6a8 )
/ » Inexpérience n'est pas encore complète, et lefait que je viens de signa-
ler ne suffit pas pour asseoir un jugement définitif. Il faudrait, pour cela,
suivre La descendance des plantes pendant plusieurs générations succes-
sives; mais il est permis déjà de conjecturer que celui des deux éléments
spécifiques qui domine dans chacune des séries divergentes de nos Prime-
vères hybrides finira par éliminer totalement Je plus faible, et qu'à la
longue les plantes obtenues par voie de semis ne différeront plus des types
proprement dits du P. officinalh et du P. grandiflora , parents de l'hy-
bride primitif.
» Je suis loin de prétendre que ce soit là une règle générale; je crois
au contraire que les lois qui régissent l'hybridité, chez les végétaux, va-
rient d'espèce à espèce, et qu'il n'est pas permis de conclure d'un hybride
à un autre. C'est ce qui résultera, je l'espère, des expériences multipliées
qui m'occupent, depuis déjà plus de deux ans, au Muséum. »
ÔËQLOGïE. — Sur le gisement, l'âge et le mode déformation des terrains
à meulières du bassin de Paris; parM. Mebgy. (Extrait par l'auteur.)
(Commissaires, MM. Cordier, C. Prévost, de Senarmont.)-
. « J'ai réuni dans ce Mémoire les principaux faits que j'ai observés dans
les nombreuses carrières de pierre meulière que j'ai visitées depuis près de
quatre ans. Frappé des idées contradictoires que l'étude de ces terrains fait
naître, j'ai cherché à me rendre compte des traces de dislocations et de
bouleversements qu'ils présentent; je me suis demandé si -les argiles et
les sables qui accompagnent les meulières sont contemporains du dépôt sili-
ceux ou s'ils datent d'époques différentes, enfin dans quelles circonstances
ces matériaux se sont déposés.
» J'établis d'abord que les deux terrains à meulières, quoique séparés
par les sables de Fontainebleau, ont entre eux des rapports intimes non-
seulement par les caractères minéralogiques des roches qui les composent,
mais encore par leur situation géologique et leurs limites géographiques.
Ainsi le terrain des meulières supérieures repose sur le calcaire lacustre de
Beauce, comme le terrain des meulières inférieures repose sur celui de
Brie. Tous deux se trouvent pour ainsi dire exclusivement concentrés vers
le relèvement septentrional de ces deux calcaires et sont compris dans un
seul et même bassin, dont les bords semblent avoir été déterminés par le
relief des couches inférieures et par les dénudations que le sol avait éprou-
(6 29 )
vées antérieurement à leur formation. De plus, je fais remarquer que ces
deux terrains sont étroitement liés par leur constitution physique et minéra-
logique, et c'est de l'examen minutieux et détaillé de l'allure qu'ils affectent
que découle une partie de mes conclusions.
» En général, la formation des meulières, en quelque point qu'on l'ob-
serve, se compose de deux assises : l'une inférieure, caractérisée par des
bancs plus ou moins continus dont les intervalles très-irréguliers sont rem-
plis par de la glaise compacte grise ou rougeâtre ; l'autre supérieure, où le
sable et le gravier dominent, et où la meulière est disséminée en blocs plus
ou moins volumineux et confusément disposés.
» Un fait important à signaler, c'est que l'argile qui accompagne les
meulières renferme toujours des débris plus ou moins gros de la même ro-
che. Ces débris, dont les plus petits ne dépassent pas quelques millimètres,
sont posés tantôt à plat, tantôt de champ, tantôt obliquement dans un sens
ou dans un autre, de telle sorte qu'il est impossible de ne pas reconnaître
qu'ils ne sont pas en place, c'est-à-dire qu'ils ont dû être détachés du mas-
sif et amenés, postérieurement au dépôt de la meulière, dans l'emplacement
qu'ils occupent aujourd'hui. Et comme ces débris se trouvent à tous les
niveaux, aussi bien à la base du terrain qu'à sa partie supérieure, il faut né-
cessairement conclure que l'argile dans laquelle ils sont empâtés est plus
récente que la meulière elle-même (i).
» Un autre fait non moins important que le précédent consiste dans le
passage des meulières de Brie au calcaire lacustre inférieur; mais ce passage
ne s'observe que vers le centre du bassin où ce terrain se trouve déposé.
Ainsi, dans presque toutes les exploitations des environs de Corbeil et
de Villeneuve-Saint-Georges, on reconnaît l'existence du calcaire siliceux
dans l'intérieur même de la meulière, et il est même certains points où les
bancs calcaires sont seulement cariés dans le voisinage des fentes qui les tra-
versent. Il paraît donc rationnel de supposer que les meulières dérivent
des calcaires siliceux auxquels elles sont superposées.
» Mais d'où vient l'argile avec lentilles de sable qui entre comme partie
( i ) Une opinion toute contraire a été émise par M. Constant Prévost dans une Note insé-
rée au Bulletin de la Société Philoraathique 1826, et intitulée : « Quelques faits relatifs à la
formation des silex meulières «. D'après cet auteur, les masses siliceuses seraient contempo-
raines des argiles qui les enveloppent et auraient été produites à la manière de la craie par
des agglomérations de la silice au sein du limon argileux.
C. R., i856, i er Semestre. (T. XL1I, N° 14.) ^4
( 63o )
essentielle dans ces terrains? D'où viennent les sables et les graviers qui la
surmontent? Je fais voir que ces argiles, ces sables et ces graviers se lient
à ceux de Sologne et reposent en stratification discordante sur les deux ealr
caires siliceux. Seulement ces matériaux ne renferment de meulière qu'au-
dessus des points où cette roche existait primitivement. .
» Quant au mode de formation des meulières, le célèbre Brongniart avait
déjà annoncé dans sa Description géologique des environs de Paris qu'il
avait fait de véritables meulières en jetant du calcaire siliceux dans de l'a-
cide nitrique. Chacun peut répéter cette expérience bien simple, et l'on
remarquera que l'acide laisse un résidu argileux rougeâtre, lequel nous
paraît représenter certaines glaises qui remplissent les vides de la pierre. A
une certaine époque postérieure au calcaire de Beauce, des eaux acides se
seraient répandues sur les calcaires siliceux et les auraient décomposés plus
ou moins complètement, en laissant pour résidu : d'une part, le squelette
siliceux du calcaire, et, d'autre part, l'argile ferrugineuse primitivement mê-
lée d'une manière intime au carbonate de chaux. Un peuplus tard, les vides
nombreux et irréguliers existant au milieu de ce squelette ou de-cette espèce
de carcasse du calcaire siliceux (pour nous servir de l'expression pittores-
que de Brongniart) auraient été remplis par les glaises et les sables du ter-
rain de Sologne. - :.-;,'-:. .-.■
» C'est ainsi, suivant nous, qu'on peut concevoir cet assemblage vérita-
blement bizarre de bancs rompus et disloqués, sans aucune liaison, bien
que paraissant avoir appartenu à un dépôt régulier, et de glaises et sables
renfermant aussi des fragments détachés de la même roche.
: » Nous avons aussi établi Un rapprochement entre les glaises des meu-
lières et certaines argiles du Nord avec grès placées sous le limon. Cette ma-
nière de voir concorde avec les observations des illustres auteurs de la
Carte géologique de France, qui ont indiqué ces argiles comme appartenant
à l'époque miocène. . .:
» Enfin nous terminons en jetant un coup d'oeil sur les minerais de fer
hydraté qui recouvrent souvent les plateaux où affleurent les meulières su-
périeures, et qui semblent avoir été produits par des sources après le dépôt
du diluvium gris à ossements qui remplit le fond des vallées.
» En résumé, les faits exposés dans ce Mémoire conduisent aux consé-
quences suivantes :
» i ° . La structure particulière de la pierre meulière; est due à la réaction
opérée sur les deux calcaires lacustres par- des eaux aeides qui ont afflué, à
une époque postérieure au dernier calcaire et antérieure aux fahluns de
(63, )
Touraine, dans un même bassin résultant à la fois du relief des couches
inférieures et des dégradations profondes que les sables de Fontainebleau
et le calcaire de Beauce avaient déjà subies de la part des eaux.
» a°. Les vides de la carcasse siliceuse ainsi produite par la dissolution
des parties calcaires qui s'y trouvaient primitivement associées, ont été rem-
plis d'abord par le résidu provenant de la décomposition des calcaires, puis
par les sables, graviers et glaises du terrain de Sologne.
» 3°. Les terrains à meulières constituent par conséquent des dépôts
mrrtes appartenant à des époques différentes.
» 4°« Les argiles grasses qui empâtent des blocs de grès tertiaires dans
le nord de la France et qui sont inférieures au limon, semblent être con-
temporaines des argiles à meulières.
» 5°. Outre les meulières associées à leurs glaises bigarrées pures ou
veinées de sable, il en existe d'autres qui ont été remaniées à l'époque du
limon.
» 6°. Les grandes vallées, telles que celles de la Seine et de la Marne,
dont les rives sont bordées par des plateaux recouverts d'argiles à meu-
lières, ont été creusées postérieurement au dépôt de ces argiles. Elles ont
reçu successivement le diluvium gris, le terrain rougeâtre à cailloux, puis
ie limon qu'on trouve souvent superposé aux meulières sur les points les
plus élevés.
» 7 . Enfin les minerais de fer hydroxydé qui remplissent des poches à
la surface des meulières supérieures, paraissent dus à des sources carbo-
natées qui ont jailli au commencement de la période agitée du terrain qua-
ternaire, et sont par suite contemporains du terrain à cailloux inférieur à
l'argile sableuse du limon. »
chirurgie. — De l'influence de la proportion du phosphate de chaux con-
tenu dans les aliments sur la formation du cal; par M. Alphonse
Milne Edwards. (Extrait.)
(Commissaires, MM. Rayer, Claude Bernard, Jules Cloquet. )
« L'idée de faciliter le travail de consolidation des fractures, à l'aide de
médicaments pris à l'intérieur, paraît s'être présentée à l'esprit de quelques
chirurgiens d'une époque déjà assez éloignée, et plusieurs faits tendent à
faire croire que, parmi les substances qui ont été employées, se trouve le
phosphate de chaux, ou du moins des sels calcaires. Cependant la descrip-
tion que Fabricius de Hilden nous donne de la pierre ostéocole, est trop
84..
( 63a )
vague et trop obscure pour qu'on puisse avancer avec certitude qu'elle
renfermât du phosphate de chaux.
» Dans ces derniers temps, quelques chirurgiens essayèrent de l'emploi
du phosphate de chaux, mêlé aux aliments; M. Gosselin , chirurgien de
l'hospice Gochin, eut recours à ce moyen, surtout dans les cas de fractures
du. bras, qui quelquefois sont si longues à se consolider. Les résultats
parurent satisfaisants sur les six malades dont j'ai pris les observations; du
vingt-septième au trentième jour on pouvait retirer l'appareil; la fracture
paraissait entièrement consolidée, et on se bornait à faire porter quelques
jours encore une écharpe au malade. .......
» Mais ici on ne pouvait pas examiner les cals; on ne pouvait juger de
leur plus ou moins grande solidité que bien approximativement; aussi,
d'après les conseils de M. Gosselin, qui a bien voulu vérifier les résultats
de mes expériences, ai-je fait quelques recherches sur des chiens et des
lapins.
» Dans ces expériences, je prenais tantôt des chiens, tantôt des lapins,
à peu près dans les mêmes conditions d'âge, de force et détaille; je leur
fracturais un membre, le bras ou l'avant-bras ? d'une manière à peu près
identique; puis à l'un je donnais du phosphate de chaux, tandis que je
ne changeais rien au régime ordinaire de l'autre. ::::::
» Le phosphate de chaux employé à l'hospice Cochin et pour ces expé-
riences, provenait de la calcination des os, et, par conséquent, étaitmêlé à
du carbonate de chaux qui ici ne pouvait avoir'aucun inconvénient, et pré-
sentait même des avantages. Ce phosphate de chaux (3 CaO PhO 5 ) estinso-
luble dans l'eau ordinaire, mais facilement soluble dans les liqueurs même
faiblement acides : or les liquides^de l'estomac sont franchement acides ; le
phosphate peut donc s'y dissoudre et devenir absorbable.
" » Sur les lapins et sur les chiens, j'ai examiné le "cal : i° immédiatement
après la mort, c'est-à-dire entouré de toutes les parties molles; 2° après la
macération, c'est-à-dire lorsqu'il ne restait plus que des parties solides. J'ai
comparé entre eux six cals de lapins dont trois avaient, été mis au régime
du phosphate de chaux ; chez ces derniers, l'ossification était plus avancée
que chez les autres. J'ai comparé dix cals de chiens dont cinq avaient été
mis au régime du phosphate de chaux, tandis que les autres avaient été
nourris de la manière ordinaire : chez ces animaux, il était impossible' de
méconnaître l'influence du phosphate de chaux ; les résultats tétaient exr
trêmement satisfaisants. - - _ . c -'.--'-■-'.
» Par l'ensemble de ces faits, on voit que l'abondance de phosphate
( 633 )
de chaux contenu dans les aliments, et par suite porté dans le torrent de
la circulation, accélère le travail d'ossification : d'ailleurs ce sel est sans
danger ; il n'exerce aucune action factieuse sur l'économie.
» Il s'en faut cependant que je présente ici le phosphate de chaux comme
un moyen infaillible pour empêcher la non -consolidation des fractures;
et quand d'autres causes interviennent pour entraver l'ossification du cal,
telles qu'une constitution affaiblie, ou des mouvements prématurés, le phos-
phate de chaux ne peut à lui seul déterminer la guérison ; je le présente seu-
lement comme un moyen adjuvant, qui, uni à des soins bien entendus,
pourra diminuer le nombre des non-consolidations, et, dans les cas ordi-
naires, hâter la marche du travail de l'ossification. »
SCIENCES NATURELLES APPLIQUÉES. — De l 'examen des farines et des pains ;
par M. L.-E. Rivot.
(Commissaires, MM. Dumas, Boussingault,'Peligot.)
L'auteur, en soumettant ce travail à l'Académie, l'accompagne de la Note
suivante :
« Les prix élevés atteints par les farines, après deux années consécuti-
ves de récoltes insuffisantes, ont déterminé l'importation de quantités assez
considérables de blé et de farines, venant des pays étrangers et notamment
d'Amérique.
» L'Administration de l'Agriculture et du Commerce a soumis ces im-
portations à des expériences suivies, afin de constater leur qualité et de
n'admettre en France que celles reconnues convenables sous tous les rap-
ports. En même temps de nombreuses expériences ont été faites par ordre
de Sa Majesté au sujet de plusieurs procédés nouveaux de panification, pro-
posés par différentes personnes, qui toutes avaient pour but de livrer le
pain à un prix plus modéré.
» Chargé par Son Exe. M. le Ministre de l'Agriculture, du Commerce
et des Travaux publics, de l'examen d'un grand nombre de farines et de
pains, j'ai cherché à résoudre les questions qui m'étaient posées, principa-
lement au point de vue pratique.
» L'analyse chimique est impuissante à constater elle seule la qualité
d'une farine, ou d'un pain, car les mélanges divers qui ont pu être faits
dans les farines, leur état physique exercent sur la qualité des pains une
influence beaucoup plus grande que leur composition chimique prise en
valeur absolue.
( 634 )
» La chimie doit donc appeler à son aide lès autres sciences naturelles
et principalement la physique, dont les puissants appareils d'observation
ont reçu dans ces dernières années des perfectionnements si importants. »
astronomie. -' Observation sur la scintillations des étoiles;
par M. Charles Dbfocr. (Extrait par l'auteur.)
(Commissaires, MM. Pouillet, Babinet, Bravais.)
« Frappé des différences que ce phénomène présentait d'un jour à l'au-
tre, j'ai commencé à observer la scintillation en i85a. J'ai continué mes
observations jusqu'à présent, sans aucune interruption, toutes les nuits
pendant lesquelles on pouvait voir les étoiles; et cela dans le but de recher-
cher quel rapport il y avait entre cette scintillation et les différents phéno-
mènes météorologiques.
» Après avoir essayé et abandonné différents scintillomètres, j'ai trouvé
que la meilleure manière d'observer était de regarder avec soin l'astre qui
scintille, et d'apprécier cette scintillation par un chiffre, comme en météo-
rologie on apprécie par des chiffres l'état de clarté du ciel ou la forcé du vent.
Ge procédé est imparfait sans doute, mais en pareil cas on peut espérer de
voir disparaîtreles erreurs isolées dans les moyennes de quelque mille ob-
servâtionsé D'ailleurs l'appréciation de la scintillation n'est guère plus diffi-
cile que celle de l'éclat des étoiles variables ; et cependant, en appliquant à
cette dernière recherche un procédé analogue à celui qui a été employé ici,
on est arrivé *à des résultats remarquables, qui sont admis dans la science.
Il" n'y a qu'à citer comme exemple le beau travail de M. Argelander sur lés
singulières variations de jS de la Lyre; -
» Actuellement, mes observations sont au nombre de plus de treize
nulle; mais avant de les discuter au point de vue météorologique, il était
nécessaire de rendre comparables entre elles celles "qui n'avaient pas été
faites à la même hauteur. A cet effet, j'ai mis à part toutes les journées
de beau temps, pendant lesquelles la scintillation paraissait avoir été nor-
male, sans aucune variation bizarre d'un instant à l'autre, quand, sous
tous les rapports, une journée ressemblait à la veille ou au lendemain.
Les périodes surtout utilisées à cet effet ont été ces séries de beau temps
que l'on a eu dans le canton de Taud en octobre 1 853, en mars et en sep-
tembre i854> En éliminant ensuite toutes les observations faites au crépus-
cule, ou lorsque les étoiles étaient dans le voisinage des nuages, parce que
ces deux circonstances tendent en général à rendre la scintillation plus
( 635 )
forte, il est resté ainsi un grand nombre d'observations faites dans de très-
bonnes conditions. Maintenant, en réunissant toutes celles qui avaient été
faites à la même hauteur, et en prenant la moyenne, on a obtenu pour cha-
que étoile sa scintillation normale à différentes hauteurs.
» Ce calcul a conduit aux conclusions suivantes :
» i°. Toutes choses égales d'ailleurs, les étoiles rouges scintillent moins
que les étoiles blanches.
» 2°. L'intensité de la scintillation d'une étoile est à peu près proportion-
nelle au produit obtenu en multipliant la réfraction astronomique pour la
hauteur à laquelle se trouve cette étoile par l'épaisseur de la couche d'air
que traverse le rayon de lumière que l'on considère.
» 3°. Outre le fait de l'influence des couleurs , il y a encore entre la scin-
tillation des diverses étoiles des différences essentielles qui paraissent pro-
venir des étoiles elles-mêmes.
» Du reste, il est possible peut-être d'expliquer, par des considérations
théoriques, ce fait que les étoiles rouges ne scintillent pas autant que les
étoiles blanches ; du moins en admettant l'explication de la scintillation
donnée par M. Arago, c'est-à-dire, en la considérant comme une consé-
quence du principe t des interférences.
» Supposons, en effet, quelques rayons des sept couleurs primitives tra-
versant l'atmospbère, et dans les mêmes conditions. Il pourra arriver que
quelques-uns d'entre eux soient déviés et, après avoir fait un certain détour,
viennent interférer et détruire les rayons de la même couleur qui ont par-
couru une distance moins grande d'une demi-ondulation. Mais l'onde rouge
étant la plus grande des ondes lumineuses, on comprend que, pour faire
interférer les rayons rouges, il faudra une déviation plus considérable,
des perturbations atmosphériques plus grandes; ou enfin que, toutes choses
égales d'ailleurs, les rayons rouges par le fait des déviations atmosphéri-
ques seront moins facilement détruits que les rayons des autres couleurs,
ou que la moyenne des autres couleurs.
» Donc (en admettant toujours la théorie de M. Arago) une étoile
rouge doit scintiller moins qu'une étoile blanche.
» Quant à la relation qu'il y a entre la scintillation des étoiles et les diffé-
rents phénomènes météorologiques, je me propose d'en faire le sujet d'une
communication subséquente. »
M. Bravais , qui a été chargé daMttkenter ce Mémoire à l'Académie,
croit devoir faire remarquer qu'il nmMf pas confondre Testeur, qui est
( 636 )
professeur de Mathématiques à Morges (Suisse), avec un autre savant du
même nom, M. Léon Dufour, professeur de Physique au Lycée de Lausanne,
qui s'est occupé surtout des phénomènes du mirage.
acoustique. — Études expérimentales sur les mouvements des -fluides
élastiques : théorie nouvelle des instruments à vent (deuxième Mémoire,
sixième partie) ; par M. Massos. --'- J-
(Renvoi à l'examen des Commissaires précédemment nommés: MM. Pouillet,
Duhamel, Despretz, Cagniard de Latour.)
physique. — Sur la loi de progression suivant la température de là tension
de la vapeur d'eau; par M. P.-Ch. Nesmond..
(Commissaires, MM. Regnault, Despretz.)
M. Bordoxe soumet au jugement de l'Académie la description et la figure
d'un nouveau système de grilles fumivores.
« Ce système, dit l'auteur, a déjà été expérimenté sur des générateurs de
diverses espèces et fonctionne également, quoique sur une petite échelle,
dans le four d'un atelier de céramique à Vincennes. Je suis donc en mesure
de faire fonctionner devant la Commission un de ces appareils qui sont à ma
disposition, et je suis également prêt à établir un nouveau foyer fumivore
dans un lieu qui me serait désigné. » -
(Commissaires, MM. Regnault, Combes, Seguier.)
M. Fkôhlich adresse, à l'occasion d'une communication récente de
M. Chatin, une Note sur là structure des racines des Orchidées épidendres.
Le but de cette Note est de revendiquer, en faveur de divers botanistes
allemands, la découverte des principaux faits d'organographie présentés
dans le Mémoire du 1 4 janvier 1 856. .■■■•■_■■
(Renvoi à l'examen delà Section de Botanique déjà saisie du Mémoire de
..-.•:. M. Chatin.) . v ■
M. Roussis envoie de Teniet-el-Had (Algérie) une Note intitulée^ De
Viodure de plomb photographique.
L'auteur y présente les résultat&^uxquels il est arrivé en cherchant à ap-
pliquer à laJormation des imagé® photographiques des substances dont on
( 63 7 )
n'avait pas encore songé à faire une semblable application. A sa Note sont
jointes diverses épreuves sur papier, obtenues au moyen de l'action de la
lumière sur l'iodure de plomb.
(Commissaires, MM. Dumas, Seguier.)
M. Cakentin adresse de Dellys (Algérie) une Note sur un procédé agricole
destiné à prévenir le développement de la maladie de la vigne.
« La substance que j'emploie à cet effet, la cendre de bois ordinaire, a
été, dit l'auteur, déjà employée avant moi; mais par la manière dont j'en
fais usage, je parviens à prolonger, pendant tout le temps nécessaire, une
influence qui, tant qu'elle n'était que passagère, ne pouvait avoir réellement
aucun résultat utile. »
(Renvoi à l'examen de la Commission dite des maladies des végétaux.)
L'Académie renvoie aux Commissions compétentes les Mémoires suivants
adressés pour des concours et parvenus au Secrétariat avant le i er mars :
Deux Mémoires destinés au concours pour le grand prix de Mathéma-
tiques de 1 856, question concernant le dernier théorème de Fermât ; inscrits
sous les n os 9 et 10 (1).
Mémoire destiné au concours pour le grand prix de Physique de i856,
question concernant la théorie mathématique des phénomènes capillaires :
inscrit sous le n° 2.
M. Ism. Bourdon présente au concours pour le prix de Médecine et de
Chirurgie un Mémoire sur divers traitements opposés au choléra, et plus
particulièrement sur les effets thérapeutiques de la strychnine.
Les auteurs, dont les noms suivent, adressent, conformément à une des
conditions imposées aux concurrents, une indication de ce qu'ils consi-
dèrent comme neuf dans des travaux présentés à ce concours; ce sont :
M. Godard. (Recherches sur les Monorchides et les Cryptorchides chez
l'homme.)
M. IYotta, (Recherches sur la cicatrisation des artères à la suite de leur
ligature.)
(1) Deux Mémoires adressés pour le même concours à la précédente séance avaient été
inscrits sous les n°» 7 et 8 et non 6 et 7 , comme on l'a imprimé par erreur page 585,
dernière ligne.
C. R., i856, i« Semestre. (T. XLII, Ko j^.) 85
( 638 )
-M. Th. Berpin. (Mémoire sur le chlorate de potasse, comme spécifique
contre la salivation mercurielle.)
M. Schweitzer, en adressant un Traité de galvanocaustique de M. Mld-
deldorpf, professeur de chirurgie à l'Université de Breslau, demande, au
nom de l'auteur, que ce livre soit admis au concours pour les prbc d& Mé-
decine et de Chirurgie.
CORRESPONDANCE.
.astronomie. — Découverte de la fa* petite planète, faite à Paris par
M. Goldschmidt. (Communication de M. Le Verrier.) ~ '
a Ce nouvel astre, du groupe des astéroïdes, a été découvert par
M. Goldschmidt dans la soirée du 3i mars, et dans la position suivante :
i856, Mars 3j; T. M. de Faris= io h 5 m .
Ascension droite , , . = i3 h i3 m 3o s .
Déclinaison = — o° a'. L.
.» L'éclat de la planète est comparable à celui d'une étoile de 9 e â 10 e
grandeur.
» On en a fait à l'Observatoire impérial de Paris trois observations mé-
ridiennes, qui ont donné :
T. M. de Paris. Aso;. droite. Déclinaison,
i856, Avril i er i2< , 3o n, 24 s ,39 i3 h i2 m 32 s ,go +0 6 6'38",2o
. 4 ... 12,15.43,43 13.9.39,19 -0.23.43,60-
, . ». 6 " 12. 5-55,77 i3.7.43,o3 . .0.34.54,90 .
ASTRONOMIE. — Observations méridiennes des planètes Leda et Laetitia,
- faites à Gottingue par M. Runkerfdes. (Présentées par M. Lejedbe
- DlRICBXET.)
LEDA.
a
U-
i856, Mars 24 8. 4. 7,81 -{-16.17.29,4
26 5. 5,4? I2 36 * 2
27 •- 5.35,78 10- 6,0
MTITIA.
h m- s *.
Mars?.^ 10. 5o, 27,-71: . -f-io.20.20,9
; 26 . . - 49- 15, 3o ... .32.17,7;
27 48-4.°»4. a 38.. io,.ê.
(63 9 )
M. Eue de Beaumont signale, parmi les pièces imprimées de la corres-
pondance, un opuscule intitulé : Lettre adressée à MM» les membres de
la IX e classe du jury national de V Exposition universelle de i855, au su-
jet d'une réclamation de priorité élevée par M. Stevenson, relativement à
l'application delà réflexion totale aux feux tournants, par M. L. Rejnaud.
M. Eue de Beacmont signale parmi les pièces imprimées de la corres-
pondance un ouvrage de M. J. Barrande imprimé en français, et intitulé :
Parallèle entre les dépôts siluriens de Bohême et de Scandinavie.
Dans ce travail, M. J. Barrande fait connaître les ressemblances et les
dissemblances stratigraphiques et paléontologiques que présentent entre
eux les dépôts siluriens de la Bohême et de la Scandinavie. Relativement à
ces derniers il puise ses éléments de comparaison dans les travaux publiés
récemment par M. Angelin. Le nombre aujourd'hui considérable des fos-
siles connus dans les deux pays lui permet de donner à cette comparaison
un degré tout nouveau de précision. Pour en donner une idée, nous
nous bornerons à dire qu'en Bohême la faune silurienne prise dans sa to-
talité a déjà offert à M. Barrande de i4oo à i5oo espèces de toutes classes.
En Scandinavie, le nombre des espèces siluriennes ne saurait encore être
évalué d'une manière si approchée, mais toutes les apparences portent à
croire qu'il serait à peu près égal à celui du bassin de la Bohême.
M. Eue de Beacmont, en présentant au nom de l'auteur, M. Pouriau,
professeur de sciences physiques à l'École impériale d'Agriculture de la
Saulsaie (Ain), un volume intitulé : Études météorologiques relatives au
climat de la Saulsaie, donne dans l'extrait suivant de la Lettre d'envoi une
idée des résultats principaux qui se déduisent des observations de l'an-
née i854-i855 :
« i°. Résultats relatifs à l'analyse des eaux pluviales recueillies à la
Saulsaie. — La quantité d'ammoniaque contenue dans les eaux de pluie de la
Saulsaie est beaucoup plus considérable que la quantité d'acide azotique, car,
pendant l'année météorologique 1 854-1 855, nous avons trouvé 28 à 29 kilo-
grammes d'ammoniaque et environ 7 kilogrammes d'acide azotique. Si l'on
calcule à combien de fumier de ferme moyen correspond cette dose d'am-
moniaque, nous trouvons 5 000 à 6 000 kilogrammes, en supposant le fumier
de ferme moyen adopté par M. Boussingault comme type des engrais,
85..
( 64o )
et dosant 4 kilogrammes d'azote pour 1000. Si l'on suppose une fumure
moyenne de 40000 kilogrammes par hectare, on voit que cette proportion
correspond à un huitième de fumure environ, ce qui représente une valeur
de 5o francs, en calculant le fumier de ferme au prix de 86 centimes les
1000 kilogrammes (1). " , : • -•"'.-
» La quantité d'acide nitrique, 6 à 7 kilogrammes par hectare, corres-
pondrait à i k ,8oo d'azote, ou 45o kilogrammes de fumier de ferme. Les
eaux les plus riches en ammoniaque sont celles qui correspondent à la
saison d'été et aux deux premiers mois d'automne. Le maximum d'acide
azotique correspond à l'époque des orages les plus fréquents.
* 2°. Relations de l'ozone avec les divers phénomènes, météorologiques.
- La marche de l'ozone est en rapport avec la température : le maximum
d'intensité a lieu dans la saison froide, le minimum pendant la saison
chaude; dans les autres saisons, l'intensité est intermédiaire,
. » Les causes qui favorisent l'intensité de l'ozone sont ; le froid, l'humi-
dité, la fréquence des pluies à intervalles detemps jt-peu près réguliers,
» Les causes qui affaiblissent cette intensité sont : la chaleur et la séche-
resse qui favorisent la fermentation, source de produits destructeurs de
l'ozone.
» Les eaux de pluie mensuelles les plus riches en ammoniaque corres'-'
pondent, en général, avec les sommes mensuelles d'intensité les plus faibles,;
et vice versa. - - - ■ .
» Cette proposition est également vraie, si l'on considère la richesse de
ces eaux en acide nitrique.
^ » Le minimum de l'intensité de l'ozone a concordé, cette ^nnée, comme
l'année dernière, avec l'époque où les fièvres de Bresse ont été les plus
fortes. »
physique chimique. -Sur la variation du pouvoir rotatoire du sucre de
fécule; par M. A. B&hamp, professeur-adjoint de Physique à l'École
supérieure de Pharmacie de Strasbourg. _
« Le glucose possède la curieuse propriété, découverte par MT. Dubruh-
faut {Annales de Chimie et de Physique, 3 e série, tome XVÏII), de varier
dans son pouvoir- rotatoire avec le temps. C'est-à-dire que si l'on détermine
lé pouvoir rotatoire du glucose cristaffisé immédiatement après Favoir fait
dissoudre dans l'eau froide, on trouvera que ce pouvoir est double environ
(1) -Principes d'Jgrohomieàè M. Gasparin , page i3i. " --.—,_-
( 64 1 )
de celui qu'il possédera plus tard ; et, de plus, que la variation se fait par
degrés insensibles à la température ordinaire.
» M. Pasteur a confirmé cette observation {Annales de Chimie et de
Physique, 3 e série, tome XXXI, page 92), en opérant sur le glucosate de
sel marin.
» Je me suis aussi occupé de cette question à propos de mes études sur
la fécule et îe ligneux. J'avais préparé du glucose de fécule avec le produit
que j'ai appelé fécule soluble, et je voulais savoir si le pouvoir rotatoire de
ce composé répondait à celui de l'un des sucres étudiés par M. Biot et
rappelés dans la Note insérée au Compte rendu, n° 6, du mois de février
dernier.
» Cette étude m'a conduit, je le crois, à l'explication du singulier phé-
nomène de la variation du pouvoir rotatoire avec le temps. Mais, avant
d'exposer mes résultats, il est nécessaire de constater l'identité ou l'analogie
du produit sur lequel j'opérais, avec les produits précédemment examinés.
» Le sucre de fécule sur lequel j'ai expérimenté, était relativement bien
cristallisé ; je l'ai laissé séjourner dans le vide sec jusqu'à ce que son poids
fût devenu constant. J'en ai pesé 2 gr ,744 et j'ai dissous les cristaux dans
l'eau distillée. Mais des bulles d'air s'étant attachées aux parois du tube, j'ai
été obligé, pour les faire sortir, de chauffer la dissolution. Après le refroi-
dissement, le volume de celle-ci s'est trouvé être de 42 centimètres cubes à
t = 12°; je l'ai observée dans un tube de 200 millimètres; la déviation du
plan de polarisation était a,- = 10V7. A l'aide de la formule de M. Berthe-
lot [a]j = uj - et des données suivantes :
°,i 7 , />= a s r , 7 44, V = 4 2 ° c à t = ii°, 1 =
200 mm ,
on trouve [a]/ = 77°,8/' pour le pouvoir rotatoire relatif à, 100 milli-
mètres d'épaisseur-
» Quarante-huit heures après, la même liqueur donnait une déviation
de 6°,8 et n'a plus varié ensuite. Les éléments pour calculer le pouvoir
rotatoire moléculaire de la solution altérée sont maintenant les suivants :
(A) aj = 6°,8, p = 2 s r , 7 44, V = 42 e0 à t = 12 , l = 2 oo mm ,
d'où [a]j = 52°,o4/ r pour 100 millimètres.
» Mais cette expérience, exacte quant à la dernière partie, était fautive
quant à la première, puisque j'avais été obligé de chauffer la dissolution;
j« l'ai donc répétée. Yoici les éléments de cette nouvelle détermination. La
,mm
( 64a )
durée de la dissolution dans l'eau froide ayant été' de seize minutes :
(B) aj = i2°,75, p = 1,997^ v = 3o cc , 2 à t = i4°, ■ l = 200
d'où [a]y — g6°,4i/ pour 100 millimètres. -
» La même dissolution a été rapidement portée à rébullition, refroidie
par un courant d'eau froide, ramenée à son volume primitif et observée,
le tout dans l'intervalle de vingt minutes. La déviation s'est trouvée être
a.j=z 7 °,63; d'où, à l'aide des autres éléments de (B), [a]j = Sffig /
pour 100 millimètres. Six heures plus tard, j'ai obtenu «,- = 6°,8g. Les
éléments précédents (B) et cette nouvelle mesure, savoir :
«,. = 6°,8 9 , P = 1,997, V = 3o cc ,a à t = i4°, l = »oo n,m ,
donnent pour le' pouvoir de la solution altérée [a]j= 52°,o 2 / P our
100 millimètres.
» Enfin, M. Dubrunfaut a donné le rapport ^ pour le rapport du pou-
voir rotatoire initial au pouvoir rotatoire fina] du glucose, Or, si l'on prend
le nombre moyen 52°,o3 pour le pouvoir final du sucre de fécule sur
lequel j'ai opéré, la proportion ........
66 x
- 35"" 52,o3 -
nous permettra de calculer le pouvoir initial ; or on trouve x == 98°, 1 1 , et
j'ai trouvé 96°,4i- . " -
« De ces expériences, il me semble qu'il est permis de conclure que le
glucose sur lequel j'ai fait mes expériences était identique à celui que
M. Dubrunfaut avait étudié.
» Si j'ai insisté longuement sur ces expériences et ces mesures prélimi-
naires, c'était pour montrer que j'opérais sur un produit comparable 1 ; et
aussi parce que je me servirai des données précédentes pour essayer d'ex*
pliquer la vraie cause de la variation du pouvoir rotatoire avec le temps.
» Reprenons les données de la détermination du pouvoir final de l'expé»
rience (À), savoir :
ffi ~e o ,8, /7~ 2,744, V = 4a cc r7=aoo mm , d'où [a}j == 5a°,o4,
» 11 est clair que le nombre 5a°,o4 a été obtenu en supposant que le
sucre de fécule avait conservé sa constitution cristalline, c'est-à-dire la for-
mule C ,2 H ,2 0' 2 , 2HO pendant toute la durée de la variation. Mais deman-
(643 )
dons-nous quel serait le pouvoir rotatoire, si, tout le reste étant semblable,
on faisait l'hypothèse que la molécule C^H 12 O 12 , 2 HO se soit déshydratée
et transformée en C ,2 H ,2 12 ; c'est-à-dire qu'en présence de l'eau le glucose
cristallisé se soit transformé en glucose anhydre. Pour cela, il suffit de
calculer combien de ce dernier donnerait 2 gr , 744 du premier; on trouve
que * gr ,744 de glucose cristallisé correspondent à 2 gr ,4944 de glucose
anhydre. Or, avec cette valeur de p et les autres nombres de (À), savoir :
o,- = 6°,8, p = 2,4944, V = 4a co , J=200 m -,
on obtient [a]j = 57°,6 pour 100 millimètres.
» Il est vrai que l'on peut objecter contre l'hypothèse, qu'il n'est pas du
tout certain que le volume de C 12 H 42 12 , 2 HO soit le même que celui
de C 42 H ,2 O l2 + 2HO; que, par conséquent, le volume de la liqueur a pu
varier, ce qui est probable. Mais je réponds : i° que l'on ne peut pas
constater de variations dans le volume de la liqueur; 2 que la densité ne
devait pas et n'a pas sensiblement varié, ni pendant la variation du pouvoir
rotatoire ni après ; et 3° que, dans tous les cas, si des variations de volume
ont lieu, elles tombent dans la limite des erreurs d'observation, et n'in-
fluent pas sur le résultat ni sur la légitimité de l'hypothèse.
» Mais c'était là une vue de l'esprit qu'il fallait vérifier par l'expérience.
L'expérience a confirmé le résultat du calcul. Voici comment j'ai opéré :
j'ai pesé i sr ,854 du même sucre complètement desséché dans le vide sec. Je
l'ai exposé pendant un temps suffisant (six heures) dans une étuve à eau de
Gay-Lussac, dont la température est restée constamment aux environs de
100 degrés; son poids s'est réduit à 1^,684. Il a perdu, par conséquent,
l'eau qu'il devait théoriquement perdre. J'ai dissous le produit desséché
dans l'eau pure, à la température d'environ q.5 degrés ; la durée de la disso-
lution a été de trente-cinq minutes. Le pouvoir rotatoire a été déterminé
à l'aide des données suivantes :
( C) «j = 6*, 58, P = 1 ,684, V ~ 2 9 cc , 5 à * = 1 a°, l = 20o mm ,
d'où [a]j= 57°,63/' pour 100 millimètres.
» La même liqueur conservée dans un vase bien fermé, déviait de 6°, 54
après quarante-huit heures, ce qui donne [a]j — 57°,33 /. C'est-à-dire que
le pouvoir rotatoire n'a pas varié dans l'intervalle de quarante-huit heures.
» J'ai répété l'expérience avec cette différence, qu'au lieu de prendre du
sucre séché dans le vide, je l'ai pris tel que je l'avais conservé, c'est-à-dire
( 644 )
-plus humide que ne le suppose la formule G ,2 H ,2 0' 2 , 2 HO. 3 grammes
de ce sucre se sont réduits à 2^,638 après une exposition suffisamment
prolongée à la température de 100 degrés. Dissous dans les mêmes condi-
tions que celles de la précédente expérience, j'ai obtenu les éléments sui-
vants pour calculer le pouvoir rotatoire moléculaire :
«y - 9 >97> > = 2S\638, Y = 3o°°,4 à t — j 4°, l - 2 oo mm ,
d'où [a]/ == S']°^5 r /' pour 100 millimètres. ~ = --.-.-
» Vingt-quatre heures après, la même solution a donné aj == çf,ç)5 et,
par suite, [a] y = 5 7 <>,33/. . . - : - -.-.- .:/
» D'après ces mesures, le pouvoir rotatoire du sucre C t2 H I2 12 de
fécule serait en moyenne- environ de 5 7 °-,44 /- pour 100 millimètres.
» Comme vérification, on peut faire le calcul, inverse de celui que j'ai
fait en commençant cette discussion. On trouve, par exemple (C), qu'en
réduisant, par le calcul, ]F,684 de glucose desséché à 100 degrés en
glucose cristallisé, on obtient if,85a4; et, à l'aide des données suivantes :
aj = 6°,38, : p = r ,85a4, V =z a 9 cc ,5, L — aco 1 » 11 ,
on retrouve [a]}== 5a°,3 pour 100 millimètres, c'est-à-dire, à fort peu de
chose près, le nombre donné par l'expérience pour le pouvoir invariable
du sucre de fécule supposé avec la composition C* a H <2 O ia , 2 HO; ce qui
devait être, puisqu'on ne fait que restituer par le calcul le poids de l'eau
que l'on supposait, dans le premier, calcul, faire partie constituante de la
molécule du sucre.
» Cependant, ne voulant pas m'en tenir à mes propres mesures pour
tirer une conclusion dans un sujet aussi délicat, je me suis servi des expé-
riences toujours si précises de M. Pasteur, pour corroborer" les miennes. Or
M. Pasteur a fait dissoudre 1 5 grammes de glucosate de sel marin dans
assez d'eau pour obtenir le volume de 1 1 décilitre exactement. Cette liqueur,
après un jour de repos, a donné, dans un tube de 5oo, millimètres, une
déviation de a3°,28 {Annales de Chimie et de Physique, 3 e série, t. XXXI,
. p. 97). Les éléments du calcul sont donc les suivants :
a y = 2 3V8, ;£.=.r5« r , V=i5o cc , l=5oo^,
d'où [a] / =46°,56/ r pOur 100 millimètres. Mais si nous supposons le
glucosate de sel marin détruit par la dissolution, et si. nous calculons la
quantité de C 12 H ,2 12 qu'il abandonne, nous trouvons que i5 grammes
(645)
répondent à ia gr ,367 de glucose anhydre. Faisant donc cette hypothèse,
nous obtenons les nouvelles données suivantes :
« / = 23°, 2 8, p= 12,367, V=i5o 00 , 1=5
oo'
mm
7
d'où [a.]j = 55°,77 pour 100 millimètres, nombre qui est assez peu diffé-
rent de celui que j'ai obtenu directement pour le pouvoir du glucose
anhydre.
» Les raisonnements et les expériences que je viens d'exposer conduisent,
si je ne me suis pas trompé, à cette conséquence : que le sucre de fécule
cristallisé (le sucre sur lequel j'ai opéré au moins), est une combinaison qui
ne peut exister indéfiniment qu'à l'état solide; mais qui, en dissolution, se
détruit, perd son eau en présence de l'eau, lentement à froid, rapidement
sous l'influence de la chaleur; absolument comme l'hydrate de bioxyde
de cuivre qui se déshydrate instantanément dans l'eau bouillante, ou bien
encore comme l'hydrate de peroxyde de fer qui se déshydrate lentement
dans l'eau froide, et immédiatement ou rapidement à la température de
100 degrés. La méthode d'investigation créée par M. Biot aura conduit
ainsi, une fois de plus, à résoudre un problème très-délicat de mécanique
chimique, qu'il aurait été impossible de résoudre autrement.
» Il suit de ces observations que, lorsqu'on détermine le pouvoir nata-
toire du sucre de fécule eristallisé aussitôt qu'il a été dissous à froid, on a le
pouvoir rotatoire du composé C' 2 H' 2 O", 2 HO. Après un certain nombre
d'heures, variable avec la température, le pouvoir du composé C 12 H ,2 0' 2
a, dans l'intervalle, un pouvoir mixte qu'il serait possible de calculer.
» Je reviendrai sur ce sujet dans la seconde partie d'un travail que je
termine sur la fécule et le ligneux, et où je comparerai les sucres de ces
deux principes immédiats. »
chimie. — Conservation du jus de betteraves par la chaux;
par M. MabmemL
M. Dumas, en présentant ce travail au nom de M. Maumené, pro-
fesseur de chimie à Reims, eu donne, d'après l'auteur, une idée par
l'extrait suivant de la Lettre d'envoi :
« Les jus de betteraves bruts que l'on considérait comme la matière orga-
nique la plus difficile peut-être à soustraire aux fermentations, se conser-
vent parfaitement au moyen de la chaux. Ce fait est démontré par des
C. R., i856, I er S mesire. ( T. XLH, N° 14.) 86
(-646)
expériences en grand qui ont plus de deux mois et demi de date et qui
ont été effectués sur 800 ; hectolitres de jus. Non-seulement la conservation
est parfaite, mais il y a défécation à froid. La défécation se termine aisé-
ment par l'acide carbonique, et l'évaporatïon^a l'air libre se fait très-bien,
même en grand ; il n'y a pas de coloration, et on peut se passer de noir si
les betteraves n'ont pas vieilli. Nous avons fait une défécation par l'acide
carbonique, chez MM. Bonzel, à Haubourdin, après huit jours de conser-
vation d'un jus extrait dans les derniers jours de janvier. Tout s'est passé
à la satisfaction générale : le rendement a été aussi grand que si l'on eût
traité les betteraves tout de suite ; les sirops ne se sont pas colorés sans noir; la
chute de mousse a eu lieu en 4 secondes au lieu de 90 exigées par les sirops
de la maison (au même degré, 35) où l'on fait usage de la chaux et de
l'acide carbonique. Enfin la cristallisation a été bonne.
■ -,;» Ce procédé fait au moins disparaître la différence de rendement qui
s'observe du commencement à la fin des campagnes; elle est fixée de 1 -| à
jx pour loo du jus. ».
E physique appliquée,. .'•— Sur la purification du phosphore amorphe ; ,
. ;v : - par M. E. Nicklès.-: -
> « On sait que le phosphore non spontanément inflammable, ou phosphore
amorphe, s'obtient en maintenant le phosphore ordinaire, pendant quelque
-temps, à une température comprise entre a3o et a5o degrés, et.dans une
atmosphère inerte. Quelle : que soit la dnrée du traitement, il y a toujours
.une portion de, phosphore qui échappe à la transformation, et qu'il faut
ensuite éliminer complètement si l'on ne veut pas compromettre les qualités
essentielles du phosphore amorphe, son innocuité et son inaltérabilité à
l'air. '
» Le mode de purification proposé par M. Schroetter offre des inconvé-
nients depuis longtemps reconnus; il est basé sur l'action dissolvante que
le sulfure de carbone exerce sur le phosphore ordinaire, tandis qu'il est
.sans effet sur: la variété rouge. Théoriquement, l'opération est donc des
plus simples, mais.la pratique de ce procédé est pleine de désagréments. et
de dangers; car non-seulement les lavages sont interminables et exigent de
grandes quantités de sulfure de carbone, mais encore les chances d'inflam-
mation et d'incendie augmentent rapidement avec les proportions de phos-
phore mis en jeu.
» M. Schroetter a, dès l'origine, cherché à parer à ces dangers en recom-
(647 )
mandant de maintenir toujours plein de sulfure de carbone le filtre sur le-
quel se font les lavages, afin d'empêcher le phosphore ordinaire, qui se
dépose sur les bords du filtre dans un grand état de division, de déterminer
l'inflammation de la matière. Mais cette précaution même ne suffit pas tou-
jours pour écarter les accidents.
» Frappé de tous ces inconvénients, j'ai voulu y remédier en cherchant
dans les caractères différenciels des deux phosphores un moyen de sépa-
ration plus prompt et moins dangereux. Les nombreux essais entrepris dans
ce but m'ayant ôté l'espoir de réussir par la voie purement chimique, je me
suis adressé aux propriétés physiques des deux corps en expérience, et j'ai
réussi à trouver un procédé simple, expéditif et suffisamment pratique pour
pouvoir être confié à des mains même inexpérimentées, condition impor-
tante, aujourd'hui que le phosphore rouge est devenu un article de com-
merce. Ce procédé de séparation est fondé sur la différence des densités des
deux phosphores; il consiste à agiter le mélange avec un liquide d'une den-
sité intermédiaire à celle des deux corps à séparer, et peut, comme on voit,
s'appliquer à bien d'autres séparations. La densité du phosphore amorphe
étant de 2,106, celle du phosphore ordinaire de 1,77, il est aisé de se pro-
curer une dissolution saline d'une densité intermédiaire. Une dissolution
de chlorure de calcium de 38 à 4o degrés Baume remplit parfaitement ce
but; le phosphore ordinaire, plus léger, venant ensuite à surnager, peut
être facilement intercepté par un peu de sulfure de carbone qui le dissout,
de sorte que l'opération peut s'accomplir en vase clos.
» Voici les détails du procédé : On fait arriver un peu de sulfure de car-
bone dans la cornue dans laquelle la transformation a été opérée ; si la sub-
stance, très-adhérente d'ordinaire, ne se détache pas, on trempe le fond de
la cornue dans de l'eau tiède, la désagrégation de la matière se produit
aussitôt et se manifeste par un petit bruit. Lorsque le phosphore est dé-
taché, on ajoute la dissolution saline, on ferme et l'on agite; au bout de
dix minutes, la séparation des deux liquides est effectuée. Le phosphore
rouge, plus dense, se trouve au fond de la cornue, et la dissolution est sur-
nagée par le sulfure de carbone chargé de phosphore ordinaire.
» Si ce dernier ne se trouve mélangé au phosphore rouge que dans la
proportion d'un quart, on peut l'éliminer complètement à l'aide d'un seul
lavage pratiqué comme il vient d'être dit, quoiqu'il soit prudent d'y revenir
une seconde fois en décantant le sulfure de carbone phosphore et le rem-
plaçant par une nouvelle quantité de sulfure de carbone pur. Cela devient
86.,
( 64$ )
même nécessaire si les deux, phosphores sont mélangés en propQrtionsJgaJeii
Trois lavages ainsi faits m'ont toujours suffi pour débarrasser ecompiétejnent:
la modification amorphe des moindres traces de phosphore ordinaire,
quelles que iussent les proportions du mélange,. ■■:'-■
» Après que les deux liquides ont été séparés par décantation^ on n'a
plus qu^àyerser sur une toile la dissolution saline dans laquelle; le phos-
phore amorphe js'est déposé. La pureté du produit est alors^ si complète,
qu'il devient inutile de le faire bouillir avec utte dissolution dé potasse
caustique. Toute l'opération peut être terminée au bout d'une demi-heure
et, ce qui n_'est pas sans importance, à 1 abri de tout accident, car Té-
vaporation se fait en vase clos, ce qui empêche le sulfure de carbone
de se_ vaporiser et de déposer le phosphore inflammable qu'il- tient eu
dissolution^ : '._-:" : : : : ; :'•;.; ,: ; _
:» D'après des observations récemment faites, l'inhalation du sulfure de
carbone ne serait pas sans inconvénient pour la santé; des ouvriers employés"
au travail du caoutchouc auraient été gravement affectés par l'inhalation
des vapeurs, sulfocarboniques. Dans l'état actuel des choses, ce Uquîdê-j3sfe
encore; le dissolvant le plus: économique du phosphore ; restreindre, dans
celte circonstance, l'emploi de ce dissolvant et diminuer les chances d'inha-
lation; est :un double problème que le procédé qui vient d'être décrit permet
de: résoudre sans difficulté. : " -:" "'-.'-v : ï : : ■•;:-;_' -.*■_ - z. .':::]
* -'»■ tes -chimistes verront peut-être avec intérêt, dahs ce procédé, Sri
moyen de séparation Opère entre deux corps solides àîétât de mélange lans
te seeour^dela-éhaïeûr oû-rintérvèntion ; directe d'un dissolvant; ce mode
de séparation étant très-facile et surtout très-prompt, ils trouveront plus
d'une occasion de le substituer aux lavages prolongés que nécessitent les
séparations ordinaires. » :.-..■;_-
ËLECTBOPHYSIOLOGIE. — Recherches sur les phénomènes physiques et
chimiques de la contraction musculaire; par M. Ch. MatteuccV.
(Extrait.) . . : , •
jt( Le travail de l'auteur se cojnpose de trois parties i ■
a Dans la première, il étudie le phénomène qu'il appelle la respiration
musculaire dans Pacte delà contraction au point de vue dès effets chi-
miques observés.
» Dans la seconde partie de son Mémoire, l'auteur étudie les phénomènes
(649)
de la respiration musculaire dans leurs rapports avec le dégagement de
chaleur et d'électricité qui s'opère dans les muscles.
» Enfin dans la troisième partie, l'auteur évalue de nouveau la quantité
de travail mécanique développé dans l'acte d'une contraction de la gre-
nouille; il expose ensuite quelques vues théoriques, qui lui paraissent suffi-
samment fondées, sur le mécanisme de la contraction musculaire.
» Première partie. — Phénomènes chimiques de la respiration des muscles
de la grenouille. — L'auteur rappelle d'abord les expériences électrophy-
siologiques communiquées en i844 à l'Académie, notamment sur la quan-
tité de travail mécanique développé dans l'acte de la contraction musculaire
de la grenouille sous l'influence de l'électricité; cette quantité de travail
se trouvait comparée à la quantité de zinc oxydée et dissoute, c'est-à-dire à
l'action chimique qui produisait le courant excitateur de la contraction. En
i847> °- e nouvelles expériences de l'auteur ont été entreprises dans le
but d'arriver, par des moyens empruntés à Watt et à M. Morin, à une éva-
luation plus précise de la durée des différents actes de la contraction de la
grenouille galvanoscopique.
» Tout récemment, l'auteur est encore revenu sur ces mêmes recher-
ches, en employant une méthode à peu près semblable à celle imaginée par
M. Pouillet pour mesurer, à l'aide de l'électricité, des intervalles de temps
très-courts (i).
» Les résultats ont été tels, qu'il est impossible de méconnaître qu'il
existe une énorme disproportion entre l'intensité de l'action chimique don-
nant naissance au courant, et le travail mécanique qui lui correspond dans
l'acte de la contraction des muscles de la grenouille galvanoscopique.
» Cette conclusion et quelques autres qui ont été émises pour la première
fois dans Y Essai de statique chimique des corps organises de M. Dumas, ont
conduit l'auteur à entreprendre des expériences qui vont être résumées
très-brièvement, et qui donnent, suivant lui, la mesure du phénomène de
la respiration musculaire pendant la contraction.
» L'auteur décrit les moyens employés soit pour préparer les grenouilles
tuées pour ces expériences, soit pour exciter les contractions dans les mus-
(i) Les résultats de ces expériences montrent que la quantité de zinc oxydé et dissoute
dans ta pile et suffisante porar exciter chez la grenouille une contraction d'une durée de
i
ioooo
de seconde correspond à o sr ,oooooo7.
( 65o )
clés des grenouilles galvanoscopiques placées dans un volume d'air ou
d'oxygène limité connu, soit pour éloigner les conditions perturbatrices de
la respiration musculaire normale, et qui produiraient une sorte à f asphyxie
musculaire capable d'atténuer l'énergie des contractions, etc. Les gaz ont
été analysés après l'expérience par les moyens et avec les précautions re-
commandées par M. Regnault. En résumé, les expériences prouvent que les
muscles de grenouille récemment préparés donnent lieu à. une. absorption
d'oxygène et à une exhalation d'acide carbonique. Le volume d'acide car-
bonique est généralement un peu moindre que le volume d'oxygène dis-
paru. Dans le plus grand nombre des eas, il y a eu exhalation: d'azote. On
peut substituer l'oxygène à l'air normal sans que les phénomènes changent
d'intensité si l'expérience ne dure pas longtemps; cette intensité augmente
si l'expérience- se prolonge et si Ton ajoute un morceau de potasse dans la
cloche. ..."_'....
» L'exhalation d'acide carbonique a lieu dans une atmosphère d'hydro-
gène, mais s'arrête rapidement. La respiration musculaire des grenouilles
tuées avec l'acide sulfhydrique ou l'acide sulfureux est considérablement
diminuée. Les nombres obtenus. pour les gaz de la respiration musculaire
de la grenouille.s'accordent avec les nombres trouvés par MM, Regnault et
Reizet dans leurs belles recherches sur -la respiration (i). I
» Pendant la contraction musculaire, l'absorption de l'oxygène et l'exha-
lation de l'acide carbonique augmentent d'une quantité supérieure au dou-
ble de l'absorption et de l'exhalation observée dans les mêmes conditions
pour les muscles au repos. .
» L'auteur admet qu'il y a encore pendant la contraction exhalation
d'azote.
>j Deuxième partie. — Après avoir rappelé les expériences de MM. Bec-
querel et Bresçhet, ainsi qu'une expérience récente de M. Cl. Bernard-,
l'auteur annonce qu'il a été conduit à rechercher si la contraction des
muscles des grenouilles préparées et dans lesquelles la circulation du sang
n'existe plus, était accompagnée d'un dégagement de chaleur. L'expérience
directe faite à l'aide de thermomètres à mercure très-sensibles prouve que
la température peut s'élever d'une quantité qui n'a pas été moindre de
^ (i) L'auteur reconnaît qu'il a été deyancé par la publication de M. Liebig fils et celle de
M. Valentin sur ce sujet, et qu'il ignorait lorsqu'il a fait ses recherches; mais les auteurs
cités n'ont pas examiné les effets produits pendant la contraction.
( 65i )
\ degré dans les circonstances où l'on a expérimenté, en excitant les con-
tractions.
» L'auteur passe ensuite à l'examen du développement de l'électricité
dans les muscles. Tout le monde admet aujourd'hui l'existence et les lois
principales du courant musculaire. L'existence des phénomènes chimiques
de la respiration musculaire étant établie, l'auteur pense qu'on trouvera
encore mieux fondée l'idée qu'il a toujours émise sûr la cause du dévelop-
pement d'électricité dans les muscles, cause inhérente à la fibre musculaire
à Fétat de vie.
» La même explication se présente naturellement pour le phénomène
que l'auteur a appelé autrefois la contraction induite, et qui a été aussi le
sujet d'un grand nombre d'expériences délicates de M. du Bois-Reymond.
» L'auteur a repris ses anciennes expériences; il les a variées, et il pense
qu'elles aideront à concevoir clairement la cause de la contraction induite.
» Cette explication se présente naturellement d'ailleurs, sachant que la
respiration musculaire augmente d'énergie dans l'acte de la contraction.
» Les résultats des expériences, que les limites de cet extrait ne permet-
tent pas de rapporter, rendent évidente, dit l'auteur, l'existence d'un cir-
cuit fermé, et ne peuvent s'expliquer que par un phénomène électrique en-
gendré dans le muscle en contraction.
» L'auteur, après l'exposé et la discussion de ses expériences, pose les
conclusions suivantes pour la seconde partie de son travail :
» i°. Lorsqu'au moment de la contraction la respiration musculaire
devient plus active, il y a aussi dégagement de chaleur et d'électricité dans
les muscles.
» En se fondant sur l'analogie qui existe entre la décharge de la tor-
pille et la contraction musculaire, on peut regarder chaque élément de la
fibre musculaire comme prenant, au moment de la contraction, un état
électrique polaire qui donne lieu à une décharge dont les lois sont les
mêmes que celles de la décharge des poissons électriques.
» Troisième partie. — Après avoir constaté et mesuré les phénomènes
chimiques de la respiration musculaire et le développement correspondant
de la chaleur de l'électricité et du travail musculaire, l'auteur a pensé qu'il
était naturel d'essayer, d'après certaines théories modernes, un rapproche-
ment entre la machine animale et la machine à vapeur ou les moteurs
électromagnétiques
( 6Sa )
» En partant des travaux récents, -soit sur la chaleur, soit sur l'électro-
magnétisme, de M. Joule, de M. de la Bive, de M. Foucault, de M. Favrè, et
principalement de M. Regnault, et en admettant, avec ce dernier, faSte" 1 , 5^i
pour l'équivalent mécanique de la chaleur, l'auteur cherche à comparerie
travail effectif du muscle avec ce qu'il appelle le travail théorique corres-
pondant à l'excès de la respiration musculaire trouvé dans l'acte de la
-contraction .-■-"--'- - - : . :
» L'auteur a discuté les expériences de M. Helmhoitz sur le travail de la
contraction, et rend compte des dernières expériences qu'il a faites sur le
iravaiLeorrespondant à la contraction du muscle gastrocnémien de là gre-
.nomille. ^ , . / .
. » .11 adopte, le nojnbre 0,0000145.7 kilogrammètre pour le travail méca-
nique d'une contraction de ce muscle.
■>y En partant de l'équivalent dynamique de la chaleur 423 k ? m j542 et en
s'appuyant sur la quantité de chaleur dégagée par 1 gramme d'oxygène se
transformant en acide carbonique (et qui est de 3o3o unités, d'après
MM. Favre et Silbermann), l'auteur calcule la quantité de travail mécanique
dû à l'excès d'oxygène consommé par les muscles en contraction.
"» Dix muscles "gastroenémiens donnent une quantité de travail calculée
égale a 0,298 kilogrammètre, au lieu de 6,262*, travail musculaire effectif
trouvé par l'expérience. .- .......
>ï Tout en reconnaissant qu'ity à des imperfections dans sa méthode de
détermination, TàUtèiïr admet comme prouvé que l'action chimique de
-la respiration- musculaire pendant la - contraction engendre la forcé déve-
loppée dan^lesmûselesjil admet, déplus, que dans les machines animales,
comme dans celles qui sont régies par la chaleur ou l'électricité, la pro-
duction de la force est soumise aux mêmes lois. "'""""'.
- "» Sous quelle forme l'action chimique donne-t-elle lieu à la contraction
musculaire? Il'parart probable - à l'auteur que l'action chimique doit d'abord
se transformer en électricité pourprodnire cet effet. »
zoolo&iet v- Notes sur là mammalogie de l'Algérie; par M. ■ El. Poihel,
- — ---.- -ingénieur dés mines de Gar-Rouban.
-:- a On s'étonne avec raison que l'histoire mammàlogique du nord de
l'Afrique soit encore aussi peu connue, et le naturaliste qui pourrait recueil-
lir tous les éléments d'un travail sur ce sujet rendrait à la science un véri-
( 653 )
table service. Mais depuis mon séjour en Algérie j'ai pu reconnaître com-
bien cette tâche est difficile, surtout pour les petites espèces en général
peu connues, et pour celles plus curieuses qui, appartenant à la faune de
l'intérieur, viennent du Sahara jusqu'au pied des montagnes qui séparent
le Tell de la région des hauts plateaux et ne se présentent que trop rare-
ment aux explorateurs. En attendant que je puisse donner le prodrome de
la faune algérienne, je crois devoir faire part de quelques observations faites
dans la province d'Oran.
» Chéiroptères. — Je n'ai encore vu ici que des espèces européennes.
» Rhinolophus ferrum-equinum; Rhinolophus bihastatus; Vespertilio.
» La première de ces espèces est la seule qui se trouve dans les immenses
excavations de travaux anciens de mines à Gar-Rouban.
» Insectivores — Aux espèces connues de macroscélide et hérisson
s'ajoute une musaraigne : Sorex mauritanicus . Pelage brun lavé de roux,
finement tiqueté en dessus, gris cendré en dessous; oreilles découvertes;
queue concolore, avec des cils rares aux articulations, queue carrée à la
base, comprimée au bout; dents blanches en même nombre que dans
S. araneus. Le corps a o m ,o58; la queue o m ,o3o.
» Habite les trous de rats qu'elle dévore quand elle les trouve pris au
piège.
» Rongeurs. — Mjoxus munbyanus. Pelage d'un brun un peu ardoisé
en dessus, légèrement teint de roux sur la tête et mêlé de blanc derrière
les oreilles ; partie inférieure du corps et pieds blanchâtres ; orbites teints
d'une tache noire qui remonte jusqu'au vertex et s'élargit sous l'oreille
devant laquelle elle encadre une petite tache blanchâtre ; queue distique à
la moitié terminale, brune dessus et noircissant vers le bout qui se ter-
mine de blanc. Le corps a o^jOSS ; la queue o m ,075.
» Se fait un nid d'herbes et de bourre de palmier dans les genêts
épineux.
» Mus alexandrwms, Geof. Pelage d'un brun roux en dessus, formé de
trois sortes de poils : les uns longs, roides, ciliant tout le dessus du corps
et surtout la croupe ; les autres fins, doux, formant le fond du pelage; d'au-
tres enfin de même longueur, plats, forts et piquants; partie inférieure
blanchâtre; oreilles presque nues, brunes; queue écailleuse avec des
anneaux de poils roides. Le corps mesure o m ,2 ; la queue o m ,2.
C. R., i856, i« Semestre. ( T. XLII,N° 14.) 87
( 654 )
... » Il se tient dans les maisons. . ./
» Mus algirus. Pelage d'un gris brunâtre, teint de jaune ou de roussâtre,
inêlé de quelques longs cils noirs; parties inférieures du corps, face interne
des membres et pieds blanchâtres ; parfois une tache rousse à la poitrine j
talon brun ; oreilles presque rondes, courtes, avec une petite touffe devant le
méat; une tache blanchâtre derrière l'oreille; queue grise dessous, brunis-
sant de plus en plus vers le bout. Le corps mesure o m ,o75 ; la queue o m ,o6o.
» Habite des terriers dans les cultures et les broussailles ; quelquefois
entre dans les maisons des campagnes.
» Gerbillus Sellysii. Pelage doux, luisant, d'un brun clair, lavé de
fauve, plus foncé sur la tête et la croupe, plus roux sur les flancs ; parties
inférieures d'un blanc pur remontant un peu sur les flancs, à la, face anté-
rieure de la jambe et extérieure du coude, et paraissant un peu sur les
côtés de la face jusqu'aux vibrisses; partie inférieure de la jambe brune;
une large tache orbitale très-pâle, plus marquée devant l'oreille; queue de
la couleur du dos, ciliée à son tiers postérieur de longs poils bruns qui for-
ment une touffe peu fournie.
» Habite des terriers au fond desquels il se fait un nid d'herbes sèches et
d'où il sort à certaines heures du jour pour prendre le soleil.
» Lepus méditer raneus. Le lièvre d'Algérie paraît être de cette espèce; je
l'ai rencontré sur des hauteurs de plus de i5oo mètres.
» Carnassiers. — Lutra vulgaris? Une espèce de loutre habite les
rivières d'Algérie; j'ai vu une peau rapportée du Sig qui avait été malheu-
reusement mutilée ; mais, autant que j'ai pu en juger par la dentition, elle
m'a paru bien voisine de la loutre d'Europe. Très-rare.
. » Putorius africanus, Desm.? Pelage roussâtre, un peu cannelé, clair en
dessus, plus foncé sur la tête et le museauj gorge, ventre, parties internes
des membres d'un jaune tirant au roussâtre, lavé de gris; bords de la lèvre
supérieure, dessous de la tête et pieds blanc-jaunâtre: queue concolore,
brunissant au bout, qui forme un pinceau peu fourni. Le corps a o^aô, la
queue o m ,i2. Le type de l'espèce de Desmarets, dont l'origine est mise en
doute, a une bande longitudinale brune au ventre, qui peut avoir été acci-
dentelle.
» Felis guttata, Herm, Le guépard d'Afrique, dont l'existence n'était pas
soupçonnée au nord du Sahara, vient quelquefois en Algérie. Un individu
a été tué aux environs de Sebdoupar M. Coutay, chef du bureau arabe de
( 655 )
ce cercle, qui possédait déjà la peau d'un autre. Si une étude comparative
démontrait sa spécialité, ce que je ne pourrais infirmer, ses caractères
le rapprocheraient beaucoup plus du guépard d'Afrique que de celui de
l'Asie. Des renseignements de source indigène donneraient à penser que
les Sahariens dressent cette espèce pour la chasse des antilopes.
» Felis caligata, Temm. Espèce commune.
» Canis niloticus, Geof. Renard doré des colons; est assez commun
partout. »
MÉTÉOROLOGIE. — Observations pluviométriques faites à la Havane du.
I er janvier 1 855 au I er janvier 1 856 ; par M. Casaseca.
Janvier
Février
Mars
Avril
Mai
Juin
Juillet
Août
Septembre. . .
Octobre
Novembre
Décembre
Totaux
NOMBRE
de jours de pluie.
II
4
3
4
4
•7
•7
i3
3
8
7
5
96
QUANTITÉ D EAU
tombée dans ces jours
de pluie ,
exprimée en millimètras.
96,8
111,0
90,5
122,5
67,0
226,6
253,6
i88,5
28,5
2i3,5
79> 5
28,3
1 5o6 , 3
» Il est donc tombé à la Havane i^oô dans toute l'année i855.
» Il y a eu dix jours de pluie de moins qu'en 1 854, et il en est résulté ce-
pendant une augmentation de bien près de moitié dans la quantité totale
d'eau, comparativement avec celle qui tomba la même année i854-
87..
■ ( 656 )
s Les observations dâces deux années ne sont pas suffisantes pour que
l'on puisse considérer leur terme moyen comme celui de la pluie annuelle
à la Havane. On ne serait pas plus autorisé à en déduire des comparaisons
avec celles qui forent faites en ï 826, 27,: 28, 29, 3o et3i par SI.. de là
Sagra; mais en les continuant avec persévérance,, j'espère parvenir à' des
résultats avantageux pour l'agriculture de ce payS-ci."
» En déduisant de mes observations journalières pendant ces deux an-
nées la part qui revient à chaque saison, voici ce qu'il en résulte :
Quantité d'eau de pluie tombée en chaque saison pendant les années i854 et i855 ,
exprimée en millimètres. -
Hiver.
Printemps.
Été ,.
Automne. ,
ANNÉE 18o£.
ARMÉE 188».
mm
mm
— ■- zB6yr
3o2 ,6
. 44o ,8
344,5
5 °7>9
281,8
32 1 , 5
Totaux . 1040,2 i5o6,3
» En désignant par 100 la quantité annuelle de pluie; on a
Hiver,
Printemps.
Été-..,....
Automne. .
1884.
. . 1888.
n'
16
. .29
2 9 .
. ... .3.3. .
.. 34,.
... ?ÏL ..... .
21 ,
» On voit que la part échue chaque année au printemps a. été. iden-
tique partrâpport à la quantité annuelle de pluie; que la proportion reçut
un léger surcroît dans l'été de~i855; qu'elle augmenta de près de moitié
dans l'hiver et diminua de plus d'un cinquième dans l'automne de la même
année, comparativement avec celle de l'année précédente,
» Dans le cours de ces observations, j'ai fait une remarque assez cu-
rieuse,' c'est que dans lés deux mois de mars de f§54 et rS55 la ! pluie n'a
commencé que le 22 du mois. » ^
Un auteur, dont le nom est déposé sous pli cacheté, adresse un Mémoire
qu'il destine au concours pour un dés prix ; dé l'Académie, et qui est relatif
à des expériences devant donner, comme l'expérience du pendule de
(65 7 )
M. Foucault, une preuve sensible aux yeux du mouvement de rotation de la
Terre.
M. Bravais est invité à prendre connaissance de ce Mémoire et à faire
savoir à l'Académie s'il doit être renvoyé au concours pour le prix de Méca-
nique.
M. H. Nascio adresse de Messine un Mémoire intitulé : « Projet pour la
correction définitive du calendrier Grégorien ».
M. Laugier est invité à prendre connaissance de ce Mémoire et à faire
savoir s'il est de nature à devenir l'objet d'un Rapport.
M. Dosnox annonce l'envoi d'une série de couleurs à base de fer desti-
nées aux usages de la peinture et qui, suivant lui, se recommandent autant
par leur pureté que par leur inaltérabilité.
M. Peligot prendra connaissance de ces échantillons et jugera s'il y a lieu
de demander de plus amples renseignements à M. Dosnon. Ces produits,
en effet, d'après une loi que s'est imposée l'Académie, ne pourront devenir
l'objet d'un Rapport tant que les procédés employés pour leur préparation
resteront secrets.
M. l'abbé Demandre, directeur du séminaire d'Orléans, transmet une
demande que l'auteur ne peut présenter directement à l'Académie, puisque
son désir est d'être compris dans le nombre des concurrents pour un des
prix où l'une des conditions imposées aux auteurs est de ne pas faire con-
naître leur nom. Le prix dont il s'agit ici est le grand prix des Sciences ma-
thématiques de 1 856 (question concernant le dernier théorème de Fermât).
La personne qui désire concourir, n'ayant eu connaissance du programme
que depuis peu de jours, n'a pu encore rédiger son Mémoire, et prie l'Aca-
démie de vouloir bien prolonger jusqu'à la fin du mois l'époque à laquelle
il pourra être admis.
Le terme de la clôture étant fixé par le programme, l'Académie ne peut
le changer; on en informera M. l'abbé Demandre.
M. Adbree entretient l'Académie des succès qu'il a obtenus dans le trai-
tement des brûlures par l'emploi d'un collodion dont il donne la formule,
( 658 )
et dans lequel il fait entrer du tannin. Il pense que ce médicament pourrait
être employé avec avantage dans le cas de la variole, pour prévenir les ci-
catrices difformes au visage, si ou l'appliquait sur les pustules avant la for-
mation du pus.
M. Passot s'adresse de nouveau à l'Académie, pour obtenir de la Com-
mission à laquelle ont été renvoyées ses dernières communications, une
réponse à la question de savoir si ces communications sont ou ne sont pas
de nature à devenir l'objet d'un Rapport.
A 5 heures un quart, l'Académie se forme en comité secret.
La séance est levée à 6 heures. ' E. D. B.
(65 9 )
BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE.
L'Académie a reçu, dans la séance du 7 avril 1806, les ouvrages dont
voici les titres :
Annales de l'Observatoire impérial de Paris, publiées par M . U.-J. Le Vebrier ;
tome I er . Paris, i855 ; in-4°.
Société impériale zoologique d'Acclimatation. Rapport sur les récompenses et
encouragements de la Société; par M. Is. Geoffroy-Saint-Hilaire, président
de la Société, et règlement des concours annuels; br. in-8°.
Société Philomathique de Paris. Extraits des procès-verbaux des séances pendant
Vannée i855; in-8°.
Recheixhes sur les Monorchides et les Cryptorchides chez l homme ; par M. Er-
nest Godard. Paris, i856; br, in-8°. (Adressé pour le concours Montyon,
Médecine et Chirurgie.)
Recherches sur la cicatrisation des artères à la suite de leur ligature, sur la pro-
duction des hémorragies artérielles secondaires et sur leur traitement; par
M. Notta. Paris, i85o; br. in-4°. (Envoyé pour le concours Montyon,
Médecine et Chirurgie.)
Mémoire sur l'oblitération des artères ombilicales et sur L'artérite ombilicale;
par le même.
(Destiné au même concours. ) '
Du chlorate de potasse comme spécifique contre la salivation mercurielle; par
M. Th. HERPrN. Paris, i856; br. in-8°. (Adressé pour le même concours. )
Théorie analytique du système du monde; par M. G. DE PONTÉCOULANT ;
2" édition. Paris, 18 56; 2 vol. in-8°.
Etudes météorologiques relatives au climat de la Saulsaie (Ain); par M. A.
Pouriau. Lyon, i855; in-8°.
Réduction d'une intégrale multiple qui comprend l'arc de cercle et l'aire du
triangle sphérique comme cas particuliers ; par M. Louis Schlaefli ; broch.
in-4°.
De l'occlusion des paupières dans le traitement des ophthalmies et des maladies
des yeux. Discours de M. H. Larrey, à l'Académie impériale de Médecine
{séance du 1 9 février i856); br. in-8°.
{ 660 )
Lettre adressée à MM. les Membres de la IX e classe du Jury international de
l'Exposition universelle de i 855, m sujet dune réclamation de priorité élevée par
M. Th. Stevenson, relativement à l'application de la réflexion totale aux feux
tournants; par M. L. Reynaud. Paris, 1 855 ; br. in-8°. .
Description de quelques instruments météorologiques et magnétiques; par
M. Frakgis Ronalds. Paris, 1 85 1 ; in-8°, avec atlas in-8° v
Atreatise... Traité d'électricité théorique et pratique; par M. DE la Rive ; tra-
duitpour l'auteurpar M. C.-V. Walker ; t. II. Londres^ 1 856 ; in-8°.
COMPTE RENDU
DES SÉANCES
DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES.
»-&»©-«
SÉANCE DU LUNDI 44 AVRIL 1856.
PRÉSIDENCE DE M. BINET.
MÉMOIRES ET COMMUNICATIONS
DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE.
physique terrestre. - Extrait d'un Mémoire sur quelques-unes des prin-
cipales causes de l'électricité. atmosphérique, -par M. Becquerel.
« Les causes qui fournissent constamment à l'air un excès d'électricité
positive et à la terre un excès d'électricité négative, excès capables dans
certaines conditions atmosphériques de produire des orages et d'autres
phénomènes, sont encore inconnues malgré les recherches des physiciens
pour les découvrir.
» C'est en m'occupant de cette question, il y a quelques années, que j'ob-
servai les effets électriques produits clans les tissus des végétaux, et au con-
tact de ces mêmes végétaux et du sol; dans ce contact, le sol est constam-
ment positif et le végétal négatif, quelles que soient les parties du végétal
mtses en communication métallique avec lui. J'indiquai alors ce dégagement
d électricité comme étant une des causes de l'électricité atmosphérique. En
répétant ces expériences, a y a un an, je fus frappé des anomalies qui se
manifestaient, en opérant tantôt sur le bord d'une rivière, ou dans la ri-
vière même, tantôt à une certaine distance près du végétal; je fus ainsi
conduit à l'étude des effets électriques produits au contact du sol et d'une
nappe ou d'un cours d'eau, et dont je compris alors toute la portée. Je com-
muniquai à l'Académie, en octobre dernier, les premiers résultats de mes
C. R., i856, i" Semestre. (T. XLII, N° IS.) 88
( 66a )
expériences ; depuis, je n'ai cessé _de m'occupèr.de.cette question, qui met
sur la voie de l'une des principales sources de l'électricité atmosphérique ;
question des plus complexes, à raison même des causes nombreuses qui
concourent à l'effet général.
» Les appareils employés à ces recherches se composent : i° de dia-
phragmes en porcelaine poreuse ou de petits sacs en toile à voile, conte-
nant chacun une lame d'or ou de platine dépolarisée, entourée dejçharbon
de sucre candi, afin de rendre les effets électriques constants pendant quel-
ques instants pour les mesurer ; a de boussoles des sinus d'une assez grande
sensibilité, appropriées à ce genre d'expériences ; 3° d' électromètres atmo-
sphériques destinés à recueillir l'électricité des vapeurs se formant au-des-
sus de l'eau ou du sol; de divers accessoires, entre autres de bobines de
résistance, de fils conducteurs de cuivre, d'or et de platine récouverts de
gutta-percha, etc.
» Les effets électriques produits au contact du sol et de l'eau sont com-
plexes, ai-je dit, car ils varient en direction et en intensité, suivant la na-
ture des substances dont se compose le sol ou qui se trouvent en dissolu-
tion dans l'eau; pour qu'il y ait.effets électriques de produits, il faut qu'il
y ait hétérogénéité entre l'eau de la rivière et celle qui humecte le sol.
Quand les eaux sont légèrement alcalines, elles sonfnégatives ; quand elles
sont acides, comme cela a lieu avec la terre de bruyères, elles sont posi-
tives. Les eaux des puits de Paris présentent fréquemment des effets de ce
genre, à cause des infiltrations des eaux ménagères qui changent de -nature,
de temps à autre; aussi voit-on, dans le cours d'un mois, les effets électri-
ques changer d'intensité et de signe, sans que rien ait été dérangé dans la
disposition des appareils. De cet état des choses, il résulte que quelquefois
les effets électriques sont nuls; ils le sont également quand on expérimente
avec l'eau d'une rivière et les bords sablonneux ou les terres adjacentes
lavées dans les inondations. Il est nécessaire d'établir des observatoires per-
manents" pour suivre toutes les variations auxquelles sont soumises les ac-
tions de contact, et se mettre en garde contre les effets de polarisation qui
sont toujours a craindre quand on opère seulement pendant quelques
instants. "Vingt-quatre heures après, assez ordinairement la polarisation est
détruite, et on peut alors observer les effets que l'on cherche. Dans des cas
exceptionnels, le courant électrique a assez d'intensité pour faire fonction-
ner un télégraphe, à. aiguilles sur" une distance de quelques kilomètres.
» Quand l'eau s'évapore, soit d'un cours d'eau, soit de la terre, elle doit
nécessairement emporter avec elle un excès d'électricité, de nature sembla-
( 663 )
ble à celle que possède l'une ou l'autre, lequel se répand dans l'atmosphère;
cette électricité peut provenir non-seulement de la réaction de l'eau de la
rivière sur celle qui humecte le sol , mais encore de la décomposition des
matières organiques. Dans le dernier cas, la vapeur est toujours positive,
qu'elle provienne de la rivière ou du sol où s'opère la décomposition ;
dans le premier, les deux vapeurs sont de signe contraire; les effets sont
complexes.
» D'après ce qui précède, on conçoit pourquoi les orages ont lieu en gé-
néral en été à l'époque de l'année où la décomposition des matières orga-
niques et l'évaporation sont à leur maximum, et pourquoi également ils
sont si fréquents et si violents sous les tropiques à l'époque où le soleil
s'approche du zénith. Cela est tellement vrai , que dans ces régions il y a
toujours un orage qui éclate à chaque instant dans une localité placée con-
venablement par rapport au soleil.
» Les phénomènes dont je viens de parler sont tellement variés, qu'il
est indispensable, avant de formuler des principes généraux, de multiplier
les expériences dans un lieu servant d'observatoire permanent, puis en pays
de plaines et en pays de montagnes, au bord des fleuves, des cours d'eau et
de la mer, dans les contrées, comme la Hollande, où il existe de grandes al-
luvions, dans les marais salants, etc., etc. C'est alors, alors seulement, que
l'on pourra juger de l'importance du sujet dont je m'occupe et qui se rat-
tache à l'une des plus grandes questions de physique terrestre. »
théorie des fonctions. — Note sur un théorème de M. Puiseux;
par M. Acg. Cacchy.
(f Un Mémoire sur les fonctions continues, que j'ai publié dans les
Comptes rendus de 1 844 (< er semestre), renferme la proposition suivante :
» Désignons par z une variable imaginaire et par u une fonction impli*
cite de z qui représente une racine simple de l'équation
(i) f(«,a) = o.
Concevons d'ailleurs que le premier membre de l'équation (i) renferme,
avec les variables z et «, un ou plusieurs paramètres, et que, pour une cer-
taine valeur, par exemple pour une valeur nulle du paramètre a, la racine
simple u reste fonction continue de z, du moins tant que le module de z ne
dépasse pas une certaine limite. En raisonnant comme dans le volume II
des Exercices d'Analyse, on prouvera que, si le paramètre a vient à va-
88..
( ; 664 )
rier, et si, tandis qu'il varie, le premier membre de l'équation (0 reste
fonction continue de z, u et oc, la racine simple u restera généralement fonc-
tion continue de z, jusqu'à l'instant où, une seconde racine devenant égale
alapremière, l'équation (i) acquerra des racines multiples. ."'
» Une remarque importante à faire, mais qui n'était pas énoncée dans
mon Mémoire, c'est qu'on peut établir une relation entre le paramètre a et
la variable imaginaire ,. On peut supposer, par exemple, que cette variable
représente 1 affixe d'un point mobile qui décrit une courbe dont la forme
change avec ce paramètre. On peut même supposer que le premier membre
de 1 équation (i) est fonction des seules variables z et u, z étant fonction
de a.
« fin partant de cette remarque, on parvient à un autre théorème que
M. Puiseux a énoncé dans les termes suivants :
» Soit f («, Z ) une fonction entière de « et de variable imaginaire z. Le
point Z(dontl'affixeestz) allant de G en K soit par le chemin CMK, soit
par le chemin CNK, la fonction u qui avait en C la valeur b, acquerra dans
les deux cas la même valeur h, si l'on peut, en déformant la ligne CMK la
faire coïncider avec la ligne CNR, sans lui faire franchir aucun point pour
lequel la fonction « devienne infinie ou égale à une autre racine de 1W
non . • -. . . --. t.. .
" \ J f («, z) ï= o.
vi Ï S nOUVelleS recherc ^s de divers géomètres, particulièrement de
MM. Bnot et Bouquet, ont fait ressortir toute l'importance de ce beau
.théorème dont l'auteur lui-même avait déjà su tirer un parti si avantageux
dans ses Mémoires. Pour ce motif, a m'a semblé qu'il ne serait pas inutile
de donner du théorème de M. Puiseux une démonstration très-simple qui
se déduit de la considération des compteurs logarithmiques. Tel est l'objet
de la présente Note, dans laquelle je montrerai d'ailleurs comment le même
heoreme peut être étendu à des fonctions implicites. déterminées par un
système d'équations simultanées. ' ....... ; .. K_ «"
Analyse,
» Je commencerai par établir la proposition suivante ;
'•» 1 Théorème. Soient
& l'affixe d'un point mobile P; "
l'affixe d'un point déterminé G;
le rayon d'une circonférence de cercle KLM tracée dans le plan des
atnxes, et ayant pour centre le pointC;
deux fonctions de z, dont le rapport se réduise à l'unité pour z = c.
e
f
n.v
( 665 )
Supposons d'ailleurs que les deux fonctions «, v restent monodromes,
quand le point P se meut dans l'intérieur du cercle KLM, et que sur la cir-
conférence de ce cercle la différence
a
I
v
offre un module constamment inférieur à l'unité. Si l'on résout par rapport
à z les deux équations
(0 u=o,
( 2 ) t' = o,
on trouvera, pour l'une et pour l'autre, le même nombre de racines corres-
pondantes à des points renfermés dans le cercle KLM.
Démonstration. Effectivement, si l'on pose
i = 2îri,
le nombre des racines dont il s'agit sera représenté pour l'équation (i) par
le compteur logarithmique
pour l'équation (2) par le compteur logarithmique
aTp
T'
et dans l'hypothèse admise ces deux compteurs seront évidemment égaux,
puisqu'en posant
u
I = co,
on obtiendra pour w une quantité géométrique dont le module sera inférieur
à l'unité, et que l'on aura par suite
Al« - A ] e = AÏ^ = AÏ(i + w) = o.
» Le théorème I er entraîne la proposition suivante :
II e Théorème. Soit
: U=zî(lt, z)
(666 )
une fonction des variables z et u, qui s'évanouisse pour les valeurs :
z = z, u== u
de ces deux variables, et qui, dans le voisinage de ces valeurs, soit mono-
drome par rapport à z, monodrome et monogène par rapport à u. Si la
fonction dérivée »
. _ ; ■■•■■ "'-■■:•- d 8 #, - - ///.';;_ _'\
acquiert pour z = z, u — u une valeur finie et distincte de zéro, on pourra
satisfaire à l'équation - -
(3) U^°
par une valeur de u qui,_se réduisant à u pour z = Z, sera, pour une va-
leur de z voisine de z, fonction monodrome de z. :
Démonstration. U étant monodrome et monbgènë. par rapport à- ie,
quand z et u diffèrent très-peu de z et u, sera, dans cette hypothèse, déve-
loppable suivant les puissances ascendantes de u — u, et si l'on représente
par Fia somme des deux premiers termes dû: développement , on aura
(4) F = f{u,z) + (u-u)F{u,z);
F (m, z) pouvant être ou la dérivée de f (u, z) relative à u, ou, ce qui re-
vient au même, une fonction déterminée par la formule
( 5) f(u,z)= \:j_ a [ ' ,
de laquelle on tire, pour u = u, -■_..-..-.
(6) ■■■----- 'Y{iL,'z)'=T> a U.
Si maintenant on pose , -- _ _
f(u 5 z)
(7) ..,-. ...,-, -^^- 8 fôï-i)' -:,-., -.::•;.-■
la formule (4) donnera ■-.-'■"■ : - ■'■!- ~ '
(8) __ F={ï-j)1{u 1 z),
et, eu égard à la formule (5), on trouvera
U = Y(u, z) = f (u, z) -f- {u — u)F(u,,-Z), , ■ -. .
(9) ! = [—»<».■>•
On aura par suite
(667 )
et
(10) F l ~ __ L U(u^) J
8
Or si l'on considère la nouvelle variable « comme l'affixe d'un point mo-
bile, et si l'on attribue à cette variable un module * supérieur à l'unité, par
exemple le module 2, il suffira d'attribuer à la différence z - z un module
infiniment petit et de faire converger z vers la limite z, pour faire converger
f (u, z) vers zéro, et, par suite, en vertu des formules (7) et (11), la va-
riable u vers la limite u, et la différence
F' 1
vers la limite zéro. Donc alors, pour un module suffisamment petit de
z — z, les modules des différences
U
U — U, y — I
deviendront aussi petits que l'on voudra ; et le second de ces deux mo-
dules deviendra inférieur à l'unité. Alors aussi, en vertu du théorème II,
si l'on résout, par rapport à s?, l'équation (3) et la suivante
(n) r = o,
on obtiendra, pour l'une et pour l'autre, le même nombre de racines cor-
respondantes à des valeurs de a dont le module sera inférieur à 2; et comme,
en vertu de la formule ( 8), l'équation (1 1) offrira une seule racine de cette
espèce, savoir la racine 1 , l'équation ( 3) admettra elle-même une seule ra-
cine de la même espèce. Si, au lieu de résoudre les équations (3 ) et (4) par
rapport à s, on les résout par rapport à u, on pourra dire que chacune
d'elles offre, pour un très-petit module de Z — z, une seule racine très-peu
différente de u, et de la forme
î(u, z)
(7) ■■ M = U - 8 F(^)'
le module de g étant inférieur à 2. D'ailleurs, de ces deux racines la seconde,
qu'on obtiendra en posant» = 1, et qui sera en conséquence déterminée
( 668 )
par la formule .
F(u,z)'
pourra être considérée comme une valeur approchée de la première et
sera précisément la valeur de u déduite de l'équation (3) par la méthode
d'approximation linéaire- ou newtonienne. Enfin la propriété qu'aura la
racine u de l'équation (3) de varier infiniment peu quand z passera de la
valeur z à une valeur infiniment voisine, subsistera encore, et pour les
mêmes motifs, quand la nouvelle valeur de * recevra un accroissement in-
finiment petit A z. Donc la racine u de l'équation (3) sera, sous les condi-
tions énoncées dans le théorème H et pour des valeurs de z très-voisines de z,
une fonction monodrome de la variable z. - • '■
Corollaire. Si la fonction
£7=f(«,s)
est non-seulement monodrome, mais aussi monogène [par rapport à z et
si d ailleurs la fonction donnée rr '
conserve une valeur finie pour z = z , u = u, alors la fonction de z à laquelle
se réduira la racine u de l'équation (3) aura pour dérivée une fonction
monodrome et finie de z déterminée par la formule
( l3 ) D a « = -5i£,
et sera, par conséquent, une fonction non-seulement monodrome, mais
aussi monogene. On peut donc énoncer la proposition suivante :
» III e Théorème. Soit
'-:"'.,. U=£{u,z)
une fonction des variables z et u, qui s'évanouisse pour les valeurs
de ces deux variables, et qui, dans le voisinage de ces valeurs, soit mono-
drome et monogene par rapport à chacune des variables z et u. Si les fonc-
hons dérivées '■■.-'-'
acquièrent, pour z = z,-u = u, des valeurs Inies dont la seconde soit dis-
(669)
tiacte de zéro, on pourra satisfaire à l'équation
par une valeur de m, qui, se réduisant à u pour z = z, sera, pour une valeur
de z voisine de z, fonction monodrome et monogène de z.
» Lorsque la fonction
U=£(u 1 z)
est une fonction entière ou même rationnelle des variables z et «, elle ne
cesse jamais d'être monodrome et monogène par rapport à ces deux va-
riables. Donc alors la racine u de l'équation (3) est, sous les conditions énon-
cées dans les théorèmes II et III, une fonction monodrome et monogène
de z, ce qui entraîne évidemment le théorème de M. Puiseux.
» Au reste, les théorèmes II et Ut sont compris, comme cas particulier,
dans deux théorèmes généraux que l'on peut énoncer comme il suit :
» IF e Théorème. Soient
z, m, e, w,...,
n + i variables, dont l'une z reste indépendante, les n autres
m, v, w,...,
étant liées à z par n équations,
(i4) U=o, r=o, FF=o,...,
dont les premiers membres
*7, F, FF,...,
représentent des fonctions de
z, u, v, w,...,
monodromes par rapport à z, monodromes et monogènes par rapport à
w, t>, w, Supposons d'ailleurs que, pour les valeurs particulières
des variables
chacune des dérivées comprises dans le tableau
D U U, D 9 U, D W U,.
D„F, D„F, D„r,...,
D^D^D,^,...,
(i5)
C. R., i856, i« Semestre. (T. XL1I, N° 1$.) #9
( e?ô )
conserve une valeur finie, et que la- valeur correspondantéde là résultante
algébrique £2, formée avec les diversjteEmés de ce même tableau, soit distincte
déféra. On pourra satisfaire aux équations (i4) par des valeurs de ,
qui, se réduisant, pour z = z, à
seront, "dans le voisinage de-s==ss, c'est-à-dire pour des valeurs" "suffisam-
ment petites du modulé dez — z, dès fonctions monodromes de z.
■ ' » Démonstration: La résultante Ù dès termes compris dans le tableau (t5)
est déterminée par la formulé " " " '
/ «\ •■ " ; n \àUàràfr,. ,,\
dans le cas où les différentielles- du, df,'-dw^..., sont prises pour clefs ana-
strophiques ; et puisque aux valeurs _ ; __
z, u, v, ; w^>.
des variables i .■.:..' i
...... ^V"? f^Fï--- s "
correspond une valeur de Q distincte de zéro, les: valeurs eôrrespondafites
des termes compris dans une ligne horizontale de ce tableau, par exemple
des dérivées
D a u, d,u, d w u,"::., " : ' "
ne pourront s'évanouir toutes à la fois. Concevons, pour fixer les idées,
"qu'alors la dérivée " ' '" ---.■-- -.
.,. . :.■_ .3;;.:= ; -;. -^p- - --.-.,,- ,
offre effectivement une valeur finie distincte de zéro. En vertu des théo-
rèmes II et III, l'équation :••>.■" -
résolue par rapport à u, fournira poui u une fonction des variables
Zz, «v w,...y
qui sera monodrome par rapport à z, monodrome et monogène par rapport
( 6 7 i )
à chacune des autres variables
v, w,...;
et si l'on substitue cette valeur de u dans les équations (i4), on obtiendra
n — i équations
(i 7 ) ^==o, «>— o,...,
dont les premiers membres seront des fonctions de
z, v, tv,...,
monodromes par rapport à z, monodromes et monogènes par rapport à
p, w,... D'ailleurs la résultante algébrique Q' des termes compris dans le
tableau
l D„<?, D w <?,...,
(18) J D„«>, D„«>,..,
sera déterminée par la formule
(ï9) 0= |dpdw,...!'
si l'on y considère do, dtv,... comme des clefs anastrophiques; et, comme il
suffira de supposer uetdu déterminés par les formules
dU=T> u Udu + D v Udv-hT>„Uàw+...
pour réduire les différentielles
dV, àJV,...
aux différentielles
d<?, d«,...,
on aura nécessairement
(20) û = û' D B Û,
Donc, puisqu'aux valeurs
de
Z, U, V, w,...
Z, U, V, w,...,
8c,..
( 6 7 a )
correspondent par hypothèse des valeurs de ; . '.
O et D U U~,
finies et distinctes de zéro, la valeur correspondante de 12' sera elle-même
finie et distincte de zéro. Cela posé, il est clair que le théorème III subsistera
pour n équations qui renfermeront, avec z, les n variables m, p, w,..., s'il
subsiste pour n — i équations renfermant, avec z, n — i autres variables
«, e, w,.... Donc, puisque ce théorème subsiste pourra— i, il subsistera
pour n = a, puis encore pour n = 3, puis encore pour n == 4,..., Donc il
subsistera généralement quel que soit n.
» Corollaire. De même que le théorème H entraîne le théorème IV, de
même le III e théorème entraîne la proposition suivante :
» F e Théorème. Les mêmes choses étant posées que dans le IV e théo-
rème, si pour les valeurs
Z, U, -V, w,..-
des variables
z, m, y, w,...,
les fonctions • .'"-... -:
U,F,JV,... . ^ . "
sont monodromes et monogènes, non-seulement parrapport à . • ,
«, c, w,...,
mais aussi par rapport à z, on pourra satisfaire aux équations (i4) par des
valeurs de . i
u,v,w,,..,
qui , se réduisant, pour z == z, à
u, v, w,...,
seront, dans le voisinage de z = z, c'est-à-dire pour des -valeurs suffisam-
ment petites du module de z — z, des fonctions monodromes et monogènes
de z.
» Corollaire. Les valeurs de k, c, w,..., dont il est ici question, étant
des fonctions monodromes et monogènes de z, seront, pour cela même,
développables en séries convergentes, ordonnées suivant les puissances as-
cendantes de z — z. »
( 6?3 )
CHIMIE appliquée. — Etudes théoriques et pratiques sur la fixation des
couleurs dans la teinture; par M. Frédéric Kchumann. (Première
partie.)
« Il est une opinion qui a été des plus accréditées parmi les chimistes
qui les premiers se sont occupés de l'étude des phénomènes si compliqués
de l'art de la teinture : c'est celle qui consiste à admettre que les matières
azotéesontune aptitude plus grande à recevoir la teinture que les matières non
azotées On citait à l'appui de cette opinion la teinture plus facile de la soie
et de la laine que celle du coton et du lin. Dans la teinture en rouge d'An-
drinople, on a considéré l'emploi des bains de fiente de mouton comme
devant donner une espèce d'animalisation au coton. Les bains de bouse de
vache pouvaient, aux yeux des teinturiers, être considérés comme devant
produire un résultat analogue. Ces idées, en ce qui concerne la bouse de
vache, ont dû être abandonnées par les chimistes, alors surtout que plu-
sieurs substances salines, et en particulier le silicate de soude, ont été sub-
stituées à cette matière comme moyen de fixation des mordants.
» L'ensemble général de la théorie de la fixation des couleurs sur les
tissus a été l'objet de savantes recherches et des plus judicieuses observa-
tions de la part d'un illustre savant bien compétent en cette matière.
M. Chevreul a fait voir que cette fixation, plus ou moins facile, dépend tan-
tôt de la nature du tissu, tantôt de la nature de la matière colorante elle-
même. Quoi qu'il en soit du degré de fondement de la doctrine de l'anima-
lisation des tissus, j'ai voulu m' assurer si du coton modifié dans sa com-
position par sa combinaison avec les éléments de l'acide nitrique de l'azote
et, par conséquent, sa transformation en pyroxyline, n'acquerrait pas, par
ce fait, des dispositions particulières à absorber les matières colorantes. Je
fis préparer avec un grand soin une assez grande quantité de pyroxyline
avec du tissu de coton et du tissu de lin, ainsi qu'avec du coton en laine. Je
procédai à cette préparation par le procédé de M. Meynier, en employant
un mélange d'acide nitrique monohydraté et d'acide sulfurique concentré.
La pyroxyline fut lavée plusieurs fois à grande eau, et même trempée pen-
dant quelque temps à froid dans une dissolution de carbonate de soude cris-
tallisé pour être lavée encore.
» Après s'être mis ainsi à l'abri de toute influence de l'acide libre, on pro-
céda à différents essais comparatifs d'impression et de teinture des tissus py-
roxylés et de tissus non azotés. Pour ces essais, j'eus recours aux soins obli-
'('6$')
géants et à l'habileté de M. Dietz, mon élève et ancien préparateur, qui
dirigeait alors une" grande imprimerie d'indiennes r près de Bruxelles. On
prépara les tissus par le traitement suivant : on fit tremper lêsiissus pyr oxy-
lés pendant vingt-quatre heures dans l'eau froide, on les foula, lesrinça,les
fit tremper ensuite dans de l'eau bouillante, et, après un nouveau lavage et
une demi-dessiccation, on les soumit au calendrage pour l'impression f .
» Divers mordants ont été imprimés simultanément sur" des, tissus de
coton et delin pvroxylés et des parties des mêmes tissus non azotés; ces
derniers avaient été parfaitement débarrassésde tout corps étranger par une
ébullition, durant trois heures,, dans un bain "faible de carbonate de soude,
lavés, puis traités par un bain légèrement acidulé par dé l'acide sulfurique,
lavés de nouveau et enfin, après un demi-séchage, caïendrés pour les dispo-
ser à l'impression. . .... ■•■•■•.- r ".--.■-
» L'impression sur les tissus azotés et non azotés eut lieu simultanément
avec les mordants suivants : . . . .
; ' -'■"-, C Pyroïignite de fer à 7 degrés -Baume. .-.--■-. - ■ ■ : - -
Noir l
i ".:.. { Epaissi à l'amidon* : :. : ...
12 parties de pyrolignite dé fer à 10 degrés.; ■;"£._
i partie de pyrolignite d'alumine à 8 degrés. ;
: Epaissi à l'amidon. ~ . -^ v;.:'
... ^ i Pyrolignite d'alumine à 8 degrés, : ; . v- . 3
: __ -.' . . , ° | Epaissi à l'amidon soluble. • •■
- (Pyrolienite défera I degré.
- - '--' Violet l-r? <.-'-..■„-■-., •-- ,-,, -■ ■ -'-■ ;
( Epaissi a I amidon soluble.
j Pyrolignite de fer à j degré. ...
- - ' - j Epaissi "à l'amidon soluble.
j Décoction de cachou avec" acide acétique.
° 1S j Un peu de nitrate "de cuivre. '.---■ ------.
» Les tissus après l'impression sont restés suspendus sis jours dans la
chambre à oxyder froide, et un jour dans la chambre à .oxyder .chaude^
» On a dégommé au bain de bouse de vache et craie à. 70 degrés centi-
grades pendant dix minutes, bien nettoyé, dégommé une seconde fois dans
un même bain à la même chaleur, nettoyé, rincé.
» La teinture s'est faite simultanément avec de la garâneine dans un bain
d'eau de rivière légèrement acidulée; on est entré à:35 degrés centigrades
et l'on a élevé successivement la température du baux pour arriver, en trois
heures, à 85 degrés; enfin on afoulé, rincé et séché. ..;.':. ---
( 6 7 5 )
» Les échantillons teints ont été divisés par moitiés, et l'une des moitiés a
été soumise au blanchiment par le chlorure de chaux.
» Toutes ces opérations permirent de constater les faits suivants :
» Tous les tissus azotés restèrent excessivement pâles, comparés aux tis-
sus non azotés, malgré la surabondance de matière tinctoriale. Le tissu
azoté, quoique se refusant à se charger des mordants, semble posséder la
propriété de se combiner, sans le secours de ces derniers, avec une partie
de la matière colorante de la garance, à en juger par la nuance jaunâtre qui
persiste même après le passage au chlorure.
» Désireux de m' assurer que les résultats obtenus n'étaient pas dus à des
circonstances exceptionnelles, et notamment à une partie d'acide que les
lavages exécutés, si complets qu'ils aient été, n'avaient pas entièrement en-
levée, je fis renouveler les essais précédents en faisant tremper les tissus
azotés, pendant vingt-quatre heures, dans un bain tiède et léger de carbo-
nate de soude cristallisé, rincer, laver à différentes reprises, cylindrer, hu-
mecter et imprimer après dessiccation.
» Après l'immersion des mordants, ces tissus ont été suspendus dans la
chambre à fixer pendant huit jours.
j> Le dégommage et la teinture ont eu lieu comme dans l'expérience
précédemment décrite.
» Des résultats entièrement identiques ont été obtenus et les mêmes con-
clusions doivent en être tirées.
» D'autres coupons de coton et un de lin ont été traités à chaud par un
bain de pyrolignite de fer et ensuite passés dans un bain de noix de gaile.
Les tissus azotés ne prirent que peu de mordant et restèrent après la tein-
ture fort pâles comparativement aux tissus de coton et de lin non transfor-
més en pyroxyline.
» A la suite de ces essais, des teintures en bleu de Prusse furent tentées
sur du coton en laine. Comme pour la teinture en noir par la noix de galle,
le coton pyroxylé ne prit qu'une nuance excessivement pâle en la compa-
rant à la couleur du coton non pyroxylé. Mêmes résultats dans une série
d'essais de teinture de coton en laine, en remplaçant la garance par du bois
de Brésil.
» Ainsi, contrairement à toute prévision, et surtout à la doctrine qui ten-
drait à admettre d'une manière absolue l'efficacité de l'existence de l'azote
dans la matière à teindre, la pyroxyline se refuse à la teinture. Cela résulte
d'une manière incontestable des faits que je viens de consigner.
» Des observations récentes de M. Réchamp ayant établi la possibilité de
(6 7 6)
ramener le coton pyroxylé à son état primitif, je voulus m'assurersi, par
cette transformation, le coton reprenait aussi son aptitude à recevoir la tein-
ture. - - -
» Ou sait que le procédé de M. Béchamp consiste à faire bouillir pen-
dant assez longtemps la pyroxyline dans une dissolution de protôchlorure
de fer et à le dépouiller ensuite de l'oxyde de fer qui s'y est fixé au moyen
des lavages à l'acide chlorhydrique. Je dois à l'obligeance de cet habile
chimiste d'avoir pu, en passant il y a quelques mois à Strasbourg, assister
à la reproduction des remarquables résultats de ses recherches sur çë
point.
» Des expériences comparatives me démontrèrent bientôt que du coton,
dénitrifié par le procédé de M. Béchamp, reprenait, en grande partie du
moins, la propriété de recevoir les couleurs, qui appartient au coton non
azoté.
» Mon opinion sur la non-aptitude du coton azoté à recevoir la teinture
était bien fixée à la suite des faits révélés par les expériences que je viens de
décrire, lorsqu'une circonstance particulière ramena mon attention sur ce
point. ■ '.."...'■;.:
» Il m'était resté de mes premiers essais, qui ont eu lieu en janvier 1 853,
une assez grande quantité de tissus de coton pyroxylé. Ce tissu, plissé en
rouleau serré, avait été introduit dans un bocal à large ouverture, fermé par
un bouchon de liège. Il y a deux mois environ, je m'aperçus que le bocal
était rempli de vapeurs nitreuses et que le bouchon, imprégné d'acide nitri-
que, qui l'avait corrodé, avait été soulevé pour laisser passage aux vapeurs
rutilantes.
» Ce phénomène de décomposition spontanée attira mon attention. Quelle
a été la cause de cette décomposition ? C'est ce qu'il m'est encore difficile
d'apprécier, car du coton pyroxylé qui avait été teint et conservé depuis la
même époque^ n'avait subi aucune altération.
» Je fis laver à grande eau la pyroxyline ainsi décomposée; le tissu était
fortement altéré et s'arrachait sous un faible effort ; son inflammabilité était
considérablement diminuée.
» Divers essais analytiques eurent lieu pour établir la proportion des
principes nitreux restés en combinaison avec la cellulose, — Ces résultats
furent confirmés par M. Wurtz. Voici les chiffres de cet habile chimiste :
» I. Q sr ,479,5 de matière desséchée dans le vide à uo degrés ont donné
0,5495 d'acide carbonique et 0,176 d'eau.
» IL oS r ,4i6 de matière desséchée dans le vide à 100 degrés et brûlés
avec l'oxyde de cuivre ont donné 27°°, y5 d'azote.
( 6 77 )
» Température, 9 degrés. Pression, o m ,76o3.
» Ces chiffres donnent, en centièmes :
Carbone . . . . 3i ,25
Hydrogène 4 j°8
Azote 7 ,88
» Si l'on consulte les analyses du fulmi-coton, on trouve :
Carbone 28,5 (Démonte et Ménard) 28,5. . . 27,9 (Béchamp.)
Hydrogène 3,5 3,5... 3,5
Azote ii,6 io,5... 11,1
» On voit, par la comparaison de ces résultats, que le coton pyroxylé,
altéré spontanément, renferme environ deux tiers d'acide nitrique de moins
que le fulmi-coton non altéré.
» J'eus la curiosité d'essayer comment la pyroxyline ainsi dénitrifiée par-
tiellement se comportait quant à la fixation des couleurs. Des essais de
teintures eurent lieu au moyen de la garancine et du bois de Brésil avec ce
coton mordancé, au moyen de l'acétate d'alumine, et je ne fus pas peu
étonné de voir que, non-seulement il ne refusait plus de prendre la teinture
comme le coton pyroxylé, mais qu'il donnait des couleurs infiniment mieux
nourries et plus éclatantes que le coton non azoté et traité dans les mêmes
conditions de mordançage et de teinture.
» Le phénomène d'une teinture du coton nourrie d'une nuance appro-
chant de l'écarlate obtenue par le bois de Brésil avec le mordant d'acétate
d'alumine fixa particulièrement mon attention, et aussitôt j'entrepris une
série de recherches tendant à produire artificiellement un coton nitré avec
des propriétés de fixation des couleurs aussi énergiques que celle de la py-
roxyline décomposée qu'une circonstance fortuite avait mise en mes mains.
» Après avoir constaté d'une manière irrécusable que dans le coton, ré-
sultat de la décomposition de la pyroxyline, les éléments nitreux retenus
étaient restés en combinaison chimique avec la cellulose, je reconnus bien-
tôt que ces éléments n'étaient pas entrés dans un état de combinaison aussi
stable, en présence des sels de protoxyde de fer, que cela existe dans la py-
roxyline.
» On soumit à une douce chaleur de la pyroxyline décomposée et de la
pyroxyline intacte, dans un bain de sulfate de protoxyde de fer. En très-peu
de temps, la pyroxyline, qui avait perdu une partie de ses éléments nitreux,
se colora en jaune chamois, tandis que la pyroxyline prit beaucoup moins
C. R., i856, I er Semestre. (T. XXII, K° 18.) 9-0
(. 6.78 )
d'oxyde de fer que du coton ordinaire placé dans les mêmes circonstances.
Lorsqu'on transforma l'oxyde de fer en bleu de Prusse par un bain de ferro-
cyanure de potassium légèrement acidulé, les mêmes différences de couleur
se reproduisirent. Ainsi; en résumé, la pyroxyline, en perdant une partie de .
ses éléments nitrenx, non-seulement perd sa résistance à absorber des mor-
dants et des couleurs, mais devient même infiniment plus apte à se charger
de ces corps que le coton non azoté. »
chirurgie. — Nouveau procédé permettant d'augmenter à volonté la hau-
teur de la lèvre, dans les opérations de bec-de-lièvre et de cheiloplastie ;
par M. C. Sédhxot.
a II est des procédés souvent côtoyés et presque touchés, dont on ne
comprend la nouveauté, les ressources et l'importance, qu'au moment où
l'on en signale les indications et les résultats. Celui que nous avons l'hon-
neur de présenter à l'Académie est de ce geure, et c'est par une de ces révé-
lations pratiques si fréquentes au contact des indications, que nous l'avons
imaginé et appliqué avec le plus heureux succès.
» On sait, et c'est un desideratum dont nous avons fait l'objet. d'une re-
marque spéciale dans la deuxième édition de notre Traité de Médecine
opératoire, que la lèvre manque de hauteur chez la plupart des adultes qui
sont porteurs d'un bec-de-lièvre. Les deux moitiés de la scissure, entraî-
nées en dehors par la contractilité des fibres du muscle orbiculaire, sem-
blent avoir subi un certain degré d'atrophie, et lorsqu'on les a réunies, on
s'aperçoit que le bord libre de la nouvelle lèvre est concave et ne recouvre
qu'imparfaitement l'arcade dentaire. La disparition de l'encoche labiale par
le procédé de M. Clémot, de Rochefort, ne modifie en rien cette disposi-
tion, et l'on regrette de voir persister une véritable difformité dépendant
de la brièveté de la lèvre dans le sens vertical.
» L'atrophie dont je m'occupe était très-marquée sur une jeune fille de
vingt ans, que j'opérai à la clinique, au commencement du mois dernier.
» L'arcade dentaire était assez élevée, et l'étroitesse des deux moitiés de
la lèvre ne permettait pas d'espérer une restauration parfaite.
» Je pensai que l'on pourrait convertir une partie des bords horizontaux
de la lèvre en surfaces_ verticales, destinées à être affrontées, et qu'on obtien-
drait en même temps l'avantage de diminuer la largeur de l'ouverture buc-
cale, et de la rendre plus régulière et plus gracieuse.
» Rien de plus facile à remplir que l'indication dont je parle; il suffit
( 6 79 )
d'aviver la lèvre par deux sections obliques, dont la première, dirigée de
haut en bas et de dedans en dehors, s'arrête à i centimètre environ de dis-
tance du bord libre, tandis qne la deuxième, commencée à ce dernier point,
est prolongée plus ou moins loin en dehors, selon que l'on veut donner à
la nouvelle lèvre une plus ou moins grande hauteur. On détache largement
la lèvre de l'arcade dentaire pour augmenter la laxité des tissus, et en
ramenant à une direction verticale les surfaces obliquement avivées et les
affrontant par la suture entortillée avec ou sans la modification proposée
par M. Clémot, on reforme une lèvre épaisse, d'une hauteur convenable,
dont la réunion immédiate s'accomplit aussi bien qu'à la suite des opéra-
tions ordinaires.
» Ceux qui conserveraient quelques doutes sur la précision et l'étendue
des ressources du procédé dont je viens d'exposer les principaux traits,
pourront, comme nous l'avons fait, en demander la démonstration à une
simple manœuvre d'amphithéâtre.
» Pour lever les dernières objections d'un de nos collègues, nous le con-
duisîmes avec nos internes, et quelques autres élèves, aux salles d'anato-
mie. Nous mesurâmes la hauteur de la lèvre d'un des sujets livrés aux
dissections. Cette lèvre avait 1 6 millimètres de son bord libre ou labial à la
racine du nez, et, après l'opération simulée du bec-de-lièvre par notre nou-
veau procédé, cette même lèvre présentait 25 millimètres, et avait ainsi
gagné 9 millimètres, ou un peu plus de moitié de la hauteur primitive.
» Nous avons revu notre malade à la fin de mars, et la bouche était restée
petite, régulière et gracieuse. »
RAPPORTS.
chimie générale. — Rapport sur un Mémoire de M. Georges Vixle, ayant
pour titre : Quel est le rôle des nitrates dans l'économie des plantes?
— De quelques procédés nouveaux pour doser l'azote des nitrates, en
présence des matières organiques.
(Commissaires, MM. Balard, Peligot, Pelouze rapporteur )
« Le travail dont nous allons avoir l'honneur de rendre compte à l'Aca-
démie se divise, comme l'indique son titre, en deux parties bien distinctes.
» Dans la première, l'auteur fait l'historique des travaux relatifs au rôle
que les nitrates jouent dans la végétation. Il analyse succinctement les ex-
90..
( 68o )
fpérieoces et les observations faites sur ce sujet par MM, Liebig, Kùhlmann,
-Gilbert et La vyes, Isidore Pierre et Bineau. Il fait ressortir le peu d'accord
-qui existe entre les vues présentées par ces divers chimistes , et signale, une
divergence d'opinions, bien naturelle d'ailleurs dans des questions .qui ont
trait :aux phénomènes si complexes et encore si peu étudiés de la végé-
tation. ..."......'-....".
■■- » L'auteur rappelle enfin que dans un paquet cacheté adressé à l'Académie
le r3aoûti855Let ouvert Je 26 novembre dernier, il avait annoncé les faits
suivants. : : : -. . . . - -. ' ■.'.'.!..
= ■■». i°. Les plantes absorbent et décomposent les nitrates, de façon que
l'azote de ces sels devient une partie constitutive du tissu végétal, ;
V a°. À égalité d'azote,: le nitrate de potasse agit plus que le sel ammo-
niac. ..'".".'- ..:.:.. . . . . .......
6.:: « Notre honorable .confrère M, Boussingault; avait jdéjà signalé
(Comptes rendus des séances de l'Académie des Sciences^ yf jii^^ no-
vembre 1 85 5 ) J'influence des nitrates .sur le développement de l'orga-
nisme végétal, et il avait particulièrement donné la démonstration de
ce fait important, que Je salpêtre agit très-favorablement, sur la. vé-
gétation par suite de son absorption jdirecte, ce qui lui _a: permis
d'expliquer comment certaines eaux.exereent sur.les prés des effets extrê-
mement marqués, quoique souvent elles ne renferment que des traces à
peine dosables d'ammoniaque; c!est que ces eaux contiennent jordinaire-
raent des nitrates, qui concourent, commeT ammoniaque et rnème mieux
' que l'ammoniaque, à la production végétale — .-.-., . ,
» En résumé, comme M. Ville se propose de revenir sur la première par-
tie de son Mémoire, et d'entrer ultérieurement dans des développements
qu'il n'a pas encore fait connaître, votre Commission n'aura à s'occuper
que des nouvelles méthodes proposées par ce chimiste^ pour doser les ni-
trates mêlés à des. matières végétales et animales.
» C'était là un problème délicat et difficile, que M. Ville, hâtons-nous de
le dire , a résolu d'une manière très-satisfaisante. " ~
» Lorsque les nitrates sont mêlés avec des sulfates, des phosphates, des
chlorures et avec un grand nombre d'autres matières inorganiques, on peut
déterminer avec exactitude l'acide nitrique qu'ils renferment, par un pro-
cédé fort simple qu'emploient souvent les raffineurs de salpêtre coneur-
remffiieut- avec l'ancien procédé, qui consiste à laver le nitre brut avec de
l'eau saturée de nitrate de potasse pur. -
"- » Cette méthode, dont l'auteur est un des Membres de cette Commission,
(68i )
consiste à décomposer les nitrates par un poids connu de fer dissous dans
l'acide chlorhydrique. En ajoutant à la liqueur un poids également connu
du nitrate qu'il s'agit de doser et portant pendant quelques instants le mé-
lange à l'ébullition, il se dégage du bioxyde d'azote pur, tandis que le fer se
peroxyde. Ce métal ayant été employé en excès, on reconnaît facilement ce
qu'il en reste à l'état de protoxyde, au moyen d'une dissolution titrée de
permanganate de potasse, qui ne cesse de se décolorer qu'au moment même
ou le fer tout entier a été peroxyde. Le calcul indique le poids de l'acide
nitrique qui a concouru à cette peroxydation.
» L'épreuve ne laisse, en général, rien à désirer; mais on Comprend que,
s'il s'agit de doser les nitrates contenus dans une plante, le procédé dont il
s'agit ne puisse plus être employé, car les nitrates sont mêlés alors avec des
matières qui colorent les dissolutions de caméléon ou qui décomposent ce
sel en le désoxydant.
» Cette dernière circonstance met surtout un obstacle à l'extension de
ce procédé, car une foule de substances organiques décolorent les dissolu-
tions de permanganate de potasse.
» Récemment, M. Sclilœsing a eu l'idée de recueillir le bioxyde d'azote
provenant de la réaction des nitrates sur le protocblorure de fer, et de con-
vertir le gaz ainsi obtenu, en lui rendant de l'oxygène, en acide nitrique, que
l'on dose avec du sucrate de chaux titré. Ce chimiste distingué s'est assuré
qu'un grand nombre de matières organiques, et principalement celles qui
sont les plus répandues dans les végétaux, peuvent se trouver mêlées aux
nitrates, sans que ceux-ci apportent un trouble notable à son mode
d'analyse.
» Parmi ces matières, les unes sont azotées, telles'que l'urée, l'amandine,
le gluten, l'asparagine, l'indigotine, la gélatine, etc. ; les autres ne contien-
nent pas d'azote. Nous citerons les acides malique, tannique, benzoïque,
ulmique, le sucre de canne, l'amidon, la mannite, la gomme arabique, la
colophane et l'huile de ricin.
» Malgré la présence dans les nitrates des diverses matières que nous
venons de citer, M. Schloesing; retrouvait constamment à deux ou trois
millièmes près, et quelquefois avec plus d'approximation encore, la quan-
tité de nitrate sur laquelle il opérait dans le but de vérifier l'exactitude de
sa méthode.
» Pour être juste, on doit donc reporter à M. Schloesing le mérite d'avoir
le premier imaginé une méthode générale pour doser les nitrates mêlés à
des matières organiques. Ce chimiste, dans un travail remarquable, a
( 682 )
appliqué son procédé à la détermination de l'azote contenu à l'état de ni-
trate dans les feuilles écôtées et dans les côtes de tabacs de dix-huit prove-
nances différentes. Le procédé de M. Schlœsing a été inséré avec détails
dans le tome XL des Annales de Chimie et P 'hjsique (n° d'août i854) ; de-
puis cette époque, il ne paraît pas qu'il ait été employé par d'autres chi-
mistes;
» Quoi qu'il en soit, celui dont nous allons rendre compte nous paraît
d'une exécution plus sûre et plus commode.
» Il consiste à convertir en ammoniaque le bioxyde d'azote provenant
de l'action des nitrates sur le protochlorure de fer acide. Depuis longtemps
M. Ruhlmann avait signalé aux chimistes la grande facilité avec laquelle
l'acide azotique et tous les oxydes d'azote peuvent se changer en ammo-
niaque, mais personne n'avait songé, avant M. G. Ville, à utiliser cette cu-
rieuse transformation pour le dosage des nitrates mêlés à des substances
organiques.
» La proportion d'ammoniaque déterminée avec un acide titré donne
celle de l'acide nitrique même. La réaction conserve la même netteté et le
procédé la même exactitude, soit que les nitrates contiennent exclusivement
des matières inorganiques, soit qu'ils aient été mêlés à une matière orga-
nique telle que du sucre, de l'acide oxalique, de la farine, de l'herbe sèche,
une infusion de café, etc. Nous nous sommes assurés que le procédé de
M. Ville fonctionne d'une manière satisfaisante en mêlant aux matières que
nous venons d'énumérer une certaine quantité de nitrate de potasse pur,
dont le poids était inconnu à M. Ville. Toujours ce chimiste nous a rapporté
à quelques millièmes près la quantité de salpêtre que nous lui avions remise
pour en faire l'analyse.
- » Son procédé est si exact, qu'il peut être employé concurremment avec
celui dont il a été fait mention, pour établir ou contrôler le dosage du sal-
pêtre brut dans ljps raffineries.
» Son exécution prompte et peu coûteuse permettra d'étudier, mieux
qu'on ne l'a fait jusqu'ici, la formation de l'acide nitrique sous des influences
très-diverses, les proportions de cet acide dans les engrais, les plantes, les
eaux de toutes sortes, et son rôle dans la végétation,
» Nous ne suivrons pas l'auteur dans la description minutieuse qu'il a
donnée de son procédé. Nous nous bornerons à dire que des divers moyens
qu'il a employés pour convertir en ammoniaque le bioxyde d'azote, celui
auquel il donne la préférence consiste à décomposer ce gaz dans un tube
rempli de chaux sodée, par l'hydrogène sulfuré. La chaux et la soude
( 683 )
retiennent l'oxygène du bioxyde d'azote et la soude de l'hydrogène sulfuré
sous la forme de sulfates et des sulfures, tandis que l'azote et l'hydrogène
se réunissent pour produire de l'ammoniaque, qui se rend et se condense
dans un tube à boide, en partie rempli d'un acide normal. Une demi-heure
suffit pour faire une opération, et une disposition ingénieuse des appareils
permet de multiplier facilement ces sortes d'analyses.
» En résumé, le nouveau mode de dosage des nitrates, dont nous venons
de rendre un compte sommaire, est très-exact, d'une exécution à la fois
prompte et facile. Nous croyons qu'il pourra rendre des services incontes-
tables dans les recherches de chimie appliquée à l'agriculture et à la physio-
logie végétale.
» En conséquence, nous avons l'honneur de demander à l'Académie
quelle veuille bien remercier M. Georges Ville de son intéressante*commu-
nication. »
Les conclusions de ce Rapport sont adoptées.
MÉMOIRES PRÉSENTÉS.
L'auteur d'un Mémoire admis au concours pour l'un des grands prix des
Sciences physiques de l'année i856 (question concernant les lois de la dis-
tribution des corps organisés fossiles dans les terrains sédimentaires, sui-
vant leur ordre de superposition), adresse, ainsi qu'il l'avait précédemment
annoncé, une traduction française du Mémoire original qui est écrit en
allemand.
(Renvoi à la future Commission, qui devra s'assurer que cette traduction,
arrivée après la, clôture du concours, ne contient rien qui ne se trouve
dans le texte allemand parvenu en temps utile.)
Mécanique analytique. — Mémoire sur les variations de la pesanteur dans
une petite étendue de la surface terrestre, et sur quelques effets qui en
résultent ; par M. V. Puiseux. (Extrait par l'auteur.)
« Dans les questions relatives à l'équilibre et au mouvement des corps
pesants, on imagine ordinairement des axes de coordonnées liés invariable-
ment à la partie solide du globe terrestre, et on rapporte à ces axes la situa-
tion des points mobiles que l'on considère. Le plus souvent on peut se
contenter de regarder ces axes comme immobiles dans l'espace, et les points
( 684 )
pesants icommé sollicités par dés forcés proportionnelles à leurs triâssês>
parallèles entre elles et faisant avec les axes des angles constants. Mais
quand on veut pousser les choses â la rigueur, on est forcé d'abandonner
eessuppositions. En -effet, les axes de coordonnées participant, en réalité, au
mouvement de la Terre, il n'est permis de les considérer comme fixés qu'au-
tant qu'on applique à chaque point de certaines forces fictives; ces forces
dépendent de la situation et surtout de la vitesse du point- mobile, et c'est
à elles qu'est dû le déplacement du plan des oscillations du pendule qui a
lieu dans la belle expérience de M. Foucault. Peplus, l'attraction terrestre
n'a pas exactement la même grandeur et la même direction en deux points
voisins et en un même point; elle change d'un instant à l'autre à raison de
la déformation que lés marées occasionnent dans la partie fluide du globe.
Enfin le Soleil et la Lune exercent des actions qui varient aussi avec le
temps et avec la situation du point attiré,
» Les conditions d'équilibre des corps pesants, telles qu'on les admet
d'ordinaire, doivent donc être un peu modifiées, et, bien que les effets dus
à ces modifications soient très-faibles et de l'ordre des plus petites quantités
que nous sachions mesurer, il m'a paru curieux de rechercher ceux qui sont
susceptibles d'être énoncés simplement, ou dont la vérification expérimen-
tale ne paraît pas absolument impossible. L'analyse que j'ai employée con-
duit d'ailleurs à des expressions fort simples des variations de la pesanteur
dans une petite étendue, et montre comment ces variations sont liées à
l 'aplatissement dé là Terre. " "
» J'indique ici quelques conséquences de ces formules. Concevons
qu'une lunette, mobile dans le plan du méridien et munie à son foyer d'un
fil horizontal, soit -dirigée Ters un bain de mercure placé au-dessous, de ma-
nière que l'image dufil vue par réflexion coïncide avec l'image vue direc-
tement. Si l'on répète la même expérience avec un autre bain de merGure
situé plus haut ou plus bas, la lunette devra changer de position, attendu
que la verticale n'a pas exactement la même direction à dés hauteurs diffé*
rentes. Je détermine le petit angle dont la lunette doit tourner; il dépend
de la latitude et de la différence de niveau des deux bains. Eu supposant
celte différence égale à i ooo mètres et l'expérience faite au-dessus du sol,
l'angle dont 11 s'agit serait d'environ 0",i7 à la latitude de 45 degrés.
» Un fil homogène, suspendu librement par une extrémité, ne prend pas
une ferme exactement rectiligne; il se confond sensiblement avec un arc
de parabole. Le paramètre de cette courbe change avec la latitude ; mais il
est indépendant de la nature et de la longueur du fil.
( 685 )
» Un corps solide mobile autour d'un axe vertical n'est pas, comme on
l'admet communément, dans un état d'équilibre indifférent; il tend à s'o-
rienter dans certaines directions qui ne changent pas avec le temps, lorsque
l'axe de rotation coïncide avec la verticale du centre de gravité. Par
exemple, une girouette mobile autour de la verticale de son centre de gra-
vité et partagée par cet axe en deux parties symétriques, ne peut être en
équilibre qu'autant qu'elle est dirigée dans le plan du méridien ou dans un
plan perpendiculaire; l'équilibre, instable dans le premier cas, est stable
dans le second. Ecartée d'une position d'équilibre stable, la girouette oscil-
lerait de part et d'autre, si les frottements inhérents au mode de suspension
pouvaient être assez atténués ; mais la durée des oscillations, qui dépasserait
huit heures, montre combien est petite la force qui tend à les produire.
» Enfin la même analyse donne les positions d'équilibre d'un corps mo-
bile en tous sens autour de son centre de gravité. Elle montre, par exemple,
qu'une tige suspendue par son centre de gravité tend à se placer dans le
plan du méridien, de manière à faire avec la verticale un petit angle dont
la valeur est d'environ 6' à la latitude de 45 degrés; dans notre hémisphère,
la partie inférieure de la tige est du côté du nord. »
Dans la Lettre qui accompagne cet envoi, M. Puiseux prie l'Académie
de vouloir bien le comprendre dans le nombre des candidats pour la place
vacante dans la Section de Géométrie.
La demande de M. Puiseux et le Mémoire qu'il présente sont renvoyés
à l'examen de la Section de Géométrie.
MÉCANIQUE APPLIQUÉE. — Modification apportée au frein du système
Laignel; par M. Perreui,. (Extrait.)
(Commissaires, MM. Piobert, Morin, Séguier.)
« Le frein de M. Laignel, a dit un savant ingénieur, se différencie complé-
», tement des appareils ordinaires, en ce qu'il agit sur les rails mêmes.... Des
» manivelles à vis, placées sur les voitures, permettent de faire descendre
» les sabots dans une direction verticale et de les presser à volonté contre
» les rails. On peut ainsi graduer le frottement et le rendre de plus en plus
» grand, jusqu'à ce que l'on ait atteint le maximum de résistance.... Ce
» système a le triple avantage de la solidité, de la promptitude d'action
» et... »
» Voyons maintenant quels obstacles a rencontrés le système par près-
C. E., i85G, i« Semestre. (T. XLII, N» iS.) 9 1
( 686 )
sionverticale, et démontrons qu'ils proviennent tous du point d'appui Won
avait choisi. . . . C'est de la nature et de l'état de la surface choisie que viennent
tous les obstacles à la réussite complète de la pression verticale ; en effet, l'hu-
midité boueuse du rail, sa surface trop lisse par le passage des roues et dans
des conditions défavorables d'humidité, trop étroite surtout pour qu'on
puisse en obtenir une pression puissante : ces obstacles, qui ont empêché la
généralisation d'un système approuvé depuis dix ans, ne se rencontrent pas
dans notre système, où un nouveau point d'appui a été choisi.
» C'est sur le sable du ballast, étendu sur la voie, et en changeant la
forme du sabot, que nous avons trouvé un meilleur point d'appui, complè-
tement exempt des inconvénients que nous venons de signaler. Ce sable ne
doit jamais cependant pouvoir être amoncelé d'une manière gênante ni
projeté sur la voie. Il doit être sillonné, fendu, pour ainsi dire, par l'appa-
reil remplaçant le sabot, et qui se compose d'un épais madrier en forme de
grand patin; plusieurs lignes de fer aigu, parallèles entre elles et relevées à
l'avant, remplaceraient l'unique ligne en fer qui, dans le patin proprement
dit, sert à glisser sur la glace.
» Le sable, sillonné d'abord par les lignes du patin, qui s'y enfonceront
peu à peu, produira un frottement qui deviendra de plus en plus grand j les
lignes de fer arriveront jusqu'aux traversés qu'elles sillonneront, sans aucun
danger de dérangement, et sur lesquelles elles s'arrêteront lorsque l'arbre à
vis, manœuvré par des leviers de cabestan, pressera le madrier formant patin
lui-même sur le sable, ce qui produira un maximum de" résistance assez
puissant pour arrêter un convoi rapidement, en cas de danger imminent, et
bien certainement dans un espace moindre que celui exigé jusqu'ici, sous
peine de catastrophe semblable à celle de Moret r déclarée d'avance inévi-
table, dans les mêmes circonstances et dans l'état d'insuffisance du matériel
actuel.
» Deux appareils, l'un placé sur le tendër," l'autre sur la dernière voiture,
nous paraissent suffisants. Le dessous du madrier, suspendu à l'arbre à vis
et complétant le frein, devra probablement être revêtu d'une plaque de fer;
l'expérience peut seule en démontrer la nécessité. »
CHIMIE Générale. - Faits pour servir à l'hzstoim de L'éthérifïeation ;
par M. ArvAEo Rpwoso.
(Commissaires, MM. Pelouze, Dumas, Payen.)
\ « Action du bioxyde de mercure sur l'éther iodhjdrique éthjlique. -
î°. Quand on met du bioxyde de mercure et de l'éther iodhydrique dans
(68 7 )
un tube scellé à la lampe, et que l'on chauffe pendant quatre heures à
a6o degrés, une réaction très-énergique a lieu. On voit, à travers les parois
du tube, la masse décomposée, noircie, contenant quelques globules de
mercure métallique au fond d'un liquide très-mobile. A l'ouverture du
tube, un grand dégagement de gaz a lieu, suivi d'une forte explosion. Il
nous a été impossible d'étudier cette réaction à cause de l'explosion ; nous
avons constaté seulement qu'une partie de l'iode était devenue libre.
» 2°. Du bioxyde de mercure mis avec de l'éther iodhydrique dans un
tube scellé à la lampe fut maintenu pendant six heures à la température
de ioo degrés; le bioxyde de mercure passa à l'état d'iodure, et en ouvrant
le tube nous avons constaté : i° la formation d'une petite quantité de gaz
oléfiant; 2 production d'éther hydrique; 3° formation d'une trace d'é-
ther acétique; 4° présence d'un excès d'éther iodhydrique non décomposé ;
5° l'éther tenait en dissolution un peu d'iodure de mercure.
» 3°. Nous avons abandonné pendant dix-sept mois sur une table, près
d'une fenêtre par où entraient facilement les rayons du soleil, un tube con-
tenant de l'éther iodhydrique et du bioxyde de mercure. Au bout de quel-
ques jours déjà la réaction avait commencé, à en juger par la formation de
l'iodure de mercure; nous l'avons laissée cependant se continuer, et chaque
jour la formation d'iodure s'accroissait, et il se déposait contre les parois
du tube, en formant de beaux cristaux. En ouvrant le tube, une assez
grande quantité de gaz s'est dégagée ; le produit liquide était composé
d'une proportion considérable d'éther acétique et d'une petite quantité
d'éther hydrique. Il est évident que la formation de l'éther acétique n'a
lieu qu'en vertu d'une réaction secondaire, et que le bioxyde de mercure
agit d'abord sur l'éther iodhydrique en le transformant en éther ordinaire.
L'éther acétique proviendrait d'une oxydation de l'éther hydrique, oxyda-
tion qui ne pourrait avoir lieu qu'aux dépens de l'oxygène de l'oxyde,
car l'oxygène de l'air contenu dans le tube se trouve en trop petite quan-
tité pour produire cet effet. Il s'ensuivrait la formation d'un oxyde infé-
rieur, ou de mercure métallique. Il est probable qu'il y a du mercure
métallique mis en liberté, qui alors agit à son tour sur l'éther iodhydrique
non encore décomposé en formant, comme l'a démontré Franckland, de
l'iodure de mercure, ainsi qu'un mélange gazeux composé d'éthyle, d'hy-
drure d'éthyle et de gaz oléfiant.
» Si, au résultat que nous venons d'obtenir, on ajoute la production
de l'éther hydrique par l'action de l'eau (Franckland) et de l'oxyde d'ar-
91..
( 688 ) .
gent (M. Wurtz), on est, nous le croyons, bien fondé à espérer obtenir Isî
même action avec d'autres oxydes.
» Cette étude générale pourrait ne pas avoir un très-grand intérêt sous
le point de vue spécial de la production de l'éther, mais il n'en est pas
de même si l'on considère le rôle qu'il pourrait jouer dans l'explication de
l'action de plusieurs corps sur l'alcool, qui l'éthérifient, et dont Ja véritable
action n'est pas bien connue aujourd'hui. _ ......
» Il est probable que d'autres oxydes réagiront aussi d'une manière_ana-
logue sur les éthers chlqrhydrique et brombydrique. ■-.._..
» Actiondes sulfates sur l'alcool. — Nous avons mis avecderalcool, dans
un tube fermé par un bout, les sulfates de magnésie, de manganèse, de fer,
cobalt, nickel, cadmium, zinc et cuivre; le tube, scellé à la lampe par
L'autre bout, fut placé dans un canon defusil et chauffé dans un bain d'huile
à 240 degrés. Tous ces sulfates ont produit l'éthérification de l'alcool j
aucun, excepté ceux de nickel et de cuivre, n'a subi de décomposition.
Le sulfate de nickel passa à l'état de sous-sulfate, et celui de cuivre fut ré*
duit en partie à l'état métallique. Jamais il n'y a eu dégagement de gaz,
excepté lorsqu'on a employé le sulfate de cuivre, où une grande quantité
de gaz s'est dégagée à l'ouverture du tube. Les sulfates non décomposés
conservent après l'expérience leurs propriétés chimiques, et ils se dissolvent
complètement dans l'eau On a toujours expérimenté sur des sulfates cris*
tallisés. Tous ces sulfates perdent par l'action combinée de la: température et
de l'alcool leur eau de cristallisation v et dans cet état anhydre ils tardent
plus longtemps à se dissoudre dans l'eau. . . .1 ..
» Iodures et bromures. — L'iodure et le bromure de cadmium, chauffés
avec de l'alcool à 24°. degrés, produisent de l'éther. Ils ne se décomposent
pas, et à l'ouverture du tube il n'y a pas de dégagement de gaz.
» Le bromure de mercure fut chauffé avec de l'alcool à a4o degrés. La-
masse noircit fortement, et à l'ouverture du tube il y eut un grand dégage-
ment de gaz et l'alcool se trouva éthérifié;. Le bromure était décomposé.
» Chlorures et chlorhydrates. — Les chlorures de cobalt, de cadmium et
le protochlorure de manganèse chauffés avec de l'alcool à 240 degrés restent
sans se décomposer, et l'alcool se convertiLan éther sans qu'il y ait de dëga*
gemeut de gaz. C'est le protochlorure de manganèse qui produit la plus
grande quantité d' éther. . . _ _' . , :
» Le chlorure- de nickel, chauffé avec de l'alcool à 240 degrés, passe à
l'état de sous-chlorure insoluble.; l'alcool produitde l'éther, et à l'ouverture
du tube on constate un léger dégagement de gaz.
» Le protochlorure détain fat chauffé à a/jo degrés avec de l'alcool, et
après l'expérience le liquide contenu dans le tube se trouva partagé en deux
couches bien tranchées : l'une, supérieure, limpide; l'autre, inférieure, lai-
teuse. À l'ouverture du tube, des gaz se sont dégagés, et l'on a constaté la
formation d'une grande quantité d'éther.
» Le protochlorure de fer, chauffé avec de l'alcool à 240 degrés, produit
une action très-marquée. Le liquide dans le tube se trouve partagé en deux
couches fort distinctes, dont la supérieure, très-considérable, consiste en
éther pur. A l'ouverture du tube il y a un léger dégagement de gaz.
» Le protochlorure de cuivre produit aussi à 240 degrés l'éthérification
de l'alcool.
» Le bichlorure de mercure, chauffé avec de l'alcool à 240 ou à aoo de-
grés, se décompose ; la masse noircit fortement, et à l'ouverture du tube
une grande quantité de gaz se dégage, et on constate la production de
l'éther.
» Les chlorhydrates de morphine et de cinchonine chauffés avec de l'al-
cool à aoo degrés noircissent; à l'ouverture du tube il n'y a pas de dégage-
ment de gaz, et la liqueur contient de faibles proportions d'éther. L'odeur
éthérée est plus prononcée avec la cinchonine qu'avec la morphine. *
physique appliquée. — Production des lames diaphanes minces, au
moyen de dissolutions résineuses, et sur un papier à couleurs changeantes
obtenu par l'application de ces lames (deuxième Note) ; par M. Carrère.
(Extrait.)
(Commissaires précédemment nommés : MM. Pouillet, Babinet,
de Senarmont. )
« Depuis la première communication que j'ai eu l'honneur de faire à
l'Académie, j'ai cherché à produire des lames minces avec différentes ré-
sines et avec d'autres corps solubles dans les essences ; voici les résultats
auxquels je suis arrivé : i° La lame produite par une dissolution de bi-
tume de Judée présente le maximum d'éclat. 2 . On obtient encore des
lames brillantes avec la dissolution d'un des corps suivants : succin fondu,
gomme-gutte fondue, résine-mastic. 3°. En général, la lame mince est terne ;
c'est ce qui a lieu, par exemple, pour la colophane et le caoutchouc. 4°- On
ne peut pas produire de lame mince avec la dissolution de certains corps,
par exemple de la résine copal, de l'acide stéarique, de la cire. 5°. Sous le
(690)
rapport de l'application des lames minces à la coloration du papier, j'ai
obtenu le meilleur résultat en employant une dissolution de succin fondu
et de résine-mastic dans un mélange de benzine et d'essence de térében-
thine. »
A cette Note sont jointes trois feuilles de papier coloré par l'application
des lames minces, au moyen du procédé indiqué par l'auteur dans la pre-
mière communication.
PHYSIOLOGIE. — Action de divers extraits végétaux sur le sang veineux.
Nouvelles expériences de M. Lecleec , et réponse à une réclamation de
M. Clauzure.
(Commissaires précédemment nommés : MM. Flourens, Coste, Çl. Bernard.)
« Je viens de lire dans le Compte rendu des séances de l'Académie que
M. Clauzure, médecin à Angoulême, réclamait là priorité des expériences
dont j'ai communiqué les résultats dans la séance du 3 mars dernier. Je ne
puis accepter les réclamations de M. Clauzure, et je mets à la disposition de
l'Académie des Lettres de ,ce médecin qui prouvent que ses assertions ne
sont nullement fondées.
» Qu'il me soit permis maintenant de faire connaître à l'Académie les
__ conclusions de nouveaux faits que j'ai observés le 8 avril dernier.
» i°. Le sang veineux perd sa disposition à la fermentation putride, par
son mélange avec la belladone et le Datura stramonium.
» 2°. L'atropine ne possède point la propriété d'arrêter la fermentation
putride.
» 3°. La noix vomique, la strychnine et la brucine arrêtent la fermenta»
tion putride, mais ne conservent nullement les globules. - -
» 4°. T-? extrait d'ipecacuanha est dans le même cas. '
» 5°. Les autres substances essayées n'arrêtent point la fermentation pu-
tride et ne conservent point les globules.
» 6°. Le sang veineux pur et conservé à l'abri du contact de l'air pen-
dant le même espace de temps que les autres mélanges qui précédent,
éprouve la fermentation putride et subit la destruction des globules. »
(691 )
chirurgie. - Note sur la désarticulation de la mâchoire inférieure ap-
pliquée à V extirpation des tumeurs profondes du pharynx , de la langue
et du vode du palais; par M. Ma 1S onïjeuve. (Extrait par l'auteur.)
(Commissaires, MM. Moquin-Tandon, Jobert, de Lamballe.)
« L'idée d'enlever l'os maxillaire supérieur sain, dans le but de rendre
possible l'extirpation de certaines tumeurs profondes du pharynx et de la
zone zygomatique, excita d'abord parmi les chirurgiens une certaine
émotion; puis, en y réfléchissant, on ne tarda pas à comprendre que s'il était
permis, pour sauver la vie d'un homme, de sacrifier un organe malade le
sacrifice de ce même organe sain ne devait pas arrêter davantage, quand le
but était le même.
» C'est en procédant d'après ce principe que je suis parvenu à sauver d'une
mort imminente plusieurs malades affectés de tumeurs réputées incurables.
Deux de ces malades ont été présentés à l'Académie de Médecine et sont
restés complètement guéris.
» Frappéde ces résultats, j'ai pensé qu'on pourrait, en appliquant le même
principe à l'os maxillaire inférieur, arriver à pratiquer l'extirpation de quel-
ques autres tumeurs, jusqu'alors inaccessibles à nos moyens d'action.
» Les deux observations suivantes donneront une idée de ce qu'on peut
obtenir de cette nouvelle méthode.
» Première observation. - Homme de cinquante-huit ans, malade depuis
huit mois, nombreux traitements médicaux sans succès ; épithélioma végé-
tant et ulcéré qui occupe la face interne de la joue droite, l'amygdale, la
presque totalité du voile du palais et surtout les parties supérieure, posté-
rieure et latérale droite du pharynx, avec menaces d'asphyxie.
» Opération le 3 juillet i855, après désarticulation préalable de la moitié
latérale droite de l'os maxillaire inférieur sain. Guérison en moins de six
semaines.
» Deuxième observation. - Homme de cinquante-deux ans. Affection car-
cinomateuse qui avait envahi le côté droit de la base de la langue, la por-
tion voisine du pharynx et du voile du palais, ainsi qu'un dès ganglions
sous-maxillaires. - Opération le 12 février 1 856, par ablation préalable
de la moitié latérale droite de l'os maxillaire inférieur sain. Guérison.
Conclusions.
. » i°. La désarticulation d'une des moitiés latérales de l'os maxillaire infé-
rieur rend possible l'extirpation de certaines tumeurs profondes du pha-
(690
rynx, de la langue et du voile du palais, inaccessibles jusqu'alors à nos
moyens d'action. ,
» a . Le chirurgien est autorisé à la pratiquer, même dans les cas où cet os
n'a subi aucune altération, du moment où l'affection qu'il s'agit d'extirper
compromet gravement la vie du malade. »
MÉDECINE, — Recherches sur la cause du choléra asiatique , sur celle du
typhus ictérode et desfièvres de marécages; par M. Beatoerthey.
, | Commissaires, MM. Serres, Andral, Boussirigâult.)
M. Flourens, en présentant ce travail, au nom de l'auteur autrefbisvoya,-
geur-naturaliste du Muséum, aujourd'hui professeur d'Anatomie à l'univer-
sité de Caracas (Amérique du Sud), en donne une idée d'après les extraits
suivants de la Lettre d'envoi, datée de Cumana, 18 janvier i856 :
« Mes observations sur le choléra ont été faites dans les mois de no-
vembre et décembre de 1 854, pendant la grande épidémie qui ravagea une
partie des Antilles anglaises et le littoral du golfe Triste et de la provinee.de
Cumana. En décembre 1 853, j'ai" été chargé par le Gouvernement Véné-
zuélien de porter secours aux individus attaqués par là fièvre jaune à
Cumana et ses alentours. Déjà, depuis 1 83g, de longues et pénibles re-
cherches faites dans un grand nombre de localités malsaines des provinces
de Cumana, Barcelone et de la Guyane esp^gaole,. m'avaient porté à
croire que les fièvres des marécages étaient dues à un virus végéto-animal,
inoculé dans l'organisation humaine par des insectes tipulaires^v. Il est
digne d'observation que les produit§.putrJd5S > a.CQumuiés,dansle tube.intesr
final des fébricitants, sont formé? presque en totalité de monades et-de
vibrions semblables à ceux qu'on observe dans les matières animales et vé-
gétales en putréfaction. Le sulfate de quinine, l'arséniate de potasse, le jus
de citron, etc., paralysent les mouvements de ces insectes.
» Je dirai, à cette occasion, que le sulfate de quinine administré à haute
dose, 18 à ao grains par jour, m'a très-bien réussi, dans, les nombreuses
applications que j'ai; faites de .ce remède, chez les individus que j'ai soignés
d'accidents consécutifs à la piqûre des serpents.
» Les accidents de la fièvre jaune me semblent tenir également à l'in-
troduction dans l'économie des sucs septiques pompés par des insectes sur le
littoral. Quant à la matière animale noire qui, dans une période avancée de
la fièvre jaune, est rejètée par les vomissements, elle est formée d'une mulaV
txuje de monades d'une extrême ténuité. Je ne puis mieux la comparer
(6 9 3)
qu'aux globules du pigmentum de la choroïde, observé, au moyen du mi-
croscope ôe M. ^\\w,e\j,t. Chevalier, en employant le plus fort grossissement.
Pour bien faire cette observation, il faut délayer une très-petite quantité du
pigmentum dans une goutte 'd'eau distillée et placer sur le porte-objet une
particule de ce mélange. »
médecine. — Constitution médicale de la fin de Vannée i855 ; histoire des
épidémies de fièvre muqueuse, de variole, de rougeole et de coqueluche
qui ont régné en i855 dans quelques communes de l'arrondissement de
Villefmnche (Haute- Garonne) ; par M.. Martin Dcclaox.
(Commissaires, MM. Andral, Rayer, Cl. Bernard.)
Dans la Lettre qui accompagne l'envoi de ce volumineux travail, l'au-
teur prie l'Académie, lorsqu'elle aura à nommer un Correspondant pour la
Section de Médecine et de Chirurgie, de vouloir bien le comprendre dans
le nombre des candidats.
Cette demande sera réservée pour être soumise en temps opportun à
l'examen de la Section compétente.
M. Bektherand, auteur d'un ouvrage sur la médecine et l'hygiène des
arabes envoyé précédemment pour le concours Montyon (Médecine et Chi-
rurgie), adresse, conformément à une condition imposée aux concurrents,
une indication en double copie de ce qu'il considère comme neuf dans cet
ouvrage.
M. Bootigny, d'Évreux, soumet au jugement de l'Académie une Note
avant pour titre : Sur le mouvement de rotation d'un corps à l'état sphéroï-
dal autour d'un point fixe.
(Commissaires, MM. Babinet, Despretz, Cagniard-Latour. )
L'auteur s'est proposé principalement dans cette communication de dé-
velopper les conséquences qui découlent, suivant lui, d'un fait qu'il a déjà
depuis longtemps observé. Ce fait ayant déjà été décrit dans un opuscule
publié en 1847 par M. Boutigny, nous ne le reproduirons pas ici; et quant
aux déductions, nous nous bornerons à dire que l'auteur croit à une liaison
entre le sens de la rotation du sphéroïde qu'il produit et celui de la rotation
du sphéroïde terrestre.
C. R., i856, i« Semestre. (T. XUI, N° 13.) 92
(%4)
; M. Gjjeytos prie l'Académie de vouloir bien faire examiner par une
Commission un procédé qu'il a imaginé pour obtenir d'une épreuve photo-
graphique sur verre ou sur métal une gravure à l'eau.-£brte susceptible de
donner des épreuves du genre des estampes en taille-douce.
(Commissaires, MM. Becquerel, Regnault, Despretz. )
M. Sallebok présente la description d'un anémométrographe inscrivant
électriquement la direction, et la vitess.edu vent pour chaque instant de la
journée.
Cette description, jpii ne peut à raison de son étendue être reprodtùte
textuellement et qui serait d'ailleurs difficilement comprise sans le secours
d'une figure, est renvoyée à l'examen d'une Commission composée de
MM^Pouilletet Babinet. : - v >
Bn appareil construit par M. Salleron, et conforme à la description qu'il
présente aujourd'hui, est exposé dans la pièce qui précède "la salle "des
séances. . . . . ^ i . : ; . . . . ' " ; 1 - ;: .':' ._
M. Despretz demande, au nom de M. Ruhmkorjf, que l'appareil em-
ployé par cet habile constructeur pour mettre- lé feu aux mines- soit admis
au concours! pour le" prix fondé par M. de Montyon et destiné à 'récom-
penser les inventions .qui tendent à fendre une profession moins insalubre
pjjjmoinsLpérilleujse,: c :cs -z:\ .'.'. : y. i : '.. .: ■: - : .: : -=- ::'_-': ; :
(Réservé pour la future Commission.)
M. Moysès adresse une Note destinée à servir de complément à sa des-
cription du râteau mécanique pour arracher le chiendent, appareil compris
dans le nombre des instruments aratoires qu'il a précédemment présentés
au concours^poûrie prix. dé Mécanique. 1 , ^
. (Réservé- pour la future Commission.) '.
-'■' - - CORRESPONDANCE
M. Elourens présente, au nom de l'auteur, un exemplaire du Rapport
adressé à l'Empereur, par M. le Maréchal Vaillant, Ministre de la Guerre,,
sur la culture du coton en Algérie, année 1 855. '■'-,-- - -
( 6 9 5 )
M. Flocbests, en présentant au nom de M. Van Monckhoven, de Gand,
un volume intitulé : « Traité général de Photographie, suivi de l'application
de cet art aux sciences et de recherches sur l'action chimique de la lumière » ,
àonne dam Iftsextraits suivants de la Lettre d'envoi une idée des résultats
auxquels est arrivé l'auteur et qui font l'objet principal de son livre.
« ComiSe ïe titre de l'ouvrage l'indique, j'ai plutôt essayé une description
scientifique de la photographie qu'une description purement pratique. Les
principaux points auxquels je crois être arrivé sont les suivants :
« i°. Le foyer chimique pour un même objectif varie avec la nature et
même l'état de la surface employée (Note de M. Secretan), parce que le
maximum de l'intensité chimique peut varier pour une même substance
entre les limites du bleu prismatique et des rayons obscurs les plus réfran-
gibles.
» a . La nature du pyroxyle exerce, dans le procédé sur collodion, une
influence très-^grande sur les résultats. Comme M. Hadow l'a prouvé, il
existe quatre variétés de pyroxyle qui diffèrent de composition, fait encore
peu connu. M. Hadow admet avec raison, à ce que je crois, que le coton
fixe de l'acide hypoazotique et non de l'acide azotique. D'ailleurs ces re-
cherches ont reçu une grande publicité en Angleterre.
» 3°. L'azotite d'argent, en connexion avec le nitrate, forme un liquide
sensibilisateur qui favorise singulièrement le' développement de l'image
latente par l'acide pyrogallique.
» 4°- Les insuccès, qui sont le complément inévitable des procédés pho-
tographiques, peuvent être groupés en quelques insuccès types, à l'aide
desquels on peut y obvier avec facilité.
» 5°. Plusieurs méthodes de renforçage d'épreuves négatives sur collo-
dion sont à rejeter. Ainsi quelques photographes blanchissent les épreuves
formées d'argent pur à l'aide du bichlorure de mercure; j'ai reconnu que
l'image blanchie était formée de protochlorure de mercure et de chlorure
d'argent : or ces deux composés sont sensibles à la lumière, et, par consé-
quent, l'épreuve s'efface. Il en est de même si l'on noircit l'épreuve avec
l'ammoniaque.
» 6°. Les épreuves positives sur papier sulfurées s'effacent. J'ai traité
analytiquement cette question , et l'ai développée en formules.
» Enfin, je n'ai pas cru devoir reculer devant les applications de la pho-
tographie aux sciences, et c'est là pour moi un point trop important; en
effet, quel est le micrographe qui oserait seulement penser à reproduire à
9 a -
(6 9 6)
l'aide de sa main inhabile les merveilleuses organisations de certains êtres
microscopiques? Quel est l'observateur qui peut rivaliser avec le mystérieux
travail de la lumière pour enregistrer régulièrement les variations de la
colonne barométrique et de l'aiguille aimantée? Certes, ce sont là des faits,
qui montrent combien, dans un avenir peu éloigné peut-être, la photogra-
phie pourra être d'une utilité dans les recherches scientifiques. J'ai d'ailleurs
consigné dans cet ouvrage plusieurs expériences, que je crois nouvelles.
M'occupantde la photographie en amateur libre et indépendant, aucune
considération personnelle n'a dû me retenir pour décrire les procédés
photographiques, ce qui n'arrive pas toujours dans les publications de ce
genre. »
M. Flocrehts fait, au nom de l'auteur, hommage à l'Académie d'un exem-
plaire de la Conquête d'Jtger, écrite sur des documents inédits et authenti-
ques par M. Alf. Nettement.
« Si ce livre, dit M. le Secrétaire perpétuel, est présenté par moi au heu
de l'être, comme on pourrait s'y attendre, par M. l'amiral Dupetit-Thouars,
il faut en chercher le motif dans la modestie de notre confrère, -qui n'a pas
voulu appeler l'attention sur le récit d'une expédition dont il a reconnu et
prouvé la possibilité, alors qu'elle était déclarée impraticable par des
hommes dont la parole avait une grande autorité, a
M. le Secrétaire perpétuel appelle encore l'attention sur un ouvrage
de physique mathématique, envoyé de Turin par M. Ménabréa, et corn-
munique l'extrait suivant de la Lettre d'envoi.
« Par une Lettre du 3o mai i855, insérée par extrait dans les Comptes
rendus, j'annonçai à l'Académie que j'étais parvenu, par une méthode d'une
simplicité élémentaire, à intégrer un système d'équations linéaires aux diffé-
rences partielles, et à -obtenir ainsi des formules d'une grande généralité
et qui comprennent, comme cas particulier, les solutions des problèmes qui
se rapportent aux vibrations et à la propagation de la chaleur dans les
corps solides. Le Mémoire qui contient ces recherches venant d'être imprimé,
je m'empresse d'en offrir un exemplaire à l'Académie des Sciences. »
La Société ehpériale Zoologiqpe d'acclimatatios remercie l'Académie,
qui l'a comprise dans le nombre des Institutions auxquelles elle accorde
les Comptes rendus de ses séances.
Un exemplaire du Rapport fait à cette Société dans sa séance du i er fé-
(6 97 )
vrier, par M. Isid. Geoffroy-Saint-Hilaire, sur les mesures relatives aux
récompenses et encouragements à accorder, est présenté au nom du Rap-
porteur.
La Société pour les secours a donner Aux noyés, instituée à Amsterdam,
adresse un exemplaire, en langue française, d'un Aperçu historique rédigé
par un de ses membres. La Société accueillerait avec reconnaissance toutes
les observations faites sur ce livre, qui seraient de nature à suggérer des
améliorations à obtenir relativement au but qu'elle se propose, ou à indi-
quer celles déjà obtenues dans quelques pays.
physique. — Note sur un nouveau système de relais rhéotornique destiné
à transmettre simultanément, à travers un même fil, une dépêche à plu-
sieurs appareils télégraphiques différents placés en dehors de la ligne
télégraphique; par M. . Th. do Moncel.
« Il peut arriver qu'on veuille transmettre simultanément une dépêche
à plusieurs appareils télégraphiques disséminés en différents points d'une
ville, ou dans les environs de* grands centres télégraphiques auxquels ils sont
déjà reliés. Dans ce cas, comme dans celui où l'on veut transmettre instan-
tanément une dépêche dans plusieurs directions différentes, on peut faire
usage des relais rhéotomiques dont nous allons parler.
» Il y a déjà longtemps, M. Wheatstone avait cherché le moyen de ré-
soudre ce problème, et il avait imaginé, à cet effet, un appareil fondé sur
la persistance de la déviation du galvanomètre soumis à un courant inter-
rompu à des intervalles excessivement rapprochés. Mais l'isochronisme par-
fait de mouvement que ces appareils exigeaient et la lenteur de la trans-
mission rendaient la solution de ce problème plutôt théorique que pratique.
J'ai donc cherché à résoudre le problème d'une autre manière, et voici
comment je m'y suis pris.
» Qu'on imagine à la station centrale éloignée de la station qui transmet
un appareil d'horlogerie dont le mouvement soit le plus accéléré possible,
et qui ait pour effet mécanique de mettre en mouvement circulaire ou rec-
tiligne un petit trotteur à piston, appliqué sur une plaque d'ivoire fixe; on
concevra facilement que si cette plaque d'ivoire porte (sur le parcours du
piston) autant de plaques métalliques qu'il y a d'appareils à faire mouvoir,
le piston, à chaque révolution qu'il accomplira, pourra renvoyer successi-
vement un même courant dans ces différents appareils. Or, en admettant
que le mécanisme d'horlogerie soit commandé par un électro-aimant inter-
(6 9 B)
posé dans le rcircuit d'iitr i-ekisott mime dans le éireûit de la ligue, et que-
chaque attraction: de icet électro-aimant ait pouf effet de prermettre au frot-:
teur-piston d'accomplir une révolution entière, il arrivera que chaque fer-
meture de courant opérée sur le relais aura pour résultat une série de
fermetures successives à travers des circuits différents, fermetures qui pour-
ront se succéder infiniment rapidement, puisque pour être effacées elles
n^oat pas besoin d'être en rapport avec les actions mécaniques produites.
» Quand la transmission multiple doit se faire de la station elle-même
qui transmet, «'est le cas de la station de Paris quand il s'agit d'envoyer
une grande nouvelle dans les ^départements, le rhéotome pourrait se passer
de relais et de l'électro-aimant commandant le rhéotome. Ge serait le trans-
metteur qui réagirait alors directement sur le mouvement d'horlogerie. : .
- » Pouf empêcher la confusion qui pourrait résulter du déclanchemtent
trop lent ou trop prompt du mécanisme rhéolomique, l'interrupteur doit
être mis en mouvement par un mécanisme d'horlogerie, calculé de manière
à marcher d'accord avec le mécanisme du rhéotome.
•:'--» Il va sans -dire que ce système de relais fhéôïoffiiique ne peut s'àppli-
quër-qu'aux télégraphes à aiguilles. » ■ '■- ■•-■--- "- -
-. jM. Dp\os envoie la série de -couleurs à base de fer qii;il avait, annoncée
dans la précédente séance (le nom avait été écrit, par erreur, \ Dosnon).
, M, Dubois adresse, de Clermont-Ferrand^ une. Lettre écrite avec une
encre desa composition, qu'il considère comme inaltérable. Il souhaiterait
que les propriétés qu'il attribue à cette encre pussent être constatées à la
suite d'épreuves faites par une Commission que nommerait l'Académie.
* On fera savoir à l'auteur qu'il est de règle pour l'Académie de ne point
s s occuper des produits dont on ne lui a pas fait conuaître d'avance la com-
position.
M. de Tdremois signale une erreur qui a été commise à son égard dans un
des précédents volumes des Comptes rendus hebdomadaires. Une Note sur
-un procédé pour faire du bleu d'outremer avait été présentée en son nom,
le 23 mai 1842, et imprimée dans le Compte rendu de cette séance; mais
dans le teste de ce numéro (t. XIV, p. 761) comme dans la Table du vo-
lume, et dans la Table généra^ publiée en i853, son nom a été écrit de
Tirmpn.
H est impossible de ne pas commettre parfois de semblables erreurs,
beaucoup de signatures étant peu lisibles, d'autres étant rendues douteuses
(699)
par le paraphe ; dans \e cas présent, par exemple, si le nom ne s'était trouvé
écrit dans le corps de la Lettre, on l'eût difficilement restitué au moyen
de la seule signature.
M. Marignt prie l'Académie de vouloir bien se faire rendre compte d'un
Mémoire sur la Navigation aérienne, qu'il lui avait adressé, il y a plusieurs
années, par l'intermédiaire de M. Jrago.
L'auteur suppose, d'après des renseignements inexacts, que ce Mémoire
existe dans les archives de V Académie. Il est certain., au contraire, qu'il
n'a jamais été remis au Secrétariat^ et on peut même douter qu'il soit par-
venu à M. Araga, qui à l'époque indiquée assistait encore, quoique déjà
très-souffrant, aux séances de l'Académie, et ne manquait point de présen-
ter les pièces qui lui étaient adressées en sa qualité de Secrétaire perpétuel,
COMITÉ SECRET.
La Section de Géométrie propose, par l'organe de son doyen M. Biot, de
déclarer qu'ily alieu d'élire à la place vacante par suite dudécèsde M. Sturm.
L'Académie va au scrutin sur cette proposition.
Sur 4Qi votants,,
H y a 46 oui
et, . . 3 non,.
En conséquence, k Section est invitée à présenter dans la prochaine
séance une liste de candidats.
La Section de Chimie présente, par l'organe de son doyen M. Thenarb,
la liste suivante de candidats pour une place de Correspondant vacante par
suite du décès de M.. Braconnot :
j er „ f M. Gerhardt, professeur de chimie à la Faculté
^iu i vans < _ .
[ des Sciences de Strasbourg.
j e (M. Pasteur, doyen et professeur de chimie à la
^ .............. | Faculté des Sciences de Lille.
IM. Besead, professeur de chimie à la Faculté des
Sciences de Lyon ;
M. Desaignes, receveur des finances à Vendôme.
Les titres de ces candidats sont discutés. L'élection aura lieu dan§ la
prochaine séance.
La_ séance est levée à 6 heures . F.
( 7 00 )
mJÏAETIS BIBLIOGRAPHIQUE.
L'Académie a reçu, dans la séance du i4 avril i856, les ouvrages dont
voici les titres :
Ministère de la Guerre. Rapport adressé à l'Empereur par le maréchal Vail-
lant, Ministre de la Guerre, sur la culture du coton en Algérie (i855). Paris,
i856;br.in-8°.
Traité général de Photographie, comprenant les procédés sur plaque, sur pa-
pier, sur verre à l'albumine et au collodion , le tirage des positifs et des épreuves
stéréoscopiques , la gravure héliographique, etc. , suivi des applications de cet art
aux sciences et de recherches sur l'action chimique de la lumière; par M. D. Van
Monckhoven; 2 e édition. Paris, i 856; i vol. in-8 p .
Histoire de la conquête d'Alger écrite sur des documents inédits 'et authen-
tiques, suivie du tableau de la conquête de l'Algérie,- par M. ALFRED NETTE-
MENT. Paris, i856; i vol. in-8°.
Aperçu historique au sujet de la Société pour secourir les noyés, instituée à
Amsterdam; par M. J.-A. Kool; traduit du hollandais. Amsterdam., i855;
i vol. in-8°.
Études de la circulation chez l'homme et les animaux; par M. le D r JoiRE;
br. in-8°. ;..,....,..-..?■■;":
Enumération des plantes vasculaires -des environs de Monlbéliard; par M. Ch,
Contejeas. Additions et rectifications, Besançon, i856 ; br. in-8°.
Anatomie comparée des végétaux; par M. G.-A. Chatin ; 3 e livraison ; in-8°.
Mémoire sur un enfant à deux têtes né à Bagnères-de-Luchon, le 16 septembre
i855;pdrM. leD r H. Laforgue. Toulouse, 1 856; br. in-8°. -
Lois générales de divers ordres de phénomènes dont l'analyse dépend d'é-
quations linéaires aux différences partielles,- tels que ceux des vibrations et de la
propagation de la chaleur; par M. L.-F. MÉN ABRÉA, colonel du génie mili-
taire. Turin, 1 855; br- in-4°. ._ ■ . : . :>
Du tremblement des mains et des doigts, et description de deux machines ortho-
pédiques, à l'aide desquelles les malades qui ont été amputés du poignet droit et
qui ont un tremblement oscillatoire de la main droite , peuvent écrire; par M. J.-J.
Cazenave, médecin à Bordeaux. Paris, i855; br. in-8°. (Adressé pour le
concours Montyon, Médecine et Chirurgie.) -
Sviluppo.,. Développement et traitement du choléra-morbus et de deux pré-
cédentes épidémies à Oriolo, arrondissement de Rome; par MM. F. Masi et Ph.
Venditti. Rome, i856; br. in-8°. (Renvoyé à l'examen de la Section de
Médecine et Chirurgie, constituée en Commission du prix Bréant.) • ■ *_-
COMPTE RENDU
DES SÉANCES
DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES.
►■Ô-O-Ô-fi
SEANCE DU LUNDI 21 AVRIL 1856.
PRÉSIDENCE DE M. BINET.
MÉMOIRES ET COMMUNICATIONS
DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE.
mycologie. — Note sur l'appareil reproducteur multiple des Hypoxylées
{PyrenomycetesFr.); par M. Tclasne.
« Si l'on réfléchit à la prodigieuse quantité de Micromycètes différents
qui, grâce aux patientes recherches des mycologues, sont aujourd'hui réu-
nis dans les collections publiques et privées, et à l'effrayante multitude de
genres et d'espèces qui en a été décrite, on excusera sans peine le plus il-
lustre représentant actuel de la mycologie d'avoir, dans un moment de
lassitude, exprimé la crainte que la science ne pérît bientôt accablée sous le
poids de ses richesses. Assurément, et quoiqu'il nous en coûte de le recon-
naître, nous ne pouvons nous dissimuler que la nature est, à notre égard,
infinie comme son auteur, et que le botaniste adonné à l'étude des plus
humbles et des plus obseurs végétaux n'a guère plus de chances d'épuiser
son sujet qu'un observateur engagé dans un ordre de recherches plus relevé ;
mais vouloir qu'il en fût autrement, serait évidemment vouloir l'impos-
sible, et il ne serait pas sage de s'en affliger longtemps. Ce qui aura bien
plutôt et à plus juste titre attristé l'esprit pénétrant de M. Fries, c'est la
légèreté regrettable apportée à leurs travaux par quelques auteurs, d'où est
résulté pour la nomenclature et les classifications mycologiques un désordre,
C R., i856, 1" Semestre, (T. XLII, N° 16.) $3
( 7°3 )
une confusion, qui s'écartent chaque jour davantage de l'harmonie que
nous sommes accoutumés d'admirer dans les oeuvres du Créateur.
» À vrai dire, ce n'est pas du tout chose facile que de ranger daus un
ordre naturel et pleinement satisfaisant des productions aussi variées que
ie sont les Micromycètes. Les difficultés inhérentes à leur étude sont ce-
pendant moins dues à l'exiguïté habituelle de leurs dimensions qu'à leur
commune polymorphie. L'insuffisance de nos classifications actuelles^ leur
inexactitude, tiennent surtout à l'ignorance où nous avons été jusqu'à
ce jour de ce dernier caractère, qui n'est pas sans analogie avec ce que
la science moderne a su découvrir dans certaines classes inférieures d'ani-
maux.
» C'est par suite de cette ignorance que dans nos catalogues une foule de
petits champignons, d'Hypoxylées principalement, figurentàla fois en deux r
trois, ou même quatre genres qui sont tenus pour distincts et placés le plus
souvent en des familles différentes. La réforme de ces erreurs, de ces dou-
bles emplois multipliés, ne saurait résulter que d'une étude très-approfondie
de chaque espèce fongine, et réclamera nécessairement le concours de bien
des mycologues sagaces et prudents. Qu'une pareille tâche soit réellement
imposée atix futurs observateurs, c'est ce dont il n'est plus guère permis de
douter aujourd'hui ; les preuves que j'en ai réunies et présentées çà et là,,
laissent encore sans doute beaucoup à désirer, cependant les détails dans
lesquels je vais entrer ici au sujet des Pyrénomycètes justifieront suffisam-
ment, j'espère, les assertions précédentes.
» I. — Après l'examen attentif auquel nous avons soumis, mon frère et
moi, un grand nombre de ces champignons, je crois pouvoir avancer qu'ils
possèdent au moins quatre appareils distincts de reproduction, et qu'ils sont
ainsi, pour la plupart, quatre fois plus riches en organes de propagation
qu'on ne le suppose. Dans l'ordre successif de l'évolution ou de l'apparition
de ces organes, les conidies tiennent le premier rang. Ce sont des corpus-
cules de formes très-variées, et qui,le plus souvent, naissent directement soit
du mycélium ou byssus initial constitutif du champignon, soit du stroma
ou pulvinule solide que ce mycélium engendre. L'appareil conidifère des
Hypoxylées est, sans contredit, celui de leurs systèmes d'organes reproduc-
teurs qui a donné lieu, par suite de la merveilleuse variété qu'il offre en ses
diverses parties, à la distinction du plus grand nombre de genres et d'espè-
ces. On est fondé à supposer qu'une multitude de Gymnomycètes et d'Ha-
plomycètes, regardés jusqu'ici comme des productions complètes et autono-
mes, ne représentent réellement que l'état conidifère d'autant d'Hypoxylées.
( 7° 3 )
J'ai acqiiis la preuve qu'il en est spécialement ainsi des genres Melanco-
nium j Stilbospora , Stegonosporium, Corjneum, Exosporium , Cjlindro-
sporium , Macrosporiurn, Vermicularia , Mystrosporium , Cladosporium ,
Helminthosporium, Periconia, Poljihrincium, Tubercularia, Stilburn,
Atractium, Graphitait, et autres analogues qui tiennent tant de place dans
nos flores mycologiques.
» Pour parler d'abord des Melanconium , on reconnaîtra que la poussière
de spores noires qui les constituerait à elle seule, s'ils étaient des champi-
gnons autonomes, naît constamment sur les parois ou dans l'épaisseur d'un
siroma qui produit en outre des conceptacles ascigères. Le Spkceria stil-
bostoma a Papula Fr. (Melanconis stilbostoma Tul.) est, auprès de Paris,
l'exemple le plus vulgaire et le moins douteux de cette dualité d'organes
reproducteurs; deux autres espèces parisiennes lui sont fort analogues:
l'une, le Melanconis JlniTnl., croît sur les branches de l'Aulne; l'autre
(Melanconis spodiœa Tul .), dans l'écorce du Charme. Le Stilbospora Juglan-
disFv. appartient à notre Melanconis carthusiana ; le Stilbospora macro-
sperma (Vers.) Moug. à un Melanconis (M. macrosperma Tul.) dont les spo-
res endothèques imitent beaucoup les conidies. Enfin le Melanconis Ber-
kelœi Tul. (Sphœria inquinans [Ulmi] Berk.) possède sur les rameaux de
l'Orme de très-grosses conidies noires qui sont également pour les mycolo-
gues une sorte de Melanconium ou de Stilbospora.
» Les prétendus Coniomycètes, qualifiés de Corjneum, diffèrent surtout
des Stilbospora par plus de cohésion dans leurs éléments, et constituent
comme eux l'appareil conidifère de certaines Sphéries, telles que les Melan-
conis lanciformis (Fr.), macrospora (Desmaz.), modonia Tul., umbonata
(Nées), et longipes Tul. (Corjneum Kunzei Cord.); ces trois dernières
n'ont point encore été observées, que je sache, à l'état parfait ou ascophore,
tandis que les deux premières, au contraire, n'ont été connues jusqu'ici
que sous cette forme. Je donnerai bientôt ailleurs une description complète
des unes et des autres.
» On peut prendre pour type des Exosporium la production la plus an-
ciennement désignée ainsi par Link et Nées, Y Exosporium Tilice Lk. L'é-
tude que j'en ai faite m'a montré que ses belles spores multiloculaires
procèdent du sommet capité de l'enveloppe stromatique commune aux
péritbèces du Sphœria Tiliœ Pers. Elles naissent aussi, et de la même ma-
nière, des pycnides de cette Sphérie, c'est-à-dire des conceptacles privés de
thèques, qui figurent maintenant dans les flores mycologiques sous les noms
d 1 ' Hercospora Tilice Fr. on de Rabenhorstia Tilice Fr. Ces pycnides sont
9 3 -
( 7°4)
tellement construites, qu'elles peuvent envelopper dans leur sein des con-
ceptaeies ascophores.
» Les Çylindrosporium (Grev.) ou Rarnularia (Ung.) représentent l'ap-
pareil conidifère de très-petites Sphéries foliicoles, de celles surtout qui
appartiennent au groupe des Depazea. Parmi ces champigoons, dont le
nombre est immense, le Sphœria Fragariœ Tul. (Septoria Fragariœ Desm.
+ [?] Leptothjrrium Fragariœ JLib. 4- ■ Grapkium phyllogenwn Desm.) est
celui dont j'ai suivi le mieux tout le développement, qui ne demande pas
moins de sept à huit mois, L'état parfait ou thécigère de ces Sphéries
paraît terminer leur végétation, et s'observe plus rarement que leurs formes
antérieures, que je qualifie de spermogonies (Septoria), d'appareil conidi-
fere {Çylindrosporium) et de pycnides {Phjllosticta,Phoma).
» Un autre groupe de Sphéries aura pour type, si l'on veut, le Sphœria
Clavariarum Desmaz. (sub Helmwthosporia\ dont les périthèces hérissés
avaient échappé jusqu'ici à l'attention des observateurs; c'est xxne hypoxy-
léequi n'est pas moins favorable à notre thèse quel' Jscotricha Cîiarta-
mm Berk et les Jntennaria ou Fumago fertiles(CapnodiumMïitgn.;Berk.).
. » Pour ne pas donner à cette Note plus d'étendue qu'il ne conviendrait
je ne dirai rien des autres.genresde Gymnomycètes que je regarde comme
de purs appareils conidifères de diverses Hypoxylées y toutefois je ne puis
ne pas mentionner encore l'un des plus intéressants de ces genres, celui des
Stilbum, dont j'ai eu, danjf le cours de cet hiver, l'occasion de reconnaître
la nature conidique. ;
» Bien qu'ils soient ordjngiremejît très-éloignés les uns des autres dans
tes classifications mycologiques, tes'StUbam et les Tubercidaria ont entre
eux uneanalogie .évidente ï: et, si l'on se rappelle que l'autonomie de- ces
clerqters g été maintes fois très-légitimement critiquée, on sera moins surpris
que les Stilbwn appartiennent comme eux, et au même titre, à certaines
Sphéries. Chez les Stilbum x hstrama conidifère, au lieu de rester pulviné
comme dans les Tubercidaria, s'allonge en manière de columelle et c'est
de la base renflée de celle-ci qu'il pj-ôdtùt des groupes de conceptacles asci-
geres.J'ai rencontré plusieurs fois dans cet état de perfection le Stilbum
mrantiacum Bahingt. et le Si, g-vaciUp.es Tul. Le Stilbnm (Jtraetium)
Jlammeum (Berk,. et Rav.) est aussi pourvu de conceptacles ascophores,
comme je l'ai constaté sur les spécimens de ce champignon que M. Berkeley
m'a obligeamment communiqués. Uue, découverte toute récente me paraît
confirmer ces observations,. M, G. Olth, botaniste de Berne, a reconnu que
les ffliizomorpha r àmt la fructification était restée un mystère jusqu'à- pré-
( 7°5 )
sent, possèdent air moins un appareil reproducteur défini, lequel est iden-
tique par son organisation avec la clavule conidiophore des Stilbtim ou
des Graphium.
» II. —La nature gongylaire, si manifeste dans les conidies, semble moins
caractérisée dans les stylospores, c'est-à-dire dans les corps séminiformes
nus et primitivement stipités qui s'engendrent an sein de ces conceptacles
auxquels j'ai donné le nom de pycnides. La forme des stylospores est plus
constante dans chaque espèce fongine que celle des conidies, mais leur vo-
lume et leur couleur varient beaucoup suivant les champignons que l'on
considère. Je tiens pour des pycnides de Sphériacées le plus grand nombre
des formes de Pyrénomycètes réparties dans les prétendus genres Diplodia,
Sporocadus, Sphœropsis, Hendersonia, Myxocyclus, Phyllosticta, Phoma
et autres semblables. Ces Hypoxylées imparfaites se voient presque toujours
unies à la forme complète ou thécigère, à laquelle elles appartiennent res-
pectivement.
» III. - Aux stylospores s'associent parfois dans le même conceptacle
des corpuscules également acrogènes, mais beaucoup plus ténus, ordinai-
rement linéaires, courbes ou droits, et qui composent des masses puîtacées
ou une sorte de cire décodeur jaune, orangée, rose, blanche ou brunâtre.
Ces corpuscules {spermaties) naissent plus souvent encore dans des appareils
spéciaux, d'une organisation plus ou moins complexe, et que j'ai appelés
spermogom'es. Les soi-disant genres Cytispora, Ntemaspora, Libertella,
Septoria, Cheilaria, Leptothyriunt et plusieurs autres, ne renferment mère
que des spermogonies de Pyrénomycètes divers.
» J'ai regardé comme les spermaties des Xylaria Fr., les corpuscules
ovoïdes qui couvreut d'une abondante poussière les sommités de leurs cla-
vules encore stériles. Cette poussière est très-blanche dans le Xylaria ïïy-
poxylon (Ehrh.), de couleur cendrée dans le X. carpopUla (Pers.), d'un
gris verdâtre dans le X. polymotpha (Pers. ) et le Sphœria deiista Hoffm.;
chez le Poronia punctata (Sow.), elle est blanchâtre, mais formée de cor-
puscules globuleux qui naissent surtout au pourtour de la cupule stroma-
tique. Les spermaties sont des fils déliés, droits ou courbes, chez beaucoup
de Diatrype, de Melanconis, de Valsa; dans le Sphœria Melogramma
Pers., regardé aujourd'hui par M.. Fries comme un type générique; dans le
Sphœria gastrina Fr., le Spk. rudis Fr., notre Dothidea melanops (Quer-
eus), et une multitude d'espèces appartenant à différents gronpes. Elles sont
au. contraire ovoïdes on globuleuses et extrêmement petites chezles Sphœria
( 7°6 )
coniformisfr. (acutaEoïïm.), herbarumUr., obducens Schum,, CypriTuï. f
sinopica Fr., et une foule d'autres.
» Les surfaces spermatophores occupent surtout les flancs du stroma
pulviné des Diatrype [y. gr. D. quercina Fr,) et des Melanconis,- mais
elles peuvent aussi l'envahir tout entier [ex, c. Meloncoms stilbostoma Tui,
et M. Lanciformis Tul.). Ces appareils particuliers de reproduction n'ont
point, d'ailleurs, été remarqués jusqu'ici, ou n'ont reçu aucun nom spécial.
H n'en est pas de même des spermogonies de beaucoup d'autres Hypoxylées,
Celles du Diatrjpe Stigma Fr. sont connues, si je ne me trompe, sous la
désignation de Lïbertella betulina Desm . ; celles des Valsa constituent autant
d'espèces de Cjtispora ou de Nœmaspora, mais elles n'ont pas toutes une
même structure et leurs rapports avec les conceptacles ascophores varient.
Les plus complexes sont multiloculaires et pourvues d'un tégument général
plus ou moins distinct du stroma ambiant; les perithèces se groupent
autour d'elles, comme on le voit chez les Valsa ambiens (Pers,), corticis
Fr., Sorbi (Schm.), leiphcemia Fr., Xanthostroma (Mntgn.), profusa Fr.,
notre Sphœria ditissima de l'Aulne, et autres analogues. Chez le Sphœria
nivea Hoffm., elles sont reçues, ainsi que les perithèces, dans une cu-
pule stromatique distincte, ou bien elles partagent leur récipient avec
ces conceptacles. Les spermogonies du Sphœria Melogramma Pers. et du
Dothidea ribesia Fr. sont des logettes creusées dans la couche supérieure
du pulvinule qui plus tard offrira de nombreuses chambres ascophores. Le
Sphœria sinopica Fr. et ses pareils présentent, à la manière des Tjmpanis*,
des spermogonies et des perithèces qui émergent ensemble du même stroma;
tandis que ces deux sortes d'organes, chez notre Sphœria Cjpri, ne sont
soudés que par leurs becs, s'ils coexistent dans le même groupe. En d'autres
cas, les spermogonies et les perithèces sont seulement juxtaposés ou mêlés
ensemble dans des proportions diverses, et leurs rapports mutuels sont par
là plus ou moins dissimulés; c'est, par exemple, ce qui a lieu dans le
Sphœria gastrina Fr., et surtout dans les Sphœria rudisFv., salicina Fr-,
obducens Schum., coniformis Fr., herbarwn Fr., et autres semblables.
» IV. — Enfin le dernier et le plus parfait des appareils reproducteurs
des Hypoxylées, celui dans lequel la puissance génératrice réside sans doute
plus énergique ou plus complète, a pour fonction de donner naissance aux
spores endothèques. Toutefois ces derniers corps ressemblent souvent beau--
coup soit aux conidies, soit aux stylospores, et ils ne germent pas autre-
ment qu'elles, La plupart des spermaties au contraire, celles du moins qui
( 7°7 )
sont ou très-ténues ou finement linéaires, et qui sont, par conséquent, le
mieux caractérisées, ne germent point ; par là nous avons été conduit à leur
supposer un rôle physiologique analogue à celui qu'ont les anthérozoïdes
dans les autres végétaux cellulaires; mais nous avouons que cette analogie
est incertaine et n'a pas encore été suffisamment démontrée. »
physique. — Quelques expériences sur cette question : Le courant de la
pile peut-il traverser l'eau sans la décomposer? par M. C. Despuetz.
« Dans un Mémoire dans lequel je cherchais principalement si l'acide
nitrique, dans la pile de Grove ou dans la pile de Bunsen, exerce une in-
fluence sur le rapport entre le travail intérieur et le travail extérieur, j'ai
admis que s'il passe dans le voltamètre une quantité d'électricité inefficace,
cette quantité est très-petite [Comptes rendus, t. XXUI ; 1 85 1). Dans une addi-
tion à ce Mémoire, j'ai constaté qu'un courant électrique passant à travers
plusieurs voltamètres, dont un est rempli avec de l'eau distillée et dont les
autres sont remplis avec de l'eau acidulée à un degré quelconque, dégage
le même volume de gaz dans chacun des voltamètres; ce qui montre que
le pouvoir conducteur plus ou moins grand de l'eau ne modifie en rien la
quantité d'électricité inefficace qui pourrait traverser les voltamètres.
Quelques essais me portaient toujours à penser que la portion de l'élec-
tricité à laquelle échappe le filet liquide qui se trouve sur sou passage est
très-petite [Comptes rendus, t. XXVIII ; 1 854 )•
n Les résultats que j'ai aujourd'hui l'honneur de présenter à l'Académie
me semblent de nature à fortifier cette manière de voir.
» Déjà à plusieurs reprises, dans les années passées, j'ai fait quelques
essais avec le microscope composé et avec le microscope solaire éclairé par
la lumière électrique. J'ai répété ces expériences récemment; les résultats
ne me paraissent pas indignes d'être présentés à l'Académie.
» J'ai disposé les expériences de la manière suivante : J'ai placé au-dessous
de l'objectif d'un microscope composé de M. Nachez, grossissant 70 fois,
une petite cuve circulaire pleine d'eau distillée; dans cette cuve j'ai fixé
deux fils de platine d'environ £ de millimètre en diamètre, soudés dans des
tubes de verre. La longueur de la partie plongée dans l'eau était d'environ
1 centimètre et la distance des extrémités des fils d'environ 3 millimètres.
On dirigeait dans cette cuve par les deux fils le courant d'une pile très-faible
et l'on regardait l'extrémité des fils dans le microscope.
» Les fils, après avoir été chauffés, au rouge, avaient été portés dans
l'acide nitrique chaud, puis agités dans de l'eau distillée.
(7°S)
» Chaque élément de cette pile se compose d'un -vase poreux rempli de
sable ruQuilJé et d'une lame de zincpliée eu cylindre autour du vase poreux,
enfin.d'un bocal en verre dont le vase poreux occupe le milieu. On versait
de l'ea-u dans le bocal, et,, lorsque Le niveau du liquide était le même dans
le vase poreux et dans le bocal, on posait sur le sable un fragment de sul-
fate de cuivre de la grosseur d'une noisette. Le courant traversait la petite
cuve et un galvanomètre à quinze cents tours de la fabrication deM.ïtuhm-
liorff. Un seul élément n'a donné qu'une déviation faible, deux éléments
ont donné une déviation permanente de i5 à 20 degrés; pendant dix-huit
minutes, on n'a rien aperçu sur les fils.
» On a ajouté un troisième élément dont on avait retiré la moitié de l'eau.
La déviation permanente du galvanomètre a été de.3o degrés! la décom-
position a commencé. -
» On a complété le troisième élément; la déviation, permanente a été
portée à 5o degrés ; la décomposition a été manifeste; aux deux fils.
» On 3 arrêté l'expérience, on a nettoyé les fils avec un fil fin de platine.
On a recommencé les expériences avec 2 et 3 éléments., et l'on a eu sensible-
ment les mêmes résultats.
» Dans les expériences que j'ai répétées, il y a peu de jours, j'ai employé
un microscope solaire grossissant environ trois cents fois. J'éclairais ce mi-
croscope par la lumière de 100 éléments de Bunsen avec l'appareil Me
M. Dubosq; une cuve de 5 centimètres d'épaisseur remplie d'une dissolu-
tion d'alun éteignait une portion notable de la chaleur rayonnante émise
par l'arc voltaïque.
» Deux fils de platine, soudés comme les fils dont il a étéqnestion,. étaient
fixés dans une petite cuve à lames parallèles; cette cuve renfermait de l'eau
distillée jusqu'au-dessus des fils. La. distance des.; fils était d'environ 2 mil-
limètres.
» Deux des éléments décrits ci-dessus ont donné une déviation perma-
nente de i5 degrés au galvanomètre. Il n'y a pas eu de décomposition.
» La réunion de 3 éléments a produit une déviation de 4.5 degrés, et la
décomposition a été évidente aux deux fils,,
» On a retiré 1 élément; il en restait a. Le galvanomètre a. marqué 10 de-
grés. On a éteint la lumière électrique et l'on a, laissé marcher l'expérience
pendant quinze minutes; puis on a éclairé lemmiroseope.et l'on n'a rien vu
aux fils.
» Dans les expériences avec a et avec 3^1émen.ts, lésais: avaient dû se cou-
vrir de tout le gaz dont ils pouvaient se couvrir.;, si l'eau, avait été décom-
( 7°9 )
posée pendant la durée de la dernière expérience, on aurait aperçu quelques
bulles.
» Il est indispensable de laisser marcher l'expérience sans diriger la lu-
mière sur le microscope et sur la cuve. La chaleur rayonnante n'étant pas
absorbée en totalité par la dissolution d'alun, il en arrive encore une quan-
tité suffisante au foyer du microscope pour déterminer le dégagement de
l'air contenu dans l'eau; cet air s'attache aux 61s et peut être la source
d'erreurs graves.
» On a répété plusieurs fois ces expériences pour des degrés différents
du galvanomètre, et l'on a obtenu les mêmes résultats.
» Quand la pile a été formée de 4 éléments le dégagement a été abon-
dant au fil négatif, c'est-à-dire au fil communiquant avec l'extrémité zinc.
Le dégagement au fil positif était loin d'être proportionnel, comme nous
l'avons toujours remarqué, pour des intensités faibles.
» Des fils d'or, des fils de platine de ■& de millimètre de diamètre et d'une
longueur de i miUimètre dans la partie plongée, ont fourni les mêmes résultats.
» Le galvanomètre à quinze cents tours a une sensibilité suffisante pour ce
genre d'expériences. Voici d'ailleurs quelques nombres propres à le caracté-
' riser sous le rapport de la sensibilité : un fil de platine de i miUimètre de
diamètre et un fil de cuivre du même diamètre produisent une impulsion de
4o degrés; quand on les plonge dans l'eau distillée dans une étendue de
3 i centimètres et à i centimètre de distance, l'aiguille revient bientôt à 2
ou 3 degrés. ,
•■ » Un fil de zinc et un fil de cuivre de 1 millimètre de diamètre donnent,
dans les mêmes circonstances, une déviation permanente de 60 degrés ,
après une impulsion de plus de 90 degrés.
» Il suit des expériences dont nous venons de rapporter les résultats,
qu'un courant voltaïque faible , dune intensité exprimée par 20 degrés et
au-dessous, indiqués par le galvanomètre, que nous avons défini , traverse
Veau pure sans la décomposer. Cette quantité est assez petite pour être inap-
préciable aux boussoles les plus sensibles. Elle décomposerait des liquides
moins stables que l'eau.
» J'avais projeté quelques expériences, disposées de manière qu'on pût
faire le vide au-dessus de la cuve, dans laqueUe devaient plonger de pe-
tites cloches. J'ai pensé que ce mode d'expérimentation offrait moins de
certitude que les procédés que j'ai employés. Il se dégagerait trop peu de gaz
pour qu'on en fît l'analyse; il serait donc difficile de distinguer le gaz pro-
venant de l'air de l'eau, du gaz résultant de la décomposition de ce liquide.
C. B.., iS56, i« r Semestre. (T. X.LII, N° 16.) 94
( 7*9 )
- : ». -Bans-ees expériences oh a occasion dé faire plusieurs remarqirêsar- par
exemple, avant que la décomposition de l'eau ait réellement lieu, on: voit
souvent le fil de platine positif se couvrir- de- plusieurs bulles dé gaz fil est
probable que le courant qui ri'esfc-pas assez fort- pour détruire l'affinitéqui
réunit l'oxygène et l'hydrogène dans Teâù,: peut très-bien-vaincre la faible
affinité qui lie l'oxygène dessous à ce liquidé. Cet oxygène se porte au? fil
positif. On -constate souvent ce phénomène dans les expériences=précédenr
tes, surtout quand la cuve est frappée par la lumière intense dumicroscope
solaire, Il arrive même quedefil négatif- se couvre de quelques bulles, mais
c'est surtout le fil positif. : . : ' ,:.;.-
«-■An contraire, quand la décomposition commence et que le-courant est
un peu énergique,' par exemple quand il est produit par 4. petits élé-
ments, le fit négatif se couvre de bulles d'hydrogène dans toute son èterÉ
due, avant qu'on aperçoive quelques bulles sur lé fil positif. : ; : : ; ' : ; '
» Les physiciens sont partagés sur la question sur laquelle je présente
cette courte Note : les uns ont udrais et admettent que -des courants faibles
peuvent- traverser l'eau «ans la décomposer- ; d'autres ùMsoutenu^t sou-
tiennent l'opinion contraire. Ainsi je n' ai- aucune initiative dans ce sujets
si ce n'est peut-être dans le mode d'eXpériméïitâtion. J'ai seulement rvcoilu
voir si je pourrais décider la question par -'quelques expériences- différantes
de celles qui -ontcté fàites.-G'estdans cette vûè ^ue j'ai employé le micro-
scope composé et-lemTcroseope solaire. -Je ^ai: pas- constaté la -dé-
composition de l'eau dans les conditions que j'ai indiquées, jealtesinîpïe-
ment que^je n'ai pas observé ëétté : dééômposîtion •,: j'aurâis-idit- lêL contraire
avec la même indifférence ^ si j%vais -constaté iecontraire. -: t.: . ,_'
» Je sais bien que les physiciens -qui rejettent d'une manière absolue
la possibilité du passage du plus faible courant à travers l'eau, sans qu'il y
ait décomposition, expliqueront les résultats de mes expériences par la con-
densation des gaz sur les électrodes; Pour ceux qui liront cette Note avec
attention, cette condensation paraîtra peu probable. * •", -1
» En résumé, j'ai ét& conduit àpenser, d'après mes expériences, quelles
courants très-faibles traversent l'eau sans la décomposer. Eês^physiciens
qui répéteront mes expériences seront, j'ose le penser, conduits à la même
conséquence. » - - ; :\r. v: .; . ... : c ,.;: .,- = '
Remarques de M. Apgbste de^a liiVE à l'occasion de cette communication.
« M. Auguste de la Rive présente quelques observations sur ia commu-
nication de M. ©espretz. il remarque que-l'absêncé'-de 'gaz visibles n'est
(7" )
pas une preuve que l'eau n'ait pas été décomposée ; lorsque les courants
transmis sont aussi faibles que ceux dont a fait usage M. Respretz, les deux
gaz se développent sur la surface des électrodes en si petite quantité et en
bulles si fines, qu'ils sont dissous dans l'eau à mesure qu'ils sont produits,
en même temps qu'il en reste adhérente à la surface même des électrodes
une petite proportion. C'est ce qu'il est facile de démontrer, ainsi que
M. de la Rive l'a fait en 1 843 (i), soit en s'assurant que, lors même qu'il
n'y a pas de décomposition apparente de l'eau, les électrodes sont forte-
ment polarisées, soit en opérant sous le vide, ce qui, en permettant aux
gaz de s'échapper un peu de la surface des électrodes, rend la transmission
du courant plus facile. »
chimie manufacturière. — Études théoriques et pratiques sur la fixation
des couleurs dans la teinture (deuxième partie ) ; par M. Fréd. JKjUHLauNs.
« Dans la première partie de ce travail (2) j'ai consigné les résultats d'es-
sais ayant pour but de déterminer l'influence sur la fixation des couleurs
qui résulte de la transformation des fils et tissus en pyroxyline. A cette
occasion j'ai été à même de constater que la pyroxyline, privée par une dé-
composition spontanée d'une partie de ses principes nitreux, acquerrait au
point de vue de la teinture des propriétés entièrement opposées avec celles
que mes premiers essais tendaient à faire admettre.
» Une nouvelle série d'expériences eut lieu en remplaçant les .tissus for-
més de,pyroxyline spontanément décomposée, par des étoffes de coton qui
avant de recevoir le mordant avaient été mises en contact, pendant un temps
plus ou moinslong, soit avec de l'acide nitrique à divers degrés de concen-
tration, soit avec des mélanges variables d'acide nitrique et d'acide sulfu-
rique. Les résultats de ces essais furent des plus remarquables. Avec le bois
de Brésil, l'acétate d'alumine donna sur coton non azoté des nuances rouges
violacées; une immersion pendant vingt minutes dans de l'acide nitrique à
34 degrés, suivie d'un lavage à grande eau et d'un passage dans une .faible
dissolution de carbonate de soude, au préalable de l'application du mor-
dant, donna une couleur rouge beaucoup plus nourrie et beaucoup moins
violacée que celle que prit du coton non préparé à l'acide. Ce résultat a été
(i) Le travail auquel M. de laRive fait allusion fut communiqué par lui-même à l'Aca-
démie des Sciences, et un extrait en fut inséré dans le Compte rendu du mois d'avril i843.
(2) Voir le Compte rendu de la séance du i4 de ce mois»
94-
( 7 12 )
confirmé par plusieurs essais successifs. Un effet bien sensible fut produit
même par l'immersion du coton pendant une demi-heure, dans le même
acide étendu de deux fois son volnme d'eau, et dans ce dernier cas le coton
ne fut pas sensiblement altéré dans sa solidité.
» L'essai comparatif suivant fut l'un des plus remarquables par ses
résultats : - -
» N Q i. Coton sans préparation à l'acide.
» N 9 a. Coton resté cinq minutes dans un mélange de 2 volumes d'acide
nitrique à 34 degrés et 1 volume d'acide sulfurique à 66 degrés.
» N Q 3. Coton resté deux minutes dans un mélange de 1 volume acide
nitrique à 34 degrés et 1 volume d'acide sulfurique à 66 degrés.
» N° 4. Coton resté vingt minutes dans un mélange de 1 volume d'acide
nitrique à 34 degrés et 2 volumes d'acide sulfurique à 66 degrés.
» N° 5. Coton resté vingt minutes dans un mélange.de 1 volume acide
nitrique à 34 degrés et a volumes d'acide sulfurique à 66 degrés et \ volume
d'eau.
» Après les bains acides, les tissus furent lavés a grande eau, passés en
un bain de carbonate de soude, puis lavés encore, enfin passés dans un
mordant d' acétate d'alumine. La teinture eut lieu dans une décoction de
bois de Brésil.
» Eë coton n° i^prit une couleur rouge pâle violacée - c =
» Le n° 2 prit une teinte rouge moins violette, mais encore assez pâle ;
» Le n° 3 une couleur plus nourrie et plus vive ;
» Le n° 4 une couleur rouge ponceau beaucoup plus foncée, assez ana-
logue à celle obtenue par la pyroxyline décomposée; ------- --
» Enfin le n° 5 prit une couleur rouge foncé d'une richesse extraordi-
naire, la plus belle nuance qui ait été obtenue dans tous mes essais. L'essai
n° 5 fut reproduit dans les mêmes circonstances en augmentant la force du
bain de teinture, et l'on obtint une couleur d'un rouge éclatant tellement
foncé, qu'il paraissait brun. -
: » Cette série d'essais fut répétée plusieurs fois, et les mêmes résultats
furent constamment obtenus.
» Il en résulte d'une manière manifeste qu'-wa mélange- d'acide sulfurique
et d'acide nitrique donne des couleurs se rapprochant davantage de l'écar-
late, que le bain acide qui donne les meilleurs résultats consiste en un mé-
lange de 1 volume acide nitrique à 34 degrés, 2 volumes acide sulfurique à
66 degrés et ^ volume d'eau. --
' » Quoique la cochenille et Forseille ne soient pas des couleurs générale-
( 7 i3 ) ,
ment applicables à la teinture du coton, je fis cependant avec ces matières
tinctoriales quelques essais comparatifs.
» Le mordant fut encore de l'acétate d'alumine.
» Une immersion du coton pendant vingt minutes dans un bain d'acide
nitrique pur, ou d'un mélange de 2 volumes acide nitrique et 1 volume
acide sulfurique, donna à la teinture avec la cochenille une nuance giroflée
pâle, peu différente de celle obtenue sans bain d'acide.
» Une immersion pendant vingt minutes dans un bain de 1 volume acide
nitrique et de 1 volume acide sulfurique, donna une couleur beaucoup
plus foncée.
» Enfin le mélange de 1 volume acide nitrique et de 2 volumes acide
sulfurique donna une couleur giroflée d'une intensité de couleur au moins
double de celle de l'essai précédent.
» Ces résultats sont assez concordants avec ceux observés pour la teinture
au bois de Brésil.
» Le dernier mélange d'acide permit d'obtenir, aussi sur coton, une cou-
leur assez nourrie avec l'orseille.
» On essaya enfin l'emploi de la garancine comme matière tinctoriale.
» Un bain d'acide nitrique seul donna sur coton une nuance un peu plus
jaune, mais pas plus foncée qu'en l'absence de tout traitement nitreux. 2 vo-
lumes acide nitrique et 1 volume acide sulfurique donnèrent une nuance
pareille, mais plus foncée que la précédente. 1 volume acide nitrique à
34 degrés et 1 volume acide sulfurique donnèrent une très-belle couleur
d'un rouge brun, comme le rouge d'Andrinople avant l'avivage. Par 1 vo-
lume acide nitrique et 2 volumes acide sulfurique, on obtint cette même
intensité de couleur, mais d'une nuance tirant plus sur l'orange. Enfin
vingt minutes de contact du coton avec un mélange de 1 volume acide
nitrique, 2 volumes acide sulfurique et \ volume d'eau, donnèrent une
couleur rouge très-vive et beaucoup plus foncée que la précédente.
» Tous mes essais, qui avaient été faits avec du coton nitré , furent ré-
pétés avec de la laine, de la soie, des plumes, du crin, en soumettant ces
matières, avant la teinture et le mordançage, aux mêmes traitements par les
acides, et des résultats tout aussi remarquables, au point de vue de l'aug-
mentation, de l'intensité et de la richesse des couleurs furent obtenus. Avec
de l'acide nitrique étendu de cinq fois son volume d'eau, les effets sont déjà
très-prononcés.
» Comme, dans le traitement par des acides concentrés, les fils ou tissus,
( |»4 )
surtout ceux de-cotoh et de lin, sont sensiblement altères, :et4jû j âinsi, dans
la pratique de la teinture , les résultats qui précèdent n'a liraient pas d'appli-
cation générale, mes essais se sont dirigés -vers la fixation sur eesfilsou
tissus des matières azotées diverses qui se -produisent daii&ï L'-âction "de l'a-
cide nitrique concentré sur certaines matières organiques, en vue d'au^
m'èotèr leur affinité pour les matières colorantes- - . : .r: : / ;
» L' acide picrique, qui ne sa. fixe pas sutcotonaïec «a mordant d'alu-
mine, donne des nuances très^nourries, îlôïsque >le:-coton a été hitrC Dans
ce cas;,. cet acide agit comme matière icotarafâté , mais il agit aussi: comme
mordant, surtout pour produire des couleurs composées, soit •en-donnant
des bains dVcide r picrique, après "l'application sur étoffes des mordants or-
dinaires, soit en- mélangeant : cet acide eu quantité variable avec la (couleur
daus le bain de teinture. Les couleurs ainsi fâompôsè^s sonttr^s-Vives:et-pré-
sentent les nuanèes lésâtes éelatanfes, mais eM€&sontpluspattaeulièrement
applicables à la teinture sur laine et sur soie, car dans la teinture sur -coton
•l'aride picrique fixé réagit à: ialongue sur - la Jmàtïère colorante, »et -en gé-
néral l'altère profondément, en la faisant virer au jaune. ''■ ' ~ ■:."
c-Il'est -encore une considération très -importante qutdevâit me préoccu-
per dans mes reclxerch.es:: Nestlé danger de d'emploi dé grandes quantités
d'acide nitrique pour préparer les^sétolTesrà la teinture. Cet acide, en for-
mant avec les étoffes une véritable' combinaison chimique en proportion
variable, -combinaison apie laeteinturé .ue détruit pas-, augmente leur com-
bustibilité. Je .'n'ai .pas hesdin d'insister sur cette considération V elle £&-
dresseà des intérêts trcp;gpâves, etrchacun en saisira tout d'abord d'impor-
tanee. '.-;;: '.' . . .;;- : -^ ; : j;.- .- :: ;_-■-.'. ._■■-;. c j:;: , .
r: ?CAu point de vue de la théorie «de lateinlure^ il estimufait quédes'rér
s'ultats des essais 'que j'ai -signalés ont mis hors de doute. Si l'on né peut
faire dépendre'Iafix^itionidesrcouleursd'un principe à application constante,
celui par exemple qui reposerait uniquement sur :1a composition de la ma-
tière à teindre, si, comme l'a démontré M. Chevreui, cette aptitude procède
sauvent aussi des propriétés partrculrères.dedamatièreiCdlorante élle-*mème,
se fixant mieux sur tel outel tissu, onpent dès aUjoUrd'hui-établir que la
composition- chimique du.eorps atteindre a la plus grande influence sur
cette .fixation ; que les teintures sontde véritables<eombinaisons chimiques,
et que les effets dus à la capillarité età lastruçture particulière dé la ma-
tière filamenteuse ne sont que secondaires. C'est du reste ceque jemettrai
plus en. évidence, encore dans la '< troisième; partie deicedVIémuire. .» : L
( 7 13 )
ÉCONOMIE rurale. — Recherches sur la distribution des matières azotées
dans les diverses parties de la betterave; par M. J. Isidore Pieçre.
(Extrait. )
« De toutes les plantes cultivées dans nos régions tempérées, la betterave
est assurément celle qui, depuis un demi-siècle, et surtout dans ces derniers
temps, a le plus vivement attiré l'attention publique, à raison de l'impor-
tance àes proàu'rts qu'en ont su tirer la science et l'industrie.
» Cependant la culture de la betterave, comme matière première pour
l'extraction du sucre et pour la fabrication de l'alcool, est encore extrême-
ment circonscrite, tandis que, depuis une vingtaine d'années, la culture de
la betterave, comme plante destinée à l'alimentation des animaux, s'est
répandue sur un bien plus grand nombre de points.
» Si la valeur de la betterave comme aliment du bétail n'est contestée
par personne, la même unanimité ne se retrouve plus chez les agronomes
pour ce qui concerne les feuilles de «ette racine. Mathieu de Dombasle en
avait condamné l'emploi, sans l'avoir expérimenté (i).
» Ce qu'il y a de certain, c'est que, depuis vingt ans, la culture fourra-
gère de la betterave a constamment gagné du terrain, et que l'emploi de
ses feuilles pour la nourriture des vaches laitières est à peu près général.
» M. Boussaingault avait trouvé, pour la disette :
Feuilles. Racines.
Matière sèche 1 1 , i/ f j I2 2 1
Eau 88^85 j pour I0 °* 8^8 j pour ,ot>
Azote pour ioo de matière sèche. . 4,5 ,65
Azote à l'état frais o,5 o 20
» MM. Payen et Richard, dans leur Traité d'Agriculture (2), ont égale-
ment rapporté les résultats de l'analyse de la betterave blanche ; de Silésie
et de la betterave rouge à sucre; on y trouve les nombres suivants :
Betterave blanche Betterave ronge
de Silésie. à sjjqre.
Matière sèche I 6, ) iQ J
Eau.. 84 )O | p0Uri00 8 2 !o| pMr,0 °
Azote pour 100 de matière sèche.. i,56 2 5o
Azote pour 100 de matière fraîche o,25 0} /L$
(1) Annales de Rorille , t. V , p. 4g8.
(2) Tome II , p. 29.
^1. ..
( 7*6 )
» Les fabricants de sucre et d'alcool ont jusqu'à présent donné la pré-
férence aux variétés de betteraves dont la racine reste presque complète-
ment enterrée, tandis que les agriculteurs qui ne cultivent la betterave
que pour la nourriture de leurs bestiaux, préfèrent les variétés volumi-
neuses qui s'élèvent en partie au-dessus de terre.
» Cette préférence m'a conduit à chercher s'il existe une différence
appréciable, dans une même racine, entre la partie enterrée et celle qui
s'élève au-dessus du sol, si cette différence se manifeste dans toutes les
variétés généralement cultivées, et si l'effeuillaison exerce, sous ce rapport,
une influence sensible.
» Mes études ont porté sur les cinq variétés suivantes :
» i°. Betterave de Silésie, blanche à collet vert;
» 2°. Betterave jaune longue;
_ ».3°. Betterave globe jaune;
,;.»; 4°. Betterave globe rouge;
_».. 5°. Betterave globe blanc, ou plate d'Allemagne.
» Toutes ces betteraves ont été récoltées dans le même champ, dans des
conditions identiques de soins et de cultures antérieures; les unes n'avaient
jamais été effeuillées avant l'époque de leur arrachage, les autres l'avaient
été une ou plusieurs fois, plus ou moins complètement.
» M. Manoury a trouvé pour les rendements en feuilles ou en racines,
rapportés à i hectare, les nombres suivants :
Betteraves blanches "de Silésie , à collet vert. . . v. .................. . 85 ooo kl •
Betteraves glob& jaune 70000
Betteraves disette (moyenne de plusieurs variétés)., .......... ............ 54°oo $
Betteraves globe rouge. 47 800
Betteraves jaune longue. ....... • • • • 45 800
Betteraves plates d'Allemagne 35 o 00
feuilles. — Résultat de deux ou trois effeuillai sons.
Betteraves blanches de Silésie 240 à aSoi^soit 24 5oo kl1 -
• Betteraves globe jaune K .", .-.' igoàaoo soit i 9 5oo
Betteraves disette ( moyenne de plusieurs variétés ) , de , . . r6o à 200 soit 1 8 000
Betteraves jaunes longues : • i6oài8o soit 17000
Betteraves globe rouge •• ••• i3oài4o soit i35oo
Betteraves plates d'Allemagne • • 1 3o à 1 4o soit 1 3 5oo
» Ces rendements, pour ce qui concerne la variété disette, sont bien
( 7'7 )
supérieurs à ceux qu'avait obtenus, à Béchelbronn, M. Boussingault; mais il
est important de remarquer qu'ici les fumures sont plus fortes que celles de
l'habile agronome.
» En présence des résultats qui précèdent, on comprend parfaitement,
dit l'auteur, comment ies deux premières variétés, la blanche de Silésie à
collet vert et la globe jaune, gagnent du terrain comme plantes fourra-
gères ; c'est que leur rendement d'une part, et la masse de fourrage réel
qu'elles représentent, font plus que compenser l'avantage que peuvent
offrir quelques autres variétés, telles que la jaune longue, sous le rapport de
leur plus grande valeur comme aliment à poids égal.
» Les .chiffres qui précèdent, qu'il ne faut considérer que comme des
approximations locales, nous montrent aussi que ce n'est pas avec des fu-
mures de 20 à 3oooo kilogrammes de fumier ordinaire à l'hectare qu'il
serait permis de compter sur de pareils rendements.
» Enfin on comprend encore qu'une récolte de feuilles qui représente,
par hectare, l'équivalent de 3 à 4ooo ou même 45oo kilogrammes de four-
rage fané ordinaire à 20 pour 100 d'eau, mérite bien un peu de l'intérêt
que lui portent la plupart des cultivateurs.
» Reste à discuter la partie délicate de la question, celle des avantages et
des inconvénients de l'effeuillaison avant la récolte des racines.
» Beaucoup d'agronomes recommandent, avec M. de Gasparin, de
n'enlever que les feuilles inférieures qui commencent à jaunir, et blâ-
ment les effeuillaisons trop abondantes. Cette opinion, qui paraît assez
rationnelle, est principalement basée sur des résultats signalées par
Schwertz. Ces résultats, les voici : en désignant par g 2 5 le rapport des
bettaraves non effeuillées, celles qui ne l'ont été qu'une fois ont rap-
porté 859, et celles qui l'ont été deux fois n'ont rapporté que 58g; en
sorte que les trois récoltes seraient entre elles comme les nombres 100,
93 et 58.
» Personne n'est plus disposé que moi à rendre hommage aux tra-
vaux de l'illustre agronome allemand; mais je suis porté à croire,
d'après ce que j'ai vu chez M. Manoury, que l'effeuillaison plusieurs
fois répétée ne diminue pas toujours le rendement des racines de deux
cinquièmes comme l'indique Schwertz; car deux ou trois effeuillaisons
abondantes n'ont pas paru diminuer d'une manière sensible les rende-
ments des betteraves de l'Ébisey en i855; et si, au moment de l'arra-
C R ., i856, I e -- Semestre. (T. XLH, N° 16.) g5
( 7 i8)
chage, après l'enlèvement de toutes les feuilles, on avait été obligé de
choisir, à première vue, entre celles qui n'avaient jamais été effeuillées et
celles qui l'avaient été plusieurs fois, on se serait souvent trompé, tant la
différence était insignifiante.
» Il résulte également des analyses que nous avons citées précédemment
que l'effeuillaison plus ou moins répétée ne paraît pas changer d'une ma»
nière sensible la proportion de matière azotée contenue dans les racines.
En serait-il de même dans un sol moins fertile? en serait-il même toujours
ainsi sur le même sol, dans des années différentes; c'est ce que l'expérience
peut seule décider, c'est ce que je ne saurais affirmer,
» Si nous observons maintenant ce qui se pratique dans la plupart
des pays où l'effeuillaison de la betterave est passée dans les habitudes,,
nous voyons presque toujours la racine dépouillée non-seulement de ses
feuilles basses, mais encore de la plupart de ses feuilles moyennes un
peu grandes; il en résulte, outre la quantité , un accroissement réel
dans la qualité du fourrage ; il en résulte encore une petite diminu-
tion de main-d'œuvre et moins de chances de froissement des racines,
parce qu'on les visite alors moins souvent. Enfin la remarque faite par
M. Manoury, sur le peu d'influence de l'effeuillaison sur le rendement
des racines a été également faite ailleurs; peut-être serait-il intéressant
d'examiner de nouveau la question dans des circonstances variées, en vue
de déterminer l'influence réelle de l'effeuillaison sur les récoltes des bette-
raves et sur celles qui les suivront sur le même sol, car cette effeuillaison,
qu'elle soit unique ou multiple, peut contribuer à l'appauvrissement du sol
dans une proportion qu'il est important de déterminer. Enfin il serait inté-
ressant et utile d'étudier l'influence du mode d' effeuillaison sur la produc-
tion totale des feuilles. »
astronomie. — Éléments provisoires de la planète de M. Goldschmidt ;
Lettre de M. Valz.
k Marseille, le 12 avril i853.
» Pour retrouver plus facilement après le clair de lune la nouvelle pla-
nète de M. Goldschmidt, je viens d'en calculer des éléments circulaires
provisoires, d'après l'observation que j'en ai faite hier soir, et celle de Paris
du I er avril. Comme ils pourraient être utiles à d'autres pour en faciliter la
recherche après la pleine lune, je prends la liberté de vous les transmettre
( 7 [ 9 )
pour les communiquer à l'Académie, ainsi que voici :
Distance au Soleil 2 -V ( 1 ±{ e ) P our limites extrêmes.
Nœud ascendant g3 . io
Inclinaison 4 ■ °
Long, hélioc. I er avril ig4 • 49
Mouvement moyen diurne 1037 .43
» Pour ceux qui exigent des secondes dans les éléments provisoires, tan-
dis que les degrés ne sont pas même certains, je dirai, avec M. Gergonne
dans ses Annales de Mathématiques, que je ne saurais me permettre ici le
luxe des secondes, et qu'on pourrait même y trouver un peu de char-
latanerie, comme le prétendait le baron de Zach, pour les centièmes de
seconde. »
M. Eudes Deslojsgchamps fait hommage à l'Académie d'un opuscule
qu'il vient de publier sous le titre de : « Description d'un nouveau genre
de coquilles bivalves fossiles (Eligmus), provenant de la grande oolithe
du département du Calvados ».
RAPPORTS.
mécanique appliquée. — Rapport sur les appareils proposés pour le chauf-
fage sans combustible, au moyen d'une force perdue ou non employée,
présentés par MM. Beaumojvt et Mater.
(Commissaires, MM. Piobert, Despretz, Morin rapporteur.)
« Les appareils proposés par MM. Beaumont et Mayer pour produire,
par le frottement, des quantités de chaleur utilisables dans l'industrie ou
dans l'économie privée, sont destinés à être mus par ce qu'ils appellent des
forces perdues ou non employées.
» Us déclarent, dès l'abord, que la vapeur produite dans leurs appareils
n'est pas destinée, dans l'état actuel de leurs ressources, à servir de force
motrice, mais seulement comme moyen de chauffage, et ils ajoutent que
pour produire le mouvement ils ne comptent employer que des forces
naturelles perdues. Mais, au rang de ces dernières, lorsqu'il s'agit des ap-
9 5..
( 1? Q )
pareils qu'ils proposent pour faire cuire les aliments des soldats aux armées,
ils placent la force musculaire des hommes et celle des chevaux, qui de-'
vraient être employés à_ces'- appareils après des marches presque' toujours
pénibles. On verra, plus loin, quelle serait la durée de travail nécessaire
pour aboutir à un résultat même insuffisant.
» Les pièces principales des appareils de MM. Beaumont et Mayer sont
deux cônes concentriques, dontf un est garni de tresses de chanvre ou de
coton lubrifiées d'huile, et l'autre, en cuivre rouge, est en contact avec le
liquide qu'il s'agit d'échauffer. Par des moyens particuliers, on peut régler
la pression de l'un de ces cônes sur l'autre, et, selon les cas, c'est l'un ou
l'autre qui est mobile.
\ » L'idée d'utiliser la chaleur développée par le frottement remonte,
comme on le sait, aux temps les T lus reculés, mais elle n'a eu que peu
d'applications, parce qu'en général le travail mécanique qu'il faut déve-
lopper pour produire un frottement énergique donnant lieu à une quantité
de chaleur notable, est beaucoup trop considérable par rapport au-résultat
obtenu. D'une autre part, la quantité de chaleur développée est d'autant
pluiLgrande, que le frottement lui-même est plus considérable et que les
corps s'usent davantage. C'est ainsi que les métaux frottant sur la pierre,
sur du grès, les bois et les métaux frottant les uns sur les autres sans en'
duit, donnent lieu à une production de chaleur très-sensible et susceptible
parfois d'occasionner l'inflammation. Ces effets sont, en général, d'autant
plus énergiques, que les corps s'usent davantage : ainsi le fer et l'acier
s'échauffent jusqu'à s'enflammer dans l'air par leur frottement sur les
meules, les bois se charbonnent/Ies alliages métalliques, tels que celui des
boîtes de roues, se fondent et soudent parfois la boîte avec la fusée de
l'essieu. , , _
» L'expérience montre donc qu'en général, pour produire de la chaleur
par lefrottement, il faut user les corps irottants d'une manière notable,
et, par conséquent, développer un travail moteur considérable. - ■ -
» MM. Beaumont et Mayer, en produisant le frottement par l'emploi
d'une matière compressible,, graissée et qui s'use peu, se sont donc placés
dans des conditions peu favorables, mais ils ont eu sans doute pour but
de ne pas détériorer la pièce principale de leur appareil, dont le remplace-
ment serait en effet difficile, et afin d'obtenir la même quantité de chaleur
avec un frottement moindre sur chaque élément, ils ont augmenté les sur-
faces de contact, •
( 7 21 )
» Sans discuter le principe de construction de leurs appareils, les indi-
cations précédentes pourraient déjà suffire pour faire penser que ces ap-
pareils seraient bien loin de répondre au but qu'ils s'étaient proposé ; c'est
du reste ce que démontrent surabondamment les résultats des expériences
dont il va être rendu compte.
. » Les appareils présentés sont de deux sortes : l'un est destiné à pro-
duire de la vapeur, l'autre à chauffer directement les liquides, et particu-
lièrement à cuire les aliments. Le premier a été exposé dans la galerie des
machines, à l'Exposition universelle, où il a été expérimenté de la manière
suivante :
» Le cône frottant était mis en mouvement par l'intermédiaire d'un dy-
namomètre de rotation qui servait à mesurer le travail moteur dépensé
pour produire le frottement, et par suite la vapeur obtenue, qui était re-
cueillie et condensée, afin d'en déterminer la quantité et la température.
Les résultats de ces expériences sont consignés dans le tableau suivant.
Expériences sur le générateur de Vapeur de MM. Beaumont et Mayor.
DATES.
TRAVAIL
En kilogr.
élevés à i met.
en ane
seconde.
BOTËCR.
En chevaux,
poids d'eal-
vaporisée
à l'heure.
SOMBRE
de tours
de l'appareil
en une
seconde.
TEMPÉRATURE
de la
vapeur.
4 septembre i855..
22 octobre i855. . . .
■jio k ,68
563, 25
9>4?
7,5i
5,82
7,300
245
3i4,36
io3°,28
u3 ,00
8,5o
6,56
i
» L'observation de la quantité d'eau vaporisée a été commencée quand la
température était devenue stationnaire et avait atteint le chiffre indiqué
dans la sixième colonne ; les quantités de chaleur produites par le frotte-
ment étaient en conséquence uniquement employées à développer la va-
peur, et relatives à la chaleur latente ou constitutive de cette vapeur.
h En faisant abstraction de l'avantage assez sensible qui paraîtrait ressor-
( 7? 2 )
tir des résultats précédents pour l'emploi d'une plus grande vitesse dans la
deuxième expérience, et prenant pour termes de comparaison les résultats-
moyens des deux expériences, on trouve que, le travail moteur étant de
8,5o chevaux, la production de vapeur par heure serait, avec cet appareil,
de6 k ,56. ..■;
» Or, une très-bonne machine à vapeur à détente prolongée et à con-
densation, dans les meilleures conditions, ne consomme guère moins de
a kilogrammes de houille par force de cheval et par heure; de sorte que,
pour la force motrice de 8,5o chevaux, il faudrait brûler 8,5o X 2 = 17* de
houille par heure.
» Cette quantité de houille brûlée dans un bon foyer pourrait y pro-
duire par heure, à raison de 8 kilogrammes d'eau vaporisée par kilogramme
de houille, 17 X 8 = i36 k de vapeur : tandis que l'appareil n'en a produit
que 6\ 56, ce qui montre que l'appareil générateur de MM. Beaumont et
Maver n'utilise que ^^ = — environ de la chaleur développée parle corn-
busrible employé pour la faire marcher.
» Ce résultat est bien inférieur, comme on le voit, à celui qui était
annoncé par les inventeurs, qui, dans les renseignements imprimés qu'ils
ont fait distribuer au Jury de l'Exposition, annoncent que leur appareil
n'exige que la force motrice de 2 chevaux- vapeur pour produire celle de
1 cheval. Toutes choses égales d'ailleurs, il faudrait, d'après l'expérience ci-
dessus, une force motrice de 21 chevaux pour produire la vapeur corres-
pondante à la force de 1 cheval. ,. ■ : „ ;
» La production de 6\fà de vapeur à l'heure ayant exigé une force mo-
trice.de 8,5o chevaux, et les 6 k , 56 vaporisés d'une manière régulière cor-
respondant à 6,56 x 55o =.36o8 unités de chaleur, il s'ensuit que les mille
unités de chaleur produites par cet appareil exigeraient g-~- g = 2,36 che-
vaux de force.
» Or 1 kilogramme de bois développe 2800 unités de chaleur, dont
on peut facilement utiliser la moitié au moins dans des chaudières or-
dinaires; de sorte que, pour produire 1000 unités 'de chaleur à l'aide
du bois, qui coûte au plus 5 francs eu forêt dans les Vosges (que les au-
teurs ont prises pour heu favorable à l'application de leur système), il
iaudraitbrûler ^^ — o k ,7"r4 de bois, ..
- I4OO 7/T
» Le stère coûtant 5 francs et pesant environ 35o kilogrammes, le lu-
( 7 a3)
5 f
logramme de bois ne revient guère dans les Vosges qu'à ^ = o f ,oi4a, et
en définitive les iooo unités de chaleur à 0,0142 x 0,714 = o f ,oi en-
viron ou pour une production continue pendant douze heures à o f ,ia
par jour.
» Or le moteur hydraulique, qui, dans les pays de montagnes comme
on le suppose, fournirait cette force de 2,36 chevaux pour produire
1000 unités de chaleur, ne saurait coûter d'établissement pour canaux, bâ-
timents, mécanisme, etc., moins de 200 francs par force de cheval, dont
l'intérêt pour entretien et usure ne peut être calculé à moins de 10 pour
100, ce qui porte la dépense pour intérêts à 5o francs environ par an pour
2 36 chevaux à o f ,i66 par jour, à quoi il faut ajouter au moins autant pour
frais de graissage.
» On voit donc que, dans les conditions exceptionnelles indiquées par
les auteurs, il n'y a pas lieu d'espérer que leur appareil pour la production
de la vapeur puisse être employé avec avantage, même dans les pays de
montagnes, où l'abondance des cours d'eau pourrait faire regarder la puis-
sance motrice qu'ils fournissent comme sans valeur. A plus forte raison en
serait-il de même pour des bains, des lavoirs, et pour tous les établisse-
ments placés près ou dans l'intérieur dès villes, où la force motrice des cours
d'eau acquiert une valeur de 5oo à 1000 francs et plus par force de
cheval.
» Quant à l'emploi que MM. Beaumont et Mayer proposent de faire de
leur appareil pour la cuisson des aliments, et à l'application qu'ils en indi-
quent pour les armées en campagne, il est encore plus illusoire que le pré-
cédent. Les expériences suivantes, faites au Conservatoire des Arts et Mé-
tiers, suffisent pour le démontrer.
» L'appareil spécial, proposé pour cet usage, se compose d'un manège
destiné à être mû par des hommes ou par des chevaux, et au moyen duquel
on fait tourner rapidement un cône renversé en bois garni de tresses en
chanvre; ce cône en reçoit un second qui est en cuivre et qui forme la
chaudière immobile sur la surface de laquelle les tresses frottent et déter-
minent l'élévation de la température du vase et du liquide qu'il contient :
la pression de ce cône intérieur sur celui qui l'enveloppe est réglée et modé-
rée par un contre-poids suspendu à l'extrémité d'un levier à fourche auquel
le cône fixe est suspendu lui-même.
(7*4.)
Expériences sur l'appareil proposé par MM. Beaumont et Mâyer pour la cuisson des- légumes.
DATES.
VOLDME
d'eau
contenu
dans la
ohaudiçre.
SOMBRE
de tours
du cône
mobile.
SOMBRE
d'hommes
employés.
TEMPS
OU
durée
de
l'expérience.
TEMPÊRATDRES
observées.
. (
TEMPERATURE
l'extérieur
du lieu
d'expérience
3 décem. i855..
5 litres.
En înoyeune
85 tours
par minute.
a h
h m
0.00
o.3o
1.00
i .3o
2.O0
5°
25
4o-
52
58
8°
2.3o
6-1
1
3. DO
: 70-
J
-
3.3o
4>oq
7 2 : ,
74 ..
4 décem. i855..
io litres.
8o
8
4.3o
.00
o.3o ■ - -
76
4
14
3 I
. _ .. . . .
. . •_
- -
1 . 00
20
- ------- |
»
i.3p
2.00
2.3o
3.00
25
32
' "3 7
4° .
.-'.'-.''
3.3o
4-ï"o
4,3o
48 -
"■Sx
5i"
-'
: ... . . _.
-
- 5.00
5.3o
53
"56
--- -
: ;• ".
>
6,00
6.3o
7 . OQ
-68-"
-■ 60V
63
7.3o
64
8,00
69
- -'- : -
» La représentation graphique de ces résultats, en prenant les tours
pour abscisses et les températures de l'eau contenue dans la chaudière pour
ordonnées, montre que la température s'élève d'autant plus lentement, qu'il
y a plus d'eau et que l'expérience se prolonge davantage, mais qu'elle pa-
(7*5)
raît tendre vers une limite de 76 degrés, au delà de laquelle les pertes de
chaleur compensent l'effet du frottement.
» De ces expériences, faites au moyen de huit hommes qui tournaient avec
peine le manège à la vitesse d'environ quatre tours en une minute, et qui
ont été prolongées, la première pendant quatre heures trente minutes, la
seconde pendant huit heures, sans que la température ait dépassé Go, de-
grés, ce qui est tout à fait insuffisant pour la cuisson des légumes et de la
viande, on doit conclure que cet appareil compliqué, volumineux, ne sau-
rait être d'aucun usage aux armées, et l'on a peine à comprendre que l'on
ait sérieusement proposé d'employer à un travail aussi pénible et aussi pro-
longé des hommes fatigués par la marche.
» En résumé, les appareils proposés par MM. Beaumont et Mayer sont
loin de répondre aux résultats annoncés; ils ne paraissent pas susceptibles
de rendre à l'industrie, et encore moins aux armées, les services promis :
mais il faut cependant reconnaître que le dispositif qu'ils ont adopté est au
moins très-convenable pour permettre de déterminer entre certaines limites
restreintes, à 1 00 et quelques degrés, les quantités de chaleur développées
par le frottement ; sous ce rapport, en le modifiant convenablement, il
pourrait être de quelque utilité. »
Les conclusions de ce Rapport sont adoptées.
NOMINATIONS.
L'Académie procède, par la voie du scrutin, à la nomination d'un Corres-
pondant pour la Section de Chimie, en remplacement de feu M. Braconnât.
Au premier tour de scrutin, le nombre des votants étant 5i,
M. Gerhardt obtient l\-î. suffrages.
M. Pasteur 7
M. Bineau 1
M. Desaignes. . 1
M. Gerhardt, ayant réuni la majorité absolue des suffrages, est déclaré
élu.
C. R., i856, i" Semestre. (T. XJLII, N° 16.) 9^
C726 )
MÉMOIRES PRÉSENTÉS.
botanique. — Monographie de la famille des Urticées; par M. H.-»
Weddell. Première partie : Affinités de cette famille. (Extrait par
-- l'auteur.)
(Renvoi à l'examen de la Section de Botanique.) .
« îl n'est peut-être pas de fait mieux démontré aujourd'hui dans la bota-
nique systématique, que la connexion intime des cinq familles qui consti-
tuent l'ordre des Urticées; mais il s'en faut que les affinités qui peuvent
exister entré cet ordre et d'autres groupes du règne végétal soient aussi net-*
tement établies : c'est ce problème que je vais chercher à résoudre, en
m'aidant des données puisées dans les travaux de mes devanciers, autant que
des recherches qui me sont propres. Et d'abord, est-ce seulement parmi
les familles. apétales, auprès desquelles se rangent ordinairement les Urti-
cées, queTon doit chercher leurs affinités; ou bien, devons-nous,' en fon-
dant, ~à l'exemple de M. Brongniart, les apétales dans les dialypétâles,
rechercher, dans ce vaste groupe tout entier, les types auxquels se rattache,
par le plus grand nombre de points essentiels^ celui que nous avons en
vue? Les exemples, déjà assez nombreux, d'alliances heureuses constatées
entre quelques éléments de ces séries, jadis séparées, fournissent la meil-
leure réponse à cette question.
» Ceci posé, jetons un coup d'oeil sur les rapprochements signalés par
les auteurs entre ce que l'on peut appeler le type urticéen et d'autres types
végétaux. ..._'.
» Pour Laurent: de Jussieu, c'était avec les Amentacées que les Urticées
avaient le plus d'analogie, manière de voir encore admise aujourd'hui par
beaucoup de botanistes. Que l'on remarque, cependant, que les plus fortes
preuves apportées par de Jussieu à l'appui de l'alliance proposée, telles
quel'absence d'albumen dans les Urtieées, et la similitude des inflorescences,
sont défectueuses; on se convaincra' alors, sans peine, que le rapprochement
en question ne peut guère être maintenu qu'à la faveur des liens négatifs,
analogues en un mot à ceux qui unissent entre eux les éléments du groupe
même des Amentacées.
» Laurent de Jussieu indique également un point de contact entre les
( 7 2 7 )
Urticées et les Chénopodées, et, par suite, entre elles et toutes les familles
qui constituent le groupe des Cyclospermées ; mais il paraît attacher moins
d'importance à ce rapprochement qu'au précédent, bien que, parmi les
botanistes de nos jours, il ait obtenu au moins autant de suffrages. Je rap-
pellerai ici une opinion sur laquelle M. Brongniart a surtout insisté dans
ces derniers temps, à savoir, que la nature (charnue ou farineuse) de l'albu-
men a plus d'importance, pour la distinction des familles végétales, que
son absence ou sa présence; l'élude des groupes vraiment naturels a, en
effet, démontré que la nature de ce corps, lorsqu'il existe, est constamment
la même chez toutes les espèces de ces groupes ; il semble donc que ce
caractère, vu sa constance, doive être regardé comme une des meilleures
pierres de touche pour juger, tout d'abord, des afflnités d'une famille.
Or Laurent de Jussieu ne connaissait pas l'albumen des Urticées, dans les-
quelles il n'existe, en effet, pas toujours; il pouvait donc, par suite de la
coïncidence de certains autres caractères, être tenté de rapprocher ces
plantes, à graines toujours oléagineuses, des Cyclospermées, a graines fari-
neuses. Mais aujourd'hui il n'en est plus ainsi, et je crois me rapprocher
davantage de la vérité en cherchant ailleurs que dans ce groupe les affi-
nités réelles des Urticées. J'ajouterai que la tendance des étamines à deve-
, nir périgynes, dans les Cyclospermées, est pour moi un motif de plus pour
repousser une alliance avec un ordre à étamines essentiellement hypogynes,
comme les Urticées; et, à fortiori, je dois repousser toute idée de connexion
intime entre les Urticées et les familles dialypétales essentiellement périgynes,
telles que les Mélastomacées, par exemple, dont quelques-unes offrent,
cependant, dans leurs organes végétatifs, des analogies assez frappantes
avec un certain nombre des plantes que nous étudions.
» C'est le cas de dire que L. de Jussieu, quisemblait prévoir quelesDiclines
iraient grossir un jour les rangs d'une classe supérieure, indique précisément
les dialypétales hypogynes comme pouvant offrir un point de contact avec
les Urticées; c'est ainsi qu'il a écrit : « Magnolîam habita simiiem cemulantur
Ficus et Artocarpus, lum stipularum terminalium convolutione, tum earum-
dem caducarum vestigiis, tum et seminum aggregatione »; ces carac-
tères sont d'ailleurs, avec l'hypogynie des étamines, les seuls traits com-
muns aux plantes comparées. Le grand développement de l'embryon dans
les Urticées, relativement à l'albumen, ainsi que la persistance de l'enve-
loppe florale, constituent dans ces végétaux deux caractères saillants, qui
les éloignent non-seulement de la classe des Magnolinées, mais aussi bien
de celles des Papavénnées, des Berbérinées et des Renonculinées; par la
96..
(7*8)-
structure sui generis de leurs fruits ou de leurs graines, les Crucifères et les
Nymphéinées n'en sont pas moins distinctes.
» Ces groupes mis de côté,. nous nous trouvons en présence des familles
nombreuses dontM. Brongniarta constituéses classes des Guttifères, des Té-
rébintbinées, des Hespéridées, des Célastroïdées, des ^sculinées, desYioli-
nées, des Polygalinées, des Géranioïdées, des Malvoïdées et des Crotoninées ;
classes que l'on peut assez facilement ranger sous deux chefs, à savoir : celles
où le calice 0% toujours une préfloraison imbriquée, et celles où cette
enveloppe présente souvent une préfloraison valvaire. Or, bien que dans
les Urticées ce dernier caractère ne soit pas constant, il se présente assez
fréquemment pour que l'on soit fondé à en conclure une plus grande affi-
nité entre elles et les familles où il se montre également, qu'entre elles et des
groupes où il ne se rencontre jamais. Par l'application de ce principe, nous
nous trouvons, en définitive, n'avoir à faire qu'aux deux dernières classes
enumérées, les Malvoïdées et les Crotoninées; la première comprenant les
familles des Malvacées, des Buttnériacées, des Sterculiacées et des Tiliaeées*
la seconde renfermant les familles des Euphorbiacées, des Antidesmées et
des Scépacées : voUà les groupes naturels parmi lesquels nous arrivons, par
voie d'exclusion, à concentrer les affinités les plus immédiates des Urti-
cées. Je m'empresse d'ailleurs de reconnaître que la connexion qui existe
entre les Urticées et les Euphorbiacées en particulier, a été signalée par
d'autres bien avant que je me sois occupé de la question, et M. Lindley
y insiste même d'une manière toute spéciale j mais je ferai observer que
l'auteur que je viens de citer considère les Urticées comme représentant un
type beaucoup moins parfait que les Euphorbiacées, et c'est en cela que je
suis surtout porté à différer de son opinion. S'il est vrai, en effet, que les
Euphorbiacées, dont personne ne nie, je pense,, aujourd'hui les étroites re-
lations avec les Malvacées, sont une dégradation de ce type, par l'inter-
médiaire des Buttnériacées (les Scépacées occupant un rang plus inférieur
encore), je serais porté à admettre que les Urticées constituent une autre
dégradation du même type, parallèle, en quelque sorte, à la précédente, et
s'opérant par l'intermédiaire des Tiliacées. Peut-être, enfin, trouverait-on
dans ce groupe hétérogène des Amentacées quelques végétaux qui forme-
raient, côte à côte avec les Scépacées, l'échelon inférieur de cette seconde
série.
» Je n'entrerai _pas, en ce moment, dans la comparaison détaillée des
groupes dont iLa été question ; qu'il me suffise de dire que les seuls carac-
tères par lesquels les Urticées se différencient notablement des Tiliacées,
( 7 2 9 )
sont, d'une part, la persistance de l'enveloppe calicinale (caractère essentiel
néanmoins des Malvacées proprement dites), de l'autre, le nombre des éta-
mines, toujours égal à celui des segments du périgone : l'affinité des deux
groupes ne me semble donc pas devoir être mise en doute, et j'ajouterai,
pour terminer, que leur rapprochement n'est nullement infirmé par la com-
paraison des propriétés des plantes qui les composent. »
M. S. E. Codes adresse, de Washington (États-Unis d'Amérique), un Mé-
moire « sur une variation de la vélocité du Soleil, qu'on a attribuée à une
oscillation du périgée solaire ».
Ce Mémoire, qui était arrivé dans les derniers jours de décembre, mais
dont la présentation a été différée par suite d'une erreur, est renvoyé à
l'examen d'une Commission composée de MM. Le Verrier et Delaunay.
M. Sasku envoie, de Pesth (Hongrie), un Mémoire écrit en latin et ayant
pour titre : Areaparabolœ pure geometrice, methodis variis fuxta diversas
sectiones detenninata : item longitudo radii vectoris generaliter variis modis
definita.
M. Chasles est invité à prendre connaissance de ce Mémoire et à en faire,
s'il y a lieu, l'objet d'un Rapport à l'Académie.
M. Poggiou adresse six observations recueillies à la clinique de l'hôpital
de la Charité, concernant des cas de rhumatisme et de sciatique. Il demande
que ses observations soient jointes à deux Mémoires sur le traitement de ces
sortes de maladies, qu'il a soumis au jugement de l'Académie en i85^ et
i853, et que le tout soit admis au concours pour le prix de Médecine et de
Chirurgie de l'année i856.
(Réservé pour la future Commission des prix de Médecine et de Chirurgie.)
M. ÎVoiret adresse, de Lambessa, un Mémoire qui se lie à celui qu'il avait
envoyé de Constantine au commencement de cette année, et qui concerne
les pénitentiers, l'emprisonnement, les causes principales qui l'amènent et
les effets qu'il produit.
M. Andral, déjà chargé de l'examen du premier Mémoire, est également
invité à prendre connaissance de celui-ci, et à faire savoir à l'Académie si
l'ensemble de ces communications est de nature à devenir l'objet d'un
Rapport.
( 7 3o)
Un auteur, dont le nom est consigné sous pli cacheté, adresse au concours
pour le prix de Mécanique un Mémoire intitulé : « Suppression des ma-
chines à vapeur à feu au moyen de l'emploi d'une nouvelle force motrice ».
(Réservé pour la future Commission du prix de Mécanique.)
CORRESPONDANCE.
M. le Secrétaire perpétpel signale parmi les pièces imprimées de la Cor-
respondance un nouveau fascicule des Mémoires concernant le relevé géo-
logique de la Grande-Bretagne. Ce fascicule, adressé par sir Rodrick Mnr-
chison, actuellement Directeur du Geological Survey, forme la décade V
des « Restes organiques fossiles » décrits par M. Z.-W. Salter.
M. Rater dépose sur le bureau plusieurs ouvrages offerts à l'Académie
par un des anatoinistes les plus distingués de l'Allemagne, M. Luschka :
i°. Sur La Structure des glandes de Pacchioni; i852,
2°. Des Nerfs du canal vertébral de l'homme; 2 Pi. Tubingue, i85o. :
3°. Les Nerfs de la dure-mère cérébrale; 3 Pi. Tubingue, i85o.
4°. Structure des Membranes séreuses de l'homme; 3 PL Tubingue, i85 1 ,
5°. Le Nerf phrénique de l'homme; 3 PL Tubingue, i853.
6°. Les Plexus vasculaires du cerveau de l'homme; 4 PL Berlin, i855.
géologie. — Du terrain jurassique dans les Pyrénées françaises ;
par M. A. Leymerie.
« Entre le grès rouge (grès bigarré) et le terrain crétacé inférieur, il
existe sur le versant nord des Pyrénées, un ensemble de couches, en
général calcaires, partiellement schistoïdes, que M. Dufrénoy a rapporté
avec juste raison au groupe jurassique. La limite inférieure de cet en-
semble est nettement marquée par le grès rouge partout où cette roche
se montre. Dans les contrées où elle n'existe pas, la limite est un peu
moins précise. La séparation du terrain jurassique et du terrain crétacé ne
se fait pas saisir avec autant de facilité à beaucoup près. Dans la partie
centrale de la chaîne, là où le terrain jurassique est le plus développé, .ses
couches s'enchevêtrent avec celles du terrain crétacé inférieur, et, en cer-
tains points, la complication est telle, qu'il est permis de douter même de
l'existence de toute ligne de démarcation. ■--■--
» Sur la carte géologique de France, le terrain jurassique des Pyrénées"
( ?3i )
forme une bande continue entre la bastide de Serou (Ariége), un peu à
l'ouest de Foix, et la vallée d'Asson (Basses-Pyrénées). Cette bande, large
entre Saint-Girons et Sarrancolin, se réduit à un ruban étroit à partir de
cette dernière ville jusqu'aux Basses-Pyrénées. Mes observations me con-
duisent à doubler à peu près la largeur de ce ruban en reculant sa limite
méridionale jusqu'à Camous, au sud de Sarrancolin, Campan et Argellez.
Dans la vallée d'Ossau, il y a des calcaires sans fossiles qui pourraient peut-
être dépendre du même groupe; mais le fait est assez douteux en l'absence
de fossiles. On doit avoir plus de doute encore à l'égard des calcaires qui
reposent sur le grès rouge à Saint-Jean-Pied-de-Port ; enfin je viens d'ac-
quérir la certitude que le terrain jurassique manque absolument dans l'ar-
rondissement de Bayonne, le calcaire à Requiénies y reposant, d'une
manière immédiate, sur le grès rouge du trias.
» Nous venons de dire que la zone jurassique du versant nord des Pyré-
nées était continue. Il faut ajouter toutefois que sa partie principale, celle
qui occupe le milieu de la longueur de la chaîne, est habituellement divisée,
dans le sens de la largeur, par des relèvements exceptionnels de terrain de
transition et même de terrain granitique (Sarrancolin, Saléchan, Géry près
de Saint-Béat, Milhas, etc.).
» On peut distinguer deux étages dans ce terrain. L'étage inférieurjçom-
mence généralement par des calcaires cellulaires un peu jaunâtres, peul-
ètre dolomitiques en partie, et qui doivent sans doute ces caractères à
une action postérieure, et par des calcaires noirs ou gris, compactes, ou
subcristallins, souvent rayés d'une manière parallèle à la stratification. Il y
a des couches fissiles (calschistes) dans cette partie du terrain. Au-dessus de
cette assise inférieure, où l'on ne trouve jamais de traces d'organisation,
reposent des couches que la présence constante des fossiles permet de ca-
ractériser et de déterminer ; c'est la partie la plus intéressante de la forma-
tion. Elle se compose de calcaires noirs ou de calcaires marneux, souvent
schistoïdes, et de calschistes. Il y a aussi dans cette assise des schistes
terreux intercalés dont la couleur, originairement grise, passe au jaune café
au lait par l'effet de l'air; c'est cette dernière couleur qui domine dans les
affleurements, et c'est la seule qu'on remarque dans les détritus. Les calcaires
renferment habituellement des coquilles ; on en trouve aussi dans le schiste.
C'est dans l'Ariége et la Haute-Garonne que se trouvent les gîtes les plus
riches sous ce rapport.
» Dans le tableau page 732, on trouvera les noms des principaux genres
et ceux de quelques espèces que nous avons pu déterminer.
. . (7 3a >
INDICATION DES PRINCIPAUX GENRES ET ESPÈCES FOSSILES DU TERRAI»
JURASSIQUE DES PYRÉNÉES.
L,
L.
Scb.
L.
L.
L.
L.
L.
J. m.
L.
h.
L.
J. m.
J. m.
J. m.
J. m.
L.
L.
L,
L.
L.
L.
L.
L.
L.
I.
L.
L.
L.
L.
L.
L.
L.
Sch.
L.
L.
Sch.
L., Sch
L.
L.
L.
Sch.
L.
L.
L.
L.
J. m.
L,
L.
GENRES ET ESPECES.
Ammonites bifrons . . . .
. - *-» . Davœi . . ..
— Dankani ? .
planicosta
grande espèce .
— 3 espèces non déterm . . .
— i espèce non. déterm . ,
Nautilus clausus.'
— indéterm .
Belemnites tripartitus.,
— autre espèce.
Rostellaria ? '.
Fferinea Bruntrutana ?
OBSERVATIONS.
Large, déprimée, à côtes rondes, grosses, passant
sur le dos. Les unes sont complètes , les autres
s'arrêtent à une petite distance du tour intérienr.
— grande espèce. . .
« — constricta ??....
— indéterm
Trochus duplicatas
Pieurotomaria ,
Tercbvalula bullata
cynocephala.
Icricata.
ornithocephala ,
ovum
punctata ou subpunc'tata?
quadrijlda ?
voisine de la T. rimosa. .
— voisine de la T, variant.
Ostrea gregaria?.
— Marshiï ?
Gryphea cymbium
— — Knorïi ?
— ilacculochii
— - obliqua
— espèce très-allongée.
Plicaiula tegulata ? ? .......
Pecten corneus.
— œquivalvis
— personalus ??. .......
— simpli- costa
Noos désignons par ce nom une Térebratuie allon-
gée, lisse, simple, plus ovale que l'ovatis, avec
nne ouverture ronde moins grande
Espèce assez grande , plus bombée que la précé-
dente ; carrée à la base
Certaines variétés passent à la cynocephaia.
On peu plus ventrue
La nôtre est bien plus régulière dans sa forme et
dans ses plis et n'a pas de surface d'adhérence. .
Ses plis sont moins larges, plus réguliers et ne
présentent pas d'élargissement a la basa dans le
ser.s transversal de la coquile
Peut-être par compression. , .
— espèce à côtes ornées.
— autre espèce. .......
Lima, grande espèce
— petite et costulée
— proboscidea
Nucula Hausmani
Trigonia
Aslarte non déterm
— non déterm
Serpula lisse , dentoloïde. . .
— - striée.
Cidaris Moreanus
— nobilis
Pentacrinites scalaris ? .
Polypiers indéterm
Végétaux indéterm
Nous désignons ainsi un Peigne assez petit, à rôtes
simples , qui ne semble être qu'un diminutif du
Pecc-n tBipival'i* et qui est très-répandu dans
notre lias (schiste et calcaire)
Assez petite, à grosses côtes '. . ...
Petite.
Lisse, à section circulaire, peu contournée
Celle-ci, moins large que la précédente et à section
circulaire, est striée transversalement et est ton-
jours contournée
Assez nombreuses
Ariége, Corbières.
Hautes-Pyrénées (Reboue).
Haute-Garonne (Aspet, Sauve-
terre, Ore).
Hautes-Pyrénées (Rebouc).
Haute-Garoiine,Ariége, Corbières.
Corbières, Ariége.
Ariége (Montesquieu).
Haute-Garonne (CampelsV
Haute-Garonne (Rieucazé).
Partout
Corbières.
Corbières.
Haute-Garonne, Hautes-Pyrénées
(Bize).
Haute-Garonne (Barbazan ).
Haute-Garonne (Baronsse).
Haute-Garonne, Hautes-Pyrénées.
Corbières.
Ariége (Foix).
Haute-Garonne, Ariége.
Ariége, Corbières.
Corbières.
Ariége (Fqix).
Haute-Garonne, Ariége, Corbières.
Ariége (Fois).
Ariége (Foix).
Haute-Garonne, Ariége (Montes-
quieu).
Corbières.
Corbières.
Haute-Garonne, Ariége.
Corbières.
Haute-Garonne, Ariége.
Corbières.
Bagnères.
Haute-Garonne.
Corbières.
Ariége, Haute-Garonne, Corbières.
Haute-Garonne.
Haute-Garonne , Ariége , Hautes-
Pyrénées.
Hautes Pyrénées (Rebouc).
Ariége ( Montesquieu ).
Ariége ( Montesquieu ).
Ariége.
Haute-Garonne, Ariége.
Corbières.
Ariége (Montesquieu),
Haute-Garonne (Saleich).
Haute-Garonne.
Hautes-Pyrénées ÇBize).
Haute - Garonne ( Sauveterre ) ,
Hautes-Pyrénées ( Bagnères ).
Haute-Garonne ( Aspet ).
Haute-Garonne (Rieucazé).
Ariége (la Cave), etc.
Partout.
Haute-Garonne (base de Cagère).
Nota. - Les espèces précédées de L. sont celles qni se trouvent dans los calcaires et dans les calschistes du lias ; celles des schistes terreux sont
particulièrement design :es par le signe Scb., et celles du terrain jurassique moyen par J. m.
(733)
» H est évident, d'après l'ensemble des espèces, que l'étage dont il s'agit
doit être assimilé au lias supérieur. Nous- lui rapportons un calcaire
noir ou gris-violâtre foncé, qui est remarquable par lesserpules dont il est
comme pétri [Sauveterre (Haute-Garonne), Bagnères deBigorre]. Il y a aussi
dans cet étage des brèches généralement pâles et uniformes. Il est important
de remarquer que le lias inférieur, caractérisé par la Grjphœa arcuata,
manque entièrement dans les Pyrénées,
» L'étage supérieur n'est pas aussi nettement défini et caractérisé que le
précédait. Nous le composons avec des éléments assez hétérogènes que l'on
trouve çà et là dans toute l'étendue de la chaîne entre le terrain précédent
et le terrain crétacé. Ce sont des calcaires noirâtres, devenant grenus, dolo-
mitiques et bitumineux par métamorphisme, et des calcaires de couleur
plus claire, où l'on trouve des indices de fossiles ordinairement indétermina-
bles, qui ne se montrentqu'à l'extérieur des blocs dans les parties depuis long-
temps exposées à l'air (Nérinées, Astartes, débris d'Oursins, Polypiers, etc.).
Certains de ces calcaires offrent même, dans la cassure fraîche, des linéa-
ments courbes qui sont des sections de coquilles qu'il serait bien difficile
de rapporter à des espèces ou même à des genres déterminés, et pas-
sent à l'état de lumachelle. Ils sont quelquefois accompagnés de dolo-
mies. L'élément le plus caractérisé de ce groupe est un calcaire à Néri-
nées (on distingue plusieurs espèces, et notamment une assez courte, très-
voisine de la Nerinea Bruntrutrana) que l'on trouve en certaines localités
de la Haute-Garonne et des Basses et Hautes-Pyrénées, et notamment à
Bizenistos.
» Il existe des brèches dans cet étage, vers son plan de contact avec le
lias. C'est dans cette position que paraissent exister la brèche de Médous,
près de Bagnères et les brèches qu'on exploite à Sauveterre (Haute-Ga-
ronne) et à Bramebaque, dans la vallée de Baronsse. Les fragments qui con-
stituent ces roches conglomérées, ordinairement très-anguleux et d'une
assez grande étendue, proviennent des calcaires noirs, gris et jaunes de la
formation. Le ciment est habituellement noirâtre. Ces brèches ont été évi-
demment formées sur place.
» La présence des Nérinées (i) et de quelques autres fossiles m'avaient
porté à rapporter ces couches supérieures du groupe que nous étudions à
(r) Ce genre ne se trouve pas, en général , parmi les fossiles du terrain crétacé incontes-
table des Pyrénées.
C. R., i856, i" Semestre. (T. XLII, N° 16.) 97
'(■'734)
l'étage moyen du Jura. Cette prévision se trouve pleinement justifiée-par la
présence du Cidaris nobilis qui vient d'être reconnue par M. Cotteau sur un
échantillon que je lui avais adressé. ■".- - — ._
» J'ai annoncé, d'une manière générale, que la limite supérieure du ter-
rain jurassique des Pyrénées était incertaine dans plusieurs localités, et
qu'il était souvent difficile de séparer ce groupe du terrain crétacé inférieur
qui commence assez habituellement par des calcaires ou par des schistes
plus ou moins semblables à ceux que nous venons de signaler à la partie
supérieure du premier terrain. - • - --
» Dans l'Ariége, la Haute-Garonne et les Hautes-Pyrénées, on voit, en
effet, l'étage supérieur du terrain jurassique se terminer par des calcaires
gris pétris de fossiles qui semblent être des débris d'Ostracées ou de Polypiers,
Je tout étant comme fondu dans la pâte et formant une lumaehelle très-
- fréquemment employée comme marbre commun dans les villes voisines.
.On serait porté à rapporter ces marbres au terrain crétacé inférieur, d'autant
plus qu'on les trouve fréquemment associés à des calcaires à Requiénies, et
qu'eux-mêmes offrent des tests noirs qu'on pourrait être tenté de considérer
comme appartenant à ces rudistes. D'un autre côté, ces roches se lient au
terrain jurassique, et on y trouve quelquefois desNérinées analogues à celles
* du calcaire jurassique moyen. - ■'- - -- - - -----
. » La même incertitude règne encore sur la véritable place des schistes
ardoisiers des Hautes-Pyrénées ^Labassère, Lourdes) et de certains calcaires
.noirs à veines blanches. Ces calcaires incertains touchent souvent le calcaire
à Requiénies et le calcaire jurassique, et paraissent, suivant les circonstances,
devoir être réunis tantôt au premier, tantôt au second. Il en est de même
,des schistes. Cette difficulté, au reste, a frappé deux géologues qui ont fait
de nombreuses études dans les Pyrénées, MM. les ingénieurs Vène et
François. Ce dernier même s'est peut-être laissé un peu trop influencer par
cet état de choses, en confondant le terrain jurassique avee le terrain cré-
tacé inférieur dans sa carte des mines et usines à fer de l'Ariége (r). L'exis-
tence de cette pénombre de la masse jurassique n'est pas la seule cause de
confusion et d'incertitude qu'offre l'étude de cette partie des terrains pyré-
néens. Il y a encore une autre cause qui consiste dans l'enchevêtrement du
calcaire à Requiénies au sein du terrain jurassique le mieux caractérisé et
(i) Recherches sur le gisement et le traitement direct des minerais de fer dans les Pyré-
nées. Paris, ï845.
( 7^5)
dans le lias lui-même. J'aime à penser que cet enchevêtrement est acci-
dentel. Toutefois il s'offre de la manière la plus claire et avec une cer-
taine constance. Je l'ai bien reconnu dans l'Ariége, près de Saint-Girons,
et dans la Haute-Garonne, entre Ore et Galier, et aussi dans les Hautes-
Pyrénées aux environs de Bizenistos et dans la partie inférieure de la
vallée d'Aure. »
M. Bébkvger, de l'Académie des Sciences morales et politiques, transmet
deux pièces imprimées qui lui ont été adressées en sa qualité de Président
de l'Institut pour l'année i856, et qui sont destinées, par leur auteur
M, Trouillet, au concours pour le prix triennal. Ces pièces, qui ont rapport
à une méthode pour la culture de la vigne, sont renvoyées à l'examen de la
Section d'Économie rurale.
géographie physiqde. — Mémoire sur le huauo des îles de Chincha et les
oiseaux qui le produisent ; parM.. A. Raimonbi, professeur d'histoire natu-
relle à la Faculté de médecine de Lima. (Présenté par M . Bussjr.) (Extrait.)
« L'origine du huano était connue au Pérou dès le temps des Incas, car
on lit dans Garcilaso de la Vega ( Commentaiios reaies , lib. V) imprimé
en 1604 :
« Sur la côte de la mer, depuis plus bas qu'Arequipa jusqu'à Tarapaca,
« ce qui fait plus de aoo lieues de côte, on n'emploie d'autres excréments
» (pour engraisser les terres) que ceux des oiseaux marins qui existent sur
» toute la côte du Pérou, grands et petits ; ils vont par bandes si grandes,
» que cela est incroyable pour qui ne l'a pas vu ; ils pondent dans des îlots
» déserts qui existent près de cette côte, et la quantité d'excréments qu'ils
» y déposent est également incroyable. De loin, ces amas de matières res-
» semblent aux sommets de montagnes neigeuses. Du temps des rois Incas,
» on apportait tant de vigilance dans la garde de ces oiseaux, qu'au mo-
» ment de la ponte personne ne pouvait entrer dans les îles, sous peine de
» mort, de crainte de les effrayer et de leur faire quitter leurs nids. Il n'était
» pas non plus permis de les tuer à aucune époque ni dans les îles, ni au
» dehors, sous la même peine. »
» Ayant été nommé par le gouvernement péruvien pour accompagner la
Commission d'ingénieurs qui fut chargée en i853 de mesurer la quantité de
huano existant aux îles de Chincha, j'ai pu,< pendant un séjour de plus de
97-
Quarante jours* recueillir quelques observations -que. je î^crbis pas sans
intérêt^ et.que, jevais ; rapporter. -:^::; : >_ -ri-:;..-:'; i.:-.',.--y-:o r Z ," J: 1
, * ; te iutaao des îles de Chincba .existe §n : telle abQjtdancevijii'en; eerJ6ai?«s
endroits la.coitche s plus s de 3c mètres: dJépaissemv GéRe circonstance .'a
fait penser^ MM. Girardin etJBidard que la fojimatioa.de cette matièrem'ap,
partientpas à l'époque actuelle, et qu'on doit la considérer commevim, co-
prolite ou excrément fossile d'animaux antédiluviens. Je crois le contraire
etjeyais faire connaître les motifs quiont fixé mm op'ariOn^ :_ v.ji; _ .
» MMI Giràrdte et Bidard s'appuient sur là refetio&deMvâë Humboldt
où on lier « Les mêmes îlots sont habités, ^'uneniùllitude d'oiseaux j-sùr-
» tout à'Ardea^ àe-Pkéniéôpterus, qui y couchent- la» nui t) z maïs leurs
» excréments n'ont pu fournie depuis tfôis siècles" que des ééùèhes de 4 à
» cinq lignes d'épaisseur. » .1 ; ._ :.:zSl'^
» Or, je ferai remarquer que pendant mon séjour aux îles de Chincha, je
n'ai p'u observer ni UU seul Àrdea, ni un seul Phénicoptét'ëice qui doit être
attribue au hasard, puis'que M. de Humboldt a observe ceé mêmes oiseaux.
D'autre- part, j'ai pu' ; observer une innombrable quantité d'oiseaux, qui
tous appartiennent aux palmipèdes marins. Une des îles, de Chincha, celle
du sud, dù^l'on n ? a pas encore commencé de traraîtix ^exploitation" s'en
tronveKjuelquefois entièrement couverte, sans compter ceux qui viventdans
des espèces de terriers qu'ils se creusent dans le huano. . ; v ~~
» Ce quf prouve que le huano appartient bien a Téjpoque- actuelle," c v est
qu'on trouve dans la partie la plus élevée de ^ cette même île du sud, beau-:
coup de cadavres de phoques; (Ûtària), dont quelques-uns sont enterrés
dans le huario à la profoïideiir de quelques pieds, tandis que d'autres sont
â peine recouverts ; et enfin il en est dôntles cadavres font encore saillie.
J'ai comparé ces restes avee les Otarias qui vivent actuellement dans les
eaux qui baignent les îles de Chinchà et je les ai trouves identiques. - ."
_,» ; J'ajouterai enfin qu'on a -trouvé dans le huano, à. une assez, grajide
profondeur, quelques débris de l'industrie humaine, comme, des vases de
terre et des morceaux de bois légèrement arqués qui paraissent avoir servi
à l'exploitation du huano. ^ 7
» De tous ces faits, je croîs pouvoir conclure que lé problème, de ^l'ori-
gine du huano est résolu; que ce n'est pas un eoprolite, mais bien une
matière dont la formation appartient à l'époquejictuelle. _ c : L
» Quant aux oiseaux qui produisent le huano,. voici Tésiuniération des
( 737 )
espèces que j'ai observées pendant mon séjour sur les îles de Chincha :
Noms vulgaires.
Pelecanus thajus (Molina). ........ Alcatraz.
Carbo Gaimardii ( Lesson ) Pato de mat.
Carbo albigula (Brandt) Cuervo de mar.
Sala variegata (Tschudi) Piquero.
Plotus anhinga (Lin.) Zamargullon choreado.
Rhyncops nigra (Lin .) Aradorou Pico-tijera.
Larus modestus (Tschudi) Gaviota.
Spheniscus Eumboldtii (Meyen ) Pajaro nino.
Puffinuria Garnotii ( Lesson .) Potoyunco.
Sterna inca (Lesson) Zarcillo.
» Toutes ces espèces d'oiseaux ne vivent pas constamment sur les îles de
Chincha : quelques-unes viennent seulement à l'époque de la ponte. Parmi
les sédentaires, le Pelecanus thajus, la Sula variegata, le Larus modestus,
le Spheniscus Hwnboldtii et la Puffinuria Garnotii sont celles qui abondent
davantage. Ces oiseaux se réunissent, chaque espèce séparément : ainsi dans
l'île dite du nord, la partie nord est habitée par les Pelecanus, la partie est
par les Larus, la partie ouest par les Sulas et la partie sud par les Puffi-
nuria.
» Les Pélicans produisent très-peu de huano, parce qu'ils habitent pres-
que toujours sur les récifs qui se trouvent autour des îles.
» Les Carbos ne paraissent pas non plus concourir pour une forte part
à sa formation, car on les voit presque toujours dans les lieux escarpés,
dans les fentes de rochers, de sorte que le plus souvent leurs excréments
tombent à la mer.
» Les Sulas produisent plus de huano que les espèces précédentes, attendu
leur nombre qui est plus grand et aussi parce qu'ils se tiennent dans l'inté-
rieur de l'île.
» Les Plotus et les Rhyucops sont très-rares : je ne les ai vus que deux
fois, et toujours en petit nombre, ce qui me fait croire qu'ils sont de pas-
sage.
» Les Larus ne se rencontrent pas en quantité assez grande pour qu'on
puisse leur attribuer un rôle important dans la production du huano.
» Les Sternas qui habitent ces îles et presque toute la côte du Pérou,
appartiennent à la plus jolie espèce du genre. Ces oiseaux ne me paraissent
pas habiter toute l'année les îles de Chincha. A mon arrivée, qui eut lieu à
la 6n d'août, je n'en observai qu'un petit nombre qui volaient continuelle-
ment autour des îles en se reposant seulement sur les récifs voisins. Le 12
( 73? )
septembre, j'en vis apparaître un grand nombre dont quelques-uns vinrent
se poser sur l'île nord ; mais le 1 5 ils apparurent en nombre tellement grand,
qu'ils couvraient toute :l'Ue sud, et une grande partie de celles du milieu et
du nord, ce qui me fit supposer que l'époque de la ponte approchait : il est
facile de comprendre que, tant qu'elle dure, ces oiseaux doivent déposer
une grande quantité de huano.
» Les Spbeniscus sontabondants dans l'île du sud, qui, comme je l'ai
dit, est inhabitée. Il est probable qu'ils ont été chassés de l'île du nord par
les navires qui s'y rendent eu grand nombre, et parles travaux d'exploita-
tion. Ces oiseaux, ne pouvant voler, se cherchent un abri en se creusant
dans le huano même une demeure souterraine. A. l'époque où je visitai ces
îles, ils étaient occupés à couver leurs oeufs, qui sont de la grosseur d'un
oeuf de dinde, et au nombre de deux à quatre.
» Enfin, les Puffinurias sont, à mon avis, les oiseaux qui produisent la
plus grande quantité de huano ; leur nombre est incalculable. Il paraît que
ces oiseaux abandonnent également peu à peu l'île du nord, car on ne les
y rencontre plus que dans la partie sud-est, tandis que dans les îles du mi-
lieu et dans celle du sud on les voit de toutes parts. Comme les précé-
dents, ils vivent enterrés dans le huano, à la profondeur d'un pied ou deux,
et ont tellement miné avec leurs galeries la partie sud de l'île du nord et
celles du milieu et du sud, qu'on n'y peut faire un pas sans enfoncer jusqu'à
la cheville.
» Une observation fait voir que, non-seulement l'immense dépôt des îles
de Ghincha a été formé par les oiseaux maritimes, mais encore que ces oi-
seaux n'ont pas changé.
» Dans les exploitations de huano, on rencontre, à une grande profon-
deur, du huano pseudo-morphique sous forme d'oeufs; ces œufs semi-fos-
siles (si on peut les appeler ainsi) sont de trois dimensions différentes : les
uns de la grosseur d'un oeuf de perdrix, les autres à peu près égaux à un
oeuf de dinde, et enfin d'autres intermédiaires entre les deux premiers. Si l'on
compare ces œufs avec ceux des espèces qui vivent aujourd'hui sur les îles,
on voit que les premiers, qui sont les plus communs, ont les dimensions
des œufs de Puffinuria, et les seconds celles des œufs de Spheniscus, seuls
oiseaux qui vivent comme enterrés dans le huano. Quant aux œufs de gros-
seur intermédiaire, ils sont très-rares. J'ai trouvé en outre à une grande pro-
fondeur, deux os de l'aile '{humérus) et un de la jambe {tibia) 7 dont les
dimensions égalent celles des os correspondants des Puffinurias qui habitent
actuellement les îles. »
(739)
chimie optique. — Note sur la rotation variable du glucose mamelonné
de raisin (i); par M. Dcbrcnfaet.
« M. Béchamp, dans l'un des derniers numéros des Comptes rendus, &
essayé d'expliquer les deux pouvoirs rotatoires du glucose dissous, en les
rattachant à deux états chimiques bien connus et bien définis de cette espèce
de sucre. Ainsi il a cru pouvoir conclure d'expériences décrites avec dé-
tail et avec soin, que le pouvoir rotatoire le plus élevé appartient au glucose
hydraté C ,2 H ,2 ,2 ,2HO, tandis que le plus faible serait propre au com-
posé C' 2 H 12 ,a , qui se trouverait ainsi déshydraté par la dissolution.
» L'intérêt qu'offre la Note de M. Béchamp nous a déterminé à vérifier les
expériences qui légitiment les conclusions déduites de ses expériences, et
nous devons dire que cette vérification nous a conduit à des résultats tout
différents, sans que nous puissions assigner d'une manière précise la cause
de ces différences.
» En effet, si l'on dessèche avec soin du glucose hydraté, de manière
à lui enlever complètement les deux équivalents d'eau qu'il peut perdre
sans subir d'altération dans sa constitution cristalline, il conserve intégra-
lement ses deux pouvoirs rotatoires, et ces deux pouvoirs, mesurés avec
soin et rectifiés par le calcul comme nous l'avons expliqué ( Comptes rendus,
tome XLII, page 228), conservent bien le rapport normal f-, que nous
avons assigné au glucose pur (2). Si ces résultats, qui diffèrent de ceux de
M. Béchamp, sont corrects, il est évident que l'eau d'hydrate du glucose n'a
aucune influence sur la rotation variable de ce sucre.
» Voici une autre observation qui justifie notre conclusion et qui peut-
être pourrait expliquer en quoi les expériences du savant professeur de
Strasbourg ont pu différer des nôtres.
» Si, au lieu de déshydrater avec soin le glucose, on fait naître les phéno-
mènes qui sont mentionnés dans le Mémoire de Guérin sur les glucoses et
(1) Nous distinguons ici le glucose à rotation variable sous le nom de glucose de raisin
pour éviter toute équivoque. On peut préparer un glucose pareil avec la fécule; mais on peut
aussi, avec cette même fécule, préparer un glucose que nous avons désigné sous le nom de
glucose trirotatoire, et qui dans sa dissolution offre une rotation invariable. ( Voir les
Comptes rendus, tome XXV, page 3o8. )
(2) Nous avons établi dès 1846 (Compte rendu du 6 juillet) que le pouvoir rotatoire du
glucose appartenait exclusivement au composé C" H" 0", et qu'il était indépendant de l'eau,
d'hydrate dans le composé hydraté.
( 74o )
dans plusieurs Traités de Chimie, c'est-à-dire si l'on dessèche le glucose avec
fusion, on observe, en dissolvant dans l'eau le glucose ainsi ,traité, ; les faits
signalés par M. Béchamp, et soit que la fusion ait été faite avec ou sans perte
de l'eau d'hydrate, la rotation du glucose dissous devient invariable et elle
donne immédiatement le pouvoir rotatoire le plus faible, . . -■
- » On peut légitimement conclure de ces faits que les deux rotationsdii
glucose proviennent, ainsi que nous l'avons supposé, de modifications mo-
léculaires profondes, produites successivement et alternativement par la
cristallisation et par la dissolution ou la fusion. Cette interprétation est
•conforme à celle qu'autorise un pareil examen appliqué au sucre de lait,
elle s'applique mi glucosate de sel marin, et nous ayons lieu" de croire
qu'elle sera encore justifiée par l'examen au même point de vue du glucose
ide sucre de lait étudié par M. Pasteur, et de toutes les substances cristallisées
-dans lesquelles -on découvrira une propriété analogue à celle qui nous
occupe. Peut-ctre- arrivera-t-on à reconnaître plus tard l'exactitude d'une
conjecture que nous avons émise, savoir : que cette rotation -variable ne
seraitqu'une manifestation dans des cas spéciaux 4e propriétés générales de
la cristallisation et de la dissolution. Ainsi, pour justifier cette conception-,
Hious avonsidéjà établi que le sucre.de lait définitivement dissous diffère du
sucrede lait cristallisé non-seulement par un pouvoir rotatoire moindre, mais
encore par une solubilité moindre. Ces distinctions seiiles suffiraient au
-besoin, alors qu'on ne découvrirait pas ultérieurement d'autres propriétés
différentes pour ces deux états du sucre de lait, elles suffiraient, disons-
nous, pour justifier une distinction spécifique conforme à la définition* si
nette de l'espèce chimique donnée par M. ChevreuL Le glucose mamelonné
offre, comme le sucre de lait, deux solubilités différentes dans l'eau, et cette
propriété- peut être démontrée expérimentalement pour un grand nombre
décomposés çristallisables d'origine organique et inorganique. Les faits
nombreux de sursaturation se rattachent ^évidemment par deux liens com-
muns aux phénomènes, qai nous occupent, et nous invoquerions leur auto-
rité au besoin pour autoriser notreconception. Nous aurons d'ailleurs à reve-
nir avec détails sur celte question dans un Mémoire qui nous occupe depuis
longtemps et dans lequel nous aurons à examiner la, dissolution comme phé-
nomène Chimique et physique. Nous aurons aussi à revenir sur les glucoses,
dont les pouvoirs rotatoires moléculaires ont été généralement établis sur
des produits qui ne sont ni simples ni purs, et nous justifierons par la même
occasion les distinctions que nous ayons apportées dans la nomenclature
des glucoses. Ces distinctions, qui n'ont pas été acceptées par Jes savants,
( 74i )
étaient cependant de nature à faire disparaître la confusion dont M. Biot se
plaignait à juste titre dans l'un des derniers numéros des Comptes rendus
à l'occasion d'une communication intéressante de M. Pasteur. »
optique. — Théorie mathématique des effets de la lentille simple employée
comme objectif de chambre obscure et comme besicle; par M. Buetox
(de Champ).
« Il n'aura échappé à personne que la formule que j'ai donnée le 24 mars
dernier (*), pour déterminer l'emplacement du diaphragme au devant d'une
lentille simple employée comme objectif de chambre obscure, se vérifie d'une
manière très-remarquable lorsqu'on y introduit le rapport des courbures
des surfaces antérieure et postérieure obtenu par Wollaston. Supposant, en
effet, u— 1, h, = i,5, ainsi qu'on le fait ordinairement, et - = a-, les
/ /
deux valeurs de A ei| qui résultent de ces hypothèses sont - j-p et - £-^>
en ne prenant que deux décimales pour la racine carrée. On voit que la
seconde valeur de A Cil diffère très-peu de celle qui a été trouvée par le
célèbre physicien. La proportion indiquée par M. Cauchoix donne pour A c# ,
deux valeurs qui sont _ ^ et - ^g- L'ouvrage dans lequel j'ai puisé
ce renseignement ne faisant pas connaître quelle était la distance du dia-
phragme à la lentille, je ne puis faire ici une seconde vérification. Je vais
m'occuper maintenant des conditions relatives aux lentilles employées
comme besicles, ce sera l'objet du paragraphe suivant.
§ m. — De la lentille simple employée comme besicle.
» On sait que, dans ce cas, la longueur focale est complètement déterminée
par la distance de la vue distincte dé la personne à l'usage de laquelle la len-
tille est destinée. La seule question à résoudre est donc ici de trouver quelle
est la combinaison de courbures la plus favorable. Pour y parvenir, nous
remarquerons que dans l'acte de la vision naturelle, les pinceaux de rayons
reçus par l'œil sont essentiellement coniques. D'après cela, il paraît ration-
nel d'admettre que la forme de lentille la plus convenable sera celle qui ne
détruira pas la conicité des pinceaux émergents.
» Cette condition ne pourra être remplie qu'autant qu'il existera dans
(*) Compte rendu de la séance du 24 mars i856.
C. R., i85S, i er Semestre. (T. XLII, N° 16. J 9°
( 74* )
l'œil un point pouvant jouer le rôle d'un diaphragme. Or un tel point existé
en effet, c'est le centre du globe oculaire. Car lorsqu'un observateur
veut examiner un site, tm tableau ou tout autre objet, il transporte d'abord
toute sa personne vis-à-vis de la partie qui appelle spécialement son atten-
tion, puis tout le corps étant momentanément immobile; il parcourt de l'oeil
successivement tous les détails que cette position le met à même de bien
voir. Les seuls mouvements qui ont lieu alors sont ceux du globe .oculaire,
dont l'axe visuel se promène sur l'objet examiné, en oscillant autour du
centre immobile de ce globe. Quand cet axe est fixé sur un point, il se
trouve précisément dans la direction du rayon émané de ce point, et con-
séquemment ce rayon est dirigé vers le centre du globe oculaire, du moins
si l'on admet que l'axe de la vision passe lui-même par ce centre. Tel est
donc le point qui dans la circonstance actuelle joue'le rôle d'un diaphragme,
et dès lors les verres de besicles doivent être préparés de^manière Ji rendre
coniques les pinceaux émergents dirigés vers ce diaphragme idéal
• -T^D'aprèsies mesures de l'oeil humain qu'on trouve dans divers ouvrages,
le centre du globe oculaire est à environ o m ,oia eu arrière de la surface an-
térieure de cet organe. Cette surface est elle-même en arrière de la lentille,
à une distance dont le "minimum peut être évalué à 0^008. La somme de
ces deux distances donne la valeur de- A' .,;' puisqu'il s'agit des rayons
réfractés par la lentille. On aura lïvaleur de^ au moyen de la relation
1 , ï JT i" I I I
4 2 — J + Zi;' ^ où T^^T" - j?' X; 2 étant négatif et sa valeur étant
très-petite vis-à-vis- des longueurs focales usitées, on voit ïiue A c( sera
négatif. ..-. ■ . •
» On observera que quand A,., est négatif, le diaphragme devient virtuei
et doit être remplacé par un diaphragme réel placé à~la distance A' c . 2 de la
ientille. C'est ce qui arrive pour l'oeil, ainsi que nous l'avons expliqué
ci-dessus.
» Pour déterminer la valeur de i, nous reprendrons l'équation qui a été
donnée dans le § II, et nous la mettrons soua la forme
*fj \Ki t,} Bl |_A,, « A, 5 «(«,_„) /J \ÂT, "j
-'(»'— ») 2 /L «. Ac.'. ■ " 'u u,- a, u/} — °-
n 0n sait que /est négatif quand il s'agit de besidés de presbyte. D'un
(743)
autre côté, —étant pareillement négatif, et très-grand en valeur absolue,
rend négatif le feeteur entre crochets du dernier terme, de sorte que ce terme
est lui-même négatif; d'où il résulte que les deux racines seront réelles dans
le cas de la presbytie. Pour savoir ce qu'il en est dans celui de la myopie,
où y est au contraire positif, et rend pareillement positif le dernier terme de
notre équation, il faut résoudre celle-ci. Je me borne à écrire le polvnôme
que l'on trouve sous le radical, savoir :
u(u, + 2a) ^ F («i — a) j [u\ —u 7 ) i u, il
«^ [~_i («i + a) 2_ i «i (2«i + a) i~\'
»'"LA.< * A, _ 2 «(», — «) f\ '
Supposant, comme on le fait ordinairement, que les verres doivent être pré-
parés pour procurer la vision distincte des objets éloignés, nous aurons
— = o. Développant ensuite, ce polynôme devient, après quelques réduc-
tions,
«' i « i i a(4«i — u) i
»î⣠«7/ûT, - 4(".~«) 2 7 2 '
el par la décomposition en facteurs,
[»_ J_ £ i. _ \/«i(«i + 2a) H [ j^ J l £ y/a^ai + 2») i"j
a, A fll 2/ 2(a, — jj) f\ [a, A,,., 2*/ 2 (a, — m) /_]'
» Le premier facteur est essentiellement négatif. Il faut donc que le se-
cond le soit aussi ; car autrement les racines seraient imaginaires. De là
résulte la condition
«, A,,,, 2 2 (a, u) '
ou, en remplaçant — par —, -, et isolant -v->
* * A,, i *■ A / A
/ «i + 2a a, y/tti(«i+ 2a)
' ' ij, 2a 2a(«, — a)
Si l'on fait u< = i,5, u = i, la condition à remplir est
; /<- 1,687^.,..
Ce qui nous apprend que les besicles de myopes ne peuvent pas être con-
98..
(744 )
struites de manière à fournir des pinceaux coniques, si ce n'est pour des
portées de vue excessivement courtes. Là est peut-être l'explication de ce
fait remarqué par les opticiens, que les verres périscopiques sont moins
avantageux pour les myopes que pour les presbytes. »
chirurgie. — Sur un nouveau procédé opératoire qui simplifie les cas
graves de paraphimosis. (Extrait d'une Lettre de M. Malgaigne.)
« ... Pour cet étranglement, comme pour les étranglements herniaires T
on cherche d'abord à opérer la réduction, et l'on y réussit le plus souvent.
Mais quand la réduction est impossible, on conseille alors, de même que
dans les étranglements herniaires, de diviser la bride qui étrangle, et au
besoin de répéter cette section sur deux ou trois points. Or on diminue
bien ainsi les accidents de l'étranglement, mais la réduction n'en demeure
pas moins impossible; du moins, pour mon compte, je ne l'ai jamais vu
obtenir après une semblable opération. Quelle est la raison de cet insuccès?
C'est que l'anneau préputial, en déterminant l'inflammation, l'ulcération,
quelquefois même la gangrène des parties qu'il étrangle, commence par
épaissir le tissu cellulaire sous-jacent, et par organiser des adhérences éten-
dues entre la couche tégumentaire et les corps caverneux. Le débridement,
même répété, ne détruit pas ces adhérences, et ne suffit pas dès lôrs à la
réduction ; tandis que la destruction de ces^ adhérences,. même sans débri-
dement, suffit pour permettre de "ramener les parties a leur place. " :
» Ainsi, l'étude de l'affection m'a conduit à distinguer un élément nou-
veau, laissé jusqu'à présent dans l'ombre; la constatation de cet élément
entraînait une indication nouvelle; et voici maintenant comment j'ai rempli
cette indication.
» Un jeune homme est entré dans mon service le- 1 1 de ce mois pour un
paraphimosis datant de cinq jours ; et déjà on voyait sur le dos du pénis une
ulcération superficielle .embrassant plus de lajnoitié delà circonférence de
l'organe. Les internes essayèrent vainement la réduction; le lendemain, à
la visite, je ne fus pas plus heureux ; les adhérences des téguments avec les
corps caverneux y opposaient un obstacle insurmontable. Je glissai à plat,
entre les téguments et les corps caverneux, un bistouri étroit, à l'aide du-
quel je divisai ces adhérences dans l'étendue d'un centimètre. Cela ne suffit
point. Je reportai dans l'incision- un bistouri boutonné, pour compléter la
division des adhérences dans toute leur étendue; et la réduction fut obte-
nue avec la plus grande facilité. Dès le lendemain, J'engorgement du pré-'
( 745 )
puce avait diminué; le troisième jour, l'ulcération était cicatrisée, et l'opéré
est sorti le *o avril, guéri déjà depuis plusieurs jours, et sans avoir éprouve
aucune espèce d'accident. »
M. Hotin, médecin en chef des Invalides, envoie plusieurs nids d'hiron-
delle salangane, recueil il y a cinq ans dans une grotte des environs de
Java, par le voyageur qui lui en a fait don. M. Hutin a pensé qu'à raison
des communications qui ont été faites récemment à l'Académie touchant
la composition de ces nids, il pourrait y avoir quelque intérêt pour la
science à faire examiner ceux qu'il offre aujourd'hui, et qui sont dans un
parfait état de conservation.
« Les habitants du pays, dit M. Hutin, pensent généralement que les
Salanganes composent ces nids avec du frai de poisson, et que l'opinion des
personnes qui en regardent la matière comme le produit d'une sécrétion
particulière à ces petits oiseaux, est due à ce que l'on voit des fils de cette
substance visqueuse pendre souvent de leurs becs à l'époque où ils la ramas-
sent pour s'en servir. Il paraît que chaque nid reçoit habituellement deux
œufs seulement. »
Une Commission, composée de MM. Isidore Geoffroy^Saint-Hilaire, Payen
et Montagne, est invitée à examiner ces nids.
M. Wahsbr envoie une Note ayant pour titre : « Delà capillarité, théorie
de la circulation sanguine » , Note qui fait suite à celle que l'auteur avait
présentée dans la séance du 3i décembre dernier.
M. Compingt père prie l'Académie de lui faire connaître la marche à suivre
pour faire admettre au concours pour le prix annuel du legs Bréant un re-
mède de son invention pour la guérison des dartres.
M. Compingt devra faire connaître, dans un Mémoire suffisamment déve-
loppé, la composition de son remède et la manière de l'administrer, et il
joindra quelques observations des cas où ce traitement a été employé avec
succès.
M. le Dibectecr du journal la Science prie l'Académie de vouloir bien
le comprendre dans le nombre des personnes auxquelles elle accorde les
Comptes rendus hebdomadaires.
(Renvoi à la Commission administrative.)
( 746 ) '
M. Cochaux envoie, de Bruges, la figure et la description d'an manomètre
destiné à faire reconnaître le degré de profondeur qu'un bateau sous-marin
ne doit pas dépasser.
A 4 heures et demie, l'Académie se forme en comité secret. -
, COMITÉ SECRET. ". '..
La Section de Géométrie présente, par l'organe de son doyen M. Bïot, la
liste suivante de candidats pour la place vacante par suite du décès de
M. Sturm. .-.-■__ :-._
Jui ei rang. . . . . . /.. M. Bertrand.
Au*? rang. ....... . M, Hebmite. 1
Au & rang . . , . . . ... . M. Serret.
Au 4 e rang ex aequo, et pari M. O. Bonnet» . : . .'.-v.
ordre alphabétique, j. . „ ( M. Pdiseux. , , -_-.. ,. c ■.._
Les titres de ces candidats sont discutés. — .:
L'élection aura lieu dans la prochaine séance. ; -: r "■■■.'"
La séance est levée à 5 heures et demie. E. D. B
BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE.
L'Académie a reçu, dans la séance du 21 avril i856, les ouvrages dont
voici les titres : • - : -••■---'-"■ - • - .-..-".. ; ; :
Compte rendu annuel adressé à S. E. M. de BaocK, Ministre des Finances,
par te Directeur de l'observatoire physique central, Ai-T. KUPFFER ; année
)B54. Supplément aux annales de l'observatoire physique central pour l'année
r853. Saint-Pétersbourg, 1 855; in-4°;- :: ' -' :: : .
Description d'un nouveau genre de coquilles bivalves fossiles, Migmas, prove-
nant de la grande oolithe du département du Calvados; par M. Eudes-DeslqNG^
champs. Caen, i8£6; br. in-4 .
Mémoire sur lé Soudan, rédigé d'après des renseignements MÏÏèremenfhôu^
vèaux;~parM. le comte D'ËscAyrac de Laut um'y 3 e cahier." Examen idu gou-
vernement, des instituions militaires, delà religion et dès superstitions des peuples
du Takrour. Parisj-i856; br. in-8 a , ^ - ". i,: j::_
( 747 )
Méthode pour faire avec une extrême facilité le calcul el le devis des chaînes;
_par M. Joseph Çocsaox. Bruges, iS55 ; hr, in-3°.
Aperçu de la distribution du terrain tertiaire dam le canton de Vaud; par
M. R. Blawchet. Lausanne, i 854 ; | feuille in-8°.
Quelques idées sur les modifications du relief de la terre, dans la vallée du
Rhône et du Léman ; parle même ; j de feuille in-8°.
_ DeUe. . , Des lais qui régissent le choléra-morbus et de la manière de le préve-
nir dans les populations et chez les individus; par M. O. Turchetti. Florence,
~i855 ; br. în-8°. (Adressé pour lêTcon cours du prix Bréant. )
Remarks... Remarques sur le gyroscope en relationavec « une suggestion d'une
» nouvelle expérience qui démontrerait la rotation de la Terre » ,• par M. Edw.
Samû^ i feuille in-8°.
Memoirs. . . Mémoires concernant le relevé géologique du royaume-uni de la
Grande-Bretagne. Restes organiques fossiles; Y e décade; par M. Z.-V. SALTER;
br. in-4°.
Dienerven... Des nerfs du canal vertébral de l'homme; par M. Luschka.
Tubingue, i85o;in-8°.
Die nerven . . . Les nerfs de la dure-mère cérébrale ; par le même . Tubingue ,
i85o; in-4°. ~~ ~"
Die structure. . . Structure des membranes séreuses de l'homme; par le même.
Tubingue, 1 85 1 ; in-4°-
Deber... Sur -la structure des glandes de Pacchioni; par le même; broch.
Jn-8°. " ~ ■
Der nervus... Le nerf phrénique de C homme; parle même, Tubingue, i853;
in-4°.
Die adergeflechte... Les plexus vasculaires du cerveau de l'homme; par le
même. Tubingue, i855; in-4°.
ERRATUM.
(Séance du 7 avril t856. )
Page 645» ligne 21, au lieu de :
Après un certain nombre d'heures, variable avec la température, le pouvoir du composé
C 12 H 12 12 a, dans l'intervalle , un pouvoir mixte , etc. ,
Lisez ;
Après un certain nombre d'heures, variable avec la température , on a le pouvoir du com-
posé C"H l2 12 , et, dans l'intervalle , un pouvoir mixte, etc.
(748)
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COMPTE RENDU
DES SÉANCES
DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES.
SÉANCE DU LUNDI 28 AVRIL 1856.
PRÉSIDENCE DE M. BINET.
MÉMOIRES ET COMMUNICATIONS
DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE.
MAGNÉTISME TERRESTRE. — M. le Veiuueb, en communiquant à l'Aca-
démie les résultats obtenus au moyen d'instruments magnétiques enregis-
treurs, établis à l'Observatoire impérial de Paris par M. Liais, présente à ce
sujet les remarques suivantes :
« Il existe deux systèmes principaux d'instruments enregistreurs : ceux
dans lesquels les indications sont obtenues par des appareils mécaniques,
et ceux dans lesquels l'inscription se fait par le moyen de la photographie.
Dans le premier système, la sensibilité des instruments est toujours plus ou
moins notablement altérée par l'intervention et l'inertie des pièces indica-
trices ; cette considération m'a déterminé à recourir au système photogra-
phique. L'organisation des instruments a été confiée â M. Liais, qui s'est
acquitté de cette mission avec le plus grand succès, comme l'Académie en
pourra juger par les documents que j'ai l'honneur de mettre sous ses
yeux.
» Les éléments à observer sont au nombre de trois : la déclinaison de
l'aiguille aimantée, la force horizontale du magnétisme terrestre, la force
verticale. L'inclinaison se déduit de ces deux derniers éléments. On sait, en
C, E., iS56, i« Semestre. (T. XLII, N° 17.) 99
( 7 5o)
effet, que le rapport de la force verticale à la force horizontale du magné-
tisme terrestre n'est autre que la tangente de l'inclinaison.
» Il a donc fallu établir trois instruments enregistreurs, qui sont : une
boussole de déclinaison, un magnétomètre bifilaire de G-auss, une balance de
force verticale. Le système d'enregistrement est semblable à celui qui a été
imaginé par M. Brooke de Londres. M. Brooke, qui a déjà établi les appa-
reils de Greenwicb et de Toronto, a bien voulu se charger de faire con-
struire également les appareils de Paris. - - ■ - - - - - -
» Il ne faudrait pas conclure de ce qui précède, que l'observatoire ma-
gnétique de Paris est une copie des autres établissements de ce genre. Il
présente, au contraire, dans son organisation des différences importantes,
et spécialement des dispositions entièrement nouvelles pour les observa-
tions directes et les déterminations absolues. Les projets et les plans de ces
dispositions ont été faits par M. Liais.
» On sait que lorsqu'on veut multiplier beaucoup les observations ma-
gnétiques, on est obligé d'avoir recours à des instruments de variation qui
font connaître, soit au moyen de microscopes que l'on pointe sur des fils
portés par les aiguilles, soit au moyen d'échelles et de lunettes fixes et de
miroirs. assujettis sur les barreaux aimantés, les changements des éléments
magnétiques. Ces instruments sont comparés de temps en temps avec d'au-
tres instruments susceptibles de donner des valeurs absolues, mais qui sont
d'un emploi plus long et plus difficile.
,. » Dans, les observatoires magnétiques où les indications des instruments
sont tracées d'une manière continue par la photographie, ce tracé fournit
les observations_ de variation. Il semblerait donc inutile de conserver les
dispositions usuelles destinées à l'observation directe des variations, si les
positions relatives des instruments, des points lumineux et des appareils
enregistreurs, présentaient des conditions de stabilité égales à celle que l'on
donne aux instruments ordinaires de variation. Mais cela n'ayant pas tou-
jours eu lieu dans les observatoires actuels, on a dû combiner l'emploi
du tracé photographique avec les procédés ordinaires , pour l'observation
directe de la variation. Le contrôle n'eût pas été assez fréquent s'il n'avait
dû être effectué qu'au moyen des instruments employés pour les détermi-
nations absolues. Il résulte de cet état de choses un accroissement du ser-
vice des observations, une complication des réductions, et, ce qui est le
plus grave, une moindre exactitude.
», Ces inconvénients ont été évités à l'Observatoire de Paris, et pour cela
( 7«' )
on a d'abord donné à la partie photographique une stabilité au moins égale
à celle que l'on donne ordinairement aux appareils pour l'observation di-
recte des variations. La partie directe serait dès lors devenue inutile, si elle
n'avait fait que fournir un moyen de répéter ce que l'on avait déjà par la
photographie. Mais on a voulu obtenir davantage et on a pris des disposi-
tions nouvelles pour rendre les observations de variation indépendantes de
la stabilité des piliers et des lunettes, ce qui leur donne un degré de pré-
cision supérieur. De plus, on a voulu que ces dispositions, destinées à l'ob-
servation directe des variations, pussent servir pour des mesures absolues,
promptes et faciles, sans être obligé de recourir à l'emploi d'autres instru-
ments.
» Le pavillon qui renferme les instruments magnétiques est à l'angle sud-
est de la terrasse de l'Observatoire. L'une de ses fenêtres est placée dans le
méridien du cercle mural de Fortin. A l'intérieur du pavillon, sur le pro-
longement de l'axe optique de la lunette de ce cercle, se trouve un pilier
allongé dans le sens du méridien. C'est sur ce pilier que se font les observa-
tions directes. Il porte un théodolite avec lunette centrée. Une trappe mé-
nagée dans le toit permet d'apercevoir la polaire avec le théodolite. On
voit donc que l'on a deux moyens d'obtenir la direction du méridien astro-
nomique : l'observation directe de la polaire, et le pointé au cercle mural
de Fortin, employé comme collimateur. Ce dernier procédé est très-com-
mode, car on connaît toujours la situation du cercle de Fortin par rapport
au méridien. On peut donc sans inconvénient déplacer le théodolite sur
son pilier, l'avancer ou le reculer, et l'on retrouve toujours le méridien
astronomique en moins d'une minute.
» Au nord-ouest du pilier qui porte le théodolite se trouve la boussole
de déclinaison. Le barreau aimanté est un cylindre creux de 20 cen-
timètres de longueur. Cette disposition présente l'avantage de four-
nir des aimants puissants d'un faible poids ; car on sait qu'à partir d'une
certaine limite d'épaisseur, un fer creux s'aimante à peu près au même
degré qu'un fer plein. Il est important d'avoir des barreaux légers et puis-
sants pour augmenter le degré de précision des observations, puisque les
erreurs que l'on peut avoir à craindre, viennent surtout de la torsion des
faisceaux de suspension, et le couple de cette torsion est proportionnel au
poids du système suspendu ( le faisceau a d'ailleurs à porter, outre le bar-
reau, le miroir destiné à l'enregistrement photographique). On a, en outre,
un avantage évident à ce que le couple magnétique soit le plus grand
99-
(75»)
possible par rapport à la pesanteur. Or il ne faut pas tendre à ce résultat
par un accroissement de longueur du barreau, accroissement qui ne se
ferait pas, au reste, sans augmentation de poids, et qu.i^en écartant les pôles,
aurait l'inconvénient d'augmenter les influences. réciproques des barreaux
des divers instruments. ■-''■_'
-:. », "Le barreau étant creux, on en a fait une lunette collimateur. Il porte à
l'une^de ses extrémjtés l au sud, une lentille ; à l'autre, au nord, une échelle
horizontale divisée. Celte échelle est au foyer principal de la lentille. Les
rayons qui en émanent sortent parallèles, de sorte que Péçhellé est visible
avec le théodolite et observable avec la même position du réticule que
quand on vise à la polaire ou au cercle de Fortin.
. » Ainsi donc, pour obtenir une déclinaison absolue, il suffit, après avoir
visé~au cercle de Fortin avec le theodqlitej.de viser au zéro de ; l'échelle du
barreau aimanté, puis de renverser ce barreau à cause de l'angle entre l'axe
-PP^T 16 e J* l' axe .^goétiquej deviser une seconde fois, et de prendre la
moyenne des deux lectures. Au reste, il ji'est pas nécessaire de renverser le
bao-eau chaque fois. Ayant obtenu l'angle entre l'axe optique et l'axe ma-
gnétique par une observation, on peut corriger les observations à uneseule
jecture àj'aide de cette valeur, et l'on n'a plus à opérer de retournement
que de temps en temps pour juger de la constance de l'angle formé par
l'axe optique et l'axe magnétique. - .
» Les. mouvements du théodolite sur son pilier ont permis de rendre
^xe le centre de la boussole. Le faisceau de suspension. a % mètres de lon-
§P eur : 0ll _ s _ ait :<&? 1§ .Çpppk de- torsion est en raison inverse de cette Ion*
gueur. Le cercle de torsion est muni .d'un vernier et donne. les. minutes. Jl
est supporté par un système de colonnes en cuivre. Le faisceau traverse un
tube de verre, et la boussole est renfermée dans une boité octogone formée
par des glaces à renversement. Des lames de cuivre sont disposées au-dessus
et au-dessous du barreau pour réduire l'amplitude des oscillations et facili-
ter .par là les observations directes, et surtout le tracé photographique. Un
barreau dç cuivre collimateur peut être substitué au barreau dé fer pour
anéantir la torsion» .
. j'V-ke lrace Photographique s'opère de la manière suivante. Le barreau
supporte un miroir concave en métal qui semeut.ayec lui. A65 centimètres
de c e miroir se trouve un bec de gaz dont la cheminée présente une fente
verticale du côté du miroir. Les rayons émanés de Cette fente et réfléchis
par le miroir forment à 3 mètres du miroir, au foyer conjugué, une image
(753)
de cette fente verticale. La fente n'est pas sur l'axe même du miroir, afin
d'éviter que les rayons réfléchis ne soient interceptés par la cheminée;
mais elle est légèrement déviée. Par cette disposition, on voit que l'image
de la fente se meut horizontalement, par rapport au centre de la boussole,
d'un angle double de celui du barreau. Un système de deux lentilles cylin-
driques de 3o centimètres de longueur, et à court foyer, construites par
M. Beyerlé, est disposé horizontalement de manière à concentrer en un
point lumineux l'image de la fente, sans cependant réagir sur la direction
de ce point. Ces lentilles auraient été inutiles si la source de lumière avait
été un point, au lieu d'une fente^ mais alors on n'aurait pas eu assez de lu-
mière pour obtenir un tracé photographique.
» Derrière les lentilles cylindriques se trouve un cylindre de 20 centi-
mètres de diamètre recouvert de papier photographique et auquel un chrono-
mètre imprime une rotation d'un tour en vingt-quatre heures. Ce cylindre
reçoit le point lumineux dont les déplacements ont lieu parallèlement à son
axe. Le cylindre étant animé d'un mouvement de rotation, le point lumi-
neux décrit à sa surface une courbe qui impressionne le papier sensible.
» Sur la monture du cylindre se trouve une lentille munie d'un prisme au
moyen de laquelle un second bec de gaz, fixé sur le même pilier que ce
cylindre, trace photographiquement une ligne de repère. C'est la variation
de la distance entre cette ligne de repère et la courbe, distance indépen-
dante de la position donnée au papier sur le cylindre, qui fait connaître les
changements de la déclinaison. Un obturateur permet de faire sur la
courbe de petites interruptions qui servent à fournir des repères pour régler
l'échelle des heures.
» Sur le même cylindre enregistreur se trouve, du côté opposé au point
lumineux fourni par la boussole de déclinaison, un troisième point lumineux
qui trace la courbe des variations de la force horizontale. Ce troisième point
est fourni par le magnétomètre bifilaire, placé sur un pilier à l'angle sud-
ouest du pavillon.
» Un barreau semblable à celui de la boussole de déclinaison est main-
tenu par une suspension à deux fils, dans un plan perpendiculaire au mé-
ridien magnétique. Son pôle nord, celui qui porte l'échelle divisée, est à
l'ouest. Ce barreau est observable avec le même théodolite que la boussole
de déclinaison. Cette disposition permet de déterminer rapidement, en un
instant quelconque, la situation exacte de l'axe magnétique de ce barreau
par rapport au méridien astronomique. En faisant cette détermination pour
( 754 )
diverses lectures; du cercle 'de : torsion; oh en peut déduire l'angle detorsion
nécessaire pour amenerJ-axé magnétique dans le plan perpendiculaire ^âd
méridien magnétique. Connaissant alors le poids de l'appareil, l'écarteraient
des crochets de suspension et la longueur du faisceau, on a, en fonction de
la pesanteur, la yaleurdu couple de torsion qui fait équilibre au couple
magnétique : ce dernier couple a pour mesure le produit du moment ma-
gnétique du barreau par la force horizontale du globe. Si alors on dévie,
suivant la méthode de Gauss, la boussole die déclinaison avec le barreau
bifilaire, pour en déduire le rapport du moment magnétique de ce barreau
à la force du globe, on a les éléments nécessaires pour obtenir la mesure de
la force horizontale du globe. .Cette opération a été faite lerai mars dernier,
entre 4 et 5 heures du soir, par M. Liais. Il a trouvé î ,8o,44? en unités mé-
triques, pour la force horizontale magnétique du globe à cette époque.
» Les faisceaux de suspension du magnétomètre bifilaire sont renfermés
dans un tube de verre; ils ont un mètre de longueur. Le barreau est ren-
fermé dans une boîte octogone en glace, semblable à celle de la boussole
de déclinaison. Le barreau^est également placé entre deux planches de
cuivre et porte, pour l'enregistrement photographique, un miroir concave
en tout semblable à celui dé la boussole de déclinaison. ; 1
_ » Le moment magnétique d'un barreau aimanté changeant avec la
température, et la. situation du barreau dépendant dû-produit de ce mo-
ment magnétique par, Ja force du globe, il en. résulterait la nécessité de
corriger les courbes des influences de la température, point par point, si
l'on n'avait eompensé l'instrument contre les effets de la chaleur. M. Brooke
a obtenu cette compensation en faisant varier le couple detorsion, sous l'in-
fluence de la température, dans le même rapport que le magnétisme du
barreau dont les variations . ont été préalablement déterminées par expé-
rience. Il a suffi pour cela de faire en sorte que les deux crochets de
suspension se rapprochent quand la température s'élève, effet que l'on a
obtenu par l'inégalité de dilatation du verre et du zinc. L'instrument peut
à volonté fonctionner avec ou sans la compensation.
» Le magnétomètre de force verticale est placé à l'est du pavillon. Il
consiste en un barreau collimateur semblable (1) à ceux des deux autres
(1) Les trois barreaux sont semblables afin de pouvoir être substitués l'un à l'autre
dans les trois instruments, pour les comparer, et déterminer dans la suspension de la
boussole de déclinaison la situation des axes magnétiques par rapport aux axes optiques.
(755)
instruments, et supporté sur plan d'agate par une suspension de balance à
couteaux d'agate. Ces couteaux sont dans le méridien magnétique, de sorte
que le barreau se meut dans un plan perpendiculaire au méridien magné-
tique. Son magnétisme tendrait alors à le rendre vertical, mais un contre-
poids le maintient horizontal. Les variations de la force verticale du magné-
tisme font incliner cet instrument comme une balance ; sa sensibilité dépend
de l'abaissement du centre de gravité et se règle à volonté. Comme pour le
magnétomètre bifilaire il faut une compensation contre les effets de la
température, cette compensation est obtenue par un thermomètre porté
par le barreau, et dont les dimensions ont été déterminées par M. Brooke,
d'après l'étude des variations du magnétisme du barreau. Quand la tempéra-
ture s'élève, l'élévation du thermomètre augmente le poids du côté du pôle
nord du barreau. Ce thermomètre peut être enlevé à volonté. La situation
de l'axe magnétique par rapport à l'horizon et au méridien magnétique peut
être sans cesse déterminée par le théodolite.
» L'enregistrement photographique se fait comme pour les deux autres
instruments, sauf que le mouvement du point lumineux, au heu d'avoir lieu
dans un plan horizontal, a lieu dans un plan vertical. Cette condition a forcé
à employer un cylindre différent de celui qui sert aux deux autres in-
struments.
» La préparation des papiers photographiques n'est pas un obstacle à
l'emploi des instruments à indications continues. A l'Observatoire de Paris,
on a abandonné les procédés humides qui obligeaient à préparer le papier
chaque jour et à faire paraître immédiatement les épreuves; on a également
abandonné les papiers cirés, qui sont dispendieux et longs à préparer à cause
du séjour prolongé qu'il faut leur faire subir sur un bain. On a tenu à obtenir
des épreuves sur papier ordinaire et sec. En quelques heures on peut pré-
parer du papier pour quinze jours, et se contenter de faire paraître les
épreuves à l'acide gallique à la fin de chaque semaine.
» Le papier est sensibilisé avec l'iodure et le bromure d'ammonium, le
nitrate d'argent et l'acide acétique. Après avoir été séché, il est conservé
à l'abri de la lumière, et est en état d'être employé. Les feuilles retirées
des cylindres sont conservées. On fait paraître les images avec l'acide
gallique dilué, et on les fixe à l'hyposulfite de .soude. »
( 7 56)
phycolôgie. — Note sur deux Algues nées- pendant lés expériences
de M. Boussingault, relatives à l'action du salpêtre sur la végétation;
■ par M. G. Montagne. * I :
.« Dans une des séances du mois de novemhce dernier* vous; avez entendu
la lecture de l'important Mémoire de M. Boussingault sur un sujet qui,
intéressant à un égal degré la physiologie végétale;, la; eMmiç organique et
l'agriculture, ne pouvait: manquer, à ces différents titres^ de captiver votre
attention. ".'".. _ . : :
» Dans le cours des ingénieuses expériences sur la végétation dont vous
a^entretenus notre savant confrère, il s'est produit à la surfaceextérieure
de l'un des pots à fleurs, où étaient déposées. les plantes en expérience, de
pefits végétaux foliacés, verdâlres, .qu'il en a pu détacher, tandis que r dans
un autre vase, le sol siliceux factice sur lequel il opérait, se couvritpeaà
peu et_par places d'une autre végétation verte, aussi, .mais, filamenteuse,
également étrangère^ aux plantes qui; faisaient l'objet- de ses curieuses
recherches, j . . . '.?. ... .-..-; . ; . . ; ! i . ". :. . .1
, » M, Boussingault ayant bien voulu! me remettre des exemplaires, de ces
deux végétations presque microscopiques, et m'engager à les étudier pour
en rendre; compte à l'Académie, c'est pour répondre à son désir que je
m'en: suis occupé, et qu'après; un scrupuleux examenjje viens remplir
aujourd'hui cette tâche. Mais avant de dire en quoi elles consistent, il est
bon de rappeler, les conditions dans lesquelles elles se sont produites.
» Pour faim germer les différeotes.graines qu'il & soumises à ses essais,,
notre confrère s'est servi de pots à fleurs en terre cuite préalablement
chauffés au rouge, comme le sol arénacé lui-même dans, lequel étaient
déposées ces graines! Les pots étaient en outre abrités contre la pluie, mais
de façon pourtant à .ne pas empêcher un libre accès à l'air extérieur. Les
arrosements ont été pratiqués p.endant trois mojs avec de l'eau parfaitement
pure, en sorte qu'elle ne pouvait renfermer aucun germe étranger aux
plantes en expérimentation. ' ; ; ,
s> Je disais tout à l'heure que deux cryptogames fort différentes s'étaient
développées pendant les expériences; elles appartiennent l'une et l'autre à
la grande classe des Algues. La première, qui est un Nostoc (1), ne s'est
(1) Nostog BoussnsîGATii/rii , Montg. mss. : pusillus ; /ronde papyraceo-membranacea ,
plana, ambitu laciniato-lobata , primo viridi-cceralea } tandem fulvescente, filis dense
( 7 5 7 )
montrée qu'en dehors d'un pot dans lequel de l'avoine avait végété pen-
dant trois mois, tandis que la seconde avait exclusivement fixé son habitai
sur le sable calciné d'un autre pot où rien n'avait été semé.
» Je dois encore avertir que ces deux productions ne se sont montrées
ni sur le vase à fleurs, ni sur le sol factice, lorsque l'expérience avait lieu
dans des appareils clos.
» Le Nostoc est remarquable par sa petitesse. Les plus grands individus
ont de 3 à 4 millimètres de diamètre, mais il y en a une infinité d'autres
d'une dimension bien inférieure, quoique sous le microscope leur organi-
sation se montre identique à celle des premiers. Ceux-ci représentent, à
l'état sec, une sorte de calotte déprimée dont le bord évasé et retroussé
prend un point d'appui sur la paroi du vase; mais, pendant la vie,
M. Boussingault les a toujours vus planes et appliqués. Ils sont membra-
neux, d'une excessive ténuité, presque papyracés et déchiquetés à la péri-
phérie, qui est comme frangée.
» Les petits individus, incomparablement plus nombreux, mesurent à
peine un demi-millimètre dans leur diamètre et offrent une apparence furfu-
racée. Leur couleur est d'un vert tirant sur le bleu, quand on les examine
par transparence, mais elle devient fauve ou jaunâtre dans l'âge adulte du
Nostoc. Comme chez toutes les espèces de ce genre, la fronde gélatineuse
impîicatis , diametro inter 1 2 et 25 tnillim. secundum cetatem variantibus, maxime flexuosis,
articulis globosis appmximatis , peridermide achromatica aut fuscescente. — Hab. Supra
faciem vasorum fictilium exteriorem gregatim expansum. — Celeberrimo inventori , ut par
erat, dicatum.
Si quelque Nostoc pouvait être mis en parallèle avec celui que je viens de signaler ici ,
ce serait indubitablement le 2V. papyraceum C. Ag. , caractérisé par ces seuls mots dans le
Systema Jlgarum : « /ronde membranacea , filis crassissimis * , évidemment insuffisants
pour le faire reconnaître aujourd'hui , en l'absence d'exemplaires authentiques. Aussi les
monographes, M. Meneghini entre autres, l'ont- ils placé parmi les espèces douteuses, ou
qui réclament une ultérieure investigation. Al. Kùtzing est le seul qui en tienne compte dans
son Species , mais il la place parmi ses Hormosiphons, en lui assignant pour caractère micro-
scopique des filaments moniliformes , dont les-articles sont reliés entre eus par une gaine
mucilagineuse d'un diamètre presque double , particularité étrangère à notre plante.
Si l'on s'en tenait aux termes de la définition que Bulliard donne ( Efist. des Champignons ,
p. 226 , PL 499 , fig* 1 ) de sa Tremella laciniata , espèce que de Candolle place dans les
Nostocs , on serait tenté d'y rapporter le N. Boussingaultii. Toutefois un exemplaire
authentique du champignon de Bulliard , reçu de M. Lenormand , de Vire , dissuade sur-le-
champ de faire un tel rapprochement, et montre plutôt que M. Duby pourrait bien avciïr
raison quand il le rejette parmi les Collema stériles. Voyez Bot, Gai/. , t. II, p. 1020.
C. R. i856, I er Semestre. (T. X.LII, N° 17.) IOO
( 7 58 )
se ramollit promptement quand on l'humecte; elle est aussi composée
comme elles de globules rapprochés en filaments moniliformes, nom-
breux, agglomérés, très-flexueux et contournés, et plongés dans une sorte
dégelée transparente fort avide d'eau Une pellicule épidermique anhiste
(périderme), excessivement mince, relie le. tout. Les globules qui consti-
tuent les filaments de notre plante varient considérablement de grosseur
selon l'âge où on les observe. DansJ'état de parfaite évolution, ils ont
on diamètre d'environ o mm ,oo25, mais dans le jeune âge- ils mesurent à
peine la moitié de cette dimension. Ils semblent reliés en colliers par un
tube anhiste ou une sorte de gaine de mucilage qui les rétient dans cette
position. On voit de distance en distance un globule, de moitié plus gros,
qui achève de donner à ces filaments une ressemblance encore plus frap-
pante avec un chapelet. Je reviendrai plus loin sur le mode de reproduction
de cette espèce. ::
» Confondus par Linné lui-même avec les Tremelles, qui, dans une série
parallèle, offrent une structure différente et sont de vrais champignons, les
Nostocs sont des plantes trës-vulgaires et connues de tout le inonde (i). La
plus commune des espèces naît abondamment et croît avec rapidité après
les pluies des saisons chaudes au milieu des prés, dans les allées et sur les
plates-bandes de nos jardins, où elle est désignée sons les noms populaires
de Perce-terre, Crachat de mai ou de lune, et plus anciennement sous ceux
de Cœtiflos, Cœlijolium. Il en est d'autres qui vivent attachées aux pierres au
fond des eaux courantes (N. verrucosum) ou fixées aux plantes qui nagent à
leur surface. Parmi ces derniers Nostocs, il y en a un qui croît dans les ruis-
seaux de la Tartarie [N. edule) et dont, au rapport de Gaudichaud, on fait
en Chine des potages fort estimés.
» Il ne saurait entrer dans mes vues de m' étendre plus longuement sur
ce genre, qui a cependant mérité de fixer l'attention de deux Membres de
cette Académie, Geoffroy (2) et l'illustre Réaumur (3) et de quelques autres
- (i) Ce nom de Nostoc ou Nostoch, dont l'étymologie m'est inconnue, paraît pour la pre-
mière fois dans Paracelse (tom. H, p. 5o3 b). L'opinion du célèbre alchimiste sur l'origine
de cette production, qu'il croyait engendrée et alimentée par l'air, est assez curieuse pour
mériter- d'être rapportée ici : Sic etiam quldquid aer gignit et ex aère est vicitçue vel oritur,
Ut Tereniabin, Nostoch, Manna, Métissa, etc., id etiam in sesevirtates cœlicas et aerias con-
tinet et a ccelo vel aère sustentatur veluti atres, quœ in aère librantur et inde vivunt.
(2) Observations sur le Nostoc, qui prouvent que c'est réellement une plante. Mémoire, de
l'Académie des Sciences, année 1708, p. 228.
(3) Observations sur la végétation du Nostoc. Ibid, année 1722, p. 161."
(7%)
naturalistes fort distingués, parmi lesquels il me suffira de nommer Vau-
cher (i) de Genève et M. Meneghini (2), professeur d'histoire naturelle à
Pise.
» Mais si une simple délimitation de genres, si de pures distinctions spé-
cifiques, notamment dans cet ordre de végétaux, ne doivent pas prétendre
d'occuper vos précieux moments, il n'en peut être ainsi, je me persuade, de
ce qui intéresse particulièrement l'organisation et la biologie des êtres natu-
rels. Or, la description que je viens de donner du nouveau Nostoc faisant
assez connaître la structure générale de ces plantes, il ne me reste donc,
pour compléter leur histoire, qu'à indiquer le point où en est arrivée une
question beaucoup plus importante, celle de leur mode de multiplication.
» Le temps n'est pas encore bien éloigné où l'on croyait que les grains
les plus gros des filaments moniliformes, ceux qui représentent les Pater
d'un chapelet ordinaire, étaient les seuls corps reproducteurs des nouveaux
Nostocs. J'ai moi-même partagé l'opinion commune (31 C'est l'analogie qui
conduisait à penser ainsi, car, à cette époque, nul n'avait essayé d'isoler
ces globules pour en suivre à part la germination, ce qui, vu leur excessive
exiguïté, n'aurait guère été possible autrement que sous le miscroscope. C'est
aussi l'idée que s'en faisaient et que s'en font encore en ce moment les phy-
cologistes qui les nomment Spermaties. Mais dès i838 M. Dujardin, dans
sa thèse inaugurale, avait écrit que c'était sans preuves qu'on les avait re-
gardés comme des organes reproducteurs.
» Les petits corps observés par Micheli (4) et Réaumur à la surface de la
plante quand elle végète, et dont le premier de ces savants compare le vo-
lume et la forme à ceux d'un grain de millet, ne sont pas des spores, ni
mêmes des gemmes, mais doivent être bien plutôt tenus pour de jeunes
Nostocs ou des sortes de prolifications de la plante mère, également propres
(1) Histoire des Conferves d'eau douce; Genève, i8o3, in-4°-
(2) Monographia Nostochinearum italicarum, in Mernorie délia R. Acad. délie Scienze di
Torino, ser. II , tom. V.
(3) Voyez Duchartre, Revue Botanique, tom. I, p. 24 J. Analyse d'un Nostoc pruniforme
communiqué par M. Cauchy.
(4) In superficie plantœ primce speciei ( Linkia terrestris = Nostoc commune) interdum
reperiuntur nonnulla corpora (B. t. 67) grani panici magnitudine et forma, ejusdem cum planta
coloris ac naturœ Hujusmodi corpora progressu temporis possunt evadere tôt plan-
tée, vel quod sint particulœ vieidee ejusdem plantœ, vel quod eodem seminë sint munitœ.
Micheli, Nova Gênera Plantarum, p. 126.
IOO..
( 7 6o)
à propager l'espèce. Les plus gros globules des filaments moniliformes aux.
quels on attribue cette fonction et qui n'y sont peut-être pas toujours étran-
gers, ces globules ayant tout au plus un centième de millimètre de diamètre,
ne sauraient être visibles à l'œil nu que dans le seul cas où, supposant
vraie l'opinion qui leur accorde la faculté de reproduire le Nostoc, la ma-
tière protoplastique renfermée dans leur périderme se serait développée en
jeunes plantes. C'est peut être là ce qu'ont vu les grands observateurs que
je viens de nommer et Vaucher lui-même dans son Nostoc sphœricum (i).
» Voici, selon le botaniste genevois (a), comment s'effectue cette repro-
duction : « Lorsque ce globule, dit-il, plus rond et plus gros que les antres,.
» avait acquis une forme à peu près sphérique, il se détachait insensible -
» ment du reste du filet ; le globule suivant montrait les mêmes apparences,
» et enfin la totalité du filet était réduite en globules Ce sont
» ces globules que je crois être les commencements du Nostoc. J'imagine
» qu'après être séparés les uns des autres , ces grains grossissent
» insensiblement au lieu de se détruire, qu'il se forme dans leur intérieur
» des filets semblables à ceux dont ils faisaient partie, etc. ».
» Ces mots je crois, f imagine, que j'ai exprès soulignés, montrent suffi-
samment que Vaucher, observateur si exact et si consciencieux, n'avait
pas acquis une complète certitude sur ce mode de multiplication.
» Le doute émis à cet égard par M. Dujardin a peut-être éveillé chez
M. Thuret le désir de s'assurer par l'observation si les choses, se passaient
réellement de cette façon. Toujours est-il que cet habile phycologiste a suivi
avec attention toute la morphose du Nostoc verrucosum et qu'il y a décou-
vert un nouveau mode de propagation ignoré jusqu'à lui. Il a constaté que
dans cette plante le jeune Nostoc ne tire pas son origne d'un seul des glo-
bules les plus gros des filaments moniliformes nageant dans la gangue mu-
cilagineuse, mais bien d'un certain nombre de grains ordinaires restés en
place dans la gaîne transparente qui les relie, c'est-à-dire des chapelets
eux-mêmes. Je renverrai, à l'intéressante Note de M. Thuret (3) pour les
détails relatifs à l'histoire de cette bien curieuse métamorphose. Mais ce
(i) Loc. cit., p. 224, PI. XFI,fig. 2, e.
(2) Loc. cit., p. 208.
(3) Voyez Annales des Sciences naturelles, 3 e série, tome. II, page 3 19, PI. IX.
Les chapelets reproducteurs ainsi métamorphosés ont quelque, ressemblance avec ces
Diaptosen que M. Itzigsohn a représentées aux figures 64-66 de son Mémoire snrVHapalo*
siphon Braunii Nseg., in Jet. Acad. Natur. Curios. Vol. XXV, P. I.
( 7 Gi )
qu'il importe surtout de faire remarquer ici, c'est que le Nostoc Boussin-
gaultii, quoique vivant à l'air libre, m'a présenté tous les phénomènes, si
bien décrits, qui accompagnent la propagation du Nostoc verrucosum ,
espèce rivulaire, son exiguïté n'ayant point été un obstacle à ce que, grâce
aux nombreux individus d'âge différent qui me sont passés sous les yeux,
j'aie pu suivre toutes les transformations successives des fragments de cha-
pelets en jeunes Nostocs, absolument comme si je les eusse étudiées dans
l'état de vie.
» H est une autre question sur laquelle l'histoire de la végétation des deux
Algues qui sont l'objet de cette communication pourrait peut-être jeter quel-
que lumière : je veux parler du mode de dissémination des spores. Ne peut-
on pas, en effet, se demander comment, nonobstant des précautions si
soigneusement prises, ces Algues ont pu naître et se développer l'une en
dehors, l'autre au dedans des vases à fleurs, si l'on ne veut pas admettre
que leurs spores ou leurs gemmes ont pu y être transportées par l'air atmo-
sphérique. J'avouerai, pour mon compte, que je n'imagine pas un autre
moyen de translation. Si l'on m'objecte, et l'objection se présente assez
naturellement, que des spores si excessivement petites ont pu fort bien être
semées en même temps que les graines des plantes phanérogames qu'on
avait le dessein d'expérimenter, je demanderai à mon tour pourquoi celles
du Nostoc ont germé à l'extérieur du vase et non pas dans le vase lui-même
où elles auraient, selon l'hypothèse, été déposées avec les graines. La même
objection ne peut d'ailleurs être faite contre la seconde Algue, puisque,
comme nous allons le voir dans l'instant, celle-ci a fait son apparition là
où rien n'avait été semé. Au demeurant, ces exemples, comme beaucoup
d'autres, semblent démontrer que si l'atmosphère et ses courants sont un
moyen de dissémination puissant pour le pollen des plantes dioïques, et
pour certaines graines de phanérogames munies d'ailes ou d'aigrettes, elle
est encore l'immense réceptacle commun où voltigent réunies pêle-mêle
d'innombrables spores de plantes cryptogames et en même temps le véhi-
cule qui les transporte là où elles doivent trouver les conditions nécessaires
à leur développement. Il serait impossible autrement de se rendre raison de
l'infection successive de tous les vignobles de l'Europe par l' Oïdium Tuc-
keri. Nous sommes loin, il est vrai, de connaître encore les circonstances
qui favorisent, diminuent ou même anéantissent cette tendance des germes
infectants à se répandre au loin et à envahir de si grands espaces. Quoi
qu'il en soit, le fait de leur translation par l'air n'en paraît pas moins hors
de toute contestation.
( 7 6 2 )
» La seconde des deux Algues que m'a remises notre honorable confrère,
a pris naissance sur le sol factice arénacé d'un des pots où nulle graine
n'avait été semée, et qui devait seulement servir de terme de comparaison
pour les expériences. Ce vase avait été néanmoins arrosé avec le même
soin et avec la même eau bien pure dont on s'était servi pour arroser le
cresson. Celle-ci, bien différente de la première, appartient aux Algues
filamenteuses de la tribu des Leptothricées, assez voisine des Nostocinées ;
c'est même un véritable Leptothrix (i). _
» L'espèce, que je crois nouvelle, quoiqu'il soit bien difficile de trouver
des caractères certains propres à signaler des différences spécifiques dans
ces infiniment petits, se présente à l'œil nu sous forme d'un velouté du
plus beau vert étalé sur toute la surface du sable qui remplissait le vase
à fleurs, et qui en relie entre eux tous les grains, de manière à en former
une sorte de croûte assez solide et résistante pour être soulevée dans son
entier.
» Ce velouté est formé d'un nombre infini de filaments dressés, cvlin-
driques, de la plus excessive ténuité, paraissant continus même vus aux
plus forts grossissements, 800 diamètres par exemple, mais renfermant, vus
à la lumière oblique, une série de globules espacés et incolores comme
eux. Ces filaments ont une longueur qui ne dépasse guère de 6 à 8 cen-
tièmes de millimètre et un diamètre qui atteint à peine o mm ,ooi5. Les
(t) Leptothkix AGGLDTiNâKS, Montg. : strato mucoso tenui lœte viridivelutino, siceitate
nitido agglutinante , filis continuis erectis tenuissimis Jlexuosis , 6-8 centimill. longis, diame-
tro o mm ,ooi5 œquantibus, globulos hyalinos laxe seriatos, non nisi augmente maxîmo luce-
que oblique, reflexa conspicups includentibus. — Hab. In solo arenaceo haud inseminato at
aqua purissima assidue irrigato.
Je ne connais aucune espèce congénère que je puisse comparer à celle-ci, ni avec laquelle
elle puisse être confondue, si l'on pèse bien toutes les circonstances qui accompagnent sa vé-
gétation. Je ne vois en effet dans le Species Algarum de M. Kûtzing que les L. lutea, L. lurida
etL. tenuissima dont les filaments soient aussi remarquablement déliés. Mais des deux pre-
miers, l'un se distingue sur-le-champ par sa couleur jaune d'or tirant sur le brun, l'autre 1
par sa couleur améthyste, tous deux par l'habitat. Reste donc le L, tenuissima, qui se
rapproche encore du nôtre par la couleur, mais qui, si nous en jugeons par la figure
(voyez Tab. phycol. Band I, t. 65, f. III), car les exemplaires authentiqués nous
manquent, s'en éloignerait suffisamment pourtant, moins encore par son habitat sur les
vieux troncs da Tilleul que par l'absence de ces deux caractères que j'ai eu soin de mettre
en relief dans ma description et ma diagnose : i° la mucosité qui" enduit les filaments et
détermine Jeur forte adhérence aux grains de sable ; 2° les globules sériés qu'ils : renferment
dans leur tube.
( 7^3 )
globules ont à peu près cette dernière dimension , car ils semblent tou-
cher la paroi du tube par leur périphérie. On ne détache pas aisément
des grains de sable la couche mince des filaments qui les tapissent,
même après les avoir laissés quelque temps ramollir dans un peu d'eau
pure, ce qui parait tenir à une substance muqueuse dont ils sont comme
enduits. Quelque moyen que j'aie mis en usage, je n'ai pas été capable
de reconnaître de cloisons dans ces filaments. Il ne m'a pas été davantage
possible d'y constater une véritable ramification. Il y a bien une appa-
rence de division dans les filaments , mais elle n'est pas réelle et dépend
de ce que deux filaments accolés dans une partie de leur longueur se
séparent et s'écartent ensuite l'un de l'autre sous un angle plus ou moins
ouvert pour simuler un rameau ou une bifurcation. J'ai observé cela
dans beaucoup d'autres Algues et cherché déjà à prémunir les observateurs
novices contre cette cause d'erreur.
» Que si quelques personnes, trouvant étrange que je regarde ces deux Al-
gues comme nouvelles, me demandaient à quel titre je les tiens pour telles,
je leur répondrais que je ne prétends pas dire qu'elles le soient absolument,
ni, en d'autres termes, qu'elles soient le produit d'une création spontanée;
mais que cela signifie tout simplement qu'elles étaient inconnues, iudécri-
tes, parce qu'il est vraisemblable ou quelles étaient restées inobservées
jusqu'ici, ou, ce qui revient au même, qu'elles avaient peut-être été vues
par des personnes qui n'en avaient tenu aucun compte. Combien de plantes
plus élevées dans la série végétale se révèlent encore journellement à nos
yeux, qui, ne s'étant jamais auparavant montrées dans les contrées le plus
minutieusement explorées, ne sont nouvelles qu'au même titre!
» Quant à la distinction des espèces végétales entre elles, c'est là une
question si ardue, si abstraite, même quand il s'agit de plantes cotylédo-
nées, où les organes appendiculaires et l'appareil de la fleur et du fruit four-
nissent pourtant de bons et solides caractères, qu'on voudra bien me dis-
penser de la discuter à l'occasion de ces plantes cellulaires, où elle est en-
' core bien plus controversable et controversée, et me permettre de renvoyer
à l'excellent travail sur ce sujet publié par notre savant confrère, M. Che-
vreul, d'abord dans le Journal des Savants (décembre 1840), puis dans les
Annales des Sciences naturelles (3 e série, tome VI, page 142).
» Je devrais peut-être, en finissant, m' excuser d'avoir occupé l'Acadé-
mie si longtemps de deux humbles plantes microscopiques, coordonnées sans
doute avec le reste de la création, mais inutiles à l'homme qui n'estime
(764)
guère les choses qu'en raison du degré d'utilité prochaine qu'il espère en
retirer. Toutefois, le naturaliste doit se laisser guider par d'autres principes
que le vulgaire, Sollicité par l'appel de notre savant confrère, j'ai pensé
qu'il était de mon devoir de ne pas me borner à donner ici le nom et le si-
gnalement de ces plantes, mais d'exposer quel est, à l'époque actuelle, l'état
de nos connaissances à l'égard de la multiplication des Nostocs, plantes
encore si ambiguës, si litigieuses, et qui par cela même méritent d'attirer de
nouveau l'attention des observateurs (r), »
zoologie. — Espèces nouvelles d'Oiseaux d'Asie et d'Amérique, et ta-
bleaux paralléliques des Pélagiens ou Gavi,œ; par Monseigneur 1 le
prince Gh. Bonaparte.
« Le Muséum vient de recevoir de M. Levraud, consul de France à
Caraccas, une collection presque complète des Oiseaux de cette province.
Il serait très-important pour la géographie zoologique qu'un catalogue dé-
taillé en fût publié. Au moment surtout où M. Sclater, d'Oxford , vient de
nous faire si bien connaître les richesses ornithologiques des hautes régions
de Santa-Fé-de-Bogota , la comparaison de ces volatiles avec ceux des
plaines de Garthagène ne peut manquer d'offrir d'intéressants résultats.
» Cette collection est remarquable surtout par le nombre et la beauté de
ses Oiseaux de proie, dont elle contient plusieurs exemplaires très-rares en
plumage non décrit. Elle nous offre aussi des espèces entièrement nou-
velles dans les divers ordres. Nous n'avons pu résister à la tentation d'é-
tablir dès à présent une Tourterelle , qui vient enrichir comme troisième
espèce le genre Pemtera de nos Zéîuidiens.
» C'est M. le docteur Pucheran qui nous l'a signalé, comme il l'avait
déjà fait pour un nouveau Perroquet de la même collection à M. de Souancé
qui vient de le nommer Myiopsitta tigbina.
(i) Consultez encore deux Notes de M. Itzigsohn : Die Nastoc-Diamorphose (sur la Dia-r
morphose des Nostocs), Bot. Zeit. i853, n" 47, p. 817 ; VPie verhdlt sich Collema zu Nos-
toc, etc. ( quel rapport y a-t-il entre le Collema et le Nostoc, etc.) ibid. i854, a° 3o, p. 5%i ;
et en outre Skizzen zu einer Lebengeschichte des Hapalosiphon Braunii ( Esquisse d'une bio-
logie de V Hapalosiphon Braunii, dans les Nop. Act. Acad. Nat. Curios, Bonn. i855,
vol. X.XY, P. I.); enfin une Dissertation inaugurale de M. L. Fischer, professeur de bota-
nique à Berne, sous le titre de Beytrdge zur Kenntniss der Nostoehaceen.
( ?65 )
» Notre jolie Tourterelle ne différant que par la poitrine de celle dédiée
par Temminck à notre grand zoologiste Geoffroy-Saint-Hilaire, nous nous
félicitons de pouvoir l'intituler : Peristera mondetoura , Simillima P.
Geoffroyi, sed pectore purpureo-castaneo, en l'honneur de sa veuve,
M me Pauline Mondétour, dont les vertus et le noble caractère digne
des anciens temps sont à la hauteur de la gloire scientifique de son
mari.
» M. Lefèvre, l'habile taxidermiste, d'après lequel a été nommée en
Allemagne la Sula qui porte ce nom, m'a communiqué, pour en avoir les
déterminations, une petite collection d'animaux recueillis en Palestine par
M. le duc de Vallombrosa. Malgré les croisades et les pèlerinages des chré-
tiens, la zoologie de la Terre-Sainte ne nous est pas mieux connue que celle
de la Mecque. Je n'en veux d'autre preuve que cette collection. Parmi des
Sciurus syriacus, des Ammoperdix hejri tués dans les jardins même de
Damas; avec des Gavia bvunnelceps , des Cerjle rudis, etc., j'ai, à mon
grand étonnement , trouvé plusieurs espèces appartenant à des genres ré-
putés étrangers à ces climats, et dont trois ou quatre paraissent même nou-
velles pour la science. Ce sont :
» 1. Un Souimanga très-brillant des plaines de Jéricho, que je nomme-
rai Gynnyris osea, Bp. Virïdi-smaragdina , in j route , in pectore , et in
uropygio cœrulans; subtus fuliginnsa penicillis utrinque duobus, primo
rubro , alterojlavo.
» Il ressemble au maratlensis : sa femelle est grise comme celle de l'es-
pèce figurée par Ehrenberg dans ses Sjmbolœ phjsicœ.
» 2. Un Crateropus qui se rencontre sur les bords du lac de Tibériade,
près de Nazareth : d'un, gris pâle d'acier , sans aucune teinte rousse ou
verdâtre comme dans le Cr. acaciœ et le Cr. squamiceps : blanc-roussâtre
en dessous, les plumes de la tête écaillées, brunes au milieu, lisérées de blan-
châtre, comme dans ce dernier. Il diffère, par sa coloration et par son bec
entièrement noir, de l'oiseau découvert par Rûppel en Arabie, et figuré
par lui PI. XII de son Atlas. Lesson en fait le type de son genre Argya.
Nous nommons notre espèce Crateropus chalybeus.
» 3. Un Ixos ou Pycnonotus , différent du véritable nigricans venant
d'Afrique , mais peut-être identique avec le xanthopygios , Ehrenberg, d'A-
rabie, qu'on lui rapporte ordinairement comme synonyme. Une petite mo-
nographie de ces Ixodés si semblables serait indispensable pour bien faire
a R., i856, I er Semestre. (T. XL1I, N° 17.) I" 1
( 7 66 )
distinguer surtout les espèces qui se représentent réciproquement eu Asie,
en Afrique et dans les îles Malaisiennes. La nôtre, commune dans les jardina
de Jaffa, où son chant harmonieux l'a fait croire aussi le Boulboid est
remarquable par ce qui suit : le noir de sa tête, qui s'étend sur la gorge-,
est très-hien défini quoique peu prolongé supérieurement, et tranche àvee
le gris uniforme de la nuque, de la poitrine et des flancs, qui ne tend ni au
roux, ni au noirâtre, ni au blanchâtre, comme dans les espèces voisines;
Le sous-queue est d'un beau jaune-serin. Si, contre notre attente , eet Ixos
différait du xanthopygios , que nous ne possédons pas d'Arabie, on pour-
rait le nommer Ixos vallombtvsœ, du nom du noble personnage auquel la
science en serait redevable. : . -•-.'. " ;
» Ixos cinereus, subtm albo-gnseus, crissa Jtavissimo : pileo, genis, <*«-
hque nigerrimis, cauda nigricante obsolète faseiolata , apîce grisescmt^
» 4. Une Saxicola typique tuée sur la montagne de la Quarantaine près
Jéricho. Elle est remarquable par son sous-queue couleur de cannelle. _
» JVigra; pileo, tergo latissime, pectore, abdomine, remigibusque interne
albis ,- crissa cinnamomeo : cauda alba, apicem versus, in rectricibus mediis
a medio, nigris.
» Elle est fort voisine d'une des espèces crues nouvelles par M/'dé-Mul-
ler; mais dans tous les cas elle nous semble devoir être rapportée à la Saoc
erythram, Ehrenb., sans tenir compte du doute que ce puisse être un hy-
bride entre S. œnanihe et S. lugens !
» 5. Un petit Saxiçolien, également des plaines de Jéricho, le plus dé-
licatement formé de tous, à bec qui serait grêle même parmi les Syhiem
dont il se rapproche considérablement. Je le publierai comme type du genre
Cercomela, dont fera partie à cause de ses tarses Sylvia ïypura, Ehr. sinon
Saxicola melanura, Rùpp., qui lui ressemble tant. Dès à présent, je lui
donne le nom spécifique d'ASTHEMA. Cinerea; subtus albida : cauda cum
tectncibus superioribus nigerrimis : rosira a basi gracili, ex toto niger-
nmo.
^ » Le nom de Passer alpicola,VÛ\., appartient à la nouvelle espèce de
Gould, du Caucase {MontifringîLla leucura), indiquée par moi dans ces
Coniptes rendus, et non pas à l'espèce européenne des Alpes, quoique le-
dit Palias cite k figure de Brisson qui représente la véritable Montifr. niva^
Us. Le nouveau nom devient donc-inutile.
» Lanius lugubris, Hartl. Mus. Lugd. ex China, ne peut être autre chose
( 7 G 7 )
que Lanius infuscatus, Less., dont le type enfumé se conserve au Musée de
Paris.
» Les trois Roitelets si semblables, deux d'Europe, un de l'Amérique
septentrionale, ne sont pas les seuls que comprenne ce petit genre restreint.
Outre le R. maderensis que décrit M. Harcourt dans les Proceedings de la
Société zoologique de Londres pour i854, outre le R. japonicus, si difficile
à distinguer du R. cristatus d'Europe, il s'en trouve une cinquième espèce
dans l'Amérique du Sud. Et comme si ce fait seul ne renversait pas assez
les idées préconçues sur ce genre, le nouveau Regulus que nous nommons
d'après Gould R. surinamensis , de la localité où il a été recueilli, ressemble
encore plus aux espèces d'Europe qu'à celle de l'Amérique septentrionale,
dont il n'a pas la queue allongée.
» Cauda brevicula -.fronte concolore. SimiUimus cristato Europœ, nec
satrapse Americœ borealis.
» Les monts Himalaya nourrissent aussi une nouvelle espèce que Gould
va nous figurer dans ses Rirds of Asia, sous le nom de Reg. himalaj en-
sis.
» Similis cristato, sed major, rostro longiore et crista citrina vix au-
rantiaca, superciliis nigris latissimis.
» M. Hardy de Dieppe a aussi observé, à ce que je crois, quelque légère
différence de teintes dans le Roitelet du Kamtschatka qu'il faudra comparer
à Vhimalafensis.
» Je profite de cette occasion pour compléter mes tableaux comparatifs
et paralléliques des ordres des Pélagiens (Gavue) et des Ptiloptères. De
leur étude approfondie résultera une foule de faits nouveaux relatifs à la
classification, à la nomenclature, à la synonymie et aux divers rapports des
espèces. On y verra, par exemple, combien est peu fondée l'audacieuse as-
similation que voudrait faire M. Bruch de mon Procellarus neglectus avec
Blasipus heerrnanni! On y verra comme quoi le genre Thalassites, Sw.,
qui peut d'ailleurs être restreint à une seule espèce comme étendu à tous les
grands Sterniens à gros bec courbé, doit plutôt être rapporté au genre Sylo-
chelidon qu'à Phœtusa, puisque son type est Th. melanotis, Sw. On y
verra surtout que les Grèbes d'Amérique font subir un nouvel échec à la
fameuse théorie suivant laquelle tout être vivant se rapetisse et dégénère en
Amérique. En tout cas, pas plus que le Grèbe joue-gris , ce n'est certes ni
l'Homme ni le Héron. »
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( 777 )
RAPPORTS-
PHYSIQUE tebrestre. — Rapport sur un ouvrage manuscrit deM. Tchihatciief,
ayant pour titre : Études climatologiques sur l'Asie Mineure.
(Commissaires, MM. Élie de Beaumont, Decaisne, Becquerel rapporteur.)
« Quand une personne appartenant à une classe éJevée de la société aban-
donne pays, famille et dignités pour voyager dans l'intérêt des sciences
physiques et naturelles, réunir des observations, les coordonner et les pu-
blier à ses frais, les corps savants doivent accueillir favorablement l'ouvrage
dans lequel elles sont consignées, lors même qu'il ne fournirait que des
jalons devant servir de points de départ pour de nouvelles explorations.
Telle est la position où se trouve M. Tchihatehef vis-à-vis de l'Académie des
Sciences, à laquelle il vient de présenter un ouvrage manuscrit volumi-
neux ayant pour titre : Etudes climatologiques sur l'Jsie Mineure, lequel
a été renvoyé à une Commission composée de MM. Elie de Beaumont, De-
caisne et moi. Cet ouvrage, indépendamment des matériaux qu'il contient,
et dont l'utilité ne saurait être contestée, attendu qu'on n'a pas ou que très-
peu de données sur l'état climatérique de cette contrée, a un intérêt de cir-
constance, à raison des relations plus intimes qui vont s'établir entre l'Oc-
cident et l'Orient.
» Rien n'est plus difficile que de définir un climat, tant sont nombreux
les éléments que l'on doit prendre en considération. Ces éléments com-
prennent les phénomènes calorifiques, aqueux, lumineux, aériens et élec-
triques, la constitution et l'état physique du globe, etc., etc. La question est
donc des plus complexes. M. Tchihatehef, malgré les difficultés que pré-
sente cette question, a essayé de l'aborder à l'égard de l'Asie Mineure,
pendant un séjour de cinq années qu'il a fait dans cette contrée. Avant sou
départ de Paris, il s'était pourvu à cet effet de baromètres, de thermo-
mètres, d'hygromètres et de psychromètres construits par Bunten et com-
parés à ceux du Collège de France. Ces instruments ont été confiés ensuite
par lui à des personnes recommandables par leur position sociale, et qu'il
avait exercées préalablement à leur usage. Les observations barométriques,
hygrométriques et psychrométriques ont été discutées par MM. Rupfer et
Kreil.
» M» Tchihatehef a choisi pour lieux d'observations onze localités telles.
" ( 77» )■
que, réunies par des lignes, elles formaient un réseau embrassant l'Asie Mi-
neure. Ces onze localités sont : Constantinople, Trébizonde, Kaisaria, Tar-
sus, Smyrne, Chios, Brousse, Erzêroum, Erivan, Ouroumia et MossouL
» M. Tchib.atch.ef s'était réservé Constantinople, où les observations
étaient faites, pendant qu'il se transportait d'une station à une autre pour
surveiller les observations, par M. Noë, pharmacien attaché à l'Ecole mili-
taire. Les autres observateurs étaient MM. Gehringuer, consul d'Autriche
à Trébizonde; M. Suter, consul d'Angleterre à Kaisaria; M. Klaperton, con-
sul de la même nation à Tarsus : quant aux observations relatives aux
autres localités, M. Tchihatchef a pris celles de MM. Silleman et Dana, con-
signées dans Y American Journal oj Science and Arts (1846); celles qui se
trouvent dans les Comptes rendus de l'Académie des Sciences (présentées
par M. Elie de Beaumont) et dans les tableaux météorologiques de Mabl-
mann. Nous ajouterons enfin que M. Kreil avait fait faire en Autriche, dans
les localités les plus rapprochées de la Turquie d'Europe, des observations
barométriques aux mêmes heures que celles qui avaient lieu dans l'Asie
Mineure.
» Telles sont les sources où M. Tchihatchef a puisé pour présenter des
considérations sur les divers climats de cette contrée; mais les données
qu'elles lui ont fournies n'étant pas suffisantes pour caractériser les climats,
il a eu recours, à l'exemple de M. de Humboldt et d'autres voyageurs :
» i°. A la limite des neiges perpétuelles;
» 2 . A celle de la végétation arborescente ;
» 3°. Aux effets du déboisement ;
» 4°- A l'abondance des marécages.
» A l'aide des observations barométriques, thermométriques et psycho-
métriques, M. Tchihatchef a pu comparer entre eux les divers climats, et
ces derniers à ceux des localités de l'Europe, situées sous les mêmes lati-
tudes et dans des conditions semblables. Cette comparaison l'a conduit aux
conséquences suivantes :
» Constantinople. — Cette ville, malgré sa position, a plutôt un caractère
météorologique continental ou exclusif que maritime.
» Trébizonde. — Quoique la distance entre cette ville et Constantinople
soit peu considérable, que leurs latitudes et leurs altitudes présentent de très-
petites différences, et qu'il y ait une grande similitude entre leur tempéra-
ture moyenne annuelle, néanmoins leurs caractères climatologiques ont si
peu de ressemblance, qu'il y a sous ce rapport plus d'analogie entre Trébi-
( 779 )
zonde et les points de l'Europe les plus éloignés, qu'entre cette ville et
Constantinople.
» Kaisaria.. — Son climat peut être considéré comme étant relativement
plus doux et plus régulier que celui des localités de l'Asie Mineure situées
à l'est de cette ville, telles que Erzeroum, Erivan et Ouroumia.
« Tarsus. — Son climat paraît tenir à la fois du climat continental et du
climat marin ; aussi peut-on le qualifier de climat maritimo-continental.
» Brousse jouit comparativement d'un climat plus doux que Constanti-
nople, et beaucoup plus rigoureux que celui de Trébizonde.
» Smyrne. — Les différences considérables entre les maxima et lès mi-
nima absolus, et entre les moyennes de l'hiver et de l'été, rapprochent le
climat de Smyrne de celui de Constantinople et lui enlèvent également une
partie de son caractère maritime. Trébizonde, au contraire, diffère complè-
tement de Smyrne, et peut être considérée comme une localité maritime
relativement à l'autre, qui aurait un climat continental.
» Chios. — Cette île reproduit assez fidèlement les traits saillants du
climat de Smyrne : ce qui montre que le bras de mer qui la sépare de l'Asie
Mineure ne suffit pas pour lui donner le caractère insulaire, puisqu'il con-
serve celui du climat continental que possède celui de Smyrne.
» Erzeroum. — Sa température moyenne est plus forte que ne le ferait sup-
poser son altitude , ce qui tient aux chiffres très-élevés de ces moyennes de
l'été et du printemps; mais aussi sa moyenne de l'hiver est beaucoup plus
basse que celle des localités de l'Europe situées dans des conditions ana-
logues; elle est égale à celle du grand Saint-Bernard, dont la latitude est de
plus de 6 degrés au nord et l'altitude de 5ia mètres plus élevée. Il résulte
de là des différences énormes entre les moyennes des saisons et entre les
moyennes mensuelles extrêmes ; ainsi les différences entre les moyennes de
l'été et de l'hiver sont plus fortes qu'à Moscou.
» Erivan. — Les caractères de climat excessif y sont encore bien plus
prononcés qu'à Erzeroum; ils atteignent un degré inconnu en Europe,
puisque, outre les minima absolus de l'hiver, et les maxima absolus de l'été,
la différence atteint quelquefois 80 degrés.
» Ouroumia. — Cette ville paraît avoir un climat comparativement plus
froid que celui d'Erzeroum, mais beaucoup moins que celui d'Érivan, mal-
gré l'altitude bien moins considérable de cette dernière ville.
» Mossoul. — Sa température moyenne annuelle s'accorde assez bien
avec celle des localités de l'Europe ayant à peu près la même latitude,
tandis que sa moyenne esuvaïè(^3°,o6)n ? a point d'aûaîogné noû-sealemënt
en Europe, mais encore dans aucune des localités du globe ou l'on ait
observé; d'un autre côté, les hivers ne sont pas en; moyenne plus froids
qu'à Rome. ;~ ""'"!"'-' "
•> Limite des neiges éternelles dans ï 'Asie Mineure. — Suivant M. Tchi-
hatchef, sur le versant sud-ouest du mont Argée, les neiges perpétuelles
ne commencent qu'à 34ûo mètres; -elles ne constituent pas? de grandes-
nappes continues, mais se présentent seulement eii stries ou en lambeaux.
Leur limite paraît être fort élevée eu égard à leur latitude. En admet-
tant que 84 mètres en hauteur correspondent à ï degrede latitude, il
s^ensuivrait que le mont Argée remporterait sur la plupartdes montagnes de
l'Europe et de l' Amérique pour lanauteur à laquelle se trouve la limite des
neiges éternelles, et ne le céderait qu'aux grandes chaînes ùe : l'Asie Mineure,
où la limite dont il s'agit parait s'élever encore davantage. MM. Charles Kôch
et Vagner, qui ontévalué approximativement la limite des neiges* perpétuelles
dé quelques montagnes de l'Arménie* et du Pont,- ont reconnu également
qu'elle est remarquablement élevée relativement- à leur latitude^ ce qui
semblerait montrer, que ce phénomène est assez général dans la portion
orientale, et qu'il y règne un" degré assez prononcé desécheressê atmosphé-
rique. -''.". .-.-..-.__. -
» Limites supérieures dé la végétation arborescente; frutescente. — Ges
hmites n'ont pas été plus étudiées en Asie Mineure que celles dés neiges
perpétuelles; il faut "en excepter toutefois le mont Olympe, qui l'a été par
Siebthorp, Boè'ssier et surtout Griescbaeh, sous le rapport de la géographie
botanique. "Le mont Argée ne l'avait pas été avant M. Tchibatchef qui a
publié un aperçu de sa flore en i852, et auquel le Muséum d'Histoire natu-
relle doit un herbier précieux de cette contrée.
» La limite supérieure de la végétation arborescente sur le mont Olympe
est notablement plus basse que celle sur les montagnes de l'Europe situées
sous les mêmes latitudes ; sur le mont Argée ,~la végétation arborescente est
remplacée par des buissons dePopulus grceca, que l'on trouve jusqu'à en'
viron 2900 mètres. .
» Le Boulgardaghyen Cilicie, a sa limite supérieure de végétation arbo-
rescente aussi élevée que dans les montagnes de Grenade eirEspagne.
» Les monts Alaguet et Ararat, en Arménie, ont leurs limites supérieures
de végétation arborescente à peu près à la même hauteur que sur les mon-
tagnes de l'Europe situées sous les mêmes latitudes.
( 7 8i )
» Considérations sur le déboisement de l'Jsie Mineure. — L'Asie Mi-
neure manque de grandes forêts; on y trouve de vastes étendues de ter-
rains dépourvues de toute végétation arborescente et même frutescente.
On se demande dès lors s'il en a toujours été ainsi : de nombreux témoi-
gnages d'auteurs anciens prouvent que cette contrée était beaucoup plus
boisée qu'elle ne l'est aujourd'hui. Les progrès de la civilisation et les
guerres sont les causes de la destruction des forêts : du Gange à FEuphrate
et de l'Euphrate à la Méditerranée, sur une étendue de plus de mille lieues
en longueur; trois mille ans de guerre ont ravagé ces contrées; Ninive et
Babylone, si renommées par leur civilisation avancée, Palmyre et Balbeck
par leur magnificence, n'offrent plus aujourd'hui aux voyageurs que des
ruines, au milieu de déserts dans lesquels on ne rencontre plus que çà et
là des traces de cette riche végétation dont parlent les anciens. D'un autre
côté, le littoral septentrional de la mer Noire, du temps d'Hérodote, était
couvert de forêts, là où il n'en existe plus aujourd'hui.
» M. Tchihatchef pense que la destruction de toutes ces forêts a pu
exercer une certaine influence sur le climat de l'Asie Mineure, en abaissant
la moyenne estivale et relevant la moyenne hivernale ; il appuie son opi-
nion, à cet égard, sur plusieurs passages de Théophraste, dans lesquels ce
philosophe mentionne certains végétaux que le défaut de chaleur empêchait
jadis de prospérer, et qui viennent aujourd'hui parfaitement.
» M. Tchihatchef, en exprimant son opinion touchant l'influence exercée
sur la température par le déboisement de grandes étendues de forêts, aborde
une question qui est encore un sujet de discussion, et sur laquelle les
meilleurs esprits ne sont pas entièrement d'accord. En effet, MM. Arago et
Gay-Lussac, dans le sein de la Commission nommée en i836, pour exa-
miner s'il y avait lieu ou non de rapporter l'art. 219 du Code forestier,
s'exprimaient ainsi :
« Si l'on abattait un rideau de forêts sur la côte maritime de la Nor-
» mandie ou de la Bretagne, disait M. Arago, ces deux contrées devien-
» draient accessibles aux vents d'ouest, aux vents tempérés venant de la
» mer; de là une diminution dans le froid des hivers. Si une forêt toute
» pareille était défrichée sur la côte orientale de la France, le vent d'est
» glacial s'y propagerait plus fortement, et les hivers seraient plus rigou-
» reux. La destruction d'un rideau de bois aurait donc produit, çà et là,
» des effets diamétralement opposés. »
» M. Gay-Lussac tenait un langage bien différent :
C. E., i856, I er Semestre. (T. XLII, N° 17.) . IQ 3
( 7»» )
« A mon avis, disait-il, on n'a acquis jusqu'à présent aucune preuve po-
» sitive que les bois aient, par eux-mêmes, une influence réelle sur le climat
« d'une grande contrée ou d'une localité particulière. En examinant de
» près les effets du déboisement, on trouverait peut-être que, loin d'être
» un mal, c'est un bienfait ; mais ces questions sont tellement compliquées,
» quand on les examine sous le point de vue climatologique, que la solu-
» tion est très-difficile, pour ne pas dire impossible. »
» D'un autre côté, suivant M. de Humboldt, les forêts agissent sur le cli*
mat d'une contrée comme cause frigorifique, comme abris contre les vents
et comme servant à entretenir les eaux vives,
» Il n'est pas démontré encore que le déboisement sur une grande éten-
due de pays améliore la température moyenne. Cependant un grand nom-
bre d'observations tendent à le faire croire : nous citerons les observations
de Jefferson dans la Virginie et la Pensyivanie, celles beaucoup plus récentes
faites par MM. deHumboidt, Boussingault, Hall, Rivière et Roulin, sous les
tropiques, depuis le niveau de la mer jusqu'à des hauteurs où l'on trouve
des climats tempérés et polaires ; ces derniers ont reconnu que l'abondance
des forêts et l'humidité qui en résulte, tendent à refroidir le climat, et que
la sécheresse et l'aridité produisent un effet contraire. Il pourrait se faire
cependant que, la température moyenne restant la même, la répartition de la
chaleur dans le cours de l'année fût changée, et dans ce cas le climat se-
rait modifié. Mais, nous le répétons, on ne sait encore rien de bien cer-
tain touchant l'influence du déboisement sur la température dans les con-
trées situées hors des tropiques. L'influence des abris toutefois ne saurait
être contestée ; un grand nombre de faits le prouvent; nous en citerons un
seul : dans les marais Pontins, un bois interposé sur le passage d'un cour
rant d'air humide chargé de miasmes pestilentiels, préserve les parties qui
sont derrière elles, tandis que celles qui sont découvertes sont exposées aux
maladies. Les arbres sembleraient donc tamiser l'air infecté, en lui enlevant
les miasmes qu'il transporte. -
» M. Tchihatchef avance ensuite que le déboisement a eu pour effet le
développement des marécages, dont l'extension considérable est un des traits
caractéristiques de l'aspect de l'Asie Mineure. Il cite des témoignages irrécu-
sables d'auteurs anciens qui prouvent que de leurs temps les marécages qui
infectent aujourd'hui l'Asie Mineure, n'étaient pas aussi étendus qu'ils le
sont actuellement. Ces auteurs ne signalent point, par exemple, les fièvres
paludiennes dans les régions que, ces affections rendent aujourd'hui inha-
bitables, et qui étaient jadis couvertes de cités florissantes.
( 783)
» L'opinion émise par M. Tchihatchef touchant la production des maré-
cages à la suite de grands déboisements, se trouve confirmée par de nom-
breux exemples que l'un de nous a signalés dans un ouvrage sur les
climats,
» Vient-on à défricher une forêt à sous-sol imperméable sans cultiver le
sol, la terre n'offre plus qu'un accès difficile aux eaux pluviales, qui, ne pou-
vant plus s'infiltrer, restent dans les parties basses. Le pays devient alors
marécageux et malsain, et les habitants sont en proie aux fièvres paludien-
nes. C'est ce qui est arrivé à la Sologne, à la Brenne, à la Dombe, à la
Bresse, etc., à la suite de grands déboisements.
» Des documents authentiques prouvent, en effet, qu'il y a mille ans la
Brenne était couverte de forêts entrecoupées de prairies arrosées d'eaux
courantes et vives, qu'elle était renommée par la fertilité de ses pâturages
et la douceur de son climat. Aujourd'hui il n'en est plus ainsi, le pays est
devenu marécageux et malsain .
» M. Tchihatchef a consigné dans un tableau (voir ci-après page 785)
qui a très-peu d'étendue, le résumé des principales observations météoro-
logiques faites dans les onze localités qu'il a prises pour observatoires.
Ces observations ne suffisant pas pour donner une idée générale de la
climatologie de l'Asie Mineure, M. Tchihatchef a réuni encore dans son
ouvrage divers documents relatifs à des observations météorologiques faites
sur différents points de cette contrée et ayant de l'analogie sous le rapport
de l'altitude et de la latitude avec les stations qu'il avait choisies. En réu>
nissant tous ces documents et les comparant entre eux, il est arrivé aux con-
séquences suivantes, qui ne pourront manquer d'intéresser l'Académie, si
de nouvelles observations surtout viennent en confirmer l'exactitude.
» Le littoral septentrional de l'Asie Mineure peut être divisé en deux
parties distinctes: l'une est comprise entre Constantinople et Sinope et par-
ticipe du climat de la première ville ; c'est pour cette raison que M. Tchi-
hatchef la désigne sous la dénomination de région byzantine ; l'autre est
comprise entre Sinope et l'échancrure orientale de la mer Noire et jouit d'un
climat auquel celui de Trébizonde sert de type. M. Tchihatchef appelle
cette région, région trapézienne.
» Les côtes occidentales et méridionales de l'Asie Mineure paraissent en
général avoir des hivers plus froids, des étés plus chauds et un degré d'hu-
midité relative plus élevé que les régions littorales de l'Europe placées sous
des latitudes correspondantes. Le nombre et l'élévation des montagnes et
des plateaux abaissent tellement la température moyenne de l'Asie Mineure,
io3.c
^fj' 's
( 784 ) . . .. ;
que, bien que située dans une zone éminemment tempérée et possédant
même des points à température tropicale, l'ensemble de cette péninsule
possède un climat boréal j^en effet, la température moyenne,annuelle nie s'é-
lève pas probablement au-dessus de 1 2 degrés ; la moyenne hivernale est de
4 Q ,8 et la moyenne estivale est de 22°,6.
» Les régions centrales ont pour caractère spécial un grand degré de sé-
cheresse atmosphérique qui offre un contraste frappant avec l'humidité re-
lative des côtes.
» L'influence de la latitude sur la température moyenne est beaucoup
plus prononcée en Asie Mineure qu'en Europe.
» Les considérations que M. Tchihatchef a présentées sur les climats de
l'Asie Mineure et dont nous venons de rendre compte, ne reposent pas
toutes, comme lui-même le reconnaît, sur des bases solidement établies,
vu le petit nombre de localités où les observations ont été faites; mais elles
suffisent néanmoins pour donner une idée générale de ces climats, dont
quelques-uns sont exceptionnels. : . / . _ "~
» Quand on songe que M. Tchihatchef, pendant les cinq années qu'il a
séjourné en Orient, s'est occupé non-seulement de physique terrestre, mais en-
core des diverses branches des sciences naturelles, comme on peut en juger
par les diverses collections qu'il a envoyées à des établissements publics,
qu'il a tout fait avec ses propres ressources, ainsi que la publication de ses
travaux pour laquelle il s'est adjoint des artistes distingués, comme on peut
en juger en jetant les yeux sur la carte de PAsieMineure que nous présentons,
l'Académie n'hésitera pas, nous le pensons, à reconnaître que M. Tchi-
hatchef, bien qu'il n'ait pu faire ni discuter par lui-même toutes les observa-
tions dont nous venons d'exposer toutes les conséquences, doit être néan-
moins regardé comme le promoteur ou l'âme du voyage scientifique qu'il a
-entrepris dans l'intérieur de l'Asie Mineure ; aussi votre Commission vous
propose- t-elle d'approuver la direction qu'il a donnée à ses travaux et de le
remercier de son désintéressement et de son dévouement pour l'avancement
des sciences physiques. » - - ....-.' ^_ .
Les conclusions de ce Rapport sont adoptées.
(785)
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§ 11
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A la suite de cettalecture, M. Elbe de Beabmont rappelle que le travail
actuel de M. P. de Tchihatchef "n'est qu'un fragment du grand OUvrâge
qu'il prépare sur l'Asie Mineure, dont il a déjà publié la p'artie géogra-
phique et qw comprend aussi d'importantes observations géologiques et
botaniques.
.-■■-.-' TVOMINATIONS.-
L'Académie procède, par la voie du scrutin, à la nomination d'un Membre
qui occupera, dans la Section de Géométrie, la place vacante par la mort
de M. Sturm.
Au premier tour de scrutin , le nombre des votants étant 54 , ;
M. Bertrand obtient. .... . 46 suffrages.
M. Puiseux. . . - . •- • • • • 7
M. Hermite. . i
M. Bertrand, ayant réuni la majorité absolue des suffrages, est pro-
clamé élu. . _ _._.„- ..._-._•
Sa nomination sera soumise à l'approbation de l'Empereur.
MÉMOIRES PRÉSENTÉS.
BOTANIQUE. — De la distribution géographique des Urticées; par
H. -A. Weddeia.
" (Renvoi à l'examen de la Section de Botanique.)
« Bien que parmi les, Urticées il y ait plusieurs espèces qui accompa-
gnent l'homme dans ses migrations et se propagent en abondance autour
des lieux où il a établi son habitation, le nombre de ces espèces est si
minime, comparé à la somme totale de celles qui constituent la famille,
que la généralisation de faits semblables entraînerait à des idées très-fausses.
Ce qui, en effet, est vrai et même seulement dans de certaines limites pour
deuxou trois espèces vulgaires que nous foulons aux pieds sur notre con-
tinent, ne l'est plus quand nous étudions le véritable domaine des Urticées,
la zone iriter tropicale. Là aussi, sans doute, on rencontre quelques espèces
largement répandues, mais l'immense majorité obéit au contraire à des lois
de distribution relativement sévères. L'Europe, nous le verrons, est de
( 787 )
toutes les parties du monde la plus pauvre en espèces d'Urticées; mais
aussi faut-il ajouter que ce qu'elle perd sous le rapport de la variété, elle
le compense en partie par la multiplicité des individus; de sorte qu'il n'y
a peut-être pas beaucoup d'exagération à dire que les cinq ou six espèces
d'Orties et de Pariétaires qui pullulent autour de nos demeures, couvrent
presque autant de terrain que les nombreuses espèces répandues sous les
climats équatoriaux. C'est assez dire que ces Orties, si abondantes chez
nous, ne conservent pas, dans tous les pays où elles sont transportées, leur
nuisible fécondité, et que la réputation de cosmopolitisme ou d'ubiquité
qu'on leur a accordée un peu légèrement, ainsi que l'a fort bien constaté
M. de Candolle, est pour le moins exagérée. Le genre Urtica possède, il
est vrai, des représentants sur beaucoup de points du globe, mais les es-
pèces qui le composent sont, à strictement parler, des habitants des régions
tempérées ou froides ; et on les voit à ce titre préférer, dans les deux hémi-
sphères, les lieux où elles rencontrent la température qui leur convient, on
bien apparaître dans les montagnes, au niveau où elles se trouvent dans
des conditions semblables. Pour n'en citer qu'un exemple, V Urtica ma-
geUanica (Poiret) que Commerson observa le premier dans la Terre-de-Feu.
sous le 56 e degré de latitude, se retrouve dans le sud du Chili, sous un cid
encore tempéré ; puis se montre au Pérou, sur ces échelons de la Cordil-
lère où la température est analogue, et paraît enfin presque sous l'équa-
teur, sur le plateau de Bogota.
» Ce même genre nous offre encore dans les Urtica arens et austrcdis
(Hook. fil.) les espèces d'Urticées qui se rapprochent le plus des pôles, et
dans les U. hyperborea (Jacquemont ) et andicola ( Wedd. ), celles qui at-
teignent à la plus grande élévation au-dessus du niveau de la mer : la pre-
mière ayant été d'abord rencontrée par Jacquemont, dans l'Himalaya
occidental, au-dessus de 5ooo mètres, et la seconde par moi-même, dans
les Andes péruviennes, au-dessus de 45oo mètres. Il n'est pas douteux
enfin que les U. urens et dioica ne doivent être regardées comme les es-
pèces dont la diffusion à la surface du globe est la plus considérable, si elle
n'est dépassée par celle du Parietaria debilis (Forster). Cette dernière,
même en en séparant le P. lusitanica, n'en est pas moins une des plantes
phanérogames dont l'aire est la plus vaste ; et sa diffusion géographique est
d'autant plus intéressante à constater que la coopération de l'homme paraît
n'y avoir été pour rien. Quelque graude d'ailleurs que soit l'aire qu'elle
occupe, elle ne dépasse probablement pas de beaucoup la moitié de la sur-
face du globe, et offre par conséquent un exemple de plus à l'appui de
(788)
l'opinion de M. Alph. de Candolle, qui limite à cette étendue ce que l'on
est convenu d'appeler le .cosmopolitisme des plantes.
» Si l'on écarte maintenant les deux genres dont il vient d'être question,
nous voyons que tous les autres, au nombre d'environ 34, sont essentielle-
ment intertropicaux ou subtropicaux, et que c'est en quelque sorte acciden-
tellement que, dans l'un ou l'autre continent, on en voit apparaître quelque
espèce isolée sous des latitudes tempérées, servant en quelque sorte de
sentinelle avancée à ses sœurs de la zone torride. Ainsi l'Asie nous montre,
au nord du 3o e degré, quelques espèces des genres Boehrneria, Elatostema
et Debregeasia, et dans l'Amérique du Nord nous voyons le Boehrneria
cjlindrica (Willd.), le Pilea purnila (A. Gr.) et le Laportea canadensis
(Gehd.), porter bien loin de leur foyer .naturel les limites géographiques
de groupes essentiellement tropicaux. Deux de ces Urticées, appartenant
l'une et l'autre au genre Boehrneria, méritent encore d'être étudiées à un
autre point de vue : elles présentent, en effet, des exemples remarquables
d'aires longuement étendues du nord au sud, embrassant des latitudes très-
différentes et vivant par conséquent dans des conditions de température
bien plus variées que celles qu'une même organisation végétale peut ordi-
nairement supporter. L'une de ces plantes est le B. cjlindrica, dont l'ha-
bitation s'étend du Canada jusqu'au delà du tropique du Capricorne?
l'autre est le B. nivea que nous voyons s'accommoder également bien du
ciel tempéré du Japon ou du nord de la Chine , et des chaleurs de l'Asie
tropicale.
» Ces exemples de grande diffusion de certaines espèces font naturelle-
ment supposer que celle des genres est souvent considérable -, il en est ainsi,
en effet, puisque sur les trente-six genres qui constituent la famille, on en
compte vingt qui ne sont pas limités à une seule partie du monde. Les seize
autres, dont plusieurs sont monotypes, occupent des aires de moindre éten-
due, et cinq ou six d'entre eux sont propres à des flores insulaires. Il est à
remarquer, d'autre part, que plusieurs des genres qui sont représentés sur
deux continents le doivent à la disjonction de quelqu'une de leurs espèces :
une espèce végétale est disjointe, suivant M. de Candolle, quand les indi-
vidus qui la composent se trouvent répartis « entre deux ou plusieurs pays
séparés, « sans cependant que l'espèce puisse « être envisagée comme ayant
été transportée de l'un à l'autre. » Je signalerai comme se conformant, en
apparence du moins, à cette définition le Lecanthus Wightii (Wedd.), le
Girardinia condensata (ejusd.), le Debregeasia hjpoleuca (ejusd.) et le Dro-
guetia urticoides (ejusd.) , plantes toutes indigènes de la péninsule de l'Inde,
(789)
et que j'ai retrouvées dans les collections envoyées de l'Abyssinie par
M. Schimper.
» Quant à la distribution numérique des Urticées dans les différentes
parties du monde, je me contenterai de dire que, sur cinq cents espèces,
nombre approximatif de celles qui sont connues,- le nouveau monde en
compte environ un tiers, l'Asie avec la Malaisie un autre tiers, et l'Océanie
et V Afrique, à parts égales, les neuf dixièmes du tiers restant. L'Europe n'en
revendique qu'une douzaine d'espèces.
» Un des points les plus intéressants, il me semble, à constater dans cette
distribution, c'est l'inégale répartition des espèces entre les continents et les
îles : effectivement, la proportion entre les Urticées et les autres phanéro-
games, dans les archipels équatoriaux, est souvent de 5 à 6 pour 100, tan-
dis que, sur les continents voisins, cette proportion n'est plus que de 2
pour 100. Ces données permettraient presque d'assigner à priori aux Urti-
cées un double foyer d'irradiation : l'un au nouveau monde, dans les An-
tilles; le second dans l'ancien, parmi les îles de l'archipel Indien : hypothèse
que la flore de ces foyers viendrait pleinement confirmer.
» Que si, enfin, nous comparons les chiffres donnés plus haut avec ceux
que fournit l'examen des groupes voisins , nous voyons que les Artocarpées,
par exemple, sont réparties, entre les deux mondes, à peu près dans la
même proportion que les Urticées elles-mêmes. Cependant parmi les vingt
genres qui constituent cette dernière famille, il n'en est qu'un qui soit com-
mun à l'ancien et au nouveau continent : c'est le genre Ficus, qui com-
prend à lui seul près de quatre cent cinquante espèces, c'est-à-dire environ
les trois quarts de la somme totale des Artocarpées, aujourd'hui connues. La
répartition des Ulmacées entre l'Amérique et notre continent est peut-être
encore plus comparable à celle des Urticées ; et les genres communs aux deux
mondes y sont relativement très-nombreux. Les Morées et le petit groupe
des Cannabinées font seuls exception à la règle : les premières, grâce au
genre Dorstenia, étant très-évidemment en majorité en Amérique, et le
second appartenant, au contraire, exclusivement à l'ancien continent.
» L'Europe en particulier n'a reçu en partage des quatre familles dont il
vient d'être question que six plantes différentes, à savoir : le Houblon et cinq
espèces d'Ormes ou de Micocouliers. Celles-ci, ajoutées aux Urticées vraies,
permettent à peine à cette partie du monde de compter dans sa flore plus
de vingt types distincts ou soit un soixantième parmi les treize cents espèces
qui composent l'ordre tout entier des Urticées.
C. R., i856, 1" Semestre. (T. XLH, N° 17.) Iû4
( m )
» On trouvera^si je m'abuse, dans? les comparaisons que- je viensrd'éta-
Blir, dé nouvelles preuve de l'étroite affinité qui unit entre eux les divers
groupes de plantes dont je me suis occupé. » j ■,-.-'
physiologie végétale. ^-Recherches expérimentales sur lés rapports
. des plantes avec T humidité atmosphérique (deuxième partie). Rapports
des plantes, avec Veau qui mouille leur surface aérienne ; par
M. P. Dpchartke. (Extrait par l'auteur.) '""'.- ^ '-.-'-' '
(Renvoi à l'examen de- la Section de Botanique, )
« Ce Mémoire est divise en deux chapitres relatifs, le premier à l'absorp-
tion de Teau par ; les feuilles , "le second à celle du même liquide par les
racines aériennes, - . _
'"" »" Chapitré I. Absorption de l'eau par les feuilles. — Divers faits qu'on
a souvent occasion d'observer dans la nature , et dont je rapporte les plus
remarquables, semblent prouver que les feuilles ont la faculté d'absorber
l'eau qui les mouille. Eh outre, plusieurs expériences de Mariotte, de Haies,
de B-ûdolphi, de Knight, surtout celles de Bonnet, semblaient démontrer
directement la réalité de cette absorption. Cependant la plupart des physio-
logistes modernes ont contesté ou nié même l'existence de cette faculté
dans les feuillës,.pour la généralité dès cas, et ceux d'entre eux auxquels
on doit les grands Traités classiques de physiologie végétale, de Candolle r
M. Tréviranus, Meyën, ont explique les résultats obtenus par Bonnet, non
à l'aidé d'une absorption d'eau, mais par l'impossibilité où l'on avait mis
les" feuilles de transpirer. Il semblait donc y avoir un intérêt réel à ré-
péter ces expériences avec le secours de la balance ; c'est ce que j'ai fait
en prenant pour sujets différentes espèces de plantes. Parmi les obser-
vations que j'ai faites dans ce but, celles, au nombre de douze, que je
rapporte dans mon Mémoire semblent prouver que les feuilles mises en con-
tact avec l'eau, successivement par leurs deux faces, peuvent réellement ab-
sorber ce liquide par l'une d'elles, mais non généralement par l'autre,
puisqu'on les voit gagner du poids dans le premier cas et en perdre d'ordi-
naire dans le second".
» La réalité de cette puissance d'absorption accordée aux feuilles par la
nature, est encore démontrée par une autre série d'expériences rappor-
tées dans mon Mémoire. Des branches feuillées, dont la section avait été
soigneusement mastiquée, ont été plongées pendant quelque temps dans
( 79* )
l'eau. Elles ont également augmenté de poids/en proportions variables se*
Ion les espèces, ce qui ne peut encore être expliqué qu'au moyen d'une ab-
sorption d'eau opérée par la surface des feuilles.
» La conclusion générale que je crois pouvoir déduire de cette pre-
mière partie de mon travail, c'est que, si les feuilles sont dépourvues de
la faculté d'absorber la vapeur aqueuse répandue dans l'air, par com-
pensation elles possèdent celle d'absorber l'eau liquide qui les mouille
et qui, dans la nature, provient des pluies, de la condensation des brouil-
lards, de la rosée. Par là se trouve expliquée l'influence de ces phéno-
mènes météorologiques sur la végétation. Seulement l'eau introduite ainsi
dans les tissus par un acte principalement physique a beaucoup moins
d'importance pour la végétation que celle qui arrive dans les plantes par
la voie des racines.
)> Chapitre II. Absorption de Peau par les racines aériennes. — Les
expériences rapportées en détail dans ce chapitre ont porté sur plusieurs
pieds de Dendrobium moschatum et nobile, d'Epidendrum elongaturn,
d' Oncidium ampliatum, à' Oniithidium densijlorum, pour les Orchidées
épidendres, sur un Tillandsia pour les Broméliacées, enfin siir des pieds
nombreux de Spironema fragrans. Ces différentes observations m'ont
prouvé : i° que les plantes épiphytes peuvent très-bien végéter, développer
même avec vigueur des productions nouvelles, soit racines, soit tiges feuil-
lées, lorsqu'elles se trouvent isolées de tout corps et suspendues simplement
par un fil de plomb au milieu de l'atmosphère d'une serre, à la seule con-
dition d'être mouillées chaque jour avec de l'eau de pluie projetée sur leur
surface au moyen d'une seringue de jardinier; 2 que, traitées ainsi, elles
augmentent de poids dans des proportions diverses, quelquefois considé-
rables ; 3° que l'absorption d'eau qui entretient alors leur végétation est essen-
tiellement opérée par leurs racines aériennes et même par toute la surface de
ces organes. J'ai vu, en effet, entre autres faits plus ou moins démonstratifs,
un faisceau sans tige de racines d'un Dendrobium, enveloppées jusqu'à
l'extrémité par leur couche blanche cellulaire spéciale {Felamen, Schleid.),
non-seulement se conserver vivant, sous l'influence de seringages quoti-
diens faits avec de l'eau de pluie, mais encore donner naissance à une tige
feuillée vigoureuse qui nécessairement recevait de ces racines .toute l'eau
nécessaire à son développement.
» De ces expériences, réunies à celles qui étaient exposées dans mon pre-
mier Mémoire, j'ai cru pouvoir tirer la conséquence générale que la végé-
tation des plantes épiphytes, considérée relativement à l'eau, leur principal
104..
( 79 2 )
mais non unique aliment, doit être expliquée d'une autre manière qu'elle ne
l'a été généralement jusqu'à ce jour, et que l'eau liquide a pour elles toute
l'importance attribuée sans motifs suffisants à sa vapeur. J'ai cru pouvoir
conclure encore de ces expériences que, dans la culture de ces singuliers
végétaux, on a tort de compter autant qu'on l'a fait sur l'humidité de l'at-
mosphère des serres co m me devant contribuer à leur nutrition, et qu'on
doit reporter toute cette importance nutritive sur l'eau donnée en arrose-
ments et en seriugages. A. l'appui de ces conclusions qui découlent de l'en-
semble de mon travail, je cite l'exemple d'horticulteurs justement renommés
pour leur habileté dans la culture des Orchidées épiphytes, qui ont été
conduits par de longs tâtonnements à donner à ces plantes un traitement
en harmonie parfaite avec les résultats de mes observations.
» Ce second et dernier Mémoire se termine par quelques réflexions géné-
rales sur la végétation considérée au point de vue de l'eau nécessaire à son
entretien. »
ANATOMIE COMPARÉE DES végétaux. — Ordre des Orobanchées (deuxième
partie) ; par M. Ad. Chatin. (Extrait par l'auteur.)
(Renvoi à l'examen de la Section de Botanique.)
« J'ai exposé, dans un précédent Mémoire, l'anatomie des genres Oro-
banche et Phellpœa; le travail que j'ai l'honneur de présenter aujourd'hui
à l'Académie des Sciences porte sur l'anatomie des genres Conopholis,
Epiphegus, Clandestina , Lathrœa, Boschniakia , Mginetia et Hjo-
bançke.
- » Etant donnée la structure de tous les genres des Orobanchées dont les
plus nombreux ont été étudiés dans un certain nombre d'espèces choisies,
je recherche les rapports de celle-ci avec la classification générale de l'ordre,
considéré dans ses divers éléments, ce qui me conduit aux résultats sui-
vants :
, » Espèces. — Cette proposition, déjà formulée par nous plusieurs fois, savoir
que les petits caractères morphologiques sur lesquels repose la distinction
des espèces végétales se traduisent à l'intérieur par des modifications anato-
miques correspondantes, est pleinement confirmée par ce qui existe dans
les Orobanchées. C'est ainsi, par exemple, que le mode de groupement
des vaisseaux dans la couche ligneuse des tiges distingue bien les Oro-
banche cruenta, O. epithymum, O. atrorubens et O. Golii l'un de l'autre,
et que l' O. oruinosa diffère de ce dernier oar sa moelle à cellules ponctuées
( 793 )
et YO. arnethystea par ses tissus rayés d'une façon singulière. On ne dis-
tingue pas avec moins de facilité les uns des autres, par la disposition des
éléments des faisceaux fibro-vasculaires et par la nature des cellules du
parenchyme, les Phelipœa cœrulea, P. arenaria, P. ramosa et P. indica,
morphologiquement très-voisins, ainsi que les Anoplanthus uniflorus, A.
comosus et A. Biebersteinii.
» Çà et là on trouve, en comparant les espèces d'un même genre aujour-
d'hui reçu, des différences anatomiques qui sortent, par leur valeuF plus
grande, des simples différences spéci6ques. C'est ainsi que YOrobanche
arnethystea s'éloigne, par la structure des faisceaux de ses écailles, du type
de YOrobanche pour se rapprocher de celui du Phelipœa et des autres
genres de l'ordre, que le Phelipœa ramosa prend une place isolée par sa
couronne de vaisseaux avec laquelle coïncide le manque de trachées, de
stomates, etc., et que Y Anoplanthus comosus passe lui-même à la structure
des Rhinanthacées.
» Genres. — Les genres des Orobanchées se distinguent généralement
bien par leur anatomie.
» L'Orobanche a pour caractères ses tiges à vaisseaux formant une série
circulaire de paquets ou faisceaux au milieu d'une couche continue de fi-
bres ponctuées entourant dans les écailles un paquet de fibres minces.
» Le Phelipœa diffère de YOrobanche par des fibres minces placées en
dehors des paquets vasculaires de la tige et par les fibres, toutes minces et
non ponctuées, des faisceaux des écailles.
» Le Conopholis et YEpiphegus, que rapprochent morphologiquement
du Phelipœa leurs iractéoles, s'en éloignent beaucoup par l'existence de
communications médullaires qui isolent les faisceaux fibro-vasculaires de
leur tige. Ces deux genres ont d'ailleurs pour caractères propres : le Cono-
pholis, des faisceaux ligneux placés sur plusieurs lignes circulaires dans le
rhizome et la tige, etc.; YEpiphegus, la structure très-complexe de chacun
des faisceaux caulinaires, la disposition éparse des vaisseaux de ses écailles
et le manque de trachées.
» L' Anoplanthus est un composé anatomique de YOrobanche et du
Phelipœa ; il prend au premier la structure de sa tige et au second celle de
ses écailles.
» Le Clandestina et le Lathrœa, intimement rapprochés par leurs carac-
tères morphologiques, et anatomiquement par les singulières lacunes pa-
pillifères de leurs feuilles ainsi que par le manque de trachées dans leurs or-
ganes de végétation, se distinguent par les points suivants, auxquels on peut
( 7 794 )
â peine reconnaître ^ine valeur générique, Le Clamkstim '* ses suçoirs
fformés d'ailleurs comme dans le Lathrcsa d'un cône perSomniGêUëre
double à l'intérieur d'un cône vàsculaire) munis de replis préhenseurs, son
rhizome à vaisseaux isolés fit arrondis, sa tige à quatre paquets de vaisseaux
étendus circulairement et des stomates. Le Làthrœa, au contraire, a des su-
çoirs sans replis préhenseurs (?), les vaisseaux de son rhizome, nombreux,
eontigus, épais et polyédriques, les paquets vascnlaires de sa tige arrondis,
nombreux (douze ordinairement), et manque destomates. _• :
» Le Boschniakia, dont l'habitat subaquatique se reconnaît tout d abord
aux lacunes dont est criblé sou parenchyme, est bien caractérisé par sa
couche fibre-ligneuse que des rayons médullaires coupent en plusieurs seg-
ments au milieu de chacun desquels sont plusieurs paquets de vaisseaux et
par l'absence, dans les tiges, dé vaisseaux spiraux déroutables qui commen-
cent seulement à se montrer dans les écailles, i
» Enfin Ytâginetia et Y Hyobanche , genres qui prennent rang à la suite
des Orobanchées auxquelles ils tiennent par leur port, mais -dont ils s'écar-
tent par leur ovaire à deux loges, ont, avec de larges communications mé-
dullaires, des faisceaux dont la structure s'éloigne dexelle de tous les vrais
4-res de l'ordre. S'il est prouvé que leur ovaire soit typiquement à deux
fo^es on devra lesrapprocher de YEpirhyzanlhus, genre mis aussi.par plu-
sieurs botanistes près des Orobanchées, mais^ue sa structure anatomique^in-
didué, parallèlement a la composition de la fleur, comme le type d un ordre
intermédiaire aux Rhinantachées, aux Orobanchées et aux Gesnériacées.:
» Quanta l' Obolaria, laissé souvent encore avec les Orobanchées, son
anatomiele reporte définitivement parmi les Rhinanthacées.
■: «Les rapports anatomiques de Yordre des Orobanchées avec les ordres
voisins seront ultérieurement indiqués-, pour aujourd'hui, nous constatons
seulement que cet ordre se distingue bien en général de celui des Rhinan-
thacées par le groupement de l'élément vàsculaire en paquets offrant une
disposition symétrique donnée. »
économie rurale.' - De la description et de V amélioration des principales
- races françaises de Vespèce bovine; par M. J.-H. Ma*™. (Extrait par
l'auteur.)
(Renvoi à l'examen de la Section d'Économie rurale.)
« Nous résumons dans les propositions suivantes les principes émis dans
ce Mémoire, ainsi que les moyens d'amélioration que nous. avons -con-
seillés :
( 79 5 )
» ï°. Dans l'état actuel de notre économie rurale, iî n'y aurait aucun in-
térêt à élever des races exclusivement propres à donner un seul produit.
» 2°. Les diverses aptitudes que doivent posséder les animaux de l'espèce
bovine ne sont pas d'ailleurs exclusives les unes des autres.
» 3°. Tous les animaux très-bien conformés pour travailler et pour
donner du lait sont très-propres à s'engraisser, ou il suffirait, pour les rendre
tels, de les élever convenablement.
» 4°. L'aptitude à produire la graisse peut exister sur des animaux qui ne
sont aptes, ni à travailler, ni à donner du lait; mais cette aptitude résulte,
dans ce cas, d'un état de mollesse qu'il est rarement avantageux de pro- '
duire.
» 5°. La finesse de la tête, de l'encolure et des membres est une qualité
précieuse : elle indique que les animaux donneront une grande quantité de
viande de première qualité et beaucoup de viande relativement à leur
poids ; aussi, quoiqu'elle ne soit pas nécessaire pour constituer des bêtes
d'un engraissement facile et de bonnes vaches à lait, il importe beaucoup de
chercher à la produire, d'autant plus qu'elle ne saurait jamais être nuisible;
que c'est à tort que l'on considère généralement une tète forte et de gros
membres comme indispensables aux bonnes bêtes de travaiL '
» 6°. La finesse de la peau et du poil indique un tempérament lympha-
tique favorable à la production de la graisse ; mais elle est la conséquence
du mode d'élevage, du régime plus que de l'hérédité, et il ne faut cher-
cher à la produire qu'autant que l'on peut y parvenir sans faire perdre
aux animaux la vigueur qui leur est nécessaire, non-seulement pour tra-
vailler, mais encore pour résister au climat rude de la plupart de nos pro-
vinces, pour vivre dans des pâturages où la dépaissadce est pénible, et pour
se contenter d'une nourriture toujours médiocre et quelquefois mauvaise et
insuffisante.
» 7 . Toutes nos races peuvent être améliorées au point de vue de leur
destination à la boucherie, quant aux formes et quant au tempérament, à la
constitution.
» 8°. Les formes dans quelques-unes de nos races sont très-défectueuses.
Dans toutes, il serait avantageux de les perfectionner pour accroître le ren-
dement en viande nette et en viande de première qualité.
» 9 . La constitution graisseuse doit être produite avec prudence ; elle
pourrait nuire à l'aptitude au travail et à donner du lait. Elle se développe
naturellement toutes les fois que les animaux sont bien soignés, c'est-à-
dire sont soumis au régime perfectionné:, sans lequel elle est plus nuisible
qu'utile.
( 796 )
» io°. Nous pouvons communiquer à /nos races les conditions essen-
tielles des très-bonnes bêtes de boucherie, sans diminuer leur aptitude au
travail.
» 1 1°. Dans les bêtes bovines, dont la valeur dépend en grande partie
de la taille et du poids, le croisement des races ne peut être qu'un moyen
secondaire d'amélioration.
» 12°. Le croisement peut, sans être poussé très-loin, servir à imprimer
à des races des caractères indélébiles, et par conséquent à former des races
fixes.
» i3°. Quand on améliore une race par le croisement, le choix des re-
producteurs est de première nécessité.
» i4°. Une amélioration produite par le croisement se "conserve avec
autant de facilité que celle qui a étç produite par le régime.
» i5°. Plusieurs de nos races bovines, la Garonnaise, la Béarnaise,
YAriégeoise, celle à'Aubrac, celle de Salers, la Bressanne, la Limousine,
la Poitevine, doivent rester propres à travailler, mais il n'est pas nécessaire
de se préoccuper de leur amélioration à cet égard.
» i6°. Plusieurs races aujourd'hui employées au travail devraient dans
un temps assez, court né servir qu'à fournir du lait et de la viande ; nous
citerons : la Mancelle, la Maraichaine et la Comtoise jêmiline, en ajoutant
que la Normande, la Charolaise, la Comtoise tourache, sont en partie dans
le même cas.
» 1 7°. Toutes nos races doivent être améliorées au point de vue de la
boucherie et de la lactation.
» i8°. Au point de vue de la lactation, les races de Saint-Girons , de
Lourdes j de Salers, et à plus forte raison celles qui sont meilleures pour le
lait, doivent être perfectionnées par elles-mêmes; mais sans l'emploi du
croisement, il serait très-long et difficile d'améliorer la Mancelle, la Poite-
yine, la Maraichaine, la Limousine, la Charolaise ; les quatre premières de
ces races seraient avantageusement croisées avec la Flamande, la Hollan-
daise ou mieux la Normande et la Charolaise avec la Bressanne.
» 19 . Nos diverses races pourraient acquérir par le régime et le choix
des reproducteurs toute la perfection dans les formes et toute l'aptitude à
prendre la graisse qu'il serait avantageux de leur communiquer.
» ao .- Cependant le croisement avec la race Durham serait avantageux
sur les races Mancelle, Charolaise et Maraichaine; il en serait de même
pour les races Normande et Flamande, dans quelques-exploitations, dans
mtiHH0m!&tti*M.*?:-.
( 797 )
quelques communes même où l'on a plus d'intérêt à produire des bœufs
de boucherie que des vaches à lait.
» 2i°. Plusieurs races françaises peuvent être améliorées par le croise-
ment avec d'autres races indigènes : la Comtoise tourache avec la Comtoise
fémiline et la Bressanne ; ces deux dernières entre elles et avec la Tourache;
la Morvandelle et la Bourbonnaise avec la Charolaise ; la Gasconne avec la
Garonnaise; la Béarnaise avec la Bazadaise; la Maraichaine avec la
Poitevine.
» 22 . Plusieurs races doivent être améliorées par le croisement de leurs •
sous-races entre elles : sont dans ce cas les races Ariégeoise, Béarnaise,
Garonnaise, Poitevine, Bretonne.
» a3°. Enfin plusieurs doivent être améliorées exclusivement par elles-
mêmes, par le régime et par le choix des reproducteurs; telles sont les races
àtAubrac, de Salers, du Limousin, de la Bretagne, du Poitou et celles de
la Normandie et de la Flandre, là où l'on a intérêt à les conserver princi-
palement comme laitières. »
M. Perreactx prie l'Académie de vouloir bien faire examiner par une
Commission une machine à diviser qu'il lui présente.
Cette machine, destinée à l'Institut de Florence, et qui réunit toutes les
conditions voulues pour le pointillage des disques, la fente des engrenages
et la division des instruments astronomiques, est renvoyée à l'examen d'une
Commission composée de MM. Despretz, Morin, Combes.
M. Massart présente au concours, pour le prix de Médecine et de Chi-
rurgie de la fondation Montyon, un Mémoire intitulé : « Traité théorique
et pratique de l'angine de poitrine, d'après la découverte de son siège orga-
nique. »
( Renvoi à la future Commission des prix de Médecine et de Chirurgie. )
M. Millière adresse au concours pour le prix du legs Bréant une Note
sur le traitement du cholèra-morbus et sur les moyens supposés de nature
à empêcher l'apparition de la maladie dans un lieu menacé.
{Renvoi à l'examen de la Section de Médecine, constituée en Commission
spéciale pour le prix du legs Bréant.)
M. A. Morkl adresse de Montdidierun Mémoire intitulé : « Essais aéro-
C, R., i856, i« Semestre. (T. XLII, N° 17.) « o5
(798)
nautiques et hydrônautiques basés sur l'étude des organes des animaux qui
se meuvent daus l'air et dans l'eau. » • - ' -- - - •'• ' - '--"_' - '■'■'• --
J (Commissaires, MM. Serrés, Mîlne Edwards, Pîôb'èrL)"
-M-. Lecuerc communiqué un résultat nouveau de ses recherches concer-
nant les substancesqui agissent sur le sang veineux; il a constaté récemment
que le chyle rougit le sang veineux. „ . i , _
(Renvoi à l'examen des Commissaires précédemment nommés-."
MM. Flourens, Coste, Claude Bernard.)
CORRESPONDANCE. - ■: •'--■-'- -' -
M. le Ministre de L'IssTRtrcTioN pdbliqpé aecù&e réception -'d'une amplia*
tion du Rapport fait à l'Académie dans: la séance du io-coûrànt: sur la décou»
verte de la soude artificielle par Nicolas Le Blanc. Ce Rapport va être mis
sous les yeux de l'Empereur.
M. LE MtNÏSTRË DÉ l'AgRIÇCLTDRE,>C COMBIERCE ET DES TrÂVAÏTX PCRLICS
adresse cinquante-neuf exemplaires des tomes III et Ttl du Rapport de là
Commission française du jtMvy international de rExposilïofe ùniverseliéde
Londres. Ces exemplaires sont destinés aux différents Membres français otr
étrangers de L'Académie qui ne reçoivent ; pas Ikmvrâge' a d'aufrés-titrës-. " ;
M. Gerhardt, récemment nommé à une place de Correspondant pour la
Section de Chimie, adresse ses remercîments à t- Académie. '.'--'■'-■■'--
M. Chasles présente à l'Académie, de la part de M- Babbage^ Corres-
pondant de l'Institut, un écrit intitulé : Observations adressées à la S-oèïêtê
rojale de Londres } dans sa dernière séance annuelles à V occasion des Mé-
dailles décernées par la Société.
i « Cette allocution ; -diuil, a pour objet l'ingénieuse machine-Suédoise pour
le calcul et l'impression des Tables mathématiques par différences, dont
M. Babbage a entretenu l'Académie dans sa séance du 8 octobre i85'5 :
machine qui depuis a obtenu la médaille d'honneur à la grande Exposition
de l'industrie (i).
"(i) Sur leTlapport fait par M. Mathieu, au nom de la VIII e classe du jury international*
( 799 )
y> Dans cet écrit se trouve une courte Notice sur l'inventeur, M. Scheutz
et sur les difficultés qu'il a eu à surmonter pendant près de vingt ans, pour
accomplir cette œuvre qui se distingue de tous les essais tentés jusqu'à ce
jour, non-seulement en ce que la machine effectue immédiatement une série
d'opérations, mais surtout en ce qu'elle en fixe spontanément les résultats
par impression sur des lames de plomb.
» Dans des questions de cette nature, le jugement de M. Babbage, comme
lésait l'Académie, a d'autant plus de poids, qu'il est difficile de réunir tout
•à la fois, au même degré que lui, le savoir du géomètre et les connaissances
technologiques indispensables pour la conception et l'exécution effective
d'une machine de ce genre.
» On ne lit pas sans intérêt dans la Notice du célèbre Membre de la
Société royale quelques détails qui font connaître, en même temps que les
difficultés dont nous venons de parler, l'appui bienveillant que M. Scheutz
a trouvé près de la haute administration et du premier corps savant de son
pays.
« Après de longs sacrifices qui n'avaient pu suffire à l'accomplissement
» de son œuvre, M. Scheutz dut réclamer les secours de la Diète de
« Stockholm. La Diète voulut bien accorder une subvention devenue né-
» cessaire, à la condition toutefois d'une garantie. Ici nouvelle difficulté ;
» car, dans la circonstance, cette garantie, on le conçoit, présentait à'
» M. Scheutz plus de difficultés encore que l'invention de la machine. Si
» près du but, il se voyait donc au moment de renoncer à ses espérances
» et de perdre le fruit de tant d'années d'études et de travaux. Mais heu-
» reusement parmi les professeurs de l'Académie de Stockholm se trou-
» vaient non-seulement des hommes éclairés, mais des hommes de cœur,
» capables d'éprouver de la sympathie pour le mérite et la noble persévé-
» rance du savant mécanicien.
» A l'honneur durable de l'Académie de Stockholm, chaque membre,
» par un engagement personnel, s'empressa de concourir à la réalisation
» de la garantie réclamée. Aussitôt les travaux interrompus furent repris
» avec une nouvelle ardeur par MM. Scheutz père et fils, et la construction
» de l'admirable instrument fut terminée dans les délais prévus. La Diète
» voulut alors doubler l'allocation consentie et s'associer ainsi aux suffrages
» éclatants de l'Académie de Stockholm. »
io5.
( 800 )
Remarques de M. le baron Charles Dupes à V occasion de cette présentation.
« Quel que soit le mérite éminent de la machine à calculer de M. Scheutz,
je ne fais aucune difficulté.. d'admettre que 1 J usage de cette invention est
moins expéditif que des calculs accomplis par- les plus habiles calculateurs,
dans l'Observatoire de Paris. Mais dé là je me garderai de conclure qu'il
faille décourager les auteurs ; je serais fâché qu'on les détournât de pour-
suivre la recherche: des perfectionnements nouveaux, parce qu'on n'espé-
rerait pas un certain degré de succès. - _ . . -
» Je pourrais citer comme exemple ce qui s'est passé, depuis si peu d'an-
nées, pour la photographie. Dans le principe, il fallait un assez bon nombre
de minutes avant d'obtenir une empreinte quelque peu satisfaisante. L'imper-
ifeciion des premiers essais n'a pas rebuté. On a cherché des procédés plus
expéditifs, et par degrés on a produit des photographies de plus en plus
parfaites, en une minute, en quelques secondes. Aujourd'hui l'impression
approche à tel point d'être instantanée, qu'on parvient à reproduire même
J'aspect des eaux incessamment agitées, comme les ondes de la mer et le
mouvement des cascades.
» Arrêtons notre pensée sur. un autre exemple, celui" des machines à
mouvement continu, pour remplacer la filature à la main. Dans le principe
on ne pouvait égaler que les ouvrières les plus médiocres et pour un gros-
sier travail. Mais, avec le temps, on a fait moins lentement et plus habilement
des fils dont la longueur a surpassé cent lieues par kilogramme de matière;
les plus habiles fileuses ont cessé de pouvoir soutenir la concurrence, et
pour l'égalité mathématique des fils, et pour l'économie du temps.
« Aux yeux de l'Académie des Sciences, le premier, le plus grand mérite,
c'est l'invention. Les découvertes du génie doivent être accueillies sans s'in-
quiéter si les moyens nouveaux sont plus ou moins expéditifs que des moyens
préexistants. Les parties où les machines imaginées sont inférieures à d'an-
ciens procédés doivent être regardées, non comme un obstacle devant lequel
il faille s'arrêter, mais comme l'objet de recherches ultérieures et de décou-
vertes nouvelles.
» C'est dans cet esprit qu'il faut accueillir les machines à calculer, surtout
quand elles ont obtenu le suffrage d'un concurrent aussi éminent, aussi
désintéressé que l'illustre M. Babbage. »
(8o, )
M. Dumkril, en présentant un Mémoire de son fils, M. le D r Aug.
Duméril, en fait connaître l'objet :
« Le Mémoire a pour titre : Description des Reptiles nouveaux ou impar-
faitement connus du Muséum d'Histoire naturelle de Paris, et remarques
sur la classification et les caractères de ces animaux.
» Ce Mémoire a été inséré dans le tome VIII des Archives du Muséum;
il est accompagné de huit planches et fait suite à un autre , qui a été pu-
blié dans le même recueil (VI e volume). Ce dernier passait en revue les
Tortues et deux familles de l'ordre des Sauriens, celles des Crocodiles et des
Caméléons. '
» Le Mémoire que je présente est consacré à l'examen des trois familles
des Geckos, des Varans et des Iguanes. Ces publications serviront de Sup-
pléments à Y Erpétologie générale, ouvrage que j'ai achevé de faire paraître
avec la collaboration de mon fils, après l'avoir longtemps préparé avec
l'aide de G. Bibron, si prématurément arrêté dans sa carrière.
» L'accroissement continuel des collections zoologiques, dû aux actives
recherches des voyageurs naturalistes, force sans cesse à étendre et quel-
quefois même à modifier les cadres tracés pour l'arrangement méthodique
de ces animaux qui étaient connus à l'époque où nous avons entrepris de
dresser le bilan de la science sur cette partie de la zoologie. Cependant aucune
'modification importante n'est devenue nécessaire pour la classification gé-
nérale que nous avons adoptée. Notre ancienne manière de voir nous semble
même se rapprocher le plus près possible de la méthode naturelle.
» Je dois toutefois signaler un nouveau progrès vers ce but : il consiste
dans les applications qui peuvent être faites à l'étude des divers groupes des
Reptiles, d'un mode spécial de classement par séries parallèles. Cette mé-
thode, signalée d'abord par Cuvier, qui l'avait appliquée à l'ordre deâ
animaux à bourse, a été employée avec succès dans la distribution générale
des Mammifères et des Oiseaux, par notre confrère M. Isidore Geoffroy-
Saint-Hilaire, qui a fait connaître les avantages de ce procédé de classifi-
cation. Mon fils a cherché à les démontrer pour les Reptiles, dans ce travail
et dans un autre Mémoire [Revue Zoologique, i854), où ce sujet a été étudié
avec tous les détails qu'il comporte.
» Malgré l'admirable richesse des collections erpétologiques du Musée
de Paris, toujours visité avec empressement par ïes naturalistes étrangers,
( 802 )
des lacunes peuvent y être remarquées, si l'on compare le nombre total des
espèces que nous possédons, à celles qui sont décrites parles zoologistes de
l'Allemagne, de l'Angleterre et surtout des États-Unis, où, depuis quelques
années, beaucoup de Reptiles nouveaux ont été découverts dans les régions
successivement explorées de ce vaste pays. Toutes ces espèces, récemment
inscrites dans les Jaunes, ou qui ne sont pas encore parvenues en nature
dans nos galeries, malgré le système d'échanges établi entre plusieurs musées
et le nôtre, sont simplement indiquées dans le Mémoire queje mets squs les
yeux de FAcadémiè. 11 ne renferme en effet de descriptions détaillées que
pour les Reptiles nouveaux ou peu connus, conservés dans nos cabinets ;
quant aux autres, mon fils, qui a rappelé leurs dénominations, a présenté
des renseignements suffisants pour mettre en évidence leurs affinités avec
les espèces déjà connues.
» Ce travail contient une analyse, faite avec soin, des nouveaux systèmes
de classification dont l'introduction dans la science remonte à une époque
ultérieure à celle dé la publication des divers volumes de notre Erpétologie
générale -
» Il résulte de la révision des trois familles de Sauriens étudiés dans ce
Mémoire, que le Musée de Paris renferme actuellement parmi -les Geckos,
les Varans et les Iguanes, cinquante^quatre espèces nouvelles et non men-
tionnées dans les III e et IY e volumes de mon Erpétologie, et dans ce
nombre, il y en a vingt-cinq que mon fils a fait connaître pour la première
fois, parce qu'elles n'avaient été indiquées par aucun zoologiste. Parmi
ees dernières, il s'en trouve quatre qui, n'ayant pu être rapportées à aucun
des genres déjà établis, ont dû prendre rang sous des noms génériques
nouveaux.
» Si à ces cinquante-quatre espèces on en joint vingt-trois autres peu
connues, dont sept jusqu'alors inédites et comprises parmi les Jortues, les
Caméléons et les Crocodiles, étudiées dans le Mémoire auquel celui-ci fait
suite, il résulte de ce relevé que pour la portion, encore peu considérable,
de la classedes Reptiles passée en revue dans le& deux premiers suppléments,
soixante-dix-sept, espèces y sont décrites. En outre, sur les dix-sept planches
qui les accompagnent, on trouve un grand nombre* de figures qui repré^
sentent soit les animaux entiers, soit des détails importants sur les carac-
tères zoologiques les plus essentiels qu'il était nécessaire de développer. »
M. le Secrétaire perpétuel annonce que MM. Beaurnont et Mayer ont
envoyé une Lettre relative au Rapport qui a été fait dans la dernière séance
( 8o3 )
sur une machine de leur invention; mais que cette Lettre étant imprimée, il
n'y a pas lieu de s'y arrêter.
La Commission fait remarquer que cette Lettre est une réclame plutôt
industrielle que scientifique, et que d'ailleurs les reproches qu'elle confient
ne reposent que sur des allégations complètement inexactes.
chimie. — Note sur Uinuline; par M. Dubruisfaut.
« L'inuline, découverte par Valentin Rose, a été l'objet de nombreux
travaux, et MM. Gaulthier de Claubry, Payen, Braconnot, Bouchardat, Par-
nell, Crokewitt et Mulder ont jeté de vives lumières sur les propriétés de
cette substance. Néanmoins les travaux de ces savants offrent des anomalies
et des contradictions qu'il était utile de faire disparaître ; tel est surtout
l'objet de cette Note.
» Quelle que soit l'origine de l'inuline, elle offre les mêmes propriétés phy-
siques et chimiques quand elle a été amenée à l'état de pureté.
» Suivant les procédés mis en œuvre pour la sécher, elle affecte deux
états physiques distincts : elle est ou diaphane comme la gomme, ou opaque
comme l'amidon, et dans ces deux états elle a la même composition chi-
mique.
» Prise dans l'état d'hydratation stable qu'elle affecte à + ro degrés,
dans une atmosphère où l'hygromètre marque 4o degrés, elle subit une
perte de o,n 2 5 quand on la place dans l'air sec, à la même température.
Séchée à ioo degrés, la perte s'élève à 0,16. On peut alors la chauffer
j usqu'à 180 degrés sans l'altérer et sans lui enlever une nouvelle proportion
d'eau. Au delà de ce terme, l'inuline jaunit; elle entre en fusion vers 190 de-
degrés, et il y a alors altération évidente avec une légère perte en poids.
» L'inuline séchée à 1 00 degrés offre donc le maximum de déshydratation
qu'on puisse obtenir par le concours de là ehaleur seule. Dans cet état elle
nous a donné pour moyenne de trois analyses :
Carbone 44,32 1,
Eau 55,679 5
d'©ù l'on déduit la formule
C"H T0 O ,a
>
qui s'accorde bien avec celle de Mulder et qui peut être considérée comme
formule de l'inuline anhydre. On ne peut, en effet, accorder aucune con-
(8o4)
fiance aux nombres qui ont été déduits des combinaisons plombiques. L'inu-
line est altérable par les bases, et ses composés salins analysés ont du don-
ner des nombres qui s'appliquent à l'inuline altérée.
» On déduit de l'analyse ci-dessus et des nombres fournis parla dessicca-
tion, que l'inuline séchée dans l'air sec, à + 10 degrés, a pour formule
C ,2 H 10 O t0 , HO,
c'est-à-dire une composition identique à celle du sucre de canne et du sucre
de lait.
» L'inuline anhydre est très-avide d'eau. Prise à l'état diaphane et placée
dans l'eau, elle devient opaque, elle se gonfle et se délite .en s'hydraiant.
Dans cet état elle se présente sous forme de granules de -^ de millimètre
de diamètre, et ces granules n'offrent nul indice perceptible de la double
réfraction qui est si nette pour l'amidon.
» La densité prise sur l'inuline hydratée pure, c'est-à-dire dans l'état où
elle perd 0,16 d'eau, a été trouvée de i,36ï ; elle correspond à peu près
alors à la formule C 42 H <0 O' , 3 HO. La densité serait^ i , 462 pour l'inuline
anhydre.
» Cent grammes d'inuline pris à l'état qui correspond à la formule
C 42 H ,0 10 , 3 HO, dissous dans l'eau de manière à donner un litre de
volume, puis observés à l'œil nu avec l'appareil de M. Biot, ont donné sous
une couche de o m , 5 une rotation de — 19, 21 44 degrés \.
» On a conclu de ces éléments : _
- [ a L = -38v43V-, ■'
6 / : C«lr = - 29,46 \n- ';-; ;
» Les pouvoirs rotatoires moléculaires de l'inuline prise'à l'état C ,2 H ,0 O , °,
seraient ainsi ' .
'. - . ■ [«]/■ = — 44,9\? ;
.[al r =- 34,42V , _.■ '
» L'inuline pure, mise en présence de l'eau à la température de H- 10 de-
grés de manière à saturer l'eau, ne s'y dissout que dans la proportion de
o,oo5 du poids de l'eau. À + 66 degrés,' elfe s'y dissout en grande propor-
tion. La dissolution, faite avec 100 grammes d'inuline par litre, ne donne
(*) Ce nombre diffère du nombre — 26,16^ qui a, été donné par M. Bouchardat, sans
spécifier l'état d'hydratation de l'inuline qui a servi à l'expérience. ^ / * . "
( 8o5 )
pas de précipité par le refroidissement; le précipité ne se forme que douze
ou vingt-quatre heures plus tard. L'eau mère séparée à cette époque retient
encore 0,04 à o,o5 d'inuline, et dans cet état elle est modifiée, puisqu'elle
ne peut se séparer incomplètement de l'eau qu'après un temps fort long.
Ce phénomène est analogue aux faits connus' de sursaturation, et quoiqu'il
ne soit accompagné d'aucun changement dans le pouvoir rotatoire de
l'inuline, il révèle une modification moléculaire de même ordre que celle
que nous avons observée dans la dissolution du glucose et du sucre de lait;
il explique aussi les nombres différents qui ont été donnés par les expé-
rimentateurs sur la solubilité de l'inuline.
» De quelque manière que nous nous y soyons pris, il nous a été impos-
sible de faire subir la fermentation alcoolique à l'inuline (*), soit que nous
l'ayons mise en présence de ferment de bière, en suspension dans l'eau ou
en dissolution modifiée. Nous n'avons pas mieux réussi en acidulant légère-
ment la dissolution avec l'acide tartrique ou avec le tartrate acide de potasse.
On peut donc considérer l'inuline comme étant tout à fait infermentescible.
» L'inuline, chauffée dans l'eau à la température de ioo degrés et sans
ébullition, subit une saccharification complète; mais contrairement aux
observations de Crokewitt, il faut pour achever cette réaction un temps fort
long, tandis que la même transformation s'opère fort rapidement sous l'in-
fluence des acides, ainsi que l'ont observé MM. Payen et Braconnot. Le
sucre qui se forme dans cette réaction est incristallisable et lévogyre, selon
les observations de M. Bouchardat; il est identique avec le sucre que nous
avons découvert dans le sucre de fruits, et dans son similaire le sucre inter-
verti. Sa propriété sucrante sous le même poids est, d'après nos observations,
égale à celle du sucre de canne.
» La rotation de l'inuline augmente beaucoup par la saccharification, ainsi
que l'a observé M. Bouchardat. Elle s'élève selon nous à •§, quand la sac-
charification a atteint son maximum de développement. L'inuline éprouve
dans cette réaction une contraction sensible, analogue à celle que nous
avons observée et mesurée pendant l'inversion du sucre de canne. Le sucre
d'inuline sec a bien pour formule C^H^O 12 , il se prête sans transforma-
tion au dédoublement alcoolique, ainsi qu'on pouvait déjà le déduire des
(*) Il ne s'agit ici que de l'inuline bien connue des chimistes , car nous avons rencontré dans
un grand nombre de végétaux un produit analogue, qui peut subir la fermentation alcoo-
lique ; nous ferons connaître ce produit à l'occasion d'expériences faites sur les topinam-
bours.
C. R., i856, i er Semestre. (T. XLII, K° 17.) 106
( 806 )
analyses de MM. Mitscherlich et Soubeiran et de nos observations -faîtes sur
la constitution du sucre interverti qui renferme exactement ^équivalent de
sucre d'inuline. D'après :ces faits, on voit que l'inuline hydratée
G ,2 H 10 O ,0 ,HO prend i équivalent d'eau pour devenir sucre fermeritesciblè.
» L'inuline offre donc, sous plusieurs rapports, Une analogie remarquable
avec l'tunidon, dont elle. est un congénère organique, et cette analogie s?ob-
serve surtout dans les. diverses transformations que ces deux corps subis-
sent. Leurs pouvoirs rotatoires, quoique de signes contraires -et d'inégales
intensités, offrent ceci de remarquable, :que, dans la transformation sac-
charine, le plan de la polarisation primitive se déplace dans le même sens,
c'est-à-dire que dans les deux cas il marche de la droite vers la gauche,
affaiblissant ainsi le pouvoir rotatoire de l'amidon et exaltant celui de l'inu-
line. -
-. » L'inuline existe en grande proportion dans plusieurs produits qui ser-
vent à la nourriture de l'homme et des animaux; elle pourrait être extraite
avec avantage de plusieurs de ces produits, et prendre ainsi rang dans
1- industrie et le commerce, à côté de l'amidon et de la fécule. À ce titre,
l'inuline offre un grand intérêt, et après avoir fait connaître sommairement
nos. études sur les propriétés de ce produit immédiat du règne organique,
il nous sera plus facile d'exposer, celles que nous avons faites sur les végé-
taux qui, à l'exemple des topinambours et des dahlias, le renferment dans
un état et dans des proportions tels, que ces végétaux pourraient être l'objet
de cultures et de travaux manufacturiers exécutés en vue de l'extraction de
l'inuline. »
zoologie. — Sur trois espèces de Dauphins qui vivent dans les régions
duha,uiAma%one;parM. Pacl Gervais,
« Pendant leurs îongs voyages dans la région de l'Amazone, Spix et
M. Martius f et plus tard M. iïcide d'Orbigny, avaient eu l'occasion d'étu-
dier un Dauphin assez différent par ses caractères génériques de celui du
Gange, mais étranger, commelui," aux eaux de la mer. Spix et M. Martius
en parlèrent sous le nom de Delphinus amazoniens, et M. d'Orbigny sous-
celui d'Inia boliviensis. --.---■■
» De nouvelles recherches m'ont conduit à admettre l'identité de ce
Dauphin avec celui que M. de Blainville a nommé antérieurement Delphinus
Geoffrensis.
» ïJInia ou Delphinus Geoffrensis vit non-seulement dans une grande
( 8o 7 )
partie de l'Amazone, mais aussi dans les principaux affluents de ce fleuve
et dans quelques-uns de ses sous-affluents. MM. de Castelnau et Deville
ont pris l'Inia dans l'Uruguay, assez loin de son confluent avec le Tocantin
qui se jette dans l'Amazone, à quelques lieues au-dessus de Para. Ils
l'ont aussi trouvé dans l'Ucayale qui coule au Pérou. Précédemment
M. d'Orbigny l'avait signalé dans les rivières des plaines de Moxos et de
Santa-Cruz, particulièrement dans le Rio-Mamoré et dans le Guaporé, qui
versent leurs eaux dans le Rio-Madeira, qui lui-même parcourt une assez
grande étendue de pays avant de rejoindre l'Amazone.
» Il est probable que l'exemplaire type du Delphinus Geoffrensis que
l'on conserve encore au Musée de Paris, était aussi originaire du haut
Amazone, et qu'on a été dans l'erreur en supposant qu'il venait du Canada.
En effet, ce Dauphin était antérieurement conservé à Lisbonne, dans le
musée d'Ajuda, ainsi qu'un nombre considérable d'objets intéressants de
zoologie (i) appartenant précisément à des espèces que les voyageurs, et
plus particulièrement MM. de Castelnau et Deville, ont retrouvées depuis
lors dans les régions occidentales du Brésil et dans le haut Pérou.
a Dans la partie marnmalogique du Voyage en Amérique de M. de Cas-
telnau, que je termine eu ce moment, je décris Ylnia Geoffrensis et en
même temps deux espèces nouvelles de Dauphins fluviatiles qui sont éga-
lement particulières au bassin de l'Amazone. On en doit la découverte à ce
savant naturaliste, ainsi qu'à feu M. Emile Deville, l'un de ses compagnons
de voyage.
» Ces deux Dauphins s'éloignent moins des Dauphins ordinaires par
l'ensemble de leurs caractères que ne le fait l'Inia, et l'on doit les rapporter
au même genre que le Delphinus delphis ou Dauphin ordinaire, dont ils ne
se distinguent que par leurs caractères spécifiques. J'en donne aussi la
figure d'après des dessins faits sur le frais par M. de Castelnau.
» L'un de ces nouveaux Dauphins d'eau douce prendra le nom de
Delphinus pallidus. M. Emile Deville et moi avons précédemment appelé
l'autre Delphinus Jluviatilis. Leur taille est inférieure à celle de l'Inia. »
Dans la Lettre qui accompagne cette Note, M. Gervais indique la recti-
fication suivante, pour une de ses précédentes communications sur les Chei-
(i) Ces objets ont fourni à E, Geoffroy-Saint-Hilaire le sujet de plusieurs Mémoires.
106.,
( 8o8 )
roptéres américains (Compte rendu de la séance da 24- mars, page a4g,
ligne 6) ;
« Ce n'est pas le Stenoderma undatum, de Blainviîle, qui sert de type à
mon nouveau genre Dermanura (de la tribu des Sténodermins), mais bien
le Stenoderma cinerewn de ce célèbre zoologiste. »
chimie appliquée. — Propriétés des solutions aqueuses saturées de sul*
fate de zinc pour la conservation des substances animales ; Note de
M. Stracss-Dcrckheim.
<f J'ai l'honneur démettre sous les yeux de l'Académie une tête de Rous-
sette, poisson de la famille des Squales, conservée depuis seize ans dans
un liquide conservateur que j'ai fait connaître pour la première fois comme
antiputride dans mon Traité pratique d'Anatomie comparative publié en
1842. Cette liqueur est composée de 14 parties de sulfate de zinc dissoutes
dans 10 parties d'eau (saturée).
» On peut voir par cette préparation que le corps des animaux vertébrés
se conserve si bien dans ce liquide, que ce poisson présente en apparence
toutes les qualités d'un animal frais, et cela jusqu'à son odeur de marée
fraîche. Pour mieux reconnaître la propriété conservatrice de cette solu-
tion, j'ai laissé pendant les seize années cette tête de poisson dans un bocal
ouvert à l'air libre, en y remplaçant de trois en trois mois à peu près le
liquide évaporé par de l'eau ordinaire que j^y versais. Je vais maintenant
soumettre cette préparation à la dessiccation pour la momifier, convaincu
qu'elle se conservera indéfiniment dans cet état.
» Je pense que cette communication peut avoir quelque intérêt pour
l'Académie; cette liqueur pouvant servir, d'une part, à conserver les prépa-
rations anatomiques destinées aux dissections, et, d'autre part, à la momifi-
cation des corps, en l'injectant dans les artères. »
chimie, — Observation nouvelle sur le soufre mou;
par M. Een. Baudrimont. (Extrait.)
„ « Lorsqu'on met du soufre mou récent en contact avec de l'essence
de térébenthine dans un tube fermé, et qu'on abandonne celui-ci à lui-
même pendant quelque temps, on s'aperçoit après cinq ou six jours
que les fragments de ce soufre sont devenus opaques, et qu'ils se sont
recouverts d'un très-grand nombre de petits cristaux transparents et briï-
(8og)
lants qui tapissent aussi les parois du tube. Après quelques mois, ces cris-
taux ont pris une grosseur assez notable, qu'ils semblent ne plus dépasser
ensuite. Ce sont des modifications de l'octaèdre symétrique que donne le
soufre toutes les fois qu'il cristallise à la température ordinaire.
» Ce phénomène de cristallisation ayant lieu à la surface du soufre et
non dans sa masse, il n'était pas possible de l'attribuer à la transformation
directe du soufre mou en soufre octaédrique ; aussi ai-je pensé qu'il était
dû à la solubilité plus grande du soufre mou dans l'essence de térében-
thine comparativement à celle du soufre ordinaire, et à un retour du pre-
mier soufre à ce dernier état, au sein du liquide même; d'où devait ré-
sulter la précipitation d'une partie du corps dissous dans l'essence.
» J'ai constaté, en effet, qu'à la température de 1 5 degrés, la même quan-
tité d'essence de térébenthine qui dissout, dans l'espace de vingt-quatre
heures, ioo parties de soufre ordinaire, en dissout 162 de soufre mou. Il
n'en est pas de même, d'ailleurs, à des températures élevées, et dans des
essais faits à 100 degrés et continués seulement pendant une heure, les rap-
ports de solubilité des deux soufres ont été trouvés de 1 00 à 120 degrés, ce
qui tient probablement à ce que le soufre mou se transforme à 100 degrés
en soufre ordinaire.
» J'ajouterai, en terminant, que le soufre mou m'a paru présenter des
degrés différents de solubilité, suivant qu'il avait été porté à des tempéra-
tures différentes, et qu'il était plus ou moins récent. »
M. Bouros adresse d'Athènes une réclamation de priorité relative à deux
communications faites, en i854, par M. Commaille sur les propriétés
toxiques de YAtractylis gummifera, et sur plusieurs cas d'empoisonnement
observés en Algérie chez des enfants qui avaient mangé de la racine de cette
plante.
La priorité réclamée par M. Bouros est parfaitement constatée; les
Comptes rendus hebdomadaires deV Académie contiennent en effet, tome VI,
page 34o, l'indication d'un Mémoire sur ce sujet adressé par lui et qui fut
présenté à la séance du ia mars i838. Aujourd'hui, en reproduisant cette
première communication, M. Bouros y joint l'observation toute récente de
cas d'empoisonnement qui ont présenté des symptômes tout semblables, et
qui paraissent dus à la même cause. Nous disons qui paraissent, car la
plante que l'on a envoyée comme échantillon de ce qu'avaient mangé les
trois enfants empoisonnés est un Échinops et non un Atractylis. Mais,
comme le remarque M. Bouros, rien ne prouve que l'échantillon que l'on
.( 8io )
a été chercher : dans la localité où Les trois enfants égarés dans la cam-
pagne avaient fait ce funeste repas, et d'après les indications assez vagues
données par celui des trois qui succomba le dernier, appartienne réelle.-
ment à la même espèce que celle qui a causé l'accident. D'autre part, l'Atrae-
tylis n'est pas rare dans ces parages, et rien n'empêche de supposer que ce
ne fût l'espèce de chardon désignée par l'enfant. . ^
La nouvelle Note de M. Bouros est renvoyée à l'examen des Commis-
saires nommés pour les deux Mémoires de M. Commaille, MM. Dumas,
Pelouze, Rayer, auxquels estinvité de s'adjoindre M. Serres, qui faisait par-
tie de la Commission nommée dans la séance du 12 mars i838.
M. Darondeac prie l'Académie de vouloir bien le comprendre dans le
nombre des candidats pour là place, aujourd'hui vacante, de membre adjoint
au Bureau des Longitudes.
« Devant partir très-prochainement pour remplir une mission hydrogra-
phique qui me tiendra éloigné de France pendant plusieurs mois, je n'ai pu,
ditM.Dàrondeau, attendre, pour adresser ma demande à l'Académie, qu'elle
ait été saisie de cette présentation de candidats par M. le Ministre de l'In-
struction publique ; mais je la prie de vouloir bien réserver cette demande,
ainsi que l'exposé sommaire de mes travaux dont elle est accompagnée, pOur
être renvoyée à la Commission qui sera nommée alors ; i) : -- ~
M. Fonssagrives adresse une Lettre relative à son Traité d'Hygiène na-
vale, ouvrage présenté dans la séance du 3i mars dernier et quia été ren-
voyé au concours pour le prix di t des Arts insalubres. * ; _■ ; - . ; ;_-.-•_
M. Busv envoie un exemplaire d'un opuscule publié en 1754 par iïf. de
Grante et relatif à des expériences supposées analogues à celle par la-
quelle M. Foucault a rendu sensible aux yeux le mouvement de rotation de
Ia.ïèrre. " . . ^
Les expériences de M. de Grante étaient faites, non pas avec un pendule
oscillant, mais avec un fil à plomb dont l'extrémité inférieure décrivait, dans
l'espace de vingt-quatre heures, au dire de l'observateur, une ellipse ayant
son grand axe dirigé d'occident en orient: Pour une longueur de fil de
onze pieds, le grand axe observé aurait été d'une demi-ligne et le petit
d'un quart de ligne.
M.-Nickxès demandé et obtient l'autorisation de reprendre un paquet ca-
cheté dont l'Académie avait accepte le dépôt. - -'■■■-'-
(8u )
M. de Bryas, en adressant un exemplaire de la troisième et dernière partie
de ses Etudes pratiques sur le drainage, prie l'Académie de vouloir bien
hâter le travail de la Commission à laquelle a été soumise sa Note du 4 juin
1 855, sur les terres propres à la fabrication des tuyaux de drainage,
(Renvoi à la Section d'Economie rurale, qui a été chargée de prendre
connaissance de cette Note.)
M. Dcdocit prie l'Académie de vouloir bien, quand elle aura à faire une
nomination dans la Section de Géométrie, se rappeler diverses communica-
tions qu'il lui a faites, et qu'il considère comme des titres pour être compris
dans le nombre des candidats.
M. Cohendt Martin adresse à l'Académie une demande à l'effet d'être
autorisé à employer comme remède secret une composition dont il dit avoir
obtenu d'excellents résultats.
Cette demande ne peut être prise en considération , l'Académie des Sciences
n'ayant point qualité pour accorder l'autorisation de faire usage de remèdes
secrets.
La séance est levée à 5 heures et demie. F
BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE.
L'Académie a reçu, dans la séance du 28 avril i856, les ouvrages dont
voici les titres :
Description des Reptiles nouveaux ou imparfaitement connus de la collection du
Muséum d'Histoire naturelle, et remarques sur la classification et les caractères des
Reptiles; II e Mémoire; 3 e , 4 e et 5 e famille de l'ordre de* Sauriens {Geckotiens,
Varaniens etlguaniens); parM. le D r AUGUSTE DUMÉRIL; in-4°.
Esquisse de la mammalogie du continent africain ; par M. le D r Pucheranj
br. in-8°.
Observations... Observations adressées au Président et aux membres de la
Société Royale, après la distribution des médailles, dans la deuxième séance gêné"
raie; par M. Ch. Babbage. Londres, 1 856 j br. in-8°.
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COMPTE RENDU
DES SÉANCES
DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES.
SEANCE DU LUNDI 5 MAI 1856.
PRÉSIDENCE DE M. IS. GEOFFROY-SAINT-HILAIRE.
MÉMOIRES ET COMMUNICATIONS
DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE.
M. le Ministre de l'Instruction publique transmet une ampliation d'un
décret impérial en date du 3o avril i856 qui confirme la nomination de
M. Bertrand à la place vacante dans la Section de Géométrie par suite du
décès de M. Sturm.
Il est donné lecture de ce décret.
Sur l'invitation de M. le Président, M. Bertrand vient prendre place
parmi ses confrères.
agronomie. — Note sur un fait relatif à la culture de la garance ;
par M. le comte de Gasparin.
« On sait l'extension qu'a prise la culture de la garance, la pulvérisation
de sa racine et l'extraction de sa matière colorante dans le département de
Vaucluse. Tant d'intérêts sont liés à cette industrie, tant d'esprits éclairés se
sont livrés à son étude, qu'elle reçoit chaque jour de nouveaux perfection-
nements et que nous pouvons en connaître les moindres circonstances.
» Or il se présente un fait saillant, confirmé par tous ceux qui s'oc-
cupent constamment depuis trente ans et plus du commerce et du traite-
C. R., i856, i" Semestre. (T. XLII, N° 18.) IO7
(8i4)
ment de cette racine : c'est la diminution graduelle de la matière colo-
rante que l'on en retire, dans les cantons où elle est le plus anciennement
cultivée. , ■ ,
» Les garances qui proviennent des anciens dépôts paludiens du centre
du département ont toujours été réputées comme les plus riches en couleur,
et les fabricants les plus instruits constatent que, depuis l'époque que nous-
venons de citer,, la propriété colorante de ces garances a baissé de a5
pour ioo.
» Pendant que cette grave détérioration se produisait, on recevait des
garances de l'Asie Mineure conservant toujours leurs mêmes propriétés, on
en récoltait dans d'autres cantons de notre pays même qui avaient gardé
toute leur qualité. Que s'était-il donc passé dans les paluds qui eût pu dé-
tériorer ainsi leur racine? Avait-on négligé la culture? avait-on économisé
les engrais? eu avait-on changé la nature?
» Quant à la culture, ses procédés s'étaient améliorés sous tous les rap-
ports. On avait accru la quantité d'engrais employée; et pour ce qui touche
à leur nature, on avait introduit, il est vrai, l'usage du tourteau de plantes
oléagineuses concurremment avec le fumier : mais les cultivateurs quiavaienfc
continué à faire usage de fumier d'écurie seul voyaient décroître la qualité
de leurs produits, comme ceux qui lui associaient le tourteau et comme
ceux qui se servaient presque uniquement du dernier engrais.
» Mais une circonstance particulière aux paluds, c'est que le terrain
très-meuble facilite beaucoup les travaux si coûteux de défoncement qu'il
faut faire pour atteindre la racine, et qu'ainsi les produits s'y obtiennent à
un pris moindre que dans les terrains- compactes. De là est née une ten-
dance, un entraînement à répéter cette culture le plus possible, à la faire
revenir plusieurs fois de suite ou à de très-courts intervalles sur le même
terrain. C'est ce qui distingue la culture des paluds de la culture générale
du pays ; et comme la diminution de matière colorante se fait aussi remar-
quer sur les terrains ordinaires où la culture de la garance est fréquemment
répétée et qu'elle ne se montre pas dans des terrains nouvellement consa-
crés à cette culture , il faut en conclure que ces cultures réitérées coup sur
coup sont bien la cause du mal dont on se plaint.
s C'est donc à un véritable épuisement que l'on pouvait attribuer la dé-
croissance de la. couleur. Mais épuisement de quoi?Ce ne sont ni le carbone,
ni l'azote qui manquent à un terrain abondamment fumé ; ce n'est pas l'oxy-
gène, dans un sol aussi meuble où l'air circule avec facilité y ce n'est pas
non plus l'humidité - les. paluds, desséchés à leur surface, sont un vaste
t 8.5)
lac souterrain entretenu par les filtrations de la Sorgue à travers un sol
perméable ; ce n'est pas la chaux, ces terres en contiennent jusqu'à go pour
«oo; ni les phosphates, qui s'y trouvent en quantité très-appréciable; ni les
sulfates, qui y sont transportés par toutes les eaux qui s'écoulent des mon-
tagnes gypseuses qui entourent ce bassin ; ni les chlorures, qui s'effleurissent
à la surface dans le temps des grandes chaleurs ; ce n'est aucune des sub-
stances, dont l'analyse élémentaire peut rendre compte, qui ont été enle-
vées par la végétation. Il faut donc admettre que la coloration de la ga-
rance tient à l'existence dans le sol d'une substance composée, qui se forme
peut-être par les modifications de la cellulose, comme on en voit l'exemple
dans les analyses des terres de Versailles, faites par M. Verdeil. On peut
alors faire deux hypothèses : ou cette substance provient d un dépôt primor-
dial que les réactions actuelles des éléments chimiques ne produisent plus,
parce qu'elles ne sont plus favorisées par les circonstances qui existaient à
son origine; ou bien cette substance se produit encore, mais avec une len-
teur qui ne peut suivre du même pas la consommation qu'en font les ré-
coltes répétées de la garance, plante qui en serait très-avide.
» Ce ne serait donc pas l'aliment des plantes considéré sous le rapport
de ses principes élémentaires, mais un aliment composé de ces principes ,
préparé par les forces naturelles et dans des circonstances particulières,
qu'il faudrait fournir à la garance pour en obtenir toujours des récoltes
fortement colorées, et cette préparation ne paraît pas se faire partout, dans
tous les terrains, avec une égale facilité. Dans ceux de Vaucluse où elle était
le plus abondante, elle avait trouvé un sol très-calcaire, porosité très-
grande, fraîcheur entretenue par capillarité du réservoir inférieur et con-
stant d'humidité. La preuve que des circonstances particulières sont néces-
saires, c'est qu'il y a des sols où cette substance ne se crée pas, qui dès la
première récolte ne produisent que des racines grises, et que dans les paluds
mêmes chaque pièce de terre, pour ainsi dire, produit son degré spécial
de coloration.
» Réparera-t-on le mal au moyen d'un assolement qui n'admette qu'à
de plus longs intervalles le retour de la garance? Si la substance dont la
terre s'épuise par la culture provient d'un dépôt primordial, ou de réac-
tions qui se sont passées dans des circonstances qui n'existent plus, ce moyen
retardera l'épuisement du sol, le rendra plus lent, plus insensible, et la ga-
rance pourra se maintenir très-longtemps sans diminution appréciable de
ses principes colorants. Mais si la substance se reproduit encore, quoique
107...
( 8i6 )
avec lenteur, il suffirait de proportionner son retour au temps de sa pro-
duction, pour que la culture de la garance pût continuer, indéfiniment
sans altération. Nous savons bien que la couleur paraît se conserver dans
la garance des agriculteurs sages qui ne la font revenir que tous les douze
ans sur leurs terres; mais comme il faudrait cent quarante-quatre ans pour
la, ramener douze fois, et que nous n'avons pas une si longue expérience,
nous ne pouvons affirmer qu'il n'y ait une diminution peu appréciable à
chaque retour, qui pourrait finir par produire | de décoloration au dou-
zième retour, tandis que cette diminution a pu se constater en trente ans,
dans des terrains qui probablement ont porté plus de douze récoltes dans
cet intervalle de temps. Cependant le plus sûr sera d'adopter la seconde
hypothèse, puisque, si elle est vraie, on perpétuera cette riche culture, et
que si, au contraire, la substance n'existe, qu'en quantité, définie et non
renouvelée, on la prolongera au moins, en réservant à l'avenir, une portion
du trésor. < _;.:.-;.
. » Le fait mis en lumière par l'observation dont je viens de rendre
compte, nous prouve que s'il est vrai de dire que les aliments des plantes
sont identiquement les mêmes, considérés sous le rapport de leurs princi-
pes élémentaires, il n'en est pas toujours de même, au moins en ce qui con-
cerne les garances et la production de certains sucs propres, sous le rapport
des combinaisons diverses dans lesquelles ces éléments peuvent se trouver
engagés. La garance croîtra abondamment sous l'influence des fumiers, et
en quantité proportionnée à ces fumures elle produira des tiges, des feuilles,
des racines; mais si elle ne trouve pas dans le sol certaines substances que
l'on n'a pas isolées, dont on ignore la composition, les racines ne se colo-
reront pas. Ce fait a été bien pressenti par M. Ghevreul qui, voyant multi-
plier sous ses mains le nombre des espèces chimiques provenant des mêmes
éléments, émettait des doutes sur la trop grande simplification que l'ana-
lyse élémentaire apportait à l'agriculture.
» Est-ce à dire cependant que l'on ait fait. fausse route? Ne faut-il pas
connaître ces parties élémentaires des terres et des engrais? Ne sont-ce pas
ces éléments dont la combinaison fournira les substances spéciales que de-
mandent les plantes? D'ailleurs, il faut en convenir, la plupart des végétaux
donnent des produits tellement en rapport avec les équivalents des engrais
tirés des analyses élémentaires, .qu'il est permis de croire que le: plus grand
nombre d'entre eux n'exige pas pour sa nutrition ces composés rares, d'une
difficile formation, que la garance paraît réclamer. Ainsi les céréales donnent
(8i 7 )
toujours des récoltes proportionnées aux équivalents; il en est de même des
plantes des prairies et d'un grand nombre de celles qui peuplent nos cul-
tures : soit que ces plantes sachent combiner elles-mêmes dans leurs tissus
les principes élémentaires dont elles forment leur fécule, leur albumine,
leur gluten, etc., soit que les combinaisons qu'elles absorbent se fassent
avec facilité dans le sol et soient pompées en solution par leurs radicelles.
Peut-être si l'on examinait attentivement plusieurs cultures dont on regarde
les produits comme étant en décroissance, plusieurs autres qui semblent
répugner à se succéder à elles-mêmes malgré les fumiers abondants qu'elles
reçoivent, ne serait-il pas impossible de trouver l'explication de ces phéno-
mènes dans des causes semblables à celles que noussignalons pour la garance.
Ces considérations me semblent ouvrir un nouveau champ de recherches
qui conduiront à des modifications importantes dans la théorie de la nutri-
tion des plantes et dans celle des assolements. »
« astronomie. — Chargé par M. Goldschmidt, auteur de Ja découverte
de la 4o e petite planète, de donner un nom à cet astre, M. Le Verrier pro-
pose le nom d'Harmonia.
» M. Le Verrier rappelle qu'au début de la guerre la 28 e petite planète
reçut le nom de Bellone. Il semblait donc naturel de placer aussi dans le
ciel un témoignage durable de l'heureux rétablissement de la paix. »
astronomie. — Note de M. Le Verrier à l'occasion de la dernière
communication de M. Valz.
« M. Valz, en envoyant des éléments provisoires de la planète récem-
ment découverte par M. Goldschmidt, a ajouté une remarque tendant à
faire passer pour quelque peu charlatans les astronomes qui donnent les
éléments des orbites des astres nouveaux avec une approximation poussée
jusqu'aux secondes. Le mot a été emprunté par M. Valz au baron de Zach,
mais il en a fait une fausse application.
» M. Valz n'est pas le seui qui ait éprouvé quelque scrupule à donner
les secondes en pareil cas ; et toute personne sérieuse qui sait distinguer une
question astronomique d'un exercice de mathématiques pures a dû s'en
préoccuper. Pourquoi donc presque tous les astronomes se sont-ils décidés à
donner les secondes ? Il y a deux motifs :
» i°. Les éléments obtenus doivent représenter les observations dont on
(8.8)
les a déduits, ainsi que les autres observations de la même époque, dans les
limites de leurs rreurs et aux quantités près que l'on néglige souvent dans
une première approximation. Or on voit d'un seul coup d'œil que s'il s'agit
de représenter les coordonnées observées à quelques secondes près, on
n'y parviendra pas généralement en faisant usage d'éléments donnés à la
minute ronde. La longitude héliocentrique, par exemple, peut être considé-
rée comme égale à la somme de deux parties, savoir : la longitude moyenne et
l'équation du centre. Si la longitude moyenne est imparfaitement connue
et renferme une erreur a, il résulte du mode même de calcul que cette er-
reur se retrouve avec un signe contraire dans la valeur de l'équatidn du
centre à l'époque des observations ; et ainsi la longitude héliocentrique est
exactement représentée à cette époque par Y ensemble des éléments, à cause
de la dépendance qui existe entre les erreurs dont ils sont affectés. Si
l'on détruit cette dépendance, en retranchant les secondes dans chacun
d'eux, les observations ne sont plus représentées, même à l'époque où
elles ont servi à calculer les éléments. Voir un autre exemple du même
genre dans les éléments provisoires de la planète Hébé de M. Y von Vil-
larceau, Comptes rendus, tome XXV, page 170. La longitude du nœud
est donnée à la minute près, mais les autres longitudes contiennent des
secondes.
» 2 . Pour ne pas multiplier indéfiniment les éléments provisoires, il
convient de les calculer de manière à en faire la base d'éléments corrigés
que l'on obtiendra ultérieurement. Or dans ce cas il est absolument néces-
saire de calculer jusqu'au -^ de seconde ceux des éléments qui ne seront pas
des fonctions d'autres éléments pris arbitrairement, aux minutes et degrés
près, dans de certaines limites.
» Ces considérations, qui sans doute ont échappé à M. Valz, me parais-
sent suffisantes pour repousser le reproche immérité que cet astronome
adresse à ceux qui s'occupent des mouvements des comètes ou des planètes
nouvelles, et qui croient devoir donner à leurs observations et à leurs cal-
culs toute l'exactitude que comporte l'état de, la science. »
M. Dausst présente à l'Académie la Table des positions géographiques
des principaux lieux du globe, extraite de la Connaissance des Temps
pour i858.
1< L'insertion de cette Table, qui a lieu tous les ans dans les volumes de h
r 8i 9 )
Connaissance des Temps, lui a fourni le moyen de la perfectionner succes-
sivement, depuis vingt-trois ans qu'il est chargé de sa rédaction.
» Il croit donc devoir, pour faciliter les recherches que l'on pourrait
avoir à faire, joindre à la Table, telle qu'elle a été publiée dans le volume
de 1 858, la suite de toutes celles qui ont été successivement données dans la
Connaissance des Temps depuis i835. »
zoologie. — Observations sur la zoologie géographique de l'Afrique, et
Description d'un nouveau genre et de nouvelles espèces d'Oiseaux; par
Monseigneur le Prince Charles Bonaparte.
« Dans le mois de septembre de l'année dernière (i855), à la Section
d'Histoire naturelle de l'Association Britannique tenue à Glasgow, je crus
devoir prendre la parole à propos d'un intéressant Mémoire sur la zoologie
de l'Afrique occidentale, et certes on ne put me reprocher de ne pas faire
une assez large part aux travaux des Missionnaires, puisque à propos du
Grand Singe [Gorilla savagesi), j'allai jusqu'à mettre en pratique, avec
toute la loyale énergie dont je suis capable, un de mes axiomes favoris :
Amicus Plato, sed inagis arnica veritas !
» Je regrette que cette improvisation n'ait pas été rendue avec l'exacti-
tude habituelle de ces réunions, où les secrétaires et les sténographes sont
tellement laborieux, habiles et bienveillants, qu'il n'est pas même nécessaire
de corriger ses épreuves. En effet je parlai, non pas principalement d'In-
sectes, comme on a bien voulu le dire, mais de la faune générale, et plus
particulièrement des animaux vertébrés, à propos de plusieurs desquels
j'entrai même dans quelques détails. Ainsi je traitai d'un Suide nouveau
{Potamochcerus penicillatus), dont je rétablis le nom légitime, celui donné
par les Anglais n'ayant pas la priorité. Parmi les Oiseaux, je ne pus passer sous
silence ma singulière Scotopelia, si mal appréciée dans ces derniers temps.
Parmi les Reptiles, je citai deux Vipères nouvelles, dont une seule, Fipera
gabonensis, Duméril, avait été publiée. Je m'étendis moins sur les Poissons,
mais ne négligeai aucun des animaux vertébrés intéressants pour la science
provenant des pays en question.
• » Rectifiant les assertions de l'auteur du Mémoire sur les découvertes des
Missionnaires qui n'avait su trouver que quelques études de notre honorable
collègue M. Dureau de la Malle à citer parmi eeux des nations continen-
tales sur la zoologie de l'Afrique de l'ouest, je m'efforçai de faire connaître
( 8ao )
leê nombreux travaux des Français, des Allemands, des Suédois, des Hollan-
dais et des Américains. Je revendiquai pour le voyageur Pel ses découvertes
dans l'Ashantie, illustrées par MM. Temmiuck(i),Schlegel,etc. J'indiquai les
excellents travaux de Hartlaub, les voyages de M- du Cbaillu dans le Gabon,
les descriptions de nouvelles espèces recueillies par lui, et les détails publiés
sur leurs moeurs par MM. Verreaux èo France, et par M. Cassin en Amé-
rique, dans cette Amérique à laquelle la petite république de Libéria elle-même
fournit tant d'objets précieux. Je prouvai que la région géographique de
Calabar est une des mieux explorées, et je m'étendis surtout longuement, et
avec complaisance, sur les belles observations de M; le D r Pueberan, obser-
vations qui l'ont conduit à ses remarquables théories sur la zoologie afri-
caine. Ces renseignements, qui semblèrent intéresser l'auditoire, furent
loin d'être désagréables à l'auteur du Mémoire. C'est pourquoi jen'hésite pas
à les répéter ici, où elles ne sont pas déplacées comme préambule à la des-
cription du nouveau genre que j'ai à faire connaître.
» Il s'agit d'une nouvelle forme intermédiaire aux Turdides, aux Lanides
et aux Muscicapides, auxquels elle appartient probablement, malgré son
aspect robuste et son bec si peu déprimé.
» Genre Moqdinds, Bp.
» Rostrum brève, robustum, rectum, acutum, basi dilatatwn ; maxïlla
incurva; mandibula naviculare apice subrecurva : nares magnce, eiongatce,
peroiœ, basi plumulis dense tectœ. Pedes longissimi, robusti, scutellati;
digiti iarso triplo breviores, internas omnium brevis&imus, liberus; ungu&s
falculœ acutissimœ , posticus robustior. Alœ longiculcBj amplissiracej rotun-
datce; remigum prima decimam cequans,- secunda longitudine sextam vix
superans; tertia, quarta et quinta omnium brevissimœ. Cauda brevis, an-
gusta, rectricibus duodecim rnollibus , striciis . .
» Nous nommons l'espèce typique, et jusqu'à présent la seule connue
du genre, -,•"..,.
» Moqoinus TANVomss, tjp. Cinereo-ardesiacus;pileq, genis, aiis,sculo
( i ) Et à ce propos je dirai que j'ai moi-même rendu un juste hommage à M. Temminck en
publiant sous ses -noms beaucoup d'espèces inédites du Musée de Lejde, telle qa'Jlauda
clot-bey, Strix peli, Merops farsteni et cent autres, mais que ce n'est pas une raison pour les
lui attribuer toutes, plusieurs n'ayant été ni nommées ni distinguées par cet illustre ornitho-
logiste, et m"apparténant sôus tous les rapports. Je réclame spécialement, avec Ceniropas
francisa, Pyreneites capitalba t et toutes les espèces suivies des lettres Bp. dans mon Cori-
spectifs et ailleurs.
( «si )
pectorali, rostro, pedibusque nigris; lunula frontali , coltare cervicale intei-
rupto, gula, jugulo, linea mediana secus abdomen, ventre, crisso, ma-
cula hinc inde scapulari, speculo alari, remigum primariarum basi, secun-
dariarum apicibus, caudaque albis : rectricibus mediis macula pjrijormi
elongata nigra.
» Elle provient, dans notre petite collection particulière, d'une partie
de la côte occidentale d'Afrique rarement visitée par des vaisseaux euro-
péens, très-loin au sud des possessions portugaises, mais bien au nord toute-
fois de l'extrême limite de la colonie du Cap.
» C'est à notre collègue M. le professeur Moquin-Tandon que nous
consacrons cet oiseau. Cet illustre botaniste a montré que, sans faire tort à
ses études principales, un phytologue peut exceller aussi en zoologie. Ses
beaux travaux sur les animaux inférieurs ne le cèdent en rien à ceux des
zoologistes les plus savants et les plus exclusifs; et nous lui devons même
plusieurs bonnes espèces ornithologiques généralement attribuées à
MM. Webb et Berthelot, Plût au ciel que tous les ornithologistes pus-
sent, comme lui, s'éclairer du flambeau de l'oologie : on ne commettrait
pas, en plaçant parmi les Turdiens de vrais Saxicoliens aux œufs bleus,
d'erreurs aussi graves qu'en citant parmi les œuvres classiques et suran-
nées de l'ancienne langue romane les productions littéraires de notre spiri-
tuel ami. ,
» En dédiant d'ailleurs ce genre animal à un des plus éminents représen-
tants de la science des végétaux, nous espérons apaiser l'injuste opposition
de ces botanistes de vieille roche qui voudraient réserver pour eux seuls le
droit d'honorer un savant en donnant son nom à un genre.
» Nous profitons de cette occasion pour faire remarquer qu'en remettant
simultanément en Europe et en Amérique les produits de ses chasses afri-
caines, M. Du Challu a donné lieu à l'établissement de plusieurs espèces
nominales. Ainsi, par exemple : Barbatula challui, Cassin, ne diffère
pas de Barbatula formosa, Verr., et a sur ce dernier la priorité tout
aussi bien que Barbatula fuliginosa, Cass., sur Gymnobucco bonapartii,
Verr.
» Le genre Pjrenestes , Sw., qui, restreint dans des limites naturelles,
n'avait qu'une seule espèce, doit en contenir trois, semblables, il est vrai,
par la couleur, mais différentes par la taille et par la forme du bec ; et je ne
comprends pas dans ce nombre Pjrenestes cucullatus, Dubus, qui est essen-
tiellement différent de ces trois. Heureusement nous n'avons pas besoin de
C. R , i856, i« Semestre. (T. XL1I, N° 18.) [ P^
( 8.22 )
noms nouveaux pour distinguer les trois espèces que, nous n'hésitons plus
à proclamer; car Pyrenestes sanguineus, Sw., se rapporte évidemment à
]a plus grande, tandis que Loxia ostrina^ Viedl., est indubitablement la
moyenne, et Pyrenestes çoççineus, Cassin-, la plus petite. Cette circonstance
expliquera comment on a soutenu tour à tour que l'espèce nouvelle était la
petite ou la grande, suivant qu'on avait sous les, yeux l'une ou l'autre de
celles que l'on pouvait réputer telles, .*
» La même chose se reproduit dans le genre américain Callirhjnchm ,
Less. L'espèce que nous avons décrite, d'après l'exemplaire du Muséum,
n'est nullement l'espèce type dont. l'auteur a fait présent, je crois, à un
musée de Belgique; j'en ai acquis une nouvelle preuve en étudiant les ma-
nuscrits de Lesson,, qui contiennent, avec le dessin original de çon type,
une fouie d'autres figures et de renseignements précieux pour la science.
Espérons que le Muséum, auquel la famille du défunt offre généreusement
une préférence désintéressée, ne laissera pas fuir l'occasion d'acquérir un
pareil trésor» MM.. Verreaux ont décrit une troisième espèce t sous le nom
de CallirÂjnçkus .dravoni, et je pins ici lajphrase caractéristique _d'une
quatrième,, qui vient d'être déposée dans, notre grand établissement natio-
nal avec d'autres FringilLides non moins précieux.
» ÇALLniBYNCHUS masesus, Bp. Majusculusj ainemo^airescens ,• mbtusi
albidus; gula pectoreque nigris , maculis binis jugularibus albis : spqculo
alari albo : cauda ex toto cinerea : rq$ti?o x subtus prcesertirrij albicaitie^ »
AST^OKO^E.-^jVbfe s«p la pqçciUap£,Q et le mQu^emsvi'diumuouvcaii. bfdidëj
... . : par Mi M- JPmm , _.: ...;.::.- :".'-.■:
,- « Ce corps fut aperçu, le oJç décembre i85o, vers ê h 3jç>^ du ;soir ;_de
Foix,, par M, Berdot, maître adjoint à l'école primaire; et de Lussan (Gers)^
par M- Edouard Campardon, avocat. Pour l'un et pour l'autre des deux
observateurs, il jeta sur la terre une clarté aussi vive que celle de la Lune
au premier ou ait dernier quartier. La durée de l'apparition fat également»
pour tous les deux, de 5 à 6 secondes : et, avant de s'éteindre, le bolide
lança des, étijiçeUes analogues» à des gerbes de feu, M* Campardon le- trouva
sensiblement plus., éclatant au commencement, de l' apparition; il remar-
qua, aprèst l'extinction, une traînée persistante de lumière lejong de la
trajectoire parcourue ; le météore lui parut deux fois plus gros au moins
en. diamètre que les plus belles étoiles; enfin,, une minute environ après
( 8 2 3 )
l'extinction, il entendit une détonation Bourde et tout à fait analogue à
l'explosion souterraine qui serait produite par la poudre dans une carrière
de pierres.
» Je ne m'arrêterai pas à faire remarquer les conséquences qui peuvent
se déduire des résultats que j'ai obtenus; et, pour abréger, je me bornerai
à donner aujourd'hui ces résultats sans commentaires, me réservant de
reprendre plus tard, pour les discuter avec détail, les diverses conséquences
auxquelles je suis successivement arrivé dans mes travaux sur les bolides;
j'ajouterai seulement que les observations de M. Berdot et de M. Cam-
pardon n'ont pas eu à subir de trop fortes corrections pour devenir bien
concordantes entre elles, et que, par conséquent, on peut accueillir avec
une certaine confiance les résultats approchés qu'elles ont fournis. Voici
ces résultats, avec les données qui leur ont servi de base :
Positions des observateurs.
A Fois. A Lussan.
Latitude boréale = 4 2 ° &&' 00 " Latitude boréale = 43° 3^ 3o"
Longitude occidentale... . = — o°43'oo" Longitude occidentale... . ==— i°34'oo"
Positions apparentes des points extrêmes de la trajectoire.
Pour M. Berdot , à Foix. Pouf M. Campardon, à Lussan.
Point d'apparit. (m = 328° 3 1 ' oo" Point d'apparit. i s. = 23° te' oo"
du bolide. "... |dist.pol.N.= 37°io'4o" du bolide. , . ( dist. pol.N. = 72°43'oo"
Point de dispar. j . at = 3o6° io'oo" Point de dispar. j m =33° 7' 3o"
du bolide ) dist. pol. N. = 4i°oo'20" du bolide j dist. pol. N. = g4° 3g' 10"
, . , , ._..,/ Le commencement et la fin de l'apparition
Epoque de l'appar (en temps sider de Pans) , } un etardes pour Vohser .
le 24 décembre , 8S0 , à o* 44 m 33%33 . . . . .- j ^ de ^J
Durée de l'apparition 5 S , 5
Distance du bolide à la Terre au moment où M. Berdot l'aperçut de Foix io3 ul ,2
Distance du bolide à Foix dans le même moment 1 iS^o
Position du point de la Terre au-dessus du- j Latitude boréale = 4 3 ° l &' I I"
quel passait alors le bolide | Longitude occidentale. . . = — i° 17' 48"
Distance du bolide à la Terre au moment où M. Berdot cessa de le voir 5o ku ,9
Distance du bolide à Foix dans le même moment 70^'', 2
Position du point de la Terre au-dessus du- j Latitude boréale = 43° 1 1' 26"
quel passait alors le bolide ( Longitude occidentale. . = — i" i3' 33"
Distance du bolide à la Terre au moment où M . Campardon l'aperçut de Lussan, . 8g lll ,g
Distance du bolide à Lussan dans le même moment. . io2 kil ,4
108..
( 8a4 )
Position du point de la Terre au-dessus du- ( Latitude boréale. — 43° r4' 20 "
quel passait alors le bolide j Longitude occidentale.. . — — i° i6'44"
Distance du bolide à la Terre au moment où M. Campardon cessa de le voir 43 kil ,7
Distance du bolide à Lussan dans le même moment 7 i k11 ,8
Position du point de la Terre au-dessus du- f Latitude boréale = 43° xo' 55"
quel passait alors le bolide | Longitude occidentale. . . = — i° 12' 57"
Position du point où la trajectoire, supposée I Latitude boréale = 3i° 20' 56"
rectilîgne, vient rencontrer la Terre | Longitude orientale. ...=-+- 1° 4' 5^"
Vitesse apparente du bolide, déduite de l'observation de M. Berdot à Foix g kiI ,65o
Vitesse apparente, déduite de l'observation de M. Campardon à Lussan 8 klJ ,5i8
Moyenne adoptée ".■ g kiI ,o84
» Modifications qui résultent de cette vitesse moyenne pour les évalua-
tions sur la durée du phénomène :
. _ . _„ , ■• . y-, ri La durée 5 S ,5 avait été adoptée elle-même comme une
A Foix 5%84 au heu de 5 S ,5 \ , , . , . , *■ /•
_. ,. ,. . », . moyenne entre les deux évaluations (5 ou se-
A Lussan 5 S , 16 au heu de 5 S ,5 I , , , , , , , " x
\ condes) de chacun des deux observateurs.
Vitesse relative, par rapport au centre de la Terre, d'après la vitesse apparente
moyenne. , g H1 , 1 27
Angle entre la vitesse relative et le rayon vecteur ii°26'37",5
» Ce qui donnerait pour les éléments de l'orbite décrite par le bolide
autour de la Terre au moment de l'apparition, abstraction faite de la résis-
tance de l'air, sensiblement nulle à la hauteur (io3 kilomètres) où était le
corps lumineux quand il fut aperçu par M. Berdot : -
Excentricité . o,g8258g4
Demi-grand axe. gg4g kll ,4
Distance apogée. ig725 kn ,5
Distance périgée *...... J73 ki ?,2 .
Inclinaison de l'orbite sur l'équateur. . . 67° 4»' 00" .
B. du nœud ascendant sur l'équateur. . . . 226 23' 46"
Instant du passage à l'apogée. le 24 déc. i85o, à 5 h i5 m i2 ! ,3 (t. m. de Foix ).
Durée de la révolution = oi m ,i i436ia ou 2^ 44 m 4°%8o2.
Sens du mouvement géocentrique en B.. . direct.
» Enfin, comme, d'après M. Campardon, le diamètre du bolide égalait
deux fois au moins celui des plus belles étoiles, si l'on remarque que
Vénus, en conjonction, a un diamètre de 1 minute environ, et Jupiter, en
opposition, un diamètre d'à peu près 5o secondes, il semblerait permis,
sauf les effets de l'irradiation, d'assigner au bolide un diamètre angulaire de
( 8a5 )
2 minutes; ce qui donnerait environ 5o mètres pour le diamètre réel. Un
pareil corps, tombant sur la terre, ne saurait manquer d'être remarqué.
Il est vrai que celui du 24 décembre i85o aurait dû tomber, d'après sa
trajectoire, très-loin de l'Europe et dans l'intérieur de l'Afrique ; mais les
illusions de la vue entrent sans doute, en général, pour beaucoup dans la
grosseur attribuée à quelques bolides, à moins que ces corps ne soient en
partie gazeux : ce qui pourrait bien être, et ce que je discuterai, avec les
détails convenables, dans une autre occasion. Pour le moment, je me bor-
nerai à ajouter, en terminant, qu'il suffirait d'introduire une faible modi-
fication dans la vitesse relative, d'élever par exemple cette vitesse de g kil , 127
à 1 j ^, 1 00 pour allonger l'orbite de manière à faire arriver le bolide d'une
région du ciel où l'action du Soleil aurait été de beaucoup prépondérante
sur celle de la Terre, où, par conséquent, le bolide aurait circulé, non plus
autour de notre planète, mais autour du Soleil lui-même. Distrait néan-
moins, depuis quelque temps, par d'autres occupations, de mes recherches
sur les bolides, j'ai dû remettre à un autre moment l'étude de ce nouveau
point de vue, qui paraît promettre d'avance quelques rapprochements,
intéressants à plus d'un titre, avec les résultats obtenus pour d'autres
bolides dont j'ai déjà fait, ou dont je ferai connaître plus tard l'histoire à
l'Académie. »
physiologie. — Application du compteur à gaz à la mesure de la
respiration; par M. Bonnet (i).
« On sait que toutes les compagnies d'éclairage au gaz emploient un
instrument désigné sous le nom de compteur, qui permet, à l'aide d'aiguilles
marchant sur des cadrans, de reconnaître, par une inspection rapide, quelle
est la quantité de gaz qui traverse un tuyau. Indépendamment de ces comp-
teurs destinés à l'usage ordinaire et mesurant les litres, les décalitres et les
hectolitres, etc., il en est qui ont un cadran sur lequel on peut reconnaître
jusqu'au passage d'un soixantième de litre d'air.
» Ces compteurs, dits à expériences, sont ceux que nous avons eu l'idée
d'appliquer aux études physiologiques et médicales.
» Un compteur de ce genre, convenablement rempli d'eau et muni d'un
tube avec une embouchure, permet de reconnaître en un instant la quantité
(1) Ces expériences ont été faites de concert avec M. Pomiès, médecin de PHôtel-Dien de
Lyon.
( BaÔ )
d'air que l'on -y fait pénétrer par une série d'expirations, quelque faibles
qu'elles soient. Pendant qu'on souffle dans le tube, les aiguilles marchent
simultanément sur le cadran qui marque les litres et sur celui qui indique
les soixantièmes de litre; elles s'arrêtent dès que cesse l'impulsion, et per-
mettent de juger immédiatement de la quantité d'air qui est sortie de la
poitrine. -
» C'est en se servant du compteur à gaz pour mesurer l'air énergique-
ment expiré après une ampliation du thorax aussi complète que possible,
qu'on peut le mieux reconnaître quelle est la différence que présentent, sous
le rapport de la capacité pulmonaire, des individus bien portants, de taille
et d'âge variés; c'est par la même méthode qu'on peut le mieux apprécier
les changements que la maladie entraîne dans l'amplitude de la poitrine.,
» Dans les applications que j'ai faites du compteur à gaz à l'homme
sain, j'ai été conduit à reconnaître la justesse des observations d'Hufchinson
sur le rapport de la capacité pulmonaire avec l'âge et la taille. D'après ces
observations, traduites en mesures françaises et exprimées en nombres
ronds, on peut dire que de vingt à trente-cinq ans le maximum de la
capacité pulmonaire est, pour une petite taille, de 3 litres; pour une
taille moyenne, de 3 j litres; pour une grande taille, de 4 litres. Si le sujet
dépasse trente-cinq ans, il faut retrancher du chiffre obtenu d'après la con-
sidération de la taille, autant de fois 33 millilitres que le nombre de ses an-
nées s'élève au-dessus de trente-cinq.
» Soit que l'on juge dé là respiration normale par un calcul de ce genre,
soit qu'on l'ait mesurée préalablement dans l'état de santé, ce qui est pré-
férable, onaurï type pour déterminer le changement que la maladie a pro-
duit dans la quantité d'air mise en circulation.
» L'ensemble des mesures prises avec des gazomètres, ou avec des comp-
teurs, et appréciées d'après ces principes, permet d'établir qu'il n'est pas
une seule altération du poumon qui ne diminue la capacité respiratoire;
cette diminution, qui oscille ordinairement entre le tiers et les deux tiers de
l'état normal, descend beaucoup plus bas quand les lésions qui ont oblitéré
les vésicules sont graves et étendues; ainsi, dans la phthisie avancée, dans
la pneumonie, dans le catarrhe vésiculaire et dans l'emphysème, les plus
fortes expirations ne peuvent s'élever au-dessus de r litre et même def de
litre. Ainsi, lorsqu'on expérimente sur une série d'individus sachant dilater
et puis resserrer leur poitrine aussi complètement que possible, on peut,
en tenant les yeux surles cadrans du compteur, juger, d'après le seul mou-
vement des aiguilles, quels sont ceux dont les poumons ont conservé leur
(8a 7 )
intégrité, et ceux chez lesquels des lésions pulmonaires entravent la circu-
lation de l'air.
» Chez ces derniers, l'abaissement de la capacité respiratoire ne permet
pas sans doute de distinguer les lésions diverses dont ils sont affectés, mais
il aide à juger de la gravité de la maladie et du degré auquel est conservée
la fonction respiratoire.
» La diminution de l'air mis en circulation fournirait aussi des éléments
précieux si l'on voulait déterminer, dans l'étal morbide, la quantité d'oxy-
gène absorbé et celle de vapeur d'eau et d'acide carbonique exhalés.
» La spirométrie peut aussi servir à l'appréciation des méthodes théra-
peutiques. C'est même dans l'intention de reconnaître la valeur d'un appa-
reil de mouvement destiné à augmenter la souplesse des côtes et agrandir
l'amplitude de la poitrine, que j'ai été conduit à rechercher des méthodes
précises et commodes pour juger de la quantité dair inspiré et expiré;
je pense que l'exactitude et la commodité que le compteur à gaz donne à
de semblables recherches engagera les cliniciens à en faire usage, et que la
spirométrie, qui a été l'objet de beaux travaux en Angleterre et en Alle-
magne, ne tardera pas aussi à se répandre en France. »
géologie. - De l'époque géologique à laquelle on doit rapporter le dépôt
des spinelles et des zircons dans les sables marins de Sauret, près de
Montpellier; par M. Marcel de Serbes.
« Dans notre Note du 3 mars dernier nous avons établi que, d'a-
près les circonstances de leur gisement, les spinelles, les zircons et les
cristaux d'oxydule de fer avaient dû être déposés plutôt dans les temps
géologiques que depuis l'époque historique. Nous n'avons pas, cependant
fixé la date de ce dépôt, aussi nous a-t-on demandé s'il était possible de la
déterminer, du moins d'une matière approximative. Voici notre réponse à
cette question.
» Le transport de ces pierres dures ne peut avoir eu lieu à l'époque his-
torique, puisqu'on les découvre aussi bien dans l'intérieur des masses de
sable qu'à leur surface. Aussi, lorsqu'on a recueilli les échantillons placés à
la superficie du sol, il faut en fouiller la profondeur ou attendre de grandes
pluies pour en trouver de nouveaux. Si le Lez les y entraînait chaque jour, on
les rencontrerait indifféremment sur les deux rives et dans d'autres loca-
lités que celle de Sauret, où l'on découvre les sables tertiaires. S'il en était
(.8a8 )
ainsi, on se demanderait comment ces cristaux pourraient être à un niveau
élevé que cette rivière n'a jamais atteint dans les temps historiques.
» Les spinelles et les zircons n'ont donc pas été entraînés à Sauret par les
eaux actuelles, mais ils ont été déposés en même temps que les sables, c'est-
à-dire pendant les temps géologiques. Il s'agit maintenant de savoir à quelle
époque on peut fixer le dépôt de ces matériaux de transport. D'après leur
position et les espèces fossiles qu'ils renferment, ces matériaux appartien-
nent aux formations pliocène inférieures, puisqu'ils sont immédiatement
superposés sur le groupe tertiaire miocène.
» Quoique les spinelles et les zircons aient été disséminés à Sauret à la
même époque que les sables dans lesquels on les rencontre, ils ne s'y trou-
vent que d'une manière accidentelle et n'y sont pas dans leur gîte primitif.
Il faut donc chercher parmi les formations qui composent le sol de Mont-
pellier, s'il n'en existerait pas où seraient disséminées les mêmes espèces
minérales ou d'autres plus ou moins analogues.
» Les terrains des environs de Montpellier sont formés par les groupes
jurassiques néocomiens tertiaires et les formations volcaniques d'épanche-
ment. Les deux premiers n'ont jamais rien offert de semblable aux cristaux
dont nous cherchons à démêler l'origine. Il n'en est pas de même du groupe
tertiaire; mais les zircons qui s'y trouvent y sont dans un gisement em-
prunté, en sorte que l'on doit renoncer à y découvrir l'origine des espèces
minérales objet de cette Note.
» Les terrains volcaniques d'épanchement sont les seuls où l'on puisse
espérer quelque chance de succès, avec d'autant plus de raison , que ces
terrains sont situés à une lieue en amont de Sauret et sur la rive droite
du Lez, tandis que cette localité est sur la rive opposée. Au milieu des pé-
pérines et des tufas, sortis du piton volcanique de Montferrier, on découvre
des cristaux de spinelle pléonaste et d'oxydule de fer. Sans doute on n'y a
pas encore aperçu des spinelles rubis ni des zircons, mais il est très-pro-
bable, d'après l'existence des premiers cristaux dans les tufas, que ces roches
sont aussi bien la gangue des uns et des autres, et que c'est de Montferrier
qu'ils doivent provenir. Il est donc présumable que de nouvelles recherches
feront découvrir les mêmes espèces minérales dans les différentes forma-
tions volcaniques d'épanchement des environs de Montpellier, dont le
nombre s'élève déjà à quatre.
» Les terrains volcaniques sont donc le véritable gisement des spinelles
et des zircons; il s'agibseulement de savoir à quelle époque ils ont éjecté au
«-■v
(8*9)
dehors les matériaux dans lesquels on les découvre. Cette époque est évi-
demment postérieure aux dépôts d'eau douce anenthalassiques ou éocène
supérieurs, puisqu'ils les ont soulevés et traversés complètement. Or 'ces
dépôts lacustres sont antérieurs aux sables marins de Sauret, puisque ceux-
ci contiennent des minéraux qui proviennent des terrains d'épanchement
et que, d'après l'ensemble de leurs caractères, ils appartiennent aux forma-
tions pliocène.
» C'est donc entre le soulèvement des masses d'eau douce et le dépôt des
sables marins de Sauret que les cristaux de spinelle, de zircon et d'oxydule
de fer ont été entraînés avec ces sables, c'est-à-dire entre les formations
éocène supérieures et les formations pliocène inférieures. »
M. Vicat fait hommage à l'Académie d'un exemplaire du nouvel ou-
vrage qu'il vient de publier sur la composition et l'emploi des mortiers,
ciments et silicates de chaux grasse et pouzzolanes, tant en eau douce qu'en
eau de mer.
NOMINATIONS.
L'Académie procède, par la voie du scrutin, à la nomination de la Com-
mission qui sera chargée d'examiner les pièces adressées au concours pour
le grand prix des Sciences physiques (proposé pour i85o, puis pour i853,
enfin pour i856), question concernant les lois de la distribution des corps
organisés fossiles dans les différents terrains sédimentaires, suivant leur
ordre de superposition.
MM. Elie de Beaumont, Flourens, Isidore Geoffroy-Sain t-Hilaire, Bron-
gniart et Milne-Edwards réunissent la majorité des suffrages.
L'Académie procède ensuite, également par la voie du scrutin, à la nomi-
nation de la Commission chargée de l'examen des pièces de concours pour
le grand prix des Sciences physiques ( proposé en 1 854 pour i856), ques-
tion concernant les métamorphoses et la reproduction des Infusoires pro-
prement dits.
(Commissaires, MM. Milne-Edwards, Flourens, de Quatrefages, Duméril,
Valenciennes.)
C. R., iS56, i« Semestre. (T. XLII, N° 18.) IO9
( 83o )
MEMOIUES XUS
botanique. — Fragments de géographie botanique du Chili ,
" par "M. Claude Gay. (Extrait par l'auteur.)
(Renvoi à l'examen de la Section de Botanique.)
■--' « Si la manière d'envisager la géographie botanique en grandes régions
.est admissible, aucun pays n'est plus propre à le faire comprendre que le
Chili. Parfaitement Hmitë par des barrières infranchissables, au nord par Je
vaste désert d'Atacama, au sud et à l'ouest par l'océan Pacifique, et à l'est
par ces grandes XordiEères qui le parcourent dans toute sa longueur, et
dont les pics s^élèvent à des hauteurs, telles, que celui d'Açonqagua dépasse
de plus de 1 5oo mètresle Chimborazo , ce pays se présente dans; une con-
dition tout à fait exceptionnelle pour donner à l'ensemble de sesproductions
naturelles ce Caractère spécial que l'on ne rencontre ordinairement que
dans certaines îles. La végétation surtout offre cela de particulier qu'elle
s'y frouve représentée par plusieurs familles et par une foule de genres que
l'on n'a pas encore trouvés ailleurs, ou qui y offrent un si grand -nombre
d'espèces particulières, que Pou peut sans crainte les considérer comme
placés dânsleur véritable centre de. création,- : "■ _~ — -•. -
iCë^ui donne encore à ce pays urt caractère : toutspécïal r e'é'st4a com-
plication queprésententr certaine phénomènes-physiques, -de manière quel-
quefois à porter atteinte ou du moins à contrarier les -lois établies depuis
longtemps ^:par- lésZphysiciea^ô Ainsi' les variations, diurnes de l'aiguille ai-
mantée signalemtconstammejjt un ta-oisième mouvement dans leur marche;
le baromètre accuse les plus grandes hauteurs du mercure dans les temps
des pluies; beaucoup de reptiles Lacer-tiens et Batraciens sont vivipares;
des Invertébrés toujours aquatiques, tels que des Planaires, des Sangsues
même, sont terrestres; enfin une foule d'autres, phénomènes de grande
importance-se passent journellement dans cette région, de manière à pou-
voir y étudier simultanément les questions les plus importantes de cette
force vitale qui anime notre planète et qui constituera science de la géogra-
phie physique du physiologie du globe. *
» Ayant mené de front l'étude de la botanique et celle de la météoro-
logie, j'ai pu aborder quelques-unes de ces questions. Dans ce premier Mé-
moire,: je me borne à parler de la physionomie du Chili, en tant que cette
( 83i )
physionomie tient son caractère de l'ensemble de sa végétation. Sous ce point
de vue, je le divise en trois grandes subrégions, qui comprennent le nord
ou la zone des Légumineuses et des Cactées, le centre ou la zone des Com-
posées et surtout des Composées labiatiflores arborescentes, et le sud ou la
région des Protéacées, des Conifères et des Bambusacées.
» Dans le nord, où les pluies sont très-rares et qiù dans certaines loca-
lités n'arrivent même que tous les trois ou quatre ans, la végétation est
faible dans son ensemble, robuste dans ses détails. Le principe de vie qui
l'entretient varie suivant les lieux ; sur la côte, c'est l'eau réduite en parti-
cules très-minimes que les vents enlèvent à la mer, et dans l'intérieur, c'est
une simple rosée provenant de ses épais brouillards qui couvrent les terrains
enclavés entre la mer et les Cordillères. Dans le premier cas, les plantes sont
très-souvent sociales et impriment leur caractère à la côte; dans le second
cas, ces plantes sont, au contraire, très-dispersées et occupent une aire de
très-faible étendue. Comme le printemps est très-court, les Amaryllidées,
Iridées , Dioscorées y croissent avec une rapidité telle, que trois ou quatre
semaines suffisent pour leur faire parcourir toutes leurs phases de végéta-
tion. Ainsi la nature obtient le même but, en employant les mêmes moyens
dans des climats entièrement opposés ; au nord, elle hâte la végétation et la
maturité des graines pour leur faire éviter les excès du froid et de l'humi-
dité, et dans les déserts, elle opère de même pour éviter les excès de cha-
leur et de sécheresse.
» Après avoir donné quelques détails sur cette contrée, montré les Cactus
qui y arrivent jusqu'à la région des neiges perpétuelles, signalé peu d'arbres
qui y croissent, et en si petite quantité, qu'on pourrait craindre leur en-
tière disparition, comme cela est déjà arrivé pour le sandal, je passe à
la seconde région, à laquelle on ne trouve aucun caractère de végétation
bien prononcé. Malgré quelques formes assez singulières et même malgré
la présence d'un palmier, le paysage s'y ressent de ce mélange et de ce
vague que l'on trouve dans tout ce qui dans la nature sert de passage
d'une forme à l'autre. Cependant les hautes sommités des Cordillères nous
offrent un type de végétation assez particulier. Par suite d'un ciel extrê-
mement pur, sec et toujours sans nuages, et de la grande force du rayon-
nement nocturne, les journées y sont très-chaudes et les nuits très-froides.
Ces deux causes superposées, jointes à l'action incessante de ces grandes
rafales que les gens du pays appellent tempêtes de vent, et qui agissent si
puissamment sur l'évaporation des parties aqueuses que les feuilles, etc.,
sécrètent, ont produit sur ces végétaux un singulier effet : au lieu de cette
109..
( 832 )
élégance de formé qu'on leur connaît, ils ne .présentent plus que des
masses compactes, plus ou moins étendues en larges tapis composés de
feuilles petites, roides, au milieu desquelles se trouvent une grande quan-
tité de fleurs souvent bleuâtres et le plus souvent d'une vive couleur, à
cause de la grande intensité de la lumière à ces hauteurs. Toutes les plantes
qui façonnent ces tapis sont ligneuses et cachent leurs tiges fortes et tor-
tueuses sous une épaisse couche de terre.
o La troisième subrégion botanique du Chili nous montrera végéta-
tion arrivant à son plus haut degré de luxe. Des forêts vierges, chargées non
pas d'Orchidées épiphytes, comme quelques voyageurs l'ont avancé , mais
de Broméliacées. Gesnériacées, de Lepidoceras, Mjsodendrum, etc., cou-
vrent une grande partie de ces contrées, et donnent Heu à un - paysage un
peu monotone dans sa forme, mais assez varié dans sa composition. D'après
les arbres qu'on y trouve, je comparerais volontiers cette végétation à celle
de l'Australie. On y trouverait aussi un certain air de parenté avec les forêts
des tropiques, non-seulement par la similitude de plusieurs familles, mais
encore par la variété des espèces botaniques; car les genres y sont assez
nombreux, et les individus en général peu groupés : sauf le Mjrtus stipu-
loris, qui forme, à Chiloé, des massifs impénétrables appelés Trepuales par
les gens du pays, je ne pourrais pas citer dans ces forêts un véritable arbre
social.
» Après quelques considérations sur la végétation des llanos et des pampas,
sur la formation des chivines ou îles flottantes, j'appelle, en terminant mon
Mémoire, l'attention sur la lutte des forêts avec les plaines des Graminées et
sur l'influence de la civilisation qui favorise l'envahissement des premiers.
L'homme, en effet, intervient puissamment dans cette lutte, qui existe tout
aussi bien entre les végétaux qu'entre les animaux. Poussé par son inçtinct
de civilisation, il change à son bénéfice la constitution primitive du pays qu'il
habite, modifie son climat, y introduit de nouveaux végétaux, en fait dispa-
raître d'autres, et prépare ainsi aux botanistes futurs une physionomie
tout à fait étrangère à celle que la nature lui avait donnée. Il est donc de la
plus grande utilité que des botanistes voyageurs aillent étudier ces pays loin-
tains encore peu fréquentés, et où l'ouvrage du Créateur se trouve encore dans
toute sa pureté. Des questions de la plus grande importance sur la dissémi-
nation des espèces végétales, sur les centres de création qu'elles ont pu
occuper, et sur une infinité d'autres faits d'un intérêt immense, sont dignes
d'occuper l'attention des botanistes, et de leur faire étudier la science aussi
bien dans l'ensemble des phénomènes qui font connaître leurs rapports que
( 833 )
dans les détails qui, en définitive, viennent presque toujours y aboutir;
mais, autant que possible, on doit se hâter d'aller étudier ces contrées,
encore à l'abri de toute civilisation. Quoique l'Araucanie, connue depuis
trois siècles, soit restée, presque toujours à l'état d'indépendance, cependant
le voisinage seul de l'homme a suffi pour exercer le plus grand ravage dans
la nature et la physionomie de quelques-unes de ses forets. Le pommier,
introduit, en 1579, sur les frontières de cette nation, a trouvé dans son
terrain et son climat une condition d'existence si favorable, qu'il s'y est
propagé de manière à former des bois immenses qui envahissent de plus en
plus cette contrée et semblent vouloir subjuguer les véritables hôtes de
ces forêts et les supplanter. Vers le centre de l'Amérique méridionale, chez
les Indiens Chuntaquiros, Paucartambinos, visités jadis par des Mission-
naires, ce sont des bois d'orangers et de citronniers que j'ai vu remplir le
même rôle. Ainsi, en tout temps et en tout lieu, l'influence de l'homme
civilisé sur la nature des pays est aussi puissante que permanente, et il est
à désirer que des travaux, non de grands voyages, mais limités à certaines
régions, soient au plus tôt entrepris paf des botanistes et des physiciens. »'
physiologie végétale. — Deuxième série d'observations sur la direction
descendante de certaines tiges. — Bulbes descendants du Muscari
comosum, de Z'Agraphis nutans et de F h., campanulata; par M. E.
Germain de Saint-Pierre.
(Renvoi à l'examen de la Section de Botanique.)
« Dans la première partie de ce travail , j'ai fait connaître le mode de
végétation particulier à certaines tiges dont l'axe constitue alternativement
une tige aérienne ascendante et une tige souterraine descendante , c'est-à-
dire dont le bourgeon terminal indéfini s'accroît, pendant une saison, selon
Ja direction ascendante (qui appartient à la plupart des tiges), et, pendant
une saison suivante, s'accroît dans le sens vertical descendant (le bourgeon
terminal pénétrant alors dans le sol et s'y enfonçant directement à la manière
des racines). Ces observations m'ont conduit à des observations analogues
chez les organes ou appareils souterrains que je considère comme de nature
semi-axile et semi-foliaire, et que j'ai désignés sous le nom d'appareils axilo- ou
axo-foliaires. Dans un même genre de plantes bulbeuses, j'ai remarqué que
les bulbes de certaines espèces vivent et se reproduisent à une très-faible pro-
fondeur dans le sol ou presque à sa surface, et que les bulbes appartenant à
d'autres espèces se trouvent dans le sol à une profondeur d'autant plus grande
( 834 )
qu'ils sont plus âgés. Tels sont les bulbes chez diverses espèces du genre Mus*
cari; les bulbes du M. racemosum végètent il quelques centimètres de pro-
fondeur seulement, etsont amenés à la surface du sol par le plus léger labour,
tandis que les bulbes du M. comosum se trouvent, lorsqu'ils sont âgés de
plusieurs années, à une profondeur de plusieurs décimètres. En examinant
l'état desbulbes adultes du M. comosum dans ^différentes saisons de l'année
et en lés comparant aux bulbes du M. racemosum, je tentai d'abord vaine-
ment de saisir le mécanisme-naturel à l'aide duquel ce bulbe pénètre à une
si grande profondeur; en effet, je voyais chez le M, comosum comme chez
le M. racemosum, la base du rhizome court, que l'on désigne sous le nom de
plateau, se détruire par sa base à mesure-qu'il s'accroissait par son Sommet,
et ce mode d'accroissement de l'axe devait, en se prolongeautlndéfiniment,
tendre également chez les deux espèces à amener la. plante à la surface du
sol, et non à l'y faire pénétrer plus profondément. Pensant que la cause
organographique de la profondeur si différente à .laquelle pénètrent, les
bulbes de ces deux espèces devait être mise en évidence par l'étude suivie
des divers modes de végétation de ces plantes, depuis l'époque de la ger.
mination jusqu'à l'état adulte, je semai dans des vases de verre des graines
de Muscari comosum que je plaçai en contact avec les parois transparentes
du vase et presque à la surface de la'terre, et j'observai leur germination.
Cette germination ne présente aucune différence sensible avec celle de la
plupart des autres Iiliacées bulbeuses ; la feuille eotylédonaire de l'embryon,
en s'allongeant, éleva le tégument de la graine au-dessus du sol et fit péné-
trer le collet, ou nœud vital de la plante, un peu au-dessous du niveau au-
quel la graine avait été placée. Un peu plus tard, la base de la feuille eo-
tylédonaire, et le bourgeon du gemmule situé à sa base, se renflèrent en un
jeune bulbe ovoïde qui resta stationnaire jusqu'à la fin de l'automne. Une
seconde phase de végétation se manifesta alors, ainsi que cela a lieu chez-
là plupart des tiges souterraines, et je vis les tuniques du bulbe s'allonger
au niveau de leur base, tandis que la partie supérieure de ces tuniques n'é-
prouvait aucune modification. Il était résulté de ce mode d'accroissement
que le sommet du bulbe et même le bulbe entier, moins sa base, était
resté à la même place, tandis que la base du bulbe s'était enfoncée dans le
sol'à une profondeur égale à la longueur dont le bulbe s^était accru. Le
bulbe primitivement ovoïde prit en s'allongeant l'aspect d'un cylindre plus
ou moins renflé vers ses deux extrémités : le renflement supérieur, moins
saillant, correspondait à la partie primitive et stationnaire du bulbe, et le
renflement inférieur^ plus volumineux, était le résultat de son accroisse-
( 835 )
ment de haut en bas. Pendant l'année suivante, les tuniques extérieures
et notamment la partie supérieure du bulbe constitué par leur sommet se
détruisirent, mais les tuniques sous-jacentes s'accroissant à la manière des
précédentes, le plateau du bulbe se trouva situé à une plus grande pro-
fondeur que pendant la période antérieure. Le mécanisme de ce trans-
port de l'axe de la plante à une profondeur de plus en plus considérable
consistait donc dans l'élongation de la base des feuilles charnues du bulbe.
Je remarquai cependant qu'à mesure que le bulbe devieut plus volu-
mineux et passe à l'état adulte, c'est-à-dire devient apte à produire une tige
florifère, l'accroissement basilaire des tuniques est de moins en moins con-
sidérable, et que lorsque le bulbe est parvenu à une certaine profondeur
qui paraît ne pas devoir être dépassée, l'accroissement de haut en bas cesse
de se manifester, etle bulbe ( par la destruction de sa partie supérieure) prend
et conserve indéfiniment une forme ovoïde ou globuleuse-subconique.
J'ajouterai que le M. racemosum, qui végète presque à la surface du sol,
produit chaque année un nombre considérable de bourgeons axillaires
bulbeux ou caïeux, qui multiplient la plante, tandis que le M. comosum,
qui végète à une grande profondeur, m'a paru en produire un petit nombre
et être d'autant moins apte à en produire qu'il est enfoncé plus profondé-
ment dans la terre; la plante se multiplie alors presque exclusivement par
graines.
» \J Agraphis nutans m'a offert le même mode de végétation que le
Muscari comosum; les jeunes bulbes, par suite de l'élongation et du gros-
sissement de leur partie basilaire, présentent, aune certaine période de leur
développement, la forme d'une massue fort allongée : la partie supérieure
conserve la forme du bulbe primordial et n'est constituée que par des tuni-
ques vides à ce niveau, tandis que la partie inférieure, plus volumineuse et
terminée par te plateau, renferme le bourgeon qui doit plus tard produire
la tige florifère.
» Chez un autre Agraphis, VA. patula, les caïeux ou jeunes bulbes se
trouvent plus ou moins au-dessus du niveau de la base du bulbe mère, et
lorsqu'ils ont pris un certain accroissement, ils se rencontrent à la même
profondeur; l'étude suivie du bulbe de cet Agraphis m'a donné l'explica-
tion de ce double phénomène. Les tuniques du bulbe mère sont soudées
entre elles dans une certaine étendue au-dessus de leur base, ef les caïeux
ou jeunes bulbes, au lieu de naître à l'aisselle normale de ces tuniques, nais-
sent au point où ces tuniques cessent d'être soudées, point qui constitue
unefausseaisselle; les tuniques externes dubulbemère se détruisant ensuite.
( 83G )
les caïeux devenus libres se trouvent échelonnés à des hauteurs différentes
au-dessus de la base du bulbe mère; plus tard, en raison de l'accroissement
de la base de leurs tuniques, les jeunes bulbes sont entraînés dans le sol à
une profondeur qui est à peu près celle de la base du bulbe mère.
» Ces mêmes phénomènes sont encore bien plus évidents chez une autre
plante qui appartient au même genre : VAgrapkis campanulata; son bulbe,
dont la forme exceptionnelle était à peine signalée et dont le mode de végé-
tation n'était pas connu, se présente, pendant une certaine période de
l'année, sous la forme ovoïde, et, pendant une autre période, sous la forme
d'un rhizome fiexueux et allongé. Si l'on retire de terre le bulbe de VA.
campanulata dans le courant du mois d'avril, il se présente sous la forme
d'un longrhizome, émettant, sur différents points de sa longueur, des feuilles
à sa face supérieure, et des racines à sa face inférieure. Une section longitu-
dinale de cette productions souterraine en dévoile la structure; le rhizome
est formé des tuniques, excessivement accrues en longueur, du bulbe flo-
rifère de l'année précédente, et à divers niveaux (à des points qui corres-
pondent aux fausses aisselles, résultats de la soudure des tuniques) se sont
développés des jeunes bulbes dont le bourgeon a déchiré les parois du bulbe
mère (où il était renfermé comme dans une gaîne) pour se faire jour au
dehors, tandis que, d'autre part, les racines de ces jeunes bulbes ont perforé
ces mêmes parois pour pénétrer dans le sol. Ces jeunes bulbes sont ovoïdes,
les plus volumineux produisent une tige florifère, les moins gros ne pro-
duisent que des feuilles et ne deviennent florifères que l'année suivante. Les
jeunes bulbes devenus libres par la destruction du bulbe mère qui les ren-
fermait, changent assez rapidement de forme, leurs tuniques s'allongent
dans toute leur étendue, et ils revêtent l'apparence d'un rhizome cylindri-
que plus ou moins flexueux. Une section longitudinale met alors en évidence
la soudure des tuniques entre elles. Cette soudure a lieu dans une étendue
d'autant plus grande que les tuniques sont plus extérieures, et l'on peut
constater que l'insertion des bourgeons (bulbes ou caïeux pour l'année sui-
vante) existe au niveau des fausses aisselles qui sont le résultat de la soudure
des tuniques entre elles. Le bulbe rhizomorphe reste ensuite stationnaire de
juillet en décembre ; à cette époque les bourgeons des jeunes bulbes com-
mencent à se faire jour à travers les parois du bulbe devenu bulbe mère.
Il résulte de l'élongation de ce bulbe, et de la production de ses caïeux
à diverses hauteurs, que les bulbes de V A graphis campanulata habitent à un
niveau variable, mais jamais ni trop superficiel ni trop profond, et qu'il
s'établit pour les années qui se succèdent un parfait équilibre. »
( 83 7 )
M. Gjebmaiw dm Saist-Piebbe fait hommage à l'Académie des deux pre-
mières livraisons d'un ouvrage qu'il publie sous le titre à! Archives de
biologie végétale, ouvrage dans lequel il a consigné ses observations sur
le développement des organes souterrains des plantes.
MÉMOIRES PRÉSENTÉS.
Un Mémoire destiné au concours pour le grand prix des Sciences mathé-
matiques, question concernant le dernier théorème de Fermât, est adressé
avec une Lettre dans laquelle l'auteur fait connaître les causes, indépen-
dantes de sa volonté, qui ont empêché que ce travail, depuis longtemps
terminé, ne fut présenté avant la clôture du concours.
Le Mémoire, qui porte pour épigraphe Hoc erat in votis, est réservé pour
la future Commission qui jugera si, malgré la date tardive de sa présenta-
tion, il peut encore être admis.
M. Marie, professeur de mathématiques au collège de Saint-Dizier (Haute-
Marne), annonce qu'il vient de terminer un travail sur la même question
et exprime le désir que son Mémoire, quoique non compris parmi les pièces
admises à concourir, soit soumis à l'examen de la Commission appelée à
juger le concours.
M. Marie ser,a invité à envoyer son manuscrit, qui sera soumis, comme il
le demande, à l'examen de la Commission chargée de décerner le prix.
ANATOMIE végétale. — De la cuticule à l'intérieur des végétaux;
par M. A. Tbécoi. ( Extrait. )
(Renvoi à l'examen de la Section de Botanique.)
« Une des questions qui ont le moins préoccupé les anatomistes et qui
méritait cependant de fixer leur attention, est celle qui consiste à savoir si
la cuticule, existant au travers des stomates, se prolonge ensuite dans les
méats intercellulaires et dans les lacunes. Le silence des botanistes à cet
égard, après le jugement porté par M. H. Mohl, m'engage à penser que
cette idée fut unanimement rejetée. Le travail que j'ai l'honneur de présenter
à l'Académie a pour objet de prouver qu'il existe à l'intérieur de beaucoup
de végétaux une cuticule analogue à celle qui est à l'extérieur.
C. R., 1836, i« Semestre. (T. XLII , N° 18.) I » O
( 838 )
» Déjà, dans son cinquième Mémoire sur le développement des végétaux
présenté à l'académie en 184b, M. Payen a dit que la cuticule pénètre dans
toute la profondeur de Couverture des stomates; il a trouvé^ aussi, dans lé
Cactus peruvianus, uhe-membràne qui a le&proÇriétés de la cuticule qui est
continue avec elle, mais plus- mince , et qui traverse 1 , 6 son à la forme d'un
manchon, l'épiderme épais de cette plante. En 1842, G. Gasparrini crut
voir dans cette pellicule placée au-dessous des stomates un organe vésicu-
laire particulier, composé d'une membrane et de fibres délicates qui forme-
raient un sphincter auprès de ces stomates^ il le nomma cistonw. .-'.. ". :/_
a Depuis 1842^ M. Harlig prétend que la cuticule est toujours composée
de trois membranes; que la membrane interne, dans diverses .plantes, se
replie plus ou moins profondément dans le tissu cellulaire, eï qu'elle s'étend
dans les méats sous la forme de vaisseaux. intercellulaires; M. Sartig semble
deviner les phénomènes plutôt qu'il ne les voit, car ses exemples sont presque
toujours mal choisis; c'est pourquoi ML Mohl ne put vérifier ses observations
en 1845, mais il confirma celles de M. Payen. H vît de plus que, dans, les
feuilles des Helleborus niger, viridis, de YÉuphorbia caput Medusœ, du
Betula alba et de ¥ Asphodelus luteus, la cuticule, .après avoir Jraversé les
stomates, se prolonge à la face inférieure de l'épiderme sous la forme
d'une membrane interrompue par ies cellules du parenchyme^ de manière
que l'épiderme de ces plantes estJ-evêtu à ses deux faqês. par nne cuticule.
M. H. Mohl se prononce nettement contre l'opinion de M.JBLartig.sur ^exis-
tence de la cuticule dans les méats intercellulaires. Je n'admets jpas; la
théorie de M. Hâftig, mais je pense comme lui que dans les méats déplantes
nombreuse, que même dans les lacunes de beaucoup de végétaux, il y a
une cuticule qui a tout l'aspect de la cuticule externe. En 1848, M. Lind-
ley [Introduction io Bolanj) cita les observations 1 de* M. Mohl et dit
n'avoir pu vérifier celles de M; Hartig; M. Sehaeht, dans son Die PJlanzen-
ze//e(p. 23i), dit seulement queutes, cellules de j[a fermeture des stomates
aussi bien que les cellules de la cavité respiratoire sont dans la plupart des
cas garnies d'une très- mince continuation dé la vraie" cuticule. »
» J'ai constaté aussi ce phénomène "dans un grand nombre" dé plantes,
et j'ai remarqué, comme %'. Mohl, que cette sorte de prolongement de la
cuticule ne s'étend pas cne£ toutes "les "plantes a :1a même profondeur. Chez
quelques-unes ilnedépassépas les cellules des stomates-; chez cTaûtrés, il
s'arrête dans la cavité respiratoire à la jonction des cellules de l'épiderme avec
celles du parenchyme {Aide nigncans, Buxus sempervirens } Trddescantui
fuscata, Eremuriis spectabilis, Amaryllis -Belladùna, etc.) fai vu aussi
( 83g ) .
dans les plantes que cite \T. Mohl, et dans les Helleborus.fœtidus, orien/alis,
odorus, purpurascens , Buta graveolens, divaricata, Asphodelus tauricus,
ramosus, etc., une cuticule fort mince à la face interne de l'épiderme. J'ai
observé en outre des faits importants que ce savant n'a point aperçus : c'est
i° qu'il est des végétaux dans lesquels cette cuticule interne forme une
membrane parfaitement continue, ou rarement interrompue, sous les cel-
lules du parenchyme (vieilles feuilles du Buta graveolens, divaricata, de
l' Helleborus fœtidus ) ; que dans d'autres végétaux cette pellicule continue,
et visible avant l'emploi de l'iode et de l'acide sulfurique, ne se colore en
jaune ou en brun que vis-à-vis les méats intercellulaires; que dans Y Iris
germanica cette pellicule subépidermique jaunit seulement dans les parties
contiguè's aux cavités respiratoires, qu'elle bleuit et se dissout sur les autres
points.
» Dans beaucoup d'autres cas, la cuticule, au lieu de revêtir la face
interne de l'épiderme, tapisse la cavité respiratoire; mais alors la partie de
la cuticule, en contact avec les cellules épidermiques qui bordent cette
cavité près du stomate, jaunit seule sous l'influence de l'iode et de l'acide
sulfurique; la partie qui couvre les cellules du parenchyme, au contraire,
bleuit [Kleinia neriifolia, Pleurothallis racemifloia, cochleata, Physosiphon
Loddigesii, Fanilla planifolia, Cereus peruvianus, eifc.)Pour bien apprécier
ces faits, il faut employer l'acide avec précaution, etbien constater, avant son
emploi, que la pellicule est parfaitement continue au pourtour de la cavité à
partir du stomate. Si l'on se sert d'acide trop concentré, la membrane con-
tiguë au parenchyme se dissout; celle qui touche l'épiderme persiste seule
et jaunit ou brunit. Quand, au contraire, on fait usage d'acide un peu dilué,
mais trop énergique encore, la membrane qui est voisine de l'épiderme, et
qui a jauni ou bruni, est séparée de celle qui couvre le parenchyme et qui
est devenue bleue ou restée incolore; on voit alors que la première, celle
qui a pris la couleur jaune et brune, s'amincit graduellement dans le voisi-
nage de sa séparation d'avec la partie bleuie qui revêt le parenchyme; mais si
on emploie de l'acide à un degré de concentration convenable, la continuité
de ces parties jaune et bleue de la pellicule devient tout aussi évidente
qu'elle le paraissait avant l'addition des réactifs. Par des observations mul"
tipliées, et l'examen des divers exemples cités précédemment , on s'assure
que la membrane jaunissante est une partie de la membrane qui bleuit,
modifiée de manière à pouvoir résister à l'action dissolvante de l'acide
sulfurique. Ce changement s'effectue à partir du stomate et paraît com-
mencer par la surface en contact avec l'air; aussi, dans beaucoup de
1 10..
( 84o )
cas, peut-on s'apercevoir que toute l'épaisseur de la membrane n'est pas
modifiée. La partie qui ne l'est pas étant dissoute par l'acide sulfurique,
celle qui résiste à cet acide est amincie dans les endroits où elle n'est pas
modifiée dans toute son épaisseur. La manière dont s'opère cette modifica-
tion de la membrane semble accuser une influence de l'air, mais cet agent
n'agit pas seul, car, s'il en était ainsi, la membrane, partout où elle existe
au contact de l'air, perdrait la faculté de bleuir, tandis que dans un grand
nombre de plantes cela n'arrive que dans le voisinage de Fépiderme. C'est
pour avoir employé de l'acide trop concentré que les anatomistes que j'ai
cités n'ont trouvé la membrane dont il s'agit que près des cellules épider-
miques. Cependant une membrane qui a tous les caractères de la cuticule
couvre l'intérieur des lacunes et des méats intercellulaires de beaucoup
d'autres végétaux ; mais cette cuticule interne reste fréquemment incolore
après l'action de l'iode et de l'acide sulfurique, de même que beaucoup de
cuticules externes très-jeuues. Il y en a aussi qui bleuissent comme la très-
jeune cuticule externe du Pistia, Dans Y Iris spectabilis la pellicule qui tra-
verse le stomate, et que les auteurs qui ont étudié cette question s'accordent
à considérer comme la continuation de la cuticule, dans l'Iris spectabilis,
dis- je, cette pellicule ne brunit ni ne jaunit; elle demeure incolore et se
dissout dans l'acide sulfurique concentré, tandis que la cuticule externe
seule brunit et ne se dissout pas ; la couleur brune s'arrête donc à l'ou-
verture externe du stomate. D'un autre côté, nous avons vu que dans les
Ruta graveolens, divaricata, Helleborus fœtidas, etc., il existe une cuti-
cule sur toute la face interne de Tépiderme des feuilles âgées, que dans XJs-
phodelus ramosus, luteus, etc.,- cette cuticule n'existe qu'au fond des
méats intercellulaires ; dans les Helleborus orientalis, odorus, les cavités
respiratoires sont entourées par une cuticule qui jaunit. Or ces cavités
sont des lacuues ordinaires auxquelles aboutissent les méats intercellu-
laires et par eux les autres lacunes. Il n'est donc pas surprenant qu'il y ait
une cuticule semblable dans les méats et les lacunes de certaines plantes.
Je n'en citerai dans ce résumé que quelques exemples des plus remarquables,
afin qu'aucune contestation ne puisse avoir lieu. Que l'on compare avec la
cuticule externe, par exemple, la cuticule interne qui tapisse les lacunes
du pétiole du Nyrnphœa alba, du TSuphar lutea, celles des tiges àel'Hippu-
ris vulgaris, AuMenyanth.es trifoliata, du Ceratophyllum demersum, etc.,
on demeurera convaincu de leur similitude, soit qu'on les examine avant
ou après l'emploi de l'iode et de l'acide sulfurique. Dans les lacunes des
jeunes et des vieilles tiges de YHippuris, on trouvera sous la cuticule, entre
(84i )
elle et la membrane cellulaire, une couche de cellulose fréquemment
épaisse ; elle est assez mince dans le Nymphœa alba et dans le Nuphar
lutea, mais elle se gonfle considérablement par l'action de l'acide sulfurique,
qu'il ne faut pas ajouter trop concentré pour mieux observer les rapports
des diverses parties. Parmi les plantes exotiques que j'ai examinées, le
Lymnanthemum Humboldtii, le Nymphœa stellata, etc., sont aussi des
exemples assez favorables à l'observation de la cuticule interne. Le seul
caractère par lequel elle diffère de la cuticule externe, c'est qu'elle est plus
altérable que cette dernière par l'acide sulfurique concentré ; elle se colore
aussi moins souvent en brun lorsqu'on la traite par l'iode et par cet acide.
Elle participe en cela des propriétés des cuticules externes très-jeunes. Du
reste, son origine est la même; elle résulte du dédoublement de la paroi
externe de chaque cellule adjacente à la lacune.
» Si l'on examine, sous un grossissement de 4oo diamètres, les méats du
pétiole du Nymphœa alba, etc., et des coupes transversales d'une multitude
d'autres plantes même ligneuses, on les trouvera garnis d'une membrane
semblable qui doit probablement être rapportée à la cuticule interne. Je n'ai
pas suffisamment étudié son origine pour avoir une certitude parfaite en
ce qui la concerne. »
physiologie végétale. — Recherches expérimentales sur le pouvoir d'ab-
sorption, par rapport à l'eau, des racines des plantes aériennes ; par
M. Ad. Chate». (Extrait par l'auteur.)
(Renvoi à l'examen de la Section de Botanique.)
« Les recherches anatomiques auxquelles je me livre depuis longtemps
n'ont pas seulement pour objet l'anatomie considérée en elle-même et
dans ses applications à la classification végétale ou à l'histoire des plantes
fossiles, elles doivent aussi, dans ma pensée, servir de point de départ et de
fil conducteur à des recherches expérimentales destinées à étendre nos
connaissances en physiologie.
» Je viens soumettre à l'Académie des Sciences les premiers résultats des
expériences que j'ai entreprises pour déterminer les fonctions des racines
des plantes épiphytes ou aériennes. De ces expériences, qui ont pour but
l'appréciation du rôle de l'eau, des vapeurs et des gaz, je n'exposerai au-
jourd'hui que celles touchant le premier point.
» L'anatomie m'ayant appris, d'une part, que les racines des plantes
aériennes ont une organisation très-différente suivant qu'elles se développent
( 84* )
au milieu de l'atmosphère ou au sein de la terre (ou de misses, de Imoussè:
humide) ; d'autre part,* que les racines placées dans l'atmosphère diffèrent,
suivant les. espèces, par la présence (ce qui est l'état le plus commun) ou par
l'absence d.'une enveloppe spongieuse (vue par Butrochet, Linck,.Meyenp
Sehleiden, Richard, etc.) à leur surface, je me suis proposé de déterminer
tout d'abord quelle influence ont sur les fonctions des racines, par rapport
à l'eau, le milieu dans lequel 5e développent celles-ci et la nature de leur
enveloppe. • ,; ^ / -' . ; -.'_"-'
, » Se sont ensuite présentées, à mesure que j'avançais dans l'analyse du
problème posé, les questions suivantes, que je me suis efforcé de résoudre:
» L'enveloppe spongieuse sert-elle directement ou indirectement à l'ab-^
sorption ? ■ ■ .r ;
» Les extrémités vertes des racines aériennes, vulgairement désignées sous
lejiomde spongioles (terme bien impropre, puisqu'elles sont toujours pri-
vées d'enveloppe spongieuse), absorbent-elles l'eau? -.- "".:/ .-.:.■..""
x Quels sont les pouvoirs d'imbibition et de transpiratiou de l'enveloppe
spongieuse? - : • . "..- . i .-
» Dans toutes les expériences, je me suis servi, pour y engager les racines
et mesurer l'absorption, de tubes semblables dans lesquels chaque milli-
mètre de hauteur répondait sensiblement à o gr ,5 d'eau. Quelquefois j'ai
laissé ouverts les tubes où plongeaient des racines r mais ayèc la' précaution
de placer à côté d'eux, pour faire la part de l'évaporation dans te résultat
général, d'autres tubes à blanc ou tubes-témoins, ne contenant que de l'eau;
plus souvent j'ai fermé les tubes avec un bouchon percé et bien luté à la
cire molle.
» De mes expériences multiples, mais en général concordantes, je ne
rapporterai ici qu'un petit nombre, qu'on peut regarder comme représen-
tanf les moyennes des observations ; sur plusieurs points même je me
contenterai d'énoncer les résultats.
\ » A. Expériences ayant pour objet de déterminer comparativement, chez
lés plantes épiphytes, le pouvoir d' absorption des racines Jlottant dans Voir,
et des racines engagées dans la terre ou dans la mousse.
* « Sur un même pied de Vanille [P'anilla planifolia) étaient des racines,
lès unes pendantes dans l'atmosphère, les autres développées dans La terré
dé bruyère : celles-là n'ont absorbé, en vingt-quatre heures, que a milli-
mètres d'eau; celles-ci en ont, au contraire, absorbé 60 millimètres. Dans
une autre expérience, faite sur la même plan te, mais à une époque de plus
gctive végétation, l'absorption _par la racine terrestre a été de jo^millk
{ 843 )
mètres; celle par la racine aérienne, de 3 millimètres seulement. Enfin une
racine de Vanille, d'abord formée dans l'air, ensuite peu à peu engagée dans
le sol, où elle n'avait qu'en partie perdu sa couleur verte, etc., absorbait
55 millimètres d'eau pendant que la racine franchement terrestre en absor-
bait i io millimètres.
» Un pied de Sarcanthus paniculatus avait des racines, les unes dans
l'air, les autres dans la mousse humide et dans la terre ; en vingt-quatre
heures, les racines dans l'air ont absorbé 3 millimètres; les racines dans la
mousse, 65 millimètres; les racines dans la terre, io3 millimètres.
» Les résultats, bien nets, de ces premières expériences sont :
» Que le pouvoir d'absorption, par rapport à l'eau, des racines des
plantes aériennes varie, comme leur organisation, avec le milieu dans le-
quel elles se développent;
» Que le pouvoir d'absorption des racines venues dans la terre est con-
sidérable ;
» Que le pouvoir d'absorption des racines aériennes est faible;
» Que le pouvoir d'absorption des racines, incomplètement aériennes et
incomplètement terrestres, répond à la nature mixte de ces organes.
» B. Expériences ayant pour objet de mesurer comparativement le pou-
voir d absorption des racines aériennes pourvues d'enveloppe spongieuse et
des racines, aussi aériennes , mais privées de cette enveloppe.
» Il résulte des expériences faites sur des Rodriguezia, Oncidium, Va-
nilla, etc., que ce pouvoir ne diffère pas sensiblement dans les deux classes
de racines. Les résultats fournis par la première journée d'observation
donnent bien une absorption apparente plus forte pour les racines à enve-
loppe spongieuse que pour les autres; mais les résultats deviennent ensuite
uniformes, et les différences d'abord observées doivent être mises au compte
de la faculté d'imbibition de l'enveloppe spongieuse, dont le premier effet
est de se saturer d'eau.
» C. L'enveloppe spongieuse absorbe-t-elle directement? Quelle est la
part des extrémités vertes dans le phénomène ?
» Si Ton plonge des racines dans l'eau, les unes par leur extrémité verte
seulement, les autres par celle-ci et, de plus, par le reste de leur longueur
que recouvre l'enveloppe spongieuse, on trouve que l'absorption est sensi-
blement la même dans les deux cas.
» L'absorption est encore fort semblable quand on observe comparati-
vement des racines privées d'enveloppe spongieuse, comme celles de la Va-
nille, et des racines d'espèces pourvues de cette enveloppe.
( 844 )
» Donc l'enveloppe spongieuse, si apte à s'imbiber d'eau, ne concourt
pas sensiblement d'une manière directe à l'absorption.
» D. L'enveloppe spongieuse sert-elle indirectement à l'absorption?
» Cette question est résolue affirmativement par une jolie expérience. Si
l'on engage par son milieu, et de manière à en laisser au dehors l'extrémité
verte, une racine spongieuse dans un tube en U fermé de deux bouchons,
percés et lûtes à la cire, on constate que l'absorption a lieu. En opérant sur
un liquide coloré, on voit celui-ci se diriger par l'enveloppe spongieuse vers
l'extrémité verte, où nous avons reconnu précédemment qu'était essentiel-
lement le siège de l'absorption .
» Si donc l'enveloppe spongieuse ne transmet pas directement l'eau au
tissu qu'elle recouvre (ce qui cependant peut avoir lieu pour une faible
part), elle concourt très-efficacement, quoique d'une manière détournée, à
l'absorption, en s'imbibant et en transmettant ensuite peu à peu à la racine
l'eau dont elle s'est imprégnée, et qu'elle conserve à la manière d'un ré-
servoir.
» E. L'enveloppe spongieuse cède-t-elle aisément à l'atmosphère l'eau dont
elle s'est chargée ?
» Il ressort de l'ensemble de mes expériences, et notamment de l'équili-
bre qui s'établit dans le pouvoir d'absorption des racines plongeant dans
l'eau, les unes par leur seule extrémité verte, les autres par celle-ci et par
une petite portion de leur enveloppe spongieuse dont la plus grande lon-
gueur reste au milieu de l'air, que l'évaporation par cette enveloppe est sen-
siblement nulle dans l'air humide des serres à Orchidées ; dans un air sec,
la perte par évaporation est au contraire notable, et cette circonstance est
l'une de celles par lesquelles s'expliquent les bons effets des vapeurs dont on
cherche à saturer ces serres.
» F. Quel est le pouvoir d'imbibiiion de l'enveloppe spongieuse?
» On a la mesure de son énergie en plongeant, par un point de sa lon-
gueur, une racine spongieuse non saturée d'eau dans un liquide coloré. A
l'instant même ce liquide s'élance et recouvre la racine dans toute sa lon-
gueur.
. » Le pouvoir d'imbibition, résultat de phénomènes d'hygroscopicité et
de capillarité, se maintient dans toute sa force après la mort de la racine.
La partie vieillie et repoussée en dehors des enveloppes spongieuses est
d'ailleurs souvent morte quand la racine est encore pleine de vie,
*'•■■
( 845 )
Conclusions générales.
» i°. Le pouvoir d'absorption des racines aériennes des Orchidées épi-
phytes est à peu près à celui des racines des mêmes végétaux développées
dans la terre : ". i : 4°-
» »°. Le pouvoir direct d'absorption est à peu près le même pour les ra-
cines aériennes privées d'enveloppe spongieuse et pour celles munies de
cette enveloppe.
» 3°. L'absorption s'exerce directement par les extrémités vertes des ra-
cines aériennes.
» 4°. L'enveloppe spongieuse concourt indirectement à l'absorption en
s'imprégnant d'eau qu'elle cède ensuite peu à peu à la racine.
» 5°. Le pouvoir d'imbibition de l'enveloppe spongieuse est indépendant
de la vie de ce tissu, et de la vie de la racine.
» 6°. La transpiration par l'enveloppe spongieuse étant nulle, ou très-fai-
ble dans une atmosphère humide, l'eau dont, ce tissu peut être imprégné
passe alors presque tout entière dans la racine.
» 7 . La faculté qu'a l'enveloppe spongieuse de se charger d'eau pour la
céder ensuite à la plante, la pratique horticole très-répandue de cultiver les
Orchidées épiphytes dans des paniers, etc., remplis de terre ou de mousse,
et le pouvoir énergique d'absorption pour l'eau des racines développées
dans ces derniers milieux, expliquent les bons effets des bassinages ou arro-
sements. »
botanique. — Observations relatives à la fécondation incomplète et à
ses conséquences, dans les végétaux phanérogames; par M. Ch. Nadbik,
Aide-naturaliste au Muséum.
(Renvoi à l'examen de la Section de Botanique.)
« S'il est un fait de physiologie végétale irrévocablement acquis à la
science, c'est la nécessité de l'intervention du pollen dans l'acte de la géné-
ration proprement dite ou reproduction par graines. Ce que l'on connaît
moins, c'est l'effet des fécondations incomplètes par suite d'une quantité
insuffisante de pollen. Existe-t-il des différences appréciables entre les fruits
qui succèdent à une riche fécondation et ceux où la dose de pollen appli-
quée sur le stigmate a été trop faible pour imprégner la totalité des ovules?
C R. i856, i« Semestre. (T. XLII, N° 18.) 1 1 l
(846)
Y a-t-il surtout moins de vigueur chez les plantes issues de graines faiblement
tecondees, que chez celles qui proviennent de graines dont la fécondation a
ete faite d'une manière normale? Telle est la question que je me propose
d examiner et sur laquelle j'appellerai un instant l'attention des physiolo-
gistes. Sans avoir la prétention de la résoudre, je citerai quelques faits qui
S! je ne m'abuse, tendent à démontrer que, dans certains cas, la quantité
relative de pollen employée à la fécondation d'un ovaire influe sur le déve-
loppement de ce dernier et quelquefois aussi, lorsqu'il est uniovulé, sur
celui de la plante provenue de la graine qu'il contient.
» Dans le cours de mes expériences sur l'hybridation, il m'est arrivé fré-
quemment de castrer des fleurs bien avant la déhiscence de leurs anthères,
et d'en abandonner ensuite la fécondation aux chances du hasard. Dans la
plupart des cas, l'ovaire ne prenait aucun accroissement; le plus souvent
même la fleur se détachait tout d'une pièce, aubout de quelques jours, par
desarticulation ou par sphacélation de son pédoncule. Toutefois, chez les
JXtcoùçna, les Nipandra et les Pétunia, qui ont été plus particulièrement le
sujet de ces observations, il arrivait ordinairement qu'un petit nombre de
fleurs persistassent et que leur ovaire, plus ou moins accru, se transformât
en'une capsule presque toujours fort réduite en volume, mars contenant
encore un certain nombre de grainesbien conformées, puisqu'elles germaient
et donnaient naissance à des plantes tout aussi vigoureuses que celles qui
provenaient de graines tirées de capsules de grandeur" normale et succé-
dant à des ovaires richement fécondés, r V-V
» Il est hors de doute que, dans les cas que je viens de citer, les stigmates
des fleurs castrées avaient reçu, soit par l'intermédiaire du vent, soit plutôt
par celui des insectes, une faible quantité de pollen, suffisante cependant
pour féconder plusieurs ovules et, par suite, pour vivifier l'ovaire lui-même
Il me paraît permis de supposer qu'ici le développement de l'ovaire, dont
la grosseur variait de | aux £ du volume normal, a été rigoureusement pro-
portionnel à la somme de pollen reçue par le stigmate. Les ovules très-
tenus et très-nombreux des fiantes sur lesquelles cette observation a été
faite, payant pas besoin de recevoir plus d'un tube pollinique pour être
lecondés, il en est résulté que, ceux qui ont en la chance d'être rencontrés
par 1 organe conducteur du fluide spermatique ont été aussi puissamment
fécondes que s'ils se fussent trouvés dans un cas d'imprégnation ordinaire,
ce qm explique, la vigueur des plantes qui en sont sorties; L'insuffisance'
du pollen a donc porté non sur la qualité des graines, mais -sur leurnombre
et, par suite, sur le volume du fruit lui-même. . .] \.
( 847 )
^ » En est-il de même lorsqu'il s'agit d'ovaires uniovulés ou qui ne doivent
développer qu'une seule graine? Les expériences de Gœrtner fils établissent
assez positivement le contraire pour les Malvacées et les Tropéolées. Il a
reconnu, par exemple, que pour être fécondés les carpelles uniovulés du
Malva mauritiana exigeaient au moins quatre grains de pollen, et même
qu'avec ce nombre la fécondation était peu assurée. Dans le Tropœolum
majus, le nombre des grains de pollen nécessaires pour féconder un seul
ovule serait encore plus considérable, puisqu'une dizaine de grains au
moins, déposés sot le stigmate, laissent l'ovaire et l'ovule absolument inertes.
Il est cependant des plantes à ovaires uniovulés qui font exception et où un
seul grain de pollen suffit rigoureusement à la fécondation; telles sont les
Mirabilis, si communément cultivés dans nos jardins {M.jalapa et M. lon-
giflora), plantes cbez lesquelles, il est vrai, le pollen se fait remarquer par
sa grosseur. Kœlreuter est le premier, je crois, et le seul peut-être qui ait
annoncé la possibilité du fait; ses observations m'étaient inconnues lors-
qu'il y a deux ans j'entrepris des expériences qui devaient les confirmer.
» Dans l'été de 1 854, ayant enlevé les anthères non encore ouvertes d'une
vingtaine de fleurs de M. jalapa que je laissai sans fécondation, toutes ces
fleurs tombèrent dans les trois ou quatre jours qui suivirent. La même
opération répétée sur quatre fleurs de M. longiflora amena un résultat
semblable. Ces castrations avaient pour but de servir de contre-épreuve aux
expériences que je projetais, en démontrant le peu de chances qu'ont les
fleurs de Mirabilis d'être fécondées par l'intermédiaire du vent et des
insectes.
» Du 12 au r4 septembre de la même année, neuf fleurs de M.jalapa
ayant été castrées dans le bouton, un seul grain de pollen, choisi parmi les
plus gros, fut déposé sur chaque stigmate, au moment où ces fleurs s'épa-
nouirent. Le lendemain de l'opération, lorsque leur calice corolliforme se
fut refermé, je m'assurai, pour plusieurs d'entre elles au moins, que l'unique
grain de pollen était encore en place, et que les stigmates n'en avaient pas
reçu d'autres.
» Les neufs ovaires parurent nouer et s'accroître : cependant sept tom-
bèrent successivement dans les quinze jours qui suivirent; les deux survi-
vants arrivèrent à un volume à peu près normal et furent récoltés mûrs vers
le milieu d'octobre.
» A la même époque (du i a au 14 septembre ) six fleurs de la même plante
furent castrées de même et leurs stigmates reçurent deux grains de pollen.
i ii..
( 848 ) _ • . ~
Un seul ovaire se développa et me donna une graine bien conformée qui fut
récoltée le 9 octobre.
» Le 18 septembre, quatre fleurs préalablement castrées de M. longiflora
furent fécondées par un seul grain de pollen. Les quatre ovaires s'ac-
crurent : deux arrivèrent à moitié grosseur, le troisième se détacha un peu
plus tard, ayant atteint environ les f de son volume normal, le quatrième
seul persista et fut récolté mûr le 26 octobre.
» Le même jour (18 septembre), quatre autres fleurs de la même plante
ayant été castrées, leurs stigmates reçurent chacun deux grains depollen^
Trois ovaires tombèrent dans les huit jours qui suivirent; le quatrième noua
et arriva à maturité, bien que dans le cours de son développement il eût été
fortement endommagé par la morsure d'un limaçon, ce qui empêcha plus
tard la graine de germer.
» Les quatre graines ainsi obtenues furent semées le 17 avril de l'année
suivante (i855). Il n'y en eut que trois qui levèrent, savoir : deux graines
de Mirabilis jalapa, Tune provenant d'un seul grain de pollen, l'autre de
deux; la troisième de M. longiflora } obtenue au moyen d'un seul grain de
pollen. Les trois jeunes plantes, d'abord élevées en pots, furent, au moment
convenable^ transplantées à côté l'une de l'autre dans une même plate-bande,
où elles trouvèrent des conditions identiques de sol et de culture. Un qua-
trième pied de M. jalapa, provenu d'une graine richement fécondée l'année
précédente, y fut aussi planté pour servir de terme de comparaison.
^ » L'individu- de M. longiflora (issu d'une graine fécondée par un seul
grain de pollen) atteignit à la taille propre à son espèce; il ne différa des
plantes sorties de graines normalement fécondées ni par le développement
de son feuillage, ni par le nombre ou la grandeur de ses fleurs.
- » lien fut autrement des deux M. jalapa issus de graines faiblement
fécondées. Tandis que la plante de même espèce qui servait d'étalon se faisait
remarquer par un développement peu commun, atissi bien que par le
nombre et par la grandeur de ses fleurs , les deux premières, quoique
pleines de vigueur, restaient sensiblement au-dessous des proportions ordi-
naires de leur espèce. On en jugera mieux par' les mesures que je vais don-
ner et qui ont été prises avec toute l'exactitude possible.
» Le 25 septembre, époque où les trois plantes avaient atteint leur plus^
grand développement et étaient en pleine floraison, l'échantillon typés'éle-
vait à o m ,8o ; ses nombreuses ramifications formaient une touffebien fournie
et régulière^ dont le diamètre transversal était de o m ,85; sur vingt fleurs
■■35: ;
(849)
prises au hasard entre un très-grand nombre, le diamètre du limbe étalé de
la corolle (calice corolliforme) variait entre 27 millimètres au minimum et
36 au maximum ; la moyenne générale a été trouvée de 32 millimètres.
» L'échantillon provenu d'une graine fécondée par un seul grain de
pollen n'avait, au 25 septembre, que quatorze fleurs épanouies. Le diamètre
de leur limbe oscillait entre 16 et 25 millimètres; la moyenne générale a
été ao mm ,6. La hauteur totale de la plante ne dépassait pas o m ,6o et le dia-
mètre transversal de sa touffe o m ,5o. Environ une moitié des étamines était
mal conformée, les autres ne contenaient que quelques grains de pollen ;
aussi un très-grand nombre de fleurs, au moins les trois quarts, tombèrent-
elles, par ce que leur ovaire n'avait pas été fécondé. Les feuilles, à en
juger à la simple vue, n'avaient guère en surface que la moitié de celles de
l'échantillon type dont je viens de parler.
» Le troisième pied (sorti d'une graine fécondée par deux grains de pol-
len) ressemblait de touts points au précédent; mais il était encore moins
florifère. Sa hauteur était o m ,55; sa touffe, irrégulière et peu garnie, me-
surait o m ,6o dans son plus grand diamètre. Il n'avait, le jour du mesurage,
que quatre fleurs ouvertes dont le diamètre moyen s'est troitvé de 22 mm ,25.
Très-peu d'ovaires ont noué par suite du peu d'abondance ou de l'imper-
fection du pollen.
» Les corolles régulières pouvant être assimilées à des cercles ou à des poly-
gones réguliers, nous pouvons évaluer leurs valeurs comparatives en superfi-
cie par le même procédé que celui qu'on applique à ces figures géométriques,
c'est-à-dire conclure que les surfaces des limbes sont entre elles comme les
carrés de leurs diamètres. Partant de ce principe, nous trouvons que les
limbes des fleurs des trois plantes examinées ci-dessus étaient entre eux
comme les nombres 1024, 426 et %5; ce qui revient à dire que le limbe
moyen des fleurs de la plante type (issue d'une abondante fécondation j
étant représenté par 1 , ceux des deux autres l'étaient par les nombres o,4 16
et o,483. Les fleurs de la plante richement étoffée étaient donc plus que
doubles de celles des deux individus qui étaient sortis de graines faiblement
fécondées.
» Un fait isolé comme celui que je viens de citer ne suffit sans doute pas
pour affirmer que, chez le M. jaldpa, la fécondation par un seul ou par un
très-petit nombre de grains de pollen ait pour effet constant de donner
naissance à des individus rabougris, peu florifères et peu féconds. Il se peut
que l'affaiblissement observé dans les deux plantes ait été dû à une cause
( 85o )
toute différente ; néanmoins cela me paraît peu probable. Dans tous les cas,
l'expérience que je viens de rapporter confirmerait ce qui a déjà, été dit dé
la possibilité de la fécondation d'un ovaire uniovulé par un seul ou par
deux grains de pollen. »
géologie. -Études sur la production artificielle des minéraux et sur les
- conséquences qui en résultent pour la géologie; par M. J. Durocher.
(Renvoi à l'examen des Commissaires précédemment nommés : MM. Berthier ,-
Élie de Beaumont, Dufrénoy, auxquels est adjoint M. de Senarmont.J
« Dans ces dernières, années, on est parvenu à former artificiellement,
avec les ressources si limitées de nos laboratoires, un grand nombre des
corps cristallisés qui existent dans la croûte terrestre : ces découvertes
modernes n'ont pas seulement l'intérêt propre que l'on doit attacher aux •
efforts de l'homme, lorsqu'il cherche à imiter le pouvoir créateur de la
nature; elles ont, en outre, une importance particulière pour le géologue,
car elles offrent, pour ainsi dire, une reproduction des phénomènes qui ont
eu lieu en grand dans le laboratoire souterrain, et elles fournissent le
moyen le plus sûr d'éclaircir les mystères de la formation du globe. Ainsi,
la plupart des minéraux naturels étant insolubles, non volatils et souvent
infusibles, on ne pouvait autrefois se rendre compte de leur origine qu'au
moyen d'hypothèses qui, plus tard, ont été reconnues dénuées de vraisem-
blance^ car elles impliquaient des températures énormes, ou des dissolu-
tions presque impossibles à réaliser.
» Gay-Lussac a le premier ouvert une voie rationnelle, en produisant
artificiellement le fer oligiste, et en montrant que la cristallisation de ce
minéral dans les soupiraux volcaniques n'exige point la chaleur énorme
qu'on supposait nécessaire pour le volatiliser. A une époque plus récente,
M. Daubrée, suivant la même voie, a obtenu des cristaux d'oxyde d'étain et
d'oxyde de titane, par un procédé semblable à celui qu'avait employé Gay-
Lussac pour produire le fer oligiste. De son côté, M. Ebelmen est parvenu-
à composer plusieurs des minéraux employés dans la joaillerie, en liquéfiant
les substances amorphes au moyen d'un fondant qui, comme l'acide bori-
que, peut se volatiliser lentement sous l'influence de la chaleur : ainsi a été
expliquée l'origine de diverses gemmes contenues dans les roches cris-
tallines. Déjà longtemps auparavant, M. Becquerel, mettant à profit les
(85i )
combinaisons lentes que déterminent les phénomènes électrochimiques
était parvenu à faire cristalliser des substances minérales insolubles, comme
le sulfate de baryte; il est probable que telle est l'origine des cristaux de
barytine, de célestine et autres minéraux, qui forment des nids ou des
veines irrégulières dans les terrains de formation aqueuse
» Mais l'origine des dépôts métallifères était encore très-obscure, lorsque
par des rapprochements ingénieux, M. Élie de Beaumont fit ressortir là
connexion des phénomènes qui avaient rempli les filons avec les causes
volcaniques Toutefois il y avait à expliquer les irrégularités, les bizarreries
apparentes des gîtes métallifères, et certaines circonstances dont l'interpréta-
tion a été l'objet de longues controverses. Il fallait aussi tâcher de repro-
duire arfaficiellement, et par des procédés analogues à ceux qu'avait dû
employer la nature, les principales substances métalliques existant dans les
filons. Le problème présentait donc deux parties distinctes, l'une théorique
1 autre expérimentale : l'une et l'autre ont été l'objet de mes recherches ;'
et la solution a laquelle je suis arrivé me paraît véritablement satisfaisante
sous le rapport chimique et sous le rapport géologique, car j'ai pu repro-
duire les minéraux des filons avec tous leurs caractères, et j'ai pu expliquer
d une manière très-simple les circonstances qui paraissaient les plus étranges
et les plus difficiles à concevoir.
» Dans un Mémoire présenté à l'Académie {Comptes rendus, t XXVIII
p. 607), j'ai montré que les dépôts des minerais métalliques, en général'
sont le produit de deux ou de plusieurs courants ascensionnels, distincts à
leur origine, se mouvant le long de fissures particulières ou suivant les
diverses parties d'une même fente, se rencontrant en certains points de
leur parcours, et contenant deux sortes d'émanations, les unes motrices
entraînant les composés métalliques en vapeur ou en dissolution, les autres
Jixatnces, contenant des radicaux destinés à fixer les métaux, ordinaire-
ment du soufre ou de l'arsenic. Toutes les irrégularités que nous offrent les
hlons métallifères, non-seulement deviennent assez faciles à expliquer
mais elles se présentent comme des conséquences nécessaires de cette con-
ception : ainsi l'excessive inégalité de richesse des différentes parties d'un
Won, la brusque interruption du minerai, sa plus grande abondance dans
les parties larges, sa concentration habituelle aux intersections des fentes
qui ont du être les principaux points de rencontre des deux sortes d'éma-
nations, la disparition fréquente du minerai dans la profondeur, et l'exis-
tence des veines métallifères presque superficielles, qu'on a pittoresquement
nommées des coureurs de gazons, etc., tous ces faits étaient difficilement
(•85a-)
explicables ; et, en reconnaissant que les métaux avaient dû venir de bas en
haut, on ne pouvait concevoir que les filons s'appauvrissent en profondeur,
ce qui malheureusement est incontestable dans beaucoup de cas. Ces bizar-
reries me semblent très-simples et très-naturelles, si l'on admet que le
dépôt des sulfures métalliques dans un filon a exigé le concours de -deux
sortes d'émanations. _■■■..-...'"
!» L'élément moteur des émanations métalliques paraît avoir été, en
général, le chlore, qui joue Le même rôle dans les phénomènes volcaniques;
et î dans mon premier Mémoire, je faisais observer que les chlorures métal-
liques sont, à très-peu d'exceptions près, volatils et solubles, de façon que
le même véhicule aura pu servir, soit pour vaporiser les métaux, soit pour
les transporter à l'état de dissolutions, et il aura pu arriver souvent que les
deux cas se soient réalisés, l'un après l'autre, dans les mêmes fentes, par
suite de la condensation de vapeur d'eau.
» Dans la réalisation du programme que j'avais ainsi posé, en 1 8%,
pour expliquer la génération des filons métallifères, il y avait à exécuter
deux systèmes d'expériences; il fallait produire artificiellement les sub-
stances minérales des filons, i° par la rencontre de deux sortes de vapeurs,
2° au moyen de dissolutions. Pour Le second cas, relatif à l'emploi de la
voie humide, j'ai été devancé par M. de Senarmont, dont le beau travail a
été publié dans les Comptes rendus de l'Académie, en i85î (t. XXXII,
p. 409). Mais le second système d'expériences a fait l'objet spécial de mes
recherches, dont j'ai présenté des extraits à l'Académie, t. XXXII, p. 82 3,
et t. XXXIII, p. 64 : par le concours de deux sortes de vapeurs, j'ai pu
former les principaux minéraux de fer, zinc, cuivre, antimoine, plomb,
argent, etc., avec les mêmes formes cristallines, le même éclat, les mêmes
caractères physiques, et une telle ressemblance, que souvent on peut les
confondre avec les minéraux naturels.
» Aujourd'hui on, peut donc regarder, comme résolu dans ses points
essentiels le problème de la formation des dépôts métallifères, problème qui
semblait si obscur, il y a peu d'années. On peut assigner à ces dépôts les
origines suivantes :
» i°. L'injection d'un magma en fusion, qui s'est comporté comme une
roche éraptive; on peut en citer, comme type, lés grands amas de fer
oxydulé de îa Scandinavie et des monts Oural;
» a°. La rencontre de vapeurs métallifères et d'autres vapeurs conte-
nant, en général, de l'acide suif hydrique; "
» 3°. Dés sources thermominérales, contenant des sels métalliques
( 853 )
solubles et donnant lieu à des précipitations de métaux, par la rencontre
d'autres dissolutions.
» D'ailleurs le rôle fixateur a pu être rempli par des substances miné-
rales faisant déjà partie de la croûte terrestre, et contenant un élément
susceptible de former avec les métaux des composés non volatils ou inso-
lubles. C'est ainsi que le zinc a pu se déposer à l'état de carbonate, en
rencontrant des masses calcaires ou dolomitiques ; c'est ainsi que des éma-
nations argentifères ont pu être fixées au contact de sulfures métalliques
préexistant au sein des roches, comme le montre l'observation séculaire
des mineurs de Kongsberg, et comme mon savant collègue Malaguti et
moi en avons donné la démonstration expérimentale.
» Mais quels sont les gîtes métallifères qui ont été formés par la ren-
contre de vapeurs, et quels sont ceux auxquels on doit attribuer une ori-
gine par voie humide? Les deux modes pouvant produire des composés
semblables aux minéraux naturels, c'est par des considérations géologiques
qu'il faut se guider dans cette recherche : or il y a deux genres de consi-
dérations qui me semblent pouvoir servir à distinguer les gîtes formés par
des vapeurs de ceux engendrés par des dissolutions. Le premier cas im-
plique une température un peu plus élevée, mais le plus souvent il n'est pas
besoin de supposer une pression beaucoup supérieure à celle de l'atmo-
sphère, tandis que, dans le second cas, une forte pression paraît habituel-
lement nécessaire. C'est dans les roches cristallines, ou modifiées par la
chaleur, que doivent surtout se trouver les gîtes de la première sorte ; ils
doivent se rattacher d'une manière plus directe aux phénomènes ignés :
ainsi c'est à ce groupe qu'appartiennent les gîtes de sulfures métalliques
associés aux schistes cristallins du nord de l'Europe, et il en est de même
des gîtes stannifères, dont l'origine a été ingénieusement attribuée par
M. Daubrée à des vapeurs contenant du fluor. D'ailleurs il y a une autre
considération qui me paraît assez importante : lorsque des substances sili-
catées alcalifères se trouvent en contact avec des vapeurs métalliques et
sulfureuses, elles ne paraissent pas, en général, être notablement altérées;
mais il en est tout autrement lorsqu'elles se trouvent en présence de disso-
lutions aqueuses, sous l'influence de la chaleur et de la pression : alors
l'inégale tendance à se dissoudre des bases alcalines et des bases terreuses
se trouve mise en jeu, et il en résulte une altération de la masse, qui perd
sa consistance et tend à prendre l'état argileux ; en même temps il se forme
de nouveaux composés, dans lesquels entre de l'eau, tels que la laumonite
et autres hydrosilicates. Par conséquent, les gîtes métallifères dans lesquels
C. K., i856, i^Semestre. (T. XLII,N° 18.) 112
(854)
se manifestent^- au contact des roches encaissantes, des traces d'altération^
non exclusivement inhérentes aux affleurements, mais.se prolongeant àdejs
profondeurs indéfinies, les gîtes où l'on observe» même dans les points les
plus profonds, des parties pourries, a ^^ l'Atat srgijeus ; Jes filpns qui sont
constamment bordés de salbandes argileuses, où v av§cJajphauxl carbonatée,
il y a des gangues à l'étaj d'hydrate, etc., ce sonj: c^ux-là qui ^nj dùêtre
formés par des sources; thermominérales : une partie des filons des terrains
anciens, surtout les veineLSOuamasd'bydroxydede'fereQAtenjisdansles ter-
rains paJéozgïques, laplupart des gîtes des terrains secondaires non modifiés,
appartiennent à ce groupe, On : y remarque; souvent, en effets des roches
pourries, comme l'eurife OU porphyres quartzifère.de la mine d-Huelgoat,
comme le. dioxite décomposé de la mine .dePontpianr ou bien des masses
argileuses jpi forment parfois une sorte d'enveloppe, autour des gîtes, ainsi
qu'on le. voit à l'exploitatip.n ;de calamine. de. JaMlle^Montagne et dans
beaucoup de minières de .l'ouest de là. France, D'ailleurs les même_s fentes
ont pu successivement être parcourues par des émtoâtions: à Uétat de. va-
peurs et paivdes émanations liquides, et cacas, a dû probablement être assez
fréquent v pùisque, dans les régions, volcaniques, nous vsyons, surdes points
très-rapprochés, des fissures du sol donner issue A. des dégagements, de gaz
ou de-vapeur et à des sources thermominérâles. Ainsi k liaison ^ntrè: les
deux sortes de gîtes, Je passage des uns aux. autresja'aîrieu que de très-
naturel. »i — ' - "■ ;->;-:: i- !_"."- - -- --
• :M. l'abbé Basiacô adresse une Kote- sur un moteur hydraulique àet. son
invention. U annonce que des expériences vont être -faites .prochainement
avec son-appareil en présence -d'une Commission désignée par le Gouverne-
ment; et émet le vœu: que la Commission nommée par ÏAeadémie des
Sciences puisse assister à cet essai. M. BasiaCo -désire que son moteurlsoit
admis à concourir pour le prix triennal, et supposant à tort qu'Une Corn-,
missiop aurait été déjà nommée pour choisir entrée les diverses inventions
ou -découvertes qui sont de la compétence de l' Académie des iSciimces,
celle qui semblerait mériter le prix,, il voudrait que ce fût. à cette Gommis.-
sioii "que son Mémoire fût dès aujourd'hurrenvoyé: : f - -
V" Cette demande, qui repose sur des renseignements inexacts, ne peut être
prise en considération : la Note de M, Basiaco est renvoyée à l'examen
d'une Commission composée de MM. Morin" et Séguîer. ,' .
( 855 )
M. Mokot, auteur d'une Note sur un moteur électromagnétique, men-
tionnée au Compte rendu de la séance du 27 août i855, adresse, comme
complément à cette première communication, un exposé d'expériences dont
les résultats tendent à justifier l'emploi qu'il a fait de fils de zinc au lieu de
fils de cuivre, malgré l'infériorité reconnue du premier métal sous le rap-
port de la conductibilité.
(Renvoi à l'examen des Commissaires déjà nommés : MM. Becquerel,
Pouillet, Séguier.)
CORRESPONDANCE.
M. le Ministre de l'Instruction publique transmet un opuscule intitulé :
Saggio di calcolo originale... résolution numérique de divers problèmes
de géométrie et de trigonométrie, par M. 0. Gianotti, de Casale (Etats
Sardes), avec une copie de la Lettre d'envoi également écrite en italien.
M. Chasles est invité à prendre connaissance de cet opuscule et à en faire,
s'il y a lieu, l'objet d'un Rapport qui puisse être adressé à M. le Ministre.
M. le Secrétaire perpétuel présente au nom de l'auteur M. L.-R. Lecanu,
professeur titulaire à l'Ecole de Pharmacie de Paris, un volume intitulé :
« Eléments de Géologie».
physique. — Communication faite par M. Récquerel au nom deW. Victor
Doat, sur une nouvelle disposition de pile voltaïque à courant con-
stant.
« La pile que j'ai l'honneur de mettre sous les yeux de l'Académie, dit
M. Doat, offre une disposition que je crois nouvelle et qui permet de régé-
nérer facilement les produits résultant de l'altération des substances em-
ployées.
» Dans cette pile, le zinc des piles ordinaires est remplacé parle mercure;
l'eau acidulée ou le chlorure de sodium par Yiodure de potassium; l'acide
nitrique ou le sulfate de cuivre des piles à deux liquides par Viûde dissous
dans l'iodure de potassium, et qui mis en excès à l'état solide sert à mainte-
nir la constance. Le charbon est employé comme pôle négatif.
» Une auge carrée en gutta-percha renferme le mercure et l'iodure alca-
lin. Lé charbon et l'iodure chargé d'iode sont placés dans un vase poreu*
112..
( 856 )
carré, lequel est immergé dans le liquide de l'auge à a centimètres au-
dessus du mercure. '
» Quand le circuit est fermé, l'iodure de potassium attaque le mercure
avec une très-grande énergie, forme et dissout un iodure de ce métal. Ce
dernier sel attaque à son tour le mercure avec rapidité en lui cédant un
atome d'iode, de sorte que la surface du métal est toujours brillante.
» Cette pile une fois montée n'a plus besoin d'aucun autre soin que celui
de soutirer à l'aide d'un siphon en verre le liquide saturé d'iodure de
mercure, et qu'il faut revivifier pour avoir ses éléments primitifs. La révi-
vification s'opère ainsi qu'il suit ;
■ » i°. L'iodure de potassium s'obtient en chauffant à une chaleur mo-
dérée, dans une capsule surmontée d'une cloche, le liquide provenant des
auges. Le periodure de mercure, qui est très-volatil^ se sépare de l'iodure
alcalin, et va se condenser au sommet de la cloche.
» 2 . Le mercure se revivifie de deux manières : une certaine quantité
dans la pile même, car l'iodure de potassium en réagissant sur le mercure
le fait passer à l'état de protoiodure, lequel, en présence de l'iodure alcalin,
abandonne la moitié du mercure à l'état métallique et se change en perio-
dure. Ce dernier étant une des substances qui réagissent le plus vivement,
cède au mercure un atome d'iode et le change en protoiodure tout en
repassant lui-même au même état. Ces deux protoiodures abandonnent à
leur tour la moitié du mercure, repassent à l'état de periodure, et ainsi de
suite. L'autre portion de mercure se révivifie en traitant le periodure par
le bioxyde de barium, il se forme de l'oxyde de mercure et de l'iodure de
barium. L'oxyde de mercure légèrement chauffé abandonne l'oxygène et se
change en mercure métallique qu'on recueille.
» 3°. L'iode s'obtient en chauffant l'iodure de barium qui repasse à
l'état de baryte caustique, et en le recevant sous une cloche fermée.
^ » Pour connaître quels pouvaient être les avantages de cette pile, j'ai
chargé mon fils Edmond de déterminer la valeur de la force électromotrice
et celle de la résistance; il l'a fait au moyen d'une méthode qu'il fera con-
naître inçessammeot à l'Académie.
» Ce couple a une force électromotrice faible; elle est un peu plus de
moitié de celle d'un couple à sulfate de cuivre, et le tiers de celle d'un couple
à acide nitrique. Sa résistance est telle, que pour une auge de 5 décimètres
carrés environ, et avec une épaisseur de la couche d'iodurç, de potassium de
3 centimètres environ, elle équivaut à io^,5 d'un fil de cuivre recuit de
i millimètre de diamètre, et ce fil étant supposé à o degré de température. »
(85 7 )
CHIMIE ORGANIQUE. — Sur l'huile essentielle contenue dans l'alcool de
garance; par M. F. Jeanjean.
« Depuis quelques années on fabrique, dans le midi de la France, une
quantité d'alcool assez considérable par la fermentation des matières su-
crées contenues dans la racine de garance- L'alcool ainsi obtenu possédant
toujours une odeur très-désagréable et tout à fait caractéristique, il m'a
paru intéressant de déterminer la nature des matières étrangères qui y sont
contenues. Les recherches entreprises à cet effet sous la direction de
M. Chancel, dans le laboratoire de la Faculté des Sciences de Montpellier,
font le sujet de la Note que j'ai l'honneur de communiquer à l'Aca-
démie.
» Les produits que j'ai pu me procurer étaient accidentellement colorés
en vert par des sels de cuivre provenant du vase qui les avait contenus.
Cette matière était moins dense que l'eau et laissait déposer avec le temps
des lamelles cristallines. Soumise à la distillation, elle donne, jusqu'à a3o de-
grés, des produits liquides; à partir de ce moment, il se dépose dans le col
de la cornue une matière blanche solide, et si l'on arrête alors la distilla-
tion, la panse de la cornue se remplit de cristaux présentant l'aspect de
feuilles de fougère.
» En observant les indications fournies par le thermomètre qui plongeait
dans le liquide bouillant, j'ai dû soupçonner dans les premiers produits de
la distillation la présence des alcools propionique et butyrique, et le temps
d'arrêt du thermomètre vers 1 3o degrés m'a signalé la présence probable
de l'alcool amylique. Les produits bouillant à cette température se trouvant
en plus grande quantité que les précédents, j'ai pu traiter par la potasse,
puis par le chlorure de calcium fondu, toute la partie séparée vers 1 3o de-
grés, la purifier et la soumettre à l'analyse, qui m'a donné des résultats
correspondant, en effet, à la composition de l'alcool amylique.
» La matière solide qui était passée à la distillation à 23o degrés, expri-
mée entre des feuilles de papier Joseph, lavée à grande eau et purifiée par
plusieurs cristallisations dans l'éther, se présente sous forme d'une poudre
blanche, d'une odeur poivrée, mais qui rappelle celle du camphre ordi-
naire; soumise à l'analyse, elle a donné les résultats suivants :
I.
II.
G = 77>7
77,82
H= 12,2
11,9
O = 10,1 10,28
qui correspond à C^H^O*, formule du camphre de Bornéo,
( .858 )
» Cette substance possède .une sapeur chaude et brûlante, et donne par
sublimation des cristaux qu'au microscope J'ai pu reconnaître pour des
prismes hexagonaux. Projetée sur l'eau en petite quantité, elle donne nais-
sance aux mouvements gyratoireâ du camphre; fille est peu soluble dans
Peau, mais très-soluble dans l'acide acétique ordinaire, ainsi que dans Eal-
coof et l'éther, d'où l'eau la précipite. Cette substance, distillée sur du. chlo-.
rurè de zinc ou de l'acide phosphorique anhydre, donne naissance Jt un
hydrogène carboné dont l'odeur rappelle à la fois celle de l'essence de citron
et celle de bergamote. Enfin, elle se transforme en camphre desLaurine.es
sous l'influence de Pacide azotique bouillant, comme l'a observé IL Eelpuzë
sur le camphre extrait du Dryobalanapscamphom. - '-■--:.
» Les cristaux qui se déposent naturellement dans l'essence brute, ayant
toutes les propriétés que je viens de signaler dans ht matière obtenue par
distillation, j'ai dû penser que, comme pour le camphre solide de Bornéo
extrait des autres sources, leur formation était due à l'hydratation .d'un
hydrogène carboné contenu dans l'essence. Dans le. but de l'isoler r j'ai re-
prisse liquide passé au-dessus de 1 4o degrés a la première distillation, après
Pavoir mis en digestion sur de la potasse, puis sur du chlorure de calcium
fondu, etl'avoîr distillé plusieurs fois» afin de le débarrasser du camphre
qu'il avait entraîné; j'ai obtenu un liquide bouillant à 160 degrés, et dont
Podeur était celle de l'essence de garance-: l'analyse de cette substance
fn 7 ayant-donnê ■--■_ -
.-. ....'■-: -;.- ; h- . J .'.:.-" : G— 88>23 : - ^ :
■.'"... : s : . c - - - -'- ioa r o4 - --■-■_ - . - ■ - - - : - - -
et la densité de sa vapeur étant 4,85, sa formule est C 20 H* ^correspondant
à 4 volumes de vapeur. Cet hydrogène carboné correspondrait donc au
bornéenne, et serait comme lui un isomère de l'essence de térében-
thine. -;_. ■ • ■-;"., .^ ..
" » JVurais vouLu pouvoir déterminer l'action de ces deux substances sur
la lumière polarisée ; malheureusement, ce qui me restait de l'hydrogène
carboné s'est trouvé insuffisant. Quant au camphre, j'ai été surpris de trou-
ver qu'il déviait vers la gauche le plan de polarisation de la lumière.IJne
dissolution de 20 grammes de camphre dans 100 centimètres cubes d'alcool
ayant donné une déviation de. ï-a- degrés, .j'en, ai: conclu, d'après la formule
donnée par M. Biot, que le pouvoir rotatoire =de ce camphre, pour une lon-
gueur de 1 00 millimètres, est' :z: ~- -
' ' '.[a] = -34,5. ; —' -- - ---J ■■■'--■■ ■ ;
( 8S 9 )
En résumé, les matières sucrées contenues dans la racine de garance donnent
par la fermentation, outre l'alcool ordinaire, les alcools supérieurs que l'on
trouve également dans les alcools de marc; mais ce produit contient en
outre du camphre de Bornéo déviant à gauche, et un hydrogène carboné
particulier, isomère de l'essence de térébenthine. »
Note de M. Biot.
« La matière solide que M. Jeanjean a retirée de l'alcool de garance,
s'étant trouvée identique au camphre solide de Bornéo de M. Pelouze, par sa
composition chimique, le sens de son pouvoir rotatoire, l'intensité égale ou
très-approximativement égale de ce pouvoir, et l'aptitude à se transformer
en camphre des Laurinées, après avoir perdu 2 équivalents d'hydrogène,
cet ensemble de caractères communs autorise complètement la conclusion
que M. Jeanjean a tirée de l'identité moléculaire de ces deux corps.
» La persistance du pouvoir rotatoire, avec modification d'intensité ou de
sens, après qu'une partie des éléments constitutifs a été enlevée, ou qu'une
nouvelle proportion leur a été ajoutée, est aujourd'hui un fait qui se constate
dans une multitude d'exemples, lorsque l'action chimique par laquelle le
changement de composition est opéré, n'a pas été assez énergique pour désor-
ganiser le groupe moléculaire , auquel la propriété rotatoire est attachée. La
belle découverte de M. Pasteur, sur l'existence de l'acide tartrique gauche,
chimiquement identique à l'acide tartrique droit, avec des formes, un sens
et une intensité de pouvoir complètement symétriques, a été encore plus
merveilleuse et inattendue, à cause de la parfaite parité des éléments consti-
tutifs. Un second exemple, tout semblable à celui-là, a été constaté depuis
par M, Chautard dans le camphre gauche de la Matricaire, comparé au
camphre droit des Laurinées; et il en a formé aussi un acide camphorique
gauche, chimiquement, ainsi que cristallographiquement identique, mais sy-
métrique, à l'acide camphorique droit. [J^oyez le tome XXXVII des Comptes
rendus, page 166.) Ce genre de recherches, associé aux études chimiques,
semble promettre une ample moisson de faits et d'aperçus nouveaux, à
ceux qui voudront les faire concourir. »
astronomie. — Note surla scintillation des étoiles; par M. L.-L. Vallée.
« D'après une communication faite à l'Académie dans la séance du
7 avril dernier, M. Ch. Dufour a fait plus de i3ooo observations sur la
scintillation. Il résulte de ces observations que les étoiles rouges scintillent
( 860 )
moins que les étoiles blanches; et M. Dufour, en admettant la théorie de
M. Arago, qui se fonde sur les interférences, montre que ce phénomène
particulier s'explique très-bien.
» Il s'explique aussi par ma théorie, qui est fondée sur la disposition
des diverses parties de l'oeil, disposition qui paraît être telle, que le noyau
du cristallin peut envoyer, par suite de la trémulatkra de l'air, des rayons
colorés sur la rétine à l'endroit de l'image de l'étoile; or, parmi ces rayons,
le rouge est celui qui, agirait le premier et le plus fréquemment, et comme
il produit une impression très-visible sur une image blanche, tandis qu'il
n'en produit qu'une peu sensible sur une image rouge, il est clair que, dans
la scintillation, et surtout quant aux couleurs, les étoiles blanches doivent
présenter plus de variations que les rouges.
» Mais ce qui importe le plus, suivant moi, pour faire avancer la science,
c'est de vérifier les expériences qui ont fait dire à Kepler que plusieurs
observateurs voient en même temps les mêmes changements de couleur.
M. Arago a contesté ce fait, qui est absolument contraire à sa théorie; mais
il l'a contesté par de faibles raisons. [Voir les Comptes rendus, séance du
16 mai 1 853, page 866.)
» J'ai essayé de le vérifier, et il m'a paru vrai. Toutefois, mes observations
ayant été faites sans prendre toutes les précautions que j'indique dans mon
Cours sur l'œil et la vision (note r3), je ne considère pas ces observations
comme convaincantes.
» Si -on -les répète soigneusement, on sera fixé, en premier lieu, sur
l'expérience de Kepler; on aura, en second lieu, des lumières précieuses
sur la théorie de M. Arago, et l'on acquerra, je crois, des idées utiles sur le
daltonisme.
» En effet, ce qui se passe accidentellement pour la scintillation dans un
œil normal, selon ce qui est exposé dans le Cours précité, peut se passer
journellement chez une personne dont le noyau du cristallin est trop dense
et trop rapproché du pinceau efficace, situé du côté interne de ce noyau,
de façon que si cette personne regarde un point blanc situé sur un tableau
noir, le noyau du cristallin peut envoyer de la lumière colorée sur l'image
de ce point. Et si, en cherchant à ajuster son œil pour discerner le vrai du
faux, le pinceau efficace se rapproche et s'éloigne du noyau, le point blanc
peut paraître successivement rouge, vert, jaune ou bleu. De même, si c'est
un point d'un vert particulier qui est vu sur du blanc, il peut, pour de cer-
tains yeux, être toujours blanc ou toujours rouge.
( 86ï )
» On serait donc conduit, au moyen des expériences que j'indique, à
étudier le daltonisme en partant d'une théorie très-plausible, ce qui pro-
mettrait de bons résultats. »
anatomie comparée. — Note sur l 'encéphale de V Aptéryx;
par M. Camille D a reste.
« La galerie d' Anatomie comparée du Muséum possède deux cerveaux
d'aptéryx provenant de la mémorable expédition de Dumont d'Urville au
pôle austral.
» Ces cerveaux, qui n'ont pas encore été décrits, m'ont présenté une par-
ticularité fort remarquable. Les lobes optiques, organesdont la conformation
et la position forment le trait le plus remarquable du type encéphalique des
oiseaux, sont rudimentaires chez l'aptéryx, et à peine visibles à l'extérieur,
tandis que dans toutes les autres espèces ils ont un très-grand volume, et se
présentent sous l'aspect de deux grosses éminences, occupant les parties la-
térales et inférieures de l'encéphale.
» Cette modification de l'encéphale n'est point la seule que nous pré-
sente la classe des oiseaux. Le pont de Varole existe chez l'autruche d'une
manière très-évidente quoiqu'à l'état rudimentaire. J'ignore si le fait a été
signalé. Je ne l'ai trouvé indiqué nulle part. Toutefois il me paraît difficile
qu'il ait échappé aux anatomistes, car les occasions de disséquer des au-
truches ne sont pas rares.
» Je n'ai pu voir d'ailleurs sur le cerveau de l'autruche, les quatre émi-
nences mamillaires que Duvernoy y indique (Comptes rendus, t. XXXVlII r
p. 36g), et je comprendrais difficilement leur existence, parce qu'elle est liée
à celle de la voûte, et que la voûte manque chez les oiseaux.
» Cette modification du type primitif, très-remarquable dans une classe
dont toutes les espèces sont liées entre elles par les affinités les plus intimes,
trouve son application dans les conditions toutes spéciales des organes des
sens dans l'aptéryx.
» Cet oiseau, que nous ne connaissons encore que d'une manière très-
imparfaite, a, comme un certain nombre d'autres espèces de la même classe,
des habitudes nocturnes, mais qui sont le résultat d'une disposition des
organes des sens, très-différentes à beaucoup d'égards. '
» L'organe de la vue, très-développé chez les oiseaux, est surtout con-
sidérable chez les oiseaux de nuit, les hiboux, les engoulevents, etc. Dans
l'aptéryx, au contraire, l'oeil est très-petit, beaucoup plus que chez aucun
C. &., i856, 1 er Semestre. (T. XXII, N° 18.) ï f3
( 86a )
autre oiseau. Il est dé plus moins complètement organisé. D'après
M. Oweu (i), qui nous a donné dans un de ses plus beaux Mémoires les
seuls détails anatomiques que nous possédions aujourd'hui sur l'aptéryx (a), :
il manque du peigne, organe qui se retrouve dans tous les autres oiseaux,
et même aussi dans certains reptiles (3). Cette imperfection de" l'organe de
la vue est compensée par Je développement considérable de l'organe de l'o-
dorat. Tandis que chez la plupart des oiseaux, même ceux dont le bec est le
plus long, les narines n'occupent qu'une très-petite portion du bec supé-
rieur, elles occupent chez l'aptéryx toute l'étendue de cette région, qui est,
comme on le sait, fort, développée, et viennent s'ouvrir à son extrémité an^
térieure. L'organisation des narines est d'ailleurs plus complexe qUe dans
les autres oiseaux ; l'ethmoïde, au lieu d'un simple canal pour la sortie du
nerf olfactif, y présente une véritable lame criblée comme l'ethmoïde de la
plupart des mammifères.
» Les expériences physiologiques de M. Flourens ont prouvé depuis
longtemps qu'il existe chez les oiseaux une liaison physiologique entre les
lobes optiques et l'organe de la vue , et que la vision est détruite par les lé-
sions du lobe optique. Magendie a confirmé les résultats obtenus par
M. Flourens, en montrant que l'atrophie du lobe optique se produit fré*
qnemment après l'ablation de l'œil, que, par conséquent, ces deux or-
ganes ne sont pas uniquement liés par les fonctions qu'ils remplissent, et
qu'il y a déplus entre eux une véritable relation anatomiqtte,- puisque la
destruction de l'organe de la vue amène des altérations Consécutives dans
les lobes optiques: - ... :......-
» La disposition anatomique que je signalé dans-raptéryx, nous conduit
par une voie très-différente a un résultat semblable, et nous montre le même
fait sous une autre forme (4).
» Il serait fort intéressant de savoir si cette diminution de volume des
lobes optiques s'accompagne chez l'aptéryx d^une augmentation de volume
(i) R. Oweo, On the anatomy oftkesouthertt aptéryx, dans les Transactions of the Zoolo-
gical Society (tome II ).
(2) Les parties osseuses de l'orbite sont également modifiées, lé teou optique est percé dans
le frontal et non dans le sphéroïde. .::-..
(3) Flourens, Recherches expérimentales sur le système nerveux. ■— Magendie, Journal de
physiologie expérimentale (tome HE, page 38o).
(4) Celte relation, si manifeste chez les oiseaux, existe-t-elle dans les autres classes du type
des Vertébrés, entre l'appareil de la vue et les parties de l'encéphale qui correspondent aux
lobes optiques des oiseaux ? C'est l'opinion de plusieurs physiologistes modernes et particuliè-
yjf'
( 863 )
des parties de l'encéphale qui servent à l'olfaction. Mais il aurait fallu pour
cela des dissections que je n'ai pu faire. J'appelle sur cette question l'atten-
tion des anatomistes qui seront assez heureux pour pouvoir disposer de
cerveaux d'aptéryx. «
CHIMIE — Sur la précipitation du protochlorure d'antimoine par l'eau;
par M. Ernest Badbrimont. (Extrait.)
« Le protochlorure d'antimoine, comme on le sait, se liquéfie par son expo-
sition à l'air en attirant à lui l'humidité qu'il y rencontre, sans pour cela se
décomposer; si, dans cet état de déliquescence, on lui ajoute une cer-
taine quantité d'eau, ce sel donne alors un précipité blanc abondant, connu
sous le nom de poudre d'Jlgaroth; dans cette circonstance, l'eau a partagé
le protochlorure d'antimoine en un précipité d'oxychlorure hydraté du
même métal, et en acide chlorhydrique qui reste dans la liqueur. Mais ce
qu'on n'avait pas encore fait remarquer, c'est qu'on peut redissoudre le
précipité àe poudre d'Algaroth, au milieu même du liquide où on l'a formé,
par l'addition d'un peu d'acide chlorhydrique, puis faire reparaître le pré-
cipité par une nouvelle addition d'eau. J'ai pu répéter jusqu'à vingt fois
cette expérience, sans en voir la fia, sur une même quantité de protochlo-
rure d'antimoine; mais, à chaque précipitation ou redissolution, la dose du
liquide employé a dû être plus forte que dans l'expérience précédente.
» J'ai cherché à me rendre compte de ces réactions curieuses, et voici
l'explication que je crois pouvoir en donner. Le protoxyde d'antimoine est
un de ces composés qui se placent sur l'extrême limite des acides et des
bases, dont il marque la transition et dont il peut jouer le rôle tour à tour.
Vis-à-vis de l'acide chlorhydrique, il jouira d'une propriété en antagonisme
avec celui-ci; il sera basique. En présence de l'eau, au contraire, il chan-
gera de rôle, et deviendra acide par rapport à celle-ci, qui agira "comme
base. Or l'acidité ou la basicité de Sb 2 O 3 dépendra des proportions d'eau
ou d'acide chlorhydrique qu'il rencontrera. L'acide est-il prédominant,
Sb 2 O s devient basique. Si, dans ce premier mélange, on change les rap-
rement de M. Longet {Anatomie et physiologie du système nerveux, tome I, page 455 ; et
Traité de Physiologie, tome H, fasc. 2, pages 23 et 220 ).
Toutefois, si cette relation paraît exister dans le plus grand nombre des cas, il y a cepen-
dant quelques exceptions dont on n'a pas jusqu'à présent donné une explication satisfaisante.
J'étudie actuellement cette question, mais je n'ai pu encore réunir un nombre de maté-
riaux suffisant pour pouvoir faire connaître mes idées à son sujet.
n3..
( 864 )
ports en faisant prédominer l'eau, alors Sb 2 O 3 se transformera en acide.
Une nouvelle proportion de Cl H va, dans ce deuxième mélange, intervertir
de nouveau le rôle de Sb 2 O 3 , et ainsi de suite.
» J'ajouterai qu'un mélange de ioo parties d'eau et de 1 5 parties d'acide
chlorhydrique à 16 équivalents d'eau maintient le protocblorure d'anti-
moine en une dissolution qui est sur la limite de la précipitation : une
goutte d'eau en plus la blanchit; puis une goutte d'acide lui rend sa lim-
pidité. Ces proportions d'eau et d'acide sont donc, pour ainsi dire, la
mesure respective de leur force comme agents chimiques. »
physique. - Nouvelle machine électrique. Addition à une précédente Note
sur V électricité développée par le papier chauffé. (Extrait d'une Lettre
de M. J. Thore.)
« J'ai préparé une bande de papier de 20 centimètres de largeur environ,
dont j'ai réuni les deux bouts en les çoEant ensemble de manière à en
former un ruban sans fin. J'ai tendu ce ruban sur deux rouleaux en bois
recouverts de soie et distants l'un de l'autre; puis j'ai imprimé un mouve-
ment rapide de rotation à l'un des rouleaux, en appuyant sur lui et sur Je
papier qu'il faisait circuler, un fer à repasser préalablement chauffé. J'ai
vu la bande de papier se charger bientôt d'une quantité remarquable d'é-
lectricité; de sorte qu'il m'est bien démontré que l'on pourrait construire
ainsi des petites machines électriques très-simples, très-peu coûteuses, et
pouvant fonctionner dans des conditions atmosphériques qui neutralisent
les effets des machines ordinaires à plateau en verre. »
La Société d'Horticulture de Londres adresse ses remercîments à l'Aca-
démie pour l'envoi de deux nouveaux volumes des Comptes rendus.(le&
tomes XL et XJLJ). . " / " "-.
M. Doyère fait hommage à l'Académie d'un exemplaire d'un opuscule
dans lequel il a résumé ses travaux sur la conservation des grains, m Le
système que je propose, dit-il, vient d'être mis en expérience parles ordres
deM. le Ministre de la Guerre, et je suis heureux de pouvoir lui en témoigner
ma reconnaissance comme à un Membre de l'Académie. J'attends les résul-
tats de ces essais avec confiance; mais ce que je crois pouvoir réclamer dès
à présent, c'est d'avoir montré tout le parti qu'il y avait à tirer pour ce
grand problème de la considération de l'humidité propre au grain, »
( 8G5 )
M. Phipsost adresse de Bruxelles un exemplaire d'un opuscule qu'il a
publié récemment « sur la fécule et les substances qui peuvent la remplacer
dans l'industrie ».
Conformément au désir exprimé par l'auteur, ce travail imprimé est ren-
voyé, à titre de renseignement, à la Commission chargée d'examiner un
Mémoire récent de M. Dubrunfaut, sur Pinuline, Commission qui est com-
posée de MM. Payen et Peligot.
M. Boocaht (Pierre) annonce avoir inventé un nouveau système de mo-
teurs dans lequel l'air remplace la vapeur, système qu'il désire soumettre
au jugement de l'Académie.
Si M. Boucart veut envoyer une description suffisamment détaillée de son
appareil, cette description sera, s'il y a lieu, renvoyée à l'examen d'une
Commission.
M. Riedl Lecexstern demande et obtient l'autorisation de reprendre deux
Mémoires sur les nombres polygonaux précédemment adressés par lui et
mentionnés dans les Comptes rendus des séances du 6 novembre 1 854 et
i4 mai i855. Il annonce avoir autorisé M. Franck, libraire à Paris, à retirer
en son nom ces manuscrits.
M. Niepce, médecin inspecteur des eaux d'AUevard, prie l'Académie de
vouloir bien faire constater par une Commission les bons effets d'un médi-
cament qu'il emploie contre le goitre et dont il offre de fournir les quanti-
tés suffisantes pour les expériences avec les indications nécessaires pour
l'appliquer.
Tant que M. Niepce n'aura pas fait connaître la composition du médi-
cament qu'il emploie, sa demande ne pourra, d'après les usages constants
de l'Académie, être prise en considération.
M. J.-J. Stcaht écrit, de Tyrnau en Hongrie, pour demander les moyens
d'arriver à connaître les rapports des mesures françaises avec les mesures
autrichiennes et quelques autres mesures étrangères.
L'auteur trouvera dans VJnnuaire du Bureau des Longitudes, qu'il lui
sera facile de se procurer, des Tables de réduction de la plupart des me-
sures étrangères en mesures françaises du système métrique.
( 866 )
M, Dohamel écrit du département de la Charente-Inférieure pour offrir
défaire connaître, moyennant une rémunération, des méthodes qu'il dit
avoir découvertes pour obtenir d'une manière facile la mesure des divers
solides à forme régulière.
Cette demande ne peut être prise eu considération.
A S heures un quart, l'Académie se forme en comité secret.
COMITE SECRET.
La Section de Botanique propose, par l'organe de son "doyen M". Beon-
S3ïiart, de déclarer qu'il y a lieu d'élire à la place vacante par suite du décès
à&M. de MirbeL , . : .^ _ : : :. - c . :.
L'Académie va au scrutin sur cette question.
Sur 43 votants ,
H y. a 39 oui
. Et ,.....,.., f .. . 4 -non.
- En conséquence, la Section est invitée à présenter dans la" prochaine
séance une liste de candidats,
-- La séance est levée à 5 heures trois quarts. É. D. B~. '
(86 7 )
BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE,
L'Académie a reçu, dans la séance du 28 avril i856, les ouvrages dont
voici les titres :
Essai sur les principaux points de physiologie ; par M. C.-F. Boucher. Paris,
i856; 1 vo\.m-8°.
Observations sur les effets thérapeutiques de la morphine ou narcéine ,• par
M. V. BALLY;br. in-4°.
Documents et mélanges publiés à l'occasion de la maladie asiatique introduite
dans les Etats-Romains et les Alpes dauphinoises ; par le même. Paris, i855 5
i vol. in-8°.
Études anatomiques sur l'hjdrhèmo-choladrêe, écoulement de l'eau du sang
parle tube digestif, et sur la fièvre jaune, autre espèce d'hémorrhée ; II e partie;
parle même. Paris, i856;br. in-8°.
Ces trois ouvrages sont adressés au concours pour le prix du legs Bréant.
De la météorologie dans ses rapports avec le choléra et l'épidémie de certains
végétaux; par M. le D r L. Savoyen. Chambéry, i856;br. in-8°.
Des espèces exotiques naturalisées spontanément dans le Jardin des Plantes de
Montpellier; par M. Cs, Martuss; \ feuille in-8°.
Le noir animal, analyse, emploi, vente; par M. AD. Bobïerre. Paris, i856;
in-12. (Destiné par l'auteur au concours pour le prix de Statistique.)
Note sur le terrain nummulitique supérieur du Dego, du Carcare, etc., dans
i Apennin ligurien; par M. le professeur Eue. SlSMONDA; br. in-4°.
Exposé des travaux de drainage et de dessèchement exécutés par M. CH. de
Bryas, dans sa propriété du Taillan. Paris, i855; in-16.
Lettre adressée à M. le Président de l'Académie des Sciences; par M. Cl. Gay,
relative à ses travaux scientifiques; br. in-4°.
Historia... Histoire physique et politique du Chili; par M. Claude Gay.
Documents, t. I er , feuilles a6-34, et t. II; Histoire, t. V; Botanique, t. VI
et Vin; Zoologie, t. VII, feuilles 8-3o, et t. VIII, accompagné de cinq
livraisons de planches in-4 .
Jahrbuçh... Annuaire de l'Institut Royal et Impérial géoloqique de Vienne;
6 e année; s "semestre i855; in-4°. =•
( 868 )
L'académie a reçu, dans la séance du 5 mai r 856, les ouvrages dont
voici les titres :
Table des positions géographiques des principaux lieux du globe ; par
M. Dadssy; in-8°. (Extraits de la Connaissance des Temps pour les années
j836»i85ff.) ■■' - -.-.-' '.-■-..'■••''■'■•■■-;
Éléments de Géologie; par M. LEGANU. Paris, i856; br. iri-8°.
Mémoire sur la mise en culture des terres vagues dans le département des
Landes; par M. A. de Lajonkaire. Havre, i856; br. in-8°.
Mémoire sur l'ensilage rationnel, système nouveau pour conserver les grains
d'après les données positives de la science et de la pratique, sans déchet, sans perte
de qualité, sans travail et à moindre frais que dans tout autre système ; par M. L.
Doyèee. Paris, 1 856; br. in r 8°.
Mémoire sur la fécule et les substances qui peuvent la remplacer dans l'indus-
trie; par M. le D r T.-L. Phipson. Bruxelles, x855-i856 ; br. in-8°.
• Archives de biologie végétale, ou recherches expérimentales sur les divers phé-
nomènes de la végétation, et observations nouvelles sur la structure et les mœurs
des plantes ; recueillies , décrites, figurées et gravées par M. Germain de Saint-
PlERBE; i re et 2 e livraisons ; in-4°., ; -, ■-
Reforma... Réforme industrielle et mercantile, ou blocus continental européen
et américain- de la Grande-Bretagne; par M, MaTIAS Gomez DE yiLLABOA.
Madrid, 1 855; br. in-8 . 1
Saggio... Essai de calcul original, ou solution indéterminée de divers problèmes
de géométrie et de trigonométrie; par M. O. Giakqtti. Casale (États Sardes),
;856; br. in-8°.
Address. . . Discours prononcé à la séance annuelle de ta Société géologique de
Londres, le 16 février i855; par le Président de la Société M. W.-J. HaMIL-
TON. Londres, i855 ; br. in-8°.
. ( 86 9 )
PUBLICATIONS PÉRIODIQUES REÇUES PAR L'ACADEMIE PE3ÏDANT
LE MOIS D'AVRIL 1886.
Annales de Chimie et de Physique; par MM. CHEVREUL, Dumas, PELOUZE,
Boussingault, Regnault, de Senarmont; avec une Revue des travaux de
Chimie et de Physique publiés à l'étranger, par MM. Wortz et VERDET •
3 e série, t. XLV1; avril i856; in-8°.
Annales de l' Agriculture française, ou Recueil encyclopédique d'Agriculture;
t. VII, n os 6 et 7 ; in-8°.
Annales des Sciences naturelles, comprenant la Zoologie, la Botanique, l'Ana-
lomie et la Physiologie comparée des deux règnes et l'histoire des corps organisés
fossiles; 4 e série, rédigée, pour la Zoologie, par M. MlLNE Edwards; pour
la Botanique, par MM. Ad. Brongniart et J. DECAISSE; tome IV; u° 4;
in-8°.
Annales forestières et métallurgiques ; mars 1 856; in- 8°.
Annales médico-psychologiques; avril 1 856 ; in-8°.
Annali... Annales des Sciences mathématiques et physiques, publiées par
M. B. TortoliNI; novembre et décembre i855; in-8°.
Annuaire de la Société météorologique de France; t. II ; II e partie. Tableaux
météorologiques; feuilles 4-6 et 3a-36; in-8°.
Bibliothèque universelle de Genève; mars i856; in-8°.
Boletin... Bulletin de [Institut médical de Valence; mars i856; in-8°.
Bulletin de [Académie royale de Médecine de Belgique; tome XV ; n 05 4
et 5 ; in-8°.
Bulletin de l'Académie royale des Sciences , des Lettres et des Beaux-Arts de
Belgique ; tome XXIII, n° 3; in-8°.
Bulletin de la Société de Géographie; t. XI; n os 6i et 62; janvier à
mars i856; in-8°.
Bulletin de la Société d'Encouragement pour l'Industrie nationale; mars
i856; in-4°.
Bulletin de la Société française de Photographie ; avril i856; in-8°.
Bulletin de la Société géologique de France; t. XII, feuilles 02-65; in-8°.
Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse,' u° 1 33 ; in-8°.
C. R., i856, I er Semestre. (T. XLH, N° 18.) H 4
( «7« )
Bulletin de la Société médicale des Hôpitaux de Paris; 3 e série, n os i et 2 ;
in-8°. -;■ _._■;- -..• ..-- - ' -._- : : ■
Bulletin mensuel de la Société impériale zoologigue d'acclimatation; mars
1 856 -, in-8°.
Edimburgh... Journal philosophique d'Edimbourg; nouvelle série, n°6;
yoL HI, D°2; avril i856: in-8°,
; llïitiovo Cimento.. .Journal de Physique et de Chimie pures et appliquées;
janvier et février 1 856; in-8°.
Journal d' 'Agriculture pratique; t. V, n°? -jet 8; ia*8°.
Journal de Chimie médicale, de Pharmacie, de Toxicologie; avril 1856;
in-8°. .:'.''-.'
Journal de Mathématiques pures et appliquées, ou Recueil mensuel de Mémoires
sur les diverses parties des Mathématiques; publié par M. Joseph LlOUViLLE;
février et mars 18565 in-4°-
Journal de la Société impériale et centrale d Horticulture ; mars 1806; in-8°;
accompagné de la liste des membres de cette Société au i er avril 18 56.
Journal de Pharmacie et de Chimie; avril Ï856; m-S°.\
Journal des {Connaissances médicales et pharmaceutiques; a 03 19-20; in-8°.
Hv ASïjvccîç impuni pJkaèa... L'abeille médicale d'Athènes ;i ve série, t. III;
livraisons de janvier à avril 1 856; -in-8°.
La Revue thérapeutique du Midi , Gazette médicale de Montpellier; n os 7-et 8 ;
in-8°. ■ ■ ' • • ' --.---
L'Art médical, journal de Médecine générale et de Médecine pratique; avril
i856;ûn*8°. ■■ -" '■".'. -
Le Moniteur des Comices et des Cultivateurs; n° 6.
Le Teehnologiste; avril 1 856; in- 8°.
Magasin pittoresque ; avril i856; in-8°.
Mémoires de là Société d'Agriculture, des Sciences) Arts et Belles-Lettres du
département de l'Aube; 2 e série, t. VI, n os 35 et 36; 2 e semestre i855; in-8°.
Mémoires de l'Académie impériale des Sciences, Arts et Belles-Lettres de
Dijon ; 2 e série, t. IV. Année 18 55; 1 vol. in-8°.
Monatsbericht... Comptes rendus des séances de f Académie royale des
'Sciences de'Prusse /février i856;in-8°.
Hachriçhten... Nouvelles de 4- Université et de V Académie des Sciences de
Gàltingii'e; n os 4 et 5 ; in-8°.
*
(8 7 i )
Nouveau Journal des Connaissances utiles; n° 12; in-8°.
Nouvelles Annales de Mathématiques, journal des Candidats aux Écoles Po-
lytechnique et Normale ; avril i856 ; in-8°.
Pharmaceutical... Journal pharmaceutique de Londres; vol. XV, n 05 9
et 10; in-8°.
Répertoire de Pharmacie; avril i856; in-8°.
Revista... Revue des travaux publics ; 4 e année; n° 7; in-8°.
Royal astronomical... Société royale astronomique de Londres ; vol. XVI,
n° 5 ; in-8°.
Société agricole, scientifique et littéraire des Pyrénées-Orientales; IX e volume.
Perpignan, i854; in-8°.
La Presse Littéraire. Écho de la Littérature, des Sciences et des Arts; n os 10-12;
in-8°
L'Agriculteur praticien; n os 12-1 4; in-8°.
Revue de Thérapeutique médico-chirurgicale ; n° 7; in-8°.
Bulletin de l'Académie impériale de Médecine; t. XXI, n os i3 et i4; in-8°.
Astronomische... Nouvelles astronomiques; n os 961-984 ; in-4°.
Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des Sciences; i e ' se-
mestre i856; n os 12-17; in-4°.
Cosmos. Revue encyclopédique hebdomadaire des progrès des Sciences et
de leurs applications aux Arts et à l'Industrie; t. VIII; 1 3 e - 16 e livraisons.
Gazette des Hôpitaux civils et militaires ; n° 3 3g -5 1 .
Gazette hebdomadaire de Médecine et de Chirurgie; n os 14-17-
Gazette médicale de Paris; n os 1 4~ 1 7 •
L'Abeille médicale; n os 10-12.
La Lumière. Revue de la Photographie; n os 14-17-
L'Ami des Sciences; n os 14-17-
~ La Science; n os 10-22.
La Science pour tous; n os 1 7-20.
L'Athenœum français. Revue universelle de la Littérature, de la Science et
des Beaux- Arts; n os 14-17; accompagné du Bulletin archéologique du mois
de mars 1 856.
Le Moniteur des Hôpitaux; n os 3g-5i.
Le Progrès manufacturier; n 05 47- 5o.
Réforme agricole, scientifique, industrielle; avril 1 856.
Revue des Cours publics; n os i4-i7-
COMPTE RENDU
DES SÉANCES
DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES.
SÉANCE DU LUNDI 12 MAI 1856.
PRÉSIDENCE DE M. IS. GEOFFROY- SAINT- HILAIRE.
MÉMOIRES ET COMMUNICATIONS
DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMffi.
A l'ouverture de la séance, M. Is. Geoffroy-Saint-Hilaire annonçait
que M. Binet, qui, le a8 avril dernier, avait encore exercé les fonctions de
Président, était très-dangereusement malade. M. Binet est mort avant que
la séance fût terminée. L'Académie a appris cette triste nouvelle au moment
où elle allait se séparer.
chimie. — M. Chevrecl lit une introduction au septième Mémoire de ses
recherches chimiques sur la teinture. Elle a pour titre : Comparaison de
l'analyse minérale avec l'analyse organique immédiate, et conséquence
qùon peut en déduire pour établir une méthode de cette dernière analyse.
chimie appliquée, — Nouvel acide extrait d'une plante mexicaine, et qui
paraît pouvoir être employé dans la teinture; Lettre de M. Ramon de la
Sagrâ, Correspondant de l'Académie des Sciences Morales et Politiques, à
M. le Secrétaire perpétuel.
« Je viens vous prier de présenter à l'Académie des Sciences l'échantillon
ci-joint d'un nouvel acide, qui se trouve cristallisé dans les racines sèches
C. R., iS56, i« Semestre. (T. XLII, N° 19.) ïl ^
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d'une plante duMexique, appelée dans le pays pijnizahoqc ,_pù elle est em-
ployée comme purgatif drastique. Le D r Hernandez en a fait mention dans
l'ouvrage intitulé : HistoriaPlantarum Novœ-Hispaniœ.
» Cet acide et un échantillon de la plante - et de la racine se trouvaient
dans les vitrines de l'Exposition mexicaine au Palais de l'Industrie. La Com-
mission mexicaine &' eu l'extrême'complaisarfce tle-me les céder, pour les
faire,examiner_etjConnaître.^ _. _._ „ ._ _ /. ,_."_ 1
» La plante, ayant été déterminée par M. Weddell, du Muséum d'His-
toire natureEe, se trouve être la Durnerilia Humboldtia, de Lessing, de la
famille des Synanthérées, déjà si riche en produits remarquables et utiles à
la médecine.
» Le nouvel acide a été étudié au Mexique-par le professeur M. Rio delà
Loza, qui en a^ait le^ujet d'u^Mémoire lu à l'École de Médecine du pays,
le 22 novembre i852. C'est à cause de cette première communication scien-
tifique, que le nouvel acide porte le nom Riolozique, tiré de celui du savant
mexicain. Il en a reconnu et exposé les propriétés physiques et chimiques.
Parmi celles-ci, it^êaiLqHfja^ l a tein-
ture, car iLse combiner avec les alcalis et les oxy^ÊS, métalliques, formant
des sels de diverses nuances qui se fixentbien sur les étoffes de laine, de soie
et de coton. Si l'Académie juge convenable de nommer une Commission, je
me feràrunTdèyoirlïe luf transmettre d'autres i renseignements. »
e MM. GhevreuletPelouze sont invités à examiner les spécimens présentés-
par Mi Rampn de la Sagra,
M. d'Hombbes Firmas fait hommage à l'Académie d'un exemplaire d'un
opuscule qu'iL vient de publier sous le titre de : Observations sur le Pecten
glaber. . , ~ '".."■ " " ." . ■■_■■-■•_
zooi-OGrE. — Tableaux paralléliques de l'ordre des Gallinacés ;
par S. A. le Pbdice Bonaparte.
« Poursuivant mes études sur les classifications paralléliques, j'en suis
venu a devoir appliquer aux TuiEcocES, qui constituent la seconde sous-
classe des Oiseaux, les" mêmes principes à l'aide desquels j'ai divisé- les
Altrices, dont est formée la première. ...
» Jedonne ici les tableaux systématiques du neuvième ordre, de l'ordre
entier des Gallinacés, c'est-à-dire celui de la tribu des Passerigalles , et ceux
( 8 7 5 )
des trois cohortes des vrais Gallinacés, dont la dernière est de beaucoup
la plus nombreuse. On sait que cet ordre, que je n'élève dans sa série
qu'au niveau de celui des Pigeons, l'un des derniers de ma première sous-
classe, n'en commence pas moins la seconde, dans laquelle il est suivi par
l'ordre des Échassiers, qui correspond à celui des Herodes, par l'ordre des
Palmipèdes, correspondant aux Gavies, et par les Rudipennes, qui terminent
la classe des Oiseaux, correspondant aux Impennes, les derniers aussi de leur
série.
„ Par une curieuse coïncidence, que je constate avec bonheur pour la
première fois, il se trouve que tous les Oiseaux désignés par les chasseurs
et les gastronomes sous le nom de gibier, appartiennent à la seconde sous-
classe des Précoces, qu'ils constituent même en entier, tandis que la pre-
mière, celle des Altrices, n'en contient pas un seul.
» La synonymie de mes tableaux pourra cette fois offrir un intérêt,
spécial, attendu que M. Pucheran a bien voulu s'en rapporter à moi pour
l'indication des types de notre Musée qu'il lui restait à faire connaître,
comme il l'a déclaré lorsqu'il a clos sa publication si appréciée en Alle-
magne et partout où l'on travaille sérieusement. Je n'ai accepté cette espèce
d'héritage que sons bénéfice d'inventaire, c'est-à-dire que j'ai puisé large-
ment dans ses notes, et me suis éclairé de son expérience.
» Deux des espèces nouvelles énumérées dans mon second tableau
méritent d'être caractérisées dès à présent; les autres le seront dans la
dernière partie du Conspectus, dont l'impression se continue à Leyde.
-» i Pipile (i) argy rôtis, Bp., de Caraccas, semblable à P. marail,
mais la face encadrée de blanc mat, plus étendu et plus brillant sur la ré-
gion des oreilles.
\, 2 . Ortalida montctgnii (2), Bp., de la Nouvelle-Grenade, semblable
pour la taille et pour la couleur à Chamœpetes goudoti, mais à poitrine
d'un gris légèrement olivâtre, avec les plumes bordées de blanc, comme
dans les vraies Pénélopes : le croupion largement lavé de roux. »
" (1) Le genre Pipile est établi ici en remplacement de Pénélope , Wagler, un peu modifie ;
le genre Pénélope, Merrem , correspondant plutôt à Salpiza , Wagler, groupe artificiel
affublé d'un nom illégal. - J'ai aussi fait subir une légère modification au nom Penelops ,
emprunté à Phne par Reichenbach, afin de pouvoir lui laisser la jouissance de son genre,
d'ailleurs à peine distinct à'Ortalida.
(a) Gallicorum Crjptogamistarum facile Principi , amicissimo Montagko dicata.
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MÉMOIRES PRÉSENTÉS.
M. le Ministre de l'Instruction publique transmet deux Mémoires de
M. Billiard, médecin à Gorbigny (Nièvre), Mémoires ayant pour titres:
l'un, « Théorie de la phthisie, » l'autre, « Découverte dessources de l'ozone
organique, suite du Mémoire sur la cause secondaire du choléra ».
Ces deux Mémoires sont renvoyés à l'examen de la Section de Médecine
et Chirurgie, déjà saisie du Mémoire sur le choléra.
M. le Ministre de l'Instruction publique transmet également un Mémoire
adressé de Buenos-Ayres, par M. Bravard, et intitulé : « Conspectus de la
faune fossile de l'Amérique du Sud ».
Ce Mémoire, dont nous devons nous borner aujourd'hui à mentionner
l'arrivée, n'est, comme le titre l'indique, que le cadre d'un immense travail
que l'auteur prépare pour la publication. Pour faire juger de son impor-
tance, il nous suffira de dire que la collection paléontologique formée dans
le nouveau monde par M. Bravard ne compte pas moins de six mille osse-
ments ; elle donnera lieu à l'établissement d'un grand nombre d'espèces
nouvelles, cinquante au moins, suivant l'auteur.
(Commissaires, MM. Constant Prévost, de Quatrefages.)
CHIMIE ORGANIQUE. — Considérations générales sur le mode de constitution
des alcools et des éthers; par M. Rlondeau.
(Commissaires, MM. Dumas, Balard.)
physique. — Suppression dujil de cuivre couvert en soie pour les spirales
des multiplicateurs ; par M. Bonelli.
(Commissaires, MM. Becquerel, Despretz.)
« Pour produire les phénomènes de l'électromagnétisme et du magnéto-
électricisme , c'est-à-dire pour obtenir de l'électricité les effets des aimants,
et des aimants les effets des électromoteurs, il faut toujours employer des
spirales de fil métallique revêtu d'une substance qui l'isole parfaitement,
et qui consiste, jusqu'à présent, en une enveloppe de fil de soie ou de
coton. Les fils métalliques qui composent ces spirales doivent être plus ou
moins gros et avoir plus ou moins de longueur, selon les phénomènes
( 886 )
qu'on veut produire et selon les forces employées, mais bien souvent il
faut donner aux spirales une très-grande longueur, et aux fils le plus petit
diamètre possible. Or ceir fils métalliques, couverts de soie ou de coton
ont un prix, considérable, . qui est une des objections qui rendent plus dif-
ficiles . les applications pratiques de -l'électricité; les fils très-fins- surtout
courent énormément cher, et encore y a-t-il des limites de finesse qu'on
n'est pas parvenu àdépasser, et auxquelles il faut se tenir, quelleqae soit
l'importance d'avoir une plus grande finesse et une plus grande résistance
par conséquent. Il y a plusieurs expériences -qu'il serait très-important de
faire, et qui ouvriraient peut-être un nouveau champ à l'étude de l'élec-
tricité et de ses applications, et qu'on ne peut pas exécuter faute de fils
très-minces et isolés convenablement.
» Le problème que je suis parvenu à résoudre. est le suivant V '
» i°. Faire à très-bon marché les , spirales, pour les machines électro-
magnétiques ou magnéto-élécfrîques, telles que relais, électro-aimants pour
télégraphes, galvanomètres, etc. - ; '' * .
^ a°. Faire des spirales d'une' finesse infiniment supérieure à celles des
actueT P annCGS ' 6t CeIâen diminuant des ^tre cinquièmes le prix
L » Le moyen très-simple d'obtenir des effets d'une si haute importance
consiste dans la substitution aux fils métalliques des bandes de papier sans
fin à lignes métalliques. _. : :\ :
» Que Ton suppose, par exemple, une bande de papier AB de la hauteur
d une bobine d electro-aimant ou du châssis d'un galvânonrètrevefsur là^
quelle par des moyens bien connus, on ait trace des lignes métalliques
aa bb', ce', dd'; il est clair que ces lignes restent isolées l'une de l'autre
par le papier qui les sépare, et que le courant électrique pourra en par-
courir une quelconque, pourvu qu'il y ait continuité dans le-métal dont
elles sont faites. .
» Si donc on enroule ce papier- sur la bobine où sur fe éMssisv en
( 88 7 )
faisant communiquer tous les bouts a, b, c, d ensemble et avec un pôle
d'une pile, et les autres bouts a', b', c', d', tous avec l'autre pôle, on
aura l'effet même que donnerait un fil dont la section fût égale à la
somme de celles de ces lignes et qui eût la même longueur que la bande de
papier. Si, au contraire, on laisse en debors l'extrémité intérieure de cette
Lande où s«st les bouts a', b', c', d' ,. . , , et qu'on réunisse d avec 6, b'
avec c, d avec d, en mettant ensuite en communication le bout a avec un
pôle àe la pile, et le bout d' avec l'autre, le courant passera successivement
dans toutes les lignes suivant la direction a a', bb',cc', dd', c'est-à-dire
marchant toujours dans le même sens, et donnera le même effet qu'un seul
fil mince dont la section fût égale à celle d'une des lignes susdites, et la lon-
gueur égale à la somme de ces lignes.
» Nous avons marqué quatre lignes seulement, pour faire mieux com-
prendre la marche du courant, mais il est évident qu'on peut donner à ces
lignes et aux intervalles qui les séparent l'épaisseur de ï millimètre et même
moins encore, de manière à en faire tenir de quarante à cinquante sur une
bobine ordinaire. Le papier qui est entre ces lignes et au-dessous d'elles
les lient parfaitement isolées, et comme ce p'apier peut être très-fin et très-
serré sur la bobine, dans une médiocre épaisseur, on pourra mettre une
longueur très-considérable de spirales métalliques, qui auront par consé-
quent une action plus grande sur le fer.
« Nous avons construit un galvanomètre et un électro-aimant avec le sys-
tème ci-dessus indiqué, qui fonctionnent à merveille, et nous nous occu-
pons de fixer dans ce moment, par les calculs nécessaires, les lois à suivre
pour la meilleure construction des appareils électriques d'après le nouveau
système. Nous nous empresserons de communiquer les résultats de nos
recherches à l'Académie, dont nous espérons obtenir l'honneur d'un
Rapport. »
chirurgie. — Ablation totale de mâchoire inférieure, pratiquée par suite du
développement dans l'intérieur de cet os d'une énorme tumeur fibreuse ;
par M. le D r Maisonnecve.
(Commissaires, MM. Velpeau, J. Cloquet.)
<i Cette opération, qui n'avait pas encore été pratiquée dans les hôpitaux
de Paris» est remarquable par la promptitude merveilleuse de la guérisou,
par la perfection du résultat, et surtout par le bonheur avec lequel j'ai pu
conserver complètement le périoste,, de sorte qu'il ne serait pas impossi-
( 888 )
ble, ainsi qu'il résulte des beaux travaux de M. Flourens, que l'os ne vînt
à se reproduire. Voici les détails de cette opération.
» Tramât (Jérôme), âgé de 33 ans, vint à l'hôpital de la Pitié, le 1 1 avril
i856, me consulter pour être traité d'une affection grave de la mâchoire
inférieure. Cette affection, dont le malade faisait remonter l'origine à plus
de huit ans, avait débuté par le côté droit de la mâchoire. Elle se manifesta
d'abord par un gonflement diffus sur le trajet du corps de l'os ; puis les
gencives se tuméfièrent ; les dents, repoussées de bas en haut, devinrent va-
cillantes, et finirent par tomber. A leur place on vit [paraître une tumeur
dure, comme fibreuse, qui envahit peu à peu l'intérieur de la bouche, pen-
dant que de son côté l'os continuait à grossir et formait relief à l'extérieur.
Tout cela s'accomplissait lentement et sans douleur, de sorte que le malade
ne s'en préoccupait que médiocrement. C'est seulement depuis dix-huit
mois que la gêne de la déglutition et de la parole, jointe à la difformité hi-
deuse de son visage, l'engagèrent à se soumettre à un traitement régulier.
Pendant un an environ, il fut soumis à l'usage de préparations mercurielles,
iodurées, sulfureuses, etc., sans que la marche du mal fût en rien modifiée.
C'est alors que sur les conseils des médecins de son pays, il se décida à venir
à Paris consulter les maîtres de l'art. Tous furent d'avis que l'existence était
gravement menacée, et qu'une opération seule pouvait offrir au malade des
chances de salut. '-.•■--■■-■_
» La maladie envahissait alors la presque totalité de l'os maxillaire; seu-
lement elle avait à droite un développement beaucoup plus considérable.
De ce côté, son relief antérieur égalait au moins le volume du poing. A l'in-
térieur, elle refoulait k langue et le voile du palais, et remplissait la plus
grande partie de la cavité buccale. Du côté gauche, elle était beaucoup
moins saillante; mais il était facile de reconnaître qu'elle s'étendait jusqu'à
la base de la branche verticale de l'os. Dans tous ses points la tumeur était
ferme et résistante; à l'extérieur elle avait la dureté osseuse, tandis que dans
l'intérieur de la bouche elle donnait plutôt la sensation du tissu fibreux.
Sa face gingivale, entièrement dépouillée de dents molaires, offrait un sillon
profond, dans lequel s'engageait l'arcade dentaire supérieure. En avant-, au
contraire, et à gauche, les dents étaient complètes et seulement un peu dé-
viées de leur direction normale. Les téguments muqueux et cutanés n'of-
fraient aucune altération, ils glissaient facilement sur la tumeur- Aucun
engorgement n'existait du côté des ganglions ; la santé générale était excel-
lente. Tel était l'état des choses, lorsque le 1 5 avril je procédai à l'opé-
ration. -- _ ■-'--'- -.- •
(88 9 )
» Le malade étant soumis au chloroforme, j'incisai verticalement la lèvre
inférieure sur la ligne médiane, et, continuant l'incision horizontalement du
côté droit, je divisai profondément les parties molles jusqu'au devant du mas-
séter. Dans un deuxième temps, je divisai l'os maxillaire sur la ligne mé-
diane au moyen de la scie à chaîne; puis, avec le bout du doigt et l'extrémité
mousse de ciseaux courbes, je détachai les parties molles tant à l'extérieur
qu'à l'intérieur, en ayant soin d'enlever en même temps le périoste : ce temps
,fut long et laborieux, à cause du volume de la tumeur et de la saillie qu'elle
faisait du côté de l' arrière-gorge. Dans un quatrième temps, je fis basculer
l'os pour amener en avant l'apophyse coronoïde; mais celui-ci, devenu trop
fragile par suite de la distension de ses fibres, se brisa au-dessous de l'apo-
physe. Saisissant alors celle-ci avec un davier, je l'attirai en avant, divisai
le tendon du crotaphyte et du ptérygoïdien externe avec des ciseaux cour-
bes, et terminai cette première partie de l'opération en extrayant le con-
dyle. Le plus difficile était fait ; l'autre portion du maxillaire, bien qu'altérée
profondément, était loin d'offrir la même tuméfaction. Aussi ne crus-je pas
nécessaire d'inciser les parties molles extérieures. Après avoir délivré la mu-
queuse gingivale en dedans et en dehors de l'arcade dentaire, j'énucléail'os
de son périoste, divisai d'un coup de bistouri le nerf mentonnier; puis,
quant au masséter et au ptérygoïdien interne, je les déchirai près de leur
insertion avec le bout du doigt indicateur. Faisant ensuite basculer l'os pour
attirer en avant l'apophyse coronoïde, je divisai, avec des ciseaux courbes,
le tendon du temporal et celui du ptérygoïdien externe, et par un brusque
mouvement d'arrachement je terminai l'opération.
» L'extirpation de la moitié latérale droite avait exigé trois ligatures ; celle
de la moitié gauche n'en réclama aucune. Quelques bourdonnets de char-
pie furent seulement introduits dans l'espèce de cul-de-sac correspondant
au condyle ; puis je procédai au rapprochement des parties.
» Par excès de prudence, et bien qne la langue n'eût aucune tendance à
se porter en arrière, je crus devoir passer un fil à la base du frein ; puis je
rapprochai les deux moitiés de la lèvre, ainsi que les bords de la plaie hori-
zontale du côté droit avec des points de suture entortillée, sur lesquels je
fixai le fil qui retenait la langue.
» Immédiatement après le pansement, le malade put avaler sans trop de
peine quelques gorgées d'eau et de vin sucrés ; cependant je crus devoir
opérer l'alimentation pendant les deux premiers jours avec la sonde œso-
phagienne.
» Les suites de cette opération furent d'une simplicité inespérée. C'est à
C. R,, i856, i er Semestre. {T. XLII, N° 49.) l ' 7
( V )
peine si lemalade eut la fièvre traumatique ; la réunion de la plaie extérieure
se fit par première intension dans les neuf dixièmes de son étendue.JDès le
deuxième jour je pus retirer les bourdonnets de charpie de l'intérieur ; le
quatrième jour j'enlevai les épingles; dès lors la. guérison parut assurée^ et
en effet elle ne s'est point démentie. -----j:j
» Aujourd'hui, quatre semaines seulement se sont écoulées depuis l'o-
pération , et la guérison est tellement parfaite, qu'on a vraiment peine à croire
à tout ce qui s'est passé. Le visage, de monstrueux qu'il était, est devenu ré-
gulier et même gracieux; l'œil le plus exercé a peine à y retrouver les traces
d'une légère cicatrice. Les mouvements de la bouche sont conservés intacts-.
La langue a recouvré tous ses mouvements ; la parole est nette et facile ; la
déglutition s'opère sans obstacle, et déjà même à la place de l'os maxillaire
on voit qu'il-se développe un tissu dense et résistant qui r grâce à l'entière
conservation du périoste, pourrait bien plus tard subir la transformation
psseuse. ■ ■_-. • ■• _= ■■- ■ •• --< •- • -'- -■ ■ / ,_■■ ■ f - ; , --- . : • - -
- ~ i'~~'_ ".z z .'. '.'.'■'-.'-■- - T. 'Description de ïcû pièce anatomique^ _.. ; ; î .'. . -.' -.-:_ .' -
» La pièce ànatoûiiquè représente la mâchoire inférieure tout entière,
complètement dépouillée dé son" périoste. On y remarque aux condyles, aux
angles et à l'apophyse corbnbïdè dësportiojis dé fibres musculaires -apparte-
nant aux masséters, .aux deux ptërygoïdiens et aux crotâphytes.
»" Du coté droit, u çèjfbs' forme : une .tumeur du volume du poing, constituée
par la présence ; d'ûrîejprqductlo^ fibreuse, qui s'est développée dans son
intérieur, et en â écarté Ies^ fibres 'au point de" les réduire à une couché
mince et transparente. pu"côfé^aîiche, l'altération est ïriOîns avancée ; ce-
pendant l'os a triplé dé volume» et là production fibreuse s'est creusé dans
toute" l'etenduè dé là .portion horizontale un long canal de 2 à 3 centimètres
de diamètre.' "". "~ ". , " '"■'. '"'■'"' . ."','
» Le tissu de la production morbide est essentiellement fibreux, sans au-
cun 1 mélange de corpuscules cancérèttx\ épitheliaux, ou fibroplastiques. »
physiologie. — De la faculté assîrnilatrice dès différents corps gras ;
par 3ML Bertiié. (Extrait par l'autetir.) - • -
(Commissaires, MM. Ghevreul,Xl. Bernard.) -
« .Les belles expériences, de MM. Dumas, Persoz, "Liebig, Boussingault et
autres savants, ont fait connaître l'utilité des corps gras dans la nutrition
comme aliments respiratoires, Celles de M. Claude Bernard nous ont ap-
(8 ft i )
pris quels agents la nature mettait en œuvre pour digérer ces corps et les
rendre propres à l'assimilation. L
» Mais tous les corps gras ne possèdent pas au même degré la faculté
d'être assimilés : les uns se digèrent avec une facilité presque inépuisable ;
pour d'autres, au contraire, l'organisme arrive promptement à un état qu'on
pourrait considérer comme voisin de la saturation , de sorte qu'après un
temps déterminé on retrouve dans les excréments une proportion de corps
gras sensiblement égale à celle qui a été ingérée. Y a-t-il des règles qui ré-
gissent cette propriété assimilatrice ? C'est ce que je me suis proposé d'éclai-
rer en entreprenant les recherches exposées dans le présent Mémoire.
» Les corps gras que j'ai soumis à l'essai sont, outre le beurre, les huiles
d'amande, d'oeillette, d'olive, de baleine, l'huile de foie de morue dite
anglaise, l'huile de foie de morue lavée ou décolorée par les alcalis et le
charbon, l'huile de foie de morue brune pure^ toutes ces huiles furent
successivement administrées à un même homme, bien portant et soumis à
un régime régulier, depuis la dose de 3o grammes jusqu'à 60 chaque jour.
Par une détermination exacte de la quantité d'huile contenue chaque jour
dans les fèces, je suis arrivé à reconnaître que la moyenne de jours néces-
saires pour arriver à une saturation complète, c'est-à-dire au moment où la
presque totalité du corps gras se retrouve dans les excréments, est de douze
jours pour les huiles d'oeillette, d'olive, d'amande; d'un mois environ pour
le beurre, le& huiles de baleine, de foie de morue anglaise, décolorées ou
lavées ; et qu'enfin un mois d'administration d'huile de foie de morue brune
et pure est insuffisant pour qu'il soit possible de constater une augmenta-
tion appréciable de matière grasse dans les excréments. D'où je conclus que
les corps gras peuvent être divisés en trois classes basées sur leurs propriétés
assimilatrices.
» i re classe. Corps difficilement assimilables. — Huile d'oeillette, d'olive,
d'amande et probablement toutes les huiles végétales.
» 2 e classe. Corps assimilables. — Beurre, huile de baleine, de morue
blanche, de morue décolorée ou lavée et probablement toutes les graisses
animales.
» 3 e classe. Corps très-assimilables. — Huile de foie de morue brune et
pure. »
117.
(8 9 â)
Médecine. — De. l'acide arsénieux dans les congestions apoplectiques .;
pai'M. Lamarke-Picqiiot. (Extrait.) ■ ~ - „
s^'.Lj.:.:. '■..:': -. (Commissaires» MM. Andral, Balard.) . ,.:«.-';■.
L'auteur, en terminant son Mémoire, résume dans les propositions-
suivantes les résultats auxquels il a été conduit :
« La disposition à l'apoplexie dépend communément d'un accroissement
outre mesure des globules du sang. L'acide arsénieux paraît avoir pour
premier effet de rendre le sang moins riche en globules et moins plas-
tique, et il offre en effet,' dans toutes les congestions de forme apoplec-
tique, un agent thérapeutique des plus précieux.
' » Il est indispensable, avant de commencer une médication arsenicale,
chez des sujets prédisposés aux affections apoplectiques, de constater l'état
de richesse du sang où de son altération; car, dans la supposition où ce
fluide serait pauvre en globules, l'usage de l'acide arsénieux, essentielle-
ment hyposthënisant, accroîtrait cette condition anormale.
«L'action de l'acide arsénieux se liant d'une manière intime avec le
résultat dés digestions, On est conduit à en faire usage au moment des repas,
afin d'en faciliter la tolérance et l'assimilation.
"^ »~ Il .-est nécessaire' d'en prolonger l'usage au delà du terme de la gùéri-
son, afin d'avoir plus'de chances de durée. Dans lé cas de "récidive" dés
affections apoplectiques, alors qu'il s'agit d'imprimer une modification pro-
fonde à l'économie, il "y a nécessité absolue de continuer lé traitement pen-
dant longtemps, car cette 'modification, se fiant aux actes de l 'assimilation,
ne vpeut devenir stable qu'à là longue.
» La médication arsenicale a pour résultat pratique de diminuer les con-
séquences fâcheuses des congestions cérébrales, quand, par la marche seule
des années, les individus sont prédisposés à l'apoplexie par une constitu-
tion à prédominance sanguine. - -
- » La dose de-l'acide arsénieux de 4 ; milligrammes à i centigramme par
jour a été généralement suffisante dans le traitement des affections apo-*
plectiques. » • E
M. Laigisei, adresse une réclamation relative à un Mémoire présenté par
. M. Perreul dans la séance du i4 avril dernier, et ayant pour titre : « Frein
agissant par pression verticale, modification apportée au système Laignel. »
« Je ferai remarquer à l'Àcadémie^dit M. Laignel, que j'avais songé long-'
(8 9 3)
temps avant M. Perreul à modifier, dans le sens qu'il indique, mon système
de freins, et dès le i er juillet j'avais pris un brevet d'invention pour une
modification qui ne me paraît différer de la sienne en rien d'essentiel. Du
reste, je ne me faisais pas d'illusion sur son efficacité tant que je ne serais
pas parvenu à la perfectionner encore. La pièce ajoutée est dans l'état ac-
tuel de peu de service, parce que le sable entamé a trop peu de profondeur
et oppose trop peu de résistance, quand le temps est sec et que la vitesse est
petite; quand il est mouillé, au contraire, et que la vitesse est grande, la
pièce ne s'y enfonce point et éprouve une suite de soubresauts comme la
herse du laboureur. »
(Renvoi à l'examen des Commissaires nommés pour le Mémoire de
M. Perreul : MM, Piobert, Morin, Séguier.)
M. Isambert prie l'Académie de vouloir bien admettre parmi les pièces de
concours pour les prix de Médecine et de Chirurgie un opuscule qu'il vient
de publier « sur l'emploi thérapeutique du chlorate de potasse, spéciale-
ment dans les affections diphthériques ». Conformément à une condition
imposée aux concurrents, M. Isambert joint à son livre une Note manuscrite
qui en offre l'analyse raisonnée.
(Commission des prix de Médecine et de Chirurgie.)
M. Balegceb adresse de Cawnpore (Bengale) plusieurs opuscules, qu'il a
publiés dans l'Inde relativement à l'origine du choléra asiatique et du mode
de traitement auquel il a recours contre cette maladie.
(Renvoi à l'examen de la Section de Médecine et de Chirurgie constituée en
Commission spéciale du concours pour le prix du legs Bréant.)
M. CoMPESG annonce l'intention de présenter au concours pour le prix
annuel du legs Bréant un remède de son invention pour la guérison des
dartres, et demande quelles sont les formalités à remplir pour être inscrit
parmi les concurrents..
On fera savoir à l'auteur qu'il doit faire connaître la composition du re-
mède qu'il «mploie, et donner, s'il se peut, des observations suffisamment
détaillées d'un certain nombre de cas où cette médication a été employée
avec succès.
( 8 9 4 )
M. Moysen adresse deux figures à joindre à sa Note sur Un râteau méca-
nique de son invention.
(Renvoi à la Commission chargée de juger le concours auquel ont été
présentés les appareils de labourage et de jardinage de M. Moysen.)
CORRÊSPOIVDANCÉ.
Lettre de M. le Mesistre de l'Isstrpctios publique.
a Le roi de HanoVFe r voulahthonofer-le célèbre mathématicien Gauss, a
fait frapper une médaille commémorative et a ordonné qu'elle fût distribuée
aux établissements scientifiques qui ont prêté. leur, utile concours, soit à
l'illustre savant, soit à l'Université xle Gaettingen, A: ce titre, un exemplaire
que vient de m'adresser M. le Ministre des Affaires étrangères, a été des-
tiné. à l'Académie des Sciences jde l'Institut impérial de: France. Je m'em-
presse de vous lé transmettre. » ,1" : : : ,
A la Lettre de M. le Ministre est jointe la Lettre de la Société Royale des
Sciences de Gôttingue, annonçant également l'envoi de la médaille, un
exemplaire en argent et un exemplaire en bronze.
i offiMiB; -mïnéRale. ;— -Action zde l'acide iodhydrîque sur - Varient;
par M,. H. Sàeste-Claike Devxlle.
""« Là placé qu'occupe l'argent parmi les métaux nobles dans la classifi-
cation de M. Thenard me paraît devoir être changée, malgré la propriété
que possède l'oxyde d'argent d'être réductible à basse température. Je ferai
valoir d'abord à l'àppùi de mon opinion l'observation si curieuse de M. Re=
gnàult(i), d'après laquelle l'argent décompose l'eau à une température peu
élevée : oh sait qu'alors il absorbe l'oxygène de l'eau pour produire cette
combinaison instable à laquelle il faut attribuer le phénomène du rochage.
Il est difficile, il est vrai, de prouver que ïâ température de dissociation ou
dedécomposltion spontanée de l'eau est supérieure â celle qu'exige l'expé-
rience de M. Rêgnàult et que l'oxygène n'est pas libre au moment
(i) Annales de Chimie et de Physique, tome LXII, page 367 (i836).
(8 9 5)
où l'argent s'en empare. Mais quelques recherches que j'ai commen-
cées pour fixer approximativement la température de dissociation de l'eau
et de quelques corps importants de la chimie , me font penser que c'est
bien l'argent qui détermine seul la séparation de l'eau en ses éléments,
dont l'un, l'oxygène, est employé à former un oxyde d'argent. Celui-ci,
semblable au cuivre oxydulé, se dissout dans le bain d'argent métallique
pour former une sorte de rosette qui se défait au moment du rochage.
» Ces considérations tendraient déjà à rapprocher l'argent de l'étain et
du plomb. Voici un nouveau fait qui, je crois, n'a pas été remarqué et qui
conduit à la même conclusion.
» L'acide iodhydrique (i) dissous dans l'eau attaque l'argent avec une
énergie extraordinaire, en produisant de l'hydrogène, si bien qu'en opérant
dans un tube de verre avec de l'argent laminé et de l'acide concentré, la
liqueur s'échauffe et peut s'échapper hors du vase, par suite de l'abondant
dégagement du gaz hydrogène. A froid, l'action s'arrête à peu près quand
l'acide est saturé d'iodure d'argent ; mais elle recommence dès qu'on chauffe,
et on obtient par le refroidissement un sel cristallisé en larges lames, inco-
lore, semblable au nitrate d'argent. Ce sel, très-altérable, ne peut être isolé
de la liqueur dont il est imprégné. C'est, je pense, un iodhydrate d'iodure
d'argent. La liqueur qui a fourni ces cristaux, abandonnée à elle-même à
l'air, laisse disposer d'assez gros prismes hexagonaux réguliers, bordés de
facettes modifiant les arêtes horizontales du prisme. On retrouve ainsi avec
toutes ses faces la forme de l'iodure d'argent naturel, telle que l'a décrite
M. Descloizeaux (2) et que cet habile minéralogiste à reconnue sur mes
échantillons. Analysée par M. Appert, l'un de mes élèves, suivant l'élégant
procédé que M. Damour (3) a appliqué à l'argent iodé du Chili, cette ma-
tière se représente par la formule Agi. Ainsi donc cet iodure est tout à
fait identique à l'iodure d'argent natif.
(0 Pour préparer facilement et sans danger plus d'un kilogramme d'acide iodhydrique
que j'ai consacré à mes expériences, j'ai eu recours au procédé que j'ai décrit dans les
Annales de Chimie et de Physique (tome LXXV, page 46; 1840). L'appareil le plus commode
consiste en une petite cornue tabulée et bouchée à l'émeri, au col de laquelle on soude un
tube recourbé pour éviter tout contact entre le liège et l'acide. On y introduit d'abord un
peu d'eau, puis successivement du phosphore et de l'iode en excès jusqu'à ce qu'on ait pro-
duit la quantité d'acide iodhydrique dont on a besoin.
(2) Toyez les Mémoires de M. Domeyko, Annales des Mines, tome VI, page i58 5 et de
M. Descloizeaux, Annales de Chimie et de Physique, tome XL.
(3) Annales des Mines, tome IV, page 32g; i853.
( tg 9 6 ) . ,
» Le palladium, comme l'argent, s'attaque par l'acide iodhydrique avec
dégagement d'hydrogène, faible à la vérité, mais très-facile à constater, et
la dissolution du métal est lente. L'or et le platine ne dégagent pas d'hy-
drogène en quantité sensible, quoiqu'ils se dissolvent avec le temps dans
l'acide iodhydrique; mais tous les métaux communs que j'ai essayés sont
dissous avec nne f énergie singulière par cet acide. L'iodure de plomb que
l'on forme ainsi cristallise d'une manière remarquable. ' , ;
» Je reviendrai plus tard sur les circonstances curieuses^ qui accom-*
pagnent la dissolution de l'argent dans les acides bromhydrique etchlorby-
drique. Pour le moment, je me bornerai à conclure des faits contenus dans
cette Note, qu'il faut -désormais classer l'argent soit à côté du mercure, soit
même à côté du plomb dont les combinaisons. ont avec les composés de
l'argent un grand nombre de ressemblances. »" . , 7. _,;
chimie, optique. .— Sur la cause de la vànatiori_ du pmvoir rotatôire du
sucre de fécule et sur l'existence probable de. deux variétés de. glucose
amorphe ; par M. A. " Béchâmp. ~ '". '■' r . . r *"
« Dans une Note que j'ai eu l'honneur de présenter récemment à l'Aca-
démie, j'ai essayé de démontrer que la rotation du sucre dé fécule cristallisé
était variable dans sa dissolution aqueuse, parce qu'il s'y transformait peu
à peu en sucre non cristallisable C ,2 H ,2 42 , On peut remarquer, en effet,
que la variation tend sans cesse vers un poiivbir plus faible, et que la^dé-,
viation devient et reste constaate dès que cettëlimite inférieure est àttefnte,
J'ai montré, de plus, qu'en présence de l'eau la déshydratatïon^iente àfroid,
s'opérait rapidement à la température de ibo degrés, absolument comme
cela arrive pour l'hydrate ferriqùe, et que le pouvoir rotatôire immédiâtè- r
ment obtenu était très- voisin du pouvoir le plus faible. -
» M. Dubrunfaut [Compte rendu dé la "séance du 21 avril i855) annonce
que la vérification à laquelle il a soumis mes expériences, l'a conduit à des
résultats tout différents, sans qu'il puisse assigner d'une manière précise la
cause de ces différences. La critique m'ayant paru très-sérieuse, j'ai dû
chercher la cause de la différence des résultats 'auxquels, était arrivé un
expérimentateur si habile et si compétent.
» Les expériences qui m'ont conduit à l'explication du singulier phéno^
mène de la variation du pouvoir rotatôire avec le temps, sont évidemment
la conséquence du raisonnement suivant :
« i°. Si le pouvoir rotatôire du sucre de fécule cristallisé tend sans cesse
( 8 97 )
vers une limite inférieure, cela ne peut-il pas tenir à une déshydratation?
» 2 . Si cette déshydratation a véritablement lien, ne faut-il pas que le
pouvoir rotatoire du sucre de fécule déshydraté soit invariable?
» 3°. S'il y a déshydratation, il faut prendre pour diviseur de la fraction
— — , non le poids du sucre cristallisé déterminé par la pesée, mais le poids
correspondant calculé de glucose anhydre.
» 4°- Si le pouvoir rotatoire ainsi calculé représente le pouvoir du sucre
C ,2 H ,2 12 , il faut que ce nombre soit le même que celui qu'on obtiendrait
directement pour le pouvoir rotatoire du glucose déshydraté à dessein.
» Or les expériences exposées dans le travail que je défends ont justifié
ces hypothèses. Le savant chimiste qui m'a fait l'honneur de vérifier mes
expériences , confirme d'ailleurs le résultat principal de mon travail ; en
effet, on trouve dans sa Note le passage suivant ; « Si l'on dessèche le glu-
cose avec fusion, on observe, en dissolvant dans l'eau le glucose ainsi
traité, les faits signalés par M. Béchamp, et soit que la fusion ait été faite
avec ou sans perte de l'eau d'hydrate, la rotation du glucose dissous de-
vient invariable et elle donne immédiatement le pouvoir rotatoire le plus
faible. » En effet, d'après mon interprétation même, le pouvoir doit devenir
invariable dès que l'on a chauffé à ioo degrés, puisque je suppose que la
combinaison peut se détruire instantanément dans l'eau bouillante ; consta-
tons seulement que lorsque l'eau d'hydrate s'est dégagée, la rotation de-
vient invariable et que le pouvoir immédiatement obtenu est le plus faible.
Nous sommes donc d'accord sur ce point, qu'il existe un glucose anhydre,
non cristallisé, à rotation invariable, dont le pouvoir rotatoire est le plus
faible.
» La question se réduit donc à savoir s'il est possible de déshydrater (je
ne dis pas dessécher) le glucose cristallisé sans le faire entrer en fusion,
et si la dissolution de ce glucose anhydre possède une rotation variable..
Oui, on peut déshydrater le glucose sans fusion, et la rotation du produit
déshydraté est variable, quoique je n'aie pas réussi à obtenir le pouvoir
rotatoire le plus élevé. Mais l'auteur n'ayant pas dit à quelle température
et dans quelles conditions il avait desséché le glucose mamelonné de raisin,
j'ai dû instituer une expérience à cet égard; voici les résultats auxquels je
suis parvenu (i) :
(i) Les expériences que je vais rapporter ont été faites avec du glucose du commerce, que
j'ai purifié par des cristallisations dans l'alcool à 96 degrés centigrades. Dans tous les glucoses
C. R., i856, i« Semestre. (T. XL1I, N° 19.) l l 8
( 898 )
» Quand on essaye de dessécher du glucose cristallisé de fécule, sans
soins particuliers^ on trouve qu'il entre déjà en fusion vers 70 ou 80 degrés •
un peu plus tard, vers 90 ou 100 degrés, lorsqu'il a. été préalablement séché
dans le vidé sec. Après plusieurs tentatives infructueuses, supposant que le
sucre fondait dans l'eau devenue libre ( par suite de la destruction déjà
combinaison, j'ai essayé d'opérer la déshydratation dans un courant d'air
sec à des températures graduellement croissantes, afin d'enlever au fur et à
mesure l'eau dégagée. Au-dessous de £0 degrés, le sucre ne perd que l'eau
hygroscopique , mais l'eau d'hydrate ne commence à se dégager qu J entre
55 et: 60 degrés, n f auÏ7 en opérant sur 3 ou 4 grammes de matière,
maintenir pendant deux heures la température de 60 degrés avant de
l'élever; sans cette précaution le suere fondrait encore, mais alors on peut
impunément chauffer le produit déshydraté jusqu'à 80 et même jusqu'à
.100 degrés sans le faire entrer en fusion. Après trois heures de dessicca-
tion, 3? r ,355 de sucre cristallisé sec, mais non séché dans le vide, s'étaient
réduits à 3s r ,o26, résultat de la dernière pesée. Théoriquement on aurait
dû obtenir 3s r ,o 5.
» Voici les résultats delà détermination du pouvoir rotatoire du même
sucre déshydraté dans deux expériences distinctes. . ..._
-■-»- A. Sucre de fécule cristallisé déshydraté entre 60 et 80 degrés. J'ai
appliqué la formule de M. Biot («),== ^L; poids du sucre déshydraté
E4- 18^607;- somme des poids de l'eau et du sucre, P-kE =s.25f,îo-7 : ;
durée de la dissolution jusqu'au moment de l'observation., vingt-cinq mi-
nutes à t == ri :-°. Six heures du soir.
» Données :
£ = 0,06401, â= 1,02577, ^2O0 mm t
<*j == 1 2 ° Al , d'où [a)j = 94°,96/ pour 1 oo mm d'épaisseur .
:» Le lendemain- à huit heures du matin, j'ai trouvé -
a,. — 8°,64, d'où {a)j = 650,79/ pour 1 oo^d'épaisseuiv
du commerce que j'ai examinés, comme dans le sucre de fécule que j'ai préparé moi-même,
il existe un produit non fermentescible, soluble dans l'alcool bouillant et qui se sépare sous
forme visqueuse par le refroidissement. Le pouvoir de ce produit, qui est une variété de
dextrine, est beaucoup plus élevé que celai dcr glucose cristallisé. J'insisterai sur ces faits avec
. plus de détails dans un Mémoire sur la fécule; ce. que j'en dis ici est pour faire voir que je me
suis mis à l'abri de cette cause d'erreur.
( 8 9 9)
Le même jour à trois heures du soir, j'ai trouvé
aj= 7°,D2, d'où (a), = 57°,26/pourioo mm d'épaisseur.
» B. Sucre de fécule cristallisé déshydraté entre 60 et 80 degrés, puis
chauffé pendant quatre heures à 100 degrés. Le sucre n'a plus perdu de son
poids et il n'est pas entré en fusion.
» Poids du sucre déshydraté, E = 2^,064 ; somme des poids de l'eau et
du sucre, P + E = 29^, 197 ; durée de la dissolution jusqu'au moment de
l'observation, vingt-huit minutes à t = 1 2 . Six heures du soir.
» Données :
£ = 0,07069, â= r, 02926, /=200 mm ,
a j= «3°, 12, d'où [a)j = 9o°,02/' pour roo mm d'épaisseur.
» Le lendemain à huit heures du matin, j'ai obtenu
a J = 9°' o5 > d ' ou (a)y = 65°,2o/pourroo mm d'épaisseur.
» Le même jour, à six heures du soir, j'ai obtenu
aj— 8°,35, d'où (4== 57°,38/ pour ioo mm d'épaisseur.
» Remarquons : i° que le pouvoir le plus faible est précisément celui que
j'ai obtenu en employant du sucre déshydraté avec fusion ; 2 que le pou-
voir le plus élevé a été calculé en prenant pour E le résultat de la pesée
directe, c'est-à-dire le poids du glucose anhydre C ,2 H ,2 12 , tandis que
dans ma première Note le pouvoir le plus élevé avait été obtenu en prenant
pour diviseur /?, le poids du sucre cristallisé, c'est-à-dire hydraté. Pour
rendre les résultats comparables, il est évident qu'il faut prendre dans ces
deux expériences le poids calculé correspondant à C l2 H f2 ,!î , 2 HO. En
faisant cette opération, on trouve pour le pouvoir le plus élevé dans l'expé-
rience A, («),= 8i°,84, et dans l'expérience B, (a)j= 86°, 33, nombres très-
éloignés du double du pouvoir le plus faible.
» Sans m'arrêter à ces différences, qui peuvent tenir à ce qu'une partie
du sucre déshydraté dans les conditions de ces expériences a passé à la
modification particulière qui donne immédiatement le pouvoir le plus faible,
il me semble que les- résultats précédents conduisent à cette conclusion,
qu'il existe deux modifications distinctes du sucre de fécule anhydre,
C ,2 H ,2 ,a , dont l'une, facilement fusible à 100 degrés, possède un pouvoir
propre de 57°,3 et invariable ; dont l'autre, infusibîe à 100 degrés, possède
un pouvoir variable qui tend avec le temps vers le pouvoir constant
de57°,3.
118..
( 9 00 )
» Quant à l'explication du phénomène, elle se rattache très-simplement à
celle que j'ai donnée dans ma première Note. La modification infusible à
ioo degrés, mise en contact' avec l'eau, reconstitue momentanément (i) le
composé C ,2 H ,2 12 , 2HO, pour passer insensiblement ensuite à la modifi-
cation fusible du glucose C 12 H 42 O' 2 . Je crois, en effet, que si j'ai obtenu un
pouvoir rotatoire initial trop faible, cela tient à ce que, malgré les précau-
tions prises, une portion du sucre avait subi la fusion ; ce qui tend à le
prouver, c'est qu'au milieu de la masse du produit desséché qui était par-
faitement blanche, il existait des points jaunes agglomérés : ces points repré-
sentaient les plus gros amas dont l'eau n'avait pas été enlevée assez rapide-
ment par le courant d'air sec et qui , par suite , avaient subi un commence-
ment de fusion.
« Certainement, comme le fait remarquer M. Dubrunfaut, il existe une
différence profonde entre le sucre cristallisé et le sucre amorphe. Ce sont
deux combinaisons très-différentes, caractérisées par la spécialité de leur
action sur la marche de la lumière polarisée et par leur solubilité : tandis
que la solubilité de l'une est limitée, la solubilité de l'autre est indéfinie;
on en peut préparer des sirops très-concentrés qui ne cristallisent que len-
tement, et dont le pouvoir est invariable avant la cristallisation, c'est-à-dire
avant la formation du composé C^H^O' 2 , 2HO qui est seul cristallisable.
» En terminant, je dois rappeler que dans ma première Note j'ai eu soin
de ne rien préjuger sur la belle observation de M. Dubrunfaut, je veux dire
sur l'existence de substances mono, bi ou trirotatoires ; je n'ai pas affirmé
que toutes les espèces de sucres à pouvoirs variables dussent se comporter
comme le sucre que j'ai observé. C'est pour cela que j'ai expressément indi-
qué la nature du produit sur lequel j'opérais, les circonstances spéciales de
l'expérimentation, et que j'ai remis à plus tard l'examen général que cette
question comporte. Je sais parfaitement qu'une expérience isolée ne suffit
pas pour établir une loi. La question que j'ai soulevée reste donc à l'ordre
du jour. J'ai cherché une explication, et le fait sur lequel elle est fondée
n'est pas isolé dans la science, puisque l'on connaît des corps qui se déshy-
dratent spontanément dans l'eau, n
(1) Ce qui paraît prouver qu'il en est ainsi , indépendamment de la variation de la rota-
tion, c'est que le glucose fondu attire l'humidité en devenant sirupeux, tandis que la
deuxième modification se conserve à l'état de siccité. Je n'ai pas eu le temps de m'assurer si
le sucre reprenait ainsi la quantité théorique d'eau.
( 9 ot )
chimie optique. — Note sur le sucre interverti; par M. Dubrunfact.
« Nuls faits ne nous paraissent mieux établis que ceux que nous avons fait
connaître pour établir la composition du sucre interverti [Comptes rendus,
septembre 1847 et juillet 1849), et cependant cette composition n'a pas été
admise par les savants. Elle a passé inaperçue faute de vérifications, et peut-
être aussi faute d'explications suffisantes pour répéter les expériences sur
lesquelles nous nous sommes appuyé. Nous nous proposons de compléter
aujourd'hui notre démonstration de i84g, et de le faire sous une forme qui
en facilite l'intelligence.
» Le sucre de canne sur lequel nous avons opéré était chimiquement
pur; il ne perdait que 0,001 de son poids par une dessiccation à + 100 de-
grés, et dans cet état sa densité a été trouvée égale à 1 ,63o; il a donné pour
moyenne de plusieurs combustions 4^,2 de carbone, ce qui correspond bien
à la formule
C lï H ,, O n .
Son pouvoir rotatoire moléculaire, pris d'après les indications de M. Biot,
a donné
(a) y = + 7 3,84,
nombre qui est un peu plus grand que le nombre 72 donné par M. Biot.
Cette différence peut s'expliquer par l'état de pureté du sucre qui a servi
à nos expériences.
» Ce sucre, interverti avec soin par les acides, donne bien le coefficient
d'inversion o,38o reconnu par M. Biot, et ce coefficient, qui varie conti-
nûment avec la température dans toute l'étendue de l'échelle thermomé-
trique où les observations sont possibles, s'applique à la température de
+ i4 degrés.
» Par conséquent, le sucre interverti pris avec la constitution C ,a H 1 ' O' '
donnerait :
à+ i4° {a)j= — 28,0^
» D'après nos observations, ce pouvoir s'affaiblit de o,5 en passant de
+ i4 à la température de + 52, et il est annulé vers + 90 degrés. On a
donc ainsi pour ce sucre ,
à + 5a° (a) y =- 14,0295 \,
à+90 [a)j = o.
( 9° 2 )
» Le sucre interverti, séché à ioo degrés dans le vide, offre une augmen-
tation de poids de o,o5 sur le poids du sucre de canne qui a servi à 1& pro-
duire. Ce fait justifie bien la transformation et la formule admises :
- '"•'■■ v C ,a H ,f O ,1 +.HO=?C ,a H ia P"....
.Sucre de canne Sucre ferinentescible.
• ■-'- non férmerrteseible.
» Par conséquent, le pouvoir rotatoire moléculaire du, sucre interverti,
rapporté au sucre de la "formule C'j 2 H 12 <2 , deviendrait
. à +r4 (a) i /=^— 26j65a\. -
» Ramené à la constitution du glucose cristallisé hydraté C 1 2 H 12 0' 2 , 2 HO,
il -est v -- ' ? ' : ; "-".'-"■ : : - - - '-'-'"■■
.j ::: — r.:. --:;::. à . -+=--i4° : («)/== ^a4,22/î-\. _" : : ;
» En faisant cpncrëtertin sirop concentré de sucre interverti, on en
sépare un glucoseà rotation à droite, qui, convenablement épuré, perd
par dessiccation à 100 degrés 0,095 de son poids. Analysé dans cet état,
il donne en moyenne 39,8 de carbone, ce qui correspond à la formule
C 2 H ,2 ):t . ïltjffreles deux pouvoirs rotatoires dans la dissolution dans
l'eau, et ces pouvoirs nous ont paru être constants et identiques à ceux qu'on
trouve dans les glucoses de diabète et de raisin. Nous les avons trouvés :
' Pour lé composée 12 H' 3 O n {a)j : =x4-.B3,*/,
- : Pour le composé G 1 2 H H4 O u («)/= + 48 / v ;
joli est à remarquer que ce dernier nombre est très-voisin du nombre
-H 47/5 qui a été donné par M. Biot comme pouvoir rotatoire du glucose
de diabète bien épuré. Le nombre -+r 48/ est celui que nous avons adopté
pour lé glucose que nous avons distingué sous le nom de gluôosë monoro-
tatoire, et avec cette donnée le pouvoir rotatoire initial de ce glucose
dissous,- que nous attribuons au ^glucose cristallisé, devient
Pour C ,2 H 42 12 (a) /? =: + 10.6,4/,
Pour CH 14 '*)" {<?.)/== -f 96/.
» Si l'on traite 16 grammes de sucre interverti dissous dans 1 00 grammes
d'eau par 6 grammes de chaux hydratée, il se forme d'abord une émulsion
laiteuse très-fluide; mais après quelques instants d'agitation, le liquidé s'é-
paissit et acquiert une grande consistance. Cette masse, soumise à la presse,
donne une eau mère liquide, qui renferme tout Jegjlucose à droite à l'état de
glucosate de chaux soluble, et la partie insoluble, lavée se trouve être un
" i ?p' v
(903 )
sucrate basique calcaire cristallisé (1), d'où l'on peut séparer par l'acide oxa-
lique le sucre liquide sensiblement pur (2).
» Ce sucre, tout à fait incristallisable, identique avec le sucre d'inuline
peut être amené par la dessiccation dans le vide à une constitution identique
à celle du sucre interverti et du glucose, et qui est représentée par la for-
mule C ,2 H ,2 12 . Dans cet état encore et avec cette constitution, l'expérience
donne pour ce sucre,
à + i4° température (<z) y = — io6\;
à -i-5 2 » («);=-79>5\;
à +90 » («),-:= -53 Y
» Si l'on considère que le pouvoir rotaloire du glucose mamelonné n'est
que peu ou point modifié par la température, et si l'on rapproche les nombres
que nous venons de donner de ceux que nous avons donnés pour le sucre
interverti, on admettra avec nous que ce dernier sucre doit exclusivement
au sucre liquide son pouvoir rotatoire, variable avec la température. On
reconnaîtra en outre que ce sucre, que nous avons isolé par la chaux, n'a
subi par ce traitement aucune altération, et qu'on peut, à juste titre, le
considérer comme l'un des matériaux immédiats constituants du sucre inter-
verti.
» Les expériences précédentes prouvent à l'évidence qu'on peut isoler
du sucre interverti par des moyens simples et sans altération deux sucres
bien distincts par leurs propriétés chimiques et par leurs rotations antago-
nistes. Elles ne prouvent pas cependant que la constitution du sucre inter-
verti soit réellement celle qui est représentée par la formule suivante, ainsi
que nous l'avons énoncé :
2(C ,2 H"0 H ) ■+- 2HO = (C ,2 H ,2 0' 2 ) + (C ,2 H ,2 0' 2 )
Sucre de canne. ~~Gto^Tp r &^TÏi^ïdT\
» On peut fournir diverses démonstrations des faits exprimés par cette
(1) Ce sucrate ne renferme que 3 équivalents debase, au lieu de 6 que nous lui avons attri-
bues par erreur en ,84g, en confondant l'équivalent simple du sucre avec l'équivalent
double propose par M. Peligot. Plusieurs fois en concentrant ce sucre, séparé de la chaux par
1 acide oxakque, il nous adonné des traces d'un produit gélatineux, comparable à l'acide pec-
t.q«e. Ce produit est sans doute étranger à la réaction principale ; mais nous avous cru devoir
le signaler à cause des conditions remarquables où il se forme, c'est-à-dire dans des condi-
tions analogues à celles où la pectine se rencontre dans les fruits.
(2) Nous avons reproduit plusieurs fois cette expérience depuis dix ans en présence de
chimistes emments, qui ont pu en vérifier l'exactitude; nous citerons entre autres MM. Mel-
sens, Stas, Bussy, Kuhlmann, Magnus, etc.
( 9°4 )
formule. Nous nous bornerons à donner la suivante, qui nous paraît être'
une démonstration synthétique rigoureuse.
» Le. sucre interverti, pris avec la constitution C ,2 ïï ,? 0' 2 à -4-i4°> a
donné ■
» Si, comme nous l'affirmons, le sucre interverti est formé de -| équiva-
lent de glucose monorotatoire droit (j) et de \ équivalent de sucre liquide
gauche, il est bien évident qu'eu sommant les pouvoirs rotatoires de ces
deux demi-équivalents de sucres, on doit reproduire exactement le pouvoir
rotatoire du sucre interverti, et c'est ce qui se réalise; en effet
nombre qui diffère fort peu du nombre - a6,65a \ que donne l'expérience.
» Nous n'abandonnerons pas ce sujet sans appeler l'attention sur un rap-
prochement fort remarquable qui ressort des nombres que nous venons de
donner comme expressions des pouvoirs rotatoires moléculaires du glucose
cristallisé et du sucre liquide. Ces pouvoirs sont, en effet, représentés pour
la température ■+• ï4° et pour la même constitution chimique C 42 H ,2 12
par le même nombre 53,2 affecté pour chaque sucre d'un signe contraire.
Ce fait rappelle une propriété de même ordre qui a été découverte avec
une si admirable sagacité par M. Pasteur dans les éléments de l'acide
paratartrique. •
» A l'occasion du sucre interverti, nous appellerons l'attention des chi-
mistes et des physiologistes sur un fait fort remarquable de la fermenta-
tion alcoolique du sucre interverti que nous avons fait connaître sous le nom
de fermentation élective [Comptes rendus, tome XXY, page 3o 7 ). Pendant
la première période (première moitié exactement) de cette fermentation, les
observations optiques faites avec soin ne révèlent aucun changement dans
la rotation du liquide vineux et sucré, de sorte que le pouvoir rotatoire pri-
mitif du sucre interverti devient exactement celui du \ équivalent de sucre
actif non décomposé, ou, en d'autres termes, ce sucre a pris un pouvoir
rotatoire double. Ces faits prouvent que le sucre sur lequel le ferment porte
d'abord son action est un sucre optiquement neutre; ils s'expliquent fort
simplement avec la constitution que nous avons assignée au sucre interverti.
En effet, on peut considérer le sucre neutre qui se dédouble le premier
dans la fermentation alcoolique comme un composé formé de 2 équivalents
(1) Nous adoptons ici pour les sucres une distinction simple que M r Pasteur ^ introduite
dans la science arec les acides tartriques droit et gauche.
^^Ip? 1 ^
(9°5)
•de glucose monorotatoire et de i équivalent sucre liquide. En voici la justi-
fication :
Glucose de raisin. Sucre liquide.
d'où
96 Z' — 96 \ = o, neutralité optique.
» Quant au sucre qui se décompose dans la seconde moitié de la fermen-
tation, sa composition peut être représentée exactement par 2 équivalents
de sucre liquide, plus 1 équivalent de glucose. Donc ce sucre C ia H ia O' 2
pris à + i4 degrés donne
(4-=-53,3o4\.
» Ce nombre est le similaire symétrique du glucose mamelonné pris avec
la même composition + 53,3o4/*.
» Ces interprétations rendent parfaitement compte des faits au point de
vue purement chimique et physique; elles laissent entière la question phy-
siologique qui touche à l'action mystérieuse du ferment alcoolique consi-
déré comme être vivant. Nous nous réservons d'examiner cette question en
exposant ultérieurement nos recherches sur la fermentation alcoolique, »
physique du globe. — Etat actuel des éléments du magnétisme terrestre
à Paris et dans ses environs ; par Mahmoud-Effendi , astronome égyptien.
« Inclinaison magnétique. — C'est par une longue série d'observations
faites avec tout le soin possible, dans l'intérieur de Paris et dans ses envi-
rons, que je suis arrivé aux résultats que j'ai l'honneur de soumettre à l'Aca-
démie. J'ai déterminé l'inclinaison de l'aiguille aimantée dans sept stations
prises dans les environs de Paris et trois dans l'intérieur de cette ville.
» L'appareil dont je me suis servi est une boussole de Gambey, con-
struite par M. Secretan à Paris. L'excellence de cet appareil a été éprouvée par
diverses méthodes : elle a été confirmée par les comparaisons que j'en ai
faites, l'année dernière, avec les appareils des observatoires de Kew et de
Bruxelles (1), et avec un nouvel instrument d'inclinaison destiné àM. Han-
steen, de Christiania, lequel se trouvait alors à Kew pour être comparé avec
les inclinatoires de l'établissement. Le tableau suivant contient les résultats
de mes expériences, tels que l'observation les donne, y et x y sont les coor-
données de la station relativement au méridien astronomique de l'Observa-
toire de Paris et de son parallèle, les coordonnées positives étant comptées
dans l'angle ouvert entre le nord et l'ouest.
(1) Voir les Bulletins de l'Académie de Bruxelles, tome XXII, 2 e partie, page 14.
C. R., 18S6, i« Semestre. (T. XLII, N« 19.; I 19
( 906 )
K0HS DES LIEUX.
DATES (DES OBSERVAT.
Ayril 1856.
IKQLBfÀI-
SOSS
magné tiq.
X
y
REMARQUES.
% — h~ m- —
Moyenne., . ,
/
66.21,91
66.20,54
- kil
+ 6,75
+ 5 )97
- — kii
—12,86
— i3,43
Les observations ont été faites
sur la route de Versailles .
66.21,22
-)- 6,36
— i3,i5
Le 4 à 3.3o
Moyenne....
66.29,67
66.28,81
+ 2,64
+ 2,64
H-i4,3 7
+i4,3 7
Route d'Argenteuil a côté de
l'étang.
66.29,24
+ 2,64
+i4,37
-
Le 6 à 2.45
Moyenne. . . .
66.29,60
66.28,83
+ 7> 01
H- 6,27
+11, 3i
+11, 5o
Route de Besons et près du
pont.
66.29,21
+ 6,64
+u,4o
'
Moyenne. . . .
66.3o,52
66.3i,o8
+18,00
+18,00
+ 8,17
+ 8,17
Dans la forêt sur la route de
Pontoise, à 1 000 mètres de
la gare.
66.3o, 80
+18,00
+ 8,17
i3 à midi l / 4 . .
Moyenne
-
66.25,08
66.26,29
+12,34
+12,47
-4,44
-4,42
Entre l'avenue de Paris et
Vironay. -
-
66.25,68
+12,40
- 4,43
Villeneuve- St-Georges ,
Moyenne. . . .
66,17,37
66.17,15
— 8J8o
-8,84
— i3,oi
-12,93
Entre Villeneuve-Saint Geor-
ges et Crosnes.
66.17,26
L — 8^82
-12,97
Le 17 à !.3o
18 à 1.00
Moyenne
66.24,80
66.22,70
™i8,45
-i8,45
+ 5,58
+ 5,58
Route de Montfermeil.
; - ' ■
66.23,75
-i8,45
+ 5,58
Paris,
Champ de Mars .
66.24,68
+ 2,84
+ 2,24
Au milieu-, entre l'École Mi-
litaire etje pont..
Paris , •
Jardin du Luxembourg
Le 22 à 1 . 00 .... .
66.25,01
+ 0,12
+ 1,16
A l'ouest du café Didier, à
côté du carré-.
Paris ,
Les 17 et 20 mars.
66.2i,a3
0,0
0,0
Pavillon centra] , sur la ter-
rasse. . '.
( 9°7 )
» Chacune de ces inclinaisons a été déterminée d'après quarante-huit lec-
tures faites avant et après le renversement des pôles magnétiques de l'ai-
guille ; chaque moyenne est, par conséquent, le résultat de quatre-vingt-seize
lectures, a? et j ont été déterminées d'après la carte des environs de Paris,
dressée par les officiers d'État-major.
» Soient h l'inclinaison absolue de l'aiguille aimantée, à l'Observatoire de
Paris, origine de nos coordonnées ( L est inconnu) ; z l'inclinaison obtenue
par l'observation dans une station quelconque, (x, r); M, N enfin les ac-
croissements de l'inclinaison sur une distance d'un kilomètre dans les direc»
tions de x et de j; on aura sans erreur sensible
équation à trois inconnues, L, M et N, et dans laquelle il faut remplacer
x, y et z par leurs valeurs consignées dans le tableau précédent pour avoir
les équations de condition ci-contre :
o
L + 6 , 36 M — 1 3 , 1 5 N — 66 , 354 = o correspondant à Palaiseau ,
L+ 2 ) 64M+ I 4,3 7 N-66,487=o » àEnghien,
L-4- 6,64|M+ 1 i J 4oN— 66,487=0 » àArgenteuil,
L-f- I 8,ooM+ 8, 17N — 66, 5i3 = o » à Saint-Germain ,
L+i2,4oM— 4, 43N — 66,428 = » à Versailles,
L— 8, 82 M— ï 2,97 N — 66,288 = .. àVilleneuve-S'-Georges,
L-i8,45M+ 5, 58N -66,396=0 » à Chelles.
Ces équations nous donnent, en se servant de la méthode des moindres
carrés,
L = 66° 24', 3 7 , M = o',i866 et N = o',348o.
Remplaçons L, M etN par leurs valeurs dans l'équation (1), on aura
(2 ) 66° 24', 3 7 -+- o', ) 866.r + o', 348o y = z.
Cette équation est celle de la ligne isoclinique dont z marque le nombre de
degrés et de minutes qu'elle doit représenter.
» L'angle que cette ligne fait avec le méridien est
= angle ( tang = ~\ = 6i°48',
du nord à l'est.
» L'expression
v/M 2 + N 2 = ±o,395
(*) Voir the Eighth Report ofthe British Association for the avancement of science.
119..
( 9o8)
est la variation de l'inclinaisfon de l'aiguille aimantée sùrxme distance -d'un
kilomètre, perpendiculairement à la ligne isoelinique, .;'
» On peut se servir également de l'équation (2) pour 'déterminée Fincli-
naison magnétique dans un point quelconque du département de laSeine,
ou de ceux qui l'environnent, z sera l'inconnue. qu'on auraità déterminer.,
» Cherchons, pour savoir le degré de précision de nos résultats , l'erreur
probable dont le résultat obtenu dans chaque station peut être affecté.- Cal--
culons ppur.céla, parla formule (a ), les inclinaisons: dans les sept stations
prises en dehors de Paris , et formons; le tableau qui suit : :
Inclinaisons Inclinaisons Différences
calculées. observées,
o , o , , ' '
66,20,98 — 66.21,2a .= . —0,24 pour Palaiseau,
66.29,86 — 66.29,24 = -t- 0,62 » Enghien,
: 66.29,58 — 66.29,21 = 4-0,37- » Argenteuil, -* - , '
66.3o,58 — 66.3o,8o =: —0,22 » SaînUGennaîn,
66.25, i5 — 66.25,68 = — o,53 » Versailles,
66. i8;2i -— 66, 17,2e === ■ -+- 0,-95 * »' Villeneuve-Saint-Georges,
.:66.22:,86 — 66.23,75=== —0789 : ; » ehelles. - -■-
, , „ , ,, , *- o', 454q 2 ( inclin, calcul.— inclin, obser,) 2
Le carre de Terreur probable étant e^= , — — ^ t „ »
où n indique le nombre d'observations oujle stations, Jon en conclut
e = d=o',44.
» Or la confiance qu'on doit avoir dans la précision d'une série d'obser-
vations étant d'autant plus grande que l'erreur probable est petite, la préci-
sion de nos résultats est plus grahde'qu'on ne doit s'y attendre dans de pa-
reilles observations., vu que notre erreur probable ne monte pas pour cha-
que station à une demi-minute.
» Si nous calculonsiës inclinaisons dans les stations prises dans l'intérieur
de Paris, pour les comparer aux résultats directs des observations, nous
aurons :
Inclinaisons Inclinaisons Différences,
calculées. observées. ------ :
66 . 25,68 66 ,a4',68L~-t- i',oo Champ de Mars ,
66.24,79 66. 25. 01 —0,22 Jardin du Luxembourg,
66.24,37 66.21,23 +3,i4 Observatoire. ' "_..."
Il en résulte qu'il n'y a pas d'influencéTocâle, du moins sensible, dans les
stations prises dans le Champ de Mars et dans le jardin du Luxembourg ;
tandis que cette influence est bien sensible sûr la terrasse de l'Observatoire
( 9°9 )
de Paris, puisqu'elle réduit l'inclinaison absolue 66° 2(\', fy à66°2i',23,
et qu'elle lui imprime un défaut de 3', i4 ± o',44- •
» La conclusion à tirer de ce qui précède est : i° que l'inclinaison de
l'aiguille aimantée augmente de o', 348, par kilomètre, en allant vers le
nord ; 2° qu'elle subit une augmentation de o', 1866 par kilomètre en allant
vers l'ouest'; 3° qu'elle augmente de o', 3o,5 par kilomètre en se dirigeant per-
pendiculairement à la ligne isoclinique, qui fait, avec le méridien, un angle
de 6i°48' du nord à l'est; 4° et enfin, qu'il faut ajouter 3', i4 sur l'incli-
naison obtenue à l'Observatoire de Paris (au pavillon central) pour y avoir
l'inclinaison absolue. »
M. Leclerc fait hommage à l'Académie de la deuxième édition de son
opuscule intitulé : « De la médication curative du choléra asiatique » .
« Cette seconde édition, dit l'auteur, est; augmentée d'observations four-
nies par divers médecins et qui démontrent l'efficacité de la médication
par la belladone. Je serais heureux si l'Académie jugeait ce travail digne
d'être admis au concours pour le prix triennal. »
M. Biïïg (Alfred) signale à l'Académie, comme de nature à être admis
au même concours, une invention qui a, dit-il, pour résultat d'abaisser au
profit des classes peu aisées le prix d'un pain de qualité supérieure, en y
introduisant le gluten frais qui jusqu'à présent était perdu par les ami-
donneries.
Cette demande est renvoyée à la Sectiou d'Economie, rurale qui jugera
s'il y a lieu de demander de plus amples détails sur cette invention, dont
M. Bing ne nomme pas l'auteur.
M. Dosnoiy, qui avait soumis au jugement de l'Académie des couleurs*
minérales préparées d'après des procédés qui lui sont propres, déclare
renoncer à obtenir un Rapport, puisqu'il n'y peut prétendre qu'en divul-
guant ses procédés de fabrication, ce qui serait pour lui la cause d'un dom-
mage pécuniaire.
M" e Danger demande l'autorisation de retirer quatre paquets cachetés"
précédemment déposés par son père en commun avec M. Flandin.
Cette demande étant accompagnée d'une pièce constatant le consente-
ment de M. Flandin, M Ue Danger est autorisée à reprendre les quatre pa-
quets déposés^
( 9ï° )
M. Thomas (Jean) demande et obtient l'autorisation de reprendre une
Note et des dessins concernant des roues hydrauliques et autres moteurs,"
pièces présentées par lui en mai et octobre i855 et qui n'ont pas été l'objet
d'un Rapport.
~ M. Gajllo, en adressant de Turiu plusieurs fascicules d'un ouvrage qu'il
publie sous le titre « d'Introduction à la Mécanique et à la Physique », prie
l'Académie de vouloir bien se faire rendre compte de cet ouvrage.
M, Regnault est invité à prendre connaissance de l'ouvrage de M. Gallo
et à en faire, s'il y a lieu, l'objet d'un Rapport verbal.
M. Taotbsabd adresse une Note sur la quadrature du cercle et la trisec-
tion de l'angle.
On fera savoir à l'auteur que ces deux questions sont spécialement dési-
gnées parmi celles dont l'Académie, par une décision déjà ancienne, a re-
noncé à s'occuper.
A 4 heures et demie, l'Académie se forme en comité secret.
COMITÉ SECRET,
La Section de Botanique présente la liste suivante de candidats pour la
place vacante par suite du décès de M. de Mirbel :
4ui et rang M. Dpchartre.
IM. Chatin.
M. Lestibocdois.
, . _ . ,. (M. Gay (Claude). '
Au 3 e rang, ex œquo etparordre alphabétique.... j^ TKicïJt
Au 4 e rang. ■ ■ M - €te RMAIN DE Saint -
PlEKRE.
Les titres des candidats sont discutés.
L'élection aura lieu dans la prochaine séance. , -
La séance est levée à 6 heures et demie.
(9" )
BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE.
L'Académie a reçu, dans la séance du 12 mai i856, les ouvrages
dont voici les titres :
Institut impérial de France. Académie des Beaux- Arts. DiscoursdeM. Halévy,
secrétaire perpétuel, prononcé aux funérailles de M. Adolphe Adam, le lundi
5 mai i856; i feuille in-4°.
Traité pratique et théorique de la composition des mortiers, ciments et gan-
guesàpouzzolanes, et de leur emploi dans toutes sortes de travaux, suivi des moyens
d'en apprécier la durée dans les constructions à la mer; par M. L.-J. Vie AT.
Paris, i856; br. in-4°.
Mémoire sur une nouvelle espèce de Belostoma [B. Algeriense) et réflexions sur
ce genre d'Hémiptères aquatiques; par M. LÉON Dofodr; br. in-8°.
Observations sur le Pecten glaber;par M. le baron d'Hombres-Firmas; br.
in-8°.
Le matériel agricole, ou Description et examen des instruments, des machines,
des appareils et des outils au moyen desquels on peut sonder, défricher, etc., etc. ;
par M. Auguste Joordier ; i e édition. Paris, i856; in- 12.
Etudes chimiques, physiologiques et cliniques sur l'emploi thérapeutique du
chlorate de potasse spécialement dans les affections diphthéritiques ; par M. E.
Isambert. Paris, i856; br. in-8°. (Adressé au concours Montyon, Méde-
cine et Chirurgie; )
De la médication curative du choléra asiatique; par M. Frédéric Leclerc;
2 e édition. Tours, i856; br. in-.8°. (Adressé au concours du prix Bréant.)
Choléra asiatique, oh il prend sa source. Conformité d'opinion de l'auteur
sur ce point avec celle des médecins du gouvernement de la Compagnie des Indes
chargés spécialement défaire des recherches sur ce cruel fléau; par M. F. Bale-
GUER; br. in-8°.
Claims... Titres à la confiance publique, ou Recueil de témoignages des au-
torités médicales officielles de Calcutta en faveur de ma méthode de traiter quel-
ques maladies tropicales et principalement le choléra asiatique; par le même.
Cawnpore (Indes anglaises), i855; br. in-8°.
History... Histoire du.cholera-morbus asiatique. Résultats de dix-sept années
d'observations dans diverses parties de l'Inde et en particulier à Hydrabad
{Deccan), où la maladie existe d'une manière permanente ; par le même; br.
in-8°.
Ces trois opuscules sont adressés par l'auteur pour le concours du prix
('9« )
Bréaot, avec une brochure sur le choléra, par M. BalfOUR, chirurgien à
l'armée de Madras. \
De l'influence de la proportion de phosphate de chaux contenu dans les ali-
ments sur la formation du cal; par M. Alphonse Mime-Edwards. Paris,
i856;br.in-8°. ''
Jnatomie comparée, des végétaux; par M. G. -A, -Chatin ; 4 e livraison,
in4°- --.----■ : : «,
Mémoires d' Agriculture , d'Économie rurale et domestique, publiés: par la
Société impériale et centrale d'Agriculture; année . i855; P e Partie. Paris,
i856;in-8°. - — ._■,■
Recueil de Mémoires des astronomes de l'observatoire central de Russie, etc.,
publié avec l'autorisation de l' Académie des Sciences; vol. I. Saint-Pétersbourg,
i853;in-4°. ....-.'-._...
Positions mojennes pour l'Apoque .de 1790,0 des étoiles circompolaires , dont
les observations ont été publiées par Jérôme Lalande dans les Mémoires de l 'Aca-
démie de Paris de 1789 et 1790; par M. Ivan Fedorenko, astronome surnu-
méraire à Tobseryatoire de Poulkova. Saint-Pétersbourg, i854; in-4°.
Positions géographiques déterminées en 1 847 par le lieutenant-colonel Lemm,
dans le pays des Cosaques du Don, Mémoire. de M. O. Sthuve. Saint-Péters-
bourg, 1 855; br.in^ '.....
Positions géographiques déterminées en 1 848 par le lieutenant-colonel Lemm,
dans le gouvernement de Novogorod, Mémoire de M. O. Strdvé. Saint-
Pétersbourg, 1 855; br. in-4°-
Expéditions, chronométriques de 1 845 et 1 846, I re et II e Partie ; par le même.
Saint-Pétersbourg, i853 et 18 54; br.in-4°. '■■'■ -
Beobachtungen... Observations de la comète de Biela dans l'année ï85a; -par
le même. Saint-Pétersbourg, i854 ', br. in-4°.
Résultats d'observations faites sur des étoiles doubles artificielles; par le même;
br. in-8°.
Nachrichten. „ Notes sur la nouvelle comète de M. Schweker; par le même;
br. in-8°.
Positions du Soleil, de la Lune et des planètes observées à Dorpat depuis 1 822
jusqu'à i838, caladéespar MM. W.Struve et Liapounow ; Mémoire deM. W.
Strctve; br. in-4°. ,....-..--■•■
Sur la jonction des opérations géodésiques russes et autrichiennes, exécutées
par ordre des deux Gouvernements ; par le même. Saint-Pétersbourg, i853;
br. in-8°.
COMPTE RENDU
DES SÉANCES
DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES.
SEANCE DU LUNDI 19 MAI 1856.
PRÉSIDENCE DE M. IS. GEOFFROT-SAENT-HILAm.E.
MÉMOIRES ET COMMUNICATIONS
DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE.
« L'Académie avait appris dans sa séance dernière, au moment de se
séparer, le malheur qui vient de la frapper dans la personne de son Prési-
dent, M. Binet. M. le Vice-Président, exerçant les fonctions de Président,
fait connaître que le Bureau et presque tous les Membres de l'Académie,
auxquels s'étaient joints un grand nombre de Membres des autres classes de
l'Institut, ont rendu, le mercredi i4, les derniers devoirs à leur illustre con-
frère. M. Lamé, Membre de la Section de Géométrie, à laquelle M. Binet
appartenait depuis treize ans, et M. Cauchy se sont rendus les interprètes
des sentiments et des regrets de l'Académie, et ont rappelé sur la tombe de
M. Binet les travaux éminents qui feront vivre son nom dans la science. »
météorologie. — Actinographe , instrument qui marque les instants de la
journée auxquels le soleil se montre ou se cache, et la durée de ses ap-
paritions ou disparitions; par M. Pocillet.
« Je m'occupe depuis quelque temps d'un travail qui touche à son terme
et que je pourrai très-prochainement présenter à l'Académie; c'est un en-
semble de recherches sur la chaleur solaire , ou plutôt sur les radiations
solaires en général, qui fait suite à mon Mémoire de i838. J'ai été ramené
à ce sujet par les discussions météorologiques auxquelles l'Académie a prêté
une longue et bienveillante attention il y a quelques mois. Comme la sai-
C. R., i856, i"Semestre. (T. XLII,N°20.) 12°
(9'4)
son continue à être très-peu favorable pour ce genre d'expériences , il m'a
semblé utile d'extraire dès à présent de ces nouvelles recherches la descrip-
tion d'un instrument qui se perfectionnera par l'usage, et qui peut, je crois,
rendre des services à la météorologie ; la question qu'il doit résoudre est
une de celles qui sont discutées dans le travail que j'annonce ; je me borne
à l'indiquer ici et à décrire l'instrument,
» Mes anciennes expériences ont fait connaître la quantité de chaleur
que le soleil donne au globe de la terre, dans un temps donné, et la quan-
tité de chaleur qui arrive à la surface du sol pour l'échauffer d'une manière
directe et pour y produire le développement de tous les phénomènes or-
ganiques. -.---
» De ces deux éléments, le premier est constant, dans l'état actuel du
globe du soleil; le deuxième est variable , parce que la chaleur absorbée
par les nuages se dissipe en partie dans les espaces célestes, sans concourir
d'une manière directe aux phénomènes terrestres; et il est peu probable
que chaque année il y ait, en somme, la même quantité de chaleur arrêtée
par les nuages. Si l'ensemble varie, il doit à plus forte raison se produire
des variations considérables dans une région donnée. On ne peut pas douter,
par exemple, que dans la plus grande partie de l'Europe, la culture ne soit
d'unes année à l'autre très-inégalement favorisée par la radiation solaire,
» Après les questions, générales que je viens de rappeler, il se présente
donc une question plus - spéciale et non moins intéressante, "c'est celle de
savoir, pour chaque climat" et pour chaque année, combien il y a de jours
de soleil et comment ils sont répartis. " -
» "Cette question n'est aucunement résolue par les observations météoro-
logiques actuelles," même par celles" qui représentent le mieux l'état du
ciel; car les observateurs ne peuvent inscrire dans leurs tableaux que l'état
apparent du ciel aux heures convenues : ciel serein ou couvert, éclairciës,
nuages de diverses formes, brouillards, pluie, neige, etc., etc. ; .
. » Il est déjà bon sans doute de connaître le nombre des jours Sereins et
des jours de pluie; mais c'est une approximation insuffisante.
» La quantité de chaleur, ou pour mieux dire la quantité de radiation
solaire directe qui nous arrive par intermittences ou par éclairciës quand le
ciel est nuageux, n'est ^peut-être en somme ni moins considérable ni moins
efficace que celle qui nous arrive par xm ciel serein ; il est indispensable
d'en tenir compte. ' ; ~
a II faudrait donc avoir un instrument qui pût nous apprendre chaque
jour, surtout pendant les époques de végétation active, à quelles heures lé
soleil se montre, combien de temps dure son apparition; à quelles heures
f (9'«)
et combien de temps il reste caché par les nuages, sans que ses rayons puis-
sent en percer l'épaisseur.
» Le problème ainsi posé, tout le monde comprend qu'il n'est pas in-
soluble, et tout le monde comprend que c'est à la photographie qu'il en
faut demander la solution.
» On pourrait y employer, comme auxiliaire mécanique, un équatorial
ou un héliostat ; mais, au lieu de rechercher une exactitude qui serait aujour-
d'hui superflue, j'ai préféré la combinaison la plus simple et la plus facile à
réaliser. L'instrument que j'ai fait construire d'après cette pensée, agit par
lui-même, sans aucune force mécanique et même sans aucun appareil op-
tique, d'estime simple boîte carrée de 20 centimètres de côté sur 10 centi-
mètres de hauteur ; elle est de bois mince, ayant le dedans peint en noir et
le dehors en blanc. Deux guides perpendiculaires au fond servent à diriger
une pièce mobile intérieure qui peut ainsi s'élever ou s'abaisser en suivant
l'axe de la boîte et en restant parallèle au fond et au couvercle; cette pièce
a 1 centimètres d'épaisseur et se fixe chaque jour à une hauteur convenable,
d'après la déclinaison du soleil.
» Cette boîte se pose et s'oriente à la manière d'un cadran solaire : deux
des côtés du fond étant dans la méridienne, et les deux autres dans la di-
rection de l'est à l'ouest ; seulement elle s'incline suivant la latitude du
lieu de manière que son axe soit parallèle à l'axe de la terre. Il en résulte
que la pièce mobile dont je viens de parler se meut parallèlement à l'équa-
teur. Au centre des trois faces latérales qui regardent le midi, l'est et l'ouest,
se trouve une ouverture carrée de 3 centimètres de côté, fermée par un
mince diaphragme de métal, portant un trou central de 4 millimètres de
diamètre.
» On conçoit, d'après cela, qu'aux jours de l'équinoxe, les rayons du soleil
doivent entrer de 6 heures à 9 heures du matin par l'ouverture du dia-
phragme de l'est et venir peindre une image ronde sur la tranche de la pièce
mobile, placée juste, pour ce jour-là, au milieu de l'épaisseur de la boîte
et vis-à-vis les centres des ouvertures des diaphragmes. Pour recevoir cette
image, la face correspondante de la pièce mobile est une portion de cylin-
dre concave de 6 centimètres de rayon , ayant son axe au centre de l'ou-
verture du diaphragme , et parallèle à l'axe de la terre. Ainsi, pendant ces
trois heures le centre de l'image parcourt sur la section moyenne de la sur-
face cylindrique un angle de 45 degrés, formant une longueur de 47"™, 1 , ou
un peu plus de 1 millimètre par quatre minutes. La portion du cylindre doit
être plus grande pour les jours de l'été, et il convient de lui donner un peu
iao..
(.9i6).
"plus de 90 degrés de développement. Eo face des diaphragmes du midi et
de l'ouest ? la pièce mobile présente des surfaces cylindriques pareilles, de
même étendue et de même rayon. .
» Ainsi la face du sud commence à marquer un peu avant 9 heures
et par conséquent avant que celle de l'est ait fini ; de même celle de l'ouest
reprend un peu avant 3 heures, c'est-à-dire avant que celle du midi ait cessé
de donner son image sur la surface cylindrique correspondante.
» Le même instrument reçoit ainsi l'image du soleil dans toutes les sai->
sons et à tous les instants de la journée.
» La pièce mobile se rapproche du fond à mesure que la déclinaison bo-
réale augmente, elle se relève au contraire vers le couvercle pendant la
déclinaison australe, afin que les images frappent toujours les surfaces
cylindriques vers le milieu de leur hauteur,
» Une bande de papier photographique, d'une longueur suffisante et de
2 centimètres de hauteur, s'adapte sur les trois surfaces cylindriques des-
tinées à recevoir les images solaires ; on la met en place avant le lever du
soleil, on la reprend après son coucher et on la remplace par une bande
nouvelle : il reste seulement à fixer, par les moyens ordinaires, les impres-
sions produites par la lumière.
» Les expériences que j'ai faites avec cet instrument, et dont je mets les
résultats sous les yeux de l'Académie, démontrent que, même avec ses di-
mensions restreintes, il n'y a aucune difficulté à obtenir un enregistrement
très-fidèle de toutes les apparitions et disparitions du soleil. On peut donc
l'appeler Jctinographe.
» La pratique fera connaître s'il y aurait de l'avantage à augmenter ou à
réduire le diamètre du faisceau incident, s'il y en aurait à couvrir l'ouver-
ture des diaphragmes avec des verres diaphanes ou diversement colorés.
» Quant aux préparations photographiques, celles que j'ai employées se
composaient de bains anciens, plus ou moins altérés parle temps et par l'u-
sage que j'en avais fait l'été dernier : c'est là ce qui explique tout ce qui
manque aux épreuves sous le rapport de la délicatesse et de la gradation des
ombres ; mais avec ces imperfections, les épreuves démontrent en quelque
sorte d'une manière plus complète combien il est facile d'empêcher que la
radiation diffuse dès régions qui avoisinent le soleil et qui se prolonge pen-
dant douze ou quinze heures, ne vienne jamais se confondre avec la plus
faible radiation directe agissant à peine pendant une seconde.
» S'il y avait de l'utilité à reproduire photographiquement le résultat
annuel des observations, au lieu de le reproduire par la gravure ou par
*8P ;
( 9"7 )
la lithographie, il suffirait de recevoir les images sur du papier négatif con-
venable pour en tirer ensuite des épreuves positives. Douze feuilles de 3o
centimètres carrés représenteraient le tableau complet des douze mois de
l'année. À l'aspect de ces tableaux il serait facile de composer des moyennes
indiquant, soit le nombre total des heures de soleil, soit le nombre des
heures de soleil appartenant à telle saison ou à telle ou telle période de la
journée. On voit, par exemple, sur les épreuves ci-jointes que dans cette der-
nière semaine il y a eu par jour une centaine d'éclaircies plus ou moins
longues, et qu'en somme la radiation solaire diurne a été de plus de deux
heures pour les plus mauvais jours, qui étaient vendredi et samedi. »
géologie. — Sur un gisement de platine signalé dam unfdon de la pro-
vince d'Àntioquia {Nouvelle- Grenade). Observations inédites sur les
allupions aurifères et platinijères du Choco ; par M. Bocssesgault.
« Le D r Jervis, qui a résidé pendant longtemps dans l'Amérique
méridionale, m'a remis des minerais provenant d'un filon de la province
d'Antioquia, dans lesquels on a rencontré des grains de platine'. Voici la
Note qui accompagnait les échantillons :
« En novembre 1 852, dit M. le D r Jervis, un Indien que j'employais à
» rechercher des mines d'or m'a rapporté un minerai qui, après avoir été
» broyé, a donné par le lavage des grains d'un métal blanc offrant tous les
« caractères du platine. De plusieurs centaines de livres de ce minerai on
» a obtenu les quelques parcelles que je mets à votre disposition , en vous
» priant de constater si ces lamelles métalliques sont bien réellement du
» platine.
» Le filon d'où le minerai a été extrait se trouve sur les hauteurs de la
» Cordillère située entre la rivière de Médellin et le Cauca ; sa direction est
» de l'est à l'ouest, et la puissance de l'affleurement de 70 à 80 centimètres.
» L'altitude doit approcher de 25oo mètres. Quant aux matières trouvées
» dans l'affleurement, elles consistent principalement en un mélange de
» quartz, d'oxyde de fer hydraté (pacos), d'argile renfermant des cristaux
» de pyrites. La roche dans laquelle le filon est encaissé est un grùnsteiu à
» grains fins supportant, vers le fond de la vallée du Cauca, un dépôt aré-
» nacé avec couches de charbon fossile. »
» Les échantillons sont conformes à cette description. Le métal blanc,
comme je m'en suis assuré, est bien du platine. Le D r Jervis fait re-
marquer que le terrain dans lequel on a rencontré le nouveau filon plati-
nifère est la continuation de la syénite porphyrique de Santa*Rosa de Osos,
(■9i8)
où, « il y a bien des années, j'ai découvert un gisement en place du platine,
» que jusqu'alors on n'avait trouvé que dans les allumions. » L'observation
à laquelle le D v Jervis fait allusion est consignée dans une Note écrite en
avril 1826, et dont je crois devoir reproduire ici un extrait (1). ,.
« Le terrain de Santa-Rosa de Osos est une syénite décomposée, liée à la
»' même roche non altérée dont est formée la vallée de Médellin. Dans les
» filons exploités près de Santa-Rosa, l'or est disséminé dans du fer hydraté
» [pacos) mélangé de quartz et d'argile. Les minerais sont brayés.et lavés;
s la quantité d'or qu'on en retire est considérable. C'est dans cet or en
» poudre sorti d'un filon que j'ai rencontré des grains de platine semblables
» par leur forme et par leur aspect à ceux qu'on apporte du Cboco. Ce fait
» du gisement du platine dans un filon de fer oxydé me semble devoir
» jeter du jour sur l'origine du même métal qu'on rencontre dans les allu-
» vrons. La forme de lames arrondies sur leurs bords, que présentent les
» petites pépites des terrains de transport, a fait présumer que ce métal
» avait été roulé, usé; il est par conséquent bien remarquable que le pla-
» tine de Santa-Rosa, dégagé de sa gangue sous me*. yeux, ait ce même as-
» pect. Au reste, cette apparence roulée n'est pas particulière au platine;
» on l'observe très-souvent sur For en grains retiré des pacos. »
-. Ainsi le platine rapporté par le D c Jervis aurait été trouvé dans des cir-
constances géologiques absolument semblables à celles du gîte découvert à
Santa-Rosa de, Osos il y a trente ans. Je dois cependant signaler une dif-
férence dont j'ai été vivement frappé. A Santa-Rosa, c'étaient seulement
quelques lamelles de platine qu'on apercevait disséminées dans un kilo-
gramme de poudre d'or; dans le nouveau gisement, au contraire, le minerai
n'a fourni que du, platine. Il y a bien les matières concomitantes ordi-
naires des deux métaux précieux: le fer titane, le zircon, la cimophane, le
quartz, etc., mais pas_un grain d'or. Du platine non accompagné d'or à sa
sortie de la mine était pour moi un fait tellement anormal, que je me serais
permis de douter de l'origine attribuée à l'échantillon que je présente à l'A-
cadémie si M. le- D r Jervis n'avait pas lui-même extrait ce métal du
minerai; mes doutes auraient été fondés sur l'étude que j'ai faite autrefois
du terrain platinifère de la Nouvelle-Grenade,
» C'est en 1829 que j'ai exploré le Choco, cette terre de l'or, forêt à peu
près impénétrable, sans espaces cultivés, sans pâturages, et n'ayant d'autres
voies de communication que les rivières, le bord des torrents et les maré-
" (1) Lettre à M«de Humboldtsur le gisement du platine, Annales de Chimie et de. Phy-
sique, t. XXXII, p. 2<4, 2 e série. .-■-"'
( 9'9 .)
cages. Les vivres tirés de la fertile vallée du Cauca sont apportés par des hom-
mes nommés cargtteros, fonctionnant à la manière des bêtes de somme. Les
tentatives faites pour établir des cultures dans l'intérieur ont constamment
échoué ; le bétail mis dans les rares éclaircies ouvertes dans les bois a été
promptement dévoré, non par les tigres, mais par les mouches (zancudos),
par ces nuées d'insectes dont la voracité n'est bien appréciée que par ceux
mêmes qui en ont souffert. Un tel état de choses a nécessairement pour
conséquence un régime alimentaire déplorable; aussi les mineurs soumis
aux plus rudes travaux sont-ils nourris avec des viandes salées, des bananes
sèches, ou du biscuit de maïs.
» Au Choco, il pleut presque continuellement. Durant les quarante-deux
jours que j'y ai passés, je n'ai pu prendre qu'une seule hauteur méridienne
du soleil, et bien que j'aie veillé pendant bien des nuits dans l'espoir d'ob-
tenir des hauteurs circumméridiennes d'étoile, le village indien de Ghami est
la seule localité dont j'aie fixé la latitude. Malgré la fréquence des pluies et la
nature marécageuse du sol, l'atmosphère possède une température assez
élevée. En février, le thermomètre a oscillé entre 24 et 3o degrés centigrades.
» La Cordillère occidentale des Andes, placée entre le Choco et la vallée
du Cauca, est en grande partie formée de schiste argileux passant sur quel-
ques points à une grauwack parfaitement caractérisée. Dans le lit du Bio-
Timana, affluent du San-Juan, des alluvions composées de débris de syé-
nite et de syénite porphyrique reposent sur ce schiste; au Real de Minas de
Jgua clara, on observe le contact du porphyre syénitique avec la roche
schisteuse. Dans cette exploitation, l'or extrait par un lavage exécuté en
ma présence renfermait par livre espagnole 6 castellanos de platine en
grains,, soit 6 pour 100. A Agita clara comme dans toutes les. mines de
transport de la Nouvelle-Grenade, les travaux des orpailleurs ont pour but
d'obtenir, pour la soumettre au lavage, la partie du dépôt voisine de la
roche en place, en enlevant le terrain supérieur que généralement on ne
considère pas comme suffisamment riche pour être traité. Les assises infé-
rieures sont soumises à l'action d'un courant d'eau dans des espèces de
tables dormantes (canalones) très-grossièrement établies; on a pour résidu
du sable noir où domine le fer titane (arenilla). L'or mêlé de platine ex-
trait de ce sable lavé à la sébile (batea) est réuni et nettoyé dans une tasse
en corne ayant la forme d'une valve de coquille (concha).
» Le platine est séparé de l'or par un lavage à la sébile (batea) ; mais, quot
qu'on fasse, la séparation n'est jamais complète. Aussi, dans la fonderie de
Novita où l'or du Choco est mis en lingots pour être envoyé à la Monnaie,
(.9*0.)
on a recours à l'amalgamation pour extraire le platine que le lavage n'a pas
enlevé. Par l'action du mercure, on retire i à 2 de platine de 100 parties
de poudre d'or ,.,..,.
» De Novita, j'ai remonté le Rio San-Juan jusqu'au point où il cesse
d'être navigable. Partout j'ai pu observer des alluvions très-productives
qn and on avait de l'eau et des nègres pour les exploiter.
» Dans les environs de Tadô , les lavages {lavaderos) fournissent de l'or
beaucoup plus platinifère que celui des mines situées dans la proximité de
Novita; ainsi celui du Real de Pureto contient quelquefois jusqu'à ro de
platine pour 100.
» La mine de Sarita-Lucia, qu'on m'avait indiquée comme fournissant
l'or renfermant le plus de platine, est placée près du Rio-Pkttina.
» Les travaux des mineurs avaient mis à découvert un escarpement où
j'ai mesuré :
» 1 mètre de terre végétale; -
» 10 mètres de galets de toutes dimensions, comprenant un grand
nombre de variétés de syénite porphyrique ;
» o m ,a5 à o m ,3a d'un sable argileux mêlé de galets et veiné de nuances
foncées dues à la présence du fer titane et que supporte la roche en place,
sorte de grûnstein porphyrique profondément altéré dans son élément
feldspathique. C'est cette partie inférieure veinée de noir,\a tinta, le ruban
des orpailleurs, la zone en un mot, où sont accumulés les métaux précieux,
qui est l'objet principal de l'exploitation.
» On voit tout de suite, d'après cette coupe, combien, quelquefois, il faut
déplacer de terrain à peu près improductif pour rassembler un seul mètre
cube de sable destiné au lavage; mais les dépôts n'ont pas toujours une
épaisseur aussi forte, et le sable que l'on prend dans le lit des rivières est
lavé directement dans la sébile, sans aucune concentration préalable. Après
de très-grandes crues du RknSan-Juan, la plage est recouverte d'un sable
extrêmement riche. L'or que l'on retira pendant mon séjour au Real de Mi-
nas de Santa-Lucia renfermait, pour 100, i4 de platine, et les orpailleurs
m'assurèrent que fréquemment on y obtenait plus de platine que d'or.
» Le village de Tadô m'avait été désigné comme renfermant plusieurs mines
d'où l'on n'extrayait que du platine, ces mines n'étant d'ailleurs exploitées
qu'alors que de fortes demandes faisaient hausser le prix de ce métal. En fé-
vrier 1829 , elles étaient abandonnées ; mais le curé de Tadô, le padre Ce-
rezo, voulut bien à ma prière en faire exploiter une. Le travail commença
près' de l'église ; des négresses se mirent à laver à la sébile {batea) de la terre
( 9 21 )
prise à environ 35 centimètres au-dessous de la surface du sol, et, en très-
peu de temps, elles obtinrent un quantité notable de platine sans mélange
de grains d'or. Je remarquai que ce n'était pas du sable d'alluvion qu'on
lavait, mais de la terre végétale très-chargée d'humus. En continuant le
lavage de ce singulier minerai, on trouva, avec le platine, une bague en
argent et plusieurs de ces perles en verroterie qu'on échange encore aujour-
d'hui contre la poudre d'or apportée par les Indiens. Le travail terminé, je
commençai une enquête dans laquelle furent entendues un assez grand
nombre de personnes; il en résulta que le platine non mélangé d'or qu'on
rencontre très-fréquemment dans la terre végétale, se trouve seulement là
où il y a eu des habitations, lorsque ce métal, n'ayant aucune valeur, était
jeté aux ordures. Il ne faut pas oublier en effet qu'après l'année 1 74 1 , époque
à laquelle Wood fit connaître le platine, ce métal longtemps encore est resté
sans usage; les chasseurs l'employaient quelquefois comme cendrée de
plomb, ou bien mis dans des sacs il servait de contre-poids dans les horloges.
» Ainsi, dans le Choco, l'or accompagne constamment le platine dans
les alluvions, en même temps qu'il domine généralement dans le mélange
des deux métaux. C'est ce fait que je crois parfaitement établi, qui me por-
tait à douter de la réalité du nouveau gisement de platine non mélangé d'or
de la Nouvelle-Grenade, et, comme je l'ai dit plus haut, il n'a fallu rien
moins que la déclaration du D r Jervis, affirmant qu'il a extrait lui-même
le métal que je mets sur le bureau de l'Académie, pour dissiper les doutes
que j'avais conçus.
» Dans les contrées où l'on traite des terrains de transport aurifères, la
production du métal est étroitement liée au chiffre de la population des
travailleurs. C'est que l'or en poudre est surtout le résultat d'un travail
personnel : car, quoi qu'on en ait dit , l'art , jusqu'à présent , n'a eu
que bien peu d'influence sur l'accroissement des produits des mines d'al-
luvions, et j'ai eu maintes fois l'occasion de constater que pour extraire
beaucoup d'or d'un dépôt arénacé, alors même qu'il est d'une grande ri-
chesse, il faut disposer à la fois et d'un volume d'eau considérable et de
nombreux ouvriers
» Un recensement fait vers l'année ^80, par ordre de l'archevêque Gon-
gora, vice-roi de la Nueva-Granada, portait à 3ooo les nègres orpailleurs
du Choco, retirant annuellement 1 1000 marcs de poudre d'or (1). A cette
(1) Dans cette évaluation il s'agit uniquement de l'or ayant payé le qainto. L'or exporté
en contrebande n'est pas compris dans ce chiffre.
C. R., i856, !«■ Semestre. (T. XLII, N» 20.) '21
( 932 )
•époque, et conformément au principe énoncé précédemment, l'Administra-
tion admettait qu'on arriverait facilement à extraire 20000 marcs de métal,
lorsque la population noire aurait doublé.
» En 1829, le travail des mines était encore exécuté par des esclaves
quoique la population noire eûtdiminué notablement. On attribuait cette di-
minution à la guerre de l'indépendance. L'État avait, il est vrai, donné la
liberté aux esclaves engagés sous les drapeaux, en indemnisant les maîtres.
Mais ce qui contribua le plus à ce résultat, ce furent les dispositions législa-
tives prises en 18 1 6 parle Congrès constituant, dispositions équitables,
d'une extrême prudence dans leur application et qui permirent à un Etat
de l'Amérique méridionale, peu important au point de vue politique , de
devancer l'Angleterre et la France dans l'acte si éminemment chrétien
de l'abolition de l'esclavage. Toutefois, en 1829, ce n'était pas sans une
certaine inquiétude que, les propriétaires des, lava dero s, voyaient se ma-
nifester les effets de la. loi; encore quelques années, disaient-ils, et
l'on n'aurait plus que des vieillards incapables de travail, tous les esclaves
vigoureux cLevant bientôt atteindre l'âge fixé pour leur affranchissement.
Qu'il me soit permis, à cette occasion, de rapporter la réponse que fit, en
ma présence, à un de ces maîtres d'esclaves, mon vénérable ami le padre
Bon afonfe, curé de Riosucio de Engerurna, resté pauvre au milieu des lin-
gots qu'ouagitait autour de lui : « N'ayez aucune crainte sur l'avenir des
« mines : les blancs attachent un si haut prix a la possession de, For, qu'un
» jour ils viendront laverie minerai à la place de ces malheureux nègres. »
» La prédiction du bon missionnaire s'accomplit. De toutes les parties
du monde, les blancs se jettent sur les contrées aurifères de l'Amérique, et
si leur migration se porte jamais vers le Choco, il est difficile de prévoir
quelles seront les quantités de métal que fourniront les vallées du San-Juan
et le bas pays de Ja province d'Antioquia; mais alors l'histoire aura un jour
à supputer ce que, sous l'influence de climats émiuemment insalubres, cet
or aura coûté d'existences d'hommes. »
4STRP1S0MIE.. — Lettre de M. Yalz en réponse à la Note insérée dans le
Compte rendu de la séance du 5 mal dernier.
« Je viens de voir, dans le Compte rendu de la dernière séance de l'A-
cadémie, que M. Le Verrier me fait dire ce que je n'ai pas dit, et veut
bien réfuter ce que je n'ai pas prétendu. En effet, je n'ai nullement voulu
faire passer pour charlatans les astronomes qui croient devoir reproduir'
sar' 1
( 9*3 )
les secondes incertaines résultant du calcul des éléments ordinaires des or-
bites ; mais j'ai avancé seulement qu'on pourrait, comme le baron de Zach,
trouver un peu de charlatanerie dans les centièmes de secondes pour les
éléments provisoires : ce qui est assez différent, parce que les éléments
provisoires sont tout autres que les éléments ordinaires; que les centièmes
de secondes ne sont pas des secondes, et qu'enfin on peut bien faire un
peu de charlatanerie, ce qui arrive parfois assez naturellement à bien des
gens, sans être pour cela de vrais charlatans, des charlatans par métier.
J'ai dit aussi, en termes précis, que dans les déterminations où les de-
grés ne sont pas même certains, il devient assez inutile de courir après
les secondes : ce qui ne me paraît guère avoir besoin de démonstra-
tion; mais, pour le montrer par le fait même, je n'aurai qu'à citer les trois
déterminations du périhélie obtenues pour Léda par M. Pape, qu'on ne
saurait trop, du reste, louer du grand zèle qu'il met à calculer aussitôt que
possible les éléments provisoires des nouvelles planètes, pour en faciliter
la recherche aux astronomes, après quelques jours de mauvais temps ou
de clair de lune; en quoi il leur rend un éminent service, en leur épar-
gnant beaucoup de peine inutile et de temps perdu, qui sont toujours fort
regrettables pour les observateurs.
» Il a trouvé cette longitude :
Par les observations de janvier, de c;i 33'5i",3
avec celles de février, de 1 26 . 1 8 . 1 3,9
avec celles de mars, de 99-43. 6,4
présentant ainsi une différence d'environ 35 degrés. Comment admettre
alors que les secondes et leurs dixièmes sont également indispensables
dans des éléments qui diffèrent autant ; et, tandis que la différence entre
les éphémérides qui en résultent va à 55 minutes, celle provenant des se-
condes négligées n'aurait pas la moindre importance.
» Toute l'argumentation de M. Le Verrier repose sur ce que les éléments
provisoires établis sur les premières observations ne servent qu'à repré-
senter des observations déjà faites; mais ce n'est pas là leur plus grande
utilité, qui consiste surtout à en déduire des éphémérides qui puissent guider
l'astronome observateur dans ses recherches et observations futures, et lui
épargner beaucoup de temps perdu et de peines inutiles à chercher dans
le ciel, sans de pareils secours. Bientôt cependant leur erreur devient si
grande, que la petite différence résultant des secondes négligées ou non
dans les éléments provisoires n'a plus aucune importance. Ainsi, d'après
121..
( 9*4 )
mes observations d'hier soir, les éphémérides de la nouvelle planète de
M. Goldschmidt seraient en erreur de 26 minutes, tandis crue la différenca
provenant des secondes négligées n'en serait qu'une bien faible fraction.
» Il ne me reste plus, je pense, qu'à relever l'opinion émise par M. Le
Verrier, que les considérations qu'il a cru devoir présenter m'auraient sans
doute échappé, ce qui n'est, en effet, qu'une supposition toute gratuitede sa
part. »
chirurgie. — De L'application de l'auloplastie au traitement des cicatrices
vicieuses ; par M. C. Sédiiaot.
« I^e remarquable Mémoire dont M. le professeur Jobert (de Lamballe)
a donné lecture à l'Académie des Sciences, dans la séance du 10 mars i856,
sur l'application de l'anaplastie aux brides cicatricielles, nous a rappelé
quelques faits de notre pratique, pleinement confirmatifs des avantages de
cette méthode. Les procédés que nous avons adoptés depuis plusieurs
années ne sont pas entièrement semblables à celui de notre célèbre con-
frère, et nous signalerons particulièrement trois points sur lesquels nous
ne saurions nous ralliera son opinion. Ainsi, nous hésitons à admettre l'es-
pèce de greffe du lambeau anaplastique dans l'épaisseur du tissu cicatriciel
que semble indiquer M. Jobert. Nous ne croyons pas nécessaire la section
du pédicule du lambeau. Enfin, nous doutons de la facilité de la réunion
immédiate, entre les bords du lambeau et ceux de la cicatrice.
» La première condition de succès,' pour le redressement des parties dont
la forme et la mobilité sont compromises par la rétraction du tissu modu-
laire, est sans contredit à nos yeux la division complète de ce tissu jusqu'aux
couches normales subjacentes, qui deviennent la base et le point d'appui
jdu lambeau. Si toute l'épaisseur du tissu modulaire n'est pas intéressée, les
difformités persistent, invinciblement, et l'on reconnaît la nécessité, non-
seulement de diviser la bride, mais encore de la séparer dans beaucoup de
cas par la dissection des tissus sains plus profondément situés. C'est une
corde inextensible que l'on sectionne, et il faut la couper en totalité si l'on
veut en faire disparaître les effets. Nous remarquerons en outre que la réu-
nion du lambeau au seul tissu inodulaire, si elle était obtenue, présenterait
de bien faibles éléments .de vascularité, et que l'on aurait certainement à
redouter la gangrène du lambeau, après la section du pédicule. Nous con-
cluons de ces considérations, que le lambeau anaplastique doit être large-
ment mis en rapport avec des tissus sains, et que c'est le seul moyen de re-
(9*5)
médier aux difformités, de donner une base suffisante au lambeau dont
l'allongement et l'expansion deviennent possibles et d'en assurer la vitalité.
» M. Jobert est partisan de la section du pédicule du lambeau, et il eu a
exposé les avantages dans ce passage : « Aucun changement appréciable ne
m se manifeste avant la section du pédicule ; mais, lorsqu'elle a été prati-
» quée, la bride s'étale, la difformité disparaît, les tiraillements cessent, et
» la partie inclinée se redresse et reprend son attitude. »
« Il nous paraît impossible que la section du pédicule ait l'influence
que signale M. Jobert, si du moins nous avons bien compris le sens
de sa phrase. En intercalant un lambeau de téguments sains entre les
deux bords d'une cicatrice du cou transversalement divisée, l'allongement
du lambeau s'opère dans le sens vertical, et ne saurait être empêché par le
pédicule, qui se trouve placé latéralement et en dehors de la sphère d'action
de la cicatrice. Nous ne voyons pas l'utilité de l'incision du pédicule, et
nous le conservons intact dans toutes nos opérations anaplastiques, relevant
des méthodes française et indienne. Avec la précaution de faire partir de
la perte de substance à combler, le bord correspondant du lambeau auquel
on imprime une légère torsion de 25 degrés environ pour l'amener à- sa
nouvelle situation, le pédicule est uni à la plaie, et s'y confond tellement,
qu'il n'est bientôt plus reconnaissable et qu'il n'y a pas de motif de le divi-
ser. Cette manière d'agir abrège et simplifie l'opération et en rend le succès
plus assuré, puisqu'on n'a plus à redouter la gangrène du lambeau par suite
de la section du pédicule, quelle que soit d'ailleurs la rareté de ce redou-
table accident.
» Enfin, et c'est là notre troisième point de dissidence, M. Jobert an-
nonce « que la greffe animale se réunit aussi bien au tissu cicatriciel
» divisé qu'aux autres tissus , et que c'est un fait remarquable que ce
» travail ne donne lieu à aucun accès d'inflammation , et qu'il se main-
» tient dans de justes limites. » Notre expérience est en désaccord absolu
avec cette opinion, et nous avons toujours observé la fonte ulcérative de
la plus grande portion du tissu inodulaire , au contact du lambeau , dans
toutes nos anaplasties de ce genre. De là pour nous le précepte d'éviter de
multiplier les points de suture, et de n'en appliquer que le nombre indis-
pensable, pour maintenir pendant quelque temps le lambeau étalé dans la
plaie et en éviter le retrait et l'enroulement spontanés. Une très-légère
compression centrale faite au moyen de linges ployés en plusieurs dou-
bles et trempés dans l'eau froide est aussi d'un utile secours.
» L'ulcération des bords de la cicatrice nous paraît si constante, que
(9*6)
nous n'avions pas craint de l'annoncer sur un des malades opérés à la
clinique, dont nous donnerons l'histoire, et nous avions appelé l'atten-
tion des élèves sur ce phénomène, en signalant le peu de crainte" qu'il en
fallait coocevoir, attendu que le tissu modulaire se reforme alors avec la
même rapidité qu'il s'est détruit. Si M. Jobert n'a pas fait les mêmes remar-
ques, nous devons l'attribuer à des conditions toutes spéciales qui n'ont
pas été suffisamment révélées, et qui réclament de nouvelles recherches.
» Faits çqnfibmatifs. — i°. Cicatrice du cou produite par brûlure,
avec flexion de la tête sur la poitrine^ Heureuse application de Tautoplastie
Observation recueillie par M. Picard, interne.
» Fix (Charles), mégissier, âgé de quarante-deux ans, fut admis à la cli-
nique le 12 décembre i855. Cet homme a eu dans sa jeunesse toutes les
portions droites^et médianes de la poitrine , du cou et de la tète, profondé-
ment brûlées. Une bride cicatricielle, large et saillante, maintient la tête
fléchie, et le maximum de l'écartement entre le bord supérieur du sternum
et le menton est de 10 centimètres. La face est complètement asymé-
trique par défaut de développement du côté droit; l'oreille est en partie
détruite et réduite à une espèce de moignon ; les mouvements du bras droit
ne sont pas gênés , malgré la présence d'une large cicatrice étendue sur
toute l'épaisseur de ce côté,:
» Le malade se plaint d'une aggravation notable delà flexion de la tête,
qui l'empêche depuis quelques mois de se livrer à ses occupations habi-
tuelles, et il en attribue justement la cause à une ulcération du tissu modu-
laire , survenue au bord supérieur du sternum , dont un point nécrosé
est détaché et mobile au milieu d'une ulcération cicatricielle.
» M. Sédillot essaye le 18 décembre la section sous-cutanée de la partie
profonde de la bride et obtient par ce moyen un allongement immédiat de
2 centimètres; mais cette amélioration avait déjà disparu au bout de vingt-
quatre heures, et la difformité était revenue au même degré.
» Le ao décembre, M.. Sédillot voulant un résultat décisif et permanent,
tailla sur la partie gauche du cou, dans un point où la peau était restée in-
tacte, un lambeau vertical de 25 millimètres de hauteur sur 40 millimètres
de largeur, dont la base était inférieure et le sommet tourné vers le menton.
De l'extrémité droite de cette base, M. Sédillot fit partir une incision trans-
versale qui intéressa toute l'épaisseur d'avant en arrière de la cicatrice, dont
les lèvres furent disséquées en haut et en bas de manière à présenter un
écartement assefc grand pour y loger le lambeau renversé de haut en bas et
de gauche à droite. Quelques points de suture en réunirent le sommet et
( 9 2 7 )
les bords au tissu cicatriciel correspondant. Des fomentations froides furent
appliquées, et un appareil amidonné, tel que M. Sédillot en fait usage poul-
ies plaies du cou, immobilisa la tête.
» Le 24, le lambeau, dont la face saignante et profonde est déjà adhé-
rente, offre l'état le plus satisfaisant: mais il semble isolé au milieu d'une
vaste ulcération circulaire déplus de 1 centimètre de diamètre. On continue
le pansement à plat.
» Le 7 janvier i856, des bourgeons charnus de bonne nature réunissent
les bords du lambeau au tissu cicatriciel environnant. Le i5 du même mois
la cicatrisation est achevée. Le lambeau est souple, uni, sans tension; le
pédicule à peine apparent , les mouvements de la tête beaucoup plus libres,
et le malade quitte l'hôpital. Nous avons revu l'opéré deux mois plus tard,
et il continuait à se féliciter des heureux résultats de son traitement.
» 2 . Destruction de la paupière inférieure droite par une cicatrice étendue
au nez, à la joue et à une partie de la tempe du même côté. Ectropion con-
sécutif, porté au plus haut degré, avec larmoiement et sensibilité morbide
de l'œil. Blépharoplastie par intercalation de deux lambeaux tégumentaires
dans l'intervalle du tissu inodulaire profondément divisé. Guérison défini.-
tive. Observation recueillie par M. Heer, interne.
» G..., âgé de vingt-quatre ans environ, vint réclamer, au commencement
de 1 854, les soins de M. Sédillot, pour un ectropion de la paupière inférieure
droite, qui l'incommodait depuis son enfance et était la conséquence d'une
brûlure très-étendue de la face. La chaleur, le froid, la lumière, le vent et la
poussière provoquaient de la douleur, du larmoiement et des inflammations
douloureuses de l'œil, dont le segment inférieur restant découvert était à
peine protégé par l'abaissement momentané de la paupière supérieure.
» Le tissu cicatriciel couvrait toute la joue, depuis le nez et la lèvre su-
périeure jusqu'aux rares cils encore adhérents au bord de la paupière dont
le revêtement tégumen taire n'existait plus. Après plusieurs tentatives infruc-
tueuses, dont M. Sédillot a consigné les détails dans son Traité de Médecine
opératoire, ce professeur entreprit la restauration de la paupière inférieure,
par un large lambeau emprunté au front et à la tempe, et interposé dans
l'intervalle du tissu inodulaire profondément divisé et renversé en haut et
en bas par la dissection . La mortification partielle de l'extrémité du lambeau ,
qui était fort long, exigea la formation d'un second lambeau, pris sur le front
au côté interne du sourcil, et l'on réunit par la suture les bouts des deux
lambeaux l'uu à l'autre. Le tissu inodulaire environnant s'ulcéra, puis se
reproduisit, et la paupière inférieure, restaurée et soutenue de chaque côté
("9*8)
parla disposition des lambeaux, permit la libre et parfaite occlusion d'ê l'œil.
r> Depuis deux ans, je n'avais plus entendu parler de ce malade, lorsqu'il
vint me voir, il y a quelques semaines, et je profitai de l'occasion pour le
faire photographier. L'Académie pourra juger d'après l'épreuve que j'ai l'hon-
neur de lui adresser des résultats de l'opération (i). Les lambeaux sont un
peu arrondis et saillants et pourraient être rendus plus réguliers par l'abla-
tion de quelques légers plis ; mais comme le malade est très-satisfait du réta-
blissement de sa paupière et de la disparition de toute gêne et de toute fai-
blesse dans l'exercice de la vision, il ne s'est pas montré disposé à subir
aucun essai de perfectionnement, et nous ne l'en avons pas blâmé.
» Quelques personnes, trompées par le titre de blépliaroplas lie donné à
cette observation, hésiteront peut-être à y voir un exemple d'allongement
d'une cicatrice par l'intercalation d'un lambeau tégumentaire ; mais si le
but poursuivi est réellement une restauration palpébrale, on reconnaîtra
cependant que le procédé est exactement le même que dans notre première
opération, et que les seules modifications qu'on y rencontre se rapportent
à la hauteur plus grande du siège du pédicule. Nous nous étions conformé
en cette circonstance à un principe général dont nous avons depuis long-
temps démontré l'importance, et qui consiste à toujours placer l'origine
ou le point de départ des lambeaux anaplastiques du côté opposé au bord
libre des organes que l'on se propose de reconstituer. C'est une règle invaria-
ble pour les paupières et les lèvres, et nous y avons conformé nos procédés.
» Nous pourrions citer d'autres cas plus ou moins analogues aux précé-
dents, et celui entre autres d'un soldat de la garnison de Strasbourg, dont
le bras fléchi par une bride cicatricielle du pli du coude ne pouvait être
étendu. Ce malade, dont la blessure eut un certain retentissement à cette
époque, qui remonte au moins à quatre ou cinq ans, fut l'objet d'une
consultation de tous les médecins militaires, et je proposai l'intercalation
d'un lambeau anaplastique entre les bords du tissu inodulaire transversale-
ment divisé. Cette opération ne fut pas pratiquée, et M. le D r Sergent, alors
chirurgien-major d'un régiment d'artillerie, se chargea de donner des soins
au malade qu'une simple incision de la bride cicatricielle ne parvint pas à
guérir. Dans une autre circonstance, nous eûmes recours au même procédé
pour faciliter le redressement du pouce fléchi d'une manière gênante par
une bride modulaire, résultant, je crois, d'une plaie avec perte de substance
et suppuration prolongée.
(i) Ceite image photographiée est mise sous les yeux de l'Académie.
( 9 2 9 )
» Je partage, comme on le voit, l'avis de M. Jobert sur la haute valeur
de l'application de l'autoplastie au traitement des brides cicatricielles, et l'on
peut espérer que nos légères objections feront surgir des faits assez nom-
breux pour éclairer le petit nombre des propositions sur lesquelles nous ne
nous sommes pas complètement rallié aux idées de notre célèbre con-
frère.
M. le Secrétaire perpétuel communique la Lettre suivante que lui a
adressée M. Ostrogradski, récemment nommé à une place de Correspon-
dant pour la Section de Géométrie.
« Permettez-moi de recourir à votre intermédiaire pour faire agréer, par
l'illustre compagnie qui m'a honoré de son suffrage, ma profonde recon-
naissance et mes sincères remerchnents. Je suis touché et pénétré de la
marque de sa bienveillante indulgence; je ferai mes efforts pour m'en
rendre digne. Je vous prie aussi, Monsieur, de transmettre mes remercî-
ments aux géomètres de la célèbre Académie que j'eus l'honneur de con-
naître personnellement : à M. Cauchy, mon illustre maître, intelligence
extraordinaire qui, embrassant Jes sciences mathématiques dans toute leur
étendue, en fait reculer toutes les limites comme EuJer et Lagrange; à
M. Poinsot, qui eut la complaisance de m' exposer les principes de sa belle
Théorie de la Rotation, bien avant qu'elle fût publiée ; à M. Binet, mon
professeur au Collège de France, géomètre célèbre et président actuel de
l'Académie; à M. Sturm, mon ami, qui dota l'algèbre et l'analyse trans-
cendante de théorèmes de la plus grande portée, et à M. Lamé, qui
agrandit la théorie des équations linéaires à différences partielles.
» Je remercie de même les géomètres que je n'ai pas connus personnel-
lement; parmi eux figurent M. Liouville et d'autres noms célèbres et d'au-
tres hautes capacités. Je vous remercie également, Monsieur le Secrétaire per-
pétuel, vous que je ne puis me permettre de louer dans une Lettre qui vous
est adressée.
» En nommant les géomètres qui soutiennent avec éclat la grande célé-
brité de l'Académie des Sciences, je ne puis m'empêcher de rappeler en
même temps la mémoire de deux morts illustres, auxquels je ne puis
penser sans attendrissement et regret : Poisson, qui m'honora de sa bien-
veillante amitié, et Fourier, qui fut mon bienfaiteur; leur souvenir et la
reconnaissance que je dois au dernier me resteront pour toujours. »
C , il . , 1856 , i« Semestre. ( T. XLII , N° 80. ) 122
( 9 5 ° )
analyse mathématique. — Note sur les facteurs égaux de polynômes-
entiers; par M v Ostrogradski. .-,-:-
« Désignons respectivement par X, P, Q, R un polynôme" entier de la
variable x, le plus grand'diviseur commun à ce polynôme et à sa dé-
rivée -T- et les quotients
dx
X ^X
p' ûte'
P
Le plus grand diviseur commun aux polynômes Q et R — -^- est précisé-
ment le produit des facteurs simples du polynôme X.; soient q, Q, et R f
ce produit et les quotients
Q dx
'-■■■■ - . q q :" . " "
I,e plus grand diviseur commun aux polynômes '.■■-•.-.
sera le produit des facteurs doubles deX; désignons q { le produit dont il
s'agit, et faisons
- = Q ? , R ) ~^-R 2 .
Le plus grand divisettf commun à Q 2 et R 2 - ^ représentera le pro-
duit des facteurs triples de X; ainsi de suite.
» J'ai démontré ces propositions dans une Hôte lue à l'Académie de Saint-
Pétersbourg le 10 octobre 1849. Après l'impression de cette Note^ j'ai re-
connu qu'on peut avoir immédiatement les facteurs du polynôme X, d'un
degré quelconque de multiplicité. En effet, les facteurs dont A: est lé degré
de multiplicité, forment le plus grand diviseur commun aux polynômes Q
et R _ k d S, il n'y aura donc qu'à rechercher ce diviseur pour avoir le
facteur dont il s'agit.
- » Ainsi le produit des facteurs simples^ doubles, triples, etc., seront res-
pectivement les plus grands diviseurs communs aux polynômes
'•Q..K-2. Qe«R-.f. ■Q.-H-ag.--
" : '!s^:?iv
( 9 3r )
Je supprime la démonstration, qui ne présente aucune difficulté, et même
elle devient tout à fait évidente, si l'on représente le polynôme X sous la
forme
qq\q\q\.... »
NOMINATIONS.
L' Académie procède, par la voie du scrutin, à la nomination d'un Mem-
bre qui remplira, dans la Section de Botanique, la place devenue vacante
par suite du décès de M. de Mirbel.
Au premier tour de scrutin, le nombre des votants étant 54,
M. Gay (Claude) obtient 23 suffrages.
M. Duchartre 22
M. Chatin 7
M. Trécul 2
Aucun des candidats n'ayant obtenu la majorité absolue des suffrages,
l'Académie procède à un deuxième tour de scrutin.
Le nombre des votants étant 55,
M. Gay obtient 27 suffrages.
M. Duchartre 25
M. Chatin. . 2
Il y a un billet blanc.
Aucun des candidats n'ayant encore cette fois obtenu la majorité absolue,
l'Académie procède au scrutin de ballottage.
Le nombre des votants restant 55,
M. Gay obtient 28 suffrages.
M. Duchartre. 27
M. Gay (Claude), ayant réuni la majorité absolue des suffrages, est pro-
clamé élu .
Sa nomination sera soumise à l'approbation de l'Empereur.
122..
(-032)
MÉMOIRES PRÉSENTÉS " 7 '■'•■
géométrie. — Mémoire sur La théorie géométrique des lignes à double
courbure; par M. Paul Serret. (Extrait par l'auteur. )
(Commissaires, MM. Chasles, Bertrand.)
« La théorie des lignes à double courbure , telle qu'elle résulte aujour-
d'hui des travaux de Monge et de plusieurs géomètres contemporains ,
comprend deux études distinctes.
» La première, qui constitue en quelque sorte l'anatomië de ces lignes,
a pour objet la recherche des propriétés que présente en ^chacun de ses
points une ligne à double courbure quelconque, et pour résultat des for-
mules nombreuses exprimant les diverses relations de grandeur et de po-
sition qui existent entre les éléments correspondants de la ligne considérée,
du lieu des centres de courbure, de la ligne de striction de la surface
gauche des normales , et de l'arête de rebroussement de la surface polaire.
» Dans la seconde, on considère , dans toute leur étendue, la ligne à
double courbure primitive et chacune des lignes* qui en dérivent; les déve-
loppées de cette ligne; la nature des surfaces, gauches ou développables ,
formées par des normales principales, par les droites polaires ou recti-
fiantes, etc. A. cette seconde- étude, enfin, se' rattache essentiellement la
recherche des lignes^a double courbure qui ,' considérées dans toute leur
étendue , jouissent en chacun de leurs points d'une même .propriété , mé-
trique ou descriptive ; le résultat de cette recherche étant là définition géo-
métrique de chacune de ces lignes, d'après cette propriété. On voit que ce
dernier problème, qui a pour objet, pour ainsi dire, de reconstruire d'une
seule pièce une ligne à double courbure d'après les propriétés qu'elle présente
en l'un de ses points^, est l'inverse du premier qui a dû le précéder, et
qui devrait lui fourni^ les éléments de cette reconstruction. Il présente
d'ailleurs de bien plus grandes difficultés , et n'a été abordé que beaucoup
plus tard, et dans ces "dernières années, par un petit nombre de géomètres,
parmi lesquels nous citerons M. Serret, qui a résolu, par une méthode, ana-
lytique très-élégante , plusieurs des questions que nous aurons à étudier
géométriquement; M. Puiseux, qui a fixé le premier la nature des lignes
dont les deux courbures sont constantes, et M. Bertrand , à qui l'on doit
plusieurs propositions importantes conduisant à la classification des surfaces
( 933 )
gauches formées par les normales principales d'une ligne à double courbure.
» Le Mémoire que nous avons l'honneur de présenter à l'Académie
a pour objet l'exposition de la théorie, ainsi définie, des lignes à double
courbure.
» La marche que nous avons suivie est entièrement géométrique : n'em-
pruntant rien de l'analyse, nous n'emprunterons rien aussi de la théorie
des surfaces, si ce n'est quelques définitions indispensables pour caracté-
riser les lignes que nous aurons à considérer , et un théorème découvert par
M. Chasles sur la distribution des plans tangents à une surface gauche ,
menés par les différents points d'une même génératrice rectiligne de la surface.
» Nous ajouterons 'qu'une telle sobriété dans les moyens employés nous
paraît due à l'intervention de certaines lignes sphériques auxiliaires, que nous
appelons indicatrices , et que nous croyons n'avoir omis aucune des pro-
priétés déjà acquises à cette partie si intéressante de la géométrie générale. »
MÉCANIQUE. - Note sur L'élasticité' du caoutchouc vulcanisé;
par M. P. Boileac.
(Commissaires, MM. Despretz, Séguier.}
« L'emploi du caoutchouc vulcanisé dans la construction des machines
paraissant devoir prendre une grande extension, il m'a semblé utile de faire
connaître quelques résultats d'observations que j'ai obtenus en r853 sur les
variations de son élasticité mise enjeu parla compression.
» Employé depuis dix ans environ pour la construction des tampons des
tenders et des locomotives , le caoutchouc vulcanisé a sans doute été l'objet
d'observations antérieures à celles que je vais rapporter, mais je n'en ai pas
eu communication ; il convient de remarquer d'ailleurs que le mode de pré-
paration de cette substance influe notablement sur son élasticité , et que
la sulfuration du caoutchouc est souvent effectuée par des procédés expé-
ditifs qui la rendent incomplète ou même seulement extérieure, en sorte
que les résultats des expériences , pour être comparés entre eux , paraissent
devoir se rapporter à des échantillons provenant de procédés de fabrication
identiques.
» Parmi les divers dispositifs qui ont été proposés pour la construction
des ressorts en caoutchouc vulcanisé , le plus avantageux est celui qui
consiste en une colonne cylindrique composée de rondelles de cette sub-
stance, alternées avec des disques minces en fer doux, et traversée dans toute
sa longueur par une tige directrice centrale j c'est sur un ressort ainsi
( 934 ) .
constitué que j'ai opéré ; il appartenait à un marteau pilon à came dupre*
mier système de M. Schmerber, et le caoutchouc avait été choisi par cet
habile ingénieur chez un des meilleurs fabricants de l'Angleterre. -
» Les dimensions des rondelles , au nombre de huit , étaient les suivantes
ayant la compression : /
Diamètre extérieur • , g3 mill.
Diamètre de l'œil central pour le passage de la tige directrice .- 3g .
Epaisseur,, ,.;.,. .;, ................. 23
Aire de la partie pleine de la section transversale 55 % g55 • '
» Les disques en fer interposés avaient une épaisseur de 5 millimètres.
Les expériences ont été faites dans l'un des ateliers 'des chemins de fer de
l'Est, établi à Moutigny; M. Tenbrink, directeur de cet atelier, à bien
voulu en favoriser l'exécution. On a d'abord fait subir aux rondelles une
compression progressive par l'intermédiaire d'un fort levier en fer chargé
sans à-coup de poids variables; puis, en diminuant progressivement ces
poids, on a produit une période dé détente. — •■ ■ .
» J'ai réuni dans le tableau suivant les compressions observées pour dif-
férentes charges ; chacune de ces compressions est la somme de celles des
huit rondelles élastiques.
CHARGÉS ES KILOGRAMMES.
-COMPRESSIONS
CHARGES ES
ÎILOGRAMMES.
1
COMPRESSIONS
observées.
( En millimètres.)
Totales.
Sur le centimèt.
carré.
observées.
(En millimètres.)
Totales.
Sur le centimèt.
carré.
166
2,967
8 r 4
446
im l
3o,g
186
3,324
9> 6
466
8,328
32,0
206
3,68i
11, 1
486
8,685
33,3
226
4,039
12,7
5o6
g, o43
34,2
246
4,396
14,6
526
9,400
35,i
266
4,754
16,7
546
9,7*8
35, g
286
5, ni
18,7
566
10,1 i5
37,1
3o6
5,46g
20,5
586
10,473
3 7 ,8
326
5,826
22,2
606
io,83o
38,4 ,
346
6,. 84
23,8
646
1 1 ,545
* 3g,o
366
6,54i
25,4
686
12,260
3g, 5
386
6,898
26, g
726
i2,g 7 o
4o,o
406
7,256
28,3
766
1 3 ,690
40,5
426
7,6i3 :
29,6
806
1 14,404
| 4°,9
"Hfr-
(935 )
» Variation de la compressibilité du caoutchouc . — Afin de détermine»'
ces variations , j'ai construit, à une grande échelle, une courbe ayant pour
abscisses les charges sur le centimètre carré, et pour ordonnées les compres-
sions correspondantes; puis, sur cette courbe, j'ai pris les dépressions
dues à un accroissement de charge de ■£ de kilogramme par centimètre
carré : les résultats de cette opération composent le tableau suivant :
i
ACCROISSEMENTS
ACCROISSEMENTS
PRESSIONS
de compression corres-
PRESSIONS
de compression corres-
sur le
pondants à un
sur le
pondants à un
centimètre carré.
accroissement de charge
centimètre carré.
accroissement de charge
de 0^,2.
de 0^,1.
kll
mm
kil
mm
2,0
0,60
8,5
0,63
2,5
0,64
9>°
0,60
3,0
0,70
9» 5
0,57
3,5
0,85
10,0
o,49
4,0
°>99
10,5
0,32
4,5
3,o5
11 ,0
0,20
5,o
1,04
n ,5
0, i5
5,5
0,98
12,0
0,14
6,0
0,90
12,5
o,i3
6,5
0,80
i3,o
0, 12
7>°
0,73
i3,5
0, I 1
7>5
0,70
i4»°
0,10
8,0
0,66
» La courbe construite en prenant pour coordonnées les résultats de ce ta-
bleau, courbe qui représente la loi de variation de la compressibilité des
disques en caoutchouc, montré à la première inspection que cette loi n'est
ni simple, ni même constante. Le fait principal est celui d'un maximum de
compressibilité, qui s'est produit pour une charge de 4 k ,yoo par centi-
mètre carré : en deçà et au delà de cette charge, ou plutôt de celles qui lui
sont voisines, la compressibilité augmente et diminue rapidement; mais ces
deux périodes, qui s'étendent depuis la charge de 3 kilogrammes jusqu'à celle
de 7 kilogrammes, sont l'une précédée et l'autre suivie d'une phase dans la-
quelle les variations sont beaucoup moins rapides; en outre, depuis la
charge de 1 i k ,5o jusqu'à celle au delà de laquelle les rondelles élastiques
subissent une déformation permanente, le décroissement de leur compres-
( 936 )
sBbilité est très-faible, mais cette période est précédée d'une autre dans
laquelle le contraire a lieu : de sorte que dans l'étendue des expériences, et
probablement depuis les plus petites charges jusqu'à celles qui produisent
l'écrasement, la compressibilité des rondelles en caoutchouc passe par une
succession de périodes à variations alternativement lentes et rapides.
» Cette complication de phénomènes doit provenir en partie de la consti-
tution moléculaire de la substance considérée, et le calorique mis en jeu
par la compression n'y est sans doute pas étranger, mais elle est certaine-
ment augmentée par les renflements latéraux des rondelles.
» Détente des ressorts comprimes, conditions qui s'y rapportent. —
Lorsque partant de la pression totale de 806 kilogrammes, j'ai déchargé
lentement et progressivement la colonne élastique, elle n'a pas repris exac-
tement les hauteurs correspondantes à des pressions égales dans la période
de compression, mais elle est revenue à sa hauteur primitive quand tous les
poids ont été enlevés. Cette dernière circonstance prouve que l'élasticité du
caoutchouc n'avait pas subi d'altération permanente par sa compression, et
que si auparavant les rondelles n'ont pas entièrement repris l'épaisseur cor-
respondante aux poids dont elles restaient chargées, c'est que, malgré qu'on
opérât sans.précipitation, la détente des ressorts n'a pas eu le temps néces-
saire poùr : s'effectuer complètement. 1 ^
» Il est important dans l'emploi des ressorts de limiter les pressions de
telle sorte que leur élasticité, ne soit point altérée, et pour certains cas que
la détente de ces ressorts puisse reproduire intégralement les quantités de
travail absorbées parleur compression. Relativement à la première de ces
conditions, les résultats précédents montrent que la pression de i4"S4o4
par centimètre carré n'était point trop considérable ; dans une autre expé-
rience effectuée postérieurement, cette charge ayant été portée à i8 k ,i2,
la déformation permanente des rondelles est devenue très-sensible, non-seu-
lement par leur diminution d'épaisseur, mais aussi parce que les arêtes supé-
rieure et inférieure ont été remplacées par des surfaces obliques et légèrement
courbes : ainsi, en attendant de nouvelles observations, la charge des cy^
lindres en caoutchouc vulcanisé de bonne qualité parait devoir être limitée
à i4 kilogrammes par centimètre carré, lorsqu'elle agit sans à-coXip. Dans
le cas d'actions brusques ou de chocs fréquemment réitérés, l'effort moyen
du choc ne me paraît pas devoir excéder ïo kilogrammes sur la même
unité de surface transversale, -
» Quant à la reproduction du travail dynamique par la détente des res-
sorts moléculaires., il ne suffit pas, pour qu'elle ait lieu complètement, que
'^n^îÇS!!'?"
( 93? )
la substance considérée soit susceptible de reprendre sa forme primitive ;
l'observation présentée plus haut montre en effet qu'il faudrait, pour que
le déchet de travail dynamique fût nul, que la détente pût s'opérer très-
lentement, et d'autant plus que la masse à mouvoir serait plus considérable,
condition qui ne s'accorde pas en général avec celles des mouvements des
machines. La détente des ressorts métalliques est beaucoup plus rapide,
mais le temps qu'elle exige suivant les circonstances dans lesquelles elle
s'effectue n'a encore été l'objet d'aucune recherche précise. »
Dans la suite de son Mémoire, l'auteur examine l'influence de l'épais-
seur des rondelles, principalement d'après les résultats qui lui ont été com-
muniqués, postérieurement aux expériences dont il vient d'être question , par
M. Schmerber; il expose enfin, en terminant, les conséquences qui se
dédiùsent de ces recherches relativement à l'emploi des ressorts en caout-
chouc vulcanisé.
anatomie. — Recherches anatomiques et physiologiques sur les appareils
érectiles. Appareil de l'adaptation de l'œil chez les Oiseaux, les princi-
paux Mammifères et l'homme,- par M. le D c Charles Rouget. (Présenté
' par M. Claude Bernard.)
(Commissaires, MM. de Quatrefages, Cl. Bernard.)
« Dans l'intérieur du globe oculaire existe un appareil capable de pro-
duire dans les milieux dioptriques les modifications nécessaires à l'adap-
tation de la vue aux distances.
» Cet appareil se compose de parties ou d'organes musculaires, tendi-
neux ou élastiques et vasculaires, produisant par la combinaison de la con-
traction musculaire et de la tension des vaisseaux l'acte complexe propre
aux appareils érectiles.
» La forme générale de l'appareil de l'adaptation est celle d'un sac qui,
revêtu à l'extérieur par l'appareil de protection (sclérotique et cornée),
enferme et contient dans sa cavité les milieux dioptriques et l'appareil de
la sensation visuelle.
» Simple dans les régions postérieure et moyenne du globe oculaire où
il est constitué par la choroïde et le corps ciliaire, ce sac se dédouble, au
niveau de l'union de la cornée à la sclérotique, en deux lames : l'une, sim-
plement élastique, la membrane de Descemet qui s'accole intimement à la
cornée; l'autre, musculaire et vasculaire, l'iris, complète V enveloppe active
du sphéroïde cristal lo-vitré.
C R., ï856, !«• Semestre. (T. XLII, N° 20.) I ^3
(938)
» Dans la première partie de mon travail, j'exposerai sommairement les
faits nouveaux relatifs à la structure élémentaire et à la texture des diffé-
rentes parties de l'appareil ; dans la seconde, je montrerai l'appareil en action r
» Au niveau du bord adhérent, ou dos des procès ciliaires, se montre une
couche de faisceaux à direction transversale, obliquement entre-croisés ;
c'est la couche à fibres circulaires du muscle ciliaire.
» Chez les Oiseaux, cette couche est constituée en avant par des faisceaux
striés en travers, et en arrière par des fibres régulières, arrondies, très-
réfringentes, analogues aux fibres du tissu Jaune élastique, mais dans
lesquelles on peut apercevoir quelquefois des stries transversales fines et
régulières.
» Chez les Mammifères, la couche circulaire du nmsçle ciliaire est consti-
tuée par des faisceaux de fibrilles dartoïdes, lisses et munis de noyaux allon-
gés, au milieu desquels courent des divisions plexiformes des nerfs ciliaires.
» En dehors du muscle ciliaire annulaire, on voit sortir, en quelque
sorte, du stroma de kv choroïde, au bord postérieur de la région ciliaire,
les faisceaux du muscle ciliaire radié, ■ ■ ; '
» Chez les Oiseaux, ces faisceaux, constitués par des fibres striées en
travers, forment au moins deux plans musculaires : l'un, externe et posté-
rieur, s'insère après un très-court trajet aubord postérieur de l'anneau
osseux de la sclérotique ; l'autre, recouvert à son origine dans la choroïde
par le précédent, se prolonge en avant jusqu'au bord antérieur de l'anneau
osseux', où s'insère une partie de ses fibres, tandis que le reste s'attache au
pourtour de la membrane de Descemet, véritable tendon élastique du plan
antérieur du muscle ciliaire radié. : ,.:.,;
» Ce muscle n'est autre chose que celui décrit par Cramplon; maïs
Crampton et tous les anatomistes (entre autres Brûcke) qui ont décrit ce
muscle après lui, se sont trompés sur son origine et sa .véritable signification.
» Chez les Mammifères, le muscle ciliaire radié, constitué par des faisceaux
musculaires lisses dartoïdes, naît également du stromade la choroïde, et se
termine au niveau du sillon kerato-sclérotical, où il se continue en grande
partie, sinon en totalité, avec la membrane de Descemet.
». L'appareil musculaire de l'iris n'est que la continuation du plan profond
{à fibres circulaires) du muscle ciliaire.
» Chez les Oiseaux, les faisceaux striés à direction transversale pénètrent
obliquement dans l'iris, et conservant dans toute l'étendue de cette mem-
brane une direction généralement circulaire, ils s'entre-croisent tous plus ou
moins obliquement.
» J'ai constaté chez tous les Mammifères que j'ai examinés (homme,
( 939 )
carnassiers, ruminants, rongeurs) une disposition tout à fait analogue à
celle de l'iris des Oiseaux. Au bord antérieur du muscle ciliaire, les fais-
ceaux de la couche profonde (annulaire) de ce muscle, continuant leur
direction transversalement oblique, pénètrent dans l'iris, et là couvrant
la face externe de cette membrane et enlaçant les vaisseaux dans leurs
mailles, ils s'entre-croisent plus ou moins régulièrement les uns avec
les autres, coupent généralement sous un angle de 45 degrés la direction
des rayons du cercle irien, atteignent le bord pupillaire, et semblent, après
l'avoir franchi, former à la surface interne de l'iris l'anneau de fibres cir-
culaires (sphincter de la pupille).
» Un réseau admirable, formé surtout par les divisions et enroulements
multiples des veines de la choroïde, occupe le quart postérieur environ de
cette membrane, au pourtour de l'entrée du nerf optique. Quand ce réseau
est rempli, l'épaisseur de la membrane en ce point est plus que doublée.
Cette disposition a une complète analogie avec le réseau admirable choroï-
dien des Poissons.
» Les veines de l'iris sont tellement nombreuses, que ces vaisseaux et les
artères couvrent entièrement "la surface de l'iris, et semblent à l'oeil nu ne
laisser entre eux aucun intervalle.
» Toutes ces veines se rendent aux vasa vorticosa par les procès ciliaires,
les unes en se portant à la tête et au bord libre de ces plis, les autres en
longeant le dos, ou les intervalles des procès ciliaires, avec lesquels toutes
communiquent largement.
» On voit, d'après cela, que tout le sang apporté à l'appareil vasculaire
si riche de la choroïde et de l'iris, par les artères ciliaires courtes, par les
artères ciliaires longues, par les artères ciliaires antérieures, n'a d'autre voie
de retour que les quatre troncs où aboutissent les vasa vorticosa de la cho-
roïde, les veines ciliaires courtes, d'où résulte dans tout cet appareil une
tension constante, nécessaire à l'exercice régulier de la vision.
» Si nous considérons l'effet de la contraction des muscles de l'iris et de
la choroïde sur le système vasculaire de ces membranes, nous sommes con-
duits aux conclusions suivantes :
» Quand les fibres obliques de l'iris se contractent pour dilater la pu-
pille, elles diminuent l'étendue absolue de la membrane, dont elles compri-
ment et vident plus ou moins complètement les vaisseaux, les veines surtout.
» Quand cette contraction a cessé, l'afflux brusque du sang dans les vais-
seaux agit comme la détente d'un ressort élastique, distend la membrane
irienne, et vient en aide pour produire le rétrécissement de la pupille au
faible sphincter de cet orifice.
123..
( 94o )
a Dès les premiers moments de la contraction des faisceaux circulâires:
du muscle ciliaire, les veines de l'iris qui lies traversent pour se rendre au
vasa vorticosa, se trouvent comprimées; dès lors tout le sang qui revient
de l'iris doit, pour se rendre aux troncs veineux de la choroïde, passer uni-
quementpar les procès ciliaires, et, augmentant latènsion de ces plis érec-
tiles, les appliquer fortement aux bords de la lentille cristalline et à la région
ciliaire du corps vitré. •_
» Mettons maintenant en action muselés et vaisseaux , contraction "et
érection, pour produire l'adaptation de la vue à courte distance par l'aug-
mentation de courbure de la lentille cristalline et rallongement de l'appareil
dioptrique cristallo- vitré, :.:■:■•"'■
» Le muscle ciliaire circulaire se contracte et comprime la couronné des
procès ciliaires j ceux-ci, distendus par le sang et communiquant tous en-
semble, peuvent être considérés comme un anneau liquidé élastique, qui
transmet en la régularisant la contraction exercée par le muscle ciliaire aux
bords de la lentille cristalline et à la zone ciliaire du corps vitré.
» L'effet général de cette contraction annulaire, qui ne s'exerce que sur
la partie antérieure du sphéroïde cristallo-vitré, serait un refoulement ex-
centrique en arrière, surtout dans la région choroïdienne, d'une partie delà
masse dioptrique, et l'effet serait presque nul pour l'augmentation de cour-
bure du cristallin et l'allongement de l'axe de l'appareil ; mais ici intervient
l'action du muscle ciliaire radié : la choroïde étant solidement fixée en
arrière à la sclérotique, la contraction de ce muscle a pour effet de la tendre
circulairement et de s'opposer par là au refoulement excentrique du corps
vitré dans ce sens. En même temps, cette tension redresse la courbure
de la partie antérieure delà choroïde, ce qui étend à une grande surface
la compression circulaire des milieux dioptriques; nécessairement alors la
masse de ces milieux incompressibles tend à s'échapper en avant et en
arrière, d'où allongement de l'axe et propulsion en avant de la face anté-
rieure de la lentille cristalline, dont la courbure est augmentée par la com-
pression circulaire de ses bords. Quant à l'iris, immédiatement appliqué sur
le cristallin, comme le prouve sa convexité très-prononcée chez la plupart
des animaux, il est dans l'adaptation à la vue de près et à une lumière
moyenne, contracté pour accommoder les dimensions du diaphragme à la
courbure de la lentille : il peut même jouer un rôle important pour pro-
duire cette augmentation de-courbure de la face antérieure de la lentille, car
les milieux dioptriques, comprimés de toutes parts dans le sac irio-choroï-
dien, tendent naturellement à s'échapper, à faire hernie par l'orifice unique
de .ce sac, la pupille.
(94i )
» Érection des procès ciliaires, contraction du muscle ciliaire circulaire,
du muscle ciliaire radié, tension de la choroïde, contraction de l'iris, voilà
sans doute bien des phénomènes mis en jeu pour produire, dans les mi-
lieux dioptriques, les changements si peu considérables que la physique-
avait depuis longtemps prévus, et dont elle a pu récemment constater l'exis-
tence. (Expériences de Krânaer et d'Helmholtz, de Donders et Van Tri'gt. )
Mais c'est précisément parce que des éléments multiples entrent en ac-
tion, que la part de chacun d'eux et les modifications qu'il subit sont pour
ainsi dire inappréciables, et ont si longtemps échappé à l'observation.
» Les modifications que subissent pour l'adaptation la poche irio-cho-
roïdienne et son contenu sout tout à fait analogues à celles d'un muscle qui
se «yata-acte : il n'y a ni augmentation ni diminution de masse, mais un sim-
ple changement de forme auquel se prête la sclérotique en arrière. Quant à
Ja chambre antérieure, la saillie du cristallin dans sa partie moyenne est
compensée par l'élargissement de la gouttière irio-cornéenne, etl'écartement
des parois du canal de Fontana. Enfin la tension augmentée des procès
ciliaires peut trouver sa compensation dans la compression du réseau admi-
rable choroïdien. »
Remarque sur le Mémoire de M. le D r Charles Rouget.
« M. de Qdatrefages prend la parole pour faire connaître à l'Académie
un résultat remarquable résultant des recherches de M. Dujardin sur la
vision chez les Insectes. D'après le professeur de Rennes, l'adaptation chez
ces invertébrés est due à la présence d'un réseau de trachées qui se
vide ou se gonfle selon les besoins. Ce réseau trachéen remplirait donc
des fonctions analogues à celles que l'auteur du Mémoire présenté par
M. Bernard attribue au réseau admirable choroïdien qu'il a découvert.
Le sang chez les Oiseaux et les Mammifères, l'air chez les Insectes, seraient
ainsi employés pour obtenir un résultat semblable. M. Dujardin n'a pas
encore publié ses recherches , mais M. de Quatrefages ne croit pas être in-
discret en prenant ainsi date pour un confrère absent. »
physique du globe. — Note concernant la découverte des sources
de Vozone atmosphérique; par M. Scoctetten. (Communiquée par
. M. J. Cloquet.)
(Commissaires, MM. Becquerel, Begnault, Cloquet. )
« Les recherches de M. Schœnbein, celles de MM. Marignac et de la
Rive, et surtout l'important Mémoire de MM. E. Fremy et Edm. Becquerel,
( 942 )
ont constaté que l'oxygène peut être électrîsé positivement et constituer le
corps nommé ozone par le premier de ces auteurs. Un grand nombre d'ob-
servateurs a constaté la présence fréquente de l'ozone dans l'air atmosphé-
rique, mais la divergence de leurs opinions, l'absence de toute corrélation
entre l'existence de l'ozone atmosphérique et d' autres phénomènes de la
nature ont rendu les recherches stériles et ont faiblement attiré l'attention
des savants. C'est qu'en effet on s'était borné à signaler un fait sans en in-
diquer la cause, sans en préciser l'importance.
» Nous espérons avoir été plus heureux en découvrant que l'ozone est
formé : /
» i?. Par l'électrisàtion de l'oxygène sécrété par les végétaux ;
» a . Par l'électrisàtion de l'oxygène qui s'échappe de l'eau ;
» 3°. Par l'électrisàtion de l'oxygène dégagé dans les actions chimiques ;
« 4°- Par dés phénomènes électriques réagissant sur l'oxygène de l'air
atmosphérique.
» L'expérience suivante constate immédiatement le phénomène signalé. On
se munit d'une cloche en verre blanc au sommet de laquelle on attache, au
moyen d'un peu de cire, une bandelette de papier ozonoscopique suspen-
due à un fil ; on pose cette cloche sur une plante quelconque, fixée au sol
ou détachée : des feuilles d'arbre suffisent même pour l'expérience ; on ex-
pose le tout à la lumière directe et l'on constate bientôt les phénomènes sui-
vants : des Vapeurs d'eau se répandent dans la cloche, bientôt elles forment
gouttelettes contre les parois du vase, le papier commence à se colorer; iî
est d'abord jaune-parlle, il passe à la couleur chamois et, s'il y a beaucoup
d'ozone, à là couleur feuille-morte. L'expérience terminée, le papier trempé
dans l'eau prend une couleur bleue, plus ou moins foncée.
» Si l'expérience commence à sept heures du matin, le papier se colore
faiblement vers huit heures et demie ou neuf heures ; à onze heures, la colo-
ration augmente rapidement, elle progresse jusque vers trois heures après
midi ; au delà de ce temps, on ne remarque plus de progrès sensible. L'or-
dre de ces phénomènes est constant, mais ils se produisent avec plus ou
moins de rapidité et d'intensité, selon l'élévation de la température et la
vivacité de la lumière solaire. Nous avons vu la vaporisation de l'eau, et,
peu de temps après, la coloration du papier commencer vers sept heures et
d'autres fois vers dix heures du matin. Si vous répétez là même expérience
sur l'eau desource, de rivière ou de pluie contenue dans des vases posés sur le
sol ou soulevés sur des pieds en verre, vous obtenez des résultats identiques
à ceux fournis par les plantes. Une série d'expériences variées et fréquem-
ment répétées nous ont permis de constater :
"""^SpIPî!-
C 943 )
» i°. Que les végétaux, ainsi que l'eau, fournissent constamment à l'at-
mosphère de l'ozone pendant le jour;.
» 2 . Que ce phénomène cesse pendant la nuit ;.
» 3°. Qu'on le suspend pendant le jour en soustrayant l'eau ou les
plantes à l'action de la lumière directe ; qu'il suffit pour cela de mettre un
morceau de linge ou une feuille de papier sur la cloche ; qu'on le suspend
encore en se bornant à mettre l'eau ou les plantes dans un appartement où
eues Be recevraient que la lumière diffuse;
» 4°. Que l'ozone ne se produit pas lorsqu'on se sert d'eau distillée
bouillie ; qu'il en est de même lorsqu'on y met des plantes introduites dans
une cloche remplie de cette eau bouillie ; qu'on peut même se dispenser
d'eau distillée,T expérience réussissant également avec de l'eau ordinaire
bouillie et sur laquelle on jette ensuite une couche d'huile pour empêcher
l'absorption de l'air atmosphérique;
» 5°. Que la formation de l'ozone a également lieu lorsque l'eau ou les
plantes sont enfermées dans un ballon en verre, qu'on suspend loin du sol
avec une corde en soie.
» En ce qui touche les actions chimiques, nous sommes parvenu à dé-
montrer, par des expériences rigoureuses, que l'oxygène naissant est de
l'ozone, et que c'est aux propriétés que l'oxygène acquiert par l'électrisa-
tion positive qu'il doit de former des combinaisons impossibles avec l'oxy-
gène pur. Enfin l'ozone se forme dans l'air atmosphérique sous l'influence
de courants électriques continus et invisibles, ou par une succession d'étin-
celles plus ou moins fortes ; mais ces derniers faits avaient déjà été entrevus
par plusieurs observateurs. Il découle de ces expériences des aperçus nou-
veaux, tout à fait inattendus, éclairant tout à coup des actes nombreux de
la physiologie végétale et animale, expliquant un grand nombre de phéno-
mènes météorologiques restés obscurs, ainsi que les réactions chimiques où
l'oxygène joue le principal rôle. Nous notis réservons de présenter ultérieu-
rement les faits avec tous les développements qu'ils nécessitent et d'en tire'r
les conséquences qui en sont une suite naturelle. »
Dans une Lettre qui fait partie de la Correspondance de cette séance,
M. Scoctetten prie l'Académie de vouloir bien faire ouvrir un paquet
cacheté déposé en son nom, le 5 mai dernier, et qui renferme une Note
également relative à la découverte des sources de Y ozone atmosphérique.
L'auteur demande que cette première Note et celle qu'a bien voulu com-
muniquer M. Cloquet soient renvoyées à l'examen d'une Commission ; il
joint à sa Lettre des échantillons de papier réactif, sur lesquels on peut ob--
(944)
server les effets produits par l'eau et les végétaux, et un paquet de papier
préparé pour les expériences que voudrait faire la Commission.
Les deux Notes et les pièces qui y sont jointes sont renvoyées à l'examen
d'une Commission composée de MM. Becquerel, Regnault et Cloquet.
physique du globe. — Ozone atmosphérique : son influence sur l'état sani-
taire d'un pays; Lettre de M. Wolf à M. Ëlie de Beaumorit. :
« Zurich , 16 mai i855.
» L'Académie des Sciences a bien voulu s'intéresser aux communications
que je lui ai faites l'année dernière sur l'influence de l'ozone relativement à
l'état sanitaire. J'ai continué ces études, et je viens de trouver, par le dépouil-
lement que je viens de faire des observations de l'ozoneà Berne en 1 855, pour
un Mémoire que je dois communiquer; à la Société d'Histoire naturelle de
cette ville, quelques résultats que je crois assez intéressants pour en faire
une communication nouvelle à l'Académie.
» L'été de i855 a été marqué à Berne par une dysenterie épidémi-
que, qui causa, aux mois d'août et de septembre^ en moyenne six à sept
décès par jour, au lieu de deux et demi, moyenne ordinaire. En comparant
avec ces faits les indications de l'ozonomètre, je viens de trouver les nom-
bres suivants :
8,46 pour la réaction moyenne de tous les soixante et un jours des mois d'août et de
septembre. - • ■ '
g, 55 pour la réaction moyenne des trente et un jours où il avait au moins cinq décès par
dysenterie.
8, 14 pour la réaction moyenne des quatorze jours avec trois à quatre décès par dy-
senterie.
7,12 -pour la réaction moyenne des seize jours restants.
» Je dois en conclure que l'énergie de l'épidémie a augmenté et diminué
avec la quantité de l'ozone,
» Les observations ozonométriques faites à Saanen (village du canton de
Berne, 45o mètres au-dessus de la capitale), depuis le mois d'août jusqu'à la fin
de l'année, confirment mes conclusions. Les indications de l'ozonomètre à
Saanen surpassaient en moyenne des cinq mois d'observations celles de
Berne de 1 degré de l'échelle de Schônbein ; mais, pour les mois d'août et de
septembre, elles étaient au contraire plus faibles de 2 degrés; et pendant
la période du 6 au 10 septembre, dans laquelle moururent à Berne, en
maximum? neuf personnes de dysenterie par jour, cette différence s'élevait
jusqu'à 5 degrés.» -.■..,..'
( 945 )
physique. — Note sur la chaleur et le travail mécanique produits parla
jermentation vineuse ; par M. Dubrcjxfaut. (Extrait d'un Mémoire sur la
fermentation vineuse.)
(Renvoi à la Commission précédemment nommée : MM. Payen et Peligot.)
« Les phénomènes chimiques si nombreux de dédoublements molécu-
laires, depuis le plus simple, celui des corps gras neutres, jusqu'au plus
complexe, la fermentation amygdalique, doivent être acompagnésde change-
ments de température sensibles. Aucun de ces phénomènes n'a jusqu'à pré-
sent été l'objet d'examen à ce point de vue. Nous avons pensé qu'il pourrait
être utile de soumettre à un tel examen la fermentation vineuse, d'autant
plus que cette réaction offre la réunion remarquable de productions de
chaleur, d'acide carbonique et d'un travail mécanique appréciable. Cette
étude peut fournir l'occasion rie rapprochements utiles dans un moment où
les belles observations de MM. Regnault, Joule, Seguin, Meyer, Foucault, etc.,
ramènent sur le calorique l'attention des savants et des industriels.
» L'évaluation de la quantité de chaleur développée pendant la fermen-
tation vineuse n'offre pas de difficulté sérieuse. En effet, on peut facilement
apprécier l'élévation graduelle de température qui se produit dans un liquide
sucré pendant toute la durée de la fermentation. On peut constater les quan-
tités d'alcool et d'acide carbonique qui se développent pendant la même
réaction. On peut, en outre, tenir compte avec exactitude de la quantité de
chaleur éliminée par l'acide carbonique et par les vapeurs dont il est saturé
pour sa température. Un seul élément semble échapper à l'observation di-
recte, c'est la quantité de chaleur qui se perd par rayonnement ou autrement
par les parois du vase vinaire. La formule de Newton qui donne la loi du
refroidissement pourrait être utilisée en cette circonstance; nous avons pré-
féré employer un mode d'observation directe que nous devons indiquer.
» Après avoir constaté l'élévation de température produite dans le vin pen-
dant la période de fermentation, nous avons cherché le temps qui est utile
pour ramener le liquide à sa température initiale, le milieu environnant
étant maintenu à la même température; et avec cet élément nous avons pu
tenir compte du refroidissement qui a lieu pendant la fermentation.
» La cuve sur laquelle nous avons expérimenté était placée dans un atelier
dont la température n'a oscillé qu'entre + 1 2 et +1 6 degrés pendant la durée
de l'expérience. Cette cuve était construite en bois de chêne; elle était cou-
C. R., i856, i« Semestre. (T. XLII, N° 20.) I %/,
(946)
verte, elle avait la forme d'un cône tronqué; le diamètre moyen était de
3 m _,07, et la profondeur de 3 mètres. Le volume du bois était de i mc ,4 et son
poids était de 1 1 20 kilogrammes.
» Cette cuve a été chargée de ai 400 litres d'un moût fermentescible con-
tenant a55g kilogrammes de sucre cristallisable introduit sous forme de
mélasses indigènes avec les éléments utiles pour opérer manufacturièrement
une fermentation alcoolique complète en quatre jours.
» La température initiale était de -+- 23 Q ,7 ; elle s'est élevée graduellement
jusqu'à 4- 33°, 75; et le refroidissement, calculé d'après les données men-
tionnées, a été de 4- 4 degrés pour les quatre jours de fermentation. L'éléva-
tion de température de toute la masse eût donc été de 4- i4°,o5, au lieu
de io°,o5, si la cuve avait été à l'abri du refroidissement.
» La richesse du vin en alcool, prise à l'aide de l'alambic d'essai, a été
de 6,9, ce qui correspond à 1 476 Ut ,6 ou 1 181 kilogrammes d'alcool pur pris
à la température de ■+- i5 degrés. Cette production alcoolique correspond
à o,456 du poids du sucre mis en expérience; il diffère du nombre o,536
que donnent les formules. Un déficit analogue est à peu près constant dans
toutes les fermentations du laboratoire et de l'atelier (1).
» Dans les conditions où nous avons opéré, l'acide carbonique produit
a été de 1 1 56 kilogrammes, qui correspondent à un volume de 614 89 3 li-
tres sous la pression de 760 millimètres et à la température de 4- i5degrés (a).
» Avec ces éléments, voici les quantités de chaleur reconnues :
2 r 4 00 kilogrammes de vin élevés de 4- 1 4° } o5 , = 3oo 670 calories,
Calorique absorbé par le bois = 7280
n56kil.C0 2 éliminésàla température moyenne de +24°. = 6096
19236 grammes d'eaa vaporisée X 5ê5° = 1 0869
Total 324 gi5 calories.
» Cette quantité représente la chaleur sensible ou latente appréciées avec
les éléments connus et usités. Si l'on considère que l'acide carbonique
soulève le poids de l'atmosphère pour se dégager, et qu'il produit ainsi
un travail mécanique dans des conditions qui sont analogues à celles ou
(1) C'est ce fait qui nous a autorisé à affirmer qu'on ne peut faire expérimentalement
l'équation des sucres fermentescibles avec de l'alcool et de l'acide carbonique.
(2) Le rapport de l'acide carbonique à l'alcool diffère aussi fort souvent de celui qui est
donné par les formules chimiques. Il varie surtout avec le rapport du ferment au sucre. Nous
tâcherons d'élucider toutes ces anomalies dans notre Mémoire sur la fermentation*
(94?)
plusieurs expérimentateurs ont constaté une transformation de la chaleur
en travail , on reconnaîtra qu'il convient de faire intervenir cet élément
dans la question qui nous occupe.
» En représentant par V le volume du gaz CO 2 exprimé en mètres cubes,
et par P la pression atmosphérique exercée sur i mètre carré de surface
exprimée en kilogrammes, P X V donnent, en kilogrammètres, la, valeur
du travail mécanique produit par la fermentation.
» Dans notre expérience V = 6i4 mc ,8o,3; donc P X V = 6 35 1 844 kilo-
grammètres.
» En admettant avec M. Joule le nombre 437 pour équivalent mécanique
de la chaleur, on a §^i§44 _ ^535 calories.
» Ce nombre, ajouté au précédent, donne 33g 45o unités pour la quantité
totale de chaleur développée par la fermentation de 255g kilogrammes de
sucre de canne.
» Dans cette circonstance, comme dans les cas de production de travail
mécanique effectué par la détente de la vapeur d'eau, l'effet utile du calo-
rique représente à peu près ■£$ de l'effet absolu.
» 11 peut être utile de rapprocher les nombres qui expriment la quantité
de chaleur dégagée par la fermentation alcoolique de ceux qui seraient
donnés par la combustion directe du carbone équivalant à l'acide carbonique
produit par la fermentation. L'expérience que nous avons décrite fournit
les éléments de ce rapprochement.
» En effet, 1 1 56 kilogrammes CO 2 = 3 1 5 C.
» En admettant pour coefficient calorifique du carbone brûlé en acide
carbonique le nombre 8 000, on a
3i5 X 8000 = 2 520000 calories.
» On reconnaît ainsi que dans le dédoublement alcoolique du sucre la
quantité de calorique développé ne représente que 0,1 34 de celle que
donne le même poids de gaz produit par la combustion directe du carbone.
Ce fait n'offre rien d'anormal ; on pouvait le préconcevoir, car la fermen-
tation alcoolique n'offre aucun caractère qui puisse l'assimiler à une com-
bustion.
» Si l'expérience de fermentation que nous venons de décrire s'était
effectuée à vase clos et sans dégagement de gaz, elle aurait pu faire naître
dans le vase une pression de trente atmosphères. Ce nombre est, en effet,
fourni approximativement par le rapport qui existe entre le volume du vin
124..
(i)48 )
et le volume de l'acide carbonique produit. Eu faisant un pareille expé-
rience avec une proportion de sucre double, ce qui est facilement, réalisable,
la fermentation pourrait développer une pression double, c'est-à-dire soixante
atmosphères environ. La limite de cet effet doit être subordonnées la richesse
alcoolique, maxime que l'on peut donner au vin, à la température à laquelle
elle s'accomplit et aux conditions physiques dans lesquelles l'acide carbonique
peut affecter l'état liquide d'une manière permanente. Dobereiner a fixé à
vingt-huit atmosphères la limite de pression^ où la fermentation alcoolique
s'arrête. Nous doutons que cette donnée soit exacte et nous avons lieu de croire
qu'elle doit se produire encore sous des pressions beaucoup plus considéra-
bles. Toutes les expériences que nous avons tentées pour vérifier cette limite
oût été rendues impuissantes par la rupture cleî vases que nous avons em-
ployés; nous comptons néanmoins reprendre ces expériences. -~;
» La chaleur développée par la fermentation alcoolique du. sucre doit
être bien moindre que celle que donne la fermentation des fumiers et des
foins humides. En effet, les premiers produisent une sorte de carbonisation
dans lé bois des couches des fabriques de céruses, et les autres produisent
l'incandescence et l'incendie,Si l'on considère que la chaleur développée
par la fermentation du sucre-ne pourrait élever que de 1 33 degrés la tem-
pérature d'un poids d'eau égal au poids du sucre, on reconnaîtra que la
fermentation des fumiers et des foins doit être au moins quatre à cinq fois
plus considérable pour justifier les phénomènes observés. Ne devrait-on pas,
d'après ces rapprochements, tenir compte du calorique développé par la
fermentation putride et peuUêtreîaussi par l'oxydation, quand ion étudie le
rôle des engrais dans Féconomie agricole ? » : c ; : ' 1
chirurgie. — Observation de périnéoraphie pratiquée avec succès par la
suture entrecoupée) par SlTS. Eapgiek. (Extrait. )
"" (Commissaires, M. Telpeau, Jobert [de Lamballe].)
« J'ai l'honneur de communiquer à l'Académie l'exposé d'une opération
de périnéoraphie, que j'ai pratiquée à l'Sôtel-Dieu, avec un succès com-
plet sur une femme de 34 ans, qui avait eu le périnée et -lacloison recto-
vaginale profondément divisés dans un accouchement. C'était, comme on
pourra le voir par les: détails que je donne dans cette Note, un des exemples
des plus fâcheux de pareilles ruptures, un deeeux dans lesquels l'art chirur-
gical échoue le plus souvent.
» Ce -succès- remarquable, parce qu'il est complet, après une déchirure
( 949 )
considérable du périnée, ne serait cependant que l'analogue des succès obte-
nus par M. Roux, s'il ne s'en éloignait par la méthode opératoire que j'ai
suivie. L'Académie ne peut avoir oublié la lecture du Mémoire qu'a faite
devant elle sur la périnéoraphie l'illustre chirurgien qu'elle regrette. Dans ce
Mémoire, M. Roux compare pour la réunion du périnée déchiré la suture
entortillée qu'il avait pratiquée d'abord à la suture enchevillée qu'il avait
fini par adopter d'une manière exclusive, bien que dans plusieurs de ses
observations la guérison n'ait pas été de son propre aveu obtenue complète-
ment, et qu'un orifice fistuleux entre le rectum et le vagin ait persisté. Quoi
qu'il en soit, on conçoit la préférence donnée par M. Roux à la suture
enchevillée sur la suture entortillée dans la réunion qu'il tentait; mais le
célèbre chirurgien n'a fait aucune comparaison entre la suture enchevillée et
d'autres sutures, qui cependant ont réussi dans le même cas, telles que la
suture entrecoupée et la suture à surjet. Il cite, il est vrai, dans son Mémoire,
les observations de Guillemeau et de Saucerotte, mais il ne s'y arrête pas et
ne repousse même pas par des raisons théoriques les procédés que ces chi-
rurgiens ont suivis. Or Guillemeau a employé la suture entrecoupée, et Sau-
cerotte la suture à surjel.
» C'est par la suture entrecoupée que j'ai traité ma malade, et cette mé-
thode m'a paru beaucoup plus sûre et plus simple que les sutures entortillée
et enchevillée; je ne comprends même pas l'application de la suture enche-
villée à la réunion de la cloison recto-vaginale; je l'admets plus volontiers
pour celle du périnée lui-même.
» Quant à la suture entrecoupée, elle est très-facile à appliquer; elle per-
met de multiplier autant qu'il est nécessaire les points de suture, de leur
donner la situation et la direction qu'on veut; d'embrasser dans l'anse des
fils autant d'épaisseur de tissus et aussi peu qu'il semble utile de le faire. A
ces divers titres, je la crois donc préférable, et c'est à tort qu'elle a été né-
gligée.
» Une autre modification que j'ai apportée dans le mode opératoire
usité, c'est que j'ai fait l'opération en deux temps. Dans une première ten-
tative, j'ai réuni la division la plus profonde, celle de la cloison vagino rec-
tale déchirée dans une longueur de plus de 3 centimètres. Trois points
de suture ont suffi pour cela, et le succès a été complet.
» Une seconde opération a été pratiquée au bout d'un mois. Cinq points
de suture m'ont permis de faire une réunion parfaite du périnée complè-
tement rompu. On distingue à peine la cicatrice linéaire qui maintient rap-
prochés l'un et l'autre côté de la déchirure.
(95o)
» Une des grandes difficultés de la périnéoraphie est d'obtenir à la fois la
réunion de la cloison recto-vaginale et du périnée. C'est à la base de l'éperon
de la cloison que persiste l'orifice fistuleux dans les succès partiels. En fai-
sant l'opération en deux temps, il est plus facile d'en surveiller les suites,
d'enlever les points de suture sans tiraillements dangereux pour le succès de
la réunion, et de limiter les phénomènes inflammatoires.
» En résumé, je crois préférable la suture entrecoupée pour opérer la pé-
rinéoraphie. Cette suture est d'ailleurs d'un usage général dans la restaura-
tion d'autres organes à l'aide de lambeaux autoplastiques. De plus, je crois
utile dans les divisions très-profondes du périnée de faire l'opération en
deux temps. »
chirurgie. — Nouvelle méthode opératoire delà cataracte par débridement ,•
par M. Tavigsot.
(Commissaires, MM. Velpeau, Jobert [de Lamballe]. )
L'auteur ayant décrit avec détail dans un journal de médecine [Gazette
médicale, année i85o) l'opération sur laquelle il appelle aujourd'hui de nou-
veau l'attention , nous nous bornerons à extraire de son Mémoire le passage
suivant dans lequel il indique les cas où ce procédé opératoire lui paraît
devoir être préféré.
« L'opération du débridement, telle que nous la comprenons et telle que
nous l'avons exécutée, pourra sans doute, dans la suite, recevoir une exten-
sion plus grande ; jusqu'à présent nous n'y avons eu recours que dans les cas
de cataractes lenticiikires molles ou demi-molles existant sur des sujets
plus ou moins avancés en âge. Or on sait que cette espèce de cataracte se
prête assez mal à l'abaissement, et que le broiement qu'il faut alors souvent
improviser pour achever l'opération , n'est pas pratiqué dans des condi-
tions très-favorables; ce qui s'explique assez par l'âge du sujet, par la réac-
tion qu'amènent le plus souvent les manœuvres de l'aiguille qui a traversé
la sclérotique, enfin par la quantité même des matériaux soumis en même
temps à l'absorption. Je pense avec M.Sichelque, dans les cas de cataractes
molles on demi-molles, l'extraction est, en thèse générale, préférable à l'a-
baissement et au broiement -, il reste à savoir maintenant si ce que nous
appelons la méthode par débridement n'est pas elle-même préférable à l'ex-
traction dans le cas particulier qui nous occupe. Je l'ai cru et le crois en-
core f ce n'est même plus pour moi une simple croyance, c'est une conviction
'■■»"
fondée sur des faits observés avec soin et suffisamment nombreux pour
lever tous les doutes et faire cesser les hésitations les plus légitimes.
» La méthode par débridement n'est pas, j'en conviens, une opération
brillante dans son exécution : on ne met pas le cristallin entre les mains du
malade , comme on peut le faire après l' extraction ; on ne le fait pas jouir
immédiatement du bénéfice de la vision , comme on le permet quelquefois
après X abaissement, sauf quelques rares exceptions ; ce n'est qu'après un ,
deux et trois mois que l'opéré recouvre la faculté de voir d'une manière
distincte. Même à cette période de la guérison , le succès n'est pas à l'abri
de toute critique. En effet, la pupille n'a plus sa position normale; elle
est externe et non centrale; elle a cessé d'être contractile à l'instar de la
pupille naturelle ; dans le champ pupillaire primitif persistent des frag-
ments capsulaires opaques qui altèrent plus ou moins l'expression du re-
gard , et par suite le jeu de la physionomie. Nous convenons de tout cela,
et nous en convenons sans regret. En effet , quel problème à résoudre nous
pose tous le jours un sujet cataracte? Celui de lui rendre la vue, en em-
ployant la méthode qui offre le plus de chances favorables au succès
définitif. Tout se réduit donc à une question de chiffres , à un relevé com-
paratif des insuccès et des succès fournis par les différentes méthodes ; nous
aborderons plus tard cette question numérique, qui renferme véritablement
toute la partie pratique de notre sujet. »
M. Dcjardev, de Lille, envoie pour le concours Montyon (prix de Mé-
decine et de Chirurgie) un Mémoire intitulé : Observation d'œdème de la
glotte guéri par la trachéotomie.
(Commission des prix de Médecine et de Chirurgie.)
M. Baguas adresse de Sesia (Piémont) une Note concernant une méthode
de traitement qu'il annonce avoir employée avec succès contre la rage, et
qu'il croit devoir être également efficace contre le choléra-morbus.
(Renvoi à l'examen de la Section de Médecine constituée en Commission
spéciale pour l'examen des pièces destinées au concours du legs Bréant.)
M. Lotis soumet au jugement de l'Académie un nouveau système de
chaîne galvanique destinée aux usages médicaux.
(Commissaires, MM. Becquerel, Despretz. }
( 9*» )
CORRESPONDANCE.
M. le Secrétaire perpétuel signale, parmi les pièces imprimées de la cor-
pondance, le VI e volume de Y Histoire des progrès de la Géologie, de i834 à
1 855., par M. d'Jrckia&j ouvrage publié par la Société Géologique de France,
sons les auspices de M. le Ministre de l'Instruction publique. Ce volume est
consacre à résumer les travaux -publiés dans les différentes langues de l'Eu-
rope sur la formation jurassique. Il n'est ni moins clair ni moins complet
que eeux qui le précèdent; plusieurs planches de coupes y sont annexées,
et l'abondance des travaux disséminés depuis vingt ans dans tous les recueils
scientifiques a été telle, que le terrain jurassiqiïè ne pourra être términéque
dans le volume suivant, qui paraîtra incessamment.
. M, le Secrétaire perpétuel; signale également la deuxième partie du t. V
des Mémoires de la Société Géologique de France. Ge volume est consacré
à deux grands travaux paléontologiques accompagnés l'un et l'autre de
nombreuses planches; le premier intitulé : « Paléontologie de l'étage infé-
» rieur de la formation liasique de la province de Luxembourg, Grand-
» Duché (Hollande), et de Hettange du département de la Moselle, par
» M. 0, Terquem » ; et le second intitulé : « Fossiles de la craie de Meudon
» et description de quelques espèces nouvelles^ par M. Hébert ».
M. le Secrétaire perpétuel présente, au nom l'auteur qui assiste à la
séance, un ouvrage écrit en jtalien et ayant pour titre ; « Recherches analy-
tiques sur les surfaces annulaires à cône directeur, parilf. V. À. Rossi,
architecte, professeur de mécanique appliquée à l'Ecole royale militaire dé
Naples, etc..}): - . : _-'_ '. ? . "_ '; ' •* -
M. le Secrétaire perpétuel enfin signale une nouvelle livraison (février
1 856) des Tableaux pubHés -mensuellement par l'observatoire météorolo-
gique de l'Ecole polytechnique de Lisbonne.
« Le prince Charles Bonaparte informe ses confrères que M. Sclater,
ayant appris qu'il avait été fait mention, dans une de leurs dernières séances,
de la liste qu'il a rédigée dès. Oiseaux de Bogota, s'empresse de faire hom-
mage à l'Académie d'un exemplaire de ce travail récent ; c'est lui que
M. Sclater a choisi pour interprète , et c'est avec plaisir qu'il s'acquitte de
cette commission , profitant de l'occasion pour déposer en même temps
sur le bureau la Note explicative suivante de ses derniers tableaux.
( 953 ).
Note sur les Tableaux -des Gallinacés ; par le Prince Ch. Bonaparte.
« Plusieurs zoologistes m'ont exprimé le désir de connaître dès à présent
les nouvelles espèces de Gallinacés indiquées dans les tableaux que j'ai eu
l'honneur de soumettre lundi dernier à l'Académie. Je réponds à cet appel
par les courtes indications que l'on .va lire et qui suffiront, j'espère, à in-
troduire légalement dans le domaine de la science les espèces en question.
i. Mon Francolinus vulgaris est celui deStephens, Gould, etc., de Sicile.
o, Fr. asiœ, Bp., est la race plus petite de l'Inde, à peine reconnaissable k
la tache blanche auriculaire moins étendue et différemment conformée.
3. Fr. henrici, Bp., est une grande race du Scinde, à ailes courtes, dont
nous devons la connaissance au D r Henri Gould , jeune savant enlevé a la
science et à ses amis au moment où il commençait à prouver efficacement
sa reconnaissance à son père, pour la brillante éducation qu'il en avait
raçoa.. Puisse ce juste tribut payé à sa mémoire faire couler des larmes
moins amères à sa famille inconsolable !
4. Fr. tristriatus , Bp., comme son nom l'indique , se distingue par les
trois bandes blanches qu'il porte le long des côtés de la tète. Nous le devons
à M. Gaudry, qui l'a rapporté de Chypre au Muséum, avec une Perdrix à
peine différente de la véritable grœca. On sait que c'est de cette île prin-
cipalement que nous venaient les Francolins au moyen âge , et que celui
qu'a figuré Edwards en avait été apporté.
N.B. Fr. concentricus , Gr. , n'est pas un Francoliné, mais bien une ffepbur-
nia. — Les Scleropterœ doivent commencer après Ch.naialensis, ce dernier
étant le 'seul vrai Clamator outre le type. Jamais la convenance scienti-
fique des séries parallèles n'a été mieux démontrée qu'à l'occasion des
genres Margaroperdix, Amrnoperdix et Ptilopaçhus. Ces Perditions ont
tous la plus grande affinité avec les Cailles , qu'ils représentent en outre
chacun dans son groupe analogiquement. Ainsi les Ptilopaçhus sont les
Cailles des Starnés; les Amrnoperdix, les Cailles des Perdice's; et les
Margaroperdix , les Cailles des Francolinés. Ces dernières même n'ont
guère de Francolin que la couleur, et n'était le terme homologue qu'elles
constituent si bien, nous les rangerions parmi les véritables Coturnicés.
En tout cas, analogie et affinité sont portées chez elles l'une et l'autre à
un aussi haut degré, que ces deux sortes de rapports semblent, en ce cas par-
ticulier, se confondre ensemble.
5. La nouvelle espèce de Perdrix grise de l'Himalaïa va nous être
figurée par Gould, sous le nom de P. hodgsoniœ ; elle est le parfait repré-
sentant de la nôtre. St. thoracica s'en éloigne déjà considérablement,
C. R., 1856, I er Semestre. (T. XLII, N° 20.) I2 ^
(9^4)
et charltoni et scutata , que nous n'avons pas vues en nature,' probable-
ment beaucoup plus encore.
6. Il est évident que sous le nom de dentatus , Tem mincis* avait con-
fondu plusieurs Odontophoms, même et surtout le guianensis (ru/us,
Vieill.) , et le dentatus de Lichtenstein , qui le premier a séparé les deux
espèces. Quant à nous, laissant ce nom à l'espèce du Para (au nord du
Brésil), qui provient au Muséum de l'ancienne collection de Lisbonne,
nous distinguons comme Od. capueira , la race méridionale plus sombre
en dessous; et nous appelons, avec Sir William Jardine , Od. capistratus ,
celle du Mexique dont les parties inférieures sont noirâtres, et que nous ne
concevons pas qu'on ait pu réunir aux précédentes.
» 7. Eupsichortyx sclateri, Bp., n'a pas besoin de description : c'est la
seule espèce du genre qui ait la gorge noire, et par cette circonstance et par
son aspect général elle ressemble à Lophortyx califovnica et à une véritable
Ortyx.
» 8. Noihocerciis bourcieri et N. julius ne forment qu'une seule espèce,
bien caractérisée par les couvertures inférieures des ailes noires, espèce
que j'ai entendu dédier, non pas à M. Jules Bourcier, mais à M. Jules Ver-
reaux! Par contre, ajoutez deux espèces à la liste déjà si nombreuse des
Crypturés ou plutôt Tinamés :
» Crypturus megapodius , Bp., Mus. Paris., ex toto fuliginoso-olivaceus ,
si semblable en apparence aux Mégapodes , que son nom seul doit le faire
reconnaître. On ignore sa patrie, mais j'ai de fortes raisons de croire que
I exemplaire unique du Muséum, qui va enfin sortir des magasins, prove-
nait de Cayenne.
» Nothura punctulata^Bp. ex Gay, du Cbili, semblable à ses congénères;
mais à bec plus recourbé et à poitrine violâtre parsemée de points blancs.
» Tinamus weddelli a été rapporté des forêts vierges de la Paz en Bolivie,
par le botaniste dont je lui ai donné le nom, et dont les travaux viennent
d être si bien appréciés par l'Académie. C'est pourquoi nous le séparons
de T. tao avec lequel nous n'avons pas les moyens de le comparer.
» Crypturus cervinus, Bp., est la race pâle du tataupa qui provient de
Chiquitos, et se montre intermédiaire à cette espèce des environs de Rio et
auparaVcwZra,Wagler, de l'intérieur du Brésil. Son bec est fort et ses cou-
leurs peu foncées.
» 9. Nothocernus sallœijBp., du Mexique (1). Statura N. delattrii vel
(1) Cette belle espèce est dédiée à l'infatigable voyageur , M. Auguste Salle, qui vient
encore tout récemment de rapporter du Mexique une magnifique collection d'Oiseaux, ra-
• [9^ )
cinnamomei cui similis y sed nigricans, nifo-undulatus } undulis nuchalibus
et partium corporis posticarum vegetioribus , in cervice et vertice vix ullis;
gula alba; jugulo plumbeo; subtus cinnarnomeus, lateribus cinereo-vermi-
culatis , postice nigro-undulatis : tectricihus alarum superioribus omnibus
massés principalement aux environs de Cordova dans l'État de Yera-Crux, et autour du pic
ou volcan d'Orizoba, dans l'État de Puebla. Les sexes des deux cents espèces environ dont elle
se compose s'y trouvent, pour la plupart, constatés et appareillés avec une exactitude aussi
rare qu'utile à l'Ornithologie; et les détails sur l'habitat et la manière de vivre accompagnent
les peaux dans l'état le plus parfait de conservation. Notkocercus sallœi n'est pas la seule
nouvelle espèce de la collection, qui en contient au contraire plusieurs. Nous y trouvons ainsi :
i°. Un splendide Trogonien, Trogon sallœi, Bp. Aureo-viridis ; fronte, geni-s, gulaqur,
nigris; fascia pectorali macidaque subalari alba; abdomine crissoque aurantiacis ; lateribus
plumbeis; alis nigris [subtus plumbeis) ; remigibus puris; tectricibus albo-vermiculatis ; rec-
tricibus mediis viridi-aureis, fascia apicali nigra ; proximis nigris, pogonio externo tantum,
et apicc ipso excepto, aureo-viridibus ; cœteris externis nigris albo-lineatis; rostro rubro.
Fœmina ex toto nigricans; abdomine tantum aurantio ; tectricibus alarum et rectricum
pogonin externo albo-lineatis; rostro fusco.
La bande noire terminale de la queue est encore très-marquée dans la femelle, le noir bril-
lant tranchant sur le noir mat.
L'excellente Monographie de Gould nous a mis à même de constater de suite la nouveauté
de ce beau Volucre. M. Salle a rapporté des mêmes contrées le Trogon xalappensis, Dubus,
( Tr. luciani, Less. ex Bp. 183^ ), qui manque aussi dans cet ouvrage , ainsi que Trogon ramo-
nianus, Deville. Minimus : nigro-ardesiacus ; abdomine crissoque aureo-aurantiis ; orbitis
stricte albis; tectricibus alarum remigibusque extus albo-limbatis ; his undique nigris; rectri-
cibus extimis utrinque tribus pogonio externo albo nigro-fasciolatis, apiceque candido. Fœmina.
2°. Un Fringillide si remarquable, qu'il nous décide à fonder un nouveau genre composé
de cette espèce mexicaine que nous nommons melanotis, et d'un autre Spizien de Colombie que
nous avons appelé dans nos notes à la collection Delattre , Passerculus geospizopsis. Ces Passe-
reaux , en effet, par la forme de leur bec très-court et trièdre, par la brièveté et la conforma-
tion de leurs ailes, dont la première rémige est si courte, et les cinq suivantes de longueur
égale, par leurs pattes si énormément développées, offrent des caractères tout particuliers.
Nous nommons le genre Geospizopsis, et l'espèce déjà décrite G. typus ; tandis que notre
G. melanotis peut se définir ainsi :
Geospizopsis nigricans , plumis singulis margine toto rufo; superciliis lalissimis albidis ;
genis et regione auriculari nigris; subtus albocervinus, gula pure, pectore dense stria to ;
cauda brevi, rectricibus angustis.
Presque intermédiaire entre les deux familles des Fringillides et des Ictérides, notre
nouveau genre tient à la fois de Dolichonyx, Sw., tout au plus, il est vrai, le dernier des
Agélaiés, et d' Embernagra placé, mais peut-être à tort, parmi les Pipilonés.
Nous n'étendrons pas plus loin les déterminations d'espèces nouvelles ou intéressantes con-
tenues dans la collection de M. Salle, puisque M. Sclater a bien voulu , à notre demande, se
charger de la rédaction d'un Catalogue raisonné et complet. Contentons-nous donc d'un coup
d'œil rapide sur chaque Ordre.
125..
(956) _ .
cinnamomeo-undulaiis ; inferiorihus cinereis, quarum externis nigricantî-
bus : remigibus unicoloribus : rectricibus riifo nigroque fasciatls : rostro
corneo t pedibus rubellis. " ~ -
Dans le premier, celui des Perroquets, on remarque un beau couple de Pionus senilis, et la
jolie petite espèce de Myiopsitta, nommée un peu trop à la hâte tigrina -par M. Souancé, car
c'est évidemment la prétendue Psittacula lineola, Cassin,- Proceed. of the Acad. Nat, Se.
Philad. V, p. 3^3 (i853). Faisons observer, à propos de cette espèce du Mexique et de
Venezuela à la fois, qu'une autre bien plus brillante, notre pyrilia, forme maintenant avec
Yamazonina , 0. des Murs, notre genre Pyrilia; et que cette Pyrilia typica, Bp., n'a rien
de commun avec Psittaeus evops, Wagl. C'est aussi de Bogota et non pas du Pérou, comme
on l'a cru jusqu'à présent, que vient l'élégant Psittaeus hueti, Temm. , type aujourd'hui de
notre genre Urochroma à substituer à Phrhulopsis. - ■
Le légitime Ps . hœmatogaster, Gould , malheureusement échangé en nourrice , étant le
même oiseau qu'il a depuis nommé flaveolus, nous nous voyons obligé de proposer pour son
nouvel hœmatogaster le nom de Psephotus hœmdtotrhous. Dans un précédent volume de ï85o
de ces Comptes rendus, on nous a 'imprimé par erreur hœmatonotus au lieu de hœmatogaster,
ce qui n'a pas peu contribué à brouiller le sujet que nous éclaircissons Ici.
" Dans l'Ordre seeond, des Oiseaux de proie, parmi dix espèces toutes intéressantes, nous
citerons un Falconide et trois Strigides.
t. Buteo insignatus, Gassin, dont on ne connaissait jusqu'à présent que le seul exem-
plaire-du musée de Québec que nous avons admiré à Paris parmi les merveilles de l'Exposi-
tion. "Avec l'apparence trompeuse d'une Asturina, il nous semble constituer une seconde
espèce du genre 2?Kfc'ofo,Dubus.
2 et 3. Ces petites Chouettes de notre genre P/ialœnopsis sont probablement les exem-
* plaires mexicains (Tinfuscata et de fèrruginea, d'après lesquels Lichtehstein aura fondé ses
Atlienc pusio et cinnamomea. . •.
Dans le troisième Ordre, les Passereaux, remarquons d'abord une belle série conclusse
pouf la limitation de l'espèce, de huit exemplaires de Psilorhinus morio tous différents par
la couleur du bec et du ventre.
2. Aphelocoma floridana, la même qu'aux Florides, distincte de celle à sourcils de Cali-
fornie, et des autres reçues-jusqu'ici du Mexique.
3. Bananworus affinis, Bp. ex Lawr. — 4- Caiyothraustes poliogaster, Dubus. — 5- Cya-
noloxia concreta, Dubus, que nous n'avions jamais vue, et d'autant plus précieuse qu'elle
est accompagnée de E. parellina et de cœrulea, — 6. Pipilo mesoteucus, si semblable au
fuscus. — 7. Embernagra rwfwirgata, Lawr., apportée pour la première fois en Europfr.
8. Coturniculus henslowi, Aud., espèce rare aux États-Unis.
g. Passerculus alaudinus , Bp. , et ma toute nouvelle espèce P. zonarias, prise à tort pour
Pencœa bachmanni, Audubon , puisque cet auteur la considère comme la femelle de Peucœa
lincolni : l'une et l'autre de ces espèces sont plus voisines d' Ammodromus que de Passerculus.
10. Phonipara pusilla, Bp. ,ex Sw. — 1 1 et 12, Chrysomitris mexicana, Sw. et la notata,
Dubus. — i3. Pyrrliulinota hœmorrhoa, Bp. ex Licht., affublée de quatre noms, et qu'il
ne faut plus confondre avecfrontalis, Say, aussi sauvage que l'autre est familière.
i4- Une nouvelle espèce d'HelinaJa. — i5. Une autre aussi jolie que rare du groupe des
(9^7 )
» On sait que dans N. jullus les couvertures inférieures des ailes sont
entièrement noires : dans d'autres espèces, au contraire, elles se montrent
blanches, grises, ou même bicolores. »
Setophaga à ventre rouge. Set. sallœi, Bp. et Sclater. Cceruleo-plumbea, superciliis vix
obscurioribus ; litura postoculare alba; genis gulaque plumbeis; pectorc abdomineque cocci-
neis; lateribus postice candidis : remigibus rectrici busqué supra plumbeis, unicoloribus : rostre
validiculo, incurvo.
Tous ces Passereaux appartiennent à la Tribu des Chanteurs ; celle des Voxucbes est
encore bien plus riche. Les Trochilides comptent à eux seuls vingt-six espèces.
Parmi ses Zygodactyles, nous avons déterminé quinze espèces, parmi lesquelles nous cite-
rons :
i. Dromococeyx mexicana, Bp., à peine différente de l'espèce méridionale.
2. Piaya viridirostris, P. Wurt., excellente espèce qui remplace au Mexique la commune
de Cayenne.
3, 4 et 5. Les très- intéressants Picus scalaris, jardinii et cancellatus.
6. Chloronerpes esruginosus, Bp. ex Licht., qu'il ne faut pas confondre avec rubiginosus
de l'Amérique du Sud , et encore moins avec celui de l'Inde.
7 et 8. Dryotomus guatemalensis çf et 2 et Dr. delattrii, Bp., à joues grises , à bec
blanc et court comme dans le scalaris, Vig. , mais à ventre rayé et à couvertures inférieures
des ailes isabelle et non jaunes.
Dans l'Ordre V, Pigeons, entrent une dizaine d'espèces; on appréciera surtout, à cause
de la localité : i. Chlorœnos Jlavirostris, Wagl. — 2. Chl. fasciata , Say. — 3. Peristera
geoffroyi , Temm. — 4- Oreopeleia martinica , Bp.
Il est étonnant que P. geoffroyi du Brésil se retrouve identique au Mexique, tandis que dans
les régions intermédiaires elle est remplacée par P. mondetoura. Nous nous empressons d'a-
jouter que M. Florent Prévost vient de découvrir la femelle de cette nouvelle espèce. D'après
l'exemplaire qu'il nous a montré, peut-être à la vérité très-jeune, elle diffère beaucoup plus
que l'on n'aurait pu s'y attendre et de son propre mâle, et des femelles de ses congénères. Elle
est revêtue d'un roux sombre nuage de brnn, qui s'éclaircit sur le croupion, la poitrine, les
couvertures inférieures des ailes et les pennes médianes de la queue, et devient isabelle sur le
front et le crissum ; la gorge et le ventre sont blanchâtres; les pennes latérales de la queue
noirâtres, et blanches pour un demi-pouce à l'extrémité. Les belles taches alaires sont à peine
indiquées par une teinte plus sombre.
Dans l'Ordre VI, Herodiones, nous n'avons que Bolaurus minor, Gm . eAButorides virescens, L.
Dans l'Ordre IX, Gallinœ , outre le Nothocercus sallœi, Bp., décrit ci -dessus, nous en-
registrons les Odontophorus guttatus et lineolotus, VOrtyx pectoralis et \Ortalida polioce-
phala , Wagl. , dont les trois premières manquent au Musée de Paris.
Dans l'Ordre X, Grallœ, nous avons une Gallinago, que nous ne saurions éloigner de
notre wilsoni, mais qui a probablement servi de type à une ou à plusieurs des espèces dou-
teuses de Wagler. Nous avons trouvé, en outre, Àctitis chloropygius, Bp. ex Vieil!., et
Pelidna pectoralis , Bp.
Dans l'Ordre XI, Anseres finalement, M. Salle n'a rapporté que Pterocyanea eœru-
leata , Lichtenstein.
(958)
astronomie. — Lettre du P. Secchi à M. Elie de Beaumont en lui adres-
sant pour Ucadénrie une image photographiée d'une portion de la
lune.
« Je prends l'occasion d'un ami qui va à Paris pour adresser, par votre
moyen, à l'Académie une photographie représentant le cratère de la lune
nommé Copernicus. Ce travail, commencé pour une espèce d'amusement,
ayant assez bien réussi, je me suis résolu de le présenter aux astronomes,
comme possédant quelque intérêt en sélénographie.
» L'échelle de la figure est en proportion 6g6 Voo eriv i ron i et suffisante
pour y exprimer les parties les plus intéressantes des configurations du sol
lunaire. L'épreuve photographique n'a pas été tirée directement de la lune
par voie de photographie, ce qui a été trouvé impossible pour de pareilles
dimensions, mais on l'a obtenue d'un dessin exécuté soigneusement. sur
une échelle un peu plus grande, et ayant pour base une triangulation mi-
crométrique des points principaux delà tache : les détails ont été mis à vue en
employant un grossissement de 760 à 1000 fois. La construction de ce dessin,
quoique facile en apparence, a présenté cependant des difficultés sérieuses.
Les ombres changeantperpétuellement, l'aspect de la tache se trouve différent
dans les heures successives du travail , et la libration de la lune dans des
lunaisons différentes change notablement sa forme et fait varier le rapport
apparent des distances. Pour éviter les conséquences de toutes ces difficultés,
on a fait d'abord un dessin général des masses sous le point de lumière
qu'on voit dans la figure , le plus convenable pour découvrir tout le cra-
tère, et tel qu'on a ordinairement au dixième jour d'âge de la lune. Après
cela, on a relevé les dessins partiels des détails, de manière à se mettre en état
de reconnaître leur forme véritable, et de toutes ces portions réunies en-
semble on a composé de nouveau la figure entière. La figure ainsi préparée
a été achevée et harmonisée après plusieurs comparaisons générales faites
lorsque la tache était sous le point de lumière primitif. Ce travail a ainsi
occupé un dessinateur de profession pendant sept lunaisons consécutives,
sans compter le temps employé auparavant à prendre une pratique suffisante
à cette espèce de dessin toujours fait à la lunette. La perfection du mouve-
ment parallatique de l'équatorial de Merz nous a été d'un grand service.
» Le but principal étant celui de la description du grand cratère central,
le cadre n'est pas encore tout rempli de ce qu'on pourrait y placer, surtout
près des bords ; ce qui se fera après dans dés circonstances favorables. Les
(959)
parties surtout les plus éloignées étant placées seulement d'après des mesures
moins soignées , ne peuvent pas être regardées comme définitivement déter-
minées. Après plusieurs comparaisons très-soigoées, ayant acquis la convic-
tion de l'exactitude du dessin dans tout ce qui regarde la partie principale
du grand cratère et ses accessoires, j'en ai fait tirer des copies en photogra-
phie, et je prie l'Académie d'en vouloir bien accepter une.
L'inspection même partielle de la tache fait voir une double enceinte
annulaire de montagnes. L'extérieure, qui est la plus basse, a un diamètre
moyen de 48 secondes ( \'\= 1820 mètres à peu près), l'autre, intérieure, et
qui forme les bords du cratère, a un diamètre moyen de 38 secondes, et a .
à sa partie occidentale un pic très-élevé. La place intérieure a 20 secondes.
L'intérieur du cratère, assez escarpé, présente une triple enceinte lui-même
de rochers brisés et un grand nombre de gros fragments amoncelés au pied
de l'escarpement, comme s'ils étaient des masses roulées en bas des mon-
tagnes environnantes. Le cratère présente deux grandes échancrures, ou
plutôt crevasses, aux extrémités du diamètre nord et sud, et il est remar-
quable que sur la ligne de ces échancrures se trouvent placés, au dehors
d'un côté et de l'autre, des cratères plus petits accouplés.
» A l'extérieur du grand cratère on voit une foule de lignes rayonnantes,
composées la plus grande partie de petits monticules ou cônes alignés, al-
ternant avec des ravines assez profondes. La largeur de ces lignes saillantes
ne permet pas de les croire toutes courants de lave, mais elles ont plutôt de
l'analogie avec les lignes de pente semblablement disposées qu'on voit au-
tour de nos montagnes volcaniques des environs de Rome. Vous avez déjà
vous-même indiqué cette analogie en parlant de la carte très-belle que les
officiers français ont faite des environs de Rome, et après des études ré-
pétées que j'ai eu occasion de faire dans les collines du Latium, je me suis
convaincu delà similitude parfaite qui existe, même dans les détails les plus
minutieux, entre ces volcans et les formations lunaires. La manière la plus
simple de concevoir leur formation est d'admettre que les bords des mon-
tagnes circulaires actuellement visibles ne sont que les résidus d'immenses
dômes qui se sont formés et écroulés successivement, de sorte cependant
que les dômes postérieurs ont eu un diamètre toujours décroissant. La mon-
tagne annulaire deCopernic présente la même double enceinte que le groupe
de volcans Latins, mais seulement sur une plus grande échelle. La question
de savoir si la force volcanique sur la lune est actuellement éteinte ne
pourra se résoudre que lorsqu'on aura le dessin très-exact, en grande
échelle, de l'état de la surface lunaire à une époque certaine : les travaux '
( ô6o )
sélénographiques faits jusqu'au présent sont bien peu de chose pour nous
servir de point de départ. C'est en vue d'arriver à cette connaissance que
le travail que je poursuis pourra être utile, surtout lorsque; après de nom-
breuses vérifications on l'aura corrigé et perfectionné partout où il peut
en avoir besoin. ....._".
» Je vous adresse encore un exemplaire de la description de l'appareil
Porm pour la mesure des bases, et je vous prie de présenter à l'Acadé-
mie mes remerciments pour les Comptes rendus, que l'observatoire con-
tinue à recevoir. J'espère pouvoir bientôt vous envoyer une description
du nouvel observatoire, avec une suite considérable d'observations que j'ai
faites, surtout d'étoiles doubles. »; -
A la suite de cette communication, M. le Secrétaire perpétuel fait passer
sous les yeux de l'Académie la photographie qui est mentionnée dans la
Lettre du P. Secchi. M. le Président décide que cette " photographie sera
déposée à la bibliothèque. --■_-., .■;■-.
OPTiQDE. — Sur la courbure des surfaces focales dans le cas d'un objectif
composé d'un nombre quelconque, de lentilles en contact, traversé en son
: centre de figure. par des pinceaux ou faisceaux très-minces de rajom
. lumineux; par M, Breton (de Champ). . ; --■
a Dans la théorie ordinaire des images formées au foyer des instruments
qui servent ;à augmenter la puissancede îa vision, on supposeque les" rayons
de lumière qui tombentsurrobjectif font avec Faxederinsùuiment des anglea
très-petits, et par suite on considère, et il est en effet permis alors de consi-
dérer l'image d'une figure tracée dans un plan perpendiculaire à cet axe,
comme située tout entière dans le plan focal. Mais lorsqu'on veut embrasser
un champ de quelque étendue, cette théorie devient insuffisante, car il ré-
sulte de la loi mise en évidence par M. Sturm(*), à laquelle est assujettie la
forme d'un faisceau très-mince de rayons homogènes émanés d'un même
point, après un nombre quelconque de réfractions, qu'il doit exister deux
endroits, réels ou virtuels, où sa section transversale se réduit à une ligne
droite. L'une de ces Jignes est située dans le plan qui- passe par le, point
rayonnant et par l'axe de l'appareil. La seconde est perpendiculaire^ à ce
(■*) Mémoire sur la théorie de la vision (Comptes rendus, : tome -XX, pages 555-559 et
I23g-I243). - . -
( 96« )
plan. Enfin toutes deux sont perpendiculaires à la direction du faisceau
émergent, en des points qui, en général, ne coïncident pas; quand ces deux
droites se rencontrent, leur point d'intersection est un foyer proprement
dit.
» Il m'a paru intéressant d'étudier de quelle manière les deux lignes de
striction dont il s'agit s'éloignent l'une de l'autre à mesure que l'obliquité
du pinceau ou faisceau incident augmente, dans le cas d'un objectif qui
n'aurait qu'une épaisseur infiniment petite, en supposant que les rayons
ne puissent s'écarter que fort peu de son centre de figure. Les rayons de
courbure des lieux géométriques des deux points où la section transversale
de chaque faisceau émergent se réduit à une ligne droite, lieux que, pour
abréger, j'appellerai les surf aces focales , sont éminemment propres à don-
ner une idée de ce qui se passe dans la région focale. Je vais faire connaître
les formules très-simples qui peuvent servir à calculer ces rayons.
» Si, dans la première équation du § II de la théorie mathématique des
effets de la lentille simple employée comme objectif de chambre obscure et
comme besicle, qui a fait l'objet d'une précédente communication (*) , on sup-
pose A Cil nul, après avoir préalablement multiplié tousses termes par AJ.,,
on trouve, en faisant attention que -^ se réduit alors à —, la relation
l(3_I+>\ = l(3_l+i.).
u VA, r, pj «, \A, r, p,/
En traitant de même la seconde équation, c'est-à-dire en multipliant d'a-
bord par A' c . 2 ,, puis faisant A',.?, = o, ce qui est une conséquence des hypo-
thèses A c<( = o, h, = o, on trouve
4=1(3 1+4.,,
p./ B\A» r * p*
ajoutant membre à membre ces deux équations, il vient, toutes réductions
faites,
/„ B \ I I I
3 + -)-? + - r = o.
V "■// P2 P.
Par un calcul semblable, on tire de la troisième équation du paragraphe
(*) Foi rie Compte rendu de la séance du 24 mars i856.
C. R., i856, I er Semestre. ( T. XLII, N° 20.) X 2 °
II
- = o.
"s
■'(:96»;)
précité et delà quatrième
» Il faut se rappeler que les p' et les p" désignent précisément les rayons
de courbure cherchés, et que p' , p" sont les rayons de courbure ana-
logues quand le faisceau incident a déjà cessé d'être conique "et qu'il
possède des lignes de striction. La question est donc dès à présent résolue
pour le cas d'une seule lentille. Nous voyons que pour une lentille simple
les deux rajons.de courbure des surfaces focales sont indépendants du rap-
port des courbures des faces antérieure et postérieure.^ ' .
» Si l'on suppose \-j = o, ~j = ô, ce qui à lieu quand les rayons éma-
nent de points situés- sur un plan perpendiculaire à l'axe de l'appareil ,
on a
- „' — f~ ' « _ ■■•■ • / " ' "
■:,•-. p >--—--*»= -,— r -- ..-;.-.
•- ■ ' - •*' ■• • - •- ."'
Ainsi donc les deux surfaces focales tournent alors leur concavité vers la
JenHlfe ou dans le sens opposé, suivant que la lentille est convergente ou
divergente. - — - .. ; ;
» Les rayons de courbure sont dans tous les cas indépendants de la dis-
tance A,. , _L „ _1 _ _ : '_ _I _ ' .'_ _ .1 — 1. 1.
» Ces propriétés remarquables appartiennent aux objectifs composés,
pourvu que leur épaisseur soit négligeable. Appelons en effet/,, / 2 ,,.., /
Igs longueurs locales des lentilles composantëslet n t , n 2 , . . . , n,, leurs indices
de réfraction, nous aurons - . — * = -. ■-'
= o, - __ ( i + — | _.+-_: — „
i
7.
3+ M + x?-h?^-^[\H)?*ï.-i=°>
3+ iùk + i~h=°' ; ( 1 +i)i, + rt-'=°-
\ /*/■> r*p Fa,*- a . A V / -V <V
Pa,«— 2
ajoutant membre à membre ces deux suites d'équations, il vient
( 963 )
On voit que les rayons p' et p" sont, comme je l'avais annoncé, indé-
pendants de la distance A, et des rapports des courbures antérieure et pos-
térieure des lentilles composantes.
» Ces deux dernières équations étant retranchées l'une de l'autre
donnent
' i i i\ i i / i j
f> f> ' ' ' fu.) <V Plu. \P'o P»
» Or on a
ii ii
7 + 7 + ---+T t;'
F étant la longueur focale de l'objectif; d'où il résulte que, si l'on suppose
— = o, — = o, la différence -; — ' — des courbures des deux surfaces
P» P» PS/. P 2/t
focales est égale à — •-• Cette différence ne peut donc jamais être null„e quand
l'objectif reçoit directement les rayons lumineux.
» On a d'ailleurs séparément, pour le même cas,
i _ 3 / i i i \
Pa/« F \ n 'f< "'■/> n H ff,)
i i / i i i
géologie. — Note sur la Carte géologique du département des Vosges
et sur quelques accidents géologiques figurés dans ce travail; par
M. E. de Billy, ingénieur en chef des Mines.
« Au mois de décembre i85a, l'Académie des Sciences a bien voulu
agréer l'hommage d'un exemplaire de ma Carte géologique du département
des Vosges sur l'échelle du 8o ooo ième . Qu'il me soit permis de lui offrir au-
jourd'hui la réduction de cette carte au 200 ooo ième .
» De même que la grande carte, ma réduction est un produit de l'Impri-
merie impériale. »
» Afin d'y rendre les indications géologiques plus faciles à saisir, j'y ai
supprimé les indications topographiques des forêts et des mouvements
de la surface; mais on peut aisément y deviner le relief du sol d'après la
direction des nombreux cours d'eau.
<> En parcourant des yeux cette carte, on est frappé de l'influence qu'ont
126.,
( m )
exercée sur le relief les soulèvements granitiques et notamment les pointe-
ments isolés de granit qui ont surgi dans les parties centrales et vers le sud-
ouest du département.
. » L'étude de ces pointements suffit bien souvent pour expliquer la con-
figuration du sol , en même temps qu'elle révèle la nature et l'épaisseur des
roches dont le granit est recouvert encore aujourd'hui.
» Dans la haute chaîne des Vosges, nous voyons les- roches cristallines
presque exclusivement au contact des terrains de transition appartenant à
plusieurs époques. Quelques lambeaux de grès rouge et de grès vosgien
épars à la surface de ces roches ne sont guère que des témoins isolés consta-
tant l'ancienne extension des roches arénacées secondaires.
» Dans la région septentrionale des montagnes, nous trouvons quelques
rares petits dépôts de terrain houiller, et, d'une manière beaucoup plus
prononcée, lés grès rouges en assises de puissance fort variable;
» Le contact du granit avec les grès rouges se voit également près de
Remiremont des deux côtés de la Moselle. .""""-
» Plus à l'ouest, les roches cristallines sont immédiatement recouvertes par
le grès vosgien dont l'extension a été considérable, non-seulement dans le
sens de l'axe de la chaîne, mais encore dans le sens transversal; et nous
voyons ce dépôt de grès diminuer d'épaisseur de plus en plus à mesure
qu'on avance vers l'ouest, à ce point que, dans les vallons à l'ouest de
Darney, il a souvent moins d'un mètre de puissance et- qu'il n'existe plus
du tout à Passavant, non plus qu'à Châtillon-sur-Saône où les pointements
granitiques n'ont amené au jour que du grès bigarré. ' - »
\ t-> Plus au sud-ouest encore, ce dernier disparaît à son tour; c'est ainsi
que dans le département de i laCôte-d'Or,entre le souterrain de Blaisy et
Malain, le granit se montre au jour immédiatement recouvert par les
marnes irisées. - '
» Si nous mentionnons ce dernier pointement, c'est que nous Je ratta-
chons aux nombreux accidents de la surface du sol, dont la plupart signalés
anciennement par M. Elie de Beaumont, ont été observés et décrits par nous
dans les journaux de nos courses géologiques dans le département des Vosges.
Ces mouvements du sol ont été la conséquence du soulèvement de la Côte- .
d'Or dontils affectent la direction ; le granit de Blaisy en particulier se trouve
sur le prolongement de pointements granitiques auxquels on doit attribuer
plusieurs chaînons de collines dans la région sud-ouest du département des
Vosges, et dont l'un notamment se dirige depuis les granits de Thunimont
(vallée-du Goney) par ceux du Bas-du-Mont, jusqu'à celui de Passavant
( 9 65)
(Haute-Saône); c'est une ligne de fracture qui, dirigée suivant un arc de
grand cercle, s'infléchit d'un peu plus d'un degré vers le sud (E. 3S°37'N.
à E. 4o° N.) à l'approche de Blaisy et s'étend sur environ 1 40 kilomètres de
longueur.
» Il n'est pas moins digne d'observation que nombre de ces soulèvements
granitiques ont été accompagnés de dégagements de chaleur, dont les roches
stratifiées superposées au granit portent les traces évidentes.
» Tantôt les grès rouges ont changé de nature d'une manière plus ou
moins complète, tantôt les grès vosgiens et les grès bigarrés amenés au jour
ont été frittes, quelquefois même fondus, ce qu'on voit entre autres d'une
manière bien frappante dans certaines assises de poudingues du grès des
Vosges, comme par exemple auprès de Plombières.
» Un des faits d'altération de roches secondaires les plus dignes d'atten-
tion se voit à peu de distance de Remiremont dans les deux lambeaux du
grès rouge, situés l'un à droite et l'autre à gauche de la vallée de la Moselle.
Ces roches, que l'on a rapportées à une époque beaucoup plus ancienne,
avaient été désignées comme vieux grès rouge, bien qu'elles ne présen-
tassent ni les caractères minéralogiques , ni les fossiles de ce dernier
terrain.
» Nous citerons principalement sous ce rapport la vallée des Roches en
amont du val d'Ajol, près Plombières, où l'une des roches modifiantes ap-
paraît au jour sous la forme d'un puissant filon de quartz blanc, qui coupe
obliquement la vallée et que l'on peut faire suivre sur 25oo mètres de lon-
gueur affectant une direction d'environ E. 35° N.
» Le quartz, en remplissant la fente pratiquée dans le grès rouge, en a dé-
taché de nombreux fragments qu'on y trouve empâtés, en même temps qu'il
a pénétré dans les fissures de la roche encaissante où il constitue de nom-
breux petits filons blancs, blanchâtres ou rougeâtres. Il y a tout lieu de
penser que la formation de ce filon a été accompagnée de sublimations mé-
talliques, telles que le chlorure de fer qui par double décomposition avec la
vapeur d'eau a donné naissance au fer oligiste qu'on trouve en groupes de
petits cristaux, comme dans quelques-uns des phénomènes volcaniques
modernes.
» Et quant au grès rouge encaissant, il a été modifié d'une manière plus
ou moins complète, ayant acquis tout au moins une consistance compacte
qui ne lui- est pas habituelle.
« Le granit sous-jacent traversé par le filon de \a vallée des Roches,
soulevé, soit à la même époque, soit déjà antérieurement, a donné lieu à des
(966)
dénudations très-variées; tantôt il se montre complètement à désouYeriV
tantôt c'est le grès rouge qu'on voit à la surface ; tantôt ce sont des lam-
beaux épars de grès Tosgieiî ; tantôt enfin le grès bigarré conserve sapo'si-
tion relative, n'a été que déplacé, restant superposé au grès vosgien, au
grès rouge, ainsi qu'au granit qui constituait originairement le sol de la
contrée. : _-_ ,
» A l'occasion de la présentation de ma Carte réduite, qu'il me soit per-
mis d& rappeler que, dans une Notice accompagnant ma Carte géologique
au 80 ooo ième , j'avais émis l'opinion que des dépôts sédimentaires avec osse-
ments de grands mammifères , appartenaient à l'époque tertiaire la plus
moderne. Mais je n'ai pas tardé à reconnaître que cette assimilation d'âge
était une erreur ; l'espèce d'éléphant dans les débris duquel M, Bayle a rë-
çonnn l'Elephas primigenius, prouve que ces dépôts appartiennent à l'épo-
que diluvienne. »
physique dd globe. — Sur le mouvement des diverses ondes dont se compose
la marée;, Lettre de M. Chazajulon à M. Élie de Beaumont.
<r La dernière fois que j'eus l'honneur de vous voir, vous me fîtes quel-
ques questions sur le mouvement des diverses ondes dont l'ensemble con-
stitue la marée, et ce phénomène semblait vous intéresser,, même sous le
point de vue géologique. Il serait possible, en effet, que les marées aient
joué un certain rôle dans la configuration générale de la "croûte terrestre
lorsque sa fluidité lui permettait de se laisser mouler en quelque sorte par
l'action du Soleil et de la Lune, et que des pluies diluviennes venaient de
temps à autre solidifier en partie la crête de l'onde. La densité relative de
cette mer de feu pouvait d'ailleurs être telle, qu'il en résultat des marées
colossales, et quelque jour sans doute le génie des mathématiques saura
faire jaillir des formules les phénomènes qui ont dû se produire.
» Quoi qu'il en soit, j'ai pensé qu'il était intéressant de présenter, pour
divers points consécutifs du littoral, Y établissement (t) des ondes dont la
période est un demi-jour, un quart de jour et un sixième de jour lunaire,
ainsi que la grandeur relative de ces divers flux.
» Les résultats suivants sont la moyenne de cinq à six journées d'obser-
vations (2) faites à l'époque des syzygies, et les formules employées sont
«■
(i) C'est-à-dire l'heure du maximum de chaque onde le jour de la syzygie lorsque le
Soleil et la Lune sont dans l'équateur et dans leurs moyennes distances à la Terre.
(2) Pour Cadix, je n'ai pu trouver que deux journées d'observations assez complètes.
" ,V H#*"'
(967 )
celles que j'ai données page .76, tome VII des Annales hydrographiques .
Seulement, comme les observations n'ont été suivies que pendant treize à
quatorze heures et non pendant un jour lunaire entier, on n'a pu éliminer
l'effet de l'onde diurne. Nous avons donc pris, pour r, x , la valeur h x et non
la moyenne de h x et h i2+x , puisque cette dernière valeur est inconnue. Elle
diffère peu d'ailleurs de la première, car nous avons choisi, autant que pos-
sible, les observations faites vers les syzygies de septembre, époque où l'onde
diurne est nulle ou très-petite.
» A6n de rendre les comparaisons plus faciles, nous avons pris le nom-
bre 1000 pour représenter, dans chaque port, la grandeur de la marée
ordinaire.
SOM DD PORT.
Cadix
Socoa
Boucaut
Cordouan
Saiut-Nazaire
Le Palais
Brest
Roscoff
Ile Brehat ,
Saint-Malo
Les Ecrehoux
Ile d'Aurigny. . . .
Cherbourg
La Hougue
Port-en-Bessin , . .
Plage de Merville .
Le Havre
Fécamp
Dieppe . .
Boulogne
Calais
Dunkerque
Ostende
ANSÉE
de
l'obser-
vation.
1807
1826
1826
1826
1821
1820
1816
i83 7
i83o
1829
i832
i83a
i83 2
i833
i834
i834
1834
1834
i834
i835
i836
i836
i836
ETABLISSE
HEKT
du
port.
ÉTABLISSEMENT DE t'ONDE.
AMPLITUDE DE L'OSDE.
h II
I .26
3.3o
3.53
3.53
3.47
3 34
3.46
3.52
5o
24
5,
7.58
8.5o
9.10
9.45
9.53
10.44
11. 8
11.26
11.49
12. i3
12.33
- jour.
I.2g
3.a5
4- 6
3.44
3.56
3.34
3.4,
4- 2
5.54
6.27
6.43
6.58
8. 7
9.25
g.5o
10. 5
10.22
10.40
h . 1 2
n.58
12. i5
12.47
i3.io
rjour.
h 1
8. 9
1 1 .22
2.46
o i3
1 .26
o.3i
'•44
.33
.53
10
.28
1 ,
4-
5.
5.
5.23
6 22
6.57
7.25
7.46
8.16
8.35
9 5o
10 35
io.5g
11. 5i
12.41
•g- jour.
h 1
II .42
1.34
I . O
11.4l
,1.1
n.56
2. 5
2.45
3 42
4 4o
4.16
5.25
7.24
7.35
7.41
8. 1
744
8. 8
g.5o
10.21
1 1 . 3 1
1 2 . 1 5
rjour.
99 2
1007
97°
97°
980
995
980
io4o
994
99°
1002
1000
1007
1010
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1060
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ioo5
980
1009
1020
1000
960
y jour. |l jour.
33
25
9 2
_ 35
92
64
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33
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18
8
8
8
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23
'9
35
67
1 10
9°
64
27
39
5o
53
96
( 9^8 )
» Si l'on examine la marche de ces^ ondes entre la Hougue et Ostende, on
voit que le temps employé est -
h m i
3 , 55 pour l'onde de - jour.
5.44 » \ "
4. Si ■» g »
Ainsi l'onde semi-diurne se propage plus rapidement que les autres ; mais ce
fait souffre des exceptions. Il serait d'ailleurs prématuré -d'en tirer quelque
conséquence générale, car vraisemblablement chacune de ces ondes est la
résultante de plusieurs autres ondes de même espèce, dont quelques-unes
peuvent se propager en sens inverse et produire ainsi des irrégularités appa-
rentes dans l'amplitude et le mouvement du flux. » -
A l'occasion de cette communication, M. Eue de Beadmont signale,
parmi les pièces imprimées de la Correspondance* un Mémoire sur les
marées diurnes solaires et lunaires de la côte de l'Irlande., par M- Sa-
muel Haughton. : 1 • I
PHYSIQUE. - — Note sur la température à laquelle les liquides cessent de
mouiller les vases qui les contiennent,- par M. C. Wolf,; professeur de
physique au lycée de Metz. . : l:".: .,....-.,■■ ■
« On sait depuis longtemps que la -hauteur à laquelle un liquide s'élève
dans un tube capillaire décroît à mesure que la température augmente ; mais
on n'a jamais observé la loi du phénomène au delà de la température ordi-
naire d'ébullition du liquide. Il -serait cependant intéressant de savoir si la
loi se continue au delà de cette limite, et si, par conséquent, il est une tem-
pérature à laquelle la hauteur capillaire devient nulle, au delà de laquelle
l'ascension se change en dépression. C'est ce fait, intimement lié à la théorie
si controversée de l'état sphéroïdal, que j'ai essayé de vérifier.
» En admettant que la loi du décroissement de la hauteur capillaire
obtenue par M. Brunner et plusieurs autres physiciens soit vraie au delà
des limites de leurs expériences, on. arrive à cette conséquence que Ueau
cesserait de mouiller le verre et de s'élever dans un tube vers 536 degrés,
l'éther sulfurique vers "191 degrés. Ne pouvant, d'après ces données, opérer
sur l'eau, j'ai tenté l'expérience sur l'éther ordinaire du commerce.
(969)
» Dans un tube de verre de 1 centimètre environ de diamètre intérieur,
et à parois résistantes, j'ai introduit un tube capillaire et de l'éther sulfu-
rique, puis j'ai fermé à la lampe, après avoir chassé l'air. Ce tube a été placé
verticalement dans une cloche renversée pleine d'huile de lin, à côté d'un
second tube semblable, mais ouvert et plein d'huile dans laquelle plongeait
un thermomètre. Un double agitateur servait à établir l'uniformité de tem-
pérature.
» A mesure que la température s'élève, on voit la colonne liquide
s'abaisser rapidement dans le tube capillaire, et enfin vers 190 ou 191 de-
grés disparaitre complètement. En même temps la surface de l'éther dans le
large tube, d'abord concave, s'approche de plus en plus d'être plane, et le
devient enfin à cette même température.
» Si l'on continue à chauffer, on peut apercevoir le ménisque capillaire
au-dessous du niveau du liquide dans le vase extérieur. Yers 198 degrés, la
surface de l'éther, fortement convexe, semble se couvrir d'un nuage épais
«t ne présente plus qu'un contour mal défini. Enfin, à 200 degrés, comme
l'a déjà observé autrefois M. Cagniard-Latour, le liquide est complètement
réduit en vapeurs. Si l'on abaisse alors la température, le liquide réapparaît
subitement, et les mêmes phénomènes se reproduisent dans l'ordre inverse.
» Il paraît donc exister pour chaque liquide une température à laquelle
il cesse de mouiller le vase qui le renferme, température variable d'ailleurs
avec la nature du liquide et celle du vase, bien supérieure à la température
ambiante pour quelques-uns, mais qui pour d'autres, le mercure et le verre
par exemple, serait de beaucoup inférieure à cette même température.
N'est-il pas permis de conclure de là que très-refroidi, le mercure, s'il res-
tait encore liquide, pourrait mouiller le verre et s'élever dans un tube ca-
pillaire, au lieu de s'y déprimer, et d'établir ainsi une liaisou toute uatu-
relle entre deux ordres de phénomènes jusqu'ici isolés, l'élévation et la
dépression capillaire? »
physique. — Pile voltaïque à courant constant. (Extrait d'une Lettre de
M. V. Doat, addition à la communication faite dans la séance du 5 mai.)
« Depuis la présentation de ma pile galvanique, faite par M. Becquerel
dans la séance du 5 mai, j'ai examiné l'action de mes liquides excitants
sur les divers amalgames et les métaux purs, et je suis arrivé à obtenir
des éléments de pile électrique dépassant en énergie les éléments de pile à
acide nitrique portés à leur maximum de force, sans que la constance se
C. R., i856, I er Semestre. (T. XLII, N° 20.) 12^
( 97° )
soit montrée inférieure à celle de mes couples à mercure pur, et en restant
toujours dans la condition d'une révivification prompte, facile et écono-
mique. »
M. Le Coat de Saint-Haouen, qui en novembre 1847, P res °*e P art i r
pour le Maroc, s'était mis à la disposition de l'Académie pour les recherches
scientifiques qu'elle jugerait utile de faire faire dans ce pays, annonce l'en-
voi prochain d'un liste des oiseaux du nord de l'Afrique qu'il lui sera pos-
sible de se procurer, et une collection presque complète des oeufs de ces
oiseaux. Aujourd'hui il envoie un poisson, appartenant à l'ordre des Plee-
togaathes, qu'il s'est procuré à Tanger.
( Renvoi à l'examen de M. Duméril.) -
..'-■' -a
M. Raynot envoie de Bruxelles un ouvrage imprimé, sur la géométrie et
la trigonométrie considérées dans leurs applications au cadastre.
L'auteur désire obtenir le jugement de l'Académie sur ce travail, dont il
avait déjà adressé en 1 85 1 une ébauche manuscrite.
On fera savoir à M. Raynot que ? d'après une décision déjà ancienne de
l'Académie, les ouvrages imprimés ne peuvent être l'objet d'un Rapport.
M. Pons adresse de Bez, près le Vigan, un Note sur l'emploi du cautère
actuel dans les cas de tumeurs blanches, et adresse à cette occasion une
demande qui ne peut être prise en considération.
L'auteur d'une Note sur la navigation aérienne demande que son nom,
écrit sous pli cacheté, ne soit découvert qu'autant que l'Académie, approu-
vant son système, voudrait en recommander l'adoption au Gouvernement.
D'après un article du règlement de l'Académie concernant les pièces
anonymes, cette communication est considérée comme non avenue.
A 5 heures, l'Académie se forme en comité secret.
La séance est levée à 5 heures trois quarts. E. D. B.
BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE.
L'Académie a reçu, dans la séance du 12 mai i856, les ouvrages, dont
voici les titres :
M. Liapounov. Résultats des observations sur la grande nébuleuse d'Orion,
faites à l'aide de la grande lunette paratlactique de Kazan; Rapport de M. W.
Strdvet; br. in-8°.
~5tf*** r
( 97 1 )
De orbita comitce qui anno appariât disputationem academicam permittente
Imperialis Alexandrœ Universitatis Fennicœ amplissimo Mathematicorum et
Phjsicorum Ordine Prœside Nath. Gerh. aSchidten; p. p. auctor Laur. Leonh.
Lindelôff: br. iu-4°.
Almœ Universitati Dorpatensi diem XII decembris anni MDCCCLII, quo
quinquaginta annos inde ab 01 igine féliciter perfectos célébrât, pie gratulantur
speculœ in Piossia primariœ director et astronomi. Adjecta est OthonisStruvii nar-
ratio deparallaxi stellœ a Lyrœ. Petropoli, i85a ; br. ii>4°.
Rapport fait à M. le Directeur de l'Observatoire central sur les travaux de
V expédition de Bessarabie, entreprise en i852 pour terminer les opérations de la
mesure de l'arc du méridien ; par M. Prazmovski, astronome de l'observatoire
de Varsovie ; br. in-8°.
Ueber... Sur la détermination de la parallaxe de l'étoile d'Argelander, par
M. Wichmann; Mémoire de M. W. Dôllen. Saint-Pétersbourg, i854; br.
in-4°.
Nachricht... Note sur l'achèvement de la mesure de l'arc compris entre le
Danube et la mer Glaciale; br. in-8°.
Uber die... Sur le degré d'exactitude et les corrections à faire aux distances
d 'étoiles observées par Hevelius avec son grand sextant ; par M. LlNDELOEF; br.
in-8°.
Rettificazione... Rectification géométrique et rigoureicse de la circonférence
du cercle par la géométrie élémentaire; par M. J.-B. Malacarke. Vicence,
r856; br. in-8°.
Introduzione... Introduction à la mécanique et à la philosophie de la nature;
parM. J. Gallo; vol. I; fasc. 3 à 5. Turin, i856; in-8°. (M. Regnault est
invité à en faire l'objet d'un Rapport verbal. )
Reply... Réplique aux principes de Chimie agricole de M. Liebig ; par
MM. J.-B. Lawes et J.-H. Gilbert. Londres, i855; br. in-8°.
Kurze... Courte histoire de la syphilisation ; par M. Ernst Radfmajsn ;
br. in-8°.
L'Académie a reçu, dans la séance du 19 mai i856, les ouvrages
dont voici les titres :
Institut impérial de France. Académie des Sciences. Discours prononcés aux
funérailles de M. Binet, le mercredi 14 mai i856; -| feuille in-8°.
Histoire des progrès de la géologie de i834 à i855 ; par M. A. d'Archiac,
publié par la Société Géologique de France, sous les auspices de M. le Ministre
( 97 a )
de l'Instruction publique; t. VI; formation jurassique ;I te Partie. Paris, 1 8 56;
in-8°. -
Mémoires delà Société Géologique de France; 2* série, t. V, II e Partie. Paris,
i855;in-4°. ...■.•;.'.■:.■
Feuille d'assemblage de la carte géologique des Vosges; par M. JE.7DJE Billy,
Ingénieur en chef au corps des Mines; 1848.
Discours prononcés sur la tombe de M. A. -Th.- 4. Vidal [de Cassis), le
17 avril 18 56; br.iq-8 ..
Recherche de l'origine des températures pour servir à la construction d'âne
échelle thermométrique complète ; par M. A.-L.***. Marseille, 1 856; br.in-8°.
Recherches géogéniques;parM.E.-L. Guiet. Mamers, .1.856; br. in-8°.
Réflexions sur la géométrie ; 2 e édition ; par M. F. Rayndt. Bruxelles, i856;
br. in-8°, .-•-..•
Metodo... Méthode pour trouver quatre racines réelles ou imaginaires d'une
équation, numérique donnée dans un ouvrage publié à Vienne , en i85a, par
M. Riedl de ifiuansferay par M. B.Tortoli Ni. Rome, i855 ;_br. in : 8°.
Ricerche... Recherches analytiques sur les superficies annulaires à cône direc-
teur; par M. A-Rossi. Naples, i85i j in-4°.
•Degcrizione. . . Description des instruments adoptés pour la mesure de la base
romaine le long de l'antique voie Appienne; par le Père Seccbi. (Corrispondenza
scientifica in Roma ; n os 22-a3 .)
Con quali mezzi. . . Sur des moyens employés à partir du septième mois de la
grossesse chez les femmes affectées d'une difformité du bassin; par M.; Mina
Palumbo, Messine, 1846; in-12.
Infroduzione. . . Introduction à l'histoire naturelle des monts Madoni (Sicile);
parle même. Palerme, 1 844 ; br. in-8°. ;
Sagli effetti. . . Sur les effets du buse emplojé par les femmes; par le même .
Palerme, 184 1; br.in-8°. -.."•■ .
Su'... Sur les cosmétiques ; par le même. Palerme, j846 ;br- inria.
Cronaca... Histoire de l 'épizootie varioleuse qui a frappé les bêtes ovines en
Sicile, en iSSa; par le même. Palerme, i853; br. in-8°.
The solar. . . Les marées diurnes solaires et lunaires sur les côtes de l'Irlande;
parle Révérend Samuel Haughton, Dublin, i8.55; in-4°.
On the. . . Sur les oiseaux faisant partie de collections envoyées de Santa-Fè de
Bogota; par M. Ph. Lutley^Sclater; br. in-8°.
COMPTE RENDU
DES SÉANCES
DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES.
►*9«^SE»
SÉANCE DU LUNDI 26 MAI 1856.
PRÉSIDENCE DE M. IS. GEOFFROY-SAINT- HILAD1E.
MEMOIRES ET COMMUNICATIONS
DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMffi.
PHYSIQUE mathématique.. — Diï frottement considéré comme cause de
mouvements vibratoires ,• par M. Duhamel.
« Le frottement a été considéré pour la première fois comme produisant
des vibrations et des sons, dans une Note que j'ai présentée à l'Académie
en 1 836, et qui avait pour objet l'action de l'archet sur les cordes. Je me
propose ici de généraliser ie principe qui servait de base à cette théorie et
d'en faire de nouvelles applications.
» Les lois du frottement n'étaient pas assez connues du temps de Daniel
Bernoulli, pour que ce grand physicien pût pensera y rattacher cette action ;
et il fut obligé d'en chercher une explication dans une sorte d'assimilation
de l'archet à une roue dentée. Je crois avoir démontré, dans un Mémoire
présenté en i83g, qu'elle ne saurait être admise; et je n'en ai pas eu d'au-
tre à réfuter, parce que tous les traités d'acoustique ou de physique élémen-
taire parlent de l'emploi de l'archet, sans chercher à rendre raison de son
action.
» Lorsque j'eus donné la véritable cause du son produit, j'en calculai les
effets, et je parvins à cette première proposition générale :
» Le mouvement de La corde par rapport à la position d'équilibre qu'elle
prendrait sous l'influence d'une force égale à celle dujrottement, est le même
C. a., i856, 1 er Semestre. {T. XLII, M° 21.) I2 8
..... .,.. (974) --
que celui de lacorde librement abandonnêe'à elle-même en partant d'une
position initiale, qui serait relativement à sa position en ligne droite, ce que
celle-ci est par rapport à celle d'équilibre ci-dessus définie,
» Il résultait d'abord de cette proposition que sous l'action de l'archet
la corde devait exécuter des vibrations de même durée que lorsqu'elle est
pincée et abandonnée librement à elle-même ; qile par conséquent elle de-
vait rendre le même son dans les deux cas : ce qui est conforme à l'expé-
rience.
» Mais il se présenta immédiatement à mon esprit une autre conséquence
nécessaire qui aurait pu m'inspirer quelque doute, si je n'avais été bien con-
vaincu de l'impossibûité de toute jurtre explication. Cette conséquence con-
siste en ce que :
» Le mouvement de la corde pincée finissant par s'anéantir par suite des
communications avec l'air et les supports 3 celui de la corde frottée par V ar-
chet pendant un temps indéfini devrait, malgré la persistance de la cause,
finir lui-même par s'anéantir.
» Or, ce fait n'ayant jamais été énoncé,, et pouvant même paraître assez
peu vraisemblable, il était nécessaire de le produire ou d'abandonner ma
théorie.
» Bien assuré d'y parvenir, je n'eus à m'oceuper que de la recherche des
moyens les plus simples de produire un frottement constant et d'une durée
indéfinie. Il suffit pour cela d'employer une roue ayant son axe fixe, et
parallèle à la droite qui joint les deux extrémités fixes de la corde. Le
frottement de la roue met d'abord la corde en vibration, et fait entendre
le son fondamental. Mais si on la fait mouvoir assez rapidement pour que
son mouvement relatif soit dans un sens constant, et que par suite la direc-
tion de l'a force de frottement soit constante, on voit bientôt le son dispa-
raître ; la corde reste écartée de sa position naturelle, et par conséquent la
force de frottement continue à s'exercer, en même temps que le mouvement
de la roue continue indéfiniment.
- » Ce fait curieux, que je venais ainsi de découvrir théoriquement et de
vérifier expérimentalement, ayant fortifié mes idées sur ce point important
d'acoustique, j'en étudiai de nouveau les conséquences, et je parvins à la
découverte d'un nouveau fait, plus singulier encore que le précédent, mais
qui cependant devait être réel si mon explication était juste. Ce fait consiste
en ce que Von peut établir entre la vitesse et la pression de l'archet des rap-
ports tels ,quele son produit soit plus grave que le son fondamental. Et l'ex-
périence m'a fait voir, en effet, que l'on peut, au moyen de l'archet, tirer
( 9?5 )
d'une corde une multitude de sons fort au-dessous de celui que l'on avait
regardé jusqu'ici comme le plus grave. Ainsi la théorie que je proposais ré-
sultait nécessairement de l'existence évidente de la force de frottement, et
non-seulement elle s'accordait avec les faits connus, mais encore elle avait
conduit à deux découvertes singulières, dont la vérification expérimentale
en donnait une confirmation qui ne laissait pas place au doute.
» L'action d'un ou de plusieurs archets, ou corps frottants quelconques,
étant remplacée par des forces connues, les petits mouvements d'un sys-
tème quelconque de points soumis à des actions de ce genre rentraient dans
les questions ordinaires de mécanique ; et, d'après cela, le problème géné-
ral pouvait être considéré comme résolu. Il n'était pas inutile cependant
de reconnaître les propositions générales, auxquelles on parvient pour un
système quelconque, et d'en faire l'application à des cas simples, différents
de celui des cordes élastiques. C'est aussi ce que je fis immédiatement. Je ne
publiai rien sur ces recherches, pensant que, d'après ce que j'avais fait con-
naître, chacun potirrait faire ces généralisations, ainsi que ces applications
nouvelles. Mais personne cependant n'ayant paru s'en occuper, j'ai jugé à
propos d'appeler ici sur ce point important l'attention des physiciens et des
géomètres.
» Je dois même dire que, bien loin de chercher à aller au delà de ce que
j'avais énoncé, on n'a pas encore introduit dans l'enseignement de l'acous-
tique la force de frottement considérée comme cause de vibrations; et les
recueils académiques étant moins lus que les ouvrages élémentaires, il est
vraisemblable que beaucoup de professeurs de physique sont hors d'état de
rendre compte du son produit par un archet. Ils doivent en être presque
tous au point où l'on en était avant la publication de mon Mémoire; et je me
souviens qu'un illustre physicien me disait à cette époque qu'il n'avait jamais
bien compris jusque-là comment le contact de l'archet ne déterminait pas
un noeud dans la corde, comme le contact du doigt ou d'un chevalet.
■ » J'ai cherché à me rendre compte du silence des auteurs sur un sujet
aussi essentiel et aussi élémentaire, et j'ai pensé que cela devait tenir aux
procédés de démonstration que j'avais employés. Je faisais usage des équa-
tions aux différentielles partielles des cordes vibrantes, et les traités de phy-
sique ne peuvent supposer au lecteur des connaissances aussi élevées en
analyse.
» Dans ce Mémoire, je considérerai la force de frottement d'une manière
générale, qui renfermera comme cas particulier ce que j'ai dit à l'occasion
de l'archet; mais je n'emprunterai aux mathématiques que le principe de la
128..
(976)
superposition des petits mouvements. J'ai donné une démonstration aussi
élémentaire que possible de ee principe dans mon Mémoire sur les vibra*
tions d'un système de points matériels. D'ailleurs il est énoncé et employé
dans tous les traités élémentaires, principalement dans la théorie de
la lumière ; il n'y a par conséquent aucune raison pour qu'on n'en fasse pas
usage dans l'acoustique.
» Après avoir exposé la théorie générale, j'en fais l'application à un phé-
nomène que je n'avais pas considéré dans mon premier Mémoire, celui du
mouvement longitudinal des verges élastiques. J'indique le moyen le plus
régulier de le produire, et je démontre que le son doit être le même que
quand la verge est abandonnée à elle-même en -partant d'un certain ébran^
Iement initial. Je démontre que si le corps frottant a une vitesse constamment
supérieure à celle des points de la verge qui sont en contact avec lui, le son
finit par disparaître entièrement, quoique le frottement ait constamment
lieu; j'ai vérifié ensuite par l'expérience ce phénomène, analogue à celui que
présente la corde vibrante. Quant au phénomène de la production de sons
plus gçaves que le son fondamental, il est bien indiqué par la théorie; mais
il doit être bien moins facile de le réaliser, parce qu'il exige que le corps
frottant ait une vitesse moindre que les points de la verge : or le mouve-
ment de ces derniers est incomparablement moindre que celui qui a lieu
dans les vibrations transversales des cordes.
- » Enfin on peut encore prendre pour exemple le cas des mouvements
transversaux des verges; le frottement produisant toujours le même effet
qu'un déplacement initial sans vitesse, on devra trouver les mêmes lois
pour les sons produits par des frottements transversaux que par tout autre
mode d'ébranlement transversal. C'est aussi ce que l'expérience confirme.
Et si elle est faite avec une précision suffisante, on devra constater la prompte
disparition du son, lorsque la roué frottante aura une certaine vitesse;
comme aussi l'abaissement du son au-dessous du son fondamental, lorsque
la pression sera assez considérable, et la vitesse de la roue suffisamment
petite.
» Au reste, toutes ces confirmations, si intéressantes qu'elles puissent être,
ne sont nullement nécessaires à l'établissement de la théorie exposée dans
ce Mémoire, et si quelquefois elles ne se vérifiaient pas, il n'y aurait pas
lieu pour cela' de douter de l'exactitude de cette théorie, mais simplement
de rechercher les circonstances inaperçues qui ne permettraient pas d'en
appliquer les conséquences.
( 977 )
Introduction de la force de frottement dans un système de points en équilibre stable.
» i . Lorsqu'un corps exerce une pression sur un autre et que leurs sur-
faces glissent l'une sur l'autre, il se produit sur eux deux forces tangentielles
égales et opposées, que l'on nomme forces de frottement, qui dépendent de
la nature des forces, sont proportionnelles à la pression, et indépendantes
de la vitesse du glissement. Nous admettons ce principe comme résultant
d'un grand nombre d'expériences précises, du moins dans les limites où
nous nous renfermerons.
» Cela posé, considérons un système de points très-voisins les uns des
autres, formant soit un fil, soit un corps élastique quelconque, et dans un
état d'équilibre stable. Dans une ou plusieurs parties plus ou moins éten-
dues de sa surface établissons des contacts avec d'autres corps qui les
pressent, et glissent en même temps. Il se produira alors sur la surface du
système donné des forces tangentielles, qui seront connues de direction et
d'intensité, si l'on donne la nature des surfaces en contact, la pression et la
direction du mouvement relatif. Dans ce cas, la recherche des différents
états par lesquels passera le système rentre dans la question générale de
l'équilibre et du mouvement de ce système sollicité par des forces données.
» Ainsi, lorsque l'on promène un archet sur une corde tendue, sur une
verge, sur une plaque, ou un corps quelconque, les effets produits pour-
ront être calculés en introduisant une force tangentielle, proportionnelle à
la pression exercée, et appliquée en un des points du contact, ou plutôt ré-
partie sur toute l'étendue de la petite surface de contact. On supprimera
alors la considération de l'archet, et l'on n'aura plus qu'à chercher le mou-
vement des points d'une corde ou d'un corps élastique quelconque sollicité
par des forces connues.
« Le principe de la théorie de l'action de l'archet étant ainsi établi, il
ne restera plus qu'à effectuer les calculs dans chaque cas particulier. Mais
cette manière d'envisager ces phénomènes, conduit à des propositions géné-
rales que nous allons faire connaître, et dont la vérification expérimentale
servira de contrôle à cette ihéorie.
» Nous commencerons par rappeler à cet effet quelques théorèmes re-
latifs aux mouvements très-petits des systèmes.
Du principe de la superposition des petits mouvements des systèmes.
» 2. Dans mon Mémoire sur les vibrations d'un système quelconque de
points matériels, j'ai démontré, sans avoir recours à aucune intégration, plu-
'(978)
sieurs théorèmes généraux, dont quelques-uns serviront de base aux dé-
monstrations qui vont suivre. Je vais rappeler en peu de mots en quoi ils
consistent.
» I er Théorème. — Considérons un système de points matériels dans un
état d'équilibre stable, soumis à leur action mutuelle et à des forces exté-
rieures indépendantes du temps, et liés par des équations entre leurs coor-
données. Si on les écarte de leur position primitive, de telle sorte que les
distances des molécules voisines aient varié de quantités très-petites relati-
vement à ces distances , et qu'on leur imprime en outre des vitesses arbi-
traires ; on obtiendra après un temps quelconque les déplacements de cha-
que point, estimés parallèlement à trois axes fixes, en faisant la somme
algébrique des déplacements qu'on obtiendrait pour ces mêmes points après
un temps égal, dans tous les systèmes en nombre quelconque que l'on for-
merait en partant de déplacements et de vitesses assujettis à cette seule con-
dition : savoir, que la somme algébrique des déplacements initiaux recompose
pour chaque point le déplacement initial proposé, et qu'il en soit de même
pour les composantes des vitesses iniales. C'est-à-dire qu'il suffit toujours
que la superposition des systèmes initiaux reproduise le système initial
proposé, pour que la superposition des états qu'ils présentent respective-
ment après un temps égal, forme l'état réel du système proposé après ce
temps.
» II e Théorème. — Si, outre le dérangement initial, on introduit de
nouvelles forces, indépendantes des déplacements, et que même quelques-
uns des points soient maintenus invariablement dans une position voisine
de celle qu'ils avaient dans la position d'équilibre, on pourra d'abord con-
sidérer le mouvement comme décomposé en deux autres. Le premier cor-
respondra à l'état initial proposé des points mobiles, en laissant fixement
dans leurs premières positions les points qui doivent subir un déplacement
fixe. Le second se rapportera à l'hypothèse où tous les points mobiles par-
tiraient sans vitesse de leur position d'équilibre, où les points dont le dépla-
cement doit être fixe auraient pris leur nouvelle position, et où l'on aurait
introduit les forces nouvelles.
» Le premier mouvement peut être décomposé en une infinité d'autres,
comme l'exprime le premier théorème. Le second peut aussi être décom-
posé en une infinité d'autres, assujettis à la seule condition que les déplace-
ments fixes et les forces introduites dans chacun d'eux étant composés,
ensemble reproduisent les proposés. Dans ces derniers mouvements on par-
tira de déplacements et de vitesses nuls. Mais rien n'empêcherait de sup-
( 979 )
poser des états initiaux qui se détruiraient par leur superposition ; car, pat-
une décomposition indiquée précédemment, ils pouraient être remplacés
par des systèmes où il n'y aurait dans l'état initial ni déplacement ni vitesse-
et en outre par des systèmes qui se détruiraient constamment, parce que les
états initiaux superposés se détruiraient, et aucune cause de mouvement
n'existerait.
» Remarque. — Le premier de ces théorèmes exprime le principe de la com-
position et de la décomposition des petits mouvements dans les conditions
les plus ordinaires. Le second le généralise en s'appliquaut au cas où il y
a non-seulement dérangement initial, mais introduction de forces constantes
et déplacement constant de certains points. Mais ils ne donnent aucun
moyen pour ramener ce cas à celui où le mouvement est dû simplement à
un état initial donné. Or cette importante réduction peut se faire au moyen
d'une proposition générale que nous allons établir, et qui se trouve encore
dans le Mémoire déjà cité, sur les vibrations d'un système.
Comment l'introduction de forces, constantes en grandeur et en direction, et de déplacements
constants, peut être remplacée par un simple changement dans V état initial?
» 3. Le système proposé ne sera plus en équilibre lorsqu'on y introduira
de nouvelles forces, et que quelques-uns des points seront déplacés d'une
manière permanente. Mais avec ces nouvelles conditions il existe un état d'é-
quilibre possible; et nous supposons que dans ce nouvel état toutes les dis-
tances des points aient varié de quantités très-petites par rapport à elles-
mêmes, et que les directions aient elles-mêmes infiniment peu changé. Il
résulte de là que si l'on avait à calculer le mouvement des points par rapport
à ce nouvel état d'équilibre,, on seraitcouduitaux mêmes équations générales
qu'en partant du premier; parce que les coefficients constants qui y entre-
raient ne différeraient des correspondants que de quantités extrêmement
petites, que l'on pourrait négliger sans erreur sensible.
» Cela posé, rapportons l'état initial proposé aux nouvelles positions d'é-
quilibre. Les composantes des vitesses initiales parallèlement aux mêmes
directions seront évidemment les mêmes \ mais les déplacements étant comp-
tés à partir d'origines différentes devront être augmentés des déplacements
même de ces origines, pris en sens contraires. La question devient donc la
même que lorsqu'il n'y a ni forces nouvelles introduites, ni déplacement
fixe d'aucun point. Il n'y a qu'un simple changement à faire dans l'état ini-
tial, et les lois générales reconnues dans ce premier cas subsisteront dans
l'autre.
(9??)
» Si maintenant on considérait, relativement à là première position d'é-
quilibre du système, un état initial identique à celui dont il vient d'être
question relativement à la seconde, les équations générales du mouvement
étant les mêmes, comme nous l'avons remarqué dans ces deux systèmes,' le
mouvement de chaque point serait le même dans l'un et dans l'autre, en les
rapportant à leurs origines respectives. Et comme il est préférable de rap-
porter tous les. mouvements à la position primitive donnée d'équilibre sta-
ble, nous énoncerons de la manière suivante la proposition qui vient d'être
établie :
» Lorsque les points d'un système sont très-peu écartés de leur position
» d'équilibre stable, et reçoivent de petites vitesses quelconques ; que de plus
» quelques-uns d'entre eux sont maintenus fixement dans leur nouvelle posi-
» tion et que l'on introduit des forces constantes quelconques : le mou-
» ment de chaque point du système sera le même parrapport à sa nouvelle
» position d'équilibre stable, qu'il serait par rapport à l'ancienne, si on
» ajoutait aux composantes de son déplacement initial, les composantes,
» changées de signe, du déplacement de la position d'équilibre.
Action d'un archet sur un système , lorsque sa vitesse relative est toujours de même sens.
» 4- Supposons d'abord que la pression exercée par l'archet sur le corps,
soit constante, et que sa vitesse soit toujours plus grande que celles des
points qu'il touche, le, frottement sera alors constant en direction et en gran-
deur, puisqu'il est indépendant de la vitesse relative. On a donc introduit
ainsi une force constante en grandeur et en direction. Au lieu d'un seul-ar-
chet, on en peut supposer un nombre quelconque, et la question rentrera
toujours dans celle que nous venons de traiter. Nous pouvons donc énoncer
la proposition suivante : ! - ■ '
. » Lorsqu'un corps élastique, de forme quelconque, est frotté par un ou
» plusieurs archets exerçant des pressions constantes, le mouvement de
» chacun de ses points par rapport à la position d'équilibre résultant de l'in-
» traduction des forces de frottement, est le même que celui qu'ils auraient
» par rapport à la première position d'équilibre, si l'on modifiait convena-
» blement l'état initial. Cette modification consiste simplement à retrancher v
» des composantes des déplacements initiaux des différents points, les ac-
j? croissements que subissent les coordonnées de ces points en passant de
» leur seconde position d'équilibre à la première,
» Si la pression da l'archet n'était pas constante, mais variait très-len-
tement, on pourrait la considérer comme constante pendant un intervalle
''"^p"'
(981 )
fini, et recevant brusquement le petit accroissement qu'elle aurait acquis à
ce moment. On rentre alors dans le premier cas.
» 5. Lorsque le système est tel, qu'un état initial quelconque produit en
général un mouvement vibratoire à période constante, l'action d'un ou de
plusieurs archets produira un mouvement vibratoire de même période.
» En effet, l'action de ces archets 'peut être remplacée par une modifica-
tion dans l'état initial; et, par hypothèse, cette modification n'altère pas la
périodicité du mouvement. Ainsi, par exemple, une corde élastique pincée
fait entendre le même son fondamental, de quelque manière qu'elle soit
écartée de sa position rectiligne entre ses deux extrémités fixes. Donc le
frottement de V archet sur cette corde jera encore entendre ce même son fon-
damental, pourvu toutefois que la vitesse relative de l'archet et de la corde
soit toujours de même direction. Si la pression changeait lentement, elle
pourrait être considérée comme la même pendant un assez grand nombre de
vibrations de la porde. Le son sera donc sensiblement le même pendant
toute la durée du frottement. L'expérience confirme ces indications de la
théorie.
Cessation du son malgré le mouvement de l'archet.
» 6. Lorsque la vitesse de l'archet surpasse constamment celle des points
en contact, nous avons démontré que le mouvement était le même par rapport
à la position d'équilibre sous l'influence de la force de frottement, qu'il se-
rait par rapport à sa position primitive d'équilibre, en partant d'un cer-
tain état initial. Or dans ce dernier cas l'expérience montre que, par suite
des résistances négligées dans le calcul, le mouvement finit promptement
par s'éteindre. Il résulte donc de notre théorie qu'il en doit être ainsi du
mouvement produit par l'archet : qu'il doit s'éteindre, quoique l'archet con-
tinue indéfiniment à se mouvoir en produisant le même frottement; et que
l'état final de repos est celui dans lequel il y a équilibre entre toutes les for-
ces du système et celle que produit ce frottement.
» Ce phénomène, que rien n'avait annoncé avant cette théorie, a été véri-
fié par moi dans le cas particulier des cordes vibrantes, et indiqué dans mon
premier Mémoire. Il se trouve établi maintenant avec toute la généralité dont
il est susceptible.
Action d'un archet dont la vitesse relative n'est pas toujours de même sens.
» 7. Si, par suite de l'état initial et de la constitution du corps, il arrivait
que la vitesse des points en contact avec l'archet fût tantôt plus grande et
tantôt plus petite que celle de ce dernier, la force changerait de sens, et les
G. R., ï 856, i«r Semestre. (T. XLII, N° 2i.; I 29
(980
conséquences précédentes ne subsisteraient plus. Il faudrait à chaque cban-
gement concevoir le nouvel état d'équilibre correspondant, et prendre pour
état initial l'état actuel du système. C'est ainsi que l'on calculerait l'effet d'un
léger obstacle opposé au mouvement par le frottement sur un corps immc^
bile : par exemple, lorsque l'on applique légèrement le doigt surune_corae
mise en mouvement par un archet, la résistance change alternativement de
sens, et pourvu qu'elle dépasse une certaine limite, le point de contact finit
par devenir immobile, et forme ce que l'on appelle un nœud.
» Il peut encore arriver que le point de contact parvenu à- la même vi-
tesse que l'archet, soit obligé de le suivre à cause de la résistance que le frot-
tement lui oppose, ou encore parce qu'il aurait atteint sa vitesse maximum»
Dans ce cas la durée de la vibration dans ce sens peut être augmentée d'une
quantité plus ou moins grande T dépendante de la pression et de la vitesse-dé
l'archet. Le son s'abaisse alors r puisqu'il y a moins de vibrations danslë
même temps. Cette conséquence dema théorie a été développée dans mon
ancien Mémoire sur J'action de l'archet sur ces cordes. Je l'ai Vérifiée par
l'expérience, et j'ai ainsi prévu et constaté ce phénomène inattendu, de sons
nets et fort au-dessous du son fondamental ■■ .- .- .".'.-■."_
: . . - . . - .-...' Vibrations longitudinales des-verges. -■ -- ■- -
_»■ 8. Lorsqu'une verge vibre longitudinalement^on peut supposer ses deux
extrémités fixes, ou bien l'une fixe et l'autre libre, ou enfin toutes les deux
libres. ,. _ . : ::/-.:
* » Considérons d'abord le premier de ces cas, et supposons qu'on pro-
duise un frottement constant dans une partie déterminée de sa longueur-,
ce qui peut être facilement réalisé au moyen de roues situées de côtés
différents de la verge et tournant autour de leurs axes respectifs^ en exer-
çant sur elle des pressions invariables 5 plus la verge sera mince, moins.il
y aura d'inexactitude à supposer que les forces résultant dé toutes ces
pressions sont réparties uniformément sur toute l'aire de la seçtiontrans-
versale, au heu de l'être seulement sur son périmètre j et l'on pourra, par
Conséquent, regarderie mouvement général comme ajrant îieu par sections ,
et dépendant d'une seule coordonnée. ■".:_..
» Cela posé, les forces produites par les divers frottements exercés en
un nombre quelconque de points de la verge, en ayant égard à la fixité de
ses deux extrémités, détermineraient un état d'équilibre dans lequel, en
.général, toutes les .sections seraient écartées de leur position naturelle,
excepté les -deux extrêmes.- Or, d'après le théorème général démontré ci-
( 9«3 )
dessus, le mouvement de chaque section, par rapport à la position qu'elle
occupe dans cet équilibre, est le même qu'il serait par rapport à sa position
primitive, si on l'écartait de celle-ci d'une quantité égale et de même
sens, que celle-ci l'est de sa position dans l'équilibre dont il vient d'être
question.
» La question proposée du mouvement produit par les frottements, étant
ainsi ramenée à la question connue du mouvement des différentes sections
écartées de leur position naturelle et abandonnées sans vitesse, se trouve
complètement résolue.
» Et il en serait de même pour les deux autres cas des verges. De sorte
que les lois des sons produits par le frottement sont absolument les mêmes
que ceux que produirait toute cause qui. déplacerait les tranches et leur
imprimerait une vitesse quelconque, comme par exemple un choc longitu-
dinal. L'expérience vérifie pour les verges ce résultat de la théorie,
comme elle l'avait fait pour les cordes.
» Nous supposons ici que les forces de frottement conservent chacune
leur sens et leur intensité; et il faut pour cela, non-seulement que la pres-
sion soit constante, mais encore que la vitesse relative du corps frottant et
de la partie de la verge en contact avec lui soit toujours de même direction.
On se mettra dans ces conditions, en donnant à ce corps une vitesse suffi-
sante ; mais alors il devra se présenter encore, comme dans le cas des cor-
des, ce phénomène remarquable, que le mouvement et le son devront
s'affaiblir et disparaître promptement, quoique les roues frottantes conti-
nuent leur mouvement. Les positions qu'occuperont les sections de la verge
dans cet état limite, seront précisément celles de l'équilibre sous l'action des
forces de frottement. La vérification ne peut eu être faite aussi facilement
que dans le cas des mouvements transversaux des cordes, vu la petitesse
des déplacements longitudinaux ; mais la cessation du son est un phéno-
mène très-facile à constater, et Inexpérience a complètement confînné les
précisions de ma théorie.
» Enfin, pour les verges comme pour les cordes, on peut concevoir que
la vitesse de la roue ne soit pas toujours supérieure à celle que les sections
en contact tendent à prendre ; et alors il devra y avoir abaissement du son.
Mais il est peut-être un peu difficile d'assujettir la roue à un mouvement plus
lent que celui des sections ; je ne crois pas impossible d'y parvenir, mais
je n'ai pas fait usage d'appareils assez précis pour produire ce curieux résul-
tat que j'avais constaté facilement dans le cas des cordes. Je serais heureux
d'apprendre que quelque habile expérimentateur y fût parvenu.
129..
( 9«4 )
Vibrations transversales des verges. - .......
» 9. Notre théorie s'appliquant à tous les systèmes de points et à tous les
frottements qu'on y peut appliquer, on peut supposer la direction du frot-
tement perpendiculaire à la longueur de la verge. Les mouvements trans-
versaux qui en résulteront seront donc périodiques comme ceux qui pro-
viennent d'un écartement transversal. On aura les mêmes lois pour les sons
produits, et l'on reconnaîtra, comme pour les cordes, les phénomènes de la
disparition du son, et de l'abaissement au-dessous du son fondamental.
» 10. Remarque. — Nous avons supposé les vibrations longitudinales des
cordes ou des verges produites par des frottements exercés en des points
invariables, et il suffisait pour cela de prendre pour corps frottants des
roues tournant autour de leurs axes immobiles. Mais le plus ordinairement
on ne met pas une si grande précision dans les moyens d'exécution, et le
frottement est produit par un corps qu'on fait glisser le long de la corde
ou de la verge.
» Plaçons-nous dans ces conditions, en supposant que le contact du
corps frottant ait lieu dans une assez grande longueur, et que la vitesse de
ce corps soit très-petite. Dans un intervalle de temps très-court, mais dans
lequel cependant les sections ont pu exécuter un assez grand nombre de
vibrations, le corps frottant aura abandonné d'un côté une petite étendue
de la verge^ et en aura gagné une égale de l'autre. La plus grande partie de
la longueur sur laquelle s'opère le frottement sera donc restée la même
pendant ce temps, et une petite partie des forces se trouvera seule déplacée
et portée de l'arrière à l'avant On peut donc se regarder comme étant sen-
siblement dans le cas de forces constantes appliquées à des points constants,
au moins pendant le temps nécessaire à l'accomplissement d'un grand
nombre de vibrations, et, par conséquent, ces vibrations doivent être sensi-
blement les mêmes que si le frottement avait rigoureusement lieu aux
mêmes points du corps.
» Toutefois, on doit dire que ce résultat n'est qu'approximatif; et,' bien
que l'expérience ne fasse pas apercevoir en général de différence entre les
effets produits dans ces différentes circonstances, il est certain que l'éten-
due du contact et le mouvement du corps frottant pourraient être supposés
tels, que le déplacement rapide et irrégulier des points d'application des
forces ne permit pas l'établissement d'un son constant, ni peut-être même
d'aucun son. Il est au reste bien facile de reconnaître qu'on peut pendant
très-longtemps frotter une verge en changeant ^régulièrement les points
( 985 )
de contact, sans qu'il en résulte aucun mouvement vibratoire régulier. Il
est donc à désirer que, dans les appareils destinés à des expériences pré-
cises, le frottement soit produit au moyen de roues tournant autour de
leurs axes immobiles. On aura ainsi l'avantage de produire toujours des
sons très-purs, et qui pourront être entretenus aussi longtemps qu'il sera
nécessaire. »
calcul intégral. — Note de M. Lioitolle.
« J'ai démontré ailleurs (*) que la considération de la première des
fonctions
f - Et, £f f _ #; , #i f
que l'on doit former pour développer en série suivant les puissances de x
ou de (x — a) l'intégrale de l'équation
— =f(x, jr),
peut être quelquefois utile à un autre point de vue. En effet, si un paramè-
tre a contenu dans/ se trouve avoir disparu dans/J , cela indiquera que
^(dy^-fdx)
est une différentielle exacte, en sorte qu'on pourra alors écrire de suite l'in-
tégrale
/ tS^ ~fà x ) — constante
de l'équation différentielle proposée.
» Il y a un théorème analogue pour un système d'équations différentielles
simultanées
— — Y d L — v & _ -7
dt — A > dt~ I '-'-' dl~ L ->
quand X, Y, . . . , Z désignent des fonctions de t,x,y,...,z provenant dune
même fonction S par dés dérivations partielles respectivement relatives à
x, y,..., z de manière que
Y _ dS v dS n dS
A.— -j-j ï =—,..., /, — __ ,
dx dx dz
(*) hoirie Journal de Mathématiq ues, année i855, page i43.
( 986 )
Les premières fonctions. qu'on ait à former ici pour développer x 7 :%,>,-, £
suivant jes piiiss_ance& de i ou àe(t — <5t)sont _
x,
==
dX
~dt
-fc-
— 1 +
-dx
dy
..-+■
Y,
=
dY
dt
+
dx
dy
..+
z 1= i + ^x + ?y + ..; + &
- dt dx dy dz
Or s'il arrive qu'un paramètre a contenu dans une au moins des fonctions
X, Y,..., Z ait disparu dans -toutes les . fonctions -X< , Y,,..., Z, , je dis
qu'on trouvera aisément un système de facteurs P, Q,..., R rendant
" ~ V(dx-Xdt) + Q_(d r - r Ydt) +>.+ R(dz*-ZdtX
une différentielle exacte de d<p (t,x,y;,..., z) et fournissant en conséquence
une intégrale
_<p [t, x, ?,■••, z) =• constante ._.
dtfsystème d-éqiiations djfférentïelLes posé plus haut, llsufiîra de prendre
d*~~~ dxda.'' ^ dd Ayd**""* da. dzda
» L'intégrale sera évidemment de la forme
^ = fonet. (2, a-W-C. -
des. ' ' , v . .. /
» Ce théorème est surtout curieux à cause de l'usage nouveau et singu- ,
lier qu'il montre que l'on peut faire des fonctions X t , Y 4 .,,.., Z, , dont le
calcul est indiqué pour un tout autre objet dans les traités élémentaires. Je
n'ôterai rien de l'intérêt que cette circonstance lui donne en ajoutant que
l'on pourra aisément, sfl'ôn veut, le rattacher à des théorèmes connus, bien
qu'il m'ait été fourni d'abord par une méthode directe fort simple» La vé-
rification à posteriori est du reste si facile, que je supprime pour le moment
toute autre démonstration.
» En premier lieu, il est clair que, pour les valeurs de P, Q,..., R don-
nées plus haut, les conditions d'intégrabilité de la formule
P(dr — Xflfe) + Q{4r~ Yeb) + ,..+ .R(A-Zûfe)
(987)
s'ont remplies d'elles-mêmes quant à ce qui concerne les coefficients des dif-
férentielles dx, dy,..., dz comparés entre eux. Restent les conditions qui
naissent de la comparaison de ces coefficients avec celui de dt ; or elles peu-
vent aisément s'écrire ainsi :
rfX, d'Y, d7, t
et, par conséquent, elles reviennent à dire avec nous que a ne doit plus en-
trer dans les fonctions X, , Y, ,..., Z,.
» On comprendra la liaison de notre théorème avec les belles recherches
de Jacobisur la mécanique, en observant que les équations
dX, _ £Y, _ rfZ, _
da ' da. '••■i ^ a
peuvent être remplacées par une condition unique, à savoir que la quan-
tité
_, d=S d'S dS cPS dS d 2 & dS
T — 1 [ 1- . . . -) 5
dtda. dxd'j. dx . dyda. dy dzda. dz
qui peut être mise sous la forme
1 — dk\_dt + i \dx) + 2 \dy) + "--" f ' a \dz) y
ne contienne plus ,r, y,..., z, et se réduise à une simple fonction de t et
de a.
» Remarquons en passant que si les équations dont nous parlons, sans
avoir lieu en général, étaient vérifiées par une valeur particulière de a, ou,
ce qui revient au même r si T contenant en général x, y,..., z et t se rédui-
sait pour a = a { k une simple fonction de t, notre théorème subsisterait
pour cette valeur particulière a { .
» Je n'ai pas besoin d'ajouter que si d'autres constantes |3, 7,..., distinctes
de a, disparaissaient aussi dans le passage de X, Y,..., Z à X, , Y, ,..., Z 4 ,
cette circonstance fournirait de nouvelles intégrales, et même quelquefois
toutes les intégrales qu'on a à chercher. Mais il est bon d'observer qu'on
peut tirer le même parti du cas où une des variables t, x,y,..., z vient à
manquer dans X 4 , Y, ,..., Z,. Si, par exemple,^ disparaît dans ces fonc-
tions, vous remplacerez dans l'expression des facteurs P, Q,..., R la dériva-
tion relative à a par une dérivation suivant y. Ce cas, du reste, se ramène à
celui où c'est un paramètre qui a disparu, en ajoutant à la variable une con-
( 988 )
stante arbitraire qui disparaîtra naturellement avec elle et qu'on pourra
ensuite réduire à zéro après avoir ensuite remplacé la différentiation qui
la concerne par une différentiation rapportée à la variable qu'elle accom-
pagne. »
analyse mathématique. ~— Note sur les fonctions elliptiques; par
M. Stçrbi. (Tirée des papiers de l'auteur et communiquée à l'Académie
par M. Liouville. ) • ..._'"
« L'intégrale sous forme algébrique de l'équation
dx dy
_ l/j — x> \j.
I — y*
s'obtient aisément, comme on sait [*], au moyen d'une intégration par par-
ties. En mettant cette équation sous la forme
on en déduit
Or, en intégrant par parties, on a
-; ....i-..,.. J ■ J V« — X- . __ .
Ajoutant et observant que les termes sous le signe /donnent une somme
-11" ' w
nulle en vertu de l'équation différentielle proposée, on trouve l'intégrale
algébrique .
; Wi — J 2 + jr\/ 1 — x 2 — constante.
» La-coustante arbitraire qu'elle contient est la valeur de y pour œ == o.
[*] Voir, par exemple, Lacroix, Traité du Calcul différentiel et du Calcul intégral, tome II,
page 4 7 3.
(989)
Posons
Jr* dx
[ 7T3p = a ' ^ = sina, \/i-a? a =cosa,
et de même
f r d x
J ^7=33 -P» 7 = »np, Vi- J 2 =cosjS.
Nous aurons
d'où
7 étant une constante. D'ailleurs, pour a = o, on a
x = o, /3 = y, ^ z= sin 7.
La constante de notre intégrale est donc sin 7. Par suite, il vient
sin 7 ou sin(a + /3)=:sinacos/3 + sin/3cosa.
C'est la formule fondamentale de la théorie des fonctions circulaires
- Le même procédé s'applique facilement à la recherche de l'intégrale
d Euler qui donne la formule fondamentale de la théorie des fonctions
elliptiques.
» Soit, en effet,
dx ^ + _^ dy
En multipliant parle produit des dénominateurs et divisant par 1 - c*x*y\
on a
, j constante.
Or, en intégrant le premier terme par parties , on obtient
- 2 c2 fïT^Bpy JT^rp s/7=ïip dœ.
C. R., i856, 1" Semestre. (T. XLII, N° 21.) I 3q
( 99°: )
En échangeant entre elles les deux lettres x et j, on aura le second terme;
ajoutant donc et obs^ryanique les termes soude signes/donnent une
somme nulle en vertu de l'équation différentielle proposée, on trouvera
Wi^V^^ + W'-W'--^ = CO n S tante.
La constante du second membre est la valeur de j pour x = Q.
Posons __ :
f x d * -~ * = S;>), fi=& = C(a), 4\-c*x* = M a )< .
J i/i^-Wi — e2a;2 ■ / = -■- -
et de même :. : — -"- -'-'--; "-■.-■-
r* d ? =-s, r m s(|3), f T^y = 6(j3), vr^^j^RCa).
Nous aurons . . ..'-._ î _.-.-■ . .:
• ---"■"--.' *' : daA- dp~== *o,
d'où . .- -■■-■-■ : i:l- -.:■■-'•-' -■ ------
e .. -,k :■: -;j c.:^-> ■ : - -■ ' a-»-P = 7i'- ■ '."'.-'"..'.'.
y étant une constante. D'ailleurs pour a = o, on a ;
af=o, ,S = 7, 7= S (7).
La constante de notre intégrale estjïonc S (y). Par suite îl vient
r , sMC(P>B(p)+s(p)c(«)a(«y , ..-'•-
- S (7) ou S(a -!-£)— ■ i_ c »S(a) 2 S(p) 2
C'est la formule fondamentale jle la théorie des fonctions elliptiques.
» Elle donne S (a - p) en changeant le signe de S ( |3 ). On peut aussi en
déduireC(a±p)etR(ait|3). »
M. Dcméril informe l'Académie que le poisson rapporté de Tanger par
M. Le Coat de Saint- ffaouen, et présenté dans la séance du 19 mai 18 56 à
l'Académie, qui l'avait renvoyé à sou examen, est ÏEpMppium macula-
ftoni'Bibr., espèce fort rare, dont le Muséum ne possède qu'un individu
rapporté de Gorée. - — '-..'■'. _: :
( 99* )
astronomie. - Eléments elliptiques de la planète Harmonia;
Lettre de M. B. Valz à M. Êlie de Beaumont.
« Je viens vous transmettre , en vous priant de les communiquer à l'Aca-
démie, les éléments elliptiques XHarmonia que je viens d'obtenir, et qui
pourront être utiles pour retrouver plus facilement cette planète après la
pleine lune et les temps couverts s'ils continuent à régner comme jusqu'à
ce jour, d'autant que cette planète se trouvant vers sa station éprouve une
grande 'déviation dans son cours apparent. J'ai conservé les secondes don-
nées par le calcul, quoiqu'elles soient fort illusoires dans ses éléments pro-
visoires, ainsi qu'on peut le voir en les comparant avec ceux de M. Pape,
qui en diffèrent de 10 degrés environ sur le périhélie, de 9 degrés sur le
nœud, et de 12 degrés sur l'angle de l'excentricité d'après ce qui suit :
Époque 23.417 avril i856. T. M. de Marseille.
Anomalie moyenne 175° 4$' 36"
Longitude du périhélie.... 24. 29. 12.
Nœud ascendant g3.3o.48-
Inclinaison 4- '"• 36.
Angle de l'excentricité.... 2. 4°- I2 *
Demi-grand axe 2.2709
Mouvement moyen diurne. io36",83
NOMINATIONS.
L'Académie procède par la voie du scrutin à la nomination de la Com-
mission qui sera chargée de l'examen des pièces admises au concours pour
le prix de Statistique.
MM. Bienaymé, Ch. Dupin, Mathieu, de Gasparin et Boussingault réu-
nissent la majorité des suffrages.
MÉMOIRES LUS.
travaux publics. - Moyens de forcer les torrents des montagnes à rendre
à l'agriculture une partie du sol qu'ils ravagent- par M. Rozet.
(Extrait par l'auteur.)
(Commissaires, MM. Élie de Beaumont, de Gasparin, M. le maréchal
Vaillant.)
« L'établissement et l'existence d'un torrent dépendent principalement
de la constitution géologique du sol ; quand celui-ci offre à sa base des
( 99 2 )
roches d'une facile décomposition, comme dans les_jUpes, les torrents s'y
établissent très-facilement. - : J
» Les grands torrent prennent généralement naissance dans des cir-
ques, sur le fond desquels a existe toujours une quantité de débris -pier-
reux tombés des escarpements. Ce sont ces débris emportés par les eaux,
qui vont ravager le sol des vallées. Dans les cirques, les parois sont sillon-
nées par de nombreux ravins qui viennent aboutir à un canal creusé dans
lefond, sortant du cirque par une gorge étroite comprise entre des rochers
escarpes. L'ensemble de toutes les surfaces qui versent leurs eaux dans un
cirque et ce cirque lui-même, se nomment bassin de réception. On appelle
canal dé réception .celui du fond du cirque dans lequel viennent se réunir
, les eaux et les pierres ; lit dz déjection, un espace plus ou moins étendu
au sortir de la gorge du cirque, sur lequel le torrent dépose en éventail
une partie des matériaux qu'il charrie ; enfin lit d'écoulement, l'espace com-
pris entre la fin du lit de déjection e.t la rivière. Sur. chaque côté d'une
rivière un peu considérable il existe un. certain nombre de torrents présen-
tant chacun toutes ces parties.
» Le lit d'une rivière dans les montagnes présente une suite d'étrangle-
ments et de renflements. Le S ;étrahglements sont des canaux étroits, souvent
compris entre des rocher* très-élevés qm s'écartent en s'élevant. Les ren-
flements offrent de grandes plages couvertes de cailloux et de quelques
dépôts limoneux. Dans ces plages,, kj-ivière suit rarement un canal unique :
elle se divise ordinairement en plusieurs branches. C'est dans les renfle-
mentsqu'fl est possible dé reprendrealanvière une partie du terrain qu'elle
dévaste: ----- .....; . .? _
» Dans les vallées des Alpes, lors des chaleurs de tété, les plages caiî-
louteuse S ,sont presque à ■. *&. ofl D ' y ^oi^que de minces filets dW,- qui
n empêchent pas le piéton de passer; les grandes rivières elles-mêmes, la
Durance, leDrac, le Verdon, etc., laissent alors à découvert une immense
quantité de terrain qu'elles inondent à-la première grande pluie.
: . .• » Lors de la fonte des neiges etdes pluies ordinairesjes eaux se rendant
dune_manière continue dans.le canal, de réception, s'y divisent en filets à
travers les débris qui l'encombrent et dont elles n'emportent qu'une petite
quantité. Mais^comme une rivière un peu étendue reçoit les eaux d'un
gradd nombre d e' torrents, iîse trouve encore mie assez grande quantité
de cailloux dans son lit. '
.:» Dans les orages il tombesubitement, souvent en moins d'une fieure
une grande quantité d'eau dans le bassin de réception .5 cette eau accumulée
( 993 )
dans le cirque, dont la gorge étroite retarde son écoulement, forme une
masse d une grande épaisseur dont la poussée entraîne les débris pierreux
qui sortent mêles d'eau et de boue, par la gorge, avec une grandevitesse.
En s étalant sur le ht de dqect.cn, le liquide dépose une partie des matériaux
qu il charrie et emporte le reste dans la rivière, dont le niveau s'élève alors
subitement Quand la crue, après avoir traversé une gorge, arrive sur une
plage elle la couvre d'une nappe qui a très-rarement 3 mètres d'épaisseur
Dans le sens vertical, cette nappe se divise en deux zones distinctes : une
inférieure dont 1 épaisseur n'atteint jamais la moitié de celle totale, où se
trouvent les cailloux; et l'autre supérieure, où il n'existe que du linion et
quelques petites pierres. Sur les plages restées à sec après les crues, j'ai con-
state que des blocs inférieurs à un mètre cube, n'avaient point été déplacés et
avaient déterminé autour d'eux de notables dépôts de cailloux, etdansle
anfractuositesdeceux-ci, des dépôts de limon, dontl'épaisseurdépassaito»
Quand plusieurs blocs se sont trouvés assez rapprochés et disposés à Ja suite
les uns des autres dans la direction du courant, il s'est formé a leur pied une
bande de cailloux et, du côté opposé, une de limon P
» Ce qui précède me paraît suffisant pour l'intelligence du système de
barrages que j'ai inventé, destiné à changer complètement le rfgiieTtor
rente, et par suite celui des rivières dans lesquelles ils porte»! Teurs eaux
et faire enfin que de destructeurs qu'ils sont,l.s deviennent prodTc urs
» En commençant les travaux à la source et les étendant dans tout le'lit
de la nv ie re, on diminuera la vitesse de l'eau progressivement jusgu'à no
voir facdement la forcer à s'étendre en nappes peu épaisses sur CTl^Z
vallées^ Alors à peu de frais il sera possible de la forcer à déposer" 5 ute
p «rbe donnée de ces plages, le limon qu'elle transporte, et à s'écouler, d"
autre cote, dans le lit qu'on lui aura assigné. '
- D'après la description que nous avons donnée des torrents et des phé-
nomènes qu ils présentent, on comprend que les premiers travaux doivent
avoir pour but d'empêcher, autant que possible, les débris pierreux de S T
umufer dans les canaux de réception et d'en sortir quand" ils s'v son ac-
cumules. En disposant convenablement^ gros débris qui se trouvent aTpLd
des ,«, rpements sur le fond des bassins de réception! 3 sera poïïble dÏ-
reter une grande partie des matériaux d'éboulement en les forçant à se
disposer en 'nappes coniques qui revêtent et préservent les talus mameuT
nW '/ Z ^ 6S Pi6rres dG £ranchir Ia Sorge du cirque, on em-
ployait des digues pleines, elles seraient bientôt détruites. La gorge d'un
cirque est ordinairement formée par des rochers élevés. Au moyen de la
(994)
poudre, on peut jeter, à. peu de frais, une partie de ces rocher* dans le
canaL l'obstruer ainsi, dan, une assez grande étendue et jusqu'à la hauteur
où ITs'élargit notablement; les quartiers tombés laisseront entre eux des
vides qui, en permettant à l'eau de passer, arrêteront les pierres quelle
TarrieQuand l'eau s'élèvera *u-de_ssus de la digue, elle coulera dessus en
formanl une nappe mince contenant peu de pierres et ayant perdu une
Inde quantité de la vitesse initiale. Nous aurons ainsi une égue cnblante
^forcera le lit de déjection à s'établir dans l'intérieur même du cirque.
. Z 1- P "nts rares où les gorges ne sont pas formées par des rochers,
on pourra remplacer ceux-ci par des blocs faits avec de la chaux hydrau-
lique et les débris pierreux qui gisent dans les canaux de réception.
Tl toglements des Vallées sont tout à fait semblables aux gorges
des cirques-, avec la poudre, nous jetterons encore dans ces étranglements
uTe mrtie des rochers qui les forment, et nous obtiendrons encore a»»
énormes digues criblantes qui, arrêtant les caillou,, laisseront passer
F eau chargée de limon. Cette eau ayant perdu une grande quantité de vitesse
entassant à travers et par-dessus les digues criblantes, û nous sera facde
le la forcer à s'étendre en nappes peu épaisses sur la portion de a plage- en
aval que l'on veut rendre à l'agriculture. De tels travaux, exécutes dans
toutes parties du cours d'une rivière pouvant lui fournir des avalanches
de Sbris pierreux, amèneront les eaux affluentes à ne plus transporter que
du limon qu'il sera facile de faire déposer où l'on voudra ; ...:
Nous avons dit, plus haut, que les nappes d' g au chargées de débris
pierreux qui viennent actuellement envahir les plages, n'ont jamais 3 mètre
a' tisseur, et que cette épaisseur présente deux étages; nous ^ons dit
Jri qu'il suffisait d'uu bloc de i mètre cube pour résister a h action eo-
SiaL de l'eau ; c'est sur ces principes qu'est fixé mon système de ,
5 barrages
P TlI lSeur du lit d'écoulement étant" établie sur une plage, à partir du
débouché de la gorge, en amont, où es, établie une digue «**«££
partant d'un obstacle naturel, une masse de rochers par exemple, j établis
une hgne deblocs parallèle à l'axe du canal que j'ai fixé pour l'écoulement
de l'eau. L'expérience m'a prouvé que les blocs pouvaient être pkces jo»
au'à ro mètres de distance les uns des autres. En leur donnant x mètre de
base et ,»,5o de hauteur, ils seront capables de résister au torrent, et leur
^nnetd passera la zone des cailloux. Je me suis assuré qu'une pareille
i^blocs, placée sur le passage d'une masse d'eau torrent* en dimi-
nue asÏz la Lsse, en dominant des remous, pour forcer les cailloux
■SPtp ■ ■....
(995)
à se déposer sur toute sa longueur; l'eau qui passe à travers pour aller
inonder la portion à conquérir, ne contient plus que du limon et quel-
ques petites pierres; nous aurons donc encore là une digue criblante.
En traversant la ligne des blocs, l'eau n'aura pas encore perdu assez de vi-
tesse pour déposer tout le limon dont elle est chargée; mais on parvient
facilement à cela en établissant des traverses, élevées et distancées propor-
tionnellement à la pente du terrain. Pour ces traverses, il suffira d'ouvrir
de simples fossés, d'une largeur plus ou moins considérable, dont on re-
jettera la douve en aval, pour que les cailloux ne retombent pas dans le
fossé par la poussée des eaux. En franchissant chaque traverse, l'eau perdra
une partie de sa vitesse et déposera une partie de son limon. Après avoir
dépassé la première, elle se trouvera entre deux, la ligne des blocs et le pied
de la montagne qui limite la plage, comme dans une caisse : position très-
favorable au départ du limon.
» Le plus souvent on ne pourra se procurer à bon marché des blocs de
i mètre cube ; mais avec la chaux hydraulique et les pierres, qui sont sur
les lieux mêmes, on construira des piliers qui remplaceront avantageuse-
ment les blocs. Quand les circonstances l'exigeront, on pourra mettre une
double ligne de blocs.
» Tous les travaux, dont je viens de parler,, étant convenablement exé-
cutés le long d'une rivière torrentielle, on parviendra en moins de deux
ans, dans les Alpes, à rendre à l'agriculture la plus grande partie des terrains
que cette rivière ravage depuis tant de siècles, et la vie à la contrée qu'elle
traverse.
» Les moyens que je propose pour arrêter les dégâts des torrents dans les
montagnes, ayant pour premier résultat de retarder considérablement
l'écoulement des eaux qui tombent dans les bassins de réception, sont de
nature à empêcher ces grandes inondations des fleuves et des rivières, qui
viennent de désoler une partie de la France. »
MÉMOIRES PRÉSENTÉS.
L'Académie reçoit un Mémoire destiné au concours pour le grand prix
de Sciences mathématiques de 1 856 (question concernant le perfectionne-
ment de la théorie mathématique des marées). Ce Mémoire, qui a pour titre:
« Importance théorique des courants de marées, » est réservé pour être
soumis à l'examen de la future Commission qui aura à apprécier la date de
sa présentation.
( 996 )
physique. — Interrupteur à double effet et perfectionnements divers appW
que's à l'appareil deRuhmkorff) par M. f abbé Laborde.
( Commissaires, MM. Pouillet, Despretz. } ' :
économie rurale/ — Description d'un système pour augmenter les res-
sources alimentaires de la France; par M. P. Franconi. :
■ ■ ■ - ( Commissaires, MM. de Gasparin, Payen. ) - - -
physiologie. — De l'influence delà crjptorchidie sur la génération; _
£#rM. Puech.:
La cryptorchidie chez l'homme et les animaux domestiques ayant été
l'objet d'une communication récente de la part de MM. Goubaux et Follin
( Compte rendu, séance du 24 mars i856), M; Puech adresse quatre obser-
vations qu'il avait recueillies sur ce sujet, considéré seulement dans l'espèce
humaine. - - : : : r: :.. :
( Commissaires, MM. Velpéau, Cloquëtv) ::.:.-
PHYSipLOGiE. -*- Recherche électrophjsiologique sur les fonctions des mincies
qui meuvent le pied,- par M. Duchenne, de Boulogne.
Dans ce travail, qui se lie à ses précédentes communications, l'auteur
poursuit l'étude des fonctions des divers muscles de Tappareillocomoteur;
en déterminant, au moyen de l'électricité, la contraction de chaque : musdè
isolément, et observant le mouvement qui enrésulte^il profité ensuite c de
ses observations pour établir le diagnostic des paralysies partielles, eé savoir
précisément quelles sont les parties de l'appareil musculaire surïesquèHés il
convient d'agir. ' * - --'--. -~ - " ."v: -:::
MM. Ossian HEVKvfils et A. Chevalier fils adressent _aU concours pour
le prix dit des Arts insalubres, ,un Mémoire sur le phosphore^ Mémoire dont
ils avaient précédemment communiqué quelques extraits; ils y joignent un
supplément contenant les résultats des recherches qu'ils ont faites posté-
rieurement à la rédaction de leur premier travail r
(Renvoi à la Commission du prix relatif aux Arts insalubres. ) ■'-'-
M. Isidore Bourdon adresse un supplément à une précédente communi-
cation {Compte rendu de la séance du 7 avril i856) sur les divers traite*
ments opposés au choléra et particulièrement sur les propriétés thérapeu-
tiques de la strychnine. ' ..-.,.
« J'ajoute aujourd'hui, dit l'auteur, à ce premier Mémoire et à l'analyse que
( 997 )
j'en avais envoyée ultérieurement, une série de tableaux statistiques
sur les conditions d'étiologie aggravante, et sur les chiffres de mortalité
de l'épidémie de i854, mais ces tableaux ne s'étendent pas au delà du
personnel des hôpitaux militaires de Paris. J'ai profité d'une circonstance
exceptionnelle qui me donnait accès dans ces établissements, pour prendre
note exacte des âges, des lieux d'origine, villes ou campagnes, Nord ou
Midi, etc., comme aussi du régime hygiénique et du traitement des ma-
lades : éléments d'observation qu'il serait difficile de réunir avec autant
d'ensemble, avec une même certitude et la même authenticité dans les hô-
pitaux civils et la pratique ordinaire. Je joins à ces tableaux la récapitula-
tion pure et simple des résultats respectifs et de l'objet de chacun. C'est donc
quatre sortes de pièces que j'ai l'honneur de soumettre au jugement* de
l'Académie : un Mémoire ; le résumé et les conclusions de ce Mémoire, une
suite de tableaux statistiques qui comprennent environ 2000 malades; et
enfin, la récapitulation de ces tableaux avec quelques corollaires. »
L'Académie renvoie à la même Commission un Mémoire de M. Poggioli,
et une Note de M. Leveac se rapportant également au choléra-morbus.
M. Liégar» adresse, de Caen, pour le concours Montyon ( prix de Méde-
cine et de Chirurgie), un opuscule imprimé ayant pour titre : « Quelques
sujets de Médecine et de Chirurgie pratique; » il y joint, pour se conformer
à une condition imposée aux concurrents, l'indication de ce qu'il considère
comme neuf dans cette publication.
(Commission des prix de Médecine et de Chirurgie.)
M. Lechev allier soumet au jugement de l'Académie une Note sur la di-
rection des aérostats.
(Renvoi à la Commission des Aérostats.)
CORRESPONDANCE.
M. le Mixistre de l'Instruction pcbliqde adresse pour la bibliothèque
de l'Institut un exemplaire de la nouvelle édition du Commercium epistoli-
cum publiée par MM. Biot et Lefort. (Voir au Bulletin bibliographique.)
C. R., iS56, 1 er Semestre. (T. XLH, N» 21.)
i3i
(998)
astronomie. — Eléments de F orbite de la planète Âmphitrïîe et Ephémé-
ricle pour Vopposiiion -'</e : r8S6 : ; par M. Yvox YiiAARcÉAïr. (Cômmuniça-
- non de M. £e Fem>/>.) . : ; : * ___:..
:«-Daris la séance du 27 novembre i854, M^Yvon Villarceau a présenté
le résiutat auquel l'avait conduit l'emploi de cent "vingt observations de la
planète Amphitrite, iâites. durant la première apparition^ il a publié dans
le Compte : rendu, tome XXXIX, page 1 064, une épbémérida très-étenduè
pour l'opposition de i855. lia pu. depuis comparer les observations Jaites
en i855 à son éphéméride, et en déduire xles éléments plus approchés pour
l'opposition de î 85.6. ::; _ .:;:.', ; : _-.'.- ; :
t> E' ensemble des observations embrassant un intervalle déplus de dix-
nuit : moïs,-il semblait probable que l'indétermination dont sont affectés les
premiersélémente, : dïsparâîtraïl: cette fois; pourtant il n'en a, pas été ainsi-.
» Pour obtenir le degré d'exactitude nécessaire en pareil cas,, M. Yvon
VillarceaU a calculé les perturbations par Jupiter et Saturne depuis l'épo-
que de "la : découverte d'Àmpnitritè jusqu'à la fin de 1 856, celles de Mars
pendant les deux apparitions de la planète, et en outre celles de Vénus et de
là Terre durant Fôppbsitidn dé 1 8S4 ■ ? ' w .: -::.:.'; ~..z — .__
> disposant" les observations" par groupes, M". Yyoh Villafceau à. formé
quafânfe-troïs équations de condition qu'il a traitées par îa méthode des
moindres carrés", "pour en déduire les corrections des éléments, et il â "obtenu
les équations suivantes, que nous rapportons" afin que l'on puisse au besoin
vérifier l'indétermination qui 4-eète encore.- ^ -.:_-. : _: ::2
•+96.1985 iv, — 6,g5H) Je-t-o, 57671 o>— 1.5,4260 o*'N — 0,81021 ol — o,oo354 ôQ=— 1918,0
- "6,9519 o"> ! 4-35,8i-23 i - ^e-iîâ,3r636=-oV-K 9,6487 £TS + 0,27622 -o*î — o,-xyJHofsQ=i -f- io52,5
- 0,575710^4- 3,3i656 j£ + 0,324922 aV+ 0,717993 o*'N — 0,016914 a 0*1 — 0,0261782^ ■= + 74,00
- r5,4î6o o*sj + 9,6487 0*5 + 0,717993 o*sr+ 4,539285 o*'N+ 0,00027345 fl— o,o47o65o<?£2 = + 52g,go3
- o,8io2io"n+ 0,27522 o*s^-:o, 016914. SM-b o,Q002734ao*'ïf+j7, 97977 ôl+ 0, i368i4 o*Q = + 210,27
- 0,003540*),— 0,2078040*5 — 0,02617820*0- 0,0470650 *'N+ o,i36Si4 o*r + o,2gS3386o*Q = + 10,187
» Les quantités o\j, <?e, âts, .d^N, àL, &Q, sont les corrections que doivent
subir les éléments considéréscdmme ôsculateurs le 0,0 mars i854_. En dis-
posant verticalement ces inconnues dans la colonne à gauche, on a voulu
indiquer que les équations proviennent de la multiplication par le coeffi-
cient de. l'inconnue correspondante. Si on laisse de côté la quatrième équa-
tion et que l'on déduise des cinq autres les valeurs des inconnues en fonc-
■W'
(999 )
tion de o v N, ces valeurs étant transportées dans la quatrième conduisent à
— 0,00008 8'TH = -1- i",g2,
équation dans laquelle le coefficient de d"N dépendant de chiffres significa-
tifs du sixième ordre est lui-même incertain. La correction <J"N est égale à
1000 fois celle <?N du moyen mouvement héliocen trique diurne; et il est
visible que l'équation précédente est impropre à déterminer cette correction.
- a En substituant d'ailleurs les valeurs obtenues dans les équations de
condition primitives, on obtient les expressions suivantes des différences
entre les positions observées et celles déduites des éléments corrigés :
18S4.
CosD(.aioJjs.-
- ÏRcalc.)
D obs. —
D cale.
18SS.
Cos D (iRobs,— jRcalc. )
D obs. — D cale.
Mars
i,5
— o"6 —
i4,3<îN
4- 2,9 4-
7,»*N
juin.
'4,5
— 0% — 18,8cm
_^
11
1,0 4- 17,4<?N
11 ,5
■+■ 0,8 -
9,9
- 1,1 4-
8,0
'9,5
+ 0,1 — i5,g
—
2,5 4- 18,2
21,5
- 1,8-
3,8
- ',9 +
8,2
24,5
0,2 — 12,7
—
1,1 4- 18,8
3i,5
-4,6 +
2 ,9
— 1,5 4-
7,7
Juill.
29,5
- 1,1 - 7,8
Avril
io,5
- 4,9 +
9,2
- i,3 -+■
7,°
Août
3,5
1,0 4- ig,2
20,5
— 3,o -+-
'4,o
- i,6 +
6,2
Août
8,5
- °,4 — 2,9
0,0 4- 19,2
Mai
io,5
-+- 0,8 -+-
,7,5
+ 0,7 4-
5 ,9
i8,5
— 3,0 4- 2,9
4-
1,7 -+- i8,5
20,5
■+ i,7 -+-
■6,4
-+- 3,6 4-
6,4
28,5
- 2,9 4- 7,6
4-
',9 -+■ '7,4
3o,5
-+- 3,2 -+-
14,1
4- 4,3 4-
7,2
Sept.
7,5
-+- 0,4 4- 10,7
4-
0,7 4- 15,7
Juin
i9,5
-t- 6,4 ■+-
7,6
- 1,7 -+-
9,4
Sept.
'7,5
22,5
'
Juill.
9,5
-+- 5,i 4-
o,6
— 3,6 4-
",7
4- 2,5 4- 12,1
—
0,2 4- 12,2
'9,5
-+- 4,9 -
2,6
— 0,1 4-
12,7
Oct.
Nov.
12,5
n,5
+ 7,7+ ',9
» »
» L'examen de ces chiffres montre que â N peut recevoir des valeurs com-
prises entre des limites assez étendues, telles que o",2 à o",25 sans que les
erreurs deviennent inadmissibles, tant sont encore défectueuses les observa-
tions de la plupart des nouvelles petites planètes. Ainsi dix-huit mois d'ob-
servations ne suffisent pas pour déterminer le moyen mouvement à o",2
près.
» Les éléments auxquels M. Y. Villarceau est parvenu sont :
Amphitwte. — Eléments oscillateurs le 5,5 décembre i856.
1 tt
Anomalie moy. le 5,5 déc. i856, t. m.deParis. 8-45.53,65 — i24,5<îN
Longitude du périhélie , . 56. 6.24,82+816, 6tîN j Eqainoie moyen
Longitude du nœud ascendant 356.24.24,64+ 3 , ig3 <W ) da J " iailTier 18se '
Inclinaison 6. . 7-54,25+ 1 1 ,588<îN
Angle ( sin = excentricité )... , 4- 9-56,i4+'32,48#N
Moyen mouvement héliocentrique diurne. . . . 869,2858 + SN
i3i..
( rooo )
» A l'aide de ces éléments, M. Yvon Villarceau a calculé l'éphéméride
suivante pour l'opposition de i856 : . _ -
Èphéméride des positions géocentriques apparentes de la planète AMPHITKÏTE pour l'oppo-
sition de 1856 , calculée au moyen des précédents éléments en y posant S N = o.
I8S6.
-
LOG. DIST.
1886.
- " - ■
LOG. DIST.
T, H. de Paris.
ASC. DROITE.
DÉCLINAISON.
à la Terre.
T. M. de Paris.
ASO. DROITE.
DÉCLINAISON.
àla Terre.
Oct. 3l,5
h m S
4.19.52,33
1 11
+3o.i3.28,i
0,i64.54
Nov. 3o,5
b m s
3.49.24,96
+3o. 0.29,0
0,l45 42 '
Nov. i , 5
19. 6,88
14.20,5
162 83
Dec. 1 ,5
48.21,26
+29.57.42,7
146 04
2,5
18.19,64
16. 4,1
161 19
2,5
47.18,42
54.49,3
i46 76
3,5
17.30,70
17.38,6
i5g 61
3,5
46.16,52
5i.4g,5
147 55
/„5
16.40,11
19 4, 1
i58 10
4,5
45.15,66
48.43,7
148 42
5,5
4.15.47,95
+30.21.20,4
0,i56 65
5,5
3.44.15,91
+29.45.32,0
0,149 37
6,5
14,54,24
22.27,1
i55 27
6,5
43.17,34
42.16,1
i5o 4o
7. 5
i3,5g,i3
23 , 24 ,6
i53 96
■" 7,5
42,20,05
- 38.55,o
i5i 5i
8,5
i3. 2,68
~ ?4 ■ 12 , 5
i52 72
8,5
41.24,10
- 35.29,7
l52 69
9,5
• 12. 4,g5
- 24.50,8
i5i 55
9,5
40.29,55
— 3a. o,5
[53 g5
io,5
4. ri . 6,01
+3o.25. 19,4
o,i5o 45;
_ io,5
3. 3g. 36, 47
+2g.28.27,g
o,i55 27
n,5
10. 5,g3
25. 3 7 , 9
149 43
iij5
38.44,9 2
24.52,3
i56 67
12,5
9- 4,77
25.46,5
148 48
12,5
37.54,96,
. 21.-14,1
i58 14
i3.,5
8. 2,62
25.45,1
147 61
i3j5
37. 6,64
-. >7- 33 >7
|59 67
- 4,5
6.59,56
. 25.33,5
- 146 82
-'4.5
36.20,00
j3.5i,6
161 27
i5,5
4. 5.55,67
+3o.25.n,8
0,146 ii
i5,5
3.35.35,11
+29.10. 8,2
0,162 94
i6,5
4.5i,o5
24.39,8
145 48
" i6,5
34.52,01
-- 6.23, 9
164 67
i7,5
3.45,8o
23.57,8
14493
■ 7,5
34.10,73
~ 2.3g,i
166 46
i8,5
2.4°)°3
"a3. 5,8
>44 46
18,5
33. 3i ,33
+28.5S.54,2
168 3i
'9.5
i.33,8i
22, 3,8
144 07
i9,5
32.53,84
55. 9,7
1 70 21
20,5
4. 0.27,26
+3o.20.5i,g
0,143 77
20,5
3.32.18,28
+28.51,35,8
0,172 17
21,5
3.59.20,47
- ig.-3o,2
-i43 55
21,5
31.44,71
47.43,1
174 19
32,5
58.13,53
, i7-58,9
• 43 42
2.2,5
3i.i3,i3
44. 1,8
176 26
23,5
5 7 . 6,54
16.18,2
i43 3 7
23,5
30.43,59
40.22,4
178 38
2/}, 5
55.5g,Gr
- 14.28, 2
143 4 1
24,5
3o. 16,11
36-45,2
- 180 54
25,5
3.54.52,84
+30.12.29,3
, 1 43 53
25,5
3.29.50,70
+28.33.10,5
0,182 76
26,5
53.46,36
10,21,7
ï43 74
26,5
29-27,39
29,38,7
i85 01
27,5
52.40,22
8. 5,6
i44 o3
27,5
29. 6,18
26.10,1
187 3i
28,5
5i.34,54
5.4i,3
i44 4i
28,0
28.47,09
22.45,1
18g 65
39,5
50.29,42
3. 9,2
'■ "44 87
'~ .*- 2 9> 5
28.30, i3
, i9-»3,8
, 192 o3
3o,5
3.49.24,96
+3o. 0.29,5
0,145 4 2
3o,5
3.28.i5,3i
+28.16. 6,6
0,194 45
3r,5
3.28. 2,62
+28.12.53,7
0,196 90
» Qu'il nous soit permis en terminant de présenter ici des observations
méridiennes de la planète Àmpbitrite sur lesquelles les résultats précédents
sont en partie fondés" et que M. Reslhuber, directeur de l'observatoire de
Kremsmunster, a bien voulu communiquer à M. Yvon Villarceau, en 7 joi-
gnant leur comparaison avec l'éphéméride insérée aux Comptes rendus >
tome XXXIX, page 1064.
( IOOI )
Observations méridiennes de la planète ABCPHITR.XTE.
i8SS.
T. BOTES
de Kremsmunster.
ASC. DR. GÉOC.
ÉPHÊiH. — M.
DÉCLIN. GÊOC.
PARALLAXE.
ÉPHÉM. — D.
fa m s
h m a
s
, »
»
ff
Juill. ig
12. 7. 0,64
^=19.55.42,73
<f&=-'7)° 8
D=— 29.38.40,88
5,i3
cîD = — 27,76
24
I I . 42 . 6 , 64
50.27,44
—17,00
H
»
»
Août ' i
II. 2.37,28
42.24,05
— I 7 ,25
29.47.52,36
5,07
-21,78
2
I0.57.44,5l
41.27,03
— 7,45
—29.47-36,35
5,06
—25,57
3
10. 52. 52, 41
40.30,79
— I7,4l
— 2g. 47.22, 64
5,o5
—19,28
10
10.19.19,34
34-27,99
-I7,l4
—29.41.34,34
4)96
— !7i7 3
'9
9.38.23,08
28,24,01
-'6,97
— 29.25.50,69
4,79
— >7>95
22
9.24.33,83
26 . 52 , 40
-i6,65
—29.18.46,06
4,73
—2i,33
23
g . 20 . 1 1 , 45
26.25,61
-i6, 7 5
— 29.16. 16,01
4)7'
-20,43
25
9. 11 . 3i ,33
25.37,18
—16,69
—29.10.59,24
4,6 7
—20,57
28
8.58.44,5g
24-37,99
— i6,52
—29. 2.28,62
4,6o •
—21,80
Sept, i
8.42. 7,48
23.44,37
— 16,06
— q8. 5o.i4,i9
4,5o
— '8,99
10
8. 6.3i,3i
23.3i,34
-l5,42
—28.19. 9,66
4,29
— 20,26
T.
m. de Paris.
Asc. droite.
856, Mai 22
h m
10.20
h m !
10.22. l5
23
n.3o
10.23.37
25
I I . 10
IO.26. IO
astronomie. — Découverte d 'une 4i e petite planète, par 'M. H. Goldscumidt.
( Communiqué par M. Le Verrier. )
« J'ai l'honneur d'annoncer à l'Académie la découverte, faite le 2a mai,
par M. Goldschmidt, d'une nouvelle petite planète.
» L'auteur de la découverte a constaté approximativement les positions
suivantes du nouvel astre :
Déclinaison.
,
-+- 11.11,7
-f- II. 9,2
+ 11. 5,7
» Bien que M. Goldschmidt ait témoigné le désir de ne communiquer sa
découverte qu'après s'être plus positivement assuré de sa réalité, je ne crois
pas devoir tarder de la faire connaître, attendu que la planète étant dans
une constellation que le Soleil va bientôt atteindre , il pourrait suffire de
quelques soirées de ciel couvert, pour rendre impossible la continuation
des recherches avant le retour de la Lune, et occasionner ainsi la perte
d'une nouvelle planète, si ( une communication faite en temps utile ne ve-
nait fournir aux astronomes le moyen d'observer la planète durant l'appa-
rition actuelle. »
Communication de M. Montagne.
« En faisant hommage à l'Académie des Sciences, au nom de M. W*-P<
Schimper } l'un de ses Correspondants, du soixante-cinquième et dernier
(: iooa )
fascicule de la Bryologie dl Europe , je me flatte qu'elle voudra bien me
permettre de profiter de la circonstance pour l'entretenir un moment de
cet. ouvrage enfin achevé. _ -.-._.•
» ILzl JBrjohgia Europœa, dont cette dernière livraison , impatiemment
attënô!ûe7 contiënfla" fin HxTCorollarium , ne _ fdrme "pas moins desïïTorts
volumes in-quarto, ornés dé 64° planches du même format et gravées sur
pierre- avec une rare perfection . "■ --— .
» Cet ouvrage a pour objet de faire, connaître dans leur organisation et
lënrsdétails lés plus intimes toutes les Mousses qui croissent en Europe,
centre botanique de cette curieuse et jolie famille. Il a été commencé en
1 835 par M. Schimper en collaboration avec un autre bryologiste célèbre
de Dfux-Ponts, M. Bruçh. Celui-ci étant mort dans l'intervalle, l'auteur
principal s'est adjoint M. Gûmbel pour le terminer. ..-..•
» Quels que" soient les secours que "M. Schimper ait pu recevoir de ses
deux collaborateurs, nous devons reconnaître qu'il a été le promoteur
actif et, pour tout dire en un mot, l'âme de cette publication. Car, ce qui
en fait le principal mérite, c'est l'iconographie qui l'accompagne et dont il
est l'auteur. Depuis que l'on figure par le burin les plantes si variées et si
élégantes de cette nombreuse famille, on n'était pas encore arrivé à une
telle perfection, soit pourTensemble, soit pour les détails.
» Et, sans parler du désintéressement profond dont M. Schimper a
fait preuve, quelle persévérance ne lui a-t-il pas fallu pouf continuer
pendant vingt ans un tel travail et pour en surmonter les difficultés sans
nombre? " : ~" ~V,~'"' ", '" ".'' -
» Comme,', en présentant à l'Académie plusieurs des livraisons précé-
dentes, je me suis déjà étendu sur les différents genres, de mérite de cette
publication, je bornerai â ce" peu de mots ce qui me restait à en dire. Je
ne puis cependant terminer sans attirer l'attention sûr l'immense et signalé
"service que notre confrère M. Schimper et ses Tiabiles collaborateurs ont
rendu à la bryologie et à ceux qui la cultivent en conduisant a bonne fin
ce remarquable et magnifique ouvragé. »
M. Claude Berivaud présente, au nom de l'auteur M. Castorani, un exem-
plaire d'un opuscule ayant pour titre : De la kératite et de ses suites. « L'au-
teur, dit M. Bernard, présente dans ce travail quelques questions sous un
jour nouveau. Nous citerons, par exemple, ces réflexions sur le strabisme.
-". » Dans lé_ strabisme ordinaire, l'auteur croit à la prédominance d'action,
par suite d'exercice d'un des; muscles de l'oeil strabique sur l'autre, et non
( ioo3 )
à sa contracture, car, s'il n'en était pas ainsi, quand on vient à recouvrir
l'oeil sain, l'œil qui louché ne devrait pas se redresser. Comment donc l'oeil
malade louche-t-il, quand il fonctionne avec l'oeil sain? Tout simplement
par défaut de simultanéité dans la vision de deux yeux. Ainsi, dans le stra-
bisme récent, l'oeil ne louche que pour la vue des objets éloignés, parce que
dans ce cas il y a myopie de l'oeil faible, et que le malade ne peut exercer
alors les deux yeux simultanément pour voir de loin. De près, au contraire
la vision simultanée a heu; aussi les symptômes de strabisme disparaissent-
ils. Si la myopie de l'oeil faible vient à augmenter au point de ne plus per-
mettre la vision des deux yeux même de près, alors on constate que le stra-
bisme existe pour la vision des objets rapprochés comme pour celle des
objets éloignés.
» Un petit chapitre spécial sur la photophobie termine le traité de la kéra-
tite. De la discussion de diverses opinions émises sur ce sujet, M. Castorani
conclut que la photophobie a son siège dans les filets de la 5 e paire et
qu'elle résulte de leur état d'irritation dans la cornée, ou dans l'iris. Quant
à la rétine, il ne sait si elle a jamais pris part à sa production. Ce qui prouve
au moins qu'elle n'en est pas le siège exclusif comme on l'a avancé, c'est
que la photophobie se produit avec une grande intensité dans les affections
de la cornée et de l'iris, lors même qu'une cataracte empêche tout rayon
lumineux d'arriver jusqu'à la membrane rétinienne. »
botanique. — Observation relative à un cas d'hybridité anormale ,-
par M. Ch. IVaudey.
« D'après les idées généralement reçues aujourd'hui, les végétaux hy-
brides participent toujours sensiblement des deux espèces qui leur ont
donné le jour. Ou admet qu'ils sont tantôt exactement intermédiaires entre
leurs ascendants, et tantôt plus rapprochés de l'un des deux, mais cepen-
dant sans que le type qui y est le plus faiblement représenté y disparaisse
d'une manière absolue. Toute plante chez qui ne se montre à aucun de»ré
appréciable le mélange de deux formes alliées, est censée pure de toute
hybridité.
» Que cette opinion soit exacte ou non, c'est ce que je n'examine pas
pour le moment ; ce que je tiens à établir, c'est qu'il peut arriver que, par
l'action d'un pollen étranger sur un ovaire et sur les ovules qu'il contient,
il naisse des plantes chez lesquelles les traits du père sont totalement ef-
facés, autant du moins qu'on en peut juger par le témoignage des sens,
( ioo4 )
bien que toutes les autres circonstances se réunissent pour mettre hors
de contestation l'influence de ce pollen. J'en ai eu la preuve dans un fait
que j'ai observé pendant les années i854 et i855, et sur l'authenticité du-
quel je ne puis conserver aucun doute ; il m'a été fourni par les Datura
strarnonium et ceratocaula fécondés l'un par l'autre.
» Avant d'aller plus loin, je dois dire que ces deux espèces sont, de tout
le genre, celles qui s'éloignent le plus par le faciès, et que ce n'est pas
tout à fait sans raison que plusieurs botanistes les ont séparées générique-
ment. Sans parler des différences notables qu'elles présentent dans leurs
fleurs et leurs fruits, il suffit, pour faire sentir combien elles ont peu d'af-
finité l'une avec l'autre, de rappeler que, chez le D, ceratocaula, dont les
fleurs sont axillaires, la tige est toujours simple, débile et souvent couchée
sur le sol, tandis que chez le D. strarnonium elle est robuste, verticale
et divisée, ainsi que ses ramifications, en dichotomies successives, dont
l'angle est invariablement occupé par une fleur. Ces grandes dissemblances
pouvaient induire à penser qu'il n'y avait aucune possibilité de croiser
l'une" de ces espèces par l'autre; l'observation que je vais citer établira
nettement le contraire.
» Pour donner plus de certitude à mes essais d'hybridation, j'ai presque
toujours eu soin de castrer et de laisser sans fécondation un certain nombre
de fleurs des plantes sur lesquelles j'opérais; c'étaient autant de témoins
auxquels je rapportais les phénomènes consécutifs de l'expérience. Lorsque
j'entrepris le croisement des diverses espèces de Datura entre elles, je fis
les contre-épreuves suivantes :
» i°. Sur divers pieds de D. ceratocaula, sept fleurs furent castrées
le a5 août i854, dans le bouton près de s'ouvrir, et laissées sans féconda-
tion ; il n'y eut chez aucune le moindre accroissement de l'ovaire.
» Huit autres fleurs, soumises à la même opération les 4 et 5 septembre,
reçurent en abondance du pollen de D. strarnonium; un seul ovaire grossit
quelque peu, puis s'arrêta, peut-être parce que la saison était déjà trop
avancée ; les sept autres demeurèrent dans l'état où ils étaient au moment
de l'ablation des étamines.
» Enfin, six nouvelles fleurs, castrées le 7 septembre, reçurent, lors-
qu'elles furent complètement épanouies, du pollen de D. fastuosa; le ré-
sultat fût nul, comme dans le premier cas.
» 2 . Sur le D. strarnonium. du ao août au 14 septembre, douze fleurs
furent castrées un peu avant leur épanouissement et laissées sans fécon-
dation; elles tombèrent toutes, dans les cinq à six jours qui suivirent, par
( ioo5 )
désarticulation de leur pédoncule. Beaucoup d'autres fleurs intactes et ri-
ches en pollen, qui s'ouvraient autour d'elles, ne modifièrent en rien les
suites de l'opération.
» Le a5 août, trois fleurs de la même plante reçurent, après castration,
du pollen de Nicanrlm physalodes; elles tombèrent comme les précédentes!
Il en fut de même de quatre autres fleurs également castrées, sur le stig-
mate desquelles fut déposé du pollen de D. fastuosa, et d'une cinquième
qui reçut du pollen iïHyoscyamus niger.
» 3°. Sur le Datura tatula, onze fleurs castrées le 20 août et laissées
sans fécondation, se détachèrent dans les cinq ou six jours qui suivirent.
Trois autres fleurs, également castrées et couvertes par le pollen du D.fas-
iuosa, périrent de même, ainsi que deux fleurs qui reçurent du pollen de
Nicotianatabacum, et une autre qui en reçut du Nicotiana noctiflora.
» Au total, cinquaute.huit fleurs prises sur les trois espèces que je viens
de citer, les unes laissées sans fécondation, les autres couvertes de pollens
étrangers, mais toutes dépourvues d'abri contre l'action du vent et des
insectes, restèrent stériles, sauf une seule chez qui se manifesta un commen-
cement de grossification. Ce nombre me paraît suffisant pour attester le
succès de l'expérience suivante, et légitimer les conclusions que j'en tire.
» Du 2 au 8 septembre de la même année (1 854), dix fleurs de D. stra-
monium, prises sur deux pieds différents, furent castrées dans le bouton
avant toute déhiscence des anthères. Lorsqu'elles furent épanouies, leurs
stigmates parfaitement vierges, comme il était facile de s'en assurer à
J'aide d'une forte loupe, reçurent une grande quantité de pollen de D. ce-
ratocaula. Tous les ovaires nouèrent et s'accrurent, mais beaucoup plus
lentement que ceux qui avaient été fécondés par le pollen de l'espèce. Les
d 1X capsules furent récoltées mûres du 3o octobre au 1 o du mois suivant.
» Aucun de ces fruits n'avait atteint le volume normal; leur grosseur
variait de celle d'une noisette à celle d'une noix. A en juger à la simple vue,
les plus développés atteignaient à peine à la moitié du volume des fruits
normalement fécondés. Contrairement à ce qui^se passe chez ces derniers,
leurs pédoncules avaient jauni, et leurs valves s'entre-bâillèrent à peine;
toutefois, les graines avaient pris la teinte brune qui annonce la maturité.
» Dans cesdix capsules, le développement des graines avait été très-inégal.
Une bonne moitié au moins des ovules n'avait pas pris d'accroissement et
se réduisait à des vésicules aplaties et ridées; les autres, en nombre variable
suivant que les fruits étaient plus ou moins gros, étaient arrivés à l'état de
graines, bien conformées extérieurement, mais de moitié plus petites que
C. R , i856, i°r Semestre. (T. XLfl, N°2i.) [3 2
( ioo6 )
Jes graines normales et ne contenant aucun embryon dans le tissu cellulaire
périspermique qui les remplissait. Çà et là pourtant, sur des boursouflures
du placenta, s'en montraient quelques-unes, de deux à dix environ par cap-
sule, qui paraissaient être arrivées à leur complet développement. L'analyse
de deux ou trois de ces graines me fit reconnaître qu'effectivement elles
étaient embryonnées. Les dix capsules m'en donnèrent une soixantaine
que je recueillis et qui furent semées lé 16 avril 18 55.
» De toutes ces graines, il n'y en eut que trois qui germèrent. Une des
jeunes plantes fut oubliée dans un pot trop étroit où elle resta toujours ché-
tive et ne put pas arriver à fleurir. Les deux autres furent mises en pleine
terre, à côté de plusieurs pieds de D. stramonium de race pure, qui devaient
servir de termes de comparaison. Les conditions de la culture ont été abso-
lument les mêmes pour toutes ces plantes.
» Les deux individus hybrides que, d'après les règles convenues de la
nomenclature, je désignerai par le nom de J), eeratocaulo-strarnonium , se
développèrent avec vigueur. Parleur tige robuste, dressée et divisée dicho-
tomiquement, par leurs feuillage et plus tard parleurs fleurs et leurs fruits, ils
ne différèrenten rien des D. stramonium proprement dits, qui étaient à côté
d'eux. Aucun caractère appréciable n'y rappelait les formes du D. cerato-
caula. On aurait donc pu croire, au premier abord, que ce dernier n'était
pour rien dans leur production et que les deux plantes étaient issues d'une
fécondation opérée par le pollen de l'espèce qu'elles représentaient ; mais
outre les circonstances déjà concluantes que j'ai rapportées, elles manifes-
taient des caractères d'un autre genre qui mettaient hors de toute contesta-
tion l'illégitimité de leur naissance.
» C'est qu'effectivement les caractères par lesquels se révèle l'hybridité
sont de deux sortes. Les uns, que j'appellerai essentiels, consistent dans le
mélange des formes des deux parents, tous deux reconnaissables dans l'hy- ^
bride; les autres que, malgré leur importance, nous pouvons qualifier d'ao
cessoires, parce qu'ils ne se présentent pas d'une manière constante et qu'ils
sont étrangers aux types spécifiques producteurs de l'hybride, affectent la
manière de végéter, le développement moindre ou plus grand de certains
organes, la disposition à fleurir, le degré de perfection de l'appareil repro-
ducteur, etc. Dans certains cas, les caractères essentiels seuls existent ; plus
ordinairement, ils s'accompagnent de quelques-uns des caractères acces-
soires. Dans celui qui fait l'objet de cette Note, ces derniers seuls se sont
montrés, mais avec une évidence telle, que tous les doutes doivent dispa-
raître.
( 1007 )
» Chez les Datura hybrides, au moins chez ceux des D. stramonium et
tatula, les caractères accessoires consistent, d'abord dans une taille beau-
coup plus élevée que celle des deux espèces types, ensuite dans l'avorte-
meut constant des fleurs des premières dichotomies. J'en ai eu un remar-
quable exemple dans une autre expérience qui se faisait simultanément
et sur le même terrain. A côté des deux échantillons de D. ceratocaulo-
stramonium, étaient cultivés 120 autres Datura hybrides; savoir 96 qui
provenaient du D. tatula fécondé par le D. stramonium, et it\ qui
étaient issus du D. stramonium fécondé par le D. tatula. Chez tous ces
hybrides, d'ailleurs parfaitement semblables entre eux, se trouvaient réunis
les caractères essentiels et les caractères accessoires que je viens de désigner.
Par leurs fleurs, ils étaient sensiblement intermédiaires entre les deux pa-
rents, mais leur taille était double de celle de ces derniers, et leurs pre-
mières fleurs, au lieu de paraître dans la première, ou tout au moins dans
les secondes dichotomies, ne se sont généralement montrées que dans celles
du 5 e ou du 6 e degré. Presque toutes ces plantes dépassèrent 2 mètres et
ne fleurirent que tardivement et seulement à leurs sommités.
» Ce double caractère se manifesta au plus haut point dans les deux
échantillons de D. ceratocaulo- stramonium; ils s'élevèrent à i m ,7o et ne
commencèrent aussi à fleurir qu'à partir des dichotomies du 5 e et du 6 e de-
gré. Beaucoup de fleurs d'ailleurs avortèrent encore dans celles des degrés
supérieurs, mais celles qui s'épanouirent nouèrent leurs ovaires auxquels
succédèrent des fruits de grandeur normale et remplis de graines bien con-
formées, puisque celles que j'ai semées au mois d'avril dernier m'ont donné
une quantité de jeunes plantes dont je me propose de suivre encore les
développements cette année.
» Voilà donc, à n'en pas douter, des plantes nées par voie d'hybridité,
chez lesquelles disparaissent totalement, et dès la première génération, les
les traits du type paternel. Ce fait me paraît soulever une importante ques-
tion de physiologie : on peut se demander, en effet, quel est le rôle de la
fovilla dans l'acte de la génération : se borne-t-elle à accroître la vitalité de
l'ovaire et de l'ovule , ou entre-t-elle directement dans la composition de
l'embryon? Cette dernière hypothèse semble la plus admissible, surtout
lorsqu'on se rappelle que certains hybrides se rapprochent notablement plus
du père que de la mère ; mais ne se peut-il pas aussi que, dans certaines cir-
constances, et, par exemple, dans le cas que je viens de signaler, son action
soit presque toute dynamique et comme une simple extension de l'éner-
gie vitale imprimée à l'ovule et à l'ovaire lui-même. Ce qui m'amène à faire
l32..
( ioo8 )
eeite Supposition, c'est que, plusieurs fois déjà, j'ai observé la grossification
d'ovaires stimulés par l'application d'un pollen étranger, sans- qu'il en ré-
sultât la formation de graines embryonnées. Ce fait a été particulièrement
-remarquable: sur VEcbaïium fécondé par le pollen du Bryonia alba. Sous
l'influence de de pollen, les ovaires de Y Ecbalium grossirent- presque à
l'égal de ceux, qui avaient été légitimement fécondés, et plusieurs d J entre
eux donnèrent un petit nombre de graines- de là plus belle apparence
extérieurement, mais complètement vides. C'est exactementce qui s'estpassé
dans les ovaires du Datura stramoniamiécondés par leJpôllen du D. ce-
ratocaula, à l'exception qu'ici, au milieu d'un nombre Wense de
graines vides ou restées à l'état d'ovules desséchés, il s'en est trouvé quel-
unes qui étaient véritablement embryonnées. »' :
PHYSIOLOGIE. — Nouvelles recherches 1 Sur la question glycôgéhiquë ;
"" .. ~~ ' - parM. Ghacveau. " "
« J'ai l'honneur de présenter à l'Académie un très-bref exposé des faits
mîs-êtf lumière parles expériences récentes auxquelles je me suis livré en
vueîl'éclaircir cette question, expériences qui ont été -faites, parallèlement
pouï ainsi dire, sur- des herbivores (ânes bu chevaux) soumis à leur régime
habituel, et sur des chiens nourris exclûsivëment-à la viande, • " : "
^ » Premier/ait : Pendant l'abstinence, même très-prolongéê, lé sucre ne
disparaît point dans le sang des vaisseaux de la grande circulation.
- ■. «Sur quatre chevaux et quatre chiens privés d'aliments depuis une épo-
queplus où moins reculée, je retire du sang a là veine jugulaire 1 et à l'ar-
tère carotide ; l'analyse* faite par M., le D r Delôre pour les deux premiers
chevaux, et par moi pour les autres animaux, donne les résultats indiqués
dans le tableau- suivant :- - • ; - :-■-_..... . ...._:... -...'_-.
loo^de sérum dit sang artériel contiennent. .. • o^'oSo dç glyeose. :
Id... . . .;. . ,.;.., .,; . veineux, ;. ', ...... '. . , : o^ofiÔ' ■.:..; ..;„■':'.
' ld- .:......:. artériel ./ 7 ... . o* r ,c>73 ~ ~~"
Id... .-; .,..,-. , : -. .-, , veineux,-..... .-.-.. ,- : -o s£ , 068
Id.,.. _.-. artériel 0^,093
Id- . veineux o gr ,68o
ld., ,.,,,...._. ., artériel........ . 0^,090
t er cheval
(i2\ de diète).
2 e cheval
{48 h de diète).
3 e cheval
(3i de diète).
» 4 e cheval
(©de diète).
Id... , ..
veineux .
0^69
( *°°9 )
i ef chien j ioo^ de sang artériel contiennent o' r ,o53 de glycose.
(24 h de diète). ) Id veineux o" 1 033
2 e chien j Id artériel os r ,o35
(48* de diète). | Id. . veineux 0^020
3 e chien { Id artériel... o^ o5i
( 3J de diète). | Id veineux gr Q §t
4« Ç hien | Id artériel ] du glycose en quantité
(frdediete). ) Id veineux j DOn dosée . ,
» Deuxième fait : Le sucre est toujours plus abondant dans les artères
que dans leurs veines collatérales. C'est ce que prouve la comparaison
des quantités signalées dans le tableau précédent.
» Troisième fait : Le sang artériel, quel que soit le point de l'appareil
circulatoire où on le prend, renferme toujours, chez le même animal, la
même proportion de glycose.
» Je me suis convaincu de ce fait en examinant comparativement, sur plu-
sieurs animaux des espèces chevalineet canine, à jeun ou en pleine digestion,
le sang des artères coccygiennes, fémorale, carotide et celui du ventricule
gauche. La nécessité d'abréger cette Note me force à supprimer le détail
de ces analyses.
» Quatrième fait : Le sang des veines, moins celui de la veine porte
pendant la digestion des matières sucrées et amylacées, moins encore celui
des vaisseaux sus-hépatiques et de la portion sus-diaphragmatique de la veine
cave inférieure, à toutes les périodes, ne présente point non plus de diffé-
rences appréciables sous le rapport de la quantité de glycose qu'il renferme.
» Parmi beaucoup d'autres preuves, je citerai les deux analyses suivantes :
i° Un cheval est mis à la diète pendant quarante-huit heures; je retire du
sang à la jugulaire, à la saphène interne, à une veine de l'intestin grêle : le
sang du premier vaisseau donne, pour 100 grammes de sérum, 0^,069 de
sucre, celui du second 0^,067, et celui du troisième s r ,o 7 3 ; 2° sur un
chien en pleine digestion, je prends du sang de la jugulaire, de la saphène
externe, de la céphalique et de la veine porte : le premier fournit, pour
100 grammes, o*',o65 de glycose, le second o^oSg, le troisième s r ,o6 7 . le
quatrième 0^,64.
» Cinquième fait : Chez les animaux à jeun ou nourris exclusivement à
la viande, le sang des veines sus-hépatiques est toujours plus sucré que
( IOIO )
celui des autres vaisseaux, y compris la veine porte. Ce fait a été si bien
prouvé par les expériences de M, Bernard, que je crois pouvoir me dis-
penser de citer celles de mes analyses qui concourent à l'établir. Je ferai
seulement remarquer que les conditions dans lesquelles je me place pour
recueillir le sang qui sort du foie sont tout à fait physiologiques, et ne don-
nent prise à aucune objection, puisque j'extrais ce fluide, chez les soli-
pèdes, en pratiquant sur l'animal debout le cathétérisme des vaisseaux sus-
hépatiques par la jugulaire et les veines caves.
» Sixième fait : La quantité de sucre contenue dans le sang des deux
cœurs paraît exactement la même.
» Sur un cheval en pleine digestion, je vais chercher du sang dans le
cœur gauche^ en introduisant une sonde par la carotide, et dans l'artère
pulmonaire, en ponctionnant ce vaisseau au moyen d'un trocart, à tra-
vers le quatrième espace intercostal ; il y a, dans roo grammes de sang
rouge, 0^,075 de glycose, et. 0^,07 1 dans une quantité équivalente de
sang noir. Sur un chien à jeun depuis vingt-quatre heures, je pratique
la même opération : je trouve dans le sang rouge o sr ,73 de sucre, et '
0^,072 dans le sang noir. L'analyse ne donne plus ces résultats quand
on puise le sang du ventricule droit directement dans cette cavité, au
moyen d'une sonde poussée par la jugulaire et la veine cave antérieure,
après ligature préalable du premier vaisseau; on empêche ou l'on gêne
ainsi l'afflux dans le cœur droit du sang peu sucré charrié par ces veines,
tandis que le sang très-sucré de la veine cave postérieure y arrive libre-
ment-, et le fluide recueilli de cette manière donne nécessairement plus de
sucre que le sang puisé dans l'artère pulmonaire.
- » Septième fait : La lymphe pure est toujours sucrée, même après une très-
longue abstinence. ; j ~ '- ■
■ » La lymphe d'un cheval recueillie douze heures après le repas, sur.
un vaisseau du cou, contenait 0,102 de glycose pour 100, Celle du
cheval déjà cité, soumis à une abstinence de six jours, en renfermait
0,186 pour 100. M. Delore en a trouvé 0,093 pour 100 dans la lymphe du
cheval n° ; 2 de la première série de mes expériences. J'en ai découvert éga-
lement dans la lymphe des chiens de la même catégorie.
« Huitième fait : Le sucre de la lymphe n'est pas absorbé au sein des
tissus solides par les radicules des vaisseaux blancs, car on ne trouve jamais
de glycose dans ces tissus, en exceptant toutefois celui du foie. •
» De tout ce qui vient d'être exposé, je crois pouvoir tirer les conclusions
suivantes:
( I011 )
» i°. Les herbivores et îes carnivores se trouvent, sous le rapport du
sucre de leurs humeurs nutritives, dans le même état statique. Le glycose est
cependant plus abondant chez les premiers.
» 2°. Le sucre que renferme le sang du cœur droit n'est jamais détruit
par le poumon, du moins d'une manière appréciable, et passe intégralement
dans le cœur gauche, puis dans les artères du système aortique.
» 3°. Une certaine quantité de glycose du sang artériel disparaît pendant
le passage de ce fluide dans les capillaires de la circulation générale. Le
sang qui est ramené des organes au cœur droit par les veines de cette même
circulation générale, est donc moins sucré que le sang du cœur gauche.
» 4°. Le sucre dont le sang s'est dépouillé en passant par les capillaires
ne sort point de ces vaisseaux pour se fixer sur les solides de l'économie.
Une partie de ce sucre filtre dans les lymphatiques, incontestablement
transvasée, par endosmose, du réseau capillaire sanguin dans le réseau
radiculaire des vaisseaux blancs, avec les autres éléments du plasma du
sang. La grande proportion relative de ce glycose lymphatique s'explique
par l'énergie du pouvoir endosmotique de cette substance. Sa quantité ab-
solue paraît, du reste, fort restreinte, si l'on considère la lenteur avec la-
quelle se meut le sang blanc, et qu'on la compare à la rapidité de la circu-
lation sanguine ; le calcul enseigne, en effet, même en partant des données
les plus exagérées sur l'activité de la circulation lymphatique, que cette
circulation ne verse, dans un temps déterminé, à l'intérieur du cœur
droit qu'une quantité de sang blanc équivalente au plus à la centième
partie du sang noir ramené par les veines à ce même cœur. Le calcul en-
seigne également que le sucre de la lymphe ne représente qu'une partie du
glycose disparu dans les capillaires de la grande circulation. Quant à l'autre*
partie, elle subit une métamorphose dont la nature reste à prouver.
» 5°. Versé dans le cœur droit, le sucre lymphatique concourt à augmen-
ter la proportion de glycose contenu dans le sang peu sucré qui afflue
de toutes les parties du corps vers cette cavité.
» 6°. Ce même sang de la circulation générale achève de reprendre la
quantité de sucre qu'il a perdue au sein du réseau capillaire, en se mêlant,
dans la veine cave postérieure et le cœur droit, avec le sang très-sucré des
veines sus-hépatiques.
» 7°. L'excédant de sucre de ces derniers vaisseaux n'existant pas dans
le sang de la veine porte chez les animaux à jeun ou nourris exclusive- .
ment à la viande, il faut conclure que ce fluide s'est chargé de matière gly-
( [QI2 )
-cbsique pendant son passage à travers le foie; cette glande se trouve donc
être véritablement un organe, producteur du sucre, et le seul.organe de cette
nature qui existe dans l'économie. » .^
médecine. — De V efficacité du brome dans le traitement des affections
pseudo-membraneuses, par M. Ozakam:
« Le croup et les angines pseudo-membraneuses, ordinairement assez
rares à Paris, ont pris en i855 un développement subit, et presque les ca-
ractères d'une épidémie. Leur gravité a presque toujours été fort grande, et
la terminaison souvent mortelle. Des familles entières ont été successivement
atteintes, et plusieurs médecins sont morts en soignant Jeu rs malades.
Parmi eux, nous- devons^ citer l'honorable M. Valleix,. et, quelque temps
ayant, Te .fils-, dé M". JBlache. Il importait donc de, chercher et de formuler
un traitement efficace contre une maladie si grave. Cette difficulté, je crois
l'avoir résolue ; je viens proposer aujourd'hui un remède important, qui
répond à K plupart des indications, et qui, pendant cette période épidé-
mique, m/a rendu d'éminents services : je veux parler an brome.
. r » Le Brome est le remède, spécifique des affections dipbtéritiques : an-
gines pseudo-membraneuses, croup, muguet.. Les bromures alcalins,, et
"notamment le bromure de' potassium, possèdent égàleïnent çejte propriété.
» Telles sont les propositions que je viens établir ïla théorie des affec-
tions diphtériques et la recherche des dissolvants m'ont conduit à xe ré-
sultat. En effet, les dissolvants des fausses membranes peuvent, d'après mes
# expériences, -se diviser en deux classes ; W Oes corp& fluidifiants,. a° les
corps désagrégeants. '..''..-
» Les corpsjluidifiants déterminent le ramollissement plus oumoins com-
plet de la fausse membrane ; les alcalins ont été décrits comme tels et ils le
sont, mais plusieurs acides le sont, même, à un degré supérieur, comme
l'expérience l'indique pour J'açidéchlorhydrique.
» Les corps désagrégeants durcissent d'abord te fausse membrane, puis
la rendent friable au point qu'elle se réduit en poussière sous l'influence, du
moindre contact.
». J'ai donné à ce phénomène, inconnu jusqu'ici , le nom de désagréga-
tion jnoléculaire. Le brome seul peut le produire. Le bichromate de potasse,
if est vrai, durcit légèrement la pseudo-membrane, mais sans la rendre
( ior3 )
friable. L'iode la durcit et la brunit au point de la faire ressembler à un
morceau de cuir tanné, mais elle n'en est que plus ferme. Le brome, seul
détruit le force coercitive, sépare les éléments ; son action se montre même
sur les pseudo-membranes d'abord traitées par l'iode, qui perdent alors
leur couleur brune et leur ténacité pour redevenir friables.
» Ne pouvant rapporter ici la série complète de mes expériences, je donne
seulement les deux suivantes, l'une sur le brome, l'autre sur le bromure de
potassium.
» Action du brome sur les fausses membranes. — Une fausse membrane
de i centimètre de long sur -| de large, ferme, élastique, fut plongée dans
un verre rempli- d'eau bromurée; elle y resta douze heures. Au bout
de ce temps, elle n'avait point perdu sa couleur nacrée, et tranchait sur
l'a teinte brune du liquide, elle paraissait même plus dure; mais lorsque je
la touchai avec un bâton de verre, pour l'attirer à moi, elle tomba tout à
coup en poussière extrêmement fine, qui s'écrasait de plus en plus, en sorte
que je ne pus en retirer qu'une très-petite quantité. J'examinai ces débris
au microscope, au grossissement de 5oo diamètres, et je trouvai les
éléments de la fausse membrane; mais la force coercitive qui organisait
ces éléments avait été détruite, en sorte qu'ils étaient complètement dis-
sociés et réduits en un amas de granulations amorphes. Ce phénomène
se reproduisit à chaque expérience nouvelle : c'est ce que j'ai désigné sous
le nom de désagrégation moléculaire.
» Corollaire. — Le brome en solution dans l'eau ne rend point la fausse
membrane transparente, il n'agit point comme fluidifiant, mais il modifie
la force vitale dans son acte organisateur pathogénique, et détermine la
désagrégation de la fausse membrane. Le brome doit donc arrêter et guérir
les affections pseudo-membraneuses.
» Jction du bromure de potassium. — Trois plaques diphtéritiques blan-
ches, fermes, nacrées, recueillies sur les amygdales, sont plongées dans une
solution concentrée de bromure de potassium. Au bout de douze heures
elles sont complètement transparentes, molles et déjà diffluentes, laissant
quand on les soulève de longs tractus opalins, évidemment formés par les
éléments fluidifiés de la fausse membrane. Au bout de trois jours on n'a-
perçoit plus aucun vestige de la fausse membrane, mais un dépôt blan-
châtre, granuleux, qui pendant le repos gagne le fond du vase, et qui est
formé par quelques granulations amorphes encore existantes, par des cris-
taux de bromure de potassium et par les filaments nombreux de Y Oïdium
albicans, Mucédinée parasite décrite par Ch. Robin dans le muguet,
C. R., 2856, I er Semestre. (T. XIII, N° 21.) ' ^3
( roi4 )
retrouvée constamment par moi, dans les fausses membranes de fângnae et
du croup, et dont les innombrables sporules disséminées dans l'atmosphère
à chaque expiration expliquent le contage des affections diphtéritiques.
» Corollaire. — Le bromure de potassium possédant Je pouvoir fluidi-
fiant de la potasse, et la faculté de désagrégation particulière au brome, doit
arrêter et guérir les affections diphtéritiques.
» Encouragé par ces. résultats, j'essayai le brome au lit du malade, en
commençant par les cas où tout autre remède avait échoué.
» L'eau bromurée récemment préparée à la dose de 5 à 5o centigrammes
par jour, dans une potion de 1 5o grammes,, est la préparation la plus facile
à administrer;, elle doit être conservée à l'obscurité, pour éviter la forma-
tion de l'acide bromhydrique.
» Le bromure de potassium agit très-bien aux mêmes doses. . '
» J'ai recueilli depuis six ans 1.4 observations, toutes couronnées de
succès, savoir : .
Angines pseudo-membraneuses. . ... 11 dont deux compliquées de scarlatine grave "
et de gangrène des amygdales,
Croup-, z
Muguet confluent. 1
» Observation I. — Enfant de cinq ans, angine très-grave, pouls à i4or
cautérisations insuffisantes avec le nitrate d'argent et Y acide chlorhjdrique ;
le seizième jour, symptômes de croup ; emploi du brome, guérison le vingt
et unième jour.
» H. — Jeune homme de vingt- huit ans^ angine maligne, pouls à 120;
insuffisance des cautérisations avec le nitrate d'argent, suffocations et défail-
lances continuelles ; emploi du brome le cinquième jour, amélioration le
sixième jour, convalescence le quatorzième jour; plus tard, signes de para-
lysie générale, guérison. -_ • r. ■::•.
» III. — Fille de neuf ans, angine aiguë, pouls à 120; emploi du brome
le deuxième jour, convalescence le cinquième jour. .
» IV. — Demoiselle de quatorze ans, angine grave, délire, pouls à i3o;
emploi du brome le cinquième jour, amélioration le sixième, guérison Je
neuvième.
» V. — Femme de trente ans, angine légère prise par contage de la précé-
deute; emploi du brome le deuxième jour, guérison le cinquième jour.
fl VI. — Femme de trente ans, accouchement, manie puerpérale, angine
couenneuse; emploi du brome Je troisième jour, amélioration au bout de
( ioi5 )
vingt-quatre heures, guérison -le dixième jour. (Communiquée par le
D r Jousset. )
» VII. — Homme de trente-deux ans, angine couenneuse grave, défail-
lances et syncopes, gangrène partielle de la muqueuse buccale, pouls lent à
5o; emploi du brome le troisième jour, guérison le neuvième.
» VIII. — Homme de trente-huit ans, angine couenneuse légère; emploi
du bromure de potassium le deuxième jour, guérison le cinquième.
d IX. — Enfant de cinq ans, angine couenneuse légère; emploi du
bromure de potassium le deuxième jour, guérison le cinquième.
» X. — Jeune fille de vingt et un ans, scarlatine maligne, pouls à i3o;
gangrène des amygdales, angine couenneuse ; emploi du brome le cinquième
jour, guérison de l'angine le dix-huitième jour; endocardite, albuminurie,
guérison.
» XI. — Enfant de cinq ans, scarlatine grave, gangrène d'une amygdale,
abcès énorme sous-maxillaire, angine couenneuse; emploi du brome le
quatrième jour, disparition des fausses membranes le seizième jour, conva-
lescence, guérison.
» XII. — Enfant de trois ans, croup, pouls à 125; insuffisance des cau-
térisations avec le nitrate d'argent au \ ; emploi du brome le quatrième
jour, amélioration le cinquième, convalescence le neuvième.
» XHI. — Enfant de sept ans, croup, pouls à i3o; emploi immédiat du
brome, guérison le troisième jour ; l'enrouement persiste jusqu'au neuvième.
» XIV. — Femme de soixante ans, très-débile, pneumonie grave, mu-
guet confluent; emploi du brome le quatorzième jour, guérison le dix-
huitième.
» En résumé, le brome et le bromure de potassium paraissent agir comme
spécifiques dans les affections pseudo-membraneuses. Le brome agit comme
désagrégeant, la potasse comme fluidifiant, mais dans tous les cas l'action
curative paraît appartenir plus particulièrement au brome, qui, donné
seul, s'est montré parfaitement efficace. »
physique appliquée. — Explosion foudrojante à Qand, le \n mai 1 856;
par M. Jobard. (Extrait.)
« La consternation règne à Gand, ce Manchester de la Belgique, tout
rempli de machines à vapeur et d'innombrables ouvriers qui vivent et tra-
vaillent côte à côte avec ces puissants appareils, ordinairement si dociles,
mais si terribles quand ils sont négligés.
i33..
( ioi6 )
» Les dégâts occasionnés par l'explosion foudroyante dé la petite ma-
chine de MM. Van Heke et C ie sont terribles. On ne sait pas encore le'
nombre des rattacheurs ensevelis sons les décombres on tancés dans le
canal; on compte déjà neuf ou dix morts et un plus grand nombre de
blessés. Ces informes débris de métiers, de tuyaux et d'arbres de couché
rompus et pendants à travers les solives et les débris de planches, témoignent
d'une force de destruction que la poudre même ne saurait égaler.
» Le cylindre reste seul debout avec son balancier cassé en déux,-pr.ès d'une
cheminée carrée qui a reçu une telle secousse à sa base, que plusieurs mètres
du sommet ont été déplacés par le choc et mis hors d'aplomb, tandis que
le reste de la cheminée pyramidale est rentré sur son assiette ordinaire. La
chaudière, de i m ,2ode diamètre, à calottes sphériques, s'est coupée en trois
parties à peu près d'égale longueur ; les deux extrémités ont été lancées à la
même distance, en avant et en arrière, à une centaine, de mètres;, l'une a
franchi le canal, l'autre a passé par-dessus plusieurs clôtures, pour aller
s'abattre sur un arbre de moyenne grosseur qu'elle a coupéen deux, déra-
ciné et renversé. La portion du milieu est restée sur place irrégulièrement
déchirée. La chaudière s'est évidemment soulevée en s'arracbàntdese&deux
bouilleurs qui gisent encore sous les décombres, dans des positions autres
que celles qu'ils occupaient;, ils doivent avoir été enlevés à une certaine
hauteur avant de retomber, " ■- .1 '_''..
» Cette chaudière était vieille ; certaines parties n'ont plus que 5. milli-
mètres d'épaisseur. A l'endroit où se réunissaieni les. flammes des .deux car-
oeaux pour entrer dans la cheminée, il y a des traces de brûlures évidentes,
qui prouvent que la chaudière manquait d'eau. On suppose que le chauffeur
n'avait pas abaissé son registre, de sorte quéje feu aura continué pendant
la nuit, et que c'est : seulement le matin, après l'allumage, au'moment. où
s' apercevant du manque d'eau, il mettait la pompe alimentaire en jeu, :que
se sera produite l'explosion. Ce ne sont là que des conjectures; mais ce qu'il
y a de positif, c'est que le sifflet d'alarme ne s'est fait entendre ni la nuit,
ni le matin, et l'on m'a dit à ce propos que certains fabricants font quelque-
fois condamner le sifflet pour ne pas jeter la terreur parmi les ouvriers qui se
croient en danger dès que le sifflet joue. Le chauffeur lui-même, craignant
d'avertir les patrons de sa négligence, se charge souvent de le rendre muet,
ce qu'on devrait chercher à empêcher en le rendant inaccessible, comme
la soupape légale.
» Cette machine, de dix à quinze chevaux, était faible par rapport au
nombre de métiers qu'elle avait à conduire, et on devait, difeon, soxivent
( '°'7 )
forcer de vapeur. On prétend qu'elle était munie des appareils de sûreté
prescrits; mais cela ne sert à rien quand on peut les paralyser. Les explo-
sions foudroyantes sont assez fréquentes en Belgique et très-rares en Prusse.
Nous dirons à quoi cela tient. Quand le suçoir de la pompe alimentaire
cesse d'amener de l'eau par un accident quelconque, elle donne de l'air;
l'eau baisse, les flancs de la chaudière rougissent, et sur ces flancs vient se
coller, comme un emplâtre, l'espèce de crème formée des détritus végétaux
et animaux qui surnagent toujours l'eau des chaudières après un certain
temps de service. On comprend que ces substances huileuses, en contact
avec les surfaces brûlantes de la chaudière, se décomposent comme du
charbon dans une cornue et produisent du gaz hydrogène, tandis que la
pompe injecte de l'oxygène et prépare le mélange détonant connu sous Je
nom de grisou. La décomposition achevée, le charbon qu'elles laissent de-
vient incandescent, pyrophorique et scintillant ; ce qui suffit pour enflam-
mer ce grisou comprimé et chauffé qui constitue certainement le plus vio-
lent des pyroxyles détonants. Ses effets doivent être bien supérieurs à ceux
que produit l'explosion déjà si terrible du grisou à l'air libre.
» Les fabricants qui se plaignaient des nombreuses précautions et de la
quantité de moyens préventifs qu'on leur imposait, sont unanimes en ce
moment pour en réclamer d'autres, et certes nous n'en manquons pas; le
Bulletin de la Société d'Encouragement est rempli de propositions qui n'ont
trait qu'à la marche normale de la vaporisation ; mais on n'y trouve rien
contre les causes exceptionnelles, imprévues et encore peu connues, telles
que l'état sphéroïdal, le grisou et l'électricité. Tout le mal vient, en somme,
de l'abaissement du niveau d'eau dans la chaudière. Il est urgent que l'Ad-
ministration tourne ses vues de ce côté, en exigeant des réservoirs alimen-
taires supérieurs self acting, et le placement de la pompe d'alimentation
dans une bâche remplie d'eau sous les yeux du chauffeur. Il faut interdire
de puiser l'eau au fond d'un puits ou d'un réservoir inférieur, pour la re-
fouler directement dans la chaudière; il faut donc exiger deux pompes au ,
lieu, d'une.
» Dans la plupart des accidents graves, nous avons constaté l'absence de
cette station intermédiaire que les règlements prussiens imposent, ce qui
les a jusqu'ici préservés des explosions foudroyantes. On ne doit également
pas permettre de placer dès ouvriers directement au-dessus des bouilleurs,
comme cela existait ici et existe encore dans beaucoup de petites usines. Les
fourneaux et les chaudières devraient toujours être isolés des bâtiments de
travail et établis dans des fosses en contre-bas du niveau du sol . Le chauffeur
( ioi8 )
serait alors l'unique victime, et il serait la victime de son. imprudence, en-
touré, comme il le serait, de tous les instruments de sûreté qui se contrô-
lent les uns par les autres. Les accidents, on doit l'espérer, deviendraient de
plus en plus rares, si surtout un essayeur ambulant parcourait les usines et
essayait sur place chaque chaudière au moins deux fois par an, par le sim-
ple procédé de la dilatation de l'eau chauffée au-dessous de roo degrés. Il
n'aurait besoin que d'un petit manomètre de poche de Desbordes, pour ac-
complir sa mission, sans causer aucun dérangement dans les usines; il suf-
firait de faire remplir la chaudière d'eau froide après le travail, de condam-
ner les soupapes, de visser le manomètre sur la tubulure d'attente, et de
chauffer légèrement , jusqu'à ce que la dilatation du volume d'eau ait mar-
qué le nombre d'atmosphères voulu. Cela se ferait la nuit ou le matin, sans
aucun embarras ni danger. Plusieurs essais faits par un conducteur des mi-
nes de France ont parfaitement réussi; à 60 degrés, le manomètre mar-
quait douze atmosphères et demie. » .
M. Pisaet annonce être parvenu à obtenir de l'antimoine plusieurs
nuances de jaune de Naples, que leur pureté et leur solidité rendent pré-
cieuses pour la peinture à l'huile; il demande quelles sont les formes à
suivre pour obtenir de l'Académie un jugement sur ces produits.
Si l'auteur veut envoyer une description suffisamment détaillée de ses
procédés de préparation, sa Note sera renvoyée à l'examen d'une Com-
mission.
M. Gunotti adresse de Casale (Piémont) de nouvelles feuilles imprimées
faisant suite à celles que l'Académie avait reçues dans la séance dû 5 mai
dernier, et qui se rapportent également à la résolution numérique de divers
problèmes de géométrie.
(Renvoi à l'examen de M. Chasles, déjà chargé de prendre connaissance
des premières parties de ce travail.)
<*
M. Buzairies adresse un opuscule qu'il vient de publier sur l'Apiculture,
et prie l'Académie de vouloir bien le soumettre à l'examen d'Une Commis-
sion. =
On fera savoir à l'auteur qu'une décision déjà ancienne de l'Académie
ne permet pas de renvoyer à l'examen d'une Commission les ouvrages écrits
en français et publiés en France.
Une semblable réponse sera faite à M. Allemand Lenovt qui a adressé
( >oi9 )
de Salon (Bouches-du-Rhône), un opuscule imprimé, sur lequel il avait
espéré obtenir un Rapport. Cet opuscule est intitulé ; « .Recherches sur
» l'origine des températures pour servir à la construction d'une échelle
» thermométrique complète. »
M. Passôt prie l'Académie de^vouloir bien compléter la Commission à
l'examen de laquelle a été renvoyé son dernier Mémoire, en nommant un
nouveau membre en place de M. Binet récemment décédé.
(Renvoi à M. Liouville qui demandera, s'il le juge nécessaire, l'adjonction
d'un deuxième Commissaire.)
M. Watson adresse une Lettre écrite en anglais sur les étoiles doubles et
leur déplacement relatif qui, suivant lui, ne serait qu'apparent.
Cette communication n'a pas paru de nature à être renvoyée à l'examen
d'une Commission.
A 4 heures et demie, l'Académie se forme en comité secret.
La séance est levée à 6 heures. F.
BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE.
L'Académie a reçu, dans la séance du 26 mai i856, les ouvrages dont
voici les titres :
Commercium Epislolicum J. Collins et aliorum, de analysi promola , etc.,
ou Correspondance de J. Collins et d'autres savants célèbres du 17 e siècle, relative
à l'analyse supérieure, réimprimée sur l'édition originale de 1 7 1 2 avec l'indication
des variantes de l'édition de 1722, complétée par une collection de pièces justifi-
catives et de documents, et publiée par M. J.-B. BlOT, membre de l'Institut, et
M. F. Lefort, Ingénieur en chef des Ponts et Chaussées. Paris, r856;
in-4°.
Administration générale de l'assistance publique à Paris. Rapporteur le traite-
ment des maladies cancéreuses, par la méthode du D r Landolfi, à l'hospice de la
Salpêtrière, i855. Paris, i856; in-4°. (Offert par M. Moissenet, rapporteur
de la Commission.)
Brjologia europœa, seu gênera Muscorum europœorum monographia illustrata,
auctoribus Bruch, W.-P. Schimper et Th. Gombel. Fasciculus LXV; in-4°.
( Ï020 )
Observations météorologiques faites à Nijné- Taguilsk ( monts Ourals), gouver-
nement dePerm; année t '854; br. in-8°. -
Etudes sur V Apiculture ; par M. L.-A. BuzaIRIES. Limôux, i856; broch.
in-8°.
De l'adhésion et de la spongiolie; par M. Ch. Brame. Tours, i856; broch.
in^8°. . " : .'. " ' ' > ;
Lettres sur la rage humaine; par M. le D* Belles GER. Bar-le-Duc, i852;
br. in-8°. (Adressé au concours Montyon, Médecine et Chirurgie.)
: Quelques sujets de médecine et de chirurgie pratiques; par M. le D r A.
LiËGARD. Caen, i856; br. ii>8°. (Adressé au. même concours.)
De la kératite et de sessuites; par M. le D r B. CASTORAM. Paris, i856; br.
in-8°.
Société impériale _èt centrale d'Agriculture. Séance publique annuelle, tenue
le dimanche 20 avril i856; présidence de M. Chevreul. Paris, 1 856; broch.
in-8°.
Nuovo... Nouvelle méthode pour faciliter les calculs, à l'usage des comptables,
administrateurs, commerçants, etc.; par- M. F. Marchi, Lucques, 18Ô6; br.
h>8°. _ .
Gl' impônderabili ... Les impondérables, ' ou nouvel examen des mutations
dynamiques de l'univers,- par M, BONDCÇI. Florence, i856; br. in-12.
Materialen... Matériaux pour servir à la minéralogie de la Russie; par
M. N. de KorschaROW ; II e vol., livraisons 16 à 20. Saint-Pétersbourg,
i856; texte m-8° et atlas in-4°.
►ï-e-f-
■"*P" K '
COMPTE RENDU
DES SÉANCES
DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES.
SEANCE DU LUNDI 2 JUIN 1856.
PRÉSIDENCE DE M. IS. GEOFFROY-SAINT-HDIAmE.
MÉMOIRES ET COMMUNICATIONS
DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE.
M. le Ministre de l'Instruction publique transmet une ampliation d'un
décret impérial, en date du i& mai dernier, qui confirme la nomination de
M. C. Gay à la place vacante dans la Section de Botanique, par suite du
décès de M. de Mirbel.
Il est donné lecture de ce décret.
Sur l'invitation de M. le Président, M. C. Gay prend place parmi ses
confrères.
mécanique. — Note sur le gyroscope de M. Foucault ; par M. J. Bertrand.
« Beaucoup d'explications ont été données des belles expériences de
M. Foucault sur le gyroscope; en venant, après plusieurs géomètres habiles,
entretenir l'Académie de cette importante question, je ne crois pas cepen-
dant faire une chose inutile. Les travaux parvenus à ma connaissance sont
purement analytiques, et, malgré le mérite très-grand de quelques-uns
d'entre eux, et particulièrement des recherches présentées récemment par
M. Bour, aucune des explications proposées ne paraît avoir ce caractère de
simplicité qui permet de comprendre les détails de cette belle expérience,
en suivant le jeu des forces qui agissent sur l'appareil.
C. R., i856, I er Semestre. (T. XLH, N° 22.) 1 34
( 1022 )
» C'est dans les principes découverts par M. Poinsot qu'il faut chercher
l'explication presque intuitive des phénomènes observés, et la Note que je
vais lire n'est qu'un corollaire de l'admirable Mémoire composé il y a vingt
ans par l'illustre géomètre.
•> Je dois déclarer, en outre, que les explications très-simples auxquelles
je suis conduit, sont parfaitement d'accord avec les idées de M. Foucault,
et qu'en -les lui exposant, j'ai pu m'apereevoir que je me lui apprenais rien
d'essentiellement nouveau, si ce n'est peut-être les formules qui traduisaient
sa pensée.
» Le gyroscope est un instrument connu aujourd'hui de tous les savants.
Je n'en donnerai pas la description.
» Je suppose l'appareil disposé de telle sorte, que Taxe de rotation, qui
est l'axe de symétriedu tore, soit assujetti à rester sur un, plan P, fixe par
rapport à la Terre. Soit o le centre de l'instrument, que nous supposerons
fixe. Ne nous occupons que du mouvement du système autour de ce point,
et réduisons, par conséquent, toutes les forces aux couples qu'elles pro-
duisent. ■ -- *
» Soient oA. la position actuelle de l'axe de rotation dans le plan P et ol
la parallèle à l'axe du monde menée par le point o.
- » Pour que l'axe o A reste erj irepos appare/it .sur le pJan.P^jlfailt qu'en
réalité il tourne autour de ol avec une vitesse égalejà celle de laj Terré,
et décrive en vingt-quatre heures up cône de révolution. Soit, sur Lee cône,
o A' la position infiniment voisine de oA. Dans le premier instant,' le gy-
roscope tournant autour de oA, le couple qui ranime a sou axe d ragé
suivant o A et égal au produit du moment d'inertie fvpar la vitesse angu-
laire « Pour que cet axe, que nous représenterons par oG, deviepue dans
l'instant suivant oG' (dirigé suivant oA'), il faut que, pendant l'instant
infiniment petite, le système ait- été sollicité, par un -couple dpnt-1'axe soit
dirigé suivant GG', et dont l'intensité soit représentée par
GG' " "....- -,
■'■■'■'"-'■ - dt '- '
Or, la seule action qui s'exerce directement sur l'instrument est la réaction
du plan fixe P; cette réaction ne peut produire que des forces perpendi-
culaires au plan P, et, par suite, un couple dont Taxe sera situé dans ce
plan ; il faut donc que la droite GG'.soit parallèle au plan P, et, pour cela,
cpie ce plan soit tangent au cône, et, par suite, perpendiculaire au plan lo A .
Nous avons donc ce premier théorème ;
( ioa3 )
» L'axe du gyroscope étant assujetti à rester sur un plan P, il ne peut
rester en équilibre que s'il coïncide avec la projection sur le plan de la
parallèle à l'axe du monde.
» Lorsque la coïncidence dont nous venons de parler n'a pas lieu à l'o-
rigine, l'équilibre relatif est impossible, et l'instrument fait des oscillations
dont nous devons calculer les lois.
» Et d'abord remarquons que, quelle que soit la position initiale oK de
l'axe, on peut appliquer à l'instrument le couple nécessaire pour maintenir
l'axe en repos apparent sans changer la vitesse de rotation, pourvu que
l'on applique le couple égal et contraire. Or ce couple, d'après la démons-
tration du théorème précédent, a pour axe une perpendiculaire au plan I'oÀ,
et en nommant
p. le moment d'inertie du gyroscope ;
m la vitesse de rotation de la Terre;
u, la vitesse angulaire de l'instrument;
le moment de ce couple est, comme on le voit immédiatement,
pua, sin IoA;
et, puisque ce couple maintient Taxe du gyroscope en repos apparent, c'est
le couple égal et contraire qui fait glisser l'instrument sur le limbe.
» Ce couple est décomposable en deux autres, l'un dont l'axe est situé
dans le plan du limbe et qui sera détruit, l'autre seul efficace, dont l'axe
perpendiculaire au plan du limbe est représenté par
p.u<ù, sin IoA sin (P, IoA),
(P, IoA) désignant l'angle dièdre formé par le plan P avec le plan IoA.
Or, dans le trièdre formé par les droites oA, oï et par la projection oH
de oï sur le plan P, on a
sin IoA sin (P, IoA) = sinloH sin AoH;
et comme l'angle IoH est constant, on voit que le couple accélérateur
est proportionnel au sinus de l'écart entre la position actuelle de l'axe et sa
position d'équilibre. De là résulte que la loi des oscillations est celle du
pendule simple, et que leur durée est proportionnelle à la racine carrée du
sinus de l'angle formé par l'axe du monde avec le plan P.
» Telle est l'explication très-simple des phénomènes observés. Je dois
i34..
( 1024 )
faire remarquer, toutefois, qu'après avoir trouvé l'expression du couple qui
pousse l'instrument, il faut encore expliquer pourquoi la vitesse acquise
tend à se conserver, car il n'y a pas là, comme dans le cas d'un, point ma-
tériel, inertie proprement dite. On sait, en effet, que l'axe ok étant animé
d'un mouvement de translation sur le limbe, l'instrument ne tourne pas
rigoureusement autour de oÀ, mais autour d'un axe faisant un petit angle
avec o A et situé dans le plan mené par oA perpendiculairement au limbe.
Cet axe de rotation n'étant pas un axe principal d'inertie, tend à se déplacer
et à décrire un petit cône ; mais pour décrire ce cône, il lui faudrait péné-
trera travers le limbe, dont le plan' résiste et produit un couple qui le relève
et lui conserve purement et simplement sa vitesse tangente au plan P, et
que vient accroître le couple accélérateur calculé plus haut.
» J'ajouterai, enfin, que le petit angle formé par l'axe du gyroscope avec
J'axe véritable de rotation ayant été négligé, les formules trouvées ne sont
que très-approximatives, et c'est pour cela qu'elles ne coïncident pas avec
les résultats rigoureux obtenus par la méthode très-savante, mais beaucoup
plus difficile, de M. Bour. »
embryogénie COMPARÉE. — Note sur les développements primitifs . Formation
de l'œuf. — Vésicule ovigène et germinative. Condition primordiale de
la duplicité 'monstrueuse ; par M. Serres. -
<r Dans les Mémoires que j'ai présentés à l'Académie sur les développe-
ments primitifs des animaux, je me suis attaché à procéder de la formation
des organes à celle de l'embryon, et, par cette méthode simple et rigoureuse,
j'ai montré que ni l'embryon ni les organes n'étaient préformés dans l'oeuf.
J'ai établi au contraire, non-seulement que les animaux se formaient de tou-
tes pièces des éléments constitutifs de l'oeuf, mais encore que cette formation
était assujettie à dés règles dont la nature ne s'écartait jamais, même dans
les écarts que nous lui supposions dans le développement de la mons-
truosité. . -r . _
» Mais là ne s'arrête pas l'étude des développements primitifs des ani-
maux. Après avoir démontré que tout ce qui a vie provient d'un œuf, reste
à déterminer d'où vient l'œuf lui-même, quelle est son origine et quel est
son mode propre de formation. - — -
» La solution de ce nouveau problème dont les prémices ont si bien été
posées par Graaff st Malpighi, intéresse au plus haut degré la zoogénie r
celle particulièrement des animaux invertébrés dont les rapports avec les
( 1025 )
vertébrés sont encore si vaguement déterminés. En rappelant que les pre-
miers termes de l'ovogénie ont été anciennement posés, on a reconnu que
nous voulons désigner le follicule de Graaff. C'est en effet ce follicule qui est
l'organe formateur de l'œuf, et, depuis longtemps, nous lui avons donné le
nom de vésicule ovigène, afin de caractériser le rôle important qu'il remplit
dans la génération des animaux. Mais ce rôle, tout évident qu'il soit, a néan-
moins été méconnu : premièrement, par la raison que les belles vues de
Graaff tombèrent dès leur origine dans le domaine du système des préexis-
tences; secondement, parce que l'école de Haller nia la présence de l'o-
vule dans l'intérieur du follicule, pour la rapporter dans l'oviducte; et troi-
sièmement enfin, par la raison que la découverte de la vésicule germinative
absorba pendant des années toute l'attention des physiologistes et des mi-
crographes.
» À l'aide de cette découverte capitale, on é :laira d'abord la composi-
tion de l'œuf des oiseaux, puis celle de l'œuf des mammifères, des reptiles
et des poissons, puis celle de l'œuf des invertébrés jusqu'aux polypes. On
arriva ainsi, à la suite des recherches les plus persévérantes et les mieux
combinées, à reconnaître et à établir V analogie de composition de t œuf dans
toute la série animale.
» La vésicule germinative servit de cette manière de régulateur et de
guide à l'ovologie comparée. Mais on fut trop loin, et on dépassa les limites
de l'observation microscopique, lorsque MM.Baer et Barry s'efforcèrent de
faire de cette vésicule le point générateur de l'œuf. Les observations nom-
breuses et si précises qu'ils invoquèrent à l'appui de leur opinion, firent
ressortir avec évidence l'erreur de leur interprétation. Cette erreur avait en
effet sa source, dans la négligence apportée par ces illustres embryologistes,
dans l'ordre de formation et de succession des parties constituantes de l'œuf
à l'époque où il est enclavé dans le stroma de l'ovaire. En rétablissant cet
ordre, en suivant pas à pas le développement de l'œuf ovarien, et analysant
avec soin les parties qu'il renferme dans ses divers temps déformation,
on détermine avec exactitude les parties primitives de l'œuf, de ses
parties consécutives, et, comme on va le voir, on parvient à reconnaître
que le follicule de Graaff est l'organe formateur de l'œuf ou la vésicule ovi-
gène.
» Si l'on place sous le microscope des tranches minces, coupées à la sur-
face de l'ovaire des mammifères, on remarque, à un grossissement de 200 à
3oo diamètres, une myriade de petits corps granuleux, qui sont de plus en
plus volumineux à mesure que l'on se rapproche de la surface extérieure de
(' I02Ô )
l-'organë. Sur cette surface extérieure, et au-dessous du péritoine, On voit,
même à l'oeil nu, dix ou douze de ces petits corps qui ont un s aspect vésicu-
leux, . :_
» Ces petits corps sont la vésicule de Graaff, à des degrés divers de déve-
loppement ou de maturité, Le premier degré est constitué par l'état granu-
leux ; le second représente un follicule, et le troisième est l'état parfait de la
vésicule.
» Dans l'état granuleux, on, ne distingue pas d'enveloppe membraneuse^
cette enveloppe est au contraire très-distincte chez le follicule, et d'une
transparence qui rappelle celle des membranes séreuses. L'intérieur du fol^
ltcule renferme un liquide limpide, de nature albumineuse, et des globules
particuliers ronds ou aplatis, dans lesquels Barry a aperçu un nuçleus.
» Le passage de l'état folliculeux, à l'état de vésicule parfaite, est le temps
le plus remarquable de la vésicule ovigène; c'est le moment de la formation
de la vésicule germinative, le moment de la formation du vitelJus, le mo-
ment, par conséquent, où les éléments fondamentaux de l'oeuf se constituent.
Comment se constituent ces éléments fondamentaux de l'oeuf ? Par quel mé?
canisme^ Par quel procédé ? . '._■:;.
» Suivons toujours la nature, et nous la verrons elle-même répondre à ces
questions.
» En effet, si, après l'apparition des globules prolifères huileux, on ob-
serve attentivement les phénomènes qui se passent dans l'intérieur de la vé-
sicule ovigène, on voit d'abord ces globules se multiplier, puis un d' entre,
eux se dilater, s' éclaircir, assembler autour de lui d'autres globules et des-
siner ainsi nettement, au milieu de ces derniers, une petite vésicule incluse
dans la grande; cette petite vésicule de nouvelle formation est la vésicule
germinative, née au milieu de la masse de globules prolifères dont l'aspect
grisâtre les fait ressembler à. des gouttes d'huile, et dont quelques-uns for-
ment une double ceinture au pourtour du corps nouveau et si important qui
vient d'apparaître.
, » La vésicule germinative n'apparaît donc, dans la vésicule ovigène de
Graaff, que lorsque les globules prolifères huileux se sont montrés ; ceux-ci,
les globules prolifères huileux, ne se montrent qu'après le liquide transpa*-
rent qui remplit la vésicule ovigène, et cette dernière enfla n'est que la trans-
formation du granule par lequel a débuté ce petit appareil.
: » Chez les oiseaux, les reptiles et les poissons, le développement de la
vésicule ovigène suit le même ordre que chez les mammifères. On observe,
enez ces animaux, les granulés en premier heu ; en second heu, les follicules
( I02 7 )
avec leur liquide transparent; en troisième lieu, les globules prolifères à as-
pect huileux, Kioins nombreux. que chez les mammifères; et en quatrième
lieu enfin,. Ja vésicule-germi native.
« Chezies invertébrés, la vésicule ovigène ne se sépare pas de son pro-
duit; «Ile fait partie intégrante de l'oeuf, et remplit dans le développement
de leur embryon l'office de la vésicule blastodermique chez les vertébrés.
De même que cette dernière, elle est composée de trois lames, l'une séreuse
et externe, la seconde vasculaire et moyenne, et la troisième interne et
muqueuse. L'introduction de cet élément nouveau dans l'étude des. dé-
veloppements primitifs des polypes, des annélides, des mollusques, des
crustacés et des insectes, nous a servi à éclairer leur embryogénie comparée.
» La vésicule germinative est donc le produit de la vésicule ovigène; elle
prend naissance dans le fluide que renferme cette dernière vésicule, et, sitôt
après sa naissance, elle devient le centre de formation autour duquel se dé-
veloppe le cumulus prolifère, le vitellus et sa membrane propre, en un mot
l'appareil d'où provient l'embryon après la fécondation.
» Dans l'état ordinaire, il ne se développe, dans chaque vésicule ovigène,
qu'une seule vésicule germinative; par conséquent qu'un seul cumulus,
qu'un seul jaune et qu'un embryon unique. Quelquefois cependant il s'en
forme deux, trois et même quatre, très-étroitement logés dans la même vési-
cule ovigène. Or, comme chaque vésicule germinative appelle autour d'elle
son cumulus d'une part, et son vitellus de l'autre, il se forme ainsi des ovules
doubles, triples ou quadruples, contenus toujours dans une vésicule ovigène
unique.
» On conçoit la confusion qui s'établirait parmi tous ces éléments orga-
niques, si chacun d'eux ne se formait à part, ne s'attachait à la vésicule ger-
minative dont il est le satellite, pour constituer d'abord son individualité
propre. Mais on conçoit aussi qu'à raison de l'étroitesse de la loge où ils
sont renfermés, ces ovules sont facilement amenés au contact les uns des
autres, et, par ce contact, amenés également à se pénétrer et à s'unir. C'est
là, la condition physique et primordiale de la duplicité, de la triplicité et
de la quadruplicité monstrueuses.
» Valentin a observé trois ovules dans la même vésicule ovigène ; Baer,
deux et trois chez le chien; Barry, deux et quatre chez le même animal, deux
chez le saumon. J'en ai rencontré deux chez la poule, jamais chez l'homme.
Chez une poule qui avait pondu des oeufs à doubles jaunes, j'ai rencontré
un ovule double dans le même calice, dont les deux vitellus s'étaient réunis,
quoique les deux cicatricules rapprochées fussent distinctes. Chez un pi-
( 1028 )
geon, j'ai rencontré l'inverse. Les deux cicatricules s'étaient pénétrées,
quoique les deux vitellus fussent inférieurement séparés. Ainsi l'œuf ovarien
est le produit de la vésicule ovigène. L'ordre de succession des parties
constitutives de cet appareil, indépendamment des preuves fournies par l'ob-
servation directe, est confirmé de plus par la loi de solidescence des parties.
Le fait général de cette loi est que, dans le développement de tous les orga-
nismes, la solidité des parties développées est toujours en raison directe de leur
âge, de sorte que cette solidescence représente exactement l'époque relative
de leur avènement. Pour l'appareil qui nous occupe, la solidité des tissus est
plus marquée dans les parois de la vésicule ovigène que dans le reste de l'ap-
pareil, puis vient la vésicule germinative, puis le cumulus et sa membrane,
puis le vitellus, puis enfin la zone transparente chez les mammifères.
» Ainsi : i° l'œuf est le produit de la vésicule ovigène; 2° la vésicule ger-
minative est la première partie de l'œuf qui se développe; 3° puis autour de
la vésicule germinative apparaissent, en premier lieu, le cumulus prolifère, et
en second lieu, le vitellus et sa membrane propre; 4° chez les vertébrés, l'œuf
se détache de la vésicule ovigène, et il se développe, ainsi que l'embryon, en
dehors de l'influence de cette vésicule ; 5° chez les invertébrés, au contraire,
la vésicule ovigène reste inhérente à l'œuf, et elle prend part à son dévelop-
pement ainsi qu'à celui de l'embryon ; 6° de la présence ou de l'absence de
la vésicule ovigène, dans la composition de l'œuf des deux embranchements
du règne animal, résultent des différences notables dans leur embryogénie
comparée, différences que nous chercherons à apprécier plus tard; 7 la
vésicule germinative est, chez les vertébrés, l'élément fondamental de l'œuf
et le radical de leur embryon : le cumulus prolifère et le vitellus sont les sa-
tellites de cette vésicule primordiale; 8° de l'unité ordinaire de la vésicule
germinative dans la vésicule ovigène, résultent l'unité du cumulus, l'unité
du jaune et l'unité de l'embryon ; g° de la pluralité des vésicules germina-
tives, dans l'intérieur d'une même vésicule ovigène, résulte à son tour la
pluralité des cumulus et des vitellus : il y a toujours autant de vitellus et de
cumulus qu'il y a de vésicules germinatives; io° qu'il y ait une où plusieurs
vésicules germinatives dans la même vésicule ovigène, les développements
de l'œuf et de l'embryon s'opèrent toujours de la même manière, et d'après
les mêmes règles: seulement, dans les cas de pluralité d'ovules dans une
vésicule ovigène unique, l'étroitesse du champ des développements fait que
les ovules s'associent pour accomplir leurs évolutions: n° enfin, dans ces
derniers cas encore, la condition primordiale de l'association des ovules et
des embryons a lieu, tantôt par la réunion homoeozygique des deux vitellus,
( i<> 2 9 )
tantôt par celle des deux allantoïdes, selon que la réunion s'opère par le
plan supérieur au diaphragme, ou qu'elle s'effectue par le plan inférieur à
cette cloison. »
zoologie. — Considérations générales sur les classifications en histoire
naturelle, et exposé sommaire du plan de Z'Ichthyologie analytique (i);
par M. Duméru.
« J'ai l'honneur de faire hommage à l'Académie du volume que je mets
sous ses yeux, et je crois devoir saisir cette occasion pour lui présenter
quelques observations générales sur la marche qui me semble la plus con-
venable à suivre dans l'étude de l'histoire naturelle.
» Lorsqu'on se livre à l'examen des êtres nombreux qui se rencontrent sur
la terre et dans les eaux, il suffit souvent de regarder l'objet qui se présente
une première fois à l'observation, pour reconnaître qu'il est différent de
tout autre. C'est qu'on l'a comparé à ceux que l'on a déjà vus et auxquels
il paraît ressembler davantage. Au moyen de cette comparaison, on ne
tarde pas à être convaincu que le corps soumis à un examen de détail offre
quelque particularité qui le distingue et le caractérise d'une manière spé-
ciale. Cette particularité découverte sur l'objet, comme si elle y avait été
inscrite et pour ainsi dire lue, s'opposera efficacement, par la suite, à ce
qu'on puisse le confondre avec tout autre ; surtout si l'on a pu constater la
réalité ou la cause formelle de cette différence.
» Pour parvenir à ce résultat, il faut connaître un peu d'avance les affi-
nités que les êtres ont entre eux, ou avoir une idée première de leurs rap-
ports de conformité, de structure ou de composition, qui doivent en auto-
riser le rapprochement. C'est un premier pas vers la méthode naturelle,
ou qui semble, du moins, y conduire, puisqu'on joint et réunit ainsi, autant
qu'il est possible, les objets qui ont entre eux la plus grande analogie. Cet
examen se trouve très-abrégé et rendu plus facile quand on est guidé, dans
ses observations comparatives, par des personnes déjà versées dans la con-
naissance des êtres, ou quand on emploie des ouvrages qui ont été rédigés
d'avance pour servir à l'étude de certaines classes de corps naturels ; car les
investigations et les observations à faire doivent varier suivant la nature des
objets que l'on examine. On reconnaît alors que la plupart des formes ap-
parentes des individus sont le résultat ou la conséquence de leur structure
(i) Tome XXVII des Mémoires de l'Académie, première partie.
C. Et., i856, I er Semestre. (T. XLII, N° 22.) *35
(. '°3° )
ioteroe. Lorsque ces coïncidences ont été analysées avec méthode, elles
fournissent constamment l'occasion d'apprécier ces rapports et d'en faire
ressortir toute l'importance, et l'on peut ainsi mettre en opposition les re-
marques les plus frappantes auxquelles ils peuvent donner lieu.
» Pourquoi ne dirais-]e pas que je parais avoir moi-même acquis quelque
droit de faire valoir ces moyens d'analyse comparée, ou de diriger cette
marche analytique, puisque je l'ai suivie et employée d'abord pour mes
propres études, et que, selon le témoignage honorable de plusieurs natura-
listes, je l'ai appliquée avec succès dans ia plupart des ouvrages que j'ai
publiés depuis Tannée 1799, soit sur l'histoire naturelle en général, soit en
particulier sur les Insectes, sur les Reptiles et même sur tous les animaux,
dans l'ouvrage intitulé ': Zoologie analytique, dont la date est de 1806.
» Après plus de cinquante années de professorat au Muséum d'histoire
naturelle, qui ont exigé de moi. des études persévérantes sur les animaux
de la classe des^PoissonSj je %aens aujourd'hui présentera l'Académie le ré-
sujtat de la partie de mes travaux qui se trouve ici dirigée uniquement sur
les genres établis par les" auteurs. C'est un volume in-4° de plus de.
5ob ; pages ; ; "U a^pour titre ylçhthjologie analytique , Mon principal, but a
été de rendréplus faciles la connaissance et la distinction des Poissons, à
l'aide de tableaux synoptiques qui font parvenir à la détermination des
genres, dont j^xpose ensuite les caractères essentiels. T" '":
» D'après l'autorisation que j'en ai reçue de l' Académie, "qui a yait bien
voulu accueillir le prodrome et les considérations préliminaires dont je
lui avais ."donné lecture, " ce" travail se trouve inséré en entier dans, le
XXVII e volume de nos Mémoires, et je le soumets à; "votre jugement
éclairé." '"'. "'. «--.--, î.- _ . -■ ■ - -- • = ------
» Je n'ai pas inventé Je système que je propose ; mais, sous de nouvelles
formes et à l'aide de l'analyse ou de la comparaison, je suis parvenu à en
faire des applications qui, je l'espère, pourront faciliter l'étude et la déter-
mination des "espèces nombreuses de la classe des Poissons. J'ai surtout
cherché, et je crois y être parvenu, à rassembler les individus qui paraissent
avoir le plus de rapports entre eus par l'ensemble de leur conformation.
Cette marche naturelle, que le zoologiste est appelé presque;instinctivement
a suivre, m'a conduite prendre pour guides les notions anatomiques et phy-
siologiques pour me gouverner et arriver à la distinction. raisonnée et au
rapprochement de la plupart des genres. Je ne parle au reste que de ceux
qui ont été établis jusqu'à présent, car j'ai évité d'en augmenter le nombre.
Mais, avant d'entrer clans les détails de cette classification, je crois devoir
( io3i )
faire connaître l'ordre que j'ai suivi dans la rédaction de cet ouvrage.
» Un premier chapitre contient le précis de l'histoire naturelle et physio-
logique de la classe des Poissons. Toutes les formes des organes et les modi-
fications des fonctions vitales de ces animaux y sont successivement passées
en revue. Outre les détails sur leur structure et sur les différences qu'elle
présente, cette partie du livre renferme quelques considérations nouvelles
relatives aux effets physiologiques produits par l'action des organes, de ma-
nière à en donner une idée générale, quoique très-abrégée. Ainsi on y
trouve, brièvement indiqués et décrits, les instruments de la vie destinés à
produire la locomotion et à modifier l'équilibre de la masse du corps ou de
ses parties, en raison des variations de la pesanteur hydrostatique, résultant
de l'admirable faculté dont jouissent les Poissons d'exécuter et de diriger
avec rapidité dans l'eau tous les mouvements nécessaires à leur translation
aux diverses hauteurs ou profondeurs du milieu dans lequel ils sont
plongés.
» De semblables développements ont été donnés à l'étude des organes
de la sensibilité en général, et en particulier de ceux des sens qui, chez les
Poissons, présentent nécessairement de grandes modifications exigées par
leur séjour constant et leur habitation forcée dans des espaces liquides.
Elles sont surtout frappantes, lorsque l'on compare la forme et la position
relatives de ces mêmes instruments avec ceux des animaux obligés de res-
pirer et de vivre dans l'air atmosphérique. Il en provient nécessairement
des changements dans la nature et le résultat des sensations éprouvées par
le Poisson. Ce sont principalement les organes du goût, de l'odorat et de
l'audition, qui offrent le plus grand intérêt aux physiologistes, quand
ils en observent la structure, l'arrangement et le mécanisme. On conçoit
d'avance que ces sens, dont l'action ne s'exerce plus dans un fluide
gazeux, aient été mis en relation plus directe avec les diverses qualités qui
ne peuvent se manifester que dans les liquides.
» Ce séjour forcé dans l'eau a certainement exercé aussi son influence
sur les organes et les fonctions de la vie générale, nécessaires à la conserva-
tion des individus et de leur race. Ces modifications sont faciles à observer
dans les différents actes qui servent à la respiration, à la circulation, à la
nutrition en général, et même de la reproduction, dans là classe entière des
Poissons.
» Nous avons cru devoir faire connaître avec quelques détails les résul-
tats physiologiques de cette organisation modifiée, et nous y avons attaché
une grande importance ; car elle nous a servi d'abord, comme point de dé-
i35..
( Iô32 )
part, pour la classification générale des Poissons et ensuite pour l'établisse-
ment, et la coordination de chacune des quarante-trois familles dont les
formes et les actes de la vie ont été plus particulièrement étudiés. Les dif-
férences notables que peuvent offrir les branchies dans leur structure in-
time,- leur position, et même dans leur apparence extérieure, sont dénotées
par le nombre, la forme, la composition partielle des orifiêes destinés à
donner issue ou àlaisser sortir la portion d'eau qui est sans cesse employée
pour la respiration.
» La totalité du deuxième chapitre est consacrée au développement des
procédés dont nous avons fait usage pour diriger l'observation- sur les
points les plus importants de l'organisation, et pour y parvenir nous ayons
eu recours à l'emploi simultané de la méthode et dn système. La significa-
tion attribuée par nous aux termes dont nous nous sommes servi pour dé-
signer constamment les mêmes organes, défiais une première fois, nous a
permis d'appliquer assez brièvement à l'étude collective des Poissons, la
marche combinée de l'observation et de l'analyse, à l'aide de tableaux-sy-
noptiques, sorte d'échafaudage provisoire très-nécessaire d'abord, mais
qui nous devient inutile ensuite et qui doit être détruit lorsque la construc-
tion est achevée. -
» Ainsi, après avoir rappelé les caractères généraux de la classé des Pois-
sons,; nous insistons plus particulièrement sur les rapports et les usages
essentiels des branchies, dont l'action physiologique est liée intimement à
toute l'économie organique ne ces animaux, afin-de faire concevoir l'ex-
trême importance de ce mode de respiration. Ces organes, qutr-estent cachés
à l'intérieur et qui -varient par leur structure, le nombre des lames et la
disposition de la trame vasculaire qui les constitue, sont surtout essentiels
à étudier, parce qu'ils fournissent aU simple observateur- naturaliste un
moyen très-utile' pour reconnaître et distinguer entre eux les Poissons au
premier aperçu. Les branchies sont toujours renfermées dans un sac mem-
braneux dont les parois motiles contribuent essentiellement au mécanisme
de leur action. Cette bourse charnue, visible près de la tête, présente deux
modifications principales, dont chacune correspond, de la manière la plus
évidente, à des différences très-notables dans l'organisation des espèces.
» Les Poissons que je propose de nommer Polyclides (i) sont différents
de tous les autres par l'adhérence de leurs branchies aux parois du sac,
complètement membraneux, qui les renferme, et dont les enveloppes molles
(r) IIo)wx),i5eç, qui sert à ouvrir et à fermer plusieurs portés.
( io33 )
suffisent pour attirer et repousser la portion d'eau nécessaire à l'acte
de la respiration. C'est surtout la présence des trous, dont les poches bran-
chiales sont percées, qui nous les avait fait désigner depuis longtemps sous
le nom de Tbématopnés. D'ailleurs l'ensemble de leur squelette diffère, par
sa consistance et par ses articulations, de celui des autres Vertébrés. Ce sont
des Poissons cartilagineux ou des Chondrichihes. Us appartiennent à une
sous-classe distincte, dont les limites et les caractères sont très-nettement
déterminés.
» Tous les autres Poissons, qui sont pour nous des Dîclides (i), n'ont
que deux issues aux branchies. Ces organes respiratoires sont renfermés dans
des cavités à parois plus ou moins solides et compUquées, remplissant
l'office de panneaux mécaniques mobiles, destinés à produire alternative-
ment leur dilatation et leur contraction.
a Le peu de consistance des parties du squelette qui restent molles et
flexibles chez un grand nombre, et surtout l'absence de véritables écailles,
quelquefois remplacées par des pièces tégumentaires dures ou cornées,
mais jamais superposées, puis beaucoup d'autres particularités de leur
organisation, ont autorisé les naturalistes à former une division séparée
ou une deuxième sous-classe des espèces dites fibro-cartilaginenses , que
nous nommons les Chondrostés ou Chondrostichthes.
» Enfin les Poissons dont il nous reste à parler sont en nombre immense
comparativement aux espèces des deux sous-classes précédentes. Ils sont
caractérisés par un squelette plus solide ou dont les parties résistantes sont
dites osseuses; ce sont ceux que nous désignons sous le nom à'Ostichthes
ou d'IOHTHYOSTÉs. Ils diffèrent d'ailleurs de tous les autres Poissons,
par l'ensemble de leur conformation extérieure et de leur organisation in-
terne qui varient à l'infini, quoiqu'elles soient constamment en rapport avec
les habitudes, les mœurs et le séjour ; car ces circonstances paraissent indi-
quer d'avance leurs formes particulières. Cette induction primitive, déter-
minée tout d'abord par le simple aspect de ces animaux, permet de recon-
naître des genres bien distincts, ou des réunions d'espèces ayant entre elles
beaucoup de ressemblance. Cette même analogie évidente a souvent très-
heureusement servi pour établir certaines familles que nous regardons
comme naturelles et pour les désigner, ainsi qu'on le verra, sous des déno-
minations par lesquelles nous avons cherché à les dénoter ou à les caractériser.
(i) AtxXtî, iSoi, valva bijorh, utrinque clausa : de Aiç, deux, et de Kktç, qui sert à
fermer, fores geminœ.
( io34 )
» Voici les principales divisions de la sous-classe des Trématopnés, à
ouvertures branchiales multiples, parmi les Poissons essentiellement carti-
lagineux. Nous les avons partagés en deux tribus et en quatre familles. Les
uns n'ont pas de nageoires paires, et le pourtour de la bouche est circulaire.
Ce sont nos Cyclos tomes (i), comme les Lamproies; les autres ont quatre
nageoires latérales, comme les Squales et les Raies dont la bouche est élargie
en travers, et que nous avons nommés les Plagiostomes.
» Les Chondrostés, ou les Poissons fibro-cartilagineux, ont deux ouver-
tures branchiales. Tantôt, comme dans les Hippocampes, la bouche s'ouvre
à l'extrémité d'un long museau, et les branchies offrent une organisation
particulière qui les a fait appeler des Lophobranches ; tantôt, et tels sont les
Esturgeons, cette bouche est au-dessous de la tête : on les nomme Hj-po-
stomates. Ces premières particularités ne se retrouvent plus dans les autres
familles. Chez plusieurs de ces Poissons, les os des mâchoires sont tout à
fait hors de la bouche, comme dans les Qûatre-dents ouTétrodons : ce sont
des Gjmnognathes ; ou les dents sont recouvertes parles lèvres, tels sont
les Coffres et les Balistes, chez lesquels les nageoires paires sont simoles et
auxquels nous conservons le nom de Sclérodermes ; ou bien ces organes,
bizarrement conformés, servent aux espèces comme des pieds; c'est ce qu'on
voit chez les Baudroies, les Cyeloptères : ce sont les Ptéropodes.
» Je pourrais poursuivre cette analyse, en l'appliquant à la sous-classe
des Poissons osseux ou Ichthyostésj mais l'exposé de ces divisions ne serait
qu'une simple table de matières. Je présente ici quelques-uns de ces tableaux
synoptiques. Tout l'ouvrage a été conçu et exécuté sur ce plan. Non-seule-
ment l'analyse conduit à la distinction des familles, mais elle s'applique à
tous les genres dont quelques-unes des espèces ont été décrites et figurées
dans des ouvrages indiqués. Je regrette de n'avoir pas trouvé- dans cette salle
les moyens de développer ces tableaux dans leur ensemble ; mais ce simple
résumé suffira, je l'espère, pour faire connaîtred'une manière générale la
marche que j'ai suivie dans ce travail.
» Je ne dois pas craindre d'avancer que cette branche de la zoologie avait
offert jusqu'ici les plus grandes difficultés, et j'ose me flatter que l'emploi
des procédés systématiques facilitera beaucoup son étude, en dirigeant vers
une classification méthodique et naturelle. » „
(?) Cette distinction, établie par nous en 1800 (Anatomie comparée de Cuvier, tome I er ), a
été ensuite consignée dans la Zoologie analytique, où j'ai proposé les noms de Cyclostomes et
4e Plagiostomes, qui sont aujourd'hui universellement adoptés.
( io35 )
zoologie. — Sur une nouvelle espèce de Panthère tuô.e par M. Tchihatcheff
à Ninfi, village situé à huit lieues est de Smyrne; par M. A. Valesciesss's.
« Les Panthères forment, dans le grand genre des Felis, une famille na-
turelle, que tout le monde reconnaît à leur pelage plus ou moins fauve,
couvert de taches noires. On confond encore ces dangereux carnassiers
sous la dénomination commune des Tigres,- ils ont toujours existé en très-
grand nombre sur la surface de la terre. Leur abondance est constatée
depuis les temps les plus éloignés de nous. On sait, en effet, que les Romains
montraient les Panthères par centaines dans leurs jeux cruels ; et si de nos iours
on n'en tient plus que quelques individus dans nos ménageries, cela dépend
plutôt d'un changement d'habitudes dû à la douceur de notre civilisation,
qu'au manque de ces animaux et à la difficulté qu'on aurait d'en réunir un
très-grand nombre ; on peut en juger par la quantité considérable de peaux ■
de ces animaux que le commerce exporte, tous les ans, d'Afrique, des
Indes ou des grands ports d'Amérique.
» Toutes ces Panthères tachetées appartiennent-elles à une seule espèce,
ou diffèrent-elles entre elles par des caractères constants, selon les pays dont
elles proviennent. Cette question, dont la solution semblerait facile^ est au
contraire si difficile à résoudre, que les plus grands naturalistes n'ont pas
encore éclairé complètement cette belle question de philosophie zoologique.
Peu à peu cependant nos maîtres en ont resserré l'étendue, et aujourd'hui,
si je n'ai pas la prétention de faire mieux qu'eux, je crois que les observa-
tions que je vais présenter faciliteront les recherches à ceux qui viendront
à s'occuper, après moi, de la distinction de ces animaux.
» Buffon a distingué d'abord, avec cette hauteur de vue qui lui a fait
traiter de l'histoire des animaux, le Tigre d'Amérique, de nos Panthères
de l'ancien monde. Si ce grand homme n'a pas donné une diagnose suffi-
sante de ces animaux, dont il ne pouvait voir qu'à des époques des indivi-
dus dans les petites ménageries de son temps, il a posé en termes précis que
les Jaguars sont américains. En lisant avec attention les admirables chapitres
de Buffon, dans lesquels il expose ses idées sur les animaux de l'ancien et
du nouveau continent, il me semble qu'on ne doit pas dire que ce grand
naturaliste n'a pas distingué le Jaguar. Mais il l'a mal connu. Quant aux
Panthères, il a bien jugé que les anciens ont confondu, à peu près comme
nous, sous les noms de Pardalis, de Pardus, de Panthera, et même de
Leopardus, tous les grands chats à corps tacheté.
( io36 )
» Cuvier n'a pas été plus heureux, quoiqu'il ait voulu paraître plus pré-
cis en cherchant à établir une diagnose pour faire reconnaître la Panthère
{Felis Pardus Lin,), le Léopard (Felis Leopardus Lin.), espèces nominales
que Linné avait aussi établies dans le Sjstema Naturœ.
,, La grande difficulté de ee genre de travail consiste à savoir trouver
l'organe vraiment caractéristique et sur lequel le zoologiste fixera l'examen
comparatif des espèces voisines les unes des autres. Quand on a étudié. un
grand nombre d'espèces dans les classes où les familles sont très-naturelles,
on reconnaît aisément l'exactitude de cette vérité.. On pourrait citer de la
classe des Oiseaux ou des Poissons plusieurs genres dont les espèces se res-
semblent par l'aspect général, par la distribution des couleurs, et qui ont
cependant un organe qui peut servir à les distinguer. Or, c'est précisément
les cas des Panthères. C'est à M, Etienne Geoffroy-Saint-Hilaire que l'on
doit cette remarque, et c'est lui qui a fixé Fattention des naturalistes sur la
facilité de, caractériser ces animaux par l'examen des couleurs,- non de leur
corps, mais de leur queue, et sur les rapports de longueur entre le tronc et
la queue. -
, » QuaniM* Geoffroy eut reconnu quele Jaguar a la queue courte, moins
longue que Je tronc, et que les taches; noires de cet organe forment à son
extrémité .deux ou trois cercles ou anneaux complets; que la Panthère a, au
contraire, la queue égale au moins à la longueur du tronc, que le dessous est
blanc et sans taches, parce que les taches ne s'étendent que sur le dos de
cet organe, l'illustre savant. a indiqué aux zoologistes la partie du corps
où l'on trouverait des caractères pour donner la diagnose de ces espèces.
M. Frédéric Cuvier, suivant ces principes, a observé que les Panthères
venues de l'Inde dans nos ménageries, c'est-à-dire de la côte de Malabar,
ou de Ceylan, ont la queue plus longue encore que la Panthère de Barbarie ;
et il a nommé cette espèce Panthère à longue queue ( Felis longicaudata).
» En poursuivant ces recherches dans cet esprit,, j'ai remarqué une Pan-
thère originaire du Gabon et vivante dans la ménagerie du Muséum ; elle a la
queue beaucoup plus longue encore que les espèces prénédentes, car un de
nos exemplaires mesure, de la nuqtie à l'origine de la queue, o"»,65, et la
queue a o m ,77 de long. Cette partie du corps est d'ailleurs couverte de
taches noires en dessous comme sur le dos. Les flancs de l'animal sont
aussi couverts d'un nombre plus cpnsidérable de taches- On peut la dési-
gner sous le nom de Panthère à queue tachetée (Felis pœciluça Val.).
» J'ai fait la revue des variétés ou peut-être même des espèces incer-
taines qui sont réunies dans les galeries du Muséum, pour fixer les
( io3 7 )
caractères de l'animal dont je vais donner une description succincte;
nous le devons à M. Tchihatcheff. On sait avec quelle ardeur il a ex-
ploré l'Asie Mineure pour nous faire mieux connaître ces contrées si
pleines de souvenirs. La géologie et la météorologie ont toujours appelé
l'attention de ce savant voyageur, mais il n'a rien négligé de ce qui pouvait
nous faire mieux connaître sa géographie physique.
» On savait par les récits des anciens et de quelques modernes que les con-
trées montueusesà l'est de Smyrne recèlent encore aujourd'hui des Panthères.
M. Pichon, consul de France de Smyrne, a souvent parlé à son parent M. Bron-
gniar t des Pan thères qui se rencontren t près de Smyrne ; ma is M . Tchi hatcheff
a fait plus, il a rapporté la peau d'un individu atteint dans une chasse près de
Ninfi, petit village situé à /\o kilomètres est de Smyrne. Nous avons pu faire
monter ce précieux Mammifère, et, en le comparant à notre Panthère
algérienne ( Felis Pardus\ nous lui avons trouvé des caractères très-distinc-
tifs. L'animal, aussi grand que nos plus grandes Panthères africaines, a le
pelage cendré ou gris légèrement roussâtre, peu chargé de taches en larges
roses ou cercles mal fermés sur les flancs ; sur les épaules et sur les cuisses
elles sont un peu plus petites; à partir du poignet ou du tarse, les taches
deviennent des gros points noirs, que l'on retrouve sur la tète et un peu
sur le cou. Les taches en roses arrondies se continuent sur le dos de la
queue. Celle-ci, très-caractéristique, est plus longue que le corps entier
de l'animal ; le poil fin qui la recouvre s'allonge de plus en plus à mesure
qu'il s'approche de l'extrémité, de sorte que le dernier tiers de la queue de
cette Panthère est plus gros ou plus touffu que la racine : c'est précisé-
ment le contraire de ce qui existe chez toutes les autres Panthères indiennes
ou africaines dont nous avons parlé. La distance du bout du nez à sa racine
ou à la hauteur du nez est aussi un peu plus longue. Cet ensemble de
caractères nous paraît suffisant pour bien reconnaître cette Panthère, très-
distincte de toutes celles que nous avons signalées plus haut.
» Elle nous a vivement intéressé, en nous rappelant qu'elle a été tuée dans
une localité très-voisine de celles d'où les Romains ont tiré beaucoup de Pan-
thères pour les faire paraître dans les combats des animaux dans le Cirque.
» En effet, dans les Lettres familières de Cicéron, nous trouvons plu-
sieurs passages qui prouvent qu'à Rome il était ordinaire de faire chercher
des Panthères en Lycie, en Lycaonie ou en Cilicie. Car Cicéron, en se ren-
dant au gouvernement de cette province, traversa la Méditerranée pour
aborder à Éphèse, d'où il gagnait Laodicée pour être près de son camp,
C. K., iS56, i« Semestre. (T. XLII, N° 22.) l36
( io38 )
établi à Iconium, aujourd'hui Roni. Or Cœlius, qui briguait alors l'édilité,
ne cesse de lui demander des Panthères pour les faire paraître aux jeux qu'il
sera obligé de donner s'il est revêtu de cette charge. Il lui dit dans une
première Lettre (i) : « Aussitôt que vous aurez appris que je suis désigné, je
» vous prie de penser sérieusement aux Panthères. »
» Dans une autre Lettre reçue par Cicéron, arrivé à Laodicée, Cœlius (2)
lui rappelle encore les Panthères :
« N'oubliez pas non plus les Panthères , et donnez ordre aux Cibyrates
.» qu'elles me soient envoyées. » ■ ■ " -
» Cœlius (3) y revient plus loin, en termes qui prouvent combien il était
ordinaire de faire prendre des Panthères en ces contrées :
« Vous n'avez pas reçu de moi une seule Lettre où je ne vous aie parlé
» des Panthères. Il serait bien honteux que Patiscus en eût envoyé dix à
» Çurion, et que je n'en obtinsse pas un plus grand nombre de vous, qui
» pouvez en tirer de quantité d'endroits. Curion m'a donné celles de Patiscus
» et dix autres qu'il avait reçues d'Afrique; car sa libéralité ne se borne
» pas à donner des maisons de campagne. Pour vous, si vous avez la bonté
» seulement de vous souvenir de ma prière, et de donner des ordres aux
» Cibyrates et en Pamphylie, où l'on dit qu'il s'en prend beaucoup, vous
» m'en procurerez autant qu'il vous plaira. »
« Et Cœlius (4) reproduit encore cette demande, sous la forme de plai-
santerie :
« Mais songez qu'il serait honteux pour vous que je n'eusse pas de Pan-
,» thères grecques. »
» Cicéron répond au sujet de ces demandes, dans une de ses admira-
bles Lettres confidentielles à Atticus, où il lui fait connaître son désinté-
ressement dans l'administration de sa province, et son indignation, qu'il n'a
pas manqué de transmettre à Cœlius, sur les taxes qu'il voulait faire im-
(1) Tu tamen simul ac me designatum audieris, ut tibi cura sit, quod ad Pantheras
attinet, rogo. (Ad. Die. VIII, 2.)
(2) Item, de Pantheris, ut Cibyratas arcessas, curesque ut mihi venentur, (Ad.
dïv vni, 4.)
(3) Fere litteris omnibus tibi de Pantheris scripsi. Turpe tibi erit, Patiscum Curioni
deeem Pantheras misisse, te non multis partibus plures. Quas ipsas Curio mihi et alias
àfricanas decem donavit; ne putes illum tantum prsedia rustica dare scire Tu, si modo
memoria tenueris, et Cibyratas arcessieris, itemque in Pamphyliam Iitteras miseris (nam
jbi plures capi aiunt ) , quod voles efficies. ( Ad. Div. VIII, 9. )
(4) Turpe tibi erit, Pantheras grsecas me non habere. (Ad. Div. VIII, 6. ) - -
( » o3 9 )
poser à la province du gouvernement de Cicéron : toutefois, dans une autre
correspondance avec Cœlius, Cicéron promet gracieusement de lui faire
prendre des Panthères (i) :
« Je vous fais chercher soigneusement des Panthères par ceux qui sont
accoutumés à cette chasse, etc. , etc.
» De Laodicée , 4 avril, l'an de Rome 703. »
» Nous espérons que ces citations, et plusieurs autres qui pourraient être
empruntées à Pline, prouveront que les Panthères étaient abondantes dans
l'Asie Mineure ; on peut remarquer qu'à Rome on distinguait et l'on dé-
sirait voir les Panthères grecques autant que les Panthères africaines. C'est
pour rappeler ces souvenirs, que je propose de donner à cette nouvelle
espèce de Panthères la dénomination de Felis Tulliana.
» Je crois que cette Notice pourra engager les consuls de notre pa-
tine ou les hommes zélés pour les progrès de l'histoire naturelle, qui se
trouveront à Smyrne, de faire leurs efforts pour envoyer au Muséum d'His-
toire naturelle une de ces Panthères vivantes. On pourra mieux juger
encore de la constance des caractères que j'ai signalés plus haut. Ce se-
rait un vrai service rendu à l'histoire naturelle des animaux , et à celle de
cette famille des Panthères, qui embarrassera encore longtemps les natu-
ralistes. »
météorologie. — Note sur un système régulier d'observations météorolo-
giques, établi en France par les soins de V Administration des lignes
télégraphiques et de l'Observatoire impérial de Paris. (Communication
de M. Le Verrier.)
« II y a environ un an, nous avons eu l'honneur de communiquer à l'Aca-
démie quelques relevés d'observations météorologiques simultanées, recueil-
lies à la surface de la France par les soins de l'Administration des lignes télé-
graphiques. A cette époque, le but de l'Observatoire impérial de Paris et de
l'Administration des lignes télégraphiques avait été d'essayer s'il serait pos-
sible, sans nuire au service administratif, d'établir un système régulier d'ob-
servations dont une partie serait transmise chaque jour par le télégraphe. Cette
possibilité ayant été admise,les deux Administrations se sont entendues, con-
formément aux intentions du Gouvernement, et suivant les ordres de MM. les
(0 De Pantheris, per eos qui venari soient, agitur mandato meo diligenter.
Scrib. Laodicece, prid. non. Apr. A. V. C. 703. [Ad. Div. II, 11.)
i36..
{ io4o )
"Ministres de l'Intérieur et de l'Instruction publique ,^:>oitf mener à bonne fin
une entreprise gui ne laissait pas que de présenter de grandes difficultés. :
» Il fut d'abord reconnu qu'il importait à la régularité du nouveau
service, que les observations fussent faites dans les postes télégraphiques,
qui devraient être à cet effet munis d'instruments. Nous n'ignorions
pas que dans un certain nombre de localités, nous pouvions compter
sur le zèle de quelques amis de la science; mais nous n'ayons pas youluleur
imposer une aussi lourde charge que celle d'une transmission quotidienne,
régulière et à heure fixe, de leurs observations aux postes télégraphiques.
Malgré le dévouement des observateurs météorologistes des départements,
il aurait été impossible, à cause de leurs autres occupations, d'arriver à
une uniformité suffisante, et des irrégularités se seraient inévitablement
produites. De plus, les observatoires particuliers ne pouvaient présenter les
garanties de durée et de permanence des stations administratives. Enfin,
l'addition des nouveaux postes présentait le grand avantage de multiplier le
nombre des stations météorologiques à la surface de la France,
» Ce premier point ayant été arrêté, il fut convenu avec M. le directeur
général DE Vougy, que l'Administration des lignes télégraphiques ferait re-
cueillir les observations par ses agents , et les ferait transmettre à l'Observa-
toire impérial de Paris, partie par le télégraphe, partie par la poste-, tandis
que, de son côté , l'Observatoire fournirait les instruments et les instructions,
réduirait les observations et les ferait publier. - ,•
» Enfin, chacune des deux Administrations chargea l'un de ses- fonc-
tionnaires de mettre ce plan à' exécution. L'Administration des télégraphes
a délégué M. Pouget-Maisonneuve, connu pour les importantes amé-
liorations qu'il a introduites, notamment dans les appareils électrochimi-
ques. Du côté de l'Observatoire impérial, M. Liais était naturellement
"désigné. -
» Les instruments ont dû remplir des conditions particulières; Il était
nécessaire qu'ils fussent aisément et rapidement observables, tout en conser-
vant la précision des instruments ordinaires. M. Liais a donc fait construire
un système de baromètre à une seule lecture, se graduant par comparaison
avec un étalon sous la machine pneumatique, et qui remplit parfaitement
le but proposé : ce baromètre a exigé la formation de nouvelles Tables de
réduction. Les thermomètres ont été gradués sur tige, numérotés sur plaque
d'émail, ce qui les rend toujours très-aisés à lire. Déplus, ils ont leur ré-
servoir couvert d'une feuille métallique destinée à diminuer les effets de la
radiation. * . r :
( io4i )
» Outre les instruments, les divers postes ont reçu des registres inscrits à
leur inventaire et dont ils conserveront toujours la collection ; en sorte que
chaque station possédera dans l'avenir l'ensemble de ses observations passées.
Indépendamment des transmissions télégraphiques, les observations sont
envoyéesjournellement par la poste à l'Observatoire au moyen de bulletins.
» L'instruction particulière que possèdent les employés de l'Administration
des télégraphes est un sûr garant que les observations seront bien faites :
les connaissances de ceux qui sont chargés de ces observations les porteront
à s'intéresser à une opération scientifique et utile, et déjà nous avons la
satisfaction d'ajouter que le but a été complètement atteint. Pour ne pas
trop surcharger les employés, trois observations seulement par jour ont été
ordonnées, à l'ouverture du bureau, à 3 heures et à 9 heures du soir, avec
invitation d'observer plus fréquemment, s'il était possible. Nous sommes
heureux de dire que dans presque toutes les stations il existe plusieurs
observations supplémentaires. Le Havre, Abbeville, Strasbourg, Châlons-
surTMarne, Bayonne, fournissent même six observations par jour.
» Le directeur général des lignes télégraphiques, M. de Vougy, a tenu à
signer lui-même l'instruction, qui a été insérée au Recueil administratif. Elle
est ainsi devenue article du règlement.
» Les stations, au nombre de vingt-quatre, ont été réparties entre les
divers bassins du Rhin, de la Seine, de la Loire, de la Gironde et du Rhône,
de manière à faire connaître le mieux possible l'ensemble de l'état atmo-
sphérique de chacun de ces cinq grands bassins. Quoique des considéra-
tions non scientifiques, telles que le parcours des fils télégraphiques,
la multiplicité des dépêches sur certaines lignes, la situation des postes dans
les villes, ne nous aient pas toujours permis de placer nos stations sur les
points que nous aurions préférés, nous pensons que les stations désignées
rempliront le but que nous nous sommes proposé.
» Nous possédons ainsi, y compris Paris, vingt-cinq stations réparties
comme il suit, par ordre de bassins : Mulhouse, Strasbourg, Mézières, Dun-
kerque ; Tonnerre, Paris, Châlons-sur-Marne, Abbeville, le Havre ; Clermont-
Ferrand, Nevers, le Mans, Limoges, Napoléon -Vendée, Saint-Brieuc, Brest;
Rodez, Montauban, Bayonne, Rochefort; Besançon, Lyon, Avignon, Dra-
guiguan, Narbonne.
» Treize de ces stations transmettent, par le télégraphe, une observation
faite à l'ouverture du bureau; ce sont :• Strasbourg, Mézières, Dunkerque,
Tonnerre, le Havre, Limoges, Napoléon-Vendée, Brest, Montauban,
Bayonne, Besançon, Lyon, Avignon. Ces treize stations, jointes à Paris, snf-
( io4a )
. firont à donner chaque jour une idée de l'état de l'atmosphère en France.
On n'a pas cru devoir demander l'extension de la transmission télégraphi-
,que à un plus grand nombre de stations, pour ne pas entraver le service
administratif.
» Des mesures vont être prises pour que, très-prochainement, ces obser-
vations soient données au public immédiatement après leur arrivée. Elles
seront en outre insérées dans plusieurs journaux et dans une forme propre
à faire ressortir les changements survenus depuis la veille.
» Malgré le bon vouloir que l'on a rencontré de toutes parts, l'organisa-
tion des stations, sur une grande étendue de pays, a été longue et difficile.
» Les baromètres surtout ayant par trop souffert, quand on les remet-
tait aux voitures publiques, il a fallu en faire porter une partie par un
fonctionnaire de l'Observatoire. D'autres ont été confiés à diverses person-
nes, à M. Caillet, examinateur de la marine, à M. Petit, directeur de l'Ob-
servatoire, de Toulouse, qui ont bien voulu s'en charger. MM. les ingénieurs
des ponts et chaussées nous ont très-obligeamment fourni l'altitude exacte
des postes. Toutes les stations télégraphiques sont présentement en état de
fonctionner, moins Brest, dont toutefois les instruments sont prêts.
» On comprend qu'il y aurait grand intérêt à relier à l'étranger l'organi-
sation que nous venons d'établir en France. Quelques ouvertures ont déjà
été faites dans ce sens, et partout elles ont été parfaitement accueillies,
r- » Il nous reste à pourvoir à la publication de l'ensemble des documents
recueillis, afin que ces documents étant promptément mis entre le§ mains de
tous les amis de la science, leur discussion soit à la fois plus rapide et plus
fructueuse. Nous nous occupons de ce complément indispensable de la
nouvelle organisation. »
« M. Pouillet présente à l'Académie les figures des radiations solaires
telles qu'elles ont été données par l'actinographe {voyez les Comptes rendus,
19 mai i856, page gi3) pour chacun des quinze derniers'] ours. On peut re-
marquer que dans celte période il y a eu un seul jour absolument sans so-
leil, le vendredi 3o mai ; qu'il y a eu quatre jours, le jeudi 22, le dimanche ?5,
le jeudi 29 et le samedi 3i, pendant lesquels les rayons du soleil ont percé
les nuages pendant quelques secondes ; que tous les autres jours, y compris
le dimanche I er mai, présentent des alternatives très-nombreuses de radia-
tions solaires et de ciel couvert. M; Pouillet a fait ces observations à sa mai-
son de campagne, Épinay (Seine). »
''^iflB^"' 11
( 1043 )
NOMINATIONS.
L'Académie procède, par la voie du scrutin, à la nomination d'un Vice-
Président pour la fin de l'année t856 et l'année 1857, M. Geoffroy-Saint-
Hilaire, Président désigné pour l'année 1857, se trouvant, par suite du décès
de M. Binetj chargé des mêmes fonctions pour la fin de l'année i856.
Le choix de l'Académie doit se porter sur un Membre appartenant à l'une
des Sections de Sciences mathématiques.
Au premier tour de scrutin, le nombre des votants étant 49,
M. Despretz obtient 28 suffrages.
M. Duhamel i5
M. Chasles 4
. M. Bravais r
Il y a un billet blanc.
M. Despretz, ayant réuni la majorité des suffrages, est proclamé élu.
MÉMOIRES PRÉSENTÉS.
L'Académie reçoit une seconde addition à un Mémoire précédemment
présenté au concours pour le grand prix de Sciences physiques de i856
(question concernant le dernier théorème de Fermât).
Ce supplément, qui, de même que le Mémoire original, porte pour épi-
graphe Hoc erat in votis, sera soumis au jugement de la Commission com-
pétente avec mention de la date de l'envoi.
médecine. — Sur le typhus de Crimée; Lettre de M, Bacdexs à M. le
Président de l'Académie.
(Commissaires, MM. Velpeau, Cloquet.)
« Constantinople, 5 mai i856,
» Les nombreux documents que j'ai recueillis en Crimée et à Constanti-
nople me permettraient de traiter in extenso l'importante question du
typhus des armées. Pour le moment, je demande à l'Académie des Sciences
la permission de me borner à l'examen sommaire de l'identité et de la non-
identité du typhus et de la fièvre typhoïde. Ce point de vue divise encore la
(ro44)
science ; mais à l'armée d'Orient, on peut dire que tous les médecins sont
aujourd'hui convaincus de la non-identité.
» Étiologie. — On s'accorde généralement à reconnaître que la fièvre
typhoïde et le typhus ont, pour cause le miasme organique. C'est incontes-
table, au moins pour le typhus : il est engendré par la misère, par raccu-
mulation, par l'encombrement dans les prisons, dans les navires, dans les
camps, dans les hôpitaux ; on pourrait le faire naître et mourir à volonté. Il
n'en est pas de même de -la fièvre typhoïde, ni des maladies épidémiques,
telles que le choléra, qui, quoi qu'on fasse, apparaissent fatalement et dis-
paraissent sans qu'on sache pourquoi. Une fois né spontanément sous rem-
pire des causes précitées, le typhus se propage ensuite par infection. La
contagion, encore mise en doute pour la fièvre typhoïde, n'est pas contes-
table pour le typhus. A l'ambulance de la première division du troisième corps,
presque tout le personnel hospitalier, presque tous les soldats entrés pour
d'autres maladies et quinze médecins-sur seize ont eu le typhus. Entre la Cri-
mée et Constantinople, trente-sept médecins, vingt soeurs de Charité, huit
aumôniers, des centaines d'infirmiers, tous pleins de santé, sont morts
empoisonnés au souffle des malades typhiques.
» Qu'il y ait infection ou contagion, vraisemblablement les deux à la fois,
n'importe, le résultat est le même : l'infection, qui bien certainement a la
plus grande part, est bien plus redoutable que la contagion, puisqu'il suffit
de respirer l'air contaminé par les typhiques, dans le premier cas, tandis
qu'il n'y aurait qu'à ne pas les toucher pour être préservé dans le second.
C'est par ces propriétés contagieuses que lé miasme du typhus se révèle ; il
est attesté par la propagation du fléau et une grande mortalité partout
où il a été apporté. Nos hôpitaux de Constantinople l'ont reçu de la Cri-
mée.
» La différence qu'il y a entre le typhus et les maladies épidémiques
ordinaires, c'est que celles-ci n'ont qu'une durée passagère dépendante
de l'action et de l'état atmosphérique, tandis que le typhus dure tant
qu'on ne s'est pas rendu maître de l'infection. Aussi, tandis que le médecin
d'hôpital se borne à traiter les typhiques, le médecin en chef d'armée doit
arrêter le fléau par des mesures de haute prophylaxie. L'incubation du
miasme organique paraît être en moyenne de six jours. Mon secrétaire a
contracté le typhus sept jours après avoir visité avec moi l'hôpital russe de
la Balbec où il régnait. L'empoisonnement miasmatique a marché quelque-
fois lentement en Crimée, quand il rencontrait une très-grande puissance
de réaction, et pendant le temps qui précède son apparition complète, on
( io45 )
peut suivre sur la physionomie des médecins, où la stupeur a laissé sa trace
visible, les progrès du mal. Ces cas d'infection lente et progressive ont été
presque toujours mortels.
» Marche. — Le typhus de Crimée a offert une marche moins uniforme
et moins régulière que le typhus d'ailleurs, si bien décrit par Hildembrand.
L'irrégularité du typhus de Crimée tient à diverses causes, parmi lesquelles
il faut aoter en première ligne : le scorbut, la dyssenterie, les fièvres inter-
mittentes dues surtout aux marais de la vallée de la Tchernaïa. C'est à par-
tir du i er janvier i856 que le typhus, qui, l'année précédente, avait com-
mencé à poindre, a pris de grands développements ; mais dans les derniers
temps du siège de Sébastopol, la pourriture d'hôpital, ce typhus des plaies,
avait fait de grands ravages. Pour éclater, le typhus contagieux n'attendait
plus que la concentration et l'accumulation, que la rigueur de l'hiver a
amenées naturellement. Les soldats, blottis dans leurs tentes hermétique-
ment fermées, dont le sol était humide et imprégné d'impuretés, ont subi
l'empoisonnement du miasme organique.
» Le typhus régulier de Hildembrand aurait pu se montrer sur les méde-
cins, sur les aumôniers et sur le personnel hospitalier de Constantinople
dont la constitution n'était pas altérée. Ici encore l'irrégularité a été la règle;
aussi les huit périodes décrites par Hildembrand n'ont-elîes peut-être pas
été observées une seule fois.
» L'état prodromal : lassitude, sommeil non réparateur, douleurs lom-
baires, horripilations, tension douloureuse de la tête, vertiges, si commun
dans la fièvre typhoïde, a souvent manqué. Le typhus, assez souvent, débute
d'emblée par un frisson initial et parla période inflammatoire, marquée par
un état catarrhal, plus ou moins prononcé, des yeux, des fosses nasales et
des bronches; par une forte céphalalgie frontale, vertigineuse, comme dans
l'ivresse; par la stupeur, qui est le cachet du typhus; par un délire calme
ou furieux ; par une grande prostration des forces ; par une soif intense et
souvent par un état saburral des voies digestives. La peau brûlante se couvre,
après deux ou trois jours, d'une éruption exanthémateuse qui n'a manqué
que chez les sujets déjà épuisés par d'autres maladies et qui diffère essen-
tiellement de celle de la fièvre typhoïde. Elle se montre au tronc et aux
membres par groupes irreguliers de taches arrondies d'un rouge foncé sans
relief, moins grandes qu'une lentille, ne disparaissant pas par la pression;
sans pétéchies, sans sudamina, que je n'ai vus que trois ou quatre fois sui-
des milliers de malades.
C. R., ,i856, i« Semettre. (T. XLU, N" 22.; ' ^7
( io46)
» La continuité de la fièvre avec pouls de cent à cent trente pulsations, plus
ou moins développé ou déprimé même, soit par une débilité antérieure,
soit par une oppression réelle des forces vitales, a été souvent interrompue
par un et plus rarement par deux paroxysmes réguliers en vingt- quatre
heures, assez semblables à des accès de fièvre rémittente, qui ont donné au
typhus de Crimée un caractère particulier. Le ventre est souple, sans dou-
leur, sans météorisme, sans ce gargouillement dans la fosse iliaque-droite, si
caractéristique de la fièvre typhoïde. La constipation a toujours remplacé le
flux intestinal de la fièvre typhoïde quand la dyssenterie n'existait pas déjà
avant l'invasion du typhus. Après la période inflammatoire, qui dure cinq à six
jours, survient la période.nerveuse> marquée par les phénomènes ataxiques
ou adynamiques, et souvent par un mélange des deux à la fois ; elle ne dure
que de quatre à cinq jours et est peu prononcée quand la convalescence
doit être franche. - - - -— ■ ■'--- ■"-'■'- ----
n La durée du typhus a présenté des caractères bien tranchés avec ceux
de la fièvre typhoïde. La mort est survenue souvent le troisième joujrjmeme
le deuxième et quelquefois le premier. Il était ^alors foudroyant, dans la
force du mot; Rarement il a persisté au delà de- douze à quinze jours, -à
moins de complications, telles que des congestions organiques de l'une des
trois cavités splanchniques. ■ ■-, - ... .: .:;. -..__--,
» Le retour à la santé a presque toujours eu lieu dans les-dix premiers
jours. Le malade passait tout à coup du trépas à la vie; le délire, la stupeur
tombaient tout d'un coup comme par magie, mais le malade conserve en-
core des cauchemars très-pénibles, de la surdité, un affaiblissement de la
vue et une perte plus- ou moins complète de la mémoire. Toutefois on ne
remarque pas, comme dans la fièvre typhoïde, la chute des cEeveuxr Ces
heureux changements sont souvent précédés d'épistaxis, de-sueurs, d'urines
critiques et quelquefois de parotidites. .'--■'■
» La convalescence, si lente dans la fièvre typboïde, marche rapidement
dans 1e typhus, et les "écarts de régime sonrpeu'redoxrtables; ce qui s'ex-
plique par Pabsence de plaques de lésion des follicules intestinaux- et d'en-
gorgement des glandes mésen.tériques dont la Constanceest l f un des princi-
paux caractères de Ja fièvre typhoïde. Des" centaines xT autopsies ont con-
stamment donné des résultats négatifs de ce côté, sauf des granulations
miliaires et quelques plaques pointîil'ées de noir, comme tes grains d'une
barbe fraîche, a la fin dé l-intestin grêle. . ,: =
» On trouve la rate et le foie souvent gorgés de sang et ramollis. Les pou-
mons; quand il y a eu vers eux une congestion locale, sont engoués ou hépati-
C 1047 )
ses, surtout à la partie déclive, et quelquefois le siège de petits noyaux apo-
plectiques. Les lésions les plus constantes sont du côté du cerveau : forte
injection sanguine des méninges, épanchement séreux, teinte opaline de l'a-
rachnoïde, et quelquefois avec plaques pseudo-membraneuses; substance
cérébrale piquetée, ou ramollie, ou suppurée à la surface . Les auteurs s'accor-
dent sur la non-récidive de la fièvre typhoïde. Deux médecins, MM. Lardy et
Laval, ont succombé au typhus, bien qu'ils eussent eu quatre ou cinq ans
auparavant la fièvre typhoïde, dont on a pu retrouver les traces dans la
cicatrice d'ulcères intestinaux. C'est encore là une preuve de la non-
identité du typhus et de la fièvre typhoïde.
» Traitement. — Avant tout, de l'air pur sans cesse renouvelé; respecter
la période inflammatoire comme une effort suprême de la nature pour
chasser au dehors le poison miasmatique par une poussée exanthématique
à la peau; ne saigner que si le sujet est très-fort, s'il y a menace d'apoplexie
cérébrale; préférer le plus souvent à une saignée générale, dont il faut être
très-sobre, quelques sangsues aux apophyses mastoïdes ou quelques ven-
touses entre les épaules; recourir aux mêmes moyens quand la petitesse du
pouls trahit l'oppression des forces vitales, qui se relèvent après une déplé-
tion sanguine modérée. Quand, dès le début, comme dans le typhus de
Crimée, il y a des paroxysmes rémittents, les couper par quelques doses de
sulfate de quinine pour rétablir la continuité de la fièvre qui tombe alors
d'elle-même après quelques jours, quand elle n'est pas entretenue par une
lésion organique accidentelle. Cette complication a fréquemment lieu quand
on ne prend pas soin d'anéantir tout d'abord les paroxysmes. Au début du
typhus, un éméto-cathartique est avantageux, quand surtout il existe de
l'embarras gastro-intestinal ; boissons mucilagineuses ou acididées, et même
eau vineuse. Dans la période nerveuse, recourir aux remèdes usités contre
l'ataxie et l'adynaniie. Dans ce dernier cas, les toniques, tels que le vin de
Malaga et de Porto, ont eu un grand succès.
» Tel est le traitement qui a donné les résultats les plus avantageux à
l'armée d'Orient et auquel se sont ralliés les praticiens les plus expérimen-
tés, tels que M. le médecin principal Cazalas, qui a préconisé l'un des pre-
miers le sulfate de quinine pour régulariser la période inflammatoire et la
débarrasser de l'élément palustre, qui a eu une grande influence sur les ma-
ladies de la Crimée. »
,3 7 ..
( ro48 )
balistique. — Des lois de la résistance de l'air sur les projectiles animés
de grandes vitesses; par M. Diraos. (Extrait par l'auteur.)
(Commissaires, MM. Poncelet, Morin, M. le maréchal Vaillant.)
« La recherche des lois de la résistance de l'air a été de la part de l' Aca-
démie, en 1837, le sujet d'un grand prix des Sciences physiques, qui a valu
à MM. les généraux Piobert, Morin et à moi, la récompense la plus flal>
teuse. C'est la suite de ce travail que je présente aujourd'hui.
» Les lois de la résistance de l'air soot la base des applications de la ba-
listique au tir des bouches à feu ; leur recherche présente beaucoup de dif-
ficultés, parce que la résistance ne peut pas être mesurée directement, et
qu'on doit l'apprécier par. la diminution de la vitesse des projectiles tirés à
des distances différentes sur un pendule balistique. . . . _
» Les premières expériences, faites sur des balles de fusil par Robins,
sont antérieures à 1742; sont venues ensuite celles de Hutton, en 1788 et
1 789, sur des boulets de petit calibre ; enfin, celles de Metz, en i83g et 1 840,
sur des boulets des plus forts calibres en usage. Euler n'a pu tirer parti des
premières; Hutton n'est pas parvenu à formuler utilement les résultats de
ses expériences ; mais celles de Metz ont fourni des résultats assez précis et
d'une application sûre.
» La loi de Newton, d'après laquelle la résistance de l'air serait propor-
tionnelle à l'aire d'un grand cercle de la sphère et au carré de la vitesse,
n'est pas applicable _aux grandes vitesses des projectiles; et, si l'on divise
par le produit de ces deux quantités la résistance observée, on obtient un
coefficient variable avec la vitesse suivant une loi dont il s'agit de trouver
l'expression. :
» Hutton avait mesuré les yitesses dés boulets à sept distances différentes,
de3o à 43o pieds (o, m , r4à i3t mètres), et il en avait déduit les coefficients
de résistance pour une série régulière des vitesses sans en formuler l'expres-
sion ; ce résultat a été pendant longtemps la seule base des applications de
la balistique au tir des bouches à feu. M. le général Piobert a proposé une
expression linéaire, et déterminé les coefficients des deux termes d'après ces
expériences sur de petits calibres. . .., .
» Dans les expériences de Metz en 1 83g et 1 84o, on tira des boulets de 8,
de i2 et de 24 sur un pendule balistique à une distance de 1 5 mètres, puis
à des distances de 25, 5o, 75 et 100 mètres au delà.
» La perte des forces vives comparée à la longueur du trajet, donnait la
( io4g )
résistance moyenne durant le trajet, et, par suite, le coefficient de la résis-
tance. On a eu de cette manière autant de coefficients que de charges de
poudre ou de vitesses Idifférentes ; et, prenant celles-ci pour abscisses et
les coefficients pour ordonnées, on a eu un pareil nombre de points; il n'y a
plus eu alors qu'à rechercher la ligne qui représentait le mieux leur en-
semble. Pour cela, on a fait un groupe des plus petites vitesses, un autre
des moyennes et un des plus grandes. On a eu ainsi trois points à peu près
en ligne droite, qui ont fourni les deux termes des expressions cherchées.
De son côté, M. le général Piobert, d'après les expériences de Hutton sur
les petits calibres, trouvait le même rapport entre les deux termes, mais le
premier terme était plus grand. L'augmentation aurait pu être attribuée à la
différence des calibres. C'était un point important à éclaircir. L'observa-
tion de la trajectoire des balles de fusil et d'autres applications me portaient
cependant à croire que ce terme était indépendant du calibre îdu projectile.
» Dans cet état de la question, j'ai repris toutes les expériences; j'ai eu
le soin de corriger toutes les vitesses observées de l'effet du choc des gaz de
la poudre et de l'inclinaison de la trajectoire à la rencontre du pendule.
» Si l'on ne tenait pas compte du choc des gaz sur le pendule balistique,
effet qui est particulièrement sensible aux grandes charges et aux petites
distances, on arriverait à une diminution de vitesse, et par conséquent à
une résistance trop grande. D'un autre côté, lorsqu'on calcule les vitesses
sans tenir compte de l'inclinaison de la trajectoire au but, on obtient une
vitesse trop grande, et l'augmentation est d'autant plus sensible, que la vi-
tesse est plus faible et la distance plus grande ; la correction peut aller jusqu'à
une augmentation de o,o3 de la résistance à mesurer.
» Par la méthode qui a été indiquée plus haut, j'ai trouvé, pour les expé-
riences sur les boulets de 1 2 et de 24 (de o m , 1 2 et o m , 1 5 de diamètre) aux
vitesses habituelles et à la densité moyenne de l'air 1 ,2o83 , v étant la vitesse
du projectile, et en prenant le mètre, le kilogramme et la seconde pour
unités, l'expression 0,027(1 +0,0023^), laquelle doit être multipliée par
le carré de la vitesse et l'aire d'un grand cercle du projectile pour donner
la résistance. Le calibre de 24, considéré isolément, donnait un terme con-
stant un peu plus fort, et celui de 1 2 un terme un peu plus faible.
» En recherchant la valeur du premier terme qui, pour la vitesse initiale ob-
tenue directement, représentait le mieux la trajectoire de la balle de fusil obser-
vée sur 400 mètres de longueur, j'ai trouvé 0,0275. Les expériences de Robins
sur des balles de o m ,oio, donnaient aussi à peu près 0,027. Il n'y avait donc
pas lieu, d'après cela, d'admettre une variation du premier terme avec le dia-
(~ îo5o )
mètre des projectiles. Pour mieux le reconnaître, .j'ai repris -.les résultats de
toutes les expériences, et j'ai employé une nouvelle méthodaqui consiste à
supposer que dans l'expression A( i -f- - j de la résistance, on connaîtle rap-
port -des deux termes, au moins approximativement, en se réservant de le
vérifier et de le modifier s'il en était besoin. À est alors la seule quantité à
déterminer. ' .
» En cherchant la relation entre les vitesses d'un même projectileà deux
distances différentes, on trouve que les vitesses décroissent dételle sorte," que
si les vitesses sontexactes^ l'accroissement de log( i -b-Y est proportionnel
aux distances, et que, si l'on considère-dans chaque expérience les points dé^ *
terminés, en prenant" les distances pour abscisses et lôgfi+^j pour Or-
données, ceux-ci doivent êtreen ligne droite. L'inclinaison de cette droite,
ou le rapport de l'accroissement à la distance, multiplié par le rapport de la
masse du projectile à l'aire de son grand cercle, donne la valeurcherchée
de A.. Mais, si les vitesses résultent de l'observation, elles présentent toujours
certaines inégalités ; on trace alors la ligne de manière à représenter le mieux
possible l'ensemble des points. L'inclinaison de cette ligne sur l'axe des ab-
scisses donne l'accroissement cherché, et par suite le terme A., De ■ plus, ..s! il
a été fait aux mêmes distances des expériences à diverses charges découdre,
pomm& il ne s'agit que d'une inclinaison à déterminer, on peut prendre
pour chaque distance, les moyennes arifiimétiquesdes valeurs de logt t:+ £j
aux diverses charges de poudre, et obtenir uiié" seule ligne et une seuîe va-
leur dé"A pour représenter Tenseinblé dé toutes lés expériences avec le même
calibre. •..._..
» Par ce moyen, j'ai retrouvé, pour les expériences avec le boulet de 24,
aux vitesses habituelles, inférieures à' 5po m - s , A = 0,02713 5 et pour celles
avec le boulet de 12, A — o,026o3 ; le boulet de 8 a donné des résultats ira
peu plus forts, et l'ensemble des expériences sur lès trois calibrés a donné
 = 0,02705. Lorsqu'on y comprend lés vitesses de 5bo m:s et au delà, on
trouve A = 0,02682, qui diffère à peine du premier.
» Eh appliquant la même méthode" aux expériences dé ïïutton sur les
boulets d'une livre (o m ,ô5 dé diamètre], j'ai trouvé A =0,0274 aux petites
vitesses, et A = 0,0278 aux grandes vitesses.
» Cet accord, dans l'ensemble dès résultats, est très-satisfaisant ,~et il n'y
a plus dans ceux qui proviennent des expériences de Hiitton qu'une diffé-
( io5i )
rence de peu d'importance. Cette différence s'explique d'ailleurs par de pe-
tites erreurs qui proviennent de la moindre rigidité du pendule de Hutton.
Cette moindre rigidité rend compte aussi du léger excès que donnent pour A
les expériences avec les boulets de 3 livres et de 6 livres. On avait donc toute
raison de s'en rapporter, pour l'application au service de l'artillerie à
l'expression résultant des expériences de Metz, faites d'ailleurs avec les pro-
jectiles en usage.
» Recherchant alors les coefficients de la résistance de l'air, à l'aide de la
valeur de A résultant de chaque expérience, c'est-à-dire celle de A ( i + -)
et les comparant entre elles, on trouve qu'ils seraient mieux représentés en
prenant ^ = 0,0025, ou r = 4oo m:s ; on obtient alors A = 0,0260 pour les
expériences de Metz, et 0,0268 pour celles de Hutton sur le boulet de 1 livre
à toutes les vitesses. Le rapport plus simple de - a en outre l'avantage de
faciliter les calculs et l'usage des Tables de balistique.
» En résumé, le résultat des expériences de Metz en i83g et 1840, obtenu
en premier lieu, s'est trouvé confirmé par ces nouvelles recherches, et celui
des expériences de Hutton s'est trouvé ne présenter avec les premières
qu'une très-petite différence, dont on trouve l'explication naturelle dans
la moindre perfection de la suspension du pendule employé.
» On a donc maintenant une expression simple de la résistance de l'air
sur les projectiles, et qui s'étend à tous les calibres et à toutes les vitesses.
Les expériences en cours d'exécution à Metz, qui se font avec des pré-
cautions et des moyens nouveaux, et comprennent des projectiles oblongs
compléteront la solution de l'importante question de la résistance de l'air
sur les projectiles animés de grandes vitesses. »
physique. — applications d'un nouveau système de robinet à des machines
pneumatiques aspirantes et foulantes ; par M. J.-J. Silbermaksi jeune.
(Commissaires, MM. Pouillet, Regnault, Despretz.)
« J'ai l'honneur de soumettre au jugement de l'Académie un système de
pompe aspirante et foulante, que j'ai imaginée pour pouvoir, non -seulement
réunir en un seul appareil la machine pneumatique ordinaire et la pompe
de compression, mais encore pour la rendre susceptible de se prêter à toutes
les combinaisons dont les physiciens et les chimistes peuvent avoir besoin,
( IO02 )
«oit dans leurs recherches scientifiques, soit pour les expériences de dé-
monstration dans les cours. Ainsi elle permet de faire le vide à simple ou
à double épuisement, indifféremment sur quatre platines, et simultanément
dans un ou deux récipients. Il en est de même pour la compression. ■ '
» Il résulte, en outre, de ces dispositions, ' qu'on peut transvaser des
fluides de un ou deux récipients dans un ou deux autres; et, en reliant les
récipients un à un, on peut aussi déterminer un ou deux courasts de gaz.
Ces dispositions peuvent être utiles, soit pour des,analyses chimiques, soit
pour plusieurs expériences de physique, touchant les propriétés des gaz,
comme chaleur spécifique, etc., etc.
. » Il ne m'a été permis de faire atteindre ces propriétés aux pompes aspi-
rantes et foulantes, que par l'emploi des propriétés de nouveaux systèmes de
robinets que j'ai imaginés, et dont l'un de ces systèmes, à parties concen-
triques, a été présenté par moi à l'Académie. Une machine à deux corps de
pompe, munie de ce robinet, se trouve sous les yeux de l'Académie. Elle a
été exécutée, ainsi qu'un petit modèle décrit plus bas, dans les ateliers de
deux jeunes et habiles constructeurs, MM. Favre et Kunemann, successeurs
de M Pixii. ., . .
,, Dans le but d'être utile à M, Regnault, mon illustre maître, j imaginai,
en 1 84a, pour ses recherches, une pompe plus commode que celles utilisées
jusqu'alors (i). Cette pompe était à la fois aspirante et foulante, et avait,
pour rétablir l'équilibre de pression, un robinet ordinaire, outre les deux
conduits de soupapes. J'avais confié aux soins de M. Golaz, mécanicien, la
construction de cette pompé qui est aujourd'hui très-répandue dans les la-
boratoires de physique et de chimie. Mais aspirant à faire encore mieux, je
"crus' inutile d'en donner communication à l'Institut. L'interversion des sou-
papes exigeait une série d'opérations que je supprime à présent par l'appli-
cation des propriétés d'une nouvelle espèce de robinet. Ce dernier n'exige
pour cela qu'une fraction de tour, et supplée à lui seul aux trois robinets
nécessaires dans les précédentes pompes,
' >» La machine à un seul corps de pompe se compose d'un cylindre verti-
cal, dans lequel se meut un piston plein , composé de rondelles de cuir ser-
rées entre deux disques en laiton visses contre la tige du piston. Ce cylindre
porte à sa base deux soupapes coniques, l'une d'aspiration, l'autre d'injec-
tion ou de refoulement. Chacune de ces soupapes fonctionne dans une pe-
(i) Savoir:les petites pompes aspirantes de Gay-Lussac, et les pompes de-compression à
soupape latérale.
( io53 )
tite boîte vissée sur un conduit vertical traversant le boisseau d'un gros
robinet situé en dessous. L'axe horizontal de ce robinet est parallèle à la li-
gne qui joint les centres des soupapes et dans le plan des deux perforations
précédentes.
» i°. La clef du robinet est d'abord percée diamétralement, de manière
a continuer chacun des conduits verticaux des soupapes jusqu'à la partie
inférieure du boisseau, où ils divergent horizontalement au dehors pour
pouvoir s'adapter à deux récipients.
» 2°. Outre ces deux canaux parallèles, la clef porte deux perforations
obliques à l'axe et croisées en X, mais coudées en sens contraire au milieu,
pour ne point se rencontrer. Ces trous obliques sont forés selon un plan
passant par l'axe, et formant un angle de 3o degrés avec le plan qui contient
les deux conduits précédents. Ces conduits en X servent à intervertir les
communications allant des récipients aux soupapes.
» 3°. Enfin dans un plan passant de même par l'axe du robinet et faisant
avec le précédent encore un angle solide de 3o degrés, se trouvent les ori-
fices de deux conduits parallèles à l'axe du robinet et disposés en paren-
thèses renversées ' j .
» Ces conduits, tout en interceptant la communication entre le corps de
pompe et les récipients, établissent ainsi, d'une part, la communication
entre les deux soupapes, à la partie supérieure du robinet ; et, d'autre part,
à la partie inférieure, la communication entre les conduits d'aspiration et
décompression. Ces conduits servent ainsi à rétablir, au besoin, l'équilibre
de pression entre les deux récipients ou bien entre un des récipients et
l'atmosphère; car chacun des conduits parallèles à l'axe du robinet, outre
la communication bifurquée en parenthèse, peut communiquer avec l'air
extérieur : pour cela on n'a à ouvrir qu'un petit bouchon conique vissé à
l'extrémité de prolongements pratiqués au bout des conduits parallèles à
l'axe et débouchant à la face opposée à la poignée du robinet.
» Pour éviter toute méprise dans la manoeuvre du robinet, la poignée est
en forme d'étoile à six rayons correspondants aux trois plans diamétraux
contenant les orifices. Sur chacun de ces rayons, se trouve gravé l'un des
signes II, X, |=|, qui indiquent ainsi le genre de communication correspon-
dant. Dans les positions intermédiaires, le robinet ferme toute commu-
nication. A la partie inférieure du boisseau du robinet, ou base de la pompe,
la continuation de chacun des conduits verticaux vient aboutir à l'extérieur^
comme il a déjà été dit, par un tube horizontal, au bout duquel se visse, à
C. R , i856, i«- Semestre. (T. XLII, N° 22.) [38
t jq5/i )
écrou, l'ajutage pouvant établir la communication avec un récipient ou
circuit quelconque.
» Machine à deux corps de pompe. - Chacun de ces corps de pompe est
muni d'une soupape d'aspiration et de compression. Ces quatre soupapes
sont dans un même plan vertical. Les parties inférieures des conduits des
soupapes les plus rapprochées de chacun de ces corps de pompe sont reliées
entre elles par un tube ou conduit foré dans le massif de la base des deux
corps de pompe. Les conduits des soupapes les plus éloignées sont de même
reliés par un tube horizontal. Aux deux points de jonction de ces deux con-
duits horizontaux avec chacun des quatre conduits verticaux, se trouve un
robinet à trois issues en forme de T, reliées au moyen d'un conduit hori-
zontal avec ajutage aune platine mobile. On a ainsi, vis-à-vis de chacune
des quatre soupapes, un orifice au bout duquel on peut adapter un récipient
quelconque. . ..:.-_■
» Chaque corps de pompe est muni d'un manomètre et d'une éprouvette.
Les manomètres fet éprouvettes attenant au corps de pompe sont fixés laté-
ralement à chacun des cylindres, et communiquent à l'intérieur au moyen
d'un petit conduit horizontal atteignant le conduit vertical de chacune des
soupapes, entre celles-ci et le robinet. De cette façon, les manomètres et
les éprouvettes se trouvent indépendants des interversions des robinets.
» Les tubes de ces manomètres et éprouvettes sont fixés chacun sur un
trou axial d'un petit robinet communiquant avec des conduits transversaux
en forme de T. La boîte de ce rpbinet est perforée/à l'opposite du corps
de pompe, d'un trou qu'on ouvre en tournant de 90 degrés le robinet qui
porte le manomètre sur son axe. On opère de cette façon, quand il s'agit de
faire simultanément le vide ou la compression dans deux récipients à la fois.
» Le système de communication du robinet, décrit, ci-dessus, peut aussi
être appliqué comme moyen de communication électrique, en substituant
au métal un corps non conducteur, et en remplissant les perforations par
des fils conducteurs. . '
» En développant ce système de communication sur un plan, il en résulte
encore un tiroir jouissant des mêmes propriétés que le robinet. »
géologie. -De ta formation et dé la répartition des reliefs terrestres (troi^
sième Mémoire); par M. F. de Fhaxcq. (Extrait par l'auteur.)
(Commissaires précédemment nommés : MM. Éliede Beaumont, Dufrénoy,
de Senarmont. )
« Les sommes, terrestres des grands cercles de mes- roses=se groupent de
( io55 )
la manière suivante sur les cent cinq grands cercles qui s'inclinent de l'équa-
teur jusqu'au 65 e degré de latitude.
Grands o(
croies groupés par sections de sommes terrestres.
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23
4
18
16
ii
11
49
29
~^S
27
» Ce résumé nous montre, i° que les minima et maxima terrestres des
grands cercles se contre-balancent entre eux; 1° que les grands cercles de
moins de 102 degrés terrestres sont en nombre si dominant, qu'ils ont dû
imposer leurs exhaussements communs aux autres grands cercles, et qu'ils
ont pu les contraindre à répartir ainsi leur somme d'exhaussement sur
plus de 1 02 degrés.
» Les vingt-trois grands cercles dont la somme terrestre se maintient
entre 92 -y et 102 degrés qui nous offrent ainsi des sommes terrestres pres-
que normales (cette somme étant de 99 A degrés) passent si régulièrement
sur tous nos contineqts, qu'ils en motiveraient à eux seuls déjà les contours
généraux. Les grands cercles de moins de 92 \ degrés terrestres (qui attei-
gnent tous le chiffre de 98 à 100 degrés par leurs arcs marins rectangulaires),
viennent compléter largement, à leur tour, ce premier réseau en nous pré-
sentant des triples et quadruples entre-croisements sur presque toutes les
surfaces terrestres.
» Les grands cercles de plus de 102 degrés terrestres ne forment, au con-
traire, que trois faisceaux sur mes roses.
» Le premier de ces faisceaux part à l'équateur du go e degré est et ouest
de longitude. II présente une moyenne terrestre de I26°,45 xZ sur cinq
grands cercles qui remontent du 60 e au 80 e degré de latitude. Le deuxième
i38..
•(- io56 )
part à l'équateur du 45 e degré ouest et i35 e degré est de longitude. Il
présente une moyenne terrestre de i38°,88 xz sur quatorze grands cercles'
qui remontent du 10 e au 75 e degré de latitude. Enfin, le troisième part à
l'équateur du méridien de Parisret du r8o e degré de longitude. Il" présente
une moyenne terrestre de iro ,5ç) sur huit grands cercles qui remontent
du 25 e au 60 e degré de latitude.
» Le premier de ces faisceaux longe toutes les chaînes orientales de L'Asie,
depuis le Birman et ï'An-Nam jusqu'au Kamtschatka; il passe ensuite sur
l'Amérique septentrionale dont il longe tout le grand système" occidental
depuis l'Amérique russe jusqu'au golfe duMexique. ' ' r ■
» Le deuxième de ces faisceaux longe, dans notre hémisphère, la chaîne
de la Guinée septentrionale et l'Atlas, en passant sur tout le Sahara;" il
longe ensuite plus au nord l'alignement général formé par la Méditerranée,
la mer Noire, la mer Caspienne, le lac d T Aral7etc, celui formé parles côtes
delà Manche, de la Hollande, du Danemark et de la Suéde, par là Baltique,
le golfe de Finlande et les lacs Ladoga et Onega.
» Enfin, le grand cercle qui remonte le plus au nord dans ce deuxième
faisceau, longe l'alignement formé par Les Hébrides et les Shetland, par les
côtes de la Norwége, delà Lapopie, etc. :
» Notre deuxième faisceau suit en .Asie les alignements généraux for-
més par les chaînes de l'Asie Mineure, par celles de l'Afghanistan, et enfin
par celles de l'Himalaya; il longe ensuite ia côte orientale de l'Australie
ainsi que presque tous les alignements du centre. de l'Amérique: ^méri-
dionale. , ' ■ _ ; • ■-/■ = V
» Le troisième faisceau, qui part à l'équateur du méridien de Paris, suit
en Asie l'alignement, i° de l'Altaï, %° du Thia-Shan^ 3° du Péling, 4° de
plusieurs chaînons du Balouchistan et du Népaul, 5° de la chaîne du
Yindhya, etc.
_ » Ce faisceau vient donc motiver avec le faisceau précédent la plupart
des grands alignements qui se dirigent plus ou moins de l'est à_ l'ouest en
Asie, tandis que le premier longe les alignements plus ou moins nord-sud
de la côte orientale de ce continent, et ceux de la côte occidentale de
l'Amérique septentrionale.
» Mes faisceaux de grands cerclés polaires viennent compléter cet aperçu
des causes qui ont pu provoquer la formation des principales chaînes du
globe.
» Ces faisceaux nous montrent, ainsi, qu'il existe à l'équateur, du 80 e au
120 e degré est de longitude, une large bande de grands cercles: polaires de
-fwsr
( '°57 )
plus de 102 degrés terrestres qui se dirigent du nord au nord-est en Asie.
Cette bande de grands cerclés, dont la moyenne terrestre est de
jo5°,67 xz sur 3 grands cercles au 70 e degré est de longitude,
ir2°,75 xz sur 5 grands cercles au 80 e degré est de longitude,
126°, 45 xz sur 5 grands cercles au 90 e degré est de longitude,
i4i°,6i xz sur 7 grands cercles au 100 e degré est de longitude,
i35°,64 xz sur 7 grands cercles au 110 e degré est de longitude,
m", 81 xz sur 4 grands cercles au 120 e degré est de longitude,
coupe l'équateur, depuis les îles Maldives jusqu'à l'île Célèbes, et suit tout le
grand système oriental de l'Asie en passant en même temps sur toutes ses
mers cotières et sur le grand archipel de la Malaisie. Cette bande de grands
cercles longe ensuite les chaînes occidentales de l'Amérique septentrionale,
ainsi que celles de l'Amérique méridionale, en passant sur le golfe du Mexi-
que et la mer des Antilles. De nombreux grands cercles de plus de 102 de-
grés terrestres se dirigent en Asie du nord au nord-nord-ouest et occupent
également à l'équateur une base qui s'étend du 70 e degré est de longitude
jusqu'au i3o e degré est de longitude. Mes faisceaux de grands cercles nous
•■ offrent dans cette direction les chiffres suivants :
» Moyenne terrestre de :
1030,87 a; sur 2 grands cercles au 70 e degré est de longitude,
. 11 6° a; sur 3 grands cercles au 80° degré est de longitude,
i\Z°,<g>xz sur 6 grands cercles au 100 e degré est de longitude,
1 2g°,o8 xz sur 6 grands cercles au uo e degré est de longitude,
i3i°,46xz sur 6 grands cercles au 120 e degré est de longitude,
125° xz sur 6 grands cercles au i3o e degré est de longitude.
» Ces faisceaux longent la plupart des alignements qui se dirigent : i° du
nord au nord-nord-ouest en Asie; 2° du nord au nord-nord-est; dans l'A-
mérique septentrionale, et 3° du sud au sud-sud-ouest dans l'Amérique
méridionale. Ces faisceaux passent aussi dans leur,parcours sur le grand
archipel de la Malaisie, sur une partie des mers qui bordent la côte orien-
tale de l'Asie, ainsi que le golfe du Mexique et la mer des Antilles. Les
grands cercles de plus de 102 degrés terrestres viennent donc motiver non-
seulement la direction des principaux alignements terrestres du globe,
mais encore la dépression des arcs marins rectangulaires que j'ai constatés
sur mes roses de grands cercles.
» Le résumé ci-joint fera ressortir ce dernier point ainsi que le rapport
qui existe entre les arcs marins rectangulaires et les actions volcaniques.
( io58 )
■Résumé des arcs marins rectangulaires de mes roses de grands cercles et des volcans, qui ont été
constatés sur les alignements rectangulaires de ces arcs marins.
i°. Mer des Antilles, golfe du Mexique, etc.
2° . Des îles Galapagos à l'Amérique méridionale ,
3°. Golfe de Californie ", t . ,,..... ,
4°. Mer de Kamtschatka ••■
5°. Mer d'Okhotsk
6°. Mer du Japon. , , .
7° . Mer Jaune et mer de Corée. ......
8°. Canal deFormose, mer de Chine, ele
9°. Détroit de Malacca, mer de Java, etc.
io°. De la Nouvelle-Guinée aux îles Carolines, etc
H°. Delà Nouvelle-Guinée aux îles Salomon, eto
12°. De la Nouvelle-Calédonie et des îles Witi verel'équateur, ete
i3°. Golfe du Bengale ,...
i4°. Canal de Mozambique, ete _,
i5°. Golfe d'Aden, mer Rouge et golfe Persique.
i6°. Méditerranée, etc
17 . Côtes occidentales de l'Europe, mer du Nord, Islande, etc...
l8°. Côte occidentale de l'Afrique.
Totaux., . . . ."."..■
i53~
- ARCS MARINS
rectangulaires.
VOLCANS.
21 '
- 55
4
•9
3
2
6
54
3
i3
3
ii
4
6
18
27
35
• 77 -
8
r . • ■
8
4
-7
6
6
5 '■ -
5
6
7
23
- •-' -7 -
12
5
IO
3
9
340
» Ce résuraé nous mentionne dès bassins qui nous présentent presque
tous les mêmes caractères, t : —
3) Ces bassins, dont les arcs marins terminés par des alignements rec-
tangulaires nous représentent des arcs terrestres sous tous les rapports ; ces
bassins, dont les alignements rectangulaires sont toujours plus ou moins
volcaniques; ces bassins qui paraissent n'être que des surfaces continen-
tales immergées ou des surfaces marines en voie d'exhaussement ; ces bas-
sins, dis-je, sont tous croisés, ainsi que nous venons de le voir, par de
nombreux grands cercles de plus de 100 degrés terrestres qui en motivent
la dépression, Tout semble donc nous indiquer que Fécorce terrestre est en
travail sur ces points du globe, et que les actions volcaniques ne sont que
1 des effets secondaires de ce travail qui tend à exhausser ou à déprimer des
bassins tout entiers. » - - •--
"HPÇ"
( io5g )
mécanique céleste. — Mémoire sur le développement en série d'une partie
de la fonction perturbatrice ; par M. Bourget. (Extrait par l'auteur.)
(Renvoi à l'examen des Commissaires précédemment nommés : MM. Liou-
ville, Delaunay, et M. Bertrand en remplacement de M. feu Binet.)
« La fonction que Laplace appelle perturbatrice est
, . „ XX'+YT'+ZZ' r i
(0 R = 7? ?•*-?
dans laquelle
X, Y, Z, X', Y', Z' désignent les coordonnées héliocentriques,
r, r" » les rayons vecteurs,
p » la distance mutuelle.
» Hamilton a fait voir dans un Mémoire bien connu des géomètres (*),
qu'on peut la remplacer par la suivante :
(2) G = -^,(D f XD £ X'-!-D,YD,Y' + D,ZD £ Z')-- 5
dans laquelle p., p! désignent respectivement,
1 -h m, 1 -+- m'.
» La substitution de Q. à R ne change rien aux formules qui donnent les
variations des éléments, et dans les deux systèmes les perturbations des
coordonnées ont les mêmes valeurs. Mais Q. étant symétrique par rapport
aux deux planètes, cette substitution abrège d'une manière notable le cal-
cul des inégalités. Il paraît donc important d'ajouter au développement
de - celui de
P
(3) ft=^ 7 (D,XD t X' + D t YD,Y'+ D,ZD,Z'),
en une série de termes proportionnels aux sinus et cosinus des multiples
des anomalies moyennes T, T' des deux planètes.
» Si l'on applique à cette fonction la méthode ordinaire, basée sur l'em-
ploi de la série de Taylor, on obtient sans beaucoup de peine tous les termes
(*) On a gênerai method in dynamics, Transacl. philos., i834 et i835. — Ce Mémoire a
été l'objet de l'étude de M. Houel dans sa thèse présentée à la Faculté de Paris, en i855.
( io6o )
qui ne dépassent pas le quatrième ordre; mais au delà les calculs deviennent
extrêmement compliqués. J'ai.cherehé à effectuer ce-même développement
en évitant la série de Taylox. par la .méthode des quadratures. J'ai été assez
heureux pour trouver une formule générale extrêmement simple, et dont
bu déduit 'avec la même facilité tous les termes quel que soit leur ordre.
» Pour montrer le détail de toutes l'es opérations à effectuer, leur symé-
trie et leur simplicité, pour donner eu même temps aux astronomes les
moyens d'utiliser dans leurs recherches la fonction perturbatrice d'Hamil-
ton, j'offre ici le tableau êompjet-de tous ses.±ermes jusqu'au sixième ordre.
Je prolongerais sans peine ce tableau, si le calcul de quelque inégalité à
longue période l'exigeait. De nombreuses vérifications résultent de la symé-
trie même des formules,, et permettent d'affirmer l'exactitude complète des
résultats obtenus.
» Dans cette application étendue, la première qu'on ait faite delà mé-
thode des quadratures au développement série, j'ai introduit encore avec
succès les nombres!? de M. Cauchy, dont f ai formé une Table dans .un
autre Mémoire (*). On peut donc affirmer que ces nombres se présentent
naturellement dans la formation des suites trigonométriques_propres à repré-
senter les fonctions que l'on trouve en astronomie. -■ ■ '
» En résumé, il me semble que l'Académie verra avec satisfaction -des cal-
culs faciles, élégants, dans la résolution d'un problème où les méthodes ha-
bituelles conduisent à des opérations fastidieuses par leur complication et
par l'emploi de séries auxiliaires sans loi manifeste. »
chimie. — Note sur la préparation et lès propriétés de l'acide arsénique ;
L '-•■ ' pârM.'E. Kopp.
~ (Commissaires, MM. Chevreul, Dumas.)
« Le procédé suivant a été trouvé le plus avantageux pour préparer de
grandes quantités d'acide arsénique. ,
» Sur 4oo kilogrammes.d 'acide arsénieux en poudre, on fit couler très-
lentement 3oo kilogrammes d'acide nitrique de i , 35 p. sp. On opérait dans
une citerne d'environ i5oo litres de capacité; la réaction Commence presque
immédiatement, la température s'élève de plus en plus, et il se manifeste une
ébullition très-vive, accompagnée d'un très-grand dégagement de vapeurs
nitreuses. Pour ne point laisser celles-ci se perdre dans l'atmosphère, où leur
abondance aurait pu exercer une action très-nuisible sur la végétation envi-
(*) Comptes rendus de l'Académie des Sciences; mars, 1 856..
( io6i )
remuante, on profita de l'appel énergique d'une très-haute cheminée de
fabrique pour faire passer les vapeurs rutilantes, conjointement avec de
l'air atmosphérique et de la vapeur d'eau, à travers plusieurs serpentins con-
densateurs. Ces serpentins étaient formés de très-gros tuyaux en grès remplis
de coke bien épuré, et arrosé continuellement par un filet d'eau ou d'acide
nitrique faible, provenant d'une condensation antérieure. On réussit ainsi
à reproduire un acide nitrique de 1, i5 à i, 18 p. sp. et représentant des
deux tiers aux trois quarts de l'acide employé. Au bout de vingt-quatre à
trente-six heures, l'acide arsénique liquide, parfaitement limpide et ayant
la consistance de l'acide sulfurique concentré, fut soutiré de la citerne par
un siphon en plomb. Ayant eu soin de maintenir toujours un petit excès
d'acide arsénieux dans là réaction, l'acide arsénique en renfermait une petite
quantité en solution ; mais U suffit de j— ■ à -^-^ d'acide nitrique con-
centré, ajouté à la liqueur encore tiède, pour obtenir une oxydation com-
plète.
» L'acide arsénique liquide ainsi obtenu, abandonné quelque temps à
lui-même, lorsque la température extérieure ne dépasse pas 1 5 degrés cen-
tigrades, se prend souvent, surtout lorsqu'on l'agite, en masse semi-liquide,
par suite de la formation d'une quantité de cristaux limpides et trans-
parents. Ces cristaux se présentent tantôt sous forme de prismes allongés,
tantôt sous forme de lames rhomboîdales. Ils sont extrêmement déliques-
cents, se dissolvent presque instantanément dans l'eau en produisant un
froid considérable (l'abaissement de température est d'environ r5 degrés
centigrades), et renferment 24 pour 100 d'eau. Ils sont donc As 2 5 + 4Aq.
C'est l'acide arsénique tribasique avec 1 atome d'eau de cristallisation. J'ai
plusieurs fois obtenu de magnifiques cristallisations, ressemblant, à s'y mé-
prendre, à une belle cristallisation de sulfate sodique. Les cristaux, chauffés
à 100 degrés, se liquéfient; de l'eau se dégage, et bientôt on voit se former
un dépôt blanchâtre qui devient plus abondant en laissant refroidir la li-
queur. Ce dépôt, ayant l'apparence d'une crème épaisse, est constitué par
une multitude de petites aiguilles qui, exprimées fortement entre des feuilles
de papier buvard, renferment environ 19 pour 100 d'eau et sont
As 2 O s -f- 3Aq.
» Cet hydrate s'obtient très-facilement, même en opérant sur de petites
quantités, en évaporant longtemps au bain-marie une dissolution quel-
conque d'acide arsénique. Il se dissout facilement dans l'eau, mais sans
produire de changements notables de température.
» Cet acide peut servir pour obtenir As 2 5 + 4Aq, dont la préparation
C. R., i856, i« Semestre. ( T. X.LII, N° 220 1 3û,
( ïo6a )
en petit présente quelque difficulté, À cet effet, onjévapore au hain-marie
une solution d'acide arsénique, jusqu'à ce que sa densité soit d'environ 2,3.
Par le refroidissement, As 2 Q 5 + 3Aq se dépose abondamment sous forme
de crème blanche, au-dessus de laquelle se trouvent des eaux-mères lim-
pides et de consistance presque huileuse. On prend alors parties égales
d'eaux mères et de. dépôt blanc 5 .on dissout ce dernier dans un peu moins
de moitié de son volume d'eau, et on verse la solution dans les eaux mères.
Au bout de quelque temps on voit se former une abondante cristallisation
deAs 2 5 + 4Aq. : : .
» Si, au lieu d'évaporer une solution d'acide arsénique à 100 degrés, on
élève la température à 1 4o ou 180 degrés, on voit apparaître peu à peu une
nouvelle espèce de cristaux (paraissant former des prismes droits) durs,
brillants, adhérents fortement les uns aux autres, qui ne renferment plus
que i3,5 pour 100 d'eau et constituent l'acide As 2 O s + 2Aq.
» Les eaux mères de ces cristaux ont à 16 degrés 2,365 p. sp. A 100
degrés, leur densité n'est plus que de 2,277. C'est donc une des solutions
aqueuses les plus denses,
» L'acide arsénique bibydraté se dissout encore assez facilement dans
l'eau, et produit une forte élévation de température, en opérant sur des
quantités un peu considérables. Si l'on maintient une solution très-con-
centrée de cet acide pendant quelque temps à 200 degrés, et qu'ensuite
on monte lentement vers 206 degrés, ou observera à un, instant donné
la transformation de l'acide bibydraté en acide monohydraté. . Le li-
quide qui ne dégageait que très-faiblement de la vapeur d'eau, se
trouble tout à coup, devient pâteux et se convertit en une masse nacrée,
d'un blanc éclatant. Il se forme en même temps, après une période de pro-
jection très-courte, des espèces de cratères, par lesquels se dégage, en sif-
flant, la vapeur d'eau, avec une force considérable,
»• La masse nacrée, soustraite, dès qu'elle paraît sèche, à l'action de la
chaleur, renferme environ 7,3 pour 100 d'eau, et constitue l'acide arsé.
nique monohydraté, As 2 5 + Aq. Cet acide, qu'il est un peu difficile d'ob-
tenir tout à fait exempt d'acide anhydre, est lent à se dissoudre dans l'eau
froide; en le mettant en contact avec l'eau un peu chaude, la dissolution
se fait encore assez facilement et avec un grand dégagement de chaleur.
» Dans toutes ces dissolutions, l'acide arsénique passe à l'état d'acide ar-
sénique trihydraté ordinaire. -
» Les différents acides, chauffés à une température voisine du rouge
obscur, fournissent l'acide arsénique anhydre, Celui-ci n'est plus un acide,
( io63 )
c'est un corps inerte, sans action sur le tournesol, insoluble dans l'eau,
l'ammoniaque, etc. Il peut rester des journées entières exposé au contact
de l'air humide, sans s'humecter; cependant, à la longue, il se liquéfie
et reproduit l'acide trihydraté ordinaire. Chauffé au rouge, il se décompose,
sans fondre, en acide arsénieux et oxygène qui se dégagent. Pour le fondre,
il faut en soumettre très-brusquement une quantité notable à une tempé-
rature rouge-cerise. La majeure partie se décompose et se volatilise, mais le
reste forme un culot blanc-jaunâtre ; la présence d'une faible quantité d'al-
cali favorise extrêmement la fusibilité.
» Avant de remettre la préparation et l'usage de l'acide arsénique entre
les mains des ouvriers, j'ai cru devoir en expérimenter moi-même l'action
sur l'organisme. Voici, en résumé, ce que j'ai observé :
» L'acide arsénique hydraté, appliqué sur la peau, y produit bientôt des
ampoules, tout à fait semblables à des brûlures; les ulcères qui en sont ré-
sultés ont guéri sans la moindre difficulté.
» En laissant les mains fréquemment en contact avec une solution d'acide
arsénique, assez étendue pour ne pas agir comme caustique, on reste assez
longtemps sans rien ressentir. Peu à peu on éprouve, sous les ongles princi-
palement, une" sensation pénible qui finit par devenir franchement et for-
tement douloureuse ; enfin il se déclare un gonflement considérable ; les
doigts doublent de volume, le gonflement s'étend graduellement à la
main entière et même à l'avant-bras; en même temps se déclarent des mou-
vements fébriles. En usant de précaution et surtout en lavant fréquemment
les mains dans de l'eau de chaux, ces symptômes disparaissent rapidement.
» J'ai constaté la présence de l'arsenic dans les excrétions liquides et
solides. Du reste, je n'ai éprouvé aucune altération de la santé générale ; seu-
lement, dans les deux mois pendant lesquels je maniais presque journellement
l'acide arsénique, j'observai une augmentation du poids du corps de près
de 10 kilogrammes. Ayant cessé de m'occuper de cet acide, au bout de
neuf à dix semaines le corps est revenu au poids ordinaire de 75 kilo-
grammes. »
A la Note de M. Kopp est joint un échantillon d'étoffe de coton impri-
mée en rouge, dans laquelle les dessins blancs ont été enlevés au moyen de
l'acide arsénique.
C'est en cherchant à substituer pour cet usage industriel l'acide arsé-
nique à l'acide tartrique que M. Kopp a été conduit aux recherches dont
quelques-uns des résultats sont exposés dans la précédente Note. « La nOu-
13g..
( jo64 )
v*Ue application, quoique restreinte à ixrx cas très-particulier et d'une im-
portance secondaire, n'en a pas moins causé, remarque l'auteur dans la
Lettre d'envoi, une consommation de plusieurs milliers de kilogrammes d'a-
cide arsénique par an:. »
tératologie. — Note sur un monstre exencéphalien ; par j*ï. E. Gkvtra^
(Extrait par l'auteur.)
(Commissaires, MM. Serres, Is. Geoffray-Saint-Hilaire, Rayer.)
« Le foetus qui fait le sujet de cette Note était du sexe masculin, et né à
terme à l'Hôpital de la Maternité de Bordeaux, à la suite d'un accouche-
ment laborieux. Il présentait une dépression considérable de la voûte du
crâne et une tumeur volumineuse, aplatie et allongée, sur le côté droit du
cou, s'étendant sue le même côté du thorax, en soulevant le scapulum.
» "L'examen anatomique de cette éminencë anormale a fait reconnaître
qu'elle était due à la présence d'une partie du cerveau dont les circonvolu-
tions et la texture étaient parfaitement reconnaissables. Les côtes, les muscles
intercostaux étaient recouverts par cette couche épaisse de substance céré-
brale qùï s'enfonçait profondément dans la région cervicale.; Là, un inter-
valle de i ,às centimètres séparait la. troisième vertèbre delà quatrième;
les deux artères vertébrales" étalent conservées. La droite marchait au mi-
lieu de là matière cérébrale. Les nerfs cervicaux qui concouraient à la
formation du plexus brachialétaient très-distincts. 1"'"."-"- ~' ""'"
» Dans l'intervalle des troisième et quatrième vertèbres du course
voyaient la moelle épinière et, à son extrémité supérieure," un renflement
manifeste où il était possible de distinguer le bulbe, le mésocéphale et les
rudiments du cervelet. ~ .:
» Le crâne et les trois premières vertèbres cervicales ayant été divisés sur
la ligne médiane, il devînt évident qu'une portion de P encéphale avait
conservé sa position normale : c'était l'hémisphère gauche du cerveau.
Le déplacement d'une portion considérable de cet organe mentionné dans
cette Note, n'a pu être attribué à des violences extérieures. Les tégu-
ments et le tissu cellulaire ne portaient l'empreinte d'aucune lésion. La
conservation des vaisseaux du cou, l'absence de tout épanchement sanguin,
profond, prouvent bien qu'il ne s'agissait que d'une aberration congénitaleT
J'ai donné à ce monstre le nom de Pleurencéphale.^AéOjoa côte, TrAïupzç
de côté). C'est un genre nouveau dont ce fait donne le premier exemple. »
Une figure lithographiée accompagne le Mémoire du monstre pleuren-
céphale. ;
( io65 )
M. Brame présente un Mémoire sur les moyens de préparer et de con-
server les fumiers, en y appliquant des matières terreuses et même de la
marne, et faisant intervenir des pailles et ajoncs.
Le but que s'est proposé l'auteur est d'éviter la déperdition de l'ammo-
niaque et de remplir ainsi plusieurs conditions utiles à la salubrité comme
à l'économie des engrais. Il cite plusieurs, faits qui lui paraissent établir les
avantages de ses procédés appliqués dans la colonie de Mettray pour la
confection des litières et la conservation des fumiers.
(Commissaires, MM. de Gasparin, Payen.)
MM. Foixra et Goubaox, auteurs d'un Mémoire sur la crjptorchidle,
présenté au concours pour les prix de Médecine et de Chirurgie, adressent,
pour se conformer à une condition imposée aux concurrents, une indica-
tion de ce qu'ils considèrent comme neuf dans leur travail.
(Commission des prix de Médecine et de Chirurgie.)
M. Avesier Delagree soumet au jugement de l'Académie un Mémoire
ayant pour titre : « Machine motrice en métal, en argile et en asbeste, jouis-
» sant de la propriété de produire, au moyen des gaz chauds que dé-
» veloppe la combustion, près du quadruple du travail des machines à
» vapeur et d'être beaucoup moins altérable par la chaleur. »
(Commissaires précédemment nommés : MM. Poncelet, Regnauit,
Combes. )
M. Rodier adresse, du Mans, un fragment d'un ouvrage qu'il a composé
sur la chronologie égyptienne. « Cette partie, dit l'auteur, est celle qui a rap-
port aux vérifications astronomiques, et j'appellerai principalement l'atten-
tion de l'Académie sur deux formules graphiques que j'ai été obligé d'éta-
blir pour trouver, avec une approximation suffisante, les variations dans la
longueur de l'année tropique et dans la précession des équinoxes à ces
époques rec'ulées. »
(Commissaires, MM. Delaunay, Largeteau.)
( io66 )
CORRESPONDANCE.
« M. va Secrétaire perpétuel présente à l'Académie, de la part des au-
teurs, la carte géologique de l'Europe, par sir Roderick Impey Murchison,
directeur général du Geological Survej, et M. James Nicol, professeur
d'Histoire naturelle à l'université d'Aberdeen.
» Cette carte, dressée par M. À. Keith Johnston, géographe de la Reine,
à l'échelle de i : 48i636o, est composée de quatre feuilles dont la réunion
constitue un rectangle de i»,o4 et de i m ,a 7 de côté. La Russie a été figu-
rée d'après la carte géologique de ce pays publiée par MM. Murchison, de
Verueuil et de Keyserling, à la suite de leurs voyages. Il en a été de même
de la Suède, de la Norwége et du Danemark, pour lesquels, indépendam-
ment des résultats des explorations de MM. Murchison et de Verneuil, on a
encore fait usage de la carte géologique de la Suède par M. Hisinger, de
celle delà Norwége par M. Keilhau, et de celle du Danemark par M. Fors-
hammer. Pour l'Allemagne, on a employé les cartes géologiques assez nom-
breuses, publiées récemment et déjà résumées en partie dans la carte dite de
Schropp, dessinée par M. de Ruch, et dans la carte géologique de l'Europe
centrale publiée, il y a quelques années, par M. de Dechen. La Suisse a été
figurée d'après la carte géologique de MM. Escher "et Studer, et la Bel-
gique d'après celle de M. Dumont. Pour les Iles Britanniques, les cartes de
MM. Greenough, Griffith, et Mac Culloch, les travaux personnels de
M. Murchison et les cartes du Geological Survej ont fourni des matériaux
plus que suffisants. Pour la France, on a suivi la carte géologique générale
publiée par MM. Dufrénoy et Elie de Beaumont.
» L'Espagne a été coloriée d'après une carte géologique de ce royaume
préparée par les soins de M. de Verneuil et de ses compagnons de voyage,
MM. Collomb et de Lorière. C'est à la suite de nombreuses excursions entre-
prises dans le but spécial d'étudier la géologie de cette péninsule, et en s'ai-
dant des travaux de MM. Casiano de Prado, F. de Lujan, Esquerra del Bayo,
Schulz, Pellico, Botella, Leplay, Paillette, Elie de Beaumont et Dufrénoy,
que M. de Verneuil et ses amis ont essayé de jeter les bases d'une carte
qu'ils ne considèrent que comme une ébauche, mais qui, malgré ses imper-
fections, donne cependant l'idée de la répartition générale des terrains. Les
vovages de M. de Verneuil ayant été consacrés principalement aux royaumes
d'Aragon, de Valence et de Murcie, la géologie de ces contrées, aiasi qu'on
peut en juger en jetant les yeux sur la carte, y est traitée avec plus de
■•détail.
'BP" "
( 1067 )
» L'Italie a été dessinée par M. Pentlaud, d'après les cartes publiées par
MM. de Collegno, Pareto, Sismonda, et la Sardaigne a été extraite du grand
travail de M. le général Albert de la Marmora. Pour la Grèce, on a suivi les
cartes de MM. Boblaye et Virlet et de M. Fiedler. La Turquie d'Europe a
été coloriée d'après les cartes géologiques publiées par MM. Boue et Vi-
quesnel, et les Principautés danubiennes d'après celle de M. Hommaire de
Hell.
» La carte géologique de MM. Murchison et Nicol n'est pas restreinte aux
limites de l'Europe. L'Oural y est figuré en entier d'après les recherches de
MM. Murchison, de Verneuil et de Keiserling. Pour les régions cauca-
siennes, on a employé les cartes de MM. Dubois de Montpereux, Hom-
maire de Hell, etc. ; pour l'Asie Mineure, l'Arménie, la côte méridionale de
la mer Caspienne, les travaux de MM. de Tchihatcheff, Koch et Hamilton.
La Syrie et la Palestine ont été figurées d'après les cartes de M. Russegger,
et l'Algérie d'après celle de M. Renou.
» Pour opérer le dépouillement de si nombreux matériaux, M. Murchi-
son, dont les cartes personnelles embrassaient à elles seules la moitié en-
viron de l'Europe, a trouvé un secours très-utile dans le concours d'un géo-
logue aussi exercé que M. Nicol, déjà connu par son excellent ouvrage
intitulé : Guide to the geology of Scotland. La carte a été imprimée en
couleur par le procédé introduit en Angleterre par M. Johnston, à l'instar
de celui qui a été établi à l'Imprimerie impériale de France par M. Dere-
nemesnil. »
M. Goldschjhidt annonce que la découverte de la 4i e petite planète, dont
M. Le Ferrier avait entretenu l'Académie dans la précédente séance, s'est
pleinement confirmée.
géométrie. — Note sur les surfaces dont toutes les lignes de courbure sont
planes; par M. Ossian Bonnet.
« Indépendamment de la sphère dont tous les points sont des ombilics,
on sait qu'il existe une infinité de surfaces imaginaires jouissant de la même
propriété* Seulement pour la sphère les deux lignes de courbure ne se con-
fondent pas; au contraire, par chaque point de cette surface, on peut faire
passer une infinité de lignes de courbure; tandis que dans les surfaces ima-
ginaires il n'y a pour chaque point qu'une seule ligne de courbure, et les
ombilics sont de même nature que ceux que l'on rencontre dans l'ellipsoïde,
( : jq68 )
J'ai reconnu que ces dernières surfaces, avaient leurs, lignes de courbure
planes, de telle sorte que Jes surfaces imaginaires dont tous les points sont
des ombilics constituent une nouvelle classe de surfaces à lignes de cour-
bure planes, qu'il faut joindre à celles que j'ai fait connaître dans un Mé-
moire présenté à l'Académie le 10 janvier 1 853.
» x, jr, z étant des coordonnées rectangles, posons
dz dz d 3 z d l z d 2 z
di~~ P> dy~^ C l , > diï-~~ r ' dxdy ~ S > df ^ t "
L'équation qui détermine les rayons de courbure principaux sera
\rt-s*}R 2 -ji+p 2 +q 2 [(i+p*)t~2pqs+(i+q 2 }r]R+(i + p*+q 2 y~a;,
et si l'on veut que tous les points de la surface soient des ombilics, c'est-à-
dire que les rayons de courbure principaux soient partout égaux et de même
signe, il faudra que
[(i -t-/> 2 )*- 2^+(i + 9 2 )r] 2 = 4(r*-s 2 )(i+/> 2 + ? 2 )Y
que l'on peut écrire ...■_'..
ou bien -
De là on tire, soit
soit
(i + q 2 )r-(i +p*)t = - a {l+ fl S - p9r (pq ± i^ + p 2 + q 2 ),
les signes allant ensemble évidemment.
» Ainsi, posant pour simplifier,
{a) (t-hf)s^pqt = M, (n-g 2 )r-(i+/> 2 )f = N, -{\+p 2 )&+pqr- P,
on a, pour définir les surfaces considérées, l'une ou l'autre des équations
V ' ■ -_ - - - - - - '- • . i + p"
'< Io6 9 )
Maintenant l'équation des lignes de courbure est
M dy 2 ■+■ ]$dxdy ■+- Vdx 2 = o ;
et comme N a = 4MP, on peut la remplacer par
2 "NLdy + N dx = o,
ou par
, 2 P dx -+- N dy =. o,
c'est-à-dire, à cause des équations (i) et (i'),
(2) (1 + q 2 )djr+ (pq qr i \]i + p 2 + q 2 ) dx = o,
(2') (1 + p 2 ) dx H- (pq ±. i \/ 1 -+■ p 2 ■+- q 3 ) dy = o.
D'ailleurs, a cause des égalités (a), on a
dpdx-h dqdy= o.
En effet, des égalités (a), on tire
Mr+P* — Nf=o.
Or
N _ rfy P _ rfy s
M - — 2 ^^ M ~ S?
donc
rcte 2 + isdx dy 4- J^ 2 = o ou dpdx + dqdy = o..
Cela posé, les équations (2) et (2') donnent
(1 + q*)dp - (pq q= 1 s/i+p 2 + q*) dq — o,
(1 + /» a )rfç — (/?? ± / V 1 -+- i» 2 -+- 7 a ) «5p = o.
Ajoutant à la première la seconde multipliée par î, il vient
[r ■+- q z ±. Ji-\-p 2 -hq 2 — i"/rç] df/> + 1 [1 + p 2 ±. \/i -+-p' 2 -+-q 2 + ipq ]dq = e,
ou
dp + idq pdp -f- qdq
p + iq I +/> 2 + 9 2 ±v'n-/' 2 + ? 2
Intégrant, on a
p-hiq = c(i±\Ji +/J-H- <7 a ),
C. R. 18S6, i« Semestre. (T. XXII, N° 22.) *4°
't
:C Ï07 )
ou, en chassant le radical,; pour réunir les deux équations résultant du
double signe , . _ ...-,,_
(/?-+- iq) [(ï — c^p 4- (i + c 2 )iq -2c]=:Oj
c'est-à-dire l'intégrale particulière p -+-. iq ~ o et l'intégrale générale
(3) (i — <?*)/> + (iH- c 2 )iq — ac = o; ' -?
mais, en appelant R le rayon de eourbûrë principal de la surface, on a
les différentielle&itant pfi^^dur xin déplacement effectué sur la ligne de
courbure; de plus, l'équation (3) donne
donc s ~r * • ^ ■ \ ; ^
(i - C 3 ) fib + ! (.1 + Ç 2 ;) ^ +.2 C à = O,
et, par conséquent,
■ (1 — c 2 )ra? ^ f(i -t--ç % )y--^ze z = c'.
Ce qui prouve bien que les lignes de courbure sont toutes dans des plans. »
chimie générale. — Faits pour servir à V histoire de l ' éthérificatiorij
par M. Axvàro Reyxoso. " - " "
« Action de l'acide ehlorhjdrique sur £ alcool. ^ De l'acide chlorhydrique
en dissolution aqueuse ïutr mélangé avec un excès d'alcool, et le mélange,
introduit dans un.tube scellé àJa lampe, fuLchauff&à a4o, à 200, à tSo,
à 160 degrés et même seulement à f 09 degrés. A ces cinq températures diffé-
rentes, j'ai tbujours-obtenu, comme résultat de rëaction^dé Péthèf hydrique
mêlé à de l'éther chlorbydrique.
» Action des éthers bromhydrique et iodhydrique sur l'alcool. — Ces
éthers, mêlés en petite quantité à~ un~grarid ëxces~~d'alcool , l'éthérifient
complètement, sans que tout l'éther bromhydrique ou iodhydrique dispa-
raisse. Une partie se décompose) tandis qu'une autre se retrouve sans avoir
subi de décomposition. - -- : _ : ^ -
( I07I )
» Les proportions d'éther hydrique obtenu sont si considérables, qu'on
dirait que c'est une action qui se renouvelle plusieurs fois.
a Sulfate d'alumine. — Le sulfate d'alumine pur et cristallisé fut mêlé à
de l'alcool, et le mélange introduit dans un tube scellé à la lampe, fut
maintenu pendant huit heures à la température de 200 degrés. L'alcool
s'éthérifia complètement, et tout le sulfate d'alumine, à l'exception d'une
petite quantité qui fut transformée en sous-sulfate, se conserva sans se
décomposer et sous la forme d'une belle cristallisation.
n Aluns. — Les aluns de potasse, d'ammoniaque, de fer et de chrome
chauffés avec de l'alcool à 200 degrés, l'éthérifient complètement.
» Sulfate d'urane. — Chauffé à 240 degrés avec de l'alcool, il produit
une quantité notable d'éther sans subir de décomposition.
» Sulfate de peroxyde de fer. — Chauffé à 240 degrés avec de l'alcool,
il l'éthérifie en se décomposant et donnant naissance à des gaz en assez
grande quantité.
» Ethérification avec de l'acide sulfurique étendu d'eau. — De l'eau con-
tenant 10, 5 et 3 \ pour 100 d'acide sulfurique, éthérifie l'alcool à des de-
" grés plus ou moins considérables, à la température de 200 degrés. De l'eau
contenant 2 et 1 pour 100 d'acide produit des quantités notables d'éther,
quand on la chauffe à 200 degrés avec de l'alcool .
» Je montre, dans le Mémoire dont je présente ici un extrait, que l'acide
sulfurique, à partir de la température de 1 00 degrés, commence à éthérifier
l'alcool, et je fais voir l'influence de la proportion d'eau et de la tempéra-
ture sur l'énergie de cette réaction et sur les quantités d'éther obtenu. »
mécanique. — Des turbines eulériennes } et du parti qu'on en peut tirer;
Lettre de M. Ordinaire de Lacolonge.
« Quelques recherches récemment faites, en me basant sur la théorie et
sut les résultats présentés par des expériences authentiques, m'ont amené à
la conviction la plus intime sur les faits suivants.
» Les rouets volants et les roues à cuves, moteurs si fréquents dans le
Midi, peuvent être avantageusement remplacés, et à très-peu de frais, par
des turbines eulériennes, dépourvues des vannages habituellement em-
ployés par les constructeurs. Les rouets volants auraient un simple moteur,
avec un, deux ou trois injecteurs, suivant le cas, et se rapprocheraient de
la turbine de Borda. Cette idée n'est pas nouvelle. Les roues à cuves au-
raient un moteur et un distributeur ordinaires; une simple pelle en bois,
i4o..
( I0 7 2 )
placée, sort en amont, soit en aval de la roue, rendrait la charge d'eau,
agissant sur le moteur, constante et égale à celle pour laquelle il est calculé.
Avec cet agencement, quand la chute disponible augmente, elle n'est utili-
sée qu'en partie. En tenant compte de cette perte, le rendement n'est
cependant que de 5 à 6 pour ioo inférieur à celui que fournirait en
pareil cas une turbine à vannes partielles marchant avec orifices réduits.
» Mon Mémoire est terminé et contient, en particulier, des règles prati-
ques de construction ; mais avant de le publier, je désire faire des expé-
riences sérieuses, qui puissent me fixer sur la valeur réelle de ces recher-
ches, entreprises surtout dans le but d'être utile a l'industrie des campagnes.
Ces expériences ne pourront avoir lieu que dans quelques mois, et je désire,
en livrant ces idées à la publicité, empêcher que d'autres ne puissent pren-
dre, d'ici là, un brevet onéreux aux petits meuniers. Si cette communication
peut porter quelques esprits éminents à faire des recherches analogues, loin
de regretter d'être devancé, je serai heureux d'avoir contribué à faire mar-
cher cette question. Je n'ai jamais eu l'intention de la travailler dans un but
d'intérêt personnel. . _ ■ .
» Le- brevet de M. Fontaine (vannes partielles) étant du 22 septembre
1849, et celui de M. Jonval du 27 octobre 1841, sont, le premier dans le
domaine public, et le second au moment d'y tomber lui-même. La turbine
d'Euler appartient depuis longtemps à la science. Rien ne peut donc empê-
cher les constructeurs d'en faire, comme par le passé, tel usage qu'ils vou-
dront. »
M. Jobard, de Bruxelles, rappelle, à l'occasion d'une communication
récente de M. Rouget sav Y appareil d'adaption de Vœil des Vertéhés, qu'il
a lui-même, dans une Note lue à l'Académie le 18 juin i855, fait pressentir
la nécessité d'appareils servant à produire ce qu'il désignait sous le nom de la
mise au point de Vœil. M. Jobard soupçonne que l'oeil est muni de divers
appareils qui le rendent propre à la vision distincte de loin comme de près ;
depuis longtemps même il a émis l'idée que les muscles moteurs de l'œil
pouvaient contribuer à produire cet effet, n'ayant pas seulement pour fonc-
tion de changer la direction de l'organe, mais agissant aussi de manière à
le modifier dans sa forme.
M. Rahon de la Sacra, qui avait présenté à la séance du 12 mai un nou-
vel acide provenant d'une plante mexicaine, et applicable à la teinture,,
adresse aujourd^ui, pour être soumis à lat. Commission chargée de prendre
( io 7 3 )
connaissance de ce produit, un catalogue des objets envoyés par le Mexique
à l'Exposition universelle de 1 855, catalogue qui contient, sous forme d'ap-
pendice, une Notice sur le nouvel acide fourni par la plante en question, la
Dwnerilia Humboldti.
(Renvoi comme document à la Commission déjà nommée, Commission qui
se compose de MM. Chevreul et Pelouze.)
La Société batave de Philosophie expérimentale de Rotterdam remercie
l'Académie d'avoir bien voulu la comprendre dans le nombre des institutions
auxquelles elle fait don de ses Comptes rendus.
M. de Para vey présente des remarques sur le nom de tot-choux, nom par
lequel étaient désignées dans les Pyrénées, au siècle dernier, les tailles qui
servaient de registres dans beaucoup de communes rurales pour la percep-
tion de certains impôts. M. deParavey rattache cette dénomination au nom
de Thot, divinité égyptienne que l'on trouve figurée sur les monuments
portant à la main un, bâton crénelé (une sorte de taille), et à qui était
attribuée l'invention de l'écriture, des caractères numériques, etc.
M. Castorani adresse la description et la figure d'un ophthalmoscope,
instrument construit d'après ses indications par M. Soleil fils.
M. Babinet est invité à prendre connaissance de cette Note.
M. Schrœder, auteur d'une Note sur les soulèvements absolus de la sur-
face du globe, adresse aujourd'hui un nouveau travail intitulé : « Rotation
souterraine de la masse ignée, ses causes et ses conséquences. »
M. Liouville, qui avait été chargé de l'examen de la première communi-
cation, est invité à prendre également connaissance de celle-ci.
M. Le Coat de Saint-Haouen prie l'Académe de vouloir bien lui donner
des Instructions qui puissent le diriger dans les recherches d'histoire na-
turelle qu'il se propose de faire pendant son séjour dans le Maroc, où il
retourne prochainement.
On remettra à M. Le Coat un exemplaire de chacune des Instructions pré-
parées pour les voyages scientifiques par diverses Commissions de l'Acadé-
mie ; le Muséum d'Histoire naturelle pourra lui fournir aussi un exemplaire
de ses Instructions pour les voyageurs.
•(-ÎÔ74)
M. Boççart envoie une .courte indication relative à tin moteur dont iF
avait précédemment fait mention comme désirant le soumettre au jugement
de l'Académie, une roue mue par le vent, et disposée 1 de manière à éé que-
toutes les ailes, sauf une seule, se trouvent soustraites à l'action du courant
aérien. ...-"".'■■ - .:.= ....- . . . ,~-
M. Combes est- invité à prendre connaissance de cette Note et à faire
savoir à l'Académie si elle est de nature à devenir l'objet d'un Rapport.
M. Curtaûlt entretient l'Académie des; moyens qu'il a employés avec
succès pour délivrer la vigne de F Oïdium: / ":
( Renvoi à l'examen de la Commission nommée pour les communications
relatives aux maladies des plantes usuelles.) T
M. CoaipiarGT, qui avait exprimé le désir d'obtenir lé jugement de l'Aca-
démie sur l'efficacité d'un remède qui! emploie pour. Je traitement dés
dartres, annonce qu'il ne peut, pour le présent, faire connaître la compo-
sition de son remède sur lequel TAeadémie"de Médecine est : appelée à se
prononcer!" - ; . r --- ■- - --■- - -- - ■-- . . : ~~:.-n -::: -:;:;..■■..*:■
M. Rieva prie l'Académie de vouloir bien lui "désigner 'une Commission
à l'examen de laquelle il soumettra un nouveau système d'armés a feu.
La Commission ne pourra être nommée avant que l'auteur ait "fait con-
naître, par une description suffisamment détaillée, Je système jqu/il-désire
soumettre au jugement : de l'Académie.. - f, , \ - "'v' ■ "" r
M. Thierriat envoie un" Mémoire sur lés mouvements et l'équilibré des
eorpsccélestes. ^- . ù c: ::. ^. . .1 \r ■ .'. .: :'- .: 1: - .. ;.' '"~ :-'■". .""
M. Le Terrier est" invité à prendre connaissance dé ce Mémoire et à faire
savoir à l'Académie s'il est de nature, à devenir l'objet d'un RapporL . ,
M.'CorazEjadrésse.un exemplaire du premier volume d'un ouvragé qu'il
publie soUs" le titre de « Révélation dés lois de la nature, ou Science dé la
vraie physique » et prie l'Académie de vouloir bien "renvoyer "cet ouvragé
à l'examen d'une Commission^ : - ::.: : .-;■'.' d .Z'.l- ..-.."., _:-^ ;.'!
On fera savoir à l'auteur qu'une décision déjà ancienne, réfativémenTaux
ouvrages écrits en français et imprimés" éfi France, ~né permet" pàsà l'Aca-
démie d'accéder à cette demande. — -:-. : Z '— z —
( I0 7 5 )
M. Delaistre soumet au jugement de l'Académie des figures relatives à la
trisection de l'angle, et sur lesquelles il désirerait obtenir un Rapport.
On fera savoir à M. Delàistre que la question dont il s'est occupé est du
nombre de celles pour lesquelles l'Académie ne nomme point de Commis-
sion.
M. Bracbet adresse une Note relative à la construction des microscopes.
Renvoi à M. Babinet, comme l'ont été les précédentes communications
de l'auteur.
A 4 heures trois quarts, l'Académie se forme en comité secret.
La séance est levée à 6 heures. É. D. B.
BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE.
L'Académie a reçu, dans la séance du 2 juin i856, les ouvrages
dont voici les titres :
Institut impérial de France. Académie des Inscriptions et Belles- Lettres. Dis-
cours prononcé par M. Laboulaye, Président de l'Académie, aux funérailles
de M. Augustin Thierry, le samedi o.[\ mai i856; i feuille in-4°.
Institut impérial de France. Ichthjologie analytique, ou Essai d'une classifica-
tion naturelle des Poissons, à l'aide de tableaux synoptiques ; par M. A.-M.-C.
Duméril. Paris, i856; in-4°. (Extrait du tome XXVII des Mémoires de l'A-
cadémie des Sciences. )
Compagnie universelle du canal de Suez. L'isthme de Suez; par M. Barthé-
lémy Saint-Hilaire. Paris, i856; br. in-8°.
Réforme de la géométrie; par M. Charles Bailly. Paris, i856; 1 feuille
in-8°.
Notice historique et chronologique sur l'innocuité du phosphore rouge introduit
dans l'économie animale; parM. A. Chevallier. Paris, i856; br. in-8°.
De la cryptorchidie chez i homme et les principaux animaux domestiques; par
MM. Armand Gouradx et E. Follin. Paris, i856; br. in-8°.
( io 7 6 )
Révélations des lois de la nature, ou Science de la vraie physique, etc.; -par
M. F.-Y. Coimze; t. I er . Metz, i855; in-8°.
Physiologie hygiénique pour bien se nourrir avec peu de nourriture, etc. ; par
M. Lutterbach; br. in-12.
Catalogue des produits naturels, industriels et artistiques exposés dans la Sec-
tion mexicaine à l'Exposition universelle de i855. Paris, i855; br. in-8°. (Ren-
voyé comme pièce à consulter à la Commission chargée de l'examen d'un
acide végétal, présenté par M. Ramon de la Sagra, dans la séance du
Ta mai.)
Congrès scientifique de France; XXIII e session. Programme ; br. in-8°-
On cystic... Sur des entozoaires cystiques du rein humain; par M. T.
Herbert Barker. Londres, 1 856; br. in-8°.
Geological map. . . Carte géologique de i Europe montrant les différents sys-
tèmes de roches, d'après les recherches les plus récentes et d'après des matériaux
inédits; par sir N.-I. MUBCHISON, directeur général du Relevé géologique de
la Grande-Bretagne et de l'Irlande, et James Nigol, professeur d'Histoire
Naturelleà l'Université d'Aberdeen ; cartedressée par M. A. Keith Johnston,
géographe de S. M. ; r856 ; 4 feuilles, format atlas.
( io 77 )
PUBLICATIONS PEKIODIQUES REÇUES PAR L'ACADÉMIE PENDANT
LE 9IOIS DE MAI 1836.
Annales de Chimie et de Physique; par MM. CHEVREUt, Dumas, Pelouze,
Boussingault, Regnault, de Senarmont ; avec une Revue des travaux de
Chimie et de Physique publiés à l'étranger, par MM. Wurtz et Verdet ;
3 e sérié, t. XLVII; mai i856; in~8°.
Annales de l'Agriculture française, ou Recueil encyclopédique d'Agriculture;
t. VII, n os 8 et 9 ; in-8?.
Annales de la Propagation de la Poi; t. XXVIII, III e partie ; in-8°.
Annales des Sciences naturelles, comprenant la Zoologie, la Botanique, l'Ana-
tomie et la Physiologie comparée des deux règnes et l'histoire des corps organisés
fossiles; 4 e série, rédigée, pour la Zoologie, par M. MiLNE EDWARDS; pour
la Botanique, par MM. Ad. Brongniart et J. Decaisne; tome IV; n° 5 ;
in-8°.
Annales forestières et métallurgiques ; avril 1 856 ; in-8°.
Annuaire de la Société météorologique de France; t. III ; II e partie. Bulletin
des séances; feuilles 27-29; in-8°.
Bibliothèque universelle de Genève; avril i856 ; in-8°.
Boletin... Bulletin de l'Institut médicalde Valence; avril 1 856 ; in-8°.
Bulletin de la Société de Géographie ; avril i856 ; in-8°.
Bulletin de la Société de C Industrie minérale; 3 e livraison ; in -8°, avec
atlas in -fol.
Bulletin de la Société d'Encouragement pour l'Industrie nationale; avril
i856; in-4°.
Bulletin de la Société française de Photographie; mai i856; in-8°.
Bulletin mensuel de la Société impériale zoologigue d'acclimatation; avril
i856; in-8°.
Journal d'Agriculture pratique ; t. V, n os 9 et 10; in-8°.
Journal de Chimie médicale, de Pharmacie , de Toxicologie; mai 1 856 ;
in-8°.
Journal de la Société impériale et centrale d'Horticulture; avril 1 856 ; in-8°.
Journal de Pharmacie et de Chimie; mai i856; in-8°.
Journal des Connaissances médicales et pharmaceutiques ; n 03 21-24? in-8°.
La Revue thérapeutique du Midi, Gazette médicale de Montpellier; n° g ; in-8°.
L'Art médical, journal de Médecine générale et de Médecine pratique; mai
i856;in-8°.
C. R., i856, i« Semestre. (T. XLII, N° 22.) I4 1
Le Moniteur des Comices et des Cultivateurs; n° 7 ; in-8°.
Le Technologiste ; mai i856; m-8°. _ : : ' : :
Magasin pittoresque ; mai ï 856; in-8°, -, ■•
Mémoires de l'Académie impériale des Sciences, de l'Agficullure et des Arts
de Z,ïY/e.Sagplémeiit_à_l' ; aBQée,i853, et Table générale de la j rs .série.
Monatsberiçht. . , Comptes rendus des séances de l' 'Académie .royale des
Sciences de Prusse; mars f856:; in- 8°. - ...
Nouveau Journal des Connaissances utiles; n ,i;in*-8°. "..'.L.
Nouvelles Annales de Mathématiques, journal des Candidats aux Ecoles .Po-
lytechnique et Normale ; vaai i856;in-8°. -_ . _ ".'".:
Pharmacentical. . . Journal pharmaceutique de Londres; y ol.JLY,n° 1.1;
ui-8°. . ; - V
Proceedings... PrOçès-verbaux de la Société royale de .Londres; vol. VÏÏI_;
n°9-
: Proceedings... Proçès-verbam de la Soviets .de géographie .de Londres;
n os 1 et 2; in-8°. . -
Proceedings... Procès-verbaux de la Société mologique de Londres ; ja os z5J5-
20,8;in-8°. M . . , ....'.:..'..'.' . .._
Répertoire de Pharmacie ; mai i856; in-8?. . -
Revista... Revue des pravaux publics ; 4 ? Année ;n° s 8-1.0; in-8°..
Revue des 'spécialités et innovations médicales et chirurgicales-, .mai 1.856 ;
in-8°. ' ; . '._.■.•.'....'..'".;.
Royal astronomical... Société royale astronomique dç Londres ; vol. XVI,
n°6; in-8°.
Société impériale et centrale d'Agriculture^ Bulletin des Séances. Compte rendu
mensuel, rédigé par M. Payen, secrétaire perpétuel; 2 ê série, t. XI; n°4;
in-8°.
Tbe Journal, ... Journal de M Société royale, de Dublin; n° 1 ; in-8°..
TheQuarterly... Journal de la Société chimique de Londres; voL IX, n° 33.;
in-8°. .-_.- : .. . . , .
; La Presse Littéraire. Echo, de la Littérature, des Sciences et dm. Arts; n 0? 1 3- 1 5 ;
in-8°
L'Agriculteur praticien; n°^ 1 5' et 16} m.'-8°.
Revue de Thérapeutique médico-chirurgicale; n os 8-10; id-8 p .
Bulletin de l'Académie impériale de Médecine; t. XXI, n° 1.5 ; in-8°,
Àstronomiscb.è... Nouvelles astronomiques,; n os 985-1008 ; in-4°.
Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des Sciences; i er se-
mestre i856; n cs 18-21 ; in-4°-
( *°79 )
Cosmos. .Revue encyclopédique hebdomadaire des progrès des Sciences et
de leurs applications aux Arts et à l'Industrie; t. V11I; i^ e -2i e livraisons.
Gazette des Hôpitaux civils et militaires ; n os 52-64-
Gazette hebdomadaire de Médecine et de Chirurgie; n 05 18-22.
Gazette médicale de Paris; n os î8-22.
L'Abeille médicale; n os i3-i5.
— La Lumière. Revue de la Photographie; n us 18-22.
L'Ami des Sciences ; n os 1 8-2 1 .
La Science; n os 23-36.
La Science pour tous ; n os 21-25.
L'Athenœum français. Revue universelle de la LtUéroiut & , de la Science et
des Beaux-Arts ;n° s 18-22'; accompagné du Bulletin archéologique du mois
d'avril t 856 ;
Le Moniteur des Hôpitaux; n os 52-65.
Le Musée des Sciences; n° 1 .
Le Progrès manufacturier ; n os 5 1 - 5 4-
Revue des Cours publics; n 03 18-21.
ERRATA.
(Séance du 26 mai i856.)
Page 977, ligne 5, au lieu de forces, lisez surfaces.
Page 980, ligne 4 en remontant, au lieu de en passant de leur seconde position
d'équilibre à la première, lisez en passant de leur première position d'équilibre à la
seconde.
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COMPTE RENDU
DES SÉANCES
DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES.
SÉANCE DU LUNDI 9 JUIN 1856.
PRÉSIDENCE DE M. IS. GEOFFROY-SAINT-HILAIRE.
MÉMOIRES ET COMMUNICATIONS
DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE.
A l'ouverture de la séance, M. le Secrétaire perpétuel donne des nou-
velles de la santé de M. de Gasparin, qui, frappé d'une maladie subite au
commencement delà semaine dernière, est aujourd'hui dans un état beau-
coup plus satisfaisant.
M. Rayer, qui a soigné l'honorable Académicien depuis le début de sa
maladie, est invité à lui transmettre les voeux que forment ses confrères pour
son prompt rétablissement. '
chimie organique. — Sur la saponification des corps gras par les oxydes
anhydres; par M. J. Pelocze.
et On admet généralement que la saponification des corps gras ne saurait
s'accomplir sans la présence de l'eau.
» Les expériences dont j'ai l'honneur d'entretenir l'Académie prouvent
que cette opinion n'est pas rigoureusement exacte, et que les oxydes métal-
liques anhydres sont aptes à former des savons tout aussi bien que les mêmes
bases hydratées ou mêlées à l'eau.
» Le corps gras que j'ai le plus souvent employé est le suif; mais j'ai
C. R., I 856, i« Semestre. (T. XLH, N° 25. J I 4»
( 108a }
aussi opéré sur les huiles^ et mes résultats peuvent être considérés comme
s'appliquant aux diverses classes des corps gras neutres. « .
» La chaux anhydre mêlée au suif en détermine vers a5o degrés la sapo-
nification complète. Le savon calcaire décomposé par xtn acide donne une
quantité d'acide gras représentant 95 à 96 pour too du poids du suif soumis
à l'expérience.
» Ces acides gras m'ont paru en tout point identiques avec ceux retirés
du suif par M. Chevreul.
» Le même savon cède à l'eau de la glycérine mêlée avec une très-petite
quantité d'un sel calcaire formé par un acide soluble dans l'eau dont je n'ai
pas déterminé la nature.
» Pendant la réaction, il se dégage du mélange de matière grasse et de
chaux anhydre une fumée blanche d'une odeur de sucre brûlé, dans laquelle
on distingue aussi celle de l'acétone.
» Ces vapeurs, dont le poids n'excède pas en général 2 à 3 pour 100 de
celui du suif, ont été condensées. On y a trouvé de l'eau, de l'acétone et de
la glycérine.
» Il suffit de ro parties de chaux anhydre pour en saponifier complète-
ment 106 de suif; avec 12 ou 14, la saponification se produit avec une faci-
lité beaucoup plus grande.
» Lorsqu'on opère sur une quantité considérable de mélange, il devient
très-difficile, même en retirant la masse du feu quand le thermomètre qui
sert d'agitateur marque 25o ou 260 degrés, d'empêcher que l'action rie
devienne très-tumultueuse. Le mélange se boursoufle, répand des fumées
excessivement épaisses, la température s'élève rapidement, et la décompo-
sition prend le caractère d'une destruction ordinaire par le feu. Il ne reste
plus qu'une masse noire carbonisée.
» La baryte et la strontiane anhydres effectuent la saponification du suif
et des huiles, comme la chaux.
» L'oxyde de plomb lui-même détermine d'une manière très-nette le
même mode de décomposition des corps gras.
» Il est très-facile, en élevant graduellement la température d'un mélange
de massicot ou de litharge et de suif, de produire un savon de plomb dont
l'acide azotique faible extrait des acides margarique, stéarique et oléique or-
dinaires, dont le poids s'élève, comme avec la chaux, à g5 et 96 pour 100 du
poids du suif.
» La formation des acides gras avec le suif et les oxydes métalliques an-
hydres est un fait nouveau et intéressaot, mais qui ne change rien, je me
hâte de le dire, à la théorie de la saponification de M. Chevreul, ni aux ex-
( io83 )
périences si nombreuses et si précises sur lesquelles elle s'appuie. En effet,
M. Chevreul, en démontrant que dans l'acte de saponification les éléments
de l'eau se fixent sur la glycérine et sur les acides gras, a envisagé ces acides
non pas dans leurs sels, mais seulement dans leur état de liberté, c'est-à-dire
après qu'ils avaient été éliminés des savons, opération pendant laquelle on
sait que les acides se combinent avec l'eau. J'ajouterai même que loin de
modifier les vues de M. Chevreul, mes expériences leur donnent en quel-
que sorte un nouvel appui.
» En effet, lorsqu'on saponifie le suif par l'oxyde de calcium, si les acides
anhydres qu'on peut supposer tout formés dans la matière grasse sont
respectés entièrement, il n'en est pas de même de la glycérine. Le suif perd
i pour ioo au moins de son poids, et on ne peut attribuer cette perte qu'à
une décomposition correspondante de la glycérine.
» En résumé, si la saponification par les bases anhydres est complète eu
égard aux acides gras, elle indique relativement à la glycérine un ordre de
phénomènes plus compliqué.
» Les acides anhydres saponifient aussi les corps gras neutres à une tem-
pérature élevée, mais l'action est lente, difficile et incomplète.
» On a fait passer pendant plusieurs heures un courant de gaz acide
chlorhydrique sec dans du suif entretenu à a5o degrés. Il s'est produit des
vapeurs abondantes de chlorhydrine dont la découverte récente est due à
M. Berthelot. Le résidu a cédé aux alcalis la moitié environ de son poids
d'acides gras. Une partie considérable de suif n'était pas saponihée, elle était
mêlée à des matières colorantes qui n'ont pas été examinées. J'avais pensé
d'abord que la fabrication des bougies stéariques pourrait tirer quelque
parti des observations précédentes, en ce sens que la saponification du suif
se fait beaucoup plus rapidement avec la chaux anhydre que par les procédés
ordinaires, et qu'elle exige d'ailleurs moins de chaux et subséquemment moins
d'acide sulfurique pour la décomposition du savon ; mais j'ai bientôt trouvé
dans la chaux éteinte ou monohydratée une autre modification aux procédés
actuels bien préférable à la précédente, et qui est appelée, si je ne me
trompe, à rendre quelque service à la belle industrie dont il s'agit.
» La chaux provenant de la cuisson de la pierre à chaux, éteinte par
l'eau à la manière ordinaire, mêlée au suif dans la proportion de ro à ra
pour ioo, en détermine entre 2 10 et aa5 degrés la saponification complète.
» La glycérine reste intimement mêlée avec le savon calcaire. Celui-ci
estbianc, amorphe, demi-transparent, presque incolore; il cède à l'eau de
la glycérine. Les acides chlorhydrique et sulfurique faibles eu séparent des
142..
( /o84 )
acides gras qui représentent encore 96 pour 100 du poids du suif soumis à
l'expérience. -
» En opérant sur 1 kilogramme de suif et 1 20 grammes de chaux monor
hydratée en poudre fine, et en maintenant le mélange vers 2i5 et 220 de-
grés, la saponification est terminée en moins d'une heure; elle n'exige que
quelques minutes si on porte rapidement la température à 200 degrés. ~
. » Lorsqu'on force un peu la proportion de chaux éteinte et-qu'on l'élève
à i5o grammes par kilogramme de suif, la saponification s'effectue avec
beaucoup plus de facilité encore. Ce dernier savon est plus dur, plus blanc,
plus facile à pulvériser que celui fait avec moins de chaux. Les acides en
séparent des acides gras d'une grande blancheur et d'une grande pureté.
» Exécutée à la manière ordinaire, c'est-à-dire avec un lait de chaux à la
température de l'ébullition du mélange, la saponification d'une pareille
quantité de suif n'exige pas moins de vingt à trente heures. Il y a plus r pour
l'effectuer d'une manière complète dans cette dernière condition,il serait
nécessaire d'employer une plus forte proportion de chaux. ..
» Dans les usines, la saponification par le lait de chaux dure ordinaire-
ment une journée entière. ..•--,
» La saponification si facile, si prompte, si complète, du suif par la chaux
éteinte ne peut manquer d'exciter l'attention des fabricants de bougies.
Dans tous les cas, elle pourra être utilisée dans l'enseignement.
» Dans un précédent travail, j'ai fait voir que la saponification des huiles
dans une dissolution alcoolique de potasse ou de soude, s' effectuait. en peu
d'instants. Aujourd'hui on pourra supprimer l'intervention de l'alcool et sa-
ponifier en quelques minutes le suif ou une huile par la chaux monohydratée,
et rendre témoins les auditeurs d'un cours d'une saponification entière? car
le professeur pourra leur montrer non-seulement les acides gras, mais en-
core la glycérine provenant de cette opération. »
analyse mathématique. — Sur la théorie générale des équations différen-
tielles. (Note de M. Liocville.)
« On sait que les systèmes d'équations différentielles de la forme
dx dY
de ~] dx 1 '
dy dY
IF ~~ dj' '
dx' ' dY
dt dx
dy> dY
dt dy
- ■ '■■
dz __ dY .
Tt ~ dz''
dz' _ dY
de ~ ~dz i
( io85 )
où V désigne une fonction de t, x,y,..., z, x', /',..., z', jouissent d'un
grand nombre de propriétés remarquables, et offrent des facilités particu-
lières pour l'intégration. Deux intégrales d'un tel système étant connues,
on pourra quelquefois en déduire une troisième, une quatrième, arriver
même à obtenir ainsi toutes les intégrales du problème. Dans certains cas
où le procédé que nous rappelons ne réussirait plus, on peut tirer un autre
parti des intégrales déjà trouvées. M. Bour a sur ce point beaucoup ajouté
aux ressources dont les géomètres disposaient avant lui. Je pense donc faire
une chose utile en indiquant un moyen très-simple de ramener à la forme
ci-dessus un système donné quelconque d'équations différentielles simulta-
nées. A la vérité, il faut augmenter pour cela le nombre des variables et
par conséquent le nombre des équations, mais cet inconvénient sera souvent
plus que compensé par les commodités qu'offrira la forme canonique dont
nous parlons.
» Considérons donc un nombre quelconque d'équations différentielles
d'ordres quelconques entre un nombre égal de fonctions ou d'inconnues
qu'elles doivent déterminer et une variable indépendante t. On réduira
d'abord ce système à un autre où toutes les dérivées seront du premier
ordre en ajoutant, s'il le faut, comme inconnues nouvelles, les dérivées
successives des inconnues anciennes jusqu'à l'ordre inférieur d'une unité à
celui qui figure dans Jes équations données. Cela fait, soit
fite_ rf /_ v dz _ -7
dt — A ' df— *'•'•' dt- L '
le système final que l'on a à traiter, et où X, Y,..., Z représentent des fonc-
tions de t et des inconnues tant anciennes que nouvelles x,y,..., z. Dési-
gnons par x',y',..., z' des variables auxiliaires conjuguées respectivement
à x, y,..., z, et pour la détermination desquelles nous introduirons un
nombre égal d'équations différentielles : je dis qu'on peut choisir ces équa-
tions, qui sont à volonté, de telle manière qu'en les joignant à celles que
nous venons d'écrire nous ayons un groupe canonique. Prenons à cet effet
V = x , ï+/Y+,.. + 2'Z,
ou plus généralement
V = a?'X-|-j'Y+...4-z'Z+ffl(*,.r,jr,...,z),
et posons
dx' dV
dy' _
dV
d£ _ dV
dt dx
dt ~ '
-<F'"'
' d! ~ ~dz"
( Jb86 )
Nous aurons évidemment
. . .: : - -
dY v dY dY
par conséquent
. -; -
dx _ dY dy _ dY dz ; _ ^V
dt dx'"' dt dy'"'""' dt dz 1 '
Nous voilà donc conduits, comme nous le voulions, ai
dx __ dY dx 1 __ dY
dt dx dt dx
- '■'-.'- ; • - - -
dy dY df _ dY
' dl~"dy ~dt~~~7y'
. dz _ dY dz' _ dY
dt~ dz' 1 dt~~ dz'
«.J'ai donné ce procédé et développé diverses conséquences intéres-
santés qui en découlent, dans mes Leçons au Collège de France, a ç se-
mestre de l'année scolaire i852-i853. Mon cours ayant alors pour objet
la formation et l'intégration des équations différentielles, je devais naturel-
lement m'occuper beaucoup des équations à forme canonique écrites plus
haut et dont on connaît toute l'importance dans les questions de Méca-
nique.
» A cette occasion, il est bon de rappeler que, dans les théories géné-
rales- concernant de telles équations, on peut admettre sans inconvénient
que la variable indépendante manque dans la fonction dont les seconds
membres dépendent ; car s'il n'en est. point ainsi d'abord, on fera que cela
soit en introduisant deux variables nouvelles t et t' : la première t est sup-
posée égale kt -j- constante, ^n sorte que
r dt
'■'-■"'-- ; : : di~ I; "" "'.-•■■
l'autre est définie par l'équation
— _ _ lï
:-rf-f,'7" z~ dt' ■■.' " - -- il
Soit, en effet, . . _ .
R = M h- t'.
Comme r et t' Centrent pas dans V qui est une fonction de t, X, j, . . . , z, x',
( *°8 7 )
/',..., z' seulement, on a
dR _ __dt
d? ~ l ~Tx
D'ailleurs les dérivées de V et celles de R par rapport à t, x,y,..., z, a?'
j',..., z' sont égales. Enfin dt = dx. On peut donc poser ce système
dt _ dR
~dr~~dt'''
dt _
dr ~
dR
dt'
dx dR
dz dx'
dx' _
Tr ~
dR
dx
dy _dR
dt dy 1
dy' __
dr
dR
dy
dz __ dR
dr dz 1
dz' _
dl —
dR
dz
et cela démontre notre assertion, puisque t, qui est ici la variable indépen-
dante, n'entre pas dans la fonction R au moyen de laquelle on forme les se-
conds membres. Comme ce système a naturellement l'intégrale
R ou Y+f= constante ,
analogue à celle des forces vives en Mécanique, on voit qu'on pourrait défi-
nir par l'équation
Y -t- t' = constante
la variable t' qu'on n'a introduite d'abord que par une équation différen-
tielle.
» Je dirai maintenant deux mots de la Note sur l'intégration de l'équa-
tion des fonctions elliptiques
dx dy
^ji — x^sji — c 2 x- \Ji — y 2 \ji — c 2 y :
= o
insérée dans un des derniers Comptes rendus (voir page 988), bien qu'elle
n'ait aucune liaison spéciale avec l'objet qui vient de nous occuper. Ayant
trouvé dans un très-ancien cahier cette Note écrite par M. Sturm sans indi-
cation de nom d'auteur, et voyant qu'ailleurs M. Sturm, quand il étudie un
Mémoire ou un ouvrage, cite habituellement le nom du savant qui l'a com-
posé, j'ai pensé qu'elle était son œuvre propre et je l'ai présentée comme
telle à l'Académie. Mais depuis j'ai appris que la méthode que M. Sturm y ex-
( ÏÔ88 )
pose appartient à M . Despeyrous, professeur à la Faculté de Dijon , et faisait par-
tie d'un Mémoire sur la théorie des fonctionselliptiques dont le manuscrit est
resté longtemps entre les mains de notre confrère. Élève et ami de M. Sturm,
M. Despeyrous recherchait avec raison des conseils qu'on lui donnait toit
jours avec bienveillance, et dont il garde un souvenir profondément recon-
naissant. En lisant ce Mémoire, M. Sturm a transcrit et arrangé pour son usage
particulier le calcul par lequel M. ^Despeyrous- arrive à l'intégrale d'Euler.
Une Lettre de M. Sturm en date du I er avril 1849, que M. Despeyrous m'a
communiquée, ne laisse aucun doute à cetigard- Je terminerai en appelant
l'attention des géomètres sur le travail de M. Despeyrous, que M. Sturm
approuvait comme on voit, -et .que l'Académie de Dijon a inséré dans le
recueil de ses Mémoires. »
GÉOMÉTRIE. — Démonstration 'géométrique afe quelques théorèmes de
M. Gauss; par M. J. Bertrand.
-,-tt Le célèbre Mémoire de JVL Gauss, intitulé Disquiskion es générales
circa superficies^ Curvas, : a ouvert :dans la théorie des lignes tracées sur
les surfaces une voie entièrement nouvelle. Ce beau Mémoire est aujour-
d'hui connu de tous lés géomètres; M. Liou ville, en le réimprimant à la
sui|e de la cinquième édition de l'ouvrage de Monge_,:en 3. commenté et
simplifié plusieurs points importants; M. Bonnet a également contribué à
répandre les belles formules qui s'y trouvent^ par l'usage continuel qu'il a
su en faire dans ses importantes recherches sur la théorie des surfaces ; il
existe enfin.; dans le; Journal de Crelle, un^rand nombre de Notes J et de Mé-
moires qui doivent leur origine à cette œuvre capitale de l'illustre géo-
mètre de Gottingue. • ; "■;--.-..•:
» Les résultats consignés dans ce mémorable : Mémoire sont- de deux
espèces : les uns se résument en propositions simples et générales qui
doivent être comptées ;paraiï les_plus "belles "qui possède la géométrie;
les autres consistent en un système de formules qui sont comme des
instruments préparés pour-des recherches ultérieures de géométrie ana-
lytique; Mon but est de détacher, ; dans cette Note, les théorèmes découverts
. par M: Gauss, et d'en donner une démonstration géométrique tellement
simple, qu'elle puisse être comprise immédiatement par tous ceux qui
conùaissentles premiers principes de la théorie des courbes et des surfaces;
lés i-aîsbnnemenfe soiît purement géométriques, et n'exigent même pas,
pbùrla plupart, l'emploi des ihânimeiit petits. ■ '
C ro8 9 )
» I. Je prendrai pour point de départ le théorème suivant dû à M. Bonnet:
» Si sur la surface d'une sphère, on trace une lignefermée quelconque,
et quen chaque point de cette ligne, on mène un arc de grand cercle tan-
°ent égal a un quadrant, le lieu des extrémités de ces arcs partage la sphère
en deux parties équivalentes.
» La démonstration donnée par M. Bonnet est fort simple, mais elle ne
s'applique pas facilement au cas où le contour donné est tel, qne la courbe
fournie par la construction se compose de branches qui se coupent mu-
tuellement.
» Je proposerai d'y substituer le raisonnement suivant : Soit ABCDEF un
polygone sphérique; supposons que l'on prolonge chacun des côtés AB,BC,
CD,..., et que l'on forme des triangles isocèles ayant pour angles les angles
extérieurs du polygone, et dont les côtés qui comprennent ces angles soient
égaux à un quadrant. En calculant la somme de ces triangles, et ajoutant
cette somme au polygone ABCDEF, on aura pour résultat quatre triangles
trirectangles, c'est-à-dire une demi-sphère. On voit tout aussi facilement, et
c'est l'avantage de ce mode de démonstration, que si le polygone a des
angles rentrants, le même résultat subsiste, pourvu que les triangles cor-
respondants soient retranchés au lieu d'être ajoutés.
» De là on passe facilement au théorème de M. Bonnet, en considérant
le contour donné comme un polygone d'un nombre infini de côtés.
» On doit observer, enfin, que si le contour proposé présentait un point
anguleux, il faudrait adjoindre à la courbe formée par les extrémités de
l'arc de grand cercle d'un quadrant tangent au contour donné , l'arc de
grand cercle décrit du point anguleux comme pôle, et terminé aux deux
arcs tangents en ce point, aux portions du contour qui s'y rencontrent.
» II. On déduit du théorème précédent la proposition suivante, l'une des
plus importantes que contienne le Mémoire de Gauss :
» Si sur une surface quelconque on considère un triangle ABC formé par
trois lignes géodésiques, que par le centre dune sphère on considère des
rayons parallèles aux normales menées à la surface par les différents
points du contour de ce triangle, les extrémités de ces rayons déterminent
sur la sphère un triangle dont la surface est égale à l'excès de la somme
des angles du triangle ABC sur deux droits.
» Pour plus de netteté, nous supposerons que la surface donnée soit
une surface convexe. Concevons par le centre de la sphère, des parallèles
aux diverses tangentes menées aux côtés du triangle ABC, en chaque point
C. R , i856, i« r Semestre. (T. XIII, N° 25.) ' ^
( iogo )
de son contour; les extrémités de ces parallèles formeront sur la sphère
trois courbes MN, PQ, RS ; joignons NP, QR, SM, par des arcs de grand
cercle de manière à former un hexagone MNPQRS, dont trois côtés seront
des arcs de grand cercle, et les trois autres des courbes à double cour-
bure. Il est facile de voir que les six angles de cet hexagone sont droits.
Considérons, en effet, l'angle N par exemple; le grand cercle tangent à MN
est parallèle au plan oscillateur de la courbe AB au point B, et le grand
cercle NP est lui-même parallèle au plan tangent de la surface ABC au
même point; ces deux grands cercles se coupent donc à angles droits.
» Cela posé, si l'on applique à cet hexagone le théorème de M. Bonnet,
on obtiendra immédiatement la démonstration de la proposition énoncée; on
voit, en effet, que le contour qui, en vertu de ce théorème, partage la sphère
en deux parties équivalentes, se compose de neuf arcs de grand cercle et de
trois courbes à double courbure. Les neuf arcs de grand cercle correspon-
dent aux six sommets de l'hexagone et aux côtés NP, QR, SM, ils forment
trois- triangles birectangles, dont les angles non droits sont respectivement
II— A, II— B, II— C; quant aux trois autres courbes qui correspondent aux
côtés MN, PQ, RS, ce sont précisément celles qui sont définies dans l'é-
noncé du théorème de Gauss , et en nommant T le triangle qu'elles forment,
on a, d'après le théorème -de M. Bonnet,
n^A + n-B+n-c+T=3D,
d'où -'"-..
T = A + B + C-IL
» m. Si l'on trace sur une surface un contour fermé quelconque, on
nomme courbure totale de l'aire comprise dans ce contour, la portion de
la sphère comprise dans l'intérieur de la courbe, lieu des extrémités des
rayons parallèles aux normales menées à la surface par les points du contour
donné. r „ \
» On voit tout de suite que la courbure totale d'un rectangle infiniment
petit formé par quatre lignes de courbure est égale à la surface da d$
de ce rectangle, divisée par le produit, RR' des rayons de courbure de la
surface. On en conclut que la courbure totale d'une surface infiniment
petite quelconque est égale à l'aire de cette surface, divisée par le produit
des rayons de courbure au point considéré. D'après cela, si on considère
un triangle infiniment petit ABC formé par trois lignes géodésiques, on
aura deux expressions de la courbure totale, qui devront être égales entre
( ^91 )
elles,
surf. ABC
RR'
= A+B+C-Il:
mais, si l'on vient à déformer la surface sans altérer les longueurs des lignes
qui y sont tracées, le triangle ABC ne cessera pas d'être formé par trois
lignes géodésiques de la surface déformée. A + B + C — II ne changera
pas, non plus que surf. ABC ; donc RR' doit rester constant.
» Ainsi donc, quand on déforme une surface sans altérer la longueur des
lignes qui y sont tracées, le produit des rayons de courbure en chaque point
reste invariable.
.» IV. Connaissant l'expression de la courbure totale d'un triangle formé
par trois lignes géodésiques, on peut en déduire immédiatement celle de la
courbure totale d'un polygone formé par de pareilles lignes. Cette courbure
est mesurée par l'excès de la somme des angles sur autant de fois deux
droits qu'il y a de côtés moins deux.
» Si l'on considère, sur une surface, deux lignes géodésiques infiniment
voisines, soient A une fonction proportionnelle à la distance qui les sépare,
et S la longueur de l'arc compté sur l'une d'elles, M. Gauss a montré que
l'on a
cPA i_
d& ""*■ RR' A *
» Pour démontrer ce théorème, il suffit de calculer la courbure totale
d'un rectangle infiniment petit compris entre les deux lignes géodésiques
et deux trajectoires orthogonales infiniment voisines, après avoir substitué
à ce rectangle l'hexagone que l'on obtient en remplaçant les deux trajec-
toires orthogonales par les lignes géodésiques menées tangentiellement à leurs
extrémités.
» Je supprime la démonstration qui exige seulement les premières no-
tions de la théorie importante à laquelle M. Liouville a donné le nom
expressif de théorie de la courbure géodésique.
» V. Si l'on considère sur une surface deux systèmes de courbes se
coupant orthogonalement et une ligne géodésique qui les rencontre, soient
MM' un arc infiniment petit de cette ligne et 0, Q> les angles qu'il forme
aux points M et M' avec deux courbes d'un même système; soient ds, ds> les
côtés du triangle rectangle MM'P dont MM' est l'hypoténuse, et les côtés
sont les courbes orthogonales menées par les points M et M'; on a, d'a-
près une formule importante de Gauss, interprétée géométriquement par
i43..
( Î0Q2 )
M. Liouville,
en nommant- et jples courbures géodésiques des dejxx courbesorthogonales*
Or cette formule s'obtient immédiatement en calculant la courbure totale
du triangle MM'P, et écrivant qu'elle est infiniment petite du second ordre,
et que par suite les infiniment petits du premier ordre qui figurent dans son
expression donnent une somme égale à zéro* »
embryogénie comparée. — Sur l'ordre de formation de la vésicule ovigène
et de la vésicule germinative. Etiologie de la duplicité monstrueuse ; par
M. Seures.
« L'ovogénie constitué le premier terme de l'embryogénie comparée ;
elle a pour objet capital de rechercher d'ahord l'origine de l'œuf.
» L'œuf naît-il spontanément dans le stroma de l'ovaire? ou bien est- il
le produit d'un organisme qui le précède, le follicule de Graaf, follicule
que nous avons nommé vésicule ovigène ?
» Cette question, je l'ai résolue expérimentalement dans la Note que j'ai
présentée lundi dernier à l'Académie, éf dont la conclusion est que la vé-
sicule germinative prend naissance dans le fluide que renferme la vésicule
ovigène et que, sitôt après son apparition, elle devient le centre de. forma-
tion autour duquel se développent le cumulus prolifère, le vitetlus et sa
membrane propre. Ce mode de formation est différent de celui exposé par
MM. Baeret Barry. Selon ces illustres embryologistes, la vésicule germina-
tive précéderait lajpésicule ovigène, et, autant que j'ai pu le saisir, c'est aussi
l'opinion de l'auteur de la Note qui vient d'être lue.
- » Si la vésicule germinative se forme dans l'intérieur de la vésicule ovi-
gène, comment a-t-on pu supposer le contraire? comment à-t-on pu avan-
cer que la vésicule germinative précédait dans sa formation la vésicule
Bvigène ? - -
» L'examen de cette question éclairera peut-être ce problême si difficile
de l'ovogénie. _
» Baer est le premier auteur de cette opinion, non moins préjudiciable à
J'étude des développements primitifs que ne l'a été celle qu'il a émise sur Ta
ligne primitive à laquelle il a donné le nom de corde dorsale.
» Toutefois, enrelevant les erreurs de cet illustre observateur, devons-
( io9 3 )
nous oublier que dans les sciences d'observation la difficulté capitale con-
siste à faire les premiers pas? Devons-nous oublier que la présence de loeuf
dans l'ovaire des mammifères découverte par Graaf, il y a cent soixante-
dix ans, et confirmée par Cruisckank, avait été perdue pour faire place à
l'opinion émise par Hdler que l'œuf était formé dans l'oviducte en dehors
de l'ovaire? Devons-nous oublier qu'en 1824, Prévost et Demas entrevirent
l'œuf dans cet organe, et que Baer l'y découvrit et le reconnut en 1827?
Une découverte de cette importance et dans un sujet si difficile couvre par
son imporlance même les erreurs que l'on peut commettre en parcourant
une route si ténébreuse. Or, pour faire produire à cette découverte les
vérités qu'elle renferme, n'est-il pas nécessaire de la dégager des erreurs qui
peuvent faire méconnaître son origine?
» Purkinjé, ouvrant, par la découverte de la vésicule germinative, l'ère
nouvelle de l'ovogénie, dit qu'elle constitue la partie primitive de l'œuf.
Pour lui, l'œuf se composant du vitellus et de sa vésicule, la vésicule ovi-
gène de Graaf était en dehors de ses recherches. Baer, croyant que l'ovule
des mammifères représentait la vésicule germinative des oiseaux, supposa
en outre qu'elle précédait la formation de la vésicule de Graaf. L'ordre de
succession de ces parties était, selon lui, la vésicule germinative d'abord,
puis, en second lieu, la vésicule ovigène. Purkinjé mit en doute l'analogie que
Baer avait supposée entre l'ovule des mammifères et la vésicule germina-
tive des autres animaux, doute qui fut confirmé par la découverte faite par
Coste en France, par Jones en Angleterre, par Valentin et Bernhard en
Allemagne , d'une vésicule germinative entrant dans la composition de
l'ovule des mammifères. En examinant le travail de M. Coste, à qui revient
cette découverte, nous reconnûmes avec Dutrochet et M. Flo'urensque Baer
avait entièrement méconnu la vésicule germinative dans l'état primitif de
l'œuf de la première classe des vertébrés. Lors donc que Baer dit que la
formation de la vésicule germinative précède celle de la vésicule ovigène
de Graaf, c'est l'ovule en entier qu'il faut entendre.
» Mais que ce soit l'ovule ou la vésicule germinative qui pour Baer ne
faisait qu'un seul organisme, cet auteur l'a-t-il réellement vu précéder dans
sa formation celle de la vésicule ovigène? Nullement. C'est même après les
tentatives infructueuses auxquelles il se livra pour connaître cette succes-
sion des parties, qu'il écrivit cette phrase qui traduit son découragement :
Je doute qu'il soit jamais possible à l'homme de s' en convaincre par l'observa-
tion. Et en effet, comment l'observation pourrait-elle dévoiler à l'homme un
ordre de succession des parties qui est l'inverse de celui suivi par la nature ?
( iog4 )
Barry, néanmoins, crut pouvoir être plus heureux que Baer, et les efforts
qu'il fit n'aboutirent qu'à mettre en opposition ses observations si remar-
quables sur les premiers développements de la vésicule de Graaf, avec la
supposition qui le préoceuppait dans cette difficile investigation. Barry,
moins circonspect que Baer, comme ce dernier, suppose que la vésicule ovi-
gène,qu'il nomme ovisac, doit précéder la vésicule germinative, et aussitôt,
délaissant ce que l'observation lui a montré, il conclut en sens inverse de ce
qu'il a observé. Sa conclusion, toutefois, renferme l'aveu de la formation
primitive de la vésicule ovigène de Graaf, tant la nature est impérieuse dans
ses commandements. On en jugera par cette citation :
« Chacun des ovisacs (vésicule de Graaf) contenait probablement, en
» outre, des granules particuliers visibles dans leur intérieur, une partie
» cachée non visible, la vésicule germinative, qui paraît être l'élément le
» plus primitif de l'œuf. »
» En rendant à la conclusion de Barry sa légitime expression , nous pou-
vons donc la remplacer par la nôtre en disant qu'à ce second temps de
développement la vésicule ovigène est déjà formée avec son liquide, avec
les granules- contenus dans son intérieur, tandis que la vésicule germinative
n'est pas encore développée? La légitimité de cette dernière conclusion est
justifiée encore par les efforts que fait l'auteur pour expliquer l'invisibilité de
la vésicule germinative à une époque où elle n'existe pas, et le mécanisme
de son apparition quand enfin elle se développe. « Après la formation de
» l'ovisac, ajoute-t-il, la vésicule germinative est généralement cachée pen-
» dant un certain temps. Cela est dû peut-être en partie aux petits globules
» ressemblant à des gouttes d'huile, qui sont mêlés aux granules particu-
» liers de l'ovisac (vésicule ovigène) et causent une grande réfraction.
» Cependant la liquéfaction de quelques granules paraît avoir lieu, ou
» bien il s'ajoute un fluide de quelque autre source, et alors la vésicule °er-
» minative estvue dans ou près le centrede l'ovisac. » Comment, d'une part,
quelques granules épars pourraient-ils cacher et rendre invisible une vési-
cule ? et d'autre part, pourquoi supposer la liquéfaction de quelques-uns
d'entre eux pour la rendre visible? et si cette liquéfaction rend visible la
vésicule, à quoi bon faire intervenir un fluide provenant d'une source in-
connue? Ne sent-on pas dans ces suppositions tout l'embarras de l'obser-
vateur pour se rendre compte de ce qu'il voit et de ce qu'il ne voit pas?
L'embarras devient plus grand encore quand, croyant avoir établi que la
vésicule germinative est primitive et la vésicule de Graaf (ovisac) secondaire,
( '09 5 )
il cherche à expliquer la formation de cette dernière autour des granules
qui environnent la première? Ici Barry se met en contradiction avec ses
propres observations, ainsi qu'avec celles de tous les observateurs. Qui ne
sait en effet que la vésicule ovigène est contenue à l'état de granule dans
le stroma de l'ovaire des mammifères ? Qui mieux que Barry a mis ce fait
microscopique en évidence? « La surface d'un ovaire, dit-il, présente à l'oeil
» nu peut-être dix, vingt ou cinquante vésicules de Graaf, tandis qu'avec
» le microscope on en voit des millions. Chez le bœuf, par exemple, un
» pouce cube de son ovaire contiendrait environ deux cents millions d'o-
» visacs ou de vésicules de Graaf. La petitesse de ces vésicules est in-
» croyable. »
» Après avoir si bien démontré l'existence primitive des ovisacs ou de la
vésicule de Graaf dans le stroma de l'ovaire, à quoi bon lui chercher plus
tard une autre origine? et la chercher, cette origine, après l'apparition de la
vésicule germinative, quand déjà vos observations la représentent toute for-
mée chez le bœuf, chez le chien, chez le pigeon avant qu'il existe aucun
vestige de cette même vésicule germinative?
» Les observations de Barry prouvent, avec la dernière évidence, qu'à
l'état granuleux primitif de la vésicule ovigène de Graaf succède l'état folli-
culeux avec son liquide transparent dans l'intérieur. Elles prouvent que
dans ce liquide transparent apparaissent en troisième lieu des globules
grisâtres ayant un aspect huileux. Elles prouvent enfin que ce n'est que
lorsque toutes ces parties se sont montrées, que les rudiments de la vésicule
germinative commencent à se développer. L'ordre de succession des parties
est donc le même que celui que nous avons énoncé, et nous pouvons éta-
blir, d'après les observations même de Barry, que, par sa destination et ses
onctions, la vésicule de Graaf justifie le nom de vésicule ovigène que nous
lui avons donné.
» Quant à la question de l'étiologie de la duplicité monstrueuse, consé-
cutive a la duplicité de la vésicule germinative et du vitellus dans une vési-
cule ov,gene unique, je l'ai si longuement traitée, il y a vingt-cinq ans
dans le travail sur Ritta-Clirislina, que je me bornerai à transcrire ici quel-
ques-uns des corollaires qui en renferment les éléments. Ces corollaires
sont relatifs à l'influence qu'exercent sur la duplicité monstrueuse, la veine
ombihcale qui représente le vitellus, et les artères du même nom qui repré-
sentent l'allantoïde.
» Vous verrez (i) la duplicité de la veine ombilicale p roduire la dupli-
• ( i ) Théorie des formations et des déformations organiques appliquée à l'anatomie de Ritta-
Uinstma et de la duplicité monstrueuse, pages 176 et 177; !832.
( <o9 6 )
« cité de tous les organismes du plan supérieur à l'ombilic, et l'unité des
,. artères ne donner naissance qu'aux développements ordinaires dans le
» plan inférieur.
« Vous verrez, par contre, la duplicité des artères ombilicales doubler le
» plan inférieur, tandis que le supérieur restera simple, si simple est la
» veine ombilicale.
». Vous verrez encore, dans la duplicité des veines ombilicales, lune
.» d'elles, l'antérieure, presque toujours plus volumineuse que la posté-
» rieure, d'où résultera la prédominance du foie, du coeur, des poumons,
» du thorax, du col, de la tête situés en avant, et l'avortement plus ou
» moins marqué des mêmes parties situées en arrière.
» Vous verrez enfin, dans la duplicité des artères ombilicales, les anté-
» Heures plus prononcées ordinairement que les postérieures -, d'où résul-
» tera, si les bassins sont coalescents, la prédominance de Fantérieur sur
» le postérieur, la prédominance de la vessie et de l'utérus situés en
» avant sur l'utérus et la vessie placés en arrière. Tous ces rapports se
» suivent.
» Or tous ces rapports ont un condition générale et commune dans la
» disposition primitive des placenta.
» Si les placenta sont libres, les deux embryons, indépendants l'un de
„ l'autre, peuvent parcourir leurs évolutions respectives, et venir à terme
D bien conformés. C'est le cas des jumeaux ordinaires.
» Ou bien, des deux embryons le plus fort peut se développer aux dépens
» du plus faible; c'est ie cas si fréquent d'un enfant bien conformé, eoexis-
„ tant dans le même utérus avec un acéphale, et toujours avec un acéphale
» libre. Si, au contraire, les deux placenta sont confondus et coalescents,
» de cette coalescence résulte d'abord une communauté d'enveloppes, puis
' » une communauté des deux cordons ombilicaux. Les deux embryons
„ isolés dans le principe, sont ainsi suspendus à une tige commune.
» Or, ainsi suspendus, on conçoit qu'il est encore possible que les deux
» enfants se développent régulièrement, et que de ces enveloppes com-
» munes sortent des jumeaux bien conformés-, mais ils n'en sortent et ne
,, peuvent en sortir qu'à une condition, celle d'être unis par leur ombilic.
» C'est le cas des jumeaux coalescents comme les deux Siamois (Ompha-
» lo-dymes). .
» On conçoit encore que de deux embryons si voisins, le plus fort atrophie
» le plus faible, d'où résulte un enfant ordinaire et un acéphale, unis par
» l'ombilic, par l'intestin et des vaisseaux. C'est l'acéphale parasite consti-
» tuant les hétéradelphes.
( I0 97 )
» On conçoit enfin que cet acéphale resté parasite par privation de veine
» ombilicale, et venant à acquérir cette veine, rentre dans ses droits par
» cette acquisition ; il devient alors l'égal de son frère, et fournit la moitié de
» son contingent pour les organismes communs qui doivent les unir. Les
» deux enfants n'en forment plus qu'un seul. Ce sont les monstres doubles
» ou Les hépato-dymes ; c'est notre Ritta-Christina. Mais, d'après ce qui
» précède, ces deux enfants sont rarement complets; le plus souvent il
» manque quelques parties à l'un et à l'autre; l'un et l'autre, considérés à
» part, sont des monstres .par défaut, dont l'association donne naissance
» aux organismes communs qui les unissent et les confondent en ramenant
» leur dualité à- l'unité. »
Ces remarques font suite à la Note que j'ai communiquée dans la der-
nière séance.
géologie. — aperçus relatifs à la théorie des gîtes métallifères;
par M. F. Focknet.
« Durant le cours de mes voyages dans la forêt Noire, le Palatinat, les
Vosges, le Morvan, l'Auvergne, le Rouergue, le Lyonnais, les Cévennes,
le Languedoc, les Alpes occidentales et maritimes, le Tessin, le Tyro!, l'A-
pennin étrusque, l'île d'Elbe, la Sardaigne et l'Algérie, j'ai pris note d'un
grand nombre de faits relatifs aux filons métallifères, et avant de les déve-
lopper dans un ouvrage spécial sur la matière, il me paraît convenable d'en
faire part aux hommes de science, afin de tenir compte des objections que
mes interprétations auront pu soulever. Dans le domaine de la géologie
les produits de deux laboratoires sont constamment en présence. Les agents
du premier, se trouvant établis au sein des réceptacles souterrains, envoient
leurs combinaisons vers la surface. Ceux du second, étant placés à l'exté-
rieur, les remanient incessamment en s'insinuant au travers de leurs plus
intimes interstices, de leurs pores, de leurs fissures ou cassures, pour arriver
à toutes les profondeurs qui leur sont accessibles. L'atmosphère joue le
principal rôle parmi les effets superficiels, tandis que dans les entrailles de
la terre, c'est à la chaleur qu'est dévolue la part essentielle. Mais celle-ci
pouvant opérer par la voie de la vaporisation, par l'intermédiaire des eaux
thermo-minérales, ou par le moyen de la fusion, il faut établir la part des
filons qui revient à chacune de ces manières d'effectuer les combinaisons :
je suis porté à accorder la prépondérance à la liquéfaction ignée ; les autres
C. R., i856, i« Semestre. (T. XLU, N° 25.) '44 .
( io 9 8 )
géologues qui combattent en faveur de la gazéification ou des sources
chaudes, défendrontles bases de leurs raisonnements : je vais m'occuper des
miennes. ', -
» Première partie. Théorie de la fusion. — 1°. Les filons métallifères sont
associés à diverses roches plutoniques. Ce fait observé depuis longtemps par
les mineurs de l'Angleterre, par M. de Humboldt pour le Mexique, par
M. d'Aubuisson pour les Alpes, a été généralisé à la suite de mes obser-
vations faites en Auvergne, dans le Rouergue et dans la Toscane.. Il a été
repris depuis sur une plus grande échelle par M. Murchison à l'occasion
des gîtes aurifères; enfin il vient d'être discuté par M. de Beust ,. directeur
général des mines de la Saxe.
» 2 . L'association en question se traduit de diverses manières. D'abord
certaines roches éruptives sont métallifères dans toutes leurs parties. A
Chessy, quelques granulites de la syénite sont chargées de pyrites cuivreu-
sesv Je possède des protogines de la Corse 5 dans lesquelles la galène est
disséminée à peu près aussi régulièrement que le mica. Dans la roche grani-
toïde verte et très-chloriteuse qui est en surplomb sur le lias du Champo-
léon, j'ai trouvé de la galène, du cuivre gris et de la pyrite platinifères.
Pendant mes excursions dans les Alpes, j'ai recueilli des serpentines conte-
nant du fer oxydulé ; enfin les granits stannifères, tantalifères sont géné-
ralement connus. Dans d'autres cas j'ai vu les métaux inclus au milieu même
de la roche plutonique à l'état de filets, et c'est le cas pour le molybdène
sulfuré de la syénite de Ghessy. Ailleurs de grosses lentilles résultent évi-
demment de la compression d'amas développés et demeurés englobés pen-
dant la -formation de l'ensemble encaissant et encaissé. Il arrive encore que
ces parties- métallifères sont accolées contre l'une des parois de la roche
éraptive, et j'ai fait connaître ces relations essentielles en les désignant sous
le nom défilons de contact. Enfin, les gîtes peuvent se trouver sous la forme
de filons-fentes ou de filons-couches, plus ou moins éloignés de la roche
éruptive, mais en demeurant d'ordinaire subordonnés à sa sphère d'action.
» 3°. De ces associations il est permis de conelure que les gîtes métallifères
ont été engendrés sous les mêmes influences que les roches mères dont ils
sont pour ainsi dire des ségrégations particulières effectuées pendant les
cristallisations souterraines. En effet, la tendance générale des liquides à
opérer des dissolutions permet d'admettre l'existence de fondants quelcon-
ques, de dissolvants par la voie sèche, de liquéfacteurs plutoniques dont le
rôle est au moins aussi positif que celui des vapeurs, des gaz et des esprits
métalliques. Le travail intestin et habituel qui suit son cours pendant le
ip»:'"
( io 99 )
refroidissement subséquent, autorise également à concevoir des éliquations
ou des ressuages en vertu desquels les éléments en excès dans les magmas
primitifs, ainsi que les divers autres corps étrangers à la masse rocheuse en
voie de se constituer, ont dû chercher à s'isoler et à former des calottes plus
ou moins distinctes, à peu près de même que les scories, les mattes et le mé-
tal se séparent dans le creuset d'un fourneau. Au surplus, divers phéno-
mènes tendent à démontrer qu'avant leur émission, non-seulement les ser-
pentines, mais encore plusieurs masses granitiques et pprphyriques déjà
parvenues à un état de mollesse imparfaite, se trouvaient pourvues d'une
texture cristalline prononcée. Dès ce moment donc, les matières superflues
étant déjà éliminées, et la secousse de l'épanchement survenant, il a pu en
résulter des éjaculations, séparées ou non, de la masse génératrice, selon les
issues qui se sont présentées.
» 4°- A l'égard de l' infusibilité, la silice surtout a été un sujet d'embarras.
Quand j'eus développé, en 1 844? I e principe de la surfusion du quartz,
M. Durocher m'attribua l'idée d'assimiler la formation du granit à ce qui
arriverait eu prenant un mélange de quartz, de feldspath, de mica, et en
élevant la température, sans permettre à la silice de réagir sur les autres
composés pour l'abandonner à un refroidissement subséquent; qu'alors les
parties quartzeuses se consolideraient avant les parties feldspathiques, bien
qu'elles pussent s'abaisser, avant de se congeler, jusqu'à une température
un peu plus basse que celle qui correspond à la liquéfaction de la silice.
Partant ensuite de cette interprétation, il fit la critique de la manière dont
j'envisageais les faits (Comptes rendus, i845). On va voir pourtant que
mon explication est précisément celle dont M. Durocher s'attribue l'inven-
tion.
» Déjà, en i838 (Correspondance des élèves brevetés de Saint-Etienne,
2 e série, tome II), j'ai rappelé les données de la chimie d'après lesquelles di-
vers alliages, les dissolutions des métaux dans les sulfures, celle du carbone
dans la fonte, les excès de phosphore des phosphures, etc., se prêtent à des
séparations plus ou moins complètes, et que la disjonction des éléments du
granit, ainsi que celle des parties du porphyre, n'est qu'un phénomène du
même ordre. Partant ensuite de ces indications sommaires, j'ai procédé à
diverses applications parmi lesquelles il me faut mentionner entre autres les
ségrégations ainsi que les cristallisations du quartz et du feldspath dans cer-
taines veines de pegmatite. Après des énoncés si explicites, était-il néces-
saire de revenir -à tout propos sur mes prémisses ? J'ai cru .plus utile de
i44..
( ïioo )
continuer de travailler au perfectionnement de la théorie dès filons que de
discuter sur des faits munis de leur date positive.
» 5°. Parmi les principes particuliers dont dispose la voie sèche, il en est
un dont la généralisation est due à l'un des plus illustres professeurs de
l'École des Mines, M. Berthier. Et cependant, malgré l'importance de ce
principe pour la théorie des filons, il a été complètement perdu de vue par
les partisans des émanations gazeuses, puisque, suivant eux, la qualité ré-
fractaire.de certains composés sahns oblige à renoncer à l'idée de la fusion
pour recourir à l'intervention des vapeurs fluoriques, sulfuriques ou autres»
En cela, ils n'ont oublié rien moins que la facile fusibilité des sels dou-
bles on multiples. Si, par exemple, la baryte sulfatée est peu fusible, son
compagnon ordinaire, le fluorure de calcium, bien.qu'il soit à peu près égar
lement réfractaire, suffit pour le liquéfier. Il en est (tailleurs de même pour
le sulfate de chaux et pour tant d'autres composés du; même ordre. Ainsi
donc, loin d'être dépourvu de moyens propres à produire la liquéfactiQrj,
lé géologue est plutôt dans l'embarras du choix.
» -6°. Là fusion pure et simple des matières d'un filon avec ses consé?
quences naturelles satisfait à toutes les conditions de sa formation. D'abord
elle se concilie admirablement avec les effets de la pression qui maintient
dans les minéraux divers corps volatils. Ainsi, lac persistance des persulfures,
des àrséniures, des arséniosulfurës, s'explique avec la plus grande facilité
par suite de l'obstacle que lepoids et ia viscosité des gangues ont dû opposer
au dégagement de leurs: éléments éleclronégatifs,: Les -.expériences de Hall
ont suffisamment démontré comment l'acide carbonique se maintient dans
les carbonates en les rendant en même temps fusibles, et naturellement les
conditions sont les mêmes pour certains hydrosilicates. D'ailleurs, l'eau,
divers liquides plus ou moins huileux, et en tous cas dépourvus d'affinité,
soit pour la silice^ soit pour les silicates, ne pouvant entrer eneombinaisôb
avec eux, se sont nichés dans les vacuoles des, .cristaux du, quartz, de la
topaze, etc., qui sont devenus guttifères, anhydres, aérohydres, suivant les
circonstances. Il suffira de prendre connaissance. des très-intéressantes ob-
servations de M. Brewster pour comprendre aussitôt l'influence que ces
dispersions, souvent microscopiques, ont pu exercer dans les, analyses, en
faisant croire à la présence de l'eau de combinaison dans certains composés.
On comprendra également les doutes qui doivent plaaer sur certaines théo-
ries atomiques basées sur des recherchés dans lesquelles. on, n'a pas tenu
compte de ces intercalations mécaniques. Enfin on se demandera sjréel-
%
( IIGI )
lenient, comme le supposent quelques chimistes, l'eau est intervenue d'une
manière notable dans la fusion de certains minéraux des filons.
» 7 . La fusion est ordinairement suivie de la surfusion, état très-admis-
sible dans le repos des cavités souterraines, et dans lequel peuvent se main-
tenir non-seulement la silice ainsi que les silicates, corps généralement
doués d'une fluidité visqueuse, mais encore une foule de composés sulfurés,
salins, etc., d'après une suite d'observations que j'ai pu faire à cet égard.
Il y a Heu de croire que les vapeurs ne pourraient pas rendre un compte
satisfaisant des particularités occasionnées par cette circonstance.
» Pour le moment, je dois rappeler qu'il est démontré en physique qu'à
l'instant de la solidification il se produit un dégagement de calorique ca-
pable de ramener le corps surfondu à la température qu'il doit posséder
quand il est arrivé au point de sa solidification ordinaire. L'effet étant du
moins constaté pour l'eau aussi bien que pour plusieurs autres corps, il n'y
a aucune raison pour refuser la même propriété à d'autres substances. Au
surplus, tous les pyrognostes connaissent la vive ignition manifestée par
l'argent, par quelques alliages d'or et d'argent, par le phosphate de plomb,
par le titanate de soude, au moment de leur solidification. Mieux encore,
certaines coulées de laves sont également susceptibles de se réchauffer dans
un moment donné, et que le phénomène soit complexe ou non, je n'en ai pas
moins été en droit de le faire contribuer à la constitution des filons. Ainsi
l'on peut concevoir qu'il a eu pour résultat d'effectuer la refonte de diverses
matières solidifiées avant d'autres, de provoquer certains mouvements mo-
léculaires, de faire naître des ressuages, des résorptions et par conséquent
il permet d'expliquer quelques pseudomorphoses conformément à ce que
j'ai dit dans une précédente occasion. Je range dans cette catégorie les sub-
stitutions du quartz au spath fluor, au calcaire, à la barytine ; celle de
l'oxyde d'étain au feldspath et au tungstate de chaux ; celle du spath fluor
au carbonate de chaux, etc.
» 8°. L'état vitroïde ou amorphe est un des résultats de la solidification
des masses fondues; l'état cristallin en est un autre, et l'établissement de
celui-ci est accompagné des circonstances les plus variées. En effet, la cris-
tallisation peut faire naître les structures granitoïdes, porphyroïdes, glo-
baires, qui se font remarquer dans les gîtes métallifères, aussi bien que
dans les roches. Quelques-uns, par l'ampleur de leurs parties, sont capables
de rivaliser avec les plus belles pegmatites de l'Oural ; de même, les sphé-
roïdes de certains autres dépassent en dimension ceux des granits orbicu-
laires de la Corse. La même force produit également des textures irrégulières,
( *I 1 02 )
concrétionnées, et l'on en a la preuve dans l'état de certains verres et lai-
tiers dévitrifiés.
» 9 . En vertu de son essence, la cristallisation séparant les corps qui
ne sont que dissous les uns dans les autres, il reste à ajouter qu'elle permet
d'expliquer certaines juxtapositions minérales pour lesquelles l'embarras a
été tel, que l'on a cru devoir recourir à des forces nouvelles et inconnues.
Les énoncés relatifs à l'argent natif placé à côté du cuivre métallique dans
les roches du lac Supérieur sont la preuve des difficultés que l'on rencontre
dans les autres théories, tandis que dans le cas de la fusion il suffit de con-
sidérer les alliages des deux métaux en question comme n'étant que des
dissolutions. On remarquera d'ailleurs qu'il existe toute une hiérarchie à
cet égard. Le bismuth et le zinc ne s'allient guère plus que le mercure ne
s'amalgame avec le fer. Le cuivre et le plomb peuvent bien demeurer con-
fondus F un avec l'autre quand le refroidissement est brusque; mais si peu
qu'il se prolonge, on voit dans le culot plombeux se dessiner des grenailles
cuivreuses. Les lingots de cuivre et d'or, d'argent et d'or, sont rarement
d'une richesse égale dans toute leur étendue. La difficulté d'obtenir des
bronzes homogènes est bien connue. Pourtant dans la plupart des cas sus-
mentionnés, le refroidissement devant être considéré comme rapide, il est
permis d'attendre quelque chose de plus des abaissements très-gradués de
la température, tels qu'ils se conçoivent dans les filons.
» io°. Aidé de l'intervention des aspérités ou des rugosités, la cristallisa-
tion détermine encore la condensation de certains corps contre les parois
des gîtes, de façon à faire naître une sorte de rubannement. Par la même
raison, elle a donné naissance aux dispositions annulaires des minerais au-
tour des fragments étrangers, dispositions désignées par les mineurs alle-
mands sous le nom de ringertz. Ce qui surprendra davantage, c'est que la
même force de groupement moléculaire peut dessouder un filon au point de
le rendre parfaitement indépendant de ses parois, quand bien même le
gîte ne serait muni d'aucune lisière ou salbande argileuse. Cependant, d'a-
près les idées vulgaires, il semblerait que des matières du genre des silicates
doivent contracter avec l'encaissement une adhérence non moins parfaite
que celle du verre avec le creuset d'argile dans lequel il a été fondu. Sans
doute le simple retrait peut en cela agir dans certains cas , mais j'ai égale-
ment des preuves à l'appui du rôle de la cristallisation, de façon que je ne
'confonds pas ces deux causes, quoiqu'elles puissent concourir aumême but.
» it°. La fusion n'est nullement incompatible avec l'établissement des
géodes, .dont il existe d'ailleurs plusieurs espèces qui n'ont pas été suffîsam-
( uo3 )
ment distinguées par les géologues. Outre cela, on remarquera que dans ces
cavités hérissées de saillies cristallines ou garnies de protubérances mame-
lonnées, sont tombés les produits du ressuage de la masse des filons. Des
cristallisations adventives ont donc été semées sur les faces supérieures de
ces parties proéminentes, c'est-à-dire sur celles de leurs faces tournées vers
le ciel. Cet énoncé, je ne l'ignore pas, est en contradiction avec la théorie
de la sublimation d'après laquelle on veut que les corps additionnels en
question soient adhérents aux faces inférieures, parce qu'on les compare à
la suie d'une fumée ascendante et qui doit s'accrocher surtout en dessous.
Mais pour arriver à raisonner ainsi, on n'a pas tenu compte de la position
réelle des matières respectives, et ce n'est pas là une des moindres erreurs
avancées dans les livres.
» i a . Le ressuage peut faire naître des dendrites métalliques de la plus
exquise délicatesse. Il produit de même des fibrosités plus ou moins con-
tournées, enroulées, et je mentionne expressément ces circonstances, parce
que certains géologues n'appréciant pas assez le degré de subtilité auquel
peuvent atteindre les effets du calorique, déclarent que toutes les arborisa-
tions du cuivre, de l'argent natif, du nickel capillaire, etc., sont des produits
d'origine aqueuse.
» i3°. L'endurcissement, l'imbibition pierreuse, la métallisation des pa-
rois, sont encore des conséquences variées de la liquéfaction ignée. Tous les
fondeurs savent que la galène pénètre dans la pâte des creusets d'argile, que
la fonte de fer peut transsuder dans les grès dont les creusets des fourneaux
sont constitués et que la litharge s'infiltre dans les coupelles. Certains couv-
reurs de gazon ne sont pas plus difficiles à expliquer que ces métallisations
et que l'ensemble de l'organisation des autres gîtes.
» i4°- Des masses à l'état de fusion pâteuse, telles qu'ont dû l'être assez
ordinairement celles des filons^ ont été capables de maintenir en suspen-
sion les fragments des parois qu'elles ont entraînés avec elles au moment de
l'injection. C'est en vertu de cette cause que parmi les gangues on remarque
si souvent des masses bréehoïdes, plus ou moins clair-semées, et placées tan-
tôt indifféremment dans toutes les parties du gîte, ou bien concentrées dans
certains rubans voisins, soit du toit, soit du mur, et quelquefois rangés
dans la partie médiane.
» 1 5°. Les effets mécaniques de l'injection ainsi que des tassements subsé-
quents ont produit les miroirs, les cuirasses, les étirements, les rubanne-
ments des filons. D'ailleurs les conglomérats de frottement fixés contre l'une
ou l'autre- paroi rentrent parmi les effets du même ordre^ On remarquera
(no4)
de- plus que les résultats de rétirement sont d'ordinaire compliqués de
ceux de la cristallisation, et que par jeela même les rubannements ont pu
acquérir un caractère sensiblement différent .de celui des laitiers coulant sur
le sol deslonderies, ou bien encore de ceux de certains verr es multicolores
étendus , par l'ouvrier. Toutefois les configurations sont demeurées assez
nettes r :ponc nclaisser aucune prise à l'incertitudej L ■:..'..'. .'.-./..
: n x6°. -Imaginons actuellement des culots métalliques d'un volume ebnl-
sidérable-aceumulés çà et là au milieu de gangues visqueuses. Dans ce cas,
l'étirement aura pu former les colonnes riches que Tonobserve dans divers
gîtes, où elles sont étendues à diverses distances et parallèlement les unes
aux autres. M. de Beust a déduit de ces arrangements des conclusions ca-
pitales pour l'exploitation des mines de Freiberg. Je mécontenterai d'ajouter
que ces; colonnes peuvent être .verticales, plus ou moins inclinées comme
c'est de ccas en Saxe, et même presque horizontales .dans d ? autres cas.
D'ailleurs les miroirs indiquent de même: des injections dans ces divers
sens; cependant ie rapprochement de deux faits ne doit pas être poussé
jusqu!à l'absolu,, car les miroirs: résultent aussi de tassements subséquents,
ainsi if ue le démontrent leurs stries: souvent dirigées dans deux sens diffé-
rents. \
n.:.irf.u: La combinaison des effets de l'étirage, du ressuage et de la cris-
tallisation permet de donner des explications satisfaisantes de certaines accu-
mulations minérales: dans les terminaisons cunéiformes des filons. Il arrive,
par exemple, qu'une gangue plus ou moins rare dans les parties centrales d'un
gîte est concentrée sur ses extrémités. A Sain-Bel, Torthoseest dans ce cas.
A Chessy commeàRomanéche, la baryte sulfatée devient prédominante à
l'approche de la fin des. lentilles, La conséquence de ces causes est que les
parties métalliques, d'ordinaire plus fusibles et plus sujettes que les autres à
se maintenir àl'étal liquide, occupent l'étendue moyenne des veines; par la
même raison, elles: s!accum.ulent dans les renflements, qui eux-mêmes sont
souvent établis vers les points de rupture, à partir desquels s'écartent des
branches obliques ou perpendiculaires, et de là le fait de l'enrichissement des
filons autour des entré -croisements.
: » r8°. Enfin en admettant, dans un même filon, le mélange des matières
dont les unes sont capables de persister à l'état liquide, les autres étant au
•contraire sujettes à se figer avec une certaine promptitude, on arrive à com-
prendre l'écoulement des premières dans une autre- crevasse qui se serait
ouverte après coup. Telle esl du moins l'explication que je crois pouvoir
donner d'une observation capitale de M. Beust relativement à la constitu-
( uo5 )
lion de certains gîtes de Freiberg, qui ont été enrichis de tout ce qui leur
a été cédé par d'autres. J'accepte d'ailleurs ce curieux théorème, d'autant
plus volontiers qu'il me paraît susceptible d'être appuyé par des faits pris
dans d'autres pays*
» 19°. Pour clore cette série d'énoncés au sujet de la théorie delà fu-
sion, je dois faire remarquer qu'étant en partie basée sur la connexion des
filons avec les roches éruptives, il a été nécessaire de s'occuper du classe-
ment de celles-ci. A cet égard, j'ai fait une multitude de recherches qui
m'ont permis de rattacher à divers groupes des masses de structure variée.
Les granits, par exemple, ont leurs pegmatites, leurs granulites et leurs
leptynites-, il en est de même des syénites anciennes et des porphyres quar-
zifères. D'un autre côté, il a fallu séparer des masses confondues ensemble.
Tels sont entre autres les basaltes et les mélaphyres du Tyrol, ceux-ci étant
le produit de métamorphisme de roches sédimentaires anciennes, tandis
que les autres appartiennent au groupe volcanique. Par suite des mêmes
études, je suis arrivé à constater l'état endomorphique de certaines masses
éruptives. Les granits bleus et variés, pinitifères ou non, qui se montrent
quelquefois si largement développés dans la chaîne vivaraise, depuis les
environs de Lyon jusqu'au Tanargue, sont des produits de ce genre; il en
est de même des spilites du Dauphiné qu'il ne faut, pas confondre avec les
roches agatifères d'Oberstein. Cependant mes observations sont loin d'être
complètes; car s'il est bien démontré pour moi qu'il existe deux syénites, il
n'en reste pas moins quelques incertitudes au sujet de la démarcation qu'il
faut établir entre les syénites anciennes et ceux 'd'entre les granits dont
l'apparition date à peu près de la même période. Je n'ai pas davantage pu
mettre la dernière main à l'établissement de l'ensemble porphyrique qui
paraît présenter certaines transitions avec les granits anciens, et celles-ci se
manifestent en Sardaigne, dans le Forez, dansleMorvan. Les serpentines me
laissent également divers doutes, en ce sens que j'arrive à croire qu'il existe
des roches de ce nom dont les unes seraient fort anciennes et les autres très-
modernes. Les protogines me semblent également susceptibles d'être distin-
guées d'après leur âge et d'après leurs caractères pétralogiques ; celles du
Mont-Blanc, par exemple, diffèrent très-notablement de celles des alentours
du Pelvoux. »
C. I!., i856, i er Semestre. (T. XLII, PC> 250 '4^
( ïidô )
ASTRONOMIE. — Détermination de l'orbite de la planète Hannonia.
(Notes de M. Benj, Valz.) ■=■-.-
« Marseille, 3 juin iS56.
» La 4 i e petite planète, ayant été découverte par M. Goldschmidt dans
sa quadrature même, s'éloigne rapidement de la Terre, et se rapproche de
plus en plus de l'horizon et du crépuscule; ce qui concourt à diminuer
plus promptement son éclat, et à rendre sa recherche et ses observations
d'autant pltis pénibles. Ayant pu l'observer avec beaucoup de difficultés,
parce que sous l'apparence de la 1 2 e grandeur,, elle ne supporte guère
l'éclairage, les 3i mai et I er juin, j'en ai déduit l'orbite circulaire suivante,
qui pourra être utile aux astronomes pour les guider dans sa recherche
parmi le grand nombre des étoiles de cette grandeur; mais je crains bien
qu'elle ne soit visible encore que pour bien peu de temps, vu que le i er juin,
elle se trouvait bien sensiblement plus faible que la veille, et fort pénible
à reconnaître et à observer ; ce qui avec le moins d'exactitude des obser-
vations ne permettra guère d'en obtenir des éléments elliptiques satisfais
sants, qui puissent la faire retrouver, non sans de grandes difficultés, lors
de sa réapparition à venir.
Long, hélioc. dans l'orbite le 3 1, 429 mai. i83°3o'
Nœud ascendant ' 1 78 3^
Inclinaison . ... . 'g 3g
Distance :au Soleil., ,.,..,,., ., ...,., 2,5765 (irir 0,1)
Mouvement moyen diurne. ....,...,.,., 1 io4'', zS
a Marseille, 6 juin i856.
» N'ayant pu retrouver, comme je le craignais fort, la l\i 6 petite planète,
et la croyant déjà invisible avec les faibles instruments auxquels je me
trouve réduit pour des observations aussi délicates, j'ai cherché à rectifier,
autant que possible, les éléments circulaires de cette nouvelle planète, à
défaut des éléments elliptiques, qu'on ne pourra guère obtenir avec quelque
exactitude; afin que les astronomes qui ont eu le bonheur d'obtenir des
instruments plus puissants que ceux que j'emploie, puissent la trouver plus
facilement, les voici :
Long, hélioc. dans l'orbite le 3 1,42g mai. i85°3o'
Nœud ascendant. , 180 1'
Inclinaison 17 5i' '
Distance au Soleil « ,.. 2 ,o83 ( 1 ±: o, 1 ) dans l'ellipse
Mouvement héliocent. diurne n 80", 27
( iio 7 )
» L'incertitude que M. Villarceau a trouvée sur le mouvement d'Amphi-
trite après un intervalle de dix-huit mois, et qui parviendrait à atteindre les
minutes de la longitude moyenne, montre de plus en plus combien les
fractions de seconde restent incertaines. »
M. Le Verrier annonce à cette occasion qu'une 42 e petite planète a
été découverte à Oxfor, le 23 mai, par M. Pogson.
GiOMKTBiE. — Note sur la théorie des parallèles; par M, Vincent, Membre
de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. (Extrait par l'auteur.)
« La révision des programmes de 1'eDseignement universitaire na'ayant
fourni l'occasion de soumettre à un nouvel examen quelques-uns des prin-
cipes fondamentaux de la géométrie, je demande à l'Académie la permission
de lui présenter quelques réflexions sur ce sujet Je veux parler de cer-
tains mouvements des figures, dont on fait usage pour les démonstrations,
surtout dans la géométrie moderne. Je dis surtout, parce qu'il n'est pas
exact d'affirmer, comme on le fait quelquefois, qu'Euclide se soit absolu-
ment interdit ces mouvements de figure. Je ne nie pas néanmoins que ces
cas ne soient très-rares chez le géomètre grec ; mais je ne crains pas d'avancer
que l'enseignement est devenu plus simple à mesure que l'on s'est affranchi
de ce joug superstitieux.... L'étude de la géométrie, comme l'écrivait récem-
ment M. Saigey, est l'introduction naturelle et nécessaire de celle de la
mécanique, dont le rôle est ensuite d'établir les relations de l'espace au
temps. Ainsi par exemple « déterminer la courbe engendrée par un point
» qui se meut suivant des conditions données, » c'est un problème de
pure géométrie ; et « déterminer le lieu de la trajectoire occupé par le
» point décrivant à une époque quelconque de son mouvement, » c'est le
problème de mécanique correspondant ; cela me paraît incontestable.
» L'idée la plus nette que l'on ait donnée de la ligne droite est celle
d'une ligne qui ne change pas de lieu quand on la fait tourner sur elle-
même en passant constamment par deux de ses points.... Au reste, l'idée du
mouvement en ligne droite résulte d'un fait d'expérience commune : mar-
cher droit au but est une expression que comprend l'homme le plus gros-
sier, et à laquelle il attache indubitablement l'idée d'y aller par le plus
court chemin. On ne se tromperait même pas, je pense, en affirmant que les
animaux ont le sentiment de la ligne droite. La ligne droite jouit de plus de
cette propriété, qu'une quelconque de ses parties peut toujours être ap-
pliquée ou transportée sur une autre partie de la même ligne droite ou de
i45..
( no8 ]
tout autre , et Proclus fait remarquer que deux espèces de lignes courbes
partagent avec elle cette propriété, savoir le cercle (pourvu qu'il soit censé
toujours décrit du même rayon) et l'hélice (pourvu qu'elle ait le même
rayon et le même pas).
» Une droite assujettie à pivoter autour d'un de ses points sans sortir
d'un même plan, engendre ce que l'on nomme un angle. On n'a nul
besoin de considérer la droite comme indéfinie; on peut supposer un seg-
ment de droite (comme serait une règle) pivotant autour d'une de ses ex-
trémités. Chaque homme porte également en soi, comme fait d'expérience,
le sentiment de ce mouvement de pivotement où de rotation, et cela pres-
que au même degré que celui de la marche en ligne droite. L'unité naturelle
de cette espèce de grandeur est la rotation complète effectuée par la droite
lorsqu'elle est revenue à sa position initiale. Néanmoins l'unité usuelle n'est
que le quart de la rotation totale, nommé angle droit. On pourrait à la ri~
gueur considérer l'angle comme une portion de plan (ainsi que je l'avais
fait moi-même autrefois d'après Bertrand de Genève) ; mais on a reproché
à cette définition, non sans quelque raison, d'impliquer l'idée de l'infini
comme le plan lui-même, et par suite de' conduire à l'impossibilité de com-
parer les angles entre eux sans comparer des grandeurs infinies. Cet incon-
vénient, qui n l existe pas quand on considère en eux-mêmes la droite ou le
plan (parce que toutesdes droites, tous les plans, sont superposables),- est
réel quand il s'agit de l'angle. Aussi fait-on bien, à l'exemple de Bezout, dé
définir l'angle simplement comme V écartement de deux droites, ce qui re-
vient, comme je l'ai dit, à le considérer comme engendré par le pivotement
d'une droite ou d'une portion de droite
» La considération du mouvement de rotation, ou, ce qui est la
même chose, du mode de génération deslangles, suffit pour démontrer di-
rectement que la somme des angles extérieurs de tout polygone convexe,
par exemple du triangle ABC, est égale à quatre droits, et que par suite la
somme des angles intérieurs de tout triangle est égale à deux droits.
( i« û 9 )
» En effet, i° faisons glisser la droite AB sur sa direction, de manière que
le point A vienne se placer en B; 2 faisons-la pivoter autour du point B de
manière qu'elle prenne la position BC ; 3° faisons-la glisser sur sa nouvelle
direction de manière que le point B vienne se placer en C; 4° faisons- la pi-
voter autour du point C de manière qu'elle prenne la position CA ; 5° fai-
sons-la derechef glisser sur elle-même de manière que le point C vienne de
nouveau se placer en A; enfin 6° faisons pivoter la droite autour du point
A de manière qu'elle reprenne la position AB. Or cette position est identi-
quement sa position primitive ; donc la droite a nécessairement exécuté une
rotation entière, c'est-à-dire une somme de rotations partielles égale à quatre
angles àroiïs. De là évidemment la somme des angles intérieurs égale à
deux droits.
» Je ne m'arrête point à cette objection, qu'à la vérité la droite, consi-
dérée en quelque sorte comme matérielle, a bien pivoté autour d'un seul et
unique de ses points qui s'est transporté successivement de À en B, puis en
C, puis enfin est revenu en A, mais que ce point ne demeure pas en position
identique sur le plan de la figure, et que l'on n'aurait pas le droit d'ajouter
ainsi des angles dont les sommets sont différemment situés. Je ne m'arrête
point, dis-je, à cette objection ; car si elle pouvait avoir quelque valeur, il
s'ensuivrait qu'on ne pourrait non plus considérer les trois angles inté-
rieurs du triangle comme faisant une somme unique égale à deux droits; en
un mot, l'énoncé même de la proposition serait un non-sens (1). C'est au con-
traire un avantage propre à notre manière de considérer les angles, de per-
mettre d'en placer le sommet et Le plan partout où l'on veut dans l'espace.
En un mot, la question n'est pas de savoir, à ce qu'il me semble, si les so-
phistes de Socrate n'eussent rien trouvé à dire sur notre théorie, mais
simplement si elle est accessible aux intelligences les plus ordinaires, aux
notions les plus vulgaires du sens commun.
» De là on déduit rigoureusement, comme tout le monde le sait, ce
que l'on nomme la théorie des parallèles, au sujet de laquelle, dans ses
leçons modèles à l'École Normale, Laplace dit qu'e//e laisse peut-être quel-
que chose à désirer du côté de la rigueur, mais que l'on doit en abandonner
la discussion aux métaphysiciens géomètres, du moins jusqu'à ce qu'elle ait
été suffisamment éclaircie.
» Pouvons-nous, Messieurs, nous flatter d'avoir réalisé le vœu de Laplace?
(1) L'angle, dit avec beaucoup de raison M. Poinsot, est un nombre et nou une quantité,
■ ( M iô )
Il me semble du moins que nous avons ici allié la rigueur à la simplicité.
Nous serions donc bien loin d'avoir mérité le reproche d'abaisser le niveau
de l'enseignement. Et que l'on me permette de faire une profession de foi
qu'autorise peut-être de ma part une étude particulière des géomètres dfî
l'antiquité : c'est que je regarde comme un véritable bienfait pour l'ensei-
gnement des sciences, ou du moins de la géométrie en particulier, de se
trouver affranchi des formes sophistiques qui, sans rien ajouter en réalité à
la rigueur du raisonnement, ne font qu'entraver la marche de l'esprit et
paralyser son initiative. D'ailleurs, je ne manquerais pas d'exemples si je
voulais prouver que, tout en croyant raisonner bien rigoureusement, il est
arrivé souvent, aux géomètres modernes tout aussi bien qu'aux anciens, de
se faire illusion sur la véritable logique de la sience, sur la rigueur et l'effi-
cacité de certains procédés de démonstration, et de poser comme principe
absolu telle proposition qui n'était en réalité qu'un, véritable postulation }
admissible, il est vrai, dans la plupartdes circonstances, mais radicalement
faux dans telle autre. Que l'on me permette d'en citer un cas, celui du prin-
cipe admis comme fondement de la théorie des limites, que deux grandeurs
sont égales quand on peut prouver que leur différence est moindre que toute
quantité assignable . J'ai démontré il y a longtemps (i) la fausseté de cette
proposition, fausseté qui avait beaucoup frappé un célèbre géomètre de cette
Académie, Lacroix, mon maître, auquel on ne peut contester le mérite d'a-
voir- établi l'enseignement mathématique sur des bases véritablement U>
giques. Leprincipe que je viens 4e rappeler est vrai, incontestable, pour les
grandeurs variables, dès qu'elles sont soumises, dans leur variation, à la
loi de continuité; maisd est impropre à établir par lui-même la continuité
dans chaque cas; de sorte que son emploi pour cette fin se réduit à un vé-
ritable cercle vicieux. La continuité d'une fonction peut être considérée
comme une de ces choses que le calcul vous rend quand on les y a mises d'a-
vance ; mais sa raison d'être ne se trouve point ailleurs que dans le mode
de génération de la fonction . La continuité ( quand elle existe) est avant tout,
que l'on me passe le mot, une vérité de sentiment ^ on doit l'admettre
purement et simplement quand il n'apparaît aucune raison pour qu'elle
n'existe pas ; de sorte qu'ainsi ce n'est pas la continuité qui a besoin d'une
démonstration, mais que tout au contraire c'est la discontinuité. »
(i) Annales de Gergonne (1824, tome XV, page 25).
( I"I )
SÎÉMOffiES LUS.
chimie OEGANIQDE. — Sur les combinaisons des matières sucrées avec les
acides, deuxième Mémoire : Mannite ; par Wl . Berthelot.
(Commissaires, MM. Chevreul, Dumas, Peligot.)
« ... .4. Si j'ai été conduit à étendre aux matières sucrées les résultats
obtenus avec la glycérine, c'est en raison des caractères suivants, communs
pour la plupart à la glycérine et aux matières sucrées : toutes ces substances
sont neutres, sucrées, très-solubles dans l'eau. La chaleur, les alcalis, l'a-
cide nitrique les décomposent d'une manière semblable. Le carbone con-
tenu dans leur équivalent est un multiple de 6 ; elles renferment environ
moitié de leur poids d'oxygène, et l'hydrogène s'y trouve, tantôt dans la
proportion convenable pour produire de Peau avec l'oxygène du com-
posé, tantôt en léger excès sur cette proportion. Toutes les matières
sucrées forment avec les bases énergiques des combinaisons particulières.
J'ajouterai que les matières sucrées s'unissent aux acides en plusieurs pro-
portions, de façon à donner naissance à des combinaisons neutres, analogues
aux corps gras : les combinaisons neutres de l'ordre le plus élevé renfer-
ment en général un équivalent d'acide pour chaque double équivalent de
carbone contenu dans la matière sucrée.
» D'après cet ensemble de propriétés, les substances sucrées, leurs dérivés
et les corps neutres essentiels du règne végétal auxquels elles se rattachent,
me paraissent constituer un groupe naturel de composés chimiques, ana-
logue au groupe des corps dérivés des carbures d'hydrogène et des alcools.
-) 5. Les matières sucrées peuvent se partager en deux grandes catégories au
point de vue de leur stabilité : la première catégorie comprend la glycérine,
la mannite, la dulcine, la pinite, la quercite, l'érythroglucine, etc., tous
composés assez stables, en général plus ou moins volatils, susceptibles de
résister à l'influence d'une température de 200 à 25o degrés, ainsi qu'à l'ac-
tion des acides et des alcalis puissants à la température de 1 00 degrés. Toutes
ces substances renferment un excès d'hydrogène sur la proportion néces-
saire pour former de l'eau avec leur oxygène.
» La seconde catégorie renferme les sucres fermentescibles au contact
de la levure (sucre de canne, sucre de fruits, glucoses, sucre de lait, lactose,
mélitose, etc.), et les corps isomères, non susceptibles d'éprouver la fer-
mentation alcoolique au contact de la levure (sorbine, eucalyne, etc.).
N
( :ma )
Toutes ces substances sont détruites sous l'influence d'une température
de 200 degrés; les acides minéraux énergiques les décomposent à 100 de-
grés, et la plupart sont altérées à la même température sous l'influence des
alcalis. Tous ces corps renferment l'hydrogène et l'oxygène dans les pro-
portions convenables pour former de l'eau.
» 6. Dans le présent travail, je décrirai seulement les combinaisons que
forment les acides avec la marmite, l'une des substances sucrées du premier
groupe
» Mes recherches sur la mannite comprennent les objets suivants : his-
toire chimique de la mannite (C 6 H T Q 6 ), de la mannitane (C 6 H 6 G 5 ), du
mannide.(C 6 H 5 Q 4 ); description d'une mannite acétique, de deux marmites
butyriques, d'une, mannite palmitique, d'une mannite oléique, de deux
mannites stéariques,dedeux mannites benzoïques, d'une mannite chlorhy-
drique (G 6 H 5 Cl O 3 ) composé volatil et cristaUisable, d'un, acide mannitar-
triqne tribasique (C 30 H 15 R 3 Q 3S ) (i), d'un acide manniphosphorique etd'une
éthvlmannite. Sans m'étendre ici sur l'histoire individuelle de ces composés,
que j'ai déjà signalés pour la plupart [Comptes rendus, séance du 17 sep-
tembre r855), je vais exposer le résumé et les conclusions de mon travail :
ji i°. Les composés manrritiques s'obtiennent par l'union directe de leurs
deux principes : acide et mannite. L'union de ces composants s'opère en
général sous l'influence d'un contact prolongé en vases clos avec le concours
d'une température comprise entre 200 et 25o degrés. Ces conditions sont
exactement les mêmes que celles dans lesquelles j'ai préparé les corps gras
neutres et les éthers. — Les composés mannitiques se forment également
dans la réaction de la mannitane sur les acides.
» 2 . Tous les composés mannitiques se dédoublent dans les circonstances
les plus variées et notamment sous l'influence des alcalis, de l'eau ou de
l'alcool mêlé d'acide chlorhydrique ; on reproduit par là L'acide primitif et
la mannitane avec fixation des éléments de l'eau:.
» La formation de la mannitane dans la décomposition des combinai-
sons mannitiques est un fait général : sexjlement à la longue la mannitane
régénérée fixe de l'eau et se transforme en partie en mannite cristallisée. On
voit que c'est la mannitane qui joue réellement le rôle de la glycérine : les.
formules des composés mannitiques confirment d'ailleurs cette manière.
de voir,
» 3°. D'après les faits qui précèdent,. les composés mannitiques présen-
(1) J'ai également préparé les acides glucotartrique et glucocitrique.
(ni3)
teut l'analogie la plus frappante avec les corps gras neutres. Les propriétés
tant physiques que chimiques des combinaisons formées avec un même
acide, soit par la glycérine, soit par la mannite, sont tellement analogues,
qu'on pourrait les confondre.
» 4°- • • Ces divers faits établissent un rapprochement étroit entre les
composés mannitiques, les corps gras neutres et les éthers : formation
directe de corps neutres à 200 degrés par l'union d'un acide et de l'alcool,
de la glycérine ou de la mannitane, avec séparation simultanée dés éléments
de l'eau ; régénération de l'acide et de l'alcool, de la glycérine on de la
mannitane, sous l'influence des alcalis, de l'eau ou des acides ; enfin décom-
position des corps gras neutres et des composés mannitiques par l'alcool
avec formation équivalente d'un éther et mise en liberté du corps sucré
lui-même, tels sont les phénomènes qui établissent, tant par l'analyse que
par la synthèse, une extrême analogie de constitution entre les éthers, les
corps gras neutres et les composés mannitiques.
« Toutefois, si la mannite vient se ranger à côté de l'alcool par la nature
générale des combinaisons auxquelles les acides dorment naissance, l'exis-
tence de plusieurs composés neutres formés entre la mannite et un même
acide établit entre la mannite et l'alcool une différence profonde 5 mais de
là même résulte entre la mannite et la glycérine un nouveau rapproche-
ment. En effet, tandis que l'alcool ne forme avec les acides qu'une seule
série de combinaisons neutres, la mannite produit trois séries distinctes,
analogues aux trois séries glycériques.
» L'une de ces séries est analogue aux éthers, comme eux elle est formée
par l'union de 1 équivalent d'acide et de 1 équivalent de mannitane
avec perte de a équivalents d'eau : mannites monobutyrique, monoben-
zoïque, chlorhydrique, etc. Une autre série résulte de l'union de 2 équi-
valents d'acide et de 1 équivalent de mannitane, avec séparation soit de
4, soit de 2 équivalents d'eau : mannites dibutyrique, distéarique, etc.
» La troisième série, analogue aux corps gras naturels-, est formée par
l'union de 3 équivalents d'acide et de 1 équivalent de mannitane, avec
élimination de 6 équivalents d'eau : mannites tristéarique, tribenzoïque ;
acide mannitartrique.
» Ces faits montrent que la mannite, de même que la glycérine, présente
vis-à-vis de l'alcool précisément la même relation que l'acide phosphorique
vis-à-vis de l'acide azotique. En effet, l'acide azotique ne produit qu'une
seule série de sels neutres : les azotates, monobasiques; tandis que l'acide
C. R., i856, I er Semestre. (T. XLII, N° 25.) ï 46
( »i4) '
phosphorique donne naissance à trois séries distinctes de sels neutres : les
.phosphates ordinaires, tribasiques ; les pyrophosphates, bibasiques, et les
métâphosphates, monobasiques. Ces trois séries de sels, décomposés par les
acides ou par les alcalis énergiques en présence de l'eau, reproduisent -un
seul et même acide phosphoriqué.
» De même, tandis que l'alcool ne produit qu'une série d'éthers neu-
tres, la mannite donne naissance à trois séries distinctes de combinaisons
neutres. Ces trois séries par leur décomposition totale en présence de l'eau
reproduisent un seul et même corps, la mannitané : la mannitané est donc
comme la glycérine une sorte d'alcool triatomique, pourvu que l'on veuille
bien me permettre de donner ce nom d'alcool à toute substance susceptible
de former avec les acides, des corps neutres distincts des sels et analogues
aux éthers. .
» La théorie des éthers acquiert par la une variété et une complexité
tout à fait imprévues : en effet, on est conduit à admettre que la mannite,
la glycérine et les matières sucrées analoguesj peuvent donner naissance à
des séries aussi nombreuses et^lus variées peut-être que celles des amides
et des alcaloïdes, dont l'ammoniaque est le point de départ. C'est par là
qu'aux matières sucrées: se rattachent un grand nombre de composés natu-
rels dont la suite dès présentes recherches permettra de fixer la constitu-
tion. Sans-m'étendre plus longuement sur ces divers points, il me suffira de
remarquer dés à présent que si la mannite et la glycérine sont des alcools
triatomiques, les composés de leur, première série, formés par l'union de
iéquivalent d'acide et de i équivalent de mannite ou de glycérine, peuvent
être regardés jusqu'à un certain point comme des alcools biâtomiques (i) ;
et chacun des composés de la deuxième série formée par l'union de
■a équivalents d'acide et de i équivalent de mannite ou de glycérine, peut
êjre envisagé, dans le sens indiqué plus haut, comme une sorte d'alcool
monoatomiqùe, analogue à l'alcool ordinaire.
» Je développerai bientôt l'application de ces mêmes idées aux combi-
naisons que forment les acides avec les diverses matières sucrées, ainsi
qu'avec un grand nombres d'autres principes immédiats neutres, de
nature organique. »
(i) L'existence de la benzochlorhydrine, de la stéarochlorhydrine, de la butyrochlorby-
drine, celle de l'oléoitfargarine naturelle, etc., confirment cette manière de voir.
(im5)
physique do globe. — Observations ozonométriques faites avec le papier
Schœnbein, autour de la caserne de Saint-Cloud [du 6 octobre au 5 nn*
vembre i855); par M. Béiugny, de Versailles.
(Commissaires, MM. Becquerel, Cl. Bernard, J. Cloquet.)
(t Je dois dire d'abord que j'ai choisi ce lieu d'expérimentation, parce
que ce bâtiment me présentait intérieurement et extérieurement des condi-
tions d'un grand intérêt scientifique, à cause des différents états météorolo-
giques qu'il m'offrait par ses expositions diverses, par l'état hygrométrique
dépendant du cours de la Seine, et par l'agglomération d'hommes logés dans
ce bâtiment.
» La caserne de Saint-Cloud se compose de quatre étages donnant une
hauteur totale de a i mètres : le premier est à 1 1 mètres au-dessus d u
sol : le troisième est à 1 7 m ,7o au-dessus de ce même niveau. Je fais mention
de ces deux étages seulement, parce que je n'ai placé mes appareils qu'à ces
deux altitudes. Il m'a semblé que ces deux positions pouvaient embrasser
les conditions de l'air de l'étage intermédiaire. Quant au rez-de-chaussée,
il est formé par des écuries qui occupent toute la longueur des deux bâti-
ments de la caserne. Voyons ce qui concerne les appareils, et les résultats
qu'ils ont donnés.
» Quatorze appareils ont enveloppé, pendant trente et un jours, la ca-
serne de Saint-Cloud, et j'ai renouvelé toutes les douze heures, ainsi que le
conseille M. Schœnbein, les papiers ozonométriques contenus dans ces
appareils ou abris. Sur la cour, à chacune des deux ailes du bâtiment, quatre
appareils établis au premier étage, quatre autres situés au troisième, parta-
geaient en parties égales la longueur de chacune des deux ailes. Sur la
façade regardant la Seine, même disposition des appareils ; mais sur la façade
faisant face au sud-ouest, je n'ai pu établir des appareils, attendu qu'au
moment où nous faisions nos expériences, la construction de la nouvelle
caserne, située derrière cette aile, nécessitait un bitumage qui développait
toute la journée une grande quantité de fumée.
a Chaque appareil était suspendu à l'extrémité d'une tige ayant 70 centi-
mètres de longueur, l'autre extrémité de cette tige était fixée dans les baies
des croisées, de sorte que chaque appareil faisait saillie de i5 centimètres en
dehors des fenêtres. Cette disposition avait été choisie afin que les papiers
fussent autant que possible sous l'influence de l'air qui entrait par les fe-
nêtres. Mais pour que les expériences fussent complètes, il fallait aussi con-
146..
( i i i6, )
naître l'influence de l'air du milieu de la cour, c'est pourquoi j'ai pensé
qu'il était urgent de l'éprouver en cet endroit. En effet, il n'était pas indif-
férent de savoir si l'air atmosphérique du milieu de la cour était de même
nature que celui qui glissait le long des murs de la caserne, et qui pénétrait
même dans l'intérieur. Et, pour que toutes nos expériences fussent compa-
rables entre elles, nous avons fait placer, à a3 mètres de la grande aile du
bâtiment, et à 47 mètres de la petite, un mât, le long duquel ont été hissés
deux appareils correspondants au niveau de chacun des deux étages auxquels
nous opérions. Seulement, après onze jours d'observations,, j'ai cru devoir
abaisser l'appareil n° 1, celui qui était placé au niveau du premier étage, de
façon à ce qu'il ne fût plus qu'à 3 mètres du sol; je désirais m'assurer
par ce moyen si l'influence du sol se ferait sentir sur le papier ozonomé-
trique, et c'est précisément ce qui a eu lieu.
» Il résulte des expériences que nous avons faites, :
» i°. Qu'il y a plus d'ozone le jour que la nuit, lorsque l'on opère sans
tenir compte de l'exposition des papiers ozonométriques.
Pour le jour. ........ 7,01 j. Différence ^
Pour la nuit.. -..-. 6,70 J
» a°. Que l'on, trouve, au contraire, plus d'ozone la nuit que le jour du
côté de la Seine.
Pour le jour. . . ... . . . 5,64 j ^^ ^
Pour la nuit ..... 6,38 J
» 3°. Qu'il y a, comme dans le premier cas, plus d'ozone le jour que la
nuit du côté de la cour..
Pour le jour. ........ ,,56 j DiffiW 6g :
Pour la nuit 0,91 }
» Si maintenant nous, examinons les résultats que fournissent nos expé-
riences par rapport aux deux altitudes auxquelles nos appareils étaient
situés, nous constatons les suivants :
» i°. Qu'il y a moins d'ozone au premier qu'au troisième étage, lorsque
l'on opère sans tenir compte de l'exposition des papiers ozonométriques.
Premier étage, la cour et la rivière ensemble 6>77 1 ,_..,., ,
Troisième étage, la cour et la rivière ensemble. ... . . 7,00 )
- »-2V Que si, au contraire, nous, recherchons les résultats fournis sépa--
( IJI 7 )
rément du côté de la cour et du côté de la rivière au premier et au troisième
étage, nous trouvons :
» 3°. Qu'il y a dans les deux cas plus d'ozone au troisième qu'au premier
étage.
Du côté de la cour au premier étage n , 1 5 )
Du coté de la cour au troisième étage 7>3a j Dl ^ rence °> l l'
Du côté de la Seine au premier étage 5,82 )
Du côté de la Seine au troisième étage 6 ,' 20 ) Différence ° » 38 -
» Pendant que nous examinons le rôle que joue l'ozone par rapport à
l'altitude des appareils et aux diverses situations qu'ils occupent, je rappel-
lerai que précédemment nous avons dit qu'après onze jours d'observations
nous avions abaissé l'appareil n° 1 placé le long du mât, de telle sorte qu'il
fût plus rapproché du sol. Voici les différences que j'ai obtenues dans ce
cas
Premier cas, 1 1 mètres au-dessus du sol 8 38 1
Deuxième cas, 3 mètres au-dessus du sol 6, 38 I Dlfférence 2 >°o.
» Ici, comme dans tous les cas qui concernent l'altitude, nous retrou-
vons la même loi qui démontre que plus on s'élève, plus on rencontre
d'ozone.
» Une preuve qui vient à l'appui de l'influence que l'ozone exerce sur la
santé se trouve dans Fexamen d'un état indiquant le nombre des malades
survenus depuis le 1 2 septembre jusqu'au 3i octobre dernier. Cet état, que
j'ai fait établir de telle sorte qu'il indique là situation des malades par étage,
fournit les résultats suivants sur 4g malades :
Pour le premier étage 21 1
Pour le deuxième étage 1 2 (
Pour le troisième étage 12 [ Total ^9-
Pour le quatrième étage 4, I
» D'où il suit que le nombre de ces malades a été beaucoup plus fort au
premier étage qu'au troisième.
» J'ai voulu m'assurer si la marche de l'ozone à Saint-Cloud était la
même que celle de Versailles,, et pour atteindre ce but, j'ai choisi, afin que
tes résultats fussent comparables, celui des appareils de Saint-Cloud qui,
par sa situation, me paraissait le mieux placé pour être en harmonie avec
celui de Versailles; l'appareil n° 2, hissé au haut du mât, m'a semblé réu-
nir, ces. conditions. M. Richard a tracé un plan graphique représentant ces-
(ii,8)
detix çoutbes-rapproches, et il résulte de ce rapprochement que la marche
de l'ozone, à très-peu d'exceptions près, est exactement la même à Saint-
Cloud qu'à Versailles^ Ce fait est important, ■_ parce qu'il prouve que la pré-
sence de l'ozone subit la même loi que les autres phénomènes météorolo-
giques, en s'exerçant également dans un certain rayon. » ,
*'■ ' - .- ..-:"'■■■-'"■"-
M. Rambosson lit une BTote intitulée : Recherches sur l'enseignement
de la parole aux sourds-muets : moyen simple et facile probablement em-
ployé par les premiers inventeurs de cet art. (Extrait.)
" (Commissaires, MM. Andral, Cl. Bernard. )~
«-"■Les résultats que l'on obtient de nos jours dans l'enseignement dé la
parole aux sourds sont, dit l'auteur, si peu satisfaisants, qu'on est d'abord
porté à croire qu'il y a eu de ^exagération dans ce qu'on nous rapporte des
succès obtenus par les premiers inventeurs. Cependant, en y réfléchissant,
j'ai été porté à croire véritables les récits; quLnous ontété transmis, et a sup-
poser seulement qu'on? aVait oublié d'y- mentionner -des circonstances qui
avaient une grande importance sur la réussite de L'enseignement^
» Lorsque j'étais chargé de la direction de l'Institution royale des
Sourds-Muets à Chambéry, Je remarquai que les sourds-muets les plus jeunes
arrivaient sans beaucoup d'efforts à prononcer des, mots; mais pour ceux
qui étaient déjà d'un certain âge, c'était une perte de temps et une peine
incroyable pour arriver à presque rien, C.'S.- ;......
» Ce fait m' ayant : frappé, je m'informai ensuite, dans les différentes insti-
tutions que je visitai, lorsque j'entendais un sourd-muet parler un peu naieux
que les autres, à quel âge on avait commencé à lui enseigner la parole; et il
se trouva, sans aucune exception, que laparoleavaït été enseignée à ces sourds-
muets dès la première enfance. J'entrevis tout de suite ce qui empêchait
l'essor de cet enseignement! ïe m'empressai d'aller visiter l'établiâsement de
M. Dubois, rue de Courcelles, a Paris. M. Dubois père, homme admirable
de dévouement, et dont les amis des sourds_-muetspleurent la mort récente,
m'ouvrit les portes de l'établissement avec la plus grande obligeance, fit
exercer les élèves, et me permit de les exercer moi-même. J'eus de nouveau
la satisfaction de voir la justesse de mon observation.
» Je fis part de. mes réflexions à ce maître distingué; elles se trouvèrent
en parfaite harmonie avec sa manière de voir. Il me cita plusieurs faits qui
vinrent les corroborer, entre autres celui de l'éducation de son fils, qui est
sans doute, pour le moment, le sourd-muei du monde qui parle le mieux.
( ii i9 )
Il est lui-même professeur d'articulation à l'Institution impériale des Sourds-
Muets de Paris. Son éducation pour la parole fut commencée aussitôt
qu'on se fut aperçu qu'il était sourd-muet. J'ai fait, dit M. Dubois, quelques
autres éducations de sourds-muets pour la parole, en les prenant dès, la plus
tendre enfance, à l'âge où les autres enfants commencent à parler; elles
ont aussi et sans beaucoup de peine parfaitement réussi.
» A l'âge où l'on commence en général l'éducation du sourd-muet, les
résultats que l'on obtient par tant de travaux sont peu de chose, si on les
compare à ceux obtenus dans un âge plus tendre. Ce serait à la mère,
lorsqu'elle tient son petit enfant sur ses genoux, ou à ceux qui la rempla-
cent dans les soins maternels, à commencer cet enseignement. C'est là, sans
aucun doute pour moi, les moyens employés par les premiers inventeurs
de l'art, et la solution de ce problème si plein d'intérêt. »
M. Gomès de Soçza commence la lecture d'un Mémoire intitulé : addition
à un Mémoire sur la détermination des fonctions inconnues qui rentrent
sous le signe d'intégration définie.
(Commissaires précédemment nommés : MM. Liouville, Lamé, Bienaymé.)
MÉMOIRES PRÉSENTÉS.
M. Dufrénoy présente au nom de MM. Chatonej, ingénieur des Ponts et
Chaussées, et Rivot, ingénieur des Mines, la première partie d'un Mémoire
intitulé : Considérations générales sur les matériaux employés dans les
constructions à la mer.
« Leur Mémoire est divisé en deux parties : la première comprend les
procédés d'analyse, les résultats numériques et la discussion théorique de's
résultats obtenus; elle est due plus spécialement à M. Rivot.
» Dans la seconde partie, M. Chatoney fera connaître les résultats des
expériences pratiques, entreprises au Havre, et les précautions nécessaires
dans la préparation et la mise en oeuvre des différents matériaux hydrau-
liques.
» Les analyses des nombreux échantillons et la discussion des résultats
analytiques conduisent aux conclusions suivantes :
» Les calcaires argileux ou siliceux, les mélanges artificiels de calcaire,
( I T20 )
de sable fin, de silex porphyrisé ou d'argile, ne peuvent donner par la cuis-
son des produits de bonne qualité, chaux hydrauliques ou ciments, qu'à
la condition d'une très-grande homogénéité. Un grand nombre de bancs
calcaires, facilement exploitables, présentent une très-grande hétérogénéité
dans la dissémination du sable et de l'argile. -On ne peut utiliser les produits
de l'exploitation qu'après les avoir pulvérisés et rendus homogènes par des
-procédés mécaniques; ces opérations doivent précéder la cuisson.
» Les mortiers et les ciments ne peuvent être stables que s'ils présentent
une texture assez compacte, et en -même temps, vers les surfaces des con-
structions, une proportion de carbonate de chaux assez grande, pour que
l'eau de mer ne puisse pas se renouveler facilement dans leur intérieur. Les
conditions à remplir présentent des difficultés variables avec la nature des
constructions et avec la composition de l'eau de mer dans les différents
ports.
» On ne peut déterminer les conditions pratiques les plus convenables,
ia meilleure composition chimique des matériaux à employer, que par des
expériences spéciales faites dans les localités elles-mêmes, dans des' condi-
tions très-voisines de celles dans lesquelles les constructions seront placées.
Les expériences dans des cuves, ne peuvent donner que des indications
incomplètes. Les précautions pratiques dans la mise en œuvre ont une im-
portance au moins aussi grande que la composition chimique des matériaux.
» Les chaux hydrauliques siliceuses, analogues à celles du Theil, font
prise par l'hydratation du silicate de chaux, produit par la cuisson ; l'hy-
drqsilicate a une composition nettement définie, représentée par la formule
Si0 3 +3ÇaO + 6HO._ .?:":..:
» Les précautions qu'il faut prendre dans l'emploi de ces chaux hydrau^
liques sont relatives à la proportion de chaux libre contenue. Elle doit être
en excès d'autant moins grand, que l'eau de mer contient moins d'acide
carbonique et d'hydrogène sulfuré.
» On peut obtenir d'excellentes chaux hydrauliques artificielles en sou-
mettant à une cuisson modérée un mélange intime de calcaire à peu près
pur avec du sable fin, avec du silex porphyrisé, dans les proportions de 26
â'a5 de silex ou sable fin, et 80 à 75 de calcaire. On obtiendra des produits
d'autant meilleurs, qu'on aura pris plus de soins pour rendre le mélange
intime et homogène. .:-.-...
» Les chaux hydrauliques qui proviennent de la cuisson des mélanges
naturels ou artificiels de calcaire et d'argile- et: dans lesquelles la chaux
( riai )
est encore en excès, présentent un peu plus de difficultés dans l'emploi.
» Les chaux hydrauliques artificielles peuvent être au moins aussi
bonnes que tes chaux naturelles; elles sont même beaucoup meilleures dans
certains cas; quand les bancs calcaires sont hétérogènes et quand on ne
prend pas les précautions nécessaires pour établir l'homogénéité parfaite
avant la cuisson, les chaux naturelles sont nécessairement de très-mauvaise
qualité.
» La proportion de 20 à 22 d'argile pour 80 de calcaire paraît être la
plus convenable dans la plupart des cas.
» Dans la composition des mortiers on peut introduire du sable un peu
argileux, dans le cas seulement où la chaux hydraulique employée contient
un trop grand excès de chaux libre. Les mortiers ont plus de liant, sont
plus compactes après la prise et résistent mieux à l'action de la mer. Un
excès d'argile serait très-nuisible; par conséquent, ce n'est qu'avec une
grande prudence, et en s'appuyaut sur des expériences spéciales, qu'on doit
employer le sable argileux.
» Les ciments à prise rapide, obtenus à une température modérée, sont
toujours d'un emploi difficile à la mer. Le composé qui détermine princi-
palement la solidité est l'hydrosilicate de chaux, pour lequel les analyses
indiquent encore la composition :
Si0 3 -t-3CaO+6HO.
« Lesciments'rapides ne contiennent pas de chaux libre, et par suite ne
peuvent être préservés de la pénétration de l'eau de mer que par leur com-
pacité ou par des circonstances extérieures.
» On peut les employer avec plus de certitude en les mélangeant avec une
certaine proportion de chaux hydratée et faisant digérer le mélange pen-
dant un temps assez long.
» Les ciments naturels ou artificiels fortement cuits et ne contenant
qu'une faible proportion de chaux libre, analogues à ceux de Parker, Mé-
dina, Portland, doivent principalement la solidité qu'ils acquièrent sous
l'eau à l'hydrosilicate de chaux Si0 3 -+- 3CaO + 3HO. Ce composé ren-
ferme moins d'eau que les combinaisons correspondantes auxquelles don-
nent lieu les chaux hydrauliques et les ciments portés dans la cuisson à une
température moins élevée.
» Les ciments fortement cuits ont donné de bons résultats pour les
blocs constamment immergés; dans des constructions exposées sur leurs
deux parements à des charges d'eau très-différentes ou variables, les mêmes
ciments ne résisteraient peut-être pas aussi bien.
C. R„ i856, i« Semestre. (T. XLII, H» 25.) 1 47
( I 122 )
» Les pouzzolanes artificielles peuvent très-rarement donner des résultats
favorables. Avec les pouzzolanes naturelles on doit employer les chaux
grasses de préférence aux chaux hydrauliques. Les réactions qui déterminent
la prise sont assez complexes, et ne peuvent être régularisées que par une
très-longue digestion préalable de toutes les matières intimement mélangées
en présence d'une très-petite quantité d'eau.
» Cette précaution est adoptée par les ingénieurs hollandais et paraît être
la condition indispensable de la stabilité des mortiers à pouzzolanes.
» L'eau de mer exerce sur les mortiers et les ciments des actions très-
différentes de celles de l'eau douce, non-seulement par suite des mouve-
ments plus répétés et plus violents des marées et des vagues, mais encore,
et principalement, en raison des sels, de l'acide carbonique, et quelquefois
de l'hydrogène sulfuré qu'elle tient en dissolution.
» Le sel marin retarde en général la prise des ciments et des mortiers; les
sels de magnésie exercent une action faible, et sensiblement la même dans
tous les ports, sur la chaux non combinée et sur l'aluminate de chaux.
L'acide carbonique et l'hydrogène sulfuré existent en proportions très-va-
riables dans les différentes localités; ils agissent depuis le premier moment
de l'immersion jusqu'à la décomposition complète, ou bien jusqu'à ce que
les mortiers ou ciments soient devenus solides et imperméables. Leur action
se porte d'abord sur la chaux libre, et ensuite sur la chaux combinée avec
l'alumine et avec la silice.
» Les cas de décomposition des mortiers à la mer n'ont été bien constatés
que depuis un petit nombre d'années, à la suite d'un emploi plus général
des grandes masses de béton. Les différences d'action de l'eau de mer et de
l'eau douce ne sont pas d'ime nature telle, qu'on puisse admettre que les
fondations en béton, employées maintenant en eau douce, soient à l'abri de
tout danger. »
Le Mémoire de MM. Chatoney et Rivot est renvoyé à l'examen d'une
Commission composée de MM. Chevreul, Poncelet, Dufrénoy, et de M. le
Maréchal Vaillant. _ ,
ÉCONOMIE RUEàLE. — Du pain et de sa préparation,- par M. Mège-Mqcriès.
(Extrait par l'auteur.)
(Commissaires, MM. Chevreul, Dumas, Pelouze, Payen, Peligot,)
« Poursuivant des recherches que l'Académie a encouragées il y a trois ans,
en adoptant les conclusions d'un Rapport de M. Chevreul, je suis parvenu
( na3 )
à foire du pain blanc irréprochable avec toute la substance assimilable du
froment. Ce résultat, si intimement lié à l'intérêt public, vient de l'applica-
tion des observations suivantes faites sur le froment et sur la panihcation.
» Le froment est composé de trois enveloppes : i°l'épicarpe, tégument
ligneux et très-léger, pesant 2 pour roo du poids du blé; 2 l'endocarpe,
recouvert par les débris du sarcocarpe chargé de matière extractive jaune
et d'huile essentielle; cette membrane pèse 3,2 pour 100; 3° l'épisperme
adhérent, très-azoté et incolore, pesant 3,3; 4° l'embryon et l'endosperme
farineux, plus friable au centre qu'à la circonférence, complètement assi-
milables et donnant ensemble 91, 5 pour 100.
» La farine de première qualité vient du centre de l'endosperme et ne
contient qu'un millième de débris de son ; les farines inférieures sont pro-
duites par la zone voisine de l'épisperme plus dure et plus riche en gluten ;
elles contiennent de 8 à 12 millièmes de ces débris de pellicules.
» Le son est composé de Pépicarpe, de l'endocarpe et de l'épisperme
qui retient toujours de la substance farineuse. L'épisperme le rend très-
azoté et peu nutritif.
» Du pain bis. — Les farines inférieures ne produisent du pain bis que
parce qu'elles entraînent inévitablement des débris du péricarpe et de
l'épisperme; le premier agit par son huile essentielle et sa matière extractive
jaune très-altérables; le deuxième par la céréaline qu'il retient à sa surface
interne. Ce principe, décrit dans la première partie de ce travail, est un
double ferment lactique et glucosique. C'est sous l'influence de ces causes
que la farine s'altère et produit les pains inférieurs caractérisés par l'aci-
dité, la couleur brune, le mauvais goût, l'état pâteux et hygrométrique, ainsi
que par sa faiblesse alimentaire.
» La céréaline, comme ferment lactique des plus puissants, fait prédo-
miner la fermentation acide et fait aigrir la pâte et le pain.
» Le gluten, désagrégé et en partie dissous par l'acide au milieu des fer-
ments en activité, se décompose en produisant de l'ammoniaque, dont la
formation explique dans les pains bis la présence des sels ammoniacaux
qui n'existent pas dans les farines qui les produisent,
» Le gluten dénaturé se transforme aussi en ferments vineux ou lacti-
ques. C'est sur cette altération qu'est fondée la fabrication des levains,
c'est cette perte souvent considérable qui fait d'une farine riche en gluten
un pain bis peu nourrissant.
» La matière extractive jaune se transforme en une matière brune ana-
logue à ce qu'on a appelé acide ulmique; ce changement est plus rapide à
147..
( 1124 )
l'air et à la chaleur : c'est pourquoi la croûte est toujours noirâtre, indé-
pendamment de sa densité et de sa sécheresse, tandis que la mïe a une cou-
lear brune plus légère, • ' ._.....'
» L'huile essentielle si douce du froment semble, par des modifications
successives, prendre une odeur herbacée et contribuer à donner au pain
bis la saveur qu'on- lui eonnaît.
» Au four, la céréaline jouant le rôle du ferment glucosique transforme
entre 5o et 80 degrés centigrades une partie de l'amidon en dextrine et en
glucose. La présence du glucose rend le pain pâteux et hygrométrique, et
la décomposition partielle de l'amidon et du gluten empêche le pain bis
de se gonfler dans l'eau ou dans le bouillon.
» Les gaz et tes vapeurs qui soulèvent la pâte brisent ses cellules au lieu
de les élargir, parce que le gluten altéré et en partie dissous ne lui commu-
nique plus l'élasticité nécessaire pour obéir à l'expansion du gaz; de là
vient l'état compacte et serré de ce pain. -'--"-"'_ ;
» Ces par ces réactions qu'une petite quantité de farines impures dans
la pâte suffit pour changer entièrement la nature et la qualité du pain.
» Du pain blanc. ■— La différence qui existe entre le pain blanc et le pain
bis provient de ce que la farine de première qualité ue contenant que dès
traces de péricarpe, ce pain ne brunit pas et ia croûte reste jaune; elle pro-
vient aussi de ce que la céréaline n'existant pas, grâce à l'absence de l'épi-
sperme,- elle ne contient que de la caséine végétale, -ferment lactique' faible
et feraient gkicosique nul ; l'absence 4u glucose et surtout la faiblesse de la
fermentation lactique épargnent une plus forte partie de gluten; la pâte
peut prendre au four tout son développement, et le pain conserver plus de
force alimentaire. ::::;.'.. ._..".'; . ./
» Il faut donc, pour empêcher les farines impures de produire- dit pain
bis, i° prévenir la -formation de la matière brune; a° enlever à la céréaline
ses propriétés de ferment glucosique et de ferment lactique ; 3° séparer les
débris de pellicules par une opération mécanique. -
>j On parvient à ce résultat en partageant le blé broyé en trois parties :
le son qu'on rejette, la farine de_ première qualité et les gruaux impurs.
A. ces gruaux ou fait subir une fermentation vineuse à basse température
dans quatre parties d'eau acidulée ; on tamise te liquide et on s'en sert de
levain pour faire la pâte avec la farine de première qualité. On peut par ce
moyeu faire du pain blauc avec toute la substance assimilable du grain,
moins 4 à 5 pour 100 adhérents au son, c'est-à-dire élever le rendement du
blé en farine de première marque de 70 à 88 pour 100; supprimer les pains
( na5 )
bis; élever de 20 pour 100 environ la production du pain blanc, et donner
à tous du pain de première qualité avec une économie assez forte pour
atténuer les effets des récoltes insuffisantes. »
anatomîe comparée. — De l'appareil circulatoire sanguin chez le
serpent Python; par M. Jacqcabt. (Extrait par l'auteur présenté par
M. de Quatiefages.)
(Commissaires, MM. Duméril, Serres, de Quatrefages.)
« J'ai injecté et disséqué trois Pythons Molures, tous trois de forte taille.
C'est dans le laboratoire de M. le professeur Serres, et aidé de ses conseils,
lorsqu'il occtipait encore la chaire d'Anthropologie, que j'ai exécuté ces
préparations. Sur l'une d'elles, en collaboration avec M. le D r Duméril
fils, nous avons disséqué le système nerveux que nous devons publier plus
fard. Dans le résumé que je présente, je ne ferai pas de bibliographie. On
la trouvera tout entière dans mon opuscule qui a pour titre : « De l'appareil
circulatoire sanguin chez le Python. « Forcé de condenser en un petit es-
pace la substance de mon Mémoire, je ne retracerai que les points les plus
importants.
» Dans la description du cœur, que j'ai éclaircie par huit figures, je si-
gnale dans le ventricule droit une disposition valvulaire que je crois avoir
découverte le premier. C'est celle de la valvuve qui ferme l'entrée du sinus
formé par la veine cave postérieure, et la jugulaire droite qui réserve un
tiers environ de son étendue pour abriter et fermer aussi la jugulaire
gauche, dont l'orifice est adossé à celui du sinus veineux précédemment
indiqué. Ainsi trois orifices veineux fermés par une seule valvule! Quel
procédé simple et ingénieux! Je doute qu'on puisse trouver une plus heu-
reuse application de la loi d'économie exposée par M. le professeur Milne
Edwards, dans son ouvrage intitulé : « Introduction à la zoologie générale. »
Plus d'une fois, dans le cours de ce Mémoire, nous aurons l'occasion de
déférer à cette loi. A priori ne devait-on pas s'y attendre? Chez les Ophi-
diens, les organes resserrés, pressés les uns contre les autres par la forme
allongée à laquelle ils sont soumis, ont pu recevoir directement des bran-
ches artérielles uniques, placées dans leurs intervalles, ou réunir en un seul
tronc les veines qui en rapportent le sang. Mais je reviens à f anatomie du ,
cœur, et j'indique ici seulement les points que je crois nouveaux ou plus
complètement étudiés qu'on ne l'avait fait jusqu'alors.
» Le ventricule droit fixe surtout notre attention. Une colonne charnue
( Iia6 )
s'étendant de la pointe du cœur vers sa base, sondée par son côté supérieur,
libre par l'inférieur, le divise en deux loges, une supérieure, où prennent
naissance les deux aortes, l'autre inférieure, d'où'part l'artère pulmonaire.
La loge inférieure est beaucoup plus grande que l'autre, et sillonnée par des
colonnes charnues peu marquées. L'autre, au contraire, à parois très-
épaisses, est rétrécie par des piliers musculeux très-forts. Puis ensuite se
présente un ventricule gauche qui communique avec l'oreillette pulmo-
naire, mais il n'en part aucun vaisseau.
» J'ai cherché à décrire avec soin et à bien faire connaître les valvules
auriculo-ventriculaires droite et gauche, ainsi que le passage qui fait com-
muniquer les deux ventricules. Mais ces détails ne sauraient trouver place ici.
L'épaisseur des parois du ventricule gauche produit un effet qui n'a pas été
suffisamment apprécié. 11 est bien vrai qu'au moment où la communication
interventriculaire s'ouvre, les deux ventricules en train de se contracter sont
également pleins, l'un de sang artérialisé venant des poumons, l'autre de sang
veineux. Si les deux ventricules étaient aussi épais, il auraient la même force
d'impulsion, et le sang ne tendrait pas plus à passer du ventricule gauche dans
le droit que de celui-ci dfins le gauche. Mais ce dernier, beaucoup plus épais,
lance par l'ouverture interventriculaire dans la loge supérieure du ventricule
droit le sang artérialisé, qui balaye en quelque sorte le sang veineux qui s'y
trouve, le chasse de cette loge vers celle de l'artère pulmonaire, d'où l'uti-
lité d'une communication entre elles, et il s'engage dans les deux aortes qui
sont situées tout près de l'ouverture interventriculaire. Il y a cependant
mélange partiel des deux sangs. Ainsi chez les Ophidiens et les Mammifères
les oreillettes, à part quelques détails de minime importance, sont calquées
sur le même modèle. Même structure de parois, mêmes rapports de formes
et de dimensions, mêmes vaisseaux qui viennent s'y aboucher, mêmes
communications avec les ventricules! Puis quand il s'agit de ceux-ci, qui
ont conservé cependant avec les oreillettes leur position et leur épaisseur
respectives, toute analogie semble rompue ! Le ventricule gauche ne fournit
aucun vaisseau, les deux aortes qui devraient en provenir prennent leur
origine dans le ventricule droit, et celui-ci, par contre, donne naissance en
même temps à l'artère pulmonaire.
» Mais ne serait-il pas possible de démontrer que cette infraction à la loi
d'unité de plan n'est qu'apparente? Supposons pour un instant que la cloi-
son incomplète du ventricule droit des Ophidiens représente la paroi inter-
ventriculaire complète des Mammifères, ainsi modifiée, pour des raisons
que nous avons déjà fait pressentir. Alors tout s'explique. L'unité de plan
w -
( i ,2 7 )
n'est plus détruite : il y a seulement variété dans l'unité; et la loi des con-
nexions vient nous aider à ressaisir les analogies qui nous échappaient. La
loge inférieure du ventricule droit, d'où naît l'artère pulmonaire, représente
Je ventricule droit tout entier des Mammifères. La loge supérieure de ce
ventricule droit n'est plus qu'un diverticulum ou appendice du ventricule
gauche, divisé en deux compartiments, bilobé en quelque sorte, rétréci,
comme étranglé au niveau du passage interventriculaire, par des nom-
breux piliers charnus qui traversent sa cavité.
» Le ventricule gauche recouvre les origines de vaisseaux aortiques.
C'est qu'ici, comme chez les Mammifères, le ventricule gauche empiète sur
le droit en arrière, tandis qu'en avant c'est le droit qui couvre en partie
le gauche. Ce qui vient encore appuyer cette vue, c'est que les valvules de
la base des ventricules étant relevées, ces cavités communiquent entre elles,
non plus par une ouverture rétrécie, mais par un passage assez large, qui
rend admissible l'hypothèse d'un rétrécissement entre les deux loges du
ventricule gauche.
» Ainsi pour nous le cœur des Ophidiens peut être ramené à celui des
Mammifères, dont la cloison interventriculaire ne se serait pas soudée par
son bord inférieur aux parois du cœur, et dont le ventricule gauche serait
divisé en deux loges communiquant ensemble par un passage rétréci.
» Pressé de terminer, pourrai-je esquisser ici quelques-uns des faits les
plus saillants sur le reste du système circulatoire ? montrer toutes les artères
de la tète fournies par un seul tronc, la carotide commune? faire voir com-
ment cette artère, arrivée à la tête, se divise en deux troncs, dont l'un con-
tinue son trajet et l'autre, passant de l'autre côté, s'y distribue en maintenant
ainsi la loi de symétrie ? Devons-nous trouver là une des applications les
plus remarquables de la loi d'économie? Ne serait-ce pas plutôt un effet de
la dégradation dans l'échelle des êtres, par défaut de division du travail,
comme M. le professeur Milne Edwards, ouvrage cité, chap. III, nous
l'indique. Je n'oublierai pas non plus les anastomoses entre les veines portes
rénales et la veine porte hépatique, si nombreuses et si volumineuses, qu'on
peut dire qu'il n'y a pas seulement anastomose, mais presque fusion des
deux systèmes avec mélange partiel du sang qu'ils charrient. Je signalerai,
en outre, le défaut de parallélisme des ramifications des nerfs pneumogas-
triques avec les vaisseaux pulmonaires, et enfin je me demanderai avec
M. le professeur Serres, si la partie beaucoup plus considérable de ces pou-
mons qui n'est ni vasculaire, ni aréolaire, outre ses usages comme réser-
( Iia8 )
voir aérien, ne pourrait pas être considérée pour le grand poumon chez la
femelle, par son contact avec -l'ovaire correspondant,, comme un appareil
d'incubation -? a . . _ . '
EMBRïOGÉNIE. — Sur les monstres doubles. -Extrait d'une Note de
M. ScHULTZE. : ' •
(Commission des prix de- Médecine et de Chirurgie.)
« L'intérêt qui s'attache à l'importante question de. l'origine des monstres
doubles, intérêt qui s'est manifesté au sein de l'Académie des Sciences par
les discussions qui ont eu lieu dans les' séances de mars et avril 1 855 entre
les hommes les plus éminentsen embryogénie et en tératologie, m'a. porté\à
faire hommage à l'Académie de deux opuscules que j'ai publiés sur ce sujet
et à lui présenter un petit résumé de l'ensemble de mes recherches..
» Partant de ce principe que l'embryogénie pathologique est Le seul fon-
dement de la tératologie, j'explique les monstres doubles par la duplicité
totale ou partielle de la bande primitive [Bandelette embrj-coinairehere-
boullet, Axenplatte Remafc). IL ressort évidemment des observations de
MM. Jaeoby s Y. Baer,B.eichert; Valentin,Coste,: sur; les oeufs des poissons,
des oiseaux et des crustacées r que cette double disposition des organes de
l'axe embryonnaire se forme à la surface- d'un seul -çitellus.. _. ■.-'_'
» En outre, il est pro'uvé, par une observation d'Etienne Geoffroy et un
fait rapporté par moi, que chez; les oiseaux, et probablement aussi chez les
reptiles, dont les oeufs, sortant de l'ovaire sans chorion,. s'enveloppent dans
les oviductes d'une coque dure, qu'il y a une seconde condition pour lafor-
mation des monstres doubles, c'est que deux vitellus soient renfermés dans
une seule coque.
» Tous lès animaux dont ' l'oeuf quitte l'ovaire enveloppé du chorioh r les
mammifères, y compris l'homme, les amphibies et les poissons,, manquent
des conditions d'une fusion secondaire de deux vitellus ou de^ deux em-
bryons s'y formant y des monstres doubles ne peuvent naître chez eux que
sur un seul vitellus.
» Quelles sont donc les conditions sous l'empire desquelles unebandelette
embryonnaire en partie ou entièrement double se montrera dans un vitel-
lus ?Un tel vitellus diffère-t-il del'ordinaire, et par quoi? Déjà F_-W.., Benêke,
dans sa Disquisitio de ortu et cousis monstrorimu, propose l'hypothèse que
la coexistence de deux vésicules germïnatives dans un vitellus devient la
( M 29 )
cause de la naissance d'un monstre double. Moi je l'ai prononcé pour la
première fois avec assurance dans mon traité : Ueber anomale Duplicitat
der Âscenorgane (douzième résultat) que les monstres doubles naissent par
une différenciation primitive et simultanée dans des œufs dont le vitellus
contient deux vésicules germinatives. M. Coste, dans la séance de l'Académie
du 16 avril i855, s'est prononcé pour la même opinion. Des faits embryolo-
giques dissipent tous les doutes qui pourraient rester à ce sujet. La grande
importance de la vésicule germinative pour la segmentation et pour la for-
mation de l'embryon est reconnue par tous lesembryologistes. Des vitellus
sans vésicule germinative ne sont pas fécondables. La manière dont la vési-
cule germinative se répartit dans tous les globules de fractionnement du
vitellus n'a été observé qu'une seule fois par M. J. Muller chez YEntoconites
mirabilis. Ordinairement la vésicule germinative n'a pu être observée dès le
commencement du phénomène de segmentation. Chez les animaux dont une
partie seulement du vitellus subit la segmentation, chez la plupart des pois-
sons, chez les reptiles et les oiseaux, c'est celle qui entoure la vésicule ger-
minative, et la bande primitive occupe précisément la place de la vésicule
germinative. 11 est très-probable que chez les amphibies, les mammifères,
et, parmi les poissons, chez les pétromyzons dont les œufs éprouvent une
segmentation totale, la fonction de la vésicule germinative est encore la
même pour la formation de l'embryon.
» D'après cela, il semble évident que la place de la vésicule germina-
tive doit être plus tard le centre de la formation de l'embryon. Dans le
blastoderme d'un œuf, dans lequel se développe un monstre double,
existent deux- centres de formation plus ou moins rapprochés ou éloignés.
La fonction de Ja vésicule germinative pour le développement normal étant
prouvée, il en résulte la preuve de l'existence de deux vésicules germi-
natives dans les œufs où naissent des monstres doubles. L'existence pa-
thologique de deux vésicules germinatives dans un œuf est souvent obser-
vée, tandis que le développement de ces œufs ne l'a été jamais; cependant
l'anatomie comparée nous fournit un fait qui s'y rapporte : les œufs d'une
petite turbellariée, du Fortex balticus, qui contiennent deux vésicules
germinatives, produisent toujours deux embryons, selon les observations de
Max Schultze.
» Chez tous les animaux dont le développement des œufs a été observé, la
vésicule germinative est la première formation et la plus essentielle de l'œuf.
Chez les vertébrés, une partie des cellules de l'ovaire embryonnaire se dé-
veloppe en vésicules germinatives, tandis «fue le reste forme le parenchyme
C. R. 18S6, i« Semestre. (T. XUI, If» 23.) * *°
( n3o )
dé l'ovaire.- L'espace autour de la cellule germinative s'agrandit et forme
le follicule de Graaf. Autour de la vésicule se dépose le vitellus, et autour
de celui-ci naissent la membrane vitelline et les autres formations secon-*
daires. Si des cellules primitives deux qui sont très-rapprochées se changent
en vésicules germinatives, ou si en général le développement, du pareru
chyme n'a pas lieu entre deux vésicules', elles seront situées dans un seul
follicule. Ici elles peuvent encore se développer en deux œufs. Mais si elles
sont couchées assez près l'une de l'autre, un seul vitellus les enveloppera,
une seule membrane vitelline et un seul oolemma en fera un seul œuf, dans
lequel cependant, s'il est fécondé, deux centres de formation se montreront.
Par conséquent, il y naîtra un monstre double. :
» La position primitive des vésicules germinatives aura une grande in-
fluence sur le degré et l'espèce de la duplicité, parce qu'elle détermine la
place des centres de formation. Sur les œufs dans lesquels par leur figure
même on peut remarquer des axes différents, l'embryon est toujours paral-
lèle à un même axe de l'œuf. Par conséquent, les deux bandes primitives
qui composent le monstre double seront opposées ou par leurs têtes ou
par leurs queues, si la ligne qui joint les deux vésicules germinatives est
parallèle à cet axe-, elles seront couchées parallèlement l'une près de l'autre,
si cette ligne est perpendiculaire à cet axe.
» Il faut supposer aussi qu'un certain axe de la vésicule germinative déter-
mine la position de l'embryon. Quand même il n'y aurait pas d'observations
à ce sujet, cet axe pourrait être reconnu, parce que la tache germinative est
située toujours près de la paroi de la vésicule. Normalement, il faut que cet
axe soit parallèle à l'axe embryonnaire de l'œuf. Quand, au contraire, ces
axes de deux vésicules germinatives situées l'une à côté de l'autre sont des
obliques qui s'écartent également de l'axe embryonnaire de l'œuf, de ma-
nière que les queues sont rapprochées, il se formera une queue simple et
moyenne et une tête double dont les extrémités seront divergentes j quand
les têtes des axes sont convergentes, une simple tête et une double queue se
formeront. Delà différente grandeur de l'angle formé par les axes des vé-
sicules germinatives et de la distance plus ou moins grande entre les vé-
sicules se déduisent deux séries déformes différentes de la bande primitive
double. Si nous y ajoutons les positions des axes déterminées plus haut,
tous les monstres doubles s'expliqueront facilement.
» En effet, dans les observations dont nous avons fait mention, la bande-
lette embryonnaire a toujours montré une des trois formes nommées plus
haut. Par leurs modifications expliquées par moi et réduites aux différentes
( n3i )
positions des vésicules germinatives, la forme extérieure et toute l'organi-
sation des monstres doubles connus jusqu'à ce jour, s'expliquent d'après les
lois du développement normal, comme je l'ai fait voir dans les Mémoires
imprimés qui accompagnent cette Note. C'est ainsi que j'ai montré comme
tous les monstres doubles autositaires, y compris ceux à deux ombilics, en
outre, tous les parasitaires, y compris les endocymiens difficiles à expli-
quer, naissent sur un seul vitellus.
» En adoptant les noms donnés par les tératologistes, nous dirons que les
monstres doubles se rangent, eu égard à leur genèse, dans les trois séries
mentionnées plus haut, de la manière suivante : Première série, duplicité
antérieure; deuxième série, duplicité postérieure ; troisième série, duplicité
parallèle. »
L'auteur considère successivement ces trois cas. Le défaut d'espace ne
nous permet pas de reproduire cette partie de la Note.
physique. — Des courants induits, considérés relativement à leur pouvoir
chimique : application à V électricité employée comme force motrice; par
M. E. Lacombe.
(Commissaires, MM. Duhamel, Despretz.)
chimie. — Action des acides azotique et chlorhydrique sur le chlorure de
barium et l'azotate de baryte; par M. E. Baudrimont,
(Commissaires, MM. Chevreul, Dumas, Pelouze.)
chimie organique. — Considérations sur la génération des produits orga-
niques par leurs éléments simples 3 le carbone, l'hydrogène et l'azote;
par M. E. Baudrimont.
(Renvoi à la même Commission.)
M. Joire prie l'Académie de vouloir bien admettre au concours pour les
prix de Médecine et de Chirurgie, un opuscule dont il lui a précédemment
offert deux exemplaires, et qui a pour titre : « Études sur la circulation ».
(Commission des prix de Médecine et de Chirurgie.)
M. Liegard adresse une nouvelle analyse d'un recueil de Mémoires sur
diverses questions de médecine et de chirurgie pratique, précédemment
présenté au concours pour les prix de Médecine et de Chirurgie.
(Commission des prix de Médecine et de Chirurgie.)
i48..
( ii32 )
M. Lechevallier envoie un complément à sa précédente communication
sur la navigation aérienne. ' : ■ • r.:'
(Renvoi à la Commission déjà nommée,)-:
M, Bodotceap soumet au jugement de l'Académie la, VIII e partie de ses
recherches sur le mode de propagation de la sangsue médicinale, ~
, (Renvoi à la Commission nommée.) •.':." -
M. Cadet envoie de Rome une nouvelle séçie de corrections, relatives
à ses précédentes communications sur le cholém-morbus et suq : les ento-
zoaires observés dans ies déjections des cholériques. .
(Renvoi à l'examen de la Section de Médecine constituée étt Commission du
J prix du legs Rréanti)" - "
Mv RiDPi.Q adresse de Bédizzole, canton de Bréscia, royaume Lotnbat'dcS-
Vénitien, une Note écrite en italien: sur la màlûdie.de ta vigne. /^ -
L'auteur, d'après les résultats des essais qu'il a faits dans ses propriétés,
et les renseignements qu'il a pu se procurer sur les tentatives faites dans les
différents pays pour arrêter la marche de l'oïdium, est arrivé àcqjachjçe
que tous lès moyens employés jusqu'ici sont absolument insuffisants, et que
le seul qui présente dès chances de réussite, c'est la plantation de nouvelles
Vignes après extirpation dés anciennes, extirpation indispensable non-seule-
ment dans les lieux où s'est montrée la maladie, mais encore, dans tous ceux
où? lès ceps ri'offrentpas un aspect vigoureux. Il pense que lés Sociétés sa-
vantes rendraient un grand service à l'économie rurale en proposant comme
sujet de prix la recherche des moyens les plus propres à obtenir ce renou-
vellement des vignobles. ; :
M. Taùpbsarb soumet au jugement de l'Académie une Note ayant pour
titre : « Nouvelle manière de mesurer les distancés au moyen de Ja'vjtësse du
.son. » _ _:..!'. ; : : .::::.
L'auteur pense qu'on peut tirer parti de ce moyen, en campagne, dans
beaucoup de circonstances où l'on a besoin d'évaluer la distance d'un point
inaccessible, et où l'important est d'obtenir promptement "cette mésure ?
non de l'obtenir avec une grande exactitude.
(Renvoi à l'examen d'une Commission composée de M. Dgspretz et de
M. le Maréchal Vaillà'nt.) : " ""
( ît33 )
CORRESPONDANCE.
La Société royale des Sciences de Gcettevgue adresse, pour la biblio-
thèque de l'Institut, le volume VI de ses Mémoires, et remercie l'Académie
pour l'envoi de deux nouveaux volumes des Mémoires et des Savants étran-
gers.
Les Curateurs de l'Université de Leyde adressent, au nom des Univer-
sités Néerlandaises et des Athénées d'Amsterdam et de Deventer, un exem-
plaire de leurs Annales pour l'année i85i-52.
physique. — Sut un appareil destiné à démontrer et mesurer la différence
de conductibilité du bismuth cristallisé; Note de M. Ch. Matteïtcci,
(Extrait.)
« Dans la séance du 6 mars i855, j'ai eu l'honneur de communiquer
à l'Académie l'extrait d'un Mémoire (i) sur les propriétés physiques du
bismuth cristallisé et principalement sur la différence de conductibilité
pour le courant électrique. Les tiges de bismuth étaient coupées sur des
masses de bismuth cristallisé, distinguées en deux catégories, suivant que
les plans du clivage principal étaient perpendiculaires ou parallèles à la
longueur des tiges. J'ai trouvé que le rapport de la conductibilité des pre-
mières à celle des secondes était i : i,t6. Afin de pouvoir opérer sur des
tiges assez longues, j'avais été obligé de réunir bout à bout plusieurs tiges
de la même catégorie. Les extrémités des tiges étant amalgamées, l'union
était établie par l'interposition d'une couche excessivement mince de mer-
cure entre une tige et l'autre. Quoique je me fusse assuré que cette union
était parfaite, j'ai néanmoins désiré de vérifier mes résultats, n'ayant recours
qu'à une seule tige. J'ai réussi dernièrement à obtenir des tiges longues à
peu près de 5i millimètres, et qui étaient d'une structure homogène dans
toute leur longueur. Ces tiges ont été réduites aux mêmes dimensions à l'aide
d'un comparateur de M. Froment qui donne distinctement -^ de milli-
mètre. Une bonne manière de s'assurer de l'homogénéité de la structure
de ces tiges est de les suspendre à un fil de cocon entre des armatures très-
{i) Nuovo Gmento, totnel, page â6.
( fi34 )
larges, en fer doux, d'un fort électro-aimant ; il faut que ces armatures ren-
ferment en quelque sorte les tiges qui se trouvent ainsi dans un champ
que MM. Faraday et Verdet ont appelé d'égale intensité magnétique. Les
tiges qui ont les clivages en travers doivent se placer axialement suivant
la ligne des pôles, et les tiges qui ont les clivages longitudinaux se placent
équatorialement, et cela avec plus de force lorsque les clivages sont verti-
caux. »
M. Matteucci donne ensuite ici la description d'un petit appareil qui
lui sert à démontrer l'inégale conductibilité des tiges de bismuth axiales ou
équatoriales. Cet appareil passe sous les yeux de l'Académie ; mais quoiqu'il
soit très-simple, il serait difficile d'en faire comprendre les dispositions sans
l'aide d'une figure. On se contentera de dire que l'expérience consiste essen-
tiellement à introduire une tige de bismuth dans chacune des branches d'un
courant bifurqué, d'ailleurs parfaitement égales, et enroulées en sens con-
traire sur un galvanomètre.
L'appareil permet de placer et de déplacer très-facilement les tiges de
bismuth, ou même de les remplacer par deux tiges de cuivre. Après s'être
préalablement assuré de l'égalité parfaite des deux circuits dérivés au moyen
de ces tiges de cuivre, on les remplace par des tiges de bismuth toutes deux
axiales ou toutes deux équatoriales, et le galvanomètre continue à demeu-
rer immobile. Si, au contraire, l'une est axiale, l'autre équatoriale, on obtient
des déviations galvanométriques de 3o degrés et plus, et ces déviations
changent de sens lorsqu'on échange les tiges de situation relative.
ASTBOKOMIE mathématique. - Note sur h condition de convergence des
| séries qui se présentent dans la théorie du mouvement elliptique des
planètes; par M. J.-A. Serre?.
^ « Laplace a démontré le premier que le rayon vecteur d'une planète,
l'anomalie excentrique et l'anomalie vraie sont développables en séries con-
vergentes ordonnées suivant les puissances croissantes de l'excentricité de
l'orbite, toutes les fois que cette excentricité ne dépasse pas une certaine
limite dont la valeur approchée est o,66i 9 5.... M. Cauchy a retrouvé en-
suite ce résultat par une méthode qui lui est propre, et M. Puiseux y est
arrivé de son côté par des considérations du même genre. Mon attention
ayant été appelée sur cet objet à l'occasion du Cours dont je suis chargé
en ce moment à la Faculté des Sciences, j'ai reconnu^qu'en se. fondant sur
( n35 )
les théorèmes généraux dus à M. Cauchy, on pouvait établir la condition
de convergence trouvée par Laplace beaucoup plus simplement qu'on ne
l'a fait jusqu'ici. C'est ce que je me propose de montrer dans cette Note.
» Soient Ç une constante réelle donnée et z une variable réelle ou ima-
ginaire ; l'équation transcendante
(0 ' « — zsmu =£, ,
a une infinité de racines qui dépendent de z et deux de ces racines devien-
nent égales, lorsque z prend une valeur telle que l'équation (i) puisse être
satisfaite en même temps que sa dérivée relative à a, savoir
( 2 ) i — z cosw = o.
Cela posé, si le module de z reste inférieur au plus petit des modules qu'il
faudrait attribuer à cette variable pour que les équations (i) et ( 2) pussent
avoir une racine commune, celle des racines u de l'équation (1) qui se réduit
à Ç pour z = o, sera une fonction parfaitement déterminée de z; et, d'après
un théorème de M. Cauchy, cette quantité u et les fonctions continues de
u seront développables en séries convergentes ordonnées suivant les puis-
sances croissantes de z. Lorsque z est réel, l'équation (1) coïncide avec celle
dont dépend la détermination des éléments du mduvement elliptique des
planètes, s est alors l'excentricité, Ç désigne l'anomalie moyenne et u l'a-
nomalie excentrique ; enfin l'anomalie vraie et le rayon vecteur sont des
fonctions continues de «.
» Des équations (1) et (2), on tire
(3) ; - — . - u~ tang«=£",
(4) * = -!-,
COSK
et la question qui nous occupe se réduit évidemment à déterminer quelle
est celle des racines de l'équation (3 ) à laquelle répond le plus petit module
de z.
» Posons
u — x -+- y \/— i,
x etjr étant deux variables réelles; l'équation (3) se décompose en deux
autres débarrassées d'imaginaires et que l'on peut comprendre dans la for-
mule suivante :
t'es sin2.r ev — e-v e y-u e -ir
\°) ~ — ; = — = cos2.a?H — ,
I ÏÎ36 ))
oùe désigne là Ibasedes fogaritbmés népériens,: En outre,, on tire de^équâ-
lion ^4) ' 'i .-:■■'-' '- ""■'■--' ■ • ri ~- ' " ' " .".
et, d'après la formule (5), = i
(6) - (mod.r) 2 =i : -^r = , .-.('r) 1 ,- W r ~" :
On voit que la plus petite valeur de (mod._z) correspond à la plus grande
des valeurs de y; donc, pour résoudre dans toute sa généralité la question
quenous avons en vue, il nous faudrait trouver celle des racines de l'équa-
tion (3) dans laquelle le coefficient y de ipî ala plus grande valeur. Mais
si Ton veut seulement connaître,; ce qui est le point essentiel^ le maximum
de toutes les plus grandes valeurs de jr qui répondent aux diverses valeurs
Hé la constante Ç, il suffira de; comparer enjtre ellesles valeurs dejr qui sont
telles qu'on puisse tirer dés. équations (5)Zes valeurs réelles de x et de Ç.
Comme les équations (5) donneront toujo'urs pour Ç une valeur réelle, si
la valeur de x est elle-même réelle, on peut se Corner à .considérer cette
dernière variable. On tire immédiatement de la formule i$\. : ;
sin2a: = __^ ___-— —j — .;. a.^Lj.a.3 Il2 ...5_ j
cos2a; = ____^__ -^j^-^-^i i2 i4 1 6 j
La valeur de sin 2 * est toujours posMveo\i nulle; donc pour que x soit
réel, il suffit que cos 2 * ne soit pas négatif, et la condition pour qu'il en soit
ainsi ist que la fonction
ê "' - : -'- - v _" il _ _Jzl_ _ _^z!_ - -
Y — * 1.2 1.2.3.4 I-...6
soit positive ou nulle. Cette fonction Y.est constamment décroissante et elle
n'a, par suite, qu'une seule racine positive; on trouve aisément que la
valeur de cette racine est égale à 1,1996.... On voit ainsi que 1,1996.;.
ëstla plus grande des valeurs de y auxquelles répondent des valeurs réelles
de x et de £; en donnant à y cette valeur dans l'équation (6) on ob-
tient ~"~l-7.~:__ _ - — ^~-~*'\ =5 Li- '.
4 mod. z 3= 0,6619577., , — .
( "37)
■en sorte que si le module de z reste inférieur à cette limite, l'équation (i)
n'aura point de racines égales, quel que soit £.
» Il est démontré par ce qui précède que si l'excentricité de l'orbite d'une
planète est inférieure à 0,66195.... l'anomalie excentrique, l'anomalie vraie
et le rayon vecteur seront développables en séries convergentes procédant
suivant les puissances croissantes de l'excentricité. »
géométrie. — Note sur la courbure géode'sique; par M. Ossian Bonnet.
« On connaît l'importance de l'élément que M. Liouville a nommé cour-
bure géodésique. Cet élément qui remplace la courbure ordinaire, lorsqu'on
considère une ligne comme tracée sur une surface déterminée, a été mis
sous différentes formes. Je me propose de faire connaître une forme nou-
velle qui, en raison de son élégance et de sa symétrie, me semble offrir
quelque intérêt.
» Soient «, v les deux variables indépendantes au moyen desquelles on
fixe les différents points de la surface, et supposons, comme d'babitude, l'é-
lément linéaire ds de la surface déterminé par l'égalité
ds* = Edu 2 ■+■ iFdudv ■+■ Gdv 2 .
Considérons deux séries de lignes orthogonales représentées respectivement
par les équations
k = const. , |3 = const.
Posons, pour simplifier,
da = mdu-+-ndv, d /3 t= pdu + qdv^
nous aurons, k étant un certain facteur
(0 \{En~¥m) = p, \{En -Gm) =q,
d'où
(2) En'-zFmn + Gm^^-j^Eqt-lFpq-hGp 2 ).
» Or, s et t étant les arcs des courbes a = const., /3 = const., la caracté-
ristique d a indiquant les différentielles prises en laissant /3 constant et fai-
C. R., i856, i« Semestre. (T. XLU, N» 23.) l4g
( ii 38 )
sant varier a de da, et la caractéristique d- les différentielles, prises en lais-
sant a constant et faisant varier ]3 de c?p, on a, d'après une-formule connue,
pour la courbure géodésicnie - des courbes a. — çonst^ -- • • •
■ ■ ■ - ■ - - ■ - P« ■ ~ ■ _ ■ _
i d d.s
' a' ' d.s.d t
Mais
donc .;■-.;
J_ _ \/E'<r z —-2Fpq H- G/>* <jEn*—2Fmn+Gm> . \JEG — F-
et, en se rappelant l'égalité (a), . . .
j _ E/2'— àFma + G.w' , , - ... tf : - ~ ;
D'ailleurs
</ - -, yE^r-aFw/z.H-G/tt^ v(E« 2 — 2Fwi+. G*? 2 , -
" \jS.n- — 2 Fm« H- G m? > - . - --- du, -•-■=--> « ^ ^ #« (',
puis . __ .
d'où
On a donc encore
md a u -f- nd a v = da;
pd a u -+- qd a v = o,
d u = ~ y ^ a — ^ F " — G ~ m ) d *
« ~ np — mq ~~- Ej« 3 —%%nm .-h^Gm 2 r.
d v = pda -, (Ew — Fw)rfg
rf_
E>z — F-/« -r ;; Iftg/i'— 2Fm+ Ga ;
( i*3 9 )
ou bien enfin
i i
P* \/EG
en remarquant que
r En — Fm Fn—Gm- "1
[ I ^/E«'-2Fmg + GBi' y/E/z'— iFmn + G m* I
3f L' ~dv ' dit, J'
dj(En— F m) d\(Fn—Gm)
n k
du du
Si les courbes a = const. sont des lignes géodésiques, leur courbure géode*
sique est nulle en chaque point. Donc
En— Frn , Fn — Gm
d , a-
v/E«' — 2Fm«+ Gbi' v^En 2 — 2F/?772 + G/?7 2
Ainsi on connaît alors le facteur qui rend intégrable l'équation
(En — F m) du + (F« — Gm)dv— o
des trajectoires orthogonales des courbes considérées a = const. »
physiologie végétale. — Recherches sur l'accroissement en grosseur des
Dicotylédones ligneux; par M. V. Mathieu. (Extrait.)
« Les discussions qui eurent lieu il y a quelques années, dans le monde
savant, relativement à la question de l'accroissement en diamètre des Dico-
tylédones ligneux, avaient retenti jusque dans ma province, et comme de
ces discussions n'était pas sortie pour moi une solution bien claire de la
question, je fus conduit à chercher de mon côté. En cherchant, j'ai trouvé
et je ferai voir que, contrairement à une certaine école (celle du cam-
bium se dédoublant), un corps étranger passé dans le liber, ou entre le
liber et l'aubier, se retrouve toujours entre deux couches d'aubier. Ce
phénomène a été visible, même au bout de dix jours. Ce que je passais
était ordinairement une bande de papier de i centimètres de large, et,
pour la recouvrir, le ligneux procédait souvent du bas comme du haut
pour se joindre vers le milieu, en passant non au contact du papier, mais
entre deux feuillets de liber, et en y pénétrant comme par les mailles d'un
filet. Plus tard, je donnerai une description détaillée duphénomène, de son
mécanisme et de l'arrangement des tissus.
•i49--
( n4o)
v En cherchant, j'ai trouvé encore qu'une surface d'écorce étant parfai-
tement isolée par l'enlèvement d'un cercle de cette même écorce, et cette
surface étant parfaitement lisse et sans bourgeons, des couches ligneuses et
corticales n'en ont pas moins continué à se former sans le secours ni du haut,
ni du bas, ni latéralement. Le tronc de l'arbre lui-même a donc émis laté-
ralement et horizontalement tout ce qui était nécessaire à la continuation
de son accroissement en diamètre. Ce mode de grossissement me paraît
bien contraire à la théorie de M. Dupetit-Thouars.
» Bien plus, j'ai vu plusieurs fois une décortication assez étendue se
cicatriser sans le secours des parties environnantes et par la formation
d'îles corticales et puis ligneuses. Point de scions ni de radicules, point de
liber, point de cambium.... » , '
Hydraulique. — Note sur le lac de Genève, à l'occasion des inondations
de la vallée du Rhône ; par M. L.-L. Vallée, inspecteur général des
Ponts et Chaussées, en retraite.
« Les malheurs qu'éprouve en ce moment la vallée du Rhône me rappel-
lent un projet que. l'Académie a vu avec intérêt par plusieurs communica-
tions que j'ai eu l'honneur de lui faire depuis les débordements de ce fleuve
en 1 84o. C'est la création d'une réserve du Rhône dans le lac de Genève,
projet qui est décrit dans mon ouvrage intitulé : Du Rhône et du lac de
Genève. Des questions graves' préoccupaient alors (fin de i84o); et entre
autres, pour Genève, celle de savoir si les fortifications seraient démolies.
On pensait aussi à rendre le Rhône navigable du lac à Seyssel. Ges préoc-
cupations empêchèrent que j'achevasse la mission qui m'avait été donnée
officiellement de me concerter avec les autorités suisses ; je fus rappelé, et on
ajourna mon projet. Aujourd'hui il n'est plus question de rendre le Rhône
navigable du lac à Seyssel, et la démolition des fortifications de Genève est
décidée. De là, un moyen de rendre la réserve du lac beaucoup plus avan-
tageuse, en dérivant, dans les moments d'inondation, l'Arve dans le lac par un
canal de 2000 mètres de longueur, partant de l'amont de Carouge et allant
en ligne droite dans le Léman par les fortifications de l'est de la ville. L'exé-
cution de ce canal est parfaitement praticable.
» L'ensemble des ouvrages ne coûterait au plus que 3 millions, y com-
pris une digue dans le lac, laquelle serait un grand embellissement pour le
pays, et deux barrages mobiles, l'un à Genève et l'autre à Carouge.
( »4i )
» Avec ces ouvrages, sur les ordres télégraphiques donnés de Lyoiij
en raison des circonstances pluviales, les eaux du Rhône seraient arrêtées à
Genève ; celles de l'Arve, jetées dans le lac, le seraient également ; Lyon, au
lieu de recevoir par le Rhône 5ooo mètres d'eau par seconde, n'en recevrait
que 4ooo, et Avignon qui en reçoit 12000 n'en recevrait que 1 1000.
» Or, d'après les calculs et les détails très-développés donnés dans mon
ouvrage, il est aisé de voir :
» i°. Qu'à Lyon, en supposant la vitesse moyenne du fleuve de 5 mètres
et sa largeur de 25o, la hauteur des eaux aurait été diminuée d'envi-
ron i m ,45;
» 2 . Que, vers Avignon, la vitesse étant supposée aussi de 3 mètres et la
largeur de 5oo, la hauteur de la crue aurait été diminuée de o m ,78;
» 3°. Que la superficie du lac étant de 600 millions de mètres carrés,
l'arrêt à Genève de 86,400,000 mètres cubes d'eau en un jour ( 1000 mètres
par seconde), n'aurait gonflé le lac que d'une hauteur de i44 millimètres,
et que son plein en été, qui s'élève quelquefois jusqu'à z. m ,ç)5 au-dessus de
son plus bas niveau, n'arrivant que du 16 juillet au 29 septembre, l'arrêt
aurait pu, dans la saison où nous sommes, se prolonger pendant un temps
de beaucoup plus long que la durée des maux qui viennent de désoler et de
dévaster le pays.
» De cet aperçu et de mon ouvrage il suit qu'avec une dépense de 3 mil-
lions, en soulageant les riverains du lac que les hautes eaux gênent dans
le pays de Vaud et dans le Valais, en améliorant la navigation du Léman,
défectueuse auprès de Genève en basses eaux, en embellissant Genève, en
donnant une bonne navigation sur le Rhône français pendant l'automne et
l'hiver, on réduirait toutes les grosses eaux de ce fleuve à des crues
inoffensives jusqu'à Lyon, inclusivement, et presque inoffensives au-des-
sous ; car c'est la dernière goutte qui fait déborder le vase. Tel est le ser-
vice immense qui peut être rendu à la France et à la vallée du Rhône. Jamais
peut-être les circonstances ne seront aussi favorables qu'aujourd'hui à l'exé-
cution de ce projet, tant à cause de l'état des choses à Genève, qu'à cause de
la sollicitude éclairée du Gouvernement pour les besoins des populations
souffrantes.
» Il y a pour le Rhône un lac de Genève, avantage que n'a malheureu-
sement pas la Loire; la mission providentielle de ce lac est au grand jour*
le zèle paternel des autorités fera le reste ! »
( "4a )
météorologie. — Relation entre les inondations en France et le Siroco
d'Afrique; par M. Fabre, (Extrait,.) - V.
« Par une Note de novembre 1 852 , j'ai eu l'honneur d'appeler l'attention
de l'Académie sur la relation qui paraît exister entre les débordements de
nos fleuves et ces puissantes émissions de vent chaud, connues dans toutes
les contrées qui avoisinent la Méditerranée sous le nom de Siroco. Je pense
que ce vent, si sec en Afrique, et que rend visible la fine poussière dont il
est chargé, enlève, en traversant la mer, une quantité considérable de va-
peur, arrive, avec cette vapenripénétrée de la chaleur qu'il a partagée avec
elle, jusqu'à nos montagnes du centre, de l'est et du midi, et, là, donne
lieu à d'immenses effluves, soit par l'eau qu'il abandonne en se. refroidis-
sant, soit par la fusion de neiges qu'il provoque. Aussi ce météore me pa-
raît-il être surtout redoutable à l'entrée et à l'issue de l'hiver, quand il
rencontre, sur les Alpes, les Cévennes et les Pyrénées, des neiges molles
dont il entraîne de grandes quantités à la fois. Il est moins à craindre en
plein été, quand la température de nos contrées du nord s'est élevée et
que la saison a fait écouler les neiges qui ne sont pas éternelles.
: » Que l'Académie veuille bien me permettre d'appeler de nouveau son at-
tention sur cette question : les désastres qui nous affligent donnent à cette de-
mande une douloureuse opportunité. Nous sommes, je le sais trop,-bién loin
encore des possibilités pratiques d'attaquer le fléau à son origine; mais on
peut les entrevoir, et s'il en est ainsi, la science doit entreprendre dès à
présent l'étude des redoutables phénomènes qui font l'objet de la présente
communication. D'ailleurs., nous allons être en correspondance électrique
avec les contrées où le Siroco prend naissance. N'est-ce donc rien que d'être
avisé de sa venue trois, ou quatre jours à l'avance, et si la relation que
j'ai cru reconnaître existe en effet, n'est-ce rien que-de prévoir, d'après.la
température et l'intensité du vent, d'après la température et l'état de nos
montagnes, le fléau qui menacerait nos vallées? ^ .
» Les observateurs intelligents et dévoués qui tiennent des à présent des
journaux météorologiques en Algérie se feraient un devoir, j'en suis cer-
tain, de ne rien négliger de ce qui peut nous instruire sur la marche du
Siroco et sur ses effets, '.si l'Académie. leur désignait, cette étude comme
utile. » ._::.:.■
La Note de M. Fabre est renvoyée M'éxamen de M. Le Verrier.
("43)
M. Dabld présente quelques considérations sur les inondations et sur
les moyens dont l'effet serait le plus prompt pour empêcher le retour de
désastres semblables à ceux qui marquent si tristement cette année.
« On parle, dit-il, de reboisements, d'endiguements, etc. Les reboisements
retarderont les futurs atterrissements ; les endiguements s'opposeront à un
subit envahissement des eaux; mais ces palliatifs n'empêcheront pas le lit
des rivières de s'exhausser insensiblement. Il faut des mesures qui aient des
effets beaucoup plus prompts. Qu'on recherche donc d'abord les barrages
naturels survenus dans les courbes des fleuves et qu'on les dégage. Il ne
s'agit pas de draguer un chenal sous les eaux tout le long des rivières : ce ne
pourrait être l'œuvre d'un petit nombre d'années. Mais on peut commencer
par surmonter les obstacles les plus imminents; plus tard on calculera les
moyens d'abréger, par l'addition de canaux formant la corde des arcs en-
gravés, l'écoulement des eaux envahissantes, de déblayer les barrages inu-
tiles, et si la navigation en réclame d'artificiels, de les fermer par des écluses
faciles à ouvrir en tout temps, car les glaces en France ne sont pas un em-
barras invincible. »
Médecine. — Note sur l'anestkésie du sens du goût; par M. Gntof . (Extrait.)
« La chirurgie fait un fréquent usage de la glace , de mélanges réfrigé-
rants employés comme anesthésique local. Ces réfrigérants, qui abolissent
la sensibilité à la douleur, sont-ils. aussi propres à étendre la sensibilité
spéciale, celle du goût, par exemple? A priori, on est porté à le croire ainsi,
mais aucune expérience, à notre connaissance du moins, ne l'a encore
démontré. C'est le hasard qui nous a fait reconnaître qu'un morceau de
glace, conservé dans la bouche, enlève presque complètement aux mu-
queuses linguale et buccale leur aptitude à percevoir les saveurs. C'est là un
résultat qui peut, si nous ne. nous trompons, avoir-son application pratique;
» Ainsi, chacun sait que le Colombo est doué d'une grande amertume.
Or, au moyen de la glace conservée dans la bouche avant de prendre ce
médicament et pendant qu'on en fait la déglutition, on ne sent que très-
peu son amertume, et il est probable qu'on ne la sentirait pas du tout si,
au lieu de glace commune, on employait quelque mélange d'une tempé-
rature plus basse. »
M. Piorry prie l'Académie de vouloir bien comprendre dans le nombre
des pièces admises à concourir pour les prix de Médecine et de Chirurgie
( u44 )
un Mémoire qu'il a lu dans la séance du 3 mars, et qui a pour titre : * du
Dessin des organes, ou de l'Organographisme j».
(Renvoi à la Commission des prix de Médecine et Chirurgie. )
M. Oodky présente divers spécimens d'applications électro-métallurgiques
sur le fer, la fonte et le bois, tant applications immédiates, qu'applications
au moyen d'un enduit intermédiaire.
« Ces produits j n'étant point accompagnés d'un Mémoire descriptif, ne peu-
vent être renvoyés à l'examen d'une Commission.
M. Pieteicola adresse de Laterza, province d'Otrante, un Mémoire écrit
en latin sur la trisection de l'angle, Mémoire sur lequel il sollicité le juge-
ment de l'Académie. . :. .
On -fera savoir à l'auteur que cette question est du nombre de celles que
l'Académie, d'après une décision déjà ancienne, ne prend point en consi-
dération.
#
M Romxski entretient de nouveau l'Académie de la possibilité dé" con-
naître assez longtemps d'avance la constitution météorologique d'un pays à
une époque donnée. _ '-•
La séance est levée à 5 heures un quart. F
: ERRATA.
(Séance du 2 juin 1 856.)
Page J023, ligne 23, au lieu de sin(p, IoA), lisez cos(P, IoA).
» ligne 7.<j, au lieu de sin(P, IoÀ)^ lisez cos(P, IoAJ,
» ligne 27, au lieu de sinloH, lisez cosIoH.
» ligne 32, au lieu de sinus, lisez cosinus. "
COMPTE RENDU
DES SÉANCES
DE l'ACADÉffiE DES SCIENCES.
SÉANCE DU LUNDI 16 JUIN 1856.
PRÉSIDENCE DE M. IS. GEOFFROY- SAINT- HILADIE.
MÉMOIRES ET COMMUNICATIONS
DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE.
théorie DES nombres. — Sur la représentation des nombres entiers par
la forme quadratique x 2 + ay 2 + bz 2 + âbt 2 . Note de M. Liocville.
« La forme quadratique à quatre indéterminées,
x 2 -H- ay 2 + bz 2 -+- abt 2 ,
jouit, comme on sait, de la propriété de se reproduire par ,1a multiplication,
aussi bien que la somme de quatre carrés qui n'en est qu'un cas particu-
lier. Si l'on veut que cette forme, où nous supposerons a et b entiers et
positifs, a étant au plus égal à b, représente tous les nombres i, a, 3,
4, etc., sept cas seulement seront possibles, savoir ceux de a = i et b = i ,
2 ou 3, et de a — 2, b = 2, 3, 4 °u 5. Les nombres 2 et 3 empêchent
d'aller plus Join; l'un d'eux au moins cesserait d'être exprimable par la
forme indiquée, si l'on prenait pour a ou b des valeurs plus grandes. Le
premier cas (a = 1, b = 1) répond au théorème sur la décomposition des
nombres en quatre carrés au plus que Lagrange a démontré dans les Mé-
moires de V Académie de Berlin pour 1770. Le cinquième (celui de a = 2,
b = 3), qui répond au théorème tiré d'abord par Jacobi de la théorie des
fonctions elliptiques, que tout nombre M est de la forme
x 2 -+- ny 2 + 3z a + 62 2 ,
C. B., i856, I er Semestre. (T. X.LII, N° 24.) ' 5o
( n46) .
se ramène au premier et vice versa, ainsi que je l'ai fait voir ailleurs (*).
On peut en dire autant du deuxième, du quatrième et du sixième : la déduc-
tion est même plus facile encore. Pour traiter le troisième cas et prouver
que l'équation
est toujours possible, on pourra se servir, pour ainsi dire sans y rien chan-
ger, de la méthode même que Lagrange donne pour le premier cas dans le
Mémoire cité plus haut. Cette méthode un peu modifiée fournirait aussi une
démonstration directe du théorème de Jacobi : elle s'appliquerait égale-
ment au deuxième, au quatrième et au sixième cas. Mais le septième et
dernier cas lui échappe : j'ai pu seulement en conclure que tout nombre ou
son double est de la forme
X 2 + 2J 2 + 5Z 2 -+- IO* 2 .
méganique ANALYTIQUE. — Expression remarquable de la quantité qui,
dans le mouvement d'un système de points matériels à liaisons quelcon-
ques, est un minimum en vertu du principe de la moindre action. Note
de M. LiouvitLE. . l
« Le principe de la moindre action n'est applicable que dans les systèmes
où l'intégrale des forces vives a lieu. Soient donc m, m r , m",... les masses
des points matériels qui forment un système donné remplissant cette con-
dition, v, v', v",... leurs vitesses, J?7W> 2 la force vive: totale^ et U lafonc-
tion des forces. L'intégrale des forces vives pourra s'écrire ' r
2'" p2 = 2(U + K),
R étant une constante qui dépend de la force vive initiale. Nous supposons
cette constante déterminée, et nous suivons le système depuis son départ
d'une certaine position (i) jusqu'à son arrivée à une autre position (2).
Dans la position (1) la force vive est connue par hypothèse, et dès lors dans
la position (2), comme dans toutes les autres, elle peut se calculer ait moyen
de la fonction des forces.
» Soit ds l'élément décrit pendant l'instant infiniment petit de par le
{*) Journal de Mathématiques, cahier d'avril i845, page x6<j.
( "47)
point matériel m. On aura
ds
Substituant cette valeur dans l'intégrale des forces vives, on en tirera ensuite
, /S mds*
ce qui permettra d'éliminer partout où on le jugera convenable l'élément rf*
du temps.
» La quantité que l'on considère dans le principe de la moindre action
est l'intégrale, prise depuis la position (i) jusqu'à la position (2), de la
somme des produits mvds de la quantité de mouvement de chaque point
matériel par l'élément ds qu'il décrit pendant chaque instant dt sur sa tra-
jectoire. C'est donc
V mvds,
ou
/:
/
dt ^ me 2
en remplaçant ds par vdt. Mais pour se faire une idée vraiment nette du
principe dont nous parlons, il faut remplacer 2 mi»* et dt par leurs valeurs
ci-dessus. On a de cette manière
dt 2 mv' = v/2 (U 4- K) 2 mds' ;
et c'est l'intégrale de cette dernière quantité
i/ 2 (U + K)2 mc fr 2
que le principe de la moindre action concerne proprement. Il faut comparer
la valeur qu'elle prend dans le mouvement réel qui transporte le système de
la position (1) à la position (2) aux valeurs qu'elle pourrait prendre dans tout
autre mouvement fictif propre à effectuer ce même transport. Imaginons
qu'on ait exprimé les coordonnées des divers points du système au moyen
d'un certain nombre de variables indépendantes a, |3,..., 7, de manière à
vérifier les équations de condition fournies par les liaisons: a, P,..., 7 va-
rieront ensemble dans le passage, tel qu'il s'opère en effet, de la position (1)
pour laquelle on a
çt = a,, j3 = p„..., 7 = 71»
i5o..
( "48 )
à la position (2) pour laquelle
a — a 2 , p = p % ,..., 7 = 72-
On pourra regarder ces quantités comme dés fonctions de l'une d'elles tz t
en sorte que
P = f(a),..., t=f(a).
Les fonctions f, ..., f dépendent, je le répète, de la loi du mouvement qui
s'exécute ; elles sont parfaitement déterminées. En mettant pour |3,., ,, 7 leurs
valeurs en a dans la quantité r ,
"'.i/a(UH-'K)2"ii»*v ::;.-. .: ;
cette quantité prendra la forme -■--.-' - . _
1 (a) du,
et son intégrale sera - - .=
X(a) du.
» Maintenant, dans cette même quantité .... .
- : --'-'-- ■"- t^a(i& -f^)2"^V ;: -"- ■■:'-'-'-■-'--'- ---.'--- : --.
faisons
Ies fonctions f>,... T i|> donnant toujours ]3 = /3 t ,..., 7 = 7, pour u = u,,
et j3 = p 2 ,..,, 7 = 7s pour a = a 2 , mais" étant d'ailleurs différentes- de
f r ..„ /*, et répondant par con^sé^ênt^/noôTpRls au mouvement réel, mais à
un mouvement fictif, entre lés mêmes positions extrêmes. Nous aurons une
autre différentielle ...... : ; .-_: : ;_' .^ ' ; : " ■■' . ■
_1 - - ■-.... zsÇu)du - . ■ -/ . ." ~-'
e 4 t une autre intégrale ' ' ; ,'.'-'
" ' ■- ■ - ' ç"H - * - •-'.-'.-"-'■--■-■"- ".'... .1 ;..
._ ..._J ,. . • _.;.. _ \ _ U{u)dçf. r - '■
» Or le principe de la, moindre action consiste en* ce que l'intégrale .
Jna,
<■-■ X{a)âu ' : - "
est moindre que toutes les autres - ._ ,'
■zs(u)dw,
( "49 )
ou plutôt, il consiste en ce que c'est pour /3 = f (a),..., 7 =/(a) que
l'intégrale de
prise de la position (1) à la position (2), a une variation nulle, les variations
provenant du changement des fonctions par lesquelles on exprime arbitrai-
rement j3,..., 7 en fonction de a. dans l'intervalle indiqué.
» Cela posé, je me propose de mettre la quantité
a(U + Kjjmdj 1 ,
dont la racine carrée figure dans .l'énoncé précédent, sous une forme re-
marquable de laquelle naîtront des conséquences intéressantes et des théo-
rèmes nouveaux.
» Les coordonnées des points m, m', m",... du système étant exprimées
au moyen des variables indépendantes a, |3 ,..., 7, il est clair que
V rnds 2
est une fonction homogène du second degré des différentielles da, dfi,...,
dy. Représentons donc sa valeur par
Eda* ■+- a.Fdadp-h Gtf/3 3 + iE.dady-h....
Comme elle est essentiellement positive, on pourra la mettre sous la forme
d'une somme de carrés:
{Vda + Qdfi +...+ Rr/7) 2 -t- (Vda ■+■ QW|3 +...+ R'^7} 2 + ...,
P, Q, etc., étant comme E, F, etc., des fonctions de a, |3,..., 7.
» Désignons par p r q,..., r, p', q',.-., r', etc., d'autres fonctions de a,
/3,..., 7 liées à P, Q, etc., au moyen d'équations de deux formes distinctes,
les unes à lettres semblables,
Pp + py ■+-...= 1,
Q?+.QY-r- -~*r
Br+ RV -+-...= 1,
ayant gour second membre- l'unité, et les autres à lettres dissem-
( iî5q )
blables, ■- ' --
Vq -+- V'q' ■+- . . . = o,
Pr + P'r'4-...= o,
dont le second membre est zéro. On peut toujours satisfaire à ces équa-
tions, dont on verra plus bas l'origine.
» Posons
Pda + Qdfi + . . . -+- Refy = l,
V'da + Qy/3 + . • • + R'<fy = Z',
Vda + Q'^P + . . . + R"^7= /",
et
do, ^ ? d$ ' • * " dy
d a +q d^"-^ r dy
6 désignant une fonction de a, j3,..., 7. D'après la manière dont nous avons
pris les coefficients p,q,..., r, p', q', . . . , r', . . . , on aura
nl+n'l' + n"l" + ...ï=dd,
et c'est en exprimant que le premier membre égale identiquement le second
membre développé
. - d& , , dQ 10 ,
s rf«+gp^-+...,-
qu'on obtient entre p, q, . . . et P, Q, . . . les relations admises plus haut-
» Actuellement prenons pour Q une solution complète de l'équation aux
différences partielles
/ dQ dG d6\* I ,d% , ,d& , , ,ot0\ 2 , m.u\
c'est-à-dire de l'équation
re?4-«' 2 -hre" 2 + . .. = a(U+ R). . ..: . ■
( »5i)
Cela étant, et puisque déjà l'on a
. ^ mdsi = l * + l ' 2 + l " a
le produit
deviendra
(n 2 + ra' 2 + «« + ...) (Z 2 + Z' 2 + Z" 2 + ...),
par suite
(„Z + n'V + n"l" + ...) 2 + (ni'- In') 2 + {ni"- In")* + («'Z" - l'n"f-h ...,
ou enfin
(d0) 2 + (ni' - In'f + (ni" - In") + (n'V - l'n'J + . . . .
» Les carrés qui viennent après (dd) 3 s'annulent tous si l'çn pose
_ — L — il —
D'après les valeurs de Z, Z', /",..., rc, «', n",..., les équations que je viens
d'écrire sont des équations différentielles du premier ordre qui donneraient
par l'intégration les valeurs de a, |3,..., 7 en fonction de l'une de ces va-
riables, a par exemple. Or si vous les joignez à l'intégrale des forces vives,
vous aurez précisément ce que M. Hamilton nomme les intégrales intermé-
diaires des équations dijférentielles du second ordre, que la mécanique ana-
lytique fournit pour le mouvement du système de points matériels dont nous
nous occupons. Nos équations du premier ordre ne sont qu'en même nom-
bre que ces équations du second ordre : aussi contiennent-elles, outre la
constante R, les constantes arbitraires À , B, etc., que $ doit renfermer
pour fournir une solution complète de l'équation aux différences partielles
/ d9 d& dey ,_ _.
En les différentiant, et éliminant les constantes K, A, B, etc., on retrouve-
rait les équations du second ordre, telles que Lagrange les a données. C'est
ce qu'on pourrait vérifier sans peine; mais il est plus simple encore d'établir
directement nos équations du premier ordre par le principe même de la
moindre action, en profitant de la forme commode que nous venons de
donner à l'expression de la quantité
sf"
dont l'intégrale doit être un minimum, ou plutôt doit avoir une variation;
nulle en vertu dé ce principe.
(riSa)
» On fera qu'il en soit ainsi, en posant les équations.
i — -L -=■ —-^ : ' '
n ~ ri ~~ ri T ~ '••' -
parce que dQ étant une différentielle exacte, la variation de son intégrale en-
tre des limites fixes est égale à zéro.. On rfadu reste aucun besoin derecourir
ici aux règles du calcul des variations, et tout peut s'obtenir sans ùalcul^ar
un raisonnement facile" qui s'offre de lui-même. Toutefois, pour être entiè-
rement clair et rigoureux, il faudrait entrera ce sujet dans quelques expli-
cations. Mais, dans le désir d'abréger, j^abandonne pour lemoment ces
détails à la sagacité du lecteur. J'y reviendrai dans une autre occasion.
J'ajoute seulement que les conditions exigées aux. limites, savoir que
j3 = fy, v ._, y—y, pour <% = «,, et /3 — p 2 ,..., y =? y 2 pour a-= a 2 ,
seront remplies en disposant pour cela des constantes arbitraires introduites
par l'intégration des équations différentielles'
: - ; ■ = ' - . "■* ':::'.'. y '■[ i '. J,., I' .' A" ..,,.". .' .". ' 1 - :: ' v . '.".
■•-"'•■ -:i ':■- z -.'-'- \-l:;^: — -yz^.* ii -:y = '"'''i-::'-'2 "' ::1 . :c. : v . ."
*erdes:constantesrÀ, 3Ï, ". .;^que*là* fonction -6 contientj comme îaous l'avons
déjà remarqué. '•- "'■-?■- v - '-'- "'"-"- --'— - 7 - '_' "---" '■-' ~ z> •'- ---'-"
- m Un théorème de Jacobi permet de passer aisément dès" intégrales
-bitefinédiàirés d'un problème de dynamique" aux intégrales finales entre
les seules variables a, p, . . ., y. Je me borne à écrire ces intégrales-finales,
-qui sont v : : " -;:_,:' r
.'.-'.-.'. . - •-. d9 . ' ... : -dB - _. - - -"- "■ - • - "'- - ?-■•'- ' -.-:'.
Pour déterminer a, "J3,..., 7 en fonction de t,~ on y Joindra l'intégrale des
forces vives qui donne dl, et par suite /^au moyen^d' une quadrature, quand
on a exprimé /3,..., y en a, C'est ainsi qu'il faudra nécessairement opérer,
-si JUt fonction 0;n'a été-obtenue que pour une valeur donnée de-K. Mais si K
.reste dans $ sous forma algébrique, on obtiendra -Y au moyen de ladérîvée
partielle- de par rapporta K. : 1 „ .
;»_ En voilà assez sur ce sujet. Aufond je neme proposais qu' un-seul but,
cet il est -atteint ,: je voulais appeler l'attention des géomètres sur l'expres-
sion curieuse 1 '..';■; _ _::;.
{dQJ + [ni ^In'Y + ....,
que j'ai trouvée pour le produit
2(TJ-*-K)2nK&Y
( n53 )
et qui rendant, pour ainsi dire, intuitives les propriétés de l'intégrale à la-
quelle le principe de la inoindre action se rapporte , ouvre les voies à une
étude plus approfondie. On comprendra aisément qu'on peut en tirer un
théorème nouveau de minimum concernant la quantité
si, partant d'une position (a, /3,..., y) pour aller à une autre position infi-
niment voisine, et prenant d6 constante, on veut rendre l'expression citée
la plus petite possible; les valeurs de da, <s?/3,..., dy propres au minimum
seront évidemment fournies par les équations de la Dynamique
L — L _ l " —
n ~ n 1 ~ 7H> ~ ■ • • i
et par celle qui exprime que d6 a la valeur assignée; de même, si l'on se
donnait la somme
{dey
•4-
(ni 1 -
- In'f
c
'est
encore aux
équations '
/
n
=
l'
n' ~
l"
n" ~ *
qu'il faudrait recourir pour rendre dd un maximum.
» J'ai développé longuement cette théorie dans mon cours au Collège de
France (année scolaire i852-i853). Mais elle m'était connue, et je l'avais
communiquée à plusieurs de mes amis longtemps avant cette époque. L'idée
d'introduire la fonction 9 pour exprimer
par une somme de carrés dont le premier terme soit le carré d'une diffé-
rentielle exacte, m'est venue en lisant (en 1847) un Mémoire manuscrit de
M. Schlaefli (*), professeur à l'université de Berne, où ce géomètre distin-
gué donnait une forme semblable au carré de l'élément de longueur d'une
ligne géodésique sur l'ellipsoïde. Je suis heureux de reconnaître ce que je
dois à M. Schlaefli et de rendre hommage à son haut mérite. Toute-
(*) Voir un extrait de ce Mémoire, Comptes rendus, tome XXV, page 3gi . Voir aussi le
Journal de Crelle, tome XLIII , page 23.
C. R., 1806, i^Semetlre. (T. XLII, N° 24.) l5l
( m 54.)
-foi&sa méthode est fort différente de la mienne, et moins générale. Je ne
sache .pas, en effet, que M. Schlaefli ait jamais songé à se servir de la
inaction Ô et. de l'équation aux différences partielles qu'elle vérifie. Cette
fonction, dont l'importance est connue aujourd'hui de tous les géomètres,
grâce aux travaux de M. Hamilton et.de Jacobi, joue au contraire dans ma
méthode le plus grand rôle. »
itâTHÉMàTiQUES. — Observations au sujet de l'écrit intitulé : Note sur la
.théorie des parallèles, lu par M. Vincent, dans la dernière séance
de l'Académie, et -inséré dans le Compte rendu de la séance; par
M. Chasles.
« Je regrette beaucoup d'avoir à exprimer ici l'étonnement et le senti-
ment pénible que m'a causé la lecture de^et écrit. J'aurais cru naturelle-
ment que l'auteur l'aurait supprimé, d'après le conseil très-positif que lui
en avait donné, après la séance, le juge si éminemment compétent dans
ces matières, notre illustre, confrère -M. Poinsôt,". ou du moins qu'il aurait
pu s'abstenir des réflexions qui accusent le jugement.de ceux qui ont cultivé
les sciences mathématiques jusqu'à ce jour, réflexions qui tendraient à jeter
du doute sur les principes mêmes ^juijeur servent de bases.
» Sans parler du raisonnement proposé comme levant la difficulté inhé-
rente à la théorie des parallèles, raisonnement qui probablement n'a pas
plus d'avenir que beaucoup d'autres tentatives semblables qui ont toujours
échoue, je relèverai seulement la censure que^ notre confrère s'est cru en
"droit de prononcer contre les 'géomètres anciens et modernes qui, jusqu'à ce
jour; auraient èntouréla science de "formes sophistiqués, se faisant illusion
sur la véritable logique qui lui convient, et sur la rigueur et l'efficacité de
certains procédés de démonstration dont ils ont fait usage.
» On pensera sans doute que, dans tous les temps, il n'a guère appartenu
qu'aux géomètres eux-mêmes(et il faut entendre par ce mot ceux qui ont cul-
tivé la science à fondet l'ont enrichie de vérités nouvelles), d'apprécier les
premières no*tidnrs : et lesprincipes qui l'ont constituée à l'état de véritable
'science, et jen ont fait le plus sûr auxiliaire de l'esprit humain »
« Après cette lecture, M. Poisser prend la parole et déclare qu'if approuve
les observations présentées par M. Chasles. Il s'élève alors à des considéra*-
fions plus générales, et, développant en peu de mots sa pensée, s'attache à
bien marquer te vrai caractère de la géométrie et de toute la science mathé-
■ matique..» , . .. - ., , .
( u55 )
« A la suite de cette discussion, M. Le Vehrier déclare qu'ayant été
chargé, il y a plusieurs mois, d'examiner le livre de géométrie qui a donné
lieu au débat actuel, il n'avait point été d'avis que les principes sur lesquels
il repose, pussent être recommandés aux professeurs des établissements
d'instruction publique. »
Réponse de M. Vincent.
« Je regrette beaucoup l'incident auquel j'ai donné lieu. En traitant une
question de méthode, je n'avais aucune intention d'incriminer qui que ce
soit ; et la date du travail que j'ai cité (1824 *) me justifie surabondamment
de la pensée que M. Chasles (dont personne plus que moi n'estime les belles
recherches) a dû me supposer pour parler comme il l'a fait au sujet de ma
communication .
» Derechef je demande pardon à l'Académie d'être venu l'occuper d'un
sujet qui est, je le reconnais, peu en rapport avec ses travaux habituels.
Mon excuse est dans les graves questions soulevées par la révision du pro-
gramme des études mathématiques, sur lequel des personnes fort bien pla-
cées pour le savoir m'avaient induit à penser que l'Académie pouvait se
trouver appelée à prononcer ; et cette assertion était assez conforme à la
haute position de l'Académie et à sa dignité, pour être acceptable.
» L'idée de l'angle et celle du parallélisme sont certainement plus com-
plexes que celle de la droite isolée ; aussi, depuis Euclide le père de la
science, a-t-on eu constamment recours à un postulatum pour en établir
la théorie. L'idée si simple de la rotation, qui a déjà fourni en mécanique à
la doctrine des couples une base aussi solide qu'ingénieuse, nous a paru
avoir le même avantage en géométrie pour la théorie précitée ; et nous la
maintenons comme préférable à toutes celles qui ont pu être proposées
pour le même but, et qui ont été plus ou moins justement critiquées. Libre
à chacun d'être d'un avis différent, même à ceux dont nous avons cru né
faire que partager les idées.
» On nous avertit que nous ne sommes pas les premiers à entrer dans
cette voie ; nous en accueillerons la preuve avec une véritable satisfaction, car ;
ce n'est point une découverte que nous avons eu la prétention d'apporter^
à l'Académie. Une simple notion empruntée au domaine du sens commun
* Voyez aussi dans les Mémoires de Lille pour 1 832 : Recherches sur l'analyse des fonc-
tions exponentielles et logarithmiques.
i5i..
( ïï56 )
était à la portée de tout le monde; l'habitude de procéder -différemment
pourra seule en retarder l'adoption. Au reste, la question, n'ayant pu être
ici discutée à fond, ne sera suffisamment éclaircie que par le livre ou sont
exposées nos méthodes. » :
physique du globe. — Mémoire sur les allumions des fleuves dans le bassin
de la Méditerranée et notamment sur les atterrissements du Rhône;
par M. Texier. (Extrait par l'auteur.)
« Des trois périodes de la formation du globe signalées par les géolo-
gues, la période plutonienne, la période neptunienne et la période dilu-
vienne, le deux premières ne se manifestent plus par des phénomènes
actuels; la seconde a pris fin du moment que les bassins actuels dés mers
se sont constitués, et l'auteur regarde comme un fait acquis en géologie le
synchronisme des bassins actuels. Ainsi le Bosphore, les Dardanelles, le
détroit de Gibraltar appartiennent à la période géologique qui a vu former
les continente.- Mais les côtes maritimes sont toujours soumises à la loi des
atterrissements; c'est l'étude des alluvions fluviales du bassin de la Méditer-
ranée qui fait l'objet de ce Mémoire.
/ » Après avoir examiné le régime de l'Euphrate et du Tigre, et décrit
les travaux faits par les anciens peuples pour se mettre à l'abri des inon-
dations, l'auteur s'exprime ainsi au sujet du Nil :
» Outre le Delta qu'il a formé et dont l'étendue s'accroît chaque année r
le Nil a accumulé tous les bancs sous-marins qui s'étendent jusqu'à Alexan-
drie. Cinq de ses embouchures sont aujourd'hui comblées au point qu'on eu
cherche en vain la trace positive. Les sables charriés par le Nil se déposent
à son embouchure et forment une barre qui s'accroît au point d'obstruer
l'entrée du fleuve. Les mariniers du Nil ont une expression pour désigner
cet état de choses; ils disent : Il y a boghaz (canal) quand on peut passer,
ou : Il n'y a pas bogkàz. Dans d'autres. moments, sous l'influencé de cer-
tains vents et de certains courants, la barre est en partie enlevée et le canal
est praticable.
» Pour se mettre à l'abri des inondations trop fortes, les Égyptiens
avaient creusé le lac Moeris qui avait une étendue immense et qui recevait
l'excédant des eaux du fleuve. .
» La ville d'Hippone-Regius, à laquelle a succédé la ville de Bône en
Algérie, avait autrefois un vaste port; mais les atterrissements formés, par
la rivière la Seibouse ont non -seulement comblé ce port, mais formé la
(n5 7 )
plaine de Bône qui, selon toute apparence, n'existait pas dans l'antiquité.
» L'auteur signale ensuite les atterrissements qui ont formé la plaine de
la Métidja, près d'Alger, et réuni au continent le massif du Safael qui, à une
époque reculée, formait une île. Il donne pour preuve un phénomène ana-
logue qui s'accomplit à La Calle.
» L'auteur décrit en détail les alluvions qu'il a observées sur les côtes
d'Asie, et signale en même temps les magnifiques ports de Marmarice,
Macri, Antiphilo, etc., qui ne sont pas ensablés.
» La côte d'Afrique était, dans le principe, aussi échancrée que la côte
d'Asie; mais sous l'influence des vents du nord, régnant pendant huit mois
de l'année, les alluvions ont pris sur la côte d'Afrique un développement tel,
que tous les ports, golfes ou criques qui recevaient des cours d'eau ont été
comblés.
» L'auteur décrit les mouvements des terres qui ont changé la physio-
nomie des côtes dans certaines provinces d'Asie.
» Il cite des ports comblés, et il ajoute : L'Hermus charrie dans le golfe
de Smyrne une telle quantité de limon, que, si l'on ne fait pas de travaux
pour s'y opposer, le golfe de Smyrne sera ensablé avant peu d'années. lies
côtes d'Italie sont ensuite l'objet d'un examen détaillé. L'auteur établit qu'à
l'embouchure du Tibre, en 1760 années, les terres d'alluvion se sont éten-
dues dans une profondeur de 1780 mètres.
» Le régime du Rhône est ensuite soumis à un examen non moins minu-
tieux.
» Il est établi que des auteurs anciens ont compté cinq embouchures du
Rhône, puis trois, puis deux.
» Par sa nature torrentueuse, le Rhône doit être rangé dans la classe des
fleuves dont le lit est sujet à s'exhausser; recevant l'eau provenant de la
fonte des neiges, les grandes crues ont toujours lieu pendant l'été.
» Les terrains qu'il parcourt, composés de cailloux roulés, sont d'une dés-
agrégation facile, les terres sont portées à l'embouchure, où elles se dépo-
sent sous forme de barre, les galets restent dans le lit du fleuve qu'ils ten-
dent à exhausser.
» Les anciens ont parfaitement connu ce régime, et ont fait de grands
travaux pour y remédier.
» Les villes anciennes, notamment Lyon, Vienne, Avignon, etc., étaient
bâties sur des hauteurs, et à l'abri des inondations; ce n'est que dans le
moyen âge que leshabitants sontdescendus dans la presqu'île. Les travaux de
Perrache, en prenant les terrains du lit du Rhône, ont commencé à rendre le
( ii 58 )
danger des inondations plus grand; les ponts et les viaducs qu'on a jetés
sur le fleuve, depuis vingt-cinq ans, en arrêtant les galets tendent à exhaus-
ser le lit du fleuve. ■ -■- _ -
» Le moyen de parer à cet inconvénient serait, selon l'auteur, d'enlever,
au moyen de dragues, la barre du Rhône, et de creuser le lit du fleuve; les
terres enlevées serviraient à faire des levées sur ses rives. »
. NOMINATIONS. ■".,...
L'Académie procède, parla voie du scrutin, à la nomination d'une Com-
mission qui sera chargée de l'examen des pièces admises au concours pour
les prix de Médecine et de Chirurgie de la fondation Montyon.
- MM. Rayer, Velpeau, Andral, J. Cloquet, Cl. Bernard, Jobert (deLam-
balle), Duméril et Flourens réunissent la majorité des suffrages. .
'". ;: :'-. ;" mèmoibes lus.;';
physique. — Recherches sûr le dégagement de L'électricité dans les' piles
voltaïques. Première partie : Force électromotrice; par M. E. Becqueeeè.
(Extrait par l'auteur.)
(Commissaires, MM. Pouillet, Despretz.)
« Depuis la découverte de la pile, il y a peu de sujets qui aient plus at-
tiré l'attention des physiciens que celui qui est relatif au dégagement de
l'électricité lorsque deux corps sont en présence et peuvent réagir chimique-,
ment l'un sur l'autre; mais, malgré les travaux importants publiés sur cette
question, principalement en ce qui concerne la force électromotrice, il y
a beaucoup de points qui ne sont pas encore éclaircis.
» D'après la théorie actuelle de la pile voltaïque, il y a deux sortes d'élé-
ments à prendre en considération dans l'étude des effets produits: i° la
force électromotrice ou la force en vertu de laquelle la production de l'é-
lectricité a heu dans chaque couple ; elle résulte en général de plusieurs
réactions donnant lieu, chacune séparément, à un dégagement d'électricité ;
2 la résistance à la conductibilité qui suit des lois régulières, dépend delà
nature, de l'état physique et des dimensions des conducteurs, et qui paraît
indépendante de l'intensité du courant électrique et des réactions produites
( "59 )
dans l'intérieur de la pile, pourvu que la composition et la température des
liquides ne varient pas,
» J'ai dû étudier séparément ces deux sortes d'éléments, et le travail-don t
j'ai l'honneur de communiquer l'extrait à l'Académie est uniquement rela-
tif à l'examen de la force électromotrice; il forme la première partie des
recherches que j'ai entreprises sur le dégagement de l'électricité dans les
piles voltaïques.
» Après avoir étudié les différentes méthodes proposées jusqu'ici pour
comparer les forces électromotrices des piles, il a été facile de reconnaître
qu'elles ne pouvaient permettre d'analyser complètement les phénomènes,
soit parce que la force électromotrice n'était pas la seule variable donnant
lieu aux résultats observés directement, soit parce qtie l'unité de comparai-
son n'était pas suffisamment fixe, soit enfin parce que l'on ne pouvait éva-
luer l'influence de la polarisation électrique qui se présente souvent sur les
électrodes des couples. Je me suis alors arrêté à un procédé d'expérimenta-
tion auquel ces objections ne peuvent être adressées et conduisant rapide-
ment, et d'une manière précise, à la comparaison des forces électromotrices.
Ce procédé est fondé sur l'emploi de la balance électromagnétique imagi-
née par mon père, et qui permet de rapporter les actions des courants aux
effets de la pesanteur; les résultats obtenus de cette manière donnent di-
rectement la mesure des forces électromotrices comprises entre des limites
très-éloignées de l'échelle des intensités électriques, puisque les effets sont
toujours proportionnels aux poids nécessaires pour ramener le fléau de la
balance à la même position d'équilibre, et que l'on peut comparer directe-
ment l'action exercée par une pile thermo-électrique, et celle que produit
une pile de Bunsen de cinquante à soixante éléments.
» Les phénomènes de polarisation électrique qui jouent un rôle si impor-
tant dans les effets de décomposition électrochiraique, ont été examinés
d'abord avec détail; ils sont cause, comme ou le sait, de la diminution ra-
pide dans l'intensité des courants des couples simples, tels que ceux de Volta
et de Wollaston ; en les détruisant, on forme les piles à courant constant.
On a trouvé, par l'application de la méthode décrite plus haut, que la force
électromotrice résultant du transport électrochimique d'une couche ga-
zeuse sur des lames métalliques, peut acquérir une valeur assez forte (jusqu'à
deux éléments d'une pile à acide nitrique), mais qu'elle dépend, non-seu-
lement de la nature de l'élément transporté, mais encore de la nature et des
dimensions des lames sur lesquelles les couches gazeuses se déposent, et
( f'i6o")
de l'intensité du courant électrique qui traverse le liquide sur lequel on opère.
» Ainsi, le courant secondaire inverse qui se manifeste dans un voltamètre
â eau, dont les lames sont en or ou en platine, après le passage d'un courant
initial d'une intensité déterminée, varie avec cette intensité ; en général, pins
le courant électrique est intense, plus l'effet delà polarisation est énergique.
Si l'on examine séparément les effets dus à la présence de l'hydrogène et
de l'oxygène, on trouve qu'avec l'oxygène ils sont très-variables, tandis
qu'avec l'hydrogène ils sont compris dans des limites plus restreintes.
» A intensité électrique égale, les métaux se polarisent différemment, et
quand on opère avec des lames à surface polie et avec l'hydrogène, c'est l'or
qui offre les effets les plus marqués, et le zinc qui donne l'action la moins
énergique.
» Le chlore présente, comme l'oxygène et l'hydrogène, des effets de
polarisation, mais à un plus faible degré. D'autres corps transportés électro-
chimiquement à la surface des lames métalliques, offrent des réactions ana-
logues.
» En examinant l'influence de la chaleur sur la puissance électromotrice de
différents .métaux, on a reconnu que la faible augmentation observée quand
la température varie de o à ioo degrés, tient plutôt aux changements xjui
ont lieu dans les dissolutions salines en contact, qu'au changement dans la
force électromotrice produite dans la réaction exercée sur le métal.
» L'action des liquides entre eux exerce sur le dégagement de l'électricité,
une influence plus grande qu'on ne le suppose habituellement, malgré les re-
cherches déjà publiées sur ce sujet, et dans les piles à deux liquides, l'effet qui
en résulte forme une partie notable de l'action totale observée. Le procédé
d'expérimentation employé dans ces recherches a permis d'évaluer celte ac-
tion dans toutes les circonstances, et indépendamment de la polarisation élec-
trique des lames métalliques ; on a trouvé alors des résultats dépendant de
la nature des liquides, et qui sont rapportés dans ce Mémoire. Pour se bor-
ner à citer quelques exemples, on peut dire qu'avec la pile à acide nitrique
et eau aeidulée séparée par un vase poreux, l'action des deux dissolutions,
l'une sur l'autre, est environ le -g- de celle du couple, et s'ajoute à l'action de
l'acide sulfurique sur le zinc; avec la pile à eau acidulée par l'acide sulfuri-
que et sulfate de cuivre, l'action des liquides au contraire n'est que le -^ de
l'action totale, à la température ordinaire, et a lieu en sens inverse de celle
qui s'exerce sur le zinc. D'un autre côté, la pile à deux liquides ayant pour
dissolution du persulfurede potassium et de l'acide azotique, offre l'exem-
( ii6i )
pie d'une pile dans laquelle la nature du métal positif influe peu sur l'inten-
sité électrique du couple, puisque avec le zinc ou le platine dans le sulfure
les deux résultats obtenus ne diffèrent environ que de i; dans ce cas,
l'action des liquides entre eux forme donc plus de ■£ de l'action totale du
couple.
» On doit faire observer toutefois que la force électromotrice due
aux réactions, cbange non-seulement avec la nature et la concentration
des liquides en présence, mais encore avec leur température ; elle con-
stitue la partie éminemment variable de la force électromotrice des cou-
ples, et surtout des couples à deux liquides, nommés couples à courant con-
stant.
» On n'a pas eu égard assez généralement à ces actions, et c'est pour ce
motif que la plupart des résultats obtenus par les physiciens qui se sont oc-
cupés des phénomènes de polarisation présentent entre eux des différences
assez notables.
» D'après ces résultats, et comme cela se déduit des recherches de mon
père, il est facile de comprendre comment, à la surface de la terre, les
actions mutuelles des dissolutions d'inégale composition qui humectent
différents terrains donnent lieu à un dégagement continuel d'électricité,
et cela avec une intensité d'action plus considérable qu'on ne saurait le
croire.
« On a comparé ensuite dans ce travail les effets électriques dus aux réac-
tions exercées par diverses dissolutions sur les métaux plus ou moins altéra-
bles, et sur les amalgames; dans les tableaux d'observations, les résultats
sont rapportés à l'effet produit par une dissolution normale sur le zinc pur
fondu. On reconnaît aisément, comme cela devait être, que l'action chimi-
que est la cause prédominante du dégagement de l'électricité, puisque toute
les fois que l'action chimique est plus vive la force électromotrice est plus
grande.
» Les causes productrices du dégagement de l'électricité dans les piles
voltaïques ayant été étudiées séparément, on a déterminé les forces électro-
motrices des couples formés par deux lames de métaux différents plon-
gés dans des liquides également différents, et il a été facile de montrer
que l'action totale est la résultante des effets partiels déterminés séparé-
ment.
» On sait que, d'après les lois du dégagement de la chaleur par suite du
passage de l'électricité dans les circuits fermés, les nombres exprimant les
C. 8., .856, I er Semestre. (T. XLH, N° 24.) ' ->2
( ii6a )
forces électromotricesdevraient être proportionnels à ceux qui représentent
les quantités de chaleur dégagée dans les combinaisons chimiques des équi-
valents des corps; bien que les recherches sur le dégagement de la chaleur
ne conduisent pas en général à des nombres proportionnels aux forces élec-
tromotrices, cependant on peut remarquer que, relativement à plusieurs
métaux, cette proportionnalité existé. Il serait nécessaire de déterminer di-
rectement les quantités de chaleur dégagées lors des réactions chimiques
produites dans les couples vol taïques eux-mêmes, cardans bien des cas il se
manifeste plusieurs réactions donnant lieu à des dégagements de chaleur dif-
férents, surtout quand on opère avec des métaux offrant plusieurs degrés*
d'oxydation. Ce sujet mérite d'autant plus d'être examiné, que les effets
dont il s'agit sont relatifs aux causes productrices des agents physiques et
chimiques les plus puissants, et qu'ils semblent montrer quelles sont les
relations intimes qui existent entre eux.
» La seconde partie de ce travail, que j'aurai l'honneur de présenter
dans quelque temps: à l'Académie, est relative à la conductibilité des piles
vôltaïques et à l'intensité des courants électriques que ces appareils peu-
vent développer quand on fait varier leurs dispositions et leurs dmien^
sions. » , . ■ ' 1
MÉMOIRES PRÉSENTÉS.
L'Académie reçoit une addition à un Mémoire précédemment présenté
au concours pour le grand prix des Sciences physiques. Cette addition
contient, avec une partie manuscrite rédigée en latin, une série de planches
en couleur exécutées avec le plus grand soin.
(Renvoi à la future Commission, )
L'Académie reçoit également une troisième addition à une Note envoyée
au concours pour le grand prix des Sciences mathématiques (question
concernant le dernier théorème de Fermât),
(Renvoi à la future Commission.) ,
L'Académie renvoie à l'examen de la même Commission, mais non eomme
pièce de concours, un Mémoire adressé par M. Maris, professeur de mathé-
matiques à Saint-Dizier , qui, n'ayant pu en terminer la rédaction en temps
Utile, avait déclaré d'avance que son seul désir était d'obtenir sur ce travail
le jugement de l'Académie.
( u63 )
travaux publics. — Canal de l'isthme de Suez. (Extrait d'une Lettre
de M . Ferdinand de Lesseps. )
(Commissaires, MM. Cordier, Dupin, Élie de Beaumont, Dufrénoy,
Du Petit-Thouars.
« J'ai l'honneur d'adresser à l'Académie des Sciences une série d'échan-
tiEons qui proviennent des sondages exécutés dans l'isthme de Suez par
ordre de S. A. le vice-roi d'Egypte. Ces sondages avaient pour but de re-
connaître la nature des terrains dans lesquels devra être creusé, entre Suez
et Péluse, le canal de jonction des deux mers.
» Je joins à cet envoi : i° un cahier donnant pour chaque forage l'épais-
seur des couches traversées et leur niveau relativement à celui de la Médi-
terranée ; 2 un plan de l'isthme sur lequel est indiquée la position de ces
différents forages; 3° les procès-verbaux des travaux de la Commission in-
ternationale d'ingénieurs, où se trouvent (page 25) les résultats de l'explo-
ration qu'elle a faite dans l'isthme entier; 4° enfin le profil en long du canal
projeté de Suez à Péluse.
» Quoique le voyage de la Commission internationale eût surtout pour
but de vérifier le tracé du canal maritime entre la mer Rouge et la Médi-
terranée, j'ai pensé qu'il était bon de ne pas laisser perdre une occasion
aussi précieuse pour la science. La géologie de ces pays, si elle n'est pas
tout à fait ignorée, est certainement peu connue. Elle paraît cependant cu-
rieuse; etj'espèrequeles échantillons que je vous transmets contribueront
à la faire connaître davantage. Il est assez facile, même dans ces solitudes,
de recueillir les matériaux qui sont à la surface du sol, mais la composition
du sous-sol est bien moins accessible. Plus tard, quand les travaux du grand
canal seront en pleine activité, j'aurai soin que l'on conserve avec vigi-
lance tout ce que les déblais pourront faire découvrir; mais en attendant,
je n'ai pas voulu laisser perdre les renseignements réels qu'on a déjà pu
recueillir; et je désire que cette communication soit de nature à intéresser
l'Académie. »
Géologie. — Note sur la constitution géologique de l'isthme de Suez; par
M. Renaud, membre de la Commission de l'isthme de Suez.
« L'état physique de l'isthme de Suez est connu. On sait que sa plus
grande élévation au-dessus de la Méditerranée n'est pas de plus de 16 mè-
tres, et encore ne présente-t-il cette hauteur que sur une étendue de quel-
l52..
( ii64 )
ques kilomètres. Entre cette partie élevée et le golfe de Suez, sur la mer
Rouge, il présente deux dépressions, l'une d'environ 4° Kilomètres de lon-
gueur, d'une largeur variant etitre 2 et 12 kilomètres, et d'une superficie
de 33o 000 000 de mètres carrés, connue sous le nom de bassin des lacs
amers, et l'autre, le lac Timsah, d'une superficie d'environ 2000 hectares.
Le bassin desjacsamersest à_sec, mais, le lac Timsah a de l'eaji qu'y vient
verser le Nil, à l'époque de ses grandes crues, par la vallée de l'Ouadée-
Xournilah. ■■■'•.■.•■; I : : i : : . "
2 » Ces deux bassins sont séparés par un seuil élevé d'environ 1 1 mètres
au-dessus des basses mers de la Méditerranée^ et le bassin des lacs amers
n'est lui-même séparé du golfe de Péluse que par une élévation d'environ
..g mètres. ^ ' - , . \ - -V
» Dans toute l'étendue de l'isthme, qui est d'environj 1 3 kilomètres, me-
surés suivant une ligne droite, joignant la partie la plus septentrionale du
golfe de -Suez au fond du golfe de Péluse, on ne rencontre à la superficie
que des sables, plus ou moins mélangés avec du gravier et plus ou moins
stériles. , I 1 1 :
» En partant _de Suez et jusqu'à environ 6 kilomètres de cette ville, les
sables sont sans mélange de galet et paraissent avoir été, sinon déposés, au
moins étendus par les eaux de la mer. En avançant Vers - le nord, le gravier
se montre. peu à peu et devient assez abondant vers la partie'la plus élevée
du seuil qui sépare la mer Rouge du bassin des lacs amers : mais il ne se
trouve à peu près qu'à la surface ; on le retrouve encore, mais déjà plus
petit, dans le bassin des lacs, et surtout airpourtour de ces bassins où i\
forme des : bourrelets <ju'ont laissé autrefois les eaux. Au fur à mesure que
l'on avance vers le nord, il devient de plus en plus petit, et disparait com-
plètement à la hauteur du lac Ballah. /; ,- • 1; "_-
» Le sol est de la, stérilité la plus complète dans toute' là partie méridio-
nale de l'isthme jusque vers le milieu des lacs amers. Dans l'autre partie,
il produit en plus ou moins grande abondance l'espèce de végétation par-
ticulière au désert et qui sert de nourriture aux chameaux. Aux abords du
lac Timsah, dans les parties desséchées de son lit et dans le lit du canal ou-
vert autrefois dans la vallée de l'Ouadée-Toumilah, les tamarins croissent en
assez grande abondance. -
» Les ; sables présentent partout une grande fixité, excepté en quelques
points aux abords du lac Timsah et dans le sud du lac Ballah, où il existe
des dunes mobiles. Cette fixité est attestée par les traces encore parfaite-
( n65 )
ment visibles de travaux exécutés avant la domination grecque, par l'état
de conservation des digues de l'ancien canal ouvert par les rois égyptiens et
recreusé par les califes, enfin parla forme même des ondulations très-allon-
gées que présente le terrain, forme qui diffère essentiellement de celle que
le vent donne aux dunes ou sables voyageurs.
» On trouve aussi en quelques points :
» i°. A la surface du sol, du sulfate de chaux soit en lames, soit en
rhomboïdes disséminés, soit en dépôts de i5 à Zjo centimètres d'épaisseur,
cristallisés en aiguilles ;
» 2°. Sur le seuil compris entre Suez et le bassin des lacs amers, des
moellons calcaires dispersés à la surface des sables ;
» 3°. Sur le sommet de quelques monticules de sable, une ou deux cou-
ches d'un calcaire ayant toute l'apparence du silex.
» Pour connaître d'une manière aussi certaine que possible les terrains
de l'isthme dans lesquels sera creusé le canal de jonction des deux mers, des
forages au nombre, de dix-neuf ont été exécutés entre Suez et Péluse et ont
été poussés au moins à 8 mètres au-dessous des basses mers de la Méditer-
ranée. La position de ces forages et la nature des terrains constatés sont
indiqués sur le profil en long levé sur l'axe du canal et joint à la présente
Notice.
» On peut voir que le seuil qui sépare le bassin des lacs amers de la mer
Rouge, présente au-dessous du sable des argiles compactes, des argiles sa-
bleuses, du sable et du gravier, des argiles feuilletées, etc. Le sondage n° a
accuse un banc calcaire sur un banc de sable qui se trouve en face de Suez
de l'autre côté du port. On a trouvé l'argile mameuse dans le sondage n° 3 ;
mais en général les autres argiles font à peine effervescence avec les acides.
On retrouve également les argiles dans la première partie du bassin des lacs
amers; ces argiles sont plus ou moins marneuses. Au delà du grand bassin
des lacs amers, on ne trouve que dessables, à^ l'exception du sondage n° iq
qui a accusé des bancs de marne.
» Les terrains de l'isthme appartiennent donc incontestablement à la
formation tertiaire qui constitue le sol de toute la basse et la moyenne
Egypte, et tout le grand plateau du désert Libyque.
» On trouve dans le bassin des lacs* amers des coquilles de l'espèce de
celles que produit la mer Rouge ; des Hélices, des Spondilles, des Rochers,
mais surtout des Mactra. Ces dernières en tapissent littéralement le fond
sur des étendues plus ou moins considérables. Ces coquilles ont-elles con-
( ii6Ç)
tinué à vivre dans ces lacs, après leur entière séparation de la mer Ronge?
Cela est peu probable, parce que sous le ciel brûlant de l'Egypte ces lacsoni
dû assécher promptement. Il est vrai qu'au temps de Strabon et même très-
probablement à l'époque où Hérodote visitait l'Egypte, les lacs amers con-
tenaient de l'eau, mais c'était de l'eau douce qu'y amenait du Nil le canal
de jonction de ce fleuve avec la mer Rouge.
» Une question fort controversée est celle de savoir si, à l'époque où les
Hébreux fuyaient de l'Egypte, sous la conduite de Moïse, les lacs amers
faisaient encore partie de la mer Rouge. Celte dernière hypothèse s'accor-
derait mieux que l'hypothèse contraire avec le texte des livres sacrés, mais
alors il faudrait admettre que depuis l'époque de Moïse (147 1 ans avant
Jésus-Christ) le seuil de Suez serait sorti des eaux.
» Dans la partie septentrionale du bassin des lacs amers, qui est en
même temps la plus profonde, on trouve un dépôt de sel marin qui a été
trouvé de 7 m ,5o d'épaisseur au sondage n° 10, Il repose sur des vases qui
paraissent venir du Nil. Ce sel a vraisemblablement été amené par des eaux
de source qui l'y ont déposé en s'évaporant. On retrouve également ces sels
au sondage. n° g, mais recouverts par une couche de sulfate de chaux eris-
tallisé en très-fines aiguilles.
» Les rivages de la mer ne paraissent pas plus que le sol de l'isthme avoir
éprouvé de notables changements depuis les temps les plus reculés. Ainsi
dans le golfe qui s'étend au sud et à l'Ouest de Suez, le dépôt sableux de
soulèvement diffère entièrement d'aspect et de forme de celui que la mer a
ajouté au rivage, et ne peut être confondu avec lui. Il contient d'ailleurs,
une quantité considérable de coquilles qui ne se trouvent pas, même en
petite quantité, dans le premier. Ces sables ainsi rapportés par la mer n'ont
nulle part, dans tout le développement du golfe, plus de 100 mètres de
longueur.
. » La stabilité du rivage a été encore plus grande dans le golfe de Péhise.
Toute là plaine qui entoure les ruines de cette ville antique est formée d'al-
luvions du Nil : elle est séparée de la mer par un Udo ou cordon littoral de
sable qu'il est impossible de confondre avec elle. La largeur de ce lido varie
de 80 à 120 mètres; comme elle ne pouvait être sensiblement moindre
dans les temps anciens pour protéger la plaine moins élevée qui est en ar-
rière, il faut bien en conclure que les choses sont sensiblement aujourd'hui
dans l'état où elles étaient autrefois. Cette observation s'applique à toute
l'étendue du cordon littoral qui borde le lac Manzalch. Ainsi se trouvent
( "6 7 )
vérifiées les conclusions auxquelles est arrivé M. Elie de Beaumont, dans
son Cours de Géologie pratique, relativement à la stabilité des rives du
Delta. »
Ce Mémoire, accompagné des pièces mentionnées dans la Lettre précé-
dente de M. F. de Lesseps, est renvoyé à l'examen d'une Commission com-
posée de MM. Cordier, Dupin, Elie de Beaumont, Dufrénoy et Du Petit-
Thouars.
géologie. — Recherches sur les produits des volcans de V Italie
méridionale; par M. Ch. Saikte-Claire Deviiae.
(Commissaires précédemmeut nommés.)
« Me disposant à retourner dans l'Italie méridionale pour y poursuivre
mes études sur les formations volcaniques de cette contrée, je désire pré-
senter à l'Académie le résumé très-succinct des recherches encore inachevées
que j'ai entreprises cet hiver sur les matériaux recueillis dans mes deux
premiers voyages.
» Ces recherches ont porté sur deux points principaux.
» Un premier travail, consacré à l'étude des substances gazeuses, et exé-
cuté avec la collaboration de MM. Leblanc et Lewy (i), a eu pour objet
l'examen des gaz suivants :
» i°. Gaz recueillis en mai, juin, septembre et octobre i855, sur divers
points du courant de lave sorti du Vésuve le i er mai de la même année. Il
résulte de nos analyses que le gaz qui accompagne les fumerolles que j'ai
appeléesfurnerolles sèches, et qui entraîne uniquement des chlorures alcalins
anhydres et une petite quantité de sulfates, est un courant d'air pur ou privé
peut-être d'une faible proportion d'oxygène, la teneur de ce dernier gaz
ayant varié, dans les diverses prises de gaz, entre 20, r et 20,6 pour 100.
La même conclusion s'applique au gaz qui s'exhalait, en octobre, des por-
tions inférieures de la lave en même temps que le chlorhydrate d'ammo-
niaque et la vapeur d'eau.
2 . Gaz recueillis en septembre, dans celles des fumerolles du cratère
supérieur du Vésuve qui, placées dans la petite plaine centrale, donnaient
(1) Tous les gaz, sans exception, ont été analysés par M. Leblanc et moi, au moyen de
l'appareil de M. Doyère; en outre, pour quelques-uns d'entre eux, mon ami M. Léwy a bien
voulu mettre à ma disposition sa grande expérience de l'eudjomètre de M. Re<manlt.
( n68 )
issue à de la vapeur d'eau, accompagnée de soufre et d'une trace presque
imperceptible: d'acide siilfbydrique et dont la température variait de- 60
à 79 degrés. Deux échantillons de ce gaz ont donné, l'un 3,5 1, l'au-
tre 9,26 pour 100 d'acide carbonique. Le reste était de l'air sensible-
ment pur ou "privé d'une faible proportion d'oxygène. Ce dernier résultat
ine paraît ofirir quelque intérêt", car c'est la première fois, si je ne me
trompe, que l'on a indiqué la présence du gaz acide carbonique au som-
met du Vésuve. Il vient, en outre, à l'appui de la classification que j'ai éta-
blie, dans mes précédentes communications, entre les divers ordres de
fumerolles, qui peuvent, à un moment donné, se localiser en divers points
d'un même appareil volcanique en activité. On en peut conclure avec cer-
titude que certaines fumerolles du cratère du Vésuve, en i855, présentaient
une composition analogue à celle que M. Boussingault a signalée dans les.
cratères des volcaus de la Nouvelle-Grenade en i83o, tandis que d'autres
étaient riches en acide chlorhydrique, gazqui, d'après ce savant voyageur,
était alors étranger aux émanations des volcans américains.
= » 3°. Gaz recueillis, : en septembre et octobre, dans celles des fumerolles
qui, au sommet de l'Etna et du Vésuve, présentaient un mélange de vapeur
d'eau, d'acide chlorhydrique et d'acide sulfureux, s' échappant à de hautes
températures (90, 125 et 180 degrés). Ce gaz était uniquement composé
' d'air atmosphérique, paraissant présenter toujours un - léger défaut
d'oxygène. v
.-» 4°. Gaz recueillis, en septembre, sur le pourtour supérieur du cône
d'éruption de l'Etna en i85a. Ce bord supérieur donnait encore issue, au
mois de juin, à d'abondantes fumerolles chlorhydrosulfureuses, aune tem-
pérature de 83 degrés. En septembre, elles se réduisaient à de faibles quan-
tités de vapeur d'eau à 61 degrés, ne réagissant ni sur le papier de tournesol,
ni sur l'acétate de plomb, et le gaz qui les accompagnait était aussi de l'air
atmosphérique.
» La présence constante de l'air atmosphérique en proportions considé-
rables dans toutes les émanations du sommet, que ces émanations contien-
nent de l'acide carbonique, du soufre et de l'acide sulfhydrique, ou les
acides chlorhydrique et~ : sulfureux, prouvent, ce qu'on pouvait prévoir
à priori, qu'un dôme fissuré comme celui du Vésuve ou comme celui de
l'Etna, et présentant, dans son intérieur ou à sa base, des points incandes-
cents ou au moins doués d'une très-haute température, peut être assimilé à
une véritable cheminée d'appel, pour le milieu atmosphérique qui l'entoure.
La même conclusion s'applique aux laves rejetées par les volcans.
( n6g)
» 5°. Gaz recueillis, les 5 et 22 octobre, dans le lago di naftia ou lac de
Palici, en Sicile. L'analyse a donné pour ces deux gaz la composition sui-
vante :
5 oelobre. 22 octobre.
Acide carbonique » 5 ,00
Oxygène 17,36 15,77
Azote 82,64 79> a3
100,00 100,00
et coïi&Tafe exactement ce que j'avais annoncé (i) sur la variabilité de
composition du gaz de Palici, d'après les recherches faites par moi sur les
lieux.
» Dans ce dernier gaz, comme du reste dans tous les précédents, nous
avons recherché, M. Leblanc et moi, les gaz combustibles, mais toujours
inutilement. Nous nous proposons de soumettre à l'Académie un Mémoire
dans lequel seront exposées les méthodes suivies pour l'analyse des gaz,
aussi bien que les moyens qui ont été employés pour les recueillir.
» Dans un second travail, j'ai entrepris d'examiner les produits solides
de l'éruption de 1 855, comparés entre eux et avec les autres matériaux four-
nis à diverses époques par le Vésuve ou par d'autres bouches volcaniques.
Ce travail est encore inachevé, et je n'indiquerai ici que quelques-uns des
résultats que j'ai obtenus,
» i°. J'ai analysé comparativement les deux variétés de laves sorties en
i855, que j'ai distinguées dans mes précédentes communications. Les nom-
bres fournis par l'analyse n'auront un intérêt réel que lorsque les compa-
raisons dont il s'agit potirront être faites : je me bornerai à citer deux cir-
constances qui s'y rattachent.
» Des deux variétés de laves, celle sortie la dernière, qui présente une
couleur foncée et qui a comme un enduit vitreux, n'agit pas sur l'aiguille
aimantée, tandis que l'autre, grise, plus cristalline, est fortement magnétique.
Ces deux variétés, quoique à peu près également riches en fer, ne contien-
nent donc pas ce corps au même état moléculaire.
» Toutes deux m'ont donné une proportion notable d'acide phospho-
rjque: l'une contient r, 4, l'autre 2,2 pour 100 de phosphate de chaux.
» Toutes deux présentent une petite quantité de chlore, dont une partie
au moins est à l'état de chlorure soluble et en mélange, pour ainsi dire,
(1) Lettre à M. Dumas sur quelques produits d'émanations de la Sicile (Comptes rendus,
tome XLI, page 887 ).
C. R , 1806, 1 er Semestre. (T. XLll, N° 24.) ' 53
moléculaire. Pour eh citer un exemple, 6 ^ r , 77 dé la lave -ubirè- sub-
vitreuse, pulvérisés et bouillis avec l'eau distillée, ont donné ô ë ' p ,o^2 de
chlorure d'argent, correspondant à o gr ,oo55 de chlore ; cette même poudré,
soumise quatre fois de nouveau à la porphyrisation et lavée après chacune
de ces opérations, a toujours donné une liqueur qui se troublait par le ni-
trate d'argentTEiafin, a gr ,5 du dernier résidu, chauffés avec le bisidfate de
potasse, ont laissé o gr ,o25 dejchlorure d'argent, ou o gr ,oo6 de chlore. La
lave contenait donc en tout, probablement à deux états différents, un peu
plus des trois millièmes de son poids en chlore.
» La présence concomitante, dans ces laves, du chlore et du phosphore^
me paraît un fait digne d'intérêt. Elle me semble expliquer l'une des expë^-
riences que j'ai faites l'année dernière sûr les fumerolles de la lave in-
candescente, et dont j'ai rendu compte dans ma première Lettre à M. Élie
de Beaumont ( Comptes rendus, t. XL, p. 1 228). Ayant exposé à l'action de
ces émanations un vase contenant de l'eau de ehaux^ j'ai obtenu de très-
petits cristaux blancs, solubles sans effervescence dans l'acide chlorhydrique,
donnant par le chlorure de barium un précipité soluble dans l'acide. -il de-
vient infiniment probable que cette substance, qui était en trop petite quan-
tité pour être analysée, était un phosphate de chaux ou un ohlorophos-
phate de chaux, analogue à celui qui est fixe dans la lave. La petite quantité
de fluor décelée aussi dans l'une de mes expériences sur- la lave joué vrai-
semblablement un rôle du même genre. Il s'était sans douté déterminé au
contact de la J éhaux une réaction semblable a celle par laquelle M. Daubréë
a reproduit Tapante dans ses ingénieuses recherches sur la formation des
minéraux. La présence du phosphate de chaux, et-probablement duehloro^
phosphate de chaux ou de l'apatite dans les laves, semble un fait presque
général. fe l'ai signalée, dès 1 845, daus les laves anciennes dé Fogo ( Voyage
aux Antilles et aux îles de Ténérijfe et de Fogo, t. I). -Depuis, le phos-
phate de chaux a été retrouvé dans les laves de Niedermendig. Enfin, dans
quelques expériences récentes, j'en ai reconnu qualitativement l'existence, au
moyen du molybdate d'ammoniaque, dans plusieurs produits volcaniques,
entre autres dans la roche du Puracé, recueillie par M. Boussingault, et dans
la lave rejétée par l'Etna êù i853. Des deux variétés de la lave sortie dû
Vésuve en i855, c'est la variété -cristalline qui paraît être la plus riche en
phosphate.
» J'ai trouvé aussi le chlore, soit en très-petites proportions, soit en quan-
tités assez notables, dans Oa roche du Puracé, dans une couche amphigé-
nique de la Somma et dans une assise scoriacée de cette dernière montagne,
( "7' )
mais surtout dans la lave rejetée par l'Etna en i85a. Celle-ci en contient les
deux millièmes de son poids.
» a . J'ai fait quelques recherches pour déterminer la nature du minéral
blanc en petites masses arrondies, d'apparence dodécaédrique, mais ne pré-
sentant jamais aucune face de cristallisation qui, dans les laves du Vésuve,
joue le rôle de feldspath. Je l'ai examiné concurremment dans la lave de
i855 et dans une des plus anciennes laves du Vésuve, qui paraît même avoir
été épanchée avant la formation ou du moins avant l'approfondissement du
Fosso-Grandedont elleformeen grande partie le bord gauche. La densitédes
petits fragments du minéral extrait de ces deux laves est 2,48, c'est-à-dire
celle de l'amphigène. Le rapport de l'oxygène de l'alumine à celui de la si-
lice est, d'après la moyenne de quatre analyses, 3; 8,2; c'est-à-dire sensi-
blement le rapport qui caractérise l'amphigène. Mais dans les deux analyses
où j'ai dosé les protoxydes, j'ai toujours trouvé pour leur oxygène un nom-
bre supérieur au tiers de l'oxygène de l'alumine. La difficulté très-grande
avec laquelle on extrait ces petits fragments ne permettant pas toujours de les
avoir entièrement dégagés de la roche environnante, il pourrait se faire que
l'excès des bases provînt d'un mélange. Néanmoins, certaines anomalies du
même genre, que j'ai constatées depuis longtemps, mais que je n'ai point
encore publiées, sur les feldspaths des roches du Chimboraço, de l'Antisana,
du Puracé, du volcan de l'île Bourbon, me laissent encore quelques doutes,
que je me propose de lever par de nouvelles recherches sur des matières
irréprochables. Dans tous les cas, si, comme il est probable, le.feldspath des
laves du Vésuve est un amphigène, il diffère notablement de celui de la
Somma, où l'on n'a jusqu'ici signalé que des traces ou de très-petites quan-
tités de soude : car dans le minéral de la lave de r855 l'oxygène de la soude
est à celui de la potasse comme 2, 09: 1 ; dans le minéral de la lave du Fosso-
Grande, comme 8, 21 : 1 ; enfin, dans les cristaux d'amphigène parfaitement
terminés, rejetés par ce volcan le 22 juin 1847, et dont je dois à M. Damour
l'obligeante communication, comme 1,67:1. »
médecine. — Sur des cas de typhus observés à Vhôpital de Neufchâteau
(Vosges) chez des soldats revenant de Crimée. (Extrait d'une Note
de M. Garcist. )
(Renvoi à l'examen des Commissaires nommés pour un Mémoire de
M. Baudens, sur le typhus de Crimée : MM. Velpeau, J. Cloquet.)
« Dans le Compte rendu de la séance de l'Académie des Sciences du
2 juin courant, je viens de lire la Lettre qui vous a été adressée par M. l'in-
i53..
( ll 7* ) '-....-.
specteur Baudens sur le typhus de Crimée. Veuillez me permettre de vous
présenter , à cette occasion , quelques observations qui ne sont peut-être pas
dépourvues d'intérêt, et que j'ai eu tout récemment l'occasion de re-
cueillir sur cette maladie, dans mon service à l'hôpital de Neufchâteau,
chez des soldats du 64 e régiment d'infanterie de ligne.
» Ce régiment s'est embarqué à Balaclava le 29 avril. Après une tra-
versée non interrompue, il est arrivé à Marseille le i ornai, puis à Ville-
franche le 12 au moyen du chemin de fer, et enfin, à pied, le 1.6, à Chalon-
sur-Saône, où le débordement des eaux l'obligea à séjourner pendant
quatre jours. Depuis le départ de Crimée jusqu'au %t\ mai, aucun cas de
typhus ne s'était déclaré ; mais à dater de ce joui- le colonel dut abandonner,
à chaque étape, de nouveaux malades, et en arrivant à Neufchâteau l'hô-
pital en reçut neuf, chez qui l'on observait, à un haut degré, tous les carac-
tères indiqués par la Lettre de M. l'inspecteur Baudens. Un dixième soldat,
du 62 e de ligne, qui avait fait la traversée en même temps que le 64 e , avait
été admis par moi dès la veille, également affecté de typhus.
» La maladie datait de un à trois jours lors de leur entrée à l'hôpital de
Neufchâteau le 28 mai. On observait chez tous les symptômes suivants :
stupeur, céphalalgie intense, surdité, vertiges, prostration des forces (la plu-
part ne pouvaient se tenir debout) ; pouls fréquent et déprëssible, peau brû-
lante, soif intense, voix éteinte (à peine s'ils pouvaient parler) ; état sabûr-
rartrès-prononcé des voies digestives, plus lard langue sèche et noire, pas
de gargouillements dans la fosse iliaque droite. Dans quatre cas, la maladie
avait débuté par des accès de k fièvre intermittente, qui se sont renouvelés
deux ou trois jours de suite avec frissons, chaleur et sueurs, et dans deux
autres, par un état catarrhal des voies respiratoires. Trois ont eu du délire,
dont un furieux pendant quatre jours; deux, des épistaxis; et deux seule-
ment quelques rares pétéchies; trois ont éprouvé des douleurs abdominales
et du dévoiement; les autres étaient constipés.
» J'avais donné tout d'abord à cette maladie le nom de typhus, ne pou-
vant la rattacher à un autre genre; mais deux jours après, la dernière co-
lonne de ce régiment arriva à Neufchâteau (sans nous laisser de malades);
je priai M. le médecin aide-major de venir faire la visite avec moi, et il re-
connut immédiatement le typhus de Crimée. En voyant ces militaires si gra-
vement atteints, il me dit : « Vous serez bien heureux si vous n'en perdez
que quatre ou cinq. » Ce pronostic ne s'est heureusement pas confirmé.
» Dès le premier jour je prescrivis à tous: eau de Sedlitz, à- laquelle on
dut revenir plusieurs fois chez la plupart des malades; application d'eau
(i. 7 3)
fraîche sur la tête, incessamment renouvelée ; solution de sirop de groseilles,
et boissons mucilagineuses pour ceux qui étaient affectés de bronchite; la-
vements et cataplasmes; enfin, sinapismes et vésicatoires aux membres
inférieurs, chez ceux qui avaient du délire ou un état comateux très-prononcé.
Je n'ai eu recours ni aux saignées ni aux sangsues; la nature de la maladie
et la dépression du pouls m'ont paru contre-indiquer ces moyens. Je pen-
sais faire usage du sulfate de quinine, mais les purgatifs ont fait justice de
l'intermittence qui s'était manifestée chez quatre malades.
» Aucun de ces militaires n'a succombé, malgré l'intensité de cette affec-
tion, ce qu'il faut attribuer surtout, je crois, à l'éloignementdu foyer d'in-
fection, à l'influence favorable de l'air natal, et aussi aux soins de tous les
instants qui leur ont été prodigués par les Sœurs de notre hôpital. La conva-
lescence a marché rapidement ; du huitième au douzième jour, les yeux des
malades se rouvrirent; la figure reprit de l'expression, et la parole redevint
facile; puis l'appétit se prononça; enfin, aujourd'hui 1 3 juin, seize jours
depuis l'entrée à l'hôpital, notre dernier malade a pu être levé pendant
quelques heures, et j'espère pouvoir incessamment leur faire rejoindre leur
régiment, en garnison à Phalsbourg. »>
CffljViiE appliquée. —Études sur les céréales ;par M. Dcvivter, de Chartres.
(Commissaires, MM. Pelouze, Payen.)
Ce Mémoire devant être l'objet d'un prochain Rapport, nous nous bor-
nerons pour le présent à en reproduire les conclusions, que l'auteur pré-
sente dans les termes suivants :
« Il résuite des recherches exposées dans ce Mémoire que la partie
extérieure de l'enveloppe des céréales est récouverte de matières grasses et
de matières odorantes et azotées, dans un état particulier de combinaison,
n'ayant aucun rapport avec les enduits qui se trouvent sur les feuilles et à
la surface des fruits, et qui paraissent être toutes différentes de celles que
contient la farine avec lesquelles elles ne doivent pas être confondues;
le son ne doit donc plus être considéré comme contenant seulement des
matières azotées et des quantités variables de cellulose et de farine.
» Mais il importe moins de savoir en quel état se trouvent ces matières
à la surface des grains que de chercher à connaître le rôle qu'elles jouent,
tant dans l'économie domestique que dans l'économie végétale des céréales.
Dans l'emploi des céréales, comme base principale de la nourriture de
l'homme, elles sont presque entièrement éliminées avec le son. Les ani-
( "74 )
maux, au contraire, les absorbent en totalité en recevant comme nourriture
le son et les grains. Ces matières sont toutes assimilables : les éléments des
eorps gras, la chaux et le fer, sont destinés à alimenter à la fois les parties
graisseuses r les os des animaux, et à donner à leur sang une vitalité nor-
male. Elles forment sur les grains un enduit naturel, très-tenace, leur seiv
vant de préservatif en même temps qu'elles leur communiquent une odeur
particulière suigeneris. Ce sont elles qui donnent au blé sa valeur vénale ; ■■*
ce sont elles qui rehaussent sa couleur, qui lui donnent ce brillant, cet
onctueux, connus des marchands sous les noms techniques d'œil et de
i\iain, que possèdent, au suprême degré, les qualités supérieures, et qui
forment le pivot des transactions et en favorisent la vente, et, sous ce rap-
port, ces matières sont d'un grand intérêt. Cela est si vrai, que le blé gardé
trop longtemps -perd cet aspect qui le fait rechercher; il devient terne, et
rude au toucher par une longue dessiccation de ces matières; alors il est
moins estimé. »
AJSATOMIE comparée. ~ Mémoire sur la dentition des Cétacés;
par M. Ém. Rousseau.
.lîn.e partie considérable de ce travail est relative à la Baleine franche et
à' la position qu'occupent les fanons dans la bouche de ces Cétacés. L'au-
teur y joint comme pièces justificatives cinq Lettres écrites par des naviga-
teurs ayant une grande expérience de la pêche de la Baleine, et dont les
témoignages confirment, quant aux rapports des fanons et de la mâchoire
inférieure, l'opinion soutenue par M. Rousseau, opinion qui est d'ailleurs
celle des naturalistes les plus illustres, les Cuvier, les Camper, etc.
(Commissaires, MM. Duméril, Serres.)
M. Oudry adresse une description des procédés au moyen desquels il
obtient les applications électrométallurgiques dont il avait présenté des
spécimens dans la dernière séance et qu'il met de nouveau sous les yeux
de l'Académie.
(Commissaires, MM. Becquerel, Pouillet, De Bonnard, Du Petit-Thouars. )
...M. Lostalot-Baçhope envoie de Lembége (Basses- Pyrénées) une Note
sur un système agricole qu'il dit avoir appliqué avec grand succès depuis
dix ans et qui aurait,, suivant lui, l'avantage non-seulement d'augmenter d'un
(n 7 5)
tiers environ le produit des domaines ruraux , mais encore d'écarter pour
le pays le danger des inondations.
M. Pitheki adresse une Note sur les résultats auxquels il est arrivé en ré-
pétant des expériences de M. Fremy sur les fluorures.
Cette Note est renvoyée à l'examen des Commissaires désignés pour le
Mémoire de M. Fremy : MM. Thenard, Chevreul et Pelouze.
M. Poojade présente au concours pour le prix du legs Bréant un Mé-
moire imprimé ayant pour titre : « Recherches théoriques et pratiques sur
l'affection typhoïde intense, générale, dite choléra épidémique. »
(Commission du legs Bréant. )
M. Marigot soumet au jugement de l'Académie un Mémoire sur la navi-
gation aérienne.
(Commission des aérostats.)
M. Cacchy est adjoint à la Commission chargée d'examiner un Mémoire
présenté par M. Gornès de Souza dans la séance précédente.
COBRESP01VDA1VCÊ.
M. Cl. Bernard présente un Mémoire imprimé de M. Denis , de Commercy ,
ayant pour titre : « Nouvelles études chimiques, physiologiques et médicales
sur les albuminoïdes qui entrent comme principes immédiats dans la com-
position des solides et des fluides organiques tant animaux que végétaux. »
M. Bernard donne de vive voix une idée de ce travail, qui est destiné
par l'auteur au concours pour les prix de Médecine et de Chirurgie.
M. Becquerel présente au nom de M. du Moncel le premier volume de
la seconde édition d'un ouvrage ayant pour titre : « Exposé des applications
de l'électricité. »
« Dans la première édition, dit M. Becquerel, l'auteur avait omis les ren-
seignements technologiques ayant rapport aux moyens d'exécuter et à la
réalisation de certains effets particuliers aux applications. Le premier vo-
lume de la nouvelle édition est consacré à l'exposition de ces rensei-
gnements. »
( «76 )
Bï. le Secrétaire perpétuel présente, au nom de l'auteur M. Darcjr, un
exemplaire d'un ouvrage récemment publié, et ayant pour titre : Les Fon-
taines publiques de la ville de Dijon ... . \ . -\. - i ;.. .: ._
« Cet ouvrage, dit l'auteur dans la Lettre d'envoi, comprend à la fois
l'exposition et l'application des principes à suivre et des formules à employer
dans les questions de fourniture d'eau, L'utilité de semblables travaux a été
depuis longtemps proclamée par l'illustre Àrago, par lord Brougham; et,
à l'occasion de la fourniture d'eau de Bijou, un savant académicien,
M. Cheyreul,:a publié une brochure, véritable cours d'hygiène à l'usage des
cités populeuses. C'est sous .l'autorité de ces trois noms que j'ai cru devoir
entrer en matière.
» Mon ouvrage se compose d'une introduction, de quatre parties dis-
tinctes et d'un appendice. L'introduction énumère la série des questions à
résoudre par l'ingénieur chargé d'une distribution d'eau.
» Dans la première partie, j'ai cru devoir analyser d'abord tous les efforts
tentés à Dijon pour arriver au but proposé, dans les temps anciens : la des-
cription et révaluation des. travaux jadis exécutés m'ont permis de faire
connaître comment on entendait, à cette époque, les questions de four-
niture d'eau; j'ai rappelé accessoirement les moyens de rapporter au taux
actuel les évaluations des anciens marchés,
» J'ai ensuite indiqué quelle devait être la formule générale d'où l'on
pouvait déduire la; quantité d'eau nécessaire à l'alimentation d'une ville, et
j'allronvé pour l'expression de ce volume par habitant : . . • ,
,-:--:,:: . ..,9 oUtr ? s +|(ï +/e )' ; :';■;.
4? représentant le rapport du développement des rues à la population; y le
volume débité par minute et par bornë-fontaine; t la durée de l'écoule-
ment ;m un coefficient dépendant- du nombre de bornes à placer pour une
longueur déterminée de ruisseaux ; l la largueur moyenne des rues;, e l'é-
paisseur de la lame d'eau affectée aux arrosages par jour et par mètre carré.
„« La recherche de la valeur du rapport -> dans une soixantaine de villes
étrangères et françaises, m'a conduit à des résultats assez curieux sur une-ques-
tion d'économie publique : j'ai trouvé que le rapport du développement des
rues au Chiffre de la population variait entre o,4o et 2,43 ; les chiffres limites
o,4o et a,43 s'appliquent d'une part à Paris, et de l'autre à Versailles, c'est-
( "i77 )
à-dire à la population condensée d'une ville qui progresse et à la population
restreinte d'une ville qui décroît. L'accroissement de la population et les
enceintes fortifiées sont, on en comprend aisément les motifs, les conditions
t T
qui tendent le plus à affaiblir le rapport - , lequel, dans le plus grand nombre
de cas, esta peu près égal à l'unité. La discussion de cette formule m'a con-
duit à trouver pour le volume qu'il est nécessaire de distribuer par habitant
le nombre cent cinquante litres par jour.
» Je passe ensuite aux qualités que doit présenter l'eau potable, à sa na-
ture chimique, à sa température, à son degré de limpidité. La question de
température m'a fourni l'occasion de présenter des expériences que j'ai faites
relativement à la permanence de température des grandes masses d'eau. Celle
de la limpidité m'a engagé à étudier les procédés de filtration en usage ; je
reviendrai tout à l'heure sur cette question.
» On avait songé à Dijon à alimenter la ville au moyen de puits arté-
siens... ; j'ai donc dû examiner avec soin les questions que la théorie de ces
derniers comporte. J'ai cherché à déterminer, un puits artésien étant donné,
si le volume qu'il débite pouvait être négligé en présence du produit de la
nappe aquifère, ou si, par son importance, ce volume se rapprochait du
produit précité; j'ai indiqué aussi les lois suivies par l'accroissement de
débit d'un puits lorsqu'on abaisse son niveau de déversement, ainsi que
l'influence exercée sur ce débit par l'accroissement du diamètre du forage.
Le forage que l'on exécute en ce moment à Passy pour l'alimentation des
bassins du bois de Boulogne donne à cette question une sorte d'actualité.
» La deuxième partie de cet ouvrage concerne les travaux exécutés à
Dijon.
» La troisième renferme l'exposition et l'application des formules à em-
ployer dans les questions de distribution d'eau. Cette partie comprend de
nombreuses expériences faites au moyen des conduites et des réservoirs de
Dijon, et notamment des recherches ayant pour objet de déterminer l'effet
de la résistance de l'air sur les jets d'eau.
» Dans la quatrième partie, (j'ai présenté la solution des questions admi-
nistratives et judiciaires que rencontre habituellement l'ingénieur chargé
d'une distribution d'eau.
» L'appendice qui termine cet ouvrage contient plusieurs notes sur les-
quelles je ne m'arrêterai point. Je dirai quelques mots seulement de la
note relative au filtrage.
» La question de filtrage des eaux m'a fourni l'occasion de rechercher quelle
C. R., i856, i« Semestre. (T. [XLII, W° 84.) > ^4
( TT7» )
était là loi de l'écoulement de l'eau à travers une couche sablonneuse ; et j'ai
trouvé que le débit était proportionnel k la charge et en raison ^inverse de
l'épaisseur de la couche. Les ingénieurs anglais nient en général ï'influenee
de la pression sur les filtres ; d'autres ingénieurs admettent qu'elle est seu^
lement proportionnelle à la racine carrée de la pression. Je n'ai pas besoin
de faire remarquer l'importance que la loi précitée expérimentée dans les
plus larges limites présente en ce qui concerne la question de filtrage des
eaux destinées à l'alimentation d'une grande ville. Elle est telle, que l'on peut
regarder le- -filtrage en grand comme une opération facilement praticable.
Ainsi une cuve filtrante, telle que je la décris dans mon ouvrage, et d'un
rayon de j mètres, peut filtrer i5ooo mètres cubes en vingt-quatre heures,
volume nécessaire aune population de 100000 âmes. Or, dans le système
anglais où les filtres débitent seulement 4 mètres cubes par mètre carré et
par vingt-quatre heures, on voit que, pour arriver au résultat ci-dessus, une
superficie de terrain égale à 7}ooo mètres serait nécessaire.
» Je présente aussi dans eette note des considérations générales sur les
sources, et je cherche à déterminer la loi que suit l'augmentation de leur
produit par l'abaissement de leur niveau et celle.de leur décroissement, à
partir de leur étale. »
télégraphie. — M. le Maréchal Vaillant signale â l'attention "deTAcay
demie un nouveau télégraphe fondé sur remploi des rayons solaires» Ce
télégraphe, présenté aux Ministères de la Guerre et de l'Intérieur. par
M. Leseurre, fonctionnaire du service télégraphique d'Algérie, a été, par ordre"
des deux Ministères, étudié et expérimenté à l'ObserVatoîre impérial, sous la.
direction de M, Le Verrier. , - -
et Le succès complet des expériences permet d'affirmer que l'Algérie
trouvera dans ce système un télégraphe peu coûteux^ rapide, et partout apte
à franchir directement les plus longues distances. Le sud de l'Algérie, qui
se refuse à l'établissement des autres télégraphes, est, .au contraire, parfaite-
ment approprié à celui-ci. Les postes pourraient être situés à vingt lieues
les uns des autres dans les oasis qui dominent ces plaines de sable.
v La rapidité d'installation et le peu de poids des appareils en font d'ex-
cellents télégraphes ambulants.
» «Nous extrayons du Mémoire de l'auteur et du Rapport du Directeur
de l'Observatoire la description et les résultats suivants : ' -"■'-
. a Lesy^tèmereposesurlaréflexiou(kisoldlparunmiromplan.Trôischoses
( "79 )
sont à considérer : i° l'intensité de la lumière réfléchie à longue distance;
2° la facilité de direction de cette lumière vers un point donné; 3° la nature
des signaux.
» L'intensité de la lumière est celle que donnerait une portion du disque
solaire égale au miroir et mise à sa place.
» Le faisceau réfléchi formant un cône de 3a', diamètre apparent du
soleil, offre un champ assez grand pour que de petites erreurs dans l'orien-
tation soient sans inconvénient. Pour reconnaître la direction du faisceau
émergent, on place dans son intérieur une petite lunette astronomique
dont l'oculaire projette, sur un écran fixé en arrière, l'image du soleil réflé-
chi et les fils croisés du réticule. La position relative du disque solaire pro-
jeté et du point de croisée des fils correspond à celle du faisceau par rapport
à l'axe optique de la lunette. Si le point de croisée est au centre du disque,
c'est que l'axe optique de la lunette occupe l'axe du cône émergent. Si ce
point de croisée est sur le bord du disque, c'est que l'axe optique est voisin
de la surface du cône.
» Si donc on connaît la direction de l'axe optique de la lunette d'épreuve,
on jugera de la position du faisceau réfléchi. Dans ce but, la lunette d'é-
preuve est montée sur une plus forte lunette, à la manière des chercheurs.
Les deux lunettes ont leurs axes optiques parallèles, mais regardant en
sens inverse. Lorsque l'on voudra diriger l'axe optique de la lunette d'é-
preuve vers un point, on visera ce point avec la forte lunette. L'orientation
de la lunette d'épreuve se trouvera par là même effectuée, et à la seule in-
spection de l'écran on verra à quel moment le point visé est enveloppé par
le cône de lumière, à quel moment il en sort.
» La question de direction est tellement simplifiée par ce procédé, qu'une
fois la lunette d'épreuve bien placée, le miroir peut être dirigé à la main,
ou pour plus de commodité monté sur un pied et mû par deux vis tan-
gentes.
» Dans les triangulations de l'État-Major, il suffirait d'ajouter aux instru-
ments de chaque brigade une glace de quelques décimètres carrés pour
faire des mires visibles à de très-grandes distances.
» Vocabulaire. — Les signaux sont composés de séries d'éclairs brefs ou
longs que l'on forme en écartant pendant des temps courts ou prolongés un
écran qui intercepte habituellement le faisceau réfléchi. Dans l'écriture, les
éclairs brefs sont représentés par des points, et les longs par des barres,
comme dans le système électrique Morse, auquel on peut emprunter, du
reste, complètement son alphabet. Le soleil pourrait, sans doute, peindre
i54-
»
( n8o )
lui-même ces points et ces lignes sur un papier photographique glissant
d'un mouvement uniforme au foyer d'un objectif.
» Tel qu'il vient d'être indiqué, le télégraphe solaire souffre une objec-
tion : c'est que vers le lever et le coucher du soleil, le quart de l'horizon
opposé à cet astre ne peut recevoir que des éclairs très-faibles. Car la surface
du miroir, qui forme alors un angle très-aigu avec les rayons réfléchis, ne
présente plus qu'une surface apparente presque insensible.
» On y remédie par l'addition d'un second miroir. Cette complication
appareute simplifie parle fait la manœuvre de l'appareil et présente d'im-
portantes ressources.
» L'appareil forme alors unhéliostat à deux miroirs, dont l'un, mobile,
réfléchit les rayons du soleil dans la direction polaire*, l'autre, fixe, reçoit ces
rayons et les renvoie dans la direction voulue.
» En avant de ce second miroir est placée la lunette d'épreuve ; comme
elle accuse la direction finale du faisceau émergent, elle dispense de toute
précision dans l'orientation de l'arbre du premier miroir. Le seul inconvé-
nient d'une orientation inexacte serait de forcer à recourir de temps à autre
à la vis de déclinaison pour ramener le disque solaire sur le point de croisée
des fils.
» La première réflexion peut être dirigée vers le pôle boréal ou vers le
pôle austral ; on choisit celle des deux qui fait avec la seconde réflexion un
angle aigu.
~ » Dans le cas d'une ligne télégraphique fixe, l'orientation de l'arbre s'ob-
tient très-approximativement par l'observation des astres ; le reste de l'instal-
lation présente peu de difficultés. L'interrupteur est formé par une per-
sienne métallique à lames très- minces, ajustées à tourillons dans leurs mon-
tants, de façon à pouvoir tourner toutes ensemble au moyen d'une tige qui
les relie. Cette persienne, fixée sur l'arbre tournant, arrête habituellement
l'arrivée des rayons solaires sur le miroir mobile. Lorsqu'on veut produire
un éclair, on presse du doigt la tige. Les lames se présentent de champ
au soleil qu'elles laissent pénétrer et reviennent à leur position première
dès que la pression cesse. Les glaces ne sont ainsi exposées au soleil que
pendant le temps très-court des éclairs.
» Une expérience faite le 3o mars i856, à 3 heures, entre la tour de
Saint-Sulpice et la tour de Montlhéry, en présence de MM. Le Verrier, di-
recteur de l'Observatoire, Liais, astronome au même Observatoire, etStruve,
astronome de l'Observatoire russe de Poulkova, a donné les résultats suU
vants r . :
(ii8i)
» Éclairs presque éblouissants à l'œil nu, malgré les brumes de la saison.
Correspondance rapide et sans aucune hésitation. Lueur sensible à l'oeil nu,
très-brillante à la lunette, lorsque le soleil était voilé par des nuages
blancs.
» Les miroirs étaient des glaces du commerce de o m V 2, exposées depuis
quatre mois à toutes les intempéries, et montées sur de grossiers appareils
exécutés par un serrurier et un charpentier.
» Le télégraphe portatif pèse 8 kilogrammes, se monte sur un trépied
en bois et s'oriente à l'aide d'une boussole et d'un niveau à bulle adaptés à
l'appareil. Son installation prend à peine une minute. Pour simplifier, on
supprime l'interrupteur que l'on remplace comme il suit : le miroir fixe est
habituellement écarté de la position d'éclair par un petit ressort, on l'y
amène par la pression du doigt qui le fait buter contre un arrêt fixe; sui-
vant que la pression est courte ou prolongée, un éclair bref ou long se pro-
duit.
» Deux personnes placées en vue l'une de l'autre, à dix lieues de distance
et ignorant leurs positions respectives, peuvent à l'aide de cet appareil se
reconnaître, puis entrer en correspondance. La disposition de l'appareil
permet, en effet, de placer verticalement l'un des axes de rotation du se-
cond miroir, en rendant horizontal l'arbre du premier. La lumière solaire,
réfléchie horizontalement par le premier miroir, tombe sur le second qui,
en tournant autour d'un axe vertical, couvre de lumière une zone horizon-
tale d'un demi-degré de hauteur. On peut ainsi balayer tout l'horizon et
éveiller l'attention de la personne que l'on cherche. Celle-ci reconnaît le
point d'où partent les éclairs, s'oriente sur ce point, et lui envoie un éclair
fixe sur lequel on peut s'orienter à son tour.
» Dans cette recherche, on est encore guidé par la lunette d'épreuve qui
corrige toutes les erreurs d'une installation précipitée.
» Ce télégraphe portatif, expérimenté à l'Observatoire, en présence de
M. le Ministre de la Guerre, de M. le directeur général des lignes télégra-
phiques et du directeur de l'Observatoire, a donné les plus heureux
résultats. »
hydraulique. - Note sur la réserve du lac de Genève;
- par M. L.-L. Vallée.
« Je n'ai pas parlé dans la Note que j'ai eu l'honneur de présenter à l'Aca-
démie, le 9 de ce mois, d'un avantage important de la réserve du lac. Cet
avantage résulterait de ce que le produit du Rhône en basses eaux serait
considérablement augmenté à Lyon, et même en aval de Lyon, ce qui; don-
nerait au fleuve, pour s'approfondir, une grande puissance» : Z
» La Loire, à Roanne, donne 5 ooo mètres par seconde en grosses «aux,
et en basses eaux 5 seulement (un millième). Or, dès qu'une crue «st ; en
décroissance, les vitesses diminuent et les sables se déposent ■; mais vers. les
sources, où les déclivités sont fortes, elles continuent d'amener des allu-
vions qui s'accumulent de Digoin à Orléans et au-dessous, ce qui oblige à
exhausser les levées et rend les malheurs de plus en plus redoutables,
» Le Bhône est plus heureux, parce que son produit à Lyon, grâce au
lac tel qu'il est, se trouve en basses eaux du vingt et unième de son pro-
duit dans les grandes crues. C'est cet avantage qui serait augmenté par un
approvisionnement d'eau à former dans le lac d'un milliard de mètres cubes.
De là une puissance de curage immense; car elle agirait de Genève à la mer
sur un parcours dont la pente totale est de 375 mètres, et pendant une
durée d'environ cent jours, ce qui donnerait une force de a 1 7,400,000 che-
vaux travaillant pendant vingt-quatre heures.
» On peut dire que, en peu d'années, soit qu'on eût recours à des moyens
d'action qui commencent à s'employer et qui sont très-susceptibles d'être
améliorés, soit qu'on abandonnât, comme aujourd'hui, la force draguante du
courant à ses effets naturels, le régime du fleuve deviendrait tout .autre qu'il
n'est, et de beaucoup plus avantageux à la navigation et aux propriétaires
de la vallée en cas d'inondations.
» Des avantages aussi manifestes ont pu malheureusement être négligés
en i84o; ils doivent aujourd'hui être pris en grande considération. »
analyse mathématique. — Sur les racines imaginaires de l'équation
u — taug u = Ç ;. par M. J.-A.. Seubet. (Addition à une Note insérée dans
le Compte rendu de la séance du 9 juin 1 856.)
a Dans une Note insérée au Compte rendu de la dernière séance, j'ai dit
que celle des racines u de l'équation u — z sinu = t, , qui se réduit à la
constante réelle t, pour z == o, est développable en série convergente or-
donnée suivant les puissances croissantes de la variable réelle ou imagi-
naire s, tant que le module de z reste inférieur à la racine carrée de la
quantité . a _ _ 2 / , e désigne la base des logarithmes népériens, et y le coef-
ficient de sf— 1 dans celle des racines x+y V*— 1 de l'équation
(1) u — tangu='(,
( ii 83 )
pour laquelle la valeur de y est la plus grande. Pour l'objet que j'avais eu
vue, il n'était pas nécessaire de connaître le nombre total de ces racines
imaginaires; mais il n'est pas sans intérêt de remarquer que l'équation (i),
qui a, comme on sait, une infinité de racines réelles, n'a en outre que deux
racines imaginaires, lesquelles sont conjuguées l'une de l'autre et se ré-
duisent à zéro pour Ç = o.
» En mettant x +j \j— i au lieu de m, l'équation (i) se décompose dans
les deux suivantes :
, , sinaa? epf — erV •0'r + er-v
(2) * - = - ■ = C0S2d?H ;
K ' x — Ç 2/ 2
supposons Ç variable, et considérons y et Ç comme des fonctions de la va-
riable indépendante x ; on obtiendra aisément les valeurs suivantes :
,„, dÇ 2V 2 dy 2sin2aj
{ > dlc~'W . ~dx~~ yV" '
en posant, pour abréger,
v _ & — **» _ j _,_ (ay)» , Jar.)' ,
2x27 1.2.3 1.2... 5 *■''
et en désignant par V et V" les dérivées -j- et — -•
» Pour chaque valeur réelle de x, l'équation
... e'r—er'r e n +-. e ->r
(k) COS2JJ =
donne deux valeurs réelles de y égales et de signes contraires ; mais nous
considérons seulement la valeur positive.
» La valeur de £ reste finie tant que la variable x n'est pas infinie, et la
dérivée -j- n'est jamais négative ; il s'ensuit que £ est une fonction constam-
ment croissante de x; ce qui montre que Inéquation (1) ne peut avoir
qu'un seul couple x ±y\[—i de racines imaginaires.
» La formule (2) montre que x et Ç se réduisent en même temps à o, -, ■
7î, -^' 2n i etc - ? si x et Ç croissent de o à -» -£ est constamment positive,
et y croît depuis zéro jusqu'à sa valeur maxima, qui est 1 , 1 996. . . ; si x et £
croissent de - à rc, ^ devient négative, et y décroît de 1,1996... à zéro;
les mêmes variations se reproduisent périodiquement. Il suit de là que Pé-
( i 184 )
quation (i) a effectivement un couple x ±y\] — i de racines imaginaires ç
toutefois la partie imaginaire s'évanouit, lorsque Ç devient égal à zéro ou à
un multiple de n. »
ANALYSE ALGÉBRIQUE. ~- Note à l' occasion d'un théorème de M. Serret;
par M. E. Catalan. --
« La Note très-intéressante de M. Serret, communiquée à l'Académie
dans la dernière séance, m'a paru susceptible de deux simplifications aux-
quelles l'auteur n'a peut-être pas songé, et que je vais indiquer en peu de
mots.
» M. Serret prouve que le rayon vecteur, l'anomalie excentrique et l'ano-
malie vraie sont développables suivant les puissances de l'excentricité, toutes
les fois qu'une certaine variable y ne surpasse pas la racine positive de
l'équation ^ • =_ —
-y 1 Zy*
Y= r-
1.2 1.2.3.4
» Pour trouver le maximum j^de l'excentricité, M. Serret substitue la
valeur approchée de cette racine, dans l'équation
>* = (mod. Z )s = ?7 i^.
Or, i° l'équation Y = o équivaut à cos 2 x = o, c'est-à-dire à l'équation
(À) e 2 '+i-(e a ' — 1)7=0,
ou encore à celle-ci : " J '
(B) 2J _7^=o.
» 2°. De -' ■..-?.■■
a _ „ 1
^ ~~ ' 1 [" eV+e-'/l
- I «os 2*+ =- I :
2[_ 2 J
on tire, à cause de cos 2 x — o,
. -' " - . - ..."-'--■"" 2 . -
puis, au moyen de l'équation (A) , __ -- L .
(c) - . - ■■■■- ■- ■ . jx = v(r S! - 1 -
( u85 )
• » Consèquemment, quand on aura calculé la racine positive de l'équa-
tion (B), la formule (C) donnera le maximum p. de l'excentricité.
» Le calcul de y devient très-rapide si l'on remplace les logarithmes
népériens par des logarithmes vulgaires : on obtient
JT= '><99 6 7 8 --->
et, par suite,
p. = 0,662742. . . .
physiologie. — Etude de l'œil sur le vivant; Note de M. Waiaer.
« J'ai l'honneur de communiquer à l'Académie une description très-
succincte d'un procédé qui permet d'observer sur l'oeil de l'animal vivant
les images des objets lumineux qui se forment sur le fond du globe ocu-
laire, et d'examiner dans les vaisseaux de l'iris, du corps et des procès
ciliaires et dans la choroïde, la circulation du sang sous le microscope.
» Pour observer les images du fond de l'oeil, je produis Y exophthalmose
artificielle du globe de l'oeil, ce qui se pratique aisément sur le lapin, le co-
chon d'Inde et le surmulot, en écartant fortement les paupières. Sur l'œil
luxé, en présentant obliquement devant lui un objet lumineux, on aperçoit
aisément, à travers la sclérotique, son image renversée dont les mouvements
en sens opposé correspondent à ceux de l'objet extérieur. On reproduit à
volonté sur le même animal cette expérience, qu'il est facile de varier de
différentes manières pour apprécier les effets de l'éloignement sur l'inten-
sité lumineuse de l'objet.
» En maintenant l'oeil dans un état immobile, il est très-adapté pour
toutes les expériences physico- physiologiques sur ces images.
» Pour observer la circulation du sang sous le microscope dans les vais-
seaux de l'œil, le surmulot convient beaucoup mieux que le lapin et le
cochon -d'Inde, à cause de la grande transparence de la sclérotique et de
la forte convexité de l'iris. Sur cet animal, j'ai pu employer jusqu'à des
grossissements de 4°° diamètres pour observer l'état des vaisseaux. Les
procès ciliaires qui se distinguent depuis leur origine près de 1 'ora\serrata
jusqu'à leur extrémité antérieure, et dont l'ensemble forme une enceinte
circulaire autour de l'iris, la circulation du sang, si active dans les conduits
vasculaires afférents et efférents de l'iris contenu dans cette enceinte, le jeu
alternatif de la pupille, et les changements qui se produisent dans la forme
des vaisseaux, constituent dans leur ensemble un des plus beaux objets de
la microscopie ; en même temps, l'importance scientifique et pratique de
C. R., i856, I er Semestre. (T. XLII, N° 24.) I 55
( "i*86 )
l'étude de 'l'organe de la vue excusera peut-être l'empressement avec lequel
j'ai envoyé cette courte Note à l' Académie.
. » À une époque très-prochaine je communiquerai dans un Mémoire plus
détaillé les résultats que j'ai obtenus sur la circulation dans les canaux
veineux et artériels dans l'iris depuis son bord pupillaire jusqu'à sa grande
circonférence; sur l'état de ces vaisseaux suivant la constriction et la dila^
tation de la pupille ; sur les canaux veineux et artériels du corps ciliaire et
de la membrane choroïde. »
physiQ.de. — Note sur la construction du; baromètre ei~V ébullition du
mercure dans le vide; par M. Tacpenot. . •
a Pour bien purger d'air un tube barométrique, il faut que le mercure
soit maintenu en ébullition pendant quelques minutes sur toute Ja longueur
du tube. Dans la méthode ordinaire^ décrite aujourd'hui encore dans tous
les traités de physique, on recommande avec raison de fractionner l'opéra-
tion en trois parties. On fait bouillir un .premier tiers, puis un, second, et
Von remplit avec du mercure howlhVL' opération est longue, et il y a un in-
convénient .à nepas: faire bouillir le dernier, tiers comme les deux autres. La
couche d'an* adhérente auLverce, peut .donner des bulles qui, après quelque
temps, par suite des secousses, imprimées à; l'instrument, arrivent jusque
dans ht chambre barométrique. Eu outre,. Pébullition du pemier et du se-
cond tiers demande assez de précaution pour peu que le verre soit épais et
d'un faible .diamètre in teneur .iaJbaxite température à laquelle il faut porter
le verre, les fortes oscillations de la colonne mereurielle qutpasse sur des
parties eu plus chaudes ou plus froides, déterminent sou vent la rupture du
tube. Les éprouvettes de machine pneumatique présentent surtout de gran-
de^ difficultés sotfs: ee rapport. :
c «liTffas^es inconvénients "disparaissent,, ou sont au moins grandement
diminués ~si l'on fait le vide sur le mercure pendant rébuUition. Avec cette
précaution, il n'est plus besoin de scinder l'opération en trois parties :'-ofl.
peut remplir entièrement le tube, et si l'on veut faire bouillir jusqu'à l'ori-
fice même, ce qui est une bonne précaution et n'allonge que très-peu l'opé-
ration, on éprend un tube ayant ro à i5 centimètres en plus de la longueur
habituelle; on iefaçonne à la lampe si cela est nécessaire, par exemple si
on ledestinefcunètcuvettedeEortiny etl'on pratique un on deux. étran-
glements dans ïâ partie supplémentaire de 10 à t5 centimètres, qui doit être
coupée plus tard. Cette précaution, qui n'est pas d'ailleurs, indispensable,
• a* ponr- but dé- gêner-les oscillations ^du mercure- quand :on arrive à faire
bouiliutlës portions supérieures. .;i-.~ — :
-^pÇî-
(1187)
» Ayant rempli le tube jusqu'au premier étranglement, c'est-à-dire un peu
au-dessus de l'endroit où il doit être coupé, on adapte à l'extrémité ouverte
un tube de caoutchouc communiquant avec la machine pneumatique. Le
tube plein de mercure étant d'ailleurs disposé, comme à l'ordinaire, sur
une grille inclinée, on fait le vide et l'on chauffe la partie inférieure du
tube. L'ébullition se produit promptement, presque sans oscillations ni
soubresauts, et on la conduit de proche en proche avec une telle facilité,
qu'en moins de vingt-cinq minutes l'opération est complètement terminée.
» On gagne aussi à cette manière d'opérer d'être moins exposé à oxyder
le mercure. Il est bon de prévoir qu'en cas de rupture du tube tout le mer-
cure qui serait au-dessus de la rupture serait porté jusque sous les pistons
de la machine. Quoique les chances d'accidents soient beaucoup moindres
que dans la méthode ordinaire, puisque l'on n'a pas besoin d'une tempéra-
ture aussi élevée, et que les soubresauts sont à peine sensibles, il est bon
cependant de prendre une précaution très-simple qui consiste à placer vers
le milieu du tube de caoutchouc, supposé coupé en deux parties, un tube
cylindrique de verre un peu gros et étiré aux deux bouts, comme, par
exemple, une pipette maintenue verticalement. Le caoutchouc venant du
tube barométrique est ajusté à la partie inférieure et celui de la machine
pneumatique à la partie supérieure de cette pipette. Le mercure, s'il était
refoulé, arriverait dans le tube, où il se logerait, et serait traversé par l'air,
comme cela arrive dans les tubes ordinaires de sûreté.
» La raréfaction de l'air au-dessus du mercure donnant réellement de
grandes facilités pour la construction du baromètre, il devenait intéressant
de déterminer à quelle température se produit alors l'ébullition : pour cela,
on a employé un appareil simple consistant en un long tube de verre, fermé
d'un bout et assez effilé à l'autre, pour y pouvoir adapter un tube de caout-
chouc. Ce tube de verre était assez large pour contenir deux thermomètres
disposés en sens contraire, c'est-à-dire de manière que le réservoir de l'un
reposait au fond, tandis que celui de l'autre était à l'opposé. Ayant versé un
peu de mercure pour recouvrir le réservoir du premier thermomètre, on a
fait le vide, puis produit l'ébullition du mercure jusqu'à ce que les thermo-
mètres fussent devenus stationnaires. Correction faite de l'indication du
premier thermomètre, il est résulté pour la température de l'ébullition du
mercure sous la pression de 8 à 10 millimètres une différence de go degrés
environ avec la température de l'ébullition à l'air libre. Ce résultat est assez
conforme à ce qu'indiquait par avance la loi de Dalton, bien que cette loi
ne soit pas exacte quand on s'écarte beaucoup des températures d'ébullition
à l'air libre. »
i55..
(."88 )
MM. Gdéreî et Ecg. Robert, en adressant un' exemplaire d'un ou-
vrage qu'ils ont publié en commun, sous le titre de « Guide de l'éleveur die
vers à soie », appellent l'attention de l'Académie sur les efforts qu'ils n'ont
cessé défaire depuis plusieurs années pour répandre parmi. les petits édu-
cateurs, c'est-à-dire parmi les hommes qui produisent les neuf dixièmes delà
soie récoltée en France, les connaissances qui doivent fendre plus profitable
pour eux ce genre d'industrie. *
« C'est dans ce but que nous avons publié un Manuel dont le prix fût
accessible au moindre paysan ; et la même idée a présidé à la fixation du prix
du thermomètre guidé des magnaniers, qui deviendra ainsi, nous l'espé-
rons, un instrument populaire. Ayant remarque surtout que les gens des
campagnes attachaient peu d'importance à un changement de température
de deux ou trois degrés, parce que, dans les thermomètres ordinaires, chaque
degré est à peine visible, nous avons imaginé d'en faire construire un, spécia-
lement destiné aux petits éducateurs, et ne marquant que les températures
qu ils ont besoin 1 de bien connaître pour conduire sûrement leurs vers à
soie, ce qui à permis d'avoir des degrés de près d'un centimètre de longueur.'
Au moyen de ces grandes divisions, le magnanier verra toujours, même à dis-
tance, s'il doit chauffer bu raffraichir son atelier, et une instruction impri-
mée, placée sur la tablette de son thermomètre, lui rappellera constamment
ce qu'il a à faire pour bien conduire son éducation. Avec ce petit livré et ce
thermomètre, tout agriculteur, dans quelque condition qu'il, se trouve,
pourra conduire une éducation de vers à soie, et la mener à bien, s'il suit
les conseils qui lui sont donnés, et s'il imite ainsi la pratique simple et facile
au moyen de laquelle nous faisons constamment réussir les éducations chez
les agriculteurs que nous pouvons visiter. »
■ M, Tricadd, qui avait soumis au jugement de l'Académie un Mémoire sur
un moteur à air comprimé et dilaté par la vapeur, demande que la Com-
mission qui a été chargée de l'examen de ce Mémoire veuille bien attendre,
pour présenter son Rapport sur cette invention, des éclaircissements impor-
tants qu'il lui fera très-prochainement parvenir.
(Renvoi à la Commission nommée, Commission qui se compose de
--.-.- '-;.-'..". MM. Morin, Combes et Séguier.)
M. Bitz adressé de Dflren, près d'Aix-la-Chapelle, une nouvelle Lettre
relative à son Mémoire sur la direction des aérostats par lé moyen de l'hélice.
(Renvoi à l'examen de la Commission des aérostats, Commission qui se
compose de MM. Poncelet, Piobert, Séguier,)
( "8 9 )
M. Leveau renouvelle une demande qu'il avait déjà adressée en annon-
çant des expériences destinées, suivant lui, à jeter du jour sur les causes du
choléra-morbus. Il avait exprimé le désir qu'à la Section de Médecine ,
Commission commune pour prendre connaissance de toutes les communi-
cations relatives au prix Bréant, on adjoignît, pour juger ses expériences
un Membre de la Section de Physique. Il n'avait pas été donné suite à cette
demande, l'Académie laissant à la Section le soin de demander l'adjonction
d'un nouveau Membre si elle le jugeait utile. Toutefois, à l'occasion de la
nouvelle demande, qui indique la nature des expériences projetées, M. Serres
ayant déclaré que le concours d'un physicien lui paraîtrait en effet dési-
rable, M. Babinet est invité à s'adjoindre à la Section de Médecine pour
l'examen des expériences de M. Leveau.
M. Lajidois annonce l'intention de soumettre au jugement de l'Académie
une découverte relative aux causes de la coloration des corps, et à la nature
du principe colorant.
Si M. Landois adresse une exposition suffisamment détaillée des obser-
vations qui l'ont conduit à la découverte annoncée, sa Note sera renvoyée,
s'il y a lieu, à l'examen d'une Commission.
M. du Margat demande quelles sont les formalités à suivre pour le dépôt
d'un paquet cacheté.
On fera savoir à l'auteur de la Lettre que la seule condition à remplir con-
siste à apposer sa signature sur l'enveloppe du paquet cacheté, qu'il fera
parvenir, de la manière qui lui semblera la plus sûre, au Secrétariat de
l'Institut.
M. Schrœder adresse une Lettre relative à ses précédentes communica-
tions sur l'état intérieur du globe terrestre, et prie l'Académie de vouloir
bien lui faire savoir si ces communications ont été jugées de nature à être
soumises à l'examen d'une Commission.
(Renvoi à M. Liouville, qui a été consulté par l'Académie sur oette
question.)
Un réfugié polonais, dont la signature n'a pu être lue, présente des con-
sidérations sur les corps célestes , et sur les changements auxquels on peut
les supposer soumis dans la suite des temps.
La séance est levée à 5 heures et demie. E. D. B.
( i'9° )
BUIXETIW BIBLIOGRAPHIQUE. ■--.-.
L'Académie a reçu, dans la séance du 9 juin i856, les ouvrages
dont voici les titres :
Nouvelles études chimiques, physiologiques et médicales sur les albumi-
noïdes, qui entrent comme principes, immédiats dans la composition des solides et
des fluides organiques, tant animaux que végétaux ;_ par M. P.-S. Denis (de
Gommercy). Paris, i856; in-8°. (Présenté au nom de l'auteur par M. Claude
Bernard, et destiné au concours Montyon, Médecine et Chirurgie.)
Essai sur l'emploi médical et hygiénique des bains; par M. E, Ossian Henry.-
Paris, i855; in-4°. " :: r . : : ''-:
Note sur la composition de certains dépôts qu'abandonnent les eaux minérales
dé Luxeuil;par le même. Paris, i856; br. in'8?. :.: : ;.:.-:..-.
Monographie: de la famille des Bdlistides ; par M. HûLlarD (suite et fin)-,
br. in-8°. -
Notice biographique sur Edouard Adam; par M. J. Girardin ; a e édition.
Rouen, i856jbr.in-8°.. - ; _. ■■::;■■:'.-■ r '..,:ï?r
Discours prononcé aux obsèques de M. Amassât^ le 16 mai 1 856 ; parM. le4>a"-_
ron H. LARREY, au nom de l'Académie impériale de Médecine, Paris, i856;
br.in-8 rf . - ï rlrz ! -l:^ :'- .-. '-'- '- - : - : [ - -'■ •-.---"--
Nouveau Manuel simplifié de photographie sur plaque, verre-ef- papier, .albu-
mine et colladion, suivi d'un petit Traité sur les instruments d'optiqxie.appliqués à
la photographie; par M„Ed. deLatreille; nouvelle édition ; Paris,, 1 856 jg
in-18 . ....-"."..,"" ,--.:_ •; 5 ".'.-.■"■../:•: .'. - -.:e:'.:.-- i- iJ-'s.l: .< -":_:-
Société d'Agriculture, Commerce, Sciences et Arts du département de lai
Marne. Séance publique tenue à Châlons, le 29 août i855'. Travaux divers de
1-855. Rapport:&Un les travaux du congrès des délégués" des' Sociétés- savantes de
France (session de r.856). Année r855. Châlons, ï856;in-8 Q .
t Rapport sur tes travaux du Conseil central d'hygiène publique et de salubrité
du département de la Loire-Inférieure , pendant Tannée i8-54- Nantes, 1 855 y
br. in-8°. : . : . " v:
Société d'Agriculture, Belles-Lettres, Sciences et Arts de Poitiers. Séance pu-
blique du 14 mai i856. Poitiers, i856; br. in-8°.
- Flora batava; 179 e livraison. - >- - : -' - -
. Aeademia Lugduno^Batayà. Annales academici. Année r 8 5i- 1 85a ; in*4°.
Almanaque... Almanach nautique pour 1M7, calculé par ordre de S. M. à
l'observatoire de la marine de lavilledeSan Fernando. Cadix, 1 856; in-8 .-
( "9 1 )
Nuovo... Nouveau remède antiscorbutique; par M. Grimellï. Modène
i856; br. m-8°. '
Lettere... Lettres sur un moyen prophylactique contre le choléra; par le
même; br. in-8°.
Calore, . . Chaleur et froid appliqués à la guérison du choléra ; par le même ;
br. in-8°.
Il mal di mare. . . Le mal de mer; par le même ; br. in-8°.
Abhandlungen... Mémoires de la Société Royale des Sciences de Gottingue;
t. VI, 1 853-i 855; in-4°.
Uber die.. . Sur les changements déformes produits par les mouvements mo-
léculaires dans les corps inorganiques ; par M. J.-F.-L. Hausman». Gottingue,
i856;iii-4°. ..."."'""
Uber die... Sur la duplicité anormale des organes de l'axe; par M. B.
Sghultze. Berlin, i855; br. in-8°.
Uber die... Sur la genèse des monstres doubles; par le même. Berlin,
i856;br.in-8°.
L'Académie a reçu, dans la séance du 16 juin i856, les ouvrages dont
voici les titres :
Les Fontaines publiques de la ville de Dijon. Exposition et application des prin-
cipes à suivre et des formules à employer dans les questions de distribution d'eau,-
ouvrage terminé par un appendice relatif aux fournitures d'eau de plusieurs
villes, au filtrage des eaux et à la fabrication des tuyaux de fonte, de plomb,
de tôle et de bitume; par M. Henry Darcy. Paris^ i856; i vol. in-4°, avec
Atlas in-fol. obiong.
Exposé des applications de l' électricité ; par M. le vicomte Th. Du Moncel •
t. I er : Notions technologiques,- 2 e édition. Paris, i856; in-8°.
Mémoire sur la maladie de la vigne; par M. Mares. Paris, i856; broch.
in-8°.
Du progrès en thérapeutique par V homozopathie ; deuxième Lettre adressée en
réponse au D r Perry; par le D r Aodouit. Paris, 1 856 ; br. in-8°.
Moyens de libérer les céréales et la pomme de terre de l'impôt en nature pré-
levé sur elles par l'industrie; par MM. Thibierge et D r R.EMiLLY(de Versailles) ;
br. in-8°.
( i'9 3 )
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5-
COMPTE RENDU
DES SÉANCES
DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES.
SÉANCE DU LUNDI 23 JUIN 1856.
PRÉSIDENCE DE M. IS. GEOFFROY-SAINT-HILAIRE.
MÉMOIRES ET COMMTJMCATIONS
DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACÂDÉMD?..
PHYSIOLOGIE végétale. — Note sur la composition immédiate de l'épiderme
et de la cuticule épidermique des végétaux; par M. Payes.
« Parmi plusieurs lois générales de la composition chimique des tissus
des plantes et de la distribution des matières minérales dans des organismes
spéciaux, j'avais indiqué la présence constante et les proportions notables
de matière azotée et de silice dans l'épiderme et dans la cuticule épider-
mique des racines, tiges, feuilles, poils, et généralement dans toutes les
parties superficielles et jusqu'à une certaine profondeur de l'intérieur des
stomates (i),
» En signalant ces faits à l'attention des physiologistes, je faisais remar-
quer que la forte cohésion des pellicules ou tissus superficiels contribuait,
avec la silice et la matière azotée, dont la cellulose se montrait injectée dans
ces parties, à faire résister la cuticule et l'épiderme à certaines réactions
chimiques capables de désagréger toutes les parties des tissus sous-jacents ;
(i) Voyez tome IX des Mémoires présentés à l'Académie des Sciences par divers savants ,
pages 114 à i23, et tome XX des Mémoires de l'Institut de France, pages 5u-5i2, et
tome XXH, page 52^ et PL I, fig. 10 et 1 1.
C. fi., i856, i« Semestre. (T. XLII, N° 2S.) * l ^
( "94)
qu'il était facilede mettre à-profit ces clifférences dans les effets des réactifs
pour discerner plus nettement qu'on n'avait encore pu jusqu'alors le faire,
sous le microscope, les limites entre les parties épidermiques douées de ces
caractères et les cellules sous-jacentes qui ne les possédaient pas. J'avais
montré enfin que l'application successive de l'iode en solution et de l'acide
sulfurique isolait la cuticule eu l'épiderme résistants et colorés en jaune, des
tissus internes désagrégés, et souvent bleuis ^pâr la-réaction .qui caractérise
la cellulose pure ou faiblement injectée, en la transformant par degrés en
matière amylacée, dextrine et glucose.
a Ces faits et les moyens mis en usage pour les observer ont été constatés
et étendus par plusieurs savants physiologistes, notamment MM. Brongniart,
de Mirbel, Hugo, Mohl, Trécul, etc.
» De mon côté, je me suis occupé en maintes occasions de vérifier et de
compléter les premiers résultats que j'avais obtenus en étudiant les lois
générales de la composition des végétaux, et je me propose de commu-
niquer à l'Académie les faits nouveaux que j'ai observés dans cette direc-
tion. - ■ ■
» En ce qui touche la constitution chimique de la cuticule et de l'épi-
derme, j'ai reconnu que toujours la première, ainsi que les cellules épider-
miques. caractérisées par la coloration jaune et la résistance à l'action com-
binée de l'iode et de l'acide sulfurique/renferment à l'état normal, outre la
cellulose, la silice et la matière azotée, des sels calcaires et alcalins, plus
une matière grasse qui augmente. sa résistance aux agents extérieurs (r).
---» Lès mêmes, caractères se remarquent dans la cellulose superficielle de
tous les organismes extérieurs des plautes'^je lès ai observés dans la pel-
licule externe des fruits vésiculeux du Colutefi arborescents et de divers
(i) On sait que M. Chevreul a découvert # dans le liège (voyez Annales de Chimie,
tome XCY-X.CVI, page 140; couche subéreuse sous l'épiderme du Quercus suber, ..une
résine et plusieurs matières grasses, et dans les feuillets péridermiques sous Pépidërme du
bouleau, une substance résirioïde , labétuline, qui joue un rôle importas! relativement à la
production, à une certaine température! de la matière aromatique propre au cuir de, Russie,
ajnsi que l'a démontra notre confrère (l'impératrice Joséphine avait pour cette odeur aroma-
tique développée dans le produit de labétuline torréfiée une prédilection toute particulière).
Les feuilles de diverses plantes et tes tiges des Cactées offrent en général, sous la cuticule
superficielle, des cellules épidermiques formées de cellulose peu injectée, qui se désagrège
et bleuit dans ces circonstances, laissant apparaître les saillies anguleuies de la. qutiçule entre
les joints ■des cellules qu'elles recouvrent et montrant là 'pénétration de la- cuticule dans les
stomates. : ' ■■ ....
( "95)
autres fruits, dans la cuticule des poils et des glandes, dont la membrane
enveloppante se compose ordinairement de deux parties : l'une externe,
résistante, et l'autre interne, douée d'une cohésion moins forte, susceptible
de se désagréger en se gonflant et prenant une coloration bleue ou verdâtre,
lorsque l'acide sulfurique assez concentré pénètre après l'iode jusqu'à
elle (i).
» J'ai retrouvé encore ces caractères dans les membranes externes des cel-
lules que l'enlèvement de la cuticule ou de l'épiderme avait exposées à l'air
et qui, sous l'influence de la végétation, s'étaient injectées de matières miné-
fales de substances grasses et azotées.
» Des caractères distinctifs semblables se sont nettement prononcés sur
la cuticule des excroissances coniques développées par suite de la piqûre
d'un insecte à la surface des feuilles de tilleul; je les ai retrouvés encore sur
les poils implantés à l'extérieur de ces excroissances.
» J'ai repris à cette occasion avec MM. Vilain et Thiboumery l'analyse
quantitative de la cuticule épidermique d'une tige de Cactus peruvianus, et
de l'épiderme de la pomme de terre dite patraque jaune. Nous avons trouvé
les nombres suivants pour 100 parties à l'état sec :
Azote ou mat. azotée. M. grasse. Silice. Sels.
Cuticule du Cactus 2,01 i3 9,09 2,66 6,67
. Epiderme de la pomme de terre. i,3g 9,o35 3,40(2) 1,1 35 10,4.0 (3)
» La proportion de cellulose, déduite par différence et calculée égale-
ment sur 100 parties, serait représentée par 68,58 pour la cuticule du
Cactus, et par 76,0$ relativement à l'épiderme de la pomme de terre.
» Ces nouvelles observations confirment, tout en les complétant, mes
premières recherches sur la composition immédiate de l'épiderme et de la cu-
ticule épidermique des végétaux ; elles étendent la loi générale de cette com-
position aux parties superficielles de productions anormales accidentellement
développées sur les feuilles. »
(1) La couleur verte résulte du mélange de matières azotées jaunies par l'iode avec la cel-
lulose plus abondante bleuie par les mêmes réactifs.
(2) La matière grasse de cet epiderme était colorée en jaune.
(3) La quantité trop faible de matière n'a pas permis de doser les sels calcaires et alcalins,
parmi lesquels on a reconnu la présence des phosphates.
i56..
( ii9 6 )
CHIMIE INDUSTRIELLE. — Note sur les huiles employées à la fabrication du
rouge turc; par M. J. Pelocze.
« Les huiles fixes ne sont pas toutes également propres à là prépara-
tion des teintures connues sous le nom de rouge turc ou de rouge d'An-
drinople. '. ■
» Celles employées généralement à cet usage sont des huiles d'olive pro-
venant, pour la plus grande partie, des États du Levant, de l'Italie ou du
midi de la France. On les distingue des autres corps gras par la dénomina-
tion d'huiles tournantes, qui rappelle la propriété qu'elles présentent, étant
mêlées à une faible dissolution alcaline, de produire une émulaion lac-
tescente. Une huile de cette nature est d'autant plus estimée que cette émul-
sion est plus parfaite, et que sa partie grasse met plus de temps à se séparer
du liquide aqueux. Pour distinguer une huile tournante d'une buile ordi-
naire on flambante, il suffit d'en laisser tomber une ou deux gouttes dans
un verre à expérience en partie rempli d'une dissolution de soude causti-.
que marquant i{àa degrés : la première devient opaque, la seconde reste
transparente. C'est le procédé que suivent ordinairement les industriels qui
vendent ou qui achètent les huiles tournantes, et ils jugent, d'après le plus
ou moins d'opacité des gouttes oléagineuses, si la propriété qu'ils recher-
chent est plus ou moins développée dans l'échantillon d'huile soumise à
l'essai. „..;..-..
» Les huiles propres à la fabrication du rouge turc étant d'un prix très-
élevé, on a cherché à les remplacer par des huiles de qualités inférieures et
d'une valeur vénale moindre, en mêlant celles-ci au jaune d' œuf, en les
traitant par l'acide nitrique, etc., etc.; mais il ne paraît pas que ces essais
aient été suivis de succès, car l'industrie des toiles peintes en rouge d'An-
drinople consomme encore aujourd'hui des quantités énormes d'huiles
d'olive naturellement tournantes.
» Lorsque j'ai eu l'honneur, en mars 1 855, de présenter à l'Académie un
travail dans lequel j'ai fait voir qu'il suffit d'abandonner à elles-mêmes les
graines broyées, pour que les corps gras neutres qu'elles renferment se
changent en acides, j'ai annoncé une prochaine application de ces huiles
partiellement acidifiées à la fabrication du rouge turc. Je savais déjà que les
huiles tournantes du commerce n'étaient autre chose que des mélanges
d'un corps gras neutre avec un corps gras acide ; mais je voulais que la
question industrielle fût jugée industriellement, c'est-à-dire en fabrique.
( "97 )
Aujourd'hui que j'ai reçu les renseignements qui me manquaient, je m'em-
presse de communiquer à l'Académie mes expériences, dont je n'avais
retardé la publication que pour les rendre complètes au point de vue de leur
application à l'art de la teinture.
» Je me suis procuré des huiles d'olive tournantes provenant de divers
pays; je les ai traitées par l'alcool, et je me suis assuré que toutes lui cèdent
une quantité notable d'acides oléique et margarique. La proportion de ces
acides varie de 5 à i5 pour ioo. On retire également ces acides des mêmes
huiles en faisant chauffer celles-ci pendant quelques minutes avec un
alcali.
» L'huile d'olive ordinaire, celle qui sert aux usages de la table, ne
contient pas d'acide gras, ou n'en contient que des quantités insignifiantes ;
il est facile de s'en assurer en les traitant comme il vient d'être dit pour
l'huile tournante.
» Les faits que j'ai fait connaître sur la saponification spontanée des corps
gras permettent d'expliquer facilement la composition différente des deux
huiles d'olive dont je viens de parler. Les huiles pures s'obtiennent par la
division et la compression immédiate des olives arrivées à leur point de
maturité.
» Le remaniement des tourteaux et autres résidus, la fermentation des
olives en tas, ou toute manipulation qui aura pour effet de multiplier les
points de contact de l'huile avec les matières qui l'accompagnent, et de
prolonger ce contact, déterminera l'acidification de l'huile, et celle-ci de-
viendra tournante.
» Indépendamment des huiles tournantes naturelles, on trouve depuis
quelques années, dans le commerce, des huiles de diverses espèces égale-
ment propres à la fabrication du rouge turc. Ces dernières sortent de la
maison de MM. Boniface frères, de Rouen, la seule en France qui sache pré-
parer artificiellement des huiles tournantes. Ces négociants n'ont pas fait
connaître les procédés à l'aide desquels ils arrivent à ce résultat important.
» J'ai constaté dans les huiles provenant de l'usine de MM. Boniface des
proportions très-notables d'acide oléique et margarique. Il est résulté pour
moi, de ces diverses expériences, la conviction que la seule différence entre
les deux catégories d'huiles commerciales, considérées au point de vue de
l'art de la teinture, tient à ce que, celles dites tournantes sont mêlées à des
acides gras, tandis que les autres en sont exemptes.
» M. Chevreul a fait, il y a plus de vingt ans, une observation qui cadre
parfaitement avec cette manière de voir. Il a extrait du coton teint en rouge
( i'rç8)
d'Andrinople deux matières huileuses, l'une neutre au tournesol, l'autre qui
le rougit et qui est formée d'acides oléique et margarique, c'est-à-dire' des
mêmes acides dont je viens "de signaler la présence dans les huiles employées
à la fabrication du rouge turc. --•-■-.-.■
» Si l'huile d'olive tournante est presque exclusivement employée à la
préparation du rouge d'Andrinople , cela tient surtout à ce que les olives
se prêtent mieux que les graines oléagineuses à la réaction qui donne nais-
sance aux acides gras ; mais aujourd'hui que le rôle de cette huile est Bien
connu , il sera facile de la remplacer avec économie par des huiles à bas
prix, telles que celles d'oeillette, de sésame, de colza, de palme, etc." Il
suffira de broyer les graines ou les amandes qui les contiennent et de les
abandonner un certain temps à elles-mêmes avant d'en extraire l'huile. Un
second moyen, plus simple encore, consiste à ajouter directement aux huiles
ordinaires quelques centièmes de leur poids d'acide oléique et margarique
provenant des fabriques de bougies stéariques.
» Je recommande ce dernier moyen aux fabricants de rouge turc, il a
réussi entre les mains de M. Steirter, qui en a fait faire l'essai dans sa fa-
brique de toiles peintes de Manchester. Personne en Europe ne fabrique au-
tant de rouge turc. que cet bahile industriel, et personne n'était mieux placé
que lui pour juger du mérite de l'application que je propose à l'art delà
teinture en rouge.
- » Je joins aussi à ma Note une Lettre de MM. Henry et fils, fabricants
de rouge turc à Bar-le-Duc, dans laquelle les personnes. que cette industrie
intéresse trouveront d'utiles renseignements sur la substitution des huiles
acidifiées artificiellement aux huiles tournantes naturelles.
y> Les applications que je viens d'indiquer n'auront pas seulement un ré-
sultat économique au point de vue de la fabrication des toiles peintes eu
rouge , elles permettront encore de remplacer par des huiles indigènes des
huiles dont là plus grande partie nous vient de l'étranger.
» J'ai l'honneur de mettre sous les yeux de l'Académie des échantillons
de tissus de coton teint en rouge turc La couleur a été appliquée sur les uns
avec dé l'huile d'olive tournante, sur les autres avec des mélanges d'huiles
"neutres et d'acide oléique.
» Des juges plus compétents que moi, des fabricants dé tissus très-habiles,
ont déclaré qu'ils ne trouvaient pas de différences sensibles entre ces divers
échantillons.
» Je joins à ces tissus un échantillon de coton filé, préparé à Bar-sur-
( "99 )
Seine avec de l'huile de colza mêlée d'acide oléique, qui a été également
reconnu d'une bonne nuance et d'une bonne qualité commerciale.
. » En résumé, il résulte de mes recherches :
» i°. Que les huiles propres à la fabrication du rouge turc, et qu'on
connaît sous la dénomination commerciale d'huiles tournantes, sont des
mélanges d'huiles neutres et d'acides gras ;
» 2°. Qu'on peut obtenir des huiles semblables et également propres à
la fabrication du rouge turc, soit par l'acidification spontanée des huiles
en présence des seules matières qui les accompagnent dans les graines, soit
par le mélange direct des huiles neutres du commerce et des acides gras ,
particulièrement de l'acide oléique provenant des fabriques de bougies
stéariques.
» II est extrêmement probable que le traitement de certaines huiles et
plus particulièrement de celle de colza, par quelques centièmes de leur
poids d'acide sulfurique, donnerait naissance à des mélanges d'huiles neu-
tres et d'acides gras qui, bien lavés, seraient propres à la fabrication du
rouge turc. »
Lettre de MM. Henry et fils à M. Pelouze, sur le rouge turc.
« Savonnières devant Bar- te-Duc, I2juin iS56.
» Nous sommes heureux de vous faire connaître les résultats satisfaisants
que nous venons d'obtenir en suivant les indications que vous nous avez
données pour faire tourner différentes sortes d'huiles, c'est-à-dire pour
leur donner la propriété des huiles d'olive dites tournantes servant à la
teinture du rouge d'Andrinople, par l'addition d'une certaine quantité
d'acide oléique.
» La proportion de l'acide oléique varie- suivant les huiles ; nous avons
fait tourner avec une addition de. 5 parties de ce dernier produit pour ioo
d'huile. Dans d'autres circonstances, cette proportion a dû aller jusqu'à io
ou i5 pour ioo, et quelquefois une addition de 2 pour ioo a suffi pour
rendre tournante l'huile expérimentée. L'expérience seule peut indiquer la
proportion ; car une trop grande quantité d'acide oléique empêche l'huile de
bien tourner. Nous avons remarqué aussi qu'il fallait employer des huiles
ayant subi déjà un certain degré d'épuration, et que des huiles brutes ainsi
préparées se coupaient moins bien avec la lessive de soude.
» Nous vous adressons un échantillon de fil de coton teint en rouge d'An-
drinople au moyen d'huile ainsi préparée; l'essai fait en petit sur io kilo-
( I200 )
grammes de cotons filés a donné une bonne nuance moyenne et courante,
et proportionnée au poids de garance employé; pouf cette petite partie,
nous avons employé 3 kilogrammes d'huile de colza épurée et 60 grammes
d'acide oléique, c'est-à-dire seulement 2 pour 100. Nous sommes convaincus
que nous pourrons aussi bien réussir en grand. »
travaux publics. — Note touchant l'action saline de Veau de mer sur les
composés hydrauliques en général; par M. Vicat.
« Dans l'ouvrage que je viens de publier à ce sujet, j'ai été conduit par
des expériences suivies avec constance pendant treize ans à distinguer trois
classes de composés hydrauliques par rapport à l'action saline (page 81),
savoir :
» i°. Ceux qui résistent par l'effet d'un changement de constitution chi-
mique intégral ou limité en profondeur, que la mer y opère spontanément,
et qui n'ont par conséquent besoin d'aucun enduit préservateur;
» 2 . Ceux qui ne subsistent et ne peuvent subsister que sous la protec-
tion de ces mêmes enduits ;
» 3°. Ceux enfin sur lesquels ces enduits ne peuvent se maintenir et qui
périssent par l'effet même des transformations chimiques que la mer tend à
y introduire. ' -
» Les premiers, ai-je dit, peuvent être reconnus et appréciés par certaines
expériences de laboratoire, à l'aide desquelles on exerce sur eux une action
purement saline, c'est-à-dire indépendante des éléments conservateurs que
renferme la mer libre; on peut donc, quand ils résistent à cette épreuve,
conclure à fortiori qu'ils résisteront en mer libre, puisqu'ils y trouvent des
auxiliaires qui viendront ajouter à leur valeur intrinsèque. * , ~
» Quant aux composés de la deuxième et de la troisième catégorie, ai-je
dit encore (page 81), les essais de laboratoire ne peuvent que les classer par
ordre de stabilité, attendu que l'eau de mer naturelle ou artificielle que l'on
y emploie ne possède plus cette espèce de vitalité qui produit les végétations
sous-marines et les sécrétions d'origine animale dont elle enveloppe les
corps immergés. Donc, pour ces derniers, il n'y a que la mer, dans toute
la liberté de ses courants et de son agitation et avec tous ses éléments hété-
rogènes, constants ou accidentels, qui puisse répondre aux questions de
stabilité ou de non-stabilité.
* » Dans cette longue série d'expériences, j'ai passé en revue : i° toutes les
pouzzolanes volcaniques de Rome, de Naples et de France; 2 toutes les
( Ia01 )
pouzzolanes artificielles que fournissent les argiles, depuis les terres à briques
jusqu'aux argiles exemptes de fer et de carbonate de chaux, c'est-à-dire aux
argiles blanches réfractaires ; 3° tous les ciments actuellement dans le com-
merce; 4° et enfin toutes les variétés possibles de chaux hydrauliques ; et
dans cette grande diversité de matériaux élémentaires des composés hy-
drauliques, je n'ai trouvé d'absolument capables de résister à l'action des-
tructive de la mer, et sans exception, que les silicates doubles d'alumine et
de chaux fournis par la combinaison de 1 5 à. 20 parties de chaux caustique
avec 100 parties de ces pouzzolanes artificielles peu cuites, fournies par les
argiles blanches, et par exception par quelques argiles ocreuses d'une ori-
gine géologique particulière, et de plus quelques ciments.
» Je ne puis donc en conscience laisser passer cette assertion de MM. Ri-
vot et Chatoney, que je trouve dans le Mémoire qu'ils ont présenté à l'Aca-
démie (Compte rendu de la séance du 9 juin courant, page 1122), savoir
« que les pouzzolanes artificielles peuvent très-rarement donner des résul-
tats favorables. »
» Aucune de celles qui m'ont été fournies par les nombreuses variétés
d'argiles pures que j'ai essayées n'a fait exception à la règle; et je conserve
en eau de mer, dans les circonstances où sa puissance destructive a le plus
d'intensité, et depuis plus de dix ans, des silicates composés comme je l'ai
dit tout à l'heure, parfaitement intacts dans leur cohésion physique, et cela
par l'effet de cette substitution de principes dont je parle (pages 81, 8a et
89), et qui, sans nuire en rien à leur stabilité, en élimine presque toute la
chaux attaquable qu'elle remplace par la magnésie et l'acide carbonique. En
voici deux exemples pris entre plusieurs autres :
Composition initiale des silicates Composition définitive des silicates
avant leur immersion. après transformation complète.
1 Chaux 1 3 ,90 \ / Chaux combinée avec j
„„ ) Silice 55,65/ r> I la pouzzolane 2,23/
1 ' | Alumine et traces de 1 99 » 9 N° 1 . < Carbonate de chaux . 3 , 87 , 99 , 32
S 2
fer 3o,43J /Magnésie 7>4 2 l
Pouzzolane 85 ,80 /
/Chaux i3,o4\ / Chaux combinée avec |
Silice 4 2 >64i \ la pouzzolane ... . 2,43l
Alumine et traces de f N° 2. < Carbonate de chaux. 2,61 \ 99,97
fer 28,3if99'99 iMagnésie 6,37!
Magnésie. , 2,00 \ \ Pouzzolane 88,56/
Sable de l'argile 14 ,00 )
» On a fait abstraction de l'eau dans ces analyses.
C. R., i856, I er Semestre. (T. XLII, N° 2S.) I &7
( 1202 )
» C'est sur cette remarquable propriété des silicates composés avec les
pouzzolanes d'argiles blanches très-peu cuites que je fonde la solution gé-
nérale du problème de résistance des" composés hydrauliques à l'eau de
mer (i), solution dont l'importance ne serait contestée par personne. •
» On trouvera d'ailleurs, page 90 de l'ouvrage récemment adressé par
nous à l'Académie, lequel ouvrage est aussi entre les mains de quelques-uns
de ses honorables Membres, mon opinion sur l'emploi d'autres composés
hydrauliques attaquables dans le laboratoire, et que néanmoins la mer libre
peut respecter par des moyens dont elle est dépourvue quand on l'enferme
dans les cuves ou baquets.
» Je n'insisterai pas sur le procédé proposé (page 1 120 des Comptes ren-
dus) par MM. Chatoney et Rivot pour obtenir d'excellentes chaux hydrau-
liques; ce moyen n'est évidemment pas pratique et ne le sera jamais, à moins
qu'on ne trouve tout formé dans la nature du quartz porphyrisé et en quan-
tité convenable.
» Je dois vivement regretter que les nombreuses occupations de la Société
d'Encouragement pour l'industrie nationale ne lui aient pas encore permis de
s'occuper du Mémoire que je' lai ai transmis en .854, touchant cette épineuse
question de l'action saline sur les constructions sous-marines, Mémoire dont
la quatrième partie de ma récente publication n'est qu'un extrait très-suc-
cinct; je pense que si la Commission désignée pour l'examen du travail de
MM. Chatoney et Rivot le désirait, la Société d'Encouragement ne refuserait
pas de lui communiquer momentanément les recherches qui dans leur en-
semble complet jettent une vive lumière sur toutes les phases du problème
en s'appuyant sur des exemples empruntés aux travaux antiques et modernes
exécutés en mer libre, tant sur l'Océan que sur la Méditerranée. »
astronomie. - Éléments elliptiques de la 41 e petite planète; Lettre
de M. Valz. ■•■■-.-
a Marseille, le, 19 juin, i8§6.
» D'après une observation du 6 juin de la 4i e petite planète, j'ai pu en
calculer les éléments elliptiques suivants; mais comme les observations,
difficiles à faire, ne sauraient avoir une assez grande rigueur, et que les
intervalles de temps ne sont pas non plus assez considérables, ces éléments
(1) Ces argiles sont, en effet, très-répandues ; on en compte en France de nombreux gise-
ments; 10 à 12 centièmes dessable quartzeux n'en altèrent pas sensiblement les qualités.
( i2o3 )
ne peuvent avoir toute l'exactitude désirable, et ne pourront être de quel-
que utilité qu'à défaut d'autres établis sur de plus grands intervalles de
temps, ce qui est bien à craindre.
Epoque 3i ,4^9 m£| i "856 T. M. de Marseille.
. ;
Anomalie moyenne 343.38. g
Longitude du périhélie 247 . 7 • 4 2
Nœud ascendant 180.37. I3
Inclinaison 1 3 . 3g. 5i
Angle de l'excentricité 10. i3.48
Demi grand axe 2 . 3go5
Mouvement moyen diurne g66",g6
M. le Secrétaire perpétuel annonce que M. Demidoff'z demandé à être
porté, comme Correspondant de l'Académie, sur la liste de l'Institut, dans
la souscription pour les inondés. M. Jaimez, correspondant de M. Demi-
doff, fait savoir qu'une somme de aooo francs lui a été remise pour cette
destination.
NOMINATIONS.
L'Académie procède, par la voie du scrutin, à la nomination de la Com-
mission appelée à décerner le prix d'Astronomie (fondation Lalande) pour
l'année i856. .
MM. Liouville, Laugier, Mathieu, Delaunay et Le Verrier obtiennent la
majorité des suffrages.
L'Académie procède, également par la voie du scrutin, à- la nomination
de la Commission appelée à juger les pièces adressées au concours pour le
prix de Physiologie expérimentale ( fondation Montyon).
MM. Cl. Bernard, Flourens, Rayer, Serres, Milne Edwards, obtiennent
la majorité des suffrages.
L'Académie avait nommé, dans sa précédente séance, la Commission des
prix de Médecine et de Chirurgie. Dans cette Commission, qui se compose
de neuf Membres, le premier des noms, celui de M. Serres, a été omis à
l'impression. La liste complète doit donc être lue ainsi qu'il suit :
Commissaires, MM. Serres, Rayer, Velpeau, Andral, J. Cloquet, Cl. Ber-
nard, Jobert de Lamballe, Duméril et Flourens.
157..
( 1204 )
' MÉMOIRES. LUS. : ,_.:.;
physique du globe; -^'Note sur là grande ïnohdâtion de la Loire;
~ n~.ï2 . .par M- Ro-zetf. ■•-■- ,i^ .-_
(Commissaires précédemment nommés : MM- ÉHè -de Beaumont,
•'i cïeTGasparin, M. .le. Maréchal Yaillant.) : :
« Persuadé que iésrdésastres dont la vallée: dé dat Loire vient d'être le
théâtre, m'offriraient de nombreux faits à l'appui "du Ménioire que j'ai lu le
0.6 mai dernier à l'Académie des Sciences, « Sur les moyens d'arrêter les dé-
vastations des torrents dans lés montagnes\ et de prévenir les grandes inon-
dations des fleuves et des rivières, » jer suis allé visiter une partie de cette
'malheureuse contrée, "fa plus^ horriblement dévastée de" toutes celles qui
"viènuentded être par les débordements de nos grands cours d'eau. - ; -
» Ce n'est qu'au-dessous de Blois que j'ai commencé mes études. Immé-
diatement en aval de cette ville, les eaux, qui avaient débordé, çà et là, sur
la digue de la rive droite, sans là rompre, s'étaient précipitées de l'autre
.côté) en lames minces, et avaient inondé de- terrain plat situé au-dessous,
■*sans renverser un seul mur, - bien qu'elles se fussent- élevées à 4 mètres de
hauteur, jusqu'aux toits des maisons. Dans les jardins et les -vergers en-
clos de haies, les arbres paraissaientjous morts, bien qu r ils n'aient pas.été
déracinés. Le solde ces' enclos était recouvert d'une couche de limôhYplus
épaisse que celle qui couvrait les champs contigus. Ce-fait est le" résultat
jie l'amortissement du çourantpar les haies. Nulle part je n'ai remarqué de
,dépôts de .graviers. 4 l'eau, n'avait pas eu .la, force de les- monter par-dessus
la digue. -..,_— ,:■ - ' ■ "^ .■ \
» La première brèche que j'ai rencontrée est celle d'Onzain, moitié che-
min entre Blois" et Amboise. Elle s'est ouverte en face la station ' du chemin
de fer. Il en est sorti un énorme cône de déjection formé de pierres ,~dè gra-
viers et de sab]es, qui s'étend jusqu'au delà des bâtiments de la station. A
f'oiïest dé ce côiie, uni petit bois taillis, dont les plants n'ont pas 3 mètres de
"hàut,ï suffi "pour arrêter les graviers ; ceux-ci ne l'ont pas envahi sur^une
"largeur de plus de "26 mètres. Mais le cône de déjection, en suivant deux
lisières perpendiculaires, s'est étendu fort loin à- l'ouest et au nord. Dans le
"bois-, audeiârdes graviers, il s'est formé un dépôt limoneux ayant plus dé o m , 1
d'épaisseur. Près du chemin dé fer, à l'est des graviers, une vigne les a en-
( 12O0 )
core. ascètes, et ses ceps l'ont fait recouvrir d'une couche de limon presque
aussi puissante que celle du bois. Les graviers et les sables sont venus se dé-
poser contre les baies du chemin de fer, qui n'ont pas i mètre de hauteur,
en formant une longue bande dans le sens du courant. Les dépressions qui
séparaient les sillons des champs, perpendiculaires à ce même courant,
ont été comblées par des dépôts de limon et de sable, tandis que celles qui
se trouvaient dans sa direction ont été creusées. Les colzas, les blés eux-
mêmes, ont été recouverts d'un dépôt de limon, déterminé par la faible ré-
sistance de leurs tiges.
» A Amboise, une immense brèche s'est ouverte, encore en face de la
station ; le flot qui Ta traversée à emporté vingt maisons qui avoisinaient la
gare, fait crouler plusieurs bâtiments de celle-ci, détruit la voie ferrée en
l'affouillant sur une grande longueur et en se creusant un lit profond., que
l'on ne pourra peut-être jamais dessécher. Ici le lit de déjection est inî-
jnense, il se compose de pierres, de débris de murailles, de graviers et de
sables, sur une longueur de plus de 4oo mètres. A côté de ce cône, se trou-
vent des vignes et des jardins bordés de iiaies, recouverts d'un dépôt limo-
neux, et dans l'intérieur desquels des maisons sont restées debout.
» Près le viaduc de Mont-Louis, une vaste brèche s'est ouverte sur la
rive gauche du fleuve, fit, au-dessous, les cultures sont enfouies sous une
masse de pierres, de graviers et de sables.
» A Saint-Pierre-des-Corps, à l'embouchure du canal qui joint la Loire et
le Cher, i'eau, passant sous le pont, se précipite dans le canal, en affouillant
les culées, et pratique une large brèche dans la digue de la Loire. Le flot, ar-
rêté par la première écluse qui était fermée, s'élève rapidement entre les deux
digues qui contiennent le canal. Une masse de travailleurs était alors occu-
pée à consolider celle de l'occident, dont la destruction eût inévitablement
entraîné celle de Tours. Malgré tous. les efforts, cette digue croulait, quand
avec un fracas épouvantable celle de l'est céda, en donnant passage à une
montagne d'eau, qui se précipite sur le village et emporte dix maisons. Le
courant, amorti parles haies des jardins, inonda les autres jusqu'aux toits
sans les renverser. Suivant alors la levée, l'eau s'étendit dans la plaine jus-
qu'aux remblais du chemin de fer d'Orléans ; mais venant à rencontrer celle
du Cher, qui avait passé par la brèche de Roche-Pinard, il s'ensuivit un
exhaussement considérable : les deux ondes réunies tombent dans le canal,
- le comblent et crèvent en deux endroits la levée de l'occident. Tout est
rasé en face des brèches, d'où partent maintenant deux cônes de déjection.
( 1206 )
Ici encore de simples haies, de 2 mètres de haut, ont préservé des mai-
sons et déterminé de puissants dépôts de limon dans les enclos qu'elles
limitent. La Loire et le Cher réunis couvrent la Varenne jusqu'à la levée
de Grand-Mont, route de Bordeaux ; la belle gare de Tours est inondée
jusqu'à 3 mètres de hauteur, et l'eau pénètre dans la ville par plusieurs
issues. Quand un mur s'oppose à son passage, elle s'élève contre, le ren-
verse et anéantit la maison qui est derrière; c'est ainsi que plusieurs mai-
sons du faubourg Saint-Etienne ont été emportées : deux ont été tellement
affouillées, qu'il existe à la place de profondes excavations remplies d'une
eau noire et puante.
» La levée de Grand-Mont résistant à la fureur du flot, il la suit et va se
précipiter sous l'arcade du chemin de fer de Nantes. En affouillant les
culées, il renverse le pont et s'ouvre un passage de 80 mètres de large.
Toute la plaine de Saint-Sauveur et le faubourg Saint-Eloys sont aussitôt
dévastés, le chemin de fer est détruit sur plus de 3oo mètres, toutes les
constructions qui existaient devant la brèche sont emportées, et leurs
débris gisent maintenant dans le cône de déjection qui en est sorti. A
100 mètres au-dessous, une petite pépinière entourée d'une haie qui n'a
pas i m ,5o de haut, a détourné les graviers du cône, qui se sont jetés à
droite en décrivant une courbe ; il s'est formé dans son intérieur un puis-
sant dépôt de limon, et une cabane en bois, qui s'y trouve encore, a été pré-
servée. Au-dessous, les haies des jardins ont encore sauvé des maisons, bien
qu'elles aient été inondées jusqu'aux toits : elles ont empêché les affouIU
lements.
» Sur la levée de la route de Chinon, entre le pont Saint-Sauveur et le
hameau de Pont-Cher, des peupliers qui ont o m ,4 à o 01 ^ de diamètre, plantés
sur le bord oriental de cette levée, l'ont tellement préservé, en déterminant
des remous, que l'herbe n'a pas même été enlevée. Du côté opposé, l'eau se
précipitant d'une hauteur de 4 mètres, la levée a été fortement excavée et
les maisons qui se trouvaient au-dessous en partie détruites. Sur les deux
levées du canal de Saint-Pierre-des-Corps, où les arbres ne sont pas plus
gros que le bras, les remous n'ayant pu se produire, le sol a été profondé-
ment raviné.
» Ces divers obstacles, qui viennent de produire de si grands effets, sont
bien inférieurs aux blocs et aux piliers de pierre que je propose d'établir
le long des torrents, avec des traverses de cailloux, pour en arrêter les dé-
gâts et les forcer à colmater le sol. Mes digues criblantes, placées dans les
( I2 °7 )
gorges des bassins de réception et dans les étranglements des vallées, empê-
cheront certainement l'eau de s'élever subitement dans le lit en aval
comme il arrive actuellement à la suite des pluies. Les moyens décrits dans
mon Mémoire peuvent donc non-seulement prévenir les grandes crues, mais
aussi diminuer les dégâts qu'elles causent dans les plaines, quand ces
moyens n'auraient pas été employés dans les montagnes d'où sortent les
cours d'eau.
» Il n'y a eu de grands désastres dans la vallée de la Loire que sur les
points où les digues ont crevé ; à Savonnière, à Villandry, à la Chapelle-sur-
Loire où plus de cent maisons ont été rasées, et jusqu'à Nantes, ils proviennent
de la même cause. Puisque c'est le système d'endiguement employé depuis
tant de siècles qui produit de si grands maux, il faut l'abandonner complè-
tement. Je ne doute point que celui que j'ai eu l'honneur de proposer à l'Aca-
démie, appliqué au cours de la Loire, ne préservât ses rives des grandes inon-
dations et ne rendît ce fleuve navigable, pendant toute l'année, sur des points
que de légers bateaux ne peuvent pas maintenant franchir en été. De plus, il
permettrait de cultiver une assez grande partie du sol compris entre ses di-
gues, et de celui dévasté dans les montagnes par le fleuve et ses affluents,
pour payer, au delà, toutes les dépenses qu'entraîneraient les travaux. »
hydrographie. — Carte hydrographique souterraine de la ville de Paris ;
par M. Delesse. (Extrait par l'auteur.)
(Commissaires, MM. Dumas, Élie de Beaumont, Pelouze.)
« La ville de Paris est traversée par quatre nappes d'eau superficielles :
la Seine, la Bièvre, le ruisseau de Ménilmontant et le canal Saint- Martin.
Le ruisseau de Ménilmontant, dont le cours est tracé sur les anciens plans
de Paris, descendait de la colline qui porte le même nom ; il se dirigeait
vers la rue des Filles-du-Calvaire, et, décrivant de ce point un arc de cercle
autour du centre actuel de Paris, il allait se jeter dans la Seine, au quai de
Billy. Les travaux exécutés dans Paris ont complètement changé le régime
de ce ruisseau ; il est d'ailleurs dissimulé par les constructions qui le re-
couvrent, mais il continue à couler dans le grand égout de ceinture en le-
quel il a été transformé. La Bièvre et l'ancien ruisseau de Ménilmontant
sont renfermés dans une cuvette parfaitement étanche, et par conséquent
ces deux cours d'eau ne donnent lieu à aucune nappe d'infiltration.
( 1208 .)
• - v lixâépenââmment àesinappes superfieieUeSyû existe àes-tiappek sœtter?
raines'quon rencontre lorsqu'on pénètre dans l'intérieur de la terre;, ce
sont elles qui alimentent lés puits. Elles ont déjà été ètudiées-par Buache,
BonamV Girard, ainsi que-par MM. Mary,- Belgrand et de Fourcy^
i » -L'a carte que je présente à l'Académie fait connaître d'une manière
complète les happes souterraines dès puits ordinaires de Paris.. Elle, les re-
présente pour une époque d'étiage de la Seine, le i5 mars i854, _ . - _ _
f « La surfaae supérieure de ces nappes souterraines est déterminée par
des. courbes: horizontales .tracées .de mètre en mètre. Des cotes indiquent
la hauteur des. courbés au-dessus du niveau moyen de la mer. _- ; - ~
»- La nappe soirterxaine j«i communication, immédiate avec la Seine est ce
que l'on sg^sWe^ nappe Â- infiltration. Cette^nappe s'étend sous Paris, et
c'est elle qui fournit mime.de l'eau à presque tous les puits. Ses courbes
horizontales soni des lignes 'ondulées à peuples parallèles : elles sont dispo-
sées^ymétriquement sur chaque rive de la Seine, et elles vont se raccorder
avec la nappe superficielle ;; ellesse coupent d'aineurs deux -à deux sous des
angles très-aigus qui s'engageât r;u@\dans l'autre 5 et qui ont leurs sommets
dirigés. vers l'amont, Il c !\ ; r-;-î:~ '-.'.~ .:: n .:.:.'.: =..' ..-"."' „: • - :: .: :
» Xe niveau; de la: nappe.dlinftltration. est généralement supérieur à celui
de la Seine; il s'élève à mesure qu'on s'éloigne des bords du fleuve. Près
.de ces bords, il s'abaisse jusqu'à_27 m ,5 en amont de Paris^ à la .barrière de
la Gare, et même jusqu ! à25 m ,5 en aval,"près de la_ barrière de la Cu-
nette. Sur la rive gauche, la différence de niveau, entre le point le plus
haut et le , point le plus bas de la nappe sonterxauié,: est att plus de J mètres .
Sur la rive droite, cette différence s'élève jusqu'au double.
' » La pente moyenne, à la surface de la nappe souterraine, est supérieure
à~o m ,ooi par mètre. Dans les parties contiguè's à la Seine, elle est beaucoup
plus grande et elle atteint même o m , or. La pente moyenne de la Seine, dans
la traversée de Paris, est seulement dé o I »,ooo2 ; par conséquent, elle est bien
moindre que celle de la nappe d'infiltration. Cette différence dans les
pentes des deux nappes tient à ce que l'eau ne peut s'écouler qu'avec de
très-grandes difficultés, même à travers les terrains les plus perméables.
» » La nappe d'infiltration reçoit bien l'eau d'infiltration de la Seine qui
s'y répand à l'époque des crues, mais elle est surtout alimentée par les eaux
provenant des collines qui environnent Paris. Les nappes souterraines qui
se trouvent à un niveau- supérieur y déversent aussi leurs eaux.
» La forme de la nappe d'infiltration dépend essentiellement de la Seine.
( I20 9 )
Elle change lorsque la Seine s'élève ou s'abaisse; elle reproduit toutes ses
variations. Elle dépend également, bien qu'à un moindre degré, d'éléments
constants qui sont : le bassin hydrographique avec lequel elle communique,
le relief du sol, et la disposition des couches imperméables sur lesquelles
elle repose. La nappe d'infiltration a donc une origine très-complexe.
» Les îles Saint-Louis et Notre-Dame ont une nappe souterraine distincte,
qui est également une nappe d'infiltration. Ses courbes horizontales sont
concentriques et à peu près parallèles à leurs contours. La nappe souter-
raine forme par conséquent une surface qui s'élève vers la partie centrale
de chaque île, et qui s'incline au contraire sur ses bords. La pente de cette
nappe est d'ailleurs très-considérable, car elle dépasse o m ,oi par mètre.
» Près de la barrière Blanche, quelques puits de Paris sont alimentés par
une nappe souterraine dont la cote est supérieure à 4a mètres. Cette nappe
est toute différente de la nappe d'infiltration de la Seine : on retrouve cette
dernière au-dessous, à la cote de 32 mètres.
» Près des barrières Rochechouart et de Fontarabie, des nappes souter-
raines s'élèvent à la cote de 37 mètres; elles sont également au-dessus de la
nappe d'infiltration.
» La carte hydrographique montre comment s'opère l'écoulement des
eaux dans les nappes souterraines. Si l'on considère, par exemple, la nappe
d'infiltration de la Seine qui s'étend partout au-dessous de Paris, il est visi-
ble que l'eau se dirigera nécessairement d'un point plus élevé vers un point
plus bas; par conséquent elle se déversera des barrières vers la Seine. Sa
pente est surtout très-grande sur les bords du fleuve. Ainsi, bien que cela
puisse paraître paradoxal au premier abord, la Seine joue, à l'égard de la
nappe souterraine, le rôle d'un canal de dessèchement; elle détermine l'é-
coulement de ses eaux et elle opère le drainage de la ville de Paris.
» Les eaux qui tombent sur la surface d'un cimetière pénètrent à travers
des cadavres en décomposition et se réunissent ensuite aux eaux de la nappe
souterraine qui est la plus rapprochée de la surface. Malgré la filtration na-
turelle à laquelle elles sont soumises, qui les débarrasse rapidement de la
plus grande partie des matières qu'elles tiennent en suspension, ces eaux
sont nécessairement très-impures et peuvent être nuisibles à la salubrité.
Il était donc utile de rechercher dans quelle direction s'écoulent les eaux
qui ont traversé les immenses ossuaires de Paris. Un coup d'oeil jeté sur la
carte fait voir que le choix de l'emplacement de ces ossuaires laisse
à désirer; car les eaux du cimetière Mont-Parnasse, par exemple, s'é-
C. R. ï856, I er Semestre. (T.XLII, N° 2S.) '58
( laio ) .
coulent dans la nappe d'infiltration de la Seine, et il est visible qu'elles se
rendent ensuite dans le fleuve, en traversant une partie du faubourg Saint-
Germain, ......
» Les indications précédentes suffisent pour montrer que la carte hydro-
graphique de Paris permet de résoudre un grand nombre de questions im-
portantes qui sont relatives à la salubrité, aux inondations, au drainage, à
l'écoulement des eaux, à l'établissement des égouts et à l'exécution de tous
les travaux souterrains. » J
" ' MEMOIRES PRÉSENTES.
chimie organique. — Mémoire sur les produits de la transformation de la
fécule et du ligneux sous l'influence des alcalis, du chlorure de zinc
et des acides (i); par M. A. Béchamp. ( Extrait par l'auteur. )
( Commissaires, MM. Biot, de Senarmont. ) - ...-""
« Ce travail est divisé en deux parties. Dans la première je me suis pro-
posé de démontrer 'les propositions suivantes :
; » I. L'insolubilité de la fécule est indépendante de l'état organisé de
cette substance; mais la propriété qu'elle possède de former de; l'empois,
dépend de son organisation naturelle. • .
» En effet, sous l'influence de dissolutions concentrées de potasse caus-
tique ou de chlorure de zinc, la fécule se transforme en empois; par l'action
de la chaleur, cet empois se 'liquéfie de plus en plus,, au point de traverser
les filtres de papier et de produire des dissolutions transparentes. De ces
dissolutions on retire de la fécule désorganisée qui est insoluble dans l'eau
bouillante, et qui ne forme plus d'empois-. Si la formation de l'empois est
due à un gonflement des grains de fécule, il est clair que la liquéfaction
de cet empois doit être attribuée à la destruction de la cause qui détermine
sa formation sous ces influences, savoir l'organisation. J'ai donc raison de
dire que les dissolutions alcalines se bornent à désorganiser la fécule.
( t) Quelques-uns des résultats de cette étude ont déjà été consignés dans une Note insérée
au Compte rendu, de la séance de l'Académie du 2 octobre i854. Après la présentation de
cette Note, j'ai été assez heureux pour recevoir les conseils bienveillants de M. Biot et de
M. Regnault. Ces conseils ont donné l'étendue d'un Mémoire au travail que je soumets au-
jourd'hui au jugement de l'Académie, travail qui ne devait jivoir que quelques pages.
~SPF"
( la" )
» IL La fécule se modifie insensiblement sans changer de' nature pour
passer de l'état insoluble à un état particulier où elle est capable de se
dissoudre dans l'eau.
» III. i°. Que la fécule soluble est un principe particulier qui possède
toutes les propriétés de la fécule, moins l'insolubilité ; i° que cette substance
diffère de la dextrine.
» IV. Lorsque la fécule a été transformée en dextrine, celle-ci subit à
son tour des modifications insensibles pour se transformer finalement en
sucre.
» En effet, ces trois propositions sont démontrées parles faits suivants :
» i°. La fécule à l'état d'empois se liquéfie brusquement sous l'influence
de l'acide sulfurique étendu ou de la diastase et de la chaleur. Le résultat de
la liquéfaction a été appelé dextrine. Or, en analysant le phénomène avec
soin, je suis parvenu à saisir : i° l'instant de la désorganisation où la fécule
est encore insoluble ; 2 son passage insensible à un état particulier carac-
térisé par une solubilité que je discute, par la propriété de bleuir par l'iode,
-et surtout par la grandeur constante de son pouvoir rotatoirequi est de 21 1
à 212 degrés; 3° le passage insensible de ce produit à l'état de dextrine,
c'est-à-dire à l'état d'un composé ne bleuissant plus par l'iode et possédant
un pouvoir rotatoire plus petit que celui de la modification précédente;
4° enfin la transformation de cette dextrine en un produit non, fermentes-
cible qui en diffère notablement et en sucre.
» 2 . Les acides sulfurique et nitrique concentrés conduisent, sui-
vant la durée de leur action à la température ordinaire, à des résultats
analogues.
» 3°. L'acide acétique de concentration moyenne, entre 100 et i3o de-
grés de température, modifie la fécule sans la transformer en sucre, ce qu'a-
vaient déjà reconnu M. Biot et M. Persoz. J'ai obtenu un produit ou des pro-
duits non fermentescibles et non colorables en bleu par la teinture d'iode.
Pour étudier cette action, j'ai formé une liqueur acétique qui contenait
os r ,846 de fécule pure et séchée à 1 20 degrés sur 10 centimètres cubes. Cette
liqueur a été partagée dans huit tubes qui ont été scellés. Le tableau sui-
vant résume l'expérience. Pour calculer le pouvoir rotatoire on a, en se
servant de la formule («),•= a,- -de M. Berthelot,
/> = 0,846, P=IO CO à t=J2°,
et pour aj les nombres du tableau.
i58..
( : I2I2 )
NATURE DE LA HQDEDE
et circonstances qui lui sont particulières.
ACTION
de la
teinture d'iode.
ACTION DE L ? ALCOOL,
23 cc sur IO tc
de liqueur.
DÉVIATTON
relative
a la teinte
dé passage,
7=200"",
pdrvom
, rotatoire
relatif
à 109™.
DIFFÉRENCES
consécutives
des pouvoirs
rotatoir.es.
A. Chauffé pendant i h à ioo°. Li-
queur encore un peu louche que
la filtrafîon n'éclaircit pas com-
Bleu franc r
Id.
Id.
Bleu tr. -peu violacé
Id.
"Violet rougeâtre.
Brun jaunâtre.
Id,
Précipité abondant.
Id.
Id: -
Id, ■
. - - là. -
Trouble peu abond.
Ne trouble plus.
-. : M< . _
35°64
35,35
35,n
- 34,91
- 34,9i -
27,38
26,88 .
.26,88--
2 io°63/
208,92
207 .So
206,32
206,32
161,82^
i58,86
i58,86 -
1,71
!,42
1,18
0,00
44, 5o
2,96
0,00
B, Chauffé pendant 2* à ioo°. Liq.
Ç. Chauffe pendant 4 h à ioo°. Liq.
D. Chauffé pendant 8 h à 100°. Liq.
limpide et fluide comme de l'eau.
E. Chauffé pendant I2 1 " à ioô°. Liq,
F, On a mis du Cl Ca dans le bain et
on a continué de chauffer, I2* 1 à
ioo° et a 1 * .entre jjo et 120?. . . .
G. Chauffé encore pendant 6^ entre
H. Chauffé encore -pendant. 8& entre
» Le produit de H a été évaporé et desséché à 1 1 o degrés ; mis en contact
avec la levure de bière en présence d'une quantité convenable d'eau et
sous l'influence d'une température de 2 5 à 3o degrés, il n'a pas fermenté.
Le pouvoir rotatoire de la fécule soumise à l'action des acides .peut donc
baisser sans qu'il se forme du sucre; avant de se transformer eîrsucrej la
fécule peut donc engendrer des produits dont la solubilité va sans, cessé en
augmentant, tandis que le pouvoir, rotatoire devient de plus en plus petit.
» 4°- Lorsque l'on saccharine la fécule par l'acide aùlfurique étendu, une
partie delà dextrine résiste. En reprenant par l'alcool des. glucoses de di-
verses provenances, j'en ai toujours séparé un produit non. fermentescible,'
voire même deux produits caractérisés par un pouvoir rotatoire. relativement
petit, et par la propriété d'attirer l'humidité. Je donne, dans mon Mémoire
un tableau des pouvoirs rotatoires de diverses dextrines, compris entre 181
et ii5 degrés, d'où il parait résulter qu'il existe au moins deux produits
différents distincts de la fécule solub!e._
» ..... En relisant avec attention les Mémoires où M. Biot a traité la ques-
tion qui m'occupe, il m'a paru évident que 'fzpipelle fécule solub le le produit
( I2l3 )
que l'illustre doyen de l'Académie des Sciences a appelé dextrine, et dont
le pouvoir rotatoire est dé -4- 212 degrés. Par conséquent la dextrine, dans
l'ordre historique de sa découverte, est le composé dont le pouvoir rotatoire
est de 2 1 2 degrés. Cependant comme toutes les méthodes qui m'ont fourni
un produit de transformation à pouvoir rotatoire aussi élevé, me l'ont fourni
bleuissant par l'iode, comme d'ailleurs tous les ouvrages de chimie présen-
tent la dextrine comme un composé ne bleuissant pas par l'iode, je conser-
verai le nom de fécule soluble au produit à pouvoir très-élevé
» Dans la deuxième partie de ce travail, j'étudierai le ligneux sous le
même point de vue.
» Les acides concentrés, tels que le sulfurique ou le chlorhydrique, dis-
solvent le coton après l'avoir transformé en une masse pultacée. Suivant la
durée de l'action de l'acide sulfurique, on peut obtenir divers produits fa-
ciles à caractériser : i° le ligneux désagrégé et dissous par l'acide sulfurique
ou le chlorhydrique peut en être séparé par l'eau sous la forme d'une masse
gélatineuse insoluble; 2° le ligneux, sans perdre ses propriétés essentielles,
peut être séparé de l'acide sous la forme d'une masse gélatineuse soluble
dans l'eau froide ; c'est ce produit, analogue à celui que j'ai appelé fécule
soluble, sans me prononcer sur la nature de la solution, que je propose
d'appeler ligneux soluble; 3° le ligneux peut engendrer un deuxième pro-
duit soluble, que Braconnot avait appelé une gomme, que Ton a confondu
plus tard avec la dextrine, mais qui en diffère par un pouvoir rotatoire
beaucoup plus petit, je l'appelle dextrine de ligneux; 4° ces produits solu-
bles peuvent se transformer en sucre sous l'influence de l'acide sulfurique
étendu et de la chaleur. Le ligneux peut donc engendrer une série parallèle
à celle de la fécule.
» Mais ce qu'il y a de remarquable et de très-digne d'être noté, c'est que
tandis que le pouvoir rotatoire de la fécule soluble est le plus grand qui
soit connu, le pouvoir rotatoire du ligneux soluble est nul, dans des limites
assez étendues de concentration des liqueurs et de longueur des tubes. Et
ce qui n'est pas moins remarquable dans l'histoire des pouvoirs rotatoires,
le ligneux soluble, corps optiquement inactif, devient actif vers la droite
en se transformant en dextrine et en sucre. L'inactivité paraît appartenir
au ligneux insoluble lui-même ; car une dissolution de coton dans l'acide
chlorhydrique fumant, d'où l'eau sépare du ligneux insoluble sous forme
gélatineuse, ne dévie pas le plan de polarisation. »
( 1^4 )
Météorologie. — Observations sur les tempêtes 3 les coups de vent et les
orages , dans la partie de la mer Méditerranée comprise entre les côtes
de France et celles de l'Algérie; par '.M. Jjartigcje.
(Commissaires précédemment nommés : MM. Pouillet, Duperrey,
te Verrier, Bravais.)
« Pendant l'été, les vents polaires du nord au nord*ouest dominent
entre les côtes de France et les îles Baléares : alors le temps est beau, le
baromètre élevé, quoique par intervalles ces vents .acquièrent une grande
intensité. Entre les Baléares et les côtes de l'Algérie, le temps est beau, les
vents sont modérés; ils soufflent le plus ordinairement du nord, près de ces
îles, du nord-est à mi -canal, et de l'est-nord-est à l'est près des côtes
d'Afrique. Les vents de toute autre direction qui, dans ces parties de la
Méditerranée, remplacent ceux du nord-ouest au nord ou du nord à l'est,
sont rarement forts, et les orages qui s'y élèvent n'ont donné lieu à aucune
observation importante. '
'" » Les vents secs et brûlants du sud-est nommés sirocco régnent par inter-
valles sur les côtes de l'Algérie; parfois ils parviennent sur les côtes de
France. Il semblerait exister quelque relation entre ces vents et ceux de
même direction observés dans les orages les plus violents qui se font ressen-
tir dans la partie nord -ouest de la France.
- » Pendant l'hiver* les vents du nord au nord-ouest soufflent sou-
vent sur les côtes de France, en même temps que ceux du nord au nord-est
régnent sur les côtes d'Italie et dans le golfe de Gênes. A la même époque ,
les vents tropicaux sont fréquents sur les côtes de l'Algérie ; leur direction
est toujours plus près de l'ouest sur la partie occidentale de ces côtes que
sur la partie orientale; assez souvent même ils varient entre le sud et le sud-
est du côté de Bone, lorsqu'ils soufflent entre le sud et le sud-ouest du côté
d'Oran. Ils s'étendent plus ou moins près des côtes de France, et si, lors-
qu'ils ont une certaine force, ils rencontrent des vents polaires intenses,
ils peuvent déterminer soit un coup de vent, soit une tempête (i). Dans ce
cas, les vents de toutes directions augmentent d'intensité à mesure qu'ils se
rapprochent les uns des autres, et ils acquièrent leur plus grande force sur
les points vers lesquels ils convergent ; de manière que les vents peuvent ne
( i ) Exposition du système des vents, par M. Lartigue, 2 e édition, page 3 1 .
( I2l5 )
pas être très-forts sur les côtes, et souffler en tempête au milieu de la Médi-
terranée. Au surplus, il est reconnu que les tempêtes se font assez rare-
ment ressentir en même temps, dans toutes les parties de mer comprises
entre la France et l'Algérie : souvent, lorsque les vents sont violents entre la
France et les Baléares, ils sont modérés entre ces îles et l'Algérie ; récipro-
quement, lorsqu'ils sont violents dans cette dernière partie de mer, ils peu-
vent ne pas être très-forts entre les Baléares et la France (i).
» Assez souvent, en hiver, les vents tropicaux ne rencontrent les vents
polaires que dans l'intérieur de la France : alors les premiers peuvent être
modérés sur les côtes et souffler en coup de vent ou en tempête aux points
où ils se trouvent en contact avec les vents polaires, qui eux-mêmes augmen-
tent aussi d'intensité à mesure qu'ils se rapprochent de ces points.
» La dépression du baromètre est en rapport avec la force du vent; dans
quelques cas même, elle peut indiquer approximativement la distance à la-
quelle la tempête souffle avec plus de violence : ainsi lorsque, sur les côtes
de France, la dépression est considérable avec des vents du nord au nord-
ouest, la tempête est peu éloignée; mais elle est à une grande distance,
quand avec ces mêmes vents le baromètre est élevé.
» Lorsque les vents qui concourent à déterminer la tempête ont à peu
près la même intensité, le point de leur grande violence se rapprochera
tantôt des côtes de l'Algérie, tantôt de celles de France; mais s'il y a une
différence sensible d'intensité, le foyer de la tempête se transportera dans
la direction soit du vent le plus fort, soit de la résultante des vents qui sont
en lutte.
» Dans les tempêtes, les vents soufflent du nord au nord-ouest ou entre
l'est-sud-est et le sud-sud-ouest, sur les côtes de France, entre le nord-ouest
et le nord-est sur celles de l'Algérie ; mais au large des côtes, les vents peu-
vent varier du nord-ouest au nord-est ou de l'est-sud-est au sud-sud-ouest .-
les vents de nord-ouest sont souvent très-forts sur la partie de côte comprise
(i) Les tempêtes de la mer Noire sont produites, comme celles de la Méditerranée, par la
rencontre des vents polaires du nord-ouest au nord-est avec les vents tropicaux du sud-ouest
au sud-est; elles se font rarement ressentir en même temps dans toutes les parties de la
mer Noire. Lorsque les vents soufflent en tempête sur les côtes d'Europe, ils sont souvent
modérés sur celles d'Asie, et réciproquement. Il se peut aussi, quand la tempête est au milieu
de la mer Noire, que les vents ne soient pas très-forts sur les deux côtes opposées. La tem-
pête du 14 novembre i854, entre Balaclava et Eupatoria, paraît avoir été déterminée parle
conflit de ces mêmes vents; mais les effets produits démontrent que ceux du sud au sud-
ouest étaient les plus forts.
( 121-6 )
entre le cap Lardier et l'embouchure du Var; mais ils acquièreut rarement
la violence de la tempête.
» Quelquefois sur les côtes de France et aux environs de la Sardaigne,
le mouvement des uuages indique les vents qui déterminent les tempêtes.
Si ces vents soufflent du nord-ouest, on aperçoit assez souvent des nuages
chassant du sud-ouest : la tempête est alors produite par les vents du nord-
ouest et du sud-ouest; d'autres fois les nuages chassent du sud-est : dans ce
cas, la tempête est causée par les vents de cette direction en conflit avec ceux
du nord-ouest.
» Souvent, au-dessus des nuages poussés par les vents de sud-est, il
existe une autre couche de nuages se dirigeant vers le nord-est : alors la tem-
pête est déterminée par lesvents du : nord au nord-ouest, à leur rencontre
avec ceux du sud-est au sud-ouest. Parfois, lorsque la tempête souffle de
l'une de ces dernières directions, les nuages accusent des vents de nord-
ouest dans les régions élevées. . " " " '. ~
• » Pendant là durée des tempêtes, qui sont toujours accompagnées de
pluies très-abondantes, souvent d'éclairs et de tonnerre, et quelquefois
même de neige, les vents supérieurs tendent à se rapprocher de la surface
de la terre, souvent même ils y remplacent les vents inférieurs, qui alors
vont souffler dans les régions élevées (r)r Ce changement ne s'opèrepas delà
même manière sur toutes les parties de la Méditerranée dont il est ici ques-
tion : dans certains cas-, principalement loin des côtes, les vents se suc-
eédentl la surfaee par un revirement plus ou moins brusque ; leur violence
ne diminue pas, lorsque ce sont les vents polaires qui remplacent lesjents
tropicaux; tandis que d'ordinaire il semanifesté, dan% : i'intervaHe[un affai-
blissement considérable, sinon un calme complet, quand ce sont les vents
tropicaux qui remplacent les vents polaires (a).
' » Parfois, aux divers points où s'opère le changement, il se forme des
tourbillons occupant chacun très-peu d'étendue, mais susceptibles de dé-
terminer, en certains cas, des effets désastreux, quoiqu'ils ne paraissent
pas, en hiver surtout, 'de même nature que les tourbillons observés dans les
ouragans. "
» Quelquefois les vents du nord au nord-est qui régnent souvent en
hiver sur les côtes d'Italie et dans le golfe de Gênes, parviennent sur les
côtes de Provence; si alors les vents du sud au sud-est soufflent du côté de
(1) Exposition du, système des=vents, page 64- - -• -
(2) Exposition du système des vents, pages 28, 29, 48 et 64.
"^g*"
( I2I 7 )
Bone, et ceux du sud au sud-ouest du côté d'Oran, les veuts du nord au
nord-est varient à l'est-nord-est et à l'est, à mesure qu'ils avancent vers le
sud et vers l'ouest : ils tournent ensuite vers le nord-ouest, soufflant alors
de l'est au sud-est dans le golfe de Lyon. S'ils ne rencontrent aucun obstacle,
ils continuent ainsi jusqu'à l'Océan; là ils remontent graduellement vers
le nord et le nord-est, de manière à former un courant circulaire oc-
cupant une grande étendue (i). Dans ce cas, les vents n'acquièrent pas
une grande puissance ; mais si , comme cela arrive fréquemment dans
cette stdso», ^ es vents du nord à l'ouest-nord-ouest régnent le long des
Pyrénées, l'espace occupé par le courant se resserre (2), et les vents de
toute direction, mais principalement ceux du sud-est à l'est, peuvent de-
venir violents. Au surplus, dans le golfe de Gênes, sur les côtes d'Afrique,
sur celles d'Espagne, ainsi que sur celles de la Sardaigne, les vents peuvent
ne pas être très-forts; mais ils augmentent progressivement de force à
mesure qu'ils avancent vers les côtes de France, en même temps que leur
direction se rapproche de celle du sud-est ou de l'est.
» Des courants circulaires, semblables aux précédents, s'établissent sur
divers points de la côte d'Europe dans la Méditerranée, souvent même dans
l'intérieur de la France; ils se forment d'une manière analogue, et sont
soumis aux mêmes lois. Les vents n'y acquièrent pas une très-grande inten-
sité lorsqu'ils ne rencontrent pas d'obstacle, mais ils deviennent violents
s'ils sont contrariés dans leur course.
» Ces courants diffèrent essentiellement de ceux qui constituent les ou-
ragans ou les tempêtes tournantes : dans le premier cas, les vents qui suivent
le cours ordinaire de l'air (3) tendent plutôt à se rapprocher du sol qu'à
s'en éloigner ; dans le second cas, les vents tournent en sens inverse du
mouvement naturel de l'air, en même temps qu'ils s'élèvent en tourbillon-
nant, de manière à produire une aspiration plus ou moins puissante. Toute-
fois les tempêtes qui se manifestent dans la Méditerranée, quelle que soit
d'ailleurs la manière dont elles se produisent, sont quelquefois plus vio-
lentes que certains ouragans. »
(1) Exposition du système des vents, pages 29 et 3o-
(2) Une partie de ce courant, ainsi resserré, est figurée sur la carte des vents dominants
en hiver.
(3) Exposition du système des vents, pages i5, i6et 34.
C. R., i856, 1er Semestre. (T. XLU, N° 28.) I 5g
( iaiS )
an ATOMIE. — Réclamation de priorité adressée par - ttf . ■ Hpcbt IIejcaer
à l'occasion d'une çoinviunication récente sur U appareil d'adaptation de
l'œil. . ..-.'.;-. .:■-.'. : ■; ■■.-.'- 'y:-' ;-:: : i : ' " ' ' '
'{Renvoi à l'examen des Commissaires nommés pour ia" çommunïéatibn de
' ' M. Rouget : MM. de Quâtrefages, Cl. Bernard.) -'■'■"■
«1 Dans la séance du 19 mai, M, Cl. Bernard a présenté à l'Àeâdémje des
Sciences :un Mémoire ;de M. Qb. Rouget sur l'appareil de l'adaptation de
l'œiL .Le résumé de ce Mémoire {Compte rendu du 3o mai 1 856) contient
entre autres la description d'un muscle ciliaire annulaire, q# se montre
au niveau du bnrd; adhérent des procès ciliairés en dedans.des faiseeaux.du
muscle ciliaire radié. La description, de ce muscle paraissait ;dqnné& dans
ce résumé comme un fait nouveau, je me vois obligé à adresser à l'Académie
la réclamation suivante y ,;;;. ':'_:.: r . 1 ^ :-'.?:! *; ; :
» La partie annulaire du. muscle Icjliaire a ^ : été découverte par moi en
automne jl85ô\ Le 2.4 du mois de novembre, je fis une.première^communi-
catioo snr ma découyerte à la Société Physico-Médicale de Wurzbourg,
.qui se ttouVe mentionnée dans les comptes rendus de: la Société (voyez
tome ^Vl, cahier 3 ,:p, xjyi ,puMiê aji mojs d'avril ,1 856.) dans -les termes
suivants," tM. H* Mûllejf^mmunlqué une Note sur une couche annulaire
dans le muscle ciliaire de l'homme qui, d'après son opinion;, est d'une imper-
-tancer spéciale pnuf l'accommodation de l'œil. Cette couche est couverte
de. faisceaux longitudinaux: jou.radiaires ; du muscle eiliaire^et située ^sur. -la
partie antérieure du corps; ciliaire. » Done.je mecrois-enjdrpit de réclamer
formellement la priorité jjeee muscle dontj'impprtance pour- le mécanisme
deJ.'adaptation est §i évidente. .. --- ..-.~ u-, «■::..■ 1 il ■'-. :: \ _:
- \ Quant aux autres détads contenus; dansda communication de M. Rou-
get, je crois devoir attendre: la publication de son Mémoire, et je me con-
tente aujourd'hui de constater -.les faits suivants : - ;\\. . :/. . : r .
» Dans la séance de la Société Physico -Médicale du i5 décembre iM&l
j'ai donné une exposition détaillée du mécanisme de l' accommodation chez
l'homme; et dans la séance du 26 avril i856, j'ai décrit l'appareil de l'ac-
commodation dans l'œil des oiseaux? Les comptes rendus de ces séances
vont être publiés. - - : ;
» Le 7 du mois d'avril i856, j'ai envoyé deux Mémoires, qui 'traitent
des mêmes sujets, à M. Graêfê, à Berlin, pour les faire insérer dans la cin-
quième livraison des Archives d'Ophthalmûlqgie qui sera publiée sous peu.
( 1*19 )
n La communication de M. Rouget n'ayant été faite que le 19 du mois
de mai i856, je me crois autorisé à regarder toutes les observations conte-
nues dans mes Mémoires, sinon comme antérieures, au moins comme datant
de la même époque et indépendantes de celles de M. Rouget. »
A1SALYSE mathématique. — Seconde addition au Mémoire sur la détermi-
nation des fonctions inconnues qui entrent sous le signe d'intégration
définie; par M. Gobiez dé Sooza.
(Commissaires précédemment nommés : MM. Cauchy, Liouville, Lamé,
Bienaymé.)
Dans la Lettre qui accompagne cet envoi, l'auteur demande l'autorisa-
tion de reprendre trois Notes présentées par lui le 16 juillet i855. Ces Mé-
moires n'ayant pas été l'objet d'un Rapport, l'auteur est autorisé à les
reprendre.
M. Lion soumet au jugement de l'Académie une Note sur un moyen de
communication télégraphique directe entre des personnes parlant des lan-
gues différentes.
(Commissaires, MM. Pouillet, de Senarmont.)
M. Gh. Bailly adresse une Note sur de nouvelles solutions de quelques
problèmes de géométrie élémentaire.
M. Chasles est invité à prendre connaissance de cette Note, et à faire sa-
voir à l'Académie si elle est de nature à devenir l'objet d'un Rapport.
M. Zamwski présente une nouvelle rédaction de son Mémoire ayant
pour titre : « Attraction universelle' des corps, au point dé vue de l'élec-
tricité ».
(Renvoi à l'examen des Commissaires nommés dans la séance du
24 septembre i855 : MM. Biot, Babinet, Bravais.)
M. Joiuë, auteur d'un Mémoire imprimé, présenté au concours pour les
pris de Médecine et de Chirurgie (« Études sur la circulation chez l'homme
et chez les animaux »)> adresse, pour se conformer à une des conditions im-
posées aux concurrents, une indication de ce qu'il considère comme neuf
dans son travail.
i5o...
( 1220 )
M. Atre envoie, de Hull (Angleterre), un opuscule imprimé, destiné au
concours pour le prix du legs Bréant.
Cet opuscule se compose : i° d'une Lettre en français, adressée aux Mem-
bres de la Section de Médecine et de Chirurgie sur sa méthode de traite-
ment du choléra par l'administration du calomel à petites doses répétées
fréquemment pendant toute la période de collapsus ; i° de documents rela-
tifs aux résultats obtenus de cette méthode en diverses parties de la Grande-
Bretagne et des États-Unis d'Amérique ; 3° d'un certain nombre d'observations
prises sur des sujets de différents âges (depuis dix-huit mois jusqu'à quatre-
vingt-dix ans).
(Benvoi à la Section de Médecine et dé Chirurgie, constituée en Commission
spéciale pour le. concours du prix Bréant.)
M. Siccaeb prie l'Académie de vouloir bien comprendre ses travaux sur
le Sorgho à sucre de la Chine parmi ceux qui seront discutés à l'occasion
du concours pour le prix triennal.
L'auteur joint à cette Lettre plusieurs exemplaires d'un opuscule dans
lequel il a exposé les résultats de ses recherches sur ce Sorgho. --■-■■
CORRESPONDANCE
M. le Ministre de l'Agriculture, du Commerce et des Travaux publics
adresse, pour la Bibliothèque de l'Institut, un exemplaire du LXXXIV e vo-
lume des brevets d'invention pris sous l'empire de la loi de 1791, et un du
XXI e volume des brevets pris sous l'empire de la loi de 1 1
M. le Ministre d'Etat consulte l'Académie sur l'utilité que peut avoir un
vernis de l'invention de M. Duchier, vernis présenté par l'inventeur comme
propre Fpréserver de l'action des flammes les toiles peintes dont l'emploi
dans les théâtres est si général et expose à de si grandes chances d'incendie.
M. le Ministre envoie avec sa Lettre divers échantillons de papiers et de
toiles enduites du vernis en question. Avant de renvoyer ces produits à l'exa-
men d'une Commission, on informera M. le Ministre que l'Académie,
d'après 'un article de son règlement, ne doit point s'occuper des produits
dont les auteurs ne font pas connaître la composition. -.:.-,
M. Antosesi, Ministre du roi des Deux-Siciles à Paris, transmet divers
( J22I )
spécimens d'écriture tracés avec une encre que l'inventeur, M. Tito Angelli,
pharmacien napolitain, considère comme indélébile, et qu'il désire sou-
mettre au jugement de l'Académie.
On fera connaître à M. le Ministre des Deux-Siciles l'article du règlement
de l'Académie qui ne permet pas qu'on s'occupe des spécimens adressés par
M. Angelli, tant qu'il n'aura pas fait connaître la composition de son encre.
L'Académie botale des Sciences de Baviebe remercie l'Académie pour
l'earoi. d'une nouvelle série des Comptes rendus, et indique quelques la-
cunes qui se trouvent dans sa collection des diverses publications de l'Insti-
tut. Elle annonce en même temps l'envoi de nouveaux volumes de ses Mé-
moires et de divers opuscules offerts par quelques-uns de ses Membres.
M. Aueb, directeur de l'Imprimerie impériale devienne et Membre de
l'Académie, adresse un exemplaire de la Flore autrichienne exécutée au
moyen d'un nouveau procédé iconographique, par MM. dEttingshausen
et Pokorny. {Voir au Bulletin bibliographique.)
« Cet ouvrage, dit M. Auer, est le premier qui ait été exécuté par le pro-
cédé de l'impression naturelle, procédé qui a été inventé par l'Imprimerie
impériale de Vienne, Cet établissement attacherait une valeur infinie à
l'opinion qu'une compagnie aussi illustre que l'Académie énoncerait sur les
avantages que cette méthode peut présenter pour la science, et j'ose vous
prier de bien vouloir faire nommer une Commission pour examiner, d'après
la Flore autrichienne, le procédé dans son application aux publications
d'histoire naturelle. »
L'ouvrage est renvoyé à l'examen d'une Commission composée de
MM. Pouillet, Decaisne et Payer.
analyse mathématique. — Nouveau théorème servant pour le calcul des
racines comprises entre deux nombres donnés. (Extrait d'une Note de
M. Rouget.)
« Fx représentant un polynôme privé de facteurs multiples, le
nombre des racines positives de l'équation Fx = o est égal au nombre
des fois que la disparition des variations s'opère une par une, ou, plus
généralement, par voie de nombre impair, dans la suite des fonctions F.r,
F'x, F"x, F m x, etc., etc., lorsque l'on fait passer x par degrés insensibles
de zéro à la limite supérieure des racines.
( 1222 )
» Pour abréger, il est loisible de ne considérer avec Fa: qu'un nombre de
fonctions égal au nombre des variations de F équation. Ces fonctions sont :
la -première des dérivées successives de ¥x qui présente une variation de
moins que Fa:,. la première des dérivées successives de Fa: qui présente
deux. variations de moins que Fa;', la première des dérivées, successives; dé
Fa: qui présente trois variations de moins que Fa:, et ainsi de suite, . .7 _
» A l'aide de ce théorème, et de la règle des signes de Descartes dont il
est un complément, on peutprocéder au .calcul des • racines comprises-entre
deux nombres donnés. »■• '" ~ . .
TOXICOLOGIE '..— addition à une précédente communication sur dès cas
d'empoisonnement qu'on amit cru pouvoir attribuer à la racine de TA-
tractjlis gummifera. (Extrait d'une Lettre de M ? Bopros. Foir le Compte
rendu de la séance du 28 avril 1.855.)
« M. Sartoris, pharmacien de la Cour, homme tres-Vérsé dans la connais-
sance de la Flore grecque, à été envoyé a l'île de MycOnospour y recueillir
des renseignements exacts sur toutes les circonstances relatives à l'empoison-
nement décrois enfants-, et y fâiredes recherches botaniques sur les plantés
qui poussent à l'endroit où cet accident avait eu heu. Il résulte de ses inforw
mations que-, outre les symptômes -relatés par le' médecin de la commune,
les enfants avaient tous présenté du délire et des convulsions. Quant
à la plante qui avait donné la mort à ces enfants, M. Sartoris, après Un
examen soigneux, a trouvéque, parmiles plantes reconntiescônlme toxiques,
il ne pousse à l'endroit indiqué que la Mandragora vernalisl>.<£V Euphorbia
pdralias L. Outre ces plantes vénéneuses, il y a trouvé une grande quantité
d'Echinops viscosus, ainsi que VA tractjlis gummifera h. •
» M. Sartoris, pense que ni l' A tractjlis gummifera ni Y Euphorbia n'ont
été la cause de la mort : il n'est point possible de manger del'Euphorbk ; et
pour l'Afractylis,il droit qu'àl'époqueoù l'accident avait eU lieu, : elle n'avait
encore poussé ou du moins n'était pas encore assez développée, On ne
saurait donc soupçonner que l'Echinops ou la Mandragore. M. partons a
apporté de Myconos unejjrande quantité â-Êchinops viscosus; j'en ai fait
préparer un extrait aqueux et un extrait aicooEque; on a. administré, à un
jeune chien de fortes doses des deux extraits sans en- obtenir des. effets-
toxiques. Encouragé par "ces expériences, un Vétérinaire a avalé; une;;cuil : .
lèréë à bouche d'extrait aqueux sans éprouver le moindre dérangement.
» Il résulte de ces expériences que ce n'est pas probablement à FAtrac-
•5SET"
( iaa3 )
tylis, mais bien à la Mandragore que l'on doit attribuer la mort des trois
enfants, ce qui me paraît d'autant plus vraisemblable qu'à la suite de l'in-
gestion de la plante vénéneuse, tous ces enfants avaient été pris de délire et
de convulsions. »
hygiène publique. — De l'emploi de la chaux comme moyen de dessécher
et d'assainir les lieux ravagés par V inondation ; par M. Moiude,
M. La vallée adresse une « Note sur des canaux d'infiltration à exécuter
dans le but de prévenir les inondations » .
L'auteur a pensé qu'on pourrait profiter des cours d'eau souterrains pour
faire écouler une partie de l'eau qui coule à la surface. Il pense qu'on ob-
tiendrait ce résultat en creusant des tranchées d'une certaine étendue dans
les terrains au travers desquels s'infiltre l'eau qui va alimenter les eaux
souterraines.
M. Terqoem adresse des objections contre une partie de la Note sur
la théorie des parallèles, lue par M. Vincent dans la séance du 9 juin
dernier.
M. Lecot, à l'occasion d'une communication récente de M. Eambosson,
rappelle un travail sur l'éducation des sourds-muets qu'il a s'oumis pré-
cédemment au jugement de l'Académie, et sur lequel il espère pouvoir
obtenir prochainement un Rapport.
(Renvoi à l'examen des Commissaires précédemment nommés :
MM. Rayer, Velpeau, Cl. Bernard.)
M. de Bryas prie l'Académie de vouloir bien hâter le travail de la Com-
mission qui a été chargée de faire un Rapport sur sa Note concernant la
qualité des terres propres à la fabrication des tuyaux de drainage.
(Renvoi à la Commission nommée, Commission qui se compose de
MM. Boussingault, de Gasparin, Payen, Decaisne, Rayer et Peligot.)
M. Petit-Jeas, qui avait présenté en septembre 1 855 une Note sur un
moyen supposé propre à empêcher la vigne de geler, prie aujourd'hui
rAçadéœje de vouloir bien remplacer par un autre Membre, dans la Com-
( 1.224 )
mission chargée de l'examen de sa Note, M- de Gasparin, que' l'état de sa
santé empêche momentanément de prendre part aux travaux de ses con?
frères. ■'■;■..-. ._• ' : .-..'■; ■-■..-.'
La Note ayant été, à l'époque de sa présentation, renvoyée à l'examen de
la Section d'Économie rurale, il n'y a évidemment pas lieu de prendre en
considération la demande de M. Petit-Jean. - ■ - —
51. Cortaclt adresse une nouvelle Lettre relative à des questions de viti-
culture. Cette nouvelle communication n'a pas paru plus que celle du 2 juin
dernier de nature à être renvoyée à l'examen d'une Commission.
51. Lesecq présente des considérations sur la nature des astéroïdes et sur
les effets qui peuvent résulter de leur entrée dans l'atmosphère terrestre.
51. Hbette, qui adresse régulièrement chaque année un relevé des obser*
cations météorologiques qu'il fait à Nantes, envoie le tableau des observa-
tions de l'année 1 855. .
■ -------■- - ----- - - -.--.-- --.- A
M. 5Ïillot-Brulé demande et obtient l'autorisation dé reprendre une
Note d'arboriculture présentée par lui, « Découverte du bouton opposé »,
Note sur laquelle il n'a pas été fait de Rapport. - . : . _J .„
M. CoEjîzE demande de nouveau que son livre intitulé : a Révélation des
lois de la nature », soit renvoyé à l'examen d'une Commission.
L'Académie n'a pas trouvé dans les nouveaux motifs allégués par
M. Coinze de cause suffisante pour faire une exception à la règle qu'elle
s'est imposée relativement aux ouvrages écrits en français et imprimés en
France.
M. Korylski prie l'Académie de vouloir bien renvoyer à l'examen de
M. Le Verrier ses communications précédentes, relativement à la possibilité
de prévoir assez longtemps d'avance l'état météorologique d'un pays déter-
miné.
Cette Lettre est renvoyée à M. Le Verrier, qui se fera représenter, s'il le
juge nécessaire, les précédentes communications de l'auteur.
51. A. de Robiano adresse, de Vilvorde (Belgique), des figures annoncées
.f-:~
( 1225 )
comme une « construction générale de tous les polygones réguliers, avec la
génération des voûtes ogivales qui en découle. »
La Lettre qui accompagne cette planche ne faisant pas suffisamment con-
naître le but que s'est proposé l'auteur dans ces constructions, il n'a pas
paru qu'il y eût lieu à nommer une Commission.
M. Brachet adresse une Note concernant la presse hydraulique.
A 5 heures un quart, l'Académie se forme en comité secret.
La séance est levée à 6 heures. F.
BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE.
L'Académie a reçu, dans la séance du 16 juin 1 856, les ouvrages dont
voici les titres : ■
Dell'orologio... De l'horloge à pendule de Galilée et de deux suppositions ré-
centes concernant le mécanisme imaginé par lui; br. in-8°. (Extrait du volume
de Supplément aux Œuvres complètes de Galilée, éditées par E. Alberi.)
Memoirs... Mémoires de la Société Royale astronomique de Londres;
vol. XXIV. Londres, 1 856; m-4°.
Monthly... Bulletin mensuel de la Société astronomique de Londres; vol. XV.
Novembre 1 854 à juin 1 855 ; in-8°.
The nature... Sur les grandeurs relatives des planètes; sur ta grandeur abso-
lue du Soleil et, par suite, sur la fausseté des opinions admises par les astronomes
relativement aux dimensions de çescorps; parM. A. Harpur. Dublin, i856;
br. in-8°.
Die Salzsauerlinge. . . Sur la fabrique d'acide hjdrochlorique de Neuhaus; par
M. Aloys Martin (de Bamberg). Munich, i856; br. in-8°.
C. G., îS56, I er Semestre. (T. .XLH , N° 28.) ' 6°
( 1226 )
*
L'Académie a reçu, dans -la- séance du- a3 juin iSSô, les ouvrages
dont voici les titres :
Description des machines et procédés pour lesquels des brevets d'invention ont
été pris sous le régime de la loi du 5 juillet i844; publiée par les ordres de
M. le Ministre de l'Agriculture, du Commerce et des Travaux publics; t. XXI.
Paris, i855; in-4°.
Description des machines et procédés consignés dans les brevets d'invention,
de perfectionnement et d'importation dont la durée est expirée, et dans ceux dont
la déchéance a été prononcée; publiée par les ordres de M. le Ministre de l'Agri-
culture, du Commerce et des Travaux publics; t. LXXXTV. Paris i855-
in-4°. ! ......7.1
Comptes rendus des séances et Mémoires de la Société de Biologie. Tome II
de la 2 e série; année i855. Paris, i856; in-4°. (Présenté par M. Rayer.)
Monographie de la canne à sucre de la Chine, dite Sorgho à sucre; par M. le
D r Adrien Sicard. Marseille, i856; br. in-8°.
Essai d'ichthjologie des côtes océaniques et de l'intérieur de la France, ou Dia-
gnose des poissons observés;, par M. A.-N. Pesvaux. Angers, i85i ; broch.
in-8°. * ---- ■- , . -
De l'ablation curative des loupes, lipomes et tumeurs analogues, sans opéra-
tion sanglante ; pqrM. A. Legrand. Paris, i856 ; in-8°. * -
^Lettre sur le traitement du choléra; par M. le D r AyrE; br in-8°. (Renvoyé
à l'examen de là Section de Médecine et Chifûrgie, constituée en Commis-
sion du prix Bréant.); " -- ; - ^- • :
Illustrationes plantarum orientalium; par M. le comte Jaubert et M. Ed.
.SPACH}, 48 e livraison; in -4°.; . : ù ■-.-.:
Lezioni. . . Leçons orales de Chimie générale professées en l'année 1 849-1 85o ;
parM. Je professeur Cav.-G. Taddei; vol. ÏY. Florence, 1 853; in-12.
Monografia,.. Monographie du Bombyx Mori; par M. E, Cornalia. Milan,
.i856; 1 vol. in-4°. Mémoire couronné par l'Institut lombard des Sciences,
Lettres et Beaux-Arts. (M. Milne Edwards est invité à faire de cet ouvrage
l'objet d'un Rapport verbal, )
Memoria... Mémoire sur la vraie valeur des fonctions d'une variable qui se
présente sous la forme^, ^; par M. P.-D. Mariawini. Modène, i855; br.
in-4°.
Sopra... Sur une manière devoir avec facilité les couleurs accidentelles; par
M. Stef. Ma'rianini. Modène, i855; br. in-4°.
( I2a 7 ) .
Physiotypia plantarum austriacarum... Flore d'Autriche exécutée par 'le
procédé de gravure naturelle; par MM. d'Ettingshausen et Alois Pokorny
Vienne, i856; i vol. in-4°, avec un atlas en 5 vol. in-folio
Forhandlingar. . . Travaux de la Société des Sciences naturelles de Scandina-
vie^ session annuelle tenue à Stockholm, du u au ^juillet ,85i • , vol in-8°
Gelehrte, Notices scientifiques publiées par l Académie royale des Sciences
de Bavière; XL et XLP vol. ; in-4°. ouences
Abhandlungen... Mémoiresde V Académie royale des Sciences de Bavière-
Classe d Histoire; t. VII, partie III. Munich, i855; in-4°
Abhandlungen Mémoires de l'Académie royale des Sciences de Bavière ■
Clase de Philosophie et Philologie; t. VII, partie III. Munich, ,855; in-40 '
Uefcer.. Delà division des populations du royaume de Bavière ; discours pro-
Rede.. Discours prononcé à la séance publique tenue le 2 8 novembre i855
pari Académie Royale des Sciences de Bavière, sur la classification des Sciences-
par le même. Munich, 1 855; br. in-4°.
du^t'" D t C KK Ur T° n T é ^ M> F - ° E THIERSCH dans k séance Vnblique
dua8 mars i855. Munich, 1 855 ; br. in-4°. V
Jahresbericht... Compte rendu annuel de la Société physique de Francfort-
sur-le-Mein, pour l'année scolaire i854-i855 ; br in-8°
Anmàrkningar... Remarques sur l'antrum pylori 'chez l'homme et chez
quelques animaux,- par M. A. Retzius. Stockholm, i855; br. in-8°
Ueber... De la déformation artificielle du crâne dans l'ancien monde; par le
meme;br. in-8°. H
Cranium. .. Sur un crâne d'Indien Pampas; par le même ; br. in-8°
Ueber Des grosses gouttes de graisse contenues dans les œufs des ; poissons ■
par le même ; br. in-8°. '
Om... Dissertation sur t os luz; parle même; br. in-8°.
ERRATUM.
(Séance du 16 juin i856.)
Page 11 7 5, ligne 7, au lieu de M. Poujade lisez M. Pujade.
ag g» «
iaa8 )
COMPTE RENDU
DES SÉANCES
DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES.
SÉANCE DU LUNDI 30 JUIN 1856.
PRÉSIDENCE DE M. IS, GEOFFROY-SAINT-HDIAmE.
MÉMOIRES ET COMMUNICATIONS
DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE.
A l'ouverture de la séance, M. le Secrétaire perpétuel annonce que la
santé de M. de Gasparin est notablement améliorée : une Lettre de
M. Agénor de Gasparin , qui renvoie un Mémoire resté entre les mains de
son père, donne à l'Académie cette nouvelle, qui a été reçue avec une
grande satisfaction .
« M. Le Verrier annonce que M. Chacornac, chargé par M. Goldschmidt
de donner un nom à la 41 e petite planète, a choisi le nom de Daphné.
» M. Le Verrier fait ensuite remarquer que le Bulletin météorologique
des divers points de la France, recueilli par voie télégraphique, est main-
tenant complet , et qu'il est publié chaque jour dans le journal du soir
la Patrie. »
géométrie. — Note relative à la démonstration des théorèmes de M. Gauss
présentés dans une séance précédente; par M.. J. Bertrand.
« J'ai reçu, à l'occasion de ces démonstrations, une Lettre dans laquelle
M. O. Terquem m'indique une seconde Note relative, à cette théorie, insérée
par Jacobi dans les Nouvelles astronomiques de Schumacher pour 184'i.
Cette Note, comme le remarque judicieusement M. Terquem, contient une
démonstration qui diffère peu de celle que j'ai proposée pour le premier
théorème de Gauss, dont je déduis ensuite tous les autres. J'aurais pu y
C. R., iS56, t er Semestre. (T. XLII, N° 26.) 1 6l
\ ( I2 3o )
renvoyer si j'en avais eu connaissance; je pense, néanmoins, que l'inter-
vention du théorème de M. Bonnet rend la démonstration plus simple et
plus nette. Ce théorème est d'ailleurs équivalent à une proposition énoncée
par Jacobi à la fin de la Note citée- par M. Terquem; mais il me semble
précisément qu'il y a un avantage de simplicité à le placer au commen-
cement pour en déduire la proposition de Gauss comme un corollaire
immédiat. »
physique DU GLOBE. — Recherches sur les variations que l'eau de la mer
Morte semble subir dans sa composition ; par M. Boussingault. (Extrait.)
« La mer Morte, ou lac Asphaltite, ainsi nommée parce que son degré de
salure ne permet pas aux poissons de vivre dans ses eaux, et que de temps
à autre on voit flotter de l'asphalte à sa surface, est la limite d'une énorme
crevasse dans laquelle le Jourdain coule à un niveau bien inférieur à celui
' de l'Océan. Cette profonde dépression du sol sur un point assez étendu de
la Syrie méridionale, à une distance de 60 milles de la Méditerranée, est,
comme l'a dit M. de Humboldt, un phénomène si extraordinaire, que
ceux-là même qui l'ont constaté ont tout d'abord douté de l'exactitude
de leurs observations. . .
» Dans sa longueur, dirigée du nord au sud, la mer Morte a près de
4i milles marins, et 9 milles dans sa plus grande largeur. Un promontoire,
détaché de la côte orientale, forme un détroit de 2 milles de large, à peu
de distance de l'extrémité sud, près de la montagne de sel d'Usdum.
» Dans les vingt dernières années, plusieurs tentatives de navigation ont
été faites par de hardis voyageurs, malgré le proverbe arabe qui dit : « Celui
» qui tient à la vie ne doit pas s'aventurer sur cette mer. «
» En i 835, un Irlandais, M. Cottigan, exécuta des sondages sur une
barque avec laquelle il avait descendu le Jourdain. Après cinq jours de
navigation, Cottigan alla mourir d'épuisement à Jérusalem. A la fin de
mars i83 7 , MM. Moor et Beek conduisirent avec des peines infinies, de Jaffa
à Jéricho, le canot dans lequel Us naviguèrent jusqu'au 17 avril; c'est à eux
que l'on doit la première notion de la dépression du bassin de la mer Morte,
que leur avait révélée la température de l'eau bouillante. Abandonnés des
Arabes, accablés par la maladie, ils furent forcés de renoncer à leurs pro-
jets d'exploration. M. Moor passa en Egypte.
» M. de Bertou, que le hasard mit en relation avec M. Moor, vérifia en
1837 et i838, par des observations barométriques, la dépression qu'avaient
signalée les deux voyageurs anglais. Ensuite, le lieutenanr Symond de la
marine britannique, par une triangulation terminée en 1841, a définitive-
( ia3r ) .
ment adopté 4oo mètres pour la différence de niveau entre les deux mers.
» L'année 1847 vit une nouvelle tentative et compta une nouvelle vic-
time, le lieutenant Molyneux, qui, après avoir fait de nombreux sondages,
mourut de la fièvre, bien qu'il n'eût passé que quelques jours sur le lac
Asphaltite. Mais l'expédition qui a jeté le plus de lumières sur le climat et
la topographie de la mer Morte, est, sans aucun doute, celle que comman-
dait le lieutenant Lynch de la marine des Etats-Unis, et je ne saurais mieux
faire que de citer quelques passages du journal tenu par cet habile officier.
.. C'est le 18 avril 1847 <I ue l'expédition, montant deux canots en métal,
entra du Jourdain dans la mer Morte, alors violemment agitée. Les marins
furent bientôt couverts d'un enduit salin, dont l'âcreté causait une sensation
pénible, presque intolérable sur les lèvres et dans les yeux. Malgré une
tempête des plus violentes dans une enceinte resserrée de montagnes noires
et arides d'où coulent des eaux sulfureuses d'une extrême fétidité, l'équi-
page ne perdit pas courage, car, comme l'écrit le lieutenant Lynch, l'éton-
nement frappe, mais n'épouvante pas. La mer se calma aussi rapidement
qu'elle s'était déchaînée, et, quand.elle fut en repos, on put vérifier la res-
semblance d'aspect avec le plomb fondu que les Arabes lui attribuent.
» Le 20 avril, dans la matinée^ par une légère brise du sud, la tempéra-
ture de l'air était 27°,8 centigrades; la mer avait l'apparence d'un miroir,
tant elle était tranquille. A io h 3o m du matin, sous une tente dressée sur la
côte, le thermomètre marquait 3i°,7 ; un peu de vent du nord le fit tomber
à a6°,7.
» Entre 8 et 9 heures du soir, la nuit étant très-obscure, la mer se cou-
vrit d'une écume phosphorescente, et les vagues en se brisant éclairaient
d'une lumière sépulcrale le bois mort et les blocs de roche épars sur la
plage. Phénomène d'autant plus remarquable, qu'on n'a pas découvert d'a-
nimalcules dans l'eau du lac Asphaltite.
» La sonde, et ce fait s'est reproduit plusieurs fois, rapporta des cristaux
cubiques de sel marin, mêlés au sable ou à l'argile du fo^d.
» Le 21 avril, on trouva, sur la côte occidentale, une source d'eau douce
ayant une température de 23 ,o,; c'était près de Ain-Turabeh où croissent
des Pistachîa terébentMnus . Le sable supportait un dépôt de soufre.
» Dans la nuit on sentait assez fréquemment une odeur sulfureuse, et
comme l'eau du lac est absolument inodore, le lieutenant Lynch attribue
cette odeur aux sources sulfureuses et aux marais environnants. Le 24 avril,
dans le jour, le vent étant très-faible, on sentit l'odeur sulfureuse ; la tem-
pérature était de 33°,3 centigrades, « et chacun de nous, » dit le lieutenant
Lynch, « eut à résister à un profond sentiment d'abattement ; on voyait
161..
( 1 2Î2 )
i> l'embouchure de l'Arnoh, dont les eaux coulent sur du grés rouge.' %lë
» 26, à 4 heures du matin, le thermomètre marquait 3o degrés: On était
» alors à une petite distance de la montagne d'Usdum en présence dune
» scène de désolation ; d'un côté l'imposante massé de sel gemme, de l'autre
» les roches stériles de Moab; au sud la plaine de sel où plusieurs fois les
» Israélites défirent leurs ennemis, et au nord la mer, que voilait uti brouil-
t> lard pourpre, recouvrait les ruines deSodome et de Gomorrë. L'éclat de
ï> la lumière blessait la vue, et l'on respirait péniblement dans une atmo-
» sphère embrasée. Pas un oiseau ne* fendait cet air raréfié, pas un pois -
» son ce mystérieux élément sur lequel nous voguions et qui, seul de
» toutes les œuvres du Créateur, ne contient pas un être vivant. »
» Dans cette localité, l'attention des équipages fut attirée par une sorte
de colonne de sel, rappelant le pilier mentionné par l'historien Josèphe
comme étant, d'après la tradition, la statue de la femme de Loth. M. de
Saulcy,' quia visité Usdum, fait observer que, sans chercher beaucoup, on
trouverait probablement plus de deux cents femmes de Loth, les blocs de
sel isolés et cylindriques étant assez jcommuns dans le voisinage des grands
dépôts salifères analogues à celui d'Usdum.
» Entre 3 et 4 heures de l'après-midi, la chaleur devint oppressive. La
température de l'air atteignit 3a, degrés; celle de la mer, prise à là surface,
32°,2. Les rameurs étaient épuisés de fatigue; on débarqua au sud du pro-
montoire, près de Wady-Humeir, l'endroit le plus triste où jamais Ton ait
campé. Les armes, les boutons des uniformes étaient brûlants. A 8 heures
du soir, le thermomètre, placé à 5 pieds au-dessus du sol, marquait 4 <°,i
centigrades. A 4 heures du matin, le 27, l'équipage se plaignit du froid, la
température étant descendue à 28 degrés.
» Le 28, l'expédition campa près Engaddî. Au coucher du soleil on
trouva qu'un cheval pouvait se soutenir dans le lac sans ckavîrer, sans être
jeté sur le côté. Un homme vigoureux surnageai plongé jusqu'à la poitrine,
sans faire le moindre effort pour se maintenir sur l'eau salée.
» Le. 4 mai, la soude indiqua, à peu près au milieu du lac, une profon-
deur de 1 94 fathoms.
» Des observations, faites avec un thermomètre enregistreur, montrèrent
l'existence d'une couche d'eau froide entre la surface etle fond- . -
A la surface, température, ...... . 24°,4
A 18 mètres... i5,o
A3i8 mètres 16,7
( 1233 )
» La çluj? forte température de l'air a été observée le 8 mai; à midi, elle
était, à l'ombre, de 43 ,3.
» Les nombreux torrents alors desséchés reconnus par l'expédition
prouvent que la mer Morte reçoit, à certaines époques de l'année, une
quantité considérable d'eau douce. Les rivières qui ne tarissent pas éprou-
vent de très-grandes crues dans la saison pluvieuse. Le Jourdain devient une
mer, comme disaient les Arabes à M. de Bertou.
» Le lieutenant Lynch a vu, près du Wady-Mukaddam, une marque in-
diquant que le niveau du lac avait dû monter de 7 pieds anglais au-dessus
du point où il se trouvait le ai avril.
» Si l'on considère combien la mer Morte peut s'étendre vers le nord
en regorgeant dans la vallée basse du Jourdain, et vers le sud en inon-
dant la plaine salée, on comprend quelle énorme masse d'eau elle doit re-
cevoir avant que son niveau s'élève de 2 mètres.
» L'exploration de la mer Morte étant terminée, l'expédition se dirigea
surBeyrout, non sans avoir payé son tribut à l'insalubrité du climat. On
des officiers les plus actifs, le lieutenant Deale, près d'arriver au port, suc-
comba à la maladie dont il avait contracté le germe dans cette mémorable
campagne. C'est un nom de plus à inscrire sur cette longue liste de voya-
geurs morts pour la science.
« L'analyse la plus ancienne de l'eau de la mer Morte a été faite en 1 788
par une Commission de l'Académie des Sciences, formée de Lavoisier,
Maequer et Sage. Dans cette eau envoyée par le chevalier Tolès, les Com-
missaires trouvèrent :
Sel marin , à base de magnésie 21 ,786
à base de chaux 1 8 , 32q
Sel marin ordinaire ,..„.., 6 , g$o
44-,3 7 5
Eau £5,625
IOO, QOO
»> En 1807, Marcel publia une nouvelle analyse. La densité de cette eau
était 1,211 : aussi les sels trouvés dans 100 parties ne sont plus 44?
comme dans les résultats donnés par les académiciens, mais 2.4, 5 seu-
lement.
v En 1809, Rlaproth examina une eau dont la densité était i,245, et il
constata 4 2 »6 pour 100 de sels secs.
» Ue l'eau de la mer Morte, prise en octobre 1817 par Je comte Forbin
("34)
pendant son voyage dans le Levant, fat analysée par Gay-Lussac: elle avait
une densité de i,aa83, et renfermait, sur ioo parties, 26,24 de matières
salines. Sa composition différait d'ailleurs très-notablement de celle qu'a-
vait donnée Marcet.
Marcet. Gay-Lussac.
Chlorure de magnésium , 10,246 i5,3i
Chlorure de sodium. io,36o 6,g5
Chlorure de calcium 3,g20 3, go
Chlorure de potassium o ,000 traces
Sulfate de chaux Q,o54 traces
24,58o 26,24
Eau 75,420 73,76
100,000 100,000
» Frappé de la grande différence de ces résultats, Gmelin crut devoir
entreprendre une nouvelle analyse .de l'eau delà mer Morte, puisée au
printemps de 1822 par M. Jacob Leutzen. Cette eau, pesant 1,212, laissa
sur 100 parties, 24, 54 de sels secs.
» Gmelin y constata la présence du brome que M. Balard venait de dé-
couvrir, et il conclut d'expériences exécutées avec un grand soin que cette
eau ne renfermait pas de nitrates. Quant au résultat de son analyse, il n'est
d'accord ni avec celle de Marcet, ni avec celle de Gay-Lussac.
» Depuis Gmelin, les chimistes ont continué à s'occuper de la mer
Morte. L'eau rapportée par le lieutenant Lynch, d'une densité de 1,2274,
contenait, d'après MM. Booth et Muclde, 26, 42 sur 100 de sels.
» Dans de l'eau prise par M, Dunoyer sur la rive occidentale du lac
Asphaltite, le 2 avril; i"85o, MM, Boutron-Charlard et O.Henry n'ont trouvé,
sur 100 parties, que 1 4,9-3 de- sels; il est vrai que la densité de cette eau
ne dépassait pas 1,0992.
» Enfin, M. Moldenhauser vient de donner une analyse faite sur de 1 eau
puisée en juin 1 854, dont la densité était 1 , 1 160 ; de 100 parties d'eau on
obtint i3,88 de substances salines.
» Il est certainement très-singulier que huit analyses faites, sur une eau
prise à la même source, par des chimistes dont on ne saurait contester
l'habileté, ne s'accordent pas mieux entre elles. Le motif qui avait porté
Gmelin à entreprendre l'examen de l'eau de la mer Morte subsistait donc
toujours. J'avais d'ailleurs un autre motif pour faire une nouvelle étude de
cette eau.
» Depuis que la présence de l'acide nitrique dans les rivières a été dé-,
( 1235 )
montrée par les intéressants travaux de MM. Bineau et Sainte-Glaire Deville,
il oie parut bien extraordinaire qu'une eau de mer, et particulièrement
l'eau de la mer Morte, à cause de la constitution géologique de son bassin,
ne contînt pas de nitrates, ainsi que Gmelin l'avait reconnu; et, sans
élever le moindre doute sur la netteté des résultats annoncés par cet ana-
lyste éminent, je désirais vivement vérifier un fait dont l'importance au-
jourd'hui est évidemment plus grande qu'elle ne l'était en 1826.
« L'eau que j'ai examinée a été rapportée par un jeune Américain,
M . Domingo Arosamena ; elle est sans odeur et très-limpide.
» Mon analyse s'accorde assez bien avec celle de Gmelin.
Boussingault. Gmelin.
Densité de l'eau ij'94 1,212
Chlorure de magnésium 10,7288 11,7734
Chlorure de sodium 6,4964 7»°777
Chlorure de calcium 3,55g2 3,2i4i
Chlorure de potassium 1,6110 1 ,6738
Bromure de magnésium o , 33o6 o , 43g3
Sulfate de chaux 0,0424 0,0527
Selammoniac o,ooi3 0,0075
Chlorure de manganèse o ,0000 0,2117
Chlorure d'aluminium o ,0000 o ,0896
Nitrates 0,0000 0,0000
Iodures 0,0000 0,0000
22,7697 24,5398
Eau • 77,23o3 75,4602
100,0000 100,0000
» Pour rechercher les nitrates dans l'eau du lac Asphaltite, je me suis
arrêté à l'emploi du sulfate d'indigo. Dans mes premiers essais je m'étais
servi de l'or, comme l'avait fait Gmelin, et même pendant quelque temps
je l'ai cru préférable au protosulfate de fer et à l'indigo pour découvrir des
nitrates mêlés à des chlorures alcalins; mais je n'ai pas tardé à reconnaître
que les indices fournis par ce métal pouvaient être erronés, parce que l'acide
chlorhydrique concentré, considéré comme pur et tel qu'on le'prépare dans
les laboratoires, l'attaquait quelquefois. Les remarques que j'ai faites à ce
sujet méritent, je crois, d'être consignées, et je soupçonne que pour avoir
échappé à certains observateurs, on a pu signaler des nitrates là où il n'y
en avait pas, ou évaluer trop haut ceux qu'on a dosés d'après la production
du chlorure d'or.
( jû36 )
» Ainsi, en laissant une lame d'or dans 5 centimètres* cubes d'une disso-
lution saturée de sel marin, -mélangée à 5 -centimètres cubes-d'acide chlor-
hydrique concentré- et-Cônsidéré comme pur, la liqueur,, au bout de quel-
ques jours, avait acquis une teinte jaune, très-faible à la vérité, mais assez
prononcée cependant pour conclure à la dissolution d'une faible quantité
du métal, et, par suite, à la présence de nitrates dans le sel marin, si l'on
n'eût pas été -Certain de sa pureté- Cette expérience a été répétée maintes
fois, et toujours on put reconnaître des indices évidents de la dissolution
de l'or. -.- - _ . ... . ; ._" :._;._
» En colorant par quelques, gouttes de sulfate d'indigo un mélange formé
de volumes égaux d'eau distillée et.d'acide chlorhydrique considéré comme
pur, la teinte bleue s'est effacée graduellement.
» Dans r acide chlorhydrique dont je disposais, ^agide préparé d'ailleurs
par les procédés ordinaires* U y avait donc un principecapable de déterminer
la dissolution del'or et la destruction de lUndigo ; était-ce du cblore, était-ce
un composé îillrëux? Cette dernière supposition paraîtra la plus probable,
si l'on consideféjdans quelles, circonstances l'acide chlorbydrique est pro-
duit. ï" c ._ ~ p. 1, . .. ' . ; "" ■ '.-
» L'acide sujfurique intervient toujours, .et l'on saitquexlajis la plupart
des cas, cet acide renferroe-des composés nitreùx, quelquefois même en
très-notable proportion. A-Ussî- est-ce une précaution en -quelque sorte élé-
mentaire qù^dejçommenjçer par priver Tacide sulfurique de ces composés
avant de l'employer soit à :de&sécher, soit à purifier un courant de gaz;
autrement Ië ^azr entraînerait des vapeurs nitreuses, pour si peu qu'il en
existât dans l'acide purificateur.
» Au reste ? je n'ai pas déterminé le principe qui rend l'acide chlorhy-
drique impropre à déceler les nitrates; je me suis uniquement assuré qu'on
l'élimine très-facilement, puisqu'il suffit de faire bouillir l'acide jusqu'à ce
qu'il ait éprouvé une réduction d'environ un quart de son volume. L'acide
chlorhydrique bouilli n'a pu décolorer l'eau teinte par le sulfate d'indigo,
et l'on peut dès lors en faire Usage conjointement avec ce dernier réactif
pour rechercher les nitrates dans une dissolution de chlorures alcalins.
» C'est à M. Liebig que l'on doit l'application de l'indigo comme, réactif
des nitrates, et l'on admet qu'il est possible par ce moyen de découvrir dans
un liquide -^ d'acide nitrique. En suivant la méthode décrite dans mon
Mémoire, je crois pouvoir affirmer' que la sensibilité du réactif est, pour
ainsi dire, illimitée ; ainsi on décèle dans r centimètre cube d'eau salée l'a-
cide équivalente o gr ,ooooo3i de nitrate de potasse. De nombreuses expé-
( is3 7 )
ïiences synthétiques ne laissent aucun doute à cet égard; cependant je n'ai
pu, à l'aide de ce réactif rendu si sensible, trouver le moindre indice de
nitrate dans l'eau de la mer Morte. Néanmoins, lorsqu'il s'agit de substances
que la mer pourrait tenir en dissolution, s'il est permis d'indiquer une
limite, il ne faut pas, à cause de l'immensité du dissolvant, prononcer l'ex-
clusion d'une manière absolue.
» L'absence des nitrates dans l'eau de la mer Morte m'a porté à recher-
cher si le réactif indigo indiquerait ces sels dans l'eau d'une autre mer.
M. Bineau, dont l'exactitude est bien connue de l'Académie, a dosé dans un
litre d'eau puisé sur la côte d'Aigues-Mortes, une quantité de nitrates repré-
sentant oS r ,oot de nitrate d'ammoniaque, tandis qu'il n'a point rencontré
de nitrates dans l'eau du port de Marseille.
» L'eau de mer que j'ai examinée avait été prise, le 8 mai, par M. Reiset,
sur la plage de Dieppe, assez loin du port pour éviter l'influence de la
rivière d'Arqués.
» Dans cette eau réduite au dixième par l'évaporation, l'indigo a indiqué
de la manière la plus nette une très-faible proportion de nitrates, à peu
près o gr ,ooo3 pour un litre d'eau.
» Il résulte des essais multipliés auxquels je me suis livré depuis quelques
mois, que le sulfate d'indigo, convenablement appliqué, est, non-seulement
dune -extrême sensibilité comme réactif qualitatif, mais qu'il offre encore
comme agent de dosage des avantages incontestables, puisqu'on détermine
avec une précision suffisante et presque sans appareils les nitrates contenus
dans l'eau des mers, l'eau des rivières, les eaux pluviales et les eaux sortant
des draines. C'est ce que je me propose d'établir dans uue instruction spé-
ciale que je publierai prochainement.
» Par une belle série d'expériences, MM. Malaguti, Durocher et Sarzeau
ont prouvé que l'Océan renferme du chlorure d'argent; 100 litres d'eau pui-
sée à plusieurs lieues de la côte de Saint-Malo, ont donné . milligramme
de métal. Un savant du plus grand mérite, M. Forchammer, de Copen-
hague, a confirmé le fait en opérant sur l'eau de la Baltique.
^ » Comme l'eau de la mer Morte est beaucoup plus chargée de sels que
l'eau de l'Océan, il y avait quelque raison pour croire qu'elle contiendrai!
une plus forte proportion de chlorure d'argent. J'ai prié, en conséquence,
mon savant confrère M. Becquerel d'y rechercher l'argent au moyen des
procédés électrochimiques; et quoiqu'il n'ait pas été possible d'obtenir un
dépôt métallique sur un des électrodes, la question n'est cependant pas
C R., i856, t<* Semestre. (T. XLH, N° 26.) 162
( ia38 )
résolue, par la raison que l'essai n'a pu être tenté que sur trop peu de ma-
tière. C'est un sujet d'observation que je me permets de recommander à
ceux qui pourront se procurer quelques litres d'eau de la mer Morte.
» Ce qui caractérise l'eau de cette mer, c'est la forte proportion de brome
qu'elle renferme, puisque r mètre cube contiendrait, d'après- .l'analyse,;
3 à 4 kilogrammes de bromure de magnésium. Si un jour le brome trou-
vait une large application industrielle, c'est dans la mer Morte qu'il fau-
drait l'aller chercher.
» Pline rapporte que de riches habitants de Rome, que d'ailleurs il taxe
d'extravagance, faisaient apporter pour se baigner de l'eau du lac Asphâltite,
à laquelle ils attribuaient des vertus médicinales. Galien remarque que ces
baigneurs se seraient épargné bien de l'embarras, en dissolvant du sel
dans de l'eau douce; mais il semble hors de doute qu'en raison de la dose
considérable de brome qui s'y trouve, cette eau doit nécessairement être
douée de certaines propriétés thérapeutiques.
» L'analyse semble donc établir que l'eau de la mer Morte n'a pas la
même composition à toutes les époques de l'année, et que les substances
salines qu'elle tient en dissolution varient, non-seulement sous le rapport
de la quantité, ce qu'expliquerait la plus ou moins grande afduence des
eaux douces, mais encore dans leur nature. Au reste, pourrait-on affirmer
aujourd'hui que l'Océan n'éprouve pas des changements du même ordre?
Est-il certain que ses eaux conservent, pendant toute l'année, la même con-
stitution; que leur composition est la même en pleine mer et près des côtes,
dans les régions polaires comme sous la zone équatoriale, à la surface
comme à une grande profondeur? Ces questions ne seront résolues que
lorsque la chimie sortant du laboratoire, interviendra plus qu'elle ne l'a
fait jusqu'à présent dans l'étude de la physique du globe. »
géométrie. — Note de M, ynsçEST en réponse aux observations présentées
dans r avant-dernière séance par M. Chasles.
« Je me fais un devoir de reconnaître devant l'Académie l'exactitude d'un,
renseignement quenotrè confrère M. Bienaymé a bien voulu me donner,
relativement au postulation sur la somme des angles du triangle. Le tome XV
des Archives de Grunert (page 36 1 v et suivantes) contient un Mémoire du
docteur en théologie Germar (de Heide) relatif à l'objet qui m'a occupé, et
où cet auteur rapporte à un professeur nommé Thibaut une démonstration
identique à celle que j'ai proposée. D'après la traduction que je dois à la
( ia3 9 )
complaisance de M. Alf.,Maury, la seule différence consiste en ce que Thi-
baut écartait l'objection déduite de la différence des centres de rotation,
par une considération tirée des mouvements relatifs des corps célestes, ce
qui donne à sa théorie une teinte de mécanique concrète, tandis que je me
suis tenu dans la pure abstraction mathématique. Cette coïncidence, dont
je me félicite sincèrement, prouve que l'idée n'est pas aussi déraisonnable
qu'on a paru le croire. Pourquoi n'a-t-elle pas eu plus de succès? C'est ce
que la nature du débat actuel suffit peut-être à expliquer. Mais c'en est
assez sur ce sujet.
» Je ne puis laisser passer cette occasion sans témoigner à mon tour
V étonnement et le sentiment pénible que m'a fait éprouver la lecture du
Compte rendu contenant la Note de M . Chasles. Je n'avais pas bien saisi à
l'audition le sens et la portée des paroles de notre confrère, car j'y aurais
répondu autrement. Comment M. Chasles, qui avait ma communication
sous les yeux, qui avait eu huit jours pour rédiger ses observations, peut-il
dire que mes réflexions « accusent le jugement de ceux (ce qui ne pour-
» rait s'entendre que de tous ceux) qui ont cultivé les sciences mathéma-
» tiques jusqu'à ce jour? » et plus loin : que « j'ai prononcé une cen-
» sure contre les géomètres anciens et modernes (ce qui signifierait,
» encore une fois, contre tous les géomètres, sans aucune exception), » et
cela quand j'avais dit simplement : « Je ne manquerais pas d'exemples
» si je voulais prouver qu'il est arrivé souvent aux géomètres....)» M. Chasles
raisonne comme si ma proposition eût été absolue et universelle, et ensuite,
ce qui n'est pas plus admissible, comme si toutes les démonstrations
précédemment tentées étaient également irréprochables, ce qui implique
une contradiction. Je ne veux point insister sur cet objet auquel je
pourrai revenir ailleurs : je me borne à dire et à répéter ici que je n'ai
prétendu parler que d'auteurs de géométrie élémentaire et classique, dont
aucun n'est vivant, ce qui n'empêche pas que plusieurs d'entre eux ne
soient encore des auteurs modernes; et j'étais complètement dans mon
droit en critiquant leurs doctrines.
» Que dire ensuite de cette assertion : que mes réflexions « tendraient à
» jeter du doute sur les principes mêmes qui servent de base aux sciences
» mathématiques? » Et depuis quand donc des vérités, bien prouvées d'ail-
leurs, se trouveraient-elles compromises dès l'instant seulement qu'un
mauvais logicien en aurait proposé une fausse démonstration ?
» Mais une prétention contre laquelle je regarde par-dessus tout comme
un devoir de protester au nom de la raison publique, est la prétention for-
162..
( iîfo ) .
roulée de mettre un interdit «tt .les principes philosophiques, de la science,
et de soutenir que, pour avoir le droit de les discuter:, il faut avoir fait acte
de grand géomètre. La géométrie, a dit avec beaucoup de raison M. Poiûsot,
dont je regrette de ne pouvoir reproduire dans leur véritable texte les hautes
considérations, est comme un arbre dont les rameaux s'étendent vers l'in-
fini, mais qui par son pied touche et commence à la terre. Bien n'est plus
vrai. Je reconnais que les branches et les fruits appartiennent aux grands
géomètres qui ont su s'y élever; mais le pied appartient à tout le. monde, et
surtout à ceux qui y sont restés enchaînés toute leur vie. Sans avoir suivi
la voie qui conduit à ,1a géométrie supérieure, on peut très-bien Savoir
qu'il est pour y arriver des moyens plus rapides et plus hardis que ceux
d'Euclide. " . ~. . \ H
» Enfin , comment qualifier le procédé par lequel, au sujet d'une commu-
nication plus ou moins digne d'attention, on est venu mettre à l'index un
ouvrage dont il n'avait en rien été question dans le débat, et qui ne contient
même pas la démonstration proposée, et attaquée bien .que conforme aux
principes établis dans le programme des études?... Mais autre chose est d'é-
tablir des principes, et autre chose d'en poursuivre les conséquences ., . »
« Après cette lécture,M. Gbasles dit qu'il s'en réfère aux observations
mêmes qu'il a présentées à l'Académie, et qu'un seul point de la communi-
cation actuelle de M. Vincent lui donne lieu de prendre la parole. Il veut
simplement faire remarquer que ses observations se rapportaient exclusive-
ment à l'écrit lu par M. Vincent sous le titre de Note sur la théorie des
parallèles, et qu'il n'a fait allusion, en aucune manière, à l'ouvrage publié
récemment par son confrère.
» M. Vincent s'empressant de déclarer qu'en effet le passage dont veut par-
lerM. Chaslesnele concerne pas, M. Chasles répète qu'il n'a rien à ajouter. »
M. FiauHENs, en faisant nommage à l'Académie d'un volume qu'il vient
dq publier, s'exprime dans les termes suivants : :
« J'ai l'honneur de présenter à l'Académie un exemplaire du premier
volume des Eloges historiques, que j'ai lus dans ses séances publiques.
» Ce volume contient, après une Introduction sur l'Histoire de l'Aca-
démie et sur Fontenelle, les éloges de George Cuvier, Blumenbach, Geof-
froy-Saint-Hilaire, Blainville et Léopold de Buch.
» Lé second volume est sous presse, et paraîtra bientôt.
( iâ4t )
» En écrivant ces éloges, je me suis imposé la loi de rechercher, dans ïa
vie des hommes illustres auxquels ils sont consacrés, tout ce qu'il y a eu
de plus honorable et de plus digne d'être conservé, et dans leurs écrits tout
ce qu'il y a de vrai.
Quid verura atque decens euro et rogo et omnis in hoc sum. »
M. Eue de Beaumont présente, au nom de l'auteur M. J. Plateau, un
exemplaire d'un opuscule publié par le savant Correspondant de l'Acadé-
mie sous le titre de « Recherches expérimentales et théoriques sur les
figures d'équilibre d'une masse liquide sans pesanteur ».
NOMINATIONS.
L'Académie procède , par la voie du scrutin r à la nomination de la
Commission qui aura à examiner les pièces admises au concours pour le
prix fondé par M. de Montyon, et destiné à récompenser les inventions
tendant à rendre un métier ou une profession moins insalubre.
MM. Rayer, Dumas, Chevreul, Pelouze et Boussingauït réunissent la
majorité des suffrages.
L'Académie procède ensuite, également par la voie du scrutin, à la no-
mination de la Commission qui aura à décerner le grand prix des Sciences
mathématiques (question concernant la théorie mathématique des phéno-
mènes capillaires).
(Commissaires, MM. Pouillet, Despretz, Biot, Regnault et Duhamel.)
MÉMOIRES LUS.
hydraulique. — Note relative aux inondations; pa? M. Dacssé.
(Renvoi à la Commission nommée précédemment pour les Mémoires de
M. Rozet, et à laquelle M. Poncelet est invité à s'adjoindre [i].)
« Encouragé par l'accueil que l'Académie vient de faire à deux commu-
nications de M. Rozet touchant les inondations, je désire d'autant plus lui
soumettre aussi sur ce sujet quelques réflexions, qu'elles sont d'accord
(0 Cette Commission se trouvera ainsi composée de MM. Poncelet, Élie de Beaumont,
de Gasparin, M. te Maréchal Vaillant.
( 124» )
•avec lés conclusions de taon savant camarade. C'est, du reste, le simple
résumé de ce que j'ai eu à exposer, le 16 de ce mois, au Conseil général des
Ponts et Chaussées, que je réclame l'honneur de lire ici.
» Les inondations surprenantes qui se répètent depuis 1 84o et causent
de si grandes et de si douloureuses pertes, provoquent naturellement la
question de savoir si la science ne peut pas conjurer ce fléau dans l'avenir
et d'abord si l'on est bien dans la voie pour cela. '."---
- » On construit beaucoup de digues nouvelles, on en entretient, on en
relève d'anciennes plus étendues encore, le tout, comme on sait, à grands
frais pour l'État et les riverains ; mais, après avoir plus oumoins longtemps,
de la sorte, préservé nos vallées et nos villes, voici que des crues de plus
en plus hautes surpassent toutes ces digues dites insubmersibles (c'est le
nom usuel, consacré, de celles que j'ai en vue) et commettent, à proportion
même de la hauteur donnée aux digues, de plus grands ravages.
» Non-seulement nul ne proteste contre la qualification qui vient d'être
rappelée, mais de vastes projets, récemment adoptés, s'exécutent sous nos
yeux suivant ce système de plus en plus dominant et toujours ainsi désigné.
» Et aujourd'hui encore, quelle leçon sortira des événements?.; . En
refaisant à la hâte les digues emportées, ne va-t-on pas, sur ces points et
partout ailleurs, les relever de nouveau de quelques pieds de plus, et peut-
être, au demeurant, après bien des discussions éphémères, en rester là?
» C'est du moins ainsi qu'on s'est engagé toujours davantage dans ce sys-
tème des digues ou levées insubmersibles qu'il est temps, je crois, de recon-
naître pour illusoire, ruineux, funeste. •
» Oubliant la portée des mots, on ne prend pas garde qu'on encourage
par celui qui désigne expressément le système dont il s'agit ici, les contrac-
tions qu'on voit se multiplier dans nos vallées endiguées; et l'on fait d'ail-
leurs soi-même, dans celles surtout où la plupart des crues nuiraient encore
aux récoltes, non plus par débordement sur les digues, mais par infiltra-
tion en dessous, de grands canaux d'assainissement qui supposent, en effet,
l'insubmersibilité des digues; car ils seraient autrement un nouveau lit tout
préparé pour la rivière à son premier débordement imprévu, nouveau lit
qu'elle pourrait bien, l'élargissant et l'achevant en vingt-quatre heures,
s'approprier et garder.
» C'est assez dire qu'il y a sur ce point un examen radical à faire, et
qu'avant d'aller si loin, d'urgence en urgence, dans le malheureux système
de l'endiguement excessif des rivières, oh eût bien dû se demander s'il
y a une limite assignable à leurs plus grandes crues : question première et
( 1243 )
capitale, quoique presque puérile à force d'être naturelle, et que pourtant
je puis dire en toute sincérité n'avoir jamais vu poser par personne.
» Considérons celle de nos rivières qu'on a le plus longtemps observée :
la Seine, à Paris.
» La plus grande crue qu'elle présente depuis qu'on note chaque jour sa
hauteur, c'est-à-dire depuis 1777, ou près de quatre-vingts ans, est la
crue du 3 janvier 1802, qui monta à 7 m ,45 à i'hydromètre du pont de la
Tournelle, auquel les hauteurs dont il s'agit ont toujours été prises.
» La moyenne des 80 maxima annuels, ou la crue moyenne, n'est que de
4 m ,56 : elle est donc de beaucoup (de près de 3 mètres) inférieure à la crue
de 1802.
» Mais il y a eu dans le passé des crues bien plus hautes. En effet, celle
du 25 décembre 1 740 est montée à 7 m ,o,o; celle du i er mars i658, jusqu'à
8 m ,8o, et la plus grande dont on ait conservé la mesure, celle du 1 1 juillet
161 5, plus haut encore de o m ,24, ou jusqu'à o, m ,o4 fhauteur qui va, comme
on voit, à peu près au double de la crue moyenne.
» Une telle crue donne : i m ,5o d'eau sur la place de l'Hôtel-de-Ville;
i m ,o5sur la place du Palais-Royal; i m ,33 sur la place de la Concorde à
l'entrée de la rue Royale ; 2 mètres au commencement du Cours la Reine
(Champs-Elysées); 3 m ,25 près la petite entrée du palais du Corps législatif,
par la rue de Bourgogne; 2 m ,go entre les palais delà Légion d'honneur
et de la Cour des Comptes, rue Bellechasse; 2 m ,8o devant le milieu du
palais du Conseil d'État, rue de Poitiers; i m ,77 rue du Bac, à la rencontre
des rues de Lille et de l'Université; 2 m ,i2 à l'angle des rues Bonaparte et
Jacob; a m ,79 à l'angle des rues de Seine et des Marais; o m ,76 sur le seuil
de la porte de l'Institut donnant sur le quai.
» Ma statistique des rivières de France, dont l'Académie a daigné cou-
ronner les premiers essais en 1840, et qui toucherait à son terme si je n'é-
prouvais d'indicibles difficultés à faire les vérifications et corrections qu'elle
exige montre que sur toutes les rivières et sur tous les points de leur cours,
un fait pareil à celui qui vient d'être cité pour la Seine a été constaté; c'est-
à-dire que sur toutes on a vu des crues presque sans rapport avec les états
ordinaires de ces rivières.
» Sans doute, ces crues démesurées sont rares, mais il n'en est pas moins
vrai que nul ne sait la cause ou la loi de leur apparition. L'Isère en a eu
cinq dans le xvm e siècle : en 171 1, 1733, 1740, 1764 et 1778. Dans notre
siècle, elle a présenté deux crues, sinon aussi fortes, du moins encore trop
mémorables : en 1816 et tout récemment. La crue de 181 6 est montée, à
Grenoble, à 3^,70; celle de i856- vient des'élever à-3 m ,8o/ Mâis% cruîé
de 1778 alla à 5 m ,io et donna 1^,70 d'eau à l'entrée de l'Hôpital. Dans
d'autres quartiers, il yen eut davantage. - r"
» La crue moyenne n'est que de 2 m ,4o. •'■-' ï :.
» Ges quelques faits posés, jeilemande^pourquoi nous ne reverriôns pas
des crues aussi hautes ou même plufrhautês que celles de 17 18 pour l'Isère
ou que celle du 11 juillet i6r 5 pour la Seine? .'.---.
» Le climat n'a pa.s changé, que l'on sache, et r pour ce qui concerne
L'Isère, son lit a été, sur plus dé iS lieues de longueur, rien qu'en amont
de Grenoble, resserré entre' de hautes digues; au lieu d'une vaste plaine
où elle faisait lac à chaque crue, elle n'a plus ainsi qu'un canal étroit entre
d'énormes levées. : "
- » D'où proviennent les crues? 1 - " - . J ' ~
». De pluies abondantes qui se prolongent et embrassent une région
étendue, et auxquelles se joignent parfois de rapides fontes de neige; pluies
et fontes de neige qui résultent elles-mêmes de certains vents dont personne
nlosërait affirmer que la durée" n'eût pas pu être de douze ou vingt-quatre
heures plusJongue qu'à l'époque dés crues les plus hautes.
: > -En juillet i85i, tîh ventre' sud-^oùest apporta, quarante-huit heures
dfeântS bontrellés cinies calcaires voisines de la Grande-Chartreuse, un air
humide et tiède, venant 4'fflfrrqùe et'ayànt rasé^lâ Méditerranée :-Ie refroi-
dissement que cette masse d'aîr^ qui se renouvelait sans'cesse, éprouvait a la
rencontre de ces montagnel,: les plus hautes et conséquemment lès plus
froides qu'elle eût trouvées jusque-là sur sa route à travers -notre conti-
nent, produisait une précipitation d'eau tellement abondante r que ce n'é-
taient plus des gouttes grosses et pressées qu'on voyait tomber, mais de
véritables filets d'eau continus.... fe ne rappelle pas les désastres qu'occa-
sionna; cette pluie torrentielle; j'observe seulement que si le vent qui l'ap-
portait eût persisté douze heures ou vingt-quatre heures de plus, nous eus-
sions vu assurément recommencer un véritable déluge, sans qu'aucune loi
physique connue s'y opposât le moins du monde.
» Mémorableexemple, d'où je tire cette conséquence bien simple, bien
incontestable, et néanmoins inaperçue jusqu'ici, quoique d'une immense
importance : à saToir qu'il n'y a pas de limite assignable aux grandes crues
de nos rivières, et partant que les levées de la Loire, comme celles du
Rhône, du Pô et autres;, ne sont point insubmersibles comme on les sup-
pose aveuglément toujours, et comme on a le tort de les nommer.
h Je pourrais citer une vallée dans laquelle nos pères se contentaient de
( 1^45 )
fixer les berges, et puis, à une plus ou moins grande distance, de part et
d'autre, d'élever des bourrelets de terre un peu au-dessus des crues ordi-
naires. Entre les bourrelets et les rives étaient les cultures qui craignent le
moins une immersion passagère; derrière les bourrelets, les cultures plus
délicates. Les grandes crues, qui sont les plus chargées de limon, cou-
vraient tout. Sans doute, elles avariaient quelquefois les récoltes, mais
comme elles laissaient un engrais qui dispensait, les années suivantes, de
fumer la terre inondée, les dommages causés aux récoltes, une année sur
dix ou sur vingt, se trouvaient plus que compensés.
» Plus tard, poussé à relever les digues d'un cran de plus à chaque nou-
veau débordement, on en est venu à ne vouloir plus rien risquer du tout, c'est-
à-dire aux prétendues digues insubmersibles, avec ces canaux d'assainisse-
ment qui sont le complément et la perfection du système dans les cas les plus
rebelles. À la vérité, le prix de ces digues colossales et de ces canaux fait
payer une seconde fois la terre ; leur entretien est un impôt écrasant, et
il n'y a plus d'engrais naturel de temps à autre; mais parfois, et au-
jourd'hui même, des ravages désastreux, que le modeste système de nos
pères eût évités.
» Alors aussi les lits délaissés qu'on trouve dans toutes les vallées se
comblaient peu à peu et finissaient par devenir cultivables, tandis qu'avec
les digues insubmersibles ils demeurent d'éternels marais, en même temps
que les terres basses et froides sont dans l'impossibilité de s'élever jamais.
» Je pourrais citer, toujours dans la même vallée, une presqu'île que les
crues ont colmatée d'elles-mêmes et exhaussée de près de i mètre en cin-
quante ans, et qui, au lieu des joncs et vernaies qu'elle donnait uniquement
autrefois, produit aujourd'hui des blés et des chanvres magnifiques, très-
rarement atteints par les crues.
» Dans la partie inférieure de la vallée du Rhône, l'espace compris entre
la berge du fleuve et la haute levée qui couvre de vastes terrains, a un nom
particulier, celui de ségoneaux. Eh bien, ces ségoneaux sont aujourd'hui,
rien que par l'effet du colmatage naturel, beaucoup plus élevés que la plaine
close ; ils donnent de beaucoup plus riches récoltes et le fonds se vend moitié
plus et même deux fois plus que les fonds préservés. Ce fait, avec beaucoup
d'autres non moins concluants, a été cité à l'Académie par l'un de ses
Membres les plus éminents, M. de Gasparin, dans un remarquable travail
dont cette Note n'est qu'un faible écho ( Comptes rendus, séance du 22 jan-
vier 1 844)-
» Lors de l'avant-dernière inondation de la plaine d'Avignon, les pro-
C. E., i856, i« Semestre. (T. XLII, N° 26.) l63
( r*46 )
priétaires éperdus jetèrent les hauts cris et obtinrent de l'État d'abondants
secours: ce qui n'empêcha pas que, les années suivantes, le limon laissé par
le Rhône leur donnât, sans nul engrais, de merveilleuses récoltes. Je tiens
ce fait curieux de M. l'inspecteur général Mallet.
» Or non-seulement les digues dites insubmersibles privent les vallées
de ces limons, engrais naturels généralement très-féconds, mais lorsqu'elles
sont rapprochées, ce que veulent les derniers progrès du système, elles aug-
mentent extrêmement la hauteur des crues ; et lorsqu'elles sont en même
temps trop sinueuses, disposition qui leur a été longtemps imposée par prin-
cipe, elles ont à essuyer, dans les grandes eaux, le choc de courants violents
qui souvent les culbutent sans avoir besoin pour cela de les surmonter : je
m'abstiens des preuves encore patentes.
» Dans l'ancien système, au contraire, les crues, s'étendant sur toute la
plaine, sont diminuées à proportion de sa largeur, et les cultures, les haies,
les arbres, les bourrelets transversaux surtout, si l'on en fait, comme en
Egypte depuis de longs siècles, modèrent la vitesse de la nappe d'inonda-
tion, et celle-ci, loin de raviner le sol, ne fait qu'y laisser un dépôt précieux.
» Qu'on garde donc désormais les digues insubmersibles, en les faisant,
autant que possible, véritablement telles, pour les villes, bourgs, villages
malheureusement bâtis dans des lieux trop bas : là, il y va de la vie des
hommes, il n'y a pas à balancer-, mais que pour les vallées elles-mêmes on se
contente de digues arrasées à la hauteur des berges, les fixant et redressant
convenablement, et réservant un ht ni trop, ni trop peu large; et puis qu'à
une certaine distance de ce lit, la plus grande, possible, on élève des bour-
relets de terre jusqu'un peu au-dessus des -crues ordinaires ; qu'on re-
nonce, s'il le faut, à certaines cultures ou qu'on les restreigne aux terrains
les moins exposés ; s'il y a des affluents torrentiels qui risquent d'encom-
brer la rivière, qu'on ail grand soin d'allonger leur cours afin de les faire
' aboutir presque parallèlement à la rivière et avec une pente peu différente
de la sienne, et qu'on les jette pour cela, autant, qu'il se peut, dans les lits
délaissés; que les redressements soient étudiés. avec grand soin dans cette
vue etnon sans avoir longuement entendu les riverains qui savent seuls
une foule de faits dont il importé extrêmement de tenir compte : jamais
autrement on ne saurait tous les prévoir et les prendre en considération
comme il faut.
â Et puis enfin que, pour parer aux risques inévitables résultant des
grandes crues, le Gouvernement favorise la formation de compagnies d'as-
surance mutuelle. L'homme ne possède rien ici-bas qui ne soit sujet a au-
( ,2 47 )
cune chance, et il en est des récoltes qu'il attend de sa terre comme de
tous ses autres biens. S'évertuer contre une telle loi immuable, et deman-
der à la science de l'effacer, selon moi , c'est errer.
» Dira-t-on que tout ceci peut être bon pour les vallées encore sans
digues, mais que pour celles qui en ont, et au nombre desquelles sont les
principales , c'est autre chose?
» Je réponds qu'il faut d'abord, pour la vallée de la Loire, par exemple,
conserver très-soigneusement le jeu de la digue de Pinay, qui, à chaque crue
de la haute Loire , fait de la plaine du Forez comme un lac , et rechercher
toutes les autres applications possibles de cet admirable palliatif.
» Il faut voir les parties marécageuses ou basses , étendues et de moindre
rapport , que peuvent présenter les plaines endiguées , et en faire des réser-
voirs, qu'on ouvrirait aux crues à certain moment.
» Il faut , en général , loin de se contenter d'une digue unique , les mul-
tiplier diversement , comme on le fait dans la vallée du Pô.
» Il faut tâcher de réaliser la pensée de M. Elie de Beaumont , qui vou-
drait qu'on élargît le canal de Savière pour jeter les crues du Rhône supé-
rieur dans le lac du Bourget.
n II faut voir si les Genevois voudront consentir à recevoir dans leur lim-
pide Léman, comme M. Vallée le leur demande, le torrent d'Arve, malgré
ses eaux troubles et tous les cailloux qu'il entraîne.
» Il faut chercher toutes les applications qu'on peut faire de l'idée de
M. Rozet, de retarder le cours supérieur des affluents de nos fleuves, dans
les défilés rocheux où la mine pourrait aisément entasser blocs sur blocs,
pour obstruer leur passage.
» Il faut rechercher les localités qui peuvent se prêter à des moyens
quelconques de retenir ou ralentir les crues des cours d'eau qui les tra-
versent.
» Il faut surtout reboiser et gazonner, tant qu'on pourra, les terrains en
pente, et même le roc, comme on l'a entrepris, non sans succès, dans les
Hautes-Alpes ; parce que c'est là , sans nul doute , le plus général et le plus
puissant de tous les palliatifs.
» Mais il faut par-dessus tout, selon moi, peu à peu, en revenir au sys-
tème économique , simple, raisonnable , que je viens de signaler, et se bien
garder de recourir encore aux digues insubmersibles.
» Et puis enfin , là où il n'y a moyen de mettre à couvert les habitations,
il faut soigneusement proscrire les constructions peu solides, comme l'Ad-
i63..
ia48 )
ministration. vient de le faire pour le pisé T dans la plaine basse auprès de
Lyon. Il faut même examiner s'il ne conviendrait pas de renouveler ces ha»
bitations et de relever leur sol , comme l'ont fait les rois de l'antique Egypte
pour des cités tout entières; car là, bien qu'on n'eût jamais négligé de
s'établir au-dessus-des plus, grandes crues du fleuve, le continuel exhausse-
ment du lit et de la vallée annuellement inondée, rendit ce parti jusqu'à
trois ou quatre fois nécessaire en trente ou quarante siècles. : ,
. .a. le me résume :'.-_. " . . . ■:.__-.. . ::. .
a. Depuis trente-six ans que je suis du métier, je n'ai jamais vu faire cette
remarque r paurtant bien simple, que les grandes crues de nos rivières n'ont
pas de limite-assignable. Conséquemment le système des digues dites insub-
mersibles est illusoire en même temps, que ruineux, et funeste, pour plusieurs
raisons dont j'ai cité quelques-unes. Il suffit de fixer le lit des rivières: au
moyen de digues arrasées àJa hauteur des berges et complétées par des
bourrelets de terre préservant descrues ordinaires les cultures qui craignent
leplus l'immersion. Aihsilés- vallées profitent des troubles des rivières, c'est-
à-dire dit yeri.table.or qu'elles roulent toutes, et qui autrement va se perdre
dans la mer. Ainsi seulement le lit et la vallée des fleuves se -maintiennent
dans un .convenable rapport de hauteur. Le système économique et simple
que jeprapose prévient lescatàstrophesquer autre système, au contraire, pré-
pare à coup sûr et d'autant plus désastreuses que les levées Ont été" portées à
une plus-grande hauteur. Il n'y a que les assurances mutuelles à opposer aux
dommages causés de temps à autre par les crues extraordinaires, dommages
que diminueront, mais ne préviendront jamais entièrement tous les palliatifs
imaginables. Les digues hautes et vraiment insubmersibles doivent être ré-
servées pour -mettre à» tout- prix à couvert les populations qui ont fait
la faute de s'établir, sur -des lieux bas. Enfin, là où de hautes digues exis-
tent, il faut bien étudier tous les moyens praticables d'atténuer les crues,
mais il faut aussi, et surtout, -peu à peu et en toute occasion favorable,
passer d'un système à l'autre, ' .-" , : -.-._■ .
e Si l'Académie veut bien envisager, d'une part , les difficiûtés que la
routine, les préjugés, l'intérêt opposent en toute chose aux changements même
les plus motivés, et les plus - désirables, et, d'autre part, l'impression
extraordinaire que lès derniers débordements ont produite et les chances
inouïes de succès que donnerait en ce moment la vive et puissante sollici-
tude du Souverain, j'aime à espérer qu'elle daignera prendre en considéra-
tion cet écrit, quelque sommaire et imparfait q^^
'W
( i»49 )
, M. Bràndt, Membre de l'Académie impériale des Sciences de Saint-Pé-
tersbourg et Directeur du Musée zoologique de l'Académie, présente divers
Mémoires qu'il a publiés sur des questions d'histoire naturelle et en indique
le sujet dans les termes suivants :
« C'est avec la permission de M. le Président et de MM. les Secrétaires
que j'ai l'honneur de présenter à l'Académie impériale des Sciences quel-
ques Mémoires récemment publiés par moi.
» Ces Mémoires se rapportent à trois catégories : les uns sont réunis sous
le titre général de Beitrage; un autre forme l'Appendix d'un Voyage, et un
troisième constitue un ouvrage à part.
» Sous le titre Beitrage zur nahern Kenntniss der Saugethiere Russ-
lands , j'ai publié :
» i °. Une description zoologique très-détaillée de la marte zibeline (Mus-
tela zibellina) , d'après les exemplaires du Muséum de Saint-Pétersbourg ,
accompagnée de trois planches représentant les différentes variétés de cet
animal tant estimé.
» 2 . Un second Mémoire offre une énumération des chauves-souris de
la Russie, sous le rapport de leur distribution géographique.
» 3°. Un troisième Mémoire prouve les différences nombreuses cranio-
logiques qui existent entre le Castor de l'Europe et celui de l'Amérique.
» 4°- Un quatrième Mémoire traite de la grande variabilité de forme des
os du crâne dans le genre Castor, et augmente le nombre des exemples qui
se rapportent à la variabilité individuelle des crânes des Mammifères.
» 5°. Un cinquième Mémoire expose l'histoire de la classification de
l'ordre des Rongeurs, et surtout du genre Castor chez les différents peuples
anciens et modernes.
» 6°. Un sixième Mémoire s'occupe de la craniologie , de la classification
et de l'affinité des différents genres de l'ordre des Rongeurs.
» 7°. Le septième Mémoire contient des recherches sur le nom du Castor
et du Castoréum chez plusieurs souches des peuples Ariens , Sémites , Mon-
gols et Finnois.
» 8°. Le huitième Mémoire s'occupe des connaissances que les Arabes
avaient sur le Castor. Audit Mémoire est ajouté un autre par M, Stanislas Ju-
lien, sur la connaissance des Loutres chez les Chinois.
» Un Appendix zoologique du Voyage de M. Hofmann dans l'Oral, donne
* ( I25o )
un aperçu de la zoologie géographique des Vertébrés desdites contrées. J'y
ai ajouté de nombreuses remarques sur la distribution générale des Mammi-
fères en Russie. .
» J'espère que l'appendice en question pourra fournir de nombreux
matériaux relativement à la patrie des Mammifères les plus répandus de
l'Europe et de l'Asie boréale.
» Un Mémoire sur la distribution géographique du tigre, royal en con-
tient noo-seulement la statistique, ainsi que ses relations physiques et biolo-
giques et les types généraux des animaux vertébrés qui L'accompagnent,
mais il offre en_même temps des recherches très-détaillées sur les rapports
dans lesquels" se trouvaient ou se trouvent encore avec lui les différentes
tribus des peuples Ariens, Sémites, Indiens et Chinois, et prouve en même
temps combien le. combat contre ce redoutable ennemi exerça d'influence
plus ou moins considérable sur le développement de la culture.
- » En général il résulte de ces recherches que c'est le .tigre qui, parmi
tous les animaux sauvages que nous connaissons, possède au plus haut
degré- la capacité de supporter les changements les plus considérables du
climat, car on le rencontre depuis le ciel ardent de Java jusqu'à Nertschinsk,
où Ton voit souvent geler le mercure. • . .: I_ : .- . . . :
» Je me permets d'ajouter à ces communications quelques remarques sur
un animal qui fut extirpé par les hommes, et dont quelques restes ne se
trouvent qu'au Muséum de Saint-Pétersbourg, '
» Les zoologistes savent, qu'outre.les genres des Dugongs et desManatis,
il existait autrefois dans l'océan Pacifique boréal un autre genre de Cétacés
herbivores dépourvus de dents, observés par Steller près de l'île de Behring
(Novi Cornm, Petrop., tome II, page 294)? genre dont les derniers restes
furent détruits vers_ le milieu du XVIII e siècle, selon les recherches de
M. de Baer (Mémoires de l'Académie de Saint-Pétersbourg VI e série, Sciences
naturelles, tome III, page 58). Mes propres recherches sur le genre Rhytina
{Mémoires de l\ Académie de Saint-Pétersbourg, 1846) ont ajouté aux ob^
servationjs de Steller, outre la connaissance exacte de la lame palatine cornée ,
la description d'un fragment du crâne. ".
» Plus tard , le Muséum de l'Académie de Saint-Pétersbourg reçut par
M. Wosnezerski, l'un des élèves du Laboratoire zoologique, qui a voyagé
pendant une dizaine d'années dans les colonies russes de l'Amérique , un
crâne complet de l'animal en question , dont j'ai l'honneur de présenter à
l'Académie des dessins exacts, ainsi que plusieurs figures de deux vertèbres,
d'un atlas et d'une vertèbre du cou.
-ij|pr-
( ia5i )
» On observe, en général, ce que j'ai déjà remarqué dans mes Spicile-
gia Sirenologica, que le crâne de la Rhytine ressemble à celui d'un Manati;
mais comme la Rhytine avait, selon Steller, la queue semblable à celle du
Dugong, elle devrait être considérée comme forme édentée intermédiaire
entre les Dugongs et les Manatis. » a
MÉMOIRES PRÉSENTÉS.
M, le Ministre de l'Instruction purlique transmet un Mémoire « sur
la résolution des équations d'un degré quelconque » , adressé d'Alger par
M. Piarron de Mondésir.
Ce Mémoire est renvoyé à l'examen d'une Commission composée de
MM. Lamé et Bertrand.
M. C.-J. Serret continue à envoyer la suite de ses Recherches sur les
grandes perturbations du système solaire ; il annonce une communication
prochaine qui complétera enfin le Mémoire.
(Renvoi à l'examen des Commissaires nommés à l'époque de la présen-
tation des premières parties de ce travail : MM. Mathieu, Liouville,
Laugier. )
géologie . — Remarques sur les gîtes métallifères et sur la disposition re-
lative des cristaux de quartz et de feldspath dans les roches granitiques;
par M. J. Dérocher.
(Renvoi à l'examen des Commissaires précédemment nommés :
MM. Berthier, Eliede Beaumont, Dufrénoy, de Senarmont.)
« Dans le Mémoire qu'il vient de présenter à l'Académie (séance du 9 juin
i856), M. Fournet émet des assertions qui me concernent personnellement,
et que je nepuism'abstenir de rectifier. Dans mon dernier Mémoire (Comptes
rendus, tome XLII, page 85o), j'ai rappelé que les gîtes métallifères ont été
produits de différentes manières, les uns par voie de fusion ignée, les
autres, soit par des sublimations, soit par des sources thermominérales. Je
ne chercherai point à discuter tous les raisonnements que développe
M. Fournet pour faire voir que l'on doit considérer comme ayant été à
l'état de fusion ignée la généralité des filons métallifères, même ceux que
l'on a appelés concrétionnés ; je vais seulement exposer quelques faits pour
( I25<2 )
montrer que les' résultats de l'observation et de l'expérience lié- semblent
pas favorables aux vues du savant professeur de la Faculté de Lyon, .
; .» Comparons, en effet, les caractères des filons concrétion'nés-avec ceux
des filons que l'on pourrait appeler massifs, et dont l'origine par voie d'iiG
jection est généralement admise ; examinons s'il n'y a pas des différences
assez graves pour entraîner une dissimilitude d'origine. En France et en Alle-
magne, de même qu'en Angleterre, il est rare de voir des filons métallifères
qui soient évidemment le produit d'injections ; mais, pendant mes voyages
dans le nord de l'Europe, j'ai observé quelques centaines de gîtes., soit de
fer oxydulé, soit de fer chromé, dont l'origine ignée est difficile à contester.
Or leurs caractères ne justifient pas les conceptions de M. Fournet : ainsi,
par la cristallinité que l'on remarque dans toute leur,masse, par la disposi-
tion relative du minerai et des gangues/ qui semblent s'être séparés d'un
magma pâteux, et qui présentent la texture des roches de granit où de
porphyre, par la nature de ces gangues qui, pour la plupart, sont des sili-
cates^ et dont l'ensemble est assez facilement fusible, "par leur soudure avec
les parois encaissantes, ces gîtes sont tout à fait comparables à des masses
plutoniques, à des filons de phorphyre ou de basalte, et c'est ce qui a con-
duit àleuratfriBuër une origine analogue. En eux tout indique une forma-
tion 1 simùltattéë,-ati dép'ôten masse, tandis que les caractères les plus Sail-
lants des gîtes concrétionnés manifestent une formation par dépôts succes-
sifs, comme l'ont admis la plupart des observateurs depuis Werner: je n'ai
qu'à citer cet isolement si fréquent des diverses gangues et des minerais, par
couches successives, lequel donne à la masse une disposition rubanée, dont
n'approchentpoint les effets de ségrégation qui ont euliëû dans les véritables
gîtes. d'injection, de même que dans beaucoup de roches ignées: ^men-
tionnerai ;ep outre:, l'existence; d' espaces restés vides dans- la partie mé-
diane des veines, et auxquels on ne saurait co'mparer les géodes que peuvent
offrir' les ^masses ignées ; je ferai aussi remarquer la: séparation des gîtes
concrétionnés d'avec les Toches encaissantes, séparafion qui alieu-fort sou-
vent par une sâlbande ou couche argileuse, et qu'à me semble impossible
d'envisager comme une dessoudure produite soit par retrait, soit par cris-
tallisation. Cette hypothèse d'une 'dessoudure avancée par M. Fournet est
opposée aux faits, car ce qu'il y a de remarquable dans les filons de fer
oxydulé produits par injection, c'est leur parfaite soudure avec lés rojehes
encaissantes.
- :; » À l'objection de l'infusibilité de certaines substances existant abon-
damment dans les filons, ffi Fournet a répondu en faisant observer, ce qui
( 1253 )
est admis sans conteste, que beaucoup de ces substances deviennent fusibles
par leur association, ainsi le sulfate de baryte par le mélange de fluorure de
calcium : mais il faudrait que ces substances, dont le mélange est fusible,
fussent constamment réunies ou du moins placées à peu de distance, et dans
de telles proportions, que leur liquéfaction eût pu avoir lieu. Or il y a
beaucoup de filons dont la masse totale serait infusible, du moins à la tem-
pérature de nos fourneaux, parce qu'ils sont composés d'une ou de deux
gangues, dont la réunion n'est pas fusible : ainsi les filons si communs de
galène à gangue presque exclusivement quartzeuse, ceux à gangue de sul-
fate de baryte et de spath calcaire, sans spath-fluor, etc. De plus, même
parmi les filons où l'ensemble de la masse pourrait être considéré comme
susceptible de fusion, beaucoup se décomposent en colonnes d'une assez
grande épaisseur, qui, prises individuellement, sont à peu près infusibles.
» D'ailleurs, comment concevoir que des fragments de la roche encais-
sante, plus ou moins fusible, se trouvent souvent englobés au milieu des
filons et ne présentent aucune trace de ramollissemeut ou de modification,
s'il est vrai que ces gîtes aient été à l'état de fusion; beaucoup d'exemples
de ces faits sont offerts par les filons qui traversent des roches de schiste et
de grauwacke facilement fusibles, comme le filon de Poullaouen en Bre-
tagne ; dans les fragments de schiste qui y sont empâtés, les feuillets ne
sont ni contournés, ni modifiés, comme cela a lieu dans l'empâtement par
des roches ignées. On sait, d'ailleurs, que l'on trouve quelquefois même
des débris d'êtres organisés dans les fragments des roches encaissantes qui
se trouvent à l'intérieur des gîtes métallifères.
» Voici une autre objection non moins grave : Si les filons concrétionnés
avaient possédé un état de liquidité ignée, concevrait-on que l'action de la
pesanteur n'eût exercé aucune influence sur la disposition relative de ma-
tières aussi différentes par leur densité que les minerais métalliques et la
plupart des gangues pierreuses? Les molécules qui composaient ces filons
ont dû jouir d'une grande mobilité, si la cristallisation et autres forces in-
voquées par M. Fournet ont pu opérer des séparations assez prononcées
pour produire le rubanement des filons. Or, en présence de toutes ces ac-
tions qui écartaient à leur gré les particules minérales, est-il admissible que
la pesanteur seule soit restée impuissante ; que, sans aucune trace d'oppo-
sition, elle ait laissé se produire des effets qui lui étaient directement con-
traires, tels que la concentration du minerai, c'est-à-dire des parties les plus
denses sur le toit de certains gîtes. Tous les faits de ce genre n'ont rien
que de très-naturel pour ceux qui regardent les matières métalliques comme
C. R., i856, i er Semestre. (T. XLII, N<> 26.) 164
( 1254 )
ayant été apportées par des vapeurs ou des sources thermales, car le dépôt
a eu lieu graduellement et successivement, à mesure que chaque particule
se détachait du courant gazeux ou de la dissolution, pour prendre la forme
de grains cristallins.
». D'ailleurs, dans la théorie que j'ai donnée des filons, un observateur
impartial se rend bien plus clairement raison de l'excessive inégalité de ri-
chesse des filous concrétionnés et de l'irrégularité apparente qu'y offre la
distribution des sulfures métalliques : sans entrer dans des développements
qui m'entraîneraient trop loin, je me borne à rectifier une assertion qui
me semble peu fondée. M. Fournet affirme (p. uo4) que r « dans les filons,
» les parties métalliques, d'ordinaire plus, fusibles et plus sujettes que les
» autres à se maintenir à l'état liquide, occupent l'étendue moyenne des
» veines », et ce géologue cherche à expliquer par là l'accumulation du mi-
nerai dans les renflements, les entre-croisements, etc. Mais le fait qui sert
de base à ces raisonnements n'a pas le degré de généralité que lui attribue
M. Fournet, carie minerai se trouve dans les. filons aussi souvent concentré
près des parois que dans la partie médiane ; tantôt il est couché sur le mur,
tantôt iLest accolé au toit, et, quanta son accumulation aux points d'entre-
croisement, on l'explique avec la plus grande clarté en l'attribuant à xleux
sortes d'émanations, qui s'élevaient suivant des conduits différents_et; dont
la réaction a dû avoir son siégé- principal aux points d'intersection de ces
conduits./, . ... .■-;.-
» M. Fournet cité, d'après. M- Beust, un autra fait consistant dans l'en-
richissement d'un filon aux dépens de son voisin, et il cherché à l'expliquer
en supposant le déversement delà matière métallique en fusion d'un filon
dans l'autre.; Un tel enrichissement, dont j'ai cité des exemples il y a déjà
sept ans à propos des mines de Kongsherg {Annales, des Mines, 4 e série,
t. X.V t p. 35g, 1849), est bien plus facile à comprendre dans ma manière
de voir-, car s'il y. a communication entre plusieurs fentes -voisines, le long
desquelles se meuvent des courants métalliques, il est évident que le dépôt
,du minerai aura Heu principalement dans la pertion de ces fentes qui aura
contenu la plus forte proportion de principes fixateurs, tels que le soufre et
l'arsenic, principes dont le concours était nécessaire pour arrêter dans leur
marche ascendante, les particules métalliques. ,
- » Je m'abstiens de beaucoup d'autres considérations, par lesquelles je
pourrais laire ressortir la concordance de mes vues théoriques avec les
observations- recueillies dans l'exploitation des mines; je me bornerai à un
dernier argument,, dout la valeur est capitale, c'est la preuve par l'expé-
( ia55 )
rience : jusqu'à ce jour, parmi les substances contenues dans les filons
métallifères il en est bien peu que l'on soit parvenu à produire artificielle-
ment, par voie de fusion, avec les caractères physiques des minéraux natu-
rels; tandis que les partisans de la production des filons par des sources
thermominérales et par des vapeurs, en suivant de point en point les indi-
cations de leur B théorie, ont pu former une grande partie des substances
minérales contenues dans les filons, et avec les mêmes caractères que nous
offrent les produits de la nature. »
anatomie coMPAaÉE. — Réponse dé M. Ch. Rouget à une réclamation de
priorité', adressée par M. Mùller à l'occasion du Mémoire sur l'appareil
d'adaptation de l'œil, présenté à la séance précédente.
(Commissaires précédemment nommés : MM. de Quatrefages, Cl. Bernard.)
a M. H. Mùller réclame pour lui la découverte du muscle ciliaire annu-
laire chez l'homme, que j'ai, dit-il, donné comme un fait nouveau.
» Je ne connaissais pas les recherches de M. H. Mùller (publiées seule-
ment en avril i856), néanmoins je n'ai jamais prétendu m'attribuer la dé-
couverte du muscle ciliaire annulaire : cette découverte n'appartient en
effet, ni à M. Mùller ni à moi, mais bien à Clay Wallace, et à Van Reeken.
Dès i836 Clay Wallace a nettement indiqué les deux couches du muscle ci-
liaire sous les noms de muscle ciliaire externe (outer ciliary muscle), et
muscle ciliaire interne (inner ciliary muscle).
» Au commencement de l'année i855, six mois au moins avant l'époque
que M. Mùller assigne lui-même à sa découverte, Van Reeken donnait une
description détaillée, et des figures exactes du muscle ciliaire annulaire
(juillet 1 855. Physiologisch laboratorium der Utrechtsche Hoogschool). Ce
que j'ai d'ailleurs annoncé comme faits nouveaux, ce n'est pas l'existence
du muscle ciliaire annulaire chez l'homme, objet de la réclamation de
M. Mùller, c'est : i° l'étude de ce muscle chez différents ordres de mammi-
fères|et chez les oiseaux;
» 2°. La continuité des faisceaux de ce muscle avec ceux du muscle obli-
que de l'iris;
» 3°. Les rapports des veines irio-chloroïdiennes avec le même muscle,
rapports d'où résultent leur compression et l'érection des procès ci-
liaires.
» M. Mùller annonce ensuite qu'il a fait, à la Société Physico-Médicale de
164..
( ia56 )
Wûrtzbourg, -différentes communications sur l'accommodation de l'oeil chez
l'homme et les oiseaux, et oppose la date de ces communications ( i5 dé-
cembre i855 et 26 avril i856) non encore publiées à la date de ma commu-
nication publiée dans les Comptes rendus de l'Académie (19 mai 1 856 ).
» Je réponds qu'antérieurement à ma communication à l'Académie, j'ai
fait connaître le résultat de mes recherches sur l'adaptation, à la Société de
Biologie de Paris, dans les séances du ro novembre r855, du 26 avril et
3 mai i856, et que les Comptes rendus de ces séances vont être publiés.'
» Il résulte évidemment de la comparaison de ces dates, que lors même
que les résultats obtenus par M. Mûller. seraient, ce que j'ignore, complète-
ment identiques à ceux que j'ai annoncés, nos travaux n'en sont pas moins
complètement indépendants, et que ni l'un ni l'autre de nous n'est fondé à
réclamer la priorité. »
M. de Lamotte Tarchand soumet au jugement de l'Académie un Mémoire
« sur les aurores polaires ». .
r. (Commissaires, MM. Babînet, Bravais.) ,
M, Valabieh présente au concours ,- pour le prix du legs Bréant, une Note
« sur la nature, et le traitement du çholéra-morbus 9 .
(Renvoi à l'examen de la~Section de Médecine et de Chirurgie, constituée
---• - "■ . : _ : : en Commission spéciale.) :: ''" Z '::' .
M. Moques-Tandon , qui avait été chargé, conjointement avec M. Jobert
de Lamballe , de l'examen d'un Mémoire de if. Maison-neuve «sur la désar-
ticulation de la mâchoire inférieure » , dépose sur le Jbureau ce Mémoire,
qui,. ayant été imprimé depuis l'époque de sa présentation , ne peut plus,
dUiprès les usages de l'Académie, devenir l'objet d'un Rapport x-~- . . .'■'..
M. MoQ0à>TANDOsr remet également, comme ne nécessitant pas un Rap-
port, une Lettre adressée, il y a quelques mois, par M\ Frôhlick, et qui
avait été renvoyée à l'examen de la Section de Botanique. ' •'
L'auteur, ainsi qu'il a été dit dans le Compte rendu de la séance du 7 avril
dernier, faisait, à l'occasion d'un Mémoire de M. Chatin « sur la structure
des Orchidées » , la remarque que cette organisation avait été étudiée et
déerite par plusieurs savants allemands , particulièrement par Link (1824)
et par Meyer (1828 et r83o). Pour l'exactitude historique, ajoute M. Mo-
quin-Tandon, il convient d'ajouter qu'une partie de ces faits mêmes avait
été vue un peu auparavant par Dutrochet ( Mém. du Mus,, t. VIT).
!W~
( i25 7 )
CORBESPONDANCE.
M. l'amiral De Petit-Thouars fait hommage, au nom de l'auteur sir
Edw. Belcher, d'un exemplaire de la relation publiée par cet officier d'une
expédition aux régions arctiques exécutée sous son commandement.
Cet ouvrage a pour titre : « Les derniers voyages aux régions arctiques,
relation de l'expédition faite par le navire de S. M. l'Assistance, commandé
par le capitaine sir Edw. Belcher, à la recherche de sir John Franklin du-
rant les années 1 852-53-54, avec des Notes sur l'histoire naturelle, par
MM. Richardson, Owen, Th. Bell, Salter et Lovell Reeve. 2 vol. in-8° avec
Atlas. »
•
M. Du Petit-Thouars et M. Babinet sont invités à faire de cet ouvrage
l'objet d'un Rapport verbal.
M. le Secrétaire perpétuel offre, au nom de l'auteur M. Miniscalchi
Erizzo, un exemplaire d'un ouvrage publié récemment à Venise sous le
titre de « Histoire des découvertes arctiques ».
Cet ouvrage, qui est transmis par M. Pentland, est destiné à faire con-
naître les découvertes successives qui ont été faites dans ces régions à par-
tir des temps les plus reculés.
M. le Secrétaire perpétuel présente encore, au nom de M. Ferd. de
Lesseps, deux volumes in-8°, intitulés : « Percement de l'isthme de Suez ;
exposé et documents officiels publiés par M. F. de Lesseps ». Paris, i855-
i856.
Ces deux volumes sont renvoyés, à titre de documents, à la Commission
précédemment nommée pour les communications relatives au même sujet.
La Société Géologique de Londres remercie l'Académie pour l'envoi d'une
nouvelle série des Comptes rendus.
L'Académie royale des Sciences de Berlin adresse un exemplaire du
supplément au volume de ses Mémoires pour l'année i854. Elle signale
une lacune qui existe dans sa collection des Comptes rendus.
( «a58 )
géologie. — Sur le puits foré de Tamerna [Algérie). Lettre cfeM. Rozet
à M. Elie de Beaumont.
« Vous savez que l'on doute généralement des déductions tirées des ob-
servations géologiques qui n'ont pu être confirmées. Il vous souvient
qu'en i83o , après avoir étudié les terrains des environs d'Alger, à la suite
de notre belle conquête , j'allai étudier ceux du bassin de Médéa , au sud
dé la première chaîne de l'Atlas , marchant avec la division de l'armée fran-
çaise, qui, après avoir vaincu le bey de Titerie au col de Ténia, s^empara
de cette ville. Dans cette expédition , ayant vu le terrain tertiaire sub-atlan-
tîque, si développé sur le littoral, remplir tous les intervalles que les divers
chaînons de l'Atlas laissent entre eux, depuis la Métidja jusqu'au delà de
Médéa, tant que j'avais pu avancer vers le sud avec de faibles escortes,
les différents rapports stratigraphiques des roches m'avaient dès lors porté
à conclure que ce sont les sables de l'étage supérieur du terrain sub-atlan-
tique qui doivent constituer le sol du grand désert du Sahara, à dix jours
de marche au moins des joints que j'avais jm visiter. Cette première. con-
clusion a été ensuite vérifiée par tous le& géologues qui pnt eu le bonheur
d'aller jusqu'au désert de Sahara. A mon retour en France, je communi-
quai mes observations. à la Société Géologique , qui en consigna les princi-
paux résultats dans son Bulletin (i). Eh 1 832, je les publiai toutes dans les
Nouvelles Annales du Muséum d'Histoire naturelle. On peut lire dans ce
recueil (2) r ".-..-"
_« D'après le mode de formation du terrain tertiaire, par bassins et sur
«ries rivages, le grand développement de ce terrain, au nord et au sud
» du petit Atlas, et les renseignements qui m'ont été donnés par M. René
» Caillé, je crois pouvoir dire que c'est lui qui constitue le sol du grand
» -désert du Sahara. Les grès ëtlës calcaires tertiaires sont là en" couches
«•horizontales, et recouverts par une grande masse de sables qui né sont
» autre chose que ceux que l'on trouve à la partie supérieure du terrain
» sub-âtlan tique; seulement, an sud du grand Atlas, ces sables ont pris un
» développement extrêmement considérable.
» La marne argileuse, qui doiï exister à la partie inférieure du terrain
» tertiaire , aussi bien dans le Sahara "qu'entre les Atlas : , retenant facilement
(1) Tome II, i ce série, page 364-
(2) Tomell, page 3i/f.
( J25g )
u les eaux, il est probable qu'en creusant à une certaine profondeur on
» obtiendrait des sources abondantes : on pourrait peut-être établir des
» puits forés? Ce serait un immense avantage pour cette malheureuse cou-
» trée et les caravanes qui sont obligées de la traverser. »
» Il a fallu vingt-rsix ans pour vérifier cette prévision. Enfin elle vient
d'être complètement confirmée , à ma grande satisfaction !
» Le Moniteur du 25 juin contient un Rapport du général Desvaux, com-
mandant la subdivision de Batna, au gouverneur général de l'Algérie, où
il est dit : « Le g juin, à trois heures de l'après-midi, l'eau a jailli du
» forage de Tamerna, dans le Sahara. La profondeur du puits est de
» 60 mètres; il donne 36oo litres d'eau à la minute. Un tel événement,
» dit le général , démontre mieux que tout ce que l'on pourrait dire , les
» grands progrès accomplis en Algérie depuis quelques années , qui pro-
» mettent, dans un avenir prochain, les plus merveilleuses transforma-
» tions. a
» Pendant l'année i852, lorsque j'exécutais des travaux géodésiques dans
la partie des Etats-Romains occupée par nos troupes , la présence du même
terrain tertiaire qu'en Algérie, au pied sud de l'Apennin, m'avait aussi fait
concevoir la possibilité d'établir des puits forés dans toute la zone comprise
entre cette chaîne de montagnes et la Méditerranée. Je proposai alors au .
général Gémeaux de faire venir de France un équipage de sondé, pour
tenter des essais aux environs de Civita-Vecchia , dans le but d'alimenter
cette place, qui manque de bonne eau pendant l'été, et d'arroser sa cam-
pagne, qui deviendrait ainsi très-fertile; mais il ne fut donné aucune suite
à ma proposition. Je suis toujours persuadé qu'il est possible d'établir des
puits forés dans la bande de terrain sub-apennin comprise entre Rome et la
frontière de Toscane. »
chimie moléculaire. — lsomorphisme entre des corps isomères , les uns
actifs, les autres inactifs sur la lumière polarisée; par M. L. Pasteur.
« Le travail que j'ai l'honneur de présenter à l'Académie fait connaître
une exception remarquable à la loi des corrélations de l'hémiédrie et du
phénomène rotatoire moléculaire, établie par mes précédentes recherches.
L'Académie se rappellera peut-être que l'étude des formes cristallines des
corps actifs sur la lumière polarisée m'avait conduit à reconnaître que ces
formes offraient toutes une dissymétrie que j'ai caractérisée par l'expression
hémiédne non superposable, parce que leur image ne peut leur être superpo-
( iajSa )
sée, pas plus que le gant de la main droite ne s'adapteraità la main gauche.
En .d'autres termes, ces formes n'ont pas de plan de symétrie. Tous les
tartrates, tous lesmalates, un grand nombre d'autres produits, le sucre de
canne, le sucre de lait, la tartramide, l'asparagine,... possèdent de pareilles
formes. Certains corps actifs ne m'ayant pas présenté habituellement ce
genre d'hémiédrie, et présumant que ce n'était là qu'un accident, j'ai cher-
ché à faire apparaître les faces hémiédriques, en modifiant les conditions
de la cristallisation ; et, dans tous les cas où j'ai poursuivi cette étude, je suis
arrivé à déterminer diverses circonstances qui ont provoqué l'hémiédrie
non superposable ......„.._. .*-"_.
» Jusque-là, par. conséquent, la loi de la corrélation du phénomène rota-
toire et de l'hémiédrie paraît générale. Est- elle nécessaire ? Une substance
peut-elle être, quoique active, homoédrique de forme et de structure? On
sait que l'inverse est possible. Un corps peut avoir une forme et une struc-
ture cristalline hémiédriques, sans posséder le pouvoir rotatoire molécu-
laire. Le quartz est dans ce cas. Il en est de même;du formiate de strontiane
et du chlorate desoude de MM. Rammelsberg et Marbach.Se peut-il inver-
sement que le pouvoir rotatoire moléculaire existe et que la forme et la
structure cristallines ne l'accusent pas? On comprend tout l'intérêt que peut
offrir la découverte de semblables produits. Le travail que je soumets à
l'Académie donne le premier exemple d'une substance active, privée de
l'hémiédrie non superposable dans les. formes cristallines de ses combi-
naisons. Cette propriété appartient à L'alcool amylique actif. -
» J'ai prouvé l'année dernière que l'alcool amylique qui jusqu'à présent
a fait le sujet des études, des chimistes, était un mélangea proportions va-
riables de deux alcools isomères, l'un actif sur la lumière polarisée, l'autre
inactif comme tous les alcools connus. La similitude profonde de ces deux
alcools s'étend à toutes leurs combinaisons. Ce que l'on fait avec l'un, on
peut le produire avec l'autre dans les mêmes circonstances. Leurs tempé-
ratures d'ébullition et celles de tous leurs dérivés volatils sont .si voisines,
qu'il est impossible de les séparer par des ébullitions fractionnées. Le seul
moyen de lesisoler consiste à préparer une grande quantité de sulfamylate
de baryte avec l'alcool du commerce rectifié, -et de soumettre à des cris-
tallisations répétées le sulfamylate brut. On accumule ainsi dans les eaux
mères le sulfamylate actif, qui est plus soluble que l'inactif ; et celui-ci reste
dansJes dernières cristallisations. Au lieu de sulfamylate de baryte, on peut
choisir d'autres sulfàmylates ou d'autres dérivés cristallisables des deux
alcools, inaisJe sel de baryte est préférable. ._ ,~ . '..:..
( I2ÔI )
» Cela posé, voici la particularité curieuse de tous ces corps cristallisa-
bles, actifs et inactifs. Le corps actif a toujours la même forme cristalline
que le corps inactif correspondant, sans que l'hémiédrie vienne apporter la
moindre différence. Dans mes recherches antérieures j'avais déjà rencontré
des corps actifs et inactifs isomères, de même forme cristalline; par exemple
les bimalates de chaux et les bimalates d'ammoniaque. Mais les bimalates
actifs se reconnaissent à un ensemble de faces qui, sur le cristal, tombent
plus d'un côté que de l'autre, tandis que dans les bimalates inactifs ces faces
sont redressées. En un mot, les actifs ont l'hémiédrie non superposable ; les
inactife ne la possèdent pas : c'est là toute leur différence.
» Dans les sulfamylates actifs et inactifs l'identité des formes est au con-
traire absolue; circonstance d'autant plus remarquable que l'identité des
formes cristallines ne s'était montrée jusqu'à présent que dans des produits
où l'arrangement moléculaire était le même, c'est-à-dire dans les corps iso-
morphes. Ici l'arrangement moléculaire diffère et la forme ne l'accuse pas ;
et cette identité de formes et de composition chimique coïncide avec des dif-
férences de solubilité qui vont du simple au double et au triple.
» Mais une objection se présente tout de suite. J'ai rappelé moi-même en
commençant cette lecture que l'hémiédrie dans les corps actifs n'était pas
toujours accusée naturellement; que souvent, pour la faire apparaître, j'avais
été obligé de modifier les conditions de leur cristallisation, afin de provoquer
la naissance de nouvelles faces dans l'ensemble desquelles se trouvaient des
faces hémiédriques. On pourrait donc objecter que si les formes des combi-
naisons amyliques ne m'ont pas offert l'hémiédrie géométrique, leur struc-
ture cristalline ne possède pas moins la dissymétrie que cette hémiédrie
géométrique accuse le plus ordinairement. Il n'en est rien. En effet, une con-
séquence de l'existence de la structure hémiédrique dans un produit organi-
que, jointe à l'absence de ce caractère dans le produit isomère correspondant,
paraît être l'impossibilité d'une association des molécules individuelles de ces
corps, en diverses, ou en toutes proportions. Supposons, par exemple, que les
bimalates actifs et inactifs de chaux, isomères, soient mélangés en dissolution,
et qu'en cristallisant leurs molécules individuelles se réunissent à la manière
de celles de deux corps isomorphes. Il faudra dès lors que l'hémiédrie de la
forme nouvelle accuse la nouvelle structure, non plus comme fait, mais
comme valeur et comme proportion. On ne voit pas à priori qu'il y ait
impossibilité nécessaire de pareilles conditions dans la cristallisation. Ce
serait néanmoins un fait bien inattendu dans l'état actuel de nos connais-
sances. Quoi qu'il en soit, c'est à l'expérience de répondre. J'ai donc essayé
C. R., i856, i« Semestre. (T. XLII, N» 26.} 1 65 '
( 1-262 )
de faire cristalliser ensemble des corps actifs et inactifs, isomères et de
mêmes formes cristallines, sauf la différence due à l'hémiédrie, etj'aiYu
que dans tous les cas ils se séparaient l'un de l'autre, comme se séparent en
cristallisant deux sels différents, non isomorphes, qui obéissent aux lois
de leurs solubilités respectives. On dirait même que le plus souvent ces
corps actifs et inactifs se repoussent. Quand l'un se déposé, l'autre reste
dissous. Ce n'est pas qu'il ne puisse cristalliser, car si l'on vient à décanter
l'eaû mère, encore bien qu'on ne l'évaporé pas de nouveau, on voit l'autre
corps se déposer rapidement, et fournir en quelques instants une abon-
dante cristallisation. : _.
» Or il arrive, au contraire, que toutes les combinaisons amyhques aetives
et inactives correspondantes ont la même composition, la même forme eris-
talline r et montrent l'isomorphismele plus absolu, le plus décidé. Non-seu-
lement les sulfamylates de baryte sont dans ce cas, il en est -ainsi de ceux de
plomb, de strontiane, et des aluns d'amylamine active et inactive, qui, pour
le dire en passant,- ne se sont jamais offerts dans mes expériences sous la
forme d'octaèdres réguliers, cqmme'onl'a annoncé, je crois; par erreur, il
y a quelques-années. - 1 : ; : llc * - ~~ : : : £: ' ' "I
£» -Je conclus de cet isomorphisme absolu des dérivés amyliques actif et
inactif que la structure bémiédrique n'existe pas dans les produits actifs.
Mais cette- preuve ne suffit pas encore. La structure hémiédrique pourrait
exister dans les conditions que j_' assignais tout à l'heure par- raisonnement.
La forme restant la même, cette structure varierait dans ses proportions* avec
les proportions des deux corps qui se combinent, et une faee;hémiédrique
pourrait ^accuser par une inclinaison variable sur les faces restantes^ fixes
du -cristal Les difficultés que présente l'étude des formes cristallines des
sulfamylates de baryte et des aluns d'amylamine, dont les cristaux sont des
lames minces où plusieurs faces échappent forcément à l'examen 1 me fai-
saient un devoir d'aller beaucoup plus loin dans les preuves; d'un phéno-
mène de chimie moléculaire aussi imprévu que celui qui fait l'objet de mon
travail. - . ■ . .- . '_-:'.':-. : ~ :.
- » J'ai cherché alors à produire forcément l'héiniédrie dans le sel prove-
nant de la réunion des deux amyliques actif et inactif, non plus seulement
par le fait du groupe" amylique, mais par celui d'un autre corps. L'hémiédrie
du groupe amylique, si elleexiste, devrait sans doute se montrer dans le nou-
veau produit, soit matériellement, soit en empêchant l'ispmorphisme des
deux groupes amyliques. Or lés choses ne se sont point passées selon ces pré-,
visions. J'ai réussi à préparer des cristaux bien déterminables de sulfamy-
( ia63 )
lates de cinchonine, c'est-à-dire d'une base active, qui a l'habitude de com-
muniquer à ses dérivés, comme la plupart des corps actifs, l'hémiédrie de
forme et de structure. Les sulfamylates actif et inactif de cinchonine ont en-
core eu les mêmes formes exactement, et il ont présenté aussi l'isomorphisme
absolu des autres sulfamylates à bases inactives ; toutefois, avec cette particu*
larité très-démonstrative que ces sulfamylates sont toujours hémiédriques,
que leur hémiédrie est constamment la même, accusée par les mêmes faces,
quelle que soit la proportion des deux sels réunis. Evidemment l'hémiédrie
est ici le fait seul de la cinchonine, et le groupe amylique n'intervient pour-
aucune part dans la structure hémiédrique de tous ces cristaux.
» Enfin, comme je ne dois rien omettre dans un sujet aussi délicat de
tout ce qui peut faire penser que je ne me suis pas trompé, je suis heureux
de pouvoir ajouter que les sulfamylates de cinchonine qui m'ont servi lors-
qu'ils sont préparés avec tous les soins que j'indiquerai, sont des sels admi-
rables par la limpidité, la régularité et le volume de leurs cristaux. L'A-
cadémie pourra en juger par les échantillons que je mettrai prochainement
sous ses yeux.
» C'est vraiment une chose bien digne de remarque que de voir des cris-
taux absolument identiques par leurs formes, correspondre à des arrange-
ments moléculaires très-dissemblables qui varient, pour ainsi dire, à volonté
dans leur dissemblance, et dont la solubilité diffère également d'une ma-
nière progressive entre des limites très-éloignées.
» En résumé, de même que des corps dépourvus de toute dissymétrie
dans l'arrangement atomique de leurs molécules, le quartz, le formiate de
strontiane, le chlorate de soude, peuvent s'agréger de façon à avoir une
structure cristalline et une forme hémiédriques, de même, inversement,
des corps peuvent ne montrer ni structure ni forme hémiédriques et être
pourtant constitués par des groupes moléculairement dissymétriques. Dans
le cas du quartz, du formiate de strontiane et du chlorate de soude, nous
nous représentons les molécules de silice, de formiate ou de chlorate se
groupant au moment de leur cristallisation suivant des dispositions dissy-
métriques. L'édifice, c'est-à-dire le cristal, est lui-même alors dissymétrique,
mais les matériaux qui ont servi à le construire ne le sont pas. Et ce qui le
prouve, c'est que, dans la dissolution, lorsque le cristal n'existe plus, toute'
dissymétrie disparaît, et la recristallisation de cristaux de formiate ou de
chlorate, exclusivement droits ou exclusivement gauches, donne les deux
sortes de cristaux droits et gauches.
» De même et inversement, dans les nouveaux produits que je viens de
i65..
( 1^64 )
faire connaître, les chimistes et les physiciens verront sans doute, dés mo-
lécules individuellement dissymétriques (le pouvoir rotatoire de leur disso-
lution le manifeste) qui s'agrègent au moment de leur cristallisation par
groupes secondaires, lesquels se disposent suivant les lois de la structure ho r
moédrique, de telle manière que la forme et la structure de l'édifice ou du
cristal n'offrent plus aucune dissymétrie. C'est ainsi, par exemple, que l'on
pourrait figurer un cube ou toute autre forme homoédrique avec des tétraè-
dres irréguliers. Mais vient-on à détruire l'édifice par dissolution, les
matériaux qui le composent manifestent leur dissymétrie individuelle dans
leur action optique sur la lumière polarisée. »
PHYSIQUE. — Note sur les propriétés électriques de la tourmaline;
par M. J.-M. Gaugaist.
« De nombreuses recherches ont été faites sur les propriétés électriques
des tourmalines; mais les physiciens qui se sont occupés de ce sujet ont,
en général, opéré sur des cristaux isolés (ne communiquant pas avec le
sol), et il résulte de cette circonstance qu'ils n'ont mis en évidence qu'une
très^petite partie de l'électricité que les tourmalines sont susceptibles de
développer.
» On sait que la tourmaline devient électrique quand on la refroidit ou
qu'on l'échauffé entre certaines limites de température ; mais je me suis
exclusivement occupé d'abord du développement d'électricité qui accomr
pagne le refroidissement. Le mode d'expérimentation que j'ai adopté est
très-simple : je suspends à deux supports isolants la tourmaline que je veux
étudier au moyen de deux fils fins de platine ou de cuivre enroulés sur
les extrémités du cristal ; puis, après avoir mis l'un de ces fils en commu-
nication avec un électroscope à feuille d'or ordinaire, et l'autre fil en com,
munication avec le sol, j'échauffe la tourmaline d'une manière quelconque,
et la laisse ensuite refroidir à l'air libre. Si le; cristal mis en expérience a
été porté à une température très-élevée, les feuilles d'or restent immobiles
pendant quelques instants; mais dès que la température de la tourmaline
s'est abaissée au-dessous d'une certaine limite, elles commencent à diver-
ger, s'écartent de plus en plus, finissent par atteindre les tiges métalliques
destinées à les décharger, puis, après s'être dépouillées de l'électricité qu'elles
possédaient, retombent dans la position verticale, pour diverger de nou-
veau. Ce mouvement se continue jusqu'à ce que le refroidissement soit
complet 7 et le nombre des décharges effectuées peut mesurer avec assez
( 1265 )
d'exactitude la quantité d'électricité développée dans des conditions déter-
minées. Si l'on répète l'expérience que je viens de décrire après avoir sup-
primé la communication établie entre le sol et la tourmaline, les feuilles
d'or ne bougent pas, ou si elles divergent, leur angle d'écartement ne dé-
passe pas cinq ou six degrés.
» M. Becquerel, dans un de ses Mémoires sur la pyro- électricité (Jnn.
de Chim. etdePhjs., 2 e série, tome XXXVII, p. 10), a exprimé l'opinion que
la tourmaline ne laisse point échapper d'électricité ni n'en prend aux corps
environnants, et il fonde cette manière de voir sur ce fait, qu'il n'a pu
parvenir à charger un excellent condensateur.de Volta au moyen d'une
tourmaline dont il élevait la température. On ne réussit pas, en effet, ;à
charger d'une quantité notable d'électricité un condensateur même excel-
lent, lorsqu'on se borne à mettre l'un des pôles de la tourmaline en rap-
port avec l'un des plateaux du condensateur; mais on parvient aisément à
charger non-seulement un condensateur de Volta, mais même un conden-
sateur à lame isolante de verre (un carreau fulminant), lorsqu'on met les
deux pôles en communication respective avec les deux plateaux; on peut
même, au moyen d'une combinaison que je vais indiquer tout à l'heure,
obtenir des charges assez fortes pour produire des étincelles de deux à trois
millimètres.
» Quand on opère sur une tourmaline isolée, on ne trouve d'électricité
sensible qu'aux deux pôles, toute la région moyenne du cristal paraît
être à l'état naturel; mais les choses se passent différemment quand on
établit une communication entre la tourmaline et le sol. Si l'on met une
tourmaline en rapport avec un électroscope, au moyen d'un fil métallique
enroulé sur le milieu du cristal, on n'observe pendant le refroidissement
aucun signe d'électricité tant que la tourmaline reste isolée; mais en tou-
chant l'un ou l'autre de ses pôles, on peut charger à volonté l'électroscope
d'électricité vitrée ou d'électricité résineuse.
» L'analogie qui existe entre une tourmaline qui se refroidit et une pile
thermo-électrique, m'a tout naturellement conduit à essayer de former des
piles de tourmalines; j'ai accouplé d'abord un certain nombre de tour-
malines, en les réunissant bout à bout par leurs pôles de noms contraires,
de manière à former ce qu'on a coutume d'appeler une pile de tension,- j'ai
trouvé que cette espèce de pile produit à peu près autant d'électricité que
l'un des éléments qui la composent, lorsque ces éléments, pris séparément,
peuvent fournir eux-mêmes des quantités égales d'électricité, mais que
dans le cas où l'on associe des tourmalines qui ont des propriétés électri-
( ïu66 )
ques très-différentes, la pile donne moins d'électricité que ceux de ses élé-
ments qui sont les plus énergiques. :-
» J'ai formé en second lieu des piles de quantité en réunissant un certain
nombre de tourmalines par leurs pôles de même nom : de cette manière f aï
obtenu un accroissement d'effets très-considérable; quand le nombre des
tourmalines associées est de trois ou quatre seulement, la quantité ^d'élec-
tricité développée par ia pile est sensiblement égaie à la somme des quan-
tités que peuvent fournir les éléments séparés. Lorsqu'on réunit un nombre
plus considérable de tourmalines, la -quantité d'électricité développée con-
tinue à croître, mais elle cesse d'être égale à la-somme des quantités que
produiraient les éléments séparés, et s'écarte d'autantplus de cette somme
que le nombre des éléments employés est plus considérable. C'est en em-
ployant une pile formée de quinze cristaux-que je suis parvenu, comme je
l'ai dit plus haut, à charger un petit carreau- falmîuantde mamereà produire
des étincelles. - - "■'■■-' -'■-""■- ■-- ■■--■-■■■
j) due Jongue tourmaline pouvant être considérée comme -le résultat de
l'assoGiationdeplusieurs tourmalines plus courtes, il paraissait résulter de mes
observations sur les piles de tension que la longueur des cristaux doit être
sans influence sur la quantité d'électricité produite; cette conclusion n'a
pas été justifiée par l'observation directe. J'ai brisé quatre échantillons dé
tourmalines appartenant- à des variétés différentes, et j'af toujours trouvé
que les fragments d'un cristal développaient moins d'électricité qûele cris-
tal entier-, j'ai constaté, en outre, que dans le cas où 4es fragments d'un
même cristal étaient inégaux, le plus long était celui qui fournissait le plus
d'électricité : il me paraît donc certain que la quantité d'électricité déve-
loppée croît avec la longueur des cristaux. - : v ,^ v..:î
- » La quantité d'électricité que développe une tourmaline ou une pîle
de tourmalines ne dépend pas seulement de la variation de température a
laquelle elle se trouve soumise. J'ai constaté, par un grand nombre d'ob-
servations, que la quantité d'électricité correspondant à un refroidissement
de n degrés peut varier entré- des 4imïtes ïrès-étendues, suivant' que la
vitesse du refroidissement est plus ou moins grande.
5> On a dit que les tourmalines brunes sont les plus électriques^ ce sont,
au contraire, les tourmalines du Brésil vertes ou bleues qui, toutes choses
égales d'ailleurs, m'ont fourni les plus grandes quantités d'électricité, et en
général j'ai trouvé que, dans les échantillons de la même teinte, les plus
limpides et les plus volumineux étaient ceux qui donnaient -les -effets les
plus marqués. ; ■- - - :...-. ~. ~ ~ ■
( 1267 )
» J'ai fait quelques expériences dans le but d'apprécier la conductibilité
des tourmalines à diverses températures, et j'ai trouvé que cette conducti-
bilité, presque nulle à la température ordinaire, va en croissant rapidement
à mesure que la température s'élève. Lorsqu'une tourmaline est assez for-
tement échauffée pour ne plus donner de signes électriques, sa conducti-
bilité est telle, qu'elle peut décharger instantanément un électroscope élec-
trisé d'avance, lorsqu'on l'emploie comme intermédiaire pour établir une
communication entre l'électroscope et le sol; ce fait explique tout natu-
rellement la disparition des signes électriques aux températures élevées.
En supposant, en effet, qu'à une haute température le refroidissement con-
tinuât à développer de l'électricité, il est clair que cette électricité ne
serait pas manifestée par l'électroscope, puisqu'elle pourrait immédiatement
s'échapper dans le sol.
» J'ai essayé de comparer la quantité d'électricité qui résulte d'un,
échauffement de n degrés, à celle qui provient d'un refroidissement égal;
mais cette comparaison offre d'assez grandes difficultés, et je me propose
d'étudier ultérieurement ce point délicat. »
chimie. — Note sur un hjrposulfite double de soude et de cuivre;
par M. W. Schdtte.
« En ajoutant une dissolution assez concentrée d'hyposulfite de soude à
une dissolution ammoniacale d'un sel euivrique, il se dépose un sel bleu
violacé. Ce sel se forme à froid, mais plus rapidement à chaud, à mesure
que l'ammoniaque se volatilise. Il cristallise en petites aiguilles prisma-
tiques, dont il a été impossible de déterminer exactement la forme cristal-
line. On obtient le même sel en versant une dissolution d'hyposulfite de
soude dans une dissolution d'un sel euivrique, et ajoutant après de l'ammo-
niaque, ou en traitant une dissolution ammoniacale de protochlorure de
cuivre par l'hyposulfite de soude. Dans ces deux cas, le sel bleu, plus ou
moins violacé, se forme en absorbant l'oxygène de l'air, et présente gêné»
ralement une nuance plus foncée que le même sel obtenu par la première
méthode, surtout lorsqu'on avait opéré à chaud ou avec des dissolutions
fort concentrées.
» J'ai trouvé par l'analyse, outre l'acide hyposulfureux, la soude, l'am-
moniaque et l'oxyde euivrique, une proportion considérable d'oxyde cui-
vreux. Il est très-probable que le protoxyde et le deutoxyde de cuivre s'y
remplacent l'un l',autre, ce qui explique les différences de nuances du sel
( 1268 )
provenant de diverses préparations, et les résultats obtenus par l'analyse
quantitative. Le sel est anhydre et inaltérable à l'air. Chauffé à 100 degrés^
il brunit en dégageant de l'ammoniaque, mais sans perdre de l'eau, £une
température plus élevée, de l'ammoniaque, du sulfite ammonique et du
souffre se dégagent, et il se forme une masse noire contenant du sulfure de
cuivre et du sulfate de soude. Le sel se décompose avec l'eau froide. Il se
dissout dans l'eau chaude; mais en chauffant quelque temps, on précipite
tout le cuivre à l'état de sulfure. Les acides le décomposent à la température
ordinaire en précipitant du soufre et en dégageant de l'acide sulfureux, ce
qui prouve la présence de l'acide hyposulfureux.
V L'analyse quantitative a présenté quelques difficultés à cause du peu de
stabilité à la fois de l'acide et de la base, et de la sulfuration facile du cuivre
par l'acide hyposulfureux. Le soufre, le cuivre, la soude et l'ammoniaque
ont été dosés d'après des procédés connus ; mais la détermination des pro-
portions relatives d'oxyde cuivrique et cuivreux a présenté pour ce sel des
difficultés particulières. On a été obligé de changer par l'hydrogène sulfuré
les oxydes cuivreux et cuivriques en sulfures correspondants dont l'analyse
a permis de conclure aux proportions relatives des oxydes.
» Voici la moyenne de plusieurs analyses : ^ ;
'"'NH«=" 9,897
■:■ - :--'•{■-' -:-:... . IfaO _= 1 5/758 ; ._ ;.-. ..- ;.- '
s 2 o 2 = 47,689
Cu 2 = 22,63
CuO = 4j 00 7
99î9 8r '"- '}'
Elle correspond le mieux à la formule suivante : - a
" 4S 2 2 , NaO H- 3S 2 2 , Cu 2 O +S 3 0% CuO 4- 4NH»,
qui exige :
NH 3 =8,3
NaO = • 14,9
S 2 2 = 46,2
Cu 2 = 25,8
CuO =4,8
100,0
» La différence existant entre la quantité d'oxyde cuivreux trouvée par
( I2 6g )
l'analyse et celle calculée, s'explique en observant que la substitution
d'oxyde cuivrique, par l'oxyde cuivreux, produit le remplacement de
i équivalent de cuivre par 2 équivalents du même corps. La notation sui-
vante représente la constitution de ce sel d'une manière à la fois simple et
rationnelle :
S 2 2 , NaO + S 2 2 j +NH 3 .
| CiU O j
physique du globe. — Sur la présence de l'ammoniaque dans certaines
eaux minérales ; par M. Jules Bons.
« En cherchant à me rendre compte des diverses hypothèses émises sur
la formation des eaux sulfureuses , j'ai été amené à me demander s'il ne
serait pas possible de fournir à la science une donnée de plus pour cette
discussion, en déterminant la quantité d'ammoniaque que les eaux naturelles
peuvent contenir; car, dans mon opinion, certaines eaux devaient en être
exemptes.
» Cette question, qui intéresse si vivement les physiciens et les géologues,
n'aurait certainement pu être abordée si j'avais dû recourir aux procédés
ordinaires pour doser l'ammoniaque; mais M. Boussingault s'était déjà oc-
cupé de cette détermination à un autre point de vue, et je ne pouvais avoir
un meilleur guide. Aussi ai-je suivi avec la plus scrupuleuse exactitude sa
méthode si simple, si rapide et si précise. Je dois même ajouter que pour tous
mes essais je me suis servi de l'appareil même dont M. Boussingault a fait
usage, et que ce savant a bien voulu mettre à ma disposition.
» Ce procédé, comme on le sait, consiste à distiller l'eau que l'on veut
soumettre à l'analyse avec une dissolution de potasse, à recueillir les pre-
miers produits de la distillation et à doser l'ammoniaque par les méthodes
alcalimétriques. La grande habitude de ces essais, que depuis plusieurs an-
nées j'ai acquise auprès de M. Peligot, m'autorise à dire que l'on peut ré-
pondre de la quantité d'ammoniaque contenue dans 1 litre d'eau à ■— de
milli gramme près.
» J'ai commencé par examiner les eaux thermales sulfureuses des Pyré-
nées, et comme type j'ai choisi des eaux sortant directement des terrains plu-
toniques bien caractérisés, comme on les rencontre à Olette, Amélie-les-Bains,
Vernet, etc. Ces eaux renferment en dissolution des proportions assez con-
sidérables d'une matière organique azotée dont j'ai déjà entretenu l'Acadé-
mie, et l'on aurait pu craindre que cette substance azotée, en présence de la
C. R. i856, i<=r Semestre. (T. XLII, N° 26.) l66
( t >7<5- )
potasse.,, ne vînt jeter Le .trouble dans les résultais en fournissant de l'ammo-
niaque; mais il n'en a point été ainsi, comme oh le verra par les nombres
suivants, et d'ailleurs jon aurait remédié à cela en remplaçant la potasse
par, la chaux ou la magnésie. L'absencelotale d'ammoniaque dans ces eaux
puisées récemment ou conservées à l'abri de l'air depuis longtemps projiye
encore que la substance azotée n'apas subi d'altération apparente, et je serai
bientôt en mesure dé vérifier si les mêmes eaux conservées au contact de
l'air se comportent de la même manière.
» Je représente sous forme de tableau les résultats iie quelques essais faits
sur les eaux sulfureuses.
sSar .pas LojiïLrrÉ.s -
des sources.
. iSMDSIAÔUE
par litrs.
SATURE BES TERRAINS.
(Mette. . ... i.i ;.:.:. .-
LaJPreste. ...... .-■
, Vernet. . .' . . , .
Cauterëts ( la.RaillèreJ.
~ - _ milîigr
" ; '!o,oo:
0,00
.--._. o,ocr r
_ 0,X)0. ■ ;
', ' o' t oq . V
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5,o6
TÊri'àinjgrâaitiqae. .•'.-_" '':::.:.'.: : . :
Id.
<-. J d - ..■■-...' ... : ■'.... ■
■. ■ rd- - .:• ■ . *::- : ; \\-- -.-. :'_ ..
Peu éloigné des ôphytés, près: des. couches ide
- sel; gemme et dé_gypse.
Terrain schisteux de transition, . . ■ . ;
Terrain tertiaire gypseux. .
r td. ' ""; *" " r ' "" ';'*"" _i
Èaux-Bonnes ." . . . . ; .
Labassère,-. . ... . . . ;
. Challes, en Savoie. . .
: . » :L'inspection du tableau indique, parmi les eaux des. Pyrénées^ de ires-
petites quantités d'ammoniaque dans les Eaux-Bonnes et dans eellesl_de
Lâbassère. Ce résultat, en apparence contradictoire,, trouve son explication
dàns-la nature des eaux et dans la différence des'terrâihs d'où elles sour-
dent. En utilisant les renseignements très-précis fournis sur ces.. sources
par M. Fiïhol, nous observons avec cet auteur que: les Eaux-Jïonnes né, res-
semblent"- pas j Sous le rapport ^chimique, ^aux autres eaux -sulfureuses, de
la chaîne.- Elles sont remarquables par la. forte proportion de chlorure
desodium, de sulfate de chaux et par leur faible alcalinité, EOes se trouvent
dans le -voisinage des sources salées de" Salfes, enBéam, et M. Filhbl sup-
pose, je crois avec raison , qu'elles renferment du sulfure de calcium pro^
( I27 1 )
sécant de la décomposition du sulfate de chaux, sous l'influence de la
matière organique.
» Quant à l'eau de Labassère, M. Filhol nous l'apprend encore, « elle sort
» d'un terrain schisteux de transition, portant alternance de schiste carbo-
■» nifère éclatant et de calcaire avec le sulfure ferrugineux, quelques cris-
» taux de macle monochrone et beaucoup d'alun en efflorescence. » L'eau
de Labassère, quoique renfermant du sulfure de sodium et du carbonate
dé soude, se distingue encore par la faible proportion de silice et la forte
proportion dé chlorure de sodium.
» La différence qui vient d'être signalée dans la quantité d'ammoniaque
se trouve bien plus marquée si l'on passe à l'examen des eaux sulfureuses
•que nous voyons, pour ainsi dire, se former sous nos yeux ; et comme inter-
médiaire nous citerons l'eau de Challes en Savoie. Cette eau diffère encore
par sa composition des eaux de la chaîne des Pyrénées; elle sort d'un ter-
rain tertiaire gypseux, et sa sulfuration, d'après les observations de
M. O. Henry, a doublé depuis sa découverte, au détriment des sulfates,
qui ne s'y trouvent plus qu'en très-faibles traces.
» Enfin, dans la dernière catégorie j'ai pris pour type les eaux d'Enghien
et quelques-unes du bassin parisien ; parmi ces dernières, je ferai une men-
tion spéciale d'une eau très-sulfureuse depuis peu découverte aux portes
de Paris, aux Thèmes. M. Beaude, médecin inspecteur des eaux de la
Seine, a bien voulu m'en remettre une bouteille sur laquelle j'ai fait une
détermination d'ammoniaque; j'ai trouvé i i mim ,Q.6 par litre d'eau.
» Les eaux de cette classe sont toutes chargées de sulfate de chaux, et
leur sulfuration est due, d'après la majorité des chimistes, à la décomposi-
tion d'une partie du sulfate par les matières organiques des terrains avec
lesquels elles sont en contact. Elles contiennent toutes une proportion
d'ammoniaque, relativement considérable, et des expériences que j'ai en-
treprises me portent à admettre que la proportion d'alcali est d'autant plus
forte que l'eau est plus chargée de sulfure ; c'est du moins ce que j'ai déjà
constaté sur les eaux d'Enghien et des Batignolles examinées à différentes
époques de l'année.
» Toutes ces eaux, comme l'a fort bien remarqué M. O. Henry, offrent,
à côté de l'odeur hépatique , une odeur marécageuse ; mais c'est surtout
dans les produits de la distillation avec la potasse qu'elle acquiert une
intensité telle, que l'on est porté à l'attribuer à un de ces alcaloïdes dont
l'existence nous a été révélée par M. Wurtz.
» Pendant l'ébullition de l'eau, il se produit une mousse abondante qui
166..
-(-ia7» )
peut gêner l'opération, et le liquide distillé renferme une petite" quantité
d'une matière huileuse qui empêche le verre d'être mouillé par l'eau. •
» J'ai commencé l'examen des eaux ferrugineuses et des eaux alcalines,
et je pense que l'on pourra leur appliquer des observations, analogues aux
précédentes, si je me base sur les résultats obtenus avec les eaux de Plom-
bières, Vichy, Saint-Galmier, d'une part; Contrexeville, Niéderbronn, Pou-
gues, Auteuil, Passy, de l'autre. ■
» Au moment où les établissements d'eaux minérales sont visités par les
savants de tous les pays, il n'est peut-être pas inutile d'appeler leur atten-
tion sur cette question importante de physique du globe que je formule de
la manière suivante :
» I. Les eaux thermales sulfureuses ne contiennent pas la moindre trace
d'ammoniaque, lorsqu'elles sortent directement des terrains granitiques.
(Olette, Amélie-les-Bains, la Preste, Vernet, Baréges, etc.)
» II. Les eaux sulfureuses, même dites naturelles, mais dont la sortie
hors du sol n'a pas lieu directement du granit et qui contiennent une pro-
portion de chlorures et de sulfate de chaux plus forte que les eaux de la
première série, renferment des proportions diverses d'ammoniaque. (Eaux-
Bonnes, Labassère.) *
» III. Les autres eaux sulfureuses sortant de terrains bien moins ancieos,
et dont l'origine doit être attribuée à la réaction des sulfates sur les matiè-
res organiques, contiennent des proportions notables d'ammoniaque; tel est
le cas d'Enghien, de Belleville, des Thèmes, etc. .
- » Ces expériences sur la présence ou l'absence de l'ammoniaque dans les
.eaux minérales tendent à démontrer, en ce qui concerne les eaux sulfu-
reuses, que si pour un certain nombre on peut admettre que leur sulfure
provientde la décomposition des sulfates par des matières organiques, cette
hypothèse ne peut s'appliquer aux véritables eaux sulfureuses naissant di-
rectement des roches primitives. » ; ; .',..-'
travaux publics. — Sur les moyens employés dans lès Pays-Bas pour
combattre les jnondai ions. (Extrait d'une Lettre de M. deJParavev.)
« Dans la Hollande et Word-Hollande, aux endroits les plus menacés
par la mer ou les fleuves, un syndicat, bien organisé en ces lieux, fait
établir des briques en gazonnage, faciles à transporter et à placer les unes
à côté des autres, pour exhausser la levée, lorsque les vagues vont la sur-
( «*?3 )
monter, par l'effet d'une tempête. A côté de ces approvisionnements en
briques de gazon, sont des voiles de rebut ou de grosses toiles, goudron-
nées et roulées en cylindres, faciles aussi à transporter, comme les briques
taillées en gazon. Lorsqu'un danger est signalé, le syndic convoque tous
les paysans valides du sol menacé, qui, réunis sur la digue, y forment
un mur sxiffisaïMa\eut élevé, avec ces briques de gazonnage. La mer, en le
frappant, renverserait bientôt ce mur provisoire ; mais, sur ce mur de gazon-
nage, on déroule les cylindres de forte toile goudronnée. Dès lors, la digue
ancienne et le mur provisoire qui la surmonte forment une masse inébran-
lable, et les propriétés des habitants des polders, enlevées à la mer, sont pré-
servées des ravages de cette mer furieuse du Nord.
» A Jargeau, près d'Orléans, des terres, des fascinages, n'ont pas eu
cette cohésion, étant apportés et remués à la hâte; et si, après la rupture
des levées en cet endroit, MM. les ingénieurs d'Orléans avaient connu
et employé les procédés usités en Hollande, ce riche pays, à peine cultivé
de nouveau, n'aurait pas vu récemment ses champs de nouveau ravagés
et rendus encore une fois stériles. »
Dans une autre Lettre, l'auteur s'occupe d'astronomie ancienne à l'occa-
sion de la découverte récente d'un manuscrit égyptien en écriture démotique,
qui a donné les noms de plusieurs planètes et des signes des constellations
zodiacales : on y apprend que la figure d'un coutelas remplaçait le signe
de nos almanachs qui représente la croupe et la queue du Lion de la sphère
grecque. M. de Paravey tire de ce fait, et des renseignements fournis par les
livres chinois, un argument à l'appui de la thèse qu'il soutient relativement
à l'origine des sciences de la Chine, sciences qui y auraient été apportées,
suivant lui, de la Chaldée et de l'Egypte.
analyse mathématique. — Exposition d'une nouvelle méthode qui permet
d'obtenir avec telle approximation que Von veuille, les coefficients des
facteurs du second degré correspondant à ce qu'on appelle les racines
imaginaires des équations numériques; par M. Rouget.
M. Legrand prie l'Académie de vouloir bien comprendre dans le nombre
des pièces admises à concourir pour les prix de Médecine et de Chirurgie,
un Mémoire sur l'ablation des tumeurs sans opération sanglante, Mémoire
dont il a récemment adressé un exemplaire.
Dans cette Lettre, l'auteur signale, pour se conformer à une condition
( i?74 )
imposée aux concurrents, ce qu'à considère comme neuf dans- la méthode
•.de traitement qu'il cherché depuis plusieurs années à répandre et qui faille
sujet de cet écrit.- t : -,..-..,: - , f~
" (Renvoi à la Commission de Médecine et CMrurgiér) / ' _;~^.
' »i. Bociu adresse une "semblable démande pour son opuscule «sur le
traitement des adénites cervicales au moyen de l'électricité localisé^ ». '_
M. de Hedocviile^ demande et obtient raùtorïsation de reprendre .des
pièces qu'il avait précédemment soumises "aii jugement de académie,
concernant une invention destinée à prévenir le déraillement des véhicules
marchant sur chemins, de ier.- , ^
; M! Marignï adresse, de Domfront, une Tfote et plusieurs Lettres relatives
à un moyen qu'il a imaginé pour la direction des aérostats. "_.' \ . \ ._ _
(Renvoi à la Commission des Aérostats.) . . -'_■ *_ :;
" M.Pons présenté des;considératiôns sur les avantagés divers qu'offri-
raient lés éducations de vers à soie faîtes en automne, et spécialemehT -en
tant qu'elles . tendraient, suivant lui, à rendre les races plus robustes et
moins sujettes aux maladies. . /
• (Renvoi à l'examen de M. Mine Edwards, ) '_•_.-::■/.--:
Une seconde Lettre de M. Pons, relative à diverses questions de phy-
sique générale, de physique du globe ^ de météorologie, est renvoyée à
l'examen de M. Babinet.
M Schegeder, en adressant un opuscule intitulé : « La rotation souter-
raine de la masse ignée^ ses causes et ses conséquences >>, prie l'Académie
de remarquer que ce travail ne doit pas être considéré comme étant publié,
et qu'il ne l'a fait imprimer que pour en mettre plus aisément des exem-
plaires à la disposition des Membres de ' l'Académie.- - . '-•_ ;--
(Renvoi à M. J^iouville, déjà chargé de prendre connaissance des commu-
nicaûons manuscrites de l'auteur sur le même sujet.) .-...
A 5 heures, l'Académie se forme en comité secret.
( I2 7 5 )
COMITE SECRET.
La Section de Géométrie propose de déclarer qu'il y a lieu d'élire, à
la place vacante dans son sein, par suite du décès de M. Binet.
L'Académie va au scrutin sur cette proposition.
Sur 35 votants,
Il y a. . 34 0Mi
Et 1 non.
En conséquence, la Section est invitée à présenter, dans la prochaine
séance, une liste de candidats.
La séance est levée à 6 heures É. D. B.
BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE.
L'Académie a reea, dans la séance du 3o juin r856, les ouvrages dont
voici les titres :
Éloges historiques, [us dans les séances publiques de l'Académie des Sciences;,
par M, P. FtOUBENS ; I re partie. Paris, i856; in-12.
Percement de l'isthme de Suez, exposé et documents officiels; publiés par
M. Ferdinand de Lesseps. Paris, 1 855- 1 856; 1 vol. in-8°.
Expédition dans tes parties centrales de l'Amérique du Sud, de Rio-de- Janeiro
à Lima et de Lima au Para, exécutée par ordre du Gouvernement français, pen-
dant les années i843 à 1847, sous la direction du comte Francis de Castel-
NAu; VI 6 partie. Botanique, 3 e livraison; in -4°; VII e partie. Zoologie, i5 e à
1 8 e livraisons ; in-4°. .
Des moyens de reconnaître les empoisonnements par le phosphore; par
M. Victor Meejrin. Toulouse, 1 856; br. in-8°.
Traitement des adénites cervicales chroniques au moyen de l'électricité loca-
lisée; parM. leD r BODLU. Paris, i856; br. in-8°. (Adressépour le concours
Montyon, prix de Médecine et de Chirurgie.)
( 1276 )
Notions générales de paléontologie végétale; traduit de l'allemand du D r M.
Seubert;parM. A.-P. DE BoRRE; br. in-8°.
Moyen facile et économique d'obtenir cette année, dans le courant de l'au-
tomne, une quantité de produits alimentaires de deux à tqualre fois supérieure à
celle qu'eussent donnée sur les mêmes terrains les récoltes détruites par l'inonda-
tion ; par M. "V. Chalet, de Vire ; \ de feuille.
Sur la culture des pommes de terre précoces; par le même ; \ de feuille.
Lettre de M. Bréon à M, Chalet ; \ de feuille.
Symbolœ sirenologicœ quibus prœcipue rhytinœ historia naturalis illustratur;
auctore Joanke-Frederico Brandt. PetropoM, 1846; in-4°.
Beitrage. . . Matériaux pour servir au perfectionnement des connaissances sur
les Mammifères de la Russie; par M. Brandt, membre de l'Académie des
Sciences de Saint-Pétersbourg, directeur du Musée zoologique de l'Acadé-
mie. Saint-Pétersbourg, i855; 1 vol. in-4°.
Untersucbungen... Recherches sur l'étendue du parcours géographique du
Tigre et sur les conséquences de ce fait par rapport à l'homme; par le même.
Saint-Pétersbourg, i856; br, in-4°.
Bemerkungen... Remarques sur les Vertébrés des parties septentrionales de la
Russie, principalement du nord de l'Oural; par le même ; br. in-4°.
Posvonotcbnuia... Les animaux vertébrés du nord de la Russie d'Europe et
en particulier de l'Oural septentrional ; par le même; br, in-4 9 .
Le sçoperte, .. Histoire des découvertes arctiques; par M . le comte F* MjîïiS-
calchi Erizzo. Venise, i855; 1 vol. in-8°; accompagné de quatre cartes
géographiques,
Notomia... Jnatomie. morale, ou Calcul de • probabilité des^ sentiments hu-i
mains,-par M. Jos. Mastrianj. Naples, i855; 2 vol. in-12. ■ ■ ■-
= Un numéro détaché de flndicatore. contenant les éléments Me la planète
Léda.
Description... Description de la lunette zénithale réflexe de l'observatoire
royalde Greenwich ; parM. G. Biddel-Airy. Londres, i856; br. in*4 ,
Account... Exposition des expériences du pendule entreprises dans le charbo-
nage de Harton , pour la détermination de la densité moyenne de la Terre ; par le -
même. Londres, 1 856; br, in-4°.
Address... Discours de? Astronome royal aux membres du Comité d'inspection
de l'observatoire royalde Greenwich ., prononcé le 18 octobre 1 855, et Rapport
( i2 7 7 )
au Comité lu à la visite annuelle de l 'observatoire , le 7 juin i856; br. in-4°.
The last... Le dernier des voyages arctiques. Narration de l'expédition du
navire de S. M. l'Assistance commandé par le capitaine sir Edouard Bekher :
Voyage à la recherche de sir John Franklin, pendant les années 1 852-1 854;
publié avec l'autorisation de l' Amirauté , par sir En. Belcher. Londres, i855;
2 vol. in-8°.
Àbbandîungen... Mémoires de V Académie royale de Berlin; année i854;
I er supplément. Berlin, i856; in-folio.
PUBLICATIONS PÉRIODIQUES REÇUES PAR L'ACADEMIE PESDANT
LE MOIS DE JUIN 18S6.
Annales de l' Agriculture française, ou Recueil encyclopédique d Agriculture ;
t. VII, n° 10; in-8°.
Annales forestières et métallurgiques ; mai i856; in- 8°.
Annuaire de la Société météorologique de France; t. II ; II* partie. Tableaux
météorologiques; feuilles 37-41 ; in-8°.
Bibliothèque universelle de Genève; mai i856; in-8°.
Boletin... Bulletin de l'Institut médical de Faïence; mai 1 856 ; in-8°.
• Bidletin de l'Académie royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de
Belgique; t. XXHI, n° 4; in -8°.
Bulletin de la Société d'Encouragement pour l'Industrie nationale; mai
i856; in-4°. ■- . - •
Bulletin de la Société française de Photographie ; juin i856; in-8*.
Bulletin de la Société Géologique de France; <i e série; t. XIII, feuilles 8-i4
^3 décembre 1 855-4 février i856); in-8°; accompagné delà liste des membres
de la Société.
Bulletin de la Société industrielle de Mulhouse ; n° i34; in-8°.
Bulletin mensuel de la Société impériale zoologique d'Acclimatation; mai
i856;in-8°.
Il nuovo Cimento... Journal de Physique et de Chimie pures et appliquées;
mars et avril i856; in-8°.
C. R., i856, i er Semestre. (T. XLH, N° 26.) ' 67
( »7«) ... ._.., _
, Journal d'Agriculture pratique,' t. V, n 0i f n et 12; in-8*. " . "T^,
Journal de Mathématiques pures et appliquées, ou Recueil mensuel de'Mémpires
sûr les diverses parties de mathématiques; publié par M. JOSEPH LipCVJÈLE^
avril et mai i856 ; in-4°. " . . . .-
Journal de Ici Société impériale et centrale d Horticulture ; mai 1 856 ° r in,-8°,.
Journal de Pharmacie et de Chimie ;juin i856; in- 8°. •
Journal des Connaissances médicales et pharmaceutiques; n QS 25-27 jûi-S '. -
ïlv AQyjvquç tazpiXY) p.ù.i<7aa... L 'abeille médicale d Athènes ; i re série, t. III;
mai i856; in-8°.
La Revue thérapeutique du Midi, Gazette médicale de Montpellier; n os 10
et ii-; in-8°.
Le Technologiste ; juin î 856; in- 8°; ;'■'"""
Magasin pittoresque ; juin i856; m-8 ." _ "
Monatsbericht. . . Comptes rendus des séances de l 'Académie royale des
Sciences de Prusse; avril et mai 1 856; in-8°. " ' _
Nachrichten... Nouvelles de l'Université, et de l'Académie des Sciences de
Gbtlingue;n 6à§-,ïâ-8 6 . t .. ■ ^° , , <
Pharmaceiitical... Journal pharmaceutique de [Londres; vol, XV, n° 12;
in-8°. ._._..__.'.*_"'
Proceedings... Procès-verbaux . de Ja. Société de géographie de Londres;
n°3; 'in-8°/ ' 1 .....
Répertoire de Pharmacie; juin i856; in-8°." V. \j
Revista... Revue des travaux publics ; 4 e année; n ôs 11 et 12; in-8°.
Royal astronomical... Société royale astronomique de Londres; vol. XVI,
n'y; in-8°. . - .. . . . ........
The Quarterly,,. Journal de la Société Géologique de Londres; vol. XII, par-
tiell; n 46;ih-8°. : '; ' .
La Presse Littéraire. Écho de la Littérature, des Sciences et des Arts; n os 1 6-1 8 ;
in-8° , : . : . ^ .-.-•.. ..'.,■""
L'Agriculteur praticien; n° s 17 et 18"; in-8°.
Revue de Thérapeutique médico-chirurgicale , n° 11; in-8°. "
Bulletin de l'Académie impériale de Médecine; t. XXI, n os 16^ et 175^-8°.
Comptes rendus hebdomadaires des séances de [Académie des Sciences ;i er se-
mestre _i856; n cs 22-26; in-4°-
( Ia 79 )
Cosmos.. Revue encyclopédique hebdomadaire des progrès des Sciences et
de leurs applications aux Arts et à l'Industrie; t. VIII; aa e -25 e livraisons.
Gazette des Hôpitaux civils et militaires ; n os 65- r }6.
Gazette hebdomadaire de Médecine et de Chirurgie; n os 23-26.
Gazette médicale de Paris; n os a 3-2 6.
L'Abeille médicale; n os 16-18.
La Lumière. Revue de la Photographie ; n as 23-26.
L' Ami des Sciences; n 03 22-26.
La Science; n 03 37-48.
La Science pour tous ; n° 3 26-29.
L'Athenœum français. Revue universelle de la Litièrainre, de la Science et
des Beaux-Arts; n 03 23-26; accompagné du Bulletin archéologique du mois
de mai 1 856.
Le Moniteur des Hôpitaux; n os 66-77.
Le Progrès manufacturier; n os 55-5çj.
Réforme agricole, scientifique, industrielle; n° 89.
Revue des Cours publics; n os 22-26. .
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55-
COMPTES RENDUS
DES SÉANCES DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES.
TABLES ALPHABÉTIQUES.
JANVIER— JOBS l856.
TABLE DES MATIÈRES DU TOME XLH.
Pages.
Acarus bu cheval.— Nouvelle espèce d'Acarus
pouvant transmettre la gale à l'homme;
Note de MM. Bourguignon et Delafand. . . 24 r
Acide arséhique. — Note de M. Kopp sur la
préparation et les propriétés de cet acide. 1060
•Acide forhique. — Sur la préparation de cet
acide ; Sote de M. Berthelot 44.7
Acide hippurique. —, Sur les causes qui chan-
gent les proportions de cet acide dans
l'urine de cheval ou en déterminent l'ab-
sence ; Note de M. Roussin 583
Acide iodhïdrique. — Son action sur l'argent;
Note de M. H. Sainte-Claire Deville. ... 894
Acide nitrohématique. —Sur l'identité de cet
acide et de l'acide picramique; Note de
M. Girard 5q
Acide mcrahiqub. Voir l'article précédent.
Acide tartrique. — Note sur l'acide tarlri-
. que ef les solutions tartroboriques ; par
M. Dubrunfaut.. ,. i Ia
Acoustiq.be. — fiemarques de M. Wertheim
à l'occasion d'une Note de M. Zamminer
sur les mouvements vibratoires de l'air
dans les tuyaux , ^3
— Etudes expérimentales sur le mouvement
des fluides élastiques : Théorie nouvelle
des instruments à vent; Mémoire de'
M. Massait. . . ' gjg
AcriHbCRAPBS, instrument qui marque lés in-
stants de là journée auxquels le soleil se
montre où secache, et la durée de ses ap-
paritions ou disparitions; communica-
tions de M. Pouiltët 9I 3 et 104a
Aotiom de ïrésesce. — Transformation de di-
vers acides organiques due à une action J
G. K. i856, z« Semestre. (T.XLU.)
PsgH»
de présence ; Note de M. Desaignes (écrit
par erreur Lassaigne ) .' 494
Aéronautique. — Lettre de M. Pi/fer, concer-
nant la direction des aérostats 4 ' 2
— Lettre de M. Porge sur le même sujet. . . . 498
— Lettre de M. L'Aigle des Masures sur un
moyen de faire monter et descendre à vo-
lonté les ballons sans perte de lest et
sans perte de gaz ,. 512
— Notes de M. Marques, concernant un moyen
de diriger les aérostats par une action de
recul 5ia et 597
— Note intitulée : «Essais aérdnautiques et
hydronautiques basés sur l'étude des ani-
maux qui se meuvent dans l'air et dans
l'eau » ; par M. À. Morel 797
— Sur la direction des aérostats; Notes de
M. Lechevallier 997 et 1 l3a
— Lettres de M. Ritz , concernant son Mé-
moire sur la direction des aérostats au
moyen de l'hélice 411 et 1188
— Note et Lettres de M. de Marigny sur la di-
rection des aérostats, ... 699; 1 1^5 et 1274
— Lettres de M. Brachet 4g8 et 597
Aihamtatioîi. Voir l'article Électricité.
Albubinoïdes (Substances) entrant comme
principes immédiats dans la composition
des fluides ou des solides des êtres orga-
nisés. Un ouvrage de M. Denis, de Com-
mercy, sur ces substances, est présenté
par M. Cl. Bernard -... nj5
Alcools. — Recherches sur une nouvelle classe
d'alcools ; par MM. Cakours et Hojfmanit. ai?
— Sur l'huile essentielle contenue dans l'al-
cool de garance; Note de M. Jeanjeàn., 857
168
Pages
8a )
Alcoois. — Remarques de M. Biot à l'occasion
de la communication de M. Jeanjean sur
l'huile essentielle contenu dans l'alcool
de garance...... • •"
— Considérations générales sur le mode de
constitution des alcools et des éthers;j)ar^
M. Ch. Blondeau ..•.,•> • »_
AwHEtiTAinEs (Substances), — M. Poren fait
hommage d'un exemplaire de la 3 e édi-
tion de son ouvrage sur les substances
alimentaires
— Poudre destinée à remplacer le café : spé-
cimen adressé par M. Tçermer
— Mémoire intitulé : « Description d'un sys-
tème pour augmenter les ressources ali-
mentaires de la France » ; par M. Fran-
coni • ...7.... ... ......»..••■- • • *
Aluminium. — Préparation et proprié*tés"du fluo-
rure d'aluminium ; Mémoire de M. H.
Sainte -Claire Deville
— Eemarques de M. de Senarmont à l'occa-
sion de cette communication..........
Aura.— Caractères chimiques des Tins rouges
' additionnés d'alun; par M. Lassaigne...
Ahalyse CHiHlotÈ. — Comparaison de l'analyse
minér'alê'awecrauàlyse organique imrné"-
dïate, et conséquence qu'on en peut dé-
duire pour établir une méthode de cette
dèrnièreanaiyséîMémpiredeM.Cfiecreai.
ANAHJE mathebatiQEE, — Sur une formule
très- simple et "très-générale qui résout
- immédiatement un grand nombre de pro-
blèmes d'analyse déterminée et d'analyse
indéterminée; Mémoire flè M. Cauchy...
-. Note sur un théorème de M. Puiseux-, par
le même. ..,...•«..'«.««.•<•?•"••■•• ••
.-. Remarques sur deijx Mémoires de Poisson;
par M. Houpille . • • ...........*'••«•--
~ Détermination des valeurs d'une classe re-
' marquabïe d'intégrales définies multiples,
et démonstration nouvelle d'une célèbre
formule de Gauss, concernant les fonc-
tions gamma de Legendre ; par le même . .
i~ Mémoire sûr la réduction, de classes très-
étendues d'intégrales multiples; par /e
mé"me.. .....-••;;; .......■^.. '••-•■ •■
■<- Note sur le calcul intégral; par h même,.
— Note sur la théorie générale des équations
différentielles ; par le me'me,. ..........
i- Note sur la représentation des nombres
entiers par la forme quadratique ;
j:* -h ay- -t- hz" -+- àll' ■■-; _
par le r mëtne. ... ...-....■•■■>- >•••
a- Note sur les fonctions elliptiques (ex-
traite des papiers de feu M. S(arnt)..-.
w- M. Liouville annonce gue cette Note t qu'il
avait trouvée écrite de la main de
IVUSterm* «i g»' 1 ? M « T # ^y, attri-
Pages.
85 9
885
4i5
344
49
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410
366
663
465
5oi
5a5
9?5
«45
buée, fait réellement partie d'un Mémoire
sur les fonctions elliptiques dont l'auteur
estM. Despeïrous...... <...••■ •• Io8 7
Analîse MATHÉiUTrora.— Démonstration géo-
métrique de quelques théorèmes deGauss ;
Note de M. Bertrand «»88
— Sûr les "facteurs égaux des polynômes en-
" ~ tiers ; Note de H.'Ostrogradsld 9 3 °
— Sur les racines imaginaires de l'équation
B-ltang» = £; Note de M. Serret 1182
_ Notë"de M. Catalan à l'occasion d'un théo-
rème de M. Serret "84
— Sur la décomposition des polynômes de
degrépair en facteurs rationnels du second
degré ; Mémoire de M. Rouget a3
— Note sur un nouveau théorème servant pour
-le- calcul-des racines comprises entre deux
-nombres donnés •~paiïemâne.;. ... I22r
— Nouvelle méthode permettant d'obtenir,
avec tel degré d'approximation qu'on vou-
dra, les coefficients des facteurs du se-
cond degré correspondant aux racines
imaginaires des équations numériques;
par leniême,.. _..,.„. _^ _ ._._
Sur' lés restes' produits; par la"" recherche
dû .plis; . grand commun div&eur.'èntre
; déûi'pbTynôntes \ Note dVMy FapTâe
Brunol..;*.7. .%;•••■• •••;';»--'i'."_*--V"""
W Aaditionl'aTin précédent "Mémoire sur
là délèrmination derfônctiensHnconnuesf
' q'urr'enirVnFs'ouslë signé d'mtégratîp'n <3<K
finie; t>àr Ù. GqmefdeSouza. nr&ïl'7 5 '< î *' I2I 9
— Sur îi resol&tibn dés équations d'un degré
qùëlcdffqûeT'Mémoire de M. Pfaiforide
àôniênfcy.y/.'....vv»"-i;'r?;*"-*v ; ;_-.-;* '^5*
— Leitfëdtfit; batlins, concernant une. prê-"
- cet ente epmmùnTCation'^ut W^ <E*<g- ~ .-. •
tioh d^Saîy^^.fflaïoê'natrqu'é. v ~. . s r. ; . „. .., "356
AnAtômiê. ^-" Sur'ièà variations anâtomiqués
J et'paffioIogîqpèV^'pbids cfe l'utïpÉ;
Mémoire dèTVL- Gâriel. . r . . ._;,. ..;". . 5? • • : •
— Note sur l'fincéjhale .de l'agtemf;"pàr"
M. Daresie..,,,,
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407
586
861
_ RëcheïchesaMtb'mlqjiës et physiologique?
sjjr les apparèns^érèptUes^ app.areilTV
daptationj'd'r i'teffJcEe^lês" veçtéb^res Jt
, sang ç^aûd;Mémoir^'déH";lî?«gj«>»^:.
~— A. ' ï'ôçcas'ion * jîè \<M^ -.^f^pa^i}ô^j_
M. de Qua.trêfages\ çéntioijne dfe| obsefc^
vationV 'de M. phfarâipï'sQtefVnâïït UpJ
appareiV d'adaptatiônpoiî^ l'âjLâëWn-
secteV.'.i. •.••••«*•? ••-'i*_vl > ***.*-^ s
— Réclamation de priorité adressée, âjlocp^-
sîon du même MemotfejiàBliL ^f'>: 1218
— R^gnse de M, Bo^4"à'îa>Ni m ^te?i9
. . M. Mnller ~... .'..'. '.T. '. r.' V r • •." ■; s y iv,l I?55
^_ DëVappWiî circiJàtoïre^sangûjiliçhel, l|._ ^:
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Pages
Pages .
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794
ÀsATOKiE. _ Mémoire sur la dentition des
Cétacés ; par M. Em. Rousseau « ' 74
— Planches d'anatomie omalographique don-
nant les positions respectives des organes
telles que les montrent les sections pra-
tiquées sur le cadavre soumis à la congé-
lations présentées par M. Legenàre 586
ANÉHQiœTKES. — Communications de M. Tau-
penot, concernant un anémomètre enregis-
treur de son invention et autres appareils
analogues 497' 55 * et
— Description d'un anémométrographe in-
scrivant électriquement la direction et la
vitesse du vent pour chaque instant de la
journée ; Mémoire de M. Salleron
— De la résistance de l'air au mouvement
oscillatoire du pendule, principe d'un
nouvel anémomètre ; Mémoire de M. Gi-
rault . » ....i-
Animaux domestiques. — Sur les moutons de
Caramanie donnés à la Société d'Acclima-
tation par M. le Maréchal Vaillant; Note
de M. Texier...., i'W"<"
— Des principales races françaises de 1 espèce
bovine et de leur amélioration; Mémoire
de M. Magne • ;
— Lettre de M. Regaault, concernant son Mé-
moire sur les causes de la gangrène trau-
matique, et son Mémoire sur la question
du typhus du gros bétail.— Lettre concer-
nant son Mémoire sur l'absorption des
virus • • 007
Anonymes (Mémoires) adressés pour des con-
cours pour lesquels les auteurs ne doi-
vent pas se faire connaître :
— Mémoire, écrit en latin sur la question
proposée pour le grand prix de Sciences
physiques de i856 (Métamorphoses être-
production des Infusoires).' i3 et 1162
— Mémoire écrit en allemand adressé pour le
même concours ] ■*
— Mémoire adressé au concours pour le grand
prix des Sciences mathématiques de i856
( question concernant la théorie mathé-
matique des phénomènes capillaires ). . . . 4 2 8
— Mémoire destiné au concours pour le grand
prix de Sciences mathématiques de iS56 _..
(question concernant le dernier théorème
deFermat) 83 7 , 1043 et 1162
— Mémoire destiné au concours pour le grand
prix de Sciences mathématiques de i856 _.
( question concernant le perfectionnement
de la théorie mathématique des ma-
rées).
S95
Mémoire destiné au concours pour le prix
de Mécanique, et dont l'auteur, par igno-
rance, des conditions de ce concours, a
écrit son nom sous pli cacheté 'fi°
Anonymes (Mémoires). — Remarques touchant
la condition imposée aux concurrents de
ne pas se faire connaître; Lettre de
M. Gros, concernant un Mémoire adressé
par lui pour un de «es concours.
ANTHROPOtOGœ. — Note sur les Touarits ; par
M. Serres • ;•
— Proportions physiques du corps humain
exprimées en mesures métriques; Note
de M. Silbermann 4 5 4 et
— M. Babinet présente un portrait gravé de
lenkins, batelier anglais qui a atteint l'âge
de cent soixante-neuf ans
Antimoine (Composés de l'). — Sur la précipi-
tation du protochlorure d'antimoine par
l'eau ; Note de M. Baudrimont
— M. Pinart annonce avoir obtenu de l'anti-
moine plusieurs nuances très-pures et
très-solides de jaune de Naples..
Appareils divers'.— Description et figure d'une
machine à mouler les pâtes céramiques ;
par M. Buart •
— Opuscules imprimés de M. Moysen, concer-
nant divers instruments aratoires de son
invention 58 ? et
— Description et figure d'une nouvelle grille
fumivore ; par M. Bordone
— Appareil destine à produire de la chaleur
par le frottement; présenté par MM.
Beaumont et Mayer. (Rapport sur cet ap-
pareil ; Rapporteur M. Mvrin.)
— Réclamation adressée par MM. Beaumont
et Slayer •
— Remarques de la Commission, concernant
cette réclamation
— Manomètre destiné à faire connaître le de-
gré de profondeur qu'nn bateau sous-
marin ne doit pas dépasser; Note de
M. Cochaux
— Lettre de M. Perreaux accompagnant la
présentation d'une machine à diviser
_ Communication de M. Chasles en présen-
tant un opuscule de M. Babbage sur la
machine à calculer de M. Scheutz 798
— Remarques de M. Ch. Dupin a l'occasion
de cette communication •
— Application d'un nouveau système de robi
nets à des machines pneumatiques aspt
rantes et foulantes ; Note de M. Silber-
mann ' :'■
— Figure et description d'un ophthalmo-
scope ; par M. Castorani I°7 3
Argent. — Traitement des minerais argenti-
fères; Mémoire de M. Poumarède, trans-
mis par M. le Ministre de l'Instruction
publique.. ••
— Sur la production artiBcielle, et par voie
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495
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694
636
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802
8o3
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humide, de l'argent chloruré; Note de
M. Euhlmann.. ... ..,......,.,...
Argent. — Action de l'acide iodhydrique sur
l'argent; Note de U~H. Sainte-Claire
, Deville. .,
Arithmétique. __ Lettre de M. Gautier, rela-
: ; tive à ses précédentes communications
sur la numération duodécimale,! '..
— Lettre de M. Riedl de Leuenstern, concor-
: nant ses précédentes communications sur
les nombres polygonaux,
Arts hilitaibes. — Sur un moyen destiné à
protéger les homnies de guerre contre les '
blessures faites par les armes blanches et
les armes à feu ; Mémoire de M. Basset.
— Lettre de M. Rieva, concernant un système
d'armes à feu de son invention
Asphyxie. — Mémoire de M. Faure.. ....... , -
Astéroïdes. ~ Sur leur nature et les effets qui
peurent résulter de leur entrée dans l'at-
mosphère terrestre; Note de M. Leseca.
Astronomie. — M. Le Verrier annonce que
M. Goldschmiit a fait sur une étoile va-
riable une suite d'observations propres
à en déterminer la période....
— Communication de M. Le Verrier en pré-
sentant le tome, 1" des « Annales de
l'Observatoire' impérial de Paris" ». .....
— Remarques" de M. Le Verrier, à l'occasion
d'un passage d'une Lettre de M. Vais,
, concernant l'indication des secondes dans
les élémenisprovisoires des planètes...
— Note de M. Valz, relative aux remarqués
de M. te Verrier... "..'.'.......'..
— Sur la parallaxe et le mouvement d'an
nouveau bolide; Note de M. F. Petit. . . .
— Note de M. E. Liouville sur deux étoiles
variables ,
( I
Pages.
3 7 4
3oi
865
498
1074
586
1224
44!
6o5
a84)
817
922
822
546
PagM,
634
85d
1019
729
Astronome. — Observations sur la scintilla
tion des étoiles; par M.Ck. Dufour. .. . .
— Note" sur Ta : scintillation des étoiles; par
M. Vallée. . , ....;.•..... ...
— Lettre sur les étoiles doubles'et leur dé-
placement apparent; par M. Watson...
— Mémoire ayant pour titre : « Sur une va-
riation de la vélocité du soleil, qu'on, a
altribifée à une oscillation du périgée so-
laire; par M. S.-E. Coues »... .';..
•".Formules graphiques pour trouver parapr
• prôximation'les variations dans la lon-
gueur de l'année tropique po'urde3 époques =-
très-reculées; Mémoire de M. Rodier..,. io65
— Sur les • mouvements et l'équilibre d<?s
- corps célestes ; Mémoire de M. Thïerriat. 1074
Voir aussi l'article Planètes. -
Astronomie nautique-/ — Rapport sur une
, Note -de M, WHs Brôwn: nouvelle mé-
• - thode pour le calcul des distances lunaires-
observées en mer; Rapporteur M. Bravais,
— Lettre de M. Terquem, à l'occasion de ce
- Rapport. .=....,- ;.
■ -' -Voir aussi l'article Géographie. ' -
Atractylis GV5IHIFERA. — Nouveaux faits d'em-
^ poisonnement, et réclamation de priorité
- • relative a la soustatatîon -des propriétés
toxiques de cette planté; Mémoire de
M". Boaros ., ...T.;...*.-.
— Renseignements ultérieurs sur "les- cas
d'empoisonnement qu'on avait d'abord at-
tribués à la racine de l' Atractylis ; par le'
même. .'......;....;;.; -, .. ; . ; ;; ; . ;
AttrActioh. ~t Nouvelle rédaction d'un Mé
moire intitulé : « Attraction universelle'
des corps, au ; point de vue de l'électri-
cité »; par.M. ZjfiwsAî.... i ai g
Aurores boréales.'— Mémoire de M. de La-
moite Tarchand sur les aurores) polaires. ia56
474
54r
1222
B
Balistique.— Des lois de la résistance de
l'air sur les projectiles animés de grandes
vitesses ; Mémoire de M. Vidion. 1048
Bariuh (Cohposb'sdb). — Action des acides
azotique et chlorhydrique sur le chlorure
debarium et l'azotate de baryte; Note
de M. Bàudrimont. . .< ii3i
Baromètres — Sur là construction "du baror-
mètre et l'ébullition du mercure dans le " ~
vide ; Note de M. Taupenot u§Q
Bujkuth. — Sur un appareil destiné à démon-
trer et mesurer la différence de conducti-
bilité électrique du bismuth cristallisé;
- - Note de N.Mqtteucci.ii.i.v^i,, ..... H33 I
Botanique. — Communication dé M; Monta-
gne en présentant sa Crypf ogamie de la
Guyane française 5oS
— Sur deux algues nées pendant les expo-
riences de M. Boussingault, relatives à l'ac-
tion du salpêtre sur la : végétation ; Note
de M. Montagne
— M. Montagne, en présentant au nom de
M. Sehimper la dernière livraison de la
Bryolagia Europœa, donne quelques dé^
tails sur cette importante publication... iooi
— Sur l'existeDce de deux types symétriques
distincts chez les plantes diplostémones
Mémoire deM r CSaïm...„..i.......... i3
j56
-*, >■;' Pages.
Botanique. — Mémoires sur l'ordre des Cus-
cutacées et celui des Cassythacées ; par
, . M. Chat in 269 et 329
— Mémoire sur les genres Orobanche et
Ehelipœa; par le même /J88
— Fragments de géographie botanique du
Chili; par M. C. Gay g3
— Monographie de la famille des Urticées;
par M. Weddell 726 et 78S
— Retour simultané de la descendance d'une
plante hybride aux types paternel et p.ia-
ternei; Mémoire de M. ffaudin...:. 6a5
— Observation relative à un cas d'bybridilé
anormale ; par le même I00 3
— Lettre' de M. Coùrb'cm, relative à un herbier
fol
i85 }
qu'il a formé dans les environs de Monté-
vidéo et dans l'île Saint-Gabriel... ...... *,,
Botanique.— M. Courbon envoie la descrip-
tion do cet herbier.
Voir aussi les articles Organograpkie
végétale et Economie rurale.
Bromures. — Sur la préparation des chlorures
et des radicaux organiques par l'action du
protocblorure et du protpbromure do
phosphore sur les acides monohydratés
correspondants; Note de M. Béchamp..
— Sur le bromure de titanium ; Note de
M. Hoffmann ...
Bulletin bibliographique. — 6i, n 7 , 246,30a,
359, 4*>9. 499» 5a4, 598, 65 9 , 700, 746,'
8n,867,| 9 n, 970, ioig, 1075, i igo, I235et l»j6
224
35s
G
Cal. — influence de la proportion de phos»
phate de chaux contenu dans les aliment» .
sur la formation du cal ; Note de M. A.
llilne Edwards.. go.
Calendrier. — Mémoire intitulé : a Projet
pour la correction définitive du Calen-
drier grégorien ; par M. H. Nascio 607
Candidatures. — M. Germain de Saint-Pierre
prie l'Académie de vouloir bien le com-
prendre dans le nombre des candidats
pour la place vacante dans la Section de
Botanique , 2 /
— M. Cl. Gay adresse une semblable de-
mande ; an
— • M. 3. Bertrand prie l'Académie de vou-
loir bien le comprendre dans le nombre
des candidats pour la place vacante dans __
la Section de Géométrie, par suite du
décès de M. Stui-m 3/.
-MM.' Vallée, Serret et Oss'iànBÔnnèt
adressent chacun une semblable demande.
' 3gg et 49 1
— M. Ehrmann prie l'Académie de vouloir
bien le comprendre dans le nombre des
candidats pour une place vacante de Cor- -
respondant (Section de Médecine et de
Chirurgie ) -#pp> 2I ,
— M. Chazallon, M. Keller et M. JOarondeau
demandent, chacun séparément, à être
considérés comme candidats pour une
place vacante -de membre adjoint au Bu-
reau des Longitudes 498 et 810
— M. Dudouit se présenta comme candidat
pour une place vacante dans la Section
deGéométrie q is
Cannelle (Essence de). — Sur la formation
artificielle -de cette essence; Note de
M - Ci ">««*r**..., , , aaa
Caoutchouc. - Recherches sur l'élasticité du
caoutchouc vulcanisé; par M. Boileau. . . 9 33
— Sur les accidents que développe, chez les
ouvriers en caoutchouc. l'inhalation des
vapeurs de sulfure de carbone; Mémoire
de M. A. Deipech 53g
Capillarité. - Sur la température à laquelle
les liquides cessent de mouiller les »ases
qui les contiennent ; Note de M. C. H'olf. c6§
Chaleur. — Note sur le calcul de la chaleur "
latente des vapeurs ; par M. legrand. ... 2 |3
Chaleur animale. — Sur la température
moyenne des oiseaux palmipèdes du nord
de l'Europe ; Note de M. Mot tins 5,5
Champignons. — Etudes chimiques du cham-
pignon comestible, suivies d'observations
sur sa valeur nutritive; par M. /. Le/on. . go
— Collection de champignons en. cire colo-
riée préparés et décrits par MM. Buchner
et Kirsch , g
Chauffage. — Rapport sur les appareils prôl
posés pour le chauffage sans combusti-
ble; par MM. Beaumont et Uayer; Rap-
porteur M. Morin..., „j
— Réclamation adressée au sujet de ce Rapl
portparMM. Beaumont et Uayer Soi
— Remarques d'un Membre de la Commis-
sion relativement à cette réclamation. . . So3
Chaux. — Son emploi pour la conservation du
jus de betteraves ; Note de M. Maumené. . 6i5
— Emploi de la chaux pour dessécher et as-
sainir les lieus inondés; Note de M Mo-
r Hde '.... 1223
Chemins de fer. — Sur un moniteur électrique
pour les chemins de fer ; Note de M. Per-
"Çtet a7
— Mémoires ayant pour titre : « Les choci
rendus impossibles sur tes chemin» de
fer au moyen de l'interrupteur ïilomé
trique » ; par M. Beïlemare. ............
Cbehiks de fer. — Sur un moyen destiné à
permettre d'arrêter en peu de temps et
sans secousse un tràln en marche sur un
chemin de fer; Note de M. Perreûl... . .
— Mémoire sur un frein agissant par pres-
sion verticale; modifications apportées au
système de 51. Laignel; par le même.,.;.
— Béclamation adressée par M. laignel à
l'occasion de cette communication.
r- Sur divers moyens tendant u prévenir les
déraillements surles ehemhtsde fer; Note
de M. Carré (écrit par erreur Barré) ....
— Dispositif- "destiné à permettre aux _voya-
geurs sur chemins de fer Se se mettre à
volonté en communication avec le con-
ducteur du train ; Note de M. Filippi
— Lettre de M. Paauerée, concernant diverses
inventions destinées à diminuer les dan-
gers dés chemTns.de fer.. ..;... .%. ; ... ■
— Lettre de M. Hedoupillé, concernant ses in-
ventions pour prévenir tes déraillements
sur les chemins de fer.
Chirurgie. -r- Nouveau procédé de chéiloplas-
tie, par transport do. bord libre de la
lèvre saine sur la lévré restaurée; Mé-
moire de M. Sédillot. i
—r Note sur un nouveau procédé qui permet,
dans les opérations de bec-de-lïèvre et de
chéilopastie , d'augmenter à volonté la
hauteur dé la lèvre; par le même
— Note sur l'application de l'autoplastie au
traitement des cicatrices vicieuses; par
le même. » •
^- Sur une opération de périnéoraphie suivie
de complète guérison; Note de M. taù-
~gier. ,,.,+e . •-• ». * * ...... é» . i .. •
«r^ Sur les propriétés du tissu cicatriciel et
l'application de l'autoplastie auxbrïdes ;
Mémoire de M. lobert, de LambaHe. . .-.'•
— Sur la désarticulation de= la mâchoire in-
férieure; appliquée à l'extirpation des tu-
meurs profondesidu- pharynx , de la" lan-
gue et du vofledu palais ; Mémoire de
M. Maisonneupe. ........■■■■■•■ 691 et
-- Ablation totale de la mâchoire inférieure
pratiqués par Suite du développement;
dans l'intérieur de cet os-, d'une énor-
me tumeur fibreuse; parie même. . . .-ï. .-
— Sur un nouveau procédé opératoire pour le
paraphimosis ; Note -de W.Halgaigném
— - Traitement des adénites cervicales- par un
nouveau procédé d'acupuncture ; supplé-
ment à- un précédent travail présenté par
: M. Boulu~\-. : .-. '. v.'.^.vvvv.-.'. .*. .'.*.*r;r
— Sur l'emploi dû cautère actuel dans lé
cas dêtumeùrs blanches ; Note de M. Pànii
Pages
a86)
45
245
685
892
344
399
52Ï
1254
189
67S
924
94*
47&
1256
-887
744
970
Pages,
CHianiièiE. ^- Lettre de %i;Buidelocque con-
cernant un moyen d'abréger les -douleurs
de l'accouchement'. '..*."".'. :\'.i'.'. ..••.•••'
— Nouvel urétrotome polir pratiquer I'uré-
trotomie d'avant en arrière et sans dila-
tation préalable ; présenté par M> Bolnet,
—, De l'heureux emploi, pour le traitement
des brûlures , d'une préparation de çollo-
dion au tiymin. ; Note de M. Aubrèe. . , . .
~r Sur les tumeurs et les fistules lacrymales,
nouveau procédé de traitement ; Mémoire
deM. Reybard..... • 5ll
— Nouvelle méthode opératoire de la cata-
racte par débridement; Mémoire de
M. Tàvignoi...;.. -»■ ••_
— Communication deM. Bernard en présen-
tant un opuscule de M. Castoranl sur la
kératite.... - I002
-=• M. Castoranl adresse la description d'un
ophthalmoscope construit d'après ses in
dîcations par M . Soleil ....... ï. ..... •
— Observation d'un oedème de ls glotte guéri
par la trachéotomie; Note de ftl; Dujar*
Chloroforme. — Analyse du sang d'une femme
morte par suite d'inhalation du chloro-
forme ,'Note de M- faction... . . ...... .
CBLORnREs/— Sur la ^rëparation'te chlo-
rures et des bromures des radicaux orga-
niques par l'action du protochlorure et
du protobromure de phosphore sur les
acides - monohydratés; ' •correspondants";
Note de M. BécTtamp.. ...;...:...: ..y
—■ Sur* la 'production - 'artificielle ' et par voie
X huniide de l'argent chloruré; iNôfe' dé
M: ihihbnann. ;..:r.:;~. .: ...... ï. — • =_?
— Action des acides azotique et chlbrEydri-
qué sur le chlorure de barium"et l'azotate
*.-' de baryte; Noté 'dé M. Ë. Baudrimânï ii3i
CHOLÊRA-MoRBas.-'-^ Sur l'efllcaêité dëïbaïns^
générâax chauds" de ' chlorure aé calcium '
■-' dans le trâïrejflént dû chorérâ'âsiâiiqûé;'
Mémoire de M. Sabbatîni. . . .... . y . • • • -
— Eeèfiërôiier analytiques sur le sang "de"
persSn^s -mortes du choléra ; par'M. Be-
**/>«£> i .=*- * -% '~~-~-~~~. — '
i- r %Hr divers traitements bp'p'os'éY au choléra
etjparffcnlièremérit sur les 'effets théra-
peutiques de la strychnine ; Mémoire dé
Mr îsiZ. Bourdon; ê. . . .7 :■ ■..■• 63j et
Recherches sur Iés ! causes du choléra, du,
-'■- typhus et 'dès 'fièvres de marais, d'après. __
dès observations recuëillfÈs'daïis le Ve-
nezuela '"Mémoire de M. BeauperiMr,,. . 692
4i « Kech'erches' théoriques' 'éf ^pratiqués sur" _^
l'affection - typhoîde~généràle ", intêns^",
dite choléra éprdlmique » ; Mémpîré,\âe"-
' " M.'PwyBtfeÇëêrït par erreur 'P6ujâà%J.~..'. UJ5
522
586
657
9 5 °
ïoj3
9 5 - 1
4»
22'$
.._, 3 7 4
93
89
996
( ïs8 7 )
Pags,
Pages.
CholérA-Morbus. — Lettre de M. teveau, con-
cernant des «nçéTieqces ayant pour objet
de jeter du jour sur les causes du choléra-
morbus ••• "8g
— Lettre de M. Afre aux Membres de la Sec-
tion de Médecine, sur le traitement du
choléra-morbus par remploi du calomel
à petites doses fréquemment répétées
pendant toute la période de collapsus.. . raao
— Mémoire intitulé : «Découverte des sources
de l'ozone organique, suite do Mémoire
sur la cause secondaire du choléra »; par
M. BMiard. 885
CimèktS. — Mémoire sur les matériaux à em-
ployer dans les constructions à la mer;
par MM. Ghatoney et Rivot II 19
— De l'action saline de l'eau de mer sur les
composés hydrauliques en général ; Note
de M. yicat adressée à l'occasion de la
précédente communication . 1200
Classifications. — Considérations générales
sur les classifications en histoire natu-
relle ; et exposé sommaire du plan de
l'Ichtbyologie analytique ; communica-
tion de M. Duméril .: r. 1029
Climatologie. — Études elimatologiques sur
l'Asie Mjne«re;par M. JP.de Tchikatcheff. 262
— Rapport sur ce travail ; Rapporteur
M. Becquerel 777
— Remarques de M. El ie de Beaumont sur
l'ensemble des travaux dont fait partie le
Mémoire qui a été l'objet du précédent
Rapport. 786
Voir aussi l'article Météorologie.
CohbustiÔiÎ spontanée. — Rapport fait en ré-
ponse à une question posée par M. le Mi-
nistre de la Guerre, concernant la possi-
bilité d'une combustion du foin en balles
pressées ; Rapporteur M. Morin. 34
Commission administrative. — MM. Ghevreul
et Poncelet sont nommés Membres de
cette Commission pour l'année i8b6 3
Commissions des prix.— Commission du grand
prix de Sciences physiques de i856 (lois
de la distribution des corps organisés fos-
siles dans les différents terrains sédimen-
taires) : Commissaires; MM. Elie de
Reaumont, Flourens, Geoffroy, Bron-
gniart, Milne Edwards..... 829
— Commission du grand prix de Sciences phy-
siques de i856 (métamorphoses et repro-
duction des Infusoires proprement dits) :
Commissaires , MM. Milne Edwards,
Flourens, de Quatrefages, Duméril, Va-
lenciennes Ibid.
**• Commission du prix de Statistique : Com-
missaires, MM. flienaymé, Ch. Dnpin,
Mathieu, de Gasparin, Boussingault.,., 991
no3
ilo3
C ohmission des prix. — Commission des prix
de Médecine et de Chirurgie : Commis-
saires, MM. Serres, Rayer, Velpeau,
Andral, Cloquet , Bernard , Jobert, Du-
méril, Flourens n58et
— Commission du prix d'Astronomie (médaille
Lalande) : Commissaires, MM. Liouville,
Laugier, Mathieu, Delaunay, Le Verrier.
— Commission du prix de Physiologie ex-
périmentale : Commissaires, MM. Ber-
nard, Flourens, Rayer, Serres, Milne
Edwards Ibid.
— Commission du prix dit des Arts insalu-
bres : Commissaires, MM. Rayer, Dumas,
Chsvreul, Pelouze, Boussingault «4 1
— Commission du grand prix de Sciences
mathématiques dé |856 (théorie mathé-
matique des phénomènes capillaires) :
Commissaires, MM. Pouillet, Despretz,
Biot, Regnault, Duhamel Ibid.
— Commission chargée de proposer le sujet
du grand prix des Sciences naturelles pour
l'année 1807 ; Commissaires, MM. Flou-
rens, Geoffroy-Saint-Hïlaire, Milne Ed-
wards, Duméril, Brongniart 12
— Commission chargée de la rédaction du
programme ponr le concours concernant le
perfectionnement de la navigation : Com-
missaires,MM. Dupin, Combes, Poncelet,
Duperrey, Regnault 37
— Commission chargée de proposer une ques-
tïon pour le sujet du prix Bordin (Sciences
naturelles) : Commissaires , MM. Flou-
rens, Geoffroy rSaint-Hilaire, Milne Ed-
wards, Elie de Beaumont. . * . . . . Ibid.
Commissions spéciales. — Une Commission
formée par la réunion des trois Sections
de Géométrie, d'Astronomie et de Navi-
gation, présente la liste suivante de can-
didats pour une place de Géographe va-
cante au Bureau des Longitudes par
la mort de M. Beautemps- Beaupré i
1° M. Daussy ; a MM. Begat et Peytier ;
3° MM. Chazallon et Lieussou. 367
Couleurs des corps naturels. — Lettre ds
M. Landais, concernant une découverte
qu'il dit avoir faite sur les causes de la
coloration des corps • 1189
Couleurs pour la peinture à l'huile. — Lettres
de M. Dosnon, relatives à des couleurs à
base de fer qu'il prépare pour la peinture
àl'huile 657, 6 98 et 9°9
— Lettre de M. Pinarl, concernant la prépa-
ration de plusieurs nuances de jaune de
Naples obtenues de l'antimoine 1018
Couleurs oour la teinture. Voir au mot Tein-
ture.
Crisiamuh ([FosmeJ, — Recherches lar !•«
( 1288 )
• ■ . .• Pa S«<
formes cristallines de quelques composés
chimiques ; par M . C. Marignac . . 28S
Cristallise (Forme).— Note sur la forme eris-
. talline du silicium; par M. deSenarmont. 3i3
Pages.
GoiVRE ( Composé nn). — Note sur un hyp'o-
sulfite doubIe|de soude et de cuivré; par '
.-,, M. Sckûtte...... 1267
D
Décès JU Membres et de Correspondants de PA-
cadêmie. .— M. Geoffroy -Saint-Hilaire, à
- l'ouverture de la 'suance du 12 mai, an-"
nonce à l'Académie qne son Président,
M. Binet, est dangereusement malade ;
au moment où elle allait se séparer, l'A-
cadémie apprend que 51. Binet vient de
mourir. ..,.,.....
— M,GeqffrQy-Sainl-Hilaire, dans la séance
du ig, rend compte des obsèques de
M. Binet.WM..Çauchy et Laméy ontporté
la parole au nom de l'Académie
Décrets impérucx. — M. le Ministre de l'In-
struction publique transmet .les amplia-
tions des décrets confirmant la nomina--
tion ,desj Académiciens dont les noms
suivent ; ■
- La_ nomination de_M. Jobert, de Lambalie
8j3
9 i3
(Section de Médecine et de Chirurgie), en 1 — .
remplacement de M. Slagendie , 6o5
— De M. J. Bertrand (Section de Géométrie), "
' en remplacement deM, Stum,.., ...... 8i3
— De M. Cl. Gay (Section de Botanique), en " ■'.-
remplacement de M, de Hirbel..,.,..., rosi
Dextrise. —.Sur les produits de la transfor-
mation de la fécule et du. ligneux "sous ~ ■--?
l'influence des alcalis, du chlorure de:
zinc et des acides; Mémoire de Ht. Bé-,
champ,, ..........,..,,.,, ..... 1210
Diphtbbabtographie, transport sur parchemin
d'une écriture sur papier. (Rapport fait
sur un procédé imaginé, dans ce but> parr
M. Lachave ; Rapporteur M. Seguier.)'.. 36
Drainage., y- Lettre de M, de Bryas, coricër--
nant sa Note sur le? terres propres à la '~'-
-f* iabrjçajjion des tuyanx de drainage......'- 811
E
EAox i>e la her Morte. — Recherches sur les
variations que ces eaux semblent présen-
ter dans leur composition ; Mémoire de
? -M, Boussingault. ,.~ ... .' ia3o
Eacx miséràles. i— Sur' les eaux thermales de
Nauheim; Mémoire de M. Rolureau, .... 438
— LeitvedeM.fr/foZ, concernant ses travaux
sur la composition chimique et les pro-
priétés médicales des eaux sulfureuses;
des ' Pyrénées ...".......;..., Y . „■ ,-. , 7 . ; .- 588
— SurUa présence de l'ammoniaque dans'les"
ejmx minérales ; Kote de <Nl^ Bonis,, ."."..: 126g
— Lettre daM. Gez, concernant -un .Rapport,
fait en •181 i»à l'Académie* snr. des: eaux ~
minérales "de la commune;- de Siràdan
(Haute-Garonne). v. ..M. . .-. . .;.,.; ... .7 28
Eaux potables. ,— » M... Elis de Béaumont, en
présentant nn ..ouvrage de M. Durer sur '.'
les-. fontaines publiques de Dijon, donne,'
d'après la Lettre d'envoi,' une idée- du'
# • plan de l'ouvrage., ►...«., ,,..V ...,1176
Economie rurale,- - Mémoire de M. Thirault, .' *;*
cnncernSnt laanaladie de la vigne .". .: . . . : 344
r- Documents, imprimés à l'appui des corn."
mnnîcations jJe'M. TLortella, sur la mala- : T
die de la vigne .i^j^Sli
— Méthode, ponrja culture de la vigne; pièces
_ adressées par M. Trouillet pour % cûn-
--? cours du prix triennal V.'. .'.','.'. .". ;i'.„...
Economie rurale. — Sur un procédé agricole
destine à prévenir le développement dé la
maladie de la vigne; Note de M. Cârentin.
— Lettres de M. Curtàult, concernant ses
; , procédés, pour combattre la 'maladie de"
:■•? la vigne. V.".,...^...,.... 1074 et
"- - Noie deM. ! Bidolô%uv le même sujet...,.
^-Lettre de M, Petit- Jean, concernant une
? précédente^communication sur un moyen
destiné à empêcher la vigne de geler...
— Fabrication d'une liqueur vineuse avec les
tiges du topinambour; Note de M. De?
charmes........;..- ., .,.,......;
— Sur la conservation du blé dans lès silos :
souterrains ; Mémoire de M. Hérpin..'.] . '
■=- Sur'la- conservation des grains dans; des
silos souterrains en maçonnerie et à dou-
ble enceinte ; Mémoire, de M. Carmignac
Descoxnbes
— Etudes suHes céréales ; par M. Duvivier;
— Conservation du jus de betterave par la
chaux j Note de M. Màûmene . .'. .........
— Recherches sur la distribution des matiè-
res azotées dans les diverses parties de.la!"
: '-- betterave; Mémoire-de M.Isid. Pîerïë„~. '
' 735
' 63 ?
"n3a
1323
:43s
439
44<
1173
6 4§
715
( I
• Pages,
Ecosohie rurale.— Sur un fait relatif à la cul-
ture de la garance; Noie de M. de Ggsparin. 8|3
— Rapport adressé à l'Empereur par M. le
Ministre de la Guerre, le Maréchal Vail-
lent, sur la culture du coton en Algérie.. 694
— Lettre de M. Lostalnt-Bachoué, concernant
un système agricole qu'il annonce avoir
mis çn pratique avec succès depuis plu-
sieurs années it j£
— Lettre «le M. de Bryas, concernant sa Note
sur les terres propres à la fabrication des
tuyaux de drainage u23
— Addition à une précédentecommunication
de M. Moysen sur son râteau mécanique,. 894
— Lettre de M. Uillot, concernant sa précé-
dente communication sur une méthode
d'arboriculture 551
— Sur la préparation et la conservation des
fumiers ; Note de M. Brame. io65
— Sur le guanodes iles Chincha et les oiseaux
qui le produisent ; Note de M. Raimondi, . ;35
— De l'amélioration des espèces végétales;
Mémoire de M. Malingre 491
— Sur les moutons de Caramanie donnés à la
Spciéié d'Acclimatation par M. le Maré-
chal Vaillant ; Note de M. Texier 80
— Mémoire sur les laines de l'Algérie; par
M. Baudement. , . 2 g/
— Des principales races françaises de l'espèce _
bovine et de leur amélioration ; Mémoire
de M. Magne -„/
— Sur l'emploi des feuilles de vigne, d'orme
et de peuplier comme fourrage ; Mémoire
de M. U. Pierre 3 r -
— Note sur le rempoissonnement des cours
d'eau ; par M. Millet ,.....; 209
— Empoissonnement des eaux, du bois de
Boulogne ; Note de M. Cosie 3,^
Élasticité — Recherches sur l'élasticité du
caoutchouc vulcanisé; par M. Boileaa... o33
Elections. — L'Académie choisit par la voie
du scrutin les deux candidats qu'elle est _
appelée à présenter, pour une place de
géographe vacante au Bureau des Longi-
tudes : en 1" ligne M. Daussjr,eu 2 e ligne
M. Peytier 3^
Voir aussi l'article Nominations.
Electricité. — Sur quelques-unes des prin-
cipales causes de l'électricité atmosphé-
rique ; Mémoire de M. Becquerel 66i
■—Expériences sur celte question : le cou-
rant de la pile pem-il traverser l'eau sans
la décomposer; Note de M. Despretz.., , " n
— Remarques de M. À. delaRivek l'occasion
de celte communication ,. ^ I0
— Communication de U. A. de la Rive en
présentant le II 1 volume de l'édition an-
glaise de son ouvrage sur l'électricité... . 611
C R., iS56, i« Semestre. (T. XLH.)
2 8 9 )
Électricité. — M. Becquerel présente en son
nom et celui de son fils le III e volume du
Traité d'Électricité et de Magnétisme
qu'ils publient en commun
— De l'électricité dégagée par le frottement;
Note de M. Edm. Becquerel
— . Recherches sur le dégagement de l'électri-
cité dans les piles voltaïques. Premiers
partie : force électromotrice ; par le même.
— Sur les soupapes électriques; Note de
M. Gaugain
— Réclamation adressée par M. Riess k l'oc-
casion de (a précédente Note
— Sur la force électromotrice des piles dans
lesquelles on emploie des métaux amal-
gamés ; Note de M. Gauguin
■-- Note sur l'électricité de la tourmaline;
par le même ,
— Sur un aimant temporaire obtenu au
moyen de la seule action du magnétisme
terrestre ; Note de M. Giardini
— Sur l'association de plusieurs condensa- ,
leurs entre eux pour manifester les fai-
bles doses d'c-lectrici té; Lettre de M. Vol-
picelli „
— Sur un procédé d'aimantation dit par con-
densation ; Note de M. Laurent.. .......
— Pile veJtaîque construite sur un nou-
veau principe; analyse d'un Mémoire de
M. Doçt par M. Becquerel. ...
— Pile voltaïque à courant constant; Note de
M. Dont
— Sur une nouvelle machine électrique;
Note de M.J.Thore
— Suppression du fil de cuivre couvert en
soie pour les spirales des multiplicateurs;
Note de M. Bonelli ,
— Interrupteur à double effet, et perfection-
nements divers apportés à l'appareil de
Ruhmkorff;Mémoirede M. l'abbé Laborde.
— a. Des courants induits considérés relati-
vement à leur pouvoir chimique : applica-
tion à l'électricité employée comme force
motrice ; » Mémoire de M. Lacombe, , . ,
— Sur un appareil destiné à démontrer et me-
surer la différence de conductibilité du
bismuth cristallisé; Mémoire de M. Mat-
teucci
— Études sur l'emploi des appareils d'induc-
tion ; effets des machines multiples; Note
de M. Foucault
— M. Despretz demande que l'appareil de
M. Ruhmkorff, pour mettre le feu aux mi-
nes, soit admis au concours pour le prix
dit des Arts insalubres. . ,.,,,..,
— Sur un nouveau système d'horloges électri-
ques se réglant dalles-mêmes; Note de
M. du Moncel
169
PljM,
46
11S8
'7
43o
1364
273
401
585
855
969
864
885
996
ii3i
u33
2l5
694
5g5
(î
Pas".
iiLEOTRiciTB.— Note sur tm nouveau système de
relais rhéotomiques destiné à transmettre
simultanément, à travers un même fil, une"
dépêche à plusieurs appareils télégraphi-
ques différents ; par M. du Moncel 697
-r Sur un moniteur électrique dés. chemins
de fer; Nolede M. Pernelel.... 27
— Recherches électro-physiologiques sur les *
fonctions des muscles qui meuvent le
pied ; Mémoire de M. Duchenne, de Bou-
--■ logne 996
— Lettre et Note de M.. A. Breton, concernant
une pile électrique de son invention des-»
line'e à l'usage médical . . . -. 1 356 et 53g
— Kote et Lettré sur la composition d'une
, pile, .voltaîque portative destinée à l'u-
sage médical; par M l l* Bèhrens. . 899 et 552
— ■ Çhaîne.galvanique destinéeà l'usage médi-
cal f présentée par M. Lontin (écrit par
erreur latin), , .......'. gai
-y Note intitulée: « Étude du fluide magné-
tique, de ses attributs et de ses fonbtionë —
dans 1 a nature » ; par M . Deeksn 5g8
-Yoir aussi les articles Magnétisme ter-
- ' restreel Galvanoplastie.
EinmTOGjsfflE. — Sur les développements pîi- -
l "mitifs.: formation de l'œuf, vésicule ovi-
gène et gertainative, condition primor-
diale de la duplicité mbnstf uetise ; Mé-
' ' moire* de M. Serres. .......... 1024 et i°9?
*&> )
Psges,
Eîinp.voGÉStE. — Sur le développement des
pétrflmyzohB; Note de M. Schultie. . . .. . 336
— Déclaration de M. Duméril à l'occasion dé ~
cette communication.... ;».,.. .-.;..... 5io
ËSCT.ES. isdélébilès. — Lettre de M. Dubois. . . 698
— Lettre de M. le Ministre du royaume des "
Dêux-SicileS , concernant une encré com-
posée par M , T. Angelli. :.... l»o
Épigékies. — Sur la production artificielle et
par voie humide de l'argent chloruré, et
sur diverses épigénies par réduction
d'oxyde ou de sels métalliques naturels;
Noté de M. Kuhlmann.... ...... î^îf
ÉpizootieS. — Fièvïe typhoïde détruisant la
plus grande partie des lièvres d'un parc ; - ~~
Note dé M. A. Becquerel, présentée par
M. Moquin-Tandon .-. »«...., ; ... : 2X2
EfiRATA.^Page 340, ligne 5, âù lieu de GuiU ~
Ion, lisez Guy on. Voir aussi aux pages 120",
304,463,524,747,1079,1144 et ^7- " ~
ETHËniFiCÀtloa. ^— Sur l'huile- douce du vin et
sur les produits secondaires qui prennent
naissance à la suite de l'éthérification ;
Mémoire de M ! . Blondeau ,.]......,.... 44°
—■ Faits pour servir à l'histoire de l'éthérifiça-
tion ; Mémoire de M. À, Rerhoso. 686 et 1 070
— Considérations générales sut la constitu- ~~
tion des alcools et des éthers"; par M.Cft.
Blondeau. ............................ ; 8SS
FariheS. — De l'examen liés farines et des
painsj-Notede M. Rivot.... ........... 633
Fécule. — Sur les produits dé là transforma-
tion de la fécule et du ligneux sous Pin-
•fluencê des alcalis, du chlorure de zinc et ,
des acides; Mémoire de H. Rèchamp . . .-. tarer
Fer (Composés Su). — Rapport sur un Mémoire
dêM.Pea« déSaiht-Gîlless concernant les
: ' hydrates et acétates ferriqiies ; Rapporteur
M, Thenard. . 3l
Fermesïà'tiOîi yiheusê, — ; Sur la chaleur et là
fof Ce mécanique produites par la fermen-
tation vineuse-; Note de Mi Dubrunfaut. . 9^5
Fidorcres. -^-Notë de M. PitheHi concernant
lés résultats auxquels" il est arrive en ré-
pétant des expériences de M. Fremy sur
les fluorures. ..... .^. ............. iïj5
Forages. — Sur lé forage artésien pratiqué à
Passy par M. Kind; Note de M. Al-
phand. . .v. ••• 33a
— Remarques de M. ÉUe de Beaumont h ï'oc-
câ'sion de cette communication 336
Forestière (Propriété). — Mémoira *ur la si-
tuation* de la propriété forestière en
France; par M. Becquerel (suite). ......
Fossiles (RESTESOROAHroDES). — Communica-
tion dé M. Geoffroy Saïni-Bildire~à Pôc^
casion de la préséntatîûîi d'un nouvel œuf
d'Epyomîs.... ..ii.-.T. .-= J .....~-.. ...
— Sur l'exploitafioir du gîte fossilifère de Pî-
kèrmï f Attique); par M. Gaudrjr..... ..
— Olîsérvafions sur le- Pècteh glafer; par
M- d'Bambres-Firmtts Y... &2 et
-4 Description- d'art non veau ' genre de co-
quilles Bivalves fossiles provenant de la
grande oolithe dû département du Calva-
dos; par M, Eudes Deshhgchâmps ......
Conspectns^dëla faune fossile du Brésil;
par M. Braeard.,...:
Frottehest.— Dn frottement considéré comme
cause de mouvements vibratoires ; Mé-
moire deM. Duhamel... ••• 973
Fumiers. -=- Expériences sur la putréfaction et
sur la formation des fumiers; par M. Reiset. 53
— Sur la j?réparation=.et la conservation des
fumiers ; Note de M. Brame ic65
; i85
3i5
291
874
719
885
^mp~^"
( 1291 )
G
Pages
Galvakoplastiqm. — M. Babinet présente des
bronzes en ronde bosse obtenus par M. Le-
noir au moyen de la galvanoplastique. . . . 263
w Rapport sur les procédés an moyen des-
quels M. Lenoir a obtenu ces bronzes;
Rapporteur M. Becquerel.. 4*5, 4?6 et 618
— Réclamations adressées à l'occasion de ce
Rapport, par M. Gueyton et par M. Zier.
, 49 2 > 5' ' et 5ia
r» M. Becquerel dépose le Mémoire dans le-
quel M . Lenoir a décrit ses procédés 621
*- Applications électro-métalliques ; commu-
nications de M. Oudry n44 et Hî4
Garance. — Sur un fait relatif à la culture de
la garance; Note de M. de Gasparin... 8i3
Sur l'huile essentielle contenue dans l'al-
cool de garance ; Note de M. leanjean.. 857
Remarques de M. Biot à l'occasion decette
communication . . 85g
Gaz. — Expériences sur la durée comparative
de l'écoulement des gaz; par M. S. Bau-
drimont • ^98
Géographie. — Détermination de la latitude
par les azimuts extrêmes de deux étoiles
circumpolaires; Hôte de M. Babinet ,. 6
— Solution trigonométrique de la méthode de
M . Babinet pour la détermination des la-
titudes ; Note de M. Bousel lo3
— Sur le calcul de la latitude par la méthode
de M. Babinet ; Note de M. Catalan 287
Sur la résolution des équations auxquelles
donne lieu la méthode de M. Babinet pour
la détermination des latitudes ; Note de
M. Tissot Ibid.
— Sur la position géographique de quelques
lieux danB le sud de l'Algérie; Note de
M. Goetze ».... 3gg
— Altitudes de ces stations déterminées par
les hauteurs comparées du baromètre;
Note de M. Renoa 4^ 2
— M. Daussy présente la Table des positions
géographiques des principaux lieux du
globe extraite de la « Connaissance des
Temps pour i858 ». ...... 8,18
— M. l'Amiral du Petit-Thouers présente, au
nom de l'auteur M. le capitaine Belcher,
la Relation de l'expédition faite sous son
commandement à la recherche du capi-
taine Franklin 1257
— M. le Secrétaire perpétuel présents, au nom
de l'auteur M. Miniscalchi Eriszo, une
Histoire des découvertes dans les régions
arctiques. . • ■ • • Ibid,
— Feuilles de la carte de la Prusse Rhénane
Pages,
de M. de Dechen, présentées par M, Élie
de Beaumont ■• '°°
Géographie. — Carte de l'île de Suez, par
M. de Lesseps; présentée par M. Jomard. Ifi
Géologie. — De la formation et de la réparti-
tion des reliefs terrestres ; Mémoires de
M. de Franca...,. 3 7 8, 535 et io54
— Etudes snr l'orographie et sur la constitu-
tion géologique du Chili ; recherches sur
les systèmes de soulèvement de l'Amé-
rique du Sud ; par M. Pissis 3gt
— Notice minéralogique sur le cercle de La-
ghouat; par M. Ville 3g5
— Sur le gisement, l'âge et le mode de for-
mation des terrains à meulières du bassin
de Paris; Note de M. Ueugr 628
— Du terrain jurassique dans les Pyrénées
françaises ; Mémoire de M. Lejmerie. . . . 73o
— Note sur la carte géologique du départe-
ment des Vosges ; par M. de Billy 963
— • Sur les alluvions des fleuves dans le bassin
de la Méditerranée, et notamment sur les
atterrissements du Rhône; Mémoire de
M. Texier • Il56
— Sur la géologie de l'isthme de Suez; Mé-
moire de M. Renaud Il63
— Recherches sur les produits des volcans do
l'Italie méridionale; par M. Cit. Sainte-
Claire Deville "67
— Mémoires et Notes de M. Schroeder sur
la rotation souterraine de la masse ignée
du globe terrestre, ses causes et ses con-
séquences., 55i, 1073, ii8get 1274
— M. Élie de Beaumont appelle l'attention sur
un ouvrage de M. J- Barande, intitulé :
« Parallèle entre les dépôts siluriens de
Bohême et de Scandinavie ............. 639
— M. Élie de Beaumont, en présentant le
VI e volume de « l'Histoire dés Progrès de
la Géologie depuis 1834 », par M. d'Àr-
chiac , et le V» volume, Q e partie, des
Mémoires de la Société Géologique de
France, donne une idée du contenu de ces
deux volumes. .«.,...... 90a
— M. Elle de Beaumont présente, au nom de
MM. Mwchison et N'col, un exemplaire
de leur carte géologique de l'Europe lo65
Voir aussi l'article Minéralogie.
Géohétrie. — Note sur la théorie des paral-
lèles; parM. Vincent "°7
— Remarque de M. Chastes à l'occasion de
cette communication, .t. 11 54 et 1340
— M, Poinsot déclare qu'il approuve les ob-
servations présentées par M- Chasles... . n54
169.*
( T *&> )
Géométrie. — M. Le Verrier est d'avis que Tes
principes qui ont donné lieu à ce débat
ne peuvent être recommandés pour l'en-
seignement,
— Réponses de M. Vincent aux remarques
faites sur sa Note. '.y... ! *ri55, ia38 et
— Remarques adressées par M. Terauem à
l'occasion de la même communication. .
— ■ Note sur la mesure des triangles; par
M. Ch. Bail/y. . I ..,..■ i ........... .-.
— Nouvelles solutions de -quelques problè-
mes de géométrie élémentaire; _par le
même:. .. ...-.'.. I. . ........ . .. .... ....
— Note de M. l'abbé Rondon, ayarilpour titre ;
<t Lesneuf partages égaux de In surface de
là sphère». — Lettres relatives à cette
- communication.. .- 2^5, 3oi et
■— Note sur une construction graphique par
, laquelle on obtient directement, à une
très-petite fraction près, le côté du carré
équivalent à un cercle donné; Note de
"M.'Wiïliçh:.. .;;;;..{....... t .......
— Surla mesure des surfaces paraboliques et
- autres' surfaces à périmètre curviligne ;
Mémoires de M.Saska .......... i 17 et
— Résolution numérique de divers problèmes-
., de ~ géométrie ét-de trigonométrie ; jgar -_
— - '■ : M. O.Gianptti. V.VV. .-.;.;.• .y .-.;.-. ■.*. _""; . . .:'.'-
— Lettre concernant la mesuré des solides à
"■ "formes géométriques; par M. Duhamel (de
la" Charénte-Inférreurtf). >i-, .".v..". ..... .
-7. « Construction générale' dé : tous Tés poly-
• gônes' réguliers ,« 'avec: la -génération des
vûutesogivâles'qui én'découle»^ commu-
nication de M . de Robiano ..;;...... . . .
Géométrie awalttique. — Démonstration géo-
- métrique de quelques ■■ théorèmes do
M. Gauss; Note de M.'J. Bertrand. .„
.1 ................ ^.%:*. ..-.?" iooî> et
— Sur Tes trajectoires- orthogonales -d'une
iphère- mobile. — Sur les surfaces dont
les lignes de l'âne- des "courbures -sont
sphèriquesjNolés'dè M. Serrel, ~ io5~et
Pages»
n55
I2 4p
iaa3
117
1219
413
3g3
7?9
: 855
866
1234
1229
109
Pages.
. Géométrie analytique, — Sur les surfaces pour
lesquelles la somme des deux principaux
rayons de courbure est égale au double
de la normale ; Note de M . 0. Bonnet., no
— Sur les surfacesdont leslignes deTunedes
courbures sont sphérïques. — Sur les sur-
- faces dont les lignes de l'une des courbu-
res sont planés ;Noies de W.Serrct. igoet, 19^
— Note sur un genre particulier de surfaces
réciproques; par M. 0. Bonnet 4°'5
— Nouvelles remarques sur les surfaces à aire —
minima; par le même. ... 53a
— Sur la théorie géométrique -des lignes à
double courbure; Mémoire de M. Serret, g3a
— Sur les surfaces dont toutes les lignes de
courbure sont planes; Note de M. Bonnet. 1067
— Note sur la courbure géodésique; par le
même,.,».. n37
Glucose. — -Sur -la rotation variable du glu-
cosemamelonnéderaisin; NotedeM.JDw- : —
" -' brunfaui.. ................. ........... 739
-V oir aussi au mot Sacres.
Gras ■(•CeBps). — Sur la saponification des:
corps gras par les oxydes anhydres ; Note ._.- .
de iMtt Pelouse.. ,..., .1081
— 5 J Emploi du sulfure- de- carbone, pour ïlex-' ■
traction du suif des os' et de l'huile, des . : '"
graines oléagineuses," et pour lé dégrâis^
sagedes laines; Mémoire de -M, Deiss.. . . 207
— Mémoire intitulé ; a Dé la facul {ëUassitni- " _
latrice des corps gras »; par M- Bcrihê. . . 890
Gravure obtenue par l'intermédiaire -de l'ac-
tion photographique. Voir au mot Photo-, "_. —
' : graphie,-' - - ' "■'-■ _ ; ~ r'ï.'.- .
Gravure naturelle, 'procédé employé à l'Infa, ;. _
primerie impériale de Vienne 'pour J'At-1
las de -IalBIore- autrichienne; Lettre de'
. *M.4n« accompagnant l'envoi de cet Allas. laai
GuAso •^-'Ménioir&sur; le guanp_ples lies de
Chincha et les oiseaux qïd je-produiseat; '
par, M. Raimondi. ....,...,,.,, _►.,.. ,«.-.. 735
Gyroscope, -= Noté de M, I. Bertrand sue. le _
gyroscope-de M. Foucault. ... .,, .,, ,.,,'. -, toat .
H
BisTOlsr des ' SCiEXCESi — M. Bto'f anhoiîcVla
réimpression du Commercium episiolicum ~~
et de ses annexes, livre gu'il publie avec
la collaboration tfeM. LeJorf...r. ....... 6o5
— M., le Ministre Se ■-- l'Instruction publiijue
àîlresse,pour la bibliothèque deFlTnsti--
'"■" tiit; uri exemplaire do cette nouvelle 'édi-
tion^.'.*».;.-. .-.. j ;v«iv* ■'•• v......
'—'Sur un.paSsagedePTOclus indiqué comme
«ef rapportant *àux poristnes'; "Note -de
997
"* " M'.'firaonyde Champ.-.'.
45o
Histoire des sciences.— Sur le nom de Pléiades
appliqué parfois à la constellation de la - —
grande Ourse ; Kote de M. de Paravey. . • 3oo
— Remarques sur l'origine ancienne du nom'
par lequel on désignait ait siècle dernier ,"
dans les Pyrénéen-,- les tailles employées'
comme registres pour Ja perception de —
cer£ains-im[)ôts ;par te même. ^.Y.%~. . r . royî
HctLES. —5 Simien huiles employées à la fabrte
cationdiirougeturc; Nolede.M./ > t"/o«îfi. H96
Huiles essentielles. -^- Sur'Ia pro"ductiOn*aT-> - —
( i
29 3)
tifioielle de l'es«epce de cannelle ; Note de
M. Chiossa 22a
Huiles essentielles. — Effeis de l'inhalation
de l'essence de térébenthine; Note de
M. Lelellier 243
— Sur l'huile essentielle contenue dans l'al-
cool de garance; Note de M. Jea.tjcan.. 887
— Remarques de M. Biot à l'occasion de cette
communication 85g
Hydrauliques ( Moteurs).' — Des turbines eulé-
riennes et do parti qu'on en peut tirer ;
Note de M. Ordinaire de Lacolonge 107 1
— Note de M. l'abbé Basiaco sur un moteur
hydraulique de son invention 854
— Lettre de M. tlazeran, concernant tin mo-
teur hydrauligue de son invention 357
Pages.
Hydrauliques { Moteurs ).— M. Thnmas est au-
torise à reprendre une précédente Note
sur des roues hydrauliques et autres mo-
teurs de son invention rjio
Hydrauliques (Ciments). Voir au mot Ciments.
Hydrographie. — Carte hydrographique sou-
terraine de la ville de Pans ; communica-
tion de M. Delesse 1 207
Hygiène, — Falsification des vins par l'alun :
caractères chimiques que présentent les
vins rouges dans lesquels on a introduit
une petite quantité de ce sel; Note de
M. Lassaigne 4'0
— Sur des appareils et procédés nouveaux
pour le blanchissage à la vapeur libre et
sans pression ; Mémoire de M. me Charles. 586
Imcktoies. — Documents adressés par M. Du-
jardin, de Lille, concernant l'emploi de
la vapeur d'eau pour éteindre les incen-
dies. . 37
— Sur la question de possibilité d'une com-
bustion spontanée dans du foin en balles"
pressées. ( Rapport faii en réponse à une
question posée par M. le Ministre de la
Guerre ; Rapporteur M. Morin) - 34
Ihondàtions. — Moyens de forcer les torrents
des montagnes de rendre à l'agriculture
nue partie du sol qu'ils ravagent; Mé-
moire de M. Roset.... .- ggi
— Note sur la grande inondation de la Loire ;
par le même. 1204
— Note sur le lac de Genève, à l'occasion des
inondations de la vallée du Rhône; par
M.F<i//ée........ ii^o
— Noie sur la réserve du lac de Genève ; par
le même 1181
— Note relative aux inondations ; par
M. Dausse... 1241
— Relation emre les inondations de ' Ta
France et le siroeo d'Afrique; Lettre do
M. Fabre 1141
*— Sur Ips moyens de prévenir le retour des
grandes eaux; Lettre de M. Darlu 1143
— Emploi do la chaux pour dessécher et
assainir les lieux inonde's ; Note de -
M. Moride iaa3
Inondations.— Établissement de canaux d'in-
filtrations, moyen proposé comme pou-
vant contribuer à diminuer la violence
de» inondations; Note de M. Lavallêe... Ibid.
— Sur les moyens employés dans les Pays-Bas
pour combattre les inondations; Note de —
M. de Paravey 1272
Ihuline. — Note sur l'inuline ; par M. Dulrun-
faut .' 8o3
— M. Phipson, à l'occasion de celte commu-
nication, rappelle ce qu'il a publié d'a-
nalogue dans un ouvrage récent sur la
fécule et sur les substances qui peuvent la
remplacer pour l'industrie £65
Isthme de Suez M . Ferd. de Lesseps adresse —
une série d'échaulillons provenant des! -»-
sondages exécutés dans l'isthme, et diver-
ses pièces manuscrites, cartes et plans,
concernant le canal projeté entre Suez et «-
Peluse.-. . 1'. ...' Il63
— M. Ferd de Lesseps fait hommage à l'Aca-'
demie d'un ouvrage en deux volumes in-
titulé: n Percement de l'isthme de Suez ». ia57
— Mémoire sur la constitution géologique de
l'iblhme de Suez ; par M. Renaud. 1 163
l'Ail. — Lettré de M. Labourdettc, concer-
nant un moyen destint' à rendre rnédica- —
mentajHX.lo.lait. e> tiiminants sans nuire
à la ssnté'des animaux 597
Leos Briïast.— ■ L'Académie a reçu et renvoyé
à l'etamm de la Section de Midecine,
constituée on Commission spéciale, des
communications sur le cholera-morbus
( 1294 )
Pages.
adressées par les auteurs dont les noms
suivent; MM. Sabbalini, Éyssartier, Gi-
rard de Vallonné , Onésime Simon , Be-
retti, Delfrayssè, Cadet, Tironi, Leveau,.
l'abbé Carmentres, Eansatle, Bourdon,
Beauperthuy, Miïlière, Baleguer,Campivgt,
Baglian, Poggiçli, Leveau, Pujudt (écrit
par erreur Poujade) , Valadien* .........
a3, 62, 89, 210, 344, 5 13, 55a, .637, 692,
597, 893, g5i, 997, 1074, n32, 1175 et i25"6
LigneeX. — Sur les produits de la transforma -
P>S«<.
«on de la fécule et du Jigneus sous l' in-
fluence des alcalis, 4u .chlorure de zinc
et des acides; Mémoire de M. B.échamp,. lato
Lits d'hôpitaux et de mssnUi — Nouveau sys-
. terne de literie proposa par M. GarJel. , . 586
Longévité. Voir l'article Anthropologie.
LoHiÈnE. Voit las articles Qptiau.e et Vision.
Ldse. —Lettre du J, SgccfaV .accompagnant
l'envoi d'une image photographique, du
groupe annulaire de montagnes de la lune
désigné spus le npm de Copernic s .,,,.. . g58
M
Machines A yApei'B. — Note dg M* Lemonnier
de la Chennaye, relative h une machine à
vapeur construite par M. Sauvage, ma-
chine dont la chaudière est entretenue
par l'eau résultant de la condensation de
la vapeur , .••• H 6
— Noie de M. Jobard sut l'explosion fou-
droyante survenue à Gand,Iiu 7 mai (856, ioi5
Magnëtishe terrestre. — Commuiication de^
M. le Verrier, relative b hs travail d_a
MM. Goujon et liais, pour La détermiaa,-
, tiQA des éléments, magnétiqqes à l'Obser-
vatoire impérial de Paris ... ......... ,. «■■_ 74
— Note sur quatre observations jle la décli-
naisQnJmagPÂtique faites,» Parjs_ en iS54,
sur Je contour de l'enceinte continue;,
comparaison de ces observations aype dlfe
férentes .déclinaisons mesurées en i855 à. — ■
^Observatoire . impérial ; Mémoire de
M. Laugier, première partie .^ ,,.,..,...
— Remarques de M» Le Verrier à l'occasion
de cette communication.. . .............
— Réponse de M. Laugier ......iû 357
■i- Deuxième partie du Mémoire de M. Lau-
gier (Observations de la déclinaison ma,-
gnétique faites à Paris en l854). . m , , ... ■
_ Remarques de W.LeVçrrjgr: à l'occasion
: de .cette dernière, communication ...
— Sur le changement .qu'ipronveCla hoiissole
dans sa direction lorsqu'on la transposa
d'un pnint à nn autre de -l'Observatoire
impérial de Paris; Mémoire de M. Le.
■ Verrier.... ....... ^..'.ï. ......... ..
— Remarques faites, à l'occasion de la précé-
dente communication, par M. Mathieu} en
l'absence de M. Laugier. ............... 365
— Résultats obtenus au moyen d'instruments
magnéliques enregistreurs établis à l'Ob-
servatoire impérial, par M. Liais j com-
munication de M. LeVerriet. ^ . : . ... , . 749
— Etat 'actuel des éléments dn„ magnétisme
terrestre à Paris et dans ses environs; par
MahmoudrEJJendi.
1,3
250
3o5
•■t 3io
36i
> *• •••-■•■
900
Magsétisîie terrestre.^ Observations, de l'ai-
gpille aimantée ; Lettre de M. d'Abbadie
à % Élie deBeaumont 61a
Sur un aimant temporaire obtenu au moyen
de la seule action du magnétisme ter-
restre; Note de M. Giard'mi. 273
Mangasèse (Composé nu \. <r~ Recherches sur _"
les oxydes et acides de manganèse, les/
manganales et hypermanganates j Mé-
, moire de M. P. Thenard.. ..... .,.....; 38a
Marées. ^-Snr le mouvement des diverses __
ondes dont se compose la marée; Lettre_
de M. Chazallon à ML EÎie deiBeaumont. 966
— M* Elle de Beaumont, signale à cette occa-
sion, parmi les pièces imprimées de. la;
cprreapondànce', un Mémoire de M. Sa-
muel gaugktpç sur les njârées diurnes,
lunaires et solaires, observées sur les
côtés de l'Irlande,.. ... . ,., . ., ,.. : . t ». ( , « . 968
M ëcakjqoe. — Rapport sur un. Mémoire, j!e —
M. Phillips, concernant le calcul de laré^j
sistancs des solides, prismatiques, soumjs „
à l'aqtipo d'une, sbarge en mouvemjst;;
Rapppxteuj-.M..".Çotfîi£?. , , , , , »-•••• ■••:•• 3a 5
Mécanique asaï,ytiqSe, — Expression remai- . _
: qPBbJe de h}_ quantité qui,. dans le mou-
vement d'un système de points matériels .-.
, à Uaisqn§ quelepnqqes, est un mipinium
ejj vertu du principe de la meiudresftr —
tionj Mémoire 4e M- Liauyilh* .?...«,... «4 5
g?- Note surle gyroscope de M- Fou.cajjU; pat
M. J.Bertrand. .,...,,.,,.,? s , . t » ■ » < ■ s- $0*1
-m M- Pelaujiaf, en présentant uR exemplaire,
du Traité de Mécanique rationnelle qu'il
vient de publier, fait connaître le but qu'il
s'est proposé en écrivant cet ouvrage. .... 349
■ Sur le calcul de l'effet des machines ; Note
de M. Burdin 9
— Mémoire sur les mouvements relatifs ; par
M, Bout..., .... ... .......... . . . - . . * - ^383
— Note Sur les mouvements, relatifs ; par:
M. Quet.*..~.^..i. i... ......... 5l9
--Des lois de, la- résistance de Kairsur iesjj
( 1295 )
Pages .
projectiles animés de grandes vitesses ;
Mémoire de M. Didion 1048
MfeAMQiiE céleste. — Sar le mouvement de
la terre autour dé son centre de gravité;
Mémoire de M. lullien 22
— Sur le développement de la fonction per-
turbatrice; MémoiredeM. Bourget. 53oet to5g
— Note sur la condition de convergence des
séries qui se présentent dans la théorie
dn mouvement elliptique des planètes ;
Mémoire de M. J.-A. Serret n34
— Suite des recherches sur les grandes per-
turbations du système solaire; par le
même , , . i25i
Médaille frappée en l'honneur de Gauss. —
Lettre de M. le Ministre de l'instruction
publique et Lettre de la Société royale des
Sciences de Gai lingue, relativement à
cette médaille 894
Médecine. — Lettre de MM. Bourguignon et
Delafond, concernant leur travail sur la
pathologie comparée de la gale 61
*— Lettre de M. Raciborski, accompagnant l'en-
voi de son ouvrage sur la menstruation. . Ibid.
— Mémoire sur l'ulcère simple de l'estomac ;
par M. Gruveilhier 81 et 4 21
— Recherches «xpérimentâles sur la produc-
tion d'une affection convulsive épilepti-
forme, à la suite de lésions de la moelle
épinière; Note de M. Brown-Séquard. . 86
— Emploi des vapeurs d'acide sulfureux
contré la teigne faveuse de l'homme et
contre la mnscardine des vers à soie;
Notèdé U.Grun a38
— Sur la curabilité de la phffiisie ; Mémoire
de M. Komig. :. 245
— Empoisonnements causés dans les pays
tropicaux par la chair de certains poissons ;
Note de M. Guycm 340
— Sur les symptômes et le traitement du co-
ryza des nouveau-nés ; Note de M. Bou-
chut .;.;.... 354
— Action du levain de bière sur un diabé-
tique; Note de M. E. Baudrimont 355
— Essai sur la médecine préventive; par
M. Rachat 5^0
— Histoire de diverses épidémies qui ont ré-
gné en i855 dans quelques communes de
l'arrondissement de Villefranche; par
M. Martin Duclaux 6q3
— Observations concernant des cas de rhuma-
tisme et de scia tique , recueillies à la cli-
nique de l'hôpital de la Charité , par
M. JPoggioft 929
— Lettres de M. Compingt, concernant un re-
mède de son invention pour le traitement
desdartrës 745, 893 et 1074
Pascs.
865
885
8gi
Médecine. — Traité de l'angine de poitrine,
d'après la découverte de son siège orga-
nique; MémoiredeM. Massart; 797
— Lettre de M. Niepce, concernant un médi-
cament qu'il emploie contre le goitre....
— Théorie de la pbthisie; par M. Billiard..
De l'emploi de l'acide arsénieux dans les
congestions apoplectiques ; par M. La-
marre-Picquot
— De l'efficacité du brome dans le traitement
désaffections pseudo-membraneuses; Mé-
moire de M. Ozanam '012
— Etude sur le typhus de Crimée; par
M.Baudens I°43
— Cas de typhus observés chez des soldats re-
venant de Crimée ; Lettre de M. Garcin. 1171
— Sur l'emploi du froid pour produire l'a-
nesthésiede la langue; Notede M. Guyot. n43
— Ouvrages, manuscrits ou imprimés présen-
tés au concours Montyon: analyses en-
voyées par les auteurs dont les noms sui-
vent :
— M. Beaupoi7 (Entéropathie métallique).. 210
— M. Renault (divers Mémoires de médecine
vétérinaire et de physiologie) 587
— MM. Marie, Duplay et Verga (diverses
Recherches d'anatomie et de physiologie). Ibid.
— M. Knapp (Scorbut des nourrices ) 588
— M. Fonssagrives (Traité d'hygiène navale).
588 et 810
— M. terqy, d'Etiolles (Mémoires relatifs à la —
lithotritie) 588
— • M. Godard (Recherches sur les monor-
chides et les cryptorcbides chez l'homme). 637
— M. iVoMa (Sur la cicatrisation des artères
à la suite delà ligature) Ibid.
— M. Berpin ( Du chlorate de potasse contre
la salivation mercurielle ) 638
— M. ïsambert (Emploi thérapeutique du
chlorate de potasse ) 893
— M. Schweilier (Traité de galvanocaustique
de M. Middcldorpf) 638
— M. Beriherand ( Médecine et hygiène des
Arabes) 6g 3
— M. Liégard (Sujets divers de médecine et
de chirurgie pratiques) 997 et ii3i
— M. Joire (Circulation chez l'homme et chez
certains animaux) .-m3i et 1219
— M. Legrand{ Ablation des tumeursau moyen
des caustiques ) '273
— Boulu (Traitement des adénites cervicales
par l'électricité localisée) 1274
Mesures françaises et étrangères. — Lettre
de M. J-.J. Stuart, concernant des Tables
qui donneraient les rapports de ces me-
sures entre elles
Métallurgie. — Mémoire de M. Poumarède
sur le traitement des minerais argenti-
865
fères; transmis par M, Je Ministre de
l'Instruction , publique. .. ... .X. ......; ,
AïfTAUx, — M. Jhenard, au nom de la Çom-
mteipncjiargée d'examiner un Mémoire
:*- de, .M. Tif/ereau, ayant pour titre, « Les
?.. méjaux ne sont pas, des corps simples»,
déclare que ce Mémoire ne semble pas de
nature à devenir l'objet d'un Kapport. ■ .,
-r^ LeUredeJVI.Xi^Tpawà J'o.CCAsion de cette
déclaration.,, .,...,,..,,,...,. .......
— Etudes jur la production artificielle des
2 ; mjnérgnx^ et sur .les conséquences qui en
résultent relativement à la géologie et
" spécialement, à la Ihéprie des dénôts mé,-
talji fères; Mémoire de il, Durocher. ,- s , .
— Aperçus_ relatifs à la théorie des_gîtes mé-
tallifères; Mémoire de M. Fournet L ,.'..,
rr Remarques sur les gîtes métallifères et jur
la disposition relative des cristaux de
quartz et de feldspath dans, les roches
grapitjques ; Note de M , Durocher. .....
Météores lumineux. — Sur un météore observé
■::_• au Havre le 7 janvier i§56 ; Lettre de
M, Lecadre. ,...>.. ,. . ..„ L . .>._...,. .
•"^■Observation, .du même météore à Çaen;
Lettre de M, Eudes .Deslongçhamps à
S-./Jtl. Elio de Beaumont,. ,..-..., .^. .... ,
:~\Sur, un bolide v*j à l'Observatoire^ impé-
rial dfi Paris dans Ja soirée ,dy 3 février
; :*. rjfôCl j^ole, de M,., Bien.. . . 1 . , .. .. /. , . ....
— Observation du même bolide faite, égale;
i;J ment g, .l'Observatoire, impérial } par
M- Besse-Bçrgier (communiquée jpar M. Xe
- .;*■_- Verrier}. . ; ,_. ; .-. ... .: , ■ ,...,,'..,.......,
— M, Elit tde Beaumont comm'unique_diver^
_'_ ;'ses Lettres qui lui ont été adressées con-
cernant ce même bolide. ,
—^ Sur un. halo lunaire observé en Ukraine ;
deuxième Note de M. Ardrij>hetti . . , ....
— Bolide observé le 29 février $5(5, par
M. Saigey; Note de M. 'Coubier'-Gravjêr. ■
-^Mémoire sur les" aurores polaires; par
M. de jjamoltej-Tarchand . , ...._, ^ . . . . .=. .
Météorologie. --Note sur les marronniers
précoces des Tuileries ; par M. Elie de
.. Beaumont .......... .,,,..,.,»,...;., ,,,
— M. Etié de JïeaumonLxneX sous les yeux de
a. l'Académie des branches . qui ont été
rompues par l'action du vent sur les ar-
— . bres chargés de verglas; -Notes , concer-
nant ce phénomène par M. Ûhampignr et
, , par M. Chanlreau „ . ... ,..Z... .,,....7.
— Résultats obtenus par.JYL iia/s au moyen
d'instruments magnétiques enregistreurs^
établis à l'Qbs&fïalojre impérial; çom-
? munication 'Aè'W.'Le Verrier. ... . ],'_'. ., . '..
— Spr tin système YéguTier -d'obserjjUjnnY
météorologiquei établi en Francê7pa"r'léX
( £ 2
P (es.
: aCa-
9fi).
475
5a3
85q
l°97
Puge
Gi
#7
28;
' 27_3
M
rajîS
l
749
soins de: l'Administration des Télégra-
phes et de, l'Observatoire impérial ; de
Paris; communication de M. Le Verrier, io3g
Météorologie. — M. Le Verrier annonce que"
le Bulletin météorologique des divers "
points de la I rance, recueilli pir la voie __
- du télégraphe., se pubLechaque jour. ; , .1239
— Sur les tempêtes, les coups de vent et les _
orages dans la partie de la Méditer-
ranée comprise entre les côtes de. France ■-
et celles dé l'Algérie; Mémoire . de
Ta. Larligite.l. ..... ', I2r4
— M. le Secrétaire perpétuel présente des ta-
bleaux météorologiques et autres docu-
mems'scientifiqitês que publie l'Observa-
toire météorologique de Lisbonne,. . ,'. . a3
— M. Elfe de Beaumont, en présentant, au nom
de M. Pouriau, an exemplaire des «Étu- r
des météorologiques relatives au climat-
. '..' de la Saukaie», donne une idée des con-'
séquences;qni se déduisent de ces obser-
vations,... , .,.....,,;,...,..; 63g
r* Observations pluviomèîrlques faites à la
Haranc;par M. Casaseca '. ., ._, î, . „, ,,_ 655
7T Sur la quantité de pluie lomhée À v Mp,nç- ?
pellier, du il au 20 mars i§56; Note.de . —
; • m„ Mariins,.....,,.. v .„; ,,,,, .,.,7.,^. „ ? 5g'3
— Suç un bruit dans les_ ajrs entendu, sans — -
cause apparente, à Pau et dans leséiivi-^
rons; Lettre dç_M. de la Jgnqttièrei ,5 ,-. ^.î 356
7* Sur. certaines habitudes Jes. araignées; en -
rapport avec l'état présent "ou. proêbWn '1-
de l'atmosphère ; Note, de M . ÇarqgueJi,^ x 2 4Ô7
— Sur la passîbilité_ de prévoie gueJ([Uie-3
; ; _■ te.mps.à l'a.variçe .la cons.titutipn tnétgoro-^Z
logique d'un pays à uii& époque donnée ; .* —
; Lettres de.M, Kqryjski,. .. .-..., 1144 et I2a4
— LeJlrede M-, Pon^ sur diverses j_queslions-_' --
concernant Ja météorologie et la physique ■
: . dfl. globe. ................ ...,,., ,.^,.. Jl .,%. . r , "1274
Métëorologioces (ObservatiossJ faites à TOb-_ 1 _
seryatoire impérial. de Paris jiour - : - :
1 - 2J an vier.i856. ...,...,.,
Février^.^^. ,.,....,.......,.,.,.
'■ Mars, ......,,.. ....r.... ...... ...
Avril..... ,, ,
Mai. ............... .... . . , ,..,.,
Juin, ,. „. .... î ......._.., ; .... .
— Tableau des observations recueillies en 1 855
à Constaritinoplej adressé par Jtt, Grel-
? Ion.. ........... ..... ..».j. t „
— Lettre de îff, Jgmard, en adressant un ta-
bleaudes courbes représentant les phénq-
rnènes de l'atmosphère dans l'océan At-
. lanticrus, tableau dressé par M- i!/au/y, de
' l^Qbsei-Vatoire de Washington, t. ,,V
-« Observatious météorologiques Faites à Nap.-..
, . . te? pendant J'année i855 ; par M..Mitette-^.iv.\
•t 74S
. 812
. 1080
■ ? r 9*
. r'228
. S 280
523
-54j
Pagps.
Minéralogie. — Sur diverses épigénies par ré-
duction d'oxydes ou de sels naturels ; Note
de M. Kuhlmann 374
— Notice minéralogique sur le cercle de La-
gboual ; par M. Ville 3g6
— Sur la présence de zircons dans les sables
tertiaires de Sauret; Note de M. Marcel
de Serres . 434
Minéraux (Pkodcction artificielle des). —
Etudes sur la production artificielle des
minéraux et sur les conséquences qui en
résultent pour la géologie ; Mémoire de
M. Durocher 85o
Motebbs. — Etudes sur l'emploi des appareils
d'induction : effets des machines multi-
ples ; Note de M. Foucault ai 5
— Addition à une précédente Note sur un
moteur électromagnétique ; par M. Bio-
rot 855
'97 )
Pagei,
Moteurs. — Moteur à air comprimé et di-
laté 'par la vapeur; Note et Lettre de
M. Tricaud 273 et 11SS
— 'i Sur une nouvelle force motrice dont l'em-
ploi doit conduire à la suppression des
machines à vapeur » ; Mémoire adressé au
concours pour le prix de Mécanique et
portant le nom de l'auteur sous pli ca-
cheté 7^0
— Note et Lettre de M. Boucan, concernant
un moteur de son invention dans lequel
l'air remplace la vapeur S65 et 1074
— Mémoire sur un nouveau moteur à air
chaud ; par M. Avenier-Delagrèe lo65
Voir aussi l'article Hydrauliques ( Mo-
teurs ).
Moevement pbrpétbel. — Lettre de M. Man-
chet. , 5a3
Nitrates. — Rapport sur un Mémoire de
M. paille, ayant pour titre : Quel est le
rôle des nitrates dans l'économie des
plantes? De qnelques procédés nouveaux
pour doser l'azote des nitrates en pré-
sence des matières organiques; Rappor-
teur M. Pelouse 679
Nokisations de Membres et de Correspondants
de l'Académie. — M. Joberl, de Lamballe,
est nommé Membre de l'Académie, Sec-
tion de' Médecine'. e* de Chirurgie, en
remplacement de M. Magendie 578
— M. Bertrand est nommé Membre de l'Aca-
démie, Section de Géométrie, en rempla-
cement de M. Sturm 786
— M, Gay (Claude) est nommé Membre de
l'Académie, Section de Botanique, en
remplacement de M. de Mirhel 93l
Nominations. — M. Gnyon est nommé Corres-
pondant pour la Section de Médecine etde
Cbirurgie,en remplacementde M. Prunelle. 378
— M.Ostrogradski est nommé Correspondant
pour la Section de Géométrie, en rempla-
cement de M. Lejeune-Dirichlat, devenu
Associé étranger de l'Académie fyl6
— M. l'Amiral de fVrangell&al nommé Cor-
respondant pour la Section de Géographie
et Navigation, en remplacement du capi-
taine Parry... 5io et 618
— M. Gerhardt est nommé Correspondant de
l'Académie, Section de Chimie, en rem-
placement de M. Braconnât...... 725 et 7ç,8
o
Œil. — Appareil de l'adaptation de l'oeil
chez les oiseaux, les principaux mammifè-
res et l'homme; Mémoire de M. Rouget. 987
— M. de Quatre/âges mentionne à cette occa-
sion les observations de M. Dujardin,
concernant un appareil d'adaptation pour
les yeux des insectes g4i
— Remarques de M. Jobard à l'occasion du
même Mémoire 1072
— Réclamation de priorité adressée, égale-
ment à l'occasion de la communication
iio M. Rouget, par M. B. Muller iîi8
— Étude de l'œil sur le vivant; Note de
M. Waller u85
C. B., iS56, I e ' Semestre. (T. Xf.II.j)
OEufs. — Sur les œufs à plusieurs jaunes
contenus dans la même coque; Note de
M. Valenciennes 3
Optique. — Recherches sur la double réfrac-
tion ; Note de M. de Senarmont 65
— Description d'un nouvel appareil de re-
cherches fondé sur les interférences;
Note de M. Jamin 4& a
— Isoraorphisme entre des corps isomères,
les uns actifs, les autres inactifs surla lu-
mière polarisée; Note de M. Pasteur 1269
— Sur les conditions auxquelles il faut satis-
faire dans la construction des appareil»
optiques pour obtenir des images exemp-
170
Pages.
tes de déformation ; Mémoire de M. Dre-,
tan, de Champ... ....... .............. 488
Optique. — Théorie mathématique des effets
dé la lentille simple employée comme
objectif de chambre obscure eteomme be-
sicle-par U ntéme 542 et <]^l
— Sur la courbure des surfaces fdcalesdans
lé cas d'un objectif composé d'un nombre
quelconque de lentilles eu contact, tra-
versé en son centre . de figure par des
pinceaux ou faisceaux très-minces de
• rayons lumineux; par lemëme. ......... g6o
— Production des anneaux colorés au moyen
d'un procédé particulier, application de
ca procédé s la fabrication d'un papier à
couleurs changeantes; Note de M.' Gar-
rêre ............... 63g
— Sur la construction des microscopes ; Note
de M.firaçSet r 1075
Organiques (Substances). — Propriété des so-
lutions aqueuses saturées de sulfate de
zinc pour la conservation des substances
animaIes;Note de M. Strauss- Durckheîm. 808
— Sur la génération des produits organiques
par leurs éléments simples, le carbone,
l'hydrogène, l'oxygène et l'azote; Note de
M. £. Baudrimqnt,., .......i... n3l
Qrganographie végétale, . — Note sur l'appa-
reil reproducteur multiple des Hypoxy-
Iges ; par M. tulasne. .. 501
— Sur la composi (ion immédiate de l'épîderme
- et de la cuticule épîdermique des végéi-
tâjjjj'Nptéde M. Payen.... ^..;.. ng3
— Sur les plantes aériennes épidendres ; sur
la structure des .racines des Orchidées;
Mémpire de M. Chatin . . . . 40
— Sur la structure des racines des Orchidées
épidendresj Note adressée, à l'occasion
de la précédante communication , par
*.■ M.Frohlich.'... 636 et. iz56
— 1 OrganographiedesCuscutacées et des Cas-
sythacées ; Mémoire de M. Chatin. 369 et 32g
a 9 8)
Pages.
Organggraphië végétale.— Orgànographie des
Ôrobancfièes ; par 51. Chatin, .......... 792
— - De la direction ascendante considérée
Comme caractère distinctif des tiges :
observation de tiges présentant normale-
ment la direction descendante; Mémoire
de SI. Germain de Saint-Pierre. 4 2
— - Deuxième série d'observations sur la di-
rection descendante de certaines tiges;
par le même.. "... . 833
— Recherches sur le nombre type des parties
constituant les divers cycles hélicoïdaux,
et rapport qui existe entre Ce nombre et
le nombre type des diverses parties flora-
les des Dicotylédones ; Mémoire de
M. Fermand igS
— Note de M, Trêcal sur les biforinés ....... 265
— De la cuticule à l'intérieur des végétaux;
par le-mëme..:...Vi.".. ..;.'. ..,....: ., 83y
— Mémoire sur l'origine de la cuticule; par
le même 5jg et 621
Organographisme ou dessin des organes con-
sidéré au point de vue du diagnostic et
du traitement; Mémoire et Lettre de
M.Piorry..^. .......... .....i 426 et Il43
Ozone. — Note de M. Scouietlen, intitulée :
v Découverte des sources de l'ozone at-
mosphérique ». — Lettre relative; à une
Note sur là même sujet, précédemment
'. adressée sous pli cacheté;.";..-.. - g4l et g43
— Influence des proportions d'ozone sûr
l'état sanitaire d'un pays; Note de
M. Wolf. ._ 944
.— - Observations ozonométriques faites avec le
papier ScHçenbein autour de la caserne de
Saint-Cloud; Mépioirede M.Bérigny.., IU5
— Mémoire intitulé ; « l)gpouveîtgdes sources
de l'ozone organique, ojjiie dit' Mémoire
sur la cause secondaire du choléra » ; par
M. Billard 885
Pain. — Del'exainori dès" farines" et des pains';
Note de M«'Bip<W. ..... ./.. §33
— Lettre concernant l'application du gluten 1
fraisa la fabrication du pain ; par M. Bîng, go9
— Du pain et de sa préparation ; Mémoire de
M.: Mêge-MoUrièi. ....„.....%.. , ÏI22
PitÉONTotaciE. Voir l'article" Fossiles {Restes!
organiques). .
Papier.— Fabrication de papiers et de carton»
dans lesquels entre pour une grande por-
porlionletairépjiisé;NotedeM.Cea^-!ep. 398
Papier. — Papiers irisés par là fixation de
lames minces ; procédé dé M. Carrèrè. . . 689
Paquets cachetés. — M. ÈiekÛs obtient l'au-
torisation de reprendre un paquet cacheté
précédemment déposé par loi Srô
■"- 3kl 11 * •Danger obtient I'âuTrfrisatfon de re- .
prendre des paquets cachetés présentés
par son père, maintenant décédé. ...;... gog
— Lettre de M. du Margal, concernant les
conditions' a remplir pour le dépôt d'un
paquet cacheté............. -1189
( I2 99 )
Pages.
Pendule. — Recherches sur le pendule co-
nique ou régulateur à forée centrifuge;
par M. Mahislre 387
— Recherches sur la loi des oscillations du
pendule à suspension, à lames, des chro-
nemètres fixes ; Mémoire de M. Reial. . . . 390
— De la résistance de l'air dans le mouve-
ment oscillatoire du pendule; principe
d'un nouvel anémomètre; Mémoire de
M.Ck. Girault , 5ll
~ Expériences faites avec un pendule désigné
sous le nom de pendule irrigateur; Notes
de M. Ed. Gand 355, 4l°> *" et ^97
Péhitekciers. — Sur le régime des péniten-
ciers; Mémoires de M. Noiret... 2j3 et 729
Pesanteur. — Sur les variations de la pesan-
teur dans une petite étendue de la surface
terrestre, et sur quelques effets qui en
résultent; Mémoire de M. Puiseux 683
Phares. — M. Elle de Iieaumont présente un
opuscule de M. L. Reynaud, concernant
une réclamation de priorité élevée par
M. Stevenson pour l'application de la ré-
flexion totale aux feux tournants 63g
Phosphores. — Sur la purification du phos-
phore amorphe; Mole de M. Nicilès. . . . 64g
— De l'acHon, gue le phosphore rouge exerce
sur l'économie animale; Mémoire de
MM. Orfila et Rigout 2 qi
— Emploi du phosphore amorphe ; réclama-
tion adressée, à l'occasion de la précé-
dente communication, par M. A. Che-
vallier 27a
— Sur le phosphore et ses préparations; ré-
clamation de MM. A, Chevallier fils et
O. Henry fils, à l'occasion de la même
communication.. .. ........... ........... . 341
— Réclamation de M. Duchesne à l'occasion
du même Mémoire.. 437
— M. Thenard, au nom de la Commission
chargée de prendre connaissance de ces
deux réclamations , déclare que , dans
l'état actuel des choses il n'y a pas lieu à
en faire l'objet d'un Rapport. 47°
— Mémoire sur le phosphore ; par MM, Os-
sian Henry fils et A. Chevallier fils. 99a
Photographie. — Emploi de la photographie
pour les instruments magnétiques enre-
gistreurs ; communication de M. te Ver-
rier, sur les résultats obtenus de ces in-.
struments 549
— Report sur pierre des épreuves photogra»
phiques; Note de M. Poitevin commu-
niquée par M. Becquerel 20
— M. Valençiennes présente deux planches
ainsi obtenues par M. Poitevin sur des
négatifs de M. L. Rousseau a2
p«sm.
Photographie. — Communication de M. f/oa-i
rens en présentant au nom de l'auteur,
M. Fan Monckhoven, un « Traité de pho-
tographie théorique et pratique » 6g5
— Nouveau procédé de fixage pour les épreu-
ves photographiques au moyen du chlo-
rure acide de platine; Note de M. Ca-
ranza 344
— Emploi de l'iodure de plomb pour la pho-
tographie ; Note de M. Roussin 636
— Moyen d'obtenir, d'une épreuve photogra-
phique sur verre ou sur métal, une gra-
vure à Teau-forte propre à donner des
épreuves en taille -douce; Lettre de
M. Gueyton 694
— Epreuves photographiques adressées de
Rome par M. Volpicelli. 61
Physiologie. — Sur les développements primi-
tifs : formation de l'œuf. — Vésicule
ovigène et germinative. Condition pri-
mordiale de la duplicité monstrueuse;
Mémoire de M. Serres,.,..... 1024 et 1092
— Sur la contractilitc tendineuse; Mémoire
de M./. Guérin..... . ,, 416
— M. Flourens,k l'occasion de cette commu-
nication, Indique le résultat de ses pro-
pres recherches relativement à la sensi-
bilité des tendons (pi
— Action du sucre sur les alcalis dans l'éco-
nomie animale; Note de M. Poggiale.... 198
— Recherches sur la faculté attribuée à la
peau d'absorber l'eau et les dissolutions
aqueuses ; Mémoirede M. Poulet 435
— Lettre de M. Duriau à l'occasion de cette
communication 5j 1
— Opuscule intitulé : « Recherches expéri-
mentales suc l'absorption et l'exhalation
par le tégument externe » ; par M. Duriau. 55 1
— De J'influence de la proportion du phos-
phate de chaux contenu dans les aliments,
sur la formation du cal ; Note de M. Alph.
S! Une- Edwards C3i
— Sur la température moyenne des oiseaux
palmipèdes du nord de l'Europe ; Note
de M. Ch. Martins 5l5
— Recherches sur les phénomènes physiques
et chimiques de la contraction muscu-
laire; Mémoire de M. Maiteucci 648
— Du sulfocyanure de potassium considéré
comme un des éléments de la salive;
Note de M. tonget. 480
— Recherches sur la sécrétion biliaire; par
M. Orè 497
— De la faculté assimilatrice des différents
corps gras ; Note de M. Berthê 890
— Etudes sur l'œil vivant ; Note de M. Wal-
ler u85
I70..
C i.3oo )
Pages,
Physiologie, i- Application du compteur à gaz
à la mesure de la respiration ; Mémoire
deM.Bonne* ....... 8a5
— Notes sur les causes de la circulation du
sang ; par M . Vanner . . . 2^4 et 74§
— Effets produits sur le sang fraîchement
tiré delà reine par diverses infusions vé-
gétales ; Notes de M. Leclerc. £56, 690 et 798
— Réclamation adressée par M. Clauzure à
_ l'occasion de la première Dvote de M. Le-
clerc 585
— Nouvelles recherches sur l'origine du sang
existant dans l'économie animale; par
M, Çhauveau tooS
— Lettre de. M. Girard accompagnant son ou-
vrage intitulé : « La vie au point de vue
physique h . 5i4
Physiologie végétale. — Du rôle des nitrates
dans l'économie des plantes. (Rapport sur
un. Mémoire de M, Ville ; Rapporteur
M. Pelouze.). . . 679
— Recherches expérimentales sur la respira-
tion des plantes; par M. Duchartre.^.. ■ 3j
— Recherches expérimentales sur les rapports
des plantes' avec l'humidité atmosphéri-
que ; par le même. ...... 4 2 & et jgéT
— Recherches expérîmentaiés'snr lepbuybir ~
d'àbsorption^ par rapport a L'eau, dés" ra-
cines des* plantes' âêf félines ; Mémoire de "
M; Chatin...-..-..^ X;.. .. i. ',. . ....... . 841
— <,De la direction ascendante comme ca-
ractère jdistinctif JJés; tiges : bulbes des- —
cendauts. âxi Huscari comosuni,~de l'Âgra- ;
* phis, milans ' et"de' VA. campanulata ; par
M. Germain de Saint-Pierre......' jja et 833
— Retour simultané do, la descendance d'une "
plante hybride aux types paternel et ma-
ternel ; Note de M. î^audin. .,...". 6a5
— Observations relatives à la fécondation in-
complète et à ses conséquences dans les
végétaux phanérogames ; par'/e même. ... 845
— Observation relative à un cas d'hybridité
anormale; par.Ze même., *-. : ';. .. ..~. .... roo3
— Observations relatives à l'accroissement en
diamètre des Dicotylédones ; Note de
M. Mathieu^ -... 1 i3g
Physique db globe. — Sur certains faits at-
tribués à un exhaussement graduel du ni-
veau de Ja mer; Note de M. Lame..,.. 3oo
— Sur les eaux thermales de Nauhcim, et sur
la cause de leur jaillissement ; Mémoire
de M, Motursau. .... , 438
— Sur le mouvement des diverses ondes dont . ™
se compose la njArse;, Lettre de M. Çha-
zallon à M* É!ie de Beaumout. . . . ..... g66
— A l'occasion de cette Lettre, M. Elie.de
Beaumont signale parmi les pièces im- -" —
'". ■ 'primées, .de. ]a , cprrçspQndajijCfi. .un . MéV '.
Pas»
moire de M. Samuel Bauqhion sur- les —-
marées diurnes solaires et lunaires des
- côtes de l'Irlande 96S
Voir aussi les articles Géologie et Mê- —
lêorologie.
Physique générale. — Lettre de M. Gallo ac-
compagnant l'envoi de la i re partie d'un -*
ouvrage intitulé : « Introduction à l'étude
de la physique et de la mécanique ».....- 910
— Lettre de M. Coinze accompagnant l'envoi
d'un volume intitulé : « Révélation des —
lois de la nature, ou science de la vraie
physique »,........-.. 1074
Planètes. — M. Le Verrier annonce la dé-
couverte d'une nouvelle petite planète
faite à l'Observatoire impérial par
M. Chacornac, dans la soirée du ra jan-
vier i856.... 3i
— M. Le Verrier annonce la découverte, faite
par M, Chacornac, le 8 février 1 856, d'une
nouvelle petite planète. — Observations
faites à LiverpobI de la planète du 12 jan-
vier t85S (Léda). 279
— M. Le Verrier annoncé que la planète dé-
couverte Te 8 février "|S56, par M. Gha-
côrnac x portera le nomade Lœtitiâ .'.'.. . . Soi
— • Observations -de la planète (39)" faites à
Vienne par M. Lïttrow., eÉà pîorence par ~ ~
M. flânait (présentées jiar M. LeVerrier), ' 49?
— M. ' Lejeuné-Dirichtet présente des "observa-
tions de la planète (3g) faites à l'Obser-
vatoire de Gœttingue; par M. Klin/cer-.
Jiiés. ........................ .. . . , ... . " 58g
— M.' L&Verrier présente des' observations de \
laplanète Lêda, calculées par M. Pape.: 5go
— M. Lé Verrier annonce la découverte de Ia_
46 e planète faite à Paris, le 3i rnarr, par"
'-'.- M. GoldschmideîW.-.A-.-.,'. ..::...:.... '■ 638
*— M. Le Verrier annônceque cette planète a
recule nom âïBarmonia,.,. .......... ., S17
— Eléments provisoires de cette planète ; par
M. Vais. ...„,. ...;.V............... 718
— M. Lejeune-Diriçhlet communique dès ob-
servations méridiennes dés planètes Lêda
et Lœdtia faites à Gœttingue par M.fiZm-
kerfues,. ............................. 638
— Eléments elliptiques de la planète Bar-
monia; par M, Valz. ....... .,'.-.. 991
— Détermination de l'orbite de cette pla-
nète ; pair le même. . . . ...... .. . ... ... .* 1106
— M. Le Verrier communique, au nom de
M. Yvon Villarceau, les éléments de l'or- -
bite de la planète Àmphiirite et I'épfié- - "
méride pour l'opposition -de j 856. . ,. . . - 998
— M. .Le Verrier- annonce la découverte d'une '
4i c petite planète par M. Goldschmidu . .' iodf
— M. Goldschmidu confirme la réalité de cette
• découverte... ................ '.,....,. ; 1067
( i3oi )
Pages .
Planètes.— Eléments elliptiques de la 41 e pe-
tite planète ; par M . Valz 1202
— M. Le Verrier annonce que la 4'° petite
planète de M . Goldschmidt a reçu le nom
de Daphné 1229
— M. Le Verrier annonce qu'une 42" petite
planète a été découverte à Oxford, le
a3 mai i856, par M. Pogson 1107
— Note du P. Secchi sur les anneaux de Sa-
turne...... . . 28a
Platine. — Sur un gisement de platine si-
gnalé dans un filon de la province d'An-
tioquia (Nouvelle-Grenade); Mémoire de
M. Boussingault. 915
Poids et Mesures. — Note de M. Durand sur
une subdivision proposée pour le kilo-
gramme , 117
— Lettre de M. l.-J. Stuart, concernant les
Tables de concordance des mesures fran-
çaises et étrangères 865
Porcelaine. — Note de M. Chevreul sur la pu-
blication faite par M . Stanislas Julien d'un
Traité de la fabrication de la porcelaine
en Chine 47°
Pouzzolane. — Note sur un gisement récem-
ment découvert dans la Haute-Saône; par
M. Bertrand, de Lom 55a
Présidence de l'Académie. — M. Binet, Vice-
Président de l'Académie pendant l'année
i855, passe aux fonctions de Président.'
M . Isidore Geoffroy-Saint- Bilaire est élu
Vice- Président pour l'année i856 1
— Par suite du décès de M. Binet, M. Geof-
froy-Sainl-Hilaire passe aux fonctions de
Président, qu'il occupera jusqu'à la fin
de 1857. — M. Besprets est nommé Vice-
Président pour le même espace de temps. 1 043
Prix décernés dans la séance du 38 janvier
i856 (concours de l'année i855):
— Prix à? Astronomie ( fondation de Lalande).
— Médailles décernées, pour Ja décou-
verte faite en i855 de quatre nouvelles
planètes, savoir : à M. Chacornac, pour
la découverte de la planète Circé; à M. Lu-
ther, pour la planète Leucothée et la pla-
nète Fides; à M. Goldschmidt, pour la pla-
nète Atalante 121
— Prix de Mécanique ( fondation Montyon ). —
Prix décerné à M. Boileau, pour ses recher-
ches expérimentales sur l'hydraulique. . . iaa
— Prix de Statistique. — Prix donné snr les
fonds de i854, à M. Le Play, pour son
ouvrage intitulé : « les Ouvriers euro-
péens ». — Prix donné sur les fonds de
i855, à M. Vicat, pour ses « Recherches
statistiques sur les substances calcaires à
chaux hydraulique et à ciment naturel ».. 123
— Mentions honorables: à M. Demay, pour son
P>6»-
« Histoire de la ville de Bclleville et de
ses accroissements » ; à M. Giraudet, pour
sa « Statistiquo do la ville de Tours, de
i632 à 1S47 »; à M. Grangez, pour son «Pré-
cis historique et statistique des voies na-
vigables en France »; à M. deWatteville,
pour son « Rapport sur l'administration
des bureaux de bienfaisance et sur la si-
tuation du paupérisme eu France », i34
Prix décernés. — Prixjondé par M mc la mar-
quise de Laplace. — Le prix a été obtenu
par M. J.-B. Gay, sorti le premier de l'E-
cole Polytechnique le 20 septembre i855. 137
— Prix de Physiologie expérimentale. — Prix
décerné à M. Brown ■ Séquard, pour ses
expériences concernant la transmission
des impressions sensitives de la moelle
épinière '37
— Prix relatifs aux Arts insalubres. — Prix
de 2,5oo francs, décerné à M . Bumery, pour
son appareil fumivore. — Prixdea,ooofr.,
à M. Sorel, pour ses flotteurs d'alarme,
appareils de sûreté des machines à va-
peur.— Prix de 2,000 francs, à MM. Bou-
tron et Boudet, pour leur moyen de déter-
miner la proportion des sels à base de
chaux dans les eaux des sources et des ri-
vières au moyeu d'une liqueur savonneuse
titrée. — Encouragement de la valeur de
5oo francs, à M. Thibaut, pour son tuyau
respiratoire, appareil de sauvetage pour
porter secours à des noyés ou asphyxiés. . 14 1
— Prix de Médecine et de Chirurgie. — II n'y
a pas de prix décerné ; dix récompenses
ont été données , savoir : Récompenses de
la valeur de i,5oo francs, à M. Hannover,
pour ses « Recherches sur l'anatomie,
la physiologie et la pathologie de l'œil »;
à M. Lehmann, pour son « Traité de chi-
mie physiologique »; à M. Bouquet, pour
son « Mémoire sur l'analyse des eaux du
bassin de Vichy »; à M. Beau, pour sei
«Éludes de physiologie et de pathologie
sur l'appareil splèpique » ; à M. Corvisart,
pour ses « Recherches sur l'action théra-
peutique de la pepsine » ; à M. Beraud,
pour ses « Recherches d'anatomie et de
patliologie sur les voies lacrymales ». —
Récompenses de la valeur de 1,000 francs:
à M. Caseaux, pour son « Mémoire sur la
chloro-anémie des femmes enceintes » ; à
M. Dareste, pour son travail a Sur les
circonvolutions cérébrales »; à M. Tar-
dieu, pour son ouvrage « Sur l'hygiène
publique et la salubrité » ; à M. Foissac,
pour son « Traité de météorologie dans
ses rapports avec l'hygiène et la médecine
publique '47
( I
Pages.
Prix proposés ( séance publique annuelle du
28 janvier; iSJjfi),
— Grand prix de Mathématiques, propose pour
iS56...... ;-.... .....;,... 155
~ Grand prix de Mathématiques, proposé pour
i854 et remis àr856» . .. , Ibid.
— Grand prix de Ma thématiques , déjà remis
au concours pour iS53, et prorogé jus-
qu'en 1 856; i56
— Grand prix de Mathématiques, déjà remis
au concours pour i853, et prorogé jus-
qu'en 1857..., ,, , Ibid.
— Grandpcix de Mathématiques, proposé pour
i85j, puis pour i854, et remis à 1807. •• 167
— Grand prix de Mathématiques, proposé pour
i855 , et remis an concours pour 1857. . • Ibid,
-?* Prix extraordinaire de6 f ooojrancs sur Vap-
plTcationJela vapeur à ta marine militaire,
proposé pour 1857 i58
r— Prix d'Astronomie, (fondation de Lalande.) iâçj
— Prix de Mécanique. (Fondation Montyon.) Ibid.
— Prix de Statistique. (Fondation Montyon,). 160
— Prix Bqrdin (Sciences mathématiques)/
pour l'année 1806,. ;.,, ..,....,, Ibid.
— Prix fondé par M mc la marquise de Laplace, 161
— Grand prix des_ Sciences physiques, proposer.
pour 1857. ,. ....,.,,...,...,,,... .,.. , : Ibid.
— Grand prix des Sciences physiques, proposé :
en i8^4P9»ri856; J f..,^...... i .jj,... i63
3oa )
Pages.
Prix proposes. — Grand prix des Sciences phy-
siques, proposé en iS5o pour i853, et re-
mis au cpneours pour (856 , 164
— Grand prix des Sciences physiques , proposé
en 1847 P our '84g, remis au concours
pour 1 853 , et de nouvea u pour i858. .... Ibid.
— Prix de Physiologie expérimentale. (Fon-
dation Montyon.) ..................... i65
— Divers prix du legs Montyon Ibid.
— Prix Cuvier. ...."." 166
— Prix Alhumbert (Sciences naturelles ^pro-
posé en i854 pour i856..,ii..«.. ....... Ibid.'
— Prix Bordin (Sciences naturelles), pour
is57 ..:........:...,:.;...,,,«..
— Prix quinquennal (Fondation Morogues)^ à
décerner m ib'63... ...,,.,,',, ........ .,
— Rapport de la Section de Médecine et de.
CUrur'gie^rAeïegs.Bréanï'.if^... f ^ . ^,'îbia\_
~ Condition commune à tous les concours*. - 17a
Prqsylène, — Noie de MM, Berthelqt et de '.
Luca sur je prop'ylène iodé/,»,, ^ ^
Pons forés, -v- Lettre de M. Roiet sûr le puits
foré de Tamerna (Algérie} . , ,,-. ,
— Sur le forage artésien pratiqué à Passy. par
M,~&ih '$"{ Note de Ml iîphan&< .-,.....
■w Rejnar/jues de M. Êlie de Beaumonl à l'qc-
- ? casiôn de cette communication. , v , .... «
PÎjnaisbs»^ Sur un moyen employé ay.ee suc-
cès pour K destruction dès punaises j Note
de ^._GJfl^o(e«B„. : ,... »,.....,. ;, " 532
.67
168
2Î3(
— e
1258
33ï
336
Q0«8A*egg dbœrci.6, *-Note de M, Stauffèr. 357
— LeftredeM. Pîénos...... ..,,. ......... 45g
Qoadraiere D0 CERClê.-^Lettre de 'ÛrAngheta. 5a4
e-.Note de Rï. Taùpirtard,.i. ... , . j.v, , . , t , - q xo
R
Rmêdessecrets". — L'Académie n'a ppinf
qualité pour en autoriser l'emploi, et ne r
peut "prendre en considération une de-
mande adressée à Cet effet par M. Cohêndt-
Màrlin. r. . . ..,-. ,-. . ï. ............... , . 81 1
RoTATÏÔN DIURNE DF GLOBE TERRESTRE. — M. Bussy
envoie un exemplaire d'un opuscule pu-
blié en 1764 par Si. de Grante sur des ex-
périences supposées analogues à celles ds
M. Foucault... ........ .......... ~~..;.. 810
EoTATOiRB ( Pouvoir ). — Sur la variation du
pouvoir Totâtoire dans îe sucre de lait;
Noté de M". Dàbrunfaut..-. m8
Rotaïôire (Po«voir.J; — Note de M. Pasteur
sûr lé sucre delait. , . .............. ;". .
— Rèiîtarques M. Biàt à l'occasion de la pré-
cédente communication ;.,... '. ..'... . ..
— Sur la variation du 'pouvoir rotatoîre dû
sucre de fécule; Note de.M. Béchamp. ...
— <• Sur la cause de la. Variation du pouvoir ro-
tatoirê du sucre de fécule, et sur l'existence
probable de deux variétés de gluepse
amorphe j par le même. ,.,,....,.,.,...
— Sur la rotation variable du glucose marne-
lonné de raisin; Note de M. Dûbrunfant.
— Hôte sur le sucre interverti ; par le même:
347
35l
•640
?3 9
gox
( i3o3 )
Pages»
Sangsues. — Sur la reproduction de ces An- ~
nél ides; Mémoires de M. Pouniceau..
245, 585 et n3a
Saponification. — Sur ia saponification des
corps gras par les oxydes anhydres ; Note
de M. Pelouse io§I
Sections de l'Académie. — La Section de Mé-
decine et de Chirurgie propose de décla-
rer, et l'Académie décide, qu'il y a lieu
de pourvoir au remplacement de feu
M. Magendie 499
— La Section présente la liste suivante de
candidats. Médecine, en première ligne :
MM. Cruveilhier et Longet; en deuxième
ligne : MM. Piorry et Poiseuille. — Chirur-
gie, en première ligne : MM. Jobert, de
Lamballe, et Jules Guérin; en deuxième
ligne : M M. Baudens , Laugier, Malgaigne. 55a
— La Section de Géométrie propose de décla-
rer, et l'Académie décide, qu'il y a lieu
d'élire à là placé vacante par suite du décès
de M. Sturm.. ,.,..... ,. 699
— La Sëctfon présente la liste suivante de
candidats : i° M. J. Bertrand; 2° M. Her-
mité; 3° M. Serret; 4° MM. Bonnet et
Pniseux, ex œquo 746
— La Section de Botanique propose» et l'A-
cadémie décide , qu'il y a Heu d'élire
à la place vacante par suite du décès de
M. de Mirbel 866
— La Section présente la liste suivante de
candidats : i° Kl. Duchartre; 2 MM. Châ-
tia, Lestiboudois , Weddell, ex œquo;
3° MM. Gay, Trécul, ex asquo;\ a M.Ger-
main de Saint-Pierre 910
— La Section de Géométrie présente la liste
suivante de candidats pour une place de
Correspondant vacante parsuite de la no-
mination de M. Lejeune-Dfricklet à une
place d'Associé étranger : 1° M. Oslro-
gradski; 2° et par ordre alphabétique:
MM. Bour, Cayley, Cummer, Richelot,
Rosenhain, Sarrus, Sylvester, Thomson. 4 12
— La Section de Médecine présente la liste
suivante de candidats pour nne place de
Correspondant vacante par suite du dé-
cès de M. Prunelle : i° M. Guyon ;
2° M. Bally ; 3° M. Denis, de Commercy ;
4° MM. Ehrmann et Gin trac; 5° M.For-
get 357
— La Section de Géographie et de Navigation
présente la liste suivante de candidats pour
iaplacede Correspondant vacante par suite
Pages
du décès de M. le capitaine Parry. En
première ligne : M. de Wrangell; en
deuxième ligne, M. Wilkes; en troi-
sième ligne, M. Lutté; en quatrième li-
gne, M. Beeehey; en cinquième ligne,
M. Maury 499
Sections de l' Académie. — La Section de Chi-
mie présente la liste suivante de candi-
dats pour une place vacante de Correspon-
dant : i° M. Gerhardt; 2° M. Pastenr;
3° MM. Bineau et Desaignes, ex œquo.. 609
Sêlénographie. — Lettre du P. Secchi accom-
pagnant l'envoi d'un dessin photographi-
que du groupe annulaire de montagnes de
la lune désigné sous le nom de Copernic. 958
Sels doubles. — Sur on hyposulfite double de
soude et de cuivre; Note de M. Schiïtie. 1267
Silicich. — Sur un nouveau moyen d'obtenir
le silicium ; Lettre de M. W'àhler à M. Du-
mas 48
— Du silicium et du charbon cristallisés;
Mémoire de M. H. Sainte-Claire Devillé. . 4g
— Remarques de M. de Senarmont à l'occa-
sion de cette communication 5a
— Lettre de M. Darse à l'occasion d'un Bap-
port sur son Mémoire concernant un pro-
cédé supposé propre à faire distinguer
par des réactions spéciales le silicium et
le tungstène d'avec l'argent a4r
Soie. — De la présence de la chaux dans la
soie, et de ses inconvénients dans l'opéra-
tion du décreusage; Note de M. Guinon.. 239
Son (Vitesse bn). — Considérée comme moyen
de mesurer des distances ; Note dé M. Tau- -
pinard 1 i3a
Sorgbo. ->- Lettre de M. Siccard, concernant
ses travaux sur le sorgho sucré... 1220
Soude artificielle. — Rapport fait au nom
de la Section de Chimie en réponse à une
question posée par M. le Ministre de
l'Instruction publique, concernant la dé-
couverte de la soude artificielle; Rap-
porteur M. Dumas 553
— M. Chevreul, Membre de la Commission,
lit une Note dans laquelle il expose son
opinion particulière sur la question dé-
battue 576
Soufre — Observation nouvelle sur le sou-
fre mou ; par M. Ern. Baudrimonl 808
Sourds -bbéts. — Sur le moyen de rendre
facile l'enseignement des sourds-muets;
Note de M. Rambosson. 1118
— A l'occasion de celte communication,
(;
Pag.*.
M. l'abbé Lecot rappelle un travail qu'il
a antérieurement présenté sur l'éducation
des sourds- muets iaa3
SraÉnoiDAt. (État). — Note intitulée: « Sur
le mouvement de rotation d'un corps à
l'état sphéroïdal, autour d'un point fixe»;
par M. Boutigny. 6g3
Statistique. — Sur la situation de la pro-
priété forestière en France ; Mémoire de
M, Becquerel,, deuxième partie . i85
— Sur les causes commerciales et adminis-
tratives de l'insuffisance et de la surabon-
dance périodiques de la production du
blé en France ; Mémoire de M. Herpin.. 584
Mémoires sur le régime des prisons et des
pénitenciers; par M. Loiret. ... 273 et 729
Sucres. — Action des alcalis~sur le sucre dans
l'économie animale ; Cote de M. Poggiale. 198
3o4)
PagCi.
Sucres. — Sur la cause de la variation dn
pouvoir rotatoiro du sucre de fécule et
sur l'existence probable de deux variétés
de glucose amorphe; par M. Béchamp.
6tfo et 896
— Sur les combinaisons des matières su-
crées avec les acides : deuxième partie,
Mannite; Mémoire de M, Berthelot... un
— Note de M. Dubmnfaui sur le sucre de lait.' 328
— Note sur le sucre interverti; par le même.. 901
t- Note de M. Pasteur sur le sucre de lait,. 347
— Remarques de M. Biot par suite de
cette communication.. . . • 35 1
Sulfures. — Emploi du sulfure de carbo-
ne pour l'extraction du suif des os, de
l'huile des graines oléagineuses, etc.; Mé-
moire de' 'M. Deiss.. ....... .......... 207
T
Tan. — Emploi du tan épuisé ponr la fa-
brication de papiers et cartons con-
venables à diverses industries; Note de _
M, Couturier,. 3g8
Teintures. — Sur les huiles employées à la __
■ : fabriea lion du rouge turc ; Note de JML. Pe-
louse. ','.'.'.'. _ 1 196
— Lettra de MM. Henry à M. Pelouse sur
le rouge turc. ......... .~. • • _«._ 1199
Études théoriques et pratiques sur la fixa-
tion des couleurs daDs- la teinture; Mé-
moire de M. Kuhlmaim. ........ 673 .et 711
— Sur un nouvel acide provenant d'une plan-
te mexicaine, et applicable à la tein-
ture; Note de M. Ramon de laSagra... 873
— M. Rapion de la Sagra transmet une No-
tice... imprimée, contenant U ne analyse
chimique de cet acide... ...... ..;,,.-..... 107a
TgLËÇRiPHlE, .— - M. .le Maréchal Vaillant si-
gnale vg .l'attention de- l'Académie un
nouveau télégraphe fondé sur l'emploi des
rayoqs solairesj inventé par M. Leseurre. 1 178
— Sur un moyen de communication télégra-
phique directe entredes personnes parlant
des langues, différentesj Note de M. Lion, m 9
Température animale. .-*■ Du degré constant
de la chaleur animale considérée dans
rhomme comme lpi de la santé; M empire
de M,.Vanner,, .,.,,,.,.,,,,■,,. ..... 54o
Tératologie. — Condition primordiale de la
duplicité .monstrueuse ;, Mémoires de
M. Serres. . „ ,.„ *.. ... . ,.* 1024 et 1092
— De la cryplorcjijdie. chez l'homme et les
C principaux, animaux, domestiques; Mé-
mQiredfiMMtGou&ouxetFoMn, 54o et lo65
Tératologie.— Recherches sur les monorchides _
et les cryptorchides chez l'homme; par
M. Godart 637
— De l'influence de la cryptorchidie sur la
génération ; Note de M. Puech.. ....... gg6
— Recherches sur les monstres doubles ; par
M. Schultse ..'..,.........-.. 1128
— Sur deux nouveaux genres tératologiques 5,
les genres Iscbiomèie et Agnatbocéphale ;
Notede'M. loir '." 34a
— Remarques de M. Geqffroy-Saint-Hilaire
par suite de cette communication. ...... 343
— Sur' un monstre double appartenant à la ^
fois aux genres Dérodyme, Dérencéphale
«t UrotnèJe; addition à un précédent tra-
vail de M. Puech.,, 343
— Sur un monstre exencéphalien (pleurencé-
ptiàlc); Noté dé M. Gintrac ............ IQ64
Térébenthine. — Effets de l'inhalation des va-
peurs d'essence de térébenthine; JSote de
M. Letellier ...... , ........... ........ 243
Titanic». — Note .de M. Hoffmann sur le
bromure de titanium ................. 35a
Torrents, — Moyens de forcer les torrents
des montagnes de rendre à l'agriculture
une partie du sol qu'ils ravagent; Mé- '__
moire de M, Botef. ggt
Toxicologie.— Réclamation de prioritérclative
à la constatation des propriétés toxiques
de l'Atraçtylis gummifera : nouveaux cas
d'émpoisonnemest produit par la racine
de celte plante; Mémoire de M. Bouros. 809
"— Doutes concernant l'espèce végétale que ^
l'on peut considérer comme cause de .ces.
accidents ; Lettre de M . Bouros ......... 1222
Toxicologie. — Empoisonnements causés,
dans les pays tropicanx , par la chair de
certains poissons; Note de M. Guy on.. . 34o
Tremblements de teree. — Sur le tremble-
ment de terre qui en août i853 a ren-
sé la ville de Tfaèbes; Lettre de M. A.
Gaudry 24
— Sur les tremblements de terre ressentis
dans l'Empire Ottoman en iS55; Mémoire
de M. Yerollot g3
— Tableau des tremblements de terre à Con-
stantinople pendant les quinze dernières
années ; par le même 293
( i3o5 )
Page!
P«S«-
Trisection de l'angle. — Communication de
M. Delaislre 1075
— Note de M. Pietricola n/j'l
Tubes en fer. — Note de M. Pacaud sur des
tubes en fer doublés de plomb , et réci-
proquement 38
Tungstène. — Recherchés sur ce métal et sur
quelques-unes de ses combinaisons; par
M. Riche : 2o3
Turbines. — Des turbines eulériennes et du
parti qu'on en peut tirer ; Note de M . Or-
dinaire de Lacolonge Ï071
u
0RANIBM. — Note sur la préparation de l'aluminium ; par M. Peligot ï. ......... 78
Vapeur d'bad. — Documents adressés par
M. DujarA'n, de Lille, concernant les _
heureux effets de la vapeur d'eau em-
ployée pour éteindre les incendies 37
— Sur la loi de progression, suivant la tempé-
rature, de la tension de la vapeur d'eau ;
Mémoire de M. Gh. Sesmond 636
Vapeurs. — Note sur le calcul delà chaleur
latente des vapeurs ; par M. Legrand. ... 21 3
Vents. — Sur les tempêtes , les coups de vent
et les orages dans la partie de la Médi-
terranée comprise entre les cOtes de
France et d'Algérie; Mémoire de M. Lar-
tigue 121 4
Verglas. — Action du vent sur des branches
d'arbres chargées de verglas ; spécimens
recueillis par M. A. de Campagne; Notes
de MM. Champigny et Chanireau (commu-
niqué par M. Elie de Beaumont) ....... 274
Vernis ikikelahhable présenté par l'inventeur,
M . Duchier, comme propre à écarter une
des chanccsd'incendie les plus communes '
dans les théâtres. — M. le Ministre d'Ela t
consulte l'Académie sur la valeur de cette
invention 1220
Vers a soie. — Emploi des vapeurs d'acide
sulfureux contre la muscardine des vers à
soie ; Note de M. Grun 238
— Lettre de M. Guérin-Mêneville accompa-
gnant l'envoi d'an exemplaire du «Guide
de l'éleveur de vers à soie » qu'il a publié
en commun asec M. Eug. Robert 1 188
— Lettre de M. Pons, concernant les avan-
tages des récoltes d'automne 1274
C. R., i856, i« Semestre (T. XLII.l
Vibratoires (Mouvements). — Du frottement _
considéré comme cause de mouvements
vibratoires; Mémoire de M. Duhamel.. . 973
Vins. — Moyen de constater dans les vins
rouges la falsification par addition de pe-
tites quantités d'alun; Note de M. Las-
saigne . • ■ . •, 4 10
Vision. .— Sur l'appareil d'adaptation de l'œil
chez les oiseaux , les principaux mammi-
fères et l'homme ; Mémoire de M. Rouget, gfy
— M. de Quatre/ages mentionne à cette occa-
sion Les observations de M. Dujardin,
concernant rai appareil d'adaptation pour
les yeux des insectes .... g4l
— Remarques de M. Jobard à l'occasion de
la communication de M. Rouget 1072
— Réclamation de priorité adressée, à l'occa-
sion de la même communication, par
M. H. Muller i!»B
— Nouvelle Note de M. Verstraete, concer-
nant sa théorie de la vision 873
— Kote de M, Buisson sur une théorie de la
vision et de la lumière qui lui est
propre 584
Volatiles (Combinaisons). — Méthode géné-
rale pour la production de quelques
corps simples fixes au moyen de leurs
combinaisons volatiles; Mémoire de
M . H. Sainte-Claire Deville 49
— Remarques de M. de Senarmont à l'occasion
de cette communication 5a
Volcans. — Renseignements relatifs à deux
volcans et à une solfatare de l'île de Java,
I 7 I
( (366 )
Page?
d'après les observations récentes des Hol-
* landais; Note de M. Perrejr... n5
— fiecherçlies Sur les •produits des Volcans de ~
l'Italie méridionale; parM.Cft. Sainte-
Gtaire Devilté ï 167
Voyages^ SCiESTiftQCEs. — Lettre de M, de
Humboldt à M. Jilië de Beaumonî sur le
• ' Pages,
voyage de MM. Schlaginfweit frères, dans
, l'Inde..., '. i ;.\.V,î^'.\....î',.T'_ .•'••' 6 "
Voyages soiehtifiqbes. — M. Le Coat de Salnt-
ffaouen demande des instructions pour
lés recherches d'histoire naturelle qu'il se
propose de faire pendant son séjour dans le
Maroc 1073
Zoologie. — Considérations générales sur les
classifications en histoire naturelle, et
plan sommaire de J'ichlhyologie analy-
tique; communication de M. Dumëril. . . 1029
Sur une nouvelle espèce de panthère tuée
à Ninfi , près de femyrne; Note de M. V"-
lenciennes lo35
— Communication de M. Dumêrilen présent
tant au nom de son fils une « Description
des reptiles nouveaux ou imparfaitement
connus du Muséum d'histoire naturelle de
Paris» 8oî
•— Communication faîte par M. Moquin-Tan-
don en présentant le premier Volume de
son » Histoïredes Mollusques terrestres et
fluviatiles de France.. <fï3
— Sur les perdrix d'Europe; Lettre de M. le
Prince©. Bonaparte à M. Geoffroy Saint-
' Bilaire-..'........,.;.'.......- 5og
— Espèces nouvelles d'oiseaus d'Asie et d'A-
mérique, et tableaux parâlléliques des
Péîagîeiis ou Gàvïœ; par le même... ... 764
— Tableaux parâlléliques de l'ordre des
Gallinacés, et Noté explicative de ces ta-
bleaux; par Je même. 874 ot g5a
— Observations sur la Zoologie géographique
de l'Afrique, et description d'un nouveau
- "genre et de nouvelles espèces d'oiseaux;
pa¥ te même.......................... 810/
— Communication de M. le Prince Ch. fions*
— - parte en présentant un ouvrage de M. Gray
sur les Chéloniéns du Musée Britannique» 5i 3
—-"Sur les caractères zoôlogiques des cétacés;
Note dé SI. Pucheran*. 44^*
Zùologîb. ^- Sur trois espèces de Dâuptiinê
du haut Amazone ; Note de M. Geivais. , 806
1- Essai d'une monographie des Chéiroptères
sud américains; par M.. Gerçais. 547 et Ô90
— Note sur la mammalogie de l'Algérie; par
. M. Pomel 65a
— Indication donnée par M. Brandi des
questions de zoologie traitées dans divers
opuscules dont il fait hommage à l'Aca-
démie. 1249
— Sur les poissons du Don, du Dnèpre, du
Dnestre et du Boug; Note de M. P. de
fchihaïchef. .1... .......... TV. ...... .: 44»
— Lettré* de M. Le ' Coat de Sairit-HaoUen,
concernant l'ornithologie du nord de
* ; l'Afrique : présentation d'un poisson
rapporté de Tanger. ................. 970
t M. "Duméril fait connaître, ca poisson
comme appartenant à l'espèce rare nom-
— mée Ephippiummaculatum.. ...... ..'.., 990
— Sur un nouvel aearus du cheval pouvant -r
transmettre la' gale de es solipède-à
l'homme^ Note de MM, Bourguignon et
Relafond.. ............ . ...... ....... JUj!
** Sur. un nouveau genre d'Annélide. tubicolé
perforant, le genre Stoa ; Note de M- Mar-
cel de Serre?, i,... ...s... *>.#* ***«. *.-».. .' 356"
— Sur- certaines hâbitudës-defr araignées en
rapport ayéç l'état présent ou* prochain de
"; l'atmosphère; Note de M. Çaraguel.i... 4->7
— Lettre de M, Hutin aecompagnairt 1-envqi
de nids d'hirôndellçi salaffgàae; .,...,..'. 74$
( i3o 7 )
TABLE DES AUTEURS,
Â
M*. Pa S«-
ABBADÏE (»'). — Sur des observations d'in-
clinaison de l'aiguille aimantée faites
dans la commune d'Urrugue; Lettre à
M. Élié de Beaumont 612
ACADÉMIE DE NANCY (l') adresse un
exemplaire du volume de ses Mémoires
pour l'année r854 346
ACADÉMIE ROYALE DES SCIENCES DE
BAVIÈRE (l').— Motifs qui lui font dé-
sirer d'obtenir en double série les publi-
cations des Sociétés savantes. — Indica-
tion de quelques lacunes qui se trouvent
dans sa collectionnes publications de
rinsiitntV. . . .". ." ■ ■'■•• • '. ' '• '•• ■••■ 6l e * la2 «
ACADÉMIE ROYALE DES SCIENCES DE
BERLIN (l') adresse un exemplaire du
Supplément au volume de ses Mémoires
pour l'année 1854.. .•••••••-•' ia52
ACADÉMIE ROYALE DES SCIENCES DE
MADRID (l') envoie deux nouvelles li-
vraisons de ses Mémoires... , . aia
ALLEMAND LENOVY. — Mémoire inti-
tulé ; « Recherches sur l'origine des tem-
pératures pour servir à la construction ,
d'une échelle tbermômélrique complète», loi 8
ALPHAND. —Sur le forage artésien pratiqué
à Passy par M. Kind,, ...,..,,... 33a
ANDBA.L est nommé Membrade la Comnila-
hh. Pa 8 M -
sion du concours pour les prix de Mé-
decine et de Chirurgie n58 et Iîo3
ANGELLI, inventeur. d'une encre supposée
indélébile.. la21
ANGHERA. — Lettre concernant des précé-
dentes Notes sur la quadrature du cercle. 5î4
ANONYMES ( MÉMOIRES). Voir à la table
des matières au mot Anonymes.
ANTON1M (Ministre du roi des Deux-Sici-
les) transmet divers spécimens d'écriture
tracés avec une encre que l'inventeur,
M. Angelli, considère comme indélébile. tMO
ARDRIGHETTI.— Addition à une précédente
;_ communication sur un halo lunaire ob-
servé en Ukraine 3 7*
ARNDT. -r- Lettre concernant sa. Note sur un
appareil destiné à la transmission de»
forces »45
AUBRÉE. — Sur le traitement des brûlures
par l'emploi d'un collodiondans lequel il
entre du tannin 65y
AUER. — Lettre accompagnant l'envoi d'un
exemplaire de la Flore autrichienne, ou-
vrage dont l'Atlas a été exécuté par le
procédé dit d'impression naturelle i»2i
AVEN1ER-DELAGRÉE. -r- Mémoire sur un
moteur à air chaud do son invention. . . . io65
AVRE envoie un opuscule imprimé destiné
au concours pour le prix du legs Bréant. , t22o
BABINET.— Détermination de la latitude par
les azimuts extrêmes de deux étoiles cri-
compplaires.. «..».» o-
— M. Babinet fait hommage a l'Académie
d'un exemplaire du second volume de ses
« Études et lectures sur les sciences d'ob-
servation et leurs applications pratiques». 377
— M Babinet présente des bronzes en ronde
bosse obtenus par M. lenoir au moyen de
la galvanoplastie, •• ^^
— M. Babinet met sous les yeux de l'Académie
un portrait gravéde Jenkins, l'homme cité
comme l'exemple le plus remarquable de
longévité.... , .., 4?3
BAGL1AN. — Note destinée au concours pour
le prix du legs Bréant g5i
BAILLY ( Cb. ). — Note sur la mesure des
triangles. ify
— Note sur de nouvelles solutions de quelques
problèmes de géométrie élémentaire jaig
171. t
BALARD communique l'extrait d'une Lettre
quelui a adressée M. /. Barse, à l'occasion
du Rapport fait dans la séance du 17 dé-
cembre i855 ;
BALEGUER adresse plusieurs opuscules qu'il
a publiés dans l'Inde relativement à l'ori-
gine et au traitement du choléra-morbus,
BALLY est présenté par ia Section de Méde-
cine et de Chirurgie comme l'un des can-
didats pour une place vacante de Corres-
pondant ..,,..
BAHBÉ(Ch.), écrit par erreur pour Carré.
Voir à ce nom.
BARSE; — Lettre àf M, Balard, à l'occasion
d'un Rapport, fait dans la séance du 17 dé-
cembre i855, sur un travail présenté par
- lui.. „„...„., .........„.._..,.,.„,...,, ,
BÀSIACO (l'abbé). — Note sur un-moteur
bydraul ique de son invention ...
BASS AGET. — Lettre concernant an Mémoire
qu'il avait adressé à l'Académie, mais qui
n'a pas été reçu , ,
BASSET. — Sur im moyen destiné à dimi-
nuer, pour les hommes de guerre, les
chances de blessures
BAUDELOCQUE. - Sur un moyen d'abréger
les douleurs de l'accouchement..'.-. . . .
BAUDEMEHT. .-Mémoire -sur les' laines
d'Algérie. „... ....... ;;.;...>... .
BAUDENSi^ Etude sur lé typhus de-Crimée,
— M. Baudens est présenté par. la Section- de
Médecine^tde Chirurgie comme l'un <3es
candidats poar'la place vacante par suite
- du.décès de M. Magendiè ,,.... . . '.
BAUDRIMOKT (E.). ,-Sur certains phéno-
mènes ohservés chez un jeune diabétique
soumis à l'action du levain de bière..., ..
— Expériences sur la durée comparative de
l'écoulement des gaz. . . . . .'." f. . ... ,
— Observation nouvelle sur le soufrermou. . .
— Sur la précipitation du protochlorured'an-
timouie par l'eau ..... , ......,,
— Action des acides azotique etchlorhydrique
sur le chlorure de barium et l'azotate de
baryte
— Considérations sur la génération des pro-
duits organiques par leurs éléments sim-
ples, le carbone, l'hydrogène, l'oxygène
et l'azote. . .,.. ; i.. ,,,..; ....,.,.'.
BEAU. -^. Une récompense lui est .accorJée
" P on , r ses .Etudes analytiques.de physiologie
et.de pathologie sur l'appareil spleno-hé-
,- patique.(cQqqo.urs. ppjir les prix deMéde-
" cine et de Chirurgie M l'année i855) . ...
REAUMONT et Maybr.- Appareils proposés
pour le chauffage sans combustibles, au
. : moyen jl'une force: perdue^u- non em-:
( '
P0501.
241
-8 9 3
358
3o8 )
241
854
;5a4-
498.
522
264.
1043
55a
355
3g8
-808
863
n3i
Ihid.
i5o
692
*"• Pagos.
ployée. (Rapport 6ur ces appareils; Rap-
porteur M. Marin.) 719
— MM. Bcaumont et Mayer adressent un opus-
cule qu'ils ont publié à l'occasion du pré-
cédent Rapport , 802
— Remarques d 1 un des Membres de la Com-
mission sur cette publication , 8o3
BEAUPERTHUY.-Recherches sur les causes
du choléra, du typhus et des fièvres de
marais, d'à près des observations recueil-
*■ lies dans le Venezuela..
BEAUPOIL. — Analyse de son Mémoire in-
titulé : tt De l'entéropathie métallique h.
BÉCHAMP. -^Sur la préparation des chlo-
rures- et des bromures des radicaux orga-
niques par l'action du protochlorure et
"du, j)rotpbrpmure,de phosphore sur les
acides monohydratés correspondants. .
— Sur la variation, du pouvoir rotatoire du ,
-sucre de fécule
— Sur-la cause de la variation du pouvoir
rpfatoire-du sucre de fécule, et sur l'exis-
tence probable de deux variétés de glucose ".
amorphe,.. ............ ...... ... ."...,
— Surfis produits delà transformation delà.
fécule, et dji .ligneux sous .l'influence des
. alcalis", du chlorure de zinc et dés acides .
BECQUEREL. -— Suije-de son ^Mémoire sur
lalituaiiônldé, là propriété forestière en
France , apprécié? "d'après 'des" résultats"
- statistiques . ... ... ....... j ... ........
— Extrait d'un Mémoire ' sur auejquësrunes
des principales causés de l'électricité ut*
mosphérique . . . . . .". .V... '.;.. i f . . ;-..., -,
— Rapport" sùriin'perfectionnement apporté
parM.£enoi>à la reproduction des rondes -
bosses par la galvanoplastie. : 4r5, 476 et 618
— M . Becquerel dépose unjYTémoir& dans le-
quel M. Lènàîr a dècril?sês procédés,, ...
— Rapport sur un travail de M; fchihutchef
ayan t pour titre : « Études ciimatôlogiques
sur l'Asie Mineure ». ...<..... . . . : . . ... /
— M. Becquerel présente, en son nom et celui
de son fils, le troisième et dernier volume
du«Traitéd'ElectricitéeldeMagnétisme»
qu'ils ont publié en commun 2 g
— M. Becquerel met sous les yeux de l'Aca-
démie un<j pile construite sur un nouveau- Z ".
principe; par^M. floai..., . . ...... ....:...:
— M. Becquerel présente, au nom de M: du
Moncel, lé premier volume delà-seconde'
édition d'un ouvrage ayant pour titre ;
« Exposé des applications dé Pélectri-
" '.' cité» ......... . : : . ... .,.;.;. ■ , .-^.- : . :.." .....
BECQUEREL (Edb.).— - Note relative au dé-
gagement de l'électricité par frottement.- -
— Recherches sur le dégagement de.l'électrt-'
224
640
896
1210
185
661
6ai
577-
855
n;5
46
( i3°9 )
MM. - P.g«.
cité dans les piles voltaïques. Première
partie : Force électromotrice u58
BEECHET est présenté par la Section de
Géographie et de Navigation comme l'un
des candidats pour une place vacante de
Correspondant 499
M. BEGAT est présenté comme l'un des can-
didats pour une place de géographe va-
cante au Bureau des Longitudes 357
BEHBENS ( M lle ) . — Notes sur la composi-
tion d'une pile voltaïque destinée à l'usage
médical 399 et 55s
BEK.KER. — M. Geoffroy-Saint-Hilaire , en
présentant un opuscule de M. Bekker sur
l'ongle de la queue du lion , donne use
idée de ce travail 345
BELLEMARE. — Mémoire ayant pour titre :
n Les chocs rendus impossibles sur les
chemins de fer au moyen de l'interrupteur
kilométrique » ■ 45
BERAUD. — Une récompense lui est accordée
pour ses « Recherches d'Anatomie et de
Pathologie sur les voies lacrymales » (con-
cours pour les prix de Médecine et de Chi-
rurgie de i855) i5i et 498
BÉRENGER, Président de l'Institut ~pôur
l'année i856, rappelle que la "pfemîènp
séance trimestrielle dés cinq Académies
doit avoir lieu le mercredi a avril 4^5
— M. le Président de l'Institut transmet deux
- pièces imprimées qui lui tint été adressées, ■
et qui sont destinées par Ieur~auteur, . - _
M. Trouillet, au concours pour le prix'
triennal 735
BERETTI. — Recherches analytiques sur le
sang de personnes mortes du choléra. ... 89
BERIGNT. — Observations ozonométriques
faites avec le papier Schœnbein , autour
de la casernede Saint-Cloud in5
BERNARD (Cl.). — Rapport sur le concours
pour le prix de Physiologie expérimentale
de i855.. .;.:,:.:..'.•.............. .. 137
— Rapport snr le concours pour les prix de
Médecine et de Chirurgie de i855 147
— Rapport de la Section de Médecine et de
Chirurgie sur le legs Bréant . . 168
— M. Bernard présente un opuscule de M. Cm-
torani sur la kératite looa
— Et un Mémoire sur les albuminoïdes , par ^_
M. Denis, de Commercy . 1 1 75
— " M. Bernard est nommé Membre de la Com-
mission du concours pour les prix de MéT-
decine et de Chirurgie ii58 et iao3
— Et de la Commission du concours pour le
prix de Physiologie expérimentale. ..... 1203
BERTHÉ. — « De la faculté assimilatrice des
différents corps grasJi. .».»..»..... .... 890
"«• Pa| M .
BEB.THELOT. — Sur le propylène iodé (en
commun avec M. de Luca ) 233
— Nouveau procédé pour préparer l'acide for-
mique 4^7
— Sur les combinaisons des matières sucrées
arec les acides 1111
BERTHERAND. — Analyse de son ouvrage
sur la médecine et l'hygiène des Arabes. . 6g3
BERTRAND (J.). — Note sur le gyroscope
de M. Foucault .... 1021
— Démonstration géométrique de quelques
théorèmes de M. Gauss ." 1088 et laag
— M. Bertrand prie l'Académie de vouloir
bien le comprendre dans le nombre des
candidats pour une place vacante dans la
Section de Géométrie 347
— M. Bertrand est présenté par la Section de
Géométrie comme l'un des candidats pour
laplace vacante 746
— M. Bertrand est nommé Membre de l'Aca-
démie des Sciences , Section de Géomé-
trie , en remplacement de M. Sturm 786
— Décret impérial confirmant sa nomina-
tion 8i3
BERTRAND, de Lob. — Sur un gisement
. de pouzzolane récemment découvert dans
là Haute-Loire ._...'. 55o
BIENÂÏMÉeAt.oo^mé.„Memjjrede la Com-
mission du" concours pour le prix de Sta-
tistique.... . .,'..'.'.'.'••.,. ........... ggt
BILLI ARD. — Théorie de la, phthisie.. — Dé- -
- couverte des sources de l'ozone organique.
— Cause secondaire du choléra. . ._. ,885
BILLT (de). — Note sur la carte géologique
du département dés Vosges , ét'sur quel-
ques accident? géologiques figurés dans
ce travail ..;.... 963
BINEA0 est présenté parla Section de Chimie
comme l'un des candidats pour une place
vacante de Correspondant. 600
BINET. — M. Binet, Vice-Président durant
l'âhhèe' i855, passe aux fonctions de Pré-
sident pour l'année i856 .■■•.»... -77. 1
— La mort de M. Binet, arrivée le 12 mai
i856, est annoncée le'mêmèjour. h l'Aca-
démie ..•;.....................,.....
— Obsèques de M. Binet : MM. Lamé et Cau-
chy y ont parlé au nom de l'Académie
des Sciences...... .'. . ...".'
B1NG. — Lettre concernant l'application du
gluten frais à la fabrication du pain. . . .
BIOT, — Remarques à, l'occasion d'une com-
munication de M. PasteurBUT le sucre de
lait.... ........... ,
— Remarques à l'occasion d'une communica-
tion de M. Jeanjeansui l'huile essentielle,
contenue dans l'essence de garance, .....
873
9«3
909
35*
859
( i3j
BU. PagBl
— M. Siot annonce la réimpression du Com-r
mercivm epistoliçum et de ses annexes ; il
publie ce livre en collaboration avec? . -
• M. Lefort,..*.. » ..-....: 6<> 5
— M. Blai est nommé Membre delà Commis-» : ^
• ■ , sion du concours pour le grand prix de
Sciences mathématiques de_ï856 (ques- "
tipp concernant la théorie mathématique
des phénomènes capillaires).-. ......... Hijl
BLANCHET. — Lettre concernant l_e mouve-
ment perpétuel.......... J>23
BL.ONDEAU. — Sur l'huile douce du Tin et,
'" sur les produits secondaires qui prgnnent
naissance à la suite de l'étbériflcation. . . 44°
_ Considérations générales sur le mode de
constitution des alcools et des étbers. . . 885
BOILE .VU.— Le prix de Mécanique de la^fon- ^
dation UoniTovi lui est accordé pour ses
« Recherches expérimentales sur l'hydrau-
lique». ,i, ............ rt . .,,,... raa
— Recherches sur l'élasticité, du caoutchouc
vulcanisé,-.. ...,...,,..»... .......... g33
BOINET. ^ Nouvel urétrotomé pour prati- ,_
quer l'urétrotomie d'avant en arrière et
sans dilatation préalable.......... 586
BONAPARTE (ii Prince Ch.). — Noté sur'
. - -_ lés Perdrix d'Europe ... . . ..". .... . -* . - ôqg
_ Espèces nouvelles d'oiseaux d'Asie et d'A-~ >r , -
mérique, etfableaux paralléliqués des Pé-., ' " " '
lagiens ou Gaviœ. . . . . . ; i ........ 564
-^ OhservaUans'sBpla zoologie géographique^^- _
de ï'Aftïqné ,ïtï>ésoriptiond'un nouveau
-■ genre et de nouvelles espèces d'oiseaux . ._ 819
— Tableaux Çg.ï'a.ljéïiq-ïies de l'ordre des _GaTi - -
linaces. ..t." ... Lut » . « . • • • ; u '874 et g5z
M.le Prince Ç& . B onaparle présente, au nom "
de M. Gra?, un exemplaire du Catalo-
puè des Reptiles chêldriiéns eiisltant dans : .
. la collection du Muséum britannique. . ., 5t3
_. Et au nom de M. Je/aie?» un opuscule su?,
' les Qissaufcompris^çlans les collection» . -
envoyées le SantafEe de'Rpgota,, , A., ,V»i: g5a
BONÊLM, '*é Suppression- jîu tâàè cuivré
coùierfce^spîVfiour"fesspirales,deiniuIr-_"_ __
tiplîcatéu¥sri..^.M...-...^.'.,.,-.^..-^-i, 885
BONNET (0.)û — Note sûr les surfaces pouf
" * lesquelles la somme des deux rayons de,
côùrfiure principaux' est égale au double "
., dé la norfiiàle .........,.> ! to
-- No't'p sur un genre p'sirticuîfer de surfaces , . .
réciproques .........;.......*>.•"•••» >f 4°**
— . Noufelïes -remarques sur les surfaces à
a&e nîinhna.v. ...... • ••• ■ .-«».«- ."ï"-- osa
— Sur Us surfaces dont toutes les lignes de
: -- courbure* sont -planes. ...... ....-...-.«• 1067
— Nolesùrla courbure géodéstqûei........ ïrôj
— M. Sonnet prié l'Académie de voûtai*
bien le comprendre dans le nombre des
m,
Pages,
candidats pour une place taçante dans la
Section de Géométrie........ 49*
— M. Bonnet est présenté par la Section de
Géométrie c°mme l'un des candidats
pour la place vacante par suite du décès *
de M. Siurm..... .... ,-••■--. .. r ......... , 746
BONNET* de Lyon. — Sur l'application du = .
comptejjr à gaz k la mensuration de l'air '
respiré... ......<<..............,.--• 8a5
BÔRDONE, ^-Description, .et figure d'un _;
nouveau système de grillés fninivores»** 636
BQtTGABT. — Lettre et Note, relatives; àijn-
nouveau système; de mo.teurs'j daiisJeqtsel / ;-" ":
l'air remplace ta vapeur.» ,,..».. 8.65 et 1074
BOtfCTTOT. *-■ Survies symptômes et. le trak
* ' temeflt du, coryza des nouveau-nés .,,".,, ; 354
BOODËTet Bqutbon. — ÏJn prix leur SSt*." 2
accordé jpçur leur moyen de- détermine? ;
la. proportion .des sels à baser de çbaux_ -
" dans lçs eaux des sources et des rivières, •
a\j ftoyen. cj'uue, liîjueuç savonneuse titrée ' 1
(concauts pour le prjx.dit des Arts insa^
labres) amjéfti855):..- 1*. »..••.»■ 14% et 3oo
BODIS, -?■ Sur l%Trésettce de l'ammoniaque:
• '_ days certaines, eaux minérales.-. . -, , 4 . t . , . 1 269
BÔTJIiPj — - Tnaitament des adénites cervi^^- £^
cales ~ t car. nn ncuveau procédé d'acu». '
puncture . ^ç. »....,..,, v. , . ^» . 3gS et J274
B0TJN1ÇEAD. <*, Recherehes sur VBirudo san~
guisuga et son mode da reproduction ...
..,,,„.,.., . 1 . r ..,< v ,.* â45, 585 efc n3a
BODQDÏïF.-^' Une récompense lui es8 ac-
cordée pour son. Mémoire sjjr l'analysé
- £ - des .eaux du bassin. hydroI.Qgiiniejlje Vis-:
chy (concours .pour .les, prix deJVIéde=j- ;ZZ
.: ■'. eipe çt de Chirurgie de-1'Année. i855 % , , t i5a *
BODR. -^Mémoire, sur les m,Quveni§nt% re^ : 1 ;
latifet *"• r » • * i * «~« ;' * ■ *■*_ ' • ' • •-" ■."'* *••-»< 383
s* M. jÇp«r. est .présenté par la Section de;
Géométrie comme l'un de$ candidats — •..
pour une .place_ vacante de, Co.rîéspo.n- .
«^ dant....... ..... > .... - e . ••••••• ••«'•■•^ 4 ia
BOUBBQN (Isjp.). t- Mémoire sur divers _
ï'.: traitemeflt? opposés aïs choléra, et plus
pariiculièrement sur les effets thérapeu. _
'" tiques dçla strychnine..,..;..... 6,37 et 996
BOTJRGE'E. >^ Mémoire: sur le développe- ~
i ment de la fonction perturbairice.. . . ïii: 53o
— Mémoire *ur le. développement en série , 'S. —
c ; d'une partie de la fonction perturba»!
trice.^ ^* r. ...-...»....*....... ^-..,*. .»- IOpg
BOURGDIGNON et Deiafosd. ^ Lettre con-
cernant leur travail sur la pathologie com-
parée de lagale....... ................ = 6r
— Note sur un nouvel acarns du cheval, pou-
vant transmettre la gale de ce solipêdé" L ".
à l'homme. ........................... a4ï
( i3r
HH. Pages.
B00R05. — Réclamation de priorité relati-
vement à la constatation des propriétés
toxiques de VAtractylis gummifera. Nou-
veaux faits d'empoisonnement par la ra-
cine de cette plante 809
— Des renseignement» ultérieurs sur ces der-
niers cas d'empoisonnements portent à
attribuer l'action toxique à wae plante
autre que PAlractflis 1222
BODSSINGAULT. — Sur un gisement de
platine signalé dans un filon de la pro-
vince d'Antioquia (Nouvelle-Grenade). . . 917
— Recherches sur les variations que l'eau de
la mer Morte semble subir dans sa com-
position ia3o
— M. Boussingault est nommé Membre de la
Commission du concours pour le prix de
Statistique 991
— Et de la Commission du concours pour le
prix dit des Arts insalubres., i raiji
BOUT1GNY. — Note ayant pour titre : « Sur
le mouvement de rotation d'un corps à
l'état sphéroïdal autour'd'un point fixe ». 6g3
BOUTRON et BoédeT. — Un prix leur est
accordé pour leur moyen de déterminer
la proportion • des sels • à Jase d« cfaïux
dans les eaux des sources et des rivières
au moyen d'une liqueur savonneuse titrée
( concours pour le prix dit des Arts insa-
lubres de l'année i855). «4 1 et 3oo
BHACHET. — Lettre et Note concernant
l'aéronautique,.^........ 498 e * 597
— Note sur des instruments d'optique. . . . . . toj5
— Noté coneeroant la presse hydraulique... 1225
BRAME, — Sur la préparation et kt conser-
vation des fumiers 1065
BRANDT, en présentant divers Mémoires
de Zoologie, en indique sommairement
le sujet is49
BRAVAIS. — Rapport sur une Note de
M. Wits-Brown : u Nouvelle méthode pour
le calcul des distances lunaires observées
en mer » 4j4
— M. Bravais, en présentant, au nom de
M. Siljestrdm, un volume intitulé : « Dis-
sertation sur des matières de physique et
de philosophie », donne une idée du con-
tenu de cet ouvrage 274
BRAVARD. — Conspectus de la faune fos-
sile de l'Amérique du Sud 885
BRETON (A.). — Lettre et Note concernant
une pile électrique de son invention des-
tinée à l'usage médical 356 et 53g
BRETON, de Cbahf. — Sur un passage de
Froclus qui a été indiqué récemment
comme serapportant aux porismes ...... 45°
o
HH. P«8".
BRETON, de Chahp. —Mémoires sur les con-
ditions auxquelles il faut satisfaire dans
la construction des appareils d'optique,
pour obtenir des images exemptes de
déformations 4^
— Théorie dos effets de la lentille simple em-
ployée comme objectif de chambre obscure
et comme besicle 542 et 741
— Sur la courbure des surfaces focales dans
le cas d'un objectif composé d'un nom-
bre quelconque de lentilles en contact,
traversé en son centre de figure par des
pinceaux on faisceaux très-minces de
rayons lumineux 96°
BRONGNIART est nommé Membre de la
Commission chargée de proposer le sujet
du grand prix des Sciences naturelles ,
pour l'année 1857 •- • 13
— Et de la Commission du grand prix des
Sciences physiques de iî)56 (question
concernant les lois de ta distribution des
restes organiques dans les terrains de sé-
diment) 83g
BROWN (Wils-).— Nouvelleméthode pour le
calcul des distances lunaires observées en
mer. (Rapport sur ce Mémoire ; Rappor-
teur, M. Bravais.) 4/4
BROWN-SEQUARD. — Recherches expéri-
mentales sur la production d'une affec-
tion convulsive, épileptiforme, a la suite
de lésions de la moelle épinière 86
— Le prix de Physiologie expérimentale lui
est décerné pour ses expériences eoncer -
nant la transmission des impressions
sensitives de la moelle épinière ( con-
cours dei855)... "37
— Lettre concernant une erreur typogra-
phique qui le concerne dans le Compte
rendu de la séance du 3 décembre i855. . 3oi
BEYAS (de). — Lettres concernant sa Note
sur les terres propres a la fabrication des
tuyaux de drainage. 811 et 1223
BUISSON.— Considérations sur la lumière
et sur la vision 4^8
BURD1N. — Sur le calcul des effets des ma-
chines >• 9
BUSSY transmet un opuscule publié en 170^
par M. de Grante, sur des expériences
supposées analogues à celle par laquelle
M. Foucault rend sensible. aux yeux le
mouvement de rotation de la terre. ..... 810
BCZAIRIES.— Demande concernant un opus-
cule qu'il vient de publier sur l'agricul-
ture.,. ,...» » 0lS
( l3l2 )
CADET. — Supplément à -de précédentes
communications sur le choléra-morbus
et sur la classification des corps naturels.
aio> 344e( ii3a
CAHOJJRS • — Recherches sur une nouvelle
classe d'alcools (en commun avec M. Bqff-
Tnanu). ........ ... ?r . .............. , 217
CANCALON. -s- Lettre concernant son Mé-
moire sur les modifications éprouvées par
* le climat de l'Italie , de )a France et de
l'Amérique....... ..„....,,.,... ... 55f
ÇARAGUEL. — Observations sur certaines -.
habitudes "des araignées en rapport avec -
l'état de l'atmosphère. V. ;...__.....,. , 4^7
CARANZA. — Nouveau procédé deSïïxage
pour les épreuves photographiques au
moyen du chlorure acide de platine,,,.. 344
CARENTIN. — Sur un procédé agricole uti-
lement employé' en Aïgerie pour préve-
nir le développement de lamàladie de la
vigne. ..........,..:...:..... ..." 637
ÇARMÊKTBEZ (l'abbé). —Nouvelle Note
'■ - relative' aux m ôyéns de prévenir * l'inva- "
sîon du choléra-morbus ..... ... 344 et 5i2
CARMIGNAC-DESGOMBES pèke. — Per- -
fectiounement apporté à un procédé de :
• " conservation pour- les céréales . -. , ; . ...... - zj4o
CARRE (Ca.). — Mémoire sur djvers moyens - —
tendant à empêcher les déraillements sur
les chemins de fer. .T.. .,-,...... „...,_- 344
CARRERE. — Sur la production des anneaux
; - - colorés par.un .procédé particulier, et-sur ■
l'application -de ce procédé à Informa-
tion d'jin -, papier, a. cou] euss .changeantes . 689
GARRET.^- NouyeJ.jippsreiLppurJejtiaiîe-
ment des fractures des membres.. ... . . . . . jo3
CASASEÇ4_..— 'Observations pluviomélriques -
j faitesàJa_Havane, du i? r janvier .855 au
I er janvier i856 ...... ~, ...... . ,.„'.". .'. 655
ÇASTORÀNI. — Son Mémoire intitulé ;'«De ;
la kératite et dé s'es suites »,'ést présenté"
et analysé par M. Cf. Bernard.. 7 ...... 1002
— Descriplioiiret figure "d'un ôphthaimoscope. 1073
CATALAN. — Sur Ie ; calculdeJa latitude par - - -
la méthodê.dfrM. Rahinetir*... .... . .. 287
— Note à l'occasion d'an théOrèmedeM.Ser- -
ret.J. .-...'. ._...■.,, _.__^_, _.';„_ ;."_,.=. ... 1184
CATJCHY. — Sur. une formule très-simple-
et - trèsrgénérala._5ni ctfisflBt immédiate:- ^ _ 2
ment un, .grand.. Jiembre_ dgp^rQblèmes^
. : . "d'analyse .déterminée çt d'analyse indéter- ;
minée , 366
— Note sur un théorème de M. Puiseux..., G63
MB-'. -. . ,.:..- ; ■ .s .' *-: Page».
— Déclaration de M. Cauchy à l'occasion . -
d'une demande de Rapport adressée par
M. Passot , , .... ... ..... ... __.__.. _,-._.- 189
— M. Cauchy, est. adjoint à 3a Commission:,
chargée d'examiner un Mémoire présenté. . ". J
par M. Gozncz de Souza dans la séance
- - du 23 juin .856 ,.,.,,,.,....,.„..... 1175
CAYLEY est présenté par la Section de Géo-
métrie, comme, l'un des ..candidats pour
: une place ya.can.te de Correspondant ... . « 4 ia
CAZEAXJXt — Uni! [récompense, lui est accor-
dée pour son Mém.oire SUE 'a chlororanérZ
mie .des femmes enceintes , ( concours, ...
pour les prix de Médecine et de Chirurgie
dei855),, ,....,..,...,..,.»... i5r
CHACQRNAC. — Découverte d'une nouvelle
petite planète faite à l'Observatoire de
Paris , le 12 janvier i85f>..' 3l
— Découverte d'une nouvelle petite planètel _
faite le 8 lévrier .856, (.communication.- -
de M. Le Verrier),.,,. ■ ."• ^.......~,. ,278
— Une médaille du prix .d'AstronomiadeJa. .
fondation de Lalande lui jest décernée ._
pour sa découverte de la planète Circéa. ^ 122
CHAMPIGNY.r^JSote sur un verglas singu-
lier observé dans les environs de Châtel-
v l lerault ( Vienne,). . . , ...... ...... ..... .... ... 2^5
CBANTREAD. — Effe.tgdnj'erglas. dans cer.-. . —
! .î.tains cantons du, dépgrtemen.t-desJJeus-. . —
Sèvres., .... ,*... .,..,, t, . ,,. » ...,. ... . . . . . , -27S
CaAPO.TEAU._T- .Sur. un. .procédé employé
ayee sncçjs ppm» détr.u.irejejï punaises. . . . 5aa.
CHARLES (Mî?*). — Sujr des. appareils et pxo.
cédés dé spn, inyentiqn.pour le.blanehis--.
sage à la.vapeur libre et sans pression... 585
CHASLES. ,r- Remarques à ï'qçças.ipn .d'p.ne. _
Note d§ M. Vincent sur la .théorie des ;
' ;. parallèles.,.. ..,.,...,.,...,... •.•...•... , .t154.et.1240
— M.Chàsles çommpnique une Lettr^que lui^
a adressée M- Oftalan, sur le calcul de. Ja
latitude par la méthode de^ M. Babiuet . . 287
— M. Chosleg présente au nom de M, Babbage %
, une .Notice imprimée sur la machine à
calculer dejM . Sçheuts K . ...... %^.- •__•_•* • _79&
ÇHATIN.,— : De l'existence; et des caractères
de deux types symétriq^ueSjdiâtincts chez ._ 1
les plantes diplostémones .......,.',... tî
— •; jSur les_ plantes aériennes égidendres • sur .
la structure des racines, des jOrcbidees. , /Jo
— Sur l'ordre, des Cuscutacées . ^ .• :i „ >s . = . .. »^ 269
« : A na tom ie .âes; CassvtEacéss ,.'„...'... ... . . 329
— "Mémoire sur 1 es 'genres Ôrôbmichë eÏPhe-
lipœa 488
(1
»«. P as «.
CHATIN.— Organographie des Orobancbées. 792
— Recherches expérimentales sur le pouvoir
d'absorption , par rapport à l'eau , des
racines des plantes aériennes 841
— M. Chalin est présenté par la Section de
Botanique comme l'un des candidats pour
la place vacante par suite du décès de
M. de Mirbel gio
CHATONET Mémoire sur les matériaux
à employer dans les constructions à la
mer ( en commun avec M . Bivot ) 1 1 19
CHAUVEAU. — Nouvelles recherches sur la
question glycogénique i oS
CHAZALLON. — Sur le mouvement des di-
verses ondes dont se compose la marée. 96G
— M. Chazallon est porté sur la liste des can-
didats qui peuvent être proposés pour la
place de géographe vacante au Bureau des
Longitudes, par suite du décèsde M. Beau-
temps-Beaupré 35*
— M. Chazallon prie l'Académie de vouloir
bien le comprendre dans le nombre des
candidats pour une place vacantede mem-
bre-adjoint au Bureau des Longitudes... 498
CHEVAL. — Mémoire intitulé : « Nouveau
procédé pour la conservation des bois-
sons au moyen de la pression du liquide
sur et par lui-même » 58g
CHEVALLIER (A.). — Emploi du phosphore
amorphe ; réclamation de priorité à l'oc-
casion d'une NotedeMM.Or/?/aetfi<£ou(. 272
— Sur le phosphore et ses préparations (en
commun avec M. O. Henry). ... 341 et 996
CHEVREOL. — Rapport sur le concours pour
le prix relatif aux Arts insalubres pour
l'année i855 , ji ,
— Comparaison de l'analyse minérale avec
l'analyse organique immédiate, et consé-
quence qu'on en peut déduire pour établir
une méthode de cette dernière analyse.. 873
— Communication de M. Chevreul, en pré-
sentant, au nom de M. S. Julien, un Traité
de la fabrication de la porcelaine en Chine. 470
— M. Chevreul, Membre delà Commission
chargée de répondre à une question po-
sée par M. le Ministre de l'Instruction
publique, concernant la découverte de la
soude artificielle , lit une Note dans la-
quelle il expose son opinion particulière
sur la question débattue 576
— M. Chevreul est nommé Membre de la
Commission administrative pour l'année
i856 3
— Et Membre de la Commission du concours
pour le prix dit des Arts insalubres 1241
CHIOZZA. — Sur la production artificielle de
l'essence de cannelle. 222
C. R., !856, i« Semestre. (T. XLII.)
3l3 )
P»g«J.
746
>ÏM,
CLAUZURE. — Réclamation à l'occasion
d'une Note de M. Leclerc, relative à l'ac-
tion des infusions végétales sur le sang
veineux fraîchement tiré de la veine 585
CLOQUET (J. ) présente un Mémoire de
M. Longet sur les liquides digestifsde l'é-
conomie animale •. <So
— M. Cloquet est nommé Membre de la
Commission du concours pour les prix
de Médecine et de Chirurgie... 1 1 58 et iao3
COCHADX. — Manomètre destiné à faire
connaître le degré de profondeur qu'un
bateau sous-marin ne doit pas dépasser.
COHENDT MARTIN. - Lettre concernant
un médicament composé dont il dit avoir
obtenu d'excellents résultats gn
COINZE. — Lettres concernant un livre in-
titulé: « Révélations des lois de la nature,
ou Science de la vraie physique m. 1074 et 1224
COLUNS. — Lettre concernant une précé-
dente Note sur une question d'analyse
mathématique 355
COMBES. — Rapport sur un Mémoire de
M. Phillipps, concernant le calcul de la
résistance des solides prismatiques sou-
mis à L'action d'une charge en mouve-
ment 3^5
— M. Combes est nommé Membre de la Com-
mission chargée de la rédaction du pro-
gramme pour le concours concernant le
Perfectionnement de la Navigation 3t
COMP1NGT. — Lettres concernant un remède
de son invention pour la guérison des
dartres 745 , 893 et 1074
CORBON, écrit par erreur pour Courbon.
Voir à ce nom.
CORV1SART. — One récompense lui est ac-
cordée pour ses recherches sur l'action
thérapeutique de la pepsine (concours
pour les prix de Médecine et de Chirurgie
de 1855.) ,53
COSTE. — Note sur l'empoissonnement des
eaux du bois de Boulogne 3ia
COUES (S.-E.) — Mémoire sur une variation
de la vélocité du soleil , qu'on a attribuée
à une oscillation du périgée solaire 520
COULVIER-GRAVIER. - Bolide observé le
29 févier i856 «i
COURBON prie l'Académie de faire examiner
une collection qu'il a faite des plantes
croissant dans les environs de Montevideo.
— Mémoire sur la flore des environs de Mon-
tevideo et de l'île de Saint-Gabriel
COUTURIER. - Note sur l'emploi du tan
épuisé pour la fabrication de papiers ou de
cartons convenables à diverses industries.
CRUVEILHIER. — Mémoire sur l'ulcère sim-
ple de l'estomac. ..... .' 81 et
I72
4»
,49«
398
431
( ï3i4 )
mi. Pages.
— M. Cruveilhier est présenté par la Section
de Médecine et de Chirurgie comme l'an
des candidats pour la place vacante par
< suite du décès de M. Magendie. , 55a
CURATEURS DE L'UNIVERSITÉ DE
LjEYDE (les) adressent, au nom des Uni-
versités néerlandaises et des Athénées
hm. !"»»»•
d'Amsterdam et de Deventer, un exem-
plaire de leurs Annales pour l'année r85i-
i852.. « - ,l3î
CURTAOLT, — Sur des moyens employés
par lui avec succès pour délivrer la- vigne
de l'oïdium «74 et iaa4
D
DANA adresse l'Atlas de son ouvrage sur les
- Mollusques observés dans le voyage de
circumnavigation exécuté par ordre des
Etals-Unis d'Amérique dans les années
.. i838-i84a ."- a?
DANGER (M lle ) demande et obtient l'autori-
sation de retirer quatre paquets cachetés
présentés par feu son père et par M. Flan-
din ., 909
DARCY. ^-En présentant son ouvrage sur les
fontaines publiques de la ville de Dijon,
M. Elle de Beaumont donne , d'après la
Lettre d'envoi, une idée du travail rela-
tif à l'approvisionnement en eau de cette
ville HjS
DARESTE»T-!-Une récompense lui est accor-
dée pour son travail sur les circonvolu-
tions cérébrales (concours pour les prix
de Médecine et de Chirurgie de i855 ). . . 149
-n Note sur l'encéphale de l'aptéryx 861
DARLU. — Sur les moyens de prévenir le
relourdes grandes inondations 1143
DARQNDEATJ prie l'Académie , de vouloir
bien le .comprendre dans le ^nombre des ^ .
candidats pour une place vacantede Mem-
bre adjout.au Bureau des LongUudes. ., 81b
DAUSSE. t-t Note relative aux inondations. 1241
DAUSSY présente à l'Académie la Table des
positions géographiques des principaux
"" lienxdu globe, extraite de la Connaissance
des Temps pour j858. 818
— JA..I)aussy est.porté sur la liste des candi-
dats qui peuvent être présentés pour la
place de géographe vacante au Bureau des
Longitudes par suite du décès de M. Beau-
temps- Beaupré. ... ..,„.. 35j
— M, Daussy est désigné par la voie du scru-
tin comme le candidat qui sera présenté
en première ligne par l'Académie pour la
place vacante.. 377
DECEARMES. — Fabrication d'une liqueur -^
alcoolique avec les tiges de VBelianlhus
tuherosus ( topinambour) .............. 438
DECHEN. — Carte géologiq ue de la province
.Rhénane et de la province de Westpnalie ;
M. Êlie de Beaumont résume les rensei- - -
gnementsjburnis par cette carte., .,^. ., . ioô
DECKEN. — Note intitulée : a Etudes du
fluide magnétique, de ses attributs et da
ses fonctions dans la nature ».... 5g8
DEISS. — Mémoire sur l'emploi dusulfure de
' carbone comme moyen d'extraction du
suif des os, de l'huile des graines oléagi-
neuses et pour le dégraissage des laines., 207
DELAFOND et Bourguignon demandent l'au-
torisation de reprendre un travail sur la
pathologie comparée <iè la gale. ...... .. 61
— Note sur un nouvel acarus du cheval pou-
vant transmettre la gale de ce solipède à.
l'homme < ■» 2 4 I
DELAISTRE. — Sur la trisection de l'angle. ioj5,
DE LA ÏONQUIERE. — Sur un phénomène
atmosphérique, un bruit sans cause con-
nue, qui a été observé à- Pau et dans les
environs. . ;; . .T ..',..«....... . ...... 3.9P
DE LAMOTTE-TARCHAND. — Mémoire
sur les aurores polaires 1256
DE LA RIVE ( Adg.) présente à l'Académie
le second voluniede l'édition anglaise de ~*"
. ; son ouvrage'Suri'électTtcité .-. ,-.- fixf
— Remarques à l'occasion d'une cômmunica- " '
tîon de M.- Despretz sûr cette question :
"Le -courant -de la pile pent-ïl traverser
l'eau sans la décomposer? .-....;........ 7T0
DELAUNAÏ, en présentant, un exemplaire^
d'un Traité de Mécanique rationnelle qu'il
-- . vient lie publier, fait connaître le but
qu'il s'est proposéen écrivant cst-oûvrageî"' 341)
M; Delauriay est -nommé Membre delà"
— î - Commission appelée à décerner le prix
d'Astronomie (fondation Làlande) pont
l'année- 18~56; : . _. . . ... ...... : v. .'. :.'.-.. iao3
DELBSSW=^Oailè hydrographique souter-
raine de fa ville de Paris.... .v: ... ... . . 1207
DELFRAYSSÉ. — Note sur le traitement dir
cholérâépidémique.. ......... ......... 89
DËLPEOH. — Sur lesraccidents que développe __
chez les ouvriers en caoutchouc l'inhala*
tîon dés vapeurs de sulfure de carbone.. 586
DE LUCAs^-ïSur le propylènê iodé \eti com-
mun avec M. Berth'eloi).... "•"»."-_••• a3i
DEMANDRE (L J ABBÉ)-transniet unedeniande, _.
que l'auteur ne peut présenter "direété-; "
-'■ ment; se -proposant de concourir pour un"
( i3i
a*.
Pages.
524
699
des prix où l'une des conditions imposées
aux concurrents est de ne pas faire con-
naître leur nom avant le jugement de la
Commission 657
DEMAY (V.-P.)..— Une mention honorable
lui est accordée pour son « Histoire de la
ville de Belleville et de ses accroissements,
ou Examen des divers rapports de la ban-
lieue de Paris avec la capitale » (concours
de Statistique pour l'année 1 855) i34
DENIS, de Cohmerct. — Nouvelles études
chimiques, physiologiques et médicales
sur les aJbuminoïdes qui entrent comme
principes immédiats dans la composition
des corps organisés 1 175
— M. Denis est présenté par la Section de Mé-
decine et de Chirurgie comme l'un des can-
didats pour nne place vacante de Corres-
pondant 358
DESAIGNES. — Transformation de divers
acides organiques due à une action de
présence (Mémoire inscrit par erreur
sous le nom de Lassaigne). ...... 494 e '
— M . Desaignes est présenté par la Section da
Chimie comme l'un des candidats pour
un? place vacante de Correspondant ....
DESLONGCHAMPS (Eudes). — Lettre à
M. Êlie de Beaumont sur le météore lumi-
neux du 7 janvier i856 78
— Description d'un nouveau genre de coquil-
les Jbi valves fossiles (Eligmus), provenant
de la grande oolithe du département du
_: Calvados... .._ 719
DESPEYROUS est reconnu pour auteur d'une _
Note sur les fonctions elliptiques d'abord
attribuée à feu M. Sturm, dans les papiers
de qui elle avait été trouvée..,.. g88 et 10&7
DESPRETZ.— Quelques expériences sur cette
question : Le courant de la pile peut-il
traverser l'eau sans la décomposer ?
— M. Desprels demande que l'appareil em-
ployé par M. RuhmkqrffçoxiT mettre le feu
aux mines soit admis au concours pour le
prixdit des Arts insalubres
— M. Dsspretz présente un Mémoire de
M. Gaugain sur . la force électromotrice
des piles dans lesquelles on emploie des
métaux amalgamés. 4^°
— M. Desprelz est élu Vice-Président en rem-
placement de M. Geoffroy-Saint-Hilaire,
qui, par suite du décès de M. Binet , est
appelé aux fonctions de Président io43
— M. Desprelz est nommé Membre de la Com-
mission du grand prix des Sciences ma-
thématiques de i856 (question concer-
nant la théorie mathématique des phéno-
mènes capillaires) 1241
DE^ILLE. Voira SalnteJXaire Devillc
707
694
5)
BU. P«8M
DE VRIX rappelle une demande qu'il a précé-
demment adressée au nom de la Société
de Physique expérimentale de Botterdam. 497
DIDION.— Des loisde larésislancederairsur
les projectiles animés de grandes vitesses. 1048
DIEN. — Sur un bolide vu à l'Observatoire
impérial de Paris dans la soirée du 3 fé-
vrier 1 S5G a37
DIRECTEUR DD JOURNAL LA SCIENCE
(le) prie l'Académie de vouloir bien le
comprendre dans le nombre des personnes
auxquelles elle accorde les Comptes rendus. 74^
DOAT. — Pile construite sur un nouveau
principe 855
— Pile voltaïque à courant constant. 969
DON ATI. — Observation faite à Florence de
la planète (3g) 49^
DONON. — Sur des couleurs à base de fer
destinées aux usages de la peinture. 698 et 909
DOSNON , écrit par erreur pour Donon. Voir
l'article ci-dessus.
DOYÈRE.— Lettre accompagnant l'envoi d'un
exemplaire de son Mémoire sur l'ensilage. 864
DOUBLET DE BOISTHIBAULT. — Obser-
vation faite à Chartres du bolide du 3 fé-
vrier 1 856 .' 28a
DUBOIS. — Lettre écrite avec une encre de
sa composition supposée inaltérable.... 698
DUBRUNFAUT.— Note sur l'acide tartrique. lia
— Note sur le sucre de lait.... 228
— Note sur la rotation variable du glucose
mamelonné de raisin 739
— Note sur l'inuline 8o3
— Note sur le sucre interverti 901
— Note sur la chaleur et la force mécanique
produites par Ja fermentation vineuse . . g45
DUCHARTBE. — Recherches expérimentales
sur la respiration des plantes 37
— Recherches expérimentales sur les rapports
des plantes avec l'humidité atmosphé- —
rique 4 2 8 et 79°
— M. Ducharlre est présenté par la Section
de Botanique comme l'un, des candidats
pour la place vacante par suite du décès —
de M. de Mirbel 910
DUCHENNE. — Recherches électrophysio-
logiques sur les fonctions des muscles
qui meuvent le pied ggG
DUCHESNE. — Réclamation de priorité à
l'occasion d'un passage du Mémoire de
MM. Orjila et Rigoul sur le phosphore
rouge et l'empoisonnement par le phos-
phore 437
DUCLAOX ( Martin ). — Histoire des épidé-
mies de fièvre muqueuse, de variole, de
rougeole et de coqueluche qui ont régné
en i855 dans quelques communes de l'ar- —
rondissement de Villefranche. 6g3
17a..
(ï
MM. '- _ Pages.
DrjDOUIT. — Remarques relatives aa pro-
gramme de l'un des prix de Mathéma-
tiques proposés pour l'année i856 4 Ia
— M. Dudouit demande à être compris dans
Je nombre des candidats pour une place
vacante dans la Section de Géométrie., . Su
DUFOCR (Ch. ) — Premier résultat de ses ob-
servations sur la scintillation des étoiles. 634
DUFRENOY présente un Mémoire de MM. Ri-
vot et Chatoney sur les matériaux em-
ployés dans les constructions à la mer.. 1119.
DUHAMEL. — Du frottement considéré com-
me cause de mouvements vibratoires... g^3
— Présentation du- 1er volume dus Éléments
de calcul infinitésimal de M. Duhamel.. . igo
^— M. Duhamel est nommé Membre de la
Commission du grand prix de Sciences
mathématiques de iS56 (question con-
cernant la théorie mathématique des phé-
nomènes capillaires ) , 134
DUHAMEL, de la Charente-Inférieure. —
Lettre concernant la mesure des solides
à forme géométrique . 86G
DUJARDIN adresse une pièce à l'appui de ses
précédentes communications sur l'emploi
de la vapeur pour éteindre les incendies. 27
DUJARDIN. — Observation d'oedème de la - -
glotte guéri par la trachéotomie;. ...... g5i
DUMAS. — Rapport fait au nom de la Sec-
tion deChimieen réponseà une question —
posée par M. le Ministre de Vlnslruction "-
- publique, concernant la découverte de la
soude artificielle 553
— M. Dumas- communique nne Lettre que lui —
a adressée M. Wôhler sur un moyen nou-
veau d'obtenir le silicium jj.8
— Et une Kote de M. H. Sainte-Claire Deville .
sur le silicium et sur la préparation du
fluorure d'aluminium - /jg
— M.Dumas présente une Note de M. Alphand
: ; sur le forage du puits artésien de Passy . 332
-?■ Et une Note de M. ttaumenê sur la con- —
servation du jus de betterave par la chaux. 645
— M. Damas est nommé Membre de la Com-
mission du.concours pour le prix dit. des
Arts insalubres.... 1241
DDMÉBIL. -=- Détermination spécifique d'un
poisson .rapporté, de Tanger par M. Le
Çopt de SaintrMaouen. ................ goo
— Considérations générales sur les classifica-
tions en histoire naturelle : exposé som- '
mairedu plan dej'lehthyologie analytique, ioag
— Remarque, faite au nom de Ja. Commission
nommée pour. une communication de
3t. Sçhuhze sur le développement des Pé-
tromyz.ons.. .........,.......; 5 l0
— M. Djimêfil présente au nom. de son fils
nne ((Description des reptiles nouveaux -
3r6 )
MM. P«gl!ï'.
ou imparfaitement connus de la collec-
tion du Muséum d'Histoire naturelle de
Paris, et remarques sur la classification
et les caractères de cette classe d'ani-
maux» ■• Soi
— M. Dumêril est nommé Membre de la Com-
mission chargée de proposer le sujet du*
grand prix des Sciences naturelles pour
l'année iSS; , «2
— Et de la Commission du concours pour les
prix de Médecine et de Chirurgie de 1 856.
n58 et iQo3
DUMÉRY.— Un prix lui est accordé pour son
appareil fumivore (concours pour le prix
dit des Arts insalubres de l'année i855). i44
DU MONCEL. — Nouveau système d'horloge —
électrique se réglant d'elle-même ...... 5g5
— Nouveau système de relais rhéotomique
destiné à transmeltre simultanément à
travers un même fil , une dépêche à plu-
sieurs appareils télégraphiques différents
placés en dehors de la ligne télégraphique, 697
DUPERREY est-nommé .Membre de la Com-
mission chargée de la rédaction du pro- ~
gramme pour le concours concernant le
_ Perfectionnement de la Navigation 3^
DU PETIT-THOUARS (l'Amiral) fait hom-
mage, au nom de l'auteur, Sir Edw. Bel-
— '-. cher, d'an exemplaire de la relation du -_
voyage aux régions arctiques exécuté sous - — '
le commandement de cet officier....... 1267
DUPIN. — Rapport sur le concours pour le -
prix de Slastitique de l855. ........ .... 123
— Remarques à l'occasion de la présentation :~ -
d'une Notice imprimée, de M. Babbage, -
sur là machine à calculer -de M. Scheuts. - 800
-r M. Dupiq estnommé Membre de la Com-
mission chargée de la rédaction du pro- ".-"-■ —
gramme pour le concours concetnant le
7 ; Perfectionnement delà Navigation...... ' 3j
— Et de la Commission du concours pour le --
prix de Statistique...... ggt
DUPLAY. • — Analyse de deux Mémoires sur
- l'appareil spermatique et sur le sperme.. 58j
DDRAND, — Note sur une subdivision pro-
posée pour le kilogramme. 117
DURI.A.U. —-. Recherches expérimentales sur
l'absorption >et l'exhalation cutanées, etc.
( Analyse d'un ouvrage destiné au con-
cours Montyon.) - 5i 1 et 55i
DUROCHEK. — Éludes sur la production
artificielle des minéraux et sur les consé-
quences qui en résultent pourla géologie. 85o
— Remarques sur les gîtes métallifères et sur
la disposition relative des cristaux de
quartz et de feldspath dans les roches
granitiques.......................... I25l
PWIV1ER,- — Études sur les céréales,.,,, njî
( î3î 7 )
E
HH * Pages»
EHRMANN prie l'Académie de vouloir bien
le considérer comme candidat pour une
place de Correspondant vacante dans la
Section de Médecine au
— M. Ehrmanne&l présenté par la Section de
Médecine «t de Chirurgie comme l'un
des candidats pour la place vacante de
Correspondant 358
EUE DE BEADMONT donne des nouvelles
satisfaisantes de la santé de M. de Gas-
parin 1229
— Remarques à l'occasion d'une communica-
tion de M . Alphand sur le forage artésien
pratiqué à Passy 336
— Communication relative aux marronniers
précoces des Tuileries Ifflt
— Remarques sur l'ensemble d'un travail de
M. Tchihatckef ayant pour titre: ((Études
climatologiques sur l'Asie Mineure»... 786
— M . Êlie de Beaumont présente des extraits
de Lettres qui lui ont été adressées, con-
cernant le bolide du 3 février 281
— M. Êlie de Beaumont met sous les yeux de
l'Académie des branches et têtes d'arbres
rompues par l'action du vent sur ces ar-
bres chargés de verglas. Ces spécimens,
recueillis par M. A. de Campagne près
Châtellerault (Vienne), sont accompa-
gnés d'une Note de M.Champigny, notaire
àChâtellerault, et d'une Lettre de M. Chan-
treau sur les effets de ces verglas dans une
partie du Poitou et de la Vendée 274
— M. Elie de Beaumont signale deux récla-
mations adressées, l'une par M. Guey-
tou, l'autrG par M. Zier, à l'occasion du
Rapport fait à l'Académie sur les procé-
dés galvanoplastiques de M. Lenoir 49 a
— M. Êlie de Beaumont communique, d'après
sa correspondance privée, des extraits des __
Lettres adressées par les auteurs dont les
noms suivent :
— M. de Humboldt, sur le voyage dans l'Inde
deMM..Schlagintweit frères 611
— M. Eudes Deslongchamps, sur l'observation
faite à Caen du météore lumineux du
7 janvier i856 78
— M.d'Abbadie, sur des observations d'in-
clinaison de l'aiguille aimantée 612
— M. Y ali, éléments elliptiques de la pla-
nète Barmonia gai
— M. Gaudry, sur l'exploration du gîte fos-,
silifère de Pikermi ( Attique) 301
— . M. Piish, sur, l'orographie. e% )a constitua, .=_
tion géologique du Chili. — Sur les sys-
tèmes de soulèvement de l'Amérique du
Sud i 3gi et 391
— M. Jackson, sur la décomposition du sang
par le chloroforme Au
— M. Terquem, sur une méthode proposée pour
le calcul des distances lunaires observées
en mer 5jt|
— M. Wolf, sur l'ozone atmosphérique et
son importance pour l'état sanitaire d'un
pays g44
— Le P. Secchi, sur les anneaux de Saturne.
— Sur la configuration de certaines por-
tions de la surface lunaire (Lettre accom-
pagnant l'envoi d'une photographie de la
lune).. 282 et g58
— M, Bozet, sur le puits foré de Tamerna
(Algérie) i 2 58
— M. Elie de Beaumont signale des tableaux
météorologiques et autres documents scien-
tifiques, publiés périodiquement par l'ob-
servatoire météorologique de l'École po-
lytechnique de Lisbonne, sous la direction
de M. Dias Pegado 2j, 492 et g5a
— M. Elie de Beaumont met sous les yeux de
l'Académie des feuilles de la carte géolo-
gique de la Prusse Rhénane, qu'il vient
de recevoir de M. de Dechen 100
— M. Êlie de Beaumont signale parmi les
pièces imprimées de la correspondance
une Lettre de M. L. Reynaud, concernant
une réclamation de priorité élevée par
M. Stevenson relativement à l'application
de la réflexion totale au feux tournants. . 63g
— M. Êlie de Beaumont appelle l'attention de
l'Académie sur un ouvrage de M. 1. Ba-
rande ayant pour titre : « Un parallèle
entre les dépôts siluriens de Bohême et
de Scandinavie « , Ibid.
— En présentant, au nom de M. Pouriau,
un exemplaire des « Etudes météorologi-
ques relatives au climat de la Saulsaie
(Ain) », M. Elie de Beaumont donne,
d'après la lettre d'envoi, une idée des
principaux résultats de ces observations. Ibid.
— M. Elie de Beaumont signale , parmi les
pièces imprimées de la correspondance,
un nouveau fascicule des Mémoires se rat-
tachant au relevé géologique de la Grande-
Bretagne 730
— A l'occasion d'une Note de M. Chazallon
sur le mouvement des diverses ondes dont
pappnjposeja marée, M, Elie de Beau-
( î3i
Mtt, Pa S»-
mon* mentionne une pièce imprimée ap- '
partenantàla correspondance de la même
séance, un Mémoire de M. Samuel Haugh-
ton sur les marées diurnes, solaires et lu-
naires des côtes d'Irlande. ............. g68
— En présentant un ouvrage de M. Oarcy
sur Tes fontaines publiques de Dijon,
M. Elle de- Beaumonl donne , d'après la
Lettre d'envoi , une idée du plan de l'ou-
vrage.. ......... ..;.., 1176
1- M. Elle de Beawmont met sous les yeux do
l'Académie divers volumes des publica-
tions faites par l'Académie impériale des
Sciences dé Vien ne. .... ." ..'...- 491
M. Elle de Beaumont fait hommage, au
nom des auteurs, des ouvrages suivants :
— Synopsis des roches paléozûïques de la
Grande-Bretagne; par M. Sedgwlck....: It»
— Éléments de Géologie; par M . l.-R. Lecana. 855
— Histoire des progrès de la Géologie depuis
i834, par M. d'Archiac, VI e volume. —
Mémoires de là Société Géologique de —
Franco , V^volume,' a e ■partie.-^ Recher-
ches analytiques sur les surfaces annu- —
laires à cône directeur, par M. A. Bossi.. g5a
— Carte géologique de l'Europe ; par MM. Ni-
càl et Murchison • • • 1066
8 1
MM. P»t»'
— Recherches expérimentales et théoriques
sur les figures d'équilibre d'une masse li-
quide sans pesanteur ; par M. I. Plateau. 1241
— Histoire des découvertes arctiques; par
M , Miniscalchi Erizzo 1267
— Percement de l'isthme de Suez; par
M. Ferd, de Lesseps 1257
— M. Êlie de Beaumont est nommé Membre
de la Commission chargée de proposer
une question pour sujet du prix Bôraiii
de 1806 (Sciences naturelles).. '....:.... 37
—-Membre de la Commission du grand prix
des Sciences physiques de i856 (ques-
tion concernant les lois de la distribution
dès corps organisés fossiles dans les dif-
— ■- férènts ' terrains sédimentaires suivant
leur ordre dé superposition ).. < 829
ELLIS , au nom de l'Administration du Mu-
"" séum britannique, remercie l'Académie
, des Sciences pour l'envoi d'une nouvelle
""' - sérié des Comptes rendus , . .... '. ....... . 54s
ELWABT transmet des documents à l'appui
des précédentes communications de
" ' • M.Tironi sur le traitement du choléra-
nïbrbus '....." 210 et 55i
EYSSfeTIÊR. -- Mémoire sur le traitement
" ducholéfa-inorbus...;.... 33
FAA DE BRtJNO. — Sur lés restes produits
par la recherche du plus grand commun ~
diviseur entre deux polynômes 4°7
FABRE. — Relation entre les inondations en
France et le siroco d'Afrique 1 14 2
FAIRBA1RN. — M. Poncelet présente, au
nom de M. Fairbaim, un ouvrage inti-
tulé; a Renseignements utiles pour les
ingénieurs » . . 99
FAURE. — Recherches^ sur l'asphyxie. ...... 586
FERMOND. — Recherches sur le nomïire
type des parties constituant les divers cy-
cles hélicoïdaux, et rapport qui existe "~
entre ce nombre et te nombre type des
diverses parties florales des Dycotylé-
• dônes • • • ! 9->
FIGUIER, prie l'Académie d'admettre au
concours pour les prix de la fondation
Montyon ses deux ouvrages intitulés r
« l'Alchimie et les Alchimistes » et « Ex-
position et Histoire des principales dé-
couvertes scientifiques modernes » 58?
—'Analyse de -sota- Mémoire sur l'origine du
sucre contenu dans le foie , et sur la pré-
sence normale du sucre dans le sang de
J'hSflHBéet dêr animaux, ,.*«..«*-. 587
FILHOL. -i Lettre concernant ses divers trà'ï
vaux relatifs à la cçfmposition chimiofue
ei aux propriétés tnédîcàles des eaux sut-
fureuses ! des Pyrénées.....:. .',...""..;., 588
FÏLIPPI (de^. — Nolo sur un dispositif des-
tiné à établir, à un instant quelconque,'
la communication entre toute personne
voyageant par chemins* de fer' ëf • le co"n-
ducteur du train ..... *. .' : . . . . : r. .'. .'..*; 3gg
FLOURENS: — "Eloge historique dé Èéopotd
de Buch.: .-. .'.y. ... ... . . ■ .... . . .t. . . .;.; 17S
— M. Flouréns fait hommage à l'Académie
d'un exemplaire-de l'Éloge historique de~
Léopold de Buch, qu'il a prononcé"' dans
la séance publique' dit 28 janvier: :r..t : aijg
— M. FloùrehS fait honïmage à rÀcddénrie , ^
d'un exemplaire : d"u ; I er volume de "ses- -
Éloges historiques.. ;;n . Tf. .t.v: ; ■'. .". . 124°
—■ A 'l'occasitm' d'iMê' tfomnïûnicàtion' dé ■ .
M. î. Guèriri sur la : cohteètijitè t'enttï- ""
: neusé ; M." FfoareHi-fndiquëf le résultat
dé ses propres fecfiêrctieS rèlàtiVèifiént à'
\ . la sensibilité' des tentions*. :...... .r..".; 4 aI
— M. Flouréns donne dés nouvelles •salisfàf- ""*
'■■,-' santes'de la santé de M.de-Guspàrin..... I081
-* Mr Flouréns ânnonctf que 5 M, Dèmidqff'
( i3«9 )
* u - J>«ges.
demande à être porté, en sa qualité de
Correspondant de l'Académie , sur la liste
de l'Institut, pour la souscription au pro-
fit des inondés 120Î
— M. Flourens présente au nom de M. Rayer,
président de la Société de Biologie, un
exemplaire des Mémoires de cette So-
ciété an
— M. Flourens présente, au nom de M. Duha-
mel, le I er yolume de ses «Eléments de
calcul infinitésimal » 190
— M. Flourens communique l'extrait d'une
Lettre de ML. Girard, de Washington,
accompagnant l'envoi d'un ouvrage inti-
tulé: «La vie au point de Tue physique». 5i4
— M. Flourens appelle l'attention de l' Acadé-
mie sur une publication de la Société
d'Hydrologie médicale de Paris 345
— M. Flourens présente, au nom de l'auteur,
un exemplaire du Rapport adressé à l'Em-
pereur par M. le Maréchal Vaillant, Mi-
nistre de la Guerre, sur la culture du
coton en Algérie , 60,4
— M. Flourens présente un Mémoire adressé
dp Venezuela (Amérique du Sud), par
M. Beauperthvy, concernant les causes
du choléra- morhus, de la fièvre jaune et
des fièvres de marais 692
— M. Flourens présente, au nom des auteurs,
les ouvrages dont les titres suivent :
— Histoire des épidémies du nord de l'A-
frique ; par M. Guypn , 345
— Expériences sur les plantes épiphytes , et
conséquences qui en découlent relative-
ment à Ia_cplture de ces plantes; par
M. Duchartre 5l4
— Traité do Photographie théorique et pra-
tique; par M. Van if onckhoven. ...... .. Gg5
— La conquête d'Alger; par M. Nettement.. 696
— Lois générales de divers ordres de phéno-
mènes dont l'analyse dépend d'équations
linéaires aux différences partieUej ; par
M. Uénabrêa 696
— Lettre de MM. Beaumont et Mayer à l'oc-
casion du Rapport fait dans la séance du
21 avril i856, sur leur appareil poisr,
produire de la vapeur au moyen du frot-
tement , 80a
— M. Flourens est nommé Membre de la Com-
mission chargée de proposer le sujet du
grand prix des Sciences naturelles pour
l'année 1837 u
— Membre de la Commission chargée de pro-
poser une question pour sujet du prix
Bordin de i856 (Science* naturelles}.. . . Zj
— Membre des Commissions des deux grands
prix des Sciences physiques pour i856
(question concernant la répartition des
restes organiques fossiles dans les diffé-
rents étages des terrains de sédiment ;
question concernant les métamorphoses
et la reproduction des infusoires) 8ag
— Membre de la Commission du concours
pour les prix de Médecine et de Chirur-
gie n58etiio3
— Et de la Commission du concours pour le
prix de Physiologie expérimentale taoS
FOISSAC. — Une récompense lui est accor-
dée pour son « Traité de la Météorolo-
gie dans ses rapports avec la Médecine et
l'Hygiène publique » ( concours pour les
prix de Médecine et de Chirurgie de i855). i53
FOLLIN. — De la eryptorchidie chez l'homme
et les principaux animaux domestiques
( en commun avec M. Goulaux). 540 et io65
FONSSàGRIVES. - Analyse de son Traité
d'hygiène navale 588 et 810
FOEGET est présenté par la Section de Méde-
cine et de Chirurgie comme l'un des can-
didats pour une place vacante de Corres-
pondant 35g
FOUCAULT. — Etudes sur l'emploi des ap-
pareils d'induction ; — effets des machines
multiples 2 |5
FOURNET.— Aperçus relatifs à la théorie des
giles métallifères i 00 n
FRANCK. , comme fondé de pouvoirs de
M. de Leuenstern , demande et obtient
l'autorisation de reprendre un Mémoire
de cet auteur sur les nombres polygo-
' naux 300
FRANCONI. — Exposition d'un système ten-
dant à augmenter les ressources alimen-
taires de la France. gdS
FRANCQ(de). — De la formation et de la
répartition des reliefs terrestres
378, 535 et io54
FROHLICH. — Note sur la structure des ra-
cines des Orchidées épidendres ; remar-
ques adressées a l'occasion d'une commu-
nication de M. Chatin 636
GALLO. — Lettre concernant l'ouvrage qu'il
publie seus le titre de « Introduction à
la J4éçanjiiue et à la Physique »
910
GAND (Ed.). — Expériences faites avec un —
pendule désigné sous le nom de pendule
iriigateur.. 355, 440, 5:j et 097
( 1320 )
«¥,_ Pages.
GARCIN. -*■ Sur des cas de typhus observés à
j Neufcbâtean (Vosges), chez des soldats re-
venant de Crimée i 17 i
GARIEL. — Sur les variations anatomiques
et pathologiques du poids de l'utérus. . . . 586
— Sur la literie des hôpitaux et des casernes. 586
GASPARIN (de). — Note sur un fait relatif
à la culture de la garance. . 8i3
— M.- de Gasparin est nomme Membre de la
Commission du concours pour le, prix de
Statistique. , 931
GATTDRY. — Sur le tremblement de terre qui,
en août i853 , a renversé la ville de —
Thèbes 24
-r Sur l'exploitation du gîte fossilifère de
Pikermi (Attique) 291
GA0GAKJ. — Note sur les soupapes élec-
triques 17
— Note sur la force électromolrice des piles
dans lesquelles on emploie des métaux
amalgamés . . <p°
— Note sur les propriétés électriques de la
tourmaline. ....... -,.,....,-... 1 264
GAUTIER. — Lettre relative à ses précé-
dentes communications sur la numéra-
tion duodécimale Soi
CJAY (Cl.). — Fragments de géographie bo-
tanique du Chili.. , 83o
— M;Gay prie l'Académie de vouloir bien le
comprendre dans le nombre des çandi-
-~. - dais pour une place vacante dans la Sec-
tion de Botanique. ..;..,....;...... . . air
-1- M. Gay est présenté par la Section de
Botanique comme l'un ' des candidats
pour la place vacante gio
-t. M. Gay est nommé Membre de l'Académie,
en remplacement de M. de Hlirbel. ...... g3i
— Décret impérial confirmant sa nomination. 1021
GAY ( I.-B. ). — Prix fondé par M m <! la Mar-
quise,de tapïace, accordé à M.J.-B, Gay,
sorti le premier de l'Ecole Polytechnique,
le 20 septembre i855 ,.. .,.'. 137
GEOFFROY -SAINT -HILAIRE (Isid.) —
Communication à l'occasion de la pré-
sentation d'un nouvel œuf d'Epyornis , . . 3i5
— Remarques au sujet d'une communication
de M. Joly, sur deux nouveaux genres té-
ratologiques , les genres Ischiomèle et —
Agnathocéphale 343
— • M. - Geoffroy - Saint - Hilaire présente un
- opuscule allemand de M. Bekker, sur les
appendices cornés existant à l'extrémité
de la queue de divers mammifères, et ac-
compagne cette présentation de quelques
remarques , . ., 3i}5
— M. Geqffroy-Saint-Bilaire présente , au
nom de l'auteur, M.fP. de Tchihalehef,
une Note sur la chèvre d'Angora 346
MM, - P»|M.
— M. rGeoffl-oy-Saint-Bilaire est nommé Vice-
Président de l'Académie pour l'année 1 856. 1
— M. Geoffroy -Saint-Bilaire annonce, en sa
qualité de Vice-Président-, la maladie,"
puis la mort de M. Binet. .- 873
— Par suite de ce décès, M. Geqffioy-Saint-
Bilaire passe aux fonctions" de Président,
: ' - qu'il .remplira jusqu'à la fin • de- décem-
bre tSjij,, ...., .,,,.... ,. , -. Jo43
— M. Geqffroy-Saint-Bilaire rend compte des .- ■
obsèques de. M. Binet, dans lesquelles
MM. Lamé et Cauçhy ont parlé au nom de
l'Académie gi3
— M. Geoffroy - Saint- Rilaiire est nommé
Membre de la Commission chargée, de
proposer le sujet du grand prix des
Sciences naturelles, pour l'année 1 857 « •' . ia
— Et" de la Commission chargée de proposer
nue question pour sujet du prix Bordin
de i856 (Sciences naturelles). ;...." 37
— " M.* Geoffroy -Saint-Bilaire est nommé
Membre de la Commission du concours
pour le grand prix des Sciences physiques
de*i856 (question concernant les lois de
la distribution des corps organisés fossiles ~
dans les divers étages de terrains sédi-
mentaires).,.. y.,-..... ......... 829
GERHARDT est présenté par la Section de
--- Chimie comme l'an des candidats pour
une place vacante de Correspondant. , ; . 699
— M. Gerhardt est nommé Correspondant de
l'Académie, en remplacement de M, Bra-
çonnot.i. 735
— M. Gerhardt adresse ses remercîments à ~"
l'Académie . .,.,.....,...,....».. ..-.-. . . 798
GERMAIN DE SAINT-PIERRE.-- De'la di-
rection ascendante considérée comme ca-
ractère distinctif des tiges ; observations - T ~
de tiges présentant normalement la di^
rection descendante. ..-.....,.,..,..». 4*
—-Deuxième série d'observations sur la di—
rection descendante do certaines tiges :
bulbes descendants du Muscari comosum,
de VAgraphis nutans et de l'A. campanulata. 833
— - M. Germain de Saint-Pierre fait hommage
à l'Académie des deux premières livrai-
sons d'un ouvrage qu'il publie sous le
titre de « Archives de Biologie végétale ». 837
— M., Germain de Saint-Pierre prie l'Aca-
démie de vouloir bien le comprendre
dans le nombre des candidats pour une
place vacante dans la Section de Botani-
que , et adresse une Notice sur ses tra-
vaux botaniques , ,........, 29
— M. Germain de Saint-Pierre est présenté
par la Section de Botanique comme l'an
des candidats pour la place vacante par
— - v suite du décès-de.M.«feittir4e2,.xj.'->A>>. 9">
(i3
MU. l'.-ges.
GERVAIS, — Documents pour servir à la mo-
nographie des Chéiroptères de l'Améri-
que du Sud G47 et 590
— Sur trois espèces de Dauphins qui vivent
dans les régions du haut Amazone S06
GEZ. — Lettre concernant la composition des
eaux minérales de Sainte-Marie-de-Sira-
dan ( Haute-Garonne ) 28
GIANOTTl. — Résolution numérique de di-
vers problèmes de géométrie et do trigo-
nométrie 855 et 1018
GIAED1NI. — Sur un aimant temporaire ob-
tenu au moyen de la seule action dn ma-
gnétisme terrestre 273
GINTRAC. — Noie sur un monstre exencé-
phalien (pleurencéphale) 1064
— M. Gintrac est présenté par la Section de
Médecine et de Chirurgie comme l'un des
candidats pour une place vacante da Cor-
respondant 35S
GIRARD. — Note sur l'identité des acides
nitrohématique et picramique 5g
GIRARD , de Washington. — M . Flourens , en
présentant un ouvrage de ce médecin,
communique, d'après la Lettre d'envoi,
une observation relative à la structure de
la fibrine du caillot sanguin 5i;j
GIRARD DE VALBONNE. — Lettre concer-
naut son ouvrage sur l'origine, la marche
et lo traitement du choléra épidémique. . 6a
GIRADDET. — Une mention honorable lui
est accordée pour sa « Statistique de la
Tille de Tours, ou Recherches historiques
et statistiques sur lo mouvement de sa
population depuis i63a jusqu'en 1847 »
(concours de i855) i35
GIRAULT ( Ch. ) — De la résistance de l'air
dans le mouvement oscillatoire du pen-
dule : principe d'un nouvel anémomètre. 5i l
GODARD. — Analyse de ses recherches sur
les monorchides et les cryptorchides chez
l'homme 637
SOETZE. — Sur la position géographique de
quelques lieux dans le sud de l'Algérie. . 3gg
GOLDSCHMIDT. — Une des médailles de
la fondation Lalande lui est accordée pour
sa découverte de la planète Alalante. . . . 122
M. Goldschmidt adresse ses remerciments
à l'Académie 3oo
— Découverte de la 40 e petite planète faite à
Paris, le 3i mars i856 638
— Découverte faite le a3 mai i856 d'une nou-
velle petite planète iooi et 1067
— M. te Verrier annonce que M. Goldschmidt
a fait sur une étoile variable une suite
d'observations propres à en déterminer
la période , 44 '
C. R., 1806, I er Semestre, (T.XLH.)'
« )
BU. Pag«.
GOMEZ DE SOUZ4. — Addition à un pré-
cédent Mémoire sur la détermination des
fonctions inconnues qui rentrent sous le
sisine d'intégration définie 11 19 et 1219
GOUBAOX. — De la cryptorchidie chez
l'homme et les principaux animaux do-
mestiques (en commun avec M. Follin)..
540 et io65
GOUJON. — M. Le Verrier communique un
travail de MM. Liais et Goujon, relatif
à la détermination des éléments magné-
tiques à l'Observatoire impérial de Paris. "4
GRANGEZ (E.). — Une mention honorable
lui est accordée pour son « Précis histo-
rique et statistique des voies navigables
de la France » ( concours de i855 ) i34
GRELLON. — Tableau des observations mé-
téorologiques recueillies à Constantinople
en i855 523
GROS. — Lettre relative à un travail adressé
par lui pour un concours 356
GRUN. — Sur l'emploi des vapeurs d'acide
sulfureux contre la teigne faveuse de
l'homme et contre la muscardine des vers
à soie q38
GUÉRIN-MÉNEVILLE. — Lettre accompa-
gnant l'envoi d'un exemplaire du « Guide
de l'éleveur de vers à soie n, ouvrage qu'il
a publié en commun avec M. E. Robert. 1188
GUËRIN (L). — Mémoire sur la contractilité
tendineuse 416
— M. /. Guerin est présenté par la Section de
Médecine et de Chirurgie comme l'un des.
candidats pour la place vacante par suite
du décès de M. Magendie 55a
GUEÏTON.— Réclamation de priorité à l'oc-
casion d'un Rapport fait dans la séance du
3 mars i856, sur les procédés galvano-
plastiques de M. Lenoir 40>
— Note relative à ses procédés de moulage
gai vanoplastique, adressée à l'appui de la
précédente réclamation 5tl
— Lettre sur un moyen d'obtenir, d'une
épreuve photographique sur verre ou sur
métal , une gravure à l'eau-forte suscep-
tible de donne des épreuves en taille-
douce 694
GCILLON , écrit par erreur pour Gujon.
Voir h ce nom.
GUINON. — De la présence de la chaux dans
la soie, et de ses inconvénients dans
l'opération du décreusage a3g
GUÏON. — Empoisonnements causés par
certains poissons dans les pays tropicaux. 34o
— M. Guyon est présenté par la Section de
Médecine et de Chirurgie comme l'un
des candidats pour une place vacante de
Correspondant ., 358
I 7 3
( l322 )
HH. Pages.
— M. Guyon est nommé Correspondant de
l'Académie, Section de Médecine et de
Chirurgie, e.n remplacement de M. Pru-
nelle ,..,. 378
mm. .-.. ,"; . ¥*&*•
— M. Guyon adresse ses remercîmeiits k l'A-
cadémie. ..,.,.,,... 5i3
GTJYÔT. — Nofesur l'anesthésie dugçiisdu _.___
goût.. , ïi43
H
HAIDINGER remercie l'Académie qui l'a
nommé nn de ses Correspondants pour la
Section dé Géologie. 24
HANNOVER. — Une récompense lui est
accordée pour l'ensemble de ses re-
cherches sur l'anatomie, la physiologie
et la pathologie de l'œil ( concours de
i855) 147 et 441
HAN SOTTE. — Lettre concernant un remède
contre le choléra dont il a envoyé précé-
demment un échantillon 344
HEDOUVILLE (de) obtient l'autorisation de
reprendre des pièces précédemment pré-
sentées, concernant une invention desti-
née à prévenir les déraillements sur che-
mins de fer. 1274
HENRY et Fus. — Lettre sur le rouge turc, ngg
HENRY (O.). — Sur le phosphore et ses pré-
parations ( en commun avec M. A. Che-
vallier) , 341 et 996
HERMITE est présenté par laSection da Géo-
métrie comme l'un des candidats pour la - -
place vacante par suite du décès de
M. S«Brra,.., ............ ■.-,... 7 40
JIERPIN (Cb.). ■ — Analyse de son Mémoire
sui 1 le chlorate de potasse, comme spéci- » --'
fique contre la salivation mereurielle. , . . 638
HERPIN. — Sûr la conservation- du blé dans
les silos souterrains ................... 4^9
— Des causes commerciales et administra- —
tires de l'insuffisance ou de la surabon-
dance périodique de la production du blé
en France , 584
HESSE adresse unecollection de champignons
imités en cire coloriée , et décrits par
MM. Biïchner et Kirsch 116
HESSE. — ■ Remarques concernant -l'extrait —
qui a été donné dans les Comptes rendus
de son Mémoire sur les Ancées. . ....... 4->3
HOFFMANN» — Recherches sur une nou-
velle classe d'alcools (en commun avec' "\
WliCahours) ..'..,.. 217
— Note sur le bromure dé tltanium , . 35à
HOMBKES-F1RMAS (d'). — Observations
sur le Pecten glaher..,. 612 et 874
HOtTSEL. — Solution trigonûmëtrique. de la
méthode -de M. Bàbinet pour la déterrai» '
nation des latitudes iq3
HO ART. ■— Figure èfr description de sa ma-
chine pour le moulage dès pâtes céra-
nJiques...,. .....,,,,. ....^.^....j.i $5
HOETTE. •w- Tableau des observations mé-
téfltolpgiques Mi& à gantes, pendant-
l'année 1 b'55„ , , -, ., ...;,,....,• .;', ..»•>.. 1224
HOMBOLOT,— Sur te Voyage d^n^ ]'Inde_ 4g :
'*". MM.5ç^4gijitweii,trfiresiiettreà|VltÉlie -
de Bcaumon}... ......... .^ ....,.»-.-,.. 6il
HOTtBu *-r Lettre accompagnant 'l'envoi de
.- quatre nids d'hirondelle salangane,.,, ,, 745
ISAMBERT. — Analyse de «on Mémoire sur l'emploi thérapeutique du chlorate de p~ôtasse. ........ 893
JACKSON. —> Analyse chimique an sang
d'une femme morte à la suite de l'inha-
lation du chloroforme. . . , . , 4li
JACQUART. — De l'appareil circulatoire
sanguin chez le serpent Python ......... u 25
JAMIN. .— Description d'un nouvel appareil
§e recherches, fondé sur les Interférences, 433
JEANJEAN. — Nota sur l'huile essentielle __
contenue dans l'alcool de garance...... 8Ï7
JOBARD. — Explosion foudroyante survenue ^
àGand, le 17 mai i856. ............ .,'. ioi5
— Remarques à l'occasion d'une communi-
cation de M, Rouget sur l'appareil d'adap-
tation 4e l'œil cïtesE jes Vertébrés, , iop
(.i.3*3 )
HM.
JOBERT, de Lambaixe. — Mémoire sur les
propriétés du tissu cicatriciel et l'appli-
cation âe rauloptestie aux brides
— „M. Jobert est présenté par la Section de
Médecine et de Chirurgie comme l'un des
candidats pour la place vacante par suite
du décès de M. Magmdie
— M. Jobert est nommé Membre de l'Acadé-
mie, Section de Médecine et de Chirur-
gie
— Décret impérial confirmant sa nomination.
— M. Jobert est nommé Membre de la Com-
mission du concours pour les prix de
Médecine et de Chirurgie. ... . n58 et
JOIRE. — Lettre et Note concernant son ou-
vrage intitulé: «Études sur la circula-
tion» n3i et
Pages .
476
55a
5 7 8
6o5
I2o3
1219
MM. Pages.
JOLY. — Sur deux nouveaux genres tératolo-
giqnes, les genres Ischionièle et Agnatho-
céphale 342
JOMARD présente, au nom de M. Ferdtnar.a
de lesseps, une carte de l'isthme de
Suez 45
— M. Jomard transmet un tableau des cour-
bes repn heiMant les phénomènes de l'at-
mosphère dans l'océan Atlantique, par
M. Maurr, de l'observatoire de Washing-
ton 5/|t .
JULIEN (Staxislas). — M. Chevreul entre-
tient l'Académie d'un ouvrage chinois sur
la porcelaine traduit par M. Stanislas Ju-
lien et annoté par M. Salvétat 47°
JULLIEN. — Mémoire sur le mouvement de
la terre antour de son centre de gravité. . 22
K
KELLER prie l'Académie de vouloir bien le
comprendre dans le nombre des candidats
pour une place vacante de Membre ad-
joint ait Bureau des Longitudes 49^
K.HNKERFUE5. — Observations faites à
Gœttingue de la planète (3g) 58g
— Observations méridiennes des planètes
hèda et Lœtitia 638
K.NAPP. — Opuscule sur le scorbut des nour-
- -Wces-, ou anémie puerpérale 588
KOENIG. — Lettre concernant son Mémoire
sur la curabilité de la phthisie a45
KOPP. — Note sur la préparation et les pro-
' - -pritftés de l'acide arsénique. .......,.,.■ 1060
KOITXLSKJ..— Sur la possibilité de connaître
d'avance la constitution météorologique
d'un canton à une époque donnée. ii44 e ' 12 a4
KtFÈLLMANN (F. )• — Note sur la produc-
tion artificielle et par voie humide d'ar-
gent chloruré; sur diverses épigénies
par réduction d'osydes ou de sels métalli-
ques naturels 374
— Etudes théoriques et pratiques sur la fixa-
tion dés couleurs dans la teinture. G7Ï et jt 1
B.UHN. — Observation faite à Niederbronn
(Bas-Rhin) du bolide du 3 février i856.. 281
KUMMER est présenté par la Section de Géo-
métrie comme l'un des candidats pour
une place vacante de Correspondant. .... 4 IÎJ
LABORDE (l'abbé). — Interrupteur à double
effet et perfectionnements divers appli-
qués à l'appareil de Ruhmkorff, 996
LABOORDETTE, — Lettre concernant les
moyens d'obtenir un lait médicamenteux
sans nuire à la santé des animaux qui
fournissent ce lait 5gj
LACHAVE. — Transport sur vélin d'une
écriture tracée sur papier. ( Rapport sur
cette invention ; Rapporteur M. Seguier.) 36
LACOMBE. — Des courants induits considé-
rés relativement à leur pouvoir chimique;
application à l'électricité employée comme
force motrice ; ïi3i
L'AIGLE DES MASURES. — Note sur un
moyen de feire monter et descendre à vo-
lonté les ballons sans perte de lest et sans
perte de gaz 5i2
LA1GNEL. — Réclamation adressée à l'occa-
sion d'an Mémoire de M. Pei'reul sur un
frein pour les chemins de fer 892
LAMARRE-PICQUOT. — Emploi thérapeu-
tique de l'acide arsénieux contre les con-
gestions apoplectiques 892
LAN DOIS. — Lettre concernant une décou-
verte qu'aurait faite l'auteur relative- . " ^
ment aux canses de la coloration des corps. 1 189
LARTIGUE. — Sur les tempêtes, les coups
de vent et les orages dans la partie de la
Méditerranée comprise entre les côtes de
France et celles de l'Algérie 1 ai*
LASSAIGNE. — Des caractères chimiques
( l
HM. Pages.
que présentent les vins ronges additionnés
d'alun, et application de ces caractères à
la constatation de petites quantités de ce
sel introduites dans le vin 4 10
LAEGlllR. — Rapport sur le concours pour
le prix d'Astronomie de i855 ...... 121
— Note sur quatre observations de la décli-
naison magnétique faites à Paris en 1854
sur le contour de l'enceinte continue.
Comparaison de ces observations avec
différentes déclinaisons mesurées en i855
à l'Observatoire impérial 1 73 et 3o5
— Réponse aux remarques faites, à l'occasion
de cette communication, par M. Le Verrier. 257
— yi.Laugier est nommé Membre de la Com~
. mission du prix d'Astronomie ( fondation
de Lalande) pour Tannée i856 iao3
LA.BUIER (Stanislas). — Note sur une opé-
ration de périnéographie suivie de com-
plète guérison , g}8
— M. Laugier est présenté par la Section de
Médecine et de Chirurgie comme l'un des
candidats pour la place vacante par suite
du décès de M. Slagendie 552
LAURE, -^ Sur certains faits qui sembleraient
indiquer un exhaussement graduel du ni-
veau de la mer 3oo
LAURENT. — Note sur un procédé d'aiman-
^ tation. par condensation , 585
LAYALLEE. — Noie sur des canaux d'infil-
tration à exécuter dans le but de prévenir
les inondations,... ,,... ., 1223
LECADRE. — Sur un météore lumineux ob-
servé au Havre le ; janvier i856 61
LECHEVALLIER. - Note sur la direction
des aérostats ggy et n32
LE CLERC. — Effets produits sur le sang vei-
neux par différentes infusions végétales. . 4^6
— Nouvelles recherches sur le même sujet;
réponse à une réclamation de SU. Clauzure. 6go
— Recherches concernant les ^substances qui
agissent sur le sang veineux; action du
cbylft. .„».,.....,. ^g8
— Lettre accompagnant l'envoi d'un opus»
cule intitulé : « De la médication cura-
tive du choléra asiatique » 909
LE COAT DE SAINTdîAOUEN, -= Lettre
concernant l'ornithologie du nord de l'A-
frique. — Poisson de l'ordre des Plecto-
gnatbes venant de Tanger. 970
— M. Le Coat demande à l'Académie des in-
structions qui puissent le diriger dans les
recherches d'histoire naturelle qu'il se
propose de faire pendant son séjour dans
le Maroc..,.., 1073
LECOT. s-r Lettre concernant une précédente
communication sur l'éducation des sourds-,
muet», ,,,... ,,,,,,,, iaa3
M.)
MM. 4 Pagel*
LEFORT(J. ). — Études chimiques du cham-
pignon comestible, suivies d'observations
sur sa valeur nutritive. ., .....,., 90
LEGENDRE. — Anatomie omalograpbique
donnant les positions respectives des or-
ganes telles que les montrent des sections
pratiquées sur le cadavre soumis à la con- —
gélation, 586
LEGRANP. — Note sus le cjalcul d.e lacha-
leur latente des vapeurs ., 2i3 -
LEGRANP. — Lettre concernant ses recher^ —
ches sur l'ablation des tumeurs au. moyen
des caustiques ................. .... 1273
LEHMANN. — Une récompense lai est accor-
dée pour son «Traité de Chimie physio-
logique i) ( concours pour les prix de Mé» :
decine et de Chirurgie de i855).. i49 et 346
LEJEUNE-DIIUCHLET présente des obser-
vationsdela planètefîg), faites à l'obser-
vatoire de Goltingue par M. K-lin/serfues. 089
— Et des observations méridiennes des pla-
nètes Lêd« et Laetitia, faites à Gotliugue
par M. Klinkerfues, 638
LEMOSNIER i)JE LA CHÉNNAYE. — Note
relatiyeà une machine à vapenr construite
par M. Sauvage^ dans laquelle 1 a chaudière "
est alimentée par Peau résultant de la
condensation de la vapeur. u(t-
LENOIR..— Communicatiqns.de M- Babjnet i
relatives aux moulages galvanoplastiques . . » ;
deM.£énair,, ...,..,,.... 263
— Rapport sur un perfectionnement apporté . ~ —
par M, Lenpir à la reproduction des rp.n-r . ,
des bosses par la galvanoplastie; Rap-, _ ..'_"
porteur jVL Becquerel, .......... 4* 5 et 618
— ■ M. Becquerel dépose un Mémoire dans le- /
quel M, Lenoir a décrit ses procédés gal-
vanoplastiques • 621
"LE PLAY, -s- Le prix de Statistique lui est ac-
cordé pour son ouvrage intitulé ; « Les
Ouvriers européens » - . 123 et 399
LEROY, d'Étiolles. — Lettre accompagnant
trois . Mémoires imprimés relatifs au
moyen d'extraire de la vessie les corps
étrangers autres que les pierres ou leurs
débris. 588
LESECQ. — Sur la nature des astéroïdes et
• ■ sur les effets que peut amener leur en-
trée dans l'atmosphère terrestre. 1224
LESSEPS (Ferd. de) adresse une série d'é-
chantillons provenant des sondages exé-
cutés dans l'isthme de Suez, et diverses
pièces manuscrites, cartes et plans se
rapportant au canal projeté entre Suez
et J?éluse, v ....,j.. ...„.,.. iï63j
LESTIEOUDOIS est présenté par la Section .-..
de Botanique comme l'un des candidat»
(>
)tà. Pages.
pour la place vacante par suite du décès
de M. de Mirbel 910
LETELL1ER. —'Effets de l'inhalation des
vapeurs d'essence de térébenthine i!fi
1Ï.TELL1E5 prie l'Académie de vouloir bien
lui accorder la parole pour présenter un
exposé de sa Théorie du langage. . , I±5&
LEVEAU. — Lettres et Note relatives à une
précédente communication sur le traite-
ment du choléra-morbus 210, 997 et 1 189
LE VERRIER. — Communication relative à
un travail de MM. Goujon et Liais pour
la détermination des éléments magnéti-
ques à l'Observatoire impérial de Paris. 74
— Remarques à l'occasion d'un Mémoire de
M, Laugier sur des observations de la dé-
clinaison magnétique faites à Paris en
i854 25o
— Réponse à M. Laugier dans le cours de la
discussion sur le sujet de la déclinaison
magnétique... • 3io
— Sur le changement qu'éprouve la boussole
dans sa direction lorsqu'on la transporta
d'un point à un autre de la terrasse de
l'Observatoire impérial de Paris 36i
— Résultats obtenus au moyen d'instruments
magnétiques enregistreurs, établis à l'Ob-
servatoire de Paris par M. Liais 749
Sur un système régulier d'observations
météorologiques établi en France par les
soins de l'Administration des Télégraphes
et de l'Observatoire de Paris io3g
M. Le Verrier annonce que le Bulletin mé- __
téorologique des divers points de la France,
recueilli par voie télégraphique, sepublie
chaque jour dans un journal du soir 1329
— M. Le Verrier annonce la découverte d'une
nouvelle petite planète faite à l'Observa-
toire impérial par M. Chacornac dans la
soirée du 12 janvier i856 3i
— M. Le Verrier annonce la découverte d'une
petite planète l'aile à l'Observatoire im-
périal de Paris , par M. Chacornac , le
8 février i856. — Observations de cette
planète. — Observations faites à Liver-
pool de la planète du ra janvier i855
(Léda) 278
— M. Le Verrier annonce que le nom de
Lœtitia a été donné à la planète décou-
verte par M. Chacornac, le 8 février t856. 5oi
— . M. Le Verrier présente des observations de
la planète (3g), faites à Vienne par M. Lit-
trow, et à Florence par M. Donali 49^
— M . Le Verrier présente les éléments et une
éphéméride de la planète Léda calculés
par M. Pape, , 5go
— 1 M. Le Terrier annonce la découverte de la
3 2 5 )
HM. Pa B rt.
planète (4o), faite à Paris le 3r mars par
M. Goldschmidt 638
— ■ M. Le Verrier annonce que, chargé par
M. Goldschmidt, auteur de la découverte
de la planète (/|0), de donner un nom à
cet astre, il l'a nommé Harmonia. 817
— Le Verrier communique les éléments do
l'orbite de la planète Amphitrile et l'éphé-
méride pour l'opposition de iS56 , par
M. Yvon V'Harceau ggS
— M. Le Verrier annonce la découverte de la
planète (41) par M. H. Goldschmidt 1001
— M. te, Verrier annonce que la planète (40 „
découverte par M . Goldschmidt a reçu le
nom de Daphné . 1229
— M. Le Verrier annonce que la planète (42) „
a été découverte à Oxford le 23 mai par
M. Pogson 1107
— N. Le Verrier annonce que TÛ. Goldschmidt
a fait sur une étoile variable une suite
d'observations prgprçs à en déterminer la
période u ... . . . . 44'
— M. Le Verrier communique une observa-
tion du bolide du 3 février, faite à l'Ob-
servatoire par M. Besse-Bergier 279
— Note à l'occasion d'une Lettre de M. Vais
sur le degré d'approximation à donner
aux éléments provisoires des orbites des
astres nouveaux... ^ 817"
— Remarque à l'occasion d'une Note de
M, Vincent sur la théorie des parallèles. . u55
— M. Le Verrier présente à l' Académie le
tome 1 er d'une nouvelle publication ayant
pour titre : « Annales de l'Observatoire
impérial de Paris 6o5
— M. Le Verrier est nommé Membre de la
Commission appelée à décerner le prix
d'astronomie (fondation Lalande) pour
l'année i856 iso3
LEYMER1E. Du terrain jurassique dans
les Pyrénées françaises ........,....-■■ 73o£
LIAIS. — M. Le Verrier communique un tra-
vail de MM. Goujon et Liais pour la dé-
.terminalion des éléments magnétiques a,
_ l'Observatoire impérial de Paris. ....... 74
LIÉGARD. — Analyse d'un opuscule sur di-
vers sujets de Médecine et de Chirurgie
pratique, présenté au coqcqucs pour les
prix de la fondation Montyou... 997 et n3i"
LIEUSSOD est présenté comme l'un des can-
didats pour une place de Géographe va-
cante au Bureau des Longitudes 337
LION. — Sur un moyen de communication
télégraphique directe entre des personnes
parlant des langues différentes 1219
LIOU VILLE. — Sur la représentation des
nombres entiers par la forme quadratique
j' + V' + W + ^l' ..IM-I.III* H45
( l3a6 )
UU. Pages.
LIO0V1LLE. — Expression remarquable de
la quantité qui, dans le mouvement d'un
système de points matériels à liaisons
quelconques, est un minimum en vertu
du principe de la moindre aelion 1 1 46
— Note sur deux Mémoires de Poisson ^65
-4 Détermination des Valeurs d'une classe re-
marquabléd'intégrales définies multiples, —
et démonstration nouvelle d'une célébra
formule de (fatiss concernant les fonctions
gamma de Legendre. 5oi
— Mémoire sur la réduction de classes très-
étendues d'intégrales multiples 525
—> Note sur le calcul intégral ........ r. g85~
— Sur la théorie générale des équations diffé-
-rentielles i 1084
—- M. Liouville est nommé MemÈre de la ~
Commission du concours pour le prit
d'Astronomie (fondation Lalande) de
l'année i856. i i2o3"
LIOUVILLE (E.). — Sur deux étoiles varia;
Mes i 546
LITTROW. — Observation faite à Vienne dé
la planète (3ç))... ......... .;;....*...; 49^
MU. Pages,
L0NGET. — Ou sulfocyanure de potassium : -
considéré comme un des éléments nor-
- maux et constants de la salive, : .. 48°
— M. Loiiget est présenté pur la Section de
Médecine et de Chirurgie comme l'un des
candidats pour la place vacante par suite
du décès de M. Magendie. .............. 55î
LONTIN, -r Nouveau système de chaîne gal-
vanique destinée aux usages médicaux. . . g5i .
LOSTALOT-BACHO0É. — Note sur un sys-
tème agricole destiné à augmenter les pro-
duits du sol et à écarter le danger des
inondations. 1174
LOTIN^, écrit par erreur pour Zonlin. Voir à ,
_ ce nom.
LDTKE (Fred.) est présente par la Section de
Géographie et de Navigation Comme l'un -."""*
des candidats pour une place vacante de
Correspondant;."; ......."............., 499
LtJTHER.' ^- Une médaille de là fondation
Laïàhde lui~est accordée pour 'sa décou- "
verte des planètes leitcoljiée et Fidei. . . . 123
-1. Luther adressé ses rémërcîments à l'À-
cademîe. .".,„... 3oô~
"M
MAC-ARTHUR adresse, au nom de l'auteur
M, Threlkeld, deux ouvrages sur la langue "~
des habitants de la Nouvelle-Hollande . . 244
MAGNE. -n- Des principales races françaises
de l'espèce iovine et de leur améliora»
tion 794
MAHISTRË. — Mémoire sur le pendule co-
nique , ou régulateur à force centrifuge. . 38j
MAHMOUD-EFFENDI. — État actuel des
éléments du magnétisme terrestre à Paris
et dans ses environs. .................. go5
MÀJSOHNEUVE, — Note sur la désarticula-
tion de la mâchoire inférieure appliquée
à l'extirpation des tumeuïs profondes du
pharynx, de la langue et dit voiledu palais. 69I
«■■ Ablation totale de là mâchoire inférieure,
pratiquée par suite du développement dans
l'intérieur de cet os d'une énorme tumeur
fibreuse.... • 887
MALGAIGNE. — Sur un nouveau procédé
opératoire pour les cas graves de paraphi-
môsïs..... ..<......,... 744
•-• M. Malgaignë est présenté parla Section de
Médecine et de Chirurgie comme l'un des - ~
candidats pour la place vacante par suite
- du décès de M. Magendie... ,, . 55a
MALINGRE. =» Mémoire ayant pour titre : —
«Dél'améliôratiôndèsespècesvégétales», 491
MARCEL DE SERRES. — Sûr Un nouveau
genre d'Annélide tuhîc'oïé perforant, le ~"
genre S'tôa ........... :£.;.*..-. ... 356
!— Sur la présence des zircôns darisles sables
- t'ertïa'frês 'de Saurèf ........... .r...... 454
— De l'époque çéolïgiqtié à làquèÎTê on doTt ' **"
rapporter lé"dèpôt des spirïeires "eï dés
zïreons dans lès sablés marins de Sâuret,"
- prés d>*MôhtpelIi"er. . . -, . ... .^ . . ». ... . ... "837
MARGÀT (pu). '—"Lettre concernant lés ïor- "
mâiïtés "pouf le" dépôl d f on' paquet "c'a-
. , chèté.v...rr.:\^^v;:i.;w.vv.^-i...; 1189
MARIE. — SnàryseT de deux opuscules f élatlis "
à la ^^ pBysiolbgiS"ët a Tâ l piiuôlôgïe"chîï '
ruf gïcaïe , présentés au cbncoûrs~pôiir"ïes
prix dé 'là fondation Tklontyb'n . . : . . . . .V." 687
MARIÉ ■démahdé"q'û T un Mémoire .qu'il vient "
dejerimnerlôft'sôiïmis a l'êxaménde ta ■
Commî-sion dû grand prix "de "Sciences
TnaTthémàtiqiïes"dé* i85"6" fqùés'tîôn ' ïpn^
cernant lé dernier théorème de Fermât),
Jjien "que ce Mémoire ne jîûisseéfre com- ~
" pris parmi les pièces dé concours, n'ayal» "
pas "été envoyé *ën temps utile.. .,..;;.,"; "837
MARlGNAC (C.);— Recherches "Sur ïés ior-
- mes' cristallines de quelques" composés"
chimiques '..*.;,"..:"...-...'.. ...'..' iSW
MARIGNY.— Mémoires"su"rliTna vîgalïon aé^ ■■ '
"'-•' tienne, et L'etffë relative â renvoi d'un
( i3*7 )
HU. Pages.
premier Mémoire qui n'est pas parvenu à
l'Académie 699, 1176 et 1274
MARQUES (F.).— Notes sur un moyen d'im-
primer aux ballons une impulsion dans
uue direction voulue 5i2 et 597
MÀKTIJNS. — Sur la température moyenne
^des oiseaux palmipèdes du nord de l'Eu-
rope 5i5
— Sur la quantité de pluie tombée à Mont-
pellier du 1 1 au 20 mars i856 5g3
MASSART. — Traité théorique et pratique
de l'angine de poitrine, d'après la décou-
verte de son siège organique 797
MASSOIN. — Etudes expérimentales sur le
mouvement des Suides élastiques : Théo-
rie nouvelle des instruments à vent 636
MATH1ED, en l'absence de M. Laugier, ré-
pond à M. Le Verrier pour ramener à son
véritable objet la question relative aux
observations de déclinaison magnétique
faites à Paris en 1 854 365
— M. Mathieu est nommé Membre de la Com-
mission du concours pour le prix de Sta-
tistique 991
— Et de la Commission du concours pour le
prix d'Astronomie de l'année i856. ..... iao3
MATHIEU. — Observations relatives à l'ac-
croissement en "diamètre des Dicotylé-
dones.'. .. n3g
MATHIEU.— Observation du bolide du 3 fé-
vrier i856, faite à Vitry en Pertbois
(Marne); communiquée par il. É lie de
Beaumont. . 281
MATTEUÇCI (Ch). — Recherches sur les "
phénomènes physiques et chimiques dé la
-, contraction musculaire. 648
— Sur lin appareil destiné à démontrer et
mesurer la différence de conductibilité du
bismuth cristallisé 1 133
MAUMENE. — Conservation du jus de bette-
raves par la chaux : 645
MAUR7 (F.). — Tableau des courbes' repré-
sentant les phénomènes de l'atmosphère
dans l'océan Atlantique .',.... 541
— M.Maury est présenté par la Section de
Géographie et de Navigation comme l'un
des candidats pour une place vacante de
Correspondant. .".'. 499
MATER et Beàumoht. — Appareils proposés
pour le chauffage sans combustible au
moyen d'une force perdue ou non em-
ployée. ( Rapport sur ces appareils ; Rap- —
porteur M. Blorin.) jtg
p»- Opuscule publié par MM. Uayer et Beau-
jnoat à l'occasion de ce Rapport. S03
— Remarques sur cette publication par us
des Membres de la Commission ........ 8o3
HU. P,,„.
MAZERAN. — Lettre concernant une précé-
dente communication sur un moteur hy-
draulique de son invention 337
MÈGE-MOUR1ÈS. — Mémoire intitulé : « Du
pain et de sa préparation u 1123
MELLER (P.). — Note ayant pour titre :
« Proposition relative aux courants at-
mosphériques et aux nuages » 28
MENABREA. — Lettre accompagnant l'envoi
d'un Mémoire imprimé sur diverses ques-
tions de physique mathématique 696
MEDGY. — Sur le gisement, l'âge et le mode
de formation des terrains à meulières du
bassin de Paris 628
MILLET.— Note sur le rempoissonnement
des cours d'eau 209
MILLIÈRE. — Noie destinée au concours pour
le prix du legs Bréant 797
MILLOT-BRULE. — Lettres concernant sa
Note intitulée : « Découverte du bouton
opposé » 55 1 et 1224
MILNE EDWARDS est nommé Membre de
la Commission chargée de proposer le
sujet du grand prix des Sciences natu-
relles pour l'année 1857 Il
— Membre de la Commission chargée de
proposer une question pour sujet du prix
Bordin de i856 ( Sciences naturelles ). . . . 37
— De la Commission du grand prix des
Sciences physiques de i856 ( question
concernant la répartition des fossiles or-
ganiques dans les divers étages des ter-
rains sédimentaires ) 829
— Et de la Commission du concours pour le
prix de Physiologie expérimenta le iao3
MILNE-ED"WARDS (Alph.). - De l'influence
de la proportion du phosphate de chaux
contenu dans les aliments sur la forma-
tion du cal 63j
MINISTRE DE LA GUERRE (le) annonce
qu'il a maintenu MM. Poncelet et Le
Terrier comme Membres du Conseil de
perfectionnement de l'Ecole Polytech-
nique , au titre de l'Académie des
Sciences _gg
— M. le Ministre adresse, pour la bibliothèque
de l'Institut, un exemplaire du tome XIV
die la deuxième série du Recueil des Mé-
moires de Médecine , de Chirurgie et de
Pharmacie militaires 3j5
Voir aussi l'article Vaillant ( le Maré-
chal).
MINISTRE D'ÉTAT (le) consulte l'Académie
sur l'utilité que peut avoir un vernis de
l'invention de M- Ouchier, pour préserver
de l'action des flammes les décor» de»
théâtres t...,.,.,.,.,.....,,,..,, I92t
( i3aS )
SIM. PagFS.
MINISTRE DELA MARINE (le) met à la
disposition de l'Académie une série de
spécimens du fond de la mer, recueillie
'. - par M. Benliam, du corps du Génie des
États-Unis, avec l'indication des parages,
- : un tableau des coquilles microscopiques
trouvées dans la mer, et uneJ'.Qtïce ex-
plicative. ..,.......,,,.._.. • 54o
-MINISTRE DE L'AGRICULTURE ET DU
COMMERCE (le) adresse, pour la hiblîo- _
thèque. de l'Institut , un exemplaire du
; Catalogue des brevels d'invention pris en
i854; — an exemplaire du LXXX1S vo-
lume des brevets d'invention pris sous
l'empire de la loi de 1791, et un du XXI e
volume des brevets pris sous l'empire de
la loi de 1844...., aVi et 1220
— M. le Ministre adresse dés billets pour la
, , séance de distribution des pris qui doit
" avoir lieu à Poissy à la suitedu concours
d'animaux de boucherie 49'
— , Lettre de M. le Ministre, concernant un
Mémoire 'de M. C/iéca/, intitulé": « Nou-
veau procédé pour la conservation" des
boissons »., ....... .. . . . -, 58f)
t— M. le Minisire adresse pour les Membres de
l'Académie des exemplaires des tomes III _
et VII du Rapport de la Commission fi:an-
-.- çaise du jury international de l'Exposi-
tion universelle de Londres , . ....... ^38
MINISTRE DE; L'INSTRUCTION PUBLI-
QUE (le) approuve le choix du jour in-
diqué par l'Académie pour sa séance an»
- ; nuelle.qui, en, conséquence, aura lien le
lundi. 28 janvier....... ......... ...... 99
i—M, le Ministre invite l'Académie à. lui pré-
senter deux candidats pour la place va- :
cante, au Bureau des Longitudes, par
suite du décès de M. Beautemps-Beauprè. Ibid.
— M.' le Ministre autorise l'Académie à pré-
lever sûr lès fonds restés disponibles di- -
verses sommes destinées à augmenter
trois des prix afférents à l'année _ i855, et
à couvrir les frais de divers travaux scien-
tifiques.... 211, 274, 5ia et' 54o
-__ M. le Ministre de l'instruçtionpttblique ac-,
cuse réception d'une ampliation du Rap-
port fait à l'Académie dans la séance du
3i mars i856 sur la découverte de la
soude artificielle par Nicolas Le Blanc ... jg8
«- M. te Minisire transmet une ampliation de
décrets impériaux confirmant les nomi-
nations suivantes faites par l'Académie :
.- Nomination de M. Jobert, de Lamballe, à
la place vacante par suite du décès de
, Mtgendie. .••••••• • '• • 6o5
— Nomination de M. Bertrand à la place
Hï. F«gM.
vacante dans la Section deGcométrie par
.suite du décès de M. Sturm..... 8i3
— Nomination de M. Claude Gay à la place
vacante dans la Section de Botanique par
suite du décès de M. de Mirbel i. 1031
— M. le Ministre transmet les Mémoires dont
les titres suivent ; .'"".'- " ' " - - -
— Mémoire de M. Onêsime Simon sur le trai-
tement du choléra-môrbus au moyen d'un
remède de son invention 89
— Mérnoire de M. Ch. Girauh ayant pourti-
tre : « De la résistance de l'air dans le
mouvement oscillatoire du pendule : priu-
" cipe d'un nouvel anémomètre n ........ . 5n
— Mémoires de M. Billiard, ayant pour ti-
tres , l'iin r « Théorie de la phthisïe » ;
l'autre , « Découverte des sources de l'o-
zone organique; suite du Mémoire sur la
cause secondaire du choléra».... ........ 885
— Mémoire intitulé :. « Conspectus de la faune
fossile de l'Amérique du Sud »-; par
"' M*. "Bravâid., . ."". '.. ..... . 7. . . ... ». .... Ibid.
— Mémoire de M- Piarron de Mondesir, sur
la résolution des équations d'un degré
" quelconque. .,,,'..........., Ia _5?
^-, M. le Ministre adresse, pour la bibliothèque
de l'Institut, un cxemplaire'de IjUiouvelle
édition du Commerçium episfoliçuin, pu-
- . bliéè parMM. Bïôt et Lefort ........... 0,97
— M,, le Ministre transmet un, opuscule inti-
tulé: « Résolution numérique de divers
problèmes de géométrie et de trigo.no-
, , métrïe », par M. 0. Gianotti, déCasale._ 855
<— M. le Ministre annonce l'envoi fait à l'Aca-
démie des Sciences de la" médaille fraip-
• pée en l'honneur de Gauss par ordre du
roi de Hanovre, .. . ................... (}g4
MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES
;";■■ (LEjtransme^un Mémoire sur Je traite-
ment des minerais argentifères, par
.- Mi Poîtmarède 26a
MINISTRE bESUEUXrSICiLESj:M.LE), k
Paris, transmet trois exemplaires dés Mé-
moires de l'Acadénjie~d.ë Ealérme, et di-
vers documents' imprimés relatifs à la sta- ^
tistique de quelques établissements pu-
blics de la même ville.". , . 5i4
MONTAGNE. «-_ Note sprdeux algues nées
pendant les expérienges de M. Boussin- •;
gault relatives à l'action. du, salpêtre sur
la végétation,. ........ 1 ............. . j56
-^ M. Montagne fait hommage à l'Académie
de. sa Cryptogamie, de. la Guyane fran--
çaise.,. * . . . . .'_. .,".;.-..,, r.*«j.« ,».,...•. ' 5o8
-■i-, M. Montagne, en ^présentant au nom del'au-'
teur, M. Schimper - la dernière livraison ■'= "-
KH.
( l3a 9)
Pages
de la Bryologia Europœa, donne quelques
détails sur cette importante publication, iooi
MOQOIN -TANDON. — Déclaration relative
à un Mémoire de M. Maisonneuve, qui ne
peut plus être l'objet d'un Rapport, ayant
été imprimé depuis l'époque de sa pré-
sentation. — -, Déclaration relative à une
Lettre de M. Frôhlich , concernant des
travaux déjà anciens sur l'organisation
des Orchidées 1256
— En présentant un Mémoire de M. A. Bec-
querel , sur le développement de la fièvre
typhoïde chez des animaux (lièvres),
M. Moquin-Tandon donne une idée de ce
travail 212
— M. Moquin-Tandon fait hommage à l'A-
cadémie du premier volume de son « His-
toire des Mollusques terrestres et fluvia-
tiles de France » 4 ' 3
MOREL ( A. ). — « Essais aéronautiques et
hydronautiques basés sur l'étude des or-
ganes des animaux qui se meuvent dans
l'air et dans l'eau » . , 797
MORLDE. — De l'emploi de la chaux comme
moyen de dessécher et d'assainir les lieux
ravagés par l'inondation ............... 1223
HH. P »!«'
MORIN. — Rapport fait en réponse à une
question posée par M. le Ministre de la
Guerre sur la combustion spontanée du
foin en balles pressées 34
— Rapport sur les appareils proposés pour
le chauffage sans combustible, au moyen
d'une force perdue ou non employée, pré-
sentés par MM. Beaumont et Mayer 719
MOROT. — Addition à une précédente Note
sur un moteur électromagnétique 855
MO"XSEN.— Opuscules imprimés ou autogra-
phiés concernant divers iustruments ara-
toires de son invention 58g
— Note et figures servant de complément à
sa « Description du râteau mécanique
pour arracher le chiendent »... . 694 et
MCLLER (H.). — Réclamation de priorité
adressée à l'occasion d'une Note de
M. Rouget sur l'appareil d'adaptation de
l'œil...
MDRCHISON. — Communication de M. Élie
de Beaumont, en présentant la carte géo-
logique de l'Europe par MM. Murchison
etNicol..., 1066
89i
121S
N
NASCIO { H. ) . — Mémoire intitulé : « Projet
pour la correction définitive du calendrier
Grégorien » . 657
NADDIN (Ch.). — Observations constatant
le retour simultané de la descendance
d'une plante hybride aux types paternel
et maternel 625
— Observation relative à un cas d'hybridité
anormale ioo3
— Observations relatives à la fécondation in-
complète et à ses conséquences dans les
végétaux phanérogames 845
NESMOND ( P.-Ch. ) . — Sur la loi de progres-
sion.suivant la température de la tension
de la vapeur d'eau..... 636
NICOL. Voir plus haut l'article Murchison.
NICK.LÈS (E. ). — Sur la purification du
phosphore amorphe " 646
— M. Nicklès demande et obtient l'autorisa-
tion de reprendre un paquet cacheté dont
l'Académie avait accepté le dépôt.. 810
NIEPCE prie l'académie de vouloir bien faire •
constater par une Commission les bons
effets d'un médicament qu'il emploie
contre le goitre 865
NOIRET. — Mémoire sur les pénitenciers.. 273
— Mémoire sur les prisons 739
NOTTA. — Résumé de ses recherches sur la
cicatrisation des artères à la suite de la
ligature « 637
o
ORDINAIRE DE LACOLONGE.— Mémoire
intitulé : o Des turbines enlériennes et du
parti qu'on en peut tirer » 1071
ORÉ. — Recherches sur la sécrétion bi-
liaire 497
QRF1LA. — .Note concernant l'action que le
phosphore rouge exerce sur l'économie
animale, (en commun avec JIL.Rigojtt), soi
C. R., Ï856, i« Semestres, (T. XLII.)
OSTROGRADSKJ est présenté par la Section
de Géométrie comme l'un des candidats
pour une place vacante de Correspon-
dant 4 ra
— • M. Ostrogradsfd est nommé Correspondant
de l'Académie en remplacement de M. Le
jeunc-Dirichlet, élu à une place d'Associé
étranger .•.. •■• 4 l6
- -I74-
m-
M. OstrogrkâsM remercie l'Acâdêmi&> et
, luîenvoie une Noté sur les facteurs égàiïi
des pt>lyfiûnies entiers 929 et g3o
OODRY présente divers spécimens d'applics- —
tion ëleetTOmétallurgique sut le fer } la*
fonte et là bois.. ....../..,....... . ... 1144
(i33o ) .
HM. -"'"" ■'■" '"'.' "•:."'-'- ■-•-:. : 'V:~ - - ' " P«ga.
OTJDRS'.'—DéscriptiOn des procédés employés*
pduT ces applications— élecirïmëfaVlùrA- . '.Z ■•
giqites;; , ,u \ .; .- ; .'.*..'. .:',.: ,'..,. ,', '. .5 . 1174
OZANAM. — De FeffiCadité'du Tjrome dans
le-traitemesit de? âfféctftmfp'setfdbmeriv-r .
braneu ses ; ,'; .* ; : .4 ;...:;.... « ....... ; 101a
PAÇAÇD soumet, au jugement de l'Académie
des tubes en fer doublés en plomb, et ré- - „_
ciproqnement,. ....,.....;.,,,.,..,... 38
PAPEj ■— Éléments et éphémérides de Ja pla-
nète Léda., •...,....,..., <..;_. ...«.,... .- 5go
PAQDEREE. — Appareils de son invention
destinés à prévenir, certains accidents
.. communs sur les chemins de fer..;....^, 523
FAEAVB1? IÇùz). — Demande éVÔDtTentTà'Ê
torisatron' de reprendre diverses Mûtes —
qu'il a Successivement adressées à t'Acâ- "
„ demîtfèt qui"u'ontpas été l'objet déHap-
— - ports :.V.-vV.V. .r.'.V.'.".~ X.-? s. *;.';; ï . .v - 117
— Sur le nom de Pléiades désignant parfois
la constellation de la grande Ourse 3oo
— Rapprochement établi entre le nom du
dieu Thot et le mot Tot-choun. employé
dans les Pyrénées pour désfgner les tailles. 1 o;3
-— Sur les moyens, employés dans Jes Pays-
Bas pour combattre les inondations; sur "
s l'origine des sciences de la Chine.. . 7... 1272
PASSOT._ -rr. Lettres concernant une, commu- -
nication sur laquelle iLn'a pas encore été
^ ; fait de Rapport.., .62, 458, 658 et 1019
PASTECR, — .Note sur le sucre de IaiL., .. 347
— Isomorphisme entre 4es corps isomères,^
les uns actifs, les autres inactifs sur la
r -_» lumiére.polarisée , . «. ._,-.„. ... *, 1209
"r Mj Pasteur est présenté par la Section de —
l ■* Chimie, comme l'un -des [ candidats pour __
une place vacante- deCorrespondajit.. n. 699
PAÏEN,— Note sur la composition immé-,
"T' ^f?i e £ e {'SPÏ^ÇÏPASi 4? ' a cuticule épi-
dermique des végétaux 1193
— M. Payen fait hommage à l'Académie d'un
exemplaire de la 3 e édition de son ouvrage
# sur les substances alimentaires faô
PEAN DE SATIN T-GIL LES — Mémoire, sur
Pfcydràte et l'acétate Ferrlques. (Rapport - -"
s%rce Mémoire; Rapporteur M. thenard.) 3i
PELKÎOT7 — Note sur la préparation de î'ù-
. raniuta.'..;. .■.•..;.■.•..•..,. %..v.*.'. ..... , 73
PELÛtJZË. — Note sur les huiles employées """"
à la fabrication du rouge turc..". .... .. : 1196
— Bapportr sur un 'Mémoire Se M. George
Yilfe, ayarlt pôut tit"rëV<cQtfel'est : ïérolë
des mtfaîea dans l'économie des plantes?
De! 'quelques^ procédés; nouveaux poiiT,
dOSeï l'àfcote -der nitrates"» en présence '.
? des-matières -organiquesi». «.««».....; 679
PELOHZE.— Sur là sapiînificàtion dés corps- —
gras'paï les oxydes aùhyares.... ,-.;.-. io8r
— M -Pélàuze lit au Boni de MtThenafdj ah-
'.■ sent pour- causesde santé; tfn Rapport sui
un- Mêiî&îïè 'dé Bï. Séân'de Sain't-ôùleï* Ht
■r— M^Pèloasifést no-Hïàe Mémbrff de ItcCeth- -
mtfrfôttdu-'cgnedUrâpoûi- le prix dit des ;
7 ; ^ Arts- insalubres*.!.-.*.-.-. .»-.;:;V.îl :ï ...iv 1241
PERNELE3R -=— Notè-stii' un mônifèur-éièci "'-■".Il
traqué aës'cHemîns- dé fer-.'. -/;-. ivu .% i,i--- 27
PEKREABS-prie l'-AcSd-émié" 3B vouloir Biélf-
faire examiner par une Commission une
machine à diviser qu'il lui présente. . . . 797
PERKEDL. — Note sur un moyen permettant
d'arrêter rapidement et sans secousse un
conyoLen marehe.sur. un çhemin^de. fer, .245
— Sur un frein agissant, par pression* Terti-
, café; modification apportée "au Systénift
PERREX ^^ ^■êenseignBmènts.rèl.à'îS-'à.dêûî." '
volçanséï â unè_soIfatar& de î^e dé"3ava, w .
; , d'après les observations îdi& par des"
" Hollandais V ; î .-." .V .* ; ; .*,-.* .= .*.V. 1 . î1".%î. ." ; _ I là
PETIT; — "Bfote'snr là parallaxe efle ïnOu- "
"vém'eii't'.'1'ttn* g^u\>ïu î bûlfde.V. r*.J\Jr7U ..." JBaa
PETlTiJEAN; ' % lettre : c*ôn?ef nant" "ùnf/ —
précédente comtriûnîcitioTi sur.uiimoyei _
pour èmpêciiec 14 vigne dé j»ereiî.ç
iiaaS
PEYflÇl éstVcônipfi.s_Jd|ns j le:tfdm^jed"é|; "" "
cànaîdats qûï peuvent être pîéseStésp.QÛjS
lap'lat;ë*dê îïêôgrâpBé vacante âû Bureau"
des Longitudes, par suite du décès de
M. Beautemps-Beaupré 357
— M. Peytier est choisi comme l'un des can-
didats que présente l'Académie pour cette
place. 'l'Jl t^.12, ~<2ZuZ.\^- i.S X7ZJ-. ZJ'-Sjç
PHIECIPPS. '— . Mëïnoiee-sur lif "caletd *dè la!"
'",'■ résistance- des-Salide"s.'prîstHalî(Ju6S Soui<-,
xaié à faction d*un"é charge" eâïnouve-i-'-O
*: ; ' mentf .(Rapport- sur< ce. Mémoire; Sapî
porteur •UÏ.'tGomSasrJ";: î'ïï.î-lï. .— • à ^"SSo
PHIESÏ>N adresse; à Fa5Ê58ieïid"une Noire de
•'2 ï|^iteïrB^i«.èûiPl'iffiiKnep^n'ferélifi;
f -pîaiçe dîup opjajc^le,q,n'jil a>^ubli?f «cent-
'"ilRlfSW*"'
( ï33ï )
** ment sur la fécule et les substances qui
peuvent la remplacer dans l'industrie. . .
■piXiRO^ lit ïfONDÉSffi: — Mémoire sur
la résolution des équations d'un degré
quelconque ,
PJENOZ annonce avoir adressé à l'Académie
une' Note sur la quadrature du cercle. . .
PIERRE ( Isidore ). — Sur l'emploi des feuil-
les de vigne, d'orme et de peuplier comme
fourrage
— Recherches sur la distribution des matières
azotées dans les diverses parties de la
betterave
PIETRICOLA. — Mémoire sur la trisection
de l'angle
PISTER annonce avoir construit le modèle
d'un appareil destiné à diriger les aérostats
et dans lequel il fait usage de l'hélice
PINART annonce être parvenu à obtenir de
l'antimoine plusieurs nuances de jaune
de Naples.
PIORRY. — Du dessin des organes considéré
au point de vue du diagnostic et du traite-
ment.... 4 2 G et
— M. Piorry est présenté parla Section de
Médecine et de Chirurgie comme l'un
des candidats pour la place vacante par
suite du décès do M. Hagendie,. . .
PISSÏS. — Études sur l'orographie et sur la
constitution géologique du Chili. — Re-
.cherches sur les systèmes de soulèvement
de l'Amérique du Sud... 3gr et
PITBÈKI fait connaître les résultats auxquels
il est arrivé en répétant des expériences
de M. Frémy surTes fluorures.
PLATEAU ( J. ). — Recherches expérimen-
tales et théoriques snr les figures d'équi-
libre d'une masse liquide sans pesanteur.
POGGlALE. —Action des alcalis sur le sucre
dans l'économie animale
POGGIOLÏ — Lettre J rë1âtivé à une récla-
mation de priorité darfs laquelle l'Acadé-
mie ne peut intervenir.". ..............
— Observations recueillies à là clinique de
l'hôpital de la Charité, concernant des cas
de rhumatisme et' dé'sciaUque •
— Mémoire sur le choléra-morbus '.. . .
POGSON — M. Le Terrier annonce qu'une
42 e petite planète a été découverte à Ox-
ford le 23 mai i8b6 } par M. Pogson. .....
POINSOT déclare qu'il approuve les observa-
tions présentées par M; Chasles à l'occa-
sion d'une Note de M. Vincent sur la
théorie des parallèles
POISEtJÏLIiE est présenté par la Section de
Médecine et de Chirurgie comme l'un des
candidats pour la place vacante par suite
du décès de M. Màgendie.,,., ,,^,..,,
Page».
865
ia5i
459
3i 7
ji5
ii44
412
101S
n43
55a
392
1175
1241
198
28
7 2 9
997
1107
1154
55a
HU. P.gMj
POITEVIN. — Report sur pierres des épreu-
ves photographiques ( communiqué par
M. Becquerel )........ 20
POMEL (A.). — Notes sur la mammalogie
de l'Algérie 652
PONCELET est nommé Membre de la Com-
mission administrative pour l'année 1 856. 3
— Et de la Commission chargée de la rédac-
tion du programme pour le concours con-
cernant le Perfectionnement de la Navi-
gation 37
— M. Poncelet, au nom de M. Fairbairn, fait
hommage à l'Académie de l'ouvrage inti-
tulé : « Renseignements utiles pour les
ingénieurs » . . 9g
PONS, — Note sur l'emploi du cautère actuel
dans les cas de tumeurs blanches 970
PONS. — Sur' les avantages divers qu'offri-
raient les éducations de vers à soie faites
en automne; sur diverses questions de
physique du globe et de météorologie. . . 1374
PORGE annonce l'intention de soumettre à
l'Académie un système qu'il a imaginé
pour la direction des aérostats 498
POUILLET. — Actinograpbe , instrument
qui marque les instants de la journée
auxquels le soleil se montré ou se cache,
et la durée de ses apparitions ou dispari-
tions , gl3
— M. Poultlèl présente les figurés des radia-
tions solaires telles qu'elles ont été don- -
nées par l'actinographe pour chacun des
quinze derniers jours de mai joia
— M. Pouillet communique une Lettre de
M. Tolpicelli sur l'association de plu-
sieurs condensateurs pour manifester de
faibles doses d'électricité 402
— M. Pouillet est nommé Membre de la Com-
mission chargée de décerner le grand prix
des Sciences ma thématiques. 1241
PODJADE, écrit par erreur pour Pufade. Voir
a ce nom.
POULET. — Recherches expérimentales sur
cette question : « L'eau et les substances
dissoutes sont-elles absorbées par la
peau »?..... 435
POTJMARÈDE. - Mémoire sur le traite- ""
taent des minerais argentifères. a6a
PRESIDENTde h' Académie. Voyez aux nomsde
M. Binet et de M. Geoffroy. Sainl-Hilaire.
P-tTCHÈRAlN'. —Note sur les caractères zoolo-
giques de quelques espèces de Cétacés. . 445
POECH. — Sur un monstre double apparte-
nant à la fois aux genres Dérodymes,
Dérencéphale et TJromèle (deuxième par-
tie) ,.
— De l'influence de la cryptorchidie sur la
génération , ,
174-
543
995
( i33a )
HH. . - _ Pages.
POISETTX. — Mémoire sur les Variations de
la pesanteur dans une petite étendue de
la surface terrestre, et sur quelques effets -
qui en résultent. ..................... 683
— M. Puiseux est présente par la Section de
Géométrie comme l'un- des candidats
jour la place Vacante par suite du décès
de 'M. Sturm.j ?4 6
PO JADE. — Mémoire ayant pour titre : « Re-
cherches théoriques et pratiques sur l'af-
fection typhoïde intense, générale, dite
choléra épidémique » _....,...... 1170
Q:
QTJATREFAGES (de) , à l'occasion d'unlfé-
moire de M. Rouget sur l'appareil de l'a-
daptation des yeux chez les oiseaux, rap-
pelle les observations' de M. Dujardin sur
l'appareil d'adaptation des yeux des in-
sectes,. ..,.-. .... ...a.....^.. .. . « ••£« . ••
94 1
-F- M. de Quatre/âges présente l'extrait d'un
Mémoire de Ml ïaçquari sur l'appareil
•-- circulatoire du serpent Python U25
QtFÊT. — Note sur ïes'mouvémetfts relatifs. .- 5 19
R.
61
7 35
.... 1118
873
UQJ2
RACIBORSKI. — Lettre jointe a l'envoi de
.son ouvrage intitulé : «_JRôle de la
menstruation dans la pathologie , et la
thérapeutique »,..........•....■..■■••
RAMONE)!. ,i- Mémoire sur. le guano des
> - , lies de Çbinçha } et", les _ oiseaux .qui. le
produisent. .• . — . • • ••• ■ • - ■
RAMBÔSSON.. -r- Sur le moyen de rendre
facile l'enseignement de. la parole aux
sourds-muets..^. ............... .
'itAMÔN DE- LA SAGRA. — Sur unnouvel
acide provenant d'une plante, mexicaine
et applieableàla teinture
, Envoi. d'un opuscule ou se trouvent des
recherches sur cette substance tinctoriale.
RATER présente, au nom ,de l'auteur
M. Luschka, six opuscules sur autant de
points de l'anatomie humaine, ..... j3o
— M. Bayer est nommé Membre de la Com-
jnission du concours pour les prix de Mé-
decine et de Chirurgie. ......... 1 158 et t?o3
— Membre de la Commission du concours
pour le prix de Physiologie expérimentale. i2o3
" «— Et de la Commission du concours pour le
'prix dit dés Arts insalubres. , .
" UAYN'OT. ■*- Lettre accompagnant l'envoi
d'un opuscule imprimé ayant pour titre :
« Réflexions sur la Géométrie» .........
. BEGNAOLT. — Avant de quitter le fauteuil
'v de la Présidence , M. Regnault rend
compte de ce qui s'est fait pendant l'an-
née i855J relativement aux publications
' de l'Académie ,
- -i. M. BègnaBZt présente, au iiom de M. Belle-
mare, un Mémoire portant pour titre ;
« Les chocs Irendns' inrpos'sibles sur les
J2"4r
970
chemins de fer au moyen de l'interrup-
teur kilométrique »,...........••••»•■-
— M. Begnault est, nommé Memïre de Ta
.Commission chargée de la. rédaction du
; - programme pour le concours concernant
lé Perfectionnement d§ la Navigation...
-^ Et delà Commission du conco-urs pour le
grand prix de Sciences mathématiques de
., i856 ( question concernant la théorie, ma-
' thématique des phénomènes capillaires).
REIGNATJLD demande et obtient l'autorisa-
tion de reprendre une Note précédem-
" ■ ' " ment présentée sur un nouveau mode de
cautérisation. ............ ■_.•-»- -•••»•.•
REISET. — Expériences sur la putréfaction
et su? la formation dés fumiers .........
RENAUD. — Mémoire sur l'a constitution
"-" 'géologique de l'isthme de Suez..,. '. .
RENAULT, r- Lettres concernant son Mé-
* moire sur une des causes de la gangrène
,\rauina,tïqueV''sur la question du typhus
contagieux du grps bétail, et sur l'absorp-
.„ tion des virus.. ,.,,.. — . ....•• — ••••
r BENOIT. ^ Sltitudes de quelques lieux dans
' ,ïé' sud ' dl l'Algérie,, déterminées par les
hauteurs comparées du baromètre. ......
RESAL, ~— . Recherches sur la loi dés oscil-
lations du pendule à suspension, à James,
des chronomètres fixes. , .... ... • • • •.; • • •
REÏBÂRD; — Mémoire sur les tumeurs e^
les fistules lacrymales ; nouveau procédé
de traitement. , .....,...:«.•-•-
EEYNOSO (Alvaeo). — Faits pour servira
l'histoire de l'éthérification. • . . a 686 et
BICHE, r- Recherches sur le tungstène et
quelques-unes de ses combinaisons^. . . .
45
3 7
1241
245
53
u63
587
45?
3go
5ii
1070
ao3
( i333 )
H]I. Pages.
RICHELOT est présenté par la Section de
Géométrie comme l'un des candidats
pour une place vacante de Correspon-
dant 4'2
RIDOLO. — Note sur la maladie de la vigne, i i3a
RIEDL DE LEUENSTeRN demande et ob-
tient l'autorisation de reprendre doux
Mémoires sur les nombres polygonaux,
précédemment déposés par lui 865
MESS. — Lettre à l'occasion d'une Note de
M. Gaugain sur les soupapes électriques. 2gg
RIEYA. — Lettre concernant un nouveau
système d'armes à feu 1074
RIGOOT. — Note concernant l'action que le
phosphore rouse exerce sur l'économie
animale (en commun avec M. Orfila). . . 201
R1TZ. — Lettres concernant sa Note sur la
direction des aérostats au moyen de l'hé •
lice 4" et "88
RIVOT. — Mémoire sur les matériaux à em-
ployer dans les constructions à la jner
(en commun avec M . Chatoney) 1119
— De l'examen des farines et des pains 633
ROBERT (E.). — Guide de l'éleveur de vers
à soie ( en commun avec M. Guêrin-
Méneville ) 1 1 88
ROBIANO(de). — Mémoire intitulé : « Con-
struction générale de tous les polygones
réguliers, avec la génération des voûtes
ogivales qui en découle m..... 1 224
ROCHAT. — Essai sur la médecine préven-
tive 54o
RODIER. — Formules graphiques donnant
avec une approximation suffisante les va-
riations dans la longueur de l'année tro-
pique, pour les époques les plus reculées
de l'histoire égyptienne 1065
RONDON (l'abbéj. — Notes ayant pour titre :
« Les neufs partages égaux de la surface
du globe m 245, 3oi et 4' a
HH. Pages.
ROSENHAIN est présenté par la Section de
Géométrie comme l'un des candidats
pour une place vacante de Correspon-
dant 4 12
ROTCREAU. — Sur les eaux thermales de
Nauheim 438
ROUGET. — Recherches, anatomiques et phy-
siologiques sur les appareils "érectiles;
appareil de l'adaptation de l'œil chez les
oiseaux , les principaux mammifères et
l'homme 0,37
— Note en réponse à une réclamation de prio-
rité adressée, à l'occasion de celte com-
munication, par M. Muller 1255
ROUGET. — Nouvelle méthode pour obte-
nir, avec telle approximation que l'on
veuille, les coefficients des facteurs du
second degré correspondant h ce qu'on
appelle les racines imaginaires des équa-
tions numériques 12^3
— Mémoire sur la décomposition des poly-
nômes de degré pair en facteurs ration-
nels du second degré, 23
— Nouveau théorème servant' pour le calcul
des racines comprises entre deux nom-
bres donnés'. 1 221
ROUSSEAU (Eu ). — Mémoire sur la denti-
tion dos Cétacés 1 174
ROUSSIN. — Sur l'absence de l'acide hippu-
rique dans l'urine de cheval 5S3
ROUSSIN.— Note intitulée : « De l'iodure de
plomb photographique » 636
ROZET. — Moyens de forcer les torrents des
montagnes à rendre à l'agriculture une
partie du sol qu'ils ravagent ggi
— Note sur la grande inondation de la
Loire.
1204
— Sur le puits foré de Tamerna (Algérie).. 1208
SABBATINI. — Sur l'efficacité des bains gé-
néraux chauds de chlorure de calcium
dans le traitement du choléra asiatique.. s3
SAINTE-CLAIRE DEV1LLE (H.). — Du si-
licium et du charbon cristallisés. Méthode
générale pour la production de quelques
corps simples fixés au moyen de leurs
combinaisons volatiles. Préparation et
propriétés du fluoré d'aluminium 4d
— Action de l'acide iodhydrique sur l'argent. 8g4
SAINTE-CLAIRE DEVILLE (Cb.). - Re-
cherches sur les produits des volcans de
l'Italie méridionale, ,,.... ....,,,,.,.1 1163
SALLERON. — Description d'un anémomé-
trographe inscrivant électriquement la
direction et la vitesse du vent pour chaque
instant de la journée. 694
SASRUS est présenté par la Section de Géo-
métrie comme l'un des candidats pour
une place vacante de Correspondant 4 la
SASK.U. — Mémoire écrit en latin sur la me-
sure des surfaces paraboliques jag
— Note sur la quadrature des surfaces à pé-
rimètre curviligne ii<j
SCHROEDER. — Notes sur les soulèvements
absolus de la surface du globe, 55i
638
95a
94*
943
28a
958
HST. ïages.
SCHROEDER. — Note intitulée : « Rotation -
souterraine delà massé igijée, ses causes
et ses conséquences » et Lettres relatives
à cette Note............ 1073, 1189 et 1274
SCHTTLTZE. — 'Note sûr lé développement .
des Pétromyzons"". . . . 336
— Recherches sûr lés monstres doubles. .... j 128
SCHtFTTE. — Note sur un hyposulfite' dou- "~
hle de soude et de cuivre. 1267
SCBWEITZER-— Lettre çoncernantunTraité
de galvanocaustique par M, Middeldorpf.
SCLATER. — Opuscules sur les oiseaux
compris dans les collections envoyées de
Santa -1% de Bogota....* — ...... ...».*»•
SCOOTETTEN. — Note sur la découverte
des sources de l'ozone atmosphérique.. .
*- Lettre relative à un piquet cacheté déposé
le 5 mai dernier, et envoi d'échantillons
de papier réactif... ..
SECCH1. — Sur les anneaux de Saturne. ... .
— Lettre accompagnant l'envoi d'une image
photographique du groupe annulaire des
montagnes de la lune désigné sous le nom
de Copernic»....
SECRETAIRES PERPÉTUELS (Mai. les).
Voyez les articles de MM. Flourens et
Elle de Beaumont.
SEDGWlCa. U M. Elle de Beaumont pré-? '
sente , au nom de ce géologue , une clas-
sification des roches païébzoïqires de la " "
Grânflè ; Bréfâgrie'. .,....'....... r. ; ...' . 1 03
SÉDILLOT.— lS'ouveau procédé dë'chéilo-? "" "
plàstie^ par transport du bord libre de la
lèvre saine sur la lèvreTestaurée. ~. .. ..- 169
— - Nouveau procédé permettant d'augmen ter
à volonté la hauteur de la lèvre dans les
opérations de bec-de-lièvre et de chéilo- ~
plastïe. .'. 1 7.-
— Application de Puutoplastie au traitement
des cicatrices vicieuses , .
SEGUIER Rapport sur une invention de
M. Lachave pour le transport sur vélin
d'une écriture tracée sur papier
SENABMOJST (de). -=• Recherches sur la
double réfraction. ......... ,^_, *. .... ...
-- Note sur là forme cristalline du silicium,"
— Remarques à l'occasion d'une communicài
tion de M. H. Depillé, sur les fluorures
d'aluminium .*.....".........,.",......»
SERRES.^- Note sur les Touariks . v , . . ,'. .
-— Note sur les développements primitiTs.
Formation de l'œuf. "Vésicule ovigènè et
germfnative. Condition primordiale de li "' ~
duplicité.*. .;....-.... ............. '/.; 1024
— Suj" l'ordre de formation de la vésicule
ovigèné et delà gérmiriative._Etiologïe de
lï"^ùpîicite monsirueùse ,..,,.', ,Tr.T r, ^1093
678
9?4
36--
§5
"3ï3
5a
"iSS
)
"4«- " P«e?.'
' — M. Serres est nommé Membre delà Corn? M"*"
mission du cdncôùrs'pôùrlês prixdeTËér
decine et de Chirurgie. .. .;.'.......;.',. 1203
-^ Et delà Commission dû concours pour le
prix de PhyHotogTe'éxpérfmentalé,.. ... Jhid.
SERRET (Ca.;j.)' — Suite a ses précédentes
communications sur "les grandes pertur-
bations du "système solaire.^..... ..... . ia5l
— • Note sur la condition de convergence des
séries qui se présentent dans la théorie
du mouvement elliptique dés planètes ... 1 î34
SERRET Ç3 :-&..), ■— Sur les trajectoires or-
thogonales d'une sphère" mobile........ io5
*-> Sur lès surfaces dont les lignes de l'une
des courbures sont spTiériques . . 109 et îgo
— Sur les surfaces dont les lignes de l'une
des courbures sont planes ,,".". igi
— Sur les racines imaginaires de l'équation —
» — tangB== Ç...... .... 1182
— M, Serret prie l'Académie de vouloir bien
le comprendre dans lé nombre dés càn-
. diddts pour la place vacante dâbs 14 See-
tiçn de Géométrie. 399
•a!- M. Serret est présenté par. la Section de
Géométrie comme l'un des candidats pour
la place vacante par suite du décès de
M, Sturnï. .............. '._/.'. .,,...... j^6
SERRET ( P. ). — Mémoire sur la" théorie "
géométrique_des lignes à double, cour-
, - bure... ....,,,"«.,...,....,.., g3?
SÏCCaRD prie l'Aeadéniie dé vouloir îiefl -
comprendre ses travaux sur le sorgho à
sicrè de la Chine parmi ceux quî^seront ■
discutés par là Commission du concours - "
pour le prix triennal .,.„,...,»„..».,, 1220
SILBERMANJT. — Proportions pbysiquçs-oir
naturelles du corps humain exprimées' en
mesures métriques .... uj . .^j. ._ 4M e Ç 49^
— Applications d'un nouveau système dero-;
binets à des machines pneumatîqjiesaspj»
rantes et foulantes ,., io5t
SIMON (Okésime).— Mémoire sur le traite-
ment du choléra-morbus au moyen d'un
remède de son invention 89
SOCIÉTÉ GÉOLOGIQUE DE LONDRES _
■(la) remercie l'Académie polir- l'envoi — ■
tf'une nouvelle série dés Comptes-rendus . î vtiyj
SOCIÉTÉ DE PHILOSOPHIE EXPÉRI-
MENTALE DE ROTTERDAM "(t,a) -
remercie l'Aeâdémie d'avoir bien voulu
la comprendre dans le nombre des insti-
tutions" auxquelles elles fait don de ses
Comptes rendus, . i. . , .......;. . ... .'. . ;;' 1073
SO CIÉÏÉ' ROYALE DES SCIENCES D'Opi
"' SAL^ (la) ^adresse a" l'Académie le pre-. • .
miêr volume <Puné troisième série de ses
._ Acia, ......... ï ..,,...,.,...,.,.. .•.. 313
( i335 )
MU. PagM.
S0C5ÉXÈ -'CMSSrTESBiLÏÏ POUR SE-
CODRS A DONNER AUX NOYÉS (la)
adresse un exemplaire en langue française
d'un Aperçu historique sur la Société,
publié par un de ses Membres 6g7
SOCIÉTÉ IMPÉRIALE ZOOLOGIQUE
D'ACCLIMATATION (la) adresse les
dent premiers volumes du Recueil qu'elle
publie i et. exprime le désir d'obtenir de
l'Académie ses Comptes rendus .... .^. .. . 5l4
— La Société remercie l'Académie qui l'a com-
prise dans le nombre des institutions
auxquelles elle fait don de ses Comptes
rendus..,. 696
— La Société, régionale pour la zone du nord-
est de la France adresse plusieurs exem-
plaires d'un opuscule sur les noms à im^
poseraux animaux nouveaux, acclimatés
ou supposés acclimatables io3
SOCIÉTÉ IMPÉRIALE DES NATURALIS-
- TES DE MÔSGO fa" (il) envoie deux nou- _
veaux numéros de son Bulletin.. ., 212^
SOCIÉTÉ ROYALE DES SOENCES DÉ
GOTTINGUE (la) annonce à l'Académie
l'envoi de la médaille frappée an i'hon-
" neur de Gauss par ordre du roi de Hanovre. 8g4
~- Xa Société adresse pour la Bibliothèque
de l'Institut je .volume VI de ses Mémoi- - -
res, et remercie l'Académie pour l'envoi
- de deux nouveaux volumes , l'un des Mé-
moires et l'autre du Recueil des Savants
'/- étrangers. ...... ., ... ll33
HU. P»|ts.
SOCIÉTÉ D'HORTICULTURE DE LON-
DRES (la) remercie l'Académie pour
l'envoi de deux nouveaux volumes des
Comptes rendus 864
SOCIÉTÉ LINNÉENNE DE LONDKES (la)
envoie la continuation des procès-verbaux
de ses séances , et remercie l'Académie
pour l'envoi d'une nouvelle série des
Comptes rendus 3ia
SOREL. — On prix lui est accordé pour ses
flotteurs d'alarme, appareils de sûreté des
chaudières à vapeur (concours pour le
prix dit des Arts insalubres, de l'année
i855) I/Î4
STAUFEER. — Note sur la quadrature du
cercle 357
STRAUSS-DURCE.HE1M. — Propriétés des
solutions aqueuses saturées de sulfate
do zinc pour la conservation des substan-
ces animales 808
STUART (J.-J.). — Lettre concernant les
rapports des mesures françaises avec les
mesures étrangères 865
STORM. — Note sur les fonctions ellipti-
ques ( tirée des papiers de l'Auteur et
communiquée par'M. Llom>illé).... 988
SYLVE5TER est présenté par la Section de
Géométrie comme l'un des candidats
pour une place vacante de Correspon-
dant , 4 ,a
TARDIEU. — Une récompense lui est ac-
cordée pour son ouvrage sur l'hygiène
publique et la salubrité (concours de
Médecine et de Chirurgie pour 1 855)... . i53
TXUPENQT, .— , Lettres concernant un ané-
momètre enregistreur, établi par lui au ^
-Prytanée militaire de la Flèche... 493 et 55i
-* Description de divers instruments anémo- _
métriques de son invention ; 585
— Note sur la construction du baromètre et
sur l'ébullition du mercure dans le vide.. 1186
XAUPIN. ARI). — Note sur la quadrature du
cercle et la trisection de l'angle ... t ... . 910
- — -Note sur la mesure des dislances au moyen
de la vitesse du son Ii32
TAVIGNOT. — Nouvelle méthode opératoire
de la cataracte par débri dément ........ g5o
TCHIHATCHEE, (P. de),— Éludes climato-
logiques sa? l'Asie Mineure. . ......... 26a
wi- Rapport sur, ce. .Mémoire; Rapporteur-
„, M» Becquerel 77;
} TCHIHATCHEF ( de ). — Note sur la chèvre
d'Angora 346
— Considérations sur les poissons du Don,
du Dnèpre, du Dnestre, du Boug et du
Danube 44'
TERQDEM. — Lettre relative an Rapport fait
dans la séance du 10 mars 1806, sur une
méthode proposée pour le calcul des dis-
tances lunaires observées en mer. 54l
— Remarques à l'occasion d'une Note de
M. Vincent sur la théorie des parallèles.. iaa3
TEXULR. — Sur les moutons de Caramanie
donnés à la Société d'Acclimatation par
M. le Maréchal Vaillant 80 ,
— Sur les alluvions des fleuves dans le bas- _
sinde la Méditerranée, et notamment sur
les atterrissements du Rhône... . , u56
THENARD. — Rapport sur un Mémoire de
M. L. Péan de Saint-Gilles sur l'hydrate et
sur l'acétate ferriques 3l
— î&^Thenard, ai» nom de la Commission char-
(-r?36.)
Pages,
621
38â
gée d'examiner nu Mémoire de M. T-iJ- ■ ' ,
fersau ayant pour titre .: « Les métaux ne
sont pas des .corps simples », déclare",
qu'il n'y a pas lien à faire de Rapport sur _
cette communication. '...'..'.'. .- . . . - '• • ■ • • 47-5.
— M. Thenàrd, au nom de la Commission- -
saisie d'une réclamation de MM. A. Che-
vallier fils et 0. Henrr fils, à l'égard de
MM. Orfila et Jligout, déclare qu'il n'y a
~ H pas lieu, dans l'état actuel des choses, de
faire nn Rapport...... ...T, .. Ihid.
Remarques à l'occasion du dépôt d'un
Mémoire contenant ta description -des ™
procédés galvanoplastiques de M. Lenoir
' pour la Teproducti on des rondes -bosses . .
THENARD (P.). —Conclusions d'un travail
sur les* oxydes et aeides du manganèse,
les manganates et les hypermanganatcs.
THIROUT," — Un encouragement lui est ac- '-
cordé pour son appareil de sauvetage des- -
- - tine à porter- secours^ aux asphyxiés (con- »
cours pour le: prix, dit :des- Arts insalnr.."_ '_" _•
br«s, année i855).... ....„., . ..».,,.....-: i45
THIERRJAT,, ^. Mémoire sur les mouve-.:
ments ej l'équil ibre des corps célestes.. . 10^4
THIRAOLT.— Nouveau Mémoire concernant -
• te maladie de la vigne............ ...... ,344
THOMAS demande et obtient l'autorisation . .
de reprendre uneTfote et des dessins con^
cernant des roues hydrauliques et autres"
moteurs de soif invention ............. gio
THOMSON 'est présente' par la Section de"
Géométrie comme l'un des candidats pour
une place vacante de Correspondant 4 ia
THORE(J.). — Nouvelle machine électri-
que : électricité du papier chauffé 864
mu. ' P»g«.'
TIFFEREAU. — Réponse à des remarques. ■T'^
faites par la Commission chargée de l'exa- : ■ --
mon de ses Mémoires sur les métaux con- -
sidérés comme des corps composés.. .... 523
TIREMOÏS (de) signale une erreur de nom
" qui a été commise à son égard dans un
dos premiers volumes des Comptes rendus: 698
TÎR0N1.-— Documents à l'appui de précéden-
tes communications sur le traitement du -
, .choléra-morbus , ...... — . 012
TISSOT. y-'Sur la résolution des équations
auxquelles conduit la méthode de M. Sa-- - —
hinet pour la détermination des latitudes^. 287
TCERMER. — Sur une poudre supposée pro- -
■ pre-à remplacer le café '344
TORTELLA. —Documents imprimés à l'ap- ■ ^
pui de précédentes communications sur j
Ia'maladiodela vigne 012
TRÉCDL. — Note sur les biforines. , . . .". . .- a65
— Mémoire sur l'origine et le développement
dé la cuticule $79 et ; 6ïi-
— De la cuticule à l'intérieur des vjgétaux.. 837
— M..TrecB/ est présenté par la Section de
Botanique comme l'un des candidats pour
la' place vacante par suite du décès de;
_ W. de-Michel. 910
TRICÀOD. — Moteur a air comprimé et dl-~
laté par la vapeur. ............ 273 et 1 188
TRIQtlET demande et obtient l'autorisation '
de reprendre son Mémoire sur les polypes *
de l'oreille. .......... .^. . V. . :r. . . . r. ': ~ 5ii
TROTJŒiLET. "—Méthode pour la culture de :
la vigne'. .'.'.'.'..'.. '. . ; . .' . . . /.',*.V.".-.'. i ,"î . * j35"
TOLASNE. — Note sur l'appareil reproduc-
teur multiple des Hypôxylées (Pyrênomy-
cètes,Fr.) 7°ï
VAILLANT (tE MawjchAl) "signale nn nou-
veau ' télégraphe fondé ' sur ' l'emploi des
rayons solaires dont l'inventeur éstM. £&-
sèurre.. ......\. ........... ...'.*.... . 1178
VALADDER. — Hôte sur la nature et le trai- "
teméht du choléra-morbus ...... ... j-,256
VALENCIENNÈS. — Sur les œufs à plu- - "
" sieurs jaunes contenus dans la même
coque................................ "3
— Sur une nouvelle espèce de panthère tuée à"
Nihft' près 'de" Siriyrne ,...".......". io35
— A l'occasion d'une communication de "
_ M. Poitevin, relative au transport surpierre ;
de's'épréuves photographiques, M. Valen?
ciennes met sous les yeux de l'Acâdéniie ■ - " -
_ , deuxplanches ainsi obtenues par M.'Poi-
** teyin sur des' négatifs de M ; L. Rousseau, .C l 52
VALLÉE, — Note sur la scintillation -des
étoiles , . - 85g
— <■ JXote sur lé lac de Genève, à l'occasion des
inondations de la vallée du Rhône..... ..-n4°
r- Note sur la réserve du lac de Genève. .... 1181
— M. Vallée prie l'Académie de vouloir bien le
comprendre dans le nombre des candidats - ~^
poMr la place vacante dans la Section de-
Géométrie. .......,.: ....... Ti. •.-.;-. s.-. v-3gi)
VALZ." — 'Éléments provisoires de la pla—
nète(4o), Barmonia, de M. Goldschmidl. 718
— Noteconcernant la discussion sur le degré __
d'approximation à donner aux éléments * 1 --
• ^ provisoires des orbites des astres non--".
veaux..... ...... :........., ...-922
•—^Eléments elliptiques de la planète Hariro~
( i33
«H. P ' ; P" S -
VALZ.— Détermination de l'orbite de la pla-
nète Barmonia ' l0 ^>
— Eléments elliptiques de la 41 e petite pla-
nète ,M2
VALLER , tcrit par erreur pour Wallet.
Voir à ce nom.
VANNEE Supplément à une précédente
Note sur les causes de la circulation du
sang 2 4"
.- Note ayant pour litre : « De la capillarité,
théorie de la circulation sanguine » •}!&
— Du degré constant de la chaleur animale
considérée, dans l'homme, comme loi de
la santé : effets morbides produits par les
variations de cette chaleur, et applica-
tions à en déduire pour la thérapeutique. 5.}o
VELPEAD présente, au nom de M. Carret, un
appareil nouveau pour le traitement des
fractures des membres , et dépose sur le
bureau un ouvrage de M. Petterihofer, où
l'auteur résume ses recherches sur la mar-
che du choléra- morbus io3
M. Velpeau est nommé Membre de la Com-
mission du concours pour les prix de Mé-
decine et do Chirurgie 1 158 et iao3
VEBGA (A.) adresse pour le concours Mon-
tyon un recueil de Mémoires anatomi-
ques • • • • 588
VEROLLOT.— Sur les tremblements de terre
ressentis dans l'Empire Ottoman en i855. ~ g3
Tableau des tremblements de terre à Con-
slantinople pendant les quinze dernières
années ag3
YERSTRAETE. — Note faisant suite à une
précédente communication sur la nature
de la lumière , , yfi
7)
«M. •'•S"-
V1CAT. — Un prix ùo Statistique lui est ac-
cordé pour ses Recherches statistiques sur
les substances calcaires à chaux hydrau-
lique et à ciment naturel <2j
— M. Vicat adresse ses remercîments à l'Aca-
démie ••• 2It
— Note touchant l'action saline de l'eao de
mer sur les composés hydrauliques en
général "°°
— M. Vtcal fait hommage à l'Académie d'un
exemplaire de son Traité pratique et théo-
rique de la composition des mortiers, ci-
ments et gangues à pouzzolanes, et de
leur emploi dans toute sorte de travaux. 829
VILLARCEAO (Yvos). ,— . Éléments de l'or-
bite de la planète Amphilrile, et éphé-
méride pour l'opposition de i856 998
VILLE (G.). — Du rôle des nitrates dans l'é-
conomie des plantes. De quelques pro-
cédés nouveaux pour doser l'azote des
nitrates, en présence des matières orga-
niques. (Rapport sur ce Mémoire; Rap-
porteur M. Pelouse) 679
VILLE. — Notice minéralogique sur le cercle
de Laghouat ■ ■ ■ ■ 3gG
VINCENT. — Remarques relatives à un pré-
cédent Mémoire sur la théorie de la
gamme 3o
— !N ote sur la théorie des parallèles 1107
Réponses aux remarques dont cette Note
a été l'objet u55, 1238 et 1240
VOLPICELLI adresse de Romedeux épreuves
photographiques 61
— Note sur l'association de plusieurs con-
densateurs entre eux pour manifester les
faibles doses d'électricité , ■ . , 40a
W
WALLER. — Etudes de l'œil sur le vivant. . n85
WANNER, écrit par erreur pour Vanner. Voir
à ce nom.
WATSON. — Lettre sur les étoiles doubles et
sur leur déplacement apparent. 101g
WATTEV1LLE (de).— Une mention hono-
rable lui est accordée pour son « Rapport
sur l'Administration des Bureaux de bien-
faisance et sur la situation du paupérisme
en France » (concours de Statistique de
i855) i36
WEDDELL, — Monographie de la famille des
Urticées , , 796
— De la distribution géographique des Urtj-
cées..... , 786
— M. Weddell est présenté par la Section de
C. R„ i856, i« Semestre. (T. XLII.)
Botanique comme l'un des candidats pour
la place vacante par suite du décès de
M, de Mirbel 910
WERTHE1M.— Remarques à l'occasion d'une
Note du M. Zamminer sur le mouvement
vibratoire de l'air dans les tuyaux 49^
■WILKES ;Cn.) est présenté par la Section de
Géographie et de Navigation comme l'un
des candidats pour une place vacante de
Correspondant 499
WILLICH. — Note sur une construction gra-
phique par laquelle on obtient, à une très-
petile fraction près, la longueur du côté
du carré équivalent à un cercle donné. , . 3g8
WOHLEK. — ■ Sur un nouveau moyen d'obte-
nir le silicium 48
I 7 5 -.
WOLF. — Influence des proportions d'ozone
sur l'état sanitaire d'un pays g<J4
WOLF (C). — Note sur la température à
*■ laquelle les liquides cessent de mouiller
les vases qui les contiennent
WBANGELL (Fekd. de) est présenté par la
Section de Géographie et de Navigation
( ï338 )
Pages.
968
comme l'un des candidats pour une place
vacante de Correspondant. , Agn
— M. de WràngeU est nommé Correspondant
de l'Académie en remplacement de feu
M. JPany. ;,".... .........;..,... 5io
— M, de "Wrangell adresse ses remercîments
à l'Académie 618
ZAL1WSS.I. — Nouvelle rédaction de son
Mémoire ayant pour titre : « Attraction
universelle des corps au point de vue dé
Pélectrioité. »
ZIER. — Réclamation de priorité adressée k
1219
l'occasion d'une communication sur lés
moulages galranoplastiques en ronde
Bosse exécutés par M. Lenoir Agg
> Nôtèà l'appui de cette rêclatoation 5i2
VXB1SJ, **- IMPRIMERIE BB MAliKT-BACHBlOSa..
rue du Jardinet, l'a." '